English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES > L’effondrement programmé de l’industrie automobile mondiale

L’effondrement programmé de l’industrie automobile mondiale

vendredi 6 septembre 2019, par Robert Paris

L’effondrement programmé de l’industrie automobile mondiale

« C’est la fin d’une époque pour l’industrie automobile. » écrivent « Les Echos »… Ou encore « 2019, l’année à hauts risques pour l’industrie automobile ».

« Le Monde » écrit : « Les prémices d’une crise automobile mondiale, au pire moment »… Ou encore « Un vent froid souffle sur l’Automobiel mondiale »…

Une revue économique titre : « La vente d’automobiles en Chine est-elle le signe d’une crise économique qui arrive ? »

Baisse des ventes de PSA, baisse des ventes de Renault, baisse dans toute l’automobile allemande, baisse de production en Chine de 9,6%, recul de 13% du secteur automobile de l’Inde, etc., les automobiles chutent partout dans le monde et ce n’est encore rien devant l’effondrement qui approche…

Le vendredi 28 juin, « Le Monde » titrait un article : « Les prémices d’une crise automobile mondiale »… Il se fondait notamment sur les tentatives de fusions et consolidations de regroupements de trusts automobiles. Il citait également un cabinet américain dont un directeur affirmait que dans l’Automobile, en ce moment, « il peut y avoir des mariages, mais il peut y avoir des enterrements. » Ce cabinet affirmait que la production mondiale allait passer de 93 millions de véhicules à 90 millions, la régression devant se poursuivre au moins jusqu’en 2022, toujours d’après ce cabinet.

L’article poursuit : « Pour la première fois, depuis des dizaines d’années, les trois principaux moteurs de la croissance automobile mondiale seront soit en stagnation, soi en déclin. »

La Chine, elle-même, devrait connaître une chute de sa production automobile presque trois fois supérieures à la chute mondiale !!!

Et les analystes précédemment cités affirment qu’ils n’ont pris en compte que la situation actuelle et pas l’un des scénarios catastrophes dont on peut imaginer qu’ils peuvent se dérouler comme un krach généralisé ou un accident géopolitique à répercussions mondiales, comme un brexit dur, une guerre commerciale ouverte ou la guerre tout court…

L’un des éléments aggravant est la question des émissions polluantes des véhicules qui, loin de diminer, ne cessent d’augmenter en Europe. Les trusts hurlent qu’on les égorge : soit ils investissent à fond dans le tout électrique mais n’ont aucune raison de penser qu’ils vendront, soit ils ne le font pas et sont menacés de lourdes sanctions. On prévoit des pénalités de 4,8 milliards d’euros. Mais, pour s’électrifier, il leur faudra 225 milliards d’euros !!! Et les trusts automobiles ont peur de se lancer tous ensemble dans une technologie dont les ventes ne sont pas assurées…

Et cela d’autant que les Etats et les collectivités locales ou entreprises semi-publiques ont effectué déjà toutes les dépenses prévues et qu’il n’y aura donc plus de mesures incitatives importantes susceptibles de booster les ventes d’électriques…

L’analyste appelle désormais le secteur automobile « un désert de profits ».

Chacun sait que l’Automobile a longtemps été le secteur clé des profits et des emplois, les deux grandissant en même temps. Désormais, c’est toujours en commun que les deux… baissent !!!

L’Automobile n’est d’ailleurs qu’un signal montrant que l’ensemble de la production industrielle a fait chuter massivement et durablement sa rentabilité.

Les termes qui sont dorénavant employés en ce qui concerne le secteur Automobile sont « chute », « faillite », « pertes » et « suppressions d’emplois » !!!!

Les incidents multiples qui sont arrivés ces derniers temps au trust Renault, que ce soit avec ses alliés japonais, Nissan et Mitsubishi, ou ses alliés envisagés, Fiat et Chrysler, montrent bien que c’est le regroupement qui est recherché, avec la suppression des doublons, ce qui signifie des suppressions d’activités, d’usines et d’emplois massives…

Tous les trusts automobile ont des stratégiques visant à des regroupements et à des suppressions d’emplois. L’Automobile américaine a déjà donné le signal et l’Europe prend la suite…

Cette baisse annoncée des ventes jusqu’en 2022 au moins ne peut que signifier que les trusts préparent les opinions publiques à des chutes de production massives et à des chutes d’emplois…

Un autre article du journal « Le Monde » du 16 juillet 2019 titre :

« A part au Brésil et au Japon, le marché automobile est en récession - Le nombre de voitures neuves vendues dans le monde a chuté de 6,6 %au premier semestre. »

On peut y lire :

« Cette fois, la tempête est bien là. Elle est globale. Et aucun industriel de l’automobile n’est en mesure d’y échapper. Les constructeurs français, qui viennent de publier leurs chiffres commerciaux semestriels, lundi 15 et mardi 16 juillet, ne font pas exception. Les six premiers mois de l’année 2019 se sont soldés par un recul des ventes de Renault et de PSA, respectivement de 6,7 % et de 12,8 % par rapport à la même période de 2018.

Le Groupe Renault a vendu 1,94 million de voitures dans le monde au premier semestre 2019, dont 55 % en Europe. Le groupe PSA aux cinq marques (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall), a, lui, écoulé 1,90 million de véhicules sur la planète entre janvier et juin, dont 88 % sur le Vieux Continent.

Cette chute des ventes témoigne de la récession de grande ampleur dans laquelle est plongée le secteur. Une baisse comparable à celle enregistrée en 2008-2009, liée à la crise financière mondiale. Selon LMC Automotive, il s’est vendu 45 millions de voitures particulières et utilitaires légers neufs dans le monde au premier semestre 2019, soit une baisse de 6,6 % par rapport aux six premiers mois 2018.

Le marché chinois – le premier au monde avec 12 millions de véhicules immatriculés depuis janvier – a plongé de 12,4 %. Sur les autres grands marchés, même si la chute est moins forte, ce n’est guère brillant : – 2,9 % en Europe de l’Ouest, – 2,4 % aux Etats-Unis. Seul le Brésil et le Japon ont connu une phase positive au premier semestre 2019. Partout ailleurs c’est négatif.

Renault déclare : « Les principaux marchés qui ont chuté sont ceux où la marque Renault est très présente, explique Olivier Murguet, directeur du commerce et des régions du groupe. Baisse en Turquie, en Argentine… Notre départ de l’Iran qui nous a coûté 77 000 voitures. Heureusement, les prochains lancements de modèles sont sous marques Renault : Arkana en Russie, Triber en Inde, KZE en Chine, ainsi que les nouvelles Clio et Zoe. Cela devrait améliorer nos positions. »

PSA dispose de cinq usines en Chine avec ses alliés locaux (Dongfeng, qui est aussi son actionnaire, et Changan), permettant de fabriquer 1 million de véhicules. Ces sites ne tournent aujourd’hui qu’à 26 % de leurs capacités… »

Les livraisons de PSA sur la planète ont reculé de près de 13 %. Le groupe est tiré vers le bas par Peugeot, pénalisé par l’Iran mais aussi la Chine et l’Amérique Latine. Citroën sauve les meubles grâce à l’Europe.

Sous le titre « La débandade des géants allemands de l’automobile », Le Monde du 19 juillet 2019 expliquait que « Le groupe s’attend désormais à un bénéfice opérationnel cette année « significativement inférieur » à celui de 2018 qui était de 11,1 milliards d’euros. Pour le deuxième trimestre 2019, Daimler a même déploré une perte opérationnelle de 1,6 milliard d’euros, contre un bénéfice de 2,6 milliards sur la même période de l’an dernier. »

Le secteur allemand de l’Automobile est secoué par « l’affaire du cartel » qu’il devrait payer de lourdes amendes et d’une vague d’actions en justice pouvant coûter encore plus cher. Les constructeurs du pays, déjà secoués par le scandale du diesel, sont maintenant accusés d’entente entre cinq constructeurs - Volkswagen, Porsche et Audi (qui appartiennent au même groupe), ainsi que BMW et Daimler. Daimler, en chute, a dû lancer un avertissement sur résultats !! Daimler a précisé que sa perte atteindrait 1,6 milliard d’euros sur la période avril-juin et a prédit que ses résultats de 2019 seraient "significativement" inférieurs à ceux de l’an dernier, alors qu’il les attendait globalement stables auparavant.

BMW a annoncé qu’il allait intensifier ses réductions de coûts en prévision d’une année 2019 difficile, après avoir publié un bénéfice d’exploitation en baisse de 7,9% en 2018, grevé par les investissements dans les voitures électriques et des effets de change défavorables. BMW est obligée de provisionner des bénéfices ce qui laisse entendre de suppressions massives d’emplis et fermetures d’usines à venir…

Malgré les aides fiscales de Trump, l’Automobile américaine plonge aussi… Le secteur automobile américain supprime des emplois au rythme le plus rapide depuis la Grande récession. La menace sans cesse brandie par le président de taxer les importations de voitures fabriquées à l’étranger à hauteur de 25% déstabilise aussi une industrie automobile aux Etats-Unis largement décentralisée au Canada et au Mexique.

Ford est en train de supprimer environ 7.000 postes de salariés dans le cadre de son programme de restructuration mondial. Ce programme coûte 11 milliards de dollars, mais Wall Street exige que l’entreprise supprime 23.000 emplois salariés supplémentaires. Pendant ce temps, GM ferme cinq usines à travers l’Amérique du Nord et élimine 14.000 emplois salariés et de production en mettant fin à la production de modèles moins rentables.

Fiat a fermé son usine de Termini Imerese en Sicile, éliminant 1600 emplois en 2011.

L’annonce de la proposition de constitution d’un trust unique Fiat-Chrysler-Renault a sonné comme un coup de tonnerre, chacun sachant que c’est une nouvelle catastrophique pour les emplois puisque le but affiché est de supprimer des doublons de toutes sortes, et notamment des usines, des bureaux, des véhicules et donc des emplois ! La proposition a ét retirée par Fiat mais elle est à nouveau négociée discrétement.

Alors que PSA supprime 2200 emplois, que Volkswagen en supprime 7000 en plus des 21000 déjà programmés, que Ford en supprime 5000 rien qu’en Allemagne, le trust automobile Fiat-Chrysler vient tout récemment de donner l’exemple de sa manière de détruire des emplois massivement et rapidement.

Les travailleurs de Fiat Chrysler (FCA) sont sous le choc et en colère suite à l’annonce que vient de faire ce trust qu’elle mettra fin à son troisième quart de travail à son usine d’assemblage de Windsor au Canada. Les compressions, qui prendront effet le 30 septembre, entraîneront la suppression d’environ 1500 emplois. Les mises à pied y sont permanentes. L’usine de Windsor, qui construit la fourgonnette Chrysler Pacifica et la Dodge Caravan, fonctionne avec trois quarts de travail depuis 1993. L’usine est le plus gros employeur à Windsor, qui a été dévastée par l’arrêt de la production automobile dans cette ville, autrefois appelée la capitale canadienne de l’automobile.

Ces suppressions d’emplois sont le dernier choc causé par une vague mondiale de réduction des effectifs dans l’industrie automobile. La semaine dernière, Ford a annoncé la fermeture de ses trois usines en Russie, ce qui a entraîné l’élimination de quelque 3700 emplois. Cela fait suite à l’annonce de 5000 mises à pied chez Ford en Allemagne et à l’annonce par Goodyear-Dunlop de la suppression de 1100 emplois en Allemagne.

L’usine de General Motors d’Oshawa, en Ontario, fermera ses portes plus tard cette année dans le cadre des plans de GM visant à fermer cinq installations nord-américaines et à supprimer 15.000 emplois. FCA a annoncé en février qu’elle mettra à pied 1300 travailleurs à son usine d’assemblage de Belvidere, en Illinois, ce printemps.

Le 1er avril, Ford a mis à pied 1000 travailleurs à son usine d’assemblage de Flat Rock, au sud de Detroit.

Les producteurs américains d’assemblage et de pièces d’automobiles réduisent maintenant leurs effectifs au rythme le plus élevé depuis la crise financière de 2009, lorsque Chrysler et GM ont fait faillite, selon la société d’outplacement Challenger, Gray & Christmas. L’industrie automobile américaine a annoncé près de 20.000 mises à pied jusqu’en avril, soit plus de trois fois le chiffre de l’an dernier au même moment. Ce chiffre ne tient pas compte des 7.000 suppressions d’emplois salariés de Ford annoncées plus tôt en mai.

La FCA a effectué des milliers de mises à pied dans ses installations nord-américaines au cours des trois derniers mois, et bien d’autres, selon la rumeur, seraient en route. En mars, l’entreprise a annoncé l’élimination d’un quart de travail complet pour 1500 travailleurs à son usine d’assemblage de Windsor au Canada et la mise à pied de 1400 travailleurs du troisième quart à son usine de Belvidere, dans le nord-ouest de l’Illinois, par un appel automatisé.

Les constructeurs veulent lancer une offensive – des fermetures d’usines, des mises à pied, des fusions et à d’autres mesures qui visent à accroître l’exploitation de sa main-d’œuvre – avant les négociations sur les conventions collectives. Ils tentent de mettre les travailleurs devant le fait accompli. Ainsi, ils font passer la question des augmentations de salaires et d’embauches à la détermination des réductions et du moment où elles auront lieu.

Cependant, les conditions sont réunies pour une puissante contre-offensive des travailleurs de l’automobile. Les travailleurs de l’automobile doivent prendre en main la conduite de la lutte en formant des comités d’usines de base, indépendants des syndicats. L’attaque contre l’emploi et le niveau de vie se déroule à l’échelle internationale. Cela souligne la nécessité pour les travailleurs américains de s’unir aux travailleurs d’Europe, d’Asie, d’Amérique latine et du monde entier pour combattre ces entreprises mondiales.

Nous n’avons aucune raison de subir sans dire mot, aucune raison de faire confiance en ces directions, aucune raison d’attendre sans bouger de savoir qui sera sacrifié et où, aucune raison de penser que ce qui jouera sera la capacité des directions nationales à nous défendre et toutes les raisons de penser que c’est à nous salariés, unis mondialement, qui pouvons exercer un contrepoids et changer le rapport des forces.

La presse américaine écrit :

« En lançant sa campagne de réélection, le président Donald Trump a réitéré son affirmation concernant les nouvelles usines automobiles qu’il avait faite il y a un an et demi. Ce n’est toujours pas vrai et cela correspond à un modèle de Trump se vantant faussement de gains inattendus ou inhabituels dans l’industrie automobile.

Lors de son rassemblement à Orlando le 18 juin, Trump a déclaré à propos de l’industrie automobile américaine : « De nombreuses usines sont actuellement en construction dans le Michigan et l’Ohio, en Pennsylvanie, en Caroline du Nord, en Caroline du Sud et en Floride. Ils n’en avaient pas construit depuis des décennies et maintenant ils sont partout. ”Il n’est pas vrai que l’industrie automobile n’a pas construit de nouvelle usine“ depuis des décennies ”. Quant aux“ très nombreuses usines… en construction », Bernard Swiecki, directeur du Automotive Communities Partnership au Center for Automotive Research, a déclaré qu’il ne connaissait que deux nouvelles usines d’assemblage en construction ou récemment annoncées - une usine commune Toyota / Mazda en Alabama (annoncée en janvier 2018) et une usine de Fiat Chrysler Automobiles (FCA) dans le Michigan (annoncée en février).

Swiecki nous a envoyé une liste des 12 usines de montage annoncées en Amérique du Nord depuis 2009. Quatre d’entre elles se trouvaient aux États-Unis, huit au Mexique et aucune au Canada.

CAR, un groupe de recherche basé dans le Michigan qui reçoit une partie de son financement du gouvernement, suit les investissements de l’industrie automobile en Amérique du Nord.

Le 30 janvier 2018, dans son discours sur l’état de l’Union, Trump affirmait de la même manière : « De nombreux constructeurs automobiles construisent et développent actuellement des usines aux États-Unis, ce que nous n’avions pas vu depuis des décennies. » À l’époque, nous écrivions : Kristin Dziczek, vice-présidente du groupe industrie, main-d’œuvre et économie de la RCA, a annoncé que deux nouvelles usines de montage de véhicules avaient été annoncées au cours des neuf années précédant l’entrée en fonctions de Trump.

En 2015, Volvo a annoncé la création de sa première usine aux États-Unis dans le comté de Berkeley, en Caroline du Sud - l’un des États mentionnés par Trump lors de sa manifestation du 18 juin. Volvo indique sur son site Web que l’usine a ouvert ses portes le 25 septembre 2015.

Cette année-là également, Mercedes-Benz a annoncé son intention d’ouvrir une usine de montage en Caroline du Sud. Il a célébré l’inauguration en juillet 2016.

En 2008 (donc pas inclus dans le décompte 2009 de Swiecki), Volkswagen a annoncé qu’il avait choisi Chattanooga, dans le Tennessee, pour une nouvelle usine d’assemblage de berlines intermédiaires. La production a débuté en avril 2011, a annoncé la compagnie dans un communiqué de presse publié en 2018 pour célébrer le dixième anniversaire de sa décision de s’installer à Chattanooga. Depuis lors, Volkswagen a continué à se développer et à investir dans cette installation. En 2014, elle a annoncé qu’elle produirait le VUS intermédiaire dans cette usine, à compter de décembre 2016. En 2018 et 2019, elle a annoncé qu’elle investirait davantage dans l’installation destinée à produire un VUS à cinq passagers et à fabriquer des véhicules électriques, respectivement.

Selon M. Dziczek, en janvier 2018, la plupart des investissements effectués ces dernières années ont consisté à « agrandir et réoutiller les installations existantes », telles que l’agrandissement des installations de BMW en Caroline du Sud en 2016. La société a annoncé une nouvelle expansion de cette usine en 2017.

Nous avons demandé au bureau de presse de la Maison Blanche une liste des usines automobiles « en construction dans le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et la Floride », comme l’a affirmé Trump cette semaine. Nous n’en avons pas reçu. Nos collègues du Washington Post chargés de l’examen des faits ont formulé une requête similaire ce mois-ci de la campagne Trump, mais n’ont pas non plus reçu d’informations.

Il convient de noter que depuis l’entrée en fonction de Trump, GM a annoncé la fermeture d’un maximum de cinq usines en Amérique du Nord. En mai, il a annoncé être en négociation pour vendre l’une de ces usines, située à Lordstown (Ohio), à une entreprise de véhicules électriques et investir dans d’autres installations de l’État. » source

« Aux Etats-Unis, GM, Ford et Fiat Chrysler ont l’intention d’utiliser la menace de davantage de fermetures d’usines et de licenciements pour contraindre les travailleurs à accepter de nouvelles concessions encore plus brutales. S’ils y parviennent, d’ici la fin de l’entente de quatre ans, les travailleurs de l’automobile seront beaucoup plus pauvres et exploités davantage.

Le 19 juin, Automotive News a publié un article intitulé « GM demande plus de travailleurs temporaires alors que les pourparlers avec l’UAW se profilent ». Il cite « des personnes qui connaissent bien la pensée du constructeur ». On y ajoute « GM cherche de plus en plus d’usines pour adopter des accords similaires à celui utilisé par son usine de voitures électriques située à Orion, dans le Michigan. Là-bas, des travailleurs employés par une filiale nommée GM Subsystems LLC sont moins payés pour des travaux tels que la manutention de pièces et de matériaux avant leur arrivée sur la chaîne de montage. Quatre des 33 usines américaines de GM ont déjà signé de tels contrats. »

L’article poursuit : « Si GM peut embaucher plus de travailleurs temporaires, moins bien rémunérés et ne bénéficiant pas du même régime de soins de santé, le constructeur estime qu’il peut offrir une sécurité d’emploi à ses employés syndiqués. GM aimerait également trouver des moyens de réduire sa facture annuelle de soins de santé d’environ 900 millions de dollars pour les employés syndiqués, notamment en augmentant les contributions des travailleurs, ont déclaré les personnes ».

L’article note que les rivaux japonais appartenant à GM, Toyota, Honda et Nissan, « emploient déjà environ 20% de travailleurs temporaires dans leurs usines ». Il se plaint que « seulement environ 7% du personnel de GM est intérimaire ». En d’autres termes, GM – qui a fait dix années consécutives de bénéfices record – veut au moins tripler le nombre de ces travailleurs très exploités. » (WSWS, 29 juin 2019)

Et WSWS du 8 juillet 2019 d’expliquer que « les travailleurs de l’auto ont besoin d’une stratégie internationale. »

« Les patrons de l’automobile comptent plus que jamais sur leur principale arme contre les travailleurs : leurs laquais corrompus de la United Auto Workers (UAW, Travailleurs unis de l’automobile) et des autres syndicats de l’automobile. Après que GM a annoncé la fermeture de cinq de ses usines en novembre dernier, l’UAW et son homologue canadien Unifor ont sorti la même recette classique pour désorienter et diviser les travailleurs, appelant au boycottage des voitures « mexicaines » tout en signalant à la compagnie qu’ils étaient prêts à signer un autre contrat de concession sous couvert de « sauver des emplois ». Et pourtant, cette formule de trahison n’a pas sauvé un seul emploi au cours des quatre dernières décennies, qui ont été marquées par des fermetures d’usines, des accélérations de cadence et des réductions des salaires. »

« La WSWS Autoworker Newsletter a appelé les travailleurs de l’automobile à mettre sur pied des comités d’usine des travailleurs de la base pour prendre en main la conduite de la lutte autour des conventions collectives. Nous appelons à ce que ces comités, contrôlés démocratiquement par les travailleurs eux-mêmes, exigent la surveillance de toutes les négociations et de tous les votes de ratification et s’unissent dans tout le pays pour préparer une grève nationale afin d’obtenir, entre autres, une augmentation salariale de 40 %, l’élimination des grilles salariales à plusieurs vitesses et la conversion de tous les travailleurs contractuels et temporaires en employés à temps plein.

Au cœur de ce programme se trouve la compréhension du fait que la lutte contre les sociétés mondiales exige une stratégie mondiale. C’est pourquoi l’Autoworker Newsletter a souligné la nécessité pour les travailleurs de l’automobile de chaque pays de reconnaître que les travailleurs du monde entier ont des intérêts en commun et de rejeter tout effort visant à utiliser le nationalisme pour dresser les travailleurs les uns contre les autres.

Cette stratégie internationaliste sépare l’Autoworker Newsletter du syndicat UAW et de tous les syndicats de l’automobile. C’est une ligne de démarcation fondamentale entre les efforts futiles pour réformer l’UAW et la lutte pour construire de nouvelles organisations de la classe ouvrière pour affronter et vaincre les multinationales et garantir des emplois bien rémunérés, des salaires décents et le contrôle démocratique des travailleurs sur la production ainsi que la santé et la sécurité pour tous. »

« Si les travailleurs de l’automobile veulent lutter avec succès contre les puissantes multinationales, ils ont besoin de compréhension, de théorie et de la stratégie les plus avancées, et non des plus arriérées. Que Keller le veuille ou non, la mondialisation de la vie économique est une réalité. Croire que les forces productives du monde peuvent s’entasser dans les limites de l’État-nation est à peu près aussi réaliste aujourd’hui que la croyance au Moyen-Âge selon laquelle le monde était plat et le soleil tournait autour de la Terre.

Il n’existe pas de véhicule « américain », pas plus qu’il n’existe de véhicule mexicain ou chinois. L’emblématique Ford Mustang est construite à Flat Rock, au Michigan, avec des pièces de transmission de Chine, de France, du Royaume-Uni et du Mexique. L’intégration internationale du travail de millions de travailleurs dans le monde entier donne aux travailleurs un immense avantage, s’ils comprennent comment l’utiliser. Le fait que les travailleurs américains fassent partie de la classe ouvrière internationale, reliés par une chaîne de production et d’approvisionnement intégrée au niveau mondial, leur donne un pouvoir énorme tant qu’ils coordonnent leurs luttes avec leurs frères et sœurs de classe à travers le monde.

Ce qu’il faut, c’est une solidarité de classe au-delà de toutes les frontières. Les travailleurs doivent prendre en main les industries géantes, qui ont été construites par le travail de générations de travailleurs, et les transformer en entreprises publiques, détenues collectivement et contrôlées démocratiquement par les travailleurs eux-mêmes. Les grands progrès de la technologie et la division mondiale du travail doivent être utilisés pour le bien commun par l’établissement d’une économie socialiste mondiale planifiée scientifiquement afin d’éliminer les inégalités sociales et garantir un niveau de vie élevé pour tous les travailleurs. »

Partout dans le monde, les appareils syndicaux ne veulent pas de stratégie mondiale car ce sont des appareils réformistes nationaux payés par des Etats et des bourgeoisies nationales !!!

Mais c’est mondialement que l’Automobile chute et que les travailleurs sont attaqués !

Partout dans le monde, les appareils syndicaux se gardent d’expliquer les enjeux de la situation actuelle aux travailleurs et plus encore de les appeler à s’organiser eux-mêmes pour y faire face !!

5 Messages de forum

  • Ford anticipe une récession mondiale. Le trust révèle avoir mis de côté plus de 20 milliards de dollars pour anticiper la potentielle crise économique à venir.

    Le 14 septembre, à minuit, les accords salariaux de quatre ans couvrant 155 000 travailleurs américains, chez General Motors, Ford et Fiat Chrysler, arriveront à terme.

    Les travailleurs de l’automobile sont déterminés à se battre. Ils ont subi des décennies de baisse des salaires et d’attaques contre les avantages sociaux, qui se sont intensifiées à la suite de la crise de 2008 et de la restructuration de l’industrie automobile sous le mandat d’Obama. L’assaut sur les travailleurs a produit des profits record pour les constructeurs automobiles et les investisseurs de Wall Street.

    Les constructeurs automobiles sont déterminés à faire supporter aux travailleurs de l’automobile américains le poids d’une nouvelle restructuration de l’industrie automobile mondiale qui a déjà éliminé des dizaines de milliers d’emplois dans le monde. Face aux signes croissants de récession, les entreprises intensifient leurs attaques contre les emplois, les salaires et les conditions de travail. Ils ont l’intention de réduire les travailleurs au statut d’intérimaires totalement à la merci des employeurs.

    Ils n’ont aucune intention de se plier aux revendications des travailleurs. Au contraire, ils entendent utiliser le ralentissement économique pour faire chanter les travailleurs pour qu’ils acceptent de nouveaux reculs brutaux. GM voudrait que les travailleurs temporaires représentent la moitié de sa main-d’œuvre dans les usines américaines, tandis que Ford souhaite supprimer les supposés avantages de couvertures médicales « dorés » et mettre fin à ce que Forbes appelle le « dernier vestige du quasi-socialisme qui a dominé l’industrie automobile américaine pendant 100 ans ».

    Le conflit, cependant, n’est pas entre les entreprises et le syndicat United Auto Workers (UAW). Cette organisation pro-patronal est embourbée dans un scandale de corruption qui a envoyé des hauts responsables en prison pour avoir accepté des pots-de-vin de Chrysler en échange d’avoir entériné de force l’accord salarial au rabais de 2015.

    La bataille se joue entre les travailleurs de l’automobile américains et internationaux, d’une part, et les sociétés transnationales et leurs « syndicats » pro-patronat, de l’autre.

    Répondre à ce message

  • Les capitalistes anticipent un effondrement de la production mondiale automobile…

    Ford annonce la suppression de 12.000 emplois en Europe…

    Volkswagen supprime 7000 emplois…s’ajoutant aux 21.000 départs éjà prévus…

    General Motors supprime 14.000 emplois…

    Les trusts automobiles français se préparent, tout en le niant à supprimer massivement des emplois. A preuve les projets de fusion de Renault qui prévoient la suppression des doublons…A preuve, PSA supprime 2100 emplois…

    Chrysler supprime 1500 emplois à Windsor…

    Audi supprime 14 000 emplois…

    Etc, etc…

    Et la lutte d’ensemble, ce n’est pas les syndicats qui vont la lancer !!!

    Répondre à ce message

  • Dimanche à minuit, environ 49.000 travailleurs de l’automobile ont débrayé chez General Motors (GM), interrompant la production du plus grand constructeur automobile américain.

    Les travailleurs de Ford et de Fiat-Chrysler appellent à une grève totale aux côtés des travailleurs de GM ;

    Obligé de déclencher une grève, l’UAW fera tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher sa propagation à Ford et à Fiat-Chrysler, où le syndicat a déjà signé des prolongations des conventions collectives en vigueur. Il essaiera d’y mettre fin à la première occasion et de forcer le passage des diktats de la direction, notamment en augmentant le recours aux intérimaires et les réductions des prestations de soins de santé.

    Les travailleurs de l’automobile peuvent s’affranchir de l’emprise de l’UAW en organisant des comités d’usine de base, constitués de travailleurs et redevables aux travailleurs, afin de prendre la direction de la grève et d’établir des lignes de communication et de soutien avec l’ensemble de la classe ouvrière.

    Répondre à ce message

  • Le scandale du diesel et la révolution électrique ont des conséquences directes sur l’économie allemande. Pour 2019, la croissance devrait péniblement être de 0,5%, loin de la moyenne européenne à 1,2%. L’automobile, fleuron de l’industrie allemande, souffre de la baisse des ventes et de la production de voitures : - 11% sur un an. Le secteur automobile redoute la perte de 100 000 emplois.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0