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La sortie du nucléaire ou de la vie, il faut choisir !

lundi 22 juillet 2019, par Robert Paris

édito

Il faut d’urgence sortir du nucléaire, même si le capitalisme en est incapable ! Et tâcher que l’humanité s’en sorte vivante !

Pollution de l’air, pollution des eaux potables, pollution des mers et océans, les nouvelles inquiétantes se multiplient, montrant que le nucléaire devient, de plus en plus chaque jour, une menace mortelle pour l’humanité. Loin de se réduire, par des précautions supplémentaires, par de nouvelle exigences de sécurité ayant tiré des leçons des accidents nucléaires passés, et par des connaissances scientifiques et techniques nouvelles, le danger nucléaire s’accroit sans cesse. Nous ne sommes même pas dans un « après-Fukushima » plein de connaissances sur des nouvelles manières de traiter les accidents nucléaires ou sur de nouvelles manières préventives d’éviter les accidents. Nous sommes mêmes, au contraire, dans une phase où la perte de rentabilité du secteur nucléaire s’accroît, entre autres à cause de Fukushima, et où cela a comme effet de rendre ce secteur capitaliste encore plus irresponsable. Non seulement, l’échec économique n’engendre pas un abandon progressif de cette filière mais une exigence plus grande de rentabilité à tout prix. Et c’est cela même qui suppose une plus grande irresponsabilité, une plus grande prise de risques, une plus grande volonté d’extraire le plus de profits possibles quels qu’en soient les conséquences…

Cela les amène à faire durer les centrales au-delà de leur date de péremption et même au-delà du moment où les risques d’accident se multiplient, comme à Fessenheim. Cela les amène à aller de l’avant dans les capacités des centrales alors que des centrales moins importantes et aux technologies moins complexes ne sont même pas maîtrisées actuellement. Cela les amène à cacher les risques, à masquer les défauts de construction. Cela les amène à économiser sur les travaux de maintenance et sur le personnel, notamment en employant le plus possible de personnels précaires, externalisés et faiblement compétents, en accroissant ainsi considérablement les risques pour les personnels et pour les centrales. Cela les amène à réduire toutes les procédures de sécurité. Cela les amène à employer des centrales EPR alors qu’il est prouvé que ce sont les centrales les plus dangereuses au monde ! En effet, de multiples raisons rendent ces nouvelles centrales plus rentables mais aussi plus dangereuses, comme le fait qu’elles sont plus fournisseuses d’énergie mais aussi qu’elles utilisent le combustible nucléaire le plus dangereux de tous, le plutonium !!! Une beaucoup plus grande puissance de la centrale signifie aussi un plus grand danger en cas d’accident et une plus grande difficulté de restabiliser la centrale en cas d’accident…

La gestion actuelle de la catastrophe Fukushima, elle-même, démontre que la sécurité n’augmente pas mais diminue. C’est très discrétement que le Japon est en train de réduire ou d’arrêter les procédures censées servir à sécuriser les centrales de Fukushima. Ainsi, il diminue ou supprime des investissements censés permettre de geler les sols autour des centrales, de congeler l’eau de refroidissement des centrales pour éviter qu’elle aille polluer les mers et océans. En fait, l’Etat japonais, pas plus que l’entreprise Tepco ou aucune entreprise nucléaire, n’est pas capable de dépolluer, n’est pas capable de refroidir durablement les centrales, n’est pas capable d’empêcher la pollution croissante des mers par les eaux de refroidissement, n’est pas capable de récupérer le corium des centrales et même pas savoir où il se trouve actuellement et s’il n’a pas été profondément enfoui dans l’écorce terrestre ou même s’il n’a pas atteint le cœur de la Terre, pouvant causer des désastres irréversibles !!! Mais de tout cela aucune autorité capitaliste ne s’autorise même de parler. Du moins, pas au grand public !

L’Etat japonais comme les autres Etats du monde, et l’ensemble de la classe capitaliste, taisent leur responsabilité écrasante dans une catastrophe planétaire, comme ils cachent les effets sur les populations, allant jusqu’à nier que cette catastrophe ait causé un surcroit important des cancers. Bien entendu, les enquêtes qui ont été conduites ne peuvent pas être indépendantes puisqu’elles sont commanditées par les coupables, un peu comme si on demandait un des criminels comme juge d’un crime ! Mais vue la vitesse avec laquelle le nucléaire est en train de détruire la planète, il n’y a rien d’étonnant que les gouvernants tiennent tant à accélérer les opérations pour se rendre capables de coloniser… Mars, pourtant fort peu accueillante pour l’homme ! C’est dire à quel point ces gens-là ont conscience que la Terre peut très vite cesser d’être accueillante elle aussi !

Les précautions pour les populations aux abords des centrales ne se sont quasiment pas améliorées, alors que les risques augmentent, que ce soit du fait du vieillissement des installations, des réductions d’effectifs des centrales, de l’externalisation des activités, ou de la sismicité des régions.

Tout le bruit médiatique et politique autour des prétendus « dangers du CO² » n’ont connu un tel succès que parce que cela permet d’étouffer la voix de ceux qui affirment que le danger écologique principal vient du nucléaire. Et cela a effectivement permis de détourner une grande partie de la mobilisation écologique loin de la dénonciation des risques nucléaires qui auraient pourtant due être l’activité essentielle des militants écologistes et de ceux qui s’inquiètent pour la planète. Les partisans du nucléaire sont ainsi parvenus à faire entrer dans les têtes que « défense de la planète = non au CO² » à la place de « défense de la planète = NON au nucléaire » !!! Et c’est une catastrophe que les milieux écologistes aient été incapables de ne pas tomber dans le panneau, crédibilisant ainsi les pires adversaires de l’écologie… Ce n’est nullement un hasard si l’essentiel des climatologues qui participent à la campagne sur « le réchauffement anthropique global » sont soit des personnels d’entreprises nucléaires comme le CEA soit appartiennent à des structures financées par elles. Tout cela alors que le CO² n’est absolument pas un polluant !

Le nucléaire est d’autant plus dangereux que la concurrence entre pays capitalistes bat son plein et qu’elle est particulièrement aigüe dans le domaine de l’énergie. Les pays qui ne disposent pas de pétrole sont les plus agitées « en faveur du climat ». Ceux qui en disposent le sont le moins. Cela montre bien que ce n’est pas des convictions scientifiques qui les motivent mais des intérêts économiques.

Le danger bien réel du nucléaire militaire (mais où commence le militaire et où finit-il ?) ne doit pas occulter les dangers tout aussi réels du nucléaire civil. Le nucléaire n’est pas une industrie comme une autre, ou simplement un peu plus complexe, plus scientifique ou plus technologique. Une catastrophe nucléaire d’ampleur est bien plus dangereuse qu’une catastrophe chimique ou industrielle classique. Seul le nucléaire peut immédiatement, en quelques minutes et de manière irrémédiable, causer une catastrophe pour toute la planète et pour toute l’humanité, sans possibilité de retour en arrière ni de nettoyage des zones polluées, mêmes des décennies plus tard…

Le nucléaire militaire ne tue pas plus que des bombardements non nucléaires, comme l’ont parfaitement démontré l’ensemble des bombardements du Japon par les USA. Il y a eu bien plus de morts par les bombardements classiques que par les bombes atomiques. Par contre, l’énergie nucléaire est infiniment plus dangereuse que les autres industries les plus polluantes. Et cela a aussi démontré que l’irresponsabilité à l’égard de l’arme nucléaire est bien plus grande dans les plus grands pays capitalistes que dans les autres pays. Et cette irresponsabilité ne concerne pas que l’arme atomique mais aussi les centrales nucléaires.

Un simple accident peut avoir des conséquences catastrophiques, comme l’exemple récent du sous-marin russe qui a pris feu en mer vient encore de le démontrer. Et la catastrophe de Fukushima (en fait les trois catastrophes des trois centrales de Fukushima) a montré que toute la planète pouvait être menacée par un seul accident non maîtrisé.

En disant cela nous ne sommes pas des adversaires du progrès scientifique et technique mais nous n’assimilons pas celui-ci à l’irresponsabilité qui amène des partisans d’une technologie non maîtrisée à l’employer malgré des risques considérables. Si nous refusons de nous jeter du haut d’un immeuble, qu’on ne nous dise pas que nous refusons la technologie de l’aviation. Tant que l’on ne savait pas faire voler des avions, vouloir voler en partant d’un immeuble élevé était irresponsable et l’était bien moins que le sont les centrales nucléaires, toutes catégories car une seule vie était mise en cause. Aujourd’hui, alors qu’on ne sait toujours pas maîtriser une centrale emballée, alors qu’on ne sait toujours pas régler la question des déchets sans les enfouir dans le sol ou dans les mers, alors qu’on ne dispose pas d’un carburant nucléaire aux dangers faibles sinon nuls, les classes dirigeantes se permettent d’employer, non à titre d’essais mais massivement, ces techniques non maîtrisées et qui peuvent avoir des conséquences planétaires catastrophiques. Mais ils ont trouvé la parade : ils hurlent le plus fort possible qu’il y a un danger mortel, le réchauffement dû au gaz carbonique CO². Et ce n’est pas vrai ! Les classes possédantes et les gouvernants à leur solde sont prêts à sacrifier la Terre et l’humanité pour leur course aux profits !

Sortir du nucléaire ne peut pas être un objectif au long terme. Sortir du nucléaire ne doit pas être longuement préparé. Sortir du nucléaire ne peut pas être une mesure que prendra volontairement et durablement le gouvernement capitaliste ni les classes possédantes. C’est donc l’un des objectifs révolutionnaires du peuple travailleur en lutte contre la classe capitaliste, sa domination politique et sa mainmise sur toutes les richesses du monde. Pour sortir du nucléaire, il faut sortir du capitalisme comme pour sortir du capitalisme, il faut sortir du nucléaire !!!

La sortie du nucléaire sera la révolution sociale ou ne sera pas !

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