English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 12- Livre Douze : OU EN SONT LES GROUPES REVOLUTIONNAIRES ? > CONTRE LA CATASTROPHE CAPITALISTE

CONTRE LA CATASTROPHE CAPITALISTE

mardi 27 août 2019, par Robert Paris

CONTRE LA CATASTROPHE CAPITALISTE

La catastrophe capitaliste continue de s’intensifier partout, atteignant des sommets de plus en plus incompatibles avec la vie sur la planète. La guerre s’étend à travers le monde, la famine massive, l’intensification de l’exploitation, une cascade de suicides ininterrompue, l’objectivation de toutes les relations sociales, la violence entre et contre les prolétaires (violence sexiste, violence raciste, violence à l’encontre des enfants et des personnes âgées…), prisons remplies, la destruction de la Terre, la nourriture de plus en plus toxique, la destruction de la santé, etc. L’antagonisme entre le capitalisme et la vie n’a jamais été aussi dévastateur. Il n’ya jamais eu non plus une telle différence entre l’impérieuse nécessité d’une révolution sociale et le peu d’intention de la prendre.

Le seul sujet capable de résoudre les problèmes d’aujourd’hui par une transformation radicale de la société, le prolétariat, se montre incapable de mettre fin à toute cette catastrophe. Malgré ses souffrances et ses expériences dans la chair, malgré sa rébellion constante contre les conditions de vie qu’il subit, provoquant des explosions sociales qui font trembler la paix sociale à un endroit ou à un autre, comme ce que nous avons connu à En Iran ou au Nicaragua, il existe toute une série de facteurs qui empêchent ce sujet de s’affirmer en tant que force internationale afin d’imposer sa solution révolutionnaire aux énormes problèmes dont nous souffrons.

Des décennies de contre-révolution et de paix sociale ont divisé le prolétariat, maximisant ainsi les processus et mécanismes de reproduction capitaliste qui voilent l’existence même des classes sociales (surtout celle du prolétariat) en tant que telle démembrant la critique unitaire développée historiquement par cette classe sociale. La même totalité capitaliste sur laquelle se déploie la réalité dans laquelle nous vivons apparaît fragmentée par une série d’idéologies qui particularisent chaque problème créé par ce système, en cherchant une solution particulière à chacun d’eux. En conséquence, des mouvements spécifiques sont lancés pour aborder ces problèmes partiels et tenter de les résoudre. Mais non seulement il n’ya pas de solution possible à chaque problème pris séparément, mais en plus cette fragmentation modifie en même temps le contenu réel de ces problèmes. Ainsi était constituée l’idéologie de l’oppression de la femme par l’homme, l’oppression de la race blanche sur les autres races, la destruction de la nature par l’être humain…, codifiant la réalité sous ces paramètres idéologiques. En luttant au moyen d’une catégorie partielle, les mouvements distincts se situent sur le plan de groupes spécifiques qui se font concurrence pour une plus grande reconnaissance des droits d’une partie de l’État. La compétition entre les produits de base est exprimée politiquement comme la compétition entre des identités distinctes, bénéficiant toutes de la politique « transversale » de la valeur et de sa gestion gouvernementale. De même que la critique unitaire du capital est déplacée, une critique qui contient en son centre la dénonciation de chaque aspect, non pas comme particularité, mais comme expression d’une totalité qui détermine chaque partie et questionne l’ordre social qui reproduit tous ces problèmes.

Le développement de cette société est étroitement lié au développement de l’individu isolé. La société mercantile généralisée exclut et dissout toute communauté qui n’est pas la communauté de l’argent et développe tout ce qui maximise l’isolement social. Tout ce qui l’unit le sépare, c’est l’essence de ce monde et son mode de vie, la démocratie. L’effet que cette réalité provoque dans la communauté humaine, détruisant sa nature sociale, la transformant en individus isolés ayant des intérêts opposés, est de plus en plus terrible. Le citoyen est aujourd’hui l’exemple lumineux de la manière dont se développent parallèlement le développement mercantile et l’individu isolé. Ce développement non seulement nie brutalement la communauté humaine, mais constitue également un obstacle majeur à la lutte contre le capitalisme, car l’affirmation de cet individu va dans le sens opposé au développement de l’organisation de la seule communauté opposée au capital, la communauté de lutte, qui vient d’un être collectif, d’une classe sociale révolutionnaire, le prolétariat.

Dans ce contexte, le prolétariat rencontre d’énormes difficultés pour agir et se reconnaître en tant que classe. Son être même, ainsi que son riche processus historique de lutte et son programme, semblent totalement niés dans l’histoire, que ce soit par la déformation ou la dissimulation de cette réalité historique.

La dynamique du capital lui-même et ses forces idéologiques projettent une activité sociale dans laquelle notre classe est négativement rejetée en tant que sujet, réduite à ce qu’elle est en train de produire et de reproduire du capital et à ce dont on prétend qu’elle sera éternellement : un simple objet de capital ; une simple force marchande de travail, qui peut être utilisée ou éliminée selon les nécessités de la production ; un simple spectateur d’occurrences sociales.

Précisément cette réalité implique que les prolétaires se croient eux-mêmes être tout sauf des prolétaires. On est fait croire qu’ils ne sont pas prolétariens parce qu’ils sont employés, un autre croit qu’ils ne le sont pas parce qu’ils sont au chômage, ceux de plus loin se sentent agriculteurs et non ouvriers, un autre se croit marchand, parce qu’ils sont un vendeur de rue, beaucoup d’autres se sentent trop jeunes ou trop vieux pour être prolétaires, il y en aura aussi qui, parce qu’elles sont des femmes, se sentent moins concernées par la question de leur classe, ou estiment que l’oppression raciale est plus déterminante que celle de la classe et plutôt que celle de la classe. de se sentir comme un prolétaire noir, un prolétaire latino ou un prolétaire asiatique, se sentir noir, latino ou asiatique… et pour ceux qui surmontent ces formes les plus élémentaires de la négation immédiate de la réalité prolétarienne, il y aura d’autres formes plus politico-idéologiques de cette même négation comme celle de se sentir « anti-impérialiste », « anti-néolibéral », « palestinien », « juif », « cubain », « de gauche », « français », « yankee », « aymara », « Kurde », « croate », « travailleuse du premier monde », « féministe », « antiraciste », etc.

Ces conceptions identitaires se présentent comme des forces social-démocrates qui s’opposent au processus de constitution du prolétariat en tant que classe pour nier la catastrophe de ce monde. La perspective de classe se dilue en tant que telle dans un enchevêtrement d’identités et de communautés fictives qui vivent englobées dans la communauté de l’argent.

Dans le même temps, le politisme continue d’être l’une des idéologies essentielles contre notre classe. Cela réduit la question de la transformation sociale à occuper l’État, que ce soit par voie électorale ou par la violence, afin de mettre en place une série de mesures qui « remettraient en cause la société capitaliste » et offriraient une « alternative réelle et immédiate ». . Mais l’État n’est pas un organe neutre qui peut être utilisé selon la volonté de tel ou tel dirigeant ou parti, c’est l’organisation en tant que force de la société actuelle, celle du capital, et qui que ce soit qui prend possession de cet État est déterminés à agir dans le cadre capitaliste. Loin de diriger l’Etat, ils sont dirigés par lui. Par conséquent, toutes les mesures politiques ne sont rien de plus que différentes formes de développement du capital qui ne remettent en question aucun des fondements de cette société et ne présentent aucun type de réelle alternative. Regardez Cuba, le Venezuela ou le processus indépendantiste en cours en Catalogne.

L’autogestion est postulée comme une alternative au politisme ; Néanmoins, ce n’est rien de plus que sa réplique sur le terrain productif. Si le politisme réduit tout à la sphère publique, l’autogestion le fait aussi, essayant de changer le monde sans détruire le pouvoir, en plaidant pour que les producteurs utilisent les moyens de production, tels qu’ils existent, pour les rendre fonctionner sans patrons, sans la bourgeoisie. Mais cette « alternative » garde la base sociale du capitalisme intacte, car elle continue à développer des unités autonomes de production marchande, d’échange, d’argent (ou de « bons du travail »), de sens, de capital, d’exploitation, etc. les catégories fondamentales de cette société. Considérer que l’exploitation et l’oppression capitaliste émanent du bourgeois individuel, c’est ne pas comprendre que le bourgeois est un fonctionnaire du capital, que le capital, en tant que « sujet automatique », est celui qui dirige la production. Les expériences vécues en Argentine au début du XXIe siècle avec les usines « récupérées », ou d’autres plus actuelles comme Rojava et ses coopératives, nous montrent à quel point la gestion autonome est capable de liquider nos luttes et de redonner une vigueur à l’économie capitaliste. L’autogestion, tout comme le politisme, laisse intacte le rapport social capitaliste qui doit être détruit.

Bien sûr, pour le maintien de cette société, il est également essentiel de faire croire que tous ceux d’entre nous qui souffrons des conditions de vie terribles actuelles ont un moindre mal à défendre. Il y a toujours quelque chose de pire à regarder qui justifie la soumission à la société actuelle, le soutien plus ou moins critique des représentants du capital, ou le renoncement à la lutte pour toute petite miette. Quelqu’un qui vit dans la paix sociale capitaliste asphyxiante se voit montrer la terreur de la guerre ; Ceux qui cèdent leur vie au travail pour manger s’adressent aux chômeurs sans ressources qui sont au seuil de la faim ; à ceux qui veulent agir en dehors et contre le jeu politique des syndicats, on exalte "d’autres formes de politique" et "l’infaillibilité" de la "démocratie directe" ; à ceux qui interrogent la gauche, il est montré à quel point la droite est mauvaise ; à un autre, ils disent que la démocratie vaut mieux que la dictature ; ceux qui luttent sont incités à abandonner la lutte après avoir reçu une petite miette… De la même manière, il est caché que tout fait partie de la même chose, qu’ils sont des moments de la même existence englobés dans le travail salarié, l’argent et la valeur.

Là où les prolétaires se rebellent, se lancent contre l’enfer dans lequel ils vivent, à l’image des luttes qui se sont développées récemment au Nicaragua ou en Iran, le capital mondial cherche à nier la perspective révolutionnaire et à imposer l’inclination capitaliste dans ses multiples variantes. Il tente de clore les luttes et de les transformer en luttes contre tel ou tel gouvernement, tel ou tel dictateur, contre telle ou telle mesure ou disposition, essayant de transformer les révoltes de notre classe en guerre entre projets bourgeois, pour nier toute remise en cause de cette système et ainsi absorber tout ce qui s’y oppose. Le résumé de cette repolarisation est la guerre impérialiste dans laquelle la lutte du prolétariat est poussée à une lutte entre fractions bourgeoises, comme nous le subissons actuellement en Syrie, tout comme dans d’autres pays au cours des dernières décennies.

Ces facteurs et limites des luttes actuelles, qui impliquent que toutes les luttes finissent par canaliser, liquider ou revitaliser le capital, renforcent la conviction que la révolution sociale est impossible. Cette conviction devient une force matérielle pour la conservation de ce monde, poussant nombre de ceux qui luttent pour s’éloigner de ce qu’exige un processus révolutionnaire international afin de s’immerger dans une dynamique possibiliste et localiste sans aucune perspective, qui rompt l’unité des peuples. les luttes immédiates de notre classe (lutte contre les mesures d’austérité, contre les expulsions, contre la répression, les expropriations…) de la lutte historique pour la révolution.

Il est certain que les conditions de vie du prolétariat lui permettent de surmonter ces obstacles sans cesse et de s’affirmer en tant que classe opposée violemment à la société actuelle, malgré toutes les faiblesses que nous subissons. Néanmoins, le cadre local est à peine dépassé, et seul un cas exceptionnel est supposé régional. Le reste du prolétariat mondial n’est pas concerné par ces luttes, ne considère pas le combat qui se développe à un endroit ou à un autre comme son propre combat. Ainsi, une quantité infinie de luttes se développent dans un isolement complet, qui est finalement repolarisé et / ou écrasé par le capital mondial (Syrie, Brésil, les Mapuches…). Ce numéro nous rappelle constamment que notre classe ne peut générer une perspective plus révolutionnaire que d’assumer sa lutte sur un plan historico-universel. L’internationalisme prolétarien n’est pas une belle devise du passé, mais le terrain même sur lequel se déploie la lutte révolutionnaire.

Malgré toutes ces difficultés, malgré toutes ces forces et ces éléments qui agissent contre la constitution du prolétariat en tant que force révolutionnaire, il n’ya pas d’autre perspective, il n’ya pas d’autre sortie de la catastrophe capitaliste que la révolution sociale. Nous ne doutons pas que la catastrophe capitaliste continuera d’avancer et rendra la vie sur cette planète de plus en plus impossible. Nous ne doutons pas non plus que les luttes de notre classe continueront à se reproduire ici et là. Néanmoins, ce qui est fondamental, c’est de ne pas percevoir cette évidence, mais d’assumer et de structurer ces luttes comme une même lutte internationale visant à démanteler le capitalisme, en utilisant l’expérience historique accumulée pour surmonter nos propres limites et faiblesses, ainsi que pour dénoncer tout ce qui entrave le droit international. et l’action internationaliste contre le capital et l’Etat. C’est le seul véritable moyen de défendre les besoins humains contre ceux du capital. Les réformes, les espoirs et les rêves qui justifient le rejet de la révolution ne sont que des forces pour la conservation du monde actuel. Nous n’avons pas d’autre moyen de sortir de ce gouffre que de dénoncer et de briser ces mécanismes de défense du capitalisme qui entravent l’organisation de notre communauté de lutte. Nous organiser ensemble - aux côtés et contre toutes les structures de l’État - dans la lutte contre ce système de mort, dans la défense des besoins humains contre ceux du capital, dans l’affirmation de l’humanité contre l’objectivation capitaliste. Tout le reste marche vers l’abîme auquel cette société nous conduit.

L’affirmation de l’être humain contre la déshumanisation absolue que contient la condition prolétarienne, telle est l’essence de la constitution du prolétariat en tant que classe afin de nier les classes sociales, l’État et le capital.

Organisons la lutte de notre classe au niveau international, contre la catastrophe mondiale du capitalisme, contre l’ensemble de la société des classes !

Internationalist Proletarians

http://www.proletariosinternacional...

info[arroba]proletariosinternacionalistas.org

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0