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Colbert, ministre de l’Economie modèle ou premier corrompu de France ?

samedi 11 janvier 2020, par Robert Paris

Colbert, le modèle historique du grand trésorier d’Etat et ministre des finances de l’Etat et de la grande bourgeoisie, qui siphonne l’argent public en volant les plus pauvres

M. Geffroy dans la préface de l’Histoire de Golbert :

« Le roi, écrit-il, décida en le nommant (au conseil des finances) qu’il ordonnerait de beaucoup d’affaires à lui tout seul : c’était lui remettre toute l’administration financière, c’était lui conférer à l’avance une autorité que sanctionna, en décembre 1665, le titre de contrôleur-général, que devaient conserver les ministres des finances jusqu’en 1789. Cette autorité était fort étendue. Le contrôleur-général des finances était non seulement chargé de la perception des impôts ainsi que des paiements au nom du Trésor, mais aussi de tout ce qui pouvait influer sur le revenu de l’État, sur l’assiette et sur le taux des diverses impositions, sur les sources enfin de l’impôt, telles que l’agriculture, le commerce et l’industrie. Il est très difficile de se rendre compte des limites entre lesquelles furent contenus les pouvoirs dont Colbert reçut le dépôt, tant l’ancienne organisation administrative de la France comportait de nombreuses et étranges anomalies. Il eut dans son département, avec les finances, la marine et le commerce, les ports et les fortifications maritimes, toutes les places fortes de ce qu’on nommait alors l’ancien domaine du roi. Ce ne fut pourtant que le 9 mars 1669 qu’il fut chargé officiellement de la marine, des manufactures et du commerce. Bien qu’il eût dès le commencement ces sortes d’affaires dans ses attributions, c’était le secrétaire d’État de la marine, de Lionne, qui contresignait les dépêches ».

Dans tous les livres d’Histoire de France, ou quasiment, on ne tarit pas d’éloges du ministre Colbert. Il a quasiment créé à lui tout seul l’économie française et le fonctionnement de l’Etat !

Il est effectivement un modèle des liens entre intérêts bourgeois privés et Etat central, liens dans les deux sens où la corruption n’est pas accidentelle mais systématique !

Avec Mazarin, Colbert avait été à bonne école : Mazarin s’enrichissait de plus en plus au fur et à mesure que durait son pouvoir... A la fin de sa vie, Mazarin avait amassé une fortune…

Colbert a légué à la postérité, faute de finances saines (il n’y a plus que des trous dans les comptes !!!) l’image ambiguë de ce que ses successeurs nommeront avec ravissement et hypocrisie « un grand homme d’État ».

Loin d’être le défenseur probe des finances publiques tel qu’il est souvent présenté, il s’attaqua comme jamais aux fonds publics comme jamais, avec notamment la banqueroute de trois milliards à Saint-Denis.

Aux colonies, Colbert imposa le "Code Noir" dans lequel il définit une doctrine de l’esclavage. Selon le philosophe français Louis Sala-Molins (1987), le Code Noir est « le texte juridique le plus monstrueux qu’aient produits les Temps modernes ».

Contrôleur général des finances, succédant à Fouquet surintendant des finances du royaume, Colbert a vu passer entre ses mains des fortunes colossales, mais il n’en a pas distrait une part négligeable.

S’il s’est fait connaître comme pourfendeur des dépenses somptuaires de Fouquet (qu’il a dénoncé au roi et fait emprisonner pour prendre sa place en prétendant vouloir la donner au jeune roi), il a dépensé plus encore que son prédécesseur et notamment pour racheter une bonne partie de la région de Sceaux, Fontenay et Chatenay. Cette région se glorifie aujourd’hui de l’avoir hébergé et d’en avoir tiré une notoriété importante, mais c’est oublier sa mainmise sur toutes les richesses de la région, terres, eaux, maisons, châteaux…

Colbert est mort riche et puissant. Il a acheté une grande quantité de titres de noblesse et de charges pour sa famille. Son frère Charles est devenu marquis de Croissy et secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères. Un autre frère Edouard-François a été élevé au rang de marquis de Maulévrier et de lieutenant général des armées du roi. Son fils Jean-Baptiste est devenu marquis de Seignelay et secrétaire d’Etat à la Marine. Les autres frères et fils ont eu d’autres carrières et titres. Ses filles sont toutes devenues duchesses.

Colbert a accumulé, sur le dos des finances publiques, un patrimoine net de plus de dix millions de livres.

Pour s’enrichir, Colbert a utilisé de moyens divers : confiscations de charges et pensions, richesses de la couronne, exactions contre la population pour lui faire payer toujours plus d’impôts, dragonnades contre les villes, villages et régions qui payaient mal l’impôt. Les dragons avaient feu vert pour piller, violer, brûler, assassiner…

Mais il ne s’est pas contenté de moyens d’enrichissement personnel légaux. Il a mis sur pied, avec son neveu, une opération à grande échelle de falsification de monnaie. Il a organisé la mise en coupe réglée des forêts royales à son propre profit : bois de Bourgogne, forêt de Normandie, etc.

Colbert n’a pas seulement été un ministre corrompu mais surtout corrupteur : il a développé comme jamais auparavant l’alliance entre intérêts privés bourgeois et pouvoirs publics, alliance qui est à la base de la société capitaliste. C’est pour cela qu’il est tellement encensé par toutes les « Histoires de France » comme celui qui a construit l’ « économie française » !

Sous Colbert, les petites gens, qui souffraient autrefois de la faim, en mouraient en masse…

Colbert exerça une telle pression fiscale sur le peuple que ce dernier lui dédiera une chanson satirique : « La bête insatiable ou le serpent crevé ».

« Ci-gît notre invincible roi… », épitaphes satiriques sur la mort de Louis XIV clame :

« Mais ne parlons plus de Colbert, Et parcourons un peu l’enfer. »

L’enfer sur terre, oui : la France de Colbert crevait de faim !

Le journal bourgeois « Le Echos » écrit en septembre 2013 : « Enrichir la France pour qu’elle soit « le premier royaume d’Europe et son roi le premier roi »  : tel fut l’objectif, le programme de Jean-Baptiste Colbert, le grand argentier de Louis XIV, de 1665 à sa mort, en 1683. »

Dans un Mémoire au roi, Colbert explique sans détour  : « Il est certain et démonstratif que l’on ne peut augmenter la quantité d’argent qui roule en France que si on ôte la même quantité aux Etats voisins. » Conception agressive assumée par Colbert  : « Le commerce est une guerre d’argent. »

Bossuet peut bien écrire : « Ils meurent de faim ! » et Fénelon : « Au lieu de tirer de l’argent de ce pauvre peuple, il faudrait lui faire l’aumône et le nourrir ? »

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1 Message

  • La fortune matérielle de Colbert ne fut pas moins prodigieuse que son avancement politique. L’abnégation n’était pas la vertu des fonctionnaires de l’ancienne monarchie, et l’intendant de Mazarin entendait trop bien le positif des affaires pour négliger ses intérêts personnels. A peine entré chez le cardinal, on le voit exploiter l’influence que lui donne ce puissant patronage. Vers 1650, un partisan nommé Jacques Charron, sieur de Ménars, qui, suivant la chronique, « de tonnelier et courtier de vins, était devenu trésorier de l’extraordinaire des guerres, » était menacé d’une taxe considérable à titre de restitution. Colbert, dit-on, le fit exempter, et, pour prix de ce service, obtint la main de sa fille, qui était nue des plus riches héritières de la capitale. Ce coup de fortune n’empêcha pas l’intendant de glisser de temps en temps dans sa correspondance une phrase pour demander quelque petite abbaye d’environ 4.000 liv. de rentes. Il ne perdit pas pour attendre, et reçut plus tard un bénéfice de 8,000 livres. Six ans de service chez le cardinal lui suffirent pour procurer à ses frères, oncles et cousins, des postes lucratifs ou de riches bénéfices. Lui-même reçut gratuitement la charge d’intendant du duc d’Anjou, dont il tira 40,000 livres, celle de secrétaire des commandemens de la reine à venir (le jeune roi n’était pas encore marié) ; fonction honorifique qu’un financier lui acheta 500,000 livres, plus 20,000 livres de pot-de-vin à Mme Colbert. On sait que Mazarin, dont la rapacité était scandaleuse, entreprenait à son compte la fourniture des vivres de l’armée. Quoique blâmant en principe ce genre de spéculation, Colbert en était l’agent nécessaire, et il y dut trouver personnellement des bénéfices considérables. Lorsqu’à son tour il tint dans sa main la fortune de la France, il n’abusa pas trop de sa position ; on le trouve modéré lorsqu’on le juge par comparaison avec ses devanciers. Il résulte du compte établi par M. Clément que ses traitemens avoués ne s’élevaient pas à plus de 70,000 livres ; mais ce qu’on a conservé du registre des ordonnances de comptant contient un e note ainsi conçue : « Au sieur Colbert, pour gratification, en considération de ses services, et pour lui donner moyen de me les continuer, 400,000 livres. » Il paraît démontré en outre que le ministre recevait des dons annuels de la part des états provinciaux. Bref, après avoir établi richement six fils et trois filles, Colbert laissa une fortune évaluée en capital à 10 millions de livres, environ 30 millions de notre temps. Je me hâte d’ajouter que jamais homme d’état ne légitima sa fortune par une plus grande application à ses devoirs. Pendant les vingt-deux ans de son ministère, il travailla régulièrement seize heures par jour !

    Les attributions de Colbert empiéteraient actuellement sur tous les ministères. Le département des finances, dans ses diverses dépendances, formait le fond de sa charge. Intendant particulier du roi, il devait administrer la fortune de son maître, et pourvoir aux dépenses qui constituent aujourd’hui la liste civile. Contrôleur-général des finances de l’état, la répartition et le recouvrement des impôts, les emprunts, les baux et les marchés, les monnaies, le paiement des rentes, des pensions et des services actifs, étaient de son ressort. Le chancelier de France était alors le ministre en titre de la justice ; néanmoins Colbert, homme du roi et jaloux de tout rapporter au roi, dirigeait les grands travaux de législation. La forte organisation du clergé dispensait d’un ministre des cultes ; cependant la police extérieure de l’église, ce qu’on appelait alors les affaires générales du clergé, revenait à Colbert. Dans le ressort de l’instruction publique, le sacerdoce et l’université se disputaient, comme on sait, l’éducation de la jeunesse : le gouvernement surveillait la lutte sans intervenir ; mais la partie élevée de ce ministère, l’instruction supérieure, les académies, les bibliothèques, les encouragemens aux savans et aux littérateurs, étaient le beau côté des emplois de Colbert, et, pour ainsi dire, la récréation de ce grand homme. Il n’y avait pas alors de ministre spécial pour l’ensemble des relations extérieures : la diplomatie politique était confiée à des hommes d’une expérience consommée, d’une autorité généralement reconnue, comme Pomponne ou Lionne ; les traités de commerce et les consulats rentraient dans les fonctions de Colbert, qui correspondait directement avec les ambassadeurs. Les occupations les plus importantes du ministère de l’intérieur, c’est-à-dire la police générale du royaume, les postes, et les rapports avec les intendans et les magistrats civils des provinces, regardaient également l’homme infatigable. Il exerçait en outre, d’une manière directe, le gouvernement, c’est-à-dire l’intendance provinciale de Paris, de l’Ile-de-France et de l’Orléanais. Le ministère de la guerre proprement dit appartenait à Louvois, mais ce département avait alors moins d’étendue qu’aujourd’hui ; on en détachait presque toute la comptabilité : l’entretien des fortifications, la solde des troupes, les vivres, les étapes, l’entretien de l’artillerie, les poudres et salpêtres, en ce qui concerne la partie financière de ces services, revenaient de droit au contrôleur de la fortune nationale. Ce qui forme aujourd’hui le ministère des travaux publics rentrait alors dans la surintendance des bâtimens, l’une des charges de Colbert. La construction des palais royaux et des édifices publics, des routes, des ponts, des canaux, des arsenaux, des ports de mer, était dirigée par lui avec un zèle qui transformait parfois l’administrateur en artiste. L’agriculture, le commerce et l’industrie étaient la préoccupation capitale de Colbert, et sur ce terrain il était roi absolu. Toutefois le service qui lui demanda le plus de temps et d’application fut celui de la marine et des colonies, dont il surveillait jusqu’aux détails les plus minutieux. De compte fait, à l’exception de la diplomatie purement politique, de la direction militaire des armées, de la chancellerie et de l’université, toutes les affaires qui sont aujourd’hui réparties entre neuf portefeuilles revenaient à Colbert. On dira que l’administration au XVIIe siècle était moins compliquée, moins avancée qu’aujourd’hui. Sans doute elle était moins formaliste, moins paperassière : était-elle en réalité moins active ? Je n’ose prononcer. Quoi qu’il en soit, la tâche assumée par Colbert est effrayante à nos yeux. Pour y suffire, il fallut, non-seulement le zèle uni à l’ampleur de l’intelligence, non-seulement l’amour passionné du bien public : il fallut surtout une puissance de volonté, une solidité d’organisation vraiment phénoménales. Cette fureur de travail n’est pas toujours nécessaire pour faire un homme d’état. On peut heureusement devenir un bon ministre sans être un Hercule...

    Un quatrain traduit assez fidèlement les sentimens populaires :

    « Enfin Colbert est mort, et c’est vous faire entendre

    Que la France est réduite au plus bas de son sort,

    Car, s’il restait encor quelque chose à lui prendre,

    Le voleur ne serait pas mort. »

    source

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