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Le GIGC face à la pandémie provoquée par le capitalisme

samedi 21 mars 2020

Non à l’union nationale face à la pandémie provoquée par le capitalisme !

Non aux sacrifices pour la sauvegarde du capital !

Ce n’est pas aux prolétaires de payer pour le coronavirus et la crise !

(GIGC, 15 mars 2020).

Face à la pandémie de coronavirus, les discours de Trump, Macron, Trudeau, Merkel, Poutine, Xi Jinping et autres dirigeants impérialistes se ressemblent tous. Ce sont des appels à la solidarité nationale 1 tout en renforçant le contrôle policier des populations au nom des mesures d’isolement et de quarantaine. Enlevez le mot coronavirus et épidémie et mettez-y appel à la défense guerrière de la nation et c’est la réalité qui s’en vient. De fait, un véritable couvre-feu a été instauré dans des pays comme la Chine, l’Italie, l’Espagne, voire la France visant avant tout à contrôler la population...

Le coronavirus fait éclater la crise économique capitaliste

Les attaques économiques et politiques contre le prolétariat ne peuvent que redoubler du fait de l’éclatement de la crise économique, récession et crise financière, dont le coronavirus n’est que le facteur exogène, un accident, qui non seulement était prévue pour 2020-2021 selon bien des économistes bourgeois mais dès le début janvier 2020 selon les indices économiques qui indiquaient un ralentissement. Lors des crises économiques précédentes, l’or était un refuge pour des spéculateurs ce n’est même plus le cas. La BCE2 dit qu’elle ne peut utiliser tous les moyens comme lors de la crise de 2008 – la politique des taux négatifs et le Quantitave Easing ont leurs limites – mais seulement quelques uns.

Dans l’immédiat, la guerre commerciale continue toujours, par exemple Trudeau va fournir un montant de 275 millions aux chercheurs canadiens pour trouver un vaccin. Chaque puissance impérialiste cherche à le trouver en premier. Entendu à la télé française le 14 mars : « la recherche sur le vaccin ne sera rentable que si l’épidémie se poursuit ». . Comme l’écrivait Engels dans son introduction à Dialectique de la nature « la division du travail, qui en limitant plus ou moins chacun à sa propre spécialité [nous pourrions ajouter à son propre pays], privait la plupart des chercheurs de la faculté de les voir ensembles. »

Le coronavirus révèle la perspective capitaliste de guerre impérialiste généralisée

« La fermeture des frontières entre les nations est la démonstration supplémentaire que les bourgeoisies des différents pays raisonnent de la même manière : elles pensent avant tout à défendre leurs économies, leurs affaires, accusant les autres pays d’être les porteurs de maladies, les traitant comme des "agresseurs" contre lesquels il faut se défendre comme en temps de guerre : l’agresseur, c’est toujours l’autre ».

(Communiqué du PCI-Le Prolétaire, 11 mars 2020, pcint.org).

La pandémie permet des appels à des retours à des économies nationales "moins mondialisées". Par exemple Trump qui ferme la frontière américaine aux européens à l’exception du Royaume-Uni dans un premier temps (on le sait bien le coronavirus n’infecte pas les britanniques). C’est encore un pas vers la polarisation impérialiste. Quant à Macron, il veut renforcer le poids de l’impérialisme français en Europe en critiquant le nationalisme d’autres pays européens et en prônant, une nouvelle fois, un renforcement de l’Union Européenne, du moins de son noyau dur, aujourd’hui au nom de la recherche scientifique européenne. Dans la même lignée, l’ancien premier ministre italien, Mateo Renzi, pour qui « le coronavirus sera un changement d’époque pour l’Europe », appelle à la « recentralisation des services de santé (…) et aux investissements d’infrastructures que l’Europe nécessite » (interview sur la radio française RTL, le 12 mars). L’abandon du sacro-saint dogme allemand de déficits budgétaires à zéro (officialisé par Merkel), les déclarations sur la nécessité de "relocaliser" des secteurs clés des productions nationales, les mesures de protectionnisme, l’explosion des déficits et des dettes d’État comme jamais que les États sont en train de prendre dans l’urgence, etc., reviennent à concentrer et orienter les appareils de production autour des États et de la défense économique et impérialiste de chaque capital national en opposition aux autres, quitte à se regrouper dans des alliances étroites, autre caractéristique de la polarisation impérialiste, comme dans le cas des principales puissances du continent européen. Car la pandémie de coronavirus et la crise qu’elle fait éclater sont aussi l’occasion, pour la première, et un moment, pour la seconde, d’un renforcement des tensions impérialistes et de la marche à la guerre généralisée.

Le capitalisme incapable de contrôler et enrayer le coronarivus

Il faut se demander pourquoi cette panique chez tous les gouvernements. Il y a eu tellement de coupures dans les services de santé et d’éducation que la situation sanitaire était particulièrement catastrophique avant la pandémie. Rappelons qu’en France, des médecins et infirmières épuisés demandaient l’augmentation des budgets de santé. Et cet automne, Macron loin de les soutenir comme il le fait hypocritement actuellement leur a envoyé les CRS pour les gazer. À l’heure même où nous écrivons, plus de deux mois avant le début de la pandémie, le capitalisme n’est toujours pas capable de fournir suffisamment de masques de protection aux populations les plus en danger ! Alors n’évoquons même pas la carence de respirateurs pour les malades atteints de pneumonie aigue. Tout comme ce fut déjà le cas en Chine et en Italie, les spécialistes de la santé évoquent le risque de devoir choisir entre les malades, y compris dans les pays centraux du capitalisme, entre ceux pouvant bénéficier des soins d’urgence et ceux que l’on renverra mourir chez eux ou dans la rue ! Alors que la bourgeoisie est capable de mobiliser des milliards pour sauver les banques ou envoyer une armada bombarder des pays entiers.

Une fois la pandémie terminée, l’hypocrisie et les louanges des politiciens cesseront et les attaques contre les travailleurs de la santé reprendront de plus belle. Autre exemple depuis des années : il faut attendre plusieurs heures dans une salle d’urgence avant de voir un médecin au Québec. Les employés des services de santé dans la majorité des pays sont épuisés ou en congé maladie avec les coupures de budget. Une augmentation des cas graves d’infection comme c’est le cas en Italie a entraîné l’effondrement du système de santé en l’absence de moyens, lits d’hôpital, respirateurs, et de personnel.

Le seul remède du capital : relancer les attaques contre le prolétariat

Les mesures draconiennes mises en oeuvre dans certains pays dans le seul but apparent de ralentir la propagation du virus sont un avant-goût des mesures qui pourraient être mises en place pour contrer les mouvements anti-guerre ou la faillite des États qui ne pourraient plus payer les fonctionnaires et les enseignants. Dans de nombreux pays, les rassemblements de 1000 à 100 personnes sont interdits. D’autres pays vont encore plus loin, comme la Chine et l’Italie, avec des mesures de confinement obligatoires qui touchent des villes et des régions entières de dizaines de millions de personnes. Malgré le confinement, l’exception notable à la règle de rester chez soi est celle de continuer à produire dans les usines pour produire des biens non essentiels et de luxe malgré le coût certain que cela aura en termes de vies humaines, car les profits de la classe dirigeante sont plus importants que les risques énormes de décès dus à l’engorgement des hôpitaux et au dépassement de la capacité à fournir des soins aux cas critiques.

« C’est en fait la prévention sociale que la bourgeoisie met en oeuvre pour défendre son pouvoir, sa domination, ses privilèges. Si, d’un côté, elle montre qu’elle n’a pas la capacité de prévenir les épidémies et d’empêcher ces maladies de se propager rapidement dans le monde entier, cachant pour des raisons d’intérêt purement économique – comme cela a été démontré de façon irréfutable – la gravité de la maladie lors de son apparition, de l’autre côté, elle révèle qu’elle a un objectif bien différent de celui proclamé hypocritement de la « défense de la santé publique » : la défense de l’économie capitaliste, à un moment où la crise économique a déjà frappé aux portes de la Chine, de l’Italie, de l’Allemagne et donc de l’Europe toute entière. La militarisation de la société va dans ce sens et l’Italie, dans ce cas, peut servir d’école aux autres pays "démocratiques". » (Communiqué du PCI, op. cit).

La propagande étatique sur le coronavirus dédouane le capitalisme pour l’éclatement de la crise économique et justifie ainsi les attaques redoublées contre la classe ouvrière. En effet, les appels à l’union nationale cachent difficilement le fait que l’épidémie ne fait qu’exacerber encore plus les contradictions de classe et l’exploitation du prolétariat par la bourgeoisie. En Italie par exemple, dans les quartiers ouvriers, les prolétaires sont livrés à eux-mêmes ; les mesures de prévention ne sont pas appliquées ; les expulsions de locataires continuent d’être appliquées ; les employés des bars et des restos, les guides touristiques, les enseignants suppléants, etc. sont sans revenus et pour une période indéterminée malgré cela ils doivent continuer à payer loyer, nourriture, médicaments, désinfectant etc.

« L’épidémie au coronavirus, récemment requalifiée par l’OMS en pandémie car elle affecte tous les continents, montre aujourd’hui comment la classe dirigeante bourgeoise utilise un événement de ce type pour appliquer – dans une période de difficultés économiques particulières pour beaucoup de puissances mondiales – une politique directement anti-prolétarienne » (idem).

Union nationale ou lutte contre le capital ?

« En dehors du lieu de travail, tout le monde reste à la maison autant que possible, en portant des masques à l’extérieur, en se tenant à des distances "de sécurité" ou en quarantaine. En revanche, dans les usines surpeuplées, où l’information est insuffisante, les vestiaires sont surpeuplés et il n’y a pas de désinfection.

Apparemment, il est beaucoup trop coûteux pour les patrons de se conformer aux instructions sur les soins de santé : et il est "irresponsable" de la part des travailleurs de les exiger. (...) Une image évocatrice de cette situation est le bus de 5 heures du matin qui, bondé de gens empilés les uns sur les autres, emmène les travailleurs à l’usine pétrochimique de Marghera, près de Venise. De nombreux cas de travailleurs ont été menacés de licenciement pour avoir simplement demandé l’application de la réglementation sur les coronavirus. » (Italie, lutte de classe au temps du coronavirus , Tendance communiste internationaliste 3 traduit par nous de l’anglais).

Dans ce contexte comment le prolétariat peut-il lutter ? Les États dans l’espoir d’empêcher une résistance limitent les rassemblements par exemple à 100 personnes en France, à 250 au Québec. Le prolétariat devra aussi faire face aux syndicats qui comme lors des guerres appuient leur bourgeoisie. Un petit exemple la première rencontre du Front commun de base4 samedi à Montréal a été annulée. Malgré tout et dans le contexte italien, « le message des patrons est le suivant : "Taisez-vous et travaillez même si nous ne pouvons pas vous offrir les conditions minimales pour garantir votre santé". C’est apparemment le slogan des patrons partout, qui a déclenché les grèves spontanées dans le Piémont, la Ligurie, la Lombardie, la Vénétie, l’Émilie-Romagne, la Toscane, l’Ombrie et les Pouilles. Des centaines d’usines ont cessé de fonctionner. (…) Nous condamnons les patrons et appuyons et relayons les revendications des tous les travailleurs : personne ne devrait travailler si sa santé est mise en danger ! » (idem).

Dans son interview, cité plus haut, Mateo Renzi priait les autres bourgeoisies européennes de « ne pas faire les erreurs que nous avons commises en Italie ». À la lumière de ce que les sections du PCI et de la TCI en Italie nous apprennent, nous comprenons mieux le sens profond de l’avertissement d’autant qu’il s’empressait d’ajouter qu’il convenait de « bloquer les manifestations publiques les plus importantes ».

L’avertissement de l’ancien premier ministre italien ne visait pas seulement la seule extension de la pandémie mais aussi la possible explosion de réactions ouvrières et populaires. Sans doute se basait-il aussi sur les quelques manifestations hostiles au gouvernement chinois que la presse n’a pu complémentaire.

Même dans l’urgence face à une pandémie provoquée par les conditions mêmes de l’exploitation capitaliste et la circulation des marchandises, la réalité des capacités productives d’aujourd’hui, que le capitalisme a poussé comme jamais, permettrait de réduire la production, dans le but d’éviter que les prolétaires attrapent le virus au travail et dans les transports, tout en continuant à assurer le bien-être matériel de la population mondiale. D’autant qu’elle permettrait tout autant de produire masques de protection, appareils respirateurs, d’accueillir les malades en état critique, etc. si l’ensemble des moyens à disposition visait à la bonne santé générale. Mais pour cela, il faudrait abandonner les besoins de l’accumulation du capital et réduire considérablement le sur-travail, la plus-value, extorqué aux prolétaires par le capital lui-même. Voilà pourquoi les appels à l’union nationale ne sont en aucun cas une réponse à la pandémie. Voilà pourquoi la lutte du prolétariat est la voie. Tout comme la guerre impérialiste ou la crise, une pandémie ne met pas entre parenthèse la lutte des classes. La bourgeoisie elle-même nous le prouve encore aujourd’hui.

Ce n’est pas aux prolétaires de payer pour la paralysie de la production du fait de la pandémie et pour la crise. Voilà pourquoi nous faisons nôtre une grande partie du communiqué du 14 mars réalisé par le groupe Emancipation (emancipacion.info), dont l’organe d’intervention en espagnol est plus connu sous le nom de Nuevo Curso. Nous soumettons à la réflexion de tous les mots d’ordre et revendications que les camarades mettent en avant dans la situation actuelle.

« Ne pas fermer les usines et les lieux de travail, même lorsqu’ils deviennent des foyers de propagation du coronavirus, équivaut à envoyer des travailleurs se faire infecter par une maladie grave. Proposer un licenciement temporaire ou total comme seule alternative est un chantage criminel. (...) Mais si la propagation s’est multipliée, c’est parce que les priorités des bourgeoisies de chaque pays et de leurs gouvernements sont axées sur le maintien de l’ordre social, la prévention de la dévaluation de leur capital national et la tentative de maintenir la production « normale » par inertie. Leur idéal est que nous obéissions sans critique aux diktats de chaque instant et que nous ne nous inquiétions pas et ne nous plaignions pas, mais que nous restions « unis » aussi longtemps qu’ils le jugent nécessaire à la production de profits. Nous ne pouvons pas accepter cela. Le risque pour les familles de travailleurs et la population en général est trop élevé. C’est pourquoi il est temps de faire grève dans tous les lieux de travail qui ne sont pas dédiés à la production indispensable et a à demander :

- La fermeture de toute production non essentielle et la mise en place d’un confinement général ;

- L’annulation de tous les licenciements, tant permanents que temporaires, et l’indemnisation des travailleurs sous forme de congés médicaux pendant toute la période d’enfermement ;

- L’extension des tests à toute la population présentant des symptômes ;

- Le renforcement urgent des équipes médicales et sanitaires, et la mise en place d’un nombre suffisamment important de structures d’urgence et d’hôpitaux pour permettre le suivi et l’isolement des patients à risque. » (Communiqué du 14 mars du groupe politique Émancipation (emancipacion.info), plus connu sous le nom de son organe d’intervention Nuevo Curso 5).

Le GIGC, le 15 mars 2020.

1 . Des discours semblables à ceux lors des attentats de Paris à Charlie hebdo, 7 janvier 2015.

2 . Banque Centrale Européenne

3 . http://www.leftcom.org/en/articles/...

4 . Des syndicalistes qui se veulent critiques des directions syndicales seulement.

Lire aussi :

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2 Messages de forum

  • Xi Jin Ping, 10 février 2020 : « C’est une guerre que nous devons mener tous ensemble ».

    Macron, 16 mars 2020 : « Nous sommes en guerre ».

    Trump, 18 mars 2020 : « Je suis un président en temps de guerre ».

    Merkel, 18 mars 2020 : « C’est sérieux. Prenez également la chose au sérieux. Depuis la Réunification allemande, en fait depuis la Seconde guerre mondiale, il n’y a eu aucun défi lancé à notre pays qui ne dépende autant de notre solidarité commune ».

    Berlusconi, ex-premier ministre italien, 20 mars 2020 : « Nous sommes en guerre. Restons proches de ceux qui gouvernent »

    La guerre est depuis des temps immémoriaux un facteur multiplicateur, favorisant la propagation de l’épidémie. Celle-ci, en retour, engendre des guerres contre le « bouc émissaire » intérieur condamné à être éradiqué, comme les rats et les puces au temps de la peste et du typhus. Pire, les épidémies peuvent être utilisées comme arme de guerre contre « l’ennemi intérieur » ou « extérieur ».

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  • Coronarivus et crise catastrophique : tragique responsabilité des communistes (19 mars 2020)

    « Le coronavirus appelle à une réflexion économique de temps de guerre » (The New Yorker, 16 mars 2020 [1]). « Nous sommes en guerre » (le président français Macron, le 16 mars). « Je me considère, d’une certaine manière, comme un président en temps de guerre. C’est une guerre que nous menons, c’est une situation très très difficile » (Trump, 18 mars).

    La rupture est historique et brutale. Outre les victimes de la pandémie et le drame sanitaire, la récession est soudaine et profonde. Des secteurs entiers, souvent essentiels, de la production mondiale sont paralysés. À l’arrêt. La facture sera exorbitante. On verra plus tard comment la faire payer au prolétariat mondial. En attendant, la guerre contre le virus est déclarée. La police et l’armée sont les seuls vaccins, le confinement et le couvre-feu, contre le coronarivus que le capitalisme ait pu trouver.

    Il en va de même pour la crise. « On ne peut plus penser en termes normaux. C’est plus une crise de temps de guerre qu’une crise économique normale » (Ian Shepherdson, fondateur du Pantheon Macroeconomics cité par le New Yorker dans l’article ci-haut). La chute générale de la production va exacerber comme jamais les rivalités commerciales et impérialistes. Dans le naufrage du capitalisme mondial, la lutte désespérée de chaque capital national pour monter à bord des rares canots de sauvetage va être sauvage. Acharnée et violente.

    Pour pouvoir accéder aux rares canots et en exclure les autres, les uns parlent de « réorienter l’économie » – en opposition aux soi-disant excès libéraux de la globalisation – autour de chaque État national, quitte même, déclarent-ils tous aujourd’hui dans la panique, à nationaliser certains secteurs indispensables à la défense du capital national. Les autres différencient biens essentiels et biens non-essentiels, les premiers à préserver, les autres à laisser tomber. Car la crise va détruire des pans entiers des appareils de production nationaux. Il en va des plus faibles secteurs économiques comme des plus faibles face au coronarivus. Les services de santé réfléchissent aux critères à utiliser pour choisir entre ceux qu’on sauvera – fautes de personnels, de lits et de respirateurs – et ceux qu’on renverra mourir chez eux ou dans la rue. Il en va de même pour les secteurs les plus faibles, malades de la crise, de l’économie. L’État, le représentant suprême de chaque capital national, va décider des secteurs à sauvegarder à tout prix et ceux à sacrifier, ou à laisser mourir. Le critère essentiel ne sera pas d’ordre économique mais d’ordre politique et impérialiste : les secteurs stratégiques pour la défense du capital national sont les biens essentiels que chaque État va chercher à préserver à tout prix. Car derrière la crise et les tensions impérialistes, se profile chaque fois plus la guerre impérialiste généralisée. La réponse militarisée à la pandémie du coronarirus en est l’illustration, un moment et un accélérateur particulier. Le processus, on pourrait presque dire la mécanique, déterminé par les contradictions du capital, mène inéluctablement à la guerre impérialiste généralisée si ce dernier n’est pas détruit et dépassé.

    Avec l’éclatement de la pandémie, crise capitaliste et guerre impérialiste se conjuguent au présent. Le rapport dynamique entre les deux oblige maintenant chaque bourgeoisie à imposer de manière absolue la misère généralisée, les biens "non essentiels" disparaissant, et la discipline tout aussi absolue sur les lieux de travail et dans la rue pour la production des "biens essentiels" à la défense du capital national. La marche à la guerre impérialiste exige que la bourgeoise provoque un affrontement généralisé contre le prolétariat dans tous les pays. Le coronavirus et la crise qu’il fait éclater, ne laissent plus de place au doute : l’heure est à des confrontations massives, violentes, dramatiques, internationales entre les classes. Leur issue résoudra dans un sens ou dans l’autre l’alternative révolution ou guerre.

    L’ouragan qui se déclenche est d’une ampleur sans précédent et les communistes ne sont à ce jour qu’un fêtu de paille qui risque fort d’être emporté et dispersé par la tourmente. Une des tragédies du drame historique qui se présente risque aussi, du fait de l’irresponsabilité et l’inconséquence des forces communistes d’aujourd’hui, de déboucher sur l’absence d’un parti communiste mondial effectif lors même de l’affrontement qui s’ouvre. Il est encore temps que les principales forces dites "partidistes", luttant résolument pour la constitution du parti, se hissent à la hauteur de leur responsabilité et œuvrent en conséquence, rapidement et concrètement, pour dégager la voie au regroupement international autour des positions historiques de la Gauche communiste et de ses principaux groupes. À ceux-ci, au premier chef à la Tendance Communiste Internationaliste, de prendre leur rôle au sérieux et de prendre en charge, en dépassant tout sectarisme, le développement et le renforcement du camp prolétarien comme un tout.

    Le GIGC, le 19 mars 2020

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