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Les "plans de relance" du capitalisme, un symptôme de la mort annoncée de l’ancien système socio-économique dominant en survie artificielle

lundi 23 mars 2020, par Robert Paris

La chute n’a pas commencé avec le coronavirus mais en 2019

Voir une courbe qui indique une forte probabilité de chute économique et date de septembre 2019 !

Et en août 2019 cette prédiction : la FED ne sauvera pas le capitalisme

Le dépérissement du capitalisme réel remonte de bien plus loin...

Les centaines de milliards pleuvent comme des petits pains...

Pour mille milliards de dollars, t’as plus rien !

Mille milliards de dollars de Trump, mille cinq cent milliards de la FED, et des centaines de milliards de la BCE, des autres banques centrales et des Etats des autres grandes puissances, tout cela ne peut pas sauver le capitalisme mais peut handicaper l’avenir de l’humanité

On a reçu l’annonce que la mobilisation mondiale des pays capitalistes, que ceux-ci appellent « la guerre économique » ne servira pas à s’investir essentiellement dans le matériel médical (appareils respiratoires, nouveaux hôpitaux, salles spécialisées, masques, tests, inhalateurs, gants, etc.), ni dans l’embauche de personnels de santé, ni dans les soins aux malades, ni dans les aides sociales aux populations qui subissent des conséquences graves sur leur emploi, leur niveau de vie, l’organisation de la vie sociale dans un système mondial de plus en plus grippé. Non ! Ces sommes colossales sont jetées sur les marchés en pâture au monstre financier affamé de liquidités et qui, si on ne le nourrit pas, détruira tout l’édifice péniblement mis en place en 2008 pour servir de soin palliatif au capitalisme agonisant.

Mais ces sommes colossales n’empêchent pas la chute de se poursuivre, encore plus inexorablement que la pandémie !

Alors, cette distribution massive (gigantesque même puisque ces sommes ne sont pas limitées et peuvent encore augmenter) et gratuite d’argent public est censée servir à quoi ? Eh bien, à sauver le système capitaliste moribond ! A relancer l’économie ! A sauver les boursiers, les financiers, les banquiers, les propriétaires des trusts, des assurances, des compagnies aériennes, du grand commerce, etc. Bien entendu, les gouvernants ne présentent pas tout à fait les choses ainsi et parlent de sauver les entreprises, l’activité économique, les petites et moyennes entreprises. Mais le dernier effondrement mondial, celui de 2007-2008 a clairement démontré que les milliers de milliards d’argent public n’ont pas sauvé ni les peuples ni les petits patrons et les petites entreprises mais seulement les grandes et n’ont fait que retarder de 13 ans la chute de l’ancien système d’exploitation dépassé.

Les aides aux capitalistes dans le monde se multiplient comme les petits pains, la fausse monnaie étant produite en masse par les Etats et les banques centrales… Trump : mille milliards de dollars, FED : 700 milliards de dollars (plus 150 milliards quotidiens), BCE : 750 milliards d’euros, Canada : 82 milliards de dollars, Angleterre : 380 milliards de livres, France : 300 milliards d’euros, Chine : 50.000 milliards de yuans, Allemagne : 550 milliards d’euros, Japon : 120 miliards de dollars, etc… Aucun d’entre eux n’affirme qu’il s’en tiendra là et tous sont prêts à doubler tripler, décupler la mise si cela ne suffit pas…

L’argent tombe du ciel comme s’il en pleuvait… en même temps que les moyens restent très très insuffisants pour lutter contre la pandémie et la misère !!!

Si l’interventionnisme d’Etat a toujours existé et particulièrement dans les crises et les guerres, le remplacement de l’économie réelle par les financements fictifs ont atteint en 2008 et 2020 des sommets himalayens qui prétendent couvrir les abimes abyssaux des chutes d’un capitalisme décadent (à ne pas confondre avec le capitalisme dans sa phase dynamique !

Est-ce que d’inonder les marchés capitalistes d’argent public en masse peut « relancer l’économie » comme ils le prétendent ? La réponse est non !

Est-ce que cela peut permettre de sauver les emplois ? La réponse est non !

Est-ce que cela peut éviter l’arrêt général de l’économie et la chute massive du niveau de vie de la population ? La réponse est non !

Est-ce que l’économie capitaliste peut y retrouver un nouveau souffle ? La réponse est non !

Pourquoi peut-on si aisément être sûr de ce « non » ? Parce que le fondement même de l’effondrement capitaliste provient d’un excès de capital par rapport aux possibilités d’investissements productifs rentables, excès qui amène l’essentiel des capitaux à spéculer à la chute, à s’investir dans des actions pourries, dans des dettes, dans des chutes, dans des actes nécrophiles détruisant le capitalisme. Du coup, distribuer des masses d’argent aux capitalistes ne peut nullement sortir le monde de l’effondrement général !

"Relancer l’économie" c’est bidon ! C’est comme relancer un avion qui n’a plus de moteur : il s’écrase juste un peu plus loin !!!

Alors pourquoi distribuent-ils autant d’argent et sont-ils prêts à en distribuer encore davantage ? Parce qu’ils peuvent ainsi retarder la chute, comme ils l’ont fait depuis treize ans ! Parce que cela leur permet de conserver le pouvoir économique, politique et social et en particulier de maintenir l’appareil répressif, particulièrement indispensable maintenant que les peuples vont voir que le système d’exploitation n’a plus d’avenir.

Mais, en agissant ainsi, ils ne se contentent pas de dévaloriser l’argent, ils faussent définitivement la loi de la valeur capitaliste et notamment la loi de la valeur-travail selon laquelle la source de base du profit capitaliste doit absolument être la plus-value extraite du travail humain. Cette loi ne peut pas être fondamentalement supprimée ou contournée dans le système capitaliste, au risque de ne plus produire la richesse réelle qui fonde l’enrichissement du capital aux dépens du travail et même les redistributions de profits entre capitalistes. Détruire la loi de la valeur-travail, c’est casser la poule aux œufs d’or.

Et ce n’est pas la seule règle capitaliste qui est détruite depuis 2008 par les distributions massives d’argent public par les Etats et les banques centrales. Certes, ces distributions assurent des profits à des capitaux qui ne s’investissent pas dans la fabrication de richesses réelles, et elles assurent aussi le rachat des titres pourris par les banques centrales, elles assurent même la pérennité des banques, des trusts et des assurances en faillite. En agissant ainsi le système mondial d’exploitation ne se contente pas de dépenser de l’argent public au service d’une infime minorité de milliardaires. Il détruit de nombreux fonctionnements de base du capitalisme. Il inhibe les crises économiques qui, au long de l’histoire du système capitaliste, avaient permis d’alterner récessions et relance. Ces crises étaient le meilleur moyen de détruire les « canards boiteux », les entreprises qui n’avaient pas le dynamisme voulu ou ne s’étaient pas investies dans les secteurs dynamiques et en développement. Puis, après la crise, les mauvais sujets balayés, le système relançait les autres entreprises en les faisant progresser plus loin que leur plus haut niveau précédent, assurant ainsi un caractère progressif à l’ensemble de l’économie, malgré des chutes retentissantes. Tout cela est fini depuis 2008. le système estime désormais que toute crise classique signe l’arrêt de mort définitif du système. C’est ce qu’ils appellent une « crise systémique », même si le terme est malencontreux puisque le système ne peut plus du tout supporter de crise.

En inondant ainsi les marchés à coups de milliers de milliards, les pouvoirs centraux et institutions centrales ne font pas que bloquer les crises, ils faussent toute mesure de rentabilité, toute mesure de validité des investissements, toute mesure de comparaison des banques, des trusts et des assurances entre eux, donc tout moyen pour les capitalistes d’estimer les possibilités de faire confiance en leurs partenaires et concurrents. C’est tout le fonctionnement du système qui n’est plus possible et qui est remplacé par des ordres des Etats et des institutions centrales dont les banques centrales.

L’étatisme effréné remplace donc le libéralisme effréné. On peut se dire : pourquoi pas, ces institutions ne nuiront pas aux capitalistes, elles vont sauver le système d’exploitation et faire payer cet effort aux exploités.

Bien sûr, ces Etats et institutions financières capitalistes ne veulent pas faire payer l’effondrement aux capitalistes mais aux peuples, aux travailleurs, aux couches populaires et à la petite bourgeoisie. Bien sûr, ces distributions massives d’argent public enrichissent encore les milliardaires. Mais cela ne veut pas dire qu’elles rétablissent l’ancien fonctionnement de la rentabilité du capital. Elles rendent le capitalisme complètement prédateur, autodestructeur, usurier, spéculateur, nécrophile, une véritable sangsue du fonctionnement capitaliste normal. L’intervention de l’Etat est passé d’une simple béquille, utilisée de temps à autre, de manière plus ou moins modérée, à un nouveau fonctionnement indispensable non à quelques trusts ou banques mais à tous et en permanence !

Et tout montre que ces distributions massives d’argent non seulement ne redonnent pas aux investisseurs la confiance dans l’avenir du système mais qu’elles ne leur servent qu’à s’habituer à se passer du fonctionnement normal du capitalisme !

Les bourses se distribuent ces sommes folles puis elles recommencent à chuter !

Et tout cela n’est pas seulement causé par la pandémie de coronavirus mondiale. A preuve, les pays les moins touchés par l’épidémie sont tout aussi touchées par la crise économique ! La machine économique, tout en distribuant ces sommes folles, tout en permettant des profits fabuleux, s’arrête progressivement de marcher, sur tous les plans (investissements, production, grand commerce, distribution, transports, etc.).

Non, la distribution massive d’argent aux capitalistes, si elle retarde l’effondrement général, pèse de manière fatale sur toute reprise du fonctionnement normal du capitalisme et, si elle est décidée à nouveau en 2020 comme en 2008, c’est que les gouvernants capitalistes et les classes possédantes n’ont plus d’espoir d’un retour sous une forme quelconque d’un tel fonctionnement normal.

Que peuvent-ils espérer à part empêcher la révolution sociale de succéder à l’effondrement mondial du système d’exploitation ? Rien !

La seule manière pour eux de l’espérer, c’est de semer la peur dans la population tout en protégeant les classes possédantes par une dictature follement aggravée. C’est exactement ce qu’ils font. Le coronavirus a-t-il été produit pour cela ou bien est-il seulement l’occasion pour eux d’aller dans ce sens ? En tout cas, c’est exactement ce qu’ils font : terroriser, éliminer des gens et des biens, gouverner de plus en plus par la peur et par la dictature policière et militaire. Et ils le font par peur et par haine contre les peuples, par absence totale de confiance dans l’avenir de leur propre système.

L’argent public qu’ils distribuent sera bien sûr payé par les milieux populaires. Cela se voit déjà aux mesures antisociales qui sont prises sous prétexte de coronavirus, qui sont présentées comme provisoires, mais que ne le seront pas plus que ne l’est l’effondrement général économique, social et politique.

Plus tôt les exploités prendront conscience que toute la chute actuelle est seulement un produit d’un capitalisme ayant atteint sa fin de vie, plus vite ils réaliseront qu’ils n’ont rien à attendre des gouvernants capitalistes, et plus les décisions à prendre seront aisées, plus les travailleurs pourront fonder une nouvelle société en réutilisant les matériaux et connaissances développées par l’ancienne société. Plus ils laisseront les classes possédantes développer leur guerre, comme ils l’ont eux-mêmes appelée, et plus la planète aura été mise à feu et à sang avant que les exploités ne prennent le pouvoir.

Le compte à rebours de l’alternative historique socialisme ou barbarie a commencé…

Le plan de Trump de mille milliards de dollars (et les autres) signe la fin du capitalisme de libre concurrence remplacé par l’étatisme dictatorial modelé sur la Chine stalino-capitaliste et handicape l’avenir de l’humanité !!!

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