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Une pandémie mondialement mortelle, est-ce bien le moment de parler de révolution et de renversement du capitalisme ?

mercredi 15 avril 2020, par Robert Paris

éditorial de Voix des Travailleurs

Une pandémie mondialement mortelle, est-ce bien le moment de parler de révolution et de renversement du capitalisme ?

Les scénarios catastrophe de la chute finale du capitalisme mondial sont déjà dépassés alors que l’on est loin d’avoir assisté au pire, plus que probablement. Bien sûr, cela n’empêche pas les classes possédantes et leurs gouvernants de faire comme s’ils avaient la main sur le processus en cours, de donner des noms, non aux choses, mais à leurs inventions (Covid-19, stade un, deux, trois, cluster, pic d’épidémie, palier et autres immunité naturelle ou distance barrière). Ils inventent des critères bidon, des dénominations trompeuses, des fausses règles de sécurité, des consignes absurdes, et ils en changent progressivement, visiblement dépassés par les événements réels mais faisant semblant de suivre une évolution réelle… L’absurdité de la plupart de leurs décisions et déclarations crève les yeux, mais tout cela n’est-il que de l’incompétence ou de la bêtise crasse, on est en droit de se le demander.

Peut-on en même temps déclarer que les élèves des écoles vont reprendre le travail et continuer de parler de distance barrière ? Peut-on à la fois dire que ce n’est plus dangereux d’aller à la maternelle, à l’école ou au lycée, mais que cela l’est pour l’université ? Peut-on à la fois affirmer que l’on va bientôt renvoyer au boulot ceux qui avaient arrêté le travail et dire qu’on fera les tests après pour voir qui a attrapé et cela au moment où l’épidémie est encore au plus haut niveau.

La rationalité de telles décision existe cependant et, même, on peut dire qu’elle crève les yeux : tout pour l’aide aux capitalistes ! C’est là la seule logique de la politique des gouvernants et de tout l’appareil de l’Etat. Cela signifie que cette logique n’a absolument rien à voir avec la santé de la population et ne vise que la santé des trusts capitalistes, même si, par démagogie politicienne, les gouvernants affirment défendre aussi la petite entreprise.

Pourquoi le gouvernement autoriserait l’ouverture des écoles et n’imposerait pas d’y retourner et ne rouvrairait pas les facultés ? Tout simplement parce que son objectif est d’imposer progressivement le retour au travail des salariés et que ceux-ci ne puissent pas dire qu’ils doivent s’occuper des enfants ! Pour les plus grand, ils peuvent rester à la maison puisque les parents n’ont pas à les garder. Les mesures dites sanitaires visent donc seulement la reprise des affaires capitalistes !!!

En effet, c’est la défense des intérêts capitalistes qui a guidé tout au long la politique des gouvernants, même et surtout quand elle paraissait absurde par ailleurs…

Ainsi, la politique de ne pas distribuer de masques, en ce qui concerne la politique des gouvernants français, ou celle de nier l’existence d’une épidémie menaçante, plus encore avec le gouvernement américain… Les deux avaient une visée claire : aider les trusts nationaux, continuer le plus longtemps possibles à les laisser en activité, faire de profit, gagner sur la concurrence, profitant de la chute d’activité des adversaires économiques.

Refuser de réquisitionner les masques appartenant aux trusts avait le même but : les laisser au secteur du Bâtiment, de la Chimie, du Nucléaire, à La Poste et à l’armée, pour qu’ils continuent leur activité. Tant pis pour les personnels de santé ! Tant pis pour toute la population !

Refuser de donner des moyens financiers massifs à l’hôpital public, c’était poursuivre l’œuvre engagée précédemment dans le sens de la destruction du service public de santé en faveur du secteur privé. De même, abandonner à eux-mêmes les EPHAD, c’était poursuivre l’œuvre engagée pour privatiser les maisons de retraite rentables et pour supprimer des dépenses d’Etat et réserver l’argent à l’aide aux trusts et banques.

Refuser d’engager rapidement des dépenses massives pour embaucher des infirmières et des aides soignantes, pour développer des structures hospitalières dédiées, pour fabriquer des masques, des tests, des gants, des appareils respiratoires, etc., c’est la suite de l’austérité budgétaire du service public qui le frappait encore juste avant la pandémie et qui a continué de le frapper pendant, au point que des suppressions d’emplois des personnels de l’hôpital étaient encore programmées !

Mais ce n’est pas tout. Il faut encore expliquer pourquoi les gouvernants ont tenu à minimiser systématiquement les risques liés à l’épidémie comme s’ils ne savaient pas ce qui se passait en Chine, même si les autorités chinoises minimisaient et mentaient, comme s’ils n’avaient pas d’informations, notamment via les services secrets, comme s’ils n’avaient pas des compétences médicales capables de ne pas prendre le virus pour moins dangereux qu’une grippe, comme s’ils ne pouvaient pas savoir rapidement qu’il y avait essentiellement des malades asymptomatiques, comme s’ils ne savaient pas que cela se propageait dans l’air, sur les microparticules notamment, comme s’ils ne savaient pas que cela se maintenait sur les surface, alors qu’ils prétendaient que l’on ne pouvait l’attraper qu’en relation entre deux hommes en dessous de la « distance barrière ». Ils n’ont pris aucune précaution aux aéroports arrivant de Chine. Ils n’ont pas testé les arrivants, n’ont pas vérifié les températures, n’ont pas vérifié qu’ils ne toussaient pas, et on en passe… Les gouvernants, en fait, ont laissé systématiquement se développer l’épidémie au lieu de la combattre rapidement et massivement.

Eh oui, il faut le reconnaître, ils n’ont pas combattu la pandémie au début et ont même misé dessus pour résoudre un autre problème qui leur paraissait beaucoup plus dangereusement épidémique, à savoir la révolution sociale qui parcourait le monde ! En effet, le calcul était que, si les peuples sont massivement frappés de maladie et de mort, ils n’auront plus l’énergie ni l’envie de se révolter. Et, d’autre part, les gouvernants auront la justification pour imposer l’interdiction des rassemblements et des manifestations, la répression de toute contestation.

On va certainement nous dire que c’est de la théorie du complot et que c’est des inventions ridicules, que les gouvernements ne peuvent pas souhaiter ainsi le malheur de leurs peuples. Libre aux innocents de vouloir s’accrocher à leur innocence. Celui qui n’a pas vu, dans la période précédente, que les gouvernants du monde sont violemment haineux contre les peuples, a des sacrés visières.

Celui qui n’a pas vu que les problèmes actuels, notamment l’effondrement de la santé, du niveau social, des libertés, et aussi celui de l’économie, ne datent pas du démarrage de la pandémie, n’a pas vécu les dernières années des politiques antisociales des gouvernants et des classes possédantes !

Oui, la pandémie est clairement instrumentalisée par tous les exploiteurs et leurs gouvernants pour s’attaquer aux travailleurs et aux plus démunis, et aussi pour écraser la révolution sociale mondiale ! Oui, ce n’est pas une « théorie du complot » de dire que les gouvernants ont sciemment minimisé le coronavirus, qu’ils ont sciemment refusé de prendre les mesures d’urgence, qu’ils se servent aujourd’hui pour dégrader la situation sociale des travailleurs, dégrader massivement les conditions de travail (horaires, salaires, congés, charges de travail) et faire payer la crise du capitalisme aux travailleurs et aux milieux populaires ! En France, par exemple, Macron et le MEDEF ne s’en cachent même plus. Pas plus qu’ils ne se cachent de militariser progressivement la société, de s’attaquer aux libertés.

Eh bien, sachez le si vous ne l’aviez pas remarqué avant, les capitalistes savaient parfaitement que le capitalisme allait s’effondrer à nouveau à la fin 2019 ! Ils savaient cela dans le monde entier ! Ont-ils profité de l’apparition d’un virus pour le laisser se propager, ou l’ont-ils fabriqué eux-mêmes, nous ne le saurons sans doute jamais, mais ce qui est sûr, c’est qu’ils ont décidé d’en profiter pour frapper les peuples en les laissant désarmés face au virus, et de s’en saisir pour justifier les sacrifices qu’ils veulent imposer aux populations et les aides massives qu’ils veulent donner aux trusts, aux banques, aux bourses, aux assurances, aux spéculateurs, à tout le grand capital, massivement arrosé de milliers de milliards, comme s’il en pleuvait, au moment même où ces moyens auraient pu servir à faire face à la chute du niveau de vie des populations, aux grands besoins des services de santé, à l’aide aux familles, etc.

Le capitalisme n’est absolument victime, comme nous, d’un phénomène naturel dû à un virus. Il n’avait absolument pas besoin du virus pour chuter et cette chute était programmée fin 2019 alors qu’on ignorait encore qu’exactement au même moment le virus allait naître tout près d’un grand laboratoire de recherche sur les virus ou même dedans… Il n’y a aucune raison qu’une pandémie, même mortelle, ait mis par terre tout le système mondial si celui-ci n’était pas déjà au bout du rouleau. Par contre, sans se raconter des scénarios imaginaires, il est bien clair que les gouvernants du monde sont bel et bien en train d’utiliser la pandémie pour résoudre leurs problèmes sociaux et notamment pour écraser les révolutions sociales et imposer d’énormes reculs sociaux et politiques à tout le peuple travailleur du monde.

Certes, les gouvernants se donnent l’allure de vouloir sauver la santé, l’emploi, le bien-être des populations mais cela n’est pas crédible quand, à une épidémie mondiale, ils répondent par des politiques nationales complètement divergentes d’un pays à l’autre, et quand à un effondrement mondial du capitalisme, ils prétendent répondre par du patriotisme économique, par des mesures de protection de l’économie dite nationale ! C’est surtout un peu incroyable de la part de gouvernants et de capitalistes qui n’ont cessé de tout miser, dans la période précédente, sur la mondialisation, tirant profit de leurs usines de production en Asie, notamment en Chine, et ne fabricant plus grand-chose localement. Maintenant, ils prétendent faire exactement le contraire, comme si cela ne signifiait pas un recul incroyable du niveau de vie !

Tous solidaires, nous disent les gouvernants, et ils acclament les capacités de solidarité des personnels de santé, mais ils les envoient tranquillement à la mort et ne leur donnent même pas les moyens (locaux, lits, hôpitaux, matériel et effectifs) de sauver les malades ! Ce sont des « héros » disent-ils et dans les guerres (et ils répètent sans cesse que c’est la guerre), les héros tombent au front ! Et les commentateurs de comparer Macron et Clémenceau !!! Eh bien, oui, Clémenceau n’a pas été seulement le boucher des poilus de la première guerre mondiale, mais aussi, juste avant, le briseur de grèves du début des années 1900 !

Les gouvernants et classes possédantes ne comptent pas se sacrifier du fait de la pandémie, ils ne prennent pas sur leurs profits des années passées, ils ne prennent pas sur leurs capitaux, pourtant au plus haut niveau historique, non, ils prennent sur de l’argent public, sur notre argent, et même sur de l’argent public fictif, en condamnant définitivement à la faillite les Etats et les banques centrales.

Eh bien, cela signifie que laisser la pandémie se développer n’est rien d’autre que la manière que les classes possédantes ont eu de nous écraser, de répondre à nos mouvements révolutionnaires, de nous encaserner et enfermer ensuite, parce que leur société n’a plus à offrir que du sang et des larmes, exactement ce qui s’était passé en somme lors des deux précédentes guerres mondiale. La pandémie, c’est le nom de la troisième guerre mondiale, une guerre des trusts contre les peuples comme les deux premières et le fait que ce soit une guerre virologique d’abord n’y change rien !

44 Messages de forum

  • Nous n’irons pas bosser le 11 mai et les enfants n’iront pas à l’école !!!

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  • Le 11 mai, on reste chez soi !!! L’économie capitaliste ne vaut pas qu’on meurt pour elle !!!

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  • Les études « scientifiques » sont présentées par les gouvernants en fonction de ce qui les arrange : quand ils veulent fermer les écoles et confiner toute la population, ils déclarent que les enfants propagent la maladie et quand ils veulent renvoyer les parents au travail, ils déclarent que les enfants ne sont pas porteurs… Mentaient-ils ou mentent-ils ? Les deux ! Les deux sortes d’études existaient depuis le début et continuent d’exister mais ils ne font que les cautionner successivement.

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  • Peuple travailleur, les gouvernants ne nous testent pas : ils nous détestent !!!

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  • Alors qu’un sondage Odoxa indique que 70 pour cent des Français se méfient du gouvernement, et que 88 pour cent estiment que le confinement aurait dû commencer plus tôt, Macron a entamé son discours en se félicitant de l’action de son gouvernement. Il s’est targué avec insolence du fait que « Les hôpitaux français ont réussi à soigner tous ceux qui se sont présentés. »

    En fait, les hôpitaux, auxquels Macron faisait subir une cure d’austérité avant la pandémie, ont pu soigner ceux qui se présentaient parce qu’ils n’admettaient qu’une fraction des cas les plus graves. La plupart des patients ont dû se soigner chez eux ; un nombre incertain de séniors sont morts dans l’épidémie qui ravage les Ehpad. L’actuelle surmortalité d’environ 50 pour cent des Français à domicile reflète vraisemblablement les morts de patients COVID-19 non-hospitalisés.

    L’absence de masques et de gels hydroalcooliques en France, comme de gants et de blouses pour les personnels soignants a propagé une épidémie qui a fait au moins 119.000 morts internationalement dont 14.967 en France. La France a vu 6.019 contaminations des soignants et le décès d’au moins 7 médecins et 9 employés. Des centaines de médecins ont lancé une plainte contre le premier ministre Édouard Philippe et l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn, qu’ils menacent de deux ans de prison.Macron a brièvement évoqué tous ces désastres sanitaires pour ensuite les minimiser en les traitant de « ratés ». Avec un indifférence époustouflante pour les vies humaines, il a ajouté : « Nous en tirerons toutes les conséquences en temps voulu. »

    Le moment de s’assurer les stocks nécessaires de traitements et de matériel médical n’est pas dans un vague avenir, mais maintenant, quand la pandémie fait rage, et des milliers de personnes en Europe et ailleurs meurent chaque jour.Macron a annoncé la fin du confinement et la réouverture des écoles le 11 mai, tout en écartant une reprise de l’enseignement supérieur avant l’été. Il n’a pas expliqué pourquoi on rouvrirait les écoles, qui sont un lieu de transmission du virus autant voire plus que les universités, à part le fait qu’il faut les rouvrir pour permettre aux parents de rentrer au travail faire des profits pour le patronat. Macron a dit que ces réouvertures seraient « préparées avec les partenaires sociaux. »

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    • Bonjour,
      C’est le moment de parler de Révolution mondiale et de renversement du capitalisme
      Voici un tract du Courant communiste international qui va dans se sens
      https://fr.internationalism.org/con...
      Rubion

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      • Belle dénonciation en effet, mais un point y fait tout à fait défaut : l’analyse de l’état du capitalisme mondial, son avenir prévisible, les conditions objectives en somme de la révolution sociale mondiale, la pérennité du système, le lien avec la chute de 2007, les possibilités d’avenir de ce système ou l’absence de celles-ci. Sur tout cela, motus et bouche cousue, les révolutionnaires ont trop peur de prédire la mort du système et... de se tromper parce qu’ils se seraient trompés autrefois et maintenant, du coup, se trompent en sens inverse !!!

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      • Le tract du CCI se termine par : « L’AVENIR APPARTIENT À LA LUTTE DE CLASSE ! »

        La belle affaire ! Pour ceux qui ne sont pas au courant, rappeler la lutte de classe comme moteur de l’histoire des civilisations est bien entendu important.

        Mais dire que la lutte des classe est l’avenir, c’est manquer un point important : qui triomphera parmi ces classes en lutte ?

        5000 ans d’histoire connue de civilisations qui se sont succédées et qui ont disparu de la planète de par la lutte de classe interne à ces civilisations, Maya, Inca, Égyptienne et bien d’autres, cela ne s’appelle pas l’avenir, mais le passé !

        Le présent et le passé sont bel et bien liées à la lutte des classes. Mais si l’avenir doit être encore lié à la lutte des classe, c’est la catastrophe qui nous attend.

        Ce qu’il faut dire c’est que l’avenir appartient au prolétariat, celui qui s’organise, comme en 1905 et comme en 1917, pour faire tomber la classe au pouvoir qui a fait son temps.

        Donc, non, l’avenir ne doit pas appartenir à la lutte de classe. Non, l’avenir doit appartenir à la disparition des classes. Et cela par la participation révolutionnaire du prolétariat en classe organisée et triomphante de la lutte des classes actuelle.

        Non seulement une analyse de la dynamique du système et de son effondrement de 2007 manque au tract, mais son orientation finale ne consiste qu’en une phrase creuse qui ne donne pas la perspective de la révolution en cours : la victoire du prolétariat organisé en classe politique consciente d’elle-même et de ses tâches dans la catastrophe imminente et consciente des moyens de la conjurer.

        Voilà un courant qui se targue de radicalisme sous couvert de formules du passé. Cela n’augure en rien de l’avenir, contrairement à ce que la phrase finale prétend dire.

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  • Pourquoi laisser fermés les marchés, les restaurants et laisser ouverts les supermarchés où il est évident que la maladie se propage davantage dans l’air du fait de la climatisation, de l’espace fermé et de la promiscuité ? Parce que les premiers, c’est la petite bourgeoisie et les seconds le grand capital !!! Le gouvernement se moque d’écraser les petites gens, non seulement les salariés mais y compris la petite bourgeoisie et mobilise ses ressources quasi exclusivement pour le grand capital !

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  • J’ai pas compris les critiques de Robert de Paris et de F.Kletz.
    Pour moi le tract du courant communiste international (CCI) montre que la crise sanitaire engendrée par la crise du capitalisme, amplifiée par la décomposition montre bien l’état du capitalisme. Système capitaliste qui n’a comme perspective que la barbarie et que la seule perspective vis à vis de cette barbarie c’est la révolution mondiale. Donc c’est un système qui est mort, qui ne peut plus rien apporter à l’ensemble de l’humanité et que la classe ouvrière par sa lutte internationale sur son terrain de classe doit détruire. C’est comme ça que je comprends que l’avenir appartient au prolétariat. Que l’issu du combat, c’est soit l’enfoncement dans la barbarie ou soit l’avènement d’une société sans classe
    Rubion

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    • Cher Rubion,

      tout à fait d’accord avec toi et avec le CCI que le système capitaliste est mort mais j’aimerai bien savoir comment et quand et je ne le trouve nullement dans ce texte du CCI !!! Cela a son importance pour savoir quelles perspectives sont dès lors les nôtres !!! Mais je ne trouve rien de tel dans le texte que nous conseille de lire...

      Pour notre part voici notre contribution à cette question : lire ici

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    • En réponse à Rubion, je propose, pour commencer, de relire au minimum, quelques lignes écrites dans le Manifeste communiste de 1847-48. En particulier, j’avais en tête en écrivant ma critique de la formule du tract du CCI, les premières lignes de la partie intitulée « Bourgeois et prolétaires », au deuxième alinéa :

      « Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande [4] et compagnon, en un mot oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte. »

      On voit déjà que la question de la lutte de classe est ici très précisément datée et nommée historiquement. Or, qui dit histoire dit passé. C’est bien le sens de ce paragraphe, puisque la phrase qui précède juste ce paragraphe dit très exactement : « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours [3] n’a été que l’histoire de luttes de classes. »

      Cela me paraît en opposition avec la phrase qui conclut le tract du CCI. Rappelons ce que dit cette phrase : « L’AVENIR APPARTIENT À LA LUTTE DE CLASSE ! »

      Ces premières lignes du Manifeste montrent assez que la formule du CCI est en décalage avec les bases du communisme, pour qui se réfère à ce texte comme premier fondement de la doctrine, de la théorie, et du programme communiste.

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    • Cher Rubion,

      Je suis allé relire le texte que tu nous as proposé de lire.

      Je n’ai fait dans mon message du 16 avril que répondre au slogan qui est à la fin du document. Il y aurait au moins un autre désaccord avec ce texte qui aborde beaucoup de choses de façon trop peu approfondies.

      Je vais essayer de rendre ma critique plus explicite. La lutte de classe est exposée de façon très claire dans le Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels.

      Pour qu’il y ait lutte de classe il faut qu’il y ait plusieurs classes. La première page du Manifeste indique que la lutte de classe est une opposition constante, une guerre ininterrompue qui finit soit par la transformation révolutionnaire de la société soit par la destruction des deux classes en lutte.

      En fait, dire que l’avenir appartient à la lutte de classe n’apporte rien de nouveau. Pire, cela apporte de la confusion.

      Cela ne dit rien de ce que doit devenir cette lutte de classe. Le passé de l’humanité n’est que lutte de classe et le présent aussi. La perspective communiste propose une société sans classe. C’est cela l’avenir.

      Ce sont les premiers jalons du communisme, et cela même est très différent que la phrase qui conclue le texte.

      L’avenir est au communisme (sinon ce sera la barbarie) la lutte de classe constitue la dynamique de l’histoire passée de l’humanité et son présent. Son futur, selon le programme communiste, c’est la suppression des classes. C’est à la classe ouvrière de réaliser cette tâche. Aussi, dire que l’avenir est à la lutte de classe n’apporte rien de précis. C’est même une réécriture inconsistante de ce que propose le programme communiste.

      J’espère que cela est plus clair et plus explicite comme cela.

      Il suffit de lire la phrase figurant au tout début du manifeste pour se convaincre que ce qu’écrivent Marx et Engels en 1847-1848 est bien plus conséquent, bien plus précis, bien plus clair. Surtout cela donne des armes, ce que le texte du CCI et en particulier sa phrase finale donne peu voire pas du tout.

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  • Je ne vois pas ce que vous reprochez aux termes employés comme Covid-19, pic d’épidémie, stades, clusters, paliers ou immunité naturelle qui correspondent, à mon sens, à des réalités de la pandémie.

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  • C’est bien le problème : on finit par croire que ce sont des réalités. D’abord Covid-19 aurait nécessité qu’il y ait Covid-20 et Covid-21 au moins car il y en au moins trois versions différentes, avec des caractéristiques qui ne sont pas les mêmes et on ne nous dit même pas si, dans un même pays, il y en a une, deux ou trois versions !!! Ensuite les stades ! Il faut voir que ceux-ci n’étaient là que pour justifier des politiques gouvernementales concernant le maintien au travail et n’avaient rien à voir avec une réalité de l’épidémie que le gouvernement ne voulait même pas connaître. Aujourd’hui, comme par hasard, on ne nous parle plus des stades !!! Pas plus qu’on ne nous parle des clusters ! L’idées des clusters, cela avait surtout pour but de ne pas prendre des mesures de protection en dehors de ces zones. Résultat : le virus est sorti des zones qui n’existaient que dans la tête de leurs inventeurs ! Quand au pic, personne ne sait si cela existe même et quand on s’est mis à parler de palier, c’est pour cacher qu’on n’a vu nulle part un vrai pic !!! Quant à l’immunisation naturelle quand on aurait déjà attrapé, on a prouvé que, dans le cas du Covid-19, cela n’existait que dans la tête de ces inventeurs de fausses sciences !!!

    En créant des noms, les gouvernants font semblant de dominer la situation !

    Par exemple, maintenant ils appellent cet effondrement du capitalisme : « le grand confinement » faisant ainsi croire que le point essentiel de la situation serait… le confinement, c’est-à-dire leur politique !!!

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  • A Robert de Paris et aux autres personnes
    Il est mort parce qu’il est rentré en décadence comme le mettait en avant l’international communiste et par la suite la Gauche Communiste de France dont se réclame le CCI. Que ce ne soit pas écrit noir sur blanc dans le tract (c’est un tract pas un texte) c’est une chose mais à la lecture, c’est quand même implicite.
    Après sur les perspectives à la fin du tract elles sont présentes dans la partie : ’seul le prolétariat peut transformer le monde’.
    Après s’il y a des personnes qui sont intéressées pour en savoir plus sur les positions du CCI car dans un tract on ne peut pas tout dire, je les invite à aller voir le site, il y a nombre de brochures qui développent les positions du CCI
    https://fr.internationalism.org/
    Rubion

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  • C’est faux la référence à la mort du capitalisme en 2007-2008 est absente des textes du CCI :

    Voir ici

    Voir là

    Voir encore

    Voir toujours

    Vous critiquez la bourgeoisie, vous l’insultez, vous l’enterrez mais vous n’étudiez pas ses contradictions.

    Par contre, Matière et Révolution : lire ici

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  • L’idée de la bourgeoisie capitaliste mondiale semble bel et bien de tout centrer sur le confinement, que ce soit en pour ou en contre pour éviter que tout soit centré sur le capitalisme qui s"effondre ! Trump suscite des manifestations anti-confinement et certains proposent des manifestations antidéconfinement. La grande bourgeoisie veut appeler sa chute la "crise du confinement".

    Etes-vous pour ou contre le confinement, voilà le nouveau piège dans lequel on veut nous faire tomber.

    En réalité, le capital ne veut ni confiner (il ne l’a jamais fait réellement) ni déconfiner. Il ne veut en tout cas pas nous sauver de la pandémie mais s’en servir pour cacher sa propre crise et justifier les mesures économiques, sociales et politiques nécessaires au grand capital.

    Cela consiste à faire payer à la fois les démunis, les travailleurs et la petite bourgeoisie. Cela ne suffira certainement pas à sauver le grand capital mais cela servira à détourner la révolution sociale en opposant travailleurs et petits bourgeois et en préparant le fascisme....

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  • Pour préciser deux choses. R.de Paris quand tu dis : Pour vous, il semble que le capitalisme soit mort en soi, on ne sait ni quand ni comment ni pourquoi !
    Première chose : Je ne suis pas militant du CCI donc je n’interviens pas au nom du CCI. Dans ce que j’écris, c’est ce que je pense avoir compris des analyses du CCI.
    La deuxième chose : c’est pour préciser sur la mort du capitalisme. Il est mort dans le sens ou le système capitalisme ne peut plus surmonter la surproduction liée à la saturation des marchés. C’est ce phénomène qui traduit la crise historique du capitalisme que le CCI appelle la phase de décadence et qui change avec la phase ascendante de ce système. La 1er guerre mondiale marque ce changement de période
    Concernant 2007-2008. Face à la surproduction la bourgeoisie n’a pas de remède. La seule solution du capitalisme est de créer artificiellement des débouchés par un recours massif à l’endettement et au crédit. Mais ceci a des contre coups. L’économie réelle fait de licenciements, de hausse du chômage, de récession, a fait que la classe ouvrière a été dans l’incapacité de rembourser. Mieux encore, profitant des taux d’emprunts extrêmement bas, les banques, les magnats de la finance et même les entreprises s’étaient mis à leur tour à s’endetter pour spéculer, se vendant et se revendant entre eux les subprimes contractés par les familles ouvrières. Voilà pour moi ce qui explique la crise de 2007-2008. Aprés est ce que le capitalisme a été à genoux, est ce qu’il a fini d’existé ?
    Encore une fois seule la révolution mondiale peut en finir avec le capitalisme tant que cette révolution n’a pas eu lieu le capitalisme reste en vie.
    Rubion

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  • Pour préciser deux choses. R.de Paris quand tu dis : Pour vous, il semble que le capitalisme soit mort en soi, on ne sait ni quand ni comment ni pourquoi ! Première chose : Je ne suis pas militant du CCI donc je n’interviens pas au nom du CCI. Dans ce que j’écris, c’est ce que je pense avoir compris des analyses du CCI. La deuxième chose : c’est pour préciser sur la mort du capitalisme. Il est mort dans le sens ou le système capitalisme ne peut plus surmonter la surproduction liée à la saturation des marchés. C’est ce phénomène qui traduit la crise historique du capitalisme que le CCI appelle la phase de décadence et qui change avec la phase ascendante de ce système. La 1er guerre mondiale marque ce changement de période Concernant 2007-2008. Face à la surproduction la bourgeoisie n’a pas de remède. La seule solution du capitalisme est de créer artificiellement des débouchés par un recours massif à l’endettement et au crédit. Mais ceci a des contre coups. L’économie réelle fait de licenciements, de hausse du chômage, de récession, a fait que la classe ouvrière a été dans l’incapacité de rembourser. Mieux encore, profitant des taux d’emprunts extrêmement bas, les banques, les magnats de la finance et même les entreprises s’étaient mis à leur tour à s’endetter pour spéculer, se vendant et se revendant entre eux les subprimes contractés par les familles ouvrières. Voilà pour moi ce qui explique la crise de 2007-2008. Aprés est ce que le capitalisme a été à genoux, est ce qu’il a fini d’existé ? Encore une fois seule la révolution mondiale peut en finir avec le capitalisme tant que cette révolution n’a pas eu lieu le capitalisme reste en vie. Rubion

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  • Tu vois que ce sont bel et bien des divergences. Tu parles de "la crise de 2007-2008" alors que ce n’est nullement cela une crise capitaliste, cela n’est pas des faillites, cela n’est pas un assainissement des affaires par la suppression des"canards boiteux". Au contraire, pour la première fois dans l’histoire du capitalisme, la crise est empêchée artificiellement. C’est cela le grand changement ! Et cela signifie que les capitalistes renoncent à leur système car ils ne peuvent plus le gérer...

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  • Sur un seul porte-avion, mille cent soldats ont été contaminés et les autorités les y ont laissé baigner dans leur jus de Covid jusqu’à ce que ce ne soit plus possible.

    La première mesure sanitaire, c’est de dissoudre armées et polices !!!

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  • Les Français doivent s’attendre à une baisse de pouvoir d’achat après le confinement, nous annonce-t-on, et on nous prépare ainsi à un serrage de ceinture de grande ampleur en même temps que le pouvoir largue des sommes colossales pour aider le grand capital, tout en abandonnant à eux-mêmes les démunis, les précaires, les petits indépendants...

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  • « Les gouvernants, en fait, ont laissé systématiquement se développer l’épidémie au lieu de la combattre rapidement et massivement. »

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  • « il faut le reconnaître, ils n’ont pas combattu la pandémie au début et ont même misé dessus pour résoudre un autre problème qui leur paraissait beaucoup plus dangereusement épidémique, à savoir la révolution sociale qui parcourait le monde ! »

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  • « En effet, le calcul était que, si les peuples sont massivement frappés de maladie et de mort, ils n’auront plus l’énergie ni l’envie de se révolter. »

    « Et, d’autre part, les gouvernants auront la justification pour imposer l’interdiction des rassemblements et des manifestations, la répression de toute contestation. »

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  • « ] les capitalistes savaient parfaitement que le capitalisme allait s’effondrer à nouveau à la fin 2019 ! Ils savaient cela dans le monde entier ! Ont-ils profité de l’apparition d’un virus pour le laisser se propager, ou l’ont-ils fabriqué eux-mêmes, nous ne le saurons sans doute jamais, mais ce qui est sûr, c’est qu’ils ont décidé d’en profiter pour frapper les peuples en les laissant désarmés face au virus [...] »

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  • F. Kletz
    Quand le CCI dit à la fin de son tract ’l’avenir appartient à la lutte de classe’ c’est pour dénoncer l’union sacrée comme l’ont toujours fait les révolutionnaires vis à vis des différentes guerres (1er guerre mondiale, 2eme guerre mondiale et tous les conflits inter impérialistes suite à la 2eme guerre mondiale entre les deux blocs et aujourd’hui) et en prenant en compte les différentes luttes qu’il a pu y avoir, dont le tract fait part. C’est pour ça que le tract se finit en disant :
    ’C’est cette perspective de combats de classe que nous devons préparer. Parce qu’après le COVID-19, il y aura la crise économique mondiale, le chômage massif, de nouvelles “réformes” qui ne seront que de nouveaux “sacrifices”. Alors dès maintenant, préparons nos luttes futures. Comment ? En discutant, en échangeant, sur les réseaux, les forums, le téléphone, chaque fois que possible. En comprenant que le plus grand fléau n’est pas le COVID-19, mais le capitalisme, que la solution n’est pas de s’unir derrière l’État assassin mais au contraire de se dresser contre lui, que l’espoir ne réside pas dans les promesses de tel ou tel responsable politique mais dans le développement de la solidarité ouvrière dans la lutte, que la seule alternative à la barbarie capitaliste, c’est la révolution mondiale !’
    L’avenir appartient à la lutte de classe !
    Je remet le lien du tract https://fr.internationalism.org/con...
    Rubion

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    • Cher Rubion,

      Merci de ta réponse. Je vois que, bien que tu ne sois pas au CCI, tu défends son texte, alors que précisément, ce que tu apportes va dans le sens de ce que je dis.

      Je ne peux qu’aller plus loin dans ma critique. Mais peut-être est-ce cela que tu attends ?

      Tu écris : « Quand le CCI dit à la fin de son tract ’l’avenir appartient à la lutte de classe’ c’est pour dénoncer l’union sacrée comme l’ont toujours fait les révolutionnaires vis à vis des différentes guerres ».

      1/ Je dis : si une formule sert à dénoncer l’union sacrée, pourquoi ne pas dire simplement « Non à l’union sacrée » ? Pourquoi le dire autrement ? si le tract est codé, alors, en effet, aucune critique ne peut avoir prise sur lui. Cette manière de défendre un texte en disant qu’il veut dire autre chose ne peut pas fonctionner. D’ailleurs, le tract ne mentionne pas l’union sacrée. On ne peut donc dire si le CCI que le CCI dénonce l’union sacrée dans ce texte. Au mieux, il propose de s’en démarquer : « la solution n’est pas de s’unir derrière l’État assassin mais au contraire de se dresser contre lui »

      Moi, je lis les mots qui sont écris et je comprends le sens des phrases à partir des mots écrits. Ce n’est pas avec la phrase finale du tract qu’on peut se démarquer de l’union sacrée.

      2/ Quand le texte du CCI dit : « C’est cette perspective de combats de classe que nous devons préparer. », je maintiens que la perspective est erronée. Là encore, le rédacteur n’a pas lu le Manifeste communiste, et il semble que toi non plus. Ou alors tu ne l’as pas compris. Mais peut-être que ce texte n’est pas fondamental pour toi ? Pour celle ou celui qui a écrit le texte du CCI, il semble que le Manifeste communiste ne soit pas un jalon incontournable pour définir le communisme à venir et les moyens d’y parvenir.

      Pour ma part, c’est ce texte qui permet de définir que le CCI ne s’en tient pas à ce texte fondamental. En effet, le combat de classe est permanent selon Marx et Engels. En substance, le Manifeste dit : soit l’une des classes triomphe, soit les deux classes disparaissent. Si la bourgeoisie triomphe, c’est la barbarie. Si le prolétariat triomphe, c’est qu’il aura réussi à créer le communisme. Si les deux classes disparaissent, ce sera un grand recul pour l’humanité, la fin d’une civilisation, voire la fin de l’humanité.

      Ce n’est donc pas une perspective de combats de classe que nous devons préparer, c’est la perspective de la prise de pouvoir par le prolétariat qu’il faut préparer. Le combat de classe est déjà présent. Il s’agit de savoir si ce sont les syndicats qui vont continuer à désarmer le prolétariat pour qu’il se plie à l’union sacrée et qu’il aille à la mort au travail à cause du virus ou si le prolétariat va refuser et se préparer à renverser le pouvoir bourgeois. Les deux tendances sont à l’œuvre. Laquelle va l’emporter ? rien n’est joué d’avance, mais le texte du CCI ne permet pas de faire advenir la préparation du renversement du pouvoir capitaliste.

      La suite du paragraphe que tu cites, et que j’ai lu plusieurs fois, est complètement creuse. On ne discute par sur les réseaux sociaux, mais dans des comités, assemblées, de grève, de lutte, d’associations, de parti. Sur les réseaux sociaux on laisse des traces pour mieux se faire piéger lorsque la dictature va arriver, et elle est déjà là, déjà en train de se mettre en place.

      Le rédacteur de ce texte est au mieux un syndicaliste, mais il est à tendance irresponsable parce qu’il ne comprend pas la situation dans laquelle nous sommes. Et son texte ne permet pas de comprendre dans quelle situation nous sommes.

      Ces questions sont d’autant plus cruciales à comprendre que l’on assiste à la mort du capitalisme sous nos yeux. Ou plus précisément, le coma artificiel qui lui a permis de faire comme s’il était encore vivant depuis 2008, est terminé.

      On le voit, ces questions sont loin d’être anodines. Elles sont vitales. La discussion est ouverte. Je souhaite pour le moment conclure avec le propos de R. Paris : « C’est à quelque chose de tout à fait nouveau que le capitalisme nous amène : non pas à une crise capitaliste de surproduction mais à la rupture de tout son système d’accumulation du capital. Et cela change complètement la perspective pour la classe capitaliste et pour ses gouvernants ! »

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      • F. Kletz. Il me semble que tu chipotes un peu quand tu dis, que du fait que le CCI dans son tract ne mentionne pas l’union sacrée celui-ci ne le dénoncerait pas.
        Après tu dis ne pas être en accord quand le tract dit, « C’est cette perspective de combats de classe que nous devons préparer. », car pour toi, ce n’est pas une perspective de combats de classe que nous devons préparer, c’est la perspective de la prise de pouvoir par le prolétariat qu’il faut préparer. Le combat de classe est déjà présent. Puis tu poursuis en disant :’Il s’agit de savoir si ce sont les syndicats qui vont continuer à désarmer le prolétariat pour qu’il se plie à l’union sacrée et qu’il aille à la mort au travail à cause du virus ou si le prolétariat va refuser et se préparer à renverser le pouvoir bourgeois. Les deux tendances sont à l’œuvre. Laquelle va l’emporter ? rien n’est joué d’avance, mais le texte du CCI ne permet pas de faire advenir la préparation du renversement du pouvoir capitaliste.

        Je suis d’accord que le combat de classe est présent et effectivement c’est difficile dans savoir l’issue. Je suis d’accord que les principaux ennemis de la classe entre autres sont les syndicats et l’idéologie syndicaliste.
        Ensuite, je pense qu’aujourd’hui contrairement à d’autres périodes de l’histoire, malgré les difficultés qu’elle rencontre, la classe ouvrière n’est pas battue, n’est pas embrigadée derrière l’idéologie nationaliste. On l’ a vu avec la lutte contre l’attaque sur les retraites, aujourd’hui des luttes dans différents pays comme le montre le tract du CCI se mènent pour refuser d’aller à la boucherie. Pour que cette lutte se développe il est important à mon avis que les révolutionnaires face aux questionnements présents dans notre classe explique que la crise sanitaire liée a la pandémie démontre la faillite du capitalisme. Que ce système ne peut être reformé mais détruit et que la classe ouvrière est la classe révolutionnaire. Je trouve donc contrairement à ce que tu dis, que le tract du CCI permet la préparation du renversement du pouvoir capitaliste.
        Pour ceux qui seraient intéressés d’en savoir plus sur les positions du CCI je renvoi au site https://fr.internationalism.org/
        Rubion

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        • « Il me semble que tu chipotes un peu quand tu dis, que du fait que le CCI dans son tract ne mentionne pas l’union sacrée celui-ci ne le dénoncerait pas. »

          Je redis que ce tract n’est pas un tract de dénonciation de l’union sacrée. Il y a un problème de méthode ou d’analyse dans la manière dont tu présentes ce texte. Ce n’est pas chipoter que de l’exprimer. C’est chercher à clarifier les choses. Or, la façon de s’exprimer sert à dire ce qu’on pense. Pour clarifier les choses, il s’agit de lever des ambiguïtés. Je ne sais si j’ai réussi à le faire, mais j’ai cherché à le faire. La démarche que tu adoptes mène au contraire à créer des ambiguïtés et à éviter de clarifier les idées.

          Si chercher à lever les ambiguïtés et clarifier un propos, relever les incohérences d’un texte, et essayer de voir la perspective que défend un texte s’appelle chipoter, alors, nos désaccords sont effectifs et bien plus importants qu’il y paraît.

          Cela s’appelle un désaccord philosophique.

          Le point principal qui était à relever n’a pas été relevé : il concernait un point théorique fondamental. Cet élément théorique exprimé dans le Manifeste n’a pas du tout été discuté. Cela s’appellerait-il aussi chipoter ? Non, mille fois non. Car il ne peut y avoir de révolution sans théorie révolutionnaire. D’où ma citation du texte fondamental et fondateur de la théorie révolutionnaire pour qui se réclame du communisme. Aussi ma question est la suivante : quelle lecture fais-tu des pages du Manifeste communiste, et en particulier les quelques phrases qui ont été citées ?

          Apparemment le CCI est une religion sacrée qu’il ne faut pas toucher... en revanche, Marx, un des plus grand révolutionnaires du XIXe siècle, un des plus grands inspirateurs du communisme, là, tu n’en dis rien. Cela est révélateur. De quelle boussole politique nous revendiquons-nous ? Tu n’en dis rien. Mais peut-être ne souhaites-tu pas avoir de boussole politique ?

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  • La santé du grand public n’est toujours pas le réel souci des gouvernants : chacun peut s’en convaincre aisément sur de multiples exemples concrets. L’un d’entre eux peut être le projet de déconfinement des écoles. Un autre peut être le manque de matériel médical. Ou encore le manque de personnel médical toujours pas compensé par des embauches massives. L’un des plus nets est le gouffre entre les sommes dépensées pour la santé et celles pour aider les trusts. Ou encore les miettes jetées aux plus pauvres et aux salariés. Ou les mauvais traitements violents contre la petite bourgeoisie qui sent la ruine venir (voir la démoralisation des restaurateurs). En fait, on n’a pas affaire à un gouvernement d’incapables comme on pourrait le croire mais à la suite du gouvernement des milliardaires ayant cette fois grâce à la pandémie et à l’effondrement enfin les moyens de casser à toute vitesse les droits sociaux des exploités et de casser aussi leurs libertés.

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  • En 1924, Trotsky décrivait l’état d’esprit aux débuts de la Première Guerre mondiale : « Il ne faut pas oublier que la conscience humaine, à l’échelle d’une société, est terriblement conservatrice et lente. Seuls les idéalistes imaginent que le monde est mû par l’initiative de la pensée. En réalité, les pensées d’une société ou d’une classe n’avancent pas d’un pas, sauf quand elles sont dans l’extrême besoin de le faire. Partout où c’est possible, les vieilles idées sont adaptées aux nouveaux faits. C’est être franc que de dire que les classes et les gens n’ont pas, jusqu’ici, fait preuve d’initiative décisive, à l’exception des moments où l’histoire les a frappés. Si les choses avaient été différentes, la population aurait-elle permis le déroulement de la guerre impérialiste ?... Quelle preuve flagrante de la lenteur et du caractère conservateur de la pensée humaine, qui s’accroche obstinément au passé, à tout ce qui lui est connu, familier, ancestral – jusqu’à l’apparition du prochain fléau. »

    Aujourd’hui la pensée humaine s’accroche toujours au capitalisme et retarde sur la réalité du monde qui, elle, ne parvient plus en réalité à s’y accrocher.

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    • Pour te répondre F. Kletz
      Tu as raison il faut lever les ambiguïtés. Sur cette question d’union sacrée ou d’union nationale qui pour toi n’est pas présente dans le tract. La question c’est de savoir si les révolutionnaires doivent dénoncer l’union nationale, l’union sacrée que met en avant la bourgeoisie concernant la pandémie ou la dénoncer comme l’ont toujours fait les révolutionnaires que ça soit lors de la 1er guerre mondiale, la 2eme guerre mondiale, dans les conflits inter impérialiste après la 2eme guerre mondiale et dans les conflits qui ensanglantent différents endroits de la planète aujourd’hui. Voilà pour lever l’ambiguïté.
      Après sur le deuxième point . Tu as raison qu’on ne doit pas chipoter sur la question de la lutte de classe qui traverse l’ensemble du manifeste communiste, qu’effectivement il ne peut y avoir de révolution sans théorie. Il me semble que c’est Marx qui disait quand la théorie s’empare des masses elle devient une force matérielle. Voilà quelle est ma boussole et je pense que c’est la boussole du CCI.
      Rubion

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  • Quand le journal Le Monde diffuse le mensonge de Wall Street :

    « La catastrophe est épouvantable, avec 65 000 morts, 30 millions de chômeurs et une récession de 5,7 % en 2020, selon le Fonds monétaire international (FMI). Mais Wall Street rêve d’enjamber la crise, dopée par la « main visible du marché », à savoir la Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale) et le Congrès des Etats-Unis, qui, instruits par la crise de 1929, inondent le marché de liquidités et de subventions. »

    Lire ici

    Mais la méthode coué ne marche pas, à coups de fonds publics incroyables, cette fois...

    La perfusion financière de masse de 2008 a explosé !!!

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  • Des milliards comme s’il en pleuvait : 5 milliards pour Renault, 7 milliards pour Air France, et ainsi de suite... Jusqu’à trois mille milliards sont prêts à être donnés en pure perte par l’Etat français et pareil pour les autres, ou conjointement avec l’Allemagne ou par les USA, etc.

    Il n’y a même pas des miettes pour les plus démunis mais on nous dit que l’argent servira aux démunis et à l’économie !!!

    Le gouvernement dit qu’il va devoir étudier sérieusement pour augmenter les salaires misérables des personnels de santé !!!

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  • 1- le fait que la crise devait éclater et l’on met sur le dos de la pandémie l’effondrement du système. Les ouvriers ainsi ne voient pas que c’est le système qui est en cause. Belle entourloupe !

    2- la mise en place de mesures répressives et l’interdiction de manifester.
    Ils savent qu’il va y avoir des émeutes et un accroissement de la lutte de classe. Ils s’y préparent et la gauche et les "gauchistes" s’attellent à préparer des mesures alternatives pour sauver le capitalisme. Comme dans les années 60 en lançant l’union de la gauche pour couper l’herbe sous les pieds des ouvriers en faisant croire qu’il y a encore une solution pour le système moribond.

    3- comme dans ce genre de crise, les petits doivent disparaître ainsi que les entreprises moins rentables, par contre, le capital se concentre encore entre les gros capitalistes. Combien de temps, peut-il survivre ainsi ? Le capitalisme se survit-il ainsi ? Son problème est de durer quitte à vivre sur une dette gigantesque et une masse d’argent inutilisée sauf pour la spéculation puisque la plus-value tend toujours vers zéro et aujourd’hui encore.
    Après avoir cassé le capital mort, il va casser le capital vivant. Une nouvelle guerre froide est en préparation avec la Chine.

    Toute société de classe n’est détruite que par la lutte des classes. Il nous faut détruire le capitalisme sinon il nous détruira. L’alternative socialisme ou barbarie n’a jamais été aussi vraie. Le capitalisme connait à la fois une crise économique, une crise écologique (homo-sapiens est un prédateur qui vit sur le dos de la planète et de tout ce qui est humain), une crise sanitaire en générant des pandémies de plus en plus rapprochées mais depuis la naissance des Etats, une crise politique dans tous les Etats. Le capitalisme connaissait avant la pandémie des luttes sociales qui avaient touché tous les pays depuis le Chili, jusqu’à Hong-Kong en passant par la France, etc... Nous allons voir resurgir ces luttes. Il faudra dénoncer tous les réformistes c’est à dire tous ceux qui vont aller au chevet du capitalisme, en acte (des mesures de sauvegarde auxquelles ils ne croient pas !) mais surtout pour mystifier les ouvriers (il faut faire du bruit).

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  • Quelle est la tâche révolutionnaire actuelle ? Comprendre d’abord, bien mesurer l’ampleur du problème et son type, et en même temps s’organiser, penser à plusieurs, fédérer les résistances. Nous avons peut-être déjà raté le moment de faiblesse où on pouvait dévaliser les magasins et prendre d’assaut les dépôts d’armes ou de carburant. C’était tout de suite, la première nuit, quand les gouvernements étaient encore divisés, hésitants. Ils ont déjà passé les lois, rassemblé et repositionné les forces armées, négocié autant que possible les nouvelles règles économiques.

    Mais ça bouge. En ce moment même, il y a les grèves des ouvrièr-e-s qui ne veulent pas continuer à produire des turbines d’avion ou des bagnoles au péril immédiat de leur vie et de celle de leurs familles [11], les personnels de santé qui exigent des protections, des moyens et des salaires décents, les locataires qui demandent le gel des loyers et les mal logé-e-s qui exigent la réquisition des dizaines de milliers de logements vides. Celles et ceux qui veulent en profiter pour mettre un coup d’arrêt définitif à la « croissance », à la pollution, aux boulots de merde payés des clopinettes, déserter le travail même à distance – surtout à distance, sans collectif, uberisé et surveillé-e-s par des logiciels espions tapis dans leurs smartphones. Et puis toutes celles et tous ceux qui de toute façon, n’ont pas de logement ou des logements trop petits, pas de travail ou plus de travail ou un boulot qui exige d’être dehors tous les jours, les femmes et les hommes des marchés, les jeunes femmes et hommes des cités, toutes celles et tous ceux qui savent depuis le début qu’ielles s’en prendront plein la gueule et ne sont pas tellement plus effrayé-e-s qu’en temps normal [12]. Les violences policières systématiques, la prison, la mort précoce as usual…

    Comprendre, donc, ce qui nous arrive globalement et individuellement, parvenir à discerner ce qui est nouveau, aussi. Ce qui nous arrive : que les logiques capitalistes, au bord de la crise, ont trouvé moyen en quelques jours à peine de reprendre le dessus, l’initiative. Plus uni-e-s contre nous que nous autres entre nous, mieux équipé-e-s, mieux informé-e-s puisque plus riches bien sûr, les capitalistes ont compris comment tirer le meilleur parti de la nouvelle situation. Où en était ce système capitaliste mondialisé dit néolibéral ? Je re-résume à tout hasard.

    Le credo central des doctrines néolibérales était : les marchandises et les capitaux se déplacent sans entrave, le facteur travail (la main-d’œuvre, nous) est immobilisé. On sait l’importance, pour le prolétariat classique, de la mobilité – à la recherche des emplois et de meilleures conditions de travail. Mais depuis longtemps certains secteurs sont immobilisés, comme les esclaves interdit-e-s de s’éloigner sans lettre d’autorisation ou les populations serves, attachées à la terre. Les femmes dans leur majorité connaissent bien cette situation : Colette Guillaumin affirmait dès 1978 que le « confinement dans l’espace » constituait l’un des puissants moyens de l’appropriation des femmes [13]. Silvia Federici a montré plus récemment que cet enfermement dans l’espace domestique à partir de la fin du Moyen-Age en Europe, par le biais d’une extrême violence (plus d’un siècle de chasse aux sorcières), avait grandement contribué à l’accumulation primitive à partir de l’exploitation indirecte du travail des femmes dans la sphère de la reproduction sociale [14]. Bref, la main d’œuvre néolibérale est massivement immobilisée : rivée sur sa chaîne, dans son EHPAD, sa mine ou son dépôt d’ordure à recycler. Surveillé-e-s comme des terroristes en puissance : scanné-e-s des pieds à la tête, empreinte pour pointer, pour aller à la cantine, empreinte pour allumer ton téléphone, pour récupérer ton argent, smart cities et smart buildings, géolocalisation, cookies qui t’espionnent en permanence et pour ton bien (ne te suicide pas, consomme !), bracelet électronique à la moindre incartade, passeport biométrique et carnet de note « social » comme en Chine. Traçable et tracé-e, transporté-e dans le meilleur des cas comme un paquet qui met tout-e seul-e sa ceinture (de sécurité) pendant tout le vol, dans le pire des cas avec du scotch sur la bouche et des menottes aux mains et aux pieds. Certains mouvements, nécessaires, sont contrôlés savamment grâce aux papiers qu’on donne ou qu’on retire, aux barbelés qu’on déploie, aux murs qu’on dresse, aux flux qu’on organise (vous nous mettrez un peu plus de médecins cette fois-ci mais moins d’analphabètes, les récoltes sont finies, et puis plus de jeunes filles, bien sûr vous pouvez mettre des mineures, mais saines). C’était le credo : bouge pas, ferme-là, travaille, bouffe de la merde et consomme des trucs inutiles avec les micro-crédits qu’on te prête et estime-toi content-e, et puis souris quand tes dirigeant-e-s obtiennent des macro-crédits pour se payer des villas de luxe avec les rétro-commissions, souris parce que cet argent, il est un peu pour toi ou en tout cas c’est toi qui le rembourseras. Allez, fais pas la gueule, la grandeur du pays c’est un peu toi quand-même, et puis d’ailleurs ça ruissellera, promis !

    Donc pour la plupart de la main-d’oeuvre : mobilité restreinte et encadrée. Pour les plus privilégié-e-s, au Nord, le collier n’est pas trop serré et laisse une impression de liberté, avec quelques congés pris en charter qui atterrissent à la porte de resorts d’occasion sans contact avec l’extérieur. Pour une frange assez importante des gens des Suds, séquestration en camps (de réfugié-e-s, de déplacé-e-s, de migrant-e-s, essentiellement des femmes et des enfants racisé-e-s), mais souvent ça n’empêche pas de travailler, au dedans ou au dehors, même si c’est bien plus difficile et peu lucratif. Une autre frange non-négligeable, qui se compte en millions de personnes, est immobilisée des Suds au Nord dans des prisons publiques et privées et des bagnes divers (essentiellement des jeunes hommes racisés, records mondiaux : Etats-Unis, Russie, Chine, Brésil). Bien souvent, avec l’obligation, en fait, de travailler. Au Pérou par exemple, dans les « prisons productives », les détenu-e-s fabriquent des tissages « ethniques » pour les touristes ou des crucifix pour la venue du Pape [15]. Ailleurs, ielles répondent prennent par téléphone des réservations de billets d’avion ou plient des cartons. Enfin, dans les territoires intermédiaires et les zones franches qui en constituent la quintessence (tout particulièrement en Chine et dans une bonne partie de l’Asie, souvent sur d’anciens camps de prisonniers de la deuxième guerre mondiale [16]), des dizaines de milliers de jeunes femmes et parfois de jeunes hommes « préparent leur mariage » en gagnant quelque argent, faisant bénéficier de leur dextérité et de leur patience les fabricants de composants électroniques, smartphones et autres ordinateurs civils et militaires dans de vastes usines dortoirs [17]. Dans plusieurs pays d’Asie du Sud Est, « protéger » les mineures et les jeunes femmes de la « traite » permet aussi de les enfermer et de les faire travailler jusqu’à leur rapatriement dans leur village d’origine (Miramond, 2020) [18].

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  • La nouveauté, alors, où est-elle ? Dans le nouveau mode de gouvernance globale qui se met en place sous nos yeux, avec l’assentiment d’une bonne partie de l’opinion qui rêve d’être protégée des autres, et même d’elle-même. Un nouveau mode de gouvernance qui consacre le rôle central d’un nouvel-ancien acteur : le complexe militaro-industriel. En effet, ce que beaucoup considèrent comme une sorte de « coup d’état sanitaire » à la faveur de ce brave Corona, je propose de le penser plus précisément comme un coup d’état militaro-industriel global.

    Le coup d’état militaro-industriel global possède au moins quatre dimensions importantes. Premier point et fait très curieux : les militaires ne prennent pas directement le pouvoir. On avait déjà vu cela avec l’actuel président du Brésil par exemple (c’est un ancien militaire, élu après un impeachment qui frisait le putsch). Au contraire, deuxième point, les militaires apparaissent pour l’instant encore comme protecteurs et sauveurs, dispensateurs de nourriture, d’hôpitaux de campagne [28], garants du respect du confinement et peut-être à moyen terme, de la continuité de la production – quand les caissières et les infirmières auront toute rendu leur tablier ou se seront « levées et cassées ». Mais où peut-on partir maintenant, si ce n’est ad matrem ? Troisième point : de qui donc nous protège l’armée ? Car une guerre (version gouvernementale) ou un coup d’Etat (version « mauvais esprit ») se font contre des ennemis. Eh bien, les ennemis, comme vu ci-dessus, ce sont les personnes inconscientes qui bravent l’interdiction de sortir et prétendent se balader sans Ausweis, sans carta de alforria, sans dire vers où, à quelle heure exactement et pourquoi. Les personnes qui font autre chose que (1) consommer de la nourriture (2) consommer des produits de l’industrie pharmaceutique (3) entretenir la force de travail physique et mentale par un petit jogging en solitaire ou en faisant pisser le chien (la promenade du chien c’est un peu la bière des ouvriers de Marx) ou bien sûr (4) aller bosser gratuitement pour soutenir des proches malades, livrer des pizzas ou pour faire tourner les secteurs de l’économie jugés indispensables en haut lieu. Pour être plus précise encore, l’ennemi, c’est n’importe quelle personne « récalcitrante » qui propagerait le virus, même involontairement et sans le savoi (version gouvernementale) et/ou qui désobéirait aux restrictions et obligations édictées par le gouvernement, qui a pris les pleins pouvoirs (version « mauvais esprit »). Or les récalcitrant-e-s potentiel-le-s, bien sûr ce sont les prolétaires qui pourraient refuser d’aller se faire contaminer pour des paies misérables, les rebelles dans l’âme et celles et ceux qui sont « toujours-déjà mort-e-s ».

    Mais en fait, et surtout, l’ennemi c’est aussi absolument tout le monde. Puisque le virus peut être en chacun-e d’entre nous. Sans qu’il se voie, sans même que nous en ayons conscience. Plus besoin d’être politisé-e pour être l’adversaire, plus besoin même de croire dans une religion minorisée, d’avoir une couleur de peau, un nom à consonance, un sexe suspect ou d’appartenir à une classe dangereuse. De la présidence jusqu’à la femme de ménage, l’ensemble de la population est suspecte. Alors oui, une nouvelle doctrine de sécurité est née, nationale et transnationale : celle d’une guerre d’un nouveau type qui vise virtuellement l’ensemble de la population. L’« ennemi intérieur » est toujours-peut-être-déjà en nous… Et la guerre lancée par le complexe militaro-industriel, à la différence des guerres classiques, n’obéit pas à la moindre convention [29]. Quant à signer la paix avec un virus… La fin de la guerre risque de tarder.

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  • Coronavirus : la France compte "200 clusters" mais la situation "est contrôlée", assure Olivier Véran !!!

    La pandémie s’approfondit en France au point que le gouvernement prépare un reconfinement et en même temps déclare que TOUT VA BIEN !!!

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