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Accueil du site > 03 - Livre Trois : HISTOIRE > 4ème chapitre : Révolutions prolétariennes jusqu’à la deuxième guerre (...) > L’Espagne révolutionnaire par Karl Marx

L’Espagne révolutionnaire par Karl Marx

lundi 21 mars 2022, par Robert Paris

La série d’articles Espagne révolutionnaire a été écrite par Marx pour le New-York Daily Tribune entre août et novembre 1854. Marx a observé tous les symptômes du mouvement révolutionnaire en Europe et a prêté une grande attention aux événements révolutionnaires de l’été 1854 en Espagne. Il a estimé que la lutte révolutionnaire là-bas pourrait fournir un stimulus pour le développement du mouvement révolutionnaire dans d’autres pays européens. En 1854, Marx a fait une étude approfondie des événements des révolutions espagnoles de la première moitié du XIXe siècle afin d’améliorer sa compréhension du caractère et des caractéristiques spécifiques de la nouvelle révolution espagnole ; Marx a envoyé neuf articles au New-York Daily Tribune concernant les première (1808-14), deuxième (1820-23) et en partie troisième (1834-43) révolutions bourgeoises espagnoles, dont seules les six premières ont été publiées (les articles du 29 septembre et du 20 octobre ont été imprimés en quatre numéros du journal) — soit huit articles en tout. Les trois autres n’ont pas été publiés et les manuscrits n’ont pas été retrouvés. Seul un petit fragment du projet de manuscrit a survécu, traitant des causes qui ont conduit à la défaite de la deuxième révolution. Il fait probablement partie du huitième article et est reproduit ici en tant que chapitre IX.

Quand la traduction google est trop mauvaise, lire en anglais

I. Aperçu de l’histoire révolutionnaire de l’Espagne avant le XIXe siècle

La révolution en Espagne a pris jusqu’ici l’apparence d’une condition permanente que, comme notre correspondant à Londres [A. Pulszky]nous a informés, les classes aisées et conservatrices ont commencé à émigrer et à chercher la sécurité en France. Ce n’est pas surprenant ; L’Espagne n’a jamais adopté la mode française moderne, si généralement en vogue en 1848, de commencer et d’accomplir une révolution en trois jours. Ses efforts dans ce sens sont complexes et plus prolongés. Trois ans semblent être la limite la plus courte à laquelle elle se limite, alors que son cycle révolutionnaire s’étend parfois à neuf. Ainsi sa première révolution dans le siècle présent s’étendit de 1808 à 1814 ; la seconde de 1820 à 1823 ; et la troisième de 1834 à 1843. Combien de temps l’actuelle durera, ou ce qu’elle en résultera, il est impossible au plus fin politicien de le prévoir ; mais ce n’est pas grand-chose de dire qu’il n’y a pas d’autre partie de l’Europe, pas même la Turquie et la guerre de Russie,qui offre un intérêt si profond à l’observateur réfléchi, comme le fait l’Espagne en ce moment.

Les soulèvements insurrectionnels sont aussi anciens en Espagne que l’empire des favoris de la cour contre lequel ils sont habituellement dirigés. Ainsi, au milieu du XVe siècle, l’aristocratie se révolte contre le roi Juan II et son favori, Don Alvaro de Luna. Au XVe siècle, des troubles plus graves encore eurent lieu contre le roi Henri IV et le chef de sa camatilla, don Juan de Pacheco, marquis de Villena. Au XVIIe siècle, les gens de Lisbonne déchiraient Vasconcellos, le Sartorius du vice-roi espagnol au Portugal, comme ils le firent en Catalogne avec Santa Coloma, la favorite de Philippe IV. A la fin du même siècle, sous le règne de Carlos II, le peuple de Madrid se soulève contre la camarilla de la reine, composée de la comtesse de Berlepsch et des comtes Oropesa et Melgar,qui avaient imposé à toutes les provisions entrant dans la capitale un devoir oppressif, qu’ils se partageaient. Le peuple marcha jusqu’au palais royal, força le roi à paraître au balcon, et lui-même à dénoncer la camarilla de la reine. Ils marchent alors jusqu’aux palais des comtes Oropesa et Melgar, les pillent, les détruisent par le feu, et tentent de s’emparer de leurs propriétaires, qui ont pourtant la chance de s’enfuir, au prix d’un exil perpétuel. L’événement qui provoqua le soulèvement insurrectionnel au quinzième siècle était le traité perfide que le favori d’Henri IV, le marquis de Villena, avait conclu avec le roi de France, d’après lequel la Catalogne devait être livrée à Louis XI. Trois siècles plus tard, le traité de Fontainebleau, conclu le 27 octobre 1807,par laquelle le favori de Carlos IV et le serviteur de sa reine, don Manuel Godoy, prince de la paix, contracté avec Bonaparte pour le partage du Portugal et l’entrée des armées françaises en Espagne, provoqua à Madrid une insurrection populaire contre Godoy, l’abdication de Carlos IV, l’accession au trône de Ferdinand VII, son fils, l’entrée de l’armée française en Espagne, et la guerre d’indépendance qui s’ensuit. Ainsi la guerre d’indépendance espagnole a commencé par une insurrection populaire contre la camarilla, alors personnifiée dans Don Manuel Godoy, tout comme la guerre civile du XVe siècle a commencé par le soulèvement contre la camarilla, alors personnifiée dans le marquis de Villena. De même, la révolution de 1854 a commencé avec le soulèvement contre la camarilla, personnifié dans le comte San Luis.le Prince de la Paix, contracté avec Bonaparte pour le partage du Portugal et l’entrée des armées françaises en Espagne, provoqua une insurrection populaire à Madrid contre Godoy, l’abdication de Carlos IV, la prise du trône par Ferdinand VII, son fils, l’entrée de l’armée française en Espagne, et la guerre d’indépendance qui s’ensuivit. Ainsi la guerre d’indépendance espagnole a commencé par une insurrection populaire contre la camarilla, alors personnifiée dans Don Manuel Godoy, tout comme la guerre civile du XVe siècle a commencé par le soulèvement contre la camarilla, alors personnifiée dans le marquis de Villena. De même, la révolution de 1854 a commencé avec le soulèvement contre la camarilla, personnifié dans le comte San Luis.le Prince de la Paix, contracté avec Bonaparte pour le partage du Portugal et l’entrée des armées françaises en Espagne, provoqua une insurrection populaire à Madrid contre Godoy, l’abdication de Carlos IV, la prise du trône par Ferdinand VII, son fils, l’entrée de l’armée française en Espagne, et la guerre d’indépendance qui s’ensuivit. Ainsi la guerre d’indépendance espagnole a commencé par une insurrection populaire contre la camarilla, alors personnifiée dans Don Manuel Godoy, tout comme la guerre civile du XVe siècle a commencé par le soulèvement contre la camarilla, alors personnifiée dans le marquis de Villena. De même, la révolution de 1854 a commencé avec le soulèvement contre la camarilla, personnifié dans le comte San Luis.contracté avec Bonaparte pour le partage du Portugal et l’entrée des armées françaises en Espagne, provoqua une insurrection populaire à Madrid contre Godoy, l’abdication de Carlos IV, l’accession au trône de Ferdinand VII, son fils, l’entrée des Français l’armée en Espagne, et la guerre d’indépendance qui s’ensuivit. Ainsi la guerre d’indépendance espagnole a commencé par une insurrection populaire contre la camarilla, alors personnifiée dans Don Manuel Godoy, tout comme la guerre civile du XVe siècle a commencé par le soulèvement contre la camarilla, alors personnifiée dans le marquis de Villena. De même, la révolution de 1854 a commencé avec le soulèvement contre la camarilla, personnifié dans le comte San Luis.contracté avec Bonaparte pour le partage du Portugal et l’entrée des armées françaises en Espagne, provoqua une insurrection populaire à Madrid contre Godoy, l’abdication de Carlos IV, l’accession au trône de Ferdinand VII, son fils, l’entrée des Français l’armée en Espagne, et la guerre d’indépendance qui s’ensuivit. Ainsi la guerre d’indépendance espagnole a commencé par une insurrection populaire contre la camarilla, alors personnifiée dans Don Manuel Godoy, tout comme la guerre civile du XVe siècle a commencé par le soulèvement contre la camarilla, alors personnifiée dans le marquis de Villena. De même, la révolution de 1854 a commencé avec le soulèvement contre la camarilla, personnifié dans le comte San Luis.son fils, l’entrée de l’armée française en Espagne et la guerre d’indépendance qui s’ensuivit. 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De même, la révolution de 1854 a commencé avec le soulèvement contre la camarilla, personnifié dans le comte San Luis.la révolution de 1854 a commencé avec le soulèvement contre la camarilla, personnifié dans le comte San Luis.la révolution de 1854 a commencé avec le soulèvement contre la camarilla, personnifié dans le comte San Luis.

Malgré ces insurrections toujours répétées, il n’y a eu en Espagne, jusqu’à ce siècle, aucune révolution sérieuse, sauf la guerre de la Sainte-Ligue au temps de Carlos Ier, ou Charles V, comme l’appellent les Allemands. Le prétexte immédiat, comme d’habitude, fut alors fourni par la clique qui, sous les auspices du cardinal Adrien, le vice-roi, lui-même Flamand, exaspéra les Castillans par leur insolence rapace, en vendant les charges publiques au plus offrant, et par trafic dans les procès. L’opposition contre la camarilla flamande n’était qu’à la surface du mouvement. Au fond se trouvait la défense des libertés de l’Espagne médiévale contre les empiétements de l’absolutisme moderne.

La base matérielle de la monarchie espagnole ayant été posée par l’union de l’Aragon, de la Castille et de Grenade, sous Ferdinand le Catholique et Isabelle Ier, Charles Ier tenta de transformer cette monarchie encore féodale en une monarchie absolue. Simultanément, il attaqua les deux piliers de la liberté espagnole, les Cortes et l’ Ayuntamientos - le premier une modification de l’ancien gothique concilia, et le second transmis presque sans interruption depuis l’époque romaine, l’ Ayuntamientosprésentant le mélange du caractère héréditaire et électif propre aux municipalités romaines. Quant à l’autonomie municipale, les villes d’Italie, de Provence, de Gaule septentrionale, de Grande-Bretagne et d’une partie de l’Allemagne offrent une assez bonne similitude avec l’état alors des villes espagnoles ; mais ni les États généraux français, ni les parlements britanniques du moyen âge ne sont comparables aux Cortès espagnoles. Il y avait des circonstances dans la formation du royaume espagnol particulièrement favorables à la limitation du pouvoir royal. D’un côté, de petites parties de la péninsule ont été récupérées à la fois et formées en royaumes séparés, au cours des longues luttes avec les Arabes. Des lois et des coutumes populaires ont été engendrées dans ces luttes. Les conquêtes successives, étant principalement effectuées par les nobles, rendirent leur pouvoir excessif,tandis qu’ils diminuaient le pouvoir royal. D’un autre côté, les villes et les cités de l’intérieur eurent de grandes conséquences, à cause de la nécessité dans laquelle se trouvaient les gens de résider ensemble dans des places fortes, comme garantie contre les irruptions continuelles des Maures ; tandis que la formation péninsulaire du pays, et les relations constantes avec la Provence et l’Italie, ont créé des villes commerciales et maritimes de premier ordre sur la côte. Dès le quatorzième siècle, les villes formaient la partie la plus puissante des Cortès, qui se composaient de leurs représentants, avec ceux du clergé et de la noblesse. Il est également digne de remarque, que le lent rétablissement de la domination maure à travers une lutte obstinée de près de huit cents ans, a donné à la péninsule, une fois entièrement émancipée, un caractère tout à fait différent de celui de l’Europe contemporaine,L’Espagne se retrouvant, à l’époque de la résurrection européenne, avec les mœurs des Goths et des Vandales au nord, et avec celles des Arabes au sud.

Charles Ier étant revenu d’Allemagne, où la dignité impériale lui avait été conférée, les Cortès se rassemblèrent à Valladolid, afin de recevoir son serment aux anciennes lois et de l’investir de la couronne. Charles, refusant de comparaître, envoya des commissaires qui, prétendait-il, devaient recevoir le serment d’allégeance de la part des Cortès. Les Cortès refusèrent d’admettre ces commissaires en leur présence, notifiant au monarque que, s’il ne se présentait pas et ne jurerait pas aux lois du pays, il ne serait jamais reconnu comme roi d’Espagne. Charles céda alors ; il comparut devant les Cortès et prêta serment — comme disent les historiens, de très mauvaise grâce. Les Cortès lui dirent à cette occasion : « Vous devez savoir, Señor, que le Roi n’est que le serviteur rémunéré de la nation. Tel fut le début des hostilités entre Charles Ier et les villes.A la suite de ses intrigues, de nombreuses insurrections éclatèrent en Castille, la Sainte Ligue d’Avila se forma, et les villes réunies convoquèrent l’assemblée des Cortès à Tordesillas, d’où, le 20 octobre 1520, une « protestation contre les abus » fut adressée au roi, en échange de quoi il priva tous les députés réunis à Tordesillas de leurs droits personnels. Ainsi la guerre civile était devenue inévitable ; les roturiers firent appel aux armes ; leurs soldats sous le commandement de Padilla s’emparèrent de la forteresse de Torre Lobaton, mais furent finalement vaincus par des forces supérieures à la bataille de Villalar le 23 avril 1521. Les têtes des principaux « conspirateurs » roulèrent sur l’échafaud, et les anciennes libertés de L’Espagne a disparu.et les villes unies convoquèrent l’assemblée des cortès à Tordesillas, d’où, le 20 octobre 1520, une « protestation contre les abus » fut adressée au roi, en échange de quoi il priva tous les députés réunis à Tordesillas de leurs droits personnels. . Ainsi la guerre civile était devenue inévitable ; les roturiers firent appel aux armes ; leurs soldats sous le commandement de Padilla s’emparèrent de la forteresse de Torre Lobaton, mais furent finalement vaincus par des forces supérieures à la bataille de Villalar le 23 avril 1521. Les têtes des principaux « conspirateurs » roulèrent sur l’échafaud, et les anciennes libertés de L’Espagne a disparu.et les villes unies convoquèrent l’assemblée des cortès à Tordesillas, d’où, le 20 octobre 1520, une « protestation contre les abus » fut adressée au roi, en échange de quoi il priva tous les députés réunis à Tordesillas de leurs droits personnels. . Ainsi la guerre civile était devenue inévitable ; les roturiers firent appel aux armes ; leurs soldats sous le commandement de Padilla s’emparèrent de la forteresse de Torre Lobaton, mais furent finalement vaincus par des forces supérieures à la bataille de Villalar le 23 avril 1521. Les têtes des principaux « conspirateurs » roulèrent sur l’échafaud, et les anciennes libertés de L’Espagne a disparu.en retour, il priva tous les députés réunis à Tordesillas de leurs droits personnels. Ainsi la guerre civile était devenue inévitable ; les roturiers firent appel aux armes ; leurs soldats sous le commandement de Padilla s’emparèrent de la forteresse de Torre Lobaton, mais furent finalement vaincus par des forces supérieures à la bataille de Villalar le 23 avril 1521. Les têtes des principaux « conspirateurs » roulèrent sur l’échafaud, et les anciennes libertés de L’Espagne a disparu.en retour, il priva tous les députés réunis à Tordesillas de leurs droits personnels. Ainsi la guerre civile était devenue inévitable ; les roturiers firent appel aux armes ; leurs soldats sous le commandement de Padilla s’emparèrent de la forteresse de Torre Lobaton, mais furent finalement vaincus par des forces supérieures à la bataille de Villalar le 23 avril 1521. Les têtes des principaux « conspirateurs » roulèrent sur l’échafaud, et les anciennes libertés de L’Espagne a disparu.

Plusieurs circonstances conspirèrent en faveur de la montée en puissance de l’absolutisme. Le défaut d’union entre les différentes provinces priva leurs efforts de la force nécessaire ; mais c’était surtout l’âpre antagonisme entre les classes nobles et les bourgeois des villes que Charles employait à la dégradation de l’une et de l’autre. Nous avons déjà mentionné que depuis le quatorzième siècle l’influence des villes était prépondérante dans les Cortes, et depuis Ferdinand le Catholique, la Sainte Fraternité (Santa Hermandad) s’était révélée un puissant instrument dans les mains des villes contre les nobles castillans, qui les accusaient d’empiéter sur leurs anciens privilèges et juridictions. La noblesse était donc désireuse d’aider Carlos Ier dans son projet de supprimer la Sainte Ligue. Ayant écrasé leur résistance armée,Carlos s’occupa de la réduction des privilèges municipaux des villes qui, déclinant rapidement en population, en richesse et en importance, perdirent bientôt leur influence dans les Cortes. Carlos se retourna maintenant contre les nobles, qui l’avaient aidé à abolir les libertés des villes, mais qui conservaient eux-mêmes une importance politique considérable. La mutinerie de son armée faute de solde l’obligea, en 1539, à réunir les Cortès, afin d’obtenir une subvention d’argent. Indignées du détournement d’anciennes subventions à des opérations étrangères aux intérêts de l’Espagne, les Cortès refusèrent tout approvisionnement. Carlos les renvoya avec rage ; et, les nobles ayant insisté sur un privilège d’exemption d’impôts, il déclara que ceux qui revendiquaient un tel droit ne pouvaient avoir aucune prétention à paraître dans les Cortès,et par conséquent les exclus de cette assemblée. Ce fut le coup fatal des Cortès, et leurs réunions se réduisaient désormais à l’accomplissement d’une simple cérémonie de cour. Le troisième élément de l’ancienne constitution des Cortès, à savoir : le clergé, enrôlé depuis Ferdinand le Catholique sous la bannière de l’Inquisition, avait depuis longtemps cessé d’identifier ses intérêts à ceux de l’Espagne féodale. Au contraire, par l’Inquisition, l’Église s’est transformée en l’outil le plus redoutable de l’absolutisme.avait depuis longtemps cessé d’identifier ses intérêts à ceux de l’Espagne féodale. Au contraire, par l’Inquisition, l’Église s’est transformée en l’outil le plus redoutable de l’absolutisme.avait depuis longtemps cessé d’identifier ses intérêts à ceux de l’Espagne féodale. Au contraire, par l’Inquisition, l’Église s’est transformée en l’outil le plus redoutable de l’absolutisme.

Si, après le règne de Carlos Ier, le déclin de l’Espagne, tant sous l’aspect politique que social, présenta tous ces symptômes de putréfaction peu glorieuse et prolongée si répugnants aux pires moments de l’empire turc, sous l’empereur au moins les anciennes libertés furent enterrées. dans un magnifique tombeau. C’était l’époque où Vasco Núñes de Balboa planta la bannière de Castille sur les rives de Darien, Cortés au Mexique et Pizarro au Pérou ; quand l’influence espagnole régnait en maître sur l’Europe, et que l’imagination méridionale des Ibères s’émerveillait de visions d’Eldorados, d’aventures chevaleresques et de monarchie universelle. Puis la liberté espagnole disparut sous le fracas des armes, les pluies d’or et les terribles illuminations de l’autodafé.

Mais comment expliquer le phénomène singulier qu’après près de trois siècles d’une dynastie des Habsbourg, puis d’une dynastie des Bourbons — l’une ou l’autre bien suffisantes pour écraser un peuple — survivent plus ou moins les libertés municipales de l’Espagne ? que dans le pays même où de tous les États féodaux la monarchie absolue a pris naissance dans sa forme la plus pure, la centralisation n’a jamais réussi à s’enraciner ? La réponse n’est pas difficile. C’est au seizième siècle que se forment les grandes monarchies qui s’établissent partout sur la chute des classes féodales en conflit, l’aristocratie et les villes. Mais dans les autres grands États d’Europe, la monarchie absolue se présente comme un centre civilisateur, comme l’initiateur de l’unité sociale.Là, c’était le laboratoire dans lequel les divers éléments de la société étaient si mélangés et travaillés, qu’ils permettaient aux villes de changer l’indépendance et la souveraineté locales du Moyen Age pour la règle générale des classes moyennes et l’emprise commune de la société civile. . En Espagne, au contraire, tandis que l’aristocratie sombrait dans la dégradation sans perdre ses pires privilèges, les villes perdaient leur puissance médiévale sans acquérir d’importance moderne.

Depuis l’établissement de la monarchie absolue, ils ont végé dans un état de décadence continue. Nous n’avons pas à exposer ici les circonstances politiques ou économiques qui détruisirent le commerce, l’industrie, la navigation et l’agriculture espagnols. Pour le présent propos, il suffit de rappeler simplement le fait. A mesure que la vie commerciale et industrielle des villes déclinait, les échanges intérieurs devinrent rares, le mélange des habitants des différentes provinces moins fréquent, les moyens de communication négligés et les grandes routes peu à peu désertées. Ainsi la vie locale de l’Espagne, l’indépendance de ses provinces et communes, l’état diversifié de la société basé à l’origine sur la configuration physique du pays, et historiquement développé par la manière détachée dont les différentes provinces se sont émancipées de la domination mauresque,et formaient de petites républiques indépendantes — était maintenant enfin renforcée et confirmée par la révolution économique qui tarissait les sources de l’activité nationale. Et tandis que la monarchie absolue trouvait en Espagne un matériau par nature repoussant la centralisation, elle fit tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher la croissance d’intérêts communs nés d’une division nationale du travail et de la multiplicité des échanges internes - la base même sur laquelle seul un système uniforme d’administration et la règle des lois générales peuvent être créés. Ainsi la monarchie absolue en Espagne, ne ressemblant qu’en apparence aux monarchies absolues de l’Europe en général, est plutôt à ranger dans une classe avec les formes de gouvernement asiatiques. L’Espagne, comme la Turquie, est restée une agglomération de républiques mal gérées avec un souverain nominal à leur tête.Le despotisme changea de caractère dans les différentes provinces avec l’interprétation arbitraire des lois générales par les vice-rois et les gouverneurs ; mais si despotique que fût le gouvernement, il n’empêchait pas les provinces de subsister avec des lois et des coutumes différentes, des monnaies différentes, des bannières militaires de couleurs différentes, et avec leurs systèmes d’imposition respectifs. Le despotisme oriental n’attaque l’autonomie municipale que lorsqu’il s’oppose à ses intérêts directs, mais il est très heureux de laisser subsister ces institutions tant qu’elles lui retirent le devoir de faire quelque chose et lui épargnent la peine d’une administration régulière.mais si despotique que fût le gouvernement, il n’empêchait pas les provinces de subsister avec des lois et des coutumes différentes, des monnaies différentes, des bannières militaires de couleurs différentes, et avec leurs systèmes d’imposition respectifs. Le despotisme oriental n’attaque l’autonomie municipale que lorsqu’il s’oppose à ses intérêts directs, mais il est très heureux de laisser subsister ces institutions tant qu’elles lui retirent le devoir de faire quelque chose et lui épargnent la peine d’une administration régulière.mais si despotique que fût le gouvernement, il n’empêchait pas les provinces de subsister avec des lois et des coutumes différentes, des monnaies différentes, des bannières militaires de couleurs différentes, et avec leurs systèmes d’imposition respectifs. Le despotisme oriental n’attaque l’autonomie municipale que lorsqu’il s’oppose à ses intérêts directs, mais il est très heureux de laisser subsister ces institutions tant qu’elles lui retirent le devoir de faire quelque chose et lui épargnent la peine d’une administration régulière.mais est très heureux de permettre à ces institutions de continuer tant qu’elles lui enlèvent le devoir de faire quelque chose et lui épargnent la peine d’une administration régulière.mais est très heureux de permettre à ces institutions de continuer tant qu’elles lui enlèvent le devoir de faire quelque chose et lui épargnent la peine d’une administration régulière.

C’est ainsi que Napoléon, qui, comme tous ses contemporains, considérait l’Espagne comme un cadavre inanimé, fut fatalement surpris de découvrir que lorsque l’État espagnol était mort, la société espagnole était pleine de vie, et chaque partie débordait de pouvoirs de la résistance. Par le traité de Fontainebleau, il avait amené ses troupes à Madrid ; en entraînant la famille royale dans une entrevue à Bayonne, il avait forcé Carlos IV à rétracter son abdication, puis à lui céder ses domaines ; et il avait intimidé Ferdinand VII dans une déclaration similaire. Carlos IV, sa reine et le prince de la paix transportés à Compiègne, Ferdinand VII et ses frères emprisonnés au château de Valençay, Bonaparte conféra le trône d’Espagne à son frère Joseph, rassembla une junte espagnole à Bayonne, et leur procura l’un des ses constitutions toutes faites.Ne voyant rien de vivant dans la monarchie espagnole que la misérable dynastie qu’il avait enfermée saine et sauve, il se sentait bien sûr de cette confiscation de l’Espagne. Mais, quelques jours seulement après soncoup de main, il reçut la nouvelle d’une insurrection à Madrid. Murat, il est vrai, a réprimé ce tumulte en tuant environ 1 000 personnes ; mais quand ce massacre fut connu, une insurrection éclata dans les Asturies, et bientôt après embrassa toute la monarchie. Il est à remarquer que ce premier soulèvement spontané est issu du peuple, alors que les « meilleures » classes s’étaient tranquillement soumises au joug étranger.

C’est ainsi que l’Espagne s’est préparée à sa carrière révolutionnaire plus récente et s’est lancée dans les luttes qui ont marqué son évolution au siècle présent. Les faits et les influences que nous avons ainsi succinctement détaillés agissent encore pour former ses destinées et diriger les impulsions de son peuple. Nous les avons présentées comme nécessaires non seulement à une appréciation de la crise actuelle, mais de tout ce qu’elle a fait et souffert depuis l’usurpation napoléonienne - une période maintenant de près de cinquante ans - non sans épisodes tragiques et efforts héroïques, - en effet, l’un des les chapitres les plus touchants et les plus instructifs de toute l’histoire moderne.

II. Expulsion des Bonaparte et restauration de la couronne espagnole

Nous avons déjà présenté à nos lecteurs un aperçu de l’histoire révolutionnaire antérieure de l’Espagne, comme moyen de comprendre et d’apprécier les développements que cette nation offre maintenant à l’observation du monde. Plus intéressant encore, et peut-être aussi précieux comme source d’instruction actuelle, est le grand mouvement national qui assista à l’expulsion des Bonaparte et rendit la couronne d’Espagne à la famille en possession de laquelle elle reste encore. Mais pour bien estimer ce mouvement, avec ses épisodes héroïques et sa mémorable démonstration de vitalité chez un peuple supposé moribond, il faut remonter au début de l’assaut napoléonien contre la nation. La cause efficiente de l’ensemble a peut-être été énoncée pour la première fois dans le traité de Tilsit. qui fut conclu le 7 juillet 1807,et aurait reçu son complément par une convention secrète, signée par le prince Kurakin et Talleyrand. Il a été publié dans le MadridGaceta du 25 août 1812, contenant, entre autres, les stipulations suivantes :

« Art. je . La Russie doit prendre possession de la Turquie européenne et étendre ses possessions en Asie autant qu’elle le jugera convenable.

« Art. II . La dynastie des Bourbons en Espagne et la maison de Bragance au Portugal cesseront de régner. Les princes de la famille Bonaparte succéderont à ces deux couronnes.

En supposant que ce traité soit authentique, et son authenticité est à peine contestée, même dans les mémoires récemment publiés du roi Joseph Bonaparte, il a constitué la véritable raison de l’invasion française de l’Espagne en 1808, tandis que les commotions espagnoles de cette époque semblent être liés par des fils secrets aux destinées de la Turquie.

Lorsque, à la suite du massacre de Madrid et des transactions de Bayonne, des insurrections simultanées éclatèrent dans les Asturies, la Galice, l’Andalousie et Valence, et qu’une armée française occupa Madrid, les quatre forteresses nord de Pampelune, Saint-Sébastien, Figueras et Barcelone avaient été saisies par Bonaparte sous de faux prétextes ; une partie de l’armée espagnole avait été transportée dans l’île de Fünen, destinée à attaquer la Suède ; enfin, toutes les autorités constituées, militaires, ecclésiastiques, judiciaires et administratives, ainsi que l’aristocratie, exhortaient le peuple à se soumettre à l’intrus étranger. Mais il y avait une circonstance pour compenser toutes les difficultés de la situation. Grâce à Napoléon, le pays s’est débarrassé de son roi, de sa famille royale et de son gouvernement.Ainsi, les chaînes ont été brisées, ce qui aurait pu empêcher le peuple espagnol de déployer ses énergies natives. Le peu qu’ils étaient capables de résister aux Français sous le commandement de leurs rois et dans des circonstances ordinaires, avait été prouvé par les campagnes honteuses de 1794 et 1795.

Napoléon avait sommé les personnes les plus distinguées de l’Espagne de le rencontrer à Bayonne, et de recevoir de ses mains un roi et une constitution. À quelques exceptions près, ils y sont apparus. Le 7 juin 1808, le roi Joseph reçut à Bayonne une députation des grands d’Espagne, au nom de laquelle le duc d’Infantado, l’ami le plus intime de Ferdinand VII, s’adressa à lui en ces termes :

« Sire, les grands d’Espagne ont de tout temps été célébrés pour leur fidélité à leur souverain, et en eux Votre Majesté retrouvera désormais la même fidélité et la même adhésion.

Le concile royal de Castille assura le pauvre Joseph qu’il était « la branche principale d’une famille destinée par le ciel à régner ». Non moins abjecte était la félicitation du duc del Parque, à la tête d’une députation représentant l’armée. Le lendemain, les mêmes personnes publièrent une proclamation enjoignant la soumission générale à la dynastie Bonaparte. Le 7 juillet 1808, la nouvelle Constitution est signée par 91 Espagnols de la plus haute distinction ; parmi eux des ducs, des comtes et des marquis, ainsi que plusieurs chefs d’ordres religieux. Au cours des discussions sur cette constitution, ils n’eurent à se plaindre que de l’abrogation de leurs anciens privilèges et exemptions. Le premier ministère et la première maison royale de Joseph étaient les mêmes personnes qui avaient formé le ministère et la maison royale de Ferdinand VII.Certaines classes supérieures considéraient Napoléon comme le régénérateur providentiel de l’Espagne ; d’autres comme seul rempart contre la révolution ; personne ne croyant aux chances d’une résistance nationale.

Ainsi, dès le début de la guerre d’indépendance d’Espagne, la haute noblesse et l’ancienne administration perdirent toute emprise sur les classes moyennes et sur le peuple, parce qu’elles les avaient abandonnées au commencement de la lutte. D’un côté se tenaient les Afrancesados(le francisé), et de l’autre la nation. A Valladolid, Carthagène, Grenade, Jaén, San Lucar, Caroline, Ciudad Rodrigo, Cadix et Valence, les membres les plus éminents de l’ancienne Administration — gouverneurs, généraux et autres personnages marqués présumés être des agents français et des obstacles au mouvement national — ont été victimes du peuple furieux. Partout les autorités existantes ont été déplacées. Quelques mois avant le soulèvement, le 19 mars 1808, les émeutes populaires qui avaient eu lieu à Madrid, avaient pour but de retirer de leurs postes El Choricero(le sauconnier, surnom de Godoy) et ses odieux satellites. Ce but était maintenant atteint à l’échelle nationale, et avec lui la révolution intérieure s’accomplissait dans la mesure où les masses l’envisageaient et comme n’étant pas liée à la résistance à l’intrus étranger. Dans l’ensemble, le mouvement paraissait plutôt dirigé contre la révolution que pource. Nationale en proclamant l’indépendance de l’Espagne vis-à-vis de la France, elle était en même temps dynastique en opposant le « bien-aimé » Ferdinand VII à Joseph Bonaparte ; réactionnaire en opposant les vieilles institutions, coutumes et lois aux innovations rationnelles de Napoléon ; superstitieux et fanatique en opposant la « sainte religion », à ce qu’on appelait l’athéisme français, ou la destruction des privilèges spéciaux de l’Église romaine. Les prêtres, terrifiés par le sort qui était tombé sur leurs frères de France, nourrissaient les passions populaires dans l’intérêt de leur conservation.

"Le feu patriotique", dit Southey, "a flambé plus haut pour cette huile sainte de la superstition."

Toutes les guerres d’indépendance menées contre la France portent en commun l’empreinte de la régénération mêlée de réaction ; mais nulle part à un tel degré qu’en Espagne. Le Roi apparaissait dans l’imaginaire du peuple sous les traits d’un prince romantique, maltraité de force et enfermé par un braqueur géant. Les époques les plus fascinantes et les plus populaires de leur passé étaient entourées des traditions saintes et miraculeuses de la guerre de la croix contre le croissant ; et une grande partie des classes inférieures étaient habituées à porter la livrée des mendiants et à vivre du patrimoine sanctifié de l’Église. Un auteur espagnol, Don José Clemente Carnicero , a publié dans les années 1814 et ’16, la série d’œuvres suivante :Napoléon, le vrai Don Quichotte de l’Europe ; Principaux événements de la Glorieuse Révolution d’Espagne ; L’Inquisition correctement rétablie ; il suffit de noter les titres de ces livres pour comprendre ce seul aspect de la révolution espagnole que l’on rencontre dans les divers manifestes des juntes provinciales, tous proclamant le roi, leur sainte religion, et le pays, et certains même dire aux gens que

"leurs espoirs d’un monde meilleur étaient en jeu et en danger très imminent."

Cependant, si la paysannerie, les habitants des petites villes de l’intérieur, et la nombreuse armée des mendiants, vêtus et défroqués, tous profondément imprégnés de préjugés religieux et politiques, formaient la grande majorité du parti national, il contenait de l’autre part une minorité active et influente qui considérait le soulèvement populaire contre l’invasion française comme le signal donné pour la régénération politique et sociale de l’Espagne. Cette minorité se composait des habitants des ports de mer, des villes commerciales et d’une partie des capitales provinciales, où, sous le règne de Charles Quint, les conditions matérielles de la société moderne s’étaient développées jusqu’à un certain point. Ils étaient renforcés par la partie la plus cultivée des classes supérieures et moyennes, auteurs, médecins, avocats et même prêtres,pour qui les Pyrénées n’avaient pas constitué une barrière suffisante contre l’invasion de la philosophie du XVIIIe siècle. On peut considérer comme un véritable manifeste de cette faction le fameux mémorandum de Jovellanos sur les améliorations de l’agriculture et de la loi agraire, publié en 1795 et rédigé par arrêté du Conseil royal de Castille. Il y avait enfin la jeunesse des classes moyennes, comme les étudiants de l’Université, qui avaient adopté avec empressement les aspirations et les principes de la Révolution française, et qui, un instant, s’attendirent même à voir leur pays régénéré par l’assistance de France.publié en 1795, et rédigé par arrêté du Conseil royal de Castille. Il y avait enfin la jeunesse des classes moyennes, comme les étudiants de l’Université, qui avaient adopté avec empressement les aspirations et les principes de la Révolution française, et qui, un instant, s’attendirent même à voir leur pays régénéré par l’assistance de France.publié en 1795, et rédigé par arrêté du Conseil royal de Castille. Il y avait enfin la jeunesse des classes moyennes, comme les étudiants de l’Université, qui avaient adopté avec empressement les aspirations et les principes de la Révolution française, et qui, un instant, s’attendirent même à voir leur pays régénéré par l’assistance de France.

Tant qu’il ne s’agissait que de la défense commune du pays, les deux grands éléments composant le parti national restaient en parfaite union. Leur antagonisme n’apparut que lorsqu’ils se réunirent aux Cortès, sur le champ de bataille d’une nouvelle Constitution à rédiger. La minorité révolutionnaire, pour fomenter l’esprit patriotique du peuple, n’avait pas hésité à faire appel aux préjugés nationaux de l’ancienne foi populaire. Favorables aux objets immédiats de la résistance nationale, si ces tactiques pouvaient paraître, elles ne pouvaient manquer d’être fatales à cette minorité lorsque le moment était venu pour les intérêts conservateurs de la vieille société de se retrancher derrière ces préjugés et ces passions populaires, en vue de se défendre contre les plans propres et ultérieurs des révolutionnaires.

Lorsque Ferdinand quitta Madrid à la convocation de Bonaparte, il avait établi une junte suprême de gouvernement sous la présidence de l’infant don Antonio. Mais en mai, cette junte avait déjà disparu. Il n’existait alors pas de gouvernement central et les villes insurgées formaient leurs propres juntes, présidées par celles des capitales provinciales. Ces juntes provinciales constituaient comme autant de gouvernements indépendants, dont chacun mettait sur pied une armée à lui. La junte des représentants d’Oviedo déclara que toute la souveraineté était entre leurs mains, proclama la guerre à Bonaparte et envoya des députés en Angleterre pour conclure un armistice. La même chose fut faite par la suite par la Junte de Séville. C’est un fait curieux que par la seule force des circonstances, ces catholiques exaltés ont été poussés à une alliance avec l’Angleterre,puissance que les Espagnols avaient coutume de considérer comme l’incarnation de la plus maudite hérésie, et à peine mieux que le Grand Turc lui-même. Attaqués par l’athéisme français, ils sont jetés dans les bras du protestantisme britannique. Pas étonnant que Ferdinand VII, à son retour en Espagne, ait déclaré, dans un décret rétablissant la Sainte Inquisition, que l’une des causes

"Ce qui avait altéré la pureté de la religion en Espagne était le séjour de troupes étrangères de différentes sectes, toutes également infectées de haine contre la sainte Église romaine."

Les juntes provinciales qui s’étaient si soudainement nées, tout à fait indépendantes les unes des autres, concédèrent un certain degré d’ascendant, mais très faible et indéfini, à la junte suprême de Séville, cette ville étant considérée comme la capitale de l’Espagne tandis que Madrid était dans le mains de l’étranger. Ainsi s’établit une sorte de gouvernement fédéral très anarchique, que le choc des intérêts opposés, des jalousies locales et des influences rivales fit un assez mauvais instrument pour amener l’unité dans le commandement militaire et combiner les opérations d’une campagne.

Les adresses au peuple que ces diverses juntes, tout en déployant toute la vigueur héroïque d’un peuple tout à coup réveillé d’une longue léthargie et entraîné par un choc électrique dans un état d’activité fiévreuse, ne sont pas exemptes de cette exagération pompeuse, de ce style de bouffonnerie mêlée et grandiloquence, et cette grandiloquence redondante qui a fait Sismondi mettre sur la littérature espagnole l’épithète d’Oriental. Ils n’en présentent pas moins la vanité enfantine du caractère espagnol, les membres des juntes par exemple prenant le titre d’altesse et se chargeant d’uniformes criards.

Il y a deux circonstances liées à ces juntes - l’une montrant le bas niveau du peuple au moment de son soulèvement, tandis que l’autre était préjudiciable au progrès de la révolution. Les juntes étaient nommées au suffrage général ; mais « le zèle même des classes inférieures se manifesta dans l’obéissance ». Ils n’élisaient généralement que leurs supérieurs naturels, la noblesse et la petite noblesse provinciales appuyées par des ecclésiastiques et très peu de notables de la bourgeoisie. Le peuple était si conscient de sa propre faiblesse qu’il limitait son initiative à forcer les classes supérieures à la résistance contre l’envahisseur, sans prétendre participer à la direction de cette résistance. A Séville, par exemple, « la première pensée du peuple fut que le clergé paroissial et les chefs des couvents se réuniraient pour choisir les membres de la junte. » Ainsi les juntes étaient remplies de personnes choisies en raison de leur situation antérieure, et très loin d’être des chefs révolutionnaires. D’autre part, le peuple, en nommant ces autorités, n’a pensé ni à limiter leur pouvoir ni à fixer un terme à leur durée. Les juntes, bien entendu, ne pensaient qu’à étendre l’une et à perpétuer l’autre. Ainsi ces premières créations de l’élan populaire au commencement de la révolution restèrent pendant tout son cours comme autant de digues contre le courant révolutionnaire en menaçant de déborder.Les juntes, bien entendu, ne pensaient qu’à étendre l’une et à perpétuer l’autre. Ainsi ces premières créations de l’élan populaire au commencement de la révolution restèrent pendant tout son cours comme autant de digues contre le courant révolutionnaire en menaçant de déborder.Les juntes, bien entendu, ne pensaient qu’à étendre l’une et à perpétuer l’autre. Ainsi ces premières créations de l’élan populaire au commencement de la révolution restèrent pendant tout son cours comme autant de digues contre le courant révolutionnaire en menaçant de déborder.

Le 20 juillet 1808, lorsque Joseph Bonaparte entra à Madrid, 14 000 Français, commandés par les généraux Dupont et Vedel, furent contraints par Castaños de déposer les armes à Bailén, et Joseph dut se retirer quelques jours après de Madrid à Burgos. Il y avait d’ailleurs deux événements qui encourageaient beaucoup les Espagnols ; l’une étant l’expulsion de Lefebvre de Saragosse par le général Palafox, et l’autre l’arrivée de l’armée du marquis de la Romana, à La Corogne, avec 7 000 hommes, qui s’étaient embarqués de l’île de Fünen malgré les Français, en pour venir en aide à leur pays.

C’est après la bataille de Bailén que la révolution atteignit son paroxysme, et cette partie de la haute noblesse qui avait accepté la dynastie Bonaparte ou s’était sagement écartée, s’avança pour se joindre à la cause populaire — un avantage à cette cause d’une très douteuse personnage.

III. Les dissensions entre les Juntes provinciales

Le partage du pouvoir entre les juntes provinciales avait sauvé l’Espagne du premier choc de l’invasion française sous Napoléon, non-seulement en multipliant les ressources du pays, mais aussi en mettant l’envahisseur à perte pour un point de frappe ; les Français étant tout étonnés de découvrir que le centre de la résistance espagnole n’était nulle part et partout. Néanmoins, peu de temps après la capitulation de Bailén et l’évacuation de Madrid par Joseph, la nécessité d’établir une sorte de gouvernement central se fit généralement sentir. Après les premiers succès, les dissensions entre les juntes provinciales étaient devenues si violentes que Séville, par exemple, fut à peine empêchée par le général Castaños de marcher contre Grenade. L’armée française qui, à l’exception des forces du maréchal Bessières,s’était retiré sur la ligne de l’Èbre dans la plus grande confusion, de sorte que, si vigoureusement harcelé, il aurait alors été facilement dispersé, ou du moins contraint de repasser la frontière, fut ainsi autorisé à se ressaisir et à prendre une position forte. Mais ce fut surtout la répression sanglante de l’insurrection de Bilbao par le général Merlin, qui évoqua un cri national contre les jalousies des juntes et le laisser-faire facile des commandants. L’urgence de combiner les mouvements militaires ; la certitude que Napoléon reparaîtrait bientôt à la tête d’une armée victorieuse, rassemblée sur les bords du Niémen, de l’Oder et des bords de la Baltique ; le manque d’une autorité générale pour conclure des traités d’alliance avec la Grande-Bretagne ou d’autres puissances étrangères, et pour maintenir le lien avec l’Amérique espagnole et en recevoir le tribut ;l’existence à Burgos d’un pouvoir central français, et la nécessité d’ériger autel contre autel — toutes ces circonstances concoururent à forcer la junte de Séville à démissionner, même à contrecœur, de sa suprématie mal définie et plutôt nominale, et à proposer à plusieurs juntes provinciales de choisir chacune dans son corps deux députés, dont l’assemblée devait constituer unJunte centrale , tandis que les juntes provinciales devaient rester investies de la gestion interne de leurs districts respectifs, « mais sous la juste subordination au Gouvernement général ». Ainsi la Junte centrale , composée de 35 députés des juntes provinciales (34 pour les juntes espagnoles, et un pour les îles Canaries), se réunit à Aranjuez le 26 septembre 1808, juste un jour avant que les potentats de Russie et d’Allemagne ne se prosternent devant Napoléon. à Erfurt.

Dans les circonstances révolutionnaires, plus encore que dans les circonstances ordinaires, les destinées des armées reflètent la vraie nature du gouvernement civil. La junte centrale, chargée d’expulser les envahisseurs du sol espagnol, fut poussée par le succès des armes ennemies de Madrid à Séville, et de Séville à Cadix, pour y expirer ignominieusement. Son règne est marqué par une suite honteuse de défaites, par l’anéantissement des armées espagnoles, et enfin par la dissolution de la guerre régulière en exploits de guérilla. Comme l’a dit Urquijo, un noble espagnol, à Cuesta, le capitaine général de Castille, le 3 avril 1808 :

« Notre Espagne est un édifice gothique, composé de morceaux hétérogènes, avec autant de forces, de privilèges, de législations et de coutumes, qu’il y a de provinces. Il n’existe en elle rien de ce qu’on appelle l’esprit public en Europe. Ces raisons empêcheront l’établissement de tout pouvoir central d’une structure si solide qu’il puisse unir nos forces nationales. »

Si donc l’état actuel de l’Espagne à l’époque de l’invasion française mettait les plus grandes difficultés possibles à créer un centre révolutionnaire, la composition même de la Junte centrale l’empêchait d’être à la hauteur de la terrible crise dans laquelle le pays se retrouve placé. Trop nombreux et trop fortuitement mélangés pour un gouvernement exécutif, ils étaient trop peu nombreux pour prétendre à l’autorité de la Convention nationale. Le seul fait de leur pouvoir délégué par les juntes provinciales les rendait inaptes à vaincre les penchants ambitieux, la mauvaise volonté et l’égoïsme capricieux de ces corps. Ces juntes — dont les membres, comme nous l’avons montré dans un article précédent, étaient élus dans l’ensemble en considération de la situation qu’elles occupaient dans l’ancienne société,plutôt que de leur capacité à en inaugurer une nouvelle — envoyée à leur tour aux grands espagnols « centraux », prélats, titulaires de Castille, anciens ministres, hauts fonctionnaires civils et militaires, à la place des parvenus révolutionnaires. Au début, la révolution espagnole échoua dans sa tentative de rester légitime et respectable.

Les deux membres les plus marquants de la Junte centrale, sous les bannières desquels se rangeaient ses deux grands partis, étaient Floridablanca et Jovellanos, tous deux martyrs de la persécution de Godoy, anciens ministres, valetudinaires, et vieillis dans les habitudes régulières et pédantes de la procrastination. Régime espagnol, dont la lenteur solennelle et circonstancielle était devenue proverbiale même à l’époque de Bacon, qui s’écria un jour : « Que la mort me parvienne d’Espagne : elle arrivera alors à une heure tardive !

Floridablanca et Jovellanos représentaient un antagonisme, mais un antagonisme appartenant à cette partie du XVIIIe siècle qui précéda l’ère de la Révolution française ; le premier un bureaucrate plébéien, le second un aristocratique philanthrope ; Floridablanca, partisan et pratiquant du despotisme éclairé représenté par Pombal, Frédéric II et Joseph II ; Jovellanos, un « ami du peuple », espérant l’élever à la liberté par une succession anxieusement sage de lois économiques, et par la propagande littéraire de doctrines généreuses ; toutes deux opposées aux traditions féodales, l’une en essayant de démêler le pouvoir monarchique, l’autre en cherchant à débarrasser la société civile de ses entraves. Le rôle joué par l’un ou l’autre dans l’histoire de leur pays correspondait à la diversité de leurs opinions.Floridablanca a régné en tant que Premier ministre de Charles III, et son règne est devenu despotique au fur et à mesure qu’il rencontrait de la résistance. Jovellanos, dont la carrière ministérielle sous Charles IV fut de courte durée, gagna son influence sur le peuple espagnol, non comme ministre, mais comme érudit ; non par des décrets, mais par des essais. Floridablanca, lorsque la tempête du temps le porta à la tête d’un gouvernement révolutionnaire, était un octogénaire, inébranlable seulement par sa croyance au despotisme et sa méfiance à l’égard de la spontanéité populaire. Délégué à Madrid, il laissa à la municipalité de Murcie une protestation secrète, déclarant qu’il n’avait cédé qu’à la force et à la peur des assassinats populaires, et qu’il signa ce protocole dans l’intention expresse d’empêcher le roi Joseph de blâmer jamais son acceptation du mandat du peuple.Non content de revenir aux traditions de sa virilité, il retraça les étapes de son passé ministériel qu’il jugeait maintenant trop téméraires. Ainsi, celui qui avait expulsé les jésuites d’Espagne s’était-il à peine installé dans la Junte centrale, qu’il lui fit accorder l’autorisation de leur retour « à titre privé ». S’il reconnaissait qu’un changement s’était produit depuis son temps, c’était simplement ceci : que Godoy, qui l’avait banni et avait dépossédé le grand comte de Floridablanca de sa toute-puissance gouvernementale, était maintenant de nouveau remplacé par ce même comte de Floridablanca, et chassé à son tour. C’était l’homme que la junte centrale avait choisi pour président et que sa majorité reconnaissait comme un chef infaillible.il retraça les étapes de son passé ministériel qu’il jugeait maintenant trop téméraires. Ainsi, celui qui avait expulsé les jésuites d’Espagne s’était-il à peine installé dans la Junte centrale, qu’il lui fit accorder l’autorisation de leur retour « à titre privé ». S’il reconnaissait qu’un changement s’était produit depuis son temps, c’était simplement ceci : que Godoy, qui l’avait banni et avait dépossédé le grand comte de Floridablanca de sa toute-puissance gouvernementale, était maintenant de nouveau remplacé par ce même comte de Floridablanca, et chassé à son tour. C’était l’homme que la junte centrale avait choisi pour président et que sa majorité reconnaissait comme un chef infaillible.il retraça les étapes de son passé ministériel qu’il jugeait maintenant trop téméraires. Ainsi, celui qui avait expulsé les jésuites d’Espagne s’était-il à peine installé dans la Junte centrale, qu’il lui fit accorder l’autorisation de leur retour « à titre privé ». S’il reconnaissait qu’un changement s’était produit depuis son temps, c’était simplement ceci : que Godoy, qui l’avait banni et avait dépossédé le grand comte de Floridablanca de sa toute-puissance gouvernementale, était maintenant de nouveau remplacé par ce même comte de Floridablanca, et chassé à son tour. C’était l’homme que la junte centrale avait choisi pour président et que sa majorité reconnaissait comme un chef infaillible.S’il reconnaissait qu’un changement s’était produit depuis son temps, c’était simplement celui-ci : que Godoy, qui l’avait banni, et avait dépossédé le grand comte de Floridablanca de sa toute-puissance gouvernementale, était maintenant de nouveau remplacé par ce même comte de Floridablanca, et chassé à son tour. C’était l’homme que la junte centrale avait choisi pour président et que sa majorité reconnaissait comme un chef infaillible.S’il reconnaissait qu’un changement s’était produit depuis son temps, c’était simplement celui-ci : que Godoy, qui l’avait banni, et avait dépossédé le grand comte de Floridablanca de sa toute-puissance gouvernementale, était maintenant de nouveau remplacé par ce même comte de Floridablanca, et chassé à son tour. C’était l’homme que la junte centrale avait choisi pour président et que sa majorité reconnaissait comme un chef infaillible.

Jovellanos, qui commandait la minorité influente de la junte centrale, avait également vieilli et avait perdu une grande partie de son énergie dans un long et douloureux emprisonnement que lui avait infligé Godoy. Mais, même dans ses meilleurs moments, ce n’était pas un homme d’action révolutionnaire, mais plutôt un réformateur bien intentionné, qui, par excès de gentillesse quant aux moyens, n’aurait jamais osé accomplir une fin. En France, il serait peut-être allé jusqu’à Mounier ou Lally-Tollendal, mais pas un pas de plus. En Angleterre, il aurait figuré comme un membre populaire de la Chambre des Lords. Dans l’Espagne insurrectionnée, il était apte à fournir des idées à la jeunesse en herbe, mais pratiquement pas à la hauteur même de la ténacité servile d’un Floridablanca. Pas tout à fait exempt de préjugés aristocratiques, et donc avec un fort penchant pour l’anglomanie de Montesquieu,ce beau caractère semblait prouver que si l’Espagne avait exceptionnellement engendré un esprit généralisateur, elle ne pouvait le faire qu’au prix d’une énergie individuelle, qu’elle ne pouvait posséder que pour les affaires locales.

Il est vrai que la Junte centrale comprenait quelques hommes — dirigés par Don Lorenzo Calvo de Rosas, délégué de Saragosse — qui, tout en adoptant les vues réformatrices de Jovellanos, stimulaient en même temps l’action révolutionnaire. Mais leur nombre était trop petit et leurs noms trop inconnus pour leur permettre de pousser le lent entraîneur d’État de la Junta hors des sentiers battus du cérémonial espagnol..

Ce pouvoir si maladroitement composé, si mollement constitué, avec à sa tête des souvenirs si périmés, était appelé à accomplir une révolution et à battre Napoléon. Si ses proclamations étaient aussi vigoureuses que ses actes étaient faibles, c’était à Don Manuel Quintana, poète espagnol, que la Junte avait eu le goût de nommer leur secrétaire et de lui confier la rédaction de leurs manifestes.

Comme les pompeux héros de Calderón qui, confondant distinction conventionnelle et véritable grandeur, s’annonçaient par une fastidieuse énumération de tous leurs titres, la Junte s’occupa en premier lieu de décerner les honneurs et décorations dus à sa position élevée. Leur président a reçu le prédicat d’« altesse », les autres membres celui d’« excellence », tandis qu’à la junte in corporeétait réservé la marée de « Majesté ». Ils adoptèrent une espèce d’uniforme de fantaisie ressemblant à celui d’un général, se parèrent la poitrine d’insignes représentant les deux mondes et se votèrent un salaire annuel de 120 000 réaux. C’était une idée vraie de la vieille école espagnole, que, pour faire une entrée grande et digne sur la scène historique de l’Europe, les chefs de l’Espagne insurgée devaient s’envelopper de costumes de théâtre.

Il faudrait transgresser les limites de ces esquisses en entrant dans l’histoire interne de la Junte et les détails de son administration. Pour notre part, il suffira de répondre à deux questions. Quelle a été son influence sur le développement du mouvement révolutionnaire espagnol ? Qu’en est-il de la défense du pays ? Ces deux questions ont répondu à beaucoup de questions qui jusqu’à présent paraissaient mystérieuses et inexplicables dans les révolutions espagnoles du XIXe siècle auront trouvé leur explication.

Au début, la majorité de la Junte centrale crut de son devoir principal de réprimer les premiers transports révolutionnaires. En conséquence, ils resserrèrent de nouveau les vieilles entraves de la presse et nommèrent un nouveau Grand Inquisiteur, qui fut heureusement empêché par les Français de reprendre ses fonctions. Bien que la plus grande partie des biens immobiliers de l’Espagne soit alors enfermée en mainmorte - dans les domaines de la noblesse concernés et les domaines inaliénables de l’Église - la Junte a ordonné la suspension de la vente des mainsmortes, qui avait déjà commencé. , menaçant même de modifier les contrats privés affectant les domaines ecclésiastiques déjà vendus. Ils ont reconnu la dette nationale, mais n’ont pris aucune mesure financière pour libérer la liste civile d’un monde de fardeaux, dont une succession séculaire de gouvernements corrompus l’avait encombrée,de réformer leur système fiscal proverbialement injuste, absurde et vexatoire, ou d’ouvrir à la nation de nouvelles ressources productives, en brisant les chaînes de la féodalité.

IV. Le Conseil Royal ( Consejo Real ) et l’ Inquisition ( Santo Oficio )

Déjà à l’époque de Philippe V, Francisco Benito la Soledad avait dit : « Tous les maux de l’Espagne dérivent des abogados » (avocats). A la tête de la hiérarchie magistrale espiègle d’Espagne était placé le Consejo Real de Castille. Né à l’époque mouvementée des Don Juan et des Enrique, fortifié par Philippe II, qui y découvrit un digne complément du Santo Oficio [le Saint-Office de l’Inquisition], il s’était amélioré par les calamités des temps et la faiblesse des rois postérieurs pour usurper et accumuler dans ses mains les attributs les plus hétérogènes, et pour ajouter à ses fonctions de Tribunal suprême celles de législateur et de surintendant administratif de tous les royaumes d’Espagne. Ainsi il dépassa en puissance même le Parlement français auquel il ressemblait en bien des points, sauf qu’il ne se trouva jamais du côté du peuple. Ayant été l’autorité la plus puissante de l’ancienne Espagne, le Consejo Real était, bien sûr, l’ennemi le plus implacable d’une nouvelle Espagne et de toutes les autorités populaires récentes menaçant de paralyser son influence suprême. Grand dignitaire de l’ordre des avocats et garant incarné de tous ses abus et privilèges, le Consejodisposait naturellement de tous les intérêts nombreux et influents de la jurisprudence espagnole. C’était donc un pouvoir avec lequel la révolution ne pouvait faire aucun compromis, mais qu’il fallait balayer à moins qu’on ne la laissa balayer la révolution à son tour. Comme nous l’avons vu dans un article précédent, le Consejo s’était prostitué devant Napoléon, et par cet acte de trahison avait perdu toute emprise sur le peuple. Mais le jour de leur prise de fonction, la Junte centrale a eu la folie de communiquer au Consejoleur constitution, et de lui demander son serment de fidélité, après avoir reçu lequel ils ont déclaré qu’ils enverraient la formule du même serment à toutes les autres autorités du royaume. Par cette démarche inconsidérée, bruyamment désapprouvée par tout le parti révolutionnaire, le Consejo se convainquit que la Junte Centrale voulait son appui ; il se remit ainsi de son découragement et, après une hésitation affectée de quelques jours, fit une soumission malveillante à la junte, appuyant son serment par l’expression de ses propres scrupules réactionnaires exposés dans son conseil à la junte de se dissoudre, en réduisant son nombre à trois ou cinq membres, selon Ley 3, Partida 2, Titulo 15 ; et ordonner l’extinction forcée des juntes provinciales. Après le retour des Français à Madrid et la dispersion desConsejo Real , la Junte centrale, non contente de sa première bévue, a eu la fatuité de ressusciter le Consejo en créant le Consejo Reunido — une réunion du Consejo Real avec toutes les autres épaves des anciens conciles royaux. Ainsi, la Junte créa spontanément pour la contre-révolution un pouvoir central qui, rivalisant avec son propre pouvoir, ne cessa de les harceler et de les contrecarrer par ses intrigues et complots, cherchant à les pousser vers les étapes les plus impopulaires, puis, avec un spectacle d’indignation vertueuse pour les dénoncer au mépris passionné du peuple. Il est à peine besoin de mentionner que, ayant d’abord reconnu puis rétabli le Consejo Real, la Junte centrale ne put rien réformer, ni dans l’organisation des tribunaux espagnols, ni dans leur législation civile et pénale la plus vicieuse.

Que, malgré la prédominance dans le soulèvement espagnol des éléments nationaux et religieux, il existait, dans les deux premières années, une tendance très prononcée aux réformes sociales et politiques, est prouvé par toutes les manifestations des juntes provinciales de ce temps, qui , bien que composés pour la plupart de classes privilégiées, n’ont jamais négligé de dénoncer l’ancien régime et de tenir des promesses de réformes radicales. Le fait est encore prouvé par les manifestes de la Junte centrale. Dans leur première adresse à la nation, en date du 26 octobre 1808, ils disent :

« Une tyrannie de vingt ans, exercée par les mains les plus incapables, les avait amenés au bord même de la perdition ; la nation était aliénée de son gouvernement par la haine et la contestation. Peu de temps seulement s’est écoulé depuis, opprimés et dégradés, ignorant leur propre force, et ne trouvant aucune protection contre les maux gouvernementaux, ni dans les institutions ni dans les lois, ils avaient même regardé la domination étrangère [comme] moins haïssable que le gaspillage. tyrannie qui les a consumés. La domination d’une volonté toujours capricieuse, et le plus souvent injuste, avait trop duré ; leur patience, leur amour de l’ordre, leur généreuse loyauté avaient été trop longtemps abusés ; il était temps que le droit fondé sur l’utilité générale commence son règne. Une réforme était donc nécessaire dans toutes les branches. La Junte formerait différents comités,chacun étant chargé d’un département particulier auquel tous les écrits sur les questions de gouvernement et d’administration pourraient être adressés.

Dans leur adresse datée de Séville, le 28 octobre 1809, ils disent :

« Un despotisme imbécile et décrépit a préparé la voie à la tyrannie française. Laisser l’État plongé dans d’anciens abus serait un crime aussi énorme que de vous livrer entre les mains de Bonaparte.

Il semble qu’il ait existé dans la Junte centrale une division du travail des plus originales - le parti Jovellanos étant autorisé à proclamer et à consigner les aspirations révolutionnaires de la nation, et le parti Floridablanca se réservant le plaisir de leur donner directement le démenti, et d’opposer à la fiction révolutionnaire le fait contre-révolutionnaire. Pour nous, cependant, l’important est de prouver, par les confessions mêmes des juntes provinciales déposées à la Centrale, le fait souvent nié de l’existence d’aspirations révolutionnaires à l’époque du premier soulèvement espagnol.

La manière dont la Junte centrale a utilisé les opportunités de réformes offertes par la bonne volonté de la nation, la pression des événements et la présence d’un danger immédiat, peut être déduite de l’influence exercée par leurs commissaires dans les différentes provinces qu’ils ont été envoyés à. Un auteur espagnol nous dit franchement que la Junte centrale, ne débordant pas de pouvoirs, avait bien soin de retenir les membres éminents au centre, et d’expédier ceux qui ne servaient à rien à la circonférence. Ces commissaires étaient investis du pouvoir de présider les juntes provinciales et de représenter la centrale dans la plénitude de ses attributs. Pour ne citer que quelques exemples de leurs actions : le général Romana, que les soldats espagnols appelaient le marquis de las Romerias,de ses marches et contre-marches perpétuelles — combats n’ayant jamais lieu que lorsqu’il se trouvait à l’écart — ce Romana, battu par Soult hors de Galice, entra dans les Asturies, et comme commissaire de la Centrale. Sa première affaire fut de se brouiller avec la junte provinciale d’Oviedo, dont les mesures énergiques et révolutionnaires avaient attiré sur elle la haine des classes privilégiées. Il alla jusqu’à le dissoudre et le remplacer par des personnes de sa propre invention. Le général Ney, informé de ces dissensions, dans une province où la résistance contre les Français avait été générale et unanime, fit aussitôt marcher ses forces dans les Asturies, expulsa le marquis de las Romerias, entra dans Oviedo et le pilla pendant trois jours. Les Français ayant évacué la Galice fin 1809,notre marquis et commissaire de la junte centrale entra à la Corogne, unifia en sa personne toute l’autorité publique, supprima les juntes de district, qui s’étaient multipliées avec l’insurrection, et nomma à leur place des gouverneurs militaires, menaçant les membres de ces juntes de persécution, persécutant effectivement les patriotes, affectant une suprême bienveillance envers tous ceux qui avaient embrassé la cause de l’envahisseur, et se révélant à tous autres égards un imbécile espiègle, impuissant, capricieux. Et quelles avaient été les lacunes des juntes de district et provinciales de Galice ? Ils avaient ordonné un recrutement général sans dispense de classes ni de personnes ; ils avaient levé des impôts sur les capitalistes et les propriétaires ; ils avaient baissé les salaires des fonctionnaires publics ;ils avaient commandé aux corporations ecclésiastiques de garder à leur disposition les revenus existant dans leurs coffres. En un mot, ils avaient pris des mesures révolutionnaires. Depuis l’époque du glorieux marquis de las Romerias, les Asturies et la Galice, les deux provinces les plus distinguées par leur résistance générale aux Français, se sont abstenues de participer à la guerre d’indépendance, chaque fois qu’elles étaient libérées du danger immédiat d’invasion.

A Valence, où de nouvelles perspectives semblaient s’ouvrir tant que le peuple était livré à lui-même et aux chefs de son choix, l’esprit révolutionnaire était brisé par l’influence du gouvernement central. Non contente de placer cette province sous la tutelle d’un certain Don José Caro, la Junte centrale dépêcha comme « leur » commissaire, le baron Labazora. Ce baron reprochait à la junte provinciale d’avoir résisté à certains ordres supérieurs, et avait annulé leur décret par lequel les nominations aux canonats vacants, aux bénéfices ecclésiastiques et aux commanderies avaient été judicieusement suspendues et les revenus destinés au profit des hôpitaux militaires.

De là d’âpres luttes entre la Junte centrale et celle de Valence ; de là, à une époque postérieure, le sommeil de Valence sous l’administration libérale du maréchal Suchet ; d’où son empressement à proclamer Ferdinand VII à son retour contre le gouvernement révolutionnaire d’alors.

A Cadix, la place la plus révolutionnaire d’Espagne à l’époque, la présence d’un commissaire de la Junte centrale, le stupide et vaniteux marquis de Viliel, fit éclater, les 22 et 23 février 1809, une insurrection qui, si pas à temps déplacé vers la guerre d’indépendance, aurait eu les conséquences les plus désastreuses.

Il n’existe pas de meilleur exemple de la discrétion manifestée par la junte centrale dans la nomination de ses propres commissaires, que celui du délégué à Wellington, le senor Lozano de Torres, qui, tout en s’humiliant dans l’adulation servile devant le général anglais, a secrètement informé le Junte que les plaintes du général sur son manque de provisions étaient tout à fait sans fondement. Wellington, ayant découvert le misérable à double langue, le chassa ignominieusement de son camp.

La junte centrale fut placée dans les circonstances les plus heureuses pour réaliser ce qu’elle avait proclamé dans une de ses adresses à la nation espagnole.

« Il a semblé bon à la Providence que, dans cette terrible crise, vous ne puissiez pas faire un pas vers l’indépendance sans en faire également un vers la liberté. »

Au commencement de leur règne, les Français n’avaient pas encore acquis le tiers de l’Espagne. Les anciennes autorités qu’ils trouvèrent soit absentes, soit abattues par leur connivence avec l’intrus, soit dispersées sur son ordre. Il n’y avait aucune mesure de réforme sociale, de transfert de propriété et d’influence de l’Église et de l’aristocratie à la classe moyenne et aux paysans, que la cause de la défense du pays commun n’aurait pas pu leur permettre de porter. Ils ont eu la même chance que le Comité du salut public français— que la convulsion intérieure était appuyée par les nécessités de la défense contre les agressions extérieures ; ils avaient d’ailleurs devant eux l’exemple de l’initiative hardie à laquelle certaines provinces avaient déjà été contraintes par la pression des circonstances. Mais non contents de s’accrocher comme un poids mort à la révolution espagnole, ils travaillèrent en fait dans le sens de la contre-révolution, en rétablissant les anciennes autorités, en refaisant les chaînes qui avaient été rompues, en étouffant le feu révolutionnaire partout où elle a éclaté, en ne faisant rien d’eux-mêmes et en empêchant les autres de faire quoi que ce soit. Lors de leur séjour à Séville, le 20 juillet 1809,même le gouvernement tory anglais crut nécessaire de leur adresser une note protestant vivement contre leur démarche contre-révolutionnaire, craignant qu’ils ne risquaient d’étouffer l’enthousiasme public. On a remarqué quelque part que l’Espagne a enduré tous les maux de la révolution sans acquérir la force révolutionnaire. S’il y a du vrai dans cette remarque, c’est une condamnation radicale prononcée contre la Junte centrale.

Nous avons cru d’autant plus nécessaire d’insister sur ce point, que son importance décisive n’a jamais été comprise par aucun historien européen. Sous le règne exclusif de la Junte centrale, il a été possible de mêler aux actualités et aux exigences de la défense nationale la transformation de la société espagnole, et l’émancipation de l’esprit indigène, sans lesquelles toute constitution politique doit se dissoudre comme un fantôme au moindre combat. avec la vraie vie. Les Cortès furent placées dans des circonstances tout à fait opposées — elles-mêmes refoulées dans un endroit isolé de la Péninsule, coupées du gros de la monarchie pendant deux ans par une armée française assiégeante, et représentant l’Espagne idéale tandis que l’Espagne réelle était conquise ou combattante. . A l’époque des Cortes, l’Espagne était divisée en deux parties. A l’île de Léon,idées sans action — dans le reste de l’Espagne, action sans idées. A l’époque de la Junte Centrale, au contraire, une faiblesse, une incapacité et une mauvaise volonté particulières étaient requises de la part du gouvernement suprême pour tracer une ligne de démarcation entre la guerre d’Espagne et la révolution espagnole. Les Cortès échouèrent donc, non pas, comme le prétendent les écrivains français et anglais, parce qu’elles étaient révolutionnaires, mais parce que leurs prédécesseurs avaient été réactionnaires et avaient raté la bonne saison de l’action révolutionnaire. Les écrivains espagnols modernes, offensés par les critiques anglo-français, se sont néanmoins montrés incapables de les réfuter, et grimacent encore sous lel’incapacité et la mauvaise volonté étaient nécessaires de la part du gouvernement suprême pour tracer une ligne de démarcation entre la guerre d’Espagne et la révolution espagnole. Les Cortès échouèrent donc, non pas, comme le prétendent les écrivains français et anglais, parce qu’elles étaient révolutionnaires, mais parce que leurs prédécesseurs avaient été réactionnaires et avaient raté la bonne saison de l’action révolutionnaire. Les écrivains espagnols modernes, offensés par les critiques anglo-français, se sont néanmoins montrés incapables de les réfuter, et grimacent encore sous l’incapacité et la mauvaise volonté étaient nécessaires de la part du gouvernement suprême pour tracer une ligne de démarcation entre la guerre d’Espagne et la révolution espagnole. Les Cortès échouèrent donc, non pas, comme le prétendent les écrivains français et anglais, parce qu’elles étaient révolutionnaires, mais parce que leurs prédécesseurs avaient été réactionnaires et avaient raté la bonne saison de l’action révolutionnaire. Les écrivains espagnols modernes, offensés par les critiques anglo-français, se sont néanmoins montrés incapables de les réfuter, et grimacent encore sous lese sont néanmoins révélés incapables de les réfuter, et grimaçaient encore sous lese sont néanmoins révélés incapables de les réfuter, et grimaçaient encore sous lebon mot de l’abbé de Pradt : « Le peuple espagnol ressemble à la femme de Sganarelle qui voulait être battue.

V. Guérilla

La Junte centrale a échoué dans la défense de son pays, parce qu’elle a échoué dans sa mission révolutionnaire. Conscients de leur propre faiblesse, de la teneur instable de leur pouvoir et de leur extrême impopularité, comment auraient-ils pu tenter de répondre aux rivalités, aux jalousies et aux prétentions autoritaires de leurs généraux communs à toutes les époques révolutionnaires, mais par des ruses indignes et de petites intrigues ? Gardés, comme ils l’étaient, dans la peur et la méfiance constantes de leurs propres chefs militaires, nous pouvons donner tout le crédit à Wellington en écrivant à son frère, le marquis de Wellesley, le 1er septembre 1809 :

« Je crains fort, d’après ce que j’ai vu des procédures de la junte centrale, que dans la répartition de leurs forces, ils n’aient pas pris autant en considération la défense militaire et les opérations militaires que les intrigues politiques et la réalisation d’objectifs politiques insignifiants. . "

A l’époque révolutionnaire, où tous les liens de subordination sont desserrés, la discipline militaire ne peut être rétablie que par la discipline civile pesant durement sur les généraux. Comme la Junte centrale, de par son teint incongru, n’a jamais réussi à contrôler les généraux, les généraux ont toujours échoué à contrôler les soldats, et jusqu’à la fin de la guerre l’armée espagnole n’a jamais atteint un degré moyen de discipline et de subordination. Cette insubordination était entretenue par le manque de nourriture, de vêtements et de tous les autres besoins matériels d’une armée, car le moral d’une armée, comme l’appelait Napoléon, dépend entièrement de sa condition matérielle. La junte centrale n’était pas en mesure de pourvoir régulièrement à l’armée, car les manifestes du pauvre poète Quintana ne feraient pas l’affaire dans ce cas,et pour ajouter la coercition à leurs décrets, ils devaient avoir recours aux mêmes mesures révolutionnaires qu’ils avaient condamnées dans les provinces. Même l’enrôlement général sans respect de privilèges et d’exemptions, et la facilité accordée à tous les Espagnols d’obtenir tous les grades dans l’armée, étaient l’œuvre des juntes provinciales, et non de la junte centrale. Si les défaites des armées espagnoles étaient ainsi produites par les incapacités contre-révolutionnaires de la Junte centrale, ces désastres à leur tour déprimèrent encore plus ce gouvernement, et en en faisant l’objet du mépris et de la méfiance populaires, augmentèrent sa dépendance vis-à-vis de présomptueux mais chefs militaires incapables.et la facilité accordée à tous les Espagnols pour obtenir tous les grades dans l’armée, était l’œuvre des juntes provinciales, et non de la junte centrale. Si les défaites des armées espagnoles étaient ainsi produites par les incapacités contre-révolutionnaires de la Junte centrale, ces désastres à leur tour déprimèrent encore plus ce gouvernement, et en en faisant l’objet du mépris et de la méfiance populaires, augmentèrent sa dépendance vis-à-vis de présomptueux mais chefs militaires incapables.et la facilité accordée à tous les Espagnols pour obtenir tous les grades dans l’armée, était l’œuvre des juntes provinciales, et non de la junte centrale. Si les défaites des armées espagnoles étaient ainsi produites par les incapacités contre-révolutionnaires de la Junte centrale, ces désastres à leur tour déprimèrent encore plus ce gouvernement, et en en faisant l’objet du mépris et de la méfiance populaires, augmentèrent sa dépendance vis-à-vis de présomptueux mais chefs militaires incapables.accru sa dépendance vis-à-vis de chefs militaires présomptueux mais incapables.accru sa dépendance vis-à-vis de chefs militaires présomptueux mais incapables.

L’armée permanente espagnole, si partout vaincue, se présenta néanmoins sur tous les points. Plus de vingt fois dispersée, elle était toujours prête à refaire front à l’ennemi, et réapparaissait fréquemment avec une force accrue après une défaite. Il ne servait à rien de les battre, car, prompts à s’enfuir, leur perte en hommes était généralement faible, et quant à la perte du terrain, ils s’en fichaient. Retirés en désordre dans les sierras, ils étaient sûrs de se rassembler et de reparaître au moment où ils s’y attendaient le moins, renforcés par de nouveaux renforts, et capables, sinon de résister aux armées françaises, du moins de les maintenir en mouvement continuel, et de les obliger à disperser leurs forces. . Plus chanceux que les Russes, ils n’avaient même pas besoin de mourir pour ressusciter.

La désastreuse bataille d’Ocaña, le 19 novembre 1809, fut la dernière grande bataille rangée que livrèrent les Espagnols ; à partir de ce moment, ils se cantonnèrent à la guérilla. Le seul fait de l’abandon de la guerre régulière prouve la disparition du national devant les centres locaux de gouvernement. Quand les désastres de l’armée permanente devinrent réguliers, le soulèvement des guérilleros devint général, et le corps du peuple, ne songeant guère aux défaites nationales, se réjouit des succès locaux de ses héros. Sur ce point au moins, la Junte centrale partageait l’illusion populaire. Des comptes plus complets ont été donnés dans la Gaceta d’une affaire de guérillas que de la bataille d’Ocaña.

Comme Don Quichotte avait protesté avec sa lance contre la poudre à canon, les guérilleros protestèrent contre Napoléon, mais avec un succès différent.

"Ces guérilleros", dit le journal militaire autrichien (Vol. I, 1821), "portaient leur base en eux-mêmes, pour ainsi dire, et chaque opération contre eux se terminait par la disparition de son objet."

Il y a trois périodes à distinguer dans l’histoire de la guérilla. Dans la première période, la population de provinces entières prit les armes et fit une guerre de partisans, comme en Galice et dans les Asturies. Dans la seconde période, des bandes de guérilla formées d’épaves des armées espagnoles, de déserteurs espagnols des armées françaises, de contrebandiers, etc., firent la guerre pour leur propre cause, indépendamment de toute influence étrangère et conformément à leur intérêt immédiat. . Des événements et des circonstances heureuses portaient fréquemment des quartiers entiers sous leurs couleurs. Tant que les guérilleros étaient ainsi constitués, ils ne faisaient pas une apparition formidable en tant que corps, mais étaient néanmoins extrêmement dangereux pour les Français. Ils formaient la base d’un véritable armement du peuple. Dès qu’une opportunité de capture s’est présentée,ou une entreprise combinée était méditée, les plus actifs et les plus audacieux parmi le peuple sortaient et se joignaient à la guérilla. Ils se précipitèrent avec la plus grande rapidité sur leur butin ou se mirent en ordre de bataille, selon l’objet de leur entreprise. Il n’était pas rare de les voir se dresser une journée entière à la vue d’un ennemi vigilant, afin d’intercepter un porte-avions ou de capturer des ravitaillements. C’est ainsi que la jeune Mina captura le vice-roi de Navarre, nommé par Joseph Bonaparte, et que Julien fit prisonnier le commandant de Ciudad Rodrigo. Dès que l’entreprise fut achevée, chacun s’en alla de son côté, et l’on vit des hommes armés se disperser dans toutes les directions ; mais les paysans associés retournèrent tranquillement à leur occupation commune sans « autant que leur absence ait été remarquée. » Ainsi la communication sur toutes les routes était fermée. Des milliers d’ennemis étaient sur place, mais aucun n’a pu être découvert. Aucun courrier ne pouvait être expédié sans être pris ; aucun ravitaillement ne pouvait partir sans être intercepté ; bref, aucun mouvement ne pouvait s’effectuer sans être observé par cent yeux. En même temps, il n’existait aucun moyen de s’attaquer à la racine d’une combinaison de ce genre. Les Français étaient obligés d’être constamment armés contre un ennemi qui, fuyant sans cesse, reparaissait toujours, et était partout sans être réellement vu, les montagnes servant de rideaux.aucun mouvement ne pouvait s’effectuer sans être observé par cent yeux. En même temps, il n’existait aucun moyen de s’attaquer à la racine d’une combinaison de ce genre. Les Français étaient obligés d’être constamment armés contre un ennemi qui, fuyant sans cesse, reparaissait toujours, et était partout sans être réellement vu, les montagnes servant de rideaux.aucun mouvement ne pouvait s’effectuer sans être observé par cent yeux. En même temps, il n’existait aucun moyen de s’attaquer à la racine d’une combinaison de ce genre. Les Français étaient obligés d’être constamment armés contre un ennemi qui, fuyant sans cesse, reparaissait toujours, et était partout sans être réellement vu, les montagnes servant de rideaux.

« Ce n’étaient, dit l’abbé de Pradt, ni combats ni combats qui épuisaient les forces françaises, mais les molestations incessantes d’un ennemi invisible, qui, poursuivi, se perdait parmi le peuple, d’où il reparut aussitôt après avec force renouvelée. Le lion de la fable tourmenté à mort par un moucheron donne une image fidèle de l’armée française.

Dans leur troisième période, les guérilleros singent la régularité de l’armée permanente, grossissent leurs corps jusqu’au nombre de 3 000 à 6 000 hommes, cessent d’être l’affaire de quartiers entiers et tombent entre les mains de quelques chefs, qui font tant de l’utilisation d’eux comme le mieux adapté à leurs propres fins. Ce changement dans le système des guérilleros donna aux Français, dans leurs luttes avec eux, un avantage considérable. Rendus incapables par leur grand nombre de se cacher et de disparaître subitement sans être contraints au combat, comme ils l’avaient fait autrefois, les guérilleros étaient maintenant fréquemment rattrapés, vaincus, dispersés et incapables pendant longtemps d’offrir de nouvelles agressions.

En comparant les trois périodes de la guérilla avec l’histoire politique de l’Espagne, on constate qu’elles représentent les degrés respectifs auxquels l’esprit contre-révolutionnaire du gouvernement avait réussi à refroidir l’esprit du peuple. Commençant par la montée de populations entières, la guerre de partisans fut ensuite menée par des bandes de guérillas, dont des quartiers entiers formaient la réserve et se terminaient en francs de corps sans cesse sur le point de se réduire en banditti ou de descendre au rang de régiments permanents.

L’éloignement du gouvernement suprême, la discipline relâchée, les désastres continuels, la formation, la décomposition et la recomposition constantes pendant six ans des cadres doivent avoir nécessairement imprimé sur le corps de l’armée espagnole le caractère du prétorien, les rendant également prêts à devenir les outils ou les les fléaux de leurs chefs. Les généraux eux-mêmes avaient nécessairement participé, brouillé ou conspiré contre le gouvernement central, et avaient toujours jeté le poids de leur épée dans la balance politique. Ainsi Cuesta, qui par la suite sembla gagner la confiance de la Junte centrale au même rythme qu’il perdit les batailles du pays, avait commencé par conspirer avec le Consejo Real.et en arrêtant les députés léonais à la Junte centrale. Le général Morla lui-même, membre de la Junte centrale, passa dans le camp bonapartiste, après avoir livré Madrid aux Français. Le coxcombique marquis de las Romerias, également membre de la junte, conspira contre elle avec le vaniteux Francisco Palafox, le misérable Montijo et la turbulente junte de Séville. Les généraux Castaños, Blake, La Bisbal (un O’Donnell) figurèrent et intriguèrent successivement à l’époque des Cortes comme régents, et le capitaine général de Valence, Don Javier Elío, livra finalement l’Espagne à la merci de Ferdinand VII. L’élément prétorien était certainement plus développé avec les généraux qu’avec leurs troupes.

D’autre part, l’armée et les guérilleros — qui reçurent pendant la guerre une partie de leurs chefs, comme Porlier, Lacy, Eroles et Villacampa, des rangs des officiers distingués de la ligne, tandis que la ligne à son tour reçut par la suite des chefs de guérilla, comme Mina, Empecinado, etc. — étaient la partie la plus révolutionnée de la société espagnole, recrutée dans tous les rangs, y compris toute la jeunesse fougueuse, aspirante et patriote, inaccessible à l’influence soporifique du gouvernement central ; émancipé du carcan de l’ancien régime ; une partie d’entre eux, comme Riego, revient après quelques années de captivité en France. Il ne faut donc pas s’étonner de l’influence exercée par l’armée espagnole dans les troubles ultérieurs ; ni en prenant l’initiative révolutionnaire, ni en gâchant la révolution par le prétorianisme.

Quant aux guérilleros, il est évident qu’ayant figuré pendant quelques années sur le théâtre de luttes sanglantes, pris des habitudes de vagabondage, s’adonner librement à toutes leurs passions de haine, de vengeance et d’amour du pillage, il leur faut, en temps de paix, forment une foule des plus dangereuses, toujours prête à un signe de tête, au nom de n’importe quel parti ou principe, à s’avancer pour celui qui peut leur donner un bon salaire ou leur fournir un prétexte pour des excursions de pillage.

VI. Les Cortes extraordinaires adoptent la Constitution jacobine

Le 24 septembre 1810, les Cortes extraordinaires se réunissaient sur l’île de Léon ; le 20 février 1811, ils transportèrent de là leurs séances à Cadix ; le 19 mars 1812, ils promulguent la nouvelle Constitution ; et le 20 septembre 1813, ils ont clos leurs séances, trois ans après la période de leur ouverture.

Les circonstances dans lesquelles ce Congrès s’est réuni sont sans parallèle dans l’histoire. Alors qu’aucun corps législatif n’avait jamais réuni ses membres de parties aussi diverses du globe, ni prétendu contrôler des territoires aussi immenses en Europe, en Amérique et en Asie, une telle diversité de races et une telle complexité d’intérêts, presque toute l’Espagne était occupée par les Français, et le Congrès lui-même, en réalité coupé de l’Espagne par des armées ennemies, et relégué sur une petite bande de terre, dut légiférer en vue d’une armée environnante et assiégeante. De l’angle éloigné de l’ Isla Gaditanails entreprirent de jeter les bases d’une nouvelle Espagne, comme leurs aïeux l’avaient fait des montagnes de Covadonga et de Sobrarbe. Comment expliquer le curieux phénomène de la Constitution de 1812, étiquetée ensuite par les têtes couronnées de l’Europe, réunies à Vérone, comme l’invention la plus incendiaire du jacobinisme, née de la tête de l’ancienne Espagne monastique et absolutiste à la époque où elle semblait totalement absorbée par une guerre sainte contre la Révolution ? Comment, d’autre part, expliquer la disparition soudaine de cette même Constitution, s’évanouissant comme une ombre — comme « la sombra de un sueño », disent les historiens espagnols — au contact d’un Bourbon vivant ? la naissance de cette Constitution est une énigme, sa mort ne l’est pas moins.nous proposons de commencer par une brève revue de cette même Constitution de 1812, que les Espagnols ont essayé à nouveau de réaliser à deux époques ultérieures, d’abord pendant la période de 1820-23, puis en 1836.

La Constitution de 1812 comprend 384 articles et comprend les 10 divisions suivantes : 1. Sur la nation espagnole et les Espagnols. 2. Sur le territoire de l’Espagne ; sa religion, son gouvernement et sur les citoyens espagnols. 3. Sur les Cortès. 4. Sur le roi. 5. Sur les tribunaux et l’administration de la justice en matière civile et pénale. 6. Sur le gouvernement intérieur des provinces et des communes. 7. Sur les impôts. 8. Sur les forces militaires nationales. 9. Sur l’enseignement public. 10. Sur l’observation de la Constitution et la manière de procéder pour y apporter des modifications.

Partant du principe que

« la souveraineté réside essentiellement dans la nation, à laquelle, donc, seul appartient exclusivement le droit d’établir les lois fondamentales, »

la Constitution proclame néanmoins un partage des pouvoirs selon lequel :

« le pouvoir législatif est placé dans les cortès conjointement avec le roi ; « L’exécution des lois est confiée au Roi », « L’application des lois en matière civile et pénale appartient exclusivement aux tribunaux, ni les Cortès ni le Roi n’étant en aucun cas habilités à exercer l’autorité judiciaire, à plaider les affaires pendantes, ou ordonner la révision du jugement conclu.

La base de la représentation nationale est la simple population, un député pour 70 000 âmes. Les Cortes se composent d’une seule chambre, à savoir : les communes, l’élection des députés se faisant au suffrage universel. Le droit de vote électif est accordé à tous les Espagnols, à l’exception des domestiques, des faillis et des criminels. Après l’année 1830, aucun citoyen ne peut jouir de ce droit s’il ne sait ni lire ni écrire. L’élection est cependant indirecte, devant passer par les trois degrés d’élections paroissiales, de district et provinciales. Il n’y a pas de qualification de propriété définie pour un député. Il est vrai que selon l’art. 92, « il est nécessaire, pour être éligible comme député aux Cortès, de posséder un revenu annuel proportionnel, provenant de la propriété immobilière », mais l’art. 93 suspend l’article précédent,jusqu’à ce que les Cortes, lors de leurs réunions futures, déclarent arrivée le délai dans lequel elle prendra effet. Le Roi n’a ni le droit de dissoudre ni de proroger les Cortès, qui se réunissent annuellement à la capitale le 1er mars, sans être convoquées, et siègent au moins trois mois de suite.

Une nouvelle Cortès est élue tous les deux ans, et aucun député ne peut siéger consécutivement dans deux Cortès ; c’est-à-dire que l’on ne peut être réélu qu’après un intervalle de Cortes de deux ans. Aucun député ne peut demander ou accepter de récompenses, de pensions ou d’honneurs du Roi. Les secrétaires d’État, les conseillers d’État et ceux qui remplissent les charges de la maison royale ne sont pas éligibles comme députés aux Cortès. Aucun officier public employé par le gouvernement ne sera élu député aux Cortès de la province dans laquelle il s’acquitte de son mandat. Pour indemniser les députés de leurs dépenses, les provinces respectives contribueront telles indemnités journalières que les cortès, dans la deuxième année de chaque députation générale, indiqueront pour la députation qui doit lui succéder. Les Cortès ne peuvent délibérer en présence du Roi.Dans les cas où les ministres ont quelque communication à faire aux Cortès au nom du Roi, ils peuvent assister aux débats quand et de la manière que les Cortès jugeront à propos, et pourront y parler, mais ils ne pourront être présents. lors d’un vote. Le roi, le prince des Asturies et les régents doivent prêter serment sur la constitution devant les cortès, qui tranchent toute question de fait ou de droit pouvant survenir dans l’ordre de succession à la couronne, et élisent une régence si nécessaire. Les Cortes approuveront, avant ratification, tous les traités d’alliances offensives, ou de subsides et de commerce, pour permettre ou refuser l’admission de troupes étrangères dans le royaume, pour décréter la création et la suppression de charges dans les tribunaux établis par la Constitution. , ainsi que la création ou la suppression de fonctions publiques ; à déterminer chaque année,sur la recommandation du Roi, les forces de terre et de mer en paix et en guerre, d’émettre des ordonnances à l’armée, à la flotte et à la milice nationale, dans toutes leurs branches ; fixer les dépenses de l’administration publique ; établir annuellement les impôts, prendre des biens en emprunt, en cas de nécessité, au crédit des fonds publics, décider de toutes les affaires concernant l’argent, les poids et mesures ; établir un plan général d’instruction publique, protéger la liberté politique de la presse, rendre réelle et effective la responsabilité des ministres, etc. le même projet de nouvelle loi devrait être proposé une troisième fois, et approuvé par les Cortes de l’année suivante, le Roi est censé avoir donné son assentiment,et doit effectivement le donner. Avant que les Cortès ne terminent une session, elles nomment une commission permanente, composée de sept de leurs membres, siégeant dans la capitale jusqu’à la réunion des Cortès suivantes, dotée des pouvoirs de veiller à la stricte observance de la Constitution et à l’administration des lois ; rapportant à la prochaine Cortès toute infraction qu’elle aurait pu constater, et habilitée à convoquer une Cortès extraordinaire dans les moments critiques. Le roi ne peut quitter le royaume sans le consentement des Cortès. Il a besoin du consentement des Cortès pour contracter un mariage. Les Cortès fixent le revenu annuel de la maison du Roi.doté de pouvoirs pour veiller au strict respect de la Constitution et à l’application des lois ; rapportant à la prochaine Cortès toute infraction qu’elle aurait pu constater, et habilitée à convoquer une Cortès extraordinaire dans les moments critiques. Le roi ne peut quitter le royaume sans le consentement des Cortès. Il a besoin du consentement des Cortès pour contracter un mariage. Les Cortès fixent le revenu annuel de la maison du Roi.doté de pouvoirs pour veiller au strict respect de la Constitution et à l’application des lois ; rapportant à la prochaine Cortès toute infraction qu’elle aurait pu constater, et habilitée à convoquer une Cortès extraordinaire dans les moments critiques. Le roi ne peut quitter le royaume sans le consentement des Cortès. Il a besoin du consentement des Cortès pour contracter un mariage. Les Cortès fixent le revenu annuel de la maison du Roi.

Le seul Conseil privé du Roi est le Conseil d’État, dans lequel les ministres n’ont pas de siège, et qui se compose de quarante personnes, quatre ecclésiastiques, quatre grands d’Espagne, et le reste formé par des administrateurs distingués, tous choisis par le Roi sur une liste de cent vingt personnes désignées par les Cortès ; mais aucun député réel ne peut être conseiller, et aucun conseiller ne peut accepter des charges, des honneurs ou des emplois du roi. Les conseillers d’Etat ne peuvent être révoqués sans motifs suffisants, prouvés devant la Cour suprême de justice. Les cortès fixent le traitement de ces conseillers dont le roi entendra l’opinion sur toutes les affaires importantes, et qui nomment les candidats aux places ecclésiastiques et judiciaires. Dans les sections relatives à la magistrature, tous les anciens consejossont abolies, une nouvelle organisation des tribunaux est instaurée, une Cour suprême de justice est instituée pour juger les ministres mis en accusation, pour connaître de tous les cas de destitution et de suspension de fonctions des conseillers d’État, et des officiers des cours de justice, etc. Sans preuve que la réconciliation a été tentée, aucune action en justice ne peut être engagée. La torture, la contrainte, la confiscation des biens sont réprimées. Tous les tribunaux d’exception sont abolis à l’exception des tribunaux militaires et ecclésiastiques, contre les décisions desquels les recours devant la Cour suprême sont toutefois autorisés.

Pour le gouvernement intérieur des villes et des communes (communes, lorsqu’elles n’existent pas, à former de districts d’une population de 1 000 âmes), les Ayuntamientos seront formés d’un ou plusieurs magistrats, échevins et conseillers publics, présidés par le chef politique ( corregidor ) et être choisi par élection générale. Aucun officier public effectivement employé et nommé par le Roi ne peut être éligible comme magistrat, échevin ou conseiller public. Les emplois municipaux seront de service public, dont nul ne pourra être exempté sans motif légitime. Les corporations municipales s’acquitteront de tous leurs devoirs sous l’inspection de la députation provinciale.

Le gouvernement politique des provinces est placé dans le gouverneur ( jefe politico ) nommé par le Roi. Ce gouverneur est rattaché à une députation qu’il préside et qui est élue par les districts réunis pour l’élection générale des membres d’une nouvelle cortès. Ces députations provinciales se composent de sept membres, assistés d’un secrétaire payé par les cortès. Ces députations tiendront des sessions de quatre-vingt-dix jours au plus chaque année. D’après les pouvoirs et les devoirs qui leur sont confiés, ils peuvent être considérés comme des comités permanents des Cortès. Tous les membres des Ayuntamientoset les députations provinciales, en entrant en fonction, jurent fidélité à la Constitution. En ce qui concerne les impôts, tous les Espagnols sont tenus, sans aucune distinction, de contribuer, en proportion de leurs moyens, aux dépenses de l’État. Toutes les douanes seront supprimées, sauf dans les ports de mer et à la frontière. Tous les Espagnols sont également astreints au service militaire, et, outre l’armée permanente, il sera formé dans chaque province des corps de milices nationales, composés des habitants de celle-ci, en proportion de sa population et de ses circonstances. Enfin, la Constitution de 1812 ne peut être modifiée, augmentée ou corrigée dans aucun de ses détails, avant que huit ans ne se soient écoulés après sa mise en pratique.

Lorsque les Cortes élaborèrent ce nouveau plan de l’État espagnol, elles étaient bien entendu conscientes qu’une Constitution politique aussi moderne serait tout à fait incompatible avec l’ancien système social, et par conséquent, elles promulguèrent une série de décrets, en vue de changements organiques. dans la société civile. Ils abolirent ainsi l’Inquisition. Ils supprimèrent les juridictions seigneuriales ; avec leurs privilèges féodaux exclusifs, prohibitifs et privatifs, c’est-à-dire ceux de la chasse, de la pêche, des forêts, des moulins, etc., à l’exception de ceux qui avaient été acquis à titre onéreux et qui devaient être remboursés. Ils abolirent les dîmes dans toute la monarchie, suspendirent les nominations à toutes les prébendes ecclésiastiques non nécessaires à l’accomplissement du service divin, et prirent des mesures pour la suppression des monastères et la séquestration de leurs biens.

Ils entendaient transformer les immenses friches, domaines royaux et communs d’Espagne en propriété privée, en vendant la moitié d’entre eux pour l’extinction de la dette publique, en distribuant une autre partie par tirage au sort comme rémunération patriotique pour les soldats licenciés de la guerre d’indépendance. et l’octroi d’un tiers, gratuitement, et aussi par tirage au sort, aux paysans pauvres qui voudraient les posséder mais ne pourraient pas les acheter. Ils autorisaient la clôture des pâturages et autres biens immobiliers, autrefois interdits. Ils ont abrogé les lois absurdes qui empêchaient la conversion des pâturages en terres arables ou les terres arables converties en pâturages, et ont généralement libéré l’agriculture des anciennes règles arbitraires et ridicules. Ils ont abrogé toutes les lois féodales en ce qui concerne les contrats d’agriculture,et la loi selon laquelle le successeur d’une succession n’était pas obligé de confirmer les baux accordés par son prédécesseur, les baux expirant avec celui qui les avait accordés. Ils ont aboli levoto de Santiago, sous lequel nom était entendu un ancien tribut d’une certaine mesure du meilleur pain et du meilleur vin à payer par les ouvriers de certaines provinces principalement pour l’entretien de l’archevêque et du chapitre de Santiago. Ils ont décrété l’instauration d’un impôt progressif important, etc.

L’un de leurs principaux buts étant de s’emparer des colonies américaines, qui avaient déjà commencé à se révolter, ils reconnaissaient la pleine égalité politique des Espagnols américains et européens, proclamaient une amnistie générale sans aucune exception, édictaient des décrets contre l’oppression qui pesait sur les indigènes originaires d’Amérique et d’Asie, annulèrent les mitas , les repartimientos , etc., abolirent le monopole du vif-argent et prirent la tête de l’Europe en supprimant la traite des esclaves.

La Constitution de 1812 a été accusée d’une part — par exemple par Ferdinand VII lui-même (voir son décret du 4 mai 1814) — d’être une simple imitation de la Constitution française de 1791 transplantée sur le sol espagnol par des visionnaires, des traditions historiques de l’Espagne. D’autre part, il a été soutenu - par exemple, par l’abbé de Pradt ( De la Révolution actuelle de 1’Espagne ) - que les Cortès s’accrochaient déraisonnablement à des formules archaïques, empruntées aux anciens fueros et appartenant à l’époque féodale, quand l’autorité royale était freinée par les privilèges exorbitants des grands.

La vérité est que la Constitution de 1812 est une reproduction des anciens fueros , mais lue à la lumière de la Révolution française, et adaptée aux besoins de la société moderne. Le droit d’insurrection, par exemple, est généralement considéré comme l’une des innovations les plus audacieuses de la Constitution jacobine de 1793, mais vous rencontrez ce même droit dans les anciens Fueros de Sobrarbe, où il est appelé Privilegio de la Union.. Vous le trouvez aussi dans l’ancienne Constitution de Castille. Selon les Fueros de Sobrarbe, le roi ne peut faire la paix, ni déclarer la guerre, ni conclure des traités, sans le consentement préalable des Cortes. Le Comité permanent, composé de sept membres des Cortes, qui doivent veiller à la stricte observance de la Constitution pendant la prorogation du Corps législatif, était jadis établi en Aragon, et fut introduit en Castille à l’époque où les principales Cortes de la monarchie étaient réunis en un seul corps. A l’époque de l’invasion française, une institution similaire existait encore dans le royaume de Navarre.Touchant la formation d’un Conseil d’État sur une liste de 120 personnes présentées au Roi par les Cortès et payées par elles — cette création singulière de la Constitution de 1812 était suggérée par le souvenir de l’influence fatale exercée par les camarillas à toutes les époques de la monarchie espagnole. Le Conseil d’Etat était destiné à se substituer à la camarilla. D’ailleurs, il existait autrefois des institutions analogues. A l’époque de Ferdinand IV, par exemple, le roi était toujours entouré de douze roturiers, désignés par les villes de Castille, pour lui servir de conseillers privés ; et, en 1419, les délégués des villes se plaignirent que leurs commissaires n’étaient plus admis au conseil du roi. L’exclusion des plus hauts fonctionnaires et des membres de la maison du Roi des Cortès,ainsi que l’interdiction faite aux députés d’accepter des honneurs ou des charges de la part du roi, semble, à première vue, être empruntée à la Constitution de 1791, et naturellement découler de la division moderne des pouvoirs, sanctionnée par la Constitution de 1812. Mais, en effet, on rencontre non seulement dans l’ancienne Constitution de Castille des précédents, mais on sait que le peuple, à différentes époques, se leva et assassina les députés qui avaient accepté des honneurs ou des charges de la couronne. Quant au droit des Cortès de nommer des régences en cas de minorité, il avait été continuellement exercé par les anciennes Cortès de Castille pendant les longues minorités du quatorzième siècle.sanctionné par la Constitution de 1812. Mais, en fait, nous rencontrons non seulement dans l’ancienne Constitution de Castille des précédents, mais nous savons que le peuple, à différentes époques, se leva et assassina les députés qui avaient accepté les honneurs ou les charges de la Couronne. . Quant au droit des Cortès de nommer des régences en cas de minorité, il avait été continuellement exercé par les anciennes Cortès de Castille pendant les longues minorités du quatorzième siècle.sanctionné par la Constitution de 1812. Mais, en fait, nous rencontrons non seulement dans l’ancienne Constitution de Castille des précédents, mais nous savons que le peuple, à différentes époques, se leva et assassina les députés qui avaient accepté les honneurs ou les charges de la Couronne. . Quant au droit des Cortès de nommer des régences en cas de minorité, il avait été continuellement exercé par les anciennes Cortès de Castille pendant les longues minorités du quatorzième siècle.elle avait été continuellement exercée par les anciennes cortès de Castille pendant les longues minorités du quatorzième siècle.elle avait été continuellement exercée par les anciennes cortès de Castille pendant les longues minorités du quatorzième siècle.

Il est vrai que les cortès de Cadix privèrent le roi du pouvoir qu’il avait toujours exercé de convoquer, de dissoudre ou de proroger les cortès ; mais comme les Cortès étaient tombées en désuétude par la manière même dont les rois amélioraient leurs privilèges, il n’y avait rien de plus évident que la nécessité de les annuler. Les faits allégués peuvent suffire à montrer que la limitation anxieuse du pouvoir royal — le trait le plus frappant de la Constitution de 1812 — expliquée par ailleurs pleinement par les souvenirs récents et révoltants du méprisable despotisme de Godoy, tirait son origine de l’ancien Fueros d’Espagne. Les Cortes de Cadix mais ont transféré le contrôle des domaines privilégiésà la représentation nationale. On peut voir à quel point les rois espagnols étaient en admiration devant les anciens Fueros, car lorsqu’un nouveau recueil des lois espagnoles était devenu nécessaire, en 1805, une ordonnance royale ordonna d’en retirer tous les restes de la féodalité contenus dans dernier recueil de lois, et appartenant à une époque où la faiblesse de la monarchie forçait les rois à entrer avec leurs vassaux dans des compromis dérogatoires au pouvoir souverain.

Si l’élection des députés au suffrage général était une innovation, il ne faut pas oublier que les Cortès de 1812 étaient elles-mêmes élues au suffrage général, que toutes les juntes avaient été élues par elle ; qu’une limitation eût donc été une infraction à un droit déjà conquis par le peuple ; et, enfin, qu’une qualification de propriété, à une époque où presque tous les biens immobiliers de l’Espagne étaient enfermés en mainmorte, aurait exclu la plus grande partie de la population.

La réunion des représentants en une seule chambre n’était nullement calquée sur la Constitution française de 1791, comme le veulent les moroses tories anglais. Nos lecteurs savent déjà que depuis Charles Ier (l’empereur Charles V) l’aristocratie et le clergé avaient perdu leurs sièges aux Cortes de Castille. Mais même à l’époque où les cortès étaient divisées en brazos (armes, branches), représentant les différents états, elles se réunissaient dans une seule salle, séparée seulement par leurs sièges, et votant en commun. Des provinces, où seules les Cortès possédaient encore un pouvoir réel à l’époque de l’invasion française, la Navarre continua la vieille coutume de convoquer les Cortès par états ;mais dans les Vascongadas, les assemblées tout à fait démocratiques n’admettaient même pas le clergé. D’ailleurs, si le clergé et l’aristocratie avaient sauvé leurs odieux privilèges, ils avaient depuis longtemps cessé de former des corps politiques indépendants, dont l’existence constituait la base de la composition des anciennes Cortès.

La séparation du pouvoir judiciaire et du pouvoir exécutif, décrétée par les Cortes de Cadix, fut demandée dès le XVIIIe siècle par les hommes d’État les plus éclairés d’Espagne ; et l’odieux général que le Consejo Real , depuis le commencement de la révolution, s’était concentré sur lui-même, fit sentir universellement la nécessité de réduire les tribunaux à leur propre sphère d’action.

La section de la Constitution qui se réfère au gouvernement municipal des communes, est une véritable progéniture espagnole, comme nous l’avons montré dans un article précédent. Les Cortès n’ont fait que rétablir l’ancien système municipal, tout en lui ôtant son caractère médiéval. Quant aux députations provinciales, investies des mêmes pouvoirs pour le gouvernement interne des provinces que les ayuntamientospour l’administration des communes, les Cortès les modelèrent à l’imitation d’institutions similaires existant encore au moment de l’invasion en Navarre, en Gascogne et dans les Asturies. En abolissant les dispenses du service militaire, les Cortès n’ont sanctionné que ce qui était devenu la pratique courante pendant la guerre d’indépendance. L’abolition de l’Inquisition n’était aussi que la sanction d’un fait, car le Saint-Office, bien que rétabli par la junte centrale, n’avait pas osé reprendre ses fonctions, ses saints membres se contentant d’empocher leurs appointements, et attendant prudemment des temps meilleurs. Quant à la répression des abus féodaux, les Cortes n’allèrent même pas jusqu’au bout des réformes réclamées dans le célèbre mémorial de Jovellanos, présenté en 1795 au Consejo Real.au nom de la société économique de Madrid. Les ministres du despotisme éclairé de la dernière partie du dix-huitième siècle, Floridablanca et Campomanes, avaient déjà commencé à faire des démarches dans ce sens. D’ailleurs, il ne faut pas oublier qu’en même temps que les Cortès, siégeait à Madrid un gouvernement français qui, dans toutes les provinces envahies par les armées de Napoléon, avait balayé du sol toutes les institutions monastiques et féodales, et introduit la modernité système d’administration. Les journaux bonapartistes dénonçaient l’insurrection comme entièrement produite par les artifices et les pots-de-vin de l’Angleterre, assistée des moines et de l’Inquisition. Dans quelle mesure la rivalité avec le gouvernement intrus doit avoir exercé une influence salutaire sur les décisions des Cortes, peut être déduit du fait que la Junte centrale elle-même,dans son décret de septembre 1809, où est annoncée la convocation des Cortès, s’adressait aux Espagnols en ces termes :

« Nos détracteurs disent que nous nous battons pour défendre les anciens abus et les vices invétérés de notre gouvernement corrompu. Faites-leur savoir que votre lutte est pour le bonheur autant que pour l’indépendance de votre pays ; que vous ne dépendrez plus désormais de la volonté incertaine ou des tempéraments divers d’un seul homme », etc.

D’autre part, on peut tracer dans la Constitution de 1812 les symptômes à ne pas méconnaître d’un compromis intervenu entre les idées libérales du XVIIIe siècle et les sombres traditions de l’art sacerdotal. Il suffit de citer l’art. 12, selon laquelle

« La religion de la nation espagnole est et sera perpétuellement catholique, apostolique et romaine, la seule vraie religion. La nation le protège par des lois sages et justes, et interdit l’exercice de tout autre quel qu’il soit » ;

ou Art. 173, ordonnant au Roi de prêter, lors de son avènement au trône, le serment suivant devant les Cortès :

« Par la grâce de Dieu et la Constitution de la monarchie espagnole, roi d’Espagne, je jure par le Tout-Puissant et les Saints évangélistes, que je défendrai et préserverai la religion catholique, romaine et apostolique, sans en tolérer aucune autre dans le royaume . "

En analysant de plus près la Constitution de 1812, nous arrivons donc à la conclusion que, loin d’être une copie servile de la Constitution française de 1791, elle a été un véritable et original rejeton de la vie intellectuelle espagnole, régénérant l’ancienne et la institutions nationales, introduisant les mesures de réforme réclamées à grands cris par les auteurs et les hommes d’État les plus célèbres du dix-huitième siècle, faisant d’inévitables concessions aux préjugés populaires.

VII. La déception des masses

Il y avait des circonstances favorables au rassemblement à Cadix des hommes les plus progressistes de l’Espagne. Lorsque les élections eurent lieu, le mouvement ne s’était pas encore calmé, et la défaveur même qu’avait encourue la junte centrale recommandait ses antagonistes, qui appartenaient en grande partie à la minorité révolutionnaire de la nation. A la première réunion des Cortes, les provinces les plus démocratiques, la Catalogne et la Galice, étaient presque exclusivement représentées ; les députés de Léon, de Valence, de Murcie et des îles Baléares, n’arrivant que trois mois plus tard. Les provinces les plus réactionnaires, celles de l’intérieur, ne furent autorisées que dans quelques localités à procéder aux élections des Cortès. Pour les différents royaumes, cités et villes de la vieille Espagne, que les armées françaises empêchaient de choisir des députés,ainsi que pour les provinces ultramarines de la Nouvelle-Espagne, dont les députés ne purent arriver en temps voulu, des représentants supplémentaires furent élus parmi les nombreux individus que les troubles de la guerre avaient chassés des provinces à Cadix, et les nombreux Sud-Américains, marchands, indigènes et autres, dont la curiosité ou l’état des affaires s’étaient également réunis à cet endroit. Ainsi arriva-t-il que ces provinces étaient représentées par des hommes plus friands d’innovation et plus imprégnés des idées du dix-huitième siècle, qu’il ne l’eût été s’ils avaient pu choisir eux-mêmes. Enfin, la circonstance de la réunion des Cortès à Cadix eut une influence décisive, cette ville étant alors connue comme la plus radicale du royaume, ressemblant plus à une ville américaine qu’à une ville espagnole.Sa population remplissait les tribunes de la salle des Cortès et dominait les réactionnaires, lorsque leur opposition devenait trop odieuse, par un système d’intimidation et de pression extérieure.

Ce serait pourtant une grande erreur de supposer que la majorité des cortès se composait de réformateurs. Les Cortes étaient divisées en trois partis : les Serviles , les Liberales (ces dénominations de partis se sont répandues depuis l’Espagne dans toute l’Europe) et les Americanos., ces derniers votant alternativement avec l’une ou l’autre partie, selon leurs intérêts particuliers. Les Serviles, bien supérieurs en nombre, étaient emportés par l’activité, le zèle et l’enthousiasme de la minorité libérale. Les députés ecclésiastiques, qui formaient la majorité du parti servile, étaient toujours prêts à sacrifier la prérogative royale, tantôt au souvenir de l’antagonisme de l’Église contre l’État, tantôt en vue de courtiser la popularité, afin de sauver ainsi la privilèges et abus de leur caste. Lors des débats sur le suffrage général, le système monocaméral, la qualification de non-propriété et le veto suspensif, le parti ecclésiastique s’allie toujours avec la partie la plus démocratique des libéraux contre les partisans de la Constitution anglaise. L’un d’eux, le chanoine Cañedo, devenu archevêque de Burgos,et un implacable persécuteur des libéraux, s’adressa au señor Mufioz Torrero, également chanoine, mais appartenant au parti libéral, en ces termes :

« Vous souffrez que le roi reste excessivement puissant, mais comme prêtre vous devez plaider la cause de l’Église plutôt que celle du roi.

Dans ces compromis avec le parti ecclésiastique, les libéraux furent forcés d’entrer, comme nous l’avons déjà vu par certains articles de la Constitution de 1812. Lorsqu’on discuta de la liberté de la presse, les curés la dénoncèrent comme « contraire à la religion ». Après les débats les plus houleux, et après avoir déclaré que toute personne était libre de publier ses sentiments sans licence spéciale, les Cortès ont unanimement admis un amendement qui, en insérant le mot politique, a réduit cette liberté de la moitié de son étendue, et a laissé tous les écrits sur les matières religieuses soumis à la censure des autorités ecclésiastiques, selon les décrets du Concile de Trente. Le 18 août 1813, après un décret passé contre tous ceux qui conspireraient contre la Constitution, un autre décret fut adopté, déclarant que quiconque conspirerait pour que la nation espagnole cesse de professer la religion catholique romaine devrait être poursuivi comme traître et souffrir décès. Quand le Voto de Santiagoa été abolie, une résolution compensatoire a été adoptée, déclarant Sainte Thérèse de Jésus patronne de l’Espagne. Les libéraux se gardèrent aussi de proposer et d’appliquer les décrets sur l’abolition de l’Inquisition, les dîmes, les monastères, etc., qu’après la proclamation de la Constitution. Mais dès ce moment, l’opposition des Serviles dans les Cortès, et du clergé au dehors, devint inexorable.

Ayant maintenant expliqué les circonstances qui expliquent l’origine et les traits caractéristiques de la Constitution de 1812, il reste encore à résoudre le problème de sa disparition soudaine et sans résistance au retour de Ferdinand VII. Un spectacle plus humiliant a rarement été vu par le monde. Lorsque Ferdinand entra à Valence, le 16 avril 1814,

« Le peuple joyeux s’attachait à sa voiture et témoignait par toutes les expressions possibles de paroles et d’actes son désir de prendre sur lui le vieux joug en criant : « Vive le Roi absolu ! « A bas la Constitution !

Dans toutes les grandes villes, la Plaza Mayor, ou Grande Place, avait été nommée Plaza de la Constitución, et une pierre avec ces mots gravés dessus, y avait été érigée. À Valence, cette pierre a été enlevée et une pierre de bois « provisoire » a été mise en place à sa place avec l’inscription : Real Plaza de Fernando VII. La populace de Séville déposa toutes les autorités existantes, en élut d’autres à leur place à toutes les charges qui avaient existé sous l’ancien régime, et demanda ensuite à ces autorités de rétablir l’Inquisition. D’Aranjuez à Madrid, la voiture de Ferdinand était tirée par le peuple. Lorsque le roi descendit, la foule le prit dans ses bras, le montra triomphalement à l’immense assemblée réunie devant le palais, et dans leurs bras le conduisit dans ses appartements. Le mot Liberté apparaissait en grosses lettres de bronze au-dessus de l’entrée de la salle des Cortes à Madrid ; la populace s’y précipita pour l’enlever ; ils dressèrent des échelles, expulsèrent lettre par lettre de la pierre, et comme chacun était jeté dans la rue, les spectateurs renouvelaient leurs cris d’exultation.Ils rassemblèrent autant de journaux des Cortès et des journaux et pamphlets des libéraux que possible, formèrent une procession dans laquelle les fraternités religieuses et le clergé, régulier et séculier, prenaient la tête, entassé ces journaux en l’une des places publiques, et les y sacrifia comme un autodafé politique, après quoi la grand-messe fut célébrée et le Te Deum chanté en remerciement de leur triomphe. Plus important peut-être — puisque ces démonstrations éhontées de la foule de la ville, en partie payées pour leurs performances, et comme les Lazzaroni de Naples, préférant la domination gratuite des rois et des moines au régime sobre des classes moyennes — est le fait que le deuxième général les élections aboutirent à une victoire décisive des Serviles ; les Cortès Constituantes étant remplacées par les Cortès ordinaires le 20 septembre 1813,qui transférèrent leurs séances de Cadix à Madrid le 15 janvier 1814.

Nous avons montré dans des articles antérieurs comment le parti révolutionnaire lui-même avait participé à réveiller et à fortifier les vieux préjugés populaires, en vue d’en faire autant d’armes contre Napoléon. On a vu alors comment la Junte centrale, à la seule époque où les changements sociaux devaient se conjuguer avec des mesures de défense nationale, faisait tout ce qui était en son pouvoir pour les empêcher et réprimer les aspirations révolutionnaires des provinces. Les cortès de Cadix, au contraire, coupées, pendant la plus grande partie de leur existence, de tout lien avec l’Espagne, ne purent même faire connaître leur constitution et leurs décrets organiques qu’au moment où les armées françaises se retirèrent. Les Cortes sont arrivées, pour ainsi dire, post factum. Ils trouvèrent la société fatiguée, épuisée, souffrante ; le produit nécessaire d’une guerre si prolongée, entièrement menée sur le sol espagnol ; une guerre dans laquelle les armées, étant toujours en mouvement, le gouvernement d’aujourd’hui était rarement celui de demain, tandis que l’effusion de sang n’a pas cessé un seul jour pendant près de six ans sur toute la surface de l’Espagne, de Cadix à Pampelune, et de Grenade à Salamanque. Il ne fallait pas s’attendre à ce qu’une telle société fût très sensible aux beautés abstraites d’une constitution politique quelconque. Néanmoins, lorsque la Constitution fut proclamée pour la première fois à Madrid, et les autres provinces évacuées par les Français, elle fut accueillie avec « une joie exultante », les masses s’attendant généralement à une disparition soudaine de leurs souffrances sociales d’un simple changement de gouvernement.Lorsqu’ils découvrirent que la Constitution ne possédait pas de pouvoirs aussi miraculeux, les attentes très tendues qui l’avaient accueillie se transformèrent en déception, et avec ces peuples passionnés du Sud, il n’y a qu’un pas de la déception à la haine.

Il y eut des circonstances particulières qui contribuèrent principalement à éloigner les sympathies populaires du régime constitutionnel. Les Cortès avaient publié les décrets les plus sévères contre les Afrancesados ou les Joséphites. Les Cortès furent en partie poussées à ces décrets par la clameur vindicative de la populace et des réactionnaires, qui se tournèrent aussitôt contre les Cortès dès que les décrets qu’ils leur avaient arrachés furent mis à exécution. Plus de 10 000 familles se sont ainsi exilées. Beaucoup de petits tyrans se déchaînent sur les provinces évacuées par les Français, établissent leur autorité proconsulaire, et commencent par des enquêtes, des poursuites, des prisons, des procédures inquisitoriales contre ceux qui sont compromis par l’adhésion aux Français, en leur faisant accepter des offices, achètent des biens nationaux. d’eux, etc. La Régence, au lieu de chercher à opérer le passage du régime français au régime national d’une manière conciliante et discrète, fit tout son possible pour aggraver les maux et exaspérer les passions, inséparables de tels changements de domination.Mais pourquoi l’ont-ils fait ? Afin de pouvoir demander aux Cortès une suspension de la Constitution de 1812 qui, leur disaient-ils, fonctionnait de manière très offensive. Qu’on le remarque,En passant, que toutes les régences, ces autorités exécutives suprêmes nommées par les cortès, étaient régulièrement composées des ennemis les plus décidés des cortès et de leur constitution. Ce fait curieux s’explique simplement par le fait que les Américains s’allient toujours avec les Serviles dans la nomination du pouvoir exécutif, dont ils jugeaient l’affaiblissement nécessaire pour obtenir l’indépendance américaine de la mère patrie, puisqu’ils étaient sûrs qu’un exécutif simplement en désaccord avec les Cortès souveraines s’avérerait insuffisante. L’introduction par les Cortes d’un impôt direct unique sur la location des terres, ainsi que sur les produits industriels et commerciaux, excita aussi un grand mécontentement parmi le peuple, et plus encore les décrets absurdes interdisant la circulation de toutes les espèces espagnoles inventées par Joseph. Bonaparte,et ordonnant à ses possesseurs de l’échanger contre de la monnaie nationale, interdisant en même temps la circulation de la monnaie française, et proclamant un tarif auquel elle devait être échangée à la monnaie nationale. Ce tarif étant très différent de celui proclamé par les Français en 1808, pour la valeur relative des monnaies françaises et espagnoles, de nombreux particuliers ont subi de lourdes pertes. Cette mesure absurde a également contribué à faire monter le prix des produits de première nécessité, déjà largement au-dessus des tarifs moyens.de nombreux particuliers ont été impliqués dans de grandes pertes. Cette mesure absurde a également contribué à faire monter le prix des produits de première nécessité, déjà largement au-dessus des tarifs moyens.de nombreux particuliers ont été impliqués dans de grandes pertes. Cette mesure absurde a également contribué à faire monter le prix des produits de première nécessité, déjà largement au-dessus des tarifs moyens.

Les classes les plus intéressées par le renversement de la Constitution de 1812 et la restauration de l’ancien régime — les grands, le clergé, les frères et les avocats — ne manquèrent pas d’exciter au plus haut point le mécontentement populaire créé par les circonstances malheureuses qui avait marqué l’introduction sur le sol espagnol du régime constitutionnel. D’où la victoire des Serviles aux élections générales de 1813.

Ce n’est que de la part de l’armée que le roi pouvait appréhender une résistance sérieuse, mais le général Elio et ses officiers, rompant le serment qu’ils avaient prêté à la Constitution, proclamèrent Ferdinand VII à Valence, sans parler de la Constitution. Elío fut bientôt suivi par les autres chefs militaires.

Dans son décret du 4 mai 1814 par lequel Ferdinand VII dissout les Cortes de Madrid et annule la Constitution de 1812, il proclame en même temps sa haine du despotisme, promet de convoquer les Cortes sous les anciennes formes juridiques, d’établir une liberté rationnelle de la presse, etc. Il racheta son gage de la seule manière que méritait l’accueil qu’il avait reçu de la part du peuple espagnol : en abrogeant tous les actes émanant des Cortès, en remettant tout sur son ancienne base, en rétablissant la Sainte Inquisition en rappelant les jésuites bannis par son grand-père, en renvoyant les membres les plus éminents des juntes, les cortès et leurs adhérents aux galères, aux prisons africaines, ou à l’exil ; et, enfin, en faisant fusiller les plus illustres chefs de guérilla, Porlier et de Lacy.

VIII. La Révolution de 1820

Au cours de l’année 1819, une armée expéditionnaire se rassembla dans les environs de Cadix dans le but de reconquérir les colonies américaines révoltées. Enrique O’Donnell, comte La Bisbal, l’oncle de Leopoldo O’Donnell, l’actuel ministre espagnol, fut chargé du commandement. Les anciennes expéditions contre l’Amérique espagnole, ayant englouti 14 000 hommes depuis 1814, et menées de la manière la plus dégoûtante et la plus imprudente, étaient devenues des plus odieuses à l’armée, et étaient généralement considérées comme un moyen malveillant de se débarrasser des régiments mécontents. Plusieurs officiers, parmi eux Quiroga, López Baños, San Miguel (l’actuel espagnol La Fayette), O’Daly et Arco Agüero, déterminés à apaiser le mécontentement des soldats, à secouer le joug et à proclamer la Constitution de 1812 La Bisbal, lorsqu’elle est initiée à l’intrigue,promis de se mettre à la tête du mouvement. Les chefs de la conspiration, avec lui, fixèrent au 9 juillet 1819 le jour où devait avoir lieu une revue générale des troupes expéditionnaires, au milieu de laquelle devait être porté le grand coup. A l’heure de la revue, La Bisbal parut, en effet, mais au lieu de tenir parole, ordonna de désarmer les régiments conjurés, envoya Quiroga et les autres chefs en prison, et dépêcha un courrier à Madrid, se vantant d’avoir empêché le plus alarmant des catastrophes. Il fut récompensé par des promotions et des décorations, mais la cour, ayant obtenu des renseignements plus précis, le priva ensuite de son commandement et lui ordonna de se retirer dans la capitale. C’est le même La Bisbal qui, en 1814, lors du retour du Roi en Espagne,a envoyé un officier de son état-major avec deux lettres à Ferdinand. Une trop grande distance de l’endroit le rendant impossible pour lui d’observer les mouvements du roi, et de régler sa conduite d’après celle du monarque — dans une lettre La Bisbal a fait un éloge pompeux de la constitution de 1812, en supposant que le King prêterait serment de le soutenir. Dans l’autre, au contraire, il présenta le système constitutionnel comme un projet d’anarchie et de confusion, félicita Ferdinand de l’avoir exterminé, et s’offrit avec son armée pour s’opposer aux rebelles, aux démagogues et aux ennemis du trône et de l’autel. L’officier délivra cette seconde dépêche, qui fut cordialement reçue par le Bourbon.et régler sa conduite d’après celle du monarque — dans une lettre, La Bisbal faisait un éloge pompeux de la constitution de 1812, en supposant que le roi prêterait serment de la soutenir. Dans l’autre, au contraire, il présenta le système constitutionnel comme un projet d’anarchie et de confusion, félicita Ferdinand de l’avoir exterminé, et s’offrit avec son armée pour s’opposer aux rebelles, aux démagogues et aux ennemis du trône et de l’autel. L’officier délivra cette seconde dépêche, qui fut cordialement reçue par le Bourbon.et régler sa conduite d’après celle du monarque — dans une lettre, La Bisbal faisait un éloge pompeux de la constitution de 1812, en supposant que le roi prêterait serment de la soutenir. Dans l’autre, au contraire, il présenta le système constitutionnel comme un projet d’anarchie et de confusion, félicita Ferdinand de l’avoir exterminé, et s’offrit avec son armée pour s’opposer aux rebelles, aux démagogues et aux ennemis du trône et de l’autel. L’officier délivra cette seconde dépêche, qui fut cordialement reçue par le Bourbon.il présenta le système constitutionnel comme un projet d’anarchie et de confusion, félicita Ferdinand de l’avoir exterminé, et s’offrit avec son armée pour s’opposer aux rebelles, aux démagogues et aux ennemis du trône et de l’autel. L’officier délivra cette seconde dépêche, qui fut cordialement reçue par le Bourbon.il présenta le système constitutionnel comme un projet d’anarchie et de confusion, félicita Ferdinand de l’avoir exterminé, et s’offrit avec son armée pour s’opposer aux rebelles, aux démagogues et aux ennemis du trône et de l’autel. L’officier délivra cette seconde dépêche, qui fut cordialement reçue par le Bourbon.

Malgré les symptômes de rébellion qui s’étaient manifestés dans l’armée expéditionnaire, le gouvernement de Madrid, à la tête duquel était placé le duc de San Fernando, alors ministre des Affaires étrangères et président du cabinet, persista dans un état d’apathie et d’inactivité inexplicables, et n’a rien fait pour accélérer l’expédition, ou pour disperser l’armée dans différentes villes portuaires. Entre-temps, un mouvement simultané fut convenu entre Don Rafael de Riego, commandant le deuxième bataillon des Asturies, alors stationné à Las Cabezas de San Juan, et Quiroga, San Miguel et d’autres chefs militaires de l’île de Leon, qui avaient réussi à obtenir hors de prison. La position de Riego était de loin la plus difficile. La commune de Las Cabezas était au centre de trois des quartiers généraux de l’armée expéditionnaire, celui de la cavalerie à Utrera,la deuxième division d’infanterie à Lebrija, et un bataillon de guides à Arcos, où le commandant en chef et l’état-major étaient établis. Il réussit néanmoins, le 1er janvier 1820, à surprendre et à capturer le commandant et l’état-major, bien que le bataillon cantonné à Arcos fût le double de celui des Asturies. Le même jour, il proclame dans cette même commune la Constitution de 1812, élit unalcade , et, non content d’avoir exécuté la tâche qui lui était dévolue, séduisit les guides à sa cause, surprit le bataillon d’Aragon couché à Bornos, marcha de Bornos sur Jerez et de Jerez sur Port Sainte-Marie, proclamant partout la Constitution , jusqu’à ce qu’il atteignit l’île de Léon, le 7 janvier, où il déposa les prisonniers militaires qu’il avait faits dans le fort de St. Petri. Contrairement à leur accord antérieur, Quiroga et ses partisans ne s’étaient pas emparés par un coup de main du pont de Suazo, puis de l’Isla de Leon, mais restèrent tranquilles jusqu’au 2 janvier, après qu’Oltra, le messager de Riego, eut transmis à les renseignements officiels de la surprise d’Arcos et de la capture de l’état-major.

Les forces entières de l’armée révolutionnaire, dont le commandement suprême était donné à Quiroga, ne dépassaient pas cinq mille hommes, et leurs attaques contre les portes de Cadix ayant été repoussées, ils étaient eux-mêmes enfermés dans l’île de Léon.

« Notre situation, dit San Miguel, était extraordinaire ; la révolution, stationnaire vingt-cinq jours sans perdre ni gagner un pouce de terrain, présenta un des phénomènes les plus singuliers de la politique.

Les provinces semblaient secouées dans un sommeil léthargique. Pendant tout le mois de janvier, au bout duquel Riego, craignant que la flamme de la révolution pût s’éteindre dans l’île de Léon, forma, contre les conseils de Quiroga et des autres chefs, une colonne mobile de 1.500 hommes, et marcha sur une partie de l’Andalousie, en présence et poursuivie par une force dix fois plus forte que la sienne, proclamant la Constitution à Algésiras, Ronda, Malaga, Cordoue, etc., partout reçue amicalement par les habitants, mais ne provoquant nulle part une grave prononciation. Cependant ses poursuivants, consumant un mois entier en marches et contre-marches infructueuses, semblaient ne désirer que d’éviter, autant que possible, de se rapprocher de sa petite armée. La conduite des troupes gouvernementales était tout à fait inexplicable. l’expédition de Riego,qui commença le 27 janvier 1820, se termina le 11 mars, il fut alors contraint de licencier les quelques hommes qui le suivaient encore. Son petit corps ne se dispersa pas par une bataille décisive, mais disparut de la fatigue, des continuelles petites rencontres avec l’ennemi, de la maladie et de la désertion. Pendant ce temps, la situation des insurgés dans l’Isla n’était nullement prometteuse. Ils continuèrent à être bloqués par mer et par terre, et dans la ville de Cadix toute déclaration en faveur de leur cause fut supprimée par la garnison. Comment se fait-il donc que, Riego ayant licencié dans la Sierra Morena les troupes constitutionnelles le 11 mars, Ferdinand VII ait été contraint de prêter serment à la Constitution, à Madrid, le 9 mars, de sorte que Riego a vraiment gagné son fin juste deux jours avant qu’il ne désespère enfin de sa cause ?congédié le 11 mars, il est alors contraint de licencier les quelques hommes qui le suivaient encore. Son petit corps ne se dispersa pas par une bataille décisive, mais disparut de la fatigue, des continuelles petites rencontres avec l’ennemi, de la maladie et de la désertion. Pendant ce temps, la situation des insurgés dans l’Isla n’était nullement prometteuse. Ils continuèrent à être bloqués par mer et par terre, et dans la ville de Cadix toute déclaration en faveur de leur cause fut supprimée par la garnison. Comment se fait-il donc que, Riego ayant licencié dans la Sierra Morena les troupes constitutionnelles le 11 mars, Ferdinand VII ait été contraint de prêter serment à la Constitution, à Madrid, le 9 mars, de sorte que Riego a vraiment gagné son fin juste deux jours avant qu’il ne désespère enfin de sa cause ?congédié le 11 mars, il est alors contraint de licencier les quelques hommes qui le suivaient encore. Son petit corps ne se dispersa pas par une bataille décisive, mais disparut de la fatigue, des continuelles petites rencontres avec l’ennemi, de la maladie et de la désertion. Pendant ce temps, la situation des insurgés dans l’Isla n’était nullement prometteuse. Ils continuèrent à être bloqués par mer et par terre, et dans la ville de Cadix toute déclaration en faveur de leur cause fut supprimée par la garnison. Comment se fait-il donc que, Riego ayant licencié dans la Sierra Morena les troupes constitutionnelles le 11 mars, Ferdinand VII ait été contraint de prêter serment à la Constitution, à Madrid, le 9 mars, de sorte que Riego a vraiment gagné son fin juste deux jours avant qu’il ne désespère enfin de sa cause ?il étant alors contraint de licencier les quelques hommes qui le suivaient encore. Son petit corps ne se dispersa pas par une bataille décisive, mais disparut de la fatigue, des continuelles petites rencontres avec l’ennemi, de la maladie et de la désertion. Pendant ce temps, la situation des insurgés dans l’Isla n’était nullement prometteuse. Ils continuèrent à être bloqués par mer et par terre, et dans la ville de Cadix toute déclaration en faveur de leur cause fut supprimée par la garnison. Comment se fait-il donc que, Riego ayant licencié dans la Sierra Morena les troupes constitutionnelles le 11 mars, Ferdinand VII ait été contraint de prêter serment à la Constitution, à Madrid, le 9 mars, de sorte que Riego a vraiment gagné son fin juste deux jours avant qu’il ne désespère enfin de sa cause ?il étant alors contraint de licencier les quelques hommes qui le suivaient encore. Son petit corps ne se dispersa pas par une bataille décisive, mais disparut de la fatigue, des continuelles petites rencontres avec l’ennemi, de la maladie et de la désertion. Pendant ce temps, la situation des insurgés dans l’Isla n’était nullement prometteuse. Ils continuèrent à être bloqués par mer et par terre, et dans la ville de Cadix toute déclaration en faveur de leur cause fut supprimée par la garnison. Comment se fait-il donc que, Riego ayant licencié dans la Sierra Morena les troupes constitutionnelles le 11 mars, Ferdinand VII ait été contraint de prêter serment à la Constitution, à Madrid, le 9 mars, de sorte que Riego a vraiment gagné son fin juste deux jours avant qu’il ne désespère enfin de sa cause ?mais disparu de la fatigue, des continuelles petites rencontres avec l’ennemi, de la maladie et de la désertion. Pendant ce temps, la situation des insurgés dans l’Isla n’était nullement prometteuse. Ils continuèrent à être bloqués par mer et par terre, et dans la ville de Cadix toute déclaration en faveur de leur cause fut supprimée par la garnison. Comment se fait-il donc que, Riego ayant licencié dans la Sierra Morena les troupes constitutionnelles le 11 mars, Ferdinand VII ait été contraint de prêter serment à la Constitution, à Madrid, le 9 mars, de sorte que Riego a vraiment gagné son fin juste deux jours avant qu’il ne désespère enfin de sa cause ?mais disparu de la fatigue, des continuelles petites rencontres avec l’ennemi, de la maladie et de la désertion. Pendant ce temps, la situation des insurgés dans l’Isla n’était nullement prometteuse. Ils continuèrent à être bloqués par mer et par terre, et dans la ville de Cadix toute déclaration en faveur de leur cause fut supprimée par la garnison. Comment se fait-il donc que, Riego ayant licencié dans la Sierra Morena les troupes constitutionnelles le 11 mars, Ferdinand VII ait été contraint de prêter serment à la Constitution, à Madrid, le 9 mars, de sorte que Riego a vraiment gagné son fin juste deux jours avant qu’il ne désespère enfin de sa cause ?Ils continuèrent à être bloqués par mer et par terre, et dans la ville de Cadix toute déclaration en faveur de leur cause fut supprimée par la garnison. Comment se fait-il donc que, Riego ayant licencié dans la Sierra Morena les troupes constitutionnelles le 11 mars, Ferdinand VII ait été contraint de prêter serment à la Constitution, à Madrid, le 9 mars, de sorte que Riego a vraiment gagné son fin juste deux jours avant qu’il ne désespère enfin de sa cause ?Ils continuèrent à être bloqués par mer et par terre, et dans la ville de Cadix toute déclaration en faveur de leur cause fut supprimée par la garnison. Comment se fait-il donc que, Riego ayant licencié dans la Sierra Morena les troupes constitutionnelles le 11 mars, Ferdinand VII ait été contraint de prêter serment à la Constitution, à Madrid, le 9 mars, de sorte que Riego a vraiment gagné son fin juste deux jours avant qu’il ne désespère enfin de sa cause ?pour que Riego ait vraiment atteint sa fin deux jours seulement avant qu’il ne désespère enfin de sa cause ?pour que Riego ait vraiment atteint sa fin deux jours seulement avant qu’il ne désespère enfin de sa cause ?

La marche de la colonne de Riego avait de nouveau rivé l’attention générale ; les provinces étaient toutes attendues et surveillaient avec avidité chaque mouvement. Les esprits, frappés par la hardiesse de la sortie de Riego, la rapidité de sa marche, ses vigoureuses repousses de l’ennemi, s’imaginaient des triomphes jamais remportés, des agrégations et des renforts jamais obtenus. Lorsque les nouvelles de l’entreprise de Riego ont atteint les provinces les plus éloignées, elles ont été amplifiées dans une large mesure, et les plus éloignés de l’endroit ont été les premiers à se déclarer pour la Constitution de 1812. L’Espagne était tellement mûre pour une révolution, que même de fausses nouvelles suffisaient à le produire. De même, ce sont de fausses nouvelles qui ont produit l’ouragan de 1848.

En Galice, Valence, Saragosse, Barcelone et Pampelune, des insurrections successives éclatent. Enrique O’Donnell, alias le comte La Bisbal, sommé par le roi de s’opposer à l’expédition de Riego, offrit non seulement de prendre les armes contre lui, mais d’anéantir sa petite armée et de s’emparer de sa personne. Il ne demandait que le commandement des troupes cantonnées dans la province de la Manche et de l’argent pour ses besoins personnels. Le roi lui-même lui donna une bourse d’or et les ordres nécessaires pour les troupes de la Manche. Mais à son arrivée à Ocaña, La Bisbal se mit à la tête des troupes et proclama la Constitution de 1812. La nouvelle de cette défection réveilla l’esprit public de Madrid où la révolution éclata aussitôt à la nouvelle de cet événement. Le gouvernement commença alors à négocier avec la révolution. Dans un décret,en date du 6 mars, le Roi a proposé de convoquer leanciennes Cortes, réunies en Estamentos (Estates), un décret ne convenant à aucun parti, ni celui de l’ancienne monarchie ni celui de la révolution. A son retour de France, il avait tenu la même promesse et n’avait pas racheté sa promesse. Dans la nuit du 7, des manifestations révolutionnaires ayant eu lieu à Madrid, la Gaceta du 8 publia un décret par lequel Ferdinand VII promettait de prêter serment à la Constitution de 1812.

" Que nous tous, " dit-il dans ce décret, " et moi-même d’abord, entrons équitablement dans le chemin de la Constitution. "

Le peuple ayant pris possession du palais le 9, il ne se sauva qu’en rétablissant l’ Ayuntamiento de Madrid de 1814, devant lequel il jura la Constitution. Lui, de son côté, n’aimait pas les faux serments, ayant toujours à portée de main un confesseur prêt à lui accorder la rémission complète de tous les péchés possibles. Simultanément, une junte consultative fut constituée, dont le premier décret libéra les prisonniers politiques et rappela les réfugiés politiques. Les prisons, maintenant ouvertes, envoyèrent le premier ministère constitutionnel au palais royal. Castro, Herreros et A. Argüelles — qui formèrent le premier ministère — furent martyrs de 1814 et députés de 1812.

La véritable source de l’enthousiasme qui s’était manifesté à l’avènement de Ferdinand au trône, était la joie de la destitution de Charles IV, son père. Et ainsi la source de l’exultation générale à la proclamation de la Constitution de 1812, fut la joie de la destitution de Ferdinand VII. Quant à la Constitution elle-même, nous savons qu’une fois achevée, il n’y avait plus de territoires pour la proclamer. Pour la majorité du peuple espagnol, c’était comme le dieu inconnu adoré par les anciens Athéniens.

De nos jours, des écrivains anglais ont affirmé, avec une allusion expresse à la révolution espagnole actuelle, d’une part que le mouvement de 1820 n’était qu’une conspiration militaire, et d’autre part qu’il n’était qu’une intrigue russe. Les deux affirmations sont également ridicules. Quant à l’insurrection militaire, nous avons vu que, malgré son échec, la révolution était victorieuse ; et, d’ailleurs, l’énigme à résoudre ne serait pas une conspiration de cinq mille soldats, mais la sanction de cette conspiration par une armée de 35 mille hommes et par une nation très loyale de douze millions. Que la révolution ait d’abord agi dans les rangs de l’armée s’explique aisément par le fait que, de tous les corps de la monarchie espagnole, l’armée fut la seule profondément transformée et révolutionnée pendant la guerre d’indépendance. Quant à l’intrigue russe,il est indéniable que la Russie s’est mêlée aux affaires de la révolution espagnole ; que, de toutes les puissances européennes, la Russie a reconnu la première la Constitution de 1812, par le traité conclu à Veliki Luki, le 20 juillet 1812 ; qu’elle alluma d’abord la révolution de 1820, la dénonça d’abord à Ferdinand VII, alluma d’abord le flambeau de la contre-révolution sur plusieurs points de la Péninsule, d’abord protesta solennellement contre elle devant l’Europe, et enfin força la France à intervenir armée contre elle. M. de Tatischeff, l’ambassadeur de Russie, était certainement le personnage le plus en vue de la cour de Madrid, le chef invisible de la camarilla. Il avait réussi à introduire à la Cour Antonio Ugarte, misérable de bas rang, et à en faire le chef des frères et des valets de pied qui, dans leur conseil d’arrière-escalier,balançait le sceptre au nom de Ferdinand VII. Par Tatischeff, Ugarte a été nommé directeur général des expéditions contre l’Amérique du Sud, et par Ugarte le duc de San Fernando a été nommé ministre des Affaires étrangères et président du cabinet. Ugarte effectua de Russie l’achat de navires pourris, destinés à l’expédition sud-américaine, pour lesquels l’ordre de Saint-Arme lui fut décerné. Ugarte a empêché Ferdinand et son frère Don Carlos de se présenter à l’armée au premier moment de la crise. Il fut l’auteur mystérieux de l’apathie inexplicable du duc de San Fernando et des mesures qui amenèrent un libéral espagnol à dire à Paris en 1836 :et par Ugarte, le duc de San Fernando fut nommé ministre des Affaires étrangères et président du cabinet. Ugarte effectua de Russie l’achat de navires pourris, destinés à l’expédition sud-américaine, pour lesquels l’ordre de Saint-Arme lui fut décerné. Ugarte a empêché Ferdinand et son frère Don Carlos de se présenter à l’armée au premier moment de la crise. Il fut l’auteur mystérieux de l’apathie inexplicable du duc de San Fernando et des mesures qui amenèrent un libéral espagnol à dire à Paris en 1836 :et par Ugarte, le duc de San Fernando fut nommé ministre des Affaires étrangères et président du cabinet. Ugarte effectua de Russie l’achat de navires pourris, destinés à l’expédition sud-américaine, pour lesquels l’ordre de Saint-Arme lui fut décerné. Ugarte a empêché Ferdinand et son frère Don Carlos de se présenter à l’armée au premier moment de la crise. Il fut l’auteur mystérieux de l’apathie inexplicable du duc de San Fernando et des mesures qui amenèrent un libéral espagnol à dire à Paris en 1836 :Il fut l’auteur mystérieux de l’apathie inexplicable du duc de San Fernando et des mesures qui amenèrent un libéral espagnol à dire à Paris en 1836 :Il fut l’auteur mystérieux de l’apathie inexplicable du duc de San Fernando et des mesures qui amenèrent un libéral espagnol à dire à Paris en 1836 :

"On peut difficilement résister à la conviction que le gouvernement se rendait le moyen de renverser l’ordre de choses existant."

Si l’on ajoute le fait curieux que le président des États-Unis a loué la Russie dans son message pour qu’elle lui ait promis de ne pas laisser l’Espagne se mêler des colonies sud-américaines, il ne peut rester que peu de doute sur le rôle joué par la Russie dans le Révolution espagnole. Mais qu’est-ce que tout cela prouve ? Que la Russie a produit la révolution de 1820 ? En aucun cas, mais seulement qu’elle empêchait le gouvernement espagnol de lui résister. Que la révolution eût tôt ou tard renversé la monarchie absolue et monastique de Ferdinand VII est prouvé : 1° Par la série de conspirations qui depuis 1814 s’étaient succédées ; 2. Par le témoignage de M. de Martignac, commissaire de France qui accompagnait le duc d’Angoulême lors de la. Invasion légitimiste de l’Espagne ; 3. Par un témoignage à ne pas rejeter, celui de Ferdinand lui-même.

En 1814 Mina a prévu un soulèvement en Navarre, a donné le premier signal pour. résistance par un appel aux armes, entra dans la forteresse de Pampelune, mais se méfiant de ses propres partisans, s’enfuit en France. En 1815, le général Porlier, l’un des guérilleros les plus renommés de la guerre d’Indépendance, proclama la Constitution à La Corogne. Il a été décapité. En 1816, Richard avait l’intention de capturer le roi à Madrid. Il a été pendu. En 1817, Navarro, avocat, avec quatre de ses complices, expirait sur l’échafaud à Valence pour avoir proclamé la Constitution de 1812. La même année, l’intrépide général Lacy était fusillé à Majorque pour avoir commis le même crime. En 1818, le colonel Vidal, le capitaine Sola et d’autres, qui avaient proclamé la Constitution à Valence, furent vaincus et passés au fil de l’épée.La conspiration de l’Isla de Leon n’était alors que le dernier maillon d’une chaîne formée par les têtes ensanglantées de tant d’hommes vaillants de 1808 à 1814.

M. de Martignac qui, en 1832, peu avant sa mort, publia son ouvrage : L’Espagne et ses Révolutions, fait la déclaration suivante :

« Deux ans s’étaient écoulés depuis que Ferdinand VII avait repris son pouvoir absolu, et là continuaient encore les prescriptions, provenant d’une camarilla recrutée dans la lie des hommes. Tout l’appareil d’État était bouleversé ; il ne régnait que désordre, langueur et confusion — impôts très inégalement répartis — l’état des finances était abominable — il y avait des emprunts sans crédit, impossibilité de répondre aux besoins les plus urgents de l’État, une armée non payée, des magistrats s’indemnisant par la corruption , une administration corrompue et inactive, incapable d’améliorer quoi que ce soit, ni même de préserver quoi que ce soit. D’où le mécontentement général du peuple. Le nouveau régime constitutionnel fut accueilli avec enthousiasme par les grandes villes, les classes commerciales et industrielles, les professions libérales, l’armée et le prolétariat.Les moines s’y sont opposés et les gens de la campagne ont été stupéfaits. »

Telles sont les confessions d’un mourant qui a principalement contribué à renverser ce nouveau système. Ferdinand VII, dans ses décrets du 1er juin 1817, du 1er mars 1817, du 11 avril 1817, du 24 novembre 1819, etc., confirme littéralement les affirmations de M. de Martignac, et reprend ses lamentations en ces mots :

« Les misères qui résonnent aux oreilles de Notre Majesté, de la part du peuple plaintif, s’accablent les unes les autres.

Cela montre qu’aucun Tatischeff n’était nécessaire pour provoquer une révolution espagnole.

IX. L’orage qui approche

M. de Chateaubriand, dans son Congrès de Vérone , accuse la Révolution espagnole de 1820-23 de n’avoir été qu’une parodie servile de la première Révolution française, jouée sur la scène madrilène et en costumes castillans. Il oublie que les luttes des différents peuples émergeant de l’état féodal de la société, et se dirigeant vers la civilisation bourgeoise, ne peuvent être supposées différer que par la coloration particulière dérivée de la race, de la nationalité, de la langue, des coutumes de scène et des costumes. Sa censure nous rappelle la vieille folle qui soupçonnait fortement toutes les filles amoureuses d’imiter ses propres jours meilleurs.

Toute une bibliothèque a été écrite pour et contresur la Constitution de 1812, dont la proclamation, en 1820, donna lieu à une lutte de trois ans entre les préjugés et les intérêts de l’ancienne société et les besoins et aspirations de la nouvelle. La constitution de 1812 y avait fortement imprimé ce même cachet d’impraticabilité qui caractérise toutes les chartes originellement rédigées par les nations modernes à l’époque de leur régénération. A l’époque révolutionnaire, à laquelle ils doivent leur origine, ils sont impraticables, non à cause de tel ou tel paragraphe, mais simplement à cause de leur nature constitutionnelle. A l’époque constitutionnelle, ils sont déplacés, car imprégnés des délires généreux, inséparables de l’aube de la régénération sociale. La Constitution française de 1791, par exemple, à son époque considérée à juste titre comme réactionnaire,aurait été reconnu coupable de jacobinisme en 1830. Pourquoi ? En 1791, le pouvoir royal et les forces dominantes de l’ancienne société qu’il représentait n’avaient pas encore subi les transformations qui devaient leur permettre de se combiner et de s’opérer dans les éléments de la nouvelle société. Ce qu’il fallait alors, c’était une action révolutionnaire pour briser la résistance de l’ancienne société, et non une Constitution sanctionnant un compromis impossible avec elle. En 1830, au contraire, quand la monarchie limitée était devenue possible, il était généralement entendu qu’elle signifiait la domination de la bourgeoisie au lieu de l’émancipation du peuple. La Constitution de 1791 devait alors apparaître comme un anachronisme incendiaire. Le même argument vaut pour la Constitution espagnole de 1812,mais il y a encore cette distinction à faire entre la France en 1791 et l’Espagne en 1820, que la Constitution de 1791 ne prétendait arrêter, dans une marche révolutionnaire de deux ans, tandis que la Constitution de 1812 devait supplanter entièrement la révolution. Espagne, la veille d’unle despotisme oriental, devait être un jour plus tard - une démocratie avec un monarque à sa tête. De tels changements soudains appartiennent exclusivement à l’histoire espagnole. Ferdinand VII, rendu au pouvoir absolu, en 1823, comme en 1814, radia d’un trait de plume tout ce qui avait été fait dans l’interrègne révolutionnaire. Les révolutionnaires, de leur côté, agissaient de même. En 1854, le peuple espagnol a commencé avec Espartero, avec lequel il a pris fin en 1843. En 1814, la révolution a pris fin par le refus de Ferdinand de prêter serment à la Constitution de Cadix. En 1820, il a commencé par lui imposer le serment à cette même Constitution. Il rassembla les mêmes Cortès qu’il avait dissoutes deux ans auparavant, et fit des ministres les mêmes hommes qu’il avait bannis ou emprisonnés en 1814. Tous les partis en Espagne, avec la même obstination,arracher au livre de leur histoire nationale toutes ces feuilles qu’ils n’ont pas écrites eux-mêmes. D’où ces changements brusques, ces exactions monstrueuses, cette série interminable et ininterrompue de luttes. De là aussi cette persévérance indélébile qui peut être vaincue, mais ne peut jamais être découragée ou découragée.

Le premier ministère constitutionnel, dont le chef peut être considéré par don Augustin Arguelles, était, comme on l’a vu, formé des martyrs de 1814. Les martyrs sont, dans l’ensemble, des personnages politiques très dangereux, déflorés, pour ainsi dire, par la conscience de leurs échecs passés ; gonflés par des notions exagérées de leurs mérites passés ; enclins à s’attribuer les plus grandes capacités à cause de leur courage amorti ; enclins à déclarer l’ère de la révolution close avec leur arrivée au gouvernement ; du fait même de leur restauration susceptible de revêtir le caractère de légitimistes révolutionnaires ou de révolutionnaires légitimes ; trop jaloux des hommes nouveaux qu’ils s’étonnent de trouver leurs rivaux ; oscillant constamment entre la peur de la contre-révolution et l’appréhension de l’anarchie ;par la force même des circonstances induites à transiger avec les premiers, pour ne pas se laisser emporter par les seconds, ou voir renverser ce qu’ils appelaient les vraies limites du progrès. Tel était le ministère d’Arguelles. Pendant les quatre mois qui s’écoulèrent de sa formation jusqu’à la réunion des Cortès, toute autorité publique fut, en effet, suspendue. des juntes en province et dans la capitale, des clubs publics adossés à des sociétés secrètes, pour la première fois une presse populaire et débridée, des pétitions orageuses, des chants patriotiques, l’érection de monuments constitutionnels, des manifestations d’effervescence naturelle avec une nation sur le recouvrement de ses liberté, mais pourtant aucun acte de vengeance, aucun crime commis, et une magnanimité déployée qui n’était pas à attendre des natures méridionales habituées à s’abandonner à l’impétuosité de leurs passions.

Les Cortès ouvrirent enfin leur première session le 9 juillet 1820. Ils firent de Don José Espiga, archevêque de Séville, leur président. Ferdinand VII jura devant eux, comme il l’avait fait devant les Ayuntamientos, sur l’Évangile, d’observer la Constitution de Cadix.

"Si tôt", dit-il, "comme l’excès de souffrances imméritées a amené les souhaits longtemps réprimés du peuple à une expression distincte, je me suis empressé de suivre la voie qu’ils indiquaient, et j’ai professé le serment de fidélité à la Constitution des Cortès. de 1812. A partir de ce moment le roi et le peuple entrèrent dans leurs droits légitimes. Ma résolution était libre et volontaire .

Ferdinand VII, un lâche despotique, un tigre au cœur de lièvre, un homme aussi avide d’autorité qu’inapte à l’exercer, un prince prétendant au pouvoir absolu pour pouvoir y renoncer entre les mains de ses valets de pied, fier , cependant, d’une chose, à savoir, sa parfaite maîtrise de l’hypocrisie. Il avait une sorte de satisfaction à exagérer sa propre humiliation devant un ennemi victorieux, résolu, comme il l’était, à venger, au moment opportun, son objection par une perfidie plus étonnante encore. Prisonnier de Napoléon, il le remercia humblement du refuge qu’il lui avait offert et demanda la main d’une princesse de la famille Bonaparte. Lorsque Bonaparte négocia avec lui pour sa restauration sur le trône d’Espagne, il protesta, dans une lettre adulation, qu’il devrait être le plus méchant des mortels, et devenir un synonyme en Europe,s’il se montrait jamais ingrat envers son impérial bienfaiteur, en même temps qu’il écrivait une lettre secrète à la régence de Madrid, l’informant qu’une fois mis en liberté, son premier acte serait de trahir l’empereur des Français. Lorsque, le 9 juillet 1820, il jura de nouveau à la Constitution, déclarant que sa « résolution était libre et volontaire », le comte d’Espagne et M. Pons négociaient déjà en son nom, à Paris, avec le pavillon Marsan — à savoir ., le comte d’Artois (plus tard Charles X) et sa coterie — sur les moyens de subvertir cette même Constitution.déclarant que sa « résolution était libre et volontaire », le comte d’Espagne et M. Pons négociaient déjà en son nom, à Paris, avec le pavillon Marsan — c’est-à-dire le comte d’Artois (puis Charles X) et sa coterie — sur les moyens de subvertir cette même Constitution.déclarant que sa « résolution était libre et volontaire », le comte d’Espagne et M. Pons négociaient déjà en son nom, à Paris, avec le pavillon Marsan — c’est-à-dire le comte d’Artois (puis Charles X) et sa coterie — sur les moyens de subvertir cette même Constitution.

Il y eut des moments de sa vie politique, comme par exemple le décret du 30 septembre 1823, où il fit de fausses promesses de la manière la plus solennelle, sans autre but possible que le simple plaisir de les rompre. L’œuvre sérieuse de la contre-révolution, il s’engage entièrement auprès des partisans de l’ancien régime, se réservant d’encourager leurs efforts de toutes les manières possibles, mais avec la réserve mentale de les renier s’ils sont malheureux, et de les livrer tranquillement au ressentiment de leurs ennemis s’ils sont vaincus. Aucun mortel n’a jamais supporté les souffrances des autres avec une apathie plus stoïque. Pour sa part officielle, il se borna à montrer son dégoût de la Constitution en en jouant le fou. Une nuit, par exemple, il écrit au chef de cabinet une lettre dans laquelle il a nommé le général Contador ministre de la guerre. Les ministres, embarrassés de trouver un Contador dans la liste de l’armée, s’étonnent de découvrir enfin que Contador était l’ex-chef d’escadre, âgé de 84 ans, depuis longtemps invalide pour tout service. Les ministres, si insolemment moqués, donnèrent leur démission. Ferdinand,ayant réussi à composer la différence, propose de remplacer Contador par le général Martinez Rodriguez, aussi inconnu que son prédécesseur. De nouvelles recherches fâcheuses ayant eu lieu, il paraît que Martinez avait été dangereusement blessé à la tête à Badajoz, par l’explosion d’un baril de poudre, et n’avait jamais repris ses esprits depuis cet accident. Sorte de virtuose dans l’art de l’audace passive et de la lâcheté active, Ferdinand VII n’a jamais hésité à provoquer une catastrophe, résolu, comme il l’était, à être d’avance avec le danger.Sorte de virtuose dans l’art de l’audace passive et de la lâcheté active, Ferdinand VII n’a jamais hésité à provoquer une catastrophe, résolu, comme il l’était, à être d’avance avec le danger.Sorte de virtuose dans l’art de l’audace passive et de la lâcheté active, Ferdinand VII n’a jamais hésité à provoquer une catastrophe, résolu, comme il l’était, à être d’avance avec le danger.

La majorité des Cortes était composée de députés aux Cortes de Cadix, les auteurs de la Constitution et leurs adhérents, tandis que la minorité se composait d’hommes qui avaient conspiré pour rétablir la Constitution. La majorité considérait la proclamation de la Constitution comme le terme final de la révolution, tandis que la minorité la considérait comme son commencement ; les premiers s’étant emparés du gouvernement, tandis que les seconds s’efforçaient encore de s’en emparer ; un schisme entre les libéraux de 1812 et les libéraux de 1820, entre les Moderados et les Exaltados, devenait inévitable. Si l’influence des libéraux de 1812 était prépondérante dans les Cortès, les libéraux de 1820 étaient les plus forts dans les clubs, la presse et la rue. Si le premier disposait de l’Administration, le second s’en remettait à l’armée de l’Isla, qui,fort de quelques régiments qui n’avaient pas participé à la révolte militaire, était encore concentré en Andalousie, et placé sous le commandement suprême de Riego, Quiroga ayant été envoyé comme député aux Cortès. Afin de briser le bastion des Exaltados, le marquis de Las Amarillas, ministre de la Guerre, licencie l’armée de l’Isla, Riego ayant auparavant été retiré de ses troupes sous prétexte d’être installé comme capitaine général de Galice. A peine l’armée de l’Isla est-elle dissoute — le seul corps militaire d’Espagne qui mérite le nom d’armée — qu’on voit apparaître les premières Bandes de la Foi en Castille et dans le nord de l’Espagne.Afin de briser le bastion des Exaltados, le marquis de Las Amarillas, ministre de la Guerre, licencie l’armée de l’Isla, Riego ayant auparavant été retiré de ses troupes sous prétexte d’être installé comme capitaine général de Galice. A peine l’armée de l’Isla est-elle dissoute — le seul corps militaire d’Espagne qui mérite le nom d’armée — qu’on voit apparaître les premières Bandes de la Foi en Castille et dans le nord de l’Espagne.Afin de briser le bastion des Exaltados, le marquis de Las Amarillas, ministre de la Guerre, licencie l’armée de l’Isla, Riego ayant auparavant été retiré de ses troupes sous prétexte d’être installé comme capitaine général de Galice. A peine l’armée de l’Isla est-elle dissoute — le seul corps militaire d’Espagne qui mérite le nom d’armée — qu’on voit apparaître les premières Bandes de la Foi en Castille et dans le nord de l’Espagne.A peine l’armée de l’Isla est-elle dissoute — le seul corps militaire d’Espagne qui mérite le nom d’armée — qu’on voit apparaître les premières Bandes de la Foi en Castille et dans le nord de l’Espagne.A peine l’armée de l’Isla est-elle dissoute — le seul corps militaire d’Espagne qui mérite le nom d’armée — qu’on voit apparaître les premières Bandes de la Foi en Castille et dans le nord de l’Espagne.

Riego, secrètement convoqué par ses partisans, le 31 août parut tout à coup à Madrid, où il devint l’idole du peuple, qui le reçut avec des ovations turbulentes et avec un débordement d’enthousiasme, que le ministère considérait comme une calamité générale. Ils ont décidé de l’exiler à Oviedo - plusieurs autres officiers de l’Isla étant également bannis dans différents endroits. Bien que Riego n’ait pas résisté à cet acte arbitraire de proscription, les ministres, craignant une insurrection comme susceptible d’éclater à son départ nocturne de Madrid, appelèrent la garnison aux armes, occupèrent les principales places, remplirent les rues de Madrid d’artillerie, tandis que sur le lendemain, Arguelles proposa aux Cortès de prendre des mesures contre les assemblées populaires, ce qui fut chaleureusement soutenu par Toreno et Martinez de la Rosa. A partir de ce jour (7 sept.1820), est à dater la rupture ouverte entre les deux fractions libérales et la régression du mouvement révolutionnaire. Le même fanatisme de l’ordre, les mêmes plaintes d’agitation incessante, et la même impatience colérique à chaque symptôme d’effervescence populaire, dont l’Europe fut témoin pendant les premières semaines après la Révolution de 1848, possédaient maintenant à la fois l’aristocratie libérale et les rangs supérieurs de les classes moyennes de la Péninsule.possédait maintenant à la fois l’aristocratie libérale et les rangs supérieurs des classes moyennes de la Péninsule.possédait maintenant à la fois l’aristocratie libérale et les rangs supérieurs des classes moyennes de la Péninsule.

La première session des Cortès étant close le 9 novembre 1820, Ferdinand VII, qui s’était retiré à l’Escurial, avec Victor Sáez, son confesseur, jugea le moment opportun pour tâter le terrain. Malgré la Constitution, il nomma, par arrêté royal, sans contre-signature d’un ministre responsable, le général Carvajal capitaine général de la Nouvelle-Castille et commandant de Madrid, à la place du général Vigodet, qui, cependant, a refusé de céder sa place aux mains de Carvajal. Le ministère, se croyant perdu, en appelait maintenant au parti même qu’il avait commencé par persécuter. Ils s’adressèrent aux directeurs des clubs, et reçurent, de la manière la plus gracieuse, l’adresse violente de l’Ayuntamiento de Madrid, qui exigeait le retour du roi à Madrid. Une adresse similaire a été dressée par la Commission permanente,qui a représenté les Cortès pendant leur absence. La garnison et la milice furent mises sous les armes ; les séances des Clubs devinrent permanentes ; la populace éclata en menaces injurieuses contre le roi ; l’insurrection était ouvertement prêchée par les quotidiens, et une expédition massive à l’Escorial, pour chercher le roi, semblait imminente. Ployant sous l’orage, Ferdinand révoque son décret d’offensive, congédie son confesseur antilibéral et retourne, avec toute sa famille, à Madrid, où il arrive le 21 novembre 1820. Son entrée ressemble à celle de Louis XVI et de sa famille. , à leur retour forcé de Versailles à Paris le 6 octobre 1789.l’insurrection était ouvertement prêchée par les quotidiens, et une expédition massive à l’Escorial, pour chercher le roi, semblait imminente. Ployant sous l’orage, Ferdinand révoque son décret d’offensive, congédie son confesseur antilibéral et retourne, avec toute sa famille, à Madrid, où il arrive le 21 novembre 1820. Son entrée ressemble à celle de Louis XVI et de sa famille. , à leur retour forcé de Versailles à Paris le 6 octobre 1789.l’insurrection était ouvertement prêchée par les quotidiens, et une expédition massive à l’Escorial, pour chercher le roi, semblait imminente. Ployant sous l’orage, Ferdinand révoque son décret d’offensive, congédie son confesseur antilibéral et retourne, avec toute sa famille, à Madrid, où il arrive le 21 novembre 1820. Son entrée ressemble à celle de Louis XVI et de sa famille. , à leur retour forcé de Versailles à Paris le 6 octobre 1789.1789.1789.

Le ministère n’avait pas obtenu l’appui des libéraux de 1820 sans leur accorder une juste réparation, en écartant du ministère de la Guerre le marquis de las Amarillas, qui s’est ensuite déclaré ouvertement partisan zélé de la monarchie absolue, et en élevant les officiers de l’Isia à commandes séparées. Riego a été nommé capitaine général d’Aragon, Mina, capitaine général de Galice et Velasco, capitaine général d’Estrémadure. Le ministère des Martyrs, flottant irrésolument entre la peur de la réaction et l’alarme de l’anarchie, s’arrangea pour devenir également discrédité auprès de tous les partis. Quant à la famille royale, sa position - pour citer les mots d’un légitimiste assidu - « restait précaire, en raison du zèle indiscret des royalistes, qu’il devenait impossible de contrôler ».

A l’ouverture de la seconde session (1er mars 1821), le roi joua son rôle tout à fait sur le ton et avec les gestes d’un orateur de souche. Non content de réciter simplement le discours rédigé par son cabinet, il intrigua les ministres, en changeant leur texte dans un sens révolutionnaire, et en mettant plus de couleurs sur les passages les plus décisifs, comme celui relatif à l’invasion de Naples par l’Autriche. Un instant, ils crurent s’être convertis à lui, mais ils furent bientôt désabusés. Ferdinand termina son discours par une accusation fulminante contre ses propres ministres, qui l’avaient laissé exposer à des menaces et à des insultes, ce qui n’aurait pas eu lieu si le gouvernement avait déployé cette énergie et cette vigueur requises par la Constitution et souhaitées par le Cortés.

Le discours constitutionnel du roi n’était que le précurseur de la destitution du ministère, et la nomination d’un cabinet qui, au grand étonnement de la nation, ne contenait pas un seul individu attaché aux nouvelles institutions, ou qui n’avait figuré comme agent. du despotisme dans l’ancien gouvernement.

Le chef du nouveau cabinet, M. Félix, ancien sous-lieutenant dans un régiment de milice de Lima et député aux cortès de 1812 pour le Pérou, était, dès l’époque des cortès de Cadix, connu comme un intrigant vénal et subtil. Bardaji, le ministre des Affaires étrangères, était un ancien diplomate lié aux chefs des cabinets absolutistes, et Pelegrin, ancien membre du Conseil de Castille, se vantait d’être entièrement dévoué à la Sainte-Alliance. Le but avoué de ce ministère, qui ne pouvait même prétendre à aucune influence dans les Cortès, était « de rétablir l’ordre et de supprimer l’anarchie ». En conséquence, les Exaltados furent de nouveau retirés de leurs commandements, et toute l’influence fut donnée au parti servile ; les places les plus importantes étaient confiées à des hommes connus pour leur haine du système dominant,un voile était jeté sur toutes les conspirations royalistes qui avaient éclaté dans la Péninsule, et leurs auteurs, presque tous emprisonnés par le peuple, mis en liberté par le gouvernement. Le général Morillo, comte de Carthagène, venait d’arriver de Terra Firma, où il s’était rendu célèbre pour sa férocité, ses manières dictatoriales, son manque de probité et une guerre fratricide de six ans, qu’il mena avec un enthousiasme fanatique. A son retour, il séjourna quelques jours à Paris, où il se mêla aux intrigues du pavillon Marsan, les ultra journaux de Paris signalaient. lui comme l’homme qui devait rendre au roi ses anciens droits et détruire l’influence des Cortès. A son arrivée à Madrid, le ministère lui prodiguait les plus fortes expressions de déférence et de respect,et le nomma Commandeur de la Ville et de la Province de Madrid. C’était apparemment cette nomination qu’attendait le parti servile pour exécuter un coup d’État. Le brigadier Don José Martinez San Martin, homme à l’énergie inflexible et aux fortes opinions légitimistes, s’est joint à Morillo en qualité deJefe Politicode la capitale. Alors que Madrid semblait intimidée par la terreur du nom de Morillo, la Catalogne et la Galice sont devenues le théâtre de compétitions passionnées. Cadix, Séville et Badajoz ont éclaté en révolte ouverte, ont refusé d’admettre les officiers du gouvernement et ont refusé de reconnaître les ordres royaux à moins que le ministère ne soit révoqué. Dans un message daté du 25 novembre 1821, le roi somma les Cortès de mettre fin à ces désordres. Les Cortes, dans leur réponse, rédigée par don José Maria Calatrava, blâmèrent la conduite de Cadix et de Séville, mais insistèrent sur la destitution du ministère, qui avait perdu la confiance du pays, et « la force morale de poursuivre le gouvernement. . " Malgré ce vote de méfiance, Ferdinand ne jugea bon de nommer un autre ministère que quarante-huit heures avant l’ouverture des nouvelles Cortès le 1er mars 1822.

Les élections aux nouvelles Cortès ayant eu lieu au moment où les passions populaires étaient exagérées par la conduite contre-révolutionnaire du gouvernement, par la nouvelle de l’intervention armée de l’Autriche pour supprimer la Constitution espagnole proclamée à Naples, et par les expéditions de pillage des Bandes de la Foi en différents points de la Péninsule, les Libéraux de 1820, alors appelés Exaltados, avaient, bien entendu, une large majorité. « La grande majorité de la nouvelle législature », dit un Moderado, « n’étant en possession de rien, n’avait rien à perdre. Ils appartenaient presque exclusivement aux rangs plébéiens de la bourgeoisie et de l’armée. La différence entre eux et leurs prédécesseurs se comprend par le seul fait que, alors que ces derniers avaient nommé l’archevêque de Séville comme leur président, ils, de leur côté,a appelé au fauteuil présidentiel le héros de Las Cabezas — Don Rafael del Riego.

Le nouveau ministère, composé d’anciens députés aux Cortes de 1820, fut formé par Martinez de la Rosa, qui accepta le ministère des Affaires étrangères. Martinez de la Rosa — qui a depuis joué un rôle important sous le règne de l’innocente Isabelle ; ancien député aux éphémères Cortes de Madrid de 1814 ; persécuté pendant la période de réaction ; un Moderado par excellence.,l’un des poètes et prosateurs espagnols les plus élégants - s’est avéré à toutes les époques un vrai partisan de l’école doctrinaire des Guizot, dont la modération consiste en leur idée fixe que les concessions à la masse de l’humanité ne peuvent jamais être d’une trop modérée personnage. Ils se réjouissent de l’érection d’une aristocratie libérale et du règne suprême de la bourgeoisie, mêlés au plus grand nombre possible d’abus et de traditions de l’ancien régime. Martinez de la Rosa — accablé de politesse, courtisé et flatté par les ambassadeurs de France successifs à Madrid - le prince Laval de Montmorency et le comte Lagarde - entendait modifier la Constitution de 1812, en instituant une Chambre des pairs - donnant au roi un pouvoir absolu veto, introduisant une qualification de propriété pour la Chambre basse et imposant des restrictions à la presse.De 1834 à 1836, cet incorrigible doctrinaire eut le plaisir d’assister à l’introduction et à la chute de la Constitution avortée qu’il avait concoctée en 1822. Les diplomates français lui firent comprendre que la Cour des Tuileries approuverait des institutions semblables à celles qui existaient alors en France, tandis qu’il se flattait que le roi ne serait pas opposé à une charte qui avait permis à Louis XVIII de faire ce qu’il voulait. , à envoyer directement du palais à l’échafaud.Les diplomates français lui firent comprendre que la cour des Tuileries approuverait des institutions semblables à celles qui existaient alors en France, tandis qu’il se flattait que le roi ne s’opposerait pas à une charte qui aurait permis à Louis XVIII de faire ce qu’il voulait. > Le roi, de son côté, cajolait l’orgueilleux Moderado, qu’il avait l’intention, comme on l’a prouvé plus tard, d’envoyer directement du palais à l’échafaud.Les diplomates français lui firent comprendre que la cour des Tuileries approuverait des institutions semblables à celles qui existaient alors en France, tandis qu’il se flattait que le roi ne s’opposerait pas à une charte qui aurait permis à Louis XVIII de faire ce qu’il voulait. > Le roi, de son côté, cajolait l’orgueilleux Moderado, qu’il avait l’intention, comme on l’a prouvé plus tard, d’envoyer directement du palais à l’échafaud.

D’après le plan concocté entre la Camarilla et le ministère, il fallait faire un clin d’œil à toutes les conspirations, et laisser régner la confusion, afin, ensuite, avec l’aide de la France, d’introduire l’ordre et de donner à la nation un régime modéré. Charte, capable de perpétuer le pouvoir et l’influence de ses promoteurs originels, et de gagner les classes privilégiées au nouveau système. Par conséquent, en opposition aux sociétés secrètes des libéraux, une société secrète fut fondée sur des principes modérés, la Société de l’Anillo, dont les membres devaient agir conjointement avec le ministère. L’argent était abondamment éparpillé parmi les Royal Life Guards, mais ces distributions étant dénoncées au ministère par des membres de la police municipale, ils les ridiculisaient, traitant l’information comme un symptôme de radicalisme et de républicanisme.Le régiment des cuirassiers royaux, cantonné en Andalousie, fut complètement séduit ; des bruits alarmants se répandirent dans les différentes provinces où furent envoyés, comme chefs politiques, des membres de la Société de l’Anillo. En même temps, les tribunaux recevaient des instructions secrètes pour traiter avec une grande indulgence toutes les conspirations qui pourraient relever de leurs pouvoirs judiciaires. Le but de ces démarches était d’exciter une explosion à Madrid, qui devait coïncider avec une autre à Valence. Le général Elio, traître de 1814, alors prisonnier dans cette ville, devait se mettre à la tête de la contre-révolution dans la partie orientale de l’Espagne, la garnison de Valence étant composée d’un seul régiment, très attaché à Elio , et hostile, par conséquent, au système constitutionnel. Le Député Bertrán de Lys, à l’Assemblée des Cortes,supplia les ministres de retirer ce corps de soldats de Valence, et quand ils restèrent inflexibles, apporta une motion de destitution. Le jour fixé pour l’explosion était le dernier jour de mai (1822), la fête de saint Ferdinand. La Cour était alors à Aranjuez. Au signal donné, les gardes se sont précipités dans les rues et, soutenus par la foule d’Aranjuez, se sont rassemblés devant le palais en criant : « Vive notre monarque absolu ! A bas la Constitution. Cette émeute fut cependant instantanément réprimée par le général Zayas, et la révolte simultanée du régiment de Valence se révéla, après un combat sanglant entre la milice et les soldats, sans plus de succès. Les échecs d’Aranjuez et de Valence ne firent qu’exaspérer les libéraux. De tous côtés, les partis se sont préparés à l’autodéfense. L’agitation devenant universelle,les ministres seuls restaient spectateurs passifs au milieu de la confusion qui annonçait l’orage prochain.

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