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Quelle solidarité avec le peuple ukrainien

jeudi 3 mars 2022, par Alex

Quelle aide l’Ukraine peut-elle attendre de « la France » ?

Si l’on entend par « France » ceux qui parlent en son nom comme les responsables politiques, les philosophes des « guerres de civilisations » ou « défense de l’Europe » vedettes des plateaux télé, les ministres, les dirigeants du CAC 40, les marchands de canon, les ukrainiens n’ot rien à en attendre. Ils l’expriment modérément dans les rassemblements « Assez de paroles, des actes, des armes ! » disent les ukrainiens.« Les sanctions n’en sont pas » disait une banderole devant l’Hôtel de ville à Paris (25/02)

Quant au peuple travailleur de France, ils sont solidaires des réfugiés ukrainiens, premières victimes d’une guerre qui semble devoir s’étendre à toute l’Europe,et que nombre d’entre eux accueillent, mais cela ne signifie pas que cela doit servir de prétexte à soutenir les guerres impérialistes de l’OTAN qui ne valent pas mieux que la guerre de la Russie.

La classe dirigeante française et l’armée française : les premiers soutiens de l’impérialisme russe, des Tsars à Staline et à Poutine

S’il est une armée et une classe dirigeante d’Europe qui ont soutenu l’impérialisme russe, incarné aujourd’hui par Poutine, contre l’Ukraine, ce sont celles de notre pays, de l’impérialisme français.

Le pont Alexandre III en plein Paris est le symbole encore vivant de la réactionnaire Alliance-Franco russe (1893-1917). Les Tsars interdisaient aux Ukrainiens de parler leur langue, aux paysans ukrainiens de cultiver librement leur terre, ils organisaient un antisémitisme d’Etat dont des pogroms contre les juifs d’Ukraine. La soumission de l’Ukraine au knout de l’Empire russe était financé par la bourse de Paris, dont les « emprunts russes » donnaient une part du capital des usines du Donetsk, ce Donetsk que le gouvernement français prétend aujourd’hui libérer du joug russe !

Dans l’Alliance franco-russe, les paysans ukrainiens étaient destinés à servir de chair à canons au capital français en 1914, avec une récompense de l’impérialisme français en faveur de l’oppresseur russe : fin 1917, le gouvernement français donna à la Russie « la liberté de fixer à son gré ses frontières occidentales » ... contre la reconnaissance par la Russie de revendications françaises sur la rive gauche du Rhin.

1918-1919 : les crimes de l’armée française en Ukraine (Odessa, Kherson, Crimée)

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, c’est en alliance avec la Russie que l’Ukraine conquit son indépendance ... contre l’armée française. Dans les livres d’histoires de notre école républicaine (de la République alliée avec le Tsar), on nous apprend que la première guerre mondiale prit fin le 11 novembre 1918. Mais mettre fin à la guerre, ce que souhaitent les ukrainiens aujourd’hui, les paysans et ouvriers d’Ukraine et de Russie l’avaient déjà fait par les révolutions de février et octobre 1917, c’est-à-dire en prenant le pouvoir.

Perdre, à cause d’une révolution des exploités, le capital investi au Donetsk grâce au Tsar ? Les grands capitalistes français ne l’acceptaient pas, et, servis par le gouvernement Clémenceau, une partie de l’armée resta mobilisée : alors que l’Armée d’Orient s’apprêtait, fin 1918 à réaliser le vœu des cris de 1914 : « A Berlin ! », elle dût changer de direction pour attaquer ... l’Ukraine.

C’est bien une armée au service de la terreur blanche qui, encadrée par des unités françaises, renforcée par les généraux blancs, essaya de restaurer la « Grande Russie » (celle des Tsars, de Stalline et de Poutine où les ukrainiens doivent accepter la russification). Tueries, massacres, centres de torture à Odessa, Kherson, et Crimée, en collaboration avec les légions poloniases de Pilsudski, et les restes de l’Armée allemande, telle fût l’aide de la France à l’Ukraine.

L’Angleterre et la France se partagèrent leurs zones d’influence, l’Ukraine, avec le Donetsk, revenant à la France, le Caucase à l’Angleterre. Il furent défaits.

Restaurer l’empire russe, ce que reprochent hypocritement les occidentaux à Poutine, c’est ce que l’armée française a tenté de faire en 1918-1920, souhaitant réannexer le Donetsk et ses usines au capital français !

Armées impérialistes françaises, polonaises, allemandes, vu vos crimes de 1919, hors d’Ukraine !

C’est la révolution sociale qui donna son indépendance à l’Ukraine en 1921 (Traité de Riga), seule la révolution sociale lui permettra de vaincre l’impérialisme russe !

Oui, c’est bien une révolution, la prise du pouvoir par les ouvriers et les paysans, qui permit aux ukrainiens de conquérir leur indépendance en 1921. La présence française avait été si terrible, que du paysan pauvre au riche bourgeois et au juif victime des pogromes, les ukrainiens décidèrent de s’allier au pouvoir bolchévique des ouvriers de Russie !La guerre contre la Pologne (l’armée encadrée par des officiers français comme de Gaulle), conclue par le traité de Riga, aboutit à la reconnaissance d’une Ukraine (et d’une Biélorussie) indépendante, en alliance avec la Russie révolutionnaire.

La terreur de Staline et le Holodomor mirent fin à cette période de liberté, d’égalité et fraternité entre l’Ukraine et la Russie. La russification digne des tsars reprit son cours. Les classes dirigeantes françaises se rapprochèrent de Staline par le pacte réactionnaire Laval-Staline de 1935, rapprochement amical avec le bourreau de l’Ukraine. Impérialisme russe hors d’Ukraine est donc une revendication d’actualité depuis 1930.

Pour une politique indépendante, en Ukraine et en France, des exploités !

Tout cela est bien loin, les choses ont bien changé ? Malheureusement, beaucoup d’Ukrainiens, à l’instar de Zelensky au sommet, souhaitant à juste titre défendre le droit à l’indépendance politique et économique de leur pays, voient leur salut dans le soutien d’un impérialisme contre un autre. Skoropadsky, Petlioura (1918) , le fasciste Bandera (1941) on essayé cette solution, qui n’a jamais marché, et c’est une évidence, ne marche pas dans la guerre actuelle !

C’est lorsque les cosaques d’Ukraine, ce paysans vagabonds, menacèrent de renverser la monarchie féodale de Pologne (1648) et obtinrent des terres que l’Ukraine moderne fut fondée. C’est en s’emparant des terres et des usines que les paysans ukrainiens conquirent l’indépendance de leur pays en 1920 contre les toutes les armées impérialistes d’Europe de l’Ouest.

Une Ukraine dominée par le pouvoir corrompu des oligarques d’Ukraine sera incapable de défendre l’indépendance nationale. Renverser le pouvoir des oligarques, c’est un programme commun aux populations d’Ukraine, de Biélorussie, du Kazakhstan. Ces derniers ne sont pas européens ? Au rassemblement devant mairie de Paris (25/02), une intervenante dénonça Poutine comme le locataire « sino-mongol » du Kremlin, au nom de la défense de l’Europe. Ces termes racistes, prononcés avec en arrière-plan le drapeau noir et rouge non pas des anarchistes (qui avec l’Ukrainien Makhno, ont combattu valeureusement contre les restaurateurs de l’Empire russe) mais des bandéristes discréditeront la cause ukrainienne s’ils en deviennent les porte-parole.

Non, les ukrainiens ne sont pas des nazis comme l’affirme Poutine. Mais pour que les Ukrainiens renouent avec la lutte contre les classes exploiteuses comme seule méthode pour combattre victorieusement un impérialisme, il faut faire connaître la révolution de 1917, qui fut en grande partie une lutte contre l’oppression nationale, une décolonisation de l’Ukraine.

Les héritiers des révolutions russe, ukrainienne de 1917, ce sont les travailleurs d’Ukraine, du Kazakhstan, du Mali, de Guadeloupe, du Soudan de 2022 ... qui cherchent leur voie

Les impérialismes russe et chinois expulsent l’impérialisme français d’un pays après l’autre. Les travailleurs maliens de France observent donc attentivement, comme ils ne l’avaient jamais fait, les événement d’Ukraine, comprenant que c’est peut-être une guerre mondiale qui se prépare.

Beaucoup d’Ukrainiens sont sidérés, le ciel leur tombe sur la tête. Jamais il n’auraient imaginé cette guerre fratricide entre russes et ukrainiens. Ne pas en comprendre les raisons, c’est se livrer pieds et poings liés aux politiques impérialistes. Comme en 1914, comme en 1939, c’est un capitalisme en fin de vie qui pour survivre organise des guerres et nous précipite vers une guerre mondiale.

Exploités de tous les pays, entrons en lutte, non les uns contre les autres, comme Poutine, Biden et Macron l’organisent en Ukraine et en Afrique, mais ensemble contre nos exploiteurs de France, de Russie et d’Ukraine. La force des Ukrainiens, c’est de s’allier avec les exploités de Russie, du Kazakhstan, du Mali, pas de quémander des armes auprès des puissances qui ne rêvent que de dépecer l’Ukraine, comme ils le firent en 1918 lorsque le repartage impérialiste du monde était à l’ordre du jour.

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  • La classe dirigeante française et l’armée française : les premiers soutiens de l’impérialisme russe, des Tsars à Staline et à Poutine

    S’il est une armée et une classe dirigeante d’Europe qui ont soutenu l’impérialisme russe, incarné aujourd’hui par Poutine, contre l’Ukraine, ce sont celles de notre pays, de l’impérialisme français.

    Le pont Alexandre III en plein Paris est le symbole encore vivant de la réactionnaire Alliance-Franco russe (1893-1917). Les Tsars interdisaient aux Ukrainiens de parler leur langue, aux paysans ukrainiens de cultiver librement leur terre, ils organisaient un antisémitisme d’Etat dont des pogroms contre les juifs d’Ukraine. La soumission de l’Ukraine au knout de l’Empire russe était financé par la bourse de Paris, dont les « emprunts russes » donnaient une part du capital des usines du Donetsk, ce Donetsk que le gouvernement français prétend aujourd’hui libérer du joug russe !

    Dans l’Alliance franco-russe, les paysans ukrainiens étaient destinés à servir de chair à canons au capital français en 1914, avec une récompense de l’impérialisme français en faveur de l’oppresseur russe : fin 1917, le gouvernement français donna à la Russie « la liberté de fixer à son gré ses frontières occidentales » ... contre la reconnaissance par la Russie de revendications françaises sur la rive gauche du Rhin.

    1918-1919 : les crimes de l’armée française en Ukraine (Odessa, Kherson, Crimée)

    Aussi surprenant que cela puisse paraitre, c’est en alliance avec la Russie que l’Ukraine conquit son indépendance ... contre l’armée française. Dans les livres d’histoires de notre école républicaine (de la République alliée avec le Tsar), on nous apprend que la première guerre mondiale prit fin le 11 novembre 1918. Mais mettre fin à la guerre, ce que souhaitent les ukrainiens aujourd’hui, les paysans et ouvriers d’Ukraine et de Russie l’avaient déjà fait par les révolutions de février et octobre 1917, c’est-à-dire en prenant le pouvoir.

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