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Accueil du site > 06- Livre Six : POLITIQUE REVOLUTIONNAIRE > 4- Ce qu’est le socialisme et ce qu’il n’est pas > A notre camarade Michel de Pierrepont, dit Nemours

A notre camarade Michel de Pierrepont, dit Nemours

mardi 2 août 2022, par DD, Robert Paris

Notre camarade Michel de Pierrepont, dit Nemours, dit aussi « le marquis », ouvrier révolutionnaire qui militait à Renault, vient de mourir.

Un message de Deyris, dit Dédé :

Michel, Nemours, le marquis tu viens de nous quitter. On s’est connu au début des années 1970 à l’usine Renault de Billancourt. tu étais déjà à l’usine depuis la fin des années 1950, rentré comme "arpette" à l’école Renault, puis professionnel qualifié, tu as passé la plus grande partie de ta vie professionnelle dans l’Ile Seguin, jusqu’à la fin de Billancourt, moi jeune militant non qualifié.

Notre première vraie rencontre a lieu à Noêl 1972, avec Annie vous aviez accueilli une dizaine de camarades pour un réveillon mémorable, chevreuil sauce grand veneur, Gevrey Chambertin repas de luxe chez les prolos, que c’était bon et chaleureux ! Valérie était déja là, mais Stéphanie n’était pas née.

Ensuite nous avons fait un camp de vacances en Auvergne où nous avons participé avec grand succès à la fête avec défilé de chars fleuris, les filles étaient là, ainsi qu’une dizaine de camarades.

On ne peut oublier les vacances et les randonnées que nous avons faites ensemble, la Corse plusieurs fois dont une avec le CE de Renault !

La vallée des Merveilles, la Sierra de Guarra, les Pyrénnées ; et les petites randonnées d’une journée dans la région parisienne, nous en avons passé du temps ensemble !

C’est toi qui nous a fait découvrir Montalivet et son mode de vie atypique en nous y invitant un long week-end, nous avons connu Gilles (Cedar) grace à toi.et nous avons joué les robinsons au bord de l’océan dans la pinède pendant plus de 2O ans et rencontré des personnalités uniques, Hervé par exemple.

Non seulement tu as rebattis un bungalow tout neuf du sol au plafond, mais tu nous as aidés à moderniser le nôtre, tu savais tout faire. Nous n’oublierons pas les heures passées ensemble hiver comme été, les repas partagés, de très bons souvenirs.

En rencontrant Cedar, c’est toute l’histoire de l’Union Communiste et de Lutte Ouvrière pendant et après la période de l’après guerre que j’ai découverte même aprés18 ans passés à LO.

En avril 1995 pendant la grève de Rueil tu n’as pas ménagé ton soutien quotidien ;

Tu as été aussi de toutes les fêtes des Moineaux qui pendant 20 ans ont regroupé de 80 à 150 camarades avec leur familles.

Toujours disponible pour les autres, c’est plus d’un demi-siècle de luttes pour l’émancipation de la classe ouvrière.

Nos rapports ont dépassé le cadre du militantisme, nous étions amis, pas toujours d’accord, mais amis.

La grève à Renault Billancourt en 1968

Un message de Robert Paris :

Michel est décédé fin juillet 2022 à l’hôpital de Percy (Clamart) à l’âge de 83 ans. Simple, sympathique, très solidaire et très modeste, Michel ne s’est jamais beaucoup mis en avant, ni dans la vie personnelle, ni militante, mais il était toujours là dès que l’on avait besoin de lui pour une bonne cause ou pour donner un coup de main. Et il ne s’est jamais dégonflé ni devant les patrons, ni devant les staliniens ou les bureaucrates syndicaux et, pour tous ceux qui l’ont connu, amis et camarades, au travail, au syndicat, en politique ou ailleurs (par exemple dans son groupe de voisins, à l’association de balisage et d’encartage des sentiers GR de Grande Randonnée ou dans des associations sportives), c’était quelqu’un qui comptait. Il nous manque déjà. A chaque fois qu’on lui demandait de raconter un épisode où il avait joué un rôle, comme la formation du comité de grève de l’Outillage à renbault-Billancourt en mai 1968, il répondait qu’il ne fallait pas exagérer l’importance de son action !

Militant trotskiste, Michel était en effet l’ancien animateur du comité de grève construit début mai 1968 (c’est-à-dire au tout début de la grande vague de grèves en France) dans un secteur d’ouvriers professionnels de Renault-Billancourt, à l’Outillage central (département 11) qui, en 1968, a entrainé le 16 mai dans la grève le reste de l’usine et amené les staliniens PCF-CGT à prendre la tête de la grève à Renault et dans de nombreuses entreprises, craignant d’être partout débordés par les ouvriers « gauchistes » comme ils l’avaient été à l’Université. Cette grève de Billancourt est loin d’être la première de 1968 mais elle démarre dans la plus grande usine de la région parisienne et ce site est celui d’une mainmise CGT-PCF considérée comme totale. Un échec ici, un débordement des staliniens par des travailleurs radicaux, peut être déterminant pour les staliniens. Le 3 mai 1968, le PCF dénonce encore dans l’Humanité « la responsabilité du pouvoir et des aventuriers gauchistes » qui « créent un terrain propice aux interventions policières »… Il parle non seulement des étudiants mais de l’action des gauchistes dans les entreprises !

Si le PCF/CGT a estimé qu’il ne pouvait rependre la main qu’en étendant le mouvement, c’est parce qu’il était débordé sinon… C’est à Renault Billancourt que CGT et PCF avaient pris le tournant et compris qu’ils ne pourraient pas s’opposer à la grève sans risquer d’être débarqués de la suite du mouvement. Dans cette usine, un comité de grève s’était constitué parmi les professionnels du contrôle qui prenait en mains la lutte et l’occupation des ateliers. La CGT et le PCF avaient vu le moment où ils seraient dépassés et l’auto-organisation deviendrait irrépressible. Ils ont alors pris le tournant, décidant d’occuper l’usine, de fermer les portes et de laisser les travailleurs… dehors !!! Un vol qualifié de la grève et de l’organisation qui allait se généraliser dans tout le pays. Un événement que les fausses extrêmes gauches ont curieusement plaisir à rappeler ! Et une belle victoire… contre la classe ouvrière des bureaucraties syndicales et politiques.

Voici un exemple de ces « extrêmes gauches » qui se félicitent que les bureaucraties puissent prendre la tête des travailleurs : « De la place Nationale,, les professionnels du Département 11 de l’Atelier d’outillage central, déferlent en direction de l’Ile Seguin. La fusion est réalisée, délégués en tête, entre OS et ouvriers professionnels. Tout le monde est dans le coup. Enthousiasmant ! » Source de la citation Selon la conception que Michel avait apprise de militants révolutionnaires de Renault plus anciens comme Cédar et Pierre Bois, la généralisation de la grève ouvrière doit provenir de l’organisation des travailleurs et pas de confédérations syndicales et de partis politiques qui sont liées à la société bourgeoise. Sans quoi les classes possédantes n’ont rien à craindre même d’une grève générale !

A Billancourt en mai 1968, la CGT et le PCF, en prenant la décision de chapeauter l’extension de la grève, en ont repris le contrôle avant que le comité de grève de l’Outillage fasse tâche d’huile, avant que les travailleurs prennent eux-mêmes le contrôle de leur lutte.

Voir ici comment les staliniens se souviennent de la grève

Et voici comment ils en parlaient en 1968 et vous remarquerez combien ils étaient enthousiastes d’avoir été contraints d’en prendre la tête

La force de classe des travailleurs ne consiste pas seulement à pouvoir arrêter le travail, à pouvoir revendiquer économiquement, à manifester pour protester. Elle consiste dans le fait de développer sa capacité à être une alternative du pouvoir bourgeois. Le rôle des comités de grève, des conseils de travailleurs, des assemblées interprofessionnelles n’est pas seulement de développer la lutte de manière plus démocratique que les intersyndicales, plus efficaces pour faire reculer les classes possédantes. L’organisation des travailleurs par eux-mêmes signifie que les prolétaires prennent conscience, au travers des luttes sociales, de leur rôle de direction de toutes les couches révoltées, et de leur futur rôle de direction de toute la société.

Michel De Pierrepont, ouvrier à Renault Billancourt et militant de Voix ouvrière [1], raconte la grève de mai/juin 1968 à l’usine telle qu’il l’a vécue :

En 1968, l’usine de Renault-Billancourt comptait 35 000 ouvriers. Elle s’étendait sur 75 hectares. Un beau jardin ! Le centre de l’usine était l’Île Seguin, une île de 11 hectares et d’un kilomètre de long au milieu de la Seine. C’était là mon lieu de travail.

Déjà avant la grève, il y avait une ambiance particulière, comme partout d’ailleurs. Parce que nous, en équipe du soir, on entendait quelquefois le bruit des grenades. Je pense que c’est la Seine qui amenait ça. Et parmi les gars, le climat montait : ils suivaient l’actualité de loin, mais ils disaient merde, qu’est-ce qu’on attend, parce que depuis que les étudiants se bagarrent, nous il n’y a pas de raison de ne rien faire.

Puis il y avait eu cette fameuse grève du 13 mai, une grève générale qui avait bien marché. C’est les syndicats qui l’avaient lancée. Nous on l’a faite avec tout le monde. Rien n’était prévu après.

Le 14 mai les ouvriers de Sud-aviation, à Nantes, s’étaient mis en grève. On en avait peu parlé à l’usine, mais quand le lendemain on a su que Renault-Cléon aussi se mettait en grève, ça intéressait plus, car c’étaient des frères de lutte. Et, le 16 mai, le bruit courait qu’il s’était passé quelque chose à la place Nationale, l’une des grandes entrées de l’usine. C’étaient des jeunes de la Fédération des étudiants révolutionnaires, organisation de jeunes d’un des groupes trotskystes [2], qui était venue, sur la coupure du midi. Du bout de l’île où l’on travaillait, la traverser de bout en bout puis prendre le pont, ça faisait loin, 1 800 mètres. Alors, on a fait une réunion dans ce qu’on appelait « l’allée wagonnière » – autrefois, il y avait un train qui amenait les pièces là. Et c’est là, un peu en dehors de l’atelier, qu’on avait l’habitude de se réunir quand on avait des trucs à se dire. On s’est réuni et on s’est dit : qu’est-ce qu’on fait ?

Il y avait quand même une tendance à la grève. On n’était pas nombreux, mais avec, parmi nous, pas mal de jeunes. Alors, il y a un délégué CGT qui vient. On lui dit : toi, qu’est-ce que tu sais ? Parce qu’on n’avait pas de téléphone, ni mobile bien sûr, ni fixe ; dans les ateliers, téléphoner nous était impossible. Pour savoir ce qui se passait, on a demandé au délégué « va voir au syndicat ». Il nous a dit « je n’ai pas de vélo ». Enfin les mecs en ont eu marre, et on est tous partis pour remonter l’île. C’était en fin d’après-midi. Il y avait tellement d’ambiance, qu’à nous voir débouler en groupe, nombreux, 100 à 150 ouvriers, ceux qui travaillaient en « normale » (l’équipe de jour à cheval sur le matin et l’après-midi) ont pris peur et sont partis. Il faut dire qu’il y avait beaucoup d’immigrés qui n’étaient là que depuis peu de temps et craignaient d’avoir des ennuis.

Et c’est parti comme ça, sans aucun appel à la grève.

Alors on remonte l’île, on franchit le pont qui va vers le Bas-Meudon, de l’autre côté de la Seine. Et, là, les gars se sont débrouillés. Personne ne leur a rien dit. Dans leur tête, il y avait l’idée de tenir le siège ici. Ils sont allés chercher des containers, des grosses caisses en ferraille, où il y avait des petites pièces dedans, c’est vachement lourd, et puis les petites pièces étaient faciles à utiliser, si besoin. Ils ont aligné ça avec un car à fourche. Il y avait un copain qu’on appelait le pompier parce qu’il avait été pompier : il a commencé à former les gars à tenir les lances à incendie, parce que tu ne tiens pas ça comme un jet d’eau, il y a une pression terrible. Enfin on s’est organisé comme ça. On est allé voir les gardiens. Ils ont compris tout de suite et sont partis. Nous nous sommes installés pour passer la nuit, en allant chercher des mousses et tout ça, et la nuit s’est bien passée. Sauf qu’au petit matin, il y en a qui sont venus nous « aider » (entre guillemets), nous chapeauter, plutôt. C’était des membres du PC et de la CGT, qui étaient accourus parce qu’ils savaient qui était là. Et ils venaient pour nous calmer un peu ou tout au moins pour jouer l’inertie.

Dehors il y avait un foyer en construction pour personnes du 3e âge et, sur la grue, un drapeau tricolore. Les mecs ont vu ça et les plus alertes ont grimpé chercher ce drapeau. Ils l’ont déchiré pour garder le rouge qu’ils ont mis en drapeau sur la porte de l’usine. Au grand dam des pontes syndicaux et des responsables politiques du PC, qui ne nous reprochaient pas tant le drapeau rouge en soi que le fait d’avoir déchiré le drapeau national.

Le 16 mai, le mouvement était aussi parti d’autres secteurs de l’usine, bien que la CGT ait eu un langage temporisateur, expliquant qu’il fallait patienter, que le comité exécutif devait se réunir l’après-midi, qu’il allait décider de la suite à donner… C’était entre autres des jeunes du milieu des secteurs de professionnels autour de la Place nationale. Tout de suite, les jeunes qui en voulaient le plus se sont spontanément postés aux différentes portes de l’usine. C’est ainsi que nous en avons vu un bon nombre arriver à la porte du Bas-Meudon. Mais, après un court flottement, la CGT a repris les choses en main. Elle a mis le holà en disant qu’il ne fallait pas d’éléments extérieurs, qu’il fallait que ce soit une « grève responsable ». Un cortège étudiant assez nombreux qui était venu pour rencontrer les ouvriers de Billancourt s’est retrouvé devant les grandes portes du quai Stalingrad, grilles fermées, et des militants CGT s’étaient mis sur le devant. On ne peut pas dire qu’il y ait eu fraternisation vraiment sympathique !

Les responsables CGT s’étaient dit : on ne peut pas laisser ça. Et la CGT a appelé à un grand rassemblement, dans l’après-midi du 17 mai, sur l’esplanade, un grand hall dans l’île Seguin, proche de la porte du Bas-Meudon. Il était très vaste car c’est là que les trains qui amenaient les pièces manœuvraient, et c’est là que se sont tenus toutes les AG. Les gars sont venus à l’assemblée. Beaucoup étaient au boulot encore ce jour-là vu que, s’il y avait des secteurs comme le nôtre où il y avait quelques militants, il y en avait d’autres qui n’ont pas participé en masse. La CGT a fait voter la grève. Les gars ont levé la main, mais la plupart sont repartis chez eux. Les syndicats ne les incitaient pas à faire autre chose : qu’ils rentrent chez eux et qu’ils viennent aux nouvelles pour les AG. Et ça s’est passé toujours comme ça. Il y avait presque tous les jours un meeting de toute l’usine le matin, toujours nombreux. Les gars venaient voir, étaient contents que ça se passe bien, tout le monde levait la main, parce qu’il y avait quand même une sacrée ambiance. Mais on ne leur proposait rien et ils rentraient chez eux.

Nous, une poignée de militants d’extrême gauche, avons essayé d’organiser un peu les gars. Le PC et la CGT, eux, ont organisé surtout une espèce de service d’ordre. À la centrale, où était mon atelier et où étaient tous les équipements centraux de l’usine (centrale électrique, vapeur, etc.), il n’y avait jamais personne. Mais le syndicat y avait mis quelques mecs pour monter la garde, par crainte des gars qui voudraient tout casser. Au point que j’ai eu de la peine à y retourner pour prendre mes affaires. Ils faisaient vraiment du zèle ! Et puis, il y avait un truc : c’était la sortie du tout nouveau modèle de Renault, la R6. Elle n’était pas encore présentée au public, mais il y en avait déjà un petit stock au Bas-Meudon, recouvert par des toiles. Là aussi, la CGT s’est empressée de mettre une garde pour pas qu’on aille dévoiler les secrets commerciaux de l’entreprise.

Dans notre coin, nos tentatives d’organiser les gars avaient peu de poids en comparaison de celui de la CGT qui chapeautait. Ce qu’elle avait appelé « comité de grève » n’était qu’un comité intersyndical, CGT, FO et CFDT. La CGT pouvait dire : il y a les trois syndicats, vous voyez c’est démocratique. Mais les ouvriers du rang n’avaient pas leur mot à y dire.

La cantine de l’usine était, à l’époque, gérée par les syndicats, en l’occurrence la CGT. Un sacré pactole financier pour le syndicat et un grand nombre de permanents. Elle a fonctionné pendant la grève, où l’on pouvait manger pas cher. Et ils ont organisé quelques spectacles. Mais l’attitude de la CGT vis-à-vis des étudiants n’avait pas plu à tout le monde. Il y avait eu des engueulades, et les relations devenaient tendues entre les jeunes les plus combatifs et l’appareil militant de la CGT qui s’opposait à toutes les initiatives qui ne venaient pas de lui. Au bout de quelques jours, les jeunes ont eu plutôt tendance à rejoindre les étudiants aux manifestations, et à se bagarrer contre les flics, là où il y avait quelque chose qui se passait, plutôt que de rester cloîtrés à l’intérieur de la boîte.

Nous, les camarades de Voix ouvrière de l’usine, avons distribué un bulletin où nous disions qu’il fallait qu’on s’organise, qu’on prenne nos affaires en main. Je me rappelle que, lorsqu’on l’a diffusé, les « staliniens » (militants du PC) ont essayé de nous piquer nos paquets. Mais à nous, en tout cas, qui étions ouvriers de l’usine, connus depuis des années, il leur était difficile de nous taper dessus. Si on était rentrés la gueule en sang ça l’aurait foutu mal pour eux. Mais, parmi les copains qui étaient venus nous aider à diffuser, un certain nombre ont été agressés.

Ça a été comme ça une dizaine de jours, et puis il y a eu les accords de Grenelle, négociés dans le week-end des 25 et 26 mai entre gouvernement et syndicats. Le salaire minimum était porté à 519 F, mais encore bien en dessous des 600 F demandés depuis des années par les syndicats. L’augmentation générale des salaires pour le secteur privé était fixée à 7 % plus 3 % promis pour octobre, alors que l’inflation annuelle était de plus de 8 %. On était loin du compte. Quant aux jours de grève 50 % seraient payés à condition que les ouvriers viennent travailler en plus pour les récupérer.

Et c’est chez nous, à Billancourt, que le lundi matin le secrétaire général de la CGT, Georges Séguy, est venu vanter les mérites de l’accord. Il est monté sur la passerelle et nous a énuméré la liste des revendications satisfaites : un fourre-tout où il n’y avait pas une seule augmentation uniforme annoncée, mais une série de petits trucs, catégorie par catégorie. Personne n’arrivait à s’y retrouver. Jusqu’au moment où il a dit : « le Conseil National du Patronat Français a accepté de payer 50 % des salaires pendant la durée de la grève avec une modalité de récupération selon les cas… » Alors là, ça a gueulé. Car tout le monde a bien compris : il fallait revenir bosser et faire plus d’heures pour rattraper la grève. On n’avait pas fait une grève aussi puissante pour ça. Ce jour-là, le hall de l’île Seguin était plein, 5 000 à 10 000, je ne sais pas mais ça débordait sur le pont allant de l’entrée de l’île, à l’extérieur. Et ce n’était pas une petite minorité qui avait hué Séguy, qui avait protesté qu’on se fichait de notre gueule, c’était vraiment une grosse partie de l’assistance.

Alors, devant les huées, Séguy a fait volte-face : il venait juste nous demander notre avis. L’avis il l’avait eu. Toute la presse a relayé sa mésaventure dans l’île Seguin.

Et la grève a continué son cours. Comme ont suivi leur cours les perpétuelles attaques des tracts du PCF ou de la CGT contre les « gauchistes-Marcellin », prétendus supplétifs du ministre de l’Intérieur, Raymond Marcellin.

À Billancourt, la grève a duré jusqu’au lundi 17 juin. Séguy n’est pas revenu, c’est le secrétaire CGT de l’usine qui a appelé à la reprise en présentant une série de petites concessions accordées par la direction de Renault. Avec un chantage de la direction à la clé : ces concessions ne tiennent que si le travail reprend le mardi 18 juin. La CGT a organisé, dans la foulée, un vote à bulletins secrets pour la reprise. Les nouvelles concessions étaient maigrichonnes : outre l’augmentation de 10 % des salaires annoncée (où étaient comptés les 3 % qu’on avait déjà eus en janvier) on avait rajouté la mensualisation des « horaires », c’est-à-dire des ouvriers qui n’avaient pas un salaire mensuel fixe, mais étaient payés au nombre d’heures travaillées. Mais cette mensualisation n’était en réalité que pour les « horaires » de plus de 55 ans seulement, etc.

Mais, dans le pays, c’était la décrue des grèves. En dissolvant le parlement, de Gaulle avait donné un prétexte aux directions syndicales et aux partis de gauche de sonner la fin de la récré. Les carburants étaient revenus. Des boîtes, les unes après les autres, reprenaient, après que les syndicats y avaient négocié localement de petites satisfactions.

À Billancourt, la reprise a été votée par 78 % des présents, contre 22 % pour la continuation. Mais au meeting, prévu en fin d’après-midi pour annoncer les résultats du vote, c’étaient les 22 % de « jusqu’au-boutistes » qui étaient restés à l’usine et firent entendre aux dirigeants syndicaux ce qu’ils pensaient de leur prétendue victoire : « vendus », « CGT démission »... Il y a eu des cartes syndicales déchirées.

Pendant la grève, avec les sympathisants et des travailleurs qu’on avait gagnés à notre point de vue, on se réunissait dans le parc de Saint-Cloud pour débattre de la situation. Des fois il y avait jusqu’à 40 personnes. C’était pour eux plus intéressant que de rester à ne rien faire avec les staliniens. Et il faisait beau. De ces travailleurs-là il en est resté pour les années suivantes un bon petit noyau autour des camarades de l’usine.

Notes

[1] Le groupe trotskyste Voix ouvrière a été dissout par le gouvernement au lendemain de Mai 68 et s’est réorganisé sous le nom de Lutte ouvrière.

[2] FER, organisation de jeunesse de l’OCI, le groupe trotskyste animé par Pierre Lambert.

Source

Lire sur mai 1968

Mai 68 en France - la grève générale (film d’archives)

Voir aussi

De Pierrepont cité par la presse bourgeoise sur mai 68 à Renault

Lire ici comment la grève s’est étendue à Renault

De la place Nationale,, les professionnels du Département 11 de l’Atelier d’outillage central, déferlent en direction de l’Ile Seguin. La fusion est réalisée, délégués en tête, entre OS et ouvriers professionnels. Tout le monde est dans le coup. Enthousiasmant ! Vendredi 17 mai, la grève se généralise. L’usine est bloquée. La Direction de l’usine et les cadres ont déserté les locaux. L’occupation commence, différente de celle de 1936. Les grévistes font des apparitions ponctuelles, l’occupation étant le fait des militants et proches sympathisants des syndicats (les transports en grève ne facilitant pas les déplacements). Les immigrés plus disponibles sont plus massivement présents . Pas d’assemblé générale quotidienne mais regroupement des occupants militants par atelier ou département

http://www.npa-auto-critique.org/20...

Biographie

Orphelin, Michel avait acquis grâce à son courage, à « la force des poignées », une formation d’ouvrier professionnel hautement qualifié et a même joué le rôle de responsable technique à Renault Dreux sans jamais jouer au cadre ou au petit chef, non sans développer une petite tendance à la fierté de professionnel par rapport aux ouvriers non qualifiés.

Michel était un proche du militant trotskiste de Renault Gil, DEVILLARD Gilbert, (dit Cédar). Lire ici

Ecarté de la CGT par les dirigeants PCF pour avoir pris parti d’un militant trotskiste exclus, Michel a milité à la CFDT et au syndicat démocratique Renault. Ecarté par Lutte ouvrière pour avoir pris parti pour un militant ouvrier Nesca mis à l’écart, il n’a pas cédé et a ensuite pris parti pour la Fraction et été exclus avec elle.

Lire ici sur l’époque où Michel cherchait sa voie entre stalinisme et trotskisme

Né le 26 avril 1939 à Tourlaville (Manche) ; ajusteur outilleur ; syndicaliste CGT puis CFDT, délégué CFDT chez Renault à Billancourt ; militant de l’organisation trotskiste Lutte ouvrière.

Retiré de sa famille par l’Assistance publique, Michel De Pierrepont fut confié à l’orphelinat puis élevé par une nourrice dans une ferme de Normandie, avant d’être pris en charge à l’âge de dix ans par une de ses tantes à Paris. Il effectua ses études primaires rue de Moussy à Paris (IVe arr.), obtint son certificat d’études primaires et entra à l’école professionnelle Renault en 1953. Il y réussit son CAP d’ajusteur en 1956 et fut intégré à Billancourt, chez Renault au département 37 (outillage tôlerie) dans l’Île Seguin puis, en 1970, fut muté à l’entretien avant de devenir formateur (ajusteur outilleur) à partir de 1973.

Michel De Pierrepont fut incorporé à l’armée à Montluçon en mai 1959, effectua ses classes à Metz pendant deux mois, puis huit mois en Allemagne avant de partir en Algérie jusqu’en septembre 1961. Sur le plan familial il rencontra Annie Brouard employée de bureau avec qui il se maria en 1964. Ils eurent deux enfants, nés en 1965 et 1973, avant de se séparer en 1981.

Michel De Pierrepont se syndiqua tout d’abord à la CGT de 1961 à 1964. Face aux exclusions de militants trotskistes de la CGT, il prit leur défense et démissionna. Il adhéra alors à la CFDT de 1968 à 1977. Il y fut délégué hygiène et sécurité (1968-1970) puis délégué du personnel de 1971 à 1974. C’est également en 1964 qu’il donna son accord pour militer avec l’organisation « Voix ouvrière », dont il était le représentant pour son département d’outillage pendant la grève de 1968, puis représentant Lutte ouvrière après la dissolution de VO en 1968. À partir de 1995, il maintint son militantisme dans cette organisation en adhérent à la « fraction l’Étincelle », minorité de l’organisation en désaccord sur la caractérisation de la nature de l’Union soviétique et le manque de démocratie interne. Lorsque la « fraction » fut exclue de Lutte ouvrière en 2008, Michel De Pierrepont continua d’y militer, (en dehors puis – rajout de Matière et Révolution) au sein du NPA. La biographie du Maitron

La place nationale de Billancourt où, à l’une des entrées des usines Renault, Michel, juché avec un micro sur une camionnette, devait prendre la parole pour développer un point de vue opposé à celui des staliniens devant un de leurs fiefs. Dans ce début des années 70, aucun groupe d’extrême gauche n’a osé un meeting ouvrier dans cette chasse gardée du PCF-CGT.

20 Messages de forum

  • Salut camarade !

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  • Bien des gens ignoraient que l’activité, l’action ou la réunion à laquelle ils participaient avait été organisée, préparée, mise en place, la salle et le lieu trouvés par Michel.

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  • Lequel d’entre nous n’a pas eu non seulement son véhicule mais sa machine à laver, ses étagères et autres appareils de toutes sortes réparés par Michel.

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  • Tchao Michel nos GR se sont rejoints puis séparés, mais il n y en qu un pour prendre plaisir a défendre ce à quoi on croit, ce pourquoi nous luttons, étudions, discutons avec passion...car de la passion, et des convictions tu en debordais et tu n as jamais manqué une occasion de la partager. Je te dois et je ne suis pas seul évidemment, la bonne humeur dans tous les moments militants, festifs,estivaux , et culturel, mais aussi des principes qui étaient a tes yeux des fondamentaux pour les camarades militants parmi les travailleurs et pour ’elever la conscience’ de la classe ouvrière. On ne peut pas t oublier et tu es comme le kern en montagne, un repère , un ancrage qui nous rappelle que nous sommes toujours sur le chemin de l auto-organisation des travailleurs contre tous ceux qui veulent nous commander où nous rabaisser. Vive la révolution communiste et vive ta mémoire pour longtemps camarade.

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  • « Si t’aime mieux » était son expression favorite quand il expliquait quelque chose, marque de de cette fameuse modestie dont vous parlez.
    Un grand merci pour avoir rappelé qu’il était l’initiateur et l’organisateur du comité de grève des professionnels en mai 68.

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  • Rappelons aussi l’épisode du SDR (syndicat démocratique Renault) de 1986 (évocation voulue du SDR de 1947 fondé par Pierre Bois a la suite de la grève de la même année) auquel a participé Michel pour dénoncer la mainmise des appareils syndicaux CGT et CFDT sur les candidatures ouvrières aux élections professionnelles.

    En janvier 1986, le conseil syndical de la CFDT Billancourt statuant sur la liste des délégués du personnel a mis Paul Palacio en position de non élu. Paul Palacio est un militant chevronné délégué du personnel à la CFDT depuis 17 ans et militant LO.

    N’acceptant pas sa mise à l’écart par l’appareil syndical (qui fait suite à la mise à l’écart des années avant par la CGT) la travailleurs rayent au cours des élections de février plus de 10% des bulletins CFDT pour faire en sorte que Palacio soit élu. Mais ces bulletins sont détruits au moment du dépouillement. Un jugement annule l’élection des délégués de personnel suppléants. En mars est créé, à nouveau, le SDR (syndicat démocratique Renault). Les syndicats CFDT/CGT/FO/CFTC/CSL obtiennent par jugement que le SDR ne soit pas reconnu comme représentatif et donc ne puissent pas se présenter aux élections.

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  • A notre camarade Michel de Pierrepont, dit Nemours 5 août 07:34, par Convergences révolutionnaires

    Notre camarade Michel de Pierrepont [1] est décédé le 29 juillet dernier à l’âge de 83 ans, la maladie l’a finalement emporté. Il nous quitte au terme d’une vie bien remplie de militant politique ouvrier, fondée sur des convictions révolutionnaires et communistes qui n’ont pas pris une ride jusqu’à la fin de ses jours, et qu’il s’est efforcé de transmettre aux plus jeunes générations. C’est une grande tristesse pour nous toutes et tous, membres de sa famille, amis, camarades.

    Michel, que nous appelions aussi Nemours dans l’activité militante, a travaillé et milité toute sa vie comme ouvrier professionnel à Renault. Il était entré en 1953, à 14 ans, au centre d’apprentissage de l’usine de Renault-Billancourt. Il y a travaillé jusqu’à la fermeture du site historique en 1992, puis dans d’autres sites de Renault jusqu’à sa retraite. À l’exception de ses deux ans et demi de service militaire où il fut envoyé en Algérie, comme la plupart des jeunes de milieu populaire de sa génération, pour cette sale guerre coloniale qui fut parmi les premières racines de sa révolte.

    À la CGT de Billancourt, à laquelle il avait adhéré, ce fut le sectarisme des staliniens du PCF, tout puissants à la direction du syndicat de l’époque, et la chasse aux sorcières qu’ils menaient pour dépister et exclure tout militant contestataire et en particulier les militants trotskystes, qui l’ont convaincu de rejoindre les rangs de ces dissidents-là. « Il suffisait de poser une question et déjà on était suspect », racontait Michel dans l’émission de France Culture, en 2002, citée en note. « Si des travailleurs discutaient avec les militants trotskystes d’une façon appuyée, alors tout de suite ils disaient, même si ce n’était pas vrai : “Ouh, celui-là, il en est !” […] On n’avait aucun moyen de contrôler tout ça ». Alors il a vérifié, discuté avec ceux qu’on lui désignait comme infréquentables : « C’est comme ça que je suis arrivé à militer dans les rangs du trotskysme. »

    Et il y a milité toute sa vie, à Voix ouvrière où la politique à Renault était inspirée par l’expérience de Pierre Bois qui avait dirigé la grève de 1947. Michel avait adhéré à Voix Ouvrière au début des années 1960, organisation devenue ensuite Lutte Ouvrière, après sa dissolution par le gouvernement au lendemain de mai 1968.
    Militant politique à l’usine, il y était aussi militant syndical, à la CGT au début, puis à la CFDT, où se sont retrouvés après 1968 nombre de militants révolutionnaires exclus de la CGT, à une époque où des secteurs comme celui de la métallurgie se disaient syndicalistes « de lutte ». Michel a été de toutes les luttes qui ont marqué l’histoire de Renault-Billancourt : 1968, grèves d’OS immigrés dans les années 1970…
    À Lutte Ouvrière, lors des discussions suscitées par la fin de l’URSS, Michel a partagé les positions de la minorité qui a donné naissance à la Fraction l’Étincelle où il a donc milité jusqu’à aujourd’hui. Seule la maladie l’a écarté de l’activité militante concrète, pas des engagements et préoccupations révolutionnaires.

    Michel était aussi un super copain, encourageant son entourage à un militantisme « écolo » bien avant que certains y mettent une étiquette : amour de la nature pratiqué entre autres par les randonnées en montagne, par le naturisme. Tout en militant pour la révolution mondiale, il était on ne peut plus attentif à tous les gestes de respect de notre environnement, et appartenait même à un « clan » de militants trotskystes de Renault qui ne militait pas que pour des revendications de caractère syndical. C’était la révolution dans les mœurs aussi.

    Ces dernières années, tous les jeunes militants de la Fraction l’Étincelle et camarades de l’automobile du NPA, ont pu profiter de sa riche expérience et de sa soif de la transmettre.

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  • On remarquera que tous ceux qui à l’extrême gauche (LO comme NPA ou Fraction) sont liés aux appareils syndicaux veulent ignorer que Michel a animé le comité de grève de l’outillage de Billancourt en 68, contraignant les staliniens à prendre la tête de la grève qu’ils ne voulaient même pas soutenir/

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  • On voit la différence avec le compte-rendu de la gauche syndicale officielle selon lequel à Billancourt tout aurait commencé le 16 mai :

    « Le 16 mai 1968, à 12 h 21, les Renseignements généraux de la Préfecture de police de Paris signalent que la direction de l’usine Renault-Billancourt craint une occupation pour 18 heures. De fait, à partir de 16 heures, des débrayages se multiplient notamment dans les départements d’outillage, puis dans les forges. Le soir, la grève est votée et l’occupation s’organise. C’est alors qu’entre 1 500 et 4 000 étudiants partis de la Sorbonne se rendent à Billancourt pour y rencontrer les ouvriers. Craignant des débordements, la CGT fait fermer les grilles d’accès, de sorte qu’ouvriers de la Régie repliés dans leur usine et étudiants ne parviennent guère à se rencontrer et encore moins à échanger. C’est la première image de la grève de mai-juin 1968.
    Le 27 mai, à 8 heures du matin, sur l’île Seguin, commence le meeting au cours duquel la poursuite de la grève est votée puis les clauses du protocole d’accord de Grenelle rejetées. Cette décision des grévistes de Billancourt, connue par la radio, a un impact considérable : dans la journée, les préfets du Loiret, du Calvados et de la Marne rapportent ainsi que les grévistes de leur département suivent la décision des ouvriers de Renault. Billancourt à l’avant-garde des luttes et lieu où se décide le prolongement d’un mouvement national, telle est la seconde image de la grève de mai-juin 1968. »

    https://www.cairn.info/renault-sur-...

    « 16 mai 1968

    « Dans l’après-midi du jeudi 16, les ouvriers apprennent que Renault Cléon avait démarré la veille. Certains réduisent les cadences sans être en grève déclarée. Le bruit de répand au département 37 que la grève a commencée. Vers 17 heures, 200 à 300 ouvriers du département 37 remontent en cortège l’Ile Seguin, traversent les chaînes d’assemblage où travaillent en majorité des immigrés qui quittent les chaines et l’usine. Pas assez nombreux pour occuper l’usine, les grévistes partent fermer l’accès sud de l’Ile Seguin en bloquant le pont de Meudon. Le lendemain, vendredi 17, l’usine est arrêtée. Après le meeting convoqué le matin par la CGT, celle-ci prend les choses en main. En deux jours, les 38 000 travailleurs sont en grève occupation. Les patrons ont pris le soin de se réfugier dans les bureaux du groupe sur les Champs-Elysées…Les revendications : pas de salaire à moins de 1000F par mois, 40 heures payées 48, la retraite à 60 ans, extension des libertés syndicales, sécurité de l’emploi. Dès le 17 mai cent trente entreprises sont en grève et occupées avec des revendications similaires. »

    https://blogs.mediapart.fr/jean-mar...

    En fait, si le 16 mai l’usine c’est mise en grève, c’est parce que, bien avant, début mai, le secteur Outillage s’était déjà mis en grève reconductible et avait mis en place un comité de grève, la CGt ne soutenant pas la grève. C’est ce que les syndicats et les média préfèrent oublier…

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  • On notera que dans le compte-rendu de Lutte ouvrière sur le démarrage de la grève de 68 le comité de grève de Renault Billancourt qui contestait les syndicats n’apparait pas alors que son initiateur Michel appartenait à LO !

    https://journal.lutte-ouvriere.org/...

    Dans une conférence consacrée aux luttes à Renault Billancourt, Lutte ouvrière profère une contre-vérité énorme :

    « Au départ, ce furent des jeunes, syndiqués ou non syndiqués, professionnels ou OS, qui, sensibles à l’atmosphère générale d’allégresse et de détermination des étudiants, eurent envie de participer à leur façon, par la grève à un événement qu’ils sentaient possible et considérable. La CGT ne s’opposa pas, elle se laissa pousser, mais elle fut dans le coup. »

    https://www.lutte-ouvriere.org/docu...

    C’est ainsi que LO colle avec son analyse générale de mai 68

    « Presque partout, en effet, à l’exception de quelques endroits où la responsabilité du mouvement resta à des comités représentatifs des grévistes eux-mêmes, les appareils syndicaux prirent les choses en main, décidant de tout, contrôlant tout, et se gardant bien d’associer les grévistes aux tâches d’organisation de la grève. Il faut dire qu’en agissant ainsi, ces appareils syndicaux ne rencontrèrent pas, dans l’immense majorité des cas, d’opposition de la part des grévistes. »

    https://mensuel.lutte-ouvriere.org/...

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    • Je vois bien les différences entre les 2 versions de l histoire du commencement de la grève a Renault Billancourt en mai 68, mais je n ai pas lu dans le compte rendu du copain qu il y a eu un ’vrai’ comité contre 1 faux si j exagéré a peine le propos. J ai lu et compris qu une minorité déterminante du secteur outillage, conduit par le copain, avait réussi à montrer que les ouvriers pouvaient s organiser indépendamment des syndicats et devenir moteur pour plusieurs milliers d autres qu on faisait attendre ou qui subissaient les journées d inaction.
      D ailleurs il s agit bien d une tentative de contrer l intersyndicale qui est hostile a une grève générale. Le comité tente d exister mais le copain ne parle pas de la volonté du secteur outillage d exister dans la grève comme un collectif ou comité de grève voulant diriger la grève . On est plus dans la pression sur l intersyndicale malgré tout ce que raconté Nemours qui veut convaincre que son secteur est mur pour bien autres choses... Surtout après l annonce des négociations et de leur résultat.

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  • Toute notre sympathie à sa compagne et ses deux filles, ainsi qu’à tous ses amis qui sont dans la peine. Quelqu’un de très chaleureux et solidaire qui nous manquera…

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  • Que la terre te soit légère, camarade.

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  • Michel de Pierrepont et Lutte ouvrière ont été à l’origine de la grève de Billancourt en 1968, le premier au département Outillage (dpt 70) et les autres pour l’extension à d’autres départements :

    « Á Billancourt, dans le département qui démarre le premier – le 70 –, le délégué CFDT est un militant anarchiste et les départements voisins sont entraînés dans le débrayage par des militants de Lutte ouvrière. A vrai dire, le rôle de ces quelques militants d’extrême gauche sera plus important dans le démarrage de la grève que, par la suite, dans sa conduite quotidienne. »

    https://entreleslignesentrelesmots....

    Les derniers à faire mention de leur rôle dans le démarrage de la grève, c’est justement Lutte ouvrière ! Curieux non ?

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  • Merci pour les corrections de détails à cette biographie.

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  • Merci à Nemours pour tout ce qu’il a fait, à la confiance dans la classe ouvrière que le souvenir de son exemple continuera à donner à ceux qui ont eu le plaisir de le croiser, autant à l’usine que lors d’une randonnée.

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  • Nous avons appris hier par le bouche à oreille qu’un hommage à notre camarade et ami Michel lui sera rendu aujourd hui même à Paris. Qui organise ? le NPA et F !?
    en tout cas on n’en attendait pas autant pour la non invitation.

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