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Qu’est-ce qu’un groupuscule (pseudo-) marxiste ? L’exemple du NPA-R devant Sanofi en grève
mercredi 16 juillet 2025
Lénine définissait un groupuscule comme un parti qui dans ses textes internes utilise la "phrase révolutionnaire", des slogans qui ressemblent au marxisme, mais dont les militants, devant les travailleurs, oublient leurs phrases de Congrès. Un groupuscule est donc sur-représenté dans certains médias ou cercles militants petits-bourgeois, mais quasiment inexistant dans la classe ouvrière, même si ses représentants sont connus pour être "passés à la télé".
La conséquence en est que si des débats ont lieu entre des courants révolutionnaires, il n’est pas indispensable d’inviter ces partis, car ils ne représentent aucune tendance dans le mouvement ouvrier.
Un cas d’école de groupuscule est fourni par le NPA-R qui en ce début d’été vient faire la leçon à des salariés de diverses entreprises en lutte ... pour faire allégeance aux bureaucrates de la CGT
La récente prise de parole du NPA-R devant Sanofi n’a qu’un seul intérêt : elle est le parfait exemple du "groupuscule". Voir la vidéo : 380 PSE… et si Sanofi en appelait à d’autres pour se coordonner ?
Pour le NPA-R, tous les élus sont des alliés
On imagine que des élus, avec leurs banderoles bleu-blanc-rouge, sont venus affirmer aux travailleurs de Sanofi leur "soutien". Ainsi pour le NPA-R, les élus de tous les partis, du RN à LFI, sont des soutiens des travailleurs. On n’est même pas au niveau 0 de la politique révolutionnaire, on est au niveau -1 ! Les "intellectuels" du NPA-R sont souvent des enseignants, ils finissent, semble-t-il, par croire aux cours d’instruction civique qu’ils enseignent aux enfants : les élus sont les dévoués représentants du peuple !
Le NPA-R dénonce "les travailleurs qui subissent et négocient"
Qui ne demande qu’une chose, être présent lors de "négos" pour signer n’importe quel accord pourri dans le dos des travailleurs ?
Bien sûr le niveau 0 de la politique révolutionnaire, c’est au moins de connaître le fonctionnement de la démocratie bourgeoise, et de répondre : seules des organisations habilitées ont le droit de signer de tels accords collectifs, pas les travailleurs directement.
Le niveau 1 de la politique révolutionnaire, c’est de savoir que ce sont les organisations syndicales qui trahissent régulièrement les travailleurs en signant ces accords. C’est souvent le premier pas qu’un militant accomplit pour rejoindre les révolutionnaires : après avoir compris que syndicats et partis de gauche sont les faux amis des travailleurs.
Mais avec le NPA-R, on retourne au niveau -1, ce parti accusant "les travailleurs" de "subir et négocier" :
Bref, les "travailleurs" sont résignés et lâches, ce sont eux qui signent les accords, se trahissant eux-mêmes, c’est un discours très stalinien. Aucune dénonciation des syndicats qui négocient dans le dos des travailleur ! C’est la théorie du "camp des travailleurs" de LO : on assimile les organisations syndicales aux travailleurs, confondant la structure économique et la superstructure politique (par exemple le molosse aux bras croisés, casquette à l’envers, à gauche du camarade du NPA-R, prêt à le frapper s’il parle de Trotsky, est un ouvrier dans la structure économique, mais c’est un bourgeois dans la superstructure politique, en tant que serviteur des bureaucrates syndicaux, eux-mêmes agents de la bourgeoisie dans le mouvement ouvrier)
Le NPA-R innocente la FNIC
Le militant du NPA-R veut faire croire que la défaite de cette lutte sera due non pas à la politique de la FNIC (Fédération Nationale des Industries Chimiques), mais des idiots de travailleurs qui seraient "isolés" :
Or le militant du NPA-R se moque des travailleurs, car les logos de la FNIC sont partout, il y en a un gros devant lui :
Si les travailleurs de Sanofi sont isolés, c’est parce qu’ils sont encadrés par les staliniens de leur Fédération syndicale, qui potentiellement pourrait les mettre en relation avec des centaines d’entreprises !
Le militant du groupuscule de retour entre quatre murs à huis-clos : discours contraire
Maintenant, le militant du NPA-R de retour à la maison, après avoir prudemment tiré les rideaux pour ne pas être vu des bureaucrates syndicaux, relira la presse de parti où est écrit tout ce qu’il n’a pas dit devant Sanofi, par exemple les articles du dossier du numéro 25 du journal du NPA-R, dont les titres feront sourire tout travailleur qui les comparera avec le contenu de l’intervention du NPA-R devant Sanofi :
Les solutions institutionnelles c’est toujours pour celles et ceux qui croient au père Noël ;
Nupes, NFP : tout sauf les luttes… ;
Quand les syndicats se veulent plus responsables du fonctionnement du capitalisme que les politiques ;
Pour un plat de lentilles… sans lentilles ;
et enfin l’article qui parle même de l’auto-organisation (oubliée devant Sanofi) :
Députés PCF et LFI ne dédaignent pas de se porter au-devant des travailleurs en lutte contre la fermeture de leur entreprise. Soutenir les luttes, c’est bien, mais proposer une politique, c’est tout autre chose ! (...)Ce qui est nécessaire, c’est que les travailleurs menacés de licenciement se regroupent, envahissent les rues, localement, régionalement, nationalement. Se mettent en grève, non pas tant pour bloquer la production de leur entreprise – leur patron veut justement l’interrompre ! –, mais pour rencontrer les travailleurs dans la même situation qu’eux, s’auto-organiser, se répandre partout et entraîner les autres pour faire face à toutes les attaques. Sur les salaires, les conditions de travail, les déremboursements et la dégradation des services publics, les motifs ne manquent pas qui permettraient à tous de se retrouver dans la lutte. C’est la tâche de tous les militants et militantes d’entreprise. Qui croit encore que les partis du NFP organisent cette politique ? Encore faudrait-il qu’elle soit proposée, et l’initiative est laissée à des organisations syndicales qui, comme la CGT de Sophie Binet, tablent uniquement sur l’arrivée du NFP au gouvernement… Et la boucle est bouclée !
Un pôle des révolutionnaires pour proposer une politique offensive aux travailleurs
On remarquera que le fameux "pôle des révolutionnaires" du NPA-R, n’est plus mentionné devant les travailleurs. Ce pôle, expliqué aux militants, n’existe pas face aux travailleurs en lutte, c’est la définition d’un groupuscule ! Planter le drapeau du syndicalisme révolutionnaire de Monatte et Rosmer dans la CGT n’est pas au programme du NPA-R.
Le militant du NPA-R n’invite même pas ceux de Sanofi dans sa boîte à lui, en retour de la visite qu’il leur fait ! Même la simple politesse bourgeoise n’est pas respectée. Les travailleurs sont en semi-liberté lors d’un mouvement : ils n’ont le droit d’aller que là où les bureaucrates syndicaux leur ordonnent d’aller. Le militant du NPA-R respecte la tutelle de la CGT sur les travailleurs, dont les syndicats restreignent souvent le droit élémentaire de réunion.
Conclusion
Bienvenue dans un groupuscule centriste, le NPA-R, qui fait l’apologie des syndicats et des politiciens bourgeois quand il se retrouve face aux travailleurs !
Ne doutons pas que les "intellectuels" du NPA-R s’auto-congratuleront bientôt lors de leur Université d’été, appelant "Front unique" leurs discours serviles envers les confédérations syndicales.





