English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES > Grève de mineurs : en Australie, au Chili, au Zaïre, en Zambie, au Canada (...)

Grève de mineurs : en Australie, au Chili, au Zaïre, en Zambie, au Canada ....

vendredi 11 décembre 2009

La classe ouvrière est une classe mondiale en lutte

Grèves en Australie

Mineurs en grève

Plus de 200 mineurs de la mine de charbon de Xstrata Tahmoor en New South Wales ont débrayé sur Novembre 30 et tenu une réunion de protestation dans le cadre de leur campagne pour la sécurité de l’emploi et de meilleures conditions de sécurité. Quatorze mois de négociations entre Construction, Mining, Forestry and Energy Union (CFMEU) (CFMEU) et Xstrata ont bloquées la semaine dernière, quand l’entreprise à voulur supprimer les clauses clés de la convention collective existante qui nécessite un effectif minimal et la parité salariale entre les employés temporaires et les employés permanents pour le même travail.

Le syndicat a accusé Xstrata de vouloir imposer des accords similaires dans toutes ses mines à ceux à Oulan de l’entreprise et les mines Oaky Creek, où les employés permanents ont été remplacés par des employés temporaires sous-payés.

Xstrata espère supprimer 280 postes de son effectif de New South Wales workforce dans une restructuration planifiée.[…]. Xstrata est un groupe suisse d’exploitation minière mondiale avec des mines en Australie, en Afrique du Sud, Espagne, Allemagne, Argentine et le Royaume-Uni. Il emploie environ 24.000 personnes dans le monde entier.

Ouvriers du bâtiment de WA en grève

Quelque 2.000 travailleurs du bâtiment construisant de bâtiments le projet de gaz naturel liquéfié Woodside Petroleum Australie occidentale, se sont mis en grève pour protester contre la modification des modalités de logement. Le gouvernement travailliste Rudd a menacé d’une action en justice contre les grévistes.

Les travailleurs sont logés au Village Ridge Gap, à Karratha, dans la région de Pilbara, environ à 1600 kilomètres au nord de Perth. Les travailleurs protestent contre les nouvelles dispositions d’hébergement nouvelles qui les feraient changer d’unités chaque mois au lieu d’être en permanence dans la même unité dans laquelle ils peuvent obtenir et protéger des effets personnels tout en travaillant au loin. Woodside revendique le changement est nécessaire afin de maximiser l’utilisation du logement.

05/12/2009

Grève au Chili

Chili : blocage d’une mine de cuivre AFP 09/12/2009 | Mise à jour : 21:25 | Ajouter à ma sélection Quelque 4.000 salariés de la compagnie publique chilienne Codelco ont bloqué les accès à la mine de cuivre de Chuquicamata, la plus grande à ciel ouvert du monde, provoquant un arrêt de la production, a annoncé l’entreprise. Ce complexe situé à 2.870 mètres d’altitude, à environ 1.650 kilomètres au nord de Santiago, produit 315.000 tonnes de cuivre par an, soit environ 2% de l’offre mondiale.

"Les dirigeants des syndicats 1, 2, 3 ont bloqué à l’aube les accès aux zones productives de Chuquicamata. Par conséquent, les opérations de cette unité sont actuellement arrêtées", déclare Codelco, premier producteur mondial de ce métal, dans un communiqué. Les salariés, qui ont entamé une négociation collective avec la direction de l’entreprise le 17 novembre, réclament une hausse de 7,5% de leur salaire et différents avantages sociaux, en raison de la forte hausse du cours du cuivre ces dernières semaines.

La législation chilienne leur interdit cependant de se mettre en grève avant la date-butoir des négociations, fixée à fin décembre. Le cuivre, plombé par la crise économique mondiale fin 2008, a atteint la semaine dernière son niveau le plus élevé en 14 mois sur le marché londonien des métaux de base. Son prix s’est installé au dessus des 7.000 dollars la tonne, se hissant à 7.170 dollars, un plus haut depuis fin septembre 2008. Codelco a produit en 2008 environ 1,54 million de tonnes de cuivre, soit près de 11% de la production mondiale.

Quelque 4.000 salariés de la compagnie publique chilienne Codelco ont bloqué mercredi l’entrée de ce complexe situé à 2.870 mètres d’altitude, à environ 1.650 kilomètres au nord de Santiago.

"Les dirigeants des syndicats ont bloqué à l’aube les accès aux zones productives de Chuquicamata. Par conséquent, les opérations de cette unité sont actuellement arrêtées", déclare Codelco, premier producteur mondial de cuivre, dans un communiqué.

Une nouvelle d’importance pour les marchés, le site produisant 315.000 tonnes de cuivre par an, soit environ 2% de l’offre mondiale.

Les salariés souhaitent en tout premier mieu profiter - eux aussi - de la forte progression du cours du cuivre observée ces dernières semaines. Pour ce faire, ils réclament une hausse de 7,5% de leur salaire et différents avantages sociaux.

Une négociation collective avec la direction de l’entreprise a été entamée le 17 novembre dernier. La législation chilienne leur interdit cependant de se mettre en grève avant la date-butoir des négociations, fixée à fin décembre.

Précisons toutefois que le mouvement social intervient alors que Sebastain Pinera, un richissime homme d’affaires de droite de 60 ans est donné favori pour remporter les élections présidentielles chiliennes qui se dérouleront dimanche prochain. Finaliste lors de la dernière présidentielle, il devrait arriver en tête devant l’ancien président de centre gauche Eduardo Frei.

Le candidat Pinera a promis de créer un million d’emplois et d’obtenir un taux de croissance de 6 % par an par le biais d’avantages fiscaux et d’une réforme du droit du travail. Il s’est aussi engagé à augmenter l’efficacité du géant minier Codelco.

Rappelons par ailleurs que le cuivre, qui avait été largement impacté par les conséquences industrielles de la crise économique mondiale fin 2008, a atteint la semaine dernière son niveau le plus élevé en 14 mois sur le marché londonien des métaux de base.

Son prix a même dépassé le seuil des 7.000 dollars la tonne, se hissant à 7.170 dollars sur le LME, un plus haut depuis fin septembre 2008.

Sources : AFP, Reuters

Grève au Zaiïre

Katanga : arrêt de travail à Tenke Fungurume Mining

RDC | Vendredi 04 Décembre 2009 à 12:49:55

Tenke Fungurume Mining (TFM), basée au Katanga dans le sud de la RDC, observent un arrêt de travail depuis vendredi matin, selon le président de la délégation de syndicale de cette entreprise. Conséquence : ce mouvement a conduit à l’arrêt des usines de TFM, rapporte radiookapi.net \n http//radiookapi.net/index.php ?i=53&a=25720" />

Hits :

Les agents de l’entreprise minière Tenke Fungurume Mining (TFM), basée au Katanga dans le sud de la RDC, observent un arrêt de travail depuis vendredi matin, selon le président de la délégation de syndicale de cette entreprise. Conséquence : ce mouvement a conduit à l’arrêt des usines de TFM, rapporte radiookapi.net

Tenke fungurume mining L’entreprise minière Tenke fungurume installée au Katanga

Les travailleurs revendiquent notamment la révision à la hausse des salaires, l’amélioration des conditions de travail et le paiement des allocations familiales, selon le président de la délégation syndicale de TFM joint par radiookapi.net. Cet arrêt de travail n’a pas été déclenché par le syndicat même si les revendications sont réelles, a-t-il déclaré. Depuis quelques temps, les dirigeants de TFM et le syndicat discutent autour de ces questions, et aucune solution n’est encore trouvée, a indiqué la même source.

Tenke Fungurume Mining est la filiale de Freeport Mc Moran Copper & Gold dont le contrat est en relecture depuis deux ans au niveau du gouvernement congolais. L’entreprise est passée au stade de production depuis la fin du premier trimestre 2009. Elle produit du cuivre et du cobalt.

Mouvement d’arrêt de travail illégal, selon TFM

Dans un communiqué publié vendredi, la société minière Tenke Fungurume Mining a affirmé subir un mouvement de grève qu’il qualifie d’illégal. Mouvement manifesté sous forme de cessation collective de travail par un grand nombre de travailleurs, selon le communiqué. Les syndicats n’ont donné aucune notification préalable de leurs revendications, comme requis par la loi et l’action se déroule sans respect des procédures légales, indique le même document. La cessation collective de travail a lieu sans violence et sans dommages aux biens et équipements de l’entreprise. La production de cuivre et de cobalt de la mine et même l’usine n’ont pas été affectées, dès lors que ces activités sont conduites par des travailleurs qui ne participent pas au mouvement, précise le communiqué.

"Nous respectons le droit de nos travailleurs d’être représentés par leurs syndicats et veillons à continuer à remplir nos obligations selon la Convention collective de travail des travailleurs de TFM. La direction de TFM rencontre ce vendredi les représentants syndicaux en vue de résoudre le dossier au plus vite et permettre une reprise normale du travail", peut-on lire dans ce communiqué.

Radio Okapi

Grève en Zambie

Une grève d’ouvriers zambiens dans une fonderie près de Chambishi a dégénéré mardi en émeute au cours de laquelle les dirigeants chinois de la compagnie ont été pris en otage pendant quelques heures.

Cette région est connue pour ses importantes ressources en cuivre.

Ces évènements ont d’ores et déjà influé sur le niveau du cours, les investisseurs craignant qu’ils n’affectent le niveau mondial de production.

Le cuivre représente plus de la moitié du produit intérieur brut (PIB) de la Zambie.

Près de 500 ouvriers de la fonderie en construction Chambishi Copper Smelter, détenue par des Chinois, s’étaient mis en grève lundi. Leurs revendications ? obtenir des augmentations de salaires et de meilleures conditions de sécurité. Comme quoi l’insécurité qui prévaut dans les mines chinoises poursuit leurs employés bien au delà des frontières de l’Empire du Milieu.

"Nous avons décidé de nous mettre en grève à cause des conditions de travail pathétiques", a ainsi déclaré un représentant des ouvriers, Teddy Chisala. "Les Chinois ne respectent pas notre droit du travail", avait-il ajouté. Selon lui, les ouvriers, qui avaient déjà interrompu le travail il y a un mois, ne gagnent en moyenne que 50 dollars (33 euros) par mois.

Mardi matin, ils ont enfermé dans leurs bureaux les cadres chinois de la fonderie Chambishi et ont fermé les grilles extérieures. Les otages ont néanmoins été libérés au bout de quelques heures, selon des porte-parole de la compagnie et de la police de Chambeshi.Avant d’être dégagés par la police déployée autour de la fonderie, les émeutiers avaient également mis le feu à un foyer pour ouvriers chinois, a indiqué un policier.

Des dirigeants de la compagnie et des représentants des ouvriers ont finalement entamé des négociations à la mi-journée.

En 2007, Xu Ruiyong, directeur adjoint de la mine, estimait être en présence d’un fossé culturel. "Pour nous, peut-être que ces conditions sont normales", déclare-t-il, "mais eux pensent que c’est trop dur".

Selon Xu Ruiyong, un des objectifs de la Chine, quand elle avait ouvert la mine, était d’aider l’économie locale. Mais selon les habitants de la région, on ne voit guère d’amélioration dans les conditions qui prévalent dans l’agglomération de Chambeshi.

Les Chinois ont largement investi dans les mines de cuivre de Zambie, grâce aux avantages fiscaux offerts par le gouvernement. Ils sont régulièrement critiqués pour les mauvaises conditions de sécurité dans leurs mines. En 2005, 50 mineurs avaient été tués dans une explosion survenue dans l’une de leurs mines à Chambishi.

Mais, pour les gouvernements de pays africains pauvres, la Chine est une partenaire de choix : elle n’exige pas de réformes, et -contrairement à des institutions telles que la Banque mondiale- elle s’abstient de toute ingérence. Un point important, selon le ministre zambien des finances, Ng’andu Magande, qui se félicitait en 2007 de nouveaux accords passés sans conditions. "Je pense que c’est là, peut-être, ce qui rend les investissements chinois particulièrement intéressants pour nous" déclarait-t-il alors, "s’il y a des conditions, je ne les vois pas".

Mais certains estiment que de nombreuses économies africaines souffrent déjà des effets négatifs de ces investissements, avec notamment un flot d’importations bon marché en provenance de Chine.

Et ceci, sans compter des craintes d’ordre politique, suscitées notamment par les relations très amicales que la Chine entretient avec les gouvernements du Zimbabwé et du Soudan.

Le cours du cuivre a atteint quant à lui un nouveau plus haut lundi à 8.861 dollars la tonne, pour redescendre mardi à son précédent record de jeudi dernier à 8570 dollars.

Selon David Thurtell de BNP Paribas, la chute des stocks de cuivre serait faussée en partie par le retrait du métal des entrepôts, en vue d’augmenter les prix sur le marché. Les stocks seraient en suite stockés en secret.

Sources : AFP, afx, Bbc Afrique

22-11-2009

Les mineurs de Konkola Copper Mines (KCM), en Zambie, une filiale de Vedanta Resources Plc, ont observé une journée de grève le mardi 11 novembre pour réclamer une hausse des salaires.

Rahur Kharkar, le porte-parole de KCM, a déclaré que les opérations de la mine de cuivre à ciel ouvert de Nchanga et de l’usine de lixiviation de résidus et de concentration ont été brièvement interrompues pour exiger la reprise des négociations salariales.

Le président de la Mine Workers Union of Zambia (MUZ), Rayford Mbulu, a promis que l’union aura des entretiens avec la direction.

C ’est à partir,de tensions sur le prix de la force de travail , dans les mines de Zambie qu’une émeute va éclater. Quelques temps avant son décès le président de la Zambie,(Levy Mwanawasa), avait rencontré les dirigeants de l’Union minière, tant il était inquiet de la situation de ce secteur sous pression sociale. Cette rencontre visait à envisager des mesures de paix sociale pour empêcher les grèves dans cette l’industrie1, pour ne pas décourager les nouveaux investissements.

En effet la situation dans les mines de cuivre, visant à augmenter les salaires, était d’ autant plus critique, que tous savaient que les mines de cuivres faisaient d’ énormes bénéfices du fait du boom des métaux dans le monde.

Le ministre des Mines, fut chargé d’ endiguer le mécontentement, à cet effet il avait même élaboré une politique d’ actionnariat permettant d’acheter des actions dans le cuivre et les mines de vastes cobalt, quant au syndicat il se positionnait nettement contre l’ action des ouvriers.

« Nous avons eu des discussions cordiales avec le président et présenté nos vues sur les récentes grèves parce que parfois nous (les syndicats) sont accusés d’incitation à la grève des travailleurs. Nous voulons empêcher les grèves à venir par le dialogue" Oswell Munyenyembe, secrétaire de la Muz, à Reuters .

Dans ces conditions , la grève ne pouvait éclater qu’ en dehors et contre le syndicat, sous la forme maintenant systématique d’ une explosion de colère visant directement les exploiteurs et leurs représentants.

A KCM, le mouvement s’ enclenchera, quand des travailleurs de l’exploitation Nchanga refusèrent de prendre leur poste, en exigeant qu’il leur soit communiqué le résultat des négociations salariales. La situation était tendue, et des pierres commençérent à fuser de tous cotés, deux camions à benne appartenant à des entrepreneurs furent endommagés . Seize maisons et trois voitures appartenant à des familles d’expatriés ont également été atteintes. Des mineurs, selon Kharkar le porte-parole de KCM, ont aussi brûlé deux véhicules et démoli des abris pour les employés d’un entrepreneur chinois . Un responsable du gouvernement a déclaré que les travailleurs, qui réclament des salaires plus élevés, ont également pillé des magasins dans la mine.

Rahur Kharkar a déclaré vouloir déplacer des mineurs impliqués dans la grève à l’entreprise Nchanga Unité opérationnelle intégrée avait arrêté les opérations de l’usine de résidus de lixiviation, Nchanga mine souterraine et le concentrateur.

Kharkar c ’est immédiatement rabattu sur le syndicat (la Mine Workers Union of Zambia (MUZ) et a tenu des pourparlers d’urgence pour trouver des moyens de mettre fin à la grève.

Selon Kharkar, avec l’aide de la police des mines et de la Zambie, les émeutes ont été placées sous contrôle. De son coté,le Secrétaire général du syndicat Oswell Munyenyembe a déclaré que la police avait arrêté 30 personnes , après les émeutes et que "Le syndicat ne peut pas soutenir toute forme de violence et nous vérifions que les policiers rapportent que toutes les personnes arrêtées sont des mineurs », (Munyenyembe à Reuters)

"La production a repris. Nous avons convenu avec les syndicats à mettre tout en ordre ", a déclaré Rahul Kharkar .

Rappel de quelques grèves en Afrique.

Afrique du Sud – L’effondrement du marché automobile a réduit l’utilisation du platine industriel. Une seule firme, Lomain, licencie 5 500 travailleurs dans 32 de ses mines. Misère en cascade car immigrés ou pas, on calcule que pour 30 % d’entre eux, un seul travailleur fait vivre 8 personnes. L’industrie textile connaît les mêmes problèmes qu’en Chine avec le refoulement des migrants intérieurs et immigrants des pays voisins.

Liberia * - 27/3/2009 - 3 000 travailleurs de la plus grande plantation d’hévéas, en grève depuis plusieurs semaines, séquestrent le sénateur de la région qui tire lui-même dans la foule alors que la police attaque pour le délivrer.

Afrique du Sud ’*3/6/2009 ’61 tués dans l’incendie d’une mine illégale abandonnée par Harmony Gold Mining.

Afrique du Sud –* 27/7/2009 ’Sur fond d’agitation sociale avec des grèves dans de nombreux secteurs, émeutes depuis le début de l’année dans les townships où vivent plus d’un million de parias. Plus de 25 manifestations violentes contre les conditions de vie (pas d’eau potable, pas d’électricité, pas de sanitaire). À Thokoza, à 40 km de Johannesburg, le 28 juillet, barrages de pneus enflammés, incendie d’une clinique, de bibliothèque. À 300 km de Johannesburg dans un autre township, la police est lapidée et répond violemment, des blessés. À Balfour (80 km de Johannesburg), les pillages, l’incendie de magasins et de voitures sont aussi violemment réprimés (des dizaines de blessés, des centaines d’arrestations). À Durban (port du nord), un mouvement des chômeurs sud-africains (SAUPM) oganise le pillage des supermarchés : 94 arrestations. La liste peut être allongée presque à l’infini.

note

1 En juillet 2009, une grève de quatre jours avait paralysé la mine de cuivre Kansanshi, une division de First Quantum Minerals (FM.TO).

Grève dans l’Ontario

Grève à la plus importante mine de nickel au monde contre la deuxième plus importante transnationale minière mondiale

Pour introduire ce conflit à Vale Inco centré à Sudbury dans le nord-est de l’Ontario, laissons la parole, malgré quelques inexactitudes de détail, au journaliste des Nouvelles calédoniennes du 31 octobre 2009 dans la colonie française de Nouvelle Calédonie, île du Pacifique à l’est de l’Australie, où une petite délégation de grévistes, majoritairement franco-ontarienne, était allée rencontrer le syndicat de la centrale Force ouvrière de la mine de nickel de Vale Inco sur le point d’ouvrir au début 2010 malgré qu’elle menace un site naturel classé par l’UNESCO :

« Face à une économie mondialisée, le syndicalisme tente de s’internationaliser. 3 500 salariés de Vale Inco sont en grève au Canada. Leur syndicat United Steel Workers est parti en croisade sur tous les sites Vale Inco de la planète, pour y tisser des alliances. Étape en Calédonie avec les syndicats représentatifs du personnel de l’usine du Sud. […] Depuis trois mois et demi maintenant, 3 500 salariés de Vale Inco au Canada ont engagé un bras de fer avec la multinationale brésilienne qui a absorbé Inco, le géant de la mine du Canada, à l’origine du projet de Goro Nickel en Calédonie. […] Ils accusent le groupe Vale de profiter de la crise mondiale et de la baisse de ses bénéfices pour opérer des coupes sombres dans les salaires, dans les pensions de retraite et dans la couverture sociale des employés. Et ils organisent une tournée mondiale dans l’ensemble des sites de Vale Inco, au Brésil, en Indonésie, en Australie et en Nouvelle-Calédonie, pour créer une sorte d’alliance planétaire entre les différents syndicats représentatifs des salariés de la multinationale. »

Vale, trop grosse pour être vaincue dans un seul pays

Depuis la mi-juillet 2009 à Sudbury dans le nord-est de l’Ontario, ville de 150 000 habitants au tiers francophone, et depuis le début d’août à Port Colborne aussi dans le nord ontarien et à Voisey’s Bay au Labrador, les 3 500 mineurs de Vale Inco, filiale canadienne de la transnationale minière brésilienne Vale, ont déclenché la grève pour s’opposer aux concessions demandées par l’employeur. Vale, comme les autres géants miniers telles les australo-britanniques BHP-Billiton, la plus importante mondialement, et Rio-Tinto, la troisième, et quelques autres se sont lancés dans une frénétique course de concentration/centralisation de l’industrie minière mondiale. Ils le font tant pour profiter de la croissance fulgurante de la rente minière générée par la montée des prix des métaux due à la demande explosive des pays émergents, interrompue par la crise, que pour se positionner afin d’affronter en position de force les grands acheteurs, dont surtout le gouvernement chinois, et les nouveaux grands producteurs issus de ces pays.

C’est dans ce contexte que Vale avait acheté la transnationale canadienne Inco, il y a deux ans, spécialisée dans le nickel. Ainsi, Vale se diversifiait de sa propre spécialisation dans le minerai de fer. Voulant profiter de la crise économique qui réduisait brusquement les prix des minerais (voir graphique), particulièrement pour le nickel, Vale, qui avait pourtant réglé avantageusement avec ses employés de Thompson au Manitoba, exigea des autres travailleurs de Vale Inco au Canada un gel salarial de trois ans, un régime de pensions à contribution déterminée pour les nouveaux engagés, alors que le régime actuel est à prestation déterminée, une réduction considérable de l’important bonus annuel — en moyenne 25% du salaire de base — lié à la profitabilité de l’entreprise et une clause moins avantageuse d’ajustement du salaire à l’inflation.

Pourtant, contrairement à ses grands rivaux qui ont connu des problèmes de liquidité entraînant d’importantes mises à pied — pensons à Rio Tinto-Alcan au Québec — Vale est resté très profitable malgré l’effondrement des prix et n’a pas procédé à d’aussi massives mises à pied bien qu’elle est congédié quelques centaines d’employés d’Inco après l’achat de cette compagnie. Au Brésil même, elle augmentera sa main d’œuvre de 12% en 2010 suite à d’importants investissements exigés par le gouvernement brésilien dont les banques étatiques financent Vale d’une façon importante. Il est vrai qu’au Brésil et en Nouvelle-Calédonie les frais salariaux sont moindres, peut-être aussi les contraintes environnementales.

En 2008, Vale a fait un profit de 13.2 milliards $US. Sa filiale Vale Inco a fait plus de profits en deux ans (2006-2008) qu’Inco en dix ans (1996-2006), soit 4.1 milliards $US. Au troisième trimestre de 2009, en lien avec la remontée des prix du nickel et du minerai de fer, le profit a doublé par rapport au trimestre précédent même s’il ne représente que le tiers du même trimestre en 2008. La compagnie était tellement fière de ce résultat que ses dirigeants avaient prévu se déplacer aux bourses de New-York et Londres pour des événements médiatiques à la fin octobre. Mal leur en pris car ils durent les annuler suite à la venue de petites délégations de grévistes — une vingtaine à New York soutenue par des métallos étasuniens mais aussi des enseignants — qui devaient les perturber avec l’aide de syndicalistes locaux liés à la Confédération syndicale internationale (CSI).

L’optimisme de Vale est à ce point élevé que la transnationale a annoncé qu’elle distribuerait en 2009 un dividende de 2.75 milliards $ soit plus que lui coûte les salaires et bénéfices marginaux de ses plus de 100 000 employés dans 35 pays à travers le monde. Pourtant la grève est relativement efficace. La production de nickel du troisième trimestre de 2009 est inférieure de 45% par rapport à celle du second trimestre et de 55% par rapport au trimestre équivalent en 2008, sans compter un coût direct de 200 millions $US pour la grève. Il est vrai, cependant, que la remontée du prix du nickel a un peu plus qu’effacé l’effet de la baisse de volume sans compter que la production de nickel (et de cuivre que Vale Inco extrait en parallèle) est marginale par rapport à l’ensemble des opérations de la transnationale alors qu’elle était centrale pour l’ancienne Inco.

Vale profite de la crise, forte en Ontario

Depuis sa privatisation en 1997 — elle était une société d’État brésilienne fondée durant la Deuxième guerre mondiale — la multinationale minière Vale affronte systématiquement ses ouvriers. Au Brésil, ses employés n’ont pas de sécurité d’emploi : ils sont congédiés sans motif et la plupart le sont entre trois à cinq ans d’ancienneté afin d’embaucher à moindre salaire, ce qui explique que la majorité est à contrat. Dans l’actuelle grève au Canada, Vale embauche des briseurs de grève et oblige les autres ouvriers à effectuer le travail des grévistes. Le Nouveau parti démocratique (NPD) ontarien a tenté en vain à la législature ontarienne, avec l’appui de grévistes dans les tribunes dont ils ont été chassés, de présenter une législation anti-briseurs de grève sur le modèle québécois. À noter que le NPD, parti social-libéral lié au mouvement syndical et le plus à gauche de la législature ontarienne partage le nord et le nord-est ontarien, région très col bleu surtout hors de ces quelques grands centres, avec les Libéraux au pouvoir même s’il ne compte en Ontario pour seulement 10 députés sur 107.

Le relatif isolement des grévistes par rapport aux grandes régions métropolitaines du sud ontarien n’a pas facilité la construction de la solidarité. On peut cependant signaler celui des autres syndicats métallos et de la branche ontarienne du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), connu pour son avant-gardisme dans la campagne pro-palestinienne pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS) et pour ses locaux affiliés des travailleurs municipaux de Toronto et de Windsor qui ont fait de dures grèves cet été afin d’éviter le pire des reculs exigés par les autorités municipales, dont celle dite « progressiste » de Toronto, profitant du désarroi de la crise de l’industrie de l’automobile, de l’acier et de la finance qui a frappé de plein fouet l’économie ontarienne comptant pour 40% du PIB canadien. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que le conflit de Vale Inco ait débuté cet été au moment où ces importantes grèves avaient lieu.

Reste que cette solidarité consiste au mieux en visites de quelques dirigeants, avec parfois chèques à l’appui, et de la mobilisation de noyaux restreints de militants lors des visites de grévistes à Toronto soit pour mobiliser à Queen’s Park, siège du gouvernement ontarien, soit pour répondre à l’invitation du cinéaste iconoclaste Michael Moore lors de sa visite à Toronto pour la première de son film Capitalism, a love story. La mobilisation internationale, jusqu’à tout dernièrement, restait aussi modeste : lettre d’appui syndicales d’un peu moins d’une dizaine de pays puis visites en Allemagne et en Suède en compagnie de dirigeants internationaux pour convaincre certaines compagnies de ne pas importer du minerai de nickel de Vale. Même le grand rassemblement de la fin septembre avec des invités internationaux dont le président de la CUT, la grande centrale brésilienne, n’a rassemblé que 3 000 personnes, légèrement moins que le nombre total de grévistes à Sudbury.

Un possible tournant en octobre

Il semble, cependant, qu’un tournant pour le mieux soit apparu en octobre. Le comité d’appui des femmes, qui avait joué un rôle si important dans la grève très militante de neuf mois en 1978-79, s’est remis sur pied avec l’aide des anciennes militantes. Avec le comité de soutien lui aussi récemment constitué, il organisera une série d’activités familiales en novembre. La communauté ukrainienne de la région s’est aussi mise de la partie. Peut-être retrouvera-t-on cet esprit de 1978-79. On sent aussi un changement au niveau de la solidarité internationale. On a déjà mentionné la virée de New-York. Une petite délégation revient d’une tournée en Australie, où Vale a acquis plusieurs mines de charbon en 2007, et en Nouvelle-Calédonie où Vale Inco ouvrira sous peu une nouvelle mine de nickel. Au-delà des directions syndicales, des dizaines de mineurs australiens ont sympathisé avec la délégation… mais leur contrat se termine seulement en 2011.

En Nouvelle-Calédonie, ce qui fut remarquable fut la couverture médiatique et la rencontre chaleureuse avec les élus kanak, première nation de cette colonie française qui ne forme plus que 45% de la population totale. Y a-t-il eu des atomes crochus entre franco-ontariens et kanak, deux nationalités fortement opprimées tant au niveau de l’autonomie territoriale, de la langue que des conditions économiques ? Qu’on songe que le site web des métallos consacré à ce conflit [1], où la très grande majorité des informations de cet article est tirée, est bilingue… anglais-portugais brésilien. Pourtant la principale région touchée, comme on l’a vu, est fortement francophone tout comme elle est limitrophe du Québec. De même, le matériel disponible est unilingue anglais. Est-ce que cette uniforme et formelle unité renforcera la capacité de mobilisation de masse ? Est-ce la meilleure manière de construire un mouvement pan-canadien ? Internationalisme bien ordonné commence par chez soi.

C’est cependant au Brésil, de loin la base économique la plus importante de Vale, où la situation promet le plus. Pour leurs propres revendications, les mineurs de la plus importante mine brésilienne de Vale, et de deux autres mines, ont débrayé pendant deux jours, les 26 et 27 octobre 2009. Quelques jours plus tard, à deux autres mines affiliées à la plus petite centrale syndicale Conlutas, réputée pour sa combativité, le comité de négociation a symboliquement intégré la représentante des métallos canadiens provoquant la colère des négociateurs patronaux qui ont rompu les négociations. Ajoutant l’insulte à l’injure, 700 travailleurs de ces deux mines ont signé une lettre à la compagnie les enjoignant de régler la grève canadienne où les négociations n’ont jamais repris depuis le début de la grève. Comme le disent les dirigeants du syndicat local Conlutas :

« Vale craint davantage que la seule possibilité d’une victoire de la grève de nos frères et sœurs canadiens, une possibilité renforcée par notre action d’aujourd’hui. Elle craint aussi une croissante unité internationale en construction au sein des travailleurs de Vale et aussi dans les communautés à travers le monde où les profits de Vale ont causé des désastres environnementaux… »

Optimisme internationaliste et contradiction bureaucratique

Il y a ici un grand optimisme internationaliste. Mais il en faut. Jusqu’ici le développement des liens internationaux fut avant tout à l’initiative des bureaucraties syndicales. Il ne faut pas cependant sous-estimer leur volonté de le développer car elles sont pris de court par cette grève voulue par la base contre une transnationale très puissante et très dure qui peut endurer une grève nationale isolée même militante. Elles se rendent compte que les méthodes bureaucratiques habituelles de négociations appuyées par une grève nationale limitée aux piquets de grève et contrôlée par en haut entraînera inévitablement des reculs. Quand la base syndicale hésite à riposter devant une situation objective difficile, comme dans le secteur automobile, les directions peuvent faire avaler des reculs. Mais le prix à payer en termes de crédibilité peut être élevé quand le seuil de la grève illimitée a été franchie. Pour faire plier Vale, il faut un certain degré de coordination internationale des grèves, sauf peut-être pour le Brésil où une coordination nationale intersyndicale pourrait suffire.

La nécessité pour la bureaucratie syndicale de mobiliser la base jusqu’à un certain degré, ou de la laisser se mobiliser sans trop d’entraves, ouvre la porte de l’auto-organisation. Le comité des femmes a-t-il donné le signal de départ ? La nécessité de développer des liens internationaux, particulièrement avec les syndicats brésiliens, oblige les bureaucraties à restreindre l’expression de chauvinisme de petite puissance impérialiste, genre « défendre notre statut de classe moyenne… anti-écologique » en faveur d’une ouverture vers l’internationalisme prolétarien, genre niveler par le haut les salaires horaires et les conditions de travail des employés de Vale à travers le monde.

Il y a ici une ambiguïté du mot d’ordre de nationalisation évoquée par le président « international », c’est-à-dire regroupant les locaux étasuniens et canadiens, des métallos lors de la grande assemblée de la fin septembre et applaudie debout par les grévistes. Si nationalisation signifie prise en charge par l’État (capitaliste) pour se soustraire aux conditions de vie brésiliennes, il y a recul internationaliste… et illusion économique car le marché du nickel est mondial. L’entreprise étatique fera ce que fait Vale. Par contre, nationalisation peut signifier la première étape pour la prise en charge par le collectif des travailleurs à la manière de l’entreprise autogérée Zanon en Argentine. Le collectif autogéré mettra l’État devant ses responsabilités de financement, d’aide technique et de garantis de marchés internationaux, à défaut de reconversion de l’entreprise ou des travailleurs. Il se liera à la communauté et, dans le cas d’une entreprise intrinsèquement exportatrice, il se liera aussi aux travailleurs des entreprises étrangères clientes et concurrentes pour appuyer leurs revendications et leurs luttes dans une perspective de collaboration pour une mise en marché conjointe dans le cadre d’un nivellement par le haut des conditions de vie. Il y aurait là le premier pas vers une autogestion internationaliste.

Peu importe qu’elle débloque ou qu’elle s’épuise, cette grève contre Vale donne une idée de ce que sera le mouvement gréviste du XXIiè siècle. Les grèves mondiales contre les transnationales seront un pilier essentiel de l’internationalisme. Elles ne font que commencer.

Notes

[1] Voir http://www.fairdealnow.ca/

Articles de Marc Bonhomme

Namibie

Windhoek, Namibie - Les travailleurs de la plus grande mine de zinc de la Namibie, Skorpion Zinc, ont décrété une grève générale qui paralyse les activités de la mine, suite à un conflit liés aux salaires.

La grève a démarré vendredi à minuit avec environ 650 employés permanents qui ont fermé la mine pour exiger une augmentation salariale de 15 pour cent, tandis que la direction leur propose 12 pour cent.

Des représentants des travailleurs et la direction de Skorpion Zinc ont confirmé samedi matin la fermeture de la mine, les travailleurs ayant bloqué toutes les issues de l’usine, pour empêcher les contractuels et les membres de la direction d’y pénétrer.

"La grève a démarré vers minuit, c’est tout ce que je peux dire pour le moment", a déclaré le directeur de la Communication de Skorpion Zinc, Usi Hoebeb, dans une interview téléphonique accordée à la PANA samedi.

Le secrétaire général de l’Union des travailleurs du secteur minier de la Namibie, Joseph Hengari, a déclaré pour sa part que la situation à la mine était tendue, après que la direction avait engagé des travailleurs contractuels pour remplacer les grévistes.

"La situation est très tendue ici, nous avons interdit l’accès de la mine à tous les employés contractuels et aux membres de la direction", a déclaré M. Hengari.

"Non seulement la direction n’a pas satisfait nos revendications, mais elle viole le droit du travail, en engageant des contractuels pour remplacer des employés permanents", a-t-il ajouté.

"Personne ne va rentrer dans la mine jusqu’à ce que toutes les parties s’entendent... l’usine et la mine ne fonctionnent plus depuis minuit et cela va rester ainsi jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites", a déclaré M. Hengari.

M. Hoebeb a refusé de réveler les pertes de production qu’entraînerait cette grève, mais a déclaré que la direction espérait qu’une "solution à l’amiable" mettra fin à la crise.

La société anglo-américaine Skorpion Zinc emploie environ 1.200 travailleurs, dont la moitié sont des employés permanents.

La mine, située à environ 700 kilomètres au sud de Windhoek, la capitale namibienne, produit 150.000 tonnes de minerais à forte teneur en zinc, destinés aux marchés asiatique, européen et nord- américain.

Cette mine à ciel ouvert, aux équipements ultramodernes, représente environ 25 pour cent de la consommation totale de la Namibie en électricité.

Windhoek - 10/05/2008

En Chine

104 morts dans une mine chinoise AFP 22/11/2009 | Mise à jour : 18:38 | Commentaires 7 | Ajouter à ma sélection L’espoir de retrouver des survivants dans une mine du nord-est de la Chine était faible aujourd’hui plus de 48 heures après un coup de grisou qui a fait 104 morts, la catastrophe la plus meurtrière dans le pays depuis deux ans.

Alors qu’un demi-millier de secouristes ont été mobilisés, 12 corps ont été récupérés, portant le bilan des morts confirmés de 92 à 104, et quatre mineurs étaient toujours portés disparus, selon les autorités locales. "Les opérations de secours se poursuivent. Nous n’abandonnerons pas tant qu’il y aura de l’espoir de les retrouver vivants", a déclaré Zeng Jinguang, un porte-parole de la mine de Xingxing située à Hegang, dans la province du Heilongjiang, près de la frontière russe, et appartenant au groupe public Longmai.

Lundi, les autorités devaient faire face au désespoir des proches des victimes. Une aide psychologique a été mise en place. Devant l’un des bureaux principaux de la mine, l’une des grandes et plus anciennes du pays avec une production de 1,45 million de tonnes par an, un groupe de femmes attendaient lundi des nouvelles dans un froid glacial, criant et pleurant. "Je n’ai aucune nouvelle de mon mari, il a 42 ans, je n’en ai que 40", a expliqué l’une d’elle, totalement perdue. Une autre s’est aussi plainte de n’avoir reçu aucune information au sujet de son frère qui se trouvait dans la mine. Les deux femmes, qui ont refusé de donner leurs noms, ont ensuite été accompagnées à l’intérieur des bureaux. Au loin, de la fumée sortait encore d’une des entrées de la mine.

Les mines les plus dangereuses du monde

Il s’agit de la catastrophe minière la plus meurtrière depuis celle de la province du Shanxi (nord), qui avait fait 105 morts en décembre 2007. L’explosion de samedi est survenue alors que 528 mineurs étaient au fond du puits, mais 420 ont pu remonter, grâce à la détection de niveaux anormalement élevés de gaz une cinquantaine de minutes avant l’explosion. Elle a été ressentie dans un rayon de 10 km.

Selon Zeng Jinguang, 60 personnes ont été hospitalisées après l’accident et aucune n’est en danger de mort. Une enquête a également été ouverte pour déterminer s’il n’y avait pas eu de collusion entre les autorités de la mine et des responsables locaux pour ne pas appliquer les règles de sécurité. Le numéro un, le numéro deux et l’ingénieur en chef de la mine ont été démis de leurs fonctions, selon les médias officiels chinois.

Depuis plusieurs années, le pays s’est engagé dans une restructuration du secteur minier pour fermer des centaines de petites mines, où se produisent la majorité des accidents. Lundi, les médias chinois relevaient cependant que le drame de Hegang s’était produit dans une grande mine publique. Les mines chinoises de charbon sont parmi les plus dangereuses au monde. Plus de 3.200 mineurs y sont morts l’an dernier, selon des statistiques officielles généralement jugées très sous-estimées.

1 Message

  • C’est le plus long conflit de son histoire : la grève sur le site chilien d’Escondida, première mine de cuivre au monde, entre jeudi dans son deuxième mois, sans perspective de sortie à court terme de cette crise scrutée par les marchés. La mine, qui produit près de 5% du cuivre mondial en plein désert d’Atacama (nord), est paralysée depuis le 9 février après l’échec d’une négociation qui visait à renouveler les accords collectifs signés il y a quatre ans.

    Les salariés, dont la précédente longue grève remonte à 2006 (25 jours d’arrêt de travail), réclament à l’entreprise - propriété du groupe anglo-australien BHP Billiton - le maintien des avantages négociés en 2013 et des temps de repos. Ils refusent également que ces avantages ne profitent pas aux nouveaux embauchés, comme le souhaite la direction. Enfin, ils exigent également un bonus d’environ 40.000 dollars et une hausse des salaires de 7%.

    "Nous avons pris une décision, avec les travailleurs, d’être en grève le temps qu’il faudra. D’ailleurs nous envisageons que la grève aille peut-être au-delà des 60 jours", expliquait cette semaine aux journalistes le directeur du syndicat, Carlos Allendes, après s’être réuni à Santiago avec des représentants du ministère du Travail. "Actuellement il n’y a pas de négociations. Nous sommes au point mort mais nous sommes sereins", avait-il ajouté. La dernière réunion entre les deux parties a eu lieu il y a deux semaines, sans parvenir à aucun accord ni fixer de date pour une prochaine rencontre. Tandis que les mineurs, installés dans un campement à proximité du gisement, en plein désert d’Atacama (nord), se déclarent prêts à tenir sur la longueur, la direction de BHP Billiton, qui vient de publier un bénéfice de 3,2 milliards de dollars pour le second semestre 2016, a elle aussi dit être préparée pour un long conflit.

    Répondre à ce message

Répondre à cette brève

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0