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Haïti : organiser les quartiers pauvres, c’est vital

mercredi 24 février 2010

Quelle est la situation en Haïti après le séisme et quelle est la politique des grandes puissances ?

Si la situation en Haïti ne fait plus la une des journaux télévisés, la population, elle, continue à se débattre pour survivre. Certes la distribution des rations alimentaires apporte un certain soulagement, mais ces secours atteignent rarement les quartiers pauvres. En fait, comme depuis le début de la catastrophe, la population se retrouve livrée à elle-même, les autorités locales se révélant incapables de faire face et d’organiser les secours. Les chaînes de télévision françaises ont mis en valeur les gens sauvés par les secouristes occidentaux, mais la majorité l’a été par la population elle-même, qui a montré dans ces événements un haut niveau de solidarité. La population d’Haïti ne peut faire confiance qu’à elle-même. C’est le constat que font nos camarades de l’Organisation des Travailleurs Révolutionnaires d’Haïti (OTR-UCI) qui, avec leurs moyens, s’adressent ainsi à la population :

Les responsables officiels ont failli. Ils se sont révélés totalement incapables de faire face aux conséquences de la catastrophe. Ils étaient tout simplement absents. La population s’est retrouvée non seulement sans moyens, mais sans plan, sans la moindre indication de ce qu’il fallait faire, sans la moindre coordination. Ceux qui ont été sauvés l’ont été par la population elle-même, grâce à la solidarité. C’est cette solidarité qui fait notre force. Pour qu’elle soit opérante, il faut une coordination. Il faut élire nos propres responsables. Par ces temps de catastrophe, nous avons pu vérifier dans chaque courée, dans chaque regroupement de fortune, la valeur des hommes et des femmes. C’est parmi ceux que nous avons pu apprécier qu’il faut choisir nos responsables.

Il faut créer, partout où faire se peut, des « comités de survie », afin qu’ils prennent en charge le recensement des besoins et la répartition de tout ce qui est nécessaire à la survie : eau, médicaments, nourriture, couchage. Nous ne pouvons faire confiance qu’aux nôtres, à ceux d’entre nous que nous aurons élus et qui restent sous notre regard. Nous n’avons pas à accepter que des individus détournent à leur profit les vivres et se remplissent les poches alors que nous sommes sous la menace de la mort par soif ou par faim.

Nous ne pouvons pas plus faire confiance à la police qu’aux troupes d’occupation de différentes obédiences. Nous devons assurer nous-mêmes notre propre sécurité. C’est à des hommes et des femmes issus de nos rangs, sous notre contrôle, d’assurer l’ordre et la sécurité de tous.

Nous avons constaté que nous ne pouvons compter sur personne. Mais en nous organisant, nous n’avons besoin de personne. Nous organiser, élire nos propres responsables, nous faire entendre collectivement, voilà les tâches vitales de l’heure. C’est à notre portée et c’est indispensable.

Il faut réquisitionner tous les stocks de nourriture, ceux des dépôts appartenant à de gros importateurs, aux supermarchés ou aux particuliers aisés, ainsi que les stocks de moyens de couchage, de matériel de cuisine, d’outillage nécessaire au déblaiement. La propriété privée n’a pas lieu d’être dans une catastrophe collective et n’est pas opposable à la survie des êtres humains. Elle doit être suspendue, d’autant plus que nombre de riches particuliers se sont fait évacuer par les premiers avions d’évacuation, la vie sauve et les valises pleines. Le recensement de ces stocks doit se faire collectivement, être réquisitionnés et le cas échéant partagés sous le contrôle de tous par les responsables choisis par la communauté concernée. Le pillage individuel ne peut et ne doit être empêché que par la discipline d’une collectivité qui est à même de déterminer les priorités et empêcher que la répartition soit celle de la loi de la jungle.

C’est de la même manière que les vivres arrivés dans le cadre de l’aide internationale doivent être répartis. L’encadrement de la distribution des vivres avec des troupes armées jusqu’aux dents est non seulement attentatoire à la dignité, mais n’empêche absolument pas l’anarchie, la loi du plus fort, car ces dispensateurs de vivres ne connaissent ni les besoins réels, ni les priorités. C’est à chaque collectivité d’assurer sa propre discipline.

Les autorités, tant celles nationales qui réapparaissent, maintenant qu’elles ont démontré qu’elles ne servent à rien, que les autorités internationales, en réalité américaines, qui exercent ouvertement le pouvoir, respecteront d’autant plus nos besoins et nos exigences que nous nous ferons entendre. Et nous faire entendre, c’est avant tout montrer que nous sommes organisés et que les représentants que nous nous serons donnés bénéficient de l’appui massif de la population pauvre.

la Voix des Travailleurs - OTR - Haïti

2 Messages de forum

  • L’élite économique d’Haïti n’a pas senti le séisme passer

    Ils continuent à boire de l’eau de source française, s’offrent du camembert de Normandie, assaisonnent leurs plats avec de l’huile d’olive italienne : pour les Haïtiens les plus fortunés, le séisme du 12 janvier et le chaos qui a suivi sont passés inaperçus.

    Prospérité

    Sur les hauteurs de Port-au-Prince, à Pétion-Ville, un chapelet de supérettes tenues par des Syriens courtise le chaland. Les rayons sont garnis de produits introuvables ailleurs dans la capitale du pays le plus pauvre du continent américain. Les mets de luxe y côtoient... des revues qui prodiguent des recettes pour maigrir.

    "Quand on vend de la nourriture, on ne va jamais mal. Les gens achètent toujours à manger", lance Moussa Aballa Nahra, 70 ans, propriétaire du Royal Market. La devanture de son magasin fait dans la simplicité. Mais à l’intérieur, on trouve tant des bonbons européens que des olives portugaises ou du vin chilien. Les prix affichent une santé américaine...

    Cela fait presque 50 ans que M. Nahra est installé en Haïti. "En 1961, ce pays était un paradis, très agréable avec beaucoup de prospérité, d’espoir dans l’avenir", dit-il. Son épouse se tient à ses côtés. Elle aussi est originaire du port syrien de Tartous. Non sans fierté, elle explique que ses trois enfants son "tous haïtiens". "Mon fils a épousé une Haïtienne", poursuit-elle. Mais, prévient Mme Nahra, "pas une noire, une mulâtre, très belle. Mes deux filles m’ont donné des petits Américains parce qu’elles sont allées dans ce pays afin que leurs enfants naissent à l’extérieur".

    Haut dessus de tout

    Mme Nahra, son mari et une bonne partie de leur clientèle font partie des 5% d’Haïtiens qui forment l’élite économique du pays. Le 12 janvier, lorsque la terre a tremblé, dans leurs maisons perchées sur les collines qui surplombent la mer des Caraïbes, ils n’ont presque rien senti. "Moi je ne suis là que pour le commerce", explique Joseph Hanna, 28 ans, un Vénézuélien arrivé en Haïti il y a trois ans, et qui travaille à l’Olympia Market. "C’est tranquille ici. Les gens sont très gentils", dit-il.

    On trouve de tout dans l’Olympia Market, même de la nourriture pour chiens. Avoir un animal domestique en Haïti est peut-être le luxe ultime dans un pays dont l’histoire est jalonnée de crises, et où le séisme a mis à terre le peu d’infrastructures qui subsistait. L’argent facilitant bien des choses, seuls les plus fortunés des Haïtiens ont pu se sauver, en jet privé ou par voie terrestre, après le tremblement de terre qui a tué au moins 217.000 de leurs compatriotes

    "Heureusement que mes deux enfants étudient à Bordeaux", soupire Patricia Steed Attié, propriétaire du Papaye, un restaurant à la mode. Le cocktail qu’elle boit, la musique d’ambiance et la clientèle européenne feraient presque oublier qu’à seulement quelques kilomètres, plus d’un million de personnes vivent dans des abris provisoires.

    "Rien ne manque ici"

    "J’ai fermé près de trois semaines, mais j’ai décidé de rouvrir. Je pense que c’est un moyen de ne pas perdre espoir. Mes employés ont recommencé à travailler, c’est un moyen d’aider, de ne pas renoncer", dit Mme Steed Attié. Même note d’optimisme dans la bouche de Moussa Aballa Nahra, le propriétaire syrien de Royal Market.

    "Rien ne manque ici. Je n’ai pas de problèmes de sécurité et les affaires sont bonnes. Je n’ai jamais songé à quitter Haïti (...) mais maintenant je suis vieux. Mon rêve est d’aller en Syrie, le meilleur pays du monde. Je veux y mourir", lance-t-il.

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  • Deux mois après le séisme, les Haïtiens sont à nouveau mis à l’épreuve par les éléments, cette fois il s’agit de la pluie : de grosses averses ont commencé à tomber sur la région, une nouvelle menace pour la population, qui a trouvé refuge dans des abris en toile.

    Quand il pleut, c’est à verse.

    Il s’agit d’une des plus fortes précipitations depuis le séisme du 12 janvier. Plusieurs camps de fortune ont été inondés.

    Ces précipitations ont terrifié les familles qui ont survécu à l’effondrement de leur logement lors du séisme de magnitude 7.

    "Je suis sous la pluie, complètement trempée, j’ai un petit enfant malade dans mes bras, et je n’ai même pas une toile de bâche."

    D’après les secouristes, des gens auraient été emportés et des tentes arrachées.

    "Beaucoup de gens ont dormi hors de leurs tentes, parce que la pluie était rentrée dans la tente et avait tout mouillé."

    Après le lever du soleil vendredi, les habitants ont dû faire face à un gros travail de nettoyage.

    A l’aide de pelles, de bâtons, et même de leurs mains, ils s’efforcent de creuser des fossés de drainage autour de leurs tentes.

    "Il a plu toute la nuit hier et nous avons dû rester debout toute la nuit. Si vous regardez par ici, vous verrez de la boue, de l’eau sale, et des ordures partout. "

    La saison des pluies commence au mois d’avril. Il est urgent de trouver une solution à long terme pour les 1 million 300 mille sans abris.

    Le gouvernement haïtien a fait savoir qu’il déplacerait les sans abris dans 5 camps à la périphérie de Port-au-Prince. Mais jusqu’à présent, aucun n’est ouvert.

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