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Emeutes en Corée du Nord

jeudi 18 mars 2010

« C’est le chaos à Pyongyang, je n’avais jamais vu ça. On voit de longues queues devant des magasins de nourriture presque vides. On y vient parce que les marchés ont fermé. Mon impression est que les gens ont faim, très faim ». Ces propos m’ont été confiés par Igor, qui vit dans la capitale nord-coréenne depuis 2002. A l’origine de cette crise, la réforme monétaire mise en place par le régime de Pyongyang. Celui-ci a cherché à mettre fin aux marchés parallèles qui échappaient à son contrôle, et à reprendre en main la classe émergente des petits commerçants. Si cette réévaluation a bien eu pour effet de ruiner ces petits entrepreneurs, elle a aussi fini par atteindre l’ensemble de la population.

En effet, dans ce contexte d’incertitude qui entoure la monnaie, ceux qui détiennent des denrées préfèrent attendre plutôt que vendre. Conséquences : une inflation galopante, et des marchés qui se vident. Une catastrophe pour les populations urbaines, qui en dépendent pour leurs courses quotidiennes. Le prix du riz aurait été multiplié par six.

A Séoul, la presse conservatrice a même parlé de Nord-Coréens en colère, qui s’en seraient pris physiquement à des agents de sécurité dans des villes de province.

Les troubles ont pris de l’ampleur depuis la brusque réévaluation du won nord-coréen en novembre 2009, une mesure qui visait à enrayer les transactions au marché noir et qui a en revanche fait flamber les prix. La décision a pris de court les habitants et entraîné une aggravation des pénuries alimentaires, selon le journal d’informations en ligne Daily NK, hostile au régime nord-coréen.

« Les commerçants et les habitants ont perdu leur biens en raison de la réévaluation », assure ce média. « Les gens se vengent donc sur les agents de sécurité car ils se sentent désespérés avec le sentiment que, quoi qu’ils fassent, ils mourront », affirme une source anonyme citée par le journal. Selon le Daily NK, un incident s’est produit hier « lorsqu’un certain nombre » de gens ont agressé une patrouille d’agents sur des marchés de Pyongsung, dans la province de Pyongan-Sud. Le quotidien en ligne n’a donne aucun détail sur d’éventuelles victimes.

Son confrère du JoongAng Daily a affirmé que le patron des services secrets sud-coréens (NIS) avait fait état, la semaine dernière devant les députés, d’émeutes causées par cette réévaluation monétaire. « La mesure a provoqué des émeutes à certains endroits (…). Mais le gouvernement nord-coréen semble les avoir contrôlées », selon les propos de Won Sei-Hoon rapportés par le quotidien. Enfin, l’agence Yonhap citant des commerçants près de la frontière sino-nord-coréenne a fait état de gens mourant de faim.

Des centaines de milliers de Nord-coréens sont morts dans la grande famine des années 90 due aux calamités naturelles et à l’incurie économique du régime.

Depuis, la Corée du Nord a abondamment compté sur l’aide internationale pour nourrir sa population mais les flux sont régulièrement interrompus.

Pak Nam Gi, chef du département des finances du parti des Travailleurs au pouvoir, qui a supervisé la réforme monétaire, a été fusillé à Pyongyang la semaine dernière, a précisé Yonhap, citant des sources non identifiées.

Pak était accusé d’avoir ruiné l’économie du pays, une erreur qui a fragilisé les projets du leader Kim Jong Il de placer son plus jeune fils à la tête du régime communiste, avance l’agence de presse sud-coréenne.

En novembre dernier, la Corée du Nord a réévalué sa monnaie, le won, afin de tenter de juguler l’inflation et reprendre le contrôle sur l’économie de marché naissante dans le pays. Mais cette mesure a aggravé la situation alimentaire du pays, entraînant la fermeture des marchés et déclenché la colère de nombreux Nord-Coréens.

Des émeutes se sont produites dans le pays, avait rapporté le quotidien sud-coréen Chosun Ilbo, dont l’une les 5 et 6 décembre dans la ville de Hamhung, qui s’était soldée par l’exécution de 12 "meneurs".

Afin de calmer la population, les autorités avaient cependant relevé à 500.000 anciens wons la somme pouvant être changée.

Selon Yonhap, l’exécution de M. Pak vise à éteindre la colère de la population face à la réforme monétaire, à un moment où le régime avait lancé une campagne visant à promouvoir Jong-un, fils cadet du numéro un Kim Jong-il, comme son probable successeur.

February 3, 2010

The North Korean dictatorship is struggling to contain civil unrest and runaway inflation caused by a drastic revaluation of its won currency, which is threatening new food shortages in the already hungry nation, according to reports in South Korea.

According to one news website, which has informants inside North Korea and has proved accurate in its reporting in the past, the Government has reversed its decision to ban private markets after isolated incidents of violence and unrest.

A separate report says that the senior member of North Korea’s Workers’ Party who led a recent crack down on markets and small scale traders has been purged, suggesting that the country may cautiously loosen its economy after a period of attempting to reassert central control.

It was at the end of last November that the Government announced a drastic revaluation of the won in an apparent effort to crack down on the country’s burgeoning free market economy. All North Koreans were required to swap old won notes with new ones at an exchange rate of one to 100, knocking two zeroes off their value. Because of a cap of 100,000 won per family ((€526 at the official exchange rate), anyone with significant holdings of cash had their savings wiped out.

Since then, reports of inflation and food shortages have trickled out of the isolated country via traders and smugglers in China, as well as North Koreans close to the Chinese border who take the risk of keeping illegal mobile telephones. According to such informants, quoted anonymously in the Seoul-based DailyNK news website, there has been “an explosion in the number of casualties resulting from popular resentment at harsh regulation of market activities by the security apparatus across North Korea.”

Agents of the People’s Safety Agency (PSA), which is conducting a so-called “Fifty Day Battle” against illegal enterprise, were reported to have been attacked and driven away as they sought out market activity in the city of Pyongsung in North Pyongan province. In the once prosperous industrial city of Chongjin on the country’s east coast, a steel worker named Jeung Hyun Deuk was reported to have killed an agent of the National Security Agency named Cho.

An unnamed source in the city told the DailyNK : “Traders and residents have lost their property due to the redenomination and are pretty much being treated as criminals as a result of the NSA and PSA’s ‘Fifty Day Battle’. Therefore, people are taking revenge on agents, since they feel so desperate that, regardless of their actions, they will die.”

The Seoul newspaper Chosun Ilbo reports today that Pak Nam Gi, finance director of the Workers’ Party, has been sacked, citing an unnamed diplomat in Beijing. “North Korean officials are busy blaming each other for the failed currency reform and Pak, who spearheaded the revaluation, is believed to have been sacked,” the diplomat told the newspaper. “Markets have come to a grinding halt following the currency revaluation and prices have soared.”

Recent utterances by the North Korean leader, Kim Jong Il, also hint at an awareness of the economic difficulties being faced by his people. “My heart bleeds for our people who are still eating corn,” he was quoted as saying in the Rodong Sinmun, the newspaper of the Workers’ Party. “Now what I have to do is feed our great people as much white rice, bread and noodles as they want.”

The implication — that all is not perfect in North Korea — in unusual in the country’s strictly controlled, and almost unwaveringly celebratory, state media. Last month he said : “We have already reached the status of a strong country in the military field, let alone politics and ideology, but there are still quite a number of things lacking in people’s lives.

“I am trying to implement the will [of his father, the founding “Great Leader” Kim Il Sung] by solving these problems. Although the Great Leader told us that we have to let the people eat rice with meat soup, wear silk clothes and live in a tiled roof house, we have not accomplished his will.”

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