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Vent de révolte au Bénin...

mercredi 23 février 2011

On peut lire dans la presse :

Les forces de l’ordre ont affirmé avoir fait usage lundi de grenades lacrymogènes contre des manifestants dans le centre de Cotonou qui tentaient de rallier un rassemblement organisée par l’opposition, pour dénoncer un fichier électoral, qui selon elle, exclurait plus d’un millions d’électeurs à l’approche de la présidentielle du 6 mars, rapporte RomandinieNews. "Ils étaient un millier au centre ville et plusieurs centaines venant des quartiers Est et de certains autres quartiers de la ville. Nous les avons repoussés en tirant des gaz lacrymogènes", a indiqué le commissaire central de Cotonou, Louis-Philippe Houndégnon.

Environ un millier de personnes ont manifesté mardi dans Cotonou pour dénoncer un fichier électoral jugé incomplet à l’approche de l’élection présidentielle du 6 mars, selon la police.

Après avoir défilé dans le calme, les manifestants se sont rassemblés sur la Place de l’Etoile Rouge, en centre-ville, pour un meeting.

Ils étaient "environ un millier", a indiqué à l’AFP le commissaire central de Cotonou, Louis-Philippe Houndégnon.

Gaston Azoua, secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB, première centrale du pays), a dénoncé une "complicité coupable de l’Etat" dans un fichier électoral jugé largement incomplet.

Après la présentation d’un fichier provisoire il y a trois semaines, des représentants de l’opposition notamment, avaient fait part de leur mécontentement, estimant que jusqu’à un tiers des électeurs n’y figuraient pas.

S’adressant à la foule, M. Azoua a déclaré : "Nous demandons de manière formelle que soient intégrés à ce fichier le tiers qu’ils ont abandonnés", ajoutant que les syndicats allaient envoyer par courrier leurs revendications à la Cour constitutionnelle.

Onze des 14 candidats au scrutin présidentiel ont demandé la semaine dernière, en vain, un report de quelques semaines. Initialement prévu le 27 février, le premier tour a déjà été décalé d’une semaine pour permettre la poursuite du travail sur le fichier.

Le président Boni Yayi, élu en 2006 et candidat à sa succession affrontera notamment le vétéran de l’opposition Adrien Houngbédji et Abdoulaye Bio Tchané, ex-président de la Banque Ouest-africaine pour le Développement (BOAD).

Dimanche soir, le responsable du fichier électoral, Arifari Bako, l’a remis, dans sa version définitive, à la commission électorale nationale autonome (Cena). La liste des inscrits comptait 3.520.576 d’électeurs, a affirmé Bako qui a demandé "à ceux qui n ?ont pas pu s ?enregistrer pour ces élections (...) d ?attendre les prochaines échéances".

Lundi, la police avait usé de gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation de l’opposition, également pour dénoncer le fichier électoral incomplet. Environ un millier de personnes s’étaient réunies devant la Cour constitutionnelle à l’appel de la coalition L’Union fait la Nation (UN) qui soutient la candidature de M. Houngbédji.

Secouée par des grèves perlées, l’école béninoise s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’impasse d’un dialogue de sourds. On a d’un côté ceux qui pensent que le pouvoir de Yayi Boni ne doit surtout pas fléchir face aux revendications salariales, jugées démesurées, des enseignants ; face à eux, leurs compatriotes qui estiment au contraire que ces attentes sont légitimes et donc parfaitement justifiées ; et enfin, la frange minoritaire, pour laquelle les protagonistes de cette crise doivent mettre suffisamment d’eau dans leur vin pour entamer le dialogue social, qui fait cruellement défaut actuellement.

Autant de positions difficiles à concilier, surtout quand on sait que le mécontentement des profs va grandissant, et que leur mouvement cristallise les aspirations de bien d’autres couches de la population béninoise. Au train où vont les positions, tranchées de part et d’autre, de grèves perlées ou sauvages en manifestations, le pays fonce tout droit dans une impasse.

La fièvre de la fronde gagne du terrain, faisant courir à l’ensemble de la société le risque d’une grève générale, qui ne fera que vicier davantage une atmosphère déjà délétère.

Le climat se détériore au pays de Yayi Boni, à seulement une année de l’échéance électorale. De quoi faire le lit de « Union fait la nation », la coalition de partis d’opposition conduite par Bruno Amoussou, qui n’hésitera pas à tirer parti de toutes les erreurs commises par le Gouvernement du changement dans la gestion de cette crise majeure. Et tandis que sur le front social on se regarde en chiens de faïence, quelques voix, encore timides, s’élèvent pour appeler les uns et les autres à revoir leurs positions, trop souvent tranchées.

Le mécontentement est général dans les rangs des enseignants du primaire et du secondaire. De quoi engendrer une crise profonde.

Les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales n’ont pas manqué de dire leur mécontentement au ministre de la fonction publique. Ils ont tous fustigé les défalcations opérées sur les salaires pour fait de grève, la lenteur dans le reversement des agents contractuels de l’Etat, l’indisponibilité des subventions aux centrales et confédérations au titre de l’année 2010, le traitement du dossier Icc-Services et consorts et de l’affaire Dangnivo, le relèvement du Smig à 66.500 F qui traîne toujours, la non revalorisation des primes de risques et beaucoup d’autres revendications non satisfaites.

En moins d’un an de la fin de son quinquennat, le pouvoir du président Yayi Boni est confronté à un véritable front social marqué par des perturbations du fonctionnement de l’administration publique.

Aucun secteur vital de l’économie béninoise, notamment la santé, l’éducation, n’a été épargné ces derniers temps par des grèves perlées qui s’observent depuis le début de cette année 2010, entraînent un grave préjudice pour l’économie du pays, déjà fragilisée par la crise financière internationale.

Ainsi, dans le domaine de la santé, la plupart des structures notamment l’Hôpital de la mère et de l’enfant de Cotonou (HOMEL) et le Centre national hospitalier et universitaire de Cotonou, les agents para­médicaux et le collectif des praticiens hospitaliers et universitaires qui animent ces différents centres, ont déserté depuis plusieurs semaines leurs lieux de travail pour des revendications visant à l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Si au niveau du Collectif des praticiens hospitaliers et universitaires, la priorité de leur plate forme revendicative est la prise des décrets portant statut particulier de leur corporation, les agents paramédicaux demandent au gouvernement du président Yayi Boni la prise des décisions leur attribuant des primes de motivation, d’incitation et surtout le reversement des agents contractuels dans le corps des agents permanents de l’Etat.

« Le Collectif des praticiens hospitaliers a décidé de reconduire, jusqu’à la satisfaction de sa plate­forme revendicative qui se résume à la prise des décrets portant statuts particuliers des praticiens hospitaliers puis des hospitalo-universaires, l’arrêt collectif de travail 7 jour sur 7 », a confié à APA son président, le Dr Camille Kpadé.

Dans le secteur de l’éducation, la situation n’est pas reluisante puisque le Front d’action des syndicats des trois ordres de l’enseignement a déclenché depuis la dernière semaine du mois de janvier 2010, une grève illimitée de 96 heures par semaine, pour une amélioration des conditions de vie et de travail des enseignants des universités publiques et des cours secondaires et primaires.

« La plate forme revendicative des trois ordres de l’enseignement se résume, entre autres, au reversement dans la fonction publique des enseignants communautaires et contractuels locaux, le problème de logement et celui de l’allocation d’incitation à la fonction enseignante (25% pour les enseignants en activité).

Un arrêté interministériel signé par cinq ministres du gouvernement prévoit depuis 2008 que tous les enseignants admis à la retraite doivent bénéficier de cette allocation. Mais dans la pratique, les services financiers de l’Etat ont refusé d’octroyer les 25% aux enseignants admis à la retraite », a confié à APA Raouf Affagnon, le porte parole du Front d’action des syndicats des trois ordres de l’enseignement.

A l’instar des travailleurs en grève, les ministres du gouvernement ont trouvé un autre moyen pour exprimer leur mécontentement envers le président Yayi Boni qui a annoncé en conseil des ministres un remaniement qui tarde à se concrétiser.

Le président Yayi Boni a remercié ses ministres il y a quelques semaines pour services loyaux rendus à la nation, leur annonçant qu’un nouveau gouvernement sera formé et leur souhaitant bonne chance dans leurs nouvelles aventures professionnelles.

Les ministres ont commencé à bouder le président à partir de cette annonce, certains boudant même quelque fois le conseil des ministres. Cet immobilisme déteint sur le travail dans les ministères où la démotivation se lit de plus en plus sur les visages.

« Nous ne sommes plus motivés à travailler comme auparavant à partir du moment où le chef de l’Etat nous a annoncé son intention de renouveler son équipe gouvernementale. Rien ne nous prouve que nous serons maintenus dans cette nouvelle équipe », a confié à APA un ministre du gouvernement sous le couvert de l’anonymat.

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