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Niger : grève générale interdite, l’épreuve de force continue

samedi 25 juillet 2009

Niger : grève générale interdite, l’épreuve de force continue

De Boureima HAMA (AFP) –

NIAMEY — L’épreuve de force au Niger entre le président et un front d’opposition politico-syndical s’est durcie jeudi avec la décision d’un tribunal de décréter illégale une grève générale de 48 heures destinée à faire reculer Mamadou Tandja sur ses projets de rester au pouvoir.

Selon les médias officiels, un juge d’un tribunal de Niamey a pris mercredi soir une ordonnance selon laquelle le préavis de grève générale lancé pour jeudi par les sept centrales syndicales du pays était "illégal ainsi que les actes subséquents qui pourraient en découler".

Dès mercredi soir, l’information passait en boucle sur la radio et la télévision d’Etat.

Dans la capitale, la situation semblait tout à fait normale à la mi-journée : magasins, banques et marchés étaient ouverts comme d’habitude. Aucun déploiement particulier de forces de l’ordre n’a été observé dans le centre-ville où la circulation était aussi dense qu’un jour ordinaire.

L’ensemble des syndicats du pays avait annoncé une grève mercredi pour contraindre le président Tandja à abandonner son projet de se maintenir au pouvoir après deux quinquennats, par le biais d’un référendum portant sur une nouvelle Constitution et prévu le 4 août.

"Nous appelons l’ensemble des travailleurs des secteurs public, para-public, privé et même de l’informel à observer massivement la grève", avait déclaré le secrétaire général de la Confédération démocratique des travailleurs du Niger (CDTN), Issoufou Sidibé.

"Il n’y a que le gouvernement qui soit au courant de cette ordonnance de justice, nous n’avons reçu aucun papier d’un juge dans ce sens", a déclaré à l’AFP M. Sidibé à propos de la décision du tribunal.

Les dirigeants des centrales n’ont pas officiellement levé leur mot d’ordre de grève et se sont réunis jeudi matin à Niamey "pour examiner la situation", a-t-il précisé.

A 71 ans, Mamadou Tandja doit normalement se retirer le 22 décembre, mais il est plus inflexible que jamais et a décidé de maintenir contre vents et marée la consultation du 4 août afin de rester en fonction jusqu’en 2012 puis de se représenter autant qu’il le souhaite.

Mercredi soir, il a affirmé qu’il ne cèderait pas à la pression de la communauté internationale, qui brandit la menace de sanctions s’il organise "son" référendum.

"On veut que je recule parce que l’opinion internationale veut que je le fasse, mais je ne le ferai jamais !", a-t-il affirmé à la télévision d’Etat.

Il a ajouté que le Niger devait rester un Etat "indépendant et souverain".

Mardi, Mamadou Tandja avait reçu une délégation tripartite ONU/Union africaine/Cédéao, qui a fait part des "vives préoccupations de la communauté internationale" face à la crise actuelle.

Le président de la commission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), Mohamed Ibn Chambas, n’a pas souhaité s’exprimer sur la teneur des entretiens avec le président du Niger, un pays membre de l’organisation régionale.

La délégation ONU/UA/Cédéao avait également rencontré mardi des représentants de la société civile (organisations de défense des droits de l’Homme et syndicats).

Preuve de la détermination du président Tandja à deux semaines de la consultation : quelques heures seulement après le départ de la délégation internationale mardi, il était apparu à la télévision pour affirmer qu’il avait convoqué ce référendum "à la demande du peuple".

Les syndicats ont appelé à une grève générale pour jeudi et vendredi. Mais cette grève a été décrétée illégale, mercredi soir, par une décision du tribunal de Niamey. Ce sont sept centrales syndicales de la Confédération démocratique des travailleurs du Niger (CDTN) qui ont lancé ce mouvement pour contraindre le président Mamadou Tandja à abandonner son projet de référendum constitutionnel – prévu le 4 août prochain –, afin de se maintenir au pouvoir.

Source : Rfi

Le gouvernement nigérien affirme que la grève n’a pas été suivie et que son interdiction par le juge est justifiée car les motivations de ce mouvement « ne sont pas propres à des revendications de travailleurs, mais purement politiques ». Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Mohamed Ben Omar, a souligné que, selon une jurisprudence de 1996 concernant les mobiles politiques dans un mouvement de grève, cette grève est déclarée « nulle et de nul effet, parce qu’inconstitutionnelle ».

En tout cas, pour la Confédération démocratique des travailleurs du Niger, à l’origine du préavis de grève, cette décision d’interdire le mouvement « n’est pas étonnante ». Selon Issoufou Sidibé, secrétaire général de la CDTN, le gouvernement nigérien a choisi, pour la troisième fois, « des procès inquisitoires comme méthode de règlement de conflits sociaux », en déclarant cette grève illégale. Le même dirigeant syndical a reconnu toutefois que cette grève a été engagée « pour exiger le retour à l’ordre constitutionnel normal ». Issoufou Sidibé s’est plaint d’avoir été victime d’un « procès expéditif ». Il a affirmé également que « beaucoup de secteurs d’activité sont restés sans travailleurs », tout en reconnaissant que « ceux qui ont suivi la communication du gouvernement se sont présentés à leur lieu de travail ».

Issoufou Sidibé, secrétaire général de la CDTN

La municipalité de Niamey a interdit une manifestation contre le référendum prévue dimanche, invoquant un climat social tendu.

A 71 ans, le président Mamadou Tandja a décidé de maintenir la consultation du 4 août pour rester en fonction après la fin de son mandat, le 22 décembre prochain. Il a affirmé, mercredi soir, qu’il ne céderait pas à la pression de la communauté internationale qui menace appliquer des sanctions.

Le tribunal de Niamey a qualifié, tard dans la nuit de mercredi, « d’illégale » la grève générale de deux jours lancée à partir d’hier jeudi par les sept centrales syndicales du Niger pour demander l’abandon du référendum constitutionnel décidé par le Président Mamadou Tandja, a appris Apa de bonne source. | Le secrétaire général de l’Union des syndicats des travailleurs du Niger (Ustn), une des plus grandes centrales syndicales du Niger, Abdou Maigandi, joint hier matin au téléphone par Apa, a indiqué que les préavis de grève sont maintenus. « Nous déplorons l’heure à laquelle on nous a rendu cette décision qui nous déboute. Nous laissons chaque travailleurs avec sa consciences » a-t-il commenté, ajoutant que les sept centrales syndicales « ont respecté la procédure à suivre en matière de grève ».

Hier, les syndicats regroupés en une intersyndicale, ont appelé à une assemblée générale « pour définir la conduite à tenir » a souligné le responsable syndical, annonçant que leurs organisations « vont attaquer en appel cette décision de justice ». « Nous allons attaquer cette décision. Nous considérons que nous avons respecté la procédure », a-t-il insisté.

Dans la matinée, le transport public est moyennement perturbé à Niamey où les taxis et les bus de transports interurbains sont devenus rares, en raison certainement du mot d’ordre de grève lancée par les centrales syndicales. Le même constat est perceptible au niveau de certains centres médicaux où le personnel soignant n’est pas venu en grand nombre. « Nous laissons aux travailleurs le choix d’aller en grève ou de se plier à cette décision judiciaire », déclare M. Maigandi. C’est la deuxième fois, en l’espace d’un mois, que les sept centrales syndicales du Niger appellent à une grève générale pour exiger l’abandon du référendum constitutionnel envisagé par le Président Tandja.

Agé de 71 ans, le chef de l’Etat nigérien a signé un décret fixant au 4 août un référendum pour une nouvelle constitution qui lui permettra d’exercer ses fonctions présidentielles jusqu’en 2012, alors qu’il devait se retirer du pouvoir au terme de son deuxième quinquennat qui expire le 22 décembre, selon la Constitution actuelle.

Le nouveau texte consacre également l’entrée dans une sixième république marquée par la non limitation des mandats présidentiels contrairement à l’actuelle loi fondamentale qui limite le mandat à deux de cinq ans une fois renouvelable. Désavoué par la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, le chef de l’Etat s’est accordé, en fin juin dernier, des « pouvoirs exceptionnels » en vertu desquels il a décidé de gouverner par décrets et ordonnances, en l’absence du parlement qu’il a dissout depuis le 26 mai dernier. En même temps, il a dissout la Cour constitutionnelle et modifié le code électoral.

Mardi, une mission conjointe des Nations Unies, de l’Union africaine et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao a exprimé les « vives préoccupations » de la communauté internationale sur la situation politique au Niger, après avoir rencontré le Président Tandja ainsi que les responsables des partis politiques et associations du pays.

2 Messages de forum

  • La prise du pouvoir au Niger a été certe une rejouissance pour le peuple Nigerian car elle les a soulivé un fardeau que eux mème en avaient marre de porte .IL s’agit maintenant pour la junte militaire d’organise dans un delais tres proche une election qui va ouvrir a une voie democratique mais s’il decide autrement le peuple doit très vite réagir.

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    • C’est bien le problème. Tant que le peuple attend quelque chose des militaires qui ont été les piliers de la dictature précédente, il n’y a rien à attendre du peuple lui-même !

      Quant à ceux qui réfléchissent sur son combat, qu’ils ne comptent jamais sur les forces armées pour libérer les peuples ...

      Renverser un dictatuer n’est rien si on a gardé tous les moyens de la dictature.

      l’armée est toujours le principal moyen de celle-ci.

      Si les travailleurs, les jeunes, les femmes veulent en finir avec une dictature, la première des choses est qu’ils s’organisent de manière indépendante du pouvoir et des classes dirigeantes ...

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