English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 14 - Livre Quatorze : PROLETAIRES SANS FRONTIERES > 10 heures de garde à vue pour la défense des sans logis et des Roms (...)

10 heures de garde à vue pour la défense des sans logis et des Roms !

vendredi 20 décembre 2013

La maire du premier arrondissement de Lyon, Nathalie Perrin-Gilbert, candidate dissidente du PS contre Gérard Collomb aux municipales, a été placée en garde à vue jeudi pour avoir participé mardi soir à l’occupation d’un collège désaffecté.

Convoquée à 9H30, Mme Perrin-Gilbert est sortie près de dix heures plus tard de l’Hôtel de police. "J’aurai de quoi déclarer plus tard, mais pas ce soir", a dit l’élue de 41 ans à la presse, visiblement éprouvée.

Elle était interrogée pour "complicité de violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique" et "incitation à la rebellion", après une action collective destinée à reloger des familles à la rue dans un ancien collège, selon une source judiciaire.

"Gérard Collomb a le bras long. Il tente de la criminaliser", a affirmé le conseiller régional Front de Gauche Armand Creus, qui se trouvait mardi aux côtés de Mme Perrin-Gilbert devant l’établissement occupé. Il n’a pas été convoqué par la police.

La mairie de Lyon a informé de son côté, dans la soirée, qu’elle n’avait pas souhaité porter plainte contre l’élue et "qu’aucune dégradation" n’avait été commise dans l’établissement occupé.

Le Front de Gauche et le Gram, club de réflexion de Mme Perrin-Gilbert, qui viennent d’annoncer leur alliance pour les municipales, ont dénoncé "le traitement réservé à une élue qui n’a fait que demander une réquisition légale".

Selon les deux mouvements, le maire du premier arrondissement a agi "à la demande de parents et d’habitants révoltés par les expulsions sans relogement de familles roms ou étrangères avec enfants, en pleine période hivernale".

Mardi soir, l’ancien collège François-Truffaut, dans le premier arrondissement de Lyon, fermé depuis l’été, a été occupé pendant quelques heures par une cinquantaine d’habitants et de militants associatifs.

La police a refoulé une centaine d’autres manifestants, dont Mme Perrin-Gilbert et Armand Creus. Selon ce dernier, l’élue municipale n’est entrée dans le collège "qu’à la fin, à la demande de la police, pour convaincre les derniers occupants de sortir".

"Complètement irresponsable"

Le sénateur-maire PS de Lyon, Gérard Collomb, avait jugé mercredi "complètement irresponsable qu’on appelle à l’occupation de locaux publics", regrettant que la "sensibilité" des habitants soit "instrumentalisée par des élus".

Visant Armand Creus et Nathalie Perrin-Gilbert sans les nommer, M. Collomb avait dénoncé "des élus qui n’ont jamais montré une grande appétence pour les questions de logement au Grand Lyon".

"Ça fait six mois qu’elle écrit au maire et au préfet pour demander la réquisition légale de ce collège. Elle répond à l’exaspération des habitants qui logent les familles à la rue. Et elle n’a eu aucune réponse !", a déclaré en retour Armand Creus.

"C’est punir quelqu’un qui cherche des solutions, c’est le monde renversé", a renchéri Philippe Meyrieu, candidat EELV malheureux aux dernières législatives dans la première circonscription de Lyon, qui s’était déplacé à l’Hôtel de police.

Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement de Lyon depuis 2001 et au PS depuis 1994, où elle a été secrétaire national au Logement, s’était mise "en congé" du parti en septembre pour "pouvoir exercer (sa) liberté d’expression et d’action à l’approche des municipales", selon le Groupement de réflexion et d’action métropolitaine (Gram).

Répondre à cette brève

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0