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Un enseignant-chercheur poursuivi pour avoir cité M. Valls

vendredi 8 janvier 2016

Il a suffi qu’un enseignant chercheur ironise dans un message internet sur la visite du premier ministre Valls à son université pour qu’il se retrouve avec une accusation en justice !!! Ce message ironique avait été dénoncé par l’ancienne équipe de direction de l’université d’Avignon et des Pays de Vaucluse au recteur et au procureur, qui avait décidé de poursuivre M. Mezzadri, rappelle le Snesup-FSU de l’établissement dans un communiqué. "Il est manifeste que notre collègue entendait dénoncer des propos et une politique qu’il estimait xénophobes et que, par conséquent, il ne saurait être lui-même suspecté de xénophobie", poursuit le syndicat.

Pétition de soutien à Bernard Mezzadri

Le mercredi 27 janvier 2016, à 14h, Bernard Mezzadri, maître de conférences à l’université d’Avignon et des Pays de Vaucluse (UAPV), comparaîtra devant le tribunal correctionnel d’Avignon (Palais de justice, 2 boulevard Limbert) au motif qu’il aurait « provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ».

Cette citation à comparaître fait suite à un message diffusé en mai 2015 par Bernard Mezzadri sur une liste de discussion interne réservée aux enseignants-chercheurs et personnels de son établissement (« debat-uapv »), où, à l’occasion de la rencontre d’une délégation de l’université avec le premier ministre, il rappelait ironiquement les propos de M. Valls sur le marché d’Évry – dont alors il était le maire –, dans les termes suivants : « J’espère qu’en cette grande occasion la délégation de l’UAPV comptera suffisamment de "blancos" (et pas trop de basanés), afin de ne pas donner une trop mauvaise image de notre établissement. »

Celui qui était alors président de l’UAPV, Emmanuel Éthis, et son service juridique ont cru de leur devoir de « signaler » au procureur de la république cette contribution, dont l’intention évidente était de dénoncer sarcastiquement les propos xénophobes de M. Valls. Du reste, M. Valls a lui-même fait l’objet de deux plaintes pour provocation à la discrimination raciale, en raison de ses propos concernant les Roms en 2013, quand il était ministre de l’intérieur.

Les signataires de cette pétition dénoncent :

* le comportement des autorités de l’université d’Avignon et de son président d’alors, qui, au lieu de se poser en garants de la liberté de pensée et d’expression au sein de leur établissement, entendaient la museler par une sordide tentative d’intimidation ;

* la décision du procureur de répondre à cette sollicitation indigne ;

* le choix du chef d’inculpation, délibérément infamant, puisqu’il attribue calomnieusement au prévenu des idées et intentions contraires à ce qu’il a toujours défendu, jusques et y compris dans le message incriminé.

Les signataires de cette pétition :

* condamnent les propos de M. Valls auxquels Bernard Mezzadri faisait ironiquement référence ;

* demandent la relaxe pure et simple de Bernard Mezzadri.

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2 Messages de forum

  • Procès pour une plaisanterie anti-raciste contre un premier ministre qui l’est (pas antiraciste !!!)…

    Une amende de 2.000 euros assortie d’un sursis simple a été requise mercredi contre un maître de conférence qui comparaissait pour avoir, dans des mails internes à son établissement, ironisé et repris des déclarations de Manuel Valls, sur les "blancos".

    Le jugement sera rendu le 10 février à 14H00.

    "Ce que je reproche à M. Mezzadri c’est de poser dans le débat la question de la distinction de race et de couleur dans la définition de la valeur d’un établissement universitaire. On entre dans un discours potentiellement raciste", a estimé le procureur, Bernard Marchal.

    "C’est fondamentalement en activant ce problème-là que vous entrez dans le champ d’incriminations", a-t-il ajouté.

    A l’approche d’une rencontre avec le Premier ministre, Bernard Mezzadri, enseignant-chercheur âgé de 55 ans, avait écrit le 27 mai dans un mail interne à l’université : "J’espère qu’en cette grande occasion la délégation de l’UAPV (Université d’Avignon et des pays de Vaucluse, ndlr) comptera suffisamment de +blancos+ (et pas trop de basanés), afin de ne pas donner une trop mauvaise image de notre établissement", avant de qualifier Manuel Valls de "chasseur de Roms".

    Ces propos faisaient notamment référence à des images de Manuel Valls datant de 2009, dans lesquelles celui qui était alors député-maire d’Evry (Essonne) demandait à ses équipes de rajouter des "whites" et des "blancos" dans le décor.

    "Je dénonce le racisme et la xénophobie de M.Valls. Ce n’est pas mon expression, c’est celle de M.Valls, je la cite ironiquement", s’est défendu avec aplomb le maître de conférence, qui enseigne le grec et le latin.

    "Le message d’annonce de l’université était particulièrement enthousiaste et je souhaitais doucher un peu cet enthousiasme en rappelant quelques antécédents" du Premier ministre, a-t-il expliqué.

    "La liberté, l’état de droit sont peu à peu grignotés et Bernard Mezzadri nous dit : +Attention, parce que véritablement ce qu’il se passe peut être dangereux+. Un universitaire, c’est d’abord un penseur", a plaidé son avocat, Me Henri Braun.

    Me Patrick Gontard, l’avocat de l’université d’Avignon et des pays de Vaucluse (UAPV), qui avait signalé les propos au procureur et au recteur, a qualifié le professeur de "provocateur de salon" et son message d’"offusquant".

    Un groupe de personnes s’est rassemblée devant le palais de justice d’Avignon peu avant l’audience mercredi après-midi pour soutenir le professeur M. Mezzadri, qui comparaissait devant le tribunal correctionnel pour provocation à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race.

    Sur des pancartes on pouvait lire : "Quand la caravane de la médisance passe, la justice Valls", "L’ironie n’est pas un délit".

    Une pétition de soutien à l’enseignant-chercheur, soutenu notamment par le Snesup-FSU et le Mrap, avait recueilli mercredi un peu plus de 9.300 signatures.

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  • Les hommes politique qui, dans la situation actuelle, mettent en avant le voile comme drapeau se promènent en fait voilés : ils cachent leurs buts politiques et sociaux qui ne consistent nullement à libérer les femmes mais à diviser les hommes sur des bases raciales et religieuses afin de casser toute révolte sociale.

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