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Le combat ouvrier reprend en Haïti

vendredi 14 juillet 2017

Sous l’instigation de plusieurs syndicats du secteur de la sous-traitance, des milliers d’ouvriers ont pris part, pour la 3e journée consécutive, à une manifestation pour réclamer 800 gourdes comme salaire minimum. En solidarité, une délégation du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a également pris part à cette marche qui s’est déroulée de manière pacifique.

La mobilisation des ouvriers exigeant 800 gourdes de salaire minimum dans le secteur textile ne souffre d’aucune anémie. Loin s’en faut. Une résolution du Sénat haïtien, demandant au président de la République de surseoir à la publication des recommandations du Conseil supérieur des salaires (CSS) vient apporter de l’eau à leur moulin. Ce mercredi, ils ont encore manifesté dans les rues de la capitale, pour la 3e journée consécutive.

Après avoir ciblé tour à tour le Ministère des Affaires sociales et du Travail et le Parlement haïtien, la marche, partie de la Sonapi, s’est dirigée devant le Palais national. Dominique St-Éloi, responsable de la Confédération nationale des ouvriers haïtiens (CNOH), qui participait à la marche, demande au président Jovenel Moïse de prendre en compte la résolution du Sénat de la République. « Les ouvriers réclament 800 gourdes comme salaire minimum. Toutes les actions de l’exécutif doivent aller dans le sens de cette revendication. De plus, nous exigeons des avantages sociaux, notamment dans le transport en commun et la nourriture », a-t-il fait savoir. Plus loin, celui qui a été désigné au CSS par les syndicats des travailleurs et qui n’y a jamais siégé a dénoncé Pierre Joseph Polycarpe et Fritz Charles. Ce sont les 2 autres représentants des travailleurs dans cet organe. St-Éloi les accuse de boycotter les revendications des travailleurs avec la complicité du patronat. Il s’en est pris également à Georges Sassine, président de l’ADIH, qui, au cours d’un entretien accordé à Magik 9, avait demandé au président Jovenel Moïse de le remplacer, car il n’a pas siégé au CSS. « Georges Sassine fait de l’ingérence dans les affaires des syndicats. Je n’ai pas siégé, car les travailleurs me l’ont demandé. Je ne vais pas cautionner un organe qui ne peut rien décider sans l’approbation des patrons », assène-t-il.

Après cette 3e journée de mobilisation, les organisateurs comptent faire une évaluation ce jeudi, afin de penser aux nouvelles étapes. « Si, entre-temps, les autorités persistent à faire la sourde oreille, nous allons occuper les rues tous les jours au cours de la semaine prochaine », a fait savoir Damas Métellus.

Alors que les manifestants s’approchaient du Palais national, ils ont été rejoints par une délégation du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Denis Bolduc, vice-président général du syndicat, a exprimé sa solidarité avec les ouvriers de l’industrie textile. « Les travailleurs ont besoin d’un salaire décent pour vivre dans la dignité. Nous étions de passage en Haiti, à l’invitation de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP). Nous devions visiter plusieurs syndicats, nous avions eu bruit de cette mobilisation et nous avons tenu à y prendre part pour supporter les ouvriers haïtiens », a-t-il déclaré. La manifestation des travailleurs s’est terminée sans incident devant les parages du Palais national où un important dispositif de sécurité a été mis en place.

Luttes de classes en Haïti

15 Messages de forum

  • Voir ici : Les ouvriers ne veulent pas les 35 gourdes d’augmentation de salaire

    Le président de la commission des affaires sociales du Sénat, le sénateur Antonio Cheramy, estime que l’instabilité menace Haïti, si les autorités ne prêtent pas attention aux revendications salariales des ouvriers de la sous-traitance.

    Un marchand ambulant a trouvé la mort en début d’après midi à Pétion-Ville suite à une altercation avec les agents de la mairie de cette commune. En colère, des gens se sont évertués à lancer des pierres sur les agents et ont érigé des barricades de pneus enflammés.

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  • Pendant ce temps la classe possédante et l’impérialisme reconstruisent l’armée haïtienne !!!!

    Comme il l’avait annoncé la semaine dernière sur Télé 20 à l’émission « Haïti Sa k ap kwit », le ministre de la Défense, Hervé Denis, lance le processus de recrutement pour une première classe de soldats… « Le ministère de la Défense avise le public en général et les intéressés (es) en particulier que dans le but de reconquérir notre souveraineté nationale, une classe de soldats sera recrutée pendant la période allant du 17 au 21 juillet 2017.

    Souveraineté nationale, tu parles, pour une force supplétive de l’arme internationale d’occupation impérialiste !!!

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  • Les politiciens mesurent le danger...

    L’Assemblée des sénateurs, à l’initiative d’Antonio Chéramy, a adopté mardi une résolution demandant au chef de l’État de surseoir à la publication du rapport du CSS, augmentant de 35 gourdes le salaire minimum des ouvriers.

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  • Le patronat, lui aussi, tente de faire pression sur les politiques...

    Des entreprises de la sous-traitance appellent au secours du Premier ministre, Jack Guy Lafontant, et menacent de quitter le pays. En effet, ces Patrons qui font face à une perte de production évaluée à plusieurs millions de dollars depuis le début des protestations des syndicats du secteur textile, invitent l’Etat à prendre ses responsabilités dans la gestion de la crise. ‘’Ecoutez la voix de vos investisseurs. Nous apprécions le travail du Peuple Haïtien et souhaitons faire partie de la solution au développement d’Haïti, mais pas de cette manière’’, écrivent des patrons au chef du gouvernement le mardi juin 2017.

    The Willbes Haitian S.A ; MGA Haïti S.A ; Astro Carton d’Haïti S.A ; Haïti Cheung Won S.A ; Textile Youm Kwang S.A et Pacific Sports Haïti S.A, ce sont ces six entreprises du secteur textile qui menacent de fermer boutique en Haïti, si la crise peine à être résorbée.

    Exprimant leur ras-le-bol dans une lettre adressée au Premier ministre Jack Guy Lafontant, les Patrons font appel à l’intervention de ce dernier pour un redressement célère de la situation.

    Même si les conséquences des manifestations, des grèves et des menaces de grèves des ouvriers ne sont pas trop visibles, pour tout le monde, ce sont des millions de dollars de pertes de production qu’elles occasionnent.

    Au paroxysme de leur indignation, ces hommes d’affaires qualifient d’illégale le mouvement des ouvriers sous-traitants qui réclament 800 gourdes comme salaire journalier. Dans leur correspondance, ces Patrons soulignent à l’attention du chef du gouvernement, qu’ils présentent une demande officielle pour mettre une fin à ces problèmes qui ont des incidences sur notre industrie et nos investissements en Haïti.

    ‘’Si, à l’avenir, ces démonstrations ne sont pas contenues, nous nous verrons forcés de rechercher d’autres alternatives d’affaires, en quête de stabilité’’, soutiennent-ils.

    Le chantage, voilà la réponse des vautours du patronat !

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  • Les Patrons ont rappelé à Jack Guy Lafontant dans la lettre que la compétitivité au niveau des coûts, la qualité de la production et la proximité avec les Etats-Unis sont les raisons pour lesquelles des entreprises ont choisi Haïti….

    Si ces avantages cessent d’exister, les six entreprises en question préviennent qu’elles procéderont à d’autres arrangements stratégiques et quitter Haïti pour s’installer dans d’autres régions où il existe une réelle volonté de l’Etat de favoriser les investissements et défendre les investisseurs, tout en créant et protégeant des emplois décents.

    Menaçants, les rapaces !!!

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  • La grève des greffiers se poursuit sur le territoire national d’Haïti, notamment dans plusieurs tribunaux dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, observe l’agence en ligne AlterPresse.

    Cette situation de grève, qui a débuté le lundi 3 juillet 2017, entrave, jusqu’au présent, le bon fonctionnement de nombreuses juridictions à travers le pays.

    Au tribunal de paix de Delmas (au carrefour de la route de l’aéroport international), les justiciables arrivent et repartent, sans pouvoir déposer leurs plaintes ni recevoir tout autre service requérant la présence d’un greffier.

    Des avocats discutent, en petits groupes, dans la grande salle d’audience, alors que le bureau de l’état civil, à l’étage, continue de fonctionner timidement

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  • Depuis plusieurs semaines, le pays est secoué par une vague de mouvements de protestations, issus notamment de secteurs sociaux, ouvriers et enseignants, entre autres, alors que le gouvernement se limite, pour le moment, à des promesses.

    Des ouvriers de la branche textile ne cessent de réclamer un ajustement salarial à 800 gourdes et menacent même de reprendre, dans les jours qui viennent, la mobilisation dans les rues pour exiger la satisfaction de leurs revendications.

    Ils réclament également des accompagnements et d’autres avantages sociaux non-négociables en faveur du secteur ouvrier.

    Le président de la république, Jovenel Moïse a promis de créer des conditions pour sortir la population de la misère et augmenter la production de richesses au bénéfice de tous.

    Le peuple travailleur d’AYITI ne peut se nourrir de promesses politiciennes !!!

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  • La situation politique concrète que nous confrontions avant le séisme du 12 janvier n’a aucunement changée ! Il s’agit toujours de la même situation, même si actuellement les réactionnaires, voleurs et corrompus parlent de changement. Nous avons déjà montré notre désaccord avec cette situation : c’est ainsi que nous nous tenions loin du processus électoral frauduleux qui s’organisait ; ainsi, nous commencions à nous remobiliser pour défendre nos revendications, pour arracher nos droits. Nous nous sommes mobilisés pour tenter d’arracher les misérables 200 gourdes de salaire minimum journalier : Préval nous a bloqué ! Nous nous mobilisions pour tenter d’obtenir les salaires qui nous étaient dus depuis de nombreux mois : la police nous réprima ! Nous nous sommes mobilisés contre les privatisations, contre l’occupation : ils nous ont ignorés ! Nous nous mobilisions pour exiger un enseignement alternatif où il n’y aurait plus d’écoles « loteries » (où l’élève a infiniment plus de chances de « perdre » que de « gagner ») ni d’universités bancales : la police et la MINUSTAH nous tuaient ! Préval les en félicita. En fin de compte, le jour même du 12 janvier, les forces réactionnaires entreprenaient des assassinats en plein jour, prémédités !

    Nous nous MOBILISONS pour défendre nos droits, pour ARRACHER NOS DROITS ! Pour cela, nous devons envahir la SCÈNE POLITIQUE véritablement ! C’est là que tout se règle actuellement. Nous ne devons plus permettre qu’elle demeure la chasse gardée des voyous, réactionnaires et voleurs, seuls ayants droit à la parole. Nous devons parler aussi, FORT, tout le temps, avec nos intérêts à nous au premier plan. NOUS DEVONS FAIRE LA SCÈNE POLITIQUE DEVENIR LA NOTRE ! NOUS DEVONS METTRE LA RUE SUR LA SCÈNE POLITIQUE !

    BATAY OUVRIYE

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  • L’un des plus grands centres hospitaliers du pays est paralysé : des syndicalistes, insatisfaits de l’ajustement salarial de 1,100 gourdes, environ 10%, rentrent en grève depuis lundi 10 juillet.
    L’hôpital général claque la porte au nez des patients : ce grand centre hospitalier universitaire connait depuis quelques temps des jours sombres. Le personnel de santé continue d’exiger de l’État de meilleures conditions de travail. Quasiment, tous les services sont paralysés : bloc opératoire, urgences, maternité, urologie, orthopédie, chirurgie. Les travailleurs de la santé protestent contre l’ajustement salarial de 10%.
    Les résidents ont vu leur salaire passer de 20 000 gourdes à 24 000, celui des généralistes de 31 000 à 37 000, les auxiliaires reçoivent 21 000 au lieu de 16 000. Les techniciens passent de 17 000 à 22 500. Les spécialistes, de 31 000 à 42 000 tandis que le personnel n’a mérité un ajustement que de 1 100 gourdes : 12 100 au lieu de 11 000.
    Cet ajustement était demandé suite aux mouvements de protestations déclenchés en octobre 2016 pour forcer le gouvernement provisoire de Jocelerme Privert à améliorer les conditions salariales des employés de l’hôpital. Mais pour Alisma Roseta Georges, présidente du Syndicat des travailleurs de la santé de l’HUEH, le personnel de soutien est le plus malmené, piétiné, maltraité. Selon elle, la grève est illimitée, jusqu’à ce qu’une révision à la hausse (110%) soit faite pour le personnel de surface administratif.

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  • 7,2 milliards de gourdes pour 146 élus, 6,14 milliards pour la santé de 12 millions d’Haïtiens !!!

    Le personnel de santé des hôpitaux publics est entré en grève ce jeudi pour protester contre la faible augmentation de salaire qui leur est accordée. « Le salaire des médecins résidents passe de 20 000 gourdes à 24 000 gourdes. Les médecins généralistes vont percevoir à présent 37 000 gourdes alors qu’ils percevaient 31 000 gourdes. Les honoraires des auxiliaires passent de 16 000 gourdes à 21 000 gourdes. Ceux des techniciens grimpes de 17 000 gourdes à 22 500 gourdes, de 31 000 à 42 000 gourdes pour les spécialistes. Quant au personnel de soutien, le salaire est passé de 11 000 à 12 100 gourdes », a détaillé Alisma Roseta Georges, présidente du Syndicat des travailleurs de la santé de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti, cité dans un article de cette édition du Nouvelliste. Pour le moment, c’est le petit personnel qui porte le flambeau de la grève pour protester contre les 10% d’augmentation (1100 gourdes) qui leur sont alloués. Les spécialistes en santé publique, les médecins avec Bac +10 recevront un peu plus de 35% d’augmentation dans la nouvelle grille de salaire proposée. La santé, depuis des années, est l’un des parents pauvres de la République. En termes de pourcentage sa part dans le budget national (4.3%) régresse depuis 20 ans. Loin est le temps où la santé recevait 10-12% du budget. Dans le budget 2016-2017, le ministère de la Santé publique et de la Population disposait de 3.9 milliards de gourdes, le Parlement de 3.8 milliards de gourdes. Dans celui de 2017-2018, le parlement aura 7.2 milliards de gourdes, le ministère de la Santé publique et de la Population 6.1 milliards de gourdes. La Chambre basse recevra 3, 63 milliards contre 3,57 milliards de gourdes pour le Sénat. Le gouvernement a certes augmenté le budget de la santé, mais comparé aux largesses reçues par le parlement, les médecins auront peu de moyens pour résoudre les problèmes de santé. Les 144 milliards de gourdes du budget 2017-2018 représentent les objectifs de la présidence de Jovenel Moïse. Il est évident que les responsables politiques ont fait un choix clair : privilégier le Parlement pour atteindre des buts encore ignorés.

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  • VISITE D’UNE DÉLÉGATION BRÉSILIENNE EN HAÏTI
    Du 26 juin au 3 juillet 2007, une délégation brésilienne nous a rejoint en Haïti. Faisant suite aux deux présences de Batay Ouvriye au Brésil, nous avions formulé à la CONLUTAS l’intérêt d’une telle visite, tenant compte de la relation particulière existant présentement entre nos deux pays et vu la position de rejet de l’occupation qu’avait en maintes fois exprimé publiquement cette Coordination de luttes.
    La délégation était composée de vingt personnes, représentants syndicalistes pour la plupart, mais aussi membres d’associations paysannes, de professionnels, d’étudiants, de regroupements de quartiers, de femmes, de retraités, d’organisations luttant contre le racisme… et, enfin, de partis politiques, tels le PSTU (Parti Socialiste des Travailleurs Unifiés) et le PSOL (Parti Socialisme et Liberté). Des journalistes et photographes accompagnaient également le groupe. Tous faisant partie de la CONLUTAS (Coordination Nationale de Luttes), organisation ayant pris naissance à partir du « Congrès National des Travailleurs (CONAT) », les 5, 6 et 7 mai 2006.
    Cette délégation a d’abord rencontré différents responsables de Batay Ouvriye à Port-au-Prince et au Cap-Haïtien. Puis, participé à des assemblées ouvertes et sur invitations larges, à Port-au-Prince, Cap-Haïtien et Ouanaminthe, avec des ouvriers et travailleurs de diverses catégories, formant partie de Batay Ouvriye ou non.
    Elle a aussi rencontré le milieu universitaire. D’abord au cours d’une assemblée ouverte d’étudiants principalement à la faculté d’Ethnologie, avec présentation du doyen ; puis au rectorat, en présence du recteur et du vice recteur à la recherche et de certains professeurs qui, sur invitation du rectorat lui-même, participaient à la rencontre.
    À l’auditorium de Saint Martial, le secteur des droits de l’homme principalement, des organisations de défense de travailleurs ou de solidarité de genre, ainsi que des représentants de partis politiques, ont répondu présents dans une réunion ouverte au public en générale.
    Les membres de la délégation voulant également présenter leur position aux autorités nationales et internationales, des entretiens ont été réalisés avec le président de la République, avec l’ambassadeur du Brésil puis du Chili, la direction du travail du ministère des Affaires Sociales et la direction des zones franches du ministère du Commerce et de l’Industrie.
    Partout et de manière égale, les délégués des travailleurs brésiliens ont fait connaître leur position sur l’occupation qu’ils dénoncent non seulement en tant que violation de notre souveraineté de peuple, mais encore parce qu’en appui concret au projet d’exploitation et de domination pour lequel se préparent depuis longtemps déjà les multinationales impérialistes (du textile en particulier) relayées par leurs gérants locaux et les gouvernements nationaux à leur service. Ce projet d’exploitation est si cruel et antagonique et l’incapacité des classes dominantes haïtiennes et de leur État réactionnaire si flagrante, que l’occupation pour y mettre bon ordre et veiller à sa réalisation s’avère pour eux nécessaire.

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  • C’est ce même projet que les classes dominantes du Brésil ainsi que les gouvernements réactionnaires qui les accompagnent toujours fidèlement, sont en train actuellement de chercher à implanter aussi chez eux. Il s’agit donc d’une lutte commune où l’ennemi des travailleurs et des peuples est le même partout, la situation globale similaire, même si les spécificités de chaque pays y apportent des particularités propres, notamment le fait, justement, que ce sont aujourd’hui des forces militaires latino américaines, sous commandement brésilien qui, en notre pays, confirment cette domination de classe, dans le cas extrême d’une occupation, honteuse pour les deux parties.
    La récente présence à la zone franche de Ouanaminthe du fils du vice président brésilien qui, en son pays, est le propriétaire de la plus grande usine d’industrie textile ; le lancement - du moins en intention - du projet éthanol, par les présidents américain et brésilien ; les différents traités de « libre échange » ; et le processus de privatisation forcenée des services publics ; font état de cette dynamique globale d’exploitation et de néo-libéralisation que l’impérialisme multinational cherche à imposer aux peuples dominés en général et aux mains d’œuvres ‘à bon marché’ en particulier, utilisant cette dernière comme ‘avantage comparatif’ dans le cadre de la compétition capitaliste internationale, sous les dictats impériaux, gouvernements et institutions financières à l’appui.
    La « Lettre au Peuple Haïtien » apportée par les membres de cette délégation amie, lue et remise à toutes les rencontres, rend compte de cette logique et de leur appui partisan, clair et historique. Elle se trouve en annexe, en original et traduite.
    *
    Il est à noter la diversité de réception enregistrée aux différentes réunions.
    En effet, aux rencontres populaires, aux rencontres des travailleurs, ceux-là mêmes qui pâtissent tant de l’exploitation bourgeoise qui les maintient de manière chronique dans un état de misère extrême, que des attaques meurtrières de la MINUSTAH qui appuie sans réserve cet état de choses, ont tous haut et fort applaudi les déclarations des camarades brésiliens dénonçant si clairement les causes de leurs souffrances et leur apportant une solidarité plus que fraternelle, signe d’une unité de peuples en devenir et de luttes communes en germes. Chants, paroles ouvertes et réflexions appropriées remplissaient les salles combles : une région se crée sous nos yeux, une patrie de type nouveau se fait sentir. Un des camarades brésiliens allant jusqu’à dire que si, un jour, le peuple haïtien se lèverait contre ce projet de domination, d’exploitation et d’occupation du capital multinational et, dans ce geste héroïque et historique, brulerait le drapeau brésilien, il serait aux côtés des travailleurs haïtiens !
    En milieu petit bourgeois, les hésitations de nature et les querelles internes entre fractions ont paru les plus fortes et ont, par cela même, rendu le débat globalement plus terne et, naturellement, plus mitigée l’adhésion à cette position, pourtant historiquement si importante, même si certains intervenants ont fait preuve, au contraire, d’une clarté théorique et d’une vigueur patriotique intéressantes.
    Inutile de dire que les autorités haïtiennes comme latino américaines ont essayé avec des arguments fuyants et, par ailleurs très faibles, de soutenir une position indéfendable. Les responsables latino américains, de leur côté, faisant preuve d’une condescendance à l’adresse du peuple haïtien, à laquelle nous ont déjà habitué les « grands voisins du Nord », pour s’étaler et s’épanouir eux-mêmes et, une bonne fois, masquer leurs objectifs réels d’exploitation et de domination. Les autorités haïtiennes, elles, n’ont pas manqué de démontrer leur pénible soumission et la démission totale qui est la leur. Certains allant jusqu’à dire qu’ils étaient eux aussi « contre l’occupation » mais que celle-ci était « nécessaire », démontrant, par cela même, non seulement l’inconsistance et l’incohérence de leur position d’ « autorités d’une Nation », mais faisant preuve aussi d’une irresponsabilité avancée : devant l’incapacité totale qui est la leur, ils préfèrent s’en remettre à la fatalité de la situation. Le président de la République lui-même, devant les questions qui lui étaient faites sur cette contradiction pour lui inextricable, ne put répondre de façon significative.
    *
    Des menaces et intimidations accompagnèrent cette rencontre de peuples (voir notre « Communiqué » s’y référant). Ce n’est qu’un signe de la « démocratie » et de l’ « État de droit » dont se gargarise cette bourgeoisie.
    Pendant que la presse « indépendante » brillait par son absence. Il n’y eu que la TNH à couvrir deux évènements (l’assemblée ouverte de la faculté d’Ethnologie et, plutôt brièvement, celle à l’auditorium de Saint Martial), Alterpresse étant, elle, la seule à avoir assisté à la conférence de presse finale qui se tint en nos locaux de Delmas. Une invitation générale avait pourtant été adressée à tous incluant le programme public dans son entier. Sans commentaire.

    BATAY OUVRIYE

    Port-au-Prince, ce mercredi 11 juillet 2007

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  • Nous devons une fois pour toute nous demander : quel pays voulons-nous ? Dans quel genre de société nous voulons vivre ? Que représente pour nous l’avenir de la nation ? Y a-t-il un futur dans lequel on peut croire ? Ces questions, on le sait, interpellent tous ceux et toutes celles qui ont un minimum de conscience patriotique. Mais, il faut se rendre à l’évidence, ce « nous », s’il n’est pas exclusif, rassemble seulement les compatriotes conscients de la nécessité d’une transformation radicale de notre société. Ce qualificatif « radical » peut faire peur, on le sait, pourtant il signifie tout simplement : « prendre les choses par la racine ».
    Et il nous semble que cette approche est de mise, car, nous assistons depuis 1986, aux échecs répétés de toutes les tentatives de réformes sociales, économiques, politiques de notre pays. Les forces réactionnaires ne lâchent pas prise. Elles contrôlent de plus en plus le gouvernement, devenu une instance fantoche.
    L’oligarchie sous-traitante qui tire ses intérêts économiques uniquement à partir de l’étranger, ne pense, ne perçoit le peuple que comme une masse indifférenciée n’ayant droit à aucune vie décente ni de pouvoir décisionnel. L’exploitation violente va de pair avec l’aliénation politique.
    Cette domination, on la voit à l’œuvre dans le refus systématique des patrons de la sous-traitance d’augmenter le salaire réel des ouvriers et ouvrières. Au-delà de la question économique, c’est la lutte politique qui se dessine entre une oligarchie qui se conçoit plutôt comme un colonat et une classe ouvrière qui, par le développement de sa conscience de classe, devient de plus en plus un acteur incontournable sur la scène politique.
    Comme à l’époque du capitalisme sauvage, cette lutte s’annonce ardue et longue. On sait, historiquement, que les patrons ne font aucun compromis sauf si les rapports de force s’inversent. Et l’aveuglement dont fait preuve l’oligarchie et le mépris qu’elle affiche ouvertement à l’égard de la classe ouvrière ne font que renforcer la volonté de la nécessité de la lutte.
    C’est par la lutte que la classe ouvrière prend conscience de sa force. L’injustice criante dont elle fait l’objet n’apparaisse dans toute sa laideur que par la lutte. C’est grâce à cette dernière que l’on « découvre » la légitimité de ses revendications.
    Il est essentiel de comprendre que cette lutte dépasse les intérêts immédiats de la classe ouvrière. Elle exprime la volonté de fonder une autre nation.
    C’est pourquoi d’autres couches sociales appauvries et exclues, doivent prendre conscience que cette lutte les concerne également. Les étudiantes et étudiants abandonnés par un système d’éducation publique en décomposition, des centaines de milliers de personnes des quartiers populaires vivant dans des conditions infrahumaines, des paysannes et paysans dépossédés, des employés, des enseignantes et enseignants qui peinent à joindre les deux bouts ; toutes ces populations abusées, exploitées, cette lutte les concerne toutes.
    Elles doivent joindre les ouvriers pour exiger l’augmentation du salaire minimum, ajouter leurs voix à celles des travailleurs pour dire NON à cette injustice qui appauvrit les pauvres et continue d’enrichir les riches.

    Par la lutte, une autre Haïti est possible !

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  • Gaz lacrymogènes, eau acidulée, coups de crosse de fusil, arrestations, quadrillage de la zone industrielle, etc. : la police nationale a déployé tout son arsenal répressif pour tenter d’écraser le mouvement ouvrier. En vain.

    Les manifestants ont arraché 50 gourdes des griffes des patrons et de leurs valets au gouvernement, mais cet ajustement ne sera pas pris en compte par les patrons sans l’intervention des ouvriers. En outre, les travailleurs, dans la grande majorité, restent insatisfaits parce qu’ils se sont battus pour 800 gourdes et non pour 350 gourdes, qui ne représentent même pas la moitié du salaire de base exigé.

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  • Pour les travailleurs qui se sont engagés dans ce combat et pour ceux qui ne le sont pas encore, la mobilisation doit continuer en la portant au sein des usines, là où ça fait mal aux patrons, en mettant en place des comités de lutte à l’intérieur même des usines en vue de faire échec aux révocations, d’exiger la réintégration des ouvriers licenciés, de faire appliquer sans tarder les 50 gourdes d’ajustement, tout en exigeant les 800 gourdes et les accompagnements sociaux.

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