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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Vous avez dit bizarre&#8230; Comme c'est bizarre&#8230;</title>
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		<dc:date>2015-06-09T23:15:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Abdel, Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Vous avez dit bizarre&#8230; Comme c'est bizarre&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Daech, milice terroriste se revendiquant du califat islamique et occupant d&#233;j&#224; un territoire entre Syrie et Irak, semble pr&#234;te &#224; occuper aussi une partie de la Libye et &#224; prendre pied au Nigeria malgr&#233; les nombreux pays riches et tr&#232;s arm&#233;s, dont France et USA, qui l'attaquent. Curieusement, le sommet de la &#171; coalition contre Daech &#187; qui s'est r&#233;unie &#224; Paris et &#233;tait copr&#233;sid&#233;e par la France a &#233;galement comme organisateurs des pays qui semblent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique173" rel="directory"&gt;26- HISTOIRES COMIQUES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vous avez dit bizarre&#8230; Comme c'est bizarre&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Daech, milice terroriste se revendiquant du califat islamique et occupant d&#233;j&#224; un territoire entre Syrie et Irak, semble pr&#234;te &#224; occuper aussi une partie de la Libye et &#224; prendre pied au Nigeria malgr&#233; les nombreux pays riches et tr&#232;s arm&#233;s, dont France et USA, qui l'attaquent. Curieusement, le sommet de la &#171; coalition contre Daech &#187; qui s'est r&#233;unie &#224; Paris et &#233;tait copr&#233;sid&#233;e par la France a &#233;galement comme organisateurs des pays qui semblent faire partie aussi des soutiens de Daech comme Arabie saoudite, Koweit ou Qatar&#8230; La coalition affirme s'en prendre &#224; Daech mais se refuse &#224; d&#233;noncer ses soutiens financiers et militaires, comme c'est bizarre. Pourtant, la frapper au porte-monnaie, ne serait-ce pas un moyen bien plus efficace et moins couteux en vies des civils ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Convergence des luttes ? Pas pour les centrales syndicales !!!&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve nationale des enseignants le 11 juin et gr&#232;ve nationale des h&#244;pitaux le 11 juin ! Croyez-vous qu'ils allaient fusionner ne serait-ce que deux gr&#232;ves car l'attaque gouvernementale est g&#233;n&#233;rale ? Pensez donc ! Mieux vaut, pour les appareils bureaucratiques syndicaux, &#234;tre battus s&#233;par&#233;ment que gagner ensemble !!!! Et ne parlez pas d'unir les salari&#233;s menac&#233;s par des licenciements, les ch&#244;meurs et les autres ou encore d'unir Areva et EDF, tous deux menac&#233;s, ni les cheminots et les autres services publics !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le ballon est rond et les sous aussi&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment la FIFA ne marque pas de buts en ce qui concerne sa cr&#233;dibilit&#233; et de sa r&#233;putation : elle ne d&#233;montre pas qu'il pourrait exister un football propre et sans corruption. Joseph Blatter, son ex-pr&#233;sident, vient encore de d&#233;montrer le contraire. Et, pour la FIFA, ce n'est plus un accident : affaires de corruption av&#233;r&#233;es en 2005, en 2010, en 2014 et maintenant en 2015. Sans compter celles qui n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;voil&#233;es&#8230; Mais Blatter affirme que son bilan est bon : 5,7 milliards de recettes durant son mandat. Le foot, ce n'est pas seulement le fric, cela reste &#224; prouver !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Marine, candidate en Russie ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elle a la cote, la fille de son p&#232;re Le Pen, dans le pays de Poutine. Non seulement, elle y a trouv&#233; des dirigeants politiques qui ne rechignent pas &#224; la recevoir contrairement &#224; ceux du reste du monde. Non seulement, les banques russes ne refusent pas de financer le FN. Mais en plus, la presse russe rapporte que des dirigeants proches de Poutine comme Narychkine f&#233;licitent Marine Le Pen de ses r&#233;sultats aux d&#233;partementales. Bien s&#251;r, tout cela n'a rien &#224; voir avec le fait que Le Pen se bat contre les sanctions qui visent la Russie, qu'elle prend partie pour la Russie contre l'Europe en Syrie ou en Ukraine, comme dans tous les conflits qui opposent aujourd'hui les deux blocs imp&#233;rialistes. Et ne vous inqui&#233;tez pas : les actes racistes de Poutine contre les Caucasiens ne choquent pas Marine, elle a les m&#234;mes attitudes vis-&#224;-vis des immigr&#233;s en France !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Succ&#232;s m&#233;diatique pour Hirsch}&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le patron de l'Assistance Public-H&#244;pitaux de Paris a r&#233;ussi son show sur France Inter qui devait servir &#224; lancer sa r&#233;forme de l'h&#244;pital public en se faisant interview&#233; en direct de l'h&#244;pital Georges Pompidou. D'une part, sa visite y a entra&#238;n&#233; la gr&#232;ve la plus r&#233;ussie de l'APHP : 66% de gr&#233;vistes ! D'autre part, on a pu entendre en direct les sifflets et les hu&#233;es des personnels de sant&#233; qui d&#233;testent sa r&#233;forme, son cotenu comme sa m&#233;thode, avec des suppressions de personnel, la fin des 35 heures, la modification n&#233;gative des &#233;quipes, des horaires, la suppression d'une prime et particuli&#232;rement la suppression massive des RTT. Pour faire savoir que le personnel ne l'approuve pas, il y est parvenu !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L.R. = Les Rat&#233;s ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vous ne connaissez pas le sigle R.T. ? Pas &#233;tonnant, le rempla&#231;ant du sigle UMP, trop marqu&#233; par les scandales, n'a pas encore perc&#233; dans le grand public. La r&#233;volution que voulait Sarkozy se limite &#224; un nom sans aucun contenu nouveau. Les commentaires le montrent. Jupp&#233; d&#233;clare : &#171; J'ai aim&#233; l'UMP. J'aimerai Les R&#233;publicains &#187; mais, une fois siffl&#233; au congr&#232;s de La Villette, il affirme : &#171; Je ne savais pas que j'allais assister &#224; un congr&#232;s bolchevique &#187;. Lui a cru lire Les Rouges !!! Maurice Leroy d&#233;clare, enthousiaste, &#171; On n'a rien d'autre en magasin &#187;&#8230; Pour Bruno Lemaire, &#171; Le renouveau, c'est une plaisanterie &#187;&#8230; Quant &#224; NKM, elle a affirm&#233; au congr&#232;s de LR : &#171; Prendre un jet priv&#233; pour aller au Havre (ce qu'a fait Sarkozy), vu l'&#233;tat des finances du parti, c'est lamentable. Faire huer ses adversaires quand on aspire au rassemblement, c'est d&#233;bile. &#187; Quant au PS, scandalis&#233; par le choix du nom &#171; les r&#233;publicains &#187;, il essaie d'oublier un certain Mitterrand qui s'&#233;tait dit &#171; le candidat des r&#233;publicains &#187;. En somme, moins que jamais en 2015, on ne peut dire ce que peut bien signifier aujourd'hui ce terme de r&#233;publicains, alors qu'en France quasiment personne ne cherche &#224; r&#233;tablir ni l'ancienne royaut&#233;, ni la noblesse, ni l'empire napol&#233;onien et que, par contre, la d&#233;mocratie bourgeoise est fond&#233;e sur des pr&#233;sidents plus dictatoriaux que les anciens rois...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La presse ind&#233;pendante mais de qui ?}&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En France, on tient en grande estime la s&#233;paration des pouvoirs qui serait, para&#238;t-il, le garant de la d&#233;mocratie fran&#231;aise. Prenons, par exemple, la s&#233;paration entre le pouvoir de la presse et celui du pouvoir &#233;conomique. La concentration de la presse se poursuit au fur et &#224; mesure des r&#233;organisations et tombe de plus en plus entre un petit nombre de mains de grands financiers et patrons de trusts : six seulement aujourd'hui d&#233;tiennent la quasi-totalit&#233; des titres de presse. C'est Bernard Arnaud, Xavier Niel, Yves de Chaisemartin, Serge Dassault, Fran&#231;ois Pinault et Patrick Drahi. Par contre, &#233;videmment, la presse reste compl&#232;tement ind&#233;pendante du monde du travail, tout comme le sont le pouvoir gouvernemental, administratif, parlementaire, judiciaire, religieux, radio-t&#233;l&#233;visuel, l&#233;gislatif, militaire, financier, bancaire et on en passe&#8230;. On est en d&#233;mocratie bourgeoise que diable !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La commission europ&#233;enne rayonne dur !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne a pondu de nouvelles normes r&#233;glementant les aliments par rapport aux risques de contamination radioactive. La CRIIRAD, organisme ind&#233;pendant de surveillance du nucl&#233;aire, d&#233;nonce ces nouvelles normes soi-disant contraignantes et les seuils de radioactivit&#233; qu'ils fixent ainsi que les nouveaux aliments exclus de ces normes et seuils, appel&#233;s &#171; aliments de moindre importance &#187;&#8230; Pour ces derniers, notamment pour les v&#233;ritables &#233;ponges &#224; c&#233;sium que sont les &#233;pices et aromates, la dose aceept&#233;e augmenterait de 20% environ ! L'Europe nous pr&#233;pare des plats &#233;pic&#233;s et rayonnants !!!&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Paris, capitale de la climato-hypocrisie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qui sont les &#171; amis du climat &#187; qui sponsorisent le prochain sommet de Paris pour la &#171; d&#233;fense de la plan&#232;te contre le r&#233;chauffement climatique &#187; ? C'est EDF, GDF, Renault-Nissan, BNP Paribas, Saint-Gobain, soit les leaders de la pollution par voitures, charbon, gaz et p&#233;trole, les grands capitalistes pollueurs de la plan&#232;te, qui sont cens&#233;s financer les discussions au sommet pour la pr&#233;server !! Il n'y a pas mieux que les grands voleurs pour l&#233;gif&#233;rer contre le vol, les grands oppresseurs pour d&#233;cider de la mani&#232;re d'emp&#234;cher l'oppression et les grands pollueurs pour se distribuer des subventions &#233;tatiques afin de lutter contre la pollution !!!&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bonne m&#232;re !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;No&#235;l Mam&#232;re a eu une riche id&#233;e : une commission d'enqu&#234;te parlementaire pour &#233;viter que se reproduise &#171; une d&#233;rive de l'ordre r&#233;publicain &#187; comme lorsque les forces de l'ordre ont r&#233;prim&#233; des manifestations et pu laisser sur le carreau des manifestants. R&#233;sultat de la man&#339;uvre : la commission est n&#233;e et elle a d&#233;cid&#233; que dor&#233;navant, la pr&#233;fecture et la police pourront, apr&#232;s avoir arr&#234;t&#233; des manifestants aux abords de la manifestation autoris&#233;e, de finalement l'interdire ! Prot&#233;gez moi de ma m&#232;re, mes ennemis je m'en charge !!!&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un Gallet qui balance encore un caillou&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Gallet, patron de Radio France bien connu depuis le dernier conflit social et les plans de licenciements de ce monsieur, a pondu un document intitul&#233; &#171; Cons&#233;quences sociales du projet d'orientation strat&#233;giques 2015-2019 &#187; avec trois hypoth&#232;ses envisag&#233;es : l'une avec 320 licenciements, la seconde avec 292 licenciements, la troisi&#232;me avec 342 licenciements. On ne pourra pas dire qu'on n'a pas eu le choix&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pub gratuite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Laurence Parisot, ancienne patronne du MEDEF, a tenu &#224; faire un commentaire d&#233;sobligeant sur Europe 1 contre le film &#171; La loi du march&#233; &#187; en affirmant que c'est &#171; un film politique d'une certaine gauche, de l'extr&#234;me gauche &#187;. Sans doute que les patron qui suivent les consignes du MEDEF n'iront pas voir le film mais pas s&#251;r que ce boycott patronal ne pousse pas tous les autres, une tr&#232;s grande majorit&#233;, &#224; s'int&#233;resser au film !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Afrique sera au courant&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jean-Louis Borloo a annonc&#233; son r&#234;ve d'entrepreneur : &#171; &#233;lectrifier l'Afrique &#187;. Rassurez-vous : il ne se propose pas pour fournir aux dictateures &#171; amis de la France &#187; des g&#233;g&#232;nes pour faire parler les opposants aux dictateurs que notre gouvernement appuie par tous les moyens et afin, comme au Burkina Faso, en Guin&#233;e ou au Mali, de faire proroger leur mandat m&#234;me si les peuples n'ont plus envie de voir leur bobine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les banquiers ont la c&#244;te&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les 18-34 ans de la plan&#232;te ont une bonne image des banques. Ils les voient telles qu'elles sont : pr&#234;tes &#224; fermer les comptes en banque des plus d&#233;munis, pr&#234;tes &#233;galement &#224; ponctionner ces petits comptes, pr&#234;tes enfin &#224; ponctionner aussi les fonds publics en demandant aux Etats et aux banques centrales de les sauver &#224; chaque faillite qui ne manque pas de sanctionner leurs sp&#233;culations hasardeuses, pr&#234;tes toujours &#224; favoriser l'&#233;vasion fiscale, et pour finir &#224; pr&#233;parer des effondrements spectaculaires comme celui de 2007-2008, tout cela afin de d&#233;barrasser finalement la plan&#232;te du syst&#232;me d'exploitation capitaliste. Ce sont donc vraiment les amis des peuples, les amis des travailleurs, les amis des petites gens. C'est la banque Lynch qui publie ce sondage tr&#232;s d&#233;favorable aux banquiers. Quand est-ce que cette jeunesse rejoint les travailleurs afin de lyncher ces carnassiers et financiers ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Connect&#233;s et pas d&#233;connect&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; Generali se pr&#233;occupe de la sant&#233; de ses employ&#233;s. Plus exactement, elle a propos&#233; &#224; chacun d'entre eux des objets connect&#233;s pour suivre l'&#233;volution de leurs param&#232;tres m&#233;dicaux personnels. Par contre, la soci&#233;t&#233; ne se pr&#233;occupe nullement de rendre moins contraignant le travail, de permettre aux salari&#233;s de se d&#233;connecter p&#233;riodiquement pour soufller, de prendre le temps de vivre. Que voulez-vous : il n'y a pas encore d'objets connect&#233;s pour tout cela.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La science n'est pas la technologie !</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article2697</link>
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		<dc:date>2013-04-16T11:51:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdel</dc:creator>



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&lt;p&gt;La science n'est pas la technologie ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien des gens, scientifiques compris, croient ou font semblant de croire que le progr&#232;s technique est &#233;quivalent &#224; la science. Mais trouver des choses qui fonctionnent et comprendre pourquoi elles fonctionnent, ce n'est pas identique. Quand la soci&#233;t&#233; est en plein progr&#232;s social, les deux peuvent parfaitement marcher de pair. Autrement, ce n'est pas le cas et la recherche du profit rapide risque ais&#233;ment de nuire &#224; la recherche de la compr&#233;hension. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La science n'est pas la technologie !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens, scientifiques compris, croient ou font semblant de croire que le progr&#232;s technique est &#233;quivalent &#224; la science. Mais trouver des choses qui fonctionnent et comprendre pourquoi elles fonctionnent, ce n'est pas identique. Quand la soci&#233;t&#233; est en plein progr&#232;s social, les deux peuvent parfaitement marcher de pair. Autrement, ce n'est pas le cas et la recherche du profit rapide risque ais&#233;ment de nuire &#224; la recherche de la compr&#233;hension. Bien souvent, les efforts technologiques et scientifiques sont concurrents, en termes de moyens et d'efforts et il est fr&#233;quent que des progr&#232;s technologiques rapides drainent toutes les finances et activit&#233;s des &#233;quipes en d&#233;faveur des recherches sur la compr&#233;hension scientifique. On l'a constat&#233; dans de nombreux domaines. Ainsi, &#224; un moment la recherche en mati&#232;re de supraconductivit&#233; hautes temp&#233;ratures &#233;tait surtout une recherche de compr&#233;hension pouss&#233;e par le fait qu'on estimait avoir trouv&#233; avec la th&#233;orie BCS l'explication de la supraconductivit&#233; aux tr&#232;s basses temp&#233;ratures. Par la suite, l'essentiel des recherches a consist&#233; &#224; fabriquer des alliages pr&#233;sentant cette supraconductivit&#233; haute temp&#233;rature et les efforts d'interpr&#233;tation se sont d&#233;courag&#233;s et ont perdu des soutiens financiers. Plus on a eu de chance de trouver des nouveaux mat&#233;riaux supra, moins a cherch&#233; &#224; comprendre le pourquoi. Dans un tout autre domaine, celui de l'assistance &#224; la procr&#233;ation, plus on a eu de technicit&#233; en AMP (ins&#233;mination artificielle, f&#233;condation in vitro et inoculation de sperme ICSI) et moins on a cherch&#233; &#224; comprendre les fondements scientifiques de la procr&#233;ation humaine. Voici ce qu'en dit le sp&#233;cialiste Jacques Testart dans &#171; L'&#339;uf transparent &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Non seulement la demande sociale d'AMP court-circuite certaines connaissances mais il arrive m&#234;me que le savoir-faire d&#233;j&#224; acquis serve &#224; justifier l'inutilit&#233; du savoir&#8230; Ainsi, la performance de l'ICSI a r&#233;duit l'int&#233;r&#234;t des recherches cognitives sur la f&#233;condation, au point o&#249; il n'existe plus aujourd'hui un seul laboratoire de l'INSERM cherchant &#224; comprendre comment chacun de nous fut con&#231;u&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche du succ&#232;s technologique oriente la science vers ce qui va pouvoir avoir un effet &#233;conomique et d'innovation industrielle relativement imm&#233;diat, ce qui n'est pas le cas en recherche dite fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La science c'est comme faire l'amour : c'est parfois quelque chose d'utile en sort, mais ce n'est pas la raison pour laquelle nous le faisons. &#187;&lt;/i&gt; explique le physicien Richard Feynman.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; La connaissance isol&#233;e qu'a obtenue un groupe de sp&#233;cialistes dans un champ &#233;troit n'a en elle-m&#234;me aucune valeur d'aucune sorte ; elle n'a de valeur que dans la synth&#232;se qui la r&#233;unit &#224; tout le reste de la connaissance et seulement dans la mesure o&#249; elle contribue r&#233;ellement, dans cette synth&#232;se, &#224; r&#233;pondre &#224; la question : qui sommes-nous ? (&#8230;) Non pas que nous puissions absolument &#233;viter la sp&#233;cialisation. Cependant nous avons de plus en plus conscience que la sp&#233;cialisation , n'est pas une vertu mais un mal in&#233;vitable, qu'une recherche sp&#233;cialis&#233;e n'a de valeur r&#233;elle que dans le contexte de la totalit&#233; int&#233;gr&#233;e du savoir. De moins en moins, on accuse de dilettantisme ceux qui osent r&#233;fl&#233;chir, parler et &#233;crire sur des questions qui requi&#232;rent plus que l'entra&#238;nement sp&#233;cial pour lequel ils sont &#171; patent&#233;s &#187; ou &#171; qualifi&#233;s &#187;. (&#8230;) Beaucoup s'imaginent &#8211; dans leur compl&#232;te ignorance de ce qu'est r&#233;ellement la science &#8211; qu'elle a pour t&#226;che principale la mission auxiliaire d'inventer, ou d'aider &#224; inventer, de nouvelles machines qui am&#233;lioreront nos conditions de vie. Ils sont pr&#234;ts &#224; abandonner cette t&#226;che aux sp&#233;cialistes, exactement comme ils laissent au plombier le soin de r&#233;parer leurs tuyaux. (&#8230;) Il y a, bien entendu, des raisons historiques qui expliquent pourquoi cette attitude pr&#233;vaut encore &#224; l'heure actuelle. &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit Erwin Schr&#246;dinger dans &#171; Physique quantique et repr&#233;sentation du monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait se dire qu'il est normal que les scientifiques aient suffisamment de sens pratique pour se pr&#233;occuper d'embl&#233;e des retomb&#233;es int&#233;ressantes de leur recherche mais rien ne prouve qu'on puisse pr&#233;dire d'avance quels effets auront les d&#233;couvertes en question. Personne n'avait imagin&#233; que la bombe atomique et l'&#233;nergie nucl&#233;aire d&#233;couleraient de la physique quantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'avais raison de ne pas me soucier des applications [de mon th&#233;or&#232;me] : elles vinrent plus tard. &#187;&lt;/i&gt; d&#233;clarait le math&#233;maticien Jacques Hadamard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La technologie a envahi nos vies personnelles mais pas la science, contrairement &#224; ce que l'on veut nous faire croire. La pens&#233;e commune n'est nullement plus scientifique de si&#232;cles en si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des vulgarisateurs pr&#233;sentent l'affaire dans les termes &#171; la science et la technologie &#187; pour laisser entendre que les deux progressent toujours ensemble alors que c'est loin d'&#234;tre le cas. Les labos de recherche sont pouss&#233;s &#224; utiliser les machines les plus perfectionn&#233;es, m&#234;me si cela n'est pas n&#233;cessaire. On va vous pousser &#224; changer sans cesse de logiciel, d'ordinateur et de machine mais leur perfectionnement de plus en plus grand vous pousse &#224; passer beaucoup de temps pour vous adapter &#224; ces changements techniques, temps qui est pris sur celui de la r&#233;flexion de fond sur votre th&#232;me. Et, bien souvent, le changement technique en question ne fait en rien progresser la compr&#233;hension. On a effectu&#233; ce changement technique sur un apriori selon lequel d&#232;s qu'il y a un changement technique, il faudrait absolument s'y adapter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son ouvrage r&#233;cent intitul&#233; &#171; Les grandes id&#233;es de la Physique &#187;, le physicien Jean Perdijan, souligne le danger de faire de la science l'apanage des seuls scientifiques : &#171; Faire de la physique, c'est se comporter &#224; l'&#233;gard de l'Univers comme si rien n'allait de soi. (...) A notre &#233;poque de technologie avanc&#233;e, on ne s'&#233;merveille m&#234;me pas quand appara&#238;t sur l'&#233;cran une image transmise par satellite, mais on ne cherche pas plus &#224; comprendre : on dit simplement que c'est &#233;tudi&#233; pour. Voil&#224; pourquoi on peut se demander si le progr&#232;s des connaissances, en obligeant &#224; la sp&#233;cialisation, ne risque pas de conduire &#224; un nouvel obscurantisme g&#233;n&#233;ralis&#233;, o&#249; le sp&#233;cialiste ignorerait tout ce qui ne concerne pas sa discipline, alors que le non-sp&#233;cialiste renoncerait par avance &#224; toute possibilit&#233; de r&#233;fl&#233;chir sur le monde. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le physicien Etienne Klein dans &#171; Sous l'atome, les particules &#187; affirme, lui aussi, son souci de conceptualisation : &#171; Penser la science. La science n'est pas la technique. (...) On peut craindre que la volont&#233; d'obtenir toujours plus de r&#233;sultats exp&#233;rimentaux n'&#233;touffe la dimension r&#233;flexive du m&#233;tier de physicien. Etre physicien (...) c'est aussi r&#233;fl&#233;chir, m&#233;diter les concepts, en cr&#233;er de nouveaux, saisir leur port&#233;e, envisager leur sens. Il ne suffit pas d'avoir rendu la science pr&#233;dictive pour en &#233;puiser le contenu. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &#171; Pr&#233;dire n'est pas expliquer &#187;, Ren&#233; Thom le dit avec des mots qui feront grincer des dents : &#171; Si l'on r&#233;duit la science &#224; n'&#234;tre qu'un ensemble de recettes qui marchent, on n'est pas dans une situation sup&#233;rieure &#224; celle du rat qui sait que lorsqu'il appuie sur un levier, la nourriture va tomber dans son &#233;cuelle. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nombre de scientifiques insistent sur la n&#233;cessit&#233; de &#171; penser le r&#233;el &#187;. Dans ce sens, le physicien David Ritz Finkelstein &#233;crit dans l'ouvrage collectif de sciences et de philosophie intitul&#233; &#171; Le vide &#187; : &#171; Nous avons peut-&#234;tre besoin d'imagination plus que d'investissement en mat&#233;riel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Etienne Klein r&#233;pond, dans &#171; Sous l'atome les particules &#187;, &#171; On a trop souvent n&#233;glig&#233; de penser la science sous pr&#233;texte que &#171; c'est d&#233;j&#224; bien difficile de la faire avancer &#187;. Les cons&#233;quences d'un tel abandon sont lourdes, aussi lourdes que la science du m&#234;me nom : le jour o&#249; la science ne sera rien d'autre qu'un &#171; faire &#187;, le jour o&#249; elle aura perdu tout contact avec ses valeurs sp&#233;culatives et philosophiques, elle sera, sinon compl&#232;tement tarie, du moins d&#233;finitivement coup&#233;e de la tradition qui l'a port&#233;e &#224; son niveau d'aujourd'hui ; la seule pens&#233;e technicienne envahira comme un gaz toute la pens&#233;e savante, et c'en sera fini de l'authentique esprit scientifique. Il &#233;mane d&#233;j&#224; de nos soci&#233;t&#233;s techniques un signal inqui&#233;tant (...) On confond la science avec l'ensemble de ses retomb&#233;es pratiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2857&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ecrits peu connus de Marx et Engels</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article2652</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article2652</guid>
		<dc:date>2013-03-07T15:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdel, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Engels</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Herr Vogt &#8211; Karl Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction &#224; la Contribution &#224; la critique de La philosophie du droit de Hegel - Karl Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
Description de colonies communistes surgies ces derniers temps et encore existantes - Friedrich Engels &lt;br class='autobr' /&gt;
Discours sur le parti chartiste, l'Allemagne et la Pologne - Karl Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
Le panslavisme d&#233;mocratique - F. Engels &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;sultats du proc&#232;s de production imm&#233;diat - Karl Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
Le programme des &#233;migr&#233;s blanquistes de la Commune - F. Engels &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur l'histoire des anciens (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://marxengels.public-archive.net/en/ME1916en.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Herr Vogt &#8211; Karl Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Introduction &#224; la Contribution &#224; la critique de La philosophie du droit de Hegel - Karl Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/engels/works/1845/00/fe18450000.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Description de colonies communistes surgies ces derniers temps et encore existantes - Friedrich Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/18471209.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours sur le parti chartiste, l'Allemagne et la Pologne - Karl Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/engels/works/1849/02/fe18490214.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le panslavisme d&#233;mocratique -&lt;br class='autobr' /&gt;
F. Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-inedit/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;sultats du proc&#232;s de production imm&#233;diat - Karl Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/engels/works/1873/06/18730600.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le programme des &#233;migr&#233;s blanquistes de la Commune -&lt;br class='autobr' /&gt;
F. Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/engels/works/1882/00/germains0.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur l'histoire des anciens Germains - F. Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/engels/works/1882/05/fe18820511.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bruno Bauer et le christianisme primitif&lt;br class='autobr' /&gt;
Friedrich Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000z.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La d&#233;cadence de la f&#233;odalit&#233; et l'essor de la bourgeoisie - Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/engels/works/1886/12/fe18861200.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Socialisme de juristes -&lt;br class='autobr' /&gt;
F. Engels et K. Kautsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/00/enseignement/critique_enseignement.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Critique de l'&#233;ducation et de l'enseignement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/marx/works/00/kug/vil19070205.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lettres &#224; Kugelmann&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La loi logique du tiers exclu est-elle antidialectique ? Le constructo-intuitionnisme math&#233;matique de Brouwer est-il proche d'un point de vue marxiste ? </title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article2511</link>
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		<dc:date>2012-11-05T19:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdel</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La loi logique du tiers exclu est-elle antidialectique ? Le constructo-intuitionnisme math&#233;matique de Brouwer est-il proche d'un point de vue marxiste ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En math&#233;matiques et en logique, le courant dit &#171; intuitionniste &#187; ou &#171; constructiviste &#187; est souvent pr&#233;sent&#233; comme un courant tr&#232;s minoritaire, marginal, sectaire. Ce courant est li&#233; au nom de son fondateur le math&#233;maticien hollandais L.E. J. Brouwer (1881-1966). &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article a pour but pr&#233;senter quelques id&#233;es de base de ce courant, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La loi logique du tiers exclu est-elle antidialectique ? Le constructo-intuitionnisme math&#233;matique de Brouwer est-il proche d'un point de vue marxiste ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En math&#233;matiques et en logique, le courant dit &#171; intuitionniste &#187; ou &#171; constructiviste &#187; est souvent pr&#233;sent&#233; comme un courant tr&#232;s minoritaire, marginal, sectaire. Ce courant est li&#233; au nom de son fondateur le math&#233;maticien hollandais L.E. J. Brouwer (1881-1966).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article a pour but pr&#233;senter quelques id&#233;es de base de ce courant, en lien avec le mat&#233;rialisme dialectique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette analyse diff&#232;re de celle de camarades de RGF (Robin Goodfellow) qui &#233;crivent (cf &lt;a href=&#034;http://www.robingoodfellow.info/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.robingoodfellow.info/&lt;/a&gt; ) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Bien avant que la logique formelle ne d&#233;montre que, m&#234;me dans son cadre intellectuel &#233;triqu&#233;, elle&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait rattrap&#233;e par la complexit&#233; de la r&#233;alit&#233;, la dialectique avait envoy&#233; par le fond sa pr&#233;tention &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
appr&#233;hender correctement l'ensemble du r&#233;el. Que la logique formelle puisse se mouvoir &#224; son aise&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la sph&#232;re math&#233;matique o&#249; par d&#233;finition, on pose la non identit&#233; des contraires, le tiers&lt;br class='autobr' /&gt;
exclu, etc. et que donc, par un renversement curieux, mais conforme &#224; l'id&#233;ologie de la&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;taphysique, de l'&#233;chelle des valeurs, les math&#233;matiques apparaissent comme la reine des sciences&lt;br class='autobr' /&gt;
ne signifiait pas que la logique formelle, pass&#233;e certaines limites, ou un certain type d'usage, elle ne&lt;br class='autobr' /&gt;
rencontre pas des difficult&#233;s (y compris dans son champ de pr&#233;dilection) pour appr&#233;hender&lt;br class='autobr' /&gt;
correctement la r&#233;alit&#233;. Ce n'est pas non plus que la dialectique m&#233;prise la logique formelle. La&lt;br class='autobr' /&gt;
dialectique ne nie pas les r&#233;sultats puissants que cette logique a obtenu et obtient. Elle reconna&#238;t sa&lt;br class='autobr' /&gt;
puissance et son efficacit&#233; quand elle arrive &#224; d&#233;ployer sa m&#233;thode. Elle n'en oublie pas non plus sa&lt;br class='autobr' /&gt;
beaut&#233;. Il suffit de voir revenir les math&#233;maticiens de leurs voyages, les yeux encore &#233;blouis de ce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'ils ont vu.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Qu'entend RGF par logique formelle, cadre &#233;triqu&#233;, irruption de la dialectique ? Plantons le d&#233;cor. Une r&#233;volution scientifique eut lieu dans la question du fondement des math&#233;matiques, disons pour clarifier entre 1879 et 1931, d'une brochure &#233;crite par G. Frege &#224; un article &#233;crit par K. G&#246;del. Or c'est dans le cadre de la logique la plus formelle, la plus traditionnelle, la plus aristot&#233;licienne que ces logiciens ont r&#233;volutionn&#233; les maths, montr&#233; les limites de la logique formelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le domaine des math&#233;matiques formelles, la dialectique fit irruption, engendr&#233;e par le formalisme le plus rigide lui-m&#234;me. C'est le sens de l'article de G&#246;del de 1931, qui conclut le travail entreprit par Frege en 1879. Il n'y a m&#234;me pas un domaine o&#249; la logique formelle peut r&#233;gner en maitre, il n'y a pas besoin de faire appel au monde ext&#233;rieur pour que la dialectique fasse irruption dans une logique a-priori anti-dialectique. C'est cet aspect que sous-estime &#224; mon avis RGF dans le passage ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons cet &#233;pisode 1879-1931. Les formalistes comme Frege dirent &#224; partir de 1879 : Ok, les maths ne repr&#233;sentent pas le r&#233;el, nous le savons depuis la crise de la g&#233;om&#233;trie euclidienne (Gauss, Bolyai, Lobashevski), mais laissez-nous construire un syst&#232;me formel auto-suffisant, qui ne pose plus la question des liens entre mati&#232;re et pens&#233;e, qui ne se pose pas la question du mat&#233;rialisme ou de l'id&#233;alisme. Or leur syst&#232;me auto-suffisant, &#224; peine n&#233; ... a cri&#233; pour appeler le monde ext&#233;rieur. Tout cela dans le domaine de la logique traditionnelle d'Aristote. Le caract&#232;re de la logique traditionnelle n'est donc pas &#233;triqu&#233;. Les eaux lisses et glac&#233;es du langage formel cr&#233;&#233; par Frege, entrent en bouillonnement dialectique 50 ans apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Intuitionnisme, constructivisme, rejet de la loi du tiers-exclu &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des termes qui apparaissent dans ces discussions sur la &#034;faillite de la logique traditionnelle&#034; sont &#171; intuitionnisme &#187;, &#171; constructivisme &#187;, rejet de la &#171; logique traditionnelle &#187;, de la &#171; logique d'Aristote &#187;, de la &#171; loi du tiers-exclu &#187; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref tout un jargon qui peut faire fuir le non sp&#233;cialiste. Comme celui de Lutte des classes, Dictature du prol&#233;tariat, Dictature d&#233;mocratique des ouvriers et des paysans etc. Il suffit de replacer ces termes dans l'histoire, les crises scientifiques et sociales qui les ont fait naitre pour les comprendre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bien avant que la logique formelle ne d&#233;montre que, m&#234;me dans son cadre intellectuel &#233;triqu&#233;, elle&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait rattrap&#233;e par la complexit&#233; de la r&#233;alit&#233;, la dialectique avait envoy&#233; par le fond sa pr&#233;tention &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
appr&#233;hender correctement l'ensemble du r&#233;el.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt; &#233;crivent les camarades de RG. Mais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que la logique formelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux grandes &#233;tapes la d&#233;finissent bien. Dans son livre Premiers analytiques, Aristote d&#233;crit tous les syllogismes, quelques si&#232;cles plus tard sa classification a &#233;t&#233; formalis&#233;e par la scolastique, c'est un &#233;difice magnifique mais qui peut paraitre st&#233;rile, car il ne fait que formaliser le bon sens. (Tout petit pois est vert, ma chemise est verte, ma chemise est donc un petit pois : a-t-on besoin d'Aristote pour voir que ce raisonnement est invalide ?) Mais m&#234;me ce pas d'Aristote vers un formalisme verbal, davantage symbolique par ses continuateurs du moyen-&#226;ge, est un progr&#232;s &#233;norme. Que le lecteur imagine devoir &#233;crire un programme pour qu'un ordinateur d&#233;cide si le syllogisme pr&#233;c&#233;dent est valide ou non, il ne fera que reprendre le formalisme d'Aristote. Premi&#232;re conclusion : la logique formelle a connu une renaissance avec le d&#233;veloppement de l'informatique. Son cadre est moins &#233;triqu&#233; qu'il ne semble. La formalisation du bon sens est d&#233;j&#224; un progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me &#233;tape fondamentale est l'article Begriffsschrift (ne pas essayer de prononcer) du math&#233;maticien Gottlob Frege en 1879. On peut le voir comme l'article fondateur de la logique formelle moderne. C'est le point de vue de l'ex-trotskyste J. Heijenoort qui ouvre son recueil &#171; A source book in mathematical logic (1879-1931) &#187; par cet article. Beaucoup du vocabulaire et du symbolisme utilis&#233; aujourd'hui proviennent de Frege. Frege introduit le germe d'une distinction r&#233;volutionnaire : la notion de Th&#233;or&#232;me et celle de V&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Th&#233;or&#232;me, comme le th&#233;or&#232;me de Pythagore, est une affirmation qu'on peut obtenir apr&#232;s une d&#233;monstration. On utilise des r&#232;gles m&#233;caniques des preuves math&#233;matiques. Etre une v&#233;rit&#233; est autre chose. Est-ce qu'un Th&#233;or&#232;me est une v&#233;rit&#233;, est-ce qu'une v&#233;rit&#233; est un th&#233;or&#232;me ? C'est ce qu'on apprend &#224; l'&#233;cole : &lt;i&gt;c'est vrai, donc argumentez pour d&#233;montrer ! C'est obtenu suite &#224; un raisonnement donc c'est vrai !&lt;/i&gt; Aujourd'hui encore un &#233;tudiant qui entend en cours de logique : oubliez qu'un th&#233;or&#232;me est vrai et qu'une v&#233;rit&#233; est appel&#233;e th&#233;or&#232;me, est choqu&#233;. C'est cette voie ouverte par Frege en 1879 qui aboutira au r&#233;sultat de G&#246;del en 1931. Cette logique formelle n'a donc rien d'&#233;triqu&#233; ! Car G&#246;del qui a mis fin au r&#234;ve de la logique formelle de Frege, a utilis&#233; le langage cr&#233;&#233; par Frege&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que vient faire la loi du tiers-exclu dans tout cela ? La loi du tiers-exclu dit qu'une affirmation est soit vraie, soit fausse, et qu'il n'y a pas de troisi&#232;me possibilit&#233;. On sait que Hegel pourfendit cette vision statique, et c'est le B-A BA de la dialectique de comprendre que tout ph&#233;nom&#232;ne est contradictoire. Il est donc tentant de voir dans le rejet de la loi du tiers-exclu, dans le rejet de la logique d'Aristote l'irruption de la dialectique dans les math&#233;matiques. Et r&#233;ciproquement de penser que le rejet de la loi du tiers-exclu est le premier pas dialectique. C'est ce que semblent dire les camarades de RGF :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Que la logique formelle puisse se mouvoir &#224; son aise&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la sph&#232;re math&#233;matique o&#249; par d&#233;finition, on pose la non identit&#233; des contraires, le tiers exclu, etc.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la loi du tiers-exclu ne fait pas partie des axiomes obligatoires de la logique formelle. Ainsi des syst&#232;mes de logique tout &#224; fait formels n'incluent pas la loi du tiers exclu dans leur axiomes. Frege a introduit le loup dans la bergerie en donnant une souplesse &#233;norme &#224; la logique formelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me contrairement &#224; ce qu'&#233;crit RGF en math&#233;matiques on ne pose pas &#171; par d&#233;finition &#187; la non-identit&#233; des contraires. Un des probl&#232;mes du math&#233;maticien Frege &#233;tait de trouver une m&#233;thode pour s'assurer que l'&#233;difice math&#233;matiques ne comportait pas de contradiction. Frege pensait trouver cette solution dans la cr&#233;ation d'un langage formel d&#233;fini de fa&#231;on tellement claire qu'on peut prouver que si on d&#233;montre un r&#233;sultat, on n'arrivera pas &#224; d&#233;montrer son contraire. L'impossibilit&#233; d'obtenir deux r&#233;sultats contradictoires n'est pas une d&#233;finition en maths, c'est justement ce que voulaient prouver les math&#233;maticiens, et Frege a eu l'id&#233;e d'utiliser le langage m&#233;canique, formel de la logique pour en d&#233;duire des propri&#233;t&#233;s de l'&#233;difice des math&#233;matiques (G&#246;del d&#233;montra que &#231;a ne marche pas). Il construit un alphabet, un langage pour r&#233;aliser les r&#234;ves de Descartes et Leibniz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re conclusion : la logique m&#233;canique, ultra formaliste peut se passer de la loi du tiers-exclu. Bannir la loi du tiers exclu n'a rien de r&#233;volutionnaire en logique formelle. Si on on n'utilise pas la loi du tiers-exclu comme axiome, on obtient une logique formelle dite &#034;intuitionniste&#034;, ou &#034;constructiviste&#034;, tr&#232;s formelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est dans le cadre de cette logique formelle que Brouwer a fait naitre son courant dit &#034;intuitionniste&#034;, ou &#034;constructiviste&#034; . Un des courants les plus pol&#233;miques de la philosophie des math&#233;matique se place dans le cadre de cette logique formelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brouwer rejette-t-il la loi du tiers exclu ? Non !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Brouwer a &#233;crit un texte intitul&#233; &#171; Sur la signification du principe du tiers-exclu en math&#233;matiques, en particulier dans la th&#233;orie des fonctions &#187; (1923), reproduit dans le livre cit&#233; plus haut de Heijenoort. Voyons ce qu'il dit par rapport &#224; la loi du tiers exclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons tout d'abord &lt;br class='autobr' /&gt;
la premi&#232;re Th&#232;se sur Feuerbach de Marx :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Le principal d&#233;faut, jusqu'ici, du mat&#233;rialisme de tous les philosophes &#8211; y compris celui de Feuerbach est que l'objet, la r&#233;alit&#233;, le monde sensible n'y sont saisis que sous la forme d'objet ou d'intuition, mais non en tant qu'activit&#233; humaine concr&#232;te, en tant que pratique, de fa&#231;on non subjective.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Car c'est avec cette th&#232;se &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'on peut chercher les liens entre la vision de Brouwer et le marxisme, plus que dans son pr&#233;tendu rejet de la loi du tiers exclu. Brouwer voit dans les math&#233;matiques une activit&#233; de l'homme face &lt;br class='autobr' /&gt;
au monde ext&#233;rieur, pas comme la d&#233;couverte de v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles qui restent &#224; d&#233;couvrir, comme le dit le Platonisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Brouwer &#233;crit en effet&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Les math&#233;matiques, la science et le langage sont les principales fonctions de l'activit&#233; humaine au moyen desquelles il contr&#244;le la nature et maintien un ordre dans son milieu.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Donc les math&#233;matiques sont li&#233;s &#224; une &#233;poque, &#224; un mode de production donn&#233; (m&#234;me si Brouwer n'emploie pas ce terme). Il n'y a pas de science immuable valable avec toutes les &#233;poques. Donc m&#234;me les principes de a logique sont soumis &#224; une &#233;volution. Utiliser des r&#232;gles de logique &#233;ternelles et valable en tout domaine, c'est ce que refuse Brouwer. Donc il ne rejette pas &#224; 100% la loi du tiers-exclu, ce serait tomber dans la m&#234;me erreur que de l'utiliser dans 100% des cas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En quoi Brouwer rejette/ ne rejette pas la loi du tiers-exclu &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Brouwer a donc d&#233;nonc&#233; l'utilisation syst&#233;matique de la loi du tiers-exclu, mais pas cette loi en elle-m&#234;me dans des cas particuliers. Son apport est justement de dire qu'il n'ya pas de r&#232;gle de pens&#233;e ind&#233;pendante des objets qu'on &#233;tudie, m&#234;me en math&#233;matiques. Rejeter syst&#233;matiquement la loi du tiers exclu serait aussi m&#233;taphysique que l'adopter syst&#233;matiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me conclusion : rejeter la loi du tiers exclu n'a rien de dialectique en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce vraiment que la loi du tiers-exclu ? On peut abstraire cette loi de l'exp&#233;rience quotidienne, prenons un exemple simple. Tout enfant qui joue au jeu des 7 familles avec un seul autre joueur, sait que s'il lui manque une seule carte pour compl&#233;ter une famille, soit c'est l'autre joueur qui a la carte, soit cette carte est dans la pioche. Il n'y a pas de troisi&#232;me possibilit&#233;. S'il demande la carte et que l'autre joueur ne l'a pas, l'enfant pioche. Si &#231;a ne marche pas, il recommencera au tour suivant, et comme il n'y a qu'un nombre fini et relativement petit de cartes dans la pioche, le probl&#232;me sera r&#233;solu en un nombre fini d'&#233;tapes, avant l'heure du gouter. Il n'y a pas de troisi&#232;me joueur myst&#233;rieux qui a la carte. L'enfant en a l'intuition, a une m&#233;thode infaillible pour faire apparaitre la carte. Le principe du tiers-exclu s'applique dans ce cas-l&#224; , et Brouwer ne le remet pas en cause. Il l'&#233;crit dans son article de 1923 (avec un exemple plus math&#233;matique que le jeu des 7 familles). Donc Brouwer ne remet pas en cause le principe du tiers exclu en lui-m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Brouwer remet en cause c'est son application &#224; des cas o&#249; on ne peut pas construire de recette pour trouver ou construire un objet. Il ne s'agit m&#234;me pas de nier que cet objet existe, est quelque part, mais si on ne peut pas construire concr&#232;tement une recette, on ne peut pas construire de nouveaux r&#233;sultats sur cette construction hypoth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un autre exemple. Dans un groupe de 400 personnes, on est s&#251;r que deux d'entre elles f&#234;tent leur anniversaire le m&#234;me jour. Et on peut trouver deux de ces personnes. On dessine sur le sol 365 cercles, chacun correspondant &#224; un jour de l'ann&#233;e &#233;crit dans le cercle. 400 personnes doivent se placer dans 365 cercles, certains cercles comprendront au moins deux personnes, et le probl&#232;me est r&#233;solu. Il est analogue au jeu des 7 familles. On a une m&#233;thode qui permet de trouver les deux personnes en quelques minutes. Mais d&#233;j&#224; dans ce cas Brouwer objecte &#224; juste titre : ces &#234;tre humains ne sont pas des abstractions, un jour de naissance est le r&#233;sultat du pass&#233;. Parmi ces 400 personnes, il se peut que 200 ne connaissent m&#234;me pas leur jour de naissance, car elles sont n&#233;es dans un pays o&#249; l'Etat civil ne fonctionnait pas. Quand les objets sont issus de l'Histoire, notre connaissance peut &#234;tre limit&#233;e. Donc Brouwer conteste l'application du tiers-exclu dans m&#234;me dans des cas o&#249; l'infini n'intervient pas. Imaginons que notre but &#233;tait d'organiser une f&#234;te collective en s'appuyant sur un groupe de personnes qui ait quelque chose en commun, le jour de leur anniversaire. On sait que ces deux personnes existent dans le groupe de 400, mais on ne peut pas passer &#224; l'&#233;tape suivante si on n'a pas concr&#232;tement les deux personnes. On ne peut pas &lt;strong&gt;construire&lt;/strong&gt; la f&#234;te en s'appuyant sur ces deux personnes. Donc le r&#233;sultat : au moins deux des 400 personnes ont le m&#234;me jour anniversaire n'est pas admis dans les math&#233;matiques constructivistes, car on ne peut rien construire en s'appuyant sur ce r&#233;sultat. Mais si on sait que les 400 personnes sont n&#233;s en France et que leur date de naissance est fiable, Brouwer acceptera ce raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe de Brouwer est donc qu'un type de raisonnement ne peut pas s'appliquer indiff&#233;remment &#224; tous les objets, toutes les situations mais il ne rejette pas les &#034;lois traditionnelles&#034; de la logique comme le tiers-exclu. Le crit&#232;re supr&#234;me reste la possibilit&#233; de construire en un nombre fini d'&#233;tapes un objet. C'est pour cela que son courant a aussi re&#231;u le nom de &#171; constructiviste &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion &lt;/strong&gt; : comme dans les th&#232;ses sur Feuerbach, la notion de travail humain , d'histoire, de temps est essentielle dans la vision qu'a Brouwer des math&#233;matiques. En cela Brouwer est incontournable pour les marxistes qui s'int&#233;ressent &#224; la philosophie des math&#233;matiques. C'est une base indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'&#233;pisode 1879-1931 est un exemple de l'histoire des sciences o&#249; des adversaires philosophique de la dialectique comme Frege, Russel (l'&#233;cole logico-formaliste) veulent faire disparaitre la dialectique de la science, et ne font que forger les outils qui permettent &#224; la dialectique de prendre la forme adapt&#233;e &#224; ce domaine scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un camarade de RGF posait la question du lien entre des axiomes d'un syst&#232;me formel et la dialectique. Un d&#233;but de r&#233;ponse est que c'est le r&#233;sultat de G&#246;del de 1931 qui a montr&#233; que des axiomes (dont la &#034;r&#233;actionnaire&#034; loi du tiers exclu !) contiennent en leur sein des affirmations vraies qu'ils ne suffiront pas eux m&#234;mes &#224; d&#233;montrer. La v&#233;rit&#233; d'un syst&#232;me d'axiome est &#224; trouver dans les axiomes qui sont absents. Le tout est plus que la somme de des parties, Hegel avait d&#233;j&#224; mentionn&#233; cet aspect de la science formelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas besoin donc de stigmatiser la loi du tiers-exclu et la logique &#034;traditionnelle&#034;, regardons comment entre 1879 et 1931 elles ont mis en lumi&#232;re, dans leur propre cadre, les contradictions, limitations dialectique qu'elles contiennent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Descartes a-t-il raison de dire que le langage est ce qui distingue l'homme de l'animal ?</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article2420</link>
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		<dc:date>2012-08-25T17:23:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdel</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Est-il vrai, comme le pr&#233;tend Descartes, que le langage serait le propre de l'homme ? &lt;br class='autobr' /&gt; La th&#232;se de Descartes sur l'inexistence du langage chez les animaux est li&#233;e &#224; la th&#233;orie de l'animal-machine r&#233;dig&#233;es l'une comme l'autre dans son fameux &#034;Discours de la M&#233;thode&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les animaux sont des automates&#034;, affirme alors Descartes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des &#034;automates&#034; qui seraient d&#233;pourvus d'&#226;me et de raison. Si les b&#234;tes expriment des passions cependant, il n'y a pas chez elles de v&#233;ritable langage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;Formation et filiation de l'homme&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Est-il vrai, comme le pr&#233;tend Descartes, que le langage serait le propre de l'homme ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se de Descartes sur l'inexistence du langage chez les animaux est li&#233;e &#224; la th&#233;orie de l'animal-machine r&#233;dig&#233;es l'une comme l'autre dans son fameux &#034;Discours de la M&#233;thode&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Les animaux sont des automates&#034;&lt;/i&gt;, affirme alors Descartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#034;automates&#034; qui seraient d&#233;pourvus d'&#226;me et de raison. Si les b&#234;tes expriment des passions cependant, il n'y a pas chez elles de v&#233;ritable langage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les hommes, en effet, emploient des signes pour communiquer leurs pens&#233;es. Aussi, l'absence de ces signes chez l'animal montre qu'il ne pense pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il n'est pas exclu de penser que les b&#234;tes &#034;parlent&#034; entre elles mais que nous ne les entendons pas car, ajoute t-il en conclusion :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citation :	&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#034;Comme les chiens et quelques autres animaux qui nous expriment leurs passions, ils nous exprimeraient aussi bien leurs pens&#233;es, s'ils en avaient.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait indispensable &#224; Descartes, dans sa philosophie, de distinguer de mani&#232;re diam&#233;tralement oppos&#233;e l'homme et l'animal car tout le but de Descartes est de sortir philosophiquement l'&#226;me du corps, de faire de l'homme un &#234;tre caract&#233;ris&#233; par sa pens&#233;e et non issu de son corps...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous savons aujourd'hui que le cerveau humain se construit en symbiose avec le corps, qu'aucun ne peut fonctionner sans l'autre et que l'opposition corps/cerveau est dialectique et non diam&#233;trale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le langage est le propre de l'homme Il n'y a pas de pr&#233;jug&#233; auquel nous ne soyons tous plus accoutum&#233;s qu'&#224; celui qui nous a persuad&#233;s depuis notre enfance que les b&#234;tes pensent. De tous les arguments qui nous persuadent que les b&#234;tes sont d&#233;nu&#233;es de pens&#233;e, le principal, &#224; mon avis, est que bien que les unes soient plus parfaites que les autres dans une m&#234;me esp&#232;ce, tout de m&#234;me que chez les hommes, comme on peut voir chez les chevaux et chez les chiens, dont les uns apprennent beaucoup plus ais&#233;ment que d'autres ce qu'on leur enseigne ; et bien que toutes nous signifient tr&#232;s facilement leurs impulsions naturelles, telles que la col&#232;re, la crainte, la faim, ou autres &#233;tats semblables, par la voix ou par d'autres mouvements du corps, jamais cependant jusqu'&#224; ce jour on n'a pu observer qu'aucun animal en soit venu &#224; ce point de perfection d'user d'un v&#233;ritable langage c'est-&#224;-dire d'exprimer soit par la voix, soit par les gestes quelque chose qui puisse se rapporter &#224; la seule pens&#233;e et non &#224; l'impulsion naturelle. Ce langage est en effet le seul signe certain d'une pens&#233;e latente dans le corps ; tous les hommes en usent, m&#234;me ceux qui sont stupides ou priv&#233;s d'esprit, ceux auxquels manquent la langue et les organes de la voix, mais aucune b&#234;te ne peut en user ; c'est pourquoi II est permis de prendre le langage pour la vraie diff&#233;rence entre les hommes et les b&#234;tes. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DESCARTES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Descartes contre Montaigne : les animaux ne parlent pas ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) Montaigne, Les Essais, II, xii : les animaux ont un langage.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montaigne part du constat de cette communication animale pour dire que les animaux parlent tout comme l'homme. Il donne donc &#224; la communication animale pleine valeur de langage : &#034;qu'est-ce autre chose que parler, cette facult&#233; que nous leur voyons de se plaindre, de se r&#233;jouir, de s'entr'appeler au secours, se convier &#224; l'amour, comme ils font par l'usage de leur voix ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cision : si Montaigne peut soutenir la th&#232;se d'un langage animal, c'est parce qu'il a d'abord ni&#233; la sp&#233;cificit&#233; du langage verbal par rapport &#224; la communication par gestes. Pour lui, le corps signifie tout entier. Il estime m&#234;me que l'imm&#233;diatet&#233; et la publicit&#233; avantagent la communication par gestes sur la communication langagi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref : si les animaux parlent tout comme l'homme, c'est parce que le langage est naturel. Etant naturel, il ne peut pas &#234;tre la diff&#233;rence sp&#233;cifique entre l'homme et l'animal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Descartes, Lettre &#224; Newcastle ; Discours, 5 : le langage est le propre de l'homme.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part du m&#234;me constat que Montaigne et que V.Frisch : les animaux communiquent entre eux, et parfois de mani&#232;re vraiment tr&#232;s complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; Montaigne, il va se poser la question de savoir si cela est bien le signe que les animaux parlent, en isolant d'abord les caract&#233;ristiques du langage humain au sein des syst&#232;mes de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il montre que ces caract&#233;ristiques se ram&#232;nent &#224; l'expression des pens&#233;es : la parole v&#233;ritable renvoie &#224; une pens&#233;e dont elle est l'ext&#233;riorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l&#224;, il refuse de limiter les fonctions linguistiques au seul usage de la voix : cf. fait que les sourds-muets de naissance ne peuvent s'exprimer par la voix mais inventent &#034;quelques signes par lesquels ils se font entendre&#034; et &#034;expriment leurs pens&#233;es&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il va se demander quelles capacit&#233;s il faut donner &#224; l'animal pour rendre compte de ses performances. Supposent-elles qu'on lui accorde la facult&#233; de penser, ou bien les passions sont-elles suffisantes pour en rendre compte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les passions sont suffisantes car les animaux ne font qu'exprimer des affects (cris) ou poursuivre des fins biologiques. On ne trouve chez l'animal que quelque chose de l'ordre de la r&#233;action imm&#233;diate &#224; une sollicitation ext&#233;rieure. Le langage n'est pas un comportement, un programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : le langage est le propre de l'homme non parce que seul l'homme peut prof&#233;rer des paroles, mais parce que seul il pense et peut exprimer ou communiquer ses pens&#233;es aux autres et surtout parce qu'il a un aspect cr&#233;ateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui singularise l'homme, c'est d'avoir un langage qui lui permet de s'ajuster &#224; n'importe quelle situation. L'homme a la capacit&#233; de composer les signes linguistiques selon des arrangements divers, qui lui permettent de faire face &#224; n'importe quelle situation de discours (ce que l'on fait gr&#226;ce &#224; la dimension syntaxique : sans programmation pr&#233;alable, une r&#233;ponse sera toujours possible).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme chacun sait, l'homme a cherch&#233; dans de multiples domaines la raison de ce qu'il estimait &#234;tre sa sup&#233;riorit&#233; sur l'animal. Une qu&#234;te sans fin car l'homme fait partie int&#233;grante de l'animalit&#233; et la recherche de fronti&#232;res &#233;tanches en de tels domaines est d&#233;finitivement inutile. On connait bien les &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1613&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comparaisons de l'homme et des singes&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait aussi que le gros cerveau a longtemps servi &#224; nous distinguer de l'animal : &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1510&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;. Or d'anciens humano&#239;des pouvaient avoir un cerveau aussi gros ou plus gros que nous, le sapiens sapiens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Descartes, le langage est une sp&#233;cificit&#233; humaine. Seul l'homme parle et utilise des signes pour communiquer ses pens&#233;es. Il doit apprendre ces signes. Ces signes sont d'une autre nature que le cri inn&#233; et codifi&#233; des animaux. Parler est donc le propre de l'homme. D'ailleurs, les sourds-muets en sont un excellent exemple puisqu'ils parviennent &#224; communiquer en inventant un autre langage. L'homme peut penser sans parler mais il ne peut pas parler sans pens&#233;e. C'est le cogito. Le langage humain fait appel &#224; l'imagination, &#224; l'invention, &#224; la cr&#233;ation. Le linguiste fran&#231;ais Benveniste r&#233;cuse l'expression de &#034;langage animal&#034; : les animaux usent en r&#233;alit&#233; d'un code de signaux. interpr&#233;tant les recherches du zoologiste autrichien Karl von Frisch, il observe que la communication animale est st&#233;r&#233;otyp&#233;e (le signal a toujours la m&#234;me signification), h&#233;r&#233;ditaire ( le signal est inn&#233;, transmis g&#233;n&#233;tiquement) et ne permet pas l'&#233;change linguistique (les abeilles ne &#034;dialoguent&#034; pas mais r&#233;pondent &#224; un signal par une action ; exemple : aller chercher la nourriture). On ne peut donc pas parler d'un langage animal. Des &#233;tudes scientifiques montrent actuellement que les choses ne sont pas si tranch&#233;es : certains animaux &#034;inventent&#034; et &#034;&#233;changent&#034; entre eux, &#034;communiquent&#034; avec l'homme, prennent des initiatives et que s'ils ne parlent pas &#034;humain&#034;, on ne peut plus affirmer qu'il ne pensent pas (dauphins, grands singes, et quelques autres mammif&#232;res).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, cette fois, nous trouvons que des animaux, tr&#232;s diff&#233;rents des singes ou des anciens humano&#239;des peuvent communiquer par un langage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les papillons et leur langage fond&#233; sur la couleur des ailes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/RTEmagicC_aile-insecte-couleur2_pnas_txdam18559_f84436-230e7.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;258&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les jolies couleurs iris&#233;es parfois visibles sur les ailes transparentes des Insectes ne seraient pas al&#233;atoires, mais d&#233;finies par l'esp&#232;ce et le sexe de l'animal. Cette d&#233;couverte devrait permettre de revoir la classification des Insectes par les entomologistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'on regarde les ailes transparentes des Insectes selon un angle particulier, de jolis reflets iris&#233;s sont perceptibles. Roses, verts, jaunes, bleus&#8230; Ce joli patchwork color&#233; nous est donn&#233; par un effet d'optique li&#233; &#224; la lumi&#232;re blanche qui arrive sur les ailes dans des conditions favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est le r&#233;sultat d'interf&#233;rences de lumi&#232;re dus &#224; la superposition de deux tr&#232;s fines couches de chitine, une prot&#233;ine qui constitue les ailes et la cuticule. Lorsque des rayons lumineux arrivent sur cette surface, 80 % traversent l'aile alors que les 20 autres pourcents sont refl&#233;t&#233;s par la chitine, nous offrant ce beau spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les couleurs des Insectes aient &#233;t&#233; dans l'ensemble largement &#233;tudi&#233;es (notamment chez les papillons), il semble que les couleurs des ailes transparentes, pourtant connues depuis longtemps, n'aient int&#233;ress&#233; personne jusqu'&#224; pr&#233;sent. Une &#233;quipe de recherche men&#233;e par des entomologistes de l'universit&#233; de Lund en Su&#232;de ont combl&#233; ce manque en &#233;tudiant en d&#233;tail ces &#233;tonnantes couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de comparer de fa&#231;on pr&#233;cise les diff&#233;rents motifs, les ailes d'Insectes (de dipt&#232;res et d'hym&#233;nopt&#232;res) provenant principalement de collections de mus&#233;es ont &#233;t&#233; plac&#233;es horizontalement sur un fond noir et photographi&#233;es &#224; des angles proches de la perpendiculaire. Ce genre d'observation n'avait jamais &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; puisque les entomologistes pr&#233;f&#232;rent g&#233;n&#233;ralement observer les insectes sur fond blanc o&#249; il est alors plus facile de d&#233;terminer l'appartenance de l'animal &#224; une esp&#232;ce particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; la g&#233;n&#233;ration par ordinateur d'une s&#233;rie de couleurs de Newton par interf&#233;rence &#224; l'aide de l'indice de r&#233;fraction de la chitine (1,57), les chercheurs ont obtenu une &#233;chelle de couleurs qui correspondent &#224; la lumi&#232;re r&#233;fl&#233;chie par les deux couches de chitine superpos&#233;es en fonction de l'&#233;paisseur globale de l'aile. L'&#233;chelle est compos&#233;e de l'ensemble des couleurs du spectre visible (l'arc-en-ciel), except&#233; le rouge. Ce motif se r&#233;p&#232;te trois fois (jusqu'&#224; une &#233;paisseur d'aile de 550 nanom&#232;tres), puis la lumi&#232;re r&#233;fl&#233;chie donne ensuite des couleurs magenta et vertes non-spectrales (couleurs visibles par l'&#339;il humain, mais en r&#233;alit&#233; compos&#233;es d'un m&#233;lange de plusieurs longueurs d'ondes), pour finir progressivement sur un gris p&#226;le au niveau des couches les plus &#233;paisses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces reflets sont bien connus puisque l'on observe les m&#234;mes lorsqu'une fine couche d'huile recouvre une flaque d'eau ou sur une bulle de savon. Mais &#224; l'inverse de ces reflets qui sont al&#233;atoires, les chercheurs se sont vite rendu compte que les motifs d'interf&#233;rence des ailes ou WIP (pour wing interference patterns en anglais) &#233;taient constants quel que soit l'angle d'observation. En fait, les motifs ne d&#233;pendaient que de la morphologie et de l'&#233;paisseur de l'aile, des crit&#232;res constants en fonction de l'esp&#232;ce de l'insecte et de son sexe, d'apr&#232;s les travaux publi&#233;s dans la revue &lt;a href=&#034;http://www.pnas.org/content/early/2010/12/27/1017393108.full.pdf+html?sid=ec07a3ea-4080-4c14-a7af-55a93d8e45d5&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Proceedings of the National Academy of Sciences.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces propri&#233;t&#233;s des ailes permettront probablement aux entomologistes de mieux distinguer deux esp&#232;ces de mouches morphologiquement tr&#232;s similaires et ainsi de revoir les classifications phylog&#233;n&#233;tiques, ces couleurs seraient &#233;galement importantes pour les Insectes. En effet, alors que les ailes ont une utilit&#233; incontestable pour la mobilit&#233; de l'Insecte et donc pour qu'il puisse trouver de la nourriture ou &#233;chapper &#224; un pr&#233;dateur, elles seraient aussi probablement importantes pour la communication intra ou inter-esp&#232;ce, &#224; l'image des ailes color&#233;es des papillons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs couleurs pourraient notamment leur permettre d'&#234;tre reconnues par un individu de sexe oppos&#233; pour favoriser l'accouplement. Comme les abeilles qui sont attir&#233;es par les fleurs aux couleurs ultraviolettes, les autres insectes pourraient &#233;galement utiliser ces couleurs iris&#233;es pour mieux interagir avec leurs cong&#233;n&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/dc6c0e4b22-e1bb7.jpg' width=&#034;275&#034; height=&#034;336&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le langage des dauphins&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez le dauphin, l'&#233;mission se fait &#224; partir de sa t&#234;te. Dans un premier temps, l'animal comprime son &#233;vent, ce qui produit des sons qu'il regroupe ensuite dans son melon : une sorte de boule graisseuse situ&#233;e juste au-dessus du cr&#226;ne, &#224; la place de notre front humain. Le dauphin peut d'ailleurs d&#233;former son melon s'il souhaite donner plus de puissance aux ultrasons qu'il envoie. Puis, du melon, les sons sont directement envoy&#233;s droit devant. Ils finissent tous par heurter un obstacle (rocher, &#233;pave, banc de poissons), ce qui les fait rebondir et revenir jusqu'au dauphin qui les re&#231;oit gr&#226;ce &#224; sa m&#226;choire inf&#233;rieure. Les sons sont alors reconduits vers l'oreille interne du c&#233;tac&#233;. Ne reste plus au cerveau qu'&#224; interpr&#233;ter les informations que contiennent ces sons et &#224; dresser une image des objets et animaux environnants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dauphinlibre.be/langage.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les dauphins ont effectivement un langage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.blog-les-dauphins.com/cymascope-langage-des-dauphins-decrypte/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourra-t-on d&#233;crypter le langage des dauphins ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre langage que poss&#232;dent les dauphins est celui des &#034;clicks&#034;. Il s'agit d'une impulsion sonore que peuvent entendre des oreilles humaines (pas comme pour le sonar o&#249; il s'agit d'ultrasons). Ces impulsions se traduisent par des petits bruits explosifs et graves.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux-ci ont plusieurs fonctions. Ils peuvent aussi bien correspondre au nom d'un dauphin : de cette mani&#232;re, les individus s'identifient entre eux ; tout comme ils peuvent &#234;tre un moyen pour perturber le syst&#232;me d'orientation de leurs proies. Elles sont donc d&#233;stabilis&#233;es et plus faciles &#224; attraper. Ces bruits servent &#233;galement &#224; intimider les squales, dangereux ennemis des dauphins car redoutables carnassiers des oc&#233;ans. Enfin, ces impulsions sont &#233;galement utilis&#233;es, lorsqu'elles sont plus longues et port&#233;es &#224; l'aigu, pour aider le dauphin &#224; se rep&#233;rer et &#224; chercher de la nourriture.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;cision d'un click d&#233;pend de sa fr&#233;quence : plus elle est &#233;lev&#233;e, plus le click est pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;ponse des philosophes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://laphiloduclos.over-blog.com/pages/Le_langage__propre_a_lhomme_Instrument_de_communication-1051094.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici la discussion sur le langage qui serait &#034;le propre de l'homme&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://agone.revues.org/index220.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une autre mani&#232;re de r&#233;pondre &#224; Descartes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est notre conscience qui nous fait croire que l'homme est le centre de l'univers. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Spinoza&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petit historique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1952, le linguiste Emile Benveniste publie un article dans Diog&#232;ne, intitul&#233; &#171; Communication animale et langage humain &#187;3. Cet article est une r&#233;action aux d&#233;couvertes fondamentales (et tr&#232;s modernes pour l'&#233;poque) du zoologue Karl von Frisch sur la communication des abeilles. En montrant que les abeilles ouvri&#232;res pouvaient indiquer &#224; leurs cong&#233;n&#232;res la direction, la distance mais aussi la qualit&#233; d'une source de nourriture par rapport &#224; la ruche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le linguiste suisse analyse les diff&#233;rences entre le &#171; langage &#187; des abeilles et celui des humains. L'enjeu est consid&#233;rable, puisqu'il s'agit de savoir si l'&#234;tre humain a, d'un point de vue linguistique, un semblable sur terre : &#171; [...] pour la premi&#232;re fois nous pouvons nous repr&#233;senter le fonctionnement d'un &#171; langage &#187; animal. Il peut &#234;tre utile de marquer bri&#232;vement en quoi il est ou il n'est pas un langage, et comment ces observations sur les abeilles aident &#224; d&#233;finir, par ressemblance ou par contraste, le langage humain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rences relev&#233;es par Benveniste sont les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le message des abeilles consiste enti&#232;rement dans la danse, sans intervention d'un appareil &#171; vocal &#187;, alors qu'il n'y a pas de message sans voix &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le message des abeilles n'appelle aucune r&#233;ponse de l'entourage, sinon une certaine conduite, qui n'est pas une r&#233;ponse &#187; : le dialogue (et l'intersubjectivit&#233; qui lui est essentielle) est une condition du langage ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le message d'une abeille ne peut &#234;tre reproduit par d'autres &#187; : la fonction m&#233;talinguistique du langage est ignor&#233;e des abeilles ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; dans le langage humain, le symbole en g&#233;n&#233;ral ne configure pas les donn&#233;es de l'exp&#233;rience &#187; : le signe chez les abeilles n'est pas arbitraire puisqu'il y a correspondance entre la quantit&#233; de danses et la distance de la fleur ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le message des abeilles ne se laisse pas analyser &#187; : il n'y a pas de morphologie du &#171; langage &#187; des abeilles. Dans le langage humain, &#171; un nombre assez r&#233;duit de morph&#232;mes permet un nombre consid&#233;rable de combinaisons, d'o&#249; na&#238;t la vari&#233;t&#233; du langage humain, qui est capacit&#233; de tout dire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon ces crit&#232;res, la danse des abeilles n'est donc pas un langage mais seulement une capacit&#233; &#224; communiquer. Ces conditions n&#233;cessaires sont n&#233;anmoins critiquables en particulier la premi&#232;re : Le syst&#232;me vocal n'&#233;tant qu'un syst&#232;me de transmission d'information comme un autre. La langue des signes bien que n'utilisant pas la voix humaine, est bel et bien un langage dot&#233; d'une syntaxe et d'une s&#233;mantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Sch&#233;ma de Jakobson, les abeilles connaissent la fonction r&#233;f&#233;rentielle de la communication. Elles ne connaissent pas vraiment la fonction conative puisqu'il n'y a pas possibilit&#233; de dialogue, et pas d'attention aux autres individus (sinon sur la ruche dans son ensemble). Les abeilles ignorent la fonction phatique puisqu'elles ne v&#233;rifient pas que le contact a bien lieu ; elles ignorent aussi les fonctions m&#233;talinguistique et expressive puisqu'elles ne peuvent ni parler d'elles ni parler du langage. La diff&#233;rence avec le langage humain est donc consid&#233;rable. Benveniste conclut l'article en remarquant : &#171; Ce n'est pas le moindre int&#233;r&#234;t des d&#233;couvertes de Karl von Frisch, outre les r&#233;v&#233;lations qu'elles nous apportent sur le monde des insectes, que d'&#233;clairer indirectement les conditions du langage humain et du symbolisme qu'il suppose &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Bulletin La Voix des Travailleurs de l'H&#244;pital Tenon</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article2349</link>
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		<dc:date>2012-06-18T13:36:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdel</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lire ici&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2387&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Qui fomente la guerre de religion en France&#8230; pour d&#233;tourner de la br&#251;lante question sociale face &#224; la crise ?</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article2272</link>
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		<dc:date>2012-04-06T17:34:52Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Lire ici&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2249&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Coup d'&#233;tat militaire au Mali ? Quelles perspectives pour les masses populaires ?</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article2253</link>
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		<dc:date>2012-03-24T04:59:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdel</dc:creator>


		<dc:subject>Mali</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un coup d'&#233;tat militaire vient d'avoir lieu au Mali. Bien entendu, nous ne sommes nullement partisans des pouvoirs militaires quels qu'ils soient, m&#234;me s'ils se disent radicaux et populaires. Cependant, nous regardons la figure de ceux qui nous disent vouloir &#034;d&#233;fendre la d&#233;mocratie&#034; contre la nouvelle junte militaire et nous trouvons tous les dictateurs du monde capitaliste qui jette le Mali dans la mis&#232;re et tous les dictateurs d'Afrique aussi. Ensuite, nous y trouvons tous les politiciens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot133" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un coup d'&#233;tat militaire vient d'avoir lieu au Mali. Bien entendu, nous ne sommes nullement partisans des pouvoirs militaires quels qu'ils soient, m&#234;me s'ils se disent radicaux et populaires. Cependant, nous regardons la figure de ceux qui nous disent vouloir &#034;d&#233;fendre la d&#233;mocratie&#034; contre la nouvelle junte militaire et nous trouvons tous les dictateurs du monde capitaliste qui jette le Mali dans la mis&#232;re et tous les dictateurs d'Afrique aussi. Ensuite, nous y trouvons tous les politiciens bourgeois du Mali qui ont cautionn&#233; le r&#233;gime pr&#233;c&#233;dent, bien loin d'&#234;tre d&#233;mocratique sur aucun plan... Ensuite, nous estimons que le peuple malien n'a rien perdu en perdant la dictature d'ATT. Qu'y a-t-il de d&#233;mocratique dans un chef d'&#233;tat-major des arm&#233;es qui se fait appeler excellence et gouverne en m&#234;me temps le pays en d&#233;tournant les profits de l'or, des diamants, de l'uranium et ceux futurs du p&#233;trole ? Comment se fait-il qu'il ait affirm&#233; qu'il allait n&#233;gocier pour que le sort de la population touar&#232;gue s'am&#233;liore et qu'il n'ait rien fait, laissant celle-ci aux mains de la d&#233;magogie des chefs de bandes arm&#233;es ? ATT est tout aussi &#034;d&#233;mocratiquement &#233;lu&#034; que les autres dictateurs africains et c'est dire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous parle de d&#233;fendre l'&#034;ordre constitutionnel&#034; contre la junte, mais cet ordre n'&#233;tait-il pas celui dans lequel il n'existe pas de travail, pas d'&#233;tudes, pas d'avenir pour la jeunesse et le peuple travailleur ? Par contre, le Mali d'ATT est cit&#233; en exemple par tous les grands organismes de la bourgeoisie mondiale comme la Banque mondiale et l'ONU, par les bourgeoisies fran&#231;aise et am&#233;ricaine. Cherchez l'erreur....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, tout cela ne signifie pas qu'un coup d'&#233;tat militaire &#233;vite au peuple travailleur de mener sa propre lutte, mais il pourrait en profiter pour la mener. Il est certain que s'il reste craintif et inactif, rien ne changera... Mais rien ne dit que le peuple travailleur reste passif. C'est &#224; lui d'en d&#233;cider.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Coup d'&#233;tat militaire au Mali ? Quelles perspectives pour les travailleurs, la jeunesse et les masses populaires ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident malien Toumani Tour&#233; a &#233;t&#233; d&#233;mis par une r&#233;volte de soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part de la r&#233;volte des soldats, il y a eu de deux chocs majeurs : le massacre de 70 militaires maliens le 24 janvier &#224; Aguelhok, une localit&#233; du Nord, et la chute de Tessalit aux mains des rebelles touaregs, le 12 mars. En fait, le malaise est bien plus profond, m&#234;me s'il est r&#233;v&#233;l&#233; par la r&#233;bellion touar&#232;gue. C'est tout le syst&#232;me social et politique qui est mis en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En recevant massivement des armes depuis la Libye, o&#249; les armes circulent et sont en vente en tous sens, notamment en direction de tous les pays voisins, la r&#233;bellion touar&#232;gue a menac&#233; le nord du Mali, retirant toute cr&#233;dibilit&#233; au pouvoir d'ATT (le pr&#233;sident Toumani Tour&#233;, lui-m&#234;me chef militaire). On se souvient que la chute de Moussa Traore avait &#233;galement un lien avec la reprise des affrontements contre les touaregs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;stabilisation de la Libye a d&#233;j&#224; eu une premi&#232;re cons&#233;quence : celle du pouvoir malien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des soldats, spontan&#233;e, issue des soldats de base et sans commandement au d&#233;part, s'est port&#233;e en premier contre la hi&#233;rarchie militaire et contre tous les profiteurs du r&#233;gime. Elle met en cause la mani&#232;re dont le pouvoir n'a pas fourni &#224; l'arm&#233;e les moyens de d&#233;fendre le nord du pays contre la r&#233;bellion touareg. Mais elle met en cause &#233;galement les profiteurs qui d&#233;tournent toutes les richesses du pays. Elle accuse les classes dirigeantes de corruption et de mise en coupe r&#233;gl&#233;e des moyens d'Etat et des biens produits par la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus remarquable, c'est la r&#233;action violente de tous les Etats et les classes dirigeantes du monde qui profitent actuellement du d&#233;tournement des richesses au Mali, &#224; commencer par le gouvernement fran&#231;ais, mais aussi le gouvernement chinois. Les &#201;tats-Unis ont fermement condamn&#233; jeudi le coup d'&#201;tat militaire au Mali et exig&#233; le &#034;retour imm&#233;diat de l'ordre constitutionnel&#034;. Toutes les institutions de l'imp&#233;rialisme ont &#233;t&#233; unanimes pour d&#233;noncer le renversement militaire d'ATT, elles qui ne faisaient que f&#233;liciter le pouvoir d'ATT : Banque mondiale, ONU, et autres USA ou France interrompent leur aide financi&#232;re qui les aidait surtout, elles, &#224; piller l'or, les diamants et autre richesses agricoles. Cela ne fait que confirmer que le pouvoir malien &#233;tait bel et bien vendu aux classes dirigeantes des pays riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'un mouvement militaire pr&#233;par&#233;, dirig&#233; ou manipul&#233; par un pays, par certains dirigeants militaires, par d'autres corrompus visant le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit bel et bien d'une r&#233;volte de soldats qui fait partie de la r&#233;volte de toute la population contre la corruption. On a parfois assist&#233; &#224; ce genre de r&#233;volte de soldats en Afrique, r&#233;volte qui se d&#233;roule en m&#234;me temps qu'un discr&#233;dit du pouvoir dans la population, notamment en C&#244;te d'Ivoire, en Guin&#233;e au Burkina-Faso. Cela n'est pas identique &#224; une r&#233;volte men&#233;e par un groupe d'officiers. M&#234;me les quelques petits grad&#233;s, un lieutenant, un adjudant-chef et un capitaine, qui semblent diriger la junte militaire ne se sont ralli&#233;s qu'au dernier moment et ne sont pas compl&#232;tement ob&#233;is par les troupes. Le discr&#233;dit du pouvoir aupr&#232;s des soldats semble g&#233;n&#233;ral, hormis quelques troupes de fid&#232;les du r&#233;gime. Ce discr&#233;dit est g&#233;n&#233;ral aussi dans la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bonne foi des petits soldats ne signifie pas qu'il leur soit facile de trouver une issue positive pour la population. Une telle issue ne peut nullement &#234;tre un pouvoir militaire. Quelle que soit la bonne foi des soldats, un pouvoir militaire ne peut qu'&#234;tre une dictature qui finit par se retourner contre les classes populaires, m&#234;me si elle ne le souhaitait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les petits soldats qui souhaiteraient vraiment changer les bases de la soci&#233;t&#233; au Mali, il est n&#233;cessaire d'ouvrir les droits politiques &#224; tous les membres de ces milieux populaires en leur permettant d'organiser la soci&#233;t&#233; civile en dehors de l'influence des classes dirigeantes, c'est-&#224;-dire en comit&#233;s de travailleurs et d'habitants des quartiers populaires. C'est le seul moyen de donner une vraie base sociale &#224; une transformation de fond de la soci&#233;t&#233;, en unissant petits soldats et milieux populaires, en donnant aussi aux soldats des liens avec les comit&#233;s de travailleurs et des quartiers populaires, en permettant au peuple de s'organiser militairement avec des armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une &#233;lection dans le cadre de la bourgeoisie, du type de celle qui a donn&#233; le pouvoir &#224; ATT, qui peut lib&#233;rer le peuple malien. ATT est tomb&#233; parce que les &#233;lections qu'il comptait organiser et dans lesquelles il avait annonc&#233; vouloir se retirer, se pr&#233;paraient avec un avenir pr&#233;programm&#233; aux mains des anciens du r&#233;gime ATT. L'alternance mise en place par ATT ressemblait aussi peu &#224; la d&#233;mocratie que le d&#233;sert ressemble &#224; une oasis ! Apr&#232;s la r&#233;volution qui a fait chuter Moussa Traor&#233;, ATT n'a eu de cesse que d'emp&#234;cher d'avoir une cr&#233;dibilit&#233; quelconque quiconque voulait contester le pouvoir. C'est cela aussi que contestent les petits soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si ces soldats ont actuellement les feux de la sc&#232;ne de l'actualit&#233;, il est &#233;vident que l'avenir pour les travailleurs ne peut venir des seuls militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d&#233;pendra d'abord et avant tout du peuple travailleur. Profitera-t-il de la crise pour d&#233;velopper ses revendications et aspirations. Ce sont les comit&#233;s de salari&#233;s et de membres des quartiers populaires qui doivent se faire entendre et s'imposer. C'est de l&#224; que viendront les perspectives d'avenir pour le peuple et de nulle part ailleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le peuple malien ne peut et ne doit pas avoir d'illusions dans les cons&#233;quences qu'un pouvoir militaire m&#234;me si le pouvoir &#171; civil &#187; pr&#233;c&#233;dent n'a apport&#233; que des d&#233;ceptions. La corruption et la soumission d'un pouvoir militaire aux grandes puissances et aux profiteurs peut &#234;tre aussi grand pour un pouvoir militaire que pour un pouvoir dit civil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Mali a connu des coups d'&#233;tats militaires puisque Moussa Traore et ATT sont tous deux venus au pouvoir ainsi sur la base d'un discr&#233;dit du pouvoir pr&#233;c&#233;dent aux yeux du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie dont le peuple a besoin n'est pas celle des parlements et des gouvernements bourgeois qu'elle a d&#233;j&#224; connu et qui ne sont que des formes d'organisation au service des classes dirigeantes mondiales capitalistes. Pour changer vraiment, le peuple travailleur a besoin de ses propres formes d'organisation, de ses comit&#233;s de soldats mais aussi de ses comit&#233;s de travailleurs des villes et des campagnes, de ses comit&#233;s de femmes, de ses comit&#233;s de jeunes. Ce sont les masses populaires elles m&#234;mes qui peuvent dire quel avenir elles souhaitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les petits soldats ne souhaitent pas mettre en place une nouvelle dictature, s'ils ne veulent pas que le pays connaisse de nouveaux bains de sang, il faut qu'ils ne s'opposent pas &#224; l'organisation des masses populaires par elles-m&#234;mes. C'est la seule mani&#232;re d'avoir la force d'en finir avec les profiteurs et les corrupteurs, de l'imp&#233;rialisme comme de la bourgeoisie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule issue de la crise du Mali, c'est le pouvoir r&#233;volutionnaire des ouvriers, des paysans, des jeunes, des femmes et des petits soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Seul un tel pouvoir peut trouver la voie pour s'unir au peuple touareg sans guerre et sans oppression nationale et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des soldats peut donner le pire comme le meilleur. Si le peuple se contente d'attendre d'eux des miracles, ce ne sera que le pire. Si les soldats veulent s'unir au peuple travailleur, il ne suffit pas de promettre futurement une &#233;lection mettant en place &#224; nouveau un cadre bourgeois. Il faut qu'ils acceptent le contr&#244;le d'organisations autonomes des masses populaires sur leurs armes et leur utilisation. &lt;strong&gt;Qui a les armes et l'organisation a le pouvoir !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=mali+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que la libert&#233; ? </title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article2157</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article2157</guid>
		<dc:date>2011-11-27T19:32:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdel</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Denis Diderot : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Avoir des esclaves n'est rien ; ce qui est intol&#233;rable, c'est d'avoir des esclaves en les appelant citoyens. &#187; Jean le Rond d'Alembert, Discours pr&#233;liminaire &#224; l'&#034;Encyclop&#233;die&#034; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il n'y a que la libert&#233; d'agir et de penser qui soit capable de produire de grandes choses.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt; Victor Hugo : &lt;br class='autobr' /&gt;
Libert&#233; ! &lt;br class='autobr' /&gt;
De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages ? &lt;br class='autobr' /&gt;
De quel droit &#244;tez-vous ces chanteurs aux bocages, &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux sources, &#224; l'aurore, &#224; la nu&#233;e, aux vents ? &lt;br class='autobr' /&gt;
De (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Annexes philosophiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Denis Diderot&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Avoir des esclaves n'est rien ; ce qui est intol&#233;rable, c'est d'avoir des esclaves en les appelant citoyens. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean le Rond d'Alembert&lt;/strong&gt;, Discours pr&#233;liminaire &#224; l'&#034;Encyclop&#233;die&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Il n'y a que la libert&#233; d'agir et de penser qui soit capable de produire de grandes choses.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Victor Hugo&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quel droit &#244;tez-vous ces chanteurs aux bocages, &lt;br&gt;
Aux sources, &#224; l'aurore, &#224; la nu&#233;e, aux vents ? &lt;br&gt;
De quel droit volez-vous la vie &#224; ces vivants ? &lt;br&gt;
Homme, crois-tu que Dieu, ce p&#232;re, fasse na&#238;tre &lt;br&gt;
L'aile pour l'accrocher au clou de ta fen&#234;tre ? &lt;br&gt;
Ne peux-tu vivre heureux et content sans cela ? &lt;br&gt;
Qu'est-ce qu'ils ont donc fait tous ces innocents-l&#224; &lt;br&gt;
Pour &#234;tre au bagne avec leur nid et leur femelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui sait comment leur sort &#224; notre sort se m&#234;le ? &lt;br&gt;
Qui sait si le verdier qu'on d&#233;robe aux rameaux, &lt;br&gt;
Qui sait si le malheur qu'on fait aux animaux &lt;br&gt;
Et si la servitude inutile des b&#234;tes &lt;br&gt;
Ne se r&#233;solvent pas en N&#233;rons sur nos t&#234;tes ? &lt;br&gt;
Qui sait si le carcan ne sort pas des licous ? &lt;br&gt;
Oh ! de nos actions qui sait les contre-coups, &lt;br&gt;
Et quels noirs croisements ont au fond du myst&#232;re &lt;br&gt;
Tant de choses qu'on fait en riant sur la terre ? &lt;br&gt;
Quand vous cadenassez sous un r&#233;seau de fer &lt;br&gt;
Tous ces buveurs d'azur faits pour s'enivrer d'air, &lt;br&gt;
Tous ces nageurs charmants de la lumi&#232;re bleue, &lt;br&gt;
Chardonneret, pinson, moineau franc, hochequeue, &lt;br&gt;
Croyez-vous que le bec sanglant des passereaux &lt;br&gt;
Ne touche pas &#224; l'homme en heurtant ces barreaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenez garde &#224; la sombre &#233;quit&#233;. Prenez garde ! &lt;br&gt;
Partout o&#249; pleure et crie un captif, Dieu regarde. &lt;br&gt;
Ne comprenez-vous pas que vous &#234;tes m&#233;chants ? &lt;br&gt;
&#192; tous ces enferm&#233;s donnez la clef des champs ! &lt;br&gt;
Aux champs les rossignols, aux champs les hirondelles ; &lt;br&gt;
Les &#226;mes expieront tout ce qu'on fait aux ailes. &lt;br&gt;
La balance invisible a deux plateaux obscurs. &lt;br&gt;
Prenez garde aux cachots dont vous ornez vos murs ! &lt;br&gt;
Du treillage aux fils d'or naissent les noires grilles ; &lt;br&gt;
La voli&#232;re sinistre est m&#232;re des bastilles. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Respect aux doux passants des airs, des pr&#233;s, des eaux ! &lt;br&gt;
Toute la libert&#233; qu'on prend &#224; des oiseaux &lt;br&gt;
Le destin juste et dur la reprend &#224; des hommes. &lt;br&gt;
Nous avons des tyrans parce que nous en sommes. &lt;br&gt;
Tu veux &#234;tre libre, homme ? et de quel droit, ayant &lt;br&gt;
Chez toi le d&#233;tenu, ce t&#233;moin effrayant ? &lt;br&gt;
Ce qu'on croit sans d&#233;fense est d&#233;fendu par l'ombre. &lt;br&gt;
Toute l'immensit&#233; sur ce pauvre oiseau sombre &lt;br&gt;
Se penche, et te d&#233;voue &#224; l'expiation. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t'admire, oppresseur, criant : oppression !&lt;br&gt;
Le sort te tient pendant que ta d&#233;mence brave &lt;br&gt;
Ce for&#231;at qui sur toi jette une ombre d'esclave &lt;br&gt;
Et la cage qui pend au seuil de ta maison &lt;br&gt;
Vit, chante, et fait sortir de terre la prison. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Partout dans le monde, au plan individuel comme collectif, l'humanit&#233; est en lutte pour sa libert&#233;. Mais que signifie donc cette libert&#233; ? Nous sommes encore marqu&#233;s par la signification donn&#233;e par la r&#233;volution fran&#231;aise qui d&#233;couvrait la libert&#233; individuelle. Mais ce n'est pas la seule libert&#233;. La libert&#233; pose une question bien plus large que le &#034;libre arbitre&#034;. Sommes-nous soumis &#224; des lois (mat&#233;rielles, physiologiques, sociales, historiques, philosophiques, psychologiques, ...) qui nous contraignent et nous enchainent in&#233;luctablement ? L'existence des lois scientifiques ne prouve-t-elle pas que cette libert&#233; humaine serait impossible ? Mais au sein de ces lois, comme des lois sociales, existent leurs propres contraires dialectiques. D&#232;s qu'une chose nous encha&#238;ne, elle pose le probl&#232;me de notre capacit&#233; &#224; vouloir nous en lib&#233;rer, donc de notre capacit&#233; &#224; nous voir libres (conscience) et, d'autre part, de notre capacit&#233; &#224; nous en lib&#233;rer r&#233;ellement (action). Les causes pour l'homme d'&#234;tre encha&#238;n&#233; sont de natures diverses : appartenance &#224; la mati&#232;re et d&#233;pendance de ses lois, appartenance &#224; l'animalit&#233;, appartenance &#224; l'humanit&#233; et &#224; ses limites physiques, psychologiques, sociales, philosophiques, historiques, appartenance &#224; un peuple, d&#233;pendance de sa culture, de ses traditions, de son mode d'organisation &#224; une &#233;poque donn&#233;e, appartenance &#224; une classe sociale&#8230; Parmi ces obligations, il y a la n&#233;cessit&#233; de travailler pour survivre, la n&#233;cessit&#233; de s'int&#233;grer aux obligations d'une soci&#233;t&#233;, la n&#233;cessit&#233; d'accepter des lois, des r&#232;gles, des coutumes&#8230; Ces appartenances et ces d&#233;pendances contiennent en elles-m&#234;mes leurs propres contradictions qui sont autant de voies possibles pour la libert&#233;. La mati&#232;re admet son contraire qu'est le vide. L'oppression sociale suscite la r&#233;volte et la r&#233;volution. La tradition suscite la r&#233;volte de la modernit&#233;. L'exploitation suscite la lutte de classe... etc&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est la vision non dialectique qui oppose diam&#233;tralement libert&#233; et n&#233;cessit&#233;. Ainsi, on a du mal &#224; comprendre la libert&#233; des &#234;tres vivants, alors que la mati&#232;re ob&#233;it &#224; des lois. C'est parce que l'on a oppos&#233; diam&#233;tralement le d&#233;terminisme (les lois) et l'existence de plusieurs possibles entre lesquels la dynamique peut sauter (choisir)...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1862 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/Shimon_Peres.jpg' width=&#034;328&#034; height=&#034;343&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LIBERT&#201; ET N&#201;CESSIT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'histoire universelle est le progr&#232;s dans la conscience de la libert&#233; - progr&#232;s dont nous avons &#224; reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233;... La libert&#233; elle-m&#234;me n'existe que pour autant qu'elle est en lutte avec son contraire... On confond souvent la libert&#233; avec l'arbitraire ; mais l'arbitraire n'est qu'une libert&#233; irrationnelle, les choix et les d&#233;cisions qu'il provoque &#233;tant dict&#233;s, non par la volont&#233; raisonnable, mais par des impulsions accidentelles, par des mobiles sensibles ext&#233;rieurs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hegel&lt;/strong&gt; dans &#171; Introduction &#224; la philosophie de l'histoire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Engels &lt;/strong&gt; dit : &lt;i&gt;&#171; Hegel a &#233;t&#233; le premier &#224; repr&#233;senter exactement le rapport de la libert&#233; et de la n&#233;cessit&#233;. Pour lui, la libert&#233; est l'intellection de la n&#233;cessit&#233; &#187;. &#171; La n&#233;cessit&#233; n'est aveugle que dans la mesure o&#249; elle n'est pas comprise. &#187; La libert&#233; n'est pas dans une ind&#233;pendance r&#234;v&#233;e &#224; l'&#233;gard des lois de la nature, mais dans la connaissance de ces lois et dans la possibilit&#233; donn&#233;e par l&#224; m&#234;me de les mettre en &#339;uvre m&#233;thodiquement pour des fins d&#233;termin&#233;es. Cela est vrai aussi bien des lois de la nature ext&#233;rieure que de celles qui r&#233;gissent l'existence physique et psychique de l'homme lui-m&#234;me, &#8209; deux classes de lois que nous pouvons s&#233;parer tout au plus dans la repr&#233;sentation, mais non dans la r&#233;alit&#233;. La libert&#233; de la volont&#233; ne signifie donc pas autre chose que la facult&#233; de d&#233;cider en connaissance de cause. Donc, plus le jugement d'un homme est libre sur une question d&#233;termin&#233;e, plus grande est la n&#233;cessit&#233; qui d&#233;termine la teneur de ce jugement... La libert&#233; consiste par cons&#233;quent dans l'empire sur nous-m&#234;mes et la nature ext&#233;rieure, fond&#233; sur la connaissance des n&#233;cessit&#233;s naturelles. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons sur quels principes gnos&#233;ologiques est fond&#233; tout ce raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, Engels reconna&#238;t d&#232;s le d&#233;but les lois de la nature, les lois du monde ext&#233;rieur, la n&#233;cessit&#233; de la nature, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire tout ce que Mach, Avenarius, Petzoldt et Cie qualifient de &#171; m&#233;taphysique &#187;. Si Lounatcharski s'&#233;tait donn&#233; la peine de r&#233;fl&#233;chir s&#233;rieusement &#224; l'argumentation &#171; admirable &#187; d'Engels, il n'aurait pas pu ne pas voir la distinction essentielle entre la th&#233;orie mat&#233;rialiste de la connaissance et l'agnosticisme et l'id&#233;alisme qui nient les lois de la nature, ou n'y voient que des lois &#171; logiques &#187;, etc., etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, Engels ne perd pas son temps &#224; formuler les &#171; d&#233;finitions &#187; de la libert&#233; et de la n&#233;cessit&#233;, d&#233;finitions scolastiques qui int&#233;ressent par&#8209;dessus tout les professeurs r&#233;actionnaires (comme Avenarius) ou leurs &#233;l&#232;ves (comme Bogdanov). Engels consid&#232;re la connaissance et la volont&#233; de l'homme d'une part, les lois n&#233;cessaires de la nature de l'autre, et, s'abstenant de toute d&#233;finition, constate simplement que les lois n&#233;cessaires de la nature constituent l'&#233;l&#233;ment primordial, la volont&#233; et la connaissance humaines &#233;tant l'&#233;l&#233;ment secondaire. Ces derni&#232;res doivent n&#233;cessairement et in&#233;luctablement s'adapter aux premi&#232;res ; c'est pour Engels d'une &#233;vidence telle qu'il ne croit pas devoir l'expliquer. Les disciples russes de Mach ont &#233;t&#233; les seuls &#224; se plaindre de la d&#233;finition g&#233;n&#233;rale du mat&#233;rialisme donn&#233;e par Engels (la nature est l'&#233;l&#233;ment primordial ; la connaissance, le secondaire ; souvenez&#8209;vous des &#171; perplexit&#233;s &#187; de Bogdanov &#224; ce sujet !), et &#224; trouver en m&#234;me temps &#171; admirable &#187;, &#171; d'une justesse frappante &#187;, une des applications particuli&#232;res que fit Engels de cette d&#233;finition g&#233;n&#233;rale et essentielle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, Engels ne doute pas de l'existence de la &#171; n&#233;cessit&#233; aveugle &#187;, il admet l'existence de la n&#233;cessit&#233; non connue de l'homme. C'est ce qui ressort de toute &#233;vidence du passage cit&#233; par nous. Or, au point de vue des disciples de Mach, l'homme peut&#8209;il conna&#238;tre l'existence de ce qu'il ne conna&#238;t pas ? Conna&#238;tre l'existence d'une n&#233;cessit&#233; qu'il ignore ? N'est&#8209;ce point l&#224; &#171; mystique &#187;, &#171; m&#233;taphysique &#187;, admission des &#171; f&#233;tiches &#187; et des &#171; idoles &#187;, n'est&#8209;ce pas &#171; l'inconnaissable chose en soi de Kant &#187; ? Si les disciples de Mach y avaient r&#233;fl&#233;chi, ils n'auraient pas manqu&#233; d'apercevoir l'identit&#233; compl&#232;te de l'argumentation d'Engels sur la connaissance de la nature objective des choses et sur la transformation de la &#171; chose en soi &#187; en &#171; chose pour nous &#187;, d'un c&#244;t&#233;, et de son argumentation sur la n&#233;cessit&#233; aveugle non encore connue, de l'autre. Le d&#233;veloppement de toute conscience individuelle et celui des connaissances collectives de toute l'humanit&#233; nous montrent &#224; chaque instant la &#171; chose en soi &#187; inconnue se transformant en &#171; chose pour nous &#187; connue, la n&#233;cessit&#233; aveugle inconnue, la &#171; n&#233;cessit&#233; en soi &#187;, se transformant en &#171; n&#233;cessit&#233; pour nous &#187; connue. Au point de vue gnos&#233;ologique, il n'y a absolument aucune diff&#233;rence entre ces deux transformations, car le point de vue fondamental est le m&#234;me dans les deux cas : c'est le mat&#233;rialisme, la reconnaissance de la r&#233;alit&#233; objective du monde ext&#233;rieur et des lois de la nature ext&#233;rieure, ce monde et ces lois &#233;tant parfaitement accessibles &#224; la connaissance humaine, mais ne pouvant jamais en &#234;tre connus d&#233;finitivement. Nous ne connaissons pas les loi n&#233;cessaires de la nature dans les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques, et c'est pourquoi nous sommes in&#233;vitablement les esclaves du temps qu'il fait. Mais ne connaissant pas cette n&#233;cessit&#233;, nous savons qu'elle existe. D'o&#249; vient cette connaissance ? Elle vient justement d'o&#249; nous vient la connaissance des choses existant hors de notre conscience et ind&#233;pendamment de celle&#8209;ci, autrement dit : de l'&#233;volution de nos connaissances, qui a montr&#233; des millions de fois &#224; tout homme que l'ignorance fait place au savoir quand l'objet agit sur nos organes des sens, et inversement : la possibilit&#233; de cette action une fois &#233;cart&#233;e, la science devient ignorance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;mement, Engels applique manifestement &#224; la philosophie, dans l'argumentation cit&#233;e, la m&#233;thode &#171; salto&#8209;vitale &#187;, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire qu'il fait un bond de la th&#233;orie &#224; la pratique. Aucun des savants (et sots) professeurs de philosophie que suivent nos disciples de Mach, ne se permet jamais de ces bonds d&#233;shonorants pour des repr&#233;sentants de la &#171; science pure &#187;. Une chose est chez eux la th&#233;orie de la connaissance o&#249; il importe de cuisiner subtilement les &#171; d&#233;finitions &#187; verbales ; autre chose est la pratique. Chez Engels, toute la pratique vivante de l'homme fait irruption dans la th&#233;orie m&#234;me de la connaissance, fournissant un crit&#232;re objectif de la v&#233;rit&#233; : tant que nous ignorons une loi de la nature, cette loi, existant et agissant &#224; l'insu, en dehors de notre connaissance, fait de nous les esclaves de la &#171; n&#233;cessit&#233; aveugle &#187;. D&#232;s que nous la connaissons, cette loi agissant (comme l'a r&#233;p&#233;t&#233; Marx des milliers de fois) ind&#233;pendamment de notre volont&#233; et de notre conscience, nous rend ma&#238;tres de la nature. La domination de la nature, r&#233;alis&#233;e dans la pratique humaine, r&#233;sulte d'une repr&#233;sentation objectivement fid&#232;le, dans l'esprit humain, des ph&#233;nom&#232;nes et des processus naturels ; elle est la meilleure preuve que cette repr&#233;sentation (dans les limites que nous assigne la pratique) est une v&#233;rit&#233; &#233;ternelle, objective et absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est donc le r&#233;sultat final ? Chaque &#233;tape du raisonnement d'Engels, presque chacune de ses phrases, chacune de ses propositions, pourrait&#8209;on dire, est enti&#232;rement et exclusivement fond&#233;e sur la gnos&#233;ologie du mat&#233;rialisme dialectique, sur des propositions qui frappent au visage toutes les bourdes de Mach sur les corps en tant que complexes de sensations, sur les &#171; &#233;l&#233;ments &#187;, sur &#171; la co&#239;ncidence de nos repr&#233;sentations sensibles et de la r&#233;alit&#233; existant hors de nous &#187;, etc., etc. Les disciples de Mach ne s'en laissent pas troubler le moins du monde ; ils l&#226;chent le mat&#233;rialisme et ressassent (&#224; la Bermann) sur la dialectique des banalit&#233;s &#233;cul&#233;es, en souscrivant d'ailleurs, s&#233;ance tenante, &#224; l'une des applications du mat&#233;rialisme dialectique ! Ils ont puis&#233; leur philosophie dans les pauvres soupes &#233;clectiques et continuent &#224; servir ces m&#234;mes soupes au lecteur. Ils empruntent &#224; Mach une parcelle d'agnosticisme et un rien d'id&#233;alisme, m&#234;lent le tout &#224; un peu de mat&#233;rialisme dialectique de Marx et susurrent que ce salmigondis, c'est un progr&#232;s du marxisme. Ils pensent que si Mach, Avenarius, Petzoldt et toutes leurs autres autorit&#233;s n'ont pas la moindre id&#233;e de la solution donn&#233;e au probl&#232;me (de la libert&#233; et de la n&#233;cessit&#233;) par Hegel et Marx, c'est pur hasard : c'est que tout bonnement ces &#171; autorit&#233;s&#8209;l&#224; &#187; n'ont pas lu telle page dans tel livre, et non point qu'elles aient &#233;t&#233; et soient demeur&#233;es absolument ignorantes du progr&#232;s r&#233;el de la philosophie au XIX&#176; si&#232;cle, qu'elles aient &#233;t&#233; et soient rest&#233;es des obscurantistes en philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pr&#233;c&#232;de &#233;tait extrait de &#034;Mat&#233;rialisme et empiriocriticisme&#034; de &lt;strong&gt;L&#233;nine&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F. Engels &lt;/strong&gt; dans &#034;Mr. E. D&#252;hring bouleverse la science&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Avec la prise de possession des moyens de production par la soci&#233;t&#233;, la production marchande est &#233;limin&#233;e, et par suite, la domination du produit sur le producteur. L'anarchie &#224; l'int&#233;rieur de la production sociale est remplac&#233;e par l'organisation planifi&#233;e consciente. La lutte pour l'existence individuelle cesse. Par l&#224;, pour la premi&#232;re fois, l'homme se s&#233;pare, dans un certain sens, d&#233;finitivement du r&#232;gne animal, passe de conditions animales d'existence &#224; des conditions r&#233;ellement humaines. Le cercle des conditions de vie entourant l'homme, qui jusqu'ici dominait l'homme, passe maintenant sous la domination et le contr&#244;le des hommes qui, pour la premi&#232;re fois, deviennent des ma&#238;tres r&#233;els et conscients de la nature, parce que et en tant que ma&#238;tres de leur propre vie en soci&#233;t&#233;. Les lois de leur propre pratique sociale qui, jusqu'ici, se dressaient devant eux comme des lois naturelles, &#233;trang&#232;res et dominatrices, sont d&#232;s lors appliqu&#233;es par les hommes en pleine connaissance de cause, et par l&#224; domin&#233;es. La vie en soci&#233;t&#233; propre aux hommes qui, jusqu'ici, se dressait devant eux comme octroy&#233;e par la nature et l'histoire, devient maintenant leur acte propre et libre. Les puissances &#233;trang&#232;res, objectives qui, jusqu'ici, dominaient l'histoire, passent sous le contr&#244;le des hommes eux-m&#234;mes. Ce n'est qu'&#224; partir de ce moment que les hommes feront eux-m&#234;mes leur histoire en pleine conscience ; ce n'est qu'&#224; partir de ce moment que les causes sociales mises par eux en mouvement auront aussi d'une fa&#231;on pr&#233;pond&#233;rante, et dans une mesure toujours croissante, les effets voulus par eux. C'est le bond de l'humanit&#233; du r&#232;gne de la n&#233;cessit&#233; dans le r&#232;gne de la libert&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ilya Prigogine&lt;/strong&gt; r&#233;pondait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'univers est-il r&#233;gi par des lois d&#233;terministes ? Quel est le r&#244;le du temps ? - ont &#233;t&#233; formul&#233;es par les pr&#233;socratiques &#224; l'aube de la pens&#233;e occidentale. Elles nous accompagnent depuis plus de deux mille cinq cent ans. Aujourd'hui, les d&#233;veloppements de la physique et des math&#233;matiques du chaos et de l'instabilit&#233; ouvrent un nouveau chapitre dans cette longue histoire. Nous percevons ces probl&#232;mes sous un angle renouvel&#233;. Nous pouvons d&#233;sormais &#233;viter les contradictions du pass&#233;. &#201;picure fut le premier &#224; dresser les termes du dilemme auquel la physique moderne a conf&#233;r&#233; le poids de son autorit&#233;. Successeur de D&#233;mocrite, il imaginait le monde constitu&#233; par des atomes en mouvement dans le vide. Il pensait que les atomes tombaient tous avec la m&#234;me vitesse en suivant des trajets parall&#232;les. Comment pouvaient-ils alors entrer en collision ? Comment la nouveaut&#233;, une nouvelle combinaison d'atomes, pouvait-elle apparaitre ? Pour &#201;picure, le probl&#232;me de la science, de l'intelligibilit&#233; de la nature et celui de la destin&#233;e des hommes &#233;taient ins&#233;parables. Que pouvait signifier la libert&#233; humaine dans le monde d&#233;terministe des atomes ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Prigogine parle pour la physique des structures &#233;mergentes de jaillissement de nouveaut&#233; qui ouvre la libert&#233; du changement : &#171; Loin de l'&#233;quilibre apparaissent des nouvelles structures, expliquait Prigogine On dirait que si on pousse un syst&#232;me physique et chimique loin de l'&#233;quilibre, il cr&#233;e des nouvelles m&#233;thodes de dissipation. Et pour cr&#233;er ces dissipations, il cr&#233;e des structures que nous avons appel&#233; structures dissipatives. Tout le monde connaissait des structures d'&#233;quilibre comme le cristal mais les structures dissipatives c'&#233;tait nouveau. Un &#234;tre vivant, une ville sont ainsi des structures dissipatives : ils ne vivent que gr&#226;ce &#224; leur interaction avec le monde ext&#233;rieur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1863 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/34941_le-leader-le-l-olp-yasser-arafat-g-serre-la-main-du-roi-hussein-de-jordanie-d-sous-les-yeux-du-president-egyptien-gamal-abdel-nasser-c-le-27-septembre-1970-au-caire.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;266&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES PHILOSOPHES ET LA LIBERT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pour ma part, je dis que cette chose est libre qui existe et agit par la seule n&#233;cessit&#233; de sa nature, et contrainte cette chose qui est d&#233;termin&#233;e par une autre &#224; exister et &#224; agir selon une modalit&#233; pr&#233;cise et d&#233;termin&#233;e&#8230; Vous voyez donc que je ne situe pas la libert&#233; dans un libre d&#233;cret mais dans une libre n&#233;cessit&#233;. Concevez maintenant, si vous voulez bien, que la pierre, tandis qu'elle continue de se mouvoir, sache et pense qu'elle fait tout l'effort possible pour continuer de se mouvoir. Cette pierre, assur&#233;ment, puisqu'elle n'est consciente que de son effort, et qu'elle n'est pas indiff&#233;rente, croira &#234;tre libre et ne pers&#233;v&#233;rer dans son mouvement que par la seule raison qu'elle le d&#233;sire. Telle est cette libert&#233; humaine que tous les hommes se vantent d'avoir et qui consiste en cela que les hommes sont conscients de leurs d&#233;sirs et ignorants des causes qui les d&#233;terminent. C'est ainsi qu'un enfant croit d&#233;sirer librement le lait, et un jeune gar&#231;on irrit&#233; vouloir se venger s'il est irrit&#233;, mais fuir s'il est craintif. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Baruch Spinoza&lt;/strong&gt;, Lettre &#224; Schuller, 1674&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les hommes se trompent en ce qu'ils pensent &#234;tre libres, et cette opinion consiste en cela seul qu'ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes par lesquelles ils sont d&#233;termin&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Baruch Spinoza&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'homme raisonnable est plus libre dans la cit&#233; o&#249; il vit sous la loi commune que dans la solitude o&#249; il n'ob&#233;it qu'&#224; lui-m&#234;me. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Baruch Spinoza&lt;/strong&gt;, &#034;Ethique&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Hors de l'&#233;tat civil, chacun jouit sans doute d'une libert&#233; enti&#232;re, mais st&#233;rile ; car, s'il a la libert&#233; de faire tout ce qu'il lui pla&#238;t, il est en revanche, puisque les autres ont la m&#234;me libert&#233;, expos&#233; &#224; subir tout ce qu'il leur pla&#238;t. Mais, une fois la soci&#233;t&#233; civile constitu&#233;e, chaque citoyen ne conserve qu'autant de libert&#233; qu'il lui en faut pour vivre bien et vivre en paix, de m&#234;me les autres perdent de leur libert&#233; juste ce qu'il faut pour qu'ils ne soient plus &#224; redouter. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas Hobbes&lt;/strong&gt;, &#034;Le Citoyen&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; &#202;tre libre, c'est vouloir que les choses arrivent, non comme il te pla&#238;t, mais comme elles arrivent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;pict&#232;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Une dialectique de la raison d&#233;coule de ce qui pr&#233;c&#232;de, puisque eu &#233;gard &#224; la volont&#233;, la libert&#233; qui l'accompagne semble entrer en contradiction avec la n&#233;cessit&#233; naturelle et qu'&#224; cette crois&#233;e des chemins, la raison dans son intention sp&#233;culative trouve le chemin de la n&#233;cessit&#233; naturelle beaucoup mieux ouvert et plus viable que celui de la libert&#233;. N&#233;anmoins, dans l'intention pratique, le sentier de la libert&#233; est le seul sur lequel il soit possible de faire usage de sa raison dans notre conduite. C'est pourquoi il est &#233;galement impossible &#224; la philosophie la plus subtile et &#224; la raison humaine la plus commune de chasser la libert&#233; par des ratiocinations. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Kant&lt;/strong&gt;, &#034;Fondements de la m&#233;taphysique des m&#339;urs&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On appelle quelquefois effet libre ce dont le principe naturel de d&#233;termination r&#233;side int&#233;rieurement dans l'&#234;tre agissant, par exemple, ce qu'accomplit un corps lanc&#233; dans l'espace, quand il se meut librement ; dans ce cas, on emploie le mot libert&#233; parce que le corps, tandis qu'il est en marche, n'est pouss&#233; par rien d'ext&#233;rieur ; nous nommons de m&#234;me encore le mouvement d'une montre, un mouvement libre parce qu'elle fait tourner elle-m&#234;me son aiguille qui n'a pas besoin par cons&#233;quent d'&#234;tre pouss&#233;e ext&#233;rieurement ; de m&#234;me nous appelons libres les actions de l'homme, quoique par leurs principes de d&#233;termination qui pr&#233;c&#232;dent dans le temps, elles soient n&#233;cessaires : c'est qu'il s'agit de repr&#233;sentations int&#233;rieures n&#233;es de nos propres forces, par l&#224; de d&#233;sirs excit&#233;s selon les circonstances et par cons&#233;quent ce sont des actions faites selon notre bon plaisir. Ce serait un mis&#233;rable exp&#233;dient par lequel quelques hommes se laissent encore leurrer : ils pensent avoir r&#233;solu, par une petite chicane de mots, ce probl&#232;me difficile &#224; la solution duquel tant de si&#232;cles ont vainement travaill&#233; ; il n'est gu&#232;re probable qu'on puisse s'arr&#234;ter &#224; une solution si superficielle. En effet, il ne s'agit pas du tout de savoir si la causalit&#233; est n&#233;cessairement d&#233;termin&#233;e d'apr&#232;s une loi de nature par des principes de d&#233;termination dans le sujet ou en dehors de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces repr&#233;sentations d&#233;terminantes, d'apr&#232;s l'aveu m&#234;me de ces m&#234;mes hommes, ont la raison de leur existence dans le temps et dans l'&#233;tat ant&#233;rieur, celui-ci dans un &#233;tat pr&#233;c&#233;dent et ainsi de suite, ces d&#233;terminations peuvent &#234;tre int&#233;rieures, avoir une causalit&#233; psychologique et non m&#233;canique, c'est-&#224;-dire produire l'action par des repr&#233;sentations et non par du mouvement corporel, ce sont toujours des principes d&#233;terminants de la causalit&#233; d'un &#234;tre, en tant que son existence peut &#234;tre d&#233;termin&#233;e dans le temps et par cons&#233;quent soumis aux conditions n&#233;cessitantes du temps pass&#233;, qui, par cons&#233;quent, ne sont plus au pouvoir du sujet quand il doit agir. Ils impliquent donc &#224; vrai dire la libert&#233; psychologique (...), mais aussi la n&#233;cessit&#233; naturelle, et par suite ne laissent pas subsister une libert&#233; transcendantale qui doit &#234;tre con&#231;ue comme ind&#233;pendante &#224; l'&#233;gard de tout &#233;l&#233;ment empirique et par cons&#233;quent de la nature en g&#233;n&#233;ral. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kant&lt;/strong&gt;, &#034;Critique de la raison pratique&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; Pour que la philosophie apparaisse il faut la conscience de la libert&#233;, et le peuple dans lequel la philosophie commence doit avoir la libert&#233; comme principe ; pratiquement, cela est li&#233; &#224; l'&#233;panouissement de la libert&#233; r&#233;elle, la libert&#233; politique. Celle-ci commence seulement l&#224; o&#249; l'individu se sait comme individu pour soi, comme universel, comme essentiel, comme ayant une valeur infinie en tant qu'individu ; o&#249; le sujet a atteint la conscience de la personnalit&#233;, o&#249; donc il veut affirmer sa valeur absolument pour soi. La libre pens&#233;e de l'objet y est incluse, - de l'objet absolu, universel, essentiel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Penser, cela veut dire mettre quelque chose dans la forme de l'universalit&#233; ; se penser veut dire se savoir comme universel, se donner la d&#233;termination de l'universel, se rapporter &#224; soi. l&#224; est contenu l'&#233;l&#233;ment de la libert&#233; pratique [...]. Dans l'histoire la philosophie appara&#238;t donc seulement l&#224; o&#249; et en tant que se forment de libres constitutions. L'Esprit doit se s&#233;parer de son vouloir naturel, de son immersion dans la mati&#232;re. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hegel&lt;/strong&gt;, &#034;Le&#231;ons sur l'histoire de la philosophie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce que l'homme perd par le contrat social, c'est sa libert&#233; naturelle et un droit illimit&#233; &#224; tout ce qui le tente et qu'il peut atteindre ; ce qu'il gagne, c'est la libert&#233; civile et la propri&#233;t&#233; de tout ce qu'il poss&#232;de. Pour ne pas se tromper dans ces compensations, il faut bien distinguer la libert&#233; naturelle, qui n'a pour bornes que les forces de l'individu, de la libert&#233; civile qui est limit&#233;e par la volont&#233; g&#233;n&#233;rale, et la possession, qui n'est que l'effet de la force ou le droit du premier occupant, de la propri&#233;t&#233; qui ne peut &#234;tre fond&#233;e que sur un titre positif.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait sur ce qui pr&#233;c&#232;de ajouter &#224; l'acquis de l'&#233;tat civil la libert&#233; morale, qui seule rend l'homme vraiment ma&#238;tre de lui ; car l'impulsion du seul app&#233;tit est esclavage, et l'ob&#233;issance &#224; la loi qu'on s'est prescrite est libert&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Jacques Rousseau&lt;/strong&gt;, &#034;Du Contrat social&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La nature commande &#224; tout animal, et la b&#234;te ob&#233;it. L'homme &#233;prouve la m&#234;me impression, mais il se reconna&#238;t libre d'acquiescer, ou de r&#233;sister. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Jacques Rousseau&lt;/strong&gt;, &#171; Discours sur l'origine de l'in&#233;galit&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#034;La libert&#233; politique ne consiste point &#224; faire ce que l'on veut. Dans un &#233;tat, c'est-&#224;-dire dans une soci&#233;t&#233; o&#249; il y a des lois, la libert&#233; ne peut consister qu'&#224; pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et &#224; n'&#234;tre point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir. Il faut se mettre dans l'esprit ce que c'est que l'ind&#233;pendance, et ce que c'est que la libert&#233;. La libert&#233; est le droit de faire tout ce que les lois permettent, et si un citoyen pouvoit faire ce qu'elles d&#233;fendent, il n'auroit plus de libert&#233;, parce que les autres auroient tout de m&#234;me ce pouvoir.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Montesquieu&lt;/strong&gt;, De l'esprit des lois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; La libert&#233; n'est pas dans une ind&#233;pendance r&#234;v&#233;e &#224; l'&#233;gard des lois de la nature, mais dans la connaissance de ces lois et dans la possibilit&#233; donn&#233;e par l&#224; m&#234;me de les mettre en oeuvre m&#233;thodiquement pour des fins d&#233;termin&#233;es. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Friedrich Engels&lt;/strong&gt;, &#171; Anti-D&#252;hring &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ils ne sont grands que parce que nous sommes &#224; genoux. Soyez r&#233;solus de ne servir plus, et vous voil&#224; libres. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Bo&#233;tie&lt;/strong&gt;, &#171; Discours sur la servitude volontaire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'ob&#233;issance au seul app&#233;tit est esclavage et l'ob&#233;issance &#224; la loi qu'on s'est prescrite est libert&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rousseau&lt;/strong&gt;, &#034;Du Contrat social&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Deux philosophes disputent sans s'entendre, par exemple, sur la libert&#233; de l'homme. L'un dit : &lt;&lt;L'homme est libre, je le sens&gt;&gt;. L'autre parle de l'homme r&#233;el, agissant, occup&#233; et m&#251;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Histoire exp&#233;rimentale de celui-ci. Je le suis, et je l'examine ; c'&#233;tait un g&#233;om&#232;tre. Il s'&#233;veille : tout en rouvrant les yeux, il se remet &#224; la solution du probl&#232;me qu'il avait entam&#233; la veille ; il prend sa robe de chambre, il s'habille sans savoir ce qu'il fait ; il se met &#224; sa table, il prend sa r&#232;gle et son compas ; il trace des lignes ; il &#233;crit des &#233;quations, il combine, il calcule sans savoir ce qu'il fait. Sa pendule sonne ; il regarde l'heure qu'il est ; il se h&#226;te d'&#233;crire plusieurs lettres qui doivent partir par la poste du jour. Ses lettres &#233;crites, il s'habille, il sort, il va d&#238;ner chez son ami. La rue o&#249; demeure cet ami est embarrass&#233;e de pierres, notre g&#233;om&#232;tre serpente entre ces pierres, il s'arr&#234;te tout court. Il se rappelle que ses lettres sont rest&#233;es sur la table ouvertes, non cachet&#233;es, et non d&#233;p&#234;ch&#233;es ; il revient sur ses pas, il allume sa bougie, il cachette ses lettres, il les porte lui-m&#234;me &#224; la poste ; de la poste, il regagne la maison o&#249; il se propose de d&#238;ner ; il y entre, il s'y trouve au milieu d'une soci&#233;t&#233; de philosophes ses amis. On parle de libert&#233;, et il soutient &#224; cor et &#224; cri que l'homme est libre : je le laisse dire, mais &#224; la chute du jour, je le tire en un coin, et je lui demande compte de ses actions. Il ne sait rien, mais rien du tout de ce qu'il a fait, et je vois que machine pure, simple et passive de diff&#233;rents motifs qui l'ont m&#251;, loin d'avoir &#233;t&#233; libre, il n'a pas m&#234;me produit un seul acte expr&#232;s de sa volont&#233; : il a pens&#233;, il a agi, mais il n'a pas agi plus librement qu'un corps inerte, qu'un automate de bois qui aurait ex&#233;cut&#233; les m&#234;mes choses que lui. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diderot&lt;/strong&gt;, El&#233;ments de physiologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'entends par libert&#233;, au sens cosmologique, la facult&#233; de commencer soi-m&#234;me un &#233;tat dont la causalit&#233; n'est pas subordonn&#233;e &#224; son tour, suivant la loi de la nature &#224; une autre cause qui la d&#233;termine quant au temps. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kant&lt;/strong&gt; dans &#171; Critique de la raison pure &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La volont&#233; trouve, la libert&#233; choisit. Trouver et choisir, c'est penser. Un peuple qui a la libert&#233;, doit aussi avoir la volont&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Victor Hugo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La libert&#233; est l'expression fran&#231;aise de l'unit&#233; entre l'&#234;tre humain, sa conscience et le rapport social et humain entre hommes...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le domaine de la libert&#233; commence l&#224; o&#249; cesse le travail. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karl Marx&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1864 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/palestine_unocha.jpg' width=&#034;480&#034; height=&#034;607&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LIBERT&#201;, COLLECTIVIT&#201; ET INDIVIDU&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; A la place de l'ancienne soci&#233;t&#233; bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association o&#249; le libre d&#233;veloppement de chacun est la condition du libre d&#233;veloppement de tous. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karl Marx&lt;/strong&gt;, &#034;Le Manifeste du parti communiste&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ration de l'homme n'a pas sa source dans la seule libert&#233; bourgeoise de l'individu proclam&#233;e par la r&#233;volution fran&#231;aise mais dans la fin de l'esclavage social :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le r&#232;gne de la libert&#233; ne commence, en r&#233;alit&#233;, que l&#224; o&#249; cesse le travail impos&#233; par le besoin et la n&#233;cessit&#233; ext&#233;rieure ; il se trouve donc, par la nature des choses, en dehors de la production mat&#233;rielle proprement dite. Tout comme le sauvage, l'homme civilis&#233; doit lutter avec la nature pour satisfaire ses besoins, conserver et reproduire sa vie ; cette obligation existe dans toutes les formes sociales et les modes de production, quels qu'ils soient. Plus l'homme civilis&#233; &#233;volue, plus s'&#233;largit cet empire de la n&#233;cessit&#233; naturelle, parall&#232;lement &#224; l'accroissement des besoins ; mais en m&#234;me temps augmentent les forces productives qui satisfont ces besoins. Sur ce plan, la libert&#233; ne peut consister qu'en ceci : l'homme socialis&#233;, les producteurs associ&#233;s r&#232;glent de fa&#231;on rationnelle ce proc&#232;s d'assimilation qui les relie &#224; la nature et le soumettent &#224; leur contr&#244;le commun, au lieu de se laisser dominer par lui comme par une puissance aveugle, l'accomplissant avec le moins d'efforts possibles et dans les conditions les plus conformes &#224; leur dignit&#233; et &#224; la nature humaine. Mais ce domaine est toujours celui de la n&#233;cessit&#233;. C'est au-del&#224; de ce domaine que commence l'&#233;panouissement de la puissance humaine qui est son propre but, le v&#233;ritable r&#232;gne de la libert&#233;. Mais ce r&#232;gne ne peut s'&#233;panouir que sur la base du r&#232;gne de la n&#233;cessit&#233;. La r&#233;duction de la journ&#233;e de travail en est la condition fondamentale. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karl Marx&lt;/strong&gt; Le Capital, III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Par libert&#233;, dans les conditions actuelles de la production bourgeoise, on entend la libert&#233; de commerce, la libert&#233; d'acheter et de vendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le trafic dispara&#238;t, le libre trafic dispara&#238;t aussi. Au reste, tous les grands mots sur la libert&#233; du commerce, de m&#234;me que toutes les forfanteries lib&#233;rales de notre bourgeoisie, n'ont un sens que par contraste avec le trafic entrav&#233; avec le bourgeois asservi du moyen &#226;ge ; ils n'ont aucun sens lorsqu'il s'agit de l'abolition, par le communisme, du trafic, du r&#233;gime bourgeois de la production et de la bourgeoisie elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes saisis d'horreur parce que nous voulons abolir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Mais, dans votre soci&#233;t&#233;, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est abolie pour les neuf dixi&#232;mes de ses membres. C est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle n'existe pas pour ces neuf dixi&#232;mes qu'elle existe pour vous. Vous nous reprochez donc de vouloir abolir une forme de propri&#233;t&#233; qui ne peut exister qu'&#224; la condition que l'immense majorit&#233; soit frustr&#233;e de toute propri&#233;t&#233;. En un mot, vous nous accusez de vouloir abolir votre propri&#233;t&#233; &#224; vous. En v&#233;rit&#233;, c'est bien ce que nous voulons. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marx&lt;/strong&gt; dans &#034;Le Manifeste communiste&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je crois qu'il est important &#224; ce sujet de souligner ce que nous voulons dire par libert&#233; en l'opposant &#224; la n&#233;cessit&#233;. C'est tr&#232;s souvent une conception petite-bourgeoise que nous devrions avoir une libre individualit&#233;. Ce n'est qu'une fiction, une erreur. Nous ne sommes pas libres. Nous n'avons pas de libre volont&#233; dans le sens de la philosophie m&#233;taphysique. Lorsque je d&#233;sire boire un verre de bi&#232;re j'agis en homme libre, mais je n'invente pas le besoin de la bi&#232;re. Ceci vient de mon corps, je ne suis que l'ex&#233;cutant. Mais dans la mesure o&#249; je comprends les besoins de mon corps et peux les satisfaire consciemment, alors j'ai la sensation de libert&#233; par la compr&#233;hension de la n&#233;cessit&#233;. Ici la juste compr&#233;hension des besoins de ma nature est la seule libert&#233; r&#233;elle donn&#233;e aux animaux sous tous les angles, o&#249; l'homme est un animal. La m&#234;me chose est vraie pour la classe ouvri&#232;re. Le programme pour la classe ouvri&#232;re ne peut tomber du ciel, nous ne pouvons arriver qu'&#224; une compr&#233;hension de la n&#233;cessit&#233;. Dans un cas ce fut mon corps, dans l'autre c'est la n&#233;cessit&#233; de la soci&#233;t&#233;. Le programme est l'expression de la n&#233;cessit&#233;, que nous avons appris &#224; comprendre, et, &#233;tant donn&#233; que la n&#233;cessit&#233; est la m&#234;me pour tous les membres de la classe que nous pouvons atteindre une compr&#233;hension commune des t&#226;ches et cette compr&#233;hension, c'est le programme. Nous pouvons aller plus loin et dire que la discipline de notre parti doit &#234;tre tr&#232;s stricte parce que nous sommes un Parti r&#233;volutionnaire devant faire face &#224; de puissants ennemis conscients de leurs int&#233;r&#234;ts, et maintenant nous ne sommes pas seulement attaqu&#233;s par la bourgeoisie, mais encore par les staliniens, les agents de la bourgeoisie les plus haineux. Une discipline absolue est n&#233;cessaire, mais elle doit venir d'une compr&#233;hension commune Si cette discipline est impos&#233;e du dehors, c'est un joug. Si elle vient de la compr&#233;hension, c'est l'expression de la personnalit&#233; mais sans cela c'est un joug. Alors la discipline est une expression de ma libre individualit&#233;. Ce n'est pas une opposition entre la volont&#233; personnelle et le Parti, car j'y ai adh&#233;r&#233; par ma propre volont&#233;. C'est l&#224; &#233;galement la base du pro gramme et il ne peut &#234;tre assis sur une base politique et morale s&#251;re que si nous la comprenons &#224; fond. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;on Trotsky &lt;/strong&gt; : Discussion sur le programme de transition (juin 1938 - extraits)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1865 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/clipbo-1276877548.jpg' width=&#034;301&#034; height=&#034;698&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LIBERT&#201; ET R&#201;VOLUTION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs r&#233;volutionnaires qui ont parfois &#233;t&#233; ceux des peuples en r&#233;volution sont autant de r&#234;ves ayant un sens r&#233;el. Ce sont autant des pens&#233;es philosophiques que des buts bien mat&#233;riels. Ce sont des drapeaux des classes exploit&#233;es qui permettent de contrer les fausses perspectives d&#233;velopp&#233;es par les classes dirigeantes. La libert&#233; n'est pas un fait palpable, mais un drapeau id&#233;ologique, un r&#234;ve pour &#233;craser l'adversaire. Sa r&#233;alit&#233; provient du fait qu'elle s'enracine sur des classes sociales, sur des groupes opprim&#233;s : oppression politique face &#224; une dictature, oppression nationale, oppression sociale&#8230; La libert&#233; est un id&#233;al qui peut s'emparer des masses. Il en va de m&#234;me du pain, de la paix, de la terre. Quand ces r&#234;ves s'emparent des masses, ils prennent une signification politique et sociale r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la r&#233;volution actuelle en Tunisie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#192; Kasserine, nous sommes descendus dans la rue pour r&#233;clamer la libert&#233; &#187;, r&#233;sume Faicel Harhouri, un grand gaillard &#224; la d&#233;marche un peu vo&#251;t&#233;e. &#171; Et nous nous sommes fait massacrer. Ce n'&#233;tait m&#234;me pas humain... Ben Ali nous a d&#233;fi&#233;s, il n'y avait pas moyen de baisser la t&#234;te. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la r&#233;volution fran&#231;aise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Manifeste des Enrag&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 juin 1793&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; D&#233;l&#233;gu&#233;s du peuple fran&#231;ais,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cent fois cette enceinte sacr&#233;e a retenti des crimes des &#233;go&#239;stes et des fripons ; toujours vous nous avez promis de frapper les sangsues du peuple. L'acte constitutionnel va &#234;tre pr&#233;sent&#233; &#224; la sanction du souverain ; y avez-vous proscrit l'agiotage ? Non. Avez-vous prononc&#233; la peine de mort contre les accapareurs ? Non. Avez-vous d&#233;termin&#233; en quoi consiste la libert&#233; du commerce ? Non. Avez-vous d&#233;fendu la vente de l'argent monnay&#233; ? Non. Eh bien ! Nous vous d&#233;clarons que vous n'avez pas tout fait pour le bonheur du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; n'est qu'un vain fant&#244;me quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impun&#233;ment. L'&#233;galit&#233; n'est qu'un vain fant&#244;me quand le riche, par le monopole, exerce le droit de vie et de mort sur son semblable. La r&#233;publique n'est qu'un vain fant&#244;me quand la contre-r&#233;volution op&#232;re, de jour en jour, par le prix des denr&#233;es, auquel les trois quarts des citoyens ne peuvent atteindre sans verser des larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce n'est qu'en arr&#234;tant le brigandage du n&#233;gociant, qu'il faut bien distinguer du commerce ; ce n'est qu'en mettant les comestibles &#224; la port&#233;e des sans-culottes, que vous les attacherez &#224; la R&#233;volution et que vous les rallierez autour des lois constitutionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh quoi ! Parce que des mandataires infid&#232;les, les hommes d'Etat, ont appel&#233; sur notre malheureuse patrie les fl&#233;aux de la guerre &#233;trang&#232;re, faut-il que le riche nous en d&#233;clare une plus terrible encore au-dedans ? Parce que trois cens mille fran&#231;ais, tra&#238;treusement sacrifi&#233;s, ont p&#233;ri par le fer homicide des esclaves des rois, faut-il que ceux qui gardaient leurs foyers soient r&#233;duits &#224; d&#233;vorer des cailloux ? Faut-il que les veuves de ceux qui sont morts pour la cause de la libert&#233; paient au prix de l'or, jusques au coton dont elles ont besoin pour essuyer leurs larmes ? Faut-il qu'elles paient au prix de l'or, le lait et le miel qui servent de nourriture &#224; leurs enfants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne craignez donc pas de faire &#233;clater sur ces vampires la foudre de votre justice ; ne craignez pas de rendre le peuple trop heureux. Certes, il n'a jamais calcul&#233; lorsqu'il a &#233;t&#233; question de tout faire pour vous. Il vous a prouv&#233;, notamment dans les journ&#233;es du 31 mai et du 2 juin, qu'il voulait la libert&#233; toute enti&#232;re. Donnez-lui en &#233;change du pain, et un d&#233;cret ; emp&#234;chez qu'on ne mette le bon peuple &#224; la question ordinaire et extraordinaire par le prix excessif des comestibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusques &#224; pr&#233;sent, les gros marchands qui sont par principe les fauteurs du crime, et par habitude les complices des rois, ont abus&#233; de la libert&#233; du commerce pour opprimer le peuple ; ils ont faussement interpr&#233;t&#233; cet article de la d&#233;claration des droits de l'homme qui &#233;tablit qu'il est permis de faire tout ce qui n'est pas d&#233;fendu par la loi. Eh bien ! d&#233;cr&#233;tez constitutionnellement que l'agiotage, la vente de l'argent-monnaie, et les accaparements sont nuisibles &#224; la soci&#233;t&#233;. Le peuple qui conna&#238;t ses v&#233;ritables amis, le peuple qui souffre depuis si longtemps verra que vous vous apitoyez sur son sort, et que vous voulez s&#233;rieusement gu&#233;rir ses maux ; quand on aura une loi claire et pr&#233;cise, dans l'acte constitutionnel, contre l'agiotage et les accaparements, il verra que la cause du pauvre vous tient plus &#224; c&#339;ur que celle du riche ; il verra qu'il ne si&#232;ge point parmi vous des banquiers, des armateurs, et des monopoleurs ; il verra enfin que vous ne voulez pas la contre-r&#233;volution. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la r&#233;volution russe de 1905 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES PREMIERS JOURS DE LA &#8220;LIBERTE&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le jour m&#234;me de la publication du manifeste, le soviet dit clairement et nettement ce qu'il en pensait. Les repr&#233;sentants du prol&#233;tariat exig&#232;rent : l'amnistie, le d&#233;sistement de la police du haut en bas, l'&#233;loignement des troupes, la cr&#233;ation d'une milice populaire. Commentant cette r&#233;solution dans un article de fond des Izvestia, nous &#233;crivions : &#8220;Ainsi, nous avons obtenu une constitution. Nous avons la libert&#233; de nous r&#233;unir, mais nos r&#233;unions sont cern&#233;es par la troupe. Nous avons la libert&#233; de nous exprimer, mais la censure n'a pas chang&#233;. Nous avons la libert&#233; d'apprendre, mais les universit&#233;s sont occup&#233;es par les soldats. Nos personnes sont inviolables, mais les prisons sont bond&#233;es. Nous avons Witte, mais on nous a laiss&#233; Trepov. Nous avons une constitution, mais l'autocratie est toujours l&#224;. Nous avons tout... et nous n'avons rien. &#8221; Ces gens&#8209;l&#224; esp&#232;rent&#8209;ils donc un apaisement ? Ils seront d&#233;&#231;us. &#8220; Le prol&#233;tariat sait ce qu'il veut et sait ce qu'il ne veut pas. Il ne veut pas de ce voyou de police qu'on nomme Trepov, ni de ce courtier lib&#233;ral qu'on appelle Witte ; il ne veut ni du loup ni du renard. Il ne veut pas de cette naga&#239;ka envelopp&#233;e dans le parchemin de la constitution. &#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soviet adopte alors cette d&#233;cision : &#8220;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale continue.&#8221; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait de &#034;1905&#034; de &lt;strong&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Par libert&#233; de la presse, la bourgeoisie entendait la libert&#233; pour les riches de publier des journaux, pour les capitalistes de mettre la main sur la presse, mainmise qui conduisait en fait partout, dans tous les pays, sans en excepter les plus libres, &#224; la v&#233;nalit&#233; de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par libert&#233; de la presse, le gouvernement ouvrier et paysan entend la lib&#233;ration de la presse du joug du capital, la transformation en propri&#233;t&#233; de l'Etat des papeteries et des imprimeries, l'attribution &#224; chaque groupe de citoyens qui atteint un effectif donn&#233; (10000 par exemple) d'un droit &#233;gal &#224; l'usage d'une part correspondante des stocks de papier et d'une main-d'&#339;uvre correspondante pour l'impression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme premier pas pour atteindre ce but indissolublement li&#233; &#224; la lib&#233;ration des travailleurs du joug du capital, le Gouvernement provisoire ouvrier et paysan d&#233;signe une Commission d'enqu&#234;te pour rechercher les liens qui existent entre les publications p&#233;riodiques et le capital, la source de leurs fonds et de leurs recettes, leurs donateurs, les moyens qu'elles emploient pour combler leur d&#233;ficit, et toute l'exploitation des journaux, en g&#233;n&#233;ral. Toute dissimulation de livres, de comptes et autres documents &#224; l'&#233;gard de la Commission d'enqu&#234;te, ainsi que tout t&#233;moignage notoirement mensonger sera passible du tribunal r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les propri&#233;taires de journaux, tous les actionnaires, ainsi que tous les employ&#233;s sont tenus de fournir imm&#233;diatement un rapport &#233;crit et des renseignements sur les questions soulev&#233;es &#224; la Commission d'enqu&#234;te charg&#233;e de rechercher les liens entre la presse et le capital et la d&#233;pendance de la presse vis-&#224;-vis du capital, &#224; l'Institut Smolny, &#224; P&#233;trograd. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;nine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans &#034;Projet de r&#233;solution sur la libert&#233; de la presse&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la r&#233;volution russe de 1917 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; La libert&#233; de r&#233;union peut &#234;tre prise pour exemple des principes de la d&#233;mocratie pure. Tout ouvrier conscient qui n'a pas rompu avec sa classe, comprendra du premier coup qu'il serait insens&#233; de permettre la libert&#233; de r&#233;union aux exploiteurs, dans un temps et dans les circonstances o&#249; des exploiteurs s'opposent &#224; leur d&#233;ch&#233;ance et d&#233;fendent leurs privil&#232;ges. La bourgeoisie, quand elle &#233;tait r&#233;volutionnaire, soit en Angleterre en 1649, soit en France en 1793, n'a jamais accord&#233; la libert&#233; de r&#233;union aux monarchistes ni aux nobles qui appelaient les troupes &#233;trang&#232;res et &#171; se r&#233;unissaient &#187; pour organiser des tentatives de restauration. Si la bourgeoisie d'aujourd'hui, qui depuis longtemps est devenue r&#233;actionnaire, r&#233;clame du prol&#233;tariat qu'il garantisse &#224; l'avance, malgr&#233; toute la r&#233;sistance que feront les capitalistes &#224; leur expropriation, la libert&#233; de r&#233;union pour les exploiteurs, les ouvriers ne pourront que rire de l'hypocrisie de cette bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les ouvriers savent tr&#232;s bien que la libert&#233; de r&#233;union, m&#234;me dans la r&#233;publique bourgeoise la plus d&#233;mocratique, est une phrase vide de sens, puisque les riches poss&#232;dent les meilleurs &#233;difices publics et priv&#233;s, ainsi que le loisir n&#233;cessaire pour se r&#233;unir sous la protection de cet appareil gouvernemental bourgeois. Les prol&#233;taires de la ville et de la campagne et les petits paysans, c'est-&#224;-dire l'immense majorit&#233; de la population, ne poss&#232;dent ni l'un ni l'autre. Tant qu'il en est ainsi, l'&#233;galit&#233;, c'est-&#224;-dire la d&#233;mocratie pure est un leurre. Pour conqu&#233;rir la v&#233;ritable l&#233;galit&#233;, pour r&#233;aliser vraiment la d&#233;mocratie au profit des travailleurs, il faut pr&#233;alablement enlever aux exploiteurs toutes les riches demeures publiques et priv&#233;es, il faut pr&#233;alablement donner des loisirs aux travailleurs, il faut que la libert&#233; de leurs r&#233;unions soit prot&#233;g&#233;e par des ouvriers arm&#233;s et non point par les officiers hobereaux ou capitalistes avec des soldats &#224; leur d&#233;votion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement alors que l'on pourra, sans se moquer des ouvriers, des travailleurs, parler de libert&#233; de r&#233;union et d'&#233;galit&#233;. Or, qui peut accomplir cette r&#233;forme, sinon l'avant-garde des travailleurs, le prol&#233;tariat, par le renversement des exploiteurs et de la bourgeoisie ?&lt;br class='autobr' /&gt; La libert&#233; de la presse est &#233;galement une des grandes devises de la d&#233;mocratie pure. Encore une fois, les ouvriers savent que les socialistes de tous les pays ont reconnu des millions de fois que cette libert&#233; est un mensonge, tant que les meilleures imprimeries et les plus gros stocks de papier sont accapar&#233;s par les capitalistes, tant que subsiste le pouvoir du capital dans le monde entier avec d'autant plus de clart&#233;, de nettet&#233; et de cynisme que le r&#233;gime d&#233;mocratique et r&#233;publicain est plus d&#233;velopp&#233;, comme par exemple en Am&#233;rique. Afin de conqu&#233;rir la v&#233;ritable &#233;galit&#233; et la vraie d&#233;mocratie dans l'int&#233;r&#234;t des travailleurs, des ouvriers et des paysans, il faut commencer par enlever au capital la facult&#233; de louer les &#233;crivains, d'acheter et de corrompre des journaux et des maisons d'&#233;dition, et pour cela il faut renverser le joug du capital, renverser les exploiteurs, briser leur r&#233;sistance. Les capitalistes appellent libert&#233; de la presse la facult&#233; pour les riches de corrompre la presse, la facult&#233; d'utiliser leurs richesses pour fabriquer et pour soutenir la soi-disant opinion publique. Les d&#233;fenseurs de la &#171; d&#233;mocratie pure &#187; sont en r&#233;alit&#233; une fois de plus des d&#233;fenseurs du syst&#232;me vil et corrompu de la domination des riches sur l'instruction des masses ; ils sont ceux qui trompent le peuple et le d&#233;tournent avec de belles phrases mensong&#232;res, de cette n&#233;cessit&#233; historique d'affranchir la presse de son assujettissement au capital. De v&#233;ritable libert&#233; ou &#233;galit&#233;, il n'y en aura que dans le r&#233;gime &#233;difi&#233; par les communistes, dans lequel il serait mat&#233;riellement impossible de soumettre la presse directement ou indirectement au pouvoir de l'argent, dans lequel rien n'emp&#234;chera chaque travailleur, ou chaque groupe de travailleurs, de poss&#233;der ou d'user, en toute &#233;galit&#233;, du droit de se servir des imprimeries et du papier de l'Etat. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;L&#233;nine &lt;/strong&gt; au premier Congr&#232;s de l'Internationale Communiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#232;ses sur la d&#233;mocratie bourgeoise et la dictature prol&#233;tarienne du 4 mars 1919&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LIBERT&#201; ET HUMANIT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le neurologue&lt;strong&gt; Lionel Naccache&lt;/strong&gt; dans &#034;Le nouvel inconscient&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;J'interpr&#232;te, donc je suis. Nous sommes tous les romanciers de notre propre vie. la fiction est source de notre libert&#233;. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Freud mit au jour un rouage essentiel de notre conscience : pr&#233;cis&#233;ment ce besoin vital d'interpr&#233;ter, de donner du sens, d'inventer &#224; travers des constructions imaginaires. Nous commen&#231;ons &#224; conna&#238;tre aujourd'hui la r&#233;ali&#233; c&#233;r&#233;brale de ces fictions mentales qui gouvernent notre pens&#233;e consciente. Nous les avons rencontr&#233;es en pleine action avec les patients au cerveau divis&#233;, avec les patients souffrant de n&#233;gligence et in fine avec chacun d'entre nous. (...) La psychanalyse freudienne me semble v&#233;hiculer cet art de composer notre existence sous la forme de ce roman sans cesse r&#233;vis&#233; que nous n'achevons jamais d'&#233;crire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ART ET LIBERT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je r&#233;clame la libert&#233; &#224; grand cri &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camille Claudel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Libert&#233; &lt;br&gt;
Sur mes cahiers d'&#233;colier&lt;br&gt;
Sur mon pupitre et les arbres&lt;br&gt;
Sur le sable sur la neige&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur toutes les pages lues&lt;br&gt;
Sur toutes les pages blanches&lt;br&gt;
Pierre sang papier ou cendre&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les images dor&#233;es&lt;br&gt;
Sur les armes des guerriers&lt;br&gt;
Sur la couronne des rois&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la jungle et le d&#233;sert&lt;br&gt;
Sur les nids sur les gen&#234;ts&lt;br&gt;
Sur l'&#233;cho de mon enfance&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les merveilles des nuits&lt;br&gt;
Sur le pain blanc des journ&#233;es&lt;br&gt;
Sur les saisons fianc&#233;es&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur tous mes chiffons d'azur&lt;br&gt;
Sur l'&#233;tang soleil moisi&lt;br&gt;
Sur le lac lune vivante&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les champs sur l'horizon&lt;br&gt;
Sur les ailes des oiseaux&lt;br&gt;
Et sur le moulin des ombres&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur chaque bouff&#233;e d'aurore&lt;br&gt;
Sur la mer sur les bateaux&lt;br&gt;
Sur la montagne d&#233;mente&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la mousse des nuages&lt;br&gt;
Sur les sueurs de l'orage&lt;br&gt;
Sur la pluie &#233;paisse et fade&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les formes scintillantes&lt;br&gt;
Sur les cloches des couleurs&lt;br&gt;
Sur la v&#233;rit&#233; physique&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les sentiers &#233;veill&#233;s&lt;br&gt;
Sur les routes d&#233;ploy&#233;es&lt;br&gt;
Sur les places qui d&#233;bordent&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la lampe qui s'allume&lt;br&gt;
Sur la lampe qui s'&#233;teint&lt;br&gt;
Sur mes maisons r&#233;unis&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le fruit coup&#233; en deux&lt;br&gt;
Dur miroir et de ma chambre&lt;br&gt;
Sur mon lit coquille vide&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur mon chien gourmand et tendre&lt;br&gt;
Sur ces oreilles dress&#233;es&lt;br&gt;
Sur sa patte maladroite&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le tremplin de ma porte&lt;br&gt;
Sur les objets familiers&lt;br&gt;
Sur le flot du feu b&#233;ni&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur toute chair accord&#233;e&lt;br&gt;
Sur le front de mes amis&lt;br&gt;
Sur chaque main qui se tend&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la vitre des surprises&lt;br&gt;
Sur les l&#232;vres attentives&lt;br&gt;
Bien au-dessus du silence&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur mes refuges d&#233;truits&lt;br&gt;
Sur mes phares &#233;croul&#233;s&lt;br&gt;
Sur les murs de mon ennui&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'absence sans d&#233;sir&lt;br&gt;
Sur la solitude nue&lt;br&gt;
Sur les marches de la mort&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la sant&#233; revenue&lt;br&gt;
Sur le risque disparu&lt;br&gt;
Sur l'espoir sans souvenir&lt;br&gt;
J'&#233;cris ton nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et par le pouvoir d'un mot&lt;br&gt;
Je recommence ma vie&lt;br&gt;
Je suis n&#233; pour te conna&#238;tre&lt;br&gt;
Pour te nommer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Libert&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paul Eluard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;TAT ET LA LIBERT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; sans Etat ressentait profond&#233;ment la libert&#233; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; La vie sauvage est si simple, et nos soci&#233;t&#233;s sont des machines si compliqu&#233;es ! L'Ota&#239;tien touche &#224; l'origine du monde et l'Europ&#233;en touche &#224; sa vieillesse. L'intervalle qui le s&#233;pare de nous est plus grand que la distance de l'enfant qui na&#238;t &#224; l'homme d&#233;cr&#233;pit. Il n'entend rien &#224; nos usages, &#224; nos lois, ou il n'y voit que des entraves d&#233;guis&#233;es sous cent formes diverses, entraves qui ne peuvent qu'exciter l'indignation et le m&#233;pris d'un &#234;tre en qui le sentiment de la libert&#233; est le plus profond des sentiments. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Suppl&#233;ment au Voyage de Bougainville et autres contes &#187;, de &lt;strong&gt;Denis Diderot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La loi doit prot&#233;ger la libert&#233; publique et individuelle contre l'oppression de ceux qui gouvernent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constitution de 1793 de la r&#233;volution fran&#231;aise (r&#232;gle qui n'a jamais &#233;t&#233; appliqu&#233;e bien entendu.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mais, en r&#233;alit&#233;, l'&#201;tat n'est rien d'autre qu'un appareil pour opprimer une classe par un autre, et cela, tout autant dans la r&#233;publique d&#233;mocratique que dans la monarchie ; le moins qu'on puisse en dire, c'est qu'il est un mal dont h&#233;rite le prol&#233;tariat vainqueur dans la lutte pour la domination de classe et dont, tout comme la Commune, il ne pourra s'emp&#234;cher de rogner aussit&#244;t au maximum les c&#244;t&#233;s les plus nuisibles, jusqu'&#224; ce qu'une g&#233;n&#233;ration grandie dans des conditions sociales nouvelles et libres soit en &#233;tat de se d&#233;faire de tout ce bric-&#224;-brac de l'&#201;tat. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre civile en France, &lt;strong&gt;Karl Marx&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; D'apr&#232;s le sens grammatical de ces termes, un &#201;tat libre est un &#201;tat qui est libre &#224; l'&#233;gard de ses citoyens, c'est &#224; dire un &#201;tat &#224; gouvernement despotique. Il conviendrait d'abandonner tout ce bavardage sur l'&#201;tat, surtout apr&#232;s la Commune, qui n'&#233;tait plus un &#201;tat, au sens propre. Les anarchistes nous ont assez jet&#233; &#224; la t&#234;te l'&#201;tat populaire, bien que d&#233;j&#224; le livre de Marx contre Proudhon [14] et puis le Manifeste Communiste disent explicitement qu'avec l'instauration du r&#233;gime social socialiste l'&#201;tat se dissout de lui-m&#234;me et dispara&#238;t. L'&#201;tat n'&#233;tant qu'une institution temporaire, dont on est oblig&#233; de se servir dans la lutte, dans la r&#233;volution, pour r&#233;primer par la force ses adversaires, il est parfaitement absurde de parler d'un &#201;tat populaire libre : tant que le prol&#233;tariat a encore besoin de l'&#201;tat, ce n'est point pour la libert&#233; mais pour r&#233;primer ses adversaires. Et le jour o&#249; il devient possible de parler de libert&#233;, l'&#201;tat cesse d'exister comme tel. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits d'une lettre d'&lt;strong&gt;Engels &lt;/strong&gt; &#224; Bebel du 18 mars 1875&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Non seulement l'&#201;tat antique et f&#233;odal, mais aussi &#171; I'&#201;tat repr&#233;sentatif moderne est un instrument d'exploitation du travail salari&#233; par le capital &#187; (Engels dans son ouvrage sur l'&#201;tat). &#171; l'&#201;tat n'&#233;tant qu'une institution temporaire dont on est oblig&#233; de se servir dans la lutte, dans la r&#233;volution, pour r&#233;primer par la force ses adversaires, il est parfaitement absurde de parler d'un &#201;tat populaire libre : tant que le prol&#233;tariat a encore besoin d'un &#201;tat, ce n'est point pour la libert&#233;, mais pour r&#233;primer ses adversaires. Et le jour o&#249; il devient possible de parler de libert&#233;, l'&#201;tat cesse d'exister comme tel &#187; (Engels, lettre &#224; Bebel, 28 mars 1875). &#171; l'&#201;tat n'est rien d'autre chose qu'une machine pour l'oppression d'une classe par une autre, et cela, tout autant dans la r&#233;publique d&#233;mocratique que dans la monarchie &#187; (Engels, pr&#233;face &#224; la Guerre civile de Marx ). Le suffrage universel est &#171; l'indice qui permet de mesurer la maturit&#233; de la classe ouvri&#232;re. Il ne peut &#234;tre rien de plus, il ne sera jamais rien de plus dans l'&#201;tat actuel &#187; (Engels dans son ouvrage sur l'&#201;tat). M. Kautsky rab&#226;che de la fa&#231;on la plus ennuyeuse la premi&#232;re partie de cette th&#232;se, acceptable pour la bourgeoisie. Mais la deuxi&#232;me, que nous avons soulign&#233;e et qui pour la bourgeoisie n'est pas recevable, le ren&#233;gat Kautsky la passe sous silence !). &#171; La Commune devait &#234;tre, non pas un organisme parlementaire, mais un corps agissant, ex&#233;cutif et l&#233;gislatif &#224; la fois... Au lieu de d&#233;cider une fois tous les trois ou six ans quel membre de la classe dirigeante devait repr&#233;senter et fouler aux pieds le peuple au Parlement, le suffrage universel devait servir au peuple constitu&#233; en communes, &#224; recruter pour son entreprise des ouvriers, des surveillants, des comptables, de m&#234;me que le suffrage individuel sert au m&#234;me objet &#224; n'importe quel patron. &#187; (Marx dans son ouvrage sur la Commune de Paris, la Guerre civile en France).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait de &#034;La r&#233;volution prol&#233;tarienne et le ren&#233;gat Kautsky&#034; de &lt;strong&gt;L&#233;nine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le premier acte par lequel l'&#201;tat se constituera r&#233;ellement le repr&#233;sentant de toute la soci&#233;t&#233;, &#8212; la prise de possession des moyens de production au nom de la soci&#233;t&#233;, &#8212; sera en m&#234;me temps son dernier acte en tant qu'&#201;tat. Le gouvernement des personnes fera place &#224; l'administration des choses et &#224; la direction de la production. La soci&#233;t&#233; libre ne peut pas tol&#233;rer un &#201;tat entre elle et ses membres. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socialisme utopique et socialisme scientifique, &lt;strong&gt;Friedrich Engels&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tandis que l'Etat existe, pas de libert&#233; ; quand r&#233;gnera la libert&#233;, il n'y aura plus d'Etat. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat et la R&#233;volution de &lt;strong&gt;L&#233;nine &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CE QUE LA PHILOSOPHIE DE HEGEL CHANGE A LA CONCEPTION DE LA LIBERT&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La libert&#233; de la volont&#233; est, d'apr&#232;s cette d&#233;finition, libre-arbitre o&#249; sont r&#233;unis ces deux aspects : la r&#233;flexion libre, se d&#233;gageant de tout et la subordination au contenu [..] le libre-arbitre est la contingence dans la volont&#233; [..] Quand on entend dire que d'une fa&#231;on absolue la volont&#233; consiste &#224; pouvoir faire ce que l'on veut, on peut consid&#233;rer une telle conception pour un d&#233;faut total de culture de l'esprit, o&#249; ne se trouve aucun soup&#231;on de ce que sont la volont&#233; libre en soi et pour soi, le droit, la moralit&#233;, etc. La r&#233;flexion, g&#233;n&#233;ralit&#233; et unit&#233; formelles de la conscience de soi, est la certitude abstraite que la volont&#233; a de sa libert&#233;, mais elle n'en est pas encore la v&#233;rit&#233; parce que ce n'est pas encore elle-m&#234;me qu'elle a comme fin et comme contenu [..] le libre-arbitre, loin d'&#234;tre la volont&#233; dans sa v&#233;rit&#233;, est bien plut&#244;t la volont&#233; en tant que contradiction [..] Le d&#233;terminisme a oppos&#233; avec raison &#224; la certitude de cette d&#233;termination abstraite de soi, son contenu qui &#233;tant donn&#233;, n'est pas impliqu&#233; dans cette certitude et par cons&#233;quent lui vient du dehors&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction contenue dans le libre-arbitre se manifeste dans la dialectique des instincts et des inclinations : ils se d&#233;truisent r&#233;ciproquement, la satisfaction de l'un exige la subordination et le sacrifice de l'autre, etc....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; libre en soi et pour soi, telle qu'elle se d&#233;couvre dans son concept abstrait, appartient &#224; la d&#233;termination sp&#233;cifi&#233;e de l'imm&#233;diat. A ce degr&#233;, elle est r&#233;alit&#233; actuelle n&#233;gatrice du r&#233;el et en relation seulement abstraite avec elle-m&#234;me. C'est la volont&#233; d'un sujet, individuelle, renferm&#233;e en soi. L'&#233;l&#233;ment de particularit&#233; de la volont&#233; fournit ult&#233;rieurement un contenu de buts d&#233;finis, mais comme elle est une individualit&#233; exclusive, ce contenu est pour elle un monde ext&#233;rieur, imm&#233;diatement donn&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universel dans cette volont&#233; libre pour soi est formel, c'est la simple relation consciente de soi quoique sans contenu, avec sa propre individualit&#233;. Ainsi le sujet est une personne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La personnalit&#233; qui est simplement l'attribut de la libert&#233; dans le droit abstrait, devient maintenant son objet, ainsi la subjectivit&#233; infinie pour soi de la libert&#233; constitue le principe du point de vue moral subjectif&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le point de vue moral est celui de la volont&#233; au moment o&#249; elle cesse d'&#234;tre infinie en soi pour le devenir pour soi. Ce retour de la volont&#233; &#224; soi et son identit&#233; existant pour soi, en face de l'existence en soi imm&#233;diate et des d&#233;terminations sp&#233;cifi&#233;es qui se d&#233;veloppent &#224; ce niveau, d&#233;finissent la personne comme sujet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en tant que la volont&#233; subjective comme existant pour soi est encore formelle, cela n'est qu'une exigence et il renferme aussi la possibilit&#233; de n'&#234;tre pas conforme au concept. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Principes de philosophie du droit &#187; de Friedrich Hegel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Pour le 60&#176; anniversaire de la mort de Hegel&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gheorghi Plekhanov&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a soixante ans, le 14 novembre 1831, mourait un homme &#224; qui reviendra, toujours et sans conteste possible, une des premi&#232;res places dans l'histoire de la pens&#233;e. Parmi les sciences que les Fran&#231;ais appellent &#034;morales et politiques &#034;, il n'en est pas une qui n'ait fortement subi l'influence si f&#233;conde du g&#233;nie h&#233;g&#233;lien. Dialectique, logique, histoire, droit, esth&#233;tique, histoire de la philosophie et histoire des religions, toutes ont chang&#233; de visage gr&#226;ce &#224; l'impulsion que Hegel leur a donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie h&#233;g&#233;lienne a nourri et form&#233; la pens&#233;e d'hommes tels que David Strauss, Bruno Bauer, Feuerbach, Fischer, Hans, Lassalle et, enfin, Engels et Marx. D&#232;s son vivant, Hegel jouissait d'une gloire immense, universelle ; apr&#232;s sa mort, et jusque vers 1840, l'enthousiasme presque g&#233;n&#233;ral pour sa philosophie a pris des proportions encore plus &#233;tonnantes ; mais une r&#233;action n'a pas tard&#233; &#224; se produire : on s'est mis &#224; traiter Hegel de la fa&#231;on dont, au temps de Lessing, l'honn&#234;te Mendelssohn avait trait&#233; Spinoza, c'est-&#224;-dire selon le mot de Marx &#034;comme un chien crev&#233; &#034;. Tout int&#233;r&#234;t pour sa philosophie disparut des milieux &#034;cultiv&#233;s&#034; et, dans le monde scientifique, il faiblit &#224; un tel point que, jusqu'&#224; ce jour, aucun sp&#233;cialiste de l'histoire de la philosophie ne se hasarderait &#224; d&#233;terminer ni &#224; dire &#034;la valeur r&#233;manente &#034; de la philosophie h&#233;g&#233;lienne dans les multiples branches de la connaissance qu'elle a touch&#233;es. Comment s'explique cette d&#233;saffection &#224; l'&#233;gard de Hegel, nous le verrons, en partie, tout &#224; l'heure. Bornons-nous, pour l'instant, &#224; faire remarquer qu'on est en droit de s'attendre, dans un avenir proche, &#224; une recrudescence d'int&#233;r&#234;t pour sa philosophie et, notamment, pour sa philosophie de l'histoire. En contraignant les classes dites &#233;clair&#233;es &#224; s'int&#233;resser &#224; la th&#233;orie qui rassemble le mouvement ouvrier sous ses &#233;tendards, l'immense succ&#232;s de ce mouvement obligera les classes en question &#224; s'int&#233;resser aussi aux origines historiques d'une telle th&#233;orie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet int&#233;r&#234;t une fois &#233;veill&#233;, elles ne tarderont pas &#224; revenir &#224; Hegel, qui, de &#034;philosophe de la Restauration &#034; qu'il &#233;tait &#224; leurs yeux, deviendra le p&#232;re des id&#233;es les plus avanc&#233;es de nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi peut-on d'ores et d&#233;j&#224; pr&#233;dire que, si l'int&#233;r&#234;t pour Hegel se r&#233;veille un jour dans les classes cultiv&#233;es, elles ne lui t&#233;moigneront jamais la sympathie profonde qu'elles nourrissaient pour lui, il y a soixante ans, dans les pays de culture allemande. Tout au contraire, les savants bourgeois se livreront fi&#233;vreusement &#224; l'&#034;examen critique&#034; de sa philosophie, et bien des th&#232;ses de doctorat se feront couronner dans la lutte contre les &#034;exc&#232;s&#034; et les &#034;extrapolations&#034; du d&#233;funt professeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet &#034;examen critique&#034; la science gagnera seulement que les plaidoyers en faveur du capitalisme rendront de plus en plus apparente leur carence th&#233;orique si manifeste d&#233;j&#224; dans le domaine politique. Encore est-il toujours avantageux de creuser, comme on dit, autour des racines de la v&#233;rit&#233; : la recrudescence d'int&#233;r&#234;t pour la philosophie h&#233;g&#233;lienne fournira aux esprits impartiaux l'occasion d'&#233;tudier directement ses ouvrages ; et cette occupation, assur&#233;ment ardue, se r&#233;v&#233;lera des plus f&#233;condes, car ceux qui poss&#232;dent vraiment l'app&#233;tit du savoir ont beaucoup &#224; apprendre chez Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voudrions tenter ici de porter un jugement sur les id&#233;es de cet illustre penseur allemand en mati&#232;re de philosophie de l'histoire. Pour l'essentiel, le travail a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fait, et de main de ma&#238;tre, dans les magnifiques articles d'Engels sur Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande , publi&#233;s d'abord dans Neue Zeit , et qui ont ensuite paru en brochure. Mais les id&#233;es de Hegel en ce point nous paraissent m&#233;riter un examen plus d&#233;taill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de Hegel dans la science des soci&#233;t&#233;s tient avant tout &#224; ce qu'il a consid&#233;r&#233; les ph&#233;nom&#232;nes de cette discipline du point de vue des Werdens (du devenir), c'est-&#224;-dire du point de vue de leur apparition et de leur disparition. Beaucoup trouveront, peut-&#234;tre, que le m&#233;rite est mince, car on ne saurait, semble-t-il, consid&#233;rer autrement ces ph&#233;nom&#232;nes. Mais, on le verra tout &#224; l'heure, beaucoup de ceux qui se prennent pour des &#034;&#233;volutionnistes &#034;, sont fort loin encore de comprendre ce point de vue ; et du temps de Hegel, ceux qui s'occupaient de sciences sociales, en &#233;taient plus &#233;loign&#233;s encore. Rappelons-nous plut&#244;t les socialistes et les &#233;conomistes d'alors. Les socialistes tenaient le r&#233;gime bourgeois pour l'effet, certes fort n&#233;faste, mais absolument fortuit , des erreurs humaines. Et, si les &#233;conomistes l'admiraient, sans trouver de termes assez forts pour le porter aux nues, ils ne se l'en repr&#233;sentaient pas moins comme le fruit d'une d&#233;couverte fortuite de la v&#233;rit&#233; . Ni les uns, ni les autres, ne s'&#233;levaient au-dessus de cette antith&#232;se abstraite &#034;v&#233;rit&#233;-erreur &#034;, encore qu'il y e&#251;t d&#233;j&#224; dans les doctrines socialistes les germes d'une plus juste vision des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Hegel, semblable antith&#232;se rentre dans la cat&#233;gorie des absurdit&#233;s o&#249; tombe si souvent la pens&#233;e &#034;rationnelle&#034;. Jean-Baptiste Say trouvait inutile qu'on &#233;tudi&#226;t l'histoire de l'&#233;conomie politique, puisque tous les &#233;conomistes jusqu'&#224; Adam Smith avaient profess&#233; des th&#233;ories fausses. Pour Hegel, au contraire, la philosophie n'&#233;tait que l'expression intellectuelle d'une &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ses yeux, toute philosophie &#034;d&#233;pass&#233;e&#034; a &#233;t&#233; vraie &#224; son &#233;poque , et cela suffisait &#224; lui interdire de jeter par-dessus bord, telle une inutilisable ferraille, les syst&#232;mes philosophiques ant&#233;rieurs. Selon lui, &#034;la philosophie se trouve la derni&#232;re dans le temps, r&#233;sulte de toutes les philosophies pr&#233;c&#233;dentes et doit donc inclure en soi leurs principes &#224; elles toutes &#034; (Enzyklop&#228;die , &#167; 13). Cette conception de l'histoire de la philosophie repose assur&#233;ment sur une th&#232;se rigoureusement id&#233;aliste : &#034;le guide de ce travail spirituel (le travail de la pens&#233;e philosophique), est un Esprit vivant unique, dont la nature pensante consiste &#224; prendre conscience de soi-m&#234;me et, une fois qu'il y est parvenu, &#224; se hausser imm&#233;diatement au-dessus du degr&#233; atteint pour aller de l'avant &#034; (ibid .). Mais le mat&#233;rialiste le plus r&#233;solu ne se refusera pas &#224; reconna&#238;tre qu'un syst&#232;me philosophique est seulement l'expression intellectuelle de son &#233;poque [1] . Et si, revenant &#224; l'histoire de l'&#233;conomie politique, on se demande sous quel angle il faut l'envisager aujourd'hui, on voit tout de suite &#224; quel point nous sommes plus proches de Hegel que de Jean-Baptiste Say.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de Say, c'est-&#224;-dire du point de vue de l'antith&#232;se abstraite entre la v&#233;rit&#233; et l'erreur, le syst&#232;me mercantile, par exemple, voire celui des physiocrates, ne sont que des absurdit&#233;s chues par hasard dans des cerveaux humains. Or, nous savons aujourd'hui &#224; quel point chacun de ces syst&#232;mes a &#233;t&#233; n&#233;cessit&#233; par son &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Si le syst&#232;me mon&#233;taire et mercantile distingue le commerce mondial et les branches particuli&#232;res du travail national qui d&#233;bouchent directement sur le commerce mondial, pour en faire les seules vraies sources de la richesse, de l'argent, il faut consid&#233;rer qu'&#224; cette &#233;poque la plus grande partie de la production nationale se d&#233;roulait encore dans les cadres f&#233;odaux et constituait pour les producteurs eux-m&#234;mes la source imm&#233;diate de leurs moyens d'existence. Les produits, pour une grande part, ne se transformaient pas en marchandises, par cons&#233;quent pas en argent ; ils n'entraient absolument pas dans l'&#233;change g&#233;n&#233;ral de substance de la soci&#233;t&#233;, n'apparaissaient donc pas comme la mat&#233;rialisation du travail abstrait g&#233;n&#233;ral, et, de fait, ne cr&#233;aient pas de richesse bourgeoise ... Comme il &#233;tait normal au seuil de la production bourgeoise, ces proph&#232;tes m&#233;connus &#233;taient fermement attach&#233;s &#224; la forme solide, palpable et brillante de la valeur d'&#233;change, &#224; sa forme de marchandise g&#233;n&#233;rale par opposition &#224; toutes les marchandises particuli&#232;res .&#034; (Karl Marx : Contribution &#224; la critique de l'&#233;conomie politique , pp. 119-120, Editions sociales, Paris 1957). La discussion entre les physiocrates et leurs adversaires, Marx l'explique comme une discussion sur le point de savoir quel est le type de travail qui cr&#233;e la plus-value (ibidem , S. 35). La question n'&#233;tait-elle pas fort &#034;actuelle&#034; pour une bourgeoisie qui s'appr&#234;tait &#224; devenir &#034;tout&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement la philosophie que Hegel tient pour le produit naturel et n&#233;cessaire de son temps ; il porte le m&#234;me jugement sur la religion et sur le Droit. Et il convient de relever ici que la philosophie, aussi bien que le Droit, la religion, l'art, voire la technique se trouvent chez Hegel dans la plus &#233;troite relation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;c'est seulement en pr&#233;sence d'une religion donn&#233;e que peut exister une structure politique donn&#233;e ; et c'est seulement en pr&#233;sence d'une structure politique donn&#233;e que peuvent exister une philosophie donn&#233;e et un art donn&#233; .&#034; (Philosophie de l'histoire , 3&#176; &#233;dition, Berlin 1848, Introduction, p. 66). Ceci encore peut para&#238;tre bien rebattu : nul n'ignore que tous les aspects et toutes les manifestations de la vie d'un pays se relient &#233;troitement les uns aux autres ; il n'est pas un &#233;colier qui ne le sache. Mais Hegel ne concevait pas cette liaison des divers aspects et des manifestations diverses de la vie d'un pays &#224; la fa&#231;on dont aujourd'hui encore les &#233;coliers et bien des gens &#034;instruits&#034; la con&#231;oivent. Ils se repr&#233;sentent ce lien sous forme d'une simple interaction de ces aspects et de ces manifestations, l'interaction m&#234;me demeurant rigoureusement inexpliqu&#233;e et, ce qui est plus grave, tout le monde oubliant qu'il doit bien y avoir une source commune d'o&#249; tous ces aspects et toutes ces manifestations agissant les uns sur les autres tirent leur origine. La th&#233;orie de l'interaction se r&#233;v&#232;le ainsi ne reposer sur rien : le Droit agit sur la religion, la religion sur le Droit, chacun des deux et tous deux sur la philosophie et sur l'art qui, &#224; leur tour, agissant l'un sur l'autre, agissent aussi sur le Droit, etc ... C'est en effet le point de vue du sens commun. Mais, &#224; supposer que nous puissions nous contenter de ce tableau pour une &#233;poque donn&#233;e, une question subsiste : qu'est-ce qui conditionne le devenir historique de la religion, de la philosophie, de l'art, du Droit, etc., jusqu'&#224; l'&#233;poque envisag&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise de r&#233;ponse, on invoque g&#233;n&#233;ralement le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne d'interaction , qui cesse, de la sorte, d'expliquer quoi que ce soit ; ou bien, on invoque quelques causes fortuites qui auraient exerc&#233; leur action sur tel ou tel aspect de la vie du pays, sans avoir rien entre elles de commun ; ou, enfin, on ram&#232;ne tout &#224; la logique subjective ; on nous dit, par exemple, que la philosophie de Fichte a d&#233;coul&#233; logiquement de la philosophie de Kant, que la philosophie de Schelling a logiquement d&#233;coul&#233; de celle de Fichte, la philosophie de Hegel de celle de Schelling ; et l'on explique tout aussi &#034;logiquement&#034; la succession des &#233;coles artistiques. Il y a l&#224;, incontestablement, une part de v&#233;rit&#233;. Il est toutefois regrettable qu'elle n'explique rigoureusement rien : le passage d'un syst&#232;me philosophique &#224; un autre, ou d'une &#233;cole artistique &#224; une autre, s'accomplit parfois tr&#232;s rapidement, en quelques ann&#233;es, alors qu'&#224; d'autres moments il exige des si&#232;cles ; d'o&#249; provient la diff&#233;rence ? La filiation logique des id&#233;es ne l'explique absolument pas. Il n'y a rien &#224; tirer non plus du scolaire sens commun qui invoque l'interaction, ni rien &#224; tirer des causes fortuites. Mais les gens &#034;instruits&#034; n'en sont point embarrass&#233;s. Ayant &#233;mis des jugements profonds sur l'interaction des divers aspects de la vie d'un pays, ils se contentent de ce &#034;t&#233;moignage&#034; de profondeur et cessent de penser, juste au moment o&#249; la pens&#233;e vraiment scientifique devrait entrer en lice .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel &#233;tait &#224; cent lieues de cette profondeur-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Se borner , dit-il, &#224; consid&#233;rer un contenu donn&#233; du point de vue de l'interaction,... constitue un proc&#233;d&#233; d'une extr&#234;me indigence conceptuelle ; on reste dans le domaine du fait brut, et l'exigence de m&#233;diation, qui se manifeste lorsqu'il s'agit de d&#233;couvrir la cause du lien, demeure insatisfaite. L'insuffisance du proc&#233;d&#233; qui consiste &#224; consid&#233;rer les ph&#233;nom&#232;nes du point de vue de l'interaction, r&#233;side en ce que le rapport d'interaction, au lieu de se substituer au concept, doit lui-m&#234;me &#234;tre con&#231;u ; et, l'on n'y parvient que lorsque les deux aspects agissant l'un sur l'autre sont identifi&#233;s comme l'effet d'un troisi&#232;me &#233;l&#233;ment transcendant, au lieu d'&#234;tre pris pour des donn&#233;es imm&#233;diates .&#034; (Enzyklop&#228;die , &#167; 156, Suppl&#233;ment). En d'autres termes, lorsqu'on traite, par exemple, des divers aspects de la vie d'un pays, on ne doit pas se contenter de montrer leur interaction, mais en chercher l'explication dans quelque chose de nouveau, de &#034;transcendant&#034;, c'est-&#224;-dire dans ce qui conditionne leur existence m&#234;me, aussi bien que la possibilit&#233; de leur interaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; trouver ce quelque chose de nouveau, ce &#034;transcendant&#034; ? Dans l'esprit national, r&#233;pond Hegel. De son point de vue, la r&#233;ponse est parfaitement logique. Pour Hegel, l'histoire tout enti&#232;re n'est que &#034;le d&#233;veloppement et l'accomplissement de l'Esprit universel&#034; ; et le d&#233;veloppement de cet esprit universel s'op&#232;re par degr&#233;s .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;... En tant qu'il se distingue des autres, chaque degr&#233; poss&#232;de son principe propre bien d&#233;fini. C'est un tel principe que repr&#233;sente, en histoire, ... l'esprit particulier d'une nation. Les propri&#233;t&#233;s de cet esprit national expriment concr&#232;tement tous les aspects de la conscience nationale et de la volont&#233; nationale, la r&#233;alit&#233; de cet esprit tout enti&#232;re ; elles marquent de leur empreinte la religion, le r&#233;gime politique, la moralit&#233;, le droit, les coutumes, et, aussi, la science, l'art et les techniques. Toutes ces propri&#233;t&#233;s particuli&#232;res s'expliquent par les propri&#233;t&#233;s g&#233;n&#233;rales de l'esprit national, tout de m&#234;me qu'&#224; l'inverse, ces propri&#233;t&#233;s communes, peuvent &#234;tre d&#233;duites des &#233;l&#233;ments objectifs de l'Etre national tels qu'on les &#233;tudie dans l'histoire .&#034; (Philosophie de l'histoire , Introduction, p. 79). Il est &#224; la port&#233;e de chacun de faire ici une brillante d&#233;couverte : cette conception de l'histoire universelle est p&#233;n&#233;tr&#233;e du plus pur id&#233;alisme . Il n'y a pas besoin, comme disait Gogol, de sortir du s&#233;minaire pour que cela vous saute aux yeux. Et il est, de m&#234;me, &#224; la port&#233;e de chacun de borner sa &#034;critique&#034; de la philosophie h&#233;g&#233;lienne de l'histoire &#224; un haussement d'&#233;paules m&#233;prisant devant ce comble d'id&#233;alisme. On le voit faire souvent &#224; des gens incapables eux-m&#234;mes de pens&#233;e logique, qui reprochent aux mat&#233;rialistes leur mat&#233;rialisme, aux id&#233;alistes leur id&#233;alisme, et sont follement satisfaits de soi-m&#234;me, sous pr&#233;texte que leur philosophie personnelle du monde &#233;vite toute extr&#233;mit&#233;, alors qu'en fait elle n'est qu'une indigente et indigeste mac&#233;doine d'id&#233;alisme et de mat&#233;rialisme. La philosophie de Hegel poss&#232;de au moins cet incontestable m&#233;rite de ne point contenir une once d'&#233;clectisme . Et, si le fondement id&#233;aliste par o&#249; elle p&#232;che se fait trop souvent sentir, s'il impose des lisi&#232;res au cheminement de la pens&#233;e de ce g&#233;nie, il n' en reste pas moins que, pour cette raison m&#234;me, nous devons accorder &#224; la philosophie de Hegel la plus s&#233;rieuse attention, car c'est justement ce qui la rend au plus haut point instructive. Parce qu'id&#233;aliste, la philosophie de Hegel constitue la preuve la meilleure et la plus irr&#233;futable de la faiblesse de l'id&#233;alisme, en m&#234;me temps qu'elle nous enseigne &#224; encha&#238;ner logiquement nos pens&#233;es. Et quiconque aura pass&#233; par cette rude &#233;cole, pourvu que ce soit avec application et amour, en retirera &#224; jamais une salutaire horreur des pots-pourris &#233;clectiques...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on sait aujourd'hui que l'histoire universelle n'est pas &#034;le d&#233;veloppement et l'accomplissement de l'Esprit universel &#034;, il ne s'ensuit point qu'on puisse se contenter des variations courantes sur le th&#232;me du r&#233;gime politique qui agit sur les m&#339;urs, des m&#339;urs qui agissent sur la constitution, et ainsi de suite. Il faut bien convenir avec Hegel que m&#339;urs et structure politique proviennent d'une source commune. Quelle est cette source ? C'est ce que nous indique l'explication mat&#233;rialiste moderne de l'histoire, dont nous nous bornerons &#224; dire, pour l'instant, que messieurs les &#233;clectiques ont autant de peine &#224; la comprendre qu'&#224; p&#233;n&#233;trer les secrets tout &#224; l'oppos&#233;, de l'id&#233;alisme h&#233;g&#233;lien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que Hegel veut porter un jugement sur un des grands peuples de l'histoire, il fait preuve d'une connaissance approfondie et d'une p&#233;n&#233;tration &#233;tonnante ; il porte un jugement &#224; la fois brillant et profond&#233;ment instructif, &#233;maill&#233;, au passage, des plus pr&#233;cieuses observations touchant les divers aspects de l'histoire de ce peuple. Il vous s&#233;duit &#224; ce point qu'on est pr&#232;s d'oublier qu'on a affaire &#224; un id&#233;aliste, pr&#234;t &#224; confesser que, vraiment, Hegel, &#034;prend l'histoire telle qu'elle est &#034;, qu'il observe strictement son propre principe : &#034;se maintenir sur le terrain de l'histoire, de l'empirisme &#034;. Mais pourquoi a-t-il besoin de ce terrain de l'histoire, de cet empirisme ? Pour d&#233;finir les propri&#233;t&#233;s de l'esprit du peuple dont il est question. L'esprit d'un peuple, nous venons de le voir, n'est qu'un degr&#233; dans le d&#233;veloppement de l'Esprit universel, dont les propri&#233;t&#233;s ne se d&#233;duisent pas de l'&#233;tude de l'histoire universelle ; c'est le concept de cet esprit qui, en tant que notion donn&#233;e une fois pour toutes et compl&#232;te &#224; tous &#233;gards, s'ins&#232;re dans l'&#233;tude de l'histoire . D'o&#249; cette cons&#233;quence : tant que l'histoire ne contredit pas la notion d'Esprit universel ni &#034;les lois&#034; du d&#233;veloppement de cet esprit, Hegel la prend &#034;telle qu' elle est &#034;, il se maintient &#034;sur le terrain de l'histoire, de l'empirisme &#034;. Mais d&#232;s que l'histoire, sans m&#234;me contredire &#034;les lois&#034; du d&#233;veloppement de l'Esprit universel, quitte l'orni&#232;re de cet hypoth&#233;tique devenir, d&#232;s qu'elle &#233;chappe aux pr&#233;visions de la logique h&#233;g&#233;lienne, on cesse de lui pr&#234;ter attention. Cette attitude, pourrait-on penser, doit au moins &#233;viter &#224; Hegel de se mettre en contradiction avec soi-m&#234;me ? Il n'en est rien ; Hegel est fort loin d'&#233;viter les contradictions ; en voici un exemple assez &#233;clatant ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel pr&#233;sente les id&#233;es religieuses de l'Inde en ces termes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'amour, le ciel, en un mot, le spirituel tout entier, passent, chez l'Indien, par les canaux de l'imagination, tandis que, par ailleurs, l'Indien se repr&#233;sente tout le concevable sous une forme non moins affective, de telle sorte qu' ... il demeure plong&#233; dans cette affectivit&#233;. Aussi les objets de l'adoration religieuse sont-ils soit d'artificielles images monstrueuses, soit des choses de la nature. Tout oiseau, tout singe est un dieu, un &#234;tre rigoureusement universel. L'Indien est incapable de consid&#233;rer l'objet du point de vue des d&#233;terminations rationnelles, parce qu'il y faudrait la r&#233;flexion .&#034; (Philosophie de l'histoire , pp. 192, 193). A partir de cette explication, Hegel consid&#232;re l'adoration des animaux comme la cons&#233;quence naturelle du fait que l'esprit national de l'Inde repr&#233;sente un des degr&#233;s les plus bas dans le d&#233;veloppement de l'Esprit universel . Les Perses, qui ont d&#233;ifi&#233; la lumi&#232;re, ainsi que &#034;le soleil, la lune et cinq autres corps c&#233;lestes &#034;,qu'ils qualifient d'&#034;images honorables d'Ormuzd &#034;, sont plac&#233;s par lui au-dessus des Indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voyons un peu ce qu'il dit au sujet du culte des animaux chez les Egyptiens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ce culte consiste essentiellement dans l'adoration des animaux ... Nous r&#233;pugnons &#224; l'adoration des animaux. Nous pouvons nous habituer &#224; la d&#233;ification du ciel, mais le culte de l'animal nous demeure &#233;tranger. Il est pourtant incontestable que les peuples qui adorent le soleil et les astres, ne sont pas sup&#233;rieurs &#224; ceux qui ont d&#233;ifi&#233; les animaux ; au contraire, puisque c'&#233;tait l'intrins&#232;que, l'inaccessible, que les Egyptiens contemplaient dans le monde des b&#234;tes .&#034; (Philosophie de l'histoire , p. 258). L'adoration des animaux rev&#234;t donc pour Hegel un sens absolument diff&#233;rent selon qu'il s'agit des Indiens et des Egyptiens. Pourquoi ? Les Indiens avaient-ils une autre fa&#231;on que les Egyptiens de d&#233;ifier les animaux ? Non, mais l'&#034;esprit&#034; national &#233;gyptien, marquant &#034;la transition&#034; vers l'esprit grec, occupe une place relativement &#233;lev&#233;e dans la classification h&#233;g&#233;lienne ; aussi l'auteur ne saurait-il y d&#233;celer les faiblesses qu'il d&#233;nonce dans l'esprit indien, situ&#233; plus bas dans la hi&#233;rarchie. De la m&#234;me fa&#231;on, Hegel traitera les castes tout &#224; l'oppos&#233;, selon qu'il s'agit de l'Inde ou de l'Egypte. Celles de l'Inde &#034;deviennent des diff&#233;rences naturelles &#034; ; aussi la personne humaine y est-elle encore moins pr&#233;cieuse, &#224; sa propre estime, qu'en Chine, o&#249; r&#232;gne la peu enviable &#233;galit&#233; de tous devant le despote. Quant aux castes &#233;gyptiennes, nous apprenons que, loin d'&#234;tre &#034;p&#233;trifi&#233;es, elles se trouvent en &#233;tat de lutte et d'interf&#233;rence r&#233;ciproques : il leur arrive souvent de se dissoudre pour rena&#238;tre ensuite &#034;. Or, ce que Hegel nous dit lui-m&#234;me des castes de l'Inde fait bien voir qu'on n'y ignorait pas non plus les luttes et les interf&#233;rences r&#233;ciproques. Ici, comme dans le cas du culte des animaux, Hegel se trouve amen&#233;, dans l'int&#233;r&#234;t d'un &#233;difice logique assez arbitraire, &#224; conf&#233;rer un sens diff&#233;rent &#224; des ph&#233;nom&#232;nes sociaux rigoureusement analogues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;faut de la cuirasse se d&#233;couvre plus encore l&#224; o&#249; Hegel veut expliquer comment le centre de gravit&#233; du devenir historique passe d'un peuple &#224; l'autre, ou comment se modifie le contenu interne d'un peuple. Ici, en effet, se pose tout naturellement la question des causes du transfert ou de la modification envisag&#233;e, et Hegel, en bon id&#233;aliste, cherche la r&#233;ponse dans les propri&#233;t&#233;s de cet Esprit dont l'histoire, &#224; son avis, constitue l'accomplissement. Se demandant, par exemple, pourquoi la Perse est entr&#233;e en d&#233;cadence, alors que la Chine et l'Inde continuent d'exister, il fait pr&#233;c&#233;der la r&#233;ponse de cette remarque pr&#233;alable :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il faut tout d'abord &#233;carter le pr&#233;jug&#233; selon lequel la dur&#233;e constituerait un signe de sup&#233;riorit&#233; : les montagnes indestructibles ne surpassent point les roses qui se fanent si vite .&#034; On ne saurait tenir cette observation pour une r&#233;ponse le moins du monde valable. Voici les consid&#233;rations qui suivent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;C'est en Perse que commence le principe de l'esprit libre dans son opposition avec le naturel ; aussi, cette existence naturelle se fane-t-elle, entre-t-elle en d&#233;cadence ; dans le royaume de Perse, on voit op&#233;rer un principe de distinction par rapport &#224; la nature ; c'est pourquoi ce royaume se place au-dessus des mondes soumis &#224; la nature [c'est-&#224;-dire &#034;le monde&#034; chinois et celui de l'Inde]. C'est l'effet de la n&#233;cessit&#233; naturelle du progr&#232;s : l'esprit s'est d&#233;couvert et veut se r&#233;aliser. Le Chinois ne rev&#234;t d'importance qu'une fois mort ; l'Indien se transforme en mort vivant ; il s'absorbe dans Brahma, il s'ab&#238;me tout vif dans un &#233;tat d'inconscience absolue, &#224; moins qu'il ne devienne un dieu en vertu de sa naissance [s'il est n&#233; brahmane]. Il n'y a l&#224; aucun changement, aucune progression, parce que le progr&#232;s n'est possible que lorsque l'esprit atteint l'autonomie. C'est avec la lumi&#232;re des Perses [qu'adoraient les Perses] que commence la contemplation spirituelle dans laquelle l'esprit se dissocie de la nature ; voil&#224; pourquoi [sic !] nous trouvons ici pour la premi&#232;re fois ... que l'objectivit&#233; reste libre, en ce sens que les divers peuples [qui composaient le royaume de Perse] ne sont pas opprim&#233;s, mais conservent leurs richesses, leurs institutions, leur religion. Et ce fut le c&#244;t&#233; faible de la Perse en comparaison de la Gr&#232;ce .&#034; (Philosophie de l'histoire , pp. 270-271). Dans ce long raisonnement, seules les toutes derni&#232;res lignes, celles qui ont trait &#224; l'organisation int&#233;rieure du royaume de Perse, en tant que cause de la faiblesse qu'il r&#233;v&#233;la dans son conflit avec la Gr&#232;ce, seules, dis-je, ces derni&#232;res lignes, peuvent passer pour une tentative d'explication du fait historique de l'effondrement de la Perse. Mais cette tentative n'a gu&#232;re de rapport avec l'explication id&#233;aliste de l'histoire qui est celle de Hegel : le rapport est plus que douteux entre &#034;la lumi&#232;re des Perses &#034; et la faiblesse de l'organisation int&#233;rieure de la Perse. Lorsque Hegel demeure fid&#232;le &#224; l'id&#233;alisme , il ne fait, au meilleur cas, que draper d'un manteau id&#233;aliste le fait qu'il s'agit d'expliquer. Et c'est toujours &#224; ce genre de naufrage que son id&#233;alisme aboutit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons, par exemple, le probl&#232;me de la d&#233;composition de la Gr&#232;ce. Le monde grec, pour Hegel, est un univers de beaut&#233; et de &#034;moralit&#233; fond&#233;e sur une morale de la beaut&#233; [2] &#034;. Les Grecs furent des &#234;tres sup&#233;rieurs, profond&#233;ment d&#233;vou&#233;s &#224; leur patrie, et capables des plus beaux traits d'abn&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est &#034;sans r&#233;flexion&#034; qu'ils accomplissaient leurs hauts faits. Pour les Grecs, la patrie &#233;tait une n&#233;cessit&#233; ; ils n'auraient pas pu vivre sans elle. Plus tard, sous l'action des sophistes, des principes de d&#233;composition firent leur apparition : la r&#233;flexion subjective, la conscience morale individuelle, la th&#233;orie d'apr&#232;s laquelle chacun doit agir selon ses convictions. C'est alors que commence &#224; se d&#233;composer la &#034;moralit&#233; fond&#233;e sur une morale de la beaut&#233; &#034; ; &#034;l'auto-lib&#233;ration de l'univers int&#233;rieur &#034; fait entrer la Gr&#232;ce en d&#233;cadence. Un des aspects de cet univers int&#233;rieur, ce fut la pens&#233;e . Nous voici donc face &#224; un int&#233;ressant ph&#233;nom&#232;ne historique : la pens&#233;e, entre autres actions possibles, peut op&#233;rer comme &#034;principe de d&#233;pravation &#034;. L'id&#233;e m&#233;rite qu'on s'y arr&#234;te ne serait-ce que parce qu'elle va beaucoup plus loin que la rigide conception du dix-huiti&#232;me si&#232;cle, o&#249; l'on consid&#233;rait que, dans tout peuple, le d&#233;veloppement de la pens&#233;e m&#232;ne directement et immanquablement au &#034;progr&#232;s&#034;. La question n'en reste pas moins ouverte de savoir d'o&#249; cette &#034;auto-lib&#233;ration de l'univers int&#233;rieur &#034; tire son origine. La philosophie id&#233;aliste de Hegel r&#233;pond que &#034;l'Esprit ne pouvait pas s'arr&#234;ter longtemps au point de vue de la moralit&#233; fond&#233;e sur une morale de la beaut&#233; &#034;. Il tombe sous le sens que ce n'est pas une r&#233;ponse, mais une simple traduction de la question dans le vocabulaire philosophique de l'id&#233;alisme h&#233;g&#233;lien. Hegel para&#238;t le sentir lui-m&#234;me ; aussi s'empresse-t-il d'ajouter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le principe de d&#233;composition s'est d&#233;couvert soi-m&#234;me tout d'abord dans le d&#233;veloppement de la politique ext&#233;rieure, aussi bien dans les guerres entre Etats grecs, que dans la lutte des factions &#224; l'int&#233;rieur des cit&#233;s .&#034; (Philosophie de l'histoire , p. 323). Nous voici maintenant sur un terrain historique concret . D'apr&#232;s Hegel lui-m&#234;me, la lutte des factions &#224; l'int&#233;rieur des cit&#233;s fut l'effet du d&#233;veloppement &#233;conomique de la Gr&#232;ce, en d'autres termes, la lutte des partis politiques ne faisait que traduire les contradictions &#233;conomiques qui &#233;taient apparues dans les cit&#233;s grecques. Si l'on se souvient que la guerre du P&#233;loponn&#232;se ne fut, comme on le voit chez Thucydide, que l'extension de la lutte des classes &#224; la Gr&#232;ce enti&#232;re, on conclura sans peine que c'est dans l'histoire &#233;conomique de la Gr&#232;ce qu'il faut chercher les causes de sa d&#233;composition [3] . Hegel nous sugg&#232;re donc une conception mat&#233;rialiste de l'histoire, alors que, pour lui, la lutte des classes en Gr&#232;ce n'est qu'une manifestation du &#034;principe de d&#233;pravation &#034;. Pour reprendre ses propres termes, on peut dire que le mat&#233;rialisme se r&#233;v&#232;le la v&#233;rit&#233; de l'id&#233;alisme . Voil&#224; le genre de surprise que nous r&#233;serve &#224; chaque pas la philosophie h&#233;g&#233;lienne de l'histoire. On dirait que le plus grand des id&#233;alistes s'est assign&#233; pour t&#226;che de frayer la voie au mat&#233;rialisme . Qu'il parle des villes du moyen &#226;ge et, le tribut &#224; l'id&#233;alisme pay&#233;, il envisage leur histoire, d'une part, comme la lutte des bourgeois contre le clerg&#233; et la noblesse, d'autre part, comme la lutte de diverses cat&#233;gories de citoyens, &#034;les riches bourgeois et le simple peuple &#034; [4] . Parle-t-il de la R&#233;forme, et, de nouveau, apr&#232;s nous avoir r&#233;v&#233;l&#233; les arcanes de &#034;l'Esprit universel &#034;, il fait, touchant la diffusion du protestantisme, cette remarque tellement surprenante sous la plume d'un id&#233;aliste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La R&#233;forme avait remport&#233; de s&#233;rieux succ&#232;s en Autriche, en Bavi&#232;re et en Boh&#234;me. Mais quoiqu'on assure qu'on ne saurait arracher la v&#233;rit&#233; du c&#339;ur des hommes qu'une fois qu'elle y a p&#233;n&#233;tr&#233;, la R&#233;forme fut vaincue dans ce pays par la force des armes, par la ruse ou par la persuasion. Les peuples slaves &#233;taient des peuples agricoles [les italiques sont de Hegel], et l'agriculture m&#232;ne &#224; l'apparition de ma&#238;tres et d'inf&#233;rieurs. Dans l'agriculture, le r&#244;le essentiel appartient &#224; la nature ; l'habilet&#233; de l'homme et l'action subjective ont, &#224; proprement parler, peu de place en ce travail. Aussi les Slaves parviennent-ils plus lentement, et &#224; grand-peine, &#224; la conscience subjective de soi, &#224; la conscience de l'universel ; et ils n'ont pas pu participer au processus d'&#233;mancipation qui commen&#231;ait .&#034; (Philosophie de l'histoire , p. 506). Dans ce passage, Hegel nous dit tout net que c'est dans l'activit&#233; &#233;conomique d'un peuple qu'il faut chercher l'explication de ses id&#233;es religieuses et de tous les mouvements d'&#233;mancipation qui se produisent dans son sein. Bien plus, l'Etat, qui, dans l'explication id&#233;aliste de Hegel, est &#034;la r&#233;alisation de l'id&#233;e morale et de l'esprit de moralit&#233; qui se r&#233;v&#232;le, en soi, comme la volont&#233; substantielle la plus claire, une volont&#233; qui se pense, qui se conna&#238;t et qui accomplit ce qu'elle pense et ce qu'elle conna&#238;t (Philosophie du Droit , &#167; 257)&#034;, l'Etat lui-m&#234;me se r&#233;v&#232;le, chez Hegel, un pur produit de l'&#233;volution &#233;conomique .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'Etat v&#233;ritable, dit-il, et le v&#233;ritable gouvernement naissent seulement l&#224; o&#249; il existe d&#233;j&#224; des ordres, quand la richesse et la pauvret&#233; deviennent tr&#232;s grandes, et quand se forme une situation telle que la majorit&#233; n'est plus en mesure de satisfaire ses besoins par le proc&#233;d&#233; qui lui est habituel .&#034; (Philosophie de l'histoire , Introduction, p.106). De la m&#234;me fa&#231;on, Hegel fait &#233;troitement d&#233;pendre l'institution du mariage de l'histoire &#233;conomique de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;On a eu pleinement raison de rapporter le vrai d&#233;but des Etats et leur fondation premi&#232;re, ainsi que l'institution du mariage , &#224; l'apparition de l'agriculture, car l'agriculture entra&#238;ne... la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, et la vie instable du sauvage qui se cherche un appui dans l'instable, parvient ainsi &#224; l'apaisement du droit priv&#233; et &#224; la satisfaction assur&#233;e de ses besoins, en m&#234;me temps que la limitation par le mariage de l'instinct sexuel transforme les rapports sexuels en une union durable ; la satisfaction des besoins devient souci de la famille , et la possession propri&#233;t&#233; familiale .&#034; (Philosophie du Droit, &#167; 203, Note ) [5] . Nous pourrions citer encore bien des exemples de cet ordre. Comme la place nous manque, nous nous contenterons de signaler la port&#233;e que Hegel attribue au &#034;fondement g&#233;ographique de l'histoire universelle &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beaucoup &#233;crit, avant Hegel et apr&#232;s lui, sur l'importance du facteur g&#233;ographique dans le devenir historique de l'humanit&#233;. Mais, aussi bien avant Hegel qu'apr&#232;s lui, les historiens ont souvent commis la faute de consid&#233;rer exclusivement l'influence psychologique , voire physiologique , du milieu naturel sur l'homme, en oubliant compl&#232;tement l'influence dudit milieu sur l'&#233;tat des forces sociales de production et, par leur interm&#233;diaire , sur l'ensemble des rapports sociaux et leurs superstructures id&#233;ologiques [6] . Hegel a compl&#232;tement &#233;vit&#233; cette &#233;norme erreur, sinon dans le d&#233;tail, du moins dans la fa&#231;on de poser la question en g&#233;n&#233;ral . Pour Hegel, il existe trois milieux g&#233;ographiques caract&#233;ristiques : 1) les plateaux d&#233;pourvus d'eau, aux plaines et aux steppes immenses ; 2) les vall&#233;es basses coup&#233;es de grands fleuves ; 3) les terres du littoral au contact imm&#233;diat avec la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'&#233;levage qui domine dans les premiers, l'agriculture dans le second type, le commerce et l'artisanat dans le troisi&#232;me. Les structures sociales des populations habitant ces lieux correspondent &#224; ces diff&#233;rences fondamentales. Les indig&#232;nes des plateaux, les Mongols, par exemple, m&#232;nent la vie patriarcale et nomade ; ils ne poss&#232;dent point d'histoire au sens propre du terme ; de temps en temps, s'&#233;tant rassembl&#233;s par grandes masses, ils fondent, comme la temp&#234;te, sur les pays civilis&#233;s, ne laissant derri&#232;re soi que ruine et d&#233;solation [7] . La civilisation commence dans les vall&#233;es, qui doivent leur f&#233;condit&#233; aux fleuves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La Chine, l'Inde, Babylone et l'Egypte furent des vall&#233;es de ce genre. C'est dans ces pays que naissent les grands empires et se forment les grands Etats. Cela tient &#224; ce que l'agriculture, qui r&#232;gne l&#224; comme principe fondamental de l'existence des individus, exige une rigoureuse adaptation des travaux &#224; la succession rigoureuse des saisons ; c'est l&#224; qu'appara&#238;t la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re avec les rapports juridiques qui s'y rattachent ...&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Mais les peuples agricoles qui habitent les vall&#233;es se distinguent par leur inertie, leur immobilisme, leur caract&#232;re ferm&#233; ; ils ne savent pas profiter dans les rapports humains des moyens que la nature met &#224; leur disposition. Les peuples du littoral ignorent ce d&#233;faut. Loin de les s&#233;parer, la mer les unit. C'est pourquoi, la civilisation et, avec elle, le progr&#232;s de la conscience humaine atteignent ici leur plus haut degr&#233; de d&#233;veloppement. Inutile d'aller chercher bien loin les exemples : rappelons simplement la Gr&#232;ce antique. &#034; (Philosophie de l'histoire , Introduction).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur conna&#238;t peut-&#234;tre le livre de Lev Metchnikov la Civilisation et les grands fleuves historiques , publi&#233; en 1889. Bien que l'auteur y c&#232;de parfois &#224; la tentation de l'id&#233;alisme, son point de vue, au total, reste celui d'un mat&#233;rialiste. Or que constatons-nous ? La conception que ce mat&#233;rialiste se fait du r&#244;le historique du milieu g&#233;ographique, co&#239;ncide presque enti&#232;rement avec celles de l'id&#233;aliste Hegel, et Metchnikov, sans doute, serait tout le premier &#233;tonn&#233; si on lui signalait cette parent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en partie par l'influence du milieu g&#233;ographique que Hegel explique aussi l'apparition de l'in&#233;galit&#233; dans les soci&#233;t&#233;s plus ou moins primitives. Il rel&#232;ve ainsi que, dans l'Attique d'avant Solon , les diff&#233;rences entre les classes (il entend par l&#224; les couches plus ou moins ais&#233;es de la population : habitants des plaines, populations des collines et indig&#232;nes du littoral) se fondaient sur les diff&#233;rences d'habitat. Il est incontestable que les diff&#233;rences d'habitat, et les diff&#233;rences de travaux qui en sont fonction, ont d&#251; exercer une influence importante sur l'&#233;volution &#233;conomique des soci&#233;t&#233;s primitives. Les historiens contemporains ne le prennent, malheureusement, que trop rarement en consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel ne s'est gu&#232;re occup&#233; d'&#233;conomie politique . Mais ici, comme dans bien d'autres domaines, son g&#233;nie lui a permis de saisir l'aspect le plus caract&#233;ristique, le plus essentiel des ph&#233;nom&#232;nes. Plus clairement que tous les &#233;conomistes de son temps, y compris Ricardo, il a vu que, dans une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, l'augmentation de la richesse &#224; un bout s'accompagne in&#233;vitablement d'un accroissement de la mis&#232;re &#224; l'autre. Il l'assure de la fa&#231;on la plus cat&#233;gorique dans la Philosophie de l'histoire et, surtout, dans la Philosophie du Droit . Selon lui, la dialectique qui entra&#238;ne, pour la majorit&#233; de la population, une baisse du niveau de vie, en cons&#233;quence de laquelle les gens ne peuvent plus faire face &#224; leurs besoins, et qui concentre les richesses entre relativement peu de mains, cette dialectique, dit-il, aboutit n&#233;cessairement &#224; une situation o&#249; la soci&#233;t&#233; civile, malgr&#233; une abondance de richesses, n'est plus assez riche , c'est-&#224;-dire n'a plus les moyens d'&#233;liminer l'exc&#232;s de mis&#232;re de la populace (des P&#246;bels ). (Philosophie de l'histoire , p. 285 et Philosophie du Droit , &#167; 243).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; civile [8] se voit oblig&#233;e, par suite, de sortir de ses propres limites, de rechercher de nouveaux march&#233;s, de se tourner vers le commerce ext&#233;rieur et la colonisation. De tous les contemporains de Hegel, seul Fourier avait vu aussi clair et compris aussi bien la dialectique de l'&#233;conomie bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur a relev&#233; sans doute que le prol&#233;tariat n'est pour Hegel qu'un &#034;P&#246;bel &#034; incapable de jouir des &#034;avantages spirituels&#034; de la soci&#233;t&#233; civile. Hegel n'avait pas la moindre id&#233;e de la diff&#233;rence prodigieuse qu'il y a entre le prol&#233;tariat d'aujourd'hui et le prol&#233;tariat de l'Antiquit&#233;, celui de Rome, par exemple ; il ne savait pas que, dans la soci&#233;t&#233; contemporaine, l'oppression que subit le prol&#233;tariat am&#232;ne n&#233;cessairement cette classe &#224; r&#233;agir et qu'elle laissera la bourgeoisie loin derri&#232;re soi sous le rapport intellectuel. Mais les socialistes utopistes ne le savaient pas non plus, eux pour qui le prol&#233;tariat n'&#233;tait aussi qu'un &#034;P&#246;bel &#034; tr&#232;s digne de compassion et de sympathie, mais incapable d'aucune initiative. Seul le socialisme scientifique a su comprendre la formidable signification historique du prol&#233;tariat moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons. Id&#233;aliste, Hegel ne pouvait envisager l'histoire que d'un point de vue id&#233;aliste. Il a employ&#233; toute la puissance de son g&#233;nie et les ressources gigantesques de sa dialectique &#224; donner un caract&#232;re quelque peu scientifique &#224; la conception id&#233;aliste de l'histoire. La tentative s'est sold&#233;e par un &#233;chec. On dirait, parfois, que les r&#233;sultats auxquels il est parvenu ne le contentaient point, et qu'il s'est vu contraint de descendre des cimes brumeuses de l'id&#233;alisme sur le terrain concret de la condition &#233;conomique. Chaque fois qu'il y recourt, l'&#233;conomie le tire des &#233;cueils o&#249; son id&#233;alisme l'avait &#233;chou&#233;. L'&#233;volution &#233;conomique se r&#233;v&#232;le ainsi le pr&#233;alable qui conditionne le cours entier de l'histoire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui a d&#233;termin&#233; l'orientation ult&#233;rieure de la science. Le passage au mat&#233;rialisme qui s'est produit apr&#232;s la mort de Hegel ne pouvait plus &#234;tre un simple retour au na&#239;f mat&#233;rialisme m&#233;taphysique du XVIII&#176; si&#232;cle. Dans le domaine qui nous int&#233;resse ici, celui de l'explication de l'histoire, c'est &#224; l'&#233;conomie que le mat&#233;rialisme devait surtout recourir. Toute autre d&#233;marche e&#251;t &#233;t&#233;, non pas un progr&#232;s, mais un recul, par rapport &#224; la philosophie h&#233;g&#233;lienne de l'histoire .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avoir une conception mat&#233;rialiste de la nature ne signifie pas n&#233;cessairement qu'on poss&#232;de une conception mat&#233;rialiste de l'histoire. Les mat&#233;rialistes du si&#232;cle dernier consid&#233;raient celle-ci avec des yeux d'id&#233;alistes, et d'id&#233;alistes fort na&#239;fs. Quand ils traitaient de l'histoire des soci&#233;t&#233;s humaines, ils s'attachaient &#224; l'expliquer par l'histoire de la pens&#233;e . Pour eux le c&#233;l&#232;bre aphorisme d'Anaxagore, &#034;la Raison gouverne le monde &#034;, se ramenait &#224; l'id&#233;e que le raisonnement humain gouverne l'histoire . Et les pages sombres de celle-ci, ils les mettaient au compte d'erreurs de raisonnement. Si la population d'un pays supporte patiemment le joug du despotisme, c'est seulement parce qu'elle n'a pas encore compris les avantages de la libert&#233;. Si elle vit dans la superstition, c'est parce qu'elle se laisse tromper par les pr&#234;tres, qui ont imagin&#233; la religion dans leur propre int&#233;r&#234;t. Si l'humanit&#233; souffre de la guerre, c'est qu'elle n'a pas su comprendre que la guerre est ruineuse. Et ainsi de suite ... &#034;Le cours des id&#233;es est d&#233;termin&#233; par le cours des choses &#034;, avait dit un grand penseur du d&#233;but du si&#232;cle dernier, Jean-Baptiste Vico. Les mat&#233;rialistes pensaient tout juste le contraire : le cours des choses, dans la soci&#233;t&#233;, est d&#233;termin&#233; par le cours des id&#233;es, et celui-ci par on ne sait quoi : les r&#232;gles de la logique formelle, ou l'accumulation des connaissances, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme absolu de Hegel &#233;tait bien loin de l'id&#233;alisme na&#239;f des Philosophes. Si Hegel r&#233;p&#232;te, apr&#232;s Anaxagore, que la Raison gouverne le monde, cela ne veut pas du tout dire, dans sa bouche, que le monde est gouvern&#233; par la pens&#233;e de l'homme. De ce que la nature est un syst&#232;me rationnel, il ne s'ensuit pas qu'elle soit dou&#233;e de conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le mouvement du syst&#232;me solaire s'accomplit selon des lois immuables, et ces lois constituent la raison de ce syst&#232;me ; mais ni le soleil, ni les plan&#232;tes qui tournent autour de lui, conform&#233;ment &#224; ces lois, n'en ont conscience .&#034; (Philosophie de l'histoire , pp. 15-16). Dou&#233; de conscience, l'homme assigne des buts pr&#233;cis &#224; son action ; mais l'histoire ne va pas comme le voudraient les hommes. Chaque action humaine entra&#238;ne une part d'impr&#233;vu, et c'est cette part qui, souvent, ou, plut&#244;t, presque toujours, constitue l'acquisition la plus essentielle de l'histoire ; c'est elle qui conduit &#224; l'accomplissement de l'Esprit universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Dans l'Histoire universelle, il r&#233;sulte des actions humaines quelque chose d'autre encore que ce &#224; quoi elles tendaient .&#034; Les hommes agissent comme l'exige leur int&#233;r&#234;t, mais la cons&#233;quence de l'acte est quelque chose de neuf, quelque chose qui se trouvait certes contenu dans cet acte, mais qui n'&#233;tait point dans la conscience, ni dans l'intention. (Philosophie de l'histoire , p.35).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat, les peuples et les individus poursuivent des fins priv&#233;es, personnelles. Et, sous cet angle, ils sont incontestablement des acteurs conscients et pensants . Mais, en poursuivant consciemment leurs fins propres (qui, d'ordinaire, t&#233;moignent aussi de certaines aspirations communes vers le Bien et le Juste), ils r&#233;alisent inconsciemment les fins de l'Esprit universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;sar, &#224; Rome, voulait la monarchie ; c'&#233;tait son but personnel ; mais la monarchie &#233;tait en ce temps une n&#233;cessit&#233; historique ; aussi, en cherchant &#224; r&#233;aliser ses fins personnelles, C&#233;sar servait-il l'Esprit universel. En ce sens, on peut dire que les personnages historiques et les peuples sont les instruments aveugles de l'Esprit qui les fait travailler pour son compte, en leur pr&#233;sentant l'app&#226;t d'une fin personnelle, et en se servant, pour les &#233;peronner, de la passion , sans laquelle rien de grand ne se fait dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a ici, &#224; l'&#233;gard des hommes, aucune mystique de l'&#034;inconscient&#034;. L'action se refl&#232;te toujours dans la pens&#233;e, mais ce n'est pas ce reflet qui conditionne le devenir historique. Le cours des choses n'est pas d&#233;termin&#233; par le cours des id&#233;es ; il l'est par un &#233;l&#233;ment ext&#233;rieur, ind&#233;pendant de la volont&#233; et dissimul&#233; &#224; la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contingence du libre arbitre humain et du jugement humain c&#232;de la place &#224; des lois , c'est-&#224;-dire &#224; la n&#233;cessit&#233; . C'est en ceci que r&#233;side l'incontestable sup&#233;riorit&#233; de &#034;l'id&#233;alisme absolu &#034; sur l'id&#233;alisme na&#239;f des Philosophes. Le premier repr&#233;sente par rapport au second ce que le monoth&#233;isme repr&#233;sente par rapport au f&#233;tichisme ou &#224; la magie. La magie ne laisse aucune place aux lois de la nature : elle suppose qu'&#224; chaque instant &#034;le cours des choses&#034; peut &#234;tre d&#233;tourn&#233; par l'action du sorcier. Le monoth&#233;isme attribue &#224; Dieu l'institution des lois de la nature, mais, au moins, sous sa forme la plus &#233;lev&#233;e, quand il cesse d'admettre le miracle, il professe que, par l'acte de la cr&#233;ation, le cours des choses se trouve, une fois pour toutes, soumis &#224; des lois ; et il r&#233;serve ainsi un vaste champ d'action &#224; la science. Tout de m&#234;me, en cherchant l'explication du devenir historique dans quelque chose qui ne d&#233;pend point du libre arbitre de l'homme, l'id&#233;alisme absolu assigne &#224; la science la t&#226;che d'expliquer les ph&#233;nom&#232;nes historiques par des lois, et la solution du probl&#232;me rend inutile l'hypoth&#232;se de l'Esprit , qui se r&#233;v&#232;le absolument impropre &#224; cette mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la conception que les mat&#233;rialistes fran&#231;ais se faisaient au dix-huiti&#232;me si&#232;cle du devenir historique revient &#224; affirmer que la raison humaine gouverne l'histoire, ce qu'ils attendaient de l'avenir peut &#234;tre formul&#233; ainsi : d&#233;sormais, tout sera remis en ordre et organis&#233; par une raison &#233;clair&#233;e, par la philosophie . Il est significatif que l'id&#233;alisme absolu de Hegel assignait &#224; la philosophie un r&#244;le beaucoup plus modeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Pour ce qui est de la doctrine concernant ce que doit &#234;tre le monde , lisons-nous dans la pr&#233;face de &#034;Philosophie du Droit&#034;, la philosophie arrive toujours trop tard. Pens&#233;e universelle, elle appara&#238;t seulement lorsque la r&#233;alit&#233; a achev&#233; son processus de formation et rev&#234;t un aspect d&#233;j&#224; achev&#233; ... Quand la philosophie commence &#224; tracer ses grises arabesques sur le fond grisaille de la r&#233;alit&#233;, elle ne peut plus lui rendre sa jeunesse ; elle peut seulement comprendre : la chouette de Minerve ne prend son vol qu'au cr&#233;puscule .&#034; (Philosophie du Droit , pp. XXIII-XXIV). Hegel va certainement trop loin. Tout en lui accordant que &#034;la philosophie&#034; ne peut ranimer un syst&#232;me social caduc et qui a fait son temps, on peut lui demander ce qui emp&#234;che la philosophie de nous indiquer, dans les grands traits, bien entendu, le caract&#232;re du nouveau syst&#232;me social qui remplacera l'ancien. &#034;La philosophie&#034; consid&#232;re les ph&#233;nom&#232;nes dans leur devenir ; et le devenir comporte deux aspects : la naissance et la destruction. On peut tenir ces deux aspects pour distincts dans le temps. Mais, dans la nature, et surtout en histoire, le devenir est, &#224; chaque instant, un processus double : ce qui est vieilli se d&#233;truit, en m&#234;me temps que quelque chose de neuf na&#238;t de ses ruines. Ce processus de formation du neuf demeurera-t-il pour toujours ferm&#233; &#224; &#034;la philosophie&#034; ? &#034;La philosophie&#034; conna&#238;t ce qui est et non point ce qui devrait &#234;tre dans l'opinion de tel ou tel. Mais qu'est-ce qui est &#224; chaque instant ? Quelque chose de vieilli qui se consume , et quelque chose de neuf en train de na&#238;tre. Si la philosophie conna&#238;t seulement ce qui se consume, elle n'a qu'une connaissance unilat&#233;rale , elle ne peut pas remplir sa mission qui consiste &#224; conna&#238;tre ce qui est. Et cela contredit la certitude de Hegel en la toute-puissance cognitive de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme moderne ignore cette exag&#233;ration. Sur la base de ce qui est, et qui se consume , il est capable de porter un jugement sur ce qui devient . Il ne faut pas oublier toutefois que notre notion de ce qui devient diff&#232;re essentiellement de la notion de devant-&#234;tre (sein sollenden ) que vise la phrase de Hegel sur la chouette de Minerve. Pour nous, ce qui devient est la cons&#233;quence n&#233;cessaire de ce qui se consume . Si nous savons que ce qui devient, c'est telle chose et non telle autre , nous le devons au processus objectif de l'&#233;volution sociale, qui nous pr&#233;pare &#224; conna&#238;tre ce qui est en train de devenir. Nous n'opposons pas notre pens&#233;e &#224; l'Etre ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas ainsi que l'on voyait la chose du c&#244;t&#233; des gens &#224; qui Hegel livrait bataille. Ils s'imaginaient que la pens&#233;e peut modifier &#224; son gr&#233; le cours naturel de l'&#233;volution de l'Etre. Aussi ne jugeaient-ils point n&#233;cessaire d'&#233;tudier ce cours ni d'en tenir compte. Leur repr&#233;sentation du devant-&#234;tre ne reposait pas sur l'&#233;tude de la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure, mais sur les jugements qu'ils portaient &#224; un instant donn&#233; sur le syst&#232;me social seul normal et &#233;quitable &#224; leurs yeux. Ces jugements, toutefois, leur &#233;taient simplement sugg&#233;r&#233;s par cette r&#233;alit&#233; ambiante et, surtout, par son aspect n&#233;gatif . Se r&#233;gler sur eux revenait, au fond, &#224; suivre les indications du r&#233;el, mais des indications enregistr&#233;es sans la moindre critique, sans la moindre tentative pour en v&#233;rifier le bien-fond&#233; par l'&#233;tude de la r&#233;alit&#233; qui les avait sugg&#233;r&#233;es. C'&#233;tait comme si on e&#251;t voulu conna&#238;tre un objet sans le consid&#233;rer directement, mais en observant son reflet dans un miroir convexe. Erreurs et d&#233;ceptions &#233;taient in&#233;vitables. Et, &#224; mesure que ces hommes oubliaient que leur notion du &#034;devant-&#234;tre&#034; provient de la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure, d'autant plus croyaient-ils que cette notion-l&#224; permettra d'agir &#224; leur guise sur le r&#233;el, tandis qu'un foss&#233; toujours plus profond se creusait entre ce qu'ils voulaient et ce &#224; quoi ils aboutissaient. Que la soci&#233;t&#233; bourgeoise d'aujourd'hui est loin de ce r&#232;gne de la raison dont r&#234;vaient les Philosophes ! Ignorer la r&#233;alit&#233; ne les d&#233;livrait point de l'emprise de ses lois : ils se privaient seulement de toute possibilit&#233; d'en pr&#233;voir l'action et de les faire servir &#224; leurs fins. C'est pourquoi les fins en question se r&#233;v&#233;l&#232;rent inaccessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A s'en tenir au point de vue des Philosophes, on ne d&#233;passait pas l'antith&#232;se abstraite entre libert&#233; et n&#233;cessit&#233; . Il semble, &#224; premi&#232;re vue que, si la n&#233;cessit&#233; domine l'histoire, il ne saurait y avoir place, dans celle-ci, pour une activit&#233; libre de l'homme. C'est l'id&#233;alisme allemand qui a corrig&#233; cette erreur &#233;norme. Schelling avait d&#233;j&#224; fait voir qu'&#224; y bien regarder, la libert&#233; se r&#233;v&#232;le n&#233;cessit&#233;, et la n&#233;cessit&#233; libert&#233; . Hegel a d&#233;finitivement r&#233;solu l'antinomie Libert&#233;-N&#233;cessit&#233;. Il a montr&#233; que nous sommes libres dans la mesure seulement o&#249; nous connaissons les lois de la nature, de l'&#233;volution sociale et du devenir historique, et dans la mesure o&#249;, nous y soumettant , nous prenons appui sur elles. C'a &#233;t&#233; la plus magnifique d&#233;couverte aussi bien dans le domaine de la philosophie que dans celui de la science sociale, d&#233;couverte dont n'a toutefois pleinement profit&#233; que le mat&#233;rialisme contemporain, le mat&#233;rialisme dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explication mat&#233;rialiste de l'histoire suppose la dialectique comme m&#233;thode de pens&#233;e. La dialectique &#233;tait connue d&#232;s avant Hegel. Mais Hegel a su l'utiliser comme ne l'avait fait aucun de ses pr&#233;d&#233;cesseurs. Aux mains de cet id&#233;aliste de g&#233;nie, elle est devenue un magnifique instrument de connaissance de tout ce qui est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La dialectique , dit-il, est ... l'&#226;me de la recherche scientifique, et constitue l'unique principe &#224; l'aide duquel le contenu de la science se voit conf&#233;rer une liaison et une n&#233;cessit&#233; immanentes. S'&#233;carter des d&#233;terminations rationnelles abstraites semble &#224; la conscience commune une suggestion du simple bon sens, conform&#233;ment &#224; la maxime &#034;vis et laisse vivre les autres&#034;, tout &#233;tant repr&#233;sent&#233; comme &#233;galement bon. Mais le fond de la chose consiste en ce que le fini n'est pas seulement limit&#233; du dehors, mais doit &#234;tre d&#233;truit et transform&#233; en son contraire, en vertu de sa propre nature interne.&#034; Tant que Hegel demeure fid&#232;le &#224; la m&#233;thode dialectique, il se r&#233;v&#232;le un penseur &#233;minemment progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous disons que toutes choses (c'est-&#224;-dire tout ce qui est fini en tant que tel) doivent &#234;tre d&#233;f&#233;r&#233;es au tribunal de la dialectique, et, de ce fait, nous la d&#233;finissons comme la force universelle irr&#233;sistible appel&#233;e &#224; ruiner toutes choses, si durables qu'elles aient pu para&#238;tre .&#034; Aussi Hegel a-t-il parfaitement raison de dire qu'il est de la plus haute importance de bien comprendre et de s'assimiler s&#233;rieusement la dialectique. Car c'est l'instrument scientifique essentiel que le mat&#233;rialisme contemporain, successeur de l'id&#233;alisme allemand, en a re&#231;u en h&#233;ritage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme ne pouvait pas toutefois utiliser la dialectique sous sa forme id&#233;aliste. Il fallait tout d'abord la d&#233;barrasser de son enveloppe mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus grand des mat&#233;rialistes, un homme qui ne le c&#232;de en rien &#224; Hegel pour le g&#233;nie, et qui est le v&#233;ritable continuateur de ce grand philosophe, Karl Marx , a dit avec juste raison que sa m&#233;thode repr&#233;sente l'antith&#232;se compl&#232;te de celle de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Pour Hegel, le mouvement de la pens&#233;e, qu'il personnifie sous le nom de l'Id&#233;e, est le d&#233;miurge de la r&#233;alit&#233;, laquelle n'est que la forme ph&#233;nom&#233;nale de l'Id&#233;e. Pour moi, au contraire, le mouvement de la pens&#233;e n'est que la r&#233;flexion du mouvement r&#233;el, transport&#233; et transpos&#233; dans le cerveau de l'homme .&#034; (Le Capital , pr&#233;face, 2&#176; &#233;dition, p. XIX. Bureau d'&#233;ditions, p. 29, Paris 1938). Gr&#226;ce &#224; Marx, la philosophie mat&#233;rialiste s'&#233;l&#232;ve jusqu'&#224; une conception du monde harmonieuse et logique, qui forme un tout. On sait d&#233;j&#224; que les mat&#233;rialistes du si&#232;cle dernier &#233;taient rest&#233;s des id&#233;alistes fort na&#239;fs dans le domaine de l'histoire. Marx a chass&#233; l'id&#233;alisme de cet ultime refuge. Comme Hegel, il a vu dans l'histoire de l'humanit&#233; un processus soumis &#224; des lois et ind&#233;pendant de l'arbitraire humain. Comme Hegel, il a consid&#233;r&#233; tous les ph&#233;nom&#232;nes dans le processus de leur naissance et de leur destruction ; comme Hegel, il ne s'est point content&#233; d'une st&#233;rile explication m&#233;taphysique des ph&#233;nom&#232;nes historiques ; enfin, comme Hegel, il s'est efforc&#233; de ramener &#224; une source commune unique tous les facteurs &#224; l'&#339;uvre dans la vie sociale et qui agissent les uns sur les autres. Ce n'est pas dans l'Esprit absolu qu'il a trouv&#233; cette source, mais dans l'&#233;volution &#233;conomique &#224; laquelle, nous l'avons vu, Hegel avait d&#251; recourir lorsque l'id&#233;alisme s'&#233;tait r&#233;v&#233;l&#233; une arme vaine et inutile, m&#234;me dans ses mains habiles et fortes. Toutefois, ce qui, chez Hegel, demeurait une intuition fortuite plus ou moins g&#233;niale, est devenu chez Marx rigoureuse induction scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme dialectique contemporain s'est beaucoup mieux rendu compte que l'id&#233;alisme de cette v&#233;rit&#233; : les hommes font l'histoire sans en avoir conscience. De son point de vue, le cours de l'histoire est d&#233;termin&#233;, en derni&#232;re analyse, non pas par la volont&#233; humaine, mais par le d&#233;veloppement des forces mat&#233;rielles de production. Le mat&#233;rialisme sait aussi &#224; quel moment &#034;la chouette de Minerve prend son vol &#034; ; mais, dans l'essor de cet oiseau, comme en bien d'autres cas, il ne voit rien de myst&#233;rieux. Il a su appliquer &#224; l'histoire le rapport que l'id&#233;alisme avait institu&#233; entre la libert&#233; et la n&#233;cessit&#233;. Les hommes ont fait, et ils devront faire leur histoire inconsciemment , tant que les forces motrices de l'histoire agiront &#224; leur insu, dans l'ombre. Mais, une fois ces forces d&#233;couvertes, une fois connues les lois de leur action, les hommes deviendront capables de s'en servir, de les soumettre &#224; leur raison. Le m&#233;rite de Marx consiste &#224; avoir d&#233;couvert ces forces et soumis leur action &#224; la plus soigneuse &#233;tude. Le mat&#233;rialisme dialectique, qui, dans l'opinion des philistins, devait transformer l'homme en automate, ouvre, et pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, les portes au r&#232;gne de la libert&#233; et de l'action consciente. Mais on ne peut p&#233;n&#233;trer dans ce royaume qu'&#224; condition de modifier enti&#232;rement l'activit&#233; sociale d'aujourd'hui. Les philistins en ont conscience, ou, du moins, ils le pressentent. Aussi l'explication mat&#233;rialiste de l'histoire les attriste-t-elle profond&#233;ment ; et c'est pourquoi il n'est pas un philistin qui puisse ni qui souhaite comprendre ou s'assimiler le marxisme dans sa pl&#233;nitude. Hegel consid&#233;rait le prol&#233;tariat comme une foule . Pour Marx, et pour les marxistes, le prol&#233;tariat est une force immense, le v&#233;hicule de l'avenir. Seul le prol&#233;tariat est capable de s'assimiler la doctrine de Marx (nous ne parlons pas des exceptions), et on le voit, dans la r&#233;alit&#233;, se p&#233;n&#233;trer toujours plus profond&#233;ment de son contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philistins de tous les pays pr&#233;tendent bruyamment que la litt&#233;rature marxiste ne compte aucun ouvrage important &#224; l'exception du Capital . D'abord, c'est faux ; et, de plus, m&#234;me si c'&#233;tait vrai, on n'en saurait tirer aucun argument. Peut-on parler du marasme d'une pens&#233;e qui conquiert chaque jour des masses de disciples et ouvre &#224; toute une classe sociale d'immenses perspectives nouvelles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel parle avec enthousiasme du peuple ath&#233;nien, devant qui l'on jouait les trag&#233;dies d'Eschyle et de Sophocle, pour qui parla P&#233;ricl&#232;s et de qui sont sortis &#034;des hommes demeur&#233;s pour des si&#232;cles des exemples classiques &#034;. On comprend l'enthousiasme de Hegel. Il n'en faut pas moins faire observer que le peuple d'Ath&#232;nes &#233;tait un peuple de propri&#233;taires d'esclaves , que ce n'est pas aux esclaves que parlait P&#233;ricl&#232;s, ni &#224; eux qu'&#233;taient destin&#233;es les oeuvres d'art. La science, aujourd'hui, s'adresse aux travailleurs, et nous sommes pleinement en droit de regarder avec admiration la classe ouvri&#232;re contemporaine &#224; laquelle s'adressent les plus grands penseurs, et pour qui parlent les orateurs les plus grands. C'est maintenant seulement que l'union s'est faite enfin, intime et indissoluble, entre la science et les ouvriers, une union qui pose les bases d'une &#233;poque f&#233;conde et sublime de l'histoire universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit parfois que le point de vue de la dialectique s'identifie &#224; celui de l'&#233;volution. Il est indubitable que les deux m&#233;thodes ont des points de contact. Il existe pourtant entre eux une importante diff&#233;rence, une diff&#233;rence tr&#232;s profonde, et qui n'est pas, on doit le reconna&#238;tre, &#224; l'avantage de la th&#233;orie de l'&#233;volution. Les &#233;volutionnistes d'aujourd'hui ajoutent &#224; leur doctrine une notable proportion d'esprit conservateur. Ils voudraient montrer qu'il n'y a pas de sauts dans la nature non plus que dans l'histoire. Or, la dialectique sait fort bien que, dans la nature comme dans la pens&#233;e humaine et dans l'histoire, les sauts sont in&#233;vitables . Mais elle ne perd pas de vue un autre fait indiscutable : qu'&#224; toutes les &#233;tapes du changement c'est un seul et m&#234;me processus continu qui se d&#233;roule. Elle t&#226;che simplement de se rendre compte des conditions dans lesquelles le changement continu aboutit n&#233;cessairement &#224; un saut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Hegel, les utopies ont une importance symptomatique en histoire : elles portent t&#233;moignage des contradictions d'une &#233;poque. C'est exactement le point de vue du mat&#233;rialisme dialectique : le mouvement ouvrier qui, aujourd'hui, ne cesse de cro&#238;tre, n'a point pour conditions les plans utopiques de divers r&#233;formateurs, mais les lois de la production et de l'&#233;change. Voil&#224; pourquoi &#224; la diff&#233;rence des utopistes de jadis, ceux d'aujourd'hui sont des hommes politiques qui cherchent &#224; arr&#234;ter la roue de l'histoire. Le trait le plus caract&#233;ristique de notre &#233;poque, c'est que le recours &#224; l'utopie ne vient plus des r&#233;formateurs, mais de leurs adversaires, utopiques avocats de la peu engageante r&#233;alit&#233; d'aujourd'hui, qui voudraient se convaincre et convaincre les autres que cette r&#233;alit&#233; poss&#232;de toutes les perfections, qu'il suffit d'en &#233;liminer les abus qui ont pu s'y accumuler. Cela nous rappelle invinciblement le jugement de Hegel sur la R&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La R&#233;forme , disait-il, fut la cons&#233;quence de la d&#233;moralisation de l'Eglise . Mais la d&#233;moralisation de l'Eglise n'&#233;tait point l'effet du hasard ni, seulement, des abus de l'autorit&#233; et du pouvoir. On consid&#232;re g&#233;n&#233;ralement les abus comme la cause de la d&#233;moralisation, sous-entendant que la base est bonne et l'objet parfait en soi, mais que les passions, les int&#233;r&#234;ts subjectifs, la volont&#233; fortuite des hommes en g&#233;n&#233;ral se servent de ce bien comme d'un moyen pour satisfaire des aspirations personnelles, en cons&#233;quence de quoi il ne resterait qu'&#224; &#233;liminer le hasard ... Ce point de vue sauve l'objet et fait du mal quelque chose d'ext&#233;rieur. Mais l'objet dont on abuse par hasard, ne peut &#234;tre qu'un d&#233;tail ; les choses vont tout autrement lorsqu'il est question d'un mal consid&#233;rable et universel dans un objet aussi universel et aussi g&#233;n&#233;ral que l'Eglise .&#034; (Philosophie de l'histoire , pp. 497-498). Il ne faut pas s'&#233;tonner qu'on n'aime gu&#232;re Hegel du c&#244;t&#233; des gens enclins &#224; faire appel aux lacunes &#034;fortuites&#034; alors qu'il s'agit d'une modification fondamentale de &#034;l'objet&#034; m&#234;me. Ils ont peur de ce qu'il y a de hardi, de radical dans l'esprit dont est p&#233;n&#233;tr&#233;e la philosophie de Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut un temps o&#249; Hegel avait contre soi tous ceux qui appartenaient plus ou moins au camp des novateurs. Ce qui les &#233;cartait du philosophe, c'&#233;tait son attitude de petit bourgeois &#224; l'&#233;gard de la r&#233;alit&#233; prussienne de l'&#233;poque. Ces adversaires de Hegel se trompaient fort : l'enveloppe r&#233;actionnaire leur cachait le noyau novateur du syst&#232;me. Leur antipathie pour le grand penseur se fondait toutefois sur des motifs g&#233;n&#233;reux et qui forcent le respect. De nos jours, ceux qui condamnent Hegel, ce sont les hommes de science de la bourgeoisie ; et ils le condamnent, parce qu'ils comprennent, ou, du moins, parce qu'ils sentent instinctivement l'esprit novateur de sa philosophie. C'est la raison qui fait qu'on pr&#233;f&#232;re aujourd'hui passer sous silence les m&#233;rites de Hegel, qu'on lui oppose volontiers Kant et qu'il n'est presque pas de jeune agr&#233;g&#233; qui ne se croit invit&#233; &#224; porter aux nues &#034;le penseur de K&#246;nigsberg &#034;. Nous rendons hommage &#224; Kant ; nous ne discutons pas ses m&#233;rites ; mais il nous parait bien suspect que le go&#251;t des philosophes bourgeois pour la critique kantienne s'attache presque exclusivement &#224; ses points faibles. C'est, en effet, le dualisme propre au syst&#232;me qui attire surtout ces id&#233;ologues. Or, le dualisme est chose bien commode dans le domaine &#034;des m&#339;urs&#034;. Il permet de se b&#226;tir les id&#233;als les plus s&#233;duisants, d'entreprendre les exp&#233;ditions les plus hardies dans &#034;le meilleur des mondes &#034;, sans le moindre souci de faire passer les &#034;id&#233;als &#034; dans la r&#233;alit&#233; . Rien de plus pratique. Dans l'id&#233;al, on peut, par exemple, an&#233;antir les classes et supprimer l'exploitation d'une classe par une autre, mais dans la r&#233;alit&#233;, se faire l'avocat de l'Etat de classe. Et ainsi de suite ... Hegel consid&#232;re qu'il n'y a point pire insulte &#224; la raison humaine que l'opinion courante selon laquelle l'id&#233;al ne saurait se r&#233;aliser. &#034;Tout ce qui est rationnel est r&#233;el, et tout ce qui est r&#233;el est rationnel .&#034; La formule, on le sait, a fourni occasion &#224; de nombreux malentendus, aussi bien en Allemagne qu'&#224; l'&#233;tranger, et, tout particuli&#232;rement, en Russie. Il en faut rechercher la cause dans ce qu'on n'a point clairement compris le sens que Hegel conf&#233;rait aux mots &#034;rationnel &#034; et &#034;r&#233;el &#034;. On aurait pu croire, au contraire, que m&#234;me si on les prend dans l'interpr&#233;tation vulgaire, habituelle, ce qu'il y a de r&#233;volutionnaire dans la premi&#232;re partie de la formule, devrait ne point faire de doute : &#034;Tout ce qui est rationnel est r&#233;el .&#034; Car, appliqu&#233;e &#224; l'histoire, cette maxime t&#233;moigne seulement de l'in&#233;branlable conviction que rien de ce qui est rationnel ne saurait demeurer &#034;du domaine de l'au-del&#224; &#034;, que tout le rationnel doit passer dans le r&#233;el. Sans cette conviction si encourageante, la pens&#233;e novatrice perdrait toute port&#233;e pratique. Pour Hegel, l'histoire repr&#233;sente la manifestation et l'accomplissement dans le temps de l'Esprit universel (c'est-&#224;-dire de la raison). Comment, de ce point de vue, expliquer le changement continu des formes sociales ? On le peut &#224; condition seulement de se rappeler que, dans le devenir historique, &#034;la folie devient raison et le mal un bien &#034;. Quand la raison s'est transform&#233;e en son contraire, quand elle est devenue folie, il ne faut point, aux yeux de Hegel, prendre des gants. C&#233;sar viole la constitution romaine en s'emparant du pouvoir. Cette infraction semble un crime, et les adversaires de C&#233;sar semblaient avoir toutes raisons de se prendre pour les d&#233;fenseurs du droit, puisqu'ils se tenaient sur le terrain des lois. Mais le droit dont ils embrassaient la cause &#034;&#233;tait un droit formel priv&#233; de l'esprit de vie et abandonn&#233; des dieux &#034;. Enfreindre ce droit ne constituait donc un crime que sous le rapport de la forme ; en fait, il n'y a rien de plus facile que d'absoudre Jules C&#233;sar pour avoir viol&#233; la constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet de Socrate, condamn&#233; pour avoir attent&#233; &#224; la morale dominante, voici ce que dit Hegel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Socrate fut un h&#233;ros en ce qu'il comprit consciemment le principe supr&#234;me et le proclama. Le principe supr&#234;me poss&#232;de un droit absolu. Telle est en g&#233;n&#233;ral la condition des h&#233;ros dans l'histoire universelle : c'est par leur interm&#233;diaire que se r&#233;alise l'ascension du monde nouveau. Parce qu'il contredit le principe &#233;tabli, le principe nouveau parait un principe destructeur. Pour la m&#234;me raison, il semble aussi que les h&#233;ros font violence aux lois ; et, individuellement, ils sont condamn&#233;s &#224; p&#233;rir ; mais leur principe poursuit son action, encore que sous une autre forme, et il sape ce qui est &#233;tabli &#034;. (Histoire de la philosophie , tome II, p. 120). Le passage est par soi-m&#234;me assez clair. Il devient plus clair encore si l'on se rappelle que, pour Hegel, ce ne sont pas seulement les h&#233;ros, les individus qui occupent la sc&#232;ne, mais les peuples d&#232;s qu'ils deviennent les v&#233;hicules d'un principe nouveau de l'histoire universelle. Et, lorsque ce cas se pr&#233;sente, c'est sur un champ immense que le droit des peuples s'exerce :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Contre ce droit absolu d'&#234;tre le v&#233;hicule de l'Esprit universel &#224; une certaine &#233;tape de son devenir, l'esprit des autres peuples perd ses droits. Ces peuples ont fait leur temps ; ils n'appartiennent plus &#224; l'histoire universelle .&#034; (Philosophie du Droit , &#167; 347). Nous savons qu'&#224; l'heure actuelle le v&#233;hicule du nouveau principe de l'histoire universelle, ce n'est plus un peuple, mais une classe. Mais nous demeurerons fid&#232;les &#224; l'esprit de la philosophie h&#233;g&#233;lienne si nous disons que les autres classes de la soci&#233;t&#233; ne trouveront leur place dans l'histoire universelle que dans la mesure ou elles sauront apporter leur soutien &#224; la classe en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on que nous a l&#233;gu&#233;e le grand id&#233;alisme allemand, c'est que l'aspiration vers la grandeur d'un but historique doit &#234;tre irr&#233;sistible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Assur&#233;ment il peut &#234;tre &#8212; et il est toujours &#8212; l'expression d'un certain aspect de cette &#233;poque. Mais cela ne change rien au fond de l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Hegel, on le sait, distingue la morale de la moralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] La cause principale de la d&#233;cadence de Lac&#233;d&#233;mone fut l'in&#233;galit&#233; des biens , d&#233;clare Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &#034;Quand on consid&#232;re, dit-il, la vie toujours changeante et jamais en repos de ces villes, la lutte constante des factions, on voit avec &#233;tonnement que, par ailleurs, l'industrie y fut hautement prosp&#232;re, tout de m&#234;me que le commerce par terre et par mer. Le m&#234;me principe de vitalit&#233; qui s'&#233;tait nourri de cette animation int&#233;rieure a suscit&#233; cette prosp&#233;rit&#233; .&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Dans l'&#233;tat de la science &#224; cette &#233;poque, les id&#233;es de Hegel sur les d&#233;buts de l'histoire de la famille et de la propri&#233;t&#233; ne pouvaient pr&#233;senter beaucoup de nettet&#233;. Ce qui compte, c'est qu'il devine d&#233;j&#224; de quel c&#244;t&#233; il faut chercher l'explication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Montesquieu, par exemple, se laisse souvent aller dans l'Esprit des lois &#224; des consid&#233;rations touchant l'influence de la nature sur la physiologie humaine, et s'efforce d'expliquer par cette influence beaucoup de ph&#233;nom&#232;nes historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &#034;Les plateaux, dit Hegel, m&#232;nent &#224; d'&#233;troites vall&#233;es de montagne, qu'habitent des peuples montagnards paisibles, des bergers qui s'occupent un peu d'agriculture. C'est le cas des Suisses. On trouve en Asie des peuples de ce genre, mais ils ne jouent, en d&#233;finitive, aucun r&#244;le .&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] C'est surtout l'Angleterre qu'il a en vue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C&#244;te d'Ivoire : il n'y a pas deux pr&#233;sidents, il n'y a pas deux Etats, il n'y a pas deux arm&#233;es, il n'y en a aucun pour le peuple travailleur. Une seule perspective : la r&#233;volte sociale comme dans le reste du monde !!!!</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article1960</link>
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		<dc:date>2011-03-02T06:54:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdel</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique - Africa</dc:subject>
		<dc:subject>C&#244;te d'Ivoire</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les victimes se multiplient &lt;br class='autobr' /&gt;
L'enfer s'installe dans la dur&#233;e... &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre et la guerre civile menace les simples travailleurs se rendant au boulot... &lt;br class='autobr' /&gt;
Loin d'&#234;tre une protection, les forces arm&#233;es sont une menace pour tous ... &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec le face &#224; face violent des deux camps de la bourgeoisie et de leurs bandes arm&#233;es et milices, le peuple travailleur est plus que jamais dans la mis&#232;re, plus que jamais victime d'exactions, plus que jamais au ch&#244;mage, sans nourriture, sans s&#233;curit&#233;, sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;Afrique - Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot135" rel="tag"&gt;C&#244;te d'Ivoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_2514 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/Presidents.jpg' width=&#034;434&#034; height=&#034;276&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les victimes se multiplient&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/photo_1298412252900-2-0.jpg' width=&#034;512&#034; height=&#034;327&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'enfer s'installe dans la dur&#233;e...&lt;/p&gt;
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&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La guerre et la guerre civile menace les simples travailleurs se rendant au boulot...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2515 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/photo_1247592078013-1-0.jpg' width=&#034;512&#034; height=&#034;391&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre une protection, les forces arm&#233;es sont une menace pour tous ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le face &#224; face violent des deux camps de la bourgeoisie et de leurs bandes arm&#233;es et milices, le peuple travailleur est plus que jamais dans la mis&#232;re, plus que jamais victime d'exactions, plus que jamais au ch&#244;mage, sans nourriture, sans s&#233;curit&#233;, sans avenir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en a assez de cette situation qui dure et prend en otages les travailleurs et tous les milieux populaires !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous subissons le co&#251;t de la vie, le ch&#244;mage et le ch&#244;mage technique, le blocage des banques, la p&#233;nurie et la mis&#232;re, les menaces multiples...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout ce que les classes dirigeantes ivoiriennes et internationales ont &#224; nous proposer : nous enfoncer sans cesse dans la mis&#232;re et la dictature avec comme avenir de devenir un nouveau Rwanda !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; nous de nous donner un autre avenir comme l'ont fait les peuples tunisien, &#233;gyptien ou libyen et comme le font de nombreux peuples &#224; leur suite.....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas les patrons qui sont solidaires de notre situation. Nous qui avons d&#233;j&#224; risqu&#233; notre vie pour nous rendre simplement au travail nous retrouvons avec des salaires coup&#233;s ou supprim&#233;s....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair qu'aujourd'hui la seule chose qui fonctionne est la solidarit&#233; entre travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que l'ennemi d'un travailleur n'est pas le travailleur d'une autre ethnie, d'une autre r&#233;gion, d'une autre origine, d'une autre religion, d'un autre pays !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut unir les travailleurs contre ceux qui les exploitent et les jettent dans la mis&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez des deux camps, assez entendu parler de Gbagbo et de Ouattara !!! Ce n'est pas eux qui nous donneront &#224; manger ! C'est notre travail !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui peut nous donner libert&#233; et bien-&#234;tre c'est notre combat ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les autres peuples, manifestons contre les bandes arm&#233;es et pour le peuple travailleur, pour les jeunes, pour les femmes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la &#034;communaut&#233; internationale&#034;, ce n'est pas les chefs d'Etat africains, ce n'est pas des dialogues entre bellig&#233;rants, ce n'est pas les grands pays imp&#233;rialistes, ce n'est pas l'ONU qui vont nous sauver !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs !!! Sauvons nous nous-m&#234;mes !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons tomber tous les pouvoirs, celui de Gbagbo et celui de Ouattara !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettons en place le pouvoir du peuple travailleur de C&#244;te d'Ivoire !!!!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;mancipation des travailleurs sera l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes (Karl Marx)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TRAVAILLEURS, O&#217; ALLONS-NOUS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'issue du deuxi&#232;me tour des &#233;lections pr&#233;sidentielles, deux candidats revendiquent la victoire. La guerre est engag&#233;e entre les deux clans, celui du LMP et celui du RHDP, pour imposer sa victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fusils sont sortis. Le nombre de morts s'&#233;l&#232;ve d&#233;j&#224; &#224; plus de 170, selon des chiffres officiels. Les bless&#233;s se comptent par centaines. S'y ajoutent de nombreuses arrestations et des exactions arbitraires. Dans de nombreux quartiers pauvres, les machettes ont &#233;t&#233; aiguis&#233;es et sont gard&#233;es &#224; port&#233;e de main. Des bandes de racketteurs s&#233;vissent. Les habitants vivent dans la crainte permanente d'&#233;ventuelles attaques venant d'un clan ou de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs qui arrivent tant bien que mal &#224; se rendre au travail dans cette situation d'ins&#233;curit&#233; et d'absence de transport en commun, m&#234;me ceux-l&#224; arrivent difficilement &#224; se nourrir. De nombreuses familles ouvri&#232;res vivent &#224; la limite de la famine, tellement les prix ont augment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les usines, avant que n'&#233;clate la crise actuelle, entre les sympathisants du LMP et les sympathisants du RHDP, c'&#233;tait des plaisanteries. Mais aujourd'hui, les gens se m&#233;fient les uns des autres. &#199;a discute par affinit&#233; politique. On cherche &#224; &#233;viter la confrontation verbale, mais elle est in&#233;vitable si la discussion se limite &#224; prendre parti pour l'un ou l'autre des deux hommes qui se proclament pr&#233;sidents tous les deux. Quand &#231;a arrive, le ton monte. Mais jusque-l&#224;, on arrive le plus souvent &#224; calmer les coll&#232;gues, souvent en entamant des discussions sur nos conditions de travail qui sont communes, au-del&#224; de nos appartenances ethniques ou politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, la division entre les travailleurs n'a pas encore atteint le seuil de l'irr&#233;parable. Les travailleurs de tous bords travaillent c&#244;te &#224; c&#244;te dans les ateliers, les chantiers ou les bureaux, vivent c&#244;te &#224; c&#244;te dans les m&#234;mes quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette lutte pour le pouvoir entre RHDP et LMP risque d'entra&#238;ner les travailleurs &#224; une confrontation plus ouverte et sanglante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre que se m&#232;nent deux leaders et leurs clans politiques respectifs n'est pas la n&#244;tre ! Celui qui l'emportera y gagnera le droit d'occuper le palais pr&#233;sidentiel. Le clan du vainqueur y gagnera des postes et des positions : ministres, pr&#233;sidents d'institutions, hauts fonctionnaires, chefs des &#171; corps habill&#233;s &#187;, directeurs d'entreprises d'&#201;tat. Ils y gagneront le droit de vivre et de s'enrichir sur notre dos, de se servir dans les caisses de l'&#201;tat, d'empocher l'argent de la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous, les travailleurs, qu'est-ce que nous pourrions gagner dans cette guerre civile fratricide, quelle qu'en soit l'issue ? Qui que ce soit qui l'emporte, nous n'aurons droit &#224; rien, mais nous aurons &#224; pleurer nos morts, nos bless&#233;s, nous d&#233;soler sur nos maisons transform&#233;es en ruines. Nous n'avons pas &#224; verser ni notre sang ni nos larmes pour rien, simplement pour assurer le droit d'un des deux pr&#233;sidents concurrents &#224; nous opprimer pendant les ann&#233;es qui viennent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un travailleur peut pr&#233;f&#233;rer tel pr&#233;sident plut&#244;t que tel autre. Mais chacun d'entre nous, en r&#233;fl&#233;chissant, se rendra compte qu'aucun des deux ne repr&#233;sente nos int&#233;r&#234;ts de travailleurs. Aucun ne prendra le parti des pauvres contre les riches, des ouvriers contre les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel aux sentiments d'appartenance ethnique ne leur sert qu'&#224; nous embrigader chacun dans son camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les dirigeants de tous ces partis politiques, pour arriver &#224; leurs fins, r&#233;ussissent &#224; se servir des travailleurs comme des petits pions pour qu'ils s'entretuent entre eux, ce sont alors tous les pauvres qui payeront le prix du sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous les travailleurs, notre camp, c'est le camp des travailleurs. Nous sommes b&#233;t&#233;, burkinab&#233;, baoul&#233;, senoufo, agni, dioula, gouro, &#233;bri&#233;, dida, yakouba, etc. C'est nous qui faisons tourner l'&#233;conomie de ce pays. Nous sommes ouvriers d'usines, man&#339;uvres dans le b&#226;timent, petits employ&#233;s de bureaux, journaliers, djobeurs, balayeurs, chauffeurs, femmes de salle, dockers, etc. Nous avons en commun de vivre de notre travail. Nous sommes la classe des pauvres. Nous avons tous besoin d'un salaire r&#233;gulier qui nous permette de mener une vie honn&#234;te. Nous avons besoin d'augmentation de salaire. Nous avons besoin de nous loger. Nous avons besoin d'avoir acc&#232;s aux h&#244;pitaux. Nous avons besoin de scolariser nos enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts qui nous unit au-del&#224; de nos sentiments pro-Gbagbo ou pro-Ouattara ; au-del&#224; de notre appartenance ethnique, clanique, religieuse, tribale ou nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour am&#233;liorer nos conditions de vie et de travail, ne serait-ce que pour rattraper le niveau de salaire qui &#233;tait le n&#244;tre il y a vingt ans, il nous faudra n&#233;cessairement unir nos forces pour affronter le patronat qui nous exploite. Aucun gouvernement n'est jamais venu &#224; notre aide. Aucun ne le fera dans l'avenir. Si nous sortons divis&#233;s de cette crise, comment pourrons-nous alors faire face au patronat pour lui imposer des augmentations de salaire indispensables, pour ne pas crever de mis&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, camarades travailleurs, sachons &#233;viter le pi&#232;ge qui est devant nous. Si nous nous divisons aujourd'hui entre deux camps politiques qui ne nous repr&#233;sentent pas, non seulement nous payerons le prix du sang, mais le chemin de l'unit&#233; sera plus difficile &#224; trouver demain. Or, il nous faudra n&#233;cessairement nous retrouver tous ensemble pour affronter le patronat et le gouvernement, pour la d&#233;fense de nos int&#233;r&#234;ts en tant que travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de guerre entre travailleurs ! Nos ennemis sont ceux qui nous exploitent, nous rackettent et nous oppriment ! UATCI&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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