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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La r&#233;volution bourgeoise - La naissance politique du capitalisme</title>
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		<dc:date>2026-01-11T23:04:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;volution bourgeoise &lt;br class='autobr' /&gt;
La naissance politique du capitalisme &lt;br class='autobr' /&gt;
(1890) &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment la bourgeoisie se souvient de sa propre r&#233;volution &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a un an, on c&#233;l&#233;brait en France, comme dans tout le monde civilis&#233;, le centi&#232;me anniversaire de cette r&#233;volution qu'on appelle &#224; juste titre &#171; la Grande &#187;, parce qu'elle marque le point de d&#233;part d'une nouvelle p&#233;riode historique. Cet &#233;v&#233;nement apporta de nombreux bienfaits &#224; tout le monde civilis&#233; en g&#233;n&#233;ral et plus particuli&#232;rement &#224; la bourgeoisie, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;R&#233;volution bourgeoise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution bourgeoise
&lt;p&gt;La naissance politique du capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(1890)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la bourgeoisie se souvient de sa propre r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, on c&#233;l&#233;brait en France, comme dans tout le monde civilis&#233;, le centi&#232;me anniversaire de cette r&#233;volution qu'on appelle &#224; juste titre &#171; la Grande &#187;, parce qu'elle marque le point de d&#233;part d'une nouvelle p&#233;riode historique. Cet &#233;v&#233;nement apporta de nombreux bienfaits &#224; tout le monde civilis&#233; en g&#233;n&#233;ral et plus particuli&#232;rement &#224; la bourgeoisie, la bourgeoisie fran&#231;aise en premier lieu. Cette r&#233;volution mit fin &#224; la domination de la noblesse et assura &#224; la bourgeoisie le premier rang dans tous les domaines de la vie publique. Toutes les tentatives de la Restauration pour modifier l'&#233;tat des choses cr&#233;&#233; par la r&#233;volution rest&#232;rent vaines, d'autant plus que les r&#233;actionnaires n'essay&#232;rent m&#234;me pas d'&#233;liminer les cons&#233;quences les plus importantes, c'est-&#224;-dire les cons&#233;quences sociales de la grande r&#233;volution. Personne ne pouvait ignorer, m&#234;me &#224; ce moment-l&#224;, que, sous ce rapport, rien ne pouvait plus &#234;tre chang&#233; ; que, malgr&#233; toutes les &#171; indemnit&#233;s &#187; si g&#233;n&#233;reuses que soient accord&#233;es &#224; la noblesse f&#233;odale, son r&#244;le dirigeant dans la vie de la soci&#233;t&#233; &#233;tait d&#233;finitivement termin&#233;. Avec la grande r&#233;volution commen&#231;a le r&#232;gne incontest&#233; de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est donc pas &#233;tonnant que la bourgeoisie se soit souvenue de cet &#233;v&#233;nement important &#224; l'occasion de son centenaire. D&#233;j&#224; quelques ann&#233;es avant la c&#233;l&#233;bration de l'anniversaire de la r&#233;volution, la presse bourgeoise avait annonc&#233; sur tous les tons la grande f&#234;te &#224; venir. Mais observons d'un peu plus pr&#232;s comment la bourgeoisie se souvient de sa r&#233;volution. Comment cet &#233;v&#233;nement capital se repr&#233;sente-t-il dans son esprit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons devant nous le livre d'un des savants patent&#233;s de la bourgeoisie fran&#231;aise, Paul Janet ( Centenaire de 1789, Histoire de la R&#233;volution fran&#231;aise , par Paul Janet, Paris), qui est parfois compt&#233; parmi les philosophes &#8211; lui-m&#234;me ne semble pas y voir d'objection. Le fait que Paul Janet se trouve dans une sorte de rapport, incompr&#233;hensible pour nous, avec la science de la philosophie, nous est ici tr&#232;s utile, car un philosophe bourgeois, mieux que quiconque, peut nous &#233;clairer sur la philosophie bourgeoise de la grande r&#233;volution. Cherchons donc cette philosophie &#224; l'aide du livre pr&#233;cit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;bellion et r&#233;volution en Angleterre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'abord une br&#232;ve observation pr&#233;liminaire. L'Angleterre a travers&#233; ses orages r&#233;volutionnaires au XVIIe si&#232;cle, et il y eut alors deux r&#233;volutions : la premi&#232;re aboutit, entre autres, &#224; l'ex&#233;cution de Charles Ier, tandis que la seconde se termina par un banquet anim&#233; et l'av&#232;nement d'une nouvelle dynastie. Mais la bourgeoisie anglaise, dans l'appr&#233;ciation de ces r&#233;volutions, manifeste des vues tr&#232;s divergentes : tandis que la premi&#232;re, &#224; ses yeux, ne m&#233;rite m&#234;me pas le nom de &#171; r&#233;volution &#187; et est simplement d&#233;sign&#233;e comme &#171; la grande r&#233;bellion &#187;, la seconde re&#231;oit un nom plus euphonique : on l'appelle &#171; la glorieuse r&#233;volution &#187;. Le secret de cette diff&#233;renciation dans l'appr&#233;ciation des deux r&#233;volutions a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; par Augustin Thierry dans ses th&#232;ses sur les r&#233;volutions anglaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re r&#233;volution, le peuple a jou&#233; un r&#244;le important, dans la seconde, il n'a gu&#232;re particip&#233;. Mais quand un peuple monte sur la sc&#232;ne de l'histoire et commence &#224; d&#233;cider des destin&#233;es de son pays selon sa force et sa meilleure intelligence, alors les classes sup&#233;rieures (en l'occurrence la bourgeoisie) perdent leur humeur. Comme le peuple est toujours &#171; brut &#187; et que, si le diable r&#233;volutionnaire commence &#224; l'envahir, il devient aussi &#171; grossier &#187;, les classes sup&#233;rieures ont tendance &#224; exiger toujours de la politesse et des mani&#232;res douces, du moins elles les exigent du peuple. C'est pourquoi les classes sup&#233;rieures ont toujours tendance &#224; donner aux mouvements r&#233;volutionnaires, s'ils sont largement suivis par le peuple, le cachet de &#171; r&#233;bellion &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution et r&#233;bellion en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la France est particuli&#232;rement riche en &#171; grandes r&#233;voltes &#187; et en &#171; r&#233;volutions glorieuses &#187;. C'est seulement en France que les &#233;v&#233;nements se sont d&#233;roul&#233;s, du point de vue historique, d'une mani&#232;re oppos&#233;e &#224; celle qui pr&#233;valait dans l'Angleterre du XVIIe si&#232;cle. En Angleterre, par exemple, &#171; la grande r&#233;volte &#187; a pr&#233;c&#233;d&#233; &#171; la r&#233;volution glorieuse &#187;, tandis qu'en France, &#171; les r&#233;volutions glorieuses &#187; ont g&#233;n&#233;ralement d&#251; c&#233;der la place aux &#171; grandes r&#233;voltes &#187;. Ce fait s'est r&#233;p&#233;t&#233; tout au long du XVIIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la &#171; glorieuse r&#233;volution &#187; de 1830 &#224; Paris, il y eut la &#171; grande r&#233;volte &#187; des tisserands de Lyon, assez consid&#233;rable, qui fit tant trembler toute la bourgeoisie ; apr&#232;s la &#171; glorieuse r&#233;volution &#187; de f&#233;vrier 1848, glorifi&#233;e m&#234;me par Lamartine, il y eut la &#171; grande r&#233;volte de juin &#187;, qui poussa la bourgeoisie &#224; chercher refuge dans les bras d'une dictature militaire ; apr&#232;s la &#171; tr&#232;s glorieuse &#187; r&#233;volution de septembre 1870, il y eut enfin, en mars de l'ann&#233;e suivante, la &#171; plus grande de toutes les r&#233;voltes fran&#231;aises &#187;. La bourgeoisie pr&#233;tend aujourd'hui que les &#171; grandes r&#233;voltes &#187; ont toujours nui &#224; la cause des &#171; glorieuses r&#233;volutions &#187;. Nous ne pouvons pas examiner ici la justesse de cette affirmation dans son application au XIXe si&#232;cle, mais nous devons c&#233;der la parole aux philosophes bourgeois sur les &#233;v&#233;nements du XVIIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de ce si&#232;cle, il y eut en France une &#171; grande r&#233;bellion &#187; et une &#171; glorieuse r&#233;volution &#187; de 1789, et &#171; la grande r&#233;bellion &#187; qui joua un r&#244;le important en 1793. Apr&#232;s ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, le lecteur pourra maintenant pr&#233;dire avec certitude ce que le philosophe bourgeois Paul Janet pense de ces mouvements r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Janet sur la R&#233;volution fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le dernier chapitre de son livre, Janet dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour arriver &#224; une &#233;valuation objective de la R&#233;volution fran&#231;aise, il faut distinguer trois choses &#224; son &#233;gard : le but, les moyens et les r&#233;sultats obtenus. Le but de la r&#233;volution &#8211; conqu&#233;rir l'&#233;galit&#233; civique et la libert&#233; politique &#8211; &#233;tait le plus sublime, le plus l&#233;gitime qu'un peuple ait jamais cherch&#233; &#224; atteindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les moyens &#233;taient mauvais : &#171; ils &#233;taient trop souvent violents, terribles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les r&#233;sultats, l'&#233;galit&#233; civique, selon Janet, est pleinement r&#233;alis&#233;e et ne laisse rien &#224; d&#233;sirer ; &#171; la libert&#233; politique &#187;, en revanche, &#171; ne s'est impos&#233;e en France que de fa&#231;on sporadique depuis la r&#233;volution et est encore aujourd'hui plus ou moins menac&#233;e &#187;. Elle ne sera assur&#233;e que lorsque le peuple fran&#231;ais aura renonc&#233; &#224; tous les moyens violents et ill&#233;gaux et aura appris une fois pour toutes &#224; consid&#233;rer sa r&#233;volution comme achev&#233;e, et enfin lorsque la r&#233;volution elle-m&#234;me sera pass&#233;e dans le pass&#233; historique aussi irr&#233;vocablement que ce fut d&#233;j&#224; le cas pour les r&#233;volutions en Angleterre et aux &#201;tats-Unis. &#171; Les conqu&#234;tes de la r&#233;volution doivent &#234;tre maintenues, mais il faut renoncer &#224; l'esprit r&#233;volutionnaire et aux moyens violents et ill&#233;gaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s bien. Mais n'oublions pas que des moyens r&#233;volutionnaires ont &#233;t&#233; employ&#233;s d&#232;s 1789, c'est-&#224;-dire non seulement au moment de la &#171; grande r&#233;bellion &#187;, mais aussi pendant la &#171; glorieuse r&#233;volution &#187;. Paul Janet doit-il condamner la &#171; glorieuse r&#233;volution &#187; &#224; cause de ses moyens de violence ? Non, au contraire. Dans sa description, les actes de violence pratiqu&#233;s pendant la &#171; glorieuse r&#233;volution &#187; apparaissent pleinement justifi&#233;s, hautement utiles et parfaitement efficaces. Il parle avec beaucoup d'&#233;loges des insurrections populaires dirig&#233;es contre la royaut&#233;, et il cherche m&#234;me &#224; prouver que, sans ces soul&#232;vements, le gouvernement aurait &#233;touff&#233; en germe toutes les r&#233;formes de l'Assembl&#233;e nationale, et que les grands objectifs de la r&#233;volution seraient alors rest&#233;s inaccessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il salue la prise de la Bastille comme &#171; la premi&#232;re apparition victorieuse du peuple de Paris sur la sc&#232;ne r&#233;volutionnaire &#187; ; et il s'exprime de la m&#234;me mani&#232;re approbatrice &#224; propos de la seconde apparition du m&#234;me peuple sur la m&#234;me sc&#232;ne, des &#233;v&#233;nements des 5 et 6 octobre, ainsi que de la prise des Tuileries. Arriv&#233; l&#224;, nota bene , apr&#232;s que Janet a d&#233;montr&#233; la n&#233;cessit&#233; in&#233;vitable d'&#233;liminer un roi qui n&#233;gociait avec l'ennemi d&#232;s le d&#233;but de la guerre, il ajoute d'un ton m&#233;lancolique : &#171; La France s'est peu &#224; peu habitu&#233;e &#224; r&#233;soudre les questions politiques avec des moyens aussi pitoyables. &#187; Mais il ne nous dit pas avec quels autres moyens la t&#226;che donn&#233;e et incontournable aurait pu &#234;tre accomplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'apr&#232;s la prise des Tuileries, c'est-&#224;-dire apr&#232;s cette derni&#232;re insurrection n&#233;cessaire, selon Janet, que le peuple de Paris, sous la plume de notre historien, se transforme peu &#224; peu en une populace domin&#233;e par les passions les plus basses. Il devient alors clair : une &#171; r&#233;volte &#187; est tout &#224; fait acceptable, seulement il ne faut pas se laisser entra&#238;ner par les passions les plus basses. L'historien bourgeois veut-il &#234;tre compris dans ce sens ? Pas du tout. On nous apprend aussit&#244;t que maintenant que &#171; la glorieuse r&#233;volution &#187; est termin&#233;e, toutes les insurrections manquent de sens et de justification. Nous y sommes enfin parvenus. Le roi est tomb&#233;, la noblesse est d&#233;truite, la bourgeoisie est &#233;lev&#233;e sur le bouclier. Que d&#233;sire le c&#339;ur de plus ? Maintenant, tais-toi, apr&#232;s avoir fait sur cette terre tout ce qui appartient &#224; la terre. Qui, si ce n'est la populace, penserait &#224; l'insurrection ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens condamn&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite ! Comme on pouvait s'y attendre, Paul Janet &#233;tend sa sympathie &#224; tous les partis qui se sont succ&#233;d&#233; &#224; la t&#234;te du mouvement, sauf au parti de la Montagne. Sur ce dernier il d&#233;verse toute la coupe de sa col&#232;re ; c'est &#224; ce parti qu'il r&#233;serve tous ses propos violents et ses &#233;pith&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre ces m&#233;cr&#233;ants et la &#171; Gironde virile et g&#233;n&#233;reuse &#187;, Janet &#233;tablit ce parall&#232;le int&#233;ressant : &#171; Les uns, comme les autres, voulaient la r&#233;publique&#8230; &#187; Mais alors que &#171; les Girondins aspiraient &#224; une r&#233;publique libre, l&#233;gale et douce, les Montagnards aspiraient &#224; une r&#233;publique despotique et cruelle &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#233;gard pour la libert&#233;, ces derniers ne tenaient qu'&#224; l'&#233;galit&#233;. Certes, les deux partis &#233;taient favorables &#224; la souverainet&#233; du peuple, mais avec cette diff&#233;rence que les Girondins voulaient justement inclure dans &#171; le peuple &#187; tous les citoyens, tandis que pour les Montagnards, conform&#233;ment &#224; la perversit&#233; encore en vigueur aujourd'hui, le peuple ne se composait que des membres de la classe ouvri&#232;re, des personnes vivant de leur propre travail. Par cons&#233;quent, selon les Montagnards, gouverner devait &#234;tre l'apanage de cette seule classe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des points de vue divergents sur &#171; Le peuple &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme politique des Girondins diff&#233;rait donc essentiellement de celui des Montagnards. D'o&#249; vient cette diff&#233;rence ? Paul Janet lui-m&#234;me nous en donne suffisamment de renseignements. La diff&#233;rence venait de ce que le parti montagnard, comme nous l'avons vu, concevait les rapports entre les classes sociales alors existantes d'une mani&#232;re diff&#233;rente de celle des Girondins. Ceux-ci &#171; voulaient faire entendre que le peuple comprenait tous les citoyens &#187;, tandis que les premiers ne consid&#233;raient comme &#171; le peuple &#187; que la classe ouvri&#232;re ; les autres classes, selon les Montagnards, ne faisaient pas partie du &#171; peuple &#187;, parce que les int&#233;r&#234;ts de ces classes &#233;taient contraires &#224; ceux de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, &#224; proprement parler, les Girondins eux-m&#234;mes n'incluaient pas dans le &#171; peuple &#187; tous les citoyens, c'est-&#224;-dire toute la nation fran&#231;aise de l'&#233;poque, mais seulement le tiers-&#233;tat. Comprenaient-ils dans le &#171; peuple &#187; l'aristocratie et le haut clerg&#233; ? Pas du tout. L'abb&#233; Siey&#232;s lui-m&#234;me, qui n'a jamais &#233;t&#233; aussi loin que les Girondins, n'a-t-il pas, dans sa brochure Qu'est-ce que le tiers-&#233;tat ? , mis &#171; le peuple &#187;, c'est-&#224;-dire le tiers-&#233;tat, sans remords contre le petit groupe de privil&#233;gi&#233;s, c'est-&#224;-dire la noblesse et le haut clerg&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Girondins, qui combattaient les &#171; privil&#233;gi&#233;s &#187; avec beaucoup plus de d&#233;termination, &#233;taient sans doute d'accord avec Siey&#232;s sur ce point. Si, malgr&#233; tout, leur conception du &#171; peuple &#187; &#233;tait si diff&#233;rente de celle des Montagnards, cela ne pouvait s'expliquer que par le fait que les Montagnards avaient fait un pas de plus en classant parmi les &#171; privil&#232;ges &#187; les institutions sociales qui leur paraissaient sacr&#233;es et n&#233;cessaires. La question de savoir quelles classes devaient &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme &#171; privil&#233;gi&#233;es &#187; &#233;tait controvers&#233;e. Mais cela montre &#8212; et les explications de Paul Janet ne laissent place &#224; aucune autre interpr&#233;tation &#8212; que, selon les Montagnards, toutes les personnes et toutes les classes qui vivent du &#171; travail &#187;, mais du travail des autres et non du leur, appartiennent &#224; la cat&#233;gorie des &#171; privil&#233;gi&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut maintenant chercher &#224; &#233;claircir le point suivant : pourquoi les d&#233;fenseurs de la cause de la classe ouvri&#232;re penchaient-ils vers une r&#233;publique &#171; despotique et cruelle &#187; ? Pourquoi ne se montraient-ils pas plut&#244;t partisans d'une r&#233;publique &#171; l&#233;gale, libre et douce &#187; ? Cette circonstance doit &#234;tre ramen&#233;e &#224; deux causes, l'une ext&#233;rieure, l'autre int&#233;rieure. Tournons-nous d'abord vers la cause ext&#233;rieure, c'est-&#224;-dire vers les rapports qui existaient alors entre la France r&#233;volutionnaire et les autres &#201;tats europ&#233;ens.&lt;br class='autobr' /&gt;
La France menac&#233;e de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de la France, au moment o&#249; le parti de la Montagne s'empara du pouvoir, &#233;tait des plus d&#233;sesp&#233;r&#233;es, oui, elle &#233;tait sans espoir. Janet dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les troupes ennemies envahirent le territoire fran&#231;ais de quatre c&#244;t&#233;s : du nord, les Anglais et les Autrichiens ; en Alsace, les Prussiens ; dans le Dauphin&#233;, jusqu'&#224; la ville de Lyon, les Pi&#233;montais ; et dans le Roussillon, les Espagnols. Et tout cela &#224; une &#233;poque o&#249; la guerre civile faisait rage de quatre c&#244;t&#233;s : en Normandie, en Vend&#233;e, &#224; Lyon et &#224; Toulon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de ces ennemis d&#233;clar&#233;s, il y avait les partisans secrets de l'Ancien R&#233;gime, diss&#233;min&#233;s dans toute la France, qui &#233;taient pr&#234;ts &#224; aider subrepticement l'ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement, qui avait entrepris la lutte contre ces innombrables ennemis int&#233;rieurs et ext&#233;rieurs, n'avait ni argent ni troupes suffisantes ; il ne pouvait compter que sur une &#233;nergie sans bornes, sur l'appui actif des &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires du pays et sur le courage colossal de ne reculer devant aucune mesure, si arbitraire, si ill&#233;gale ou si impitoyable f&#251;t-elle, aussi longtemps qu'elle &#233;tait n&#233;cessaire &#224; la d&#233;fense du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e appelle des mesures d&#233;sesp&#233;r&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que les Montagnards eurent appel&#233; aux armes toute la jeunesse fran&#231;aise, sans pouvoir, avec les maigres ressources que leur procurait l'imp&#244;t, fournir m&#234;me partiellement des armes et des vivres aux arm&#233;es nouvellement form&#233;es, ils recoururent aux r&#233;quisitions, aux confiscations, aux emprunts forc&#233;s, d&#233;cr&#233;t&#232;rent le change des assignats , bref, ils impos&#232;rent aux classes poss&#233;dantes effray&#233;es des sacrifices d'argent, tout cela dans l'int&#233;r&#234;t d'un pays en p&#233;ril pour lequel le peuple sacrifiait son sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures de force &#233;taient absolument n&#233;cessaires pour sauver la France. Il n'y avait pas &#224; compter sur des contributions financi&#232;res volontaires, Janet l'admet lui-m&#234;me. La d&#233;termination et l'&#233;nergie de fer du gouvernement &#233;taient &#233;galement n&#233;cessaires pour pousser &#224; bout toutes les forces nouvelles de la France, Janet l'admet aussi. Mais lui, Paul Janet, aurait pr&#233;f&#233;r&#233; voir la dictature entre les mains de la &#171; noble et magnanime Gironde &#187; plut&#244;t que dans celles des abominables Montagnards. Si les Girondins &#233;taient sortis victorieux de la lutte contre la Montagne, alors, selon l'auteur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; eux aussi auraient &#233;t&#233; plac&#233;s dans la m&#234;me situation que les Montagnards ; ils auraient &#233;t&#233; oblig&#233;s de r&#233;primer les insurrections royalistes, de vaincre le parti d'opposition, de repousser les invasions, et l'on peut douter que, sans la dictature, ils eussent pu faire face &#224; tous ces maux. Mais leur dictature aurait &#233;t&#233; moins sanguinaire et aurait donn&#233; plus de place au droit et &#224; la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sur quelles couches de la population les doux Girondins auraient-ils pu s'appuyer ? Quand, apr&#232;s leur d&#233;faite &#224; Paris, ils cherch&#232;rent du secours en province, ils n'y trouv&#232;rent que l'appui passif de la bourgeoisie &#171; lente et ti&#232;de &#187;, pour reprendre l'expression de Janet, et l'appui malfaisant des royalistes, qu'ils durent eux-m&#234;mes rejeter. Et pouvaient-ils compter sur un appui plus efficace de la part de leurs partisans dans la lutte contre les ennemis &#233;trangers ? La Gironde n'a jamais trouv&#233; et ne trouvera jamais gr&#226;ce aupr&#232;s de la couche la plus basse et la plus r&#233;volutionnaire de la population, surtout &#224; Paris. Cette partie de la population avait &#233;videmment sur le &#171; peuple &#187; et ses int&#233;r&#234;ts des opinions tout &#224; fait diff&#233;rentes de celles de la Gironde, si admir&#233;e par Janet en raison de sa magnanimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment cette circonstance qui provoqua la chute de la Gironde et la victoire de la Montagne. La premi&#232;re fut presque exclusivement le fait de la &#171; classe moyenne lente et ti&#232;de &#187;. Pouvait-on accomplir quelque chose de substantiel avec de tels alli&#233;s ? Non, la Gironde mod&#233;r&#233;e et lib&#233;rale n'aurait jamais pu sauver la France de la situation critique dans laquelle elle se trouvait emp&#234;tr&#233;e en 1793.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la situation ext&#233;rieure de la France qui rendit n&#233;cessaire la dictature, celle des Montagnards. Et une fois qu'une dictature fut n&#233;cessaire, tous les discours sur une r&#233;publique &#171; libre, l&#233;gale et douce &#187; devinrent tout simplement ridicules. La dictature r&#233;volutionnaire devait n&#233;cessairement &#234;tre aussi rigide et aussi impitoyable que les ennemis ext&#233;rieurs qui l'avaient suscit&#233;e, tout comme le manifeste du duc de Brunswick et les menaces d'une Europe r&#233;actionnaire contre la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons maintenant aux causes internes qui emp&#234;ch&#232;rent les Montagnards de trouver une r&#233;publique &#171; libre, l&#233;gale et douce &#187; &#224; leur go&#251;t. Il faut ici tout d'abord attirer l'attention du lecteur sur les fameux droits de l'homme et du citoyen. Parmi ceux-ci, nous trouvons plusieurs droits qui correspondent aux int&#233;r&#234;ts de la classe la plus basse de la population ; mais nous en trouvons aussi un &#224; l'&#233;gard duquel cette classe fut oblig&#233;e, d&#232;s le d&#233;but, de maintenir une attitude particuli&#232;re et contradictoire. Il s'agit du droit de propri&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat et les &#171; droits de propri&#233;t&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment un &#171; sans- culotte &#187; parisien, par exemple, pourrait-il concevoir ce droit, alors que son nom seul indique qu'il est lui-m&#234;me d&#233;pourvu de toute propri&#233;t&#233; ? Comment pourrait-il exercer ce droit merveilleux qui lui est accord&#233; ? Les exemples ne manquent pas &#224; sa port&#233;e. La bourgeoisie s'est appropri&#233; bien des biens de l'aristocratie et de l'&#201;glise : pourquoi ne ferait-elle pas de m&#234;me avec les biens de la bourgeoisie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sans-culotte de cette &#233;poque avait &#224; traverser bien des jours p&#233;nibles, quoique joyeux. Il lui fallait souvent endurer la faim au sens le plus litt&#233;ral du terme, et la faim, on le sait, est mauvaise conseill&#232;re. D&#232;s lors, notre sans-culotte commen&#231;a &#224; manifester une grande indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de la propri&#233;t&#233; bourgeoise. La bourgeoisie r&#233;sista &#224; cela du mieux qu'elle put.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit bien comment cette lutte sociale devait influer sur la vie politique. La &#171; populace &#187; se rassembla en un parti qui lui &#233;tait propre et mit les Montagnards sur le bouclier. La &#171; populace &#187; de l'&#233;poque savait se battre et prit bient&#244;t le contr&#244;le. Il ne lui restait alors &#233;videmment plus qu'&#224; utiliser le pouvoir politique qu'elle venait d'acqu&#233;rir pour cr&#233;er des institutions sociales sous lesquelles le droit de propri&#233;t&#233; ne sonnerait plus comme une am&#232;re moquerie. Mais pour le prol&#233;tariat de l'&#233;poque, comme pour le prol&#233;tariat moderne, cela n'&#233;tait possible qu'&#224; une condition : l'abolition totale de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et de l'organisation sociale de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette derni&#232;re, dans les conditions qui pr&#233;valaient alors, &#233;tait tout simplement impensable pour deux raisons &#233;troitement li&#233;es. Le prol&#233;tariat de l'&#233;poque n'avait pas les capacit&#233;s requises, et les moyens de production de l'&#233;poque ne r&#233;pondaient m&#234;me pas aux conditions &#233;l&#233;mentaires de socialisation. C'est pourquoi ni le prol&#233;tariat de l'&#233;poque ni ses repr&#233;sentants les plus avanc&#233;s ne pouvaient m&#234;me concevoir cette id&#233;e. Il est vrai que dans la litt&#233;rature fran&#231;aise pr&#233;r&#233;volutionnaire on trouve quelques utopies communistes, mais celles-ci, pour les raisons que nous avons mentionn&#233;es, n'ont pu trouver ni cr&#233;dit ni reconnaissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Raisons des tactiques terroristes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, que restait-il &#224; faire &#224; la &#171; populace &#187; momentan&#233;ment victorieuse ? Si l'on ne pouvait pas songer &#224; socialiser les moyens de production, il fallait n&#233;cessairement que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e y soit maintenue, et que la population indigente se contente d'empi&#233;ter sur son domaine par la force et par la violence. Et c'est &#224; cause de ces empi&#233;tements que la &#171; populace &#187; est encore aujourd'hui accus&#233;e par tous les historiens bourgeois. Les empi&#233;tements sur le domaine de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e ont rendu impossible une r&#233;publique &#171; l&#233;gale &#187;, car la loi a &#233;t&#233; con&#231;ue pour prot&#233;ger pr&#233;cis&#233;ment cette propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;publique ne pouvait plus &#234;tre &#171; douce &#187;, car les classes poss&#233;dantes ne supportaient pas, les mains dans les poches, de telles atteintes &#224; leurs biens, mais cherchaient au contraire avec ardeur une occasion de mettre un terme &#224; cette &#171; domination de la populace &#187; nonchalante. La lutte entre le prol&#233;tariat de l'&#233;poque et les classes poss&#233;dantes devait &#234;tre men&#233;e, fatalement et in&#233;vitablement, par des moyens terroristes. C'est seulement par la terreur, dans un contexte de contradictions &#233;conomiques insolubles, que le prol&#233;tariat pouvait maintenir sa domination. Si le prol&#233;tariat avait atteint un stade de d&#233;veloppement plus &#233;lev&#233; et, d'autre part, si les conditions &#233;conomiques avaient &#233;t&#233; suffisamment avanc&#233;es pour assurer son bien-&#234;tre, il n'aurait pas eu besoin de recourir &#224; des mesures de terreur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Raisons de la &#171; l&#233;galit&#233; &#187; bourgeoise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons la bourgeoisie, si lou&#233;e par les historiens pour son penchant pour la &#171; l&#233;galit&#233; &#187;. Elle ne laissait nullement ses ennemis en paix, et ne reculait pas devant les mesures d&#233;cisives dans les moments critiques ; mais sa cause &#233;tait alors si solide qu'elle n'avait pas &#224; craindre d'adversaire. Arriv&#233;e au pouvoir au cours de sa &#171; glorieuse &#187; r&#233;volution, la bourgeoisie a instaur&#233; l'ordre social qui convenait &#224; ses besoins, et elle l'a fait avec tant de rigueur que m&#234;me les r&#233;actionnaires les plus obstin&#233;s n'ont plus eu l'id&#233;e de l'abolir. Si ces derniers avaient tent&#233; une tentative dans ce sens, ils auraient vite &#233;t&#233; convaincus de son &#233;chec absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, il &#233;tait facile &#224; la bourgeoisie de parler de &#171; l&#233;galit&#233; &#187; ; lorsque votre cause a gagn&#233; et que vos ennemis ont &#233;t&#233; vaincus sans espoir, l'ordre de choses le plus conforme &#224; vos int&#233;r&#234;ts devient &#171; l&#233;gal &#187; ; recourriez-vous alors encore &#224; des moyens illicites ? Vous &#234;tes s&#251;r que d&#233;sormais vos privil&#232;ges seront amplement prot&#233;g&#233;s par la loi. La bourgeoisie a lutt&#233; pour la l&#233;galit&#233; en politique, parce que l'&#233;volution historique avait pleinement assur&#233; son triomphe en &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa place, le prol&#233;tariat n'aurait pas pu et n'aurait pas agi autrement. Que les porte-parole de la &#171; populace &#187;, les Montagnards, tout autant que les Girondins, aient &#233;lev&#233; au plus haut le principe de la libert&#233; et de la loi, c'est ce que prouve la constitution qu'ils ont r&#233;dig&#233;e, la plus libre jamais &#233;crite en France. La constitution introduisait la l&#233;gislation directe par les repr&#233;sentants du peuple et limitait au minimum les pouvoirs de l'ex&#233;cutif. Cependant, en raison de toutes les conditions ext&#233;rieures et int&#233;rieures de la France, il devenait impossible aux Montagnards d'appliquer la constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, on peut consid&#233;rer comme une r&#232;gle qui ne souffre aucune exception que telle classe sociale ou telle couche de la population, une fois arriv&#233;e au pouvoir, recourra d'autant plus volontiers &#224; la terreur que ses chances de se maintenir au pouvoir sont faibles. Au XIXe si&#232;cle, la bourgeoisie a d&#251; se rendre compte que sa domination sur le prol&#233;tariat devenait de plus en plus fragile et, par cons&#233;quent, elle s'efforce de plus en plus de le soumettre par la terreur. Elle a agi avec plus de f&#233;rocit&#233; contre les insurg&#233;s de Juin qu'en 1831 contre les tisserands de Lyon ; elle a agi avec beaucoup plus d'atrocit&#233; dans la r&#233;pression des Communards de 1871 qu'en Juin 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terreur exerc&#233;e par la bourgeoisie contre le prol&#233;tariat &#233;clipse de loin les atrocit&#233;s des Jacobins, qui ont d'ailleurs &#233;t&#233; grandement exag&#233;r&#233;es par les r&#233;actionnaires. Robespierre, compar&#233; &#224; Thiers, appara&#238;t comme un v&#233;ritable ange, et Marat, mis &#224; c&#244;t&#233; des cosaques de la presse bourgeoise de la semaine sanglante de mai, appara&#238;t comme un &#234;tre doux et bienveillant. Quiconque approfondit l'histoire de France de notre si&#232;cle doit &#234;tre enti&#232;rement d'accord avec l'&#233;crivain russe Herzen, lorsqu'il disait, apr&#232;s les journ&#233;es de juin, qu'il n'y avait pas de gouvernement plus f&#233;roce, et qu'il ne pouvait pas y en avoir de plus f&#233;roce que celui du boutiquier en furie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bourgeoisie responsable de la r&#233;action fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment cette f&#233;rocit&#233; des boutiquiers qui rendit impossible la consolidation durable de la libert&#233; politique en France. La bourgeoisie doit &#234;tre tenue seule responsable des d&#233;faillances r&#233;actionnaires qui caract&#233;risent l'histoire de la France au XIXe si&#232;cle. M&#234;me &#224; l'&#233;poque de la Restauration, la victoire des r&#233;actionnaires fut d'autant plus facile que la bourgeoisie, effray&#233;e &#224; mort par les ouvriers, les emp&#234;cha pendant longtemps d'entrer dans la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, pour calmer les &#233;crivains bourgeois qui tremblent &#224; la seule pens&#233;e de la terreur jacobine, nous allons exposer une v&#233;rit&#233; qui nous para&#238;t irr&#233;futable. La victoire de la classe ouvri&#232;re, qui se profile maintenant dans tous les pays civilis&#233;s, ne sera certainement pas entach&#233;e par la cruaut&#233;, car la victoire de la cause du travail est tellement assur&#233;e par le cours de l'histoire qu'il n'y aura plus besoin de terreur. Certes, les r&#233;actionnaires bourgeois seront bien avis&#233;s de s'abstenir de tenter de faire tr&#233;bucher le prol&#233;tariat victorieux et de faire preuve de sagesse en n'imitant pas les conspirateurs royalistes de la grande r&#233;volution. &#171; A la guerre comme &#224; la guerre &#187;, c'est un dicton vrai, et dans le feu de l'action, il pourrait &#234;tre dur pour les conspirateurs. Mais, r&#233;p&#233;tons-le, tout le cours de l'&#233;volution historique garantit le succ&#232;s du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Conditions favorables &#224; la r&#233;volution socialiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'occasion de la c&#233;l&#233;bration du centenaire de la grande r&#233;volution, la bourgeoisie fran&#231;aise s'est presque d&#233;lib&#233;r&#233;ment employ&#233;e &#224; d&#233;montrer au prol&#233;tariat ad oculos (aux yeux) la possibilit&#233; &#233;conomique et la n&#233;cessit&#233; d'une transformation sociale. L'Exposition universelle [1] lui a fourni une excellente d&#233;monstration du d&#233;veloppement sans pr&#233;c&#233;dent des moyens de production dans tous les pays civilis&#233;s, qui a d&#233;pass&#233; les plus audacieuses fantaisies des utopistes du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent. Dans ce sens, l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat, au lieu du noble r&#234;ve qu'elle &#233;tait au temps de Babeuf, est devenue une n&#233;cessit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition a montr&#233;, en outre, que le d&#233;veloppement moderne des moyens de production, dans les conditions anarchiques qui r&#233;gissent la production, doit logiquement et n&#233;cessairement conduire &#224; des crises industrielles de plus en plus destructrices pour l'&#233;conomie mondiale. Pour &#233;chapper aux cons&#233;quences dangereuses de ces crises, il ne reste au prol&#233;tariat europ&#233;en qu'&#224; poser les bases d'une organisation planifi&#233;e de la production sociale, chose impossible pour les sans-culottes du si&#232;cle dernier. Non seulement les forces productives modernes rendent possible une telle organisation, mais elles y tendent. Sans une telle organisation, il n'est pas possible d'envisager la pleine utilisation de ces forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'atelier m&#233;canique moderne, la production a d&#233;j&#224; pris un caract&#232;re social ; il ne reste plus qu'&#224; harmoniser les diff&#233;rentes fonctions productives dans ces ateliers et, en cons&#233;quence, &#224; transformer la propri&#233;t&#233; du produit, c'est-&#224;-dire &#224; la faire passer de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#224; la propri&#233;t&#233; sociale. Atteindre ce but sera la t&#226;che du prol&#233;tariat europ&#233;en. Le Congr&#232;s socialiste international, r&#233;uni en juillet 1889, n'a pas manqu&#233; de rappeler au prol&#233;tariat cette grande t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons maintenant &#224; notre philosophe Paul Janet, que nous avons perdu de vue pendant un certain temps. Il vient de nous annoncer qu'il faut &#171; rester fid&#232;le &#224; l'esprit de la r&#233;volution, mais rejeter l'esprit r&#233;volutionnaire &#187;. En d'autres termes, l'humanit&#233; doit se contenter des r&#233;sultats de la grande r&#233;volution obtenue par la bourgeoisie, mais ne doit pas faire un pas de plus en avant.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;cessit&#233; d'une conscience de classe parmi les travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, nous pensons que c'est tout le contraire. Les objectifs de la bourgeoisie ne peuvent pas &#234;tre ceux de la classe ouvri&#232;re, et les r&#233;sultats obtenus par la premi&#232;re ne peuvent satisfaire la seconde. C'est pourquoi les ouvriers font un pas de plus lorsqu'ils rejettent l'esprit bourgeois de la grande r&#233;volution, mais restent fid&#232;les &#224; l'esprit r&#233;volutionnaire. Rester fid&#232;le &#224; cet esprit signifie lutter sans rel&#226;che et sans crainte pour un avenir meilleur, lutter implacablement contre tout ce qui est ancien et d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie voudrait bien inculquer aux ouvriers l'id&#233;e que la soci&#233;t&#233; moderne ne conna&#238;t pas de divisions de classes, parce que le fondement de l'&#201;tat moderne est l'&#233;galit&#233; de tous devant la loi. Mais cette &#233;galit&#233; formelle ne peut pas plus consoler les ouvriers que, sous l'ancien r&#233;gime, l'&#233;galit&#233; proclam&#233;e de tous devant Dieu ne satisfaisait la bourgeoisie ; non contente de cette &#233;galit&#233; fantastique, la bourgeoisie ne se reposait pas avant d'&#234;tre entr&#233;e en possession de tous les biens terrestres possibles. Il n'est donc pas &#233;tonnant que le prol&#233;tariat ne se contente pas de fictions juridiques, sachant tr&#232;s bien que l'in&#233;galit&#233; &#233;conomique doit, dans la vie r&#233;elle, rendre illusoire toute autre &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, la bourgeoisie voudrait faire croire aux ouvriers qu'il n'y a plus rien &#224; faire aujourd'hui dans le domaine &#233;conomique et qu'il ne faut donc que se livrer au jeu de la politique &#171; pure &#187;. Mais la &#171; politique pure &#187; n'est pour les ouvriers qu'une politique de pacotille au service des partis bourgeois, et la bourgeoisie est parfaitement consciente de la signification de cette esp&#232;ce de &#171; politique pure &#187;, du moins telle &#233;tait-elle son interpr&#233;tation lorsqu'elle &#233;tait en lutte avec la noblesse et le clerg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la brochure Qu'est-ce que le tiers-&#233;tat ? , d&#233;j&#224; cit&#233;e, et qui doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le programme de la bourgeoisie de 1789, les sophismes des &#171; purs politiques &#187;, qui se trouvaient alors dans les deux &#233;tats sup&#233;rieurs, &#233;taient r&#233;fut&#233;s avec beaucoup de talent. L'abb&#233; Siey&#232;s insistait sur le fait que la nation &#233;tait en r&#233;alit&#233; divis&#233;e en deux camps : dans l'un, les privil&#233;gi&#233;s ; dans l'autre, les opprim&#233;s ; et que cette division r&#233;elle devait se refl&#233;ter dans la politique. Il &#233;tait naturel et compr&#233;hensible que les privil&#233;gi&#233;s cherchassent &#224; pr&#233;server leurs int&#233;r&#234;ts au moyen de mesures politiques ; mais les opprim&#233;s ne devaient pas non plus n&#233;gliger la sauvegarde de leurs int&#233;r&#234;ts et devaient appara&#238;tre comme un parti unifi&#233; dans l'ar&#232;ne politique nouvellement ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, cette le&#231;on n'a pas perdu de son sens ni de son importance. Les conditions n'ont chang&#233; que dans la mesure o&#249; la bourgeoisie occupe aujourd'hui une position privil&#233;gi&#233;e. Et que reste-t-il aux ouvriers, sinon de se regrouper dans un parti s&#233;par&#233; des opprim&#233;s, oppos&#233; &#224; la bourgeoisie privil&#233;gi&#233;e ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Id&#233;es confuses sur la lutte des classes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du XVIIIe si&#232;cle, &#224; l'&#233;poque de la &#171; grande r&#233;volte &#187; de la &#171; populace &#187; fran&#231;aise, l'antagonisme de classe entre bourgeoisie et prol&#233;tariat n'&#233;tait encore qu'embryonnaire. C'est pourquoi la conscience de classe des prol&#233;taires devait &#234;tre assez floue. Lorsque, au cours de ce trait&#233;, nous avons essay&#233; d'expliquer l'argumentation de Paul Janet relative aux conceptions jacobines du &#171; peuple &#187;, nous leur avons attribu&#233; une attitude antagoniste &#224; l'&#233;gard de toutes les classes vivant du travail des autres. C'&#233;tait en r&#233;alit&#233; le seul sens possible de l'argumentation de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'est vrai que dans la mesure o&#249; les Montagnards, en r&#233;alit&#233; et par instinct, ont toujours cherch&#233; &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de la classe la plus pauvre de la population. Il en &#233;tait ainsi parce que leur conception comportait un trait qui, au cours d'une &#233;volution ult&#233;rieure, aurait pris un caract&#232;re tout &#224; fait bourgeois. Ce trait appara&#238;t clairement dans les discours de Robespierre. C'est par lui que s'explique la lutte des Jacobins contre les H&#233;bertistes et, en g&#233;n&#233;ral, leur lutte contre la pr&#233;tendue l&#233;gislation agraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces &#171; lois agraires &#187;, telles que se les repr&#233;sentaient leurs partisans, ne contenaient rien de communiste. La propri&#233;t&#233; priv&#233;e et les objectifs petits-bourgeois qui lui &#233;taient &#233;troitement li&#233;s s'impos&#232;rent dans les programmes des r&#233;volutionnaires les plus extr&#233;mistes de l'&#233;poque. Seul Babeuf prit une position diff&#233;rente ; il apparut au dernier acte de la grande trag&#233;die, alors que les forces du prol&#233;tariat avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; enti&#232;rement &#233;puis&#233;es par les luttes pr&#233;c&#233;dentes. Le parti de la Montagne &#233;choua pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cette contradiction profonde entre ses conceptions petites-bourgeoises et sa volont&#233; de repr&#233;senter les int&#233;r&#234;ts prol&#233;tariens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contradictions sont &#233;trang&#232;res aux repr&#233;sentants actuels de la classe ouvri&#232;re, car le socialisme moderne et scientifique n'est que l'expression th&#233;orique de l'antagonisme insurmontable des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie et du prol&#233;tariat. La victoire prochaine de la classe ouvri&#232;re sous le drapeau du socialisme sera bien plus glorieuse que toutes les &#171; glorieuses &#187; r&#233;volutions de la bourgeoisie r&#233;unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force, la force pure, la force des ba&#239;onnettes et des canons, devient de plus en plus le seul appui de la domination bourgeoise. Et des &#171; th&#233;oriciens &#187; candides font leur apparition, qui reconnaissent sans plus de c&#233;r&#233;monie que l'ordre bourgeois actuel ne peut &#234;tre justifi&#233; th&#233;oriquement et n'a pas besoin d'une telle justification, parce que la bourgeoisie contr&#244;le les pouvoirs publics. Ainsi parle par exemple un professeur autrichien, Gumplowicz, dans son livre L'&#201;tat politique et le socialisme .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les repr&#233;sentants de la noblesse et du clerg&#233;, dans une des premi&#232;res sessions des &#201;tats, revinrent sur le fondement de leurs privil&#232;ges, le droit historique de conqu&#234;te, le th&#233;oricien de la bourgeoisie, l'abb&#233; Siey&#232;s, r&#233;pondit fi&#232;rement : &#171; Rien que cela, messieurs ? Nous serons conqu&#233;rants &#224; notre tour ! &#187; &#8212; ce qui veut dire : &#171; Rien que cela, messieurs ? Eh bien, nous serons conqu&#233;rants &#224; notre tour ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la classe ouvri&#232;re doit dire exactement cela aux partisans de la force bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'Exposition universelle est une grande exposition qui s'est tenue &#224; Paris &#224; l'occasion du centi&#232;me anniversaire de la prise de la Bastille. Elle s'est d&#233;roul&#233;e du 6 mai au 31 octobre 1889 et a attir&#233; plus de six millions de visiteurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Connaissez-vous la r&#233;volution du 10 ao&#251;t 1792 &#224; Paris ?</title>
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		<dc:date>2025-12-08T23:06:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1789-1793</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Connaissez-vous la r&#233;volution du 10 ao&#251;t 1792 &#224; Paris ? &lt;br class='autobr' /&gt;
9 et 10 ao&#251;t 1792 &lt;br class='autobr' /&gt;
Mobilisation des sections populaires qui marchent sur les Tuileries &lt;br class='autobr' /&gt;
Cr&#233;ation d'une Commune insurrectionnelle qui d&#233;capite la Garde nationale, emp&#234;chant la r&#233;pression &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Roi se place sous la protection de l'Assembl&#233;e, install&#233; derri&#232;re le pr&#233;sident de s&#233;ance &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Assembl&#233;e tente de r&#233;sister en exigeant la dissolution de la Commune &lt;br class='autobr' /&gt;
11 ao&#251;t 1792 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Assembl&#233;e vote la suspension de la royaut&#233; et l'&#233;lection d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;1789-1793&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;R&#233;volution bourgeoise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Connaissez-vous la r&#233;volution du 10 ao&#251;t 1792 &#224; Paris ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;9 et 10 ao&#251;t 1792&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobilisation des sections populaires qui marchent sur les Tuileries&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;ation d'une Commune insurrectionnelle qui d&#233;capite la Garde nationale, emp&#234;chant la r&#233;pression&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Roi se place sous la protection de l'Assembl&#233;e, install&#233; derri&#232;re le pr&#233;sident de s&#233;ance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e tente de r&#233;sister en exigeant la dissolution de la Commune&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 ao&#251;t 1792&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e vote la suspension de la royaut&#233; et l'&#233;lection d'une Convention au suffrage universel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;fin ao&#251;t - d&#233;but septembre 1792&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elections de la Convention&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4-6 septembre 1792&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chasse aux suspects et Massacres de septembre dans les prisons&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Ministres de l'Int&#233;rieur (Roland) et de la Justice (Danton) laissent faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 septembre 1792&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victoire de Valmy (au cri de &#034;Vive la Nation&#034; et la Marseillaise, lanc&#233; par Kellermann)&lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;re r&#233;union de la Convention qui la&#239;cise l'&#233;tat civil et autorise le divorce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 septembre 1792&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Convention proclame la R&#233;publique&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cit des &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e du 10 ao&#251;t 1792 est, apr&#232;s le 14 juillet 1789, l'une des journ&#233;es les plus d&#233;cisives de la R&#233;volution fran&#231;aise, au point que certains historiens la qualifient de &#171; Seconde R&#233;volution &#187;. La pr&#233;paration de cette journ&#233;e est organis&#233;e et men&#233;e par la Commune insurrectionnelle de Paris et par les sections parisiennes. Apr&#232;s plusieurs assauts, la foule d'insurg&#233;s prend le palais des Tuileries, si&#232;ge du pouvoir ex&#233;cutif. C'est aussi la premi&#232;re fois, depuis le d&#233;but de la R&#233;volution, qu'une journ&#233;e r&#233;volutionnaire est dirig&#233;e &#233;galement contre l'Assembl&#233;e. Cette journ&#233;e r&#233;volutionnaire consomme la chute de la monarchie constitutionnelle. Sa pr&#233;paration est trop complexe pour qu'on puisse en attribuer la responsabilit&#233; &#224; un individu ou &#224; une faction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e du 10 ao&#251;t 1792 marque &#233;galement le d&#233;but de la premi&#232;re Terreur, dont le point culminant sera les massacres de Septembre. Cette premi&#232;re p&#233;riode prend fin avec la r&#233;union de la premi&#232;re session de la Convention nationale le 21 septembre 1792 qui abolit la monarchie et la victoire de Valmy, acquise le m&#234;me jour et connue &#224; Paris le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette insurrection et ses cons&#233;quences sont commun&#233;ment appel&#233;es par les historiens de la R&#233;volution fran&#231;aise simplement &#171; le 10 ao&#251;t &#187; ; les autres d&#233;signations sont &#171; journ&#233;e du 10 ao&#251;t &#187;, &#171; prise des Tuileries &#187;, &#171; insurrection du 10 ao&#251;t &#187; ou &#171; massacre du 10 ao&#251;t &#187;. En Suisse, d'o&#249; vient la garde du m&#234;me nom, cette journ&#233;e est connue sous le nom de &#171; massacre des Tuileries &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les volontaires et f&#233;d&#233;r&#233;s arrivent sans cesse &#224; Paris et, alors qu'un grand nombre d&#233;sire rejoindre l'arm&#233;e, les Jacobins enr&#244;lent ceux qui acceptent leur invitation, notamment environ 500 Marseillais emmen&#233;s par le girondin Barbaroux. Fran&#231;ois-Auguste Mignet &#233;crit que &#171; leur entreprise fut plusieurs fois projet&#233;e et suspendue. Le 26 juillet, une insurrection devait &#233;clater mais elle &#233;tait mal ourdie et P&#233;tion l'arr&#234;ta. Lorsque les f&#233;d&#233;r&#233;s marseillais arriv&#232;rent pour se rendre au camp de Soissons, les faubourgs devaient aller &#224; leur rencontre, et marcher avec eux &#224; l'improviste contre le ch&#226;teau. Cette insurrection manqua encore. Cependant l'arriv&#233;e des Marseillais encouragea les agitateurs de la capitale &#187;. Il est alors d&#233;cid&#233; de porter le coup d&#233;cisif le 10 ao&#251;t mais le r&#244;le du comit&#233; insurrecteur est mal connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les clubs politiques discutent ouvertement du d&#233;tr&#244;nement du roi, et le 3 ao&#251;t, P&#233;tion parle &#224; l'Assembl&#233;e, demandant la fin de la monarchie au nom de la commune et des sections. Le 8 ao&#251;t, la mise en accusation de La Fayette est discut&#233;e. &#171; Il fut absous ; mais tous ceux qui avaient vot&#233; pour lui furent hu&#233;s, poursuivis et maltrait&#233;s par le peuple, au sortir de la s&#233;ance &#187;, dont Vincent-Marie Vi&#233;not de Vaublanc et Quatrem&#232;re de Quincy. Ce harc&#232;lement s'accompagne de menaces de mort ou d'invasion de leur domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple parisien ne veut pas attendre le r&#233;sultat de la derni&#232;re proposition de P&#233;tion de poursuivre le travail par la voie l&#233;gislative. La section des Quinze-vingts d&#233;clare le 9 ao&#251;t que, si le d&#233;tr&#244;nement n'est pas prononc&#233; le jour m&#234;me, &#224; minuit elle sonnera le tocsin et attaquera la r&#233;sidence royale des Tuileries. La totalit&#233; des quarante-huit sections de Paris, sauf une, la suit. P&#233;tion informe l'Assembl&#233;e l&#233;gislative que les sections ont &#171; repris leur souverainet&#233; &#187; et qu'il n'a pas d'autre pouvoir sur le peuple que celui de sa persuasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du 9 une nouvelle Commune r&#233;volutionnaire prend possession de l'H&#244;tel de ville de Paris, si&#232;ge du gouvernement. Le plan des Jacobins de l'Assembl&#233;e, soutenu par l'arm&#233;e des f&#233;d&#233;r&#233;s, est de dissoudre le d&#233;partement de Paris, pour d&#233;mettre P&#233;tion, instituer une commune insurrectionnelle (un gouvernement municipal) et prendre les Tuileries d'assaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; minuit, le tocsin sonne. Les insurg&#233;s nomment un comit&#233; provisoire de la Commune, qui dirige l'insurrection depuis l'H&#244;tel de Ville. P&#233;tion est aux Tuileries, o&#249; il est convoqu&#233; par le roi, qui voulait s'assurer par lui de l'&#233;tat de Paris, et re&#231;oit l'autorisation de r&#233;pondre &#224; la force par la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de l'Assembl&#233;e, r&#233;veill&#233;e par le tocsin, a d&#233;marr&#233; une session d'urgence sous la pr&#233;sidence de Vergniaud. Apprenant que P&#233;tion est aux Tuileries, ils pensent qu'il a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et veulent le faire d&#233;livrer. Ils lui font demander, comme l'avait fait le roi auparavant, de donner un &#233;tat de Paris. Il vient, &#224; cette requ&#234;te. Une d&#233;putation de l'H&#244;tel de Ville s'informe de lui aupr&#232;s de l'Assembl&#233;e, supposant &#233;galement qu'il est prisonnier des Tuileries. Il part avec elle et devient en fait prisonnier de la commune insurrectionnelle, sous la garde de trois cents hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le conseil de Danton la nouvelle commune somme alors le marquis de Mandat, commandant de la Garde Nationale, de se pr&#233;senter &#224; elle. C'est un pi&#232;ge. Ne connaissant pas le changement de r&#233;gime &#224; l'H&#244;tel de Ville, il ob&#233;it &#224; cet ordre. Il est arr&#234;t&#233;, accus&#233; d'avoir autoris&#233; les troupes &#224; tirer sur le peuple. Alors qu'il est envoy&#233; &#224; l'Abbaye, la foule le tue lorsqu'il quitte l'H&#244;tel de Ville. La commune conf&#232;re imm&#233;diatement le commandement de la Garde nationale &#224; Santerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre-Louis Roederer, le greffier du d&#233;partement de Paris, passait la nuit aux Tuileries. Les pr&#233;paratifs des Jacobins &#233;tant connus, un certain nombre de mesures de d&#233;fense avaient &#233;t&#233; prises. La Chronique des Cinquante jours de Roederer rapporte que, vers quatre heures du matin, la reine Marie-Antoinette l'avait appel&#233;, et qu'il avait alors &#233;t&#233; pr&#233;venu que le roi et la famille royale voulaient se r&#233;fugier &#224; l'Assembl&#233;e L&#233;gislative. &#171; Vous proposez, dit Dubouchage, de livrer le roi &#224; l'ennemi &#187;. Roederer remarqua alors que seulement deux jours auparavant, les deux tiers de l'Assembl&#233;e s'&#233;taient prononc&#233;s en faveur de La Fayette, et avaient soutenu que son plan &#233;tait le moins dangereux. La reine d&#233;cide n&#233;anmoins de r&#233;sister par la force, et Roederer y consent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lachesnaye, qui commandait les troupes au non-retour inexpliqu&#233; de Mandat, dit que les troupes de la Garde Nationale sont pr&#234;tes &#224; la d&#233;fense, mais il proteste contre la pr&#233;sence d'aristocrates &#171; irr&#233;guliers &#187;. Mandat avait auparavant conseill&#233; la reine de disperser ces gentilshommes, en vain, arguant que leur pr&#233;sence d&#233;courageait le z&#232;le des constitutionnels. Comme Mandat avant lui, Lachesnaye est contredit par la reine : &#171; Je r&#233;ponds d'eux o&#249; qu'ils soient ; ils avanceront en premier ou en dernier, dans les rangs, comme vous le voulez ; ils sont pr&#234;ts &#224; tout ce qui est n&#233;cessaire ; ce sont des hommes s&#251;rs &#187;. Joly, ministre de la justice et Champion, ministre de l'int&#233;rieur sont envoy&#233;s &#224; l'Assembl&#233;e pour s'informer du danger, et pour solliciter son aide et celle des commissaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue des troupes par le roi &#224; cinq heures du matin montre que celui-ci ne peut pas compter sur tous ses protecteurs officiels. Les cris de &#171; vive le Roi ! &#187; m&#234;l&#233;s aux cris de &#171; vive la Nation ! &#187; et parfois &#171; vive P&#233;tion ! &#187; retentissent. Les bataillons arm&#233;s de piques sont ouvertement hostiles, criant &#171; &#224; bas le veto ! &#187; et &#171; &#224; bas le tra&#238;tre ! &#187;. Lorsque Louis XVI rentre, ils quittent leurs positions pour se placer pr&#232;s du Pont Royal et tournent leurs canons contre le ch&#226;teau. Deux autres bataillons, qui stationnent dans la cour, les imitent et se placent sur la place du Carrousel en position d'attaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les insurg&#233;s avaient forc&#233; l'arsenal, s'&#233;taient arm&#233;s et avan&#231;aient en plusieurs colonnes. La colonne forte de 15 000 personnes du faubourg Saint-Antoine sur la rive droite et la colonne de 5 000 insurg&#233;s du faubourg Saint-Marceau sur la gauche entament leur marche vers six heures ; leur nombre augmente au fur et &#224; mesure de leur progression. Les artilleurs se sont plac&#233;s sur le Pont-Neuf avec la consigne du d&#233;partement d'emp&#234;cher la jonction de ces colonnes, mais Manuel, le greffier de la ville, leur demande de se replier et le passage est alors lib&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#244;t dans la matin&#233;e du 10 ao&#251;t, les insurg&#233;s assaillent les Tuileries. L'avant-garde des faubourgs, compos&#233;e de f&#233;d&#233;r&#233;s marseillais et bretons se d&#233;ploie sur le Carrousel, tournant ses canons contre le ch&#226;teau. Joly et Champion reviennent de l'Assembl&#233;e, consid&#233;rant que les soixante ou quatre-vingts membres pr&#233;sents ne sont pas suffisamment nombreux et que leur proposition n'a pas &#233;t&#233; entendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres du &#171; d&#233;partement &#187;, men&#233;s par Roederer, le chef du d&#233;partement, se pr&#233;sentent eux-m&#234;mes devant la foule, faisant observer qu'une si grande foule ne pourrait acc&#233;der au roi, ou devant l'Assembl&#233;e nationale, et leur conseillent d'envoyer vingt d&#233;put&#233;s avec leurs requ&#234;tes, mais ils ne sont pas &#233;cout&#233;s. La foule se tourne vers la Garde nationale, lui rappelant l'article de loi qui lui demande de r&#233;pondre &#224; la force par la force s'ils sont attaqu&#233;s. Une toute petite part de la Garde nationale semble dispos&#233;e &#224; agir ainsi ; et une charge de canon est la seule r&#233;ponse des artilleurs. Roederer, voyant que les insurg&#233;s sont toujours triomphants, car ils sont ma&#238;tres du terrain, et qu'ils disposent de la force du nombre et de troupes, retourne pr&#233;cipitamment au ch&#226;teau, &#224; la t&#234;te du directoire ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre quelques aristocrates arm&#233;s et un certain nombre de membres de la Garde nationale (y compris les officiers ayant r&#233;cemment d&#233;missionn&#233;), le palais est prot&#233;g&#233; par les Gardes suisses, soit environ 950 hommes. Seule une compagnie de ces gardes est normalement stationn&#233;e aux Tuileries, mais le retour du r&#233;giment (moins un d&#233;tachement de 300 hommes rest&#233;s pour escorter un convoi de grains en Normandie peu de jours auparavant) avait consign&#233; dans leurs quartiers les hommes durant la nuit du 9 au 10 ao&#251;t. Cependant, le d&#233;part de Mandat et des morts significatives affectent la situation. La Garde nationale voulait probablement (comme le pr&#233;voyait l'accord avec Mignet) ob&#233;ir aux ordres de Mandat pour employer la force contre la foule m&#234;l&#233;e de gardes provinciaux et de parisiens, mais ils se trouvent eux-m&#234;mes c&#244;te &#224; c&#244;te avec les nobles et les royalistes et manquant d'un commandement propre, ils sont alors dispers&#233;s et fraternisent avec les assaillants&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg, dans &#171; L'ann&#233;e 1793 &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le peuple de Paris engagea un nouveau combat. Ce fut la deuxi&#232;me r&#233;volution - la r&#233;volution populaire -, le 10 ao&#251;t 1792. Ce jour-l&#224;, le peuple prit d'assaut le Palais royal et l'H&#244;tel de ville. La bourgeoisie &#233;tait du c&#244;t&#233; du roi, qui, dot&#233; d'un pouvoir affaibli, d&#233;fendait ses int&#233;r&#234;ts contre ceux du peuple. Cela n'emp&#234;cha pas le peuple de renverser le tr&#244;ne. La bourgeoisie tenait l'H&#244;tel de ville et l'administration municipale d'une main ferme et voulut dominer le peuple avec sa police et la Garde nationale. Cela n'emp&#234;cha pas le peuple de prendre d'assaut l'H&#244;tel de ville, d'en expulser la bourgeoisie et de tenir dans ses mains calleuses l'administration municipale de Paris. En ce temps-l&#224;, l'administration de la Commune de Paris &#233;tait totalement ind&#233;pendante de l'administration de l'&#201;tat. La Commune, s'appuyant sur le peuple r&#233;volutionnaire victorieux, obligea la Convention (la nouvelle Assembl&#233;e nationale), qui se r&#233;unit en septembre 1792 et proclama aussit&#244;t la R&#233;publique, &#224; faire d'importantes concessions. Sans la puissance mena&#231;ante de ce peuple, la Convention aurait probablement fait aussi peu de choses que les Assembl&#233;es pr&#233;c&#233;dentes pour les masses populaires. La grande majorit&#233; des membres de la Convention &#233;taient hostiles aux changements impos&#233;s par la r&#233;volution du 10 ao&#251;t. Une partie de la Convention - le parti de la Gironde (ainsi nomm&#233;, car ses principaux dirigeants provenaient de ce d&#233;partement) - mena une lutte ouverte contre la souverainet&#233; de la Commune r&#233;volutionnaire de Paris. Les Girondins, repr&#233;sentants de la moyenne bourgeoisie r&#233;publicaine, &#233;taient d'ardents partisans de la R&#233;publique et des adversaires acharn&#233;s de toute r&#233;forme &#233;conomique d'ampleur au profit du peuple travailleur. Seule la minorit&#233; de la Convention, la Montagne (ainsi nomm&#233;e parce que ses membres occupaient les bancs les plus hauts dans la salle de la Convention), d&#233;fendait fid&#232;lement la cause du peuple travailleur. Aussi longtemps que les girondins si&#233;g&#232;rent &#224; la Convention, ceux de la Montagne ne purent la plupart du temps pratiquement rien faire, car les girondins avaient &#233;videmment toujours la majorit&#233; de leur c&#244;t&#233; (...). Examinons ce que le peuple travailleur obtint au cours de sa br&#232;ve p&#233;riode o&#249; il exer&#231;a un r&#244;le dominant. Les dirigeants du peuple, comme les membres de l'administration municipale et les montagnards souhaitaient ardemment la compl&#232;te lib&#233;ration &#233;conomique du peuple. Ils aspiraient sinc&#232;rement &#224; la r&#233;alisation de l'&#233;galit&#233; formelle de tous devant la loi, mais aussi &#224; une r&#233;elle &#233;galit&#233; &#233;conomique. Tous leurs discours et tous leurs actes &#233;taient bas&#233;s sur une id&#233;e : dans la r&#233;publique populaire, il ne devrait y avoir ni riches ni pauvres ; la r&#233;publique populaire, cela veut dire que l'&#201;tat libre b&#226;ti sur la souverainet&#233; populaire ne pourrait rester longtemps en place si le peuple, souverain politiquement, se trouvait d&#233;pendant des riches et domin&#233; &#233;conomiquement. (...) Apr&#232;s la chute de la Commune et de la Montagne, le prol&#233;tariat parisien pris par la faim se souleva encore quelques fois contre la Convention , en criant : &#171; Du pain et la Constitution de 1793. &#187; Ce n'&#233;taient toutefois plus que des faibles sursauts d'une flamme r&#233;volutionnaire en voie d'extinction. Les forces du prol&#233;tariat &#233;taient &#233;puis&#233;es ; quant &#224; la conjuration organis&#233;e en 1796 par le socialiste Babeuf contre le gouvernement d'alors, dans le but d'introduire une constitution socialiste, il fut tout aussi infructueux. Babeuf avait bien compris que l'&#233;galit&#233; &#233;conomique n'&#233;tait pas compatible avec la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, qu'il voulait socialiser. Il se trompait toutefois lorsqu'il supposait pouvoir l'appliquer dans la France d'alors avec l'aide d'une poign&#233;e de conjur&#233;s. Babeuf et ses amis pouvaient encore moins compter sur un succ&#232;s que les montagnards. Ses projets socialistes ont &#233;t&#233; &#233;touff&#233;s dans l'oeuf. (...) La conjuration de Babeuf n'a pu troubler qu'un instant le calme de la bourgeoisie fran&#231;aise repue qui s'enrichissait. Elle avait d&#233;j&#224; oubli&#233; les &#171; frayeurs de l'an 1793 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cit de Condorcet sur les &#233;v&#233;nements du 10 ao&#251;t 1792 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelque temps, l'inqui&#233;tude du peuple &#233;tait grande, son agitation extr&#234;me et tout augurait de l'action pour jeudi. Neuf sections diff&#233;rentes, alarm&#233;es par les rumeurs du d&#233;part du roi, que plusieurs circonstances rendaient probables, avaient d&#233;cid&#233; de se diriger vers le ch&#226;teau et ses environs, les armes &#224; la main. A minuit, le tocsin sonnait dans presque tous les quartiers de la ville ; les cris de tambour &#233;taient battus. L'Assembl&#233;e se rendit &#224; son lieu de r&#233;union. Le Maire de Paris et les officiers municipaux se rendent au ch&#226;teau. Jusqu'&#224; 17 heures, les seuls groupes aper&#231;us n'&#233;taient pas du tout alarmants. Soudain, des citoyens arm&#233;s sont apparus de partout. Ils se rendirent en masse au ch&#226;teau. Le roi prit peur et se rendit avec sa famille &#224; l'Assembl&#233;e nationale, accompagn&#233; des d&#233;put&#233;s du d&#233;partement. La population est rest&#233;e calme et, bien qu'elle ait d&#233;ploy&#233; un important appareil militaire, elle semblait dispos&#233;e &#224; ne commettre aucun acte de d&#233;sordre. Les commissaires de sections, r&#233;unis &#224; l'H&#244;tel de Ville, s'emparent de tous les pouvoirs municipaux, donnent des ordres, nomment un g&#233;n&#233;ral commandant et disposent de la force arm&#233;e. Les citoyens n'ont manifest&#233; qu'un souhait, qu'une volont&#233;. Les gendarmes municipaux, les f&#233;d&#233;r&#233;s , les gardes nationaux, les piquets, tous &#233;taient d'accord et pr&#234;ts &#224; mourir pour la m&#234;me cause. Leur force &#233;tait si imposante qu'on ne pouvait s'attendre &#224; la moindre r&#233;sistance de la part des occupants du ch&#226;teau, d'autant moins que les rois et sa famille &#233;taient partis. Les artilleurs de garde exprimaient les sentiments qui les animaient &#224; s'unir &#224; leurs concitoyens. Un grand nombre de gardes nationaux qui se trouvaient dans le ch&#226;teau firent de m&#234;me. Certains sont rest&#233;s parmi les 1 000 &#224; 1 200 gardes suisses. Ils donnaient des signes ext&#233;rieurs de fraternit&#233; ; ils jetaient des cartouches de papier par les fen&#234;tres, ils exhibaient le bonnet rouge. En cons&#233;quence les bourgeois, tromp&#233;s par les apparences, entr&#232;rent, pensant se rendre ma&#238;tres du ch&#226;teau sans tirer un coup de feu. A peine avaient-ils gravi les premi&#232;res marches de l'escalier que les Suisses leur tir&#232;rent dessus &#224; bout portant. Ils se retir&#232;rent dehors, point&#232;rent le canon et le combat commen&#231;a. Un grand nombre de citoyens furent tu&#233;s ou bless&#233;s, mais tr&#232;s peu de Suisses parvinrent &#224; s'&#233;chapper. Parmi les morts figuraient plusieurs jeunes hommes fid&#232;les au ch&#226;teau, portant l'uniforme suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens se sont comport&#233;s avec beaucoup de courage. On a vu les n&#233;cessiteux refuser de toucher aux restes des vaincus et remettre montres et tabati&#232;res pour venir en aide aux veuves dont les maris avaient p&#233;ri. Nous les avons vus mettre de c&#244;t&#233; les ustensiles de cuisine et l'argenterie. Quelques individus ayant tent&#233; de piller, le peuple leur rendit imm&#233;diatement justice. Les citoyens connus pour leur incivisme et leurs principes contre-r&#233;volutionnaires furent victimes du premier mouvement d'indignation et de fureur. Aucun magasin n'est pill&#233; et le meilleur ordre r&#232;gne partout sauf sur le th&#233;&#226;tre des combats. Malheureusement, plusieurs b&#226;timents prirent feu, soit &#224; cause de l'artillerie ou des fusillades, soit &#224; cause d'un accident dont la cause est encore inconnue. Nous esp&#233;rons que le calme sera compl&#232;tement r&#233;tabli et que les mesures que l'Assembl&#233;e vient d'adopter aboutiront &#224; la consolidation de la tranquillit&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compar&#233; &#224; une copie de notre part, Pr&#233;sident de la Commission extraordinaire de l'Assembl&#233;e nationale soussign&#233;, le 11 ao&#251;t 1792, an IV de la Libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Condorcet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/france/revolution/condorcet/1792/events-august.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/france/revolution/condorcet/1792/events-august.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Michelet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'attaque du palais royal des Tuileries :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k39952g/f342.image.r=michelet%20r%C3%A9volutioncommune%20commune&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k39952g/f342.image.r=michelet%20r%C3%A9volutioncommune%20commune&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la nuit du 10 ao&#251;t :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2413809/f5.item.r=michelet%20jules%201792%20commune%20de%20pariscommune%20commune&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2413809/f5.item.r=michelet%20jules%201792%20commune%20de%20pariscommune%20commune&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; -----------&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michelet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;p&#233;tons-le, nul en particulier ne peut se vanter du 10 ao&#251;t, ni l'Assembl&#233;e, ni les Jacobins, ni la Commune. Le 10 ao&#251;t, comme le 14 juillet et le 6 octobre, est un grand acte du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acte d'&#233;nergie, de d&#233;vouement, de courage d&#233;sesp&#233;r&#233;, partant moins g&#233;n&#233;ral que les deux pr&#233;c&#233;dents ; &#8212; mais, si l'on consid&#232;re le sentiment universel d'indignation qui l'inspira, on peut le nommer ainsi : c'est un grand acte du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des millions d'hommes voulurent ; vingt mille hommes ex&#233;cut&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individu fit peu ou rien. Il est juste n&#233;anmoins de remarquer que personne n'observa mieux le mouvement, ne s'y associa plus habilement que Danton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 juillet, aux Jacobins, il proposa que les f&#233;d&#233;r&#233;s, venus des d&#233;partements, fissent le lendemain, &#224; la f&#234;te du 14, un serment suppl&#233;mentaire, celui de rester &#224; Paris tant que la patrie serait en danger : &#171; Et s'ils disaient, les f&#233;d&#233;r&#233;s, ce que pense toute la France, que le danger de la patrie ne vient que du pouvoir ex&#233;cutif, qui leur &#244;terait donc le droit d'examiner cette question ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17, le procureur de la Commune, Manuel (sans aucun doute, sous l'influence de Danton) demanda, obtint que les sections, d&#233;sormais en permanence, eussent &#224; l'H&#244;tel de Ville un bureau central de correspondance, au moyen duquel elles s'entendraient entre elles d'une mani&#232;re s&#251;re et prompte. Mesure grave, qui cr&#233;ait l'unit&#233;, non plus fictive, mais r&#233;elle, active, de ce grand peuple de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27, les Cordeliers, sous la pr&#233;sidence de Danton, d&#233;cident que &#171; la Constituante ayant remis le d&#233;p&#244;t de la constitution &#224; tous les Fran&#231;ais, tous, dans le danger de la constitution, citoyens passifs aussi bien qu'actifs, sont admis, par la constitution m&#234;me, &#224; d&#233;lib&#233;rer, &#224; s'armer pour la d&#233;fendre ; que la section du Th&#233;&#226;tre-Fran&#231;ais les appelle &#224; elle &#187;, etc. L'arr&#234;t&#233; est sign&#233; de Danton et des secr&#233;taires Momoro et Chaumette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &#224; ce moment supr&#234;me, la fameuse section des Cordeliers et Danton lui-m&#234;me s'effor&#231;aient de retenir encore sur l'insurrection un manteau de l&#233;galit&#233; ; ils attestaient la constitution, au moment o&#249; le salut de la France obligeait de la briser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France fut sauv&#233;e par la France, par des masses inconnues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impulsion fut donn&#233;e par l'&#233;tranger m&#234;me, par ses menaces insolentes. Nous lui devons ce magnifique &#233;lan de col&#232;re nationale, d'o&#249; sortit la d&#233;livrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 juillet partit de Coblentz le manifeste, outrageusement imp&#233;rieux, du g&#233;n&#233;ral de la coalition, du duc de Brunswick. Ce prince, homme judicieux, le trouvait lui-m&#234;me absurde ; mais les rois lui impos&#232;rent cette &#339;uvre insens&#233;e de l'&#233;migration. On y annon&#231;ait une guerre &#233;trange, nouvelle, toute contraire au droit des nations polic&#233;es. Tout Fran&#231;ais &#233;tait coupable ; toute ville ou village qui r&#233;sisterait devrait &#234;tre d&#233;moli, br&#251;l&#233;. Quant &#224; la Ville de Paris, elle devait redouter des s&#233;v&#233;rit&#233;s terribles : &#171; Leurs Majest&#233;s rendant responsables de tous les &#233;v&#233;nements sur leur t&#234;te, pour &#234;tre jug&#233;s militairement, sans espoir de pardon, tous les membres de l'Assembl&#233;e, du d&#233;partement, du district, de la municipalit&#233;, les juges de paix, les gardes nationaux et tous autres&#8230; S'il &#233;tait fait la moindre violence au roi, on en tirerait une vengeance &#224; jamais m&#233;morable, en livrant Paris &#224; une ex&#233;cution militaire et une subversion totale &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manifeste du 26 fut (chose bizarre !) le 28 connu &#224; Paris ; on e&#251;t dit qu'il venait des Tuileries et non de Coblentz. Il tomba comme sur la poudre tombe une &#233;tincelle. La section de Mauconseil sortit du vague terrain constitutionnel, d&#233;clara : 1o qu'il &#233;tait impossible de sauver la libert&#233; par la constitution ; 2o qu'elle abjurait son serment et ne reconnaissait plus Louis pour roi ; 3o que, le dimanche 5 ao&#251;t, elle se transporterait &#224; l'Assembl&#233;e et lui demanderait si elle voulait enfin sauver la patrie, se r&#233;servant, sur la r&#233;ponse, de prendre telle d&#233;termination ult&#233;rieure qu'il appartiendrait, et jurant de s'ensevelir, s'il le fallait, sous les ruines de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;claration fut sign&#233;e de six cents noms, enti&#232;rement inconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais insurrection ne fut plus clairement, plus nettement annonc&#233;e. Ceux qui, apr&#232;s la victoire, la r&#233;clam&#232;rent comme leur et comme pr&#233;par&#233;e par eux furent bien oblig&#233;s, pour faire croire qu'ils avaient tout fait, de supposer des myst&#232;res dans l'ombre desquels ils auraient agi. Tout indique, quoi qu'ils aient dit, que ces petits myst&#232;res ne firent rien ou pas grand'chose. Ce fut une conspiration immense, universelle, nationale, men&#233;e &#224; grand bruit sur la place, en plein soleil. Un de ceux qui t&#226;ch&#232;rent apr&#232;s de se donner l'honneur de la chose avait bien mieux dit avant : &#171; Nous sommes, en ce moment, un million de factieux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur quarante-huit sections, quarante-sept avaient vot&#233; la d&#233;ch&#233;ance de Louis XVI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la prononcer sans risque de collision, il fallait d&#233;sarmer la cour. La Gironde et les Jacobins &#233;taient d'accord l&#224;-dessus. Le Girondin Fauchet, le Jacobin Choudieu, demand&#232;rent, obtinrent de l'Assembl&#233;e que les troupes de ligne fussent envoy&#233;es &#224; la fronti&#232;re. L'Assembl&#233;e, sous cette double influence, ordonna le licenciement de l'&#233;tat-major de la garde nationale. C'&#233;tait briser, dans Paris, l'&#233;p&#233;e de La Fayette, &#233;mouss&#233;e d&#233;j&#224;, mais qui lui restait encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cour perdait ainsi ses d&#233;fenses et ses barri&#232;res. On alla encore plus loin ; on lui contesta les Suisses ; on remarqua qu'alors m&#234;me ils avaient leur chef, leur colonel g&#233;n&#233;ral &#224; Coblentz ; c'&#233;tait le comte d'Artois, et tel de leurs officiers &#233;tait pay&#233; &#224; Coblentz de l'argent de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant qu'on s'effor&#231;ait de d&#233;sarmer la royaut&#233;, arrivait chaque jour dans Paris l'arm&#233;e de la R&#233;volution. Je parle des diff&#233;rents corps f&#233;d&#233;r&#233;s des d&#233;partements. Ces f&#233;d&#233;r&#233;s n'&#233;taient point des hommes quelconques, des volontaires pris au hasard ; c'&#233;taient ceux qui s'&#233;taient pr&#233;sent&#233;s &#224; l'&#233;lection pour combattre les premiers, ceux qui se destinaient aux armes, ceux qu'on avait &#233;lus sous l'influence des soci&#233;t&#233;s populaires, comme les plus ardents patriotes et les plus fermes soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;d&#233;r&#233;s tomb&#232;rent dans la fermentation de Paris, comme un surcro&#238;t d'ardent levain. Re&#231;us chez les particuliers ou concentr&#233;s dans les casernes, inactifs et d&#233;vor&#233;s du besoin de l'action, ils allaient partout, se montraient partout, se multipliaient. Tout neufs et non fatigu&#233;s, ravis de se voir enfin (la plupart pour la premi&#232;re fois) sur le terrain des r&#233;volutions, au crat&#232;re m&#234;me du volcan, ces terribles voyageurs appelaient, h&#226;taient l'&#233;ruption. Ils prirent deux r&#233;solutions qui leur donn&#232;rent une grande force : celle de s'unir et faire corps, ils se cr&#233;&#232;rent un comit&#233; central aux Jacobins ; &#8212; et celle de rester &#224; Paris. Le 17 juillet, ils avaient adress&#233; &#224; l'Assembl&#233;e une audacieuse adresse : &#171; Vous avez d&#233;clar&#233; le danger de la patrie ; mais ne la mettez-vous pas en danger vous-m&#234;mes, en prolongeant l'impunit&#233; des tra&#238;tres ?&#8230; Poursuivez La Fayette, suspendez le pouvoir ex&#233;cutif, destituez les directoires de d&#233;partements, renouvelez le pouvoir judiciaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indignation de l'Assembl&#233;e fut presque unanime ; elle passa &#224; l'ordre du jour. Les f&#233;d&#233;r&#233;s, &#233;tonn&#233;s de ce mauvais accueil, &#233;crivirent aux d&#233;partements : &#171; Vous ne nous reverrez plus ou vous nous verrez libres&#8230; Nous allons combattre pour la libert&#233;, pour la vie&#8230; Si nous succombons, vous nous vengerez, et la libert&#233; rena&#238;tra de ses cendres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux re&#231;us des Jacobins, ils &#233;taient aussi fort encourag&#233;s par la Commune de Paris. Le procureur de la Commune, Manuel, professa aux Jacobins cette doctrine nouvelle : que les f&#233;d&#233;r&#233;s, &#233;lus des d&#233;partements, en &#233;taient les repr&#233;sentants l&#233;gitimes. P&#233;tion, qui &#233;tait l&#224;, appuyait cette doctrine de sa pr&#233;sence, de la puissante autorit&#233; du premier magistrat de Paris. Paris m&#234;me, en sa personne, semblait adopter ces envoy&#233;s de la France, les encourager au combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 juillet, un festin civique fut donn&#233; aux f&#233;d&#233;r&#233;s sur l'emplacement des ruines de la Bastille, et la m&#234;me nuit, du 25 au 26, un directoire d'insurrection s'assembla au Soleil-d'Or, petit cabaret voisin. Il y avait cinq membres du comit&#233; des f&#233;d&#233;r&#233;s, de plus les deux chefs des faubourgs, Santerre et Alexandre, trois hommes d'ex&#233;cution, Fournier, dit l'Am&#233;ricain, Westermann et Lazouski, le Jacobin Antoine, les journalistes Carra et Gorsas, enfants perdus de la Gironde. Fournier apporta un drapeau rouge, avec cette inscription dict&#233;e par Carra : &#171; Loi martiale du peuple souverain contre la r&#233;bellion du pouvoir ex&#233;cutif. &#187; On devait s'emparer de l'H&#244;tel de Ville et des Tuileries, enlever le roi sans lui faire de mal et le mettre &#224; Vincennes. Le secret, confi&#233; &#224; trop de personnes, &#233;tait connu de la cour. Le commandant de la garde nationale alla trouver P&#233;tion et lui dit qu'il avait mis le ch&#226;teau en &#233;tat de d&#233;fense. P&#233;tion alla la nuit m&#234;me dissoudre les convives attard&#233;s du festin civique, qui croyaient combattre au jour. On se d&#233;cida &#224; attendre les f&#233;d&#233;r&#233;s de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barbaroux, leur compatriote, avait &#233;crit &#224; Marseille d'envoyer &#224; Paris &#171; cinq cents hommes qui sussent mourir &#187;. Rebecqui, autre Marseillais, avait &#233;t&#233; les recruter, les choisir lui-m&#234;me. Il ne faut pas oublier que, depuis deux ou trois ans, la guerre, sous diverses formes, existait dans le Midi. Les &#233;meutes de Montauban, de Toulouse, le meurtrier combat de N&#238;mes en 1790, la guerre civile d'Avignon en 1790 et 1791, les affaires d'Arles, d'Aix, la derni&#232;re surtout o&#249; les gardes nationales avaient d&#233;sarm&#233; un r&#233;giment suisse, tout cela avait exalt&#233; dans ces contr&#233;es l'orgueil militaire, l'amour des combats, la furie de la R&#233;volution. Rebecqui et ses Marseillais &#233;taient alli&#233;s et amis du parti fran&#231;ais d'Avignon ; ils en consid&#233;raient les crimes comme d'excusables repr&#233;sailles. Les cinq cents hommes de Marseille, qui n'&#233;taient point du tout exclusivement Marseillais, &#233;taient d&#233;j&#224;, quoique jeunes, de vieux batailleurs de la guerre civile, faits au sang, tr&#232;s endurcis ; les uns, rudes hommes du peuple, comme sont les marins ou paysans de Provence, population &#226;pre, sans peur ni piti&#233; ; d'autres, bien plus dangereux, des jeunes gens de plus haute classe, alors dans leur premier acc&#232;s de fureur et de fanatisme, &#233;tranges cr&#233;atures, troubles et orageuses d&#232;s la naissance, vou&#233;es au vertige, telles qu'on n'en voit gu&#232;re de pareilles que sous ce violent climat. Furieux d'avance et sans sujet, qu'il vienne un sujet de fureur, vous retrouverez des Mainvielle, que rien ne fera reculer, non pas m&#234;me la Glaci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose, si l'on peut dire, les soutenait dans leurs col&#232;res et les rendait pr&#234;ts &#224; tout : c'est qu'ils se sentaient une foi. La foi r&#233;volutionnaire, formul&#233;e par un homme du Nord dans la Marseillaise, avait confirm&#233; le c&#339;ur du Midi. Tous maintenant, ceux m&#234;me qui ignoraient le plus les lois de la R&#233;volution, ses r&#233;formes et ses bienfaits, tous savaient, par une chanson, pourquoi ils devaient d&#232;s lors combattre, tuer, mourir. La petite bande des Marseillais, traversant villes et villages, exalta, effraya la France par son ardeur fr&#233;n&#233;tique &#224; chanter le chant nouveau. Dans leurs bouches, il prenait un accent tr&#232;s contraire &#224; l'inspiration primitive, accent farouche et de meurtre ; ce chant g&#233;n&#233;reux, h&#233;ro&#239;que, devenait un chant de col&#232;re ; bient&#244;t il allait s'associer aux. hurlements de la Terreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barbaroux et Rebecqui all&#232;rent recevoir les Marseillais &#224; Charenton. Le premier, jeune, enthousiaste, g&#233;n&#233;reux, li&#233; d'une part aux Girondins par l'amiti&#233; des Roland, d'autre part fort intime avec ces hommes violents du Midi, r&#234;vait une grandiose et pacifique insurrection, une redoutable f&#234;te, o&#249; quarante mille Parisiens, accueillant les Marseillais, et, pour ainsi parler, les prenant dans leurs bras, emporteraient d'un &#233;lan, sans avoir besoin de combat, l'H&#244;tel de Ville, les Tuileries, entra&#238;neraient l'Assembl&#233;e, fonderaient la R&#233;publique. &#171; Cette insurrection pour la libert&#233; e&#251;t &#233;t&#233; majestueuse comme elle, sainte comme les droits qu'elle devait assurer, digne de servir d'exemple aux peuples ; pour briser leurs fers, il leur suffit de se montrer aux tyrans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Santerre promit les quarante mille hommes, et il en amena deux cents. Il n'avait aucune h&#226;te de donner aux Marseillais l'honneur d'un si grand mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barbaroux put voir bient&#244;t combien ce plan romanesque d'une insurrection innocente, g&#233;n&#233;reuse et pacifique, ex&#233;cut&#233;e par des mains furieuses et d&#233;j&#224; sanglantes, avait peu de vraisemblance. D&#232;s le lendemain, aux Champs-&#201;lys&#233;es, les Marseillais, invit&#233;s &#224; un festin, se trouv&#232;rent, &#224; deux pas des grenadiers des Filles-Saint-Thomas, et il y eut imm&#233;diatement une collision sanglante. Qui commen&#231;a ? On ne le sait. Les Marseillais, chargeant d'ensemble, eurent un avantage facile ; leurs adversaires furent mis en fuite. Le pont-levis des Tuileries s'abaissa pour les recevoir, se releva pour arr&#234;ter les Marseillais qui s'&#233;lan&#231;aient &#224; leur poursuite. Plusieurs des bless&#233;s, re&#231;us aux Tuileries, furent consol&#233;s et pans&#233;s par les dames de la cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite arm&#233;e f&#233;d&#233;r&#233;e, cinq cents Marseillais et trois cents Bretons, etc., en tout cinq mille hommes, &#233;tait au complet dans Paris, l'insurrection &#233;tait imminente. Tout le monde s'y attendait. Un muet tocsin sonnait dans les oreilles et dans les c&#339;urs. Le 3 ao&#251;t, il retentit dans l'Assembl&#233;e m&#234;me. P&#233;tion, &#224; la t&#234;te de la Commune, se pr&#233;sente &#224; la barre. Spectacle &#233;trange, le froid, le flegmatique P&#233;tion, ayant derri&#232;re lui ses dogues, les Danton et les Sergent, qui le poussaient par derri&#232;re, d&#233;bitant de sa voie glac&#233;e un br&#251;lant appel aux armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Commune vous d&#233;nonce le pouvoir ex&#233;cutif&#8230; Pour gu&#233;rir les maux de la France, il faut les attaquer dans leur source et ne pas perdre un moment. &#187; &#8212; Suivent les crimes de Louis XVI, ses projets sanguinaires contre Paris, les bienfaits de la nation envers lui, son ingratitude, le d&#233;tail des entraves qu'il met &#224; la d&#233;fense nationale, l'insolence des autorit&#233;s d&#233;partementales qui se font arbitres entre l'Assembl&#233;e et le roi et voudraient mettre la France en r&#233;publique f&#233;d&#233;rative&#8230; &#171; Nous aurions d&#233;sir&#233; pouvoir demander seulement la suspension momentan&#233;e de Louis XVI ; la constitution s'y oppose. Il invoque sans cesse la constitution ; nous l'invoquons &#224; notre tour et nous demandons la d&#233;ch&#233;ance&#8230; Il est douteux que la nation puisse se fier &#224; la dynastie ; nous demandons des ministres nomm&#233;s hors de l'Assembl&#233;e, par le scrutin des hommes libres, en attendant que la volont&#233; du peuple, notre souverain et le v&#244;tre, soit l&#233;galement prononc&#233;e en Convention nationale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut un grand silence. La p&#233;tition fut renvoy&#233;e &#224; un comit&#233;. La question de la d&#233;ch&#233;ance fut ajourn&#233;e au jeudi 9 ao&#251;t. Ceci n'&#233;tait plus une furie de populace, une bravade de f&#233;d&#233;r&#233;s. C'&#233;tait la grande Commune qui prenait l'avant-garde, sommait l'Assembl&#233;e de la suivre. C'&#233;tait le roi de Paris qui venait d&#233;noncer le roi. Dans l'&#233;tat de mis&#232;re, de sourde fureur o&#249; &#233;tait la population, on pouvait craindre que la p&#233;roraison d'une telle harangue ne f&#251;t l'assaut des Tuileries, que les mots ne fussent des actes, que la cause de la libert&#233;, au lieu de se d&#233;cider par les batailles du Rhin, ne f&#251;t remise au hasard d'une &#233;meute de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;ance du soir fut courte. On rentra chez soi, on consulta les siens. C'est dans ces grandes circonstances que les hommes, incertains, flottants, suivent, sans bien s'en rendre compte, l'influence de leurs entourages, de leurs affections. Quand la lumi&#232;re de l'esprit vacille, on cherche celle du c&#339;ur. Il serait int&#233;ressant de savoir, en cette occasion, quelle fut la table du soir pour les grands chefs d'opinion, ce que fut ce soir l&#224; Robespierre &#224; la table des Duplay, Vergniaud chez Madame Roland ou Mlle Candeille. Autant qu'on peut conjecturer, soit par crainte pour la libert&#233; qui pouvait p&#233;rir en une heure, soit par instinct d'humanit&#233;, au moment de voir le sang couler, tous furent incertains ou recul&#232;rent &#224; l'apparition prochaine du terrible &#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robespierre ne dit rien le soir aux Jacobins, et tr&#232;s probablement s'abstint d'y aller, pour n'exprimer nulle opinion sur les mesures imm&#233;diates qu'il convenait de prendre. Il laissa passer le jour, ordinairement d&#233;cisif dans les r&#233;volutions de Paris, le dimanche (5 ao&#251;t). Il se tut le 3, il se tut le 4 et ne recouvra la parole qu'apr&#232;s que ce jour fut pass&#233;, le lundi 6 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la Gironde et les amis des Roland, qui &#233;taient dans l'action m&#234;me, ils ne s'abstinrent pas, mais se divis&#232;rent. La Gironde proprement dite, sa pens&#233;e, Brissot, sa parole, Vergniaud, redoutaient l'insurrection. Les amis des Girondins, le jeune Marseillais Barbaroux, l'appelaient et la pr&#233;paraient. Rien n'indique de quel c&#244;t&#233; pencha Madame Roland.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut ici accuser personne. Il y avait lieu vraiment d'h&#233;siter et de r&#233;fl&#233;chir. Il y avait &#224; parier que la cour aurait le dessus si l'on hasardait le combat. La Gironde avait provoqu&#233;, ordonn&#233; l'organisation de l'arm&#233;e des piques, mais elle commen&#231;ait &#224; peine. Rien n'&#233;tait moins disciplin&#233;, moins exerc&#233;, moins imposant que les bandes des faubourgs. Les f&#233;d&#233;r&#233;s m&#234;mes, quoique braves, &#233;taient-ils de vrais soldats ? Pour l'arm&#233;e des ba&#239;onnettes, la garde nationale, il &#233;tait infiniment probable qu'une grande partie ne ferait rien, et qu'une autre, tr&#232;s nombreuse, serait contre l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque des Tuileries n'&#233;tait point chose facile. Le ch&#226;teau, du c&#244;t&#233; du Carrousel surtout, &#233;tait un fort redoutable. Il n'y avait pas de grille comme aujourd'hui, point de grand espace libre ; mais trois petites cours contre le ch&#226;teau, ferm&#233;es de murs, dont les jours donnaient sur le Carrousel et permettaient de tirer fort &#224; l'aise sur les assaillants. Ceux-ci parvenaient-ils &#224; p&#233;n&#233;trer, ils &#233;taient perdus, ce semble ; ces trois cours &#233;taient trois pi&#232;ges, justement comme cette cour du ch&#226;teau du Caire o&#249; le pacha fit si commod&#233;ment fusiller les Mameluks. Une fois l&#224;, on devait &#234;tre cribl&#233; des fen&#234;tres, foudroy&#233; de tous c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La garnison &#233;tait tr&#232;s s&#251;re. Elle devait, outre les gardes nationaux les plus d&#233;vou&#233;s, compter les bataillons suisses, cette milice brave et fid&#232;le, compter les restes de la garde constitutionnelle (nous l'avons vu, des Murat, des La Rochejaquelein), compter la noblesse fran&#231;aise, ainsi se nommaient eux-m&#234;mes les gentilshommes qui s'engageaient &#224; d&#233;fendre le ch&#226;teau. D'Hervilly, leur chef, &#233;tait une &#233;p&#233;e connue ; il avait form&#233;, recrut&#233; un petit corps redoutable, compos&#233; uniquement de ma&#238;tres d'armes qu'il &#233;prouvait lui-m&#234;me et de spadassins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il y avait lieu de songer. Si l'insurrection venait se faire prendre, &#233;craser au traquenard des Tuileries, l'Assembl&#233;e elle-m&#234;me &#233;tait frapp&#233;e &#224; mort et perdait la force l&#233;gale, qui jusqu'ici &#233;tait dans ses mains. Si elle pouvait, de cette force, vaincre sans combat, pousser le roi de proche en proche &#224; remettre le pouvoir aux ministres patriotes, pourquoi livrer la grande cause au hasard d'un petit combat, aux chances d'une surprise, d'une panique peut-&#234;tre, d'un irr&#233;parable revers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles furent les pens&#233;es de la Gironde. L'ambition y fut pour quelque chose sans doute. Mais, l'ambition m&#234;me &#224; part, il faut reconna&#238;tre qu'il y avait bien lieu d'h&#233;siter. Disons aussi qu'&#224; cette grande &#233;poque, &#224; ce rare moment de patriotisme enthousiaste, l'&#233;go&#239;sme et l'int&#233;r&#234;t personnel, sans dispara&#238;tre enti&#232;rement, furent tout &#224; fait secondaires dans les r&#233;solutions des hommes. Il faut rendre cette justice alors aux hommes de tout parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 juillet, Brissot avait avou&#233; le motif, fort s&#233;rieux, qui, au moment de briser le tr&#244;ne, faisait h&#233;siter la Gironde ; il &#233;tait fond&#233; dans la vieille superstition, absurde, mais trop r&#233;elle, et qu'on ne pouvait m&#233;conna&#238;tre : &#171; Les hommes attachent au mot de roi une vertu magique qui pr&#233;serve leur propri&#233;t&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette id&#233;e ajoutez un sentiment, naturel &#224; l'aspect de la fureur qu'on voyait gronder dans le peuple : la crainte d'une grande et terrible effusion de sang humain, qui renouvel&#226;t la Glaci&#232;re, calomni&#226;t la libert&#233;, d&#233;shonor&#226;t la France. On apprit qu'&#224; Marseille un contre-r&#233;volutionnaire avait &#233;t&#233; &#233;gorg&#233; par le peuple. &#192; Toulon, chose d&#233;plorable, fatale aux amis de la libert&#233;, c'&#233;tait la loi elle-m&#234;me, je veux dire ses principaux organes, sur lesquels on avait port&#233; le couteau. Le procureur g&#233;n&#233;ral syndic (nous dirions pr&#233;fet) du d&#233;partement, quatre administrateurs, l'accusateur public, un membre du district, d'autres citoyens encore, avaient &#233;t&#233; massacr&#233;s. Si de telles choses arrivaient si loin, contre des magistrats secondaires dont la responsabilit&#233; ne pouvait &#234;tre bien grande, que serait-ce contre le roi ? Que serait-ce ici, &#224; Paris, o&#249; depuis si longtemps les Marat et les Fr&#233;ron demandaient des t&#234;tes, du sang, des supplices atroces, des mutilations, des b&#251;chers ?&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fait r&#233;v&#233;l&#233; plus tard montre assez combien ceux m&#234;mes qui se mettaient en avant, P&#233;tion et autres, &#233;taient effray&#233;s sur le caract&#232;re de meurtri&#232;re violence qu'allait prendre la R&#233;volution. Duval d'Esprem&#233;nil celui qui l'avait jadis commenc&#233;e dans le Parlement, mais depuis fol et furieux dans le sens contraire, ayant parl&#233; indiscr&#232;tement pour la cour dans le jardin des Tuileries, fut reconnu, poursuivi de la foule, frapp&#233;, maltrait&#233; ; bient&#244;t tous ses v&#234;tements leur restaient aux mains ou tombaient sur lui en lambeaux sanglants. Il traversa, vivant encore, le Palais-Royal, se jeta heureusement dans la Tr&#233;sorerie, qui &#233;tait en face. On ferma les portes. La foule rugissait autour, allait les forcer. La pauvre petite femme de Duval (il venait de se marier) parvint &#224; traverser tout, voulant mourir avec lui. On alla chercher bien vite le maire de Paris. P&#233;tion vint en effet, entra, vit sur un matelas un spectre p&#226;le et sanglant. C'&#233;tait Duval, qui lui dit : &#171; Et moi aussi, P&#233;tion, j'ai &#233;t&#233; l'idole du peuple&#8230; &#187; Il n'avait pas fini ces mots que, soit l'exc&#232;s de la chaleur, soit terreur et pressentiment trop vrai de sa destin&#233;e prochaine, P&#233;tion s'&#233;vanouit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il y avait lieu de songer, &#224; la veille du 10 ao&#251;t, Ce n'&#233;tait pas seulement la Gironde qui h&#233;sitait, c'&#233;taient d'excellents citoyens, Cambon par exemple, qui ne tinrent &#224; la Gironde que fort indirectement, qui n'en eurent nullement l'esprit et ne connurent d'autre sentiment que l'int&#233;r&#234;t de la France. Le 4 ao&#251;t, Cambon obtint que l'Assembl&#233;e demand&#226;t &#224; sa commission des Douze un rapport &#171; pour rappeler le peuple aux vrais principes de la constitution &#187;. Cette commission y travailla imm&#233;diatement, et Vergniaud vint, en son nom, s&#233;ance tenante, proposer d'annuler l'acte insurrectionnel de la section de Mauconseil, ce qui fut &#224; l'instant d&#233;cr&#233;t&#233; sans discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, nous le savons bien mieux aujourd'hui, Vergniaud et Cambon avaient tort. L'insurrection seule, la plus prompte insurrection, pouvait encore sauver la France. Il n'y avait pas un jour &#224; perdre. La royaut&#233; toujours aux Tuileries, servant de point de ralliement aux nobles et aux pr&#234;tres par tout le royaume, c'&#233;tait le plus formidable auxiliaire des arm&#233;es de la coalition. La reine attendait, appelait ces arm&#233;es, la nuit et le jour. Elle avouait &#224; ses femmes ses v&#339;ux et son esp&#233;rance. Une nuit, dit Mme Campan, que la lune &#233;clairait sa chambre, elle la contempla et me dit que, dans un mois, elle ne verrait pas cette lune, sans &#234;tre d&#233;gag&#233;e de ses cha&#238;nes. Elle me confia que tout marchait &#224; la fois pour la d&#233;livrer. Elle m'apprit que le si&#232;ge de Lille allait se faire, qu'on leur faisait craindre que, malgr&#233; le commandant militaire, l'autorit&#233; civile ne voul&#251;t d&#233;fendre la ville. Elle avait l'itin&#233;raire des princes et des Prussiens ; tel jour, ils devaient &#234;tre &#224; Verdun, et tel jour, &#224; un autre endroit. Qu'arriverait-il &#224; Paris ? Le roi n'&#233;tait pas poltron ; mais il avait peu d'&#233;nergie. &#171; Je monterais bien &#224; cheval, disait-elle encore, mais alors j'an&#233;antirais le roi&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde voyait aux portes de la France deux arm&#233;es disciplin&#233;es, redoutables par leurs pr&#233;c&#233;dents : la prussienne, pleine de la tradition du grand Fr&#233;d&#233;ric ; l'autrichienne et hongroise, illustre par les succ&#232;s de la guerre des Turcs. Ces deux arm&#233;es avaient de plus cette grave particularit&#233;, qu'elles venaient, presque sans coup f&#233;rir, d'&#233;touffer d&#233;j&#224; deux r&#233;volutions, celle de Hollande et de Belgique. Nul politique, nul militaire ne pouvait croire &#224; une r&#233;sistance s&#233;rieuse de la part de nos arm&#233;es d&#233;sorganis&#233;es, des masses indisciplin&#233;es qui venaient derri&#232;re, de nos g&#233;n&#233;raux suspects, d'une cour qui appelait l'ennemi. Un miracle seul pouvait sauver la France, et peu de gens l'attendaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madame Roland avoue sans d&#233;tour qu'elle complait peu sur la d&#233;fense du Nord, qu'elle examinait avec Barbaroux et Servan les chances de sauver la libert&#233; dans le Midi, d'y fonder une r&#233;publique. &#171; Nous prenions, dit-elle, des cartes g&#233;ographiques, nous tracions la ligne de d&#233;marcation. &#8212; Si nos Marseillais ne r&#233;ussissent pas, disait Barbaroux, ce sera notre ressource. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci n'&#233;tait pas particulier aux Girondins. Marat, la veille du 10 ao&#251;t, demanda &#224; l'un d'entre eux de le sauver &#224; Marseille et se tint pr&#234;t &#224; partir sous l'habit d'un charbonnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vergniaud affirme que Robespierre avait la m&#234;me intention, et que c'&#233;tait aussi &#224; Marseille qu'il voulait se retirer. Quoiqu'on soit port&#233; &#224; douter de l'affirmation d'un ennemi sur un ennemi, j'avoue que le t&#233;moignage d'un tel homme, loyal, plein de c&#339;ur et d'honneur, me semble avoir beaucoup de poids.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux hommes seuls, parmi ceux qui influaient, paraissent avoir &#233;t&#233; immuablement oppos&#233;s &#224; l'id&#233;e de quitter Paris, les deux qui avaient du g&#233;nie, Vergniaud et Danton. La chose est &#224; peu pr&#232;s certaine pour Danton. Celui qui, apr&#232;s le 10 ao&#251;t, quand l'ennemi approchait, ne sourcilla pas et s'obstina &#224; faire face, celui-l&#224;, avant le 10, dans un p&#233;ril moins imminent, ne faiblit pas &#224; coup s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Vergniaud, la chose est certaine. Il donna son avis en pr&#233;sence d'environ deux cents d&#233;put&#233;s. Contre l'opinion de la plupart de ses amis, il dit : &#171; Que c'&#233;tait &#224; Paris qu'il fallait assurer le triomphe de la libert&#233; ou p&#233;rir avec elle ; que, si l'Assembl&#233;e sortait de Paris, ce ne pouvait &#234;tre que comme Th&#233;mistocle, avec tous les citoyens, en ne laissant que des cendres, ne fuyant un moment devant l'ennemi que pour lui creuser son tombeau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vergniaud et Danton jug&#232;rent justement comme Richelieu, quand la reine Henriette lui faisait demander si elle pouvait se r&#233;fugier en France. Il &#233;crivit en marge de la lettre : &#8212; &#171; Faut-il dire &#224; la reine d'Angleterre que qui quitte sa place la perd ? &#187; &#8212; Et Louis XI disait : &#171; Si je perds le royaume et que je me sauve avec Paris, je me sauve la couronne sur la t&#234;te. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme allait-on s'y prendre pour r&#233;sister dans Paris ? La premi&#232;re chose &#233;tait d'en &#234;tre ma&#238;tre. Or, Paris n'avait point Paris, tant que l'ami des Prussiens &#233;tait dans les Tuileries. C'est par les Tuileries qu'il fallait commencer la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Obtiendrait-on d'un peuple, peu aguerri jusque-l&#224;, un moment de col&#232;re g&#233;n&#233;reuse, un violent acc&#232;s d'h&#233;ro&#239;sme qui f&#238;t cette folie sublime ? Cela &#233;tait fort douteux. Ce peuple semblait trop mis&#233;rable, abattu peut-&#234;tre sous la pesanteur des maux. Le Girondin Grangeneuve, dans l'ardeur de son fanatisme, demanda cette gr&#226;ce au capucin Chabot, qu'il lui br&#251;l&#226;t la cervelle, le soir, au coin d'une rue, pour voir si cet assassinat, dont on e&#251;t certainement accus&#233; la cour, ne d&#233;ciderait pas le mouvement. Le capucin, peu scrupuleux, s'&#233;tait charg&#233; de l'affaire, mais, au moment, il eut peur, et Grangeneuve se promena toute la nuit attendant en vain la mort et d&#233;sol&#233; de ne pouvoir l'obtenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michelet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_la_R%C3%A9volution_fran%C3%A7aise_(Michelet&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_la_R%C3%A9volution_fran%C3%A7aise_(Michelet&lt;/a&gt;)/Livre_VI/Chapitre_9&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Quel est le plus haut sommet de la R&#233;volution fran&#231;aise ? C'est la &#171; Commune insurrectionnelle &#187; de Paris !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du 9 au 10 ao&#251;t 1792, sous la menace du danger ext&#233;rieur (le manifeste de Brunswick de l'arm&#233;e de la noblesse fran&#231;aise unie aux arm&#233;es f&#233;odales europ&#233;ennes vient d'&#234;tre publi&#233; et il affirme la lutte &#224; mort contre le peuple fran&#231;ais r&#233;volt&#233;) et la crainte d'une trahison de Louis XVI, 28 sections sur 48 nomment des commissaires &#224; pouvoirs illimit&#233;s. La Commune de Paris est supprim&#233;e ; Mandat, le commandant de la garde nationale de Paris, est assassin&#233; et remplac&#233; par Santerre. La commune insurrectionnelle qui prend sa place &#233;lit comme premier pr&#233;sident Huguenin. Par la suite, elle est dirig&#233;e par J&#233;r&#244;me P&#233;tion, Pierre Louis Manuel et son substitut Danton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 ao&#251;t et les jours suivants, les sections qui n'avaient pas &#233;lu de commissaires rejoignent les 28 premi&#232;res sections. Le 11, la section de la place Vend&#244;me, qui se rebaptise section des piques, &#233;lit Robespierre comme repr&#233;sentant. &#192; ce moment-l&#224;, 52 commissaires d&#233;sign&#233;s avec la participation des citoyens forment le Conseil g&#233;n&#233;ral de la Commune. Le 21 ao&#251;t, le Conseil g&#233;n&#233;ral de la Commune obtient que le d&#233;partement de Paris soit dissous : ainsi, la Commune prenait sa place, cumulant les pouvoirs communal et d&#233;partemental. Les rivalit&#233;s entre l'Assembl&#233;e l&#233;gislative finissante et la Commune durent jusqu'&#224; la fin du mois d'ao&#251;t. La Commune fait pression pour acc&#233;l&#233;rer les proc&#232;s des coupables du massacre du 10 ao&#251;t, et finit par obtenir le 17 ao&#251;t la cr&#233;ation d'un tribunal extraordinaire &#233;lu par les sections. L'Assembl&#233;e d&#233;cide de frapper en d&#233;cr&#233;tant le renouvellement du Conseil g&#233;n&#233;ral de la Commune ; mais celui-ci refuse, et fait annuler le d&#233;cret. L'Assembl&#233;e se contente de faire &#233;lire six repr&#233;sentants par chaque section pour compl&#233;ter le Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 septembre, la Commune d&#233;cr&#232;te de faire tirer le canon d'alarme, sonner le tocsin et battre la g&#233;n&#233;rale : c'est le d&#233;but des massacres de Septembre. Elle envoie des repr&#233;sentants inspecter les prisons, tenter de mod&#233;rer les massacres, mais globalement son action est peu d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la veille du 10 ao&#251;t 1792, les sections arrach&#232;rent &#224; l'Assembl&#233;e le droit de se r&#233;unir en permanence ; et apr&#232;s le 10 ao&#251;t non plus seulement ceux qui payaient le &#171; cens &#187; mais tous les citoyens y furent admis. (&#8230;) Nous voyons les premiers sympt&#244;mes de dualit&#233; de pouvoirs d&#232;s juillet 1789. A l'or&#233;e de la R&#233;volution, il y a dualit&#233; de pouvoirs non seulement entre le roi et l'Assembl&#233;e nationale, mais d&#233;j&#224; entre l'Assembl&#233;e nationale, interpr&#232;te des volont&#233;s de la haute bourgeoisie, et la Commune de Paris, cette derni&#232;re s'appuyant sur les couches inf&#233;rieures du tiers &#233;tat de la capitale. (&#8230;) La dualit&#233; de pouvoirs se manifesta d'une fa&#231;on beaucoup plus accus&#233;e &#224; l'occasion de l'insurrection du 10 ao&#251;t 1792. D&#232;s la seconde quinzaine de juillet, les sections avaient nomm&#233; des d&#233;l&#233;gu&#233;s qui s'&#233;taient r&#233;unis &#224; l'H&#244;tel de Ville. (&#8230;) Le 10 ao&#251;t, l'assembl&#233;e des sections se substitua &#224; la Commune l&#233;gale et se constitua en Commune r&#233;volutionnaire. Celle-ci se pr&#233;senta face &#224; l'Assembl&#233;e bourgeoise comme l'organe de la volont&#233; populaire. (&#8230;) Mais la dualit&#233; de pouvoirs est un fait r&#233;volutionnaire et non constitutionnel. Elle peut durer un certain temps, mais pas tr&#232;s longtemps. (&#8230;) T&#244;t ou tard, l'un des pouvoirs finit par &#233;liminer l'autre. (&#8230;) &#171; La dualit&#233; de pouvoirs est, en son essence, un r&#233;gime de crise sociale : marquant un extr&#234;me fractionnement de la nation, elle comporte, en potentiel ou bien ouvertement, la guerre civile. &#187; Au lendemain du 10 ao&#251;t, les pouvoirs de la Commune r&#233;volutionnaire de Paris et ceux de l'Assembl&#233;e s'&#233;quilibr&#232;rent un instant. Cette situation qui provoqua une crise politique aigu&#235;, ne dura que quelques semaines. L'un des deux pouvoirs dut finalement s'effacer devant l'autre, et ce fut la Commune. Au lendemain du 10 ao&#251;t 1792, les pouvoirs de la Commune r&#233;volutionnaire de Paris et ceux de l'Assembl&#233;e s'&#233;quilibrent un instant. Cette situation, qui provoqua une crise politique aig&#252;e, ne persista que quelques semaines. La Commune eut le dessous. Le 31 mars 1793, la dualit&#233; de pouvoirs prit de nouveau une forme ouverte. Comme au 10 ao&#251;t, une Commune r&#233;volutionnaire s'&#233;tait substitu&#233;e &#224; la Commune et, face &#224; la Convention et &#224; son Comit&#233; de Salut public, elle avait fait figure de nouveau pouvoir. Mais la dualit&#233; ne dura cette fois, que l'espace d'un matin. Le pouvoir officiel s'empressa de faire rentrer dans le n&#233;ant la Commune insurrectionnelle. Apr&#232;s la chute des Girondins, la lutte entre la Convention et la Commune, entre le pouvoir borugeois et le pouvoir des masses, continua sourdement. Elle prit, &#224; nouveau, un caract&#232;re aigu, en novembre 1793, lorsque la Commune, se substituant &#224; la Convention, entra&#238;na le pays dans la campagne de d&#233;christianisation et imposa &#224; l'Assembl&#233;e le culte de la Raison. La bourgeoisie riposta en rognant les pouvoirs de la Commune qui, par le d&#233;cret du 4 d&#233;cembre, fut &#233;troitement subordonn&#233;e au pouvoir central. En f&#233;vrier-mars 1794, la lutte se raviva entre les deux pouvoirs. Celui issu des masses fut, alors, d'avantage repr&#233;sent&#233; par les soci&#233;t&#233;s populaires des sections, group&#233;es en un comit&#233; central, que par la Commune elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5543&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5543&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dialectics, a weapon of the French Revolution</title>
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		<dc:date>2025-11-09T03:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>1789-1793</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dialectics, a weapon of the French Revolution &lt;br class='autobr' /&gt;
In the following text, we do not simply intend to report historical observations on a revolution, namely the one that took place in France from 1789 to 1795. Our aim is far more general. We wish to point out that when the working people are so outraged that they cease to censor themselves, to break their silence, to abandon passivity, pessimism, fatalism, and submission, they express a historical necessity, a profound need of all human (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;1789-1793&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;R&#233;volution bourgeoise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dialectics, a weapon of the French Revolution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;In the following text, we do not simply intend to report historical observations on a revolution, namely the one that took place in France from 1789 to 1795. Our aim is far more general. We wish to point out that when the working people are so outraged that they cease to censor themselves, to break their silence, to abandon passivity, pessimism, fatalism, and submission, they express a historical necessity, a profound need of all human society&#8212;that is to say, something philosophical. This is the meaning of the radical dynamic of societal transformation, its dialectic, which we call &#034;revolution.&#034; Historians often acknowledge the French Revolution, the Russian Revolution, or the Spanish Revolution, but &#034;revolution&#034; as a profound, philosophical phenomenon remains foreign to them, and the propertied classes, as well as their rulers, are careful to ignore its existence. Millions of men, women, and children seizing upon an idea of &#8203;&#8203;radical change, transforming it into a force, putting it into practice, and suddenly the dynamics of a society seemingly destined for stagnation emerge. The capacities of the oppressed and exploited, previously unrecognized by those directly affected, become evident to all. What appeared to be an immutable order appears as mere absurdity, and that it was accepted for so long seems incredible. Yes, revolution is millions of human beings coming together to do&#8230; philosophy, and even to write a new chapter in the philosophy of history !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From its very beginnings, the French Revolution was the union of opposites, of men and women, of the poor and the rich, of the bare-armed and the bourgeois, of liberty and dictatorship, of war and peace, of force and law, of the young and the old, of the haves and the have-nots, of nationalism and internationalism, of love and hate, of institutional power and of the base committees of the working people outside of any institution, of order and chaos, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dialectics manifested themselves in a thousand ways during the French Revolution (1789-1794) : internal dialectical contradictions of France under the Ancien R&#233;gime, dialectical contradictions within the revolutionary camp, dialectical contradictions within the Republic, the revolution and the counter-revolution relying on political forces and classes with opposing interests, on contradictory national and foreign interests, the dialectical nature of the revolutionary dynamic transforming the negative into the positive (the war into counter-revolution, then into revolution, then back into counter-revolution), the dialectic of the transition between political revolution (and counter-revolution) and social revolution (and counter-revolution), numerous shifts from quantity to quality, particularly during the two major revolutionary offensives, the dialectic of the interaction of the three estates of the Ancien R&#233;gime, the dialectic of class struggle within the revolution and within the counter-revolution, the dialectic of the relationship between religion and politics, between the social and the political, between war and peace, the coexistence and struggle of the negative and the positive (which is (negation of the negation), dialectic of the duality of power (notably the duality of loyalty/Republic and the duality of bourgeois power/popular power), dialectic as a weapon of war of the revolution that transforms every weapon of reaction into a weapon of revolution (and vice versa for the popular counter-revolution), dialectic between historical reality and the consciousness of the leaders and the people, dialectic between feudal, bourgeois, and popular thought, dialectic between the leaders and the masses, etc. Without dialectic, the French Revolution could never have been capable of such radical and profound ideological, social, and political transformations in such a short time, transforming, in a very small number of rapid and brutal transitions, a people crushed, dominated, divided, exploited, oppressed, unorganized, lacking awareness of their own strength, submissive, fearful, and rather respectful of royal and noble power into the exact opposite. The French Revolution is the most compelling manifestation of Hegel's dialectical assertion that everything that exists deserves to perish, because nothing it fought against, destroyed, or built was eternal. The harsher the oppression suffered and felt by the people, the stronger, deeper, and more enduring the revolutionary fervor of the masses. The transformation they achieved, while having to contend with a formidable counter-revolutionary resistance, is almost unbelievable. Of course, the propertied classes' efforts in the years that followed were to erase this lesson so that the people would never repeat it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Where do we find the famous negation of the negation of dialectics ? France's debts, the European war, religion, misery, everything has been transformed ultra-rapidly from a means of denying the revolution into a means of denying the counter-revolution and vice versa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Ancien R&#233;gime denied the rights of individuals in order to give all power to kings and feudal lords. The Revolution used this to magnify the rights of the people by denying the rights of kings.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Ancien R&#233;gime divided the people into small regional units, the provinces, without common law, without a common language, without common interests. The Revolution did the opposite, unifying, with extraordinary rapidity, the people into a national unity founded on an ideology of popular interests, the common good of the people, which no counter-revolutionary reaction, however victorious, can destroy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By allying itself with all the royal and feudal dictatorships of Europe, the Ancien R&#233;gime had secured powerful foreign defenders whose armies were intended to crush the revolution. The revolution, in turn, used these allies to accuse the monarchy and nobility of national treason and to portray them as criminals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The monarchy pushed France from the beginning of the revolution to war in Europe in order to destroy the revolutionary force of the people. The people turned the tables : they defeated the European armies of reaction allied with the French nobles ! The war, far from killing the revolution, gave it extraordinary momentum and drove it to completely uproot the nobility in France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But it was from the very beginning of the French Revolution that she turned the monarchy's weapons against herself. The king claimed he could use the debts of the French state to force the Third Estate to back down and pay. Instead of whining, negotiating amendments, a reduction in sacrifices, instead of yielding on the substance, the Third Estate chose not to deny the magnitude of the debts, not to deny the importance of the necessary sacrifices, but to deny the monarchy itself, its right to decide, its right to manage, its right to dominate, its right to govern. You're bankrupt, get out ! That was the first revolutionary act ! And that is the whole dialectical weapon of the negation of the negation : destroying by using the very weapon that was used to destroy you, whether it be debt, war, religion, poverty, or even terror ! We must turn the enemy's weapons against them instead of whining defensively !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yes indeed ! This is a great lesson for the world today ! The working people of 1789 turned the weapon of debt against the power of exploiters and oppressors ! They transformed the declaration of bankruptcy into an indictment of the government. They transformed the people from victims into victors. They transformed the king into the accused and the condemned. They did not destroy just a king. They destroyed the very principle of monarchy. They made the people the sole king, the sole government, the sole legislator, the sole ruler. Yes, it is a negation of the negation, since monarchy and feudalism denied the rights of the people, the rights of individuals, the rights of the common people.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yes, self-organization is a weapon of negation of negation. From the very first step, by refusing to be dissolved by the king, the assembly of the Third Estate denied the power's right to authorize or not authorize the people to assemble. And this act would lead to all forms of self-organization of the people, from the poorest to the pike committees, to the unarmed, to the popular sections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By taking the lead in a revolutionary war in Europe, the working people did not merely defend the nation ; they called all peoples to the struggle for freedom. They had barely begun to construct, to invent, national unity, and they dialectically negated it, surpassing it by founding the union of the peoples of Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By taking the lead in the dechristianization struggle, the oppressed people denied the link between power and the Church. By endorsing royal power and the feudal order, the Catholic Church in France denied the people's right to obey no state ideology, to follow only their own individual or family beliefs. The people rejected this order that denied their own rights. They destroyed the Catholic order that claimed to reinforce the royal and feudal order. This rejection of the rejection radicalized the French Revolution. The people seized the Church's property that had been accumulated at their expense ! They forbade priests who did not recognize their Republic from practicing their religion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is sad to note that not only do the propertied classes and their historians no longer know anything about the revolutionary power of dialectics, but that the false revolutionaries, opportunists and reformists in reality, do not know the first word of it either&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dialectics is inseparable from social revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yet, even today, the strategy of the proletariat cannot do without dialectics !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indeed, by negating the negation, we must transform debts, wars, poverty, religious oppression, national, racial, gender, and age-based oppressions&#8212;all the enemy's weapons&#8212;into weapons of revolution, by radically (at their root) denying any right to capitalist power, capitalist property, capitalist morality, the capitalist state apparatus, the global capitalist order, and imperialism.&lt;br class='autobr' /&gt;
The rulers, the propertied classes, and the authors may try to conceal this reality, but there is no force superior to the dialectic of the social revolution of the self-organized masses. They toppled all the bastions of reaction, they soundly defeated, with revolutionary enthusiasm, the nobility and the superiorly organized and armed regular armies of all Europe, they destroyed centuries of Church-induced obscurantism, they turned the tables on fear, they transformed slaves into free men, the voiceless into spokespeople for all the peoples of the earth. There is no change more radical than social revolution. Its dynamic is almost unbelievable and, at the same time, perfectly natural. The relationship between resistance to change and the state is equally dialectical : the revolution could only build liberty by destroying liberty, could only demolish the monarchy by recreating a monarchy, could only abolish unequal laws by constructing new unequal laws, and yet, post-Revolutionary France will never be able to reverse the profound transformations achieved, will never be able to reinstate feudalism, the nobility, the old mode of production, the old laws, the Ancien R&#233;gime. The entire world was no longer the same after the French Revolution, and the greatest minds of the time recognized this.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goethe, amazed by the 1792 victory of the French revolutionary volunteer army at Valmy against the Prussian army, the strongest professional army in Europe, which he had witnessed from the German side and which would be the beginning of the victories of the French Revolution against the feudal and royal reaction of Europe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;From today and from this place begins a new era in the history of the world !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel in &#034;Reason in History&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;No power can destroy the spirit of a people, either from without or from within, unless it is already lifeless, unless it has already perished.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Around the time of the French Revolution, it seemed that the universe had suddenly expanded infinitely : beyond the emancipatory work accomplished by the Enlightenment, a new world was being discovered, overflowing : like a spring flood, the landscape was formed and arranged like the garden of traditional humanism.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In a letter to Schelling in 1795, Hegel offered this assessment of the French Revolution : &#034;Instead of begging for their trampled rights, the people will appropriate them.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let us recall that dialectics is the law of change through the development of contradictions and leaps in dynamics, a law in which opposites combine and transform into one another, the negative into the positive, which is a negation of the negation. Negative and positive are not the only possibilities ; the two can construct numerous combinations by linking and interacting. For Hegel, the positive is nothing other than the negation of the negation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel in his &#034;Lectures on the History of Philosophy&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;We must acknowledge the negative aspect&#8230; We must recognize the contradiction inherent in existence. The old institutions, which no longer had a place in the developed sense of conscious self-freedom and of humanity, which had their foundation and support in the apathy&#8230; of conscience, which no longer corresponded to the Spirit that had established them, and which, despite the new scientific culture, continued to be considered sacred and just in the eyes of reason, were overthrown by the French philosophers&#8230; This aspect behaved destructively against what was destroyed within itself&#8230; The French Revolution was rendered inevitable by the rigid obstinacy of prejudices, pride, the total absence of thought, and greed. The philosophers had only general thoughts, an abstract idea of &#8203;&#8203;what should be&#8230;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, in &#034;Science of Logic&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The only thing necessary to achieve scientific progress, and toward the understanding of which we must essentially strive, is the knowledge of this logical proposition : the negative is also positive ; that which is contradicted does not resolve itself into zero, into abstract nothingness, but essentially into the negation of its particular content&#8230; It is a new concept, but higher, richer than the previous one, because it has been enriched by its negation, in other words, by its opposite ; it therefore contains it, but also more than it, it is the unity of itself and its opposite.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel's (and later Marx's) dialectic is capable of understanding revolutions because it is a revolutionary thought.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, unlike many modern intellectuals, knew that revolution brings about novelty, that the world changes radically and qualitatively, that what seems eternal to us is merely an illusion, and that the force of change is not to be found outside but within the old society itself. And this is what is most astonishing, and therefore most revolutionary, in Hegel's thought : the existence of revolutionary forces within an order that seems solid, stable, and lasting. Not even a rock is solid, and neither is human society. This is Hegel's main message : radical change potentially exists within the most seemingly solid order.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel in his &#034;Lectures on the Philosophy of History&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Thought, the concept of law, suddenly asserted itself, and the old edifice of iniquity could not withstand it. Within the framework of law, a constitution was then built, everything resting on this foundation&#8230; It was a magnificent sunrise. All thinking beings celebrated this era. A sublime emotion reigned at that time ; the enthusiasm of the spirit thrilled the world&#8230;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Referring to the work of the French revolutionaries, Hegel writes in &#034;Encyclopedia of the Philosophical Sciences&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;In the midst of the revolutionary storm, their understanding manifested itself in the firmness with which they succeeded in bringing about the ethical order of the new world against the powerful alliance of the partisans of the old order ; in the firmness with which they realized, one after the other, and in their most extreme determination and opposition, all the constitutive moments of the development of the new political life. It is precisely by carrying each of these moments to the extreme point of its unilateralism, by pushing each unilateral principle to its ultimate consequences, that they were led by the dialectic of world historical reason to a political situation in which all the previous unilateralisms of political life appear to have been lifted.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;...led by the dialectic of world historical reason...&#034; that is what Hegel brilliantly remarks about the French revolution which led to the world revolution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A dialectic that produces creative novelty&#8212;that is what Hegel observes, realizing that every day in France brings astonishing new developments, to the point that one cannot imagine what will happen next. He replies to those who ask what will happen next in France : &#8220;Wait until I receive the latest gazette to find out. It is impossible to imagine, as it could be yet another incredible event.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The newspaper &#034;Les r&#233;volutions de Paris&#034; wrote the day after the proclamation of the Republic : &#034;We are the first and only ones to base our revolution on the sacred laws of equality, in this respect differing from the English charter which admits a king, a nobility and two Chambers, upper and lower.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A revolutionary of that era proudly declared : &#034;We are creating what has not existed.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nothing is more dialectical than revolutions, and among these, the French Revolution (or rather the two revolutions of 1789 and 1793).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indeed, the revolution is a good example of the fact that &#034;all order must give way to disorder leading to a new order&#034; and that &#034;everything that exists deserves to disappear and die.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4176&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4176&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yes, the revolution suddenly reveals that the old social order has become unreal, founded on lies, and this situation is a brutal discovery for both the powerful and the powerless. The old order is brutally severed from economic and social reality.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels in &#034;Ludwig Feuerbach&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Now, according to Hegel, reality is by no means an attribute that belongs by right in all circumstances and at all times to a given social or political state of affairs. Quite the contrary. The Roman Republic was real, but the Roman Empire that supplanted it was no less so. The French monarchy of 1789 had become so unreal, that is to say, so devoid of all necessity, so irrational, that it necessarily had to be abolished by the great Revolution, which Hegel always speaks of with the greatest enthusiasm. Here, the monarchy was therefore the unreal and the Revolution the real. And so, in the course of development, everything that was previously real becomes unreal, loses its necessity, its right to exist, its rational character ; a new and viable reality replaces the dying one, peacefully if the old state of affairs is reasonable enough to die without resistance, violently if it rebels against this necessity.&#8221; And so Hegel's thesis, through the workings of Hegelian dialectic itself, turns into its opposite : everything that is real in the realm of human history becomes, with time, irrational, is therefore already irrational by its very nature, tainted in advance with irrationality ; and everything that is rational in the minds of men is destined to become real, however much this may contradict apparently existing reality. The thesis of the rationality of all reality resolves itself, according to all the rules of Hegelian dialectic, into this other : Everything that exists deserves to perish.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The first of the dialectical contradictions is that of the Ancien R&#233;gime. It was designed to prevent any change that would be detrimental to the nobility, and the first social class to destabilize it, before the bourgeoisie, before the common people, was&#8230; the nobility ! The aristocratic counter-revolution marked the beginning of the pre-revolutionary period.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9r%C3%A9volution_fran%C3%A7aise&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9r%C3%A9volution_fran%C3%A7aise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The contradictions of the Ancien R&#233;gime :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.gauchemip.org/spip.php?article4071&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.gauchemip.org/spip.php?article4071&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques d'Hondt writes : &#8220;The French Revolution was the explosion of economic, social, and political contradictions. It was because the regime was entangled in its contradictions and no longer knew how to extricate itself that Louis XVI convened the Estates-General. Among other things, a clear political contradiction then emerged : it was because he felt powerless in a difficult situation, and primarily because he no longer knew where or how to find money to resolve the financial crisis, that Louis XVI de facto acknowledged his dependence on the Estates-General. He presented himself before them, in this respect, as a supplicant. And at the same time, contradictorily, he claimed to speak to them as their master ! (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
What initially appeared cruelly negative becomes a positive factor for those who know how to use it. The financial deficit that burdened the nation in 1789, and which was to be borne by the Third Estate, became for the latter a formidable weapon against the absolute monarchy. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1789, Hegel drew the lesson from this : &#034;How blind are those who can believe that institutions, constitutions, laws which no longer agree with the customs, needs and opinions of the people, which the spirit has left in flight, can continue to maintain themselves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Institutions, Hegel said, are no longer in harmony with customs ; whereas previously they were. Where there was no contradiction, a contradiction gradually emerged. This is the living and active contradiction, the process of becoming contradictory, the birth, the sharpening, then the bursting forth and resolution of contradiction in things and in ideas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And this is what the dogmatic interpreters of classical logic can neither understand nor admit. Therefore, they are unable to understand or admit a revolution. For them, what is, is ; what is not, is not&#8212;and there can be no third term. Yet, between feudalism and capitalism, between monarchy and republic, there must be a transition. And it is this transition that is revolutionary. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In revolution, everything is constantly becoming. And it is this becoming, this fluidity, that must be grasped and, if possible, controlled. As Hegel said, &#034;Everything is, and also is not. For everything flows, is in perpetual change.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The French Revolution demonstrated that an order seemingly as solid as a rock can shatter brutally&#8230; like a rock. The country that had been one of the strongest pillars of feudal reaction in Europe, a monarchy seemingly irrevocably bound to the name of France, broke so completely that the monarchy died there, feudalism vanished overnight, and the country transformed itself into the most formidable enemy of feudalism in Europe. It drove out, at the bayonets of its volunteer soldiers, the most formidable of European armies, that of Prussia, presumed invincible for its trained professional armies, and forced European heads of state to recognize the new revolutionary power, even though these same heads of state had proclaimed their intention to crush this revolution in blood and reinstate the King of France and the French nobility. From the absolute right of the monarch, we move directly to the absolute right of the people. From absolute monarchy, we move to absolute republic. From the lettre de cachet to the people's right to self-determination. From the reign of the Catholic Church to republican secularism. From feudal rights to individual rights and individual liberty. The universe suddenly ceased to revolve around the Sun King, and the center was everywhere ! A reversal of the apparent absolute order&#8230; and the creation of a completely new order. From a France unthinkable without its monarchy to a new France unthinkable with a monarchy, there was but one step.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The dialectical transition from order to disorder and then to a new order is proven, and this is far from being the only dialectical manifestation of the French Revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yes indeed ! It's the dialectic of order and disorder that we find at many other levels and in other areas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5028&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5028&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article25&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article25&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thus, the French revolution was simultaneously bourgeois and proletarian (in the sense of the committees and sections of unarmed workers), simultaneously libertarian and authoritarian, simultaneously anti-statist and constructive of a new state, simultaneously&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/revue-annales-historiques-de-la-revolution-francaise-2015-3-page-254?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.cairn.info/revue-annales-historiques-de-la-revolution-francaise-2015-3-page-254?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/chrhc/13302&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/chrhc/13302&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Within the context of the French Revolution, all historical observations are inherently dialectical. The interplay of opposites leads to an extraordinarily innovative dynamic, resulting in the emergence of new developments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is the contradiction between the spontaneous and tumultuous nature of self-organization and the structured and manipulated nature of power from above during the revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Self-organization was a constant feature of the French Revolution, even if it was always in contradiction, in a power struggle with the State : local electoral assemblies, the grievance lists, and the Estates-General refusing to dissolve in 1789 ; sections that were permanently established in 1792 ; clubs, the sans-culottes movement, popular societies in 1793, the Enrag&#233;s, the Legions of Volunteers, surveillance committees, revolutionary organizations, pike committees, women's associations, revolutionary committees, insurrectionary communes in 1794, and so on. The Jacobin bourgeoisie more or less accompanied, guided, and manipulated this mass movement, but it never truly supported it and constantly worked to re-establish a strong bourgeois State, the antithesis of popular power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5794&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5794&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the French Revolution, bourgeois democracy and the dictatorship of the popular masses were in dynamic contradiction&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article244&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article244&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Within the revolution, class collaboration between the bourgeoisie and the exploited, and also radical struggle between them, are intertwined in a contradictory manner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1082&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1082&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In fact, there is a bourgeois revolution within the revolution of the most destitute, of the unemployed, and a quasi-proletarian revolution within the bourgeois revolution. Nothing is more dialectical than the permanent revolution, which constantly pushes its social radicalism further.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1398&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1398&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These internal, dialectical, and violent contradictions explain why the change was so brutal and dramatic. Even today, we are struck by the speed and radical nature of the transformation. The king, who was adored and admired by the people, was beheaded, and his descendants were deposed. The monarchy was uprooted, and feudalism abolished overnight. Feudal and religious properties were sold off.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From an extremely divided France, which was a juxtaposition of provinces, regions, administrative entities with diverse rules, dialects, local powers, regional rules and laws, and peoples of diverse origins, the revolution created in record time a unified nation, conscious of itself, from Paris to Marseille, and speaking politically and socially with one voice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From a country long subjected to feudalism and royalty, he does exactly the opposite, the people brutally becoming an enemy of everything that represents nobility and royal power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From a country deeply divided socially and politically, the revolution cemented a people. But this people, who believed themselves to be united, continued to harbor contradictions within themselves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Gu&#233;rin in &#034;The Class Struggle under the First Republic&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;In an article from January 1849, Engels pointed to the 'permanent revolution' as one of the characteristic features of the 'glorious year 1793'. Marx was the first to realize that in France, in the midst of the bourgeois revolution, the Enrag&#233;s, and then the Babouvists, had introduced an embryo of proletarian revolution.&#034; As early as 1845, therefore before Michelet, Marx observed, in &#034;The Holy Family,&#034; that &#034;the revolutionary movement, which had as its principal representatives, in the middle of its evolution, Leclerc and Roux and finally succumbed for a moment with the Babeuf conspiracy, had given rise to the communist idea (...)&#034; And, two years later, regarding the Babouvists, he emphasized that &#034;the first appearance of a truly active communist party occurred within the framework of the bourgeois revolution.&#034; (...) Engels added : &#034;When, later, I read Bougeart's book on Marat, I realized that in more than one respect, we had only unconsciously imitated the great authentic model of the Friend of the People (...) and that he, like us, refused to consider the Revolution as over, wanting it to be declared permanent.&#034; &#8220;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx and Engels, in fact, drew inspiration from this historical concept of permanent revolution, making it a rule of conduct for future revolutions. (&#8230;) Thus, in March 1850 (&#8230;), they wrote to the Communist League : &#8216;It is in our interest and our duty to make the revolution permanent, until all the more or less propertied classes have been driven from power, until the proletariat has conquered public power (&#8230;).' And they concluded their appeal with this &#8216;battle cry' : permanent revolution ! In April of the same year, Marx and Engels, together with the Blanquists, founded a Universal Society of Revolutionary Communists, whose first article pledged to maintain &#8216;permanent revolution until the realization of communism.'&#8221; It was in the same vein that Lenin &#8211; who knew the March 1850 circular almost by heart and quoted it frequently &#8211; would write in 1905 : &#034;We are for the uninterrupted revolution.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky, who deepened and developed Marxist thought on this point, wrote : &#8220;The idea of &#8203;&#8203;permanent revolution was put forward by the great communists of the first half of the 19th century, Marx and his followers, to counter the bourgeois ideology which, as is well known, claims that after the establishment of a &#8216;rational' or democratic state, all questions could be resolved through the peaceful path of evolution and reform. (&#8230;) Permanent revolution, in the sense that Marx gave to this concept, means a revolution that refuses to compromise with any form of class domination, that does not stop at the democratic stage but proceeds to socialist measures and war against external reaction, a revolution in which each stage is contained in germ within the preceding stage, a revolution that ends only with the total liquidation of class society.&#8221; (in &#034;The Permanent Revolution&#034;)&lt;br class='autobr' /&gt;
(...) As Trotsky wrote : &#034;The distinction between bourgeois revolution and proletarian revolution is the alphabet. But, after learning the alphabet, one learns the syllables, which are formed of letters. History has combined the most important letters of the bourgeois alphabet with the first letters of the socialist alphabet.&#034; (...) As early as 1905, he wrote : &#034;A general sociological definition, 'bourgeois revolution,' in no way resolves the problems of politics and tactics, the antagonisms and difficulties posed by the very mechanism of this bourgeois revolution. Within the framework of the bourgeois revolution of the late 18th century, whose objective aim was the domination of capital, the dictatorship of the sans-culottes proved possible.&#034; In the early 20th-century revolution, which also proved bourgeois in its immediate objectives, the inevitability, or at least the probability, of the political domination of the proletariat is clearly emerging in the very near future. (from &#034;History of the Russian Revolution&#034;)&lt;br class='autobr' /&gt;
(...) The two perspectives from which the French Revolution must be considered&#8212;one relating to the objective conditions of the time (bourgeois revolution), and the other to the internal mechanism of the revolutionary movement (permanent revolution)&#8212;are only superficially contradictory. I will now explain why.&lt;br class='autobr' /&gt;
The fact that, even during a bourgeois revolution, the internal dynamics of the Revolution lead the proletariat to become more or less aware of its own class interests and to seek, more or less confusedly, to seize power does not contradict the materialist conception of history according to which material relations imperatively condition the evolution of societies. It does not justify a &#034;voluntarist&#034; thesis which, neglecting what is objectively possible, would imagine that will alone is enough to make it possible. The theory of permanent revolution remains firmly grounded in historical materialism. It explains the attempt to transcend the bourgeois revolution, not through psychological reasons, not through the &#034;idealistic&#034; intervention of the human will, but through certain purely &#034;material&#034; circumstances. Here's how. A society, and consequently the material relations existing within it, is never homogeneous because the entire historical process is founded on the law of the unequal development of the productive forces. Lenin highlighted one aspect of this law when, in his analysis of imperialism, he emphasized the &#034;disproportion in the speed of development of different countries,&#034; the &#034;differences between the speed of development of the different elements of the world economy,&#034; and stated : &#034;Under capitalism, there can be no equal development of enterprises, trusts, branches of industry, or countries.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky showed that &#034;from this universal law of unequal rhythms arises another law which, for lack of a more suitable name, can be called the law of combined development,&#034; in the sense that a society in the process of evolution is &#034;an original combination of the various phases of the historical process,&#034; &#034;of backward elements with the most modern factors.&#034; The author of &#034;History of the Russian Revolution&#034; illustrated this law very strikingly by applying it to early 20th-century Russia. But it has a much broader scope. It applies to all modern societies. Marx had already applied it to Germany in 1847. He had observed that &#8220;in this country, where the political misery of the absolute monarchy still exists with all its attendant castes and decaying semi-feudal conditions, there already exists, on the other hand, partially, as a consequence of industrial development and Germany's dependence on the world market, the modern oppositions between the bourgeoisie and the working class, with the resulting struggle.&#8221; And he based his conception of permanent revolution on &#8220;this contradictory situation&#8221; : &#8220;The German bourgeoisie thus finds itself already, too, in opposition to the proletariat, even before it has politically constituted itself as a class.&#8221; Trotsky merely elaborates on Marx's thought when he emphasizes that &#8220;the theory of permanent revolution was founded on this law (&#8230;) of the inequality of historical development.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Applying the law of combined development to the French Revolution allows us to understand why the great Revolution took on the dual character of a bourgeois revolution and a permanent revolution. It explains why, despite the fact that the objective conditions of the time still only allowed for the victory of the bourgeoisie, the bourgeois revolution already contained within it the embryo of a proletarian revolution. This is because France in 1793 was, from the perspective of the evolution of forms of production and property, a heterogeneous combination of retrograde and modern elements, of factors that lagged behind the bourgeois revolution and others that tended to leapfrog it. The archaic conditions of land ownership and cultivation in certain regions, such as the Vend&#233;e and Brittany, had contributed to keeping these provinces mired in serfdom. However, technological progress, the beginnings of the Industrial Revolution, and the economic developments that had concentrated a considerable mass of workers in cities, and especially in the capital, in the face of an already wealthy and powerful bourgeoisie, had given the sans-culottes (and particularly the Parisian sans-culottes) a centuries-long advantage over the peasants of the West and the South. Paris already had over 700,000 inhabitants by 1793.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Two worlds overlapped : in the very carriage that was taking Louis, king by the grace of God, to the scaffold, sat the fervent Jacques Roux, a (still fledgling) pioneer of the proletarian revolution, representing the Paris Commune.&lt;br class='autobr' /&gt;
Did a proletariat even exist ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Let us consider for a moment the sans-culottes of Year II : we will be struck by the composite nature of their traits. They themselves are the product of combined development. If the question were posed in a simplistic form : did a proletariat exist in 1793 ? The answer would have to be both no and yes. Undoubtedly, there was no proletariat in the sense that this word acquired in the 19th century, that is to say, large masses of workers who had lost ownership of their means of production and were concentrated in vast enterprises. (&#8230;) Moreover, the differentiation within the Third Estate was already pronounced and continued to deepen during the five years of the Revolution. The bourgeois of 1789 was already a figure of considerable importance. Landowner, wealthy merchant, industrialist, holder of an office (judicial, financial, etc.), his lifestyle, manners, even his attire, aligned him far more closely with the aristocracy than with the working class. Inflation and the high cost of living, on the one hand, and on the other, the lucrative acquisitions of nationalized property and the enormous profits made on war supplies, began to create a rift between the bourgeoisie and the sans-culottes. The poor grew poorer, while the wealth of the rich became more blatant.&lt;br class='autobr' /&gt;
The distinction already existed, albeit to a lesser degree, between the petty bourgeoisie and manual laborers. To lump together, as is sometimes done, all the social strata that constituted the vanguard of the Revolution under the term &#034;petty bourgeoisie&#034; or &#034;democracy&#034; is, in my opinion, too simplistic. The petty bourgeoisie of that era already played, albeit in an embryonic form, an intermediary role between the bourgeoisie and the workers. (...) The Jacobin party, both petty-bourgeois at its head and popular at its base, reflected this contradiction. (...) Thus, the demonstration of September 4, 1793, was specifically workers' ; it brought together almost exclusively journeymen, and the petty bourgeoisie seem to have felt some unease : the incident between Chaumette and the worker Tiger is significant in this regard. The strikes of winter and spring 1794 were also, by their very nature, specifically proletarian movements from which the Jacobin petty bourgeoisie distanced themselves and which they slandered, calling them &#034;counter-revolutionaries.&#034; Finally, during the Prairial Days (May 1795), we will see the small business owners of the Faubourg Saint-Antoine play a role distinctly different from their comrades : while the latter, of their own accord, would have continued the struggle, the former, frightened by the class character it had taken on, pushed for a compromise with the Thermidorian bourgeoisie (a compromise that proved fatal to the insurgents). (...) Wishing to use a term that marks, without exaggerating, the relative difference existing between petty bourgeois and workers, I have borrowed from Michelet the expressive term &#034;bare arms.&#034; The historian observes that if the defense of Nantes against the Vend&#233;ans had been solely bourgeois, Nantes would have been lost. &#8220;It was necessary,&#8221; he writes, &#8220;that the bare arms, the rough men, the workers violently take sides against the brigands.&#8221; (&#8230;) The composite nature of the &#8220;sans-culottes&#8221; of 1793 must never be lost sight of if one wants to understand the complex mechanism of the final phase of the Revolution. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx showed in &#8220;On the Jewish Question&#8221; how the revolutionary movement, &#8220;by declaring the revolution permanent,&#8221; had placed itself &#8220;in violent contradiction&#8221; with the objective conditions of the bourgeois revolution, which ultimately resulted in &#8220;the restoration of religion, private property, and all the elements of bourgeois society.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Engels offered various analyses of this setback, common to all revolutions of the old type (that is, of periods when proletarian revolution was still objectively impossible). After showing how an embryonic proletariat, grouped around Thomas M&#252;ntzer in Germany at the beginning of the 16th century, formulated the rudiments of communist demands, he wrote : &#8220;But, at the same time, this anticipation, beyond not only the present, but even the future (&#8230;) was bound, at the first attempt at practical application, to fall back within the narrow limits permitted only by the conditions of the time.&#8221; &#8220;It was not only the movement of that time, but its entire century that was not yet ripe for the realization of the ideas that it itself had only begun to glimpse very dimly. The class it represented, far from being fully developed and capable of subjugating and transforming the whole of society, was merely in its infancy.&#8221; The social upheaval that vaguely presented itself to his imagination had so little basis in existing material conditions that these conditions were even preparing a social order that was absolutely the opposite of the social order he dreamed of. It was therefore easy for the bourgeoisie, led by Luther, to crush the movement. (&#8230;) Elsewhere, regarding the revolutions in Paris, Engels describes the ebb as follows : &#8220;The proletariat, which had bought victory with its blood, appeared after the victory with its own demands. These demands were more or less obscure and even confused, according to the corresponding degree of development of the Parisian workers, but, ultimately, they aimed at the suppression of the class antagonism between capitalists and workers. (&#8230;) But the demand itself, however indeterminate it still was in its form, contained a danger to the established social order ; the workers who made it were still armed ; for the bourgeois who were at the helm of the State, the disarmament of the workers was therefore the first duty.&#8221; Hence, after each revolution in which the workers were victorious, a new struggle arises, which ends in the defeat of the workers.&lt;br class='autobr' /&gt;
And, in another text, Engels elaborates : &#8220;After the first major success, it was the rule that the victorious minority would split in two : one half was satisfied with the result obtained, the other wanted to go even further, making new demands. (&#8230;) These more radical demands did prevail in some cases, but frequently only for a moment : the more moderate party regained supremacy, the latest gains were lost again in whole or in part ; the vanquished then cried treason or blamed the defeat on chance. But in reality, this was most often the case : the gains of the first victory were only secured by the second victory of the more radical party ; once this was achieved, that is to say, what was momentarily necessary, the radical elements disappeared again from the scene of operations, and their success with them.&#8221; All the great revolutions of modern times, beginning with the great English Revolution of the 17th century, exhibited these traits, which seemed inseparable from any revolutionary struggle.&lt;br class='autobr' /&gt;
(...) The precise point at which the Revolution reaches its zenith and where the decline begins (...) I place at the end of November 1793. (...) From 1789 until the date just proposed, the revolutionary movement, I will show, advanced in successive leaps, constantly because the objective limits of the bourgeois revolution had not yet been reached. (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
The theory of permanent revolution has a corollary which, for the sake of clarity in my analysis, I have only touched upon in the preceding exposition. Because revolution is permanent&#8212;that is, because the problem of proletarian revolution already arises (albeit in a more or less embryonic form) during the bourgeois revolution&#8212;the revolutionary bourgeoisie, for its part, is not solely preoccupied with liquidating the class it has succeeded. It is also concerned about what is happening on its left. It is alarmed to see that the working masses, whose active participation is essential to putting an end to the old regime, and into whose hands it has had to place weapons, are trying to take advantage of the circumstances to obtain satisfaction of their own demands. The fear inspired by the popular vanguard makes it refrain from striking too swiftly and brutally at the counter-revolution. It hesitates at every moment between the solidarity that unites it with the people against the aristocracy and that which unites all the propertied classes against the non-property-makers. This pusillanimity renders it incapable of completing the historical tasks of the bourgeois revolution.&lt;br class='autobr' /&gt;
The popular vanguard must therefore force the monarchy's hand, push it forward, literally wrest from it the radical measures whose necessity it keenly feels but which frighten it. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
On the eve of 1789, the bourgeoisie, let us repeat, was no longer, to a very limited extent, a lower class. It was quite closely linked to royal absolutism and the class of large landowners. It already held a considerable share of economic power. Moreover, it had been allowed to pick up the crumbs from the feudal feast (many bourgeois had received titles of nobility, enjoyed feudal rents, held offices, and wore breeches and stockings like the nobles). (&#8230;) The violence with which the popular masses attacked the old regime frightened the bourgeoisie from the outset.&lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Lefebvre observes, in his &#034;Great Fear of 1789&#034; : &#034;Exasperated by hunger, the peasant threatened the aristocracy with an irresistible assault. But the bourgeoisie itself was not safe. It did not pay its share of taxes either ; it owned many lordships : it was the bourgeoisie that provided the lords with their judges and stewards ; it was the bourgeoisie who leased the collection of feudal dues.&#034; (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
On a purely political level, we note the same hesitation on the part of the bourgeoisie in fulfilling its historical duties. Thus, on July 14, 1789, it was literally forced into action. (...) &#034;Thus, the signal for the violent conquest of the Bastille was not given by the bourgeoisie. It was despite its efforts at conciliation that the people seized the old prison.&#034; If the sans-culottes hadn't forced the bourgeoisie's hand, the National Assembly would have ultimately succumbed in its rebellion against the royal bayonets. Similarly, without the march on Versailles on October 5th, with its starving, bare arms, and without their irruption into the Assembly, the Declaration of the Rights of Man would not have been ratified. Without the groundswell of August 10, 1792, the bourgeoisie would have retreated before the Republic and universal suffrage.&lt;br class='autobr' /&gt;
At the beginning of 1793, we will see the largest and wealthiest wing of the bourgeoisie (the Girondins) back down out of fear and hatred of the sans-culottes, hesitate before the radical measures that alone could save the Revolution, and ultimately slide toward royalism. We will then see the most audacious faction of the bourgeoisie (the Mountains), which supplanted those who had betrayed the cause of the Revolution, hesitate in turn to push the struggle to its conclusion. It will take the intervention of the suburbs for them to decide to punish the leaders of the Girondins and rid the army of reactionary officers. (&#8230;) Thus, for society to be entirely purified of feudal and absolutist vestiges, the intervention of the proletariat itself was already necessary at the end of the 18th century. The bourgeois revolution would not have been carried to its conclusion if it had not been accompanied by the embryo of a proletarian revolution. (&#8230;) Engels, drawing from his comparative study of the English and French revolutions, concludes that &#8220;without the plebeian element in the cities, the bourgeoisie alone would never have carried the battle to a decisive conclusion,&#8221; and he adds : &#8220;it seems that this is, in fact, one of the laws of the evolution of bourgeois society.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
We will now consider the French Revolution from the perspective of the forms of popular power. The theory of permanent revolution will help us to uncover certain aspects that have too often escaped republican historians. These historians have been content to present the great Revolution as the cradle of parliamentary democracy. They have not perceived (or have chosen not to perceive) that, precisely because it was, at the same time as a bourgeois revolution, an embryo of a proletarian revolution, it carried within it the germ of a new form of revolutionary power whose features would become more pronounced during the proletarian revolutions of the late 19th and 20th centuries. They have not sufficiently marked the historical lineage which, from the Commune of 1793, leads to that of 1871, and even less, of course, that which from the Commune of 1793 and 1871 leads to the soviets (councils) of 1905 and 1917. They have not seen that the essential data of the problem of power as it arose for the proletariat during the Russian Revolution (duality of powers, revolutionary constraint of the proletariat) were already manifesting themselves, although in an embryonic form, during the French Revolution, and in particular, in its last phase.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) We see the first symptoms of a dual power structure as early as July 1789. On the eve of the Revolution, there was a dual power structure not only between the king and the National Assembly, but also between the National Assembly, interpreting the will of the upper bourgeoisie, and the Paris Commune, the latter relying on the lower strata of the Third Estate in the capital. (&#8230;) The dual power structure manifested itself much more markedly during the insurrection of August 10, 1792. As early as the second half of July, the sections had appointed delegates who met at the H&#244;tel de Ville. (&#8230;) On August 10, the assembly of sections replaced the legal Commune and constituted itself as the Revolutionary Commune. It presented itself to the bourgeois Assembly as the organ of the popular will. (&#8230;) But the dual power structure is a revolutionary, not a constitutional, phenomenon. It can last for a while, but not very long. (&#8230;) Sooner or later, one of the powers ends up eliminating the other. (&#8230;) &#8220;The duality of powers is, in its essence, a regime of social crisis : marking an extreme fragmentation of the nation, it entails, potentially or openly, civil war.&#8221; In the aftermath of August 10, the powers of the revolutionary Paris Commune and those of the Assembly were momentarily balanced. This situation, which provoked an acute political crisis, lasted only a few weeks. One of the two powers ultimately had to give way to the other, and that was the Commune.&lt;br class='autobr' /&gt;
On May 31, 1793, the duality of powers once again took on an open form. As on August 10, a revolutionary Commune had replaced the legal Commune and, facing the Convention and its Committee of Public Safety, had emerged as a new power. But this time, the duality lasted only for a morning. The official authorities, as we shall see, hastened to erase the insurrectionary Commune from history.&lt;br class='autobr' /&gt;
After the fall of the Girondins, the struggle between the Convention and the Commune, between bourgeois power and the power of the masses, continued in a muted fashion. (&#8230;) The struggle took on a sharper character once again in November 1793, when the Commune, replacing the Convention, led the country into a campaign of dechristianization and imposed the Cult of Reason on the Assembly. The bourgeoisie retaliated by curtailing the powers of the Commune, which, by the decree of December 4, was placed under strict control of the central government.&lt;br class='autobr' /&gt;
In February-March 1794, the struggle between the two powers reignited. During this final phase, as we shall see, the power of the masses was represented more by the popular societies of the sections, grouped into a central committee, than by the Commune itself. But the leaders of the latter, spurred on by the movement of the masses, harbored thoughts of a coup d'&#233;tat. This was the supreme episode of the duality of power. The bourgeoisie accused the supporters of the Commune of wanting to &#034;debase national representation&#034; and it crushed popular power, thus delivering the final blow to the Revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Read more :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4728&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4728&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4708&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4708&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3033&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3033&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And terror ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6636&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6636&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The dialectical nature of the strategy of the revolutionary proletariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Why has the Yellow Vest movement been compared to the French Revolution ? Because this movement didn't just demand change, fight against, and denounce the government ; it rejected the entire political and social power of the exploiters, their control of the state and society. And the French Revolution demonstrated to them that the working people can dialectically decide to reject the right to exploitation and the right to oppression. If the circumstances are right, their decision alone can change reality.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5281&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5281&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What role does dialectical philosophy play in the politics of revolutionaries ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Expropriate the expropriators, use wars and debts, like all forms of oppression, to turn them against the capitalist warriors and oppressive imperialists, annihilate those who want to eradicate humanity, declare war on the warmongers, seize the finances of those who cut off our financial resources, eliminate all political rights of those who deny us our political rights, dismantle the organizations of those who want to prevent us from organizing, shoot the generals who shoot at us, requisition the trusts that are driving us into bankruptcy, silence the priests linked to power and the pedophile manipulators of children, fire the firefighters, suppress the right to pollute public opinion for the media that refuse to broadcast our opinions, deny the exploiters who deny us our democratic rights the right to participate in our democracy, disarm the capitalist armies and arm the working people, put internationalists at the head of the peoples who suffer national oppression and turn it against them Imperialism, decapitalizing the accumulators of capital, that is indeed the negation of revolutionary negation !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dialectique, arme de combat de la R&#233;volution fran&#231;aise</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8464</link>
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		<dc:date>2025-11-02T23:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La dialectique, arme de combat de la R&#233;volution fran&#231;aise &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le texte qui suit nous ne voulons pas juste rapporter des remarques historiques sur une r&#233;volution, celle qui s'est d&#233;roul&#233;e en France en 1789-1795. Notre but est bien plus g&#233;n&#233;ral. Nous voulons faire remarquer que lorsque le peuple travailleur sort de ses gonds au point de cesser de s'auto-censurer, de cesser de se taire, de quitter passivit&#233;, pessimisme, fatalisme et soumission, il exprime la n&#233;cessit&#233; historique, le besoin (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;R&#233;volution bourgeoise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La dialectique, arme de combat de la R&#233;volution fran&#231;aise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le texte qui suit nous ne voulons pas juste rapporter des remarques historiques sur une r&#233;volution, celle qui s'est d&#233;roul&#233;e en France en 1789-1795. Notre but est bien plus g&#233;n&#233;ral. Nous voulons faire remarquer que lorsque le peuple travailleur sort de ses gonds au point de cesser de s'auto-censurer, de cesser de se taire, de quitter passivit&#233;, pessimisme, fatalisme et soumission, il exprime la n&#233;cessit&#233; historique, le besoin profond de toute la soci&#233;t&#233; humaine, c'est-&#224;-dire quelque chose de philosophique et c'est cela qui est la signification de la dynamique radicale de transformation des soci&#233;t&#233;s, qui en est la dialectique et que l'on appelle &#171; la r&#233;volution &#187;. Souvent les historiens reconnaissent la r&#233;volution fran&#231;aise, la r&#233;volution russe ou la r&#233;volution espagnole mais &#171; la r&#233;volution &#187; comme ph&#233;nom&#232;ne profond, philosophique, leur est &#233;trang&#232;re et les classes poss&#233;dantes, ainsi que leurs gouvernants, tiennent &#224; en ignorer l'existence. Des millions d'hommes, de femmes et d'enfants s'emparant d'une id&#233;e de changement radical, la transformant en force, la mettant en pratique, et voil&#224; que la dynamique d'une soci&#233;t&#233; qui semblait vou&#233;e &#224; l'immobilisme appara&#238;t, les capacit&#233;s des opprim&#233;s et des exploit&#233;s qui n'&#233;taient pas encore apparues aux concern&#233;s deviennent &#233;videntes pour tous. Ce qui semblait ordre immuable appara&#238;t une simple absurdit&#233; et que l'on l'ait accept&#233; si longtemps parait incroyable. Oui, la r&#233;volution, c'est des millions d'&#234;tres humains qui se mettent &#224; faire ensemble&#8230; de la philosophie, et m&#234;me &#224; &#233;crire une page nouvelle de la philosophie de l'Histoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s ses d&#233;buts, la R&#233;volution fran&#231;aise a &#233;t&#233; l'union des contraires, des hommes et des femmes, des pauvres et des riches, des bras nus et des bourgeois, de la libert&#233; et de la dictature, de la guerre et de la paix, de la force et du droit, des jeunes et des vieux, des poss&#233;dants et des d&#233;munis, du nationalisme et de l'internationalisme, de l'amour et de la haine, du pouvoir institutionnel et des comit&#233;s de base du peuple travailleur en dehors de toute institution, de l'ordre et du chaos, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique s'est manifest&#233;e de mille mani&#232;res au cours de la R&#233;volution fran&#231;aise (1789-1794) : contradictions dialectiques internes de la France de l'Ancien R&#233;gime, contradictions dialectiques du camp r&#233;volutionnaire, contradictions dialectiques de la R&#233;publique, la r&#233;volution comme la contre-r&#233;volution s'appuyant sur des forces politiques et des classes aux int&#233;r&#234;ts contraires, sur des int&#233;r&#234;ts nationaux et &#233;trangers contradictoires, caract&#232;re dialectique de la dynamique r&#233;volutionnaire transformant le n&#233;gatif en positif (la guerre en contre-r&#233;volution puis en r&#233;volution, puis &#224; nouveau en contre-r&#233;volution), dialectique du passage entre r&#233;volution (et contre-r&#233;volution) politique et r&#233;volution (et contre-r&#233;volution) sociale, nombreux passages de la quantit&#233; &#224; la qualit&#233; notamment lors des deux grandes offensives r&#233;volutionnaires, dialectique de l'interaction des trois Etats de l'Ancien R&#233;gime, dialectique de la lutte des classes au sein de la r&#233;volution et au sein de la contre-r&#233;volution, dialectique de la relation entre religion et politique, entre social et politique, entre guerre et paix, coexistence et combat du n&#233;gatif et du positif(qui est n&#233;gation de la n&#233;gation) , dialectique de la dualit&#233; de pouvoir (notamment dualit&#233; oyaut&#233;/R&#233;publique et dualit&#233; pouvoir bourgeois/pouvoir populaire), dialectique comme arme de guerre de la r&#233;volution qui transforme chaque arme de la r&#233;action en arme de la r&#233;volution (et inversement pour la contre-r&#233;volution populaire), dialectique entre la r&#233;alit&#233; historique et la conscience des dirigeants et du peuple, dialectique entre les pens&#233;es f&#233;odale, bourgeoise et populaire, dialectique entre les dirigeants et les masses, etc. Sans la dialectique, jamais la R&#233;volution fran&#231;aise n'aurait pu &#234;tre capable de transformations id&#233;ologiques, sociales et politiques aussi radicales, aussi profondes, en un temps aussi court, transformant en un tr&#232;s petit nombre de transitions rapides et brutales un peuple &#233;cras&#233;, domin&#233;, divis&#233;, exploit&#233;, opprim&#233;, inorganis&#233;, sans conscience en sa propre force, soumis, apeur&#233; et plut&#244;t respectueux devant le pouvoir royal et nobiliaire en l'exact contraire. La R&#233;volution fran&#231;aise est la manifestation la plus probante de l'affirmation dialectique de Hegel que tout ce qui existe m&#233;rite de p&#233;rir, parce que rien de ce qu'elle a combattu, qu'elle a d&#233;truit ou qu'elle a construit n'a &#233;t&#233; &#233;ternel. Plus dur avait &#233;t&#233; l'oppression subie et ressentie par le peuple, plus forte, plus profonde, plus durable a &#233;t&#233; l'&#233;lan r&#233;volutionnaire des masses. La transformation qu'elles ont r&#233;alis&#233;e, alors qu'elles ont d&#251; combattre une r&#233;sistance contre-r&#233;volutionnaire terrible, est quasiment incroyable. Bien s&#251;r, l'effort des classes poss&#233;dantes dans les ann&#233;es qui ont suivi a &#233;t&#233; d'effacer cette le&#231;on afin que les peuples ne recommencent plus jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou trouve-t-on la fameuse n&#233;gation de la n&#233;gation de la dialectique ? Les dettes de la France, la guerre europ&#233;enne, la religion, la mis&#232;re, tout s'est transform&#233; de mani&#232;re ultra-rapide de moyen de nier la r&#233;volution en moyen de nier la contre-r&#233;volution et inversement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ancien R&#233;gime niait le droit des individus pour donner tout le pouvoir aux rois et aux f&#233;odaux. La R&#233;volution s'en est servi pour magnifier le droit des peuples en niant le droit des rois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ancien R&#233;gime divisait le peuple en petites unit&#233;s r&#233;gionales, les provinces, sans droit commun, sans langue commune, sans int&#233;r&#234;t commun. La R&#233;volution a fait l'inverse, unifiant par un &#233;lan extraordinairement rapide, le peuple en une unit&#233; nationale fond&#233;e sur une id&#233;ologie des int&#233;r&#234;ts populaires, le bien commun du peuple, qu'aucune r&#233;action contre-r&#233;volutionnaire, m&#234;me victorieuse, ne pourra an&#233;antir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se liant &#224; toutes les dictatures royales et f&#233;odales d'Europe, l'Ancien R&#233;gime s'&#233;tait donn&#233; des d&#233;fenseurs &#233;trangers tr&#232;s puissants et dont les arm&#233;es devaient &#233;craser la r&#233;volution. Cette derni&#232;re s'en est servi pour accuser la royaut&#233; et la noblesse de trahison nationale et les traiter en criminels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La royaut&#233; a pouss&#233; la France des d&#233;buts de la r&#233;volution &#224; la guerre en Europe afin de d&#233;truire la force r&#233;volutionnaire du peuple. Cette derni&#232;re a retourn&#233; le d&#233;fit : elle a vaincu les arm&#233;es europ&#233;ennes de la r&#233;action unies aux nobles de France ! La guerre, loin de tuer la r&#233;volution, lui a donn&#233; un &#233;lan extraordinaire et a pouss&#233; la r&#233;volution &#224; d&#233;raciner compl&#232;tement la noblesse en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est d&#233;s le tout d&#233;but de la r&#233;volution fran&#231;aise qu'elle a retourn&#233; les armes de la royaut&#233; contre elle. Le roi pr&#233;tendait utiliser les dettes de l'Etat fran&#231;ais pour faire reculer le Tiers Etat et le forcer &#224; payer. Au lieu de pleurnicher, de n&#233;gocier des amendements, une diminution des sacrifices, au lieu de c&#233;der sur le fond, le Tiers Etat a choisi non de nier l'importance des dettes, non de nier l'importance des sacrifices n&#233;cessaires mais de nier la royaut&#233; elle-m&#234;me, son droit &#224; d&#233;cider, son droit &#224; g&#233;rer, son droit &#224; dominer, son droit &#224; gouverner. Vous &#234;tes en faillite, tirez-vous ! C'&#233;tait l&#224; l'acte r&#233;volutionnaire premier ! Et c'est toute l'arme dialectique de la n&#233;gation de la n&#233;gation : d&#233;truire en utilisant l'arme qui a charg&#233;e de vous d&#233;truire, qu'il s'agisse des dettes, de la guerre, de la religion, de la mis&#232;re, de la terreur m&#234;me ! Il faut retourner les armes de l'ennemi au lieu de pleurnicher de mani&#232;re d&#233;fensive !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui ! C'est une grande le&#231;on pour le monde d'aujourd'hui ! Le peuple travailleur de 1789 a retourn&#233; contre le pouvoir des exploiteurs et des oppresseurs l'arme des dettes ! Il a transform&#233; la constatation de faillite en acte d'accusation du pouvoir. Il a transform&#233; le peuple de victime en vainqueur. Il a transform&#233; le roi en accus&#233; et en condamn&#233;. Il n'a pas d&#233;truit qu'un roi. Il a d&#233;truit le principe m&#234;me de la royaut&#233;. Il a fait du peuple le seul roi, le seul gouvernement, le seul l&#233;gislateur, le seul dominant. Oui, c'est une n&#233;gation de la n&#233;gation puisque la royaut&#233; et la f&#233;odalit&#233; niait les droits du peuple, les droits des individus, les droits des manants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, l'auto-organisation est une arme de n&#233;gation de la n&#233;gation. D&#232;s le premier pas, en refusant de se laisser dissoudre par le roi, l'assembl&#233;e du Tiers Etat a ni&#233; le droit du pouvoir de d'autoriser ou de ne pas autoriser le peuple &#224; s'assembler. Et cet acte allait mener &#224; toutes les formes d'auto-organisation du peuple jusqu'aux plus pauvres, jusqu'aux comit&#233;s de piques, jusqu'aux bras nus, jusqu'aux sections populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En prenant la t&#234;te d'une guerre r&#233;volutionnaire en Europe, le peuple travailleur n'a pas fait que d&#233;fendre la nation, il a appel&#233; tous les peuples &#224; la lutte pour la libert&#233;. Il venait &#224; peine de construire, d'inventer l'union nationale et il l'a ni&#233;e dialectiquement, il l'a d&#233;pass&#233;e en fondant l'union des peuples d'Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En prenant la t&#234;te de la lutte des d&#233;christinisateurs, le peuple opprim&#233; a ni&#233; le lien entre le pouvoir et l'Eglise. En cautionnant le pouvoir royal et l'ordre f&#233;odal, la religion catholique de France niait les droits du peuple &#224; n'ob&#233;ir &#224; aucune id&#233;ologie d'Etat, &#224; ne suivre que ses propres croyances individuelles ou familliales. Le peuple a ni&#233; cet ordre qui niait ses propres droits. Il a d&#233;truit l'ordre catholique qui pr&#233;tendait renforcer l'ordre royal et f&#233;odal. Cette n&#233;gation de la n&#233;gation a radicalis&#233; la r&#233;volution fran&#231;aise. Le peuple a saisi les biens de l'Eglise qui avaient &#233;t&#233; accumul&#233;s sur son dos ! Il a interdit l'exercice de la religion aux pr&#234;tres qui ne reconnaissaient pas sa R&#233;publique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est triste de constater que non seulement les classes poss&#233;dantes et leurs historiens ne savent plus rien sur la force r&#233;volutionnaire de la dialectique, mais que les faux r&#233;volutionnaires, opportunistes et r&#233;formistes en r&#233;alit&#233;, n'en connaissent pas non plus le premier mot&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique est ins&#233;parable de la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, aujourd'hui encore, la strat&#233;gie du prol&#233;tariat ne peut se passer de la dialectique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en effet, par une n&#233;gation de la n&#233;gation, transformer les dettes, les guerres, la mis&#232;re, l'oppression religieuse, les oppressions nationales, raciales, de genre, d'&#226;ge, toutes les armes de l'ennemi en armes de la r&#233;volution, en niant radicalement (&#224; la racine) tout droit au pouvoir capitaliste, &#224; la propri&#233;t&#233; capitaliste, &#224; la morale capitaliste, &#224; l'appareil d'Etat capitaliste et &#224; l'ordre capitaliste mondial, &#224; l'imp&#233;rialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernants, les classes poss&#233;dantes et les auteurs ont beau cacher cette r&#233;alit&#233; : il n'y a pas de force sup&#233;rieure &#224; la dialectique de la r&#233;volution sociale des masses auto-organis&#233;es. Elles ont renvers&#233; toutes les bastilles de la r&#233;action, elles ont battu &#224; plates coutures &#224; coups d'enthousiasme r&#233;volutionnaire de la noblesse et des arm&#233;es r&#233;guli&#232;res de toute l'Europe, sup&#233;rieurement organis&#233;es et arm&#233;es, elles ont d&#233;truit des si&#232;cles d'embrumissement des consciences par l'Eglise, elles ont chang&#233; la peur de camp, elles ont transform&#233; des esclaves en hommes libres, des sans voix en porte-paroles de tous les peuples de la terre. Il n'y a pas changement plus radical que la r&#233;volution sociale. Sa dynamique est presque incroyable et, en m&#234;me temps, parfaitement naturelle. La relation entre la r&#233;sistance au changement est tout aussi dialectique : la r&#233;volution n'a pas pu construire la libert&#233; qu'en d&#233;truisant la libert&#233;, n'a pu d&#233;molir la royaut&#233; qu'en recr&#233;ant une royaut&#233;, n'a pu supprimer des lois in&#233;galitaires qu'en construisant de nouvelles lois in&#233;galitaires et pourtant, la France d'apr&#232;s la R&#233;volution fran&#231;aise ne pourra jamais revenir sur les transformations profondes r&#233;alis&#233;es, ne pourra r&#233;tablir la f&#233;odalit&#233;, la noblesse, l'ancien mode de production, les anciennes lois, l'Ancien R&#233;gime. Le monde entier n'est plus le m&#234;me apr&#232;s la R&#233;volution fran&#231;aise et les plus grands esprits du monde de l'&#233;poque l'ont reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goethe, &#233;merveill&#233; par la victoire de 1792 de l'arm&#233;e des volontaires r&#233;volutionnaires fran&#231;ais &#224; Valmy contre l'arm&#233;e prussienne, l'arm&#233;e de m&#233;tier plus forte d'Europe, &#224; laquelle il avait assist&#233; du c&#244;t&#233; allemand et qui allait &#234;tre le d&#233;but des victoires de la R&#233;volution fran&#231;aise contre la r&#233;action f&#233;odale et royale europ&#233;enne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'aujourd'hui et de ce lieu date une &#232;re nouvelle dans l'histoire du monde ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel dans &#171; La Raison dans l'Histoire &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aucune puissance ne peut d&#233;truire l'esprit d'un peuple, soit du dehors, soit du dedans, s'il n'est d&#233;j&#224; lui-m&#234;me sans vie, s'il n'a d&#233;j&#224; p&#233;ri. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aux alentours de la R&#233;volution fran&#231;aise, il semblait que 1'univers se f&#251;t soudainement &#233;largi &#224; l'infini : par-del&#224; l'&#339;uvre &#233;mancipatrice accomplie par les Lumi&#232;res, un nouveau monde se d&#233;couvrait qui d&#233;bordait : telle une crue printani&#232;re, le paysage form&#233; et arrang&#233; comme le jardin de l'humanisme traditionnel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une lettre &#224; Schelling de 1795, Hegel faisait ce bilan de la R&#233;volution fran&#231;aise : &#171; Au lieu de qu&#233;mander leurs droits foul&#233;s aux pieds, les peuples se les approprieront. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la dialectique est la loi du changement au travers du d&#233;veloppement des contradictions et des sauts de la dynamique, une loi dans laquelle les contraires se combinent et se transforment l'un dans l'autre, le n&#233;gatif en positif qui est une n&#233;gation de la n&#233;gation. N&#233;gatif et Positif ne sont pas les seuls possibles ; les deux peuvent construire de nombreuses combinaisons en se liant et en interagissant. Pour Hegel, le positif n'est rien d'autre que la n&#233;gation de la n&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel dans son &#171; Cours d'histoire de la philosophie &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut rendre justice &#224; l'aspect n&#233;gatif&#8230; On doit reconna&#238;tre la contradiction pr&#233;sente dans l'existence. Les vieilles institutions qui n'avaient plus de place dans le sentiment d&#233;velopp&#233; de la libert&#233; consciente de soi et de l'humanit&#233;, qui avaient leur base et leur appui dans l'apathie&#8230; de la conscience, qui ne correspondaient plus &#224; l'Esprit qui les avait &#233;tablies, et qui pourtant malgr&#233; la nouvelle culture scientifique continuaient &#224; passer pour sacr&#233;es et justes devant la raison, les philosophes fran&#231;ais l'ont abattu&#8230; Cet aspect se comporta destructivement contre ce qui &#233;tait d&#233;truit en soi&#8230; La r&#233;volution fran&#231;aise a &#233;t&#233; rendue in&#233;vitable par le rigide ent&#234;tement des pr&#233;jug&#233;s, de l'orgueil, la totale absence de pens&#233;e, l'avidit&#233;. Les philosophes n'ont eu que des pens&#233;es g&#233;n&#233;rales, une id&#233;e abstraite de ce qui devait &#234;tre&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, dans &#171; Science de la Logique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La seule chose n&#233;cessaire pour obtenir la progression scientifique, et vers la compr&#233;hension de laquelle il faut essentiellement s'efforcer, - c'est la connaissance de cette proposition logique : le n&#233;gatif est &#233;galement positif, ce qui est contredit ne se r&#233;sout pas en z&#233;ro, en n&#233;ant abstrait, mais essentiellement en la n&#233;gation de son contenu particulier (&#8230;) Elle est un concept nouveau, mais plus &#233;lev&#233;, plus riche que le pr&#233;c&#233;dent, car elle s'est enrichie de sa n&#233;gation, autrement dit de son oppos&#233; ; elle le contient donc, mais aussi plus que lui, elle est l'unit&#233; d'elle-m&#234;me et de son oppos&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique de Hegel (puis de Marx) est apte &#224; comprendre les r&#233;volutions car c'est une pens&#233;e r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, contrairement &#224; nombre d'intellectuels modernes, sait que la r&#233;volution est porteuse de nouveaut&#233;, que le monde change radicalement, qualitativement, que ce qui nous semble &#233;ternel n'est qu'une illusion, que la force du changement n'est pas &#224; chercher &#224; l'ext&#233;rieur mais au sein m&#234;me de l'ancienne soci&#233;t&#233;. Et c'est cela qui est le plus &#233;tonnant, donc le plus r&#233;volutionnaire dans la pens&#233;e d'Hegel car l'existence de forces r&#233;volutionnaires au sein d'un ordre qui semble solide, stable et durable. M&#234;me une roche ne l'est pas et pas davantage la soci&#233;t&#233; humaine. C'est le principal message d'Hegel : le changement radical existe potentiellement au sein de l'ordre apparemment le plus solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel dans ses &#171; Le&#231;ons sur la philosophie de l'Histoire &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La pens&#233;e, le concept de droit se fit tout d'un coup valoir et le vieil &#233;difice d'iniquit&#233; ne put lui r&#233;sister. Dans la pens&#233;e du droit, on construisit alors une constitution, tout devant reposer sur cette base&#8230; C'&#233;tait un superbe lever du soleil. Tous les &#234;tres pensants ont c&#233;l&#233;br&#233; cette &#233;poque. Une &#233;motion sublime a r&#233;gn&#233; en ce temps-l&#224;, l'enthousiasme de l'esprit a fait frissonner le monde... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evoquant l'&#339;uvre des r&#233;volutionnaires fran&#231;ais, Hegel &#233;crit dans &#171; Encyclop&#233;die des sciences philosophiques &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En pleine temp&#234;te r&#233;volutionnaire, leur entendement s'est manifest&#233; dans la fermet&#233; avec laquelle ils ont r&#233;ussi &#224; faire na&#238;tre l'ordre &#233;thique du monde nouveau contre la puissante alliance des partisans de l'ordre ancien ; dans la fermet&#233; avec laquelle ils ont r&#233;alis&#233;, l'un apr&#232;s l'autre, et dans leur d&#233;termination et leur opposition les plus extr&#234;mes, tous les moments constitutifs du d&#233;veloppement de la nouvelle vie politique. C'est pr&#233;cis&#233;ment en menant chacun de ces moments jusqu'&#224; la pointe extr&#234;me de son unilat&#233;ralit&#233;, en poussant chaque principe unilat&#233;ral jusqu'&#224; ses derni&#232;res cons&#233;quences, qu'ils ont &#233;t&#233; conduits par la dialectique de la raison historique mondiale &#224; une situation politique dans laquelle toutes les unilat&#233;ralit&#233;s ant&#233;rieures de la vie politique paraissent lev&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ...conduits par la dialectique de la raison historique mondiale&#8230; &#187; voil&#224; ce que remarque de mani&#232;re g&#233;niale Hegel sur la r&#233;volution fran&#231;aise qui conduit &#224; la r&#233;volution mondiale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dialectique productrice de nouveaut&#233; cr&#233;atrice, voil&#224; ce que constate Hegel, r&#233;alisant que chaque jour en France apporte des nouveaut&#233;s renversantes, au point qu'on ne peut pas imaginer ce qui va encore arriver. Il r&#233;pond &#224; ceux qui demandent ce qui va maintenant se passer en France : &#171; Attendez pour le savoir que j'aie re&#231;u la derni&#232;re gazette. Il est impossible de l'imaginer tant cela peut &#234;tre &#224; nouveau un fait incroyable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal &#171; Les r&#233;volutions de Paris &#187; &#233;crit au lendemain de la proclamation de la R&#233;publique : &#171; Nous sommes les premiers et les seuls qui donnons &#224; notre r&#233;volution pour bases les saintes lois de l'&#233;galit&#233;, en cela d'un avis diff&#233;rent de la charte anglaise qui admet un roi, une noblesse et deux Chambres, haute et basse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;volutionnaire de cette &#233;poque affirme fi&#232;rement : &#171; Nous cr&#233;ons ce qui n'a pas exist&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus dialectique que les r&#233;volutions et parmi celles-ci que la R&#233;volution fran&#231;aise (ou plut&#244;t les deux r&#233;volutions de 1789 et1793).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4774&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la r&#233;volution est un bel exemple du fait que &#171; tout ordre devra c&#233;der place au d&#233;sordre menant &#224; un nouvel ordre &#187; et que &#171; tout ce qui est m&#233;rite de disparaitre et de mourir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4176&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4176&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la r&#233;volution d&#233;voile d'un seul coup que l'ancien ordre social est brusquement devenu irr&#233;el, fond&#233; sur des mensonges, et cette situation est une d&#233;couverte brutale pour tous les dominants comme pour les domin&#233;s. L'ordre ancien est brutalement coup&#233; de la r&#233;alit&#233; &#233;conomique et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels dans &#171; Ludwig Feuerbach &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Or, la r&#233;alit&#233; n'est aucunement, d'apr&#232;s Hegel, un attribut qui revient de droit en toutes circonstances et en tout temps &#224; un &#233;tat de choses social ou politique donn&#233;. Tout au contraire. La R&#233;publique romaine &#233;tait r&#233;elle, mais l'Empire romain qui la supplanta ne l'&#233;tait pas moins. La monarchie fran&#231;aise de 1789 &#233;tait devenue si irr&#233;elle, c'est-&#224;-dire si d&#233;nu&#233;e de toute n&#233;cessit&#233;, si irrationnelle, qu'elle dut &#234;tre n&#233;cessairement abolie par la grande R&#233;volution dont Hegel parle toujours avec le plus grand enthousiasme. Ici la monarchie &#233;tait par cons&#233;quent l'irr&#233;el et la R&#233;volution le r&#233;el. Et ainsi, au cours du d&#233;veloppement, tout ce qui pr&#233;c&#233;demment &#233;tait r&#233;el devient irr&#233;el, perd sa n&#233;cessit&#233;, son droit &#224; l'existence, son caract&#232;re rationnel ; &#224; la r&#233;alit&#233; mourante se substitue une r&#233;alit&#233; nouvelle et viable, d'une mani&#232;re pacifique, si l'ancien &#233;tat de choses est assez raisonnable pour mourir sans r&#233;sistance, violente s'il se regimbe contre cette n&#233;cessit&#233;. Et ainsi la th&#232;se de Hegel se tourne, par le jeu de la dialectique h&#233;g&#233;lienne elle-m&#234;me, en son contraire : tout ce qui est r&#233;el dans le domaine de l'histoire humaine devient, avec le temps, irrationnel, est donc d&#233;j&#224; par destination irrationnel, entach&#233; d'avance d'irrationalit&#233; : et tout ce qui est rationnel dans la t&#234;te des hommes est destin&#233; &#224; devenir r&#233;el, aussi en contradiction que cela puisse &#234;tre avec la r&#233;alit&#233; apparemment existante. La th&#232;se de la rationalit&#233; de tout le r&#233;el se r&#233;sout, selon toutes les r&#232;gles de la dialectique h&#233;g&#233;lienne, en cette autre : Tout ce qui existe m&#233;rite de p&#233;rir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re des contradictions dialectiques est celle de l'Ancien R&#233;gime. Il est l&#224; pour emp&#234;cher tout changement en d&#233;faveur de la noblesse et la premi&#232;re classe sociale qui va le d&#233;stabiliser, avant la bourgeoisie, avant le petit peuple, c'est&#8230; la noblesse ! La contre-r&#233;volution nobiliaire est le d&#233;but de la p&#233;riode pr&#233;-r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9r%C3%A9volution_fran%C3%A7aise&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9r%C3%A9volution_fran%C3%A7aise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contradictions de l'Ancien R&#233;gime :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.gauchemip.org/spip.php?article4071&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.gauchemip.org/spip.php?article4071&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques d'Hondt &#233;crit : &#171; La R&#233;volution fran&#231;aise est l'&#233;clatement des contradictions &#233;conomiques, sociales, politiques. C'est parce que le r&#233;gime &#233;tait emp&#234;tr&#233; dans ses contradictions et ne savait plus comment &#171; s'en sortir &#187;, que Louis XVI a convoqu&#233; les Etats G&#233;n&#233;raux. Entre autres, est alors apparue une contradiction politique &#233;vidente : c'est parce qu'il se sentait impuissant dans une situation difficile, et d'abord parce qu'il ne savait plus o&#249; et comment trouver de l'argent pour r&#233;soudre la crise financi&#232;re que Louis XVI a reconnu, de facto, sa d&#233;pendance de l'Assembl&#233;e des Etats. Il se pr&#233;sentait devant elle, &#224; cet &#233;gard, en solliciteur. Et en m&#234;me temps, contradictoirement, il pr&#233;tendait lui parler en ma&#238;tre ! (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui paraissait d'abord cruellement n&#233;gatif se mue en facteur positif pour qui sait s'en servir. Le d&#233;ficit financier qui accable la nation, en 1789, et que l'on veut faire endosser au Tiers-Etat, devient pour celui-ci une arme terrible contre la Monarchie absolue. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1789, Hegel en tire la le&#231;on : &#171; Comme sont aveugles ceux qui peuvent croire que des institutions, des constitutions, des lois qui ne s'accordent plus avec les m&#339;urs, les besoins et l'opinion des gens, que l'esprit a quitt&#233; en fuyant, peuvent continuer &#224; se maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions, dit Hegel, ne s'accordent plus avec les m&#339;urs ; donc auparavant elles s'accordaient avec elles. L&#224; o&#249; il n'y avait pas de contradiction, une contradiction est peu &#224; peu apparue. C'est cela la contradiction vivante et active, le devenir contradictoire, la naissance, l'aiguisement puis l'&#233;clatement et la r&#233;solution de la contradiction dans les choses et dans les id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est cela que les interpr&#232;tes dogmatiques de la logique classique ne peuvent ni comprendre ni admettre. Aussi ne parviennent-ils ni &#224; comprendre ni &#224; admettre une r&#233;volution. Pour eux, ce qui est, est : ce qui n'est pas, n'est pas &#8211; et il ne peut y avoir de troisi&#232;me terme. Or, entre la f&#233;odalit&#233; et le capitalisme, entre la monarchie et la r&#233;publique, il fuat bien qu'il y ait un passage. Et c'est ce passage qui est r&#233;volutionnaire. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;volution, tout sans cesse, devient. Et c'est ce devenir, cette fluidit&#233; qu'il faut saisir et si possible contr&#244;ler. Comme le dit Hegel, &#171; Tout est, et aussi n'est pas. Car tout coule, est en perp&#233;tuel changement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution fran&#231;aise a d&#233;montr&#233; qu'un ordre apparemment solide comme le roc peut casser brutalement&#8230; comme le roc. Le pays qui &#233;tait l'un des plus solides piliers de la r&#233;action f&#233;odale en Europe, une royaut&#233; apparemment irr&#233;m&#233;diablement attach&#233;e au nom de France a tellement cass&#233; que la royaut&#233; y est morte, que la f&#233;odalit&#233; a disparu en une nuit, que le pays s'est transform&#233; en le plus formidable ennemi de la f&#233;odalit&#233; en Europe, chassant &#224; la pointe des ba&#239;onnettes de ses soldats volontaires la plus solide des arm&#233;es europ&#233;ennes, celle de la Prusse, pr&#233;sum&#233;e invincible pour des arm&#233;es de m&#233;tier entrain&#233;es et contraignant les chefs d'Etat europ&#233;ens &#224; reconnaitre le nouveau pouvoir r&#233;volutionnaire alors que ces chefs d'Etat avaient proclam&#233; leur volont&#233; d'&#233;craser dans le sang cette r&#233;volution et de remettre en selle le roi de France et la noblesse de France. Du droit absolu du monarque on passe directement au droit absolu du peuple. De la monarchie absolue on passe &#224; la R&#233;publique absolue. De la lettre de cachet au droit du peuple &#224; disposer de lui-m&#234;me. Du r&#232;gne de l'Eglise catholique &#224; la la&#239;cit&#233; r&#233;publicaine. Des droits f&#233;odaux au droit individuel et &#224; la libert&#233; individuelle. L'Univers cesse d'un seul coup de tourner autour du Roi Soleil et le centre est partout ! Un renversement de l'ordre absolu apparent&#8230; et la cr&#233;ation de toutes pi&#232;ces d'un ordre nouveau. De la France impensable sans sa royaut&#233; &#224; la France nouvelle impensable avec une royaut&#233;, il n'y a eu qu'un pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage dialectique de l'ordre au d&#233;sordre puis &#224; un nouvel ordre est av&#233;r&#233; et ce n'est pas, loin de l&#224;, la seule manifestation dialectique de la R&#233;volution fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui ! C'est la dialectique de l'ordre et du d&#233;sordre que l'on retrouve &#224; bien d'autres niveaux et dans d'autres domaines&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5028&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5028&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article25&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article25&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la r&#233;volution fran&#231;aise est &#224; la fois bourgeoise et prol&#233;taire (au sens des comit&#233;s et sections de bras nus), &#224; la fois libertaire et autoritaire, &#224; la fois anti-&#233;tatique et constructrice d'un nouvel Etat, &#224; la fois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/revue-annales-historiques-de-la-revolution-francaise-2015-3-page-254?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.cairn.info/revue-annales-historiques-de-la-revolution-francaise-2015-3-page-254?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/chrhc/13302&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/chrhc/13302&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de la R&#233;volution fran&#231;aise, toutes les remarques historiques que l'on peut faire ont un caract&#232;re &#233;minemment dialectique. L'imbrication des contraires m&#232;ne &#224; une dynamique extraordinairement novatrice et entrainant l'&#233;mergence de nouveaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi est la contradiction entre le caract&#232;re spontan&#233; et tumultueux de l'auto-organisation et le caract&#232;re structur&#233; et manipul&#233; par en haut du pouvoir au cours de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auto-organisation se manifeste sans cesse dans la R&#233;volution fran&#231;aise, m&#234;me si c'est toujours en contradiction, en dualit&#233; de pouvoir avec l'Etat : assembl&#233;es &#233;lectorales locales des cahiers de dol&#233;ance et des Etats g&#233;n&#233;raux refusant de se dissoudre en 1789, sections s'&#233;rigeant en permanence en 1792, clubs, mouvement sans culotte, soci&#233;t&#233;s populaires en 1793, enrag&#233;s, l&#233;gions des volontaires, comit&#233;s de surveillance, organisations r&#233;volutionnaires, comit&#233;s de piques, associations de femmes, comit&#233;s r&#233;volutionnaires, communes insurrectionnelles en 1794, etc. La bourgeoisie jacobine a plus ou moins accompagn&#233;, encadr&#233;, manipul&#233; ce mouvement de masse mais elle ne l'a jamais r&#233;ellement soutenu et elle a sans cesse &#339;uvr&#233; pour la remise en place d'un Etat bourgeois fort, le contraire du pouvoir populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5794&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5794&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont en contradiction dynamique au sein de la r&#233;volution fran&#231;aise la d&#233;mocratie bourgeoise et la dictature des masses populaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article244&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article244&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se m&#234;lent au sein de la r&#233;volution et de mani&#232;re contradictoire la collaboration de classe entre bourgeois et exploit&#233;s et aussi la lutte radicale entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1082&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1082&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il y a une r&#233;volution bourgeoise au sein de la r&#233;volution des plus d&#233;munis, des bras nus et une r&#233;volution quasi prol&#233;tarienne au sein de la r&#233;volution bourgeoise. Rien de plus dialectique que la r&#233;volution permanente qui pousse sans cesse plus loin sa radicalit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1398&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1398&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contradictions internes dialectiques et violentes expliquent que le changement soit aussi brutal et impressionnant. Encore aujourd'hui, on est saisis d'&#233;tonnement par la rapidit&#233; et de la radicalit&#233; de la transformation. Le roi qui &#233;tait adul&#233; et admir&#233; par le peuple est d&#233;capit&#233; et sa descendance d&#233;chue. La royaut&#233; est d&#233;racin&#233;e et la f&#233;odalit&#233; supprim&#233;e en une nuit. Les propri&#233;t&#233;s f&#233;odales et religieuses sont vendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une France extr&#234;mement divis&#233;e, qui &#233;tait une juxtaposition de provinces, de r&#233;gions, d'entit&#233;s administratives aux r&#232;gles diverses, de dialectes, de pouvoirs locaux, de r&#232;gles et lois r&#233;gionales, de peuples d'origines diverses, la r&#233;volution a fait en un temps record une nation unifi&#233;e, consciente d'elle-m&#234;me, de Paris &#224; Marseille et parlant politiquement et socialement d'une seule voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un pays soumis de longue date au f&#233;odalisme et &#224; la royaut&#233;, il fait exactement l'inverse, le peuple devenant brutalement un ennemi de tout ce qui repr&#233;sente noblesse et pouvoir royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un pays tr&#232;s divis&#233; socialement et politiquement, la r&#233;volution a ciment&#233; un peuple. Mais ce peuple qui se croyait uni continuait &#224; contenir des contradictions en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Gu&#233;rin dans &#171; La lutte des classes sous la premi&#232;re r&#233;publique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans un article de janvier 1849, Engels indiqua la &#171; r&#233;volution permanente &#187; comme un des traits caract&#233;ristiques de la &#171; glorieuse ann&#233;e 1793 &#187;. Le premier, Marx aper&#231;ut qu'en France, en pleine r&#233;volution bourgeoise, les enrag&#233;s, puis les babouvistes avaient introduit un embryon de r&#233;volution prol&#233;tarienne. D&#232;s 1845, donc avant Michelet, Marx observait, dans &#171; La sainte famille &#187;, que &#171; le mouvement r&#233;volutionnaire, qui eut comme repr&#233;sentants principaux, au milieu de son &#233;volution, Leclerc et Roux et finit par succomber un instant avec la conspiration de Babeuf, avait fait &#233;clore l'id&#233;e communiste (&#8230;) &#187; Et, deux ans plus tard, &#224; propos des babouvistes, il soulignait que &#171; la premi&#232;re apparition d'un parti communiste r&#233;ellement agissant se produit dans le cadre de la r&#233;volution bourgeoise &#187;.(&#8230;) Engels ajoutait : &#171; Lorsque, plus tard, je lus le livre de Bougeart sur Marat, je constatai qu'&#224; plus d'un &#233;gard, nous n'avions fait qu'imiter inconsciemment le grand mod&#232;le authentique de l'Ami du Peuple (&#8230;) et que celui-ci, comme nous, refusait de consid&#233;rer la R&#233;volution comme termin&#233;e, voulant qu'elle soit d&#233;clar&#233;e permanente. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx et Engels, en effet, s'inspir&#232;rent de cette conception historique de la r&#233;volution permanente pour en faire une r&#232;gle de conduite pour les r&#233;volutions futures. (&#8230;) C'est ainsi qu'en mars 1850 (&#8230;), ils &#233;crivirent &#224; la Ligue des communistes : &#171; Il est de notre int&#233;r&#234;t et de notre devoir de rendre la r&#233;volution permanente, jusqu'&#224; ce que toutes les classes plus ou moins poss&#233;dantes aient &#233;t&#233; chass&#233;es du pouvoir, que le prol&#233;tariat ait conquis le pouvoir public (&#8230;) &#187;. Et ils terminaient leur appel en lan&#231;ant ce &#171; cri de guerre &#187; : la r&#233;volution en permanence ! En avril de la m&#234;me ann&#233;e, Marx et Engels fond&#232;rent avec les blanquistes une Soci&#233;t&#233; universelle des communistes r&#233;volutionnaires dont l'article premier s'engageait &#224; maintenir &#171; la r&#233;volution en permanence jusqu'&#224; la r&#233;alisation du communisme &#187;. C'est dans le m&#234;me sens que L&#233;nine &#8211; qui savait la circulaire de mars 1850 pour ainsi dire par c&#339;ur et la citait fr&#233;quemment &#8211; &#233;crira en 1905 : &#171; Nous sommes pour la r&#233;volution ininterrompue &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky, qui a approfondi et d&#233;velopp&#233; sur ce point la pens&#233;e marxiste, &#233;crit : &#171; L'id&#233;e de la r&#233;volution permanente fut mise en avant par les grands communistes de la premi&#232;re moiti&#233; du 19&#232;me si&#232;cle, Marx et ses disciples, pour faire pi&#232;ce &#224; l'id&#233;ologie bourgeoise qui, comme on le sait, pr&#233;tend qu'apr&#232;s l'&#233;tablissement d'un Etat &#171; rationnel &#187; ou d&#233;mocratique, toutes les questions pourraient &#234;tre r&#233;solues par la voie pacifique de l'&#233;volution et des r&#233;formes. (&#8230;) La R&#233;volution permanente, au sens que Marx avait attribu&#233; &#224; cette conception, signifie une r&#233;volution qui ne veut transiger avec aucune forme de domination de classe, qui ne s'arr&#234;te pas au stade d&#233;mocratique, mais passe aux mesures socialistes et &#224; la guerre contre la r&#233;action ext&#233;rieure, une r&#233;volution dont chaque &#233;tape est contenue en germe dans l'&#233;tape pr&#233;c&#233;dente, une r&#233;volution qui ne finit qu'avec la liquidation totale de la soci&#233;t&#233; de classe. &#187; (dans &#171; La r&#233;volution permanente &#187;)&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Comme l'&#233;crivait Trotsky : &#171; La distinction entre r&#233;volution bourgeoise et r&#233;volution prol&#233;tarienne, c'est l'alphabet. Mais, apr&#232;s avoir appris l'alphabet, on apprend les syllabes qui sont form&#233;es de lettres. L'histoire a r&#233;uni les lettres les plus importantes de l'alphabet bourgeois avec les premi&#232;res lettres de l'alphabet socialiste &#187; (&#8230;) D&#232;s 1905, il &#233;crivait en effet : &#171; Une d&#233;finition sociologique g&#233;n&#233;rale, &#171; r&#233;volution bourgeoise &#187;, ne r&#233;sout nullement les probl&#232;mes de politique et de tactique, les antagonismes et les difficult&#233;s que pose le m&#233;canisme m&#234;me de cette r&#233;volution bourgeoise. Dans les cadres de la r&#233;volution bourgeoise de la fin du 18&#232;me si&#232;cle, qui avait pour but objectif la domination du capital, la dictature des sans-culottes se trouva possible. Dans la r&#233;volution du d&#233;but du 20&#232;me si&#232;cle, qui s'av&#232;re &#233;galement bourgeoise par ses objectifs imm&#233;diats, on voit se dessiner en toute proche perspective l'in&#233;luctabilit&#233; ou du moins la probabilit&#233; de la domination politique du prol&#233;tariat. &#187; (dans &#171; Histoire de la r&#233;volution russe &#187;)&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Les deux points de vue desquels doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e la R&#233;volution fran&#231;aise, l'un ayant trait aux conditions objectives de l'&#233;poque (r&#233;volution bourgeoise), et l'autre au m&#233;canisme interne du mouvement r&#233;volutionnaire (r&#233;volution permanente), ne sont contradictoires qu'en apparence. Je vais maintenant expliquer pourquoi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait qu'au cours m&#234;me d'une r&#233;volution bourgeoise la dynamique interne de la R&#233;volution conduise le prol&#233;tariat &#224; prendre plus ou moins conscience de ses int&#233;r&#234;ts propres de classe et &#224; chercher, plus ou moins confus&#233;ment, &#224; s'emparer du pouvoir ne contredit pas la conception mat&#233;rialiste de l'histoire selon laquelle les rapports mat&#233;riels conditionnent de fa&#231;on imp&#233;rieuse l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s. Il ne justifie pas une th&#232;se &#171; volontariste &#187; qui, n&#233;gligeant ce qui est objectivement possible, s'imaginerait qu'il suffit de vouloir pour pouvoir. La th&#233;orie de la r&#233;volution permanente reste sur le terrain solide du mat&#233;rialisme historique. Elle explique la tentative de d&#233;passer la r&#233;volution bourgeoise, non par des raisons d'ordre psychologique, non par l'intervention &#171; id&#233;aliste &#187; de la volont&#233; humaine, mais par certaines circonstances d'ordre purement &#171; mat&#233;riel &#187;. Voil&#224; comment. Une soci&#233;t&#233;, et par cons&#233;quent les rapports mat&#233;riels existant au sein de celle-ci, n'est jamais homog&#232;ne parce que tout le processus historique est fond&#233; sur la loi du d&#233;veloppement in&#233;gal des forces productives. L&#233;nine a fait ressortir un aspect de cette loi lorsque, dans son analyse de l'imp&#233;rialisme, il souligne la &#171; disproportion dans la rapidit&#233; du d&#233;veloppement des diff&#233;rents pays &#187;, les &#171; diff&#233;rences entre la rapidit&#233; du d&#233;veloppement des diff&#233;rents &#233;l&#233;ments de l'&#233;conomie mondiale &#187; et qu'il &#233;nonce : &#171; Il ne peut y avoir, en r&#233;gime capitaliste, de d&#233;veloppement &#233;gal des entreprises, des trusts, des branches d'industrie, des pays. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky a montr&#233; que &#171; de cette loi universelle d'in&#233;galit&#233; des rythmes d&#233;coule une autre loi que, faute d'une appellation plus appropri&#233;e, l'on peut d&#233;nommer loi du d&#233;veloppement combin&#233; &#187;, en ce sens qu'une soci&#233;t&#233; en cours d'&#233;volution est &#171; une combinaison originale des diverses phases du processus historique &#187;, &#171; des &#233;l&#233;ments retardataires avec des facteurs des plus modernes &#187;. L'auteur de l' &#171; Histoire de la R&#233;volution russe &#187; a illustr&#233; de fa&#231;on tr&#232;s frappante cette loi en l'appliquant &#224; la Russie du d&#233;but du 20&#232;me si&#232;cle. Mais elle a une port&#233;e beaucoup plus g&#233;n&#233;rale. Elle s'applique &#224; toutes les soci&#233;t&#233;s modernes. D&#233;j&#224; Marx, en 1847, en avait fait l'application &#224; l'Allemagne. Il avait observ&#233; que &#171; dans ce pays, o&#249; la mis&#232;re politique de la monarchie absolue existe encore avec toute sa s&#233;quelle de castes et de conditions mi-f&#233;odales en d&#233;composition, il existe d&#233;j&#224; d'autre part partiellement, cons&#233;quence du d&#233;veloppement industriel et de la d&#233;pendance de l'Allemagne du march&#233; mondial, les oppositions modernes entre la bourgeoisie et la classe ouvri&#232;re avec la lutte qui en r&#233;sulte &#187;. Et il fondait sur &#171; cette situation contradictoire &#187; sa conception de la r&#233;volution permanente : &#171; La bourgeoisie allemande se trouve donc d&#233;j&#224;, elle aussi, en opposition avec le prol&#233;tariat, m&#234;me avant de s'&#234;tre politiquement constitu&#233;e comme classe. &#187; Trotsky ne fait qu'approfondir la pens&#233;e de Marx lorsqu'il souligne que la &#171; th&#233;orie de la r&#233;volution permanente &#233;tait fond&#233;e sur cette loi (&#8230;) de l'in&#233;galit&#233; de l'&#233;volution historique &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'application de la loi du d&#233;veloppement combin&#233; &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise nous permet de comprendre pourquoi la grande R&#233;volution rev&#234;tit le double caract&#232;re d'une r&#233;volution bourgeoise et d'une r&#233;volution permanente. Elle nous explique pourquoi, malgr&#233; le fait que les conditions objectives de l'&#233;poque ne permettaient encore que la victoire de la bourgeoisie, la r&#233;volution bourgeoise portait d&#233;j&#224; dans ses flancs un embryon de r&#233;volution prol&#233;tarienne. C'est que la France de 1793 &#233;tait, du point de vue de l'&#233;volution des formes de production et de propri&#233;t&#233;, une combinaison h&#233;t&#233;roclite d'&#233;l&#233;ments r&#233;trogrades et d'&#233;l&#233;ments modernes, de facteurs qui retardaient sur la r&#233;volution bourgeoise et d'autres qui tendaient &#224; enjamber la r&#233;volution bourgeoise. Les conditions archa&#239;ques de l'appropriation et de la culture du sol dans certaines r&#233;gions comme la Vend&#233;e et la Bretagne avaient contribu&#233; &#224; maintenir ces provinces dans la nuit de la servitude. Par contre, le progr&#232;s de la technique, les d&#233;buts de la r&#233;volution industrielle, l'&#233;volution &#233;conomique qui avait concentr&#233; dans les villes, et surtout dans la capitale, face &#224; une bourgeoisie d&#233;j&#224; riche et puissante, une masse d&#233;j&#224; consid&#233;rable de travailleurs, avaient fait prendre aux sans-culottes (et notamment aux sans-culottes parisiens) sur les paysans de l'Ouest et du Midi une avance de plusieurs si&#232;cles. Paris comptait d&#233;j&#224;, en 1793, plus de 700.000 habitants.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Deux mondes chevauchaient l'un sur l'autre : dans la voiture m&#234;me qui conduisait Louis, roi par la gr&#226;ce de Dieu, &#224; l'&#233;chafaud, avait pris place, en tant que repr&#233;sentant de la Commune parisienne, l'enrag&#233; Jacques Roux, pionnier (encore balbutiant) de la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Existait-il un prol&#233;tariat ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Penchons-nous un instant sur les sans-culottes de l'an II : nous serons frapp&#233;s par le caract&#232;re composite de leurs traits. Eux-m&#234;mes sont le produit du d&#233;veloppement combin&#233; Si l'on posait la question sous la forme simpliste : existait-il un prol&#233;tariat en 1793, il faudrait r&#233;pondre &#224; la fois par non et par oui. Sans doute n'existait-il pas de prol&#233;tariat au sens que ce mot a pris au 19&#232;me si&#232;cle, c'est-&#224;-dire de larges masses de travailleurs ayant perdu la propri&#233;t&#233; de leurs moyens de production et concentr&#233;s dans de vastes entreprises. (&#8230;) Par ailleurs, la diff&#233;renciation au sein du tiers &#233;tat &#233;tait d&#233;j&#224; accentu&#233;e et ne cessa, pendant les cinq ann&#233;es de la R&#233;volution, de s'approfondir. Le bourgeois de 1789 &#233;tait d&#233;j&#224; un personnage consid&#233;rable. Propri&#233;taire terrien, gros n&#233;gociant, industriel, titulaire d'une charge (office de justice, de finances, etc&#8230;), son genre de vie, ses mani&#232;res, son costume m&#234;me l'apparentaient bien davantage &#224; la classe aristocratique qu'&#224; celle des travailleurs manuels. L'inflation, la vie ch&#232;re, d'un c&#244;t&#233;, et de l'autre les fructueuses acquisitions de biens nationaux, les &#233;normes b&#233;n&#233;fices r&#233;alis&#233;s sur les fournitures de guerre creus&#232;rent un d&#233;but de scission entre bourgeois et sans-culottes. Le pauvre se paup&#233;risa davantage, tandis que la richesse du riche se fit plus insolente.&lt;br class='autobr' /&gt;
La diff&#233;renciation existait d&#233;j&#224;, bien qu'&#224; un degr&#233; moindre, entre la petite bourgeoisie et les travailleurs manuels. Englober, comme on le fait parfois, sous le vocable &#171; petite bourgeoisie &#187; ou de &#171; d&#233;mocratie &#187; toutes les couches sociales qui constituaient l'aile avanc&#233;e de la R&#233;volution est, &#224; mon avis, trop simpliste. La petite bourgeoisie de cette &#233;poque jouait d&#233;j&#224;, bien que d'une fa&#231;on encore embryonnaire, un r&#244;le interm&#233;diaire entre la bourgeoisie et les ouvriers. (&#8230;) Le parti jacobin, &#224; la fois petit-bourgeois &#224; la t&#234;te et populaire &#224; la base, refl&#233;tait cette contradiction. (&#8230;) Ainsi la manifestation du 4 septembre 1793 fut sp&#233;cifiquement ouvri&#232;re ; elle r&#233;unit presque exclusivement des compagnons, et les petits bourgeois semblent bien avoir &#233;prouv&#233; quelque inqui&#233;tude : l'incident entre Chaumette et l'ouvrier Tiger est, &#224; cet &#233;gard, significatif. Les gr&#232;ves de l'hiver et du printemps 1794 furent &#233;galement, et par leur nature m&#234;me, des mouvements sp&#233;cifiquement prol&#233;tariens dont les petits bourgeois jacobins se d&#233;solidaris&#232;rent et qu'ils calomni&#232;rent en les traitant de &#171; contre-r&#233;volutionnaires &#187;. Enfin, au cours des journ&#233;es de Prairial (mai 1795), nous verrons les petits patrons du faubourg Saint-Antoine jouer un r&#244;le nettement distinct de leurs compagnons : alors que ces derniers, de leur propre mouvement, eussent continu&#233; la lutte, les premiers, effray&#233;s par le caract&#232;re de classe que celle-ci avait prise, pouss&#232;rent &#224; une transaction avec la bourgeoisie thermidorienne (transaction qui fut fatale aux insurg&#233;s). (&#8230;) D&#233;sirant employer un vocable qui marque, sans l'exag&#233;rer, la diff&#233;renciation relative existant entre petits bourgeois et travailleurs, j'ai emprunt&#233; &#224; Michelet le terme expressif de bras nus. L'historien observe que, si la d&#233;fense de Nantes contre les Vend&#233;ens e&#251;t &#233;t&#233; bourgeoise seulement, Nantes &#233;tait perdue. &#171; Il fallait, &#233;crit-il, que les bras nus, les hommes rudes, les travailleurs prissent violemment parti contre les brigands &#187;. (&#8230;) Le caract&#232;re composite de la &#171; sans-culotterie &#187; de 1793 ne doit jamais &#234;tre perdu de vue si l'on veut comprendre le m&#233;canisme complexe de la derni&#232;re phase de la R&#233;volution. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx a montr&#233; dans &#171; La question juive &#187; comment le mouvement r&#233;volutionnaire, &#171; en d&#233;clarant la r&#233;volution &#224; l'&#233;tat permanent &#187;, s'&#233;tait mis &#171; en contradiction violente &#187; avec les conditions objectives de la r&#233;volution bourgeoise, ce qui eut pour cons&#233;quence finale &#171; la restauration de la religion, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, de tous les &#233;l&#233;ments de la soci&#233;t&#233; bourgeoise &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Engels a donn&#233; de ce reflux, commun &#224; toutes les r&#233;volutions de type ancien (c'est-&#224;-dire des &#233;poques o&#249; la r&#233;volution prol&#233;tarienne &#233;tait encore objectivement impossible), diverses analyses. Apr&#232;s avoir montr&#233; comment un embryon de prol&#233;tariat group&#233; autour de Thomas M&#252;nzer, en Allemagne, au d&#233;but du 16&#232;me si&#232;cle, formula les rudiments de revendications communistes, il &#233;crit : &#171; Mais, en m&#234;me temps, cette anticipation, par-del&#224; non seulement le pr&#233;sent, mais m&#234;me l'avenir (&#8230;) devait, au premier essai d'application pratique, retomber dans les limites born&#233;es que permettaient seules les conditions de l'&#233;poque &#187;. &#171; Ce n'&#233;tait pas seulement le mouvement d'alors, c'&#233;tait tout son si&#232;cle qui n'&#233;tait pas m&#251;r pour la r&#233;alisation des id&#233;es que lui-m&#234;me n'avait commenc&#233; d'entrevoir que tr&#232;s obscur&#233;ment. La classe qu'il repr&#233;sentait, bien loin d'&#234;tre compl&#232;tement d&#233;velopp&#233;e et capable de soumettre et de transformer la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re, &#233;tait juste en train de na&#238;tre. Le bouleversement social qui se pr&#233;sentait vaguement &#224; son imagination avait encore si peu de fondements dans les conditions mat&#233;rielles existantes que celles-ci pr&#233;paraient m&#234;me un ordre social qui &#233;tait absolument l'oppos&#233; de l'ordre social r&#234;v&#233; par lui. &#187; Il fut donc ais&#233; &#224; la bourgeoisie, conduite par Luther, de briser le mouvement. (&#8230;) Ailleurs, &#224; propos des r&#233;volutions de Paris, Engels d&#233;crit ainsi le reflux : &#171; Le prol&#233;tariat, qui achetait de son sang la victoire, apparaissait apr&#232;s la victoire avec ses revendications propres. Ces revendications &#233;taient plus ou moins obscures et m&#234;me confuses, selon le degr&#233; correspondant de d&#233;veloppement des ouvriers parisiens, mais, en d&#233;finitive, elles tendaient &#224; la suppression de l'antagonisme de classe entre capitalistes et ouvriers. (&#8230;) Mais la revendication m&#234;me, si ind&#233;termin&#233;e qu'elle f&#251;t encore dans sa forme, contenait un danger pour l'ordre social &#233;tabli ; les ouvriers qui la posaient &#233;taient encore arm&#233;s ; pour les bourgeois qui se trouvaient au gouvernail de l'Etat, le d&#233;sarmement des ouvriers &#233;tait donc le premier devoir. D'o&#249;, apr&#232;s chaque r&#233;volution o&#249; les ouvriers avaient &#233;t&#233; vainqueurs, une nouvelle lutte, qui se termine par la d&#233;faite des ouvriers. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, dans un autre texte, Engels d&#233;veloppe : &#171; Apr&#232;s le premier grand succ&#232;s, c'&#233;tait la r&#232;gle que la minorit&#233; victorieuse se scind&#226;t en deux : une des moiti&#233;s &#233;tait contente du r&#233;sultat obtenu, l'autre voulait encore aller plus loin, posait de nouvelles revendications. (&#8230;) Ces revendications plus radicales s'imposaient bien dans certains cas, mais fr&#233;quemment pour un instant seulement : le parti le plus mod&#233;r&#233; reprenait la supr&#233;matie, les derni&#232;res acquisitions &#233;taient perdues &#224; nouveau en totalit&#233; ou partiellement ; les vaincus criaient alors &#224; la trahison ou rejetaient la d&#233;faite sur le hasard. Mais en r&#233;alit&#233;, la chose &#233;tait le plus souvent ainsi : les conqu&#234;tes de la premi&#232;re victoire n'&#233;taient assur&#233;es que par la deuxi&#232;me victoire du parti plus radical ; une fois ceci acquis, c'est-&#224;-dire ce qui &#233;tait momentan&#233;ment n&#233;cessaire, les &#233;l&#233;ments radicaux disparaissaient &#224; nouveau du th&#233;&#226;tre des op&#233;rations et leur succ&#232;s aussi. Toutes les grandes r&#233;volutions des temps modernes, &#224; commencer par la grande R&#233;volution anglaise du 17&#232;me si&#232;cle, accus&#232;rent ces traits qui paraissaient ins&#233;parables de toute lutte r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Le point exact o&#249; la R&#233;volution atteint son apog&#233;e et o&#249; le reflux commence (&#8230;) je le place d&#232;s la fin de novembre 1793. (&#8230;) Depuis 1789 jusqu'&#224; la date qui vient d'&#234;tre propos&#233;e, le mouvement r&#233;volutionnaire, je le montrerai, est all&#233;, par bonds successifs, constamment de l'avant parce que les limites objectives de la r&#233;volution bourgeoise n'avaient pas encore &#233;t&#233; atteintes. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie de la r&#233;volution permanente comporte un corollaire que, pour la clart&#233; de mon analyse, je n'ai fait qu'effleurer dans l'expos&#233; qui pr&#233;c&#232;de. Du fait m&#234;me que la r&#233;volution est permanente, c'est-&#224;-dire que le probl&#232;me de la r&#233;volution prol&#233;tarienne se pose d&#233;j&#224; (bien que d'une fa&#231;on encore plus ou moins embryonnaire) au cours de la r&#233;volution bourgeoise, la bourgeoisie r&#233;volutionnaire, de son c&#244;t&#233;, n'est pas occup&#233;e uniquement par le souci de liquider la classe dont elle prend la succession ; elle s'inqui&#232;te aussi de ce qui se passe &#224; sa gauche ; elle s'alarme en constatant que les masses laborieuses, dont le concours actif lui est indispensable pour en finir avec l'ancien r&#233;gime, et entre les mains desquelles elle a d&#251; mettre des armes, essaient de profiter des circonstances pour obtenir la satisfaction de leur revendications propres. La peur que lui inspire l'avant-garde populaire la fait renoncer &#224; porter des coups trop rapides et trop brutaux &#224; la contre-r&#233;volution. Elle h&#233;site &#224; chaque instant entre la solidarit&#233; qui l'unit au peuple contre l'aristocratie et celle qui unit l'ensemble des poss&#233;dants contre les non-poss&#233;dants. Cette pusillanimit&#233; la rend incapable d'accomplir jusqu'au bout les t&#226;ches historiques de la r&#233;volution bourgeoise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut donc que l'avant-garde populaire lui force la main, la pousse en avant, lui arrache litt&#233;ralement les mesures radicales, dont elle sent bien la n&#233;cessit&#233; mais qui l'effraient. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A la veille de 1789, la bourgeoisie, r&#233;p&#233;tons-le, n'&#233;tait plus que tr&#232;s partiellement une classe inf&#233;rieure. Elle &#233;tait li&#233;e assez &#233;troitement avec l'absolutisme royal et la classe des grands propri&#233;taires fonciers. Elle d&#233;tenait d&#233;j&#224; une part consid&#233;rable du pouvoir &#233;conomique. En outre, elle avait &#233;t&#233; admise &#224; ramasser les miettes du festin f&#233;odal (beaucoup de bourgeois avaient re&#231;u des titres de noblesse, jouissaient de rentes f&#233;odales, avaient des charges, portaient culotte et bas comme les nobles). (&#8230;) La violence avec laquelle les masses populaires s'attaqu&#232;rent &#224; l'ancien r&#233;gime effraya, d&#232;s le d&#233;but, les bourgeois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Lefebvre observe, dans sa &#171; Grande peur de 1789 &#187; : &#171; Exasp&#233;r&#233; par la faim, le paysan mena&#231;ait l'aristocratie d'un assaut irr&#233;sistible. Mais la bourgeoisie, elle-m&#234;me, n'&#233;tait pas &#224; l'abri. Elle ne payait pas non plus sa part d'imp&#244;ts ; elle poss&#233;dait maintes seigneuries : c'&#233;tait elle qui fournissait aux seigneurs leurs juges et leurs intendants ; c'&#233;tait des bourgeois qui prenaient &#224; ferme la perception des droits f&#233;odaux. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le plan purement politique, on note la m&#234;me h&#233;sitation de la bourgeoisie devant l'accomplissement de ses t&#226;ches historiques. C'est ainsi que, le 14 juillet 1789, elle eut litt&#233;ralement la main forc&#233;e. (&#8230;) &#171; Ainsi, le signal de la conqu&#234;te violente de la Bastille ne fut pas donn&#233; par la bourgeoisie. Ce fut malgr&#233; les efforts de conciliation de celle-ci que le peuple s'empara de la vieille ge&#244;le. Si les sans-culottes n'avaient pas forc&#233; la main &#224; la bourgeoisie, l'Assembl&#233;e nationale aurait fini par succomber dans sa r&#233;bellion contre les ba&#239;onnettes royales. De m&#234;me, sans la marche sur Versailles, le 5 octobre, des bras nus affam&#233;s et sans leur irruption dans l'enceinte de l'Assembl&#233;e, la D&#233;claration des droits de l'homme n'e&#251;t pas &#233;t&#233; sanctionn&#233;e. Sans la vague de fond du 10 ao&#251;t 1792, la bourgeoisie e&#251;t recul&#233; devant la R&#233;publique et devant le suffrage universel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but de 1793, nous verrons l'aile la plus importante et la plus riche de la bourgeoisie (la Gironde) l&#226;cher pied par peur et par haine des sans-culottes, h&#233;siter devant les mesures radicales qui seules pouvaient permettre de sauver la R&#233;volution et, finalement, glisser vers le royalisme. Nous verrons ensuite la fraction la plus audacieuse de la bourgeoisie (la Montagne) qui supplanta celle qui avait trahi la cause de la R&#233;volution, h&#233;siter &#224; son tour &#224; pousser la lutte jusqu'au bout. Il faudra l'intervention des faubourgs pour qu'elle se d&#233;cide &#224; ch&#226;tier les chefs de la Gironde, &#224; d&#233;barrasser l'arm&#233;e des officiers r&#233;actionnaires. (&#8230;) Ainsi, pour que la soci&#233;t&#233; f&#251;t enti&#232;rement purifi&#233;e des d&#233;froques f&#233;odales et absolutistes, fallait-il d&#233;j&#224;, &#224; la fin du 18&#232;me si&#232;cle, l'intervention propre du &#171; prol&#233;tariat &#187;. La r&#233;volution bourgeoise n'aurait pas &#233;t&#233; men&#233;e jusqu'&#224; son terme si elle ne s'&#233;tait accompagn&#233;e d'un embryon de r&#233;volution prol&#233;tarienne. (&#8230;) Engels tire de l'&#233;tude compar&#233;e des r&#233;volutions anglaise et fran&#231;aise la conclusion que &#171; sans l'&#233;l&#233;ment pl&#233;b&#233;ien des villes, la bourgeoisie seule n'aurait jamais men&#233; la bataille jusqu'&#224; la d&#233;cision &#187; et il ajoute : &#171; il semble que ce soit l&#224;, en fait, une des lois de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous allons consid&#233;rer maintenant la R&#233;volution fran&#231;aise du point de vue des formes du pouvoir populaire. La th&#233;orie de la r&#233;volution permanente nous aidera &#224; en d&#233;couvrir certains aspects qui, trop souvent, ont &#233;chapp&#233; aux historiens r&#233;publicains. Ceux-ci se sont content&#233;s de nous pr&#233;senter la grande R&#233;volution comme le berceau de la d&#233;mocratie parlementaire. Ils n'ont pas aper&#231;u (ou voulu apercevoir) que, du fait m&#234;me qu'elle f&#251;t, en m&#234;me temps qu'une r&#233;volution bourgeoise, un embryon de r&#233;volution prol&#233;tarienne, elle portait en elle le germe d'une nouvelle forme de pouvoir r&#233;volutionnaire dont les traits s'accuseront au cours des r&#233;volutions prol&#233;tariennes de la fin du 19&#232;me si&#232;cle et du 20&#232;me si&#232;cle. Ils n'ont pas marqu&#233; suffisamment la filiations historique qui, de la Commune de 1793, m&#232;ne &#224; celle de 1871, et encore moins, bien entendu, celle qui de la Commune de 1793 et de 1871 m&#232;ne aux soviets (conseils) de 1905 et 1917. Ils n'ont pas vu que les donn&#233;es essentielles du probl&#232;me du pouvoir tel qu'il s'est pos&#233; au prol&#233;tariat au cours de la R&#233;volution russe (dualit&#233; de pouvoirs, contrainte r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat) se manifestent d&#233;j&#224;, bien que sous une forme encore embryonnaire, au cours de la R&#233;volution fran&#231;aise, et notamment, dans sa derni&#232;re phase.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Nous voyons les premiers sympt&#244;mes de dualit&#233; de pouvoirs d&#232;s juillet 1789. A l'or&#233;e de la R&#233;volution, il y a dualit&#233; de pouvoirs non seulement entre le roi et l'Assembl&#233;e nationale, mais d&#233;j&#224; entre l'Assembl&#233;e nationale, interpr&#232;te des volont&#233;s de la haute bourgeoisie, et la Commune de Paris, cette derni&#232;re s'appuyant sur les couches inf&#233;rieures du tiers &#233;tat de la capitale. (&#8230;) La dualit&#233; de pouvoirs se manifesta d'une fa&#231;on beaucoup plus accus&#233;e &#224; l'occasion de l'insurrection du 10 ao&#251;t 1792. D&#232;s la seconde quinzaine de juillet, les sections avaient nomm&#233; des d&#233;l&#233;gu&#233;s qui s'&#233;taient r&#233;unis &#224; l'H&#244;tel de Ville. (&#8230;) Le 10 ao&#251;t, l'assembl&#233;e des sections se substitua &#224; la Commune l&#233;gale et se constitua en Commune r&#233;volutionnaire. Celle-ci se pr&#233;senta face &#224; l'Assembl&#233;e bourgeoise comme l'organe de la volont&#233; populaire. (&#8230;) Mais la dualit&#233; de pouvoirs est un fait r&#233;volutionnaire et non constitutionnel. Elle peut durer un certain temps, mais pas tr&#232;s longtemps. (&#8230;) T&#244;t ou tard, l'un des pouvoirs finit par &#233;liminer l'autre. (&#8230;) &#171; La dualit&#233; de pouvoirs est, en son essence, un r&#233;gime de crise sociale : marquant un extr&#234;me fractionnement de la nation, elle comporte, en potentiel ou bien ouvertement, la guerre civile. &#187; Au lendemain du 10 ao&#251;t, les pouvoirs de la Commune r&#233;volutionnaire de Paris et ceux de l'Assembl&#233;e s'&#233;quilibr&#232;rent un instant. Cette situation qui provoqua une crise politique aigu&#235;, ne dura que quelques semaines. L'un des deux pouvoirs dut finalement s'effacer devant l'autre, et ce fut la Commune.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 31 mai 1793, la dualit&#233; de pouvoirs prit de nouveau une forme ouverte. Comme au 10 ao&#251;t, une Commune r&#233;volutionnaire s'&#233;tait substitu&#233;e &#224; la Commune l&#233;gale et, face &#224; la Convention et &#224; son Comit&#233; de Salut public, elle avait fait figure de nouveau pouvoir. Mais la dualit&#233; ne dura, cette fois, que l'espace d'un matin. Le pouvoir officiel s'empressa, nous le verrons, de faire rentrer dans le n&#233;ant la Commune insurrectionnelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la chute des Girondins, la lutte entre la Convention et la Commune, entre le pouvoir bourgeois et le pouvoir des masses, continua sourdement. (&#8230;) La lutte prit, &#224; nouveau, un caract&#232;re aigu, en novembre 1793, lorsque la Commune, se substituant &#224; la Convention, entra&#238;na le pays dans la campagne de d&#233;christianisation et imposa &#224; l'Assembl&#233;e le culte de la Raison. La bourgeoisie riposta en rognant les pouvoirs de la Commune qui, par le d&#233;cret du 4 d&#233;cembre, fut &#233;troitement subordonn&#233;e au pouvoir central.&lt;br class='autobr' /&gt;
En f&#233;vrier-mars 1794, la lutte se raviva encore une fois entre les deux pouvoirs. Au cours de cette derni&#232;re phase, le pouvoir des masses, nous le verrons, &#233;tait davantage repr&#233;sent&#233; par les soci&#233;t&#233;s populaires des sections, group&#233;es en un comit&#233; central, que par la Commune elle-m&#234;me. Mais les dirigeants de cette derni&#232;re, pouss&#233;s par le mouvement des masses, eurent des vell&#233;it&#233;s de coup d'Etat. Ce fut le supr&#234;me &#233;pisode de la dualit&#233; de pouvoirs. La bourgeoisie accusa les partisans de la Commune de vouloir &#171; avilir la repr&#233;sentation nationale &#187; et elle brisa le pouvoir populaire, donnant ainsi le coup de gr&#226;ce &#224; la R&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4728&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4728&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4708&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4708&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3033&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3033&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/cafon_0395-8418_1991_num_63_1_1565&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la terreur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6636&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6636&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re dialectique de la strat&#233;gie du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi on a compar&#233; le mouvement des Gilets jaunes &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise ? Parce que ce mouvement ne se contentait pas de revendiquer, de combattre, de d&#233;noncer le gouvernement, qu'il niait tout le pouvoir politique et social des exploiteurs, leur direction de l'Etat et de la soci&#233;t&#233;. Et la r&#233;volution fran&#231;aise leur d&#233;montrait que le peuple travailleur peut d&#233;cider de nier dialectiquement le droit &#224; l'exploitation et le droit &#224; l'oppression. Si les circonstances sont l&#224;, leur seule d&#233;cision change la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5281&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5281&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que vient faire la philosophie dialectique dans la politique des r&#233;volutionnaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Exproprier les expropriateurs, se servir des guerres et des dettes comme de toutes les oppressions pour les retourner contre les guerriers capitalistes et les imp&#233;rialistes oppresseurs, annihiler ceux qui veulent &#233;radiquer l'humanit&#233;, d&#233;clarer la guerre aux bellicistes, mettre la main sur les finances de ceux qui nous coupent les robinets financiers, supprimer tous les droits politiques de ceux qui nous refusent no droits politiques, casser les organisations de ceux qui veulent nous interdire de nous organiser, tirer sur les g&#233;n&#233;raux qui nous tirent dessus, r&#233;quisitionner les trusts qui nous envoient la faillite &#224; la gueule, fermer la gueule des pr&#234;tres li&#233;s au pouvoir et manipulateurs p&#233;dophiles des enfants, licencier les licencieurs, supprimer le droit de polluer l'opinion aux m&#233;dias qui refusent de diffuser nos opinions, refuser le droit de participer &#224; notre d&#233;mocratie aux exploiteurs qui nous refusent nos droits d&#233;mocratiques, d&#233;sarmer les arm&#233;es capitalistes et armer le peuple travailleur, mettre les internationalistes &#224; la t&#234;te des peuples qui subissent une oppression nationale et la retourner contre l'imp&#233;rialisme, d&#233;capitaliser les accumulateurs de capitaux, c'est bel et bien cela, la n&#233;gation de la n&#233;gation r&#233;volutionnaire !&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>The English Revolution (1640-1649)</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8419</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article8419</guid>
		<dc:date>2025-10-28T05:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>
		<dc:subject>Angleterre Great Britain</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;volution permanente</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Why the english revolution of 1640 succeeded ? by Karl Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
https://matierevolution.fr/spip.php?article964 &lt;br class='autobr' /&gt;
What is the english revolution ? &lt;br class='autobr' /&gt;
https://en.wikipedia.org/wiki/English_Revolution &lt;br class='autobr' /&gt;
Should Cromwell, the leader of the English bourgeois revolution, be rehabilitated ? &lt;br class='autobr' /&gt; https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5343&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr &lt;br class='autobr' /&gt;
The Leveller Petition, September 11, 1648 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;R&#233;volution bourgeoise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot115" rel="tag"&gt;Angleterre Great Britain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot317" rel="tag"&gt;r&#233;volution permanente&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18201 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/charles-whitehall-2.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;270&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/20201204085404000000_ess_2128.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/20201204085404000000_ess_2128.jpg' width=&#034;1000&#034; height=&#034;500&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Why the english revolution of 1640 succeeded ? by Karl Marx&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article964&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article964&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is the english revolution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/English_Revolution&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en.wikipedia.org/wiki/English_Revolution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Should Cromwell, the leader of the English bourgeois revolution, be rehabilitated ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5343&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5343&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Leveller Petition, September 11, 1648&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/england/english-revolution/leveller-petition.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/england/english-revolution/leveller-petition.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leveller Pamphlet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/england/english-revolution/light-shining.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/england/english-revolution/light-shining.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petition of February 26, 1649&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/england/english-revolution/new-chains-petition.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/england/english-revolution/new-chains-petition.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;An Agreement Of The Free People of England, May 1, 1649&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/england/english-revolution/may-day.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/england/english-revolution/may-day.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The True Levellers Standard Advanced&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/reference/archive/winstanley/1649/levellers-standard.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/reference/archive/winstanley/1649/levellers-standard.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The text of Christopher Hill&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/hill-christopher/english-revolution/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/hill-christopher/english-revolution/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Video series with Alan Woods&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://marxist.com/english-rev-series.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://marxist.com/english-rev-series.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The English Revolution of 1640 as seen by the French historians of the Restoration, Guizot and Thierry : a class struggle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6089&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6089&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Levellers in the English Revolution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1221&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1221&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The English Revolution, Guizot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article823&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article823&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francis Bacon (1561-1626) and the English Revolution (1642-1651 and 1688-1689), two products of the crisis of royalty and the advent of the bourgeoisie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article8325&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article8325&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The English royalty, a beautiful family story ?!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article4313&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article4313&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Economic, Social and Political Revolution in England in 1381&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5460&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5460&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Debate on Property during the First English Revolution 1647-1659&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/miranda/9084&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/miranda/9084&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Leveller Revolution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/details/the-leveller-revolution-radical-political-organisation-in-john-rees-0-verso-books-9781784783884-1511&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archive.org/details/the-leveller-revolution-radical-political-organisation-in-john-rees-0-verso-books-9781784783884-1511&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/details/levellermovement0000unse_j2p0/page/n5/mode/2up&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archive.org/details/levellermovement0000unse_j2p0/page/n5/mode/2up&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand la Kabylie se r&#233;voltait&#8230;</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8451</link>
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		<dc:date>2025-10-22T22:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand la Kabylie se r&#233;voltait&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : nous soulignons ici que le peuple de Kabylie s'est toujours battu contre tous les envahisseurs, tous les dictateurs, tous les oppresseurs et tous les exploiteurs, mais cela ne signifie pas que nous cultivons le nationalisme kabyle (pas plus que le nationalisme alg&#233;rien arabe ou autre). Nous ne cultivons que la r&#233;volte et la r&#233;volution du peuple travailleur partout o&#249; elle apparait, prend de l'ampleur et montre sa force&#8230; Et nous militons pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique64" rel="directory"&gt;24- R&#233;volte en Kabylie, puis dans toute l'Alg&#233;rie - 2001&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;R&#233;volution bourgeoise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot138" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand la Kabylie se r&#233;voltait&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : nous soulignons ici que le peuple de Kabylie s'est toujours battu contre tous les envahisseurs, tous les dictateurs, tous les oppresseurs et tous les exploiteurs, mais cela ne signifie pas que nous cultivons le nationalisme kabyle (pas plus que le nationalisme alg&#233;rien arabe ou autre). Nous ne cultivons que la r&#233;volte et la r&#233;volution du peuple travailleur partout o&#249; elle apparait, prend de l'ampleur et montre sa force&#8230; Et nous militons pour que le peuple travailleur, en Kabylie comme ailleurs, prenne la totalit&#233; du pouvoir et d&#233;truisant ses ennemis capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 253&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%AFt_Fraoussen&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%AFt_Fraoussen&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 372&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://djurdjura.over-blog.net/article-31459769.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://djurdjura.over-blog.net/article-31459769.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au VIIIe si&#232;cle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Banou_Ifren&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Banou_Ifren&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1397&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inumiden.com/revolte-chef-amazigh-gildon-contre-rome/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inumiden.com/revolte-chef-amazigh-gildon-contre-rome/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1515&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume_de_Koukou&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume_de_Koukou&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1754&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_A%C3%AFt_Irathen&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_des_A%C3%AFt_Irathen&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1767&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Iflissen_Lebhar&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Iflissen_Lebhar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1848&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=kwcG2Mt4pcA&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=kwcG2Mt4pcA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1856&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2019/06/OUZEROUHANE/59973&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.monde-diplomatique.fr/2019/06/OUZEROUHANE/59973&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1871&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_Mokrani&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_Mokrani&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1954&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.historia.fr/guerres-conflits-contemporains/guerre-d-algerie/qui-sont-ces-berberes-surnommes-le-groupe-des-six-chefs-du-fln-durant-la-guerre-dalgerie-2120849&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.historia.fr/guerres-conflits-contemporains/guerre-d-algerie/qui-sont-ces-berberes-surnommes-le-groupe-des-six-chefs-du-fln-durant-la-guerre-dalgerie-2120849&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://information.tv5monde.com/afrique/les-soixante-automnes-de-la-toussaint-rouge-1846&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://information.tv5monde.com/afrique/les-soixante-automnes-de-la-toussaint-rouge-1846&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1963&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_culturel_berb%C3%A8re&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_culturel_berb%C3%A8re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/shorts/hKcxIKuytjA&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/shorts/hKcxIKuytjA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Yt1blgQcrCE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Yt1blgQcrCE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=bqSMhrMN488&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=bqSMhrMN488&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1954&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=GcdCKah7d1A&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=GcdCKah7d1A&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1956&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=as1vGBwjILU&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=as1vGBwjILU&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1980&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_culturel_berb%C3%A8re&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_culturel_berb%C3%A8re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4R5H-tgIsBo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=4R5H-tgIsBo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=3qAh3_eHmkY&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=3qAh3_eHmkY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article81&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article81&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_noir_(Kabylie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_noir_(Kabylie&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ef1xox1Gqa4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=ef1xox1Gqa4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=fM0-mOF2FSM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=fM0-mOF2FSM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=PEXOH3HBykk&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=PEXOH3HBykk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=q_e6gjgS0O8&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=q_e6gjgS0O8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ef1xox1Gqa4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=ef1xox1Gqa4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VQ2tikhuhio&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=VQ2tikhuhio&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=v4LjzWmpyoQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=v4LjzWmpyoQ&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis en 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4945&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4945&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=QQSr2kLkypE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=QQSr2kLkypE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2003-2-page-43?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2003-2-page-43?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les femmes de Kabylie r&#233;volt&#233;e d&#233;fendaient leurs enfants assassin&#233;s par les g&#233;n&#233;raux alg&#233;riens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Bn_SLm7I0HI&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Bn_SLm7I0HI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hirak_(Alg%C3%A9rie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hirak_(Alg%C3%A9rie&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/revue-herodote-2021-1-page-32?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.cairn.info/revue-herodote-2021-1-page-32?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/revue-herodote-2021-1-page-32?lang=fr&amp;tab=sujets-proches&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.cairn.info/revue-herodote-2021-1-page-32?lang=fr&amp;tab=sujets-proches&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les r&#233;volutions de 1830 et 1832 en France </title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8198</link>
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		<dc:date>2025-08-13T22:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les r&#233;volutions de 1830 et 1832 en France par Victor Hugo, Auguste Blanqui et Karl Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution de 1830 et 1832 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Trois_Glorieuses &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_r%C3%A9publicaine_%C3%A0_Paris_en_juin_1832 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Maximilien_Lamarque &lt;br class='autobr' /&gt;
Victor Hugo dans &#171; Les Mis&#233;rables &#187; : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables_(1908)/Tome_4/Livre_1/01 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;R&#233;volution bourgeoise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les r&#233;volutions de 1830 et 1832 en France par Victor Hugo, Auguste Blanqui et Karl Marx&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution de 1830 et 1832&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Trois_Glorieuses&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Trois_Glorieuses&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_r%C3%A9publicaine_%C3%A0_Paris_en_juin_1832&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_r%C3%A9publicaine_%C3%A0_Paris_en_juin_1832&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Maximilien_Lamarque&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Maximilien_Lamarque&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Hugo dans &#171; Les Mis&#233;rables &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables_(1908&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables_(1908&lt;/a&gt;)/Tome_4/Livre_1/01&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables_(1908&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables_(1908&lt;/a&gt;)/Tome_4/Livre_1/02&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables_(1908&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables_(1908&lt;/a&gt;)/Tome_4/Livre_1/03&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables_(1908&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables_(1908&lt;/a&gt;)/Tome_4/Livre_1/04&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables_(1908&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables_(1908&lt;/a&gt;)/Tome_4/Livre_1/05&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_10/01&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_10/01&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_10/02&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_10/02&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_10/03&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_10/03&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_10/04&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_10/04&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_10/05&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_10/05&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_12/05&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_12/05&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_13/02&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_4/Livre_13/02&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_5/Livre_1/01&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_5/Livre_1/01&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_5/Livre_1/01&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Mis%C3%A9rables/Tome_5/Livre_1/01&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auguste Blanqui :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeune &#233;tudiant au temps de la Restauration, il adh&#232;re en 1824 &#224; la Charbonnerie, organisation subversive qui complotait la chute de la monarchie des Bourbons. Sans rompre avec son milieu, Blanqui s'initie ainsi au monde souterrain des soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes et des conspirations. Il est bless&#233; en 1827 dans des manifestations d'&#233;tudiants au quartier Latin. En 1829, il entre au journal Le Globe comme st&#233;nographe, mais sa vie est d&#233;sormais partag&#233;e entre les conspirations et les emprisonnements. Il combat le r&#233;gime de Charles X, en juillet 1830, les armes &#224; la main ; &#233;tudiant en droit, il participe au Comit&#233; des &#233;coles qui, en janvier 1831, manifeste contre le r&#233;gime de Juillet. Arr&#234;t&#233; une premi&#232;re fois, il est &#224; nouveau condamn&#233; en 1832, au moment du proc&#232;s des &#171; quinze &#187;, comme membre de la Soci&#233;t&#233; des amis du peuple, dissoute. Il devait d&#233;sormais passer une grande partie de sa vie en prison, ce qui explique le nom donn&#233; &#224; l'une de ses premi&#232;res biographies, L'Enferm&#233;, &#233;crite par Gustave Geffroy. Il est arr&#234;t&#233; en 1836 comme dirigeant de la Soci&#233;t&#233; des familles qu'avait fond&#233;e Barb&#232;s, et condamn&#233; &#224; deux ans de prison pour fabrication d'explosifs. Graci&#233; par l'amnistie de 1837, il milite dans la Soci&#233;t&#233; des saisons, et pr&#233;pare l'insurrection du 12 mai 1839 &#224; Paris ; celle-ci &#233;choue, Blanqui s'enfuit, mais, arr&#234;t&#233; en octobre, il est condamn&#233; &#224; mort en janvier 1840. Sa peine est commu&#233;e en r&#233;clusion &#224; vie. Il est intern&#233; au Mont-Saint-Michel puis &#224; la prison et &#224; l'h&#244;pital de Tours et graci&#233; en 1844. Arriv&#233; &#224; Paris le 25 f&#233;vrier 1848, Blanqui fonde la Soci&#233;t&#233; r&#233;publicaine centrale, r&#233;clame l'ajournement des &#233;lections en organisant les manifestations du 17 mars et du 16 avril. Le 15 mai, il tente de prendre le pouvoir, est encore arr&#234;t&#233; et condamn&#233; &#224; dix ans de prison &#224; Belle-Ile. Il milite &#224; nouveau contre le second Empire en regroupant des &#233;tudiants et des ouvriers ; emprisonn&#233;, il s'&#233;vade et se r&#233;fugie en Belgique vers 1865.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1830/appel-etudiants.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1830/appel-etudiants.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1831/blanqui_1831.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1831/blanqui_1831.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1832/rapport.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1832/rapport.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1834/liberateur.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1834/liberateur.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx dans &#171; Les luttes de classes en France &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/03/km18500301.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/03/km18500301.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>10 septembre ! Quel objectif num&#233;ro un pour le mouvement des Gilets jaunes ?</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8338</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article8338</guid>
		<dc:date>2025-08-02T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quel objectif num&#233;ro un pour le mouvement des Gilets Jaunes du 10 septembre ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 10 septembre, laissons &#233;clater notre r&#233;volte mais commen&#231;ons aussi LA REVOLUTION SOCIALE ET POLITIQUE ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, on appelle tous les travailleurs, tous les ch&#244;meurs, tous les retrait&#233;s, tous les jeunes, toutes les femmes, tous ceux que le pouvoir vole et opprime, &#224; la lutte, aux ronds-points, aux assembl&#233;es, &#224; la gr&#232;ve, aux manifestations mais il faut d&#232;s maintenant expliquer ce que sont les objectifs et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;R&#233;volution bourgeoise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quel objectif num&#233;ro un pour le mouvement des Gilets Jaunes du 10 septembre ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18092 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/gilets_jaunes_0-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/gilets_jaunes_0-3.jpg' width=&#034;1280&#034; height=&#034;960&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le 10 septembre, laissons &#233;clater notre r&#233;volte mais commen&#231;ons aussi LA REVOLUTION SOCIALE ET POLITIQUE !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on appelle tous les travailleurs, tous les ch&#244;meurs, tous les retrait&#233;s, tous les jeunes, toutes les femmes, tous ceux que le pouvoir vole et opprime, &#224; la lutte, aux ronds-points, aux assembl&#233;es, &#224; la gr&#232;ve, aux manifestations mais il faut d&#232;s maintenant expliquer ce que sont les objectifs et les perspectives, c'est-&#224;-dire s'en prendre au pouvoir des milliardaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des Gilets jaunes peut red&#233;marrer en prenant en compte les le&#231;ons de son premier mouvement : &#224; savoir l'inutilit&#233; de se contenter de faire pression sur le pouvoir des milliardaires, de chercher &#224; se faire entendre de lui, de le contraindre &#224; effectuer des transformations n&#233;cessaires au peuple travailleur. Car on ne peut pas compter sur les responsables de la catastrophe pour corriger la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de s'adresser &#224; nos ennemis au pouvoir, il nous faut les renverser et les remplacer par le pouvoir du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout pour cela qu'il est indispensable de nous organiser de mani&#232;re autonome par rapport &#224; toutes les organisations et institutions qui ont des liens avec ce pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela qu'il est indispensable que notre organisation m&#232;ne &#224; l'&#233;lection de conseils qui se f&#233;d&#232;rent dans tout le pays, qui prennent des d&#233;cisions sur la lutte mais aussi sur l'avenir de la soci&#233;t&#233; et qui les m&#232;nent &#224; devenir un pouvoir parall&#232;le au pouvoir actuel et finalement qui deviennent le nouveau pouvoir des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire reculer le pouvoir des milliardaires, le faire r&#233;fl&#233;chir, le faire changer, ce ne sont que des illusions, il faut le renverser et le remplacer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas des individus qu'il faut renverser, c'est un syst&#232;me social et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des Gilets jaunes et bien des travailleurs sont d&#034;accord avec le slogan tant repris &#034;A bas le pouvoir des milliardaires ! D&#233;mocratie directe !&#034; mais ils supposent un nouveau pouvoir du peuple travailleur auto-organis&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier r&#244;le de l'organisation autonome et ind&#233;pendante des Gilets jaunes est de proclamer que nous visons le pouvoir des conseils de Gilets jaunes, premier acte de la r&#233;volution sociale indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne s'adresse pas aux ennemis du peuple, on les d&#233;met et on d&#233;fait leur mode de domination, on le remplace par notre propre pouvoir, celui du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sert &#224; rien de cacher que cet objectif n'est pas encore dans toutes les t&#234;tes. Mais la minorit&#233; qui pense ainsi doit d&#233;fendre partout son point de vue, doit faire la d&#233;monstration de sa n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les faits, l'effondrement &#233;conomique et social de la soci&#233;t&#233; dominante qui d&#233;montrera la validit&#233; de notre perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous donnant cet objectif, nous nous armons contre nos ennemis car nous donnons &#224; tous nos amis et nos alli&#233;s pr&#233;sents et futurs des raisons de nous soutenir puisque nous visons &#224; &#234;tre le nouveau pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En restant un simple p&#244;le de contestation, nous annon&#231;ons par avance que nous sommes aussi d&#233;sarm&#233;s et sans perspective, sans alternative au monde capitaliste s'effondrant, que les syndicats, que les partis et associations de gauche, de la gauche de la gauche et de l'extr&#234;me gauche opportuniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ceux que ces derniers influencent parmi nous crieront &#224; l'h&#233;r&#233;sie, au mensonge, &#224; la division, &#224; l'isolement, &#224; l'affaiblissement du mouvement, &#224; la perte de signification du message des Gilets jaunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que la force des Gilets jaunes n'est pas seulement dans leur nombre mais dans leur capacit&#233; &#224; offrir une perspective compl&#232;tement en dehors du syst&#232;me social et politique, contre le syst&#232;me, pour en finir d&#233;finitivement avec le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, discutons un peu la question : faire reculer momentan&#233;ment les classes dirigeantes sur leur attaque (face &#224; une crise aig&#252;e de la domination de la bourgeoisie, la menace de la guerre, du fascisme, des sacrifices multiples pour faire payer par une aust&#233;rit&#233; accrue les dettes au peuple travailleur) est-il possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, oui, c'est possible. C'est arriv&#233; quand ces classes dirigeantes se sont trouv&#233;es en face d'une mont&#233;e populaire de masse, avec des manifestations monstres, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale avec occupation des usines, avec des comit&#233;s de gr&#232;ve, le peuple partout mobilis&#233; aux c&#244;t&#233;s des gr&#233;vistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; alors ? Eh bien, les travailleurs n'ont pas &#233;t&#233; vers ce que nous proposons aujourd'hui. Ils n'ont pas &#233;t&#233; vers la prise de pouvoir par les comit&#233;s ouvriers, vers la chute de l'Etat capitaliste et son remplacement par le pouvoir aux travailleurs auto-organis&#233;s. Les faux amis des travailleurs, gauche, gauche de la gauche, fausse extr&#234;me gauche, syndicats et associations de gauche les ont convaincus de faire confiance &#224; la d&#233;mocratie capitaliste, &#224; un nouveau gouvernement capitaliste de gauche, au &#171; front populaire &#187; qui &#233;tait en fait encore un adversaire du front des comit&#233;s ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, le r&#233;sultat, c'est que l'attaque a &#233;t&#233; retard&#233;e mais non annul&#233;e et elle en a &#233;t&#233; encore plus forte trois ans plus tard, en 1939-1940 : &#224; nouveau face &#224; une crise aig&#252;e de la domination de la bourgeoisie, la menace de la guerre, du fascisme, des sacrifices multiples pour faire payer par une aust&#233;rit&#233; accrue les dettes au peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le front populaire n'a pas lev&#233; le petit doigt pour l'emp&#234;cher. Ce n'&#233;tait que des faux amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien peu sont ceux qui, aujourd'hui, se souviennent d'une telle le&#231;on. On leur raconte, au contraire, que le front populaire a &#233;t&#233; un gouvernement bourgeois de gauche qui aurait &#233;t&#233; du c&#244;t&#233; du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait toute la t&#226;che de ce gouvernement de gauche a consist&#233; &#224; d&#233;sarmer la r&#233;volution ouvri&#232;re montante. Une fois que cela a &#233;t&#233; fait, ce m&#234;me font populaire a fait tirer sur une manifestation ouvri&#232;re &#224; Clichy, puis a remis ses pouvoirs &#224; l'extr&#234;me droite, la majorit&#233; des &#233;lus front populaire votant pour P&#233;tain qui allait gouverner avec Laval (ex front populaire devenu fasciste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous avons besoin de nous organiser, de constituer nos comit&#233;s, de les f&#233;d&#233;rer, c'est pour pr&#233;parer un nouveau pouvoir diam&#233;tralement oppos&#233; &#224; celui des capitalistes. Mais c'est aussi pour que les plus &#233;clair&#233;s des &#233;l&#233;ments du peuple travailleur puissent &#234;tre choisis pour diriger cette lutte menant &#224; une insurrection et une prise du pouvoir et amenant la destruction du pouvoir des milliardaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet objectif peut para&#238;tre trop avanc&#233;s &#224; certains participants aujourd'hui. Mais quand la lutte avec nos ennemis se sera radicalis&#233;e, quand ils fermeront les banques, quand ils ne paieront plus les salaires, quand ils ne paieront plus les retraites, qui ils nous tirerons dessus dans les rues, le penseront-ils encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, d&#232;s aujourd'hui, croient-ils que c'est avec des d&#233;monstrations pacifiques, juste en marchant nombreux dans la rue et en bloquant, qu'on va emp&#234;cher une classe poss&#233;dante d'aller jusqu'au bout de projets qui lui semblent indispensables pour garder le pouvoir et l'argent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non ! La constitution du peuple travailleur en future classe dominante est d&#232;s maintenant indispensable et l'affirmation de cet objectif doit devenir le but num&#233;ro un du mouvement qui doit &#234;tre discut&#233; dans toutes les assembl&#233;es des Gilets jaunes et dans tous les ronds-points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire non &#224; l'aust&#233;rit&#233;, non aux sacrifices, non au fascisme, non &#224; la guerre, c'est dire oui aux comit&#233;s de Gilets jaunes, &#233;lisant des comit&#233;s de lutte et de gr&#232;ve se f&#233;d&#233;rant dans tout le pays et m&#234;me au-del&#224;, contestant puis renversant le pouvoir des milliardaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18082 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre1-3.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre1-3.png' width=&#034;1414&#034; height=&#034;2000&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18083 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre2-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre2-2.png' width=&#034;940&#034; height=&#034;788&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18084 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre3-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre3-2.png' width=&#034;940&#034; height=&#034;788&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titres-3.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titres-3.png' width=&#034;940&#034; height=&#034;788&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titresss.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titresss.png' width=&#034;940&#034; height=&#034;788&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titressss.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titressss.png' width=&#034;940&#034; height=&#034;788&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titrey.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titrey.png' width=&#034;940&#034; height=&#034;788&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre-8.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre-8.png' width=&#034;940&#034; height=&#034;788&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18091 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/marre_des_ine_galite_s_pdf_-_copie-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/marre_des_ine_galite_s_pdf_-_copie-2.jpg' width=&#034;1239&#034; height=&#034;1754&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour se d&#233;fendre, le monde du travail doit gouverner lui-m&#234;me !&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Why Chartist Revolution in United Kingdom is a Great Source of Experience and Lessons for the Coming Proletarian Revolution ?</title>
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		<dc:date>2025-08-02T03:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>
		<dc:subject>Angleterre Great Britain</dc:subject>

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&lt;p&gt;Why Chartist Revolution in United Kingdom is a Great Source of Experience and Lessons for the Coming Proletarian Revolution ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Let's take a very old bourgeois revolution : English Chartism. It is little known and rarely cited by organizations that claim to be working class and left-wing, or even far-left. Well, it nevertheless played a decisive role in the revolutionary workers' movement and then in the counter-revolutionary workers' movement (trade unionism and reformist socialism). It is (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;R&#233;volution bourgeoise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot115" rel="tag"&gt;Angleterre Great Britain&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Why Chartist Revolution in United Kingdom is a Great Source of Experience and Lessons for the Coming Proletarian Revolution ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Let's take a very old bourgeois revolution : English Chartism. It is little known and rarely cited by organizations that claim to be working class and left-wing, or even far-left. Well, it nevertheless played a decisive role in the revolutionary workers' movement and then in the counter-revolutionary workers' movement (trade unionism and reformist socialism). It is remarkable that in England, the revolutionary current dominated in the working class as long as the Chartist revolution continued and the reformist current (political with the English socialists and trade union with the reformist trade unions) largely took over in the working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dialectically, Chartism is a bourgeois revolution led by the working class, and yes, it's as surprising as that ! It's even a revolution led with a view to... reform ! Not practical for non-dialectical activists ! And also for purists because the working class militated alongside the petty bourgeoisie. And the working class practiced revolutionary politics, through direct action ! Even Wikipedia reports it :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chartisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chartisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Today, we ignore this capacity of the working class to lead its own political action through insurrection ! No wonder : it is the political and trade union counter-revolutionaries who dominate...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leon Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The French bourgeoisie, having falsified the Great Revolution, adopted it, minted it into billon, and put it into circulation. The English bourgeoisie erased even the memory of the 17th-century Revolution, having dissolved its entire past in the idea of &#034;gradation.&#034; The advanced workers of England have to discover the British Revolution and, in it, beneath the scales of religiosity, the formidable struggle of social forces. The English proletariat can find, in the drama of the 17th century, great precedents for revolutionary action. A national tradition too, but entirely legitimate, entirely in its place in the arsenal of the working class. Another great national tradition of the English proletarian movement is in Chartism. Knowledge of these two epochs is indispensable to every class-conscious English worker. Elucidating the historical meaning of the 17th-century Revolution and the revolutionary content of Chartism is one of the most important duties of English Marxists.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ouvalang/ouvlan09.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ouvalang/ouvlan09.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The six demands of the &#8220;People's Charter&#8221; were all political !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2007-1-page-7.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2007-1-page-7.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Chartism is the condensed form of opposition to the bourgeoisie. In unions and strikes, this opposition always remained isolated ; it was workers or sections of workers who, in isolation, fought against isolated bourgeois ; if the fight became general, this was hardly the intention of the workers, and when there was an intention, it was Chartism that was at the basis of this generalization. But in Chartism, it is the entire working class that rises up against the bourgeoisie - and particularly against its political power - and which attacks the legal rampart with which it has surrounded itself. Chartism emerged from the democratic party that developed in the 80s and 90s of the previous century, both with and in the proletariat, strengthened during the French Revolution and manifested itself after the peace as a radical party, having its main stronghold in Birmingham and Manchester, as it had formerly in London ; by allying itself with the liberal bourgeoisie, it succeeded in wresting the Reform Bill from the oligarchy of the old parliament and since then has constantly consolidated its position as a working-class party in the face of the bourgeoisie. In 1838, a committee of the General Association of London Working Men's Association, headed by William Lovett, defined the People's Charter, the &#034;six points&#034; of which were as follows : 1. Universal suffrage for every adult male of sound mind and not convicted of an offence ; 2. Annual renewal of Parliament ; 3. Fixing a parliamentary allowance so that candidates without resources can also accept a mandate ; 4. Elections by second ballot, in order to avoid corruption and intimidation of the bourgeoisie ; 5. Equal electoral constituencies to ensure fair representation ; and 6. Abolition of the provision - moreover illusory - which reserves eligibility exclusively for owners of an estate of at least 300 pounds sterling, so that every voter is henceforth eligible. These six points, which are limited to the organization of the House of Commons, however innocuous they may seem - are nevertheless of a nature to tear to pieces the English Constitution, Queen and Upper House included. What is called the monarchical and aristocratic side of the Constitution can only subsist because the bourgeoisie has an interest in its apparent maintenance ; neither one nor the other has any other existence than a fictitious one. But if the whole of public opinion were to rally behind the House of Commons, if it expressed not only the will of the bourgeoisie, but that of the whole nation, it would concentrate in itself the totality of power so perfectly that the last halo which surrounds the head of the monarch and the aristocracy would disappear. The English worker respects neither the lords nor the queen,whereas the bourgeoisie - although they hardly ask their opinion on the substance - surround them with a real adoration. The English Chartist is politically republican although he never or only very rarely uses this term ; he sympathizes with the republican parties of all countries, but prefers to call himself &#034;democrat&#034;. However, he is not simply republican ; his democracy is not limited to the political plane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chartism was, it is true, from its beginnings in 1835 [aa] essentially a working-class movement, but it was not yet clearly separated from the radical petty bourgeoisie. Working-class radicalism marched hand in hand with bourgeois radicalism ; the Charter was their common shibboleth (sign of recognition), they held their &#034;national conventions&#034; every year together ; they seemed to be one party. The petty bourgeoisie seemed at this time to be endowed with a particular combativeness ; it wanted blood because of the disappointment it had experienced at the results of the Reform Bill, and because of the years of economic crisis from 1837 to 1839 ; the violence of the Chartist agitation was therefore far from displeasing to it. In Germany it is difficult to form an idea of this violence. The people were invited to arm themselves, often also openly called to revolt ; pikes were made as in the past at the time of the French Revolution, and in 1838 the movement included among others a certain Stephens, a Methodist minister, who declared to the assembled people of Manchester :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;You have nothing to fear from the force of the government, the soldiers, the bayonets, and the cannons at the disposal of your oppressors ; you have a means more powerful than all this, a weapon against which bayonets and cannons are powerless ; and a child of 10 years old can handle this weapon&#8212;you have only to take a few matches and a handful of straw dipped in pitch, and I would like to see what the government and its hundreds of thousands of soldiers can do against this weapon, if it is used boldly.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But it was at this same time that the specific, social character of working-class Chartism appeared. The same Stephens declared at a gathering of 200,000 people on Kersal Moor, the Mons Sacer of Manchester that we have already mentioned :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Chartism, my friends, is not a political question, where it is a question of getting you the vote or anything like that ; no, Chartism is a question of the fork and knife, the charter means good lodging, good food and drink, good wages and a short working day.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Also, from this time on, the movements directed against the new Poor Law and demanding the Ten Hours' Bill were closely connected with Chartism. The Tory Oastler could be seen participating in all the meetings of this period, and besides the national petition adopted at Birmingham in favor of the People's Charter, hundreds of petitions for the social improvement of the working men's condition were adopted ; in 1839, the agitation continued with the same intensity, and when it began to weaken towards the end of the year, Bussey, Taylor, and Frost hastened to raise a riot at the same time in the north of England, in Yorkshire and Wales. Frost was forced to launch the affair too early, for his enterprise had been exposed, and it was a failure ; those in the north learned of this unfortunate issue in time enough to be able to reverse course ; Two months later, in January 1840, several so-called &#034;police&#034; riots (Spy-outbreaks) broke out in Yorkshire, for example in Sheffield and Bradford, and then the unrest gradually calmed down. In the meantime, the bourgeoisie embarked on more practical projects, more advantageous to it, in particular in the Corn Laws ; the Association Against the Corn Law was created in Manchester and resulted in a loosening of the ties between the radical bourgeoisie and the proletariat. The workers soon understood that the abolition of the Corn Law would not be of great benefit to them, while on the contrary it would greatly benefit the bourgeoisie ; and that is why it was impossible to win them over to this project. The crisis of 1842 broke out. The unrest resumed with as much violence as in 1839. But this time, the rich industrial bourgeoisie, which had suffered greatly from this crisis, participated in it. The Anti-Corn Law League, as the association founded by Manchester manufacturers was now called, showed a tendency toward extremism and violence. Its newspapers and propagandists spoke in openly revolutionary language, partly because the Conservative Party had been in power since 1841. As the Chartists had done in the past, they now openly urged revolt ; as for the workers who suffered most from the crisis, they too were not inactive, as the national petition of that year, with its three and a half million signatures, shows. In short, if the two radical parties had drifted apart somewhat, they were once again allied ; on February 15, 1842, at a meeting of Liberals and Chartists in Manchester, a petition was drawn up demanding both the abolition of the Corn Laws and the enforcement of the Charter, which was adopted the next day by both parties. The spring and summer passed in great agitation, while the misery worsened.The bourgeoisie was determined to impose the repeal of the Corn Laws by taking advantage of the crisis, the ensuing misery [ai] and the general excitement. This time, while the Tories were in power, it even half abolished its own legality ; it wanted to make the revolution but with the workers. It wanted the workers to pull the chestnuts out of the fire for it and burn their fingers for the greater good of the bourgeoisie. The idea launched long ago by the Chartists (in 1839) of a &#034;sacred month,&#034; of a general work stoppage of all workers, had already been taken up on various sides ; but this time, it was not the workers who wanted to stop work : it was the manufacturers who wanted to close their factories, send the workers to the rural communes, to the estates of the aristocracy, in order to force the Tory Parliament and the government to repeal the customs duties on grain. Naturally, this would have resulted in a revolt, but the bourgeoisie remained safely in the background and could await its outcome without compromising itself, in case of failure. Towards the end of July, business began to improve ; it was high time, and not to let the opportunity slip, three Stalybridge factories then lowered wages in a period of economic upturn (see the trade reports from Manchester, Leeds, late July and early August) [ak] - acting on their own, or in agreement with other manufacturers and principally with the League - I cannot decide this point. Two of them, however, backed down, the third, the firm of William Bayley and Brothers, stood firm and replied to the protests of the workers that if they were not happy, they might do better to go and play marbles for a while. The workers received these ironic remarks with cheers, left the factory, and marched through the town, calling on all workers to stop work. Within hours, all the factories had stopped, and the workers marched to Mottram Moor to hold a meeting. This was on August 5. On the 8th, a column of 5,000 men moved towards Ashton and Hyde, where they stopped all the factories and mines and held meetings, where the subject was not the abolition of the Corn Law, as the bourgeoisie had hoped, but &#034;a fair day's wages for a fair day's work.&#034; On August 9, they went to Manchester, where the authorities, who were all liberal, let them in, and they stopped the factories ; On the 11th they were at Stockport, and only there did they encounter any resistance when they stormed the poorhouse, that darling of the bourgeoisie ; on the same day Bolton was the scene of a general strike and disturbances to which, there too,The authorities did not oppose it ; soon the revolt spread to all the industrial districts and all activity ceased, except for the harvest and the preparation of foodstuffs. However, the revolting workers did not commit any excesses. They had been pushed into this revolt, without really wanting to ; the industrialists, completely against their habits, had not opposed this work stoppage, with the exception of one : the Tory Birley of Manchester ; the affair had begun without the workers having a specific objective. This is why all were certainly in agreement not to get themselves killed for the greater good of their bosses, supporters of the repeal of the Corn Laws ; but on the other hand, some wanted to impose the People's Charter, while others, judging this enterprise premature, simply sought to wrest the wage scales of 1840. This is what caused the failure of the whole insurrection. If it had been from the beginning a conscious, desired workers' insurrection, it would have really succeeded ; but these crowds thrown into the streets by their bosses, without having wanted it, without a precise goal, could do nothing. In the meantime, the bourgeoisie, which had not lifted a finger to implement the alliance of February 15, quickly understood that the workers refused to become its instruments, and that the inconsistency with which it had deviated from its &#034;legal&#034; point of view now put it itself in danger ; It therefore returned to its former legality and sided with the government against the workers whom it had itself incited to rebellion and then driven to revolt. The bourgeoisie and their faithful servants took an oath as special constables - even the German merchants of Manchester took part in this charade and paraded without rhyme or reason through the city, clubs in hand, cigars in their lips - the bourgeoisie had the people fired upon in Preston, and thus this popular revolt, without objectives, suddenly came up against not only the government military forces but also the entire propertied class. The workers, who had no guiding idea, separated and the insurrection gradually died out without serious consequences. Subsequently, the bourgeoisie continued to commit infamy upon infamy, sought to whitewash itself by affecting a horror of the violent popular intervention, which was ill-suited to the revolutionary language it had used in the spring ; it threw the responsibility for the insurrection onto the Chartist &#034;leaders&#034;, etc., when it had done much more than they to set up this insurrection, and it resumed its former point of view, the sacrosanct respect for legality, with unparalleled impudence. The Chartists, who had hardly participated in the revolt,and had only done what the bourgeoisie had also intended to do, that is to say, take advantage of the opportunity, were tried and condemned while the bourgeoisie got away with it without damage, selling its stocks profitably during the work stoppage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The complete separation was consummated between the bourgeoisie and the proletariat, and this was the fruit of the insurrection. Until this moment, the Chartists had made no secret of their intention to get their charter passed by all means, including revolution ; the bourgeoisie, which now suddenly understood the danger of any violent subversion for its position, would hear no more talk of &#034;physical force&#034; and claimed to carry out its designs solely by &#034;moral force&#034; - as if this were anything other than a direct or indirect threat of resorting to physical force. This was the first point of dispute, however, removed in substance by the later assertion of the Chartists - who are after all as trustworthy as the liberal bourgeoisie - declaring that they also did not wish to resort to physical force. But the second and most important point of dispute, the one which revealed Chartism in all its purity, was the question of the Corn Law. The radical bourgeoisie was interested in this, but not the proletariat. The Chartist party thus split into two parties, whose declared political principles perfectly agreed, but which were nevertheless completely different and irreconcilable. At the National Convention in Birmingham in January 1843, Sturge, the representative of the radical bourgeoisie, proposed to strike the word &#034;Charter&#034; from the statutes of the Chartist Association, on the pretext that this name would be linked, because of the insurrection, with violent revolutionary memories - links which, moreover, dated back many years and to which Mr. Sturge had hitherto had no objection. The workers would not abandon this name and when Sturge was defeated in the vote, this Quaker, suddenly become a loyal subject, left the room with the minority and founded a Complete Suffrage Association composed of radical bourgeois. These memories had become so odious to this Jacobin bourgeois only the day before that he went so far as to transform the expression universal suffrage into the ridiculous phrase &#034;complete suffrage.&#034; The workers laughed at him and continued on their way.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From this moment on, Chartism became a purely working-class cause, freed from all bourgeois elements, etc. The &#034;complete&#034; newspapers - Weekly Dispatch, Weekly Chronicle, Examiner, etc. - gradually sank into the soporific style of the other liberal papers, defended the cause of free trade, attacked the Ten Hours' Bill and all exclusively working-class motions, all in all showing very little of their radicalism. The radical bourgeoisie allied itself in all conflicts with the liberals against the Chartists and, generally speaking, made the Corn Law - which is, for the English, the question of free competition - its chief preoccupation. It thus fell under the yoke of the liberal bourgeoisie and is currently playing a most lamentable role.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Chartist workers, on the other hand, took their part with redoubled ardor in all the struggles of the proletariat against the bourgeoisie. Free competition has done enough harm to the workers to be now an object of hatred for them ; its representatives, the bourgeoisie, are their declared enemies. The worker has only disadvantages to hope for from a total liberation from competition. The demands he has formulated so far : the Ten Hours Bill, protection of the worker against the capitalist, good wages, guaranteed position, repeal of the new Poor Law, all things which are elements of Chartism at least as essential as the &#034;Six Points,&#034; go directly against free competition and freedom of trade. It is therefore not surprising - and this is what the entire English bourgeoisie cannot understand - that the workers do not want to hear of free competition, free trade, or the repeal of the Corn Laws, and that they feel at most indifference towards the latter, but on the other hand, the most lively animosity towards its advocates. This question is precisely the point at which the proletariat separates from the bourgeoisie, Chartism from Radicalism ; and the reason of a bourgeois cannot understand it because it cannot understand the proletariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But herein also lies the difference between Chartist democracy and all that has hitherto been bourgeois political democracy. The nature of Chartism is essentially social. The &#034;six points&#034; which are in the eyes of the bourgeois the ultimate, and which should at most entail a few more changes in the constitution, are for the proletarian only a means. &#034;Our means : political power, our end : social happiness.&#034; Such is the clearly formulated electoral slogan of the Chartists. The &#034;fork and knife question&#034; of the preacher Stephens represented a truth only in the eyes of a fraction of the Chartists of 1838 ; in 1845, all know that it is the truth. Among the Chartists there is no longer a single man who is solely a politician. And, although their socialism is still very little developed, although their principal means in the fight against poverty is so far the division of landed property (allotment system) already surpassed by industry (cf. Introduction), although, after all, most of their practical projects (protection of workers, etc.), are apparently of a reactionary nature, these measures imply, on the one hand, the necessity either of falling back under the yoke of competition and recreating the existing state of affairs - or of carrying out the abolition of competition themselves ; and, on the other hand, the present vagueness of Chartism, the split which has separated it from the purely political party, demands that precisely those destructive characteristics of Chartism, which lie in its social orientation, should continue to be developed. The rapprochement with socialism is inevitable, especially if the next crisis - which will necessarily follow the current prosperity of industry and commerce no later than 1847, but probably as early as next year, a crisis which will far exceed in violence and intensity all the previous ones - directs the workers, as a result of their misery, more and more towards social means instead of political means. The workers will impose their charter : that is normal ; but by then they will clearly realize many things which they can impose with the help of their charter and which they are still largely ignorant of at present.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article173&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article173&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leon Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The epoch of Chartism is imperishable because it provides us, over decades, with a kind of schematic summary of the entire scale of the proletarian struggle, from petitions to Parliament to armed insurrection. All the essential questions of the class movement of the proletariat&#8212;the relationship between parliamentary and extra-parliamentary action, the role of universal suffrage, trade unions and cooperatives, the significance of the general strike and its relationship to armed insurrection, right down to the mutual relations of the proletariat and the peasant&#8212;were not only crystallized practically in the course of the mass movement of Chartism, but were also resolved in principle. From the theoretical point of view, these solutions were far from always flawlessly sound ; they were not always successful ; the whole movement and its theoretical counterpart contained many unfinished and insufficiently mature elements. The revolutionary slogans and methods of Chartism nevertheless remain, even now, if criticism is released, infinitely superior to the cloying eclecticism of the Macdonalds and the economic stupidity of the Webbs. One can say, if one may resort to a somewhat risky comparison, that the Chartist movement resembles the prelude which gives without development the musical theme of an entire opera. In this sense, the English working class can and must see in Chartism, besides its past, its future. Just as the Chartists drove out the sentimental preachers of &#034;moral action&#034; and gathered the masses under the banner of the Revolution, the English proletariat will have to drive out from its midst the reformists, the democrats, the pacifists, and unite under the banner of revolutionary transformation. Chartism did not win, because its methods were often erroneous and because it came too early. It was only a historical anticipation. The 1905 Revolution also suffered a defeat. But its traditions were revived after ten years, and its methods won in October 1917. Chartism is not liquidated. History is liquidating liberalism and preparing the liquidation of falsely working-class pacifism, precisely in order to resurrect Chartism on new, infinitely broadened historical bases. The true national tradition of the English workers' movement is there !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ouvalang/ouvlan09.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ouvalang/ouvlan09.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Chartist movement developed in England in the 19th century, in the 1930s, amidst the profound upheaval that the increasing use of machinery in the industrial age was causing in the lives of the population. Inhuman working conditions for workers, starvation wages, twelve- and even sixteen-hour days, the employment of small children from the age of five or six in mines and spinning mills, and deplorable housing &#8211; veritable slums.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1838, a committee of the London Working Men's Association drew up what was called the &#034;People's Charter&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The People's Charter called for the adoption of &#034;six points&#034; which were :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;universal suffrage : that every adult, of sound mind and not having incurred a conviction for an offense, may be an elector ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;annual renewal of Parliament ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;parliamentary allowance, allowing candidates to become MPs ;&lt;br class='autobr' /&gt;
election by secret ballot, to put an end to the practices of corruption and intimidation that were common ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Division of the country into equal electoral districts to ensure fair representation ; so that every voter could be eligible, abolition of the provision that reserved the right to be elected as a member of parliament to only those who could prove an income of 300 pounds sterling.&lt;br class='autobr' /&gt;
In 1839, a &#034;Convention&#034; of Chartists met, which intended to be a &#034;People's Parliament.&#034; It prepared a petition incorporating these 6 points and which collected more than 1,200,000 signatures. Great hope arose among the population, who believed that this Charter could improve their living conditions, but the petition, presented to Parliament, was overwhelmingly rejected. Very strong agitation ensued. A general strike, initially considered, was abandoned. Various insurrectionary movements broke out ; one of the strongest and most organized took place in Wales. Welsh miners attempted to seize the city of Newport. The repression was very harsh : countless arrests, imprisonments and deportations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Subsequently, in 1842, the Chartists launched a new petition that gathered three million signatures. But Chartism lost its strength and declined. Nevertheless, at that time, it reflected the workers' drive toward an ideal of a better life, equality, and justice, which was later taken up by other movements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky in Where is England Going :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Here we will only say a few words about the second tradition, authentically proletarian and revolutionary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The epoch of Chartism is imperishable because it provides us, over decades, with a kind of schematic summary of the entire scale of the proletarian struggle, from petitions to Parliament to armed insurrection. All the essential questions of the class movement of the proletariat&#8212;the relationship between parliamentary and extra-parliamentary action, the role of universal suffrage, trade unions and cooperatives, the significance of the general strike and its relationship to armed insurrection, right down to the mutual relations of the proletariat and the peasant&#8212;were not only crystallized practically in the course of the mass movement of Chartism, but were also resolved in principle. From the theoretical point of view, these solutions were far from always flawlessly sound ; they were not always successful ; the whole movement and its theoretical counterpart contained many unfinished and insufficiently mature elements. The revolutionary slogans and methods of Chartism nevertheless remain, even now, if criticism is released, infinitely superior to the cloying eclecticism of the Macdonalds and the economic stupidity of the Webbs. One can say, if one may resort to a somewhat risky comparison, that the Chartist movement resembles the prelude which gives without development the musical theme of an entire opera. In this sense, the English working class can and must see in Chartism, besides its past, its future. Just as the Chartists drove out the sentimental preachers of &#034;moral action&#034; and gathered the masses under the banner of the Revolution, the English proletariat will have to drive out from its midst the reformists, the democrats, the pacifists, and unite under the banner of revolutionary transformation. Chartism did not win, because its methods were often erroneous and because it came too early. It was only a historical anticipation. The 1905 Revolution also suffered a defeat. But its traditions were revived after ten years, and its methods triumphed in October 1917. Chartism is not liquidated. History is liquidating liberalism and preparing the liquidation of falsely working-class pacifism, precisely in order to resurrect Chartism on new, infinitely broader historical bases. The true national tradition of the English workers' movement is here !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edouard Doll&#233;ans in &#8220;History of the workers' movement&#8221; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1830, the economic structure of Great Britain and that of France were different.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In Great Britain, the Industrial Revolution is complete ; it is beginning in France. While in our country artisans and homeworkers dominate, in Great Britain, especially in the North-West districts, there is an industrial proletariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yet, despite this diversity, both countries are experiencing similar trends and parallel attempts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In Great Britain, the growth of the working classes resulted in two distinct movements, of different character and duration. The first was a corporative movement. Its peak was marked in 1833 by the formation of the Great Consolidated Trades Union and, at the beginning of 1834, by an attempted general strike in favor of the 8-hour week.&lt;br class='autobr' /&gt;
This movement of association of the productive classes had its center in the industrial districts of the North-West, its troops among the workers of the industrial proletariat ; but it should be noted that, in the last months of 1833, it reached the agricultural counties of the South. The sympathies it encountered among the field workers were sanctioned, in March 1834, by the condemnation of the agricultural day laborers of Dorchester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The other movement originated in London. It was initiated by artisans from the metropolis in November 1831, during the campaign preceding the political reform of 1832. The reform project could not satisfy the working classes ; but some working-class democrats thought that the conquest of political democracy was a first step towards industrial democracy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These two forms of the labor movement should not be opposed. While some of the supporters of corporate action were indifferent to political reform, a large number of workers and artisans, while giving preference to one, did not exclude the other method : both were intended to achieve a similar objective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certain tendencies were common to all, whether they were industrial proletarian workers from Lancashire and Yorkshire, artisans from London, home workers or agricultural day laborers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;All were convinced of the need to unite the working classes. They felt that the improvement of their material existence and their influence in society depended on the power and independence of their organizations. From this time on, the autonomy of the labor movement was affirmed in the ambitious projects of the Great Consolidated Union of Trades and in the principles of the Working Men's Association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Until 1830, there were associations and workers' clubs. But it was only in the newspapers from 1830 to 1834 that the expression Trades Union appeared ; through it was affirmed the essential difference between the Trade Union, or association of workers in the same trade, and the Trades Union, or association of all trades. The Trades Union is the association of all workers in a single National Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The pioneers of the Trades Union were workers in the textile and construction industries in Lancashire and Yorkshire. And it was among the industrial proletariat of the North-West counties that, in 1830-1831, the National Association for the Protection of Labour, and then in 1833-1834 the Great Consolidated Trades Union, would find enthusiastic, but short-lived, support. In the same districts, the industrial proletariat would welcome the idea of a general strike as a means of obtaining, without any intervention from Parliament, the application of the 8-hour week in factories. The Association for the Protection of Labour was able to gather the membership and subscriptions of 80,000 workers, and the Great Consolidated Trades Union was able, for a brief time, to unite 250,000 factory and field workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As early as November 1831, during the campaign for the Reform Bill, a National Union of the Working Classes and Others was formed. Its founders, William Lovett and his friends, advocated universal suffrage and political democracy with a view to establishing, through their mechanism, economic democracy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The founders of the National Union of the Working Classes&#8212;disciples of Owen and Hodgskin&#8212;were also admirers of Cobbett and Hunt. They opposed the Reform Bill. Thus, one of their newspapers, The Defender of the Poor of July 30, 1831, violently criticized the reform project : &#8220;We have not deemed it necessary lately to continue to set forth the innumerable reasons which lead us to condemn this measure (the Reform Bill). Remember, friends and brethren, that you, and you alone, produce all the real wealth of the country ; remember that you enjoy only a very small fraction of what you actually produce.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the eyes of those who may be called labor democrats, there is one dominant reason for rejecting the bill : labor is the source of all wealth, the working class produces &#034;all the real wealth of the country,&#034; and in present-day society it enjoys only a tiny part of the wealth it produces. Now, the reform bill, proposed by the very people who monopolize all wealth, is designed to give political power and a legislative monopoly to those who already appropriate the product of the workers' labor. The bill is therefore a deception for the working class ; it cannot hope to see &#034;its masters&#034; divest themselves of their monopoly in order to return to the producers the full product of their labor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Defender of the Poor took a stand against the middle classes and recommended that workers always be wary of the bourgeoisie as much as the aristocracy and the Church. In July 1831, in the midst of the struggle for electoral reform, the newspapers of the unstamped press condemned the bill : the reform project only satisfied the interests of the middle classes. Therefore, the new association founded by the working democrats issued a circular inviting &#034;the productive classes&#034; of London to a meeting scheduled for November 7, 1831, in order to have a declaration approved, which was the outline of the future People's Charter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The National Union of the Working Classes and Others has only 1,500 members, of whom only 500 regularly pay their dues. Its main activity consists of meetings. At meetings of the NU of W. Classes and Others, Francis Place tells us, hundreds of people crowd the doors of the hall. The Rotundists&#8212;as they have been nicknamed&#8212;exercise an action and influence that extends far beyond the confines of their small association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These meetings in the Rotunda were to be the starting point of a movement extending throughout England and intended to win public opinion over to democratic principles in order to exert pressure on the Government and Parliament. The worker democrats hoped to draw Francis Place and the bourgeois radicals into this campaign for universal suffrage. In reality, there was no possible agreement between the bourgeois radicals and the worker democrats. Neither their social ideal nor their tactics were the same. Undoubtedly, both desired the advent of political democracy. But democracy did not represent the same social regime in their eyes. For the bourgeois radicals, it was the definitive expression of a system of balance between the interests of different social classes. The reform project was a step that would allow the working classes to receive their political education before participating in the government of the country. On the contrary, the worker democrats saw democratic institutions as the political framework necessary for a profound transformation of society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In March 1832, the House of Commons had just adopted the reform bill. On June 16, The Defender of the Poor assessed the new law in these terms :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The Bill has become law. And now will it give the honest working man his rights ? No, it will not ; it will exclude the poor, and as long as the poor are excluded from their rights, they will remain miserable and strangers to the blessings of civilization and social life. The cause of all our evils is corruption ; and the men who will benefit from the Reform Bill are the instruments of tyranny, corruption, and vice.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Electoral reform, far from bringing any improvement to the condition of workers, will only increase the oppression exercised over workers by middle-class men.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;What can we expect from these men whose sole aim is to fight by lowering prices and to deceive each other and the rest of humanity, from these men who have been constantly adding house to house and field to field without ever getting their hands on any useful work ?&#034; The 1832 law is not progress, but a step backward. Parliament has fallen into the hands of &#034;the worst enemies of the worker,&#034; these men, enriched by work and unconcerned about the misery of the poor. This condemnation of the new law is not the individual opinion of a more or less influential journalist, it is the expression of the attitude adopted by the working masses in the face of electoral reform. The Defender of the Poor is the organ of the demands of the working democrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The founders of the National Union of the Working Classes and the Working Men's Association (16 June 1836) were craftsmen : John Jaffray, bookbinder ; William Savage, day laborer ; Henry Mitchell, turner ; John Skelton, shoemaker ; Daniel Binyon, day laborer ; Richard Cameron, brace-stitcher ; James Lawrance, painter ; William Moore, wood engraver ; Arthur Dyson, compositor ; John Rogers, tailor ; William Isaacs, type-founder ; James Jenkinson, engraver ; Edward Thomas, day laborer. Henry Hetherington, who later became a printer, started as a typesetter ; William Lovett was a cabinet-maker.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The NUWC, founded in April 1831, was composed mainly of workers ; it had exactly the same objective as the future Chartist movement : the conquest of political rights, the right for the worker to the full product of his work, a right whose recognition could only be assured by workers' representation introduced into Parliament by universal suffrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hetherington and Lovett organized classes in various London neighborhoods where the works of Paine, Godwin, and Robert Owen were discussed. Hetherington traveled throughout Great Britain and managed to organize, particularly in Manchester, associations similar to the National Union of London. These unions frightened both the government and reformers like Francis Place. Place defined the difference between the Unions of Political Democrats and those of Labor Democrats, saying that the former desired the success of the Reform Bill in order to prevent revolution, and the latter desired its defeat as a means of provoking revolution. At no point during the Reform Bill campaign was there any sympathy between the government and the Labor Political Unions. And yet, labor political agitation indirectly served the government in overcoming the resistance of the House of Lords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The electoral reform of 1832 could satisfy neither the bourgeois radicals nor the working-class democrats. It was merely an extension of the voting privilege, and the right to vote, far from being based on the democratic idea of equal rights for all, remained a franchise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This reform did not enshrine any of the six demands of radicalism : neither the annual nature of parliaments, nor universal suffrage, nor the equality of electoral districts, nor the secret ballot, nor parliamentary compensation, nor the abolition of the eligibility qualification. These six fundamental demands of the democratic movement since its origins would constitute the six points of the People's Charter. On May 8, 1838, the Working Men's Association would send this charter to workers' associations and radical associations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The People's Charter remained the program of the Chartist movement until 1848 ; it seemed to imprint on Chartism the character of a democratic movement. Are not the principles affirmed in their bill by the men of the Working Men's Association of an exclusively political nature ? Has not universal suffrage been, since 1780 and 1792, the central demand of the radical party ? This party, since 1815, has grown, and its popularity is due to the growing favor that this demand enjoys in popular circles. The reform of 1832 is, itself, only a concession made to public opinion ; some accepted and advocated it only as a step that would lead to universal suffrage ; others condemned it as a disappointment inflicted on their hopes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Is the People's Charter an attempt to draft the principles of political democracy ? But this is only an appearance. The political demands of the worker democrats encompass other demands that will give the movement a distinctly socialist character. For the Chartists, true democracy implies a social revolution. At this time, the expression socialist refers more particularly to the disciples of Robert Owen ; that of democrat is always used in a sense that closely unites, like the two sides of a coin, political democracy and social democracy. In England, as in France, the working classes are becoming aware of their strength. They feel the need to organize themselves autonomously. Autonomy and an innovative will are already the essential traits that give the workers' movement its own forms. Autonomy and creative will are affirmations of youth and vitality.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Working Men's Association is composed exclusively of workers. When it was founded on June 16, 1836, the Working Men's Association, by the very will of its founders, appealed only to the forces of the working class. &#034;The question arose among us,&#034; says Lovett, &#034;whether we could organize and maintain an association composed exclusively of men belonging to the working class.&#034; The WM A. is precisely an experiment attempted by Lovett, Cleave, and Hetherington to bring the working class to administer its affairs in a spirit of complete independence. Lovett explains to us that the founders of the WM A. wanted to free the working masses from their enslavement to the &#034;great men&#034; on whom they always had their eyes fixed and from whom they waited for a gesture to think and act. &#034;In the hands of these leaders, who manipulated the strings, the working class allowed itself to be led like a puppet obedient to the whims of its momentary idol. When these popular idols fell from their pedestals, she found herself more helpless than ever.&#034; So, distrust of stars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The working class must learn to manage itself, without the help of those directors of social conscience, to whom it had hitherto entrusted the care of its interests. It must become its own business manager. The founders of the WM A. see in their association a school where workers can educate themselves, discuss freely and give themselves their own political education.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This concept is profoundly original because it seeks to replace the external and unstable direction of popular leaders with conscious and autonomous action. The working class will find its natural leaders in a working-class aristocracy that will be formed by the W. M,. A. Is there any need to compare this concept with that of syndicalism, which considers a working-class minority with a superior social and trade-union education as the active agent of the Revolution ? The W. M,. A. undoubtedly declared itself ready to lend its support to all those who work for the happiness of the people ; but &#034;it must always bear in mind the truth of experience that, in today's society, the division of interests of the different classes most often opposes the union of hearts and wills.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The association was determined to recruit its members only from the ranks of the working class. But, Article 8 added, &#034;as there is no agreement on the dividing line that separates the working class from other classes, the determination of a candidate's eligibility is left to the members themselves.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The policy of the WM A. will be a working-class policy. However, the principle of class struggle does not dominate this policy. The WM A. agrees to collaborate with all servants of the popular cause. Without doubt, the community of feelings, &#034;class consciousness,&#034; is the indispensable condition for any achievement and any success. The WM A. is essentially based on the personal action of the working class, which must find its leaders among its own. Each class has its distinct interests ; it is therefore incapable of representing other classes. The working class must therefore have representatives taken from its own ranks. However, it must be noted from the outset that, from this idea of class, the WM A. does not deduce, as a necessary corollary, an irreducible antagonism and that it admits alliances with bourgeois democrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This class action that the WM A. wants to inaugurate must become an international action. The working classes of all countries are united by common feelings and interests.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the very year of its formation, in November 1836, the WM A. sent a manifesto to the Belgian working class, and Lovett claimed for his association &#034;the honor of having first introduced the custom of international messages between workers of different countries.&#034; &#034;The working class is ignorant of the position it occupies in society... Our emancipation depends on the diffusion of these truths among the workers of all countries.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The working classes are becoming aware of their importance. They understand the eminent dignity of work and they aspire to an organization of society based on work.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the manifesto that the WM A. addresses to the Belgian working class, it asserts two ideas : that of the &#034;eminent dignity&#034; of the working class and that of its right to the wealth produced. The working class occupies a fundamental place in society : the first, since it is the producing class. This proposition has as a corollary the right of workers, producers of wealth, &#034;to be the first to enjoy it.&#034; The WM A. adopts the two theories of the exclusive productivity of labor and the right to the full product of labor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In January 1832, one of the most active members of the National Union of the Working Classes committee, William Benbow, launched the idea of a general strike. William Benbow ran the Caf&#233; du Commerce, located at 205 Fleet Street, where the owner's reputation attracted a large clientele of democratic and socialist workers. Benbow put all the more ardor into his social propaganda because it was also an excellent means of advertising the Caf&#233; du Commerce ; but was not the cause Benbow served interested in the Caf&#233; du Commerce being very popular ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The simultaneous universal suspension of productive power in all trades appeared in 1832 under the name of the Grand National Holiday. The Chartists would sometimes call it Sacred Month, sometimes General Strike. The two expressions &#034;sacred month&#034; and &#034;general strike&#034; were used interchangeably by the movement's speakers and publicists. Benbow's pamphlet is entitled Grand National Holiday and Congress of the Producing Classes. The title is followed by these words : &#034;And now, you rich people, weep and howl... You have fraudulently withheld the wages of the workers who have reaped your fields, see, it cries for vengeance, and the cries of those who have reaped have reached the ears of the God of Hosts. You have condemned and put to death the righteous, and they have not resisted you.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The preliminary address also begins with a quotation from Ezekiel : &#034;Their princes are among them like wolves devouring prey ; they shed blood, destroy souls, extort dishonest gain. The masters of the earth have used violence, practiced brigandage and afflicted the poor and the needy.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benbow advocates a general strike in a form that is both grandiloquent and childish. For one month, the producing classes, meeting in congress, will cease all work ; during this month of National Day, the producers will be able to agree to establish the reign of equality and happiness.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The producing classes will show their power, not by a bloody revolt, by an armed insurrection, but by a simple stoppage of work and production :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;In the face of constant crises, economists speak, some of overproduction, others of overpopulation. Overproduction, the cause of our misery ? Overproduction indeed, when we, the producers, half-starved, cannot with our labor obtain anything resembling a sufficient quantity of production. Never at any other time, in any other country than our own, has abundance been invoked as a cause of misery. Good God, where is this abundance ? Abundance of food ! Ask the farmer or the worker if that is their opinion : their emaciated body is the best answer. Abundance of clothing ! The nudity, shivering, asthma, chills, and rheumatism of the people are proof of their abundance of clothing. Our lords and masters tell us that we produce too much. Very well ! Then we will cease production for a month and thus put into practice the theory of our lords and masters.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By putting into practice the theory of overproduction and ceasing production for a month, the working classes will show that all production and all wealth depend on them, that all social life stops with the very cessation of their work.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Working-class socialism, international union of the working classes, class politics, but not class struggle, the possibility of alliance with bourgeois parties&#8212;these are the principles that inspired the formation of the Working Men's Association, but they are not enough to define Chartism. These general lines of doctrine and tactics were supplemented, as early as January 1832, by the idea of a general strike.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chartism is, above all, a movement of the masses. It represents one of the first impulses of countless others. But it is not simply an anonymous movement : individualities emerge in relief. The evolution of Chartism, like its rise, cannot be explained without the geniuses gathered around its cradle and who presided over its destiny.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These human faces clarify and embody the doctrines that were mixed with Chartism. But, beyond the dikes of ideology, currents carried this mass movement along, like a river ; its course was so impetuous that, overcoming the obstacles that adverse circumstances or the perversity of men placed in its path, it sometimes swept everything away, even ideologies. Chartism owes its strength to this surge of the working masses, who had their first great historical experience for it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chartism was initiated by a group of London artisans, almost all of whom were workers in small industries and small, independent trades, and whom Marx would have called petty-bourgeois socialists. Their fundamental conception can be summed up in this formula : Political democracy carries within it, as its most complete realization and logical development, socialism. Considering the interests of the classes as distinct, the initiators of&lt;br class='autobr' /&gt;
Chartism wanted to induce the working classes to organize themselves autonomously and to take personal action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This idea of autonomy characterizes the Chartist movement. For the first time in their history, the working classes pursued, for nearly ten years, an autonomous action, undoubtedly interrupted more than once, either by crises of despair or by attempts at alliance with other classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The occasion that brought about the Chartist surge was the crisis that continued in Great Britain from 1837 to 1843. In 1837, the two elements of the movement coexisted. A crisis generating more misery and more widespread unemployment. An atmosphere of revolt. A hope crystallized around a few doctrines : those which, between 1831 and 1836, were formulated by the worker democrats and by an intellectual, Bronterre O'Brien, these disciples of Thomas Hodgskin, this admirer of the French Revolution, Robespierre and Babeuf. Their formulas seem to translate the aspirations of the working masses, because the workers and the intellectual were able to extract from the tangle of economic forces systematized tendencies with a view to their design. Thanks to them, the anonymous impulse of the innumerable found a direction ; the light of a few principles guided their march.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But the working masses had even better luck. A number of activists met to organize them, bring together all categories of workers, and instill in them the awareness that their interests were united. Ten years of struggle would make them vibrate with the same hopes and the same suffering.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;One cannot praise too highly the courage, generosity, devotion, and often also the heroism of the militants who served as leaders of the movement. But these leaders, diverse in temperament and tendencies, were unequal in character and value. Alongside the trade union workers&#8212;the purest of all&#8212;alongside the disinterested doctrinaires and sincere revolutionaries, there were, among these leaders, crowd charmers and illusion merchants who were at once astonishing agitators and the worst demagogues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In these early months of 1837, the London Working Men's Association, led by legalitarian and reformist workers, drew up the People's Charter. The working-class democrats had fought together against the electoral reform of 1832, which they deemed insufficient ; they had led a campaign for the cheap press that had just, in 1836, led to the lowering of stamp duty. As socialists, they owed their ideas on the exclusive productivity of labor to Robert Owen and Hodgskin. As democrats, they followed the leadership of Hunt and Cobbett. Political democracy seemed to them the shortest path to socialism ; thus, they placed at the head of their program the six demands that would become the six points of the Charter. Finally, they called for &#034;moral reform,&#034; hence the name &#034;Chartists of Moral Force&#034; that would be given to them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Educating the working class is the essential object of the men of the WM A. This association was formed to &#034;create a moral, thoughtful, energetic public opinion, designed to bring about a gradual improvement in the condition of the working classes without violence or commotion.&#034; It was founded by workers &#034;with the intention of uniting the sober, honest, moral, and thoughtful portion of their brethren, with the intention of establishing libraries and debating societies, of obtaining an honest and cheap press, of avoiding meetings in public houses, of educating women and children. For all organization must begin in ourselves and by ourselves.&#034; The Owenite influence appears in this belief in the power of reason. The WM A. wants to pursue at the same time the political emancipation of the masses and to continue the democratic tradition by appealing to the moral force of public opinion ; it addresses the People's Charter to the radical associations and the workers' associations of the United Kingdom ; and after this, she sends delegates on a mission, Cleave, Hetherington, Vincent. From London, she hopes to direct the movement throughout England.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But Chartism would be neither a popular education movement nor a democratic movement conducted according to legalistic methods of action. It would soon escape the reformers of the WM A. The drafter of the Charter, William Lovett, and his friends would struggle in vain against trends they had not foreseen. Moral force would soon be opposed by physical force as a surer, more effective, and more rapid means of achievement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Chartist labor movement underwent a sudden shift as unrest spread among the working-class populations of the North-West industrial districts. The London Chartists represented only a general staff without troops. The proletariat of Lancashire and Yorkshire gave the movement a breadth and power it would not have had otherwise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But, at the same time, from reformist, the movement becomes revolutionary. Feargus O'Connor opposes the leaders of the Working Men's Association, these skilled craftsmen, the workers &#034;with unshaven faces, calloused hands and fustian jackets.&#034; These compact masses, this proletariat of cities blackened by smoke and quivering with revolt, driven by poverty, are ready for anything. The general strike will become a means of agitation intended to raise the working classes against machinery, capital and the captains of industry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The evolution of Chartism will show, mixing, uniting, clashing, the ideological and psychological currents from which Chartism emerged : the prudence of reformist and legalitarian methods, the impetuous and intransigent cult of the French revolutionaries, the formulas before the letter of Marxist theses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This evolution from reformism to violence was rapid. As early as January 1, 1838, the call for violence was the conclusion of a speech by Pastor Stephens published in the Northern Star on the 6th. As early as March 24, George Julian Harney bitterly attacked the WM A. Claiming to demonstrate the lie of social solidarity and peace, the inadequacy of education and moral strength, he asserted the antagonism of the working class and other social classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was on the occasion of the Poor Law that at the Newcastle-upon-Tyne meeting, Reverend Stephens advised the workers who were listening to him to resist by force this accursed Poor Law, and not to allow the law of God to be violated by the law of man :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;If those who produce all the wealth do not have the right, according to the word of God, to pluck the sweet fruits of the earth which, according to the word of God, they have harvested with the sweat of their brow, then let them fight with knives against their enemies who are the enemies of God. If the rifle and the pistol, if the sword and the pike are not enough, let the women take up their scissors and the children the pin or the needle. If all else fails, then the burning brand, yes, the burning brand (Thunderous applause), the burning brand, I repeat, set the palaces ablaze !...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This evolution from reformism to violence is explained first of all by the psychology of the troops, by the atmosphere in which these miserable crowds flock to meetings and listen to the passionate violence of a Christian like Reverend Stephens who translates their feelings.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It can also be explained by the psychology of the leaders. The exasperated suffering of the Lowerys and the Marsdens, like the idealistic absolutism of the Taylors and the MacDoualls, will lead the working classes to revolt. In fact, the theses of Lovett and his friends, as much as those of Bronterre, prepared this atmosphere and, without the worker democrats having wanted or foreseen it, they created a revolutionary state of mind that will lead everything, individuals and events, in the direction of violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The man who contributed most to this evolution of Chartism was Feargus O'Connor : a symbolic figure who stood in contrast to the self-taught worker William Lovett. The Chartists of moral force saw him as the evil genius who was to deflect the movement and lead it to failure. They feared his power to seduce the working masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feargus O'Connor is not, like Bronterre, a middle-class man. He even claims the prestige of a royal lineage dating back to the 12th century ; he claims to be the descendant of Rodric O'Connor, King of Ireland. He is the son of Roger and the nephew of Arthur O'Connor, both of whom were imprisoned for the Irish cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feargus O'Connor appeared on the political scene at the age of 37 in 1831, under the patronage of Daniel O'Connell. Nominated as Member of Parliament for Cork in the 1832 general election, he sat for the next few years among the most advanced radicals. At this time, he seemed to share the political views of the socialist democrats ; in March 1833, he attended a meeting of the National Union of the Working Classes and spoke against the Whig government. Re-elected in 1835, he was defeated. At the beginning of 1837, he had just organized the Democratic Association against the Working Men's Association, which he accused of representing only a labor aristocracy and of betraying the interests of the working classes in favor of the middle classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On November 18, 1837, Feargus O'Connor launched a newspaper, the Northern Star, whose origins, recounted by Robert Lowery, shed light on the character of the Irish demagogue. J. Hobson, M. Hill, and a few other Yorkshire democrats, understanding that a newspaper was needed to serve as an organ for the nascent movement, had managed to raise a few hundred pounds in the form of a joint-stock company. Feargus O'Connor persuaded them that they would not be able to raise the necessary sum and that the authority of a board would hinder the publisher and annihilate the influence of the newspaper. He proposed that the shareholders lend him the money they had raised ; he would guarantee them the interest, and, completing the capital, he would immediately begin publication. Hobson would be a director and Hill would be editor. This was done. But, according to Robert Lowery, at that time Feargus had no capital, and the shareholders' money was the only money ever spent on the newspaper. Moreover, since the skilled illusionist did not have the money in his pocket to pay the first week's wages, he would have had to borrow it, according to the Whistler, from Joshua Hobson, or, according to Hobson himself, from John Ardill. In his speech of October 26, 1847, Feargus protested against these assertions and declared that, when he entered Parliament, he had an annual income of 400 pounds, earned 800 pounds from his estate and 2,000 pounds from his profession ; he added that in 1837 he had 5,000 pounds at his disposal. Fortune smiled on the new paper, whose circulation quickly rose to sixty thousand copies. This, at least, is the figure given by Lowery in his articles in the Temperance Weekly Record. Feargus O'Connor, on October 26, 1847, admitted that when the newspaper had a circulation of 43,700 copies per week, it made a profit of 325,000 francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The working masses who acclaim Feargus O'Connor first admire the athlete in him. Before he has said a word, his stature imposes itself on a crowd enamored of physical strength. Feargus is over six feet tall, he possesses solid fists that make him a feared boxer in elections. His muscles are not the only arguments with which nature has endowed him : he also possesses an organ that always ensures he has the last word ; he has &#034;a voice of thunder that bites the mind and pierces the ears of his most distracted listeners, at the same time as it silences the noisiest.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feargus does not make great efforts of imagination to seduce the crowds that listen to him ; thanks to the power of his throat and an inexhaustible eloquence, the demagogue can content himself with developing themes sympathetic to the people or ideas borrowed from others. He is the type of charmer of the crowds that he amuses, thanks to unexpected words, piquant anecdotes, his jokes, his humor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In November 1837, Feargus consolidated his power : he became owner of the Northern Star, which would henceforth be the official newspaper of Chartism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feargus has the art of surrounding himself with men whose sincerity serves as his guarantee. For example, this Richard Marsden, a very poor handloom weaver, a victim of the progress of machinery, who has struggled for years to feed his family on a wage of a few shillings a week. How many times Richard Marsden will remind his listeners that one day, penniless, he saw his wife faint from exhaustion while she was feeding her little child. Richard Marsden has tender blue eyes, a face full of kindness and great gentleness, but his suffering and the spectacle of the misery of others has put hatred of society in his heart. He hopes to cure the ills of his fellow sufferers &#034;by shedding a little impure blood to ensure the salvation of society as a whole.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From January 1, 1838, each meeting shows the progress of physical strength and the decline of the methods of the WM A. Each meeting illuminates one of the stages of evolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On January 1st, the social conservative Stephens declared himself a &#034;revolutionary by fire, a revolutionary by blood, to the knife and to death&#034; ; he advised every man to have his pistols or pike, every woman to have her pair of scissors, and every child a bundle of needles. It was on New Year's Day in Newcastle-upon-Tyne that the necessity of violence was first expressed. The same month, in Glasgow, regarding the Factory System, in the name of the right of every man &#034;to procure by his work the means to feed and clothe himself, his wife and his children comfortably&#034;, the same Stephens summons the ruling classes to act &#034;as the law prescribes and as God commands&#034;, otherwise : &#034;We swear, by the love we have for our brothers, by God who made us all to be happy, by the Earth he gave us to feed us, by the Heaven he destines for those who love one another here below... We will envelop in a devouring flame, which no arm will be able to resist, the factories of the cotton tyrants and the monuments of their plunder and murder, built on the misery of millions of beings whom God, our God, the God of Scotland made to be happy.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On March 31, 1838, in the Northern Star, Bronterre noted &#034;that the working population has had enough of words, they want action.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On May 8, the People's Charter was published by the Working Men's Association, and on May 28, it was presented at a public meeting in Glasgow, sponsored by the middle-class organization Birmingham Political Union, whose president was Member of Parliament Thomas Atwood. Two hundred thousand workers were gathered on the banks of the Clyde, the air resounded from forty bands, and two hundred banners fluttered in the breeze. Thomas Atwood spoke. The WM A. and the Birmingham Political Union (BPU) agreed to advise the Chartist Democrats to present petition after petition to Parliament ; If the House of Commons does not bow to the will expressed by the three million signatures that can be expected, after giving legislators time to reflect, workers and middle-class men, willing to support the rights of the working classes, must proclaim in all trades a &#034;sacred and solemn&#034; strike : not a hand must be put to work, all hearts, all heads, all arms must unite to work for the success of the people's cause until the day when victory smiles on their efforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The idea of a general strike, launched in 1832 by the socialist innkeeper William Benbow, was taken up in the spring of 1838 by the moderate Thomas Atwood. In the articles of the Northern Star, two ideas became dominant : insurrection and the general strike. These two modes of revolutionary action, the old mode and the new mode, seem to be able to be used indifferently in combination or separately ; the general strike appears to be the &#034;peaceful&#034; method of revolution. Both are applications of the class struggle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the Hyde meeting on November 14, 1838, Stephens advised his listeners to equip themselves with a large knife &#034;which would do very well to cut a rasher of bacon or to stab the man who resisted them.&#034; He asked them if they were ready and if they were armed ; two or three shots answered : &#034;Is that all ?&#034; Stephens demanded, and then there was a volley of shots. He then asked those who wanted to buy weapons to raise their hands : all hands were raised and more shots were fired. He told them to procure rifles, pistols, swords, pikes, and all instruments &#034;that will utter sharper words than the mouth&#034; ; whereupon Stephens added : &#034;I see all is well and bid you good night.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The government posts a proclamation declaring torchlight meetings illegal. And by this, the government itself contributes to the evolution of Chartism. It gives the leaders of physical force an argument to put forward to the masses to persuade them that in the face of persecution, in the face of this denial of the right of assembly, the policy of moral force would be a deception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The call to arms and the insurrection appeared to be the logical outcome of the government's actions, which were preparing to crack down. Less cautious than Feargus O'Connor, who had advised temporarily abandoning torchlight meetings, Stephens had denounced the proclamation as &#034;an insult to the oppressed people.&#034; On December 28, he was arrested.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stephens's arrest aroused the indignation of the workers who loved him and regarded him as the first martyr of the Chartist cause. In Manchester, on the day of his interrogation, as soon as he appeared, he was the subject of an ovation that soon degenerated into an uproar and threatened to become a full-blown riot. During the interrogation, the uproar was such that the magistrates were obliged to ask Feargus O'Connor to use his influence to calm the crowd. Then the demagogue calmed the furious crowd by promising that &#034;justice will be done to the object of his adoration.&#034; That evening, Feargus O'Connor, in a public meeting, declared that the people would win a swift victory over their enemies : if the tyrants abused their authority, he would never allow Stephens's body to be transported to the ship until his own lifeless body had been trampled underfoot. It is with such words that the &#034;Irish braggart&#034; uses Stephens to increase his own popularity.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feargus O'Connor was tireless. From December 18, 1838, to January 15, 1839, he took part in twenty-two major meetings in London, Bristol, Manchester, Greenfield, Bradford, Leeds, Newcastle, Carlisle, Glasgow, Paisley, and Edinburgh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feargus O'Connor, without ever compromising himself or revealing himself completely, precipitates the evolution of Chartism. Thanks to his tireless activity, he extends his influence everywhere ; his multiplied presence neutralizes the opposing efforts of the WM A. and the BPU. By his promises, by his boasting, by his fanciful or slanderous accusations, he acts and even absent, by his newspaper, the Northern Star which, under the cover of anonymity, discredits all the leaders who have some independence or who have the audacity to contradict him. He denigrates and accuses without having to worry about the truth of what he advances ; he does not take into account what his adversaries can answer to justify himself, and it is by a new accusation of treason that he is content to prove the validity of his first attacks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On July 3, 1839, the Convention, meeting in Birmingham, began discussing further measures. All the delegates declared that the people were ready to act and were only waiting for a sign from the Convention. The general strike attracted attention. Almost all the members of the Convention declared themselves in favor of it. Some, more eager, requested that the earliest date be set in the holy month. Others approved the principle, but, for reasons of expediency, demanded its eventual implementation. Lovett tried, through a delaying measure, to avoid the immediate implementation of the general strike, which he considered unfeasible ; and for his part, Feargus, not wanting to commit himself fully to a decisive circumstance, avoided recommending the general strike he had advocated and sought to retain the Convention by flattering it : &#034;We have achieved great importance in the country and we should not risk a general defeat for a partial triumph.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Convention adopts a resolution requiring it to vote on a general strike on July 13 if the petition is rejected by the House of Commons. This resolution allows the House of Commons to declare that it will not give in to the threat of a general strike.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On July 4, the first riot broke out in Birmingham. Dr. Taylor was arrested ; and on the 6th, for signing a protest from the Convention, William Lovett was also arrested.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On July 10, the Convention members met again in London ; and they gave in to the anger provoked in them by the eighty arrests that followed the Birmingham riot. On July 13, the Northern Star exclaimed : &#034;the battle has begun,&#034; and at a meeting, Bronterre asked his listeners if, in the event of the Convention members being arrested en masse, they would be prepared to proclaim a general strike.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The day before, on July 12, the House of Commons met to hear Thomas Atwood's speech in support of the Chartist petition. Lord John Russell replied that universal suffrage would not be a remedy for the economic fluctuations that were the consequence of England's manufacturing and commercial situation ; universal suffrage would be powerless to ensure the stability of the economic balance. The petition was rejected by 247 votes to 48.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This rejection resulted in riots and the vote for a general strike. The Lowery resolution, which set the date for August 12, was adopted by 13 votes, a majority of one. This small majority was analyzed by Feargus as follows : &#034;The seven members of the Convention, who formed the majority of the 13, represented electoral districts in which, I can assure you, with the exception of Bristol and Hyde, there would not have been more than 500 strikers&#034; ; and the other four members of the Convention had voted for the resolution, declaring &#034;that they had no hope of seeing their districts obey the order of the Convention.&#034; In fact, among the workers, only a small minority was willing to strike. But the majority voted for the strike, which Feargus opposed, saying that the industrial reserve army would enable employers to overcome attempts at worker resistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moreover, on July 22 and 24, following an intervention by Bronterre, the Convention reversed its vote and replaced it with an address that would leave it to the people to decide. After much procrastination, on September 6, the Convention decided to dissolve itself.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The dissolution was to affect the psychology of the leaders and the troops. It deprives the masses of their point of support. It had been hoped that the Convention would be a center of direction and coordination for revolutionary efforts ; but the Convention had constantly oscillated between opposing tendencies. The reversals of several leaders, of Bronterre O'Brien, of Dr. Fletcher, the conversion of Robert Lowery, the dissolution proposed by the enthusiastic Dr. Taylor himself and the reasons given for it by Bronterre, all prove that this first surge of the movement was in decline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The apparent calm of September and October was a lie. The evolution of Chartism was about to end in a tragedy that would cost the lives or freedom of a handful of heroically simple Chartist soldiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The greatness of these militants is highlighted by the comedy given by two of the leaders in rejecting a glory that they seemed to have so often called for.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On November 4, 2,000 Welsh miners, some armed with rifles and pistols, others with pikes and picks, most with large clubs, advanced toward Newport in the darkness of a November night. They marched through the storm, with rain beating against their faces, stopping occasionally at public houses. Around 9 a.m., they arrived in front of the Westgate Hotel, where the mayor and magistrates had taken refuge under the guard of a company of the 458th Regiment. The Chartists began the attack by breaking windows and shooting at the soldiers. The mayor immediately read the Riot Act and ordered the soldiers to fire : &#034;Death takes its toll, 14 Chartists are killed and several others wounded.&#034; They were led by John Frost. They were armed with rifles, muskets, sabers, and even had a small cannon. Some of the special constables were wounded : Mr. Morgan, draper, Mr. Williams, ironmonger, and the mayor. The main body of the rioters retreated to the fields. It seems their intention was to occupy Newport and march on Monmouth to rescue Vincent and his companions. They had sworn that Vincent would not remain in prison beyond November 5. The greatest agitation reigns in Wales. Two other troops commanded by Jones, watchmaker, and Williams, publican, were to join Frost's ; but they arrived too late. Such is the account given in the Northern Star, on November 9, 1839, of the riot of the Welsh miners, led by the good and peaceable John Frost and ready to pay with their lives for their love for Henry Vincent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Chartists had considered supporting the Welsh miners' project with an uprising in the North ; they had sent a delegate to Feargus to ask him to be their leader, &#034;as he had so often proposed.&#034; Could he be relied upon ? Feargus was indignant : &#034;Well, sir, since when have you heard that I or any of my family have ever betrayed the cause of the people ? Have we not always been at our posts in the hour of danger ?&#034; Feargus persuaded the poor devil that he was ready for anything. The man returned and confidently asserted that Feargus could be relied upon ; but later the overly credulous individual was judged a liar, for Feargus did not hesitate to swear solemnly that he had made him no promises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frightened by having almost committed himself by the ambiguous words he felt obliged to pronounce, Feargus took steps to thwart the enterprise. After having informed himself about the reality of the projected movement, he set off, his only thought being to cancel the effect of his own advice as quickly as possible ; but, in order not to compromise himself, he sent George White to travel throughout Yorkshire and Lancashire to affirm everywhere that no uprising would take place in Wales ; he sent Charles Jones to assure the Welsh that there would be no uprising in Yorkshire either, and that behind this project, there was nothing but a police plot, a government maneuver. Unfortunately, when Charles Jones arrived at Frost's house, Frost was absent, having been at a crucial conference where the other leaders of the region were gathered. Charles Jones, however, managed to reach Frost, but too late, because the miners were determined to free Vincent : &#034;It would be better,&#034; said Frost, &#034;to blow my brains out than to try to oppose this determination or to retreat.&#034; So the peaceful trader from Newport begged Charles Jones to return immediately to Yorkshire and Lancashire, to try to rouse the workers of these districts through the Welsh example ; and, since Feargus had not given Charles Jones enough money for the return, Frost gave him three sovereigns. Before anything could be done in the North, the Welsh Chartists were massacred in front of the Westgate Hotel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When the news reached Yorkshire, the Chartists, revolted at seeing that they had been deceived about the Welsh resolutions, decided to carry out their abandoned project. In the absence of Feargus O'Connor, Peter Bussey was chosen as leader, whose usual speeches designated him for this combat post. But Peter Bussey, who did not relish this honor, suddenly fell ill. The Chartists had doubts about this unexpected illness ; wanting to see for themselves the seriousness of the illness, they looked for their leader in his house and did not find him. They were told that the doctor had ordered him to go to the countryside for his health. A few days later, while chatting with the customers of his father's caf&#233;, Peter Bussey's little boy let slip the secret ; Peter Bussey ran both a brewery and a dealer's shop : &#034;Ah ! Ah !&#034; said the little boy, &#034;you couldn't have found Papa the other day ; but I knew perfectly well where he was ; he was in the attic, hidden behind the sacks of flour.&#034; &#187; An imprudent statement that cost the demagogue his reputation and his clientele, forced him to liquidate his business and embark for America.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feargus O'Connor got off more lightly. Fearing that someone would come looking for him and force him into heroism, Feargus thought that the time was right to travel ; he saw it as an excellent opportunity to visit his &#034;unhappy homeland&#034; and proclaim in safety that he was ready to march to glory or death. When he returned from Ireland, Frost and a few hundred Chartists were in prison, calm had returned, there was nothing more to fear. However, to avoid attracting attention, Feargus kept quiet ; he only thought it proper to open his mouth when his followers came to ask him to act on behalf of Frost and the other prisoners. He was only too happy to offer a week's takings from the Northern Star and to advance, he said, &#034;a thousand guineas from his own pocket&#034; to pay the expenses of the trial and no doubt also the price of his courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Newport riot had closed the first evolution of Chartism. The winter and spring of 1840 were a period of contemplation for Chartism during which the only events were trials and imprisonments : Frost, Williams and Jones were sentenced, on 16 January 1840, to be hanged and quartered ; Bronterre was sentenced to 18 months' imprisonment ; William Benbow to 16 months, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2356&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2356&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Aucune r&#233;volution prol&#233;tarienne ne se fera derri&#232;re les drapeaux, ou arm&#233;es nationales ! </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>

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&lt;p&gt;Aucune r&#233;volution prol&#233;tarienne ne se fera derri&#232;re les drapeaux, ou arm&#233;es nationales de la bourgeoisie ! &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est depuis 1830, date ou naquit, &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me moment en France et en Angleterre, le mouvement ouvrier moderne, que placer sa confiance dans des dirigeants syndicaux, politiques, des r&#233;gimes, des arm&#233;es bourgeoises &#034;progressistes&#034; fut funeste, fatal au sens propre pour les ouvriers. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ennemi de nos ennemis reste souvent notre ennemi. C'est en b&#226;tissant leur pouvoir que les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;R&#233;volution bourgeoise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aucune r&#233;volution prol&#233;tarienne ne se fera derri&#232;re les drapeaux, ou arm&#233;es nationales de la bourgeoisie ! &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est depuis 1830, date ou naquit, &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me moment en France et en Angleterre, le mouvement ouvrier moderne, que placer sa confiance dans des dirigeants syndicaux, politiques, des r&#233;gimes, des arm&#233;es bourgeoises &#034;progressistes&#034; fut funeste, fatal au sens propre pour les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ennemi de nos ennemis reste souvent notre ennemi. C'est en b&#226;tissant leur pouvoir que les ouvriers travailleront &#224; leur &#233;mancipation, pas en soutenant un parti bourgeois contre un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est peut-&#234;tre en France qu'actuellement plus que dans aucun autre pays au monde, des partis qui se disent r&#233;volutionnaires ou radicaux proposent ce genre de &#034;tactique&#034; (soutenir l'adversaire de notre ennemi) aux travailleurs : de Lutte ouvri&#232;re (LO), &#224; R&#233;volution Permanente (RP), les NPA-A et R, ainsi que LFI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne rien esp&#233;rer de l'opposition d'une arm&#233;e bourgeoise &#224; une autre, si l'on ne construit pas l'Arm&#233;e rouge des travailleurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des principaux substituts que l'extr&#234;me-gauche &#233;lectoraliste donne en p&#226;ture &#224; ses militants pour remplacer la propagande, l'agitation et l'action que d'authentiques r&#233;volutionnaires m&#232;nent dans le cadre de la lutte des classes, est le patriotisme bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, d&#233;voiler la r&#233;alit&#233; de leur marchandise ne distinguerait plus ces r&#233;volutionnaires du PS, de la CGT ou du PCF qui en 1914 pour les deux premiers, en 1935 pour le troisi&#232;me, firent ce pas. Mais le PS, la CGT et le PCF firent ce pas &#224; la demande de leur bourgeoisie (par l'interm&#233;diaire de Staline pour le PCF, lors du pacte Staline-Laval). Notre extr&#234;me gauche n'en est pas l&#224;, c'est donc sous un voile internationaliste que se cache encore son patriotisme. C'est le patriotisme des &#034;peuples opprim&#233;s&#034; comme les Palestiniens, ou Iraniens lors des r&#233;centes attaques des USA. Mais ce nationalisme d'extr&#234;me gauche n'a rien de prol&#233;tarien, il est bien bourgeois car il consiste &#224; brandir les drapeaux palestinien ou iranien et attiser la haine non pas contre l'arm&#233;e fran&#231;aise, mais contre Isra&#235;l et les USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LFI, sous les applaudissements de RP, a organis&#233; la &#034;flotille contre le blocus de Gaza&#034;, o&#249; la gauche caviar, version Halal avec Rima Hassane, n'a en rien aid&#233; les Palestiniens. Dans une r&#233;cente d&#233;claration de ses jeunes pseudo-trotskistes, RP n'a aucun mot &#224; propos des colonies fran&#231;aises comme la Nouvelle-Cal&#233;donie ; l'ennemi principal n'est pas l'imp&#233;rialisme, la bourgeoisie ou l'arm&#233;e fran&#231;aise, mais Isra&#235;l et les USA :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Apr&#232;s le bombardement des installations nucl&#233;aires iraniennes par les &#201;tats-Unis, les r&#233;seaux sociaux ont &#233;t&#233; envahis par des messages &#233;voquant le d&#233;but d'une &#171; troisi&#232;me guerre mondiale &#187;, compte tenu de la possibilit&#233; d'une escalade internationale des conflits au Moyen-Orient. Les images du g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; &#224; Gaza par Isra&#235;l et Netanyahou font &#233;galement le tour des m&#233;dias. Une acc&#233;l&#233;ration permise notamment par l'action de la Flottille de la libert&#233; et par la marche vers Gaza, qui a &#233;mu des milliers de jeunes au travers le monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.revolutionpermanente.fr/Declaration-des-jeunes-de-la-FT-QI-Pour-une-jeunesse-internationaliste-pro-Palestine-anti&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.revolutionpermanente.fr/Declaration-des-jeunes-de-la-FT-QI-Pour-une-jeunesse-internationaliste-pro-Palestine-anti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes sont &#233;mus ? Bien entendu, RP oublie de mentionner que de jeunes Fran&#231;ais &#034;&#233;mus&#034;, ayant la double nationalit&#233; franco-isra&#233;lienne, sont partis &#034;tuer du Palestinien&#034; &#224; Gaza. RP n'a men&#233; aucune propagande syndicale ou politique pour d&#233;noncer cet engagement, le mettant en parall&#232;le avec la pr&#233;sence des militaires fran&#231;ais en Roumanie ou &#224; Abu Dhabi. Cela g&#234;nerait SUD qui tol&#232;re Anasse Kazib &#224; condition qu'il ne d&#233;nonce pas l'alignement de cette organisation syndicale sur l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Palestiniens de la bande de Gaza subissent-ils un g&#233;nocide comme le r&#233;p&#232;tent &#224; l'envie RP ou les NPAs pour para&#238;tre radical ? Ce terme est devenu un fourre-tout depuis qu'il est utilis&#233; par l'ONU. Reprendre ce terme de g&#233;nocide &#224; propos de Gaza, sans rappeler &#224; chaque fois que les trois principaux g&#233;nocides du XX&#232;me si&#232;cles furent celui des Arm&#233;niens, des Juifs, des Tutsis, avec la participation de l'Etat fran&#231;ais aux deux derniers, c'est se comporter en aile gauche de l'Imp&#233;rialisme, sp&#233;cialiste en ces fausses &#034;protestations d&#233;mocratiques&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pire trahison de l'extr&#234;me-gauche &#233;lectoraliste dans ces questions de guerres ou oppressions nationales, c'est de manipuler les &#034;jeunes &#233;mus&#034; en leur faisant croire que parce qu'un peuple est victime d'un massacre, son drapeau national bourgeois devient synonyme d'internationalisme ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les Arm&#233;niens se firent massacrer par l'Empire Ottoman, le peuple arm&#233;nien n'en devint malheureusement pas r&#233;volutionnaire pour autant. Les partis de la II&#232;me internationale eurent raison de d&#233;noncer, au nom du prol&#233;tariat socialiste, ces massacres, mais surtout de le faire en brandissant &lt;i&gt;leur&lt;/i&gt; drapeau rouge de la r&#233;volution socialiste internationale. Tous ceux qui brandissent aujourd'hui la question Kurde hors de la lutte des classes, ne devraient pas oublier que les milices kurdes furent un des principaux outils de ce g&#233;nocide, m&#234;me si les Kurdes sont aujourd'hui opprim&#233;s par l'Etat turc que leurs dirigeants avaient servi dans ses oeuvres les plus abjectes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les juifs se firent exterminer par l'Allemagne nazie, ils n'en devinrent pas un &#034;peuple r&#233;volutionnaire&#034; pour autant. Beaucoup d'entre eux, comme R. Luxemburg, Trotsky l'&#233;taient devenus depuis longtemps et ne se battirent derri&#232;re aucun drapeau juif, mais le drapeau du communisme. Beaucoup de juifs &#233;taient sionistes lorsqu'ils furent d&#233;port&#233;s &#224; Auschwitz, mais d&#233;noncer leur extermination n'obligeait pas &#224; rallier leur id&#233;al sioniste. C'est lorsque des luttes arm&#233;es r&#233;volutionnaires comme le soul&#232;vement du ghetto de Varsovie, des camps de mise &#224; mort de Treblinka, Sobibor &#233;clatent, que les r&#233;volutionnaires se posent la question de la politique &#224; mener, et saluent la lutte d'une nationalit&#233;, m&#234;me si elle est embrigad&#233;e sous un mauvais drapeau, tout en continuant &#224; critiquer ce drapeau, car il les m&#232;nera dans une impasse. Soutien inconditionnel &#224; un peuple qui subit un massacre ne veut pas dire soutien inconditionnel &#224; ses divers drapeaux et courants politiques. Brandir le drapeau palestinien n'est pas soutenir les Palestiniens. Les NPA-R et A ont tort de le faire, ainsi que d'&#234;tre complaisants envers le drapeau de l'Ukrainien S. Bandera sous pr&#233;texte de l'invasion russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le drapeau palestinien fut dessin&#233; sur un coin de table par l'imp&#233;rialisme britannique en 1916 pour encadrer la r&#233;volte de leurs larbins comme le cherrif Hussein (futur roi d'Irak), proclam&#233; chef de la &#034;R&#233;volte arabe&#034; par Lawrence d'Arabie. Ce qui est appel&#233; aujourd'hui Palestine est un morceau mal d&#233;fini du Mandat britannique, produit du Trait&#233; de Versailles. Les r&#233;volutionnaires qui en France brandissent ce drapeau ne sont de fait que l'aile gauche de la d&#233;mocratie bourgeoise qui proclame : le Trait&#233; de Versailles &#233;tait potentiellement bon et juste pour le Moyen-Orient, mais la bourgeoisie fran&#231;aise ayant &#233;t&#233; incapable de bien l'appliquer, les travailleurs sauront le faire : pour un Etat Palestinien juste et viable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bourgeois du Hamas ou des mouvements nationalistes Palestiniens sont les pires ennemis, d'aujourd'hui et de demain, des travailleurs Palestiniens. Les organisations d'extr&#234;me gauche qui &#034;soutiennent les Palestiniens&#034; &#233;vitent cette question fondamentale, et font diversion en pr&#234;chant la haine contre Isra&#235;l, sans participer &#224; aucune action concr&#232;te pour emp&#234;cher cet Etat de perp&#233;trer son massacre. Cette d&#233;nonciation d'Isra&#235;l, prend trop le pas dans leur propagande sur la d&#233;nonciation de notre imp&#233;rialisme fran&#231;ais, par exemple chez N. Arthaud qui &#233;crit dans ses &#233;ditoriaux :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Trump et &#224; sa suite Netanyahou osent parler de paix apr&#232;s avoir d&#233;vast&#233; Gaza, attaqu&#233; le Liban et bombard&#233; la Syrie, puis l'Iran. Quand ces gens-l&#224; parlent de paix ou de guerre, c'est toujours les armes &#224; la main, en ayant une puissance de feu d&#233;vastatrice. (...) Et &#224; Gaza l'arm&#233;e isra&#233;lienne continue son massacre. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
(30 juin)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le plus r&#233;voltant est de pr&#233;senter Isra&#235;l et les &#201;tats-Unis comme les lib&#233;rateurs des Iraniens. Comme si un peuple pouvait &#234;tre lib&#233;r&#233; par les bombes qui lui tombent sur la t&#234;te ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(23 juin)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Main dans la main avec les &#201;tats-Unis, l'&#201;tat isra&#233;lien a donc d&#233;cid&#233; d'&#233;craser sous son talon de fer tous ceux qui s'opposent &#224; sa politique de colonisation et d'oppression. Et pour cela, il est pr&#234;t &#224; mettre &#224; feu et &#224; sang tout le Moyen Orient. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(16 juin)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; D&#232;s son origine, la construction de l'&#201;tat d'Isra&#235;l a &#233;t&#233; une entreprise de colonisation et d'expulsion brutale des Palestiniens condamnant toute possibilit&#233; de coexistence fraternelle et &#233;galitaire. Depuis 77 ans, l'oppression des Palestiniens et la spoliation de leurs terres n'ont quasiment pas cess&#233;, provoquant des affrontements toujours plus meurtriers. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
(19 mai)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; L'ennemi principal est pour Lutte ouvri&#232;re l'Etat isra&#233;lien ! Cet ennemi principal n'est plus, contrairement &#224; la maxime de Karl Liebknecht, &#171; dans notre propre pays &#187; ! La conf&#233;rence de San Remo (1920) o&#249; la gauche gouvernementale fran&#231;aise (Alexandre Millerand), soutenue par la fraction majoritaire de la CGT (L&#233;on Jouhaux), cr&#233;a les Mandats fran&#231;ais et britannique est oubli&#233;e ! C'&#233;tait il y a 105 ans, ni les isra&#233;liens ni les am&#233;ricains n'y &#233;taient, faisons donc commencer l'histoire en 1948 : c'est le mat&#233;rialisme historique revu par N. Arthaud, qui ne prend plus une question &#224; son origine pour &#233;tudier son d&#233;veloppement historique, mais cr&#233;e arbitrairement une origine conforme &#224; l'histoire bourgeoise, ou CGT-iste, officielle, pour pouvoir rester en paix avec&#8230; les bureaucraties syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CFTC, dont une scission cr&#233;a la CFDT, dont &#224; son tour une scission cr&#233;a SUD, fut fond&#233;e en 1919. Toutes ces organisations syndicales portent donc comme la CGT les stigmates (ce terme chr&#233;tien leur plaira) de cette cr&#233;ation du mandat britannique dont un des objectifs &#233;tait justement ce type de massacre qu'on voit aujourd'hui &#224; Gaza. Ni la CFDT, ni SUD ne reni&#232;rent &#224; leur fondation le soutien de leur maison m&#232;re au Trait&#233; de Versailles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quant au Liban qui est issu du mandat fran&#231;ais, l'extr&#234;me gauche n'y touche absolument pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet Etat palestinien que l'extr&#234;me gauche appelle de ses voeux est une future machine &#224; massacrer les Palestiniens. En 1870, la guerre entre la France et l'Allemagne prit bien vite fin lorsque les bourgeoisies de ces deux puissances s'alli&#232;rent pour que leurs arm&#233;es &#233;crasent la Commune. Le sursaut patriotique est certes ce qui fit na&#238;tre la Commune de Paris, mais ses dirigeants s'attel&#232;rent imm&#233;diatement &#224; la transformation socialiste de la soci&#233;t&#233;. Or aujourd'hui, aucune des organisations d'extr&#234;me gauche qui d&#233;noncent le massacre des Palestiniens n'appellent &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Palestine. Le Hamas, ce sont les Versaillais palestiniens, qui &#233;craseront tout r&#233;volution prol&#233;tarienne si elle &#233;clate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a malheureusement aujourd'hui pas le d&#233;but d'une guerre de lib&#233;ration nationale dans la bande de Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne rien esp&#233;rer d'une direction bourgeoise contre une autre : l'exemple d'une CGT qui serait &#034;contre&#034; le RN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me-gauche &#233;lectoraliste a remplac&#233; la lutte des classes par la lutte &#233;lectorale. Ces partis donnent &#224; leurs militants des espoirs et des illusions, leur faisant croire qu'un aspect de la lutte des classes co&#239;ncide &#034;miraculeusement&#034; avec la lutte de la bourgeoisie &#034;progressiste&#034; contre la bourgeoisie &#034;r&#233;actionnaire&#034;. Le &#034;miracle&#034; consiste en ce que des groupuscules opportunistes font croire &#224; leurs militants qu'ils interviennent dans la &#034;grande politique&#034;, qu'ils &#034;p&#232;sent&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple est r&#233;cemment donn&#233; par le NPA-R.,dans un article intitul&#233; : &lt;i&gt;Licenciements chez De Dietrich : quand l'extr&#234;me droite tente d'instrumentaliser la col&#232;re sociale&lt;/i&gt;. N'est-ce pas une preuve que la lutte &#233;lectoraliste contre le RN est un &#233;l&#233;ment de la lutte des classes, en l'occurrence celle men&#233;e par les ouvriers de l'entreprise De Dietrich conte leur licenciement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui dirige la lutte, est-ce un comit&#233; de gr&#232;ve dirig&#233; par les ouvriers de De Dietrich ? Est-ce l'habituelle intersyndicale, gr&#226;ce &#224; laquelle des r&#233;formistes de la CGT, SUD, CFDT ou FO au service, essentiellement, de la bourgeoisie, vont mener les travailleurs dans le mur, ou limiter la force potentielle contenue dans toute lutte ? Or le coeur de la lutte est dans &#034;le camp des travailleurs&#034; : celle &lt;i&gt;tant&#244;t ouverte, tant&#244;t dissimul&#233;e&lt;/i&gt; (selon les termes du Manifeste de Marx et Engels), entre une direction prol&#233;tarienne, et une direction bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En titrant contre &#171; l'extr&#234;me-droite &#187;, le NPA-R masque ce conflit principal, dans la lutte des ouvriers de De Dietrich, pour mettre en avant une lutte &#233;lectorale, celle de la gauche contre le RN :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Une fois la marche termin&#233;e, des prises de paroles de repr&#233;sentants syndicaux et d'&#233;lus locaux ont eu lieu, dont le d&#233;put&#233; du Rassemblement national Th&#233;o Bernhardt, hu&#233; d&#232;s son arriv&#233;e &#224; la tribune par les militants de gauche. Ni une ni deux, les membres de FO M&#233;taux, qui tenaient la tribune, n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; jouer la police, &#233;paul&#233;s de militants RN et d'agents de s&#233;curit&#233; priv&#233;e pour virer les militants qui scandaient des slogans contre l'extr&#234;me droite, puis ont appel&#233; les gendarmes qui en ont contr&#244;l&#233; plusieurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/licenciements-a-de-dietrich-quand-lextreme-droite-tente-dinstrumentaliser-la-colere-sociale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa-revolutionnaires.org/licenciements-a-de-dietrich-quand-lextreme-droite-tente-dinstrumentaliser-la-colere-sociale/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le NPA-R donne implicitement la r&#233;ponse &#224; une question qu'il devrait poser explicitement, dans un article et aux ouvriers eux-m&#234;mes : qui dirige la lutte des ouvriers de De Dietrich ? On devine &#224; travers le compte-rendu du NPA-R que c'est FO, mais le NPA-R ne pr&#233;cise pas si &#171; les membres de FO M&#233;taux qui tenaient la tribune &#187; sont des ext&#233;rieurs, repr&#233;sentants de la F&#233;d&#233;ration FO-m&#233;tallurgie, ou les dirigeants du syndicat de l'entreprise. Tout cela devient secondaire, car pour le NPA-R cette lutte est subordonn&#233;e &#224; &#171; la lutte contre l'extr&#234;me-droite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux &#171; militants de gauche &#187; sont-ils des ouvriers de De Dietrich ? Si ce n'est pas le cas, en quoi aident-ils la lutte des ouvriers de De Dietrich ? Un t&#233;moignage spontan&#233; d'hostilit&#233; d'ouvriers de De Dietrich envers l'extr&#234;me-droite serait un &#233;l&#233;ment remarquable &#224; prendre en compte, car il prouverait qu'en germe, la direction d'extr&#234;me droite par FO pourrait &#234;tre contest&#233;e, c'est en particulier ce que permet d'accomplir la mise en place d'un comit&#233; de gr&#232;ve, appareil de direction de la lutte mis en place en opposition aux appareils syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, des &#171; militants de gauche &#187; qui huent des orateurs d'extr&#234;me-droite ne font rien de tr&#232;s utile. Crier, applaudir, huer sont devenus des modes d'intervention du NPA-R, de LO, de RP. Entre soi on s'applaudit, on s'auto-congratule. Ici, l'intervention de &#171; militants de gauche &#187; consiste &#224; &#171; huer &#187;. Quel argumentaire le NPA-R fournit-il &#224; ses militants ou ses lecteurs ? Aucun, il faut &#034;huer&#034;. Un militant ouvrier confront&#233; dans son entreprise &#224; une situation analogue o&#249; FO impose une direction d'extr&#234;me-droite &#224; toute lutte, pourrait puiser dans un argumentaire fournit par tous les &#034;r&#233;volutionnaires&#034; qui parlent au nom des travailleurs. Or les partis comme LO, le NPA-R, RP, n'appliquent pas le programme de L&#233;nine et Trotsky dans les syndicats : former un noyau de militants communistes dans les syndicats o&#249; ceux-ci sont pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crier &#034;hourra !&#034; ou &#034;&#224;-bas !&#034; r&#233;sume &#224; peu pr&#232;s la formation que ces partis donnent &#224; leurs militants. Ces proc&#233;d&#233;s permettent, parait-il &#224; ces partis de grossir. Le NPA-R se vante de rassembler plusieurs centaines de jeunes, de militants. 500 militants cela en ferait en moyenne 5 par d&#233;partement en France. O&#249; sont ces militants dans des occasions comme celles de la lutte des ouvriers de De Dietrich ? S'ils &#233;taient pr&#233;sents, leur engagement a consist&#233; a exprimer un soutien &#034;critique&#034; de la gauche et de la CGT :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Si la CGT, seule, &#233;voquait la rapacit&#233; du patronat et d&#233;non&#231;ait &#224; juste titre le RN, elle en appelle, elle aussi, &#224; l'&#201;tat et &#224; la nationalisation. De quoi sauver les emplois ? Quand on voit le sort r&#233;serv&#233; &#224; l'h&#244;pital, &#224; l'&#233;ducation et &#224; tous les services publics, on se demande en quoi le sort des entreprises nationalis&#233;es serait diff&#233;rent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais le NPA-R sous-entend que le PS, le PCF, la direction de la CGT, ont une politique substantiellement diff&#233;rente de celle du RN :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ces prises de parole ont servi au RN qui voudrait se pr&#233;tendre un parti soucieux des travailleurs (...) La seule perspective du RN est de chasser les &#233;trangers pour obliger leurs &#233;lecteurs &#224; accepter leurs conditions de travail, nous diviser pour mieux nous exploiter. Et le patronat continuera &#224; licencier, y compris pour optimiser ses gains de productivit&#233;. L'offensive patronale est g&#233;n&#233;rale, la riposte doit l'&#234;tre tout autant. Le patronat et le RN cherchent &#224; nous diviser, mais seule une lutte d'ensemble des travailleurs et travailleuses, cordonn&#233;e, pourrait pousser patronat et gouvernement &#224; reculer sur les licenciements, jusqu'&#224; en imposer l'interdiction ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Donc selon le NPA-R, le RN est un faux ami des travailleurs, sous-entendu : le PS, le PC la CGT et autres &#034;r&#233;publicains&#034; en sont de vrais ! Certes ils ne vont pas assez loin, mais dans le bon sens. Et on pourra ainsi, en allant encore un petit peu plus loin, &#034;coordonner&#034; une &#034;lutte d'ensemble des travailleurs&#034; sans se battre localement dans chaque usine pour un comit&#233; de gr&#232;ve. Or la bourgeoisie a appris &#224; &#034;coordonner&#034; les luttes des travailleurs en cooptant les directions syndicales dans ses institutions depuis 1914. La t&#226;che du prol&#233;tariat en lutte est de d&#233;truire cette &lt;i&gt;direction bourgeoise coordonn&#233;e de la lutte d'ensemble des travailleurs et travailleuses&lt;/i&gt; que forment la CGT, SUD, FO en mettant en place une &lt;i&gt;direction prol&#233;tarienne coordonn&#233;e de la lutte d'ensemble des travailleurs et travailleuses&lt;/i&gt;. Mais le NPA-R, comme LO, RP, ne m&#232;nent pas cette lutte contre les directions bourgeoises de syndicats, car ils veulent des &#034;chefs&#034; qui &#034;passent &#224; la t&#233;l&#233;&#034;, et donc adoub&#233;s par les directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cette forme politicienne de &#171; lutte contre l'extr&#234;me-droite &#187;, LO, RP et le NPA-R ne font qu'appliquer une politique de Front populaire, bien qu'ils se vantent de ne pas y avoir particip&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donner de faux objectifs aux militants et &#224; la classe ouvri&#232;re, en ayant l'air de &#034;tenir&#034;, de se limiter &#034;malheureusement &#034; &#224; ce que les r&#233;volutionnaires peuvent faire dans une p&#233;riode qui n'est pas &#034;r&#233;volutionnaire&#034; ... est b&#226;tir sur du sable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx fit apr&#232;s l'&#233;crasement de la Commune de Paris un bilan qui reste d'actualit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Qu'apr&#232;s la plus terrible guerre des temps modernes, le vaincu et le vainqueur fraternisent pour massacrer en commun le prol&#233;tariat, cet &#233;v&#233;nement inou&#239; prouve, non pas comme Bismarck le pense, l'&#233;crasement d&#233;finitif d'une nouvelle soci&#233;t&#233; montante, mais la d&#233;sagr&#233;gation compl&#232;te de la vieille soci&#233;t&#233; bourgeoise. Le plus haut effort d'h&#233;ro&#239;sme dont la vieille soci&#233;t&#233; soit encore capable est une guerre nationale ; et il est maintenant prouv&#233; qu'elle est une pure mystification des gouvernements, destin&#233;e &#224; retarder la lutte des classes, et on se d&#233;barrasse de cette mystification, aussit&#244;t que cette lutte de classes &#233;clate en guerre civile. La domination de classe ne peut plus se cacher sous un uniforme national, les gouvernements nationaux ne font qu'un contre le prol&#233;tariat ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Aucune guerre nationale n'a de sens positif pour les travailleurs si elle ne fait pas partie de la pr&#233;paration ou l'accomplissement de la guerre civile qu'est la r&#233;volution prol&#233;tarienne ! La moindre gr&#232;ve doit porter en germe les ferments cette guerre civile : formation de comit&#233;s d'usines, de soviets, dans le but de d&#233;truire ou discr&#233;diter les annexes de l'appareil d'Etat bourgeois que sont les partis r&#233;formistes et les directions syndicales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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