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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La gr&#232;ve chez Petrobras au Br&#233;sil est r&#233;prim&#233;e par les syndicats dirig&#233;s par le pr&#233;tendu &#171; Parti des Travailleurs &#187;</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil Brazil</dc:subject>

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&lt;p&gt;La gr&#232;ve chez Petrobras au Br&#233;sil est r&#233;prim&#233;e par les syndicats dirig&#233;s par le pr&#233;tendu &#171; Parti des Travailleurs &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 9 f&#233;vrier, une gr&#232;ve spontan&#233;e des travailleurs de la raffinerie Petrobras Alberto Pasqualini (Refap) dans l'&#201;tat du Rio Grande do Sul, dans le sud du Br&#233;sil, a &#233;t&#233; stopp&#233;e en raison de la collusion des syndicats avec les patrons et les tribunaux, emp&#234;chant sa propagation &#224; d'autres unit&#233;s &#224; travers le Br&#233;sil. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus de 4.500 travailleurs se sont spontan&#233;ment mis en gr&#232;ve (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Br&#233;sil Brazil&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gr&#232;ve chez Petrobras au Br&#233;sil est r&#233;prim&#233;e par les syndicats dirig&#233;s par le pr&#233;tendu &#171; Parti des Travailleurs &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 9 f&#233;vrier, une gr&#232;ve spontan&#233;e des travailleurs de la raffinerie Petrobras Alberto Pasqualini (Refap) dans l'&#201;tat du Rio Grande do Sul, dans le sud du Br&#233;sil, a &#233;t&#233; stopp&#233;e en raison de la collusion des syndicats avec les patrons et les tribunaux, emp&#234;chant sa propagation &#224; d'autres unit&#233;s &#224; travers le Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 4.500 travailleurs se sont spontan&#233;ment mis en gr&#232;ve le 30 janvier, d&#233;non&#231;ant la d&#233;gradation des salaires et des avantages sociaux dans l'unit&#233; de raffinage du g&#233;ant &#233;nerg&#233;tique public. Des vid&#233;os diffus&#233;es sur les m&#233;dias sociaux ont montr&#233; des travailleurs arriv&#233;s pour l'&#233;quipe de nuit quittant imm&#233;diatement leurs bus pour rejoindre le d&#233;brayage. Le mouvement s'est &#233;tendu &#224; l'ensemble de la main-d'&#339;uvre, malgr&#233; les efforts d'intimidation des patrons, qui auraient engag&#233; des gardes &#224; cette fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la gr&#232;ve a &#233;clat&#233;, Refap faisait l'objet de travaux d'entretien effectu&#233;s par plusieurs entrepreneurs. La plupart des gr&#233;vistes &#233;taient des travailleurs de maintenance qui venaient d'autres unit&#233;s du pays. La gr&#232;ve a touch&#233; des travailleurs des entreprises Estrutural, Estel, Engevale, Manserv et Darcy Pacheco. Les emplois externalis&#233;s dans ces entreprises ne paient pas les frais de transport et de logement ou ne les indemnisent que partiellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les revendications de la gr&#232;ve figurait un salaire &#233;gal &#224; celui des autres installations de Petrobras dans le pays. Selon la f&#233;d&#233;ration syndicale CUT, contr&#244;l&#233;e par le Parti des travailleurs (PT), les salaires mensuels des travailleurs de maintenance externalis&#233;s &#224; Refap peuvent &#234;tre jusqu'&#224; 1.500 r&#233;als (267 euros) inf&#233;rieurs &#224; ceux des autres raffineries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs ont &#233;galement demand&#233; des primes correspondant &#224; un travail de maintenance de 350 heures, des prestations alimentaires mensuelles de 1.300 r&#233;als (231 euros), 1.500 r&#233;als (267 euros) pour les frais d'h&#233;bergement et de transport pendant le travail de maintenance, et une augmentation de salaire de 100 pour cent pour les heures suppl&#233;mentaires effectu&#233;es le week-end. Ils ont exig&#233; que leurs droits en mati&#232;re de travail soient mis par &#233;crit par les entreprises avant la signature des contrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le soul&#232;vement des travailleurs a &#233;clat&#233; spontan&#233;ment, le syndicat local des m&#233;tallurgistes STIMMMEC a rapidement form&#233; une &#171; commission de gr&#232;ve &#187; pour parler en son nom. Se d&#233;clarant en faveur des travailleurs, la commission du syndicat a examin&#233; leurs revendications. Le STIMMMEC n'&#233;tait qu'une des nombreuses organisations syndicales qui se sont pr&#233;cipit&#233;es &#224; la raffinerie pour r&#233;primer la mobilisation spontan&#233;e, y compris le Sindipetro-RS. La STIMMMEC et le Sindipetro-RS sont tous deux affili&#233;s &#224; la CUT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les v&#233;ritables intentions des syndicats ont &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;es par la suite lorsqu'ils ont propos&#233; d'entamer des pourparlers de &#171; m&#233;diation &#187; avec le tribunal r&#233;gional du travail (TRT4) et les entrepreneurs responsables de la maintenance de Refap. Les efforts qui visaient &#224; r&#233;primer la mobilisation spontan&#233;e ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s comme une tentative d'&#171; officialiser la gr&#232;ve &#187;. Le 3 f&#233;vrier, le pr&#233;sident du STIMMMEC, Paulo Chitolina, a d&#233;clar&#233; : &#171; On n'a pas eu de pr&#233;avis de gr&#232;ve 48 heures &#224; l'avance, nous avons donc inform&#233; les entreprises le lundi, mais elles ont d&#233;pos&#233; une plainte pour abus de la part des gr&#233;vistes, et on a eu une m&#233;diation hier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette man&#339;uvre, si fr&#233;quemment employ&#233;e par les syndicats pour freiner et briser l'&#233;lan des luttes ouvri&#232;res, a &#233;t&#233; imm&#233;diatement rejet&#233;e par les travailleurs. Ils ont refus&#233; de retourner au travail pour attendre la d&#233;cision du tribunal et ont vot&#233; la poursuite de la gr&#232;ve. Une vid&#233;o enregistr&#233;e au cours de l'assembl&#233;e dirig&#233;e par les syndicats montre Chitolina &#234;tre vivement critiqu&#233; apr&#232;s avoir d&#233;clar&#233; que les demandes non satisfaites des travailleurs &#171; seront &#233;galement r&#233;solues par le tribunal &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les huit jours suivants, le STIMMMEC a tenu des r&#233;unions presque quotidiennes avec le tribunal et les entrepreneurs de TRT4 afin de mettre fin au mouvement. Le tribunal a d&#233;clar&#233; la gr&#232;ve &#171; abusive &#187; et a impos&#233; des amendes individuelles de 200 r&#233;als (36 euros) pour chaque jour o&#249; les travailleurs d&#233;fient sa d&#233;cision de reprise du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette action punitive, le nombre de participants aux assembl&#233;es aux portes de la raffinerie a augment&#233; chaque jour. D&#233;sesp&#233;r&#233;e de mettre fin &#224; ce mouvement, la CUT a envoy&#233; son pr&#233;sident d'&#201;tat, Amarildo Cenci, pour calmer les travailleurs de Refap le 8 f&#233;vrier. Tout en donnant des gages rh&#233;toriques de soutien aux travailleurs en gr&#232;ve, il a indiqu&#233; la n&#233;cessit&#233; de &#171; discussions sur les normes salariales &#187; avec tous les contractants de Petrobras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel de la CUT en faveur de &#171; normes salariales &#187; dans l'ensemble de l'entreprise promeut le mensonge selon lequel les travailleurs des autres raffineries s'en sortent bien. En r&#233;alit&#233;, l'&#233;crasante majorit&#233; des travailleurs du p&#233;trole de Petrobras sont confront&#233;s &#224; un r&#233;gime de salaires et d'avantages sociaux inf&#233;rieurs &#224; la norme et &#224; des conditions de travail dangereuses, et tentent de survivre dans un contexte d'inflation croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le STIMMMEC a r&#233;ussi &#224; mettre fin &#224; la gr&#232;ve le 9 f&#233;vrier, seulement apr&#232;s avoir menac&#233; de laisser les travailleurs &#224; la merci du tribunal et de ses amendes punitives. Quand les participants ont sorti des entretiens avec des repr&#233;sentants de l'entreprise et des fonctionnaires du tribunal, Chitolina s'est rendue &#224; l'assembl&#233;e des travailleurs aux portes de Refap et a d&#233;clar&#233; : &#171; Si nous continuons, nous n'avons plus d'accord avec les entreprises et le tribunal. Si nous reprenons le travail, nous avons un accord &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bureaucratie syndicale a montr&#233; sa totale indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de la situation des travailleurs en c&#233;l&#233;brant cyniquement la d&#233;faite de leur mouvement comme une &#171; victoire &#187;. L'accord comprenait quelques concessions, comme une augmentation des prestations alimentaires, une compensation pour le transport et le logement et une r&#233;mun&#233;ration suppl&#233;mentaire pour le week-end. Cependant, ces concessions &#233;taient bien en de&#231;&#224; des demandes des travailleurs et ne compensent m&#234;me pas des ann&#233;es d'&#233;rosion des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression du soul&#232;vement des travailleurs du p&#233;trole &#233;tait une question cruciale pour le Parti des travailleurs et sa bureaucratie syndicale associ&#233;e. Dans des conditions sociales explosives dans tout le Br&#233;sil, le mouvement &#224; Refap mena&#231;ait de d&#233;clencher une gr&#232;ve majeure dans un secteur &#233;conomique cl&#233;, et cela, d&#232;s les premiers mois du nouveau gouvernement du pr&#233;sident du PT, Luiz In&#225;cio Lula da Silva.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;voilant l'anxi&#233;t&#233; de la bureaucratie face &#224; cette possibilit&#233;, le pr&#233;sident de Sindipetro-RS a d&#233;clar&#233; un jour apr&#232;s l'arr&#234;t du mouvement : &#171; C'est inacceptable que le gouvernement oblige les gens &#224; travailler alors que nous, les travailleurs du p&#233;trole, continuons &#224; vivre comme si rien ne se passait &#187;. Cens&#233; repr&#233;senter les travailleurs &#224; temps plein, le Sindipetro-RS a tout fait pour emp&#234;cher leur mobilisation au cours des 11 jours pr&#233;c&#233;dents. Au cours de la m&#234;me p&#233;riode, la F&#233;d&#233;ration unie des travailleurs du p&#233;trole (FUP), li&#233;e &#224; la CUT, a occult&#233; les informations relatives &#224; la gr&#232;ve, tandis que ses responsables rencontraient des membres du gouvernement f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance des enjeux a &#233;t&#233; soulign&#233;e dans l'avertissement du juge du tribunal du travail le jour o&#249; les travailleurs ont rejet&#233; la premi&#232;re proposition des entreprises concernant &#171; les pertes qui peuvent survenir pour la communaut&#233; en cas de p&#233;nurie de carburant si les activit&#233;s de maintenance de Refap ne reprennent pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a exactement trois ans, la plus grande gr&#232;ve nationale des travailleurs du p&#233;trole depuis 1995 a eu lieu au Br&#233;sil, impliquant 191 unit&#233;s de Petrobras &#224; son apog&#233;e, des raffineries aux centres de distribution et aux plateformes en haute-mer. Les travailleurs s'&#233;taient oppos&#233; aux suppressions d'emplois et &#224; la pouss&#233;e de privatisation de l'entreprise, y compris de Refap, sous le gouvernement de l'ancien pr&#233;sident fasciste Jair Bolsonaro. Les autorit&#233;s avaient r&#233;agi &#224; la gr&#232;ve par des amendes consid&#233;rables et une r&#233;pression de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cente gr&#232;ve &#224; Refap montre que la lutte des travailleurs continuera &#224; recevoir le m&#234;me traitement brutal sous le gouvernement du PT, malgr&#233; les promesses faites par les syndicats &#224; chaque accord de trahison qu'ils ont conclu selon lesquelles l'&#233;lection de Lula r&#233;soudrait tous les probl&#232;mes sociaux et politiques majeurs rencontr&#233;s sous Bolsonaro. En fait, la bureaucratie se montre encore plus d&#233;sireuse de r&#233;primer les gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe dirigeante br&#233;silienne, qui a le PT et les syndicats &#224; sa solde, craint que le d&#233;veloppement d'un mouvement de gr&#232;ve des travailleurs de l'industrie p&#233;troli&#232;re et d'autres secteurs ne compromette les accords qu'elle a conclus dans un contexte mondial de plus en plus explosif. Dans le cadre de la campagne actuelle des &#201;tats-Unis et des puissances europ&#233;ennes contre la Chine pour des plateformes de travail et des ressources alternatives en Am&#233;rique latine, une lutte majeure de la classe ouvri&#232;re devient une question de &#171; s&#233;curit&#233; nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces efforts pour r&#233;primer les gr&#232;ves, l'&#233;ruption de la lutte des classes au Br&#233;sil ne peut &#234;tre contenue. Les infirmi&#232;res se pr&#233;parent &#224; une gr&#232;ve nationale le 10 mars pour exiger l'application du salaire minimum l&#233;gal pour le secteur. Dans les derni&#232;res semaines, des manifestations d'enseignants ont pris place dans le Rio Grande do Sul et des gr&#232;ves de 24 heures des travailleurs du m&#233;tro ont &#233;clat&#233; dans le Minas Gerais et &#224; S&#227;o Paulo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces luttes s'inscrivent dans le cadre d'un mouvement international montant de la classe ouvri&#232;re contre les attaques des classes dirigeantes contre les salaires et les conditions de travail, alors qu'elles tentent de faire porter aux travailleurs de tous les pays l'int&#233;gralit&#233; du fardeau du sauvetage des grandes banques et entreprises et des co&#251;ts de la guerre imp&#233;rialiste. Pour que ce puissant mouvement se d&#233;veloppe, les travailleurs doivent comprendre que leurs int&#233;r&#234;ts r&#233;sident dans une lutte internationale commune pour renverser le syst&#232;me capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/03/01/zpjd-m01.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/03/01/zpjd-m01.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Lula et l'immunit&#233; collective</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article6949</link>
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		<dc:date>2022-09-29T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil Brazil</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus - Covid-19 </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; la veille des &#233;lections au Br&#233;sil, le Parti des travailleurs dissimule son appui &#224; la politique d'&#171; immunit&#233; collective &#187; de Bolsonaro face &#224; la pand&#233;mie &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire aussi : &lt;br class='autobr' /&gt;
Bolsonaro accus&#233; de meurtre de masse pour la politique d'immunit&#233; collective au COVID-19 du Br&#233;sil &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.wsws.org/fr/articles/2021/10/23/pers-o23.html &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; un peu plus d'une semaine de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 2 octobre au Br&#233;sil, le Parti des travailleurs (PT) et son candidat, Luiz In&#225;cio Lula da Silva, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Br&#233;sil Brazil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot309" rel="tag"&gt;Coronavirus - Covid-19 &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; la veille des &#233;lections au Br&#233;sil, le Parti des travailleurs dissimule son appui &#224; la politique d'&#171; immunit&#233; collective &#187; de Bolsonaro face &#224; la pand&#233;mie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolsonaro accus&#233; de meurtre de masse pour la politique d'immunit&#233; collective au COVID-19 du Br&#233;sil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/10/23/pers-o23.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/10/23/pers-o23.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un peu plus d'une semaine de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 2 octobre au Br&#233;sil, le Parti des travailleurs (PT) et son candidat, Luiz In&#225;cio Lula da Silva, tentent de cacher l'&#233;tat de pourrissement de la d&#233;mocratie bourgeoise br&#233;silienne. Cela comprend les menaces du pr&#233;sident fasciste Jair Bolsonaro de r&#233;p&#233;ter le sc&#233;nario du 6 janvier au Capitole am&#233;ricain et de r&#233;aliser un coup d'&#201;tat &#233;lectoral s'il n'est pas d&#233;sign&#233; vainqueur. Comme c'est le cas dans toutes les &#233;lections bourgeoises, la dissimulation totale de la situation politique, &#233;conomique et sociale r&#233;elle, ainsi que de ses causes, produit de nombreuses fausses promesses des candidats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me central de la campagne &#233;lectorale du PT et de Lula est qu'ils vont &#171; reconstruire et transformer &#187; le Br&#233;sil s'ils sont &#233;lus sur la base d'un programme nationaliste et pro-patronal. Ils esp&#232;rent ainsi r&#233;tablir leur r&#244;le de parti pr&#233;f&#233;r&#233; de la bourgeoisie nationale et, en m&#234;me temps, leur apporter un soutien international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;l&#233;ment cl&#233; de ses promesses aux travailleurs, qui ne cessent de diminuer, est que le parti adoptera une approche oppos&#233;e et scientifiquement guid&#233;e sur la sant&#233; publique, en renfor&#231;ant le syst&#232;me national de sant&#233; unifi&#233; (SUS), et en particulier la r&#233;ponse aux pand&#233;mies. Le parti feint de se trouver horrifi&#233; par la politique meurtri&#232;re d'&#171; immunit&#233; collective &#187; de Bolsonaro, qui a entra&#238;n&#233; pr&#232;s de 700.000 d&#233;c&#232;s officiels dus au COVID-19 dans le pays. Qualifier de &#171; g&#233;nocidaire &#187; la r&#233;ponse de Bolsonaro &#224; la pand&#233;mie de COVID-19 est devenu un &#233;l&#233;ment incontournable des publicit&#233;s t&#233;l&#233;vis&#233;es et des rassemblements pendant la campagne &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, toute pr&#233;tention selon laquelle le PT a repr&#233;sent&#233; au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es ou repr&#233;sentera &#224; l'avenir une alternative &#224; la politique barbare de Bolsonaro en mati&#232;re de pand&#233;mie est d&#233;mentie par ses propres d&#233;clarations sur la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa propagande &#233;lectorale sur la politique de pand&#233;mie du gouvernement Bolsonaro, le PT d&#233;clare : &#171; Bolsonaro s'est moqu&#233; de la pand&#233;mie qui a tu&#233; 670.000 Br&#233;siliens. 400.000 vies auraient pu &#234;tre sauv&#233;es &#187;. D'embl&#233;e, le PT consid&#232;re que 270.000 d&#233;c&#232;s sont acceptables et &#233;taient in&#233;vitables. Il ne fait pas la moindre r&#233;f&#233;rence &#224; la possibilit&#233; scientifiquement prouv&#233;e d'&#233;liminer le COVID-19. Si le Br&#233;sil avait suivi une politique de Z&#233;ro COVID comme celle mise en &#339;uvre en Chine, moins de 800 d&#233;c&#232;s auraient &#233;t&#233; enregistr&#233;s tout au long de la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les 121 paragraphes de la plateforme de campagne de la liste &#233;lectorale dirig&#233;e par le PT, un seul traite de la pand&#233;mie de COVID-19 : &#171; Il est urgent&#8230; de s'occuper des personnes atteintes de COVID longue dur&#233;e. On doit reprendre le programme national de vaccination reconnu &#187;. Cette d&#233;claration minimise totalement le danger que repr&#233;sente toujours la pand&#233;mie au Br&#233;sil. Elle &#233;carte la possibilit&#233; que la situation s'aggrave avec de nouveaux variants, et avance la conception non scientifique que seule la vaccination peut contenir la pand&#233;mie. Cela exprime l'alignement de classe du PT et des autres partis de sa coalition &#8211; y compris Socialisme et Libert&#233; (PSOL) de la pseudo-gauche &#8211; sur la politique de l'&#233;lite dirigeante mondiale, men&#233;e par l'administration Biden aux &#201;tats-Unis, pour qualifier le COVID-19 d' &#171; end&#233;mique &#187;, sans aucun fondement scientifique, mais uniquement pour r&#233;pondre aux besoins des entreprises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats et les gouverneurs du PT mettent en avant une opposition frauduleuse &#224; Bolsonaro&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale pr&#233;occupation du PT pendant la pand&#233;mie de COVID-19 &#233;tait de renforcer ses liens avec les secteurs de la classe dirigeante br&#233;silienne qui craignent que l'offensive cruelle et non d&#233;guis&#233;e de Bolsonaro contre la sant&#233; et le niveau de vie des travailleurs ne menace le pays d'une explosion sociale, remettant en question la continuit&#233; m&#234;me du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que la lutte contre la pand&#233;mie dans les &#201;tats du Nord-Est contr&#244;l&#233;s par le PT serait guid&#233;e par la science, y compris avec la fermeture des &#233;coles et des entreprises en g&#233;n&#233;ral, a &#233;t&#233; r&#233;fut&#233;e moins d'un an plus tard. Le coordinateur du comit&#233; scientifique de la r&#233;gion, partisan de longue date du PT et neuroscientifique renomm&#233;, Miguel Nicolelis, a &#233;t&#233; contraint de quitter son poste juste avant l'explosion de la deuxi&#232;me vague au Br&#233;sil, d&#233;but mars 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la propagande de la presse selon laquelle les gens &#233;taient &#171; fatigu&#233;s &#187; des mesures d'isolement social et s'y opposaient, celles-ci &#233;taient cruciales pour les gains &#233;lectoraux du parti lors des &#233;lections locales de novembre 2020. Mais comme Nicolelis l'a expliqu&#233; dans une interview avec le WSWS en octobre 2021 : &#171; Dans la premi&#232;re vague&#8230; nous avons r&#233;ussi &#224; aplatir la courbe avec l'isolement social et certains confinements r&#233;gionaux, surtout dans le Nord-Est.... Mais apr&#232;s l'&#233;ch&#233;ance &#233;lectorale [de novembre 2020], et c'est ce qui apparemment les int&#233;ressait [les gouverneurs du Nord-Est], ils ont arr&#234;t&#233; parce que, lors de la deuxi&#232;me vague, ils n'ont rien fait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plus fort de la vague originale d'Omicron, Nicolelis a de nouveau mis &#224; nu la politique du parti dans une autre interview avec le WSWS. Il a d&#233;clar&#233; : &#171; Les gouverneurs du PT eux-m&#234;mes, que je connais tr&#232;s bien pour avoir travaill&#233; avec eux, ont cess&#233; de faire ce qui devait &#234;tre fait il y a longtemps. Alors, qui est progressiste dans cette histoire ? J'ai vu des personnes pr&#233;tendument progressistes se comporter comme Bolsonaro. Ils avaient juste le vernis et le cachet des progressistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;l&#233;ment cl&#233; de l'opposition frauduleuse du PT &#224; Bolsonaro &#233;tait l'affirmation que les vaccins seuls pouvaient arr&#234;ter le virus. Au d&#233;but de mars 2021, lorsque la deuxi&#232;me vague a explos&#233; au Br&#233;sil apr&#232;s de nombreux avertissements lanc&#233;s par les experts depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, les gouverneurs du PT dans le nord-est ont annonc&#233; un pr&#233;tendu &#171; pacte national &#187; contre la pand&#233;mie, qui se r&#233;duisait &#224; l'acc&#233;l&#233;ration de l'achat de vaccins et &#224; des mesures inefficaces comme la limitation de la vente d'alcool.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PT a pris la t&#234;te de la politique d'&#171; immunit&#233; collective &#187; lorsqu'en ao&#251;t 2021, alors que le nombre de d&#233;c&#232;s &#233;tait en l&#233;g&#232;re baisse par rapport aux niveaux horribles de plus de 1.000 par jour enregistr&#233;s pendant des mois, les gouverneurs des &#201;tats ont impos&#233; la plus grande r&#233;ouverture d'&#233;coles au Br&#233;sil depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie sous le pr&#233;texte que les niveaux massifs pr&#233;c&#233;dents d'infection pouvaient emp&#234;cher de nouvelles &#233;mergences du virus. Dans l'&#201;tat de Bahia, le gouverneur du PT, Rui Costa, a r&#233;duit les salaires des enseignants en gr&#232;ve contre la r&#233;ouverture des &#233;coles et a menac&#233; de les licencier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s octobre 2021, apr&#232;s avoir annul&#233; la distanciation sociale dans les salles de classe, trois des quatre gouverneurs d'&#201;tat du PT avaient rendu la pr&#233;sence des &#233;tudiants obligatoire dans les &#233;coles qui restaient dangereuses. La pr&#233;sence des &#233;tudiants dans les &#233;coles &#233;tait une condition pr&#233;alable &#224; la r&#233;ouverture g&#233;n&#233;rale de l'&#233;conomie. En octobre, les &#201;tats dirig&#233;s par le PT avaient &#233;galement supprim&#233; pratiquement toutes les restrictions impos&#233;es aux entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le port obligatoire du masque dans les &#233;coles a &#233;t&#233; abandonn&#233; dans tous les &#201;tats br&#233;siliens en avril de cette ann&#233;e, apr&#232;s la vague Omicron BA.1. La pr&#233;sence d'enfants non prot&#233;g&#233;s dans des &#233;coles pr&#233;caires a cr&#233;&#233; l'environnement parfait pour la propagation d'une s&#233;rie de maladies infectieuses, telle que la bronchiolite aigu&#235;, qui a rempli les unit&#233;s de soins intensifs p&#233;diatriques de plusieurs &#201;tats et entra&#238;n&#233; des dizaines de d&#233;c&#232;s de nourrissons et d'enfants. Entre janvier et mai de cette ann&#233;e, pr&#232;s de 300 enfants de moins de quatre ans sont morts, infect&#233;s par la maladie dite &#171; b&#233;nigne &#187; Omicron BA.1, soit deux fois plus que durant la m&#234;me p&#233;riode l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. En mai, au d&#233;but de la vague provoqu&#233;e par Omicron BA.4/5, plus de la moiti&#233; des cas de COVID dans l'&#201;tat de Cear&#225;, gouvern&#233; par le PT, sont survenus chez des enfants de moins de neuf ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque des manifestations de masse dirig&#233;es par des jeunes ont &#233;clat&#233; contre la politique d'immunit&#233; collective &#224; partir du 29 mai 2021, le PT, le PSOL et tous les autres partis de la pseudogauche, horrifi&#233;s par la possibilit&#233; de se faire d&#233;border, ont redoubl&#233; d'efforts pour canaliser l'opposition derri&#232;re une &#171; super &#187; p&#233;tition pour la destitution de Bolsonaro. Cette p&#233;tition a &#233;t&#233; soutenue par des repr&#233;sentants de la droite et de l'extr&#234;me droite br&#233;siliennes, dont beaucoup &#233;taient d'anciens alli&#233;s de Bolsonaro qui tentaient de prendre leurs distances avec le pr&#233;sident fasciste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les grandes usines br&#233;siliennes ferment massivement</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article6183</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article6183</guid>
		<dc:date>2021-04-04T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Crise Crisis</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil Brazil</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme - capitalism</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus - Covid-19 </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des secteurs entiers comme l'Automobile, la Viande, le Poulet s'effondrent au Br&#233;sil... &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;conomie du Br&#233;sil s'effondre... &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.challenges.fr/economie/coronavirus-au-bresil-risque-d-effondrement-de-l-economie-ministre_709310 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Br&#233;sil est en faillite, je ne peux rien faire &#187;, d&#233;clare Jair Bolsonaro &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2021-01-05/le-bresil-est-en-faillite-je-ne-peux-rien-faire-declare-jair-bolsonaro.php &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Br&#233;sil pourrait &#234;tre confront&#233; dans un mois &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Crise Crisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Br&#233;sil Brazil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Capitalisme - capitalism&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot309" rel="tag"&gt;Coronavirus - Covid-19 &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des secteurs entiers comme l'Automobile, la Viande, le Poulet s'effondrent au Br&#233;sil...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie du Br&#233;sil s'effondre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.challenges.fr/economie/coronavirus-au-bresil-risque-d-effondrement-de-l-economie-ministre_709310&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.challenges.fr/economie/coronavirus-au-bresil-risque-d-effondrement-de-l-economie-ministre_709310&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Br&#233;sil est en faillite, je ne peux rien faire &#187;, d&#233;clare Jair Bolsonaro&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2021-01-05/le-bresil-est-en-faillite-je-ne-peux-rien-faire-declare-jair-bolsonaro.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2021-01-05/le-bresil-est-en-faillite-je-ne-peux-rien-faire-declare-jair-bolsonaro.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Br&#233;sil pourrait &#234;tre confront&#233; dans un mois &#224; un &#171; effondrement de (son) &#233;conomie &#187;, avec des p&#233;nuries alimentaires, et &#224; une &#171; d&#233;sint&#233;gration &#187; sociale, a averti jeudi le ministre de l'Economie Paulo Guedes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.leparisien.fr/international/coronavirus-le-bresil-craint-l-effondrement-de-son-economie-08-05-2020-8313144.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.leparisien.fr/international/coronavirus-le-bresil-craint-l-effondrement-de-son-economie-08-05-2020-8313144.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Or&#233;al va fermer l'une de ses usines br&#233;siliennes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.fashionnetwork.com/news/L-oreal-va-fermer-l-une-de-ses-usines-bresiliennes,860614.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.fashionnetwork.com/news/L-oreal-va-fermer-l-une-de-ses-usines-bresiliennes,860614.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil, Ford ferme ses usines :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/bresil-ford-ferme-une-usine-toute-une-ville-seteint-picto-reportage&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.courrierinternational.com/article/bresil-ford-ferme-une-usine-toute-une-ville-seteint-picto-reportage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production de Volkswagen suspendue au Br&#233;sil :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.capital.fr/entreprises-marches/covid-19-la-production-de-volkswagen-suspendue-au-bresil-1397652&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.capital.fr/entreprises-marches/covid-19-la-production-de-volkswagen-suspendue-au-bresil-1397652&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'un demi-million d'entreprises br&#233;siliennes ont ferm&#233; jusqu'en juin en raison de la pand&#233;mie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.efe.com/efe/america/economia/mas-de-medio-millon-empresas-brasilenas-cerraron-hasta-junio-por-la-pandemia/20000011-4298554&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.efe.com/efe/america/economia/mas-de-medio-millon-empresas-brasilenas-cerraron-hasta-junio-por-la-pandemia/20000011-4298554&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les constructeurs automobiles interrompent la production dans 18 usines au Br&#233;sil&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Brunna Machado - WSWS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette semaine, 10 constructeurs automobiles br&#233;siliens &#8211; Volkswagen, Volkswagen Trucks and Buses, Mercedes-Benz, General Motors, Nissan, Toyota, Renault, Volvo, Scania et Honda &#8211; ont suspendu totalement ou partiellement leur production, renvoyant plus de 50.000 travailleurs chez eux pour des p&#233;riodes allant de cinq &#224; quinze jours, selon l'usine.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fermeture &#233;tait une initiative des entreprises elles-m&#234;mes qui a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e, en pleine pand&#233;mie incontr&#244;l&#233;e dans le pays, comme un effort pour lutter contre le COVID-19. Le Br&#233;sil a enregistr&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent plus de 320.000 d&#233;c&#232;s dus au COVID-19, avec un record de 3.869 d&#233;c&#232;s mercredi. Le mois de mars a &#233;t&#233; le plus meurtrier de toute la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier &#224; annoncer sa fermeture, Volkswagen, qui emploie environ 15.000 travailleurs dans le pays, a d&#233;clar&#233; qu'il suspendrait la production dans ses quatre usines pendant 12 jours &#171; afin de pr&#233;server la sant&#233; de ses employ&#233;s et de leurs familles &#187;. Les directions de Mercedes-Benz, Scania, Nissan, Renault et Honda ont fait des annonces similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a d'autres raisons qui poussent des entreprises valant des milliards comme celles-ci &#224; interrompre leur production, et la premi&#232;re sur leur liste n'est certainement pas la &#171; sant&#233; de leurs employ&#233;s &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord, il est important de souligner que ces mesures ont &#233;t&#233; prises exclusivement dans l'industrie automobile, qui subit une profonde restructuration de la production, avec des r&#233;ductions substantielles de la main-d'&#339;uvre dans tous les pays, et qui fait face actuellement &#224; des p&#233;nuries de pi&#232;ces dans diff&#233;rentes parties du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article paru le 18 mars dans Folha de S&#227;o Paulo rapporte que l'usine Honda de Sumar&#233;, dans l'&#201;tat de S&#227;o Paulo, qui emploie un millier de travailleurs, a &#233;t&#233; le premier constructeur automobile &#224; arr&#234;ter sa production par manque de circuits &#233;lectroniques. La production avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; interrompue pendant une semaine en f&#233;vrier et pendant 10 jours en mars, et cette semaine elle a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e de nouveau.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres entreprises, telles que Toyota, Volkswagen, Renault, Volvo et Mercedes-Benz, avaient d&#233;j&#224; arr&#234;t&#233; ou r&#233;duit leur production. Selon le m&#234;me rapport, Volkswagen Trucks and Buses (VWCO) a gard&#233; des v&#233;hicules inachev&#233;s dans le lot en attendant des pi&#232;ces, et lorsque les pi&#232;ces sont arriv&#233;es, les employ&#233;s ont d&#251; faire des heures suppl&#233;mentaires pour terminer le travail. Aujourd'hui, VWCO a d&#233;cid&#233; de fermer compl&#232;tement l'usine du 29 mars au 4 avril et de renvoyer ses 3.500 travailleurs &#224; la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Volvo, qui a suivi ses concurrents en adoptant le pr&#233;texte de la lutte contre la pand&#233;mie, &#233;tait l'une des seules compagnies &#224; admettre que cette mesure &#233;tait &#233;galement due &#224; l'instabilit&#233; de la cha&#238;ne d'approvisionnement en pi&#232;ces. Son usine de Curitiba, dans l'&#201;tat du Paran&#225;, n'&#233;tait pas totalement paralys&#233;e, mais la production a &#233;t&#233; r&#233;duite au cours des huit derniers jours, avec environ 2.000 travailleurs en moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est clair que les entreprises ont fait un calcul. Pr&#233;voyant la n&#233;cessit&#233; de nouveaux arr&#234;ts en raison de l'instabilit&#233; de la cha&#238;ne de production ainsi que des r&#233;ductions impos&#233;es par leurs propres plans de restructuration, beaucoup, si ce n'est la totalit&#233;, d'entre elles ont profit&#233; des conditions &#233;pid&#233;miques pour justifier leurs fermetures comme un acte bienveillant dans l'int&#233;r&#234;t de leurs travailleurs. C'&#233;tait, en m&#234;me temps, un moyen d'emp&#234;cher une action de la classe ouvri&#232;re en r&#233;ponse aux infections croissantes dans les usines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le complexe industriel ABC, &#224; S&#227;o Paulo, qui compte actuellement cinq usines ferm&#233;es (Mercedes, Volks, Scania, Toyota et GM, pour un total d'environ 30.000 travailleurs), le syndicat des m&#233;tallurgistes (SMABC) a pr&#233;sent&#233; l'arr&#234;t de la production comme un r&#233;sultat de ses n&#233;gociations avec les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques semaines, alors que la pand&#233;mie s'aggravait dans le pays et notamment &#224; S&#227;o Paulo, le syndicat a &#233;t&#233; critiqu&#233; par des travailleurs t&#233;moins d'une augmentation des d&#233;c&#232;s parmi leurs coll&#232;gues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la page Facebook du CSE (Comit&#233; syndical d'entreprise) de Mercedes, qui est une branche du SMABC, un travailleur a comment&#233; la nouvelle du d&#233;c&#232;s d'un coll&#232;gue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est tr&#232;s triste de voir &#8230; de nombreuses personnes infect&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de l'entreprise et qu'on continue de pr&#233;tendre que tout vient de l'ext&#233;rieur. Est-ce une co&#239;ncidence si le m&#234;me d&#233;partement [de l'usine] compte plus de six personnes infect&#233;es, venant toutes de l'ext&#233;rieur ? Combien d'autres devront mourir pour que quelqu'un r&#233;agisse ? Beaucoup de gens vont au travail avec la peur de se faire infecter et de contaminer quelqu'un en rentrant chez eux qui pourrait &#234;tre plus &#224; risque. Mais l'entreprise n'est int&#233;ress&#233;e qu'&#224; la production, parce qu'&#224; l'int&#233;rieur, nous ne sommes qu'un num&#233;ro de plus qui est mort et ils vont en mettre un nouveau &#224; notre place. Mais on ne peut pas remplacer un membre de sa famille &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres travailleurs ont mis en garde contre l'absence de mesures pr&#233;ventives de base. &#171; Le d&#233;sinfectant pour les mains manque dans de nombreux distributeurs ; celui de ma zone de loisirs, par exemple, n'a vu de l'alcool qu'au moment d'&#234;tre install&#233; &#187;, commente l'un d'eux. &#171; Allez &#224; 11 heures dans la caf&#233;t&#233;ria et vous verrez l'affluence. Une invitation &#224; la contagion &#187;, a d&#233;clar&#233; un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est plus que temps pour le syndicat d'organiser une fermeture de l'usine. L'ann&#233;e derni&#232;re, quand la situation n'&#233;tait pas &#224; ce niveau, on avait des [vacances] collectives et une alternance bimensuelle des employ&#233;s&#8230; Maintenant que nous sommes dans un sc&#233;nario bien pire, nous travaillons tous normalement ! &#187; a d&#233;clar&#233; un autre travailleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces commentaires &#233;manent des travailleurs de l'usine Mercedes de S&#227;o Bernardo do Campo, qui a d&#233;j&#224; enregistr&#233; six d&#233;c&#232;s d'employ&#233;s, dont quatre pour le seul mois de mars. Selon le Di&#225;rio do Grande ABC, l'usine est la deuxi&#232;me de la r&#233;gion pour le nombre d'infections. Avec un effectif total de 8.500 personnes, Mercedes-Benz comptait 1.447 travailleurs infect&#233;s (17 pour cent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier sur la liste est Volkswagen, avec 1.560 infections, soit 18,3 pour cent des quelque 8.500 employ&#233;s. Elle avait enregistr&#233; cinq d&#233;c&#232;s jusqu'au 21 mars. Chez Scania, 761 personnes, soit 19 pour cent des quelque 4.000 employ&#233;s, ont &#233;t&#233; contamin&#233;es, et une personne est d&#233;c&#233;d&#233;e. Chez Toyota, 137 personnes ont &#233;t&#233; infect&#233;es, soit 9,1 pour cent des 1.500 employ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cherchant &#224; minimiser les conditions d'ins&#233;curit&#233; dans les usines d'assemblage, dont le taux d'infection est trois fois sup&#233;rieur &#224; la moyenne nationale, le pr&#233;sident de la SMABC, Wagner Santana, a d&#233;clar&#233; au Di&#225;rio do Grande ABC que cette diff&#233;rence &#233;tait due au fait que les constructeurs automobiles avaient test&#233; 100 pour cent de leurs employ&#233;s et que, s'il y avait des tests de masse dans le pays, la moyenne nationale serait &#233;gale ou sup&#233;rieure &#224; celle des usines. Un travailleur de GM dans la section des commentaires a furieusement r&#233;fut&#233; cet argument. Il a dit : &#171; On a test&#233; cent pour cent des ouvriers ? Je travaille dans une usine d'assemblage et cela ne s'est pas produit ! &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'effort du responsable syndical pour prot&#233;ger l'entreprise est all&#233; encore plus loin. Il a fait &#233;cho aux affirmations des dirigeants capitalistes : il a laiss&#233; entendre que les travailleurs sont infect&#233;s &#224; la maison ou dans la rue, et non sur le lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Peu importe &#224; quel point [les usines automobiles] pr&#233;sentent le sentiment d'&#234;tre tr&#232;s s&#251;res, puisqu'elles font vraiment tout ce qui est possible pour rendre l'environnement de travail plus s&#251;r, encore plus si on compare &#224; quelqu'un qui travaille dans un magasin&#8230; et doit prendre un bus bond&#233; pour s'y rendre, le travailleur n'est pas en s&#233;curit&#233;. D'autant plus qu'il ne vit pas dans l'usine de montage. Il circule. Il rentre chez lui, chez sa famille, il va au supermarch&#233; &#187;, a fait valoir Santana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loyaut&#233; des syndicats envers les constructeurs automobiles &#8211; explicitement exprim&#233;e par Santana &#8211; est fondamentale pour garantir que la r&#233;ponse &#224; la pand&#233;mie reste subordonn&#233;e aux int&#233;r&#234;ts des groupes capitalistes transnationaux qui contr&#244;lent ces entreprises. Les conditions de l'arr&#234;t de la production le soulignent : les entreprises consid&#232;rent les jours non travaill&#233;s comme des jours de &#171; cong&#233; &#187; &#224; &#234;tre ult&#233;rieurement repris aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines de ces entreprises comptent &#233;galement sur le calendrier des jours f&#233;ri&#233;s municipaux. Pour tenter de contrer la propagation catastrophique de la pand&#233;mie, plusieurs villes ont reprogramm&#233; les jours f&#233;ri&#233;s afin de cr&#233;er une p&#233;riode de 10 jours de cong&#233; cons&#233;cutifs, &#224; partir de cette semaine. D'autres entreprises ont choisi d'accorder des vacances collectives &#224; leurs employ&#233;s. Dans ce cas, les travailleurs n'auront pas &#224; rattraper des jours de travail, mais ils ont perdu leur droit de choisir leur p&#233;riode de vacances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la p&#233;riode &#233;tablie pour ces fermetures est totalement insuffisante pour contribuer r&#233;ellement &#224; la lutte contre la pand&#233;mie. Dans la plupart des usines, le travail reprendra le 6 avril. Au rythme actuel de la pand&#233;mie au Br&#233;sil, avec des moyennes quotidiennes de plus de 75.000 nouvelles infections et de plus de 3.000 d&#233;c&#232;s, c'est impossible que la situation soit ma&#238;tris&#233;e en moins d'une semaine ; en fait, on s'attend &#224; ce qu'elle soit pire. En d'autres termes, les travailleurs seront &#224; nouveau infect&#233;s dans les environnements peu s&#251;rs des usines, et les d&#233;c&#232;s augmenteront &#224; nouveau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs de l'automobile de toute l'industrie doivent rejeter ce chemin de la mort avec une gr&#232;ve qui emp&#234;che leur retour au travail. Ensemble, ils doivent exiger le paiement int&#233;gral de leurs salaires pendant que l'isolement est n&#233;cessaire. Tous les co&#251;ts doivent &#234;tre pay&#233;s &#224; m&#234;me les profits accumul&#233;s par les constructeurs automobiles, et non par des licenciements ou des heures suppl&#233;mentaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette politique ne peut &#234;tre mise en &#339;uvre que par la formation de comit&#233;s de la base, ind&#233;pendants des syndicats. Ces comit&#233;s devraient lancer un appel &#224; toutes les sections de la classe ouvri&#232;re pour une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale afin d'arr&#234;ter la pand&#233;mie, arr&#234;ter toute activit&#233; non essentielle et garantir un revenu complet &#224; toutes les familles ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'histoire de la conqu&#234;te du Br&#233;sil par les Occidentaux, racont&#233;e par L&#233;vi-Strauss</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article4973</link>
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		<dc:date>2018-08-23T22:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil Brazil</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire sur les Am&#233;rindiens &lt;br class='autobr' /&gt; L'histoire de la conqu&#234;te du Br&#233;sil par les Occidentaux, racont&#233;e par L&#233;vi-Strauss &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; J'avais &#233;t&#233; l'&#233;l&#232;ve de Georges Dumas &#224; l'&#233;poque du &#171; trait&#233; de psychologie &#187;&#8230; J'ai toujours regrett&#233; de ne pas l'avoir connu en pleine jeunesse, quand, brun et basan&#233; &#224; l'image d'un conquistador et tout fr&#233;missant des perspectives scientifiques qu'ouvrait la psychologie du XIXe si&#232;cle, il &#233;tait parti &#224; la conqu&#234;te spirituelle du Nouveau Monde. Dans cette esp&#232;ce de coup de foudre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Br&#233;sil Brazil&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot302&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire sur les Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/carte_bresil.jpg' width=&#034;311&#034; height=&#034;415&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'histoire de la conqu&#234;te du Br&#233;sil par les Occidentaux, racont&#233;e par L&#233;vi-Strauss &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'avais &#233;t&#233; l'&#233;l&#232;ve de Georges Dumas &#224; l'&#233;poque du &#171; trait&#233; de psychologie &#187;&#8230; J'ai toujours regrett&#233; de ne pas l'avoir connu en pleine jeunesse, quand, brun et basan&#233; &#224; l'image d'un conquistador et tout fr&#233;missant des perspectives scientifiques qu'ouvrait la psychologie du XIXe si&#232;cle, il &#233;tait parti &#224; la conqu&#234;te spirituelle du Nouveau Monde. Dans cette esp&#232;ce de coup de foudre qui allait se produire entre lui et la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne s'est certainement manifest&#233; un ph&#233;nom&#232;ne myst&#233;rieux, quand deux fragments d'une Europe vieille de quatre cents ans &#8211; dont certains &#233;l&#233;ments essentiels s'&#233;taient conserv&#233;s, d'une part dans une famille protestante m&#233;ridionale, de l'autre, dans une bourgeoisie tr&#232;s raffin&#233;e et un peu d&#233;cadente, vivant au ralenti sous les tropiques &#8211; se sont rencontr&#233;s , reconnus et presque ressoud&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur de Georges Dumas est de n'avoir jamais pris conscience du caract&#232;re v&#233;ritablement arch&#233;ologique de cette conjoncture. Le seul Br&#233;sil qu'il avait su s&#233;duire (et auquel un bref passage au pouvoir allait donner l'illusion d'&#234;tre le vrai), c'&#233;tait celui de ces propri&#233;taires fonciers d&#233;pla&#231;ant progressivement leurs capitaux vers des investissements industriels &#224; participation &#233;trang&#232;re, et qui cherchaient une couverture id&#233;ologique dans un parlementarisme de bonne compagnie, ceux-l&#224; m&#234;mes que nos &#233;tudiants, issus d'immigrants r&#233;cents ou de hobereaux li&#233;s &#224; la terre et ruin&#233;s par les fluctuations du commerce mondial, appelaient avec raison le &#171; gran fino &#187;, le grand fin, c'est-&#224;-dire le dessus du panier. Chose curieuse : la fondation de l'Universit&#233; de S&#227;o Paulo, grande &#339;uvre dans la vie de Georges Dumas, devait permettre &#224; ces classes modestes de commencer leur ascension en obtenant des dipl&#244;mes qui leur ouvraient des positions administratives, si bien que notre mission universitaire a contribu&#233; &#224; former une &#233;lite nouvelle, laquelle allait se d&#233;tacher de nous&#8230; m&#234;me si elle s'attelait &#224; la t&#226;che de d&#233;boulonner une f&#233;odalit&#233; qui nous avait, certes, introduits au Br&#233;sil , mais pour lui servir en partie de caution et pour l'autre de passe-temps&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma carri&#232;re s'est jou&#233;e un dimanche de l'automne 1934, &#224; 9 heures du matin, sur un coup de t&#233;l&#233;phone. C'&#233;tait C&#233;lestin Bougl&#233;, alors directeur de l'Ecole normale sup&#233;rieure&#8230; Il me demanda abruptement : &#171; Avez-vous toujours le d&#233;sir de faire de l'ethnographie ? &#8211; Certes ! &#8211; Alors, posez votre candidature comme professeur de sociologie &#224; l'Universit&#233; de S&#227;o Paulo. Les faubourgs sont remplis d'Indiens, vous leur consacrerez vos weeks-ends&#8230; &#187; A ce moment, l'extravagante promesse de Bougl&#233; relative aux Indiens me posait probl&#232;me. D'o&#249; avait-il tir&#233; la croyance que S&#227;o Paulo &#233;tait une ville indig&#232;ne, au moins par sa banlieue ? Sans doute d'une confusion avec Mexico ou Tegucigalpa. Ce philosophe qui avait jadis &#233;crit un ouvrage sur &#171; le R&#233;gime des castes &#187; dans l'inde, sans se demander un seul instant s'il n'e&#251;t pas mieux valu, d'abord, y aller voir (&#171; dans le flux des &#233;v&#233;nements, ce sont les institutions qui surnagent &#187;, proclamait-il avec hauteur dans sa pr&#233;face de 1927), ne pensait pas que la condition des indig&#232;nes d&#251;t avoir un s&#233;rieux retentissement sur l'enqu&#234;te ethnographique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, j'&#233;tais trop ignorant moi-m&#234;me pour ne pas accueillir des illusions si favorables &#224; mon dessein, d'autant que Georges Dumas avait sur la question des notions &#233;galement impr&#233;cises : il avait connu le Br&#233;sil m&#233;ridional &#224; une &#233;poque o&#249; l'extermination des populations indig&#232;nes n'&#233;tait pas encore parvenue &#224; son terme, et surtout, la soci&#233;t&#233; de dictateurs, de f&#233;odaux et de m&#233;c&#232;nes dans laquelle il se plaisait ne lui avait gu&#232;re fourni de lumi&#232;res sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fus donc bien &#233;tonn&#233; quand, au cours d'un d&#233;jeuner o&#249; m'avait amen&#233; Victor Marguerite, j'entendis de la bouche de l'ambassadeur du Br&#233;sil &#224; Paris le son de cloche officiel : &#171; Des Indiens ? H&#233;las, mon cher Monsieur, mais voici des lustres qu'ils ont tous disparu. Oh, c'est l&#224; une page bien triste, bien honteuse, dans l'histoire de mon pays. Mais les colons portugais du XVIe si&#232;cle &#233;taient des hommes avides et brutaux. Comment leur reprocher d'avoir particip&#233; &#224; la rudesse g&#233;n&#233;rale des m&#339;urs ? Ils se saisissaient des Indiens, les attachaient &#224; la bouche des canons et les d&#233;chiquetaient vivants &#224; coups de boulets. C'est ainsi qu'on les a eus, jusqu'au dernier. Vous allez, comme sociologue, d&#233;couvrir au Br&#233;sil des choses passionnantes, mais les Indiens n'y songez plus, vous n'en trouverez plus un seul&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'&#233;voque aujourd'hui ces propos, ils me paraissent incroyables, m&#234;me dans la bouche d'un &#171; gran fino &#187; de 1934 et me souvenant &#224; quel point l'&#233;lite br&#233;silienne d'alors (heureusement, elle a chang&#233; depuis) avait horreur de toute allusion aux indig&#232;nes et plus g&#233;n&#233;ralement aux conditions primitives de l'int&#233;rieur, sinon pour admettre &#8211; et m&#234;me sugg&#233;rer &#8211; qu'une arri&#232;re-grand-m&#232;re indienne &#233;tait &#224; l'origine d'une physionomie imperceptiblement exotique, et non pas de ces quelques gouttes, ou litres, de sang noir qu'il devenait d&#233;j&#224; de bon ton d'essayer de faire oublier. Pourtant, chez Luis de Souza-Dantas, l'ascendance indienne n'&#233;tait pas douteuse et il e&#251;t pu ais&#233;ment s'en glorifier. Mais, Br&#233;silien d'exportation qui avait depuis l'adolescence adopt&#233; la France, il avait perdu jusqu'&#224; la connaissance de l'&#233;tat r&#233;el de son pays, &#224; quoi s'&#233;tait substitu&#233; dans sa m&#233;moire une sorte de poncif officiel et distingu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; certains souvenirs lui &#233;taient rest&#233;s, il pr&#233;f&#233;rait aussi, j'imagine, ternir les Br&#233;siliens du XVIe si&#232;cle pour d&#233;tourner l'attention du passe-temps favori qui avait &#233;t&#233; celui des hommes de la g&#233;n&#233;ration de ses parents et m&#234;me encore du temps de sa jeunesse : &#224; savoir, recueillir dans les h&#244;pitaux les v&#234;tements infect&#233;s des victimes de la variole, pour aller les accrocher avec d'autres pr&#233;sents le long des sentiers encore fr&#233;quent&#233;s par les tribus. Gr&#226;ce &#224; quoi fut obtenu ce brillant r&#233;sultat : l'Etat de S&#227;o Paulo, aussi grand que la France, que les cartes de 1918 indiquaient encore aux deux tiers &#171; territoire inconnu habit&#233; seulement par les indiens &#187;, ne comptait, quand j'arrivai en 1935, plus un seul indig&#232;ne, sinon un groupe de quelques familles localis&#233;es sur la c&#244;te qui venaient vendre le dimanche, sur les plages de Santos, de pr&#233;tendues curiosit&#233;s. Heureusement, &#224; d&#233;faut des faubourgs de S&#227;o Paulo, &#224; trois mille kilom&#232;tres dans l'int&#233;rieur, les Indiens &#233;taient encore l&#224;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mesurer le caract&#232;re absolu, total, intransigeant des dilemmes dans lesquels l'humanit&#233; du XVIe si&#232;cle se sentait enferm&#233;e, il faut se rappeler quelques incidents. Dans l'Hispaniola (aujourd'hui Ha&#239;ti et Saint-Domingue) o&#249; les indig&#232;nes, au nombre de cent mille environ en 1492, n'&#233;taient plus que deux cents un si&#232;cle apr&#232;s, mourant d'horreur et de d&#233;go&#251;t pour la civilisation europ&#233;enne plus encore que sous la variole et les coups, les colonisateurs envoyaient commission sur commission afin de d&#233;terminer la nature des indig&#232;nes&#8230; On n'&#233;tait m&#234;me pas s&#251;r que ce fussent des hommes, et non point des cr&#233;atures diaboliques ou des animaux&#8230; Et comme conclusion unanime : &#171; Il vaut mieux pour les Indiens devenir des hommes esclaves que de rester des animaux libres&#8230; &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce Rio qui m'est maintenant donn&#233; en p&#226;ture, je devais deviner l'histoire&#8230; &#224; la faveur d'une excursion arch&#233;ologique&#8230; Dans une sabli&#232;re, des paysans avaient r&#233;cemment mis &#224; jour des fragments de poterie. Je palpe cette c&#233;ramique &#233;paisse, d'une facture incontestablement tupi par son engobe blanc bord&#233; de rouge et le fin lacis de traits noirs, labyrinthe destin&#233;, dit-on, &#224; &#233;garer les mauvais esprits en qu&#234;te des ossements humains jadis pr&#233;serv&#233;s dans ces urnes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rio de Janeiro n'est pas construite comme une ville ordinaire. Etablie d'abord sur la zone plate et mar&#233;cageuse qui borde la baie, elle s'est introduite entre les mornes abrupts qui l'enserrent de toutes parts, &#224; la fa&#231;on des doigts dans un gant trop &#233;troit. Des tentacules urbains, longs parfois de vingt ou trente kilom&#232;tres, glissent au bas de formations granitiques dont la pente est si raide que nulle v&#233;g&#233;tation ne peut s'y accrocher&#8230; Cette ville si prodigue en collines les traite avec un m&#233;pris qu'explique en partie le manque d'eau au sommet&#8230; En 1935, &#224; Rio, la place occup&#233;e par chacun dans la hi&#233;rarchie sociale se mesurait &#224; l'altim&#232;tre : d'autant plus basse que le domicile &#233;tait haut. Les mis&#233;reux vivaient perch&#233;s sur les mornes, dans les favellas o&#249; une population de noirs, v&#234;tus de loques bien lessiv&#233;es, inventaient sur la guitare ces m&#233;lodies alertes qui, au temps du carnaval, descendraient des hauteurs et envahiraient la ville avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'on s'engage sur une de ces pistes urbaines qui enfoncent leurs m&#233;andres entre les collines, l'aspect devient tr&#232;s vite faubourien. Botafogo, au bout de l'avenue Rio-Branco, c'est encore la ville de luxe, mais, apr&#232;s Flamengo, on se croirait &#224; Neuilly&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rivage entre Rio et Santos propose encore des tropiques de r&#234;ve&#8230; Des petits ports, distants l'un de l'autre d'une centaine de kilom&#232;tres, abritent les p&#234;cheurs dans des demeures du XVIIIe si&#232;cle, maintenant en ruine et que jadis construisirent en pierres noblement taill&#233;es des armateurs, capitaines et vice-gouverneurs. Angra-dos-Reis, Ubatuba, Parati, S&#227;o Sebast&#227;o, Villa-Bella, autant de points o&#249; l'or, les diamants, les topazes et les chrysolithes extraits dans les Minas Gerais, les &#171; mines g&#233;n&#233;rales &#187; du royaume, aboutissaient apr&#232;s des semaines de voyage &#224; travers la montagne, transport&#233;s &#224; dos de mulet&#8230; Bougainville a racont&#233; les pr&#233;cautions entourant l'exploitation et le transport. A peine extrait, l'or devait &#234;tre remis &#224; des Maisons des Fondations situ&#233;es dans chaque district : Rio-das-Mortes, Sabara, Serro-Frio. On y percevait les droits de la couronne, et ce qui revenait aux exploitants leur &#233;tait remis en barres marqu&#233;es de leur poids, leur titre, leur num&#233;ro et des armes du roi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les diamants, le syst&#232;me &#233;tait plus strict encore. Les entrepreneurs, raconte Bougainville, &#171; sont oblig&#233;s de donner un compte exact des diamants trouv&#233;s et de les remettre entre les mains de l'intendant pr&#233;pos&#233; par le roi &#224; cet effet. Cet intendant les d&#233;pose aussit&#244;t dans une cassette cercl&#233;e de fer et ferm&#233;e avec trois serrures&#8230; Le vice-roi n'a pas le pouvoir de visiter ce qu'elle renferme. Il consigne seulement le tout &#224; un troisi&#232;me coffre-fort qu'il envoie &#224; Lisbonne, apr&#232;s avoir appos&#233; son cachet sur la serrure. L'ouverture se fait en pr&#233;sence du roi, qui choisit les diamants qu'il veut, et en paye le prix aux entrepreneurs sur le pied d'un tarif r&#233;gl&#233; par leur trait&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette intense activit&#233; qui, pour la seule ann&#233;e 1762, avait port&#233; sur le transport, le contr&#244;le, la frappe et l'exp&#233;dition d cent dix-neuf arrobes d'or, c'est-&#224;-dire plus d'une tonne et demie, rien ne subsiste au long de cette c&#244;te rendue &#224; l'Eden, sinon quelques fa&#231;ades majestueuses et solitaires au fond de leur crique, murailles battues par les flots au pied desquelles abordaient les galions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre repu d'or, le monde eut faim de sucre, mais le sucre consommait lui-m&#234;me des esclaves. L'&#233;puisement des mines &#8211; pr&#233;c&#233;d&#233; d'ailleurs par la d&#233;vastation des for&#234;ts donnant le combustible aux creusets &#8211; l'abolition de l'esclavage, enfin une demande mondiale croissante orientent S&#227;o Paulo et son port Santos vers le caf&#233;. De jaune, puis blanc, l'or est devenu noir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a d'abord d&#233;frich&#233; pour cultiver ; mais au bout de quelques ann&#233;es, le sol &#233;puis&#233; et lav&#233; par les pluies s'est d&#233;rob&#233; aux caf&#233;iers. Et les plantations se sont transport&#233;es plus loin, l&#224; o&#249; la terre &#233;tait encore vierge et fertile&#8230; Une agriculture de rapine s'est saisie d'une richesse gisante et puis s'en est all&#233;e ailleurs, apr&#232;s avoir arrach&#233; quelques profits&#8230; En cent ans, la flamb&#233;e agricole a travers&#233; l'Etat de S&#227;o Paulo. Allum&#233;e au milieu du XIXe si&#232;cle par les mineiros d&#233;laissant leurs filons taris, elle s'est d&#233;plac&#233;e d'est en ouest et j'allais bient&#244;t la rattraper de l'autre c&#244;t&#233; du fleuve Parana s'ouvrant un passage &#224; travers une foule confuse de troncs abattus et de familles d&#233;racin&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1935, les Paulistes se vantaient qu'on construisit dans leur ville, en moyenne, une maison par heure. Il s'agissait alors de villas ; on m'assure que le rythme est rest&#233; le m&#234;me, mais pour les immeubles. La ville se d&#233;veloppe &#224; une telle vitesse qu'il est impossible de s'en procurer un plan : chaque semaine demanderait une nouvelle &#233;dition&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;peignait alors S&#227;o Paulo comme une ville laide. Sans doute, les immeubles du centre &#233;taient pompeux et d&#233;mod&#233;s ; la pr&#233;tentieuse indigence de leur ornementation se trouvait encore aggrav&#233;e par la pauvret&#233; du gros &#339;uvre&#8230; Et pourtant, S&#227;o Paulo n'a jamais paru laide : c'&#233;tait une ville sauvage&#8230; Construite &#224; l'origine sur une terrasse en forme d'&#233;peron pointant vers le nord, au confluent de deux petites rivi&#232;res, les rios Anhangabahu et Tamanduatehy qui se jettent un peu plus bas dans le Rio Tiete, affluent du Parana, ce fut une simple &#171; r&#233;duction d'Indiens &#187; : centre missionnaire autour duquel les j&#233;suites portugais s'efforc&#232;rent, d&#232;s le XVIe si&#232;cle, de grouper les sauvages et de les initier aux vertus de la civilisation. ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'abri de cette faune pierreuse, l'&#233;lite pauliste, pareille &#224; ses orchid&#233;es favorites, formait une flore nonchalante et plus exotique qu'elle ne croyait. Les botanistes enseignent que les esp&#232;ces tropicales comprennent des vari&#233;t&#233;s plus nombreuses que celles des zones temp&#233;r&#233;es bien que chacune soit, en revanche, constitu&#233;e par un nombre par un nombre parfois tr&#232;s petit d'individus. Le &#171; gran fino &#187; local avait pouss&#233; &#224; l'extr&#234;me cette sp&#233;cialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une soci&#233;t&#233; restreinte s'&#233;tait r&#233;parti les r&#244;les. Toutes les occupations, tous les go&#251;ts, les curiosit&#233;s justiciables de la civilisation contemporaine s'y rencontraient, mais chacune figur&#233;e par un seul repr&#233;sentant. Nos amis n'&#233;taient pas des personnes, mais plut&#244;t des fonctions dont l'importance intrins&#232;que, moins que leur disponibilit&#233;, semblait avoir d&#233;termin&#233; la liste. Il y avait ainsi le catholique, le lib&#233;ral, le l&#233;gitimiste, le communiste ; ou, sur un autre plan, le gastronome, le bibliophile, l'amateur de chiens (ou de chevaux) de race, de peinture ancienne, de peinture moderne ; et aussi l'&#233;rudit local, le po&#232;te surr&#233;aliste, le musicologue, le peintre&#8230; Il faut bien reconna&#238;tre que certains r&#244;les &#233;taient tenus avec un brio extraordinaire, d&#251; &#224; la combinaison de la fortune h&#233;rit&#233;e, du charme inn&#233; et de la roublardise acquise, qui rendaient si d&#233;licieuse et si d&#233;cevante en m&#234;me temps la fr&#233;quentation des salons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce Br&#233;sil qui avait connu quelques &#233;clatantes r&#233;ussites individuelles, mais rares : Euclides da Cunha, Oswaldo Cruz, Chagas, Villa-Lobos, la culture &#233;tait rest&#233;e, jusqu'&#224; une &#233;poque r&#233;cente, un jouet pour les riches. Et c'est parce que cette oligarchie avait besoin d'une opinion publique d'inspiration civile et la&#239;que, pour faire pi&#232;ce &#224; l'influence traditionnelle de l'Eglise et de l'arm&#233;e ainsi qu'au pouvoir personnel, qu'en cr&#233;ant l'Universit&#233; de S&#227;o Paulo, elle entreprit d'ouvrir la culture &#224; une plus large client&#232;le&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des XIXe et XXe si&#232;cles, l'anneau mouvant de la frange pionni&#232;re s'&#233;tait lentement d&#233;plac&#233; d'est en ouest et du sud vers le nord. En1836, seule la Norte, c'est-&#224;-dire la r&#233;gion entre Rio et S&#227;o Paulo &#233;tait solidement occup&#233;e, et le mouvement gagnait la zone centrale de l'Etat. Vingt ans plus tard, la colonisation mordait au nord-est sur la Mogiana et la Paulista ; en 1886, elle entamait l'Araquara, l'Alta Sorocabana et la Noroeste. Dans ces derni&#232;res zones, en 1935 encore, la courbe de croissance de la population &#233;pousait celle de la production du caf&#233; tandis que, dans les vieilles terres du Nord, l'effondrement de l'une anticipait d'un demi-si&#232;cle le d&#233;clin de l'autre : la chute d&#233;mographique commence &#224; s'y faire sentir &#224; partir de 1920, alors que, d&#232;s 1854, les terres &#233;puis&#233;es tombent &#224; l'abandon&#8230; C'est seulement dans les grandes villes de la c&#244;te &#8211; Rio et S&#227;o Paulo &#8211; que l'expansion urbaine semblait avoir une base assez solide pour para&#238;tre irr&#233;versible : S&#227;o Paulo comptait 240 000 habitants en 1900, 580 000 en 1920, passait le million en 1928 et double ce cap aujourd'hui. Mais, &#224; l'int&#233;rieur, les esp&#232;ces urbaines naissaient et disparaissaient, en m&#234;me temps qu'elle se peuplait, la province se d&#233;peuplait&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'on quittait la c&#244;te, il ne fallait pas perdre de vue que, depuis un si&#232;cle, le Br&#233;sil s'&#233;tait transform&#233; plus qu'il ne s'&#233;tait d&#233;velopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque imp&#233;riale, l'occupation humaine &#233;tait faible, mais relativement bien r&#233;partie. Si les villes littorales ou voisines restaient petites, celles de l'int&#233;rieur avaient une vitalit&#233; plus grande qu'aujourd'hui. Par un paradoxe historique qu'on a trop souvent tendance &#224; oublier, l'insuffisance g&#233;n&#233;rale des moyens de communication favorisait les plus mauvais ; quand on n'avait d'autre ressource que d'aller &#224; cheval, on &#233;prouvait moins de r&#233;pugnance &#224; prolonger de tels voyages pendant des mois plut&#244;t que des jours ou des semaines, et &#224; s'enfoncer l&#224; o&#249; le mulet seul pouvait se risquer. L'int&#233;rieur du Br&#233;sil vivait solidairement d'une vie lente sans doute, mais continue&#8230; Si l'on excepte les r&#233;gions les plus recul&#233;es, l'abandon dans lequel &#233;tait tomb&#233; le Br&#233;sil central au d&#233;but du XXe si&#232;cle ne refl&#233;tait nullement une situation primitive : il &#233;tait le prix pay&#233; pour l'intensification du peuplement et des &#233;changes dans les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res, en raison des conditions de vie modernes qui s'y instauraient ; tandis que l'int&#233;rieur, parce que le progr&#232;s y &#233;tait trop difficile, r&#233;gressait au lieu de suivre le mouvement au rythme ralenti qui lui appartient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat de S&#227;o Paulo &#233;voque aussi d'autres &#233;v&#233;nements : la lutte qui, d&#232;s le XVIe si&#232;cle, opposa les j&#233;suites et les planteurs, chacun d&#233;fendant une autre forme de peuplement. Avec les r&#233;ductions, les premiers voulaient arracher les Indiens &#224; la vie sauvage et les grouper sous leur direction dans un genre de vie communal&#8230; Les planteurs, fazendeiros, jalousaient le pouvoir temporel des missions qui freinait leurs exactions et les privait aussi de main d'&#339;uvre servile. Ils lan&#231;aient des exp&#233;ditions punitives &#224; la suite desquelles pr&#234;tres et Indiens se d&#233;bandaient. Ainsi s'explique ce trait singulier de la d&#233;mographie br&#233;silienne que la vie de village, h&#233;riti&#232;re des aldeias, se soit maintenue dans les r&#233;gions les plus pauvres, tandis qu'ailleurs, l&#224; o&#249; une terre riche &#233;tait &#226;prement convoit&#233;e, la population n'avait d'autre choix que de se grouper autour de la maison du ma&#238;tre, dans les cahutes de paille ou de torchis toutes semblables, o&#249; le propri&#233;taire pouvait garder l'&#339;il sur les colons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis un jour, sur quelques milliers d'hectares re&#231;us en concession, un &#171; colonel &#187; - titre lib&#233;ralement distribu&#233; aux gros propri&#233;taires et aux agents politiques &#8211; cherche &#224; se b&#226;tir une influence ; il recrute, il embauche, il rabat une population flottante&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1935, deux types de villes conservaient un aspect traditionnel tout en restant vivantes. C'&#233;taient les pousos, villages de carrefour, et les bocas de sert&#227;o, &#171; bouches de la brousse &#187;, &#224; l'aboutissement des pistes. D&#233;j&#224; le camion commen&#231;ait &#224; se substituer aux anciens moyens de transport : caravanes de mules ou chars &#224; b&#339;ufs, empruntant les m&#234;mes pistes, contraint par leur &#233;tat pr&#233;caire &#224; rouler en premi&#232;re ou en seconde sur des centaines de kilom&#232;tres, r&#233;duit au m&#234;me rythme de marche que les b&#234;tes de somme et astreint aux m&#234;mes &#233;tapes o&#249; se cotoyaient les chauffeurs en salopettes huileuses et les tropeiros harnach&#233;s de cuir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque de la d&#233;couverte, toute la zone sud du Br&#233;sil servait d'habitat &#224; des groupements parents par la langue et par la culture et que l'on confondait nagu&#232;re sous le nom de G&#233;. Ils avaient &#233;t&#233; vraisemblablement refoul&#233;s par des envahisseurs r&#233;cents de langue tupi qui occupaient d&#233;j&#224; toute la bande c&#244;ti&#232;re et contre lesquels ils luttaient. Prot&#233;g&#233;s par leur repli dans des zones d'acc&#232;s difficile, les G&#233; du sud du Br&#233;sil ont surv&#233;cu pendant quelques si&#232;cles aux Tupi, vite liquid&#233;s par les colonisateurs. Dans les for&#234;ts des Etats m&#233;ridionaux : Parana et Santa Catarina, des petites bandes sauvages se sont maintenues jusqu'au XXe si&#232;cle ; il en subsistait peut-&#234;tre quelques-unes en 1935, si f&#233;rocement pers&#233;cut&#233;es au cours des cent derni&#232;res ann&#233;es qu'elles se rendaient invisibles ; mais la plupart avaient &#233;t&#233; r&#233;duites et fix&#233;es par le gouvernement br&#233;silien, aux environs de 1914, dans plusieurs centres. Au d&#233;but, on s'effor&#231;a de les int&#233;grer &#224; la vie moderne&#8230; Vingt ans plus tard, ces tentatives &#233;taient abandonn&#233;es. En laissant les Indiens &#224; leurs ressources, le Service de Protection t&#233;moignait de l'indiff&#233;rence dont il &#233;tait devenu l'objet de la part des pouvoirs publics&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des exemples de soci&#233;t&#233; indienne est celle des Mbaya-Guaicuru dont, avec les Toba et les Pilaga du Paraguay, les Caduveo du Br&#233;sil sont aujourd'hui les derniers repr&#233;sentants&#8230; Nobles hommes et nobles dames se divertissaient aux tournois ; ils &#233;taient d&#233;charg&#233;s des travaux subalternes par une population plus anciennement install&#233;e, diff&#233;rente par la langue et la culture, les Guana. Les Tereno, qui sont leurs derniers repr&#233;sentants, vivent dans une r&#233;serve gouvernementale, non loin de la petite ville de Miranda o&#249; je suis all&#233; les visiter. Ces Guana cultivaient la terre et payaient un tribut de produits agricoles aux seigneurs mbaya en &#233;change de leur protection, entendez pour se pr&#233;server du pillage et des d&#233;pr&#233;dations exerc&#233;es par les bandes de cavaliers arm&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Mbaya &#233;taient organis&#233;s en castes : au sommet de l'&#233;chelle sociale, les nobles divis&#233;s en deux ordres, grands nobles h&#233;r&#233;ditaires et anoblis individuels, g&#233;n&#233;ralement pour sanctionner la co&#239;ncidence de leur naissance avec celle d'un enfant de haut rang. Les grands nobles se distinguaient au surplus entre branches a&#238;n&#233;es et branches cadettes. Ensuite venaient les guerriers, parmi lesquels les meilleurs &#233;taient admis, apr&#232;s initiation, dans une confr&#233;rie qui donnait droit au port de noms sp&#233;ciaux et &#224; l'emploi d'une langue artificielle form&#233;e par l'adjonction d'un suffixe &#224; chaque mot, comme dans certains argots. Les esclaves chamacoco ou d'autre extraction et les serfs guana constituaient la pl&#232;be, bien que ces dernier aient adopt&#233;, pour leurs besoins propres, une division en trois castes imit&#233;e de leurs ma&#238;tres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Rondon annon&#231;a qu'il allait ouvrir &#224; la civilisation la r&#233;gion du nord-ouest, des souvenirs se ranim&#232;rent&#8230; Vers 1900, le plateau septentrional &#233;tait rest&#233; une r&#233;gion mythique, o&#249; l'on affirmait m&#234;me que se trouvait une cha&#238;ne de montagnes, la Sera do Norte, que la plupart des cartes continuent de mentionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ignorance, combin&#233;e avec les r&#233;cits de la p&#233;n&#233;tration, r&#233;cente encore, du Far West am&#233;ricain et de la ru&#233;e vers l'or, inspira de folles esp&#233;rances &#224; la population du Mato Grosso et m&#234;me &#224; celle de la c&#244;te. A la suite des hommes de Rondon posant leur fil t&#233;l&#233;graphique, un flot d'&#233;migrants allait envahir des territoires aux ressources insoup&#231;onn&#233;es, y b&#226;tir quelque Chicago br&#233;silienne. Il fallut d&#233;chanter : &#224; l'image du nord-est o&#249; sont les terres maudites du Br&#233;sil d&#233;peintes par Euclides da Cunha dans &#171; Os Sert&#245;es &#187;, la Sera do Norte allait se r&#233;v&#233;ler savane semi d&#233;sertique et l'une des zones les plus ingrates du continent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1931, le poste t&#233;l&#233;graphique de Paressi, situ&#233; dans une r&#233;gion relativement fr&#233;quent&#233;e &#224; trois cents kilom&#232;tres au nord de Cuiba et &#224; quatre-vingts kilom&#232;tres de Diamantino seulement avait &#233;t&#233; attaqu&#233; et d&#233;truit par des Indiens inconnus, sortis de la vall&#233;e du Rio do Sangue qu'on croyait inhabit&#233;e. Ces sauvages avaient &#233;t&#233; baptis&#233;s bei&#231;os de pau, museau de bois, en raison des disques qu'ils portaient ench&#226;ss&#233;s dans la l&#232;vre inf&#233;rieure et les lobes des oreilles. Depuis lors, leurs sorties s'&#233;taient r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; intervalles irr&#233;guliers, de sorte qu'il avait fallu d&#233;placer la piste d'environ quatre-vingts kilom&#232;tres vers le sud. Quant aux Nambikwara, nomades qui fr&#233;quentaient par intermittence les postes depuis 1909, leurs relations avec les blancs avaient &#233;t&#233; marqu&#233;es par des fortunes diverses. Assez bonnes au d&#233;but, elles empir&#232;rent progressivement jusqu'en 1925, date &#224; laquelle sept travailleurs furent convi&#233;s par les indig&#232;nes &#224; visiter leurs villages o&#249; ils disparurent. A partir de ce moment, Nambikwara et les gens de la ligne s'&#233;vit&#232;rent. En 1933, une mission protestante vint s'installer non loin du poste de Juruena ; il semble que les rapports s'aigrirent vite, les indig&#232;nes ayant &#233;t&#233; m&#233;contents des pr&#233;sents &#8211; insuffisants dit-on &#8211; par lesquels les missionnaires reconnurent leur aide pour la construction de la maison et la plantation du jardin. Quelques mois plus tard, un Indien fi&#233;vreux se pr&#233;senta &#224; la mission et re&#231;ut publiquement deux comprim&#233;s d'aspirine qu'il absorba apr&#232;s quoi il s'en alla prendre un bain de rivi&#232;re, eut une congestion et mourut. Comme les Nambikwara sont des empoisonneurs experts, ils conclurent que leur compagnon avait &#233;t&#233; assassin&#233; : une attaque de repr&#233;sailles eut lieu, au cours de laquelle les six membres de la mission furent massacr&#233;s&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment l'incident responsable du massacre avait-il pu se produire ? Je m'en rendis compte moi-m&#234;me &#224; l'occasion d'une maladresse qui faillit me co&#251;ter cher. Les Nambikwara ont des connaissances toxicologiques. Ils fabriquent du curare pour leurs fl&#232;ches &#224; partir d'une infusion de la pellicule rouge rev&#234;tant la racine de certains strychos, qu'ils font &#233;vaporer au feu jusqu'&#224; ce que le m&#233;lange ait acquis une consistance p&#226;teuse et ils emploient d'autres poisons v&#233;g&#233;taux que chacun transporte avec soi sous forme de poudres enferm&#233;es dans des tubes de plume ou de bambou, entour&#233;s de fils de coton ou d'&#233;corce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces poisons servent aux vengeances commerciales ou amoureuses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre ces poisons de caract&#232;re scientifique, que les indig&#232;nes pr&#233;parent ouvertement sans aucune de ces pr&#233;cautions et complications magiques qui accompagnent, plus au nord, la fabrication du curare, les Nambikwara en ont d'autres dont la nature est myst&#233;rieuse. Dans des tubes identiques &#224; ceux contenant les poisons vrais, ils recueillent des particules de r&#233;sine exsud&#233;e par une arbre du genre bombax, au tronc renfl&#233; dans sa partie moyenne ; ils croient qu'en projetant une particule sur un adversaire, ils provoqueront une condition physique semblable &#224; celle de l'arbre : la victime enflera et mourra&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces explications &#233;taient n&#233;cessaires pour comprendre ce qui suit. J'avais emport&#233; dans mes bagages quelques-uns de ces grands ballons multicolores en papier de soie qu'on emplit d'air chaud en suspendant &#224; leur base une petite torche, et qu'on lance par centaines, au Br&#233;sil, &#224; l'occasion de la f&#234;te de la Saint-Jean ; l'id&#233;e malencontreuse me vint un soir d'en offrir le spectacle aux indig&#232;nes&#8230; Mais la gaiet&#233; du d&#233;but avait fait place &#224; d'autres sentiments, les hommes regardaient avec attention et hostilit&#233;, et les femmes, t&#234;te enfouie entre les bras et blotties l'une contre l'autre, &#233;taient terrifi&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cet incident et d'autres que je conterai par la suite, n'ont rien enlev&#233; &#224; l'amiti&#233; que seule pouvait inspirer une intimit&#233; prolong&#233;e avec les Nambikwara. Aussi ai-je &#233;t&#233; boulevers&#233; en lisant r&#233;cemment, dans une publication d'un coll&#232;gue &#233;tranger, la relation de sa rencontre avec la m&#234;me bande indig&#232;ne dont, dix ans avant qu'il ne la visit&#226;t, j'avais partag&#233; l'existence &#224; Utiarity...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre auteur s'exprime comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De tous les Indiens que j'ai vus au Mato Grosso, cette bande rassemblait les plus mis&#233;rables&#8230; Les Nambikwara sont hargeux et impolis jusqu'&#224; la grossieret&#233;. Quand je rendais visite &#224; Julio &#224; son campement, il arrivait souvent que je le trouve couch&#233; pr&#232;s du feu ; mais en me voyant approcher il me tournait le dos en d&#233;clarant qu'il ne d&#233;sirait pas me parler. Les missionnaires m'ont racont&#233; qu'un Nambikwara demandera plusieurs fois qu'on lui donne un objet, mais qu'en cas de refus, il essayera de s'en emparer&#8230; Il n'est pas n&#233;cessaire de rester longtemps chez les Nambikwara pour prendre conscience de leurs sentiments profonds de haine, de m&#233;fiance et de d&#233;sespoir qui suscitent chez l'observateur un &#233;tat de d&#233;pression dont la sympathie n'est pas compl&#232;tement exclue. &#187; (extrait de K. Oberg, &#171; Indian Tribes of Northern Mato Grosso, Brazil &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, qui les ai connus &#224; une &#233;poque o&#249; les maladies introduites par l'homme blanc les avaient d&#233;j&#224; d&#233;cim&#233;s, mais o&#249; &#8211; depuis les tentative toujours humaines de Rondon &#8211; nul n'avait entrepris de les soumettre, je voudrais oublier cette description navrante et ne rien conserver dans la m&#233;moire, que ce tableau repris de mes carnets de notes o&#249; je griffonnai une nuit &#224; la lueur de ma lampe de poche :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; (&#8230;) On devine chez tous une immense gentillesse, une profonde insouciance, une na&#239;ve et charmante satisfaction animale, et, rassemblant ces sentiments divers, quelque chose comme l'expression la plus &#233;mouvante et la plus v&#233;ridique de la tendresse humaine. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si peu connus que fussent les Indiens du Pimenta-Bueno, je ne pouvais attendre d'eux le choc ressenti par les grands auteurs : L&#233;ry, Staden, Thevet, qui, il y a quatre cents ans, mirent le pied sur le territoire br&#233;silien. Ce qu'ils virent alors, nos yeux ne l'apercevront jamais plus. Les civilisations qu'ils furent les premiers &#224; consid&#233;rer s'&#233;taient d&#233;velopp&#233;es selon d'autres lignes que les n&#244;tres, elles n'en avaient pas moins atteint toute la pl&#233;nitude et toute la perfection compatibles avec leur nature, tandis que les soci&#233;t&#233;s que nous pouvons &#233;tudier aujourd'hui &#8211; dans des conditions qu'il serait illusoire de comparer &#224; celles pr&#233;valant il y a quatre si&#232;cles &#8211; ne sont plus que des corps d&#233;biles et des formes mutil&#233;es. Malgr&#233; d'&#233;normes distances et toutes sortes d'interm&#233;diaires (d'une bizarrerie souvent d&#233;concertante quand on parvient &#224; en reconna&#238;tre la cha&#238;ne), elles ont &#233;t&#233; foudroy&#233;es par ce monstrueux et incompr&#233;hensible cataclysme que fut, pour une si large et si innocente fraction de l'humanit&#233;, le d&#233;veloppement de la civilisation occidentale ; celle-ci aurait bien tort d'oublier qu'il lui fait un second visage, pas moins v&#233;ridique et ind&#233;l&#233;bile que l'autre&#8230; Si l'Occident a produit des ethnographes, c'est qu'un bien puissant remords devait le tourmenter, l'obligeant &#224; confronter son image &#224; celle de soci&#233;t&#233;s diff&#233;rentes dans l'espoir qu'elles r&#233;fl&#233;chiront les m&#234;mes tares ou l'aideront &#224; expliquer comment les siennes se sont d&#233;velopp&#233;es dans son sein&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude de ces sauvages apporte autre chose que la r&#233;v&#233;lation d'un &#233;tat de nature utopique, ou la d&#233;couverte de la soci&#233;t&#233; parfaite au c&#339;ur des for&#234;ts, elle nous aide &#224; b&#226;tir un mod&#232;le th&#233;orique de la soci&#233;t&#233; humaine, qui ne correspond &#224; aucune r&#233;alit&#233; observable, mais &#224; l'aide duquel nous parviendrons &#224; d&#233;m&#234;ler ce qu'il y a d'originaire et d'artificiel dans la nature actuelle de l'homme et &#224; bien conna&#238;tre un &#233;tat qui n'existe plus, qui peut-&#234;tre n'a point exist&#233;, qui probablement n'existera jamais, et dont il est pourtant n&#233;cessaire d'avoir des notions justes pour bien juger de notre &#233;tat pr&#233;sent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque &#234;tre homme signifie, pour chacun de nous, appartenir &#224; une classe, &#224; une soci&#233;t&#233;, &#224; un pays, &#224; un continent et &#224; une civilisation ; et que pour nous, Europ&#233;ens et terriens, l'aventure au c&#339;ur du Nouveau Monde signifie d'abord qu'il ne fut pas le n&#244;tre, et que nous portons le crime de sa destruction ; et ensuite, qu'il n'y en aura pas d'autres : ramen&#233;s &#224; nous-m&#234;mes par cette confrontation, sachons au moins l'exprimer dans ses termes premiers &#8211; en premier lieu, et nous rapportant &#224; un temps o&#249; notre monde a perdu la chance qui lui &#233;tait offerte de choisir entre ses missions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Tristes tropiques &#187; (1955) de Claude L&#233;vi-Strauss&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire aussi :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=2VSUCwAAQBAJ&amp;pg=PT349&amp;dq=gallica+l%C3%A9vi-strauss&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjOsZvp0tHcAhWHyIUKHbG8BU8Q6AEIOTAD#v=onepage&amp;q=gallica%20l%C3%A9vi-strauss&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une histoire du Br&#233;sil&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Colonisation/01&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le Br&#233;sil et la colonisation &#187;, par Elis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Colonisation/02&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le Br&#233;sil et la colonisation &#187;, deuxi&#232;me partie, par Elis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Voyages_dans_l%E2%80%99int%C3%A9rieur_du_Br%C3%A9sil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Voyages dans l'int&#233;rieur du Br&#233;sil &#187;, par M. de Saint-Hilaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_d%E2%80%99un_voyage_faict_en_la_terre_du_Br%C3%A9sil/Texte_entier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Histoire d'un voyage fait en terre du Br&#233;sil &#187; par Jean de L&#233;ry&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Empire_du_Br%C3%A9sil_et_la_soci%C3%A9t%C3%A9_br%C3%A9silienne_en_1850&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'empire du Br&#233;sil et la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne en 1850 &#187;, par Emile Adet&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_en_1844/1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le Br&#233;sil en 1844 &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_en_1844/2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le Br&#233;sil en 1844 &#187;, deuxi&#232;me partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_en_1858_sous_l%E2%80%99empereur_dom_Pedro_II&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le Br&#233;sil sous l'empereur Dom Pedro II&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_br%C3%A9silienne/01&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le Br&#233;sil et la Soci&#233;t&#233; br&#233;silienne &#187;, premi&#232;re partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_br%C3%A9silienne/02&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le Br&#233;sil et la Soci&#233;t&#233; br&#233;silienne &#187;, deuxi&#232;me partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Br%C3%A9sil_et_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_br%C3%A9silienne/03&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le Br&#233;sil et la Soci&#233;t&#233; br&#233;silienne &#187;, troisi&#232;me partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Un_souvenir_du_Br%C3%A9sil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Un souvenir du Br&#233;sil &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Voyages_d%E2%80%99exploration_d%E2%80%99un_docteur_allemand_dans_le_Br%C3%A9sil_central&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les voyages d'exploration d'un docteur allemand dans le Br&#233;sil central &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Br%C3%A9sil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Petite histoire du Br&#233;sil&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Bella-Union_%E2%80%93_Destruction_r%C3%A9cente_des_Indiens_Guaranis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Bella-Union &#8211; Destruction r&#233;cente des Indiens Guaranis &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Indiens_de_la_Pampas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les Indiens de la Pampa &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Amazonie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Amazonie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Yanomami&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Yanomami&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Peuples_indig%C3%A8nes_du_Br%C3%A9sil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les peuples indig&#232;nes du Br&#233;sil&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.survivalinternational.fr/peuples/bresil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Indiens menac&#233;s de mort dans le Br&#233;sil actuel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.survivalinternational.fr/actu/9195&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un rapport sur le g&#233;nocide des Indiens du Br&#233;sil sort de l'ombre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=indiens+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article4199</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article4199</guid>
		<dc:date>2016-11-04T00:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil Brazil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rindiens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire sur les Am&#233;rindiens L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, la structure tribale des Indiens du Br&#233;sil ne se rencontre plus que dans des endroits retir&#233;s de la for&#234;t amazonienne. La quasi-totalit&#233; de la population indig&#232;ne s'est int&#233;gr&#233;e dans un &#233;tat de style europ&#233;en, fusionnant avec les immigrants et adoptant le mode de vie europ&#233;en. Une nouvelle politique gouvernementale prot&#232;ge les &#034;non-assimil&#233;s&#034; subsistants depuis une cinquantaine d'ann&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il subsiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Br&#233;sil Brazil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot302" rel="tag"&gt;Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot302&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire sur les Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6981 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-1895.jpg' width=&#034;250&#034; height=&#034;169&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-1894.jpg' width=&#034;450&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-1893.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-1893.jpg' width=&#034;2362&#034; height=&#034;1181&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/gif/-79.gif' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/gif&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/gif/-79.gif' width=&#034;1004&#034; height=&#034;770&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la structure tribale des Indiens du Br&#233;sil ne se rencontre plus que dans des endroits retir&#233;s de la for&#234;t amazonienne. La quasi-totalit&#233; de la population indig&#232;ne s'est int&#233;gr&#233;e dans un &#233;tat de style europ&#233;en, fusionnant avec les immigrants et adoptant le mode de vie europ&#233;en. Une nouvelle politique gouvernementale prot&#232;ge les &#034;non-assimil&#233;s&#034; subsistants depuis une cinquantaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il subsiste quelques milliers d'Indiens dans la for&#234;t amazonienne. Les autres ont &#233;t&#233; &#233;limin&#233;s de mille et une mani&#232;res. Les groupes isol&#233;s r&#233;sidant dans l'Etat de l'Acre sont probablement des survivants de l'&#233;poque du boom du caoutchouc, durant laquelle de nombreux Indiens furent r&#233;duits en esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e des europ&#233;ens allait apporter des changements dramatiques : pillage des ressources naturelles, esclavage et extermination des peuples autochtones de ce coin du monde. Il s'agit d'une des plus grandes catastrophes d&#233;mographiques de l'histoire r&#233;cente ; elle s'est poursuivie aux 19&#232;me et 20&#232;me si&#232;cles avec l'exploitation du caoutchouc :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Tout le long des voies navigables, partout o&#249; pouvait arriver un canot ou une embarcation, les villages &#233;taient attaqu&#233;s, incendi&#233;s et la population chass&#233;e ou extermin&#233;e. Des groupes d'Indiens chass&#233;s de leurs terres parcouraient la jungle en toutes directions. Partout o&#249; ils allaient, ils rencontraient des collectionneurs de caoutchouc et d'autres substances du genre, ne reculant devant rien pour les exterminer&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
(Darcy Ribeiro, Los indios y la civilizacion, 1979).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Amazonie est objet d'envie et de convoitise pour bien des acteurs : industrie du bois et du papier, compagnies p&#233;troli&#232;res et mini&#232;res, entreprises pharmaceutiques, alimentaires, hydro&#233;lectriques et maritimes, sans oublier les constructeurs des grands axes routiers qui traversent la jungle et les territoires des peuples autochtones qui y habitent. Les mafias de la drogue sont les ma&#238;tres de la r&#233;gion et ont sous leurs ordres une arm&#233;e de bandits arm&#233;s et de mercenaires pr&#234;ts &#224; tout. La r&#233;ponse imm&#233;diate des &#201;tats est la militarisation de l'Amazonie. Les plus touch&#233;s dans ces processus sont les peuples indig&#232;nes et les communaut&#233;s habitant la r&#233;gion depuis des temps imm&#233;moriaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Valdelice Veron et Nathana&#235;l Vilharva-C&#225;ceres, les deux repr&#233;sentants Guarani-Kaiowa, ont lanc&#233; un cri d'alarme pour d&#233;noncer les atteintes &#224; leurs droits et le saccage du poumon vert de la plan&#232;te : &#171; Les Guarani-Kaiowa, c'est un peuple autochtone du Br&#233;sil. Ils sont 45.000 &#224; vivre dans l'Etat du Mato Grosso do Sul au sud-ouest du pays, r&#233;gion limitrophe avec le Paraguay et la Bolivie. C'est le plus gros peuple autochtone du pays qui compte 890.000 indiens de 305 ethnies diff&#233;rentes. &#171; Guarani-Kaiowa &#187; signifie &#171; peuple de la for&#234;t &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La menace est extr&#234;mement grave, puisque l'on parle de disparition de leur peuple. Les Guarani-Kaiowa sont expuls&#233;s de leurs terres au profit de grands propri&#233;taires terriens ou de multinationales. Ils sont parfois entass&#233;s dans des r&#233;serves o&#249; ils vivent dans des conditions indignes. Mais ils vivent aussi sous des b&#226;ches au bord de l'autoroute. La seule perspective de travail qu'ils ont est de travailler pour ces grands propri&#233;taires dans des conditions qui sont proches de l'esclavage. Et pour ceux qui d&#233;cident de r&#233;sister et de rester sur leurs terres, comme c'est le cas pour Valdelice Veron et Nathana&#235;l Vilharva-C&#225;ceres, ils font face &#224; des agressions ou des assassinats de la part des hommes de main des grands propri&#233;taires. Depuis 2003, il y a 299 chefs indiens qui ont &#233;t&#233; assassin&#233;s. Ils font face aussi &#224; de la d&#233;tention arbitraire et &#224; la destruction de leurs villages. Quand ils se font attaqu&#233;s, leurs villages sont incendi&#233;s, leurs cultures et leurs biens sont d&#233;truits. Il y a des enfants qui souffrent de malnutrition : entre 2003 et 2008, 80 enfants indig&#232;nes sont morts dans cet Etat. Et cette population a un des taux de suicide les plus &#233;lev&#233;s du monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les terres desquelles sont expuls&#233;s les Guarani-Kaiowa sont des terres traditionnelles. Dans la constitution de 1988, il est dit que les terres traditionnelles indiennes sont la propri&#233;t&#233; des populations autochtones. Reconnaitre une terre traditionnelle est un processus qui se fait en quatre &#233;tapes. Un groupe d'experts fait d'abord un rapport qui d&#233;termine si la terre o&#249; se trouvent les populations est, ou non, traditionnelle. Puis le Tribunal Sup&#233;rieur F&#233;d&#233;ral v&#233;rifie la constitutionnalit&#233; de ce rapport. Ensuite, le Fond National de l'Indien publie un d&#233;cret de d&#233;marcation des terres, et enfin le gouvernement doit valider cette d&#233;marcation. Dans le cas des Guarani-Kaiowa, depuis des ann&#233;es tout ce processus est fait, sauf que le gouvernement bloque la validation. Il viole ainsi la constitution br&#233;silienne pour permettre l'expropriation des populations autochtones pour l'agro-business. Il faut savoir qu'une grande majorit&#233; des d&#233;put&#233;s br&#233;siliens ont des int&#233;r&#234;ts dans l'agro-business. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains autres Indiens, comme les Aw&#225; isol&#233;s, sont des chasseurs-cueilleurs nomades qui se d&#233;placent constamment, qui peuvent construire un abri en quelques heures et l'abandonner quelques jours apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup ont &#233;t&#233; &#233;limin&#233;s d&#233;j&#224; par les maladies dues au simple contact avec nous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est pas rare que 50% de la population d'une tribu succombe &#224; des maladies allog&#232;nes telles que la rougeole ou la grippe dans l'ann&#233;e qui suit leur premier contact.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, la moiti&#233; des Matis a disparu apr&#232;s leur premier contact. Jeunes et anciens, dont nombre de chamanes, p&#233;rirent des maladies introduites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Yanomami, une tribu relativement isol&#233;e forte de 19 000 membres qui occupe 9,4 millions d'hectares au nord de l'Amazonie, une superficie l&#233;g&#232;rement plus grande que celle de la Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tribu amazonienne la plus nombreuse est celle des Tikuna, forte de 40 000 membres. La plus petite ne compte qu'un seul individu, un homme qui vit en Amazonie occidentale sur une toute petite parcelle de for&#234;t cern&#233;e par des fermes d'&#233;levage et de plantations de soja, et qui refuse toute tentative de contact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population de nombreux groupes amazoniens n'atteint pas un millier d'individus. Les Akuntsu, par exemple, ne sont que 5 et les Aw&#225; seulement 450.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la for&#234;t amazonienne, de nombreuses tribus am&#233;rindiennes ont conserv&#233; la libert&#233; sexuelle des femmes et le matriarcat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.atlantico.fr/decryptage/mois-apres-decouverte-cette-tribu-amazonienne-est-deja-malade-grippe-1032637.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Et paf ! Un mois apr&#232;s sa d&#233;couverte cette tribu amazonienne est d&#233;j&#224; malade de la grippe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Palmares, une r&#233;volution des esclaves noirs du Br&#233;sil menant pendant plus d'un si&#232;cle &#224; la premi&#232;re r&#233;publique noire ind&#233;pendante</title>
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		<dc:date>2016-02-29T00:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil Brazil</dc:subject>
		<dc:subject>Benjamin P&#233;ret</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Zumbi dos Palmares, leader r&#233;volutionnaire Palmares, une r&#233;volution des esclaves noirs du Br&#233;sil menant pendant plus d'un si&#232;cle &#224; la premi&#232;re r&#233;publique noire ind&#233;pendante &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est vers la seconde moiti&#233; du XVIe si&#232;cle, avec l'expansion de la production, hautement profitable, de la canne &#224; sucre dans les grandes plantations seigneuriales du Nord-Est br&#233;silien, que le trafic n&#233;grier a commenc&#233; l'importation d'esclaves d'Afrique : ils seront plusieurs millions &#224; subir ce sort, au cours des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Br&#233;sil Brazil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot306" rel="tag"&gt;Benjamin P&#233;ret&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Zumbi dos Palmares, leader r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6470 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-1509.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;160&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Palmares, une r&#233;volution des esclaves noirs du Br&#233;sil menant pendant plus d'un si&#232;cle &#224; la premi&#232;re r&#233;publique noire ind&#233;pendante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est vers la seconde moiti&#233; du XVIe si&#232;cle, avec l'expansion de la production, hautement profitable, de la canne &#224; sucre dans les grandes plantations seigneuriales du Nord-Est br&#233;silien, que le trafic n&#233;grier a commenc&#233; l'importation d'esclaves d'Afrique : ils seront plusieurs millions &#224; subir ce sort, au cours des trois si&#232;cles suivants. Soumis &#224; des conditions de vie et de travail souvent inhumaines, dont le symbole reste la flagellation par un fouet sp&#233;cial, le bacalhau, beaucoup d'esclaves ont tent&#233;, et parfois r&#233;ussi le marronnage, la fuite. Profitant des conflits entre les puissances coloniales, la Hollande, qui tentait dans les ann&#233;es 1632-1644 de s'approprier cette r&#233;gion, et le Portugal, des esclaves fugitifs se sont &#233;tablis, surtout &#224; partir de 1630, dans la zone des Palmares, entour&#233;e de for&#234;ts vierges et situ&#233;e au sud de la province du Pernambouc (aujourd'hui Etat de l'Alag&#244;as). Plusieurs villages, f&#233;d&#233;r&#233;s entre eux et rassemblant plusieurs milliers de personnes, se sont constitu&#233;s, vivant d'une agriculture de subsistance et du pillage ou de l'imposition des colons portugais des environs. Lors d'exp&#233;ditions de ce type, les Noirs marrons lib&#233;raient des esclaves &#8212; surtout des femmes ! &#8212; et les emmenaient, contraints ou par libre choix, vers leurs r&#233;duits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot quilombo, d'origine africaine &#8212; en Angola, un campement militaire &#8212; d&#233;signait au Br&#233;sil ce type de communaut&#233; ou conf&#233;d&#233;ration de villages d'anciens esclaves. Celui des Palmares est loin d'avoir &#233;t&#233; le seul : il est l'exemple le plus important, et le plus frappant, d'une s&#233;rie de r&#233;voltes d'esclaves et de mouvements de marronnage, qui se sont succ&#233;d&#233; au cours des trois si&#232;cles qu'a dur&#233; l'esclavage au Br&#233;sil (aboli seulement en 1888 !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Palmares est un Mocambo, c'est-&#224;-dire un peuplement d'esclaves noirs fugitifs fond&#233; au plus tard vers 1606 dans le Nord Est de la colonie portugaise du Br&#233;sil. Il est plus r&#233;cemment qualifi&#233; de Quilombo, un terme &#224; la signification similaire en portugais br&#233;silien contemporain. Mocambo, qui est probablement d&#233;riv&#233; du mot ambundu mu-kambo qui signifie &#8216;cachette'. Quilombo est probablement d&#233;riv&#233; du mot ki-lombo qui signifie, dans la m&#234;me langue, camp d'initiation masculin et par extension, camp militaire. Cette pr&#233;&#233;minence du vocabulaire de ces langues parl&#233;es dans l'actuel Angola est probablement indicatrice de la forte pr&#233;sence d'esclaves originaires de cette r&#233;gion. Beaucoup d'habitants de Palmares pourraient bien avoir &#233;t&#233; des descendants d'esclaves d'origine imbangala dans l'actuel Angola. Palmar&#232;s &#233;tait elle-m&#234;me surnomm&#233;e par ses habitants Angola Janga qui provenait peut-&#234;tre du kimbundu &#8216;Angola Iadianga' qui signifie le &#8216;premier Angola'. Le nom &#8216;Palmares' est un nom portugais simplement donn&#233; en r&#233;f&#233;rence au grand nombre de palmiers situ&#233;s dans la localit&#233;. Palmares &#233;tait apparemment dirig&#233; par un monarque &#233;lu ce qui a conduit certains observateurs &#224; qualifier cet &#233;tat de r&#233;publique. Il r&#233;gnait sur une population essentiellement masculine de culture et de religion luso-africaine. La pr&#233;sence d'une &#233;glise sur le territoire de l'&#233;tat &#233;tait par exemple contrebalanc&#233;e par l'usage rituel des peaux de panth&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1605, dans la r&#233;gion de Pernambuco au Br&#233;sil, une quarantaine d'esclaves se r&#233;volt&#232;rent contre leur ma&#238;tre. Ils tu&#232;rent tous les employ&#233;s blancs et brul&#232;rent les maisons ainsi que la plantation. Ils se r&#233;fugi&#232;rent dans une zone de montagnes hostiles, appel&#233;e Palmares en r&#233;f&#233;rence aux nombreux palmiers qui peuplaient cet endroit. Le groupe y fonda un royaume, compos&#233; de 11 places fortifi&#233;es, qui perdura pendant presque cent ans, auquel se joignirent des esclaves en fuite, arriv&#233;s des plantations environnantes, mais aussi des Indiens, des Mul&#226;tres et de nombreux Blancs, d&#233;serteurs ou paysans sans terre, portant la population du royaume &#224; environ 20 000 &#226;mes, qui se m&#233;lang&#232;rent et cr&#233;&#232;rent ainsi leurs propres culture et religion, d&#233;veloppant m&#234;me les premi&#232;res formes d'un nouvel art martial, la capoeira. Ce peuple leva une arm&#233;e et r&#233;sista &#224; sept assauts des forces portugaises et une attaque de l'arm&#233;e hollandaise, qui avait colonis&#233; une partie de cette r&#233;gion auparavant. Dans la jungle, ils invent&#232;rent des techniques de guerre qui impressionn&#232;rent les europ&#233;ens et pr&#233;figuraient les techniques de &#171; gu&#233;rilla &#187; actuelles. Ils refus&#232;rent m&#234;me une offre de paix du roi du Portugal. Leur plus grand leader fut Zumbi Dos Palmares, qui est encore c&#233;l&#233;br&#233; aujourd'hui au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zumbi dos Palmares repr&#233;sente LE symbole de r&#233;sistance du peuple noir au br&#233;sil et de la culture Afro-br&#233;silienne. Zumbi n'a jamais &#233;t&#233; esclave (ni capoeiriste !), il est n&#233; libre &#224; Palmares en 1655.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait chef d'arm&#233;e du plus grand quilombo, &#8220;Le Quilombo dos Palmares&#8220;. Les Quilombos de Palmares a &#233;t&#233; fond&#233; par un groupe de marrons &#233;chapp&#233;s des domaines du Nordeste et qui avaient &#233;tabli un village ind&#233;pendant, qui devint par la suite plus qu'un village, mais un ensemble de villes fortifi&#233;es, organis&#233;e politiquement et socialement. Cet endroit difficile d'acc&#232;s f&#251;t nomm&#233; Palmares, et &#233;tait situ&#233; dans la Serra da Barriga de l'actuel Etat d'Alagoas, qui, &#224; cette &#233;poque &#233;tait une capitainerie de l'Etat de Pernambouc. Le quilombo accueillait noirs en fuite, indiens et blancs marginaux. Les quilombolas commer&#231;aient avec les villages blancs des alentours, achetant outils, poudre, armes&#8230; Au milieu du XVIIe si&#232;cle, le quilombo de Palmares comptait plusieurs villages parmi lesquels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Macaco &#8211; Dans la Serra da Barriga, 8000 habitants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Amaro &#8211; au Nord-Ouest de Serinha&#233;m, 5000 habitants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sucupira &#8211; &#224; 80 km. de Macaco&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Zumbi &#8211; au Nord-Ouest de Porto Calvo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Osenga &#8211; a 20 Km. de Macaco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, la population totale de Palmares, aurait atteint 20 000 habitants, soit 15 % de la population br&#233;silienne. Dans le Quilombo, la pr&#233;servation d'une identit&#233; africaine constituait avec les coutumes, le ciment communautaire qui incitait au marronnage d'innombrables esclaves des sucreries et plantations environnantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zumbi, est n&#233; libre mais f&#251;t captur&#233; dans son enfance par des soldats portugais puis confi&#233; au P&#232;re Antonio Melo, de la paroisse de de Porto Calvo. Il &#233;tudia le portugais et le latin, fut enfant de ch&#339;ur et f&#251;t baptis&#233; Francisco. En 1670, il s'enfuit de la paroisse, pour retourner au Quilombo. Courageux, dou&#233; d'une bonne capacit&#233; d'organisation et de commandement, il devint un grand chef et un mythe pour les noirs ; non un mythe cach&#233; mais une r&#233;v&#233;lation. &#8220;Zumbi&#8221; signifie force de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Portugais Zombi signifiait le diable. Durant plusieurs dizaines d'ann&#233;es, le gouvernement portugais consid&#233;rait Zumbi non pas comme une personne, mais comme un titre donn&#233; au chef de Quilombo. En effet chaque exp&#233;dition envoy&#233; d&#233;truire Palmares revenait &#8220;victorieuse&#8221; d'apr&#232;s leur chef, alors quelque quelque temps apr&#232;s on entendait de nouveau parler de &#8220;Zumbi &#8220;.En 1678, le roi du Quilombo dos Palmar&#232;s, Ganga-Zumba signe un trait&#233; de paix avec les portugais. Zumbi et ses hommes ne l'acceptent pas. C'est alors que Zumbi devient le grand g&#233;n&#233;ral en chef du Quilombo de Palmares, en 1679. Lui, ses hommes et tous les quilombolas qui se joignirent &#224; eux &#233;taient tr&#232;s redout&#233;s par les portugais.Zumbi &#233;tait consid&#233;r&#233; comme le plus vaillant des guerriers n&#232;gres. Il se montra alors, encore plus d&#233;termin&#233; &#224; poursuivre la r&#233;sistance pour d&#233;fendre son &#8220;peuple&#8221; et ses terres. Il refusa toute soumission aux portugais. En 1694, d&#233;sesp&#233;r&#233;s les portugais envoy&#232;rent en plus de leur arm&#233;e, des troupes de mercenaires (noirs, mul&#226;tres, blanc, indiens&#8230;) conduits par le bandeirante Domingos Jorge Velho contre le quilombo. Un de ses fid&#232;les lieutenant Antonuo Soares, le trahit et conduisit les portugais &#224; la cachette de Zumbi qui fut captur&#233;. Macaco, la ville de Zumbi fut d&#233;truite par Bernardo Vieira. Les noirs furent soit tu&#233;s, soit emmen&#233;s en esclavages et Zumbi fut emprisonn&#233;. Le 20 novembre 1695, Zumbi fut tu&#233; par Andr&#233; Furtado, alors qu'il tentait de s'enfuir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant des dizaines d'ann&#233;es, voire des si&#232;cles, on racontait que Zumbi s'&#233;tait suicid&#233; en se jetant du haut d'une falaise, ou des remparts de Macaco. Cette version avait &#233;t&#233; aliment&#233;e par les portugais pour casser le mythe du grand chef de guerre, du personnage courageux et fid&#232;le &#224; son peuple. De cette mani&#232;re Zumbi fuyait le combat et &#233;tait montr&#233; comme un l&#226;che. Cette m&#234;me histoire racont&#233;e par le peuple noir prit une autre interpr&#233;tation ; Zumbi pr&#233;f&#233;rait mourir que d'&#234;tre esclave. Aujourd'hui la version de l'assassinat par Andr&#233; Furtado est la plus probable. Cette date du 20 novembre reste importante encore aujourd'hui pour la culture afro-br&#233;silienne, et Zumbi dos Palmares est un grand symbole de r&#233;sistance. Au Br&#233;sil des rues, des &#233;tablissements, etc, portent son nom. Dans les rondes de Capoeira, nombreux sont les chants louant le chef de guerre, ses exploits et le symbole qu'il repr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plus de trente ans, cette r&#233;gion fut gouvern&#233;e avec succ&#232;s par les anciens esclaves et connut une certaine prosp&#233;rit&#233; et sa capitale, Macoco, &#233;tait fortifi&#233;e. Elle fut attaqu&#233;e de nombreuses fois sans succ&#232;s. En 1694, apr&#232;s deux ans de combats men&#233;s par des mercenaires espagnols, portugais et fran&#231;ais recrut&#233;s &#224; Sao Paulo, elle fut &#233;cras&#233;e. Les r&#233;volutionnaires refus&#232;rent de se rendre et se battirent avec acharnement, se jetant du haut de la falaise quand la d&#233;faite fut av&#233;r&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Palmares&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le territoire lib&#233;r&#233; de Palmares&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://madjoumbev2.free.fr/bresil.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Mocambos exercent eux-m&#234;mes leur propre pouvoir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-tumultes-2006-2-page-53.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Benjamin P&#233;ret et la commune des noirs marrons de Palmares dans le Br&#233;sil colonial&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://nofi.fr/nofipedia/palmares-un-etat-noir-dans-le-bresil-du-17eme-siecle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un Etat noir au XVIIe si&#232;cle&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=n2XFfGKummAC&amp;pg=PA40&amp;lpg=PA40&amp;dq=Palmares,+une+r%C3%A9volution+des+esclaves+noirs+du+Br%C3%A9sil&amp;source=bl&amp;ots=R7g3v6VNTi&amp;sig=gey-JGUBd-wMpKpxG9ShHRIrvL8&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiLpNyf44bLAhVGNhoKHaUhDJIQ6AEIUDAJ#v=onepage&amp;q=Palmares%2C%20une%20r%C3%A9volution%20des%20esclaves%20noirs%20du%20Br%C3%A9sil&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution n&#232;gre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Zumbi_dos_Palmares&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zumbi dos Palmares, premier dirigeant noir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1174&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D'autres r&#233;voltes et r&#233;volutions des esclaves&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lutte de classes au Br&#233;sil</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article3909</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article3909</guid>
		<dc:date>2016-02-03T00:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil Brazil</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nouvelles &#233;meutes au Br&#233;sil sur le prix des transports : &lt;br class='autobr' /&gt;
lire ici &lt;br class='autobr' /&gt;
Marche contre le racisme : &lt;br class='autobr' /&gt;
lire ici &lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#232;ves : &lt;br class='autobr' /&gt;
lire ici &lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#232;ve &#224; Petrobras &lt;br class='autobr' /&gt;
lire ici &lt;br class='autobr' /&gt;
L'entr&#233;e de la classe travailleuse dans la vague de protestations au Br&#233;sil : &lt;br class='autobr' /&gt;
lire ici &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Tuez-nous et enterrez-nous ici&#034; : un appel d&#233;sesp&#233;r&#233; d'Indiens menac&#233;s d'expulsion &lt;br class='autobr' /&gt;
lire ici &lt;br class='autobr' /&gt;
Syndicalisme et gr&#232;ves ouvri&#232;res au Br&#233;sil depuis 2011 &lt;br class='autobr' /&gt;
lire ici &lt;br class='autobr' /&gt;
Actualit&#233;s : &lt;br class='autobr' /&gt;
lire ici &lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; va le Br&#233;sil ? &lt;br class='autobr' /&gt;
lire ici &lt;br class='autobr' /&gt;
Nouvelles luttes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Br&#233;sil Brazil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nouvelles &#233;meutes au Br&#233;sil sur le prix des transports :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://berthoalain.com/2016/01/09/prix-des-transports-emeute-a-rio-et-sao-paulo-8-janvier-2016/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marche contre le racisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://berthoalain.com/2015/11/19/marche-contre-le-racisme-affrontements-a-brasilia-18-novembre-2015/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ves :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.labourstart.org/cgi-bin/newsquery2.pl?searchtext=Br%C3%A9sil&amp;number=1000&amp;language=fr&amp;Go=OK&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve &#224; Petrobras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1063&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e de la classe travailleuse dans la vague de protestations au Br&#233;sil :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3622&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Tuez-nous et enterrez-nous ici&#034; : un appel d&#233;sesp&#233;r&#233; d'Indiens menac&#233;s d'expulsion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndicalisme et gr&#232;ves ouvri&#232;res au Br&#233;sil depuis 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3879&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actualit&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?q=br%C3%A9sil+gr%C3%A8ve&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;gws_rd=cr&amp;ei=GOeRVouhD4b4Pe2zmbgO#q=br%C3%A9sil+gr%C3%A8ve&amp;tbm=nws&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; va le Br&#233;sil ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve690&amp;var_mode=calcul&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelles luttes de classes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/Au-Bresil-les-classes-dominantes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tape dans les luttes de classes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.gaucherevolutionnaire.fr/?p=1153&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chronologie de la r&#233;volte des Indiens des Am&#233;riques</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article3128</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article3128</guid>
		<dc:date>2014-02-28T02:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA - Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;rou</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud America del sur</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil Brazil</dc:subject>
		<dc:subject>Equateur</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rindiens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire sur les Am&#233;rindiens &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Indiens des Am&#233;riques (nord, sud et centre) ont subi un v&#233;ritable g&#233;nocide mais ils ne se sont pas laiss&#233;s faire... Ils ont &#233;t&#233; tu&#233;s, viol&#233;s, br&#251;l&#233;s, tortur&#233;s, exploit&#233;s, massacr&#233;s par &#034;les plus grandes civilisations&#034; occidentales : espagnols, portugais, hollandais, anglais, fran&#231;ais, am&#233;ricains pour permettre le lancement du monde capitaliste qui est n&#233; dans un grand bain de sang... Les Occidentaux n'ont pas seulement d&#233;truit hommes, femmes et enfants mais des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA - Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot127" rel="tag"&gt;P&#233;rou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud America del sur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Br&#233;sil Brazil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot165" rel="tag"&gt;Equateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot302" rel="tag"&gt;Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot302&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire sur les Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Indiens des Am&#233;riques (nord, sud et centre) ont subi un v&#233;ritable g&#233;nocide mais ils ne se sont pas laiss&#233;s faire... Ils ont &#233;t&#233; tu&#233;s, viol&#233;s, br&#251;l&#233;s, tortur&#233;s, exploit&#233;s, massacr&#233;s par &#034;les plus grandes civilisations&#034; occidentales : espagnols, portugais, hollandais, anglais, fran&#231;ais, am&#233;ricains pour permettre le lancement du monde capitaliste qui est n&#233; dans un grand bain de sang... Les Occidentaux n'ont pas seulement d&#233;truit hommes, femmes et enfants mais des centaines de civilisations diff&#233;rentes, une destruction de richesses humaines inestimables !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5318&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La conqu&#234;te de l'Am&#233;rique : l' &#171; Ancien monde &#187; occidental savait parfaitement qu'il accomplissait un grand crime de masse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3472 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/genocide-indien.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;388&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3658 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/1229886_orig.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;330&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/amersud.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/amersud.jpg' width=&#034;643&#034; height=&#034;955&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3480 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/amsudbs-schmidel-ethnies-original.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/amsudbs-schmidel-ethnies-original.png' width=&#034;1242&#034; height=&#034;888&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3481 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/etasunis.jpg' width=&#034;643&#034; height=&#034;388&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/480px-Langs_N-Amer_fr.png' width=&#034;480&#034; height=&#034;435&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3484 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/alta-california-com_carte_tribus_indiennes_map_nativeamerican_tribes.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/alta-california-com_carte_tribus_indiennes_map_nativeamerican_tribes.jpg' width=&#034;2202&#034; height=&#034;1648&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3659 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/eastribe.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/eastribe.jpg' width=&#034;908&#034; height=&#034;984&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3660 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/gif/tribus_indiennes_de_caroline_du_sud.gif' width=&#034;560&#034; height=&#034;446&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3662 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/gif/2.gif' width=&#034;400&#034; height=&#034;271&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tous ces peuples divers qui repr&#233;sentaient de multiples civilisations ont &#233;t&#233; ray&#233;s de la carte. La pr&#233;tendue civilisation sup&#233;rieure occidentale s'est livr&#233;e &#224; un massacre de nombreux peuples et nombreuses civilisations.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3474 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/gif/casas2.gif' width=&#034;359&#034; height=&#034;293&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tortur&#233;s par les colons espagnols&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3475 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/png_massacre_des_indiens.png' width=&#034;400&#034; height=&#034;400&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Livr&#233;s aux chiens...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3486 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/esp1.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;332&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les indiens d'Ha&#239;ti livr&#233;s aux violences des Espagnols&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3661 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/travail_force.jpg' width=&#034;761&#034; height=&#034;600&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Contraints au travail forc&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/545px-Almagro_en_el_Cuzco.jpg' width=&#034;545&#034; height=&#034;599&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Entr&#233;e d'Almagro &#224; Cuzco&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3476 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/massacre_de_wounded_knee_200_lakotas_le_29_decmbre_1890.jpg' width=&#034;450&#034; height=&#034;337&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A Wounded Knee, 200 indiens Lakotas ont &#233;t&#233; assassin&#233;s le 29 d&#233;cembre 1890&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3477 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/bataille_little_bighorn_m_Crazy_Horse.jpg' width=&#034;448&#034; height=&#034;389&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 25 juin 1876, le 7e de Cavalerie du g&#233;n&#233;ral George Armstrong Custer lance ses troupes sur le village des Sioux, des Cheyennes et des Arapahos coalis&#233;s sur les bords de la rivi&#232;re Little Big Horn. Les Am&#233;rindiens repoussent le premier assaut men&#233; par le commandant Marcus Reno, puis d&#233;cident de contre-attaquer. Le d&#233;tachement de Custer, en inf&#233;riorit&#233; num&#233;rique, est &#233;cras&#233; par les guerriers de Crazy Horse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La disparition des civilisations pr&#233;colombiennes, avant la &#034;conqu&#234;te&#034; coloniale, est-elle un myst&#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronologie de la r&#233;volte des Indiens d'Am&#233;rique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;12 octobre 1492 : &#171; d&#233;couverte de l'Am&#233;rique &#187; par Christophe Colomb. Arriv&#233;e de Christophe Colomb, parti de Palos le 3 ao&#251;t en compagnie des fr&#232;res Martin et Vincent Pinz&#243;n &#224; bord des navires La Pinta, de La Ni&#241;a et de La Santa Mar&#237;a. Le 12 octobre, ils atteignent l'&#238;le de Guanahani (Bahamas), baptis&#233;e San Salvador. Aux Bahamas, Colomb rencontre les Indiens Arawak. Ils vivent dans des communaut&#233;s villageoises et pratiquent la culture du ma&#239;s, de l'igname et du manioc. Ils savent filer et tisser mais ne connaissent pas le cheval et n'utilisent pas d'animaux pour le labour. Ils ignorent l'acier, mais portent de petits bijoux en or aux oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 28 octobre 1492 : l'exp&#233;dition de Colomb atteint Cuba dans les grandes Antilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 d&#233;cembre 1492 : Colomb et les fr&#232;res Pinz&#243;n d&#233;couvrent Ha&#239;ti qu'ils appellent Espanola. Ils laissent une garnison de 39 hommes au fort de Navidad construit le 25 d&#233;cembre avec les d&#233;bris de la Santa Maria &#233;chou&#233;e, avec pour mission de d&#233;couvrir et d'entreposer l'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 septembre 1493 : d&#233;but du deuxi&#232;me voyage de Christophe Colomb (fin en 1496). Il repart de Cadix avec 17 navires et entre 1 200 et 1 600 hommes, et d&#233;couvre les Petites Antilles (12 novembre) dont la Dominique et la Guadeloupe et Porto Rico. Puis il regagne Hispaniola d&#233;but d&#233;cembre o&#249; il trouve le fort de Navidad d&#233;truit suite &#224; une r&#233;volte des indig&#232;nes face aux exactions des colons. Colomb d&#233;cide de fonder une nouvelle ville, Isabela, sur un plan en damier (7 d&#233;cembre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janvier-mars 1494 : Christophe Colomb explore Ha&#239;ti et fonde &#224; Hispaniola, La Isabela, premi&#232;re colonie espagnole du Nouveau Monde. Il confie la colonie et la prospection de l'or &#224; Alonzo de Hojeda puis part pour Juana (Cuba).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 avril-23 ao&#251;t 1494 : Colomb explore la Jama&#239;que (d&#233;couverte le 4 mai) et la c&#244;te sud-ouest de Cuba qu'il d&#233;crit comme une p&#233;ninsule du continent asiatique.&lt;br class='autobr' /&gt;
29 septembre 1494 : de retour &#224; La Isabela Colomb apprend qu'un soul&#232;vement conduit par le cacique Caonabo vient d'&#234;tre &#233;cras&#233; par Pedro de Margarit. Cinq cent indig&#232;nes r&#233;calcitrants sont d&#233;port&#233;s comme esclaves vers l'Espagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mars 1495 : A Ha&#239;ti, les Espagnols organisent une grande chasse &#224; l'esclave et rassemblent 1500 Arawaks (hommes, femmes et enfants), qu'ils parquent dans des enclos sous la surveillance d'hommes et de chiens. Cinq cent d'entre eux sont embarqu&#233;s vers l'Espagne. Deux cent meurent pendant la travers&#233;e, et les survivants sont mis en vente d&#232;s leur arriv&#233;e. Colomb vend chaque indien pour 5000 maravedis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 ao&#251;t 1498 : Colomb parvient dans le delta de l'Or&#233;noque et comprend vite qu'il s'agit d'un continent. Il croit que ce sont les Indes. C'est l'Am&#233;rique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 ao&#251;t 1498 : Colomb arrive &#224; Hispaniola qu'il trouve au bord de la guerre civile, d&#233;chir&#233;e entre les partisans de Bartolomeo Colomb (les &#171; &#233;trangers &#187;) et ceux du juge Roldan (Espagnols de &#171; limpia sangre &#187;) et par les Indiens r&#233;volt&#233;s contre la tyrannie de Bartolom&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 mars 1501, Am&#233;rique : Rodrigo de Bastidas et Juan de la Cosa d&#233;couvrent l'embouchure de la Magdalena. Ils explorent la c&#244;te colombienne depuis le golfe de Maracaibo jusqu'au golfe d'Urab&#225;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 mai 1501 : le gouvernement portugais envoie une flotte dirig&#233;e par Gon&#231;alo Coelho accompagn&#233; de l'italien Amerigo Vespucci pour effectuer la reconnaissance des c&#244;tes du Br&#233;sil. Ils rapportent en Europe (1502) le bois de brasil (bois de br&#233;sillet) qui produit une teinture rouge qui sera tr&#232;s pris&#233;e et qui donnera son nom au nouveau territoire. Amerigo Vespucci prend conscience que le continent n'est pas l'Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 ao&#251;t 1501 : Gon&#231;alo Coelho et Amerigo Vespucci d&#233;barquent au Rio Grande do Norte, puis longent la c&#244;te vers le Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 septembre 1501 : instruction des souverains espagnols au gouverneur des Indes occidentales Nicol&#225;s de Ovando. Ils autorisent l'introduction d'esclaves noirs en Am&#233;rique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1502 : Nicol&#225;s de Ovando s'active tant &#224; la &#171; colonisation &#187; de Ha&#239;ti qu'en 1507 elle ne comptera plus que 60 000 indig&#232;nes, les autres &#233;tant morts de maladie, dans les travaux forc&#233;s ou au cours de la r&#233;pression des r&#233;voltes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 mai 1502 : d&#233;but du quatri&#232;me voyage de Christophe Colomb. Parti de Cadix le 9 mai, il double la Martinique (15 juin), longe la c&#244;te de l'Am&#233;rique centrale, du Honduras au golfe de Dari&#233;n. Il pense que le Honduras est l'Indochine. Il parvient difficilement &#224; regagner Cuba (1503), puis s'&#233;choue &#224; la Jama&#239;que (1504). Secouru par le gouverneur d'Hispaniola Ovando, Colomb rentre en Espagne le 7 novembre 1504.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mars-avril 1503 : dans sa lettre Mundus Novus, le navigateur Amerigo Vespucci &#233;met l'hypoth&#232;se que les terres d&#233;couvertes par Christophe Colomb ne sont pas les Indes mais un nouveau continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 juin 1509 : le fils de Christophe Colomb, Diego Colomb, nomm&#233; gouverneur des Indes occidentales quitte Sanl&#250;car pour relever le vice-roi Nicol&#225;s de Ovando (fin en 1515). Il commence la conqu&#234;te de Cuba (1510).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ann&#233;es 1500 : L'encomienda est un syst&#232;me appliqu&#233; par les Espagnols dans tout l'empire colonial espagnol lors de la conqu&#234;te du Nouveau Monde &#224; des fins &#233;conomiques et d'&#233;vang&#233;lisation. C'&#233;tait le regroupement sur un territoire de centaines d'indig&#232;nes que l'on obligeait &#224; travailler sans r&#233;tribution dans des mines et des champs : il s'agissait d'un &#171; pseudo-servage &#187;, d'une &#171; forme rajeunie de r&#233;gime seigneurial &#187;. Ils &#233;taient &#171; confi&#233;s &#187; (&#171; encomendados &#187;), c'est-&#224;-dire plac&#233;s sous les ordres d'un &#171; Encomendero &#187;, colon espagnol ainsi r&#233;compens&#233; de ses services envers la monarchie espagnole ; dans la pratique, celui-ci disposait librement des terres des indig&#232;nes, bien qu'elles appartinssent toujours &#224; la Couronne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 janvier et 14 f&#233;vrier 1510 : la Couronne de Castille commande &#224; la Casa de Contrataci&#243;n de S&#233;ville l'envoie de 50, puis de 200 esclaves Noirs africains vers Hispaniola, en Am&#233;rique.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but novembre 1510 : Mart&#237;n Fern&#225;ndez de Enciso fonde Santa Mar&#237;a la Antigua del Dari&#233;n, la premi&#232;re colonie espagnole sur le continent am&#233;ricain (Tierra Firme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 1511 : r&#233;volte des Ta&#239;nos &#224; Porto Rico, apr&#232;s que le cacique Urayo&#225;n ait ordonn&#233; &#224; ses hommes de noyer le soldat espagnol Diego Salcedo pour d&#233;terminer si les Espagnols &#233;taient immortels (novembre 1510). Juan Ponce de Le&#243;n r&#233;prime f&#233;rocement l'insurrection et fait venir des esclaves Noirs d'Afrique pour travailler dans les mines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1513 : Arriv&#233;e des premiers esclaves Noirs &#224; Cuba, conquise en novembre 1511, devenue colonie espagnole le 15 ao&#251;t 1512. Conqu&#234;te achev&#233;e le 28 juin 1514.&lt;br class='autobr' /&gt;
20 janvier 1516, Am&#233;rique : Diaz de Sol&#237;s, parti de Jopa le 13 d&#233;cembre 1515, d&#233;barque au R&#237;o de la Plata (Mar Dulce) o&#249; il est tu&#233; par des Indiens anthropophages Charr&#250;a ou Guaran&#237;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er mai 1518, Am&#233;rique : l'espagnol Juan de Grijalva, neveu de Diego Vel&#225;zquez de Cu&#233;llar, gouverneur de Cuba, explore la p&#233;ninsule du Yucatan. Il suit les c&#244;tes nord et ouest du golfe du Mexique jusqu'au R&#237;o P&#225;nuco et d&#233;couvre l'existence de l'empire azt&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 mars 1519 : Hern&#225;n Cort&#233;s d&#233;barque au Yucat&#225;n (Mexique). D&#233;but de la conqu&#234;te de l'Empire azt&#232;que (fin en 1521). &lt;br class='autobr' /&gt;
31 ao&#251;t 1519 - 23 septembre 1519 : Cort&#233;s est victorieux du royaume de Tlaxcala dont il se fait un alli&#233; contre les Azt&#232;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 novembre 1519 : Cort&#233;s gagne Tenochtitl&#225;n, la capitale azt&#232;que o&#249; l'empereur Moctezuma II (1466-1520) reconna&#238;t la suzerainet&#233; de Charles Quint. Le massacre de Cholula est une attaque r&#233;alis&#233;e en 1519 par les forces militaires du conquistador espagnol Hern&#225;n Cort&#233;s lors de sa marche vers la ville de Mexico-Tenochtitlan. Il en r&#233;sulta la mort de 5 000 &#224; 6 000 Cholult&#232;ques, des civils d&#233;sarm&#233;s pour la plupart, en moins de six heures. Apr&#232;s cette action militaire, les Cholult&#232;ques, qui avaient &#233;t&#233; jusqu'alors de fid&#232;les tributaires des Mexicas, se soumirent et s'alli&#232;rent aux conquistadors espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 juin 1520, Tenochtitl&#225;n : Pedro de Alvarado ordonne le massacre de la noblesse azt&#232;que r&#233;unie devant le Templo Mayor pour la f&#234;te de Toxcatl. Les Azt&#232;ques entrent imm&#233;diatement en r&#233;bellion et assi&#232;gent les Espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 juin 1520 : Cort&#233;s rentre &#224; Tenochtitl&#225;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 - 30 juin 1520 : insurrection azt&#232;que &#224; Tenochtitl&#225;n. Moctezuma II est touch&#233; mortellement par un jet de pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 juin-1er juillet 1520 : Noche Triste, Hern&#225;n Cort&#233;s s'enfuit de Tenochtitl&#225;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 juillet1520 : victoire de Cort&#233;s sur les Azt&#232;ques &#224; la bataille d'Otumba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 septembre 1520 : Cuitl&#225;huac succ&#232;de &#224; Moctezuma II comme tlatoani de l'empire azt&#232;que. Il meurt le 25 novembre de la petite v&#233;role alors qu'il essayait de rallier les Tlaxcalans sous couvert d'une f&#233;d&#233;ration. Cuauht&#233;moc, instigateur de la r&#233;volte contre les Espagnols, lui succ&#232;de (29 janvier 1521).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 - 28 novembre 1520 : le navigateur portugais Fernand de Magellan reconna&#238;t et force le d&#233;troit s&#233;parant la Patagonie de la Terre de Feu qui portera son nom. Le 21 octobre, il double le cap des onze mille vierges, puis traverse prudemment le d&#233;troit jusqu'au cap D&#233;sir&#233; (28 novembre). Il atteint une mer calme &#224; laquelle il donne le nom de Pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 mars 1521 : Magellan d&#233;couvre le premier les Mariannes (Islas de Ladrones).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16-18 mars 1521 : Magellan d&#233;barque sur l'&#238;le d'Homonhon aux Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 avril 1521 : Magellan arrive &#224; Cebu. Il convertit au catholicisme le roi de Cebu et de nombreux habitants (14 avril).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 avril 1521 : Magellan est tu&#233; avec six autres hommes de la flotte alors qu'il tente de mater le roi de Mactan qui refusait de reconna&#238;tre le roi chr&#233;tien de Cebu. L'exp&#233;dition, command&#233;e par Jo&#227;o Lopes Carvalho, met la voile pour essayer de rejoindre les Moluques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1521, Mexique : le chef tlaxcalan Xicoht&#233;ncatl entreprend de d&#233;serter apr&#232;s la mort de Maxixcatl, emport&#233; par l'&#233;pid&#233;mie de variole (d&#233;cembre 1520). Cort&#233;s le fait ex&#233;cuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mai 1521 : d&#233;but du si&#232;ge de Tenochtitlan par Hern&#225;n Cort&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 ao&#251;t 1521 : Hern&#225;n Cort&#233;s parvient &#224; reprendre Tenochtitlan (Mexico), la capitale azt&#232;que, apr&#232;s trois mois de si&#232;ge, qui ont laiss&#233; la ville en ruines. Le Mexique devient la Nouvelle Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 janvier 1522 : Pedro de Alvarado quitte Coyoac&#225;n pour mater l'insurrection des Mixt&#232;ques soulev&#233;s contre les Espagnols (1520-1523). Il entre &#224; Oaxaca le 20 f&#233;vrier, et le 4 mars il conquiert la capitale mixt&#232;que Tututepec. Les Mixt&#232;ques sont d'excellents orf&#232;vres. Alvarado, en faisant main basse sur leurs bijoux, les fait fondre pour les transformer en lingots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 octobre 1522, Valladolid : Hern&#225;n Cort&#233;s est nomm&#233; par Charles Quint gouverneur g&#233;n&#233;ral de la Nouvelle-Espagne. Il administre le Mexique de mani&#232;re autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1522 : R&#233;volte des noirs &#224; Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 d&#233;cembre 1523 : Pedro de Alvarado part en exp&#233;dition au Salvador et au Guatemala o&#249; il fonde Santiago de los Caballeros le 25 juillet 1524. Parti &#224; la recherche d'or, il commet de nombreux massacres d'indig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1523 : R&#233;volte des noirs &#224; Saint-Domingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 octobre 1524 : Cort&#232;s monte une exp&#233;dition punitive au Honduras. Le dernier empereur Azt&#232;que Cuauht&#233;moc, soup&#231;onn&#233; de vouloir soulever les Indiens, est pendu par Cort&#233;s au cours de l'exp&#233;dition (28 f&#233;vrier 1525). Cort&#233;s atteint Nito (San Gil de Buena Vista), puis s'embarque pour Trujillo, qu'il quitte par la mer le 25 avril 1526 pour rejoindre Mexico, en proie aux intrigues et aux conspirations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 f&#233;vrier 1525 : l'exp&#233;dition de Francisco Pizarro, en route vers le P&#233;rou, d&#233;barque en Tierra Firme &#224; Candelaria, en Colombie actuelle. Pizarro rebrousse chemin apr&#232;s l'attaque d'une tribu indig&#232;ne &#224; Punta Quemada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juillet-18 octobre 1526 : &#233;chec de Lucas V&#225;zquez de Ayll&#243;n dans sa tentative de colonisation de la Floride.&lt;br class='autobr' /&gt;
1527, P&#233;rou : mort de l'inca Huayna Capac. Guerre civile entre Huascar et son demi-fr&#232;re Atahualpa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1528 : premier autodaf&#233; du Nouveau Monde &#224; Mexico (ex&#233;cution par le feu de pr&#233;tendu h&#233;r&#233;tiques par l'Inquisition catholique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 mai 1530 : Diego de Ord&#225;s re&#231;oit de la Couronne d'Espagne les lettres patentes qui l'autorisent &#224; conqu&#233;rir et peupler les provinces entre le r&#237;o Mara&#241;&#243;n (Or&#233;noque) jusqu'au Cabo de la Vela (Guajira). Il explore la c&#244;te guyanaise et l'Or&#233;noque (1530-1531). Il meurt d'insolation sur les berges du Rio Negro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 juillet 1530 : Hern&#225;n Cort&#233;s, de retour au Mexique comme marquis de la Vall&#233;e d'Oaxaca, s'installe &#224; Cuernavaca. Il exploite la r&#233;gion par des plantations (m&#251;rier, chanvre, lin, canne &#224; sucre), l'&#233;levage (m&#233;rinos et bovins), et l'exploitation de mines d'or (Tehuantepec) et d'argent (Zacatecas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 janvier 1532, Br&#233;sil : Martin Afonso fonde le premier village de colonisation : la Vila de S&#227;o Vicente (&#201;tat de S&#227;o Paulo)1. Le syst&#232;me du donataire est g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1532, P&#233;rou : Atahualpa vainqueur de son demi-fr&#232;re Huascar &#224; la bataille de Quipaipan, pr&#232;s de Cuzco, devient Inca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 mai 1532 : Francisco Pizarro quitte Tumbes. Il d&#233;couvre le port de Paita et assure ses arri&#232;res. Il re&#231;oit un messager d'Huascar qui r&#233;clame du secours aupr&#232;s de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 septembre 1532 : Pizarro part vers le sud avec 168 hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre 1532 : &#224; Cajamarca, Pizarro rencontre l'arm&#233;e d'Atahualpa, qui compte prendre le pouvoir &#224; Cuzco, et entreprend des pourparlers avec son chef.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Pizarro arrive au P&#233;rou en 1532, il est per&#231;u comme un dieu. Il enl&#232;ve l'empereur Atahualpa et encourage la r&#233;volte des peuples soumis aux Incas. L'empire se morcelle et l'empereur est finalement ex&#233;cut&#233; par les Espagnols en 1533. Les conquistadors contr&#244;lent le territoire inca au milieu du XVIe si&#232;cle, m&#234;me si des r&#233;sistances ont encore lieu. La formation de l'Empire colonial espagnol s'accompagne de pillages, de maladies nouvelles qui font des ravages, de la famine, de l'asservissement des Am&#233;rindiens dans les encomiendas et de l'&#233;vang&#233;lisation de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mographie historique estime qu'une majorit&#233; d'Am&#233;rindiens sont morts &#224; la suite des maladies infectieuses introduites par les Espagnols, contre lesquelles les Am&#233;rindiens n'&#233;taient pas immunis&#233;s. Au contact des Europ&#233;ens, les Am&#233;rindiens ont eu une tr&#232;s grande baisse d&#233;mographique caus&#233;e par les maladies import&#233;es de l'Europe et les &#233;pid&#233;mies dues au choc microbien, car ces maladies comme la coqueluche, la rougeole ou la variole, n'&#233;taient pas connues des tribus. Le processus a commenc&#233; d&#232;s les ann&#233;es 1500 et les &#233;pid&#233;mies de variole (1525, 1558, 1589), de typhus (1546), de grippe (1558), de dipht&#233;rie (1614), de rougeole (1618) ou encore de peste bubonique (1617-1619, en Nouvelle-Angleterre) ont d&#233;cim&#233; des millions d'indig&#232;nes. Par exemple, les Timicuas, en Floride, qui en 1650 &#233;taient 13 000 r&#233;partis sur 40 villages, ne furent apr&#232;s une &#233;pid&#233;mie de petite v&#233;role que 35 en 1728, regroup&#233;s dans un seul hameau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de morts indig&#232;nes de maladies, d'exploitation ou d'assassinat par les forces coloniales est estim&#233; &#224; 90 millions, dont 10 millions pour l'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 novembre 1532 : Pizarro r&#233;ussit &#224; s'emparer de la personne de l'Inca qui accepte toutes les conditions impos&#233;es pour sa lib&#233;ration (dont 88 m3 d'or de ran&#231;on, r&#233;unie en juillet 1533). La ran&#231;on est partag&#233;e entre les vainqueurs apr&#232;s envoi du quinto en Espagne, mais Pizarro pr&#233;f&#232;re ex&#233;cuter l'Inca pour le meurtre de son fr&#232;re Huascar. Il sera garrott&#233; devant les soldats (29 ao&#251;t 1533).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 juillet 1533 : Atahualpa, le dernier empereur inca captur&#233; par tra&#238;trise par Pizarro, est condamn&#233; &#224; mort et &#233;trangl&#233;. La r&#233;sistance inca est d&#233;sorganis&#233;e. Pizarro partage les Indiens entre ses hommes selon le syst&#232;me de l'encomienda. Chacun re&#231;oit 40 000 indig&#232;nes. Ce syst&#232;me ruinera le syst&#232;me &#233;conomique de l'empire inca. L'introduction de l'&#233;conomie mon&#233;taire et de nouvelles formes de tribut (travaux forc&#233;s dans les mines), ach&#232;veront de d&#233;sint&#233;grer l'&#233;quilibre du syst&#232;me. Les Espagnols utilisent l'ancien syst&#232;me de pouvoir et d'&#233;changes &#224; leur avantage, mais sans que fonctionne le principe de r&#233;ciprocit&#233; dans l'&#233;change, qui en &#233;tait le fondement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1533 : r&#233;volte de Rumi&#241;ahui qui veut prendre le pouvoir depuis Quito avec l'arm&#233;e d'Atahualpa (12 000 hommes). Belalc&#225;zar le bat en plaine avec 200 fantassins et 80 cavaliers pendant l'irruption du Cotopaxi, qui terrifie les Indiens. Rumi&#241;ahui parvient &#224; s'enfuir dans la montagne. Captur&#233;, il meurt des suites de ses tortures le 25 juin 1535.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre 1533 : les Espagnols occupent Cuzco o&#249; ils placent Manco Capac II, fr&#232;re d'Atahualpa, sur le tr&#244;ne des Inca (fin en 1537). La ville est mise &#224; sac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 avril 1534 : Jacques Cartier, qui s'est mis en t&#234;te de trouver la route du Nord pour atteindre les Indes sans passer par la longue et p&#233;rilleuse route du Sud, part de Saint-Malo avec deux petits b&#226;timents, et le soutien du roi Fran&#231;ois Ier, &#224; la recherche du passage. &#192; d&#233;faut, il d&#233;couvrira le Canada et le Labrador. Il reconna&#238;t partiellement les c&#244;tes de Terre-Neuve (10 mai), de l'&#238;le du Prince-&#201;douard et du Nouveau-Brunswick, puis explore le Saint-Laurent (1534 et 1535-1536).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 juillet 1534 : Jacques Cartier arrive &#224; Gasp&#233;, y plante une croix et prend possession du territoire au nom du roi de France. Donnacona, le chef du village am&#233;rindien de Stadacon&#233; (Qu&#233;bec) proteste contre ce geste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 mai 1535 : l'exp&#233;dition de Hern&#225;n Cort&#233;s en Basse-Californie atteint La Paz6. Cort&#232;s d&#233;couvre la mer qui portera son nom et revendique la Californie pour l'Espagne. Les difficult&#233;s que rencontre la colonisation (maladies, attaques des Indiens) provoquent le rappel de l'exp&#233;dition par le vice-roi Antonio de Mendoza en 1540.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 juillet 1535 : d&#233;part de Cuzco de l'exp&#233;dition de Diego de Almagro au Chili, avec 570 Espagnols et 15 000 Indiens sous les ordres de Paulus, fr&#232;re de Manco C&#225;pac II (fin en 1537). Il perd 150 Espagnols et 10 000 Indiens dans la travers&#233;e des Andes avant d'atteindre la plaine de Copiapo, puis le Pacifique &#224; Coquimbo. Pass&#233; le rio Rappel, il se heurte aux Araucans qui s'opposent &#224; toute installation permanente des colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 janvier 1536 ou 3 f&#233;vrier 1536 : le conquistador espagnol Pedro de Mendoza fonde la ville de Nuestra Senora del Buenos Aires (Argentine). Il se heurte plus au nord aux Indiens Guaran&#237;s qui entendent conqu&#233;rir les hauteurs de la Bolivie et du Paraguay actuels. Ce sont de rudes guerriers, ma&#238;tres du lasso, et les pertes qu'ils infligent aux Espagnols sont consid&#233;rables. Dans leur avanc&#233;e, les Guaranis ont repouss&#233;, venant de l'est, les tribus arawaks, et apr&#232;s avoir conquis un des lambeaux de l'ex-Empire Inca, se heurtent aux Espagnols. Pour mieux leur r&#233;sister, les tribus indiennes s'unissent sous l'&#233;gide des Chiriguanos, les plus actifs des Guaranis. Pedro de Mendoza laisse le commandement &#224; Juan de Ayolas et se rembarque pour l'Espagne. Il meurt sur le chemin du retour (24 juin 1537).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mars 1536 : arriv&#233;e de Diego de Almagro dans la vall&#233;e du Rio Copiapo au Chili. D&#233;but de la conqu&#234;te des terres constituant le Chili actuel, contre les indiens Araucans, par les espagnols, conduits par Almagro puis Pedro de Valdivia (1541).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 5 avril 1536 : d&#233;part de l'exp&#233;dition de Gonzalo Jim&#233;nez de Quesada en Colombie pour le compte d'Alonso Fernandez de Lugo. Il part de Santa Marta avec 700 Espagnols et 3000 auxiliaires indig&#232;nes et remonte difficilement le fleuve Magdalena dans le but d'atteindre le l&#233;gendaire Eldorado. Il perd de nombreux hommes et pille au passage des tombes indig&#232;nes. Il parvient dans l'empire des Chibcha o&#249; il est bien accueilli. Il trouve Zipaquir&#225;, la capitale de Bogota, le Zipa des Chibcha, d&#233;serte. Les temples de la ville sont rev&#234;tus d'or et d'&#233;meraudes. Les Espagnols torturent les habitants pour conna&#238;tre la provenance de l'or. Ceux-ci les envoient plus au sud, mais ils ne trouvent rien. Sur le chemin du retour &#224; Zipaquir&#225;, Quesada rencontre les exp&#233;ditions de Sebasti&#225;n de Belalc&#225;zar, venu de Quito et de Nikolaus Federmann, venu de Coro, au Venezuela et travaillant pour les Welser (1538).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 avril 1536, P&#233;rou : l'Inca Manco C&#225;pac II, retenu par les Espagnols &#224; Cuzco, est lib&#233;r&#233; sous le pr&#233;texte d'aller c&#233;l&#233;brer l'anniversaire de la mort son p&#232;re Huayna Capac. R&#233;fugi&#233; dans la montagne andine, il organise la guerre contre les espagnols &#224; travers tout le pays. Lima et Cuzco sont assi&#233;g&#233;es, mais l'arm&#233;e indienne, par manque de pr&#233;paration, doit se replier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 avril 1537 : Diego de Almagro, de retour du Chili, entre dans Cuzco apr&#232;s avoir bouscul&#233; les troupes de Manco C&#225;pac II. Il fait incarc&#233;rer au Sacsayhuam&#225;n, forteresse de Cuzco, Hernando et Gonzalo Pizarro et se proclame gouverneur, puis marche sur Lima en emmenant Hernando en otage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 juin 1537 : publication de la lettre Veritas ipsa du pape Paul III qui d&#233;clare que les Am&#233;rindiens sont des &#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 juin 1537 : bulle Sublimis Deus de Paul III qui d&#233;clare que les Indiens sont capable de recevoir la foi chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 ao&#251;t 1537 : Juan de Ayolas fonde le poste d'Asuncion au Paraguay. Il tombe sous les coups d'une boleadoras (lasso &#224; boules) mani&#233;e par un indig&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septembre 1538 : D&#233;but de la conqu&#234;te des terres constituant la Bolivie actuelle par les conquistadors espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1539 : nomm&#233; lieutenant g&#233;n&#233;ral de la Nouvelle Tol&#232;de (Chili), Pedro de Valdivia entreprend la conqu&#234;te difficile du Chili (1540).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 mai 1539 : l'espagnol Hernando de Soto d&#233;barque &#224; la baie de Tampa en Floride. Il atteint la baie de Mobile (octobre 1540), les Bouches du Mississippi (mai 1541), puis remonte vers l'Arkansas et les franges de l'Oklahoma. Ses soldats sont d&#233;cim&#233;s par les fi&#232;vres et les attaques des Indiens. De Soto rebrousse chemin, puis meurt en 1542 sur les bords du Mississippi. Les rescap&#233;s, regroup&#233;s autour du penon de leur chef, d&#233;cident de marcher vers le Mexique. Ils traversent l'Oklahoma pour se heurter aux contreforts des Rocheuses. Ils regagnent alors le Mississippi et descendent le fleuve apr&#232;s avoir construit sept grands canots. Attaqu&#233;s par les Indiens, ils parviennent jusqu'au golfe du Mexique o&#249; ils sont pris dans la temp&#234;te. Les rescap&#233;s, rejet&#233;s sur la c&#244;te, marchent &#233;puis&#233;s jusqu'au poste de R&#237;o P&#225;nuco, &#224; hauteur de Tampico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1539 : Guerre civile pour le partage du butin entre les conquistadores au P&#233;rou. Tous les chefs (Diego de Almagro, Francisco Pizarro et ses fr&#232;res, les fils d'Almagro) trouvent successivement la mort entre 1539 et 1541 en s'entretuant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 avril 1540 : l'exp&#233;dition de l'Espagnol Francisco V&#225;squez de Coronado quitte Culiac&#225;n. Elle remonte le R&#237;o Grande, explore l'Arizona et le Nouveau-Mexique (fin en 1542).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 juillet 1540 : Francisco V&#225;squez de Coronado atteint H&#225;wikuh, en territoire zu&#241;i. Il envoie des d&#233;tachements pour prospecter la r&#233;gion. Certains atteignent le Kansas. L'un d'eux, command&#233; par L&#243;pez de C&#225;rdenas, d&#233;couvre le Grand Canyon du Colorado. Coronado repart en avril 1542. &#192; son retour au Mexique, il doit mater la r&#233;bellion des Indiens du Zacatecas, avec l'aide de Pedro de Alvarado, qui meurt tu&#233; par les Indiens le 4 juillet 1541.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 juillet 1541, r&#233;bellion des Indiens du Zacatecas au Mexique : Pedro de Alvarado, qui meurt &#233;cras&#233; sous son cheval au cours de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1541 : Gonzalo Pizarro part pour une exp&#233;dition dans l'int&#233;rieur du continent, &#224; la recherche de la cannelle. Ils franchissent les Andes et atteignent le r&#237;o Napo, apr&#232;s avoir perdu 140 des 220 Espagnols et 3 000 des 4 000 Indiens de l'exp&#233;dition. N'ayant d&#233;couvert que des faux canneliers, Pizarro fait br&#251;ler et d&#233;vorer par ses chiens ses guides indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 juin 1542 : Francisco de Orellana affronte dans la r&#233;gion de l'Amazone un peuple dirig&#233; par des femmes guerri&#232;res, qu'il nomme Amazones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 avril 1545 : ouverture, au pied du Cerro Rico (la Montagne riche), des mines d'argent de Potos&#237; au P&#233;rou (actuellement en Bolivie), par Juan de Villarroel. Pendant pr&#232;s de 30 ans, aux mines de Potos&#237;, les Indiens imposent leurs propres modes d'extraction, que les occupants n'arrivent pas &#224; contr&#244;ler. Ce n'est qu'en 1574, lors de l'introduction d'une technique d'amalgame, que les Espagnols peuvent briser le contr&#244;le que les Indiens exercent sur la production d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1545 : Assassinat de Manco Capac II par un conquistador qui lui tendit un pi&#232;ge par trahison. D&#233;but du r&#232;gne de son fils Sayri Tupac, souverain inca de Vilcabamba (fin en 1560).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1545 : &#201;pid&#233;mie de variole au Mexique tuant 800 000 Indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 novembre 1546 : r&#233;volte maya au Yucat&#225;n. Fin 1546, les Espagnols soumettent d&#233;finitivement les Mayas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1548 : R&#233;volte des noirs &#224; Saint-Domingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1549 : Pedro de Valdivia est de retour au Chili. Pendant son absence, La Serena a &#233;t&#233; incendi&#233;e par les Promaucas venus du sud (janvier) et Coquimbo s'est r&#233;volt&#233;e. Valdivia ch&#226;tie les coupables et remet de l'ordre dans la colonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 f&#233;vrier 1550 : Le conquistador espagnol Pedro de Valdivia atteint le Bio Bio, dans le territoire des Araucans. Ceux-ci se regroupent pour former une arm&#233;e de 4000 hommes plac&#233;s sous le commandement du toqui Ayavilu, sous l'influence du sage Colocolo. Valdivia r&#233;ussit &#224; les vaincre dans la plaine d'Andalion gr&#226;ce &#224; sa cavalerie et ses armes &#224; feu. Ayavilu est tu&#233; et les prisonniers araucans sont lib&#233;r&#233;s avec les mains et le nez coup&#233;s. Valdivia entre en Araucanie o&#249; il fonde plusieurs cit&#233;s prot&#233;g&#233;es par trois fortins, Arauco, Tucapel et Puren&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 ao&#251;t 1550 -fin septembre 1550 : premi&#232;re session de la controverse de Valladolid qui porte sur le statut des Indiens d'Am&#233;rique (appartiennent-ils &#224; l'humanit&#233; ? Quel traitement leur accorder ?) et qui oppose Bartolom&#233; de Las Casas et le th&#233;ologien Sep&#250;lveda devant l'empereur Charles Quint. La controverse tourne &#224; l'avantage de Las Casas (ses arguments sont dans l'int&#233;r&#234;t du monarque qui souhaite dessaisir les conqu&#233;rants de la capacit&#233; de traiter les Indiens &#224; leur guise, pour pouvoir les soumettre directement, au nom de l'&#201;glise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 1550 : Des Indiens chichim&#232;ques commencent &#224; attaquer les caravanes muleti&#232;res charg&#233;es de ravitailler les mines d'argent de Zacatecas ouvertes par les Espagnols au Mexique en 1546. D&#233;but de la grande guerre chichim&#232;que, qui ravage le nord de la Nouvelle-Espagne jusqu'en 1600.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 d&#233;cembre 1553, Chili : Les Araucans d&#233;signent comme chef Caupolic&#225;n et attaquent le fortin de Tucapel. Pedro de Valdivia, croyant &#224; une simple escarmouche, marche sur le fort assi&#233;g&#233; avec une trentaine de cavaliers et quelques suppl&#233;tifs indiens. Il trouve le fort incendi&#233; et sa garnison massacr&#233;e. Assaillis par les Araucans, les Espagnols sont d&#233;cim&#233;s &#224; l'exception de leur chef et du p&#232;re Poza, qui mourront des suites d'horribles tortures. Les Araucans, conseill&#233;s par Lautaro, ancien yanacona (serviteur) de Valdivia ont su s'emparer de chevaux pour les utiliser contre les Espagnols.&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;vrier 1554, guerre d'Arauco : offensive des Araucans au Chili, dirig&#233;e par Caupolic&#225;n, conseiller par Colocolo et le jeune Lautaro. Six cent combattants d'&#233;lites, soutenus par des milliers d'auxiliaires, marchent vers le Nord. La cit&#233; de Valdivia r&#233;siste, mais Concepci&#243;n doit capituler apr&#232;s la bataille de Marihue&#241;u (26 f&#233;vrier). Francisco de Villagra d&#233;fend le cours du Bio Bio et Lautaro est tu&#233; en tentant de franchir le fleuve (1er avril 1557). Caupolican se borne alors &#224; d&#233;fendre sa fronti&#232;re, lan&#231;ant quelques raids sporadiques au nord du Bio Bio.&lt;br class='autobr' /&gt;
1er avril 1557, guerre d'Arauco, Chili : mort au combat du chef mapuche Lautaro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 novembre 1557 : bataille de Lagunillas ou du Biob&#237;o. Garcia de Mendoza d&#233;cide de prendre les Araucans &#224; revers, d&#233;barque &#224; Concepci&#243;n et b&#226;t les Araucans sur les bords du lac de Lagunilla. Le chef araucans Galvarino a les mains coup&#233;es avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 novembre 1557 : Garcia de Mendoza est de nouveau victorieux de Caupolic&#225;n dans la plaine de Melirupu (Millarapue), lib&#233;rant de la pression des Indiens Valdivia et la c&#244;te. Pour contr&#244;ler l'Araucanie, il fait construire la place forte de Ca&#241;ete et la confie &#224; Alonso de Reinoso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janvier 1558 - f&#233;vrier 1558, guerre d'Arauco : Caupolic&#225;n, chef des Araucans, est pris et ex&#233;cut&#233; alors qu'il tentait de prendre Ca&#241;ete. La r&#233;sistance des autochtones au pouvoir espagnol au Chili se poursuit. Nangoniel sera tu&#233; &#224; seize ans en essayant d'enlever un fortin, Quintunguenu tiendra t&#234;te au capitaine Sotomayo, et Janequeo, une femme, tiendra en &#233;chec les troupes espagnoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 novembre 1569 : Francisco de Toledo, nomm&#233; vice-roi du P&#233;rou, arrive &#224; Lima (fin en 1581). Il entreprend l'int&#233;gration et l'exploitation de la population indig&#232;ne, notamment par une politique de r&#233;duction des anciens villages qui brise l'ancienne organisation en ayllus. Un ayllu (mot d'origine quechua et aymara) est une communaut&#233; compos&#233;e de plusieurs familles dont les membres consid&#232;rent qu'ils ont une origine commune (r&#233;elle ou fictive) qui travaille de fa&#231;on collective dans un territoire de propri&#233;t&#233; commune. Cette forme d'organisation sociale &#233;tait l'une des plus pr&#233;sentes dans la r&#233;gion andine &#224; l'&#233;poque pr&#233;colombienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 janvier 1570 : cr&#233;ation du Tribunal de l'Inquisition &#224; Lima, au P&#233;rou.&lt;br class='autobr' /&gt;
20 mars 1570 : au Br&#233;sil, un d&#233;cret garantit la libert&#233; des Indiens, mais la loi et la volont&#233; de l'appliquer ne seront pas suffisantes pour emp&#234;cher les violences qu'ils continueront &#224; subir. La loi permet aux colons de r&#233;duire les Indiens en esclavage seulement en cas de guerre juste ou &#224; la demande de l'Indien ou s'il s'enfuit d'une &#171; aldeia &#187; et reste absent plus d'un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 1571, r&#233;volte des Indiens au P&#233;rou : l'inca Titu Kusi Yupanqui (1560-1571) meurt peut-&#234;tre empoisonn&#233; entre mars et juin. D&#233;but du r&#232;gne de T&#250;pac Amaru, dernier souverain inca, il sera ex&#233;cut&#233; en 1572.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 juin 1572 : les Espagnols entrent dans Vilcabamba, dernier bastion Inca, d&#233;sert&#233; par sa population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 septembre 1572 : Francisco de Tol&#232;de fait ex&#233;cuter T&#250;pac Amaru, le dernier inca quechua, mettant fin &#224; la r&#233;sistance inca au P&#233;rou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 1574 : premier autodaf&#233; de l'Inquisition au Mexique.&lt;br class='autobr' /&gt;
1576, Mexique : &#233;pid&#233;mie de variole tuant plus de deux millions d'Indiens dans les dioc&#232;ses de Mexico, Michoac&#225;n, Puebla et Oaxaca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 ao&#251;t 1585 : Richard Grenville et ses sept navires affr&#233;t&#233;s par Walter Raleigh accostent &#224; Roanoke pour organiser la colonisation de la Virginie pour l'Angleterre. Les Indiens qu'ils y rencontrent se montrent hospitaliers, mais suite au vol d'une tasse en argent par l'un d'entre eux, Grenville pille et incendie leur village.&lt;br class='autobr' /&gt;
22 juillet 1587 : un groupe de colons anglais tente de s'installer dans la colonie de Roanoke d&#233;sert&#233;e, en Caroline du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er janvier 1590, Br&#233;sil : Christophe de Barros repousse dans la varzea du Potiipeba (Sergipe) une sortie du cacique Mbaepeva et p&#233;n&#232;tre dans l'enceinte d&#233;fendue par ce dernier. Les Indiens sont totalement d&#233;faits, 1600 meurent et 4000 sont faits prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 mars 1603 - 20 septembre 1603, Honfleur : voyage de Samuel de Champlain au Canada. Il prend possession de Terre-Neuve et de l'Acadie. D&#233;but de la colonisation fran&#231;aise en Am&#233;rique du Nord, Terre-Neuve, Nouvelle-&#201;cosse et Nouvelle-France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 avril 1606 : le roi Jacques Ier d'Angleterre accorde une charte qui donne la concession de la c&#244;te am&#233;ricaine comprise entre les 34&#176; et 45&#176; degr&#233;s de latitude &#224; deux compagnies (Londres et Plymouth).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 juillet 1609 : Samuel de Champlain et ses hommes affrontent les Iroquois &#224; l'emplacement du futur Fort Carillon, aujourd'hui Crown Point, New York. Champlain braque son arquebuse et fait feu sur l'un des Iroquois. Deux sont tu&#233;s du coup. Les Iroquois sont terrifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 juin 1610 : la flotte de sir De La Warr arrive en Virginie avec du ravitaillement et de nouveaux colons et r&#233;occupe Jamestown, qui compte alors 300 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 ao&#251;t 1610, premi&#232;re guerre anglo-powhatans : les colons de Jamestown attaquent le village indien de Paspahegh. Lors de la famine &#224; Jamestown au cours de l'hiver, certains colons se sont r&#233;fugi&#233;s aupr&#232;s du chef indien Powhatan pour se nourrir. Lorsque l'&#233;t&#233; revient, le gouverneur de la colonie, Thomas Gates, demande &#224; Powhatan de restituer les fugitifs. Devant son refus, un groupe de soldats attaque un village, tuent une quinzaine d'Indiens, br&#251;lent les habitations et saccagent les cultures de ma&#239;s. Ils se saisissent de la reine de la tribu et de ses enfants, puis les massacrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 avril 1614 : Pocahontas, une princesse indienne nord-am&#233;ricaine &#233;pouse un colon anglais de Virginie, John Rolfe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10-16 octobre 1615 : Samuel de Champlain et ses alli&#233;s Hurons assi&#232;gent vainement un fort iroquois ; bless&#233;, Champlain doit hiverner en Huronie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1616 : Une &#233;pid&#233;mie de variole d&#233;cime la population indienne en Nouvelle-Angleterre.&lt;br class='autobr' /&gt;
1617 : Les colons de Virginie exp&#233;dient le premier chargement important de tabac &#224; destination de l'Angleterre. Introduction en Virginie de l'indenture, contrat de servitude temporaire, par lequel un homme s'engage &#224; travailler pour une dur&#233;e limit&#233;e sur les terres d'un colon en &#233;change de son voyage et de l'obtention d'une terre en pleine propri&#233;t&#233; au terme du contrat. Le contrat se g&#233;n&#233;ralise au point de concerner un tiers de la population de Nouvelle-Angleterre. Ces serviteurs sous contrats, hommes et femmes, voyagent dans des conditions effroyables et sont vendus &#224; leur arriv&#233;e comme des esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 1618 : Samuel de Champlain propose &#224; Louis XIII dans un m&#233;moire d'&#233;vang&#233;liser les indig&#232;nes du Qu&#233;bec et d'&#233;tablir des centres importants. Le roi de France donne son accord le 12 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 novembre 1620 : arriv&#233;s sur le Mayflower, pris dans la temp&#234;te, les Pilgrim Fathers, 102 puritains anglais d&#233;barquent en Am&#233;rique (Nouvelle-Angleterre), &#224; Cap Cod et fondent le 20 d&#233;cembre la colonie de Plymouth, premi&#232;re ville du Massachusetts, hors de la concession octroy&#233;e par le roi (1622). Ces Pilgrim's fathers (41 en tout) ont d&#251; fuir Nottingham (1608), pour s'&#233;tablir &#224; Leyde dans les Provinces-Unies. Ils signent un accord, le Mayflower Compact, qui est &#224; la base d'une d&#233;mocratie calvinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1621, les colons du Mayflower sont sauv&#233;s de la famine par le chef Massasoit. C'est l'origine de Thanksgiving. Lorsque les P&#232;res p&#232;lerins et les colons du Mayflower, s'install&#232;rent, Massasoit, p&#232;re du chef indien appel&#233; &#171; le roi Philip &#187;, grand sachem de la tribu Wampanoag, forma une alliance avec eux lors d'un repas auquel les P&#232;res p&#232;lerins l'avaient convi&#233;, lui et 90 de ses hommes, afin de c&#233;l&#233;brer les premi&#232;res r&#233;coltes de la colonie de Plymouth en 1621. Durant ce festin, des dindes furent offertes (&#233;pisode comm&#233;mor&#233; aujourd'hui par la f&#234;te de Thanksgiving). Le chef Massasoit renouvela ce m&#234;me rite d'alliance avec les membres de la colonie de la baie du Massachusetts en 1638.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 mars 1622 : attaques indiennes contre la colonie de Jamestown (fin en 1644). Les Indiens algonquins massacrent 347 colons en Virginie. Les survivants r&#233;pliquent de fa&#231;on impitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1623 : Une colonie anglaise est fond&#233;e &#224; l'emplacement de Portsmouth dans le New Hampshire en Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 1624 : la Compagnie n&#233;erlandaise des Indes occidentales envoie le premier contingent de 30 familles de colons vers la Nouvelle-N&#233;erlande, compos&#233;es pour la plupart de protestants wallons. Dix-huit d'entre elles remontent l'Hudson et fondent Fort Orange pr&#232;s de l'actuelle Albany. Des colons occupent temporairement Noten Eyland (Governors Island) dans le delta de l'Hudson, avant de s'installer &#224; Manhattan l'ann&#233;e suivante.&lt;br class='autobr' /&gt;
13 mai 1625, Whitehall : une proclamation royale d&#233;clare que la Virginie, les Bermudes et la Nouvelle-Angleterre font partie de l'Empire anglais. Une administration coloniale est institu&#233;e. La Virginie devient colonie de la Couronne britannique. Elle est plac&#233;e sous l'autorit&#233; d'un gouverneur nomm&#233; par la Couronne, flanqu&#233; d'un Conseil et d'une Chambre &#233;lus par les colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1626 : Massacre de 2000 indiens cara&#239;bes &#224; Bloody Point par les colons anglais et fran&#231;ais. G&#233;nocide des indiens Kalinago (peuple Cara&#239;be) sur l'&#206;le Saint-Christophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 juin 1630 : colonisation de la baie du Massachusetts par la compagnie anglaise du m&#234;me nom. Chaque actionnaire re&#231;oit 200 arpents de terre pour s'installer. John Winthrop devient gouverneur de la colonie de la baie du Massachusetts. Il justifie son occupation des territoires indiens par le fait que la terre est juridiquement &#171; vacante &#187;. Il pr&#233;texte que les Indiens n'ont pas &#171; soumis &#187; la terre, et en cons&#233;quence n'ont qu'un droit &#171; naturel &#187; sur elle et non un droit &#171; r&#233;el &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 janvier 1636 : Charles Li&#232;nard de l'Olive engage (pour la France) les hostilit&#233;s contre les Cara&#239;bes de Guadeloupe (fin en 1639). Leur extermination commence. &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le g&#233;nocide des am&#233;rindiens cara&#239;bes des Antilles&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 juillet 1636 : le n&#233;gociant du Massachusetts John Oldham est tu&#233; par les indiens &#224; Block Island.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 1636 : suite au meurtre d'un n&#233;gociant blanc, John Stone, fauteur de trouble et kidnappeur d'indien av&#233;r&#233;, par les Pequots au Connecticut en 1634, puis &#224; celui de John Oldham, une exp&#233;dition punitive quitte Boston pour attaquer les Indiens narragansetts de Block Island que l'on prend pour des Pequots. Les Indiens se r&#233;fugient dans les for&#234;ts et les Anglais investissent des villages d&#233;sert&#233;s, d&#233;truisant les r&#233;coltes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 d&#233;cembre 1636 : fondation d'une milice au Massachusetts, &#224; l'origine de la Garde nationale des &#201;tats-Unis, contre les Pequots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tribu Pequot est une tribu am&#233;rindienne qui vivait au XVIIe si&#232;cle dans la r&#233;gion du Connecticut au nord-est des &#201;tats-Unis. Ils appartenaient au groupe linguistique des Algonquiens. Ils furent quasiment tous d&#233;cim&#233;s lors de la Guerre des Pequots (1637) et notamment lors du Mystic massacre qui les opposait aux colons anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mai 1637 : le capitaine John Mason attaque un village Pequot sur la Mystic River, faisant plus de 600 victimes. La Guerre contre les Pequots culmine en Nouvelle-Angleterre (Connecticut). Extermination presque totale de la tribu. Les Anglais &#233;vitent l'affrontement direct et massacrent les populations civiles. Ils offrent une prime sur remise du scalp pour tout Indien tu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 f&#233;vrier 1638 : &#224; Boston, William Pierce le capitaine du Desire, construit en 1636 &#224; Marblehead, pr&#232;s de Salem, importe la premi&#232;re cargaison d'esclaves de la Barbade, qu'il &#233;change contre des esclaves am&#233;rindiens, les traces &#233;crites &#233;tablissant la premi&#232;re pr&#233;sence d'esclaves noirs au Massachusetts vers 1638.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 septembre 1638 : trait&#233; de Hartford ; fin de la guerre contre les Pequots en Nouvelle-Angleterre (Connecticut) commenc&#233;e en mai 1637. Les Pequots survivants sont vendus comme esclaves. La langue et l'emploi du nom Pequot devient hors-la-loi dans les colonies anglaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1639 : plus de soixante esclaves de Saint-Christophe se r&#233;voltent et s'arment en gagnant les hauteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 juin 1641 : d&#233;but de la premi&#232;re guerre franco-iroquoise (fin en 1645). En d&#233;pit des nombreux trait&#233;s de paix qui interrompront la guerre, elle durera 25 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 f&#233;vrier 1643 : massacre par les Hollandais de 80 Indiens pacifiques r&#233;fugi&#233;s &#224; Pavonia, en Nouvelle-N&#233;erlande, apr&#232;s une attaque des Mohawks. D&#233;but de la Guerre de Kieft, insurrection g&#233;n&#233;rale de onze tribus indiennes contre les colons (1643&#8211;1645).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 juin 1643 : au Qu&#233;bec, les Iroquois livrent une guerre d'embuscades contre le poste de Ville-Marie (Montr&#233;al). Trois colons sont tu&#233;s et trois autres fait prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septembre 1643 : ex&#233;cution du chef Miantonomo par les Mohegan. D&#233;but d'une guerre entre les Indiens Naragansetts et les Anglais en Nouvelle-Angleterre (fin en 1645).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 mars 1644, Qu&#233;bec : les chiens, dont la fameuse chienne Pilote, d&#233;nichent des Iroquois cach&#233;s dans les alentours de Ville-Marie. Maisonneuve pr&#233;pare l'attaque. Il s'av&#232;re cependant que les Iroquois sont au nombre de 200. Les Fran&#231;ais doivent rapidement battre en retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 avril 1644 : attaque indienne en Virginie. 500 colons sont tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 septembre 1645, Canada : paix entre les colons fran&#231;ais et les Agniers (Iroquois). Elle ne durera qu'un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 octobre 1646 : trait&#233; de paix entre les Anglais et les Indiens Powhatans en Virginie, sign&#233; apr&#232;s que gouverneur sir William Berkeley ait captur&#233; leur chef Opechancanough.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 octobre 1646, Qu&#233;bec : reprise des hostilit&#233;s avec les Agniers (Iroquois) quand ces derniers capturent le p&#232;re j&#233;suite Isaac Jogues et Jean de La Lande. Les Agniers se rendent compte que les Fran&#231;ais qui reviennent d'Europe causent des d&#233;c&#232;s dans leur communaut&#233; (microbes). Pour conjurer la mort, un Agnier tue d'un coup de hache le p&#232;re Jogue (18 octobre) et le lendemain Jean de La Lande.&lt;br class='autobr' /&gt;
16-19 mars 1649, Canada : les Hurons sont vaincus par la Ligue des Iroquois. Les Iroquois attaquent les missions huronnes de Saint-Ignace et de Sainte-Marie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 juillet 1651 : les Iroquois attaquent l'H&#244;tel-Dieu de Jeanne Mance &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1654 : les Kalinas de Martinique attaquent les colons avec le soutien des n&#232;gres marrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1656 : une r&#233;volte servile &#233;clate en Guadeloupe, dirig&#233;e par deux esclaves, P&#232;dre du Cap-Vert et Jean Leblanc de l'Angola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septembre 1658 : expulsion et massacre des Indiens cara&#239;bes &#224; la Martinique par l'arm&#233;e coloniale. Cette guerre des Blancs contre les Indiens cara&#239;bes, menant &#224; leur &#233;limination physique, qui double en 20 ans la surface martiniquaise des planteurs blancs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 mai 1660, Qu&#233;bec : bataille de Long Sault. Le 1er mai, Adam Dollard des Ormeaux et 16 de ses amis arrivent &#224; Long-Sault et attendent, dans les restes d'une palissade abandonn&#233;e, les Iroquois (qui avaient d&#233;clar&#233; la guerre aux Blancs) qui remontent la rivi&#232;re Ottawa. Ne sachant pas que le groupe d'Iroquois compte environ 300 hommes, ils se barricadent dans leur palissade o&#249; ils seront assi&#233;g&#233;s pendant une semaine. Les Hurons font d&#233;fection, l'eau se met &#224; manquer, et quand un baril de poudre explose dans la palissade, les assi&#233;g&#233;s tombent aux mains des Iroquois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1662 : guerre entre les Hollandais et les Am&#233;rindiens Delaware de la tribu des Esopus dite guerre d'Esopus qui se termine le 15 mai 1664.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1665 : formation d'un premier groupe de 500 marrons en Martinique dirig&#233;s par Francisque Fabul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 juillet 1667, Qu&#233;bec : trait&#233; de paix de la France avec les Iroquois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1670 : les Anglais fondent un &#233;tablissement colonial &#224; Charleston (Charles Town) en Caroline du Sud. Cette colonie est fond&#233;e sur la traite des Am&#233;rindiens de Caroline vers les Antilles qui repr&#233;sentera au total 24 000 &#224; 51 000 indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1674 : R&#233;volte des noirs dans les Antilles anglaises. Les esclaves malgaches de la R&#233;union se r&#233;voltent eux aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 juin 1675 : d&#233;but de la &#171; Guerre du roi Philippe &#187; contre les Indiens, au Massachusetts (fin en octobre 1676). Une premi&#232;re guerre a lieu en 1675 apr&#232;s la restauration anglaise, le roi Philip fils (Metacomet ou Metacam), couronn&#233; en 1662, &#233;tant oblig&#233; de d&#233;poser les armes, alors que les tensions territoriales entre colons et indiens s'amplifiaient. L'assassinat d'un indien converti au protestantisme conduit &#224; l'ex&#233;cution de trois Wampanoags, alli&#233;s aux blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1675, les Wampanoags br&#251;lent Swansea en repr&#233;sailles. Les Nipmucks et les Narragansets les rejoignent. De leur c&#244;t&#233;, les Mohawks refusent de rejoindre le roi Philip. Ces derniers, ex-mercenaires des colonies des Pays-Bas, sont en effet pass&#233;s aux Britanniques qui ont rachet&#233; New-York aux Hollandais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1676 : les Narangasetts sont vaincus, et leur chef Canonchet tu&#233; en avril. En ao&#251;t, le roi Philipp est trahi et tu&#233;. Cette guerre aura fait 600 morts du c&#244;t&#233; des colons anglais et 4 000 du c&#244;t&#233; des Am&#233;rindiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus au sud, au m&#234;me moment, la traite des Am&#233;rindiens de Caroline vers les Antilles s'amplifie, tandis que d&#233;bute la m&#234;me ann&#233;e en 1676 en Virginie la r&#233;volte de Nathaniel Bacon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mars 1676, guerre du Roi Philip : une compagnie de 65 colons anglais et de vingt Indiens alli&#233;s dirig&#233;e par le capitaine Michael Pierce est d&#233;cim&#233;e dans une embuscade sur les rives de la Blackstone River, pr&#232;s de l'actuel Central Falls, par le chef Narragansett Canonchet. Trois jours plus tard les Narragansett attaquent et incendient Providence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 avril 1676 : combat de Sudbury, raid victorieux des Indiens contre les colons anglais dans la guerre du Roi Philip.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1676 : Une &#233;chauffour&#233;e entre Indiens Susquehannocks et colons de Virginie conduit au massacre par Nathaniel Bacon des Ocaneechees.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 1676 : La r&#233;volte de Nathaniel Bacon, est d&#233;clench&#233;e dans la colonie britannique de Virginie par des Blancs vivant sur la Fronti&#232;re avec les Indiens, rejoints plus tard par des esclaves noirs et des serviteurs blancs. Elle &#233;clate &#224; propos de la menace indienne dans un contexte de crise agricole et de mis&#232;re. Les Blancs de la Fronti&#232;re estiment que le gouverneur de Jamestown, William Berkeley, doit mener une guerre totale contre les Doegs qui se sont lanc&#233;s dans des actions de gu&#233;rilla &#224; la suite de diff&#233;rends avec les colons. Nathaniel Bacon, &#233;lu &#224; la chambre des Bourgeois de Virginie au printemps, et cousin de Frances Culpeper, la femme du gouverneur William Berkeley, pr&#244;ne la mise en place de d&#233;tachements arm&#233;s pour combattre les Indiens. Le gouverneur l'accuse de r&#233;bellion et le fait emprisonner. Deux mille colons de Virginie marchent imm&#233;diatement sur Jamestown pour lui apporter leur soutien. Berkeley fait lib&#233;rer Bacon apr&#232;s une promesse de repentance publique. Mais Bacon s'&#233;chappe, reforme ses milices et se met &#224; harceler les Indiens. En juillet, il r&#233;dige une &#171; D&#233;claration du Peuple &#187; qui reproche &#224; l'administration ses imp&#244;ts injustes, son favoritisme, sa mainmise sur le commerce des fourrures et son abandon des fermiers confront&#233;s aux Indiens. Bacon attaque alors les Indiens pamunkeys, consid&#233;r&#233;s comme inoffensifs, en tue huit, fait des prisonniers et s'empare de leurs biens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 ao&#251;t 1676 : la mort du chef des Indiens Wampanoag, Metacom (dit le roi Philip), met fin &#224; la guerre sur la rive sud de la baie du Massachusetts. Les Anglais, victorieux, ont perdu six cents hommes et trois mille Indiens sont massacr&#233;s. La d&#233;faite des Indiens en Nouvelle-Angleterre donne aux colons europ&#233;ens le contr&#244;le de la c&#244;te nord-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 ao&#251;t 1680 : r&#233;volte des indiens Pueblos au Nouveau-Mexique, qui prennent Santa Fe le 21 ao&#251;t. Massacre de nombreux colons espagnols. Les autres prennent la fuite. Les &#233;tablissements espagnols sont d&#233;truits (fin en 1692). La R&#233;volte des Pueblos de 1680 ou La r&#233;bellion de Pop&#233; fut une r&#233;volte du peuple des Pueblos contre la colonisation des Espagnols en Am&#233;rique, en Nouvelle-Espagne, dans la province du Nouveau-Mexique. M&#234;me si les Pueblos r&#233;ussirent &#224; mettre en fuite les Espagnols en les obligeant &#224; quitter provisoirement la r&#233;gion, ceux-ci profit&#232;rent des divisions internes qui agit&#232;rent la nation pueblo apr&#232;s la r&#233;volte pour r&#233;cup&#233;rer leur colonie en 1692.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er janvier 1682 : &#224; la suite de la r&#233;volte des Pueblos, les habitants de la mission espagnole d'Isleta sont d&#233;plac&#233;s vers El Paso, premier &#233;tablissement espagnol au Texas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 juin 1683 : William Penn signe le trait&#233; de paix de Shackamaxon avec les Indiens du Delaware (Tamanend).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 - 23 juillet 1687, Am&#233;rique du Nord : Denonville, pour la France, avec 800 soldats, 1 100 miliciens et 400 Am&#233;rindiens, ravage le pays des Tsonnontouans, emp&#234;chant ainsi les Iroquois et les Anglais d'enlever aux Fran&#231;ais le contr&#244;le du commerce des fourrures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 novembre 1687 : un raid de 100 &#224; 200 Iroquois est repouss&#233; au fort Chambly (rive gauche de la rivi&#232;re Richelieu au Qu&#233;bec).&lt;br class='autobr' /&gt;
4-5 ao&#251;t 1689 : massacre de 97 canadiens par les Iroquois &#224; Lachine (r&#233;gion de Montr&#233;al).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 septembre 1689 : alliance entre les Anglais et les Iroquois contre la France. D&#233;but de la Premi&#232;re Guerre intercoloniale en Nouvelle-France, ou guerre franco-iroquoise dans le cadre de guerre de la Ligue d'Augsbourg. Elle se termine en 1697 avec le trait&#233; de Ryswick.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les guerres franco-iroquoises sont une s&#233;rie de guerres entre les colons fran&#231;ais implant&#233;s au Canada et la tribu des cinq nations (plus tard six), connu sous le nom d'Iroquois. Elles ont connu un paroxysme &#224; la fin des ann&#233;es 1680, mais ont d&#233;but&#233; bien avant. Les Iroquois sont historiquement proches de leurs partenaires commerciaux de la Nouvelle-N&#233;erlande, n&#233;erlandais jusqu'en 1666, puis anglais. Ces derniers entraient en guerre contre la France &#224; partir de 1689. Lorsque les Fran&#231;ais arrivent, les Iroquois sont organis&#233;s en une conf&#233;d&#233;ration de &#171; Cinq nations &#187; : les tribus des Agniers (Mohawks), &#233;tablis &#224; l'Ouest de l'actuelle New York, celle des Onneyouts (Oneida), des Onontagu&#233;s (Onondaga), des Goyogouins (Cayuga) et enfin celle des Tsonnontouans (Seneca). Les guerres franco-iroquoises ont eu des motifs principalement commerciaux, les Iroquois se battant contre les Hurons et les implantations fran&#231;aises de la vall&#233;e du Saint-Laurent afin de contr&#244;ler le commerce des fourrures en provenance de Nouvelle-France et des colonies hollandaises de New York et du New Jersey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 f&#233;vrier 1690, guerre franco-anglaise : les Fran&#231;ais et leurs alli&#233;s Indiens venus de Montr&#233;al attaquent Colaer (Schenectady) dans la province de New York ; ils br&#251;lent la ville et massacrent la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1692 : R&#233;volte des noirs dans les Antilles anglaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 janvier 1693 : d&#233;part de Montr&#233;al d'une exp&#233;dition fran&#231;aise contre les Iroquois. Trois villages iroquois au nord d'Albany sont attaqu&#233;s et d&#233;truits par les Fran&#231;ais, qui font 300 prisonniers (16-18 f&#233;vrier). Le corps exp&#233;ditionnaire est attaqu&#233; par les Anglais dans sa retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 ao&#251;t 1696, guerres franco-iroquoises : Frontenac, Calli&#232;res et Ramezay, avec l'aide de 2 000 soldats, miliciens et Am&#233;rindiens, d&#233;truisent un village abandonn&#233; par les Onontagu&#233;s (Iroquois) et ravagent toutes les r&#233;coltes de ses habitants, pr&#232;s d'Oswego.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 janvier 1699 : trait&#233; de paix de Mare point, &#224; Casco Bay (Maine), entre les colons du Massachusetts et les principaux chefs de la conf&#233;d&#233;ration &#171; Wabanaki &#187; (Ab&#233;naquis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 ao&#251;t 1701 : signature de la Grande paix de Montr&#233;al, trait&#233; de paix entre les Fran&#231;ais et les Iroquois en Nouvelle-France (Am&#233;rique du Nord). Les Cinq Nations iroquoises promettent de rester neutre dans d'&#233;ventuelles guerres entre Anglais et Fran&#231;ais..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 mai 1702 : l'Angleterre et les Pays-Bas d&#233;clarent officiellement la guerre &#224; la France et &#224; l'Espagne (Guerre de Succession d'Espagne). Les hostilit&#233;s commencent entre colons fran&#231;ais et anglais en Acadie (1703), entre colons anglais de Caroline et espagnol de Floride.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 mai 1702, Floride espagnole : des Indiens Creeks, encourag&#233;s par les colons anglais de Caroline, attaquent la mission de Santa F&#233; de Toloca en territoire Timucua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1702 : R&#233;volte des noirs dans les Antilles britanniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1703 : Le scalp (mot d'origine scandinave, et apport&#233; par les Anglais, et non d'origine indienne) d'un autochtone (un indig&#232;ne) est r&#233;mun&#233;r&#233; par les autorit&#233;s coloniales &#224; 40 &#163;. La scalpation est une pratique guerri&#232;re qui consiste &#224; arracher tout ou partie du cuir chevelu (scalp en anglais) d'un adversaire, mort ou vivant. Le scalp est conserv&#233; comme troph&#233;e de guerre pour t&#233;moigner du nombre d'adversaires vaincus. Dans l'imaginaire occidental, la scalpation est avant tout associ&#233;e aux Indiens d'Am&#233;rique lors de la Conqu&#234;te de l'Ouest, mais cette pratique a &#233;t&#233; mise en place par les colons et soldats anglais&#8230; &#171; Le 5 avril 1794, un correspondant du Centinel [un journal de Cincinnati] notait que Colombia, un poste d'observation non loin de l&#224;, offrait des primes pour des scalps d'indiens &#187;. En 1750, le scalp d'un Indien adulte (homme de plus de douze ans) ramen&#233; par un colon blanc est r&#233;mun&#233;r&#233; 100 &#163;, celui d'une femme ou d'un enfant de moins de douze ans, 50 &#163;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 f&#233;vrier 1704 : attaque franco-indienne sur la position anglaise de Deerfield (actuellement dans le Massachusetts).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 f&#233;vrier 1708 : r&#233;volte d'esclaves &#224; Long Island (New York) ; 7 blancs sont tu&#233;s, quatre esclaves, dont un Indien et une femme, sont ex&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 ao&#251;t 1708 : saccage de la colonie britannique d'Haverhill par les franco-indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1711 : Guerre des Tuscaroras en Caroline contre des am&#233;rindiens qui prot&#233;geaient les esclaves fugitifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 avril 1712 : r&#233;volte d'esclaves dans la colonie de New York. Quelque 25 esclaves et deux Indiens incendient un b&#226;timent et tuent neuf blancs. Captur&#233;s par les soldats, ils sont jug&#233;s et 21 d'entre eux sont ex&#233;cut&#233;s. Herbert Aptheker d&#233;nombre au XVIIIe si&#232;cle dans les colonies britanniques d'Am&#233;rique du Nord pr&#232;s de deux cent cinquante r&#233;voltes et conspirations d'esclaves noirs r&#233;unissant au moins dix personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 avril 1712, Caroline : reddition de Fort Hancock ; les Tuscaroras doivent accepter une paix humiliante. La guerre reprend &#224; l'automne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 mai 1712 : d&#233;but de la r&#233;bellion des Tzeltal dans le Chiapas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 1712 : Premi&#232;re guerre Fox. Les Renards, nation indienne de l'ouest du lac Michigan, tentent de s'emparer du poste de D&#233;troit pr&#232;s duquel ils se sont r&#233;cemment &#233;tablis. Les Outaouais et les Illinois pr&#234;tent main-forte &#224; Dubuisson et &#224; ses quelque 20 soldats pour contre-attaquer. Les Renards sont d&#233;faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20-23 mars 1713 : reddition du Fort Neoheroka. Fin de la guerre de Tuscarora (qui se d&#233;roulait depuis l'automne 1711). 1000 Indiens sont captur&#233;s et r&#233;duits en esclavage, 1400 sont morts pendant le conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mars 1713 : par le trait&#233; de l'asiento, le Royaume-Uni s'assure pour trente ans le monopole du commerce des esclaves avec l'Am&#233;rique latine et devient la premi&#232;re nation esclavagiste. Elle obtient de l'Espagne l'autorisation d'envoyer un navire par an dans les colonies espagnoles (vaisseau de permission).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 avril 1715 : la guerre des Yamasee en Caroline du Sud (fin en 1717) est d&#233;clench&#233;e par des am&#233;rindiens qui refusaient d'&#234;tre mis en esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1716 : un groupe de 60 marrons de la Grenade munis d'armes &#224; feu s'attaquent aux colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er mai 1716 : les Fran&#231;ais command&#233;s par Louvigny, partent de Montr&#233;al avec 225 soldats et miliciens ainsi que plusieurs Am&#233;rindiens. En Juin-juillet, ils attaquent les Renards dans leur territoire du Wisconsin et obtiennent une capitulation &#224; la Butte des Morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1718 : &#224; Saint-Domingue, se forme la bande de marrons de Baboruco qui regroupe jusqu'&#224; 800 esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 janvier 1731, Louisiane : reddition des Natchez &#224; Sicily Island. 427 Natchez sont fait prisonniers. En mai, 160 d'entre eux sont vendus comme esclaves et d&#233;port&#233;s &#224; Saint-Domingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 avril 1735 : une exp&#233;dition franco-am&#233;rindienne, sous Noyelles, assaille les Renards et les Sauks dans leur fort de la rivi&#232;re des Moines (Iowa). Apr&#232;s quelques escarmouches, un trait&#233; est conclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mai 1736 : bataille d'Ackia entre les Fran&#231;ais et les indiens Chickasaw dans l'actuel &#201;tat du Mississippi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 juin 1736 : massacre du lac des Bois au Canada ; le p&#232;re Aulneau, le fils a&#238;n&#233; de La V&#233;rendrye et vingt et un de leurs compagnons p&#233;rissent attaqu&#233;s par les Sioux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 f&#233;vrier 1740 : Le Fran&#231;ais Pierre C&#233;loron de Blainville, avec une centaine de soldats et de miliciens canadiens ainsi que 200 Am&#233;rindiens alli&#233;s, attaque les indiens Chickasaws (pr&#232;s de la ville actuelle de Memphis, Tennessee). Ces derniers signent la paix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 f&#233;vrier 1753 : les Guaranis refusent d'&#234;tre d&#233;plac&#233;s de l'autre c&#244;t&#233; du rio Uruguay en application du trait&#233; de Madrid de 1750 et, avec l'aide d'une partie des missionnaires j&#233;suites, entreprennent une gu&#233;rilla de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 1753, New York : le chef Hendrick et seize autres chefs Mohawks rompent la paix (Covenant Chain) avec les colons blancs. Une escroquerie permet de voler quelque 130 000 ha de terres aux Mohawks dans l'&#201;tat de New York, ce qui met fin &#224; la coexistence pacifique entre les Indiens et la population blanche de la province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 mai 1754 : bataille de Jumonville Glen (soldats fran&#231;ais de LouisXV contre ceux de Georges Washington). Les Indiens de la vall&#233;e de l'Ohio se rangent en grande majorit&#233; aux c&#244;t&#233;s des Fran&#231;ais, qui sont avant tout des n&#233;gociants et n'occupent pas effectivement les territoires indiens. En revanche, les Britanniques convoitent &#224; l'&#233;vidence leurs terrains de chasse et leur espace vital. Le contraire se d&#233;roule dans la vall&#233;e du Mississippi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 avril 1754 : premier affrontement dans la guerre des Guaranis au Paraguay entre les troupes portugaises et les Indiens Guaranis (fin en 1756). Le 7 septembre, les Guaranis emp&#234;chent les troupes du g&#233;n&#233;ral portugais Gomez Freire de passer le rio Jacu&#237; et les Portugais se retirent le 21 novembre. Andonaegui, chef de la partie espagnole, quitte Buenos Aires le 2 mai et marche vers le Nord jusqu'au ruisseau de Guarupa, puis d&#233;cide de se retirer en ao&#251;t devant les difficult&#233;s du terrain. En octobre, il subit une attaque des Guaranis. Il est de retour &#224; Buenos Aires le 7 mars 1755.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1754-1756 : guerre entre France et Angleterre en Am&#233;rique.&lt;br class='autobr' /&gt;
10 f&#233;vrier 1756 : les Guaranis sont &#233;cras&#233;s par les troupes portugaise et espagnoles coalis&#233;es &#224; la bataille de Caibat&#233;. Fin de la guerre des Guaranis au Paraguay. Des milliers d'Indiens sont massacr&#233;s et les survivants doivent se r&#233;fugier dans la for&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3-9 ao&#251;t 1757 : le g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais Louis-Joseph de Montcalm, alli&#233; aux Am&#233;rindiens, prend Fort William Henry, sur le Lac George, qui commande la haute vall&#233;e de l'Hudson (9 ao&#251;t).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3483 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/7623i5.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;319&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;2 juin 1763, r&#233;bellion de Pontiac : les Ojibw&#233;s s'emparent de Fort Michilimakinac. La r&#233;bellion de Pontiac, conspiration de Pontiac ou guerre de Pontiac opposa l'Empire britannique &#224; une conf&#233;d&#233;ration de tribus am&#233;rindiennes de la r&#233;gion des Grands Lacs, du Pays des Illinois et de la Vall&#233;e de l'Ohio entre 1763 et 1766. Le conflit fut caus&#233; par les politiques d&#233;savantageuses qu'imposaient les Britanniques apr&#232;s avoir battu les Fran&#231;ais durant la guerre de la Conqu&#234;te (1754-1760). Les guerriers de nombreuses tribus rejoignirent le soul&#232;vement indien dont le but &#233;tait de chasser les troupes et les colons britanniques de la r&#233;gion. La guerre est nomm&#233;e du nom du chef outaouais Pontiac, le plus pr&#233;&#233;minent des chefs am&#233;rindiens durant le conflit. La guerre d&#233;buta en mai 1763 lorsque les Am&#233;rindiens, offens&#233;s par les politiques du g&#233;n&#233;ral britannique Jeffery Amherst, attaqu&#232;rent plusieurs forts et implantations britanniques. Huit forts furent d&#233;truits et des centaines de colons furent tu&#233;s ou captur&#233;s tandis qu'un nombre plus important quitta la r&#233;gion. Les exp&#233;ditions britanniques de 1764 entra&#238;n&#232;rent des n&#233;gociations de paix qui dur&#232;rent deux ans. Les Am&#233;rindiens furent incapables de chasser les Britanniques mais le soul&#232;vement poussa le gouvernement britannique &#224; modifier les politiques &#224; l'origine du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 juillet 1763 : victoire de Pontiac &#224; Bloody Run pr&#232;s de Detroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5-6 ao&#251;t 1763 : d&#233;faite de Pontiac &#224; la bataille de Bushy Run, dans le Comt&#233; de Westmoreland (Pennsylvanie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 septembre 1763 : bataille du Trou du Diable. Les Senecas battent les Britanniques &#224; Devil's Hole, pr&#232;s des chutes du Niagara.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 d&#233;cembre 1763 : les &#171; Paxton Boys &#187; tuent six Indiens pacifiques &#224; Conestoga, en Pennsylvanie. Le 27, les quatorze survivants mis &#224; l'abri dans la prison de Lancaster sont massacr&#233;s &#224; leur tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17-20 octobre 1764 : trait&#233; de paix entre le colonel britannique Henri Bouquet et les Shawnee, les S&#233;n&#233;cas et les Lenapes. Bouquet exige le retour de tous les captifs britanniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 juillet 1766 : le chef des outaouais Pontiac signe la paix avec les Britanniques &#224; Oswego. Fin de la r&#233;bellion de Pontiac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 novembre 1768 : les Iroquois c&#232;dent la vall&#233;e de l'Ohio aux colonies britanniques au trait&#233; de Fort Stanwix ou trait&#233; des six Nations (William Johnson).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 avril 1769 : le chef des outaouais, Pontiac, alli&#233; des Fran&#231;ais, est assassin&#233; &#224; Cahokia. Il avait mobilis&#233; toutes les tribus de la r&#233;gion des Grands Lacs contre les Britanniques apr&#232;s la victoire de ces derniers sur les Fran&#231;ais scell&#233;e par le trait&#233; de Paris de 1763. Cette r&#233;volte for&#231;a le roi George III &#224; faire la proclamation royale de 1763, qui affirmait les droits illimit&#233;s des Indiens sur les terres qu'ils occupaient et interdisait toute nouvelle colonisation au-del&#224; des Appalaches, entra&#238;nant le m&#233;contentement des marchands et des sp&#233;culateurs am&#233;ricains. Pontiac fut assassin&#233; en 1769 par un Am&#233;rindien illinois &#224; la solde de marchands am&#233;ricains. L'assassinat de Pontiac marque le d&#233;but d'un mythe. Malgr&#233; l'&#233;chec de sa r&#233;bellion, il a inspir&#233; beaucoup d'Am&#233;rindiens dans leur r&#233;sistance &#224; la domination europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 d&#233;cembre 1769 : Daniel Boone est captur&#233; par les Shawnees lors d'une exp&#233;dition dans le Kentucky actuel. Il r&#233;ussit &#224; s'&#233;chapper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 mars 1770 : massacre de Boston. Les troupes britanniques tirent sur la foule manifestant contre les taxes d'importation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 juillet 1771 : massacre d'un groupe d'Inuits &#224; Bloody Falls par des guerriers Chipewyan men&#233;s par le guide Matonabbee pendant l'exp&#233;dition de Samuel Hearne sur la Coppermine River.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 d&#233;cembre 1773 : Boston Tea Party. Pour protester contre les taxes, des bostonniens, d&#233;guis&#233;s en Indiens, jettent une cargaison de 342 caisses de th&#233; &#224; la mer &#224; Boston ; cet &#233;v&#233;nement provoque la r&#233;action du cabinet conservateur de Lord North qui vote plusieurs loi qui ruine le commerce de Boston et les libert&#233;s du Massachusetts. C'est le d&#233;but des troubles dans les colonies britanniques d'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1774 : La guerre de Lord Dunmore. Au printemps 1774, des Shawnees tentent de se d&#233;barrasser des colons britanniques. 3 mai : en repr&#233;sailles, les colons tuent onze Mingos. Logan tue treize colons en Pennsylvanie. Lord John Murray Dunmore, gouverneur de Virginie, aide les colons de Pennsylvanie &#224; la r&#233;pression : sept villages Mingos sont d&#233;truits, un fort est construit &#224; Little Kanawha River. 10 octobre : bataille de Point Pleasant, les Britanniques battent les Shawnees. Le g&#233;n&#233;ral Amherst donne l'ordre de distribuer des couvertures infect&#233;es de variole. Plusieurs milliers d'Am&#233;rindiens Delaware sont contamin&#233;s et r&#233;pandent la &#171; petite v&#233;role &#187; &#224; d'autres nations indiennes. Dans ces circonstances la paix leur est impos&#233;e. Des miliciens de Virginie d&#233;truisent pendant les n&#233;gociations plusieurs villages Shwanees.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1775 : D&#233;but de la guerre d'ind&#233;pendance des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique (fin en 1783).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 juin 1775, Br&#233;sil : l'esclavage des Indiens est aboli, remplac&#233; par une main d'&#339;uvre servile en provenance de l'Angola, autre colonie portugaise des c&#244;tes africaines. Jusqu'en 1850, la traite des esclaves noirs, va toucher pr&#232;s de trois millions et demi d'&#234;tres humains, qui seront arrach&#233;s du continent africain pour &#234;tre asservis et vendus aux planteurs br&#233;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1776 et 1832, dans les for&#234;ts centrales de Guadeloupe, dans le lieu-dit des Deux Mamelles, existe une petite r&#233;publique noire ind&#233;pendante, fond&#233;e par une bande de marrons appel&#233;e la bandes des Kellers, avec des habitations fixes et des plantations dans la partie la plus inaccessible des bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1778 : d&#233;but des &#171; guerres am&#233;rindiennes &#187;. Les guerres am&#233;rindiennes sont l'ensemble des guerres opposant les colons europ&#233;ens puis le gouvernement des &#201;tats-Unis aux peuples Nord-Am&#233;rindiens, de 1778 &#224; 1890. Bien qu'aucune guerre ne f&#251;t officiellement d&#233;clar&#233;e par le Congr&#232;s des &#201;tats-Unis, l'arm&#233;e fut constamment en guerre contre ces peuples &#224; partir de 1778. Elles se sont prolong&#233;es au XIXe si&#232;cle par des violences et de nombreux massacres de la part des deux camps. L'historien am&#233;ricain Howard Zinn rappelle que &#171; les gouvernements am&#233;ricains [ont] sign&#233; plus de quatre cents trait&#233;s avec les Am&#233;rindiens et les [ont] tous viol&#233;s, sans exception &#187;. L'ensemble des combats et massacres livr&#233;s entre les &#201;tats-Unis et les Indiens fait 19 000 victimes chez les blancs et environ 30 000 du c&#244;t&#233; des Indiens, hommes, femmes et enfants. Entre 9 et 11,5 millions &#224; la fin du XVe si&#232;cle, les Indiens d'Am&#233;rique du Nord ne sont plus que 250 000 en 1890. Cette h&#233;catombe d&#233;mographique sans &#233;quivalent dans l'histoire &#233;tant due essentiellement aux &#233;pid&#233;mies et aux famines, provoqu&#233;es notamment par les d&#233;portations et la chasse intensive du bison dont la population passe de 60 000 000 au d&#233;but du XVIe si&#232;cle &#224; 1 000 &#224; la fin du XIXe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 mars 1778 : lors de son troisi&#232;me voyage, James Cook atteint la c&#244;te du continent nord-am&#233;ricain au large de l'actuel Oregon. Il cherche en vain le passage du Nord-Ouest. Il longe cependant la c&#244;te jusqu'en Alaska, s'engage dans ce qui est appel&#233; aujourd'hui le d&#233;troit de Cook, puis poursuit sa route vers le nord, remonte jusqu'au d&#233;troit de B&#233;ring qu'il franchit avant d'&#234;tre contraint de faire demi-tour face &#224; la banquise de la calotte glaciaire (18 ao&#251;t). Il remet alors le cap vers les &#238;les Sandwich, o&#249; il est contraint d'hiverner. Les rapports avec les Hawaiiens se d&#233;gradent peu &#224; peu : victime du vol d'une chaloupe, Cook veut r&#233;cup&#233;rer son bien et il est poignard&#233; le 14 f&#233;vrier 1779 au cours d'un bref affrontement avec les habitants de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 novembre 1780 : Condorcanqui, fils d'un cacique de Tinta, prend le nom de T&#250;pac Amaru II, se proclame Inca et prend la t&#234;te de la r&#233;volte des Indiens au P&#233;rou. Il s'empare d'un corregidor qu'il fait ex&#233;cuter (4 octobre). Apr&#232;s avoir battu une milice pr&#232;s de Cuzco le 18 novembre, il est d&#233;fait par les troupes du visitador Arreche, incarc&#233;r&#233; et condamn&#233; &#224; mort (1781).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 mai 1781 : le dernier Inca T&#250;pac Amaru II est &#233;cartel&#233; puis d&#233;capit&#233; &#224; Cuzco au P&#233;rou en pr&#233;sence de toute la population rassembl&#233;e. Son cousin, T&#250;pac Amaru III, reprend un temps la t&#234;te de la r&#233;volte mais est pris et subit le m&#234;me supplice en 1783.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre 1781 : le chef des r&#233;volt&#233;s aymara du Haut-P&#233;rou T&#250;pac Katari est ex&#233;cut&#233; &#224; La Paz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1783 : La population indienne de Churchill (Canada) a &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;e par la variole et de la famine en raison du manque de fournitures de chasse normales de poudre et de plomb. Matonabbee s'&#233;tait suicid&#233; en apprenant la capture du fort, et le reste des principaux Indiens de Churchill avait d&#233;m&#233;nag&#233; vers d'autres sites. Les colons Canadiens ont p&#233;n&#233;tr&#233; la patrie des Chippewas, et la lutte y a &#233;t&#233; plus intense que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1815 : Plusieurs centaines de Shawnees du Missouri quitt&#232;rent les &#201;tats-Unis en 1815 et, avec quelques Shawnees du Delaware, &#233;tablirent des colonies au Texas, alors contr&#244;l&#233; par l'Espagne. Ces traditionalistes avaient d&#233;cid&#233; de quitter les Grands Lacs pour &#233;chapper &#224; l'assimilation et perp&#233;tuer leur autonomie. Toutefois cette tribu, qui fut nomm&#233;e Absentee Shawnee (&#171; Shawnee absent &#187;), a &#233;t&#233; de nouveau expuls&#233;e en 1839, alors que le Texas avait gagn&#233; son ind&#233;pendance trois ans plus t&#244;t. Elle s'installa alors en Oklahoma, pr&#232;s de l'actuelle ville de Shawnee et y a &#233;t&#233; rejointe en 1845 par les Shawnee du Kansas qui partageaient leurs visions et croyances traditionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1817, les Shawnees de l'Ohio sign&#232;rent le Trait&#233; de Fort Meigs qui pr&#233;voyait la cession de leurs terres restantes en &#233;change de trois r&#233;serves &#224; Wapaughkonetta, Hog Creek (pr&#232;s d'Ada) et Lewistown.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1825 : Apr&#232;s le Trait&#233; de Saint-Louis, les 1 400 Shawnees du Missouri ont &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s de Cap-Girardeau au sud-est du Kansas, pr&#232;s de la rivi&#232;re Neosho. En 1833, seulement la bande de Black Bob r&#233;sista. Ils s'&#233;tablirent au nord-est du Kansas pr&#232;s de Olathe et le long de la rivi&#232;re Kaw pr&#232;s de Shawnee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 200 des Shawnees de l'Ohio ont suivi le proph&#232;te Tenskwatawa et ont rejoint leurs fr&#232;res et s&#339;urs du Kansas en 1826, mais la majorit&#233; suivit Black Hoof, qui a combattu toutes les tentatives d'abandonner la patrie de l'Ohio. En 1831 le groupe S&#233;n&#233;ca-Shawnee de Lewistown rejoignit les Territoires indiens (l'Oklahoma actuel). Apr&#232;s la mort de Black Hoof, les 400 Shawnees restant &#224; Wapaughkonetta et Hog Creek abandonnent leur terre et se d&#233;placent &#224; la r&#233;serve Shawnee du Kansas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1830, l'Indian Removal Act inaugure la politique de d&#233;placement des populations am&#233;rindiennes toujours plus vers l'Ouest : le pr&#233;sident de l'&#233;poque, Andrew Jackson, fait voter une loi d&#233;portant les Am&#233;rindiens vivant &#224; l'Est du Mississippi &#224; l'Ouest de ce fleuve, principalement en Oklahoma, afin d'exploiter l'or situ&#233; sur leurs territoires, dans l'Ohio et installer les migrants venus d'Europe. Cette loi est d&#233;clar&#233;e anticonstitutionnelle par la Cour Supr&#234;me et entra&#238;ne des guerres avec les Cherokees jusqu'en 1838.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1850, 100 000 Am&#233;rindiens furent d&#233;port&#233;s. L'&#233;pisode le plus c&#233;l&#232;bre de la D&#233;portation des Indiens d'Am&#233;rique, est vraisemblablement celui de la Piste des larmes en 1838-1839.Cette d&#233;portation forc&#233;e fit au moins 4 000 morts, &#224; cause du froid, de la maladie (chol&#233;ra) et de l'&#233;puisement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3485 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/Les-Sioux.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/Les-Sioux.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;1115&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;17 ao&#251;t 1862 : r&#233;volte des Sioux. Plus de 700 colons p&#233;rissent. Les Indiens vaincus ne poss&#232;dent plus que les Dakota et le Montana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1865 : R&#233;volte des Sioux pour emp&#234;cher une piste de pionniers de traverser leurs territoires de chasse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apr&#232;s l'ind&#233;pendance des Etats-Unis, la guerre contre les Indiens ne faiblit pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les treize colonies am&#233;ricaines comptent 4 millions d'habitants en 1776, ann&#233;e de la D&#233;claration d'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1778 : premier trait&#233; des &#201;tats-Unis avec une tribu indienne, la tribu des Delaware.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1779 : pendant la guerre d'ind&#233;pendance le commandant de l'arm&#233;e continentale George Washington ordonne que les territoires des Iroquois, alli&#233;s aux Britanniques, soient conquis et d&#233;vast&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1784 : second trait&#233; de Fort Stanwix. Les Shwanees donnent toutes leurs terres &#224; l'Est et au Sud de l'Ohio&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	13 juillet 1787 : l'Ordonnance du Nord-Ouest (Northwest Ordinance) ouvre la colonisation des Territoires du Nord-Ouest, entre Appalaches, Grands Lacs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Mississippi et Tennessee. Aucun territoire ou bien indien ne leur sera retir&#233; sans leur consentement, sauf &#224; l'issue d'une guerre d&#233;clar&#233;e par le Congr&#232;s. Aucune guerre ne fut jamais d&#233;clar&#233;e par le Congr&#232;s aux tribus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1789 : la Constitution r&#233;affirme les principes &#233;nonc&#233;s dans la Northwest Ordinance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre de la Jeune Am&#233;rique (1790-1794)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#192; la suite de l'ordonnance du Nord-Ouest, les colons ont commenc&#233; &#224; avancer de plus en plus sur le territoires des tribus Shawnees, Outaouais et Miamis. Ces tribus se sont donc r&#233;unies pour combattre les arm&#233;es f&#233;d&#233;rales. Cette guerre dura de 1790 &#224; 1795. Il s'y d&#233;roula plusieurs grandes batailles comme celles d&#233;crites ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le chef Michikinikwa (Little Turtle), chef des tribus Miamis, inflige en 1790 une d&#233;faite aux troupes am&#233;ricaines sur la rivi&#232;re Miami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	4 novembre 1791 : &#224; la bataille de la Wabash, les Indiens de Little Turtle surprennent et vainquent le major Arthur Saint-Clair, qui perd 610 hommes sur un total de 1 300 ; les Indiens ont 61 morts et bless&#233;s. C'est la pire d&#233;faite am&#233;ricaine dans les guerres indiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	20 ao&#251;t 1794 : le g&#233;n&#233;ral Anthony Wayne bat Veste Bleue &#224; la bataille de Fallen Timbers (qui eut lieu sur un chablis, peu apr&#232;s une temp&#234;te qui d&#233;racina tous ces arbres), de la vall&#233;e de l'Ohio. &#192; la suite de cette d&#233;faite, les Indiens perdirent la guerre ce qui permit aux colons de s'installer dans le nouveau territoire de la Northwest Ordinance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	1795 : avec la signature du trait&#233; de Greenville, Little Turtle et dix autres nations indiennes c&#232;dent leurs droits sur l'Ohio et l'Indiana. Mais Tecumseh, un chef Shawnee, et son fr&#232;re Tenskwatawa refusent de signer ce trait&#233;. Ils organisent alors une r&#233;sistance contre l'expansion des colons vers l'Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1800 : il y avait environ 75 millions de bisons dans les Grandes Plaines. Ils constituaient la premi&#232;re ressource des Sioux, Pied-Noirs, et d'autres tribus. Pour approvisionner les ouvriers du chemin de fer et les touristes les tirant du train, les chasseurs blancs r&#233;duisent leur nombre &#224; 800 en 1890.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1803 : Napol&#233;on Bonaparte vend le territoire de la Louisiane fran&#231;aise aux Am&#233;ricains : cela ouvre la porte aux migrations forc&#233;es pour les Am&#233;rindiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	7 juin 1803 : premier Trait&#233; de Fort Wayne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1804 : le Congr&#232;s autorise le pr&#233;sident &#224; n&#233;gocier avec les tribus pour &#233;changer leurs territoires contre des r&#233;serves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1805 : Exp&#233;dition Lewis et Clark de Saint-Louis au Pacifique, souvent aid&#233;s par des tribus am&#233;rindiennes (notamment les Nez-Perc&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1806 : d&#233;but des d&#233;portations d'Indiens. Bien qu'elles se soient effectu&#233;es quelquefois &#224; l'issue d'un trait&#233;, les Indiens les ont toujours subies, car ils &#233;taient menac&#233;s d'exp&#233;ditions punitives s'ils ne signaient pas le trait&#233;[r&#233;f. n&#233;cessaire]. De 1806 &#224; 1830, 50 tribus sont d&#233;port&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	30 septembre 1809 : le deuxi&#232;me trait&#233; de Fort Wayne (apr&#232;s celui du 7 juin 1803) permet aux &#201;tats-Unis d'obtenir 11 600 km2 de la vall&#233;e de la Wabash, abandonn&#233;s par les Am&#233;rindiens Delawares, Shawnees, Potawatomis, Miamis, Eel River, Weeas, Kickapoos, Piankashaws, et Kaskas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	10 ao&#251;t 1810 : Massacre des Chutes d'Ywahoo : les colons des &#201;tats-Unis massacrent des femmes et des enfants Cherokees.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	7 novembre 1811 : le g&#233;n&#233;ral Harrison inflige une d&#233;faite aux Shawnees dirig&#233;s par Tenskwatawa fr&#232;re de Tecumseh &#224; la bataille de Tippecanoe, dans la vall&#233;e de la rivi&#232;re Wabash (200 morts de part et d'autre), et pille la ville indienne de Prophet's town, les Indiens ayant abandonn&#233; le combat faute de munitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre de 1812 (am&#233;ricano-britannique)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	12 juillet 1812 : alli&#233; des Britanniques, l'Indien Tecumseh tend une embuscade &#224; Brownstown et tue 20 soldats am&#233;ricains au cours de la guerre de 1812.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	16 ao&#251;t 1812 : les Britanniques et Tecumseh prennent Fort D&#233;troit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	13 mai 1813 : Tecumseh vainc les Am&#233;ricains &#224; la bataille de la Maumee River (pr&#232;s de Toledo).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	5 octobre 1813 : Tecumseh est tu&#233; pendant la bataille de la Thames River ; les Britanniques du g&#233;n&#233;ral Henry Proctor se sont enfuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	27 mars 1814 : victoire d'Andrew Jackson &#224; la bataille d'Horseshoe Bend (Tennessee) sur les Indiens Creek. &#192; la suite de cette bataille, Andrew Jackson n&#233;gocie neuf des onze trait&#233;s qui font abandonner petit &#224; petit leurs terres aux Cinq tribus civilis&#233;es (Cherokees, Chickasaws, Choctaws, S&#233;minoles et Creeks), ainsi nomm&#233;es car s&#233;dentaires et pratiquant l'agriculture. De 1814 &#224; 1824, des membres de ces nations migrent volontairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re guerre S&#233;minole (1816-1832)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Les S&#233;minoles sont des Indiens Creeks &#233;tablis en Floride dans les ann&#233;es 1700, encourag&#233;s &#224; s'&#233;tablir comme fermiers par les Espagnols, qui esp&#233;raient arr&#234;ter la progression des Britanniques vers le Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	1816 : le fort S&#233;minole d'Apalachicola est ras&#233; par les Am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	D&#233;cembre 1817 : Andrew Jackson conduit les forces am&#233;ricaines qui envahissent la Floride.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	7 avril 1818 : prise de Saint-Mark&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	24 mai : prise de Pensacola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	22 f&#233;vrier 1819 : trait&#233; d'Adams-On&#237;s : l'Espagne c&#232;de la Floride aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1821 : Sequoyah cr&#233;e l'alphabet Cherokee. Cette invention t&#233;moigne de l'avancement de la culture Cherokee, peuple d'agriculteurs et d'artisans, qui &#233;tablit rapidement des &#233;coles au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, ouvertes aux gar&#231;ons et aux filles (chose qui choquait leurs voisins des &#201;tats-Unis). De plus, ils accueillaient les esclaves &#233;chapp&#233;s des plantations, bien qu'ils pratiquent eux-m&#234;mes une forme d'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	11 mars 1824 : cr&#233;ation du Bureau des affaires indiennes, qui succ&#232;de au Comit&#233; des affaires indiennes, cr&#233;&#233; &#224; l'ind&#233;pendance. Il d&#233;pend du minist&#232;re de la guerre, et est charg&#233; de lib&#233;rer les terres indiennes pour leur exploitation par les colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1827 : Les Cherokees constituent un gouvernement, adoptent une constitution et se d&#233;clarent ind&#233;pendants. La Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis reconna&#238;t ce gouvernement mais d&#233;clare les Cherokees sous tutelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1828 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	D&#233;but de la publication du Cherokee Phoenix, journal indien bilingue anglais-cherokee, qui para&#238;t jusqu'en 1834.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Confiscation des territoires Cherokee par l'&#201;tat de G&#233;orgie (14 000 hectares) ; ces territoires sont r&#233;partis en lots de 64 hectares distribu&#233;s dans une loterie ; les Indiens ne peuvent t&#233;moigner en justice contre des Am&#233;ricains et ne peuvent s'exprimer publiquement contre l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1829 : John Ross, le Chef Oiseau Blanc, premier chef Cherokee &#233;lu, proteste officiellement &#224; Washington contre ces mesures. Andrew Jackson lui r&#233;pond que les Cherokees doivent &#233;migrer &#224; l'ouest du Mississippi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	28 mai 1830 : Indian Removal Act : le pr&#233;sident Andrew Jackson fait voter une loi d&#233;portant les Indiens vivant &#224; l'Est du Mississippi &#224; l'Ouest de ce fleuve, principalement en Oklahoma, afin d'exploiter l'or situ&#233; sur leurs territoires, dans l'Ohio et installer les migrants venus d'Europe. Cette loi est d&#233;clar&#233;e anticonstitutionnelle par la Cour supr&#234;me, et entra&#238;ne des guerres avec les Cherokees jusqu'en 1838. Jusqu'en 1850, 100 000 Indiens sont d&#233;port&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1831 : la Cour supr&#234;me (Arr&#234;t nation Cherokee contre l'&#201;tat de G&#233;orgie) d&#233;cide que la nation Cherokee n'est ni une nation souveraine ni une nation &#233;trang&#232;re r&#233;sidant au sein des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1832 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	D&#233;signation d'un Commissaire aux affaires indiennes, au minist&#232;re de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	La Cour Supr&#234;me d&#233;cide que les lois de G&#233;orgie ne peuvent s'appliquer aux Cherokees, et que le gouvernement f&#233;d&#233;ral a obligation de faire respecter les trait&#233;s conclus avec la nation Cherokee. Cette d&#233;cision n'a jamais &#233;t&#233; appliqu&#233;e par le pr&#233;sident Jackson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre de Northwest Black Hawk (1832)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1832 : le guerrier Sauk Black Hawk (&#171; Faucon noir &#187;) tente de chasser les colons des terres de son peuple. Alli&#233; aux Fox, il quitte le territoire de l'Iowa o&#249; son peuple vivait depuis le trait&#233; de Saint-Louis (1805) pour reconqu&#233;rir ses terres ancestrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	6 avril : 800 Indiens Sauk franchissent le Mississippi, provoquant la panique chez les colons. Le g&#233;n&#233;ral Edmund Gaines tente de n&#233;gocier, sans succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	14 mai : bataille de Stillman's Run, Black Hawk met en fuite les Tuniques bleues (qui subissent la perte de douze hommes, contre cinq chez les Indiens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	28 juillet : menac&#233;s de famine, les Sauk descendent le Wisconsin pour repasser le Mississippi. 750 miliciens des g&#233;n&#233;raux James Henry les rejoignent : c'est la bataille des Wisconsin Height, 68 Indiens y trouvent la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	1er ao&#251;t : Les Indiens arrivent au Mississippi et commencent la travers&#233;e du fleuve. Pris sous le feu d'un navire &#224; vapeur de guerre, Black Hawk hisse le drapeau de la reddition, mais le feu continue, faisant 23 morts chez les Indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	2 ao&#251;t : Massacre de Bad Axe River : Black Hawk est attaqu&#233; par les troupes am&#233;ricaines qui massacrent 300 hommes, femmes et enfants Sauk. Certains survivants qui ont r&#233;ussi &#224; traverser le Mississippi sont tu&#233;s ou captur&#233;s par les Sioux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	27 ao&#251;t : reddition de Black Hawk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; piste des Larmes &#187; (1838)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	29 d&#233;cembre 1835 : trait&#233; de New Echota : 300 &#224; 500 des 17 000 Cherokees vivant &#224; l'est du Mississippi (la d&#233;l&#233;gation Ridge, men&#233;e par les Cherokees John Ridge et Elias Boudinot) signe pour l'ensemble de la nation un trait&#233; qui c&#232;de aux &#201;tats-Unis leurs terres pour cinq millions de dollars, en violation des lois Cherokees, et sans un seul &#233;lu parmi eux. Le Congr&#232;s ratifia ce trait&#233; l'ann&#233;e suivante d'une voix, malgr&#233; les protestations de John Ross. Les 465 Cherokees signataires partirent pour l'ouest en 1837.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1836 : Selon la d&#233;cision du pr&#233;sident de la Cour supr&#234;me John Marshall, les nations souveraines indiennes deviennent des nations d&#233;pendantes de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	mars 1838 : le philosophe Ralph Waldo Emerson proteste par une lettre envoy&#233;e au pr&#233;sident Martin Van Buren contre ce trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	18 mai 1838 : l'&#233;ch&#233;ance du trait&#233; de New Echota &#233;tant arriv&#233;e, le g&#233;n&#233;ral Winfried Scott commence &#224; faire rassembler les Cherokees dans 31 forts, avec uniquement les v&#234;tements qu'ils portaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	fin juillet 1838 : Ils sont ensuite rassembl&#233;s dans onze camps pr&#233;vus &#224; cet effet (10 au Tennessee, un en Alabama).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Environ 3 000 Cherokees firent route par voie fluviale &#224; partir de juin, et arriv&#232;rent jusqu'en septembre dans le Territoire indien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	16 octobre 1838 : d&#233;part des Cherokees restant par les chemins. Ils parcourent 1 750 km, atteignent le Mississippi en novembre, mais les 5 000 derniers restent bloqu&#233;s sur la rive est tout l'hiver. Les premiers groupes arrivent en janvier &#224; Fort Gibson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	mars 1839 : arriv&#233;e des derniers Cherokees. Environ 4 000 d'entre eux au moins, 8 000 au plus, sont morts en chemin, le long de la Piste des Larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	juin 1839 : John Ridge et Elias Boudinot sont assassin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quatre autres Nations civilis&#233;es furent d&#233;port&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re, et connurent aussi leur piste des Larmes. Ce nom vient des larmes de compassion vers&#233;es par les Am&#233;ricains qui les voyaient passer devant eux. Quelques Cherokees r&#233;ussirent &#224; se cacher dans les montagnes, et des S&#233;minoles dans les marais des Everglades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me guerre S&#233;minole (1835-1842)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le m&#234;me processus que pour les Cherokees, le gouvernement fit signer &#224; une minorit&#233; de S&#233;minoles le trait&#233; de Payne Landing (1832), qui leur imposait de quitter leurs terres dans les trois ans. En 1835, l'arm&#233;e am&#233;ricaine fut envoy&#233;e pour faire appliquer ce trait&#233;. Au plus fort de la guerre, 10 000 soldats r&#233;guliers et 30 000 miliciens affront&#232;rent 5 000 guerriers qui pratiquaient une guerre d'embuscades et de coups de mains, les pertes am&#233;ricaines se mont&#232;rent &#224; 1 500 hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1835 : Le major Francis Dade allait de Fort Brooke &#224; Fort King ; 180 S&#233;minoles attaqu&#232;rent sa colonne et l'extermin&#232;rent, ne laissant que trois survivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	25 d&#233;cembre 1837 : &#192; la bataille du lac Okeechobee (&#224; Nubbins Slough), les colonels Zachary Taylor (800 soldats) et Richard Gentry (un r&#233;giment de volontaires du Missouri), face &#224; 380 Indiens, perdent 26 soldats et a 112 bless&#233;s, contre 11 aux Indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#192; Saint-Augustine, les chefs Chat Sauvage et Osceola sont captur&#233;s pendant des n&#233;gociations de paix par le g&#233;n&#233;ral Jessup. Osceola meurt en prison en 1838.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1842 : des n&#233;gociations permettent une tr&#234;ve, reconnaissant des territoires de chasse et de culture aux S&#233;minoles, sans signature de trait&#233;. De nombreux S&#233;minoles furent toutefois envoy&#233;s vers le Territoire indien d'Oklahoma dans les ann&#233;es qui suivirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1848 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	le Bureau des affaires indiennes passe au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. Il est charg&#233; des relations entre l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral et les Indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	D&#233;couverte d'or en Californie, ce qui provoque une ru&#233;e vers l'or. Les colons passent par la piste de l'Oregon, qui traverse les territoires indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1851 : premier trait&#233; de Fort Laramie : les colons peuvent traverser les territoires indiens, moyennant un droit de passage en nature et en argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	18 ao&#251;t 1854 : &#233;pisode de la vache du mormon. Une vache appartenant &#224; un mormon, s'&#233;chappe et d&#233;vaste un camp des Sicangus (Brul&#233;) : elle est abattue par un Sicangu. Les soldats de Fort Laramie exigent que le responsable soit livr&#233;, et devant le refus du chef Ours Conqu&#233;rant, canonnent le village, avant d'&#234;tre vaincus par une charge des guerriers sicangus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	En repr&#233;sailles, en novembre, les Am&#233;ricains attaquent le village du chef Petit Orage, tuent ou mutilent 136 Am&#233;rindiens, et font 70 prisonniers. Malgr&#233; la reddition de Petit Orage, ils sont retenus deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me guerre S&#233;minole (1855-1858)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Des accrochages ont lieu en 1855 entre Am&#233;ricains et environ 200 S&#233;minoles demeur&#233;s en Floride.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	En 1858, le chef Jambes Arqu&#233;es se rend avec ses quarante guerriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1857 : bataille de la Platte avec les Indiens Cheyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre Navajo (1860-1864)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#192; la suite d'accrochages divers dans le Territoire du Nouveau-Mexique entre les Navajos et les troupes f&#233;d&#233;rales, les Navajos se rendent &#224; Kit Carson, qui fait d&#233;truire leurs biens et les d&#233;porte jusqu'&#224; Bosque Redondo, en Arizona. C'est la Longue marche des Navajos : 8 000 Navajos font 620 km &#224; pied. Au bout de quatre ans de sous-nutrition, ils sont autoris&#233;s &#224; revenir sur leurs terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre des Pa&#239;utes (1860)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Apr&#232;s un hiver rigoureux, les 6 000 Pa&#239;utes du Nevada d&#233;cident d'attaquer les colons am&#233;ricains, jug&#233;s responsables de leur malheur pour avoir coup&#233; trop d'arbres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	7 mai : raid contre le Pony Express, cinq morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	mai : nombreux autres raids, faisant 16 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	juin : intervention de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1862 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	le Homestead Act accorde 62 ha de terres &#224; l'ouest du Mississippi &#224; toute famille &#171; non-indienne &#187; qui s'engage &#224; les cultiver pendant cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	1er juillet 1862 : le Pacific Railway Act est sign&#233; par Abraham Lincoln : il autorise la construction de la premi&#232;re ligne de chemin de fer transcontinentale. Des chasseurs (Buffalo Bill est le plus c&#233;l&#232;bre) tuent des millions de t&#234;tes de bisons pour nourrir les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trait&#233; de la Traverse de Sioux 1851&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 juillet 1851, le &#034;trait&#233; de la Traverse de Sioux&#034; (Traverse de Sioux Treaty) fut sign&#233; entre le gouvernement des &#201;tats-Unis, et les Sioux du territoire du Minnesota et mis en application par la Commission des Affaires indiennes. Ce trait&#233; avait pour objectif d'obtenir les riches terres agricoles qui se trouvaient dans le Minnesota. De vastes &#233;tendues de terres furent ainsi c&#233;d&#233;es &#224; partir de l'Iowa jusqu'&#224; la fronti&#232;re canadienne. Des tribus Sioux telles que les Sisseton et Wahpeton h&#233;sit&#232;rent &#224; se d&#233;sh&#233;riter, mais les pressions &#233;taient tellement fortes, qu'ils c&#233;d&#232;rent avec r&#233;ticence sous la menace potentielle du gouvernement f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce trait&#233; aggrava les conditions de vie des Am&#233;rindiens. Plusieurs facteurs aboutirent &#224; la r&#233;volte des Indiens des plaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Une ru&#233;e des colons blancs d&#233;ferla sur ces nouveaux territoires ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Une volont&#233; de poss&#233;der davantage de terres par les autorit&#233;s du gouvernement f&#233;d&#233;ral ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Une incapacit&#233; &#224; payer les rentes promises aux Am&#233;rindiens ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	De nouvelles r&#233;ductions des terres ancestrales qui aboutissent &#224; la perte de territoires de chasse et de p&#234;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement de l'ensemble des tribus Sioux du Dakota aboutira &#224; la Guerre des Indiens des plaines qui durera une trentaine d'ann&#233;es et fut marqu&#233; par le massacre de Sand Creek, trois ans apr&#232;s le Trait&#233; de Fort Wise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre des Sioux de 1862&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement des Sioux tourna &#224; la r&#233;volte. Le soul&#232;vement des am&#233;rindiens se g&#233;n&#233;ralisa bient&#244;t dans tout le Minnesota et le Dakota voisin. Si quelques pionniers blancs furent tu&#233;s, rapidement l'arm&#233;e am&#233;ricaine enverra d'importants renforts pour mater dans le sang cette r&#233;volte am&#233;rindienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le gouvernement des &#201;tats-Unis ne livre pas comme promis les marchandises dues pour l'achat de terres aux Sioux Santees (ou Dakotas) et aux tribus Sioux Sisseton-Wahpeton. &#201;clatant pendant la guerre de S&#233;cession, ce massacre par les Sioux b&#233;n&#233;ficie du manque de troupes adverses disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	4 ao&#251;t : pillage d'entrep&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	14 ao&#251;t : cinq Am&#233;ricains sont tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	18 ao&#251;t : craignant les repr&#233;sailles, les Sioux d&#233;signent Petit Corbeau (Little Crow) comme chef de guerre. Les Indiens attaquent l'agence de Lower Sioux ; 25 miliciens sont tu&#233;s dans une embuscade &#224; Redwood Ferry. Dans les semaines qui suivent, plusieurs centaines de colons sont massacr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	19 ao&#251;t : les Sioux se divisent, entre ceux qui d&#233;sirent poursuivre le combat, et ceux qui ne veulent pas s'attaquer &#224; des femmes et des enfants. Les premiers, au nombre de 400, pillent New Ulm et attaquent Fort Ridgely, sans succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	23 ao&#251;t : Ils attaquent de nouveau New Ulm, br&#251;lent de nombreux b&#226;timents et tuent 36 Am&#233;ricains. Petit Corbeau, voulant la paix, perd tout contr&#244;le sur ses guerriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	3 septembre : escarmouches en divers lieux, et bataille de Birch Coulee : les Am&#233;ricains ont 22 tu&#233;s, les Sioux deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	18 septembre : &#224; Wood Lake, les Sioux d&#233;crochent quand leur chef Mankato meurt avec une quinzaine de guerriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	La m&#234;me ann&#233;e se d&#233;roule la bataille d'Apache Pass.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre fera plus d'un millier de morts dont plus de 800 Sioux et plus de 350 colons am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de deux mille Am&#233;rindiens furent captur&#233;s. Ils ont finalement &#233;t&#233; jug&#233;s dans des proc&#232;s de masse par des tribunaux militaires. 303 furent jug&#233;s coupable de crimes de guerre et condamn&#233;s &#224; mort. Sur ces condamn&#233;s, 38 hommes furent pendus &#224; Mankato, le lendemain de No&#235;l, dans la plus grande ex&#233;cution de masse de l'histoire des &#201;tats-Unis. Abraham Lincoln commua les autres d&#233;tenus en peine de prison. Environ 1 500 Sioux sont d&#233;tenus &#224; Fort Snelling jusqu'au printemps 1863 ; 130 meurent pendant leur d&#233;tention. Les chefs Shakopee et Medecine Bottle, r&#233;fugi&#233;s au Canada sont kidnapp&#233;s et pendus en 1863. Little Crow est &#233;galement tu&#233; par un colon la m&#234;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1er janvier 1863 : Mangas Coloradas, chef des Apaches Gilas est captur&#233; et tu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	29 janvier 1863 : massacre de Bear River. Le colonel Connor attaque un camp de Shoshones, et tue environ 250 habitants, hommes, femmes et enfants. Les conflits avec les Shoshones durent ensuite jusqu'en 1869 et la fermeture de la piste de l'Oregon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	29 novembre 1864 : massacre de Sand Creek (Territoire du Colorado). Apr&#232;s des violences indiennes durant deux ans (200 civils blancs assassin&#233;s), une exp&#233;dition punitive est conduite par le colonel John Chivington et les 700 hommes du 3e r&#233;giment du Colorado sur un village. Les miliciens attaquent le village pacifique de Black Kettle, qui avait pourtant n&#233;goci&#233; et trait&#233; avec les Blancs. Le massacre fait 150 morts, hommes, femmes et enfants, les soldats s'empressent de pr&#233;lever de garndes quantit&#233;s de scalps et mutilent les cadavres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	En 1866, Gabriel Renville fut nomm&#233; chef des tribus Sisseton-Wahpeton par le d&#233;partement de la Guerre des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet encadrement militaire, la r&#233;pression, les combats sporadiques et leur spoliation de leurs terres continu&#232;rent. La pacification militaire aboutit en 1890 au massacre de Wounded Knee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre des Plaines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le massacre de Sand Creek scandalise les tribus d'Indiens. De nombreuses tribus entament alors les hostilit&#233;s, conduisant des raids &#233;pars, obligeant les soldats de l'Union &#224; stationner le long de la piste de l'Oregon pour la prot&#233;ger, notamment &#224; Platte Bridge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	26 juillet 1865 : &#224; la bataille de Platte Bridge, les Cheyennes de Dull Knife et les Sioux Oglalas de Red Cloud (Nuage Rouge), attaquent un d&#233;tachement de soldats pr&#232;s de Platte Bridge, et les tuent presque tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Septembre 1865, Exp&#233;dition indienne de la rivi&#232;re Powder : trois colonnes de Tuniques bleues tentent de rejoindre Rosebud Creek, deux d'entre elles &#233;chouent totalement, et l'ensemble revient &#224; Salt Lake City.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1866 : Les chefs Sioux Red Cloud et Tashunca-Uitco ou Crazy Horse attaque le fort Kearny.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Juin 1866 : le gouvernement des &#201;tats-Unis organise une conf&#233;rence de paix &#224; Fort Laramie. Le g&#233;n&#233;ral William Sherman demande aux chefs l'autorisation de traverser leurs terres, et de construire trois forts sur la Piste Bozeman (entre la Platte et le Montana). Nuage Rouge refuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	21 d&#233;cembre 1866 : le massacre Fetterman, ou la Battle of a Hundred Slain. Attir&#233;s dans une embuscade par une ruse des Sioux, les 81 hommes du capitaine Fetterman sont an&#233;antis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	18 avril 1867 : l'exp&#233;dition Hancock, &#224; laquelle participe Custer, veut n&#233;gocier avec des Indiens sioux et cheyennes. Mais, approchant trop du village, il inqui&#232;te les chefs qui s'enfuient avec leurs familles. Les Indiens ayant massacr&#233; 20 civils plus au nord, Hancok fait br&#251;ler 251 des 291 tipis, avec tout ce qu'ils contenaient. La guerre recommence et de nombreuses attaques se succ&#232;dent dans les mois qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1er et 2 ao&#251;t 1867 : Les attaques simultan&#233;es des Sioux et des Cheyennes sur la piste Bozeman sont repouss&#233;es avec succ&#232;s par l'arm&#233;e am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	29 avril 1868 : Le second trait&#233; de Fort Laramie reconna&#238;t le territoire ancestral des Sioux (entre Missouri &#224; l'est, Platte au sud et monts Big Horn &#224; l'ouest) ; des vivres et des mat&#233;riels seront donn&#233;s annuellement aux Sioux ; une r&#233;serve est cr&#233;&#233;e entre le Wyoming et le Dakota, &#224; destination des Sioux. Les &#201;tats-Unis renoncent &#224; la piste Bozeman, au droit de traverser les Black Hills, et &#224; se les approprier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	3 juillet 1868 : r&#233;vision du trait&#233; de Fort-Bridger (1863), qui garantissait une r&#233;serve de 178 688 km2 aux Shoshones. Elle est r&#233;duite &#224; 11 097 km2 (16 fois moins). Ils conservent cependant le droit de chasse sur leur territoire. Les &#201;tats-Unis s'engagent &#224; construire divers b&#226;timents (moulin, &#233;cole, &#233;glise) ; l'United States Rail Road est autoris&#233;e &#224; construire une ligne de chemin de fer sur le territoire shoshone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	27 novembre 1868 : bataille de Washita River. En repr&#233;sailles &#224; des raids meurtriers d'indiens Cheyennes, le lieutenant-colonel George A. Custer attaque le village de Black Kettle, tue plus de 120 guerriers, fait 53 prisonniers civils et annonce la lib&#233;ration de deux enfants blancs captifs et la mort d'une femme captive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	10 mai 1869 : ach&#232;vement du transcontinental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	11 juillet 1869 : la bataille de Summit Springs, qui se produit apr&#232;s divers accrochages, entre l'arm&#233;e am&#233;ricaine et les Cheyennes Dog Soldiers. Le 5e de cavalerie du colonel Eugene Carr attaque le campement, et tue 25 Indiens (il n'a qu'un bless&#233; &#224; d&#233;plorer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1870 : massacre des Indiens Pied-Noirs &#224; Marias River.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	3 mars 1871 : Indian Appropriation Act : le Congr&#232;s met fin aux trait&#233;s sign&#233;s avec les tribus indiennes ind&#233;pendantes, et ne reconna&#238;t plus que les individus. Cependant, les 371 trait&#233;s sign&#233;s depuis 1776 (plus 175 entre 1607 et 1775) sont toujours reconnus. Les r&#232;glements adopt&#233;s dans les ann&#233;es suivantes les vident de toute substance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre des Modocs (1872-1873)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les Modocs vivent dans le Nord de la Californie et le Sud de l'Oregon. Ils conduisent quelques raids sur les premiers wagons de chemin de fer. La colonisation commen&#231;ant dans la vall&#233;e de la Lost River, les colons demandent &#224; ce que les Indiens soient d&#233;plac&#233;s dans la r&#233;serve des Klamaths et des Snakes, ennemis des Modocs. Cependant, les 372 Modocs finissent par s'installer dans la r&#233;serve, qu'ils quittent en avril 1869.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	28 novembre 1872 : sur la demande insistante des colons, l'arm&#233;e envoie une colonne pour ramener les Modocs dans la r&#233;serve, et incendie leur village. Les Modocs de Jim le Crochet tuent en repr&#233;sailles 14 colons &#224; Tule Lake, puis rejoignent ceux de Kientpoos (capitaine Jack pour les Anglo-Saxons).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	16 janvier 1873 : dans le champ de lave tr&#232;s accident&#233; et brumeux du Stronghold (Forteresse), 300 soldats et volontaires recherchent 50 Modocs sans les trouver ; ceux-ci les attaquent et leur infligent de lourdes pertes, les obligeant &#224; fuir en abandonnant armes et bagages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	11 avril : au cours de n&#233;gociations de paix, Kientpoos, influenc&#233; par Jim le Crochet et un chaman, tue le g&#233;n&#233;ral Canby.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	3 juin : Kientpoos est captur&#233;. Il est jug&#233; pour le meurtre de Canby et pendu le 3 octobre avec trois autres Modocs. Les Modocs sont d&#233;port&#233;s dans la r&#233;serve Quapaw.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	1874 : mort de Cochise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre de la rivi&#232;re Rouge (1874-1875)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Elle est provoqu&#233;e par plusieurs facteurs : la pression territoriale des colons, prot&#233;g&#233;s par la construction de forts par l'arm&#233;e, les coutumes indiennes de gu&#233;rilla permanente ; l'an&#233;antissement des troupeaux de bisons par les chasseurs blancs. Elle se d&#233;roule dans le Sud des Grandes plaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	27 juin 1874 : bataille d'Adobe Walls, qui oppose 700 guerriers Comanches, Kiowas, Cheyennes et Arapahos command&#233;s par Quanah Parker et Isa-Tai &#224; des chasseurs de bison am&#233;ricains. Les Indiens sont repouss&#233;s avec 70 morts, contre 3 dans les rangs des chasseurs. Cette bataille entra&#238;na une grande campagne de l'arm&#233;e, command&#233;e par William T. Sherman et Philip Sheridan, afin de s'assurer le contr&#244;le des plaines du sud. Les Indiens pacifiques furent maintenus dans leur r&#233;serve avant le d&#233;but de la campagne. Diverses colonnes encercl&#232;rent les guerriers Indiens hostiles, et divers accrochages eurent lieu pendant l'&#233;t&#233;. La plus importante action est la prise le 26 septembre, avec deux tu&#233;s parmi les Indiens, de plusieurs villages, dans le canyon de Palo Duro, par le colonel Mackenzie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Les campagnes d'hiver de l'arm&#233;e am&#233;ricaine, renforc&#233;e par plusieurs d&#233;tachements, aboutissent &#224; la reddition des principaux chefs au printemps 1875. Leurs guerriers &#233;taient affam&#233;s par le manque de bisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1875 : mort du chef kiowa Kicking Bird.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre des Black Hills (1876)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1874 : annonce par le lieutenant-colonel Custer de la d&#233;couverte d'or dans les montagnes sacr&#233;es sioux des Black Hills. La ru&#233;e vers l'or provoqu&#233;e entra&#238;ne des accrochages entre Sioux, Cheyennes et arm&#233;e des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	17 juin 1876 : le g&#233;n&#233;ral George Crook, avec 1 050 soldats et 260 &#233;claireurs Crows et Shoshones, est attaqu&#233; dans la vall&#233;e de la Rosebud, par environ 750 guerriers de Crazy Horse (Cheval Fou) ; les pertes sont faibles de chaque c&#244;t&#233; (10 tu&#233;s et 20 bless&#233;s pour les &#201;tats-Unis, 50 pour les Am&#233;rindiens), et Crook doit rebrousser chemin. Cette bataille est appel&#233;e par les Am&#233;ricains bataille de la Rosebud, et par les Indiens Bataille o&#249; la fille sauva son fr&#232;re (une jeune Cheyenne vint au secours de son fr&#232;re pris sous son cheval mort).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	25 juin 1876 : bataille de Little Big Horn : le lieutenant-colonel Custer, du 7e de cavalerie, et 260 de ses hommes sont tu&#233;s par les Cheyennes de Two Moon et les Sioux des chefs Sitting Bull et Crazy Horse. Cette bataille a un grand retentissement dans l'opinion publique, et Custer devient une figure mythique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	9 et 10 septembre 1876 : le g&#233;n&#233;ral George Crook, poursuivant les Indiens victorieux &#224; la bataille de Little Big Horn, surprend le campement d'American Horse (&#171; Cheval Am&#233;ricain &#187;). Ses deux mille soldats br&#251;lent le campement ; la contre-attaque des 800 guerriers Sioux Oglalas de Tashunca-Uitco, dit &#171; Crazy Horse &#187;, qui campaient &#224; proximit&#233; est repouss&#233;e sans mal par le g&#233;n&#233;ral Crook qui dispose de 2 000 cavaliers. American Horse est tu&#233; dans la bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	7 septembre 1877 : mort violente de Crazy Horse &#224; Fort Robinson (Little Big Man y aurait particip&#233;), alors que les Sioux Oglalas avait fait leur reddition et s'&#233;taient rendus dans une r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre des Nez-Perc&#233;s (1877)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression des colons conduit &#224; un premier trait&#233; d&#233;limitant le territoire Nez-Perc&#233;s en 1855. Trait&#233; dont le gouvernement des &#201;tats-Unis demande la r&#233;vision en 1863, en diminuant la surface de la r&#233;serve de 90 %. Certains chefs, dont Lawyer (Juriste) signent ce trait&#233;, et vont dans une r&#233;serve de l'Idaho. Cinq tribus refusent d'&#234;tre enferm&#233;es dans une r&#233;serve, dont celle de Vieux Chef Joseph. Son fils Jeune Chef Joseph continue de refuser ce trait&#233;, et d'entretenir de bonnes relations avec les autorit&#233;s de Wallowa. Celles-ci d&#233;cident en 1873 que les terrains occup&#233;s par les colons ont &#233;t&#233; acquis ill&#233;galement, et leur demandent de les &#233;vacuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1876, la bataille de Little Big Horn accro&#238;t la pression de l'arm&#233;e pour que les Indiens soient confin&#233;s dans leurs r&#233;serves. Mais les Nez-Perc&#233;s ne trouvant pas de terrain convenable dans la r&#233;serve en Idaho, refusent, jusqu'&#224; l'ultimatum du g&#233;n&#233;ral Oliver Howard, le 3 mai 1877. Les Nez-Perc&#233;s restants libres se divisent en trois groupes : certains rejoignent la r&#233;serve, d'autres se dirigent vers les plaines &#224; bisons, le dernier groupe tente de s'&#233;chapper au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1878 : mort du chef Kiowa Satanta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre des Cheyennes (1878-79)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le Trait&#233; de Fort Wise, contest&#233; par les Cheyennes pour cause de corruption, en pleine Ru&#233;e vers l'or de Pikes Peak, dans le Colorado, les Cheyennes furent victimes en 1864 du massacre de Sand Creek pendant lequel la milice du Colorado tua 150 Cheyennes, dont au moins 50 civils. T&#244;t le matin du 27 novembre 1868 commen&#231;a la bataille de Washita River lorsque le lieutenant-colonel de l'Arm&#233;e des &#201;tats-Unis George Armstrong Custer mena la 7e de cavalerie dans l'attaque d'une bande de Cheyennes coupables de raids dirig&#233;s par le chef Black Kettle. 148 Cheyennes furent tu&#233;s, dont environ 20 femmes et enfants. Les Cheyennes du Nord, et quelques Cheyennes du Sud particip&#232;rent &#224; la bataille de Little Bighorn (25 juin 1876). Avec les Lakotas et une petite bande d'Arapahos, ils annihil&#232;rent George Armstrong Custer et son contingent pr&#232;s de la rivi&#232;re Little Bighorn. On estime la population du campement des Cheyennes, Lakotas et Arapahos pr&#232;s du lieu de la bataille &#224; environ 6 000 (dont 1 500 guerriers) ; ce qui en ferait le plus grand rassemblement am&#233;rindien en Am&#233;rique du Nord avant la g&#233;n&#233;ralisation des r&#233;serves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la bataille de Little Bighorn, les tentatives de l'arm&#233;e des &#201;tats-Unis de capturer les Cheyennes s'intensifi&#232;rent. Un groupe de 972 Cheyennes fut d&#233;port&#233; dans les Territoires Indiens de l'Oklahoma en 1877. L&#224;-bas, Les conditions de vie &#233;taient terribles, les Cheyennes du Nord n'&#233;tant pas habitu&#233;s au climat, et bient&#244;t beaucoup furent atteints de malaria. En 1878, les deux principaux chefs, Little Wolf et Morning Star (Dull Knife), r&#233;clam&#232;rent la lib&#233;ration des Cheyennes afin qu'il puissent retourner vers le nord. La m&#234;me ann&#233;e, un groupe d'environ 350 Cheyennes quitta les Territoires indiens en direction du nord, men&#233; par ces deux chefs. Les soldats de l'arm&#233;e et des volontaires civils, dont on estime le nombre total &#224; 13 000, furent rapidement &#224; leur poursuite. La bande se s&#233;para rapidement en deux groupes. Le groupe men&#233; par Little Wolf retourna dans le Montana. La bande de Morning Star fut captur&#233;e et escort&#233;e &#224; Fort Robinson, au Nebraska, o&#249; elle fut s&#233;questr&#233;e. On leur ordonna de retourner en Oklahoma, ce qu'ils refus&#232;rent promptement et fermement. Les conditions devinrent de plus en plus difficiles &#224; la fin de l'ann&#233;e 1878, et bient&#244;t les Cheyennes furent confin&#233;s dans leurs quartiers, sans nourriture, ni eau, ni chauffage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1879, Morning Star et ses compagnons s'&#233;vad&#232;rent de Fort Robinson. La plupart furent abattus en s'enfuyant du fort. On estime &#224; 50 le nombre de rescap&#233;s, qui rejoignirent les autres Cheyennes du Nord dans le Montana. Gr&#226;ce &#224; leur d&#233;termination et &#224; leur sacrifice, les Cheyennes du Nord ont gagn&#233; le droit de demeurer dans le Nord pr&#232;s des Black Hills. En 1884, par ordre de l'ex&#233;cutif, une r&#233;serve destin&#233;e aux Cheyennes du Nord fut &#233;tablie dans le Sud-Est du Montana. Cette r&#233;serve fut &#233;tendue en 1890, pour s'&#233;tendre de la r&#233;serve crow &#224; l'ouest &#224; la rivi&#232;re Tongue &#224; l'est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre des Bannocks (1878)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1879 : r&#233;volte des Apaches mimbres men&#233;s par Victorio. Pr&#232;s de 400 colons et soldats sont tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1880 : Victorio est tu&#233; au Mexique et son groupe d&#233;cim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1886 : Geronimo, dernier chef apache &#224; r&#233;sister &#224; la d&#233;portation des siens dans une r&#233;serve se rend au g&#233;n&#233;ral Miles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	8 f&#233;vrier 1887 : vote du General Allotment Act ou Dawes Severalty Act par le Congr&#232;s, autorisant le pr&#233;sident &#224; vendre les terres indiennes &#224; des particuliers, en petites parcelles. Ce lotissement est amplifi&#233; par le Burke Act de 1906. Il vise &#224; supprimer la propri&#233;t&#233; collective des terres, et &#224; transformer les Indiens en fermiers. Le restant est distribu&#233; aux colons, et l'Oklahoma devient un &#201;tat en 1907.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	1889 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Janvier : le chaman pa&#239;ute Wovoka a une vision, qui inspire la Danse des esprits. Le message : &#171; laissez faire le grand esprit &#187;, est interpr&#233;t&#233; comme un appel &#224; la r&#233;volte ou comme un appel au fatalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Avril : en application du General Allotment Act, le territoire des Cinq tribus civilis&#233;es, o&#249; les Indiens cherokees, s&#233;minoles, creeks, chickasaws et choctaws avaient &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s dans les ann&#233;es 1830, est ouvert aux colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	15 d&#233;cembre 1890 : Sitting Bull, chef sioux, tu&#233; au cours de son arrestation pr&#233;ventive (par crainte d'une r&#233;volte suscit&#233;e par la Danse des esprits).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	29 d&#233;cembre 1890 : massacre de Wounded Knee, massacre de 250 Indiens sioux miniconjous &#224; Wounded Knee Creek, dont 130 civils et le chef Big Foot, par les soldats du 7e de cavalerie ; 25 Am&#233;ricains sont tu&#233;s, certains victimes de tirs amis.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	1896 : au recensement, les Indiens ne sont plus que 250 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIXe si&#232;cle, les Indiens d'Am&#233;rique du Nord ont &#233;t&#233; parqu&#233;s dans des r&#233;serves et leur gibier principal dispara&#238;t, les bisons sont abattus sous les incitations du gouvernement f&#233;d&#233;ral. M&#234;me si pour les colons un bon Indien &#233;tait un Indien mort, ce n'est pas consid&#233;r&#233; comme un g&#233;nocide puisqu'il n'y avait pas de volont&#233; gouvernementale arr&#234;t&#233;e d'exterminer les Am&#233;rindiens. Ces derniers ont &#233;t&#233; affam&#233;s (prime au massacre de bisons), spoli&#233;s de leurs terres par la violence et la fourberie (non-respect des accords sign&#233;s) et priv&#233;s de leur libert&#233; de culte ainsi que du droit de parler leurs langues. Cette politique est fr&#233;quemment nomm&#233;e ethnocide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prolongements au XXe si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1904 : mort du chef Nez-Perc&#233;s Chef Joseph&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1909 : mort de Geronimo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1909 : mort de Red Cloud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1911 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Mort du chef comanche Quanah Parker&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o	Fondation de la Society of American Indians.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1924 : la citoyennet&#233; est accord&#233;e aux Indiens d'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1934 : Indian Reorganization Act : l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral met fin au processus de parcellisation des terres indiennes, et reconna&#238;t aux tribus indiennes le droit &#224; l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1948 : le droit de vote est accord&#233; aux Am&#233;rindiens par les &#201;tats d'Arizona et du Nouveau-Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1953 : d&#233;but du processus de termination, visant &#224; la suppression des r&#233;serves indiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1956 : le droit de vote est accord&#233; aux Am&#233;rindiens par l'&#201;tat de l'Utah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ann&#233;es 1960 : st&#233;rilisation en masse des femmes am&#233;rindiennes (environ 40 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1968 : naissance du mouvement am&#233;rindien (American Indian Movement) &#224; Minneapolis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1969 : occupation am&#233;rindienne d'Alcatraz &#224; San Francisco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1973 : le Mouvement des Indiens d'Am&#233;rique occupe Wounded Knee, o&#249; des Sioux ont &#233;t&#233; massacr&#233;s en 1890. L'arm&#233;e et le FBI les assi&#232;gent pendant 73 jours, faisant plusieurs morts. Pendant les mois qui suivent, la r&#233;pression du FBI et des groupes paramilitaires fait 65 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1990 : crise d'Oka, au Qu&#233;bec : l'arm&#233;e canadienne intervient pour expulser les Mohawks qui occupent un cimeti&#232;re ancestral, qui doit &#234;tre d&#233;moli pour la construction d'un golf.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5813 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH755/-975-a220a.jpg?1779679000' width='500' height='755' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Seattle (Duwamich et Suquamich)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3682 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L375xH438/Chef_oiti_Shoshone-9f65c.jpg?1779679000' width='375' height='438' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Oiti (Shoshone)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L360xH472/Chef_geronimo_Bedonkohe_Apache-67fd9.jpg?1779679000' width='360' height='472' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Geronimo (Apache)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3684 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L201xH288/Chef_eskadi_Apache-94c32.jpg?1779679000' width='201' height='288' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Eskadi (Apache)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3685 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L295xH448/Chef_Cochise_Apache-fb870.jpg?1779679000' width='295' height='448' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cochise (Apache)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3686 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L303xH506/Black_Hawk-b7af1.jpg?1779679000' width='303' height='506' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Black Hawk (Sauk and Fox)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5812 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L375xH525/-974-8c8b0.jpg?1779679000' width='375' height='525' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Crazy Horse (Lakotas)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5814 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L225xH228/-976-aaa37.jpg?1779679000' width='225' height='228' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sitting Bull (Lakotas Hunkpapas)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous avons toujours eu beaucoup ; nos enfants n'ont jamais pleur&#233; de faim, notre peuple n'a jamais manqu&#233; de rien... Les rapides de Rock River nous fournissaient un excellent poisson, et la terre tr&#232;s fertile a toujours port&#233; de bonnes r&#233;coltes de ma&#239;s, de haricots, ce citrouilles, de courges... Ici &#233;tait notre village depuis plus de 100 ans pendant lesquels nous avons tenu la vall&#233;e sans qu'elle nous f&#251;t jamais disput&#233;e. Si un proph&#232;te &#233;tait venu &#224; notre village en ce temps-l&#224; nous pr&#233;dire ce qui allait advenir, et ce qui est advenu, personne dans le village ne l'aurait cru.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Black Hawk, chef indien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous aimons la tranquillit&#233; ; nous laissons la souris jouer en paix ; quand les bois fr&#233;missent sous le vent, nous n'avons pas peur.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chef indien au gouverneur de Pennsylvanie en 1796&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous le savons : la terre n'appartient pas &#224; l'homme, c'est l'homme qui appartient &#224; la terre. Nous le savons : toutes choses sont li&#233;es. Tout ce qui arrive &#224; la terre arrive aux fils de la terre. L'homme n'a pas tiss&#233; la toile de la vie, il n'est qu'un fil de tissu. Tout ce qu'il fait &#224; la toile, il le fait &#224; lui-m&#234;me.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seattle, chef indien Suquamish&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le Lakota &#233;tait empli de compassion et d'amour pour la nature, et son attachement grandissait avec l'&#226;ge. (...) C'est pourquoi les vieux Indiens se tenaient &#224; m&#234;me le sol plut&#244;t que de rester s&#233;par&#233;s des forces de vie. S'asseoir ou s'allonger ainsi leur permettait de penser plus profond&#233;ment, de sentir plus vivement. Ils contemplaient alors avec une plus grande clart&#233; les myst&#232;res de la vie et se sentaient plus proches de toutes les forces vivantes qui les entouraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieux Lakota &#233;tait un sage. Il savait que le coeur de l'homme &#233;loign&#233; de la nature devient dur. Il savait que l'oubli du respect d&#251; &#224; tout ce qui pousse et &#224; ce qui vit am&#232;ne &#233;galement &#224; ne plus respecter l'homme. Aussi maintenait-il les jeunes sous la douce influence de la nature.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Standing Bear, chef Lakota (Sioux)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous voyons la main du Grand Esprit dans presque tout : le soleil, la lune, les arbres, le vent et les montagnes ; parfois nous l'approchons par leur interm&#233;diaire. (...) Nous croyons en l'Etre Supr&#234;me, d'une foi bien plus forte que celle de bien des Blancs qui nous ont trait&#233; de pa&#239;ens... Les Indiens vivant pr&#232;s de la nature et du Ma&#238;tre de la nature ne vivent pas d'ans l'obscurit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saviez-vous que les arbres parlent ? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et vous parleront si vous &#233;coutez. L'ennui avec les Blancs, c'est qu'ils n'&#233;coutent pas ! Ils n'ont jamais &#233;cout&#233; les Indiens, aussi je suppose qu'ils n'&#233;couteront pas non plus les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m'ont beaucoup appris : tant&#244;t sur le temps, tant&#244;t sur les animaux, tant&#244;t sur le Grand Esprit.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien Stoney (Canada)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les Blancs se moquent de la terre, du daim ou de l'ours. Lorsque nous, Indiens, cherchons les racines, nous faisons de petits trous. Lorsque nous &#233;difions nos tipis, nous faisons de petits trous. Nous n'utilisons que le bois mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme blanc, lui, retourne le sol, abat les arbres, d&#233;truit tout. L'arbre dit &#171; Arr&#234;te, je suis bless&#233;, ne me fais pas mal &#187;. Mais il l'abat et le d&#233;bite. L'esprit de la terre le hait. Il arrache les arbres et les &#233;branle jusqu'&#224; leurs racines. Il scie les arbres. Cela leur fait mal. Les Indiens ne font jamais de mal, alors que l'homme blanc d&#233;molit tout. Il fait exploser les rochers et les laisse &#233;pars sur le sol. La roche dit &#171; Arr&#234;te, tu me fais mal &#187;. Mais l'homme blanc n'y fait pas attention. Quand les Indiens utilisent les pierres, ils les prennent petites et rondes pour y faire leur feu... Comment l'esprit de la terre pourrait-il aimer l'homme blanc ?... Partout o&#249; il la touche, il y laisse une plaie.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vieille sage Wintu (Indiens de Californie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Je peux me rappeler l'&#233;poque o&#249; les bisons &#233;taient si nombreux qu'on ne pouvait les compter, mais les Wasichus (hommes blancs) les ont tu&#233;s tant et tant qu'il ne reste que des carcasses l&#224; o&#249; ils venaient pa&#238;tre auparavant. Les Wasichus ne les tuaient pas pour manger ; ils les tuaient pour le m&#233;tal qui les rend fous et ils ne gardaient que la peau pour la vendre. Parfois ils ne les d&#233;pe&#231;aient m&#234;me pas. Ils ne prenaient que les langues et j'ai entendu parler de bateaux-de-feu descendant le Missouri charg&#233;s de langues de bison s&#233;ch&#233;es. Parfois ils ne prenaient m&#234;me pas les langues ; ils les tuaient simplement pour le plaisir de tuer. Ceux qui ont fait cela &#233;taient des fous. Quand nous chassions le bison, nous ne le faisions que selon nos besoins.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hehaka Sapa, grand chef Sioux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Vous avez remarqu&#233; que toute chose faite par un indien est dans un cercle. Nos tipis &#233;taient ronds comme des nids d'oiseaux et toujours dispos&#233;s en cercle. Il en est ainsi parce que le pouvoir de l'Univers agit selon des cercles et que toute chose tend &#224; &#234;tre ronde. Dans l'ancien temps, lorsque nous &#233;tions un peuple fort et heureux, tout notre pouvoir venait du cercle sacr&#233; de la nation, et tant qu'il ne fut pas bris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que fait le pouvoir de l'Univers se fait dans un cercle. Le ciel est rond et j'ai entendu dire que la terre est ronde comme une balle et que toutes les &#233;toiles le sont aussi. Les oiseaux font leur nid en cercle parce qu'ils ont la m&#234;me religion que nous. Le soleil s'&#233;l&#232;ve et redescend dans un cercle, la lune fait de m&#234;me, et tous deux sont rond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les saisons forment un grand cercle dans leur changements et reviennent toujours l&#224; o&#249; elles &#233;taient. La vie de l'homme est dans un cercle de l'enfance jusqu'&#224; l'enfance, et ainsi en est-il pour chaque chose o&#249; l'&#233;nergie se meut.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hehaka Sapa, ou Black Elk, indien Oglala, branche des Dakotas (Sioux)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La vie dans un tipi est bien meilleure. Il est toujours propre, chaud en hiver, frais en &#233;t&#233;, et facile &#224; d&#233;placer. L'homme blanc construit une grande maison, qui co&#251;te beaucoup d'argent, ressemble &#224; une grande cage, ne laisse pas entrer le soleil, et ne peut &#234;tre d&#233;plac&#233;e ; elle est toujours malsaine. Les Indiens et les animaux savent mieux vivre que l'homme blanc. Personne ne peut &#234;tre en bonne sant&#233; sans avoir en permanence de l'air frais, du soleil, de la bonne eau. Si le Grand Esprit avait voulu que les hommes restassent &#224; un endroit, il aurait fait le monde immobile ; mais il a fait qu'il change toujours, afin que les oiseaux et les animaux puissent se d&#233;placer et trouver toujours de l'herbe verte et des baies mures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme blanc n'ob&#233;it pas au Grand Esprit. C'est pourquoi nous ne pouvons &#234;tre d'accord avec lui.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Flying Hawk, chef Sioux du clan des Oglalas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les vastes plaines ouvertes, les belles collines et les eaux qui serpentent en m&#233;andres compliqu&#233;s n'&#233;taient pas &#171; sauvages &#187; &#224; nos yeux. Seul l'homme blanc trouvait la nature sauvage, et pour lui seul la terre &#233;tait &#171; infest&#233;e &#187; d'animaux &#171; sauvages &#187; et de peuplades &#171; sauvages &#187;. A nous, la terre paraissait douce, et nous vivions combl&#233;s des bienfaits du Grand Myst&#232;re. Elle ne nous devint hostile qu'&#224; l'arriv&#233;e de l'homme barbu de l'Est qui nous accable d'injustices insens&#233;es et brutales.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Standing Bear, chef Lakota (Sioux)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Notre terre vaut mieux que de l'argent. Elle sera toujours l&#224;. Elle ne p&#233;rira pas, m&#234;me dans les flammes d'un feu. Aussi longtemps que le soleil brillera et que l'eau coulera, cette terre sera ici pour donner vie aux hommes et aux animaux. Nous ne pouvons vendre la vie des hommes et des animaux. C'est pourquoi nous ne pouvons vendre cette terre. Elle fut plac&#233;e ici par le Grand Esprit et nous ne pouvons la vendre parce qu'elle ne nous appartient pas.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chef indien Blackfeet (Pieds-Noirs)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Mes jeunes gens ne travailleront jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les hommes qui travaillent ne peuvent r&#234;ver. Et la sagesse nous vient des r&#234;ves.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Smohalla, chef indien Sokulls&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le Grand Esprit nous a donn&#233; une vaste terre pour y vivre, et des bisons, des daims, des antilopes et autres gibier. Mais vous &#234;tes venus et vous m'avez vol&#233; ma terre. Vous tuez mon gibier. Il devient dur alors pour nous de vivre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant vous nous dites que pour vivre, il faut travailler. Or le Grand Esprit ne nous a pas fait pour travailler, mais pour vivre de la chasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous autres, hommes blancs, vous pouvez travailler si vous le voulez. Nous ne vous g&#234;nons nullement. Mais &#224; nouveau vous nous dites &#171; pourquoi ne devenez-vous pas civilis&#233;s ? &#187; Nous ne voulons pas de votre civilisation ! Nous voulons vivre comme le faisaient nos p&#232;res et leurs p&#232;res avant eux.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crazy Horse, grand chef Sioux du clan Oglalas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Vous &#234;tes d&#233;j&#224; si mis&#233;rables que vous ne pouvez le devenir plus. Quels genre d'homme doivent &#234;tre les Europ&#233;ens ? Quelle esp&#232;ce de cr&#233;ature choisissent-ils d'&#234;tre, forc&#233;s de faire le bien et n'ayant pour &#233;viter le mal d'autre inspiration que la peur de la punition ? (...) L'homme n'est pas seulement celui qui marche debout sur ses jambes, qui sait la lecture et l'&#233;criture et montrer mille exemples de son industrie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233; mon cher fr&#232;re, je te plains du plus profond de mon &#226;me. Suis mon conseil et devient Huron. Je vois clairement la profonde diff&#233;rence entre ma condition et la tienne. Je suis le ma&#238;tre de ma condition. Je suis le ma&#238;tre de mon corps, j'ai l'enti&#232;re disposition de moi-m&#234;me, je fais ce qui me pla&#238;t, je suis le premier et le dernier de ma nation, je ne crains absolument aucun homme, je d&#233;pends seulement du Grand Esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en est pas de m&#234;me pour toi. Ton corps aussi bien que ton &#226;me sont condamn&#233;s &#224; d&#233;pendre de ton grand capitaine, ton vice-roi dispose de toi. Tu n'as pas la libert&#233; de faire ce que tu as dans l'esprit. Tu as peur des voleurs, des assassins, des faux-t&#233;moins, etc. Et tu d&#233;pends d'une infinit&#233; de personne dont la place est situ&#233;e au-dessus de la tienne. N'est-ce pas vrai ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kondiarionk, chef Huron, s'adressant au baron de Lahontan, lieutenant fran&#231;ais en Terre-Neuve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les hommes blancs annon&#231;aient bien haut que leurs lois &#233;taient faites pour tout le monde, mais il devint tout de suite clair que, tout en esp&#233;rant nous les faire adopter, ils ne se g&#234;naient pas pour les briser eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs sages nous conseillaient d'adopter leur religion mais nous d&#233;couvr&#238;mes vite qu'il en existant un grand nombre. Nous ne pouvions les comprendre, et deux hommes blancs &#233;taient rarement d'accord sur celle qu'il fallait prendre. Cela nous g&#234;na beaucoup jusqu'au jour o&#249; nous compr&#238;mes que l'homme blanc ne prenait pas plus sa religion au s&#233;rieux que ses lois. Ils les gardait &#224; port&#233;e de la main, comme des instruments, pour les employer &#224; sa guise dans ses rapports avec les &#233;trangers.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pachgantschilhilas, chef des Delawares&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Chaque ann&#233;e notre envahisseur blanc devient plus avide, exigeant, oppressif et autoritaire... La mis&#232;re et l'oppression, tel est le lot qui nous &#233;choit... Ne sommes-nous pas d&#233;pouill&#233;s jour apr&#232;s jour du peu de libert&#233; qui nous reste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A moins que les tribus ne se liguent unanimement pour mod&#233;rer les ambitions et l'avidit&#233; des Blancs, ils nous auront bient&#244;t tous conquis et d&#233;sunis, nous serons chass&#233;s de notre pays natal et &#233;parpill&#233;s comme les feuilles d'automne par le vent.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tecumseh, chef Shawnee, en 1812&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous ne voulons pas des chariots de feu qui font du bruit (trains &#224; vapeur) sur les terrains de chasse au bisons. Si les Visages P&#226;les s'avancent encore sur nos terres, les scalps de vos fr&#232;res seront dans les wigwams des Cheyennes. J'ai dit !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roman Nose, chef-guerrier des Cheyennes, s'adressant au g&#233;n&#233;ral Palmer en 1866 dans le Kansas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Regardez mes fr&#232;res, le printemps est venu, la terre a re&#231;u les baisers du soleil et nous verrons bient&#244;t les fruits de cet amour. Chaque graine est &#233;veill&#233;e, et de m&#234;me, tout animal est en vie. C'est &#224; ce pouvoir myst&#233;rieux que nous devons nous aussi notre existence. C'est pourquoi nous conc&#233;dons &#224; nos voisins, m&#234;me nos voisins animaux, autant de droit qu'&#224; nous d'habiter cette terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant &#233;coutez-moi mes fr&#232;res, nous devons maintenant compter avec une autre race, petite et faible quand nos p&#232;res l'ont rencontr&#233;e pour la premi&#232;re fois, mais aujourd'hui, elle est devenue tyrannique. Fort &#233;trangement, ils ont dans l'esprit la volont&#233; de cultiver le sol, et l'amour de poss&#233;der est chez eux une maladie. Ce peuple a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils pr&#233;l&#232;vent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre m&#232;re &#224; tous, la terre, pour eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins. Ils d&#233;figurent la terre avec leurs constructions et leurs rebuts. Cette nation est comme le torrent de neige fondue qui sort de son lit et d&#233;truit tout sur son passage.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tatanka Yotanka, ou Sitting Bull, grand chef Sioux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Fr&#232;re, notre territoire &#233;tait grand et le v&#244;tre &#233;tait petit. Vous &#234;tes maintenant devenus un grand peuple, et il nous reste &#224; peine l'espace pour &#233;tendre nos couvertures. Vous avez notre pays, mais cela ne vous suffit pas. Vous voulez nous forcer &#224; &#233;pouser votre religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#232;re, continue &#224; &#233;couter. Tu te dis envoy&#233; ici pour nous apprendre &#224; rendre le culte au Grand Esprit d'une mani&#232;re qui lui soit agr&#233;able. Et tu pr&#233;tends que si nous n'adoptons pas la religion que vous les Blancs vous pr&#234;chez, nous seront malheureux ici-bas. Tu dis &#234;tre dans le vrai et que nous sommes perdus. Comment pourrions-nous v&#233;rifier la v&#233;rit&#233; de tes paroles ? (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#232;re, tu dis qu'il n'y a qu'une seule fa&#231;on d'adorer et de servir le Grand Esprit. Si il n'y a qu'une religion, pourquoi le peuple blanc est-il si partag&#233; &#224; ce sujet ? Nous savons que votre religion est &#233;crite dans un livre. Pourquoi n'&#234;tes-vous pas tous d'accord, si vous pouvez tous lire le livre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#232;re, nous ne comprenons pas ces choses. On nous dit que ta religion a &#233;t&#233; donn&#233;e &#224; tes anc&#234;tres, et s'est transmise de p&#232;re en fils. Nous aussi nous avons une religion que nos anc&#234;tres ont re&#231;ue et nous ont transmise, &#224; nous, leurs enfants. Nous rendons le culte de cette mani&#232;re. Il nous apprend &#224; &#234;tre reconnaissants pour toutes les faveurs que nous recevons, &#224; nous aimer les uns les autres et &#224; &#234;tre unis. Nous ne nous querellons jamais &#224; propos de religion parce que c'est un sujet qui concerne chaque homme devant le Grand Esprit.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa-go-ye-wat-ha, ou Red Jacket, chef Seneca (Iroquois) et grand orateur des Six Nations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;J'assiste avec tristesse au d&#233;clin de notre noble race. Nos p&#232;res &#233;taient forts et leur pouvoir s'&#233;tendait sur tout le continent am&#233;ricain. Mais nous avons &#233;t&#233; r&#233;duits et bris&#233;s par la ruse et la rapacit&#233; de la race &#224; peau blanche. Nous sommes maintenant oblig&#233;s de solliciter, comme une aum&#244;ne, le droit de vivre sur notre propre terre, de cultiver nos propres terres, de boire nos propres sources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de nombreux hivers, nos sages anc&#234;tres ont pr&#233;dit qu'un grand monstre aux yeux blancs viendrait de l'Est, et qu'eu fur et &#224; mesure qu'il avancerait il d&#233;vorerait la terre. Ce monstre, c'est la race blanche, et la pr&#233;diction est proche de son accomplissement.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O-no'-sa, chef indien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le changement du costume tribal pour celui de l'homme blanc fut brutal. Les effets sur la sant&#233; et le confort des enfants furent consid&#233;rables. Notre premier grief fut d'avoir les cheveux coup&#233;s. Les hommes Lakotas ont toujours port&#233; les cheveux longs. Plusieurs jours apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tondus, nous nous sommes sentis bizarres et mal &#224; l'aise. Si l'argument avanc&#233; &#233;tait vrai, &#224; savoir l'&#233;limination des poux, pourquoi les filles n'avaient-elles pas subi le m&#234;me traitement que les gar&#231;ons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233;, c'est qu'ils voulaient nous transformer. Les cheveux courts &#233;tant la marque distinctive de l'homme blanc, on nous l'imposa, alors que lui-m&#234;me conservait sa propre coutume de se laisser pousser les poils du visage.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Standing Bear, chef indien Lakota&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les Wasichus nous ont mis dans ces boites carr&#233;es (maisons), notre pouvoir s'en est all&#233; et nous allons mourir parce que le pouvoir n'est plus en nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes des prisonniers de guerre tant que nous attendons ici. Mais il y a un autre monde.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hehaka, ou Black Elk (Wapiti Noir), indien Sioux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Enfant, je savais donner. J'ai perdu cette gr&#226;ce en devenant civilis&#233;. Je menais une existence naturelle, alors qu'aujourd'hui je vis de l'artificiel. Le moindre joli caillou avait de la valeur &#224; mes yeux. Chaque arbre &#233;tait un objet de respect. Aujourd'hui, j'admire avec l'homme blanc un paysage peint dont la valeur est exprim&#233;e en dollars !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chiyesa, &#233;crivain indien contemporain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Je suis all&#233; &#224; l'&#233;cole des hommes blancs. J'y ai appris &#224; lire leurs livres de classe, les journaux et la bible. Mais j'ai d&#233;couvert &#224; temps que cela n'&#233;tait pas suffisant. Les peuples civilis&#233;s d&#233;pendent beaucoup trop de la page imprim&#233;e. Je me tournai vers le livre du Grand Esprit qui est l'ensemble de sa cr&#233;ation. Vous pouvez lire une grande partie de ce livre en &#233;tudiant la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous preniez tous vos livres et les &#233;tendez sous le soleil, en laissant pendant quelque temps la pluie, la neige et les insectes accomplir leur oeuvre, il n'en restera plus rien. Mais le Grand Esprit nous a fourni la possibilit&#233;, &#224; vous et &#224; moi, d'&#233;tudier &#224; l'universit&#233; de la nature les for&#234;ts, les rivi&#232;res, les montagnes, et les animaux dont nous faisons partie.&#034;]i&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien Stoney (Canada)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'homme blanc, dans son indiff&#233;rence pour la signification de la nature, a profan&#233; la face de notre M&#232;re la Terre. L'avance technologique de l'homme blanc s'est r&#233;v&#233;l&#233;e comme une cons&#233;quence de son manque d'int&#233;r&#234;t pour la voie spirituelle, et pour la signification de tout ce qui vit. L'app&#233;tit de l'homme blanc pour la possession mat&#233;rielle et le pouvoir l'a aveugl&#233; sur le mal qu'il a caus&#233; &#224; notre M&#232;re la Terre, dans sa recherche de ce qu'il appelle les ressources naturelles. Et la voie du Grand Esprit est devenue difficile &#224; voir pour presque tous les hommes, et m&#234;me pour beaucoup d'Indiens qui ont choisi de suivre la voie de l'homme blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les terres sacr&#233;es o&#249; vivent les Hopis sont profan&#233;es par des hommes qui cherchent du charbon et de l'eau dans notre sol, afin de cr&#233;er plus d'&#233;nergie pour les villes de l'homme blanc. On ne doit pas permettre que cela continue. Sans quoi notre M&#232;re la Nature r&#233;agirait de telle mani&#232;re que presque tous les hommes auraient &#224; subir la fin qui a d&#233;j&#224; commenc&#233;. Le Grand Esprit a dit qu'on ne devait pas laisser cela arriver, m&#234;me si la pr&#233;diction en a &#233;t&#233; faite &#224; nos anc&#234;tres. Le Grand Esprit a dit de ne pas prendre &#224; la terre, de ne pas d&#233;truire les choses vivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, presque toutes les proph&#233;ties se sont r&#233;alis&#233;es. Des routes grandes comme des rivi&#232;res traversent le paysage ; l'homme parle &#224; travers un r&#233;seau de t&#233;l&#233;phone et il voyage dans le ciel avec ses avions. Deux grandes guerres ont &#233;t&#233; faites par ceux qui arborent le swastika ou le soleil levant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Grand Esprit a dit que si une gourde de cendres &#233;tait renvers&#233;e sur la terre, beaucoup d'hommes mourraient, et que la fin de cette mani&#232;re de vivre &#233;tait proche. Nous interpr&#233;tons cela comme les bombes atomiques lanc&#233;es sur Hiroshima et Nagasaki. Nous ne voulons pas que cela se reproduise dans aucun autre pays pour aucun autre peuple ; cette &#233;nergie devrait servir &#224; des fins pacifiques, non pour la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, les chefs religieux et porte-parole l&#233;gitimes du peuple ind&#233;pendant des Hopis, avons &#233;t&#233; charg&#233;s par le Grand Esprit d'envoyer au pr&#233;sident des Etats-Unis et &#224; tous les chefs spirituels une invitation &#224; nous rencontrer pour discuter du salut de l'humanit&#233;, afin que la Paix, l'Unit&#233; et la Fraternit&#233; r&#232;gnent partout o&#249; il y a des hommes.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lettre des Indiens Hopis au pr&#233;sident Nixon en 1970&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces textes sont extraits du livre de T.C.Mac Luhan, &#034;Pieds nus sur la terre sacr&#233;e&#034;, une anthologie de la philosophie, du mode de vie et de la destin&#233;e des Indiens d'Am&#233;rique du Nord.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3688 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/new2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH755/new2-01d47.jpg?1779679001' width='500' height='755' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rajoutons la lettre du chef Seattle, en r&#233;ponse au pr&#233;sident Cleveland qui proposait, au nom des Etats-Unis d'Am&#233;rique, d'acheter les derni&#232;res terres du peuple indien en 1894 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Comment peut-on vendre ou acheter le ciel, la chaleur de la terre ? Cela nous semble &#233;trange. Si la fra&#238;cheur de l'air et le murmure de l'eau ne nous appartient pas, comment peut-on les vendre ? &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Pour mon peuple, il n'y a pas un coin de cette terre qui ne soit sacr&#233;. Une aiguille de pin qui scintille, un rivage sablonneux, une brume l&#233;g&#232;re, tout est saint aux yeux et dans la m&#233;moire de ceux de mon peuple. La s&#232;ve qui monte dans l'arbre porte en elle la m&#233;moire des Peaux-Rouges. Les morts des Blancs oublient leur pays natal quand ils s'en vont dans les &#233;toiles. Nos morts n'oublient jamais cette terre si belle, puisque c'est la m&#232;re du Peau-Rouge. Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous. Les fleurs qui sentent si bon sont nos s&#339;urs, les cerfs, les chevaux, les grands aigles sont nos fr&#232;res ; les cr&#234;tes rocailleuses, l'humidit&#233; des Prairies, la chaleur du corps des poneys et l'homme appartiennent &#224; la m&#234;me famille. Ainsi, quand le grand chef blanc de Washington me fait dire qu'il veut acheter notre terre, il nous demande beaucoup... &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Les rivi&#232;res sont nos s&#339;urs, elles &#233;tanchent notre soif ; ces rivi&#232;res portent nos cano&#235;s et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler tout cela et apprendre &#224; vos enfants que les rivi&#232;res sont nos s&#339;urs et les v&#244;tres et que, par cons&#233;quent, vous devez les traiter avec le m&#234;me amour que celui donn&#233; &#224; vos fr&#232;res. Nous savons bien que l'homme blanc ne comprend pas notre fa&#231;on de voir. Un coin de terre, pour lui, en vaut un autre puisqu'il est un &#233;tranger qui arrive dans la nuit et tire de la terre ce dont il a besoin. La terre n'est pas sa s&#339;ur, mais son ennemie ; apr&#232;s tout cela, il s'en va. Il laisse la tombe de son p&#232;re derri&#232;re lui et cela lui est &#233;gal ! En quelque sorte, il prive ses enfants de la terre et cela lui est &#233;gal. La tombe de son p&#232;re et les droits de ses enfants sont oubli&#233;s. Il traite sa m&#232;re, la terre, et son p&#232;re, le ciel, comme des choses qu'on peut acheter, piller et vendre comme des moutons ou des perles color&#233;es. Son app&#233;tit va d&#233;vorer la terre et ne laisser qu'un d&#233;sert... &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; L'air est pr&#233;cieux pour le Peau-Rouge car toutes les choses respirent de la m&#234;me mani&#232;re. La b&#234;te, l'arbre, l'homme, tous respirent de la m&#234;me mani&#232;re. L'homme blanc ne semble pas faire attention &#224; l'air qui respire. Comme un mourant, il ne reconna&#238;t plus les odeurs. Mais, si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l'air nous est infiniment pr&#233;cieux et que l'Esprit de l'air est le m&#234;me dans toutes les choses qui vivent. Le vent qui a donn&#233; &#224; notre anc&#234;tre son premier souffle re&#231;oit aussi son dernier regard. Et si nous vendons notre terre, vous devez la garder intacte et sacr&#233;e comme un lieu o&#249; m&#234;me l'homme peut aller percevoir le go&#251;t du vent et la douceur d'une prairie en fleur... &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je suis un sauvage et je ne comprends pas une autre fa&#231;on de vivre. J'ai vu des milliers de bisons qui pourrissaient dans la prairie, laiss&#233;s l&#224; par l'homme blanc qui les avait tu&#233;s d'un train qui passait. Je suis un sauvage et je ne comprends pas comment ce cheval de fer qui fume peut-&#234;tre plus important que le bison que nous ne tuons que pour les besoins de notre vie. Qu'est-ce que l'homme sans les b&#234;tes ? Si toutes les b&#234;tes avaient disparu, l'homme mourrait compl&#232;tement solitaire, car ce qui arrive aux b&#234;tes bient&#244;t arrive &#224; l'homme. Toutes les choses sont reli&#233;es entre elles. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Vous devez apprendre &#224; vos enfants que la terre sous leurs pieds n'est autre que la cendre de nos anc&#234;tres. Ainsi, ils respecteront la terre. Dites-leur aussi que la terre est riche de la vie de nos proches. Apprenez &#224; vos enfants ce que nous avons appris aux n&#244;tres : que la terre est notre m&#232;re et que tout ce qui arrive &#224; la terre arrive aux enfants de la terre. Si les hommes crachent sur la terre, c'est sur eux-m&#234;mes qu'ils crachent. Ceci nous le savons : la terre n'appartient pas &#224; l'homme, c'est l'homme qui appartient &#224; la terre. Ceci nous le savons : toutes les choses sont reli&#233;es entre elles comme le sang est le lien entre les membres d'une m&#234;me famille. Toutes les choses sont reli&#233;es entre elles... &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Mais, pendant que nous p&#233;rissons, vous allez briller, illumin&#233;s par la force de Dieu qui vous a conduits sur cette terre et qui, dans un but sp&#233;cial, vous a permis de dominer le Peau-Rouge. Cette destin&#233;e est myst&#233;rieuse pour nous. Nous ne comprenons pas pourquoi les bisons sont tous massacr&#233;s, pourquoi les chevaux sauvages sont domestiqu&#233;s, ni pourquoi les lieux les plus secrets des for&#234;ts sont lourds de l'odeur des hommes, ni pourquoi encore la vue des belles collines est gard&#233;e par les fils qui parlent. Que sont devenus les fourr&#233;s profonds ? Ils ont disparu. Qu'est devenu le grand aigle ? Il a disparu aussi. C'est la fin de la vie et le commencement de la survivance. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5811 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH454/-973-04ca5.jpg?1779679001' width='500' height='454' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Seattle (Duwamish et Suquamich) : &#034;Nous le savons : la terre n'appartient pas &#224; l'homme, c'est l'homme qui appartient &#224; la terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous le savons : toutes choses sont li&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qui arrive &#224; la terre arrive aux fils de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme n'a pas tiss&#233; la toile de la vie, il n'est qu'un fil de tissu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qu'il fait &#224; la toile, il le fait &#224; lui-m&#234;me.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6893 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH552/-1836-232dc.jpg?1779679001' width='500' height='552' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LIRE AUSSI :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelques id&#233;es fausses sur les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi et comment l'empire Olm&#232;que a-t-il disparu ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution sociale qui a renvers&#233; la civilisation de Teotihuac&#225;n&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de la civilisation maya sous les coups de la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de Tula et des Tolt&#232;ques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte des Indiens d'Am&#233;rique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volutions en M&#233;so-Am&#233;rique antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Liste des peuples indig&#232;nes des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5358&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de la soci&#233;t&#233; Huarpa&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La gens iroquoise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La grande f&#233;d&#233;ration iroquoise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;mocratie indienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La F&#233;d&#233;ration des Sept Feux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la France colonisait les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des peuples indiens du Guatemala&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi l'empire azt&#232;que a-t-il &#233;t&#233; aussi facile &#224; abattre pour une poign&#233;e de conqu&#233;rants espagnols ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'empire incas, naissance et mort&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de l'empire Tiahuacano-Huari&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment a disparu la civilisation Chav&#237;n en 200 avant notre &#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la France colonisait les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Inuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le g&#233;nocide colonial fran&#231;ais des peuples am&#233;rindiens cara&#239;bes des Petites Antilles de 1625-1660&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens d'Am&#233;rique entre 1800 et 1830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Tuez-nous et enterrez-nous ici&#034; : un appel d&#233;sesp&#233;r&#233; d'Indiens menac&#233;s d'expulsion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Administration indienne et d&#233;mocratie directe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'histoire de la conqu&#234;te du Br&#233;sil par les Occidentaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'effondrement de la civilisation Mochica (dite aussi Moche)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;tonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une compl&#232;te disparition&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre &#232;re, de la civilisation p&#233;ruvienne Lambay&#232;que (ou Sic&#224;n)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5264&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'&#233;tait la soci&#233;t&#233; des indiens Iroquois ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5280&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le matriarcat chez les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La civilisation des Indiens du Mississippi, disparue &#224; l'issue d'une guerre civile, avant le d&#233;but de la colonisation europ&#233;enne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5286&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La ca&#237;da de las antiguas civilizaciones de los Indios de las Americas y su relaci&#243;n con la revoluci&#243;n social&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la civilisation de Caral (P&#233;rou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre &#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute des Zapot&#232;ques &#224; Monte Alb&#225;n en 750 apr&#232;s J.-C.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5356&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de la ville d'El Tajin, capitale des Totonaques, en 1200 et son abandon en 1230&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La disparition des civilisations pr&#233;colombiennes est-elle un myst&#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelques id&#233;es fausses sur les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Luttes de classes dans les soci&#233;t&#233;s am&#233;rindiennes pr&#233;colombiennes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5375&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oppositions de classes sociales chez les Mixt&#232;ques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5495&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de la civilisation Cuicuilco en 100 apr&#232;s J.-C.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bibliographie Am&#233;rique pr&#233;colombienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#233;sil, Bulgarie, Turquie, Gr&#232;ce, Bosnie, Egypte, Tunisie, etc, la r&#233;volte sociale gronde aux quatre coins du monde</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article2787</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article2787</guid>
		<dc:date>2013-06-20T07:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil Brazil</dc:subject>
		<dc:subject>Bulgarie</dc:subject>
		<dc:subject>Bosnie Herz&#233;govine</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Br&#233;sil, Bulgarie, Turquie, Gr&#232;ce, Bosnie, Egypte, Tunisie, etc, la r&#233;volte sociale gronde aux quatre coins du monde&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Br&#233;sil Brazil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot183" rel="tag"&gt;Bulgarie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot204" rel="tag"&gt;Bosnie Herz&#233;govine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot214" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3515&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Br&#233;sil, Bulgarie, Turquie, Gr&#232;ce, Bosnie, Egypte, Tunisie, etc, la r&#233;volte sociale gronde aux quatre coins du monde&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;bat avec la LIT sur la conception de la r&#233;volution prol&#233;tarienne</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article1816</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article1816</guid>
		<dc:date>2010-12-29T16:15:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil Brazil</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Plusieurs points nous semblent n&#233;cessiter un d&#233;bat avec la LIT : &lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176;) l'importance sur&#233;valu&#233;e du parti relativement &#224; l'auto-organisation, alors que ces deux questions ne devraient pas &#234;tre oppos&#233;es &lt;br class='autobr' /&gt;
2&#176;) l'opposition &#224; notre avis exag&#233;r&#233;e entre des &#034;r&#233;volutions de f&#233;vrier&#034; et des &#034;r&#233;volutions d'octobre&#034; et entre l'action spontan&#233;e et celle dirig&#233;e par le parti &lt;br class='autobr' /&gt;
3&#176;) l'appr&#233;ciation des journ&#233;es r&#233;volutionnaires dans certains pays qualifi&#233;es &#224; tort &#224; notre avis de &#034;r&#233;volutions de f&#233;vrier&#034;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;12- Livre Douze : OU EN SONT LES GROUPES REVOLUTIONNAIRES ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Br&#233;sil Brazil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs points nous semblent n&#233;cessiter un d&#233;bat avec la LIT :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) l'importance sur&#233;valu&#233;e du parti relativement &#224; l'auto-organisation, alors que ces deux questions ne devraient pas &#234;tre oppos&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) l'opposition &#224; notre avis exag&#233;r&#233;e entre des &#034;r&#233;volutions de f&#233;vrier&#034; et des &#034;r&#233;volutions d'octobre&#034; et entre l'action spontan&#233;e et celle dirig&#233;e par le parti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) l'appr&#233;ciation des journ&#233;es r&#233;volutionnaires dans certains pays qualifi&#233;es &#224; tort &#224; notre avis de &#034;r&#233;volutions de f&#233;vrier&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, il n'y a pas de v&#233;ritable r&#233;volution prol&#233;tarienne sans de v&#233;ritables organes r&#233;volutionnaires que sont les conseils ouvriers. Par contre, il existe bien des r&#233;volutions prol&#233;tariennes sans un seul parti ouvrier r&#233;volutionnaire et la plus remarquable est certainement la r&#233;volution espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la premi&#232;re question, voici un texte de Moreno o&#249; ce dernier revient sur l'importance des soviets en s'opposant &#224; Mandel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les soviets : un &#034;principe&#034; organisationnel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insistante surestimation, par le SU, des formes organisationnelles sovi&#233;tiques, laissant pratiquement de c&#244;t&#233; le r&#244;le fondamental du parti r&#233;volutionnaire et de la mobilisation des masses, est un ph&#233;nom&#232;ne qui a &#233;t&#233; pr&#233;vu par le marxisme. La R&#233;volution Russe comme la r&#233;volution allemande amen&#232;rent nos ma&#238;tres &#224; r&#233;fl&#233;chir longuement sur cette d&#233;viation, qu'ils appel&#232;rent &#034;f&#233;tichisme organisationnel&#034; (parlant sp&#233;cifiquement du f&#233;tichisme sovi&#233;tique), et dont ils nous avertirent des dangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Le&#231;ons d'octobre, Trotsky &#233;crit : &#034;Mais les jeunes partis europ&#233;ens qui ont plus ou moins accept&#233; les soviets comme &#034;doctrine&#034;, comme &#034;principe&#034;, sont toujours expos&#233;s au danger d'une conception f&#233;tichiste des soviets consid&#233;r&#233;s en tant que facteurs autonomes de la r&#233;volution. En effet, malgr&#233; l'immense avantage que pr&#233;sentent les soviets comme organisme de lutte pour le pouvoir, il est parfaitement possible que l'insurrection se d&#233;veloppe sur la base d'autres formes d'organisation (comit&#233;s d'usine, syndicats) et que les soviets ne surgissent comme organe du pouvoir qu'au moment de l'insurrection ou m&#234;me apr&#232;s sa victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s instructive &#224; ce point de vue, est la lutte que L&#233;nine engagea apr&#232;s les journ&#233;es de juillet contre le f&#233;tichisme sovi&#233;tique. Les soviets socialistes-r&#233;volutionnaires et mench&#233;viks &#233;tant devenus en juillet des organisations poussant ouvertement les soldats &#224; l'offensive et pers&#233;cutant les bolch&#233;viks, le mouvement r&#233;volutionnaire des masses ouvri&#232;res pouvait et devait chercher d'autres voies. L&#233;nine indiquait les comit&#233;s d'usine comme organisation de la lutte pour le pouvoir.&#034; (1924) [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mandel dit qu'il est possible que les partis opportunistes s'int&#232;grent aux soviets, et en ce sens, ses critiques envers l'ultra-gauche, qui affirme le contraire, sont correctes. Nous pensons &#233;galement que justement parce qu'ils sont opportunistes, il est possible qu'ils tentent de s'int&#233;grer &#224; ces organisations, d&#232;s qu'ils auront v&#233;rifi&#233; qu'elles auront acquis un caract&#232;re de masse. Mais Mandel s'arr&#234;te &#224; mi-chemin. Que feront les opportunistes dans le soviet ? Ils y iront &#233;videmment pour tenter de les transformer, afin de les rendre opportunistes et contre-r&#233;volutionnaires. Il n'y a pas d'autre possibilit&#233;. Et Mandel ne peut continuer, parce que pour emp&#234;cher cela, il devrait transformer ses soviets en soviets r&#233;volutionnaires, qui cesseraient alors de rassembler toute la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous r&#233;p&#233;tons, avec Trotsky, qu'il &#034;est n&#233;cessaire&#034; d'&#233;viter de tomber dans le &#034;f&#233;tichisme d'organisation&#034;, que nous ne devons pas transformer les soviets en un &#034;principe&#034;, et que &#034;la pure reconnaissance du syst&#232;me sovi&#233;tique ne r&#233;sout rien&#034;, parce que &#034;la forme sovi&#233;tique d'organisation ne poss&#232;de pas de pouvoirs miraculeux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes pour les soviets, mais pour les transformer en soviets r&#233;volutionnaires. C'est ce que L&#233;nine et Trotsky voulurent dire quand ils affirm&#232;rent la n&#233;cessit&#233; de prendre une attitude ind&#233;pendante vis &#224; vis des soviets dirig&#233;s par les mench&#233;viks et les socialistes-r&#233;volutionnaires, pour prendre le pouvoir et les attaquer sans merci, parce qu'ils avaient commenc&#233; &#224; se comporter comme une courroie de transmission de la politique contre-r&#233;volutionnaire de K&#233;rensky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous luttons pour que les organisations de masse (quelles qu'elles soient) soient r&#233;volutionnaires. Nous ne tombons ni dans la politique ultragauchiste - les ignorer si nous ne sommes pas d'accord avec elles -, ni dans la politique opportuniste - les suivre quoi qu'il arrive. Nous ne faisons un f&#233;tiche d'aucune d'elles, et nous nous rappelons que les soviets, de m&#234;me que les syndicats, peuvent &#234;tre dirig&#233;s aujourd'hui par les opportunistes, et demain par les contre-r&#233;volutionnaires. Les pr&#233;dictions de Trotsky pour l'Autriche, dans le futur, peuvent &#234;tre valables pour un autre pays : &#034;... il existe la possibilit&#233;, non seulement que le mot d'ordre des soviets puisse ne pas co&#239;ncider avec la dictature du prol&#233;tariat, mais y compris qu'ils s'opposent, c'est-&#224;-dire que les soviets en viennent &#224; se transformer en un bastion contre la dictature du prol&#233;tariat.&#034; (Trotsky, 1929) [2]. Par ces paroles, Trotsky lance aussi un avertissement pour apr&#232;s la prise du pouvoir. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; du SU attribue &#224; ses soviets et &#224; sa dictature du prol&#233;tariat - non aux v&#233;ritables soviets et &#224; la v&#233;ritable dictature - les caract&#233;ristiques hyper-d&#233;mocratiques de la Commune de Paris. Cependant, il est extr&#234;mement &#233;trange que des auteurs qui connaissent tellement bien Trotsky n'aient pas signal&#233;, ne serait-ce que pour la critiquer, la r&#233;vision qu'il fit de l'analyse classique de L&#233;nine sur la Commune de Paris. Cette absence est d'autant plus notable qu'ils donnent comme caract&#233;ristiques essentielles de la dictature du prol&#233;tariat la codification des r&#233;alisations de la Commune de Paris, et ce que L&#233;nine &#233;crivit plus tard &#224; ce sujet dans L'Etat et la r&#233;volution - sans signaler que Trotsky modifia cette interpr&#233;tation de la Commune -, pour souligner depuis lors comme caract&#233;ristiques essentielles ses traits dictatoriaux et de lutte, et non ses traits d&#233;mocratiques populaires. Et il signala que son plus grave d&#233;faut &#233;tait l'absence d'un parti r&#233;volutionnaire disciplin&#233; qui e&#251;t dirig&#233; son processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette modification commen&#231;a &#224; prendre forme au d&#233;but des ann&#233;es vingt. Dans la r&#233;solution qu'il &#233;crivit pour le Comit&#233; Ex&#233;cutif de l'Internationale Communiste, il commen&#231;ait cette r&#233;vision : &#034;La page la plus glorieuse dans l'histoire du prol&#233;tariat fran&#231;ais - la Commune de Paris - ne fut rien d'autre qu'un bloc entre toutes les organisations et nuances de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise, unies contre la bourgeoisie. Si malgr&#233; la constitution du front unique la Commune fut rapidement &#233;cras&#233;e, l'explication en est surtout le fait que le front unique n'eut pas &#224; son flanc gauche une organisation authentiquement r&#233;volutionnaire, disciplin&#233;e et r&#233;solue, capable de gagner rapidement la direction, dans le feu m&#234;me des &#233;v&#232;nements.&#034; (Trotsky, 1922) [14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky ne prend pour &#233;l&#233;ment essentiel de la Commune ni le syst&#232;me de vote, ni la r&#233;vocabilit&#233;, ni le salaire moyen, mais l'unit&#233; d'action des partis ouvriers qui prirent le gouvernement ; et il consid&#232;re comme sa principale carence l'absence d'une &#034;organisation authentiquement r&#233;volutionnaire, disciplin&#233;e et r&#233;solue&#034;, afin de la diriger. Et &#224; la m&#234;me &#233;poque, &#233;galement au nom du CEI de l'Internationale Communiste dans une lettre &#224; la F&#233;d&#233;ration de la Seine du PC fran&#231;ais, il disait que &#034;la raison la plus importante de la d&#233;faite de la Commune fut les principes f&#233;d&#233;ralistes petit-bourgeois et d&#233;mocratiques, l'absence d'une main forte qui aurait guid&#233;, unifi&#233;, disciplin&#233; et centralis&#233; la r&#233;volution (idem) [15]. Ces citations pourraient ne pas avoir d'importance si Trotsky, au fil des ans, n'avait pas r&#233;fl&#233;chi sur cette question et n'en &#233;tait pas venu &#224; faire une r&#233;vision compl&#232;te de la conception classique de la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es trente, pol&#233;miquant contre la tendance des trotskystes fran&#231;ais qui &#233;ditait le journal La Commune, il nia pour la premi&#232;re fois la Commune en tant que dictature du prol&#233;tariat, et la d&#233;finit comme une institution bourgeoise. Contre la conception qui &#233;tait accept&#233;e, et selon laquelle l'&#233;l&#233;ment extraordinaire, v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire, pendant la Commune, &#233;tait son fonctionnement d&#233;mocratique : le syst&#232;me de vote, la r&#233;vocabilit&#233;, le salaire ouvrier pour les fonctionnaires, contre tout ce qui avait &#233;t&#233; &#233;crit et que Kautsky avait revendiqu&#233; (bien que L&#233;nine e&#251;t signal&#233; que le suffrage universel n'existait que pour ceux qui restaient &#224; Paris, c'est &#224; dire pour les travailleurs), Trotsky signale que la dictature du prol&#233;tariat r&#233;sidait dans une autre organisation, dans la Garde Nationale, dans l'organisme de lutte. Contre le f&#233;tichisme ultra-d&#233;mocratique, il dit que ce n'&#233;tait pas l&#224; l'&#233;l&#233;ment fondamental pour d&#233;finir la dictature du prol&#233;tariat et les v&#233;ritables soviets. La dictature ouvri&#232;re fut l'organisation de ceux qui luttaient, et non de tous les travailleurs de Paris. La Commune, l'organisation de tous les travailleurs, avec ses m&#233;canismes hyper-d&#233;mocratiques fut une organisation bourgeoise, et non la dictature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. Au contraire, l'organisation de ceux qui luttaient, &#233;tait bien un soviet et une dictature du prol&#233;tariat. Nous acceptons pleinement cette conception de Trotsky, r&#233;visionniste et r&#233;volutionnaire de la Commune de Paris ; mais nous ne voulons tromper personne, et nous disons qu'il s'agit d'une r&#233;vision de l'analyse l&#233;niniste traditionnelle. Bien que ce soit un peu long, citons ces paragraphes apparemment inconnus pour les auteurs de la r&#233;solution : &#034;Quand nous disons &#034;Vive la Commune&#034;, nous nous r&#233;f&#233;rons &#224; l'h&#233;ro&#239;que insurrection, non &#224; l'institution de la Commune, &#224; savoir la municipalit&#233; d&#233;mocratique. M&#234;me son &#233;lection fut une stupidit&#233; (voir Marx), et cette stupidit&#233; ne fut rendue possible qu'apr&#232;s (soulign&#233; dans l'original) la conqu&#234;te du pouvoir par le Comit&#233; Central de la Garde Nationale, qui &#233;tait le &#034;comit&#233; d'action&#034; ou le soviet de ce moment.&#034; (Trotsky 1935) [16]. &#034;Dans le m&#234;me paragraphe, vous dites, entre parenth&#232;ses : &#034;Commune de Paris, soviets...&#034;. Dans toute une s&#233;rie de lettres j'ai insist&#233; sur le fait qu'il est inadmissible, quand on parle des formes organisationnelles de gouvernement, d'identifier la Commune et les soviets. La Commune fut la municipalit&#233; d&#233;mocratique. Il est donc n&#233;cessaire de choisir entre la Commune et les soviets. Les r&#233;volutionnaires de 1871 voulurent combiner (soulign&#233; dans l'original) leur &#034;soviet&#034; d'hier (le Comit&#233; Central de la Garde Nationale) et la Commune (la municipalit&#233; d&#233;mocratique). Ils ne firent de cette combinaison qu'une bigarrure. En 1917 &#224; P&#233;trograd, apr&#232;s la conqu&#234;te du pouvoir, nous e&#251;mes le soviet et la municipalit&#233; d&#233;mocratique. Malgr&#233; le fait que les bolch&#233;viks dominaient la commune de mani&#232;re absolue, nous l'avons dissoute en faveur du soviet. C'est La Commune qui parle d'un gouvernement bas&#233; sur des communes locales. Cette formulation d'un f&#233;d&#233;ralisme d&#233;mocratique est plus en accord avec les bakouniniens et les proudhoniens. Elle n'a rien en commun avec la dictature du prol&#233;tariat et les soviets en tant que son instrument.&#034; (Trotsky, 1936) [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soviets du SU sont les communes municipales petites-bourgeoises des proudhoniens, et non les soviets pour lesquels luttent les v&#233;ritables trotskystes. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question du parti, Moreno &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Parti Unique ou pluripartisme sovi&#233;tique ? Encore une fois sur le r&#244;le du parti r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le chapitre IV, nous avons insist&#233; longuement sur le r&#244;le du parti r&#233;volutionnaire dans la lutte pour le pouvoir et la dictature du prol&#233;tariat. Mais nous l'avons fait en prenant pour base la question de savoir quelle est l'institution fondamentale dans ce processus, le soviet ou le parti. Il nous faut maintenant insister sur un point fondamental, en rapport &#224; un autre des sujets-cl&#233;s du document du SU : parti unique ou pluripartisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; du SU d&#233;fend avant tout le &#034;pluripartisme sovi&#233;tique&#034;. Mais ce &#034;pluripartisme sovi&#233;tique&#034; ne signifie pas dans sa bouche la l&#233;galit&#233; pour les partis autoris&#233;s par le soviet r&#233;volutionnaire, mais la l&#233;galit&#233; pour tous les partis politiques existant dans le pays, y compris les partis contre-r&#233;volutionnaires. Dans ce sens la majorit&#233; est explicite : &#034;... des conseils de travailleurs r&#233;ellement repr&#233;sentatifs et d&#233;mocratiquement &#233;lus ne peuvent exister que si les masses ont le droit d'y &#233;lire tous ceux qu'elles choisissent, sans distinctions et sans pr&#233;condition restrictive quant aux convictions id&#233;ologiques et politiques des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus&#034;. Et elle continue : &#034;De m&#234;me, les conseils de travailleurs ne peuvent fonctionner d&#233;mocratiquement que si tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus&#034; ind&#233;pendemment de leurs &#034;convictions id&#233;ologiques et politiques&#034;, &#034;jouissent du droit de pouvoir constituer des groupes, des tendances ou des partis, s'ils ont acc&#232;s aux moyens de diffusion massive...&#034; Et s'il nous reste quelque doute, ils nous disent un peu plus loin que la &#034;d&#233;mocratie ouvri&#232;re&#034; n'est possible que dans la mesure o&#249; existe&#034;... le droit des masses d'&#233;lire tous ceux qu'elles choisissent et la libert&#233; d'organisation politique pour ceux qui ont &#233;t&#233; &#233;lus (y compris des gens avec des id&#233;ologies ou un programme bourgeois ou petit-bourgeois).&#034; (SU, 1977) [8][*].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous trouvons ici, une fois de plus, confront&#233;s au pi&#232;ge d'une analyse et d'un programme individualistes, d&#233;mocratiques-bourgeois, sous un d&#233;guisement marxiste. Le SU est pour la &#034;libert&#233; politique illimit&#233;e&#034; de tous les partis. Au lieu de le dire clairement, et ainsi son argumentation serait-elle digne de Lincoln ou Bernstein, il se cache derri&#232;re des &#034;d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus&#034;. Ce ne sont pas les soviets, la classe ouvri&#232;re en tant que classe qui d&#233;cident, mais des individus, les d&#233;l&#233;gu&#233;s, tout &#224; fait ind&#233;pendamment de ce que la classe et le soviet d&#233;cident d&#233;mocratiquement, &#224; leur majorit&#233;. Cela signifie, si nous l'appliquons actuellement &#224; l'Iran, que dans les soviets, le parti du Shah serait enti&#232;rement l&#233;gal, puisqu'il existe pas de pays o&#249; il n'y ait pas au minimum un d&#233;l&#233;gu&#233; &#233;lu, partisan de la contre-r&#233;volution. Il y eut en Russie des organisations syndicales de masse qui d&#233;cid&#232;rent d&#233;mocratiquement de lutter aux c&#244;t&#233;s des arm&#233;es blanches, contre l'Arm&#233;e Rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soviet est un front unique de masse pour l'action r&#233;volutionnaire, et seuls les partis politiques en accord avec ce front unique peuvent en faire partie. Il peut y avoir des ouvriers et des d&#233;l&#233;gu&#233;s avec des positions confuses, qui continuent &#224; soutenir des partis contre-r&#233;volutionnaires. Mais en tant que partis, seuls ceux qui sont en accord avec le front unique r&#233;volutionnaire qu'est le soviet peuvent y &#234;tre pr&#233;sents. Il se passe exactement la m&#234;me chose dans les syndicats : il ne peut y &#234;tre pr&#233;sent que les partis et adh&#233;rents qui reconnaissent la n&#233;cessit&#233; de se d&#233;fendre de l'exploitation capitaliste sur le terrain &#233;conomique. En g&#233;n&#233;ral et historiquement, le trotskysme se prononce pour le pluripartisme sovi&#233;tique, mais seulement s'il est compris comme le droit, de la part du soviet, de d&#233;cider quels partis il lui faut reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le contraire de ce qu'affirme la r&#233;solution du SU. Le pluripartisme sovi&#233;tique n'est pas une norme absolue, mais relative. C'est pourquoi, dialectiquement, le pluripartisme sovi&#233;tique peut se transformer, dans certaines circonstances, en son contraire, le parti unique sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme ce sont les soviets r&#233;volutionnaires qui d&#233;cident &#224; chaque instant quels sont les partis l&#233;gaux, cela peut mener dans certaines circonstances au fait qu'un seul parti ou seulement deux ou trois, le soient. Et pour en d&#233;cider, il faut prendre en compte l'appr&#233;ciation concr&#232;te permettant de savoir quels partis sont r&#233;volutionnaires et lesquels sont contre-r&#233;volutionnaires. Par principe, nous ne sommes pas oblig&#233;s de l&#233;galiser les partis contre-r&#233;volutionnaires mais bien les partis r&#233;volutionnaires. C'est l&#224; le v&#233;ritable concept trotskyste. L&#233;nine signalait clairement, &#224; un moment de la R&#233;volution Russe, que &#034;lorsqu'on nous reproche la dictature d'un seul parti et qu'on propose, comme vous l'avez entendu, un front unique socialiste, nous disons : Dictature d'un seul parti, oui ! Telle est notre position et nous ne pouvons quitter ce terrain...&#034; (L&#233;nine, 1919 ) [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; un exemple de plus du fait qu'il n'y a pas, pour les trotskystes, de normes fig&#233;es. Nous sommes tout &#224; fait oppos&#233;s &#224; la norme stalinienne qui soutient que toujours, sous la dictature du prol&#233;tariat, c'est seulement le parti qui exerce la dictature qui est l&#233;gal ; mais nous sommes aussi oppos&#233;s au principe eurotrotskyste selon lequel toujours, sans exception, il doit y avoir pluripartisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disons que tout d&#233;pend du processus de la lutte de classes et des besoins de la dictature r&#233;volutionnaire, du type de rapports qui s'&#233;tablissent entre les partis dans les premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution. Nous ne pouvons pas dire quelles seront les normes qui, dans cette premi&#232;re &#233;tape, r&#233;glementeront les rapports entre les partis opportunistes bureaucratiques et les partis r&#233;volutionnaires du mouvement ouvrier, parce que cela d&#233;pendra de rapports qui s'imposeront par la force, et non pas par des m&#233;canismes constitutionnels, entre les deux principaux secteurs du mouvement ouvrier et leurs superstructures politiques. S'il y a mobilisation permanente des travailleurs, les partis r&#233;volutionnaires seront pr&#233;dominants, et il y aura m&#234;me de nouveaux partis r&#233;volutionnaires qui appara&#238;tront. S'il y a passivit&#233; et calme, ce seront les secteurs bureaucratiques, l'aristocratie ouvri&#232;re. Et de cette loi g&#233;n&#233;rale d&#233;couleront les diff&#233;rents types de rapports possibles entre la dictature du prol&#233;tariat et les partis ouvriers. C'est pourquoi nous insistons sur le fait que ce qui est fondamental n'est pas parti unique ou pluripartisme. Aucune norme ne peut se substituer au processus vivant de la mobilisation permanente et au r&#244;le que joue dans son cadre le parti r&#233;volutionnaire, les deux facteurs absents en permanence des th&#232;ses du SU. Dire les choses dans les termes o&#249; le fait la r&#233;solution est mettre la charrue avant les boeufs. Que le soviet soit ou non pluripartiste d&#233;pendra en derni&#232;re instance du degr&#233; de mobilisation des travailleurs et de l'existence ou non d'un parti r&#233;volutionnaire &#224; m&#234;me de donner un caract&#232;re permanent &#224; cette mobilisation ; mais ce ne peut jamais &#234;tre l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la situation n'est pas critique, et la force de la contre-r&#233;volution peu importante, si les partis aristocratiques et bureaucratiques acceptent &#224; contre-coeur le cours r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, il est possible qu'ils soient tout &#224; fait l&#233;gaux ou jouissent d'une certaine marge de l&#233;galit&#233;. Mais, si ce n'est pas le cas, si la contre-r&#233;volution est encore tr&#232;s puissante, il est possible qu'il soit n&#233;cessaire de les ill&#233;galiser, d'une mani&#232;re relative ou totale. La m&#234;me chose peut survenir pour des partis opportunistes qui parviendraient &#224; dominer le pouvoir ouvrier et, se sentant s&#251;rs d'eux, dans une situation de stabilit&#233; relative, accorderaient une certaine l&#233;galit&#233; au parti r&#233;volutionnaire. Nous ne perdons pas de vue cette possibilit&#233;, dans une &#233;tape d&#233;termin&#233;e du processus r&#233;volutionnaire, bien que nous pensions que la tendance certaine de la bureaucratie - que ce soit dans un syndicat, dans un parti ou dans un &#233;tat ouvrier - soit la domination bureaucratique totale, et par cons&#233;quent le parti unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout changera au fur et &#224; mesure du d&#233;veloppement de la r&#233;volution socialiste mondiale. Il est possible que l'affaiblissement des partis opportunistes provoque l'apparition de grandes fractions ou partis r&#233;volutionnaires qui seront inconditionnellement en faveur de la r&#233;volution mais refl&#233;teront diff&#233;rents secteurs politiques du mouvement ouvrier. Evidemment, ces partis devraient &#234;tre compl&#232;tement l&#233;gaux. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les camarades qui ont r&#233;dig&#233; le document en question, pluripartisme est synonymie de d&#233;mocratie, et parti unique de bureaucratie. Ce raisonnement infantile est une nouvelle manifestation de la capitulation de la majorit&#233; du SU face au raisonnement lib&#233;ral bourgeois. Et c'est au fond directement le r&#233;sultat de la mani&#232;re id&#233;aliste et institutionnaliste dont ils confrontent leurs soviets au parlement bourgeois, sans tenir compte du processus de la lutte de classes. Nous sommes oppos&#233;s &#224; ce m&#233;canisme simpliste que d&#233;fendent les camarades : un seul parti &#233;gale domination bureaucratique ; plusieurs partis &#233;gale r&#232;gne de la d&#233;mocratie la plus absolue. Nous pensons que le contraire peut se produire. Il peut y avoir, &#224; un moment pr&#233;cis de la dictature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, un contr&#244;le r&#233;volutionnaire de la part d'un seul parti, qui permette un d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie directe et r&#233;volutionnaire plus important que ne le permettrait un r&#233;gime pluraliste. Le caract&#232;re bureaucratique ou r&#233;volutionnaire de la dictature ouvri&#232;re d&#233;pendra fondamentalement, non pas du nombre de partis dans le soviet, mais de la mobilisation des masses, selon qu'elle est frein&#233;e ou se poursuit dans une dynamique permanente, et du parti qui la dirige. Pour cette raison &#233;viter &#224; tout moment la bureaucratisation du parti r&#233;volutionnaire est une t&#226;che d'une importance vitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre la cristallisation de ses cadres dans les postes dirigeants du parti, et plus tard dans ceux des nouvelles institutions que se donnera l'&#233;tat ouvrier, est donc une exigence si nous voulons que le principal objectif du parti demeure &#224; tout moment la mobilisation permanente des travailleurs. C'est pourquoi il sera n&#233;cessaire que le parti r&#233;volutionnaire soit toujours plus ouvrier, un v&#233;ritable parti de masse au sein duquel la classe ouvri&#232;re industrielle p&#232;se de mani&#232;re sp&#233;cifique, non seulement sur son organisation, mais aussi sur sa direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons que dans le processus de la construction du parti, les intellectuels, les fonctionnaires, les ouvriers privil&#233;gi&#233;s peuvent, surtout au d&#233;but, jouer un r&#244;le d'une tr&#232;s grande importance. Mais si le parti ne se prol&#233;tarise pas, si l'immense majorit&#233; de ses militants n'est pas form&#233;e par des ouvriers actifs, si sa direction n'est pas entre les mains des &#233;l&#233;ments les plus capables de la classe, il lui sera difficile de postuler avec succ&#232;s &#224; la direction du processus r&#233;volutionnaire qui doit mener les travailleurs au pouvoir, et il lui sera encore plus difficile de diriger de mani&#232;re r&#233;volutionnaire la dictature du prol&#233;tariat. Tous ceux qui occupent des postes de direction sans provenir de la classe ouvri&#232;re et sans avoir &#233;t&#233; mis &#224; l'&#233;preuve en dirigeant ses luttes, devront se retirer de ces postes et laisser la place afin que ce soient les ouvriers industriels qui prennent la direction du parti et dominent par leur nombre et par leur orientation. Parce que ce sont les plus organis&#233;s, les plus concentr&#233;s, les plus riches en exp&#233;rience de lutte, et sur lesquels retomberont les plus grandes responsabilit&#233;s des grandes transformations &#233;conomiques dans le nouvel &#233;tat. Malgr&#233; cela, ce ne sera pas suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pris le pouvoir, le parti r&#233;volutionnaire sera confront&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233; de disposer de plusieurs dizaines de ses cadres dirigeants - ceux de confiance et ayant le plus de capacit&#233;s - pour les postes cl&#233;s du gouvernement, connue ce fut le cas pour le parti bolch&#233;vik pendant la r&#233;volution russe. Ceci comporte un danger, peut-&#234;tre le plus grave une fois &#233;tablie la dictature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. La solution &#224; ce probl&#232;me demeure un d&#233;fi pour les partis trotskystes qui dirigeront les futurs processus r&#233;volutionnaires, comme le montre la bureaucratisation du plus grand parti de l'histoire, celui de L&#233;nine et de Trotsky. Pourtant, de m&#234;me que L&#233;nine et Trotsky n'ont pas pu l'&#233;viter, le parti r&#233;volutionnaire ne pourra &#233;luder la responsabilit&#233; d'assumer les fonctions qu'exige le nouvel &#233;tat ouvrier, sauf en trahissant la r&#233;volution elle-m&#234;me. Le parti devra prendre la direction du processus r&#233;volutionnaire au niveau de l'appareil d'&#233;tat comme des centres-m&#234;mes de la production, par l'interm&#233;diaire des organisations que se donneront les masses travailleuses pour exercer le pouvoir. Cela ne sera possible que dans la mesure o&#249; ses cadres resteront des ouvriers, li&#233;s au reste des travailleurs. Il leur faudra donc combiner en permanence leurs t&#226;ches de gouvernement, et le travail productif direct dont ils tireront notamment leur propre subsistance, en &#233;vitant dans la mesure du possible que leurs fonctions au sein de l'&#233;tat soient r&#233;mun&#233;r&#233;es. La proportion dans laquelle leur activit&#233; dans la production se combinera avec leurs t&#226;ches dans l'institutions d&#233;pendra &#224; chaque instant des circonstances concr&#232;tes ; cependant nous pouvons dire que cela sera facilit&#233; historiquement par la r&#233;duction de la journ&#233;e de travail, qui permettra de disposer de plus de temps libre. Et ce sera pr&#233;cis&#233;ment cette combinaison de t&#226;ches qui maintiendra le parti &#224; l'&#233;coute des masses travailleuses, sans jamais ignorer leurs v&#233;ritables besoins, s'enrichissant constamment de leurs exp&#233;riences et de leur mobilisation permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le parti r&#233;volutionnaire lui-m&#234;me commencera &#224; pr&#233;parer sa disparition, &#034;comme corollaire de la disparition des antagonismes de classe, de la politique, de toutes les formes de bureaucratisme, et fondamentalement, de la r&#233;duction des mesures coercitives dans les relations sociales&#034;. Ses militants s'incorporeront toujours plus aux t&#226;ches de production, o&#249; ils exerceront directement leur pouvoir comme n'importe quel autre producteur socialiste, jusqu'&#224; se dissoudre compl&#232;tement dans la soci&#233;t&#233; communiste, et o&#249; ils ne se distingueront des autres hommes et femmes que par leurs qualit&#233;s qu'ils d&#233;velopperont librement. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ie r&#244;le de la IV&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution n'analyse pas et ne d&#233;finit pas le r&#244;le fondamental que doit jouer la IV&#176; Internationale dans l'&#233;tablissement de la dictature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat et le d&#233;veloppement des soviets. Elle ne tient pas compte non plus du rapport des partis opportunistes &#224; ces m&#234;mes ph&#233;nom&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'exclure, de mani&#232;re sectaire, toute possibilit&#233; que les partis opportunistes, &#224; certains moments, admettent les soviets et se plient &#224; leurs d&#233;cisions pour tenter de les d&#233;vier de leur dynamique s'opposant au pouvoir &#233;tatique bourgeois. Mais le fait frappant que d&#233;montrent les soixante derni&#232;res ann&#233;es de l'histoire contemporaine, est qu'en g&#233;n&#233;ral les partis opportunistes se refusent &#224; d&#233;velopper des formes sovi&#233;tiques, ou toutes autres formes larges d'organisation du mouvement de masse. Parce qu'ils ont tir&#233; la le&#231;on des formes organisationnelles sovi&#233;tiques russes et allemandes de la premi&#232;re apr&#232;s-guerre, qui par leur caract&#232;re-m&#234;me facilitent le processus r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci a des implications d'une tr&#232;s grande importance pour la IV&#176; Internationale. Notre parti mondial est le seul &#224; avoir pour objectif programmatique fondamental le d&#233;veloppement de ces organisations pour impulser la r&#233;volution socialiste. C'est &#224; dire qu'il n'y a dans aucun pays du monde de possibilit&#233; que ces formes sovi&#233;tiques se d&#233;veloppent jusqu'&#224; la destruction de l'appareil &#233;tatique bourgeois, si ne se d&#233;veloppe pas parall&#232;lement, et dans un processus de f&#233;condation mutuelle, un parti trotskiste r&#233;volutionnaire de masse. &#034;Tant que les conseils ne peuvent surgir qu'&#224; la condition qu'il existe parmi les larges masses un ferment r&#233;volutionnaire, l'Internationale est toujours n&#233;cessaire.&#034; (Trotsky, 1935) [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; dire qu'entre les soviets en tant que soviets r&#233;volutionnaires et le parti trotskyste, il doit s'&#233;tablir un lien, un rapport dialectique tr&#232;s &#233;troit. Seul le d&#233;veloppement de forts partis trotskystes de masse peut garantir l'apparition et le d&#233;veloppement &#224; une &#233;chelle de masse, de soviets qui se poseront le probl&#232;me de la r&#233;volution ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce r&#244;le fondamental de la IV&#176; Internationale a deux autres aspects, autant sinon plus importants. Le premier est la lutte contre les courants ultra-gauchistes qui font des soviets un f&#233;tiche. Le deuxi&#232;me, d&#233;cisif, est la lutte implacable contre les partis opportunistes afin de d&#233;velopper les soviets, et d'en gagner la direction, comme de toute autre organisation de masse. Cela signifie que la IV&#176; Internationale, sans laisser tomber la lutte pour les soviets, comprend que le processus historique, en ayant consolid&#233; les grands partis opportunistes, rend plus difficile la concr&#233;tisation des perspectives futures d'apparition de grandes organisations sovi&#233;tiques &#034;typiques&#034;. M&#234;me si cela se produit, il est tr&#232;s difficile que cela acqui&#232;re une dynamique rapide vers la r&#233;volution ouvri&#232;re. Le plus probable est que, sous l'influence des partis opportunistes, ces perspectives stagnent puis disparaissent, comme le signale correctement le SU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence en est que la IV &#176; Internationale doit lutter contre les courants ultra-gauchistes, d&#233;couvrant dans la r&#233;alit&#233; de la lutte de classes les organisations bien plus embryonnaires, primaires et traditionnelles que les soviets, que se donne le mouvement ouvrier ; ces organisations, en fonction de ces circonstances, peuvent jouer un r&#244;le d'organisations mobilisatrices r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat et des travailleurs dans la lutte pour le pouvoir. En ce sens, nous consid&#233;rons que les organisations syndicales, les comit&#233;s d'usine et les piquets ou comit&#233;s d'auto-d&#233;fense des travailleurs, surtout les organisations de front unique, peuvent jouer un r&#244;le tr&#232;s important dans l'affrontement &#224; la contre-r&#233;volution imp&#233;rialiste, avant la prise du pouvoir. Nous voulons dire par l&#224; que la IV&#176; Internationale doit s'efforcer de d&#233;couvrir et reconna&#238;tre ce type d'organisations, comme les milices ann&#233;es de la Centrale Ouvri&#232;re Bolivienne en 1952, l'Assembl&#233;e Populaire en 1971, ou les syndicats p&#233;ronistes en 1956-57, ou comme auraient pu l'&#234;tre les Commissions Ouvri&#232;res en Espagne. Il serait criminel qu'&#224; cause du f&#233;tichisme sovi&#233;tique du SU, la IV&#176; Internationale, au lieu d'impulser ces organisations que nous livre la r&#233;alit&#233; de la lutte de classes, en fonction de la tradition de chaque pays et de l'influence funeste des partis opportunistes de masse, essaie de remplacer ces organisations par des soviets irr&#233;els. Il est tout &#224; fait possible que dans de nombreux pays des organisations sovi&#233;tiques ne se d&#233;veloppent qu'apr&#232;s la prise du pouvoir par le parti r&#233;volutionnaire ; et comme nous l'avons d&#233;montr&#233;, m&#234;me ces organisations sovi&#233;tiques sont soumises au flux et reflux du processus r&#233;volutionnaire apr&#232;s la prise du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons toutes ces consid&#233;rations pour aboutir &#224; la conclusion la plus importante de nos th&#232;ses : la forme organisationnelle par laquelle s'exprime la dictature du prol&#233;tariat a une importance &#233;norme, mais n'est pas d&#233;cisive. Ce qui est d&#233;cisif c'est que dans aucun pays au monde il n'y aura de dictature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, si elle n'est pas dirig&#233;e par un parti trotskyste ou trotskysant. C'est &#224; dire que la dictature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat dans les prochaines d&#233;cades sera synonyme, non pas d'organisations sovi&#233;tiques, mais de dictatures r&#233;volutionnaires de partis trotskystes ou trotskysants.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
A propos du point de vue de la LIT sur les &#034;r&#233;volutions de f&#233;vrier&#034; qui nous semble exag&#233;rer le caract&#232;re spontan&#233; pour mieux souligner le r&#244;le du parti en octobre (mais en octobre aussi, cela nous parait tirer sur la r&#233;alit&#233; car la spontan&#233;it&#233; r&#233;volutionnaire des masses y est aussi), nous souhaitons rappeler ce qu'&#233;crivait L&#233;on Trotsky dans &#034;La r&#233;volution russe&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tougan-Baranovsky a raison de dire que la R&#233;volution de F&#233;vrier fut l'&#339;uvre des ouvriers et des paysans, ces derniers repr&#233;sent&#233;s par les soldats. Subsiste cependant une grosse question : qui donc a men&#233; l'insurrection ? Qui a mis sur pied les ouvriers ? Qui a entra&#238;n&#233; dans la rue les soldats ? Apr&#232;s la victoire, ces questions devinrent un objet de lutte des partis. La solution la plus simple consistait en cette formule universelle : personne n'a conduit la r&#233;volution, elle s'est faite toute seule. La th&#233;orie des &#034; forces &#233;l&#233;mentaires &#034; &#233;tait mieux que toute autre &#224; la convenance non seulement de tous les messieurs qui, la veille encore, avaient qui&#232;tement administr&#233;, jug&#233;, accus&#233;, plaid&#233;, commerc&#233; ou command&#233;, et qui se h&#226;taient, maintenant, de se rallier &#224; la r&#233;volution ; mais elle convenait &#224; de nombreux politiciens professionnels et &#224; d'ex-r&#233;volutionnaires qui, ayant dormi pendant la r&#233;volution ; d&#233;siraient croire que, dans cette affaire, ils ne s'&#233;taient pas conduits autrement que tous les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa curieuse Histoire des Troubles en Russie, le g&#233;n&#233;ral D&#233;nikine, ancien g&#233;n&#233;ralissime de l'arm&#233;e blanche, dit du 27 f&#233;vrier : &#034; En ce jour d&#233;cisif, il n'y eut pas de meneurs ; il n'y eut que des &#233;l&#233;ments d&#233;cha&#238;n&#233;s. Dans leur cours imp&#233;tueux, l'on ne pouvait discerner ni but, ni plan, ni mots d'ordre. &#034; Le docte historien Milioukov ne creuse pas davantage que le g&#233;n&#233;ral dont la passion &#233;tait de barbouiller du papier. Jusqu'&#224; l'insurrection, le leader lib&#233;ral avait pr&#233;sent&#233; toute id&#233;e de r&#233;volution comme sugg&#233;r&#233;e par l'&#233;tat-major allemand. Mais la situation se compliqua apr&#232;s l'insurrection qui porta les lib&#233;raux au pouvoir. D&#232;s lors, la t&#226;che de Milioukov n'&#233;tait plus de d&#233;shonorer la r&#233;volution en la rattachant &#224; une initiative du Hohenzollern, mais, au contraire, de ne plus laisser aux r&#233;volutionnaires l'honneur de l'initiative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lib&#233;ralisme adopta enti&#232;rement la th&#233;orie du caract&#232;re &#233;l&#233;mentaire et impersonnel de l'insurrection. C'est avec sympathie que Milioukov s'est r&#233;clam&#233; du demi-lib&#233;ral, demi-socialiste, Stank&#233;vitch, ma&#238;tre de conf&#233;rences, qui fut un moment commissaire du gouvernement au G. Q. G. &#034; La masse se mit d'elle-m&#234;me en mouvement, ob&#233;issant &#224; un appel intime, inconscient... &#8211; &#233;crit Stank&#233;vitch au sujet des journ&#233;es de F&#233;vrier. &#8211; Sur quel mot d'ordre les soldats sont-ils partis ? Qu'est-ce qui les a conduits lorsqu'ils s'empar&#232;rent de P&#233;trograd, lorsqu'ils incendi&#232;rent le Palais de Justice ? Non une id&#233;e politique, non un mot d'ordre r&#233;volutionnaire, non un complot et non une mutinerie, mais un mouvement des forces &#233;l&#233;mentaires qui r&#233;duisit brusquement en cendres tout l'ancien r&#233;gime sans en rien laisser. &#034; La force &#233;l&#233;mentaire prend ici un caract&#232;re presque mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me Stank&#233;vitch apporte un t&#233;moignage de la plus grande valeur : &#034; A la fin de janvier, j'eus l'occasion de rencontrer K&#233;rensky dans un cercle tr&#232;s intime. Au sujet de la possibilit&#233; d'un soul&#232;vement populaire, tous se prononc&#232;rent d'une fa&#231;on nettement n&#233;gative, de crainte de voir le mouvement des masses, une fois d&#233;clench&#233;, tomber dans des courants d'extr&#234;me-gauche et cr&#233;er ainsi de tr&#232;s grandes difficult&#233;s dans la conduite de la guerre. &#034; Les vues du cercle de K&#233;rensky ne diff&#233;raient nullement dans l'essentiel de celles des cadets. Ce n'&#233;tait pas de l&#224; que l'initiative pouvait sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La r&#233;volution tomba comme la foudre d'un ciel sans nuages &#034;, dit Zenzinov, repr&#233;sentant du parti socialiste-r&#233;volutionnaire. &#034; Soyons francs : elle arriva comme une grande et joyeuse surprise pour nous autres aussi, r&#233;volutionnaires, qui y avions travaill&#233; pendant de longues ann&#233;es et l'avions constamment attendue. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire ne se pr&#233;sentait pas beaucoup mieux avec les mencheviks. Un journaliste appartenant &#224; l'&#233;migration bourgeoise relate la rencontre qu'il fit, dans un tramway, le 24 f&#233;vrier, de Skob&#233;lev, futur ministre du gouvernement provisoire : &#034; Ce social-d&#233;mocrate, un des leaders du mouvement, me d&#233;clara que les d&#233;sordres tournaient en d&#233;pr&#233;dations qu'il &#233;tait indispensable de r&#233;primer. Cela n'emp&#234;cha pas Skob&#233;lev, un mois plus tard, de pr&#233;tendre que lui et ses amis avaient fait la r&#233;volution. &#034; Les couleurs sont ici visiblement charg&#233;es. Mais, dans l'essentiel, la position des social-d&#233;mocrates mencheviks est rendue d'une fa&#231;on qui correspond assez bien &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, Mstislavsky, qui plus tard devait &#234;tre un des leaders de l'aile gauche des socialistes-r&#233;volutionnaires, pour passer ensuite aux bolcheviks, a dit de la R&#233;volution de F&#233;vrier : &#034; La r&#233;volution nous a surpris, nous autres, hommes de parti, en plein sommeil, comme les vierges folles de l'&#201;vangile. &#034; Peu importe ici que ces hommes aient ressembl&#233; en quelque mesure &#224; des vierges ; mais ils dormaient tous effectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'advenait-il des bolcheviks ? On le sait d&#233;j&#224; en partie. Les principaux leaders des organisations bolchevistes clandestines &#224; P&#233;trograd &#233;taient alors au nombre de trois : les anciens ouvriers Chliapnikov et Zaloutsky, et l'ancien &#233;tudiant Molotov. Chliapnikov, qui avait v&#233;cu assez longtemps &#224; l'&#233;tranger et avait &#233;t&#233; tr&#232;s li&#233; avec L&#233;nine, &#233;tait, au point de vue politique, le plus m&#251;r et le plus actif des trois qui constituaient le Bureau du Comit&#233; central. Cependant, les souvenirs de Chliapnikov lui-m&#234;me &#233;tablissent mieux que tout que le trio n'&#233;tait point &#224; la hauteur des &#233;v&#233;nements. Jusqu'&#224; la toute derni&#232;re heure, les leaders s'imagin&#232;rent qu'il ne s'agissait que d'une d&#233;monstration r&#233;volutionnaire, une entre tant d'autres, mais nullement d'une insurrection arm&#233;e. Ka&#239;ourov, que nous avons d&#233;j&#224; cit&#233;, un des leaders du district de Vyborg, affirme cat&#233;goriquement ceci : &#034; On ne sentait venir aucun principe directeur des centres du parti... Le Comit&#233; de P&#233;trograd &#233;tait emprisonn&#233;, et le repr&#233;sentant du Comit&#233; central, le camarade Chliapnikov, se trouvait dans l'impuissance de donner des directives pour la journ&#233;e suivante. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse des organisations clandestines &#233;tait le r&#233;sultat imm&#233;diat des man&#339;uvres polici&#232;res d'&#233;crasement qui donn&#232;rent au gouvernement des avantages tout &#224; fait exceptionnels devant l'opinion patriotique au d&#233;but de la guerre. Toute organisation, et, dans ce nombre, une organisation r&#233;volutionnaire, a tendance &#224; rester en arri&#232;re de sa base sociale. Les organisations clandestines des bolcheviks, au d&#233;but de 1917, ne s'&#233;taient pas encore relev&#233;es de leur &#233;crasement et de leur d&#233;sagr&#233;gation, tandis que, dans les masses, l'atmosph&#232;re du patriotisme faisait place, soudain, &#224; l'indignation r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se repr&#233;senter plus clairement la situation dans le domaine de la direction r&#233;volutionnaire, il faut se rappeler que les r&#233;volutionnaires les plus autoris&#233;s, les leaders des partis de gauche, se trouvaient dans l'&#233;migration, et, partiellement, dans les prisons ou en d&#233;portation. Plus un parti &#233;tait redoutable pour l'ancien r&#233;gime, plus il se trouvait rigoureusement d&#233;capit&#233; au d&#233;but de la r&#233;volution. Les populistes avaient &#224; la Douma une fraction dont le leader, K&#233;rensky, &#233;tait un radical ind&#233;pendant. Le leader officiel des socialistes-r&#233;volutionnaires, Tchernov, se trouvait dans l'&#233;migration. Les mencheviks disposaient &#224; la Douma d'une fraction &#224; la t&#234;te de laquelle figuraient Tchkh&#233;idz&#233; et Skob&#233;lev. Martov &#233;tait &#233;migr&#233;. Dan et Ts&#233;r&#233;telli d&#233;port&#233;s. Autour des fractions de gauche &#8211; populistes et mencheviks &#8211; se groupait un fort contingent d'intellectuels socialistes ayant un pass&#233; r&#233;volutionnaire. Cela constituait une apparence d'&#233;tat-major politique, mais qui ne fut capable de se montrer qu'apr&#232;s la victoire. Les bolcheviks n'avaient aucune fraction &#224; la Douma : les cinq d&#233;put&#233;s ouvriers que le gouvernement tsariste avait consid&#233;r&#233;s comme formant le centre organisateur de la r&#233;volution avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s d&#232;s les premiers mois de la guerre. L&#233;nine &#233;tait dans l'&#233;migration avec Zinoviev, Kam&#233;nev &#233;tait d&#233;port&#233;, de m&#234;me que les dirigeants-praticiens, peu connus alors, Sverdlov, Rykov, Staline. Le social-d&#233;mocrate polonais Dzerjinski, qui n'appartenait pas encore aux bolcheviks, se trouvait au bagne. Ceux des leaders qui, par hasard, furent pr&#233;sents, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'ils &#233;taient habitu&#233;s &#224; agir sous une direction autoris&#233;e et sans appel, ne se consid&#233;raient pas et n'&#233;taient pas consid&#233;r&#233;s par les autres comme capables de jouer dans les &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires un r&#244;le dirigeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, du moment que le parti bolchevik ne pouvait assurer aux insurg&#233;s une direction autoris&#233;e, que dire des autres organisations politiques ? Ainsi se fortifiait la conviction g&#233;n&#233;rale d'un mouvement des forces &#233;l&#233;mentaires dans la R&#233;volution de F&#233;vrier. N&#233;anmoins, cette opinion est profond&#233;ment erron&#233;e, ou, dans le meilleur des cas, sans contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille, dans la capitale, dura non point une ou deux heures, mais cinq jours. Les leaders s'&#233;taient efforc&#233;s de l'endiguer. Les masses r&#233;pliqu&#232;rent par un &#233;lan d'autant plus accru et pouss&#232;rent de l'avant. Elles avaient contre elles le vieil &#201;tat dont la fa&#231;ade traditionnelle dissimulait encore, pouvait-on pr&#233;sumer, une force puissante, celle de la bourgeoisie lib&#233;rale, avec sa Douma d'Empire, l'Union des zemstvos et des Villes, les Comit&#233;s des Industries de guerre, les Acad&#233;mies, les Universit&#233;s et une presse ramifi&#233;e ; enfin, deux forts partis socialistes qui opposaient une r&#233;sistance patriotique &#224; la pouss&#233;e d'en bas. Dans le parti bolchevik, l'insurrection trouvait l'organisation qui lui &#233;tait la plus proche, mais d&#233;capit&#233;e, aux cadres disloqu&#233;s, aux faibles cellules clandestines. Cependant, la r&#233;volution, &#224; laquelle personne ne s'&#233;tait attendu en ces jours-l&#224;, s'&#233;tait &#233;tendue et, tandis que, dans les sph&#232;res sup&#233;rieures, l'on croyait d&#233;j&#224; &#224; l'extinction du mouvement, celui-ci s'assurait la victoire par une violente pouss&#233;e et de puissantes convulsions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; provenait donc cette puissance sans exemple de pers&#233;v&#233;rance et d'imp&#233;tuosit&#233; ? Il ne suffirait pas d'all&#233;guer l'exasp&#233;ration. L'exasp&#233;ration explique peu. Si d&#233;lay&#233;s qu'aient &#233;t&#233; pendant la guerre les &#233;l&#233;ments ouvriers de P&#233;trograd, par suite de l'immixtion d'&#233;l&#233;ments bruts, ils portaient en eux une grande exp&#233;rience r&#233;volutionnaire. Dans leur pers&#233;v&#233;rance et leur imp&#233;tuosit&#233;, malgr&#233; le manque de direction, et les r&#233;sistances d'en haut, il y avait une appr&#233;ciation des forces, non toujours exprim&#233;e, mais bas&#233;e sur l'exp&#233;rience de la vie, et un calcul strat&#233;gique spontan&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la veille de la guerre, les &#233;l&#233;ments ouvriers r&#233;volutionnaires marchaient avec les bolcheviks et entra&#238;naient les masses &#224; leur suite. D&#232;s le d&#233;but de la guerre, la situation se modifia brusquement : les couches conservatrices interm&#233;diaires relev&#232;rent la t&#234;te et entra&#238;n&#232;rent &#224; leur suite une partie consid&#233;rable de la classe ouvri&#232;re ; les &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires se trouv&#232;rent isol&#233;s et r&#233;duits au silence. Au cours de la guerre, la situation commen&#231;a &#224; se modifier, lentement au d&#233;but, puis, apr&#232;s les d&#233;faites, de plus en plus vite et plus radicalement. Un m&#233;contentement actif s'emparait de la classe ouvri&#232;re tout enti&#232;re. A vrai dire, cette irritation &#233;tait encore, en des cercles &#233;tendus, teint&#233;e de patriotisme, mais elle n'avait rien de commun avec le patriotisme calcul&#233; et l&#226;che des classes poss&#233;dantes qui ajournaient tous les probl&#232;mes int&#233;rieurs jusqu'&#224; la victoire. Car, pr&#233;cis&#233;ment, la guerre, ses victimes, ses &#233;pouvantes et ses infamies poussaient les anciennes comme les nouvelles couches ouvri&#232;res contre le r&#233;gime tsariste, les poussaient avec une violence redoubl&#233;e et les amenaient &#224; cette conclusion : cela ne peut plus durer ? C'&#233;tait une opinion g&#233;n&#233;rale qui fit la coh&#233;sion des masses et leur donna une grande puissance pour l'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e avait gonfl&#233;, s'&#233;tant grossie de millions d'ouvriers et de paysans. Chacun comptait dans l'arm&#233;e quelqu'un des siens : un fils, un mari, un fr&#232;re, un proche parent. L'arm&#233;e n'&#233;tait plus comme avant la guerre un milieu s&#233;par&#233; du peuple. A pr&#233;sent, on se rencontrait beaucoup plus souvent avec les soldats ; on les escortait lorsqu'ils partaient pour le front, on vivait de leur vie quand ils venaient en permission, on s'entretenait avec eux, dans la rue, en tramway, et l'on parlait des tranch&#233;es, on allait les voir dans les h&#244;pitaux. Les quartiers ouvriers, les casernes, le front et aussi, dans une proportion consid&#233;rable, les villages devinrent en quelque sorte des vases communicants. Les ouvriers savaient ce que le soldat sent et pense. Entre eux, c'&#233;taient d'interminables conversations sur la guerre, sur les gens qui s'en enrichissent, sur les g&#233;n&#233;raux, sur le gouvernement, sur le tsar et la tsarine. Le soldat disait de la guerre : &#034; Mal&#233;diction ! &#034; L'ouvrier r&#233;pondait, parlant du gouvernement : &#034; Qu'ils soient tous maudits ! &#034; Le soldat disait : &#034; Pourquoi vous taisez-vous ici, au centre ? &#034; L'ouvrier r&#233;pondait : &#034; Quand on a les mains vides, il n'y a rien &#224; faire. En 1905, nous nous sommes d&#233;j&#224; heurt&#233;s peu heureusement &#224; l'arm&#233;e. &#034; Le soldat, apr&#232;s r&#233;flexion : &#034; Ah ! si tous se soulevaient ensemble ! &#034; L'ouvrier : &#034; Oui, tous ensemble. &#034; Des conversations de cette sorte, avant la guerre, n'avaient lieu qu'entre individus isol&#233;s et d'une mani&#232;re clandestine. Maintenant, c'&#233;tait ainsi que l'on parlait de tous c&#244;t&#233;s, &#224; tout propos, et presque ouvertement, du moins dans les quartiers ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Okhrana tsariste r&#233;ussit parfois &#224; op&#233;rer de bons sondages. Quinze jours avant la r&#233;volution, un mouchard p&#233;tersbourgeois, qui signait du pseudonyme de Krestianinov, faisait un rapport sur une conversation entendue dans un tramway qui traversait un faubourg ouvrier. Un soldat aurait racont&#233; que huit hommes de son r&#233;giment avaient &#233;t&#233; exp&#233;di&#233;s au bagne pour avoir refus&#233;, en automne dernier, de tirer sur les ouvriers de l'usine Nobel et pour avoir tir&#233; sur la police. Cette conversation a eu lieu tout &#224; fait ouvertement, attendu que les policiers et les mouchards, dans les quartiers ouvriers, pr&#233;f&#232;rent rester inaper&#231;us. &#034; Nous leur r&#233;glerons leur compte &#034;, conclut le soldat. Le rapport continue ainsi : &#034; Un ouvrier dit alors : &#034; Pour cela, on doit s'organiser, pour qu'on soit tous comme un seul homme. &#034; Le soldat r&#233;pliqua : &#034; Pour &#231;a, pas la peine de s'en faire, il y a longtemps que c'est organis&#233; chez nous... Ils ont bu assez de sang, les hommes souffrent sur le front, mais, ici, les gens s'empiffrent !... &#034; Il ne se produisit point d'incidents particuliers. 10 f&#233;vrier 1917. Krestianinov. &#034; Incomparablement &#233;pique, le rapport du mouchard ! &#034; Pas d'incidents particuliers ! &#034; Les incidents devaient se produire, et bient&#244;t : la causerie en tramway en signale l'in&#233;luctable imminence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re &#233;l&#233;mentaire de l'insurrection est illustr&#233; par un exemple curieux que donne Mstislavsky : lorsque &#034; l'Union des Officiers du 27 f&#233;vrier &#034;, constitu&#233;e sit&#244;t apr&#232;s l'insurrection, essaya d'&#233;tablir par enqu&#234;te quel &#233;tait celui qui, le premier, avait entra&#238;n&#233; dans la rue le r&#233;giment de Volhynie, il y eut sept d&#233;positions concernant sept initiateurs de cette action d&#233;cisive. Il est extr&#234;mement probable, ajouterons-nous, qu'une parcelle de l'initiative appartint effectivement &#224; quelques soldats ; ce qui n'emp&#234;che pas que le principal dirigeant ait pu tomber dans les combats de rues, emportant avec lui son nom dans l'inconnu. Mais cela n'amoindrit pas la valeur historique de son initiative anonyme. Et ce qui est encore plus important, c'est un autre c&#244;t&#233; de l'affaire, par lequel nous sortons de l'enceinte de la caserne. Le soul&#232;vement de bataillons de la Garde qui se d&#233;clara, &#224; la grande surprise des cercles lib&#233;raux et des socialistes l&#233;galitaires, ne fut nullement inattendu pour les ouvriers. Si ces derniers ne s'&#233;taient pas soulev&#233;s, le r&#233;giment &#034; volhynien &#034; ne serait pas non plus sorti. La rencontre entre ouvriers et Cosaques que certain avocat put observer de sa fen&#234;tre, pour en faire part ensuite, par t&#233;l&#233;phone, &#224; un d&#233;put&#233;, apparut &#224; l'un et &#224; l'autre comme un &#233;pisode d'un processus impersonnel : les sauterelles des fabriques s'&#233;taient heurt&#233;es aux sauterelles des casernes. Mais il en sembla tout autrement au Cosaque qui osa cligner de l'&#339;il du c&#244;t&#233; de l'ouvrier, autrement encore &#224; l'ouvrier qui d&#233;cida d'embl&#233;e que le Cosaque &#034; avait eu le bon coup d'&#339;il &#034;. L'interp&#233;n&#233;tration mol&#233;culaire de l'arm&#233;e et du peuple se poursuivait, ininterrompue. Les ouvriers prenaient constamment la temp&#233;rature de l'arm&#233;e et sentaient aussit&#244;t approcher le point critique. C'est ce qui donna aussi &#224; la pouss&#233;e des masses, qui croyaient &#224; la victoire, cette force irr&#233;sistible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, nous devons rapporter la saisissante remarque d'un dignitaire qui essaya d'&#233;tablir le bilan de ses observations en F&#233;vrier : &#034; Il est usuel de dire que le mouvement a commenc&#233; par un d&#233;clenchement des forces &#233;l&#233;mentaires, que les soldats sont d'eux-m&#234;mes sortis dans la rue. Je ne saurais, en aucun cas, tomber d'accord l&#224;-dessus. Et que signifie d'ailleurs ce mot : &#034; &#233;l&#233;mentaires &#034; ?&#8230; La &#034; g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e &#034; est, en sociologie, encore moins &#224; sa place que dans les sciences naturelles. Si aucun meneur r&#233;volutionnaire renomm&#233; n'a attach&#233; au mouvement son &#233;tiquette, le mouvement, sans &#234;tre impersonnel, sera seulement anonyme. &#034; Cette fa&#231;on de poser la question, incomparablement plus rigoureuse que les all&#233;gations d'un Milioukov, concernant les agents de l'Allemagne et les forces &#233;l&#233;mentaires de la Russie, est due &#224; un ancien procureur du tsar qui &#233;tait s&#233;nateur quand la r&#233;volution &#233;clata. Peut-&#234;tre est-ce bien son exp&#233;rience judiciaire qui permit &#224; Zavadsky de discerner qu'un soul&#232;vement r&#233;volutionnaire ne pouvait provenir des directives d'agents de l'&#233;tranger, ni d'un processus naturel o&#249; ne seraient pas intervenues des personnalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me auteur cite deux &#233;pisodes qui lui ont permis de jeter, en quelque sorte par le trou de la serrure, un coup d'&#339;il sur le laboratoire du processus r&#233;volutionnaire. Le vendredi 24 f&#233;vrier, alors que, dans les hautes sph&#232;res, personne encore ne pr&#233;voyait un soul&#232;vement &#224; si bref d&#233;lai, un tramway dans lequel le s&#233;nateur avait pris place tourna brusquement avec un tel fracas que les vitres tint&#232;rent et qu'une se brisa, entre la Perspective Lite&#239;ny et une rue avoisinante, et s'immobilisa. Le conducteur invita tous les occupants &#224; descendre. &#034; La voiture n'ira pas plus loin. &#034; Les voyageurs protestaient, d&#233;blat&#233;raient, mais descendaient. &#034; Je vois encore la t&#234;te du conducteur, taciturne, sombrement r&#233;solue : une t&#234;te de loup. &#034; La circulation des tramways cessa partout aussi loin que portait la vue. Ce conducteur r&#233;solu, qui d&#233;j&#224; donnait &#224; un dignitaire lib&#233;ral la vision d'une &#034; t&#234;te de loup &#034;, devait avoir une haute conscience du devoir pour oser seul arr&#234;ter sa voiture, pleine de fonctionnaires, dans une rue du P&#233;tersbourg imp&#233;rial, en temps de guerre. Ce sont justement de tels conducteurs qui arr&#234;t&#232;rent le wagon de la monarchie, &#224; peu pr&#232;s dans les m&#234;mes termes : &#034; La voiture n'ira pas plus loin &#034;, et d&#233;barqu&#232;rent la bureaucratie sans &#233;tablir, &#233;tant press&#233;s, quelque diff&#233;rence entre les g&#233;n&#233;raux de gendarmerie et les s&#233;nateurs lib&#233;raux. Le conducteur de la Perspective Lite&#239;ny &#233;tait un instrument conscient de l'histoire. Il avait d&#251; &#234;tre pr&#233;alablement &#233;duqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant l'incendie du Palais de Justice, un juriste lib&#233;ral, du m&#234;me monde que le susdit s&#233;nateur, exprima dans la rue son regret d'assister &#224; la destruction du laboratoire d'expertises judiciaires et des archives notariales. Un homme d'&#226;ge m&#251;r, d'aspect maussade, ouvrier selon toute apparence, r&#233;pliqua, grognonnant : &#034; Nous saurons nous partager les maisons et les terres sans tes archives. &#034; Vraisemblablement, l'&#233;pisode est arrang&#233; litt&#233;rairement. Mais des ouvriers d'&#226;ge m&#251;r de cette sorte et en mesure de donner la r&#233;plique indispensable n'&#233;taient pas peu nombreux dans la foule. Eux-m&#234;mes n'&#233;taient pour rien dans l'incendie du Palais de Justice : &#224; quoi bon ? En tout cas, de tels &#034; exc&#232;s &#034; ne pouvaient nullement les &#233;pouvanter. Ils armaient les masses, leur inspirant non seulement les id&#233;es indispensables contre la police du tsar, mais aussi contre les juristes lib&#233;raux, qui redoutaient surtout que dans le feu de la r&#233;volution ne br&#251;lassent les actes notari&#233;s de la propri&#233;t&#233;. Ces anonymes, rudes politiques de l'usine et de la rue, n'&#233;taient pas tomb&#233;s du ciel ; ils devaient avoir &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enregistrant les &#233;v&#233;nements des derni&#232;res journ&#233;es de F&#233;vrier, l'Okhrana disait aussi du mouvement qu'il &#233;tait &#034; &#233;l&#233;mentaire &#034;, c'est-&#224;-dire non dirig&#233; m&#233;thodiquement d'en haut ; mais elle ajoutait aussit&#244;t : &#034; Le prol&#233;tariat tout entier a &#233;t&#233; travaill&#233; par la propagande. &#034; Cette affirmation touchait juste : les professionnels de la lutte contre la r&#233;volution, avant d'aller occuper les cellules des r&#233;volutionnaires mis en libert&#233;, avaient discern&#233; le processus du moment beaucoup mieux que ne le surent les leaders du lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mystique des &#034; forces &#233;l&#233;mentaires &#034; n'&#233;lucide rien. Pour &#233;valuer justement la situation et d&#233;terminer le moment de la lev&#233;e contre l'ennemi, il &#233;tait indispensable que la masse, en ses &#233;l&#233;ments dirigeants, pos&#226;t ses propres revendications devant les &#233;v&#233;nements historiques, et poss&#233;d&#226;t ses crit&#232;res, pour en avoir l'estimation. En d'autres termes, il n'&#233;tait pas besoin de la masse en g&#233;n&#233;ral, mais de la masse des ouvriers de P&#233;trograd et de toute la Russie, ayant pass&#233; par la r&#233;volution de 1905, par l'insurrection moscovite de d&#233;cembre 1905 qu'avait bris&#233;e le r&#233;giment de la Garde dit S&#233;m&#233;novsky ; il fallait que, dans cette masse, fussent diss&#233;min&#233;s des ouvriers qui avaient r&#233;fl&#233;chi sur l'exp&#233;rience de 1905, critiqu&#233; les illusions constitutionnelles des lib&#233;raux et des mencheviks, s'&#233;taient assimil&#233; les perspectives de la r&#233;volution, avaient examin&#233; maintes et maintes fois le probl&#232;me de l'arm&#233;e, avaient attentivement observ&#233; ce qui se passait dans ce milieu, et &#233;taient capables de tirer de leurs observations des conclusions r&#233;volutionnaires, et de les communiquer &#224; d'autres. Enfin, il fallait trouver, dans la garnison, des soldats d'esprit avanc&#233;, jadis saisis ou, du moins, touch&#233;s par la propagande r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque usine, dans chaque corporation, dans chaque compagnie militaire, dans chaque taverne, dans les h&#244;pitaux d'arm&#233;e, &#224; chaque cantonnement, et m&#234;me dans les campagnes d&#233;peupl&#233;es, progressait un travail mol&#233;culaire de l'id&#233;e r&#233;volutionnaire. Partout il existait des commentateurs des &#233;v&#233;nements, principalement des ouvriers, aupr&#232;s de qui l'on s'informait et de qui l'on attendait la parole n&#233;cessaire. Ces chefs de file &#233;taient souvent abandonn&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, ing&#233;raient des bribes de g&#233;n&#233;ralisations r&#233;volutionnaires parvenues &#224; eux par diverses voies, d&#233;couvrant par eux-m&#234;mes, dans les journaux lib&#233;raux, ce qu'il leur fallait en lisant entre les lignes. Leur instinct de classe &#233;tait aiguis&#233; par le crit&#232;re politique et, s'ils ne poussaient pas toutes leurs id&#233;es jusqu'au bout, leur pens&#233;e n'en travaillait pas moins, sans rel&#226;che, obstin&#233;ment, toujours dans la m&#234;me direction. Les &#233;l&#233;ments d'exp&#233;rience, de critique, d'initiative, d'abn&#233;gation, p&#233;n&#233;traient les masses et constituaient le m&#233;canisme intime, insaisissable &#224; un regard superficiel, n&#233;anmoins d&#233;cisif, du mouvement r&#233;volutionnaire, en tant que processus conscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux pr&#233;somptueux politiciens du lib&#233;ralisme et du socialisme apprivois&#233;, tout ce qui se produit dans les masses semble d'ordinaire &#234;tre un processus instinctif, comme si cela se passait dans une fourmili&#232;re ou dans une ruche. En r&#233;alit&#233;, la pens&#233;e qui taraudait la masse ouvri&#232;re &#233;tait combien plus hardie, plus perspicace, plus consciente que les petites id&#233;es dont s'amusaient les classes cultiv&#233;es. Mieux encore : la pens&#233;e ouvri&#232;re &#233;tait plus scientifique : non seulement parce qu'elle avait &#233;t&#233; f&#233;cond&#233;e dans une large mesure par les m&#233;thodes du marxisme, mais avant tout parce qu'elle s'&#233;tait constamment nourrie de la vivante exp&#233;rience des masses qui devaient entrer bient&#244;t dans l'ar&#232;ne r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re scientifique de la pens&#233;e se manifeste en sa correspondance au processus objectif et en son aptitude &#224; influer sur ce processus et &#224; le r&#233;gler. Est-ce que cette facult&#233;, m&#234;me dans la moindre mesure, appartenait &#224; la mentalit&#233; des sph&#232;res gouvernantes, o&#249; l'on s'inspirait de l'Apocalypse, o&#249; l'on croyait aux songes de Raspoutine ? Ou bien, d'aventure, auraient-elles &#233;t&#233; scientifiquement fond&#233;es, les id&#233;es du lib&#233;ralisme qui esp&#233;rait que la Russie arri&#233;r&#233;e, participant &#224; la m&#234;l&#233;e des g&#233;ants du capitalisme, pourrait en m&#234;me temps vaincre et obtenir un r&#233;gime parlementaire ? Ou bien, peut-&#234;tre &#233;taient-elles scientifiques les conceptions des cercles intellectuels qui se conformaient servilement &#224; un lib&#233;ralisme d&#233;cr&#233;pit d&#232;s son enfance, abritant ainsi leur illusoire ind&#233;pendance sous un verbiage depuis longtemps p&#233;rim&#233; ? Vraiment, l'on se trouvait l&#224; dans le royaume d'une toute-puissante torpeur spirituelle, au pays des fant&#244;mes, des superstitions, des fictions, si l'on veut, le royaume des &#034; forces &#233;l&#233;mentaires &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent n'avons-nous point le droit absolu de r&#233;viser du tout au tout la philosophie lib&#233;rale de la R&#233;volution de F&#233;vrier ? Si ! Nous avons le droit de dire : tandis que la soci&#233;t&#233; officielle &#8211; cette superstructure &#224; nombreux &#233;tages que constituaient les classes dirigeantes, avec leurs couches distinctes, leurs groupes, leurs partis et leurs cliques &#8211; vivait au jour le jour dans son inertie et son automatisme, s'alimentant de restes d'id&#233;es us&#233;es, sourde aux fatales exigences de l'&#233;volution, s&#233;duite par des fant&#244;mes, ne pr&#233;voyant rien, il s'accomplissait dans les masses ouvri&#232;res un processus spontan&#233; et profond, non seulement de haine grandissante contre les dirigeants, mais de jugement critique sur leur impuissance, d'accumulation d'exp&#233;rience et de conscience cr&#233;atrice qui se confirma dans le soul&#232;vement r&#233;volutionnaire et dans sa victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la question pos&#233;e ci-dessus : qui donc a guid&#233; la R&#233;volution de F&#233;vrier ? nous pouvons par cons&#233;quent r&#233;pondre avec la nettet&#233; d&#233;sirable : des ouvriers conscients et bien tremp&#233;s qui, surtout, avaient &#233;t&#233; form&#233;s &#224; l'&#233;cole du parti de L&#233;nine. Mais nous devons ajouter que cette direction, si elle &#233;tait suffisante pour assurer la victoire de l'insurrection, n'&#233;tait pas en mesure de mettre, d&#232;s le d&#233;but, la conduite de la r&#233;volution entre les mains de l'avant-garde prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte de Trotsky dans &#034;Les le&#231;ons d'Octobre&#034; sur le r&#244;le des soviets et du parti dans la r&#233;volution d'octobre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons qu'en plus de r&#233;volutions de f&#233;vrier et d'octobre, s'il fallait sch&#233;matiser &#224; la mani&#232;re de la LIT le processus r&#233;volutionnaire en faisant de la r&#233;volution de 1917 en Russie, il faudrait aussi des r&#233;volutions de juillet et, en Espagne, il faudrait nous expliquer o&#249; &#233;tait la r&#233;volution de f&#233;vrier...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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