<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://matierevolution.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
	<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://matierevolution.fr/spip.php?id_mot=300&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
		<url>http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-32cbc.jpg?1777518029</url>
		<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>N'en d&#233;plaise &#224; la gauche bourgeoise, aux syndicats r&#233;formistes, aux anarchistes et &#224; certains gauches communistes, la Commune de Paris de 1871 &#233;tait un Etat ouvrier aux mains de travalleurs auto-organis&#233;s et en armes</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article7875</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article7875</guid>
		<dc:date>2026-04-17T22:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>1871</dc:subject>
		<dc:subject>Engels</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1871, &#224; Paris, le premier pouvoir aux travailleurs a montr&#233; que le prol&#233;tariat &#233;tait une classe opprim&#233;e capable de b&#226;tir une autre soci&#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1185 &lt;br class='autobr' /&gt;
N'en d&#233;plaise &#224; la gauche bourgeoise, aux syndicats r&#233;formistes, aux anarchistes et &#224; certains gauches communistes, la Commune de Paris de 1871 &#233;tait un Etat ouvrier aux mains de travalleurs auto-organis&#233;s et en armes... &lt;br class='autobr' /&gt;
La Commune de 1871 K. Marx - F. Engels &lt;br class='autobr' /&gt;
Prolongements historiques et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique159" rel="directory"&gt;7- La question de l'Etat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;1871&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1871, &#224; Paris, le premier pouvoir aux travailleurs a montr&#233; que le prol&#233;tariat &#233;tait une classe opprim&#233;e capable de b&#226;tir une autre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1185&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1185&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;N'en d&#233;plaise &#224; la gauche bourgeoise, aux syndicats r&#233;formistes, aux anarchistes et &#224; certains gauches communistes, la Commune de Paris de 1871 &#233;tait un Etat ouvrier aux mains de travalleurs auto-organis&#233;s et en armes...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Commune de 1871&lt;br class='autobr' /&gt;
K. Marx - F. Engels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prolongements historiques et th&#233;oriques de la Commune&lt;br class='autobr' /&gt;
La question de l'&#201;tat&lt;br class='autobr' /&gt;
Engels &#224; A. Bebel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, 16-18 mars 1875&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Le projet de programme de Gotha] a transform&#233; le libre &#201;tat populaire en &#201;tat libre. Du point de vue grammatical, un &#201;tat libre est celui qui est libre &#224; l'&#233;gard de ses citoyens, autrement dit un &#201;tat &#224; gouvernement despotique. Il faudrait laisser tomber un tel bavardage sur l'&#201;tat, surtout apr&#232;s la Commune qui n'&#233;tait plus un &#201;tat au sens propre. L'&#201;tat populaire, les anarchistes nous l'ont assez jet&#233; &#224; la t&#234;te, bien que l'ouvrage de Marx contre Proudhon et ensuite le Manifeste disent express&#233;ment qu'avec l'instauration du r&#233;gime socialiste l'&#201;tat se dissout de lui-m&#234;me et finit par dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' &#171; &#201;tat &#187; n'&#233;tant qu'une institution transitoire, dont on se sert dans la lutte durant la r&#233;volution pour r&#233;primer de force ses adversaires, il est parfaitement absurde de parler de &#171; libre &#201;tat populaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si le prol&#233;tariat a besoin de l'&#201;tat, ce n'est point pour instaurer la libert&#233;, mais pour r&#233;primer ses adversaires, et sit&#244;t qu'il pourra &#234;tre question de libert&#233;, l'&#201;tat aura cess&#233; d'exister en tant que tel. En cons&#233;quence, nous proposerions de mettre partout &#224; la place du mot &#171; &#201;tat &#187; le mot &#171; communaut&#233; &#187;, (Gemeinwesen), excellent vieux mot allemand r&#233;pondant fort bien au mot fran&#231;ais &#171; Commune &#187;...&lt;br class='autobr' /&gt;
Engels &#224; Ph. Van Patten&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 18 avril 1883&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse &#224; votre lettre du 2 avril sur la position de Karl Marx vis-&#224;-vis des anarchistes en g&#233;n&#233;ral et de Johann Most en particulier, je serai concis et clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1845, Marx et moi, nous avons pens&#233; que l'une des cons&#233;quences finales de la future r&#233;volution prol&#233;tarienne sera l'extinction progressive des organisations politiques appel&#233;es du nom d'&#201;tat. De tout temps, le but essentiel de cet organisme a &#233;t&#233; de maintenir et de garantir, par la violence arm&#233;e, l'assujettissement &#233;conomique de la majorit&#233; travailleuse par la stricte minorit&#233; fortun&#233;e. Avec la disparition de cette stricte minorit&#233; fortun&#233;e dispara&#238;t aussi la n&#233;cessit&#233; d'un pouvoir arm&#233; d'oppression, ou &#201;tat. Mais, en m&#234;me temps, nous avons toujours pens&#233; que, pour parvenir &#224; ce r&#233;sultat et &#224; d'autres, bien plus importants encore de la future r&#233;volution sociale, la classe ouvri&#232;re devait d'abord s'emparer du pouvoir politique de l'&#201;tat, afin d'&#233;craser gr&#226;ce &#224; lui la r&#233;sistance de la classe capitaliste et de r&#233;organiser les structures sociales. C'est ce que l'on peut lire d&#233;j&#224; dans le Manifeste communiste de 1847, chapitre II, fin. [1] (104)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes mettent les choses sens dessus dessous. Ils d&#233;clarent que la r&#233;volution prol&#233;tarienne doit commencer en abolissant l'organisation politique de l'&#201;tat. Or, la seule organisation dont le prol&#233;tariat dispose apr&#232;s sa victoire, c'est pr&#233;cis&#233;ment l'&#201;tat. Certes, cet &#201;tat doit subir des changements tr&#232;s consid&#233;rables avant de pouvoir remplir ses nouvelles fonctions. Mais, le d&#233;truire &#224; ce moment, ce serait d&#233;truire le seul organisme gr&#226;ce auquel le prol&#233;tariat victorieux puisse pr&#233;cis&#233;ment faire valoir la domination qu'il vient de conqu&#233;rir, &#233;craser ses adversaires capitalistes et entreprendre la r&#233;volution &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;, faute de quoi toute victoire devra s'achever par une nouvelle d&#233;faite et par un massacre g&#233;n&#233;ral des ouvriers, comme ce fut le cas de la Commune de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il que je vous donne express&#233;ment l'assurance que Marx s'est oppos&#233; &#224; cette stupidit&#233; anarchiste d&#232;s l'instant o&#249; elle lui apparut sous la forme que lui donne actuellement Bakounine ? Toute l'histoire interne de l'Association internationale des travailleurs en t&#233;moigne. Les anarchistes tentent depuis 1867 avec les proc&#233;d&#233;s les plus inf&#226;mes de s'emparer de la direction de l'Internationale, et Marx fut l'obstacle principal &#224; leur projet. Le r&#233;sultat d'une lutte de cinq ans, ce fut, au Congr&#232;s de La Haye en septembre 1872, l'exclusion des anarchistes de l'Internationale, et l'homme qui fit le plus pour obtenir cette exclusion, ce fut Marx. &#192; ce propos, notre vieil ami, F.A. Sorge de Hoboken, qui y assista en tant que d&#233;l&#233;gu&#233;, peut vous fournir des d&#233;tails, si vous le souhaitez...&lt;br class='autobr' /&gt;
Engels &#224; Ed. Bernstein&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eastbourne, 17 ao&#251;t 1883&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Dans la lutte de classe entre prol&#233;tariat et bourgeoisie, la monarchie bonapartiste (dont Marx a d&#233;fini les caract&#233;ristiques dans le 18-Brumaire, et moi-m&#234;me dans la Question du logement II, etc) joue un r&#244;le semblable &#224; celui de la monarchie absolue dans la lutte entre forces f&#233;odales et bourgeoisie. Or, ce combat ne peut &#234;tre livr&#233; jusqu'au bout sous l'ancienne monarchie absolue, mais seulement sous la monarchie constitutionnelle (Angleterre, France de 1789-1792 et 1815-1830). De m&#234;me, en ce qui concerne le combat entre bourgeoisie et prol&#233;tariat, c'est sous la R&#233;publique qu'il est men&#233; &#224; son terme. Comme des conditions favorables et les traditions r&#233;volutionnaires ont contribu&#233; &#224; ce que les Fran&#231;ais renversent le bonapartisme et instaurent la r&#233;publique bourgeoise, ils poss&#232;dent d&#233;j&#224; la forme o&#249; le combat doit &#234;tre men&#233; jusqu'&#224; son terme. Ils ont donc un avantage sur nous qui sommes embourb&#233;s dans un m&#233;lange de semi-f&#233;odalisme et de bonapartisme, puisque nous avons &#224; conqu&#233;rir la forme o&#249; se d&#233;roulera la lutte finale. Bref, du point de vue politique, ils nous devancent de toute une &#233;tape. Une restauration monarchiste aurait pour cons&#233;quence de remettre &#224; l'ordre du jour la lutte pour la restauration de la r&#233;publique bourgeoise, tandis que la poursuite de la r&#233;publique signifie une exacerbation croissante de la lutte de classe directe et non dissimul&#233;e. En cons&#233;quence, le premier r&#233;sultat imm&#233;diat de la r&#233;volution, pour ce qui est de la forme, peut et doit &#234;tre chez nous, la r&#233;publique bourgeoise [2]. Mais, ce ne peut &#234;tre alors qu'un bref point de passage, &#233;tant donn&#233; que nous avons la chance de ne pas avoir un parti bourgeois purement r&#233;publicain. La r&#233;publique bourgeoise, ayant &#224; sa t&#234;te le parti du progr&#232;s peut-&#234;tre, nous servira d'abord &#224; conqu&#233;rir la grande masse des ouvriers pour le socialisme r&#233;volutionnaire. C'est ce qui se r&#232;gle en un an ou deux, tous les partis de milieu encore possibles sans nous s'usant et se ruinant eux-m&#234;mes pendant ce laps de temps. C'est alors seulement que ce sera notre tour, et avec succ&#232;s. La grande erreur des Allemands, c'est de se repr&#233;senter la r&#233;volution comme quelque chose qui se r&#232;gle en une nuit [3]. En fait, c'est un processus de d&#233;veloppement des masses dans des conditions acc&#233;l&#233;r&#233;es, processus s'&#233;tendant sur des ann&#233;es. Chacune des r&#233;volutions qui s'est faite en une nuit (1830) s'est born&#233;e &#224; &#233;liminer une r&#233;action d'embl&#233;e sans espoir ou a conduit directement au contraire de ce qu'elle s'effor&#231;ait de r&#233;aliser (cf, 1848, France).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre F.E.&lt;br class='autobr' /&gt;
Engels &#224; Ed. Bernstein&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 1er janvier 1894&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... En ce qui concerne votre question sur le passage de la Pr&#233;face du Manifeste se r&#233;f&#233;rant &#224; la Guerre civile en France *, vous serez sans doute d'accord avec la r&#233;ponse que j'en donne dans ma pr&#233;face de Mars 1891. [4] (165) Je vous en envoie un exemplaire pour le cas o&#249; vous n'en auriez pas. Il s'agit tout simplement de prouver que le prol&#233;tariat victorieux doit commencer par donner une forme nouvelle &#224; l'ancien &#201;tat et administration bureaucratiques et centralis&#233;s, avant de pouvoir utiliser l'&#201;tat &#224; ses fins. &#192; l'inverse, depuis 1848 tous les bourgeois r&#233;publicains, si violemment aient-ils attaqu&#233;s cette machine, tant qu'ils &#233;taient dans l'opposition - ont, sit&#244;t qu'ils sont parvenus au gouvernement, repris sans aucun changement cette machine pour l'utiliser, soit contre la r&#233;action, soit le plus souvent contre le prol&#233;tariat. Si, dans la Guerre civile en France 1871 nous avons port&#233; au compte de la Commune des plans plus ou moins conscients, alors que ses tendances lui &#233;taient plus ou moins inconscientes, ce n'est pas seulement parce que les circonstances le justifiaient, mais encore parce que c'est ainsi qu'il faut proc&#233;der. Les Russes ont fait preuve d'un grand bon sens, en mettant ce passage de la Guerre civile en annexe &#224; leur traduction du Manifeste. Si le cours des choses n'avait pas &#233;t&#233; aussi rapide, on aurait pu faire davantage encore &#224; l'&#233;poque...&lt;br class='autobr' /&gt;
Engels &#224; Ed. Bernstein&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 14 mars 1884&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette notion de d&#233;mocratie change avec chaque demos (peuple) donn&#233; &#224; chaque fois, et ne nous fait donc pas avancer d'un pas. Ce qu'il y avait &#224; dire, &#224; mon avis, c'est que le prol&#233;tariat a besoin de formes d&#233;mocratiques pour s'emparer du pouvoir politique, mais comme toutes les formes politiques, elles ne sont que des moyens. Cependant, si l'on veut aujourd'hui, en Allemagne, la d&#233;mocratie comme butil faut s'appuyer sur les paysans et les petits bourgeois, autrement dit des classes en voie de disparition, c'est-&#224;-dire r&#233;actionnaires, par rapport au prol&#233;tariat, si l'on veut les maintenir artificiellement. En outre, il ne faut pas oublier que la forme cons&#233;quente de la domination bourgeoise est pr&#233;cis&#233;ment la r&#233;publique d&#233;mocratique, devenue trop risqu&#233;e &#224; la suite du d&#233;veloppement d&#233;j&#224; atteint par le prol&#233;tariat, mais qui reste une forme encore possible de la domination bourgeoise pure, comme le montrent la France et les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe du lib&#233;ralisme comme &#171; un &#233;tat de choses d&#233;j&#224; atteint historiquement &#187; n'est en fait qu'une incons&#233;quence. La monarchie constitutionnelle lib&#233;rale est une forme ad&#233;quate de la domination bourgeoise : 1&#186; au d&#233;but, lorsque la bourgeoisie n'a pas encore r&#233;gl&#233; compl&#232;tement ses comptes avec la monarchie absolue ; 2&#186; &#224; la fin, lorsque le prol&#233;tariat rend d&#233;j&#224; trop risqu&#233;e la r&#233;publique d&#233;mocratique. Quoi qu'il en soit, la r&#233;publique d&#233;mocratique restera toujours la forme ultime de la domination bourgeoise, forme dans laquelle elle cr&#232;vera. Mais, il suffit sur cette salade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nim me prie de te saluer. Je n'ai pas vu Tussy hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ton F.E.&lt;br class='autobr' /&gt;
Engels &#224; A. Bebel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 6 juin 1884&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons d&#233;tourner les masses des partis lib&#233;raux, tant que ceux-ci n'ont pas eu l'occasion de se ridiculiser dans la pratique, en arrivant au pouvoir et en d&#233;montrant qu'ils sont des incapables. Nous sommes toujours, comme en 1848, l'opposition de l'avenir et nous devons donc avoir au gouvernement le plus extr&#234;me des partis actuels avant que nous puissions devenir vis-&#224;-vis de lui l'opposition actuelle. La stagnation politique c'est-&#224;-dire la lutte sans effet ni but des partis officiels telle qu'elle se pratique &#224; l'heure actuelle - ne peut pas nous servir &#224; la longue, comme le ferait un combat progressif de ces partis tendant au fur et &#224; mesure &#224; un glissement vers la gauche. C'est ce qui se produit en France, o&#249; la lutte politique se d&#233;roule comme toujours sous forme classique. Les gouvernements qui se succ&#232;dent sont de plus en plus orient&#233;s &#224; gauche ; le minist&#232;re Clemenceau est d&#233;j&#224; en vue, et ce ne sera pas le minist&#232;re de la bourgeoisie extr&#234;me. &#192; chaque glissement &#224; gauche, des concessions tombent en partage aux ouvriers (voir la derni&#232;re gr&#232;ve de Decazeville o&#249;, pour la premi&#232;re fois, la soldatesque n'est pas intervenue). Ce qui importe avant tout, c'est que le champ soit de plus en plus net pour la bataille d&#233;cisive et la position des partis claire et pure. Dans cette &#233;volution lente, mais irr&#233;sistible de la r&#233;publique fran&#231;aise, je tiens pour in&#233;vitable ce r&#233;sultat final : opposition entre les bourgeois radicaux jouant aux socialistes et les ouvriers vraiment r&#233;volutionnaires. Ce sera l'un des &#233;v&#233;nements les plus importants, et j'esp&#232;re qu'il ne sera pas interrompu. Je me r&#233;jouis de ce que nos gens ne soient pas encore assez forts &#224; Paris (et ils le sont d'autant plus en province) pour se laisser aller &#224; des putschs, par la force du verbe r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, dans la confuse Allemagne, l'&#233;volution ne se poursuit pas d'une mani&#232;re aussi classiquement pure qu'en France. Elle a trop de retard pour cela, nous n'arrivons &#224; ce stade que quand les autres l'ont d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233;. Mais, en d&#233;pit de la mesquinerie de nos partis officiels, la vie politique, quelle qu'elle soit, nous est bien plus favorable que l'actuel d&#233;sert politique o&#249; ne joue que le faisceau des intrigues de politique ext&#233;rieure...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 11 d&#233;cembre 1884&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Pour ce qui est de la d&#233;mocratie pure et de son r&#244;le &#224; l'avenir, je ne partage pas ton opinion. Il est &#233;vident qu'en Allemagne, elle jouera un r&#244;le bien plus insignifiant que dans les pays de d&#233;veloppement industriel plus ancien. Mais, cela n'emp&#234;che pas qu'elle acquerra, au moment de la r&#233;volution, une importance momentan&#233;e en tant que parti bourgeois extr&#234;me : c'est ce qui s'est d&#233;j&#224; pass&#233; en 1849 &#224; Francfort, du fait qu'elle repr&#233;sentait la derni&#232;re bou&#233;e de sauvetage de toute l'&#233;conomie bourgeoise et m&#234;me f&#233;odale. &#192; ce moment, toute la masse des r&#233;actionnaires se range derri&#232;re lui et le renforce : tout ce qui est r&#233;actionnaire se donne alors des allures d&#233;mocratiques. De mars &#224; septembre 1848, toute la masse f&#233;odale et bureaucratique renfor&#231;a ainsi les lib&#233;raux, afin de mater les masses r&#233;volutionnaires et, le coup r&#233;ussi, les lib&#233;raux furent &#233;conduits &#224; coups de pied, comme il fallait s'y attendre. C'est ainsi qu'en France, de mai 1848 aux &#233;lections de Bonaparte en d&#233;cembre, ce fut le parti r&#233;publicain pur du National, le parti le plus faible de tous, qui r&#233;gna du simple fait qu'il avait derri&#232;re lui toute la masse organis&#233;e de la r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui s'est pass&#233; &#224; chaque r&#233;volution : le parti le plus b&#233;nin qui puisse encore r&#233;gner, arrive au pouvoir, simplement parce que le vaincu voit en lui la derni&#232;re chance de salut. Or, on ne peut pas s'attendre &#224; ce qu'au moment de la crise, nous ayions derri&#232;re nous la majorit&#233; des &#233;lecteurs, c'est-&#224;-dire de la nation. Toute la classe bourgeoise et les vestiges des classes f&#233;odales poss&#233;dantes, une grande partie de la petite-bourgeoisie et de la population des campagnes se rangeront alors derri&#232;re le parti bourgeois extr&#234;me qui se donnera des allures r&#233;volutionnaires extr&#233;mistes, et je tiens pour tr&#232;s possible qu'il soit repr&#233;sent&#233; dans le gouvernement provisoire, voire qu'il en forme un moment la majorit&#233;. La minorit&#233; social-d&#233;mocrate du gouvernement parisien de F&#233;vrier a montr&#233; comment il ne fallait pas agir lorsqu'on est en majorit&#233;. Cependant, pour l'heure, c'est une question encore acad&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, les &#233;v&#233;nements peuvent se d&#233;rouler tout autrement en Allemagne, et ce sont pour des raisons militaires. Dans l'&#233;tat actuel des choses, l'impulsion, si elle vient de l'ext&#233;rieur, ne peut venir que de Russie ; mais si elle vient de l'Allemagne elle-m&#234;me, la r&#233;volution ne peut alors partir que de l'arm&#233;e. Un peuple sans armes contre une arm&#233;e moderne est, du point de vue militaire, une grandeur purement &#233;vanescente. Dans ce cas, nos r&#233;servistes de 20 &#224; 25 ans, qui ne votent pas mais qui sont exerc&#233;s dans le maniement des armes, entreraient en action, et la d&#233;mocratie pure pourrait &#234;tre sauv&#233;e. Mais, pr&#233;sentement, cette question est &#233;galement acad&#233;mique, bien que je sois oblig&#233; de l'envisager, &#233;tant pour ainsi dire le repr&#233;sentant du Grand Quartier g&#233;n&#233;ral du Parti. En tout cas, notre seul ennemi, le jour de la crise et le lendemain, ce sera l'ensemble de la r&#233;action group&#233;e autour de la d&#233;mocratie pure, et cela, me semble-t-il, ne doit pas &#234;tre perdu de vue...&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx &#224; F. Domela Nieuwenhuis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 22 f&#233;vrier 1881&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos du prochain Congr&#232;s de Zurich, la question que vous me posez [sur les mesures l&#233;gislatives &#224; prendre en vue d'assurer la victoire du socialisme en cas d'arriv&#233;e au pouvoir des socialistes] me semble des plus maladroites. Ce qu'il faut faire imm&#233;diatement &#224; un moment bien d&#233;termin&#233; de l'avenir d&#233;pend naturellement tout &#224; fait des circonstances historiques dans lesquelles il faut agir. Votre question se pose au pays des nuages et repr&#233;sente donc pratiquement un probl&#232;me fantasmagorique, auquel on ne peut r&#233;pondre qu'en faisant la critique de la question elle-m&#234;me. Nous ne pouvons r&#233;soudre une &#233;quation que si elle inclut d&#233;j&#224; dans ses donn&#233;es les &#233;l&#233;ments de sa solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au demeurant, l'embarras dans lequel se trouve un gouvernement subitement form&#233; &#224; la suite d'une victoire populaire n'a rien de sp&#233;cifiquement &#171; socialiste &#187;. Au contraire. Les politiciens bourgeois victorieux se sentent aussit&#244;t g&#234;n&#233;s par leur &#171; victoire &#187;, quant aux socialistes, ils peuvent au moins intervenir sans se g&#234;ner et, vous pouvez &#234;tre s&#251;r d'une chose : un gouvernement socialiste n'arriverait jamais au pouvoir si les conditions n'&#233;taient pas d&#233;velopp&#233;es au point qu'il puisse avant toute chose prendre les mesures n&#233;cessaires &#224; intimider la masse des bourgeois de sorte qu'il conquiert ce dont il a le plus besoin : du temps pour une action durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous me renverrez peut-&#234;tre &#224; la Commune de Paris. Mais, abstraction faite de ce qu'il s'agissait d'un simple soul&#232;vement d'une ville dans des conditions exceptionnelles, la majorit&#233; de la Commune n'&#233;tait pas socialiste, et ne pouvait pas l'&#234;tre. [5] Avec une faible dose de bon sens, elle aurait pu n&#233;anmoins obtenir avec Versailles un compromis utile &#224; toute la masse du peuple, seule chose qu'il &#233;tait possible d'atteindre &#224; ce moment-l&#224;. En mettant simplement la main sur la Banque de France, elle aurait pu effrayer les Versaillais et mettre fin &#224; leurs fanfaronnades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications g&#233;n&#233;rales de la bourgeoisie fran&#231;aise avant 1789 &#233;taient &#224; peu pr&#232;s &#233;tablies - mutatis mutandis - comme le sont de nos jours toutes les mesures &#224; prendre uniform&#233;ment par le prol&#233;tariat dans tous les pays &#224; production capitaliste, Mais, la fa&#231;on dont les revendications de la bourgeoisie fran&#231;aise ont &#233;t&#233; appliqu&#233;es, un quelconque Fran&#231;ais du XVIIIe si&#232;cle en avait-il la moindre id&#233;e a priori ? L'anticipation doctrinaire et n&#233;cessairement fantasmagorique du programme d'action d'une r&#233;volution future ne ferait que d&#233;voyer la lutte pr&#233;sente. Le r&#234;ve de la ruine tout &#224; fait imminente du r&#233;gime enflammait les Chr&#233;tiens primitifs dans leur lutte contre l'Empire romain et leur donnait la certitude de vaincre. La compr&#233;hension scientifique de la dissolution in&#233;luctable et toujours plus grave sous nos yeux de l'ordre social dominant et les masses pouss&#233;es &#224; coups de fouet &#224; la passion r&#233;volutionnaire par les vieux simulacres de gouvernements, en m&#234;me temps que par le prodigieux d&#233;veloppement positif de moyens de production, tout cela suffit &#224; garantir qu'au moment o&#249; &#233;clatera une v&#233;ritable r&#233;volution prol&#233;tarienne, nous aurons &#233;galement les conditions de leur modus operandi imm&#233;diat, qui ne s'av&#233;rera certainement pas idyllique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis convaincu que la conjoncture de crise n'existe pas encore pour une nouvelle Association internationale des travailleurs. En cons&#233;quence, je consid&#232;re que tous les congr&#232;s ouvriers ou socialistes - pour autant qu'ils ne se pr&#233;occupent pas des conditions donn&#233;es imm&#233;diates de telle ou telle nation - ne sont pas seulement inutiles, mais encore nuisibles. Ils se perdront toujours en fum&#233;e, en rab&#226;chant mille fois des g&#233;n&#233;ralit&#233;s banales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amicalement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;votre d&#233;vou&#233; Karl Marx&lt;br class='autobr' /&gt;
Engels &#224; J. Mesa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 24 mars 1891&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Mesa,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;t&#233; tr&#232;s heureux d'apprendre, par votre lettre du 2 courant, la publication imminente de votre traduction espagnole de la Mis&#232;re de la Philosophie de Marx. Il va sans dire que nous nous associons avec empressement &#224; cette oeuvre qui ne manquera pas de produire un effet des plus favorables sur le d&#233;veloppement du socialisme en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie proudhonienne, d&#233;molie dans ses bases par le livre de Marx, a certainement &#233;t&#233; balay&#233;e de la surface depuis la chute de la Commune de Paris. Mais, elle forme toujours le grand arsenal dans lequel les bourgeois radicaux pseudo-socialistes d'Europe occidentale puisent les formules propres &#224; endormir les ouvriers. Or, comme les ouvriers de ces m&#234;mes pays ont h&#233;rit&#233;, de leurs devanciers, de semblables phrases proudhoniennes, il arrive que, chez beaucoup d'entre eux, la phras&#233;ologie des radicaux trouve encore un &#233;cho. C'est le cas en France, o&#249; les seuls proudhoniens qu'il y ait encore, sont les bourgeois radicaux soi-disant socialistes. Et si je ne m'abuse, vous en avez aussi, dans vos Cort&#232;s et dans votre presse, de ces r&#233;publicains qui se pr&#233;tendent socialistes, parce qu'ils voient dans les id&#233;es proudhoniennes un moyen plausible tout trouv&#233; d'opposer au vrai socialisme, expression rationnelle et concise des aspirations du prol&#233;tariat, un socialisme bourgeois et de faux aloi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salut fraternel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr. Engels&lt;br class='autobr' /&gt;
Engels &#224; N.F. Danielson&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 17 octobre 1893&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Si l'Europe occidentale avait &#233;t&#233; pour une telle r&#233;volution (socialiste) entre 1860-1870, si un tel bouleversement social avait &#233;t&#233; entrepris &#224; ce moment en Angleterre, France, etc., alors c'e&#251;t &#233;t&#233; aux Russes de montrer ce qu'ils auraient pu faire de leurs communaut&#233;s (agraires), [6] qui &#233;taient encore plus ou moins intactes. Or, l'Occident resta immobile. Aucune r&#233;volution de ce genre n'ayant &#233;t&#233; entreprise, le capitalisme s'y d&#233;veloppa au contraire &#224; un rythme acc&#233;l&#233;r&#233;. Ainsi donc, comme il &#233;tait manifestement impossible de hausser les communaut&#233;s &#224; une forme de production dont elles &#233;taient s&#233;par&#233;es par une s&#233;rie de stades historiques, il ne leur reste plus qu'&#224; se d&#233;velopper de mani&#232;re capitaliste, ce qui me semble-t-il, est leur seule &#233;volution possible...&lt;br class='autobr' /&gt;
Engels &#224; Lafargue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Reproduite dans le Socialiste, le 24 novembre 1900]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ah, mais nous avons la r&#233;publique en France &#187;, nous diront les ex-radicaux, &#171; chez nous, c'est autre chose. Nous pouvons utiliser le gouvernement pour des mesures socialistes ! &#187; [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;publique, vis-&#224;-vis du prol&#233;tariat, ne diff&#232;re de la monarchie qu'en ceci qu'elle est la forme politique toute faite pour la domination future du prol&#233;tariat. Vous avez sur nous l'avantage de l'avoir l&#224; ; nous autres, nous devrons perdre vingt-quatre heures pour la faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;publique, comme toute autre forme de gouvernement, est d&#233;termin&#233;e par ce qu'elle contient ; tant qu'elle est la forme de la d&#233;mocratie bourgeoise, elle nous est tout aussi hostile que n'importe quelle monarchie (sauf les formes de cette hostilit&#233;). C'est donc une illusion toute gratuite que de la prendre pour une forme socialiste par son essence ; que de lui confier, tant qu'elle est domin&#233;e par la bourgeoisie, des missions socialistes. Nous pourrons lui arracher des concessions, mais jamais la charger de l'ex&#233;cution de notre besogne &#224; nous. Encore si nous pouvions la contr&#244;ler par une minorit&#233; assez forte pour qu'elle p&#251;t se changer en majorit&#233; d'un jour &#224; l'autre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 3 avril 1895&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liebknecht vient de me jouer un vilain tour. * Il a pris de mon introduction aux articles de Marx sur la France de 1848-1850 tout ce qui a pu lui servir pour soutenir la tactique, &#224; tout prix paisible et anti-violente, qu'il lui pla&#238;t de pr&#234;cher depuis quelque temps, surtout en ce moment o&#249; on pr&#233;pare des lois coercitives &#224; Berlin. Mais cette tactique, je ne la pr&#234;che que pour l'Allemagne d'aujourd'hui et encore sous bonne r&#233;serve. Pour la France, la Belgique, l'Italie, l'Autriche, cette tactique ne saurait &#234;tre suivie dans son ensemble, et pour l'Allemagne elle pourra devenir inapplicable demain...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. E.&lt;br class='autobr' /&gt;
Engels &#224; Richard Fischer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 8 mars 1895&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cher Fischer,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tenu compte autant qu'il &#233;tait possible de vos pr&#233;occupations, bien que, avec la meilleure volont&#233;, je ne comprenne pas pourquoi vos r&#233;ticences commencent &#224; la moiti&#233;. * Je ne peux tout de m&#234;me pas admettre que vous ayiez l'intention de prescrire, de tout votre corps et de toute votre &#226;me, la l&#233;galit&#233; absolue, la l&#233;galit&#233; en toutes circonstances, la l&#233;galit&#233; m&#234;me vis-&#224;-vis de ceux qui frisent la l&#233;galit&#233;, bref la politique qui consiste &#224; tendre la joue gauche &#224; celui qui vous a frapp&#233; la joue droite. Dans le Vorw&#228;rts, toutefois, certains pr&#234;chent parfois la r&#233;volution, avec la m&#234;me &#233;nergie que d'autres la repoussent, comme cela se faisait autrefois et se fera peut-&#234;tre encore &#224; l'avenir. Mais, je ne peux consid&#233;rer cela comme une position comp&#233;tente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'estime que vous n'avez rien &#224; gagner si vous pr&#234;chez le renoncement absolu &#224; l'intervention violente. Personne ne vous croira, et aucun parti d'aucun pays ne va aussi loin dans le renoncement au droit de recourir &#224; la r&#233;sistance arm&#233;e, &#224; l'ill&#233;galit&#233;. [8]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, je dois tenir compte des &#233;trangers - Fran&#231;ais, Anglais, Suisses, Autrichiens, Italiens, etc. - qui lisent ce que j'&#233;cris : je ne peux me compromettre aussi compl&#232;tement &#224; leurs yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc accept&#233; vos modifications avec les exceptions suivantes- 1&#186; &#201;preuves, chez les masses, il est dit : &#171; elles doivent avoir compris pourquoi elles interviennent &#187; ; 2&#186; Le passage suivant : &#171; barrer toute la phrase de : &#171; le d&#233;clenchement sans pr&#233;paration de l'attaque &#187;, votre proposition contenant une inexactitude flagrante : le mot d'ordre &#171; d&#233;clenchement de l'attaque &#187; est utilis&#233; par les Fran&#231;ais, Italiens, etc. &#224; tout propos, mais ce n'est pas tellement s&#233;rieux ; 3&#186; &#201;preuve : &#171; Sur la r&#233;volution (Umsturz) sociale-d&#233;mocrate qui vit actuellement en s'en tenant &#224; la loi &#187;, vous voulez enlever &#171; actuellement &#187;, autrement dit transformer une tactique valable momentan&#233;ment et toute relative, en une tactique permanente et absolue. (168) Cela je ne peux pas le faire, sans me discr&#233;diter &#224; tout jamais. J'&#233;vite donc la formule de l'opposition, et je dis : &#171; Sur la r&#233;volution sociale-d&#233;mocrate, &#224; qui il convient si bien en ce moment pr&#233;cis&#233;ment de s'en tenir &#224; la loi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne comprends absolument pas pourquoi vous trouvez dangereuse ma remarque sur l'attitude de Bismarck en 1866, lorsqu'il viola la Constitution. Il s'agit d'un argument lumineux, comme aucun autre ne le serait. Mais, je veux cependant vous faire ce plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, je ne peux absolument pas continuer de la sorte. J'ai fait mon possible pour vous &#233;pargner des d&#233;sagr&#233;ments dans le d&#233;bat. Mais vous feriez mieux de pr&#233;server le point de vue selon lequel l'obligation de respecter la l&#233;galit&#233; est de caract&#232;re juridique, et non moral, comme Bogoulavski vous l'a si bien montr&#233; dans le temps, et qu'elle cesse compl&#232;tement lorsque les d&#233;tenteurs du pouvoir violent la l&#233;gislation. Mais vous avez eu la faiblesse - ou du moins certains d'entre vous -de ne pas contrer comme il fallait les pr&#233;tentions de l'adversaire : reconna&#238;tre l'obligation l&#233;gale du point de vue moral, c'est-&#224;-dire obligatoire dans toutes les circonstances, au lieu de dire : vous avez le pouvoir et vous faites les lois, si nous les violons, vous pouvez nous traiter selon ces lois, cela nous devons le supporter, et c'est tout ; nous n'avons pas d'autre devoir, vous n'avez pas d'autre droit, C'est ce qu'ont fait les catholiques sous les lois de Mai, les vieux luth&#233;riens &#224; Meissen, le soldat mennonite qui figure dans tous les journaux, et vous ne devez pas d&#233;savouer cette position. Les projets anti-s&#233;ditieux sont de toute fa&#231;on vou&#233;s &#224; la ruine : ce genre de choses ne peut m&#234;me pas se formuler et, moins encore, se r&#233;aliser, lorsque ces gens sont au pouvoir, ils r&#233;priment et s&#233;vissent de toute fa&#231;on contre vous d'une mani&#232;re ou d'une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si vous voulez expliquer aux gens du gouvernement que vous n'attendez que parce que vous n'&#234;tes pas encore assez forts pour vous d&#233;brouiller tout seuls et parce que l'arm&#233;e n'est pas encore compl&#232;tement sap&#233;e, mais alors, mes braves, pourquoi ces vantardises quotidiennes dans la presse sur les progr&#232;s et succ&#232;s gigantesques du Parti ? Tout aussi bien que nous ces gens savent que nous avan&#231;ons puissamment vers la victoire, que nous serons irr&#233;sistibles dans quelques ann&#233;es, et c'est pour cela qu'ils veulent passer &#224; l'attaque maintenant, mais h&#233;las pour eux, ils ne savent pas comment s'y prendre. Nos discours ne peuvent rien changer &#224; cela : ils le savent aussi bien que nous et ils savent tout autant que, si nous avons le pouvoir, nous l'utiliserons comme cela nous servira &#224; nous, et non &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, si la question est d&#233;battue au Comit&#233; central, pensez un peu &#224; ceci : pr&#233;servez le droit de r&#233;sistance aussi bien que Bogouslavski nous l'a pr&#233;serv&#233; ; de vieux r&#233;volutionnaires -fran&#231;ais, italiens, espagnols, hongrois, anglais - figurent parmi ceux qui vous entendent, et que -sait-on jamais combien rapidement - le temps peut revenir o&#249; les choses deviennent s&#233;rieuses avec l'&#233;limination de la l&#233;galit&#233;, qui fut r&#233;alis&#233;e autrefois &#224; Wyden. Regardez donc les Autrichiens qui aussi ouvertement que possible menacent de la violence, si le suffrage universel n'est pas bient&#244;t instaur&#233;. Pensez &#224; vos propres ill&#233;galit&#233;s sous le r&#233;gime des lois anti-socialistes auquel on voudrait vous soumettre de nouveau. L&#233;galit&#233; aussi longtemps que cela nous arrange, mais pas de l&#233;galit&#233; &#224; tout prix, m&#234;me en paroles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ton F. E.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Dans sa premi&#232;re &#233;bauche de l'Adresse sur la guerre civile, Marx &#233;crit &#224; ce propos : &#171; Sur la base existante de son organisation militaire, Paris &#233;difia une f&#233;d&#233;ration politique, selon un plan tr&#232;s simple. Elle consistait en une association de toute la Garde nationale, unie en toutes ses parties par les d&#233;l&#233;gu&#233;s de chaque compagnie, d&#233;signant &#224; leur tour les d&#233;l&#233;gu&#233;s de bataillons, qui, &#224; leur tour, d&#233;signaient des d&#233;l&#233;gu&#233;s g&#233;n&#233;raux, les g&#233;n&#233;raux de l&#233;gion - chacun d'eux devant repr&#233;senter un arrondissement et coop&#233;rer avec les d&#233;l&#233;gu&#233;s des 19 autres arrondissements. Ces 20 d&#233;l&#233;gu&#233;s, &#233;lus &#224; la majorit&#233; par les bataillons de la Garde nationale, composaient le Comit&#233; central, qui, le 18 mars, prit l'initiative de la plus grande r&#233;volution de notre si&#232;cle... &#187; (cf. &#201;d. Soc., p. 209).&lt;br class='autobr' /&gt;
La forme prise d&#232;s le d&#233;but par la Commune confirme ainsi les id&#233;es de Marx et d'Engels sur la dictature du prol&#233;tariat, dont l'&#201;tat est une superstructure de force, violence concentr&#233;e de la classe au pouvoir : &#171; La r&#233;volution tout court - c'est-&#224;-dire le renversement du pouvoir existant et la d&#233;sagr&#233;gation des anciens rapports sociaux - est un acte politique. Le socialisme ne peut se r&#233;aliser sans cette r&#233;volution. Il lui faut cet acte politique dans la mesure o&#249; il a besoin de d&#233;truire et de dissoudre. Mais le socialisme repousse l'enveloppe politique l&#224; o&#249; commence son activit&#233; organisatrice, l&#224; o&#249; il poursuit son but &#224; lui, l&#224; o&#249; il est lui-m&#234;me. &#187; (Marx, le 10 ao&#251;t 1844, in &#201;crits militaires, p. 175-176). La Commune repr&#233;sentant tout cela, n'est donc plus un &#201;tat au sens propre, cf. Engels &#224; Bebel, 16-18 mars 1875.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La domination &#233;conomique de la bourgeoisie se compl&#232;te par une domination politique, qui &#233;tend le r&#232;gne de la bourgeoisie &#224; toute la nation et &#224; toutes les activit&#233;s. Les superstructures de l'&#201;tat bourgeois ont un caract&#232;re &#224; la fois historique et &#233;conomique : &#171; La violence (c'est-&#224;-dire le pouvoir &#233;tatique) est elle aussi une puissance &#233;conomique &#187;, &#233;crit Engels &#224; Schmidt, le 27 octobre 1890.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bourgeoisie n'est pleinement d&#233;velopp&#233;e qu'&#224; partir du moment o&#249; elle ne domine pas seulement la production sociale, mais a &#233;cart&#233; du pouvoir les classes f&#233;odales ou a cess&#233; de partager le pouvoir avec elles, autrement dit lorsqu'elle a instaur&#233; la R&#233;publique. Mais le mot de R&#233;publique pr&#234;te &#224; confusion. De nos jours, la bourgeoisie anglaise domine parfaitement avec la monarchie constitutionnelle et gouverne sans partage. Mais tant que l'&#201;tat bourgeois n'a pas atteint son plein &#233;panouissement, Marx et Engels admettaient que le prol&#233;tariat puisse utiliser l'&#201;tat faiblement d&#233;velopp&#233; de la bourgeoisie, &#171; le mouvement r&#233;publicain ne peut se d&#233;velopper sans transcro&#238;tre en mouvement de la classe ouvri&#232;re &#187; (cf. supra, p. 104). Autrement dit, il &#233;tait possible d'am&#233;nager l'&#201;tat bourgeois peu d&#233;velopp&#233;, en le modifiant dans le sens des int&#233;r&#234;ts ouvriers, en dictature du prol&#233;tariat. C'est dire qu'il &#233;tait possible de prendre pacifiquement le pouvoir. Cette hypoth&#232;se historique ne s'est pas v&#233;rifi&#233;e, et partout, il faut maintenant commencer &#224; briser par la violence l'appareil d'&#201;tat bourgeois, comme l'a enseign&#233; la Commune. L&#233;nine en explique les raisons : &#171; la dictature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, c'est la violence exerc&#233;e contre la bourgeoisie ; et cette violence est n&#233;cessit&#233;e surtout, comme Marx et Engels l'ont expliqu&#233; maintes fois et de la fa&#231;on la plus explicite (notamment dans la Guerre civile en France et dans la pr&#233;face de cet ouvrage), par l'existence du militarisme et de la bureaucratie. Or, ce sont justement ces institutions, justement en Angleterre et en Am&#233;rique, qui, justement dans les ann&#233;es 70, &#233;poque &#224; laquelle Marx fit sa remarque, n'existaient pas. Maintenant, elles existent et en Angleterre et en Am&#233;rique. Cf. la R&#233;volution prol&#233;tarienne et le ren&#233;gat Kautsky, in V. L&#233;nine, la Commune de Paris, p. 100. En effet, dans un discours tenu apr&#232;s le Congr&#232;s de La Haye en Septembre 1872, Marx avait fait la remarque qu'il &#233;tait possible de prendre le pouvoir pacifiquement en Hollande, Angleterre, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte contre le fascisme a &#233;t&#233; fauss&#233;e, en Italie et en Allemagne, par l'id&#233;e qu'il fallait d&#233;fendre la d&#233;mocratie bourgeoise, en s'alliant avec les sociaux-d&#233;mocrates (qui avaient pourtant assassin&#233; Rosa Luxembourg et Liebknecht) ainsi que les d&#233;mocrates et r&#233;publicains bourgeois ou petits-bourgeois, qui furent en r&#233;alit&#233; les complices - conscients ou inconscients - du fascisme : sur une base aussi erron&#233;e, la lutte des communistes fut impuissante &#224; emp&#234;cher l'av&#232;nement des r&#233;gimes fascistes. Pour la d&#233;finition de la strat&#233;gie de lutte efficace contre le fascisme, cf. Communisme et fascisme, &#201;ditions &#171; Programme communiste &#187;, 1970, p. 35-158. La pr&#233;face &#224; ce choix de textes des ann&#233;es 20 est erron&#233;e, car elle cite p&#234;le-m&#234;le des d&#233;clarations et actes de la droite du centre et de la gauche du parti communiste allemand, dont elle exag&#232;re l'incoh&#233;rence, tandis qu'elle pr&#233;sente l'attitude du parti communiste italien comme infiniment plus coh&#233;rente en ne citant que des textes de la Gauche. Cette introduction d&#233;nigre ainsi syst&#233;matiquement les camarades et les ouvriers allemands, qui lutt&#232;rent les armes &#224; la main et furent soumis a une forte pression id&#233;ologique ext&#233;rieure (Zinoviev, Radek, Staline, etc.) qui changea sans arr&#234;t la direction du parti communiste allemand, en m&#234;me temps que sa politique et sa strat&#233;gie : cf. Trotsky, l'Internationale communiste apr&#232;s L&#233;nine, Paris, P.U.F. 1969, 2 vol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Cf. la traduction fran&#231;aise in la Guerre civile en France. 1871, op. cit., p. 291-302.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4]Cf. plus haut &#224; la &#171; Pr&#233;face de 1872 au Manifeste Communiste &#187; o&#249; Marx et Engels affirment que l'une des le&#231;ons essentielles de la Commune a &#233;t&#233; qu'on ne peut utiliser l'appareil d'&#201;tat bourgeois : il faut le briser et cr&#233;er un &#201;tat prol&#233;tarien pour faire des transformations socialistes. Cela exclut la participation de communistes marxistes &#224; un gouvernement bourgeois. Engels le dit express&#233;ment, et ce dans deux hypoth&#232;ses : 1&#186; en cas de victoire de la d&#233;mocratie dans la r&#233;volution : &#171; Apr&#232;s la victoire commune, on pourrait nous offrir quelques si&#232;ges au gouvernement - mais TOUJOURS en minorit&#233;. Cela est le plus grand danger. Apr&#232;s F&#233;vrier 1848, les d&#233;mocrates socialistes fran&#231;ais (&#171; R&#233;forme &#187;, Ledru-Rollin, L. Blanc, Flocon, etc.) ont commis la faute d'accepter de pareils si&#232;ges. Minorit&#233; au gouvernement des r&#233;publicains purs (&#171; National &#187;, Marrast, Bastide, Marie), ils ont partag&#233; volontairement la responsabilit&#233; de toutes les infamies vot&#233;es et commises par la majorit&#233;, de toutes les trahisons de la classe ouvri&#232;re &#224; l'int&#233;rieur. Et pendant que tout cela se passait, la classe ouvri&#232;re &#233;tait paralys&#233;e par la pr&#233;sence au gouvernement de ces messieurs, qui pr&#233;tendaient l'y repr&#233;senter. &#187; Engels, &#224; F. Turati, le 26 janvier 1894 ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2&#186; En cas de victoire &#233;lectorale des seuls socialistes : &#171; Avant tout, je n'ai pas dit que &#171; le parti socialiste obtiendra la majorit&#233; et prendra ensuite le pouvoir &#187;. J'ai dit express&#233;ment, au contraire, qu'il y a dix probabilit&#233;s contre une que ceux qui sont au pouvoir utiliseront auparavant la force contre nous ; cela nous ram&#232;nerait du terrain de la majorit&#233; sur celui de la r&#233;volution. &#187; Fr. Engels, &#224; G. Bosio, le 6 f&#233;vrier 1892.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Marx estimait que la Commune &#233;tait fort &#233;loign&#233;e d'introduire le socialisme en France. En fait, elle inaugurait une longue phase de dictature du prol&#233;tariat et de luttes de classes farouches : telle &#233;tait aussi la conception de L&#233;nine pour lequel la r&#233;volution russe &#233;tait le premier acte de la r&#233;volution mondiale, contrairement &#224; Staline qui y vit le moyen de construire, dans un seul pays, le socialisme, au sens &#233;conomique et social. Dans sa premi&#232;re &#233;bauche de la Guerre civile en France, Marx &#233;crit : &#171; La Commune ne supprime pas les luttes de classes, par lesquelles la classe ouvri&#232;re s'efforce d'abolir toutes les classes et, par suite, toute domination de classe.... mais elle cr&#233;e l'ambiance rationnelle dans laquelle cette lutte de classe peut passer par ses diff&#233;rentes phases de la fa&#231;on la plus rationnelle et la plus humaine. Elle peut &#234;tre le point de d&#233;part de r&#233;actions violentes et, de r&#233;volutions tout aussi violentes &#187; (op. cit., pp. 215-216).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Marx fait allusion &#224; l'intrusion d'&#233;l&#233;ments douteux et de tra&#238;tres dans le Comit&#233; central de la Garde nationale parisienne, qui comprenait des blanquistes, des n&#233;o-jacobins, des proudhoniens, etc. La composition disparate de ce Conseil fut &#224; l'origine d'h&#233;sitations, de mollesse et de diverses erreurs (par exemple : ne pas attaquer Versailles, au moment o&#249; la r&#233;action ne s'y &#233;tait pas encore organis&#233;e, etc.). Marx attribue ici ces erreurs &#224; la doctrine proudhonienne de l'abstention en mati&#232;re politique : on notera que Tolain, proudhonien de droite, ne craignit pas de si&#233;ger dans l'Assembl&#233;e versaillaise. La Commune, &#233;lue le 26 mars, fut encore plus disparate, et prit encore moins d'initiatives, cf. notes nos 104 et 105.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Dans une lettre du 8 mars 1881 &#224; V&#233;ra Zassoulitch, Marx expliquait que le passage par le capitalisme n'&#233;tait une fatalit&#233; que pour les pays d'Europe occidentale. Les autres pays - et notamment la Russie - eussent pu, en th&#233;orie, sauter la phase capitaliste pour arriver directement au socialisme, si la r&#233;volution socialiste s'&#233;tait r&#233;alis&#233;e en Europe occidentale, de sorte qu'elle aurait apport&#233; son aide technique, fraternelle aux pays non encore d&#233;velopp&#233;s, Cf. l'article Marx et la Russie et Lettres de Marx &#224; V&#233;ra Zassoulitch, in l'Homme et la Soci&#233;t&#233;, n&#186; 5, pp. 149-180.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;chec de la Commune aura donc eu pour cons&#233;quence de forcer la Russie &#224; passer par l'enfer capitaliste ; les communaut&#233;s rurales, au lieu de pouvoir se transformer en unit&#233;s de production socialistes, &#233;tant condamn&#233;es &#224; prendre des formes plus ou moins capitalistes d'oppression de la masse paysanne russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Vers la fin de 1893, les d&#233;put&#233;s marxistes de la Chambre fran&#231;aise se trouv&#232;rent subitement d&#233;bord&#233;s par l'arriv&#233;e du groupe Millerand-Jaur&#232;s, transfuges du groupe radical. Les millerandistes (qui furent pour la participation au gouvernement bourgeois et furent durement fustig&#233;s par Engels et L&#233;nine) eurent la majorit&#233; absolue dans le groupe socialiste et prirent la t&#234;te du seul quotidien &#171; socialiste &#187;. Outre les 12 marxistes, le groupe socialiste comptait aussi 3 ou 4 allemanistes, 2 broussistes et 4 ou 6 blanquistes contre environ 30 millerandistes. Cf. la lettre de Fr. Engels &#224; Sorge, 30 d&#233;cembre 1893, in Correspondance Fr. Engels, K. Marx et divers, publi&#233;e par F.-A. Sorge, &#201;ditions Costes, 2 vol., 1950, tome Il, pp. 307-311. Comme on le voit, l'id&#233;e de la participation de socialistes ou de communistes &#224; un gouvernement bourgeois est &#233;trang&#232;re &#224; Marx aussi bien qu'&#224; Engels et &#224; L&#233;nine ; elle contredit l'enseignement fondamental de la Commune : briser la machine d'&#201;tat bourgeoise comme premi&#232;re mesure de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &#192; propos de la Pr&#233;face d'Engels (1895), &#224; Luttes de classes en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Engels fait allusion &#224; sa Pr&#233;face du 3 mars 1895, cf. les Luttes de classes en France, le 18-Brumaire de Louis Bonaparte, Paris, &#201;d. Soc., 1948, pp. 21-38.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] M&#234;me au temps o&#249; le prol&#233;tariat pouvait prendre le pouvoir pacifiquement, il devait utiliser la violence pour transformer l'&#233;conomie capitaliste en &#233;conomie socialiste (cf. les mesures despotiques du Manifeste communiste de 1848). Mais il se trouve que les violences exerc&#233;es par l'&#201;tat sont l&#233;gales et, de ce fait, consid&#233;r&#233;es comme justes. M&#234;me si le grand nombre est de cet avis, le marxisme estime que l'&#201;tat est toujours violence concentr&#233;e, et la justice violence l&#233;galis&#233;e. M&#234;me la d&#233;mocratie n'est pas le but du communisme, puisqu'elle signifie que la minorit&#233; s'incline devant la majorit&#233;, dont le gouvernement s'appuie sur la force : cf. Marx-Engels, &#201;crits militaires, p. 127, Un parti &#233;tant un premier pas vers le gouvernement, forme concentr&#233;e de la violence, ne peut donc se taxer de parti de la paix et de la non-violence sans nier sa raison d'&#234;tre. Fid&#232;le disciple de Marx-Engels, L&#233;nine consid&#233;rait le communisme comme l'abolition des classes et de l'&#201;tat, et donc la fin de la d&#233;mocratie, cf L&#233;nine, l'&#201;tat et la r&#233;volution, chap. 6 : &#171; Engels et la suppression de la d&#233;mocratie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;nine, L'Etat et la r&#233;volution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re pr&#233;face &#224; une nouvelle &#233;dition allemande du Manifeste communiste, sign&#233;e de ses deux auteurs, est dat&#233;e du 24 juin 1872. Karl Marx et Friedrich Engels y d&#233;clarent que le programme du Manifeste communiste &#034;est aujourd'hui vieilli sur certains points&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La Commune, notamment, a d&#233;montr&#233;, poursuivent-ils, que la &#034;classe ouvri&#232;re ne peut pas se contenter de prendre la machine de l'Etat toute pr&#234;te et de la faire fonctionner pour son propre compte.&#034;&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derniers mots de cette citation, mis entre guillemets, sont emprunt&#233;s par les auteurs &#224; l'ouvrage de Marx La Guerre civile en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Marx et Engels attribuaient &#224; l'une des le&#231;ons principales, fondamentales, de la Commune de Paris une port&#233;e si grande qu'ils l'ont introduite, comme une correction essentielle, dans le Manifeste communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose extr&#234;mement caract&#233;ristique : c'est pr&#233;cis&#233;ment cette correction essentielle qui a &#233;t&#233; d&#233;natur&#233;e par les opportunistes, et les neuf dixi&#232;mes, sinon les quatre-vingt-dix-neuf centi&#232;mes des lecteurs du Manifeste communiste, en ignorent certainement le sens. Nous parlerons en d&#233;tail de cette d&#233;formation un peu plus loin, dans un chapitre sp&#233;cialement consacr&#233; aux d&#233;formations. Qu'il nous suffise, pour l'instant, de marquer que l'&#034;interpr&#233;tation&#034; courante, vulgaire, de la fameuse formule de Marx cit&#233;e par nous est que celui-ci aurait soulign&#233; l'id&#233;e d'une &#233;volution lente, par opposition &#224; la prise du pouvoir, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, c'est exactement le contraire. L'id&#233;e de Marx est que la classe ouvri&#232;re doit briser, d&#233;molir la &#034;machine de l'Etat toute pr&#234;te&#034;, et ne pas se borner &#224; en prendre possession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 avril 1871, c'est-&#224;-dire justement pendant la Commune, Marx &#233;crivait &#224; Kugelmann :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Dans le dernier chapitre de mon 18-Brumaire , je remarque, comme tu le verras si tu le relis, que la prochaine tentative de la r&#233;volution en France devra consister non plus &#224; faire passer la machine bureaucratique et militaire en d'autres mains, comme ce fut le cas jusqu'ici, mais &#224; la briser. (Soulign&#233; par Marx ; dans l'original, le mot est zerbrechen ). C'est la condition premi&#232;re de toute r&#233;volution v&#233;ritablement populaire sur le continent. C'est aussi ce qu'ont tent&#233; nos h&#233;ro&#239;ques camarades de Paris&#034; (Neue Zeit , XX, 1, 1901-1902, p. 709). Les lettres de Marx &#224; Kugelmann comptent au moins deux &#233;ditions russes, dont une r&#233;dig&#233;e et pr&#233;fac&#233;e par moi.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Briser la machine bureaucratique et militaire&#034; : en ces quelques mots se trouve bri&#232;vement exprim&#233;e la principale le&#231;on du marxisme sur les t&#226;ches du prol&#233;tariat &#224; l'&#233;gard de l'Etat au cours de la r&#233;volution. Et c'est cette le&#231;on qui est non seulement tout &#224; fait oubli&#233;e, mais encore franchement d&#233;natur&#233;e par l'&#034;interpr&#233;tation&#034; dominante du marxisme, due &#224; Kautsky !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au passage du 18 Brumaire auquel se r&#233;f&#232;re Marx, nous l'avons int&#233;gralement reproduit plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux points surtout sont &#224; souligner dans ce passage de Marx. En premier lieu, il limite sa conclusion au continent. Cela se concevait en 1871, quand l'Angleterre &#233;tait encore un mod&#232;le du pays purement capitaliste, mais sans militarisme et, dans une large mesure, sans bureaucratie. Aussi Marx faisait-il une exception pour l'Angleterre, o&#249; la r&#233;volution et m&#234;me la r&#233;volution populaire paraissait possible, et l'&#233;tait en effet sans destruction pr&#233;alable de la &#034;machine d'Etat toute pr&#234;te&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, en 1917, &#224; l'&#233;poque de la premi&#232;re grande guerre imp&#233;rialiste, cette restriction de Marx ne joue plus. L'Angleterre comme l'Am&#233;rique, les plus grands et les derniers repr&#233;sentants de la &#034;libert&#233;&#034; anglo-saxonne dans le monde entier (absence de militarisme et de bureaucratisme), ont gliss&#233; enti&#232;rement dans le marais europ&#233;en, fangeux et sanglant, des institutions militaires et bureaucratiques, qui se subordonnent tout et &#233;crasent tout de leur poids. Maintenant, en Angleterre comme en Am&#233;rique, &#034;la condition premi&#232;re de toute r&#233;volution populaire r&#233;elle&#034;, c'est la d&#233;molition, la destruction de la &#034;machine de l'Etat toute pr&#234;te&#034; (port&#233;e en ces pays, de 1914 &#224; 1917, &#224; une perfection &#034;europ&#233;enne&#034;, commune d&#233;sormais &#224; tous les Etats imp&#233;rialistes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, ce qui m&#233;rite une attention particuli&#232;re, c'est cette remarque tr&#232;s profonde de Marx que la destruction de la machine bureaucratique et militaire de l'Etat est &#034;la condition premi&#232;re de toute r&#233;volution v&#233;ritablement populaire &#034;. Cette notion de r&#233;volution &#034;populaire&#034; para&#238;t surprenante dans la bouche de Marx : et, en Russie, les adeptes de Pl&#233;khanov ainsi que les mench&#233;viks, ces disciples de Strouv&#233; qui d&#233;sirent passer pour des marxistes, seraient bien capables de qualifier son expression de &#034;lapsus&#034;. Ils ont r&#233;duit le marxisme &#224; une doctrine si platement lib&#233;rale que, en dehors de l'antith&#232;se : r&#233;volution bourgeoise et r&#233;volution prol&#233;tarienne, rien n'existe pour eux ; encore con&#231;oivent-ils cette antith&#232;se d'une mani&#232;re on ne peut plus scolastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on prend, &#224; titre d'exemple, les r&#233;volutions du XXe si&#232;cle, force sera de reconna&#238;tre que, de toute &#233;vidence, les r&#233;volutions portugaise et turque sont bourgeoises. Mais ni l'une, ni l'autre ne sont &#034;populaires&#034;, puisque la masse du peuple, son immense majorit&#233;, n'intervient d'une fa&#231;on visible, active, autonome, avec ses revendications &#233;conomiques et politiques propres, ni dans l'une, ni dans l'autre de ces r&#233;volutions. Par contre, la r&#233;volution bourgeoise russe de 1905-1907, sans avoir remport&#233; des succ&#232;s aussi &#034;&#233;clatants&#034; que ceux qui &#233;churent de temps &#224; autre aux r&#233;volutions portugaise et turque, a &#233;t&#233; sans conteste une r&#233;volution &#034;v&#233;ritablement populaire&#034;. Car la masse du peuple, sa majorit&#233;, ses couches sociales &#034;inf&#233;rieures&#034; les plus profondes, accabl&#233;es par le joug et l'exploitation, se sont soulev&#233;es spontan&#233;ment et ont laiss&#233; sur toute la marche de la r&#233;volution l'empreinte de leurs revendications, de leurs tentatives de construire &#224; leur mani&#232;re une soci&#233;t&#233; nouvelle &#224; la place de l'ancienne en cours de destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1871, le prol&#233;tariat ne formait la majorit&#233; du peuple dans aucun pays du continent europ&#233;en. La r&#233;volution ne pouvait &#234;tre &#034;populaire&#034; et entra&#238;ner v&#233;ritablement la majorit&#233; dans le mouvement qu'en englobant et le prol&#233;tariat et la paysannerie. Le &#034;peuple&#034; &#233;tait justement form&#233; de ces deux classes. Celles-ci sont unies par le fait que la &#034;machine bureaucratique et militaire de l'Etat&#034; les opprime, les &#233;crase, les exploite. Briser cette machine, la d&#233;molir , tel est v&#233;ritablement l'int&#233;r&#234;t du &#034;peuple&#034;, de sa majorit&#233;, des ouvriers et de la majorit&#233; des paysans ; telle est la &#034;condition premi&#232;re&#034; de la libre alliance des paysans pauvres et des prol&#233;taires ; et sans cette alliance, pas de d&#233;mocratie solide, pas de transformation socialiste possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vers cette alliance, on le sait, que la Commune de Paris se frayait la voie. Elle n'atteignit pas son but pour diverses raisons d'ordre int&#233;rieur et ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, en parlant d'une &#034;r&#233;volution v&#233;ritablement populaire&#034;, et sans oublier le moins du monde les traits particuliers de la petite bourgeoisie (dont il a beaucoup et souvent parl&#233;), Marx tenait compte avec la plus grande rigueur des v&#233;ritables rapports de classes dans la plupart des Etats continentaux d'Europe en 1871. D'autre part, il constatait que la &#034;d&#233;molition&#034; de la machine de l'Etat est dict&#233;e par les int&#233;r&#234;ts des ouvriers et des paysans, qu'elle les unit et leur assigne une t&#226;che commune : la suppression de ce &#034;parasite&#034; et son remplacement par quelque chose de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par quoi pr&#233;cis&#233;ment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. PAR QUOI REMPLACER LA MACHINE D'ETAT DEMOLIE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette question Marx ne donnait encore, en 1847, dans le Manifeste communiste , qu'une r&#233;ponse tout &#224; fait abstraite, ou plut&#244;t une r&#233;ponse indiquant les probl&#232;mes, mais non les moyens de les r&#233;soudre. La remplacer par l'&#034;organisation du prol&#233;tariat en classe dominante&#034;, par la &#034;conqu&#234;te de la d&#233;mocratie&#034;, telle &#233;tait la r&#233;ponse du Manifeste communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans verser dans l'utopie, Marx attendait de l'exp&#233;rience du mouvement de masse la r&#233;ponse &#224; la question de savoir quelles formes concr&#232;tes prendrait cette organisation du prol&#233;tariat en tant que classe dominante, de quelle mani&#232;re pr&#233;cise cette organisation se concilierait avec la plus enti&#232;re, la plus cons&#233;quente &#034;conqu&#234;te de la d&#233;mocratie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi limit&#233;e qu'ait &#233;t&#233; l'exp&#233;rience de la Commune, Marx la soumet &#224; une analyse des plus attentives dans sa Guerre civile en France. Citons les principaux passages de cet &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIXe si&#232;cle s'est d&#233;velopp&#233;, transmis par le moyen &#226;ge, &#034;le pouvoir centralis&#233; de l'Etat, avec ses organes, partout pr&#233;sents : arm&#233;e permanente, police, bureaucratie, clerg&#233; et magistrature&#034;. En raison du d&#233;veloppement de l'antagonisme de classe entre le Capital et le Travail, &#034;le pouvoir d'Etat prenait de plus en plus le caract&#232;re d'un pouvoir public organis&#233; aux fins de l'asservissement de la classe ouvri&#232;re, d'un appareil de domination de classe. Apr&#232;s chaque r&#233;volution qui marque un progr&#232;s de la lutte des classes, le caract&#232;re purement r&#233;pressif du pouvoir d'Etat appara&#238;t de fa&#231;on de plus en plus ouverte&#034;. Apr&#232;s la R&#233;volution de 1848-1849, le pouvoir d'Etat devient &#034;l'engin de guerre national du Capital contre le Travail&#034;. Le Second Empire ne fait que le consolider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'antith&#232;se directe de l'Empire fut la Commune&#034;. &#034;La Commune fut la forme positive&#034; &#034;d'une r&#233;publique qui ne devait pas seulement abolir la forme monarchique de la domination de classe, mais la domination de classe elle-m&#234;me.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quoi consistait pr&#233;cis&#233;ment cette forme &#034;positive&#034; de r&#233;publique prol&#233;tarienne socialiste ? Quel &#233;tait l'Etat qu'elle avait commenc&#233; de fonder ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le premier d&#233;cret de la commune fut... la suppression de l'arm&#233;e permanente, et son remplacement par le peuple en armes.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette revendication figure maintenant au programme de tous les partis qui se r&#233;clament du socialisme. Mais ce que valent leurs programmes, c'est ce qu'illustre au mieux l'attitude de nos socialistes-r&#233;volutionnaires et de nos mench&#233;viks qui, justement apr&#232;s la r&#233;volution du 27 f&#233;vrier, ont en fait refus&#233; de donner suite &#224; cette revendication !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La Commune fut compos&#233;e des conseillers municipaux, &#233;lus au suffrage universel dans les divers arrondissements de la ville. Ils &#233;taient responsables et r&#233;vocables &#224; tout moment. La majorit&#233; de ses membres &#233;taient naturellement des ouvriers ou des repr&#233;sentants reconnus de la classe ouvri&#232;re.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Au lieu de continuer d'&#234;tre l'instrument du gouvernement central, la police fut imm&#233;diatement d&#233;pouill&#233;e de ses attributs politiques et transform&#233;e en un instrument de la Commune, responsable et &#224; tout instant r&#233;vocable. Il en fut de m&#234;me pour les fonctionnaires de toutes les autres branches de l'administration. Depuis les membres de la Commune jusqu'au bas de l'&#233;chelle, la fonction publique devait &#234;tre assur&#233;e pour des salaires d'ouvriers. Les b&#233;n&#233;fices d'usage et les indemnit&#233;s de repr&#233;sentation des hauts dignitaires de l'Etat disparurent avec ces hauts dignitaires eux-m&#234;mes... Une fois abolies l'arm&#233;e permanente et la police, instruments du pouvoir mat&#233;riel de l'ancien gouvernement, la Commune se donna pour t&#226;che de briser l'outil spirituel de l'oppression, le &#034;pouvoir des pr&#234;tres&#034;... Les fonctionnaires de la justice furent d&#233;pouill&#233;s de leur feinte ind&#233;pendance... ils devaient &#234;tre &#233;lectifs, responsables et r&#233;vocables.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la Commune semblait avoir remplac&#233; la machine d'Etat bris&#233;e en instituant une d&#233;mocratie &#034;simplement&#034; plus compl&#232;te : suppression de l'arm&#233;e permanente, &#233;lectivit&#233; et r&#233;vocabilit&#233; de tous les fonctionnaires sans exception. Or, en r&#233;alit&#233;, ce &#034;simplement&#034; repr&#233;sente une oeuvre gigantesque : le remplacement d'institutions par d'autres fonci&#232;rement diff&#233;rentes. C'est l&#224; justement un cas de &#034;transformation de la quantit&#233; en qualit&#233;&#034; : r&#233;alis&#233;e de cette fa&#231;on, aussi pleinement et aussi m&#233;thodiquement qu'il est possible de le concevoir, la d&#233;mocratie, de bourgeoise, devient prol&#233;tarienne ; d'Etat (=pouvoir sp&#233;cial destin&#233; &#224; mater une classe d&#233;termin&#233;e), elle se transforme en quelque chose qui n'est plus, &#224; proprement parler, un Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mater la bourgeoisie et briser sa r&#233;sistance n'en reste pas moins une n&#233;cessit&#233;. Cette n&#233;cessit&#233; s'imposait particuli&#232;rement &#224; la Commune, et l'une des causes de sa d&#233;faite est qu'elle ne l'a pas fait avec assez de r&#233;solution. Mais ici, l'organisme de r&#233;pression est la majorit&#233; de la population et non plus la minorit&#233;, ainsi qu'avait toujours &#233;t&#233; le cas au temps de l'esclavage comme au temps du servage et de l'esclavage salari&#233;. Or, du moment que c'est la majorit&#233; du peuple qui mate elle-m&#234;me ses oppresseurs, il n'est plus besoin d'un &#034;pouvoir sp&#233;cial&#034; de r&#233;pression ! C'est en ce sens que l'Etat commence &#224; s'&#233;teindre. Au lieu d'institutions sp&#233;ciales d'une minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e (fonctionnaires privil&#233;gi&#233;s, chefs de l'arm&#233;e permanente), la majorit&#233; elle-m&#234;me peut s'acquitter directement de ces t&#226;ches ; et plus les fonctions du pouvoir d'Etat sont exerc&#233;es par l'ensemble du peuple, moins ce pouvoir devient n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet &#233;gard, une des mesures prises par la Commune, et que Marx fait ressortir, est particuli&#232;rement remarquable : suppression de toutes les indemnit&#233;s de repr&#233;sentation, de tous les privil&#232;ges p&#233;cuniaires attach&#233;s au corps des fonctionnaires, r&#233;duction des traitements de tous les fonctionnaires au niveau des &#034;salaires d'ouvriers &#034;. C'est l&#224; justement qu'appara&#238;t avec le plus de relief le tournant qui s'op&#232;re de la d&#233;mocratie bourgeoise &#224; la d&#233;mocratie prol&#233;tarienne, de la d&#233;mocratie des oppresseurs &#224; la d&#233;mocratie des classes opprim&#233;es, de l'Etat en tant que &#034;pouvoir sp&#233;cial &#034; destin&#233; &#224; mater une classe d&#233;termin&#233;e &#224; la r&#233;pression exerc&#233;e sur les oppresseurs par le pouvoir g&#233;n&#233;ral de la majorit&#233; du peuple, des ouvriers et des paysans. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment sur ce point, particuli&#232;rement frappant et le plus important peut-&#234;tre en ce qui concerne la question de l'Etat, que les enseignements de Marx sont le plus oubli&#233;s ! Les commentaires de vulgarisation - ils sont innombrables - n'en parlent pas. Il est &#034;d'usage&#034; de taire cela comme une &#034;na&#239;vet&#233;&#034; qui a fait son temps, &#224; la mani&#232;re des chr&#233;tiens qui, une fois leur culte devenu religion d'Etat, ont &#034;oubli&#233;&#034; les &#034;na&#239;vet&#233;s&#034; du christianisme primitif avec son esprit r&#233;volutionnaire d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction du traitement des hauts fonctionnaires de l'Etat appara&#238;t &#034;simplement&#034; comme la revendication d'un d&#233;mocratisme na&#239;f, primitif. Un des &#034;fondateurs&#034; de l'opportunisme moderne, l'ex-social-d&#233;mocrate Ed. Bernstein, s'est maintes fois exerc&#233; &#224; r&#233;p&#233;ter les plates railleries bourgeoises contre le d&#233;mocratisme &#034;primitif&#034;. Comme tous les opportunistes, comme les kautskistes de nos jours, il n'a pas du tout compris, premi&#232;rement, qu'il est impossible de passer du capitalisme au socialisme sans un certain &#034;retour&#034; au d&#233;mocratisme &#034;primitif&#034; (car enfin, comment s'y prendre autrement pour faire en sorte que les fonctions de l'Etat soient exerc&#233;es par la majorit&#233;, par la totalit&#233; de la population ?) et, deuxi&#232;mement, que le &#034;d&#233;mocratisme primitif&#034; bas&#233; sur le capitalisme et la culture capitaliste n'est pas le d&#233;mocratisme primitif des &#233;poques anciennes ou pr&#233;capitalistes. La culture capitaliste a cr&#233;&#233; la grande production, les fabriques, les chemins de fer, la poste, le t&#233;l&#233;phone, etc. Et, sur cette base l'immense majorit&#233; des fonctions du vieux &#034;pouvoir d'Etat&#034; se sont tellement simplifi&#233;es, et peuvent &#234;tre r&#233;duites &#224; de si simples op&#233;rations d'enregistrement, d'inscription, de contr&#244;le, qu'elles seront parfaitement &#224; la port&#233;e de toute personne pourvue d'une instruction primaire, qu'elles pourront parfaitement &#234;tre exerc&#233;es moyennant un simple &#034;salaire d'ouvrier&#034; ; ainsi l'on peut (et l'on doit) enlever &#224; ces fonctions tout caract&#232;re privil&#233;gi&#233;, &#034;hi&#233;rarchique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Electivit&#233; compl&#232;te, r&#233;vocabilit&#233; &#224; tout moment de tous les fonctionnaires sans exception, r&#233;duction de leurs traitements au niveau d'un normal &#034;salaire d'ouvrier&#034;, ces mesures d&#233;mocratiques simples et &#034;allant de soi&#034;, qui rendent parfaitement solidaires les int&#233;r&#234;ts des ouvriers et de la majorit&#233; des paysans, servent en m&#234;me temps de passerelle conduisant du capitalisme au socialisme. Ces mesures concernent la r&#233;organisation de l'Etat, la r&#233;organisation purement politique de la soci&#233;t&#233;, mais elles ne prennent naturellement tout leur sens et toute leur valeur que rattach&#233;es &#224; la r&#233;alisation ou &#224; la pr&#233;paration de l'&#034;expropriation des expropriateurs&#034;, c'est-&#224;-dire avec la transformation de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e capitaliste des moyens de production en propri&#233;t&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La Commune, &#233;crivait Marx, a r&#233;alis&#233; ce mot d'ordre de toutes les r&#233;volutions bourgeoises, le gouvernement &#224; bon march&#233;, en abolissant ces deux grandes sources de d&#233;penses : l'arm&#233;e permanente et le fonctionnarisme d'Etat.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule une infime minorit&#233; de la paysannerie ainsi que des autres couches de la petite bourgeoisie s'&#034;&#233;l&#232;ve&#034;, &#034;arrive&#034; au sens bourgeois du mot, c'est-&#224;-dire que seuls quelques individus deviennent ou des gens ais&#233;s, des bourgeois, ou des fonctionnaires nantis et privil&#233;gi&#233;s. L'immense majorit&#233; des paysans, dans tout pays capitaliste o&#249; il existe une paysannerie (et ces pays sont en majorit&#233;), sont opprim&#233;s par le gouvernement et aspirent &#224; le renverser ; ils aspirent &#224; un gouvernement &#034;&#224; bon march&#233;&#034;. Le prol&#233;tariat peut seul, s'acquitter de cette t&#226;che et, en l'ex&#233;cutant, il fait du m&#234;me coup un pas vers la r&#233;organisation socialiste de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. SUPPRESSION DU PARLEMENTARISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La Commune, &#233;crivait Marx, devait &#234;tre non pas un organisme parlementaire, mais un corps agissant, ex&#233;cutif et l&#233;gislatif &#224; la fois.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Au lieu de d&#233;cider une fois tous les trois ou six ans quel membre de la classe dirigeante &#034;devait repr&#233;senter&#034; et fouler aux pieds [ver-und zertreten] le peuple au Parlement, le suffrage universel devait servir au peuple constitu&#233; en communes, comme le suffrage individuel sert &#224; tout autre employeur en qu&#234;te d'ouvriers, de surveillants, de comptables pour ses entreprises.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette remarquable critique du parlementarisme, formul&#233;e en 1871, est elle aussi aujourd'hui, du fait de la domination du social-chauvinisme et de l'opportunisme, au nombre des &#034;paroles oubli&#233;es&#034; du marxisme. Les ministres et les parlementaires de profession, les tra&#238;tres au prol&#233;tariat et les socialistes &#034;pratiques&#034; d'&#224; pr&#233;sent ont enti&#232;rement laiss&#233; aux anarchistes le soin de critiquer le parlementarisme ; et, pour cette raison d'une logique surprenante, ils qualifient d'&#034;anarchiste&#034; toute critique du parlementarisme ! ! On ne saurait s'&#233;tonner que le prol&#233;tariat des pays parlementaires &#034;avanc&#233;s&#034;, &#233;coeur&#233; &#224; la vue de &#034;socialistes&#034; tels que les Scheidemann, David, Legien, Sembat, Renaudel, Henderson, Vandervelde, Stauning, Branting, Bissolati et Cie, ait de plus en plus souvent accord&#233; ses sympathies &#224; l'anarcho-syndicalisme, encore que celui-ci soit le fr&#232;re jumeau de l'opportunisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour Marx, la dialectique r&#233;volutionnaire n'a jamais &#233;t&#233; cette vaine phras&#233;ologie &#224; la mode, ce hochet qu'en ont fait Pl&#233;khanov, Kautsky et les autres. Marx a su rompre impitoyablement avec l'anarchisme pour son impuissance &#224; utiliser m&#234;me l'&#034;&#233;curie&#034; du parlementarisme bourgeois, surtout lorsque la situation n'est manifestement pas r&#233;volutionnaire ; mais il a su, en m&#234;me temps, donner une critique v&#233;ritablement prol&#233;tarienne et r&#233;volutionnaire du parlementarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cider p&#233;riodiquement, pour un certain nombre d'ann&#233;es, quel membre de la classe dirigeante foulera aux pieds, &#233;crasera le peuple au Parlement, telle est l'essence v&#233;ritable du parlementarisme bourgeois, non seulement dans les monarchies constitutionnelles parlementaires, mais encore dans les r&#233;publiques les plus d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si l'on pose la question de l'Etat, si l'on consid&#232;re le parlementarisme comme une de ses institutions, du point de vue des t&#226;ches du prol&#233;tariat dans ce domaine, quel est donc le moyen de sortir du parlementarisme ? Comment peut-on s'en passer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force nous est de le dire et redire encore : les enseignements de Marx, fond&#233;s sur l'&#233;tude de la Commune, sont si bien oubli&#233;s que le &#034;social-d&#233;mocrate&#034; actuel (lisez : l'actuel tra&#238;tre au socialisme) est tout simplement incapable de concevoir une autre critique du parlementarisme que la critique anarchiste ou r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le moyen de sortir du parlementarisme ne consiste pas &#224; d&#233;truire les organismes repr&#233;sentatifs et le principe &#233;lectif, mais &#224; transformer ces moulins &#224; paroles que sont les organismes repr&#233;sentatifs en assembl&#233;es &#034;agissantes&#034;. &#034;La Commune devait &#234;tre non pas un organisme parlementaire, mais un corps agissant, ex&#233;cutif et l&#233;gislatif &#224; la fois.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un organisme &#034;non parlementaire mais agissant&#034;, voil&#224; qui s'adresse on ne peut plus directement aux parlementaires modernes et aux &#034;toutous&#034; parlementaires de la social-d&#233;mocratie ! Consid&#233;rez n'importe quel pays parlementaire, depuis l'Am&#233;rique jusqu'&#224; la Suisse, depuis la France jusqu'&#224; l'Angleterre, la Norv&#232;ge, etc., la v&#233;ritable besogne d'&#034;Etat&#034; se fait dans la coulisse ; elle est ex&#233;cut&#233;e par les d&#233;partements, les chancelleries, les &#233;tats-majors. Dans le parlements, on ne fait que bavarder, &#224; seule fin de duper le &#034;bon peuple&#034;. Cela est si vrai que, m&#234;me dans la R&#233;publique russe, r&#233;publique d&#233;mocratique bourgeoise, tous ces vices du parlementarisme sont apparus aussit&#244;t, avant m&#234;me qu'elle ait eu le temps de constituer un v&#233;ritable parlement. Les h&#233;ros du philistinisme pourri - les Skob&#233;lev et les Ts&#233;r&#233;t&#233;li, les Tchernov et les Avksentiev - ont r&#233;ussi &#224; gangrener jusqu'aux Soviets, dont ils ont fait de st&#233;riles moulins &#224; paroles sur le mod&#232;le du plus &#233;coeurant parlementarisme bourgeois. Dans les Soviets, messieurs les ministres &#034;socialistes&#034; dupent les moujiks cr&#233;dules par leur phras&#233;ologie et leurs r&#233;solutions. Au sein du gouvernement, c'est un quadrille permanent, d'une part, pour faire asseoir &#224; tour de r&#244;le, autour de l'&#034;assiette au beurre&#034;, des sin&#233;cures lucratives et honorifiques, le plus possible de socialistes-r&#233;volutionnaires et de mench&#233;viks ; d'autre part, pour &#034;distraire l'attention&#034; du peuple. Pendant ce temps, dans les chancelleries, dans les &#233;tats-majors, on &#034;fait&#034; le travail &#034;d'Etat&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Di&#233;lo Naroda , organe des &#034;socialistes-r&#233;volutionnaires&#034;, parti dirigeant, avouait r&#233;cemment dans un &#233;ditorial, avec cette incomparable franchise des gens de la &#034;bonne soci&#233;t&#233;&#034;, o&#249; &#034;tous&#034; se livrent &#224; la prostitution politique, que m&#234;me dans les minist&#232;res appartenant aux &#034;socialistes&#034; (passez-moi le mot !), que m&#234;me l&#224; tout le vieil appareil bureaucratique reste en gros le m&#234;me, fonctionne comme par le pass&#233; et sabote en toute &#034;libert&#233;&#034; les mesures r&#233;volutionnaires ! Mais m&#234;me sans cet aveu, l'histoire de la participation des socialistes-r&#233;volutionnaires et des mench&#233;viks au gouvernement n'apporte-t-elle pas la preuve concr&#232;te qu'il en est ainsi ? Ce qui est caract&#233;ristique, en l'occurrence, c'est que, si&#233;geant au minist&#232;re en compagnie des cadets, MM. Tchernov, Roussanov, Zenzinov et autres r&#233;dacteurs du Di&#233;lo Naroda poussent l'impudence jusqu'&#224; raconter en public et sans rougir, comme une chose sans cons&#233;quence, que &#034;chez eux&#034;, dans leurs minist&#232;res, tout marche comme par le pass&#233; ! ! Phras&#233;ologie d&#233;mocratique r&#233;volutionnaire pour duper Jacques Bonhomme, bureaucratisme et paperasserie pour &#034;combler d'aise&#034; les capitalistes : voil&#224; l'essence de l'&#034;honn&#234;te&#034; coalition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au parlementarisme v&#233;nal, pourri jusqu'&#224; la moelle, de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, la Commune substitue des organismes o&#249; la libert&#233; d'opinion et de discussion ne d&#233;g&#233;n&#232;re pas en duperie, car les parlementaires doivent travailler eux-m&#234;mes, appliquer eux-m&#234;mes leurs lois, en v&#233;rifier eux-m&#234;mes les effets, en r&#233;pondre eux-m&#234;mes directement devant leurs &#233;lecteurs. Les organismes repr&#233;sentatifs demeurent, mais le parlementarisme comme syst&#232;me sp&#233;cial, comme division du travail l&#233;gislatif et ex&#233;cutif, comme situation privil&#233;gi&#233;e pour les d&#233;put&#233;s, n'est plus. Nous ne pouvons concevoir une d&#233;mocratie, m&#234;me une d&#233;mocratie prol&#233;tarienne, sans organismes repr&#233;sentatifs : mais nous pouvons et devons la concevoir sans parlementarisme, si la critique de la soci&#233;t&#233; bourgeoise n'est pas pour nous un vain mot, si notre volont&#233; de renverser la domination de la bourgeoisie est une volont&#233; s&#233;rieuse et sinc&#232;re et non une phrase &#034;&#233;lectorale&#034; destin&#233;e &#224; capter les voix des ouvriers, comme chez les mench&#233;viks et les socialistes-r&#233;volutionnaires, chez les Scheidemann et les Legien, les Sembat et les Vandervelde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est extr&#234;mement symptomatique que, parlant des fonctions de ce personnel administratif qu'il faut &#224; la Commune comme &#224; la d&#233;mocratie prol&#233;tarienne, Marx prenne comme terme de comparaison le personnel &#034;de tout autre employeur&#034;, c'est-&#224;-dire une entreprise capitaliste ordinaire avec ses &#034;ouvriers, surveillants et comptables&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas un grain d'utopisme chez Marx ; il n'invente pas, il n'imagine pas de toutes pi&#232;ces une soci&#233;t&#233; &#034;nouvelle&#034;. Non, il &#233;tudie, comme un processus d'histoire naturelle, la naissance de la nouvelle soci&#233;t&#233; &#224; partir de l'ancienne, les formes de transition de celle-ci &#224; celle-l&#224;. Il prend l'exp&#233;rience concr&#232;te du mouvement prol&#233;tarien de masse et s'efforce d'en tirer des le&#231;ons pratiques. Il &#034;se met &#224; l'&#233;cole&#034; de la Commune, de m&#234;me que tous les grands penseurs r&#233;volutionnaires n'h&#233;sit&#232;rent pas &#224; se mettre &#224; l'&#233;cole des grands mouvements de la classe opprim&#233;e, sans jamais les aborder du point de vue d'une &#034;morale&#034; p&#233;dantesque (comme Pl&#233;khanov disant : &#034;Il ne fallait pas prendre les armes&#034;, ou Ts&#233;r&#233;t&#233;li : &#034;Une classe doit savoir borner elle-m&#234;me ses aspirations&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne saurait &#234;tre question de supprimer d'embl&#233;e, partout et compl&#232;tement, le fonctionnarisme. C'est une utopie. Mais briser d'embl&#233;e la vieille machine administrative pour commencer sans d&#233;lai &#224; en construire une nouvelle, permettant de supprimer graduellement tout fonctionnarisme, cela n'est pas une utopie, c'est l'exp&#233;rience de la Commune, c'est la t&#226;che urgente, imm&#233;diate, du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme simplifie les fonctions administratives &#034;&#233;tatiques&#034; ; il permet de rejeter les &#034;m&#233;thodes de commandement&#034; et de tout ramener &#224; une organisation des prol&#233;taires (classe dominante) qui embauche, au nom de toute la soci&#233;t&#233;, &#034;des ouvriers, des surveillants, des comptables&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas des utopistes. Nous ne &#034;r&#234;vons&#034; pas de nous passer d'embl&#233;e de toute administration, de toute subordination ; ces r&#234;ves anarchistes, fond&#233;s sur l'incompr&#233;hension des t&#226;ches qui incombent &#224; la dictature du prol&#233;tariat, sont fonci&#232;rement &#233;trangers au marxisme et ne servent en r&#233;alit&#233; qu'&#224; diff&#233;rer la r&#233;volution socialiste jusqu'au jour o&#249; les hommes auront chang&#233;. Nous, nous voulons la r&#233;volution socialiste avec les hommes tels qu'ils sont aujourd'hui, et qui ne se passeront pas de subordination, de contr&#244;le, &#034;surveillants et de comptables&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est au prol&#233;tariat, avant-garde arm&#233;e de tous les exploit&#233;s et de tous les travailleurs, qu'il faut se subordonner. On peut et on doit d&#232;s &#224; pr&#233;sent, du jour au lendemain, commencer &#224; remplacer les &#034;m&#233;thodes de commandement&#034; propres aux fonctionnaires publics par le simple exercice d'une &#034;surveillance et d'une comptabilit&#233;&#034;, fonctions toutes simples qui, d&#232;s aujourd'hui, sont parfaitement &#224; la port&#233;e de la g&#233;n&#233;ralit&#233; des citadins, et dont ils peuvent parfaitement s'acquitter pour des &#034;salaires d'ouvriers&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est nous-m&#234;mes, les ouvriers, qui organiserons la grande production en prenant pour point de d&#233;part ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par le capitalisme, en nous appuyant sur notre exp&#233;rience ouvri&#232;re, en instituant une discipline rigoureuse, une discipline de fer maintenue par le pouvoir d'Etat des ouvriers arm&#233;s ; nous r&#233;duirons les fonctionnaires publics au r&#244;le de simples agents d'ex&#233;cution de nos directives, au r&#244;le &#034;de surveillants et de comptables&#034;, responsables, r&#233;vocables et modestement r&#233;tribu&#233;s (tout en conservant, bien entendu, les sp&#233;cialistes de tout genre, de toute esp&#232;ce et de tout rang) : voil&#224; notre t&#226;che prol&#233;tarienne, voil&#224; par quoi l'on peut et l'on doit commencer en accomplissant la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Ces premi&#232;res mesures, fond&#233;es sur la grande production, conduisent d'elles-m&#234;mes &#224; l'&#034;extinction&#034; graduelle de tout fonctionnarisme, &#224; l'&#233;tablissement graduel d'un ordre - sans guillemets et ne ressemblant point &#224; l'esclavage salari&#233; - o&#249; les fonctions de plus en plus simplifi&#233;es de surveillance et de comptabilit&#233; seront remplies par tout le monde &#224; tour de r&#244;le, pour ensuite devenir une habitude et dispara&#238;tre enfin en tant que fonctions sp&#233;ciales d'une cat&#233;gorie sp&#233;ciale d'individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un spirituel social-d&#233;mocrate allemand des ann&#233;es 70 a dit de la poste qu'elle &#233;tait un mod&#232;le d'entreprise socialiste. Rien n'est plus juste. La poste est actuellement une entreprise organis&#233;e sur le mod&#232;le du monopole capitaliste d'Etat. L'imp&#233;rialisme transforme progressivement tous les trusts en organisations de ce type. Les &#034;simples&#034; travailleurs, accabl&#233;s de besogne et affam&#233;s, y restent soumis &#224; la m&#234;me bureaucratie bourgeoise. Mais le m&#233;canisme de gestion sociale y est d&#233;j&#224; tout pr&#234;t. Une fois les capitalistes renvers&#233;s, la r&#233;sistance de ces exploiteurs mat&#233;e par la main de fer des ouvriers en armes, la machine bureaucratique de l'Etat actuel bris&#233;e, nous avons devant nous un m&#233;canisme admirablement outill&#233; au point de vue technique, affranchi de &#034;parasitisme&#034;, et que les ouvriers associ&#233;s peuvent fort bien mettre en marche eux-m&#234;mes en embauchant des techniciens, des surveillants, des comptables, en r&#233;tribuant leur travail &#224; tous, de m&#234;me que celui de tous les fonctionnaires &#034;publics&#034;, par un salaire d'ouvrier. Telle est la t&#226;che concr&#232;te, pratique, imm&#233;diatement r&#233;alisable &#224; l'&#233;gard de tous les trusts, et qui affranchit les travailleurs de l'exploitation en tenant compte de l'exp&#233;rience d&#233;j&#224; commenc&#233;e pratiquement par la Commune (surtout dans le domaine de l'organisation de l'Etat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'&#233;conomie nationale organis&#233;e comme la poste, de fa&#231;on que les techniciens, les surveillants, les comptables re&#231;oivent, comme tous les fonctionnaires, un traitement n'exc&#233;dant pas des &#034;salaires d'ouvriers&#034;, sous le contr&#244;le et la direction du prol&#233;tariat arm&#233; : tel est notre but imm&#233;diat. Voil&#224; l'Etat dont nous avons besoin, et sa base &#233;conomique. Voil&#224; ce que donneront la suppression du parlementarisme et le maintien des organismes repr&#233;sentatifs, - voil&#224; ce qui d&#233;barrassera les classes laborieuses de la corruption de ces organismes par la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. ORGANISATION DE L'UNITE DE LA NATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Dans une br&#232;ve esquisse d'organisation nationale que la Commune n'eut pas le temps de d&#233;velopper, il est dit express&#233;ment que la Commune devait &#234;tre la forme politique m&#234;me des plus petits hameaux de campagne...&#034; Ce sont les Communes qui auraient &#233;galement &#233;lu la &#034;d&#233;l&#233;gation nationale&#034; de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les fonctions, peu nombreuses, mais importantes, qui restaient encore &#224; un gouvernement central, ne devaient pas &#234;tre supprim&#233;es, comme on l'a dit faussement, de propos d&#233;lib&#233;r&#233;, mais devaient &#234;tre confi&#233;es &#224; des&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;fonctionnaires communaux, autrement dit strictement responsables&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'unit&#233; de la nation ne devait pas &#234;tre bris&#233;e, mais au contraire organis&#233;e par la Constitution communale ; elle devait devenir une r&#233;alit&#233; gr&#226;ce &#224; la destruction du pouvoir d'Etat qui pr&#233;tendait &#234;tre l'incarnation de cette unit&#233;, mais voulait &#234;tre ind&#233;pendant de la nation m&#234;me, et sup&#233;rieur &#224; elle, alors qu'il n'en &#233;tait qu'une excroissance parasitaire. Tandis qu'il importait d'amputer les organes purement r&#233;pressifs de l'ancien pouvoir gouvernemental, ses fonctions l&#233;gitimes devaient &#234;tre arrach&#233;es &#224; une autorit&#233; qui pr&#233;tendait se placer au-dessus de la soci&#233;t&#233;, et rendues aux serviteurs responsables de la soci&#233;t&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quel point les opportunistes de la social-d&#233;mocratie contemporaine n'ont pas compris - il serait peut-&#234;tre plus juste de dire : n'ont pas voulu comprendre-ces consid&#233;rations de Marx - c'est ce que montre on ne peut mieux le livre : Les Pr&#233;misses du socialisme et les t&#226;ches de le social-d&#233;mocratie, par lequel le ren&#233;gat Bernstein s'est acquis une c&#233;l&#233;brit&#233; &#224; la mani&#232;re d'Erostrate. Pr&#233;cis&#233;ment &#224; propos du passage de Marx, que nous venons de citer, Bernstein &#233;crivait que ce programme, &#034;par son contenu politique, accuse, dans tous ses traits essentiels, une ressemblance frappante avec le f&#233;d&#233;ralisme de Proudhon... En d&#233;pit de toutes les divergences existant, par ailleurs, entre Marx et le &#034;petit-bourgeois&#034; Proudhon (Bernstein &#233;crit &#034;petit-bourgeois&#034; entre guillemets, entendant y mettre de l'ironie), leur fa&#231;on de voir est sur ces points, semblable au possible&#034;. Sans doute, continue Bernstein, l'importance des municipalit&#233;s grandit, mais &#034;il me para&#238;t douteux que la premi&#232;re t&#226;che de la d&#233;mocratie soit cette suppression (&#034;Aufl&#246;sung&#034;, litt&#233;ralement : dissolution au sens propre comme au sens figur&#233;) des Etats modernes et ce changement complet (Umwandlung, m&#233;tamorphose) de leur organisation qu'imaginent Marx et Proudhon : formation d'une assembl&#233;e nationale de d&#233;l&#233;gu&#233;s des assembl&#233;es provinciales ou d&#233;partementales, lesquelles se composeraient &#224; leur tour de d&#233;l&#233;gu&#233;s des communes, de sorte que toute la forme ant&#233;rieure des repr&#233;sentations nationales dispara&#238;trait compl&#232;tement.&#034; (Bernstein, ouvr. cit&#233;, pp. 134 et 136, &#233;dit. allemande de 1899).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui est tout simplement monstrueux : confondre les vues de Marx sur la &#034;destruction du pouvoir d'Etat parasite&#034; avec le f&#233;d&#233;ralisme de Proudhon ! Mais ce n'est pas un effet du hasard, car il ne vient m&#234;me pas &#224; l'id&#233;e de l'opportuniste que Marx, loin de traiter ici du f&#233;d&#233;ralisme par opposition au centralisme, parle de la d&#233;molition de la vieille machine d'Etat bourgeoise existant dans tous les pays bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne vient &#224; l'id&#233;e de l'opportuniste que ce qu'il voit autour de lui, dans son milieu de philistinisme petit-bourgeois et de stagnation &#034;r&#233;formiste&#034;, &#224; savoir, uniquement les &#034;municipalit&#233;s&#034; ! Quant &#224; la r&#233;volution du prol&#233;tariat, l'opportuniste a d&#233;sappris m&#234;me d'y penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est ridicule. Mais il est remarquable que, sur ce point, on n'ait pas discut&#233; avec Bernstein. Beaucoup l'ont r&#233;fut&#233;, en particulier Pl&#233;khanov parmi les auteurs russes, et Kautsky parmi les auteurs d'Europe occidentale ; cependant, ni l'un ni l'autre n'ont rien dit de cette d&#233;formation de Marx par Bernstein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opportuniste a si bien d&#233;sappris &#224; penser r&#233;volutionnairement et &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la r&#233;volution qu'il voit du &#034;f&#233;d&#233;ralisme&#034; chez Marx, ainsi confondu avec le fondateur de l'anarchisme, Proudhon. Et Kautsky, et Pl&#233;khanov, qui pr&#233;tendent &#234;tre des marxistes orthodoxes et vouloir d&#233;fendre la doctrine du marxisme r&#233;volutionnaire, se taisent l&#224;-dessus. On d&#233;couvre ici l'une des racines de cette extr&#234;me indigence de vues sur la diff&#233;rence entre le marxisme et l'anarchisme, qui caract&#233;rise les kautskistes aussi bien que les opportunistes et dont nous aurons encore &#224; parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les consid&#233;rations d&#233;j&#224; cit&#233;es de Marx sur l'exp&#233;rience de la Commune, il n'y a pas trace de f&#233;d&#233;ralisme. Marx s'accorde avec Proudhon pr&#233;cis&#233;ment sur un point que l'opportuniste Bernstein n'aper&#231;oit pas. Marx est en d&#233;saccord avec Proudhon pr&#233;cis&#233;ment l&#224; o&#249; Bernstein les voit s'accorder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx s'accorde avec Proudhon en ce sens que tous deux sont pour la &#034;d&#233;molition&#034; de la machine d'Etat actuelle. Cette similitude du marxisme avec l'anarchisme (avec Proudhon comme avec Bakounine), ni les opportunistes, ni les kautskistes ne veulent l'apercevoir, car, sur ce point, ils se sont &#233;loign&#233;s du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx est en d&#233;saccord et avec Proudhon et avec Bakounine pr&#233;cis&#233;ment &#224; propos du f&#233;d&#233;ralisme (sans parler de la dictature du prol&#233;tariat). Les principes du f&#233;d&#233;ralisme d&#233;coulent des conceptions petites-bourgeoises de l'anarchisme. Marx est centraliste. Et, dans les passages cit&#233;s de lui, il n'existe pas la moindre d&#233;rogation au centralisme. Seuls des gens imbus d'une &#034;foi superstitieuse&#034; petite-bourgeoise en l'Etat peuvent prendre la destruction de la machine bourgeoise pour la destruction du centralisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le prol&#233;tariat et la paysannerie pauvre prennent en main le pouvoir d'Etat, s'organisent en toute libert&#233; au sein des communes et unissent l'action de toutes les communes pour frapper le Capital, &#233;craser la r&#233;sistance des capitalistes, remettre &#224; toute la nation, &#224; toute la soci&#233;t&#233;, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des chemins de fer, des fabriques, de la terre, etc., ne sera-ce pas l&#224; du centralisme ? Ne sera-ce pas l&#224; le centralisme d&#233;mocratique le plus cons&#233;quent et, qui plus est, un centralisme prol&#233;tarien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernstein est tout simplement incapable de concevoir la possibilit&#233; d'un centralisme librement consenti, d'une libre union des communes en nation, d'une fusion volontaire des communes prol&#233;tariennes en vue de d&#233;truire la domination bourgeoise et la machine d'Etat bourgeoise. Comme tout philistin, Bernstein se repr&#233;sente le centralisme comme une chose qui ne peut &#234;tre impos&#233;e et maintenue que d'en haut, par la bureaucratie et le militarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme s'il avait pr&#233;vu la possibilit&#233; d'une d&#233;formation de sa doctrine, Marx souligne &#224; dessein que c'est commettre sciemment un faux que d'accuser la Commune d'avoir voulu d&#233;truire l'unit&#233; de la nation et supprimer le pouvoir central. Marx emploie intentionnellement cette expression : &#034;organiser l'unit&#233; de la nation&#034;, pour opposer le centralisme prol&#233;tarien conscient, d&#233;mocratique, au centralisme bourgeois, militaire, bureaucratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais... il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Et les opportunistes de la social-d&#233;mocratie contemporaine ne veulent justement pas entendre parler de la destruction du pouvoir d'Etat, de l'amputation de ce parasite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. DESTRUCTION DE L'ETAT PARASITE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; cit&#233; les passages correspondants de Marx sur ce point ; nous allons les compl&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;C'est en g&#233;n&#233;ral le sort des formations historiques enti&#232;rement nouvelles, &#233;crivait Marx, d'&#234;tre prises &#224; tort pour la r&#233;plique de formes plus anciennes, et m&#234;me &#233;teintes, de la vie sociale, avec lesquelles elles peuvent offrir une certaine ressemblance. Ainsi, dans cette nouvelle Commune, qui brise [bricht] le pouvoir d'Etat moderne, on a voulu voir un rappel &#224; la vie des communes m&#233;di&#233;vales... une f&#233;d&#233;ration de petits Etats, conforme aux r&#234;ves de Montesquieu et des Girondins... une forme excessive de la vieille lutte contre la surcentralisation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La Constitution communale aurait restitu&#233; au corps social toutes les forces jusqu'alors absorb&#233;es par l'Etat parasite qui se nourrit sur la soci&#233;t&#233; et en paralyse le libre mouvement. Par ce seul fait, elle e&#251;t &#233;t&#233; le point de d&#233;part de la r&#233;g&#233;n&#233;ration de la France...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;...la Constitution communale aurait mis les producteurs ruraux sous la direction intellectuelle des chefs-lieux de d&#233;partement et leur y e&#251;t assur&#233;, chez les ouvriers des villes, les d&#233;positaires naturels de leurs int&#233;r&#234;ts. L'existence m&#234;me de la Commune impliquait, comme quelque chose d'&#233;vident, l'autonomie municipale ; mais elle n'&#233;tait plus dor&#233;navant un contrepoids au pouvoir d'Etat, d&#233;sormais superflu.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Destruction du pouvoir d'Etat&#034;, cette &#034;excroissance parasitaire&#034; ; &#034;amputation&#034;, &#034;d&#233;molition&#034; de ce pouvoir ; &#034;le pouvoir d'Etat d&#233;sormais aboli&#034; - c'est en ces termes que Marx, jugeant et analysant l'exp&#233;rience de la Commune, parle de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci fut &#233;crit il y a moins d'un demi-si&#232;cle, et il faut aujourd'hui se livrer &#224; de v&#233;ritables fouilles pour retrouver et faire p&#233;n&#233;trer dans la conscience des larges masses un marxisme non frelat&#233;. Les conclusions tir&#233;es par Marx de ses observations sur la derni&#232;re grande r&#233;volution qu'il ait v&#233;cue ont &#233;t&#233; oubli&#233;es juste au moment o&#249; s'ouvrait une nouvelle &#233;poque de grandes r&#233;volutions du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La multiplicit&#233; des interpr&#233;tations auxquelles la Commune a &#233;t&#233; soumise, et la multiplicit&#233; des int&#233;r&#234;ts qui se sont r&#233;clam&#233;s d'elle montrent que c'&#233;tait une forme politique tout &#224; fait susceptible d'expansion, tandis que toutes les formes ant&#233;rieures de gouvernement avaient &#233;t&#233; essentiellement r&#233;pressives. Son v&#233;ritable secret, le voici : c'&#233;tait essentiellement un gouvernement de la classe ouvri&#232;re, le r&#233;sultat de la lutte de la classe des producteurs contre la classe des appropriateurs, la forme politique enfin trouv&#233;e qui permettait de r&#233;aliser l'&#233;mancipation &#233;conomique du Travail.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Sans cette derni&#232;re condition, la Constitution communale e&#251;t &#233;t&#233; une impossibilit&#233; et un leurre.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les utopistes se sont efforc&#233;s de &#034;d&#233;couvrir&#034; les formes politiques sous lesquelles devait s'op&#233;rer la r&#233;organisation socialiste de la soci&#233;t&#233;. Les anarchistes ont &#233;lud&#233; en bloc la question des formes politiques. Les opportunistes de la social-d&#233;mocratie contemporaine ont accept&#233; les formes politiques bourgeoises de l'Etat d&#233;mocratique parlementaire comme une limite que l'on ne saurait franchir et ils se sont fendu le front &#224; se prosterner devant ce &#034;mod&#232;le&#034;, en taxant d'anarchisme toute tentative de briser ces formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute l'histoire du socialisme et de la lutte politique, Marx a d&#233;duit que l'Etat devra dispara&#238;tre et que la forme transitoire de sa disparition (passage de l'Etat au non-Etat) sera &#034;le prol&#233;tariat organis&#233; en classe dominante&#034;. Quant aux formes politiques de cet avenir, Marx n'a pas pris sur lui de les d&#233;couvrir. Il s'est born&#233; &#224; observer exactement l'histoire de la France, &#224; l'analyser et &#224; tirer la conclusion &#224; laquelle l'a conduit l'ann&#233;e 1851 : les choses s'orientent vers la destruction de la machine d'Etat bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand &#233;clata le mouvement r&#233;volutionnaire de masse du prol&#233;tariat, malgr&#233; l'&#233;chec de ce mouvement, malgr&#233; sa courte dur&#233;e et sa faiblesse &#233;vidente, Marx se mit &#224; &#233;tudier les formes qu'il avait r&#233;v&#233;l&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commune est la forme, &#034;enfin trouv&#233;e&#034; par la r&#233;volution prol&#233;tarienne, qui permet de r&#233;aliser l'&#233;mancipation &#233;conomique du Travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commune est la premi&#232;re tentative faite par la r&#233;volution prol&#233;tarienne pour briser la machine d'Etat bourgeoise ; elle est la forme politique &#034;enfin trouv&#233;e&#034; par quoi l'on peut et l'on doit remplacer ce qui a &#233;t&#233; bris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous verrons plus loin que les r&#233;volutions russes de 1905 et de 1917, dans un cadre diff&#233;rent, dans d'autres conditions, continuent l'oeuvre de la Commune et confirment la g&#233;niale analyse historique de Marx.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ni fascisme, ni faux antifascisme social-patriote !</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8656</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article8656</guid>
		<dc:date>2026-02-22T04:48:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob</dc:creator>


		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;NI FASCISME, NI FAUX ANTIFASCISME SOCIAL-PATRIOTE &lt;br class='autobr' /&gt;
Le seul antifascisme coh&#233;rent est la puissance autonome du prol&#233;tariat &lt;br class='autobr' /&gt;
L'assassinat de Quentin D. &#224; Lyon : anatomie d'une polarisation bourgeoise et critique du faux antifascisme de l'extr&#234;me gauche fran&#231;aise &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; &#8226; &#8226; &lt;br class='autobr' /&gt;
INTRODUCTION : LA POLARISATION COMME ARME CONTRE L'&#201;MERGENCE DES COMIT&#201;S DU PEUPLE TRAVAILLEUR &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a une question que cet article pose avant toutes les autres, et &#224; laquelle tous les textes analys&#233;s ici refusent de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique77" rel="directory"&gt;1-2 R&#233;formisme, stalinisme et fascisme contre la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18961 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000018570.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000018570.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18962 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000018571.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000018571.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18963 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000018573.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000018573.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18964 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000059434-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000059434-2.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18965 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000059435-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000059435-2.jpg' width=&#034;1206&#034; height=&#034;1700&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;NI FASCISME, NI FAUX ANTIFASCISME SOCIAL-PATRIOTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul antifascisme coh&#233;rent est la puissance autonome du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat de Quentin D. &#224; Lyon : anatomie d'une polarisation bourgeoise et critique du faux antifascisme de l'extr&#234;me gauche fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;INTRODUCTION : LA POLARISATION COMME ARME CONTRE L'&#201;MERGENCE DES COMIT&#201;S DU PEUPLE TRAVAILLEUR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une question que cet article pose avant toutes les autres, et &#224; laquelle tous les textes analys&#233;s ici refusent de r&#233;pondre : pourquoi, en 2026, alors que les conditions de vie des travailleurs se d&#233;gradent &#224; un rythme acc&#233;l&#233;r&#233;, la politique n'est-elle pas organis&#233;e autour de comit&#233;s du peuple travailleur, sur tout le territoire, reliant les revendications imm&#233;diates &#8212; salaires, logement, sant&#233;, refus de l'&#233;conomie de guerre &#8212; &#224; la perspective d'un pouvoir ouvrier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; cette question est la cl&#233; de tout ce qui suit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Ce que la bourgeoisie et ses alli&#233;s social-patriotes craignent par-dessus tout&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'extr&#234;me droite qui fait peur au capital. L'extr&#234;me droite, le capital la finance, la tol&#232;re et l'utilise. Ce qui fait peur au capital, c'est l'&#233;mergence d'une organisation autonome de la classe ouvri&#232;re : des comit&#233;s dans les entreprises, dans les quartiers, dans les services publics, qui se f&#233;d&#232;rent sur tout le territoire, qui relient les luttes imm&#233;diates &#8212; augmentation des salaires, refus des licenciements, r&#233;sistance &#224; la destruction de l'h&#244;pital public, refus de payer l'&#233;conomie de guerre &#8212; &#224; une perspective plus large : celle d'un pouvoir du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pouvoir du peuple travailleur a un nom dans la tradition marxiste r&#233;volutionnaire. C'est la dictature du prol&#233;tariat : non pas une dictature au sens vulgaire du terme &#8212; la domination d'un tyran ou d'un parti &#8212; mais la domination politique de la classe ouvri&#232;re organis&#233;e sur les classes qui l'exploitent, substituant ses propres organes &#224; l'&#201;tat bourgeois. C'est ce que la Commune de Paris &#233;bauchait en 1871, ce que les soviets construisaient en 1917, ce que les comit&#233;s r&#233;volutionnaires espagnols esquissaient en 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que la gauche bourgeoise, les directions social-patriotes et leurs alli&#233;s d'extr&#234;me gauche ne veulent pas. Non pas parce qu'ils sont n&#233;cessairement de mauvaise volont&#233; &#8212; mais parce que leur position dans l'appareil d'&#201;tat, dans les appareils syndicaux institutionnels, dans le jeu &#233;lectoral, les rend structurellement incapables de rompre avec le cadre bourgeois. Leur logique propre &#8212; d&#233;fendre les institutions, n&#233;gocier avec l'&#201;tat, pr&#233;server les positions acquises &#8212; les conduit &#224; stabiliser l'ordre, pas &#224; le renverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. La polarisation comme technique de blocage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la polarisation &#8212; extr&#234;me droite contre antifascisme &#8212; est si utile. Elle n'est pas un accident, pas un simple effet de la communication politique. Elle est un dispositif actif de blocage de l'&#233;mergence de comit&#233;s du peuple travailleur. Ce dispositif fonctionne en trois temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier temps : d&#233;placer le terrain. La question centrale &#8212; qui poss&#232;de quoi, qui produit quoi, qui d&#233;cide quoi &#8212; est &#233;vacu&#233;e. Elle est remplac&#233;e par une question identitaire et morale : qui est fasciste, qui est antifasciste, qui m&#233;rite d'&#234;tre d&#233;fendu. Sur ce terrain-l&#224;, les revendications salariales n'ont pas de place. Les comit&#233;s d'usine n'ont pas de place. L'organisation autonome du prol&#233;tariat n'a pas de place. Il n'y a que deux camps, et chacun doit choisir le sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me temps : absorber les &#233;nergies militantes. Les militants qui auraient pu construire un comit&#233; de lutte dans leur entreprise passent leurs week-ends &#224; d&#233;fendre les locaux de LFI ou &#224; documenter les groupes identitaires. L'&#233;nergie est r&#233;elle. Elle est capt&#233;e et r&#233;orient&#233;e. Non pas vers la construction des organes de la classe, mais vers la d&#233;fense d'un parti bourgeois qui, s'il gouvernait, g&#233;rerait la crise capitaliste comme tous les partis bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me temps : discipliner les franges r&#233;calcitrantes. Quand certains refusent le cadre, quand ils tentent de poser la question de classe, ils sont accus&#233;s de &#171; faire le jeu de l'extr&#234;me droite &#187; ou de &#171; ne pas &#234;tre de vrais antifascistes &#187;. C'est la fonction disciplinaire du front populaire. En 1937, cette discipline prenait la forme de l'&#233;limination physique (Nin, les militants du POUM). En 2026, elle prend la forme de la pression id&#233;ologique, de l'exclusion des plateformes, de l'accusation de complicit&#233; avec le fascisme. La m&#233;thode a chang&#233;. La logique est identique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. L'antifascisme social-patriote : une politique contre toute r&#233;elle lutte de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que la th&#232;se de cet article doit &#234;tre formul&#233;e dans toute sa clart&#233;. L'antifascisme des organisations analys&#233;es &#8212; LO, RP, NPA-R, NPA-A, PCR, GMI, UCL, CGT, Solidaires, tract VISA93 &#8212; n'est pas seulement une politique insuffisante ou maladroite. C'est une politique activement hostile &#224; toute r&#233;elle lutte de classe. Non par intention consciente, mais par effet structurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant LFI &#8212; parti bourgeois &#8212; au nom de l'antifascisme, ces organisations alignent les travailleurs derri&#232;re le programme &#233;lectoral d'une fraction de la bourgeoisie progressiste. En appelant &#224; l'&#171; unit&#233; &#187; sans poser la question de programme, elles dissolvent l'ind&#233;pendance de classe dans un bloc interclassiste. En demandant la protection de l'&#201;tat au lieu de construire l'autod&#233;fense ouvri&#232;re, elles maintiennent la classe dans la d&#233;pendance vis-&#224;-vis de l'&#201;tat qu'elle devrait renverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout : en occupant l'espace militant avec la guerre des camps, elles emp&#234;chent l'&#233;mergence des seules structures qui pourraient transformer la situation. Des comit&#233;s du peuple travailleur, sur tout le territoire, li&#233;s entre eux, construits &#224; partir des luttes concr&#232;tes, articulant les revendications imm&#233;diates &#224; la perspective du pouvoir ouvrier &#8212; c'est cela que la polarisation extr&#234;me droite / antifascisme social-patriote rend impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. La question que cet article pose&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article qui suit analyse, texte par texte, comment chaque organisation a r&#233;agi &#224; l'&#233;v&#233;nement de Lyon. Il d&#233;montre leur convergence de fait avec la gauche bourgeoise r&#233;publicaine. Il retrace la continuit&#233; historique de cette logique de 1914 &#224; 2026. Il examine l'Espagne de 1936-1937 comme paradigme de ce que l'antifascisme peut faire &#224; une r&#233;volution en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question centrale n'est pas la d&#233;nonciation. La question centrale est constructive : comment, dans les conditions de 2026, construire ce troisi&#232;me p&#244;le &#8212; le p&#244;le du peuple travailleur organis&#233; ? Comment construire des comit&#233;s qui relient les revendications imm&#233;diates au programme r&#233;volutionnaire ? Comment construire une strat&#233;gie d'autod&#233;fense ouvri&#232;re r&#233;elle, collective, assum&#233;e, enracin&#233;e dans la classe ? Comment travailler &#224; l'int&#233;rieur des organisations existantes pour en disputer les bases aux directions social-patriotes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions sont pos&#233;es en conclusion. Elles sont la raison d'&#234;tre de cet article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article analyse, avec citations et liens &#224; l'appui, la r&#233;action de l'ensemble de l'&#171; extr&#234;me gauche &#187; fran&#231;aise &#8212; organisations trotskystes (LO, RP, NPA-R, PCR, GMI), libertaires (NPA-A, UCL) et autonomes (Contre Attaque, lundi.am, Dijoncter) &#8212; face &#224; l'assassinat de Quentin D. (Deranque) &#224; Lyon le 12 f&#233;vrier 2026, ainsi que la r&#233;action des syndicats CGT et Solidaires et du tract intersyndical VISA93 / CGT / FSU / Solidaires publi&#233; en r&#233;ponse &#224; cet &#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se centrale : toutes ces organisations, aussi diverses qu'elles semblent, convergent vers la m&#234;me position que la gauche bourgeoise r&#233;publicaine (LFI, PS) et les syndicats social-patriotes (CGT, Solidaires, FSU). Cette convergence n'est pas un accident. Elle est la preuve que ces organisations ne d&#233;fendent pas un antifascisme de classe, mais un antifascisme r&#233;publicain bourgeois qui sert le grand capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. LES FAITS : UN MEURTRE POLITIQUE, PAS UN D&#201;BAT D'OPINIONS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un militant identitaire de 23 ans, Quentin Deranque, est mort &#224; Lyon apr&#232;s des affrontements survenus le 12 f&#233;vrier 2026 en marge d'une conf&#233;rence &#224; Sciences Po Lyon. Les informations publiques &#233;voquent une agression collective, un homme frapp&#233; au sol, et l'ouverture d'une enqu&#234;te pour homicide volontaire. Ces faits sont r&#233;els, ils sont graves, et ils m&#233;ritent d'&#234;tre &#233;nonc&#233;s tels quels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte ne pr&#233;tend pas trancher ce que l'instruction judiciaire doit &#233;tablir. Mais ce qu'il affirme sans ambigu&#239;t&#233; sur le terrain politique : un acte qui provoque la mort d'un militant de base, non assum&#233; publiquement par aucune organisation, hors de tout cadre de lutte de masses, est du terrorisme substitutiste &#8212; c'est-&#224;-dire la substitution de l'exploit d'un groupe anonyme &#224; l'action collective de la classe. Trotsky l'&#233;crivait en 1911 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le terrorisme individuel est une tentative de substituer l'exploit d'un petit groupe &#224; l'action des masses. Il d&#233;sarme politiquement le prol&#233;tariat pr&#233;cis&#233;ment au moment o&#249; la construction de ses propres organes est la t&#226;che historique centrale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Pourquoi les marxistes s'opposent au terrorisme individuel, 1911&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la biographie de la victime qui d&#233;finit la nature de l'acte. C'est la m&#233;thode. Un acte non assum&#233; politiquement, hors de tout mandat de classe, produit exactement l'effet que nous analysons : non pas l'affaiblissement du fascisme, mais la fourniture d'un levier &#224; l'appareil d'&#201;tat et la pr&#233;cipitation d'un front populaire qui dissout la politique de classe dans la d&#233;fense de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. LA MACHINE D'&#201;TAT ET LA DROITE : TRANSFORMER UN MEURTRE EN FEN&#202;TRE D'OPPORTUNIT&#201;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'annonce de la mort de Quentin Deranque, la droite gouvernementale et l'extr&#234;me droite parlementaire ont tent&#233; de saisir l'&#233;v&#233;nement pour l'ins&#233;rer dans un cadre pr&#233;existant : celui de la &#171; violence de l'ultragauche &#187;, de l'ennemi int&#233;rieur, du danger pour l'ordre r&#233;publicain. Le ministre de la Justice a d&#233;sign&#233; &#171; l'ultragauche &#187; comme responsable au moment m&#234;me o&#249; l'enqu&#234;te judiciaire &#233;tait &#224; peine ouverte. Ce n'est pas un d&#233;rapage. C'est une strat&#233;gie, et elle comporte plusieurs temps distincts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Les quatre temps de la m&#233;canique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier temps consiste &#224; d&#233;politiser l'ordre social r&#233;el. Depuis des mois, la p&#233;riode est marqu&#233;e par une d&#233;gradation acc&#233;l&#233;r&#233;e : chute du pouvoir d'achat, destruction des services publics, &#233;conomie de guerre int&#233;gr&#233;e au budget, r&#233;pression administrative qui s'&#233;tend. Ce contexte dispara&#238;t dans la s&#233;quence m&#233;diatique. Il est remplac&#233; par un autre cadre : non plus &#171; comment les institutions g&#232;rent la crise &#187;, mais &#171; comment l'extr&#234;me gauche violente menace l'ordre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second temps consiste &#224; fabriquer un ennemi int&#233;rieur homog&#232;ne. &#171; L'ultragauche &#187; est un terme op&#233;rationnel, pas descriptif. Il efface la diversit&#233; r&#233;elle des groupes pour construire un bloc imaginaire unifi&#233; et mena&#231;ant, autorisant le saut de l'accusation politique au traitement p&#233;nal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me temps est le plus important strat&#233;giquement : l'ouverture d'une fen&#234;tre r&#233;pressive. L'homicide devient pr&#233;texte &#224; acc&#233;l&#233;rer un durcissement qui &#233;tait d&#233;j&#224; &#224; l'agenda. Dissolutions, surveillance, fichage, mise sous pression d'organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me temps est la mise en cause de LFI comme cible politique. Une partie du r&#233;cit public cherche &#224; faire de La France Insoumise un responsable indirect &#8212; par le langage, par le &#171; climat &#187;. C'est une forme de conversion du politique en p&#233;nal : on fragilise LFI en l'associant &#224; une atmosph&#232;re de violence &#8212; ce qui, r&#233;ciproquement, aligne toute la gauche institutionnelle derri&#232;re elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Le 18 Brumaire permanent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre cette s&#233;quence, il faut la situer dans le cadre que Marx a &#233;tabli dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte (1852). Marx y analysait comment, dans les moments de crise de r&#233;gime, l'&#201;tat bourgeois se pose en arbitre au-dessus des classes en construisant une sc&#232;ne politique tripartite :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Toutes les r&#233;volutions pass&#233;es ont perfectionn&#233; la machine de l'&#201;tat au lieu de la briser. Les partis qui luttaient alternativement pour la domination consid&#233;raient la conqu&#234;te de cet &#233;difice comme la principale proie du vainqueur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, 1852&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron op&#232;re exactement ce dispositif depuis 2024 : trois camps, deux ennemis qui s'affrontent, l'&#201;tat se renforce. Or la totalit&#233; des organisations analys&#233;es ici reprennent les cat&#233;gories de la &#171; pens&#233;e Macron &#187;. Le marxisme ne conna&#238;t que deux camps fondamentaux : la bourgeoisie et le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. LA POLARISATION COMME TECHNIQUE DE GOUVERNEMENT : BONAPARTISME ET GESTION DE CRISE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La polarisation n'est pas un accident culturel. C'est une technique de gouvernement en p&#233;riode de crise structurelle du capital. La comprendre comme telle &#8212; avant d'analyser les organisations &#8212; est la condition pour ne pas tomber dans leurs propres cat&#233;gories.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. La m&#233;canique de la redirection&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la base mat&#233;rielle se d&#233;grade &#8212; et elle se d&#233;grade depuis des ann&#233;es &#8212; l'&#201;tat doit emp&#234;cher que la col&#232;re se convertisse en comit&#233;s du peuple travailleur li&#233;s entre eux sur tout le territoire. Il dispose pour cela de plusieurs m&#233;canismes. La r&#233;pression directe a un co&#251;t politique. La redirection de la col&#232;re est plus &#233;conomique : transformer la col&#232;re sociale en col&#232;re identitaire, transformer le conflit de classe en conflit de camps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, il faut un ennemi int&#233;rieur. &#171; L'ultragauche &#187; remplit parfaitement cette fonction : assez r&#233;elle pour &#234;tre cr&#233;dible, assez diffuse pour &#234;tre ind&#233;finiment extensible. Simultan&#233;ment, l'&#201;tat a besoin d'un bloc de stabilisation &#171; d&#233;mocratique &#187; : un camp qui canalise la col&#232;re dans des formes acceptables &#8212; indignation morale, unit&#233; r&#233;publicaine, d&#233;fense de la d&#233;mocratie. Ce bloc est objectivement stabilisateur non pas parce que ses membres le veulent, mais parce que c'est la fonction qu'il remplit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Le bonapartisme comme forme de transition vers l'autoritarisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Le 18 Brumaire, Marx analyse comment une situation de blocage entre les classes cr&#233;e les conditions d'une forme sp&#233;cifique de pouvoir : le bonapartisme. L'&#201;tat se constitue en arbitre apparent au-dessus des classes, capture une base sociale composite, et gouverne en s'appuyant sur l'appareil d'&#201;tat et l'arm&#233;e plut&#244;t que sur le suffrage et les partis. Le bonapartisme ne liquide pas les organisations ouvri&#232;res par la force brute, mais il les neutralise : en les int&#233;grant, en les divisant, en les submergeant sous des enjeux qui ne sont pas les leurs. Et il pr&#233;pare, si la crise s'aggrave, les conditions d'une solution plus dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La social-d&#233;mocratie et le fascisme, deux formes politiquement antagoniques mais historiquement compl&#233;mentaires, servent alternativement les besoins du capital financier. La domination de la m&#234;me super-classe, le capital financier, repose, dans ces deux syst&#232;mes, sur des rapports directement inverses entre les classes opprim&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Comment vaincre le fascisme ?, 1932-1933&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Note sur Cl&#233;ment M&#233;ric : la rigueur factuelle comme arme politique Il a circul&#233; l'affirmation selon laquelle, apr&#232;s la mort de Cl&#233;ment M&#233;ric en 2013, il n'y avait pas eu de minute de silence &#224; l'Assembl&#233;e nationale. C'est inexact : il y en a bien eu une, document&#233;e par les comptes rendus officiels de la s&#233;ance du 6 juin 2013. Ce point importe pour une raison strat&#233;gique : une analyse politique n'a pas besoin de faits inexacts pour &#234;tre juste. Si on reproduit une erreur, on offre &#224; l'adversaire un angle d'attaque facile. Les deux s&#233;quences sont diff&#233;rentes dans leur cadrage &#8212; parce que les besoins politiques du moment sont diff&#233;rents. La le&#231;on est : l'&#201;tat sait transformer n'importe quel homicide politique en levier, et choisit &#224; chaque fois un cadrage adapt&#233; &#224; ses besoins du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. FRONT UNIQUE OUVRIER VS FRONT POPULAIRE : LA DISTINCTION STRAT&#201;GIQUE D&#201;CISIVE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas d'abord une question de doctrine. C'est une question de strat&#233;gie : quelle politique permet &#224; la classe ouvri&#232;re de construire sa puissance propre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Le front unique : une tactique offensive pour disputer les masses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le but du Front unique des partis socialiste et communiste ne peut &#234;tre qu'un gouvernement de ce Front. La campagne du Front unique doit s'appuyer sur un programme de transition bien &#233;labor&#233;, c'est-&#224;-dire sur un syst&#232;me de mesures qui, avec un gouvernement ouvrier et paysan, doivent assurer la transition du capitalisme au socialisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, O&#249; va la France ?, octobre 1934&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky ne pose pas les conditions d'un &#171; vrai &#187; communisme comme pr&#233;alable &#224; l'action commune. Il dit : construisons ensemble sur la base du programme ouvrier &#8212; et c'est dans cette construction que les masses peuvent &#234;tre arrach&#233;es aux appareils r&#233;formistes. Le front unique est une m&#233;thode de lutte pour l'h&#233;g&#233;monie dans la classe, pas une fronti&#232;re s&#233;parant les purs des impurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Le front populaire : une trahison strat&#233;gique, pas morale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le front populaire n'est pas condamnable parce que ses participants sont de mauvaises personnes. Il est condamnable parce qu'il subordonne le programme ouvrier aux exigences de la bourgeoisie &#171; progressiste &#187;. En incluant des partis bourgeois, il prive le programme ouvrier de son autonomie de classe, l&#233;gitime l'&#201;tat bourgeois comme protecteur, et transforme la lutte contre le fascisme en lutte pour la d&#233;mocratie bourgeoise &#8212; ce qui laisse intact le capitalisme qui produit le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour tourner le Front populaire contre la bourgeoisie, il faut chasser les bourgeois du front populaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Les radicaux et le Front populaire, 11 juillet 1935, &#338;uvres, tome 6, p. 53&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che des r&#233;volutionnaires n'est pas de s'exclure moralement du mouvement, mais de lutter &#224; l'int&#233;rieur pour en chasser les bourgeois &#8212; en proposant aux bases syndicales et militantes une politique concr&#232;te qui contraste avec celle des directions. Ce que ne fait aucune des organisations analys&#233;es ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. LFI n'est pas le mouvement ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 'Pour la libert&#233; !', en alliance avec Herriot et les v&#233;n&#233;rables dames de la Ligue des droits de l'homme, signifie soutenir les gouvernements semi-bonapartistes, semi-parlementaires, et rien d'autre. Le capital financier s'occupe d'armer les fascistes. Les staliniens restaurent la r&#233;putation gauche de Herriot &#224; l'aide des mascarades du 'Front populaire'. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Encore une fois, o&#249; va la France ?, fin mars 1935&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remplacez Herriot par M&#233;lenchon, les staliniens par RP ou NPA-A, et la phrase est valide en 2026. &#171; D&#233;fendre LFI &#187; au nom de l'antifascisme, c'est restaurer la r&#233;putation gauche d'un parti bourgeois au d&#233;triment de la construction des organes de la classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Ce que serait un front unique ouvrier en 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un front unique ouvrier en 2026 partirait des luttes concr&#232;tes : gr&#232;ves, r&#233;sistance &#224; l'&#233;conomie de guerre, d&#233;fense des protections sociales, contr&#244;le ouvrier. Il s'adresserait aux bases des organisations r&#233;formistes &#8212; non &#224; leurs directions &#8212; pour les gagner &#224; une politique de classe. Et il s'inscrirait dans la construction des comit&#233;s du peuple travailleur que nous d&#233;crivons en conclusion : organes reliant les revendications imm&#233;diates &#224; la perspective du pouvoir ouvrier. C'est ce travail-l&#224; qui est absent de tous les textes analys&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. TROTSKY, FASCISME ET AUTOD&#201;FENSE OUVRI&#200;RE : NI PACIFISME NI TERRORISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marxistes ne sont pas des pacifistes. Ce qu'ils condamnent &#8212; avec une pr&#233;cision que les textes analys&#233;s ici ignorent &#8212; c'est la confusion entre deux choses radicalement diff&#233;rentes : le terrorisme substitutiste et l'autod&#233;fense ouvri&#232;re organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Le terrorisme substitutiste : pourquoi le marxisme s'y oppose&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terrorisme individuel ou groupusculaire substitue l'acte h&#233;ro&#239;que d'un petit groupe &#224; la mobilisation des masses. Son d&#233;faut n'est pas moral mais strat&#233;gique : il d&#233;charge les masses de la responsabilit&#233; de leur propre lib&#233;ration, il d&#233;sarme politiquement la classe au moment pr&#233;cis o&#249; elle devrait construire ses propres organes, il fournit &#224; l'&#201;tat le pr&#233;texte r&#233;pressif dont il a besoin pour frapper plus large, et il ne modifie pas les rapports de forces sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est exactement ce qui s'est pass&#233; &#224; Lyon. L'acte n'a pas affaibli l'extr&#234;me droite identitaire d'un gramme. Il a renforc&#233; l'arsenal r&#233;pressif de l'&#201;tat, pr&#233;cipit&#233; la convergence front-populiste de l'extr&#234;me gauche derri&#232;re LFI, et d&#233;tourn&#233; l'&#233;nergie militante de la seule t&#226;che d&#233;cisive : la construction des comit&#233;s du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. L'autod&#233;fense ouvri&#232;re organis&#233;e : ce que Trotsky d&#233;fend r&#233;ellement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'occasion de chaque gr&#232;ve et de chaque manifestation de rue, il faut propager l'id&#233;e de la n&#233;cessit&#233; de la cr&#233;ation de D&#233;tachements Ouvriers d'Autod&#233;fense. Il faut inscrire ce mot d'ordre dans le programme de l'aile r&#233;volutionnaire des syndicats. Il faut former pratiquement des d&#233;tachements d'autod&#233;fense partout o&#249; c'est possible, &#224; commencer par les organisations de jeunes, et les entra&#238;ner au maniement des armes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Programme de transition, 1938, chapitre 10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les d&#233;mocrates petits bourgeois &#8212; y compris les sociaux-d&#233;mocrates, les staliniens et les anarchistes &#8212; poussent des cris d'autant plus forts sur la lutte contre le fascisme qu'ils capitulent plus l&#226;chement devant lui en fait. Aux bandes du fascisme, seuls peuvent s'opposer avec succ&#232;s des d&#233;tachements ouvriers arm&#233;s qui sentent derri&#232;re leur dos le soutien de dizaines de millions de travailleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Programme de transition, 1938, chapitre 10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Les cinq conditions : pourquoi Lyon n'est pas de l'autod&#233;fense ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Condition 1 &#8212; Collective : engage la classe, pas un groupuscule sans mandat. &#192; Lyon : groupe anonyme, sans organisation identifi&#233;e, sans mandat de la classe. Non remplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Condition 2 &#8212; Subordonn&#233;e &#224; la lutte de classe : articul&#233;e avec les gr&#232;ves, les organes de masse. L'affrontement a eu lieu hors de tout cadre de lutte ouvri&#232;re. Non remplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Condition 3 &#8212; Assum&#233;e politiquement : un parti ou une organisation assume ses d&#233;cisions devant la classe. Aucune organisation ne revendique cet acte. Non remplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Condition 4 &#8212; Encadr&#233;e par des organes de classe : jamais l'initiative d'un groupe opaque sans mandat. Non remplie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Condition 5 &#8212; Visant des rapports sociaux : pas des individus dans leur vie civile. Quentin D. &#233;tait un jeune militant de base, pas un g&#233;n&#233;ral fasciste commandant une op&#233;ration. Non remplie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La conclusion politique est nette : non pas condamnation morale au nom du pacifisme bourgeois, mais constat strat&#233;gique &#8212; cet acte est du terrorisme substitutiste qui d&#233;sarme la classe. Et le couvrir au nom de l'antifascisme, c'est l&#233;gitimer une m&#233;thode qui affaiblit objectivement le camp ouvrier et interdit la construction des comit&#233;s du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI. LA CONTINUIT&#201; HISTORIQUE DU SOCIAL-PATRIOTISME (1914&#8211;2026) : UNE LOGIQUE STRUCTURELLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se que nous d&#233;fendons &#8212; les organisations issues du mouvement ouvrier convergent avec la bourgeoisie r&#233;publicaine lorsque l'&#233;mergence d'un vrai pouvoir ouvrier menace &#8212; n'est pas une abstraction. Elle est &#233;tay&#233;e par une continuit&#233; de 110 ans. Ce qu'on identifie, c'est une logique structurelle r&#233;currente, pas une r&#233;p&#233;tition m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. 1914 : l'Union sacr&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1914, les partis sociaux-d&#233;mocrates votent les cr&#233;dits de guerre et soutiennent l'effort de guerre imp&#233;rial. Ce basculement n'est pas une erreur morale &#8212; c'est le produit d'une logique : des appareils r&#233;formistes int&#233;gr&#233;s aux institutions nationales, incapables de rompre avec l'&#201;tat quand l'&#201;tat exige l'unit&#233;. La CGT de 2026 qui appelle au &#171; respect de l'&#201;tat de droit &#187; suit exactement cette logique. Non par trahison consciente, mais par l'effet objectif de sa position institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. 1919 : Noske, Rosa Luxemburg et la le&#231;on fondamentale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La social-d&#233;mocratie a aid&#233; la bourgeoisie &#224; r&#233;primer la r&#233;volution en Allemagne, en Hongrie. Les ex&#233;cuteurs de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht sont les ex&#233;cuteurs de la social-d&#233;mocratie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifeste de l'Internationale Communiste, mars 1919&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas les fascistes qui ont tu&#233; Rosa Luxemburg : ce sont des social-d&#233;mocrates alli&#233;s aux corps francs fascistes, au nom de l'ordre r&#233;publicain. La le&#231;on : une logique institutionnelle peut, quand la r&#233;volution menace l'ordre existant, amener une organisation ouvri&#232;re &#224; ouvrir la porte aux forces r&#233;actionnaires. Non par intention, mais par la dynamique propre &#224; sa position dans l'&#201;tat bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Le stalinisme : &#233;limination des r&#233;volutionnaires au nom de l'unit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de militants trotskystes sont &#233;limin&#233;s dans plusieurs pays par les r&#233;seaux staliniens. Au Vi&#234;tnam, des r&#233;volutionnaires trotskystes sont ex&#233;cut&#233;s apr&#232;s la prise de pouvoir du Vi&#234;t-minh (1945). En France et en Espagne, les militants de la IVe Internationale sont pourchass&#233;s par les staliniens avec la m&#234;me &#233;nergie que par la Gestapo. Dans tous ces cas : l'organisation qui s'est substitu&#233;e au mouvement ouvrier &#233;limine les r&#233;volutionnaires authentiques au nom de &#171; l'unit&#233; &#187; et de &#171; l'ordre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. 1945 : la gauche coloniale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1945, la r&#233;pression du soul&#232;vement de S&#233;tif en Alg&#233;rie &#8212; des dizaines de milliers de morts &#8212; a lieu sous un gouvernement auquel participent socialistes et communistes. La m&#234;me R&#233;publique &#171; antifasciste &#187; qui vient de vaincre Hitler organise des massacres coloniaux. Lorsque le mouvement ouvrier devient partie int&#233;grante de l'&#201;tat colonial, il agit selon la logique coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. Guerre d'Alg&#233;rie : Mitterrand&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Mitterrand, ministre de l'Int&#233;rieur (1954&#8211;1955) puis garde des Sceaux (1956&#8211;1957), signe des condamnations &#224; mort contre des militants ind&#233;pendantistes alg&#233;riens. Ce fait document&#233; dit quelque chose d'essentiel : la gauche gouvernementale peut d&#233;fendre les libert&#233;s en m&#233;tropole et administrer la mort en colonie. L'&#201;tat de droit a des fronti&#232;res &#8212; celles de la domination imp&#233;riale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Chili 1973 : le l&#233;galisme comme facteur d'&#233;crasement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le prol&#233;tariat ne peut s'appuyer sur l'&#201;tat bourgeois pour se d&#233;fendre contre la bourgeoisie. Il doit construire ses propres organes de d&#233;fense, ind&#233;pendants de l'&#201;tat capitaliste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, O&#249; va la France ?, 1934&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Chili, les partis ouvriers font confiance &#224; l'appareil militaire bourgeois. Augusto Pinochet, nomm&#233; par Allende, fait le coup d'&#201;tat. Le tract VISA93 demande implicitement la protection de l'&#201;tat bourgeois. C'est exactement la ligne Allende. Et nous savons o&#249; cela a conduit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. La logique structurelle commune&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous ces cas, le m&#234;me m&#233;canisme : une organisation issue du mouvement ouvrier s'int&#232;gre &#224; l'appareil d'&#201;tat bourgeois, privil&#233;gie la stabilit&#233; nationale au nom de la &#171; d&#233;mocratie &#187;, consid&#232;re les r&#233;volutionnaires comme des facteurs de d&#233;sordre, et agit pour les neutraliser. Ce que nous observons en 2026 n'est pas une r&#233;p&#233;tition m&#233;canique. Mais la logique structurelle est la m&#234;me : LO, RP, NPA-A, PCR, GMI, UCL, CGT, Solidaires et le tract VISA93 suivent ce m&#233;canisme au moment pr&#233;cis o&#249; la construction des comit&#233;s du peuple travailleur serait la t&#226;che centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII. L'ESPAGNE 1936&#8211;1939 : L'ANTIFASCISME CONTRE LA R&#201;VOLUTION &#8212; LE PARADIGME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple paradigmatique de ce que nous d&#233;montrons se trouve dans la r&#233;volution espagnole de 1936&#8211;1939. Jamais dans l'histoire le mot &#171; antifascisme &#187; n'a &#233;t&#233; utilis&#233; de fa&#231;on aussi massive et aussi criminelle pour &#233;touffer une r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Juillet 1936 : la r&#233;volution dans l'antifascisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En Espagne, la r&#233;volution sociale avait en juillet 1936 un d&#233;veloppement beaucoup plus profond que la r&#233;volution russe de f&#233;vrier 1917. Le gouvernement n'&#233;tait plus qu'une fiction. Le pouvoir r&#233;el &#233;tait dans les mains des comit&#233;s ouvriers et des milices arm&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, La r&#233;volution espagnole et les dangers qui la menacent, 1936&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1936, les travailleurs espagnols construisent exactement ce dont nous parlons dans l'introduction : des comit&#233;s r&#233;volutionnaires qui se substituent &#224; l'&#201;tat bourgeois, des collectivisations, un pouvoir ouvrier embryonnaire sur tout le territoire. C'est le mod&#232;le positif de ce que la polarisation de 2026 emp&#234;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. L'antifascisme stalino-bourgeois contre la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette id&#233;e que la r&#233;volution sociale doit c&#233;der le pas &#224; la d&#233;fense de la d&#233;mocratie bourgeoise contre le fascisme est fondamentalement fausse. Elle est la n&#233;gation de la r&#233;volution. Car le fascisme ne peut &#234;tre battu que par la r&#233;volution sociale, et non par la d&#233;fense de la d&#233;mocratie bourgeoise. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Trotsky, Le mouvement ouvrier, la guerre et la lutte de classes, 1936&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d'ordre stalinien &#8212; &#171; D'abord gagner la guerre, ensuite la r&#233;volution &#187; &#8212; est exactement le mot d'ordre de 2026 : &#171; D'abord battre le fascisme, ensuite les questions sociales. &#187; La cons&#233;quence concr&#232;te : les comit&#233;s r&#233;volutionnaires dissous, les collectivisations d&#233;mantel&#233;es, les milices ouvri&#232;res int&#233;gr&#233;es dans une arm&#233;e bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Trois niveaux : CNT, POUM, Amis de Durruti/Munis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Niveau 1 &#8212; CNT-FAI direction : capitulation totale au front populaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction CNT entre au gouvernement bourgeois (septembre 1936), d&#233;signe quatre ministres anarchistes, d&#233;mant&#232;le les collectivisations. La Charte d'Amiens &#8212; ind&#233;pendance absolue vis-&#224;-vis de l'&#201;tat bourgeois &#8212; est viol&#233;e. L'UCL de 2026 qui appelle &#224; l'&#171; antifascisme populaire &#187; avec LFI r&#233;p&#232;te exactement cette capitulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Niveau 2 &#8212; POUM : organisation centriste, non r&#233;volutionnaire cons&#233;quente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le POUM n'&#233;tait pas une organisation r&#233;volutionnaire au sens l&#233;niniste du terme. C'&#233;tait une organisation centriste. Cette organisation ne voulait pas rompre avec les partis bourgeois. Au lieu de rassembler l'avant-garde autour d'un programme de la r&#233;volution socialiste, elle co-signait des manifestes avec des partis bourgeois. C'est pr&#233;cis&#233;ment le centrisme du POUM qui l'a emp&#234;ch&#233; d'appeler les travailleurs &#224; la rupture au moment o&#249; cette rupture &#233;tait la seule voie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, La le&#231;on de l'Espagne : le dernier avertissement, d&#233;cembre 1937&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destruction du POUM par les staliniens est une cons&#233;quence de son centrisme, pas une punition m&#233;rit&#233;e. La question n'est pas : qui a &#233;t&#233; d&#233;truit ? Mais : qui a d&#233;fendu une ligne juste jusqu'au bout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Niveau 3 &#8212; Les Amis de Durruti et Munis : l'aile r&#233;volutionnaire cons&#233;quente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout le pouvoir &#224; la classe ouvri&#232;re et &#224; la paysannerie. Tout le pouvoir aux syndicats et aux comit&#233;s r&#233;volutionnaires. Junte r&#233;volutionnaire. Socialisation de l'&#233;conomie. D&#233;sarmement obligatoire de tous les corps arm&#233;s bourgeois. Armement du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amigos de Durruti, tract distribu&#233; lors des barricades de Barcelone, 4-5 mai 1937&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le POUM, organisation centriste, n'a pas su s'&#233;lever jusqu'&#224; la politique r&#233;volutionnaire n&#233;cessaire. En mai 1937, quand les travailleurs tenaient les barricades de Barcelone, le POUM n'a pas appel&#233; &#224; prendre le pouvoir. Il a appel&#233; &#224; la n&#233;gociation. C'est cela le centrisme : ne pas assumer devant la classe les cons&#233;quences du programme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grandizo Munis, Jalones de derrota, promesa de victoria, 1948&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on pour 2026 est triple : la direction CNT (comme la CGT) capitule au bloc bourgeois ; le POUM (comme RP ou NPA-R) formule des critiques partielles tout en restant prisonnier du cadre du front populaire ; seuls les Amis de Durruti et Munis rompent avec ce cadre et assument la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;volution sociale. Ce sont eux qui construisaient l'&#233;quivalent des comit&#233;s du peuple travailleur &#8212; et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela qu'ils ont &#233;t&#233; &#233;cras&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Les &#233;v&#233;nements de mai 1937 et la g&#233;n&#233;alogie de &#171; Siamo Tutti Antifascisti &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est seulement quand la r&#233;pression a commenc&#233; que j'ai compris comment fonctionnait l'antifascisme stalinien. Son but n'&#233;tait pas de vaincre Franco. Son but &#233;tait de d&#233;truire la r&#233;volution. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
George Orwell, Hommage &#224; la Catalogne, 1938&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2026, &#171; Siamo Tutti Antifascisti ! &#187; r&#233;unit CGT, Solidaires, UCL et LFI. En 1936, ce slogan a r&#233;uni la CNT r&#233;volutionnaire et Aza&#241;a, pr&#233;sident bourgeois. Le r&#233;sultat : les collectivisations d&#233;mantel&#233;es, Nin assassin&#233;, Franco vainqueur. Ce slogan ne d&#233;signe pas un camp contre le fascisme. Il d&#233;signe un camp contre la r&#233;volution, sous couvert d'antifascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIII. LA CONVERGENCE : ANALYSE BLOC PAR BLOC&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le fait politique central que cet article d&#233;montre : la totalit&#233; des organisations dites d'&#171; extr&#234;me gauche &#187; converge, sur cet &#233;v&#233;nement, avec la gauche bourgeoise r&#233;publicaine et les syndicats social-patriotes. Pour chaque organisation, nous posons non seulement la question de ce qu'elles ont dit, mais aussi : qu'est-ce qu'une ligne de front unique ouvrier, orient&#233;e vers la construction de comit&#233;s du peuple travailleur, aurait exig&#233; d'elles concr&#232;tement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. R&#233;volution Permanente (RP) : six articles, z&#233;ro analyse de l'acte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RP qualifie l'acte d'&#171; accident &#187; : &#171; Regretter cette mort accidentelle ne doit pas emp&#234;cher de voir que la rh&#233;torique d&#233;ploy&#233;e par les responsables politiques met sous le tapis la r&#233;alit&#233; des violences de l'extr&#234;me droite. &#187; Un acte de terrorisme substitutiste est un &#171; accident &#187;. RP consacre un autre article &#224; la biographie militante de la victime pour justifier l'acte par son profil &#8212; m&#233;thode stalinienne : d&#233;signer l'ennemi, laisser d'autres l'&#233;liminer. RP pratique par ailleurs le doxxing d'adversaires, tout en concluant que la mort est la &#171; cons&#233;quence de la politique de ces groupes &#187; : logique directe d'appel &#224; l'&#233;limination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'une ligne juste aurait exig&#233; de RP : analyser l'acte comme terrorisme substitutiste &#8212; pas le couvrir. Proposer des comit&#233;s de d&#233;fense des lieux de travail contre les groupes fascistes. Rejeter la d&#233;fense de LFI et proposer une action commune aux bases syndicales sur les revendications imm&#233;diates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Lutte Ouvri&#232;re (LO) : le social-patriotisme apparatchik&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO passe de Lyon &#224; la M&#233;diterran&#233;e, Netanyahou et la pr&#233;paration &#224; la guerre, sans jamais revenir sur l'acte. Raison structurelle : LO, dont les candidats sont pour la plupart des d&#233;l&#233;gu&#233;s CGT, ne peut pas se d&#233;marquer de M&#233;lenchon sans risquer ses positions syndicales. C'est le carri&#233;risme apparatchik d&#233;guis&#233; en antifascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'une ligne juste aurait exig&#233; de LO : utiliser son implantation syndicale pour proposer des formes d'action autonomes. Proposer des mots d'ordre concrets : augmentation des salaires, refus de l'&#233;conomie de guerre, comit&#233;s de r&#233;sistance dans les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. NPA-Anticapitaliste (NPA-A) : &#171; D&#233;fendre LFI est un imp&#233;ratif &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#233;fendre LFI face aux attaques est un imp&#233;ratif. C'est tout le mouvement ouvrier, toute la gauche combative dont l'existence m&#234;me est mise en cause par la fascisation en cours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NPA-A, D&#233;fendre LFI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky l'aurait dit : ce &#171; front unique antifasciste &#187; incluant LFI est un front populaire &#8212; &#171; par d&#233;finition, une trahison &#187;. L'Espagne de 1936 montre o&#249; cela m&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. NPA-R&#233;volutionnaires (NPA-R) : d&#233;fendre l'infrastructure du camp &#233;lectoral&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA-R appelle &#224; prot&#233;ger &#171; les locaux et les r&#233;unions publiques organis&#233;es par les partis de gauche &#187;. La classe ouvri&#232;re mobilis&#233;e pour d&#233;fendre l'infrastructure &#233;lectorale de la bourgeoisie progressiste. Ce n'est pas la construction de comit&#233;s du peuple travailleur &#8212; c'est son exact contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. PCR : l'amalgame LFI = mouvement ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La CGT ne doit pas observer passivement la campagne de haine et les appels implicites &#224; la violence qui visent le mouvement de Jean-Luc M&#233;lenchon. Un front unique de toutes les organisations de gauche &#8211; politiques et syndicales &#8211; doit se former. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCR, Campagne contre LFI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appeler la CGT &#224; d&#233;fendre &#171; le mouvement de Jean-Luc M&#233;lenchon &#187;, c'est appeler la CGT de 1936 &#224; d&#233;fendre L&#233;on Blum. C'est l'amalgame LFI = mouvement ouvrier dans sa forme la plus nue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. UCL : la capitulation anarchiste de 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UCL titre &#171; Mort d'un fasciste &#224; Lyon &#187; et objective le meurtre par le profil de la victime. C'est la m&#233;thode stalinienne contre le POUM. La tradition anarchiste s&#233;rieuse n'a jamais confondu la propagande par le fait avec l'assassinat d'un jeune militant de base. L'UCL trahit cette tradition en entrant dans le front populaire de 2026 comme la direction CNT trahissait la sienne en 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. Contre Attaque, lundi.am, Dijoncter&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre Attaque pratique le doxxing organis&#233;, construisant le r&#233;cit du &#171; guet-apens fasciste &#187;. La question centrale &#8212; cet acte rel&#232;ve-t-il de la lutte de classes ? &#8212; n'est jamais pos&#233;e. lundi.am et Dijoncter traitent l'&#171; antifascisme de rue &#187; comme cat&#233;gorie politique l&#233;gitime, d&#233;tach&#233;e de la lutte de classes. L'antifascisme d&#233;tach&#233; de la lutte de classes n'est qu'un style politique. La CNT avait un antifascisme de rue &#8212; les milices les plus puissantes d'Espagne. Elle les a dissoutes au nom du front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'une ligne juste aurait exig&#233; : nommer l'acte comme terrorisme substitutiste. Proposer des d&#233;tachements ouvriers d'autod&#233;fense li&#233;s aux syndicats de base. Refuser tout appel incluant LFI et lancer un appel aux bases syndicales sur les revendications imm&#233;diates. Initier la construction de comit&#233;s de travailleurs dans les entreprises et les quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IX. LES SYNDICATS ET LE TRACT VISA93 : SOCIAL-PATRIOTISME INSTITUTIONNEL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Solidaires : l'&#171; &#233;chec social collectif &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La mort d'un homme suite &#224; un d&#233;cha&#238;nement de violences est un drame et un &#233;chec social collectif. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solidaires, Lyon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un acte planifi&#233; n'est pas un &#171; &#233;chec social &#187; &#8212; c'est un acte politique. La formule &#171; &#233;chec social collectif &#187; efface la responsabilit&#233; des organisateurs et renvoie la classe &#224; l'&#201;tat pour &#171; g&#233;rer &#187; le probl&#232;me. C'est l'exact oppos&#233; de la construction d'organes autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. CGT : l'&#201;tat de droit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La CGT groupe, en dehors de toute &#233;cole politique, tous les travailleurs conscients de la lutte &#224; mener pour la disparition du salariat et du patronat. Elle affirme la n&#233;cessit&#233; de la transformation compl&#232;te de la soci&#233;t&#233;, par l'expropriation capitaliste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charte d'Amiens, Congr&#232;s de la CGT, 1906&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT de 1906 exigeait la disparition du salariat. La CGT de 2026 appelle au &#171; respect de l'&#201;tat de droit &#187;. Ces deux positions ne sont pas deux variantes de la m&#234;me logique &#8212; elles sont dans des logiques oppos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Le tract intersyndical VISA93 / CGT / FSU / Solidaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tract est la preuve documentaire directe de la convergence. Son vocabulaire est enti&#232;rement r&#233;publicain bourgeois : &#171; libert&#233;s d&#233;mocratiques &#187;, &#171; droits &#187;, &#171; s&#233;curit&#233; &#187;, &#171; d&#233;mocratie r&#233;elle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absent : lutte de classes, capital, exploitation, salariat, dictature du prol&#233;tariat. Il propose : un front uni incluant LFI et la protection de l'&#201;tat. Il ne propose jamais : des d&#233;tachements ouvriers d'autod&#233;fense, des comit&#233;s du peuple travailleur, des organes de classe autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les r&#233;formistes inculquent syst&#233;matiquement aux ouvriers l'id&#233;e que la sacro-sainte d&#233;mocratie est assur&#233;e au mieux lorsque la bourgeoisie est arm&#233;e jusqu'aux dents et les ouvriers d&#233;sarm&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Programme de transition, 1938&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demander &#224; l'&#201;tat capitaliste de nous prot&#233;ger de l'extr&#234;me droite, c'est demander &#224; Krupp de nous prot&#233;ger de Hitler. L'extr&#234;me droite est financ&#233;e et instrument&#233;e par le grand capital. L'&#201;tat qui &#171; nous prot&#232;ge &#187; est l'&#201;tat qui la tol&#232;re et la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X. DEUX CAMPS, FAUX ANTAGONISME : LES DEUX SONT ANTI-PROL&#201;TARIENS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; est somm&#233;e de choisir entre deux camps. Le camp A &#8212; l'extr&#234;me droite identitaire &#8212; est un ennemi direct et imm&#233;diat de la classe ouvri&#232;re : raciste, militariste, diviseur de la classe, r&#233;serve de nervis, candidate &#224; un r&#244;le de force d'ordre en cas de mont&#233;e r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camp B &#8212; l'antifascisme social-patriote &#8212; n'est pas ennemi de la classe ouvri&#232;re au sens militaire.&lt;br class='autobr' /&gt; Mais il l'est politiquement : il canalise la col&#232;re dans des formes inoffensives pour le capital, il r&#233;-aligne les organisations de masse derri&#232;re l'&#201;tat et la R&#233;publique, il devient le camp de stabilisation quand la crise monte. Et surtout : il emp&#234;che activement la construction des comit&#233;s du peuple travailleur qui rendraient les deux camps obsol&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'asym&#233;trie est d&#233;cisive : le camp A est un ennemi visible et imm&#233;diat. Le camp B est plus dangereux parce qu'il parle au nom du Bien &#8212; de la d&#233;mocratie, des libert&#233;s, de l'antifascisme &#8212; et qu'il capte ainsi une &#233;nergie militante r&#233;elle pour la mobiliser dans le sens de la reproduction du syst&#232;me. L'&#201;tat a besoin de ces deux camps pour administrer la crise. Le prol&#233;tariat n'a pas besoin d'un camp. Il a besoin de ses propres organes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;XI. CONCLUSION : CONSTRUIRE LES COMIT&#201;S DU PEUPLE TRAVAILLEUR &#8212; MAINTENANT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;v&#233;nement de Lyon de f&#233;vrier 2026 reproduit, dans sa structure, exactement l'Espagne de 1936 : l'antifascisme comme formule id&#233;ologique servant &#224; dissoudre la politique de classe dans un front populaire bourgeois. La cha&#238;ne est compl&#232;te :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1914 &#8594; Union sacr&#233;e. 1919 &#8594; Rosa Luxemburg assassin&#233;e par des social-d&#233;mocrates alli&#233;s aux corps francs. 1936 &#8594; miliciens espagnols d&#233;sarm&#233;s et Nin assassin&#233; par la coalition stalino-bourgeoise. &lt;br class='autobr' /&gt;
1945 &#8594; S&#233;tif et Ha&#239;phong par la gauche coloniale. 1973 &#8594; Chili. 2026 &#8594; tract VISA93, &#171; Siamo Tutti Antifascisti ! &#187;. Dans chaque cas, la m&#234;me logique : priorit&#233; &#224; l'unit&#233; r&#233;publicaine, liquidation de la politique de classe, &#233;crasement ou marginalisation des r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. La t&#226;che centrale : le programme de transition comme pont&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La t&#226;che strat&#233;gique consiste &#224; surmonter la contradiction entre la maturit&#233; des conditions objectives de la r&#233;volution et la non-maturit&#233; du prol&#233;tariat et de son avant-garde. Il faut aider les masses, dans le processus de leurs luttes quotidiennes, &#224; trouver le pont entre leurs revendications actuelles et le programme de la r&#233;volution socialiste. Ce pont doit consister en un syst&#232;me de revendications transitoires, partant des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches de la classe ouvri&#232;re et conduisant invariablement &#224; une seule et m&#234;me conclusion : la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Programme de transition, 1938&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Les comit&#233;s du peuple travailleur : la t&#226;che concr&#232;te&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dont la situation exige, c'est la construction, sur tout le territoire, de comit&#233;s du peuple travailleur enracin&#233;s dans les entreprises et les quartiers. Ces comit&#233;s sont le contraire des structures de front populaire : ils ne d&#233;fendent pas LFI, ils ne demandent pas la protection de l'&#201;tat, ils ne r&#233;duisent pas la politique &#224; la d&#233;fense de la d&#233;mocratie bourgeoise. Ils partent des revendications imm&#233;diates concr&#232;tes &#8212; augmentation des salaires, arr&#234;t de l'&#233;conomie de guerre, d&#233;fense des services publics, r&#233;sistance &#224; la destruction des protections collectives &#8212; et les lient &#224; la perspective d'un pouvoir du peuple travailleur : la dictature du prol&#233;tariat, c'est-&#224;-dire la domination politique de la classe ouvri&#232;re organis&#233;e sur les classes qui l'exploitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces comit&#233;s sont aussi la seule r&#233;ponse coh&#233;rente &#224; l'extr&#234;me droite. Non pas en la &#171; combattant &#187; dans la rue au travers d'actes non assum&#233;s qui renforcent l'arsenal r&#233;pressif de l'&#201;tat, mais en construisant la puissance propre de la classe &#8212; qui est la seule chose que l'extr&#234;me droite ne peut pas affronter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Les axes organisationnels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extension et la centralisation r&#233;elle des luttes : non pas des journ&#233;es d'action syndicales encadr&#233;es et d&#233;limit&#233;es, mais des dynamiques qui s'&#233;tendent d'un secteur &#224; l'autre et se donnent des formes de coordination autonomes par rapport aux appareils conf&#233;d&#233;raux. Comit&#233;s de gr&#232;ve. Comit&#233;s de quartier. Coordinations interprofessionnelles. Contr&#244;le ouvrier sur les conditions de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;tachements ouvriers d'autod&#233;fense li&#233;s &#224; ces comit&#233;s : unit&#233;s encadr&#233;es par les organes de la classe, assum&#233;es publiquement, enracin&#233;es dans les syndicats de base. C'est ce que le Programme de transition appelle. C'est ce que la direction CNT aurait d&#251; construire en Espagne au lieu d'entrer dans le gouvernement bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture avec le militarisme et l'&#233;conomie de guerre : ni un euro pour les arm&#233;es imp&#233;riales, rupture avec l'OTAN, solidarit&#233; internationale des prol&#233;taires contre leurs propres &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail dans les organisations existantes pour disputer les masses aux appareils : pas la proclamation de la rupture depuis l'ext&#233;rieur, mais la lutte pour l'h&#233;g&#233;monie &#224; l'int&#233;rieur des syndicats, en proposant aux bases syndicales une politique concr&#232;te qui contraste avec celle des directions social-patriotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Ce qui manque et ce qui est urgent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il manque un parti authentiquement r&#233;volutionnaire qui fasse le lien entre les revendications imm&#233;diates et la perspective du pouvoir ouvrier. Pas un parti de militants purs qui d&#233;clarent leur rupture avec le r&#233;formisme. Un parti qui travaille dans les organisations existantes pour en disputer les bases &#224; leurs directions, qui initie les comit&#233;s du peuple travailleur sur des bases concr&#232;tes, qui construit les d&#233;tachements d'autod&#233;fense li&#233;s &#224; ces comit&#233;s, et qui assume publiquement devant la classe la perspective de la dictature du prol&#233;tariat comme seule issue r&#233;elle &#224; la crise capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans ce p&#244;le autonome, chaque mort politique sera absorb&#233;e par le dispositif de polarisation bourgeoise. La Jeune Garde &#8212; corps-franc de LFI arborant le logo de la SFIO nosk&#233;enne &#8212; continuera d'exister. Les organisations pseudo-r&#233;volutionnaires continueront de suivre. Et le slogan &#171; Siamo Tutti Antifascisti ! &#187; continuera de couvrir le front populaire, comme en 1936, comme en 1943, comme en 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pi&#232;ge n'est pas de choisir le &#171; bon mort &#187;. Le pi&#232;ge est d'accepter que la politique se r&#233;duise &#224; une guerre de camps &#8212; parce que cette guerre de camps ne menace pas le capital : elle le prot&#232;ge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une classe qui construit ses propres comit&#233;s &#8212; m&#234;me modestement, m&#234;me avec des forces limit&#233;es &#8212; est une classe qui existe politiquement. C'est ce travail qui est urgent. Pas demain. Maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; F&#233;vrier 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les citations des organisations sont issues des textes originaux avec liens v&#233;rifiables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#339;uvres de Marx et Trotsky sont consultables sur marxists.org/francais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOURCES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte (1852)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Pourquoi les marxistes s'opposent au terrorisme individuel (1911)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifeste de l'Internationale Communiste (mars 1919)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 conditions d'admission &#224; l'IC, IIe Congr&#232;s (1920)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Comment vaincre le fascisme ? (1932-1933)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Qu'est-ce que le national-socialisme ? (juin 1933)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, O&#249; va la France ? (1934-1936)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Les radicaux et le Front populaire, &#338;uvres, tome 6 (juillet 1935)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Encore une fois, o&#249; va la France ? (mars 1935)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, La r&#233;volution espagnole et les dangers qui la menacent (1936)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Le mouvement ouvrier, la guerre et la lutte de classes (1936)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, La le&#231;on de l'Espagne : le dernier avertissement (d&#233;cembre 1937)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, Programme de transition (1938)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;George Orwell, Hommage &#224; la Catalogne (1938)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grandizo Munis, Jalones de derrota, promesa de victoria (1948)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charte d'Amiens, Congr&#232;s de la CGT (1906)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agrupaci&#243;n de los Amigos de Durruti, tracts de mai 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plus de deux cent ans de trahisons syndicales</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8602</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article8602</guid>
		<dc:date>2026-01-24T23:29:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les directions syndicales : conciliation, n&#233;gociation, compromission, manipulation, trahison, complicit&#233; avec l'ennemi, fausses d&#233;clarations de victoire, accord avec patrons et gouvernements capitalistes dans le dos des gr&#233;vistes et des salari&#233;s, refus de toute d&#233;cision d&#233;mocratique dans les luttes, rejet de toute auto-organisation des travailleurs, d&#233;tournement de r&#233;volutions, mille et une formes de la collaboration entre classes sociales aux int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s... &lt;br class='autobr' /&gt;
1914 &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle victoire de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot261" rel="tag"&gt;SNCF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les directions syndicales : conciliation, n&#233;gociation, compromission, manipulation, trahison, complicit&#233; avec l'ennemi, fausses d&#233;clarations de victoire, accord avec patrons et gouvernements capitalistes dans le dos des gr&#233;vistes et des salari&#233;s, refus de toute d&#233;cision d&#233;mocratique dans les luttes, rejet de toute auto-organisation des travailleurs, d&#233;tournement de r&#233;volutions, mille et une formes de la collaboration entre classes sociales aux int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! En 1914, d&#232;s la d&#233;claration de guerre, la CGT (avec le parti socialiste) a int&#233;gr&#233; l'union sacr&#233;e au nom du patriotisme et de la d&#233;fense du territoire contre l'agression militaire allemande. Et c'est sur ce mensonge de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, que l'ancien syndicat r&#233;volutionnaire d'action directe et antimilitariste est pass&#233; dans le camp de la bourgeoisie, contribuant &#224; envoyer sans difficult&#233; le peuple travailleur aller mourir en masse dans la pire boucherie de la premi&#232;re guerre inter-imp&#233;rialiste, tuant d'embl&#233;e le caract&#232;re de classe, prol&#233;tarien et anti-collaboration du syndicalisme en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'union sacr&#233;e en 1914&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18771 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/union-sacree-carte-postale-image.png' width=&#034;750&#034; height=&#034;423&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_18770 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/4-novembre-1915-1500x965.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/4-novembre-1915-1500x965.jpg' width=&#034;1500&#034; height=&#034;965&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_18775 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/unionsacree-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/unionsacree-2.jpg' width=&#034;1462&#034; height=&#034;2084&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18782 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/668px-union-sacree-carte-postale.jpg' width=&#034;668&#034; height=&#034;434&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Jouhaux, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, signe l'union sacr&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/71x3lob6dql__ac_uf894_1000_ql80_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/71x3lob6dql__ac_uf894_1000_ql80_.jpg' width=&#034;663&#034; height=&#034;1000&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18769 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/274492_0.jpg' width=&#034;768&#034; height=&#034;581&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18772 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/sans_titre-20.jpg' width=&#034;268&#034; height=&#034;188&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La CGT fait siens les buts de guerre de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18773 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646122-8571a-34708.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;661&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18774 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646263-4b2ca.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646263-4b2ca.jpg' width=&#034;672&#034; height=&#034;916&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1936&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale parvenue au gouvernement en pleine mont&#233;e des luttes sociales et antifascistes ! Ils ont r&#233;ussi &#224; bloquer une gr&#232;ve ouvri&#232;re spontan&#233;e massive qui s'&#233;tait d&#233;clench&#233;e sans eux, qu'ils &#233;taient parvenus &#224; bloquer dans le secteur public o&#249; ils &#233;taient le plus forts. Ils ont fait reprendre le travail apr&#232;s des accords &#224; Matignon avec patrons et gouvernement. Les occupations d'usine sont termin&#233;es. Le grand capital est sauv&#233; ! L'Etat capitaliste aussi et il va pouvoir reprendre sa marche vers le fascisme et la guerre, momentan&#233;ment interrompue par l'offensive ouvri&#232;re. Il y a vraiment de quoi f&#233;liciter le front populaire des partis de gauche et des syndicats&#8230; du moins pour la grande bourgeoisie !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/cb1f0aa7a90865eca2611f6dab3eca.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/cb1f0aa7a90865eca2611f6dab3eca.jpg' width=&#034;960&#034; height=&#034;540&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_18753 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/le_populaire_journal-revue_hebdomadaire__parti_socialiste_bpt6k8223221_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/le_populaire_journal-revue_hebdomadaire__parti_socialiste_bpt6k8223221_1.jpg' width=&#034;4833&#034; height=&#034;3303&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18756 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/page_18_journal.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/page_18_journal.jpg' width=&#034;1181&#034; height=&#034;786&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18759 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/victoiresurlamisere.jpg' width=&#034;625&#034; height=&#034;444&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Apr&#232;s avoir cautionn&#233; les massacres imp&#233;rialistes de la deuxi&#232;me guerre mondiale, du c&#244;t&#233; des imp&#233;rialismes &#171; alli&#233;s &#187;, ils ont pu participer au gouvernement pour y imposer la paix imp&#233;rialiste contre tout risque r&#233;volutionnaire, imposer aussi tous les sacrifices pour le peuple travailleur trimant pour gagner une mis&#232;re, en reconstruisant le grand capital au nom de la reconstruction de la France ! Le syndicalisme ainsi transform&#233; devient le principal ennemi des gr&#232;ves et la chiourme des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18765 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/frachon_krasu.jpg' width=&#034;302&#034; height=&#034;163&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18766 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/benoit_frachon__la_bataille_de_la_production__1946.jpg' width=&#034;250&#034; height=&#034;197&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18767 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/particommuniste1945.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/particommuniste1945.jpg' width=&#034;1000&#034; height=&#034;661&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18780 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/webp/p27-croizat_ven.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/webp/p27-croizat_ven.webp' width=&#034;1200&#034; height=&#034;763&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1968&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! La CGT, qui a tout fait pour freiner la mont&#233;e des luttes, est contrainte de prendre le train en marche et d'organiser sans la vouloir, sans y appeler m&#234;me, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. C'est pour mieux la trahir en signant les accords de Grenelle avec patronat et gouvernement et en imposant la reprise du travail. La gauche politique et syndicale a pr&#233;tendu ainsi arriver &#224; la victoire par les urnes mais c'est le contraire qui s'est produit&#8230; Les syndicats, par la suite, vont continuer &#224; faire croire que c'est par les &#233;lections bourgeoises que l'on peut changer la politique gouvernementale, pas par la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/06_questions_sociales_image-06d08-7be90-8e4e0.jpg' width=&#034;350&#034; height=&#034;246&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/rv-133967-9jpg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/rv-133967-9jpg.jpg' width=&#034;1440&#034; height=&#034;1401&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18749 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/image-25.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/image-25.jpg' width=&#034;885&#034; height=&#034;500&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18781 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/50628_-_georges-seguy-re_sultats-ne_gociations-grenelle-travailleurs-renault-boulogne-billancourt-27-mai-1968.jpg' width=&#034;512&#034; height=&#034;339&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Georges S&#233;guy, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT siffl&#233; par les ouvriers de Renault &#224; Billancourt parce qu'il appelle &#224; la reprise du travail...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1981&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! C'est r&#233;ussi. Elle arrive au gouvernement par les &#233;lections, pas par la lutte sociale. Et elle y g&#232;re les affaires de la bourgeoisie, en d&#233;truisant les luttes ouvri&#232;res avec une efficacit&#233; accrue par le soutien (au pouvoir) des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18776 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/sans_titres-5.jpg' width=&#034;277&#034; height=&#034;182&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18778 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/sans_titredj.jpg' width=&#034;275&#034; height=&#034;183&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18779 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/9-illust6-gourguechon-1981-la-gauche-au-pouvoir-et-le-syndicalisme-qui-assiste-ou-regarde-1024x759.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/9-illust6-gourguechon-1981-la-gauche-au-pouvoir-et-le-syndicalisme-qui-assiste-ou-regarde-1024x759.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;759&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et ensuite... collaboration, n&#233;gociation, trahison, syndicalisme de participation...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Depuis, les syndicats ont men&#233; de nombreuses luttes, notamment des grandes gr&#232;ves, qu'elles soient nationales comme les retraites ou concernent seulement les cheminots ou d'autres cat&#233;gories professionnelles. Toutes ont &#233;t&#233; tromp&#233;es, d&#233;tourn&#233;es, us&#233;es et finalement&#8230; perdues. Pendant ce temps, les syndicats ont men&#233; une lutte permanente et acharn&#233;e pour&#8230; combattre l'auto-organisation des travailleurs, combattant tout particuli&#232;rement la tentative des Gilets jaunes et aussi celle du 10 septembre 2025&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/cul_et_chemise_004-0ffa6-2-1b6d1.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;375&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18724 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/sarkozy_thibault-1-52adf-3-321b6.jpg' width=&#034;298&#034; height=&#034;191&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/images-149.jpg' width=&#034;265&#034; height=&#034;190&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/090875142764-web-tete.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/090875142764-web-tete.jpg' width=&#034;1280&#034; height=&#034;720&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18763 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1507623696-screenshot-2017-10-10-10-18-18-1-4.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1507623696-screenshot-2017-10-10-10-18-18-1-4.png' width=&#034;720&#034; height=&#034;954&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18764 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1507623703-screenshot-2017-10-10-10-18-21-1-5.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1507623703-screenshot-2017-10-10-10-18-21-1-5.png' width=&#034;720&#034; height=&#034;1121&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Autrefois... avant 1914... il existait des syndicats r&#233;volutionnaires de la CGT qui pratiquaient l'action directe et se proposaient de renverser le capitalisme...&lt;div class='spip_document_18730 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/ew3g9qdxkaktaqu-1.jpg' width=&#034;336&#034; height=&#034;500&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18733 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/web_syndicat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/web_syndicat.jpg' width=&#034;947&#034; height=&#034;596&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18731 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/r320102103.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;594&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Plus de deux cent ans de trahisons syndicales&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_18722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH705/upload_2016-5-14_2-14-8-eb8ef-8b4cc-4f42d.jpg?1777520799' width='500' height='705' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : il n'y a plus de vrais syndicats mais des bureaucraties d'Etat qui d&#233;tournent de la lutte de classes une partie des forces militantes du prol&#233;tariat...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18736 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH568/de2169_c6ee9e805a064e16b31897b2b260c755_mv2-f16f5.jpg?1777520799' width='500' height='568' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/webp/6481d6a6-les-syndicats-depeuplent-s-enrichissent.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/webp/6481d6a6-les-syndicats-depeuplent-s-enrichissent.webp?1768713430' width='500' height='341' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats n'ont plus vraiment besoin des cotisations des salari&#233;s pour fonctionner : l'argent de l'Etat et des grandes entreprises leur suffit largement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18750 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L300xH303/26c420e2-1cea-11e1-a535-80face76c131-d1dc4-e3e2f.jpg?1777520799' width='300' height='303' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18751 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH404/6472584_1-af31f-a07e1.jpg?1777520799' width='500' height='404' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L350xH283/4ea7588e-1cec-11e1-a535-80face76c131-2c5f3-5d500.jpg?1777520799' width='350' height='283' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914-2025 : 210 ans de trahison des directions syndicales en France et notamment de la CGT&#8230; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article ne contient que des critiques des directions syndicales, ce qui ne signifie pas un m&#233;pris du syndicalisme ni des syndicalistes. A Voix des Travailleurs, nous sommes pour le syndicalisme mais pas n'importe lequel : le syndicalisme r&#233;volutionnaire d'action directe et qui s'impose de ne diriger des actions des salari&#233;s que si elles sont d&#233;cid&#233;es par les travailleurs eux-m&#234;mes, si ce sont eux qui en ont d&#233;cid&#233; les buts, les m&#233;thodes, les moyens et les perspectives, qui ont tent&#233; de se doter non seulement d'assembl&#233;es d&#233;cisionnelles mais aussi ont &#233;lu des comit&#233;s ou des conseils pour diriger leurs luttes. Nous sommes pour un syndicalisme de lutte de classes, ce qui signifie non seulement le refus du syndicalisme de concertation, de compromissions, de n&#233;gociations, de participations aux organismes d'Etat, de complicit&#233; avec les grands patrons et les gouvernants, mais aussi le refus du nationalisme pro-imp&#233;rialiste, pro-colonial et le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire face &#224; la mont&#233;e guerri&#232;re. Les militants syndicalistes qui respectent cela sont nos camarades et nous esp&#233;rons construire l'avenir prol&#233;tarien avec eux. Les dirigeants syndicaux, qui prennent leurs d&#233;cisions en dehors des travailleurs et s'en servent pour pactiser avec nos ennemis, font partie de nos adversaires. Tout le r&#233;cit qui suit rapporte comment ils ont maintes fois menti, propos&#233; de fausses perspectives, tromp&#233; les travailleurs et sauv&#233; les patrons et leurs gouvernements. Militants syndicalistes honn&#234;tes, tirez des le&#231;ons du pass&#233; et cessez de confier l'avenir des luttes &#224; ceux qui les ont fait &#233;chouer, rompez avec les bureaucrates syndicaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il ne suffit pas de dire que les directions syndicales trahissent pour comprendre comment les travailleurs ont pu &#234;tre tromp&#233;s et les luttes battues. Il faut dire aussi que les organisations politiques de la gauche, de la gauche de la gauche, social-d&#233;mocrates ou staliniennes et m&#234;me la fausse extr&#234;me gauche opportuniste ont contribu&#233; &#224; les tromper. Il faut dire aussi que la classe ouvri&#232;re a ses propres faiblesses, ses d&#233;fauts, ses divisions. Et aussi qu'une fraction de celle-ci, dite aristocratie ouvri&#232;re, est la base des appareils syndicaux et cautionne leurs tromperies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914 : la m&#232;re de toutes les guerres et de toutes les&#8230; trahisons &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re guerre mondiale, c'est la pire trahison de toute l'histoire du mouvement ouvrier&#8230; C'est la base de toutes les autres. La CGT antimilitariste et r&#233;volutionnaire est pass&#233;e de l'autre c&#244;t&#233; de la barricade et de la tranch&#233;e sociale, du c&#244;t&#233; des exploiteurs et des massacreurs, comme le parti socialiste. Il faut cependant pr&#233;ciser que ni l'un ni l'autre, ni le syndicat, ni le parti, n'avaient jamais d&#233;fendu la v&#233;ritable position r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne face &#224; la guerre : la strat&#233;gie du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire selon laquelle le prol&#233;tariat des pays imp&#233;rialiste doit lutter pour&#8230; la d&#233;faite de &#171; son &#187; propre pays, de &#171; sa &#187; classe dirigeante, de &#171; son &#187; Etat, de &#171; son &#187; arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats participent &#224; l'union sacr&#233;e des classes poss&#233;dantes pour imposer la boucherie de la premi&#232;re guerre mondiale&#8230; Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT L&#233;on Jouhaux, affirme qu'il hait la guerre, qu'elle est meurtri&#232;re et imp&#233;rialiste, mais&#8230; qu'il participera &#224; l'union sacr&#233;e et qu'il soutiendra &#224; fond la mobilisation et l'arm&#233;e fran&#231;aise du moment que la guerre est d&#233;clar&#233;e. Il affirme qu'il fera tout pour convaincre le peuple travailleur de la faire ! Il fait voter la direction de la CGT dans le m&#234;me sens. En &#233;change de quoi, le gouvernement suspend la menace d'arrestation contre les militants syndicalistes de la CGT (carnet B) et n'envoie pas les dirigeants mod&#233;r&#233;s au front. Les plus antimilitaristes seront imm&#233;diatement envoy&#233;s au front pour y mourir de mort &#171; naturelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'envoi par le ministre de l'Int&#233;rieur d'un t&#233;l&#233;gramme aux pr&#233;fets les engageant &#224; se pr&#233;parer &#224; l'arrestation des militants d&#233;sign&#233;s dans le &#171; carnet B &#187;, le comit&#233; conf&#233;d&#233;ral national de la CGT renia ses engagements. Le lendemain 1er ao&#251;t, il affirma que la conf&#233;d&#233;ration devait &#171; n&#233;gliger toutes ses d&#233;cisions contre la guerre &#187;. Ce n'est pas le moment, expliquaient ses dirigeants, &#171; d'effrayer par des d&#233;clarations incendiaires tous ceux qui sont partisans de la paix (...) Il faut remiser les d&#233;cisions antimilitaristes des congr&#232;s conf&#233;d&#233;raux et signer toutes les d&#233;clarations du Parti socialiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;change de cet immense service rendu, les socialistes Marcel Sembat et Jules Guesde entr&#232;rent dans le gouvernement d'&#171; Union sacr&#233;e &#187;. Un troisi&#232;me, Albert Thomas, fut peu apr&#232;s ministre de l'Armement. L&#233;on Blum devint chef de cabinet dans un minist&#232;re. D'autres re&#231;urent des responsabilit&#233;s dans l'appareil d'&#201;tat, loin de l'enfer des tranch&#233;es de Verdun et des obus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie avait besoin de ces dirigeants et de leurs appareils pour encha&#238;ner les masses ouvri&#232;res &#224; sa guerre, car elle savait ce que celle-ci signifierait en termes d'aggravation des conditions de travail et de vie pour ceux qui resteraient &#224; l'arri&#232;re, et de morts pour ceux qui iraient au front. Il fallait &#244;ter au prol&#233;tariat tous les moyens de relever la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petit historique de cette capitulation syndicale devant la guerre imp&#233;rialiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1909&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Griffuehles, secr&#233;taire de&lt;br class='autobr' /&gt;
la CGT syndicaliste r&#233;volutionnaire depuis 1901, est victime d'une machination. Accus&#233; de mauvaise gestion, il d&#233;missionne en juillet 1909. Le passage au r&#233;formisme se pr&#233;pare&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1912&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve &#171; contre la guerre &#187; men&#233;e par la CGT en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1913&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Episode aujourd'hui oubli&#233;, les casernes fran&#231;aises ont &#233;t&#233; touch&#233;es, en mai 1913, par une forte agitation. En cause : le refus de la loi de trois ans de service militaire, pi&#232;ce ma&#238;tresse de la militarisation du pays &#224; la veille de la Grande Guerre. L'&#233;v&#233;nement va provoquer une r&#233;pression furieuse contre les mutins, mais aussi contre les syndicalistes r&#233;volutionnaires et les anarchistes, accus&#233;s d'avoir foment&#233; les troubles. C'est &#233;galement le point de d&#233;part d'une crise ouverte &#224; la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1914&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 janvier. Cr&#233;ation de la f&#233;d&#233;ration des gauches &#224; l'initiative de Briand, Barthou, Jean Dupuy, Klotz, Millerand pour rassembler la gauche mod&#233;r&#233; en vue des prochaines &#233;lections. Briand en est &#233;lu pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25-28 janvier. XIe congr&#232;s national du PS-SFIO tenu &#224; Amiens (tactique &#233;lectorale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 f&#233;vrier. Manifestation contre la guerre &#224; Paris, &#224; l'appel de l'UD de la Seine de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 juin. Ren&#233; Viviani, socialiste ind&#233;pendant, devient pr&#233;sident du Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14-16 juillet. Congr&#232;s extraordinaire du PS-SFIO (ch&#244;mage, vie ch&#232;re, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la guerre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au congr&#232;s de Paris (juillet 1914), contre Jean Jaur&#232;s et Vaillant, Gustave Herv&#233; repoussa avec Jules Guesde l'id&#233;e de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la guerre. &#171; Lorsque j'ai d&#233;fendu l'insurrection, d&#233;clara-t-il, je pensais pouvoir compter sur des insurrectionnels, et je me suis aper&#231;u qu'il n'y en aurait point le jour d'une d&#233;claration de guerre. &#187; (Les F&#233;d&#233;rations socialistes III, p. 301).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 juillet. A l'appel de l'Union des syndicats de la Seine, les ouvriers manifestent contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 juillet. Manifestations ouvri&#232;res dans de nombreuses villes fran&#231;aises. Heurts avec la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 juillet. Assassinat de Jean Jaur&#232;s par Raoul Villain. Le lendemain, l'ordre de mobilisation g&#233;n&#233;rale est proclam&#233; : la Premi&#232;re Guerre mondiale commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 ao&#251;t. Obs&#232;ques de Jean Jaur&#232;s. Dans son discours, L&#233;on Jouhaux annonce le ralliement de la CGT &#224; l'Union sacr&#233;e. Le groupe parlementaire socialiste vote &#224; l'unanimit&#233; les cr&#233;dits de guerre et l'&#233;tat de si&#232;ge restreignant les libert&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alfred Rosmer rapporte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 4 ao&#251;t 1914, on pouvait lire sur les murs de Paris une belle affiche blanche annon&#231;ant l'initiative du gouvernement du &#171; secours national &#187;. Jusque l&#224; rien d'extraordinaire. Mais ce qui l'&#233;tait, c'&#233;tait la collection de noms composant le Comit&#233; charg&#233; d'administrer ce Secours National : tous les hauts dignitaires de la bourgeoisie, archev&#234;que, grand-rabbin, acad&#233;miciens, industriels, banquiers&#8230; puis L&#233;on Jouhaux, secr&#233;taire de la CGT et Bled, secr&#233;taire de l'Union des Syndicats de la Seine. Il y avait encore L&#233;pine, l'ancien pr&#233;fet de police, matraqueur d'ouvriers et Charles Maurras, un des vrais responsables de l'assassinat de Jaur&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 ao&#251;t 1914, L&#233;on Jouhaux, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT ex-anarchosyndicaliste, sur la tombe de Jean Jaur&#232;s, pr&#233;tend exprimer le sentiment de &#171; la classe ouvri&#232;re au c&#339;ur meurtri &#187; en rejetant la responsabilit&#233; de la guerre sur les empereurs et les aristocraties d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie. Les ouvriers deviennent des &#171; soldats de la libert&#233; &#187; appel&#233;s &#224; d&#233;fendre la patrie o&#249; naquit l'id&#233;al r&#233;volutionnaire. Jouhaux, secr&#233;taire autrefois &#171; r&#233;volutionnaire &#187; de la CGT d&#233;clare &#224; l'enterrement de Jaur&#232;s que &#171; ce n'est pas la haine du peuple allemand qui nous poussera sur les champs de bataille, c'est la haine de l'imp&#233;rialisme allemand ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Bataille syndicaliste &#187;, organe de la CGT, &#233;crit en ao&#251;t 1914 : &#171; contre le droit du poing, contre le militarisme germanique, il faut sauver la tradition d&#233;mocratique et r&#233;volutionnaire de la France.&#8221; &#8220;Partez sans regret, camarades ouvriers qu'on appelle aux fronti&#232;res pour d&#233;fendre la terre fran&#231;aise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 ao&#251;t, l'article de Jouhaux affirme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Profitons-en&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#8230;L'Allemagne est pr&#233;sentement bloqu&#233;e, son commerce maritime s'est en partie arr&#234;t&#233; ! Pourquoi notre marine marchande, coop&#233;rant avec celle de l'Angleterre, ne reprendraient-elles pas &#224; leur profit une partie du travail allemand qui ne se fait plus ? Ce serait une premi&#232;re victoire, et d'une importance qui ne peut &#233;chapper &#224; personne&#8230; Il faut profiter de toutes les situations&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 ao&#251;t, dans Bataille Syndicaliste, Jouhaux &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il convient de louer sans r&#233;serves la classe ouvri&#232;re de notre pays pour l'admirable force de volont&#233; dont elle fait preuve pr&#233;sentement. Avec une ma&#238;trise incomparable d'elle-m&#234;me, elle refoule int&#233;rieurement les douleurs et les angoisses qui &#233;treignent sa chair meurtrie pour ne laisser apercevoir au monde &#233;tonn&#233; qu'un inalt&#233;rable sang-froid&#8230; Assur&#233; du lendemain, ne souffrant pas dans sa dignit&#233; d'hommes, le travailleur est capable de supporter sto&#239;quement les plus grands chocs moraux. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dimanche 23 ao&#251;t, Jouhaux crie victoire : il est rejoint dans son patriotisme guerrier par le syndicaliste r&#233;volutionnaire italien Alceste de Ambris alors que le peuple italien refuse massivement l'entr&#233;e en guerre :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un r&#233;confort nous vient &#224; l'heure m&#234;me o&#249; commence &#224; se jouer le plus formidable drame guerrier que l'esprit humain ait jamais pu concevoir. D'apr&#232;s un communiqu&#233; qu'on lira plus bas, notre ami De Ambris s'est courageusement affirm&#233; en notre faveur&#8230; Notre geste a &#233;t&#233; compris par nos amis r&#233;volutionnaires de tous les pays&#8230; Nous avons le droit de souhaiter ardemment la victoire&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 ao&#251;t, l'&#233;ditorial de Jouhaux de Bataille Syndicaliste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les trois int&#233;r&#234;ts principaux du moment : national, patronal et ouvrier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, le m&#234;me journal &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Matin insinue que le recul de nos troupes en Lorraine serait le fait d'excitations antimilitaristes. Sur quoi s'appuie Le Matin pour faire semblable insinuation ? Aucun fait, aucun document officiel ne vient appuyer son affirmation mensong&#232;re&#8230; Les organis&#233;s n'ont jamais fait preuve de l&#226;chet&#233;. En toutes occasions, ils ont su montrer un courage qui &#233;merveillait leurs adversaires&#8230; Courageux hier, les r&#233;volutionnaires le restent aujourd'hui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 ao&#251;t. Les socialistes Jules Guesde et Marcel Sembat entrent dans le gouvernement Viviani d'Union sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 septembre. Cr&#233;ation d'un Comit&#233; d'action entre le PS-SFIO et la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cembre. Pierre Monatte d&#233;missionne du CCN de la CGT pour protester contre l'orientation de la direction conf&#233;d&#233;rale. Il imprime et diffuse sa lettre de d&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7354&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7354&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8176&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8176&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914-1915&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La minorit&#233; r&#233;volutionnaire de la CGT ne se rallie pas &#224; la guerre imp&#233;rialiste d&#233;nonce l'union sacr&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cgt/works/1915/08/cgt_19150815c.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cgt/works/1915/08/cgt_19150815c.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1917-1919 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ne d&#233;noncent pas les offensives meurtri&#232;res et les fusill&#233;s pour l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne se rallient pas &#224; la r&#233;volution russe d'Octobre et &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Europe, laissant les travailleurs russes isol&#233;s face aux imp&#233;rialismes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, ils trahissent la mont&#233;e r&#233;volutionnaire en France &#224; l'apr&#232;s-guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8387&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8387&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1919/09/monatte_19190917.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1919/09/monatte_19190917.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1920&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats trahissent la gr&#232;ve des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.unioncommunistelibertaire.org/Fevrier-1920-La-grande-greve-du-rail-ebranle-la-CGT&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.unioncommunistelibertaire.org/Fevrier-1920-La-grande-greve-du-rail-ebranle-la-CGT&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La minorit&#233; r&#233;volutionnaire des syndicats est un peu h&#233;sitante &#224; faire de la politique r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/07/lt19200731.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/07/lt19200731.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1921 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicalistes r&#233;volutionnaires sont encore minoritaires &#224; la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6049&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6049&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1921/10/lille.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1921/10/lille.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1922&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve du Havre est trahie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve341&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve341&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PC (pas encore PCF mais section fran&#231;aise de l'Internationale Communiste SFIC) n'est pas pour autant un parti r&#233;volutionnaire de combat de classe et sa politique syndicale n'est pas non plus r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221202.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221202.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1923&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;CGT et CGTU scissionnent en se disant pour ou contre la Russie des soviets&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/lozovsky/1923/04/cgt-cgtu.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/lozovsky/1923/04/cgt-cgtu.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1923/00/monatte_19230000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1923/00/monatte_19230000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1925&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Direction du PCF et de la CGTU s'affichent seulement r&#233;volutionnaires en fa&#231;ade&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1925/10/ogi_19251025.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1925/10/ogi_19251025.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1927-1930&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La stalinisation du PCF et de la CGTU et la chasse aux oppositionnels, trotskistes ou autres, commence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1934 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re se mobilise pour donner un coup d'arr&#234;t &#224; la mont&#233;e fasciste en France mais les syndicats la freinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7538&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7538&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve190&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve190&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1935&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT propose son plan &#224;&#8230; la bourgeoisie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350405.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350405.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mensonges du plan de la CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article152&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1936 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le front populaire, dont les syndicats font partie, cassent la mont&#233;e vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui a &#233;clat&#233; spontan&#233;ment, emp&#234;chent les fonctionnaires de s'y joindre, font reprendre le travail, arr&#234;ter les occupations d'usines et brisent la perspective r&#233;volutionnaire, ouvrant la porte &#224; la marche &#224; la guerre et au fascisme. Il faut savoir terminer une gr&#232;ve clament PCF et CGT qui appuient le gouvernement de front populaire contre la menace de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article622&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article622&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article795&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article795&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1349&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1349&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7670&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7670&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT signe les accords Matignon avec le patronat et le gouvernement pour arr&#234;ter la gr&#232;ve ouvri&#232;re avec occupation des usines qui menace de se transformer en r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04281854/benoit-frachon-et-lambert-ribot-sur-les-accords-de-matignon-de-1936&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04281854/benoit-frachon-et-lambert-ribot-sur-les-accords-de-matignon-de-1936&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mai, les ouvriers m&#233;tallurgistes de l'usine Bloch se mettent en gr&#232;ve. Ils occupent l'usine nuit et jour. Les gens du voisinage leur apportent vivres et encouragements. La direction de l'usine c&#232;de d&#232;s le lendemain, accordant aux gr&#233;vistes une augmentation de salaire et des cong&#233;s pay&#233;s. Dans les jours qui suivent, d'autres mouvements de gr&#232;ve se produisent dans le pays, et obtiennent, eux aussi, gain de cause. Ces premi&#232;res victoires captent l'attention de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re. Blum, qui s'efforce de rassurer les milieux capitalistes quant &#224; la &#171; mod&#233;ration &#187; de ses intentions, est effray&#233; par l'ampleur que prend le mouvement. Il appelle les travailleurs &#224; la patience, c'est-&#224;-dire &#224; l'inaction. En vain. Le 26 mai, toutes les usines du secteur automobile &#8211; dont les 35 000 ouvriers de l'usine Renault &#8211; et de l'aviation du d&#233;partement de la Seine se mettent en gr&#232;ve. La direction de la CGT, r&#233;unifi&#233;e depuis le mois de mars, sous la direction de L&#233;on Jouhaux, n'est pour rien dans le d&#233;clenchement du mouvement, qui s'&#233;tend rapidement aux autres industries, y compris aux ouvriers du b&#226;timent qui travaillent sur les chantiers de l'Exposition Internationale. Jouhaux incite les travailleurs &#224; reprendre le travail, mais ne parvient pas &#224; emp&#234;cher l'extension du mouvement. Au-del&#224; des travailleurs industriels, le mouvement de gr&#232;ve gagne des couches de la classe ouvri&#232;re jusqu'alors inorganis&#233;es et inertes, mais souvent tr&#232;s durement exploit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les signes du r&#233;veil r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re se multiplient. Le 24 mai, lors de la manifestation traditionnelle de comm&#233;moration de la Commune de Paris, au P&#232;re Lachaise, le nombre de manifestants &#8211; qui ne d&#233;passait pas, ordinairement, quelques centaines &#8211; avoisine les 600 000 ! Des militaires venus d'une caserne de Versailles portaient une banderole o&#249; &#233;tait &#233;crit : &#171; La soldatesque versaillaise de 1871 assassina la Commune. Les soldats de Versailles de 1936 la vengeront ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs r&#233;clament des garanties de salaire minimum, la semaine de 40 heures (au lieu de 48), la majoration des heures suppl&#233;mentaires et des cong&#233;s pay&#233;s. Nuit et jour, ils occupent les lieux du travail, tiennent des piquets de gr&#232;ve, cr&#233;ent des comit&#233;s veillant &#224; l'application des d&#233;cisions collectives et &#224; la protection de l'outil de travail contre des actes de sabotage ou de malveillance. Le 31 mai, Le Temps, porte-parole de la classe capitaliste, constate avec horreur &#171; l'ordre qui r&#232;gne dans les usines &#187;. Les travailleurs se comportent, dit le journal, &#171; comme si les usines leur appartenaient d&#233;j&#224; &#187;. Le 4 juin, &#224; la veille de l'entr&#233;e en fonction du nouveau gouvernement, les gr&#232;ves s'&#233;tendent &#224; pratiquement toutes les industries, et commencent &#224; paralyser l'&#233;conomie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e comme celle de 1936 porte la lutte des classes &#224; un niveau qui pose directement la question du pouvoir. Comme le disait Trotsky : &#171; C'est clairement l'union des opprim&#233;s contre leurs oppresseurs &#187;. Par sa nature m&#234;me, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale oblige la classe ouvri&#232;re &#224; instaurer son contr&#244;le direct des moyens de production et &#224; assumer progressivement les fonctions de l'Etat. Par l'action vigoureuse des travailleurs, une situation r&#233;volutionnaire se cr&#233;e dans laquelle prend corps &#8211; sous une forme embryonnaire &#8211; le futur Etat socialiste. Cette menace contre l'existence m&#234;me du capitalisme &#233;tait en contradiction compl&#232;te avec la collaboration de classe incarn&#233;e par le Front Populaire. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale effrayait non seulement la classe capitaliste et ses repr&#233;sentants &#224; la t&#234;te du Parti Radical, mais aussi les architectes &#171; socialistes &#187; et &#171; communistes &#187; du Front Populaire. Thorez avait insist&#233; pour qu'aucune atteinte ne soit pas port&#233;e &#224; la propri&#233;t&#233; capitaliste &#8211; et voil&#224; que les ouvriers s'emparaient directement de cette propri&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appels au calme, &#224; la mod&#233;ration et &#224; la reprise du travail, de la part des dirigeants de la CGT, de Blum et de Thorez, restent d'abord sans effet. Thorez insiste sur le fait que la situation &#171; n'est pas r&#233;volutionnaire &#187;, et met les travailleurs en garde contre le danger de &#171; jouer le jeu du fascisme &#187;. Mais les travailleurs ne tiennent pas compte des consignes de leurs &#171; dirigeants &#187;. Lorsque Blum envoie le dirigeant syndical communiste Henri Reynaud, accompagn&#233; de Jules Moch (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du gouvernement), pour obtenir des gr&#233;vistes une livraison de mazout n&#233;cessaire aux boulangers de la capitale, ils reviennent les mains vides, les ouvriers n'ayant m&#234;me pas voulu leur ouvrir la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 juin, le nombre de gr&#233;vistes s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 500 000. Le 7 juin, il s'approche du million. Le patronat craint que la poursuite du mouvement de gr&#232;ve n'aboutisse &#224; une r&#233;volution et &#224; la fin de la propri&#233;t&#233; capitaliste. Pris de panique, et pour aider les dirigeants de la CGT &#224; mettre un terme au mouvement, le gouvernement Blum organise des n&#233;gociations &#224; l'H&#244;tel Matignon, le 7 juin. Quand ils sont sous la menace de tout perdre, les capitalistes font toujours de concessions, quitte &#224; les reprendre plus tard, lorsque la menace est &#233;cart&#233;e. C'est dans cet &#233;tat d'esprit que le patronat, repr&#233;sent&#233; par la CGPF, aborde les n&#233;gociations de Matignon. Blum tente de limiter les concessions faites en mati&#232;re salariale, qui sont finalement de l'ordre de 7 &#224; 12% dans le secteur priv&#233;. Le patronat conc&#232;de &#233;galement la semaine de 40 heures et 2 semaines de cong&#233;s pay&#233;s, ainsi que le principe des accords collectifs et de nouveaux droits syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours &#224; la Chambre des D&#233;put&#233;s, Blum se dit &#171; fier &#187; des accords de Matignon, mais souligne ce que tout le monde sait d&#233;j&#224; : &#171; La crise n'est pas termin&#233;e &#187;. Il faut rapidement promulguer les lois concernant les r&#233;formes promises. &#171; Nous sommes, vous le savez, Messieurs, dans des circonstances o&#249; chaque heure compte. &#187; En effet, les accords de Matignon ne mettent pas fin au mouvement de gr&#232;ve, et ne permettent pas de r&#233;tablir l'autorit&#233; des dirigeants socialistes, communistes et syndicaux. Bien au contraire, les gr&#232;ves redoublent d'intensit&#233;. La CGT a vu le nombre de ses adh&#233;rents s'accro&#238;tre dans des proportions in&#233;dites : elle passe d'un million &#224; 5 300 000. Les m&#233;tallurgistes de la r&#233;gion parisienne refusent les accords et votent la poursuite de la gr&#232;ve. Le nombre de gr&#233;vistes augmente non seulement dans l'industrie et le commerce, mais aussi en milieu rural, o&#249; des milliers d'ouvriers agricoles occupent les grandes fermes. A Paris et dans de nombreuses villes de province, des caf&#233;s, des h&#244;tels et des restaurants sont occup&#233;s par les salari&#233;s. Ici et l&#224; commencent &#224; &#233;merger des organisations comparables aux soviets de la r&#233;volution russe. Par exemple, le 8 juin, dans l'usine Hotchkiss, &#224; Levallois, dans la banlieue nord-ouest de Paris, une assembl&#233;e regroupant les d&#233;l&#233;gu&#233;s de 33 usines des environs vote une r&#233;solution demandant l'&#233;lection d'un &#171; comit&#233; central de gr&#232;ve &#187; Le 11 juin, toutes les principales industries de Paris et du d&#233;partement de la Seine sont en gr&#232;ve, et une nouvelle assembl&#233;e de 587 d&#233;l&#233;gu&#233;s repr&#233;sentant 243 usines de la r&#233;gion parisienne se tient dans la capitale. Le nombre total de gr&#233;vistes, m&#234;me selon les chiffres du gouvernement, s'approche de 1 200 000. Blum met des troupes et des gardes mobiles en alerte, pr&#234;ts &#224; marcher sur Paris pour r&#233;primer la gr&#232;ve, et ne cesse de r&#233;p&#233;ter que son gouvernement fera respecter &#171; l'ordre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs se heurtent sans cesse aux directions de leurs propres organisations, qui veulent toutes d&#233;fendre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et faire en sorte que cesse le mouvement de gr&#232;ve. Le 11 juin, Thorez s'adresse aux m&#233;tallurgistes. Il les met en garde contre le risque, selon lui, d'effrayer la petite bourgeoisie et de briser le Front Populaire, en &#171; aggravant le d&#233;sordre &#187;. &#171; Il faut savoir consentir aux transactions, il faut savoir terminer une gr&#232;ve &#187;, dit-il, car &#171; l'heure de la r&#233;volution n'est pas venue. &#187; De nouveaux secteurs de la classe ouvri&#232;re, comme par exemple les employ&#233;es des grands magasins de Paris, se lancent dans la lutte au lendemain de l'intervention de Thorez qui, pourtant, cherchait &#224; y mettre un terme. Cependant, au cours des deux semaines suivantes, du fait du comportement tra&#238;tre des dirigeants des organisations syndicales et politiques des travailleurs, le mouvement de gr&#232;ve finit par s'&#233;puiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la gr&#232;ve, c'est le rassemblement au grand jour des opprim&#233;s contre les oppresseurs, c'est le d&#233;but classique de la r&#233;volution &#187; a &#233;crit Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers d'ouvriers &#171; anonymes &#187; sortent du rang, &#233;lus par leurs camarades, ils se font organisateurs, orateurs, parlent haut et fort au patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques jours, tout a chang&#233; : les opprim&#233;s prennent conscience de leur force, de la puissance de l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la gr&#232;ve est aussi pleine d'illusions : illusions dans les dirigeants ouvriers, illusions dans le fait que la puissance du mouvement, l'occupation des usines, suffisent... La victoire est au bout, contre les patrons et leur gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.G.T. s'efforce de reprendre le contr&#244;le du mouvement. Elle appelle &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale l&#224; o&#249; elle est d&#233;j&#224; d&#233;clench&#233;e : dans les mines du Nord et du Pas-de-Calais ; dans le b&#226;timent. Les dirigeants de la C.G.T. courent apr&#232;s le mouvement pour tenter de le &#171; coiffer &#187;, de le canaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en ces termes que le comit&#233; r&#233;gional du Nord et du Pas-de-Calais des mineurs appelle &#224; la gr&#232;ve : &#171; Pour maintenir l'ordre et le calme, et faciliter la t&#226;che du gouvernement... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement ? Quel gouvernement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;galement, le gouvernement Sarraut doit continuer son &#171; action &#187; jusqu'&#224; ce que la Chambre ait accord&#233; l'investiture au gouvernement que doit former L&#233;on Blum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 juin, Sarraut remet sa d&#233;mission au pr&#233;sident de la R&#233;publique, Lebrun, qui imm&#233;diatement supplie L&#233;on Blum de constituer son gouvernement pour se mettre au travail. Blum proteste : il faut respecter les usages et la Constitution, et convoquer la Chambre pour obtenir l'investiture...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Lebrun insiste : l'heure n'est pas &#224; ce l&#233;galisme. Le 4 juin &#224; 18 h 15, le minist&#232;re Blum est constitu&#233;. Salengro, ministre de l'Int&#233;rieur, et Lebas, ministre du Travail, entrent imm&#233;diatement en fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A ce moment, dans la bourgeoisie et en particulier dans le monde patronal, on me consid&#233;rait, on m'attendait comme un sauveur. Les circonstances &#233;taient si angoissantes, on &#233;tait si pr&#232;s de quelque chose qui ressemblait &#224; la guerre civile, qu'on n'esp&#233;rait plus que dans une sorte d'intervention providentielle, je veux dire l'arriv&#233;e au pouvoir de l'homme auquel on attribuait sur la classe ouvri&#232;re un pouvoir suffisant de persuasion pour qu'il lui f&#238;t entendre raison et qu'il la d&#233;cid&#226;t &#224; ne pas user, &#224; ne pas abuser de sa force. &#187; (L&#233;on Blum au proc&#232;s de Riom.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la pr&#233;sentation du gouvernement, Lebrun entra&#238;ne L&#233;on Blum &#224; l'&#233;cart et lui demande d'intervenir imm&#233;diatement &#224; la radio : &#171; Dites-leur que le Parlement va se r&#233;unir, que d&#232;s qu'il sera r&#233;uni vous allez lui demander le vote rapide et sans d&#233;lai de lois sociales... Ils vous croiront et alors peut-&#234;tre le mouvement s'arr&#234;tera-t-il ? &#187; (L&#233;on Blum au proc&#232;s de Riom.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 juin, Blum s'adresse par trois fois aux gr&#233;vistes : le gouvernement n'a toujours pas &#171; eu le temps &#187; d'obtenir l'investiture de la Chambre. C'est l'ill&#233;galit&#233; au service des int&#233;r&#234;ts de... la l&#233;galit&#233; du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 6 et 7 juin, la gr&#232;ve gagne la plupart des villes de province, les &#171; cols blancs &#187; se joignent aux travailleurs manuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La panique du grand patronat est directement proportionnelle avec l'ampleur du mouvement ; oui, Trotsky a raison : la r&#233;volution fran&#231;aise a commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point, Lebrun, Blum, Thorez, Daladier, Jouhaux, sont d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc enrayer le processus, faire rentrer la gr&#232;ve, faire accepter &#224; la classe ouvri&#232;re qu'elle reprenne la vie quotidienne, respecte la propri&#233;t&#233;, la l&#233;galit&#233;, l'ordre bourgeois. En un mot, c&#233;der quelque chose pour &#233;viter le pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords Matignon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale de la production fran&#231;aise (anc&#234;tre du C.N.P.F.) n'y va pas par quatre chemins. Vendredi 5 au matin, Alexandre Lambert-Ribot, d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral du Comit&#233; des Forges, coll&#232;gue de Blum au Conseil d'Etat, le fait pr&#233;venir qu'il souhaite lui parler. Lambert-Ribot d&#233;clare au chef du gouvernement que la C.G.P.F. d&#233;sire que &#171; sans perdre une minute &#187; soit organis&#233;e une rencontre entre repr&#233;sentants des syndicats et ceux du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout va aller tr&#232;s vite. Le 7 juin, &#224; 15 heures, L&#233;on Blum, Jouhaux, Frachon, Belin, Serrat, Cordier, Milain pour la C.G.T. Duchemin, Richemond, Dalbonge, Lambert-Ribot pour la C.G.P.F. s'assoient &#224; la table des n&#233;gociations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re discussion dure jusqu'&#224; 20 heures. Puis reprend &#224; 23 heures. A 0h40, l' &#171; accord Matignon &#187; est sign&#233; et communiqu&#233; &#224; la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ont c&#233;d&#233; sur tous les points &#187;, dira Frachon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Mais pour maintenir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, pour maintenir l'ETAT, pour &#233;viter l'explosion, l'affrontement direct &#224; un niveau sup&#233;rieur entre les masses ouvri&#232;res et le grand capital, le patronat &#171; l&#226;che &#187; en cette journ&#233;e plus qu'en trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats sont loin d'&#234;tre n&#233;gligeables :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;tablissement imm&#233;diat de contrats collectifs de travail ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;reconnaissance du droit de se syndiquer - majoration des salaires de 7 &#224; 15 %&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications arrach&#233;es n'ont rien de commun avec les formules creuses du programme de Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat conc&#232;de des revendications consid&#233;rables pour conserver l'essentiel : la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Les tendances fondamentales du mouvement des masses vont vers l'appropriation des moyens de production. Spontan&#233;es mais confuses, elles trouvent &#231;&#224; et l&#224; une expression plus claire. Les m&#233;tallos sont &#224; l'avant-garde du mouvement. C'est eux qui d&#233;gagent le plus clairement la tendance du mouvement. Un d&#233;l&#233;gu&#233; de Rateau d&#233;clare : &#171; Les camarades sauront bien organiser le travail sans les patrons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers de l'a&#233;ronautique proposent &#224; Cot, ministre de l'Air, de nationaliser les usines d'armement et d'en prendre le contr&#244;le direct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes se tournent vers &#171; leurs &#187; ministres du Front populaire en disant : &#171; Nous sommes pr&#234;ts ! Donnez les consignes, les directives, nous agirons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Usines occup&#233;es, grands magasins, banques, compagnies d'assurances, le temple du profit, la Bourse elle-m&#234;me, est menac&#233;e par la gr&#232;ve...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe de la profondeur de la crise : la police est atteinte dans son &#171; moral &#187;. L'Etat bourgeois dont elle est une composante va-t-il tenir ? Comme toujours en ces cas-l&#224;, elle perd sa superbe, son assurance, sa certitude d'&#234;tre la force, donc le droit. Elle se sent &#171; plus pr&#232;s du peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords Matignon sont salu&#233;s par la presse des organisations et partis ouvriers comme une formidable victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Humanit&#233; titre : &#171; La victoire est acquise. &#187; Le Populaire &#233;crit : &#171; Victoire ! Victoire ! Les patrons ont capitul&#233; !... Les patrons ? Quels patrons ? Tous ! [...] Victorieux, les ouvriers peuvent reprendre le travail... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8, Jouhaux d&#233;clare &#224; la radio, apr&#232;s avoir analys&#233; la port&#233;e des &#171; accords &#187; : &#171; Dans chaque entreprise la gr&#232;ve doit cesser si le patron d&#233;clare adh&#233;rer &#224; l'accord du 7 juin [...]. La C.G.T. s'est formellement engag&#233;e &#224; favoriser ce processus d'apaisement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs en gr&#232;ve comprennent que ce que le patronat l&#226;che t&#233;moigne de sa peur de perdre beaucoup plus, sinon tout. Mais les accords Matignon sont l'accord de la trahison, le n&#339;ud coulant que l'on veut passer autour de la gorge de la classe ouvri&#232;re pour faire cesser la gr&#232;ve. Les travailleurs en ont l'intuition : ils refusent de cesser la gr&#232;ve, de reprendre le travail, la vie quotidienne de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la gr&#232;ve ne cesse pas, mais de nouvelles corporations vont entre le 7 et le 12 juin entrer dans l'action, encourag&#233;es par les accords sign&#233;s &#224; Matignon. Dans le Nord, le Midi, en Afrique du Nord, des centaines de milliers de prol&#233;taires faites passent &#224; l'action, &#171; relevant &#187; ceux qui rentrent dans la r&#233;gion parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la banlieue, les m&#233;tallos ren&#226;clent. Confus&#233;ment, la classe ouvri&#232;re sent qu'elle peut aller plus loin. Le mardi 9 juin, 700 d&#233;l&#233;gu&#233;s des usines en gr&#232;ve se r&#233;unissent salle Mathurin-Moreau. Les dirigeants de la C.G.T. demandent aux travailleurs de se prononcer sur la fin de la gr&#232;ve : les d&#233;l&#233;gu&#233;s interviennent et exigent que toutes leurs revendications - d&#233;passant l'accord de Matignon - soient honor&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;tallos ne reprendront pas le travail : la C.G.T. s'incline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 juin, apr&#232;s avoir enregistr&#233; le refus de, patrons, la C.G.T. fait son compte rendu devant une nouvelle assembl&#233;e de d&#233;l&#233;gu&#233;s : la col&#232;re gronde et les travailleurs commencent &#224; envisager une manifestation de rue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils d&#233;cident de continuer la gr&#232;ve : la CGT s'incline &#224; nouveau...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11, apr&#232;s de nouvelles n&#233;gociations, o&#249; le patronat recule, nouvelle assembl&#233;e pr&#233;sid&#233;e par Frachon. Malgr&#233; les concessions enregistr&#233;es, les d&#233;l&#233;gu&#233;s exigent au nom de leurs camarades que toutes les traites soient pay&#233;es. Les m&#233;tallos ne c&#232;dent pas, malgr&#233; les appels de Frachon et d'Henaff. Certains d&#233;l&#233;gu&#233;s reprennent les propositions d'organiser une manifestation pour &#171; descendre sur Paris &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12, le patronat c&#232;de sur tous les points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, malgr&#233; les illusions, les incertitudes de la classe ouvri&#232;re, Trotsky a-t-il raison d'&#233;crire : &#171; La r&#233;volution fran&#231;aise a commenc&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez : &#171; Il faut savoir terminer une gr&#232;ve &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa fondation en 1921, le parti communiste fran&#231;ais a connu jusqu'en 1934 bien des vicissitudes, Au moment de la scission, il &#233;tait largement majoritaire et comptait plus de 100 000 membres. En revanche, la C.G.T.U., n&#233;e de la scission que l'appareil r&#233;formiste avait impos&#233;e afin le courant r&#233;volutionnaire ne devienne majoritaire, &#233;tait rest&#233;e minoritaire. La politique tour &#224; tour opportuniste, puis sectaire et aventuriste, que l'I.C. stalinis&#233;e devait imposer jusqu'en 1934 au P.C.F. l'avait r&#233;duit &#224; quelque dix &#224; vingt mille adh&#233;rents en 1933, la C.G.T.U. n'&#233;tant plus qu'un squelette. 1934 va voir se modifier cette tendance. Si la grande masse des travailleurs regarde du c&#244;t&#233; de la S.F.I.O., si celle-ci voit cro&#238;tre ses effectifs, si par milliers les ouvriers d'avant-garde y entrent et cherchent &#224; se constituer en courant r&#233;volutionnaire, aux yeux des masses l'U.R.S.S. reste le pays de la r&#233;volution d'Octobre, l'I.C. et le P.C.F. ses repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure o&#249; de 1934 &#224; 1936 s'affirme la marche &#224; la crise r&#233;volutionnaire, les masses et les militants se tournent de plus en plus nombreux vers le parti qui leur semble &#234;tre celui de la r&#233;volution. De 1934 &#224; 1936, le P.C.F. reconstitue son cadre militant. Il reste minoritaire par rapport au P.S., mais ce sont d&#233;j&#224; plusieurs dizaines de milliers de militants qui le rejoignent. Ils vont &#234;tre les cadres organisateurs des couches profondes et d&#233;cisives du prol&#233;tariat en mouvement en juin 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Lefranc, les effectifs du P.S. et du P.C.F. &#233;voluent de la fa&#231;on suivante : &#171; En avril 1936, les effectifs de la S.F.I.O. d&#233;passent ceux de la S.F.I.C. (114 000 contre 106 000). En mai 1936, la S.F.I.O. est distanc&#233; : elle compte 127 000 adh&#233;rents contre 131 000 au parti communiste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les mois suivants, la S.F.I.O. atteindra 200 000 adh&#233;rents environ. Au comit&#233; central du 22 f&#233;vrier 1937, la direction du P.C.F. affirme son parti est pass&#233; de 80 000 adh&#233;rents au congr&#232;s de Villeurbanne en janvier 1936 &#224; 220 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande masse de travailleurs adh&#232;rent &#224; la section fran&#231;aise de la III&#176; Internationale, voyant dans le P.C.F. le parti h&#233;ritier de la r&#233;volution d'Octobre, de L&#233;nine, du combat pour le socialisme. Les masses le chargent de leurs espoirs, de leurs esp&#233;rances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature du P.C.F. n'est pas identique &#224; celle de la S.F.I.O. L'un et l'autre sont des partis ouvriers. bourgeois contre-r&#233;volutionnaires. Mais la S.F.I.O. est directement li&#233;e &#224; sa bourgeoisie, au syst&#232;me imp&#233;rialiste. Le P.C.F. d&#233;pend enti&#232;rement de la bureaucratie du Kremlin : il est un rouage de son appareil international, et c'est par sa m&#233;diation qu'il est li&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme au maintien du capitalisme, de l'ordre bourgeois international. Les masses, malgr&#233; sa politique, sentent que ce parti n'est pas identique &#224; la vieille S.F.I.O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le P.C.F. ne participe pas au gouvernement de L&#233;on Blum, il se borne a le soutenir. Ce qui contribue &#224; le faire appara&#238;tre comme un parti &#171; diff&#233;rent &#187; de la S.F.I.O. pass&#233;e depuis 1914 du c&#244;t&#233; de l'ordre bourgeois avec toute la social-d&#233;mocractie internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en r&#233;alit&#233;, c'est le P.C.F. qui va en 1936 s'opposer le plus f&#233;rocement, le plus directement, et d&#233;j&#224; le plus efficacement, au mouvement des masses, &#224; leurs aspirations r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez prononce en 1936 toute une s&#233;rie de discours au cours desquels il &#171; tend la main aux catholiques et aux Croix-de-Feu &#187;. Le 6 ao&#251;t, il concr&#233;tise au cours d'un discours au gymnase Huyghens ce que cela signifie, il appelle &#224; la &#171; consti&#172;tution du Front des Fran&#231;ais &#187; de Thorez &#224; Paul Reynaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Malheureusement, nos partenaires du Front populaire n'accept&#232;rent pas nos propositions du Front des Fran&#231;ais, et il fallut les retirer &#187;, &#233;crit Jacques Duclos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore Thorez qui m&#232;ne l'offensive, au premier rang, contre le processus r&#233;volutionnaire en cours ; c'est que la pouss&#233;e des masses place les militants du P.C.F. dans les entreprises dans une situation contradictoire : suivre le bureau politique qui freine les gr&#232;ves et les occupations, ou les masses qui combattent et cherchent une direction, et se tournent naturellement vers les militants du P.C.F., consid&#233;r&#233;s comme des militants d'un parti r&#233;volutionnaire. A. Ferrat, ancien dirigeant des J.C., membre du C.C., proteste contre la politique suivie depuis le pacte d'unit&#233; d'action de 1934 et propose au C.C. que le P.C.F. prenne la t&#234;te des mouvements pour d&#233;passer le Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ferrat ne fait qu'exprimer de mani&#232;re assez confuse la position de nombreux militants du rang qui esp&#232;rent que le processus r&#233;volutionnaire engag&#233; par des millions d'ouvriers ira jusqu'&#224; son terme : la prise du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Ferrat est imm&#233;diatement exclu du P.C.F. Thorez, Duclos, Frachon, Gitton, ne badinent pas avec la d&#233;fense de l' &#171; ordre social &#187;, c'est-&#224;-dire l'ordre du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse au c&#233;l&#232;bre article de Marceau Pivert &#171; Tout est possible &#187;, Marcel Gitton &#233;crit dans L'Humanit&#233; du 26 mai : &#171; Tout n'est pas possible [...]. Il n'est nullement question de chambardement ni d'anarchie [...]. Non ! Non ! Marceau Pivert, il n'est pas question pour le gouvernement de demain d' &#034;op&#233;rations chirurgicales&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les positions sont claires, la puissance du mouvement, le d&#233;bordement de la C.G.T. conduisent Maurice Thorez, lors du rassemblement des militants du P.C.F. au gymnase Jean-Jaur&#232;s &#224; Paris, &#224; pr&#233;ciser la politique contre-r&#233;volutionnaire dict&#233;e par Moscou : &#171; Notre but reste le pouvoir des soviets, mais ce n'est pas pour ce soir, ni pour demain matin [...]. Alors, il faut savoir terminer une gr&#232;ve d&#232;s que satisfaction a &#233;t&#233; obtenue. Il faut m&#234;me savoir consentir un compromis si toutes les revendications n'ont pas encore &#233;t&#233; accept&#233;es, mais que l'on a obtenu la victoire sur les plus essentielles des revendications. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenant &#171; en main &#187; les militants qui se laissent aller aux &#171; tendances gauchistes &#187;, Thorez prend l'exemple des m&#233;tallos parisiens. Il jette toute la force du P.C.F., aur&#233;ol&#233; de la gloire du parti de la r&#233;volution victorieuse en U.R.S.S. dans la lutte contre la r&#233;volution montante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain de ce c&#233;l&#232;bre discours, un mot d'ordre, revient dans tous les discours, toutes les interventions des dirigeants du P.C.F. : &#171; Il faut savoir terminer une gr&#232;ve... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive contre les masses est men&#233;e par les dirigeants du P.C.F., en liaison avec le gouverne. ment de Front populaire, qui le 12 juin au soir fait saisir &#224; l'imprimerie le journal des trotskystes Lutte ouvri&#232;re qui titre : &#171; Dans les usines et dans les rues, le pouvoir aux ouvriers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 juin, le groupe parlementaire radical fait savoir par Daladier qu'il est &#171; tr&#232;s inquiet &#187; devant les &#233;v&#233;nements. Le gouvernement enregistre, et engage des poursuites contre les dirigeants trotskystes. Salengro affirme que le cas &#233;ch&#233;ant, l'ordre sera maintenu par la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;En pr&#244;nant la &#034;paix sociale&#034;, l'unit&#233; fran&#231;aise&#034;, les Blum, les Thorez, les Jouhaux, chacun &#224; sa fa&#231;on et tous ensemble, ont d&#233;sarm&#233; la classe ouvri&#232;re. Ils l'ont livr&#233;e, pieds et poings li&#233;s, &#224; un adversaire impatient de prendre sa revanche. (...) le plus n&#233;faste a &#233;t&#233; de faire accroitre aux travailleurs que le gouvernement de Front Populaire &#224; direction socialiste et active participation radicale &#233;tait, en quelque sorte, leur gouvernement. Comme l'a soulign&#233; Trotsky, les ouvriers furent incapables de reconna&#238;tre l'ennemi, car on l'avait d&#233;guis&#233; en ami. leurs chefs entour&#232;rent le pouvoir bourgeois d'un &#233;cran qui dissimula sa v&#233;ritable nature, le rendit m&#233;connaissable, donc invuln&#233;rable. (...) Ce gouvernement providentiel sera, en r&#233;alit&#233;, un gouvernement d&#233;bile. &#201;cartel&#233; entre des masses encore relativement turbulentes (malgr&#233; tous les appels &#224; la &#034;concorde&#034; lanc&#233;s &#224; leur seule adresse) et un patronat d&#233;cid&#233; &#224; sabrer les conqu&#234;tes sociales, il ne disposera d'aucun appui vraiment stable, et il en sera r&#233;duit &#224; pratiquer un perp&#233;tuel jeu de bascule : maintenir le contact avec les masses, tout en freinant leur &#233;lan ; rechercher le soutien des groupes capitalistes les moins r&#233;actionnaires, mais en subissant leurs conditions (...) La retraite op&#233;r&#233;e sous le drapeau du front Populaire s'ach&#232;vera en une &#233;crasante d&#233;faite. Mais, la dialectique des luttes sociales &#233;tant complexe, cette &#233;volution ne sera ni rectiligne ni unilat&#233;rale. Pendant toute une p&#233;riode, la classe ouvri&#232;re continuera, dans une certaine mesure, &#224; aller de l'avant. Elle se d&#233;mystifiera. Elle consolidera son organisation, ses points d'appui, ses syst&#232;mes de solidarit&#233;. elle poursuivra son recrutement, atteignant le chiffre record de cinq millions de syndiqu&#233;s. Elle r&#233;agira avec vigueur contre les coups que lui porteront, tant&#244;t la r&#233;action, tant&#244;t les fascistes. Elle n'h&#233;sitera pas &#224; recourir, en maintes occasions, le plus souvent malgr&#233; ses mauvais bergers, &#224; l'arme de la &#034;gr&#232;ve sur le tas&#034;. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre lanc&#233; par Maurice Thorez, le 11 juin, d'en terminer avec les gr&#232;ves n'avait &#233;t&#233; que tr&#232;s incompl&#232;tement suivi. Pendant la seconde quinzaine de juin et tout le mois de juillet, les &#034;gr&#232;ves sur le tas&#034; continu&#232;rent &#224; faire boule de neige. Apr&#232;s l'accalmie du mois d'ao&#251;t, pendant lequel l'application des cong&#233;s pay&#233;s provoqua, pour la premi&#232;re fois, la fermeture de nombreuses entreprises, les &#034;occupations&#034; reprirent de plus belle. (...) le ministre de l'Int&#233;rieur, le socialiste Salengro, avait jur&#233; d'y mettre un terme &#034;par tous les moyens appropri&#233;s&#034;. (...) Le 7 octobre, Blum passa des g&#233;missements aux actes : deux cent cinquante gardiens de la paix forc&#232;rent la porte de la Chocolaterie des Gourmets, rue Violet, &#224; paris, et, apr&#232;s une dure bagarre, en expuls&#232;rent les &#034;occupants&#034;. (...) Au d&#233;but de juin 1937, la crise financi&#232;re s'est aggrav&#233;e (...) ,Blum annonce soudain qu'il d&#233;missionne et passe la main au radical Camille Chautemps. (...) Le 2&#034; d&#233;cembre 1937, &#224; Colombes, la gigantesque usine Goodrich fut occup&#233;e par son tr&#232;s nombreux personnel. (...) Le 30, &#224; l'aube, le camarade Max Dormoy, toujours ministre de l'Int&#233;rieur, fit encercler l'entreprise par six cents gardes mobiles, avec mission de d&#233;loger les gr&#233;vistes. (...) En fin de journ&#233;e, quelque trente mille ouvriers, accourus, entouraient le &#034;fort&#034; Goodrich. (...) les sbires de Dormoy durent battre en retraite. Mais les staliniens de l'Union des Syndicats de la r&#233;gion parisienne, Eug&#232;ne H&#233;naff en t&#234;te, exig&#232;rent, le 9 janvier, le respect d'une sentence arbitrale de compromis, qui &#233;quivalait &#224; une capitulation.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Gu&#233;rin dans &#034;Le Front Populaire, r&#233;volution manqu&#233;e&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1530&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1530&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1940, la politique capitularde des syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1360&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1360&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1938&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trahison syndicale de la gr&#232;ve Goodrich&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est pr&#233;r&#233;volutionnaire ou pr&#233;contre-r&#233;volutionnaire en France, mais les syndicats n'essaient nullement &#224; la faire basculer vers la lutte prol&#233;tarienne. Les dirigeants syndicaux ont aussi peur d'une nouvelle mont&#233;e vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale que les bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGTU stalinienne, aux c&#244;t&#233;s du PCF, soutient le pacte germano-sovi&#233;tique. Les militants qui sortaient de la politique d'alliance avec la bourgeoisie nationale au nom de l'anti-fascisme, sont d&#233;moralis&#233;s et d&#233;boussol&#233;s. La bourgeoisie en profite pour r&#233;primer les militants ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT reconnaissent les int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes de la France aux colonies&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1940&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La marche &#224; la guerre et au fascisme ne radicalise pas la CGT vers la gauche. En France, il n'y avait pas de place pour une existence ind&#233;pendante des syndicats staliniens. Ils s'unirent aux soi-disant anarcho-syndicalistes sous la direction de Jouhaux et, comme r&#233;sultat de cette unification, il y eut un d&#233;placement g&#233;n&#233;ral du mouvement syndical, non vers la gauche, mais vers la droite. La direction de la CGT est l'agence la plus directe et la plus ouverte du capitalisme imp&#233;rialiste fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6775&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6775&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie du mouvement syndical passe directement au p&#233;tainisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-reunification-de-la-cgt-dans-la-resis-115390183.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-reunification-de-la-cgt-dans-la-resis-115390183.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1941&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la guerre et le p&#233;tainisme, la CGT, r&#233;prim&#233;e, passe dans la clandestinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la rupture du pacte garmano-sovi&#233;tique et la guerre d'Hitler contre l'URSS, les pactes se font entre stalinisme et imp&#233;rialisme occidental et les staliniens peuvent &#224; nouveau marier nationalisme fran&#231;ais et soutien de la bureaucratie du Kremlin (mensong&#232;rement appel&#233; &#171; communisme &#187; ou &#171; soviets &#187;). Les militants ouvriers staliniens, momentan&#233;ment alli&#233;s des nazis, deviennent &#224; nouveau les plus fervents d&#233;fenseurs de la d&#233;mocratie occidentale et de la nation fran&#231;aise, des combattants contre le fascisme, et blabla et blabla&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1943&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une partie du mouvement syndical passe &#224; la &#171; r&#233;sistance &#187;, mouvement sous l'&#233;gide du g&#233;n&#233;ral De Gaulle et des imp&#233;rialismes anglo-am&#233;ricain mais aussi du PCF stalinien. La r&#233;sistance n'est absolument pas un mouvement &#224; caract&#232;re de classe prol&#233;tarien mais une alliance de classe affich&#233;e et assum&#233;e au nom du nationalisme et de la lutte anti-fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1944&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re, elle, fait confiance au PC, au PS et &#224; la CGT et compte sur eux pour arracher &#224; De Gaulle des r&#233;formes substantielles en faveur de la d&#233;mocratie et des travailleurs !&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#034;confiance&#034; g&#233;n&#233;rale cache en r&#233;alit&#233; un conflit in&#233;vitable. En l'absence d'une am&#233;lioration &#233;conomique et diplomatique consid&#233;rable et imm&#233;diate &#8211; ce qui est chose exclue &#8211; que se passera-t-il ? Les travailleurs patienteront sous la pression des organisations social-patriotes, mais ne pourront pas cesser d'exiger des am&#233;liorations constantes, ce qui les poussera de plus en plus loin dans la voie de la lutte anti-capitaliste et pour leur propre pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
En France depuis le pacte Staline-Laval (1935) les chefs staliniens ont gliss&#233; progressivement vers la d&#233;magogie nationaliste. Ayant repris le mot-d'ordre de &#034;la France aux Fran&#231;ais&#034; &#224; l'Action Fran&#231;aise, ils en sont arriv&#233;s &#224; reprendre &#034;la Marseillaise&#034; aux trusts (Duclos) !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les chefs staliniens expliquent aux militants de la base que tout cela n'est que de la &#034;tactique&#034;, que l'internationalisme doctrinal est difficile &#224; faire rentrer dans la t&#234;te des masses et qu'en gagnant les masses &#224; eux avec des mots-d'ordre qui &#034;prennent&#034;, ils nous conduiront eux, les chefs, vers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6937&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6937&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;barquement alli&#233; (c'est-&#224;-dire la victoire des imp&#233;rialismes anglais et am&#233;ricain sur l'imp&#233;rialisme allemand), le gaullisme alli&#233; &#224; la r&#233;sistance int&#233;rieure c'est-&#224;-dire surtout au stalinisme (politique et syndical), arrive au pouvoir. Les alli&#233;s renoncent &#224; gouverner directement la France comme un pays vaincu (comme Italie et Allemagne) et la consid&#232;rent comme un alli&#233;&#8230; Il s'agit d'&#233;viter tous risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens en France. Les staliniens (politiques et syndicaux) sont particuli&#232;rement en charge de ce volet contre-r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; lib&#233;ration &#187; n'est pas celle des prol&#233;taires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, les gr&#232;ves ouvri&#232;res, c'est seulement contre l'occupant allemand !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme est en vainqueur en France et il impose, par l'action du PCF et de la CGT r&#233;unifi&#233;e, aux ouvriers de &#171; retrousser les manches pour reconstruire la France &#187; (c'est la France des capitalistes !). Produire devient un devoir de classe, d&#233;clare la CGT comme le PCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT entre au gouvernement capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, police politique anti-ouvri&#232;re dans l'entreprise en 1944-1946&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benoit Frachon, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, est partout sur le front des gr&#232;ves pour lutter CONTRE la lutte de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7800&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7800&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frachon n'est que la copie syndicale de Maurice Thorez qui d&#233;clare &#224; Waziers, aux mineurs de charbon, le 21 juillet 1945 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est en 1934, que nous avons propos&#233;, lanc&#233; et fait triompher l'id&#233;e du Front populaire pour la libert&#233;. (&#8230;) Nous avons propos&#233; le Front fran&#231;ais, l'union de tous les Fran&#231;ais. (&#8230;) Les deux cent familles, les trusts (&#8230;) se mirent &#224; saboter l'&#233;conomie nationale, &#224; provoquer les gr&#232;ves comme le rappelait tout &#224; l'heure Martel. C'est vrai que nous seuls, les communistes, avons eu assez d'autorit&#233; pour pouvoir, en juin 1936, mettre en terme aux gr&#232;ves, que nous seuls pouvions avoir assez d'autorit&#233; pour dire, il y a cinq mois : il faut en finir avec jeux de guerre civile (&#8230;) La v&#233;rit&#233; sur 1939 : vous vous souvenez encore de ces journaux, chers camarades : la trahison de Staline, la trahison russe, la trahison des communistes ? (&#8230;) En v&#233;rit&#233;, c'est un traquenard que l'on tendait &#224; l'Union sovi&#233;tique. On pr&#233;tendait engager la guerre, une guerre o&#249; la Pologne devait s'effondrer rapidement, comme ce fut le cas, et ainsi les arm&#233;es hitl&#233;riennes pourraient d&#233;ferler rapidement &#224; travers toute l'Union sovi&#233;tique. L'Arm&#233;e rouge avait &#233;t&#233; mise dans l'impossibilit&#233; de pr&#233;parer sa mobilisation, l'Arm&#233;e rouge &#233;tait dans l'impossibilit&#233; de faire face &#224; l'agression. (&#8230;) De Londres, le g&#233;n&#233;ral De Gaulle lan&#231;ait son appel, organisait les &#171; Forces fran&#231;aises libres &#187;. Nous menions la bataille de la R&#233;sistance &#224; l'int&#233;rieur de notre pays (&#8230;) Aujourd'hui, chers camarades, de graves p&#233;rils nous menacent dans le domaine de la production. On ne le sait pas assez. (&#8230;) Le probl&#232;me d&#233;cisif de l'heure, c'est le probl&#232;me de la production. Vous le savez d&#233;j&#224;, chers camarades, c'est ce qui m'a amen&#233; &#224; Waziers, c'est pourquoi le Bureau politique m'a envoy&#233; vous parler, &#224; vous, les mineurs. J'aborde ici une partie importante de mon rapport, la question du charbon. (&#8230;) Je voudrais &#233;tablir un fait pour montrer l'effort des mineurs. En janvier, la production brute s'&#233;tait &#233;lev&#233;e &#224; 2.700.000 tonnes contre, en 1936, une production mensuelle de 3.400.000 tonnes, c'est-&#224;-dire 80% de la production. (&#8230;) Il est vrai qu'il s'est produit un fl&#233;chissement &#224; partir d'avril, fl&#233;chissement dans la production et fl&#233;chissement dans le rendement. Il y a diverses causes &#224; cela : ravitaillement d&#233;fectueux, manque de v&#234;tements, et en raison d'un m&#233;contentement plus ou moins justifi&#233; contre l'insuffisance de l'&#233;puration. Il y a aussi des gr&#232;ves, tr&#232;s peu justifi&#233;es. (&#8230;) Tout cela entra&#238;ne, dans un m&#233;tier comme le m&#233;tier de mineur, une certaine d&#233;sorganisation. (&#8230;) Il faut donner aux ouvriers mineurs de fond un certain salaire (&#8230;) Le prix &#224; la t&#226;che. On a accord&#233; la possibilit&#233; d'une majoration qui peut aller jusqu'&#224; 60% (&#8230;) L'essentiel est d'obtenir du charbon et, pour obtenir du charbon, il faut payer les sommes fix&#233;es. (&#8230;) Il faut ici, chers camarades, saluer le sacrifice de vos camarades de la m&#233;tallurgie qui viennent de renoncer &#224; leurs vacances pay&#233;es pour vous fabriquer des marteaux-piqueurs. Ce sont les m&#234;mes camarades qui, l'hiver dernier, aux Forges et Ateliers de Meudon, manquant de courant &#233;lectrique dans le jour, avaient demand&#233; et obtenu de leur direction, de travailler la nuit par un froid rigoureux sans suppl&#233;ment de salaire pour pouvoir produire pour vous. (&#8230;) A propos de la coupe &#224; terre, pourquoi ne pas g&#233;n&#233;raliser les 3X8 : deux postes au charbon, le troisi&#232;me au remblai ? (&#8230;) Nous savons que les avis des ouvriers peuvent bien souvent influencer d'une fa&#231;on tr&#232;s favorable les d&#233;cisions des ing&#233;nieurs. Je pense qu'en d&#233;finitive la d&#233;cision reste &#224; l'ing&#233;nieur et qu'une d&#233;cision doit &#234;tre appliqu&#233;e sur l'ordre de l'ing&#233;nieur et qu'une d&#233;cision doit &#234;tre appliqu&#233;e sur l'ordre de l'ing&#233;nieur, autrement il n'y a pas d'autorit&#233; possible, d'exploitation possible. (&#8230;) Il y a d'autres raisons de la crise du charbon sur lesquelles je voudrais m'expliquer aussi ouvertement et aussi franchement. Ce sont celles qui tiennent &#224; l'effort insuffisant des mineurs eux-m&#234;mes, &#224; votre effort &#224; vous. (&#8230;) Il y a des causes de m&#233;contentement, mais ce n'est pas une raison pour ralentir l'effort. Il faut au contraire le d&#233;velopper et briser tous les obstacles. Vous croyez que les camarades de la Loire sont contents quand on leur envoie comme directeur l'ancien directeur &#233;pur&#233; des Mines de Dourges ? Ils ne sont pas contents non plus et vous croyez qu'ils ont dit pour cela : nous faisons la gr&#232;ve ? Non. Martel a eu raison tout &#224; l'heure de stigmatiser de telles attitudes. Ils n'ont pas c&#233;d&#233; au courant public de d&#233;magogie et de vaine popularit&#233;. Comme disait le camarade Staline, nous ne craignons pas les difficult&#233;s, nous sommes faits pour surmonter les difficult&#233;s et nous les surmonterons. (&#8230;) Il y a pas mal d'exemples de mineurs qui pr&#233;tendent ne pas forcer &#224; la production, ne pas pousser &#224; la production et pas seulement parce qu'ils ont crainte de voir baisser les prix &#224; la t&#226;che. (&#8230;) Ils ne veulent pas para&#238;tre pour des macas. (&#8230;) Les macas, chers camarades, c'&#233;taient ceux qui for&#231;aient &#224; la production pour le profit du patron au d&#233;triment de leurs fr&#232;res, les ouvriers mineurs. (&#8230;) Il y a des camarades qui disent : &#171; Mais si je travaille davantage, je donne davantage aux actionnaires puisqu'il reste des actionnaires. &#187; C'est une erreur, chers camarades. (&#8230;) Si vous produisez beaucoup, c'est seulement dans l'int&#233;r&#234;t du pays, et c'est dans votre propre int&#233;r&#234;t. Et puis, je veux revenir sur la question des absences. On parle, on donne beaucoup de raisons, de pr&#233;textes, &#224; ce propos. Je dois vous dire, chers camarades, que je ne suis pas tout &#224; fait convaincu des raisons qu'on donne pour justifier les absences. (&#8230;) On s'absente trop facilement, pour un oui, pour un non et un mineur qui a le go&#251;t de son m&#233;tier sait tr&#232;s bien que tant d'absences entra&#238;nent une d&#233;sorganisation compl&#232;te du travail. Les camarades pr&#233;sents sont les premiers &#224; en souffrir. L'absence est justifi&#233;e ou n'est pas justifi&#233;e. Au lieu de produire, on d&#233;sorganise la production, on fait tort &#224; ses camarades et pour quelle raison ? Parfois pour un oui, pour un non, pour une &#233;gratignure. Je dis que c'est un scandale. Je ne peux pas comprendre, par exemple, que des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la Caisse de secours puissent donner des billets de malade sans journ&#233;e de malade. (&#8230;) Chers camarades, celui qui a le billet de malade sans journ&#233;e de malade, il a aussi son ravitaillement ; il a aussi les litres de vin, il a aussi la viande ; il mange la part de ses camarades. Ce n'est pas possible, on ne peut pas continuer comme cela. Il faut avoir plus de conscience. Je vais vous dire, mes chers camarades, que, dans le bassin de la Loire, la m&#234;me question s'est pos&#233;e pendant l'hiver, quand il y a eu tant de grippes, quand il y a eu tant de difficult&#233;s alimentaires. Le syndicat a r&#233;uni les d&#233;l&#233;gu&#233;s des Caisses de secours et leur a dit : &#171; Epluchez les billets de malade et discutez avec les m&#233;decins &#187; et on leur a dit : &#171; Ces m&#233;decins, pour la plupart, ne sont pas vos amis. Ces m&#233;decins, ils donnent facilement les billets. (&#8230;) Ils poussent &#224; la d&#233;sorganisation. &#187; Il va y avoir des &#233;lections &#224; la Caisse de secours. Le syndicat doit demander que ces questions soient pos&#233;es largement, et dire aux d&#233;l&#233;gu&#233;s des Caisses de secours que vous allez &#233;lire : &#171; Il faut &#234;tre intransigeant ; c'en est fini avec de telles m&#233;thodes, parce que c'est de l'anarchie, un encouragement &#224; la paresse. &#187; Voici un autre cas. On m'a signal&#233; l'autre jour que dans un puits, le puits de l'Escarpelle, une quinzaine de jeunes gens, des galibots, ont demand&#233; de partir &#224; six heures pour aller au bal. Je dis que c'est inadmissible. (&#8230;) Ici, chers camarades, je le dis en toute responsabilit&#233;, au nom du Comit&#233; central, au nom des d&#233;cisions du Congr&#232;s du Parti, je le dis franchement : il est impossible d'approuver la moindre gr&#232;ve, surtout lorsqu'elle &#233;clate comme la semaine derni&#232;re, aux mines de B&#233;thune, en dehors du syndicat et contre le syndicat. On a pris des sanctions. Sur quatre porions, on en a r&#233;int&#233;gr&#233; deux, en les r&#233;trogradant d'ailleurs. (&#8230;) Je le dis tout net : si nous n'appliquons pas les d&#233;cisions de notre propre syndicat (&#8230;) nous allons &#224; l'anarchie, nous faciliterons les provocations contre les mineurs, contre la classe ouvri&#232;re et contre la R&#233;publique. Eh bien ! quelques camarades s'insurgent, ils d&#233;clenchent la gr&#232;ve au n&#176;2 et dans toute la concession, si bien que nous avons perdu 30.000 tonnes de charbon au moins en une p&#233;riode o&#249; le pays a besoin de la moindre gaillette, &#224; l'heure o&#249; nous fermons des usines, &#224; l'heure o&#249;, dans la r&#233;gion parisienne, on arr&#234;te des entreprises faute de charbon et ces ouvriers dont on arr&#234;te les usines apprennent que dans un des trous essentiels du bassin minier du Pas-de-Calais, on fait gr&#232;ve parce que le nez du porion ne revient pas au d&#233;l&#233;gu&#233;. C'est un scandale, c'est une honte, c'est une faute tr&#232;s grave contre le syndicat et l'int&#233;r&#234;t des mineurs. Des sanctions ont &#233;t&#233; prises, peut-&#234;tre pas dans les formes o&#249; elles devaient l'&#234;tre contre le d&#233;l&#233;gu&#233; mineur et son suppl&#233;ant qui avaient couru les autres puits pour d&#233;clencher la gr&#232;ve. Je dis que le mal, ce n'est pas la sanction, le mal c'est que des communistes et des militants du syndicat des mineurs se soient expos&#233;s &#224; de telles sanctions. Et, sous pr&#233;texte que l'on a sanctionn&#233; les d&#233;l&#233;gu&#233; mineur, on recommence la gr&#232;ve jusqu'&#224; jeudi soir et on a eu de la peine hier &#224; faire reprendre le travail, bien que le ministre de la Production ait rapport&#233; la sanction prise par le commissaire r&#233;gional. Ce n'est pas ainsi qu'on travaille pour le pays. (&#8230;) Chers camarades, alors on veut &#224; chaque fois faire la gr&#232;ve pour &#233;purer ou pour soutenir. On pourrait au fond en d&#233;finir le seul but : faire gr&#232;ve, pourvu qu'on ait un pr&#233;texte. (&#8230;) L'autre jour, on m'a parl&#233; d'une gr&#232;ve possible des m&#233;caniciens d'extraction. J'ai beaucoup de sympathie pour la m&#233;canique d'extraction. C'est vraiment un travail qui comporte une lourde responsabilit&#233; et on trouve chez les m&#233;caniciens d'extraction une grande conscience professionnelle. Je pense qu'il faut leur assurer les meilleures conditions de salaire et de travail. Mais, l&#224; encore, pas par la gr&#232;ve. (&#8230;) Je voudrais que ce que nous pensons au Comit&#233; central puisse passer dans la t&#234;te,dans le c&#339;ur de chacun de vous d'abord puis chez tous les mineurs, que produire, produire et encore produire, faire du charbon, c'est aujourd'hui la forme la plus &#233;lev&#233;e de votre devoir de classe, de votre devoir de Fran&#231;ais. (&#8230;) La grande t&#226;che des organisations communistes du Pas-de-Calais, c'est d'aller dans toutes les concessions de B&#233;thune, il faut aller &#224; B&#233;thune, il faut r&#233;unir toutes les sections communistes, discuter avec chaque camarade et amener les d&#233;l&#233;gu&#233;s mineurs &#224; reconna&#238;tre qu'ils ont commis une grande erreur, qu'ils doivent comprendre cette erreur et qu'ils ne doivent plus recommencer cette erreur. (&#8230;) Nous exigerons de chaque camarade le respect des d&#233;cisions du 10e Congr&#232;s du Parti et le 10e Congr&#232;s du Parti a dit : &#171; Il faut produire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1946&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme (PCF et CGT), qui participe au pouvoir, m&#232;ne la lutte contre les gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la gr&#232;ve des postiers, les manifestations de Cherbourg, Nantes, Dijon, etc., les travailleurs entrent en r&#233;bellion ouverte contre l'ancienne direction du mouvement ouvrier, alli&#233;e au gouvernement et au patronat, et essaient de se donner dans l'&#233;preuve de l'action une direction nouvelle. La CGT, li&#233;e au PCF qui participe au gouvernement, est hostile &#224; la gr&#232;ve des postiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1947&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats cassent la remont&#233;e des gr&#232;ves. La CGT est le principal syndicat jaune de la p&#233;riode. Elle casse en particulier la grande gr&#232;ve de Renault qui a &#233;clat&#233; en se battant contre le patron et contre la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement ouvrier est tel que l'appareil syndical peut &#234;tre contest&#233; l&#224; m&#234;me o&#249; il &#233;tait h&#233;g&#233;monique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche et les syndicats nous ont servi pendant de longues ann&#233;es le mythe de l'apr&#232;s-deuxi&#232;me guerre mondiale, entour&#233; des noms faussement prestigieux de &#171; Lib&#233;ration &#187;, &#171; R&#233;sistance &#187;, &#171; CNR &#187; notamment, et selon lequel le grand m&#233;rite de ceux-ci serait d'avoir fond&#233; le secteur d'&#233;conomie publique d'Etat sous la houlette des staliniens Maurice Thorez et Marcel Paul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8245&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8245&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1948 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un syndicalisme toujours enlis&#233; entre r&#233;formisme et stalinisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1948/01/monatte_19480100.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1948/01/monatte_19480100.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des mineurs est trahie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres luttes ouvri&#232;res aussi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8701&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8701&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1949 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au nom de la recherche de l'unit&#233; syndicale, la CGT fait poireauter les luttes ouvri&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/09/sdr41_091549.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/09/sdr41_091549.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT ne propose que des gr&#232;ves de 24 heures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/11/sdr45_112249.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/11/sdr45_112249.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul objectif de la CGT est de soutenir la bureaucratie russe&#8230; Depuis la fin de 1947 jusqu'au 4 juin 1952, l'appareil stalinien a utilis&#233; l'&#233;norme potentiel r&#233;volutionnaire accumul&#233; dans les profondeurs du mouvement ouvrier fran&#231;ais pour faire pression sur la bourgeoisie fran&#231;aise qu'il s'effor&#231;ait de d&#233;tacher de l'alliance atlantique. Les mouvements qu'il d&#233;clenchait devaient r&#233;pondre &#224; deux conditions : avoir une puissance suffisante pour &#233;branler la bourgeoisie, &#234;tre limit&#233;s et soigneusement contr&#244;l&#233;s pour ne pas mettre en cause le r&#233;gime capitaliste lui-m&#234;me, pour ne pas risquer que la classe ouvri&#232;re prenne conscience de sa force et d&#233;borde l'appareil. Les gr&#232;ves de novembre-d&#233;cembre 1947 mettront en action, mais par vagues successives &#224; objectifs limit&#233;s et souvent particularis&#233;s, les forces les plus importantes du prol&#233;tariat. La gr&#232;ve des mineurs d'octobre-novembre 1948 sera strictement limit&#233;e &#224; cette corporation ; mais de v&#233;ritables batailles rang&#233;es mettront aux prises, dans les r&#233;gions mini&#232;res, les forces de r&#233;pression, se comptant par dizaines de milliers, et les mineurs. D'autres gr&#232;ves de moindre envergure eurent lieu, en 1950 et 1951. Enfin, le 28 mai 1952, &#224; l'occasion de la prise de commandement du S.H.A.P.E. par le g&#233;n&#233;ral Ridgway, ancien commandant des troupes am&#233;ricaines en Cor&#233;e, le P.C.F., sous l'&#233;gide du &#171; Mouvement de la paix &#187; , mobilisa 50000 militants ouvriers pour une manifestation &#171; dure &#187; . La manifestation pr&#233;sentait un caract&#232;re aventuriste certain. Elle &#233;tait pr&#233;par&#233;e sur la ligne de la guerre froide, qui fait passer &#224; l'int&#233;rieur de la classe ouvri&#232;re une d&#233;limitation selon la division du monde en &#171; blocs &#187; . Elle s'inscrivait dans une politique qui n'ouvrait aucune autre perspective &#224; la classe ouvri&#232;re que de contraindre la bourgeoisie fran&#231;aise &#224; collaborer avec le Kremlin, plut&#244;t qu'avec Washington. Malgr&#233; tout, contre des dizaines de milliers de policiers et de C.R.S., pendant des heures, les manifestants tiendront la rue, au prix de sanglants affrontements. Et le gouvernement ayant arr&#234;t&#233; pour quelques jours Jacques Duclos (sous le pr&#233;texte d'un complot, le &#171; complot du pigeon voyageur &#187; ), la C.G.T. d&#233;clencha le 4 juin une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de protestation &#224; laquelle particip&#232;rent presque exclusivement les militants du P.C.F., et qui souligna l'isolement o&#249; la politique de l'appareil les avait conduits.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;nergie r&#233;volutionnaire dilapid&#233;e au cours de ces quelques ann&#233;es est incalculable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derniers mois de 1952 et des premiers mois de 1953, la bourgeoisie fran&#231;aise se crut assez forte pour esquisser une offensive contre la classe ouvri&#232;re. Elle proc&#233;da &#224; l'arrestation de militants de la C.G.T. et du P.C.F. : Le L&#233;ap fut incarc&#233;r&#233;, Frachon poursuivi, d'autres encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1952 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT fran&#231;aise ne fait pas campagne pour soutenir les travailleurs violemment r&#233;prim&#233;s de la colonie de Guadeloupe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1137&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1137&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1209&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1209&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1953 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Staline meurt mais pas&#8230; le stalinisme toujours h&#233;g&#233;monique dans la CGT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1953, c'est la tentative du gouvernement de remettre en question les retraites, tentative d&#233;jou&#233;e et cass&#233;e par une gr&#232;ve des fonctionnaires et aussi d'une partie du secteur priv&#233;. Mais la CGT n'est nullement en t&#234;te du radicalisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7649&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7649&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin juillet 1953, ce furent les d&#233;crets Laniel qui portaient atteinte aux r&#233;gimes de maladie et de retraite des fonctionnaires et des travailleurs des services publics. Pr&#232;s de cinq millions de travailleurs r&#233;pliqu&#232;rent par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale spontan&#233;e, en passant par-dessus les appareils syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative partit de postiers F.O. de Bordeaux. Ils transform&#232;rent un &#171; mouvement de protestation &#187; d&#233;cid&#233; par les syndicats en une gr&#232;ve totale. Ils utilis&#232;rent le central t&#233;l&#233;phonique pour appeler les postiers de la France enti&#232;re &#224; la gr&#232;ve. Ce fut une tra&#238;n&#233;e de poudre. Non seulement les postiers d&#233;bray&#232;rent, mais le gaz, l'&#233;lectricit&#233;, la S.N.C.F., la R.A.T.P., les mineurs, etc... En huit jours, c'&#233;tait la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de tous les services publics et de la fonction publique. A une assembl&#233;e de d&#233;l&#233;gu&#233;s F.O. de la R.A.T.P. un d&#233;l&#233;gu&#233; du d&#233;p&#244;t de Montrouge disait : &#171; Les bus rentraient, impossible de s'y opposer, les gars nous auraient roul&#233; dessus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6540&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6540&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'initia&#172;tive des postiers de Bordeaux qu'a d&#233;marr&#233; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Le 5 ao&#251;t, la F&#233;d&#233;ration postale F.O. lan&#231;ait le mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;&#172;rale illimit&#233;e de la corporation. La f&#233;d&#233;ration C.G.T., elle, appuyait le mouvement, mais sans lancer le mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, bien que ses militants le lui aient demand&#233;. A la R.A.T.P., un premier d&#233;brayage &#233;tait impos&#233; par les travailleurs le vendredi 7 ao&#251;t. Alors que de TOUS les d&#233;p&#244;ts, terminus, ateliers, etc.... depuis le matin 8 heures, l'ordre de gr&#232;ve &#233;tait r&#233;clam&#233; &#224; TOUS les syndicats - le premier qui donnera l'ordre de gr&#232;ve sera suivi par TOUT le personnel - il faudra attendre 11 h 20 pour que, ensemble, ils donnent l'ordre de gr&#232;ve. L'enthousiasme &#233;tait incroyable, bient&#244;t suivi d'amertume et de col&#232;re : l'ordre de gr&#232;ve &#233;tait limit&#233; jusqu'au soir minuit. La gr&#232;ve s'&#233;tendait comme une tra&#238;n&#233;e de poudre : &#233;lectriciens, gaziers, cheminots, travailleurs de la R.A.T.P., etc..., d&#233;brayaient spontan&#233;ment au cours de la journ&#233;e du mardi 11 ao&#251;t ; alors les organisations syndicales, sur proposition de la C.G.T., donn&#232;rent un ordre de gr&#232;ve de 24 heures pour le lendemain mercredi, qu'ils renouvelleront le jeudi, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la phase ascendante du mouvement, l'appareil de la C.G.T. fut, &#224; tous les niveaux, le poids lourd de la gr&#232;ve. Il lui aurait suffi de prendre la t&#234;te, de proposer un programme g&#233;n&#233;ral de la gr&#232;ve, d'appeler partout &#224; la formation de Comit&#233;s de gr&#232;ve, jusqu'au comit&#233; central de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, de donner l'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, d'appeler la gr&#232;ve &#224; prendre possession de la rue, de l'unifier en coulant dans une puissante manifestation de masse toutes les corporations en lutte pour en faire la classe en marche. &#171; Gauchisme ? &#187; Qui ne se rend pas compte de ce que signifient cinq millions de travailleurs se mettant en gr&#232;ve spontan&#233;ment, par leurs propres moyens, n'a jamais particip&#233; &#224; une gr&#232;ve ou est imperm&#233;able &#224; la compr&#233;hension de la lutte des classes. Les revendications mises en avant par les travailleurs eux-m&#234;mes ? Il suffisait, dans la p&#233;riode ascendante du mouvement, de prononcer &#224; une tribune : &#171; A bas Laniel ! &#187;, pour &#234;tre applaudi fr&#233;n&#233;tiquement. En portant atteinte aux r&#233;gimes de maladie et de retraite, le gouvernement fournissait - par une faute de calcul tactique - le mot d'ordre unificateur, commun, qui permettait, apr&#232;s des ann&#233;es de mouvements partiellis&#233;s, le combat &#171; tous ensemble &#187; . Les travailleurs l'utilisaient - &#224; d&#233;faut d'autres, que se refusaient &#224; lancer les directions ouvri&#232;res. Voil&#224; ce que prouvaient la gr&#232;ve et la fa&#231;on dont elle s'&#233;tait r&#233;alis&#233;e. Non seulement la classe ouvri&#232;re &#233;tait pr&#234;te &#224; reprendre toute revendication au niveau le plus &#233;lev&#233;, mais le mouvement en avait besoin pour garder son unit&#233; et cro&#238;tre en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_4.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_4.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1956&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT cautionnent la gauche au pouvoir et celle-ci lance la guerre d'Alg&#233;rie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1957&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT refusent de faire le lien entre lutte ouvri&#232;res en France et lutte anticoloniale du peuple alg&#233;rien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1957/01/ldc5_010857.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1957/01/ldc5_010857.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des banques de 1957 : la CGT qui ne veut pas de l'extension des gr&#232;ves est d&#233;bord&#233;e par les employ&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1958 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT ne prennent pas clairement parti pour le peuple alg&#233;rien et se laissent faire lors du coup d'&#233;tat des g&#233;n&#233;raux d'Alg&#233;rie puis de celui de De Gaulle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/fln/works/1958/04/pcf.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/fln/works/1958/04/pcf.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De 1958 &#224; 1963&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;, aucune lutte syndicale s&#233;rieuse contre le gaullisme, le stalinisme le pr&#233;sentant comme un &#171; pouvoir fort &#187; que les travailleurs qui s'engageraient contre lui paieraient dans le sang&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/just/synd_1985/sj_syndicat%201985.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/just/synd_1985/sj_syndicat%201985.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1963 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trahison de la gr&#232;ve des mineurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6541&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6541&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1966 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Naissance de l'unit&#233; d'inaction CGT-CFDT&#8230; qui n'a rien &#224; voir avec l'unit&#233; de classe des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1968 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1967, s'affirme une reprise massive de la combativit&#233; ouvri&#232;re en France. D'embl&#233;e, le parti stalinien et son appendice syndical la CGT sont en premi&#232;re ligne pour s'opposer r&#233;solu&#172;ment, contrecarrer et saboter ce d&#233;veloppement spontan&#233; des luttes ouvri&#232;res. Ils font tout pour canaliser les d&#233;brayages et les gr&#232;ves &#034;sauvages&#034; dans le cadre des occupations d'usine pour les isoler et emp&#234;cher leur extension, provoquant &#233;galement des affrontements st&#233;riles avec les forces de police venues les d&#233;loger. Conjointe&#172;ment, PCF et CGT organisent des journ&#233;es ville-morte, multiplient des occupations de b&#226;timents publics pour d&#233;fouler la combativit&#233; ouvri&#232;re accumul&#233;e depuis des ann&#233;es. Cepen&#172;dant, d'embl&#233;e ces gr&#232;ves rencontrent une soli&#172;darit&#233; active de la population et tendent &#224; s'&#233;tendre &#224; plusieurs usines d'une m&#234;me ville. Quant &#224; la r&#233;pression polici&#232;re &#224; laquelle elles se heurtent, elle contribue &#224; exacerber la col&#232;re des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1968, le PCF, fer-de-lance de la contre-r&#233;volution depuis des d&#233;cennies, allait se retrou&#172;ver rapidement face &#224; pr&#232;s de dix millions de gr&#233;vistes (2). Avec son auxiliaire c&#233;g&#233;tiste, c'est lui qui r&#233;agit le plus rapidement, pass&#233;s la surprise et l'affolement g&#233;n&#233;ral de toute la bour&#172;geoisie. Nous ne reviendrons pas sur le d&#233;rou&#172;lement des faits largement repris dans notre presse . Le parti stalinien intervient sans cesse contre la plus grande gr&#232;ve de l'histoire de la classe ouvri&#232;re mondiale pour tenter de l'en&#172;rayer &#224; plusieurs niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le reste de la bourgeoisie, le PCF et la CGT sont d'abord pris de court par la gr&#232;ve sauvage de l'usine Sud-Aviation pr&#232;s de Nantes le matin du 14 mai, suivie le 15 par les chantiers navals de Bordeaux et par le d&#233;brayage spontan&#233; de l'usine Renault-Cl&#233;on pr&#232;s de Rouen qui envoie une d&#233;l&#233;gation pour &#233;tendre la gr&#232;ve dans les autres usines de la R&#233;gie. Le 16, c'est l'usine de Renault-Flins pr&#232;s du Mans qui se met &#224; son tour en gr&#232;ve et une d&#233;l&#233;gation ouvri&#232;re de Cl&#233;on et de Flins pousse &#224; son tour ceux de Billancourt &#224; propager la lutte, atelier par atelier. Cette gr&#232;ve au c&#339;ur de la plus importante concentration ouvri&#232;re du pays et phare pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re, encourage des millions d'ouvriers &#224; se lancer &#224; leur tour dans la lutte. Deux heures plus tard, en accord avec le PCF, pour reprendre le contr&#244;le d'un mouvement ouvrier qui lui &#233;chappe totalement, qui s'est d&#233;clench&#233; contre sa volont&#233; et qu'elle est incapable d'endiguer, la CGT, prenant le train en marche, lance elle-m&#234;me un &#034;appel &#224; la lutte&#034;, bient&#244;t imit&#233;e par les autres syndicats et d&#233;cide de participer &#224; l'occu&#172;pation de Billancourt. Pour les syndicats et le PCF, il s'agit, au nom &#034;de la protection de l'outil de travail&#034; d'instaurer dans les gr&#232;ves ouvri&#232;res un esprit-forteresse. Ce &#034;cordon sanitaire&#034; cor&#172;poratiste, en apparence contre les &#034;provoca&#172;teurs gauchistes&#034; qui auraient &#034;infiltr&#233;&#034; les &#233;tu&#172;diants, visait en r&#233;alit&#233; &#224; permettre aux syndi&#172;cats de reprendre le contr&#244;le de la situation. Ceux-ci mirent en &#339;uvre tout un travail de division, isolant entre eux les diff&#233;rents secteurs de la classe ouvri&#232;re, chacun dans son coin, pour emp&#234;cher celle-ci de se constituer en une force unie qui repr&#233;senterait un danger bien plus important pour la bourgeoisie et serait bien plus difficile &#224; vaincre par cette derni&#232;re. Les ouvriers qui tentaient de briser l'isolement syndical se voyaient d&#233;nonc&#233;s comme &#233;tant des provoca&#172;teurs ext&#233;rieurs &#224; l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans L'Humanit&#233; du 3 mai 68 l'&#233;ditorial de Georges Marchais intitul&#233; &#034;De faux r&#233;volution&#172;naires &#224; d&#233;masquer&#034;, accuse le Mouvement du 22 Mars &#034;dirig&#233; par l'anarchiste allemand Cohn-Bendit&#034; d'aller &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts de la masse des &#233;tudiants et de favoriser les provoca&#172;tions fascistes. Il d&#233;nonce &#034;leur malfaisante besogne (des &#034;gauchistes&#034;) qui tente de semer le trouble, le doute, le scepticisme parmi les tra&#172;vailleurs et, notamment les jeunes&#034;. Le 23 mai, la CGT approuve la d&#233;cision d'interdiction de s&#233;jour du pouvoir gaulliste prise &#224; l'encontre de Cohn-Bendit. Suite au c&#233;l&#232;bre &#034;non &#224; la chien&#172;lit !&#034;, prononc&#233; par De Gaulle, et apr&#232;s les violences des 24 et 25 mai au Quartier latin, alors que le ministre de l'Int&#233;rieur incrimine &#034;la p&#232;gre qui sort des bas-fonds de Paris dans la rue&#034;, L'Humanit&#233; renvoie le m&#234;me &#233;cho en d&#233;non&#231;ant les agissements de &#034;la lie de la soci&#233;t&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Waldeck Rochet retrouve les accents chau&#172;vins de Thorez lors d'un meeting parisien le 1er juin : &#034;Nous avons dit et nous disons : (...) le drapeau des luttes de la classe ouvri&#232;re, dans le monde moderne, (...) c'est tout &#224; la fois le drapeau rouge du socialisme et le drapeau tricolore de la grande R&#233;volution fran&#231;aise, le drapeau de la nation. (...) Le seul parti r&#233;volu&#172;tionnaire (...), c'est le parti communiste fran&#231;ais servant efficacement les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, du peuple et du pays. A l'inverse, les pseudo&#172; r&#233;volutionnaires (...) visent &#224; diviser la classe ouvri&#232;re, &#224; d&#233;figurer le mouvement r&#233;volution&#172;naire et la d&#233;mocratie. Ils font le jeu du pouvoir gaulliste. Nous ne permettrons pas que la gesticulation et l'aventurisme compromettent le succ&#232;s de la lutte pour la d&#233;mocratie et pour le socialisme.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une entrevue secr&#232;te entre Krasucki, alors num&#233;ro 2 de la CGT et membre du comit&#233; central du PCF, et Chirac, secr&#233;taire d'Etat &#224; l'emploi, les syndicats appellent &#224; l'ouverture de n&#233;gociations avec le patronat que le gouver&#172;nement Pompidou s'empresse d'accepter. Les n&#233;gociations commencent le 25 mai. D&#232;s le premier jour, le leader de la CGT, S&#233;guy et le gouvernement s'entendent en coulisses sur le montant de l'augmentation du salaire minimum garanti qu'ils vont faire semblant de n&#233;gocier. Mais d'entr&#233;e, le patronat, qui ignore cet accord secret, accepte sans tergiverser le montant maximum lanc&#233; par les syndicats. Le 27 au matin, apr&#232;s la signature des accords de Gre&#172;nelle, S&#233;guy confie &#224; un journaliste son soulage&#172;ment : &#034;La reprise ne saurait tarder&#034;. Dans la foul&#233;e, il se rend &#224; l'usine de Billancourt pour pr&#233;senter les accords et appeler &#224; la reprise du travail. Il est copieusement siffl&#233; par les ouvriers pour qui les 10% d'augmentation de salaires promis apparaissent comme une vaste masca-rade. S&#233;guy est contraint de d&#233;savouer les ac&#172;cords qu'il venait de parapher. Partout, les ouvriers refusent la reprise dans ces conditions et le mouvement de gr&#232;ves s'&#233;largit encore. La bourgeoisie devra l&#226;cher d'autres concessions pour pouvoir amorcer une reprise du travail, alors que la CGT pousse aux c&#244;t&#233;s du gouverne&#172;ment &#224; n&#233;gocier les accords secteur par secteur, branche par branche. Apr&#232;s l'annonce de la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale le 30 mai, le PCF et la CGT multiplient leurs appels &#224; la reprise pour que les &#233;lections, pr&#233;sent&#233;es comme &#034;un pas de plus vers la victoire des ouvriers&#034;, puissent se tenir. Le PCF et la CGT ont syst&#233;&#172;matiquement recours au mensonge et &#224; l'intimi&#172;dation pour casser la dynamique de la lutte ouvri&#232;re. Ainsi, &#224; la RATP, ils font courir la fausse information d'une reprise dans certains d&#233;p&#244;ts. Et L'Humanit&#233; titre &#224; l'avance dans sa &#034;une&#034; d&#233;but juin : &#034;Forts de leur victoire, des millions de travailleurs reprennent le travail&#034;. Malgr&#233; tous les efforts des staliniens pour faire reprendre le travail rapidement, conjointement avec les violentes &#233;vacuations polici&#232;res des usines, ils ne parviendront &#224; leurs fins qu'apr&#232;s la mi-juin dans la plupart des cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8322&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8322&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bord&#233;s chez les &#233;tudiants, face &#224; la mont&#233;e spontan&#233;e des gr&#232;ves qu'ils n'ont pas initi&#233;es ni control&#233;es, PCF et CGT choisissent d'en prendre la t&#234;te, quitte &#224; emp&#234;cher les travailleurs d'occuper l'usine en&#8230; fermant les portes pour mieux maitriser la situation et pouvoir faire reprendre le travail quand ils auront fait semblant d'avoir gagn&#233;. La gr&#232;ve est g&#233;n&#233;rale mais jamais la CGT n'appellera formellement &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7053&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7053&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2641&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2641&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3162&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3162&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7975&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7975&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1972 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT approuve la signature du Programme commun de gouvernement par les partis de gauche (communiste, socialiste et mouvement des radicaux de gauche). Depuis plusieurs ann&#233;es, la CGT d&#233;fendait l'id&#233;e de ce programme &#224; l'&#233;laboration duquel elle &#233;tait pr&#234;te &#224; participer, ce que le refus des autres organisations syndicales ne permit pas. Elle devait soutenir ensuite ce programme politique, ali&#233;nant ainsi une part de son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le cuisant recul de la gauche aux &#233;lec&#172;tions du 30 juin 1968 et le refus oppos&#233; par la FGDS &#224; l'appel du PCF pour une candidature commune de la gauche aux pr&#233;sidentielles de juin 69, le parti stalinien va enfourcher de plus belle son nouveau cheval de bataille : la conqu&#234;te du pouvoir par l'union de la gauche &#224; travers un programme &#034;de d&#233;mocratie avanc&#233;e&#034; qui &#034;ouvre la voie au socialisme &#224; la fran&#231;aise&#034;. Ce cheval de bataille est exclusivement dirig&#233; contre la reprise des combats de la classe ouvri&#232;re &#224; l'&#233;chelle mondiale, dont mai 68 a &#233;t&#233; la premi&#232;re et la plus &#233;clatante manifestation. Il est encou&#172;rag&#233; par les plus de 20% recueillis par Duclos aux pr&#233;sidentielles de 69, alors que l'&#233;chec de la candidature Defferre, qui se traduit par le pire score &#233;lectoral jamais enregistr&#233; par la social-d&#233;mocratie en France, pousse aussi le parti de Mitterrand &#224; adopter une &#034;nouvelle strat&#233;gie&#034; pour ravaler sa fa&#231;ade.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;cembre 1969, c'est la reprise des discus&#172;sions entre le PCF et la FGDS. Au 19e congr&#232;s du PCF en f&#233;vrier 70, est officialis&#233; &#034;l'engage&#172;ment du parti dans la voie du programme commun&#034;. Dans lem&#234;me temps, Georges Mar&#172;chais est promu &#034;secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint&#034; et prend les r&#234;nes du parti &#224; la faveur de la maladie de Waldeck Rochet. Il sera officiellement intro&#172;nis&#233; au congr&#232;s suivant, en 1972. L'accord de d&#233;sistements r&#233;ciproques aux municipales de juin 1971 entre sociaux-d&#233;mocrates et staliniens permet au PCF de gagner plusieurs municipali&#172;t&#233;s importantes. Le 9 octobre de la m&#234;me ann&#233;e, le &#034;programme&#034; du PCF est publi&#233; sous le titre &#034;Changer de cap, programme pour un gouver&#172;nement d&#233;mocratique d'union populaire&#034; avec en vedette une liste de nationalisations, d&#233;finies comme &#034;l'instrument d&#233;terminant du pro&#172;gramme de changement d&#233;mocratique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti stalinien va d&#233;sormais, &#224; partir de 1970, et pendant toute une d&#233;cennie, avec l'aide de son appendice syndical c&#233;g&#233;tiste, mobiliser massivement les prol&#233;taires avec la mystifica&#172;tion de l'application du &#034;programme commun&#034; et syst&#233;matiquement pi&#233;ger, d&#233;voyer toutes les luttes ouvri&#232;res derri&#232;re la perspective d'un gouvernement de gauche, sur le terrain &#233;lectoral. Ce programme commun de gouvernement est sign&#233; le 27 juin 1972 par les deux grands partis bourgeois de gauche auquel le Mouvement des radicaux de gauche ne tarde pas &#224; se rallier. Lors du comit&#233; central du 29, Marchais s'en f&#233;licite et souligne dans son rapport : &#034;L'essentiel, c'est que le programme commun (...) fournit un point d'appui tr&#232;s positif &#224; un d&#233;veloppement consi&#172;d&#233;rable de l'action unie des travailleurs, (...) permettant de cr&#233;er les conditions les plus favorables pour mettre les masses en mouve&#172;ment sur nos id&#233;es, nos solutions, nos objectifs&#034;. Ainsi, gr&#226;ce au projet en grande partie d&#251; &#224; son initiative, et &#224; sa capacit&#233; &#224; mystifier de cette mani&#232;re la classe ouvri&#232;re, le parti stalinien aura puissamment contribu&#233; &#224; rassurer la classe dominante et &#224; &#233;loigner &#224; nouveau le spectre de la r&#233;volution prol&#233;tarienne qui, en ressurgissant brusquement en mai 1968, venait de tant ef&#172;frayer l'ensemble de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2020&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1973 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des LIP est une gr&#232;ve contre des licenciements et une fermeture d'usine programm&#233;e. Mais, contrairement &#224; de nombreuses gr&#232;ves de ce type, c'est une action auto-organis&#233;e par les salari&#233;s, refusant les limites habituellement impos&#233;es par les centrales syndicales : localisme, l&#233;galisme, d&#233;fensive, divisions, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1970, la lutte a dur&#233; jusqu'au milieu de l'ann&#233;e 1976 et mobilis&#233; des dizaines de milliers de personnes &#224; travers la France et l'Europe enti&#232;re, notamment lors de la grande marche Lip du 29 septembre 1973 qui r&#233;unit dans une ville morte plus de 100 000 manifestants. D'autres &#233;l&#233;ments ont &#233;galement particip&#233; &#224; l'ampleur de ce combat ouvrier, comme le mode de gr&#232;ve qui comprend pour la premi&#232;re fois de l'histoire, dans une entreprise, une &#171; auto-organisation &#187; et un d&#233;passement de la loi bourgeoise, les salari&#233;s prenant possession du capital, des machines et des produits fabriqu&#233;s et les ouvriers gr&#233;vistes travaillant &#224; leur propre compte et produisant des montres dans leurs usine, avant de les &#233;couler lors de &#171; ventes sauvages &#187; ; mais aussi &#224; cause de l'aspect politique de l'affaire qui prend un tournant national quand le gouvernement de l'&#233;poque n'a d'autre choix que la mise &#224; mort de l'entreprise afin d'&#233;viter une &#171; flamb&#233;e ouvri&#232;re et syndicale &#187; au niveau national. Il s'agissait d'&#233;viter que se tire une le&#231;on d&#233;terminante : comment lutter contre des licenciements sans s'isoler dans une usine ou sur un site, en mettant toute la classe ouvri&#232;re dans le coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4702&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4702&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1974 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT est d&#233;bord&#233;e par la gr&#232;ve des banques et celle des PTT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve des PTT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des PTT de l'automne 1974 est sans doute l'une des plus importantes dans l'histoire sociale de ce secteur professionnel. D&#233;marr&#233;e dans les centres de tri, elle s'&#233;tend &#224; l'ensemble des services postaux mais aussi des t&#233;l&#233;coms (alors rassembl&#233;s dans un m&#234;me service public, les PTT). Parti le 17&#8200;octobre du centre de tri de gare de Lyon, c'est dans ce type d'&#233;tablissement que la gr&#232;ve, qui va s'&#233;tendre jusqu'au 2 d&#233;cembre, sera suivie avec le plus d'intensit&#233;. Le 23&#8200;octobre, la premi&#232;re manifestation organis&#233;e dans les rues de Paris rassemble pr&#232;s de 10&#8200;000 gr&#233;vistes. Le 15&#8200;novembre, un mois apr&#232;s le lancement des hostilit&#233;s, 91% des personnels des centres de tri sont encore en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du m&#233;contentement, que traduisent les chiffres des journ&#233;es de gr&#232;ve, se conjugue &#224; l'automne 1974 avec une situation politique particuli&#232;re. Val&#233;ry Giscard d'Estaing est &#233;lu au mois de mai 1974 Pr&#233;sident de la R&#233;publique avec un faible diff&#233;rentiel de voix sur Fran&#231;ois Mitterrand, le candidat de l'union de la gauche. Le programme commun de la gauche a l'appui des syndicats CGT et CFDT. Or les premi&#232;res rumeurs concernant les projets &#034;giscardiens&#034; sur les PTT renvoient des bruits de cr&#233;ation d'un office des postes et t&#233;l&#233;communications. C'est interpr&#233;t&#233; par les agents des PTT comme une privatisation et un d&#233;mant&#232;lement du service public. Depuis plusieurs ann&#233;es ces th&#232;mes agitent la profession, qui craint de perdre un statut, protecteur du ch&#244;mage et garantissant une certaine carri&#232;re. Ces inqui&#233;tudes, se lient aux traditionnelles revendications salariales, que le gouvernement r&#233;sout, &#224; minima, en concluant au niveau de la fonction publique des accords minoritaires avec FO, la FEN et la CFTC, en laissant de c&#244;t&#233; CGT et CFDT. Elles se m&#233;langent aussi avec des conditions de travail et des processus de management archa&#239;ques, face &#224; une population jeune et qui aspire &#224; la reconnaissance professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 octobre 1974, lors d'une semaine d'action syndicale CGT-CFDT, un incident mineur &#224; la suite d'une Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du personnel employ&#233; au tri postal du PLM (Gare de Lyon) provoque la cessation du travail &#034;pour une dur&#233;e illimit&#233;e&#034;, au bureau du PLM, puis en cascade dans tous les Bureaux-gares parisiens, qui sont centres de tri et centres de transit pour l'essentiel des &#233;changes postaux entre Paris et le reste de la France&#8230; Chaque bureau-gare parisien (PLM, gare d'Austerlitz, gare de Paris-Montparnasse, gare Saint-Lazare, gare du Nord, gare de Paris-Est) est en effet &#034;t&#234;te de ligne&#034; des divers services ambulants ferroviaires, qui drainent et trient le courrier de leur zone de &#034;route&#034;. &#192; ces bureaux-gares se rattache Paris-Brune, un centre plus r&#233;cent, traitant essentiellement du courrier d'entreprise et celui de banlieue parisienne D&#232;s le 22 octobre, la gr&#232;ve y est g&#233;n&#233;rale. Elle paralyse le pays progressivement, tant l'&#233;conomie moderne est tributaire des &#233;changes. Tous les secteurs de la Poste, guichets, distribution, Ch&#232;ques postaux suivent le mouvement. Il emporte les services des t&#233;l&#233;communications, les premiers menac&#233;s par une privatisation &#233;ventuelle et le d&#233;mant&#232;lement des PTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve des banques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1977-1979 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 1977, il ne s'oppose plus &#224; l'&#233;lection au suffrage universel du Parlement europ&#233;en qu'il avait vivement combattue au nom de la d&#233;fense de la &#034;souverainet&#233; nationale&#034;. Et sur&#172;tout, en mai de la m&#234;me ann&#233;e, il renonce &#224; sa traditionnelle opposition &#034;pacifiste&#034; (en fait au b&#233;n&#233;fice de l'URSS) &#224; l'armement nucl&#233;aire. Mais au fur et &#224; mesure qu'il transige avec le PS et qu'il s'&#233;loigne de la tutelle du bloc russe, il manifeste de plus en plus clairement ses craintes de se faire phagocyter par le PS. Il redoute de subir une usure rapide de cr&#233;dit en cas de participation au gouvernement, alors qu'il ne dispose plus d'une marge de man&#339;uvre et de moyens suffisants pour mener sa propre poli&#172;tique capitaliste d'Etat. Bref, il craint de devenir le dindon de la farce et, une fois au pouvoir, de perdre son emprise sur la classe ouvri&#232;re. C'est pourquoi en prenant l'initiative de la rupture du programme commun en septembre 1977, le PCF r&#233;affirme la sp&#233;cificit&#233; de son programme stalinien et, sous pr&#233;texte de ses d&#233;saccords avec le PS, il se pr&#233;pare &#224; mieux disposer de ses forces dans l'opposition, contre le d&#233;veloppe&#172;ment de la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir entra&#238;n&#233; les ouvriers pendant des ann&#233;es et d&#233;voy&#233; leurs luttes derri&#232;re la pers&#172;pective mystificatrice de la gauche au gouverne&#172;ment, le PCF prend l'initiative de la rupture du Programme commun en septembre 1977. A court terme, l'objectif fondamental de cette rupture est pour lui ne pas se faire avaler par le PS et de pr&#233;server la sp&#233;cificit&#233; de son pro&#172;gramme stalinien. Mais cette mise dans l'oppo&#172;sition d&#233;lib&#233;r&#233;e lui permetet aussi de disposer de l'int&#233;gralit&#233; de sa force d'encadrement id&#233;olo&#172;gique contre le d&#233;veloppement de la lutte de classe et de satisfaire ainsi aux int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux de la bourgeoisie. C'est donc, en derni&#232;re instance, la raison essentielle de ce changement de strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, face au nouveau d&#233;veloppement de la lutte de classe qui s'amorce &#224; partir de 1978, se traduisant notamment en France par la lutte des sid&#233;rurgistes en 1979, et surtout face au discr&#233;dit croissant et aux tentatives de d&#233;borde&#172;ments de l'appareil d'encadrement syndical dans ces luttes, la bourgeoisie se dispose &#224; mettre en place une nouvelle orientation dans les princi&#172;paux Etats capitalistes occidentaux : le retour de fractions significatives de gauche dans l'oppo&#172;sition pour mieux contrer et contr&#244;ler le d&#233;ve&#172;loppement de cette vague internationale de luttes ouvri&#232;res. Le retour des travaillistes dans l'opposition en Grande-Bretagne en 1979, pre&#172;mi&#232;re manifestation de cette r&#233;orientation, est suivi par le retour dans l'opposition du parti d&#233;mocrate aux Etats-Unis en 1980 et par celui de la social-d&#233;mocratie allemande en 1982. Dans ce cadre, l'arriv&#233;e de la gauche au pouvoir en France en 1981 (entra&#238;nant dans son sillage la participation du PCF au gouvernement) a bien un caract&#232;re &#034;accidentel&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de la p&#233;riode qui suit la rupture du Programme Commun, le PC se raidit et redouble ses attaques contre le gouvernement et le &#034;plan Barre&#034; accus&#233; de &#034;brader et de casser l'&#233;conomie nationale&#034; tout en d&#233;cha&#238;nant tout autant ses harangues contre le PS, d&#233;sormais qualifi&#233; de &#034;fid&#232;le alli&#233; du capitalisme et de l'imp&#233;rialisme&#034;. Le parti stalinien pr&#233;conise d&#233;sormais &#034;l'union &#224; la base&#034; et radicalise son discours. La d&#233;fense inconditionnelle des natio&#172;nalisations rejoint chez lui le nationalisme le plus exacerb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1978, il lance une grande campagne contre l'&#233;largissement du march&#233; commun et, sous pr&#233;texte de d&#233;fendre une politique d'ind&#233;&#172;pendance nationale, contre une Europe &#224; la fois &#034;pro-atlantiste&#034; et &#034;pan-germanique&#034;, il ne tarde gu&#232;re, face &#224; l'accentuation des plans de licencie&#172;ments, &#224; mettre le paquet pour tenter d'entra&#238;ner les ouvriers sur le terrain hyper-nationaliste. Au nom du &#034;travailler fran&#231;ais&#034;, il organise des actions-commandos contre le minerai &#034;allemand&#034; et exige le refus d'embauche de main-d'oeuvre &#034;&#233;trang&#232;re&#034; (notamment lors de la gr&#232;ve des marins, en novembre 78). Faisant de la suren&#172;ch&#232;re sur les mesures anti-immigr&#233;s adopt&#233;es par le ministre Stoleru, il r&#233;clame carr&#233;ment au gouvernement Giscard &#034;l'arr&#234;t de la politique d'immigration&#034; et pousse aux expulsions d'im&#172;migr&#233;s dans les communes qu'il dirige en r&#233;cla&#172;mant la fixation d'un &#034;quota d'immigr&#233;s&#034;. Le chauvinisme du parti stalinien passe par des campagnes racistes et x&#233;nophobes qui n'ont rien &#224; envier &#224; ce que mettra bient&#244;t en avant &#224; son tour le Front National. Ainsi, plusieurs maires staliniens de la r&#233;gion parisienne prennent des initiatives contre l'augmentation du nombre d'immigr&#233;s dans leur commune.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 24 d&#233;cembre 1980, les &#233;lus PC de Vitry saccagent &#224; coups de bulldozer un foyer de travailleurs immigr&#233;s maliens et, en f&#233;vrier 1981, le si &#034;d&#233;mocrate&#034; et &#034;d&#233;bonnaire&#034; secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral actuel, Robert Hue organise une mani&#172;festation dans sa commune de Montigny-l&#232;s-Cormeilles pour faire expulser une famille ma&#172;rocaine sur laquelle il a fait courir la fausse rumeur qu'elle se livrait &#224; du trafic de drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette virulente propagande x&#233;nophobe allait dans les ann&#233;es suivantes, pousser nombre de ses militants et de ses &#233;lecteurs, &#034;d&#233;&#231;us par la gauche&#034;, dans les bras du Front National.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la mont&#233;e des luttes, le PC radicalise son discours id&#233;ologique. Pour tenter de mieux du&#172;per la classe ouvri&#232;re, le parti stalinien parle m&#234;me de &#034;R&#233;volution&#034;. C'est d'ailleurs le nom qu'il donne &#224; son nouvel hebdomadaire, produit de la fusion entre La Nouvelle Critique et France Nouvelle, tandis que les Jeunesses Communis&#172;tes publient un manifeste lui aussi intitul&#233; &#034;Vive la R&#233;volution !&#034;. Ne cherchant plus &#224; paralyser les luttes en rabattant les ouvriers uniquement sur le terrain &#233;lectoral, il les encourage en s'ap&#172;pliquant &#224; les saboter pour les faire d&#233;railler. Devant un public d'intellectuels d&#233;but 1980 Marchais explique que &#034;le parti n'a pas chang&#233; mais qu'il a d&#251; s'adapter au d&#233;veloppement des luttes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pousse les ouvriers dans des gr&#232;ves dures, longues, et surtout bien isol&#233;es, ax&#233;es sur la d&#233;fense corporatiste de l'entreprise, comme l'entreprise d'industrie navale Terrin dans la r&#233;gion marseillaise ou la manufacture d'armes Manufrance &#224; Saint-Etienne, dont le maire PC avait pouss&#233; les ouvriers &#224; accepter certains licenciements pour &#034;sauver l'entreprise&#034; (avant d'avaliser sa fermeture d&#233;finitive). Tout cela au nom du &#034;fabriquons fran&#231;ais&#034;, entra&#238;nant les ouvriers &#224; s'identifier avec leur entreprise (le PC et la CGT ne parlent alors que de la lutte &#034;des Terrin&#034;, &#034;des Renault&#034; ou &#034;des Manu&#034;) et &#224; se mobiliser en permanence &#034;contre la casse de l'&#233;conomie nationale&#034; derri&#232;re le mot d'ordre &#034;vivre et travailler au pays&#034;. C'est l'&#233;poque du d&#233;but des vastes plans de restructuration dans les secteurs majeurs de l'&#233;conomie fran&#231;aise regroupant les plus importantes concentra&#172;tions ouvri&#232;res : la sid&#233;rurgie, la construction navale, les mines, le textile. Les annonces de licenciements pleuvent, la combativit&#233; ouvri&#232;re se r&#233;veille et, avec elle, la m&#233;fiance envers les syndicats qui sabotent les tentatives d'exten&#172;sion des luttes. Le PCF pare au plus press&#233; et vole en priorit&#233; au secours du syndicalisme en g&#233;n&#233;ral et de la CGT en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conjointement avec son auxiliaire syndical, le parti stalinien lance tous azimuts sa propa&#172;gande &#034;vivre et travailler au pays&#034;. Contre la tendance grandissante vers l'extension des lut&#172;tes, il multiplie les op&#233;rations &#034;villes mortes&#034; pour enfermer les ouvriers derri&#232;re la d&#233;fense de l'usine, de l'entreprise, de la corporation, de la r&#233;gion, de la nation. A Longwy, &#224; Denain, &#224; Dunkerque, le PC est en premi&#232;re ligne, avec la CGT, au printemps 1979 pour saboter l'exten&#172;sion de la lutte et les tentatives de prise en charge des ouvriers eux-m&#234;mes dans les AG. Il s'af&#172;fronte alors directement aux ouvriers qui tentent de d&#233;border l'appareil d'encadrement syndical. Le 23 mars 1979, lors de la manifestation organis&#233;e &#224; Paris sous la pression des ouvriers, le service d'ordre de la CGT et tous les gros bras staliniens pr&#234;tent main-forte aux forces de po&#172;lice officielles de l'Etat qui chargent violemment et pourchassent jusque dans les trains les sid&#233;&#172;rurgistes, d&#233;non&#231;ant et faisant arr&#234;ter les ouvriers les plus combatifs en les faisant passer pour des &#034;casseurs&#034; et des &#034;autonomes irresponsables&#034;. Le PCF aura rendu un fier service &#224; l'Etat bourgeois en lui permettant ainsi de pratiquer les coupes claires les plus importantes dans les secteurs les plus concentr&#233;s du prol&#233;tariat en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7226&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7226&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1981 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT militent &#224; fond pour&#8230; Mitterrand !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7150&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7150&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; un soutien confirm&#233; du PCF et de la CGT qui participent au pouvoir, Mitterrand m&#232;ne une politique anti-ouvri&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les deux pr&#233;sidences de Mitterrand, de 1981 &#224; 1995, les attaques n'ont pas manqu&#233; contre la classe ouvri&#232;re. D&#232;s 1982, le gouvernement Mauroy a organis&#233; le blocage des salaires et interdit d'indexer ceux-ci sur le co&#251;t de la vie. Pendant ce temps-l&#224;, l'imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s, qui &#233;tait de 50% sous Giscard, passait &#224; 45% en 1986, avant que le gouvernement Jospin-Fabius ne d&#233;cide de le ramener &#224; 33% en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique men&#233;e par les socialistes sous Mitterrand d&#233;&#231;ut &#224; tel point l'&#233;lectorat populaire que la majorit&#233; &#233;lue en 1981 fut battue aux &#233;lections l&#233;gislatives de 1986, comme celle issue des urnes apr&#232;s la r&#233;&#233;lection de Mitterrand en 1988 fut lamin&#233;e aux &#233;lections l&#233;gislatives de 1993. &#192; chaque fois la gauche pr&#233;para le terrain pour un retour de la droite, qui elle-m&#234;me, par son cynisme et sa morgue envers le monde du travail, permit au PS de se refaire une virginit&#233;. C'est ce que les commentateurs appellent &#171; l'alternance &#187;, mais une alternance dans laquelle ce sont toujours les poss&#233;dants qui sont les gagnants, et les classes populaires les perdantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gauche a fait ce que la droite n'avait pas os&#233; : lever le tabou de la privatisation des services publics, en vendant de larges parts de France Telecom et d'Air France, cette derni&#232;re sous l'&#233;gide du ministre communiste Gayssot. Le gouvernement a d'ailleurs franchi une premi&#232;re &#233;tape, en faisant voter par l'assembl&#233;e, en f&#233;vrier 1999, l'ouverture du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233;. Le gouvernement Jospin a mis La Poste et la SNCF sur la m&#234;me voie de &#171; l'ouverture du march&#233; &#187; et de la rentabilisation par secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bradage pass&#233; de France Telecom et &#224; venir d'EDF n'&#233;tait pas simplement destin&#233; &#224; donner &#224; des bourgeois fran&#231;ais de nouvelles opportunit&#233;s de profits, il doit aider &#224; faire de ces groupes des g&#233;ants capitalistes mondiaux. EDF, qui r&#233;alise d&#233;j&#224; presque le quart de son chiffre d'affaires &#224; l'&#233;tranger veut faire passer cette part &#224; 50 % d'ici 2004/2005. Pour cela l'entreprise souhaite justement l'ouverture du march&#233; europ&#233;en pour conqu&#233;rir de nouvelles positions &#224; l'ext&#233;rieur et l'ouverture de son capital pour mobiliser des fonds sur les march&#233;s financiers et n&#233;gocier des fusions-acquisitions. Sous la tutelle de la gauche, EDF et GDF n'ont pas attendu leur privatisation pour se lancer dans la sp&#233;culation sur le march&#233; international de l'&#233;nergie. Elles ont mont&#233; leur propre filiale de trading (le m&#233;tier d'Enron, la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine dont la faillite fait actuellement scandale), EDF-trading (en collaboration avec Vivendi) et Gaselys (avec la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale). Mais pour grossir &#224; l'&#233;tranger et devenir des num&#233;ros un mondiaux, ces entreprises doivent bien pr&#233;senter la facture &#224; quelqu'un. Ce sera leurs salari&#233;s, dont les conditions de travail se d&#233;gradent, et les usagers, qui ont vu le gouvernement augmenter plusieurs fois les tarifs du gaz et de l'&#233;lectricit&#233;. L'avenir est programm&#233; : comme France Telecom, EDF et GDF tenteront de plus en plus de se lib&#233;rer des contraintes du service public, au profit de la rentabilit&#233; imm&#233;diate ...aux d&#233;pens des salari&#233;s comme des usagers. Tout en faisant passer au priv&#233; les secteurs les plus rentables du secteur public, il a soumis le reste &#224; une di&#232;te de 5 ans. D&#232;s 1997, il a proclam&#233; le &#171; gel de l'emploi public &#187;. Le plan Jupp&#233; de 1995 a &#233;t&#233; prolong&#233;. Les h&#244;pitaux ont continu&#233; d'&#234;tre rationn&#233;s en effectifs et en moyens. Dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1990, les d&#233;penses du secteur hospitalier avaient augment&#233; de 7 % par an, ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; insuffisant pour suivre le d&#233;veloppement de l'activit&#233;. Mais entre 1995 et 2000, cette augmentation a &#233;t&#233; de 7 % au total ! Un lit sur 15 a &#233;t&#233; supprim&#233; de 1994 &#224; 1999. En 2002, alors que le passage aux 35 heures aurait n&#233;cessit&#233; la cr&#233;ation d'au moins 80 000 postes, le gouvernement n'en promet que 40 000, et les hospitaliers exasp&#233;r&#233;s multiplient les gr&#232;ves. Gel de l'embauche, surcharge de travail, p&#233;nurie de moyens : le m&#234;me traitement a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; aux transports, &#224; la poste ou encore &#224; l'&#233;ducation nationale. Le gouvernement &#034;de gauche&#034; a continu&#233; d'&#233;tendre la pr&#233;carit&#233; : sur 3,4 millions de salari&#233;s des trois fonctions publiques, il y a aujourd'hui 960 000 non titulaires et plus de 300 000 &#171; contrats aid&#233;s &#187; (CES, emplois-jeunes, contrats de ville&#8230;). De quoi donner envie de voir Jospin go&#251;ter &#224; son tour &#224; la pr&#233;carit&#233; de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche au gouvernement a bien s&#251;r mis en place de nouvelles lois, comme les 35 heures, pris des mesures budg&#233;taires, comme les emplois-jeunes, et avalis&#233; des r&#232;gles nouvelles, comme le PARE imposant aux ch&#244;meurs de nouvelles contraintes pour leur faire accepter n'importe quel travail &#224; n'importe quel prix. Mais si ces mesures ont eu des cons&#233;quences certaines sur les conditions de vie de bon nombre de salari&#233;s, leurs effets r&#233;els sur l'emploi sont, eux, tout &#224; fait incertains. Pour les 35 heures il n'a ainsi jamais &#233;t&#233; vraiment possible d'en &#233;valuer les effets sur l'emploi. Le gouvernement a pr&#233;tendu que l'application de la loi avait permis la cr&#233;ation de plusieurs centaines de milliers de postes. Mais personne n'a jamais pu savoir quelle &#233;tait dans ces chiffres la part des embauches en compensation de la r&#233;duction du temps de travail, et celle de &#171; l'effet d'aubaine &#187;, permettant aux patrons de rafler les cadeaux en mati&#232;re de charges sociales, pour des embauches qu'ils auraient de toutes fa&#231;ons &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; r&#233;aliser. Ce qui est par contre parfaitement palpable (surtout pour ceux qui les touchent), ce sont les milliards sous forme de baisses de charges sociales r&#233;cup&#233;r&#233;es par le patronat au titre de la pr&#233;tendue r&#233;duction du temps de travail. Et c'est aussi que cette loi concoct&#233;e et vot&#233;e par la gauche, a ouvert la porte &#224; une g&#233;n&#233;ralisation de la flexibilit&#233; et dans bien des cas d&#233;t&#233;rior&#233; les conditions de travail des salari&#233;s, en m&#234;me temps que donn&#233; lieu &#224; des r&#233;ductions de salaires ou de primes. Autre certitude, l'application des 35 heures a provoqu&#233; de tr&#232;s nombreux mouvements de gr&#232;ve et protestations &#8211; jusqu'&#224; aujourd'hui &#8211; r&#233;v&#233;lateurs de l'appr&#233;ciation des salari&#233;s concern&#233;s sur les pr&#233;tendus bienfaits de la loi. Quant aux emplois-jeunes, la gauche qui en avait promis 700 000 n'en a r&#233;alis&#233;s sur la l&#233;gislature qu'un peu moins de la moiti&#233;, cr&#233;&#233;s par les seuls secteurs public et associatif. Ces emplois ont certes &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s comme un d&#233;pannage bienvenu par une partie des jeunes concern&#233;s, en fin de scolarit&#233; ou d&#233;j&#224; au ch&#244;mage, ou encore salari&#233;s depuis peu et saisissant l'occasion de changer de patron. Mais ces emplois, sous forme de contrats de cinq ans, financ&#233;s &#224; 80 % par l'Etat, ont inaugur&#233; une nouvelle forme de pr&#233;carit&#233; et de salaire au rabais. Embauch&#233;s dans l'enseignement, dans la police, dans les transports en commun, dans les municipalit&#233;s, etc., les jeunes en question se sont souvent retrouv&#233;s &#224; boucher des trous dans des administrations qui ont ainsi pourvu les postes manquants en les payant en dessous du tarif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmentation de la pr&#233;carit&#233; et de l'ins&#233;curit&#233; au travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'a &#233;t&#233; fait par ailleurs par le gouvernement de gauche contre la pr&#233;carit&#233; en g&#233;n&#233;ral. Sauf &#224; consid&#233;rer que la disposition de la derni&#232;re loi dite &#171; de modernisation sociale &#187;, passant de 6 % &#224; 10 % la prime de pr&#233;carit&#233; des CDD pour l'aligner sur celle des int&#233;rimaires, puisse constituer une r&#233;elle pression sur les patrons. La progression de la pr&#233;carit&#233; a au contraire accompagn&#233; la cr&#233;ation des nouveaux emplois, avec pour corollaire l'ins&#233;curit&#233; au travail. Entre 1999 et 2000 le nombre d'accidents du travail a ainsi progress&#233; de 4,6 % selon les chiffres du minist&#232;re de l'emploi qui pr&#233;cise que le secteur de l'int&#233;rim est particuli&#232;rement touch&#233; et que la pr&#233;carit&#233; et la flexibilit&#233; des horaires en sont les principales causes. Quant aux licenciements collectifs pour motif dit &#233;conomique, ils se sont mis &#224; grimper &#224; nouveau brutalement avec la rafale des plans sociaux au printemps dernier. En un an, de novembre 2000 &#224; novembre 2001, leur nombre a progress&#233; de 39,8 % pendant que le ch&#244;mage lui progressait de 12,7 %. Pour faire croire qu'il se pr&#233;occupait des licenciements &#233;conomiques, le gouvernement a propos&#233; un dispositif, toujours dans le cadre de cette loi de &#171; modernisation sociale &#187;, suscitant une longue discussion parlementaire. Le texte n'est finalement qu'une collection de dispositions l&#233;gales d&#233;j&#224; existantes et de vagues recommandations. Et de plus la d&#233;finition du licenciement &#233;conomique &#8211; fruit de concessions de Jospin au PCF mais qui ne pouvait tout au plus que permettre de retarder de quelques jours la mise en application des licenciements &#8211; a &#233;t&#233; retoqu&#233;e par le Conseil Constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : le point essentiel est que la gauche a fait passer dans le mouvement ouvrier (traduisez avec l'appui de toutes les bureaucraties syndicales) l'id&#233;e de la r&#233;forme... id&#233;e reprise ensuite par Sarkozy et ses successeurs de gauche, de droite et du centre pour casser tous les droits sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve383&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve383&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1984 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de gauche de Mitterrand soutenu par le PCF et la CGT trahit les ouvriers de la sid&#233;rurgie lorraine&#8230; La CGT fait mine de mener des actions spectaculaires pour occuper les gr&#233;vistes de la sid&#233;rurgie mais ne fait aucun pas pour que l'ensemble des travailleurs du pays se sentent concern&#233;s et agissent avec les sid&#233;rurgistes. Le faux radicalisme des syndicats avait pour but de continuer &#224; garder le contr&#244;le de la lutte pour faire en sorte qu'elle ne leur &#233;chappe pas. Les syndicats se sont dit que la classe ouvri&#232;re voulait en jouer et qu'il fallait faire semblant sous peine d'&#234;tre d&#233;barqu&#233;s et que les travailleurs se passent de leurs chefs syndicaux. Mais ce n'&#233;tait qu'une tactique conjoncturelle. On a bien vu ensuite que ces centrales ne s'&#233;taient pas r&#233;ellement radicalis&#233;es et elles ont repris leur train-train de mouvements tournants, de luttes locales, de luttes partielles, de luttes &#233;miett&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1543&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1543&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trahison par PCF et CGT de la gr&#232;ve Talbot, les staliniens soutenant le gouvernement de gauche, entrainera la division durable entre travailleurs fran&#231;ais et immigr&#233;s, ces derniers s'estimant l&#226;ch&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6442&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6442&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984, dans l'entreprise Talbot, un atelier de 3000 salari&#233;s (sur les 14 000 que comptent l'usine) se met en gr&#232;ve contre des licenciements, c'est la CFDT qui m&#232;ne la lutte. Ce conflit intervient apr&#232;s une s&#233;rie de revers partiels dans ce secteur automobile. Sur le plan local et national, la CGT va se conduire &#224; nouveau en briseur de gr&#232;ve, quant &#224; la direction de la CFDT elle ne fera rien pour briser l'isolement de cette gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une d&#233;faite locale, dans l'isolement, mais qui marque la fin de la combativit&#233; dans ce secteur, le seul o&#249; elle s'&#233;tait maintenue. La d&#233;faite dans l'automobile est aussi importante que celle de la sid&#233;rurgie en 1979.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement annonce d'ailleurs des dizaines de milliers de licenciements dans la sid&#233;rurgie, la direction de Renault programme 20 000 licenciements avant la fin de 86. Il y a peu de r&#233;actions. En 1983, le nombre de ch&#244;meurs atteint les deux millions. Si dans la fonction publique les gr&#232;ves se multiplient entre 1983-84, contre l'aust&#233;rit&#233;, elles ne peuvent inverser la tendance. Le rapport de force est en faveur du gouvernement et du patronat qui ont les mains libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984, il y a encore des &#233;lections, cette fois pour les Europ&#233;ennes, sur fond de forte abstention. Le Front National fait presque jeu &#233;gal avec le PCF qui recueille 11 % des votes, il a obtenu deux millions de voix. Cette perc&#233;e des fascistes va se confirmer dans les ann&#233;es suivantes. Par son audience et son id&#233;ologie, le FN va tirer tout l'&#233;chiquier &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PS va se lancer dans la surench&#232;re, ainsi lors d'un d&#233;bat &#224; l'assembl&#233;e, G. Dufois se targue d'avoir organis&#233; 12 000 expulsions d'immigr&#233;s clandestins. En mati&#232;re de s&#233;curit&#233; comme de politique de l'immigration, la gauche veut prouver qu'elle peut faire aussi bien que la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabius, pour d&#233;signer la politique qu'il m&#232;ne, parle de &#034;sale boulot&#034;. Mais cette politique, orthodoxie budg&#233;taire et gestionnaire, n'est pas neutre au niveau social. Les milieux gouvernementaux en viennent &#224; pourchasser l'esprit de protestation et de lutte avec lequel la gauche s'identifiait plus ou moins avant 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans le programme de 1981 les socialistes promettent d'accorder le droit de vote aux immigr&#233;s. Une fois au pouvoir, ils r&#233;gularisent 300 000 sans-papiers, mais le ministre de l'Int&#233;rieur, G. Deferre, maintient les contr&#244;les d'identit&#233; (au faci&#232;s) et les expulsions. En 1983, Maire de Marseille, il m&#232;ne campagne et sur ses affiches on peut lire : &#034;La droite, 20 ans d'immigration sauvage. Avec la gauche, enfin un contr&#244;le vigilant dont on mesure les effets.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du FN est spectaculaire, il passe de 0,1 % aux l&#233;gislatives &#224; 10 % en 1984. En 1986, aux &#233;lections l&#233;gislatives du scrutin proportionnel, le Front confirme son score et entre &#224; l'assembl&#233;e avec une trentaine de d&#233;put&#233;s. Mais cette moyenne cache des r&#233;sultats qui localement sont inqui&#233;tants. Ainsi &#224; Marseille, le FN obtient 24 %, et 22 % dans le d&#233;partement des Bouches-du-Rh&#244;ne. Quelle est la part de d&#233;magogie de la politique Deferre dans cette ascension ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche porte une lourde responsabilit&#233; dans ce retour du fascisme. Sa politique a d&#233;moralis&#233; les salari&#233;s, des r&#233;gions enti&#232;res ont &#233;t&#233; d&#233;sindustrialis&#233;es. Elle a non seulement g&#233;r&#233; le syst&#232;me dans le sens des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie, mais a aussi jou&#233; la carte raciste, &#034;diviser pour mieux r&#233;gner&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre PC des Transports Fiterman l&#226;che les flics de l'Etat contre les gr&#233;vistes de la gare St. Lazare en juin 1984, en les traitant de &#034;provocateurs manipul&#233;s par l'extr&#234;me-droite&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le PC vote sans h&#233;siter l'augmenta&#172;tion des cr&#233;dits militaires et approuve l'inter&#172;vention fran&#231;aise au Liban et au Tchad. Ce qui n'emp&#234;che nullement que, depuis sa rupture du Programme Commun, on assiste au r&#233;alignement complet du PCF sur la politique imp&#233;rialiste de l'URSS. Ainsi, le PCF avait apport&#233; d&#232;s le d&#233;but son soutien &#224; l'intervention russe en Afghanistan, d'abord avec prudence fin d&#233;cembre 1979, puis tout &#224; fait r&#233;solument &#224; partir de la rencontre entre Marchais et Brejnev &#224; Moscou le 11 janvier 1980. Comme au d&#233;but de la &#034;guerre froide&#034; dans les ann&#233;es cinquante, il se lance dans une vaste campagne &#034;pacifiste&#034; contre le projet d'installation des fus&#233;es Pershing par l'OTAN en Europe occidentale, d'abord en r&#233;activant le vieux &#034;Mouvement pour la Paix&#034;, puis une fois au gouvernement, il est &#224; l'initiative de &#034;l'Appel des Cent&#034; qui lui permet de s'abriter derri&#232;re des &#034;personnalit&#233;s&#034; sans remettre en cause pour autant sa participation active et directe au budget de la &#034;d&#233;fense nationale&#034; (en hausse de 17,6% en 1982) et de voter en 1983 la loi de programmation militaire pour les cinq ans &#224; venir. Cependant, toutes les manifesta&#172;tions anim&#233;es ou soutenues par le PCF d&#233;si-gnent et condamnent unilat&#233;ralement le seul &#034;imp&#233;rialisme am&#233;ricain&#034; comme &#034;fauteur de guerre&#034; et toutes apportent leur soutien &#224; la pseudo-&#034;politique de paix&#034; de l'URSS, y com&#172;pris le d&#233;ploiement des SS-20, &#034;facteur d'&#233;qui&#172;libre dans la coexistence pacifique.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCF d&#233;cide pourtant de quitter le gouver&#172;nement en juillet 1984. La cause fondamentale de ce d&#233;part est que la bourgeoisie a besoin d'une fraction de gauche dans l'opposition pour enca&#172;drer les r&#233;actions de la classe ouvri&#232;re, en par&#172;ticulier &#224; la veille de proc&#233;der &#224; des licenciements massifs au c&#339;ur m&#234;me du bastion majeur et le plus sensible de la classe ouvri&#232;re, les usines Renault et de passer &#224; des &#034;r&#233;formes&#034; d'enver&#172;gure passant par une &#233;norme suppression d'ef&#172;fectifs dans le secteur public (postes, t&#233;l&#233;com&#172;munications, SNCF,...). Cette d&#233;cision m&#251;re&#172;ment r&#233;fl&#233;chie va &#234;tre suivie par des actions &#034;dures&#034; et spectaculaires de la CGT : occupa&#172;tion de l'usine d&#233;saffect&#233;e SKF &#224; Vitry en 1985, entra&#238;nement d'une minorit&#233; d'ouvriers dans des actions-commandos &#224; r&#233;p&#233;tition chez Renault pendant tout l'&#233;t&#233;, notamment en baladant les ouvriers dans les &#034;beaux quartiers&#034; (blocage des Champs-Elys&#233;es lors de l'&#233;t&#233; 1987).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1986-1987 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des cheminots de l'hiver est lanc&#233;e malgr&#233; l'opposition de la CGT et dirig&#233;e par des assembl&#233;es souveraines, des comit&#233;s de gr&#232;ve et des coordinations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise en cause des syndicats par la base va culminer avec les gr&#232;ves &#224; la SNCF de l'hiver 86, obligeant la bourgeoisie &#224; recourir &#224; des coordi&#172;nations anim&#233;es par des syndicalistes de base et des gauchistes pour r&#233;cup&#233;rer le contr&#244;le de la lutte. Le PC, rel&#233;gu&#233; au second plan, est con&#172;traint de rester prudemment dans l'ombre de la CGT. Celle-ci, pendant les trois premiers jours d'une gr&#232;ve qui, avec une rapidit&#233; foudroyante, avait entra&#238;n&#233; derri&#232;re elle 98% des agents de conduite et en plusieurs endroits d'autres cat&#233;&#172;gories et autres secteurs de la SNCF, s'oppose ouvertement au mouvement. Dans certains d&#233;&#172;p&#244;ts de la r&#233;gion parisienne, elle appelle &#224; la reprise du travail, dans d'autres (Paris-Austerlirz ou Miramas sur le r&#233;seau Sud-Est), elle va jusqu'&#224; organiser des &#034;piquets de travail&#034;. Une fois la lutte enferm&#233;e sur un terrain corporatiste, elle va faire un retour en force en assurant une fausse extension pour &#233;largir la d&#233;faite au sein de la classe ouvri&#232;re. Cependant, au cours de toute cette p&#233;riode, le PCF fait l'exp&#233;rience de l'am&#172;pleur de son discr&#233;dit. Il paie au prix fort ses trois ans de politique antiouvri&#232;re au gouvernement. Cette d&#233;saffection se traduit imm&#233;diatement sur le plan &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les l&#233;gislatives de mars 1986 sont catastro&#172;phiques pour le PC qui passe sous la barre des 10%. On commence &#224; assister au transfert de ses voix vers le FN, notamment dans ses fiefs traditionnels de la &#034;ceinture rouge&#034;. Mais la d&#233;gringolade n'est pas termin&#233;e. Voulant &#233;viter une humiliation personnelle, Marchais fait d&#233;&#172;signer un candidat minable, sans personnalit&#233;, Lajoinie comme candidat aux pr&#233;sidentielles de 1988. La d&#233;faite est cuisante, avec 6,7% des votants, c'est le pire r&#233;sultat jamais enregistr&#233; par le PC, qui aura perdu en 20 ans les 3/4 de son &#233;lectorat. Aux l&#233;gislatives suivantes, il remonte &#224; 11,1%, mais &#233;tant donn&#233; le fort taux d'abstention dans l'&#233;lectorat de gauche, cela ne repr&#233;sente plus que 7,2% des inscrits. M&#234;me s'il se maintient mieux aux &#233;lections municipa&#172;les de 1989, il n'en perd pas moins pr&#232;s de 300 communes (ne g&#233;rant plus que 2,6% des com&#172;munes en m&#233;tropole) et ne conserve notam&#172;ment plus qu'une commune de plus de 100 000 habitants (Le Havre). Ayant du mal &#224; appara&#238;&#172;tre comme force d'opposition cr&#233;dible, le parti de Marchais est pour la premi&#232;re fois de son histoire de parti bourgeois confront&#233; &#224; une crise ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont r&#233;ussi &#224; arr&#234;ter la gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de trois semaines, la gr&#232;ve n'avait pas encore faibli. Le lundi 5 janvier, apr&#232;s le pont du Premier de l'An, de nombreux cheminots qui avaient &#233;t&#233; en cong&#233; pour quelques jours, rejoignaient de nouveau les gr&#233;vistes, et partout les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#233;taient plus nombreuses. Malgr&#233; l'attitude de la FGAAC, poussant ostensiblement &#224; la reprise apr&#232;s les f&#234;tes bien qu'elle n'os&#226;t pas prononcer le mot, le nombre des agents de conduite qui avaient abandonn&#233; &#233;tait infime. De nouvelles n&#233;gociations jeudi 8 janvier n'amen&#232;rent que des miettes qui furent jug&#233;es telles par les gr&#233;vistes, et le soir la gr&#232;ve tenait toujours aussi bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intox &#224; la reprise battait son plein. Celle-ci &#233;tait annonc&#233;e chaque jour. Pourtant chaque jour, c'&#233;tait le m&#234;me pourcentage de trains qui roulaient, pas plus. A partir du vendredi 9, il y eut la pr&#233;tendue mobilisation des usagers, c'est-&#224;-dire des patrons et des partis de droite. Mais tout cela n'impressionna gu&#232;re les gr&#233;vistes, au plus, cela accrut la col&#232;re de quelques-uns.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui ont arr&#234;t&#233; la gr&#232;ve, ce sont les syndicats : la CFDT et la CGT, puisque les autres soit n'avaient jamais &#233;t&#233; dans la gr&#232;ve, soit comme la FGAAC l'avait d&#233;j&#224; abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manoeuvre pour arr&#234;ter une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; la SNCF alors que les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes ne sont nullement pr&#234;ts &#224; abandonner, n'est pas une nouveaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a d&#233;j&#224; vue se r&#233;p&#233;ter en 1968, en 1971, en 1976, bref &#224; chaque fois qu'une gr&#232;ve impliquant des dizaines de milliers de cheminots aux quatre coins du territoire est devenue pesante ou g&#234;nante pour les organisations syndicales. Cette manoeuvre consiste &#224; pousser &#224; la reprise les secteurs les plus faibles au lieu de les conforter en montrant que la grosse majorit&#233; tient ferme. Puis, en se servant de leur exemple, &#224; souffler aux autres que le vent est &#224; la reprise, et ainsi les d&#233;courager et les d&#233;moraliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois-ci, l&#224; encore, c'est la CFDT qui s'est avanc&#233;e la premi&#232;re. D&#232;s la fin des n&#233;gociations jeudi 8 au soir, la F&#233;d&#233;ration faisait savoir que, bien s&#251;r sans se prononcer pour la reprise, elle estimait que les gr&#233;vistes ne pourraient de toute fa&#231;on rien obtenir de plus. A part cela, elle les laissait libres de se prononcer pour ou contre la continuation de la gr&#232;ve. Un peu plus tard, c'est Edmond Maire lui-m&#234;me qui en rajoutait en conseillant ouvertement &#171; l'apaisement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur le terrain, les responsables, d&#232;s vendredi, encourageaient plus ou moins discr&#232;tement les premiers secteurs o&#249; la gr&#232;ve &#233;tait minoritaire &#224; reprendre le travail imm&#233;diatement, sans attendre de conna&#238;tre l'opinion de la majorit&#233; des autres secteurs. En fait, dans certains endroits ils encourageaient la minorit&#233; qui votait pour la reprise &#224; reprendre le travail. C'est ainsi qu'une gr&#232;ve est &#233;miett&#233;e, bris&#233;e, et qu'est cr&#233;&#233; le courant pour la reprise. Il est significatif d'ailleurs que les communiqu&#233;s de la F&#233;d&#233;ration ne disaient pas que, le vendredi 9 au soir il y avait toujours 79 d&#233;p&#244;ts sur 94 qui avaient d&#233;cid&#233; de poursuivre le mouvement. Ils disaient que quinze d&#233;p&#244;ts avaient d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter la gr&#232;ve. C'est ainsi qu'on cr&#233;e un climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, elle, a tenu plus longtemps. D'abord elle avait plus que la CFDT &#224; se faire pardonner son opposition du d&#233;but de la gr&#232;ve. Et puis, puisque la CFDT lui donnait l'occasion d'appara&#238;tre plus ferme, elle ne devait pas la rater. Elle a donc tenu deux jours de plus en se pronon&#231;ant officiellement pour la continuation. Et puis Edmond Maire ayant abattu ouvertement son jeu, la CGT se d&#233;clara tout &#224; la fois &#171; aux c&#244;t&#233;s de ceux qui ont d&#233;cid&#233; de continuer la lutte et aux c&#244;t&#233;s de ceux qui ont d&#233;cid&#233; de reprendre &#187;. Et voil&#224;. Ce n'est pas encore aujourd'hui que les j&#233;suites de la CFDT pourront donner des le&#231;ons &#224; ceux de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6743&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6743&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1988 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#224; la SNECMA d&#233;montre que, sans la mainmise sur les luttes de la CGT et autres appareils syndicaux, les travailleurs sont capables d'organiser la lutte et de l'&#233;tendre d'eux-m&#234;mes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5624&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5624&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1994 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1994 : le g&#233;nocide rwandais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport avec le syndicalisme en France me direz-vous ? Justement, aucun !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France capitaliste organise un g&#233;nocide au Rwanda et le mouvement syndical reste sourd et muet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales n'ont jamais estim&#233; de leur r&#244;le de d&#233;noncer les crimes de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, faisant de leur silence une v&#233;ritable complicit&#233;. L'exemple particuli&#232;rement criminel et sanglant d'un pr&#233;sident de gauche avec un gouvernement de droite, armant et organisant une contre-r&#233;volution fasciste en est une illustration particuli&#232;rement scandaleuse. Cela continue bien s&#251;r aujourd'hui avec l'absence de toute d&#233;nonciation de l'intervention militaire des grandes puissances en Ha&#239;ti. Les centrales syndicales dans un pays riche comme la France sont partie int&#233;grante de l'ordre imp&#233;rialiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#234;me ann&#233;e, le CIP, ou &#034;SMIC jeune&#034; de Balladur, est renvoy&#233; &#224; la poubelle par la mobilisation de la jeunesse : un mois de manifestations massives dans tout le pays. Les syndicats n'interviennent qu'en ponctuant la mobilisation par des &#034;journ&#233;es&#034; de manifestations massivement suivies. Elles n'ont nullement voulu ce mouvement et n'ont fait que le suivre de loin.... Elles chercheront encore moins &#224; en faire un point d'appui des luttes ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1995 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement social de l'automne 1995, que certains ont souvent cru r&#233;duit &#224; la seule gr&#232;ve des transports publics, SNCF et RATP notamment, tr&#232;s visible et fortement m&#233;diatis&#233;, a &#233;galement entrain&#233;, dans le refus du plan Jupp&#233;, le gros secteur de la fonction publique qu'est La Poste. La gr&#232;ve des postiers n'a pas beaucoup &#233;t&#233; remarqu&#233;e ni m&#233;diatis&#233;e. Cependant, avec un taux moyen sup&#233;rieur &#224; 3,5 jours par an et par agent, les chiffres de l'ann&#233;e 1995 se r&#233;v&#232;lent &#234;tre les plus hauts depuis 1974. Ils t&#233;moignent de la forte r&#233;sonance qu'ont, au sein de la profession posti&#232;re, la th&#233;matique des retraites et celle de la S&#233;curit&#233; sociale. Et combien le &#171; tous ensemble &#187; a emport&#233; l'adh&#233;sion, m&#234;me si la reprise impos&#233;e par Bernard Thibaut aux cheminots a &#233;galement entra&#238;n&#233; la reprise des autres secteurs, de la RATP &#224; la Poste. Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales interprofessionnelles de la gr&#232;ve 1995, m&#234;me si elles n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233;es ensuite, pas plus que la gr&#232;ve interprofessionnelle, ont marqu&#233; le mouvement ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1995 : les cheminots entra&#238;nent le secteur public et sont arr&#234;t&#233;s par la CGT d&#232;s que le secteur priv&#233; menace d'entrer en lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, on oublie souvent qu'il y a eu s&#233;par&#233;ment une gr&#232;ve se g&#233;n&#233;ralisant dans le priv&#233; (par exemple Renault, Thomson, SNECMA, Danone, etc..., au printemps 1995) et une gr&#232;ve se g&#233;n&#233;ralisant aussi dans le public en octobre. Les syndicats, apr&#232;s avoir approuv&#233; les mesures pr&#233;vues par Jupp&#233;, ont &#339;uvr&#233; consciemment et efficacement &#224; diviser et affaiblir. Au d&#233;but, elles ne pr&#233;voyaient m&#234;me pas une v&#233;ritable r&#233;action. Par exemple, Jean-Paul Roux, le dirigeant du syndicat ind&#233;pendant l'UNSA, d&#233;clarait : &#034;On ne peut pas faire la gr&#232;ve du si&#232;cle tous les mois, beaucoup de fonctionnaires ne peuvent se permettre de perdre 2 jours de salaire &#224; 6 semaines d'intervalle &#224; l'approche de No&#235;l&#034;. Gr&#226;ce aux syndicats, le gouvernement a pu se contenter d'un petit recul alors qu'il faisait face &#224; une remont&#233;e des luttes sociales. Certains syndicats comme la CGT et FO se sont port&#233;s &#224; la t&#234;te de la lutte des salari&#233;s du public alors qu'ils avaient sign&#233; les projets de r&#233;forme de Jupp&#233; qui s'est suffisamment plaint de leur retournement. Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux c&#244;t&#233;s du gouvernement Jupp&#233; contre les cheminots et les postiers), en d&#233;cembre 1995, Bernard Thibault avait lui-m&#234;me brad&#233; la gr&#232;ve dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant &#224; la reprise, sans consulter aucun gr&#233;viste, d&#232;s la signature d'un accord avec le ministre des transports de l'&#233;poque. Cette gr&#232;ve, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, &#233;tait surtout une fa&#231;on de s'imposer comme interlocuteurs au gouvernement Jupp&#233;-Chirac, &#224; qui ils d&#233;montraient, en s'appuyant sur la col&#232;re des cheminots, que ce n'&#233;tait pas en collaborant avec la seule CFDT que l'on pouvait marchander le calme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots, dont le syst&#232;me de retraite et le statut de l'entreprise, via le projet de contrat de plan, sont remis en cause, occupent une grande place dans le mouvement. La gr&#232;ve de novembre-d&#233;cembre 1995 montre que la gr&#232;ve des cheminots peut gagner, faire reculer un projet antisocial, faire chuter un ministre, en entra&#238;nant les autres secteurs, en organisant des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales interprofessionnelles et en passant dans les autres secteurs les entra&#238;ner &#224; la gr&#232;ve. En sortant du minist&#232;re, Bernard Thibaut secr&#233;taire de la CGT des cheminots annonce, sans consultation des cheminots en gr&#232;ve et sans concertation avec les travailleurs de la RATP qui ont suivi la gr&#232;ve SNCF, que la gr&#232;ve est finie. C'est le d&#233;but d'une politique de trahison ouverte men&#233;e par celui qui va vite devenir le dirigeant de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si 1995 a marqu&#233; une remont&#233;e de la lutte, un recul du gouvernement et une accentuation de la confiance des travailleurs, les travailleurs y sont apparus comme suivants les syndicats nationaux contrairement aux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes et elle a &#233;t&#233; aussi un tournant vers une plus grande collaboration entre syndicats et gouvernement et avec le patronat qui sera soulign&#233; par le choix que fera la CGT de venir un syndicat qui n&#233;gocie, qui propose, qui est &#034;positif&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux c&#244;t&#233;s du gouvernement Jupp&#233; contre les cheminots et les postiers), en d&#233;cembre 1995, Bernard Thibault avait lui-m&#234;me brad&#233; la gr&#232;ve dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant &#224; la reprise, sans consulter aucun gr&#233;viste, d&#232;s la signature d'un accord avec le ministre des transports de l'&#233;poque. Cette gr&#232;ve, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, &#233;tait surtout une fa&#231;on de s'imposer comme interlocuteurs au gouvernement Jupp&#233;-Chirac, &#224; qui ils d&#233;montraient, en s'appuyant sur la col&#232;re des cheminots, que ce n'&#233;tait pas en collaborant avec la seule CFDT que l'on pouvait marchander le calme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7491&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7491&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/2580_1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/2580_1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Nouvel Observateur &#187; de d&#233;but d&#233;cembre 2009 &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sarkozy, au moins, il a des c&#8230; Il d&#233;fend l'industrie fran&#231;aise ! (&#8230;) Cet &#233;loge &#233;mane d'un tr&#232;s proche de &#8230; Bernard Thibaut qui, lui-m&#234;me d&#233;clare &#171; Pour Sarko, tous les sujets passent par des relations personnelles. (&#8230;) Souvenez-vous de la gr&#232;ve des cheminots, &#224; l'automne 2007. Le pr&#233;sident Sarkozy d&#233;cide de r&#233;former les r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite de la SNCF, de la RATP et des &#233;lectriciens-gaziers. Il veut, en 2002, faire passer de 40 &#224; 41 le nombre d'ann&#233;es de cotisations. La gr&#232;ve &#233;clate &#224; la mi-octobre. Pr&#233;vue pour 24 heures, elle dure. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT ne sait pas comment arr&#234;ter ses troupes. (&#8230;) Thibaut dit &#224; Sarkozy : &#171; Donnez moi quatre jours, je vous promets la reprise du travail. &#187; (&#8230;) Le num&#233;ro un de la CGT vient d'entrer d&#233;finitivement dans le clan des r&#233;formistes ! (&#8230;) Plus r&#233;cemment, le choix d'Henri Proglio, le pr&#233;sident de Veolia, pour remplacer Pierre Gadonneix &#224; la t&#234;te d'EDF s'est fait avec l'appui de Bernard Thibaut. (&#8230;) Ce pragmatisme est davantage dans les g&#232;nes de l'autre centrale, la CFDT. (&#8230;) &#171; Le syndicalisme &#224; la &#171; Conti &#187; n'est pas le n&#244;tre &#187;, explique le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. (&#8230;) Depuis quelques temps, on voit souvent Thibaut et Ch&#233;r&#232;que bras dessus, bras dessous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1996 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 23 ao&#251;t 1996, la police &#233;vacuait l'&#201;glise Saint Bernard, d&#233;fon&#231;ant &#224; coups de hache la porte d'entr&#233;e sous'&#339;il des cam&#233;ras pour d&#233;loger des familles qui y campaient depuis plus de 50 jours. Cette journ&#233;e marquera le d&#233;but d'une lutte acharn&#233;e pour obtenir la r&#233;gularisation de tous les sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre &#224; l'initiative ou m&#234;me en soutien, les centrales syndicales ont laiss&#233; les sans-papiers &#171; de Saint-Bernard &#187; mener seuls leur lutte jusqu'&#224; l'occupation du gymnase Japy puis de l'&#233;glise Saint-Bernard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996-1997, les syndicats mettent la p&#233;dale douce sur les gr&#232;ves&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/1999/01/en-1997-les-greves-sont-restees-peu-nombreuses-dans-le-prive-et-ont-diminue-dans-la-fonction-publique-761607&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesechos.fr/1999/01/en-1997-les-greves-sont-restees-peu-nombreuses-dans-le-prive-et-ont-diminue-dans-la-fonction-publique-761607&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1999&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves remontent en 1999. Depuis novembre 1999, se sont trouv&#233;s en gr&#232;ve, entre autres, le personnel hospitalier, celui des grands magasins parisiens, les employ&#233;s des banques, ceux de la Poste, du transport public, du service de nettoyage du m&#233;tro, les journalistes, les pompiers, les agents des imp&#244;ts, les employ&#233;s des caisses d'assurance tout comme les salari&#233;s de Disneyland Paris. M&#234;me les chercheurs, les enseignants et les cadres ont d&#233;bray&#233;. Les gr&#232;ves se dirigent &#224; la fois contre la mani&#232;re dont l'introduction des 35 heures a lieu mais aussi pour appuyer une r&#233;elle r&#233;duction du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les routiers eux ont d'autant plus de raisons de protester vu que le gouvernement a c&#233;d&#233; aux pressions de leurs patrons. Le 10 janvier, les patrons-routiers avaient organis&#233; un barrage routier et avaient ainsi r&#233;ussi &#224; faire passer un d&#233;cret unilat&#233;ral par le ministre des transports Gayssot (PCF) leur garantissant une application taill&#233;e sur mesure de la loi des 35 heures. Les patrons ont, de ce fait, la possibilit&#233; de faire travailler leur personnel pendant 208 heures par mois, ce qui &#233;quivaut &#224; plus de 50 heures par semaine. Ce projet de d&#233;cret renferme &#233;galement une r&#233;glementation tout &#224; fait ridicule en cas de &#171; double &#233;quipage &#187; des conducteurs longue distance et qui fait que le temps du chauffeur qui ne conduit pas n'est pas reconnu comme &#171; temps effectif de travail &#187; car &#233;tant cens&#233; pouvoir &#171; vaquer librement &#224; ses occupations &#187;. Les chauffeurs d&#233;plorent aussi que les acquis de la gr&#232;ve de 1995 en ce qui concerne le salaire et le temps de travail soient r&#233;duits &#224; n&#233;ant cinq ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal L'Express &#233;crivait le 3 f&#233;vrier : &#171; Dans les services publics - transports, poste, etc. - 'l'ambiance 35 heures' est synonyme de tensions nouvelles. L'affaire des routiers en est un symbole. En trois semaines, les m&#234;mes camions ont bloqu&#233; les m&#234;mes routes pour la m&#234;me raison : les 35 heures. Seuls ceux qui tenaient le volant ont chang&#233;. Les 35 heures sont une r&#233;forme populaire qui produit du conflit social. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La complexit&#233; du probl&#232;me ressort tout particuli&#232;rement dans la gr&#232;ve du personnel hospitalier qui cumule toutes les difficult&#233;s : il s'agit l&#224; aussi bien du secteur public que priv&#233;, et l'Etat, en tant d'employeur, a affaire aux secteurs d'activit&#233;s les plus divers. Le 28 janvier avait lieu &#224; Paris la plus importante manifestation que les personnels hospitaliers aient connu ces dix derni&#232;res ann&#233;es et &#224; laquelle ne participaient pas seulement les personnels soignants, mais aussi les m&#233;decins, les urgentistes, les psychiatres, les pharmaciens d'h&#244;pitaux, les agents techniques et d'entretien, tous rassembl&#233;s sous le slogan &#171; Assez de la rigueur - on veut de la sant&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter par ailleurs que certains syndicats s'efforcent f&#233;brilement de jouer au mieux, lors de la signature des accords sur le temps de travail, leur r&#244;le de partenaire des entreprises et du gouvernement. La CFDT par exemple est pr&#234;te &#224; d&#233;bourser pr&#232;s de 5 millions de francs dans le lancement d'une campagne d'information sur les 35 heures, en d&#233;pit de l'avis de la secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale, Nicole Notat, que seule une minorit&#233; d&#233;croissante &#233;met encore des r&#233;serves. La moiti&#233; des accords conclus ayant eu lieu dans des entreprises d&#233;pourvues de syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/News/2000/fevrier00/15fev00_35hrsfr.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/News/2000/fevrier00/15fev00_35hrsfr.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la gr&#232;ve des cheminots de ce d&#233;but du mois de mai, la politique de collaboration des directions syndicales et du gouvernement pour imposer aux travailleurs, sous couvert de la loi d'am&#233;nagement du temps de travail, cette plus grande flexibilit&#233; que souhaite le patronat, a rencontr&#233; sa plus s&#233;rieuse difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;marr&#233;e le 27 avril &#224; l'appel d'un seul syndicat, corporatiste, la f&#233;d&#233;ration autonome des agents de conduite, la FGAAC, appel rapidement relay&#233; par des militants de tous bords, la gr&#232;ve a dur&#233; plus de dix jours. Elle est certes rest&#233;e minoritaire et cat&#233;gorielle, limit&#233;e essentiellement aux agents de conduite, peu &#233;tendue aux s&#233;dentaires. Mais elle a paralys&#233; une partie du trafic et finalement contraint la direction de la SNCF &#224; prendre la mesure du peu de popularit&#233; de son projet et du peu d'efficacit&#233; des grands appareils syndicaux &#224; le faire passer pour &#034;constructif&#034;. Cette gr&#232;ve aura probablement d'abord surpris les grandes f&#233;d&#233;rations qui s'appr&#234;taient &#224; signer tranquillement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la caract&#233;ristique de cette gr&#232;ve des cheminots, c'est qu'elle n'est pas rest&#233;e la gr&#232;ve cat&#233;gorielle des agents de conduite telle que la FGAAC l'aurait s&#251;rement voulu. Elle n'a certes pas &#233;t&#233; la lame de fond, l'explosion qui bouscule sans peine tous les barrages syndicaux. Loin s'en faut. Elle est rest&#233;e dans la plupart des endroits limit&#233;e aux seuls agents de conduite, et m&#234;me parmi eux, elle est rest&#233;e tout au long du conflit minoritaire. Mais elle a tenu et s'est en partie &#233;tendue alors qu'elle &#233;tait combattue par les plus influentes des f&#233;d&#233;rations syndicales de cheminots, la f&#233;d&#233;ration CGT et la f&#233;d&#233;ration CFDT (dont le responsable s'est illustr&#233; par des propos &#224; la grande presse contre ces &#034;2,5 % de gr&#233;vistes&#034; qui auraient bloqu&#233; l'application d'un bon accord !). Quant au syndicat SUD-Rail qui a fini, avec un temps de retard, par d&#233;poser un pr&#233;avis de gr&#232;ve, par crainte lui aussi de voir sa base partir et lui &#233;chapper, il a tout fait pour que son pr&#233;avis ne soit pas vraiment suivi. Et ce qui a donn&#233;, malgr&#233; toutes ces oppositions, &#224; la gr&#232;ve un dynamisme et une port&#233;e qui d&#233;passaient les intentions et les possibilit&#233;s de la f&#233;d&#233;ration autonome qui l'avait d&#233;clench&#233;e, c'est qu'un peu partout des travailleurs du rang mais surtout des militants et adh&#233;rents de tous les syndicats &#224; commencer par des militants et des sections syndicales enti&#232;res, de la CGT ont saisi l'occasion de l'appel de la FGAAC pour agir et appeler &#224; la gr&#232;ve, contre l'avis de leurs propres f&#233;d&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve, contre les appareils, dont celui de la CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a donc d&#233;marr&#233; et vite pris de l'ampleur. Surtout l&#224; o&#249; des militants se sont mis en avant pour l'organiser. Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans des d&#233;p&#244;ts d'agents de conduite de la banlieue parisienne, mais aussi des r&#233;gions Nord, Picardie, Champagne-Ardenne, Alsace, Lorraine, Normandie, Provence-C&#244;te d'Azur, etc. 19 %, puis 30 %, puis 40 % de gr&#233;vistes, selon la direction, en r&#233;alit&#233; plus de 50 % dans quelques d&#233;p&#244;ts, surtout l&#224; o&#249; localement, la CGT avait appel&#233; &#224; cesser le travail. Quelques secteurs de s&#233;dentaires ont rejoint la lutte comme &#224; Rouen (Mat&#233;riel, Transport et Commercial), &#224; St-Lazare (Transport et Commercial), &#224; Marseille (tous services), etc. Souvent &#224; l'appel des conducteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais partout, se sont vite produites les m&#234;mes sc&#232;nes et les m&#234;mes discussions entre partisans de la gr&#232;ve et certains responsables c&#233;g&#233;tistes oppos&#233;s &#224; celle-ci, servant partout les m&#234;mes phrases et les m&#234;mes arguties, selon lesquelles le d&#233;clenchement du mouvement aurait &#233;t&#233; pr&#233;cipit&#233;, &#224; l'appel d'une FGAAC pr&#233;occup&#233;e surtout de ses int&#233;r&#234;ts corporatistes, qu'il faudrait aux cheminots le temps de comprendre, de d&#233;battre, de se forger leur propre opinion, qu'il faudrait les consulter par un grand r&#233;f&#233;rendum pour lequel la direction avait offert son soutien logistique. En attendant, la gr&#232;ve &#233;tait pr&#233;matur&#233;e, expliquait l'appareil CGT, qui a mis tout son poids, contre une partie de ses propres militants, pour batailler contre elle, faire voter et revoter contre la gr&#232;ve. D'o&#249; la col&#232;re, des discussions vives, des engueulades... qui n'ont pas entam&#233; la d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ultime manoeuvre, tandis qu'entrait en vigueur, mardi 4 mai, le pr&#233;avis d&#233;pos&#233; par SUD-Rail, pour lequel les dirigeants de ce syndicat se gardaient bien de militer dans les chantiers, la f&#233;d&#233;ration CGT d&#233;posait elle aussi un pr&#233;avis de gr&#232;ve, mais &#224; partir du dimanche 9 mai au soir, soit pr&#232;s d'une semaine plus tard, et seulement pour 36 heures, faisant all&#232;grement fi de la gr&#232;ve en cours ! Une partie des responsables CGT qui jusque-l&#224; n'avaient pas os&#233; s'opposer ouvertement &#224; la gr&#232;ve, avaient enfin, vis-&#224;-vis de leurs propres militants, l'argument de poids : forts du pr&#233;avis d&#233;pos&#233; par leur f&#233;d&#233;ration, ils appel&#232;rent &#224; partir du mardi 4 mai &#224; suspendre la gr&#232;ve sous pr&#233;texte qu'elle aurait &#233;t&#233; presque exclusivement celle des agents de conduite et donc corporatiste et qu'il fallait en d&#233;marrer s&#233;rieusement une autre, intercat&#233;gorielle... la semaine suivante, une fois que tout serait fini !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait &#233;tudi&#233; pour permettre &#224; la direction d'organiser &#224; nouveau des rencontres et palabres avec les appareils syndicaux et leur donner quelques broutilles &#224; se mettre sous la dent pour justifier les appels &#224; la reprise. C'&#233;tait destin&#233; &#224; d&#233;courager les gr&#233;vistes, tuer le mouvement et se pr&#233;parer &#224; aller tranquillement vers cette grande consultation pr&#233;tendument d&#233;mocratique qui pourrait avoir lieu &#224; la fin mai. On ne sait pas si, au bout du compte, la CGT signera ou pas, mais il reste surtout qu'elle a mis tout son poids pour faire passer pour globalement positif un catalogue de mesures contre les cheminots, et tout son poids pour emp&#234;cher la gr&#232;ve contre ces mesures, gr&#232;ve o&#249; pourtant ses propres militants s'&#233;taient engag&#233;s. Le r&#233;f&#233;rendum, pourtant, a eu lieu : c'est cette gr&#232;ve de dix jours qui a tenu malgr&#233; l'opposition au mouvement des plus influentes des directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 5 mai, le mouvement commen&#231;ait &#224; faiblir. Ou plus exactement il &#233;tait de bon ton de le dire dans les milieux syndicaux qui lui &#233;taient hostiles. Voire d'en rajouter. Car &#224; Marseille, par exemple, s'il est vrai que des cheminots gr&#233;vistes avaient &#034;suspendu&#034; leur gr&#232;ve &#224; l'appel de la CGT, il restait malgr&#233; tout 60 % des roulants en lutte, et 80 % &#224; Miramas. Dans la soir&#233;e, les directions syndicales qui avaient cru jusque-l&#224; l'affaire ficel&#233;e, grima&#231;aient devant les petites concessions que Gallois venait de faire aux gr&#233;vistes. Et le jeudi 6 mai s'amor&#231;ait la reprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belles manoeuvres des f&#233;d&#233;rations CGT et CFDT, la main dans la main comme Thibault et Notat &#224; leurs congr&#232;s respectifs, pour tenter de sauver la mise du gouvernement de la gauche plurielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la direction de la SNCF, avec &#224; la rescousse celles des centrales syndicales, n'est pas au bout de ses peines pour faire avaler aux cheminots la r&#233;organisation du temps de travail, sans compter la r&#233;forme du syst&#232;me des retraites, qu'elle leur concocte. Une &#233;ventuelle signature du projet d'accord, que les concessions de derni&#232;re minute faites pour enrayer la gr&#232;ve n'ont pas chang&#233; sur le fond, pourrait co&#251;ter cher &#224; la direction de la CGT cheminote. Et le conflit pourrait bien rebondir, pas seulement chez les conducteurs, mais aussi chez les autres roulants ou chez les s&#233;dentaires lorsque tomberont les mesures concr&#232;tes pr&#233;vues dans le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Si j'&#233;tais cheminot, je ne me mettrais pas gr&#232;ve...&#034; c'est le dirigeant du PC qui vous le dit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2092&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2092&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 46e congr&#232;s de la CGT a &#233;t&#233; l'occasion de faire des gestes en direction du patronat. Ce n'&#233;taient pas les premiers. Le congr&#232;s pr&#233;c&#233;dent avait ent&#233;rin&#233; la suppression des statuts de la CGT de toute r&#233;f&#233;rence &#224; la lutte de classe. Il ne s'agissait plus, il est vrai, que d'une r&#233;f&#233;rence toute formelle, mais les symboles servent &#224; annoncer la couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e, inesp&#233;r&#233;e, au gouvernement de la &#171; gauche plurielle &#187; en 1997 s'est r&#233;v&#233;l&#233;e une occasion pour la CGT de tenter de rattraper le temps perdu. Qu'attendent le patronat et le gouvernement de la CGT dans la p&#233;riode qui vient ? Des engagements dans des directions toutes balis&#233;es : l'annualisation et la flexibilit&#233;, la mise au rancart des conventions collectives, l'extension du travail pr&#233;caire dans la fonction publique apr&#232;s sa g&#233;n&#233;ralisation dans le secteur priv&#233;, les privatisations &#224; tout va, la diminution des retraites et l'institutionnalisation des fonds de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'annualisation et la flexibilit&#233;, la CGT a d&#233;j&#224; multipli&#233; les gages, en ayant sign&#233; &#224; ce jour plus de 20 % des accords. Au congr&#232;s, Maryse Dumas comme Bernard Thibault ont &#233;voqu&#233; les &#171; propositions &#187; de la CGT concernant la r&#233;daction de la future loi sur les 35 heures, en se gardant de s'opposer &#224; l'annualisation &#8211; Maryse Dumas tenant m&#234;me &#224; s'incliner devant le fait accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la Fonction publique, Christian Laroze, secr&#233;taire de la f&#233;d&#233;ration CGT du Textile, a annonc&#233; de la tribune du congr&#232;s (cit&#233; par Le Monde du 6 f&#233;vrier) les intentions de la CGT : &#171; les salari&#233;s du public vont bient&#244;t d&#233;couvrir, avec les 35 heures, la flexibilit&#233; intense telle qu'on la subit, dans l'industrie, depuis dix ans. (...) Pendant qu'ils g&#233;raient les &#233;volutions de carri&#232;re et les augmentations salariales, nous subissions, nous, les licenciements massifs et les d&#233;localisations. Aujourd'hui, ils esp&#232;rent avoir les 35 heures sans perte de salaire et sans flexibilit&#233;. Faut pas r&#234;ver ! &#187; Voil&#224; le gouvernement pr&#233;venu lorsqu'il d&#233;cidera d'engager les batailles d&#233;j&#224; annonc&#233;es par la publication du rapport sur le temps de travail dans la Fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ligne de mire, la question du mode de calcul de la retraite des fonctionnaires et le d&#233;gagement des capitaux consid&#233;rables repr&#233;sent&#233;s par ces retraites actuellement g&#233;r&#233;es par la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations. Mais, l&#224;-dessus, les d&#233;clarations de Viannet sur les fonds de pension valent pratiquement engagement de la part de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services?archive=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services?archive=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2000}}
&lt;p&gt;Gr&#232;ves &#224; la poste, aux imp&#244;ts, dans les h&#244;pitaux (manifestations r&#233;ussies dans tout le pays le 28 janvier), mobilisation impressionnante des instituteurs, professeurs et parents d'&#233;l&#232;ves dans le midi (12 000 manifestants &#224; Montpellier, 15 000 &#224; N&#238;mes), mais aussi en Bretagne, en Auvergne, en Normandie... Gr&#232;ves &#224; la S&#233;curit&#233; sociale et aux caisses d'allocations familiales. Tout cela pour ne parler que des mouvements dans la fonction publique de ces derni&#232;res semaines. Partout, les m&#234;mes probl&#232;mes d'effectifs, les m&#234;mes revendications : cr&#233;ations de postes d'enseignants, d'hospitaliers, de postiers, refus du gel des effectifs, embauche des pr&#233;caires. En r&#233;alit&#233;, cela fait des mois que les gr&#232;ves et manifestations se succ&#232;dent en ordre dispers&#233; dans le secteur public comme priv&#233; sur la question des 35 heures, des licenciements ou du manque d'effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents mouvements, m&#234;me isol&#233;s, sectoriels, sont populaires. La jonction des parents d'&#233;l&#232;ves aux enseignants (qui avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; notable lors des mouvements de l'an dernier), simple exemple, t&#233;moigne du caract&#232;re g&#233;n&#233;ral du m&#233;contentement, du sentiment de solidarit&#233; au sein du monde du travail. En d&#233;pit de l'&#233;miettement des mouvements, il est remarquable que les diff&#233;rentes luttes qui se relaient n'aient aucun caract&#232;re corporatiste. Chacun se reconna&#238;t dans le chauffeur routier tenant un barrage, dans l'instit qui conteste la carte scolaire, l'infirmi&#232;re, l'aide-soignante ou le brancardier qui manifestent, l'employ&#233;e de la S&#233;cu d&#233;bord&#233;e, le pompier en col&#232;re, et m&#234;me l'employ&#233; des imp&#244;ts qui proteste contre la fermeture des petites perceptions ! Rarement les salari&#233;s de ce pays ont eu &#224; ce point le sentiment d'&#234;tre confront&#233;s aux m&#234;mes probl&#232;mes, au m&#234;me scandale social qui veut que les entreprises qui font des b&#233;n&#233;fices licencient et que le gouvernement &#171; g&#232;le &#187; les effectifs des services publics tout en parlant de croissance et de retour &#224; la prosp&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la conscience sociale, ni m&#234;me politique qui manque aujourd'hui aux salari&#233;s. La combativit&#233; ? Les travailleurs n'h&#233;sitent pas &#224; r&#233;pondre pr&#233;sents aux appels syndicaux, quand appels il y a, parfois au-del&#224; des esp&#233;rances des appareils nationaux (comme chez les instits, profs des coll&#232;ges, de l'enseignement professionnel et les parents d'&#233;l&#232;ves du Gard et de l'H&#233;rault ces derniers jours).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas non plus l'unit&#233; syndicale qui fait d&#233;faut. Oh non ! Les directions des conf&#233;d&#233;rations entretiennent aujourd'hui des rapports parfaitement cordiaux. Elles se concertent, elles s'accordent. La question est de savoir sur quoi. Elles ne s'accordent pas sur une strat&#233;gie syndicale visant &#224; coordonner les diff&#233;rentes luttes en vue d'un mouvement d'ensemble. Surtout pas. Les mouvements existants, elles les accompagnent, les chevauchent, mais s'accordent tacitement pour ne surtout pas les coordonner. En revanche, elles s'entendent parfaitement sur un programme et un calendrier de n&#233;gociations avec le Medef sur &#171; l'approfondissement de la n&#233;gociation collective &#187; et l'avenir de la protection sociale, et avec le gouvernement sur l'application des 35 heures dans la fonction publique, en attendant les n&#233;gociations sur les retraites. Le plan, la strat&#233;gie des conf&#233;d&#233;rations syndicales, ce sont le Medef et Martine Aubry qui pour l'heure les leur dictent. Le Medef par son coup d'&#233;clat en mena&#231;ant de quitter les organismes g&#233;r&#233;s paritairement (S&#233;cu, Unedic...) d'ici la fin de l'ann&#233;e ; Martine Aubry en d&#233;cidant du calendrier de n&#233;gociation d'une &#171; loi cadre &#187; sur la r&#233;duction du temps de temps travail dans la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : apr&#232;s le succ&#232;s de la manifestation du personnel des h&#244;pitaux du 28 janvier (10 000 &#224; Paris, 7000 &#224; Toulouse, 6000 &#224; Marseille, 3000 &#224; Lyon, 7000 &#224; Rennes, etc.), toutes les conditions &#233;taient r&#233;unies pour que les f&#233;d&#233;rations appellent &#224; la poursuite de la mobilisation, &#224; la coordination des gr&#232;ves touchant bon nombre de grands h&#244;pitaux un peu partout dans le pays, en chiffrant &#224; l'&#233;chelle nationale le nombre de cr&#233;ations de postes indispensables pour permettre non seulement un passage r&#233;el aux 35 heures mais combler le manque actuel d'effectifs (combien d'embauches d'infirmi&#232;res, d'aide-soignantes, de brancardiers, de personnels d'entretien... 50 000, 60 000, 100 000 ?). Tout le monde conna&#238;t l'&#233;tat des services d'urgences, de g&#233;riatrie, la surcharge de travail dans la plupart des services d'un c&#244;t&#233; et les plans de restructuration hospitali&#232;re de l'autre. Il &#233;tait simple, trop simple sans doute, de s'appuyer sur les quelque 100 000 manifestants du 28 janvier pour formuler des exigences unitaires et claires face &#224; Aubry, pour que le personnel hospitalier se sente fort, s&#251;r de lui, et d'appeler les semaines suivantes &#224; l'amplification de la mobilisation du personnel hospitalier sur des revendications claires pour tout le monde. Mais non. Martine Aubry annonce l'ouverture des n&#233;gociations avec toutes les organisations syndicales du secteur hospitalier pour trois semaines, et les principales f&#233;d&#233;rations du secteur se contentent de repousser au 14 mars, un mois et demi plus tard, une &#171; &#233;ventuelle &#187; journ&#233;e nationale de gr&#232;ve. Que les h&#244;pitaux d&#233;j&#224; en gr&#232;ve prennent patience. C'est qu'elles &#171; n&#233;gocient &#187; &#224; partir des &#171; donn&#233;es &#187; de Martine Aubry, qui n'envisage aucunement de revenir sur l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire. La mobilisation devra s'adapter au calendrier de n&#233;gociation de la ministre. Cela fait des semaines que toute une s&#233;rie de grands h&#244;pitaux votent la gr&#232;ve reconductible, mais c'est le gouvernement qui impose son rythme et sa cadence aux syndicats et les met en situation de &#171; d&#233;battre &#187; sur les miettes qu'il leur conc&#233;dera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-confederations-syndicales-tres-respectueuses&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-confederations-syndicales-tres-respectueuses&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2001&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2001, une tentative de g&#233;n&#233;ralisation de la lutte contre les licenciements qui n'est pas soutenue par les centrales syndicales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de Lu-Danone et de Marks &amp; Spencer notamment tentent de trouver un prolongement dans d'autres entreprises comme AOM-Air Libert&#233;-Air Littoral, et au travers de manifestations communes mais les centrales syndicales font la sourde oreille... Leur appel aboutit pourtant le 9 juin 2001 &#224; une manifestation de plus de 20 000 personnes &#224; Paris d&#233;montrant la volont&#233; et la n&#233;cessit&#233; de construire des courants unitaires et combatifs &#224; la base.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2002 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la menace antisociale du gouvernement, la CGT reste l'arme au pied&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fillon annonce son projet d&#233;finitif vendredi prochain. Entre temps, il a pris soin de &#8220; consulter &#8221; les repr&#233;sentants des diff&#233;rentes organisations syndicales. Ils ont d&#233;fil&#233; dans son bureau les uns apr&#232;s les autres. Qu'y ont-ils d&#233;fendu ? Blondel, de FO, a &#233;t&#233; content de la r&#233;ception, puisqu'il s'est f&#233;licit&#233; de la reprise d'un &#8220;dialogue correct, direct et constructif &#8221;. Ch&#233;r&#232;que, de la CFDT, est d'accord pour une r&#233;forme de la loi sur les 35 heures&#8230; Et Thibault de la CGT, s'est content&#233; d'affirmer que &#8220; la CGT se mobilisera si le projet reste en l'&#233;tat &#8221;. Ils ne sont pas press&#233;s de pr&#233;parer les travailleurs &#224; utiliser leur force pour faire ravaler ces projets &#224; leurs auteurs. Ils se pr&#233;parent plus s&#251;rement &#224; n&#233;gocier les conditions de d&#233;passement des 35 heures branche par branche. Autant dire &#224; n&#233;gocier les reculs, et non pas &#224; s'y opposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FO appelle seule &#224; la gr&#232;ve &#224; la SNCF&#8230; et signe un accord bidon avec les patrons du transport routier, sabotant ainsi d'avance le mouvement des chauffeurs. Avec la CGT ou la CFDT qui lancent le mouvement chez les routiers&#8230; mais font pression sur les syndicats cheminots pour qu'il n'y ait surtout pas de gr&#232;ve le 26 novembre, avec les transports a&#233;riens ou urbains, de La Poste, de la Sant&#233; ou de l'Education nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2003 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;2003 : les syndicats emp&#234;chent une mobilisation sur les retraites, sujet pourtant explosif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2003 est un pic des gr&#232;ves en France contre le projet Fillon de retarder les d&#233;parts en retraite de tous les salari&#233;s (vers les 42 ans et plus d'ann&#233;es de cotisation). mais cela ne m&#232;ne &#224; rien !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le succ&#232;s de la journ&#233;e d'action du 13 mai (deux millions de manifestants) a, comme on dit poliment, &#171; d&#233;pass&#233; les espoirs &#187; des directions syndicales, en particulier du fait de la bonne participation des travailleurs du secteur priv&#233;. L'empressement de Ch&#233;r&#232;que &#224; signer une version &#224; peine am&#233;lior&#233;e du projet de Fillon semble dict&#233; par la volont&#233; de briser au plus vite l'&#233;lan d'un mouvement dont l'&#233;norme potentiel s'est clairement manifest&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux secteurs ont reconduit la gr&#232;ve du 13 mai sans r&#233;el soutien des dirigeants syndicaux, comme par exemple &#224; la RATP. Le soir du 13 mai, Bernard Thibault a d&#233;clar&#233; &#171; comprendre l'&#233;motion &#187; des cheminots qui venaient de d&#233;cider de reconduire la gr&#232;ve pour le 14 mai. Apr&#232;s quoi ceux-ci ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s &#224; leur propre sort, c'est-&#224;-dire sans que leur soient donn&#233;es de perspectives sur une g&#233;n&#233;ralisation du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 mai, la CGT cl&#244;turait le ban par une manifestation imposante mais con&#231;ue comme une fin... Plus exactement, elle avait d&#233;cid&#233; que c'&#233;tait fini. Ce qui ne l'emp&#234;chait pas de faire crier aux manifestants : &#034;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&#034; !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 mai, dans de nombreux centres SNCF les cheminots indiquaient leur intention de s'engager dans la gr&#232;ve en votant la reconduction. Il en &#233;tait de m&#234;me dans les bus et m&#233;tros parisiens, dans les transports en commun de plusieurs villes de province. Certes, les gr&#233;vistes restaient minoritaires. Bien moins cependant que ne l'&#233;taient au d&#233;but les enseignants, et surtout ils n'&#233;taient pas seuls. A La Poste, dans plusieurs h&#244;pitaux, &#224; la DDE, chez les &#233;boueurs, les &#171; territoriaux &#187;, des gr&#232;ves commen&#231;aient aussi. Mais les directions syndicales ne voulaient pas d'une g&#233;n&#233;ralisation. En deux jours, dans les transports, pour tout le monde le secteur cl&#233; pour l'extension du mouvement, elles cassaient la gr&#232;ve au pr&#233;texte de mieux la pr&#233;parer. Et de reprendre la routine : nouvelle journ&#233;e d'action le 19 mai, manifestation nationale &#224; Paris le dimanche 25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT pesait de tout son poids pour faire reprendre le travail &#224; ceux des cheminots qui avaient continu&#233; la gr&#232;ve apr&#232;s la journ&#233;e d'action du 3 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournant de la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 47e congr&#232;s de la CGT, qui s'est tenu &#224; Montpellier du 24 au 28 mars, avait &#224; se prononcer sur quatre textes propos&#233;s par la direction sortante. Finalement, trois seulement furent soumis au vote des congressistes. Le quatri&#232;me, concernant la centralisation de la perception et la gestion des cotisations des syndiqu&#233;s, a &#233;t&#233; &#233;cart&#233; de la consultation au dernier moment, les responsables constatant l'opposition de nombre de d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; cette proposition lesquels estimaient, &#224; juste titre, que cette proc&#233;dure comportait le risque pour les organisations de base d'&#234;tre dessaisies du contr&#244;le de leurs activit&#233;s, et que cela accroisse du m&#234;me coup l'emprise des instances dirigeantes. Un signe de m&#233;fiance que la direction conf&#233;d&#233;rale a d&#251; prendre en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le report du vote sur cette question n'a rien chang&#233; au reste, c'est-&#224;-dire &#224; l'essentiel. Certes, on a pu noter que le nombre des votes contre les textes propos&#233;s par la direction &#233;tait sensiblement plus important que lors des congr&#232;s pr&#233;c&#233;dents : 74,65 % approuvant les rapports de la direction sortante, 12,36 % votant contre et 12,99 % s'abstenant. Ces chiffres traduisent l&#224; encore les r&#233;ticences de syndiqu&#233;s qui acceptent mal l'&#233;volution toujours plus marqu&#233;e de leur conf&#233;d&#233;ration vers ce syndicalisme que l'on pr&#233;tend &#171; de concertation et de proposition &#187; dont leurs dirigeants se font les ardents champions. Il est toutefois bien difficile de mesurer, &#224; travers ces chiffres, l'ampleur et surtout la profondeur de ces r&#233;ticences. Mais on a pu constater qu'elles existent. Et pas seulement au niveau du congr&#232;s. Ces pourcentages, tout comme les comptes-rendus des d&#233;bats, tout comme le congr&#232;s, donnent forc&#233;ment un reflet d&#233;form&#233; de ce qui se passe au sein de la CGT, par le fait m&#234;me que la repr&#233;sentation par d&#233;l&#233;gations a contribu&#233; &#224; gommer les oppositions. A cela s'ajoute le fait que, cette fois encore, la s&#233;lection des d&#233;l&#233;gu&#233;s par les diff&#233;rentes instances a abouti &#224; la mise &#224; l'&#233;cart de d&#233;l&#233;gu&#233;s qui n'&#233;taient pas, ou qu'on soup&#231;onnait ne pas &#234;tre, dans la ligne de la direction en place. On en a eu plusieurs exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1995 &#224; 2003, la CGT construit son image de syndicat responsable, &#171; de proposition et de concertation &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve184&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve184&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2004 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT signe un accord de pr&#233;vention des gr&#232;ves, une premi&#232;re historique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un accord historique et prometteur &#187;, a d&#233;clar&#233; le ministre des transports De Robien, se r&#233;jouissant de la signature, le 28 octobre, par six syndicats, et surtout par la CGT, de l'accord imposant de nouvelles restrictions au droit de gr&#232;ve &#224; la SNCF, accord dit d' &#171; am&#233;lioration du dialogue social et pr&#233;vention des conflits &#187;. Historique ? Le terme est exag&#233;r&#233; : l'histoire syndicale (celle de la CGT comme des autres) est truff&#233;e d'autres accords, sign&#233;s par des syndicats en &#233;change de la reconnaissance de leur r&#244;le d'interlocuteurs privil&#233;gi&#233;s, du renforcement de leur monopole de repr&#233;sentation des travailleurs ou de quelques si&#232;ges dans des commissions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la signature d'un tel accord anti-gr&#232;ve de la part de la CGT est, tout de m&#234;me, une premi&#232;re. C'est de la part de Bernard Thibault un geste politique vis-&#224;-vis du gouvernement et du Medef, dont le ministre a toutes les raisons de se f&#233;liciter. Car il s'accompagne de l'affirmation que le &#171; dialogue social &#187; serait pr&#233;f&#233;rable au conflit, au moment m&#234;me o&#249; &#224; la SNCF comme &#224; la Poste, sur fond de ce pr&#233;tendu &#171; dialogue &#187; avec les bonzes syndicaux, les suppressions de postes tombent &#224; tour de bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-syndicalisme-de-prevention-des-conflits&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-syndicalisme-de-prevention-des-conflits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perrier 2004 : un autre exemple des politiques syndicales...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve162&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve162&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2005&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2005, un nouveau pic de gr&#232;ves est atteint notamment par les appels intersyndicaux &#224; des journ&#233;es de mobilisation sur les questions g&#233;n&#233;rales du pouvoir d'achat, du service public et des conditions de travail. Ces journ&#233;es sont l'occasion de fortes manifes&#172;tations (1 million le 10 mars et le 10 octobre). Mais la strat&#233;gie de la multiplication des journ&#233;es d'action par les directions syndicales s'essouffle &#224; chaque fois. Plus exactement, la strat&#233;gie syndicale r&#233;ussit parfaitement &#224; permettre des l&#226;chers de vapeur et n&#233;gocier ainsi leur r&#244;le de tampon social avec l'Etat et les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats qui n'ont rien fait pour qu'une liaison entre le mouvement ouvrier et les jeunes de banlieue se r&#233;alis&#233; d&#233;couvrent la &#034;violence des banlieues&#034; et Bernard Thibaut affirme que &#034;rien ne se r&#233;soudra dans la violence&#034;. A chacun d'interpr&#233;ter s'il s'agit de la violence de la mis&#232;re et de l'absence d'avenir ou celle des voitures br&#251;l&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault affirme sans rire qu'on ne voit pas la r&#233;volte des jeunes de banlieues arborer de banderoles syndicales. Mais quel effort les syndicats ont-ils fait pour d&#233;noncer la situation des jeunes de banlieues sans emploi et sans avenir ? Aucun ! Mais quel mod&#232;le de combativit&#233; donne le syndicalisme &#224; ces jeunes qui ont le sentiment de n'avoir rien &#224; perdre ? Ne parlons m&#234;me pas du mod&#232;le de syndicalisme &#224; la Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que (alors que se pr&#233;pare une gr&#232;ve reconductible &#224; la SNCF, &#224; l'appel de la CGT, FO, SUD-rail et FGAAC, la CFDT-cheminots vient de publier un brillant communiqu&#233; intitul&#233; Gr&#232;ve &#224; la SNCF : la CFDT se prononce contre). Mais Bernard Thibault lui-m&#234;me ? Qui marchande en direct avec Sarkozy (du temps o&#249; il &#233;tait au minist&#232;re des finances), par-dessus la t&#234;te des ouvriers de Perrier en lutte, la reddition de la CGT et son renoncement &#224; s'opposer au plan de restructuration de l'entreprise et &#224; des centaines de licenciements ? Quel mod&#232;le de d&#233;termination donne-t-il quand il tente de n&#233;gocier avec Villepin un adoucissement du plan de privatisation de la SNCM, et que la CGT appelle les marins &#224; la reprise, apr&#232;s 23 jours de gr&#232;ve, d&#232;s que le Premier ministre tape du poing sur la table en brandissant la menace de liquidation ? Et quelle preuve d'efficacit&#233; quand, en permettant au gouvernement de boucler sans dommage la gr&#232;ve de la SNCM, il lui permet de passer tranquillement &#224; l'op&#233;ration suivante, la privatisation d'EDF ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les conf&#233;d&#233;rations syndicales, y compris celle qui appara&#238;t la plus combattive, la CGT, laissent isol&#233;e chacune des luttes qui &#233;clatent. Elles meublent le calendrier syndical d'actions par cat&#233;gories ou secteurs savamment &#233;chelonn&#233;es dans le temps. Et elles se gardent bien de donner une suite quand une journ&#233;e d'action nationale, comme celle du 4 octobre, peut appara&#238;tre comme un succ&#232;s qui pourrait donner confiance aux travailleurs en leur force et ouvrir la perspective d'une mobilisation d'ensemble du monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'objectif des conf&#233;d&#233;rations n'est que de montrer, au travers de telles journ&#233;es, leurs &#171; repr&#233;sentativit&#233;s &#187; respectives pour s'asseoir aux tables des n&#233;gociations... auxquelles le gouvernement de Villepin, comme son pr&#233;d&#233;cesseur Raffarin, les invite sans trop de r&#233;ticence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trahison de la gr&#232;ve SNCM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de la CGT de la SNCM, la direction nationale ayant pes&#233; de tout son poids, de cesser la gr&#232;ve a &#233;t&#233; assez soudain pour surprendre de nombreux gr&#233;vistes, qui &#233;taient d&#233;cid&#233;s &#224; tenir malgr&#233; le chantage au d&#233;p&#244;t de bilan et aux licenciements, fait par le gouvernement sous le couvert de lois pr&#233;sent&#233;es comme inexorables. C'est la CGT qui a organis&#233; le vote de reprise du travail. Deux piles de bulletins furent pos&#233;s sur l'estrade o&#249; se tenaient les dirigeants syndicaux. Ils avaient &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s de fa&#231;on tr&#232;s particuli&#232;re puisque l'un des bulletins portait &#171; Oui &#224; la reprise de l'activit&#233;. Pour &#233;viter le d&#233;p&#244;t de bilan &#187; et l'autre &#171; Non &#224; la reprise de l'activit&#233; = d&#233;p&#244;t de bilan &#187; !. Ainsi celui qui votait &#171; non &#187; &#224; la reprise du travail avait le sentiment qu'il votait pour le d&#233;p&#244;t de bilan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Paul Isra&#235;l, dirigeant CGT de la SNCM : &#034;Face aux ministres, on pouvait se battre mais face &#224; la justice, nous aurions pris des risques. Pour continuer &#224; exister, il fallait lever le pied mais cela ne veut pas dire que le combat en restera l&#224;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve163&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve163&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2006 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nouveau tournant &#224;&#8230; droite de la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/News/2006/avril06/290406_FrCgt.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/News/2006/avril06/290406_FrCgt.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2007 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cheminots : trahison syndicale de la lutte des cheminots sur les &#171; r&#233;gimes sp&#233;ciaux &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont r&#233;ussi &#224; isoler et trahir la gr&#232;ve des cheminots pour la d&#233;fense des r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite. Apr&#232;s dix jours, sans aucune perspective sur laquelle se baser pour battre le gouvernement du pr&#233;sident Nicolas Sarkozy, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales qui se sont tenues dans toute la France ont vot&#233; pour la reprise du travail. De larges poches de r&#233;sistance, quelque 10 pour cent, soit pr&#232;s de 14 000 cheminots, &#233;taient encore en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 18 et 19 octobre d&#233;marre une gr&#232;ve pour d&#233;fendre la retraite des cheminots. Loin de chercher &#224; l'appuyer, moins encore &#224; l'&#233;tendre, elle est bris&#233;e par les syndicats dont la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Gare de Lyon, bastion de la CGT, deux des trois assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ont vot&#233; pour la poursuite de la gr&#232;ve, &#171; au grand dam des d&#233;l&#233;gu&#233;s CGT &#187;, rapporte Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs venus faire pression sur la r&#233;union entre les syndicats de la RATP, la direction et le gouvernement, mercredi dernier, &#233;taient furieux. Lib&#233;ration rapporte, &#171; Des sifflets. Puis des hu&#233;es. Dans le hall du si&#232;ge de la RATP, hier en fin de matin&#233;e, le responsable de la CGT redescendu de la n&#233;gociation tripartite, a du mal &#224; terminer son compte-rendu. &#034;Trahison !&#034;, &#034;Vendu !&#034;, lance une grande partie de l'assembl&#233;e, pourtant compos&#233;e en majorit&#233; de c&#233;g&#233;tistes. L'ambiance est &#233;lectrique. De petits groupes se forment, s'engueulent. Assis &#224; l'&#233;cart, Jean-Pierre a &#034;envie de vomir&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lire dans la presse : &#034;Bernard Thibault, Didier Le Reste (cheminots), Fr&#233;d&#233;ric Imbrecht (&#233;nergie) et G&#233;rard Leboeuf (RATP) s'expliquent ouvertement. Il faut entendre Didier Le Reste expliquer qu'il n'avait jamais &#233;t&#233; question de contester le passage aux 40 ans ! Il faut entendre Fr&#233;d&#233;ric Imbrecht expliquer qu'en tant qu'organisation majoritaire (et responsable) il fallait engranger des r&#233;sultats pour &#234;tre cr&#233;dible&#8230; Il a l'air malin, &#224; l'heure o&#249; les n&#233;gociations sont suspendues faute de r&#233;sultat dans le domaine de l'&#233;nergie ! Il faut entendre Bernard Thibault assurer que le mouvement a d&#233;stabilis&#233; les projets gouvernementaux !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007-2008, le capitalisme s'effondre et est incapable de se redresser autrement que de mani&#232;re compl&#232;tement artificielle, en se faisant enti&#232;rement financer sur fonds des Etats et des banques centrales. Mais les syndicats ne veulent pas savoir que le capitalisme est mort&#8230; Pas &#233;tonnant : ce serait reconnaitre que le r&#233;formisme syndical est mort lui aussi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bien des travailleurs, bien des gens de milieu populaire aussi, se demandent pourquoi toutes les luttes sociales conduites par les syndicats sont vaincues depuis la crise de 2007-2008 et r&#233;pondent que c'est parce que les gouvernants sont les mauvais, que les r&#233;formes ne sont pas les bonnes, ou que les riches sont trop gourmands. Ils se demandent aussi pourquoi le pouvoir n'a pas recul&#233; toutes ces ann&#233;es devant des luttes syndicales et s'est senti contraint de reculer devant les gilets jaunes ! Et ils ignorent que la r&#233;ponse aux deux questions est exactement la m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est pourtant simple : la crise actuelle du capitalisme de 2007-2008 n'est pas conjoncturelle mais r&#233;volutionnaire, ce qui signifie qu'elle ne peut se r&#233;soudre que par la mort, soit celle du grand capital, soit celle de la d&#233;mocratie capitaliste, la fin de l'&#233;poque du r&#233;formisme. Si le r&#233;formisme n'a pas plus cours dans cette situation, ce n'est pas du fait de particularit&#233;s n&#233;gatives des gouvernants, que ce soit Macron, Hollande ou Sarkozy. Ce n'est m&#234;me pas du fait de particularit&#233;s des organisations r&#233;formistes elles-m&#234;mes, qu'elles soient syndicales, politiques ou associatives. C'est bel et bien le r&#233;formisme en g&#233;n&#233;ral qui est devenu incapable d'agir de mani&#232;re positive sur la soci&#233;t&#233; capitaliste, sur ses classes dirigeantes et poss&#233;dantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous disons &#171; le r&#233;formisme &#187;, nous ne voulons pas parler seulement des appareils r&#233;formistes, des partis, des associations et des syndicats r&#233;formistes et du r&#244;le compl&#232;tement n&#233;gatif que jouent ces organisations par rapport aux capacit&#233;s de s'organiser, de se mobiliser et de se battre des exploit&#233;s. Il ne sert &#224; rien de se plaindre de leur r&#233;formisme : ils ne peuvent pas changer, quelle que soit la pression, la r&#233;volte et m&#234;me la r&#233;volution des exploit&#233;s et des opprim&#233;s, rien ne leur permettra de changer de nature. M&#234;me s'ils &#233;taient persuad&#233;s eux aussi qu'on ne peut rien r&#233;former, ils resteraient r&#233;formistes. Si notre avenir d&#233;pendait du fait que les appareils en question soient r&#233;formistes ou pas, nous n'aurions aucun avenir, nous serions d'avance foutus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations qui pr&#233;tendent r&#233;former&#8230; les r&#233;formistes sont des menteurs, y compris et surtout celles qui se disent r&#233;volutionnaires ! Elles affirment que des r&#233;formistes combatifs seraient meilleurs, qu'ils pourraient &#234;tre plus d&#233;mocratiques ou plus offensifs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'effondrement de 2007-2008 signifie fondamentalement : les forces productives humaines ont d&#233;pass&#233; le cadre &#233;troit des rapports de production fond&#233;s sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, les d&#233;fenseurs du syst&#232;me d'exploitation capitaliste ne cessent de vouloir faire croire que 2007 n'a &#233;t&#233; qu'un accident, qu'une maladie provisoire, soignable, qu'un cycle de recul qui sera suivi d'un cycle de remont&#233;e, qu'un ph&#233;nom&#232;ne conjoncturel, que le produit d'un petit dysfonctionnement qui sera rapidement r&#233;gl&#233; si les d&#233;cideurs se&#8230; d&#233;cident &#224; r&#233;guler tout &#231;a !&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout est fait pour nous amener &#224; minimiser ce qui s'est produit en 2007 et aussi pour nous faire croire que maintenant nous sommes dans d'autres types de probl&#232;mes. Mais cela est faux : le monde capitaliste a bloqu&#233; son horloge sur la date de 2007 et ne peut plus avancer. Et encore, s'il ne s'est pas compl&#232;tement effondr&#233; en 2008 et depuis, c'est uniquement du fait de l'intervention financi&#232;re massive des Etats et des banques centrales et pas d'une quelconque reprise &#233;conomique des investissements priv&#233;s capitalistes qui aurait relanc&#233; la machine. Et tous les investissements priv&#233;s qui continuent de fonctionner ne le font qu'&#224; condition que l'Etat s'engage et &#224; leur fournir des profits sur la base de fonds publics et pas sur la base de la confiance retrouv&#233;e dans les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme meurt d'avoir... trop bien r&#233;ussi &#224; accumuler du capital&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle du capitalisme, celle des ann&#233;es 2000, est caract&#233;ris&#233;e par une suraccumulation du capital. Suraccumulation signifie qu'il y a eu relativement trop d'accumulation. L'accumulation signifie que le capital s'investit et produit plus de capital. Le capitalisme peut distribue plus de capital &#224; des pr&#234;teurs mais ce n'est pas dans cette sph&#232;re que le capital s'accroit r&#233;ellement. C'est seulement dans la sph&#232;re de transformation des marchandises que l'on peut int&#233;grer la plus-value extraite du travail humain dans la valeur et produire du profit qui sera ensuite distribu&#233; dans toutes les sph&#232;res de l'&#233;conomie. En somme, si le capital se retire de la production de mani&#232;re massive, il se retire aussi de la sph&#232;re qui produit un accroissement de capital, de la sph&#232;re o&#249; est produite l'accumulation. C'est donc bel et bien d'un trop plein de capital qu'il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est au plus haut niveau de la productivit&#233; du travail que le grand capital bloque. C'est aussi au plus haut niveau des &#233;changes mondiaux. C'est encore au plus haut niveau des capacit&#233;s technologiques nouvelles. C'est enfin au plus haut niveau de la croissance : la croissance du PIB qui a mis 140 ans met actuellement six ans&#8230; Non, c'est ce succ&#232;s que le capitalisme est incapable d'assumer, c'est-&#224;-dire de consid&#233;rer comme suffisamment rentable &#224; court terme pour lui car il est beaucoup plus rentable &#224; court terme de sp&#233;culer que d'investir. Il y a beaucoup trop de capital, il a beaucoup trop accumul&#233;, pour qu'il y ait assez d'accroissement des investissements productifs rentables pour l'absorber. Du coup, ce capital en trop devient du capital nocif qui cr&#233;e un p&#244;le attracteur massif pour tous les capitaux en dehors de la sph&#232;re productive. Le capitalisme a atteint ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sert &#224; rien de nous dire que le capital financier ait toujours exist&#233;, qu'il n'est m&#234;me pas diff&#233;rent en terme de propri&#233;taire du capital productif, tout cela est certes exact mais cela ne change rien &#224; un fait tr&#232;s important : le capital financier a pris dans les ann&#233;es 1990 une importance qu'il n'avait jamais connu au cours de toute l'histoire du capitalisme, devenant bien plus attractif que l'investissement productif&#8230; Cette tendance, loin d'&#234;tre combattue, a &#233;t&#233; favoris&#233;e par les gouvernants mondiaux car cela permettait momentan&#233;ment de d&#233;passer les limites des capacit&#233;s d'investissements en cr&#233;ant des nouveaux investissements improductifs. Les dividendes s'en sont encore accrus, le capital aussi et au d&#233;but des ann&#233;es 2000 on avait d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233; le niveau de suraccumulation que l'on a ensuite tent&#233; de forcer par des moyens d'accumulation financi&#232;re exag&#233;r&#233;e (comme la titrisation des dettes) comme les subprimes ou les LBO&#8230; La &#171; crise &#187; de 2007 n'est est pas une car elle n'est pas le d&#233;but des difficult&#233;s mais la fin des possibilit&#233;s du syst&#232;me. Depuis, on vit uniquement de subterfuges. Sans les masses de milliards de capitaux fournis par les Etats et banques centrales, on ne parlerait d&#233;j&#224; plus du capitalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela montre aussi que la m&#233;thode actuellement choisie par les Etats, introduire dans les march&#233;s financiers des masses de capitaux publics, ne peut pas du tout r&#233;soudre la crise, m&#234;me si elle permet de pallier le retrait des capitaux priv&#233;s dans les investissements. Cela ne peut ni &#234;tre une solution ni &#234;tre durable. Cela signifie que les capitalistes n'utilisent actuellement que des moyens palliatifs et non des soins de la crise, qu'ils n'esp&#232;rent donc nullement juguler. Cela signifie qu'ils comptent seulement faire un peu durer la situation, au bord du gouffre, pour faire en sorte que la catastrophe ne se transforme pas en offensive g&#233;n&#233;rale des exploit&#233;s contre les exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gagnant du temps, les capitalistes et leurs Etats, pr&#233;parent les r&#233;ponses politiques possibles pour sauver les classes dirigeantes : d&#233;veloppement des fascismes, des dictatures et des guerres allant vers la guerre mondiale. La situation n'est pas celle de sacrifices limit&#233;s pour les classes populaires en attendant une reprise, mais celle de socialisme ou barbarie. Ce qui se pose aux travailleurs, c'est la question de la r&#233;volution sociale et pas seulement de luttes d&#233;fensives sur le seul terrain &#233;conomique. Ce qui est n&#233;cessaire, c'est l'organisation des masses sur le terrain politique. Ce n'est pas seulement la lutte syndicale. Ce sont les comit&#233;s de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2008 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT combat&#8230; contre les sans-papiers de Viry-Chatillon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1148&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT ne se bat pas contre la fin des 35 heures d&#233;cr&#233;t&#233;e par Sarkozy&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/35hr-j29.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/35hr-j29.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une tromperie syndicale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le 7 mai, le ministre du Travail Xavier Bertrand a confirm&#233; son projet de faire passer de 40 &#224; 41 ann&#233;es la dur&#233;e de cotisation ouvrant droit &#224; une retraite compl&#232;te, les syndicats n'ont pas appel&#233; les autres travailleurs touch&#233;s par cette mesure, dont les cheminots, les travailleurs du transport a&#233;rien, de l'&#233;nergie, de Telecom et de la poste, &#224; rejoindre l'action du 15 mai, mais ont plut&#244;t appel&#233; &#224; une journ&#233;e d'action s&#233;par&#233;e le 22 mai. Durant la manifestation du 15 mai, plus de 300 000 personnes ont d&#233;fil&#233; et un million de travailleurs ont fait gr&#232;ve ; cela a &#233;t&#233; suivi par la manifestation pour les droits &#224; la retraite le 22 mai o&#249; 700 000 personnes ont d&#233;fil&#233; dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour suivant, les syndicats signaient un accord sur le &#171; dialogue social &#187; et les conditions d'emploi dans le service public. En signant un accord que les gr&#232;ves des travailleurs du secteur public avaient pour but d'emp&#234;cher, les syndicats ont, dans les faits, torpill&#233; la mobilisation des travailleurs du secteur public. Le 24 mai, une manifestation contre les suppressions d'emplois dans l'&#233;ducation n'a r&#233;uni que 7000 personnes &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment des gr&#232;ves croissantes des marins-p&#234;cheurs les 26 et 27 mai sur la question du prix des carburants, les syndicats ont d&#233;cid&#233; de ne pas appeler &#224; d'autres gr&#232;ves contre les suppressions de postes dans l'&#233;ducation, au motif qu'il &#233;tait n&#233;cessaire de laisser lyc&#233;ens et enseignants travailler pour les examens de fin d'ann&#233;e. Une d&#233;claration commune des syndicats de l'&#233;ducation des diff&#233;rentes conf&#233;d&#233;rations syndicales d&#233;clarait qu'elles &#171; renvoyaient la question d'une suite &#224; leur mouvement apr&#232;s les vacances d'&#233;t&#233; &#187;. Le 10 juin, la mobilisation des fonctionnaires et des cheminots contre les suppressions de postes, la r&#233;forme des retraites et la r&#233;forme du fret &#224; la SNCF a eu lieu alors que se d&#233;roulaient des gr&#232;ves de travailleurs dans les ports commerciaux strat&#233;giques contre la privatisation, ainsi que des gr&#232;ves de p&#234;cheurs, de transporteurs routiers et d'ambulanciers et fermiers contre la hausse des prix du gazole. Mais les syndicats n'ont aucunement cherch&#233; &#224; organiser une gr&#232;ve plus large du secteur des transports contre la privatisation et la hausse du prix des carburants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 juin, les syndicats ont sign&#233; un accord sur &#171; seize points de convergence &#187; avec le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, torpillant la relance du mouvement des lyc&#233;ens apr&#232;s les grandes vacances ce qu'ils avaient faussement sugg&#233;r&#233; &#234;tre en train d'envisager le 27 mai. Les 12 et 13 juin, le parlement votait des lois de r&#233;forme et de d&#233;r&#233;glementation du march&#233; du travail, la pr&#233;c&#233;dente ayant &#233;t&#233; sign&#233;e par les syndicats en janvier. Ces actes montrent de plus en plus clairement aux travailleurs que les syndicats ne s'opposent pas s&#233;rieusement au gouvernement, lequel n'a aucune intention de c&#233;der devant des gr&#232;ves isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2009 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2009 a &#233;t&#233; marqu&#233;e par le caract&#232;re particulier des luttes. On a constat&#233; que certaines luttes locales ont &#233;t&#233; massives et radicales, qu'il s'agisse de combats contre des licenciements ou des fermetures, comme dans le cas des sous-traitants de l'Automobile (Molex, Caterpillar ou Continental notamment), contre la d&#233;gradation des services publics (SNCF, La Poste, P&#244;le emploi ou les h&#244;pitaux) ou encore pour les salaires (EDF, RER, secteur priv&#233;, ...). Enfin, il y a eu les journ&#233;es d'action syndicales. C'est donc une ann&#233;e o&#249; les travailleurs ont particip&#233; &#224; un nombre important de luttes et pourtant le suss&#232;ce n'est pas au rendez-vous. une fois de plus les salaires, les emplois et les conditions de travail ont gravement recul&#233; en 2009. Certes, la crise y est pour quelque chose, mais elle n'a pas emp&#234;ch&#233; les profits des boursicoteurs du CAC40 et les revenus des grands patrons des trusts et des banques de grimper en fl&#232;che ! C'est donc les travailleurs qui sont les seuls &#224; payer et on n'a pas eu en 2009 le rapport de forces permettant de faire reculer nos adversaires du patronat et du gouvernement. Pourquoi des luttes radicales et massives n'ont pas permis de gagner sinon parce qu'actuellement nous avons &#224; faire &#224; une attaque g&#233;n&#233;rale qui ne peut se combattre que tous ensemble et non secteur par secteur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales d&#233;tournent les travailleurs de s'organiser eux-m&#234;mes en comit&#233;s en vue de faire le bilan et de mettre au point la riposte n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce devrait &#234;tre aux travailleurs de d&#233;cider des suites &#224; donner &#224; la lutte. Au lieu de cela, les conf&#233;d&#233;rations syndicales occupent le terrain avec des propositions qui divisent, qui affaiblissent et qui emp&#234;chent les travailleurs de se faire eux-m&#234;mes d'autres propositions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, il y a du m&#233;contentement en cette rentr&#233;e. Les conf&#233;d&#233;rations d&#233;cident alors de le d&#233;tourner par des luttes divis&#233;es. En 2010, les journ&#233;es d'action de 2009 continuent mais, quel progr&#232;s !, elles sont sectoris&#233;es&#8230; La fonction publique est appel&#233;e &#224; la gr&#232;ve le 21 janvier, les infirmi&#232;res et personnels de sant&#233; le 26 janvier, France T&#233;l&#233;vision le 28 janvier, l'Education le 30 janvier. Les ports et docks avaient &#233;t&#233; appel&#233;s le 4 janvier. La Guadeloupe le 9 janvier. L'aviation civile les 13 et 14 janvier. M&#233;t&#233;o France le 12 janvier. Et, dans le priv&#233;, c'est plut&#244;t entreprise par entreprise, etc, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1547&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1547&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la Guadeloupe est d&#233;j&#224; en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale depuis 9 jours, les syndicats organisent une journ&#233;e d'action le 29 janvier mais ne font aucun lien avec la situation qui monte Outremer. Plus tard, Bernard Thibaut expliquera que cela n'a rien &#224; voir et qu'il n'est pas question d'appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en France ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvel Observateur de mars 2009 : Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibault ne croit pas &#224; une contagion de la situation antillaise en m&#233;tropole car elle &#034;n'est pas comparable&#034;, selon lui. Les conflits sociaux qui touchent l'outremer ne sont pas transposables en m&#233;tropole, car la situation n'est pas comparable, estime le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibault dans un entretien au Parisien publi&#233; mardi 10 mars. &#034;Le conflit n'est pas transposable&#034;, affirme Bernard Thibault. &#034;La situation n'est pas comparable. Les Antilles sont gangren&#233;es par un taux de ch&#244;mage de 20%, les prix y sont deux ou trois fois plus &#233;lev&#233;s et les salaires de 15% inf&#233;rieurs &#224; ceux de la m&#233;tropole&#034;, explique-t-il. Concernant la journ&#233;e d'action du 19 mars, Bernard Thibault, faisant r&#233;f&#233;rence au succ&#232;s du 29 janvier, &#034;attend au moins autant de personnes que la derni&#232;re fois&#034; dans la rue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Monde &#187; &#233;crivait en janvier 2009 : &#171; A l'Elys&#233;e comme au Parti socialiste, dans les syndicats comme dans les milieux patronaux, tout le monde redoute une explosion du chaudron social. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en mars 2009 ? Qui a refus&#233; de donner une suite &#224; la journ&#233;e nationale d'action du 19 mars 2009 ? Tous les appareils syndicaux unis en l'occurrence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De janvier &#224; juin 2009, se d&#233;roule le mouvement des enseignants-chercheurs dans lequel les syndicats sont rest&#233;s en marge sans &#234;tre capables ni de le diriger, ni de l'arr&#234;ter, ni de s'en d&#233;solidariser ouvertement....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal &#233;conomique les Echos du 10 avril 2009 titre : &#034;L'ex&#233;cutif cherche &#224; associer les syndicats &#224; la gestion de la crise&#034;. &#034;Fran&#231;ois Fillon revient sur le paritarisme mais aussi &#171; la consolidation de la place de la repr&#233;sentation du personnel dans l'entreprise &#187;. Il reprend &#233;galement le sujet de la &#171; gouvernance des entreprises &#187;, avec une &#171; meilleure association des repr&#233;sentants des salari&#233;s en amont des op&#233;rations de restructuration et &#224; la strat&#233;gie &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier mai 2009, de nombreux travailleurs &#233;taient dans la rue mais on ne pouvait remarquer que la suite des journ&#233;es de gr&#232;ve &#233;tait une journ&#233;e f&#233;ri&#233;e ! Pour faire reculer l'Etat et les patrons, ce n'&#233;tait pas exactement &#224; la mesure ... Thibaut affirmait qu'il n'est pas possible de demander aux travailleurs de faire gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale vu qu'ils ont de grosses difficult&#233;s financi&#232;res&#8230; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite n'allait pas &#234;tre plus brillante ! Le 13 juin 2009, l'&#233;teignoir syndical des promenades &#233;tal&#233;es dans le temps avait fini de produire ses effets. Alain Minc, proche conseiller de Nicolas Sarkozy d&#233;clare dans &#034;Le Parisien Dimanche&#034; : &#034;Je constate que ce printemps 2009, leur (des syndicats) sens de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; impressionnant pour canaliser le m&#233;contentement. L'automne a &#233;t&#233; d'un calme absolu. Je dis : chapeau bas, les syndicats !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#233;t&#233; 2009, se multiplient les mouvements localis&#233;s comme Continental et New Fabris o&#249; les salari&#233;s d'une entreprise luttent seuls face &#224; un patron qui licencie. Le cas est fr&#233;quent chez les sous-traitants de l'Automobile. Les salari&#233;s en col&#232;re bloquent leur patron ou leurs cadres dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont refus&#233; de tenter de centraliser les luttes contre les licenciements du priv&#233; sans parler de les lier &#224; celles contre les suppressions d'emplois du public. Du coup, les entreprises du type Continental, Caterpillar et autres se retrouvent dos au mur, les salari&#233;s &#233;tant contraints d'accepter d'&#234;tre jet&#233;s &#224; la rue contre une petite somme (toute petite) et les syndicats locaux criant victoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter, les bureaucraties syndicales, depuis la rentr&#233;e, ont multipli&#233; des initiatives dispers&#233;es pour &#171; &#233;viter que les expressions de radicalit&#233; fassent t&#226;che d'huile &#187; : &#224; partir du 1er octobre, un mouvement limit&#233; aux travailleurs immigr&#233;s sans papiers (les syndicats ne s'adressent pas &#224; leurs coll&#232;gues de travail qui ont la nationalit&#233; fran&#231;aise ou des titres de s&#233;jour) ; une journ&#233;e d'action limit&#233;e aux &#171; entreprises qui licencient &#187;, le 17 septembre, au Palais Brongniart (qui n'h&#233;berge plus la Bourse de Paris depuis&#8230; 1980) ; &#224; la Poste, le 22 septembre et le 24 novembre ; aux h&#244;pitaux le 30 septembre, le 20 octobre et le 15 d&#233;cembre ; &#224; la SNCF, le 20 octobre ; &#224; l'&#201;ducation nationale, le 24 novembre ; &#224; la fonction publique territoriale, le 18 novembre ; au P&#244;le Emploi, le 20 octobre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de d&#233;fendre le service public de La Poste par une lutte ou une gr&#232;ve, il a &#233;t&#233; mis en place une com&#233;die en octobre 2009, c'est la &#034;votation citoyenne&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 novembre 2009, la collaboration de classe battait son plein et l'entente entre les dirigeants syndicaux et Sarkozy. Ce dernier installait un &#171; comit&#233; organisateur des &#233;tats g&#233;n&#233;raux pour une politique industrielle &#187; pr&#233;sid&#233; par un patron de Sanofi-Aventis, comprenant Bernard Thibault, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CFDT, Jean-Claude Mailly, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de FO, des repr&#233;sentants du patronat fran&#231;ais, des parlementaires UMP, PS&#8230; La d&#233;fense de &#171; l'industrie fran&#231;aise &#187; d&#233;signe comme ennemi commun l'&#233;tranger (inclus les travailleurs des autres pays), elle d&#233;bouche fatalement sur des concessions des producteurs aux exploiteurs (pour assurer l'avenir des entreprises nationales).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des sans-papiers, on assiste de la part de la CGT &#224; la r&#233;cup&#233;ration de la lutte des sans-papiers, au travers de gr&#232;ves des sans-papiers et de constitution de dossiers, pour obtenir en accord avec Sarkozy &#224; une reconnaissance de la CGT comme seul interlocuteur charg&#233; par les pr&#233;fectures de filtrer les dossiers suivant des crit&#232;res inf&#233;rieurs &#224; ceux en vigueur dans les pr&#233;fectures jusque l&#224;. Il en d&#233;coule une occupation de la Bourse du Travail de Paris par des sans-papiers rejet&#233;s par la CGT, elle-m&#234;me achev&#233;e par une intervention muscl&#233;e du service d'ordre le CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT a en effet men&#233; une politique dans cette gr&#232;ve qui d&#233;molit le rapport de force qui avait &#233;t&#233; construit &#224; partir de la lutte des Saint-Bernard. Il collabore avec le pouvoir et nous ram&#232;ne au &#034;cas par cas&#034; rejet&#233; d&#233;finitivement par le mouvement des sans-papiers !&lt;br class='autobr' /&gt;
2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT de Renault qui ne signait traditionnellement que rarement les accords avec le patron, qui avait refus&#233; de signer le Contrat Social de Crise, plan d'aust&#233;rit&#233; pr&#233;voyant notamment du ch&#244;mage partiel et couvrant d'autres licenciements chez les sous-traitants et pr&#233;caires, n'avait pas &#233;t&#233; sign&#233; par la CGT en 2009. Ce syndicat le signe en 2010 ! Et, pour faire bonne mesure, il ne vote pas contre les fermetures de sites de Renault : CTR (Rueil), Robinson, Boulogne. La plupart des autres syndicats ont vot&#233; contre : un comble !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2010 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Attaque sur les retraites, sur les services publics, col&#232;re des salari&#233;s, des retrait&#233;s, des ch&#244;meurs, des jeunes, des femmes, des cheminots : tout semble concourir &#224; faire de 2010 un mouvement massif de lutte de classes allant vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Tout sauf les dirigeants syndicaux&#8230; Ils m&#232;nent toutes les gr&#232;ves de mani&#232;re &#224; ce qu'elles soient dispers&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve342&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve342&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les Echos&#034;, un journal patronal &#233;crit : les syndicats ont peur de la gr&#232;ve reconductible&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve331&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve331&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il suffise de rappeler les d&#233;clarations de 2010, lors du mouvement des retraites, qui a men&#233; dans le mur, celles du dirigeant CGT Bernard Thibaut qui affirmait qu'un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'&#233;tait pas possible, n'&#233;tait pas souhaitable ou encore qu'il serait absurde et que les autres dirigeants syndicaux disaient des choses pires encore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 octobre 2010, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibaut d&#233;clare &#224; l'AFP : &#171; Personne ne peut pr&#233;tendre faire participer sous la m&#234;me forme plusieurs dizaines de millions de personnes, de la signature d'une p&#233;tition &#224; la participation &#224; une multitude d'initiatives locales, voire aux manifestations lors des journ&#233;es interprofessionnelles. Qui dit mouvement social dit de multiples formes pour y participer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibaut le 7 octobre 2010 sur RTL : '&#171; Cela ( la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale) n'a jamais &#233;t&#233; pratiqu&#233; dans l'histoire sociale de notre pays (...) C'est un slogan pour moi tout &#224; fait abstrait, abscons. Cela ne correspond pas aux pratiques par lesquelles on parvient &#224; &#233;lever le niveau du rapport de forces. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CFDT : &#171; La CFDT et l'intersyndicale n'ont jamais pr&#244;n&#233; de gr&#232;ve reconductible. (&#8230;) Le risque d'embrasement est r&#233;el sans que les organisations syndicales ne ma&#238;trisent le syst&#232;me. (&#8230;) L'absence de dialogue risque de former un jour des positions jusqu'auboutistes. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas &#233;tonnant, la CFDT, qui s'&#233;tait distingu&#233;e bien des fois par son amiti&#233; pour le MEDEF et le gouvernement y compris sur les retraites, est une jusqu'auboutiste du soutien du capitalisme. Elle s'est d'ailleurs empress&#233;e d'aller se jeter dans de nouvelles n&#233;gociations avec ses petits copains du MEDEF. Mais elle a dit une v&#233;rit&#233; : l'unit&#233; syndicale n'a fait qu'emp&#234;cher les travailleurs de mener eux-m&#234;mes la lutte de mani&#232;re plus radicale... Tout cela avec une grande aide : celle de la CGT !&lt;br class='autobr' /&gt;
CGT :&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Thibault l'a dit : &#034;la CGT va continuer &#224; conjuguer mobilisation, proposition, contestation lorsqu'il le faut, et n&#233;gociation.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais n&#233;gocier quoi ? Avec qui ? Dans quel but ? Il ne le dit pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault (CGT) estime qu'&#034;il n'est pas surprenant que le d&#233;bat s'amplifie dans les entreprises en raison de la surdit&#233; du gouvernement, et appelle &#224; des assembl&#233;es des personnels sur les formes d'action. Pour l'heure toutefois, il serait &#034;irresponsable&#034; de lancer un mot d'ordre de gr&#232;ve reconductible, les entreprises o&#249; les salari&#233;s y sont pr&#234;ts restant tr&#232;s, tr&#232;s minoritaires&#034;, juge-t-il.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Thibaut lui-m&#234;me participait &#224; un club de la bourgeoisie, secret aussi et du m&#234;me type intitul&#233; &#171; Le Si&#232;cle &#187;&#8230; Bien entendu, m&#234;me en pleine lutte des retraites, Thibaut s'est bien gard&#233; de rompre la solidarit&#233; et le secret de cet organisme patronal !&lt;br class='autobr' /&gt;
La derni&#232;re intervention forte de Bernard Thibaut, alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, n'&#233;tait-t-elle pas celle du mouvement des retraites quand il affirmait que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ne devait surtout pas &#234;tre la perspective de cette lutte car la tradition du mouvement ouvrier fran&#231;ais excluait, selon lui, ce type d'action !!! Pendant ce temps, sous pr&#233;texte de maintenir &#224; tout prix &#171; l'unit&#233; intersyndicale &#187;, il fallait laisser seuls les gr&#233;vistes des raffineries p&#233;troli&#232;res, en allant jusqu'&#224; pr&#233;tendre qu'&#224; elles seules elles allaient gagner la bataille des retraites&#8230; Au m&#234;me moment, alors que les travailleurs &#233;taient pr&#233;tendument mobilis&#233;s, les syndicats laissaient se battre seuls les ouvriers des sous-traitants de l'Automobile licenci&#233;s et des hospitaliers en gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Thibaut ne rompait ainsi en rien avec ses propres prises de position qui, contrairement &#224; ce que croient bien des militants, n'ont jamais rien eu de radical, en tout cas pas aux c&#244;t&#233;s de travailleurs. On rappellera son intervention pour faire c&#233;der les syndicalistes locaux face au patronat de choc de P&#233;rier&#8230; Il avait ainsi cass&#233; la gr&#232;ve des fonctionnaires de 1995, ayant r&#233;alis&#233; des n&#233;gociations s&#233;par&#233;es pour les cheminots avec le minist&#232;re du travail et &#233;tait sorti de ces n&#233;gociations en rendant publique un appel de fin de gr&#232;ve, sans consulter les assembl&#233;es interprofessionnelles, en l&#226;chant les autres cat&#233;gories de fonctionnaires qui avaient rejoint les cheminots, en particulier les travailleurs de la RATP, lesquels n'ont plus jamais fait gr&#232;ve avec les cheminots ! La division des travailleurs, la CGT en avait d'ailleurs donn&#233; la d&#233;monstration cette ann&#233;e-l&#224;, celle du fameux &#171; tous ensemble &#187; des syndicats en laissant isol&#233;s les mouvements des travailleurs du priv&#233;, de Renault &#224; Thomson ou &#224; l'A&#233;rospatiale, quelques mois auparavant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; des mobilisations parfois r&#233;ussies, les attaques patronales et gouvernementales de ces derni&#232;res ann&#233;es ont toutes &#233;t&#233; des succ&#232;s. Les entreprises qui licencient, comme New Fabris ou Continental, ont connu des gr&#232;ves (gr&#232;ves massives avec occupation et parfois des cadres et dirigeants s&#233;questr&#233;s et menaces de faire exploser l'entreprise &#233;ventuellement), mais, au final, les salari&#233;s sont licenci&#233;s, et les sous qu'ils ont gagn&#233; durement ne sont rien face au co&#251;t de la vie et rien face aux profits des capitalistes. Certains syndicats parlent de victoire et certains des salari&#233;s qui ont men&#233; ces luttes ressentent honn&#234;tement une victoire mais elle est bien am&#232;re... Pour le reste, le r&#233;sultat de la strat&#233;gie de journ&#233;es d'action suivies de n&#233;gociations avec l'Etat et les patrons est un recul sur toute la ligne. Les services publics sont progressivement attaqu&#233;s et privatis&#233;s. Le ch&#244;mage et la mis&#232;re augmentent. Les retraites, la sant&#233;, la s&#233;cu sont mis en cause. Et la crise est loin d'&#234;tre finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : la lutte des salari&#233;s de Continental contre les licenciements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dirigeants syndicaux les appellent &#224; reprendre le travail :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il faut que la reprise se fasse, mais pas dans n'importe quelles conditions&#034;, avait d&#233;clar&#233; devant les salari&#233;s Xavier Mathieu, d&#233;l&#233;gu&#233; CGT, en pointe dans le mouvement depuis l'annonce de la fermeture d'ici 2010 du site qui emploie 1.120 personnes, la plus importante en France depuis le d&#233;but de la crise.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;On va reprendre le travail, mais la lutte continue, elle sera m&#234;me plus facile, parce qu'on n'aura plus le souci de ne pas &#234;tre pay&#233;&#034;, avait-il ajout&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;C'est clair qu'il faut reprendre, vos familles ont besoin de cet argent&#034;, avait d&#233;clar&#233; aux salari&#233;s pr&#233;sents Antonio Da Costa, secr&#233;taire CFTC du CE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des retraites de 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, les journ&#233;es d'action de 2009 &#233;tal&#233;es continuent mais, quel progr&#232;s !, elles sont sectoris&#233;es&#8230; Les ports et docks sont appel&#233;s &#224; la gr&#232;ve le 4 janvier, la Guadeloupe le 9 janvier, l'aviation civile les 13 et 14 janvier, la fonction publique le 21 janvier, les infirmi&#232;res et personnels de sant&#233; le 26 janvier, France T&#233;l&#233;vision le 28 janvier, l'Education le 30 janvier. Lorsque, par hasard, les hospitaliers &#233;taient appel&#233;s en m&#234;me temps que les enseignants, les conf&#233;d&#233;rations leur ont donn&#233; des rendez-vous diff&#233;rents pour manifester !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats nous appellent &#224; une journ&#233;e nationale et de manifestations le 23 mars 2010. Cela serait bien entendu indispensable et important vu l'ampleur des attaques qui menacent nos retraites. Le gouvernement vide les caisses, amplifie les suppressions d'emplois en supprimant des emplois dans le public et en organisant les suppressions d'emplois des prestataires de l'Automobile par exemple. Il pr&#233;voit, soi-disant pour renflouer les caisses, d'imposer des retraites sous-pay&#233;es, des cotisations salariales en hausse et une retraite &#224; 60, 61 ans ou plus&#8230; Mais, le texte m&#234;me des appels syndicaux en dit long sur leur absence de combativit&#233; sur le fond. Au lieu d'&#233;crire tout simplement : pas touche aux r&#233;gimes de retraites, ils &#233;crivent : &#171; pas de r&#233;forme sans un d&#233;bat national &#187;. Mais on sait que ces fameuses &#171; r&#233;formes &#187; sont des destructions ! Pas besoin d'en d&#233;battre ! Ou encore, ils &#233;crivent &#171; Reconnaissance de la p&#233;nibilit&#233; d'abord &#187;. Pas d'accord ! Ne commen&#231;ons pas par &#233;dicter des exceptions mais la r&#232;gle : 60 ans pour tous sans aucune r&#233;duction de pension ! Et qu'on ne nous refasse pas le coup des retraites de 2003&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la soi-disant gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des raffineries de fin f&#233;vrier 2010, on assiste &#224; une de raffinerie...dans la tactique pour renouveler le jeu patron/Etat/syndicat qui commen&#231;ait &#224; s'user.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en dire plus, il faut rentrer dans bien des d&#233;tails scabreux...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs de cette raffinerie sont v&#233;ritablement pris en otage, leur site menac&#233; leur dit-on de fermeture puis on leur dit non puis oui, puis pas tout de suite puis pas avant cinq ans, puis toutes les raffineries sont menac&#233;es, puis le gouvernement affirme qu'aucune ne l'est, puis le dirigeant de Total, nullement ind&#233;pendant du pouvoir, d&#233;clare qu'il verra, qu'il tentera de sauver des emplois, de proposer des alternatives, puis, puis, ...&lt;br class='autobr' /&gt;
Visiblement d&#233;j&#224; tout ce petit monde joue un jeu. Lequel ? Ils veulent provoquer une lutte ou quoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis la lutte d&#233;marre. Ou du moins ce qui est pr&#233;sent&#233; comme tel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contre qui lutte-on devrait-on demander dans chaque lutte. Et ici plus que jamais !&lt;br class='autobr' /&gt;
Total, c'est la m&#234;me chose que le gouvernement et ils ne disent jamais la m&#234;me chose tout en faisant semblant de se concerter. Vous avez dit bizarre...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats jouent un autre jeu, tout aussi compliqu&#233;. ils appellent une raffinerie, tout Total, toutes les raffineries, plus aucune, de nouveau Total, de nouveau plus aucune, finalement la seule para&#238;t-il menac&#233;e. Oulala ! &#231;a donne mal &#224; la t&#234;te aux concern&#233;s, aux gr&#233;vistes, aux non-gr&#233;vistes qui ne savent pas si on les appelle encore ou non...&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle impression cherche-t-on &#224; donner ? Que les syndicats ont men&#233; une lutte alors qu'il y avait arrangement d&#232;s le d&#233;part, cela y ressemble bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
G&#233;n&#233;raliser les luttes n'entre pas dans la strat&#233;gie de ces centrales. Quand elles font semblant, c'est assez d&#233;sordonn&#233; et peu convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, la CGT annonce que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des raffineries est finie avant d'avoir commenc&#233;, sans consulter ni les sections syndicales, ni les travailleurs, sans que les travailleurs de la raffinerie en question n'aient obtenu de r&#233;elles garanties, sans rien... Chapeau bas, la CGT : pour les raffineries dans les manipulations, c'est fort...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT a estim&#233;, mardi 23 f&#233;vrier, que les conditions d'une suspension de la gr&#232;ve dans le groupe Total, qui dure depuis mercredi dernier, &#233;taient r&#233;unies. &#034;La CGT consid&#232;re que des avanc&#233;es significatives obtenues par la mobilisation des salari&#233;s cr&#233;e les conditions d'une suspension&#034;, a d&#233;clar&#233; &#224; la presse Charles Foulard, coordinateur de la CGT pour le groupe Total. De m&#234;me, FO appelle &#224; la suspension du mouvement, a indiqu&#233; son n&#233;gociateur, Claude Maghue. La direction et les syndicats, apr&#232;s neuf heures de n&#233;gociations, sont arriv&#233;s &#224; un &#034;relev&#233; de conclusions&#034; qui &#034;sera soumis &#224; la signature des organisations syndicales&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le 11 mars, on peut lire dans Le Figaro :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La CGT du groupe Total a indiqu&#233; jeudi qu'elle ne reprendrait pas d'&#233;ventuelle gr&#232;ve en soutien aux salari&#233;s de la raffinerie de Dunkerque (Nord) avant le jugement d'un recours du comit&#233; central d'entreprise (CCE) contre sa fermeture. Le d&#233;p&#244;t de ce recours est &#034;en cours&#034; et la CGT esp&#232;re une d&#233;cision de justice &#034;dans une quinzaine de jours&#034;, a d&#233;clar&#233; &#224; l'AFP Charles Foulard, coordinateur CGT pour le groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous poursuivons la suspension du mouvement de gr&#232;ve nationale jusqu'au jugement en r&#233;f&#233;r&#233;, qui sera un point d'appui&#034;, a-t-il indiqu&#233;, apr&#232;s une gr&#232;ve tr&#232;s suivie d'une semaine fin f&#233;vrier qui avait menac&#233; les approvisionnements des stations-services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT de la branche p&#233;trole a d&#233;j&#224; appel&#233; &#224; la gr&#232;ve les salari&#233;s des 13 raffineries fran&#231;aises (dont 6 poss&#233;d&#233;es par Total) le 15 avril, date d'une table ronde nationale sur l'avenir du raffinage en France. Selon Sud, majoritaire &#224; la raffinerie de Dunkerque, cet appel n'&#233;tait &#034;pas l'urgence&#034; alors que les salari&#233;s de l'&#233;tablissement sont en gr&#232;ve depuis deux mois, mais le syndicat a dit vouloir &#234;tre &#034;constructif&#034; avec la CGT, majoritaire dans le groupe p&#233;trolier. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, trahison des salari&#233;s sur toute la ligne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1605&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1605&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les formes d'organisation, il est clair que les centrales - toutes de mani&#232;re unanime - sont contre des formes d'organisation et de d&#233;cision &#224; la base, des comit&#233;s, des conseils, des collectifs, des coordinations, quelle que soit la mani&#232;re dont on les appelle : comit&#233;s de gr&#232;ve, comit&#233;s de lutte, comit&#233;s d'action, comit&#233;s de quartier, comit&#233;s inter-entreprises, comit&#233;s interprofessionnels...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de classe, en comit&#233;s qui interf&#232;rent de plus en plus dans la soci&#233;t&#233; jusqu'&#224; la prise du pouvoir, menace l'ordre existant et r&#233;v&#232;le aux travailleurs eux-m&#234;mes leur capacit&#233; &#224; diriger la soci&#233;t&#233; et le sens dans lequel ils souhaitent la diriger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute forme d'organisation de classe, m&#234;me embryonnaire, remet en question l'ordre social dont les appareils syndicaux sont un des piliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales visent &#224; convaincre les travailleurs qu'elles feront tout tr&#232;s bien &#224; leur place, comme avocats, comme assurance, comme s&#233;curit&#233;, comme n&#233;gociateurs, comme d&#233;cideurs des des rythmes et moyens de lutte... Elles trouvent les revendications, les d&#233;cident et les discutent avec patronat et Etat, tout cela sans consulter les travailleurs et m&#234;me pas leurs militants ! Par exemple, la CGT a sign&#233; le &#034;Contrat social de crise&#034; qui pr&#233;voit comment Renault sacrifie les salari&#233;s sans que leurs militants en aient &#233;t&#233; inform&#233;s ! Ils avaient bien fait des consultations mais toutes disaient que la signature &#233;tait minoritaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233;, le but num&#233;ro un des comit&#233;s, c'est que les travailleurs d&#233;cident, discutent de tout devant tout le monde, en se soumettant au maximum au choix des travailleurs. Pas par go&#251;t des r&#233;unions sans fin mais parce que c'est ainsi que les travailleurs renforcent leur capacit&#233; de lute et de changement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ils combattent f&#233;rocement toute tentative de les mettre en place, pr&#233;tendant qu'il suffit d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans lesquelles les propositions viennent seulement des syndicats, c'est-&#224;-dire de leur direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Centrales syndicales et classe ouvri&#232;re ne d&#233;fendent m&#234;me pas les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts. Il suffit pour le montrer de voir que les centrales s'estiment victorieuses du dernier conflit et que les travailleurs ont &#233;t&#233; battus. L'int&#233;r&#234;t des centrales est d'obtenir la reconnaissance des patrons et de l'Etat ce qui les oblige r&#233;guli&#232;rement &#224; s'appuyer sur la force de la classe ouvri&#232;re afin de contraindre leurs interlocuteurs &#224; ne pas trop baisser les prix pay&#233;s aux syndicats pour leurs services. Une petite d&#233;monstrations ans danger de temps en temps suffit....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1764&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1764&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article391&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article391&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2011-2013&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT et la gr&#232;ve de PSA Aulnay&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de PSA (Aulnay) est menac&#233; de fermeture. Les traavailleurs vont &#234;tre licenci&#233;s massivement. Ils seraient une force potentielle &#233;norme pour soulever tout le secteur automobile lui aussi menac&#233; et toute la classe ouvri&#232;re qui l'est &#233;galement, si la lutte d'Aulnay allait dans ce sens&#8230; Ce ne sera pas la politique des syndicats &#224; Aulnay ni ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dirigeant de la CGT Aulnay : &#171; nous allons &#234;tre le cauchemar du patron &#187;, &#171; nous allons transformer Aulnay en forteresse ouvri&#232;re &#187;. Aulnay en forteresse, voil&#224; qui signifiait que les travailleurs d'Aulnay d&#233;fendaient seulement leur site alors qu'il y avait encore plus de licenciements dans l'ensemble des autres sites qu'&#224; Aulnay seule et qu'ils se gardaient d'appeler &#224; la lutte de l'ensemble du trust, unit&#233; absolument indispensable dans une attaque d'ensemble, unit&#233; que la conf&#233;d&#233;ration syndicale ne voulait surtout pas organiser. Le discours du chef syndical CGT d'Aulnay ne risquait pas pr&#233;parer une lutte d'ensemble puisqu'il ne mobilisait que derri&#232;re une banderole &#171; non &#224; la fermeture d'Aulnay &#187; et jamais derri&#232;re un &#171; non aux licenciements &#224; Peugeot &#187; ! Et, d'autre part, l'objectif donn&#233; aux salari&#233;s &#233;tait de r&#233;partir les productions entre les sites, ce qui sous-entendait qu'il fallait lutter pour produire &#224; Aulnay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux ont fait attendre des mois apr&#232;s l'annonce de la fermeture par le patron ensuite pour que les travailleurs d'Aulnay qui avaient d&#233;j&#224; vu leur moral cass&#233; par des mois et des ann&#233;es pendant lesquelles la CGT s'&#233;tait charg&#233;e par avance d'annoncer le projet de fermeture du patron. Quand on vous serine pendant des mois &#224; longueur de d&#233;claration du chef CGT que &#171; le site d'Aulnay va fermer &#187;, sans autre d&#233;veloppement de perspective de lutte, sans montrer en quoi cela concernait le reste de la classe ouvri&#232;re ou le reste des ouvriers de PSA, on ne peut pas dire que vous ayez le moral en entendant les chefs syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicalistes r&#233;formistes veulent absolument faire croire que la crise est factice et n'est qu'un pr&#233;texte &#224; des sacrifices pour les travailleurs. Ils veulent affirmer que la crise ne pourrait provenir que d'une baisse des ventes. Ils ne veulent pas admettre que le capitalisme ait pu atteindre ses limites, car alors leur r&#244;le aurait aussi atteint le sien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela signifie que leurs seuls crit&#232;res sont les ventes et les profits. Mais le crit&#232;re de la crise actuelle est la fin de l'accumulation priv&#233;e du capital. Les riches ont beaucoup d'argent, mais ne veulent plus l'investir dans la production et le commerce. Ils sp&#233;culent. Et plus ils sp&#233;culent, plus la sp&#233;culation devient plus int&#233;ressante &#224; court terme que l'investissement. C'est donc devant une spirale destructrice que se retrouve le syst&#232;me. Son seul moyen de tenir momentan&#233;ment a &#233;t&#233; l'investissement massif des Etats qui a men&#233; &#224; leur faillite actuelle... A PSA et Renault, l'Etat a donn&#233; et n'arr&#234;te pas de donner des milliards et cela ne peut suffire &#224; pallier les investissements des trusts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela signifie que tous les capitalistes, que PSA, que Renault, que le B&#226;timent sp&#233;culent. Cela signifie aussi qu'ils estiment la sp&#233;culation sur les fonds souverains par exemple bien plus profitable que de produire des voitures&#8230; Avec des risques : ils viennent de perdre beaucoup d'argent en jouant sur les dettes souveraines de la Gr&#232;ce, de l'Espagne, de l'Italie. Et ils vont en avoir perdu encore bien plus sur les dettes souveraines&#8230; de la France ! D'o&#249; les suppressions d'emplois et les licenciements en pr&#233;vision&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les suppressions d'emploi &#224; PSA ne sont pas plus caus&#233;es par le manque des v&#233;hicules vendus que les licenciements &#224; la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale ou &#224; la BNP le seraient par le manque de comptes de particuliers ouverts, ni les licenciements du B&#226;timent par le manque d'acheteurs d'appartements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces licenciements ont exactement la m&#234;me cause : les capitalistes se retirent massivement de leurs investissements, ils misent plut&#244;t sur des sp&#233;culations financi&#232;res, les capitalistes n'investissent plus, les banques ne pr&#234;tent plus, les capitalistes misent sur la chute des monnaies, des Etats, des bourses, des &#233;conomies car cela rapporte plus. Et les entreprises automobile font de m&#234;me...&lt;br class='autobr' /&gt;
Soulignons le mode de raisonnement d&#233;velopp&#233; dans les m&#233;dia par les dirigeants syndicalistes dont nombre de militants r&#233;volutionnaires : le patron gagne de l'argent donc il ne devrait pas supprimer des emplois ; les profits sont l&#224; et les travailleurs n'en b&#233;n&#233;ficient pas ; Le groupe choisit de faire travailler en Chine ou au Br&#233;sil alors que c'est un trust fran&#231;ais aid&#233; par l'Etat fran&#231;ais ; PSA a annonc&#233; s'&#234;tre tir&#233; de la crise avec des profits records et le trust ne devrait pas faire payer les travailleurs, etc, etc... Ce n'est pas juste. Ce n'est pas moral. Ce n'est pas l'int&#233;r&#234;t de l'entreprise. Ce n'est pas social. ce ne devrait pas &#234;tre accept&#233; par l'Etat fran&#231;ais qui a pay&#233; pour emp&#234;cher les suppressions d'emplois. etc, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, nous comprenons tr&#232;s bien ce que veut dire ce discours : la crise est un pr&#233;texte, une entreprise qui profite ne devrait pas licencier, ni m&#234;me supprimer des emplois, on se mobilise avec le droit moral pour nous...&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela semble l&#233;gitime, non, tout cela ? Et pourtant, ce n'est qu'un moyen d'aller direct dans le mur, m&#234;me si les salari&#233;s de PSA se mobilisent...&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d'abord parce que cela repose sur une analyse fausse de la situation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, nous ne pr&#233;tendons en rien l&#233;gitimer la politique de suppressions d'emplois de PSA, mais seulement comprendre la logique patronale pour mieux la combattre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le raisonnement pr&#233;c&#233;dent sous-entend qu'il s'agit simplement de d&#233;localisations en vue d'augmenter les profits et que la racine de cette politique n'a rien &#224; voir avec la crise que connait le syst&#232;me mondial. C'est faux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette mani&#232;re de raisonner laisse entendre que les suppressions d'emplois ne sont pas li&#233;es aux d&#233;sordres financiers, boursiers, mon&#233;taires et &#233;conomiques du syst&#232;me mondial. Et c'est faux.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une mani&#232;re de dire que le patron de PSA m&#232;ne une politique particuli&#232;re qui est particuli&#232;rement hostile aux travailleurs et qu'il suffirait que les travailleurs de PSA se mobilisent contre ce plan pour le faire reculer. Et c'est faux.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est faux parce que l'offensive contre les travailleurs n'est nullement cantonn&#233;e &#224; PSA. La premi&#232;re des choses &#224; faire pour &#233;lever le niveau de conscience et le rapport des forces serait de montrer aux travailleurs de PSA qui veulent se mobiliser que la lutte doit &#234;tre g&#233;n&#233;rale et qu'il est vital de se mobiliser &#224; des niveaux plus important qu'un site comme Citro&#235;n Aulnay et m&#234;me qu'un groupe comme PSA. Il va falloir entra&#238;ner toute l'Automobile et m&#234;me toute la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2225&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2225&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2144&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2144&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve402&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve402&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2468&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2468&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2629&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2629&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3364&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3364&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2012&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de l'h&#244;pital Saint Antoine est battue par... les syndicats...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2199&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2199&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve PSA Aulnay, men&#233;e de mani&#232;re r&#233;formiste par la CGT, a accouch&#233; d'une souris&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;change des dix milliards que le gouvernement donne en cadeau et sans condition &#224; la banque financi&#232;re PSA en faillite, il a obtenu du patron de PSA d'organiser un simulacre de n&#233;gociations o&#249; ne seraient pas remis en cause le plan de licenciements massif mais seulement ren&#233;goci&#233; leur accompagnement. Les syndicats d'Aulnay crient victoire et d&#233;clarent que c'est leur lutte qui a obtenu la victoire et quelle est cette victoire ? Mercier, dirigeant CGT l'exprime ainsi : un calendrier de n&#233;gociations !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de salari&#233;s vont perdre leur emploi et ce n'est nullement remis en question m&#234;me quand l'Etat d&#233;bourse dix milliards d'euros et la victoire c'est qu'il n'y ait ni gr&#232;ve ni occupation des sites vis&#233;s et qu'on obtienne un calendrier de blabla mensongers autour du tapis vert et celui qui dit cela se pr&#233;tend communiste r&#233;volutionnaire de Lutte Ouvri&#232;re. Il faut se pincer pour y croire !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;On a bloqu&#233; la direction qui voulait nous imposer ses conditions sans n&#233;gocier sur les mobilit&#233;s&#034;, s'est f&#233;licit&#233; Jean-Pierre Mercier (CGT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un succ&#232;s de l'unit&#233; des salari&#233;s d'Aulnay &#187; dit Marcier &#224; la t&#233;l&#233;vision. Ce qu'il appelle unit&#233; des salari&#233;s, c'est l'unit&#233; des syndicats avec le syndicat patronal et jaune le SIA et l'unit&#233; pour ne pas entrer en gr&#232;ve, pour ne pas occuper, pour ne pas d&#233;ranger les pr&#233;tendues n&#233;gociations, pour ne pas mener la lutte des classes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal L'Humanit&#233; du 25 octobre &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un premier succ&#232;s pour les syndicats de PSA Peugeot-Citro&#235;n. Ceux-ci sont parvenus &#224; imposer ce jeudi que la direction du groupe automobile ouvre des n&#233;gociations sur les conditions de l'ensemble du plan social annonc&#233; &#224; Aulnay et Rennes,, dans le cadre de son plan de restructuration qui pr&#233;voit plus de 8.000 suppressions d'emploi et la fermeture du site de Seine-Saint-Denis. Ces n&#233;gociations d&#233;buteront le 7 novembre. Jean-Pierre Mercier, repr&#233;sentant CGT de PSA Aulnay, raconte &#224; la sortie du comit&#233; central d'entreprise qui se tenait ce matin : &#034;La direction de Peugeot voulait ce matin faire passer en force une partie de son plan en imposant les mutations internes. Elle cherchait ainsi &#224; vider l'usine (d'Aulnay) le plus vite possible. C'est un premier succ&#232;s.&#034; Selon les syndicats, les conditions de d&#233;part des salari&#233;s sur Poissy ou d'autres sites du groupe devront d&#233;sormais faire l'objet de n&#233;gociations pr&#233;alables. Un calendrier de discussions sera mis en place sur l'ensemble des mesures d'accompagnement - formations, indemnisations - destin&#233;es &#224; ceux qui refusent d'&#234;tre transf&#233;r&#233;s et &#224; tous les autres salari&#233;s concern&#233;s par la r&#233;duction de la capacit&#233; de Rennes ou par la fermeture du site d'Aulnay. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cela fait 17 mois que l'on demande l'ouverture de ces n&#233;gociations. La direction voulait nous diviser elle n'a pas r&#233;ussi&#034;, explique Jean-Pierre Mercier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis de nuancer : &#034;On a obtenu un calendrier de n&#233;gociations pour nos revendications. Mais on ne peut pas faire confiance &#224; la direction de PSA. Nous attendons qu'Arnaud Montebourg appose signature en bas du document&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'on peut faire confiance &#224; Montebourg et &#224; l'Etat bourgeois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la sortie de l'entrevue entre Montebourg et les syndicats, le ministre a assur&#233; que le &#171; gouvernement et le pr&#233;sident de la R&#233;publique partageaient l'inqui&#233;tude des salari&#233;s &#187; de PSA et promis que la r&#233;union &#224; venir serait l'occasion de &#171; r&#233;duire reformater, rediscuter le plan social &#187;. S'il a reconnu implicitement que les suppressions de postes &#233;taient un mal n&#233;cessaire pour permettre &#224; Peugeot, en difficult&#233;, de se remettre sur de bons rails, il a n&#233;anmoins assur&#233; que le plan social devait &#234;tre &#171; strictement proportionn&#233; aux n&#233;cessit&#233;s de la relance de Peugeot. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat a demand&#233; &#171; le reformatage du plan &#187; qui pr&#233;voit 8.000 suppressions de postes, a r&#233;p&#233;t&#233; le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg &#224; l'issue d'une r&#233;union tripartite &#224; Bercy. Mais il n'a obtenu aucun engagement du groupe automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la n&#233;gociation avec les partenaires sociaux qui va nous permettre de voir l'effectivit&#233; de ces efforts &#187;, a dit le ministre. Et c'est tout ! Alors que l'Etat a quand m&#234;me d&#233;bours&#233; sans discuter dix milliards d'euros !!!! C'est cher pay&#233; de n&#233;gocier autour du tapis vert ! Voil&#224; tout ce qu'obtient un gouvernement de gauche pour dix milliards&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2484&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2484&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bureaucrate collaboration de classe succ&#232;de &#224; un autre &#224; la t&#234;te de la CGT et de mani&#232;re tout &#224; fait bureaucratique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault a annonc&#233; ce mardi &#224; l'AFP que la commission ex&#233;cutive de la CGT a choisi, sur sa proposition, Thierry Lepaon, pour lui succ&#233;der comme secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut voir qui est Lepaon pour comprendre tout le sel de cette succession sans heurt apparent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2479&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2479&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lepaon, futur secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, a pr&#233;par&#233; la privatisation de la SNCF !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 juin 2012 : Le futur secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT fait un rapport d'Etat au CESE en faveur de la privatisation des TER&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; Rapport Lepaon &#187; au CESE du 27/06/2012 en faveur de l'ouverture &#224; la concurrence du secteur ferroviaire sera sign&#233; des organisations patronales et &#233;tatiques (sous gouvernement de droite de Sarkozy) comme des pires organisations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voici des extraits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce texte pr&#233;sente une grande unit&#233; de ton r&#233;v&#233;latrice d'un consensus assez fort sur le sens que devrait avoir une exp&#233;rimentation (de privatisation de la SNCF), si l'Etat le d&#233;cide, et sur les principes que doivent inspirer sa conduite pour concourir &#224; son succ&#232;s. J'ai employ&#233; &#224; dessein le mot consensus et je souhaite maintenant dissiper toute erreur d'appr&#233;ciation sur ce terme. Il n'aura &#233;chapp&#233; &#224; personne dans cette assembl&#233;e que la locution &#171; ouverture &#224; la concurrence &#187; appliqu&#233;e &#224; un noyau dur du service public peut agir imm&#233;diatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l'arr&#234;t d'urgence notamment lorsqu'il s'agit d'une man&#339;uvre. &#171; Je dois dire que j'ai personnellement consid&#233;r&#233; comme un challenge de faire la preuve qu'il &#233;tait possible, et m&#234;me utile, de d&#233;passer le stade de la r&#233;action allergique afin de clarifier les id&#233;es en affrontant la r&#233;alit&#233;. Affronter la r&#233;alit&#233;, c'est toujours confronter les points de vue, polir ses arguments en les frottant, souvent vigoureusement, &#224; ceux des autres. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#232;me de l'ouverture &#224; la concurrence du transport ferroviaire r&#233;gional de voyageurs s'inscrit dans le cadre d'une orientation prise au niveau europ&#233;en. D&#232;s lors, la responsabilit&#233; d'une telle initiative appartient &#224; l'Etat et &#224; lui seul. Il doit &#234;tre clair que la question de l'ouverture &#224; la concurrence ne peut pas se r&#233;soudre par la voie d'une discussion, d'une n&#233;gociation, d'une concertation entre la direction et les syndicats de l'entreprise publique auquel ce service est d&#233;di&#233; par la loi. &lt;br class='autobr' /&gt;
La SNCF appartient &#224; la nation et ce sera donc aux &#233;lus de la nation, &#224; l'issue d'un d&#233;bat public associant les citoyens et les usagers, de prendre leurs responsabilit&#233;s et de l'assumer, le cas &#233;ch&#233;ant, devant leurs &#233;lecteurs. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour aller &#224; l'essentiel, je voudrais maintenant pr&#233;senter la m&#233;thode et le calendrier l&#233;gislatif et social que nous pr&#233;conisons. J'insiste bien sur le fait que nous proposons d'abord une m&#233;thode car nous avons voulu mettre l'accent sur le &#171; comment faire &#187; et pas seulement sur le &#171; quoi faire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette m&#233;thode se d&#233;cline en six recommandations qui tracent un chemin, c'est-&#224;-dire un cap, une succession d'&#233;tapes et une m&#233;thode permettant de conduire &#224; terme une telle exp&#233;rimentation (en vue de la privatisation de la SNCF), si elle &#233;tait d&#233;cid&#233;e, et d'en tirer les enseignements. C'est ensuite &#224; son heure que viendra le moment de la d&#233;cision. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'ai dit, le th&#232;me de l'ouverture &#224; la concurrence du transport ferroviaire r&#233;gional de voyageurs a donn&#233; lieu &#224; de nombreuses initiales ayant produit des &#233;tudes et des rapports. Pour autant, notre contribution ne constitue pas une synth&#232;se au sens de la compilation condens&#233;e et plus ou moins hi&#233;rarchis&#233;e des pr&#233;conisations des rapports pr&#233;cit&#233;s, et ce, malgr&#233; leur qualit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons extrait de ce corpus ce qui nous a sembl&#233; le plus &#233;labor&#233; et le plus coh&#233;rent pour inventer l'avenir. Pour cela, il nous faut d'abord bien comprendre les sp&#233;cificit&#233;s du cadre social des cheminots, sp&#233;cificit&#233;s du cadre social des cheminots, sp&#233;cificit&#233;s qui d&#233;coulent du statut m&#234;me de l'entreprise SNCF, qui s'est vue confier des missions de service public. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, nous avons imagin&#233; des &#233;volutions possibles au plan social dans la perspective d'une ouverture &#224; concurrence qui semble se dessiner. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette id&#233;e prenant progressivement corps, elle s'est traduite en quelques sc&#233;narios descriptifs assez pr&#233;cis pour que l'on comprenne le sens de l'histoire qui pourrait s'&#233;crire et suffisamment ouvert pour laisser toute sa place et sa cr&#233;ativit&#233; au dialogue social. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'en suis, mes Chers Coll&#232;gues, pleinement convaincu : rien ne pourra aboutir sans le dialogue social et il s'agit l&#224; d'une premi&#232;re recommandation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le monde conna&#238;t la combativit&#233; des cheminots, mais peu de gens ont une id&#233;e du r&#244;le des relations collectives au sein de l'entreprise pour que ce grand syst&#232;me industriel de service puisse fonctionner. Lorsqu'on a compris que c'est le statut de l'entreprise qui a d&#233;fini le statut des cheminots et non l'inverse, on comprend alors beaucoup d'autres choses. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en fonction de certaines obligations de r&#233;sultat, notamment en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;, qu'ont &#233;t&#233; d&#233;finies l'organisation du travail, le r&#233;gime du travail, y compris le r&#233;gime de retraite. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le dit le projet d'avis, si l'on veut que l'exp&#233;rimentation d'une ouverture &#224; la concurrence soit r&#233;ussie, il convient de faire en sorte que l'op&#233;rateur historique et ses salari&#233;s s'y reconnaissent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre recommandation &#8211; la deuxi&#232;me &#8211; qui s'est impos&#233;e porte sur la n&#233;cessit&#233; d'une &#233;valuation pr&#233;alable des r&#233;sultats des exp&#233;rimentations r&#233;gionales avant de mettre en place un cadre social harmonis&#233;, c'est-&#224;-dire un socle commun en mati&#232;re de dur&#233;e et d'organisation du travail. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Je voudrais aussi &#233;voquer une autre question essentielle, celle du devenir des personnels en cas de changement d'op&#233;rateur. Ce projet d'avis se distingue des rapports d'experts, puisqu'il pr&#233;conise le reclassement interne &#224; la SNCF avant d'envisager un &#233;ventuel transfert de personnels. (&#8230;) &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
On aura compris que tout l'effort de Lepaon consiste &#224; faire passer sans lev&#233;e de drapeau rouge de la part des cheminots&#8230; la privatisation de la SNCF !!!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Il rajoute :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Transport Express R&#233;gional de voyageurs (TER) a connu gr&#226;ce &#224; la r&#233;gionalisation un essor remarquable. Mais son co&#251;t tend &#224; s'accro&#238;tre et son d&#233;veloppement para&#238;t sous contrainte, alors que l'Union europ&#233;enne a engag&#233; une lib&#233;ralisation progressive des transports ferroviaires. Dans ce contexte, le Premier ministre a demand&#233; l'avis du CESE sur l'ouverture &#224; la concurrence des transports r&#233;gionaux de voyageurs, en particulier quant au p&#233;rim&#232;tre g&#233;ographique, &#224; la propri&#233;t&#233; du mat&#233;riel roulant, aux relations contractuelles entre r&#233;gion et exploitant, ainsi qu'&#224; sa dimension sociale. Pour le CESE, la d&#233;cision d'ouvrir, m&#234;me &#224; titre exp&#233;rimental, les TER &#224; la concurrence est politique et rel&#232;ve du gouvernement. Dans cet esprit, l'avis esquisse un chemin de r&#233;forme qui permette, via une exp&#233;rimentation ma&#238;tris&#233;e, d'avancer prudemment sur ce dossier sensible, en associant l'ensemble des parties prenantes. L'enjeu est en effet de maintenir, voire d'amplifier le succ&#232;s de la r&#233;gionalisation des TER, afin de favoriser la comp&#233;titivit&#233; et l'accessibilit&#233; des territoires, la mobilit&#233; des personnes, la pr&#233;servation de l'environnement et le d&#233;veloppement de la fili&#232;re ferroviaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tromperie syndicale Arcelor-Mittal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats d'ArcelorMittal crient &#224; la trahison du gouvernement apr&#232;s le retrait de la proposition de nationalisation alors qu'ils &#233;taient fiers, la veille, d'avoir bu le caf&#233; avec le ministre qui avait &#233;t&#233; gentil avec eux !!! Quelques mois ou ann&#233;es avant, ils avaient &#233;t&#233; fiers de leurs n&#233;gociations avec Mittal et des promesses de ce dernier ! C'est un manque complet de conscience de qui sont les amis et les ennemis...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats se disent trahis par les patrons et les gouvernements. C'est normal : ils ont consid&#233;r&#233; qu'ils &#233;taient du m&#234;me bord, &#224; d&#233;fendre l'entreprise, &#224; d&#233;fendre la r&#233;gion, &#224; d&#233;fendre le pays, etc. Mais ils ne sont pas de notre bord : &#224; d&#233;fendre les prol&#233;taires f&#251;t-ce aux d&#233;pens des patrons. Les patrons, eux, ne craignent pas de d&#233;fendre leurs profits, f&#251;t-ce en nous assassinant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie syndicale reste : les cheminots luttent seuls, les salari&#233;s de Petroplus luttent seuls, les PSA Aulnay ne sont m&#234;me pas en lutte avec ceux de Rennes sans parler des autres sites, les salari&#233;s d'Arcelor luttent seuls, les salari&#233;s de chaque banque comme la banque de France r&#233;cemment luttent seuls, etc&#8230; Tout au plus une petite journ&#233;e syndicale d'inaction par ci par l&#224;. Cette strat&#233;gie n'est pas contest&#233;e par les dirigeants syndicaux locaux des entreprises qui licencient qui pr&#233;tendent que leur lutte locale est cens&#233;e suffire pour faire reculer le patron au moment o&#249; l'offensive patronale de licenciements est g&#233;n&#233;rale et non locale, globale et non conjoncturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car leur discours consiste surtout &#224; n&#233;gocier et pas &#224; lutter. La lutte n'est rien d'autre pour elles que la derni&#232;re roue du carrosse des n&#233;gociations ! Et, de n&#233;gociation en n&#233;gociation, elles n'ont fait que reculer, reculer, reculer, abandonner les emplois, abandonner les conditions de travail et les salaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2558&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2558&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mr Thierry Lepaon,membre du Conseil Economique, Social et Environnemental, le CESE, a &#233;mis un rapport sur la mani&#232;re de privatiser la SNCF sans faire de vagues intitul&#233; rapport sur &#171; l'ouverture &#224; la concurrence des services ferroviaires r&#233;gionaux de voyageurs &#187;, s&#233;ance du 27 juin 2012 o&#249; il d&#233;clare notamment : &#171; Il n'aura &#233;chapp&#233; &#224; personne dans cette assembl&#233;e que la locution &#171; ouverture &#224; la concurrence &#187; appliqu&#233;e &#224; un noyau dur du service public peut agir imm&#233;diatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l'arr&#234;t d'urgence notamment lorsqu'il s'agit d'une man&#339;uvre. (&#8230;) Nous avons imagin&#233; des &#233;volutions possibles au plan social dans la perspective d'une ouverture &#224; concurrence qui semble se dessiner. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc Lepaon veut &#233;viter qu'on agite le chiffon rouge contre la privatisation de la SNCF et inscrit dans celle-ci et souhaite la dessiner&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'attaque des retraites par le gouvernement Hollande se profile, la CGT propose de pi&#233;ger &#224; nouveau la riposte ouvri&#232;re qui vient dans la fausse unit&#233; intersyndicale avec les syndicats qui viennent de signer, au nom de la comp&#233;titivit&#233; des capitalistes fran&#231;ais, l'accord de destruction du contrat de travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'entrer en guerre contre les classes dirigeantes, &#224; mesure que celles-ci d&#233;montrent leur volont&#233; de d&#233;truire les classes travailleuses, les dirigeants syndicaux manifestent&#8230; leur d&#233;sir de s'en tenir &#224; des protestations platoniques qui ne frappent pas la bourgeoisie au c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde entier, le Capital est en train de d&#233;truire le Travail et ces adeptes hypocrites du capitalisme que sont la gauche et les syndicats pr&#233;tendent qu'il faut nous d&#233;fendre pays par pays, quand ce n'est pas entreprise par entreprise, corporation par corporation et m&#234;me site par site. Ils s'&#233;tonnent que les PSA Aulnay aient beau faire gr&#232;ve dans une seule entreprise et ne parviennent pas plus &#224; faire reculer leur patron que n'y sont parvenus ceux de General Motors, de Goodyear, de Petroplus ou d'ArcelorMitall Florange, eux aussi condamn&#233;s &#224; lutter dans une seule entreprise alors que tous les trusts licencient massivement. Parce que, malgr&#233; des gr&#232;ves et des manifestations, les centrales syndicales se contentent d'accompagner les attaques en maugr&#233;ant mais en participant aux fausses n&#233;gociations qui couvrent les attaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, les centrales se gardent bien de relier entre eux toutes les attaques subies par les salari&#233;s et tous les combats men&#233;s. Pourtant, on assiste bel et bien &#224; une offensive d'ensemble contre le monde du travail. On ne peut pas s&#233;parer l'ensemble des &#171; r&#233;formes &#187; antisociales des gouvernements, sur les retraites sur le code du travail, sur l'emploi, sur les retraites, sur les allocations familiales, sur la privatisation de la SNCF, sur la fin de la recherche publique, de la sant&#233; publique, sur l'allocation ch&#244;mage et on en passe. Les licenciements des trusts priv&#233;s ont &#233;t&#233; une attaque concert&#233;e dont PSA n'a &#233;t&#233; que le signe avant-coureur. Les centrales syndicales refusent cat&#233;goriquement de pr&#233;parer une riposte coordonn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un geste significatif de cette volont&#233; de s'allonger devant les attaques sur les retraites a &#233;t&#233; le discours du dirigeant de la CGT Lepaon qui, au lendemain des manifestations s&#233;par&#233;es et clairsem&#233;es du premier mai, a d&#233;clar&#233; que, malgr&#233; sa signature de l'accord ANI de &#171; flexi-s&#233;curit&#233; de l'emploi &#187;, il voulait l'unit&#233; avec la CFDT et estimait les d&#233;saccords limit&#233;s et sans gravit&#233; ! Bien la peine d'avoir manifest&#233; contre l'accord ANI et d&#233;clar&#233; que c'&#233;tait l'un des pires reculs depuis des d&#233;cennies sur le contrat de travail pour ensuite minimiser la participation de syndicats &#224; cette pantalonnade syndicale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela en dit long en tout cas sur la mani&#232;re dont la CGT compte promener les salari&#233;s pour soi-disant d&#233;fendre les retraites, dans la m&#234;me lanc&#233;e de pr&#233;tendue &#171; unit&#233; &#187; qui a d&#233;j&#224; men&#233; &#224; l'&#233;chec face &#224; Sarkozy-Fillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que ces centrales syndicales qui se disaient &#171; unies pour d&#233;fendre les retraites &#187; &#233;taient surtout unies contre l'id&#233;e d'appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, Bernard Thibaut, dirigeant de l'&#233;poque de la CGT, affirmant que ce n'&#233;tait nullement une m&#233;thode dans la tradition du mouvement ouvrier en France !!! Elles &#233;taient unies pour que le jour d'action ne soit pas un jour de gr&#232;ve comme le premier mai ou comme un week-end ! Elles &#233;taient unies pour laisser seuls en gr&#232;ve les travailleurs du secteur des raffineries p&#233;troli&#232;res, allant jusqu'&#224; faire croire qu'on allait &#171; faire reculer Sarkozy &#187; par ce seul blocage p&#233;trolier. Ensuite, elles ont-elles-m&#234;mes d&#233;mobilis&#233; les manifestants en affirmant qu'on ne gagnerait pas tant que Sarkozy gouvernerait et qu'il n'y avait qu'&#224; voter &#224; gauche. On voit &#224; quel point elles ont menti puisque la gauche reprend exactement de la m&#234;me mani&#232;re le travail de destruction de Sarkozy. La gauche de la gauche qui s'en indigne a cautionn&#233; l'op&#233;ration et se revendique encore d'avoir aid&#233; Hollande- ce Sarkozy-bis &#224; venir au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3419&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3419&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retraites : &#224; nouveau une intersyndicale qui va diriger le mouvement&#8230; vers le mur ?!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3477&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3477&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat pourri des n&#233;gociations entre la gauche gouvernementale et les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2604&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2604&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndicalisme de classe, oui, mais de quelle classe ? La bourgeoisie ou le prol&#233;tariat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions des dirigeants syndicalistes qui ont cru au discours du patron et s'estiment tromp&#233;s alors qu'ils ont &#233;t&#233; les relais de la tromperie aupr&#232;s des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2742&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2742&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats &#224; PSA : des m&#233;thodes qui n'ont rien &#224; voir avec des m&#233;thodes de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques syndicales en 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3361&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3361&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2014&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la nouvelle gr&#232;ve des cheminots, la CGT a dit soutenir la gr&#232;ve jusqu'au bout. Mais il y a beaucoup &#224; redire sur ce point. Premi&#232;rement, c'est la direction de la CGT qui a initi&#233; la r&#233;forme qui m&#232;ne &#224; la privatisation puisque le rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) sur la privatisation vot&#233; &#224; l'unanimit&#233; des repr&#233;sentants de l'Etat, des patrons et des salari&#233;s, a &#233;t&#233; &#233;crit par Lepaon, repr&#233;sentant CGT, qui allait devenir plus tard secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT. Ensuite, la loi contre laquelle les cheminots ont eu &#224; se battre a &#233;t&#233; sign&#233;e par les repr&#233;sentants CGT, Lepaon pour la centrale et Garel pour la CGT cheminots, avant que la gr&#232;ve ne commence. Ensuite, il a &#233;t&#233; convenu entre le gouvernement et la CGT que l'int&#233;r&#234;t commun &#233;tait de mettre en place un dispositif par lequel la CGT prendrait l'initiative d'une protestation des cheminots, suite &#224; laquelle le Front de Gauche repr&#233;sent&#233; par Chassaigne, proposerait des amendements que Hollande-Valls allaient accepter. Les cheminots ont &#233;t&#233; tellement en col&#232;re contre le projet de loi que le mouvement qui avait &#233;t&#233; envisag&#233; a d&#251; &#234;tre transform&#233; d'action limit&#233;e en gr&#232;ve durable. Garel et Lepaon se sont alors partag&#233;s les r&#244;les, le premier faisant mine de soutenir la gr&#232;ve et le second d'appeler par les m&#233;dias &#224; la reprise du travail, mais ils sont rest&#233;s de bout en bout la main dans la main et Garel y a perdu son cr&#233;dit dans la CGT Cheminots, ce qui s'est vu par la suite&#8230; De tout cela, le syndicat SUD a fait mine de ne rien voir, tout attach&#233; &#224; sa pr&#233;tendue unit&#233; de lutte, &#224; laquelle il continue aujourd'hui &#224; s'accrocher. A aucun moment, le syndicat SUD n'avait voulu s'apercevoir de l'existence du rapport Lepaon, de la signature de la loi Hollande-Valls avant la gr&#232;ve, ni du caract&#232;re double des d&#233;clarations de la CGT au cours de la gr&#232;ve. Les groupes d'extr&#234;me gauche qui ont un r&#244;le important au sein de SUD, &#224; savoir NPA et Alternative Libertaire, ont camoufl&#233; tout cela tant qu'ils ont pu. Mais surtout, ils se sont gard&#233;s, de m&#234;me que Lutte ouvri&#232;re au sein de la CGT, de d&#233;fendre une autre perspective au sein de la gr&#232;ve, combattant m&#234;me l'id&#233;e des comit&#233;s de gr&#232;ve, l'extension de la lutte par exemple &#224; la RATP. Ils se sont gard&#233;s de critiquer la participation aux n&#233;gociations bidon. Ils se sont gard&#233;s de d&#233;masquer le double jeu des centrales syndicales. Ils se sont gard&#233;s de proposer la perspective d'une lutte d'ensemble des services publics qui subissent une attaque conjointe, par exemple une liaison avec la sant&#233; qui conna&#238;t plusieurs gr&#232;ves au m&#234;me moment et tente de les faire converger contre les appareils syndicaux. Le bilan du groupe Alternative Libertaire est particuli&#232;rement instructif, sachant le r&#244;le que joue ce groupe au sein de Sud Cheminots. On peut y lire qu'il faut combattre les militants d'extr&#234;me gauche qui militent pour des comit&#233;s de gr&#232;ve. Oui, l'extr&#234;me gauche cautionne &#224; fond les politiques de trahison des appareils syndicaux, permettant &#224; ces politiques de passer discr&#232;tement sans que la majorit&#233; des travailleurs ne voient la tromperie. Inutile de dire que ces groupes d'extr&#234;me gauche, tout comme la gauche et les syndicats, se sont gard&#233;s de souligner la trahison du rapport Lepaon au CESE et de la signature du projet de loi SNCF d'Hollande-Valls avant la gr&#232;ve, se refusant &#224; pr&#233;venir les cheminots que ceux qui allaient diriger leur gr&#232;ve en &#233;taient les ennemis cach&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re gr&#232;ve n'est pas un succ&#232;s m&#234;me si certains se satisfont de minimes amendement &#224; la loi. Celle-ci reste une loi en vue de la privatisation du transport ferroviaire et elle n'a en rien fondamentalement chang&#233;e. D'autres affirment que, nous cheminots, aurions fait gr&#232;ve pour l'honneur, pour faire une d&#233;monstration. Mis &#224; part le fait que de telles d&#233;monstrations co&#251;tent cher et ne rapportent pas grand-chose &#224; part la satisfaction de quelques dirigeants syndicaux, il convient de se demander ce que ces derniers cherchaient exactement au travers de la gr&#232;ve. En effet, Lepaon comme Garrel avaient sign&#233; le projet de loi (non amend&#233;) avant de se mettre &#224; la t&#234;te de la gr&#232;ve. Cela pose question : la direction CGT ne voulait-elle pas simplement se blanchir d'avoir ent&#233;rin&#233; un grave recul social. En faisant gr&#232;ve, en prenant parti pour et contre les cheminots, ces dirigeants ne nous ont-ils pas tromp&#233;. Si les dirigeants syndicaux qui ont condamn&#233; la gr&#232;ve sont bel et bien dans le camp de la privatisation, ceux qui ont pris la t&#234;te de la gr&#232;ve ne valent pas beaucoup plus cher. On se souvient que le principal organisme d'Etat en la mati&#232;re, le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) avait adopt&#233; un rapport en vue de la privatisation. Ce rapport, adopt&#233; par les patrons, l'Etat et presque tous (solidaires n'avait pas sign&#233;) les syndicats dans le cadre du CESE, &#233;tait sign&#233; Lepaon, actuel secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan, ce n'est pas l'inutilit&#233; de faire gr&#232;ve mais l'inutilit&#233; de choisir comme direction des gr&#232;ves des dirigeants qui en fait sont contre et se d&#233;brouillent pour nous faire reprendre le travail sans avoir rien obtenu et sans s'&#234;tre donn&#233; les moyens d'obtenir quelque chose. On aura par exemple remarqu&#233; que, durant la gr&#232;ve, la CGT &#233;tait contre de bloquer les RER de Paris-centre. Ce qui aurait donn&#233; davantage de force &#224; la gr&#232;ve. Contre aussi l'extension de la gr&#232;ve &#224; la RATP. Contre encore son extension &#224; l'EDF pourtant elle-m&#234;me menac&#233;e selon les propos de Lepaon lui-m&#234;me. Contre toute liaison avec les h&#244;pitaux en gr&#232;ve ou tout autre domaine du secteur public. Quand on fait gr&#232;ve, on le paie nous-m&#234;mes de notre poche. Quand on &#233;choue, on le paie nous-m&#234;mes de reculs sociaux importants, et ce n'est pas les bureaucrates des appareils syndicaux qui en font les frais. Eh bien, il faut aussi qu'on d&#233;cide des orientations de la gr&#232;ve par nous-m&#234;mes !!! On n'a pas besoin de dirigeants qui nous disent, maintenant, que ce n'est pas grave si on a perdu puisque c'&#233;tait pour l'honneur, pour la beaut&#233; du geste ou pour le principe&#8230; Si on veut gagner dans nos luttes, dirigeons-les par nous-m&#234;mes. C'est de comit&#233;s de gr&#232;ve qu'on manque dans les mouvements &#224; la SNCF comme, plus largement, dans toute la classe ouvri&#232;re en ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3430&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3430&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;clarations de Lepaon, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la radio France Inter ce matin : &#171; Le fait que la gr&#232;ve se prolonge n'est pas bon ni pour les usagers ni pour les agents de la SNCF &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour, il a &#233;galement d&#233;clar&#233; : &#171; Le gouvernement semble tenir compte du rapport de forces qui s'est instaur&#233; avec les cheminots. &#187; Mais il s'est bien gard&#233; de montrer en quoi Valls-Hollande reculaient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a par contre reconnu, face aux journalistes de France Inter, qu'avant la gr&#232;ve, la CGT faisait partie des syndicats qui avaient sign&#233; leur accord avec le projet gouvernemental&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela vient se rajouter &#224; ses d&#233;clarations pr&#233;c&#233;dentes comme &#171; d'accord avec la loi mais pas avec son contenu &#187; ou encore souhaitant que le travail reprenne&#8230; dimanche dernier et parlant de &#171; sortie de crise ce week-end &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lepaon a expos&#233; clairement comment il s'appr&#234;te &#224; l&#226;cher le mouvement si des petits mots sont chang&#233;s dans le texte de loi&#8230; sans rien changer du fond :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Gr&#226;ce &#224; notre action, des amendements ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s et il semblerait &#224; l'heure qu'il est que le gouvernement tienne compte de ce rapport de forces qui s'est instaur&#233;&#034;, a d&#233;clar&#233; M. Lepaon sur France Inter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Maintenant, il faut que les amendements soient &#233;crits de mani&#232;re pr&#233;cise, qu'ils soient d&#233;battus &#224; l'Assembl&#233;e nationale et qu'ils soient vot&#233;s&#034;, a-t-il poursuivi.&lt;br class='autobr' /&gt;
La CGT veut notamment que le &#034;besoin d'un service public ferroviaire&#034; soit inscrit dans la loi. Sur ce point, M. Lepaon observe des avanc&#233;es entre &#034;le premier projet de loi et celui qui est d&#233;battu&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question du &#034;statut des personnels&#034;, &#034;c'est une d&#233;cision qui est inscrite aujourd'hui dans le projet de loi&#034; mais &#034;il faut que la loi soit extr&#234;mement pr&#233;cise&#034; pour &#233;viter des interpr&#233;tations lors de la &#034;mise en oeuvre&#034;, a-t-il estim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thierry Lepaon souhaite aussi que des amendements &#034;d'harmonisation sociale&#034; et sur &#034;la question de la dette&#034; soient int&#233;gr&#233;s au projet de loi qui, selon lui, pr&#233;pare &#034;la privatisation du transport ferroviaire&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lepaon est un secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral tr&#232;s collaboration de classes !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2015&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La trahison syndicale de la lutte des personnels des h&#244;pitaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le dernier mouvement des personnels de l'h&#244;pital public de mai-juin dernier, la principale revendication des personnels en gr&#232;ve et en manifestation a &#233;t&#233; : pas touche aux RTT, retrait du projet Hirsch en totalit&#233;, sans amendement ni discussion, pas de n&#233;gociation. &#171; Ni amendable, ni n&#233;gociable &#187; a &#233;t&#233; un slogan de tous les h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas question de suppression de nos RTT ! Pas question d'imposer la fin des 35 heures &#224; l'h&#244;pital ! Pas question de modifier les horaires ! Pas question d'une baisse de la masse salariale pour combler les trous financiers dont nous ne sommes nullement les responsables ! Pas question d'accepter de faire des efforts suppl&#233;mentaires ni en temps de travail, ni en personnels en moins ni d'aucune mani&#232;re ! Pas question de sauver aucun point de la pr&#233;tendue &#171; r&#233;forme &#187; de Hirsch ! Aucun plan d'&#233;conomie pour l'h&#244;pital public aux d&#233;pens des malades et des personnels !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats qui disent nous repr&#233;senter ont tous r&#233;p&#233;t&#233; avec nous : pas amendable et pas n&#233;gociable tout en passant leur temps &#224;&#8230; essayer d'amender et de n&#233;gocier !!! S'ils ont fini, en juillet, admettre tous avoir &#233;chou&#233; et s'&#234;tre retir&#233;s de la table des n&#233;gociations, SUD et CFDT &#233;tant les derniers &#224; le faire, ils n'ont rien admis sur le fond et sont pr&#234;ts &#224; recommencer &#224; n&#233;gocier sur une pr&#233;tendue &#171; bonne r&#233;forme &#187; ! Ils refusent d'admettre que, l'Etat fran&#231;ais &#233;tant en faillite, toute r&#233;forme voudra dire des attaques sur les salaires, sur les emplois, sur les conditions de travail, sur les horaires, sur les repos, sur les primes, sur l'organisation du travail, sur tout ! Et pourtant, les dirigeants r&#233;formistes des syndicats sont toujours partisans de n&#233;gocier des r&#233;formes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, on avait compris qu'Hirsch voulait nous attaquer sur toute la ligne : horaires, RTT, primes, &#233;quipe, organisation du travail 35 heures et on en passe&#8230; Mais l'intersyndicale n'a jamais voulu le comprendre. Elle ne peut qu'esp&#233;rer &#224; nouveau&#8230;n&#233;gocier apr&#232;s la journ&#233;e d'action&#8230; Ils font la m&#234;me chose partout : &#224; Radio France, &#224; France T&#233;l&#233;visions, &#224; l'AFP, &#224; la SNCF : des journ&#233;es d'action suivies de n&#233;gociations bidon ! C'est comme cela que l'intersyndicale avait lantern&#233; le mouvement des retraites de 2010, jusqu'&#224; le faire &#233;chouer ! Et ils font partout comme si chaque entreprise publique &#233;tait un cas &#224; part alors que, dans chacune, les PDG pr&#233;tendent que les comptes sont dans le rouge pour faire passer des attaques en r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de la lutte des personnels de l'h&#244;pital public comme de Radio France ou de la SNCF, l'intersyndicale a pris toutes les d&#233;cisions en ne tenant nullement compte des avis des personnels mobilis&#233;s et c'est toujours &#224; reculons qu'elle a &#233;t&#233; contrainte de se retirer des n&#233;gociations alors que les personnels exigeaient sans cesse qu'on n'y participe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains syndicats ont m&#234;me men&#233; des n&#233;gociations secr&#232;tes avec Hirsch en cachant leurs lieux de r&#233;unions pour ne pas &#234;tre d&#233;rang&#233;s, en refusant de transmettre des comptes-rendus de celles-ci et les autres syndicats ont toujours refus&#233; de d&#233;noncer ces discussions en catimini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 17 juin, on nous annon&#231;ait encore qu' &#171; un dialogue approfondi entre la direction et les syndicats avait repris pendant sept heures (jusqu'&#224; une heure du matin). Un nouveau calendrier a &#233;t&#233; propos&#233;, sur un ton plus apais&#233; et constructif et sur de nouvelles bases. &#187; &#171; C'est une avanc&#233;e &#187;, d&#233;clarait Rose May Rousseau, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la CGT. &#171; Nous avons progress&#233; sur la feuille de route qu'on pourra modifier, les revendications du personnel ont &#233;t&#233; prises en compte. On esp&#232;re trouver une issue &#224; ce conflit &#187;, pr&#233;cisait-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 juin, la CFDT, apr&#232;s avoir adopt&#233; un texte de Hirsch intitul&#233; &#171; Relev&#233; de conclusions &#187;, texte &#233;galement soutenu &#233;galement par SUD Sant&#233;, d&#233;clarait : &#171; Cette r&#233;union du 17 juin a r&#233;uni, l'intersyndicale (CGT/ SUD-Sant&#233; / CFDT / FO et UNSA) et Martin Hirsh et a dur&#233; 7 heures. Elle a donn&#233; lieu &#224; la r&#233;daction d'un document de sortie de crise intitul&#233; &#171; relev&#233; de conclusions &#187;, qui devrait servir de m&#233;thode aux &#233;changes de terrains, entre les &#233;quipes soignantes et leurs responsables (cadres et m&#233;decins)... Le conseil du syndicat CFDT AP-HP a valid&#233; ce &#171; Relev&#233; de conclusions &#187; qui marque sa volont&#233; d'entrer dans une phase de dialogue social authentique &#224; l'AP-HP. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat SUD &#233;crit dans un tract, intitul&#233; &#034;Pour en finir avec le fantasme de la trahison&#034;, qu'il serait inadmissible de parler de &#171; trahison &#187; de l'intersyndicale ou des syndicats mais toute son attitude d&#233;montre le contraire. Le 24 juin, dans son communiqu&#233;, Sud Sant&#233; affirmait que, dans le &#171; relev&#233; de conclusions &#187; de Hirsch soutenu par CFDT et SUD, Hirsch aurait &#171; reconnu l'ampleur du mouvement social dans l'institution, et l'intersyndicale comme interlocuteur &#187;. SUD consid&#233;rait seulement qu'elle doit &#171; ouvrir encore plus le texte &#187; qu'elle a convenu avec Hirsch, le fameux &#171; relev&#233; de conclusions &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; SUD Sant&#233; souhaite ouvrir plus encore le texte, d&#233;finir le calendrier de la premi&#232;re phase, coucher sur papier les crit&#232;res de choix des services en difficult&#233;, d&#233;finir plus pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;tude d'impact... Si les avanc&#233;es sont r&#233;elles, beaucoup reste &#224; pr&#233;ciser... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Contraint de revoir sa copie sous la pression de la rue, Hirsch propose un relev&#233; de conclusions o&#249; il reconna&#238;t l'ampleur du mouvement social dans l'institution, et l'intersyndicale comme interlocuteur. Il est surtout pouss&#233; &#224; reconsid&#233;rer son calendrier et dans le meilleur des cas ouvrir des n&#233;gociations au plus t&#244;t en octobre prochain. &#187; &#233;crivait SUD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous sommes pr&#234;ts &#224; discuter d'une v&#233;ritable r&#233;duction du temps de travail avec des embauches &#187; et &#171; n&#233;gocier sur la base de nos revendications, pas sur celles de M. Hirsch &#187;, a d&#233;clar&#233; la dirigeante CGT Sant&#233; Rose May Rousseau. Le 18 juin, Sud Sant&#233; &#233;crivait : &#171; Nous SUD Sant&#233; sommes pr&#234;ts &#224; discuter avec lui (Hirsch). &#187; En tout cas, les manifestants refusaient de n&#233;gocier et tous les syndicats ainsi que l'intersyndicale n'avaient &#224; la bouche que le mot de n&#233;gocier !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le jeudi 18 juin, les syndicats rejoignaient encore Hirsch pour&#8230; reprendre les n&#233;gociations !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats et l'intersyndicale n&#233;gociaient et n'arr&#234;taient pas de n&#233;gocier comme le constataient les manifestants rassembl&#233;s &#224; la place Victoria qui se sont retrouv&#233;s en train d'attendre&#8230; tr&#232;s longtemps, trop longtemps, les responsables syndicaux en train de n&#233;gocier pendant des heures avec Hirsch alors que les manifestants leur criaient leur r&#233;volte : &#171; Pas la peine d'y rester des heures pour dire &#224; Hirsch qu'on ne veut pas de sa r&#233;forme ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attente continuant malgr&#233; les hu&#233;es et les responsables syndicaux poursuivant leurs blabla avec Hirsch, le slogan de &#171; Intersyndicale trahison ! &#187; ou &#171; n&#233;gociations, trahison ! &#187; a &#233;t&#233; lanc&#233; par les manifestants ! Ils n'en sont pas moins rest&#233;s &#224; bavarder avec Hirsch !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que l'intersyndicale regroupe les syndicats CGT, CFDT, FO, Sud, Unsa, CFE-CGC, qu'elle a le droit de d&#233;cider &#224; notre place, de n&#233;gocier &#224; notre place, de c&#233;der sur ce qu'on ne veut pas c&#233;der, de parler en notre nom sans nous consulter !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ann&#233;e 2015 est marqu&#233;e aussi par la destitution de Lepaon comme secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT et la nomination de Martinez &#224; sa place. Sur Lepaon, nous avons eu l'occasion de commenter. Voici pour Martinez&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Martinez, secr&#233;taire de la CGT, le mythe de l'homme de la lutte des classes et la r&#233;alit&#233; de l'ascension d'un bureaucrate&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6131&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6131&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2016&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une ann&#233;e d'attaques antisociales avec notamment la loi El Khomri que les syndicats vont faire semblant de contester dans la rue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hollande et Valls fustigent Martinez, qui r&#233;plique, et on nous pr&#233;sente de tous c&#244;t&#233;s (m&#233;dia, hommes politiques, syndicats) la situation sociale en France comme celle d'un bras de fer entre la direction des syndicats, et en particulier de la CGT, d'un c&#244;t&#233; et le gouvernement de l'autre. Au point d'oublier presque qu'en r&#233;alit&#233; il y a les travailleurs et les jeunes, ainsi que les milieux populaires et de l'autre la classe capitaliste et son gouvernement &#171; de gauche &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains parlent m&#234;me d'affrontement entre deux personnes : Martinez et Valls, comme si on devait seulement choisir entre eux. La r&#233;alit&#233; est tout autre : c'est un combat de classe qui se d&#233;roule et dans celui-ci l'opposition frontale entre les gouvernants et les directions syndicales est loin d'&#234;tre &#233;vident. Les syndicats les moins &#171; radicaux &#187; comme la CFDT font carr&#233;ment partie du gouvernement et ceux qui passent pour plut&#244;t d'opposition &#224; la politique sociale du gouvernement, comme la CGT et FO, viennent de voir deux de leurs anciens dirigeants nomm&#233;s par Hollande &#224; des postes de hauts fonctionnaires, respectivement un poste de dirigeant de l'Agence contre illettrisme et d'Inspection des Affaires sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieuses ces hautes nominations pour des dirigeants syndicaux qui ne joueraient qu'un r&#244;le d'adversaires du gouvernement de gauche, d'autant que les syndicats ont tous contribu&#233; ouvertement et publiquement &#224; faire &#233;lire Hollande, m&#234;me s'ils disent ne pas aimer la politique de Valls. D'autant plus curieux que Martinez est le successeur de Lepaon, nomm&#233; par celui-ci et connu comme son second et en accord avec son orientation r&#233;formiste et collaborationniste. D'autant plus curieux que cette orientation de Lepaon l'avait amen&#233; &#224; signer le rapport d'Etat pour les Conseil Economique Social et Environnementale charg&#233; d'organiser la privatisation de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martinez, comme l'intersyndicale qui appelle aux journ&#233;es d'action a suivi les jeunes et les travailleurs en passant d'une demande de modification du texte d&#233;but mars &#224; un retrait complet du texte. Cela ne l'emp&#234;che pas aujourd'hui de d&#233;clarer, dans un coup de fil avec Valls, qu'il lui suffirait d'une suspension de d&#233;cision de la part du gouvernement pour appeler &#224; suspendre le mouvement social ! Et ce &#171; leader syndical &#187; &#233;tudie avec Valls &#171; les solutions pour arr&#234;ter les blocages et les manifestations &#187; !!! Le voil&#224; celui qui est pr&#233;sent&#233; le leader qui radicalise la lutte sociale en France !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc une contradiction entre ces faits et l'apparence que l'on voudrait nous donner des &#233;v&#233;nements et des luttes actuelles en France, apparence selon laquelle la direction de la CGT pousserait &#224; radicaliser la lutte, m&#232;nerait un combat jusqu'auboutiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est toute autre qu'un affrontement entre deux dirigeants, Valls et Martinez, ou entre deux organisations, CGT et PS par exemple, et la population en prend conscience puisqu'un sondage affirme qu'une majorit&#233; admet qu'il y a en r&#233;alit&#233; une lutte de classe dans lequel le gouvernement est du c&#244;t&#233; de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir de quel c&#244;t&#233;, dans quelle classe sociale, sont vraiment les directions syndicales, elles qui se pr&#233;sentent comme mobilis&#233;es pour faire reculer le gouvernement et pr&#234;tes &#224; &#171; aller jusqu'au bout &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est le bout que les dirigeants syndicaux ne comptent pas d&#233;passer, telle est effectivement la question. Est-ce que le bout n'est pas justement la limite o&#249; ils se d&#233;voilent comme de faux dirigeants de la classe ouvri&#232;re et l'autre limite o&#249; ils risquent de nuire aux int&#233;r&#234;ts fondamentaux de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, si on prend les discours de Martinez au mot, on peut croire qu'il appelle l'ensemble de la classe ouvri&#232;re &#224; la lutte, qu'il lance successivement les salari&#233;s du transport, de l'&#233;nergie, des routiers, des p&#233;troliers, de la chimie, du nucl&#233;aire, puis lancera d'autres secteurs, qu'il ne reculera pas, qu'il se donnera, et donnera ainsi &#224; la classe ouvri&#232;re, les moyens de g&#233;n&#233;raliser progressivement la lutte et de faire ainsi reculer le gouvernement et le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il en va autrement quand on y regarde de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appeler toute la classe ouvri&#232;re &#224; lutter ensemble, o&#249; et quand la CGT l'aurait-elle r&#233;ellement fait ? Pas une fois au cours de ces neuf journ&#233;es d'action d&#233;j&#224; programm&#233;es ! Il n'y a jamais &#233;t&#233; question de mettre en liaison les diff&#233;rents secteurs en lutte. Il n'y a jamais &#233;t&#233; question d'assembl&#233;es interprofessionnelles contrairement &#224; la gr&#232;ve de 1995 ou aux luttes des cheminots ou des infirmi&#232;res avec les coordinations. L'appel &#224; la gr&#232;ve pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re de Martinez est une posture m&#233;diatique qui ne se retrouve pas du tout dans les appels syndicaux dans les entreprises, dans le secteur priv&#233; ou public. Pas d'appel &#224; rejoindre le mouvement de gr&#232;ve reconductible de l'Automobile &#224; La Poste ou &#224; l'h&#244;pital public ! Pas d'appel &#224; voter la gr&#232;ve dans les services publics ni dans le secteur priv&#233;. Le pr&#233;tendu bras de fer n'est l&#224; que pour donner une image combative &#224; Martinez ou &#224; l'intersyndicale mais pas &#224; construire r&#233;ellement un rapport de forces capable de faire reculer nos adversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 9 mars quand les jeunes appelaient &#224; la gr&#232;ve, que 71% de l'opinion disait soutenir les syndicats et que SNCF et RATP &#233;taient par hasard appel&#233;s &#224; faire gr&#232;ve le m&#234;me jour pour des raisons apparemment diff&#233;rentes. Mais la loi El Khomri qui attaque le code du travail n'est en rien s&#233;par&#233;e des attaques contre les services publics de transport ou le service public hospitalier ou La Poste ou d'autres attaques contre les retraites, la s&#233;cu, les aides sociales et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 9 mars, quand la SNCF &#233;tait appel&#233;e &#224; la gr&#232;ve par la CGT, ce n'&#233;tait pas contre la loi El Khomri, ce n'&#233;tait m&#234;me pas pour s'opposer &#224; la privatisation du rail, consid&#233;r&#233;e comme acquise par ce syndicat puisqu'elle participe &#224; des n&#233;gociations sur les horaires des travailleurs du rail, priv&#233; et public, dont elle conteste le contenu mais pas le principe. Et depuis, les syndicats qui ont appel&#233; les cheminots &#224; faire gr&#232;ve, y compris &#224; la fois contre El Khomri et la r&#233;forme du rail ne contestent pas du tout la partie privatisation de cette r&#233;forme. Ils n'en parlent m&#234;me plus. Le voil&#224; le radicalisme pr&#233;tendu des dirigeants syndicaux !!! Il fut un temps o&#249; on aurait cru impensable que les centrales syndicales s'inclinent devant la privatisation des chemins de fer !!! Elles affirment qu'on n'y peut plus rien puisqu'il a &#233;t&#233; adopt&#233; par l'Etat mais disent exactement le contraire pour la loi El Khomri, affirmant qu'on peut faire annuler une loi mal vot&#233;e ! Une fois de plus un double discours qui cache tr&#232;s mal que ces directions syndicales trahissent la lutte qu'elles pr&#233;tendent mener de mani&#232;re radicale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Martinez peut bien se montrer aux m&#233;dia en train de jeter un pneu &#224; br&#251;ler aux c&#244;t&#233;s des p&#233;troliers gr&#233;vistes, cela ne signifie pas qu'il propose autre chose que le faux radicalisme des blocages de l'essence. La force des travailleurs n'est pas le mythe de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et des bras crois&#233;s qui bloquent l'&#233;conomie. La vraie force des travailleurs, c'est d'&#234;tre capables de s'unir et de s'organiser collectivement, en comit&#233; de travailleurs, f&#233;d&#233;r&#233;s en coordination, discutant ensemble dans des assembl&#233;es interprofessionnelles. C'est cette force-l&#224; que refusait Bernard Thibaut lors du mouvement des retraites de 2010 et c'est cette force-l&#224; dont Martinez n'est nullement le leader dans le mouvement actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il affirme en m&#234;me temps : &#034;Quand on se bat, on peut gagner, et on ira jusqu'au retrait de la loi Travail !&#034; ou encore &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les cheminots remettent &#231;a la semaine prochaine. Mais il faut g&#233;n&#233;raliser &#224; la m&#233;tallurgie, au commerce. Il faut que le gouvernement sache qu'on ne l&#226;chera rien.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martinez romperait-il avec le syndicalisme de collaboration ? Pas du tout ! &#171; On veut commencer &#224; discuter &#187;, r&#233;affirme Philippe Martinez, patron de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bout que ne d&#233;passe pas Martinez, ce sont les journ&#233;es d'action successives : &#171; Pour la premi&#232;re fois, nous appelons &#224; trois dates de gr&#232;ve, dans une &#233;ch&#233;ance tr&#232;s resserr&#233;e. Ce qui off re la possibilit&#233; aux salari&#233;s en gr&#232;ve mardi de continuer leur action jusqu'au jeudi. &#187; a dit Martinez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans ces journ&#233;es successives qui ont &#233;t&#233; la clef de la d&#233;faite du mouvement des retraites de 2010, d&#233;j&#224; agr&#233;ment&#233;es &#224; l'&#233;poque par des blocages p&#233;troliers, le fait d'arr&#234;ter puis de repartir caract&#233;rise les l&#226;chers de vapeur des directions syndicales qui ne m&#232;nent qu'&#224; &#233;puiser le mouvement et non &#224; le lancer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de son dernier congr&#232;s, la direction de la CGT a refus&#233; de valider un appel &#224; la &#034;gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible&#034; que r&#233;clamaient certains de ses adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cela ne peut pas &#234;tre une conf&#233;d&#233;ration nationale qui appuie sur un bouton pour mettre en gr&#232;ve des salari&#233;s&#034;, pr&#233;vient Jean-Claude Mailly, le patron de Force Ouvri&#232;re, dans un entretien publi&#233; sur le site de Paris-Match.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui, des directions syndicales dignes de ce nom auraient commenc&#233; par proposer &#224; la classe ouvri&#232;re de se r&#233;unir dans toutes les entreprises d&#232;s le 9 mars pour d&#233;cider elles-m&#234;mes de leurs modes d'action et d'organisation. Mais les centrales syndicales ne sont nullement de telles directions de la classe ouvri&#232;re. Elles participent en fait au fonctionnement de l'Etat bourgeois et en recueillent les fonds publics de r&#233;mun&#233;ration de leur r&#244;le de conservation sociale. Il n'y a donc aucun regret &#224; avoir de constater que les directions syndicales jouent un r&#244;le bourgeois. Elles ne peuvent pas trahir leur classe, qui est la classe capitaliste. C'est aux travailleurs de tirer la le&#231;on et d'entra&#238;ner les militants syndicalistes de base dans des organisations ind&#233;pendantes de nos adversaires, des comit&#233;s de gr&#232;ve et des coordinations &#233;lu&#233;es et r&#233;vocables qui assument la totalit&#233; des d&#233;cisions de nos luttes. C'est seulement ainsi que nous, travailleurs, pouvons agir dans le sens de nos int&#233;r&#234;ts de classe, int&#233;r&#234;ts qui sont diam&#233;tralement oppos&#233;s &#224; ceux de la classe capitaliste, opposition radicale qui n'est nullement n&#233;gociable et moins que jamais depuis l'effondrement historique du capitalisme mondial de 2007-2008 !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle trahison des luttes des cheminots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve organis&#233;e par les syndicats a lieu en ordre dispers&#233;. Reconductible pour SUD quand la CGT n'appelle qu'&#224; des journ&#233;es d'action. Quand les gr&#233;vistes SUD sont &#233;puis&#233;s, la CGT annonce qu'elle d&#233;marrera dans des semaines&#8230; une gr&#232;ve reconductible !!! D'autre part, les deux syndicats ont exclus de leurs revendications la lutte contre la privatisation de la SNCF, revendiquant m&#234;me explicitement &#171; le m&#234;me RH pour tous &#187;, ce qui veut dire pour le secteur privatis&#233; et le secteur public, ce qui signifie clairement accepter la privatisation. Ces trahisons ne permettent pas au mouvement de faire reculer la direction et le gouvernement sur aucun point !!! On peut voir, deux ans &#224; l'avance, que les syndicats consid&#233;r&#233;s comme les plus radicaux ne comptent pas lutter contre la privatisation mais feront seulement semblant pour &#233;viter que les cheminots n'agissent de mani&#232;re autonome&#8230; On remarquera que, tout du long, ces syndicats, comme les autres, non gr&#233;vistes, ont accept&#233; de participer &#224; des n&#233;gociations dont l'objectif &#233;taient clairement un recul social intitul&#233; &#171; augmenter la productivit&#233; du travail des cheminots &#187; !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;gocier le d&#233;cret socle m&#234;me si la revendication est &#034; d&#233;cret socle = RH0077 &#034;, ce n'est pas le retrait c'est &#224; dire le retrait de la r&#233;forme de juin 2014 qui ent&#233;rine la s&#233;paration en trois EPIC de la SNCF. Bref, aller n&#233;gocier le d&#233;cret socle, c'est accepter la privatisation, et c'est accepter de n&#233;gocier l'augmentation de l'exploitation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4195&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4195&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que les personnels de l'h&#244;pital public ont &#233;t&#233; battus et que le plan Hirsch est pass&#233;, maintenant que le gouvernement a fait passer la loi El Khomri, fait passer aussi la loi Macron ou la loi Sapin, la loi sur l'Etat d'urgence aussi, eh bien c'est le bon moment pour mener une lutte s&#233;par&#233;e, isol&#233;e de tout cela, pour les cheminots et, d'un seul coup, le syndicat CGT se retrouve un radicalisme oubli&#233; pour appeler &#224; un grand mouvement de gr&#232;ve &#224; la SNCF, avec des journ&#233;es d'action programm&#233;es tous les mercredi et tous les jeudis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve reconductible, il y a un moment que la CGT s'y refusait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les cheminots auraient pu rejoindre les enseignants en lutte, les Radio France en lutte, les hospitaliers en lutte, les France Television, les postiers, les Areva et les EDF et on en passe, eh bien l&#224; justement il n'&#233;tait pas question de gr&#232;ve reconductible ni d'une action commune avec d'autres cat&#233;gories de salari&#233;s&#8230; Quand la loi El Khomri r&#233;voltait toute l'opinion populaire, l&#224; non plus pas question !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand P&#233;py annon&#231;ait la privatisation du Rail, pas question de relier cette question avec la privatisation qui se d&#233;veloppe partout dans les services publics en m&#234;me temps que l'aust&#233;rit&#233; les frappe tous, de l'enseignement &#224; la recherche, de la sant&#233; aux transports en passant par la poste&#8230; Aucune strat&#233;gie syndicale de convergence des luttes : au contraire, une strat&#233;gie de dispersion dont le prochain mouvement SNCF est encore l'illustration !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, toute la le&#231;on des luttes s&#233;par&#233;es, divis&#233;es, saucissonn&#233;es, est qu'elles &#233;chouent mais cela n'arr&#234;te pas &#171; nos &#187; dirigeants syndicaux. Sont-ils vraiment les n&#244;tres ou ceux du patronat et du gouvernement ?!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment l'ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, Lepaon, aurait-il re&#231;u r&#233;cemment un poste de haut fonctionnaire de la part du gouvernement si ce dernier ne tenait pas &#224; le remercier d'avoir &#233;t&#233; le rapporteur au Conseil Economique, Social et Environnemental pour la CGT, rapport qui pr&#233;conisait et pr&#233;parait la privatisation de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et justement, qu'est-ce qui frappe dans la prochaine gr&#232;ve soi-disant tr&#232;s radicale de la CGT : c'est qu'elle ne d&#233;nonce pas cette privatisation et attaque tout autre chose !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me chose, c'est la m&#233;thode : deux jours de gr&#232;ve en milieu de semaine puis deux jours la semaine suivante. Pas la gr&#232;ve reconductible jour par jour. Pas une m&#233;thode de lutte qui peut faire craindre &#224; la bourgeoisie qu'elle s'&#233;tende &#224; d'autres secteurs. D'ailleurs, la revendication n'a rien qui permette cette extension&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce qui frappe, c'est qu'il ne s'agit pas d'annuler un plan gouvernemental mais de le n&#233;gocier. Le recul syndical est d&#233;j&#224; inscrit dans la d&#233;marche. On n'y dit pas qu'on refuse de n&#233;gocier un recul du service public, encore un ! Non, on annonce &#224; l'avance qu'on va le n&#233;gocier !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, comme les autres syndicats, acceptent d'entrer dans une n&#233;gociation sur les r&#232;gles qui devraient concerner, en commun, un secteur public du rail et un secteur priv&#233; du rail. Quelle meilleure mani&#232;re de reconna&#238;tre qu'ils admettent que le rail soit privatis&#233; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs la lutte contre la privatisation ne figure plus du tout dans les tracts syndicaux alors qu'auparavant, c'&#233;tait consid&#233;r&#233; comme une base indiscutable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve791&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve791&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2017&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tous les syndicats fran&#231;ais ont d&#233;clar&#233; vouloir d'un &#171; v&#233;ritable dialogue social &#187; avec le nouveau pr&#233;sident Macron, alors que celui-ci n'a pas cach&#233; l'&#233;norme recul social qu'il pr&#233;tend n&#233;gocier. Ils continuent tous, y compris la CGT et SUD, &#224; avoir une posture de syndicat r&#233;formiste, qui propose, qui discute, qui signe des accords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, le pass&#233; a prouv&#233; qu'aucune n&#233;gociation n'a apport&#233; une avanc&#233;e quelconque et au contraire de multiples reculs, qu'il s'agisse des retraites, du code du travail, des agents de l'h&#244;pital public, des cheminots, toutes les pr&#233;tendues r&#233;formes ont &#233;t&#233; des reculs d'ampleur et la m&#233;thode des n&#233;gociations-journ&#233;es d'action a &#233;t&#233; un &#233;chec complet et cuisant, le dernier en date &#233;tant celui de la loi El Khomri, en r&#233;alit&#233; une loi Macron2 que Macron estimait n'&#234;tre pas suffisamment d&#233;velopp&#233;e. Il est donc en train de concocter Macron3 et la posture de n&#233;gociation est &#224; l'&#233;vidence purement formelle, la m&#233;thode consistant &#224; l&#233;gif&#233;rer par ordonnances le d&#233;montrant pleinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi tous les syndicats tiennent-ils &#224; ces n&#233;gociations, au fait que les pouvoirs publics les consultent, et pourquoi viennent-ils le doigt sur la couture du pantalon d&#232;s qu'on les sonne, alors qu'ils savent pertinemment qu'ils n'y gagneront rien, et qu'ils sont m&#234;me capables parfois de le d&#233;clarer eux-m&#234;mes d'avance comme l'a fait Martinez avant d'&#234;tre re&#231;u par Macron ? Parce que le r&#233;formisme est, pour eux, bien plus fondamental que le r&#233;sultat de la lutte. C'est un a priori qui n'est pas discutable et qui tient &#224; leur nature d'interm&#233;diaire entre les travailleurs et les patrons, ainsi que l'Etat des patrons. Et avec Macron, le gouvernement des patrons est plus clair que jamais : le pr&#233;sident des banques, le premier ministre du nucl&#233;aire, la ministre des trusts pharmaceutiques, la ministre de l'industrie du livre, le ministre des g&#233;n&#233;raux, et on en passe&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix de Macron sont des choix de classe assum&#233;s, le choix de d&#233;fendre ouvertement la classe capitaliste. Le choix des syndicats est bien plus contradictoire : s'ils pr&#233;tendent d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, ils affirment aussi d&#233;fendre &#171; l'int&#233;r&#234;t des entreprises &#187; et aussi &#171; l'int&#233;r&#234;t de l'&#233;conomie nationale &#187; et m&#234;me tous les &#171; int&#233;r&#234;ts nationaux &#187;, qui sont pourtant exclusivement des int&#233;r&#234;ts du grand capital en r&#233;alit&#233;. Et surtout, ils d&#233;fendent un fonctionnement de la soci&#233;t&#233; bourgeoise dans lequel les syndicats sont des interm&#233;diaires reconnus, respect&#233;s, consult&#233;s, soutenus, financ&#233;s par l'Etat, par les trusts, par les banques, par toute la soci&#233;t&#233; bourgeoise et par toutes ses institutions, dont les grands syndicats sont d'ailleurs un des &#233;l&#233;ments. C'est la d&#233;mocratie bourgeoise qui fonctionne ainsi et pr&#233;tend tenir compte des demandes des appareils syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que, depuis la crise historique du capitalisme de 2007-2008, il n'y a plus de place pour le r&#233;formisme et tr&#232;s peu de place encore pour la d&#233;mocratie bourgeoise, grignot&#233;e tous les jours par la chute des investissements productifs, par la hausse du ch&#244;mage, par la mont&#233;e de la mis&#232;re et des r&#233;voltes sociales, par la d&#233;rive dictatoriale des d&#233;mocraties, sous pr&#233;texte d'antiterrorisme ou de crise migratoire ou encore de crise des banlieues ou de la jeunesse pauvre&#8230; Du coup, les gouvernants font sans cesse planer la menace de supprimer cet attribut de la d&#233;mocratie, la consultation des syndicats, et ces derniers y sont d'autant plus attach&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le rapport de forces se d&#233;grade de plus en plus, au fur et &#224; mesure des n&#233;gociations-affrontements ? Pourquoi le mouvement des retraites de 2010, tr&#232;s massif, a &#233;t&#233; suivi d'attaques accentu&#233;es ? Pourquoi les syndicats ont-ils tir&#233; comme bilan de leur impuissance &#224; faire reculer le gouvernement Sarkozy que la seule solution consistait &#224; appeler &#224; voter Hollande ? Pourquoi sont-ils rest&#233;s muets quand Hollande a davantage attaqu&#233; les retraites au lieu d'annuler les attaques de Sarkozy ? Pourquoi les cheminots ressortent affaiblis de leurs luttes, pourtant bien suivies, et toujours men&#233;es par les appareils syndicaux ? Pourquoi, les syndicats ont d'abord combattu contre la privatisation du rail et ont finalement men&#233; des luttes qui reconnaissaient celle-ci ? Pourquoi les syndicats ont-ils tromp&#233; les agents de l'h&#244;pital public, pr&#233;tendant admettre l'exigence des personnels : on ne n&#233;gocie pas les plans de Hirsch et ont finalement particip&#233; quand m&#234;me aux n&#233;gociations, et cautionn&#233; ainsi sa pr&#233;tendue r&#233;forme qui casse l'h&#244;pital public et ses personnels, leurs temps de repos, leurs emplois, leurs horaires, leurs charges de travail, leurs salaires et leurs conditions de travail ! Et une mobilisation tr&#232;s importante n'a pas permis de faire reculer Hirsch et le gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les salari&#233;s ne sont pas sentis renforc&#233;s lors des mobilisations pour les retraites, contre la privatisation du rail, contre la loi El Khomri et bien d'autres, mais ils ont &#233;t&#233; affaiblis au point que les directions des entreprises priv&#233;es comme des services publics ont eu les moyens, &#224; la fin de ces &#171; mobilisations syndicales &#187;, de s'attaquer aux salari&#233;s combatifs, de licencier ou de sanctionner les plus combatifs, de les isoler ou de les attaquer. On l'a bien vu lors des luttes &#224; Air France, dans les raffineries, dans les h&#244;pitaux, etc&#8230; Cela montre que les m&#233;thodes des centrales syndicales, loin de renforcer les travailleurs, avaient renforc&#233; leurs adversaires patronaux comme gouvernementaux. Plus remarquable encore le fait que les centrales syndicales aient elles-m&#234;mes fait la chasse aux militants ouvriers les plus radicaux, montrant que leur convergence avec les classes poss&#233;dantes et les gouvernants qui provient de leur r&#233;formisme fait des r&#233;volutionnaires et des travailleurs combatifs des ennemis bien plus craints que les patrons et leurs soutiens gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, les dirigeants syndicaux craignent des d&#233;bordements de col&#232;re des travailleurs. Cela ne veut pas dire qu'ils craignent en soi la violence ou qu'ils craignent que des travailleurs se radicalisent, comme cela a &#233;t&#233; le cas &#224; Air France ou dans les entreprises qui licencient ou ferment. Non, ils sont m&#234;me capables de prendre l'initiative de tels d&#233;bordements pour conserver la direction de la lutte mais ce qu'ils craignent c'est que la col&#232;re ouvri&#232;re am&#232;ne les travailleurs &#224; s'auto-organiser, &#224; ne plus se contenter de suivre les appareils r&#233;formistes, qu'ils prennent eux-m&#234;mes les d&#233;cisions concernant leurs luttes, leurs revendications, leurs moyens d'action, leurs liaisons interentreprises, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appareils syndicaux ont tout aussi peur des coups de col&#232;re brutaux et violents des prol&#233;taires qu'en ont peur les capitalistes et les gouvernants, et ce n'est pas sans cons&#233;quence sur les choix que font parfois ces appareils syndicaux, &#233;pousant parfois des luttes qu'ils n'auraient pas souhait&#233;, qu'ils ne voulaient pas du tout initier, qu'ils auraient voulu m&#234;me emp&#234;cher, mais dans lesquelles ils craignent surtout que les travailleurs se donnent eux-m&#234;mes une direction autonome et des perspectives propres et de classe, ce qui est exactement le contraire de la mani&#232;re dont ces directions syndicales m&#232;nent les luttes : sans auto-organisation, sans liaison inter-entreprise, sans perspective commune des travailleurs d&#233;cid&#233;e en commun, sans renforcement politique au social de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4472&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4472&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2018&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de barrer la route &#224; l'extr&#234;me droite, la CGT soutient ouvertement Macron&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve969&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve969&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trahison syndicale de la gr&#232;ve des cheminots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mort la SNCF !!! d&#233;clare en substance Spinetta, dans son rapport command&#233; par Macron-Philippe !!! Fini le service public : vers une soci&#233;t&#233; anonyme ! Et pas une seule soci&#233;t&#233; anonyme mais plusieurs diff&#233;rentes !!! Fini le statut de cheminot (qui n'est pas &#224; proprement parler un statut de fonctionnaire) et les nouveaux seront des contractuels ! Finies les petites lignes de province ! Vente &#224; des op&#233;rateurs priv&#233;s des lignes TER !!! Transfert des personnels SNCF vers les op&#233;rateurs priv&#233;s !!! Fini le statut de cheminot !!! Finies les toutes petites lignes qui n'ont pas assez de passagers ! Il se donne vingt ans pour moderniser le r&#233;seau (vingt ans avec des blocages type Montparnasse et aussi vingt ans avec des Br&#233;tigny...) !!! Il voudrait aussi supprimer la retraite des cheminots ainsi que le type de contrats et on en passe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attaque anti-sociale de grande ampleur, une lutte de classe clairement et nettement men&#233;e par la classe poss&#233;dante et son Etat signifie que les exploiteurs ne craignent pas les fausses r&#233;actions syndicales. Il suffit de voir que ceux-ci proposent aux cheminots de lutter s&#233;par&#233;ment (le m&#234;me jour mais &#224; part des autres fonctionnaires !) pour voir &#224; quel point une attaque d'ensemble n'a en face d'elle que des ripostes partielles, localis&#233;es ou corporalis&#233;es, par journ&#233;es ou par secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule r&#233;ponse qui ferait reculer les capitalistes et le gouvernement serait de couvrir le Rail (tout : les gares, les technicentres, les conducteurs, l'entretien, le nettoyage, les guichets, toutes les EPIC !) de comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus et r&#233;vocables, au sein d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, coordonn&#233;s nationalement et proposant &#224; toute la classe ouvri&#232;re du pays, public et priv&#233;, y compris les ch&#244;meurs d'en faire autant. Rien que &#231;a !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les centrales syndicales ont aussi peur de cette perspective que le gouvernement et le patronat. c'est cette peur qui va dicter leur tactique &#171; de lutte &#187; consistant &#224; &#233;viter une vraie lutte !&lt;br class='autobr' /&gt;
On aurait pu s'attendre qu'au lendemain du rapport Spinetta, les cheminots soient r&#233;unis partout en assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Eh bien, non ! Les syndicats ne l'ont pas voulu, la gauche de la gauche ou l'extr&#234;me gauche officielle non plus !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;unis &#171; &#224; chaud &#187;, au moment o&#249; ils &#233;taient massivement indign&#233;s par l'annonce d'attaques d'ampleur contenue dans le rapport Spinetta commandit&#233; par le gouvernement. A ce moment-l&#224;, les syndicats ne demandaient pas aux cheminots de se rassembler, de discuter, mais d'attendre la r&#233;union au sommet de l'intersyndicale, annon&#231;ant que l'unit&#233; serait le produit d'une telle entente entre dirigeants des appareils bureaucratiques, y compris ceux qui s'&#233;taient d&#233;clar&#233;s favorables &#224; la nouvelle politique incarn&#233;e par Macron !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 mars 2018 : R&#233;union de l'intersyndicale qui, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale des cheminots, y compris les militants syndicalistes eux-m&#234;mes, annonce que la gr&#232;ve des cheminots se fera&#8230; sans gr&#232;ve reconductible !!! Une gr&#232;ve est pourtant obligatoirement reconductible, sinon cela s'appelle seulement des journ&#233;es d'action !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intersyndicale CGT-Unsa-Sud-CFDT de la SNCF a annonc&#233; ce jeudi 15 mars une gr&#232;ve sur le rythme de &#034;deux jours sur cinq&#034;, &#224; partir du mardi 3 avril et jusqu'au jeudi 28 juin, pour protester contre la r&#233;forme du rail en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intersyndicale pr&#233;tend que sa strat&#233;gie permettra de g&#234;ner plus longtemps la circulation des trains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si g&#234;ner la circulation des trains, c'&#233;tait cela que craignaient gouvernants et capitalistes !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des Gilets jaunes va d&#233;masquer le refus des appareils syndicaux de toute lutte de classes offensive et auto-organis&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les luttes syndicales n'avaient pas apport&#233;, ce que les organisations politiques fussent-elles d'extr&#234;me gauche n'avaient pas apport&#233;, le mouvement actuel l'am&#232;ne : les travailleurs discutent comme jamais dans toutes les entreprises, ils discutent en m&#234;me temps et non profession par profession, corporation par corporation, ils discutent parce que l'&#233;l&#233;ment politique principal est devenu leur propre action et leur propre organisation : quand ils discutent ils d&#233;cident !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction, c'est que les organisations qui se r&#233;clament de la classe ouvri&#232;re ne se reconnaissent nullement dans ce mouvement, sous le pr&#233;texte que l'explosion secoue tout, fait tout remonter et pas seulement des bonnes id&#233;es, des bons courants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gens-l&#224;, soi disant tr&#232;s organis&#233;s, n'aiment pas l'explosion, n'aiment pas l'insurrection, n'aiment pas la r&#233;volution, y compris quand ils ne cessent d'en parler !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des classes, ces encadreurs des travailleurs, ne sont pas pour quand les opprim&#233;s la m&#232;nent vraiment !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal slogan des gilets jaunes &#171; Y'en a marre de la mis&#232;re ! &#187; nous le dit : ce sont ceux qui commencent &#224; ne plus supporter de devoir vivre dans le d&#233;nuement&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'ores et d&#233;j&#224; une insurrection des mis&#233;rables, des opprim&#233;s, des exploit&#233;s !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la r&#233;volution sociale qui est &#171; en marche &#187; !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d'accord sur un point : il faut &#233;radiquer d&#233;finitivement la mis&#232;re, l'interdire, la supprimer, et &#233;radiquer aussi toutes ses causes, tous ses b&#233;n&#233;ficiaires, et imposer le droit de tous &#224; disposer des moyens mat&#233;riels de vivre correctement. Mais ils r&#233;clament cela justement au moment o&#249; la soci&#233;t&#233; capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d'accro&#238;tre massivement la mis&#232;re du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n'est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c'est toute la classe poss&#233;dante ! D&#232;s lors, les r&#233;volt&#233;s ne s'attaquent pas seulement &#224; un chef d'Etat, &#224; son gouvernement, &#224; sa politique mais &#224; toute la classe poss&#233;dante, &#224; tout le syst&#232;me et en prennent conscience au cours des &#233;v&#233;nements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n'a pas les moyens d'en arr&#234;ter le cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, en refusant de n&#233;gocier avec un pouvoir, en le mena&#231;ant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir &#224; payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirig&#233; le mouvement des retraites (inutilement comme bien d'autres gr&#232;ves) ont tir&#233; de cette lutte&#8230; z&#233;ro euro et z&#233;ro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche r&#233;formiste n'a jamais port&#233; le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas &#234;tre des ennemis du mouvment, cela a &#233;t&#233; pire encore. Il n'y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et &#224; mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont pr&#233;tendu y participer, on a trouv&#233; du rouge de l'orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirm&#233; qu'ils n'&#233;taient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant &#224; un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire p&#226;lir le drapeau des gilets jaunes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal slogan des gilets jaunes &#171; Y'en a marre de la mis&#232;re ! &#187; nous le dit : ce sont ceux qui commencent &#224; ne plus supporter de devoir vivre dans le d&#233;nuement&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'ores et d&#233;j&#224; une insurrection des mis&#233;rables, des opprim&#233;s, des exploit&#233;s !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la r&#233;volution sociale qui est &#171; en marche &#187; !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d'accord sur un point : il faut &#233;radiquer d&#233;finitivement la mis&#232;re, l'interdire, la supprimer, et &#233;radiquer aussi toutes ses causes, tous ses b&#233;n&#233;ficiaires, et imposer le droit de tous &#224; disposer des moyens mat&#233;riels de vivre correctement. Mais ils r&#233;clament cela justement au moment o&#249; la soci&#233;t&#233; capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d'accro&#238;tre massivement la mis&#232;re du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n'est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c'est toute la classe poss&#233;dante ! D&#232;s lors, les r&#233;volt&#233;s ne s'attaquent pas seulement &#224; un chef d'Etat, &#224; son gouvernement, &#224; sa politique mais &#224; toute la classe poss&#233;dante, &#224; tout le syst&#232;me et en prennent conscience au cours des &#233;v&#233;nements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n'a pas les moyens d'en arr&#234;ter le cours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, en refusant de n&#233;gocier avec un pouvoir, en le mena&#231;ant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir &#224; payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirig&#233; le mouvement des retraites (inutilement comme bien d'autres gr&#232;ves) ont tir&#233; de cette lutte&#8230; z&#233;ro euro et z&#233;ro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche r&#233;formiste n'a jamais port&#233; le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas &#234;tre des ennemis du mouvment, cela a &#233;t&#233; pire encore. Il n'y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et &#224; mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont pr&#233;tendu y participer, on a trouv&#233; du rouge de l'orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirm&#233; qu'ils n'&#233;taient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant &#224; un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire p&#226;lir le drapeau des gilets jaunes !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait le plus remarquable est l'influence que le mouvement Gilets jaunes exerce encore dans les esprits malgr&#233; de tr&#232;s grands efforts des gouvernants, des m&#233;dia, des partis et des syndicaux pour en effacer l'influence. Plus de quatre ans apr&#232;s, il marque toujours la situation sociale en France et sert de r&#233;f&#233;rence pour ses amis comme pour ses ennemis. Il continue m&#234;me un peu partout &#224; exister et &#224; se manifester, m&#234;me si c'est avec beaucoup moins de force qu'&#224; ses d&#233;buts. Il reste une menace permanente pour les classes dirigeantes qui doivent calculer avec lui et notamment qui doivent cr&#233;diter davantage les syndicats pour le contrer. Il a en effet d&#233;montr&#233; une efficacit&#233; consid&#233;rablement plus grande que tous les mouvements syndicaux, m&#234;me quand ces derniers &#233;taient plus suivis. En effet, les classes poss&#233;dantes ont plus peur des mouvements auto-organis&#233;s qui ne sont pas controlables ni ais&#233;ment trompables et ils craignent de n'avoir personne avec qui n&#233;gocier comme cela a &#233;t&#233; le cas avec les Gilets jaunes. Le dernier &#233;chec total du mouvement syndical et politique des retraites soutenu par tous les syndicats et partis de gauche souligne encore le relatif succ&#232;s des Gilets jaunes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les nombreuses tentatives pour l'&#233;craser par la r&#233;pression sanglante (la pire violence d'Etata contre des manifestants d&#233;sarm&#233;s depuis des d&#233;cennies) et par la calomnie massive. L'&#233;chec des tentatives de r&#233;cup&#233;ration et des tentatives de le discr&#233;diter, notamment avec les accusations de fascisme, de complotisme et d'antis&#233;mitisme a &#233;t&#233; d'autant plus remarquable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ses d&#233;buts, quand il &#233;tait le plus massif, il a touch&#233; toutes les r&#233;gions de France, jusqu'aux coins les plus recul&#233;s et s'est implant&#233; partout &#224; la base, parmi les plus d&#233;munis, dans le prol&#233;tariat et dans les couches mis&#233;rables de la population, unissant le peuple travailleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il aurait certainement essaim&#233; dans les entreprises sans le tir de barrage des syndicats qui, pour se prot&#233;ger, ont men&#233; campagne en le traitant d'alliance avec la petite bourgeoisie, avec les d&#233;&#231;us du macronisme, d'alliance avec le fascisme et l'antis&#233;mitisme, de compltisme et autres balivernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT va militer d'embl&#233;e contre le mouvement des Gilets jaunes qu'il pr&#233;tendra inf&#233;od&#233;s &#224; l'extr&#234;me droite, antis&#233;mites, de petits patrons, antisyndical et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gilets-jaunes-Pour-Martinez-il-est-impossible-d-imaginer-la-CGT-defiler-a-cote-du-Front-national-1588335&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gilets-jaunes-Pour-Martinez-il-est-impossible-d-imaginer-la-CGT-defiler-a-cote-du-Front-national-1588335&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres syndicats ne feront pas mieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-le-nouveau-patron-de-fo-n-appelle-pas-a-manifester-samedi-a-paris-mais-demande-des-augmentations-des-salaires_3048145.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.franceinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-le-nouveau-patron-de-fo-n-appelle-pas-a-manifester-samedi-a-paris-mais-demande-des-augmentations-des-salaires_3048145.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/26/97002-20181126FILWWW00042-gilets-jaunes-la-cfdt-on-va-faire-des-propositions-concretes.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/26/97002-20181126FILWWW00042-gilets-jaunes-la-cfdt-on-va-faire-des-propositions-concretes.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui distingue la lutte des gilets jaunes de tous les mouvements r&#233;formistes, par exemple le dernier mouvement syndical contre la r&#233;forme des retraites, c'est que c'&#233;tait un mouvement r&#233;volutionnaire et pas un mouvement r&#233;formiste. C'est ce qui a pouss&#233; le gouvernement de Macron pourtant le plus offensif contre les exploit&#233;s de ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; reculer sur bien des points, craignant que l'ensemble de la classe ouvri&#232;re soit entra&#238;n&#233;e par lui vers la r&#233;volution sociale&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gilets jaunes sont le premier mouvement depuis de longues ann&#233;es qui ait affirm&#233; en France la n&#233;cessit&#233; d'en finir non seulement avec telle ou telle politique du capital et de son gouvernement mais avec le pouvoir capitaliste lui-m&#234;me, avec la mainmise capitaliste sur toutes les richesses, avec la mainmise &#233;galement du capital sur le pouvoir d'Etat, un mouvement qui ait refus&#233; r&#233;ellement tout dialogue avec le pouvoir capitaliste, toute n&#233;gociation avec lui, toute tentative d'arrangement, de compromis, d'entente, exactement &#224; l'inverse des r&#233;formistes qui ne r&#233;clament que cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, redisons-le une fois encore, ce qui permet aux appareils r&#233;formistes de mener leurs man&#339;uvres grandes et petites, c'est qu'elles peuvent s'adresser &#224; la population travailleuse ou au moins &#224; une majorit&#233; de celle-ci et lui dire : &#171; Vous aussi, vous ne voulez pas autre chose qu'une bonne r&#233;forme et vous ne souhaitez pas tout r&#233;volutionner &#187;. Et pour le moment cela reste vrai. C'est seulement dans le mouvement des gilets jaunes que l'on n'avait pas trouv&#233; une majorit&#233; pour c&#233;der &#224; ce type de discours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte a &#233;t&#233; si profonde et radicale, le foss&#233; si large entre riches et pauvres, entre les capitalistes et les plus d&#233;munis, les provocations du pouvoir si insupportables que les gilets jaunes se sont le plus souvent proclam&#233;s ouvertement r&#233;volutionnaires, r&#233;solus &#224; refuser les compromis et les fausses n&#233;gociations, et &#224; d&#233;clarer qu'ils ne voulaient rien r&#233;former mais tout changer radicalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ils sont nombreux ceux qui n'ont pas confiance dans les appareils r&#233;formistes, nombreux y compris au sein de ces organisations, m&#234;me parmi les militants de celles-ci, &#224; dire qu'elles ne sont pas assez radicales, qu'elles font trop de cadeaux &#224; nos ennemis, qu'elles ne proposent pas des strat&#233;gies de lutte suffisantes pour am&#233;liorer le rapport de forces. Mais ces critiques, y compris celles de la gauche de la gauche ou de l'extr&#234;me gauche opportuniste, ne touchent nullement au fond de la question, celle du r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela n'a rien &#224; voir avec une particularit&#233; fran&#231;aise. Partout dans le monde, le r&#233;formisme n'est plus capable que de soutenir ou d'aider des contre-r&#233;formes qui d&#233;truisent les services publiques, les aides sociales, la sant&#233;, l'&#233;ducation, le niveau de vie des travailleurs, des ch&#244;meurs, des mis&#233;rables. Au plan social et politique, ces r&#233;formistes ne font que sauver les gouvernants, les capitalistes et de d&#233;fendre le syst&#232;me capitaliste lui-m&#234;me. Ainsi, ils ne font que donner cr&#233;dit aux d&#233;magogies des extr&#234;mes droites fascistes qui peuvent se cr&#233;diter de d&#233;noncer plus radicalement le syst&#232;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes essaient de se recr&#233;diter &#224; partir des attaques antisociales et ils font de m&#234;me avec la menace que repr&#233;sentent les fascistes, mais, en fait, ils ne servent &#224; rien pour combattre ces deux menaces. Au contraire, ils emp&#234;chent toute riposte, emp&#234;chent les travailleurs et les d&#233;munis de s'organiser pour riposter, et ils permettent &#224; nos ennemis de faire croire &#224; leur force et de faire croire que les exploit&#233;s, eux, ne disposent ni de forces ni de perspectives&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base m&#234;me des th&#232;ses r&#233;formistes, c'est justement que l'&#171; on ne peut pas changer le syst&#232;me, il faut seulement l'adapter &#187;. Les m&#234;mes affirment ne pas vouloir s'en prendre aux capitalistes mais seulement amoindrir le foss&#233; social. Ils affirment ne pas combattre pour supprimer la possession priv&#233;e du grand capital mais permettre au plus grand nombre d'acc&#233;der au droit de r&#233;ussir, au droit d'entreprendre, au droit de s'enrichir. La r&#233;alit&#233; montre qu'ils mentent : partout dans le monde, on ne permet au plus grand nombre que de devenir plus pauvres, plus pr&#233;caires, plus d&#233;munis, plus menac&#233;s, plus attaqu&#233;s, plus &#233;touff&#233;s. Y compris quand ces pr&#233;tendus r&#233;formistes gouvernent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme m&#234;me de r&#233;formistes est mensonger car ces pr&#233;tendues &#171; gauches &#187; ou &#171; centres gauches &#187; ou &#171; gauches de la gauche &#187;, une fois au gouvernement, s'attaquent autant aux exploit&#233;s que les pr&#233;tendues droites et m&#234;me s'unissent parfois &#224; elles ou aux extr&#234;mes droites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;riode de crise r&#233;volutionnaire du monde capitaliste, toutes les colorations politiques de la grande bourgeoisie convergent vers l'attaque violente contre les exploit&#233;s, vers la r&#233;pression violente des actions de ces derniers, vers l'&#233;crasement violent des opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les r&#233;formistes, ou pr&#233;tendus tels, ne r&#233;forment rien du tout. Parce que le pouvoir capitaliste, depuis sa crise r&#233;volutionnaire, n'est plus, depuis 2007-2008, capable d'autre chose que de casser les droits, les revenus, la vie de tous les exploit&#233;s. Malgr&#233; la profondeur ce cette crise &#233;conomique, le capitalisme n'a rien pu r&#233;former du tout et il en est incapable parce que ce qui est cause de son effondrement c'est justement le droit des propri&#233;taires priv&#233;s &#224; miser sur ce qui est le plus profitable, y compris quand c'est de miser sur l'effondrement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2019 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des Urgences des h&#244;pitaux a d&#233;marr&#233; sans les syndicats par une organisation des personnels par eux-m&#234;mes &#224; l'h&#244;pital Saint-Antoine, l'Inter-Urgences, qui a r&#233;ussi &#224; g&#233;n&#233;raliser la gr&#232;ve &#224; tous le pays !!! Syndicalistes et gauches jusqu'&#224; l'extr&#234;me gauche essaient d'effacer cette ind&#233;pendance par rapport aux appareils syndicaux en faisant comme si ces gr&#232;ves auto-organis&#233;es sont l&#224; pour pr&#233;parer la &#034;journ&#233;e&#034; de gr&#232;ve syndicale du 5 d&#233;cembre, pas du tout auto-organis&#233;e, ce qui n'est absolument pas le cas...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement national des urgences en lutte et de nombreux h&#244;pitaux est promen&#233; par les syndicats et affaibli par eux puis arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5524&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5524&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5360&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5360&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5479&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5479&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 d&#233;cembre 2019, les directions syndicales font seulement semblant de prendre la t&#234;te d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible et interprofessionnelle&#8230; Mais c'est faux, bien entendu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains croient que la CGT appelle toutes les cat&#233;gories &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;alit&#233; est tout autre. Voici ce qu'elle &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 14 novembre pour la d&#233;fense de l'H&#244;pital public et des Finances Publiques&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 17 novembre contre l'ouverture des magasins le dimanche sans caissi&#232;re et en soir&#233;e jusqu'&#224; minuit (non r&#233;mun&#233;r&#233; comme des heures de nuit de 21h &#224; 24h)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 20 Novembre Mobilisation des Accompagnants d'El&#232;ves en Situation d'Handicap (AESH, AVS)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 23 novembre contre les violences faites aux femmes&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 5 d&#233;cembre pour nos salaires et nos emplois, contre le projet de r&#233;forme des retraites Delevoye/Macron&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 7 d&#233;cembre contre la r&#233;forme de l'assurance ch&#244;mage&lt;br class='autobr' /&gt;
Et apr&#232;s nous d&#233;ciderons ensemble des suites &#224; donner &#224; nos luttes : gr&#232;ves, manifestations, rassemblements&#8230;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les appareils syndicaux veulent seulement diriger le mouvement pour le limiter, pour le contr&#244;ler, pour &#233;viter que la classe ouvri&#232;re ne s'auto-organise et pour ensuite la trahir en la vendant au pouvoir et au grand capital&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut m&#234;me dire que, d&#232;s maintenant, en n&#233;gociant par petits bouts, par secteur, avec Macron, ils vendent et trahissent d&#233;j&#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 5 d&#233;cembre qui, d'ailleurs, si elle se g&#233;n&#233;ralise petit &#224; petit, secteur par secteur, n'est nullement appel&#233;e comme une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale interprofessionnelle reconductible de tous les travailleurs et ch&#244;meurs, du moins par les appareils syndicaux de toutes sortes. En effet, secteur par secteur, ce n'est que les travailleurs que les syndicats organisent pour pr&#233;parer la journ&#233;e du 5 d&#233;cembre et les suivantes, non, c'est les n&#233;gociations avec le pouvoir qu'elles mettent en place ! Et on le voit dans tous les secteurs, dans toutes les cat&#233;gories, pour tous les syndicats. Tous sont re&#231;us. Tous n&#233;gocient dans le dos des travailleurs. Tous trahissent d&#232;s maintenant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre autrement que ces appareils bureaucratiques, qui se sont toujours dits hostiles &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e de tous les travailleurs, se pr&#233;tendent aujourd'hui &#224; son initiative ? En fait, tous les signaux sociaux en France se mettent de plus en plus au rouge et les appareils syndicaux ne veulent pas que chez les cheminots, chez les hospitaliers, chez les pompiers, chez les enseignants, chez les ouvriers de l'Automobile, dans l'Energie, &#224; la RATP, chez les employ&#233;s de banque, les travailleurs se lancent dans une &#171; gr&#232;ve sauvage &#187; comme viennent de la faire les urgentistes, et deux fois de suite les cheminots ! Rien n'inqui&#232;te autant, &#224; la fois les dirigeants syndicaux et les dirigeants gouvernementaux, que le fait que les travailleurs s'auto-organisent, d&#233;cident eux-m&#234;mes du moment de leur action, de ses buts, des moyens engag&#233;s, de leur mode d'action et d'organisation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 d&#233;cembre, le mot d'ordre qui est souvent rappel&#233; est celui de la &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e &#187; mais ce qu'en disent les appareils bureaucratiques des syndicats n'a rien de rassurant sur sa signification pour eux &#233;tant donn&#233; que le caract&#232;re &#171; illimit&#233; &#187; ne signifient pas qu'ils appellent &#224; faire gr&#232;ve apr&#232;s le 5 et m&#234;me pas le 6 d&#233;cembre et que le caract&#232;re &#171; g&#233;n&#233;ral &#187; de l'appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ne signifie pas non plus qu'ils appellent vraiment tous les secteurs de la classe ouvri&#232;re &#224; agir ensemble !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, une v&#233;ritable action de masse des travailleurs ne peut avoir lieu que si, &#224; la base, les travailleurs s'organisent par eux-m&#234;mes en comit&#233;s, en collectifs, en conseils, en assembl&#233;es, et se coordonnent localement, r&#233;gionalement et nationalement comme sont en train de le faire les gilets jaunes, comme l'ont fait aussi les urgences des h&#244;pitaux publics dans les collectifs de l'InterUrgences et m&#234;me dans tout l'h&#244;pital public dans les collectifs de l'InterH&#244;pitaux et comme l'ont fait les cheminots du technicentre de Ch&#226;tillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les m&#233;dias ont parl&#233; de &#171; convergence &#187; entre syndicats et gilets jaunes auto-organis&#233;s, mais ce n'est pas au point que les syndicats reconnaissent le droit aux salari&#233;s de d&#233;cider eux-m&#234;mes, pas plus le 5 d&#233;cembre que pour d'autres actions, des revendications, des modes d'action, des n&#233;gociations, des objectifs, de la strat&#233;gie. Ce que les gilets jaunes, les urgences ou les cheminots du technicentre de Ch&#226;tillon, c'est-&#224;-dire l'auto-organisation de la lutte, ont impos&#233; n'est toujours pas admis dans les entreprises. Et c'est pourtant ce qui permettrait non seulement d'assurer le contr&#244;le par les travailleurs de leur propre lutte, d'&#234;tre s&#251;r de ne reprendre le travail notamment que quand on l'a d&#233;cid&#233; et aux conditions que l'on a voulues, mais aussi de pouvoir se faire craindre des classes poss&#233;dantes et des gouvernants. Il est &#233;vident aujourd'hui que ceux-ci ne craignent nullement les appareils syndicaux car ils les tiennent aux bourses !!! C'est en effet l'Etat et les grands trusts qui financent les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gilets jaunes veulent converger avec les salari&#233;s, pas &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;s par les syndicats !!!! Des participants syndicalistes mais pas de banderoles ni d'encadrement syndical...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1031&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1031&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'intersyndicale m&#232;ne dans le mur le mouvement de d&#233;fense des retraites et toute la lutte des classes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5614&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5614&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands strat&#232;ges syndicaux de la gr&#232;ve perl&#233;e reviennent dessus... et plantent la gr&#232;ve des cheminots...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5395&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5395&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouvement des retraites&#8230; Les syndicats sont unis pour battre en retraite ensemble apr&#232;s avoir lantern&#233; ensemble&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse syndicale &#224; de nouvelles attaques d'ampleur sur les retraites aurait d&#251; &#234;tre un mouvement g&#233;n&#233;ral des salari&#233;s, une v&#233;ritable explosion de r&#233;volte, relan&#231;ant le mouvement des gilets jaunes. Ne comptez pas sur les appareils r&#233;formistes pour cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi de la semaine derni&#232;re, les syndicats appelaient &#224; une journ&#233;e de gr&#232;ve de la RATP. Elle &#233;tait tr&#232;s suivie, mais &#224; quoi sert une seule journ&#233;e de gr&#232;ve d'une seule corporation m&#234;me si elle est tr&#232;s suivie ? Sinon &#224; faire en sorte que la col&#232;re ouvri&#232;re ne m&#232;ne &#224; rien !!! Les agents du m&#233;tro &#233;taient suivis par bien d'autres professions du public et du priv&#233;. Comment ne pas unir tous les salari&#233;s contre la r&#233;forme des retraites ? Les syndicats ont la r&#233;ponse : la RATP c'est juste un jour le 13 septembre. Puis c'est EDF le 19 septembre. Seulement un jour. Puis c'est FO tout seule le 21 septembre. Puis c'est la SNCF le 24 septembre. Une seule journ&#233;e d'inaction et d &#171; inefficacit&#233;,. etc. etc... Devant une telle strat&#233;gie de la division, le patronat et le gouvernement ne tremblent pas !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que les Urgences se battent, seules, que l'h&#244;pital public se d&#233;fend seul, la psychiatrie seule, les EPHAD seules, les salari&#233;s d'EDF contre le d&#233;mant&#232;lement seuls, les a&#233;roports seuls contre la privatisation, les attaquent, elles, sont g&#233;n&#233;rales, mettent en cause les retraites de tous, les emplois de tous, les services publics de tous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ce n'est pas demain que les appareils syndicaux lanceront la lutte des classes !!! Il faudra le faire nous-m&#234;mes comme les Gilets jaunes !!! Les appareils syndicaux ne se contentent pas d'appeler &#224; des journ&#233;es d'inaction alors que celles-ci ont d&#233;montr&#233; que les classes dirigeantes ne les craignent pas. Ils ne se contentent pas de diviser les luttes et m&#234;me de les saucissonner. Ils font plus : ils combattent de mani&#232;re active et militante contre&#8230; l'auto-organisation des travailleurs ! Les assembl&#233;es interprofessionnelles (qu'ils avaient accept&#233;es contraints et forc&#233;s en 1995) ou toute autre forme de coordination inter-entreprises et inter-secteurs (comme celle des Urgences), ils sont virulemment contre. Les comit&#233;s de gr&#232;ve, les conseils de travailleurs ou toute forme de d&#233;cision ne passant pas par les syndicats, ils affirment qu'elles seront manipul&#233;es par les patrons et le gouvernement, ou par l'extr&#234;me droite ou par l'extr&#234;me gauche. En tout cas, ils restent persuad&#233;s, ces appareils bureaucratiques, d'&#234;tre la seule existence possible d'une organisation des travailleurs. Mais il y a belle lurette qu'ils ne le sont plus. Leurs dirigeants passent leur vie dans des r&#233;unions d'organismes d'Etat, avec les patrons et les gouvernants et ne parlent jamais aux travailleurs du rang. Cela ne les emp&#234;che pas de d&#233;cider, &#224; la place des travailleurs, ce qui est n&#233;gociable et ce qui ne l'est pas. C'est cela, entre autres, que le mouvement des gilets jaunes a contest&#233; en s'organisant par lui-m&#234;me en comit&#233;s de ronds-points, en assembl&#233;e de discussions et de d&#233;cisions. Que les travailleurs en lutte ou en r&#233;volte d&#233;cident d'&#233;lire eux-m&#234;mes des d&#233;l&#233;gu&#233;s ou des repr&#233;sentants dans le feu de l'action, contr&#244;lables et r&#233;vocables, ils sont ouvertement contre. Que les travailleurs eux-m&#234;mes puissent d&#233;cider ce qui est n&#233;gociable et ce qui ne l'est pas, comme avaient tent&#233; de l'imposer les personnels de l'h&#244;pital public en lutte, ils se dressent contre et on les a vus n&#233;gocier avec Hirsch alors que les personnels manifestaient que &#171; ce n'est pas n&#233;gociable &#187; !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les attaques contre les salari&#233;s d&#233;passent largement le secteur public, l'unit&#233; public/priv&#233; n'est pas r&#233;alis&#233;e par les appareils syndicaux. Les travailleurs de toute l'Automobile se menac&#233;s en cette rentr&#233;e : Renault, Nissan, PSA ou Ford et bien d'autres s'appr&#234;tent &#224; attaquer mais aucun plan d'ensemble n'est propos&#233; pour lutter alors que des travailleurs am&#233;ricains de l'Automobile ont commenc&#233; la lutte, y compris en s'organisant de mani&#232;re ind&#233;pendante des appareils syndicaux bureaucratiques et corrompus des USA. Les enseignants am&#233;ricains en font de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle attaque contre les retraites n'a pas amen&#233; ces appareils r&#233;formistes &#224; proposer une lutte g&#233;n&#233;rale ni une forme nouvelle d'organisation des travailleurs par eux-m&#234;mes. Si le gouvernement y va prudemment sur la question des retraites, c'est parce qu'il craint non pas les r&#233;actions des directions syndicales mais celles des travailleurs eux-m&#234;mes : les gilets jaunes n'ont pas d&#233;sarm&#233; et il suffit de peu de chose pour que toutes les col&#232;res fusionnent en une large r&#233;volte, avec aussi la perspective de hausse des carburants, avec la crise financi&#232;re et bancaire &#233;galement mena&#231;ante pour tous les travailleurs et les milieux populaires. C'est bel et bien une r&#233;volte du type des gilets jaunes que les gouvernants craignent sur la question des retraites, de l'h&#244;pital public, de l'Automobile, d'EDF, des A&#233;roports et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article5522&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article5522&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en est &#224; la cinqui&#232;me journ&#233;e d'action de l'intersyndicale des retraites mais on ne les compte plus tant le gouvernement s'en moque ! On ne compte plus les promenades dans les rues non plus tant les classes poss&#233;dantes s'en moquent. Et &#231;a se voit !! Et &#224; chaque fois que le gouvernement sonne ses &#171; partenaires sociaux &#187;, ils r&#233;pondent pr&#233;sent, ils accourent comme des toutous !!! Une fois de plus, les strat&#232;ges syndicaux ont endormi la lutte des classes qui mena&#231;ait de donner une suite massive &#224; l'explosion sociale des gilets jaunes. Des promenades avec musique et merguez ! Pas de prises de parole de r&#233;volte, pas d'organisation de la lutte par les participants, pas de relations dynamiques avec les entreprises, pas d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales interprofessionnelles, aucun d&#233;bordement mettant en cause l'organisation de la soci&#233;t&#233; civile bourgeoise ! En somme, quelques journ&#233;es syndicales ont pr&#233;tendu effacer des mois et des mois de soul&#232;vement des gilets jaunes en France !&lt;br class='autobr' /&gt;
La CGT fait une fois de plus semblant que la lutte des raffineries peut suffire &#224; faire reculer le gouvernement et c'est TOTALEMENT faux !&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la lutte des retraites, les raffineries ne peuvent remplacer le secteur priv&#233; dont l'industrie !&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me les ports n'ont pas suivi parce que la strat&#233;gie des syndicats les maintenait &#224; l'&#233;cart !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats n'ont rien fait pour entra&#238;ner dans le mouvement les ch&#244;meurs, les femmes, les jeunes, les paysans, etc, etc&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont tout fait pour &#233;viter de menacer le pouvoir d'un soul&#232;vement social !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc un mouvement exactement inverse de celui des gilets jaunes&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement, conduit par ces appareils syndicaux &#224; penser que les travailleurs ne vont pas d&#233;border, se cramponne sur ses positions et se contente d'annoncer que la SNCF et la RATP roulent de mieux en mieux ! Alors que les syndicats nous annon&#231;aient avoir adopt&#233; non une gr&#232;ve des transports mais une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale interprofessionnelle illimit&#233;e et reconductible par les AG, ils n'ont jamais m&#234;me fait r&#233;ellement semblant de la lancer !!! Seuls ceux qui voulaient croire aux syndicats pouvaient se l'imaginer : on savait bien avant que &#231;a commence qu'il n'en serait rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, la lutte des retraites pouvait donner un nouveau souffle au mouvement des gilets jaunes. Non, les appareils syndicaux, eux, ne pouvaient au contraire que l'&#233;touffer et c'est ce qu'ils font.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5678&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5678&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Covid-19 et les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patrons veulent co&#251;te que co&#251;te maintenir leur production et les syndicats ne veulent pas les en emp&#234;cher !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1061&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1061&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne mettront pas en avant pas plus que les autres institutions de la bourgeoisie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8455&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8455&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne diront jamais sur covid, pas plus que les partis politiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6896&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6896&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, les syndicats orchestrent une fausse convergence avec les Gilets jaunes apr&#232;s en avoir dit pis que pendre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du mouvement, les gilets jaunes n'ont jamais &#233;t&#233; hostiles aux syndicalistes qui, en tant qu'individus, participent sans probl&#232;me &#224; la lutte des gilets jaunes. Ce dont ils ne veulent pas ce sont les m&#233;thodes des directions syndicales et leur fausse d&#233;mocratie. Ce qui caract&#233;rise les gilets jaunes, ils n'ont cess&#233; de l'affirmer : &#171; On ne veut pas imiter le mode d'organisation de la soci&#233;t&#233;, de l'Etat, des partis et des syndicats &#187;. On veut mettre en place une d&#233;mocratie d'un genre nouveau, le pouvoir r&#233;el des participants sur leur propre lutte, la recherche collective de perspectives sans &#234;tre enferm&#233;s par des logiques d'organisation et surtout pas par la logique des classes dominantes ! C'est la fameuse d&#233;mocratie des ronds-points et des assembl&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la liaison avec les entreprises est une n&#233;cessit&#233; et un &#233;l&#233;ment important dans les perspectives du mouvement mais ce n'est pas des syndicats qu'il d&#233;pend. Mais il y a aussi la n&#233;cessit&#233; de la liaison avec les banlieues, de la liaison avec les ch&#244;meurs, avec les pr&#233;caires, avec tous ceux qui sont opprim&#233;s et exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains parlent de &#171; la convergence des gilets jaunes avec la CGT &#187;, qu'il s'agisse de M&#233;lenchon, des Insoumis, d'une certaine extr&#234;me gauche type NPA ou LO, ou de certains dirigeants de la CGT. En fait, la CGT, dans sa direction nationale, ne converge qu'avec ses propres m&#233;thodes et appelle &#224; nouveau &#224; d'inutiles journ&#233;es d'action, cette fois le 5 f&#233;vrier, la derni&#232;re fois le 14 d&#233;cembre. M&#233;thode &#233;cul&#233;e, les journ&#233;es d'inaction ont men&#233; dans le mur tous les mouvements depuis des ann&#233;es, de la lutte pour les retraites &#224; celle des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'il y ait une vraie convergence, il faudrait que les le&#231;ons de ces &#233;checs cuisants, malgr&#233; des participations massives des travailleurs, soient tir&#233;es. Le succ&#232;s des gilets jaunes n'a pas davantage servi de le&#231;on aux directions syndicales. Ce n'est pas une question d'id&#233;e mais de type d'organisation. Les syndicats sont int&#233;gr&#233;s en fait &#224; l'appareil d'Etat et leur fonctionnement est largement d&#233;termin&#233; par celui-ci, &#224; commencer par le financement. Une lutte s'en prenant directement au pouvoir d'Etat n'est pas dans leurs capacit&#233;s. L'action directe n'est plus leur conception. La lutte intercat&#233;gorielle a depuis longtemps &#233;t&#233; abandonn&#233;e par ces appareils. L'auto-organisation leur apparait sans cesse comme une remise en cause de leur r&#244;le. Ils ne s'estiment pas comme une force de proposition aux luttes des salari&#233;s mais comme une direction de la lutte, incontestable, non &#233;lue, non r&#233;vocable. Il n'y a aucune convergence possible sur de telles bases !!! Sinon, ce serait un reniement des bases m&#234;mes du mouvement des gilets jaunes, celles qui ont fait trembler les classes poss&#233;dantes depuis plus de deux mois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5246&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5246&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gauches politiques et syndicales pr&#233;tendent renforcer le mouvement des Gilets jaunes mais ne font que l'affaiblir, lui enlever sa signification profonde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mouvement a pris, &#224; ses d&#233;buts, un cours inattendu, massif et explosif, de type r&#233;volutionnaire, qui a fait peur aux classes poss&#233;dantes et oblig&#233; le gouvernement &#224; de premiers reculs, ce n'est nullement gr&#226;ce &#224; de quelconques strat&#233;gies de leaders autoproclam&#233;s mais parce que la r&#233;volte prenait largement dans la population la plus d&#233;munie de ce pays et que ces derniers n'avaient pas du tout pu, ces derni&#232;res ann&#233;es, exprimer cette r&#233;volte qui d&#233;bordait ainsi. Le caract&#232;re r&#233;volutionnaire de cette lutte tient &#233;galement au fait que les Gilets Jaunes ont refus&#233; le cadre faussement d&#233;mocratique de la r&#233;publique des milliardaires en ne d&#233;clarant pas leurs manifestations, actions et en n'ayant pas peur de la police des grandes fortunes, un des derniers remparts aujourd'hui de la dictature ouverte des capitalistes et des trusts et multinationales. Cette lutte a mis en avant &#224; la fois des revendications &#233;conomiques devant mettre fin aux in&#233;galit&#233;s sociales, &#224; la mis&#232;re et des revendications politiques sur la d&#233;mocratie et le pouvoir du peuple qui pourraient &#234;tre r&#233;sum&#233;es &#224; ces deux mots d'ordre : &#171; Nous, n'avons rien, Nous voulons tout ! &#187;, &#171; Nous ne d&#233;cidons de rien, nous voulons d&#233;cider de tout ! Tout le pouvoir au peuple travailleur ! &#187;. Dans ces fondements, on le voit, ce mouvement d'une des parties les plus pr&#233;caires du peuple travailleur ne cherchait nullement &#224; d&#233;battre avec l'&#201;tat des grandes fortunes, ou &#224; attendre quelque chose de lui, contrairement aux organisations syndicales qui pratiquent la collaboration avec l'ennemi, et il repr&#233;sentait, d&#232;s lors, un r&#233;el danger pour les grandes fortunes s'il avait entrain&#233; les salari&#233;s des grandes entreprises et le reste des milieux populaires dans son sillage. Mais tel n'a pas &#233;t&#233; le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement lorsqu'ils ont laiss&#233; croire &#224; la &#171; convergence syndicats-gilets jaunes &#187; que le cr&#233;dit des Gilets jaunes est tomb&#233; et les craintes des classes poss&#233;dantes aussi ! En effet, personne ne craint les syndicats. Du moment qu'ils peuvent encadrer les luttes sociales, celles-ci en restent &#224; une fausse contestation sans risque, &#224; des journ&#233;es d'action, &#224; des fausses propositions, &#224; une caution des gouvernants. Et nous le constatons aujourd'hui. Alors que le gouvernement se met en ordre de marche pour imposer une s&#233;rie d'attaque sans pr&#233;c&#233;dent, les directions syndicales continuent de se r&#233;unir, de se concerter avec les fossoyeurs de nos droits et &#233;parpillent les luttes, les gr&#232;ves, les journ&#233;es d'action &#233;vitant tout lien r&#233;el entre les salari&#233;s et le reste de la population dans des assembl&#233;es de lutte dans les entreprises, dans les quartiers, les villes, les villages au travers desquelles le peuple pourrait contr&#244;ler et diriger lui-m&#234;me ses luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; du peuple travailleur n'est pas l'unit&#233; des organisations de la gauche politique ou syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fameuse convergence des appareils syndicaux avec les Gilets Jaunes n'est une convergence de convenance. Ils ne reconnaissent toujours pas ce qui a fait la force du mouvement de lutte &#224; savoir son auto-organisation, son refus des autorit&#233;s, son refus de demander des autorisations de manifester ou de s'assembler. Jamais ils n'ont &#233;t&#233; influenc&#233;s par ses aspirations politiques et sociales m&#234;l&#233;es, par le fait de lier revendications sociales, d&#233;mocratiques et politiques. De la convergence, il n'est donc rest&#233; que le fait que les syndicats pr&#233;tendaient d'un c&#244;t&#233; continuer &#224; calomnier la lutte et de l'autre faire semblant qu'ils y &#233;taient associ&#233;s, du moins lors de leurs sempiternelles &#171; journ&#233;es d'action syndicales &#187; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5508&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5508&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous, agents gr&#233;vistes du mat&#233;riel au Technicentre de Ch&#226;tillon, sur le r&#233;seau TGV Atlantique, avons cess&#233; le travail massivement depuis lundi 21 octobre au soir, sans se concerter ou &#234;tre encadr&#233;s par les syndicats. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cho &#233;norme d'une gr&#232;ve locale &#224; dur&#233;e illimit&#233;e, d&#233;cid&#233;e par les travailleurs eux-m&#234;mes sans les syndicats, vient de montrer que l'action directe a un tout autre poids que les journ&#233;es syndicales mobilisant un nombre &#233;norme de travailleurs sans faire aucun effet ou les gr&#232;ves programm&#233;es par les centrales &#224; dates pr&#233;par&#233;es &#224; l'avance, comme celle contre la privatisation du rail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fois de suite, les cheminots SNCF viennent de nous montrer l'exemple de la &#171; gr&#232;ve sauvage &#187;. La premi&#232;re fois, conducteurs et contr&#244;leurs SNCF exer&#231;ant leur &#171; droit de retrait &#187; par une &#171; gr&#232;ve surprise &#187;, ill&#233;gale dit la direction, car sans d&#233;poser l&#233;galement de demande de gr&#232;ve avec pr&#233;avis par les syndicats apr&#232;s n&#233;gociation, &#224; la suite d'un accident apr&#232;s la collision mercredi soir entre un TER reliant Charleville-M&#233;zi&#232;res &#224; Reims et un convoi routier exceptionnel coinc&#233; sur un passage &#224; niveau (accident qui a fait 11 bless&#233;s, dont le conducteur - seul agent SNCF &#224; bord du train) et o&#249; les cheminots estiment que la pr&#233;sence d'un seul cheminot par train a &#233;t&#233; une cause de risque et donc que le risque est maintenu du fait des conditions de fonctionnement qui restent impos&#233;es par la direction. La deuxi&#232;me fois, ce sont les agents du Technicentre SNCF de Ch&#226;tillon qui viennent de faire une gr&#232;ve reconductible sans direction syndicale, sans pr&#233;avis, sans n&#233;gociation, en prenant les d&#233;cisions seuls. La direction a voulu passer en force dans ce technicentre en imposant une modification des conditions de travail avec notamment des suppressions de cong&#233;s alors que les conditions de travail sont tr&#232;s dures (cadences soutenues, pression des d&#233;lais, les TGV contr&#244;l&#233;s devant repartir tr&#232;s vite et le temps de contr&#244;ler est plus que court) et les salaires tr&#232;s bas. A l'origine de ce mouvement spontan&#233;, la volont&#233; de la direction de Ch&#226;tillon de mettre fin &#224; un accord local, vieux de plusieurs ann&#233;es, qui offrait aux cheminots douze jours de repos suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'une vague mondiale de r&#233;volte et r&#233;volutions parcourt le monde, la France incluse, les syndicats de France ne se sentent nullement concern&#233;s. Ils ne font de projets sur rien de tout cela. Ce n'est pas leurs oignons. Ils ne sont solidaires de rien. Ils ne se voient de responsabilit&#233; dans rien, ils n'ont en rien &#224; leur donner des perspectives, alors que &#171; leur &#187; imp&#233;rialisme fran&#231;ais, lui, se consid&#232;re comme responsable de la r&#233;pression de ces luttes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8381&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8381&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2020 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La politique des syndicats face &#224; covid&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Somm&#233; sur France Inter de dire si la CGT lan&#231;ait un appel national aux travailleurs non-essentiels pour exercer leur droit de retrait afin de rester chez eux et &#233;chapper &#224; une seconde vague du COVID-19, Martinez a r&#233;pondu : &#171; Si la sant&#233; des enseignants et du personnel, de l'ensemble du personnel de l'&#233;ducation nationale n'est pas assur&#233;, celle des enfants, et bien, il ne faut pas, on ne peut pas, aller travailler. Vous et d'ailleurs, l&#224; aussi, les maires refusent de rouvrir les &#233;coles, c'est bien qu'il y a quelque chose qui n'est pas tout &#224; fait pour la reprise des cours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En clair, la CGT accorde avec magnanimit&#233; aux travailleurs individuels isol&#233;s le droite de prendre une d&#233;cision, sachant que la bourgeoisie ne paie peu ou rien aux travailleurs, aux ind&#233;pendants et aux petites entreprises, comptant sur la faim ou l'endettement pour les forcer &#224; reprendre le travail. Et tout en croisant les bras face aux travailleurs, les appareils syndicaux n&#233;gocient et coordonnent &#233;troitement avec le gouvernement Macron et le patronat la reprise du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour le souligner, les reporters de France Inter lui ont demand&#233; si &#171; le syndicalisme du monde d'apr&#232;s sera dans le dialogue, la cogestion plut&#244;t que dans l'opposition &#187; au gouvernement. Martinez a d'abord esquiv&#233; en disant que &#171; je pense qu'il faut poser le probl&#232;me autrement &#187;, car en effet la CGT participe d&#233;j&#224; &#224; toutes les r&#233;unions de cogestion avec les autres appareils syndicaux, le patronat et le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis Martinez a confirm&#233; qu'il aspire &#224; organiser la cogestion, esp&#233;rant que &#171; le Pr&#233;sident de la R&#233;publique se rende compte du r&#244;le essentiel des syndicats, et je pense &#224; tous les militants et toutes les militantes &#187;. Il a &#233;voqu&#233; ensuite les manifestations qui se d&#233;roulent depuis des ann&#233;es dans les h&#244;pitaux. De mani&#232;re totalement irr&#233;aliste, il a demand&#233; un engagement de Macron &#171; contre les fermetures de lits, contre les fermetures d'h&#244;pitaux, pour plus d'emploi dans les h&#244;pitaux, une meilleure reconnaissance des qualifications. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie d&#233;montre la faillite de tous les organisations qui s'en remettent aux syndicats pour organiser les luttes ouvri&#232;res. Financ&#233;s en France par l'&#201;tat et le patronat, que ce soit &#171; l&#233;galement &#187; dans le cadre de la cogestion ou ill&#233;galement par le versement de pots-de-vin, ils ont n&#233;goci&#233; la casse du Code du Travail avec Hollande, la privatisation de la SNCF et la casse par Macron du syst&#232;me de retraites par r&#233;partition. A pr&#233;sent, &#224; travers l'Europe et l'Am&#233;rique, les syndicats planifient une reprise du travail qui pourrait faire des centaines de milliers ou des millions de morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5899&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5899&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2021 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'y voir une atteinte inacceptable &#224; la libert&#233; et &#224; la sant&#233;, les syndicats n'ont pas boug&#233; le petit doigt lorsque ces attaques ont commenc&#233; &#224; se profiler et ont attendu qu'elles soient pleinement d&#233;velopp&#233;es et que des r&#233;actions spontan&#233;es et auto-organis&#233;es menacent pour avoir une petit d&#233;but de r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#234;mes syndicats ont refus&#233; de participer aux manifestations contre la politique sanitaire, affirmant, comme Macron, que les manifestants &#233;taient manipul&#233;s par l'extr&#234;me droite !! Comme pour d&#233;nigrer les manifestations des gilets jaunes, il leur suffisait de trouver un militant d'extr&#234;me droite qui se joignait &#224; une manifestation nullement organis&#233;e par des fascistes pour l'affirmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, des syndicats (pas les conf&#233;d&#233;rations qui elles, de fait, soutiennent Macron) appellent &#224; la gr&#232;ve mais ils se gardent d'appeler d'abord &#224; des assembl&#233;es du personnel qui d&#233;ciderait ainsi lui-m&#234;me des modes d'action, des buts, des revendications, des modes d'organisation et de la liaison avec d'autres secteurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le pouvoir de Macron serait aujourd'hui extr&#234;mement faible si les appareils bureaucratiques des syndicats ne le soutenaient pas de toutes leurs forces. Cette situation emp&#234;che le d&#233;veloppement des gr&#232;ves ou le limite. Car bien des gr&#232;ves ont lieu contre l'obligation vaccinale, actuellement dans les h&#244;pitaux. Et, si la vaccination obligatoire se g&#233;n&#233;ralisait, cette attitude des syndicats emp&#234;cherait aussi que les gr&#232;ves se d&#233;veloppent dans les EPHAD, les biblioth&#232;ques, les transports, les &#233;coles, l'universit&#233;, les postes, ou tout autre secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Macron est oblig&#233; de s'engager &#224; ne pas imposer le pass sanitaire dans les maternelles, &#233;coles, coll&#232;ges, lyc&#233;es et jusqu'&#224; l'universit&#233;, c'est pour &#233;viter la jonction des gr&#232;ves de tous les secteurs vers une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la dictature du pouvoir ! Mais les syndicats se gardent de dire aux personnels non soignants que, si on laisse les soignants se battre seuls, le pass s'&#233;largira et la dictature avec, m&#234;me s'il est scientifiquement prouv&#233; que cela ne bloque nullement la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6345&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6345&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT pendant la pand&#233;mie covid&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la pand&#233;mie et aux politiques gouvernementales soi-disant sanitaires, on ne peut pas du tout compter sur les syndicats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6341&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6341&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, patronat et syndicats, CGT en t&#234;te, font, conjointement ou s&#233;par&#233;ment, la police dans la classe ouvri&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6305&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6305&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des Antilles n'est pas soutenue par les syndicats de la m&#233;tropole coloniale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6581&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6581&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6582&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6582&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2022 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats refusent d'exprimer leur solidarit&#233; active avec le peuple iranien soulev&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les appareils bureaucratiques appellent &#224; la &#171; gr&#232;ve &#187; le 29, il n'est nullement question pour eux d'exprimer notre solidarit&#233; avec l'insurrection en Iran men&#233;e par les femmes en appelant &#224; leur emboiter le pas, ici, en France contre la R&#233;publique des milliardaires et l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ! Gr&#232;ve ouvri&#232;re g&#233;n&#233;rale de solidarit&#233; avec Mahsa ! &#171; Bas les voiles &#187;, en Iran comme en France, pour reprendre le slogan de la militante f&#233;ministe iranienne Chahdortt Djavann. A bas les violences polici&#232;res contres toutes les femmes qui prennent la t&#234;te des r&#233;voltes, de l'Iran, au Soudan, &#224; l'Inde comme aux USA (contre les noirs) ou en France (mutilation cibl&#233;e de Gilets Jaunes). Le &#171; refus d'obtemp&#233;rer &#187; est pour toutes les polices du monde la justification de leurs crimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique, Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale expropriatrice du grand capital, qui, seule, peut nous assurer de quoi vivre, d'avoir une retraite, de sauver les services publics et de combattre la mont&#233;e vers guerre. Aucun de ces objectifs &#233;l&#233;mentaires n'est propos&#233; par la gauche ou l'extr&#234;me gauche. Aucune manifestation contre les guerres de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui pourraient &#234;tre coordonn&#233;es avec celles men&#233;e en Russie contre l'imp&#233;rialisme russe.Ce sont ces perspectives qui uniraient les luttes partielles engag&#233;es dans en France comme dans le monde entier. Et jamais une telle perspective ne sera d&#233;fendue par les r&#233;formistes (de gauche ou faussement d'extr&#234;me gauche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve qui dure dans les raffineries et d&#233;p&#244;ts de p&#233;trole, son efficacit&#233; &#224; bloquer les stations d'essence, et les h&#233;sitations du pouvoir et des patrons de TotalEnergies et de Esso-ExxonMobil &#224; son &#233;gard, laissent croire que les syndicats sont en train de bouger, de se faire craindre, de se mobiliser, de se lancer contre nos ennemis. Pourtant, rien de plus faux. Les syndicats des raffineries de p&#233;trole, qui ne visent pas du tout &#224; changer le rapport de forces au sein de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re, ont commenc&#233; &#224; reculer sur leurs propres revendications en admettant que les patrons refusent de n&#233;gocier sur les embauches et les investissements. Ils n'ont pas g&#233;n&#233;ralis&#233; la gr&#232;ve &#224; toutes les raffineries et tous les d&#233;p&#244;ts de p&#233;trole. Ils se sont bien gard&#233;s de la g&#233;n&#233;raliser &#224; l'ensemble du secteur de l'Energie, &#224; commencer par les centrales nucl&#233;aires. Ils ont refus&#233; d'organiser dans toutes les entreprises des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales d&#233;cisionnelles pour que les travailleurs d&#233;cident si l'affrontement sur le pouvoir d'achat de la classe ouvri&#232;re doit se g&#233;n&#233;raliser. Dans les raffineries et les d&#233;p&#244;ts en gr&#232;ve, les appareils syndicaux se sont juste un peu laiss&#233; pousser par la base, les syndicats au d&#233;part ne voulant que trois jours d'action et les salari&#233;s souhaitant la gr&#232;ve reconductible. Il &#233;tait difficile pour les syndicats de refuser car il est &#233;vident que les entreprises du secteur font des b&#233;n&#233;fices fabuleux alors que les salaires s'effritent face &#224; l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement trois des six raffineries fran&#231;aises sont bloqu&#233;es sans que les syndicats expliquent pourquoi&#8230; Par exemple, aucun mouvement de gr&#232;ve n'a &#233;t&#233; relay&#233; &#224; la raffinerie de Lav&#233;ra de P&#233;troineos, situ&#233;e &#224; Martigues dans les Bouches-du-Rh&#244;ne. &#192; la raffinerie Petroineos de Lavera (13), pour la CGT, le temps n'est pas non plus &#224; la gr&#232;ve, la centrale syndicale expliquant que les salari&#233;s ont d&#233;j&#224; obtenu des augmentations salariales jug&#233;es satisfaisantes. &#171; Les r&#233;sultats sont tellement bons en ce moment que c'&#233;tait bien normal &#187;, assure S&#233;bastien Varagnol de la CGT du site. Les raffineurs ont ainsi rafl&#233; une augmentation de salaire plancher de 200&#8364; ainsi qu'une hausse de 20% de la prime de d&#233;placement. &#171; Partir en gr&#232;ve (&#224; Lavera) pour les salaires des camarades de Total ne para&#238;t pas envisageable aujourd'hui malheureusement &#187;, affirme le dirigeant c&#233;g&#233;tiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la coordination CGT Total, qui regroupe des syndicats CGT parmi les 200 filiales de Total en France (comme la SAFT, sp&#233;cialis&#233;e dans la conception de batteries &#224; usage industriel, Hutchinson connue pour ses pneus ou encore Argedis, qui g&#232;re les stations-services) et qui s'&#233;tait mise en lutte de mani&#232;re in&#233;dite en juin dernier, ne semble pas repartie pour un tour. &#171; Les salari&#233;s ne sont pas au rendez-vous &#187;, regrette &#201;ric Sellini. &#171; Il faut faire un travail de fourmi dans les syndicats, dans les f&#233;d&#233;rations et &#224; la conf&#233;d&#233;ration pour faire en sorte que &#231;a prenne. &#187; Une date de gr&#232;ve dans les entreprises du caoutchouc (Hutchinson, Michelin&#8230;) &#233;tait d'ailleurs envisag&#233;e pour le 18 octobre. Elle a finalement &#233;t&#233; remplac&#233;e par un appel de la FNIC &#224; la mobilisation aux c&#244;t&#233;s des raffineurs, sur les piquets de gr&#232;ves, le 11 octobre. &#192; la conf&#233;d&#233;ration, on r&#233;fl&#233;chirait &#224; une nouvelle date de gr&#232;ve interprofessionnelle dans la semaine du 18 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications salariales des syndicats du p&#233;trole sont modestes comme ils le soulignent eux-m&#234;mes. &#171; Le p&#233;rim&#232;tre p&#233;trole a une masse salariale de 1,5 milliard d'euros, affirme Eric Sellini, coordinateur CGT chez TotalEnergies, cit&#233; par le journal patronal Les Echos. A 10 %, ce serait un effort d'&#224; peine 150 millions d'euros pour la direction, &#224; comparer aux plus de 18 milliards de profits au premier semestre. La direction a &#233;t&#233; beaucoup plus r&#233;active pour r&#233;compenser les actionnaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plan national, les centrales syndicales (celles qui appellent &#224; des journ&#233;es de gr&#232;ves, car les autres ne le font m&#234;me pas) poursuivent leur strat&#233;gie catastrophique de type n&#233;gociation/journ&#233;e d'action. La journ&#233;e d'action du 22 septembre n'a servi &#224; rien et la journ&#233;e d'action du 29 septembre non plus. Cette derni&#232;re a &#233;t&#233; sans lendemain&#8230; La premi&#232;re ne posait que le probl&#232;me de la sant&#233; et la deuxi&#232;me que celui des salaires. Aucune ne globalisait sur l'attaque antisociale d'ensemble que subit le monde du travail&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6980&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6980&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martinez, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT est pour la &#034;vaccination&#034; de masse capitaliste des labos ! Ce qui fait que, m&#234;me s'il se pr&#233;tend contre le pass, il refuse de participer aux manifestations contre le pass et cautionne ainsi le r&#233;gime policier d'apartheid sanitaire et social du pass-vaccinal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'Espagne classe COVID-19 grippe saisonni&#232;re, Martinez appuie la vaccination de masse et l'obligation vaccinale pour les travailleurs ! On rappellera &#224; Martinez que les &#034;Vaccins&#034; contre Covid ne fonctionnent pas comme des vaccins traditionnels malgr&#233; l'appellation plus que trompeuse ! Les vaccins doivent prot&#233;ger de la propagation et de la maladie et, pour le deux, ce n'est pas le cas ! Le virus continue de circuler malgr&#233; tout ! En soutenant l'obligation vaccinale et la vaccination de masse, Martinez soutient, de fait le pass vaccinale comme il soutenait, en r&#233;alit&#233; le pass sanitaire ! Voil&#224; pourquoi il soutient la suspension ou le licenciement de dizaines de milliers de travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rien d'&#233;tonnant &#224; ce que Martinez qui a fait &#233;lire Macron pour faire soi-disant barrage &#224; Le Pen, soutienne la mise en place d'un r&#233;gime policier sur le peuple et les travailleurs sous pr&#233;texte de lutte sanitaire ! Le syndicalisme bureaucratique de collaboration de classe est d&#233;j&#224; un r&#233;gime policier, au sein du monde du travail, issus du stalinisme, qui faut-il le rappeler a d&#233;cim&#233; les r&#233;volutionnaires et sabot&#233; les r&#233;volutions sociales dans le monde entier ! La direction CGT a gard&#233; de son pass&#233; contre-r&#233;volutionnaire une politique de garde chiourme pour que le prol&#233;tariat n'emprunte surtout pas le chemin de la lutte de classe, aille sur un terrain politique et renverse le capitalisme pour asseoir la souverainet&#233; du peuple travailleur en abolissant le r&#233;gime de la propri&#233;t&#233; priv&#233; des moyens de productions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend mieux pourquoi la CGT ne d&#233;fend pas les personnels suspendus pour avoir refus&#233; l'injonction &#224; l'injection d'un produit exp&#233;rimental qui n'est en rien un vaccin ! Les collabos du capital se cachent derri&#232;re le scientisme pour soutenir le capitalisme et les labos ! On comprend encore mieux aussi pourquoi Martinez et la CGT laisse faire la r&#233;pression aux Antilles et ne veulent surtout pas emboiter le pas &#224; l'insurrection populaire qui, pour l'instant, a &#233;t&#233; la seule &#224; faire reculer le gouvernement des classes dirigeantes ! Martinez comme le reste des directions syndicales deviennent de plus en plus ouvertement contre insurrectionnel contre l'auto-organisation du peuple et des travailleurs, oppos&#233;e &#224; toutes luttes sur un terrain politique.... Les directions syndicales, habitu&#233;es &#224; la collaboration de classe et une pseudo opposition anticapitaliste, roulent pour la contre-r&#233;volution ! Toute leur politique est de lutter contre la r&#233;volution ! Et lutter contre la r&#233;volution qui monte c'est d&#233;fendre le capitalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1177&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1177&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2023 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats sont absolument incapables de mener une lutte victorieuse sur les retraites ou sur n'importe quoi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est le mouvement des gilets jaunes qu'il faut relancer dans les entreprises, en unissant secteur public et priv&#233;, face &#224; la pr&#233;tendue r&#233;forme des retraites et pas des d&#233;fil&#233;s inoffensifs des syndicats !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces syndicats ont n&#233;goci&#233; avec le pouvoir qui nous vole et nous tue comme si c'&#233;tait pour nous rendre service. Mais ces bureaucraties syndicales sont pay&#233;es par ce m&#234;me Etat au service des milliardaires !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats se pr&#233;tendent pour le maintien des r&#233;gimes de retraites par r&#233;partition ? Mais alors que font alors les directions syndicales au conseil d'administration de deux fonds de pensions publics ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que font les syndicats dans le Conseil d'Orientation des Retraites, le COR &#224; l'origine de bien des attaques contre le r&#233;gime de retraites ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces syndicats se sont faits les soutiens du pouvoir actuel et ce n'est certainement pas sur eux qu'il faut compter pour gagner une lutte pour la d&#233;fense des retraites !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1208&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1208&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2024 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La France de Macron se d&#233;clare en pr&#233;paration de guerre. Les syndicats s'en plaignent. Ils peuvent m&#234;me faire une promenade dans les rues en faveur de la paix, contre l'exc&#232;s de d&#233;penses d'armement, la &#171; budget de guerre &#187;. Mais jamais, au grand jamais, ils ne sont contre l'arm&#233;e fran&#231;aise, ses guerres imp&#233;rialistes, ses guerres coloniales m&#234;me. Jamais ils ne sont compl&#232;tement contre l'industrie de guerre, le budget de guerre dans son principe m&#234;me, le nationalisme, la pr&#233;tention de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; &#234;tre la patrie des travailleurs. Au contraire, comme en 1914, ils sont &#224; fond pour !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2025 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les appels pour le 10 septembre incitaient au combat contre la soci&#233;t&#233; capitaliste, ceux du 18 &#233;taient l'oeuvre de ses d&#233;fenseurs, les r&#233;formistes qui veulent aider &#224; son fonctionnement. La convergence entre ces courants est impossible, elle est &#224; combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des Gilets jaunes partisans du 10 septembre ont voulu croire que se voir rejoindre par les syndicats le 18 ne pouvait qu'amplifier le mouvement, au pire n'avoir aucun effet, la d&#233;monstration est faite que les appels des directions syndicales ont &#233;t&#233; nocifs. Les particpants du mouvement du 10, qu'ils soient ou pas anciens Gilets jaunes, n'ont pu que constater que les cort&#232;ges syndicaux &#233;taient tout sauf faits pour inciter &#224; la lutte, pour donner de l'&#233;lan, pour faire avancer la motivation et la conscience des enjeux, des moyens et des buts. Rien de plus plat que des cort&#232;ges organis&#233;s par l'intersyndicale. Il y a de quoi s'endormir sur place !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndicats et partis de gauche, quand ils ont fait mine de participer au mouvement du 10 septembre, c'est seulement pour le d&#233;mobiliser, le diviser, le d&#233;sar&#231;onner, le tromper, le freiner, changer ses buts et ses perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles &#233;taient les perspectives du mouvement du 10 septembre des Gilets Jaunes, contre le pouvoir des milliardaires, ses dettes, ses sacrifices antisociaux, sa dictature, son organisation sociale et politique, ses forces de r&#233;pression, ses guerres, sa fausse d&#233;mocratie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 septembre ! Quel objectif num&#233;ro un pour le mouvement des Gilets jaunes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 septembre 2025 se pr&#233;pare&#8230; et terrorise d&#233;j&#224; les gouvernants, les poss&#233;dants, les m&#233;dias et&#8230; les syndicats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8367&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8367&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trahison syndicale du mouvement du 10 septembre s'annonce avant le mouvement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8366&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8366&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faux &#171; militants de la base &#187; qui noyautent le mouvement d&#233;but&#233; le 10 septembre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8427&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8427&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le 10 septembre et le contre-feu du 18, quelle perspective pour le mouvement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles le&#231;ons tirer du 10 septembre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8390&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8390&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de la base est &#171; suspendu &#187; mais il continue de planer au-dessus des classes poss&#233;dantes dont le pouvoir est d&#233;sormais suspendu lui aussi devant une situation pr&#233;r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8449&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8449&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/321698475_865467117878631_7546873617227031164_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH500/321698475_865467117878631_7546873617227031164_n-0d3e8.jpg?1777520799' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n-2-d46d8.jpg?1777520799' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/547217144_1103976761920830_8138205808295781835_n-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/547217144_1103976761920830_8138205808295781835_n-2-7d5ad.jpg?1777520799' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18728 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/549248454_1107245154927324_3720546162781874810_n-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/549248454_1107245154927324_3720546162781874810_n-2-c8cc1.jpg?1777520799' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18729 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000017165-2-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017165-2-2-9c58e.jpg?1777520799' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18732 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/img_histoire_cfdt2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH277/img_histoire_cfdt2-d1419.jpg?1777520799' width='500' height='277' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18738 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/maxresdefault-35.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefault-35-37fa3.jpg?1777520800' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/maxresdefaults-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefaults-3-809a3.jpg?1777520800' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18740 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/544635924_1100115078973665_4310104698810230531_n-59ca4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/544635924_1100115078973665_4310104698810230531_n-59ca4-2dec3.jpg?1777520800' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18741 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/544761756_1100071218978051_8605648764075740576_n-ca1c0.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/544761756_1100071218978051_8605648764075740576_n-ca1c0-52357.jpg?1777520800' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18742 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000017085-326b3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017085-326b3-5b842.jpg?1777520800' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18743 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000017165-f27a3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017165-f27a3-82313.jpg?1777520800' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000017166-fbd2a.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017166-fbd2a-44384.jpg?1777520800' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18745 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000017176-d56b4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017176-d56b4-85aca.jpg?1777520800' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18746 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000017473-c07e4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017473-c07e4-a3e90.jpg?1777520800' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18747 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000017500-7779c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017500-7779c-56771.jpg?1777520800' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18748 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/affiche_politique_de_mobilisation_enthousiaste-2-fd26d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/affiche_politique_de_mobilisation_enthousiaste-2-fd26d-6226a.jpg?1777520800' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'Etat fran&#231;ais annonce son entr&#233;e en guerre et le sacrifice des enfants&#8230; Les syndicats osent &#224; peine murmurer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8542&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8542&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8529&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8529&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8473&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8473&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que ne diront jamais les appareils syndicaux contre la guerre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux jeunes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8195&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8195&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux femmes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les petits paysans sont &#233;trangl&#233;s et se battent&#8230; Mais sans le moindre geste de la classe ouvri&#232;re, musel&#233;e par les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux paysans :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8535&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8535&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux Gilets jaunes ni faire avec eux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats pr&#233;tendent lutter contre le fascisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4443&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la gauche politique et syndicale n'est pas un rempart ni une alternative face &#224; la mont&#233;e mondiale de l'extr&#234;me droite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4263&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4263&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la gauche politique et syndicale &#224;&#8230; l'extr&#234;me droite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6254&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6254&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire aussi :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2570&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2570&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve110&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve110&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7440&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele?archive=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele?archive=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La gr&#232;ve des cheminots de 1986-1987 en France, &#224; l'initiative de la base et contre les bureaucraties syndicales</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8593</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article8593</guid>
		<dc:date>2026-01-19T23:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des cheminots de 1986-1987 en France, &#224; l'initiative de la base et contre les bureaucraties syndicales &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, en 1986-1987, quand la gr&#232;ve des cheminots &#233;tait organis&#233;e non par les directions syndicales mais par les cheminots eux-m&#234;mes, non seulement par la coordination (corporatiste) des conducteurs mais, en comit&#233;s de gr&#232;ve et coordination inter-cat&#233;gories, anim&#233;e par Daniel Vitry Voir ici la fin des actualit&#233;s t&#233;l&#233;vis&#233;esUn &#233;pisode marquant des luttes cheminotes : la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot261" rel="tag"&gt;SNCF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gr&#232;ve des cheminots de 1986-1987 en France, &#224; l'initiative de la base et contre les bureaucraties syndicales&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_9870 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/comite_de_greve_ws29360014.jpg' width=&#034;618&#034; height=&#034;518&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9871 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/577.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/577.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9872 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3844.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3844.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9873 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3850.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3850.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En France, en 1986-1987, quand la gr&#232;ve des cheminots &#233;tait organis&#233;e non par les directions syndicales mais par les cheminots eux-m&#234;mes, non seulement par la coordination (corporatiste) des conducteurs mais, en comit&#233;s de gr&#232;ve et coordination inter-cat&#233;gories, anim&#233;e par Daniel Vitry &lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAC87005671&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir ici la fin des actualit&#233;s t&#233;l&#233;vis&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9874 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3851.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3851.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8701 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3118.jpg' width=&#034;508&#034; height=&#034;247&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8702 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3119.jpg' width=&#034;508&#034; height=&#034;326&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;pisode marquant des luttes cheminotes : la coordination des cheminots de 1986-1987&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8689 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3108.jpg' width=&#034;508&#034; height=&#034;344&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB86036348&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La t&#233;l&#233;vision sur la coordination des cheminots la parole &#224; Daniel Vitry&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8687 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3106.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;529&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Daniel Vitry et Serge Torrano, un trotskiste et un anarchiste, les leaders de la coordination des cheminots&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3121.jpg' width=&#034;360&#034; height=&#034;492&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB86036348&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les bureaucraties syndicales se d&#233;fendent contre les coordinations&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB86036409&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La gr&#232;ve de 1986 &#224; la t&#233;l&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB87000170/sncf-evolution-conflit-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les actualit&#233;s t&#233;l&#233;vis&#233;es sur la gr&#232;ve&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9875 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/cheminot.jpg' width=&#034;265&#034; height=&#034;190&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;veillon en gr&#232;ve !!!&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9876 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/greve11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/greve11.jpg' width=&#034;1200&#034; height=&#034;628&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_9878 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/greve13.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/greve13.jpg' width=&#034;1200&#034; height=&#034;628&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La police intervient contre les cheminots gr&#233;vistes&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9879 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3859.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3859.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un compte-rendu de la gr&#232;ve des cheminots en janvier 1987 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques agents de conduite du d&#233;p&#244;t de Paris-Nord - le secteur o&#249; la gr&#232;ve a commenc&#233; - avaient lanc&#233; une consultation aupr&#232;s de leurs camarades, et apr&#232;s discussion avec eux, d&#233;cid&#233; de partir en gr&#232;ve le 18 d&#233;cembre. Ce n'est qu'une fois cette d&#233;cision prise qu'ils sont all&#233;s trouver les syndicats pour leur demander de les couvrir en lan&#231;ant un pr&#233;avis de gr&#232;ve. Et ceux de ces syndicats, la CFDT et la F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale Autonome des Agents de Conduite (FGAAC syndicat corporatiste des conducteurs de train), qui ont accept&#233;, ne l'ont fait que du bout des l&#232;vres : le pr&#233;avis ne concernait que les agents de conduite du secteur. Or, une fois d&#233;cid&#233;s &#224; se mettre en gr&#232;ve et la date fix&#233;e, les conducteurs de Paris-Nord s'&#233;taient mis en relation avec d'autres d&#233;p&#244;ts, les informant de leurs intentions et les invitant &#224; se joindre &#224; leur mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant la m&#234;me p&#233;riode, une agitation un peu semblable se faisait jour dans un autre secteur, la banlieue Paris-Sud-Ouest. L&#224; aussi, des conducteurs commen&#231;aient &#224; se r&#233;unir, parlaient de la n&#233;cessit&#233; de la gr&#232;ve, s'adressaient &#224; leurs camarades pour les inviter &#224; se prononcer en faveur de cette gr&#232;ve et s'organiser en cons&#233;quence. Eux, contrairement &#224; ceux de Paris-Nord, ne se limitaient pas aux seuls conducteurs, mais voulaient s'adresser &#224; tous les cheminots. Ils tentaient m&#234;me de lancer la gr&#232;ve alors que le mouvement &#233;tudiant battait son plein. Cette action resta tr&#232;s minoritaire, limit&#233;e &#224; un d&#233;p&#244;t, et s'arr&#234;ta au bout d'un jour et demi. Mais les gr&#233;vistes avaient eu le temps de faire le tour de quelques secteurs aux alentours, de les appeler &#224; les joindre et &#224; s'organiser. Et cela n'a pas manqu&#233; d'avoir des cons&#233;quences quelques jours plus tard quand la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale a r&#233;ellement commenc&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, au d&#233;but du mois de d&#233;cembre, un autre mouvement avait commenc&#233; parmi une autre cat&#233;gorie de cheminots, les agents des recettes, ceux qui sont charg&#233;s de la vente des billets et des r&#233;servations. La SNCF mena&#231;ant de leur supprimer une prime, ceux-ci, sans se mettre formellement en gr&#232;ve, ne faisaient plus les r&#233;servations qui sont une partie de leur travail. Le mouvement, en quelques jours, s'&#233;tendit dans tout le pays quasi-spontan&#233;ment, comme il avait d&#233;marr&#233;. Les syndicats CGT et CFDT, qui se contentaient de suivre, se voyaient imposer, dans certaines grandes gares parisiennes d'o&#249; le mouvement &#233;tait parti des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales quotidiennes des travailleurs syndiqu&#233;s et non syndiqu&#233;s impliqu&#233;s dans cette action, assembl&#233;es dont ces syndicats se seraient tr&#232;s bien pass&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir du jeudi 18 d&#233;cembre au matin, quand les conducteurs de Paris-Nord ont arr&#234;t&#233; le travail, la gr&#232;ve s'est r&#233;pandue comme une tra&#238;n&#233;e de poudre de d&#233;p&#244;t en d&#233;p&#244;t, le long du r&#233;seau ferr&#233;, d'abord le r&#233;seau Nord puis ensuite tous les autres. Quatre jours plus tard, dimanche 21 au soir, pratiquement tous les d&#233;p&#244;ts &#233;taient en gr&#232;ve sans qu'aucun mot d'ordre ait &#233;t&#233; lanc&#233; par les syndicats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si dans bien des d&#233;p&#244;ts les militants syndicalistes &#233;taient les organisateurs de la gr&#232;ve, les f&#233;d&#233;rations syndicales, elles, &#233;taient &#224; la tra&#238;ne et se contentaient au mieux d'enregistrer que la gr&#232;ve &#233;tait l&#224;. Et c'&#233;tait vrai aussi bien de la CFDT que de la FGAAC (syndicat corporatiste des seuls conducteurs). La CGT, elle, tra&#238;nait encore plus les pieds et gardait une attitude encore plus ambigu&#235;. Son premier r&#233;flexe fut la plus grande m&#233;fiance devant un mouvement qui se d&#233;clenchait et s'&#233;tendait sans son contr&#244;le. Du coup, ses militants dans les d&#233;p&#244;ts prirent les attitudes les plus contradictoires, interpr&#233;tant l'attitude de leur direction en fonction de leurs propres sentiments, ou encore en fonction des situations locales. Dans certains d&#233;p&#244;ts, ils furent les initiateurs et les organisateurs de la gr&#232;ve, dans ; d'autres, ils suivirent en rechignant, dans d'autres enfin, ils s'oppos&#232;rent pendant plusieurs jours &#224; cette gr&#232;ve. Ainsi, &#224; Paris-Sud-Ouest, les responsables CGT firent de v&#233;ritables &#171; piquets de travail &#187;, incitant les conducteurs &#224; surtout ne pas suivre la gr&#232;ve. Jusqu'au moment o&#249;, d&#233;bord&#233;s par les travailleurs qui se mettaient en gr&#232;ve malgr&#233; eux, ils chang&#232;rent d'attitude... et appel&#232;rent &#224; la gr&#232;ve &#224; leur tour. Mais l&#224;, il &#233;tait trop tard pour que leur attitude n'ait pas &#233;t&#233; per&#231;ue par la majorit&#233; des cheminots du secteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'au lundi 22 d&#233;cembre la gr&#232;ve ne fut gu&#232;re r&#233;elle que parmi les seuls conducteurs (18 000 sur 230 000 cheminots). D'abord, elle &#233;tait partie de conducteurs qui ne s'adressaient qu'aux conducteurs sans se pr&#233;occuper des autres cat&#233;gories. D'autre part, les syndicats, comme on l'a vu, r&#233;ticents ou hostiles &#224; cette extension m&#234;me parmi les seuls conducteurs, n'avaient certainement aucune envie de l'&#233;tendre aux autres cheminots. Pendant les quatre premiers jours, la gr&#232;ve ne toucha donc qu'une tr&#232;s petite minorit&#233; des autres cat&#233;gories, parmi ceux, contr&#244;leurs ou encore ouvriers des d&#233;p&#244;ts, qui sont le plus en contact avec les agents de conduite.&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir du lundi 22, par contre, elle s'&#233;tendait aux autres cheminots : ceux des gares, des triages, des ateliers. Mais l&#224; aussi, c'est la base qui l'imposa. Les syndicats conserv&#232;rent une attitude ambigu&#235;, n'appelant pas franchement. Aucun ne prononcera le mot de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans les chemins de fer : certains parce qu'ils jouaient sur le corporatisme des agents de conduite dont beaucoup ne tenaient pas &#224; ce que leur mouvement s'&#233;tende &#224; d'autres cat&#233;gories ; tous, sans aucun doute, parce qu'ils ne d&#233;siraient pas cette gr&#232;ve. Les militants de la CGT continu&#232;rent donc &#224; prendre les attitudes les plus diverses comme ils l'avaient fait parmi les roulants : ici, militants enthousiastes de la gr&#232;ve et de son extension, l&#224;, s'opposant &#224; elle, y compris physiquement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est cela qui explique que la m&#233;fiance vis-&#224;-vis des directions syndicales d&#233;j&#224; pr&#233;existante &#224; la gr&#232;ve, soit devenue un sentiment extr&#234;mement r&#233;pandu et grandissant parmi les cheminots.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette m&#233;fiance vis-&#224;-vis des organisations syndicales et le fait que ce sait la base qui ait d&#233;cid&#233; la gr&#232;ve et l'ait &#233;tendue, se sont traduits dans l'organisation du mouvement. D'abord par le fait que beaucoup de gr&#233;vistes, dans beaucoup de secteurs, sont pr&#233;sents chaque jour sur leur lieu de travail, et ceci en pleine p&#233;riode des f&#234;tes de fin d'ann&#233;e, p&#233;riode traditionnelle de cong&#233;s et d'absent&#233;isme. Mais ensuite et surtout par le fait que les gr&#233;vistes ont commenc&#233; &#224; se donner une organisation propre, ind&#233;pendante des organisations syndicales.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, un peu partout, ont lieu des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes qui discutent, contestent, entendent prendre des d&#233;cisions, m&#234;me l&#224; o&#249; les syndicats contr&#244;lent la gr&#232;ve et restent sa direction reconnue et accept&#233;e par les gr&#233;vistes. Au point que toutes les f&#233;d&#233;rations syndicales, la CGT en t&#234;te, affirment maintenant que ce sont &#224; ces assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de trancher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis dans certains secteurs, l&#224; o&#249; certaines directions syndicales locales ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;es parce qu'elles s'opposaient &#224; la gr&#232;ve, des comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus par les gr&#233;vistes ont &#233;t&#233; mis en place pour diriger le mouvement sous le contr&#244;le des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, l'id&#233;e de la coordination de ces comit&#233;s, c'est-&#224;-dire d'une organisation centrale du mouvement, a fait son chemin et s'est m&#234;me concr&#233;tis&#233;e. Cette id&#233;e de coordination - le mot m&#234;me - est certainement venue de l'exemple des &#233;tudiants qui se sont donn&#233; des coordinations semblables. L'exemple &#233;tudiant a frapp&#233; d'autant mieux qu'une gr&#232;ve des chemins de fer par sa nature m&#234;me est un mouvement qui touche des dizaines de milliers de gens dispers&#233;s sur toute l'&#233;tendue du territoire national, comme le mouvement &#233;tudiant, et qui a donc besoin, comme le mouvement &#233;tudiant, d'une organisation centrale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est ainsi que sont n&#233;es des coordinations nationales. D'une part, une Coordination Nationale des Agents de Conduite ; d'autre part une Coordination Nationale inter-cat&#233;gories de tous les cheminots. La premi&#232;re s'appuie sur le sentiment corporatiste qui existe tr&#232;s fort chez les conducteurs. La seconde au contraire essaie de donner corps &#224; l'id&#233;e que la force du mouvement r&#233;side dans le fait qu'il ne doit pas se laisser diviser par cat&#233;gories mal au contraire faire des 230 000 cheminots une force unique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces coordinations ne repr&#233;sentent pour l'instant qu'une minorit&#233; des cheminots. M&#234;me &#224; celle des seuls agents de conduite d&#233;j&#224; une minorit&#233; parmi l'ensemble des travailleurs de la SNCF, m&#234;me s'ils ont &#233;t&#233; le fer de lance de cette gr&#232;ve, seul le tiers des d&#233;p&#244;ts est repr&#233;sent&#233;. Mais des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et des comit&#233;s de gr&#232;ve, c'est-&#224;-dire la majorit&#233; des travailleurs de certains secteurs, ont d&#233;l&#233;gu&#233; des repr&#233;sentants aussi bien &#224; la Coordination Inter-cat&#233;gories o&#249; &#224; celle des agents de conduite ou aux deux pour certains d&#233;p&#244;ts. Des minorit&#233;s de nombreux autres secteurs ont envoy&#233; des observateurs &#224; la Coordination Inter-cat&#233;gories, vers laquelle des cheminots d'un peu partout regardent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Telles qu'elles sont, ces coordinations ont donc cr&#233;&#233; le fait nouveau de ce mouvement de gr&#232;ve en France, o&#249; il n'existe aucune tradition d'une organisation d&#233;mocratique des gr&#233;vistes ind&#233;pendante des appareils syndicaux, la direction de la gr&#232;ve &#233;tant consid&#233;r&#233;e, parmi les travailleurs eux-m&#234;mes, comme revenant de droit aux directions syndicales. Le combat pour l'organisation d&#233;mocratique de la gr&#232;ve, pour des comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus et contr&#244;l&#233;s par les gr&#233;vistes est depuis des dizaines d'ann&#233;es celui des seuls r&#233;volutionnaires. On pourrait m&#234;me dire quasiment celui des seuls militants de Lutte Ouvri&#232;re, la plupart des autres organisations d'extr&#234;me-gauche, m&#234;me trotskystes, comme on le voit encore maintenant dans ce mouvement des cheminots, avec l'attitude de la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire et du Parti Communiste Internationaliste, acceptant ou m&#234;me demandant que la direction de la gr&#232;ve revienne de droit aux directions syndicales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette gr&#232;ve des cheminots, quelle que soit sa suite, va donc probablement laisser un exemple d'organisation de la gr&#232;ve inhabituel et qui peut faire date.&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus, depuis huit jours, ces coordinations, qui s'ajoutent aux assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales r&#233;guli&#232;res, aux comit&#233;s de gr&#232;ve et aux coordinations r&#233;gionales, et qui expriment &#224; la fois la d&#233;termination de la base et sa m&#233;fiance envers les organisations syndicales traditionnelles, poussent ces derni&#232;res en avant, m&#234;me si c'est l'&#233;p&#233;e dans les reins. Le fat que les f&#233;d&#233;rations syndicales n'aient rien sign&#233; avec la SNCF &#224; l'issue des n&#233;gociations, qu'elles aient &#233;t&#233; extr&#234;mement prudentes dans la pr&#233;sentation des r&#233;sultats de ces n&#233;gociations, qu'elles aient dit et redit que c'&#233;tait &#224; la base, aux gr&#233;vistes de d&#233;cider, est le r&#233;sultat de cette pression exerc&#233;e par les coordinations, c'est-&#224;-dire l'organisation ind&#233;pendante du mouvement gr&#233;viste, aussi embryonnaire soit-elle encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore sur cette gr&#232;ve dans l'historique qui suit...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8689 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3108.jpg' width=&#034;508&#034; height=&#034;344&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9877 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3855.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3855.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de cheminots gr&#233;vistes :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9880 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3862.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3862.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1986-1987 : Les coordinations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Novembre 1986 marque une rupture pour le mouvement ouvrier, apr&#232;s l'anesth&#233;sie g&#233;n&#233;rale de 1981 avec la gauche gouvernementale. La droite, revenue aux affaires en mars 1986, a lanc&#233; des attaques tous azimuts. Quatre puissants mouvements vont la faire reculer : les &#233;tudiants &#224; l'automne 1986, les cheminots en d&#233;cembre 1986, les instituteurs au printemps 1987, les infirmi&#232;res &#224; l'automne 1988. Un nouveau cycle de luttes s'annonce alors, marqu&#233; par l'av&#232;nement de pratiques de d&#233;mocratie directe et d'auto-organisation. C'est le temps des &#171; coordinations &#187;. Il y aura des suites : &#224; la SNECMA et Air France...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8686 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3105.jpg' width=&#034;508&#034; height=&#034;285&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8687 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3106.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;529&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3121.jpg' width=&#034;360&#034; height=&#034;492&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8688 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3107.jpg' width=&#034;508&#034; height=&#034;326&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1986 janvier 1987, les cheminots vont faire une gr&#232;ve qui va durer 27 jours. Partie du r&#233;seau Nord chez les conducteurs, celle ci va s'&#233;tendre &#224; tout le pays malgr&#233; les r&#233;ticences, voir l'hostilit&#233; des &#233;tats-majors syndicaux. Et elle touchera plus ou moins toutes les cat&#233;gories de cheminots. La gr&#232;ve, qui porte essentiellement sur les salaires et l'arr&#234;t des baisses d'effectifs, sera marqu&#233;e par la d&#233;termination des gr&#233;vistes &#224; la base, avec des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales massives un peu partout. Sur le r&#233;seau de Paris Sud Ouest, dans bien des secteurs, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes &#233;lisent des comit&#233;s de gr&#232;ve. C'est &#224; dire une direction d&#233;mocratique de la gr&#232;ve, ouverte aux gr&#233;vistes syndiqu&#233;s (toutes tendances confondues) et aux gr&#233;vistes non syndiqu&#233;s. Ceux ci vont m&#234;me se coordonner r&#233;gionalement, puis nationalement en cr&#233;ant une coordination nationale intercat&#233;gorie des cheminots en gr&#232;ve. Bien que faible celle ci va repr&#233;senter pr&#233;s de 10 000 gr&#233;vistes. Daniel Vitry en sera un des animateurs et le porte parole.(ci contre debout au milieu du comit&#233; de gr&#232;ve d'Ivry). Cette gr&#232;ve malgr&#233; la d&#233;termination des gr&#233;vistes n'a pas gagn&#233;. Dans bien des secteurs les gr&#233;vistes n'ont pas su sortir du cat&#233;goriel, restant d&#233;termin&#233;s dans le milieu roulant, mais ne cherchant pas &#224; gagner d'autres cheminots dans la gr&#232;ve. L&#224; ou cette barri&#232;re a &#233;t&#233; franchie, comme &#224; Paris Sud Ouest, nous n'avons pas pu vaincre le corporatisme tr&#232;s pr&#233;sent chez les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 1986 marque une rupture pour le mouvement ouvrier, apr&#232;s l'anesth&#233;sie g&#233;n&#233;rale de 1981 avec la gauche gouvernementale. La droite, revenue aux affaires en mars 1986, a lanc&#233; des attaques tous azimuts. Quatre puissants mouvements vont la faire reculer : les &#233;tudiants &#224; l'automne 1986, les cheminots en d&#233;cembre 1986, les instituteurs au printemps 1987, les infirmi&#232;res &#224; l'automne 1988. Un nouveau cycle de luttes s'annonce alors, marqu&#233; par l'av&#232;nement de pratiques de d&#233;mocratie directe et d'auto-organisation. C'est le temps des &#171; coordinations &#187;. Il y aura des suites : &#224; la SNECMA et Air France...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des cheminots a dur&#233; exactement quatre semaines puisque les premiers gr&#233;vistes &#224; Paris Nord &#171; posaient le sac &#187; comme on dit, le jeudi 18 d&#233;cembre &#224; 0 heure et que les derniers, ceux de Paris Sud-Ouest par exemple, ne reprenaient le travail que jeudi 15 janvier au matin. Sa caract&#233;ristique premi&#232;re, c'est qu'elle a &#233;t&#233; voulue, pr&#233;par&#233;e, d&#233;cid&#233;e, d&#233;marr&#233;e et &#233;tendue par la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en convaincre, il n'est d'ailleurs que de voir comment la gr&#232;ve a d&#233;marr&#233; &#224; Paris Nord. Au d&#233;but novembre, une p&#233;tition circula parmi les conducteurs, proposant de &#171; poser le sac une fois pour toutes &#187;, c'est-&#224;-dire en clair proposant la gr&#232;ve illimit&#233;e jusqu'&#224; satisfaction des revendications. Cette p&#233;tition n'&#233;tait pas d'origine syndicale. Au contraire, elle &#233;tait due &#224; des cheminots exc&#233;d&#233;s par les actions ou, plut&#244;t, par les inactions syndicales. Depuis la rentr&#233;e de septembre, en deux mois, les f&#233;d&#233;rations syndicales avaient organis&#233;, ensemble ou s&#233;par&#233;ment, quatre journ&#233;es, une tous les quinze jours, aussi soigneusement programm&#233;es que limit&#233;es. La CGT, se pr&#233;tendant maintenant &#224; l'origine de la gr&#232;ve, se vante d'avoir, au cours de l'ann&#233;e 1986, organis&#233; pas moins de quatorze journ&#233;es d'action &#224; la SNCF. Mais c'est justement parce que les cheminots en avaient ras-le-bol non seulement de voir leur salaire r&#233;el se r&#233;duire, leurs conditions de travail empirer, les effectifs diminuer et la s&#233;curit&#233; mise de plus en plus en cause par la SNCF, mais aussi ras-le-bol des simagr&#233;es de leurs organisations syndicales, qu'ils ont organis&#233; et lanc&#233; un mouvement hors des cadres syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;tition ayant recueilli l'approbation d'une large majorit&#233;, un tract fut alors r&#233;dig&#233; au d&#233;but d&#233;cembre par quelques-uns des agents de conduite. Parmi ceux-ci il y avait des militants syndicalistes, mais c'est toujours hors des cadres syndicaux qu'il se fit. Il ne portait d'ailleurs - et c'&#233;tait &#233;videmment voulu - aucun sigle syndical. Bien plus il contenait m&#234;me une menace &#224; peine voil&#233;e contre les syndicats, les agents de conduite y &#233;crivant en effet qu'ils &#171; demandent aux diff&#233;rentes organisations syndicales, CFDT-CFTC-CGT-FGAAC-FO, de soutenir leur mouvement &#187;. Mais ils ajoutaient &#171; les agents de conduite sauront prendre leurs responsabilit&#233;s vis-&#224;-vis des organisations syndicales qui ne leur apporteraient pas leur soutien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tract, qui pr&#233;sentait les revendications des agents de conduite - dont le refus du nouveau projet de grille de salaire avanc&#233; par la direction, mais aussi l'augmentation des salaires et les conditions de travail - affirmait aussi que &#171; les agents de conduite ont pris la d&#233;cision de se mettre en gr&#232;ve &#224; partir du 18 d&#233;cembre 1986 &#224; 0 heure et jusqu'&#224; compl&#232;te satisfaction de leurs revendications &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait clairet net. C'est bien la base qui avait d&#233;cid&#233;, la base, c'est-&#224;-dire les travailleurs du rang y compris bien entendu des syndiqu&#233;s, y compris aussi des militants syndicaux, mais en dehors du cadre syndical, et des directions et des appareils des f&#233;d&#233;rations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la base aussi qui se chargea de propager et d'&#233;tendre son mouvement. Les agents de conduite laiss&#232;rent ce tract de d&#233;p&#244;t en d&#233;p&#244;t, l&#224; o&#249; ils vont au cours de leurs d&#233;placements puisque leur travail consiste justement &#224; conduire les trains le long du r&#233;seau. Ce tract circula largement et l'ensemble des agents de conduite fut inform&#233; de la volont&#233; et des d&#233;cisions de ceux de Paris Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les conducteurs de Paris Nord arr&#234;t&#232;rent le travail jeudi &#224; 0 heure comme ils l'avaient d&#233;cid&#233;, la gr&#232;ve ne mit pas longtemps &#224; s'&#233;tendre. Le soir elle &#233;tait d&#233;j&#224; g&#233;n&#233;rale sur tout le r&#233;seau Nord du pays, de Paris jusqu'&#224; Lille. Et des d&#233;p&#244;ts d'autres r&#233;seaux tinrent d&#233;j&#224; des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans lesquelles la gr&#232;ve fut d&#233;cid&#233;e pour les heures qui venaient. L'exemple du Nord &#233;tait contagieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se fit sans, ou m&#234;me contre, les f&#233;d&#233;rations syndicales, m&#234;me si parmi ceux qui ont fait le tract d'appel, qui l'ont port&#233; ici ou l&#224;, qui se sont d&#233;plac&#233;s dans les autres d&#233;p&#244;ts lors de ces premi&#232;res heures de la gr&#232;ve, il y avait des militants syndicaux, en particulier CFDT et FGAAC (la f&#233;d&#233;ration autonome des agents de conduite, le syndicat corporatiste des conducteurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les f&#233;d&#233;rations syndicales, elles, n'&#233;taient ni &#224; l'origine ni vraiment &#224; l'oeuvre. Au mieux elles se sont content&#233;es de suivre, et dans ce cas, avec m&#233;fiance. Et si la caract&#233;ristique du d&#233;marrage de ce mouvement allait &#234;tre la grande m&#233;fiance de la base vis-&#224;-vis des organisations syndicales, ce ne fut que le simple retour des choses, la contrepartie de la m&#233;fiance bien plus grande encore des directions syndicales vis-&#224;-vis de la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune f&#233;d&#233;ration syndicale, et pas plus la CFDT ou la FGAAC que les autres, ne lan&#231;a un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, m&#234;me lorsque celle-ci fut de toute mani&#232;re en route, m&#234;me pour les seuls agents de conduite. Et &#224; plus forte raison pas pour l'ensemble des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, elle, fut encore plus oppos&#233;e &#224; cette gr&#232;ve qui &#233;chappait &#224; son contr&#244;le, d'autant plus oppos&#233;e qu'elle a eu l'impression que ses concurrents, la CFDT et la FGAAC, avaient mieux manoeuvr&#233; dans les premi&#232;res heures pour appara&#238;tre tout de m&#234;me comme accompagnant le mouvement. Durant la premi&#232;re journ&#233;e, la CGT garda tout simplement le silence. Alors que tout le r&#233;seau Nord &#233;tait d&#233;j&#224; en gr&#232;ve, les communiqu&#233;s de la CGT, le jeudi 18 d&#233;cembre, n'en disaient pas un mot et ne parlaient que de la gr&#232;ve de la r&#233;servation qui se terminait &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude de la CGT, en fait tr&#232;s claire dans son opposition &#224; la gr&#232;ve, mais ext&#233;rieurement ambigu&#235;, eut pour cons&#233;quence, comme d'habitude en pareil cas, que les militants c&#233;g&#233;tistes prirent des attitudes contradictoires. Un certain nombre d'entre eux, suivant sans aucun doute leur propre sentiment, le m&#234;me que celui des autres cheminots, pouss&#232;rent tout de suite &#224; la gr&#232;ve, et furent dans leur d&#233;p&#244;t parmi ses initiateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ailleurs les responsables CGT ne se m&#233;prenant pas, eux, sur la v&#233;ritable volont&#233; de la f&#233;d&#233;ration, s'oppos&#232;rent ouvertement, carr&#233;ment &#224; la gr&#232;ve. Ainsi par exemple sur le secteur Paris Sud-Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le vendredi 19 d&#233;cembre, quand la question se posa pour les roulants de Paris Sud-Ouest de se joindre &#224; la gr&#232;ve de Paris Nord, on vit resurgir les &#171; piquets de travail &#187; de la CGT c'est-&#224;-dire comme quinze jours auparavant dans un secteur particulier (la ligne C sur RER), des responsables CGT venus sur place tout sp&#233;cialement pour inciter &#224; ne pas faire gr&#232;ve. Vendredi matin, au d&#233;p&#244;t d'Ivry, &#224; la gare des Invalides, &#224; Br&#233;tigny, dans tous les points n&#233;vralgiques du secteur, les responsables CGT &#233;taient l&#224;, accompagn&#233;s de quelques militants ou adh&#233;rents. Pas tous, tr&#232;s loin de l&#224;, il faut le souligner. Beaucoup de travailleurs CGT furent du c&#244;t&#233; de la gr&#232;ve d&#232;s le d&#233;but. Mais les responsables CGT militaient activement pour le travail, s'opposant aux cheminots qui voulaient faire gr&#232;ve, et aux militants, dont ceux de Lutte Ouvri&#232;re, qui appelaient &#224; faire gr&#232;ve. Dans cette affaire les responsables CGT et la direction march&#232;rent m&#234;me la main dans la main. C'est ainsi que la direction SNCF mit &#171; en r&#233;serve &#187; un responsable de la CGT, le dispensant de conduire les trains, afin qu'il puisse demeurer en permanence au d&#233;p&#244;t pour inciter les cheminots &#224; bien prendre leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; Paris Sud-Ouest, cela dura deux jours, jusqu'au samedi soir, jusqu'&#224; ce que la majorit&#233; des cheminots ait rejoint la gr&#232;ve et que la f&#233;d&#233;ration CGT, se rendant compte qu'elle ne pouvait pas de toute mani&#232;re s'opposer &#224; une gr&#232;ve qui &#233;tait d&#233;j&#224; devenue nationale, change alors son fusil d'&#233;paule et se d&#233;clare ouvertement en faveur de cette gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pendant ces deux jours, les gr&#233;vistes furent gagn&#233;s un &#224; un, les agents de conduite balan&#231;ant, d'un c&#244;t&#233; pouss&#233;s par leur envie de se battre et de se joindre &#224; une gr&#232;ve qui s'&#233;tendait nationalement, de l'autre c&#244;t&#233; repouss&#233;s par l'attitude des responsables syndicaux ouvertement hostiles &#224; la gr&#232;ve. C'est ainsi que le d&#233;p&#244;t d'Ivry ne fut majoritairement en gr&#232;ve que le samedi soir et qu'il fallut deux jours pour gagner cette majorit&#233; &#224; partir du premier gr&#233;viste, un militant de Lutte Ouvri&#232;re, le vendredi &#224; 6 heures du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois cette attitude des militants CGT ne fut pas la m&#234;me partout. Dans maints endroits, ils se sont joints &#224; la gr&#232;ve avec moins de r&#233;ticences, ou m&#234;me sans aucune r&#233;ticence. Mais ce n'est certainement pas qu'&#224; Paris Sud-Ouest que les responsables ont manifest&#233; leur opposition, m&#234;me si &#224; Paris Sud-Ouest ils l'ont manifest&#233;e aussi violemment - &#224; cause de la pr&#233;sence de militants r&#233;volutionnaires. La preuve, c'est que les derniers d&#233;p&#244;ts &#224; se mettre en gr&#232;ve, le dimanche 21 d&#233;cembre, furent g&#233;n&#233;ralement les d&#233;p&#244;ts o&#249; la CGT a la plus grande influence. L'organisation ind&#233;pendante des gr&#233;vistes inqui&#232;te bourgeoisie... et syndicats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette gr&#232;ve la base n'a pas seulement voulu, d&#233;cid&#233;, &#233;tendu la gr&#232;ve sans un ordre des appareils syndicaux. Elle a aussi commenc&#233; &#224; s'organiser hors des cadres syndicaux. C'est cela d'ailleurs qui a inqui&#233;t&#233; un moment la bourgeoisie et le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en effet au milieu de la deuxi&#232;me semaine, au bout de six ou sept jours de gr&#232;ve que les journalistes et commentateurs de tout poil, ont commenc&#233; &#224; s'interroger ouvertement sur la faiblesse des syndicats, exactement au moment o&#249; ils ont d&#233;couvert que s'&#233;taient mis en place, ici et l&#224;, des comit&#233;s de gr&#232;ve, &#233;lus par les gr&#233;vistes, contr&#244;l&#233;s par eux et qui avaient pris la direction de la gr&#232;ve dans leur secteur, et m&#234;me qu'existaient des coordinations de ces comit&#233;s de gr&#232;ve. Alors on a vu, non seulement Le Monde, ce porte-parole des bourgeois pr&#233;tendument de gauche, mais Le Figaro lui-m&#234;me qui n'est pourtant gu&#232;re coupable, habituellement, de tendresse &#224; l'&#233;gard des syndicats, d&#233;plorer cette faiblesse. &#171; Quelque soit le d&#233;sarroi des syndicats qui n'ont &#224; aucun moment ma&#238;tris&#233; le mouvement et qui se sont lass&#233;s d&#233;border par des &#171; coordinations &#187; cr&#233;&#233;es de toute pi&#232;ce &#187; &#233;crivait son &#233;ditorialiste du lundi 29 d&#233;cembre, &#171; ils restent les seuls interlocuteurs de la direction SNCF &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est vrai que ce qui a &#233;t&#233; diff&#233;rent dans cette gr&#232;ve, par rapport &#224; d'autres gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales de la SNCF, celle de 1971 par exemple, qui avait dur&#233; onze jours, ou celle de 1976, c'est l'organisation des gr&#233;vistes. Elle a &#233;t&#233; encore embryonnaire, parcellaire, limit&#233;e. Mais telle quelle, elle a impliqu&#233; tout de m&#234;me, &#224; un degr&#233; ou &#224; un autre, des dizaines de milliers de travailleurs. Et les cheminots ont certainement au moins &#233;t&#233; conscients de son existence et de ce qu'elle changeait dans l'ordre habituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, cette gr&#232;ve, qui touchait une entreprise de 230 000 travailleurs r&#233;partis sur la totalit&#233; du territoire, a eu des caract&#232;res diff&#233;rents, vari&#233;s, selon les villes, les situations locales, l'implantation plus ou moins grande des divers appareils syndicaux concurrents et aussi des militants d'extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, presque partout, des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes se sont tenues r&#233;guli&#232;rement. Dans quelques secteurs, et en particulier ceux o&#249; &#233;taient influents les militants de notre tendance, ces assembl&#233;es ont eu lieu au moins une fois par jour y compris les jours de No&#235;l et du 1er de l'An. Cela devrait para&#238;tre banal. On sait pourtant que cela ne l'est pas forc&#233;ment et que les gr&#232;ves o&#249; les directions syndicales renvoient les gr&#233;vistes chez eux, attendre patiemment ou non que ces directions syndicales aient n&#233;goci&#233; la fin du mouvement avec les patrons, ont ces derni&#232;res d&#233;cennies &#233;t&#233; la r&#232;gle &#224; la SNCF et dans bien d'autres entreprises en France. Cette fois, cela n'a pas &#233;t&#233; le cas. Les gr&#233;vistes &#233;taient l&#224; et entendaient y rester. C'est, bien s&#251;r, la maque de la m&#233;fiance que beaucoup &#233;prouvaient envers les directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, dans lesquelles &#233;taient prises nombre de d&#233;cisions concernant la poursuite de la gr&#232;ve, se sont impos&#233;es non seulement l&#224; o&#249; existaient des comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus par elles et responsables devant elles, mais dans bien des secteurs o&#249; la direction de la gr&#232;ve est rest&#233;e enti&#232;rement dans les mains des syndicats. L&#224;, les gr&#233;vistes n'ont peut-&#234;tre pas trouv&#233; la force d'imposer l'&#233;lection de la direction de la gr&#232;ve ; ils ont puis&#233; cependant dans leur m&#233;fiance vis-&#224;-vis de leurs directions traditionnelles la force d'&#234;tre l&#224; et de demander des explications, sinon des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT elle-m&#234;me l'a reconnu. Prenant son parti de l'&#233;tat de fait, apr&#232;s une semaine de gr&#232;ve environ, elle se disait brusquement en faveur de &#171; la d&#233;mocratie, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale souveraine et la r&#233;union des syndiqu&#233;s &#187;. Bien s&#251;r ce slogan &#233;tait mis en avant pour faire pi&#232;ce &#224; celui de la v&#233;ritable d&#233;mocratie : &#171; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale souveraine et le comit&#233; &#187;. C'&#233;tait tout de m&#234;me, quoique avec retard et avec r&#233;ticence, reconna&#238;tre qu'une gr&#232;ve devait &#234;tre contr&#244;l&#233;e par les gr&#233;vistes... et qu'elle l'&#233;tait au moins en partie cette fois-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a eu les coordinations. Des coordinations r&#233;gionales, pas seulement &#224; Paris Sud-Ouest, mais aussi dans le secteur de Paris Saint-Lazare, &#224; Tours, &#224; Lyon, &#224; Rouen, et puis des coordinations nationales, la Coordination des agents de conduite d'une part, la Coordination inter-cat&#233;gories d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que les comit&#233;s de gr&#232;ve ne se sont mis en place que par endroits, et pas dans la majorit&#233; des endroits loin de l&#224;, de m&#234;me les coordinations n'ont repr&#233;sent&#233; qu'une minorit&#233; de secteurs. La Coordination des agents de conduite elle-m&#234;me n'a repr&#233;sent&#233; qu'un peu plus du quart des d&#233;p&#244;ts, peut-&#234;tre 5 000 conducteurs sur un total de 18 000. La Coordination inter-cat&#233;gories, lors de sa troisi&#232;me r&#233;union pl&#233;ni&#232;re, au cours de la troisi&#232;me semaine de gr&#232;ve, repr&#233;sentait 12 000 gr&#233;vistes qui avaient d&#251;ment mandat&#233; leurs repr&#233;sentants dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Mais &#224; ce moment-l&#224;, il y avait plus ou moins 100 000 gr&#233;vistes &#224; la SNCF, ce qui signifie que la Coordination ne repr&#233;sentait qu'une petite partie des cheminots en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation d&#233;mocratique et ind&#233;pendante de la gr&#232;ve &#224; l'&#233;chelle nationale, n'a donc &#233;t&#233; qu'embryonnaire. Et pourtant, telle quelle, c'&#233;tait tout de m&#234;me le d&#233;but de quelque chose de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 23 d&#233;cembre encore, apr&#232;s un semblant de n&#233;gociations avec les syndicats, la direction se f&#233;licitait qu'un accord salarial ait &#233;t&#233; conclu avec la CFTC, la F&#233;d&#233;ration des Ma&#238;trises et Cadres et la CGC, FO retirant sa signature &#224; la derni&#232;re minute. Elle semblait croire que le fait que ces syndicats, ultra-minoritaires &#224; la SNCF, appellent &#224; la reprise, allait calmer les choses, sans voir le ridicule des appels &#224; la reprise de la part de syndicats... qui n'avaient jamais appel&#233; &#224; la gr&#232;ve, jamais m&#234;me approuv&#233; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vendredi 26 d&#233;cembre, Dupuy, le directeur-g&#233;n&#233;ral de la SNCF, lan&#231;ait un ultimatum : il fallait, parait-il, que les cheminots reprennent le travail pour que les discussions red&#233;marrent, et de toute mani&#232;re la promotion au m&#233;rite, l'essentiel du nouveau projet de grille des salaires dont les cheminots demandaient le retrait, serait maintenu. Dupuy, il faut le dire, avait sans doute &#233;t&#233; encourag&#233; par l'attitude des directions syndicales qui s'&#233;taient toutes pr&#233;cipit&#233;es chez lui la veille de No&#235;l, en ordre dispers&#233;, parce que Essig, le pr&#233;sident socialiste de la SNCF, et Seguin, le ministre des Affaires Sociales, avaient laiss&#233; entendre qu'on pouvait n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les gr&#233;vistes n'ont &#233;t&#233; ni impressionn&#233;s ni tromp&#233;s. Il n'y a pas eu de reprise, mais la mise en place des coordinations nationales, celle des agents de conduite, r&#233;unie le vendredi 26 et le dimanche 28 d&#233;cembre, et la Coordination inter-cat&#233;gories, r&#233;unie elle-m&#234;me le vendredi 26 et le lundi 29. La CGT &#233;tait oblig&#233;e de durcir le ton. Elle organisait une manifestation des cheminots le mardi 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, le mercredi 31, &#224; minuit, en guise de cadeau de nouvelle ann&#233;e, le projet de grille de salaire qui pr&#233;tendait instituer la seule promotion au m&#233;rite &#233;tait pratiquement retir&#233; par la direction de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'irruption de la base, sa d&#233;termination et son d&#233;but d'organisation n'inqui&#233;taient pas que le gouvernement. Cela inqui&#233;tait aussi les f&#233;d&#233;rations syndicales. La CGT adoptait, on l'a vu, un ton plus radical, parlait d'extension, tout en attaquant violemment les coordinations, en bloc. La CFDT, qui avait commenc&#233; son OPA sur la Coordination des agents de conduite, ne pardonnait pas par contre &#224; la Coordination inter-cat&#233;gories. Le lendemain m&#234;me de la constitution provisoire de celle-ci, une r&#233;union extraordinaire de son bureau f&#233;d&#233;ral d&#233;cidait de retirer son poste de permanent &#224; Daniel Vitry, un des principaux dirigeants de cette Coordination. Les dirigeants de la CFDT dirent que &#171; puisque Daniel Vitry se voulait le repr&#233;sentant de la base, ils le remettaient &#224; la base &#187;. Ce semblant d'humour et cette r&#233;elle hypocrisie, bien j&#233;suite, ont eu au moins un m&#233;rite involontaire : celui de reconna&#238;tre qu'&#224; la CFDT le fait d'occuper un poste de responsabilit&#233; et celui d'&#234;tre repr&#233;sentant de la base sont incompatibles. Donnons-en acte aux dirigeants de la f&#233;d&#233;ration CFDT. Quant &#224; savoir ce qu'en pensent r&#233;ellement les adh&#233;rents et les militants, c'est sans doute une autre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://mensuel.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1986-1993-trilingue/article/france-la-greve-des-cheminots-18&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici sur la gr&#232;ve de 1986-1987&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/social/20100421.OBS2784/les-principales-greves-a-la-sncf-depuis-1986.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire le t&#233;moignage de Serge Torrano&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://syndicollectif.files.wordpress.com/2015/03/collectif-n1-p32-56_dossier-greves-1987.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB86036348&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La t&#233;l&#233;vision sur la coordination des cheminots la parole &#224; Daniel Vitry&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB86036348&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les bureaucraties syndicales se d&#233;fendent contre les coordinations&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB86036348&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La t&#233;l&#233;vision sur la coordination&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_1987_num_16_1_1919?q=gr%C3%A8ves%20cheminots&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'hiver de la gr&#232;ve des cheminots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.revolutionpermanente.fr/Interview-Greve-des-cheminots-de-1986-A-chaque-greve-j-ai-ce-sentiment-d-etre-enfin-libre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Coordination des Cheminots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://mensuel.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1986-1993-trilingue/article/france-la-greve-des-cheminots-18&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand Lutte Ouvri&#232;re organisait des coordinations pour donner une direction ouvri&#232;re &#224; la lutte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAF95032986/la-greve-des-transports-a-paris-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La t&#233;l&#233; sur la gr&#232;ve&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8695 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3113.jpg' width=&#034;630&#034; height=&#034;350&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un t&#233;moignage :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la SNCF, ce n'est pas 1995 qui a mar&#172;qu&#233; l'apparition (ou le retour) &#224; des pratiques d'auto-organisation de la lutte. Neuf ans plus t&#244;t, les trois semaines de gr&#232;ve de d&#233;cembre 1986-janvier 1987 avaient permis d'imposer une rupture nette avec un syst&#232;me o&#249; la gr&#232;ve &#233;tait devenue depuis longtemps l'affaire des syndicats, voire m&#234;me des seules f&#233;d&#233;rations syndicales d&#232;s lors qu'on parlait de mouvement national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de 1986/1987 se situe dans une p&#233;riode de forte tension sociale : mouvement lyc&#233;en et &#233;tudiant contre la loi Devaquet, assassinat de Malik Oussekine par la police, gr&#232;ve des agents commerciaux de la SNCF puis gr&#232;ve des agents de conduite, qui se transforment rapidement en gr&#232;ve inter-cat&#233;gorielle sur l'ensemble de l'entreprise. De sa pr&#233;paration &#224; sa conclusion, ce mouvement est plac&#233; sous la responsabilit&#233; des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes ; c'est un acquis important qui se retrouvera &#171; naturellement &#187; lors du d&#233;marrage de la gr&#232;ve 1995, avec une diff&#233;rence de taille : en 1986, si les collectifs CFDT-cheminots sont souvent &#224; l'initiative du mouvement, les militants et militantes CGT combattent la gr&#232;ve dans ses premiers jours puis s'y ins&#232;rent de mani&#232;re fort maladroite vis-&#224;-vis des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ; en 1995, du c&#244;t&#233; de la CGT la le&#231;on a &#233;t&#233; retenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pratique des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales est bien s&#251;r essentielle. Encore faut-il s'entendre sur ce qu'est une A.G. de gr&#233;vistes. Ce n'est pas une r&#233;union d'information organis&#233;e par les syndicats, c'est bien un moment o&#249; chacun et chacune doit pouvoir se sentir suffisamment &#224; l'aise pour parler, pour proposer, pour critiquer, pour d&#233;cider. En 86/87 comme en 95, la quasi-totalit&#233; des A.G. au sein de la SNCF se font sur la base du collectif de travail : le d&#233;p&#244;t, l'atelier, la gare, le chantier de ventes ou de man&#339;uvre lorsqu'il s'agit de gros &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette &#233;chelle qu'on a r&#233;ellement des A.G. Il ne s'agit pas de &#171; meetings &#187; o&#249; les porte-paroles des syndicats, fussent-ils des repr&#233;sentants ou repr&#233;sentantes locaux, donnent les nouvelles, appellent &#224; reconduire le mouvement ou &#224; l'arr&#234;ter, avant que la d&#233;mocratie se limite &#224; lever la main pour approuver ce qui vient d'&#234;tre dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette pratique de v&#233;ritables assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales o&#249; chaque gr&#233;viste peut ais&#233;ment trouver sa place qui permet une appropriation de la gr&#232;ve par les gr&#233;vistes ; d'o&#249; les multiples initiatives autog&#233;r&#233;es, parfois formalis&#233;es sous forme de &#171; commissions &#187; : pour la revue de presse quotidienne, pour les repas, pour les propositions d'actions, pour les liens avec les autres A.G., etc. C'est de l&#224; que se feront &#171; naturellement &#187; les occupations de locaux durant le temps de la gr&#232;ve : il s'agit alors de se r&#233;approprier collectivement les lieux de la gr&#232;ve, qui sont aussi ceux qui correspondent au champ de l'A.G., au cadre connu car fr&#233;quent&#233; quotidiennement depuis des ann&#233;es. C'est ainsi qu'en novembre-d&#233;cembre 1995, &#224; la SNCF, beaucoup de directions locales ont &#233;t&#233;, soit expuls&#233;es, soit mises de c&#244;t&#233;, durant tout le mouvement ; des endroits strat&#233;giques (commande du personnel roulant, postes d'aiguillage, guichets, etc.) ont &#233;t&#233; occup&#233;s d&#232;s les premiers jours de la gr&#232;ve. Tout &#231;a s'organise &#224; partir du collectif de travail, devenu collectif de gr&#232;ve ! Ca me parait important d'insister sur ce point : depuis 1986 et 1995, il n'est plus question pour les organisations syndicales appelant &#224; la gr&#232;ve de combattre, du moins ouvertement, l'existence des Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales ; mais trop souvent elles se transforment en caricature d'A.G. de gr&#233;vistes, d'A.G. de travailleurs et de travailleuses d&#233;cidant et coordonnant leur lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit l'organisation politique &#224; laquelle ils et elles se r&#233;f&#232;rent, celles et ceux qui consid&#232;rent que la classe ouvri&#232;re n'est pas en capacit&#233; de d&#233;finir et mener politique et luttes autonomes, ne supportent pas les vraies A.G., repr&#233;sentatives, d&#233;mocratiques, d&#233;cisionnelles. A contrario, l'animation autogestionnaire des luttes consiste &#224; organiser cette d&#233;mocratie ouvri&#232;re, &#224; la d&#233;fendre : la pratique de l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale quotidienne en est une des bases. Elle ne r&#233;sout pas tout, d'autres points m&#233;ritent une attention particuli&#232;re, notamment la coordination du mouvement &#224; l'&#233;chelle nationale, les liens interprofessionnels localement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des nouveaut&#233;s de 95 est la g&#233;n&#233;ralisation des liens directs entre salari&#233;-es de secteurs diff&#233;rents : piquets de gr&#232;ve communs, d&#233;l&#233;gations r&#233;ciproques dans les A.G., d&#233;parts communs pour les manifestations, &#233;taient devenus pratiques courantes entre cheminot-es, postier-es, enseignant-es, &#233;tudiant-es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative de la base&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des cheminots a dur&#233; exactement quatre semaines puisque les premiers gr&#233;vistes &#224; Paris Nord &#171; posaient le sac &#187; comme on dit, le jeudi 18 d&#233;cembre &#224; 0 heure et que les derniers, ceux de Paris Sud-Ouest par exemple, ne reprenaient le travail que jeudi 15 janvier au matin. Sa caract&#233;ristique premi&#232;re, c'est qu'elle a &#233;t&#233; voulue, pr&#233;par&#233;e, d&#233;cid&#233;e, d&#233;marr&#233;e et &#233;tendue par la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en convaincre, il n'est d'ailleurs que de voir comment la gr&#232;ve a d&#233;marr&#233; &#224; Paris Nord. Au d&#233;but novembre, une p&#233;tition circula parmi les conducteurs, proposant de &#171; poser le sac une fois pour toutes &#187;, c'est-&#224;-dire en clair proposant la gr&#232;ve illimit&#233;e jusqu'&#224; satisfaction des revendications. Cette p&#233;tition n'&#233;tait pas d'origine syndicale. Au contraire, elle &#233;tait due &#224; des cheminots exc&#233;d&#233;s par les actions ou, plut&#244;t, par les inactions syndicales. Depuis la rentr&#233;e de septembre, en deux mois, les f&#233;d&#233;rations syndicales avaient organis&#233;, ensemble ou s&#233;par&#233;ment, quatre journ&#233;es, une tous les quinze jours, aussi soigneusement programm&#233;es que limit&#233;es. La CGT, se pr&#233;tendant maintenant &#224; l'origine de la gr&#232;ve, se vante d'avoir, au cours de l'ann&#233;e 1986, organis&#233; pas moins de quatorze journ&#233;es d'action &#224; la SNCF. Mais c'est justement parce que les cheminots en avaient ras-le-bol non seulement de voir leur salaire r&#233;el se r&#233;duire, leurs conditions de travail empirer, les effectifs diminuer et la s&#233;curit&#233; mise de plus en plus en cause par la SNCF, mais aussi ras-le-bol des simagr&#233;es de leurs organisations syndicales, qu'ils ont organis&#233; et lanc&#233; un mouvement hors des cadres syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;tition ayant recueilli l'approbation d'une large majorit&#233;, un tract fut alors r&#233;dig&#233; au d&#233;but d&#233;cembre par quelques-uns des agents de conduite. Parmi ceux-ci il y avait des militants syndicalistes, mais c'est toujours hors des cadres syndicaux qu'il se fit. Il ne portait d'ailleurs - et c'&#233;tait &#233;videmment voulu - aucun sigle syndical. Bien plus il contenait m&#234;me une menace &#224; peine voil&#233;e contre les syndicats, les agents de conduite y &#233;crivant en effet qu'ils &#171; demandent aux diff&#233;rentes organisations syndicales, CFDT-CFTC-CGT-FGAAC-FO, de soutenir leur mouvement &#187;. Mais ils ajoutaient &#171; les agents de conduite sauront prendre leurs responsabilit&#233;s vis-&#224;-vis des organisations syndicales qui ne leur apporteraient pas leur soutien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tract, qui pr&#233;sentait les revendications des agents de conduite - dont le refus du nouveau projet de grille de salaire avanc&#233; par la direction, mais aussi l'augmentation des salaires et les conditions de travail - affirmait aussi que &#171; les agents de conduite ont pris la d&#233;cision de se mettre en gr&#232;ve &#224; partir du 18 d&#233;cembre 1986 &#224; 0 heure et jusqu'&#224; compl&#232;te satisfaction de leurs revendications &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait clairet net. C'est bien la base qui avait d&#233;cid&#233;, la base, c'est-&#224;-dire les travailleurs du rang y compris bien entendu des syndiqu&#233;s, y compris aussi des militants syndicaux, mais en dehors du cadre syndical, et des directions et des appareils des f&#233;d&#233;rations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la base aussi qui se chargea de propager et d'&#233;tendre son mouvement. Les agents de conduite laiss&#232;rent ce tract de d&#233;p&#244;t en d&#233;p&#244;t, l&#224; o&#249; ils vont au cours de leurs d&#233;placements puisque leur travail consiste justement &#224; conduire les trains le long du r&#233;seau. Ce tract circula largement et l'ensemble des agents de conduite fut inform&#233; de la volont&#233; et des d&#233;cisions de ceux de Paris Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les conducteurs de Paris Nord arr&#234;t&#232;rent le travail jeudi &#224; 0 heure comme ils l'avaient d&#233;cid&#233;, la gr&#232;ve ne mit pas longtemps &#224; s'&#233;tendre. Le soir elle &#233;tait d&#233;j&#224; g&#233;n&#233;rale sur tout le r&#233;seau Nord du pays, de Paris jusqu'&#224; Lille. Et des d&#233;p&#244;ts d'autres r&#233;seaux tinrent d&#233;j&#224; des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans lesquelles la gr&#232;ve fut d&#233;cid&#233;e pour les heures qui venaient. L'exemple du Nord &#233;tait contagieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se fit sans, ou m&#234;me contre, les f&#233;d&#233;rations syndicales, m&#234;me si parmi ceux qui ont fait le tract d'appel, qui l'ont port&#233; ici ou l&#224;, qui se sont d&#233;plac&#233;s dans les autres d&#233;p&#244;ts lors de ces premi&#232;res heures de la gr&#232;ve, il y avait des militants syndicaux, en particulier CFDT et FGAAC (la f&#233;d&#233;ration autonome des agents de conduite, le syndicat corporatiste des conducteurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les f&#233;d&#233;rations syndicales, elles, n'&#233;taient ni &#224; l'origine ni vraiment &#224; l'oeuvre. Au mieux elles se sont content&#233;es de suivre, et dans ce cas, avec m&#233;fiance. Et si la caract&#233;ristique du d&#233;marrage de ce mouvement allait &#234;tre la grande m&#233;fiance de la base vis-&#224;-vis des organisations syndicales, ce ne fut que le simple retour des choses, la contrepartie de la m&#233;fiance bien plus grande encore des directions syndicales vis-&#224;-vis de la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition initiale de la CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune f&#233;d&#233;ration syndicale, et pas plus la CFDT ou la FGAAC que les autres, ne lan&#231;a un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, m&#234;me lorsque celle-ci fut de toute mani&#232;re en route, m&#234;me pour les seuls agents de conduite. Et &#224; plus forte raison pas pour l'ensemble des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, elle, fut encore plus oppos&#233;e &#224; cette gr&#232;ve qui &#233;chappait &#224; son contr&#244;le, d'autant plus oppos&#233;e qu'elle a eu l'impression que ses concurrents, la CFDT et la FGAAC, avaient mieux manoevr&#233; dans les premi&#232;res heures pour appara&#238;tre tout de m&#234;me comme accompagnant le mouvement. Durant la premi&#232;re journ&#233;e, la CGT garda tout simplement le silence. Alors que tout le r&#233;seau Nord &#233;tait d&#233;j&#224; en gr&#232;ve, les communiqu&#233;s de la CGT, le jeudi 18 d&#233;cembre, n'en disaient pas un mot et ne parlaient que de la gr&#232;ve de la r&#233;servation qui se terminait &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude de la CGT, en fait tr&#232;s claire dans son opposition &#224; la gr&#232;ve, mais ext&#233;rieurement ambigu&#235;, eut pour cons&#233;quence, comme d'habitude en pareil cas, que les militants c&#233;g&#233;tistes prirent des attitudes contradictoires. Un certain nombre d'entre eux, suivant sans aucun doute leur propre sentiment, le m&#234;me que celui des autres cheminots, pouss&#232;rent tout de suite &#224; la gr&#232;ve, et furent dans leur d&#233;p&#244;t parmi ses initiateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ailleurs les responsables CGT ne se m&#233;prenant pas, eux, sur la v&#233;ritable volont&#233; de la f&#233;d&#233;ration, s'oppos&#232;rent ouvertement, carr&#233;ment &#224; la gr&#232;ve. Ainsi par exemple sur le secteur Paris Sud-Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le vendredi 19 d&#233;cembre, quand la question se posa pour les roulants de Paris Sud-Ouest de se joindre &#224; la gr&#232;ve de Paris Nord, on vit resurgir les &#171; piquets de travail &#187; de la CGT c'est-&#224;-dire comme quinze jours auparavant dans un secteur particulier (la ligne C sur RER), des responsables CGT venus sur place tout sp&#233;cialement pour inciter &#224; ne pas faire gr&#232;ve. Vendredi matin, au d&#233;p&#244;t d'Ivry, &#224; la gare des Invalides, &#224; Br&#233;tigny, dans tous les points n&#233;vralgiques du secteur, les responsables CGT &#233;taient l&#224;, accompagn&#233;s de quelques militants ou adh&#233;rents. Pas tous, tr&#232;s loin de l&#224;, il faut le souligner. Beaucoup de travailleurs CGT furent du c&#244;t&#233; de la gr&#232;ve d&#232;s le d&#233;but. Mais les responsables CGT militaient activement pour le travail, s'opposant aux cheminots qui voulaient faire gr&#232;ve, et aux militants, dont ceux de Lutte Ouvri&#232;re, qui appelaient &#224; faire gr&#232;ve. Dans cette affaire les responsables CGT et la direction march&#232;rent m&#234;me la main dans la main. C'est ainsi que la direction SNCF mit &#171; en r&#233;serve &#187; un responsable de la CGT, le dispensant de conduire les trains, afin qu'il puisse demeurer en permanence au d&#233;p&#244;t pour inciter les cheminots &#224; bien prendre leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; Paris Sud-Ouest, cela dura deux jours, jusqu'au samedi soir, jusqu'&#224; ce que la majorit&#233; des cheminots ait rejoint la gr&#232;ve et que la f&#233;d&#233;ration CGT, se rendant compte qu'elle ne pouvait pas de toute mani&#232;re s'opposer &#224; une gr&#232;ve qui &#233;tait d&#233;j&#224; devenue nationale, change alors son fusil d'&#233;paule et se d&#233;clare ouvertement en faveur de cette gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pendant ces deux jours, les gr&#233;vistes furent gagn&#233;s un &#224; un, les agents de conduite balan&#231;ant, d'un c&#244;t&#233; pouss&#233;s par leur envie de se battre et de se joindre &#224; une gr&#232;ve qui s'&#233;tendait nationalement, de l'autre c&#244;t&#233; repouss&#233;s par l'attitude des responsables syndicaux ouvertement hostiles &#224; la gr&#232;ve. C'est ainsi que le d&#233;p&#244;t d'Ivry ne fut majoritairement en gr&#232;ve que le samedi soir et qu'il fallut deux jours pour gagner cette majorit&#233; &#224; partir du premier gr&#233;viste, un militant de Lutte Ouvri&#232;re, le vendredi &#224; 6 heures du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois cette attitude des militants CGT ne fut pas la m&#234;me partout. Dans maints endroits, ils se sont joints &#224; la gr&#232;ve avec moins de r&#233;ticences, ou m&#234;me sans aucune r&#233;ticence. Mais ce n'est certainement pas qu'&#224; Paris Sud-Ouest que les responsables ont manifest&#233; leur opposition, m&#234;me si &#224; Paris Sud-Ouest ils l'ont manifest&#233;e aussi violemment - &#224; cause de la pr&#233;sence de militants r&#233;volutionnaires. La preuve, c'est que les derniers d&#233;p&#244;ts &#224; se mettre en gr&#232;ve, le dimanche 21 d&#233;cembre, furent g&#233;n&#233;ralement les d&#233;p&#244;ts o&#249; la CGT a la plus grande influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation ind&#233;pendante des gr&#233;vistes inqui&#232;te bourgeoisie... et syndicats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette gr&#232;ve la base n'a pas seulement voulu, d&#233;cid&#233;, &#233;tendu la gr&#232;ve sans un ordre des appareils syndicaux. Elle a aussi commenc&#233; &#224; s'organiser hors des cadres syndicaux. C'est cela d'ailleurs qui a inqui&#233;t&#233; un moment la bourgeoisie et le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en effet au milieu de la deuxi&#232;me semaine, au bout de six ou sept jours de gr&#232;ve que les journalistes et commentateurs de tout poil, ont commenc&#233; &#224; s'interroger ouvertement sur la faiblesse des syndicats, exactement au moment o&#249; ils ont d&#233;couvert que s'&#233;taient mis en place, ici et l&#224;, des comit&#233;s de gr&#232;ve, &#233;lus par les gr&#233;vistes, contr&#244;l&#233;s par eux et qui avaient pris la direction de la gr&#232;ve dans leur secteur, et m&#234;me qu'existaient des coordinations de ces comit&#233;s de gr&#232;ve. Alors on a vu, non seulement Le Monde, ce porte-parole des bourgeois pr&#233;tendument de gauche, mais Le Figaro lui-m&#234;me qui n'est pourtant gu&#232;re coupable, habituellement, de tendresse &#224; l'&#233;gard des syndicats, d&#233;plorer cette faiblesse. &#171; Quelque soit le d&#233;sarroi des syndicats qui n'ont &#224; aucun moment ma&#238;tris&#233; le mouvement et qui se sont lass&#233;s d&#233;border par des &#171; coordinations &#187; cr&#233;&#233;es de toute pi&#232;ce &#187; &#233;crivait son &#233;ditorialiste du lundi 29 d&#233;cembre, &#171; ils restent les seuls interlocuteurs de la direction SNCF &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est vrai que ce qui a &#233;t&#233; diff&#233;rent dans cette gr&#232;ve, par rapport &#224; d'autres gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales de la SNCF, celle de 1971 par exemple, qui avait dur&#233; onze jours, ou celle de 1976, c'est l'organisation des gr&#233;vistes. Elle a &#233;t&#233; encore embryonnaire, parcellaire, limit&#233;e. Mais telle quelle, elle a impliqu&#233; tout de m&#234;me, &#224; un degr&#233; ou &#224; un autre, des dizaines de milliers de travailleurs. Et les cheminots ont certainement au moins &#233;t&#233; conscients de son existence et de ce qu'elle changeait dans l'ordre habituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, cette gr&#232;ve, qui touchait une entreprise de 230 000 travailleurs r&#233;partis sur la totalit&#233; du territoire, a eu des caract&#232;res diff&#233;rents, vari&#233;s, selon les villes, les situations locales, l'implantation plus ou moins grande des divers appareils syndicaux concurrents et aussi des militants d'extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, presque partout, des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes se sont tenues r&#233;guli&#232;rement. Dans quelques secteurs, et en particulier ceux o&#249; &#233;taient influents les militants de notre tendance, ces assembl&#233;es ont eu lieu au moins une fois par jour y compris les jours de No&#235;l et du 1er de l'An. Cela devrait para&#238;tre banal. On sait pourtant que cela ne l'est pas forc&#233;ment et que les gr&#232;ves o&#249; les directions syndicales renvoient les gr&#233;vistes chez eux, attendre patiemment ou non que ces directions syndicales aient n&#233;goci&#233; la fin du mouvement avec les patrons, ont ces derni&#232;res d&#233;cennies &#233;t&#233; la r&#232;gle &#224; la SNCF et dans bien d'autres entreprises en France. Cette fois, cela n'a pas &#233;t&#233; le cas. Les gr&#233;vistes &#233;taient l&#224; et entendaient y rester. C'est, bien s&#251;r, la maque de la m&#233;fiance que beaucoup &#233;prouvaient envers les directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, dans lesquelles &#233;taient prises nombre de d&#233;cisions concernant la poursuite de la gr&#232;ve, se sont impos&#233;es non seulement l&#224; o&#249; existaient des comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus par elles et responsables devant elles, mais dans bien des secteurs o&#249; la direction de la gr&#232;ve est rest&#233;e enti&#232;rement dans les mains des syndicats. L&#224;, les gr&#233;vistes n'ont peut-&#234;tre pas trouv&#233; la force d'imposer l'&#233;lection de la direction de la gr&#232;ve ; ils ont puis&#233; cependant dans leur m&#233;fiance vis-&#224;-vis de leurs directions traditionnelles la force d'&#234;tre l&#224; et de demander des explications, sinon des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT elle-m&#234;me l'a reconnu. Prenant son parti de l'&#233;tat de fait, apr&#232;s une semaine de gr&#232;ve environ, elle se disait brusquement en faveur de &#171; la d&#233;mocratie, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale souveraine et la r&#233;union des syndiqu&#233;s &#187;. Bien s&#251;r ce slogan &#233;tait mis en avant pour faire pi&#232;ce &#224; celui de la v&#233;ritable d&#233;mocratie : &#171; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale souveraine et le comit&#233; &#187;. C'&#233;tait tout de m&#234;me, quoique avec retard et avec r&#233;ticence, reconna&#238;tre qu'une gr&#232;ve devait &#234;tre contr&#244;l&#233;e par les gr&#233;vistes... et qu'elle l'&#233;tait au moins en partie cette fois-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a eu les coordinations. Des coordinations r&#233;gionales, pas seulement &#224; Paris Sud-Ouest, mais aussi dans le secteur de Paris Saint-Lazare, &#224; Tours, &#224; Lyon, &#224; Rouen, et puis des coordinations nationales, la Coordination des agents de conduite d'une part, la Coordination inter-cat&#233;gories d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que les comit&#233;s de gr&#232;ve ne se sont mis en place que par endroits, et pas dans la majorit&#233; des endroits loin de l&#224;, de m&#234;me les coordinations n'ont repr&#233;sent&#233; qu'une minorit&#233; de secteurs. La Coordination des agents de conduite elle-m&#234;me n'a repr&#233;sent&#233; qu'un peu plus du quart des d&#233;p&#244;ts, peut-&#234;tre 5 000 conducteurs sur un total de 18 000. La Coordination inter-cat&#233;gories, lors de sa troisi&#232;me r&#233;union pl&#233;ni&#232;re, au cours de la troisi&#232;me semaine de gr&#232;ve, repr&#233;sentait 12 000 gr&#233;vistes qui avaient d&#251;ment mandat&#233; leurs repr&#233;sentants dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Mais &#224; ce moment-l&#224;, il y avait plus ou moins 100 000 gr&#233;vistes &#224; la SNCF, ce qui signifie que la Coordination ne repr&#233;sentait qu'une petite partie des cheminots en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation d&#233;mocratique et ind&#233;pendante de la gr&#232;ve &#224; l'&#233;chelle nationale, n'a donc &#233;t&#233; qu'embryonnaire. Et pourtant, telle quelle, c'&#233;tait tout de m&#234;me le d&#233;but de quelque chose de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 23 d&#233;cembre encore, apr&#232;s un semblant de n&#233;gociations avec les syndicats, la direction se f&#233;licitait qu'un accord salarial ait &#233;t&#233; conclu avec la CFTC, la F&#233;d&#233;ration des Ma&#238;trises et Cadres et la CGC, FO retirant sa signature &#224; la derni&#232;re minute. Elle semblait croire que le fait que ces syndicats, ultra-minoritaires &#224; la SNCF, appellent &#224; la reprise, allait calmer les choses, sans voir le ridicule des appels &#224; la reprise de la part de syndicats... qui n'avaient jamais appel&#233; &#224; la gr&#232;ve, jamais m&#234;me approuv&#233; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vendredi 26 d&#233;cembre, Dupuy, le directeur-g&#233;n&#233;ral de la SNCF, lan&#231;ait un ultimatum : il fallait, parait-il, que les cheminots reprennent le travail pour que les discussions red&#233;marrent, et de toute mani&#232;re la promotion au m&#233;rite, l'essentiel du nouveau projet de grille des salaires dont les cheminots demandaient le retrait, serait maintenu. Dupuy, il faut le dire, avait sans doute &#233;t&#233; encourag&#233; par l'attitude des directions syndicales qui s'&#233;taient toutes pr&#233;cipit&#233;es chez lui la veille de No&#235;l, en ordre dispers&#233;, parce que Essig, le pr&#233;sident socialiste de la SNCF, et Seguin, le ministre des Affaires Sociales, avaient laiss&#233; entendre qu'on pouvait n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les gr&#233;vistes n'ont &#233;t&#233; ni impressionn&#233;s ni tromp&#233;s. Il n'y a pas eu de reprise, mais la mise en place des coordinations nationales, celle des agents de conduite, r&#233;unie le vendredi 26 et le dimanche 28 d&#233;cembre, et la Coordination inter-cat&#233;gories, r&#233;unie elle-m&#234;me le vendredi 26 et le lundi 29. La CGT &#233;tait oblig&#233;e de durcir le ton. Elle organisait une manifestation des cheminots le mardi 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, le mercredi 31, &#224; minuit, en guise de cadeau de nouvelle ann&#233;e, le projet de grille de salaire qui pr&#233;tendait instituer la seule promotion au m&#233;rite &#233;tait pratiquement retir&#233; par la direction de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'irruption de la base, sa d&#233;termination et son d&#233;but d'organisation n'inqui&#233;taient pas que le gouvernement. Cela inqui&#233;tait aussi les f&#233;d&#233;rations syndicales. La CGT adoptait, on l'a vu, un ton plus radical, parlait d'extension, tout en attaquant violemment les coordinations, en bloc. La CFDT, qui avait commenc&#233; son OPA sur la Coordination des agents de conduite, ne pardonnait pas par contre &#224; la Coordination inter-cat&#233;gories. Le lendemain m&#234;me de la constitution provisoire de celle-ci, une r&#233;union extraordinaire de son bureau f&#233;d&#233;ral d&#233;cidait de retirer son poste de permanent &#224; Daniel Vitry, un des principaux dirigeants de cette Coordination (par ailleurs, militant de Lutte Ouvri&#232;re). Les dirigeants de la CFDT dirent que &#171; puisque Daniel Vitry se voulait le repr&#233;sentant de la base, ils le remettaient &#224; la base &#187;. Ce semblant d'humour et cette r&#233;elle hypocrisie, bien j&#233;suite, ont eu au moins un m&#233;rite involontaire : celui de reconna&#238;tre qu'&#224; la CFDT le fait d'occuper un poste de responsabilit&#233; et celui d'&#234;tre repr&#233;sentant de la base sont incompatibles. Donnons-en acte aux dirigeants de la f&#233;d&#233;ration CFDT. Quant &#224; savoir ce qu'en pensent r&#233;ellement les adh&#233;rents et les militants, c'est sans doute une autre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obstacle du corporatisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, il est vrai que le mouvement des cheminots a eu certaines limites, ind&#233;pendamment de la politique des organisations syndicales, bien que cette politique ait certainement contribu&#233; &#224; rendre ces limites plus &#233;troites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, la d&#233;termination des cheminots n'a pas &#233;t&#233; homog&#232;ne. Si les agents de conduite ont &#233;t&#233; massivement dans la gr&#232;ve, en constituant &#224; tous points de vue le fer de lance du mouvement, pour les autres cat&#233;gories de cheminots, la participation et la d&#233;termination ont &#233;t&#233; plus variables, c'est-&#224;-dire proportionnellement et globalement plus faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette participation et cette d&#233;termination ont &#233;t&#233; influenc&#233;es dans un sens n&#233;gatif par l'attitude de certains agents de conduite et de tous les dirigeants et de nombre de militants de toutes les organisations syndicales. Nous y reviendrons. Au total, si 90 % &#224; 95 % des 18 000 agents de conduite ont &#233;t&#233; en gr&#232;ve, pendant presque toute la gr&#232;ve, ce pourcentage peut &#234;tre &#233;valu&#233; &#224; environ 50 % pour l'ensemble des autres cat&#233;gories, et seulement pendant une partie du mouvement, &#224; son apog&#233;e. Cela fait autour de 100 000 cheminots en gr&#232;ve, et ces cheminots en gr&#232;ve auraient pu largement suffire &#224; paralyser la SNCF, avec ou sans les agents de conduite, mais l'un des probl&#232;mes est cependant que beaucoup de ces cheminots ne voyaient pas leur gr&#232;ve comme quelque chose d'&#233;ventuellement ind&#233;pendant de celle des agents de conduite. Ils ne se voyaient pas continuer &#233;ventuellement la gr&#232;ve sans eux. La majorit&#233; d'entre eux, &#224; l'&#233;chelle nationale, voyaient leur propre gr&#232;ve comme seulement compl&#233;mentaire de celle des agents de conduite, voire simplement permise par celle des conducteurs. Contrairement, de ce point de vue, aux agents de conduite qui se voyaient bien pour la plupart faire la gr&#232;ve tout seuls. Ce qui ne leur aurait pas permis de vaincre de toute fa&#231;on, mais de cela ils n'avaient pas tous conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont r&#233;ussi &#224; arr&#234;ter la gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de trois semaines, la gr&#232;ve n'avait pas encore faibli. Le lundi 5 janvier, apr&#232;s le pont du Premier de l'An, de nombreux cheminots qui avaient &#233;t&#233; en cong&#233; pour quelques jours, rejoignaient de nouveau les gr&#233;vistes, et partout les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#233;taient plus nombreuses. Malgr&#233; l'attitude de la FGAAC, poussant ostensiblement &#224; la reprise apr&#232;s les f&#234;tes bien qu'elle n'os&#226;t pas prononcer le mot, le nombre des agents de conduite qui avaient abandonn&#233; &#233;tait infime. De nouvelles n&#233;gociations jeudi 8 janvier n'amen&#232;rent que des miettes qui furent jug&#233;es telles par les gr&#233;vistes, et le soir la gr&#232;ve tenait toujours aussi bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intox &#224; la reprise battait son plein. Celle-ci &#233;tait annonc&#233;e chaque jour. Pourtant chaque jour, c'&#233;tait le m&#234;me pourcentage de trains qui roulaient, pas plus. A partir du vendredi 9, il y eut la pr&#233;tendue mobilisation des usagers, c'est-&#224;-dire des patrons et des partis de droite. Mais tout cela n'impressionna gu&#232;re les gr&#233;vistes, au plus, cela accrut la col&#232;re de quelques-uns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ont arr&#234;t&#233; la gr&#232;ve, ce sont les syndicats : la CFDT et la CGT, puisque les autres soit n'avaient jamais &#233;t&#233; dans la gr&#232;ve, soit comme la FGAAC l'avait d&#233;j&#224; abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manoeuvre pour arr&#234;ter une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; la SNCF alors que les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes ne sont nullement pr&#234;ts &#224; abandonner, n'est pas une nouveaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a d&#233;j&#224; vue se r&#233;p&#233;ter en 1968, en 1971, en 1976, bref &#224; chaque fois qu'une gr&#232;ve impliquant des dizaines de milliers de cheminots aux quatre coins du territoire est devenue pesante ou g&#234;nante pour les organisations syndicales. Cette manoeuvre consiste &#224; pousser &#224; la reprise les secteurs les plus faibles au lieu de les conforter en montrant que la grosse majorit&#233; tient ferme. Puis, en se servant de leur exemple, &#224; souffler aux autres que le vent est &#224; la reprise, et ainsi les d&#233;courager et les d&#233;moraliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois-ci, l&#224; encore, c'est la CFDT qui s'est avanc&#233;e la premi&#232;re. D&#232;s la fin des n&#233;gociations jeudi 8 au soir, la F&#233;d&#233;ration faisait savoir que, bien s&#251;r sans se prononcer pour la reprise, elle estimait que les gr&#233;vistes ne pourraient de toute fa&#231;on rien obtenir de plus. A part cela, elle les laissait libres de se prononcer pour ou contre la continuation de la gr&#232;ve. Un peu plus tard, c'est Edmond Maire lui-m&#234;me qui en rajoutait en conseillant ouvertement &#171; l'apaisement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur le terrain, les responsables, d&#232;s vendredi, encourageaient plus ou moins discr&#232;tement les premiers secteurs o&#249; la gr&#232;ve &#233;tait minoritaire &#224; reprendre le travail imm&#233;diatement, sans attendre de conna&#238;tre l'opinion de la majorit&#233; des autres secteurs. En fait, dans certains endroits ils encourageaient la minorit&#233; qui votait pour la reprise &#224; reprendre le travail. C'est ainsi qu'une gr&#232;ve est &#233;miett&#233;e, bris&#233;e, et qu'est cr&#233;&#233; le courant pour la reprise. Il est significatif d'ailleurs que les communiqu&#233;s de la F&#233;d&#233;ration ne disaient pas que, le vendredi 9 au soir il y avait toujours 79 d&#233;p&#244;ts sur 94 qui avaient d&#233;cid&#233; de poursuivre le mouvement. Ils disaient que quinze d&#233;p&#244;ts avaient d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter la gr&#232;ve. C'est ainsi qu'on cr&#233;e un climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, elle, a tenu plus longtemps. D'abord elle avait plus que la CFDT &#224; se faire pardonner son opposition du d&#233;but de la gr&#232;ve. Et puis, puisque la CFDT lui donnait l'occasion d'appara&#238;tre plus ferme, elle ne devait pas la rater. Elle a donc tenu deux jours de plus en se pronon&#231;ant officiellement pour la continuation. Et puis Edmond Maire ayant abattu ouvertement son jeu, la CGT se d&#233;clara tout &#224; la fois &#171; aux c&#244;t&#233;s de ceux qui ont d&#233;cid&#233; de continuer la lutte et aux c&#244;t&#233;s de ceux qui ont d&#233;cid&#233; de reprendre &#187;. Et voil&#224;. Ce n'est pas encore aujourd'hui que les j&#233;suites de la CFDT pourront donner des le&#231;ons &#224; ceux de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, comme toujours, l'attitude ambigu&#235; de la CGT s'est traduite de deux mani&#232;res sur le terrain. Certains militants y ont vu quand m&#234;me un encouragement &#224; continuer la gr&#232;ve, et ont pouss&#233; certains d&#233;p&#244;ts &#224; tenir un jour ou deux encore dans certaines r&#233;gions du Midi ou m&#234;me &#224; Paris Sud-Ouest, o&#249;. ils avaient, il est vrai beaucoup &#224; faire pour se racheter. D'autres responsables y ont vu le feu vert pour pousser &#224; la reprise aux c&#244;t&#233;s de la CFDT. Ainsi au d&#233;p&#244;t du Charolais, gare de Lyon &#224; Paris, apr&#232;s que l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale eut vot&#233; la continuation de la gr&#232;ve, un d&#233;l&#233;gu&#233; demandait, comme par hasard, aux minoritaires s'ils comptaient reprendre le travail tout de suite. Certains ayant finalement saisi la perche tendue, on organisait une nouvelle assembl&#233;e o&#249; les responsables syndicaux soulignaient la n&#233;cessit&#233; de reprendre tous ensemble. C'est avec ce petit jeu que CGT et CFDT ensemble sont parvenues &#224; faire voter la reprise, malgr&#233; l'opposition d'un militant CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait dans la n&#233;cessit&#233; de parer &#224; toutes ces manoeuvres que les coordinations avaient trouv&#233; leur premi&#232;re raison d'&#234;tre. L'appel du d&#233;p&#244;t de Sotteville &#224; cr&#233;er une coordination nationale des agents de conduite disait explicitement et justement que c'&#233;tait &#171; afin d'&#233;viter la reprise d&#233;p&#244;t par d&#233;p&#244;t &#187;. Malheureusement le repr&#233;sentant de Sotteville au bureau de la Coordination des agents de conduite lui-m&#234;me (par ailleurs membre de la LCR) avait oubli&#233; au d&#233;but janvier ce qu'il &#233;crivait fin d&#233;cembre. C'est lui-m&#234;me qui a expliqu&#233; dans une interview au journal Le Matin comment il a appel&#233; son d&#233;p&#244;t, dont l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale venait de voter la poursuite de la gr&#232;ve, &#224; d&#233;cider de reprendre le travail &#171; pour ne pas briser l'unit&#235; &#187;, restant ainsi jusqu'au bout fid&#232;le &#224; la politique de la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Coordination inter-cat&#233;gories a &#233;t&#233;, elle, encore trop faible pour s'opposer &#224; ces grandes manoeuvres. Elle a appel&#233; &#224; continuer la gr&#232;ve. Elle a publi&#233; par tracts les informations sur la liste des secteurs qui avaient d&#233;cid&#233; de continuer la gr&#232;ve. Mais elle ne repr&#233;sentait qu'une petite minorit&#233;, m&#234;me si dans ces derniers jours, des cheminots de plusieurs r&#233;gions qui n'avaient pas &#233;t&#233; en contact jusqu'ici, ont alors pris ce contact, &#224; la recherche d'informations exactes que tous leur refusaient. La Coordination inter-cat&#233;gories n'a pas pu s'opposer &#224; ces manoeuvres, elle n'en a pas eu la force. C'est certes regrettable. Mais elle a eu le m&#233;rite d'&#234;tre la seule organisation nationale a tenter de le faire, et elle a surtout eu le m&#233;rite d'exister et de montrer l'exemple de ce qu'il faut faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes n'ont pas gagn&#233; mais ils ne sont pas d&#233;faits&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots n'ont pas gagn&#233;. Bien s&#251;r, le projet de grille des salaires est remis&#233;, du moins momentan&#233;ment. Mais ils n'ont eu satisfaction ni sur les salaires, ni sur les conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les gr&#233;vistes ne sont nullement d&#233;moralis&#233;s. Tout le montre : les r&#233;actions aux menaces de sanctions pour fait de gr&#232;ve comme l'attitude vis-&#224;-vis des chefs qui ont fait les jaunes pendant la gr&#232;ve. A Nevers, &#224; Narbonne, &#224; Lyon, &#224; Nanterre et dans bien d'autres endroits il y eut de nouveau d&#233;brayages dans les heures ou les jours qui ont suivi la fin de la gr&#232;ve pour bien indiquer &#224; la SNCF que les gr&#233;vistes n'accepteraient pas la moindre sanction. Et un peu partout ce sont les chefs jaunes qui doivent rabattre de leur arrogance ant&#233;rieure et les gr&#233;vistes qui leur montrent qu'ils savent se souvenir de leur attitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, la SNCF le sait bien. Elle est extr&#234;mement prudente. Elle vient d'annoncr au Comit&#233; d'Entreprise de Paris Sud-Ouest qu'il n'y aurait aucune sanction sur la r&#233;gion, que seule une enqu&#234;te pour un pr&#233;tendu sabotage se poursuit. Il est vrai qu'&#224; Amiens, elle aurait d&#233;pos&#233; plus d'une centaine de plaintes contre les gr&#233;vistes qui, ont occup&#233; les voies, comme dans d'autres villes d'ailleurs, mais elle a tenu &#224; affirmer qu'au point de vue administratif, elle agirait &#171; avec mansu&#233;tude &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes n'ont pas gagn&#233;. Mais ils ne sont pas abattus, ni d&#233;faits. Ils ne le sont pas, parce qu'ils ont bien conscience que leur mouvement avec toutes ses limites, apr&#232;s une longue p&#233;riode de calme social dans laquelle la classe ouvri&#232;re prenait des coups sans les rendre, vient de prouver que les travailleurs demeuraient tout &#224; fait capables de se battre, de riposter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis ils ont pris conscience aussi d'avoir fait une gr&#232;ve pas tout &#224; fait ordinaire. Ils ont vu que cette gr&#232;ve, c'est la base, eux, les travailleurs du rang, qui l'ont voulue, d&#233;cid&#233;e, impos&#233;e et &#233;tendue, sans les appareils des f&#233;d&#233;rations syndicales, et m&#234;me contre eux. Et des milliers d'entre eux ont m&#234;me vu davantage : que les gr&#233;vistes peuvent s'organiser ind&#233;pendamment de ces appareils, se donner une direction qu'ils contr&#244;lent enti&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement au jour le jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;18 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Arr&#234;t de travail effectif des agents de conduite de Paris Nord, qui paralyse tout le trafic banlieue. La CFDT appelle &#224; &#171; un &#233;largissement du mouvement au plan national &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales aux d&#233;p&#244;ts de Paris et Villeneuve, convoqu&#233;es par les sections CFDT et FGAAC. La section CFDT des agents de trains appelle &#224; la gr&#232;ve pour le lendemain. CGT et CFTC se joindront &#224; cet appel.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Commission Mixte du Statut : la CFDT demande la satisfaction imm&#233;diaste des revendications des agents de la saisie et des agents de conduite. La direction refuse de discuter. La CFDT appelle &#224; l'extension du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	D&#233;brayages &#224; Paris Lyon et Paris Est ; mouvement qui, dans la soir&#233;e s'&#233;tend aux r&#233;gions de Bordeaux, Lyon, Toulouse, Marseille, etc. Ces actions sont d&#233;clench&#233;es &#224; l'issue d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, sans pr&#233;avis.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	A 3 heures, la gr&#232;ve commence &#224; l'appel de la CFDT et de la FGAAC aux d&#233;p&#244;ts de Paris et Villeneuve. A 16 heures, la CGT des agents de conduite des d&#233;p&#244;ts de Paris et Villeneuve se joint au mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	La direction r&#233;pond &#224; la CFDT qu'elle refuse d'aller plus loin en ce qui concerne la saisie. Elle ne consid&#232;re pas l'action commenc&#233; sur le Nord comme une nationale et refuse de n&#233;gocier puisqu'une seule organisation syndicale soutint le mouvement. A 18h, elle convoque toutes les organisations pour annoncer &#8230; des n&#233;gociations en janvier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	70 des 94 d&#233;p&#244;ts sont en gr&#232;ve. M&#234;me si des adh&#233;rents suivent, la CGT sur la base de l'adage &#171; on ne fait pas gr&#232;ve pendant les f&#234;tes &#187; se d&#233;fend d'&#234;tre &#224; l'origine du mouvement et appelle m&#234;me, par endroits, &#224; la reprise du travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	A 16 heures, la section CGT des agents de conduite du d&#233;p&#244;t de Villeneuve cesse la gr&#232;ve et va faire les trains ; &#224; 20 heures, elle se remet en gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Interpell&#233;e sur son attitude de blocage alors que les f&#234;tes approchent, la direction s'en tient &#224; ses n&#233;gociations en janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	93 d&#233;p&#244;ts sur 94 sont touch&#233;s. La SNCF estime le nombre d'agents de conduite en gr&#232;ve &#224; 80%. Dans l'apr&#232;s midi, le d&#233;p&#244;t de Chamb&#233;ry &#8211; d&#233;j&#224; &#224; l'origine de a gr&#232;ve qui, en septembre 1985, avait paralys&#233; tout le r&#233;seau &#8211; cesse le premier d'assurer le service minimum en bloquant les voies. Abandonnant sa r&#233;serve, la CGT demande &#171; &#224; tous ses militants, dans chaque chantier, de faire se prononcer d&#233;mocratiquement les cheminots de tous les services sur les revendications &#224; satisfaire &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Durant tout le week-end et 24 heures sur 24, les &#233;quipes CFDT mettent en place une permanence pour assurer l'extension et la coordination du mouvement. Nous fournirons ainsi les informations quotidiennes sur l'&#233;tat de la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le mouvement fait t&#226;che d'huile et s'&#233;tend &#224; de nombreux secteurs s&#233;dentaires ; essentiellement Mat&#233;rie, Exploitation, parfois Equipement. Mais la gr&#232;ve, qui est d&#233;j&#224; suivie &#224; plus de 90% chez les roulants (agents de conduite, contr&#244;leurs) n'atteindra en moyenne nationale que 30% chez les s&#233;dentaires, ce qui recouvre de grosses diff&#233;rences selon les localit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	A 8 heures, la section CFDT des s&#233;dentaires du d&#233;p&#244;t de Villeneuve appelle &#224; la gr&#232;ve et convoque une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. A 12 heures, les sections CFDT et CGT des AMPSE organisent un vote qui d&#233;cide la gr&#232;ve. A la m&#234;me heure, les sections CFDT et FO de la C.Ex. Villeneuve appellent &#224; la gr&#232;ve et aux assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales quotidiennes. A 13 heures, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du chantier Voyageurs de Paris Gare de Lyon d&#233;cide de poursuivre l'action &#171; indemnit&#233; de saisie &#187; (CFDT, CGT, CFTC) en se mettant en gr&#232;ve sur les m&#234;mes axes revendicatifs que l'action engag&#233;e dans les d&#233;p&#244;ts. A 14 heures, la section CGT des s&#233;dentaires du d&#233;p&#244;t de Villeneuve se joint &#224; la gr&#232;ve. Dans l'apr&#232;s midi, la CFDT appelle l'ensemble des agents de la C.Ex. Paris &#224; partir en gr&#232;ve (Gare, Bercy et Villeneuv&#233;Prairie).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	A 18 heures, la direction convoque les syndicats, non pas pour n&#233;gocier sur le cahier revendicatif d&#233;pos&#233;, mais pour avancer la date des n&#233;gociations salariales 1987 pr&#233;vues normalement le 6 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Gr&#232;ve de plusieurs centres PTT, soutenue par les sections CFDT. Gr&#232;ve des marins, &#224; l'appel de la CGT.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Les sections CFDT et CGT de Laroche et la Ligne &#224; Grande Vitesse appellent &#224; la gr&#232;ve. Dans la journ&#233;e, la CFDT appelle l'ensemble de la r&#233;gion Equipement &#224; la gr&#232;ve et organise des assembl&#233;es sur Paris et Villeneuve. L'assembl&#233;e de la gare de Corbeil d&#233;cide la gr&#232;ve &#224; l'appel de la CGT. La section CGT de Valenton se joint au mouvement. L'Union Professionnelle R&#233;gionale CFDT lance un appel pour une gr&#232;ve totale. Les chantiers de Montargis sont en gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	A 2 heures, rupture des n&#233;gociations ; CFDT, CGT FGAAC estiment insuffisantes es propositions de la direction en mati&#232;re de politique salariale et refusent de reporter aux 8 janvier et 9 mars les questions relatives aux conditions de travail et &#224; la grille des r&#233;mun&#233;rations. Nouvel appel de Jean Dupuy : &#171; je pense que tous les cheminots, dans cette affaire, ont bien conscience que c'est la vie m&#234;me de l'entreprise qui est en jeu &#187;. 7 heures : CGC, FMC et CFTC signent l'accord salarial et &#171; invitent tous les cheminots soucieux de leur avenir et de la p&#233;rennit&#233; de l'entreprise &#187; &#224; reprendre le travail. CFDT, FGAAC, CGT et FO appellent &#224; la reconduction du mouvement. Intervention d'Herv&#233; De Charrette, ministre d&#233;l&#233;gu&#233; la Fonction publique : &#171; il ne faut pas compter sur le gouvernement pour qu'il c&#232;de &#224; des demandes qui ne sont pas justifi&#233;es &#187;. Cr&#233;ation parmi les cheminots syndiqu&#233;s et non syndiqu&#233;s de comit&#233;s de gr&#232;ve, fermement d&#233;cid&#233;s &#224; g&#233;rer eux-m&#234;mes le conflit. Nouvelles interventions des forces de l'ordre, &#224; Chamb&#233;ry notamment o&#249; neuf rames TGV &#233;taient bloqu&#233;es depuis 24 heures. Consignes aux pr&#233;fets de favoriser la mise en place de transports routiers de remplacement. A 20 heures, Philippe Essig, pr&#233;sident de la SNCF, pr&#234;che la reprise du dialogue : &#171; On peut n&#233;gocier d&#232;s maintenant si tous les syndicats le souhaitent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Dupuy d&#233;clare qu'il d&#233;missionne si sa grille n'est pas maintenue.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Les sections Exploitation et Equipement de Corbeil et Melun rejoignent la gr&#232;ve, &#224; l'appel de la CFDT et la CGT et tiennent des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales communes &#224; Corbeil, seul endroit de ces &#233;tablissements o&#249; la gr&#232;ve est bien suivie. L'Entretien de Villeneuve Prairie est en gr&#232;ve. La section CGT de la C.Ex. Villeneuve se joint &#224; la gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Les comit&#233;s de gr&#232;ve des agents de conduite de Pars Nord et Sottevill&#233;l&#232;s-Rouen appellent &#224; la r&#233;union d'une coordination nationale afin &#171; d'&#233;viter une reprise du travail, d&#233;p&#244;t par d&#233;p&#244;t, isol&#233;s les uns des autres &#187;. La direction SNCF consulte s&#233;par&#233;ment les syndicats : simples &#233;changes de point de vue sur la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	12 heures : &#171; cette situation a assez dur&#233; ; elle doit prendre fin &#187;, d&#233;clare Jean Dupuy qui assure &#234;tre pr&#234;t &#224; &#233;voquer les conditions de travail dans le cadre de la Commission Mixte du Statut et &#224; faire appel, pour r&#233;gler la question de la grille des r&#233;mun&#233;rations, &#224; &#171; une personnalit&#233; ext&#233;rieure &#224; la SNCF dont la comp&#233;tence et l'impartialit&#233; soient incontestables &#187;. Il conclut : &#171; d&#232;s que le travail aura repris, d&#232;s que les trains rouleront, toutes les propositions, toutes les ouvertures, que je viens de faire et qui sont tr&#232;s larges pourront se concr&#233;tiser &#187;. Toll&#233; des syndicats qui crient &#224; la provocation. Cr&#233;ation en Gare du Nord, d'une &#171; coordination nationale provisoire des d&#233;p&#244;ts &#187;, qui ne se veut, ni l'&#233;manation d'un parti politique, ni un substitut des syndicats. Cr&#233;ation &#224; la Bourse du travail de Paris, d'une &#171; coordination nationale provisoire de tous les cheminots en gr&#232;ve &#187; qui revendique ouvertement le droit de participer aux n&#233;gociations avec la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Premiers blocages de trains sur notre r&#233;gion. Les TGV sont retard&#233;s, les autorisations de conduite contr&#244;l&#233;es, quelques &#171; feuilles &#187; et postes occup&#233;s. Les cheminots ripostent ainsi &#224; l'attitude de la direction nationale, &#224; laquelle certains cadres de notre r&#233;gion ajoutent des provocations r&#233;p&#233;t&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Pierre M&#233;haignerie, ministre de l'Equipement, du Logement, de l'Am&#233;nagement du territoire et des Transports, d&#233;clare &#171; pour le moment, c'est &#224; la direction SNCF de trouver des solutions &#8230; Le gouvernement n'a pas, pour l'instant, vocation &#224; &#234;tre en premi&#232;re ligne &#187;. Mise au point de Jean Dupuy : &#171; beaucoup ont interpr&#233;t&#233; mes d&#233;clarations comme formulant un pr&#233;alable. En fait, je n'ai pas &#233;tabli de pr&#233;alable&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La direction se lance dans l'intox en grand : elle annonce des trains qu'elle n'assure pas, elle donne des pourcentages de circulation sur la base du service minimum et non de la r&#233;alit&#233;. Mise en place d&#233;finitive de la &#171; coordination nationale des agents de conduite &#187; qui r&#233;affirme sa volont&#233; de garder sa sp&#233;cificit&#233; tout en se f&#233;licitant qu'il y ait d'autres mouvements de revendications. Mise en place de coordinations r&#233;gionales entre comit&#233;s de gr&#232;ve, toutes cat&#233;gories confondues &#224; Sotteville, Clermont-Ferrand, Toulouse, Lyon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le mouvement atteint son rapport de force le plus &#233;lev&#233;. Des cadres non gr&#233;vistes informent les journaux de leur &#233;c&#339;urement face &#224; l'attitude de la direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	La section CFDT des services administratifs de la r&#233;gion et du r&#233;seau tente de lancer la gr&#232;ve. La gr&#232;ve d&#233;bute &#224; Sens. A partir de cette date, le mouvement se renforcera dans les &#233;tablissements o&#249; il n'&#233;tait pas majoritaire mais ne touchera pas les services qui n'ont pas commenc&#233; l'action.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Paris Nord est &#171; d&#233;bloqu&#233; &#187; par les forces de l'ordre. Constatant en fin de matin&#233;e &#171; une tr&#232;s nette am&#233;lioration du trafic &#187;, Jean Dupuy demande au gouvernement la convocation pour le lendemain de la Commission Mixte du Statut et la d&#233;signation tr&#232;s rapide d'une personnalit&#233; qui arbitrerait la question de la grille des r&#233;mun&#233;rations. De tr&#232;s nombreuses interventions de CRS ont lieu, destin&#233;es &#224; appuyer le mythe de la reprise. Le gouvernement d&#233;signe un charg&#233; de mission, qu'il pr&#233;sente comme un m&#233;diasteur [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes indiqu&#233;s n'expriment pas tous notre point de vue mais on l'y trouve aussi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_cheminots_de_1986_et_1987&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_cheminots_de_1986_et_1987&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article51564&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article51564&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.unioncommunistelibertaire.org/1986-La-plus-longue-greve-du-rail&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.unioncommunistelibertaire.org/1986-La-plus-longue-greve-du-rail&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-1986-1993-trilingue-article-france-la-greve-des-cheminots-18.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-1986-1993-trilingue-article-france-la-greve-des-cheminots-18.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesutopiques.org/greve-cheminots-198687-vue-de-lagglomeration-rouennaise-experience-dauto-organisation/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesutopiques.org/greve-cheminots-198687-vue-de-lagglomeration-rouennaise-experience-dauto-organisation/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.unioncommunistelibertaire.org/Decembre-1986-Les-coordinations-de-grevistes-ouvrent-une-ere-nouvelle&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.unioncommunistelibertaire.org/Decembre-1986-Les-coordinations-de-grevistes-ouvrent-une-ere-nouvelle&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.hal.science/halshs-03448517/document&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.hal.science/halshs-03448517/document&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1986/861227-L0-Numero-0969.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1986/861227-L0-Numero-0969.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1987/870103-L0-Numero-0970.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1987/870103-L0-Numero-0970.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1987/870110-L0-Numero-0971.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1987/870110-L0-Numero-0971.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1987/870117-L0-Numero-0972.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1987/870117-L0-Numero-0972.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cac87002578/polemique-sur-la-greve-coordination-syndicats&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cac87002578/polemique-sur-la-greve-coordination-syndicats&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ainfos.ca/fr/ainfos14683.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ainfos.ca/fr/ainfos14683.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.revolutionpermanente.fr/Interview-Greve-des-cheminots-de-1986-Les-syndicats-ont-mal-vecu-la-greve-mais-on-etait-tellement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.revolutionpermanente.fr/Interview-Greve-des-cheminots-de-1986-Les-syndicats-ont-mal-vecu-la-greve-mais-on-etait-tellement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cac87005671/le-point-sur-la-greve-sncf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cac87005671/le-point-sur-la-greve-sncf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Ari&#232;ge comme ailleurs, contre la mort programm&#233;e des petits paysans, vive la r&#233;volte ! </title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8535</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article8535</guid>
		<dc:date>2025-12-13T23:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Paysans</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Ari&#232;ge, un exemple de la mani&#232;re de sacrifier les petis paysans &lt;br class='autobr' /&gt;
En Ari&#232;ge, l'&#201;tat a d&#233;ploy&#233; des centaines de gendarmes/CRS pour imposer l'abattage d'un troupeau au nom de la &#171; politique sanitaire &#187;. Mais derri&#232;re le sanitaire, il y a la logique froide du capital : prot&#233;ger le statut commercial &#171; indemne &#187;, pr&#233;server les flux, s&#233;curiser l'export &#8212; et faire payer la casse aux petits. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la crise de valorisation ouverte en 2007-2008, le grand capital compresse tout : il concentre la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot50" rel="tag"&gt;Paysans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18628 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/599630176_1178316211153551_2646068923167819866_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/599630176_1178316211153551_2646068923167819866_n.jpg' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1024&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18629 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/598368082_1178316444486861_1402797985525992644_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/598368082_1178316444486861_1402797985525992644_n.jpg' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18630 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/599648066_1178316244486881_4099238196266193329_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/599648066_1178316244486881_4099238196266193329_n.jpg' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1024&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18574 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000052770.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000052770.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titressd.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titressd.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En Ari&#232;ge, un exemple de la mani&#232;re de sacrifier les petis paysans&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Ari&#232;ge, l'&#201;tat a d&#233;ploy&#233; des centaines de gendarmes/CRS pour imposer l'abattage d'un troupeau au nom de la &#171; politique sanitaire &#187;. Mais derri&#232;re le sanitaire, il y a la logique froide du capital : prot&#233;ger le statut commercial &#171; indemne &#187;, pr&#233;server les flux, s&#233;curiser l'export &#8212; et faire payer la casse aux petits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise de valorisation ouverte en 2007-2008, le grand capital compresse tout : il concentre la terre, industrialise l'agriculture, transforme la paysannerie en variable d'ajustement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre cette guerre sociale men&#233;e sous uniforme, une riposte s'impose : comit&#233;s de petits paysans, fermiers et ouvriers agricoles, organis&#233;s localement, pour diriger la lutte, imposer la transparence fonci&#232;re, bloquer les cha&#238;nes agro-industrielles, et reprendre collectivement la main sur les choix agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ari&#232;ge, abattage et matraque : la crise de valorisation ex&#233;cute la paysannerie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est jou&#233; &#224; Bordes-sur-Arize n'est ni un accident, ni une erreur de gestion, ni un exc&#232;s ponctuel de l'&#201;tat. C'est une s&#233;quence parfaitement coh&#233;rente avec la phase actuelle du capitalisme. Une d&#233;cision descend de l'appareil d'&#201;tat, adoss&#233;e &#224; un cadre r&#233;glementaire verrouill&#233;, et s'impose par la force lorsque les producteurs refusent de s'y soumettre. La police ne vient pas &#8220;maintenir l'ordre&#8221; : elle vient garantir l'ex&#233;cution d'une d&#233;cision &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sc&#232;ne dit une chose simple : quand la valorisation est menac&#233;e, la paysannerie devient sacrifiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Depuis 2007, la logique est celle de la purge productive&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise ouverte en 2007-2008 n'a jamais &#233;t&#233; surmont&#233;e. Elle a transform&#233; durablement le fonctionnement du capitalisme mondial. L'objectif n'est plus l'expansion, mais la s&#233;curisation : s&#233;curiser les d&#233;bouch&#233;s, les normes, les cha&#238;nes logistiques, la circulation des marchandises. Dans ce cadre, toute forme de production jug&#233;e instable, h&#233;t&#233;rog&#232;ne ou insuffisamment capitalis&#233;e devient un probl&#232;me &#224; traiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture est l'un des secteurs o&#249; cette logique s'exprime avec le plus de brutalit&#233;. La disparition continue des exploitations, l'agrandissement des surfaces, la concentration du travail et du foncier ne sont pas des d&#233;rives : ce sont des m&#233;canismes de s&#233;lection. La petite paysannerie n'est pas en difficult&#233; parce qu'elle serait &#8220;mal adapt&#233;e&#8221; ; elle est &#233;limin&#233;e parce qu'elle entrave la standardisation n&#233;cessaire &#224; la valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise sanitaire n'introduit rien de nouveau. Elle acc&#233;l&#232;re, elle l&#233;gitime, elle ex&#233;cute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Le sanitaire comme langage de commandement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#8220;politique sanitaire&#8221; est pr&#233;sent&#233;e comme une n&#233;cessit&#233; scientifique neutre. En r&#233;alit&#233;, elle fonctionne comme un r&#233;gime d'exception permanent, permettant de trancher vite, partout, sans discussion. Cat&#233;gorisation des maladies, &#233;radication imm&#233;diate, p&#233;rim&#232;tres, interdictions de mouvement : ce dispositif ne vise pas d'abord &#224; prot&#233;ger les producteurs, mais &#224; emp&#234;cher toute perturbation durable de la circulation marchande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lien est explicite : perdre un statut sanitaire, c'est perdre des march&#233;s. Dans une &#233;conomie agricole d&#233;pendante de l'export et ins&#233;r&#233;e dans une concurrence internationale f&#233;roce, ce risque est jug&#233; inacceptable. Le choix est donc fait en amont : mieux vaut d&#233;truire des troupeaux et des exploitations que fragiliser la position commerciale globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science n'est pas ni&#233;e ; elle est subordonn&#233;e. Elle devient l'argument technique d'une d&#233;cision d&#233;j&#224; prise au nom de la valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) L'&#201;tat n'arbitre pas : il garantit la valorisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette s&#233;quence, l'&#201;tat n'est pas un m&#233;diateur entre producteurs et expertise. Il agit comme garant de la continuit&#233; du capital. Le pr&#233;fet, le minist&#232;re, puis les forces de l'ordre d&#233;roulent une cha&#238;ne de commandement con&#231;ue pour qu'aucune r&#233;sistance mat&#233;rielle ne bloque l'ex&#233;cution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de CRS, de blind&#233;s et de grenades n'est pas un d&#233;bordement. Elle est la preuve que la d&#233;cision est socialement inacceptable et qu'elle doit &#234;tre impos&#233;e. La violence n'est pas accidentelle : elle est fonctionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Terre, propri&#233;t&#233; et classes agricoles : la base mat&#233;rielle du conflit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question fonci&#232;re est centrale. La terre se concentre, se patrimonialise, se loge dans des montages soci&#233;taires qui &#233;loignent l'outil de production de celles et ceux qui travaillent. Le fermage domine, la propri&#233;t&#233; se dissocie de l'activit&#233;, la terre devient actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement restructure profond&#233;ment le monde agricole en classes distinctes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des structures capitalis&#233;es, int&#233;gr&#233;es &#224; l'agro-business ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des fermiers d&#233;pendants du foncier, du cr&#233;dit et des normes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des ouvriers agricoles, permanents ou saisonniers, surexploit&#233;s et invisibilis&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et une petite paysannerie en voie de disparition, &#233;cras&#233;e par l'in&#233;galit&#233; d'acc&#232;s &#224; la terre et au capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler d'&#8220;unit&#233; paysanne&#8221; sans voir ces rapports de classe revient &#224; d&#233;sarmer politiquement la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Ari&#232;ge : un cas d'&#233;cole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Bordes-sur-Arize, une famille est bris&#233;e, un troupeau est abattu, une r&#233;gion s'embrase. Les blocages se multiplient, les lyc&#233;es agricoles entrent dans la lutte, la col&#232;re s'&#233;tend. Cela montre une chose : la base mat&#233;rielle refuse la hi&#233;rarchie des priorit&#233;s impos&#233;e. La r&#233;ponse de l'&#201;tat &#8212; r&#233;pression, s&#233;curisation, poursuite de l'abattage &#8212; confirme le diagnostic : quand les flux sont en jeu, la contestation n'a pas droit de cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Pourquoi les r&#233;ponses existantes ne sont pas &#224; la hauteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, plusieurs forces pr&#233;tendent incarner une alternative. Aucune ne r&#233;pond au niveau r&#233;el du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Soul&#232;vements de la Terre parlent de la terre comme d'un objet &#224; d&#233;fendre, jamais comme d'un rapport social de production. Leur &#233;cologie est hors travail r&#233;el, hors classe, hors pouvoir. Ils contestent des usages, mais pas l'instance qui d&#233;cide de ces usages. Leur radicalit&#233; d'action masque une absence de perspective de gestion collective de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Coordination rurale capte une col&#232;re l&#233;gitime, mais la d&#233;tourne vers une impasse r&#233;actionnaire. Elle d&#233;nonce l'&#201;tat et les normes, sans jamais remettre en cause la logique concurrentielle et la valorisation capitaliste qui d&#233;truisent les petits producteurs. Elle gomme les diff&#233;rences de classe au sein du monde agricole et d&#233;fend, sous couvert d'unit&#233;, les int&#233;r&#234;ts des plus forts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;d&#233;ration paysanne identifie correctement la concentration et la violence du mod&#232;le agro-industriel, mais reste enferm&#233;e dans un syndicalisme de n&#233;gociation. Elle croit encore &#224; l'am&#233;nagement des normes et &#224; la concertation, l&#224; o&#249; l'Ari&#232;ge montre que quand l'&#201;tat a d&#233;cid&#233;, il ne n&#233;gocie pas. Elle d&#233;fend ce qui dispara&#238;t, sans construire l'organe capable d'en inverser le cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois courants ont un point commun d&#233;cisif : ils &#233;vitent la question du pouvoir sur la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) Sortir du pi&#232;ge : ni l'&#201;tat, ni ses normes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pi&#232;ge id&#233;ologique consiste &#224; imposer une alternative factice : accepter la norme ou nier la maladie. Cette alternative est mensong&#232;re. Il est possible de prot&#233;ger les animaux et les producteurs sans transformer chaque crise en op&#233;ration de purge sociale. Ce qui l'emp&#234;che, ce n'est pas la science ; c'est la subordination totale de l'agriculture &#224; la valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit donc pas d'am&#233;liorer les proc&#233;dures, mais de rompre avec la hi&#233;rarchie actuelle des priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) Comit&#233;s de paysans, fermiers et ouvriers agricoles : reprendre le contr&#244;le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule issue r&#233;aliste passe par l'auto-organisation. Des comit&#233;s de petits paysans, de fermiers et d'ouvriers agricoles, ouverts &#224; la population, doivent se constituer partout o&#249; la production est menac&#233;e. Leur r&#244;le n'est pas consultatif. Il est dirigeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces comit&#233;s doivent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; organiser la lutte et le rapport de force ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; contr&#244;ler collectivement les d&#233;cisions sanitaires, les tests, les calendriers et les indemnisations ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;cider des modalit&#233;s de production et de protection en fonction des besoins r&#233;els ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lier la production agricole aux besoins de la population (alimentation, prix, acc&#232;s) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; bloquer les cha&#238;nes agro-industrielles lorsque celles-ci servent &#224; liquider les producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de se passer de l'&#201;tat et de ses normes, qui ne servent que les int&#233;r&#234;ts du grand capital, et de poser un autre principe : la production agricole contr&#244;l&#233;e par celles et ceux qui produisent, en lien direct avec la population, hors export, hors concurrence destructrice, hors valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que r&#233;v&#232;le l'Ari&#232;ge, c'est que toute attente envers une &#8220;bonne d&#233;cision&#8221; venue d'en haut est une illusion. La seule perspective s&#233;rieuse est celle d'un pouvoir collectif des producteurs et des ouvriers agricoles sur la terre, la production et les choix sanitaires. C'est l&#224; que commence une agriculture lib&#233;r&#233;e de la logique du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a un soul&#232;vement, il ne faudra pas &#234;tre &#233;tonn&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceinfo.fr/economie/crise/blocus-des-agriculteurs/reportage-s-il-y-a-un-soulevement-il-ne-faudra-pas-etre-etonne-dans-le-gers-les-abattages-lies-a-la-dermatose-nodulaire-ravivent-la-colere-des-agriculteurs_7675540.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.franceinfo.fr/economie/crise/blocus-des-agriculteurs/reportage-s-il-y-a-un-soulevement-il-ne-faudra-pas-etre-etonne-dans-le-gers-les-abattages-lies-a-la-dermatose-nodulaire-ravivent-la-colere-des-agriculteurs_7675540.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18573 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000052681.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000052681.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_18575 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000052771.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000052771.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La mort programm&#233;e des petits paysans&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vont-ils finir d'exterminer les petits paysans des campagnes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-mouvement-citoyen-terre-de-liens-alerte-40-000-fermes-de-petite-taille-ont-disparu-en-trois-ans-4328795&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-mouvement-citoyen-terre-de-liens-alerte-40-000-fermes-de-petite-taille-ont-disparu-en-trois-ans-4328795&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://rmc.bfmtv.com/actualites/economie/travail/la-disparition-des-petites-fermes-francaises-s-accelere-plus-de-40-000-en-trois-ans_AV-202511180748.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://rmc.bfmtv.com/actualites/economie/travail/la-disparition-des-petites-fermes-francaises-s-accelere-plus-de-40-000-en-trois-ans_AV-202511180748.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/planete/video/2025/02/27/ne-pas-publier-les-agriculteurs-vont-ils-disparaitre_6567365_3244.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/planete/video/2025/02/27/ne-pas-publier-les-agriculteurs-vont-ils-disparaitre_6567365_3244.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Pzd-SoSXxq4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Pzd-SoSXxq4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/en-2050-y-aura-t-il-encore-des-agriculteurs-en-france-7900545449&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/en-2050-y-aura-t-il-encore-des-agriculteurs-en-france-7900545449&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes exploitations progressent (+ 3,4 %) entre 2010 et 2020, constituant d&#233;sormais 1 exploitation sur 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inrae.fr/dossiers/quels-agriculteurs-quelles-agricultures-demain/renouveler-generations&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrae.fr/dossiers/quels-agriculteurs-quelles-agricultures-demain/renouveler-generations&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.reussir.fr/des-fermes-toujours-plus-grandes-des-elevages-en-baisse-recours-accru-des-salaries-quelle-est-la&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.reussir.fr/des-fermes-toujours-plus-grandes-des-elevages-en-baisse-recours-accru-des-salaries-quelle-est-la&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/grand-format/infographie-en-europe-les-grosses-exploitations-agricoles-se-taillent-la-part-du-lion&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.courrierinternational.com/grand-format/infographie-en-europe-les-grosses-exploitations-agricoles-se-taillent-la-part-du-lion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, d&#233;j&#224;, on se demandait si les petits paysans allaient disparaitre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VpDIvo9HCus&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=VpDIvo9HCus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation de la population campagnarde, premi&#232;re &#233;tape du capitalisme en Angleterre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7620&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7620&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression des r&#233;volutions paysannes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lalsace.fr/societe/2025/10/11/comment-l-armee-du-duc-antoine-a-etouffe-la-guerre-des-paysans-dans-un-bain-de-sang&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lalsace.fr/societe/2025/10/11/comment-l-armee-du-duc-antoine-a-etouffe-la-guerre-des-paysans-dans-un-bain-de-sang&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans sont victimes de l'industrie agroalimentaire, des grandes surfaces, des banques et de l'industrie chimique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles perspectives pour les petits paysans ? S'allier aux prol&#233;taires et au peuple travailleur des villes contre le grand capital des villes et des campagnes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat et les paysans, selon Marx&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum9.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum9.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat et les paysans, selon L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/01/3-co-so/vil19180101.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/01/3-co-so/vil19180101.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171118.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171118.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171105b.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/vil19171105b.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/coexsodp/vil19171103.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/11/coexsodp/vil19171103.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/01/vil19200104.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/01/vil19200104.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Prol&#233;tariat et les paysans, selon Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/04/lt19220422.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/04/lt19220422.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr03.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr39.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr39.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat et les paysans selon Zinoviev&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/zinoviev/works/1925/03/paysans%201925.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/zinoviev/works/1925/03/paysans%201925.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat et les paysans, aujourd'hui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7628&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7628&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3754&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question agricole et les communaut&#233;s agricole : la collectivisation de la terre !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'alliance des ouvriers et des paysans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrier agricole est, au village, le fr&#232;re d'armes et l'&#233;quivalent de l'ouvrier de l'industrie. Ils constituent deux parties d'une seule et m&#234;me classe. Leurs int&#233;r&#234;ts sont ins&#233;parables. Le programme des revendications transitoires des ouvriers industriels est aussi, avec tels ou tels changements, le programme du prol&#233;tariat agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans (fermiers) repr&#233;sentent une autre classe : c'est la petit&#233;bourgeoisie du village. La petit&#233;bourgeoisie se compose de couches diverses, depuis les semi-prol&#233;taires jusqu'aux exploiteurs. C'est pourquoi la t&#226;che politique du prol&#233;tariat indutriel consiste &#224; faire p&#233;n&#233;trer la lutte des classes au village : c'est seulement ainsi qu'il pourra s&#233;parer ses alli&#233;s de ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les particularit&#233;s du d&#233;veloppement national de chaque pays trouvent leur expression la plus aigu&#235; dans la situation des paysans et partiellement de la petit&#233;bourgeoisie citadine (artisans et commer&#231;ants), car ces classes, pour nombreux que soient ceux qui y appartiennent, repr&#233;sentent au fond des survivances de formes pr&#233;-capitalistes de production. Les sections de la IV&#176; Internationale doivent, sous la forme la plus concr&#232;te possible, &#233;laborer des programmes de revendications transitoires pour les paysans (fermiers) et la petit&#233;bourgeoisie citadine, correspondant aux conditions de chaque pays. Les ouvriers avanc&#233;s doivent apprendre &#224; donner des r&#233;ponses claires et concr&#232;tes aux questions de leurs futurs alli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que le paysan reste un petit producteur &#034;ind&#233;pendant&#034;, il a besoin de cr&#233;dit &#224; bon march&#233;, de prix accessibles pour les machines agricoles et les engrais, de conditions favorables de transport et d'une organisation honn&#234;te d'&#233;coulement des produits agricoles. Cependant, les banques, les trusts, les n&#233;gociants pillent le paysan de tous c&#244;t&#233;s. Seuls, les paysans eux-m&#234;mes peuvent r&#233;primer ce pillage, avec l'aide des ouvriers. Il est n&#233;cessaire qu'entrent en sc&#232;ne des COMIT&#201;S DE PETITS FERMIERS qui, en commun avec les comit&#233;s ouvriers et les comit&#233;s d'employ&#233;s de banque, doivent prendre en main le contr&#244;le des op&#233;rations de transport, de cr&#233;dit et de commerce qui int&#233;ressent l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de NATIONALISATION DE LA TERRE et de COLLECTIVISATION DE L'AGRICULTURE doit &#234;tre &#233;labor&#233; de fa&#231;on &#224; exclure radicalement l'id&#233;e de l'expropriation des petits paysans ou de leur collectivisation forc&#233;e. Le paysan restera le propri&#233;taire de son lot de terre tant qu'il le trouvera lui-m&#234;me n&#233;cessaire et possible. Pour r&#233;habiliter aux yeux des paysans le programme socialiste, il faut d&#233;noncer impitoyablement les m&#233;thodes staliniennes de collectivisation, dict&#233;es par les int&#233;r&#234;ts de la bureaucratie et non par les int&#233;r&#234;ts des paysans et des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation des expropriateurs ne signifie pas non plus la confiscation forc&#233;e de la propri&#233;t&#233; des PETITS ARTISANS et des PETITS BOUTIQUIERS. Au contraire, le contr&#244;le ouvrier sur les banques et les trusts, &#224; plus forte raison la nationalisation de ces entreprises, peut cr&#233;er pour la petite bourgeoisie citadine des conditions de cr&#233;dit, d'achat et de vente incomparablement plus favorables que sous la domination illimit&#233;e des monopoles. La d&#233;pendance envers le capital priv&#233; fera place &#224; la d&#233;pendance envers l'&#201;tat, qui sera d'autant plus attentif pour ses petits collaborateurs et agents que les travailleurs eux-m&#234;mes tiendront plus fermement l'&#201;tat dans leurs mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation pratique des paysans exploit&#233;s au contr&#244;le des divers domaines de l'&#233;conomie permettra aux paysans eux-m&#234;mes de d&#233;cider sur la question de savoir s'il convient ou non de passer au travail collectif de la terre, dans quels d&#233;lais et &#224; quelle &#233;chelle. Les ouvriers de l'industrie s'engagent &#224; apporter dans cette voie toute leur collaboration aux paysans : par l'interm&#233;diaire des syndicats, des comit&#233;s d'usine et, surtout, du gouvernement ouvrier et paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alliance que le prol&#233;tariat propose, non pas aux &#034;classes moyennes&#034; en g&#233;n&#233;ral, mais aux couches exploit&#233;es de la ville et du village, contre tous les exploiteurs, y compris les exploiteurs &#034;moyens&#034;, ne peut &#234;tre fond&#233;e sur la contrainte, mais seulement sur un accord volontaire, qui doit &#234;tre consolid&#233; dans un &#034;pacte&#034; sp&#233;cial. Ce &#034;pacte&#034;, c'est pr&#233;cis&#233;ment le programme des revendications transitoires, librement accept&#233; par les deux parties.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_18576 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre-10.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre-10.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand le casque tombe : formez vos comit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Ari&#232;ge, des gendarmes ont retir&#233; leur casque face aux paysans. Le geste a frapp&#233;, &#224; juste titre. Il dit une chose simple : l'ob&#233;issance n'est jamais totalement m&#233;canique. Mais il faut &#234;tre clair : ce geste n'a de port&#233;e politique que s'il est organis&#233;, g&#233;n&#233;ralis&#233;, assum&#233; collectivement. Sans cela, il reste une parenth&#232;se que l'&#201;tat referme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire l'enseigne sans ambigu&#239;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on oubli&#233;e de la R&#233;volution fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1789-1793, la rupture ne s'est pas faite par la compassion des soldats, mais par la politisation du rang.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Garde nationale ne fut pas une simple force d'ordre populaire : elle reposait sur un principe explosif pour l'Ancien R&#233;gime &#8212; l'&#233;lection des grad&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les armes n'&#233;taient plus aux mains d'un corps s&#233;par&#233; ob&#233;issant &#224; la Cour, mais d'hommes arm&#233;s ins&#233;r&#233;s dans le peuple, contr&#244;lant leurs chefs, discutant les ordres, refusant de tirer sur ceux dont ils partageaient la condition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela qui a fait basculer le rapport de forces.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas la morale. L'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retirer le casque n'est pas d&#233;sob&#233;ir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, policiers, gendarmes, militaires du rang peuvent h&#233;siter. Ils peuvent reconna&#238;tre en face d'eux des travailleurs, des paysans, des familles. Mais tant qu'ils restent isol&#233;s, tant qu'ils n'ont aucun organe collectif, ils n'ont aucune alternative mat&#233;rielle &#224; l'ob&#233;issance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat le sait. C'est pourquoi il tol&#232;re parfois l'h&#233;sitation individuelle, mais &#233;crase toute tentative d'organisation autonome du rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est donc pas :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#234;tes-vous d'accord avec l'ordre ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La question est : &#224; qui ob&#233;issez-vous collectivement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Former des comit&#233;s du rang : une n&#233;cessit&#233; politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un &#201;tat qui frappe pour le capital, il n'existe qu'une issue historique :&lt;br class='autobr' /&gt;
la formation de comit&#233;s de soldats du rang, de policiers du rang, de gendarmes du rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des comit&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;lus par la base,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;r&#233;vocables,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ind&#233;pendants de la hi&#233;rarchie,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;discutant collectivement des ordres,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;refusant la r&#233;pression contre la population laborieuse,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;se coordonnant entre unit&#233;s et territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme hier, il ne s'agit pas de d&#233;sarmer le peuple, mais de d&#233;sarmer l'&#201;tat bourgeois de son monopole sur la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formez vos bataillons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Formez vos comit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une m&#233;taphore. C'est une consigne politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'a de sens que si le peuple s'organise lui-m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun comit&#233; du rang ne tiendra s'il n'existe pas en face des comit&#233;s de producteurs et de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paysans, ouvriers agricoles, salari&#233;s, habitants :&lt;br class='autobr' /&gt;
formez vos propres comit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des comit&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour diriger les luttes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour d&#233;cider collectivement,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour contr&#244;ler la production,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour bloquer ce qui doit l'&#234;tre,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour imposer d'autres priorit&#233;s que celles du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans organisation du peuple, les forces du rang restent prisonni&#232;res de l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans organisation du rang, les comit&#233;s populaires restent expos&#233;s &#224; la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est pos&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ari&#232;ge a montr&#233; une chose : l'ordre bourgeois n'est pas accept&#233; sans tension, m&#234;me dans ses propres rangs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'histoire tranche toujours de la m&#234;me mani&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans comit&#233;s, le casque se remet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des comit&#233;s, l'ordre vacille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution fran&#231;aise l'a prouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bolchevisme l'a syst&#233;matis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che est devant nous :&lt;br class='autobr' /&gt;
organiser le peuple, organiser le rang, briser l'ob&#233;issance de classe &#224; l'&#201;tat du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reste n'est que commentaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18572 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000052691.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000052691.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dermatose nodulaire contagieuse : quand le capital sacrifie la paysannerie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Normes sanitaires, abattage et violence d'&#201;tat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias, l'&#201;tat et les autorit&#233;s v&#233;t&#233;rinaires mart&#232;lent qu'&#171; il n'y a pas d'alternative &#187; face &#224; la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), et que l'abattage total s'impose au nom de la science et des normes internationales. Cette affirmation est &#224; la fois vraie et fausse. Vraie dans le cadre du syst&#232;me &#233;conomique existant. Fausse d&#232;s lors que l'on interroge la nature r&#233;elle de ces normes et les int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels qu'elles servent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est exact que les mesures d'abattage massif s'appuient sur le Code sanitaire des animaux terrestres de l'Organisation mondiale de la sant&#233; animale (OMSA, ex-OIE), repris par la r&#233;glementation europ&#233;enne, seule comp&#233;tente en mati&#232;re v&#233;t&#233;rinaire dans les 27 &#201;tats membres. Mais ces normes ne sont pas des normes sanitaires au sens de la protection du vivant. Ce sont des normes commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'OMSA d&#233;finit explicitement son code comme un ensemble de r&#232;gles destin&#233;es &#224; garantir un commerce international &#171; s&#251;r &#187; des animaux et de leurs produits. Elle fait partie, avec le Codex Alimentarius et la Convention internationale pour la protection des v&#233;g&#233;taux, des trois organisations reconnues par l'Organisation mondiale du commerce pour encadrer les &#233;changes. Leur fonction n'est pas de prot&#233;ger prioritairement la sant&#233; animale ou humaine, mais de fixer les conditions minimales permettant de limiter les entraves au libre-&#233;change sans cr&#233;er de distorsions de concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sanitaire n'est donc pas une fin. C'est un langage de r&#233;gulation du march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une crise &#233;conomique avant d'&#234;tre sanitaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DNC ne r&#233;v&#232;le pas une d&#233;faillance de la science v&#233;t&#233;rinaire, mais l'organisation &#233;conomique de l'&#233;levage bovin en France. Deux mod&#232;les productifs coexistent, sans &#234;tre &#233;quivalents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le dominant repose sur l'&#233;levage de jeunes bovins (broutards) export&#233;s massivement vers l'Italie pour y &#234;tre engraiss&#233;s et abattus. Ce march&#233; repr&#233;sente plus d'un milliard d'euros par an. Il concerne des exploitations fortement capitalis&#233;es, concentr&#233;es notamment en Bourgogne, dans le Limousin et le centre de la France. La F&#233;d&#233;ration nationale bovine est structurellement align&#233;e sur ce mod&#232;le, dont d&#233;pend directement son appareil dirigeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second mod&#232;le, minoritaire, repose sur l'engraissement en France pour des march&#233;s plus localis&#233;s. Il est port&#233; majoritairement par de petites exploitations, notamment en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, beaucoup moins d&#233;pendantes des flux d'exportation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'irruption de la DNC a imm&#233;diatement suspendu puis restreint les exportations vers l'Italie. La vaccination g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#8212; pourtant scientifiquement efficace pour r&#233;duire la mortalit&#233; et les formes graves &#8212; pose un probl&#232;me majeur pour ce mod&#232;le exportateur : certaines r&#233;gions italiennes refusent l'importation d'animaux vaccin&#233;s afin de pr&#233;server leur statut sanitaire commercial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit n'oppose donc pas science et irrationalit&#233;, mais deux mod&#232;les &#233;conomiques incompatibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a pas d'alternative &#187; : une v&#233;rit&#233; capitaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque des experts affirment qu'il n'existe pas d'autre solution que l'abattage total, ils disent la v&#233;rit&#233; dans le cadre du capitalisme agricole lib&#233;ral, exportateur et concurrentiel. Dans ce cadre, toute perte de statut sanitaire menace directement les flux commerciaux et donc la valorisation du capital investi. La destruction pr&#233;ventive devient rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette rationalit&#233; dispara&#238;t d&#232;s que l'on change de priorit&#233;. La vaccination g&#233;n&#233;ralis&#233;e est une alternative scientifiquement &#233;tablie. Elle r&#233;duit drastiquement la mortalit&#233; et permet la survie des troupeaux. L'argument consistant &#224; pr&#233;dire la mort future de centaines de milliers d'animaux est vrai si l'on refuse la vaccination ; il est faux si on la met en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verrou n'est pas sanitaire. Il est commercial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la crise sanitaire &#224; la purge productive&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise de 2007-2008, le capitalisme mondial n'est plus dans une logique d'expansion, mais de s&#233;curisation : s&#233;curisation des d&#233;bouch&#233;s, des normes, des cha&#238;nes logistiques. Toute production jug&#233;e instable, h&#233;t&#233;rog&#232;ne ou insuffisamment capitalis&#233;e devient un probl&#232;me &#224; &#233;liminer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture est l'un des secteurs o&#249; cette logique s'exerce avec le plus de brutalit&#233;. Concentration fonci&#232;re, disparition des exploitations, endettement, standardisation : il s'agit d'un processus de s&#233;lection sociale. La crise sanitaire ne cr&#233;e pas cette dynamique ; elle la l&#233;gitime et l'acc&#233;l&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la valorisation est menac&#233;e, la paysannerie devient sacrifiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat comme instrument d'ex&#233;cution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette s&#233;quence, l'&#201;tat n'arbitre pas. Il ex&#233;cute. Pr&#233;fets, administrations v&#233;t&#233;rinaires et forces de l'ordre forment une cha&#238;ne de commandement con&#231;ue pour garantir la continuit&#233; des flux marchands. La violence d&#233;ploy&#233;e &#224; Bordes-sur-Arize n'est ni un accident ni un d&#233;rapage : elle prouve que la d&#233;cision est socialement inacceptable et qu'elle doit &#234;tre impos&#233;e par la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agissait pas de prot&#233;ger la sant&#233; publique, mais de pr&#233;server un mod&#232;le &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vacciner ne suffit pas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans l'hypoth&#232;se d'une vaccination g&#233;n&#233;ralis&#233;e, la condition des &#233;leveurs resterait inchang&#233;e. Ils demeureraient d&#233;pendants des groupes d'abattage &#8212; Bigard en t&#234;te &#8212; et de la grande distribution, oligopole qui fixe les prix, les volumes et les marges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les producteurs cr&#233;ent la richesse alimentaire. D'autres en captent la valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir du pi&#232;ge : pouvoir sur la production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative n'est pas entre accepter la norme ou nier la maladie. Cette opposition est mensong&#232;re. La seule issue r&#233;aliste passe par l'auto-organisation : des comit&#233;s de paysans, fermiers et ouvriers agricoles, ouverts &#224; la population, constitu&#233;s &#224; l'&#233;chelle des bassins de production r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces comit&#233;s doivent &#234;tre des organes de pouvoir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d&#233;cision collective sur les mesures sanitaires ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;contr&#244;le des indemnisations et des calendriers ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d&#233;fense collective face aux abattages forc&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;articulation directe avec les besoins alimentaires de la population ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;blocage des cha&#238;nes agro-industrielles lorsque celles-ci servent &#224; liquider les producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune autonomie n'est possible sans rupture fonci&#232;re. La concentration de la terre doit &#234;tre bris&#233;e par l'expropriation des groupes agro-industriels et des rentiers fonciers, et la mise en commun des terres sous contr&#244;le collectif des producteurs et des travailleurs agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte paysanne ne peut gagner seule. Elle doit s'articuler avec les ouvriers des abattoirs, de la logistique et de la distribution. C'est l&#224; que le capital est vuln&#233;rable : dans la circulation et la valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que r&#233;v&#232;le la DNC, ce n'est pas une crise exceptionnelle, mais l'incompatibilit&#233; radicale entre la protection du vivant et un syst&#232;me fond&#233; sur la concurrence, l'exportation et la valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critique politique des discours dominants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reporterre : l'&#233;cologie de la mauvaise gestion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage de Reporterre d&#233;crit la violence, la souffrance et la r&#233;pression. Mais il enferme ces faits dans un cadrage id&#233;ologique pr&#233;cis : celui de la &#171; gestion catastrophique &#187;. La violence d'&#201;tat y appara&#238;t comme un exc&#232;s, jamais comme une n&#233;cessit&#233; structurelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cadrage transforme une d&#233;cision &#233;conomique rationnelle du point de vue du capital en dysfonctionnement administratif. Il &#233;vite soigneusement de nommer les normes OMSA comme normes commerciales, le conflit entre mod&#232;les agricoles, la captation de la valeur par l'agro-industrie et la grande distribution, et le r&#244;le de l'&#201;tat comme instrument de la valorisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re est l&#233;gitime, mais l'ennemi reste flou. On peut s'indigner sans jamais menacer le c&#339;ur du pouvoir. C'est une &#233;cologie de la compassion, pas une &#233;cologie de la rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#8220;luttes invisibles&#8221; : la pression sans pouvoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appels &#224; la mobilisation imm&#233;diate &#8212; blocages, &#233;largissement de la vaccination, changement de protocole &#8212; partent d'une col&#232;re r&#233;elle. Mais ils s'arr&#234;tent pr&#233;cis&#233;ment l&#224; o&#249; commence la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils interpr&#232;tent chaque recul gouvernemental comme une victoire, alors qu'il ne s'agit que d'ajustements tactiques. Ils revendiquent des modifications de protocoles sans poser la question centrale : qui &#233;crit ces protocoles et dans quel int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En appelant &#224; l'unit&#233; &#171; quels que soient les syndicats &#187;, ces discours gomment les contradictions de classe au sein du monde agricole et permettent aux fractions dominantes de se fondre dans la col&#232;re sans jamais &#234;tre mises en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte devient un moment &#233;motionnel, pas un processus de construction de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reporterre documente la souffrance pour neutraliser le conflit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les luttes invisibles mobilisent sans strat&#233;gie de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas, la question d&#233;cisive est &#233;vit&#233;e : le contr&#244;le de la production, de la terre et des choix sanitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas les vaches qui sont sacrifi&#233;es par erreur.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la paysannerie qui est &#233;limin&#233;e m&#233;thodiquement au nom de la valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tant que cette v&#233;rit&#233; ne sera pas assum&#233;e politiquement, chaque crise sanitaire servira de pr&#233;texte &#224; une nouvelle purge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18581 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000052803.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000052803.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18582 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre-11.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre-11.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18583 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000052843.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000052843.png' width=&#034;1536&#034; height=&#034;1024&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un roman bolchevik sur la r&#233;volution russe de 1917 avant Octobre...</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8453</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article8453</guid>
		<dc:date>2025-11-25T23:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>1917-1919</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un roman sur la r&#233;volution russe de 1917 avant Octobre : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le tourbillon &#187; de Alexis D&#233;midov &lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;re partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Deuxi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Troisi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Quatri&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Cinqui&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Sixi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Septi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Huiti&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Neuvi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Dixi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Onzi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Douzi&#232;me partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire aussi &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volte du Potemkine &lt;br class='autobr' /&gt;
https://pandor.u-bourgogne.fr/pleade/functions/ead/detached/BMP/brb2381.pdf &lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;moignages sur la r&#233;volution russe (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique160" rel="directory"&gt;24- COMMENTAIRES DE LIVRES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;1917-1919&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18439 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/-1945-93902.jpg' width=&#034;352&#034; height=&#034;234&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un roman sur la r&#233;volution russe de 1917 avant Octobre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le tourbillon &#187; de Alexis D&#233;midov&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18255 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/pdf/img047-4.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 30.5 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18328 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/pdf/tourb2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 16.2 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18329 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/pdf/tourb3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 20 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18381 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/pdf/tourb4.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 18.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18418 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/pdf/tourb1.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 9 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sixi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18424 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/pdf/img056-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 16.4 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Septi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18436 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/pdf/img057-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 17.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Huiti&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18437 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/pdf/img058-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 6.6 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Neuvi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18462 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/pdf/img060-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 14.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dixi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18475 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/pdf/img061-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 5.8 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Onzi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18476 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/pdf/img062-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 16 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Douzi&#232;me partie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18496 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/pdf/img066-3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 10.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte du Potemkine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://pandor.u-bourgogne.fr/pleade/functions/ead/detached/BMP/brb2381.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://pandor.u-bourgogne.fr/pleade/functions/ead/detached/BMP/brb2381.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignages sur la r&#233;volution russe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3151&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3151&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution russe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/fevrier.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/fevrier.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/octobre.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/octobre.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/11/321125.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/11/321125.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1004385j&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1004385j&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1413802x/f7.item&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1413802x/f7.item&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://matierevolution.fr/IMG/pdf/img056-3.pdf" length="17193479" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi Lutte Ouvri&#232;re ment en intitulant son meeting du 27 septembre d'Arthaud-Mercier : &#171; Aux travailleurs de diriger la soci&#233;t&#233; &#187;&#8230;</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8462</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article8462</guid>
		<dc:date>2025-10-30T23:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pourquoi Lutte Ouvri&#232;re ment en intitulant son meeting du 27 septembre d'Arthaud-Mercier : &#171; Aux travailleurs de diriger la soci&#233;t&#233; &#187;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici le discours de Nathalie Arthaud, dirigeante de Lutte Ouvri&#232;re, que nous allons commenter et d&#233;monter point par point dans la suite : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.lutte-ouvriere.org/portail/brochures/meeting-27-septembre-2025-discours-nathalie-arthaud-187347.html &lt;br class='autobr' /&gt;
Disons tout de suite que nous sommes tout &#224; fait pour que la classe ouvri&#232;re gouverne toute la soci&#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;12- Livre Douze : OU EN SONT LES GROUPES REVOLUTIONNAIRES ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi Lutte Ouvri&#232;re ment en intitulant son meeting du 27 septembre d'Arthaud-Mercier : &#171; Aux travailleurs de diriger la soci&#233;t&#233; &#187;&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voici le discours de Nathalie Arthaud, dirigeante de Lutte Ouvri&#232;re, que nous allons commenter et d&#233;monter point par point dans la suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/brochures/meeting-27-septembre-2025-discours-nathalie-arthaud-187347.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/brochures/meeting-27-septembre-2025-discours-nathalie-arthaud-187347.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons tout de suite que nous sommes tout &#224; fait pour que la classe ouvri&#232;re gouverne toute la soci&#233;t&#233; et l'avons affirm&#233; maintes fois de mani&#232;re publique, en paroles et en actes, mais que nous ne croyons pas du tout que l'organisation opportuniste de fausse extr&#234;me gauche Lutte ouvri&#232;re soit r&#233;ellement favorable &#224; cette perspective ni qu'elle dise un seul mot r&#233;ellement dans ce sens et moins encore fasse le moindre geste pour cela&#8230; C'est ce que nous allons tenter de d&#233;montrer une fois de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur chaque point, nous allons montrer que chaque affirmation qui pourrait apparaitre juste ne l'est pas parce qu'il y manque l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce premier point, le titre de la conf&#233;rence, et le point crucial du pouvoir aux travailleurs, on ne trouvera dans le texte du meeting de Arthaud aucune qualification d'un quelconque type de pouvoir aux travailleurs, ni m&#234;me aucun parall&#232;le avec d'autres prises de pouvoir des travailleurs dans le pass&#233;, la Commune de Paris de 1871 ou la r&#233;volution russse ou d'autres r&#233;volutions prol&#233;tariennes. On ne trouvera ni le mot r&#233;publique des conseils ouvriers, ni pouvoir des comit&#233;s du peuple travailleur, ni dictature des soviets, ni auto-organisation r&#233;volutionnaire des travailleurs, ni assembl&#233;es souveraines et d&#233;cisionnelles du peuple travailleur. Tout cela n'est pas dans ce discours et n'est pas non plus dans aucun texte ou discours de la m&#234;me organisation. Ce n'est pas dans leur programme. Ce ne peut pas &#234;tre dans leurs r&#233;alisations politiques de demain car ce n'est pas dans leurs g&#232;nes d'aujourd'hui&#8230; Le seul but de Lutte Ouvri&#232;re qui a, formellement, un rapport avec une construction actuelle en rapport avec la pr&#233;paration en vue d'un demain r&#233;volutionnaire, c'est la construction d'un parti r&#233;volutionnaire, ou du moins qui se dit tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment distinguer un parti r&#233;volutionnaire d'un qui ne le serait que mensong&#232;rement ? Par le fait qu'il milite ou pas pour le pouvoir de soviets r&#233;volutionnaires ! LO non seulement ne milite pas pour des soviets de travailleurs mais n'en parle m&#234;me pas, ne rappelle m&#234;me pas de mani&#232;re historique en relation &#224; la situation actuelle que c'est cela la voie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez le texte. Cherchez-y les mots &#171; soviets &#187;, &#171; comit&#233;s &#187;, &#171; conseils &#187;, &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187;, &#171; auto-organisation &#187;, &#171; commune &#187; et on en passe. Rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cherchez un mot de description du futur gouvernement des travailleurs ? Qu'est-ce qu'il sera ? Comment il sera ? Sur qui il se fondera ? Quelle forme il prendra ? Comment il s'imposera ? Comment il se d&#233;fendra contre la classe capitaliste ? Rien ! Rien de rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un mot, pas une phrase, pas un paragraphe, pas une allusion !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO ne se lie pas les mains (elle ne s'engage &#224; rien) par des d&#233;clarations ou des programmes par trop r&#233;ellement r&#233;volutionnaires. On ne risque pas de la critiquer de d&#233;velopper un programme r&#233;volutionnaire ni m&#234;me d'y faire allusion&#8230; Qui pourrait le critiquer de faire cela ? La gauche syndicale &#224; laquelle elle appartient, la gauche politique, la bourgeoisie et son Etat qui lui permettent de se pr&#233;senter aux &#233;lections, qui lui permettent de passer dans la presse, qui lui permettent d'occuper des positions dirigeantes ou pas dans les appareils syndicaux, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point, lorsqu'on explique que la situation politique, &#233;conomique et sociale am&#232;ne &#224; penser que les travailleurs vont devoir prendre le pouvoir, vont devoir supprimer le capitalisme, c'est que le syst&#232;me est &#224; bout de souffle, n'a plus d'avenir, est dans le gouffre. Trouve-t-on dans le texte les termes et les explications d'une &#171; situation r&#233;volutionnaire &#187;, d'une &#171; p&#233;riode pr&#233;-r&#233;volutionnaire &#187; ? Absolument pas ! LO ne croit pas du tout que la situation est r&#233;volutionnaire, ni pr&#233;-r&#233;volutionnaire et ne l'affirme absolument pas. La r&#233;f&#233;rence &#224; la n&#233;cessit&#233;, un jour, dans un an ou un si&#232;cle ou plusieurs si&#232;cles, de faire la r&#233;volution pour renverser le pouvoir capitaliste est hors actualit&#233;, du fait moins aux yeux des dirigeants de LO. Du coup, toutes les analyses de la situation actuelle ne visent absolument pas &#224; d&#233;montrer que le capitalisme doit &#234;tre renvers&#233; de mani&#232;re plus urgente qu'il y a dix ans ou dans dix si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arthaud d&#233;marre en disant qu'elle ne va pas perdre de temps &#224; discuter des difficult&#233;s du Premier ministre. Elle ne discute pas davantage des &#171; difficult&#233;s &#187; du pr&#233;c&#233;dent qui l'avaient amen&#233; &#224; d&#233;missionner. Pourtant, la suspension de la r&#233;forme des retraites alors que les actions de la gauche syndicale et politique n'avaient jamais amen&#233; une telle suspension, la d&#233;mission de Bayrou, et bien d'autres affolements des capitalistes ont montr&#233; que les classes dirigeantes ont &#233;t&#233; affol&#233;es &#224; l'id&#233;e de la mont&#233;e &#224; partir de septembre d'un mouvement issu de la base, non d&#233;pendant des partis et syndicats de gauche et non musel&#233; par eux, un mouvement qui aurait &#233;t&#233; du type des Gilets jaunes et qui avait la sympathie de l'ensemble des milieux populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours d'Arthaud analyse-t-il ce fait d&#233;terminant pour les luttes de classes en France et surtout dans la perspective de la r&#233;volution sociale que LO pr&#233;tend repr&#233;senter politiquement ? Absolument pas ! Pas un mot sur la tentative d'un mouvement issu de la base, d'un mouvement auto-organis&#233;, se dirigeant lui-m&#234;me, contestant le fondement m&#234;me de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment LO analyse la situation de crise sp&#233;cifique que tout le monde constate actuellement en France ? Eh bien, pour LO, il n'y a absolument pas de crise particuli&#232;rement aig&#252;e mais seulement le r&#233;sultat classique des classiques du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il actuellement dans l'&#233;conomie fran&#231;aise ? Eh bien, il se passe que &#171; dans cette soci&#233;t&#233;, il n'y a pas de riches sans pauvres ! Les riches capitalistes ne prosp&#232;rent qu'en produisant plus d'exploit&#233;s et plus de pr&#233;carit&#233;. Pour que les capitalistes concentrent entre leurs mains des centaines de millions et des milliards, il faut des millions de travailleurs qui triment pay&#233;s au lance pierre. &#187; Pas de situation particuli&#232;rement critique donc !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore, on lit dans cette analyse de la situation que : &#171; le profit, la plus-value, est accumul&#233;e entre les mains de la classe capitaliste, et transform&#233;e en capitaux, c'est-&#224;-dire en nouveaux moyens d'exploiter d'autres travailleurs, leurs enfants, et ainsi de suite&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manque de chance, c'est justement ce que le capitalisme ne parvient plus &#224; faire et qui a aentrain&#233; l'effondrement de 2007-2008, &#233;tant donn&#233; que la fraction du capital qui n'exploite plus du travail humain est de plus en plus grande et ne peut plus r&#233;aliser de la plus-value extraite du travail humain. En effet, nous sommes dans une situation dite de suraccumulation du capital, ce qui signifie que le capital accumul&#233; est trop grand par rapport aux possibilit&#233;s d'investir de mani&#232;re rentable dans la production. Le capitalisme a trop bien r&#233;ussi au point qu'il ne peut plus continuer &#224; se maintenir en place. Ce n'est pas LO qui le dira. LO veut seulement dire que le capitalisme sera un jour d&#233;pass&#233; et pas qu'il est d&#233;j&#224; fini, mort comme syst&#232;me rentable et dynamique, et que la r&#233;volution est d'ores et d&#233;j&#224; &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout cela ne se trouve dans l'analyse de la situation du capitalisme selon LO :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La crise &#233;conomique n'est pas le fruit d'une politique trop lib&#233;rale, elle est dans l'ADN du capitalisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand la production est laiss&#233;e &#224; l'initiative de milliers d'entreprises priv&#233;es qui se font concurrence, comment &#233;viter la surproduction ou &#224; l'inverse la sous-production ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand le seul but est la course aux profits, comment emp&#234;cher que les capitaux se concentrent dans les secteurs les plus rentables au d&#233;triment des autres ? Les crises sont les respirations naturelles et monstrueuses du capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et depuis les ann&#233;es 1970 et les deux krachs p&#233;troliers, la crise est le mode d'existence du capitalisme car les forces productives ont tr&#232;s largement d&#233;pass&#233; les capacit&#233;s d'absorption du march&#233; solvable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tant que les march&#233;s n'&#233;taient pas satur&#233;s et que de nouveaux rempla&#231;aient les anciens, tant que la reconstruction de l'apr&#232;s Seconde Guerre mondiale n'&#233;tait pas achev&#233;e, la guerre commerciale n'avait pas la m&#234;me intensit&#233;. D&#233;sormais c'est l'embouteillage, ce qui exacerbe la guerre &#233;conomique entre les multinationales et en fait, pour elles, une question de vie ou de mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette crise &#233;conomique se double d'une autre menace : celle de la crise financi&#232;re. Comme des milliards de capitaux ne trouvent pas &#224; s'investir de fa&#231;on rentable dans la production de biens mat&#233;riels et de services, ils s'investissent dans la finance. D'o&#249; une financiarisation croissante de l'&#233;conomie, et des mouvements de sp&#233;culation d&#233;mesur&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est marginalement que LO constate &#171; une financiarisation &#187;, &#171; des capitaux qui ne trouvent pas &#224; s'investir &#187;. En effet, LO &#233;crit que la crise &#233;conomique se double d'une&#8230; menace. Or, la menace est plus que r&#233;alis&#233;e, elle a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en 2007. Elle n'a fait qu'augmenter depuis. Cela fait que le syst&#232;me est d&#233;j&#224; mort et que LO dit qu'il est en plus&#8230; menac&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, quand on ne pense pas que le capitalisme ne parvient plus du tout &#224; fonctionner, on ne pense pas non plus que la r&#233;volution sociale soit&#8230; &#224; l'ordre du jour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, LO se contente de regrouper des gens qui admettent l'id&#233;e qu'un jour (dans une p&#233;riode absolument impr&#233;dictible et pas forc&#233;ment proche) il faudra une r&#233;volution communiste et pas qui pensent qu'il la faut maintenant&#8230; Et donc pas des gens qu'ils pensent qu'il faut agir tout de suite en fonction de cette perspective. Du coup, les soviets ne sont absolument pas &#224; l'ordre du jour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que tout est pr&#234;t &#224; exploser dans le monde capitaliste, pour LO ? Oui, mais pas plus hier qu'aujourd'hui ni que demain car la raison que LO trouve de ce &#171; risque &#187; est sans &#233;poque, de toujours : &#171; Nous dormons sur un volcan parce que l'&#233;conomie capitaliste est par nature sp&#233;culative. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie capitaliste serait ainsi depuis toujours de nature sp&#233;culative ? C'est absolument faux ! La fraction du capital qui se consacre &#224; la sp&#233;culation est infiniment plus importante depuis 2007 que jamais dans toute l'histoire du capitalisme. La &#171; nature &#187; du capitalisme n'&#233;tait absolument pas sp&#233;culative mais investisseuse dans la production et LO lui-m&#234;me l'affirmait deux lignes plus haut ! Tout cet embrouillamini de fausse analyse de la situation du capitalisme pour cacher que LO ne veut pas voir que le capitalisme n'a plus d'avenir, non pas un jour mais tout de suite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO passe alors &#224; un domaine o&#249; elle se croit plus &#224; l'aise : d&#233;noncer la marche &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien de la d&#233;noncer mais encore faut-il la comprendre. Pourquoi les capitalistes se jetteraient-ils dans une boucherie g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui d&#233;truirait une grande partie de la plan&#232;te si le syst&#232;me capitaliste n'est pas imm&#233;diatement menac&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, LO &#233;crit que la plan&#232;te est menac&#233;e directement et rapidement par une guerre mondiale. Quelles cons&#233;quences politiques et sociales imm&#233;diates en d&#233;coulent ? Quelles t&#226;che LO attribue-t-elle aux militants r&#233;volutionnaires, dans les entreprises, dans les quartiers, dans les syndicats, dans la jeunesse, parmi les femmes, etc ? Pas un mot l&#224;-dessus ! Faut-il appeler les soldats &#224; refuser d'ob&#233;ir, &#224; rompre avec leur hi&#233;rarchie belliciste, &#224; s'organiser en comit&#233;s aux c&#244;t&#233;s de comit&#233;s de travailleurs eux-m&#234;mes organis&#233;s contre la guerre ? Pas un mot l&#224;-dessus ! Faut-il des prises de positions dans les syndicats et une organisation de fractions anti-guerre imp&#233;rialiste dirig&#233;e par les militants r&#233;volutionnaires ? Pas un mot l&#224;-dessus ! Est-ce que LO d&#233;veloppe la perspective l&#233;niniste consistant &#224; pr&#244;ner la d&#233;faite de l'arm&#233;e imp&#233;rialiste de son propre pays, ou d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire ? Ni le mot ni l'objectif r&#233;volutionnaire de dissolution, de d&#233;moralisation, de destruction des arm&#233;es imp&#233;rialistes par le peuple travailleur auto-organis&#233; appelant les soldats &#224; faire de m&#234;me ne sont dans le texte du meeting de Lutte Ouvri&#232;re, ni dans aucun autre texte de cette organisation ! C'est pourtant une constante pour les dirigeants communistes r&#233;volutionnaires, notamment L&#233;nine, Trotsky et Rosa Luxemburg. Comment peut-on &#233;crire que la guerre mondiale est une perspective proche, se dire r&#233;volutionnaire et ne pas proposer aux travailleurs la lutte r&#233;volutionnaire pour dissoudre les arm&#233;es imp&#233;rialistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO se contente d'ironniser sur ces messieurs-dames qui pr&#233;parent la guerre, alors qu'il s'agit de pr&#233;parer le prol&#233;tariat &#224; la riposte ! Pas un mot sur le fait que le prol&#233;tariat est capable lui-m&#234;me d'entrer en guerre contre son imp&#233;rialisme, qu'il peut s'armer, qu'il peu former des milices ouvri&#232;res, qu'il peut mener une propagande anti-militariste dans les rangs de l'arm&#233;e, etc. Rien !&lt;br class='autobr' /&gt;
LO dit juste : &#171; ne nous laissons pas embrigader &#187;. Ou encore elle &#233;crit : &#171; Les imp&#233;rialistes sont les grandes puissances occidentales, &#224; commencer par les &#201;tats-Unis. &#187; Tiens, tiens ! Une organisation de France qui ne commence pas par d&#233;noncer son propre imp&#233;rialisme, alors que L&#233;nine affirmait que tel &#233;tait le devoir de tout groupe r&#233;volutionnaire, aussi petit soit-il, d'un pays imp&#233;rialiste au bord de la guerre imp&#233;rialiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dit LO sur l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ? &#171; Grande-Bretagne et France se sont partag&#233; les d&#233;pouilles de l'empire Ottoman, apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
La France a mis la main sur la Syrie dont elle a d&#233;tach&#233; une partie, le Liban, pour mieux contr&#244;ler son port, son commerce et ses banques. La Grande Bretagne a mis le grappin sur la Palestine, la Jordanie et l'actuel Irak. &#187; Oulala ! Il lui faut remonter &#224; la premi&#232;re guerre mondiale pour illustrer les m&#233;faits de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait plus judicieux de rappeler comment la France intervient militairement dans le monde, au point que tous les peuples de l'Afrique ne veulent plus de l'arm&#233;e fran&#231;aise, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait judicieux de rappeler que l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais vient de soutenir le dictateur malgache contre son peuple, sans succ&#232;s ! Mais LO n'a pas appel&#233; les travailleurs fran&#231;ais &#224; se solidariser du peuple malgache en r&#233;volte contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, et ne le fait pas davantage maintenant que ce dictateur est tomb&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais est intervenu pour soutenir toutes les dictatures contre toutes les r&#233;voltes et r&#233;volutions, notamment celles qui ont &#233;clat&#233; lors des &#171; printemps &#187;. L&#224; non plus aucun appel des militants de LO, notamment dans les syndicats o&#249; cette organisation milite, pour combattre les men&#233;es contre-r&#233;volutionnaires de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le passage du discours d'Arthaud o&#249; il est fait allusion aux r&#233;voltes en question, il n'est jamais dit que le prol&#233;tariat du pays imp&#233;rialiste doit absolument se solidariser avec la r&#233;volte, combattre les vis&#233;es et les men&#233;es de son propre imp&#233;rialisme, le discr&#233;diter aupr&#232;s du peuple du pays imp&#233;rialiste, d&#233;moraliser l'arm&#233;e, etc&#8230; Rien d'une politique r&#233;volutionnaire en pays imp&#233;rialiste en somme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si LO fait allusion &#224; la responsabilit&#233; de l'imp&#233;rialisme dans des guerres r&#233;centes, c'est pour discuter de la responsabilit&#233; d'un Sarkozy, pas de celle du prol&#233;tariat fran&#231;ais, pas de celle des r&#233;volutionnaires de France ! Et pas de la perspective r&#233;volutionnaire de d&#233;moralisation de l'arm&#233;e, de destruction de l'appareil militaire et policier de l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas plus que LO ne parle, dans le passage o&#249; cette organisation fait une petite allusion &#224; la vague internationale des r&#233;voltes (juste en citant Madagascar et le N&#233;pal), de la n&#233;cessit&#233; d'une politique r&#233;volutionnaire dans ces pays, notamment de l'armement du prol&#233;tariat. Cet objectif de base sans lequel toute d&#233;nonciation de la guerre imp&#233;rialiste n'est qu'un mot pacifiste et creux, est absolument absent de la propagande de Lutte ouvri&#232;re et pas seulement dans ce meeting.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si LO d&#233;nonce l'imp&#233;rialisme, c'est pour dire qu'&#171; il n'y a pas un signe &#233;gal &#224; mettre entre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et la Russie et la Chine &#187; que LO ne traite pas ces deux derniers pays d'imp&#233;rialismes ! Alors que l'imp&#233;rialisme mondial se s&#233;pare en deux blocs et que toute la politique r&#233;volutionnaire de L&#233;nine consistait justement &#224; mettre un signe &#233;gal entre tous les blocs imp&#233;rialistes ! LO &#233;crit : &#171; La Russie et la Chine ont les moyens de r&#233;sister aux pressions de l'imp&#233;rialisme occidental, mais cela n'en fait pas encore des puissances imp&#233;rialistes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, voil&#224;, LO a d&#233;couvert des grands pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s qui, dans l'&#233;tat actuel du capitalisme arriv&#233; &#224; son stade supr&#234;me comme le disait L&#233;nine, rompent cependant avec la loi de L&#233;nine en n'&#233;tant pas imp&#233;rialistes ! Quand LO fait dans l'originalit&#233; th&#233;orique par rapport avec ses glorieux pr&#233;d&#233;cesseurs r&#233;volutionnaires, ce n'est justement pas glorieux du tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de nous expliquer aussi que l'Union europ&#233;enne n'est pas imp&#233;rialiste puisqu'elle s'est couch&#233;e sans combat face &#224; Trump dans la guerre commerciale et douani&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule phrase exacte de tout ce passage sur la guerre imp&#233;rialiste qui vient est : &#171; Seul le renversement du pouvoir de la bourgeoisie et la domination de l'imp&#233;rialisme sur le monde peut &#233;carter la menace de la guerre mondiale et assurer des relations fraternelles entre les peuples. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me la caract&#233;risation de la guerre mondiale qui vient est fausse : LO la traite de guerre imp&#233;rialiste parce qu'elle implique l'imp&#233;rialisme des USA et pas de guerre inter-imp&#233;rialiste comme si Russie et Chine ne constituaient pas un bloc qui essaie lui aussi de dominer le monde ! Comme si ce deuxi&#232;me bloc ne mena&#231;ait pas la domination du dollar, comme si ce deuxi&#232;me bloc ne s'implantait pas dans les pays o&#249; les imp&#233;rialismes occidentaux sont discr&#233;dit&#233;s, notamment en Afrique ! Comme si le pacifisme que LO pr&#234;te &#224; la Chine notamment mais m&#234;me &#224; la Russie ne cachait pas des perspectives guerri&#232;res &#233;normes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me lorsque LO fait allusion &#224; Isra&#235;l et &#224; la Palestine, ce n'est nullement pour d&#233;velopper une politique anti-imp&#233;rialiste. Ainsi, pas un mot pour dire que l'imp&#233;rialisme a continuer tout au long du massacre de Gaza &#224; armer N&#233;tanyahou ! Pas un mot pour dire qu'il fallait une propagande dans les entreprises, dans les syndicats pour bloquer les armes en direction d'Isra&#235;l ! Jamais LO ne souligne la responsabilit&#233; du peuple travailleur de France dans la lutte contre son propre imp&#233;rialisme. Cette organisation l&#224; encore se contente de propos vague et sans cons&#233;quence, qui ne la mouillent pas par rapport aux appareils syndicaux o&#249; elle milite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pas un mot dans ce meeting pour d&#233;noncer les propos guerriers et bellicistes des syndicats, en faveur de l'Ukraine notamment et particuli&#232;rement ceux du syndicat SUD o&#249; militent Mercier et de nombreux militants de LO !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO parle juste de &#171; solidarit&#233; &#224; l'&#233;gard des Palestiniens &#187; sans dire un mot de plus sur en quoi consiste cette solidarit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO entre alors dans un grand d&#233;veloppement moraliste contre le nationalisme en g&#233;n&#233;ral. L&#224; encore, s&#233;paration totale avec la politique de L&#233;nine et des r&#233;volutionnaires communistes du pass&#233; qui &#233;tablissaient une s&#233;paration entre les pays imp&#233;rialistes et les autres, d&#233;non&#231;ant le nationalisme des grandes puissances, pas celui des petits peuples opprim&#233;s. L&#233;nine a m&#234;me men&#233; toute une politique montrant qu'en prenant la t&#234;te des petits peuples opprim&#233;s sur la plan national, le prol&#233;tariat pouvait devenir une force consid&#233;rable capable de battre les arm&#233;es imp&#233;rialistes car sa propagande dissolvait les liens entre l'imp&#233;rialisme et sa propre arm&#233;e. Rien de tout cela bien entendu dans le discours de LO sur le nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO, dans ce passage, parle juste de d&#233;noncer, pas de combattre. Tout le temps, LO affirme &#171; il faut d&#233;noncer ces politiques comme le produit du capitalisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;noncer le capitalisme et l'imp&#233;rialisme ne nous indique pas la voie pour les renverser. M&#234;me le fait de dire qu'un jour il faudra faire la r&#233;volution pour le renverser n'est pas une indication suffisante. Qu'est-ce que cela change dans notre politique d'aujourd'hui, dans les luttes, dans les mouvements, dans les manifestations, dans les syndicats ? Pas un mot de r&#233;ponse &#224; part : &#171; d&#233;noncer le capitalisme qui est responsable tout &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul passage est juste : &#171; Il n'y a qu'une seule politique &#224; mener face &#224; la guerre, la seule qui a march&#233; lors de la Premi&#232;re Guerre, parce qu'elle a arr&#234;t&#233; la guerre, c'est la politique du parti Bolchevik, de L&#233;nine et des r&#233;volutionnaires qui ont pr&#233;par&#233; les esprits pour que le ouvriers et les paysans retournent leurs armes contre leurs propres g&#233;n&#233;raux et qu'ils se lancent &#224; la conqu&#234;te du pouvoir. &#187; On croirait que cela allait &#234;tre le d&#233;but d'un d&#233;veloppement sur comment LO entend mener actuellement la m&#234;me politique. Eh bien pas tout. C'est juste le petit coup de chapeau qui a pour but de grandir LO et de faire passer cette organisation comme tr&#232;s r&#233;volutionnaire aupr&#232;s du bon public ! Ensuite, plus rien l&#224;-dessus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO passe direct &#224; une autre d&#233;nonciation moraliste, celle du racisme. Comme si la guerre imp&#233;rialiste, tout comme le nationalisme et le racisme, &#233;tait un d&#233;faut moral de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Arthaud de monter le ton : &#171; Ce nationalisme, il faut le combattre, autant si ce n'est plus que le racisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rappelez-vous, pour LO, combattre c'est juste d&#233;noncer moralement et verbalement, sans d&#233;masquer les racines r&#233;elles, sans proposer des perspectives politiques r&#233;elles, sans un v&#233;ritable programme r&#233;volutionnaire en somme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; LO passe aux r&#233;voltes qui &#233;clatent un peu partout dans le monde. Est-ce pour expliquer quelle politique les trompe et quelle politique les ferait r&#233;ussir ? Qu'est-ce qui a manqu&#233; au peuple &#233;gyptien, au peuple tunisien, au peuple marocain, au peuple alg&#233;rien, au peuple y&#233;m&#233;nite, au peuple haitien, au peuple albanais, pour ne citer que les premi&#232;re r&#233;voltes et r&#233;volutions des printemps ? Ce n'est pas dans le meeting de LO que vous trouverez une tentative de r&#233;ponse. LO ne cherche rien de tout cela. Vous ne le trouverez pas plus dans ce meeting que dans les autres textes de LO portant sur ces r&#233;voltes. Juste une seule r&#233;p&#233;tition : seule la r&#233;volution, seule la classe ouvri&#232;re peuvent renverser l'ordre social. Comment y parvenir ? Pas un mot ! En quoi cela consisterait dans ces pays ? Rien ! En quoi cela consiste pr&#233;cis&#233;ment en France aujourd'hui ? Rien &#224; part le mot d'ordre &#171; d&#233;velopper la conscience de classe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que marcher comme des petits soldats derri&#232;re les dirigeants syndicaux pro-imp&#233;rialistes, d&#233;mobilisateurs et r&#233;formistes, comme le fait syst&#233;matiquement LO, c'est d&#233;velopper la conscience de classe, ce n'est pas LO qui nous le dira ! Notamment dans la lutte des retraites en France, LO n'a pas lev&#233; le petit doigt pour &#233;lever la conscience de classe. Dans le mouvement de septembre dernier, LO n'a pas lev&#233; le petit doigt pour &#233;lever la conscience de classe, pas plus que lors du mouvement des Gilets jaunes o&#249; LO proclamait ne pas porter le gilet jaune, se d&#233;solidarisant de la r&#233;volte sociale pour rester en phase avec l'appareil syndical contre-r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos du N&#233;pal et du Bangladesh, LO affirme : &#171; Dans ces deux pays, ce qui a manqu&#233; aux insurg&#233;s, ce n'est pas le courage, c'est la conscience de savoir qui sont leurs v&#233;ritables ennemis et qui sont leurs faux amis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pas un mot sur comment distinguer ces faux amis r&#233;formistes et opportunistes ! Comment le fait LO en France ? Montrez-nous ! Pas un mot dans le texte sur les faux amis syndicaux fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui nous montre comment LO se distingue des fameux faux amis ? Quelle politique d&#233;montre qu'on rompt avec eux ? Pas de r&#233;ponse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette r&#233;ponse existe. Le premier signe qu'on a affaire &#224; des faux amis, c'est qu'ils ne militent pas pour l'auto-organisation des travailleurs sous forme de comit&#233;s, de conseils, d'assembl&#233;es souveraines et d&#233;cisionnelles, pour des organisations de base ind&#233;pendantes des appareils syndicaux et politiques, que ce soit dans les gr&#232;ves, dans les mobilisations, dans les journ&#233;es d'action, dans les mouvements de base. LO ne le dit pas et ne le fait pas et fait donc partie des fameux faux amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de LO est &#233;tonnante par son caract&#232;re vague, lointain, sans pr&#233;cision : &#171; Une r&#233;volte ne peut se transformer en r&#233;volution victorieuse qu'au travers d'un combat politique qui pose la question de qui va prendre le pouvoir gouvernemental entre ses mains. Qui va diriger la soci&#233;t&#233;. La bourgeoisie pour maintenir l'ordre social capitaliste ou la classe ouvri&#232;re pour &#233;difier une soci&#233;t&#233; communiste ? Si cette question n'&#233;merge pas au cours d'une crise r&#233;volutionnaire, l'ordre social ne peut pas &#234;tre renvers&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poser la question &#171; qui va prendre le pouvoir &#187; d'accord, mais entre qui et qui ? La classe ouvri&#232;re et la bourgeoisie, encore d'accord. Mais comment la classe ouvri&#232;re peut prendre le pouvoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'entend LO par prise de pouvoir par la classe ouvri&#232;re ? La venue au pouvoir de partis et de syndicats dits &#171; ouvriers &#187; ? LO ne le dit pas mais ne dit pas le contraire non plus ! Elle n'entre pas dans de tels d&#233;tails, parce que ce serait de la politique fiction ? Ou pour le pas g&#232;ner les syndicalistes r&#233;formistes qu'elle cultive en son sein ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, pas un mot ni l&#224; ni nulle part dans la politique et les actes de LO qui dise en clair : les soviets r&#233;volutionnaires de travailleurs doivent prendre la totalit&#233; du pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la conclusion n'est pas &#171; construisez les soviets &#187; mais rejoignez notre organisation ce que LO dit sous la forme &#171; construisez le parti r&#233;volutionnaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;montrez-nous d'abord, camarades de LO, que vous &#234;tes vraiment r&#233;volutionnaires, militez en paroles et en actes pour la construction des conseils de travailleurs sans lesquels l'id&#233;e meme que la classe ouvri&#232;re doit prendre le pouvoir est un mot vide de sens !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une situation pr&#233;r&#233;volutionnaire en France ?</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8449</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article8449</guid>
		<dc:date>2025-10-16T22:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lecornu un premier ministre qui dit la v&#233;rit&#233; : &lt;br class='autobr' /&gt;
Bayrou a eu le pouvoir d'&#233;liminer lui-m&#234;me son gouvernement pour que le peuple ne le fasse pas &#224; sa place mais il n'a pas le pouvoir d'&#233;liminer la r&#233;alit&#233; de la lutte des classes en France... &lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun gouvernement ne peut &#233;liminer la r&#233;alit&#233; des dettes... &lt;br class='autobr' /&gt;
Les causes de crises se multiplient... &lt;br class='autobr' /&gt;
Une situation pr&#233;-r&#233;volutionnaire&#8230; que les faux r&#233;volutionnaires refusent de voir &lt;br class='autobr' /&gt;
Les faits sont l&#224;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise du pouvoir bourgeois (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lecornu un premier ministre qui dit la v&#233;rit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18254 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/signal-2025-10-14-003800.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/signal-2025-10-14-003800.jpg' width=&#034;1000&#034; height=&#034;1000&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bayrou a eu le pouvoir d'&#233;liminer lui-m&#234;me son gouvernement pour que le peuple ne le fasse pas &#224; sa place mais il n'a pas le pouvoir d'&#233;liminer la r&#233;alit&#233; de la lutte des classes en France...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18251 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/images-140.jpg' width=&#034;168&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aucun gouvernement ne peut &#233;liminer la r&#233;alit&#233; des dettes...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18252 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/webp/2-france-explosion-economique-sociale-2024-2025.webp' width=&#034;655&#034; height=&#034;454&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les causes de crises se multiplient...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18253 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/images-141.jpg' width=&#034;201&#034; height=&#034;251&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18260 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/chatgpt_image_17_oct__2025_14_20_59.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/chatgpt_image_17_oct__2025_14_20_59.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une situation pr&#233;-r&#233;volutionnaire&#8230; que les faux r&#233;volutionnaires refusent de voir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les faits sont l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du pouvoir bourgeois s'approfondit. L'&#201;tat chancelle, les institutions vacillent, les partis s'effondrent, la col&#232;re gronde dans le pays. Tout indique les traits d'une situation pr&#233;r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant, ceux qui se r&#233;clament du marxisme, du trotskysme, de la &#8220;gauche r&#233;volutionnaire&#8221;, d&#233;tournent le regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils parlent de &#8220;crise&#8221;, de &#8220;tensions sociales&#8221;, de &#8220;recomposition politique&#8221;, mais jamais de crise r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils d&#233;crivent le syst&#232;me &#224; bout de souffle, mais refusent d'en conclure &#224; la possibilit&#233; d'une rupture.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Quand les &#8220;r&#233;volutionnaires&#8221; refusent de voir la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte Ouvri&#232;re constate un r&#233;gime us&#233;, une classe dirigeante discr&#233;dit&#233;e, un appareil d'&#201;tat incapable de se stabiliser (Lutte Ouvri&#232;re &#8211; Crise politique : un syst&#232;me &#224; bout de souffle).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais elle conclut &#224; la patience, &#224; la continuit&#233; de la propagande. Pas un mot sur la situation pr&#233;r&#233;volutionnaire, pas un mot sur la possibilit&#233; d'un pouvoir des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le World Socialist Web Site attaque R&#233;volution Permanente en l'accusant de d&#233;fendre l'&#201;tat bourgeois &#224; travers le mot d'ordre d'&#8220;Assembl&#233;e unique&#8221; (WSWS &#8211; France : R&#233;volution Permanente et la d&#233;fense de l'&#201;tat capitaliste ; R&#233;volution Permanente &#8211; Th&#232;ses sur la situation et les t&#226;ches).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ni l'un ni l'autre ne tirent la seule conclusion qui s'impose : celle d'une situation pr&#233;r&#233;volutionnaire o&#249; les masses cherchent, confus&#233;ment, leur propre voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA, de son c&#244;t&#233;, en appelle &#224; &#8220;l'unit&#233;&#8221;, &#224; la &#8220;mobilisation populaire&#8221;, &#224; un &#8220;front&#8221; contre la droite et l'extr&#234;me droite (NPA &#8211; Pour en finir avec ce r&#233;gime en crise, unit&#233; et mobilisation populaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit : &#224; une reconstruction institutionnelle du vieux r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la logique du Front populaire, pas celle de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces courants ont en commun leur peur du mot m&#234;me de r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils s'accrochent &#224; leurs appareils, &#224; leurs traditions, &#224; leurs phrases toutes faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des faux r&#233;volutionnaires, des radicaux domestiqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me la bourgeoisie le dit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironie de la situation : les m&#233;dias bourgeois eux-m&#234;mes, du Financial Times (ft.com) aux &#201;chos (lesechos.fr), du Monde (lemonde.fr) &#224; Marianne (marianne.net), du Figaro (lefigaro.fr) &#224; RTL (rtl.fr), reconnaissent la gravit&#233; de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils parlent de &#8220;d&#233;composition politique&#8221;, d'&#8220;instabilit&#233; permanente&#8221;, d'&#8220;homme malade de l'Europe&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand la bourgeoisie avoue sa peur, quand elle voit le vide de pouvoir, quand elle pressent la faillite de ses propres institutions, comment les soi-disant r&#233;volutionnaires peuvent-ils encore parler de &#8220;simple crise politique&#8221; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits crient plus fort que leurs prudences.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement du vieux monde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous vivons, c'est la d&#233;composition d'un r&#233;gime incapable de se r&#233;former.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements tombent, les alliances &#233;clatent, les partis s'effondrent, les classes moyennes basculent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression s'intensifie parce que le pouvoir ne gouverne plus que par la peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appareils syndicaux et politiques, eux, s'efforcent de contenir la col&#232;re, de &#8220;canaliser&#8221; les luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se savent d&#233;pass&#233;s. Ils man&#339;uvrent pour survivre, pour garder un r&#244;le dans un syst&#232;me d&#233;j&#224; condamn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans les gr&#232;ves, les blocages, les manifestations spontan&#233;es, dans les collectifs, dans les comit&#233;s populaires, dans toutes ces formes encore dispers&#233;es de lutte, surgissent les premiers germes du pouvoir des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Voir aussi : Mati&#232;re et R&#233;volution &#8211; Le mouvement de la base et ses perspectives)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'heure n'est plus aux formules : elle est &#224; la conscience&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire avance plus vite que leurs appareils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui refusent de voir la situation pr&#233;r&#233;volutionnaire refusent en r&#233;alit&#233; de voir la classe ouvri&#232;re comme force &lt;br class='autobr' /&gt;
historique ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils redoutent la spontan&#233;it&#233; des masses, la d&#233;sob&#233;issance, la rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment cette rupture qui ouvre la voie &#224; un pouvoir nouveau, un pouvoir n&#233; d'en bas, de la base, du mouvement lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur aveuglement n'est pas une erreur d'analyse : c'est un choix politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car admettre la situation pr&#233; r&#233;volutionnaire, c'est admettre la faillite de leurs propres organisations, la fin de leur r&#244;le d'interm&#233;diaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Voir aussi : Mati&#232;re et R&#233;volution &#8211; Qu'est-ce qu'une situation r&#233;volutionnaire ?)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pour un pouvoir des travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation pr&#233;r&#233;volutionnaire n'est pas une formule : c'est un constat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieux monde craque. Les institutions ne fonctionnent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme fran&#231;ais, min&#233; par la dette et la sp&#233;culation, ne tient plus que par la violence d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, deux camps se dessinent :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	d'un c&#244;t&#233;, les faux r&#233;volutionnaires qui cherchent &#224; sauver l'ordre bourgeois sous des mots rouges ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	de l'autre, les travailleurs, les pr&#233;caires, les jeunes, les ch&#244;meurs, les masses qui cherchent leur propre voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans leur organisation autonome, dans leurs comit&#233;s, dans leurs coordinations, que r&#233;side la perspective &lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volutionnaire r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Voir : Mati&#232;re et R&#233;volution &#8211; L'effondrement du pouvoir, des institutions, de la finance et de l'&#233;conomie de la France)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Conclusions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la situation en France depuis des mois, sinon des ann&#233;es &#8212; et cela va s'aggravant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Des gouvernements qui ne cessent de tomber, des budgets introuvables, des majorit&#233;s inexistantes, des alliances sans solidit&#233;, un pouvoir sans appui, une pr&#233;sidence autoritaire et sans autorit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Une crise de cr&#233;dibilit&#233; des institutions politiques et sociales de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, de l'&#201;tat au parlement et aux syndicats.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Un pouvoir dictatorial et de plus en plus faible.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Aucun parti politique ne sort vainqueur et n'a un soutien suffisant.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Une faillite financi&#232;re inexorable.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Une chute &#233;conomique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Des marges de man&#339;uvre introuvables.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Un mouvement de la base qui vise &#224; se diriger et &#224; diriger toute la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Un gouffre entre le haut et le bas de la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Une classe moyenne dont la partie paup&#233;ris&#233;e ou menac&#233;e cesse de servir de soutien &#224; l'ordre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Un prol&#233;tariat qui a &#233;t&#233; tromp&#233; par ses faux dirigeants mais n'a pas &#233;t&#233; battu, qui a des exp&#233;riences radicales (Gilets jaunes notamment) et qui fait de nombreuses exp&#233;riences sur ses faux amis.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Des licenciements en masse &#224; venir.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Mis&#232;re, injustice sociale, corruption, dictature, r&#233;pression, ch&#244;mage, m&#233;pris et haine des classes dirigeantes : les voil&#224;, les racines de la r&#233;volte sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#224; la fois une menace r&#233;volutionnaire et une menace fasciste, dictatoriale, guerri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le moment n'est pas &#224; temporiser. Il est &#224; comprendre que le temps des r&#233;volutions revient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui refusent de le dire s'excluent d'eux-m&#234;mes du camp de la r&#233;volution et du peuple travailleur, celui du marxisme vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardez &#224; quel point des organisations qui se disent r&#233;volutionnaires refusent de prendre la mesure de la r&#233;volution qui vient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/journal/crise-politique-systeme-bout-souffle-187599.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/journal/crise-politique-systeme-bout-souffle-187599.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/10/16/bjxn-o16.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/10/16/bjxn-o16.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://npa-lanticapitaliste.org/actualite/politique/pour-en-finir-avec-ce-regime-en-crise-unite-et-mobilisation-populaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa-lanticapitaliste.org/actualite/politique/pour-en-finir-avec-ce-regime-en-crise-unite-et-mobilisation-populaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.revolutionpermanente.fr/Theses-sur-la-situation-en-France-et-les-taches-des-revolutionnaires&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.revolutionpermanente.fr/Theses-sur-la-situation-en-France-et-les-taches-des-revolutionnaires&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et elles le font moins que&#8230; la bourgeoisie elle-m&#234;me !&lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux m&#233;dias bourgeois posent la question et rel&#232;vent une situation critique exceptionnelle de la France et pas que sur le plan politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Financial Times :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://french.presstv.ir/Detail/2024/06/22/727946/La-France-se-trouve-dans-une-situation-pr%C3%A9-r%C3%A9volutionnaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://french.presstv.ir/Detail/2024/06/22/727946/La-France-se-trouve-dans-une-situation-pr%C3%A9-r%C3%A9volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ft.com/content/560fd993-6ced-4070-bbdc-c3ba657668a9&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ft.com/content/560fd993-6ced-4070-bbdc-c3ba657668a9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Echos :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/crise-politique-notre-democratie-est-entree-dans-une-phase-dautodestruction-2190631&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/crise-politique-notre-democratie-est-entree-dans-une-phase-dautodestruction-2190631&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/blujerome/blog/150925/france-2025-lecho-de-1789-dans-une-republique-saturee&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/blujerome/blog/150925/france-2025-lecho-de-1789-dans-une-republique-saturee&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marianne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marianne.net/agora/entretiens-et-debats/barbara-stiegler-nous-sommes-dans-une-situation-prerevolutionnaire-car-nous-traversons-une-double-crise-de-regime&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marianne.net/agora/entretiens-et-debats/barbara-stiegler-nous-sommes-dans-une-situation-prerevolutionnaire-car-nous-traversons-une-double-crise-de-regime&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Point :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lepoint.fr/debats/la-france-est-elle-proche-d-une-revolution-09-09-2025-2598254_2.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lepoint.fr/debats/la-france-est-elle-proche-d-une-revolution-09-09-2025-2598254_2.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RTL :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rtl.fr/actu/politique/edito-avant-2024-l-inquietant-precedent-de-1789-la-revolution-francaise-est-nee-d-une-crise-de-la-dette-rappelle-etienne-gernelle-7900452910&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rtl.fr/actu/politique/edito-avant-2024-l-inquietant-precedent-de-1789-la-revolution-francaise-est-nee-d-une-crise-de-la-dette-rappelle-etienne-gernelle-7900452910&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daily Motion :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dailymotion.com/video/x9b16ey&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.dailymotion.com/video/x9b16ey&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Figaro :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/vox/politique/pierre-vermeren-enfermes-dans-leurs-certitudes-nos-dirigeants-reproduisent-les-erreurs-qui-ont-conduit-a-la-chute-de-l-ancien-regime-20251013&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/vox/politique/pierre-vermeren-enfermes-dans-leurs-certitudes-nos-dirigeants-reproduisent-les-erreurs-qui-ont-conduit-a-la-chute-de-l-ancien-regime-20251013&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parisien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.leparisien.fr/international/crise-politique-en-france-ce-quen-disent-nos-voisins-europeens-10-09-2025-L2MQC6FUEZAHDJ4TFA2TAKP2FY.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.leparisien.fr/international/crise-politique-en-france-ce-quen-disent-nos-voisins-europeens-10-09-2025-L2MQC6FUEZAHDJ4TFA2TAKP2FY.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;wikipedia :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_politique_fran%C3%A7aise_depuis_2024&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_politique_fran%C3%A7aise_depuis_2024&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frustration magazine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://frustrationmagazine.fr/situation-politique-et-sociale-7-faits-a-integrer-si-lon-veut-avancer&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://frustrationmagazine.fr/situation-politique-et-sociale-7-faits-a-integrer-si-lon-veut-avancer&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sciences humaines :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.scienceshumaines.com/la-france-un-pays-au-coeur-de-la-crise-sociale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.scienceshumaines.com/la-france-un-pays-au-coeur-de-la-crise-sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France TV :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.france.tv/france-24/ici-l-europe/7608089-la-france-homme-malade-de-l-europe.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.france.tv/france-24/ici-l-europe/7608089-la-france-homme-malade-de-l-europe.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mediapart :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/politique/160124/vivons-nous-une-periode-prerevolutionnaire-ou-prefasciste&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/politique/160124/vivons-nous-une-periode-prerevolutionnaire-ou-prefasciste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/240323/la-france-la-veille-dune-revolution&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/240323/la-france-la-veille-dune-revolution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daily Motion :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dailymotion.com/video/x9qbqsy&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.dailymotion.com/video/x9qbqsy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Monde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/09/11/mouvement-du-10-septembre-l-instabilite-politique-laisse-entrevoir-une-crise-plus-profonde-qu-un-ras-le-bol-classique_6640429_823448.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/09/11/mouvement-du-10-septembre-l-instabilite-politique-laisse-entrevoir-une-crise-plus-profonde-qu-un-ras-le-bol-classique_6640429_823448.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/09/20/a-bruxelles-la-situation-de-la-france-inquiete_6641946_823448.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/09/20/a-bruxelles-la-situation-de-la-france-inquiete_6641946_823448.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Figaro :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/international/president-sans-peuple-macron-tetu-la-presse-etrangere-stupefaite-par-le-retour-de-sebastien-lecornu-a-matignon-20251011&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/international/president-sans-peuple-macron-tetu-la-presse-etrangere-stupefaite-par-le-retour-de-sebastien-lecornu-a-matignon-20251011&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/international/dette-instabilite-politique-le-grand-declassement-de-la-france-dans-l-union-europeenne-20250914&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/international/dette-instabilite-politique-le-grand-declassement-de-la-france-dans-l-union-europeenne-20250914&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Europe 1 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.europe1.fr/societe/vers-un-risque-de-guerre-civile-en-france-lanalyse-du-politologue-william-thay-768744&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe1.fr/societe/vers-un-risque-de-guerre-civile-en-france-lanalyse-du-politologue-william-thay-768744&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouest France :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ouest-france.fr/politique/gouvernement/video-deux-minutes-pour-comprendre-pourquoi-et-comment-la-france-senfonce-dans-la-crise-politique-6278350d-c676-4fd5-82ca-ebf10697d199&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ouest-france.fr/politique/gouvernement/video-deux-minutes-pour-comprendre-pourquoi-et-comment-la-france-senfonce-dans-la-crise-politique-6278350d-c676-4fd5-82ca-ebf10697d199&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Challenge :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.challenges.fr/monde/une-semaine-de-chaos-la-presse-internationale-sinquiete-de-la-crise-politique-francaise_627278&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.challenges.fr/monde/une-semaine-de-chaos-la-presse-internationale-sinquiete-de-la-crise-politique-francaise_627278&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RTBF :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rtbf.be/article/crise-politique-en-france-un-regime-bonapartiste-depasse-11473899&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rtbf.be/article/crise-politique-en-france-un-regime-bonapartiste-depasse-11473899&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lisez dans Mati&#232;re et R&#233;volution :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement du pouvoir, des institutions, de la finance et de l'&#233;conomie de la France, et aussi de l'ordre social, du cr&#233;dit des bureaucrates politiques et syndicaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8437&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8437&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie capitaliste converge, de plus en plus, avec sa dictature violente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6011&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6011&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de la base et ses perspectives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des appareils syndicaux et partis r&#233;formistes qui manoeuvrent pour ne pas &#234;tre d&#233;pass&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1333&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1333&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8436&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8436&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8380&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8380&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thermidor (19 juillet-18 ao&#251;t) 2025 : Ceux d'en bas ne veulent plus, ceux d'en haut ne peuvent plus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8374&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8374&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe capitaliste n'a pas confiance dans son propre avenir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8286&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8286&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;conomie en ch&#226;teau de cartes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2880&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2880&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dettes sapent encore plus la confiance des travailleurs, du peuple mais aussi des capitalistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8189&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8189&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7277&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7277&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aide aux capitalistes ne peut plus se poursuivre et l'effondrement est in&#233;vitable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6230&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6230&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6230&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6230&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une situation r&#233;volutionnaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4212&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4212&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des exemples de situations pr&#233;-r&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique76&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique76&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bonapartisme monte en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7825&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7825&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7855&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7855&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pouvoir plus dictatorial mais plus faible&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La peur du 10 &#8212; Gen&#232;se du nouveau bonapartisme fran&#231;ais...</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8443</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article8443</guid>
		<dc:date>2025-10-15T22:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La peur du 10 &#8212; Gen&#232;se du nouveau bonapartisme fran&#231;ais &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 10 septembre, le pouvoir a eu peur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas peur d'un bloc parlementaire, pas peur d'une alliance d'appareils &#8212; peur du peuple. Peur d'un retour des Gilets jaunes puissance dix, d'un soul&#232;vement sans encadrement, sans mots d'ordre, sans drapeaux officiels. Peur d'une s&#233;cession avec la soci&#233;t&#233; des milliardaires, d'une rupture r&#233;elle avec le capital et l'&#201;tat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette peur a tout d&#233;clench&#233;. Depuis, tout ce qui se joue n'est que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18237 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000045790s.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000045790s.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18236 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000045568.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000045568.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18235 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000045564.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000045564.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18234 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000045549.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000045549.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18233 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000045548.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000045548.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18232 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000045539.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000045539.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La peur du 10 &#8212; Gen&#232;se du nouveau bonapartisme fran&#231;ais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 10 septembre, le pouvoir a eu peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas peur d'un bloc parlementaire, pas peur d'une alliance d'appareils &#8212; peur du peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peur d'un retour des Gilets jaunes puissance dix, d'un soul&#232;vement sans encadrement, sans mots d'ordre, sans drapeaux officiels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peur d'une s&#233;cession avec la soci&#233;t&#233; des milliardaires, d'une rupture r&#233;elle avec le capital et l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette peur a tout d&#233;clench&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis, tout ce qui se joue n'est que la tentative de refermer la br&#232;che ouverte par le 10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont infiltr&#233;, noy&#233;, retourn&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat n'a pas envoy&#233; les CRS d'abord.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a envoy&#233; les seconds couteaux des syndicats,&lt;br class='autobr' /&gt;
les secr&#233;taires d'unions locales et d&#233;partementales,&lt;br class='autobr' /&gt;
les cadres moyens qu'on a pr&#233;sent&#233;s comme &#8220;la base&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appuy&#233;s par la gauche bourgeoise et une fausse extr&#234;me gauche &#8212;&lt;br class='autobr' /&gt;
les pseudo-trotskistes de R&#233;volution Permanente, de Lutte Ouvri&#232;re, du NPA-R &#8212;&lt;br class='autobr' /&gt;
ils ont fait croire qu'ils soutenaient le mouvement, qu'ils revenaient &#8220;&#224; la base&#8221;,&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'ils se mettaient &#8220;contre les directions&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mensonge : ils ont &#233;t&#233; le relais des directions, les agents du reflux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'ils ont bloqu&#233;, ce n'est pas le pays &#8212; c'est le mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#8220;bloquons tout&#8221; est devenu &#8220;bloquons le peuple&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;sob&#233;issance s'est chang&#233;e en d&#233;fil&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
la solidarit&#233; en tr&#234;ve,&lt;br class='autobr' /&gt;
la s&#233;cession en appel &#224; l'unit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la peur au pouvoir fort&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette peur du 10, c'est le moteur du bonapartisme fran&#231;ais d'aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le d&#233;cor s'est mis en place :&lt;br class='autobr' /&gt;
Assembl&#233;e discr&#233;dit&#233;e, gouvernement sans majorit&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;lys&#233;e qui pr&#233;tend se tenir &#8220;au-dessus des partis&#8221;,&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;dias r&#233;p&#233;tant la chanson de la &#8220;fatigue d&#233;mocratique&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Message : &#8220;Puisque rien ne marche, il faut un pouvoir fort.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; la contre-r&#233;volution :&lt;br class='autobr' /&gt;
fabriquer le chaos, user la col&#232;re, puis proposer la matraque comme solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous complices&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne joue ce r&#244;le par hasard.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gauche bourgeoise, le RN, les appareils syndicaux, les pseudo-trotskistes &#8212; tous participent, chacun &#224; sa mani&#232;re, &#224; la mise en sc&#232;ne du d&#233;sordre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils parlent de dissolution, de recomposition, d'alternance,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais derri&#232;re leurs mots, il n'y a qu'une m&#234;me musique :&lt;br class='autobr' /&gt;
le retour de l'autorit&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
le pouvoir d'&#201;tat restaur&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
le peuple renvoy&#233; &#224; sa passivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bayrou est tomb&#233;, le centre est mort :&lt;br class='autobr' /&gt;
il ne reste plus que le pouvoir nu, sans masque, sans fa&#231;ade d&#233;mocratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bourgeoisie n'a plus besoin de consensus,&lt;br class='autobr' /&gt;
elle veut l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&gt; &#8220;Le pouvoir d'&#201;tat se dresse au-dessus de la soci&#233;t&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais il n'est que le produit de son &#233;quilibre instable.&#8221;
&lt;br /&gt;&#8212; Marx, Le 18 Brumaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que la bourgeoisie a peur du peuple,&lt;br class='autobr' /&gt;
elle concentre le pouvoir pour sauver sa domination.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais en voulant tout contr&#244;ler, elle r&#233;veille la lutte qu'elle voulait &#233;touffer.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce qu'elle fait aujourd'hui : la peur du 10 est sa matrice,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais aussi le germe de son renversement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos t&#226;ches&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut construire le pouvoir populaire, non pas dans les urnes ni dans les directions syndicales,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais dans les comit&#233;s du peuple travailleur,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans les assembl&#233;es locales, dans les coordonnations r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les b&#226;tir partout : ateliers, d&#233;p&#244;ts, h&#244;pitaux, lyc&#233;es, quartiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Y unir les travailleurs, les pr&#233;caires, les ch&#244;meurs, les retrait&#233;s, la jeunesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et de leur f&#233;d&#233;ration faire na&#238;tre la seule autorit&#233; l&#233;gitime :&lt;br class='autobr' /&gt;
la f&#233;d&#233;ration des comit&#233;s du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pouvoir populaire s'appuiera sur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le contr&#244;le ouvrier sur la production et les services publics,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la gestion directe par les producteurs-salari&#233;s-citoyens,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le contr&#244;le direct de toutes les caisses de solidarit&#233; &#8212; caisses de retraite, de s&#233;curit&#233; sociale et d'allocations ch&#244;mage &#8212; par les producteurs-salari&#233;s ; &#233;viction des repr&#233;sentants de l'&#201;tat bourgeois : notre argent, pas le leur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le salaire garanti index&#233; sur l'inflation,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;une s&#233;curit&#233; sociale universelle remboursant tout &#224; 100 %,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la fin des mutuelles priv&#233;es,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la rupture avec l'Union europ&#233;enne, l'OTAN, l'aust&#233;rit&#233; et la dette,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la r&#233;vocabilit&#233; imm&#233;diate et la responsabilit&#233; de tous les mandat&#233;s,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la cr&#233;ation d'une garde nationale &#233;lue et r&#233;vocable, et la fin de l'arm&#233;e permanente et de la police telles qu'elles sont ; d&#233;mocratisation compl&#232;te des forces de r&#233;pression, fusion du civil et du militaire sous contr&#244;le populaire, armement du peuple travailleur pour la d&#233;fense collective,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le retrait imm&#233;diat de toutes les troupes fran&#231;aises &#224; l'&#233;tranger,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la fermeture des bases militaires,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le droit &#224; l'ind&#233;pendance des territoires coloniaux dits DOM-TOM, aujourd'hui relais de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la coordination et la f&#233;d&#233;ration des comit&#233;s pour se gouverner collectivement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lire encore sur la grande peut des classes poss&#233;dantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7618&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7618&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article4183&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article4183&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7057&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7057&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'effondrement du pouvoir, des institutions, de la finance et de l'&#233;conomie de la France, et aussi de l'ordre social, du cr&#233;dit des bureaucrates politiques et syndicaux, &#231;a la fiche mal mais &#231;a s'affiche bien !</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article8437</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.fr/spip.php?article8437</guid>
		<dc:date>2025-10-14T22:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'effondrement du pouvoir, des institutions, de la finance et de l'&#233;conomie de la France, et aussi de l'ordre social, du cr&#233;dit des bureaucrates politiques et syndicaux, &#231;a la fiche mal mais &#231;a s'affiche bien !&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/images-138.jpg' width=&#034;183&#034; height=&#034;275&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18228 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000017179-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000017179-2.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000017042-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000017042-2.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18224 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre15-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre15-2.png' width=&#034;1414&#034; height=&#034;2000&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18223 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre7.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre7.png' width=&#034;1414&#034; height=&#034;2000&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/thumbnailnb-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/thumbnailnb-3.jpg' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18221 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/deux_voies_a3_corrige_1_-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/deux_voies_a3_corrige_1_-2.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18220 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/design_sans_titre.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/design_sans_titre.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18218 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/chatgpt_image_8_oct__2025_12_16_34.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/chatgpt_image_8_oct__2025_12_16_34.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18217 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/chatgpt_image_8_oct__2025_11_29_13.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/chatgpt_image_8_oct__2025_11_29_13.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18216 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/chatgpt_image_8_oct__2025_11_23_18s.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/chatgpt_image_8_oct__2025_11_23_18s.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18215 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/chatgpt_image_8_oct__2025_11_16_21.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/chatgpt_image_8_oct__2025_11_16_21.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/thumbnailcx.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/thumbnailcx.jpg' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000017170-3.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000017170-3.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000017042-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/png/1000017042-2.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'effondrement du pouvoir, des institutions, de la finance et de l'&#233;conomie de la France, et aussi de l'ordre social, du cr&#233;dit des bureaucrates politiques et syndicaux, &#231;a la fiche mal mais &#231;a s'affiche bien !&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
