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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title> Qu'est-ce qui nous am&#232;ne &#224; penser que la conscience &#233;merge de l'inconscient</title>
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		<dc:date>2020-12-16T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>

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&lt;p&gt;Qu'est-ce qui nous am&#232;ne &#224; penser que la conscience &#233;merge de l'inconscient &lt;br class='autobr' /&gt;
Chacun sait que nous avons des activit&#233;s conscientes et d'autres inconscientes, mais les unes et les autres proviennent-elles de domaines diff&#233;rents, s&#233;par&#233;s, oppos&#233;s, ou d&#233;pendants les uns des autres ? Que signifie l'id&#233;e que la conscience &#233;merge sur une base inconsciente ? Eh bien, cela signifie que c'est une auto-organisation des messages inconscients et des circuits neuronaux qui leur correspondent qui m&#232;nent &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique119" rel="directory"&gt;Comment fonctionnent la conscience et l'inconscience ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Psychanalyse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Qu'est-ce qui nous am&#232;ne &#224; penser que la conscience &#233;merge de l'inconscient&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chacun sait que nous avons des activit&#233;s conscientes et d'autres inconscientes, mais les unes et les autres proviennent-elles de domaines diff&#233;rents, s&#233;par&#233;s, oppos&#233;s, ou d&#233;pendants les uns des autres ? Que signifie l'id&#233;e que la conscience &#233;merge sur une base inconsciente ? Eh bien, cela signifie que c'est une auto-organisation des messages inconscients et des circuits neuronaux qui leur correspondent qui m&#232;nent &#224; la conscience. Comment v&#233;rifier une telle hypoth&#232;se ? Eh bien, il faut examiner la mani&#232;re dont ces messages conscients apparaissent et le comparer &#224; la mani&#232;re dont les messages inconscients apparaissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est assez difficile &#224; dire bien entendu puisque nul ne peut dire qu'il est jamais dans un &#233;tat absolument inconscient. Chez un &#234;tre humain, la conscience n'est jamais tout &#224; fait &#233;teinte et l'inconscient seul ma&#238;tre &#224; bord. M&#234;me pendant le sommeil profond, la conscience existe et peut intervenir &#224; un degr&#233; ou &#224; un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; message inconscient &#187; a cependant de nombreuses caract&#233;ristiques tout &#224; fait particuli&#232;res par rapport au &#171; message conscient &#187;. Le plus souvent celui qui est inconscient est tr&#232;s rapide. Ensuite, son contenu, lorsqu'il parvient &#224; la conscience est le plus souvent &#233;cart&#233; comme irrationnel, g&#234;nant, absurde, perturbant, incompr&#233;hensible ou choquant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons d'abord le cas du sommeil. Nous allons remarquer que c'est un argument fort en faveur de l'id&#233;e d'une pens&#233;e consciente issue d'une base inconsciente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme chacun sait, l'une des pires tortures que puisse subir un &#234;tre humain est d'&#234;tre emp&#234;ch&#233; de dormir. Dans ce type de situation, &#224; un certain stade d'interdiction du sommeil, le cerveau ne parvient plus &#224; int&#233;grer les informations de la journ&#233;e, durant l'&#233;veil, dans la conscience car c'est le sommeil qui permet cette int&#233;gration. Du coup, l'&#234;tre humain perd ses rep&#232;res, sa stabilit&#233;, sa confiance, sa m&#233;moire, son sens de la continuit&#233; de l'existence et tr&#232;s rapidement peut sombrer carr&#233;ment dans la folie. La peur s'empare de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons les cons&#233;quences que l'on peut tirer de telles remarques pour la question qui nous occupe : le caract&#232;re &#233;mergent de la conscience au sein de l'inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela d&#233;montre d&#233;j&#224; que la conscience qui se manifeste le jour est construite la nuit quand l'individu ne peut pas agir ou penser seulement &#171; consciemment &#187;. C'est donc le travail de l'inconscient de nuit qui produit la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, on peut remarquer que la pens&#233;e &#171; de jour &#187; &#233;carte le plus souvent les pens&#233;es de la nuit. Le plus souvent mais pas toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e inconsciente produit donc des fictions qui peuvent se r&#233;v&#233;ler tr&#232;s int&#233;ressantes et productives. Les artistes et d&#233;couvreurs de sciences et techniques produisent l'essentiel de leurs inventions par la pens&#233;e inconsciente, la nuit. Nombre d'entre eux l'ont remarqu&#233; et ont transmis par &#233;crit leur &#233;tonnement de ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; une nouvelle raison de croire &#224; une &#233;mergence de la conscience qui se produit tous les jours et non une fois pour toutes. Cela signifie que notre conscience n'est pas seulement un produit de notre cerveau &#224; la naissance mais aussi une construction journali&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des pens&#233;es inconscientes, le cerveau ne retient que ce qui convient &#224; un ensemble de structures raisonnables mais cela ne signifie pas que les autres soient &#233;cart&#233;es d&#233;finitivement de notre inconscient. Au contraire, la plupart de ces pens&#233;es inconscientes rejet&#233;es par la raison semble subsister dans l'inconscient et continuer &#224; se pr&#233;senter &#224; notre conscience qui peut encore l'&#233;carter ou la retenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut donc pas opposer diam&#233;tralement conscient et inconscient. Le mat&#233;riel du &#171; conscient &#187; est donc une partie du mat&#233;riel produit par notre inconscient et tri&#233; par des m&#233;canismes de certaines zones du cerveau, en particulier du cingula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre pens&#233;e, m&#234;me celle qui nous para&#238;t la plus raisonnable, provient donc de pens&#233;es inconscientes qui ne se pr&#233;occupent nullement d'&#234;tre raisonnables, comme le montrent par exemples les r&#234;ves, les hallucinations, le somnambulisme, les fascinations ou les n&#233;vroses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion d'&#233;mergence et d'auto-organisation construisant progressivement le niveau conscient sur une base inconsciente semble donc s'imposer par rapport &#224; toute id&#233;e de deux domaines qui naitraient et se d&#233;velopperaient s&#233;par&#233;ment l'un de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux extr&#234;mes de la vie semblent conforter ce point de vue : les premiers mois du b&#233;b&#233; d'un c&#244;t&#233;, les derni&#232;res ann&#233;es de la personne &#226;g&#233;e, de l'autre. Ces deux extr&#234;mes d&#233;montrent que la conscience n'existe pas de mani&#232;re directe mais se construit, ou, dans le cas de la personne &#226;g&#233;e, peut cesser de se construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience ne se construit pas imm&#233;diatement sur la base des exp&#233;riences r&#233;alis&#233;es par l'individu. Il y faut notamment le passage par le sommeil, c'est-&#224;-dire par l'inconscient. La m&#233;moire, par exemple, se construit ainsi, progressivement et en permanence. Si elle se construit correctement, ce qui n'est pas le cas d&#232;s le d&#233;but pour le nouveau-n&#233; et parfois pas bien pour la personne &#226;g&#233;e. Ces difficult&#233;s, mieux que le fonctionnement normal, soulignent le mode de construction de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens pensent que l'inconscient est plus barbare par rapport au conscient qui serait plus spirituel, plus intellectuel, plus raffin&#233;, qu'il n'est pas pens&#233;, pas cognitif, pas abstrait ou pas cortical. Tout cela est faux ! Les pens&#233;es conscientes peuvent parfaitement devenir inconscientes (inhibition) et certaines pens&#233;es inconscientes parviennent &#224; la conscience (&#233;mergence).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans ces nombreux passages entre conscient et inconscient, aucune analyse et aucun traitement psychanalytique ou hypnotique ne serait possible. Et pas non plus la conscience des r&#234;ves&#8230; En fait, la conscience elle-m&#234;me serait impossible sans les pens&#233;es inconscientes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique165&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La part de l'inconscient et de l'irrationnel dans la formation de la pens&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5377&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Peut-on distinguer le conscient de l'inconscient ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article357&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conscience et inconscience&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique92&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Inconscience, conscience : Freud et les derni&#232;res d&#233;couvertes en neurosciences&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2745&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Travaux de Freud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1626&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce que la conscience ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1528&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#244;le de l'inhibition et de l'inconscient, de la logique et de l'absurde, du rationnel et de la fable dans la formation de l'intelligence&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5791&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce que nous ne savons pas que nous savons...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4170&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D'o&#249; vient la conscience humaine ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article192&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discontinuit&#233;s de la conscience&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1507&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La perte de r&#233;alit&#233; dans la conscience&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/educationdidactique/224&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La conscience auto-organisatrice : une alternative au mod&#232;le dominant de la psychologie cognitive&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://leadserv.u-bourgogne.fr/files/publications/000378-la-conscience-auto-organisatrice.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La conscience auto-organisatrice&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/neurosciences/notre-inconscient-controle-nos-comportements-7786.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La puissance de l'inconscient&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01449568/document&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une dialectique du freudisme et des neurosciences&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article193&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Psychanalyse et dialectique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3189&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cerveau et dialectique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1510&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D'o&#249; vient l'intelligence humaine ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Ce que nous ne savons pas que nous savons...</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article5670</link>
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		<dc:date>2020-01-15T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce que nous ne savons pas que nous savons... &lt;br class='autobr' /&gt;
Nos m&#233;moires fonctionnent elles aussi &#224; plusieurs niveaux hi&#233;rarchiques : m&#233;moire g&#233;n&#233;tique, m&#233;moire cellulaire, m&#233;moire des organes, m&#233;moire des syst&#232;mes (nerveux, immunitaire, gastrique, cardiaque, c&#233;r&#233;bral, ...), m&#233;moire des parties du corps, m&#233;moire &#233;v&#233;nementielle, m&#233;moire des mots, des formes, des visages, ... Ces m&#233;moires ne sont pas un simple enregistrement d'un fait mais une construction dynamique et inventive du pr&#233;sent et du pass&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique119" rel="directory"&gt;Comment fonctionnent la conscience et l'inconscience ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que nous ne savons pas que nous savons...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nos m&#233;moires fonctionnent elles aussi &#224; plusieurs niveaux hi&#233;rarchiques : m&#233;moire g&#233;n&#233;tique, m&#233;moire cellulaire, m&#233;moire des organes, m&#233;moire des syst&#232;mes (nerveux, immunitaire, gastrique, cardiaque, c&#233;r&#233;bral, ...), m&#233;moire des parties du corps, m&#233;moire &#233;v&#233;nementielle, m&#233;moire des mots, des formes, des visages, ...&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces m&#233;moires ne sont pas un simple enregistrement d'un fait mais une construction dynamique et inventive du pr&#233;sent et du pass&#233; dirig&#233;e vers l'avenir. Les &#233;l&#233;ments de m&#233;moires &#233;mergent : ils sont des ilots d'ordre &#233;mergent au sein du grand d&#233;sordre des messages neuronaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#034;&#233;l&#233;ments&#034; de m&#233;moire ne sont pas des faits mais des connexions, des liens entre un sentiment, une impression, un son, une couleur, un mouvement, une attitude, une observation. ces connexions sont des constructions dynamiques de liaisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; nous avons le plus conscience de la place de la m&#233;moire, c'est lorsque nous ne la poss&#233;dons pas : enfance, vieillesse, accident, handicap, inhibition, peur, interdit....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines m&#233;moires sont marqu&#233;es en nous &#224; notre insu : m&#233;moire g&#233;n&#233;tique, m&#233;moire ethnique, m&#233;moire sociale, m&#233;moire historique et civilisationnelle, m&#233;moire r&#233;gionale, familiale, m&#233;moire des &#233;v&#233;nements de la petite enfance, m&#233;moire subliminale (&#233;v&#233;nements de trop petite dur&#233;e pour &#234;tre conscients), m&#233;moire des faits inhib&#233;s. Ainsi, dans des conversations personnelles, il nous arrive de constater que nous avons parfaitement effac&#233; dans notre conscience une situation qui n'est pourtant pas vieille. L'inhibition fait donc partie des capacit&#233;s de notre conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me si elle le d&#233;sirait, notre conscience n'aurait pas les moyens suffisants (en temps, en place, en rapidit&#233;, en connexions, etc) de savoir et de nous dire tout ce que notre cerveau (en liaison avec notre corps) emmagasine d'informations, sait, sait faire, comprend, pense, voit, entend, r&#233;fl&#233;chit, compare, invente, r&#234;ve, imagine, conspire, calcule, trafique, triche, truque, ruse, d&#233;duit, sent, flaire, &#233;change, souffre, joui, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple le plus simple est le pilotage des organes de notre corps. Notre cerveau sait par exemple piloter notre coeur ce que notre conscience ignore quasiment totalement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous arrive souvent de d&#233;couvrir que nous avions m&#233;moris&#233; un fait ou un acte aujourd'hui parfaitement oubli&#233;, que nous savons r&#233;agir &#224; une situation &#224; laquelle nous n'&#233;tions pas pr&#233;par&#233;s, de nous rappeler &#034;en situation&#034; d'une expression, d'un mot, d'un nom, d'une odeur, ... et de constater ainsi que nous ne savons pas dire tout ce que nous avons en r&#233;alit&#233; m&#233;moris&#233;. Notre cerveau ne nous a pas tout dit sur ce qu'il sait. Notre conscience est tr&#232;s loin d'avoir connaissance de tout ce que connait notre cerveau qui fonctionne en tandem avec notre corps. Nous n'avons aucune conscience des proc&#233;dures &#224; employer pour que le cerveau pilote le corps et pourtant il le fait heureusement de jour comme de nuit...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de tr&#232;s nombreuses raisons pour que des &#233;l&#233;ments de m&#233;moire accessible au cerveau ne le soient pas &#224; la conscience : effa&#231;age syst&#233;matique notamment &#224; cause de la distance du pass&#233; mais aussi par inhibition, &#233;v&#233;nements trop rapides pour &#234;tre conscients, niveau de la r&#233;alit&#233;, manque d'attention ou attention polaris&#233;e par autre chose, etc... Nous n'avons pas connaissance de bien des choses qui se sont pourtant d&#233;roul&#233;es devant nos yeux, &#224; nos oreilles, devant nos narines et pourtant notre cerveau, lui, les connait sans nous l'avoir dit. Il nous est possible parfois de l'interpeler et d'obtenir certains r&#233;sultats. cela n'a rien de magique, de mystique ni de religieux. C'est au contraire tout &#224; fait mat&#233;rialiste. le cerveau ne fonctionne pas &#224; un seul niveau hi&#233;rarchique et plusieurs de ses niveaux ne sont pas directement conscients mais pourtant accessibles &#224; la conscience et d'autres ne le sont pas du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos m&#233;moires fonctionnent elles aussi &#224; plusieurs niveaux hi&#233;rarchiques : m&#233;moire g&#233;n&#233;tique, m&#233;moire cellulaire, m&#233;moire des organes, m&#233;moire des syst&#232;mes (nerveux, immunitaire, gastrique, cardiaque, c&#233;r&#233;bral, ...), m&#233;moire des parties du corps, m&#233;moire &#233;v&#233;nementielle, m&#233;moire des mots, des formes, des visages, ...&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces m&#233;moires ne sont pas un simple enregistrement d'une chose mat&#233;rielle mais une construction dynamique et inventive du pr&#233;sent et du pass&#233; dirig&#233;e vers l'avenir. Les &#233;l&#233;ments de m&#233;moires &#233;mergent : ils sont des ilots d'ordre &#233;mergent au sein du grand d&#233;sordre des messages neuronaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#034;&#233;l&#233;ments&#034; de m&#233;moire ne sont pas des faits objectifs mais des connexions, des liens entre un sentiment, une impression, un son, une couleur, un mouvement, une attitude, une observation. ces connexions sont des constructions dynamiques de liaisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; nous avons le plus conscience de la place de la m&#233;moire, c'est lorsque nous ne la poss&#233;dons pas, ou pas enti&#232;rement : enfance, vieillesse, accident, handicap, inhibition, peur, interdit, perte d'attention, etc.... Nous constatons alors que toute notre vie est dirig&#233;e par des comparaisons de situations, de formes, de couleurs, de sons, d'odeurs, de visages sans lesquelles nous ne pourrions pas nous orienter, nous retrouver, nous reconnaitre nous-m&#234;mes ni reconnaitre les autres. Notre conscience semble bien nous piloter ainsi enti&#232;rement. Et, cependant, elle ne sait pas tout ce que sait notre cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines m&#233;moires sont marqu&#233;es en nous &#224; notre insu : m&#233;moire g&#233;n&#233;tique, m&#233;moire ethnique, m&#233;moire sociale, m&#233;moire historique et civilisationnelle, m&#233;moire r&#233;gionale, familiale, m&#233;moire des &#233;v&#233;nements de la petite enfance, m&#233;moire subliminale (&#233;v&#233;nements de trop petite dur&#233;e pour &#234;tre conscients), m&#233;moire des faits inhib&#233;s. Ainsi, dans des conversations personnelles, il nous arrive de constater que nous avons parfaitement effac&#233; dans notre conscience une situation qui n'est pourtant pas vieille. L'inhibition fait donc partie des capacit&#233;s de notre conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me si elle le d&#233;sirait, notre conscience n'aurait pas les moyens suffisants (en temps, en place, en rapidit&#233;, en connexions, etc) de savoir et de nous dire tout ce que notre cerveau (en liaison avec notre corps) emmagasine d'informations, sait, sait faire, comprend, pense, voit, entend, r&#233;fl&#233;chit, compare, invente, r&#234;ve, imagine, conspire, calcule, trafique, triche, truque, ruse, d&#233;duit, sent, flaire, &#233;change, souffre, joui, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple le plus simple est le pilotage des organes de notre corps. Notre cerveau sait par exemple piloter notre coeur ce que notre conscience ignore quasiment totalement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, d&#232;s qu'on parle d'inconscient, chacun pense &#224; juste titre &#224; l'inconscient freudien qui peut amener notre cerveau &#224; contredire ce que notre conscience croit vouloir. Mais cela va bien au del&#224; puisque cela touche tous les fonctionnements physiologiques, amenant le couple corps/cerveau &#224; r&#233;agir par exemple &#224; notre mani&#232;re de nous nourrir, de dormir, de vivre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#234;ve est un exemple bien connu de comportement pilot&#233; par le cerveau sans que la conscience en soit pour l'essentiel inform&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre cerveau inconscient peut non seulement agir dans l'ignorance de la conscience mais m&#234;me contre ce que dit d&#233;sirer la conscience. Il peut d&#233;clarer qu'il ne veut pas ce que nous croyons vouloir, qu'il n'aime pas ce que nous pr&#233;tendons aimer, qu'il ne fera pas ce que nous voulons faire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a un autre fait bien plus &#233;tonnant : la conscience peut ne pas nous avoir inform&#233;s de quelque &#233;v&#233;nement et pourtant &#234;tre capable, sans que nous le sachions, de connaitre cet &#233;v&#233;nement&#8230; Par exemple, une image subliminale ne nous est pas consciemment connue et pourtant il est parfois possible pour nous de l'appeler &#224; la conscience.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'image subliminale est un exemple qui montre que l'inconscient freudien n'est nullement le seul cas de pilotage du cerveau dont nous n'avons pas &#233;t&#233; inform&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire parler notre cerveau inconscient n'est pas une activit&#233; r&#233;serv&#233;e aux psychanalystes, m&#234;me si les neurosciences ont pu confirmer que l'analyse freudienne a un sens neurologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien d'autres activit&#233;s humaines reposent sur l'interface entre conscient et inconscient. On a d&#233;j&#224; cit&#233; la part des r&#234;ves qui parvient &#224; notre conscience et les r&#233;flexions que ces r&#234;ves entra&#238;nent. Il y a aussi les &#233;tats comateux, drogu&#233;s, de transe, de d&#233;lire, d'alcoolisme profond, de m&#233;ditation, de manque de sommeil et de manque de nourriture. Dans ces diff&#233;rents cas, la conscience explore des &#233;tats li&#233;s au cerveau inconscient. C'est de l&#224; que sont n&#233;es les impressions mystiques, transcendantales, les r&#233;v&#233;lations sous hypnose, les cr&#233;ations inconscientes. Bien des pens&#233;es religieuses proviennent e telles exp&#233;riences &#224; l'interface du cerveau conscient et du cerveau inconscient m&#234;me s'il n'est nullement besoin d'&#234;tre soi-m&#234;me mystique, religieux ou m&#233;taphysicien pour croire de telles exp&#233;riences possibles. Ceux qui ont pens&#233; converser avec dieu ou avec les esprits n'ont fait que permettre au cerveau inconscient de s'adresser au cerveau conscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi l'un des fonctions des r&#234;ves. En fait notre conscience est incapable de m&#233;moriser directement les faits et &#233;v&#233;nements qu'elle a connu. Il lui faut en passer par le cerveau inconscient. C'est essentiellement la nuit, alors que le cerveau conscient est hors circuit, que les impressions conscientes de la journ&#233;e peuvent &#234;tre r&#233;&#233;voqu&#233;es et retravaill&#233;es pour &#234;tre mis en m&#233;moire. C'est donc un travail du cerveau inconscient qui permet ensuite au cerveau conscient de fonctionner en ayant des outils de comparaison, de contr&#244;le, de mesure, de position, d'action qui sont m&#233;moris&#233;s. Sans ce fonctionnement du cerveau inconscient, pas de conscience possible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement &#224; notre conscience, le cerveau inconscient n'a pas les m&#234;mes crit&#232;res de rationalit&#233;, d'ordre, de rigueur, de comparaison &#224; un crit&#232;re de r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle, de r&#233;alit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inconscient ne s'en tient pas &#224; l'actuel, au factuel, au cr&#233;dible, au r&#233;el, au mat&#233;riel, au vraisemblable, au savoir reconnu, &#224; l'opinion commune ni au rationnel. Le cerveau inconscient peut accepter des th&#232;ses que la raison r&#233;cuse, des aspirations que la morale r&#233;prouve, des images que la r&#233;alit&#233; ne confirme pas, des actes irr&#233;alistes, des situations invraisemblables, des d&#233;sirs que la conscience repousse, des aspirations que la conscience ignore ou feint d'ignorer, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cerveau inconscient peut broder, inventer, raisonner sur des id&#233;es &#171; folles &#187;, cr&#233;er, imager l'inconnu, l'invraisemblable, le jamais vu. Il ne travaille pas que sur des objets de la r&#233;alit&#233;. Ce n'est pas seulement les dieux qui ont ainsi &#233;t&#233; produits par des exp&#233;riences &#224; l'interface entre conscient et inconscient. L'art, les sciences ont eu besoin de ses &#171; id&#233;es folles &#187; qui sont bien souvent apparues aux auteurs au lendemain d'une nuit de sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esprits logiques sont choqu&#233;s des contradictions entre r&#233;el et pens&#233;, entre rationnel et cr&#233;ation, entre conscient et inconscient. Pour eux, il faudrait trancher : on aime ou on n'aime pas, on aspire ou on n'aspire pas &#224; faire ceci ou cela. C'est une fausse philosophie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cerveau, conscient comme inconscient, fonctionne au contraire sur les oppositions dissym&#233;triques qui se maintiennent et continuent &#224; se confronter. Nous souhaitons ce que nous redoutons, nous aimons ce que nous d&#233;testons, nous sommes attir&#233;s par ce que nous craignons, nous sommes curieux de ce que nous ne devons pas regarder, nous repoussons la plupart des attirances qui se pr&#233;sentent &#224; nous, et plus nous nous interdisons quelque chose, plus elle nous fait envie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas les seules contradictions qui fondent nos comportements c&#233;r&#233;braux. En fait la contradiction dialectique (des contraires qui coexistent, se confrontent sans cesse en s'imbriquant aussi sans cesse et en se transformant l'un dans l'autre) est &#224; la base de tous les m&#233;canismes de pens&#233;e, consciente comme inconsciente. Prenons le m&#233;canisme de l'abstraction et de la conceptualisation. Il n'est possible que par la rupture de la contradiction dialectique. Le concept est fond&#233; sur l'unit&#233; des contraires et sur une rupture de sym&#233;trie de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas penser sans conceptualiser : sans regrouper des objets diff&#233;rents (qui ont des caract&#233;ristiques qui les opposent) dans une certaine forme d'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caract&#233;ristiques du concept unifient des contraires dialectiques. La conscience ne peut &#234;tre comprise sans l'inconscient. La mati&#232;re ne peut &#234;tre con&#231;ue sans le vide. Le corpuscule n'existe que gr&#226;ce &#224; l'onde. L'ordre n'a de sens que par rapport au d&#233;sordre. L'agitation par rapport &#224; la stabilit&#233;, la peur avec la le sentiment de suret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les limites du concept indiquent le moment o&#249; une id&#233;e se transforme en son contraire. Un circuit d'action est r&#233;troagit par un circuit de r&#233;action. Pas de syst&#232;me sympathique sans syst&#232;me parasympathique. Pas de circuit d'oxyg&#232;ne sans circuit de gaz carbonique. Pas de m&#233;canisme d'activation sans m&#233;canisme d'inhibition. Pas d'action d'immunit&#233; sans action contraire. Pas de reconnaissance d'identit&#233; sans m&#233;canisme d'inhibition du pr&#233;c&#233;dent. Pas de m&#233;canisme d'aspiration &#224; manger, &#224; dormir, &#224; boire, &#224; jouir, &#224; r&#234;ver, sans circuit de satisfaction et de blocage de cette respiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique est aussi ce qui r&#233;git les liens entre actuel et potentiel, entre rationnel et irrationnel, entre stable et instable, entre ordre et d&#233;sordre, entre calme et agit&#233;, entre rapide et lent, entre niveaux hi&#233;rarchiques, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison de ces contradictions n'est pas due &#224; notre mode de pens&#233;e mais au monde mat&#233;riel lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, on fait les m&#234;mes constatations en dehors des m&#233;canismes de pens&#233;e, de conscience, d'action c&#233;r&#233;brale inconsciente. En m&#233;t&#233;o, pas d'anticyclone sans d&#233;pression, pas d'apparition de particules sans disparition de particules, pas d'apparition d'&#233;nergie dans le vide sans disparition d'&#233;nergie, pas d'apparition d'ordre sans apparition de d&#233;sordre. La mati&#232;re dite inerte (qui n'est pas inactive ni non-dynamique) est elle-m&#234;me sujette &#224; des cr&#233;ations, des apparitions inattendues, des suites impr&#233;dicitibles qui ne doivent rien &#224; des esprits, &#224; des dieux, &#224; des puissances occultes, &#224; des croyances mystiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles sont le produit des m&#233;canismes d'&#233;mergence de structure au sein des syst&#232;mes fond&#233;s sur le chaos d&#233;terministe. Ces syst&#232;mes sautent d'un &#233;tat &#224; un autre, se transformant en leur oppos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette transformation spontan&#233;e (sans action externe) d'un &#234;tre en son contraire n'a rien d'occulte, incompr&#233;hensible, ni myst&#233;rieux. Elle est g&#233;n&#233;rale et fondamentale &#224; la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, au sein des noyaux atomiques des diff&#233;rents &#233;l&#233;ments (comme le fer, le carbone, l'oxyg&#232;ne,&#8230;) s'opposent deux sortes de particules : protons et neutrons, mais, sans cesse, les protons se transforment spontan&#233;ment en neutrons et les neutrons spontan&#233;ment en protons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents &#233;tats possibles du proton s'opposent et pourtant le proton passe sans cesse spontan&#233;ment d'un &#233;tat &#224; un autre. Au sein des syst&#232;mes solaires, les deux principales sortes d'objets qui s'opposent sont la plan&#232;te et l'&#233;toile, mais la grande plan&#232;te peut se transformer en &#233;toile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes habitu&#233;s &#224; distinguer par une opposition diam&#233;trale (non dialectique) le monde du vivant et le monde de l'inerte. Pourtant, ces deux mondes sont, l&#224; o&#249; ils coexistent, absolument indispensables l'un &#224; l'autre. Leur s&#233;paration est tr&#232;s loin de l'opposition diam&#233;trale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cerveau conscient et inconscient ne se comprennent, eux aussi, que de mani&#232;re dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas opposer diam&#233;tralement la r&#233;alit&#233; et l'art, l'observation et la cr&#233;ation des id&#233;es scientifiques, la pens&#233;e rationnelle et la pens&#233;e mystique, le corps et l'esprit, l'inn&#233; et l'acquis, les diff&#233;rents niveaux de la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contraires s'opposent dialectiquement comme conscience et cerveau inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience n'est pas une chose (un objet) mais un ph&#233;nom&#232;ne structur&#233; qui &#233;merge en &#233;tant issu de l'agitation des processus d'interaction entre diff&#233;rents niveaux de perception de la r&#233;alit&#233; par le corps et le cerveau. La conscience n'est pas un &#233;tat fixe, stable, permanent. C'est au contraire un processus &#233;mergent, sans cesse construit et d&#233;construit. Ceux qui croient qu'on est soit conscient soit non conscient (par exemple une personne incapable de se ma&#238;triser du fait d'une maladie neurologique ou psychiatrique) se trompent. Les personnes qui n'ont aucune pathologie particuli&#232;re sont sujets &#224; des instants de perte de conscience tr&#232;s brefs qu'ils ignorent s'ils sont &#171; bien portants &#187;. La conscience n'est pas continue et elle s'en accommode normalement. Elle est fond&#233;e sur un fonctionnement neuronal qui n'est pas non plus continu (action brutale de la synapse, discontinuit&#233; des changements de rythme du message neuronal, discontinuit&#233; du r&#233;seau neuronal, etc&#8230;). Cependant, il ne faut pas assimiler la conscience aux &#233;l&#233;ments mat&#233;riels qui en sont le support. Le neurone ne pense pas, n'est pas conscient. Le r&#233;seau neuronal non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le pilotage du chaos d&#233;terministe des interactions neuronales extr&#234;mement agit&#233;es et interactives qui fonde la pens&#233;e consciente et inconsciente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construction et d&#233;construction sont indispensables l'un &#224; l'autre. Si le message neuronal ne pouvait pas &#233;mergent, il n'y aurait pas de pens&#233;e. Mais si ce message construit n'&#233;tait pas d&#233;construit, le cerveau serait vite bloqu&#233;. Ces processus interactifs oppos&#233;s sont une caract&#233;ristique permanente de tous les fonctionnements : l'attention a son oppos&#233;, la conceptualisation le sien, la m&#233;morisation aussi, l'observation &#233;galement. Et, de m&#234;me, chaque sentiment, chaque sensation, chaque sens, comme l'odorat, comme la peur, le plaisir ou l'assoupissement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Peut-on distinguer le conscient de l'inconscient ?</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article5377</link>
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		<dc:date>2019-06-06T22:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Physique quantique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le moi n'est pas ma&#238;tre dans sa propre maison&#8230; Il en est r&#233;duit &#224; se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique. &#187; (Introduction &#224; la psychanalyse, Freud) &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; L'interpr&#233;tation des r&#234;ves est, en r&#233;alit&#233;, la voie royale de la connaissance de l'inconscient, la base la plus s&#251;re de nos recherches, et c'est l'&#233;tude des r&#234;ves, plus qu'aucune autre, qui vous convaincra de la valeur de la psychanalyse et vous formera &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique119" rel="directory"&gt;Comment fonctionnent la conscience et l'inconscience ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Physique quantique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le moi n'est pas ma&#238;tre dans sa propre maison&#8230; Il en est r&#233;duit &#224; se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique. &#187; (Introduction &#224; la psychanalyse, Freud)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; L'interpr&#233;tation des r&#234;ves est, en r&#233;alit&#233;, la voie royale de la connaissance de l'inconscient, la base la plus s&#251;re de nos recherches, et c'est l'&#233;tude des r&#234;ves, plus qu'aucune autre, qui vous convaincra de la valeur de la psychanalyse et vous formera &#224; sa pratique. Quand on me demande comment on peut devenir psychanalyste, je r&#233;ponds : par l'&#233;tude de ses propres r&#234;ves. &#187; (Cinq le&#231;ons sur la psychanalyse, Freud)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12700 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.fr/IMG/jpg/ob_046c0c_inconscient-preconscient-94655596.jpg' width=&#034;662&#034; height=&#034;470&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Peut-on distinguer le conscient de l'inconscient ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question peut sembler une &#233;vidence, de m&#234;me qu'elle peut, en m&#234;me temps, sembler une gageure impossible. Evidence parce qu'il est certain que notre conscience ne sait pas piloter notre corps et qu'elle ne le fait d&#233;j&#224; pas la nuit quand on dort. Gageure impossible puisqu'on demande &#224; la conscience de savoir reconna&#238;tre l'inconscient alors qu'on affirme justement, par d&#233;finition, que l'inconscient serait ce domaine que la conscience ne peut pas conna&#238;tre ! Comment voulons-nous demander &#224; notre intelligence de d&#233;terminer une fronti&#232;re, si elle existe, entre conscience et inconscience, alors que l'inconscient parviendrait &#224; atteindre et donc &#224; influencer la conscience ? Il y a l&#224; un entrelac impossible &#224; d&#233;m&#234;ler apparemment&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, s'il s'agissait de domaines non seulement diff&#233;rents mais non interconnect&#233;s (ou connect&#233;s en sens unique), on ne voit pas comment il serait possible de r&#233;pondre &#224; la question : o&#249; se situe l'inconscient et en quoi diff&#232;re-t-il du conscient ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier point qui nous semble d&#233;terminant dans cette distinction entre conscient et inconscient est celui de la dur&#233;e du ph&#233;nom&#232;ne c&#233;r&#233;bral concern&#233;. En somme, il s'agit d'affirmer qu'en dessous d'un seuil de dur&#233;e, un ph&#233;nom&#232;ne serait toujours n&#233;cessairement inconscient, ce qui signifie qu'il n'aurait pas le temps d'acc&#233;der au cortex et d'y susciter une r&#233;action capable d'agir sur la cause. Cela ne veut pas dire qu'un tel ph&#233;nom&#232;ne n'aura jamais de cons&#233;quence dans le cortex et ne m&#232;nera jamais une r&#233;action finale du cortex mais que le cortex n'aura pas le temps d'agir avant l'extinction du ph&#233;nom&#232;ne. Et rien n'emp&#234;che d&#232;s lors l'existence de ph&#233;nom&#232;nes qui soient proches du seuil et sont donc &#224; la fois conscients et inconscients, avec des implications communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes donc amen&#233;s, dans un premier temps, a donner comme d&#233;finition du ph&#233;nom&#232;ne conscient celui qui a une action dans le cortex et celle du ph&#233;nom&#232;ne inconscient celui qui n'en a pas. Et nous fondons cette distinction non dans une nature particuli&#232;re du message neuronal mais dans la dur&#233;e de son action, avec un seuil de s&#233;paration entre conscient et inconscient, en se fondant sur le fait qu'il faut un certain temps &#224; la conscience pour &#234;tre appel&#233;e et pour r&#233;agir, toute perception trop rapide &#233;tant d&#233;s lors n&#233;cessairement inconsciente. Cette derni&#232;re inconscience n'&#233;tant pas un domaine inatteignable par la conscience, mais signifiant seulement que la conscience n'a pas &#233;t&#233; directement impliqu&#233;e dans l'action du ph&#233;nom&#232;ne et la r&#233;action du cerveau &#224; celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se fonde donc pour &#233;tablir cette distinction sur le fait que la jonction entre le cortex et l'ensemble du corps n'est pas la liaison la plus rapide et que d'autres zones du cerveau r&#233;agissent syst&#233;matiquement de mani&#232;re beaucoup plus rapide. Des exemples de ce type de situations sont bien connus : c'est l'arc r&#233;flexe, c'est encore la r&#233;gulation m&#233;tabolique ou encore les images subliminales. Dans les r&#233;actions r&#233;flexes, notre corps peut r&#233;agir bien avant que notre cortex ne soit m&#234;me inform&#233; qu'il y a eu simulation ou sollicitation. Le circuit neuronal dit r&#233;flexe ne passe pas par le cortex. Les images subliminales sont tellement rapides que nous ne les voyons que de mani&#232;re inconsciente. Cela ne veut pas dire que notre conscience ne peut pas s'en aviser mais elle n'en a pas &#233;t&#233; avis&#233;e d'elle-m&#234;me. Il y a donc des &#233;v&#233;nements que nous pouvons conna&#238;tre sans en &#234;tre conscients. Ces &#233;v&#233;nements peuvent acc&#233;der &#224; notre conscience mais uniquement si nous les sollicitons, si nous nous posons la question : savons-nous que&#8230; Tout ce qui n'a pas r&#233;ussi &#224; solliciter notre attention peut cependant avoir &#233;t&#233; per&#231;u sans que nous (notre conscience) le sachions. Il suffit d'une vision, d'une audition, d'un toucher, d'une pens&#233;e trop fugitive pour que notre conscience n'en soit pas avis&#233;e mais cela ne signifie pas qu'elle ne puisse pas &#234;tre avis&#233;e si nous cherchons dans notre m&#233;moire la trace de cette sensation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles zones du cerveau peuvent contr&#244;ler des actions c&#233;r&#233;brales inconscientes comme respirer, contr&#244;ler nos battements cardiaques, &#233;quilibrer notre m&#233;tabolisme, rechercher de la nourriture et un abri, &#233;viter les pr&#233;dateurs, et nous reproduire ? Ce sont le tronc c&#233;r&#233;bral, l'hypothalamus, la base du t&#233;lenc&#233;phale, l'amygdale et le cortex cingulaire. Damasio rappelle, dans &#171; L'erreur de Descartes &#187; que ces zones &#171; ont pour r&#244;le principal de contr&#244;ler les processus vitaux fondamentaux, sans faire appel au fonctionnement mental et &#224; la raison. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les &#233;motions primaires (c'est-&#224;-dire inn&#233;es, pr&#233;programm&#233;es, jamesiennes) d&#233;pendent de circuits neuronaux appartenant au syst&#232;me limbique, au sein duquel l'amygdale et le cortex cingulaire ant&#233;rieur jouent le r&#244;le le plus important&#8230; Non conscientes, automatiques et involontaires, les r&#233;ponses &#233;manant des repr&#233;sentations potentielles pr&#233;frontales sont signal&#233;es &#224; l'amygdale et au cortex cingulaire ant&#233;rieur envoyant des messages au corps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; Le sentiment m&#234;me de soi &#187;, Damasio &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On peut se retrouver dans un &#233;tat triste ou heureux, tout en &#233;tant absolument incapable de dire pourquoi on se retrouve dans cet &#233;tat&#8230; Un sourire spontan&#233; procur&#233; par un r&#233;el plaisir, ou les sanglots spontan&#233;s provoqu&#233;s par l'angoisse sont ex&#233;cut&#233;s par des structures c&#233;r&#233;brales enfouies dans le tronc c&#233;r&#233;bral, sous le contr&#244;le de la r&#233;gion cingulaire. Nous n'avons aucun moyen d'exercer un contr&#244;le volontaire direct sur les processus neuraux situ&#233;s dans ces r&#233;gions. (&#8230;) Nous sommes presque aussi peu efficaces &#224; mettre un terme &#224; une &#233;motion qu'&#224; emp&#234;cher un &#233;ternuement. (&#8230;) Le cerveau induit des &#233;motions &#224; partir d'un nombre relativement limit&#233; de sites c&#233;r&#233;braux. La plupart d'entre eux sont localis&#233;s au-dessous du cortex c&#233;r&#233;bral et sont appel&#233;s sous-corticaux. Les principaux sites sous-corticaux se trouvent dans la r&#233;gion du tronc c&#233;r&#233;bral, de l'hypothalamus et du t&#233;lenc&#233;phale basal. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons cependant que les actions conscientes n&#233;cessitent les bases c&#233;r&#233;brales de l'inconscient. Damasio rappelle, dans &#171; L'erreur de Descartes &#187;, que &#171; Le n&#233;o-cortex ne peut pas engendrer d'images si le vieux cerveau sous-jacent (hypothalamus, tronc c&#233;r&#233;bral) n'est pas intact et ne coop&#232;re pas avec lui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les m&#233;canismes dits inconscients sont g&#233;n&#233;ralement eux-m&#234;mes influenc&#233;s par des actions des zones de la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit donc rejeter l'id&#233;e de deux m&#233;canismes ind&#233;pendants, de deux cerveaux ind&#233;pendants, l'un cortical et l'autre sous-cortical, le point de vue dichotomique conscient/inconscient. La relation entre conscient et inconscient est &#224; consid&#233;rer bien plus de la mani&#232;re d'une contradiction dialectique que d'une opposition diam&#233;trale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le dit Damasio, &#171; L'opposition parait si flagrante entre les types de traitement de l'information effectu&#233;s par ces deux parties du cerveau &#8211; les structures &#171; inf&#233;rieures et anciennes &#187; et celles &#171; sup&#233;rieures et nouvelles &#187; - que cela a pouss&#233; &#224; envisager leurs fonctions respectives selon une dichotomie apparemment sens&#233;e : dit de fa&#231;on la plus simple possible, les anciennes parties du cerveau, en bas s'occupant de la r&#233;gulation biologique fondamentale, tandis qu'en haut le n&#233;o-cortex r&#233;fl&#233;chit, avec sagesse et subtilit&#233;. Dans les &#233;tages sup&#233;rieurs, au sein du n&#233;o-cortex, il y a la raison et la volont&#233;, tandis qu'en bas, il y a les &#233;motions et tout ce qui, banalement, concerne le corps. Cette conception, cependant, ne rend pas compte des m&#233;canismes neuraux qui sous-tendent les processus rationnels de prise de d&#233;cision, tels que je les vois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Certains m&#233;canismes r&#233;gulateurs fondamentaux fonctionnent sans que les individus chez lesquels ils s'effectuent s'en rendent compte. Vous ignorez quel taux d'hormones vous avez dans le sang, de m&#234;me que la concentration en ions potassium ou la proportion de globules rouges qui y r&#232;gne, &#224; moins que vous ne d&#233;cidiez de les mesurer. Mais des m&#233;canismes r&#233;gulateurs l&#233;g&#232;rement plus complexes, d&#233;terminant des r&#233;actions manifestes, vous informent directement de leur existence lorsqu'ils vous poussent &#224; mettre en &#339;uvre un comportement (ou &#224; vous en abstenir) (&#8230;) en incitant une repr&#233;sentation potentielle &#224; d&#233;terminer certains types de changements dans le corps, lesquels peuvent conduire &#224; un &#233;tat corporel ayant une certaine signification (faim, naus&#233;e), ou &#224; une &#233;motion reconnaissable (peur, col&#232;re), ou &#224; quelque combinaison des deux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question temporelle semble bel et bien d&#233;terminante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La conscience normale n&#233;cessite une br&#232;ve m&#233;moire, de l'ordre d'une fraction de seconde. (&#8230;) Dans la &#171; fugue &#233;pileptique &#187;, (&#8230;) le patient a brutalement l'air &#233;trange et confus, mais il peut fort bien s&#8216;en sortir sans encombre (&#8230;) En l'espace de quelques secondes (&#8230;), l'&#233;pisode d'automatisme se termine (&#8230;) La conscience s'en est revenue aussi brusquement qu'elle s'en &#233;tait all&#233;e. (&#8230;) Dans l'intervalle, le patient n'a aucune esp&#232;ce de souvenir. Le patient ne sait pas alors et ne saura jamais ce que son organisme &#233;tait en train de faire durant l'&#233;pisode. (&#8230;) Les &#233;v&#233;nements qui se sont produits durant la p&#233;riode de crise n'ont pas eu maille &#224; partit avec la m&#233;moire (&#8230;) La suspension de l'&#233;motion est un signe important dans les crises d'absence et dans les automatismes d'absence. (&#8230;) L'absence d'&#233;motions est surprenante si l'on songe au fait, comme nous l'avons vu, que les &#233;motions peuvent &#234;tre d&#233;clench&#233;es de fa&#231;on non consciente, &#224; partir de pens&#233;es auxquelles on ne pr&#234;te pas attention, ou &#224; partir de dispositions inconnues, aussi bien &#224; partir d'aspects de nos &#233;tats corporels qui sont impossibles &#224; percevoir. (&#8230;) La conscience-noyau est engendr&#233;e comme sur le mode d'une pulsation pour chacun des contenus dont nous sommes conscients. (&#8230;) Le temps est par essence ce qui permet d'&#233;tablir le lien causal entre l'image d'un objet et sa possession par vous. Le temps &#233;coul&#233; est infime si on le mesure avec un bon chronom&#232;tre, mais il est en v&#233;rit&#233; extr&#234;mement long si vous y pensez en vous pla&#231;ant du point de vue des neurones qui rendent tout cela possible, et dont les unit&#233; des temps sont bien plus petites que celles de votre esprit conscient &#8211; les neurones sont excit&#233;s et se d&#233;clenchent eux-m&#234;mes en quelques millisecondes seulement, alors que les &#233;v&#233;nements dont nous sommes conscients dans notre esprit se produisent en l'espace de nombreuses dizaines, centaines et milliers de millisecondes. (&#8230;) L'id&#233;e selon laquelle la conscience est en retard relativement &#224; l'entit&#233; qui est &#224; l'origine du processus de conscience, se voit renforc&#233;e par les exp&#233;riences pionni&#232;res men&#233;es par Benjamin Libet sur le temps que met un stimulus &#224; &#234;tre rendu conscient. Nous sommes probablement en retard pour la conscience de pr&#232;s de cinq cent millisecondes. (&#8230;.) Dans &#171; L'erreur de Descartes &#187;, j'ai avanc&#233; l'hypoth&#232;se selon laquelle la partie de l'esprit que nous appelons Soi serait, biologiquement parlant, fond&#233;e sur un ensemble de configurations neuronales non conscientes ( &#8230;) Le monde de l'inconscient psychanalytique s'enracine donc au sein des syst&#232;mes neuronaux qui forment le support de la m&#233;moire autobiographique ; on consid&#232;re d'ailleurs g&#233;n&#233;ralement que la psychanalyse est une mani&#232;re de retrouver un r&#233;seau de connexions psychologiques entrelac&#233;es au sein de la m&#233;moire autobiographique. Or ces derni&#232;res sont in&#233;vitablement en rapport avec le r&#233;seau de connexions neuronales dont je viens de parler. L'inconscient, dans le sens &#233;troit du mot que notre culture lui a conf&#233;r&#233;, n'est qu'une partie d'un vaste ensemble de processus qui demeurent non conscients, c'est-&#224;-dire absents de la conscience-noyau ou &#233;tendue. A vrai dire, la liste de ce que nous ne connaissons pas est stup&#233;fiante. Elle inclut ainsi toutes les images compl&#232;tement form&#233;es dont nous ne nous pr&#233;occupons pas, toutes les configurations neuronales qui ne deviennent jamais des images, toutes les dispositions que nous avons acquises au fil de l'exp&#233;rience, qui restent inactives et ne se transformeront peut-&#234;tre jamais en un sch&#232;me neuronal explicite, le remodelage discret de ces dispositions et le travail de remise en r&#233;seau, qui ne sera jamais explicitement connu, toute la sagesse et le savoir-faire cach&#233; que la nature a consign&#233; dans des dispositions hom&#233;ostatiques inn&#233;es. (&#8230;) Les preuves de l'existence de l'inconscient n'ont cess&#233; de s'accumuler durant ce si&#232;cle, y compris &#224; travers des travaux qui ne se r&#233;clament ni de Freud ni de Jung. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concluons, provisoirement, avec &#171; Le moi et le &#231;a &#187; de Sigmund Freud :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#202;tre conscient &#187; est avant tout une expression purement descriptive et se rapporte &#224; la perception la plus imm&#233;diate et la plus certaine. Mais l'exp&#233;rience nous montre qu'un &#233;l&#233;ment psychique, une repr&#233;sentation par exemple, n'est jamais conscient d'une fa&#231;on permanente. Ce qui caract&#233;rise plut&#244;t les &#233;l&#233;ments psychiques, c'est la disparition rapide de leur &#233;tat conscient. Une repr&#233;sentation, consciente &#224; un moment donn&#233;, ne l'est plus au moment suivant, mais peut le redevenir dans certaines conditions, faciles &#224; r&#233;aliser. Dans l'intervalle, nous ignorons ce qu'elle est ; nous pouvons dire qu'elle est latente, entendant par l&#224; qu'elle est capable &#224; tout instant de devenir consciente. En disant qu'une repr&#233;sentation est rest&#233;e, dans l'intervalle, inconsciente, nous formulons encore une d&#233;finition correcte, cet &#233;tat inconscient co&#239;ncidant avec l'&#233;tat latent et l'aptitude &#224; revenir &#224; la conscience. Les philosophes nous adresseraient ici l'objection suivante : le terme inconscient ne se laisse pas appliquer dans le cas particulier, car aussi longtemps qu'une repr&#233;sentation se trouve &#224; l'&#233;tat latent, elle ne repr&#233;sente rien de psychique. Nous nous garderons bien de r&#233;pondre quoi que ce soit &#224; cette objection, car cela nous entra&#238;nerait dans une pol&#233;mique purement verbale, &#224; laquelle nous n'avons rien &#224; gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous avons obtenu le terme ou la notion de l'inconscient en suivant une autre voie, et notamment en utilisant des exp&#233;riences dans lesquelles intervient le dynamisme psychique. Nous avons appris ou, plut&#244;t, nous avons &#233;t&#233; oblig&#233;s d'admettre, qu'il existe d'intenses processus psychiques, ou repr&#233;sentations (nous tenons ici compte principalement du facteur quantitatif, c'est-&#224;-dire &#233;conomique), capables de se manifester par des effets semblables &#224; ceux produits par d'autres repr&#233;sentations, voire par des effets qui, prenant &#224; leur tour la forme de repr&#233;sentations, sont susceptibles de devenir conscients, sans que les processus eux-m&#234;mes qui les ont produits le deviennent. Inutile de r&#233;p&#233;ter ici en d&#233;tail ce qui a &#233;t&#233; dit tant de fois. Qu'il nous suffise de rappeler que c'est en ce point qu'intervient la th&#233;orie psychanalytique, pour d&#233;clarer que si certaines repr&#233;sentations sont incapables de devenir conscientes, c'est &#224; cause d'une certaine force qui s'y oppose ; que sans cette force elles pourraient bien devenir conscientes, ce qui nous permettrait de constater combien peu elles diff&#232;rent d'autres &#233;l&#233;ments psychiques, officiellement reconnus comme tels. Ce qui rend cette th&#233;orie irr&#233;futable, c'est qu'elle a trou&#172;v&#233; dans la technique psychanalytique un moyen qui permet de vaincre la force d'opposition et d'amener &#224; la conscience ces repr&#233;sentations inconscientes. &#192; l'&#233;tat dans lequel se trouvent ces repr&#233;sentations, avant qu'elles soient amen&#233;es &#224; la conscience, nous avons donn&#233; le nom de refoulement ; et quant &#224; la force qui produit et maintient le refoulement, nous disons que nous la ressentons, pendant le travail analytique, sous la forme d'une r&#233;sistance. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3283&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Notre premi&#232;re connaissance consciente de l'inconscient, c'est le r&#234;ve&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Travaux de Freud</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article2745</link>
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		<dc:date>2013-05-23T05:50:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Freud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Travaux de Freud &lt;br class='autobr' /&gt;
Inconscience, conscience : Freud et les derni&#232;res d&#233;couvertes en neurosciences &lt;br class='autobr' /&gt;
La psychanalyse, c'est d'abord et avant tout l'analyse des r&#234;ves par le r&#234;veur ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction &#224; la psychanalyse &lt;br class='autobr' /&gt;
Cinq le&#231;ons sur la psychanalyse &lt;br class='autobr' /&gt;
Psychopathologie de la vie quotidienne &lt;br class='autobr' /&gt;
Malaise dans la civilisation &lt;br class='autobr' /&gt;
Le moi et le &#231;a &lt;br class='autobr' /&gt;
Lettre 52 de S. Freud &#224; W.Fliess &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;n&#233;gation &#8211; Freud &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur Freud &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques &#233;crits &lt;br class='autobr' /&gt;
Autres travaux &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire encore &lt;br class='autobr' /&gt;
Et toujours sur Freud &lt;br class='autobr' /&gt;
A nouveau (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique119" rel="directory"&gt;Comment fonctionnent la conscience et l'inconscience ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot170" rel="tag"&gt;Freud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Travaux de Freud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique92&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Inconscience, conscience : Freud et les derni&#232;res d&#233;couvertes en neurosciences&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3283&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La psychanalyse, c'est d'abord et avant tout l'analyse des r&#234;ves par le r&#234;veur ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikisource.org/wiki/Introduction_%C3%A0_la_psychanalyse&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Introduction &#224; la psychanalyse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikisource.org/wiki/Cinq_le%C3%A7ons_sur_la_psychanalyse&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cinq le&#231;ons sur la psychanalyse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikisource.org/wiki/Psychopathologie_de_la_vie_quotidienne&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Psychopathologie de la vie quotidienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://wikilivres.ca/wiki/Malaise_dans_la_civilisation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Malaise dans la civilisation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://wikilivres.ca/wiki/Le_Moi_et_le_%C3%87a&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le moi et le &#231;a&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://espace.freud.pagespro-orange.fr/topos/psycha/psysem/lettre52.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lettre 52 &lt;br class='autobr' /&gt;
de S. Freud &#224; W.Fliess&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://espace.freud.pagespro-orange.fr/topos/psycha/psysem/vernein.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La d&#233;n&#233;gation &#8211; Freud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=freud+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur Freud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot170&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelques &#233;crits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/freud.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Autres travaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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		<title>Conscience et inconscience</title>
		<link>http://matierevolution.fr/spip.php?article357</link>
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		<dc:date>2008-04-18T11:58:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Psychanalyse</dc:subject>
		<dc:subject>Freud</dc:subject>

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&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article206&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2-I-7 Freud, la religion et l'id&#233;ologie sociale&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article357&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2-I-8 Comment fonctionnent la conscience et l'inconscience ?&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article270&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2-I-9 Psychanalyse et sociologie, d'apr&#232;s Malinovsky&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article430&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2-1-10 Totem et tabou : psychanalyse et anthropologie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;2 &#8211; I &#8211; 8 Comment fonctionnent la conscience et l'inconscience ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; L'erreur de Descartes &#187; d'Antonio Damasio, sp&#233;cialiste en neurologie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans l'h&#233;misph&#232;re droit (&#8230;) se trouve la carte du corps la plus compl&#232;te et la plus synth&#233;tique sur l'&#233;tat du corps &#224; chaque instant, dont puisse disposer le cerveau. Le lecteur peur se demander pourquoi cette carte est restreinte &#224; l'h&#233;misph&#232;re droit au lieu d'&#234;tre distribu&#233;e sur les deux h&#233;misph&#232;res ; le corps n'est-il pas constitu&#233; de deux moiti&#233;s sym&#233;triques ? La r&#233;ponse est que chez l'homme, de m&#234;me que chez les animaux, les fonctions semblent &#234;tre distribu&#233;es de fa&#231;on asym&#233;triques sur les h&#233;misph&#232;res c&#233;r&#233;braux, la raison &#233;tant probablement qu'il vaut mieux qu'il n'y ait qu'un centre de d&#233;cision final lorsqu'il faut choisir une pens&#233;e ou une action. Si les deux c&#244;t&#233;s du cerveau devaient intervenir &#224; &#233;galit&#233; dans le d&#233;clenchement des mouvements, vous pourriez fort bien voir surgir un conflit &#8211; votre main droite pourrait interf&#233;rer avec la gauche, et vous auriez beaucoup moins de chances d'avoir une bonne coordination des mouvements, d&#232;s que ceux-ci concerneraient plus d'un membre. Dans le cas de toutes sortes de fonctions, leur localisation restreinte &#224; un h&#233;misph&#232;re est certainement plus avantageuse ; les structures c&#233;r&#233;brales les desservant sont alors dites dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de la dominance le plus connu se rapporte au langage. Chez plus de 80% des gens, y compris chez de nombreux gauchers, la fonction du langage d&#233;pend de structures situ&#233;es dans l'h&#233;misph&#232;re gauche. Un autre exemple de dominance, cette fois-ci se rapportant &#224; l'h&#233;misph&#232;re droit, concerne la perception des informations sensorielles en provenance du corps : la repr&#233;sentation de l'&#233;tat fonctionnel des visc&#232;res, d'une part, et celle de l'&#233;tat fonctionnel des muscles squelettiques des membres, du tronc et du visage, d'autre part, se combinent en une carte dynamique coordonn&#233;e. (&#8230;) La repr&#233;sentation de l'espace en dehors du corps, de m&#234;me que les processus &#233;motionnels, font l'objet d'une dominance h&#233;misph&#233;rique droite. Cela ne veut pas dire que le corps ou l'espace n'est pas repr&#233;sent&#233; dans les structures &#233;quivalentes de l'h&#233;misph&#232;re gauche. Simplement, les repr&#233;sentations sont diff&#233;rentes : &#224; gauche, elles sont probablement partielles, et ne font pas l'objet d'une int&#233;gration fonctionnelle.(&#8230;) Il existe une r&#233;gion dans le cerveau humain, constitu&#233; par un ensemble d'aires corticales somato-sensorielles situ&#233;es dans l'h&#233;misph&#232;re droit, dont la l&#233;sion perturbe en m&#234;me temps les processus de raisonnement et de prise de d&#233;cision, ainsi que ceux relatifs &#224; l'expression et &#224; la perception des &#233;motions et, en outre, interrompt la perception des messages sensoriels en provenance du corps. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une conception classiquement entretenue, mais &#224; tort, pour la plupart des auteurs qui essaient de se repr&#233;senter le fonctionnement du cerveau : la fa&#231;on unitaire dont l'esprit per&#231;oit le monde sous ses divers aspects sensoriels &#8211; images et sons, go&#251;ts et ar&#244;mes, textures et formes &#8211; signifierait que tout ceci fait l'objet d'un traitement final au sein d'une seule et unique structure c&#233;r&#233;brale. (&#8230;) Ma raison principale de m'opposer &#224; l'id&#233;e d'un site c&#233;r&#233;bral int&#233;gratif unique est qu'il n'existe aucune r&#233;gion dans le cerveau humain qui soit &#233;quip&#233;e pour traiter simultan&#233;ment les repr&#233;sentations fournies par toutes les modalit&#233;s sensorielles, lorsque nous percevons simultan&#233;ment, par exemple, des sons, des mouvements, des formes et des couleurs en synchronisation temporelle et spatiale parfaite. (&#8230;) Il est sans doute pr&#233;f&#233;rable d'imaginer que l'int&#233;gration mentale globale, dont chacun de nous ressent si fortement l'existence, r&#233;sulte d'une coop&#233;ration entre syst&#232;mes de haut niveau, assur&#233;e par la synchronisation d'activit&#233;s neuronales prenant place dans des r&#233;gions c&#233;r&#233;brales s&#233;par&#233;es. Et cette synchronisation est sans doute obtenue gr&#226;ce &#224; la co&#239;ncidence dans le temps des activit&#233;s en question. En effet, si des activit&#233;s prenant place dans des r&#233;gions c&#233;r&#233;brales anatomiquement s&#233;par&#233;es se produisent dans le m&#234;me intervalle de temps, il est possible de les relier, comme depuis le derri&#232;re de la sc&#232;ne, et de donner l'impression qu'elles se d&#233;roulent toutes en un m&#234;me lieu. (&#8230;) Le probl&#232;me fondamental li&#233; &#224; la synchronisation temporelle est qu'elle n&#233;cessite de maintenir un certain niveau d'intensit&#233; aux activit&#233;s se d&#233;roulant en diff&#233;rents sites, et ceci pendant le temps n&#233;cessaire pour que puisse se r&#233;aliser leur int&#233;gration (&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tronc c&#233;r&#233;bral, l'hypothalamus, la base du t&#233;lenc&#233;phale et tr&#232;s probablement l'amygdale et le cortex cingulaire (&#8230;) r&#233;gions qui se retrouvent, dans leurs grandes lignes, dans de nombreuses autres esp&#232;ces, ont pour r&#244;le principal de contr&#244;ler les processus vitaux fondamentaux, sans faire appel au fonctionnement mental et &#224; la raison. (&#8230;) Sans les circuits g&#233;n&#233;tiquement sp&#233;cifi&#233;s de ces r&#233;gions c&#233;r&#233;brales, nous ne pourrions pas respirer, contr&#244;ler nos battements cardiaques, &#233;quilibrer notre m&#233;tabolisme, rechercher de la nourriture et un abri, &#233;viter les pr&#233;dateurs, et nous reproduire. (&#8230;) Les circuits inn&#233;s n'interviennent pas seulement dans la r&#233;gulation biologique du corps ; ils interviennent aussi dans le d&#233;veloppement et le fonctionnement des structures &#233;volutivement modernes du cerveau. (&#8230;) Le n&#233;o-cortex ne peut pas engendrer d'images si le vieux cerveau sous-jacent (hypothalamus, tronc c&#233;r&#233;bral) n'est pas intact et ne coop&#232;re pas avec lui. (&#8230;) Cela ne veut pas dire non plus que les activit&#233;s neurales inn&#233;es ne peuvent pas &#234;tre modul&#233;es &#8211; d&#233;clench&#233;es plus ou moins souvent &#8211; par des commandes neurales en provenance d'autres r&#233;gions du cerveau, ou par des commandes chimiques, telles que des hormones ou des neuropeptides, apport&#233;es par la circulation sanguine ou par des axones. (&#8230;) Certains m&#233;canismes r&#233;gulateurs fondamentaux fonctionnent sans que les individus chez lesquels ils s'effectuent s'en rendent compte. Vous ignorez quel taux d'hormones vous avez dans le sang, de m&#234;me que la concentration en ions potassium ou la proportion de globules rouges qui y r&#232;gne, &#224; moins que vous ne d&#233;cidiez de les mesurer. Mais des m&#233;canismes r&#233;gulateurs l&#233;g&#232;rement plus complexes, d&#233;terminant des r&#233;actions manifestes, vous informent directement de leur existence lorsqu'ils vous poussent &#224; mettre en &#339;uvre un comportement (ou &#224; vous en abstenir) (&#8230;) en incitant une repr&#233;sentation potentielle &#224; d&#233;terminer certains types de changements dans le corps, lesquels peuvent conduire &#224; un &#233;tat corporel ayant une certaine signification (faim, naus&#233;e), ou &#224; une &#233;motion reconnaissable (peur, col&#232;re), ou &#224; quelque combinaison des deux. (&#8230;) L'opposition parait si flagrante entre les types de traitement de l'information effectu&#233;s par ces deux parties du cerveau &#8211; les structures &#171; inf&#233;rieures et anciennes &#187; et celles &#171; sup&#233;rieures et nouvelles &#187; - que cela a pouss&#233; &#224; envisager leurs fonctions respectives selon une dichotomie apparemment sens&#233;e : dit de fa&#231;on la plus simple possible, les anciennes parties du cerveau, en bas s'occupant de la r&#233;gulation biologique fondamentale, tandis qu'en haut le n&#233;o-cortex r&#233;fl&#233;chit, avec sagesse et subtilit&#233;. Dans les &#233;tages sup&#233;rieurs, au sein du n&#233;o-cortex, il y a la raison et la volont&#233;, tandis qu'en bas, il y a les &#233;motions et tout ce qui, banalement, concerne le corps. Cette conception, cependant, ne rend pas compte des m&#233;canismes neuraux qui sous-tendent les processus rationnels de prise de d&#233;cision, tels que je les vois. (&#8230;) Les m&#233;canismes neuraux sous-tendant la facult&#233; de raisonnement, que l'on pensait traditionnellement situ&#233;s au niveau n&#233;o-cortical, ne semblent pas fonctionner sans ceux qui sous-tendent la r&#233;gulation biologique, que l'on pensait traditionnellement situ&#233;s au niveau subcortical. La nature semble avoir construit les m&#233;canismes sous-tendant la facult&#233; de raisonnement, non pas seulement au-dessus des m&#233;canismes neuraux sous-tendant la r&#233;gulation biologique, mais aussi &#224; partir d'eux, et avec eux. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;o-cortex fonctionne de pair avec les parties anciennes du cerveau, et la facult&#233; de raisonnement r&#233;sulte de leur activit&#233; concert&#233;e. On peut se demander ici jusqu'&#224; quel point les processus rationnels et non rationnels correspondent respectivement aux structures corticales et subcorticales du cerveau. Pour essayer de r&#233;pondre &#224; cette question, je me tourne &#224; pr&#233;sent vers la capacit&#233; d'expression et de perception des &#233;motions, une importante fonction li&#233;e &#224; la r&#233;gulation biologique, pour sugg&#233;rer qu'elle fournit un pont entre les processus rationnels et non rationnels, entre les structures corticales et subcorticales. (&#8230;) Je vais, pour commencer, me placer dans la perspective de l'histoire individuelle, et &#233;tablir une distinction entre les &#233;motions que nous ressentons tr&#232;s t&#244;t dans la vie, dont l'expression ne requiert sans doute pas plus qu'un &#171; m&#233;canisme pr&#233;programm&#233; &#187; jamesien (au sens de William James), et les &#233;motions que nous &#233;prouvons en tant qu'adultes, dont le m&#233;canisme a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; progressivement en prenant pour base les &#233;motions de l' &#171; &#226;ge pr&#233;coce &#187;. Je propose d'appeler celles-ci &#171; &#233;motions primaires &#187;, tandis que les &#233;motions de l'&#226;ge adulte seront appel&#233;es &#171; &#233;motions secondaires &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;motions primaires (c'est-&#224;-dire inn&#233;es, pr&#233;programm&#233;es, jamesiennes) d&#233;pendent de circuits neuronaux appartenant au syst&#232;me limbique, au sein duquel l'amygdale et la cortex cingulaire ant&#233;rieur jouent le r&#244;le le plus important. (&#8230;) Pour aborder la notion d'&#233;motion secondaire, tournons-nous vers un exemple pris dans le v&#233;cu d'un adulte. Imaginez que vous rencontriez un ami que vous n'avez pas vu depuis longtemps, ou que l'on vous annonce la mort inopin&#233;e d'une personne qui travaillait &#233;troitement avec vous. (&#8230;) Que se passe-t-il en vous sur le plan neurobiologique ? (&#8230;) Lorsque vous rencontrez un vieil ami, le rythme de votre c&#339;ur peut s'acc&#233;l&#233;rer, votre peau peut rougir, les muscles de votre visage vont se modifier autour de votre bouche et vos yeux vont dessiner une expression de joie, et les muscles des autres r&#233;gions vont se rel&#226;cher. Lorsque vous apprenez la mort de quelqu'un de votre connaissance, votre c&#339;ur peut se mettre &#224; frapper fort, votre bouche devenir s&#232;che, votre peau p&#226;lir, une partie de vos intestins se contracter ; les muscles de votre dos et de votre cou vont se tendre, tandis que ceux de votre visage vont dessiner le masque de la tristesse. (&#8230;) Dans l'exp&#233;rience imaginaire sur l'&#233;motion que nous avons vue ci-dessus, de nombreux organes de votre corps passent dans un nouvel &#233;tat, caract&#233;ris&#233;s par des changements significatifs. Comment ceux-ci sont-ils engendr&#233;s ? Tout commence par la repr&#233;sentation consciente que vous vous faites d'une personne ou d'une situation. (&#8230;) &#233;labor&#233;e sous l'&#233;gide d'un grand nombre de cortex d'association de niveau &#233;lev&#233;. A un niveau non conscient, des circuits du cortex pr&#233;frontal r&#233;pondent de fa&#231;on automatique et involontaire aux signaux r&#233;sultant du traitement des images en question. (&#8230;) Les repr&#233;sentations potentielles pr&#233;frontales acquises n&#233;cessaires &#224; l'expression des &#233;motions secondaires sont distinctes des repr&#233;sentations potentielles inn&#233;es (&#8230;) mais elles ont besoin des secondes pour s'exprimer. Non conscientes, automatiques et involontaires, les r&#233;ponses &#233;manant des repr&#233;sentations potentielles pr&#233;frontales sont signal&#233;es &#224; l'amygdale et au cortex cingulaire ant&#233;rieur (&#8230;) envoyant des messages au corps. (&#8230;) La nature, avec son g&#233;nie du bricolage visant &#224; l'&#233;conomie, n'a pas &#233;labor&#233; de m&#233;canisme ind&#233;pendant pour l'expression des &#233;motions primaires et secondaires. (&#8230;) Examinons la question de la perception des &#233;motions. (&#8230;) Vous percevez de fa&#231;on interne tous les changements affectant votre corps de fa&#231;on visible par un observateur ext&#233;rieur que ceux invisibles par ce dernier. (&#8230;) Tous ces changements sont constamment signal&#233;s au cerveau sous la forme de messages (&#8230;) empruntant des voies nerveuses. (&#8230;) Outre la &#171; boucle neurale &#187;, par laquelle votre &#233;tat &#233;motionnel est signal&#233; en retour au cerveau, votre organisme recourt &#233;galement &#224; une &#171; boucle chimique &#187; de retour. Les hormones et les peptides lib&#233;r&#233;es dans votre corps sous l'effet de l'&#233;motion peuvent atteindre le cerveau par la voie de la circulation sanguine (&#8230;) Dans de nombreux cas, le cerveau apprend &#224; confectionner l'image affaiblie d'un &#233;tat &#233;motionnel du corps, sans avoir &#224; reproduire ce dernier dans le corps proprement dit. En outres, certains neurones modulateurs du tronc c&#233;r&#233;bral et la mise en &#339;uvre de leurs r&#233;ponses court-circuitent le corps, bien que, de fa&#231;on tr&#232;s curieuse, ces neurones soient impliqu&#233;s dans la repr&#233;sentation c&#233;r&#233;brale de la r&#233;gulation biologique du corps. Il existe donc des m&#233;canismes neuraux qui nous procurent des perceptions &#171; comme si &#187; elles provenaient d'&#233;tats &#233;motionnels, comme si le corps les exprimait v&#233;ritablement. (&#8230;) Pour qu'&#224; partir d'une image donn&#233;e s'&#233;tablisse un &#171; m&#233;canisme de simulation &#187;, il a d'abord fallu qu'elle ait &#233;t&#233; &#224; l'origine de tous les processus se d&#233;roulant en boucle au sein du corps. (&#8230;) Les r&#233;gions pr&#233;frontales sont, en fait, dans une position privil&#233;gi&#233;e par rapport aux autres syst&#232;mes c&#233;r&#233;braux. Leur cortex re&#231;oit des signaux relatifs &#224; la connaissance, constamment mis &#224; jour, des ph&#233;nom&#232;nes se d&#233;roulant dans le monde ext&#233;rieur aux valeurs de consigne du syst&#232;me inn&#233; de r&#233;gulation biologique et aux &#233;tats du corps pr&#233;sents et pass&#233; (&#8230;) Le cortex pr&#233;frontal lui-m&#234;me est un lieu o&#249; s'op&#232;re le classement des situations dans lesquelles l'organisme a &#233;t&#233; impliqu&#233;. (&#8230;) La totalit&#233; de la r&#233;gion pr&#233;frontale semble sp&#233;cialement avoir pour fonction d'effectuer le classement des donn&#233;es contingentes issues du v&#233;cu personnel dans la perspective de la pertinence pour l'individu. (&#8230;) Percevoir l'environnement ne se r&#233;sume pas &#224; ce que le cerveau re&#231;oive directement des signaux d'un stimulus donn&#233;, sans parler m&#234;me de la r&#233;ception directe d'images. L'organisme se modifie activement de telle sorte que l'interaction puisse prendre place dans les meilleures conditions possibles. Le corps proprement dit n'est pas passif. (&#8230;) Ma suggestion revient &#224; dire que les processus mentaux r&#233;sultent de l'activit&#233; de circuits neuraux, bien s&#251;r, mais que nombre de ces derniers ont &#233;t&#233; fa&#231;onn&#233;s, au cours de l'&#233;volution, par les n&#233;cessit&#233;s fonctionnelles de l'organisme. Elle revient &#224; dire aussi que le fonctionnement mental normal demande que les circuits neuraux susnomm&#233;s contiennent des repr&#233;sentations fondamentales de l'organisme, et qu'ils ne cessent de prendre en compte les &#233;tats successifs du corps. (&#8230;) Ma suggestion ne revient pas &#224; dire que l'esprit est situ&#233; dans le corps. J'affirme simplement que le corps fournit au cerveau d'avantage que ses moyens d'existence et que la modulation de ses activit&#233;s. Il fournit un contenu faisant int&#233;gralement partie du fonctionnement mental normal. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable que les ph&#233;nom&#232;nes mentaux ne peuvent se concevoir sans une sorte de r&#233;f&#233;rence au corps, notion qui figure de fa&#231;on pro&#233;minente dans les positions th&#233;oriques avanc&#233;es par Georges Lakoff, Mark Johnson, Eleanor Rosch, Francisco Varela et Gerald Edelman. (&#8230;) Il n'aurait pas &#233;t&#233; possible de tenir ma partie dans cette conversation sans invoquer Descartes, en tant que r&#233;f&#233;rence oblig&#233;e de tout un ensemble d'id&#233;es sur les rapports du corps, du cerveau et de l'esprit, qui, d'une fa&#231;on ou d'une autre, continue &#224; exercer une grande influence dans les sciences et dans les lettres occidentales. Comme vous l'avez vu, j'ai combattu dans ce livre &#224; la fois la conception dualiste de Descartes selon laquelle l'esprit est distinct du cerveau et du corps et ses variantes modernes : selon l'une de ces derni&#232;res, il existe bien un rapport entre l'esprit et le cerveau, mais seulement dans le sens o&#249; l'esprit est une esp&#232;ce de programme informatique pouvant &#234;tre mis en &#339;uvre dans une esp&#232;ce d'ordinateur appel&#233; cerveau. (&#8230;) &#171; Je pense, donc je suis &#187;, cette formule peut-&#234;tre la plus c&#233;l&#232;bre de l'histoire de la philosophie, appara&#238;t en fran&#231;ais dans la quatri&#232;me partie du &#171; Discours de la M&#233;thode &#187; (1637), et en latin (&#171; Cogito, ergo sum &#187;) dans les &#171; Principes de philosophie &#187; (1644). Prise &#224; la lettre, cette formule illustre pr&#233;cis&#233;ment le contraire de ce que je crois &#234;tre la v&#233;rit&#233; concernant l'origine de l'esprit et les rapports entre esprit et corps. Elle sugg&#232;re que penser, et la conscience de penser, sont les fondements r&#233;els de l'&#234;tre. Et puisque nous savons que Descartes estimait que la pens&#233;e &#233;tait une activit&#233; compl&#232;tement s&#233;par&#233;e du corps, sa formule consacre la s&#233;paration de l'esprit, la &#171; chose pensante &#187; et du corps non pensant qui est caract&#233;ris&#233; par une &#171; &#233;tendue &#187; et des &#171; organes m&#233;caniques &#187;. (&#8230;) Descartes pr&#233;cise sa conception sans ambigu&#239;t&#233; : &#171; Je connus de l&#224; que j'&#233;tais une substance dont toute l'essence ou la nature n'est que de penser et qui, pour &#234;tre, n'a besoin d'aucun lieu ni d'aucune chose mat&#233;rielle, en sorte que ce moi, c'est-&#224;-dire l'&#226;me par laquelle je suis ce que je suis, est enti&#232;rement distincte du corps. &#187; C'est l&#224; qu'est l'erreur de Descartes : il a instaur&#233; une s&#233;paration cat&#233;gorique entre le corps, fait de mati&#232;re, dot&#233; de dimensions, m&#251; par des m&#233;canismes, d'un c&#244;t&#233;, et l'esprit, non mat&#233;riel, sans dimensions et exempt de tout m&#233;canisme, de l'autre ; il a sugg&#233;r&#233; que la raison et le jugement moral ainsi qu'un bouleversement &#233;motionnel et une souffrance provoqu&#233;e par une douleur physique pouvaient exister ind&#233;pendamment du corps. Et sp&#233;cifiquement, il a pos&#233; que les op&#233;rations de l'esprit les plus d&#233;licates n'avaient rien &#224; voir avec l'organisation et le fonctionnement d'un organisme biologique. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur de Descartes continue d'exercer une grande influence. (&#8230;) Il est int&#233;ressant de noter que, de fa&#231;on paradoxale, de nombreux sp&#233;cialistes des sciences cognitives qui estiment que l'on peut &#233;tudier les processus mentaux sans recourir &#224; la neurobiologie, ne se consid&#232;rent sans doute pas comme des dualistes. On peut aussi voir un certain dualisme cart&#233;sien (posant une s&#233;paration entre le cerveau et le corps) dans l'attitude des sp&#233;cialistes des neurosciences qui pensent que les processus mentaux peuvent &#234;tre expliqu&#233;s seulement en termes de ph&#233;nom&#232;nes c&#233;r&#233;braux, en laissant de c&#244;t&#233; le reste de l'organisme, ainsi que l'environnement physique et social &#8211; et en laissant aussi de c&#244;t&#233; le fait qu'une certaine partie de l'environnement est lui-m&#234;me le produit des actions ant&#233;rieures de l'organisme. (&#8230;) L'id&#233;e d'un esprit s&#233;par&#233; du corps a semble-t-il &#233;galement orient&#233; la fa&#231;on dont la m&#233;decine occidentale s'est attaqu&#233;e &#224; l'&#233;tude et au traitement des maladies. La coupure cart&#233;sienne impr&#232;gne aussi bien la recherche que la pratique m&#233;dicales. Par suite, l'impact psychologique des maladies affectant le corps proprement dit (ce que l'on appelle les maladies r&#233;elles) n'est g&#233;n&#233;ralement pas pris en compte, ou seulement envisag&#233; dans un second temps. Le processus inverse, la fa&#231;on dont les probl&#232;mes psychologiques retentissent sur le corps, est encore plus n&#233;glig&#233;. (&#8230;) Un assez grand nombre de m&#233;decins s'int&#233;ressent aux arts, &#224; la litt&#233;rature et &#224; la philosophie. Un nombre surprenant d'entre eux sont devenus po&#232;tes, romanciers et dramaturges de grande valeur, et plusieurs ont r&#233;fl&#233;chi avec profondeur &#224; la condition humaine et trait&#233; de fa&#231;on perspicace de ses dimensions psychologiques, sociales et politiques. Et pourtant, l'enseignement qu'ils ont re&#231;u dans les facult&#233;s de m&#233;decine ne prend pratiquement pas en compte ces dimensions humaines lorsqu'il traite de la physiologie et des pathologies du corps proprement dit. (&#8230;) Le cerveau (plus pr&#233;cis&#233;ment les syst&#232;mes nerveux central et p&#233;riph&#233;rique), en tant qu'organe, a &#233;t&#233; pris en compte dans ce cadre. Mais son produit le plus pr&#233;cieux, le ph&#233;nom&#232;ne mental, n'a gu&#232;re pr&#233;occup&#233; la m&#233;decine classique et, en fait, n'a pas constitu&#233; un centre d'int&#233;r&#234;t prioritaire pour la sp&#233;cialit&#233; m&#233;dicale consacr&#233;e &#224; l'&#233;tude des maladies du cerveau : la neurologie. (&#8230;) De nos jours, il n'y a gu&#232;re de facult&#233;s de m&#233;decine qui proposent &#224; leurs &#233;tudiants un enseignement sur le fonctionnement mental normal, avec un ensemble de cours de psychologie g&#233;n&#233;rale, neuropsychologie et neurosciences. (&#8230;) Depuis trois si&#232;cles, le but des &#233;tudes biologiques et m&#233;dicales est de comprendre la physiologie et la pathologie du corps proprement dit. L'esprit a &#233;t&#233; mis de c&#244;t&#233;, pour &#234;tre surtout pris en compte par la philosophie et la religion, et m&#234;me apr&#232;s qu'il est devenu l'objet d'une discipline sp&#233;cifique, la psychologie, il n'a commenc&#233; &#224; &#234;tre envisag&#233; en en biologie et en m&#233;decine que r&#233;cemment. (&#8230;) La cons&#233;quence de tout cela a &#233;t&#233; l'amoindrissement de la notion d'homme telle qu'elle est prise en compte par la m&#233;decine dans le cadre de son travail. Il ne faut pas s'&#233;tonner que le probl&#232;me de l'impact des maladies du corps sur la psychologie ne soit consid&#233;r&#233; que de fa&#231;on annexe ou pas du tout. La m&#233;decine a &#233;t&#233; tr&#232;s longue &#224; comprendre que la fa&#231;on dont les gens ressentent leur &#233;tat de sant&#233; est un facteur majeur dans l'issue d'un traitement. (&#8230;) On commence enfin &#224; accepter l'id&#233;e que les troubles psychologiques, graves ou l&#233;gers, peuvent d&#233;terminer des maladies du corps proprement dit, mais les circonstances dans lesquelles, et la mesure dans laquelle, cela peut se produire, continuent &#224; ne pas &#234;tre &#233;tudi&#233;es. (&#8230;) La mise &#224; l'&#233;cart des ph&#233;nom&#232;nes mentaux par la biologie et la m&#233;decine occidentales, par suite d'une vision cart&#233;sienne de l'homme, a entra&#238;n&#233; deux grandes cons&#233;quences n&#233;gatives. La premi&#232;re concerne le domaine de la science. La tentative de comprendre le fonctionnement mental en termes biologiques g&#233;n&#233;raux a &#233;t&#233; retard&#233;e de plusieurs d&#233;cennies, et il faut reconna&#238;tre honn&#234;tement qu'elle a &#224; peine commenc&#233;. (&#8230;) La seconde cons&#233;quence n&#233;gative concerne le diagnostic et le traitement efficace des maladies humaines. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; Le sentiment m&#234;me de soi &#187; d'Antonio Damasio, sp&#233;cialiste en neurologie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le cerveau en sait plus que ne le r&#233;v&#232;le l'esprit conscient&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; (&#8230;) On peut se retrouver dans un &#233;tat triste ou heureux, tout en &#233;tant absolument incapable de dire pourquoi on se retrouve dans cet &#233;tat. Une recherche minutieuse peut mettre au jour des causes possibles, et telle cause peut &#234;tre plus probable que telle autre, mais bien souvent, il est impossible d'&#234;tre certain. La cause r&#233;elle peut avoir &#233;t&#233; l'image d'un &#233;v&#233;nement, une image qui avait la potentialit&#233; d'&#234;tre consciente, mais qui ne l'a tout bonnement pas &#233;t&#233;, parce que vous n'y avez pas fait attention alors que vous faisiez attention &#224; une autre. (&#8230;) En d'autres termes, les repr&#233;sentations qui induisent des &#233;motions et donnent lieu, par la suite, &#224; des sentiments n'ont pas besoin d'&#234;tre l'objet de l'attention (&#8230;) Les &#233;motions peuvent &#234;tre induites d'une mani&#232;re non-consciente et appara&#238;tre ainsi au Soi conscient comme &#233;tant parfaitement immotiv&#233;es. (&#8230;) Le d&#233;clenchement non conscient des &#233;motions explique aussi pourquoi il n'est pas facile de les simuler volontairement. Comme je l'ai expliqu&#233; dans &#171; L'erreur de Descartes &#187;, un sourire spontan&#233; procur&#233; par un r&#233;el plaisir, ou les sanglots spontan&#233;s provoqu&#233;s par l'angoisse sont ex&#233;cut&#233;s par des structures c&#233;r&#233;brales enfouies dans le tronc c&#233;r&#233;bral, sous le contr&#244;le de la r&#233;gion cingulaire. Nous n'avons aucun moyen d'exercer un contr&#244;le volontaire direct sur les processus neuraux situ&#233;s dans ces r&#233;gions. (&#8230;) Nous sommes presque aussi peu efficaces &#224; mettre un terme &#224; une &#233;motion qu'&#224; emp&#234;cher un &#233;ternuement. (&#8230;) Le cerveau induit des &#233;motions &#224; partir d'un nombre relativement limit&#233; de sites c&#233;r&#233;braux. La plupart d'entre eux sont localis&#233;s au-dessous du cortex c&#233;r&#233;bral et sont appel&#233;s sous-corticaux. Les principaux sites sous-corticaux se trouvent dans la r&#233;gion du tronc c&#233;r&#233;bral, de l'hypothalamus et du t&#233;lenc&#233;phale basal. (&#8230;) Un site sous-cortical important est l'amygdale. Les sites d'induction qui se trouvent dans le cortex c&#233;r&#233;bral , les sites corticaux, comprennent des secteurs de la r&#233;gion cingulaire ant&#233;rieure et de la r&#233;gion pr&#233;frontale ventro-m&#233;diane. (&#8230;) Par exemple, la tristesse active constamment le cortex pr&#233;frontal ventro-m&#233;dian, l'hypothalamus et le tronc c&#233;r&#233;bral, tandis que la col&#232;re ou la peur n'activent ni le cortex pr&#233;frontal ni l'hypothalamus. (&#8230;) Certains sites interviennent aussi dans la r&#233;cognition de stimuli qui signifient certaines &#233;motions. Par exemple, (&#8230;) une structure qu'on appelle l'amygdale, enfouie dans les profondeurs de chaque lobe temporal, est indispensable pour reconna&#238;tre la peur dans les expressions du visage, pour &#234;tre conditionn&#233; &#224; la peur ou m&#234;me pour exprimer la peur. Les &#233;tudes de Joseph LeDoux et Michael Davis ont montr&#233; que l'amygdale est n&#233;cessaire au conditionnement &#224; la peur. Mais l'amygdale n'est pas d'un grand int&#233;r&#234;t pour reconna&#238;tre ou apprendre le d&#233;go&#251;t ou le bonheur. (&#8230;) Il n'y a pas un seul et unique centre c&#233;r&#233;bral de traitement des &#233;motions mais plut&#244;t des syst&#232;mes discrets qui sont li&#233;s &#224; des configurations &#233;motionnelles distinctes.(&#8230;) Dans une &#233;motion-type, certaines r&#233;gions du cerveau, qui font partie d'un syst&#232;me neuronal largement pr&#233;&#233;tabli et li&#233; aux &#233;motions, envoient des commandes &#224; d'autres r&#233;gions du cerveau (&#8230;) via deux routes. L'une d'elles est la circulation sanguine, o&#249; les commandes sont envoy&#233;es sous la forme de mol&#233;cules chimiques qui agissent sur des r&#233;cepteurs situ&#233;s dans les cellules qui constituent les tissus du corps. L'autre route est celle des voies neuronales ; les commandes longeant cette route prennent la forme de signaux &#233;lectrochimiques qui agissent sur d'autres neurones, ou sur des fibres musculaires ou sur des organes (tels que la glande surr&#233;nale) qui, &#224; leur tour, peuvent lib&#233;rer des substances chimiques de leur cru dans la circulation sanguine. Ces commandes chimiques et neuronales coordonn&#233;es ont pour effet de provoquer un changement global dans l'&#233;tat de l'organisme. (&#8230;) Le cerveau lui-m&#234;me est chang&#233; de fa&#231;on tout aussi remarquable. La d&#233;charge de substances telles que les monoamines et les peptides, en provenance de r&#233;gions de noyaux situ&#233;s dans le tronc c&#233;r&#233;bral et le t&#233;lenc&#233;phale basal, alt&#232;re le mode de traitement de nombreux autres circuits c&#233;r&#233;braux, d&#233;clenche certains comportements sp&#233;cifiques (&#8230;) Il faut ajouter deux &#233;tapes avant qu'une &#233;motion ne soit connue. La premi&#232;re est le sentiment, la repr&#233;sentation des changements dont nous venons de discuter. La seconde est l'application de la conscience centrale &#224; tout l'ensemble des ph&#233;nom&#232;nes. (&#8230;) Les l&#233;sions tissulaires provoquent des configurations neuronales sur la base desquelles votre organisme se trouve avoir mal. Si vous &#234;tes conscient, ces m&#234;mes configurations peuvent aussi vous permettre de savoir que vous avez mal. Mais, que vous soyez ou non conscient, les l&#233;sions tissulaires et les configurations sensorielles qui s'ensuivent provoquent la gamme de r&#233;ponses automatis&#233;es qui vont du simple retrait d'un membre &#224; une &#233;motion n&#233;gative complexe. (&#8230;) Ce qui sous-tend la repr&#233;sentation des &#233;motions, c'est un ensemble de dispositions neuronales inh&#233;rentes &#224; un certain nombre de r&#233;gions c&#233;r&#233;brales situ&#233;es pour une bonne part dans les noyaux sous-corticaux du tronc c&#233;r&#233;bral, de l'hypothalamus, du t&#233;lenc&#233;phale basal et de l'amygdale. Conform&#233;ment &#224; leur statut dispositionnel, ces repr&#233;sentations sont implicites, en sommeil, et indisponibles &#224; la conscience. (&#8230;)&#171; La conscience normale n&#233;cessite une br&#232;ve m&#233;moire, de l'ordre d'une fraction de seconde. (&#8230;) Dans la &#171; fugue &#233;pileptique &#187;, (&#8230;) le patient a brutalement l'air &#233;trange et confus, mais il peut fort bien s&#8216;en sortir sans encombre (&#8230;) En l'espace de quelques secondes (&#8230;), l'&#233;pisode d'automatisme se termine (&#8230;) La conscience s'en est revenue aussi brusquement qu'elle s'en &#233;tait all&#233;e. (&#8230;) Dans l'intervalle, le patient n'a aucune esp&#232;ce de souvenir. Le patient ne sait pas alors et ne saura jamais ce que son organisme &#233;tait en train de faire durant l'&#233;pisode. (&#8230;) Les &#233;v&#233;nements qui se sont produits durant la p&#233;riode de crise n'ont pas eu maille &#224; partit avec la m&#233;moire (&#8230;) La suspension de l'&#233;motion est un signe important dans les crises d'absence et dans les automatismes d'absence. (&#8230;) L'absence d'&#233;motions est surprenante si l'on songe au fait, comme nous l'avons vu, que les &#233;motions peuvent &#234;tre d&#233;clench&#233;es de fa&#231;on non consciente, &#224; partir de pens&#233;es auxquelles on ne pr&#234;te pas attention, ou &#224; partir de dispositions inconnues, aussi bien &#224; partir d'aspects de nos &#233;tats corporels qui sont impossibles &#224; percevoir. (&#8230;) La conscience-noyau est engendr&#233;e comme sur le mode d'une pulsation pour chacun des contenus dont nous sommes conscients. (&#8230;) Le temps est par essence ce qui permet d'&#233;tablir le lien causal entre l'image d'un objet et sa possession par vous. Le temps &#233;coul&#233; est infime si on le mesure avec un bon chronom&#232;tre, mais il est en v&#233;rit&#233; extr&#234;mement long si vous y pensez en vous pla&#231;ant du point de vue des neurones qui rendent tout cela possible, et dont les unit&#233; des temps sont bien plus petites que celles de votre esprit conscient &#8211; les neurones sont excit&#233;s et se d&#233;clenchent eux-m&#234;mes en quelques millisecondes seulement, alors que les &#233;v&#233;nements dont nous sommes conscients dans notre esprit se produisent en l'espace de nombreuses dizaines, centaines et milliers de millisecondes. (&#8230;) L'id&#233;e selon laquelle la conscience est en retard relativement &#224; l'entit&#233; qui est &#224; l'origine du processus de conscience, se voit renforc&#233;e par les exp&#233;riences pionni&#232;res men&#233;es par Benjamin Libet sur le temps que met un stimulus &#224; &#234;tre rendu conscient. Nous sommes probablement en retard pour la conscience de pr&#232;s de cinq cent millisecondes. (&#8230;.) Dans &#171; L'erreur de Descartes &#187;, j'ai avanc&#233; l'hypoth&#232;se selon laquelle la partie de l'esprit que nous appelons Soi serait, biologiquement parlant, fond&#233;e sur un ensemble de configurations neuronales non conscientes ( &#8230;) Le monde de l'inconscient psychanalytique s'enracine donc au sein des syst&#232;mes neuronaux qui forment le support de la m&#233;moire autobiographique ; on consid&#232;re d'ailleurs g&#233;n&#233;ralement que la psychanalyse est une mani&#232;re de retrouver un r&#233;seau de connexions psychologiques entrelac&#233;es au sein de la m&#233;moire autobiographique. Or ces derni&#232;res sont in&#233;vitablement en rapport avec le r&#233;seau de connexions neuronales dont je viens de parler. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'inconscient, dans le sens &#233;troit du mot que notre culture lui a conf&#233;r&#233;, n'est qu'une partie d'un vaste ensemble de processus qui demeurent non conscients, c'est-&#224;-dire absents de la conscience-noyau ou &#233;tendue. A vrai dire, la liste de ce que nous ne connaissons pas est stup&#233;fiante. Elle inclut ainsi toutes les images compl&#232;tement form&#233;es dont nous ne nous pr&#233;occupons pas, toutes les configurations neuronales qui ne deviennent jamais des images, toutes les dispositions que nous avons acquises au fil de l'exp&#233;rience, qui restent inactives et ne se transformeront peut-&#234;tre jamais en un sch&#232;me neuronal explicite, le remodelage discret de ces dispositions et le travail de remise en r&#233;seau, qui ne sera jamais explicitement connu, toute la sagesse et le savoir-faire cach&#233; que la nature a consign&#233; dans des dispositions hom&#233;ostatiques inn&#233;es. (&#8230;) Les preuves de l'existence de l'inconscient n'ont cess&#233; de s'accumuler durant ce si&#232;cle, y compris &#224; travers des travaux qui ne se r&#233;clament ni de Freud ni de Jung. (&#8230;) La psychologie cognitive et la linguistique nous en fournissent des preuves indiscutables. (&#8230;) Chez des petits anglophones de trois ans (&#8230;) le savoir grammatical n'est pas exprim&#233; consciemment dans la plupart des cas o&#249; il est mis &#224; contribution de mani&#232;re tout &#224; fait correcte et pertinente. La neuropsychologie elle aussi nous donne de nombreux exemples r&#233;v&#233;lateurs du fonctionnement de l'inconscient. Les connaissances acquises par conditionnement restent ainsi hors du champ de la conscience et ne sont exprim&#233;es qu'indirectement : les patients qui ne sont plus en mesure de reconna&#238;tre consciemment les visages rep&#232;rent les visages familiers inconsciemment ; les patients l&#233;galement aveugles, ayant subi un type particulier de l&#233;sions c&#233;r&#233;brales, restent capables de pointer du doigt avec une certaine pr&#233;cision vers une source de lumi&#232;re qu'ils ne peuvent pourtant pas voir consciemment (Damasio 1990 et 1995). (&#8230;) Nous pouvons mobiliser nos aptitudes sensi-motrices sans faire appel &#224; la conscience. C'est un atout pr&#233;cieux quand il s'agit de r&#233;aliser un certain nombre de t&#226;ches, plus ou moins importantes, de la vie quotidienne. Une grande part de nos comportements rel&#232;vent ainsi de l'automatisme, ce qui nous permet d'&#233;conomiser du temps et de l'attention (des biens rares) afin de les allouer &#224; la conception et &#224; l'ex&#233;cution d'autres t&#226;ches, ainsi qu'&#224; la recherche de solutions pour les nouveaux probl&#232;mes. L'ex&#233;cution de t&#226;ches motrices complexes, requ&#233;rant un certain degr&#233; d'expertise, est &#233;galement facilit&#233;e par cet automatisme. (&#8230;) Les recherches men&#233;es au sein de mon laboratoire conjointement avec Antoine Bechara et Hanna Damasio nous fournissent sans doute le meilleur exemple d'un traitement de l'information &#224; un haut niveau bien qu'inconscient. (&#8230;) Ces exp&#233;riences ont &#233;galement montr&#233; que les &#233;motions contribuaient fortement &#224; l'acheminement des signaux inconscients. (&#8230;) Les processus en jeu au niveau du tronc c&#233;r&#233;bral et de l'hypothalamus sont capables de coordonner, de mani&#232;re inconsciente et parfaitement efficace, le fonctionnement du c&#339;ur, des poumons, des reins, du syst&#232;me endocrine et du syst&#232;me immunologique de telle sorte que les param&#232;tres vitaux soient maintenus au sein de la fourchette pertinente ; les processus conscients pour leur part sont charg&#233;s de permettre &#224; un organisme individuel de faire face &#224; des &#233;volutions impr&#233;vues de son environnement, en sorte que les conditions indispensables de la survie continuent &#224; &#234;tre remplies. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud a relev&#233; non seulement deux domaines interactifs mais trois : il parle de un processus de &#171; conflits dynamiques entre Moi, &#231;a et surmoi &#187;. On se souvient que trois domaines interactifs est l'une des signatures du chaos d&#233;terministe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait de Wikipedia : &#171; Les trois instances de l'appareil psychique. Dans la seconde topique[6]propos&#233;e par Freud, notre comportement est le r&#233;sultat d'une subtile &#233;quation entre trois instances[7]distinctes : Le &#199;a : il s'agit de manifestations somatiques[8] (agressives, sexuelles ; aspect instinctif et animal). Si le &#199;a est inaccessible &#224; la conscience, les sympt&#244;mes de maladie psychique et les r&#234;ves permettent d'en avoir un aper&#231;u. Le &#199;a ob&#233;it au principe de plaisir et recherche la satisfaction imm&#233;diate, c'est une sorte de marmite o&#249; bouillonnent tous nos d&#233;sirs refoul&#233;s. Le Moi : le Moi est en grande partie conscient, il est le reflet de ce que nous sommes en soci&#233;t&#233;, il cherche &#224; &#233;viter les tensions trop fortes du monde ext&#233;rieur, &#224; &#233;viter les souffrances gr&#226;ce, notamment, aux m&#233;canismes de d&#233;fense se trouvant dans la partie inconsciente de cette instance. Le Moi est l'entit&#233; qui rend la vie sociale possible. Il suit le principe de r&#233;alit&#233;. Le Surmoi : depuis la naissance jusqu'&#224; cinq ans, l'enfant h&#233;rite de l'instance parentale, groupale et sociale, il emmagasine quantit&#233; de r&#232;gles de savoir-vivre &#224; respecter. Dans les soci&#233;t&#233;s jud&#233;o-chr&#233;tiennes, en int&#233;riorisant les r&#232;gles morale ou soci&#233;tales de ses parents et du groupe, l'enfant, puis l'adulte pratiquent le refoulement. En effet, le Surmoi punit le Moi pour ses &#233;carts par le truchement du remords et de la culpabilit&#233;. En r&#233;sum&#233;, le Moi est le r&#233;sultat des pulsions du &#199;a filtr&#233;es par les exigences du Surmoi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#034;Le moi et le &#231;a&#034; de Sigmund Freud :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#202;tre conscient &#187; est avant tout une expression purement descriptive et se rapporte &#224; la perception la plus imm&#233;diate et la plus certaine. Mais l'exp&#233;&#173;rience nous montre qu'un &#233;l&#233;ment psychique, une repr&#233;sentation par exemple, n'est jamais conscient d'une fa&#231;on permanente. Ce qui caract&#233;rise plut&#244;t les &#233;l&#233;ments psychiques, c'est la disparition rapide de leur &#233;tat conscient. Une repr&#233;sentation, consciente &#224; un moment donn&#233;, ne l'est plus au moment sui&#173;vant, mais peut le redevenir dans certaines conditions, faciles &#224; r&#233;aliser. Dans l'intervalle, nous ignorons ce qu'elle est ; nous pouvons dire qu'elle est latente, entendant par l&#224; qu'elle est capable &#224; tout instant de devenir consciente. En disant qu'une repr&#233;sentation est rest&#233;e, dans l'intervalle, inconsciente, nous formulons encore une d&#233;finition correcte, cet &#233;tat inconscient co&#239;ncidant avec l'&#233;tat latent et l'aptitude &#224; revenir &#224; la conscience. Les philosophes nous adres&#173;seraient ici l'objection suivante : le terme inconscient ne se laisse pas appli&#173;quer dans le cas particulier, car aussi longtemps qu'une repr&#233;sentation se trouve &#224; l'&#233;tat latent, elle ne repr&#233;sente rien de psychique. Nous nous garde&#173;rons bien de r&#233;pondre quoi que ce soit &#224; cette objection, car cela nous entra&#238;&#173;nerait dans une pol&#233;mique purement verbale, &#224; laquelle nous n'avons rien &#224; gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous avons obtenu le terme ou la notion de l'inconscient en suivant une autre voie, et notamment en utilisant des exp&#233;riences dans lesquelles intervient le dynamisme psychique. Nous avons appris ou, plut&#244;t, nous avons &#233;t&#233; oblig&#233;s d'admettre, qu'il existe d'intenses processus psychiques, ou repr&#233;sentations (nous tenons ici compte principalement du facteur quantitatif, c'est-&#224;-dire &#233;conomique), capables de se manifester par des effets semblables &#224; ceux produits par d'autres repr&#233;sentations, voire par des effets qui, prenant &#224; leur tour la forme de repr&#233;sentations, sont susceptibles de devenir conscients, sans que les processus eux-m&#234;mes qui les ont produits le deviennent. Inutile de r&#233;p&#233;ter ici en d&#233;tail ce qui a &#233;t&#233; dit tant de fois. Qu'il nous suffise de rappeler que c'est en ce point qu'intervient la th&#233;orie psychanalytique, pour d&#233;clarer que si certaines repr&#233;sentations sont incapables de devenir con&#173;scientes, c'est &#224; cause d'une certaine force qui s'y oppose ; que sans cette force elles pourraient bien devenir conscientes, ce qui nous permettrait de constater combien peu elles diff&#232;rent d'autres &#233;l&#233;ments psychiques, officiellement reconnus comme tels. Ce qui rend cette th&#233;orie irr&#233;futable, c'est qu'elle a trou&#173;v&#233; dans la technique psychanalytique un moyen qui permet de vaincre la force d'opposition et d'amener &#224; la conscience ces repr&#233;sentations inconscientes. &#192; l'&#233;tat dans lequel se trouvent ces repr&#233;sentations, avant qu'elles soient ame&#173;n&#233;es &#224; la conscience, nous avons donn&#233; le nom de refoulement ; et quant &#224; la force qui produit et maintient le refoulement, nous disons que nous la ressen&#173;tons, pendant le travail analytique, sous la forme d'une r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre notion de l'inconscient se trouve ainsi d&#233;duite de la th&#233;orie du re&#173;foulement. Ce qui est refoul&#233;, est pour nous le prototype de l'inconscient. Nous savons cependant qu'il existe deux vari&#233;t&#233;s d'inconscient : les faits psy&#173;chiques latents, mais susceptibles de devenir conscients, et les faits psychi&#173;ques refoul&#233;s qui, comme tels et livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, sont incapables d'arriver &#224; la conscience. Notre mani&#232;re d'envisager le dynamisme psychique ne peut pas rester sans influence sur la terminologie et la description. Aussi disons-nous que les faits psychiques latents, c'est-&#224;-dire inconscients au sens descrip&#173;tif, mais non dynamique, du mot, sont des faits pr&#233;conscients, et nous r&#233;ser&#173;vons le nom d'inconscients aux faits psychiques refoul&#233;s, c'est-&#224;-dire dy&#173;na&#173;&#173;miquement inconscients. Nous sommes ainsi en possession de trois termes : conscient, pr&#233;conscient et inconscient, dont la signification n'est plus pure&#173;ment descriptive. Nous admettons que le pr&#233;conscient se rapproche davan&#173;tage du conscient que l'inconscient et, comme nous n'avons pas h&#233;sit&#233; &#224; attribuer &#224; ce dernier un caract&#232;re psychique, nous h&#233;siterons d'autant moins &#224; reconna&#238;&#173;tre ce caract&#232;re au pr&#233;conscient, c'est-&#224;-dire &#224; ce qui est latent. Mais pourquoi ne suivrions-nous pas l'exemple des philosophes qui tracent une ligne de d&#233;marcation entre le pr&#233;conscient et l'inconscient, d'une part, le con&#173;scient, de l'autre, ce qui para&#238;t d'ailleurs tr&#232;s logique ? Si nous le faisions, ces philoso&#173;phes nous inviteraient alors &#224; consid&#233;rer le pr&#233;conscient et l'incon&#173;scient com&#173;me deux vari&#233;t&#233;s ou degr&#233;s du psycho&#239;de. L'unit&#233;, il est vrai, se trouverait ainsi r&#233;tablie, mais nous nous heurterions, dans l'expos&#233; des faits, &#224; des diffi&#173;cult&#233;s sans fin, et le seul fait important, &#224; savoir que ces psycho&#239;des co&#239;ncident sur presque tous les points avec ce qui est g&#233;n&#233;ralement reconnu comme psychique, se trouverait refoul&#233; &#224; l'arri&#232;re-plan, au profit d'un pr&#233;jug&#233; qui date de l'&#233;poque o&#249; ces psycho&#239;des &#233;taient encore inconnus, dit moins dans ce qu'il ont d'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or nos trois termes : conscient, pr&#233;conscient, inconscient, sont faciles &#224; manier et nous donnent une grande libert&#233; de mouvements, &#224; la condition de ne pas oublier que si, au point de vue descriptif, il y a deux vari&#233;t&#233;s d'incon&#173;scient, il n'y en a qu'une seule, au point de vue dynamique. Dans certains cas, nous pouvons faire un expos&#233; en n&#233;gligeant cette distinction, mais dans d'autres elle est indispensable. Quoi qu'il en soit, nous sommes suffisamment habitu&#233;s &#224; ce double sens de l'inconscient et nous n'en avons jamais &#233;prouv&#233; une grande g&#234;ne. Il me para&#238;t, en tout cas, in&#233;vitable. En ce qui concerne, enfin, la distinction entre le conscient et l'inconscient, elle se r&#233;duit &#224; une simple question de perception, question qui comporte la r&#233;ponse oui ou non, l'acte de la perception lui-m&#234;me ne nous fournissant pas la moindre informa&#173;tion sur les raisons pour lesquelles une chose est per&#231;ue ou non. On aurait tort de se plaindre de ce que le dynamisme psychique se manifeste toujours sous un double aspect (conscient et inconscient) 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les recherches psychanalytiques ult&#233;rieures ont montr&#233; que ces dis&#173;tinctions &#233;taient, elles aussi, insuffisantes et insatisfaisantes. Parmi les situa&#173;tions dans lesquelles ce fait appara&#238;t d'une fa&#231;on particuli&#232;rement nette, nous citerons la suivante qui nous semble d&#233;cisive. Nous nous repr&#233;sentons les pro&#173;ces&#173;sus psychiques d'une personne comme formant une organisation coh&#233;rente et nous disons que cette organisation coh&#233;rente constitue le Moi de la person&#173;ne. C'est &#224; ce Moi, pr&#233;tendons-nous, que se rattache la conscience, c'est lui qui contr&#244;le et surveille les acc&#232;s vers la motilit&#233;, c'est-&#224;-dire l'ext&#233;&#173;riorisation des excitations. Nous voyons dans le Moi l'instance psychique qui exerce un con&#173;tr&#244;le sur tous ses processus partiels, qui s'endort la nuit et qui, tout en dor&#173;mant, exerce un droit de censure sur les r&#234;ves. C'est encore de ce Moi que partiraient les refoulements, &#224; la faveur desquels certaines tendances psy&#173;chi&#173;ques sont, non seulement &#233;limin&#233;es de la conscience, mais mises dans l'im&#173;pos&#173;sibilit&#233; de se manifester ou de s'exprimer d'une fa&#231;on quelconque. Au cours de l'analyse, ces tendances, &#233;limin&#233;es par le refoulement, se dressent contre le Moi, et la t&#226;che de l'analyse consiste &#224; supprimer les r&#233;sistances que le Moi nous oppose dans nos tentatives d'aborder les tendances refoul&#233;es. Or, on constate au cours de l'analyse que le malade se trouve fort embarrass&#233; lors&#173;qu'on lui impose certaines t&#226;ches, que ses associations se trouvent en d&#233;faut toutes les fois qu'elles se rapprochent de ce qui est refoul&#233;. Nous lui disons alors qu'il subit l'influence d'une r&#233;sistance, mais il n'en sait rien lui-m&#234;me ; et alors m&#234;me que les sentiments p&#233;nibles qu'il &#233;prouve l'obligent &#224; reconna&#238;tre qu'il est domin&#233; par une r&#233;sistance, il est incapable de dire en quoi elle con&#173;siste et d'o&#249; elle vient. Mais comme cette r&#233;sistance &#233;mane certaine&#173;ment de son Moi et en fait partie, nous nous trouvons devant une situation que nous n'avions pas pr&#233;vue. Nous avons trouv&#233; dans le Moi lui-m&#234;me quelque chose qui est aussi inconscient que les tendances refoul&#233;es et se comporte comme elles, c'est-&#224;-dire produit des effets tr&#232;s marqu&#233;s, sans devenir con&#173;scient, et ne peut &#234;tre rendu tel qu'&#224; la suite d'un travail sp&#233;cial. De ce fait, nous nous heurtons, dans notre travail analytique, &#224; d'innombrables difficult&#233;s et obscu&#173;ri&#173;t&#233;s, lorsque nous voulons nous en tenir &#224; nos d&#233;finitions habituelles, en ra&#173;me&#173;&#173;nant, par exemple, la n&#233;vrose &#224; un conflit entre le conscient et l'incon&#173;scient. A cette opposition nous devons, &#233;tant donn&#233; la mani&#232;re dont nous concevons la structure psychique, en substituer une autre : l'opposition entre le Moi coh&#233;rent et les &#233;l&#233;ments d&#233;tach&#233;s du Moi et refoul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fait que nous venons de signaler est encore plus gros de cons&#233;&#173;quences pour notre conception de l'inconscient. Le point de vue dynamique nous en avait fourni une premi&#232;re correction, le point de vue structural nous en fournit une autre. Nous sommes amen&#233;s &#224; reconna&#238;tre que l'inconscient ne co&#239;ncide pas avec les &#233;l&#233;ments refoul&#233;s. Il reste vrai que tout ce qui est refoul&#233; est inconscient, mais il y a des &#233;l&#233;ments qui sont inconscients sans &#234;tre refou&#173;l&#233;s. Une partie du Moi, et Dieu sait quelle importante partie, peut &#233;galement &#234;tre inconsciente, et l'est certainement. Et cette partie inconsciente du Moi n'est pas latente, au m&#234;me titre que le pr&#233;conscient, car si elle l'&#233;tait, elle ne pourrait pas &#234;tre activ&#233;e, sans devenir consciente, et on ne se heurterait pas &#224; de si grosses difficult&#233;s toutes les fois qu'on voudrait la rendre con&#173;sciente. Nous nous trouvons ainsi dans la n&#233;cessit&#233; d'admettre l'existence d'un troisi&#232;&#173;me inconscient, non refoul&#233; ; mais nous avouons que, de ce fait m&#234;me, le carac&#173;t&#232;re de l'inconscient perd pour nous toute signification pr&#233;cise. L'in&#173;conscient devient une qualit&#233; aux significations multiples qui ne justifie pas que les g&#233;n&#233;ralisations et les d&#233;ductions rigoureuses en vue desquelles nous l'utiliserions volontiers. Mais nous aurions tort de la n&#233;gliger, car, &#224; tout prendre, la propri&#233;t&#233; &#171; conscient &#187; ou &#171; inconscient &#187; constitue la seule lueur susceptible de nous guider &#224; travers les t&#233;n&#232;bres des profondeurs psychiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moi et le &#231;a (Es)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recherches pathologiques ont, d'une fa&#231;on trop exclusive, orient&#233; notre attention vers ce qui est refoul&#233;. Nous voudrions conna&#238;tre un peu mieux le Moi, depuis que nous savons qu'il peut, lui aussi, &#234;tre inconscient, au sens propre du mot. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous avons eu pour seul point de rep&#232;re, dans nos recherches, la qualit&#233; consciente ou inconsciente des &#233;l&#233;ments psychiques. Mais nous avons fini par nous rendre compte que c'&#233;tait l&#224; une qualit&#233; aux significations multiples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, tout notre savoir est toujours li&#233; &#224; la conscience. Nous ne pouvons conna&#238;tre l'inconscient lui-m&#234;me qu'en le rendant conscient. Mais, halte-l&#224; : comment cela est-il possible ? Que signifie : &#171; rendre quelque chose cons&#173;cient ? &#187; Comment s'y prend-on pour obtenir ce r&#233;sultat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons d&#233;j&#224; &#224; quel point de d&#233;part nous devons nous attacher pour r&#233;pondre &#224; ces questions. La conscience, avons-nous dit, forme la surface de l'appareil psychique ; autrement dit, nous voyons dans la conscience une fonction que nous attribuons &#224; un syst&#232;me qui, au point de vue spatial, est le plus proche du monde ext&#233;rieur. Cette proximit&#233; spatiale doit &#234;tre entendue non seulement au sens fonctionnel, mais aussi au sens anatomique 2. Aussi nos recherches doivent-elles, &#224; leur tour, prendre pour point de d&#233;part cette surface qui correspond aux perceptions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont conscientes en principe toutes les perceptions qui viennent de l'ext&#233;rieur (perceptions sensibles) ; et sont &#233;galement conscients ce que nous appelons sensations et sentiments qui viennent du dedans. Mais que dire de ces processus internes que nous r&#233;unissons sous le nom l&#226;che et impr&#233;cis de &#171; processus intellectuels &#187; ? Devons-nous les concevoir comme des d&#233;place&#173;ments de l'&#233;nergie psychique qui, se produisant &#224; l'int&#233;rieur de l'appareil psychique et empruntant les trajets qui m&#232;nent &#224; l'action, parviennent &#224; la surface o&#249; se forme la conscience ? Ou bien est-ce la conscience qui se dirige vers eux, pour s'y associer et s'y combiner ? Nous ferons remarquer qu'on se trouve ici en pr&#233;sence de l'une des difficult&#233;s auxquelles on se heurte lors&#173;qu'on prend trop au s&#233;rieux la repr&#233;sentation spatiale, topique des faits psychiques. Les deux &#233;ventualit&#233;s sont &#233;galement difficiles &#224; concevoir ; il doit y en avoir une troisi&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais d&#233;j&#224; formul&#233; ailleurs 3 l'opinion d'apr&#232;s laquelle la diff&#233;rence r&#233;elle entre une repr&#233;sentation inconsciente et une repr&#233;sentation pr&#233;con&#173;sciente (id&#233;e) consisterait en ce que celle-l&#224; se rapporte &#224; des mat&#233;riaux qui restent inconnus, tandis que celle-ci (la pr&#233;consciente) serait associ&#233;e &#224; une repr&#233;&#173;sentation verbale. Premi&#232;re tentative de caract&#233;riser l'inconscient et le pr&#233;&#173;conscient autrement que par leurs rapports avec la conscience. A la ques&#173;tion : &#171; Comment quelque chose devient-il conscient ? on peut substituer avec avan&#173;tage celle-ci : &#171; comment quelque chose devient-il pr&#233;conscient ? &#187; R&#233;ponse : gr&#226;ce &#224; l'association avec les repr&#233;sentations verbales correspon&#173;dantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces repr&#233;sentations verbales sont des traces mn&#233;miques : elles furent jadis des perceptions et peuvent, comme toutes les traces mn&#233;miques, redevenir conscientes. Avant que nous abordions l'analyse de leur nature, une hypoth&#232;se s'impose &#224; notre esprit : ne peut devenir conscient que ce qui a d&#233;j&#224; exist&#233; &#224; l'&#233;tat de perception consciente ; et, en dehors des sentiments, tout ce qui, prove&#173;nant du dedans, veut devenir conscient, doit chercher &#224; se transformer en une perception ext&#233;rieure, transformation qui n'est possible qu'&#224; la faveur des traces mn&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces traces mn&#233;miques, nous les imaginons enferm&#233;es dans des syst&#232;mes, en contact imm&#233;diat avec le syst&#232;me perception-conscience, en sorte que leurs charges psychiques peuvent facilement se propager aux &#233;l&#233;ments de ce dernier. Et, &#224; ce propos, on pense aussit&#244;t aux hallucinations et au fait que le souvenir m&#234;me le plus vif se laisse encore distinguer aussi bien de l'halluci&#173;nation que de la perception ext&#233;rieure, et on en a trouv&#233; sans peine l'expli&#173;cation dans le fait que lors de la reviviscence d'un souvenir, la charge psy&#173;chique ne quitte pas le syst&#232;me dont le souvenir fait partie, tandis que dans le cas d'une perception, la charge ne se propage pas seulement de la trace mn&#233;mique au syst&#232;me perception-conscience, mais s'y transporte tout enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les traces verbales proviennent principalement des perceptions acousti&#173;ques, lesquelles repr&#233;sentent ainsi comme une r&#233;serve sp&#233;ciale d'&#233;l&#233;ments sensibles &#224; l'usage du pr&#233;conscient. Quant aux &#233;l&#233;ments visuels des repr&#233;sen&#173;tations verbales, on peut les n&#233;gliger, comme &#233;tant de nature secondaire, acquis par la lecture ; et nous en dirons autant des images motrices des mots qui, sauf chez les sourds-muets, jouent un r&#244;le de simples signes auxiliaires. &#192; proprement parler, le mot prononc&#233; n'est que la trace mn&#233;mique du mot entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de nous l'id&#233;e de rabaisser, par amour de la simplification, l'impor&#173;tance des restes mn&#233;miques d'ordre optique ou de nier que des processus intellectuels ne puissent devenir conscients gr&#226;ce au retour aux restes visuels. Nous convenons m&#234;me que chez beaucoup de personnes c'est surtout &#224; la faveur de la visualisation que la pens&#233;e devient consciente. Or, l'&#233;tude des r&#234;ves et des fantaisies pr&#233;conscientes, d'apr&#232;s les observations de J. Varen&#173;donck, est de nature &#224; nous donner une id&#233;e assez exacte de cette pens&#233;e visuelle, en nous montrant que ce sont surtout les mat&#233;riaux concrets des id&#233;es qui, dans la pens&#233;e visuelle, deviennent conscients, tandis que les relations, qui caract&#233;risent plus particuli&#232;rement les id&#233;es, ne se pr&#234;tent pas &#224; une expression visuelle. Les images constituent donc un moyen tr&#232;s imparfait de rendre la pens&#233;e consciente, et l'on peut dire que la pens&#233;e visuelle se rappro&#173;che davantage des processus inconscients que la pens&#233;e verbale et est plus ancienne que celle-ci, tant au point de vue phylog&#233;nique qu'ontog&#233;nique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, pour en revenir &#224; notre sujet, telle est la voie qui conduit de l'incon&#173;scient au pr&#233;conscient, la question : &#171; Comment pouvons-nous amener &#224; la (pr&#233;) conscience des &#233;l&#233;ments refoul&#233;s ? &#187; re&#231;oit la r&#233;ponse suivante : &#171; En r&#233;tablissant par le travail analytique ces membres interm&#233;diaires pr&#233;conscients que sont les souvenirs verbaux &#187;. C'est ainsi que la conscience reste &#224; sa place, de m&#234;me que l'inconscient n'a pas besoin de quitter la sienne pour aller rejoindre la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les rapports existant entre la perception ext&#233;rieure et le Moi sont patents et &#233;vidents, ceux qui rattachent la perception interne au Moi exigent un examen sp&#233;cial. A leur sujet, on est tent&#233; de se demander si on est vraiment en droit de rattacher toute la conscience au seul syst&#232;me superficiel &#171; percep&#173;tion-conscience &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perception interne fournit des sensations en rapport avec des processus se d&#233;roulant dans les couches les plus diverses, voire les plus profondes, de l'appareil psychique. Ces sensations sont peu connues, celles de plaisir et de d&#233;plaisir pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme leur meilleur mod&#232;le. Elles sont plus primitives, plus &#233;l&#233;mentaires que celles provenant de l'ext&#233;rieur et peu&#173;vent se produire m&#234;me dans des &#233;tats troubles de la conscience. J'ai insist&#233; ailleurs sur leur grande importance &#233;conomique et sur les raisons m&#233;ta&#173;psy&#173;chologiques de celle-ci. Ces sensations sont multiloculaires comme les per&#173;cep&#173;tions ext&#233;rieures, elles peuvent venir simultan&#233;ment des points les plus diff&#233;rents et poss&#233;der des qualit&#233;s oppos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sensations agr&#233;ables n'ont en elles-m&#234;mes aucun caract&#232;re de con&#173;trainte ou d'insistance, tandis que les sensations d&#233;sagr&#233;ables poss&#232;dent ce caract&#232;re au plus haut degr&#233;. Elles tendent &#224; imposer des modifications, elles cherchent &#224; se d&#233;charger par tous les moyens, et c'est pourquoi nous disons que le d&#233;plaisir est caract&#233;ris&#233; par une augmentation, le plaisir par une dimi&#173;nution de la charge &#233;nerg&#233;tique. Si ce qui est &#233;prouv&#233; comme d&#233;plaisir ou plaisir forme, dans la succession des faits psychiques, quelque chose qui, tant au point de vue quantitatif que qualitatif, diff&#232;re de ces sensations elles-m&#234;mes, nous voudrions savoir si ce quelque chose peut devenir conscient sur place ou s'il doit, pour devenir conscient, parvenir au syst&#232;me C (conscience).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience clinique parle en faveur de cette derni&#232;re &#233;ventualit&#233;. Elle montre que ce &#171; quelque chose &#187; se comporte comme une vell&#233;it&#233; refoul&#233;e. Cette vell&#233;it&#233; peut chercher &#224; se manifester en d&#233;ployant des forces motrices, sans que le Moi s'aper&#231;oive de la contrainte qu'il subit. Pour devenir con&#173;sciente, sous la forme d'une sensation p&#233;nible ou d&#233;sagr&#233;able, cette vell&#233;it&#233; doit, dans la contrainte qu'elle exerce, se heurter &#224; une r&#233;sistance, &#224; des obstacles qui s'opposent &#224; sa r&#233;action de d&#233;charge. De m&#234;me que les tensions produites par les besoins, la douleur, ce cha&#238;non interm&#233;diaire entre la per&#173;ception interne et la perception externe, qui se comporte comme une percep&#173;tion interne, alors m&#234;me qu'elle a sa source dans le monde ext&#233;rieur, peut &#233;galement rester inconsciente. Il est donc exact de dire que m&#234;me des senti&#173;ments et des sensations, pour devenir conscients, doivent parvenir au syst&#232;me C. Si le chemin est barr&#233;, ils ne sont pas &#233;prouv&#233;s en tant que sentiments et sen&#173;sa&#173;tions, bien que le &#171; quelque chose &#187; qui leur correspond demeure inva&#173;riable dans le d&#233;roulement de l'excitation. Par abr&#233;viation, et d'une fa&#231;on qui n'est pas tout &#224; fait correcte, nous parlons alors de sensations incon&#173;scien&#173;tes et nous insistons sur leur analogie avec les repr&#233;sentations inconscientes, ce qui n'est pas tout &#224; fait justifi&#233;. La diff&#233;rence entre les unes et les autres consiste notamment en ce que, pour amener &#224; la conscience une repr&#233;sen&#173;tation incon&#173;sciente, il faut cr&#233;er un certain nombre d'anneaux, d'&#233;tapes interm&#233;&#173;diaires, tandis que les sensations se propagent directement. Et d'autres termes : la distinction entre le conscient et le pr&#233;conscient ne se pose pas pour les sensa&#173;tions : une sensation est ou consciente ou inconsciente, mais jamais pr&#233;con&#173;sciente. Alors m&#234;me qu'une sensation est associ&#233;e &#224; des repr&#233;sentations verba&#173;les, elle devient consciente, non gr&#226;ce &#224; ces repr&#233;sentations, mais directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; tout &#224; fait fix&#233;s sur le r&#244;le des repr&#233;sentations verbales. Par leur interm&#233;diaire, les processus intellectuels internes deviennent des percep&#173;tions. On dirait qu'elles ne sont l&#224; que pour servir de preuve &#224; la proposition : toute connaissance provient de la perception externe. Lorsque la pens&#233;e est en &#233;tat de surcharge, les id&#233;es sont r&#233;ellement per&#231;ues comme venant du dehors et, pour cette raison, consid&#233;r&#233;es comme vraies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir ainsi &#233;lucid&#233; les rapports existant entre la perception externe, la perception interne et le syst&#232;me superficiel &#171; perception-conscience &#187;, nous pouvons essayer de donner une forme plus achev&#233;e &#224; notre repr&#233;sentation du Moi. Nous le voyons se former &#224; partir du syst&#232;me P (perception), qui en constitue comme le noyau, et comprendre d'abord le pr&#233;conscient qui s'appuie sur les traces mn&#233;miques. Nous savons cependant que le Moi est &#233;galement inconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que nous aurions tout profit &#224; suivre les suggestions d'un auteur qui, pour des motifs personnels, voudrait nous persuader, sans y r&#233;ussir, qu'il n'a rien &#224; voir avec la science rigoureuse et &#233;lev&#233;e. Cet auteur n'est autre que C. Groddeck, qui ne se lasse pas de r&#233;p&#233;ter que ce que nous appelons notre Moi se comporte dans la vie d'une fa&#231;on toute passive, que nous sommes, pour nous servir de son expression, v&#233;cus par des forces inconnues, &#233;chappant &#224; notre ma&#238;trise 4. Nous avons tous &#233;prouv&#233; des impressions de ce genre, bien que nous n'en ayons pas toujours subi l'influence au point de devenir inac&#173;cessibles &#224; toute autre impression, et nous n'h&#233;sitons pas &#224; accorder &#224; la mani&#232;re de voir de Groddeck la place qui lui revient dans la science. Je pro&#173;pose d'en tenir compte en appelant Moi l'entit&#233; qui a son point de d&#233;part dans le syst&#232;me P et qui est, en premier lieu, pr&#233;conscient, et en r&#233;servant la d&#233;nomination &#199;a (Es) &#224; tous les autres &#233;l&#233;ments psychiques dans lesquels le moi se prolonge en se comportant d'une mani&#232;re inconsciente 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne tarderons pas &#224; voir dans quelle mesure cette conception peut nous &#234;tre utile pour la description et la compr&#233;hension des faits qui nous int&#233;ressent. Un individu se compose ainsi pour nous d'un &#199;a psychique, in&#173;connu et inconscient, auquel se superpose le Moi superficiel, &#233;manant du syst&#232;me P comme d'un noyau. Pour donner de ces rapports une repr&#233;sentation pour ainsi dire graphique, nous dirons que le Moi ne recouvre le &#199;a que par sa surface form&#233;e par le syst&#232;me P, &#224; peu pr&#232;s comme le disque germinal recou&#173;vre l'&#339;uf. Il n'existe pas entre le Moi et le &#199;a de s&#233;paration tranch&#233;e, surtout dans la partie inf&#233;rieure de celui-l&#224;, o&#249; ils tendent &#224; se confondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui est refoul&#233; se confond &#233;galement avec le &#199;a, dont il n'est qu'une partie. C'est par l'interm&#233;diaire du &#199;a que les &#233;l&#233;ments refoul&#233;s peu&#173;vent communiquer avec le Moi dont ils sont nettement s&#233;par&#233;s par les r&#233;sis&#173;tances qui s'opposent &#224; leur apparition &#224; la surface. Nous voyons aussit&#244;t que presque toutes les distinctions que nous venons de d&#233;crire, en suivant les suggestions de la pathologie, ne se rapportent qu'aux couches superficielles, les seules que nous connaissions de l'appareil psychique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La naissance du Moi et sa s&#233;paration du &#199;a d&#233;pendent encore d'un autre facteur que l'influence du syst&#232;me P. Le propre corps de l'individu et, avant tout, sa surface constituent une source d'o&#249; peuvent &#233;maner &#224; la fois des perceptions externes et des perceptions internes. Il est consid&#233;r&#233; comme un objet &#233;tranger, mais fournit au toucher deux vari&#233;t&#233;s de sensations, dont l'une peut &#234;tre assimil&#233;e &#224; une perception interne. La psychophysiologie a d'ailleurs suffisamment montr&#233; comment notre propre corps se d&#233;gage du monde des perceptions. La douleur semble jouer, elle aussi, un r&#244;le important dans ce processus et la mani&#232;re dont, dans les maladies douloureuses, nous acqu&#233;rons une nouvelle connaissance de nos organes est peut-&#234;tre de nature &#224; nous donner une id&#233;e de la mani&#232;re dont nous nous &#233;levons &#224; la repr&#233;sentation de notre corps en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est facile de voir que le Moi est une partie du &#199;a ayant subi des modi&#173;fications sous l'influence directe du monde ext&#233;rieur, et par l'interm&#233;diaire de la conscience-perception. Il repr&#233;sente, dans une certaine mesure, un prolon&#173;gement de la diff&#233;renciation superficielle. Il s'efforce aussi d'&#233;tendre sur le &#199;a et sur ses intentions l'influence du monde ext&#233;rieur, de substituer le principe de la r&#233;alit&#233; au principe du plaisir qui seul affirme son pouvoir dans le &#199;a. La perception est au Moi ce que l'instinct ou l'impulsion instinctive sont au &#199;a. Le Moi repr&#233;sente ce qu'on appelle la raison et la sagesse, le &#199;a, au contraire, est domin&#233; par les passions. Tout cela s'accorde avec les distinc&#173;tions couran&#173;tes et bien connues, mais ne doit &#234;tre pris que d'une fa&#231;on tr&#232;s g&#233;n&#233;rale et consid&#233;r&#233; comme &#233;tant d'une exactitude purement virtuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance fonctionnelle du Moi consiste en ce que, d'une fa&#231;on nor&#173;male, c'est lui qui contr&#244;le les avenues de la motilit&#233;. Dans ses rapports avec le &#199;a, on peut le comparer au cavalier charg&#233; de ma&#238;triser a force sup&#233;rieure du cheval, &#224; la diff&#233;rence pr&#232;s que le cavalier domine le cheval par ses propres forces, tandis que le Moi le fait avec des forces d'emprunt. Cette comparaison peut &#234;tre pouss&#233;e un peu plus loin. De m&#234;me qu'au cavalier, s'il ne veut pas se s&#233;parer du cheval, il ne reste souvent qu'&#224; le conduire l&#224; o&#249; il veut aller, de m&#234;me le Moi traduit g&#233;n&#233;ralement en action la volont&#233; du &#199;a comme si elle &#233;tait sa propre volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Moi est avant tout une entit&#233; corporelle, non seulement une entit&#233; toute en surface, mais une entit&#233; correspondant &#224; la projection d'une surface. Pour nous servir d'une analogie anatomique, nous le comparerions volontiers au &#171; mannequin c&#233;r&#233;bral &#187; des anatomistes, plac&#233; dans l'&#233;corce c&#233;r&#233;brale, la t&#232;te en bas, les pieds en haut, les yeux tourn&#233;s en arri&#232;re et portant la zone du langage &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports entre le Moi et la conscience ont &#233;t&#233; souvent d&#233;crits, mais quelques faits importants m&#233;ritent d'&#234;tre signal&#233;s &#224; nouveau. Habitu&#233;s &#224; intro&#173;duire partout le point de vue de la valeur sociale ou morale, nous ne sommes pas surpris d'entendre dire que les passions inf&#233;rieures ont pour ar&#232;ne l'inconscient, et nous sommes persuad&#233;s que les fonctions psychiques p&#233;n&#232;&#173;trent dans la conscience d'autant plus facilement et s&#251;rement que leur valeur sociale ou morale est plus grande. Mais l'exp&#233;rience psychanalytique nous montre que cette mani&#232;re de voir repose sur une erreur ou sur une illusion. Nous savons, en effet, d'une part, que m&#234;me un travail intellectuel difficile et d&#233;licat et qui, dans des conditions ordinaires, exige une grande concentration de la pens&#233;e, peut s'accomplir dans le pr&#233;conscient, sans parve&#173;nir &#224; la con&#173;science. Il s'agit l&#224; de cas dont la r&#233;alit&#233; est au-dessus de toute contestation, de cas qui se produisent, par exemple, dans l'&#233;tat de sommeil et se manifestent par le fait qu'une personne retrouve au r&#233;veil la solution d'un probl&#232;me difficile, math&#233;matique ou autre, qu'elle avait cherch&#233;e en vain &#224; l'&#233;tat de veille 6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous pouvons citer un autre fait, beaucoup plus &#233;trange. Nous cons&#173;tatons au cours de nos analyses qu'il y a des personnes chez lesquelles l'atti&#173;tude critique &#224; l'&#233;gard de soi-m&#234;me et les scrupules de conscience, c'est-&#224;-dire des fonctions psychiques auxquelles s'attache certainement une valeur sociale et morale tr&#232;s grande, se pr&#233;sentent comme des manifestations incon&#173;scientes et, comme telles, se montrent d'une tr&#232;s grande efficacit&#233; ; le carac&#173;t&#232;re incon&#173;scient de la r&#233;sistance que les malades opposent au cours de l'analy&#173;se ne constitue donc pas la seule manifestation de ce genre. Mais ce fait nouveau, qui nous oblige, malgr&#233; l'affinement de notre sens critique, &#224; parler d'un sentiment de culpabilit&#233; inconscient, est de nature &#224; aggraver l'embarras que nous &#233;prouvons d&#233;j&#224; du fait de la r&#233;sistance inconsciente et &#224; nous mettre en pr&#233;sence de nouvelles &#233;nigmes, surtout lorsque nous en venons &#224; nous assurer peu &#224; peu que dans un grand nombre de n&#233;vroses ce sentiment de culpabilit&#233; inconscient joue, au point de vue &#233;conomique, un r&#244;le d&#233;cisif et oppose &#224; la gu&#233;rison les plus grands obstacles. Pour en revenir &#224; notre &#233;chelle de valeurs, nous pouvons donc dire : ce n'est pas seulement ce qu'il y a de plus profond en nous qui peut &#234;tre inconscient, mais aussi ce qu'il y a de plus &#233;lev&#233;. Nous avons l&#224; comme une nouvelle d&#233;monstration de ce que nous avons dit plus haut an sujet du Moi conscient, &#224; savoir qu'il ne repr&#233;sente que notre corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220; 3&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moi, le sur-moi et l'id&#233;al du moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le Moi ne repr&#233;sentait que la partie du &#199;a ayant subi des modifications d&#233;termin&#233;es sous l'influence du syst&#232;me des perceptions, autrement dit s'il repr&#233;sentait seulement dans le domaine psychique le monde r&#233;el ext&#233;rieur, nous nous trouverions en pr&#233;sence d'une situation tr&#232;s simple. Mais il y a quelque chose de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons expos&#233; ailleurs 7 les raisons qui nous avaient d&#233;cid&#233; &#224; admet&#173;tre une certaine phase du Moi. produit d'une diff&#233;renciation s'&#233;tant accomplie au sein de celui-ci, phase &#224; laquelle nous avons donn&#233; le nom d'Id&#233;al du Moi ou de Sur-Moi. Ces raisons gardent aujourd'hui toute leur valeur 8. Or, cette partie du Moi pr&#233;sente avec la conscience des rapports beaucoup moins &#233;troits et fermes que celle dont nous nous sommes occup&#233;s dans le chapitre pr&#233;c&#233;&#173;dent, et c'est l&#224; un fait nouveau qui exige un &#233;clair&#173;cissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ici nous sommes oblig&#233;s de faire une digression. Nous avons r&#233;ussi &#224; expliquer la souffrance douloureuse qui existe dans la m&#233;lancolie 9, en suppo&#173;sant que le Moi retrouve subitement en lui-m&#234;me l'objet sexuel, auquel, pour une raison quelconque, le &#199;a avait &#233;t&#233; oblig&#233; de renoncer ; autrement dit, que l'&#233;nergie &#233;rotique qui s'&#233;tait concentr&#233;e sur l'objet se r&#233;sout et se dissipe. Mais &#224; l'&#233;poque o&#249; nous proposions cette explication, nous ne nous rendions pas encore compte de toute la signification de ce processus et nous ignorions encore combien il &#233;tait typique et fr&#233;quent. Mais nous avons compris, depuis, que ce-te substitution joue un r&#244;le de premier ordre dans la formation du Moi et contribue essentiellement &#224; d&#233;terminer ce qu'on appelle son caract&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine, dans la phase orale, primitive, de l'individu, la concentration sur un objet et l'identification sont des d&#233;marches difficiles &#224; distinguer l'une de l'autre. A des phases ult&#233;rieures, on peut seulement supposer que la con&#173;centration sur l'objet a pour point de d&#233;part le &#199;a pour lequel les tendances &#233;rotiques constituent des besoins. Le Moi, encore faible au d&#233;but, n'a g&#233;n&#233;&#173;ralement aucune connaissance de ces concentrations sur des objets, les subit sans s'en rendre compte ou cherche &#224; se d&#233;fendre contre elles &#224; l'aide du refoulement 10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, pour une raison ou pour une autre, le &#199;a est oblig&#233; de renoncer &#224; un pareil objet sexuel, le Moi en subit souvent une transformation que nous ne pouvons d&#233;crire autrement qu'en disant que le Moi a retrouv&#233; en lui-m&#234;me l'objet sexuel perdu, sans pouvoir donner plus de d&#233;tails sur les conditions dans lesquelles s'op&#232;re cette substitution. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui se pro&#173;duirait dans la m&#233;lancolie. Il se peut que par cette introjection, qui repr&#233;&#173;sente une sorte de r&#233;gression vers le m&#233;canisme de la phase orale, le Moi rende plus facile ou possible le renoncement &#224; l'objet. Il se peut &#233;galement que cette identification soit la condition sans laquelle le &#199;a ne saurait renoncer &#224; ses objets. Quoi qu'il en soit, il s'agit l&#224; d'un processus tr&#232;s fr&#233;quent, surtout &#224; des phases de d&#233;veloppement peu avanc&#233;es, et de nature &#224; rendre plausible l'hypo&#173;th&#232;se d'apr&#232;s laquelle le caract&#232;re du Moi r&#233;sulterait de ces abandons succes&#173;sifs d'objets sexuels, r&#233;sumerait l'histoire de ces choix d'objets. Il va sans dire que tous les individus ne subissent pas avec la m&#234;me facilit&#233; les influences de cette histoire, de cette succession d'objets &#233;rotiques ; qu'on constate sous ce rapport des r&#233;sistances dont la force varie d'un individu &#224; l'autre. C'est ainsi que dans les traits de caract&#232;re des femmes dont la vie est riche en exp&#233;&#173;riences amoureuses, on croit discerner facilement les traces de ces exp&#233;riences successives. Dans certains cas, on observe une coexistence de la concentration sur un objet et de l'identification, c'est-&#224;-dire un changement de caract&#232;re qui se produit avant le renoncement &#224; l'objet. Dans les cas de ce genre, le changement de caract&#232;re survivant aux relations avec l'objet, servirait dans une certaine mesure &#224; les conserver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pla&#231;ant &#224; un autre point de vue, nous pouvons dire que cette substi&#173;tution d'un changement du Moi au choix d'un objet &#233;rotique constitue un moyen dont se sert le Moi pour gagner les faveurs du &#199;a et approfondir ses rapports avec lui, en faisant preuve d'une extraordinaire souplesse, d'une gran&#173;de susceptibilit&#233; &#224; tout ce qui se passe dans le &#199;a. Lorsque le Moi rev&#234;t les traits de l'objet, il semble chercher &#224; s'imposer &#224; l'amour du &#199;a, &#224; le consoler de sa perte ; c'est comme s'il lui disait : &#171; Regarde, tu peux m'aimer : je res&#173;semble tellement &#224; l'objet &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation, &#224; laquelle nous assistons ici, de l'attitude libidineuse &#224; l'&#233;gard de l'objet en une libido narcissique, implique &#233;videmment le renonce&#173;ment aux buts purement sexuels, une d&#233;sexualisation, donc une sorte de subli&#173;mation. A ce propos, il est m&#234;me permis de se poser une question qui m&#233;rite une discussion d&#233;taill&#233;e, celle de savoir si nous ne nous trouvons pas ici en pr&#233;sence du moyen de sublimation le plus g&#233;n&#233;ral, si toute sublimation ne s'ef&#173;fec&#173;tue pas par l'interm&#233;diaire du Moi transformant la libido sexuelle dirig&#233;e vers l'objet en une libido narcissique et posant &#224; celle-ci des buts diff&#233;rents 11. Quant &#224; la question de savoir si cette transformation ne peut avoir encore d'autres cons&#233;quences pour le sort ult&#233;rieur des instincts, et notamment une dissociation de diff&#233;rents instincts fondus ensemble, nous aurons encore &#224; nous en occuper plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, nous sommes oblig&#233;s de faire une diversion, mais une diver&#173;sion in&#233;vitable, en nous attardant pendant quelque temps aux identifications du Moi avec des objets sexuels. Lorsque ces identifications deviennent trop nombreuses, trop intenses, incompatibles les unes avec les autres, on se trouve en pr&#233;sence d'une situation pathologique ou du pr&#233;lude &#224; une pareille situa&#173;tion. Il peut notamment en r&#233;sulter une dissociation du Moi dont les diff&#233;ren&#173;tes identifications r&#233;ussissent &#224; s'isoler les unes des autres, en s'opposant de r&#233;sistances ; et c'est peut-&#234;tre dans ce fait qu'il faut chercher l'explication des cas myst&#233;rieux, dits de multiple personnalit&#233;, dans lesquels les diff&#233;rentes identifications cherchent tour &#224; tour &#224; accaparer &#224; leur profit toute la con&#173;science. Mais alors m&#234;me que les choses ne vont pas aussi loin, on n'en assiste pas moins &#224; des conflits entre les diff&#233;rentes identifications, conflits qui ne sont pas toujours et n&#233;cessairement pathologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la r&#233;sistance que le caract&#232;re sera &#224; m&#234;me d'opposer plus tard aux influences des objets sexuels abandonn&#233;s, les effets des premi&#232;res identifications, effectu&#233;es aux phases les plus pr&#233;coces de la vie, garderont toujours leur caract&#232;re g&#233;n&#233;ral et durable. Ceci nous ram&#232;ne &#224; la naissance de l'id&#233;al du Moi, car derri&#232;re cet id&#233;al se dissimule la premi&#232;re et la plus importante identification qui ait &#233;t&#233; effectu&#233;e par l'individu : celle avec le p&#232;re de sa pr&#233;histoire personnelle 12. Cette identification ne semble pas &#234;tre la suite ou l'aboutissement de la concentration sur un objet : elle est directe, imm&#233;&#173;diate, ant&#233;rieure &#224; toute concentration sur un objet quelconque. Mais les con&#173;voitises libidinales qui font partie de la premi&#232;re p&#233;riode sexuelle et se portent sur le p&#232;re et sur la m&#232;re semblent, dans les cas normaux, se r&#233;soudre en une identification secondaire et m&#233;diate qui viendrait renforcer l'identifica&#173;tion primaire et directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces rapports pr&#233;sentent cependant une complexit&#233; telle qu'il est indis&#173;pensable de les d&#233;crire avec plus de d&#233;tails. La complexit&#233; en question est le fait de deux facteurs : de la disposition triangulaire du Complexe d'Oedipe et de la bisexualit&#233; constitutionnelle de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'enfant de sexe m&#226;le, le cas, r&#233;duit &#224; sa plus simple expression, se pr&#233;sente ainsi ; de bonne heure, l'enfant concentre sa libido sur sa m&#232;re, et cette concentration a pour point de d&#233;part le sein maternel et repr&#233;sente un cas typique de choix d'objet par contact intime ; quant au p&#232;re, l'enfant s'assure une emprise sur lui &#224; la faveur de l'identification. Ces deux attitudes coexistent pendant quelque temps, jusqu'&#224; ce que les d&#233;sirs sexuels &#224; l'&#233;gard de la m&#232;re ayant subi un renforcement et l'enfant s'&#233;tant aper&#231;u que le p&#232;re constitue un obstacle &#224; la r&#233;alisation de ces d&#233;sirs, on voie na&#238;tre le Complexe d'Oedipe 13. L'identification avec le p&#232;re devient alors un caract&#232;re d'hostilit&#233;, engendre le d&#233;sir d'&#233;liminer le p&#232;re et de le remplacer aupr&#232;s de la m&#232;re. A partir de ce moment, l'attitude &#224; l'&#233;gard du p&#232;re devient ambivalente ; on dirait que l'ambivalence, qui &#233;tait d&#232;s l'origine impliqu&#233;e dans l'identifica&#173;tion, devient manifeste. Cet ambivalence &#224; l'&#233;gard du p&#232;re et le penchant tout de tendresse qu'il &#233;prouve pour l'objet libidinal que repr&#233;sente pour lui la m&#232;re forment pour le petit gar&#231;on les &#233;l&#233;ments du Complexe d'Oedipe simple et positif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la destruction du Complexe d'Oedipe, l'enfant est oblig&#233; de renon&#173;cer &#224; prendre la m&#232;re pour objet libidinal. Deux &#233;ventualit&#233;s peuvent alors se produire : ou une identification avec la m&#232;re, ou un renforcement de l'identi&#173;fication avec le p&#232;re. C'est cette derni&#232;re &#233;ventualit&#233; que nous consid&#233;rons g&#233;n&#233;ralement comme normale ; elle permet &#224; l'enfant de conserver, jusqu'&#224; un certain degr&#233;, l'attitude de tendresse &#224; l'&#233;gard de la m&#232;re. A la suite de la dis&#173;parition du Complexe d'Oedipe, la partie masculine du caract&#232;re du petit gar&#231;on se trouverait ainsi consolid&#233;e. De m&#234;me, la petite fille peut &#234;tre ame&#173;n&#233;e, &#224; la suite de la destruction du Complexe d'Oedipe, &#224; s'identifier avec la m&#232;re (et si cette identification existait d&#233;j&#224;, elle subit un renforcement), ce qui a pour effet l'affermissement de la partie f&#233;minine de son caract&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces identifications ne r&#233;pondent pas du tout &#224; notre attente, parce qu'elles ne consistent pas dans l'absorption par le Moi de l'objet auquel on a renonc&#233; ; mais cette vari&#233;t&#233; d'identification s'observe &#233;galement, plus souvent, il est vrai, chez les petites filles que chez les petits gar&#231;ons. On apprend souvent, au cours d'une analyse, que la petite fille, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; oblig&#233;e de renoncer au p&#232;re, en tant qu'objet de penchant amoureux, &#233;rige sa masculinit&#233; en id&#233;al et s'identifie, non avec la m&#232;re, mais avec le p&#232;re, c'est-&#224;-dire avec l'objet qui est perdu pour son amour. Cela d&#233;pend &#233;videmment du degr&#233; de d&#233;veloppement de ses propres dispositions masculines, quelle que soit d'ailleurs leur nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble donc que l'identification avec le p&#232;re ou avec la m&#232;re, &#224; la suite de la destruction du Complexe d'Oedipe, d&#233;pende, dans les deux sexes, de la force relative des dispositions sexuelles chez l'un et chez l'autre. Tel est le premier aspect sous lequel la bisexualit&#233; se manifeste et intervient dans les destin&#233;es du Complexe d'Oedipe. Mais elle se manifeste encore sous un autre aspect, beaucoup plus significatif. On a notamment l'impression que le Complexe d'Oedipe simple n'est pas celui qui s'observe le plus fr&#233;quemment, mais qu'il correspond &#224; une simplification et sch&#233;matisation voulue qui, dans beaucoup de cas, trouve d'ailleurs sa justification dans des raisons d'ordre pratique. Une recherche plus approfondie permet le plus souvent de d&#233;couvrir le Complexe d'Oedipe sous une forme plus compl&#232;te, sous une forme double, &#224; la fois positive et n&#233;gative, en rapport avec la bisexualit&#233; originelle de l'enfant : nous voulons dire par l&#224; que le petit gar&#231;on n'observe pas seulement une attitude ambivalente &#224; l'&#233;gard du p&#232;re et une attitude de tendresse libidi&#173;nale &#224; l'&#233;gard de la m&#232;re, mais qu'il se comporte en m&#234;me temps comme une petite fille, en observant une attitude toute de tendresse f&#233;minine &#224; l'&#233;gard du p&#232;re et une attitude correspondante d'hostilit&#233; jalouse &#224; l'&#233;gard de la m&#232;re. Cette intervention de la bisexualit&#233; est de nature &#224; rendre difficile la t&#226;che qui consiste &#224; &#233;tablir avec pr&#233;cision les rapports existant entre les premiers choix d'objets et les premi&#232;res identifications, et elle rend encore plus difficile la description concr&#232;te et claire de ces rapports. Il se peut que l'ambivalence constat&#233;e dans les rapports avec les parents s'explique, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, par la bisexualit&#233;, au lieu de provenir, ainsi que je l'avais suppos&#233; pr&#233;c&#233;dem&#173;ment, de l'identification &#224; la suite d'une attitude de rivalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'on ferait bien, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale et surtout en ce qui con&#173;cerne les n&#233;vrotiques, d'admettre l'existence du Complexe d'Oedipe complet. L'exp&#233;rience analytique montre alors que dans un grand nombre de cas l'un ou l'autre des &#233;l&#233;ments constitutifs de ce complexe dispara&#238;t, en ne laissant que des traces &#224; peine perceptibles, de sorte qu'on obtient une s&#233;rie dont l'un des bouts pr&#233;sente le Complexe d'Oedipe normal et positif, l'autre le complexe inverse, n&#233;gatif, tandis que les cha&#238;nons interm&#233;diaires repr&#233;sentent la forme compl&#232;te, avec participation in&#233;gale des deux &#233;l&#233;ments constitutifs. Lors de la destruction du Complexe d'Oedipe, les quatre tendances qui en forment le contenu s'associeront pour donner naissance &#224; une identification avec le p&#232;re et &#224; une identification avec la m&#232;re : la premi&#232;re sera associ&#233;e &#224; son tour avec le penchant libidinal du complexe positif, c'est-&#224;-dire avec le penchant ayant pour objet la m&#232;re ; et elle servira en m&#234;me temps &#224; remplacer le penchant libidinal pour le p&#232;re qui fait partie du complexe inverse. Une situation analo&#173;gue, mutatis mutandis, s'&#233;tablira &#224; la suite de l'identification avec la m&#232;re. Les diff&#233;rences d'intensit&#233; que pr&#233;senteront ces deux identifications refl&#232;teront l'in&#233;galit&#233; des deux vari&#233;t&#233;s de dispositions sexuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que la modification la plus g&#233;n&#233;rale que la phase sexuelle, domin&#233;e par le Complexe d'Oedipe, imprime au Moi consiste essentiellement en ce qu'elle y laisse subsister ces deux identifications, rattach&#233;es l'une &#224; l'autre par des liens dont nous ne savons rien de pr&#233;cis. Cette modification du Moi assume une place &#224; part et un r&#244;le particulier et s'oppose &#224; l'autre contenu du Moi, en tant que Moi id&#233;al ou Sur-Moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Sur-Moi n'est cependant pas un simple r&#233;sidu des premiers choix d'objets par le &#199;a ; il a &#233;galement la signification d'une formation destin&#233;e &#224; r&#233;agir &#233;nergiquement contre ces choix. Ses rapports avec le Moi ne se bornent pas &#224; lui adresser le conseil : &#171; sois ainsi &#187; (comme ton p&#232;re), mais ils impli&#173;quent aussi l'interdiction &#171; ne sois pas ainsi &#187; (comme ton p&#232;re) ; autrement dit : ne fais pas tout ce qu'il fait ; beaucoup de choses lui sont r&#233;serv&#233;es, &#224; lui seul &#187;. Ce double aspect du Moi id&#233;al d&#233;coule du fait qu'il a mis tout ses efforts &#224; refouler le Complexe d'Oedipe et qu'il n'est n&#233; qu'&#224; la suite de ce refoulement. Il est &#233;vident que refouler le Complexe d'Oedipe ne devait pas &#234;tre une t&#226;che tr&#232;s facile. S'&#233;tant rendu compte que les parents, surtout le p&#232;re, constituaient un obstacle &#224; la r&#233;alisation des d&#233;sirs en rapport avec le Complexe d'Oedipe, le Moi infantile, pour se faciliter cet effort de refoule&#173;ment, pour augmenter ses ressources et son pouvoir d'action en vue de cet effort, dressa en lui-m&#234;me l'obstacle en question. C'est au p&#232;re que, dans une certaine mesure, il emprunta la force n&#233;cessaire &#224; cet effet, et cet emprunt constitue un acte lourd de cons&#233;quences. Le Sur-Moi s'efforcera de reproduire et de conserver le caract&#232;re du p&#232;re, et plus le Complexe d'Oedipe sera fort, plus vite (sous l'influence de l'enseignement religieux, de l'autorit&#233;, de l'instruction, des lectures) s'en effectuera le refoulement, plus forte sera aussi la rigueur avec laquelle le Sur-Moi r&#233;gnera sur le Moi, en tant qu'incarnation des scrupules de conscience, peut-&#234;tre aussi d'un sentiment de culpabilit&#233; inconscient. Nous essaierons de formuler plus loin quelques conjectures concernant la source &#224; laquelle le Sur-Moi puise et la force qui lui permet d'exercer cette domination et le caract&#232;re de contrainte qui se manifeste sous la forme d'un imp&#233;ratif cat&#233;gorique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;fl&#233;chissant &#224; ce que nous avons dit relativement au mode d'apparition du Sur-Moi, nous constations qu'il constitue la r&#233;sultante de deux facteurs biologiques excessivement importants : de l'&#233;tat d'impuissance et de d&#233;pen&#173;dance infantile que l'homme subit pendant un temps assez long, et de son Complexe d'Oedipe que nous avons rattach&#233; &#224; l'interruption que le d&#233;veloppe&#173;ment de la libido subit du fait de la p&#233;riode de latence, c'est-&#224;-dire aux dou&#173;bles dispositions de sa vie sexuelle. En ce qui concerne cette derni&#232;re parti&#173;cularit&#233; qui est, para&#238;t-il, sp&#233;cifiquement humaine, une hypoth&#232;se psycha&#173;naly&#173;tique la repr&#233;sente comme un reste h&#233;r&#233;ditaire de l'&#233;volution vers la culture qui s'&#233;tait d&#233;clench&#233;e sous la pouss&#233;e des conditions de vie inh&#233;rentes &#224; la p&#233;riode glaciaire. C'est ainsi que la s&#233;paration qui s'op&#232;re entre le Sur-Moi et le Moi, loin de repr&#233;senter un fait accidentel, constitue l'aboutissement naturel du d&#233;veloppement de l'individu et de l'esp&#232;ce, d&#233;veloppement dont elle r&#233;sume pour ainsi dire les caract&#233;ristiques les plus importantes ; et m&#234;me, tout en apparaissant comme une expression durable de l'influence exerc&#233;e par les parents, elle perp&#233;tue l'existence des facteurs auxquels elle doit sa nais&#173;sance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d'innombrables reprises, on a reproch&#233; &#224; la psychanalyse de ne pas s'int&#233;resser &#224; ce qu'il y a d'&#233;lev&#233;, de moral, de supra-personnel dans l'homme. Ce reproche &#233;tait doublement injustifi&#233; : injustifi&#233; au point de vue historique, injustifi&#233; au point de vue m&#233;thodologique. Au point de vue historique, parce que le psychanalyse a attribu&#233; d&#232;s le d&#233;but aux tendances morales et esth&#233;ti&#173;ques un r&#244;le important dans les efforts de refoulement ; au point de vue m&#233;tho&#173;dologique, parce que les auteurs de ce reproche ne voulaient pas comprendre que la recherche psychanalytique n'avait rien de commun avec un syst&#232;me philosophique, en possession d'une doctrine compl&#232;te et achev&#233;e, mais qu'elle &#233;tait oblig&#233;e de proc&#233;der progressivement &#224; la compr&#233;hension des compli&#173;cations psychiques, &#224; la faveur d'une d&#233;composition analytique des ph&#233;no&#173;m&#232;&#173;nes tant normaux qu'anormaux. Tant que nous avions &#224; nous occuper de l'&#233;tude des &#233;l&#233;ments refoul&#233;s de la vie psychique, nous ne pouvions gu&#232;re partager le souci angoissant de ceux qui voulaient &#224; tout prix assurer l'int&#233;grit&#233; de ce qu'il a de sublim&#233; et d'&#233;lev&#233; dans l'&#226;me humaine. Mais &#224; pr&#233;sent que nous avons abord&#233; l'analyse du Moi, nous pouvons r&#233;pondre &#224; tous ceux qui, &#233;branl&#233;s dans leur conscience morale, nous objectaient qu'il devait bien y avoir dans l'homme une essence sup&#233;rieure : certes, et cette essence sup&#233;&#173;rieu&#173;re n'est autre que le Moi id&#233;al, le Sur-Moi, dans lequel se r&#233;sument nos rap&#173;ports avec les parents. Petits enfants, nous avons connu ces &#234;tres sup&#233;rieurs qu'&#233;taient pour nous nos parents, nous les avons admir&#233;s, craints et, plus tard, assimil&#233;s, int&#233;gr&#233;s &#224; nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Moi id&#233;al repr&#233;sente ainsi l'h&#233;ritage du Complexe d'Oedipe et, par con&#173;s&#233;quent, l'expression des tendances les plus puissantes, des destin&#233;es libidi&#173;nales les plus importantes, du &#199;a. Par son interm&#233;diaire, le Moi s'est rendu ma&#238;tre du Complexe d'Oedipe et s'est soumis en m&#234;me temps au &#199;a. Alors que le Moi repr&#233;sente essentiellement le inonde ext&#233;rieur, la r&#233;alit&#233;, le Sur-Moi s'oppose &#224; lui, en tant que charg&#233; des pouvoirs du monde int&#233;rieur, du &#199;a. Et nous devons nous attendre &#224; ce que les conflits entre le Moi et l'id&#233;al refl&#232;tent, en derni&#232;re analyse, l'opposition qui existe entre le monde ext&#233;rieur et le monde psychique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que la biologie et les destin&#233;es de l'esp&#232;ce humaine ont d&#233;pos&#233; dans le &#199;a, est repris, par l'interm&#233;diaire de la formation id&#233;ale, par le Moi et rev&#233;cu par lui &#224; titre individuel. &#201;tant donn&#233; son histoire, son mode de formation, le Moi id&#233;al pr&#233;sente les rapports les plus intimes et les plus &#233;troits avec l'acquisition phylog&#233;nique, avec l'h&#233;ritage archa&#239;que de l'individu. Ce qui fait partie des couches les plus profondes de la vie psychique individuelle devient, gr&#226;ce &#224; la formation du Moi id&#233;al, ce qu'il y a de plus &#233;lev&#233; dans l'&#226;me humai&#173;ne, &#224; l'&#233;chelle de nos valeurs courantes. Mais on tenterait en vain de localiser le Moi id&#233;al de la m&#234;me mani&#232;re dont on localise le Moi tout court ou de le plier &#224; l'une des comparaisons par lesquelles nous avons essay&#233; d'illustrer les rapports entre le Moi et le &#199;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est facile de montrer que le Moi id&#233;al satisfait &#224; toutes les conditions auxquelles doit satisfaire l'essence sup&#233;rieure de l'homme. En tant que forma&#173;tion substitutive de la passion pour le p&#232;re, il contient le germe d'o&#249; sont n&#233;es toutes les religions. En mesurant la distance qui s&#233;pare son Moi du Moi id&#233;al, l'homme &#233;prouve ce sentiment d'humilit&#233; religieuse qui fait partie int&#233;grante de toute foi ardente et passionn&#233;e. Au cours du d&#233;veloppement ult&#233;rieur, le r&#244;le du p&#232;re avait &#233;t&#233; assum&#233; par des ma&#238;tres et des autorit&#233;s dont les com&#173;man&#173;dements et prohibitions ont gard&#233; toute leur force dans le Moi id&#233;al et exercent, sous la forme de scrupules de conscience, la censure morale. La distance qui existe entre les exigences de la conscience morale et les manifes&#173;tations du Moi fait na&#238;tre le sentiment de culpabilit&#233;. Les sentiments sociaux reposent sur des identifications avec d'autres membres de la collectivit&#233; ayant le m&#234;me Moi id&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La religion, la morale, le sentiment social, ces trois &#233;l&#233;ments fondamen&#173;taux de l'essence la plus &#233;lev&#233;e de l'homme 14, ne formaient au d&#233;but qu'un tout indivisible. D'apr&#232;s l'hypoth&#232;se que nous avons formul&#233;e dans Totem et Tabou, ces trois &#233;l&#233;ments ont &#233;t&#233; acquis, au cours de l'&#233;volution phylog&#233;nique, &#224; la faveur du complexe paternel : la religion et les restrictions morales, &#224; la suite de la victoire remport&#233;e sur le Complexe d'Oedipe ; les sentiments so&#173;ciaux, en pr&#233;sence de la n&#233;cessit&#233; de surmonter les restes de la rivalit&#233; qui existait entre les membres de la jeune g&#233;n&#233;ration. Dans toutes ces acquisitions morales, ce sont, semble-t-il, les hommes qui ont fray&#233; la voie, et c'est &#224; la suite d'une h&#233;r&#233;dit&#233; crois&#233;e qu'elles seraient devenues &#233;galement le patrimoine des femmes. De nos jours encore, les sentiments sociaux repr&#233;sentent une super-structure qui s'&#233;l&#232;ve au-dessus des penchants de rivalit&#233; jalouse &#224; l'&#233;gard des fr&#232;res et s&#339;urs. L'hostilit&#233; ne pouvant pas &#234;tre satisfaite, il se produit &#224; sa place une identification avec celui qui &#233;tait primitivement un rival. Des observations faites sur des homosexuels att&#233;nu&#233;s confirment la mani&#232;re de voir d'apr&#232;s laquelle cette identification servirait, elle aussi, de substitution &#224; une attitude de tendresse &#224; l'&#233;gard d'un objet, attitude qui a mis fin &#224; des rapports d'hostilit&#233; agressive 15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En abordant le domaine de la phylog&#233;nie, on voit surgir de nouveaux probl&#232;mes dont on voudrait bien &#233;luder les tentatives de solution. Mais rien n'y fait, il faut oser ces tentatives, alors m&#234;me qu'on a lieu de craindre qu'elles ne mettent au jour toute la vanit&#233; de nos efforts. La premi&#232;re question qui s'impose &#224; notre attention est celle-ci : est-ce le Moi du primitif ou son &#199;a qui, &#224; la faveur du complexe paternel, a le premier acquis ce que nous appelons religion et moralit&#233; ? Si c'est le Moi, pourquoi ne parlons-nous pas tout simplement d'acquisitions h&#233;r&#233;ditaires du Moi ? Si c'est le &#199;a, comment ces acquisitions s'accordent-elles avec son caract&#232;re ? Ou bien, aurions-nous tort de situer &#224; des &#233;poques aussi recul&#233;es la diff&#233;renciation entre le Moi, le Sur-Moi et le &#199;a ? Ou, encore, devons-nous convenir loyalement que toute notre mani&#232;re de concevoir les processus du Moi ne nous aide en rien &#224; comprendre la phylog&#233;nie et ne s'applique pas &#224; celle-ci ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondons d'abord aux questions qui comportent les r&#233;ponses les plus faciles. En ce qui concerne la diff&#233;renciation entre le Moi et le &#199;a, nous devons l'attribuer non seulement &#224; l'homme primitif, mais aussi &#224; des &#234;tres vivants beaucoup plus simples, car elle est l'expression n&#233;cessaire de l'influen&#173;ce du monde ext&#233;rieur. Pour ce qui est du Sur-Moi nous l'avons rattach&#233; aux exp&#233;riences psychiques qui ont donn&#233; naissance au tot&#233;misme. Aussi la question de savoir si c'est le Moi ou le &#199;a qui a fait ces exp&#233;riences et acquisitions perd-elle toute signification. En y r&#233;fl&#233;chissant de plus pr&#232;s, nous constatons que tout ce que le &#199;a &#233;prouve, toutes les exp&#233;riences qu'il re&#231;oit, il le doit &#224; l'entremise du Moi qui, &#224; ses lieu et place, communique avec le monde ext&#233;rieur. Et, cependant, pour autant qu'il s'agit des qualit&#233;s et pro&#173;pri&#233;t&#233;s du Moi, il ne peut gu&#232;re &#234;tre question de transmission h&#233;r&#233;ditaire directe. Ici s'ouvre un foss&#233; qui s&#233;pare l'individu r&#233;el de la notion de l'esp&#232;ce. D'autre part, il ne faut pas poser entre le Moi et le &#199;a une diff&#233;rence trop tranch&#233;e : on ne doit pas oublier, en effet, que le Moi n'est qu'une partie du &#199;a ayant subi une diff&#233;renciation particuli&#232;re. Les exp&#233;riences faites par le Moi semblent d'abord perdues au point de vue de la transmission h&#233;r&#233;ditaire, mais lorsqu'elles sont suffisamment intenses et se r&#233;p&#232;tent d'une fa&#231;on suffisam&#173;ment fr&#233;quente chez un grand nombre d'individus appartenant &#224; des g&#233;n&#233;ra&#173;tions successives, elles se transforment, pour ainsi dire, en exp&#233;riences du &#199;a dont les traces mn&#233;miques sont conserv&#233;es et maintenues &#224; la faveur de l'h&#233;r&#233;dit&#233;. C'est ainsi que le &#199;a h&#233;r&#233;ditaire abrite les restes d'innombrables existences individuelles, et lorsque le Moi puise dans le &#199;a son Sur-Moi, il ne fait peut-&#234;tre que retrouver et ressusciter des aspects anciens du Moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; le mode de formation du Sur-Moi, on comprend que les an&#173;ciens conflits qui ont eu lieu entre le Moi et les objets de concentration libidinale du &#199;a se prolongent en conflits se d&#233;roulant cette fois entre le Moi et l'h&#233;ritier du &#199;a, c'est-&#224;-dire le Sur-Moi. Lorsque le Moi n'a pas r&#233;ussi &#224; surmonter d'une fa&#231;on satisfaisante le Complexe d'Oedipe, la concentration &#233;nerg&#233;tique qu'il avait puis&#233;e dans le &#199;a se manifestera de nouveau dans la formation r&#233;actionnelle, repr&#233;sent&#233;e par le Moi id&#233;al. Le fait que le Moi id&#233;al communique largement avec les impulsions instinctives inconscientes est de nature &#224; nous expliquer ce ph&#233;nom&#232;ne en apparence &#233;nigmatique que le Moi id&#233;al reste lui-m&#234;me en grande partie inconscient, inaccessible au Moi. La lutte qui faisait rage dans les couches profondes, sans pouvoir se terminer par une rapide sublimation et identification, se poursuit d&#233;sormais, comme la bataille contre les Huns dans le tableau de Kaulbach, dans une r&#233;gion sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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