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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Poutine, l'homme des nouvelles ambitions de la bourgeoisie russe</title>
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		<dc:date>2008-11-27T17:33:33Z</dc:date>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Bourgeoisie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Poutine, l'homme des nouvelles ambitions de la bourgeoisie russe &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;crit par Robert Paris le 13 octobre 2004 &lt;br class='autobr' /&gt;
Quinze ans ont pass&#233;. La p&#233;restro&#239;ka gorbatch&#233;vienne est un lointain souvenir. La br&#232;ve euphorie d&#233;mocratique qui l'accompagna aussi. Car plus s&#233;rieusement elle ouvrait les vannes, en haut lieu, &#224; tous les app&#233;tits d'enrichissement. En effet, tr&#232;s vite, vinrent les ann&#233;es de mise &#224; l'encan, du d&#233;pe&#231;age, de l'enrichissez-vous &#224; tout va, du chacun pour soi, de la fr&#233;n&#233;sie crapuleuse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?rubrique149" rel="directory"&gt;33- La nouvelle bourgeoisie russe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;Bourgeoisie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Poutine, l'homme des nouvelles ambitions de la bourgeoisie russe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;crit par Robert Paris le 13 octobre 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze ans ont pass&#233;. La p&#233;restro&#239;ka gorbatch&#233;vienne est un lointain souvenir. La br&#232;ve euphorie d&#233;mocratique qui l'accompagna aussi. Car plus s&#233;rieusement elle ouvrait les vannes, en haut lieu, &#224; tous les app&#233;tits d'enrichissement. En effet, tr&#232;s vite, vinrent les ann&#233;es de mise &#224; l'encan, du d&#233;pe&#231;age, de l'enrichissez-vous &#224; tout va, du chacun pour soi, de la fr&#233;n&#233;sie crapuleuse qui a accompagn&#233; la course aux grands pactoles ; l'&#232;re du laisser-faire laisser-piller qui r&#233;duisit la d&#233;mocratie bourgeoise, avant m&#234;me qu'elle ait exist&#233;, &#224; sa plus simple expression : aux &#034; libres &#034; r&#232;glements de comptes mafieux entre futurs oligarques et candidats &#224; l'oligarchie. La quintessence de la libre concurrence, en somme. Pillage, meurtres, western &#224; la russe, racket &#224; grande &#233;chelle de toute la population : la nouvelle bourgeoisie russe faisait ses classes, dans les r&#232;gles de l'art, &#224; la vieille &#233;cole de l'accumulation primitive par laquelle sont pass&#233;es toutes les bourgeoisies du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, grosso modo, le partage est fait, le d&#233;pe&#231;age de l'&#233;conomie sovi&#233;tique accompli. Cela n'a jamais pris qu'une quinzaine d'ann&#233;es. M&#234;me pas, en fait. D&#232;s 1996 on comptait 1% de riches et 8% de membres de la classe moyenne &#224; un bout, et 26% de pauvres &#224; l'autre. Depuis, c'est pire. Suite &#224; l'effondrement &#233;conomique de 1998, puis au d&#233;but de redressement enregistr&#233; ces trois ou quatre derni&#232;res ann&#233;es, l'&#233;cart s'est encore accru. Pas plus de riches, mais plus riches, et une partie des 65% restants qui a bascul&#233; &#224; son tour dans la pr&#233;carit&#233; sinon la totale pauvret&#233;. Les statistiques de la Banque mondiale estiment que les &#233;carts de revenus sont actuellement comparables en Russie &#224; ceux du Mexique et du Br&#233;sil, les deux pays d'Am&#233;rique latine o&#249; les disparit&#233;s sont les plus grandes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le partage est fait, oui : les capitalistes d&#233;tiennent l'essentiel du secteur du p&#233;trole et des moyens de production de la grande industrie. Plus de 60% du PIB russe est fourni par le secteur priv&#233; (sans doute plus qu'en France - du moins avant l'actuelle vague de privatisations commenc&#233;e sous Jospin !). 85% de l'industrie priv&#233;e est contr&#244;l&#233;e par 8groupes. D'apr&#232;s la revue Politique Internationale de juillet 2004, &#034; La Russie est le troisi&#232;me pays du monde en milliardaires, derri&#232;re les USA et l'Allemagne &#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous voil&#224; en 2004, aux grandes heures de l'&#232;re Poutine, ayant rel&#233;gu&#233; dans l'oubli les has been, les Gorbatchev et les Eltsine. L'&#232;re du cynisme et du &#034; j'irai buter nos ennemis jusque dans les chiottes &#034;, de la poigne, du &#034; retour &#034; &#224; l'ordre. Avec un styleparticulier : celui de la d&#233;marche chaloup&#233;e d'un d&#233;gourdi de l'ancienne police politique qui non content de massacrer la Tch&#233;tch&#233;nie, de r&#233;agir par des carnages aux prises d'otages et d'encourager la chasse au faci&#232;s sous couvert d'anti-terrorisme, a eu n&#233;anmoins l'aplomb de mettre en taule un magnat du p&#233;trole vomi par le bon peuple. Un sauveur, donc, jeune, moderne, brutal &#224; souhait, sans rh&#233;torique. Mais le sauveur de qui ? Et au nom de quel ordre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le partage est fait, certes, mais les app&#233;tits, loin d'&#234;tre assouvis, se sont simplement aiguis&#233;s. Et cette grande bourgeoisie russe de parvenus de faire un r&#234;ve. Il ne suffit pas d'appartenir &#224; la Jet set, d'envahir les h&#244;tels de luxe de la C&#244;te d'Azur et de s'offrir des clubs de football europ&#233;ens, en un mot de jouer les pique-assiette de la r&#233;partition capitaliste mondiale, comme de simples &#233;mirs arabes ou satrapes de pays pauvres. Il faut p&#233;renniser son pouvoir, sa puissance, &#233;largir son assise. Bref, avoir les ambitions d'une bourgeoisie imp&#233;rialiste de troisi&#232;me ou quatri&#232;me rang peut-&#234;tre, mais ayant n&#233;anmoins pignon sur march&#233; mondial, donc disposant d'un solide tremplin national : en un mot, poss&#233;der un puissant appareil d'&#201;tat susceptible de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux du capitalisme russe, sinon sur l'ar&#232;ne mondiale (la f&#233;d&#233;ration de Russie n'est plus que ce qu'elle est), du moins sur l'ar&#232;ne r&#233;gionale, ne serait-ce que celle de la CEI, ces nouvelles r&#233;publiques ind&#233;pendantes d&#233;sormais soumises aussi &#224; d'autres app&#233;tits.&lt;br class='autobr' /&gt;
De ce point de vue, l'&#232;re du chacun pour soi ne suffit plus. Il faut - ce ne sont pas les pr&#233;c&#233;dents historiques qui manquent - l'homme de la situation, l'homme &#224; poigne susceptible de mettre les oligarques d'accord entre eux, dans leur int&#233;r&#234;t &#224; tous, autrement dit le &#034; sauveur &#034; sachant mettre le peuple (et les peuples) au pas quitte &#224; brider les droits d&#233;mocratiques formels dont toute oligarchie financi&#232;re et industrielle se passe facilement pour peu que ses affaires prosp&#232;rent et qu'elle y gagne une force de frappe politique, &#233;conomique et bien entendu militaire, vis-&#224;-vis de l'ext&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est de toute &#233;vidence cet homme qu'aspire &#224; &#234;tre Poutine. Et il semble bien que la bourgeoisie russe mise effectivement de plus en plus sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; L'AMI DES INVESTISSEURS &#034; : UN OLIGARQUE EN TAULE, DIX DE RETROUVES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2003, Poutine, qui avait d'abord pouss&#233; &#224; l'exil les oligarques Boris Berezovski et Vladimir Goussinski, faisait arr&#234;ter pour fraude fiscale Mikha&#239;l Khodorkovsky, le PDG de Ioukos, l'un des trusts p&#233;troliers russes les plus importants. L'&#201;tat, qui demandait &#224; Ioukos de payer 3,4milliards de dollars d'arri&#233;r&#233;s d'imp&#244;ts, bloquait ses finances et celles de ses filiales. Suite aux arrestations, le trust a vu son cours boursier s'effondrer et est menac&#233; de faillite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les oligarques sont-ils devenus la cible du pouvoir ? Assiste-t-on au retour des conservateurs staliniens ? Pas le moins du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon Marie Mendras, auteur du livre &#034; Comment fonctionne la Russie &#034;, &#034; Si Boris Berezovski et Vladimir Goussinski ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s, les autres groupes prosp&#232;rent et &#233;tendent leurs empires dans les diff&#233;rentes r&#233;gions. &#034; Et ces groupes s'&#233;tendent dans certains &#201;tats de l'ex-URSS devenus ind&#233;pendants, ceux de la CEI : &#034; On observe le jeu de l'&#233;conomie de march&#233; qui voit les groupes industriels et financiers russes intervenir de plus en plus activement dans les secteurs strat&#233;giques des pays voisins, faisant craindre qu'&#224; l'ancienne domination politique (russe) ne succ&#232;de une domination &#233;conomique et financi&#232;re (..) &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Poutine lui-m&#234;me, ancien lieutenant colonel de la police politique et officier des services secrets, fut un fid&#232;le partisan du cours &#034; r&#233;formateur &#034;. En 1991, il intervenait contre la tentative de coup d'&#201;tat hostile &#224; Gorbatchev, et se positionnait en faveur d'Eltsine. En 1996, il acc&#233;dait au poste d'adjoint de l'Intendant en chef du Kremlin, o&#249; il eut &#224; s'occuper de la l&#233;galisation de l'enrichissement de la nouvelle bourgeoisie et notamment de ses avoirs &#224; l'&#233;tranger, ce qui l'amena &#224; devenir le protecteur de nombreux nouveaux riches, notamment du clan (la &#034; famille &#034;) Eltsine. De l&#224; l'ascension &#233;tonnante de ce petit officier de police politique qui a fini par &#233;vincer Eltsine lui-m&#234;me en obtenant son d&#233;part &#034; volontaire &#034; en &#233;change de garanties sur les affaires de &#034; la famille &#034; de l'ancien pr&#233;sident.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur du livre &#034; La Russie aujourd'hui &#034; Boris Kagarlitsky, appelle Poutine &#034; l'ami des investisseurs &#034; : &#034; Pour l'essentiel, l'&#233;quipe Poutine a mis en pratique l'id&#233;al de l'&#201;tat bourgeois : les entrepreneurs ne s'ing&#232;rent plus directement dans les affaires de l'&#201;tat, mais laissent ce soin aux fonctionnaires et aux politiciens professionnels. De son c&#244;t&#233;, le gouvernement s'efforce de cr&#233;er les conditions favorables aux affaires en garantissant, au-del&#224; des int&#233;r&#234;ts des propri&#233;taires individuels, les principes de l'entreprise priv&#233;e et du march&#233; libre &#034;. Toujours est-il qu'en d&#233;pit de l'arrestation de Khodorkovsky, il semble que les oligarques ne se soient pas tromp&#233;s puisqu'ils ont soutenu Poutine aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non. Poutine n'a pas pris pour cible la grande bourgeoisie ni m&#234;me l'une de ses fractions. Il est d'ailleurs significatif que son ministre du d&#233;veloppement &#233;conomique, Guerman Gref, dont il serait personnellement tr&#232;s proche, soit l'un des principaux repr&#233;sentants du courant dit lib&#233;ral. C'est la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux de la bourgeoisie russe que vise Poutine, y compris quand il frappe pour des raisons politiques l'un des plus grands parmi les bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUE REPROCHAIT POUTINE A KHODORKOVSKY ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiellement, la fraude fiscale. En fait, de se poser ouvertement en rival du pr&#233;sident russe, en proposant sur des points essentiels une politique oppos&#233;e pour la Russie. Ainsi Poutine reprochait &#224; Khodorkovsky ses liens avec la bourgeoisie am&#233;ricaine dans la mesure o&#249; cela allait &#224; l'encontre de certains int&#233;r&#234;ts nationaux de la bourgeoisie russe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le PDG de Ioukos s'&#233;tait engag&#233; avec Dick Cheney et Condoleeza Rice, repr&#233;sentants politiques des trusts p&#233;troliers am&#233;ricains. Il avait investi 300millions de dollars dans le fond Carlyle li&#233; au clan Bush. Il pr&#233;tendait intervenir dans les choix de strat&#233;gie internationale des exportations de p&#233;trole. Or le p&#233;trole et le gaz russes repr&#233;sentent, surtout en une p&#233;riode de relative p&#233;nurie et de prix &#233;lev&#233;s, l'atout majeur pour la Russie. La prise de position publique de Khodorkovsky contre la pr&#233;sidence russe dans une affaire d'ol&#233;oducs avec la Chine a provoqu&#233; son arrestation.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; Toute une partie de l'&#233;chiquier politique, fait remarquer Jean Radvanyi, auteur du livre intitul&#233; 'La nouvelle Russie', y compris dans les cercles les plus r&#233;formateurs, consid&#232;re comme une n&#233;cessit&#233; vitale de pr&#233;server un contr&#244;le 'national' sur les segments clefs de l'&#233;conomie &#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dirigeants de l'&#201;tat russe, quand ils en &#233;taient encore &#224; vouloir favoriser l'&#233;mergence d'une classe de profiteurs, insistaient sur la faiblesse de l'&#201;tat russe, faiblesse convenant alors parfaitement aux affairistes, y compris les plus li&#233;s aux groupes mafieux. Suite &#224; la mise aux ench&#232;res puis au d&#233;pe&#231;age de la propri&#233;t&#233; d'&#201;tat, il convient maintenant de passer &#224; l'&#233;tape suivante. Pour cela il faut que l'&#201;tat &#233;tablisse des r&#232;gles, notamment le paiement des imp&#244;ts, et les fasse respecter, y compris en tapant si n&#233;cessaire sur certains francs-tireurs qu'il avait laiss&#233; s'enrichir. En &#233;change, Poutine accorde &#224; la grande bourgeoisie une sorte de garantie des biens accapar&#233;s depuis 1990. D&#232;s qu'il rencontre des patrons ou des oligarques qui s'inqui&#232;tent de l'affaire Khodorkovsky, c'est ce qu'il s'&#233;chine &#224; leur r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEVENIR UNE PUISSANCE ECONOMIQUE REGIONALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant qu'est acquise l'int&#233;gration de la Russie au monde capitaliste, son pr&#233;sident a charge d'y d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts particuliers de sa bourgeoisie. Les relations internationales de la Russie sont devenues le moyen d'&#233;tendre les affaires des trusts russes. Comme tous les chefs d'&#201;tat, celui de Russie est l'agent commercial de ses bourgeois nationaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts nationaux de la bourgeoisie russe n&#233;cessite un &#201;tat qui parle haut et fort, y compris &#224; l'&#233;tranger - et m&#234;me, &#224; l'occasion, face aux USA. Si Poutine a inaugur&#233; sa premi&#232;re pr&#233;sidence par un soutien appuy&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain suite aux attentats du 11 septembre 2001, la cuv&#233;e &#034; Poutine 2004 &#034; a une saveur beaucoup plus nationaliste, et plus circonspecte &#224; l'&#233;gard des USA. Il faut dire que nombre d'int&#233;r&#234;ts nationaux de la Russie s'opposent aux vis&#233;es am&#233;ricaines sur la G&#233;orgie et sur le p&#233;trole de la mer Caspienne ; &#224; l'inverse, les &#201;tats-Unis voient d'un mauvais &#339;il les relations de la Russie avec l'Iran ou la Chine et n'ont gu&#232;re appr&#233;ci&#233; que la Russie refuse de cautionner la guerre am&#233;ricaine en Irak. Au point que The Economist du 25 septembre 2004 titrait &#034; Les relations de la Russie avec l'Ouest se d&#233;gradent &#034;. En r&#233;alit&#233;, c'est surtout les relations avec les &#201;tats-Unis qui se sont partiellement refroidies. Du coup d'ailleurs la France et l'Allemagne y ont vu une opportunit&#233; de r&#233;chauffer les leurs avec Poutine, au point que Chirac et Schr&#246;der n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; lui rendre visite pour lui apporter un soutien explicite &#224; sa politique contre le peuple de Tch&#233;tch&#233;nie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La France et l'Allemagne affirment, face aux USA, que le monde doit &#234;tre multipolaire. Lors de la m&#234;me visite, &#224; Sotchi, Chirac a donc chant&#233; &#224; Poutine sa propre chanson : la Russie est un pays &#034; qui a vocation &#224; fournir lui-m&#234;me un des p&#244;les du monde de demain. &#034; La convergence &#233;tant certainement renforc&#233;e par le fait que l'Europe sera un partenaire &#233;conomique fondamental pour la Russie, l'alliance Paris-Berlin-Moscou r&#233;alis&#233;e lors de la guerre d'Irak semble se porter mieux que jamais. &#192; l'inverse, la Russie accuse le bloc USA-Angleterre d'accueillir des dirigeants tch&#233;tch&#232;nes ou de s'appuyer sur les difficult&#233;s russes en Tch&#233;tch&#233;nie pour avancer leurs int&#233;r&#234;ts dans la r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est bien hasardeux de sp&#233;culer sur la place que pourrait occuper &#224; l'avenir l'&#233;conomie russe sur l'ar&#232;ne mondiale. Pour le moment, le pillage de l'industrie russe a surtout servi &#224; &#233;difier des fortunes en provoquant un effondrement de la production. Rien ne dit cependant que l'industrie russe se d&#233;sint&#232;gre totalement et que la Russie s'en tienne au r&#244;le de simple fournisseur de mati&#232;res premi&#232;res. Il est, par contre, tr&#232;s improbable que la Russie soit capable dans un avenir proche de jouer un r&#244;le &#233;conomique proportionn&#233; &#224; la place politique de l'ex Union sovi&#233;tique. La politique de Poutine consiste &#224; viser un r&#233;sultat interm&#233;diaire, celui de puissance &#233;conomique r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EN TCHETCHENIE AUSSI, UNE GUERRE POUR LE PETROLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action terroriste contre une &#233;cole en Oss&#233;tie du Nord et son bilan meurtrier a ramen&#233; sur le devant de la sc&#232;ne la boucherie que m&#232;ne la Russie contre le peuple de Tch&#233;tch&#233;nie (la troisi&#232;me guerre depuis 1994). Peu avant, le pr&#233;sident Poutine se flattait d'avoir mis fin &#224; cette guerre, annon&#231;ant l'&#233;lection &#034; libre &#034; d'un pr&#233;sident tch&#233;tch&#232;ne pr&#233;tendument &#233;lu &#224; 73%, avec une participation de plus de 85% ! Loin d'&#234;tre termin&#233;e, la guerre semble s'&#233;tendre &#224; l'ensemble du Caucase du nord. La guerre continue et le bilan meurtrier s'allonge : 4749 soldats russes auraient &#233;t&#233; tu&#233;s dans cette guerre entre ao&#251;t 2002 et ao&#251;t 2003. Ces chiffres donnent une id&#233;e du bilan effroyable pour les civils tch&#233;tch&#232;nes, l'arm&#233;e russe ayant carte blanche pour terroriser la population. Enl&#232;vements, tortures et ex&#233;cutions sommaires sont monnaie courante. Quant &#224; la capitale, Grozny, elle a &#233;t&#233; enti&#232;rement ras&#233;e par l'aviation et l'artillerie, &#224; trois reprises, &#224; chaque fois que la guerre a recommenc&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Russie, embourb&#233;e dans le conflit tch&#233;tch&#232;ne, s'en sort d'autant plus difficilement que l'enjeu d&#233;passe largement cette seule r&#233;gion. Il implique les autres pays du Caucase du nord, mais aussi toute la r&#233;gion de la mer Caspienne dont les r&#233;serves p&#233;troli&#232;res attisent de nombreuses convoitises, en particulier celles des USA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le 11 septembre 2001, sous pr&#233;texte d'anti-terrorisme, les troupes am&#233;ricaines et l'OTAN se sont implant&#233;s dans toute la r&#233;gion et particuli&#232;rement en G&#233;orgie. Ce pays, qui s'est dit pr&#234;t &#224; accueillir des pipe-lines &#233;vacuant le p&#233;trole de la Caspienne vers les USA, accueille des bases militaires am&#233;ricaines. Les USA visent tout particuli&#232;rement la r&#233;gion de la mer Caspienne avec ses grandes r&#233;serves d'hydrocarbures. L'ol&#233;oduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan et celui (en construction) de Bakou-Tbilissi-Erzerom montrent l'importance de la G&#233;orgie et aussi du Caucase du sud (Arm&#233;nie, G&#233;orgie, Azerba&#239;djan) pour les USA. Ces ol&#233;oducs sont consid&#233;r&#233;s par la Russie comme de purs actes d'agression des USA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;sident g&#233;orgien Mikha&#239;l Saakachvili d&#233;clarait dans la revue fran&#231;aise Politique Internationale de juillet 2004 : &#034; Les Am&#233;ricains ont contribu&#233; &#224; l'entra&#238;nement de nos unit&#233;s d'&#233;lite. Aujourd'hui, la Russie est frustr&#233;e de voir que l'influence occidentale s'accro&#238;t dans la r&#233;gion. (...) La G&#233;orgie occupe la deuxi&#232;me place mondiale pour ce qui est du montant d'aide directe am&#233;ricaine par habitant. &#034; Depuis 2002, 200 b&#233;rets verts am&#233;ricains sont &#224; l'&#339;uvre en G&#233;orgie et le pays a sign&#233; au printemps 2003 un accord, sans comparaison au monde, qui autorise toute unit&#233; am&#233;ricaine &#224; s&#233;journer &#224; tout moment sur le sol g&#233;orgien sans demande pr&#233;alable.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Russie s'accroche avec d'autant plus d'&#226;pret&#233; au Caucase du nord (Tch&#233;tch&#233;nie, Daghestan, Ingouchie, Oss&#233;tie du nord) que le Caucase du sud est investi par les USA. La riposte russe aux tentatives des dirigeants g&#233;orgiens de se lier aux &#201;tats-Unis a consist&#233; en pressions &#233;conomiques, militaires et politiques contraignant la G&#233;orgie &#224; adh&#233;rer &#224; la CEI, cet ensemble d'&#201;tats form&#233; autour de la Russie. Dans le m&#234;me temps cette derni&#232;re soutient militairement et financi&#232;rement l'irr&#233;dentisme de plusieurs r&#233;gions de G&#233;orgie, en Abkhazie et en Oss&#233;tie du sud, dont les dirigeants ind&#233;pendantistes affirment vouloir rejoindre la Russie. Elle y appuie des bandes arm&#233;es pendant que la G&#233;orgie fait de m&#234;me contre la Russie dans le Caucase du nord. Directement ou indirectement, les &#201;tats-Unis ne sont donc pas &#233;trangers aux difficult&#233;s russes dans le Caucase. Et comme la guerre d'Irak, la guerre de Tch&#233;tch&#233;nie a une forte odeur de p&#233;trole. Les civils tch&#233;tch&#232;nes paient terriblement cher les rivalit&#233;s imp&#233;rialistes. Et dans cette sale guerre, on peut dire que Poutine repr&#233;sente tr&#232;s directement les int&#233;r&#234;ts de l'oligarchie russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AU NOM DE &#034; LA DICTATURE DE LA LOI &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste &#224; un durcissement du r&#233;gime que Poutine, avec son aplomb habituel, appelle &#034; la dictature de la loi &#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ladite loi n'est gu&#232;re entr&#233;e en ligne de compte dans la fa&#231;on dont les forces de l'ordre de Poutine en ont fini avec la prise en otage des enfants oss&#232;tes. Si le carnage a constern&#233; l'ensemble de la population et suscit&#233; bien des doutes, Poutine s'en est servi imm&#233;diatement &#224; son avantage en annon&#231;ant dans les jours qui ont suivi toute une s&#233;rie de mesures autoritaires au nom de la lutte anti-terroriste : les gouverneurs et les pr&#233;sidents des r&#233;publiques (sur lesquels Poutine a fait porter la responsabilit&#233; du d&#233;veloppement du terrorisme et l'incomp&#233;tence des forces de l'ordre au cours de la prise d'otages de Beslan), devront d&#233;sormais avoir l'aval du pouvoir central pour &#234;tre candidats ; les candidatures libres &#224; la douma ne seront plus possibles et les candidats d&#233;put&#233;s devront l'&#234;tre sur listes ; renforcement du contr&#244;le sur les m&#233;dias, &#224; commencer par la d&#233;mission forc&#233;e du r&#233;dacteur en chef des Izvestias (accus&#233; d'avoir fait preuve de sentimentalisme au moment de l'assaut des forces de l'ordre &#224; Beslan) ; annonce du r&#233;tablissement prochain du passeport int&#233;rieur r&#233;glementant le droit de libre r&#233;sidence pour les Russes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le chantage de Poutine est le suivant : soit un pouvoir dur et r&#233;pressif et la d&#233;fense sans faiblesse du territoire russe, soit de nouveaux actes terroristes, le d&#233;clin du pays et la mis&#232;re pour la population. Il s'adresse ainsi &#224; nombre de travailleurs pouss&#233;s par la mis&#232;re ou de petits bourgeois soucieux de renouer avec leurs illusions d&#233;&#231;ues qui veulent voir en Poutine un possible sauveur. L'aspiration &#224; la d&#233;mocratie, encens&#233;e en 1988-89 et de plus en plus &#233;corn&#233;e depuis, peut donc &#234;tre remis&#233;e au rang d'accessoire inutile. C'est en tout cas le nouveau credo de la bourgeoisie russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ET LE PROLETARIAT ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition des ouvriers a gravement empir&#233; depuis quinze ans. La journ&#233;e de travail dure entre 10 et 12 heures, la semaine entre 70 et 75heures et nombre de salaires restent impay&#233;s. La dur&#233;e de vie moyenne d'un ouvrier est pass&#233;e de 63 ans en 1985 &#224; 53 ans en 1998.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme si la clochardisation et la mis&#232;re n'avaient pas encore assez s&#233;vi, Poutine s'emploie plus que jamais &#224; faire payer les travailleurs et &#224; brider leurs maigres droits. Le pouvoir central affirme vouloir se d&#233;lester des charges de la politique sociale et rendre celle-ci aux autorit&#233;s locales et provinciales (sans bien s&#251;r leur transf&#233;rer les moyens de l'assurer). Un nouveau code du travail est entr&#233; en vigueur en 2000 (le pr&#233;c&#233;dent datait de 1971) qui r&#233;duit encore les droits des travailleurs. Le droit de gr&#232;ve est de plus en plus fermement combattu. Les syndicats plus que jamais encadr&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la demande de Poutine, la douma russe a vot&#233; au d&#233;but ao&#251;t2004 une loi qui entrera en vigueur en janvier 2005 et qui supprime de nombreux avantages sociaux. Ces droits &#224; b&#233;n&#233;ficier des services publics (transports, sant&#233; ou &#233;lectricit&#233;) concernaient les &#034; h&#233;ros du travail &#034;, les invalides, les anciens combattants et les retrait&#233;s. Seuls les plus pauvres continueront &#224; percevoir des allocations oscillant entre 20 et 96 euros par mois (selon L'Humanit&#233; du 5 ao&#251;t 2004). Autant de mesures visant &#224; favoriser l'exploitation. Poutine se fait le champion de la r&#233;duction du co&#251;t du travail dans un pays o&#249; m&#234;me les salari&#233;s ayant un emploi fixe n'arrivent pas &#224; survivre avec leurs revenus !&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, &#224; partir de 1989, les travailleurs ont acquis le droit de manifester et le droit de gr&#232;ve a &#233;t&#233; l&#233;galis&#233;. Ils ont un droit &#224; l'information comme les autres citoyens. Mais cela n'est que th&#233;orique. En fait, le nombre de m&#233;dias et d'organisations ouvri&#232;res est tr&#232;s r&#233;duit. Pour la plus grande part, il s'agit des anciens &#034; syndicats &#034; staliniens reconvertis et ils sont plut&#244;t en baisse. Les travailleurs n'ont pratiquement pas de repr&#233;sentants dans les parlements et autres organismes dirigeants de la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La classe ouvri&#232;re n'a aucune sympathie pour les oligarques qu'elle consid&#232;re comme des voleurs et des bandits. Beaucoup se tournent vers l'&#201;tat et comptent sur la r&#233;pression pour apporter la solution. Le nationalisme reste le principal pi&#232;ge, bien des gens modestes ne voyant dans les drames de la Russie que le r&#233;sultat de l'oppression des pays occidentaux. Le racisme anti-caucasien est un poison tout aussi dangereux. Les id&#233;es fascistes se d&#233;veloppent sur le terreau de la mis&#232;re et de la d&#233;moralisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela dit, les travailleurs ont men&#233; des luttes importantes depuis 1989. Ce sont les mineurs qui ont connu les mouvements les plus importants en 1989-91, puis &#224; nouveau en 1993. De fin 1996 &#224; septembre 1998, les gr&#232;ves ont connu un d&#233;but de g&#233;n&#233;ralisation, touchant surtout les enseignants et les personnels de sant&#233;. Un million d'ouvriers ont fait gr&#232;ve au cours de l'ann&#233;e 1998. Boris Kagarlitsky, dans son livre La Russie aujourd'hui, les d&#233;crit ainsi : &#034; Ces fameuses gr&#232;ves de l'industrie du charbon qui paralys&#232;rent les mines les unes apr&#232;s les autres, furent un choc tant pour les directeurs que pour les responsables syndicaux. Lors des arr&#234;ts de travail, des dirigeants ouvriers &#233;merg&#232;rent et les mineurs prirent confiance en leur force. (...) En 1989 et 1990, des comit&#233;s ouvriers apparurent dans toutes les r&#233;gions mini&#232;res de l'URSS. (...) Au printemps 1994, les retards dans le versement des salaires d&#233;clench&#232;rent une nouvelle vague d'actions collectives. (...) Au cours d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; Nadym, centre de l'industrie du gaz en Sib&#233;rie occidentale, les gr&#233;vistes prirent le contr&#244;le de la ville. Les mineurs formul&#232;rent des revendications d'ordre politique. (...) En 1998, l'aggravation de la crise sociale contraignit les travailleurs &#224; chercher une issue par eux-m&#234;mes. Leur r&#233;ponse &#224; la politique gouvernementale prit la forme d'une ''guerre du rail'' d&#233;clar&#233;e &#224; l'&#233;t&#233; 1998. Ayant perdu patience, les ouvriers se mirent &#224; bloquer les principales voies ferroviaires. (...) En 1999, une bataille fut livr&#233;e au sein du combinat cellulose de Vyborg. Le collectif ouvrier se r&#233;volta contre le rachat des parts de l'entreprise par des Am&#233;ricains. (...) Les autorit&#233;s envoy&#232;rent les forces sp&#233;ciales &#224; l'assaut de l'usine. Les forces sp&#233;ciales, voyant que les ouvriers prenaient le dessus, ouvrirent le feu sur la foule. Plusieurs personnes furent bless&#233;es mais les ouvriers ne recul&#232;rent pas.(...) &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Des phases de m&#233;contentement massif, la classe ouvri&#232;re russe en a donc connues &#224; plusieurs reprises (du fait des salaires impay&#233;s, des licenciements, de l'inflation massive ou des menaces de fermetures), mais ces r&#233;actions, pour importantes qu'elles furent, sont rest&#233;es sporadiques - ni plus ni moins, en fait, que dans les riches pays occidentaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nul ne peut dire au travers de quelles exp&#233;riences le prol&#233;tariat va reconstruire sa conscience et son organisation. Ce qui est s&#251;r, c'est qu'il en a les moyens. Malgr&#233; la chute de la production industrielle, la classe ouvri&#232;re reste une force consid&#233;rable. L'industrie, &#224; elle seule, compte 11millions de salari&#233;s parmi lesquels 9 millions d'ouvriers (dont 5 millions dans les grandes entreprises). L'ensemble des salari&#233;s repr&#233;sente 72millions de personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Russie, d'une certaine fa&#231;on, est peut-&#234;tre redevenue ce qu'elle &#233;tait avant la r&#233;volution d'octobre : le cha&#238;non le plus faible du capitalisme, &#034; l'homme malade de l'Europe &#034;. La bourgeoisie y est r&#233;cente et sa mise en place rapide a n&#233;cessit&#233; d'&#233;normes sacrifices pour les milieux populaires sans apporter bien-&#234;tre et d&#233;veloppement. Les ouvertures d&#233;mocratiques de la glasnost et la p&#233;restro&#239;ka n'ont profit&#233; qu'aux repr&#233;sentants bourgeois et petits bourgeois de la population. Pour l'heure, la nouvelle bourgeoisie russe s'en remet au bonapartisme cynique et muscl&#233; d'un Poutine. En attendant les prochaines crises politiques. Resterait alors au prol&#233;tariat &#224; jouer sa propre partition. Ce ne serait pas le premier retournement historique que r&#233;serverait la Russie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 7 octobre 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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