English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS > Editorial 02-06-2009 - Qu’est-ce qui grippe ?

Editorial 02-06-2009 - Qu’est-ce qui grippe ?

jeudi 28 mai 2009, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

Quels sont ces porcs qui grippent la société ?

Tous les responsables politiques ne tarissent pas de phrases rassurantes selon lesquelles les peuples devraient leur faire confiance face à l’épidémie de grippe. Cependant, elle ne cesse de s’étendre, est passée de l’animal à l’homme et passe maintenant d’homme à homme. Pourquoi devrions nous leur faire davantage confiance dans ce domaine que dans d’autres ? Dans la crise économique, tous les pouvoirs, toutes les institutions, ont montré leur capacité de mentir, de tromper, de voler les travailleurs et les peuples. Et leur incapacité de lutter contre la catastrophe économique et sociale. Ne vient-on pas d’apprendre que la SNCF (frappée par un plan d’économies drastiques), EDF (qui doit se recapitaliser), hôpitaux (dans le rouge), comme les banques, les caisses d’épargne et les sociétés privées (dont la liste des licenciements ne cesse de s’allonger), sont à la limite de la faillite, comme toute la société. Là aussi, les gouvernants n’avaient cessé de faire des déclarations pour nous rassurer. N’en serait-il pas de même face à un risque mortel tel qu’une pandémie ?

Les responsables français, par exemple, n’ont rien eu de plus pressé que de rassurer à propos de la "filière porcine" pour que les ventes de viande de porc ne baissent pas. C’est pour cela qu’ils ont demandé que l’on appelle la "grippe porcine", "grippe mexicaine". Les autorités mondiales ont prétendu qu’il ne fallait pas restreindre les voyages malgré la grippe, pour ne pas faire baisser le niveau des échanges et des transports, et les profits que cette filière économique réalise ainsi que les profits boursiers des actions liées au transport aérien. En somme, ces gens-là sont bien moins préoccupés par l’avenir de la "filière humaine" que par celle de leurs profits !

Dans cette situation, le moins rassurant, c’est bien leurs déclarations soi-disant rassurantes ... Roselyne Bachelot a appelé les Français à ne pas s’alarmer comme Christine Lagarde l’avait fait pour la crise des subprimes qui ne devait, selon elle, pas toucher la France. On se souvient du nuage de Tchernobyl qui devait s’arrêter à la frontière et de la crise des banques US qui ne touchait pas les banques françaises mais ... les a déjà fait couler trois fois ! Là encore, les responsables français se distinguent : ils affirment disposer de quantité de doses de médicaments pour soigner la population française alors qu’on sait qu’on ne disposera pas avant des mois d’un médicament réellement efficace.

Ces « autorités » ont-elles envoyé immédiatement des doses de Tamiflu, qu’elles nous vantent ici, au Mexique qui n’en avait pas ? Non ! Les trusts de l’industrie pharmaceutique qui combattent contre la production d’antiviraux, les ont-elles ramené à la raison puisqu’il y va de la vie humaine ? Non ! Combattent-elles les méthodes de l’agroalimentaire intensif qui ont cours aux USA et au Mexique, avec des porcs confinés par milliers dans des hangars avec de très importantes déjections polluantes et des animaux continuellement sous antibiotiques en multipliant les résistances ? Encore non ! Par contre, elles laissent les laboratoires comme Roche profiter de la situation pour faire fortune à la bourse du fait qu’il détient le Tamiflu. La grippe, c’est encore une source de profits boursiers.

Madame Bachelot prétend que la France serait préparée pour faire face. C’est un mensonge. Rien n’est prévu. Pour la grippe porcine, le Tamiflu n’est pas efficace et ce n’est pas un vaccin. Rien ne prouve que ses masques le soient. Elle ment et elle n’a même pas prévu des endroits pour accueillir les éventuels malades. En cas d’épidémie, les gens se rendraient massivement aux urgences, infectant les autres malades ! Il n’y a pas de lits, pas de personnels suffisants pour accueillir les patients. Ils nous refont le coup du nuage radioactif de Tchernobyl qui avait fait demi-tour à la frontière de la France. Le bilan avait été de nombreuses victimes du cancer de la thyroïde !

Le fait que cette maladie ait démarré dans un pays frappé par la pauvreté n’est nullement un hasard. La misère et le sous-développement, la pauvreté aussi des soins, voilà un terrain propice. Bien entendu, quand la vie même de toute la population du monde est en cause, on aurait pu penser que les pays riches, rompant avec leurs habitudes, auraient donné au Mexique des moyens massifs pour résister à la propagation de l’épidémie. Il n’en a rien été.

Au moment où la planète risque de sombrer dans la crise mondiale due à la nocivité du système capitaliste, cette crise sanitaire ne vient pas comme un hasard. La crise porcine est parfaitement liée au mode de fonctionnement social aberrant et criminel du capitalisme et il est plus que temps de retirer à ces irresponsables le soin de notre avenir...

2 Messages de forum

  • Editorial 02-06-2009 29 mai 2009 10:27

    Tout est dit dans cet édito : la France qui se vante d’être prête face à la grippe, comme si les virus connaissaient les frontières et la couleur des drapeaux nationaux !
    Comme la crise économique, il n’y a pas de solution locale : et tout ceux des gouvernants qui diraient (ou feraient) le contraire, avouent leur incompétence et les limites du mode capitaliste.
    L’OMS n’est pas plus apte à régler les problèmes car elle n’est que la somme des intérêts des nations et des impérialismes qui soignent les prolétaires à coup de guerres, restrictions de soins, licenciements et chasse aux pauvres et aux chomeurs etc..
    Quand des villes comme Argenteuil (banlieue parisienne), en arrive à utiliser un gaz toxique pour faire fuir des travailleurs sans logement, et sans revenu, du centre ville et surtout des abords des centres commerciaux ; c’est à dire quand on voit le traitement qu’une commune, à petite échelle, réserve à des êtres humains, on ne peut pas croire 1mn que l’Etat est du côté des travailleurs.
    Récemment encore, c’est Berlusconni qui a conseillé à la population qui avait tout perdu lors du séisme en Italie, d’aller se racheter des meubles chez Ikéa. Le mépris des classes dirigeantes est sans limites et comme le disait Prévert,

    "C’est le sourire du capital
    le sourire de la bourgeoisie
    C’est le rire de la « Vache qui rit »
    Un rire aimable… un sourire impitoyable

    C’est la coutume Il y a trop de travailleurs dans le monde

    Il faut les expédier dans l’autre

    Trop de travailleurs, trop de café, trop de sardines
    Trop de betteraves, trop de fraises des bois,
    Trop d’instituteurs…


    Et le sourire de la bourgeoisie s’est figé

    La prochaine guerre va commencer.


    Souriez, jeunes gens

    Votre fosse est fraîchement creusée

    L’union de tous contre les exploiteurs peut faire sourire.

    Les exploiteurs ne souriront pas toujours.

    Répondre à ce message

  • Editorial 02-06-2009 - Qu’est-ce qui grippe ? 26 juin 2009 09:57, par Robert Paris

    Selon la ministre, il n’est pas nécessaire de reconnaitre la pandémie en France, mais, selon "Le Figaro"

    À l’automne entre 25 et 50 % de la population française pourrait être touchée par la grippe, selon plusieurs experts français. « L’hypothèse la plus plausible est la survenue d’une deuxième vague à l’automne avec un assez grand nombre de cas, du fait de la forte contagiosité de ce H1N1, assure le Pr Patrick Berche (chef du service de microbiologie à l’hôpital Necker, Paris). Dans ce cas, l’épidémie sera difficile à contrôler pendant 8 à 10 semaines durant lesquelles il faudra probablement envisager des mesures d’isolement collectives. » Certes, les virus grippaux sont imprévisibles, certes d’autres scénarios sont possibles - de l’extinction de l’épidémie à une pandémie grave avec un virus plus virulent -, mais l’hypothèse la plus vraisemblable est celle d’une explosion épidémique à la rentrée scolaire. Malgré l’arrivée de l’été, période peu propice à la grippe, le virus H1N1 a réussi à flamber à Paris en quelques jours, dans trois écoles du XVe arrondissement. D’autres établissements sont touchés en Ile-de-France.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0