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C’est une crise sociale qui traverse le Maghreb et le monde arabe et elle ne va pas être résolue seulement en changeant quelques têtes gouvernantes. il faut un changement social radical. Seuls les travailleurs et les jeunes peuvent, en s’unissant aux soldats, offrir une issue ... le pouvoir aux travailleurs !!!!

samedi 5 février 2011, par Robert Paris

On propose au peuple égyptien soit le maintien de Moubarak soit son remplacement par un chef militaire tout aussi responsable du système Moubarak comme on a remplacé Ben Ali par son second. ces propositions intitulées mensongèrement "transition démocratique" ne résolvent en rien l’absence de démocratie et encore moins l’absence de justice sociale. Bien au contraire, elles visent à ne rien changer au système social qui domine : impérialiste et capitaliste !!! C’est même l’impérialisme qui conçoit ces "solutions".

Or le peuple égyptien est étouffé par ce système qui lui permet tout juste de mourir à petit feu...

En avril 2008, la crise du pain avait provoqué des émeutes jusque dans le delta nourricier du Nil. La rue étant ce qu’il craint vraiment le plus, le pouvoir avait alors mis un frein à la libéralisation des prix du pain. Il a donc maintenu le système de subventions hérité de l’époque socialiste. Mais ce pain vendu à tarif réduit ne couvre pas les besoins de la population que l’appauvrissement a justement conduit à renoncer à une alimentation variée pour se contenter de pain.

Comme l’explique un habitant de la région de Mansura par exemple, des cartes de rationnement permettent à chaque famille d’acheter « tous les deux jours dix pains au tarif subventionné de cinq piastres pièce. Ça fait 5 pains par jour. Ça ne suffit pas du tout. Surtout que chaque famille compte de cinq à dix personnes » et chacun de ces pains ne représente en fait qu’une ration.

La crise sociale et politique en Egypte est le produit d’un système social, le capitalisme, dans lequel une minorité roule sur l’or pendant que la majorité croupit dans la misère. Plus de 40% des 80 millions d’habitants de l’Égypte vit en dessous du seuil de pauvreté. Beaucoup de travailleurs survivent avec 60 dollars par mois — dans un pays ou la plupart des économistes indépendants estiment que le minimum vital est d’au moins 220 dollars. Le chômage augmente — il est estimé à 20 à 25% chez les jeunes travailleurs. Les emplois dans les pays du Golfe — qui étaient autrefois une source de revenu pour les familles — ont presque disparus ces dernières années.

Le quotidien libéral Al-Masry Al-Youm fait régulièrement état d’histoires désolantes : des gens pauvres qui n’arrivent pas à se payer de la nourriture ; des fonctionnaires qui gagnent 30 dollars par mois mais dont le loyer seul est déjà de 20 dollars ; des veuves avec 2 ou 3 enfants qui reçoivent des pensions de 15 dollars par mois alors qu’un kilo de viande coûte 12 dollars ; des propriétaires d’usines et d’entreprises qui ferment et quittent le pays en laissant des milliers de travailleurs sur le carreau.

Cette pauvreté n’est pas due au manque de ressources ni d’infrastructures économiques. L’Égypte a de nombreuses sources de revenu, dont des réserves de gaz naturel, des mines, l’agriculture, l’industrie et un tourisme en pleine expansion. La pauvreté en Égypte est une fabrication sociale à 100%. Les élites ont pillés les travailleurs et les pauvres en leur payant des bas salaires et en limitant strictement les pensions et les autres allocations sociales.

Pendant ce temps, les riches continuent à montrer sans complexe leurs richesses exorbitantes et leur style de vie dispendieux à l’occidentale. Ils envoient leurs enfants dans l’élitiste Université américaine du Caire où le minerval coûte 12 000 $ l’année — quand ce n’est pas dans des universités occidentales. Les fêtes de mariage de la classe moyenne supérieure — même pas les plus riches — coûtent des dizaines de milliers de dollars, si pas des centaines de milliers.

De plus en plus, les dirigeants égyptiens vivent dans des communautés isolées et grillagées, protégées de la colère des masses par les lois d’urgence et la répression de Moubarak. Le régime protège les riches en emprisonnant, en torturant et en intimidant les activistes de l’opposition et les syndicalistes, y compris les membres modérés des Frères musulmans, les nationalistes arabes et les révolutionnaires socialistes. Les forces de sécurité brutalisent régulièrement des manifestants pacifiques et sont connues pour isoler les manifestantes pour les agresser sexuellement. Même les membres de l’opposition au parlement qui osent s’opposer sont attaqués.

Un rapport de deux économiste égyptiens publié par le Bureau International du Travail met en lumière la croissance exponentielle de la pauvreté en Egypte dans les années 90. Des chiffres inquiétants révélant l’échec de la politique de libéralisation égyptienne.

La moitié de la population égyptienne vit dans la pauvreté. 32 millions d’Egyptiens sur 64 millions sont considérés comme " pauvres " et dans ces 32 millions, 6 sont considérés comme " très pauvres " par les deux économistes égyptiens qui viennent de sortir un rapport publié par le Bureau International du Travail (BIT). Naglaa Al-Ehwani et Heba Al-Leissi soulignent que la pauvreté est passée de 39% en 1990 à 48% en 1999 dans les régions urbaines et de 39% à 55% sur la même période dans les régions rurales.

Des chiffres inquiétants qui illustrent, selon l’hebdomadaire Al-Ahram, les effets sur la population égyptienne de la politique de libéralisation menée par le gouvernement depuis les années 90. Alors que le développement du secteur privé était censé créer plus d’emplois, le rapport note que " les réformes du secteur public ont eu un effet profond sur les revenus des pauvres " et qu’elles ont " impliqué des pertes d’emplois ", amenant le taux de chômage dans le pays à 9%.

Pauvreté record en Haute-Egypte

Le niveau social des Egyptiens a également été sévèrement atteint. Les salaires ont subi une chute de 25% de leur valeur réelle dans les années 90. Ainsi, ceux qui ont conservé leur emploi durant cette période ont vu nettement chuter leur pouvoir d’achat. Selon une autre étude, menée par Mohaya Zaytoun et citée par Al-Ahram, la chute du pouvoir d’achat a entraîné de façon logique une chute des dépenses sociales des ménages (dans les domaines de l’éducation et de la santé notamment).

Le rapport conclut que " la centralisation rigide, le manque de coordination et la faiblesse institutionnelle dans le secteur gouvernemental sont des facteurs majeurs entravant la réduction de la pauvreté et du chômage ". La Haute-Egypte est pointée comme la région la plus pauvre d’Egypte et Assiout, le gouvernorat le plus pauvre de Haute-Egypte. Le Caire, qui accueille 50% de la population urbaine du pays, ne renferme que 19% des pauvres urbains.

Les solutions du peuple travailleur sont tout autre :

- Restitution au peuple de ses richesses, y compris celles détenues par les chefs de l’armée

- Suppression des privilèges de minorités d’oligarques, de militaires et de profiteurs liés à eux

- Organisation de tout le peuple travailleur en comités ayant la totalité des pouvoirs

- Organisation des soldats en comités ayant toute la direction de l’armée, les officiers n’ayant plus aucun pouvoir pas plus que les généraux

- Restitution de tous les biens volés au peuple travailleur

- Désarmement des bandes armées du pouvoir : policiers, forces spéciales et officiers de l’armée

- Rupture avec les impérialismes

- Priorité au bien être de la population : produits de première nécessité, logement, emploi, santé, sécurité des citoyens,... sous le contrôle des comités populaires.

Médite ces vers de Qabbani :

J’essaie de dessiner des pays...
Avec un Parlement de jasmin...
Avec un peuple aussi délicat que le jasmin...
Où les colombes sommeillent au dessus de ma tête
Et où les minarets dans mes yeux versent leurs larmes
J’essaie de dessiner des pays intimes avec ma poésie
Et qui ne se placent pas entre moi et mes rêveries
Et où les soldats ne se pavanent pas sur mon front
J’essaie de dessiner des pays...
Qui me récompensent quand j’écris une poésie
Et qui me pardonnent quand déborde le fleuve de ma folie...

J’essaie de dessiner une cité d’amour
Libérée de toutes inhibitions...
Et où la féminité n’est pas égorgée... ni nul corps opprimé

Ce rêve est aujourd’hui celui des masses arabes dans tout le Maghreb et le Moyen-Orient. Non, elles ne réclament pas du pain, mais crient partout la volonté d’en finir avec les dictatures.

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