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Editorial - Qui joue sur les peurs surfe sur la vague brune !

samedi 30 avril 2011, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx


Après les Roms, les sans papiers, les Musulmans, ce sont les immigrants en provenance de Tunisie qui sont accusés de menacer la France !!!!

Juste après avoir clamé sa solidarité avec les peuples du Maghreb en révolution, voilà Sarkozy en train de mener des rafles violentes contre quelques immigrants venus d’une Tunisie qui, malgré sa révolution, est encore loin d’avoir pu renverser un ordre social inique qui arrange bien les intérêts capitalistes français ! Alors que la bourgeoisie française fait son beurre en Tunisie comme au Maroc ou en Algérie, les réfugiés de ces pays sont traités comme des bandits !!!!

Mais qui menace la société, en France comme ailleurs ? Quelques migrants ? C’est ce que prétendent Sarkozy, Berlusconi ou Le Pen. Le PS, plus modestement, oublie ses ministres de l’intérieur comme Chevènement et trouve "un peu exagérées" ces affirmations.

Mais tous se gardent de dire ce qui est véritablement en jeu : détourner la colère sociale de la population contre des boucs émissaires pour éviter qu’elle se tourne contre les véritables responsables de la crise qui frappe le système. Le chômage, la misère, l’inflation, l’insécurité sociale grandissent et la colère aussi. Du coup, alors que les tentatives de détourner ces sentiments contre les Roms, contre les sans-papiers, contre les Musulmans ont échoué, c’est reparti contre les Tunisiens ! Et voilà les xénophobes qui réclament de protéger la France derrière des frontières.

Mais ces frontières nous protégeraient de quoi. de la chute des emplois ? De l’inflation ? De la crise ? Pas du tout. ces frontières n’en sont pas quand il s’agit des capitaux, des magouilles des trusts, de la spéculation, des diktats des marchés, des faillites en chaine des banques, des trusts, des Etats....

Ceux qui réclament plus de frontières contre quelques immigrants ne veulent surtout pas combattre les financiers qui détruisent les monnaies, le crédit des pays, les économies, les budgets et les sociétés. Non, ceux-là, qu’ils s’appellent Le Pen ou Sarkozy laissent volontiers les spéculateurs dans leur oeuvre destructrice et ils s’ingénient même à distribuer de nouveaux milliards à ces marchés quand ils cassent l’euro, quand ils cassent l’Europe. Et la gauche ne vaut pas mieux. N’a-t-on pas vu un Rocard participer au plan de grand emprunt pour distribuer des milliards aux capitalistes sous prétexte d’aider l’économie ou la recherche. N’a-t-on pas vu DSK devenir le chef du FMI, cet organisme qui impose des sacrifices aux peuples pour payer les frasques de ses classes dirigeantes ? Cela ne leur a pas valu la moindre réprimande du PS, ce parti qui a fourni une grande partie de ses dirigeants pour fonder les gouvernements de Sarkozy.

Alors ce sont les migrants qui grippent l’économie capitaliste ? Ce sont eux qui ont provoqué la crise de 2008 et préparent la prochaine ? Ou ce sont les financiers, les spéculateurs, les banquiers, les chefs des trusts et les gouvernants à leur service ? Ceux qui n’ont pas de cadeaux assez fastueux pour aider les banques, les assurances, ’Automobile ou le Bâtiment et pas un centime pour les écoles, les hôpitaux, les transports et l’énergie, ont bien besoin de ces boucs émissaires pour que la population soit trompée sur les vrais responsables de la faillite qu’engendre le système capitaliste...

Et nous, travailleurs, ces gens-là nous désignent comme futurs gogos de leur manipulation. Nous devrions, paraît-il, tomber dans le piège de la xénophobie, croire que les Tunisiens nous menacent, que les burqas nous ruinent, que les sans papiers nous prennent notre boulot et que l’Islam nous bourre le crane !!!! Allons donc... Nous ne sommes pas si bêtes. Si les grands partis, de gauche, de droite et du centre, voient dans la peur de Le Pen un moyen de rabattre l’électeur, dégoûté de tout et de tous, vers le bureau de vote, nous n’avons pas oublié les leçons de l’Histoire, celle de l’Italie de 1922, de l’Allemagne de 1933, de la Yougoslavie ou du Rwanda. jouer sur les peurs en période de crise, c’est aller vers l’enfer, vers le fascisme.

Le fascisme, Le Pen ne l’a pas inventé. Ce n’est pas Le Pen qui le fait monter. C’est la crise sociale. Ce n’est pas dans les urnes que l’on combattra les risques de la vague brune mais dans la lutte sociale.

Le fascisme sort de cette société. Il vient de la catastrophe économique et sociale qui nous menace. Il vient de l’absence de perspectives des centrales syndicales et des partis de gauche qui discréditent la classe ouvrière, y compris à ses propres yeux comme l’a encore récemment montré le conflit des retraites...

Cette absence de confiance des travailleurs en leur propre force est l’un des objectifs atteints par l’intersyndicale dans le dernier conflit alors que cette dernière a prétendu que, malgré l’échec du mouvement, les travailleurs avaient gagné "la bataille de l’opinion". L’opinion des travailleurs, c’est qu’ils ont été battus et que les retraites seront remises en cause malgré un nombre de manifestants et de grévistes égal à celui de la mobilisation en Egypte. l’opinion des couches petites bourgeoises, c’est qu’un seul homme, Sarkozy, pourtant affaibli par une côte de popularité au plus bas, a réussi à battre l’ensemble de la classe ouvrière, de l’aveu même des centrales syndicales et des partis de gauche qui développaient cette stratégie de l’échec !!!

Notre crédit vis-à-vis des classes moyennes frappées par la crise en est diminuée d’autant : des paysans, des artisans, des pêcheurs, des épargnants, des retraités, des petits commerçants que la crise frappe ou qui craignent qu’elle les ruine.

Ce n’est pas non plus la gauche bourgeoise qui va renforcer les travailleurs même si elle n’a pas de mots assez durs contre Sarkozy ou Le Pen. En effet, elle fait les mêmes choix : aider les capitalistes aux dépens des travailleurs, des jeunes, des classes moyennes appauvries. Elle était d’accord sur le principe dans les mesures d’aide aux banques, aux assurances et aux trusts. Elle est d’accord pour que l’Etat s’endette massivement aux profits des capitalistes. Du coup, elle ne peut rien contre l’insécurité sociale qui frappe les milieux populaires. Et rien non plus contre les peurs et les mécontentements sociaux qui montent. Elle n’a rien à proposer d’autre que de sauver le capitalisme même si ce n’est plus possible ni en France ni ailleurs...

Alors ce qui comptera ce n’est pas ce que les travailleurs voteront aux prochaines présidentielles. Ceux qui pensent punir les classes dirigeantes en votant pour Le Pen se trompent certes lourdement mais ils ne se trompent pas beaucoup moins s’ils croient en votant pour l’un des partis bourgeois, faire obstacle au fascisme que représenterait Le Pen...

Le fascisme est un sous-produit du capitalisme dans les périodes de crise et il n’y a pas d’autre moyen de le combattre que de renverser le sytème d’exploitation lui-même. S’il lui arrive de parvenir au pouvoir, ce n’est pas par le bulletin de vote mais par la volonté de la classe dirigeante et les premiers à le payer sont justement les travailleurs.

Alors, face à la montée des sacrifices, face au chômage, à l’inflation, à la casse des services publics, à toutes les attaques qui frappent les milieux populaires, il ne font compter que sur la force des travailleurs et sur leur propre organisation en comités de grève, en comités de lutte, dans l’entreprise comme dans le quartier.

Ce n’est pas Le Pen qui fera peur aux classes dirigeantes, c’est la classe ouvrière consciente de ses perspectives propres et de son rôle et organisée pour développer sa force et prendre la tête de toutes les couches sociales menacées par la crise.

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