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Révolution bouddhique

lundi 9 décembre 2019, par Robert Paris

Quelques mots sur la révolution bouddhique

Le mot de« Révolution » placé en tête de ce court article implique une conception de l’histoire hindoue en particulier et de l’histoire de l’humanité dans son ensemble, bien différente de celle qui a prévalu jusqu’ici. Le côté économique et social, de beaucoup le plus important, de la grande transformation qui s’accomplit, il y a 2,500 ans, dans l’Inde septentrionale a été absolument négligé par les historiens. Ceux-ci, auxquels manquent les renseignements précis du temps, et qui ont recueilli péniblement les indices des faits en des chaos de légendes et de préceptes, sont naturellement portés a étudier les seuls vestiges authentiques et certains du bouddhisme, c’est-à-dire les dogmes et les enseignements religieux, l’organisation ecclésiastique, les mille détails subséquents des luttes qui suivirent. Mais cette manière de procéder les expose à se tromper du tout au tout, c’est-à-dire à confondre la fin avec le commencement, à voir l’évolution régressive à la place de la période de formation, à étudier les institutions issues du mouvement et non les causes qui le déterminèrent : Ils se trouvent dans la situation d’un peintre qui, n’ayant jamais pénétré dans la cité splendide qu’il doit représenter, ne pourrait en indiquer l’aspect que d’après les ruelles et les sentiers des faubourgs.

Dans ces conditions, l’illusion de l’optique intellectuelle est fatale, d’autant plus que par le développement même des idées en fermentation, la lutte des forces prend des caractères tout différents à l’origine des événements, au cœur du conflit et vers la période de retour qui fait suite à la crise. Ce qui se serait présenté au commencement comme une révolution sociale ne paraît être à la fin qu’un simple changement d’institutions.

C’est là ce qu’on a pu constater d’une manière saisissante à propos du bouddhisme hindou. D’ordinaire, on n’étudie dans cet événement capital que la personne légendaire ou même complètement mythique de son fondateur, que la signification précise des dogmes ou même de tel ou tel mot employé par leurs codificateurs ou commentateurs ; mais c’est comme révolution morale et sociale que le bouddhisme a son importance, et, pour s’en rendre compte, il faut évoquer le passé des âges qui précédèrent cette période, montrer quels étaient les éléments sociaux en existence et de quelle manière s’établissait leur équilibre. L’histoire des religions doit se transformer en son entier comme se transforme sous nos yeux l’histoire politique. Celle-ci se bornait autrefois à nous raconter les aventures des rois et des hommes puissants, à nous décrire les sièges et les batailles, à nous dire les lois tracées sur les tables de pierre ou d’airain ; maintenant elle cherche à nous dépeindre la vie intime des populations, leurs souffrances, leurs joies et leurs espoirs. De même au-dessus des dogmes et de toute la charpente extérieure des religions, il s’agit de constater quelle fut la raison sociale qui leur donna naissance.

Eh bien ! le fait capital dans l’histoire du bouddhisme est nettement signalé par la condition dans laquelle se trouvaient les populations du nord de l’Inde avant l’explosion. Elles étaient alors complètement asservies à une nation victorieuse descendue des plateaux de l’Iranie et des hautes vallées du pays connu aujourd’hui sous le nom d’Afghanistan. Dix siècles peut-être s’étaient écoulés depuis que les premiers conquérants avaient fait leur apparition dans le bassin des Sept-Rivières. Les guerres, nous le voyons par le texte des Védas, avaient été d’un caractère atroce. On brûlait les villages avec les maisons et quelquefois avec les hommes, on poussait à l’aiguillon les troupeaux de captifs vers les champs des maîtres ; puis ceux-ci mettaient leur pouvoir sous la sanction de la coutume, de la loi, de la religion ; ils avaient haut dressé leur caste au-dessus de celle des vaincus. Le régime des « couleurs » ou varna était déjà fixé comme par une formidable armature de fer, et au dessus de l’étagement des classes conquérantes souffrait et peinait la dolente multitude des « diables », des « pourceaux », des « chiens », ainsi qu’on désignait les vaincus. C’est alors que par réaction contre l’abominable état de choses se produisit la révolution grandiose du Bouddhisme.

Cette révolution fut certainement dans son essence une tentative d’égalité, une secousse donnée à la haïssable institution des castes. On connaît la légende : À une époque encore indéterminée, mais évaluée en moyenne à 25 siècles ou 25 siècles et demi avant l’époque actuelle, le prince Gautama naquit à Kapilavastou, ville de l’Aoudh, située près d’Ayodia où était né précédemment le divin Rama, le conquérant de Ceylan, celui de tous les envahisseurs qui contribua le plus à la domination aryenne et à l’asservissement des autochtones. Gautama se maria, il eut un fils et pendant dix années régna débonnairement sur ses peuples. Mais la vue de toutes les inégalités sociales auxquelles il contribuait par le fait seul de sa royauté, et qui rendait impossible toute fraternité humaine, le rongeait comme un remords et, sortant du palais royal, congédiant tous ses chambellans et serviteurs, revêtant le costume du plus pauvre parmi les pauvres, il quitta le pays des Aryens vainqueurs, traversa la Ganga pour gagner les forêts du Sud, au milieu des Dasyou honnis et persécutés, et là il vécut dans la méditation et le renoncement. Quelques disciples l’accompagnaient, des brahmanes probablement. Mais c’est en vain que pendant six ou dix années, suivant les légendes, il chercha la paix ; maintes fois il dut lutter avec son désespoir, figuré dans les imaginations populaires par le dieu de la Mort. À la fin il comprit que l’homme ne se doit pas à sa tristesse et que c’est une forme d’égoïsme, honteuse et lâche, que de ruminer ses chagrins, ses vertus, son orgueil de propre justice et de savourer à l’aise ses mélancolies poétiques, en oubliant ses frères qui peinent là bas, qui luttent et qui souffrent dans le grand combat pour l’existence. Aussitôt il abandonna les jungles de Gaya et, seul, car ses disciples scandalisés en restaient à leur aristocratique mépris du genre humain, il se précipita vers la grande cité de Bénarès pour y prêcher dans les rues, sur les places publiques, sur les escaliers qui descendent au fleuve, la bonne nouvelle de la fraternité. Plus de rois, plus de princes, plus de chefs ni de juges, plus de brahmanes ni de guerriers, plus de castes ennemies se haïssant les unes les autres, mais des frères, des camarades, des compagnons de labeur en commun ! Tous les êtres se valent d’après Gautama, les plantes, les animaux, les hommes, aussi bien les vicieux que les vertueux, et chacun de nous ne doit avoir d’autre ambition que de faire du bien à tous. Personne ne doit s’enorgueillir, personne n’est tenu de s’humilier, chacun est à sa place, toute hiérarchie est supprimée ; il n’y a point de rôle pour l’autorité, ce fait brutal que les maîtres considèrent volontiers comme un « principe ».

L’apparition de ce mendiant, traître à sa classe, traître à sa famille, ennemi de toutes les lois divines et humaines, provoqua les plus violentes colères chez tous les privilégiés, mais il avait pour lui la foule. Comme le fit plus tard un autre apôtre mendiant, il s’était adressé surtout à ceux qui souffrent, aux pauvres, aux méprisés, aux gens de police et de mauvaise vie, aux « offensés » comme ceux que peint le grand Dostoïewsky. Suivant le précepte recommandé plus tard par St-Jacques, il ne leur parlait point de Dieu qu’on ne voit pas, mais seulement des frères que l’on voit et que l’on peut aimer, des animaux que l’on peut, élever, améliorer, rapprocher de l’homme. Lui aussi était agnostique, athée si l’on veut. Les « quatre devoirs »de l’enseignement bouddhique sont de connaître la souffrance, d’en étudier les causes, d’en vouloir la suppression et d’en trouver le remède.

Grâce à la passion du bien qui, de Bénarès, la cité sainte, se propagea comme une flamme, les castes furent partout brisées, partout se reconstituèrent des communes libres où le travail était une fête à laquelle tous s’associaient joyeusement. Les populations de l’Inde septentrionale vécurent alors les plus beaux jours de leur histoire : notre espérance, notre vouloir sont de faire revivra un jour cette existence à tous les hommes, nos frères.

Mais l’ennemi veillait, les privilégiés de la race, de la naissance, de la fortune, de l’éducation étaient trop nombreux pour accepter ainsi de rentrer dans les rangs avec la tourbe des Soudra et des Tchandala, avec la multitude de ceux qu’hier encore on appelait « chiens » et « pourceaux », et la triste restauration s’accomplit. D’abord on commença par glorifier l’homme au lieu de s’attacher à l’idée. Gautama fut transfiguré en dieu, on en fit un « Bouddha », c’est-à-dire une « lumière », un phare éclatant. On prétendit qu’il n’était autre que le dieu Vichnou apparaissant dans sa neuvième incarnation ; tous les actes de sa vie furent transformés en miracles, toutes ses paroles momifiées en dogmes, un monde de prêtres naquit pour codifier sa doctrine et pour reconstituer les institutions du passé sous de nouvelles appellations. À l’endroit ou Gautama s’était réfugié dans la jungle, on éleva des temples somptueux en l’honneur de « l’Anachorète » par excellence, désormais désigné sous le nom de Çakya Mouni, en mémoire de cette période de sa vie. D’autres temples se dressèrent partout avec moines et desservants privilégiés ; enfin les communautés rurales où tous les travailleurs avaient labouré leurs champs en des conditions d’égalité, se transformèrent en couvents. C’est ainsi que le pays dans lequel le mendiant roi avait proclamé la fraternité des hommes, fut bientôt connu sous le nom de Vihara, pays des monastères, nom qui dure encore : c’est la province de Béhar.

Les siècles qui suivirent la venue du Bouddha furent des âges de lutte incessante entre les deux principes opposés. La secousse sociale et morale produite par la destruction temporaire des castes avait été si puissante que la société toute entière en fut renouvelée, et c’est à la suite de cet énergique appel fait à l’individualité humaine que se chantèrent les belles épopées hindoues, telles que le Mahâ Bhârata, et que s’élevèrent les beaux monuments d’architecture, tels que les topé, les dagoba ou stoupa, qu’on voit dans toutes les parties de l’ancienne Inde bouddhique, jusque bien au delà du col de Bamian, dansl’Hindou-Kouch.

De même que plus tard, et par un mouvement parallèle, devait périr le christianisme en son triomphe apparent, à l’avènement de Constantin, le bouddhisme perdit définitivement son vrai caractère social, il y a vingt-et-un siècles et demi, lorsque le roi du Béhar, Açoka, se convertit officiellement, proclama le culte de Çakya-Mouni comme religion d’État et nomma 64,000 prêtres, véritables fonctionnaires religieux avec traitement régulier sur le budget. Lui aussi, de même que les empereurs de Byzance, réunit des conciles pour fixer les dogmes, pour déterminer la valeur des mots ; lui aussi, fit réviser le canon des « Bonnes Nouvelles » pour n’y accueillir que les idées agréées en haut lieu ; lui aussi établit un ministère d’inquisition pour veiller sur la pureté de la foi ; lui aussi, comme les convertisseurs espagnols dans le Nouveau Monde, lança des édits aux peuples barbares pour les sommer de suivre son culte. Cependant il faut dire qu’il restait encore dans le monde bouddhique quelque chose des principes de douceur et de tolérance de Çakya-Mouni : bien que les castes eussent été rétablies, toutes les proclamations royales parlaient de la fraternité humaine et du devoir de répandre l’instruction chez les femmes et les enfants aussi bien que chez les hommes. Le long des routes on creusa des fontaines de distance en distance, et l’on planta des rangées d’arbres fruitiers pour les voyageurs. Toutes les villes eurent leurs hôpitaux pour les hommes et les bêtes malades. Les rois, en de grandes fêtes, nourrissaient leur peuple et les étrangers, et le repas immense était présidé au jour du « grand renoncement » par le souverain, revêtu de haillons ; mais cet homme aux habits en loques n’en était pas moins le maître, et ce repas en commun ne provenait pas de la récolte collective, mais de l’impôt recueilli par les exacteurs.

Quarante inscriptions gravées sur des piliers, sur des rocs, à l’entrée des grottes sacrées, rappelaient au peuple quels étaient ses devoirs et l’engageaient à la propagande religieuse, non par l’épée mais par la persuasion. Quelques uns de ces sermons lapidaires existent encore et témoignent du zèle qui animait à cette époque les missionnaires chargés de répandre la vraie foi. Certes ils étaient encore poussés par une force singulière et par un reste de l’esprit primitif, puisque c’est à leur zèle qu’est due la conversion plus ou moins complète aux formes extérieures du bouddhisme, de quatre ou cinq cent millions d’hommes.

Dans l’Inde même, le nom du bouddhisme finit par s’éteindre, quoique les effets de la révolution sociale se soient maintenus sous mille formes. En effet, Bouddha ayant été admis dans le Panthéon brahmanique et les castes ayant été rétablies au profit des prêtres, il n’y avait plus aucune raison pour conserver des rites et des cérémonies qui se confondaient d’ailleurs avec ceux des mille cultes de l’Inde et que des théologiens retors pouvaient expliquer à leur fantaisie. L’exemple du Népal est là pour prouver que même la religion prétendue bouddhique, enseignée par des missionnaires appartenant à la classe des privilégiés, n’était guère autre chose que le brahmanisme gangétique. Le culte bouddhique disparut presque complètement de l’Inde péninsulaire, à l’aide de quelques persécutions, il faut le dire. Il n’en resta de traces que sur les frontières de la Birmanie, dans les pré-Alpes de l’Himalaya et dans l’île de Ceylan, où l’on adore toujours la fameuse dent de Bouddha qui, soit dit entre parenthèses, semble être la dent canine d’un carnassier. Cependant on doit compter aussi parmi les bouddhistes la secte des Djaïna qui comprend un peu plus d’un million d’individus et vit presqu’en dehors de l’Inde proprement dite, dans la péninsule de Kattyavar ou du Goudjerat et dans les montagnes écartées, principalement sur le mont Abou et sur les pentes de l’Arawali. Les Djaïna ou « Saints », fils de persécutés, ont fait comme les Parsi, les Arméniens, les juifs, les protestants : ils ont prospéré matériellement, ils se sont enrichis, ont construit des villes, des temples somptueux, finement sculptés, et pour la plupart sont devenus manieurs d’or et d’argent, grands appréciateurs de bijoux, banquiers et usuriers. Scrupuleusement, ils s’en tiennent aux dogmes de la religion traditionnelle ; ils affectent aussi d’être d’une parfaite solidarité avec les animaux et se gardent bien de verser la moindre goutte de sang. Ils font soigner les animaux malades : dans leurs temples, ils entretiennent des singes, des écureuils, des pigeons, perroquets, paons et tourterelles. Pour épargner les animalcules, ils balaient soigneusement la place où ils vont s’asseoir, se frottent doucement au lieu de se laver de peur de détruire quelque infusoire, ne boivent que de l’eau filtrée, ne respirent qu’à travers un voile, jettent de la farine sur le sol pour donner à manger aux fourmis. Leurs quatre devoirs consistent à exercer la bienfaisance, mais par leurs pratiques, leur talent de s’enrichir aux dépens du populaire, ils sont devenus une caste féroce, composée d’ennemis publics et le peuple les déteste justement.

Tel est le sort des religions : en se fixant, elles nient leur point de départ, systématisant la trahison, le reniement de leurs propres fondateurs. Jésus-Christ, Bouddha, revenant aujourd’hui, seraient maudits précisément par les chrétiens et les disciples de la « Vraie Foi ». C’est à d’autres qu’a passé la mission du bon combat. N’avons-nous pas vu, il y a vingt-cinq ans, les républicains officiels fusiller avec enthousiasme les républicains sans estampille, et même se vanter d’avoir pu se permettre un massacre que ni souverain absolu ni roi constitutionnel n’eussent accompli ? Leur raisonnement était bien simple : « Un homme n’oserait prendre la responsabilité d’un tel bain de sang ; mais une masse irresponsable n’a pas à s’occuper de pareilles misères ; personne n’est coupable en semblable occurrence ! Tuons ! Tuons ! Qu’importe, il n’y a plus de Dieu ; il n’aura donc pas la peine de reconnaître les siens ! »

Élisée Reclus

Révolutions dans l’Inde antique

La suite

Messages

  • Bonjour Robert Paris, comment vas-tu ? Cela faisait un moment. Je suis a la maîtrise, enfin.
    Que deviens tu ?

    Je vais répondre a tout ceci.
    ’’Lui aussi était agnostique, athée si l’on veut. Les « quatre devoirs »de l’enseignement bouddhique sont de connaître la souffrance, d’en étudier les causes, d’en vouloir la suppression et d’en trouver le remède.’’
    Bon, le texte est fait par un géographe français du début du 20ème siècle, je vais excuser les erreurs mais je vais les corriger quand même.
    Siddartha Gautama fut transthéiste. Simplement, il considérait a juste titre qu’il était inutile de divaguer sur un concept pareil, il a son utilité pour fonder une spiritualité complète, mais ça s’arrête la. C’est la méthode la plus rationnnelle d’approcher le sacré : construire tout un système en l’utilisant comme point de repère logique et transcendant, purement et simplement. Et cela permet d’éviter l’idôlatrie propres aux religions abrahamiques.

    Mais ironiquement, peu de gens savent que Bouddha a emprunté cette méthode.... aux jainistes, religion existant 100 ans auparavant comme religion complète et avait commencé en philosophie de vie en - 1000.

    Ensuite il dit : ’’Mais l’ennemi veillait, les privilégiés de la race, de la naissance, de la fortune, de l’éducation étaient trop nombreux pour accepter ainsi de rentrer dans les rangs avec la tourbe des Soudra et des Tchandala, avec la multitude de ceux qu’hier encore on appelait « chiens » et « pourceaux », et la triste restauration s’accomplit. D’abord on commença par glorifier l’homme au lieu de s’attacher à l’idée. Gautama fut transfiguré en dieu, on en fit un « Bouddha », c’est-à-dire une « lumière », un phare éclatant. On prétendit qu’il n’était autre que le dieu Vichnou apparaissant dans sa neuvième incarnation ; tous les actes de sa vie furent transformés en miracles, toutes ses paroles momifiées en dogmes, un monde de prêtres naquit pour codifier sa doctrine et pour reconstituer les institutions du passé sous de nouvelles appellations. À l’endroit ou Gautama s’était réfugié dans la jungle, on éleva des temples somptueux en l’honneur de « l’Anachorète » par excellence, désormais désigné sous le nom de Çakya Mouni, en mémoire de cette période de sa vie. D’autres temples se dressèrent partout avec moines et desservants privilégiés ; enfin les communautés rurales où tous les travailleurs avaient labouré leurs champs en des conditions d’égalité, se transformèrent en couvents. C’est ainsi que le pays dans lequel le mendiant roi avait proclamé la fraternité des hommes, fut bientôt connu sous le nom de Vihara, pays des monastères, nom qui dure encore : c’est la province de Béhar.’"
    Réponse : Il digresse, confond tout et devient trop nihiliste.
    La classe des Brahmanes hindous, effectivement, certains d’entre eux (pas tous) haissaient le bouddhisme et le bouddha, et ont tout fait pour déconstruire le bouddhisme. Donc ils ont patiemment étudiés les textes bouddhistes, pour les ’’hindouisés’’ mais ça a pas été facile. De - 600 a 1400, il aura fallu 2000 ans pour que ça arrive ! Imagine !
    Et ils ont dus pour cela transformer le Theravada en Mahayana puis Vajrayana !
    Et même la il aura encore fallu des luttes internes, externes, intellectuelles, politiques, économiques pour y arriver !
    De plus, il est normal de faire un clergé, mais les 3 conciles du bouddhismes se sont fait justement pour éviter les débordements et la corruption et ça a marché un temps. Ashoka, au contraire, a été positif : il a standardisé le clergé pour que JUSTEMENT ça ne dégénère pas. C’est grâce a lui justement que l’Inde pour la 1ère fois vivait dans un système de valeurs qui méprisaient les castes et QUI A RENDU LA SOCIÉTÉ INDIENNE BEAUCOUP PLUS FLEXIBLE qu’auparavant. La constitution d’ailleurs d’un clergé masculin séparé du féminin a PERMIS aux femmes de pouvoir s’en sortir.... SANS les hommes, et ce malgré les règles supplémentaires appliquées aux femmes. Ces règles pouvaient également évoluer dans le temps et se réformé.
    Aucune de ses paroles n’ont été dogmatiques et BOuddha l’a toujours dit : suis mon enseignement, teste son efficacité par ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui la méthode scientifique. Que la masse et certains brahmanes idéalistes convertis aux bouddhisme mahayana aient effectivement déifiés le gars relèvent d’un changement, que certains peuvent effectivement voir comme perversion, mais cela ne peut en aucun cas être de la faute d’Ashoka. Pour résumé, les rites bouddhiques ont été hindouifiés et le paysan moyen a pas vu la différence, et c’est comme ça qu’ils se sont fait avoir par certains brahmanes. Aussi le bouddhisme fut si radical. Écoute, le bouddhisme est une des très rares religions a rejeter le mariage ! Tu te rend compte ! Aucun rite pour les nouveaux-nés, c’était compliqué pour les paysans dans un monde ou des maladies peuvent tuer des gamins en 2 temps 3 mouvements.
    Le bouddhisme fut en somme victime de sa cohérence (l’ironie) !

    Il dit : ’’Açoka, se convertit officiellement, proclama le culte de Çakya-Mouni comme religion d’État et nomma 64,000 prêtres, véritables fonctionnaires religieux avec traitement régulier sur le budget. Lui aussi, de même que les empereurs de Byzance, réunit des conciles pour fixer les dogmes, pour déterminer la valeur des mots ; lui aussi, fit réviser le canon des « Bonnes Nouvelles » pour n’y accueillir que les idées agréées en haut lieu ; lui aussi établit un ministère d’inquisition pour veiller sur la pureté de la foi ; lui aussi, comme les convertisseurs espagnols dans le Nouveau Monde, lança des édits aux peuples barbares pour les sommer de suivre son culte.’’

    Réponse : c’est odieux de comparer Ashoka qui a réellement tolérer les autres religions tout en promouvant les valeurs du Theravada, avec les fanatiques empereurs de Byzance qui muselaient même des chrétiens différent d’eux d’1% OU encore les conquistadores, des mercenaires qui furent formés a 2 aspects de la guerre psychologiques : ’’l’avarice comme motivation et le viol comme arme de guerre psychologique’’ et dont le seul but fut le pillage de masse car ils n’auraient eu que 5% du butin une fois rentré a Madrid...
    Sur ce point, le géographe a complètement merdé !

    Il dit : ’’Cependant on doit compter aussi parmi les bouddhistes la secte des Djaïna qui comprend un peu plus d’un million d’individus et vit presqu’en dehors de l’Inde proprement dite, dans la péninsule de Kattyavar ou du Goudjerat et dans les montagnes écartées, principalement sur le mont Abou et sur les pentes de l’Arawali. Les Djaïna ou « Saints »’’
    Réponse : les jainistes ne SONT PAS DES BOUDDHISTES !!!
    Et les jainistes sont très nobles en général, ce qu’il dit est totalement faux et je vois plus de malice et de haine dans ce géographe français que chez le pire des jainistes (si ça existe !).
    Un jain d’ailleurs n’insultera jamais un marxiste parce que marxiste, car pour eux, personne ne détient la vérité absolue et imposer sa façon de pensée EST AUSSI UNE VIOLENCE.

    Il dit : ’’ Tel est le sort des religions : en se fixant, elles nient leur point de départ, systématisant la trahison, le reniement de leurs propres fondateurs. Jésus-Christ, Bouddha, revenant aujourd’hui, seraient maudits précisément par les chrétiens et les disciples de la « Vraie Foi ». ’’
    Réponse : NON. La cohérence du bouddhisme empêche justement les délires du christianisme.
    Le bouddhisme insiste toujours sur la raison, la ou les chrétiens n’acceptent la raison que par amour de Dieu.
    Le christianisme s’est mal construit, dans un monde détestable que fut le monde méditerranéean, profondément inégalitaire et esclavagiste, qui en comparaison rend le système de caste indien (qui a cet époque était assez flexible, c’est seulement a partir du 12ème siècle que ça a commencé a devenir merdique comme ce que c’est aujourd’Hui) très humaniste et tolérable (et je dis ça alors que je suis pas fan du tout des ’’varna’’).
    Donc deja, si Bouddha reviendrait, il serait bien vu, de 2, pour les adeptes du Mahayana et du Vajrayana, ils l’acceptent totalement et dans leurs visions du monde, c’est deja arrivé !
    POur les Theravada cette affirmation s’oppose a la logique : Bouddha est apparu il y a 2600 ans et il est mort point. Il a eu d’autres vies avant, mais celle-ci est définitive dans son cas a lui. On accepte sans problème la mort de quelqu’un. Et il n’est pas nécessaire d’attendre qui que cesoit (dans le cas du Theravada), tu vis ta vie en fonction de tes moyens et tu te prend en main, l’enseignement du Theravada est la pour t’aider, mais c’est en tant que personne autonome et responsable que tu adhères a cet enseignement, qui d’ailleurs n’interdit pas l’apport de d’autres enseignements du moment que tout reste cohérent.

    Et la fin de ce passage d’Élise Reclus sur les massacres, quel étrange passage...

    ENfin, une anecdote :
     Du fait que les Dravidiens et les Cinghalais furent les meilleurs adeptes du Theravada, et les seuls hommes de couleur ayant survécus aux vagues des humains clairs de peaux, nous avons pu sauvegarder nos racines. Le dravidien du 21ème siècle est une relique de L’antiquité encore vivante, puisque nous avons été protégés a la fois des délires abrahamiques, et des maladies (puisque ça venait de chez nous !) et avons survécu aux affres de la colonisation.
    L’africain a été pollué par Abraham et réduit en esclavage
     l’amérindien, violés et exterminés par des zélotes fanatiques venant d’Europe
     L’océanien a subit le même sort que l’amérindien, mais lui en plus on l’oublie (pas moi en tout cas)
    Des gens de couleur, seuls les Dravidiens, sont restés eux-mêmes. Mais peu d’entre eux s’en rendent compte, et de la chance qu’ils ont de pouvoir encore pratiquer des spiritualités bien supérieures a ce qui envahit la Méditerranée.
    Je comprend les matérialistes européens sur le fond, et cela a quand même eu du positif : les religions abrahamiques furent TELLEMENT ANTI-SCIENTIFIQUE que cela a donné un coup de fouet extrème et a paradoxalement torpillé l’évolution des sciences naturelles dans le monde européen, en particulier occidentale, engendrant une révolution scientifique exceptionnelle. Je salue tous ces scientifiques qui ont jusqu’a risqués leurs vies pour simplement démontrer l’efficacité des sciences naturelles (que BOuddha n’a jamais nié je le rappelle).

    Donc la révolution bouddhiste, on en voit encore les bénéfices, pour tous ceux qui se penchent sur son histoire et son actualité. L’histoire philosophique du Theravada a bien plus a donner que la perpétuelle déconstruction de la philosophie occidentale, utile pour démêler le vrai du faux dans certaines situations, mais profondément nihiliste et toxique d’un point de vue existentiel. Car je te promet que le bouddhisme Theravada nous a sauvé du cauchemar que vivent les Africains, les Amérindiens et les Océaniens corrompus par la sauce toxique d’Abraham !
    Et même les Européens, je les plains, de les voir se battre existentiellement entre l’athéisme vulgaire et le choix des religions abrahamiques, et la coupure qu’ils ont eu si violente au sacré que même dominant, beaucoup d’entre eux semblent bien malheureux, ou encore les Est-Asiatiques, qui s’acharnent a copier scrupuleusement ce que les Occidentaux font, dans l’espoir d’être leurs égaux.
    Les bouddhismes gardent leurs capacités ’’révolutionnaires’’ (même si je déteste le terme), pour peu qu’on veuille bien les comprendre et les accepter.

  • .
    Quel est le sort des religions ?

    Etre mises au service des classes dirigeantes et des possédants :

    https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7591

  • Bonjour Robert Paris, comment vas-tu ?
    Tu affirmes que le sort des religions est d"être mise au service des possédants et des puissants.
    La réponse est : pas nécessairement.
    Tout dépend de la nature de la religion et de son devenir historique.

    Si je prend comme exemple les Amérindiens d’Amérique du Nord, nous ne pouvons postuler que ceux-ci sont puissants ou font parti des possédants. La religion du Grand Manitou appartient aux plus démunis dans ce cas-ci ! Et cela leur permet de panser leurs douleurs, leurs mémoires, puisqu’ils ont été dépossédés de leurs propres terres par les affres des guerres coloniales qui peu a peu installa des Européens intolérants sur leurs propres terres.
    La religion inuit a aussi le même sort. Et je peux en dire autant des Amérindiens d’Amazonie. Il est donc faux de dire que le sort de TOUTE RELIGION vit par et pour la domination de quelques despotes irrationnelles !
    Je pourrais faire la même analyse pour la religion aborigène d’Australie, ainsi que certains paganismes africains.

    Il est vrai qu’en revanche les religions abrahamiques (Judaisme, Christianisme, Islam), qui sont fondamentalement politiques, vont donc nécessairement servir les puissants. De plus leurs design a été fait comme ça : incohérente, intolérante, mais dotées de structures institutionnels plutôt sophistiquées, un nombre incroyable de serviteurs zélés, une rhétorique simpliste et une charge émotionnelle extrême leurs permis de conquérir les coeurs des Méditerranéens, notamment parce que les paganismes d’antant de cette partie du monde furent tout aussi agressifs : entre Baal le destructeur de monde, les intempéries de Zeus, l’obligation de se battre en voyant les Valkyries pour accéder au Valhalla, et la découverte d’Avalon par les guerres (Celte), percer les secrets des dieux (Étrusques) par des prophéties, les Slaves eux cherchant a être en harmonie dans cet univers par l’échange comme morale ; Voila bien des peuples différents qui furent standardisés d’abord sous l’effet d’acculturation de l’Empire romain, puis par christianisation forcée.
    Mais je dirais que c’est le tempérament des Méditerranéens et leurs folles volonté de puissance qui les a fait créer des religions agressives. L’homme invente la religion en fonction de ses intérêts et de sa nature profonde. La religion étant donc seulement un moyen, c’est l’homme qui est responsable de son malheur.

    2 autres contre-exemple : le taoisme et le jainisme. Aucune de ses 2 religions N’a jamais percé, a cause de leurs élitismes et leurs cohérences doctrinales.

    Conclusion : il faudrait arrêter de parler de LA RELIGION mais DES religions, les catégoriser afin de pouvoir expliquer ce qu’elles sont ou en sont pas.

    P.S : Sache également que les religions ne s’opposent pas forcément a une analyse marxiste si celle-ci est cohérente et structurée.

    A bon entendeur Robert Paris.

  • Je parlais des Amérindiens du Nord, ceux du Canada et des États-Unis au 21ème siècle et de l’affirmation fausse que TOUTE religion est outil systématique d’oppression dans une société.
    Je rappelle que l’Amérique est un grand continent. Tu ne peux pas réduire les Amérindiens aux Aztèques, ce serait malhonnête !
    Alors, tu parles des Aztèques, ça tombe bien, je suis le fan numéro 1 de toute cette planète des Aztèques !
    Et je connais deja les critiques : un empire, inégalitaire, esclavagiste... ce qui est pas vrai encore faut-il définir le degré et en plus, ces qualificatifs qu’on donne aux Aztèques peuvent être donnés a n’importe quelle civilisation en Eurasie et ailleurs !
    Sur les Aztèques, je vais répondre dans ton lien.

    Sinon, comment vas-tu Robert Paris ?
    Question ? Est-ce que tu es en contact avec d’autres groupes marxistes, comme les gars sur Youtube de Paduteam ?
    Je pose la question comme ça par curiosité. Libre à toi de me répondre.
    J’espère que tu vas bien, car franchement à chaque fois que je vois ce qui se passe en France, c’est désespérant !

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