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La gauche communiste (encore appelés "communistes de gauche") cautionne la dictature vaccinatoire

mercredi 6 octobre 2021, par Robert Paris

Quand la « gauche communiste » dite conseilliste ou bordiguiste ou capitaliste d’Etat, du PCI au CCI, de Spartacus à MC, cautionne la dictature sanitaire et la vaccination forcée

A tout saigneur (il aime bien saigner en textes et paroles les autres courants), tout honneur, commençons par Jean-Louis Roche...

Le "Prolétariat Universel" :

« La contestation antivax reste le fait d’une minorité de bobos jouisseurs, défenseurs acharnés du mythe de la liberté bourgeoise. »

https://proletariatuniversel.blogsp...

Rapide, sans concession mais complètement faux !!!

Le groupe « Mouvement Communiste » :

« Les arguments avancés pour rejeter la vaccination ont un trait commun : la mise en discussion non pas de l’utilisation capitaliste de la science mais de la science elle-même. La méthode expérimentale, la recherche asymptotique d’une analyse vérifiable du réel, l’intégration maîtrisée des risques associés à cette recherche, sont rejetées en bloc. Tantôt on prétend que les vaccins sont encore dans une phase expérimentale (mais lesquels ne le sont pas ?), tantôt on crie à la grande manipulation génétique opérée par les « Big Pharma », tantôt on décrète tout simplement que le virus est un « rhume » de forte intensité. Contre ces considérations, il suffit de rappeler que depuis que la vaccination dans les pays capitalistes les plus développées a connu son essor, la quasi-totalité des hospitalisations pour Covid-19 ne concerne que les non vaccinés.

L’absence de toute analyse matérialiste critique de la pandémie et de ses reflets sur l’accumulation n’aide certes pas à comprendre que le capitalisme a besoin jusqu’à un certain point (celui défini par les besoins propres à l’accumulation) d’une force de travail nombreuse, active et dotée d’une santé suffisante pour que les rapports sociaux actuels se perpétuent.

(…)

La menace de licenciement ou de non-rétribution des salariés non vaccinés est bien réelle et sert aux patrons et à l’État-patron pour renforcer le commandement sur la force de travail. En revanche, il ne faut pas oublier que travailler sur la chaîne ou dans un « open space » à côté d’un camarade qui ne veut pas se vacciner accroît le danger y compris pour ceux qui sont vaccinés de devenir à leur tour et à leur corps défendant des diffuseurs de virus. La prise en compte de la volonté de la plupart des salariés de se protéger avec le seul instrument qui s’est révélé efficace contre la pandémie est tout aussi importante pour les partisans de la cause ouvrière.

Quant à la supposée « dictature sanitaire » qui découlerait de la certification vaccinale, c’est tout simplement un argument qui sert à prolonger la pandémie qui frappe en premier les plus pauvres4. Les tenants de la thèse de la « dictature sanitaire » en raison de l’obligation redoutée de l’exhibition de la certification vaccinale dans les lieux fermés, dans les transports et dans les entreprises oublient que la certification vaccinale est bien moins « intrusive » que le port contraint de papiers d’identité, de la carte de Sécurité sociale ou tout autre titre qui disent beaucoup plus de nous qu’un QR code associé à un nom. Sans parler du contrôle social en profondeur exercé par le monde des réseaux sociaux et de l’Internet, par la diffusion des caméras dans les villes, par les téléphones portables jusqu’aux nouveaux titres de transport traçables, les cartes de crédit, etc. Une politique prolétarienne sur les modalités de contrôle de la certification sanitaire doit la dissocier du contrôle d’identité, véritable outil majeur de commandement social par l’État qui étrangement ne suscite pas la moindre protestation. Dans le même ordre d’idées, soutenir les combats pour l’accès à la vaccination la plus large (sans-papiers et migrants avant tout), internationale (seulement 2 % de la population des pays les plus pauvres a eu accès au vaccin5) et rapide et la mise en sécurité sanitaire des lieux de travail, leur mise en conformité aux critères les plus stricts de préservation de la santé des travailleurs, des moyens de transport collectifs, des lieux de rassemblement etc. est un devoir pour les communistes.

L’association du refus de la certification vaccinale et de la défense de la « liberté » est enfin une erreur conceptuelle capitale qui pousse ceux qui la défendent dans les bras de l’extrême-droite. Sans oublier qu’en pratique ceci signifie revendiquer le droit à contaminer autrui. La « guéguerre » entre pauvres vaccinés et non vaccinés est devenue un facteur ultérieur de division au sein de la classe dont profitent les classes dominantes. Une division qui a cependant un fondement bien réel. »

Source : http://mouvement-communiste.com/doc...

Le groupe GIGC « Révolution ou Guerre » :

« La rapidité avec laquelle différents rypes de vaccins – ARN, vecteur viral, particules de type viral, inactivés – ont été développés est un exploit impressionnant qui démontre la capacité technique et productive de la socitété moderne…

La campagne de vaccination dans les pays occidentaux a commencé à produire ses effets et à réduire la surmortalité… »

Dans le numéro 19 de la revue « Révolution ou Guerre ».

Source : http://igcl.org/IMG/pdf/fr_rg19.pdf

Site Spartacus :

« Maintenant venons en à la fameuse liberté revendiquée par les manifestants « anti pass » sous le drapeau bleu blanc rouge (celui des Versaillais assassins des communards) celui de la République française et de sa« liberté, égalité, fraternité » Il y a déjà longtemps que Marx dénonçait cette sainte trinité de "Liberté, Egalité, Fraternité", comme équivalent de "Infanterie, Cavalerie, Artillerie". En effet dans le paradis de l’idéalisme démocratique, il n’existe pas de classe, mais des citoyens libres et égaux, acheteurs et vendeurs de marchandises, y compris la force de travail une marchandise spéciale. Dans le monde de l’échange marchand, l’égalité règne entre acheteurs et vendeurs, chacun échange équivalent contre équivalent. Selon le droit bourgeois, nous sommes tous propriétaires,libres, égaux et fraternels, le prolétaire contrairement à l’esclave est propriétaire de sa force de travail qu’il vend librement. Nous savons ce que cette liberté et égalité en droit cachent, quand la précarité, le chômage, les surnuméraires touchent des millions d’individus, c’est la libre exploitation de l’ homme par l’homme, c’ est la liberté du travail et l’envoie des forces de l’ordre contre les piquets de grève...L’égalité en droit se résume à : « La majestueuse égalité des lois interdit aux riches comme aux pauvres de coucher sous les ponts, de mendier dans la rue et de voler du pain. » Anatole France "La liberté politique est un simulacre et le pire esclavage possible. Il en va de même de l’égalité politique ; c’est pourquoi il faut réduire en pièces la démocratie aussi bien que n’importe quelle forme de gouvernement." ("Progrès de la réforme sociale sur le continent" – Engels) »

Groupe CCI – Courant Communiste International :

« Manifestations contre le pass sanitaire : La défense de la démocratie n’est pas un vaccin contre le capitalisme, c’est un virus mortel pour le prolétariat

« Depuis plus d’un mois, se multiplient les manifestations, largement montées en épingle par les médias, où s’expriment de manière anarchique et contradictoire les revendications anti-vaccins et celles contre un pass sanitaire jugé « liberticide ». Tout cela dans un front anti-Macron généralisé où se côtoient pêle-mêle des partis politiques allant de l’extrême gauche du capital à l’extrême droite, un melting-pot d’individus ou de familles indignés par telle ou telle déclaration ou décision gouvernementales, des prolétaires isolés, des manifestants se réclamant du mouvement des gilets jaunes. Difficile de retrouver sa boussole dans un tel magma informe.

Ces manifestations ne sont en rien l’expression de lutte du prolétariat. Bien au contraire, s’y exprime un élan primaire de nationalisme, avec la présence de nombreux drapeaux tricolores dans les rangs des protestataires, la confusion extrême, l’aveu d’impuissance, le désarroi, l’irrationalité dominante face à une situation de crise sanitaire et sociale qui touche l’ensemble du monde capitaliste. Cette cristallisation autour de revendications multiformes, agrégeant la méfiance envers la science aux appels à la défense des « libertés individuelles », fait effectivement les choux gras de l’actualité médiatique où les intérêts contradictoires, divergents, parfois farfelus, sont mis en balance avec les mesures gouvernementales présentées mensongèrement comme l’expression de la défense de l’intérêt général et du bien commun face à la pandémie de Covid-19 et l’envolée d’une quatrième vague d’infection. Comme d’habitude, chacun est appelé à se positionner comme « citoyen », à choisir son camp face à tel ou tel problème sanitaire, politique et social, pris isolément, occultant ainsi la responsabilité du système capitaliste comme un tout et son obsolescence…. »

Source : https://fr.internationalism.org/con...

Le Prolétaire (PCI) :

« Les manifestations contre le pass sanitaire se sont déroulées aux cris de liberté ! démocratie ! au nom de l’individualisme et derrière les drapeaux bleu-blanc rouge – signe de leur nature politique majoritairement petite bourgeoise ; c’est la raison pour laquelle on y retrou- ve, comme dans les autres grands pays où de telles manifestations ont eu lieu (Etats Unis, Allemagne, etc.), la présence de courants d’extrême droite. La croyance en une démocratie idéale et les illusions d’une lutte « populaire », interclassiste, qui pourrait faire reculer le gouvernement sont typiques de tout mouvement petit bourgeois, incapable de comprendre que la plus démocratique des démocraties n’est jamais autre chose que le masque de la dictature de la classe dominante bourgeoise.

Cependant ces manifestations drainent aussi, comme chaque fois en pareil cas, des éléments prolétariens qui entendent manifester leur hostilité au pouvoir. Mais en l’absence d’une force de classe, leurs intérêts propres sont noyés dans la mélasse d’un faux unanimisme « populaire » où dominent toutes les illusions petites bourgeoises.

Source : http://www.pcint.org/40_pdf/03_LP-p...

Un contre-exemple avec les Cahiers Internationalistes :

« Manifestations virales de la crise

« Le voilà donc le cygne noir. Dans la « mortelle normalité » de la marche quotidienne du capital vers la catastrophe, un élément « inattendu » intervient, déclenchant une cascade d’effets qui chamboulent sa routine.

Mais le cygne noir n’était pas si inattendu que cela, à tel point que – en raison de phénomènes très similaires – les États auraient dû préparer des plans d’intervention pour mettre en place des contre-mesures immédiates. Ces dernières années déjà, les meilleurs experts des meilleurs laboratoires du monde étaient engagés dans des études sur les virus qui menaçaient de déclencher des pandémies, et parmi ces virus, il y en avait de type « Corona ». Mais nous le savons : dans la « normalité mortelle » du capital, il n’existe pas de plan de sauvegarde de l’espèce : que vienne donc la catastrophe climatique, que le monde entier aille se faire foutre... ! Ce qui importe, c’est de garantir au Capital le droit d’engranger ses profits, encore mieux si c’est à court terme !

Sur le long terme, enseignait Keynes, nous serons tous morts. Il avait indiqué au Capital une planche de salut, conscient qu’aucune évolution ne le transformerait en quelque chose de meilleur que la merde qu’il est. Joindre à tout prix les deux bouts ! Keynes a suggéré qu’il était temps de se ressaisir, de freiner les appétits, ou alors ... Mais le vieil homme glouton, Sa Majesté le Capital, en partie parce qu’il peinait à aller de l’avant en tirant le frein, en partie parce que ragaillardi par l’absence d’alternative visible à son misérable présent – la seule alternative, le communisme, étant devenue invisible pour la plupart des gens sous les efforts conjugués des staliniens et des patrons – s’est élancé à bride abattue en faisant l’éloge de la liberté. La sienne ! Il n’y a pas lieu de s’appesantir sur sa résistible expansion mondiale, depuis déjà quatre décennies (on en a une bonne synthèse avec le bon bourgeois Missoni, célèbre home d’affaires dans le domain de la mode : globalisation de la merde). Il suffit de dire qu’il a cru qu’il vivrait une nouvelle jeunesse faite de ripailles et d’exploitation, il croyait et faisait croire que son présent c’était l’avenir, un éternel présent d’exploitation du plus grand nombre et de ripailles pour un petit nombre.

Aucun courtisan n’osait lui rappeler sa vieillesse, ni n’avait le courage de l’avertir que tous les efforts déployés pour exploiter, pour produire et vendre, pour exploiter et reproduire sans fin, sans jamais se soucier du gaspillage et du poison que toute production de biens porte en elle, que tout cela tôt ou tard ferait surgir le « cygne noir » qui révélerait son aspect décrépit. Le roi est nu, à demi-mort.

Le cygne noir est apparu après que plusieurs alarmes eurent annoncé l’imminence d’une nouvelle crise. On a imaginé des scénarios du style « grand automne 2008 », avec son cortège de faillites, de fermetures d’entreprises, de chômage et de misère, peut-être pires encore que le précédent en ampleur et en impact. Au lieu de cela, on a eu droit au scénario inattendu d’une crise due à des « causes naturelles », comme l’écrivent souvent les rapports d’autopsie. Épidémie, pandémie, morts par milliers... Et on dénonce les pannes du capitalisme ! C’est la nature qui frappe, le taux de profit n’a rien à voir avec cela, il est innocent ! Ainsi soit-il. Admettons que les causes de la catastrophe soient « naturelles ». Nous ne voulons pas accorder de crédit à la « thèse de la conspiration » selon laquelle le virus serait sorti d’un laboratoire ultra-secret – même si les préparatifs de guerre bactériologique sont aussi secrets que réels – et aurait plutôt été transmis par une chauve-souris (de celles qui sautent par-dessus les tours de Nosferatu), vendue sur le marché par des primitifs chinois qui mangent des souris vivantes. Nous excluons la thèse d’une origine militaire pour accepter la « mercantile », sans insister beaucoup sur le sens que l’on pourrait donner à cet aspect, qui est social, pas du tout naturel, capable de transformer en marchandise même un mammifère nocturne. Même si, de sources autorisées, commencent à circuler des informations qui contredisent le battage de la propagande officielle, accordons du crédit au récit mainstream. Ce qui s’est passé par la suite est cependant loin d’être « naturel ».

Partout où elle s’est manifestée, du moins dans les pays les plus développés sur le plan capitaliste, la crise épidémique s’est développée par étapes, avec des variations dictées par le degré plus ou moins important d’organisation et de préparation du système :

– sous-estimation initiale du problème, même en présence de la propagation inquiétante de cas suspects, afin de ne pas provoquer de panique et de ne pas stopper la production ;

– explosion de foyers viraux nécessitant des mesures immédiates de santé publique, à laquelle s’opposent fortement les voix du « monde économique » qui n’entendent pas accepter l’arrêt de la production et du commerce ;

– expansion incontrôlée du virus et adoption immédiate ou progressive de mesures drastiques pour militariser le territoire, réduire le plus possible la mobilité, confiner la population dans ses foyers. Dans les formes les plus douces, l’enfermement a pris un caractère volontaire, mais la pression médiatique et sociale l’a rendu également efficace.

Partout, même dans les pays les plus riches et les mieux organisés, en dépit de la multiplication de signes annonciateurs, les autorités ont été prises au dépourvu et le système étatique s’est révélé peu préparé pour se confronter à l’urgence. Mais à l’exception partielle de l’Allemagne (à vérifier a posteriori), l’épidémie a mis à nu les failles et les limites des systèmes de santé nationaux, où les structures publiques, sorties des cures d’amaigrissement « néo-libérales », n’ont pas pu faire face à l’urgence.

L’imposition par en haut d’un ordre policier n’a fait que contrebalancer la confusion dans la communication et le désordre des interventions sanitaires, le manque de dispositifs de protection et de soins, l’exposition du personnel hospitalier qui est lui-même un vecteur de propagation, le carnage des maisons de retraite et des fosses communes, les morts silencieuses dans les domiciles privés.... L’urgence a généré une forme d’ordre sans pouvoir éviter le chaos là où il était nécessaire d’intervenir et de s’organiser.

Quand le chaos se sera dissipé, peut-être que l’ordre reviendra, mais la trace laissée dans l’assise politique et institutionnelle ne s’effacera pas. Le passage rapide de l’état de normalité « démocratique » à l’état d’urgence sera lui-même devenu la norme. On ne cesse de nous marteler que le virus va revenir. Et si ce n’est pas le virus, ce sera autre chose. L’arrivée du virus entérine l’état latent d’urgence qui caractérise le système capitaliste et le caractérisera jusqu’à sa disparition.

À cet égard, l’apparition du Covid-19 a été une vraie aubaine pour le capital. Que se serait-il passé si la crise – désormais considérée par tous les experts comme imminente et inévitable, et en partie déjà en cours – avait frappé la « mortelle normalité » quotidienne et provoqué des bouleversements sociaux encore plus graves que ceux qui n’ont pas été oubliés d’il y a un peu plus de dix ans ? À qui cette nouvelle calamité, si peu « naturelle », aurait-elle pu être attribuée si ce n’est au Capital ? Le sentiment de vivre dans un système économique et social inadéquat pour garantir même la survie de la plupart des gens aurait été perçu par des millions de prolétaires, et qui sait... Maintenant qu’une calamité « naturelle » (ou, pour une croissante sensibilité apocalyptique, « divine ») s’est abattue sur le monde, tout revêt une forme nouvelle. La société doit faire corps avec l’urgence : les hôpitaux sont les premières lignes d’une guerre qui a besoin de victimes et de héros ; sur le front intérieur, à l’arrière, on demande aux personnes confinées entre les murs de leur maison d’être responsables et de ne pas sortir, mais on les avertit que si elles le faisaient elles s’exposeraient au contrôle et à la répression. Le bombardement médiatique intensifie une propagande même pas particulièrement dissimulée, et la désinformation prend la forme d’une avalanche de nouvelles, de chroniques, de débats, de conférences de presse, où des données improbables ne sont communiquées que pour donner l’impression que la situation reste sous contrôle. On en retire l’impression contraire. Une avalanche de messages se déverse sur les malheureux esprits contraints de digérer le confinement avec des doses massives de mélasse rhétorique. Le contrôle de l’information est total : si, d’une part, on donne libre cours à un flot de commentaires allant des lugubres aux optimistes, seule la Science a le droit de dire la vérité sur les événements. Mais même les scientifiques ont du mal à se mettre d’accord. Ce sont autant de questions : est-ce une grippe ? Y a-t-il des médicaments ? Avons-nous besoin de masques ? Avons-nous besoin d’un vaccin ? Une seule réponse : oui, ou plutôt non. La conclusion presque unanime est que le vaccin sera l’unique solution : la course est ouverte entre les entreprises pharmaceutiques pour produire le remède miraculeux ! On a l’impression que toute cette certitude sur une capacité de salut inhérente à la Science – mais où étaient ses prêtres jusqu’à hier ? dans quoi étaient-ils engagés ? – repose plus sur la croyance que sur la raison, sur l’obséquiosité envers un système qui gravite autour des Big Pharma, les maîtres mondiaux de la santé.

Les quelques voix qui osent remettre en cause la solidité des mesures de santé sont accusées d’irresponsabilité criminelle. Un chercheur qui soutient des thèses alternatives plus ou moins contestables est dénoncé par une association de défense de la Science, fondée pour l’occasion par l’un des virologistes les plus populaires à la télévision (mais la liberté de recherche n’est-elle pas la condition sine qua non du développement scientifique ? La science, à partir de Galilée, n’est-elle pas par définition hérétique ?) Un vieux médecin qui conseille de renforcer son système de défense immunitaire par l’alimentation est chahuté dans une des principales émissions italiennes de télévision avec des velléités de journalisme d’investigation : le flibustier envoyé par la chaîne avait juste auparavant demandé des conseils de santé au malheureux médecin lors d’une conférence publique, sans pouvoir lui arracher des propos qui l’auraient couvert de honte. Nous aimerions demander au « journaliste d’investigation » s’il aurait eu la même faconde agressive lors d’une conférence d’une grande entreprise pharmaceutique, où la santé est considérée avant tout comme du business. Dans cette logique, d’un point de vue social, « soigner » s’oppose à « guérir », dans la mesure où la guérison supprime la nécessité de soigner. N’est-il pas vrai ?

Dans toute vraie guerre, on définit l’ennemi, c’est mieux encore s’il apparaît d’autant plus « dangereux » dans l’image qu’on lui prête qu’il n’est pas en mesure de se défendre face à la vague de « solidarité nationale ». Lorsque l’alliance de la Patrie, de l’Église et de la Science proclame « Sus à l’hérétique ! », elle trouve ses exécuteurs fins prêts. Elle restera gravée dans les mémoires, en Italie, cette veille du décret « Je reste chez moi » (comme si « je » était le sujet qui délibère) : alors que les rues se vidaient déjà et que les gens rentraient l’un après l’autre, l’hymne national, entonné depuis les fenêtres et les balcons ouverts, révélait que l’appel à la solidarité patriotique avait déjà pris racine au plus profond des masses en quête désespérée d’un sauveur. Voilà pour l’ambiance.

D’où vient cette adhésion apparemment unanime à des dispositions si sévères qu’elles suspendent du jour au lendemain des « droits constitutionnels » élémentaires qui étaient sacrés et inviolables jusqu’à hier ? De telles mesures n’ont aucun précédent historique, même à l’époque de la terrible « grippe espagnole », et si nous voulons remonter plus loin dans le temps, même pas à l’époque de la peste décrite par l’écrivain italien Alesandro Manzoni dans Les Fiancés : Don Rodrigo remarque ses bubons à son retour d’une taverne, manifestement non soumise à des interdictions d’ouverture. Les autorités sanitaires pourraient observer que probablement aujourd’hui, Don Rodrigo aurait été sauvé, même au détriment d’un pilier de la littérature nationale. On pourrait ici ouvrir un beau débat entre intellectuels pour savoir si une grande œuvre littéraire a plus de valeur que la vie d’un homme. Si nous demandions aux responsables de l’état l’urgence les valeurs qui les guident dans leurs choix, ils diraient sûrement, avant même la liberté de mouvement et tout autre droit, « le droit à la vie », celui « de préserver des vies humaines » : mais cela n’a nullement empêché l’hécatombe. Pouvoir ou impuissance de la science ?

À l’époque du récit de Manzoni, les prétendus propagateurs de la peste, injustement montrés du doigt comme responsables du désastre, révélaient la propagation, en même temps que du fléau, de la superstition et des préjugés. Aujourd’hui, toute personne qui ose quitter la maison pour une raison jugée peu sérieuse, ou qui ne porte pas de masque en faisant ses courses, fait figure de pestiféré. Ce n’est pas une superstition qui le décrète, mais la science ! Ils appellent cela « distanciation sociale ». La survie est en jeu, et la survie est bien le seul objectif que cette société dépourvue d’avenir peut se fixer. Les mesures de police passent pour des initiatives de santé publique, mais leur but est le maintien préventif de l’ordre social. Des drones et des hélicoptères volent, des haut-parleurs ordonnent de ne pas franchir le seuil de la porte d’entrée, depuis les balcons des yeux attentifs scrutent le passant en se demandant : a-t-il une « raison sérieuse » ?

Le véritable enjeu de la survie, en dehors de celle de millions de prolétaires qui vont subir les répercussions de la crise, c’est celui du capitalisme. Ce qui a été dit plus haut décrit la simple perception des événements pour quiconque a gardé trace d’une pensée quelque peu critique face à la réalité. La pensée critique est marginalisée, utilisée comme prétexte pour accuser de défaitisme toute forme de dissidence. La perception que les masses ont du scénario – celles-ci comprises ici comme une entité sociale qui peut être façonnée et orientée par le pouvoir – les pousse à regretter la « mortelle normalité » où tout un chacun bataillait pour arriver à payer les factures, en serrant les muscles, le cerveau et les nerfs pour surnager. L’avenir du capitalisme est... dans son passé. Il y a quelque chose de pire que le capitalisme : c’est le capitalisme qui ne fonctionne pas, ce sont les usines fermées, les magasins fermés, les rues désertes, tout ce qui garantissait, en bien ou en mal, la miche de pain. Le capital peut dire à ses esclaves : « Vous le voyez bien maintenant : comment vivriez-vous sans moi ? » Grâce au virus le capital se fait regretter, il peut prétendre n’avoir aucune responsabilité directe dans les événements, il peut justifier le déploiement de ses forces de l’ordre, non pas pour empêcher l’émergence d’un mouvement de lutte de classe, mais à des « fins humanitaires ». Il n’y a pas de guerre moderne qui ne soit « humanitaire ». Après tout, la guerre n’est-elle pas, oui ou non, « la seule hygiène du monde » (comme l’ont écrit les futuristes italiens), une mesure d’extrême salubrité visant à libérer la terre de ses surplus humains ? Ce sera pour cette raison que les usines d’armement de la Brianza (territoire de la Lombardie) continuent de produire à pleine capacité et que les vieux meurent dans des hôpitaux réduits à l’état de lazarets...

D’où vient cet ennemi invisible qui a déclenché la guerre ? On le dit originaire de l’une des régions les plus industrielles et les plus productives de Chine, l’un des moteurs de la dynamique mondiale du capital au cours des dernières décennies. De là, il a gagné le cœur productif de l’Europe, en suivant (selon certaines études) les principaux vecteurs logistiques des mouvements mondiaux d’hommes et de marchandises, puis a rayonné en frappant les principales puissances de l’impérialisme, et jusqu’en son cœur.

Il est significatif que de nombreux pays dits « arriérés » soient beaucoup moins touchés. On a avancé des raisons climatiques et même génétiques pour expliquer ce qui, au moins jusqu’à présent, demeure une anomalie. Tout aussi surprenant est le fait que la riche région de Lombardie a enregistré un taux de mortalité considérablement plus élevé que la région déprimée de Calabre. Le système de santé lombard, privé à 50 %, excellent sur le papier, est au bord de l’effondrement. Très efficace d’un point de vue capitaliste, capable de produire des profits très élevés et basé sur la concurrence public/privé, il a manifestement fait un flop dans sa capacité à répondre à une situation d’urgence sanitaire. En revanche, le système de santé calabrais, géré par la puissance publique pour infiltration mafieuse depuis environ un an, tient bon. Mais le Covid ne s’est pas beaucoup manifesté là-bas. En voulant avancer une hypothèse, avec toutes les réserves nécessaires dans une phase où le phénomène est en plein développement, il semblerait que ce Covid s’acharne sur les zones les plus développées du point de vue capitaliste et, parmi celles-ci, sur celles plus marquées par les politiques « néolibérales » (Italie, Royaume-Uni, États-Unis). Oublions ce deuxième aspect, qui nous semble secondaire par rapport au caractère capitaliste de cette crise sanitaire, même s’il est loin d’être négligeable pour les taux de mortalité de l’épidémie. Si la Lombardie a enregistré des taux de propagation et de mortalité beaucoup plus élevés que le reste de l’Italie, ce n’est pas seulement le résultat de la privatisation et de la désorganisation de son « excellent » système de santé. Cela résulte également de la densité de population, de la très forte mobilité locale et internationale de biens et de personnes, du taux de concentration des activités industrielles et agricoles : autant de facteurs qui en font une zone ayant peu d’équivalents dans le monde. Cette densité capitalistique fait que la Lombardie se classe au troisième rang mondial en termes de niveau de pollution de l’environnement.

Lorsque l’on émet l’hypothèse d’une relation entre l’environnement et la propagation des maladies – c’est-à-dire lorsque l’on recherche les origines sociales des maladies – les professeurs lèvent le nez : c’est l’affaire des écologistes, pas des scientifiques... Mais cette fois, les sceptiques ont été dépassés par une étude de Harvard montrant un lien clair entre la densité des particules dans l’air et la probabilité de développer des maladies, y compris celles d’origine virale. D’autres études menées dans les régions de Lombardie où le Covid-19 a le plus frappé ont décelé dans les particules une concentration virale à 4 % ! Un extraordinaire vecteur de propagation bactérienne et virale ! Ces poussières, ces particules fines chargées de polluants, proviennent de diverses sources, mais dans la région où le taux d’infection est le plus élevé, l’un des principaux coupables semble être l’agriculture intensive. Les exploitations agricoles utilisent comme engrais le lisier provenant des élevages intensifs de bovins et de porcs de la région, qui a été épandu dans les champs juste avant la propagation de l’épidémie. Bien que la question n’ait pas encore été étudiée et approfondie, le lien entre ce type de pollution et la propagation anormale de la contagion dans certaines localités est plus que plausible. Si c’était le cas, on pourrait dire que la globalisation de la merde au niveau planétaire se traduit au niveau local par la concentration de la merde.

Concluons. On peut dire que les caractéristiques de ce virus sont parfaitement adaptées aux particularités des capitalismes les plus développés. C’est là qu’ils trouvent leur niche idéale.

Néanmoins, la capacité du virus à perturber la « mortelle normalité » ne fait que la transformer en mortelle urgence : potentiellement mortelle aussi en ce qui concerne la capacité du système à produire et à reproduire les conditions de sa survie, aujourd’hui mise à rude épreuve. Les inconnues sur la reprise économique après un blocus prolongé (dont Marx avait prévu la létalité potentielle pour le capital) obligent les dirigeants à pousser à une nouvelle augmentation de la dette publique et privée afin d’accroître la fluidité du système et de répondre à un besoin généralisé de liquidités. L’inconnue réside dans la viabilité d’un nouvel endettement et le risque qu’une éventuelle (probable ? inévitable ?) reprise de l’inflation fasse grimper les taux d’intérêt et renverse l’ensemble du cadre financier mondial.

Mais la véritable inconnue est sociale. Cette crise entraînera des faillites et des fermetures ainsi qu’une nouvelle concentration du capital, qui se fera au détriment des prolétaires et de la myriade de travailleurs indépendants, mais aussi de secteurs de la moyenne bourgeoisie entrepreneuriale. Ce qui nous attend au coin de la rue est à bien des égards imprévisible.

Lorsqu’un personnage comme Mario Draghi, représentant par excellence des intérêts de la puissance financière internationale, est présenté comme le prochain « sauveur de la Patrie », vous pouvez être sûr que les vieux maîtres du paquebot n’ont pas l’intention de lâcher la barre du Titanic. Ce qui est encore plus troublant, c’est que Mario, qui jusqu’à hier était un partisan de la rigueur financière maximale, est aujourd’hui partisan d’une dette illimitée. Et il le fait depuis les pages du Financial Times... Poudre aux yeux ou tournant stratégique, il ne fait aucun doute que le seul but est de sauver les privilèges de ses pairs et de décider demain du sort de ceux qui seront coulés et de ceux qui seront sauvés.

En attendant, le virus poursuit son ouvrage et il le fait – là où il se manifeste – en répondant à des critères de classe. Aux États-Unis, le pourcentage de victimes au sein de la communauté afro-américaine est d’un niveau incomparablement plus élevé que dans le reste de la population. C’est autre chose que d’être au même niveau ! L’origine, les directions de diffusion, les conditions qui lui permettent de proliférer, la létalité qui s’acharne sur les improductifs et les marginaux, l’augmentation de la polarisation de la richesse sociale qu’il provoque, font de ce virus quelque chose de très peu naturel.

Ce virus est l’une des formes revêtue par le capital. Ce virus, est le capital. »

6 Messages de forum

  • La gauche communiste (encore appelés "communistes de gauche") cautionne la dictature vaccinatoire 14 octobre 13:14, par Le Communiste International Pour Le Soulèvement Révolutionnaire

    Vous vous trompez sur le PCint Le Prolétaire.

    Le PCint n’est pas contre les manifestation anti passe sanitaire ; ce qu’il dénonce c’est la caractère démocratique et interclassiste de ces manifs. Il appelle le prolétariat à lutter contre la dictature sanitaire de la bourgeois sur un terrain de classe, en s’organiser de façon autonome sur des positions de classe.

    Rien que le titre de l’article le confime : "Manifestations contre le « pass sanitaire », La lutte contre l’autoritarisme bourgeois ne peut se mener que sur des positions prolétariennes de classe !"

    même dans l’extrait que vous avez mis, il critique le fait que ces manifestation se fassent au non de la liberté individuelle et du démocratisme, il ne critique pas les manifs contre le passe mais le contenu "liberté et démocratie" ainsi que l’interclassisme.

    Il suffit de lire également la fin de l’article : "Le capitalisme et les Etats bourgeois sont en dernière analyse les responsables de la catastrophe sanitaire mondiale de la pandémie par leur négligence criminelle à tous les niveaux des besoins de santé publique. Depuis le début ils répondent à cette pandémie en accroissant démesurément leur contrôle social, en interdisant, réprimant, à tour de bras ; en un mot en faisant retomber les conséquences d’un mode de production fondé sur la recherche « quoi qu’il en coûte » du profit, sur la population en général, mais plus précisément sur les prolétaires obligés de travailler sans protections ou plongés dans la misère. Les dernières mesures annoncées l’illustrent une nouvelle fois, en menaçant les travailleurs de licenciements et en pesant encore sur leur vie quotidienne (alors que les députés se sont absous du pass sanitaire pour siéger au parlement !) ; même si la vaccination est efficace, elle ne peut à elle seule venir à bout de l’épidémie en l’absence toujours criante de moyens hospitaliers et autres : leur passage en urgence est en réalité dictée, non par les besoins sanitaires de la population, mais par les besoins de l’économie capitaliste.

    Contre la pression inexorablement croissante du capitalisme, dont le pass sanitaire n’est qu’un exemple, les défilés même nombreux seront toujours insuffisants : seule une force suffisamment puissante pourra le faire reculer avant de pouvoir le renverser. Cette force, c’est celle du prolétariat ayant retrouvé ses armes et ses orientations de classe et reconstitué son parti révolutionnaire, internationaliste et international, pour diriger son combat jusqu’à la victoire finale. Dans un avenir plus ou moins proche le prolétariat sera de nouveau appelé à lutter pour se défendre ; les bourgeois s’y préparent, les prolétaires doivent s’y préparer aussi, se préparer à lutter sur leur terrain, celui de l’affrontement classe contre classe.
    Contre toutes les offensives anti-prolétariennes, retour à la lutte de classe contre le capitalisme et l’Etat bourgeois !"

    ou : " Cependant ces manifestations drainent aussi, comme chaque fois en pareil cas, des éléments prolétariens qui entendent manifester leur hostilité au pouvoir. Mais en l’absence d’une force de classe, leurs intérêts propres sont noyés dans la mélasse d’un faux unanimisme « populaire » où dominent toutes les illusions petites bourgeoises.
    Les courants de gauche et d’ « extrême »gauche qui y appellent ne le font pas pour y défendre une orientation de classe en rupture avec cet unanimisme, bien au contraire. C’est ainsi qu’un texte « unitaire » signé de la France Insoumise, de Solidaires, du NPA, de l’UNEF, etc., fonde son opposition au pass sur la façon « non démocratique » par laquelle aurait été prise la décision de l’instaurer, « par un seul homme » ( !), méthode « génératrice de fortes tensions, ce qui est délétère en pleine crise épidémique » ( !!), et il termine par un appel à la contribution « des multinationales et des plus riches » à la « solidarité nationale » !!! (3). Comme si Macron décidait tout seul selon ce qui lui passe par la tête, comme si ce n’était pas le capitalisme lui-même qui générait en permanence les tensions et comme si la solidarité nationale n’était pas une escroquerie propagée par la classe dominante !
    En réalité Macron et son gouvernement ne sont que les fondés de pouvoir de la bourgeoisie, naviguant à vue en fonction des intérêts parfois contradictoires de celle-ci. Et les fortes tensions que redoutent nos démocrates indiquent au contraire la voie de salut pour les prolétaires face à la pression et à l’oppression bourgeoise : la voie des affrontements ouverts contre les capitalistes et leur Etat, la voie de la reprise généralisée de le lutte de classe contre le capitalisme."

    Ce n’est pas bon de déformer des textes.

    Nous ne sommes pas du PCint, nous sommes algériens et nous vivons en algérie mais nous sommes internationalistes., nous somme organisé autour d’un groupe qui s’appelle : Le Communiste International Pour Le Soulèvement Révolutionnaire".

    Nous vous mettons le texte complet :

    Manifestations contre le « pass sanitaire »
    La lutte contre l’autoritarisme bourgeois ne peut se mener que sur des positions prolétariennes de classe !

    Samedi 24 juillet, des dizaines de milliers de personnes (plus de 160 000 selon les sources policières), soit beaucoup plus que les « anti-vax » qui refusent par principe toute vaccination, ont à nouveau manifesté dans des dizaines et des dizaines de villes, grandes ou petites, contre le « pass sanitaire » et les autres mesures gouvernementales annoncées face à la pandémie comme les menaces de licenciement des personnels qui refuseraient de se faire vacciner, des amendes voire des peines de prison pour non présentation du pass sanitaire, etc. Les infirmières qui avaient dû l’an dernier s’occuper de malades sans pouvoir se protéger de manière adéquate, risqueront maintenant d’être licenciées si elles ne le sont pas assez !

    Ces mesures autoritaires (qui au passage contredisent les affirmations faites quelques semaines auparavant…) (1) s’inscrivent dans une logique répressive mise en œuvre par les gouvernements successifs sous des prétextes divers, bien avant l’apparition de la pandémie. Il s’agit d’une tendance de fond qui répond à l’aggravation inexorable des tensions sociales au fur et à mesure que les difficultés du capitalisme lui imposent d’accroître l’exploitation des prolétaires tout en réduisant toujours plus les dépenses sociales, dénoncées bien évidemment comme des « charges » intolérables par les bourgeois (Macron, 12/6/18 : les aides sociales coûtent « un pognon de dingue »). Cette tendance s’est manifestée avec une force et une efficacité sans précédent lorsque dans de nombreux pays, de l’Amérique Latine à l’Asie en passant par l’Afrique ou le Moyen-Orient, les gouvernements ont décrété des confinements pour casser les luttes prolétariennes et surmonter leurs problèmes pour maintenir la paix sociale.

    De même l’imposition de confinements successifs, d’un état d’urgence permanent et la prise de mesures autoritaires par le gouvernement français, a ses racines dans le fait qu’il a été successivement confronté au mouvement des Gilets Jaunes et aux luttes contre l’attaque sur les retraites. C’est cela qui explique aussi le passage récent des lois répressives dites de « sécurité globale » et contre le « séparatisme ». En effet le gouvernement n’entend pas arrêter ses attaques antisociales, même si la réduction des indemnités de chômage a été repoussée à début octobre et l’attaque contre les retraites remise à plus tard (Martinez, le pompier social en chef, avait prévenu que sinon ce serait « jeter de l’huile sur le feu » !) (2) ; la baisse des Aides au Logement effective depuis le début de l’année devrait rapporter en 2021 plus d’un milliard d’euros à l’Etat, alors que les subventions et les aides au patronat se sont multipliées.

    Dans cette situation où menace toujours une vague de licenciements et de plans sociaux (175 000 emplois seraient menacés selon l’OFCE, Capital, 15/7/21) et où la reprise économique tant vantée se montre de plus en plus problématique, il est vain d’espérer un assouplissement de la classe capitaliste et de son gouvernement.

    Les manifestations contre le pass sanitaire se sont déroulées aux cris de liberté ! démocratie ! au nom de l’individualisme et derrière les drapeaux bleu-blanc rouge – signe de leur nature politique majoritairement petite bourgeoise ; c’est la raison pour laquelle on y retrouve, comme dans les autres grands pays où de telles manifestations ont eu lieu (Etats Unis, Allemagne, etc.), la présence de courants d’extrême droite. La croyance en une démocratie idéale et les illusions d’une lutte « populaire », interclassiste, qui pourrait faire reculer le gouvernement sont typiques de tout mouvement petit bourgeois, incapable d comprendre que la plus démocratique des démocraties n’est jamais autre chose que le masque de la dictature de la classe dominante bourgeoise.

    Cependant ces manifestations drainent aussi, comme chaque fois en pareil cas, des éléments prolétariens qui entendent manifester leur hostilité au pouvoir. Mais en l’absence d’une force de classe, leurs intérêts propres sont noyés dans la mélasse d’un faux unanimisme « populaire » où dominent toutes les illusions petites bourgeoises.

    Les courants de gauche et d’ « extrême »gauche qui y appellent ne le font pas pour y défendre une orientation de classe en rupture avec cet unanimisme, bien au contraire. C’est ainsi qu’un texte « unitaire » signé de la France Insoumise, de Solidaires, du NPA, de l’UNEF, etc., fonde son opposition au pass sur la façon « non démocratique » par laquelle aurait été prise la décision de l’instaurer, « par un seul homme » ( !), méthode « génératrice de fortes tensions, ce qui est délétère en pleine crise épidémique » ( !!), et il termine par un appel à la contribution « des multinationales et des plus riches » à la « solidarité nationale » !!! (3). Comme si Macron décidait tout seul selon ce qui lui passe par la tête, comme si ce n’était pas le capitalisme lui-même qui générait en permanence les tensions et comme si la solidarité nationale n’était pas une escroquerie propagée par la classe dominante !

    En réalité Macron et son gouvernement ne sont que les fondés de pouvoir de la bourgeoisie, naviguant à vue en fonction des intérêts parfois contradictoires de celle-ci. Et les fortes tensions que redoutent nos démocrates indiquent au contraire la voie de salut pour les prolétaires face à la pression et à l’oppression bourgeoise : la voie des affrontements ouverts contre les capitalistes et leur Etat, la voie de la reprise généralisée de le lutte de classe contre le capitalisme.

    Le capitalisme et les Etats bourgeois sont en dernière analyse les responsables de la catastrophe sanitaire mondiale de la pandémie par leur négligence criminelle à tous les niveaux des besoins de santé publique. Depuis le début ils répondent à cette pandémie en accroissant démesurément leur contrôle social, en interdisant, réprimant, à tour de bras ; en un mot en faisant retomber les conséquences d’un mode de production fondé sur la recherche « quoi qu’il en coûte » du profit, sur la population en général, mais plus précisément sur les prolétaires obligés de travailler sans protections ou plongés dans la misère. Les dernières mesures annoncées l’illustrent une nouvelle fois, en menaçant les travailleurs de licenciements et en pesant encore sur leur vie quotidienne (alors que les députés se sont absous du pass sanitaire pour siéger au parlement !) ; même si la vaccination est efficace, elle ne peut à elle seule venir à bout de l’épidémie en l’absence toujours criante de moyens hospitaliers et autres : leur passage en urgence est en réalité dictée, non par les besoins sanitaires de la population, mais par les besoins de l’économie capitaliste.

    Contre la pression inexorablement croissante du capitalisme, dont le pass sanitaire n’est qu’un exemple, les défilés même nombreux seront toujours insuffisants : seule une force suffisamment puissante pourra le faire reculer avant de pouvoir le renverser. Cette force, c’est celle du prolétariat ayant retrouvé ses armes et ses orientations de classe et reconstitué son parti révolutionnaire, internationaliste et international, pour diriger son combat jusqu’à la victoire finale. Dans un avenir plus ou moins proche le prolétariat sera de nouveau appelé à lutter pour se défendre ; les bourgeois s’y préparent, les prolétaires doivent s’y préparer aussi, se préparer à lutter sur leur terrain, celui de l’affrontement classe contre classe.

    Contre toutes les offensives anti-prolétariennes, retour à la lutte de classe contre le capitalisme et l’Etat bourgeois !

    (1) « Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas (…) » interview de Macron au Parisien, 29/04/2021

    (2) Déclaration sur LCI, le 5/07/2021

    (3) Libération, 22/07/2021. Si parmi les signataires on trouve des dirigeants de syndicats de la CGT, celle-ci en tant que telle n’en fait pas partie, ne voulant sans doute pas compromettre son statut de partenaire social responsable.

    Parti Communiste International

    26 juillet 2021

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  • Votre point de vue classiste puriste vous mène à vous démarquer de mobilisation de classe au lieu de pousser le prolétariat à en prendre la tête.

    https://www.matierevolution.fr/spip...

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  • Le prolétariat doit-il se préoccuper de s’allier avec la petite bourgeoisie pour isoler le grand capital ?

    https://www.matierevolution.fr/spip...

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  • Effectivement la plupart des organisations de la "gauche communiste" n’ont pas pris conscience du moment historique que nous vivons .
    c’est à dire de la possible extinction de l’espèce au travers de la fabrication d’un virus , par des laboratoires militaires ,et leur dissémination pour réaliser une "dépopulation" qui est en fait un génocide même pas déguisé . L’injection génique expérimentale a maintenant pour but de compléter l’opération .
    Il n’y a là rien d’anti marxiste, en effet en l’absence de révolution mondiale prolétarienne et de la réalisation du programme communiste , Marx lui - même n’excluait pas que l’Humanité sombre dans la barbarie ...

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  • Tout à fait d’accord avec vous.

    Karl Marx dans « Le Manifeste Communiste » :

    « Les conditions bourgeoises de production et d’échange, le régime bourgeois de la propriété, la société bourgeoise moderne, qui a fait surgir de si puissants moyens de production et d’échange, ressemblent au magicien qui ne sait plus dominer les puissances infernales qu’il a évoquées. Depuis des dizaines d’années, l’histoire de l’industrie et du commerce n’est autre chose que l’histoire de la révolte des forces productives modernes contre les rapports modernes de production, contre le régime de propriété qui conditionnent l’existence de la bourgeoisie et sa domination. Il suffit de mentionner les crises commerciales qui, par leur retour périodique, menacent de plus en plus l’existence de la société bourgeoise. Chaque crise détruit régulièrement non seulement une masse de produits déjà créés, mais encore une grande partie des forces productives déjà existantes elles-mêmes. Une épidémie qui, à toute autre époque, eût semblé une absurdité, s’abat sur la société, - l’épidémie de la surproduction. La société se trouve subitement ramenée à un état de barbarie momentanée ; on dirait qu’une famine, une guerre d’extermination lui ont coupé tous ses moyens de subsistance ; l’industrie et le commerce semblent anéantis. Et pourquoi ? Parce que la société a trop de civilisation, trop de moyens de subsistance, trop d’industrie, trop de commerce. Les forces productives dont elle dispose ne favorisent plus le régime de la propriété bourgeoise ; au contraire, elles sont devenues trop puissantes pour ce régime qui alors leur fait obstacle ; et toutes les fois que les forces productives sociales triomphent de cet obstacle, elles précipitent dans le désordre la société bourgeoise tout entière et menacent l’existence de la propriété bourgeoise. Le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses créées dans son sein. - Comment la bourgeoisie surmonte-t-elle ces crises ? D’un côté, en détruisant par la violence une masse de forces productives ; de l’autre, en conquérant de nouveaux marchés et en exploitant plus à fond les anciens. A quoi cela aboutit-il ? A préparer des crises plus générales et plus formidables et à diminuer les moyens de les prévenir. Les armes dont la bourgeoisie s’est servie pour abattre la féodalité se retournent aujourd’hui contre la bourgeoisie elle-même.

    Mais la bourgeoisie n’a pas seulement forgé les armes qui la mettront à mort ; elle a produit aussi les hommes qui manieront ces armes, les ouvriers modernes, les prolétaires... »

    Karl Marx dans « Misère de la philosophie » :

    « A la veille de chaque remaniement général de la société, le dernier mot de la science sociale sera toujours : le combat ou la mort, la lutte sanguinaire ou le néant. C’est ainsi que la question est invinciblement posée. »

    La suite : https://www.matierevolution.org/spi...

    Et aussi : http://www.matierevolution.fr/spip....

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