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Pourquoi les morts, de consommateurs de l’industrie agroalimentaire, se multiplient-elles comme de manière épidémique ?

jeudi 9 juin 2022, par Robert Paris

Les victimes de guerre de… l’industrie agroalimentaire

« Ne buvez pas cette eau minérale », ou « attention aux jambons aux nitrates », « vérifiez que les chocolats ou les pizzas n’ont pas été retirées du marché », ou encore « ne consommez pas ces fromages », ou « attention aux sauces pesto bourrées de pesticides », ou bien « les pesticides infectent fruits et légumes », ou enfin « Carrefour rappelles ses saucissons », ces avertissements et ces rappels de produits se multiplient…

Par quel hasard y a-t-il en même temps de nombreux morts et malades graves causés par la nourriture issue de l’agroindustrie et dues à des causes aussi diverses que la salmonellose, la listériose, escheria coli, des maladies diverses n’ayant aucun rapport entre elles et aucune raison de se développer en même temps, et aussi des produits qui ne devraient pas s’y trouver comme des résidus métalliques, des métaux lourds, des nanoparticules et bien d’autres saloperies ? Le « en même temps » démontre que la cause n’est pas seulement sanitaire mais économique : c’est que le capitalisme se transforme en guerre, avec ses victimes, aussi dans ce secteur. Et l’incapacité à maintenir la santé publique, qui a caractérisé la gestion de la pandémie covid et l’effondrement de l’hôpital public comme des EPHAD et autres maisons de retraite, frappe aussi dans les autres domaines comme l’hygiène alimentaire. Plus profondément, c’est de la chute historique du capitalisme que proviennent toutes ces chutes diverses et qui ont lieu en même temps est le symptôme !

Le journal bourgeois « Le Figaro », peu soupçonnable d’inimitié à l’égard des capitalistes, écrit :

« Pizzas Buitoni, produits chocolatés Kinder, fromages de Graindorge… Les rappels de produits de grandes marques s’enchaînent ces derniers jours, soulevant de nombreuses questions sur le fonctionnement des usines d’agroalimentaire et entachant la confiance des consommateurs. »

Comme la mention « Fumer tue » sur les paquets de cigarettes, « Manger tue » va-t-elle devenir un avertissement obligatoire pour tous les produits des marques Buitoni, Lactalis, Graindorge ou Kinder, et de bien d’autres firmes aussi connues de l’industrie agroalimentaire distribuée par des grandes surface du type Lidl, Carrefour ou Auchan ? Les morts se multiplient en effet, dont un grand nombre d’enfants, qui n’ont eu comme imprudence que de manger ces produits alors que leur sécurité sanitaire n’était pas garantie en réalité et que les services de surveillance d’Etat, comme ceux des entreprises concernées, ne les avaient pas suffisamment vérifiés pour éviter des catastrophes. Pire même, ces marques et bien d’autres n’ont pas eu un seul incident (mortel ou occasionnant des maladies très graves) à leur actif mais de multiples accidents successifs pour une série de produits sans que l’Etat ne décide de leur interdire la production ou parfois ne l’arrête, y compris quand la firme avait remis sur les marché des produits douteux ou dangereux ! La seule mesure de l’Etat a consisté, après coup, à obliger les firmes à les retirer du marché et à en informer le grand public qui les avait parfois déjà consommés.

Il y a de moins en moins de contrôles de l’État t les dirigeants de celui-ci sont de plus en plus liés directement aux grands profiteurs, le gouvernement devenant un vaste « conflit d’intérêt », ce qui signifie qu’il n’y a jamais de conflit entre les gouvernants et les intérêts capitalistes.

On pourrait se dire que les aliments peuvent facilement être attaqués par des bactéries et que ces sociétés ne peuvent pas surveiller individuellement l’hygiène des manipulations de leurs employés pour éviter totalement les risques. Mais le fait que ces morts se multiplient ces derniers temps est relativement inquiétant et ce d’autant que les firmes en question ne manquent pas de moyens financiers pour assurer la sécurité et sont même en train de réaliser des hausses fabuleuses de leurs profits. Quel mal frappe donc ainsi tout le secteur de l’agro-industrie ? Y a-t-il un lien entre toutes ces morts, qu’elles soient dues à des infections ou à d’autres causes de pollution des produits par les industries alimentaires ?

Toutes sortes de produits alimentaires issus de l’industrie connaissent des rappels, après des accidents souvent graves et même mortels, les producteurs ayant traîné souvent à reconnaître les défauts de fabrication, l’absence de mesures d’hygiène sanitaire suffisantes et refusé de donner l’information au grand public ou tardé à le faire. Cela va des chocolats aux pizzas, des fromages aux pâtes, victimes les uns de salmonellose et les autres de listeria. Des sésames, psylium et épices ont été retirés du marché pour présence d’oxyde d’éthylène, des harengs du Nord pour listéria, des bouillons cube bio aussi, des saucisses, des baguettes de pain, également. Et la liste est longue, depuis des pâtés en croute à de la poitrine de porc, du jambon au saucisson, des pieds de bovins aux cuisses de poulet, des huitres au fromage de chèvre, des tagliatelles à la mortadelle. La plupart sont frappés de listeria mais on voit qu’ils ne font pas partie du même type de produits. Cela veut dire que c’est l’ensemble du secteur de l’agroindustrie qui est frappé et non d’un seul domaine particulier.

Certes, les rappels de produits alimentaires ne sont pas nouveaux mais il s’agit là d’une véritable épidémie de rappels ! Et le nombre de morts et de blessés qu’ils causent monte en flèche !

Et on est loin d’avoir fini la liste des problèmes que connaît actuellement l’agroalimentaire. Il faut y rajouter les pénuries qui se multiplient (lait, blé, farine, maïs, huile de tournesol, pâtes, aliments pour le bétail, etc.). Il faut aussi rappeler des hausses de prix parfois considérables. Il faut encore rajouter les déchets industriels indésirables trouvés dans certaines fabrications (cadmium, mercure, arsenic, chrome, divers métaux lourds, pesticides, nitrates, dioxines, etc.) S’y rajoutent les perturbateurs endocriniens et les nanoparticules (indiqués ou pas).

La plupart des produits incriminés le sont par de très grandes firmes, des trusts connus et riches comme Buitoni, Lactalis, etc., et des distributeurs de nourriture connus comme Lidl ou Auchan…

Pourtant le secteur de l’agroindustrie est loin d’être en chute économique et financière et vient même de redresser ses résultats ces derniers mois.

Ce n’est pas un hasard si le rapport d’Oxfam sur les profiteurs de la pandémie épingle notamment l’agroalimentaire parmi ceux qui font du profit pendant qu’on meurt du virus, profitant du covid pour créer des pénuries et ainsi augmenter les prix.

Oxfam écrit :

« Les huit premières grandes surfaces du monde, qui profitent particulièrement de l’agroindustrie, cotées en bourse ont réalisé quelque 1.000 milliards de dollars de vente en 2016 et près de 22 milliards de bénéfices. »

« La plupart des aliments que nous consommons contiennent de la souffrance humaine », affirme l’association. Des supers profits en haut, la faim et la misère en bas. Et Oxfam rappelle que ce sont des trusts hyper riches qui monopolisent l’essentiel de la production et de la vente : « En France, six groupes pour 92% des parts de marchés ».

Dans le monde, le secteur agroalimentaire représente 20 milliards de dollars, soit 30 % de l’économie capitaliste. Selon les dernières prévisions du Consumer Market Outlook, le marché alimentaire mondial devrait atteindre un chiffre d’affaires de 8 000 milliards de dollars (6 500 milliards d’euros au taux de change actuel). La course aux marges bénéficiaires des trusts de l’agrobusiness s’est accrue et la sécurité sanitaire en est la première victime.

Ce secteur, comme l’ensemble des services économiques, est pourtant prétendument tenu par des procédures de vérification, de certification, d’authentification, de notation, du public consommateur comme des autorités, et aussi de surveillance des associations écologiques, etc. Eh bien, malgré tout cet attirail ronflant, la situation empire gravement et de manière visible !

La réalité, c’est que les services de l’Hygiène publique ont complètement baissé la garde. Leur surveillance est réduite à néant, pour ne pas nuire à la rentabilité du secteur, devenue le but unique des gouvernants.

Les liens entre ces trusts et les gouvernants deviennent carrément du conflit d’intérêt, de la corruption en grand. Cela permet qu’un trust comme Lactalis, mille fois coupable, ayant des morts d’enfants sur les bras, ait le droit de continuer à nuire, à tuer, à rendre malade et à produire sans souci de la santé des consommateurs…

Maladies bactériennes, additifs dangereux, manque de contrôle des entreprises, malbouffe, fraudes, introduction de produits nocifs, périmés ou dangereux, dénominations mensongères, rien de tout cela n’est combattu par les services de l’Etat, du moment qu’il s’agit de crimes réalisés par des grands trusts qui font de gros profits. Or, ces derniers deviennent l’objet d’une véritable guerre entre les trusts. Les consommateurs deviennent les victimes collatérales de cette guerre ! La corruption au plus haut sommet de l’Etat dans toutes ces affaires a notamment été décrite dans l’ouvrage de Roger Lenglet, « Les crapules de la République ». Couverts par l’Etat et ses services, les trusts peuvent difficilement être épinglés, le consommateur et ses associations n’ayant aucun accès à la production pour y surveiller les méthodes et les astuces.

Pas étonnant qu’au même moment des étudiants en agroalimentaire, recevant leur diplôme, annoncent lors de la cérémonie de remise que le secteur des trusts de l’agroindustrie doit être dénoncé publiquement car il est en guerre contre les consommateurs, le vivant et les paysans, sans compter les salariés de cette industrie !

Les temps modernes de l’agrobusiness, à l’époque de l’effondrement historique du capitalisme, rejoignent dans la barbarie ses débuts qu’Upton Sinclair appelait « La jungle ».

Les réformistes nous diront qu’il faut bien voter pour éviter d’avoir des gouvernants qui soient corrompus, qui se joignent aux trusts pour lutter contre les contrôles d’hygiène, pour faire en sorte que les intérêts des paysans et des consommateurs soient défendus, mais ces réformistes se gardent de reconnaitre que c’est la nature même de l’Etat capitaliste de toujours défendre uniquement les intérêts ds capitalistes et que cela ne dépend pas du nom des ministres ou même du premier ministre et du président, ni de la couleur du parti gouvernant.

D’autres réformistes prétendent que cela dépend des efforts des consommateurs et du soutien qu’ils accordent à l’écologie et à ses associations. Mais ce soutien est plus grand que jamais alors que les problèmes deviennent plus graves et plus mortels que jamais.

Ces réformistes cachent le fond de la question. Que ce soient pour contrôler les trusts de l’agroalimentaire, les trusts de l’armement, les trusts pharmaceutiques, les trusts de la chime, les trusts du nucléaire, il faut que le peuple travailleur détienne tout le pouvoir et s’en soit donné les moyens organisationnels, en implantant partout ses conseils de travailleurs et surtout en leur donnant le pouvoir d’Etat et en détruisant le pouvoir des capitalistes sur l’Etat.

Les guerres que nous mènent les capitalistes, qu’ils s’agisse de guerre militaire, de guerre pandémique ou des guerres de l’agroalimentaire, ne prendront fin que lorsque nous, travailleurs, aurons décidé de nous donner les moyens de décider nous-mêmes de ce que doit faire la société et de ce qu’elle n’a pas le droit de faire. Du moment que l’on admet le profit capitaliste et qu’on admet un Etat qui le défend, rien d’étonnant que les morts s’amoncellent dans ce but. Ce n’est pas covid, ce n’est pas listeria, ce n’est pas salmonelle, ce n’est pas cadmium, ce n’est pas nono, ce n’est pas nitrates, ce n’est pas pesticides, ce n’est pas métaux lourds qui sont à accuser et qui tuent ou blessent gravement, ce sont les trusts capitalistes avec la complicité intéressée des Etats ! Otons-leur le pouvoir d’Etat et la possession des capitaux, nous leur ôterons le pouvoir de nous tuer ! Laissons-leur le pouvoir d’Etat et la possession de toutes les richesses et les années qui viennent seront pleines de sang…

Finissons-en avec ce capitalisme agonisant, nécrophile, mortifère, fantome de lui-même, ne survivant qu’en soins palliatifs, sous perfusion permanente, sangsue de la société, exclusivement suceur de sang, préférant détruire l’humanité qu’admettre sa chue inexorable.

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