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La peur du 10 — Genèse du nouveau bonapartisme français...

jeudi 16 octobre 2025, par Karob

La peur du 10 — Genèse du nouveau bonapartisme français

Le 10 septembre, le pouvoir a eu peur.

Pas peur d’un bloc parlementaire, pas peur d’une alliance d’appareils — peur du peuple.
Peur d’un retour des Gilets jaunes puissance dix, d’un soulèvement sans encadrement, sans mots d’ordre, sans drapeaux officiels.
Peur d’une sécession avec la société des milliardaires, d’une rupture réelle avec le capital et l’État.

Cette peur a tout déclenché.
Depuis, tout ce qui se joue n’est que la tentative de refermer la brèche ouverte par le 10.

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Ils ont infiltré, noyé, retourné

L’État n’a pas envoyé les CRS d’abord.
Il a envoyé les seconds couteaux des syndicats,
les secrétaires d’unions locales et départementales,
les cadres moyens qu’on a présentés comme “la base”.

Appuyés par la gauche bourgeoise et une fausse extrême gauche —
les pseudo-trotskistes de Révolution Permanente, de Lutte Ouvrière, du NPA-R —
ils ont fait croire qu’ils soutenaient le mouvement, qu’ils revenaient “à la base”,
qu’ils se mettaient “contre les directions”.
Mensonge : ils ont été le relais des directions, les agents du reflux.

Ce qu’ils ont bloqué, ce n’est pas le pays — c’est le mouvement.
Le “bloquons tout” est devenu “bloquons le peuple”.
La désobéissance s’est changée en défilé,
la solidarité en trêve,
la sécession en appel à l’unité nationale.

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De la peur au pouvoir fort

Cette peur du 10, c’est le moteur du bonapartisme français d’aujourd’hui.
Tout le décor s’est mis en place :
Assemblée discréditée, gouvernement sans majorité,
Élysée qui prétend se tenir “au-dessus des partis”,
médias répétant la chanson de la “fatigue démocratique”.

Message : “Puisque rien ne marche, il faut un pouvoir fort.”
Voilà la contre-révolution :
fabriquer le chaos, user la colère, puis proposer la matraque comme solution.

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Tous complices

Personne ne joue ce rôle par hasard.
La gauche bourgeoise, le RN, les appareils syndicaux, les pseudo-trotskistes — tous participent, chacun à sa manière, à la mise en scène du désordre.
Ils parlent de dissolution, de recomposition, d’alternance,
mais derrière leurs mots, il n’y a qu’une même musique :
le retour de l’autorité,
le pouvoir d’État restauré,
le peuple renvoyé à sa passivité.

Bayrou est tombé, le centre est mort :
il ne reste plus que le pouvoir nu, sans masque, sans façade démocratique.
La bourgeoisie n’a plus besoin de consensus,
elle veut l’ordre.

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La leçon

> “Le pouvoir d’État se dresse au-dessus de la société,
mais il n’est que le produit de son équilibre instable.”
— Marx, Le 18 Brumaire.

Chaque fois que la bourgeoisie a peur du peuple,
elle concentre le pouvoir pour sauver sa domination.
Mais en voulant tout contrôler, elle réveille la lutte qu’elle voulait étouffer.
C’est ce qu’elle fait aujourd’hui : la peur du 10 est sa matrice,
mais aussi le germe de son renversement.

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Nos tâches

Il faut construire le pouvoir populaire, non pas dans les urnes ni dans les directions syndicales,
mais dans les comités du peuple travailleur,
dans les assemblées locales, dans les coordonnations réelles.

Les bâtir partout : ateliers, dépôts, hôpitaux, lycées, quartiers.
Y unir les travailleurs, les précaires, les chômeurs, les retraités, la jeunesse.
Et de leur fédération faire naître la seule autorité légitime :
la fédération des comités du peuple travailleur.

Ce pouvoir populaire s’appuiera sur :

le contrôle ouvrier sur la production et les services publics,

la gestion directe par les producteurs-salariés-citoyens,

le contrôle direct de toutes les caisses de solidarité — caisses de retraite, de sécurité sociale et d’allocations chômage — par les producteurs-salariés ; éviction des représentants de l’État bourgeois : notre argent, pas le leur,

le salaire garanti indexé sur l’inflation,

une sécurité sociale universelle remboursant tout à 100 %,

la fin des mutuelles privées,

la rupture avec l’Union européenne, l’OTAN, l’austérité et la dette,

la révocabilité immédiate et la responsabilité de tous les mandatés,

la création d’une garde nationale élue et révocable, et la fin de l’armée permanente et de la police telles qu’elles sont ; démocratisation complète des forces de répression, fusion du civil et du militaire sous contrôle populaire, armement du peuple travailleur pour la défense collective,

le retrait immédiat de toutes les troupes françaises à l’étranger,

la fermeture des bases militaires,

le droit à l’indépendance des territoires coloniaux dits DOM-TOM, aujourd’hui relais de l’impérialisme français,

la coordination et la fédération des comités pour se gouverner collectivement.

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