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Le lien entre catastrophes (éruptions volcaniques, séismes, météorologie...) et les révoltes et révolutions
mercredi 4 février 2026, par
Le lien entre éruptions volcaniques, séismes, catastrophes météorologiques ou climatiques et… révoltes ou révolutions politiques et sociales…
Quand les peuples ont saisi l’occasion d’un tremblement de terre, d’une éruption volcanique, d’une catastrophe météorologique ou climatique comme signal du moment où il fallait en finir avec une dictature insupportable et en crise…
Ou quand une catastrophe naturelle a tellement frappé la société humaine que sa structure s’est complètement effondrée…
Cela n’a pas seulement entrainé parfois un changement de régime mais aussi éventuellement un changement de mode de production ou même la fin d’une civilisation.
Ce n’est pas un hasard que l’on compare souvent les révolutions à des catastrophes naturelles. On appelle la révolution : « le volcan social », « le séisme révolutionnaire », « le maelströem »…
Les catastrophes naturelles n’ont pas fait la Révolution française à elles seules, mais elles ont préparé le terrain…
Sécheresses, inondations, gels, orages… La météo exécrable des années 1787 et 1788 a fait flamber les prix du pain et poussé les Français dans la rue. Si elle n’a pas causé la Révolution, elle a lancé la mécanique de la rébellion.
Le 8 juin 1783, le Laki, un volcan islandais, entre dans une terrible éruption qui va durer huit mois. La terre s’ouvre sur 25 kilomètres et 130 cratères vomissent quelque 15 kilomètres cubes de lave. « Il a régné cette année, pendant les trois premières semaines de juillet, des brouillards fort épais », note le curé de Cogny (Rhône). Dans le même temps au Japon, le mont Asama est aussi en éruption. De mai à août 1783, le volcan nippon crache ses fumées dans l’atmosphère.
L’effet conjugué des deux éruptions produit un nuage de cendres si dense qu’il occulte le rayonnement solaire, faisant baisser les températures en Europe. « Ces fameux brouillards secs bleuâtres d’odeur sulfureuse, résultat de rejet d’aérosols sulfatés par le volcan, sont décrits en Allemagne, en Ecosse, aux Pays-Bas », explique le volcanologue Philippe Rocher, directeur adjoint au BRGM (service géologique national). A partir de 1783, la France connaît hivers frigorifiques et printemps catastrophiques, avec orages, pluies diluviennes, grêles ou sécheresses. On compte les morts par milliers.
Après une série d’années difficiles, la récolte de 1788 est médiocre et l’hiver glacial (– 6,8 °C en moyenne en décembre à Paris). Le prix du blé flambe. La situation des paysans est désespérée. La Révolution éclate en 1789 sur fond de disette. Le 5 octobre 1789, un cortège de 7 000 Parisiennes se met en marche vers Versailles. Elles crient : « Du pain ! », fourche et pique à la main. Leur colère contraint le roi et sa cour à quitter le palais du Roi-Soleil pour Paris. Pour la monarchie, les dés sont jetés.
Les éruptions du Laki, en Islande et de l’Asama, au Japon sont-elles la cause de la révolution Française ? Le volcanologue le penserait certainement. L’historien, sans doute, nuancerait cette affirmation en émettant l’idée qu’elles furent probablement un élément déclencheur de l’Histoire...
Certains opposent, dans la chute de civilisations, les causes naturelles aux révolutions alors que les deux ne s’opposent pas mais se composent… Par contre, il est faux de dire que ce seraient les désordres climatiques qui, tous seuls, auraient provoqué l’effondrement des grandes civilisations…
https://matierevolution.org/spip.php?article8661
Pourquoi les civilisations sont-elles vouées à disparaître ... brutalement ? Parce que tout système social a des limites et que, lorsque celles-ci sont atteintes, les exploités se révoltent et veulent le renverser.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078
Bien des auteurs ne veulent surtout pas voir une lutte de classes comme cause de la chute des anciennes civilisations, non pas pour des raisons scientifiques mais pour exclure la lutte des classes du prolétariat comme cause de chute du monde capitaliste.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2563
Centrée sur la société de l’île de Pâques, l’ouvrage « Effondrement » de Jared Diamond présente la thèse écologiste de l’environnement comme cause première des effondrements de civilisations. Même si c’est effectivement sa thèse centrale, l’auteur ne s’en est pas contenté. Il a été amené à relever que les sociétés ont changé, ou sont disparues, du fait de révolutions. S’il débute en résumant sa thèse en expliquant que : « L’histoire de l’île de Pâques nous rapproche aussi près que possible d’un cas « pur » d’effondrement dû à des facteurs écologistes – ici la déforestation totale qui conduisit à la guerre, au renversement des élites, ainsi qu’à la disparition massive de la population. » Jared Diamond a particulièrement développé cette dernière thèse dans les cas des Vikings, du peuple des pierres dressées de l’ile de Pâques et des Mayas.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750
Notons d’abord que le cas des 5.000 Vikings du Groenland, dont Diamond fait grand cas, doit être mis à l’écart puisque, selon l’auteur lui-même, l’effondrement de cette colonie s’expliquerait par l’incapacité et le refus de ses membres de changer leur mode de vie pour s’adapter au « Petit Age Glaciaire » : il s’agirait donc d’une catastrophe naturelle, pas d’une catastrophe écologique « anthropique ».
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046
Ce n’est pas l’absence de traces de révolutions sociales qui guide de tels travaux mais un choix social et politique : écarter ces faits. Même s’il rapporte que la population maya a subi une violente guerre civile due à des causes sociales qui a décimé sa population, Jared Diamond recherche la raison de la disparition de la civilisation maya dans une catastrophe écologique liée à la surexploitation des ressources agricoles.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243
Il n’est pas exact que tous les scientifiques rejoignent la thèse de Jared Diamond et des des écolo-climatiques.
Voici, par exemple, une interview de Norman Yoffee :
« La notion d’effondrement des civilisations a aujourd’hui une grande résonance à cause des inquiétudes suscitées par le réchauffement climatique. (...) de nombreuses recherches ont été effectuées, par exemple dans le best seller de Jared Diamond "Collapse of civilisations". mais il faut les lire avec précaution (...) Lorsqu’on étudie de près les raisons qui ont conduit des sociétés du passé à de profonds changements - en Mésopotamie mais aussi dans la vallée de l’Indus avec la civilisation d’Harappa, où entre 3000 et 2000 avant notre ère les villes fleurissent avant d’être totalement abandonnées, ou encore en Amérique, où les Mayas fondent des grandes villes à partir de 200 avant notre ère pour en abandonner certaines aux alentours de 900 - on s’aperçoit que ces changements, pour la plupart, ne sont pas dus à une dégradation de l’environnement. Certes, les hommes ont altéré leur environnement de nombreuses manières. Ils ont coupé les forêts, tué certains animaux, en ont introduit d’autres. Aucun système politique ne s’est pourtant jamais effondré du fait de ces seules altérations. (...) Je voudrais dire un mot d’un autre exemple, souvent cité en matière d’effondrement, celui des Mayas. Dans la région habitée autrefois par les Mayas, certaines villes ont très certainement été abandonnées. Manifestement un événement grave s’est produit. (...) Comment des Etats riches et puissants, aux souverains redoutés et aux monuments grandioses, ont-ils pu disparaître complètement de la surface de la Terre au point que parfois la signification même de leurs ruines a sombré dans l’oubli ? La question a fasciné toutes les époques : les penseurs du 17ème et 18ème siècle ont tenté d’y répondre sa référant à des auteurs de la Renaissance - qui à son tour cite des Romains, qui eux-mêmes renvoient à Hérodote et autres Grecs... Pour les fondateurs du communisme, le renversement violent des formes sociales dépassées était dans la logique naturelle de l’évolution historique. (...) La fragilité naturelle des sociétés humaines, surtout au-delà d’un certain degré de complexité, a été soulignée par de nombreux spécialistes. (...) Les sociétés possédant un Etat et une société urbaine sont facilement déstabilisées par des perturbations (...) L’anthropologue américain George Cowgil met lui aussi en garde contre la tentation de supposer que les sociétés sont naturellement des entités stables : "J’incline fortement à penser que l’idée que n’importe quel Etat ait jamais fonctionné véritablement harmonieusement n’est qu’un mythe propagé par les élites dirigeantes. Même dans les meilleurs jours, la plupart des Etats ont probablement été des édifices assez brinquebalants, aux mieux à moitié compris par les gens qui les ont construits, maintenus, subis ou combattus. »
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046
Le discours que l’on entend tous les jours dans les médias, devenu pensée unique, est le suivant : l’homme veut trop de richesses et a épuisé la terre. Il doit faire des sacrifices s’il veut la préserver pour les générations futures. Cette vision, prétendument fondée sur les sciences, dresse le tableau d’une crise de l’humanité qui ne serait pas celle du capitalisme, pourtant bel et bien présente, mais celle des individus qui en veulent trop. Elle se fonde sur l’idée que la terre serait fondée sur des équilibres que l’homme détruirait : équilibre de la biodiversité ou équilibre du climat.
Elle prétend surfer sur l’ambiance de peur causée par la crise systémique du capitalisme afin de la détourner et même d’en profiter.
Philosophiquement et scientifiquement, elle est infondée.
L’image d’un passé équilibré au plan de la biodiversité et du climat est totalement imaginaire.
Les mécanismes du climat et ceux du vivant sont fondés non sur un équilibre fixe mais sur des multiples équilibres instables sans cesse remis en question et qui sont construits successivement par des mécanismes de rétroactions fondés sur des contradictions et agissant non à un seul niveau de structure mais entre plusieurs niveaux.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1790
Depuis toujours synonymes de catastrophes, les séismes ont marqué l’histoire des hommes comme un accélérateur des transformations sociales ou économiques.
L’effondrement se produit lorsque l’altération du climat met en péril l’équilibre entre la population et les ressources disponibles pour le maintenir, générant généralement un conflit qui conduit à la genèse de phénomènes violents tels que des révolutions ou des guerres, car les mécanismes régulateurs internes des formations sociales n’existent plus ou sont incapables de contrecarrer ses effets négatifs.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336
L’éruption de Théra (Santorin, Grèce) vers 1 600 av. J.-C. a été l’une des plus puissantes de l’histoire. Elle a eu un impact majeur sur la florissante civilisation minoenne et des répercussions sur la proche civilisation mycénienne, commercialement liée aux Minoens. Une quantité massive de cendres a recouvert l’île de Santorin et lors de la formation d’une caldeira, une partie de l’île a été submergée dont la ville antique d’Akrotiri. Cette éruption pourrait d’ailleurs avoir inspiré le mythe de l’Atlantide, raconté par Platon dans ses « Dialogues ».
Au-delà de ces impacts majeurs mais locaux, l’éruption de Théra a projeté une immense quantité de cendres et d’aérosols dans l’atmosphère, provoquant des changements climatiques temporaires. L’« hiver volcanique » lié aux aérosols a pu modifier le cycle des moussons et sécheresses contribuant à de mauvaises récoltes dont témoigne le Papyrus égyptien d’Ipou-Our, décrivant de telles famines, ainsi que diverses catastrophes naturelles sous le règne d’Ahmôsis Iᵉʳ (vers 1550-1525 avant J.-C.).
Par la suite, d’autres éruptions majeures ont marqué l’histoire et notamment à la fin du XVIII siècle (1783-1784), lorsque le volcan Laki (Lakagigar) entra en éruption en Islande : 12 km de lave s’échappèrent alors d’une fissure de 30 km de long libérant de grandes quantités de fluorures dans l’atmosphère. Ces composés, une fois retombés sur les pâturages, provoquèrent une contamination massive intoxiquant le bétail (maladies osseuses, dentaires et mort de nombreuses bêtes). Près de 50 % du bétail islandais aurait péri et 20 % de la population islandaise (soit environ 10 000 personnes) aurait succombé à la famine créée par cet évènement causant l’une des plus grandes catastrophes démographiques dans l’histoire de l’île.
Au-delà de l’Islande, les émissions de gaz soufrés du Laki ont été suffisamment massives pour entrainer un refroidissement global (hiver volcanique) et un hiver particulièrement froid en Europe, affectant les récoltes, notamment en France, et contribuant à des pénuries alimentaires qui ont exacerbé les tensions économiques et sociales. Ces conditions ont été le terreau de la Révolution française (1789) qui elle-même a inspiré multiples soulèvements en Europe et dans le monde. L’histoire politique a ainsi été mise en mouvement par une éruption volcanique pourtant très peu explosive, et dont les volumes émis peuvent paraître dérisoires, notamment s’ils sont comparés à d’autres évènements éruptifs documentés aux échelles de temps géologiques comme la mise en place des grandes provinces magmatiques (Deccan, Sibérie, etc.).
Egypte en 2200 avant J.-C.
Égypte, la chute de l’Ancien Empire, à la fin du règne de Pépi II en 2200 avant J.-C. : une insurrection a fait chuter durablement le règne des Pharaons… C’est la révolution qui a pillé la tombe de Pépi II.
https://www.youtube.com/watch?v=mop2hbEDeIU
L’existence de faits climatiques ne supprime pas l’importance des révolutions sociales et politiques qui ont mené à la chute.
https://www.youtube.com/watch?v=S-sRdMRU2cc
Un tremblement de terre à la chute de l’empire romain
En 365 après J.-C. ! Un tremblement de terre titanesque suivi d’un tsunami dévastateur a laissé une marque indélébile sur l’histoire, secouant des villes jusqu’en Crète, Égypte et au Levant.
https://www.youtube.com/watch?v=VJQ8UEdFkps
Dans la seconde année du règne de Valentinien et de Valens, le 21 du mois de juillet, pendant la matinée, un tremblement de terre violent et destructeur ébranla presque toute la surface du globe occupée par l’Empire romain. Le mouvement se communiqua aux mers ; les rives baignées ordinairement par la Méditerranée restèrent à sec ; on prit à la main une quantité immense de poissons. De grands vaisseaux se trouvèrent enfoncés dans la bourbe, et la retraite des flots offrit à l’œil ou plutôt à l’imagination, flattée de ce singulier tableau[1], des montagnes et des vallées, qui, depuis la formation du monde, n’avaient jamais été exposées aux rayons du soleil. Mais au retour de la marée, les eaux s’élancèrent avec une impétuosité et un poids irrésistibles, qui causèrent les plus grands désastres sur les côtes de la Sicile, de la Dalmatie, de la Grèce et de l’Égypte. De grands bateaux furent entraînés et placés sur les toits des maisons, ou à la distance de deux milles du rivage ordinaire. Les maisons englouties disparurent avec leurs habitans, et la ville d’Alexandrie a perpétué, par une cérémonie annuelle, le souvenir de l’inondation funeste qui coûta la vie à cinquante mille de ses citoyens. Cette calamité, dont le récit s’exagérait en passant d’une province à l’autre, frappa tout l’empire d’étonnement et d’épouvante, et les imaginations effrayées étendirent les conséquences d’un malheur momentané. On se rappelait les tremblemens de terre précédens, qui avaient détruit les villes de la Palestine et de la Bithynie, et les Romains étaient disposés à regarder ces coups terribles comme l’annonce de malheurs encore plus affreux. Leur vanité timide confondait les symptômes du déclin de leur empire avec ceux de la fin du monde[2]. On avait alors pour habitude d’attribuer tous les événemens extraordinaires à une volonté particulière de la Divinité. Tous les phénomènes de la nature se trouvaient liés par une chaîne invisible aux opinions morales ou métaphysiques de l’esprit humain, et les plus profonds théologiens pouvaient indiquer, d’après l’espèce de leurs préjugés, comment l’établissement de l’hérésie tendait nécessairement à produire le tremblement de terre ; par quelle cause l’inondation devait inévitablement résulter des progrès de l’erreur et de l’impiété. Sans prétendre discuter la probabilité de ces sublimes spéculations, l’historien doit se contenter d’observer, sur l’autorité de l’expérience, que les passions des hommes sont plus funestes au genre humain que les convulsions passagères des élémens. Les effets destructeurs d’un tremblement de terre, d’une tempête, d’une inondation ou de l’éruption d’un volcan, sont très-peu de chose, comparées aux calamités ordinaires de la guerre, mêmes adoucies comme elles le sont maintenant par la prudence ou par l’humanité des souverains de l’Europe, lorsqu’ils amusent leurs loisirs ou exercent le courage de leurs sujets par la pratique de l’art militaire. Cependant les mœurs et les lois de l’Europe moderne protègent la vie et la liberté du soldat vaincu, et le citoyen paisible a rarement à se plaindre que sa personne ou même sa fortune ait eu à souffrir des malheurs de la guerre. À l’époque désastreuse de la chute de l’Empire romain, que nous pouvons dater du règne de Valens, la sûreté de tous les citoyens était personnellement attaquée. Les arts et les travaux, fruits de l’industrie d’une longue série de siècles, disparaissaient sous les mains féroces des Barbares d’Allemagne et de Scythie. [Les Huns et les Goths, A. D. 376.]L’invasion des Huns précipita sur les provinces de l’Occident la nation des Goths, qui, en moins de quarante ans, envahirent depuis les bords du Danube jusqu’à l’océan Atlantique, et ouvrirent, par leurs succès, une route aux incursions de tant de hordes encore plus sauvages. Les contrées reculées du globe recelaient le principe de cette grande commotion ; et l’examen attentif de la vie pastorale des Scythes ou Tartaresjettera du jour sur la cause cachée de ces émigrations dévastatrices.
Des chutes de civilisations
Des catastrophes ont parfois effacé certaines civilisations au point de n’en laisser presque aucune trace.
https://www.youtube.com/watch?v=DWYTfNLSG6E
Un nouveau séisme a frappé l’ancien berceau de la civilisation.
Effondrements de cvilisations de l’âge du bronze récent en Méditérranée
En – 1200 avant J.-C., de nombreuses civilisations méditerranéennes chutent les unes à la suite des autres, comme un jeu de cartes… L’interprétation de ces événements marquants est toujours en discussion.
Moins 1250-1200 : destructions massives et simultanées des palais mycéniens (Mycènes, Tirynthe...)
Moins 1210-1205 : les Hittites perdent le contrôle des territoires de la côte ouest de l’Anatolie.
Moins 1208-1182 : les textes égyptiens mentionnent des destructions massives en Anatolie, à Chypre et au Proche-Orient.
Moins 1200 : selon Hérodote, les Tyrrhéniens (de Lydie) fuient l’Anatolie et se réfugient en Italie (où ils prennent le nom de Etrusques).
Moins 1190 : destructions des cités hittites, puis effondrement de la civilisation hittite en Anatolie.
Moins 1150-1100 : effondrement puis disparition de la civilisation "mycénienne" en Grèce.
Les destructions d’Ougarit par des séismes et… par des révolutions…
Abimilki, roi de Tyr, annonça au pharaon Aménophis IV la catastrophe : « La ville royale d’Ougarit a été détruite par le feu. La moitié de la ville a été la proie des flammes. L’autre moitié n’existe plus. » On se demande encore à la suite de quels événements du quatorzième siècle avant J.-C. Ougarit, la ville de Cnossos en Crète, Troie et d’autres métropoles ont subi au même moment de vastes destructions. Un tremblement de terre peut-il toucher simultanément tant de centres fort éloignés les uns des autres ? »
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ougarit
« Des tremblements de terre ont été évoqués comme cause possible de certaines destructions de sites qui surviennent à l’âge du bronze récent notamment à Mycènes, à Troie ou à Ougarit. Une proposition avance même l’hypothèse d’un séisme exceptionnel qui aurait causé la destruction des citadelles du Péloponnèse. »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_l%27%C3%A2ge_du_bronze_r%C3%A9cent
Que s’est-il passé à la fin de l’âge du Bronze :
« Les géologues ont relevé des traces de séismes le long de nombreuses failles de la région (Louxor, Mycènes, Thèbes, Tyrinthe…). Les cités qui ont su résister à ces bouleversements étaient alors plus vulnérables : les tremblements de terre ont endommagé les réseaux hydriques, les faibles récoltes ont entraîné des famines et de épidémies, ces deux phénomènes conduisant à des révoltes comme ce fut le cas sous Ramsès III avec l’une des premières grèves de travailleurs de l’Histoire »
https://www.youtube.com/watch?v=mVtj6zQtBWs
Ce qui est clairement connu, c’est qu’entre environ 1250 et 1150 AEC, de grandes cités furent détruites, des civilisations entières tombèrent, les relations diplomatiques et commerciales furent rompues, des systèmes d’écriture disparurent, et qu’il y eut une dévastation généralisée et des morts à une échelle jamais connue auparavant.
Les principales causes avancées sont :
• Catastrophes naturelles (tremblements de terre)
• Changement climatique (causant sécheresse et famine)
• Rébellions internes (révoltes de classe)
• Invasions (principalement par les Peuples de la Mer)
• Désorganisation des relations commerciales / effondrement des réseaux (instabilité politique)
A la suite de l’effondrement, la région méditerranéenne entra dans un ’âge des ténèbres’ dans lequel le fer remplaça le bronze comme métal de choix, les relations diplomatiques et commerciales devinrent presque inexistantes, et l’art, l’architecture et la qualité de vie en général en souffrirent tous.
https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10433/effondrement-de-lage-du-bronze/
Les manuels de préhistoire nous enseignent que la disparition des civilisations de l’âge du bronze en Méditerranée orientale et en Asie Mineure, vers le xiie siècle av. J.‐C., fut causée par l’invasion des Doriens, venus de Russie méridionale, qui possédaient déjà des épées en fer. C’est ainsi que Mycènes, de même que les villes de l’empire hittite, au nord‐est de l’Anatolie, et les cités syriennes comme Ougarit, auraient disparu, ravagées par les hordes doriennes.
Un archéologue français, Claude Schaeffer, suggéra que les ruines de la fin de l’âge du bronze que révélaient les fouilles archéologiques pouvaient être dues à un tremblement de terre, plutôt qu’aux destructions du fait des envahisseurs. L’idée n’eut pas grand succès. On fit remarquer que la démarche qui consistait à utiliser les tremblements de terre pour rendre compte des lacunes dans la séquence des civilisations n’avait aucune justification historique.
À la différence des guerres et des épidémies, les séismes, dans les derniers vingt‐cinq siècles, n’avaient eu que peu ou pas d’influence à long terme sur l’histoire du Proche et Moyen‐Orient ; ils n’avaient jamais causé la ruine d’un État culturellement avancé, et à plus forte raison d’une civilisation. En outre, les événements catastrophiques qui marquaient cette période s’étalaient sur une durée d’environ cinquante ans, approximativement entre 1225 et 1175 av. J.‐C., et ne pouvaient être dus à un séisme unique, d’autant que les sites frappés pouvaient être distants d’un millier de kilomètres…
https://shs.cairn.info/quand-la-terre-tremblait--9782738113702-page-109?lang=fr
Disparition des Hittites, Akkadiens, Minoens... : le climat ne serait pas le seul responsable !
Crête minoenne
La civilisation minoenne de la Crête détruite par le volcan de Santorin dont l’éuption et le tsunami qui a suivi ont entrainé des révoltes…
Vers 1450 av. J.-C., les palais sont de nouveaux détruits, ce qui marque le début du déclin de la civilisation minoenne. Pendant longtemps, la fin de la civilisation minoenne fut associée à l’explosion du volcan de Santorin, qui aurait entraîné une série de séismes dévastateurs, déposé une couche de cendres volcaniques et déclenché un puissant raz-de-marée qui balaya toute la côte nord de la Crète, anéantissant la flotte minoenne. Cette théorie fut mise en avant dans les années 1930 par Spyridon Marinatos qui attribua la destruction de la villa des Lys (de) à Amnisos à l’explosion du volcan.
Si cette théorie fut maintes fois reprise, elle commença à être contredite puis quasi abandonnée à partir des années 1980. Les archéologues estiment que l’explosion du volcan eut lieu vers la fin du XVIIe siècle av. J.-C. et non vers 1450 av. J.-C. De plus, ils admettent que la destruction des palais est issue de trois catastrophes différentes, intervenues à un intervalle de 70 à 100 ans. La première, vers 1620-1600 av. J.-C., due à l’explosion de Santorin, eut un effet limité, les palais ayant été immédiatement réparés. La seconde vers 1520-1500 av. J.-C., limitée elle aussi, eut pour conséquence l’abandon de certains palais et demeures (Galatas, Amnisos, Vathypetros, Sitia). La troisième, plus importante, eut des conséquences plus sérieuses, et de nombreux sites importants furent abandonnés. Tous les centres palatiaux semblent avoir été détruits et incendiés, sauf celui de Knossos. Dans certains villages, comme à Myrtos Pyrgou, seules les demeures plus importantes des gouverneurs locaux sont détruites, alors que le reste des habitations est intact.
En écartant la thèse de l’éruption volcanique, d’autres théories sont mises en avant, pour tenter d’expliquer le déclin de la civilisation minoenne, comme les séismes, les incendies, la conquête mycénienne et les actions guerrières à l’intérieur et à l’extérieur de la Crète. Pour Theocharis E. Detorakis, des causes sont à chercher au sein même de la société et de l’économie crétoise. Ainsi, selon lui, la fabrication de produits agricoles et artisanaux atteignit ses limites et ne satisfaisait plus la demande. Dans le même temps, les conditions de gestion du commerce changèrent à la suite de l’apparition de nouveaux facteurs, comme la revendication des mêmes zones de commerce que les habitants de Grèce continentale. D’autre part, une diminution du stock des matières premières n’est pas à exclure. La situation qui en résulta eut comme principale caractéristique le trouble et la déstabilisation qui entraînèrent l’abandon et la destruction de la plupart des sites. La destruction des palais de Phaistos, Aghia Triada et Tylissos pourrait être le dernier épisode d’une lutte les opposant à Knossos. Mais vers 1400 av. J.-C., la capitale succombe à son tour pour des raisons mal identifiées. Le palais est pillé et incendié. L’hypothèse du tremblement de terre est de nouveau récurrente. Evans en voyait la cause dans une révolte de la plèbe minoenne contre une monarchie à tendance militariste. Wace quant à lui a suggéré le soulèvement des Crétois contre un dynaste achéen venu du continent. On cite la légende de Thésée comme support de la théorie d’une invasion achéenne venue du continent, la mort du Minotaure symbolisant la destruction de la puissance minoenne par ses ex-vassaux. Mais le déchiffrement des tablettes en argile de Knossos démontra que la langue grecque était déjà la langue officielle à Knossos et que par conséquent le dynaste, au moment où le palais fut détruit, était achéen.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_minoenne
Un puissant séisme en Crête antique
https://www.youtube.com/watch?v=xoa9KBYp4gw
Troie
Troie VI a été détruit autour de 1300 AVANT JÉSUS CHRIST, probablement par tremblement de terre. Seulement une pointe de flèche simple a été trouvée en cette couche, et aucuns restes des corps.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146
https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie
https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie
A Troie, lors de l’éboulement des grandes pierres, elles se sont toutes trouvées dans la même direction et à une certaine distance de leur origine. Cela permet d’imaginer un séisme.
https://www.youtube.com/watch?v=qct1d-r8j9A
En fait, il serait nécessaire de relier la chute de Troie avec celle de nombre d’autres cités et d’autres pouvoirs. Vers 1200, on note la destruction d’Ougarit, Tyr, Sidon, Troie, Cnossos, Pylos, Mycènes, Hattousa et de tous les centres hittites comme grecques et de toute la région. Disparition du système palatial en Grèce. Des troubles sont notés à Iolkos, Korakou, Mycènes, Tirynthe puis Lefkandi en Eubée et Teikhos Dymaion près de Patras. Effondrement des Puissances maritimes. Disparition du commerce et de l’écriture. Diminution considérable de l’espérance de vie. Effondrement complet de l’empire hittite.
En 1200 av J.-C, c’est la crise économique : le commerce du Delta avec le monde égéen est tari, Pharos est presque ruinée, les ports phéniciens sont dans une situation critique. 1200, c’est aussi la période de la chute de la civilisation minoenne et l’entrée dans une période de troubles marquée notamment par l’écrasement de Troie. En Egypte, une situation plus ou moins anarchique marque la fin de la XIXe dynastie en 1188-1186. À la mort de Ramses 2, la crise dynastique évitée jusque-là ne peut être contenue et la dispute qui s’en suit risque d’entraîner le pays dans une période d’anarchie.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429
Cuicuilco
Vers l’an 100, à la fin de la période préclassique, Cuicuilco acquiert le caractère d’un centre urbain régional dont la population, comme on l’a déjà dit, est estimée à environ 20 000 habitants, comparable à Teotihuacán à cette époque (cf. Sanders, 1981), un développement qui est tronqué au sud du bassin du Mexique après l’éruption du Xitle, formant une couche de lave recouvrant partiellement ou totalement les structures architecturales civiques et cérémoniales et résidentielles de la ville de Cuicuilca, dont l’extension est les infers sont devenus 400 hectares
Son déclin a commencé au début du deuxième siècle de notre ère. C., promouvant la montée de Teotihuacán en tant que centre d’influence culturelle et religieuse. Entre 250 et 300 après J.-C., le volcan Xitle, situé à proximité immédiate de la chaîne de montagnes d’Ajusco (Nahuatl : atl, xochitl, co, ’eau, s’épanouir, où’ ’forêt d’eau’ ’), également connu sous le nom de Sierra del Ajusco-Chichinauhtzin, est entré en éruption ensevelir et détruire Cuicuilco et Copilco (un village mineur contemporain). Cette catastrophe a provoqué la dispersion de la culture Cuicuilca vers Toluca et Teotihuacán, où l’on suppose qu’ils ont hébergé une grande partie des Cuicuilcas et incorporé de nombreuses caractéristiques de cette culture.
On considère que le déclin de Cuicuilco a commencé en raison de l’émergence du volcan Xitle, qui se traduit par la présence de divinités au feu.
En dépit de l’abandon de Cuicuilco en tant que grand centre cérémoniel, les offrandes continuèrent jusqu’à ce que la ville soit recouverte par les laves du volcan Xitle, datant d’environ 250 ans av.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5495
Monte Albán (Oaxaca, Mexique)
L’agonie de Monte Alban de la fin de la période classique montre un déclin considérable de la richesse relative, associé à une crise économique considérable, à un net déclin des ressources disponibles, à un déclin démographique notable et à une augmentation alarmante des troubles sociaux. Tous ces paramètres constituent un panorama dévastateur qui annonce son effondrement.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345
https://fr.wikipedia.org/wiki/Monte_Alb%C3%A1n
Une éruption volcanique au Moyen-Age
1257, « année sombre » : jusqu’où peuvent aller les catastrophes naturelles ?
https://lejournal.cnrs.fr/articles/enquete-sur-leruption-qui-a-marque-le-moyen-age
En 536 après J.-C., plusieurs éruptions volcaniques au Danemark
En 536 apr. J.-C., une série d’éruptions volcaniques massives projette d’énormes quantités de cendres et de gaz sulfureux dans l’atmosphère. Les rayons du soleil, "pâle et froid comme la lune", se retrouvent bloqués. Les températures globales chutent.
Les conséquences sont bien documentées dans les sources historiques écrites d’Orient et d’Occident : les étoiles ne sont plus visibles durant un an ; les récoltes ne mûrissent plus dans les champs. Famine généralisée, propagation d’épidémie, troubles internes… La catastrophe climatique a eu de lourdes conséquences sur les sociétés de cette période de l’Antiquité tardive.
À partir du VIe siècle, la région est touchée par la peste de Justinien comme le reste de l’Europe. À ceci s’ajoute l’impact climatique sur la démographie de plusieurs éruptions volcaniques survenues entre 536 et 547 en Islande. Cette situation, jointe à un refroidissement climatique, provoque de mauvaises récoltes et des crises alimentaires. Cette chute des températures pousse la population à renoncer l’exploitation de certaines régions. Combiné à l’épidémie de peste, les pertes démographiques ont pu atteindre 50%, comparable au choc provoqué dans le bassin méditerranéen.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Danemark
Deux études récentes, menées par des archéologues, qui tendent à démontrer que la fin du monde accompagnée d’un hiver terrible, racontée dans la légende nordique du Ragnarök, pourrait bien avoir un lien avec un terrible hiver remontant à l’an 536.
Sur les 39 sites archéologiques étudiés au Danemark, les chercheurs ne distinguent presque plus de production céréalière à ce moment-là… Comme si tous les fermiers avaient abandonné leurs champs, ou avaient succombé à un mal inconnu. Et ce constat déchirant rejoint d’autres études archéologiques menées en Scandinavie.
De quoi empêcher les récoltes de pousser et de mûrir ; les historiens imaginent de terribles famines, quelques études suggèrent la disparition de la moitié de la population en Suède et en Norvège. Certains chercheurs parlent même de l’année 553, comme de la pire année de l’histoire de l’humanité.
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nement_climatique_de_535-536
Cette année-là, des bouleversements climatiques rapides (nouvelle fenêtre), liés à d’importantes éruptions volcaniques, ont engendré des famines, précipité des bouleversements sociaux et contribué à l’éclosion d’épidémies à l’échelle planétaire.
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1137669/climat-volcan-eruption-europe-cendres-glacier-epidemie
Bâle en 1356
Un séisme a détruit Bâme en 1356 et frappé les environs. C’est le plus grave séisme en Europe occidentale au cours du dernier millénaire.
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1356_%C3%A0_B%C3%A2le
Pérou, 1868, le grand tremblement de terre
La catastrophe représente la matérialisation de la menace et se trouve en relation directe avec le degré de vulnérabilité qui affecte une société. Une réflexion a été proposée sur le sens à donner à l‟affirmation selon laquelle les désastres ne sont pas naturels, ce qui équivaudrait à souligner que le poids de la composante sociale est supérieur à celui de la composante naturelle dans la formation d‟un désastre…
https://theses.hal.science/tel-01321847/document
Sparte en 465 av J.-C.
En 465/4 av. J.-C., Sparte a subi un tremblement de terre désastreux. Diodore affirme que plus de 20 000 personnes sont mortes, tandis que Plutarque dit que toutes les maisons de la ville ont été détruites, à l’exception de cinq. Lorsqu’ils ont appris la catastrophe, les hilotes et certains des périèques se sont révoltés pour tenter de détruire Sparte pour de bon. Mais les Spartiates, sous le règne du roi Archidamos, ont réussi à s’organiser pour leur défense juste à temps, et finalement les insurgés ont été chassés vers une forteresse sur le mont Ithome en Messénie. Les Spartiates, incapables de prendre la forteresse, ont appelé leurs alliés à l’aide. À l’époque, l’ancienne alliance contre les Perses tenait toujours, et Athènes était un allié de Sparte. Les Athéniens ont donc envoyé une armée en Messénie pour aider les Spartiates à écraser la révolte des hilotes.
Cependant, à l’arrivée de l’armée athénienne, les Spartiates sont devenus nerveux et les ont renvoyés chez eux, seuls de tous les contingents alliés. Les Athéniens ont pris ce rejet de leur aide sincèrement offerte comme une grave insulte. Ils ont renoncé à leur alliance et à leur politique pro-spartiate, ont ostracisé le commandant pro-spartiate Cimon, et ont forgé de nouvelles alliances avec Argos et la Thessalie.
On ne sait pas exactement pourquoi les Spartiates ont renvoyé la force athénienne. Thucydide (1.102.3) et Diodore (11.64.2) affirment que c’était parce qu’ils craignaient que les Athéniens démocrates ne soient tentés de se ranger du côté des rebelles et de trahir Sparte. Plutarque (Vie de Cimon 16.8) ajoute que le réformateur athénien Éphialtès s’est en fait opposé à l’idée d’envoyer de l’aide, mais Cimon a convaincu l’Assemblée de soutenir leur allié ; les Spartiates ont quand même rejeté leur aide, mais seulement parce qu’ils craignaient l’audace athénienne (17.2). Aucune des deux explications ne semble très convaincante, mais toutes les autres ne sont que spéculations. Peut-être que Sparte ne voulait pas qu’on la voie dépendre d’Athènes pour s’occuper de ses problèmes, surtout maintenant qu’Athènes était clairement devenue la puissance dominante dans le monde grec.
Quoi qu’il en soit, même si Thucydide affirme qu’il s’agissait de "la première querelle ouverte entre les Lacédémoniens et les Athéniens" et que Diodore dit "les Athéniens ont pris cet incident comme la première cause de l’éloignement des deux États", le rejet spartiate de l’aide athénienne n’était ni la première fissure dans l’alliance ni la cause immédiate de leur guerre ultérieure.
Dès 479/8 av. J.-C., alors que les Perses venaient d’être vaincus, un conflit éclata entre Athènes et Sparte parce qu’Athènes commença à reconstruire ses remparts. Les Spartiates préféraient de loin qu’Athènes reste sans défense, ils protestèrent donc contre les travaux et tentèrent de les empêcher ; les Athéniens envoyèrent Thémistocle pour gagner du temps et distraire les Spartiates pendant qu’ils construisaient leurs remparts suffisamment pour leur permettre de défier les exigences spartiates. Plus tard, lorsque Thasos se révolta contre le nouvel Empire athénien en 465 av. J.-C., Thasos envoya une demande d’aide à Sparte contre Athènes, et Sparte était disposée à y accéder. En fait, c’est le tremblement de terre qui les a empêchés de déclarer la guerre à Athènes (Thuc. 1.101.2).
Mais la catastrophe fut suffisamment grave pour détourner les Spartiates de nouvelles aventures. Les alliances qu’Athènes a conclues à la fin des années 460 étaient troublantes, et la guerre a éclaté en 461/0 av. J.-C. (la soi-disant première guerre du Péloponnèse), mais il s’agissait principalement d’un conflit entre Athènes et Corinthe. Sparte a concentré ses efforts sur le contrôle de son rival local Argos. Les armées d’Athènes et de Sparte ne se sont affrontées qu’une seule fois, lors de la bataille de Tanagra (457 av. J.-C.), ce qui ne s’est produit que parce que les Athéniens ont intercepté une force spartiate pour d’autres affaires. La défaite que Sparte a infligée à Athènes à Tanagra n’a pas été décisive. Il est finalement devenu clair qu’aucune des deux parties ne pouvait être facilement amenée à céder, et une trêve de trente ans a été signée en 446/5 av. J.-C.
https://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre1.htm
https://www.hisoma.mom.fr/bhelly/pdf/BH052.pdf
Petra
Petra capitale des Nabatéens : les origines de sa chute
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabat%C3%A9ens
Teotihuacán en 650 après J.-C.
Ce sont des révoltes et révolutions qui ont renversé Teotihuacán, mais des catastrophes naturelles ont pu y jouer un rôle.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238
« D’après de nouvelles analyses une série de tremblements de terre au Mexique aurait joué un rôle fondamental dans la chute de la ville de Teotihuacan. »
Comment des mégaséismes ont conduit à la chute de la cité de Téotihuacan.
Un mégaséisme aurait contribué à renverser la grande cité de Téotihucan !
Antioche en 526
En mai 526, la ville antique d’Antioche, située dans l’actuelle Turquie, a été quasi complètement détruite par un séisme d’une magnitude évaluée à environ 7. Selon les sources historiques, la catastrophe aurait fait quelque 250.000 morts dans la région et déclenché des incendies.
Lisbonne en 1755
Le séisme de 1755 à Lisbonne
La catastrophe intensifia les tensions politiques au Portugal et perturba profondément les ambitions coloniales du pays au XVIIIe siècle.
« Sous l’influence du tremblement de terre de Lisbonne, qui a touché l’esprit européen à une époque des plus sensibles, la métaphore du fondement a complètement perdu son apparente innocence ; elle n’était désormais plus une simple figure de style. » Hamacher affirme que les certitudes bien fondées de René Descartes ont commencé à être ébranlées à la suite du séisme.
Pour la vie politique interne du Portugal, le tremblement de terre fut dévastateur. Le Premier ministre du roi était un favori, mais l’aristocratie le méprisait pour ses origines de simple écuyer de campagne (son titre de marquis de Pombal ne lui fut octroyé qu’en 1770). Le Premier ministre, en retour, détestait les nobles de souche, qu’il considérait comme corrompus et incapables de la moindre action. Avant le 1er novembre 1755, la lutte pour le pouvoir et les faveurs du roi était constante, mais la très grande compétence dont fit preuve le marquis après la catastrophe eut pour effet de couper les vieilles factions aristocratiques du pouvoir. Une opposition silencieuse et rancunière commença à se former à l’encontre du roi Joseph Ier, qui atteignit son paroxysme lors d’une tentative d’assassinat du roi, suivie de l’élimination du puissant duc d’Aveiro et de la famille Távora (voir « Procès des Távora »).
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1755_%C3%A0_Lisbonne
Effrondrement de la civilisation maya
Même s’il rapporte que la population maya a subi une violente guerre civile due à des causes sociales qui a décimé sa population, Jared Diamond recherche la raison de la disparition de la civilisation maya dans une catastrophe écologique liée à la surexploitation des ressources agricoles. Le spécialiste en géophysique Larry Peterson a relu attentivement l’ouvrage de Jared Diamond et note dans la revue « Pour la science » que les causes climatiques et environnementales n’enlèvent pas la possibilité d’autres événements : « des guerres intestines en augmentation et une classe dirigeante sans vision à long terme ». Il rajoute « Néanmoins, J. Diamond avance que le changement climatique, en l’occurrence les sécheresses, a pu amener la société maya à son point de rupture en déclenchant une série d’événements déstabilisants. (...) D’autres changements climatiques ont semble-t-il été responsables d’événements importants dans l’histoire humaine. L’effondrement de l’empire akkadien en Mésopotamie, il y a environ 4200 ans, le déclin de la culture mochica sur les côtes du Pérou il y a environ 1500 ans, et la fin de la culture tivanaku sur l’altiplano bolivien-péruvien il y a environ 1000 ans, sont tous associés à des sécheresses régionales persistantes. » A l’explication des guerres et des invasions, on rajoute donc les causes climatiques. Mais cela ne devrait nullement effacer les révolutions. On pourrait dire ainsi que les conditions climatiques qui ont précédé 1789 ont déterminé la révolution ! Bien des causes ont pu déstabiliser des régimes, mais nous savons parfaitement qu’un régime d’exploitation et d’oppression, qu’une structure sociale, ne chute pas toute seule. On peut lire : « Une série d’événements déstabilisants », « La société maya à son point de rupture », « Des guerres intestines » ou encore « Une classe dirigeante sans vision à long terme ». On croirait qu’il s’agit de l’Ancien Régime de Louis XVI avant sa chute, mais c’est du régime maya qu’il est question ! Mais le mot « révolution » n’est pas prononcé, en ce qui concerne la chute des Mayas… Un régime économique, un régime social et un régime politique au bout du rouleau, des guerres civiles qui déstabilisent un pouvoir. Rien ne peut cacher que, pour renverser le pouvoir maya, il a fallu que les masses entrent en lutte, d’où le caractère radical du changement. D’où aussi la disparition complète non seulement d’un régime, mais d’un mode d’existence, de tout un peuple.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243
Effonrement de la civilisation mochica
L’effondrement de Mochica, plus qu’un effet de catastrophe naturelle, semble donc avoir été un rejet des formes d’organisation par un peuple qui se sentait trompé par ses dirigeants.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278
Byzance en 557
Regards croisés sur le séisme de 557 à Byzance. Un tremblement de terre ne secoue pas seulement les fondements géologiques d’une cité, il met en péril l’ordre social et met en branle l’imaginaire religieux qui tâche de maintenir une prise sur ce qui se produit.
Le vent mauvais révèle toute la fragilité voir le pourrissement des sociétés Mycénienne et Hittite qui semblaient prospérer.. sur le dos autres. "Ces sociétés surexploitaient les classes inférieures pour tous leurs projets d’ingénierie, les travaux, par exemple le drainage de la région du Caucase. Et ces classes sociales inférieures, évidemment, étaient ravies de voir les élites s’effondrer.
Tokyo en 1923
Le mégaséisme de Tokyo a entrainé la révolte de la population qui a été tournée par les fascistes japonais notamment contre les Coréens…
Le ministère de l’Intérieur a, dès le lendemain du séisme, imposé la loi martiale et adressé à chaque ville une directive demandant de « prendre les mesures appropriées » contre les « Coréens rebelles », avec le concours de la population. Des groupes d’autodéfense japonais, soutenus par la police et l’armée, ont été formés, et pour certains d’entre eux, massacrèrent des Coréens.
Profitant du climat de panique qui suivit le séisme, la police militaire japonaise (Kenpeitai) et la police politique (Tokkō) commirent des assassinats politiques visant les socialistes, les anarchistes et les syndicalistes. Ainsi, le couple d’anarchistes Noe Itō et Sakae Ōsugi, ainsi que le neveu de celui-ci, furent mis à mort par le lieutenant Masahiko Amakasu — épisode connu sous le nom d’incident d’Amakasu—, tandis que dans le quartier ouvrier de Kameido, dix syndicalistes, dont Hirasawa Keishichi, furent exécutés au cours de « l’incident de Kameido ».
Une étude gouvernementale de 2009, sans doute encore très en-dessous de la réalité, fait état de 2 600 à 6 600 victimes coréennes, ainsi que de plusieurs centaines de Chinois, mais aussi des militants politiques japonais. 362 civils japonais furent arrêtés et condamnés.
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1923_du_Kant%C5%8D
https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_d%27Amakasu
https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Kameido
Le séisme de Tokyo en 1923 montre que le choc d’une catastrophe naturelle peut aussi servir à lancer… la contre-révolution…
Popayan (Colombie) en 1983
Un tremblement de terre de 1983 qui a affecté la ville de Popayan
(Colombie)
https://archipel.uqam.ca/2957/1/M11345.pdf
Lima en 1746
Le tremblement de terre de Lima de 1746
Un séisme indescriptible, qui aurait atteint de nos jours le degré 9 sur l’échelle de Richter, détruit la ville avant d’être relayé par un tsunami aussi dévastateur. La catastrophe de Lima, qui recouvre avec ses spécificités les notions de « désastre » et de « calamité », va faire 6000 morts. Cet événement naturel inattendu bouleverse alors, dans un temps limité, les composantes de la société liménienne par ses déclinaisons contingentes : secousses, inondations, incendies, épidémies... Il met aussi à l’épreuve les autorités coloniales qui doivent lutter contre les maladies, la famine, les vols, et qui animent les débats architecturaux et urbanistiques. Ce désastre, avec sa violence soudaine et son ampleur qui réveillent des peurs ancestrales dans une atmosphère de fin de monde, mérite donc d’être réhabilité et sa dimension événementielle hors du commun doit figurer parmi les grandes catastrophes telluriques et historiques.
https://journals.openedition.org/e-spania/20760
Une ville engloutie au Kirghizstan
Au début du XVe siècle, à la suite d’un terrible tremblement de terre, la ville fut engloutie par les eaux du lac.
Une preuve que les classes dirigeantes savent parfaitement qu’un tremblement de terre peut donner le signal d’un soulèvement révolutionnaire : leur occupation militaire préventive d’Haïti…
Haïti occupée militairement par les forces armées les plus féroces de plusieurs pays veut dire que les classes dirigeantes du monde ont si peur des opprimés que les prolétaires de la moitié d’une ile qui pourraient se rebeller les inquiètent au point d’occuper militairement et massivement de façon préventive .... L’inquiétude des grandes puissances, ce sont les réactions populaires et pas les victimes à sauver et les populations survivantes à aider, contrairement ce que l’on cherche à nous faire croire ici. Si les forces armées du monde se sont empressées d’intervenir, c’est pour éviter que le vide du pouvoir, causé par le tremblement de terre qui a mis à bas les édifices publics, les bâtiments de l’Etat et des forces armées d’occupation étrangères, ne se transforme en tremblement de terre... social. Et ces forces cachent leur crainte du peuple d’Haïti derrière de prétendus pillages, mais, quand on crève de faim, se servir dans les magasins, c’est simplement vital, ce n’est pas un crime ! Les vrais bandits, ce sont les grandes puissances qui pillent Haïti depuis des centaines d’années, lui imposent des dictatures, n’ont rien fait pour les débarrasser des escadrons de la mort, macoutes ou autres, militaires, paramiliaires ou milices.
Pour comprendre le rôle des armées étrangères en Haïti, il faut se rappeler que l’intervention militaire américaine, onusienne ou française ne date pas du tremblement de terre. Elle prétendait déjà défendre la sécurité de la population civile alors que les petites gens n’ont cessé d’être rançonnées et assassinées par les bandes armées. Le véritable but des interventions armées étrangères, celle des USA en premier, était déjà de combattre la révolte sociale du peuple travailleur qui a commencé en 1986, lorsque le peuple haïtien s’est débarrassé de la dictature des Duvalier que soutenaient les pays occidentaux. Oui, le peuple travailleur d’Haïti a vécu une révolution, en s’attaquant aux barbares « tontons macoutes » et en renversant la dictature de « Bébé doc » Duvalier, soutenue par les USA.
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8430
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2458
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1571
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1566
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1556
Des exemples de catastrophes naturelles et pourtant de cause sociale et politique…
Turquie-Syrie
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7152
Valence
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7991
Saint-Martin, Mexique, Houston
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4618
Fukushima
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2000
La catastrophe de la région de Marrakech et du Haut Atlas
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7358
Philippines
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2958
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1978
Hongrie
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1737
Encore Fukushima