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A bas l’impérialisme et d’abord... le nôtre ! Prolétaire, ton pire ennemi est dans ton propre pays !

vendredi 13 mars 2026, par Karob

A bas l’impérialisme et d’abord... le nôtre ! Prolétaire, ton pire ennemi est dans ton propre pays ! Toute organisation qui ne le dénonce pas en premier ne peut pas être dans ton camp !

Les meurtriers des peuples du Liban et d’Iran font le plein à Istres — dans le silence assourdissant de la CGT et de Lutte Ouvrière

Les avions ravitailleurs KC-135 de l’armée américaine, qui soutiennent logistiquement les bombardements contre l’Iran et participent à la machine de guerre qui écrase les peuples du Liban et du Moyen-Orient, ont fait escale à la base militaire d’Istres, dans les Bouches-du-Rhône — avec l’accord plein et entier de l’État français, impérialiste lui-même.
Face à cela : silence total de l’UD CGT 13. Silence total de la CGT-LO d’Airbus-Marignane, à quelques kilomètres de là. Pas un appel aux travailleurs. Pas un appel aux soldats et personnels de la base à refuser de ravitailler ces appareils. Pas une seule action dans les usines Airbus Hélicoptères contre la production d’armement, pas la moindre initiative pour imposer le contrôle ouvrier sur ce qui sort de ces ateliers.
L’UD CGT 13, dans son communiqué du 2 mars, s’indignait que la France « s’aligne » sur Washington — comme si la France n’était pas elle-même un État impérialiste, comme si Macron avait cédé à une pression extérieure plutôt qu’agi selon ses propres intérêts de classe dominante. Antiimpérialistes en paroles, ces appareils syndicaux sont en pratique des soutiens actifs à la production d’armement et à la politique militaire de l’impérialisme français.
Les peuples travailleurs n’ont pas besoin de communiqués creux et d’un faux antiimpérialisme. Ils ont besoin d’une vraie politique révolutionnaire contre leur propre impérialisme — pour refuser de participer à la guerre et ne pas envoyer les enfants du peuple travailleur à la boucherie.
C’est pourquoi les révolutionnaires conscients et réellement antiimpérialistes doivent construire partout des fractions antiguerre et antiimpérialistes dans les syndicats, se fédérer à l’échelle du pays pour mener une action conjointe contre la guerre et contre l’impérialisme français qui cherche à nous entraîner dans le conflit — et s’adresser directement aux soldats pour qu’ils constituent des comités de soldats, refusent les ordres de guerre et rejoignent le camp du peuple travailleur contre leurs propres officiers et l’État qui les envoie à la boucherie.

NPA-Révolutionnaires et la guerre au Moyen-Orient : l’anti-impérialisme comme décor électoral

Dans leur éditorial du 9 mars, les militants du NPA-Révolutionnaires dénoncent les bombardements sur l’Iran et le Liban, et mentionnent "l’impérialisme français" — mais le réduisent aussitôt à un suiveur de Washington, participant au festin "à une échelle plus modeste." Ce n’est pas une analyse de l’impérialisme français : c’est une excuse pour ne pas en tirer les conséquences programmatiques.

Car cherchez le programme concret de lutte contre l’impérialisme français — vous ne trouverez rien. Pas d’appel aux salariés de Dassault à Istres ou Bordeaux, dont les mains assemblent et entretiennent les Rafale déployés en ce moment même dans le Golfe. Pas de résolution proposée dans les syndicats contre les livraisons d’armes aux belligérants. Pas d’appel aux soldats et personnels de la base d’Istres — à quelques kilomètres de laquelle les KC-135 américains font le plein pour aller bombarder l’Iran — à refuser d’exécuter ces ordres. Pas d’exigence de fermeture des bases militaires françaises d’Abu Dhabi et Djibouti. Pas de campagne pour le contrôle ouvrier sur la production d’armement. Pas de revendication de rupture des accords de défense avec le Qatar et les Émirats. Pas un mot sur l’OTAN. Pas un mot sur l’Union européenne comme cadre institutionnel de la politique militaire française.

**La montagne accouche d’une souris.** Après une dénonciation morale des bombardements, la conclusion tient en une phrase : voter NPA-R aux municipales du 15 mars — ou LO là où le NPA-R est absent — constituerait "un geste de colère et de révolte face à la barbarie capitaliste." Des bombardements sur Téhéran, 1 200 morts civils, une offensive sur Beyrouth — et la réponse organisationnelle est un bulletin dans une urne municipale. Mais quelle est la politique de LO sur tout ce qui précède ? Rémy Bazzali, élu CGT-LO à Airbus Hélicoptères Marignane, à quelques kilomètres d’Istres, dénonce "la guerre" et "le capitalisme" à la télévision sans jamais nommer l’impérialisme français, sans jamais formuler une revendication de contrôle ouvrier sur la production des NH90 OTAN qui sortent de ses ateliers, sans jamais appeler les soldats d’Istres à refuser de ravitailler les KC-135 qui bombardent l’Iran. Renvoyer vers LO ne résout rien — cela reporte le vide programmatique sur une organisation qui partage le même vide.

Et la journée du 14 mars que l’éditorial mentionne ? Ce n’est pas une initiative autonome du mouvement ouvrier. C’est une journée institutionnelle, inscrite dans un agenda qui canalise la protestation vers des formes inoffensives pour le pouvoir. Qu’une organisation se réclamant du trotskisme s’y inscrive sans la moindre critique de son cadre dit tout sur l’état de sa boussole stratégique.

Mais ce n’est pas étonnant. Le NPA-R dispose de militants au sein de l’Union Syndicale Solidaires — notamment à La Poste — sans jamais formuler la moindre critique de la politique de cette centrale. Or Solidaires participe au RESU, Réseau Européen de Solidarité avec l’Ukraine, qui soutient activement la livraison d’armes à l’Ukraine et s’aligne de fait sur la politique de l’OTAN. Pas un mot. Le NPA-R dispose également de militants à la CGT, sans formuler la moindre critique de sa direction depuis 2024 : Sophie Binet a appelé à voter pour le Nouveau Front Populaire, dont le programme stipulait explicitement la livraison d’armes à l’Ukraine et la poursuite de la guerre — s’alignant ainsi pleinement sur la politique militaire de Macron. Pas un mot non plus. Et surtout : pas de fractions antiguerre construites dans ces syndicats pour y mener une politique de rupture.

Lénine définissait le social-chauvinisme comme l’usage de la phraséologie socialiste pour couvrir en pratique une politique bourgeoise et nationale. Le Programme de Transition part des revendications immédiates pour relier la conscience actuelle des travailleurs aux tâches de rupture avec le capitalisme — pas pour justifier l’attente d’une prochaine échéance électorale. Le NPA-R dénonce l’impérialisme en éditorial, renvoie à l’urne, et couvre du silence la politique pro-OTAN des appareils syndicaux où militent ses propres membres. Ce sont précisément ces "phrases socialistes" que Lénine dénonçait — et rien d’autre.

La vraie politique révolutionnaire contre la guerre, c’est construire partout des fractions antiguerre et anti-impérialistes dans les syndicats, s’adresser directement aux soldats pour qu’ils constituent des comités, refusent les ordres et rejoignent le camp du peuple travailleur — et imposer le contrôle ouvrier sur ce qui sort des usines d’armement. Pas voter pour qui que ce soit le 15 mars.

Lire aussi :

https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1368

https://www.matierevolution.org/spip.php?article9367

https://matierevolution.org/spip.php?article8256

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8642

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8322

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7334

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1858

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7352

LFI : L’ANTI-IMPÉRIALISME COMME PARAVENT DU SOCIAL-CHAUVINISME

"Contre la guerre" — mais pas contre l’impérialisme français

Depuis le 28 février 2026, les bombes américano-israéliennes s’abattent sur l’Iran et le Liban. Des milliers de morts. Des villes rasées. Et depuis Istres, les KC-135 de l’US Air Force font le plein — avec l’autorisation d’Emmanuel Macron, sous le drapeau tricolore.

La réaction de La France Insoumise ?

Mélenchon : "refuser la guerre". Panot : "guerre illégale". Bompard : "condamner ceux qui prennent le chemin de la guerre".

Belles paroles. Mais creuses.

Car quand Mathilde Panot est interrogée sur les Rafale déployés aux Émirats, sur le Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale, sur la mission française au détroit d’Ormuz — elle répond que la France doit "honorer ses engagements". Quand les KC-135 ravitaillent à Istres les avions qui bombardent Téhéran, LFI dit : pourvu que ça reste "défensif".

Voilà le visage réel de l’anti-impérialisme de LFI.

I. L’ONU COMME ALIBI : LA CAPITULATION THÉORISÉE

Face à la guerre, LFI a une réponse : l’ONU et le droit international.

"Face au danger qui monte, plus que jamais le droit et les Nations unies sont les seuls moyens de la France", proclame le mouvement.

Mais quelle ONU ? Celle qui a laissé Gaza mourir sous les bombes pendant deux ans sans rien faire ? Celle dont le Conseil de sécurité est paralysé par le veto américain ? Celle que Washington méprise ouvertement depuis des décennies ?

S’en remettre à l’ONU face à l’impérialisme américano-israélien, c’est demander au loup de juger le loup. C’est substituer à la lutte des classes la supplique institutionnelle. C’est, au sens propre du terme, abdiquer.

Le droit international n’est pas un instrument neutre — c’est un instrument dans les mains des puissances qui ont les moyens de l’imposer. LFI le sait. Elle le dénonce quand ça l’arrange — sur Gaza, sur l’Ukraine. Mais quand il s’agit de l’impérialisme français lui-même, elle s’y réfugie comme bouclier.

Ce n’est pas de l’anti-impérialisme. C’est de la gestion de l’impérialisme.

II. ISTRES : LE TEST DE VÉRITÉ

La base aérienne d’Istres est la plus longue piste d’Europe. Depuis le 5 mars 2026, des KC-135 américains — les ravitailleurs qui permettent aux chasseurs-bombardiers de frapper l’Iran à longue distance — y font escale avec l’autorisation de Macron.

La ministre Vautrin : "Un avion ravitailleur, c’est une station-service." Macron : "posture strictement défensive."

Et LFI ? Silence sur Istres. Pas un appel aux travailleurs de la base. Pas une exigence de fermeture. Pas un tract aux soldats. Panot accepte que la France "honore ses engagements" avec ses partenaires régionaux — les mêmes pétromonarchies que défend le Charles-de-Gaulle.

Ravitailler les KC-135, c’est ravitailler la machine de guerre impérialiste qui bombarde les peuples du Liban et d’Iran. Aucune sophisme sur le caractère "défensif" de l’opération n’y change rien.
En acceptant cela — même du bout des lèvres, même par omission — LFI valide la participation française à la guerre. Elle couvre l’impérialisme français d’un vernis pacifiste.

Lénine avait un mot pour ça : le social-chauvinisme.

III. LE SOCIAL-CHAUVINISME DE LFI : DIAGNOSTIC

Lénine définissait le social-chauvinisme comme "l’opportunisme achevé : des phrases socialistes pour couvrir une politique bourgeoise."

LFI coche toutes les cases :

Elle dénonce — les frappes, la guerre, Trump, Netanyahou. ✓

Elle ne combat pas — l’impérialisme français lui-même. ✗

Pas d’appel aux travailleurs de Dassault, Thales, Safran à bloquer la production d’armement.

Pas de campagne dans les syndicats contre la logistique de guerre.

Pas de tracts aux soldats pour refuser de partir mourir pour le capital français.

Pas d’exigence de retrait du Charles-de-Gaulle, de fermeture de la base d’Abou Dhabi, de sortie de l’OTAN.

Pas un mot contre le ravitaillement américain à Istres.

Elle valide — les opérations françaises "défensives", les engagements envers les pétromonarchies, le déploiement militaire de Macron — du moment que la France ne tire pas elle-même le premier coup.
C’est exactement la position des socialistes de l’Union Sacrée en 1914 : "Nous ne voulons pas la guerre — mais nos troupes défendent la patrie." La logique est identique. Seul le vocabulaire a changé.

Mélenchon ne dit pas "notre patrie". Il dit "le droit international". Le résultat est le même : l’impérialisme français reste intact.

IV. CE QU’EXIGE L’ANTI-IMPÉRIALISME CONSÉQUENT

L’anti-impérialisme ne se proclame pas. Il se pratique — dans les usines, les casernes, les syndicats.
Contre la guerre impérialiste, le programme révolutionnaire exige :

→ Fermeture immédiate de la base d’Istres aux avions américains. Pas une goutte de carburant pour la guerre impérialiste.

→ Retrait de toutes les troupes françaises du Moyen-Orient. Fermeture des bases d’Abou Dhabi et Djibouti.

→ Sortie de l’OTAN. Rupture avec l’alliance atlantiste — pas gestion de la dépendance.

→ Campagne dans les entreprises d’armement — Dassault, Thales, Safran, Naval Group — pour le contrôle ouvrier sur la production. Les travailleurs qui assemblent les Rafale ont le droit de savoir où vont leurs bombes.

→ S’adresser aux soldats — contre les ordres de déploiement, pour l’organisation en comités dans les casernes.

→ Pas une concession à l’ONU, à l’UE, à aucune institution de l’ordre impérialiste mondial. La paix ne viendra pas d’une résolution du Conseil de sécurité. Elle viendra de la lutte des travailleurs et des peuples.

CONCLUSION

LFI n’est pas un parti anti-impérialiste. C’est un parti qui gère son rapport à l’impérialisme français — en le dénonçant verbalement, en le validant pratiquement.

Dénoncer Trump et Netanyahou sans combattre Macron et le grand capital français, c’est faire le travail de l’impérialisme français — lui fournir une couverture de gauche, détourner la colère populaire vers des cibles lointaines, maintenir intacts les mécanismes de la guerre et de l’exploitation ici, sur notre sol.

Le premier devoir d’un révolutionnaire, disait Lénine, est de lutter contre son propre impérialisme.
LFI ne le fait pas.

Le social-chauvinisme a changé de costume. Mais la logique de classe reste la même.
Pas une goutte de carburant pour la guerre impérialiste.

Pas un soldat pour les guerres du capital.

Front unique du peuple travailleur — contre l’impérialisme français d’abord.

Portfolio

Messages

  • .

    Pas un mot dans les tracts syndicaux et pas grand chose dans les bulletins LO des usines qui participent au complexe militaro-industriel.
    Lutte ouvrière parle de la guerre pour mieux dissoudre le manque de principes socialistes contre notre impérialisme, et le défaitisme nécessaire , dans la propagande électorale..

    Lénine définissait le social-chauvinisme comme l’usage de la phraséologie socialiste pour couvrir en pratique une politique bourgeoise et nationale. Le Programme de Transition part des revendications immédiates pour relier la conscience actuelle des travailleurs aux tâches de rupture avec le capitalisme — pas pour justifier l’attente d’une prochaine échéance électorale. Le NPA-R dénonce l’impérialisme en éditorial, renvoie à l’urne, et couvre du silence la politique pro-OTAN des appareils syndicaux où militent ses propres membres. Ce sont précisément ces "phrases socialistes" que Lénine dénonçait — et rien d’autre.

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