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Carburants : du brigandage organisé

mercredi 8 avril 2026, par Karob

CARBURANT : DU BRIGANDAGE ORGANISÉ PAR LES TRUSTS, AVEC L’AIDE DE L’ÉTAT ET DES RÉGIONS

On nous dit que le prix du carburant, c’est "le marché". L’offre, la demande. Personne n’y peut rien.

C’est un mensonge.

 

CE N’EST PAS UN MARCHÉ — C’EST DU BRIGANDAGE

Première preuve : le délit d’initié du 24 mars 2026

Quinze minutes avant que Trump publie une annonce laissant espérer une désescalade avec l’Iran, des centaines de millions de dollars de contrats pétroliers ont été passés en deux minutes — dix fois le volume habituel sur ce créneau. Quelqu’un savait. Quelqu’un était connecté aux décisions politiques avant leur publication.

La mécanique est simple et répétée :

Le 10 mars, après que Trump déclare la guerre "quasiment finie", les cours chutent de 10 % en quelques heures.

Après son discours du 1er avril promettant des frappes "extrêmement dures", le Brent s’envole de plus de 7 % et le WTI de près de 8 %.

Une déclaration. Des centaines de millions de profits, en quelques minutes. Pour ceux qui étaient prévenus.

Ce n’est pas de la spéculation. C’est du brigandage organisé.

 

CARBURANT : DU BRIGANDAGE ORGANISÉ PAR LES TRUSTS, AVEC L’AIDE DE L’ÉTAT ET DES RÉGIONS

On nous dit que le prix du carburant, c’est "le marché". L’offre, la demande. Personne n’y peut rien.
C’est un mensonge.

Première preuve : le délit d’initié du 24 mars 2026
Quinze minutes avant que Trump publie une annonce laissant espérer une désescalade avec l’Iran, des centaines de millions de dollars de contrats pétroliers ont été passés en deux minutes — dix fois le volume habituel sur ce créneau. Quelqu’un savait. Quelqu’un était connecté aux décisions politiques avant leur publication.

La mécanique est simple et répétée :
Le 10 mars, après que Trump déclare la guerre "quasiment finie", les cours chutent de 10 % en quelques heures. Après son discours du 1er avril promettant des frappes "extrêmement dures", le Brent s’envole de plus de 7 % et le WTI de près de 8 %.
Une déclaration. Des centaines de millions de profits, en quelques minutes. Pour ceux qui étaient prévenus.

Ce n’est pas de la spéculation. C’est du brigandage organisé.

Deuxième preuve : TotalEnergies et le milliard de dollars
En mars, la filiale de négoce de TotalEnergies s’est lancée dans l’une des plus vastes opérations d’achat jamais réalisées par un acteur unique : 77 cargos de brut au Moyen-Orient, la quasi-totalité des cargaisons exportables sans passer par le détroit d’Ormuz. Une opération qui lui aurait rapporté plus d’un milliard de dollars en quelques semaines, selon le Financial Times. "Potentiellement, c’est la plus grande prise de position de l’histoire des marchés pétroliers", selon un expert de l’Université d’Oxford.
Le marché a été "entièrement dominé par un seul acteur". TotalEnergies était le seul groupe capable d’assembler suffisamment de contrats pour constituer des cargaisons complètes. Pendant que les prix à la pompe s’envolaient pour les travailleurs, TotalEnergies rachetait la quasi-totalité du pétrole disponible pour le revendre plus cher. Contacté par l’AFP, le groupe ne dément ni ne confirme, affirmant seulement devoir "sécuriser ses approvisionnements".

Ce n’est pas un marché. C’est un trust qui organise la pénurie pour en tirer profit — avec 13 milliards de bénéfices en 2025 déjà en poche.

LES TRUSTS DE L’ARMEMENT : L’AUTRE FACE DU MÊME SYSTÈME

Pendant que TotalEnergies engrangeait son milliard en mars, l’autre versant du complexe militaro-industriel encaissait lui aussi.
Lockheed Martin, Raytheon, Northrop Grumman reçoivent de gros contrats pour reconstituer les stocks militaires. Le Pentagone a demandé 200 milliards de dollars supplémentaires pour la guerre contre l’Iran. L’industrie de la défense redevient un moteur de croissance.

En France, c’est la même logique. 42 milliards d’euros de commandes militaires sont prévues en 2026 — un record historique. Dassault pour le Rafale, Thales, MBDA, Airbus Defence : le budget des armées dépasse 57 milliards d’euros en 2026, avec l’objectif d’atteindre 75 milliards fin 2030. La France est aujourd’hui le second exportateur d’armement mondial.

C’est ça, l’économie de guerre. Pas une exception. Un modèle.
Et ce modèle a un coût direct pour le peuple travailleur. La charge de la dette risque de devenir le premier poste de dépenses de l’État, devant l’Éducation nationale elle-même. Ce sont les services publics qui financent le réarmement des trusts.

LA GUERRE ET LA CRISE : UNE NÉCESSITÉ VITALE POUR UN SYSTÈME EN TRAIN DE COULER

Ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas une série de coïncidences.
Depuis la crise de valorisation de 2008, le système capitaliste ne parvient plus à dégager suffisamment de profit par la production réelle. Les capacités productives sont saturées. Le capital ne se valorise plus normalement par le travail et la marchandise.

Alors il se tourne vers autre chose : la guerre, la spéculation sur les prix de l’énergie, l’instabilité permanente.

Ce ne sont pas des aubaines accidentelles pour les trusts pétroliers et de l’armement. Ce sont des mécanismes de survie. L’explosion des budgets militaires, les commandes d’armes, la prolongation des conflits, la flambée des cours — tout cela injecte dans le système les masses de valeur qu’il n’est plus capable de produire normalement.
Ce n’est pas qu’ils profitent de la crise. C’est qu’ils ont besoin de la crise pour maintenir un système que la crise de la valorisation condamne.

Supprimer la guerre ne suffirait pas à stabiliser ce système. Il en créerait une autre. Parce qu’il le faut.

L’offre et la demande, c’est le rideau. Derrière, il y a des oligopoles interconnectés — TotalEnergies, Dassault, Raytheon et les autres — qui administrent les prix et les crises en coordination avec le pouvoir politique.

PAR-DESSUS CE BRIGANDAGE : LE RACKET FISCAL DE L’ÉTAT ET DES RÉGIONS

Sur ce prix déjà manipulé, l’État et les régions ajoutent leur prélèvement. En France, plus de la moitié du prix à la pompe correspond à des taxes — principalement la TVA et la TICPE. Selon les périodes, cette part se situe entre 50 % et 60 % du prix total. À cela s’ajoute un mécanisme particulièrement révélateur : la TVA s’applique sur la TICPE elle-même. Une taxe sur la taxe.

Ce système est politique. L’État fixe la TICPE. Les régions peuvent la majorer — et elles l’ont fait au maximum sur la quasi-totalité du territoire.

Le peuple travailleur paie deux fois : une fois pour les profits des trusts, une fois pour le prélèvement de l’État.

UN OUTIL POUR BAISSER LE SALAIRE RÉEL

La hausse du carburant remplit une fonction précise dans ce système. Là où une réduction directe des salaires provoquerait une résistance immédiate — grèves, mobilisations — la hausse des prix produit le même résultat en rendant la responsabilité illisible. Ce n’est pas le patron qui baisse le salaire. C’est "le marché", "la guerre", "les cours du pétrole". Le résultat est identique : le salaire réel baisse. Mais personne n’est désigné comme responsable. C’est une baisse de salaire déguisée. Organisée. Et délibérée.

CE QUE ÇA COÛTE AU PEUPLE TRAVAILLEUR

Pour un salarié au SMIC dépendant de sa voiture pour aller travailler, la hausse du carburant agit comme une baisse de salaire réelle. Quand les prix à la pompe dépassent durablement 2 € le litre, le budget carburant devient un poste incompressible — sans alternative dans de nombreux territoires. Selon Reporterre, le surcoût atteint 120 euros par mois pour les ménages ruraux. Aller travailler coûte de plus en plus cher. Ce coût ne dépend d’aucun choix individuel. Il est imposé par l’organisation du travail et du territoire. Et ce n’est pas seulement le salarié qui subit. L’artisan, le petit indépendant, l’agriculteur, le petit transporteur voient leurs coûts exploser de la même façon. Pour l’artisan qui se déplace sur ses chantiers, pour l’agriculteur qui ne peut pas réduire ses passages sur ses cultures, pour le petit transporteur qui livre avant d’avoir rentabilisé son camion — la flambée du carburant, c’est des coûts qui augmentent et des embauches qui n’ont plus lieu. C’est du peuple travailleur dans son ensemble qui est frappé — salarié ou non.

LE CARBURANT FAIT MONTER LES PRIX DE L’ALIMENTATION

Le carburant ne touche pas seulement les automobilistes. Il remonte toute la chaîne économique. Le transport routier voit ses coûts augmenter. Cette hausse se répercute sur les produits alimentaires, les produits frais, les biens du quotidien. La hausse du carburant devient hausse du coût de la vie. Ce sont les ménages les plus modestes qui l’absorbent en premier et le plus durement.

CE QUI NOUS ATTEND

À court terme : hausse du prix à la pompe, hausse des coûts de transport, répercussion sur l’alimentation et les prix du quotidien.

À moyen terme : pression sur les salaires, aggravation de l’inflation, tensions sociales, arbitrages budgétaires au détriment des services publics.

Le peuple travailleur paie la crise d’un système qui se maintient sur son dos — sans jamais l’avoir décidé.

DEUX RÉALITÉS OPPOSÉES

D’un côté : le peuple iranien subit les destructions. Le peuple travailleur en France subit la hausse des prix, le gel des salaires, le démantèlement des services publics financé par le réarmement.

De l’autre : TotalEnergies engrange un milliard de dollars en un mois. Dassault, Raytheon, Lockheed Martin encaissent les commandes records. Les marchés organisent la spéculation sur la crise.

D’un côté, les peuples paient et meurent. De l’autre, les trusts survivent — grâce à la crise.
Ce n’est pas une dérive. C’est le fonctionnement nécessaire d’un système en bout de course.

COMBATTRE NOTRE PROPRE IMPÉRIALISME

La France n’est pas un spectateur de cette guerre. Elle y participe — ses bases, ses troupes, ses contrats d’armement avec les pétromonarchies, ses KC-135 qui décollent d’Istres. Elle y participe sans le dire, sans débat parlementaire, pendant que ses soldats meurent et que TotalEnergies s’enrichit. Et pendant que le peuple iranien, lui, subit les bombardements, les destructions, les massacres. Ce n’est pas la même chose : eux perdent la vie. Nous perdons du pouvoir d’achat. L’impérialisme français massacre là-bas et nous fait payer ici — les deux sont liés, les deux ont la même source.

Le seul moyen de mettre fin à la guerre que l’impérialisme français conduit en silence, c’est de le combattre directement. Retrait immédiat de toutes les troupes engagées dans la région. Fermeture des bases militaires françaises à l’étranger. Rupture des contrats d’armement avec les régimes du Golfe. Pas de lutte contre la flambée des prix sans lutte contre la guerre que notre propre classe dirigeante conduit en silence et au prix du sang des peuples.

LES FAUSSES SOLUTIONS — ET POURQUOI ELLES SERVENT LE SYSTÈME

Face à cette situation, plusieurs organisations — partis, syndicats, courants se réclamant de la gauche ou du mouvement ouvrier — avancent des revendications. Certaines semblent justes. Aucune ne va au bout. Et leur insuffisance n’est pas accidentelle.

Le blocage des prix est une impasse

La revendication de bloquer ou de plafonner les prix s’adresse à l’État capitaliste — c’est-à-dire qu’elle demande au patron de classe de réguler ses propres patrons. L’État français est actionnaire indirect de TotalEnergies. Il perçoit la TICPE. Il signe les contrats d’armement avec les pétromonarchies du Golfe. Lui demander de bloquer les prix, c’est lui demander de s’opposer au capital qu’il sert.

La réponse des trusts est prévisible et historiquement vérifiée : ils déplacent leurs marges dans les filiales, facturent des "frais de transport" fictifs, organisent des pénuries artificielles pour contourner le plafond. La Convention de 1793 l’a découvert avec la loi du Maximum sur le prix du pain : on pouvait guillotiner les accapareurs, on ne pouvait pas abolir par décret les lois du marché capitaliste. Le résultat fut le marché noir et les pénuries organisées.

En 2026, les raffineurs ne risquent pas la guillotine. Ils créeront les pénuries. Et lorsque le blocage échouera, c’est le peuple travailleur qui en portera les conséquences.

L’"encadrement des marges" est une demande à l’État

Le communiqué de la FNIC-CGT et de la coordination des syndicats CGT du groupe TotalEnergies, daté du 30 mars 2026, est édifiant. Leurs revendications : "Plafonnement immédiat du carburant à 1,50 €, par encadrement des marges des majors, et abaissement des taxes." "Transparence totale sur les profits de TotalEnergies."
À qui s’adressent ces demandes ? À l’État. À la direction de TotalEnergies. Pas un mot d’auto-organisation. Pas un comité de travailleurs habilité à contrôler les comptes. Pas une structure autonome capable d’intervenir directement sur la production et les prix. C’est l’appareil syndical qui interpelle l’appareil d’État.

La "nationalisation sous contrôle des travailleurs" sans comités ouvriers autonomes est du pipeau

Certains courants — Révolution Permanente notamment — ajoutent à leurs revendications la "nationalisation sans indemnités ni rachats, sous contrôle des travailleurs". La formule est juste sur le papier. Mais le contrôle des travailleurs, c’est quoi concrètement dans leur bouche ? Pas des comités ouvriers avec mandat impératif et révocable. Pas des structures indépendantes des appareils syndicaux et de l’État. Dans les faits, c’est le contrôle des directions syndicales — qui négocient avec l’État, qui siègent dans les conseils d’administration, qui demandent des réunions à Bercy et s’en contentent. C’est du vocabulaire révolutionnaire au service d’une pratique réformiste.

L’indexation des salaires sans abolition des taxes est insuffisante —

et c’est une coupure de classe délibérée
L’indexation des salaires sur l’inflation est nécessaire. Mais elle ne règle rien si elle ne s’accompagne pas de la suppression des prélèvements qui pèsent directement sur les travailleurs. Réclamer que les salaires suivent les prix tout en laissant intacts la TVA et la TICPE, c’est rendre d’une main ce qu’on reprend de l’autre. Le programme minimum que Marx rédigeait pour le Parti Ouvrier Français en 1880 posait déjà l’exigence : abolition de toutes les taxes directes et indirectes pesant sur les salaires, et transfert de la charge fiscale sur les revenus du capital et sur les héritages.

Mais cette insuffisance n’est pas seulement théorique. Elle est politique. En se limitant à l’indexation des salaires, LO, NPA-R, RP et les directions syndicales réservent la revendication aux seuls salariés — leur base sociale, leur terrain de recrutement, leur zone d’influence institutionnelle. Ils abandonnent l’artisan, le petit indépendant, l’agriculteur, le petit transporteur — qui subissent exactement la même flambée et pour qui l’abolition de la TVA et de la TICPE serait une revendication commune et immédiatement compréhensible.

Ce n’est pas un oubli. C’est un refus de front unique du peuple travailleur.

Le centrisme comme courroie de transmission du bonapartisme
Ces organisations ne font pas d’erreurs tactiques. Elles reflètent leur insertion sociale. Leurs cadres vivent du salariat syndical, de la négociation institutionnelle, des mandats paritaires. Leur existence dépend de la médiation entre le capital et le travail — pas de sa suppression. Elles ne peuvent pas porter le programme du socialisme scientifique parce que ce programme menace l’appareil dont elles dépendent.

Mais leur rôle va plus loin que l’impuissance. Le blocage des prix, tel qu’elles le posent, ne remplit pas seulement une fonction d’illusion immédiate. Il remplit une fonction de repoussoir programmatique. Quand le blocage des prix échoue — et il échoue structurellement — la conclusion qu’on fait tirer au peuple travailleur n’est pas "il fallait aller plus loin, exproprier les trusts, constituer des comités ouvriers". La conclusion, c’est "le programme radical ne fonctionne pas". C’est l’échec intégré d’avance qui sert à démoraliser, à démontrer l’impuissance du mouvement ouvrier, à renvoyer les travailleurs à leur isolement.

C’est l’exact inverse du programme transitoire de Trotsky : des revendications immédiates qui élèvent la conscience, désignent l’ennemi de classe, ouvrent la voie à la transformation structurelle. Le centrisme prend la forme du programme transitoire pour en vider le contenu et en retourner la dynamique.
Et pendant ce temps, le terrain abandonné — les artisans, les petits indépendants, les travailleurs ruraux frappés par la flambée du carburant et que personne n’adresse avec un programme commun — est capté par le RN. Marine Le Pen "dénonce les taxes de l’État". Le bonapartisme parle à ces couches. Il leur donne un bouc émissaire, un chef, une colère canalisée vers le nationalisme.

Ces pseudo-radicaux prétendent combattre l’extrême droite. Mais ils la combattent sur le terrain du moralisme — en la dénonçant comme raciste, comme dangereuse, sans jamais s’attaquer aux conditions matérielles qui la nourrissent. Ils ne construisent pas le front unique du peuple travailleur sur les revendications immédiates — abolition de la TVA et de la TICPE, échelle mobile des salaires, comités du peuple travailleur — qui seul pourrait arracher ces couches au populisme de droite. En refusant ce front unique, ils ne combattent pas le risque fasciste. Ils en préparent les conditions.

Ceux qui ne portent pas le programme du socialisme scientifique, qui respectent le budget de la bourgeoisie, qui segmentent le peuple travailleur par fidélité à leurs appareils — ceux-là font objectivement le jeu du capital et de ses défenses politiques d’urgence.

NOS REVENDICATIONS

Un système qui a structurellement besoin de la guerre et de la spéculation pour survivre ne se réforme pas. Il se combat. Les mesures d’urgence sont nécessaires — mais elles ne suffisent pas. Chaque revendication partielle doit s’inscrire dans une perspective plus large : arracher la production et la distribution au contrôle des trusts. Nous ne demandons rien à l’État bourgeois. Nous posons les conditions de son expropriation.

ABOLITION DE LA TVA ET DE LA TICPE SUR LE CARBURANT

Mesure d’urgence immédiate. Elle ne règle pas le fond — mais elle allège immédiatement la pression sur l’ensemble du peuple travailleur — salarié, artisan, agriculteur, petit indépendant — et désigne clairement l’État comme complice du racket. Contrairement au blocage des prix qui demande à l’État de se réguler lui-même, cette revendication lui impose une perte de recettes directe — ce qu’il refusera, révélant ainsi sa nature de classe.

ABOLITION DE TOUTES LES TAXES DIRECTES ET INDIRECTES SUR LES SALAIRES

Ce n’est pas une revendication nouvelle. C’est celle que Marx inscrivait dans le programme minimum du mouvement ouvrier en 1880. La charge fiscale doit être intégralement transférée sur les revenus du capital, les profits et les héritages. Tout impôt qui pèse sur le travail est un prélèvement sur le salaire réel — une confiscation supplémentaire au bénéfice de l’État bourgeois. Ceux qui ne portent pas cette revendication acceptent l’impôt de la bourgeoisie.

ÉCHELLE MOBILE DES SALAIRES — INDEXATION SUR L’INFLATION

Les salaires doivent être automatiquement ajustés à la hausse des prix. Sans indexation, chaque hausse du carburant se traduit mécaniquement par une baisse réelle du niveau de vie. C’est la réponse directe à la baisse de salaire déguisée. Mais cette revendication ne suffit pas sans l’abolition des taxes sur les salaires — autrement l’inflation fiscale efface ce que l’indexation salariale reconquiert.

RETRAIT DES TROUPES — FERMETURE DES BASES — RUPTURE AVEC LES PÉTROMONARCHIES

L’impérialisme français participe aux massacres. Il faut le combattre ici. Retrait immédiat de toutes les troupes engagées dans la région. Fermeture des bases militaires françaises à l’étranger. Rupture des contrats d’armement avec les régimes du Golfe. Pas de lutte contre la flambée des prix sans lutte contre la guerre que notre propre classe dirigeante conduit en silence et au prix du sang des peuples.

COMITÉS DE CONTRÔLE DES PRIX ET DE LA PRODUCTION

Pas des commissions consultatives. Pas des sièges dans des conseils d’administration d’État. Des structures composées de travailleurs et d’usagers, disposant d’un mandat impératif et révocable, capables de vérifier concrètement la formation des prix, les marges, les mécanismes de spéculation — et d’intervenir directement sur les décisions économiques. Le contrôle des travailleurs sans ces structures, c’est un mot vide.

OUVERTURE DES LIVRES DE COMPTES

Les entreprises du secteur doivent rendre publics leurs coûts réels de production, leurs marges, leurs profits, leurs prix de transfert entre filiales. Pas à l’État, pas aux directions syndicales : à des comités d’audit ouvriers constitués dans chaque établissement. Tant que les livres restent fermés, le vol reste invisible — et c’est exactement ce que les trusts et l’État ont intérêt à maintenir.

NATIONALISATION SOUS CONTRÔLE DES TRAVAILLEURS — PAR LES COMITÉS OUVRIERS

TotalEnergies a engrangé plus d’un milliard de dollars en un mois en organisant une pénurie. Dassault et Thales prospèrent sur les commandes de guerre financées par la dette publique. Tant que ces groupes restent privés, ils continueront à utiliser les crises comme instrument d’accumulation.
La nationalisation que nous posons n’est pas celle que demande l’État bourgeois à lui-même. Ce n’est pas une régie d’État aux mains des technocrates et des directions syndicales cooptées. C’est l’expropriation des actionnaires, sans indemnités ni rachats, sous le contrôle direct des comités ouvriers. La propriété privée des grands groupes énergétiques et de l’armement n’est pas un droit — c’est un mécanisme d’exploitation. Elle doit être supprimée.

Mais soyons clairs : cette nationalisation ne sera effective que si le peuple travailleur prend directement le pouvoir politique et économique dans ce pays. Pas une gestion déléguée à l’État bourgeois rebaptisé. Pas une cogestion avec les directions syndicales intégrées au système. Le peuple travailleur organisé qui s’érige en nation réelle — contre la nation capitaliste que la bourgeoisie nous présente comme "la nation française", comme si ses intérêts et les nôtres étaient les mêmes. Ils ne le sont pas. La nation du peuple travailleur se construit contre la nation du capital — pas avec elle.

COMITÉS OUVRIERS — COMITÉS DU PEUPLE TRAVAILLEUR

La gestion ne peut pas être abandonnée à l’État capitaliste ni aux directions syndicales qui lui servent de courroie de transmission. Elle doit être assurée par des comités ouvriers et des comités du peuple travailleur, capables de contrôler, décider et organiser la production, la distribution et les prix.

Ce n’est pas l’État capitaliste qui nationalisera pour le peuple. Ce n’est pas l’appareil syndical qui arrachera le contrôle de la production au nom des travailleurs. C’est le peuple travailleur organisé dans ses propres comités — autonomes, à mandat impératif et révocable — qui le fera lui-même.

C’est ça, le contrôle ouvrier. Tout le reste est du réformisme habillé en révolution.

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