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L’aristocratie ouvrière syndicalo-politique française : un ennemi de la classe ouvrière qui défile le 20 juin

mercredi 3 juin 2026, par Alex, Waraa

L’aristocratie ouvrière syndicalo-politique française : un ennemi de la classe ouvrière qui défile le 20 juin

Pour les marxistes qui militent pour la construction d’un parti mondial de la révolution socialiste, la révolution prolétarienne est à l’ordre du jour. Et seul le prolétariat est la classe révolutionnaire jusqu’au bout, capable d’instaurer la dictature du prolétariat, sans laquelle prêcher le renversement du capitalisme est une utopie criminelle.

Mais Marx et Engels moururent avant que le capitalisme n’atteigne vers 1895 son dernier stade, celui de l’impérialisme.

C’est Rosa Luxemburg qui la première, dès 1893, lorsqu’elle fonda son Parti social-démocrate du Royaume de Pologne, dénonça (pour s’en séparer ) l’engeance politique que l’impérialisme engendra : les sociaux-patriotes, ou sociaux-impérialistes, tels J-L Mélenchon, F. Roussel, Glucksman, S. Binet aujourd’hui.

En France, Griffuhelles jusqu’en 1914, puis Monatte et Rosmer à partir de 1914, dénoncèrent les dirigeants syndicaux qui comme Léon Jouhaux en 1914, Sophie Binet aujourd’hui, sont des auxiliaires de l’Etat et de l’impérialisme français.

C’est Lénine qui expliqua comment les surprofits coloniaux allaient dans la poche d’une partie de la classe ouvrière des pays impérialistes, la transformant en aristocratie ouvrière corrompue. Le passage individuel de dirigeants politiques et syndicaux du côté des exploiteurs prend certes la forme de "trahisons individuelles", mais il existe une base économique qui est une machine à fabriquer ces "sociaux-traitres" en série, sans attendre leur apparition spontanée :

« On comprend qu’il soit possible de prélever sur cette jolie somme au moins un demi milliard à distribuer en aumône aux dirigeants ouvriers, à l’aristocratie ouvrière, comme dessous de table de toute espèce. En effet, tout est dans la corruption. On s’y prend de mille façons en élevant le niveau de culture des grands centres, en créant des établissements éducatifs, des milliers de sinécures à l’intention des dirigeants des coopératives, des trade unions, des leaders parlementaires. Cela se fait dans tous les pays de civilisation capitaliste. Et ces milliards de super bénéfice constituent la base économique de l’opportunisme dans le mouvement ouvrier. En Amérique, en Grande Bretagne, en France, nous assistons à une résistance infiniment plus forte des chefs opportunistes, des couches supérieures de la classe ouvrière, de l’aristocratie ouvrière ; ils opposent une résistance plus grande au mouvement communiste. C’est pourquoi nous devons nous attendre à voir les partis ouvriers européens et américains se guérir de cette maladie plus difficilement que nous. Nous savons que depuis la fondation de la III° Internationale, des progrès énormes ont été réalisés en ce qui concerne la guérison de cette maladie, mais nous n’en sommes pas encore à la guérison définitive : l’épuration des partis ouvriers, des partis révolutionnaires du prolétariat du monde entier de l’influence bourgeoise et des opportunistes qui se trouvent dans leur propre sein, est encore loin d’être achevée. »

Lénine (1920)

Ce concept d’aristocratie ouvrière semble un peu abstrait. Mais certaines lois de la nature qui le sont aussi, sont pourtant familières à tous : « La période de brame commence à la mi-septembre et dure un mois, alors que la durée de fécondité des femelles n’est que de 24 h ! » lit-on dans un manuel de Biologie. De même on pourrait écrire : La campagne électorale dure des mois, mais il il n’y aura que quatre journées de vote (présidentielles et législatives) pour accéder à l’"Assiette au beurre" ! Or la période de brame pré-électorale commence, l’aristocratie ouvrière sort du bois !

Les représentants de l’aristocratie ouvrière organisent un "brame collectif" le 20 juin prochain. Il est rare qu’ils marchent tous ensemble, observons-les :

La manifestation du 20 juin

Un texte à signer accompagne cet appel à manifester le 20 juin.
Quel travailleur honnête, quel militant de base du mouvement ouvrier, quel adhérent d’un syndicat ne souhaiterait pas apporter publiquement son soutien aux camarades victimes de "répression" lors des "luttes" (en général actions syndicalistes anodines). Par exemple en signant ce texte, en le faisant signer autour de lui.

Que ce travailleur de base n’y pense même pas ! Car la signature est réservée à cette « aristocratie ouvrière », dont il ne fait pas partie, puisqu’ elle est incarnée par des organisations et des personnalités :

Attention, que le travailleur de base élu par un soviet ou comité de grève ne croie pas qu’il puisse signer : soviets et comités de grève ne sont pas des institutions reconnues par cette aristocratie ouvrière bourgeoise.

Oui, l’aristocratie ouvrière est composée d’organisations et de personnalités reconnues par l’Etat bourgeois. Les ouvriers de base n’en font pas partie ! Trotsky conseillait aux jeunes militants qui se disaient "trotskistes" d’aller parler aux femmes de ménage. Celles-ci ne sont pas invitées à signer, seule parmi elles « Rachel Kéké (ancienne députée LFI) » est autorisée à signer, elle qui a accepté d’être le larbin de LFI :

Que font ces députés de LFI, anciens ou actuels, le 20 juin ? Ils sont en campagne électorale, veulent avoir leur photo dans les journaux passer à la télé. Votez pour eux, c’est pour cela qu’ils marcheront le 20 juin !

C’est pour la campagne des « gros » partis de gauche (LFI, PC) que l’aristocratie ouvrière organise cette manifestation du 20 juin. Les signataires "en haut du panier" l’illustrent :

Pas un seul "travailleur en lutte" parmi eux, lors de cette marche censée défendre ... les "travailleurs en lutte" ! Les politiciens sont en tête de liste. Mathilde Panot, physiquement et politiquement, est bien l’héritière de gauche des "dames patronnesses" de droite d’autrefois.

Mais ces politiciens n’ont absolument rien à donner à quiconque. S’ils marchaient seuls dans la rue ce serait un non-événement. Ils ont besoin d’un support, si possible gratuit. Les "organisations" syndicales le leur procurent, en créant un "événement" qui attirera les journalistes. De même, sur un piquet de grève, ils peuvent être invités par un bureaucrate syndical local, qui en revanche aura un poste de conseiller municipal plus tard.

Or ce 20 juin, on peut penser qu’il va y avoir un grand événement, même si à notre avis il ne se passera rien. Car la grande unité digne des fronts populaires staliniens semble être au rendez-vous. De même qu’en 1936, Thorez défilait avec L. Blum, alors qu’il le traitait d’« assassin de la classe ouvrière » la veille, les "pires pourfendeurs" de LFI et du PC viennent au second et troisième rang des signataires :

Lutte Ouvrière, le NPA-R, Révolution permanente ! Eux qui passent leur temps à expliquer d’un air sérieux sur leur vidéos que « LFI crée des illusions réformistes », ils placent sans vergogne leur nom à côté de celui de LFI, sans aucune critique. Et ils défileront avec ces ennemis de la classe ouvrière que sont les dirigeants de LFI.

Pourquoi ? Parce que JP Mercier (LO et Sud), G. Quirante (NPA-R et Sud) ont une certaine envergure dans les réunions de bureaucrates de Sud, mais aucune dans le prolétariat de France. Or Sud espère avoir des retombées financières si Mélenchon est élu, et Sud mobilise donc son arrière ban.

Comme au Moyen Âge, où le service d’Ost s’imposait à tous les vassaux, vavasseurs, jusqu’à une partie des vilains, ces "révolutionnaires" (LO, NPA-R, RP) sont obligés d’aller servir de figurant pour soutenir la gauche électorale. Le pire, c’est qu’ils le font avec plaisir, prétendant pratiquer la politique du "front unique". Le progrès par rapport au Moyen Age, c’est que les "vilaines et les vilains", et pas seulement les "vilains", doivent participer. C’est le féminisme de l’aristocratie ouvrière. On remarque Selma Labib, "personnalité", porte-parole du NPA-R, jamais de grévistes organisés en comité de grève.

Bien entendu cette extrême-gauche ne peut exister si elle avoue faire campagne "pour la gauche", pour LFI. Il faut donner de l’émotion aux militants qui n’auront aucun poste. "Pour la gauche" est donc transformé en "contre la droite", puis dans l’enthousiasme "contre l’extrême-droite", sous-entendu "contre le fascisme" ! Et cette extrême-gauche présente même ses candidats aux élections pour faire croire qu’elle est "indépendante de LFI". Mais ces "révolutionnaires" soutiennent aujourd’hui Sophie Binet car elle serait victime d’attaques.

Pour LO, NPA-R et RP, la "critique" des directions syndicales est bonne pour leurs universités d’été, audibles par quelques centaines de personnes. Par contre, leur solidarité avec ces directions syndicales ou LFI s’exprime par des actes concrets, comme cette marche "fraternelle" du 20 juin, aux yeux de millions de travailleurs.

Alors que l’aristocratie ouvrière de 1ère classe de grande envergure a des membres politiciens, des membres syndiqués, avec une division du travail moderne, les nouveaux arrivés sont de petites épiceries comparées à ces grandes surfaces. Coquerel est un politique, Binet une syndicaliste. Les partis comme LO et le NPA-R, comme des vagabonds, doivent plier sous le fardeau de tous leurs sacs en même temps : Mercier est Sud et LO, Quirante est Sud et NPA-R, Kazibe est Sud et RP. Oui, Sud est la maison qui sert de refuge à ces "révolutionnaires".

La photo suivante, digne d’une peinture allégorique classique, illustre bien la hiérarchie dans la gauche bourgeoise de l’aristocratie ouvrière : sous l’oeil vigilant des bureaucrates de Sud prêts à le défendre contre "les trotskistes", Coquerel au centre, en bourgeois repu et satisfait, arbore fièrement le bleu-blanc-rouge social-patriote. Il a écarté d’un coup de coude au bord de l’estrade Gaël Quirante, qui a chiffonné son drapeau rouge le cachant dans sa poche, et est prêt à tendre respectueusement la bouteille d’eau quand "le patron" aura soif après avoir proféré ses boniments. Les militants petits-bourgeois du NPA-R rebaptiseront ce tableau : le NPA-R a combattu LFI, restant "indépendant politiquement" :

Tous les signataires du NPA-R devraient signer l’appel du 20 juin en précisant : porte parole du NPA-R et de Sud-Solidaire (car un délégué central est porte-parole de la confédération syndicale). Ils cachent leur double appartenance.

Pourquoi des partis comme LO, NPA-R font-ils 0% aux élections ? Parce que leurs mensonges sont devenus trop gros concernant cette double appartenance, qu’ils cachent en permanence.

Un des signataires de l’appel du 20 juin est un de ces hauts bureaucrates syndicaux, critiqué par le NPA-R :

Or il est également ... cadre du NPA-R. Il est un pur produit de la fraction l’Etincelle exclue de LO en 2008, réfugiée au NPA, réfugiée au NPA-R. Sud s’achète quelques "trotskistes" en leur offrant un poste de permanent.

Les Jean-Pierre Mercier (LO), Gaël Quirante (NPA-R) , sont des bureaucrates syndicaux qui pour leur carrière, utilisent une rhétorique "trotskiste". Ils servent la bourgeoisie en diffusant dans les grands media bourgeois l’idée d’un "trotskisme" sans dictature du prolétariat, sans dénonciation du social-patriotisme, sans soviets, sans fraction révolutionnaire dans les syndicats.

Il y eut à une époque le "marxisme légal", un faux marxisme, propagé par des universitaires bourgeois. Il y a aujourd’hui le "trotskisme légal" diffusé par des bureaucrates syndicaux comme JP Mercier, Anasse Kazibe, Gael Quirante. Ces cadres moyens du syndicalisme bourgeois servent ses cadres supérieurs sociaux-démocrates et staliniens, qui veulent empêcher toute réelle tendance révolutionnaire d’exister ... en faisant croire qu’elle existe déjà.

La grève des travailleurs africains du salon de coiffure, 65 boulevard de Strasbourg

Mais en quoi ces tempêtes dans le verre d’eau du syndicalisme français, pourri depuis 1914 par son entrée dans l’Union sacrée, intéressent-elles la classe ouvrière ?

Car ces appareils politiques (LFI, PC, PS), ou syndicaux (CGT, Sud), ou les micro-appareils pauvres qui sont obligés d’être les deux (LO, NPA-R, RP) forment des fractions dans la bourgeoisie d’Etat. Ils sont des exploiteurs non seulement politiques, mais économiques du vrai prolétariat, qui ne fait pas partie de l’aristocratie ouvrière.

L’exemple emblématique en est donné par une récente grève de travailleurs africains, qu’un communiqué CGT décrit ainsi :

« Victoire des Coiffeuses du Boulevard de Strasbourg à Paris après 78 jours de grève

Publié le 21 Mai. 2026

78 jours de grève durant lesquels coiffeuses, coiffeurs et barbiers du 65 boulevard de Strasbourg ont mené une lutte exemplaire, 78 jours où la détermination et la solidarité ont été au rendez-vous chaque jour. Leur mouvement soutenu par la CGT s’est soldé par une victoire éclatante. Les travailleuses et travailleurs ont d’ores et déjà commencé à recevoir leurs premiers titres de séjour, qui les couvriront durant toute l’instruction de l’affaire, où la qualification de traite des êtres humains devrait être retenue par l’autorité judiciaire. L’épilogue de ce mouvement se jouera devant les tribunaux, où la CGT espère des peines exemplaires à l’encontre de ces employeurs qui ont abusé de ces salarié·es en situation de vulnérabilité.

La CGT salue le courage et la détermination sans faille des grévistes tout au long des 78 jours : c’est cette détermination et leur solidarité qui est l’une des clés de cette victoire. Il faut également saluer l’engagement sans faille des organisations de la CGT impliquées dans ce conflit, l’UD CGT de Paris, l’UL CGT de Paris 10 et l’US CGT Commerce de Paris ; ainsi que la solidarité et l’implication de nombreuses organisations de la CGT qui ont contribué à cette victoire.

Cette nouvelle affaire de traite des êtres humains montre les conséquences délétères d’une politique migratoire restrictive et répressive à l’égard des étranger·es. Après les travailleurs des vendanges de Champagne, les salarié·es de la restauration à Albi, nous constatons une augmentation de ce type d’affaire ces dernières années. Cette progression dramatique, confirmée à l’échelle européenne, n’est pas sans lien avec la réduction des droits et la construction d’un infra-droit des étranger·es que subissent depuis quelques années les travailleur·euses étranger·es : effet d’aubaine pour les tenants de la surexploitation.

Il n’y a pas de fatalité dans la multiplication des affaires de traite d’êtres humains qui sont aussi très souvent imbriquées avec des réseaux mafieux. Il y a nécessité de faciliter la délivrance et le renouvellement de titre de séjour pour les travailleurs et travailleuses étranger·es, mettre des moyens dans les préfectures pour y affecter du personnel en nombre suffisant et correctement formé pour rendre un service public de qualité aux usager·es. La saignée dont sont victimes les services de l’inspection du travail doit s’arrêtée : les effectifs doivent être renforcés face à des réseaux mafieux mieux organisés et plus nombreux.

Les parquets doivent veiller à mettre en cohérence leurs politiques pénales et ne pas laisser la traite des êtres humains dans un angle mort.

Ces affaires de traite montrent ce que produisent les politiques d’austérité, de destruction des droits et garanties collectives des travailleur·euses et des politiques répressives à l’égard des étranger·es. Ils sont le laboratoire et les avant-postes d’une attaque d’ensemble contre les droits de toutes les travailleuses et travailleurs. Elles interrogent de manière plus générale sur les politiques publiques mises en œuvre et les dysfonctionnements constatés notamment en matière de renouvellement et d’accès au droit du séjour de celles et ceux qui font pourtant fonctionner quotidiennement l’économie du pays.

La CGT continuera à lutter pour une société plus juste et plus solidaire, cela passe par la régularisation des travailleurs et travailleuses sans papiers. »

Montreuil, le 21 mai 2026

https://www.cgt.fr/comm-de-presse/victoire-des-coiffeuses-du-boulevard-de-strasbourg-paris-apres-78-jours-de-greve

Or la réalité est tout autre. Pendant des mois, 4 hommes et femmes africain(e)s, dont 9 sans-papiers, se battaient pour obtenir le paiement de plusieurs mois de salaires que leur patron, africain, leur devait. Le communiqué CGT oublie complètement cette revendication ! La "traite" est un concept des Nations Unies, qui permettra à la CGT d’être admise dans des conférences 5 étoiles sur le sujet, grâce à la "victoire" du boulevard de Strasbourg.

La Mairie du 10ème arrondissement est en France un des pires exploiteurs des travailleurs africains. Elle coopère avec les patrons des salons de coiffure, des boîtes d’intérim du BTP (boulevard Magenta) qui exploitent des travailleurs avec ou sans - papiers. La Mairie de gauche du 10ème arrondissement est dans l’illégalité totale, complice de la "traite" des travailleurs. Mais dans cette équipe, on trouve des militants CGT de l’aristocratie ouvrière. La CGT du 10 ème arrondissement couvre donc cette "traite" des travailleurs depuis des années.
Le fait que 13 salariés d’un salon de coiffure couvert par la mairie, et donc par la CGT, mirent à jour par leur grève, la situation locale, faisait désordre. La CGT a servi de nettoyeur pour innocenter la Mairie.

De même qu’à l’époque du colonialisme, il y avait les expositions coloniales, le salon de coiffure du 65 Bd de Strasbourg a été le lieu d’une "exposition syndicale". La CGT, complice de la Mairie et donc du patron, s’est transformée en amie des travailleurs. La liquidation du fonds de commerce du salon de coiffure fait office de "nettoyage". Les grévistes n’ont même pas fondé un syndicat CGT, en tout cas le communiqué CGT ne l’affirme pas. Des "papiers" sans valeur, périmés dans quelques mois, mais pas d’argent, pas de création d’un syndicat, le patronat aime ce syndicalisme de l’aristocratie ouvrière !

L’extrême-gauche couvre cette mafia politico-syndicale de gauche. LO par exemple, transforme les 4 hommes et 9 femmes en "femmes à la quinzaine", miracle de la théorie du genre :

« Une quinzaine de coiffeuses d’un salon du boulevard Strasbourg- Saint-Denis à Paris sont en grève depuis le 3 mars. Non seulement leur patron leur fait payer 250 euros pour leur donner leur fiche de paye, mais il leur impose des journées à rallonge, jusqu’à parfois 2 heures du matin, pour une paie ridicule. Le salaire n’était déjà pas versé pendant les congés, mais les coiffeuses n’ont carrément rien touché depuis des mois. Quant à une quelconque protection contre les produits chimiques utilisés, il n’en était bien sûr pas question.

Cette situation dure depuis plus de dix ans pour beaucoup de travailleuses, et le ras-le-bol a fini par se faire entendre, malgré la situation précaire de plusieurs d’entre elles, en situation irrégulière. Le patron, qui profitait bien sûr de la situation et ne payait pas ses cotisations à l’Urssaf, aurait disparu depuis.

C’est loin d’être la première grève des coiffeuses dans les différents salons du quartier. Malgré la peur d’être renvoyées, la charge des enfants qu’elles élèvent souvent seules, ces travailleuses savent se défendre. Elles ont bien raison ! »

Lo

Un "caissier" transformé en "coiffeuse", Jésus n’avait pas fait mieux que LO en transformant l’eau en vin ! LO ne dit rien sur la gauche politique et syndicale dans cette affaire, que N. Arthaud ne combat que lors des élections, jamais sur le terrain de la lutte des classes.

Le NPA-R quant à lui salue la fin de la grève, sans se poser la question de son arrêt alors que le paiement des arriérés de salaire n’a pas été obtenu. Imaginons une équipe de football qui marque un but ... et en conséquence crie victoire et abandonne le terrain. Même des footballeurs ont compris qu’on ne doit pas abandonner même si on marque un but, ce sont les Sénégalais lors de la CAN. Mais dans le parti Gaël Quirante (NPA-R) comme à LO, on ne critique pas les staliniens quand ils crient victoire à la place des travailleurs. Le NPA-R, par le communiqué suivant, montre qu’il a bien intégré le fameux "il faut savoir arrêter une grève" de Thorez en 1936 :

« Neuf travailleuses d’un salon de coiffure et de beauté afro situé boulevard de Strasbourg, dans le 10e arrondissement, ont été finalement régularisées par la préfecture de police après une grève avec occupation qui avait commencé le 3 mars dernier. Elles se battaient d’abord pour obtenir un titre de séjour mais également pour toucher des arriérés de salaires qui leur étaient – et leur sont toujours – dûs. Les autorités ont considéré qu’elles étaient « des victimes potentielles de traite des êtres humains ». Une victoire qui ne peut qu’inciter d’autres travailleurs sans papiers à suivre le même chemin, celui de la lutte. »

NPA-R

En même temps que cette grève eut lieu le 2 mai une manifestation des Maliens contre les crimes de l’impérialisme français. Quelles étaient les absents à cette manifestation ? Prenez la liste des manifestants du 20 juin, ces "organisations et personnalités", c’est exactement celle-là, l’aristocratie ouvrière et ses porte-parole, qui étaient absents !

C’est l’Etat bourgeois dans toute sa laideur capitaliste qui écrase, main dans la main avec des patrons africains, les travailleurs africains du 10ème arrondissement ! L’Assiette au beurre de l’aristocratie ouvrière et de ses représentants, ce sont les postes de maire, d’adjoints, de secrétaires d’unions locales. Cette aristocratie ouvrière est une véritable bureaucratie bourgeoise, pas seulement une bureaucratie ouvrière comme le prétendent les pseudo-trotskistes de LO, du NPA-R et de RP.

Conclusion

Les serviteurs sociaux-démocrates et staliniens de la bourgeoisie sont les principaux auxiliaires de la bourgeoisie dans "le camp des travailleurs" depuis des décennies, combattons-les dans notre action, propagande et agitation. Mais leurs idées sont discréditées, elles ne peuvent qu’avancer masquer. Les véritables idées de Lénine et Trotsky, celle du bolchévisme, sont encore vivantes, elles mèneront à la victoire les prochaines révolutions prolétariennes. Ce sont ces idées puissantes que les réformistes essaient de discréditer en mettant en avant des groupuscules comme ceux de LO et du NPA-R, sous la forme d’un ou deux cadres supérieurs du syndicalisme.

Le camp des travailleurs est divisé en deux : réformistes et révolutionnaires. Le camp réformiste a pour piliers, base sociale, l’aristocratie ouvrière corrompue par l’impérialisme français. Les cadres syndicaux sont à 99 % membres de cette aristocratie ouvrière.

Des partis comme LO et le NPA-R répètent trop souvent le slogan juste "Prolétaires de tous pays, unissez-vous !" Car ce slogan, depuis 1900, quand il n’est pas accompagné de la dénonciation de l’aristocratie ouvrière française, devient réactionnaire ! Car les travailleurs de l’aristocratie ouvrière n’ont pas les mêmes intérêts que ceux qui sont opprimés politiquement, exploités économiquement par l’impérialisme.

Dénonçons l’aristocratie ouvrière signataire de l’appel du 20 juin !

Les "riens" comme disait Macron, les "non organisation personnalités" comme disent Sud, CGT, LO, peuvent certes participer à cette manifestation. Mais des slogans s’imposent. Que tous ces slogans illustrent les propos de Lénine concernant notre aristocratie ouvrière française :

A bas les faux trotskistes, qui servent d’escorte à Mathilde Panot !

Arthaud, Panot, même combat !

Au trois M électoraux : Mercier-Mélenchon-Mathilde (Panot), nous opposerons toujours les trois L révolutionnaires : Lénine-Luxemburg-Liebknecht !

Mercier et Quirante, porte-parole de Sud, vous êtes contre les Soviets et la dictature du prolétariat ? Comme disait Trotsky : le léninisme, aimez-le ou quittez-le !

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