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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Italie 1943 : quand les Alli&#233;s &#233;crasaient la r&#233;volution sous pr&#233;texte d'&#233;craser le fascisme mussolinien avec lequel ils avaient tent&#233; de pactiser</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7771</link>
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		<dc:date>2026-05-09T22:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;En 1943, les puissances alli&#233;es ont essay&#233; de signer un armistice avec Mussolini puis l'ont fait avec Badoglio pour &#233;viter les risques r&#233;cvolutionnaires du renversement du fascisme. Ils ont alors bombard&#233; les populations italiennes, y compris la r&#233;sistance anti-fasciste pour combattre tout &#233;lan r&#233;volutionnaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_Cassibile &lt;br class='autobr' /&gt;
https://books.openedition.org/pur/130182?lang=fr (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1943, les puissances alli&#233;es ont essay&#233; de signer un armistice avec Mussolini puis l'ont fait avec Badoglio pour &#233;viter les risques r&#233;cvolutionnaires du renversement du fascisme. Ils ont alors bombard&#233; les populations italiennes, y compris la r&#233;sistance anti-fasciste pour combattre tout &#233;lan r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_Cassibile&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_Cassibile&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pur/130182?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pur/130182?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://museedelaresistanceenligne.org/media3532-Armistice-italien-du-3-septembre-1943&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://museedelaresistanceenligne.org/media3532-Armistice-italien-du-3-septembre-1943&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont finalement les forces de gauche (staliens, sociaux-d&#233;mocrates, r&#233;sistance d&#233;mocratique et syndicats) qui ont le plus &#339;uvr&#233; pour affacer toute volont&#233; r&#233;volutionnaire dans les masses italiennes d&#233;boussol&#233;es et accus&#233;es de fascisme d&#232;s qu'elles protestaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta &#233;crit en 1943 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime fasciste s'effondre en Italie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES OUVRIERS ITALIENS NOUS MONTRENT LA VOIE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 21 ans le prol&#233;tariat italien &#233;tait courb&#233; sous le joug de Mussolini et de ses bandes arm&#233;es au service de la bourgeoisie italienne. Pourquoi les ouvriers italiens qui en 1919 &#233;taient &#224; la t&#234;te de la lutte r&#233;volutionnaire en Europe, qui avaient occup&#233; les usines et les avaient mises en marche sous leur propre contr&#244;le et qui ne furent vaincus que par la trahison des r&#233;formistes, ne r&#233;ussirent-ils pas &#224; secouer la dictature fasciste ? C'est que les victoires successives de la r&#233;action en Pologne (1927), en Allemagne (1934), en Espagne (1939) et un r&#233;gime de dictature instaur&#233; dans toute l'Europe, leur avait ferm&#233; toute possibilit&#233; de r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le m&#233;contentement du prol&#233;tariat et des masses populaires en Italie grandissait de plus en plus contre le r&#233;gime pourri de Mussolini et n'attendait que la premi&#232;re occasion favorable pour se manifester. Quand en 1940 Mussolini aux ordres du grand capital, entra&#238;na le peuple italien dans la guerre imp&#233;rialiste les masses montr&#232;rent peu d'empressement &#224; se battre pour les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie italienne et pour la gloire de Mussolini. Les d&#233;sastres militaires subis par l'Italie imp&#233;rialiste depuis le d&#233;but de la guerre ont amen&#233; au paroxysme les contradictions int&#233;rieures engendr&#233;es par le r&#233;gime et l'exploitation patronale accrue. Des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; en Italie pendant la campagne de Tunisie. Avec le d&#233;barquement des imp&#233;rialistes alli&#233;s en Sicile, le prol&#233;tariat italien ne pouvait qu'intensifier sa lutte, l'&#233;tendre et poser des revendications de plus en plus hardies. Dans ces circonstances, pour ressaisir la situation int&#233;rieure et pouvoir man&#339;uvrer plus librement entre les diff&#233;rents imp&#233;rialismes en guerre (&#233;ventuels changements diplomatiques), la bourgeoisie italienne s'est servi du roi d'Italie pour effectuer une &#034;r&#233;volution de palais&#034; et s'est d&#233;barrass&#233;e de Mussolini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mussolini parti, les masses sont entr&#233;es imm&#233;diatement en action. Le r&#233;gime fasciste s'est compl&#232;tement effondr&#233;. Cette victoire du peuple italien sur ses propres oppresseurs a rempli de joie dans le monde entier les exploit&#233;s et les opprim&#233;s, elle montre la voie &#224; suivre pour conqu&#233;rir les libert&#233;s, pour conqu&#233;rir le droit de vivre en mangeant &#224; sa faim, pour mettre fin &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers les informations tronqu&#233;es, arrang&#233;es, int&#233;ress&#233;es, de la radio &#034;alli&#233;e&#034; et &#034;neutre&#034;, les &#233;v&#233;nements d'Italie parlent un langage suffisamment clair pour qu'on ne puisse pas se m&#233;prendre sur leur sens. Ce sont les masses ouvri&#232;res qui par des gr&#232;ves puissantes, dans les villes industrielles du Nord notamment &#224; Milan, appuy&#233;es par tout le m&#233;contentement populaire, ont pr&#233;cipit&#233;, apr&#232;s la d&#233;mission de Mussolini la chute du fascisme. Ce sont les masses qui ont manifest&#233; devant les prisons, qui ont contraint Badoglio &#224; consacrer officiellement la lib&#233;ration des emprisonn&#233;s politiques, qui ont lib&#233;r&#233; elles-m&#234;mes des d&#233;tenus politiques du r&#233;gime l&#224; o&#249; &#034;l'action&#034; gouvernementale se faisait attendre. C'est l'action des masses qui a pratiquement redonn&#233; la vie aux diff&#233;rents partis politiques, malgr&#233; l'interdiction gouvernementale de tout parti. Si les gr&#232;ves ont cess&#233; actuellement devant les mesures draconiennes prises par le gouvernement, elles ne pourront que recommencer au fur et &#224; mesure que les masses prol&#233;tariennes et les soldats auront fraternis&#233; pour des buts communs. OUVRIERS ET SOLDATS DOIVENT RESOUDRE EN ITALIE, AVEC LA QUESTION DU REGIME, LA QUESTION FONDAMENTALE DE LA PAIX. Des fraternisations entre ouvriers et soldats auraient d&#233;j&#224; eu lieu, la troupe ayant refus&#233; de tirer sur les gr&#233;vistes. Radio-Londres parle de la cr&#233;ation de comit&#233;s d'ouvriers et m&#234;me de soldats. S'il s'agit de comit&#233;s &#233;lus par les ouvriers et les soldats, cela signifie que les masses d'ouvriers et de soldats en lutte, dress&#233;es contre l'appareil officiel &#233;tatique, se m&#233;fiant &#224; juste titre de l'action et des promesses de la bourgeoisie, cr&#233;ent leurs propres organisations de classe en liaison constante avec la masse et d&#233;pendant d'elle. Seuls les COMITES, organes d&#233;mocratiques de la dictature du prol&#233;tariat, peuvent briser l'Etat de la bourgeoisie et r&#233;soudre les questions br&#251;lantes DE LA PAIX, DU PAIN ET DE LA LIBERTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d'Italie marquent le d&#233;but de l'effondrement du r&#233;gime totalitaire &#233;tabli par la bourgeoisie en Europe sur le dos du mouvement ouvrier. Au Portugal, o&#249; cependant la politique de la bourgeoisie est inf&#233;od&#233;e &#224; l'Angleterre et non pas &#224; l'Allemagne et o&#249; la classe ouvri&#232;re est soumise &#224; la dictature sanglante de Salazar, la nouvelle de la chute de Mussolini et du fascisme a provoqu&#233; de grandes gr&#232;ves sur le tas, notamment dans les ports. En Espagne, le bourreau Franco a d&#251; inopin&#233;ment &#034;acc&#233;l&#233;rer&#034; la lib&#233;ration de prisonniers politiques qui meurent dans ses prisons fascistes. Ainsi 10.000 emprisonn&#233;s de plus ont retrouv&#233; la libert&#233; en Espagne, gr&#226;ce au mouvement des masses italiennes. Mais la chute du fascisme italien et la renaissance du mouvement ouvrier en Italie auront leurs r&#233;percussions les plus profondes en Allemagne m&#234;me o&#249; le r&#233;gime que Hitler pr&#233;tendait instaurer pour 1000 ans ne f&#234;tera s&#251;rement pas son 11&#232;me anniversaire. Le prol&#233;tariat allemand compte par centaines de milliers ses victimes anti-fascistes. Les masses populaires allemandes, le v&#233;ritable peuple allemand qui travaille de ses mains, souffre cruellement de la guerre imp&#233;rialiste, souffre cruellement de voir ses meilleurs fils arrach&#233;s &#224; leurs foyers et jet&#233;s sur tous les champs de bataille pour des conqu&#234;tes qui n'ont profit&#233; qu'&#224; la bourgeoisie allemande. En France les masses ouvri&#232;res luttent pour les m&#234;mes objectifs que ceux pour lesquels luttent les ouvriers italiens. Il faut reconqu&#233;rir les v&#233;ritables libert&#233;s, libert&#233;s de presse, de gr&#232;ve, de r&#233;union, qu'aucun pays capitaliste ne reconnait plus &#224; la classe ouvri&#232;re. Il faut lib&#233;rer les victimes de la r&#233;pression capitaliste et militariste qui peuplent les prisons et les camps de concentration ; il faut r&#233;cup&#233;rer les ouvriers d&#233;port&#233;s et les prisonniers de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute l'Europe ils ont les m&#234;mes aspirations imm&#233;diates de lutte. Les &#233;v&#233;nements d'Italie, sous le coup des &#233;v&#233;nements militaires, sont l'image des &#233;v&#233;nements qui demain d&#233;ferleront sur tout le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question fondamentale qui unit l'Europe prol&#233;tarienne c'est celle de la paix. Paix imp&#233;rialiste par la victoire d'un des camps imp&#233;rialistes et conservation de l'exploitation et de l'oppression du r&#233;gime capitaliste, ou renversement du r&#233;gime bourgeois par le prol&#233;tariat et instauration d'une paix v&#233;ritable par l'union des peuples dans une F&#233;d&#233;ration socialiste des peuples, la seule qui peut assurer aux nations un libre d&#233;veloppement ; voil&#224; l'enjeu de la lutte. Tout ouvrier conscient voit maintenant que les alli&#233;s n'offrent pas la paix au peuple italien, mais qu'ils veulent seulement contraindre l'Italie &#224; changer de camp dans la guerre. C'est ainsi que la France &#034;lib&#233;r&#233;e&#034; par l'imp&#233;rialisme anglais et am&#233;ricain devra continuer la guerre contre l'imp&#233;rialisme japonais au b&#233;n&#233;fice des capitalistes am&#233;ricains (convention Giraud-Roosevelt).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es de guerre ont cloisonn&#233; les peuples. Sans contact avec les fr&#232;res prol&#233;taires des autres pays, plus d'un ouvrier et paysan oublie que c'est un fr&#232;re et non un ennemi qui est en face de lui, que ces bombardements et cette boucherie sont l'&#339;uvre non d'un peuple &#034;ennemi&#034;, mais d&#251;s &#224; un r&#233;gime capitaliste pourri. Seules les vagues puissantes de la r&#233;volution prol&#233;tarienne peuvent balayer les barri&#232;res de boue et de sang que la bourgeoisie a &#233;lev&#233;es entre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun peuple ne peut r&#233;soudre isol&#233;ment la question de la paix. Le sort de chaque peuple d&#233;pend finalement non pas de la place plus ou moins favoris&#233;e qu'il peut occuper par rapport &#224; d'autres peuples, mais du syst&#232;me dans lequel il s'int&#232;gre : syst&#232;me d'oppression imp&#233;rialiste (alli&#233; ou de l'Axe) ou syst&#232;me de f&#233;d&#233;ration socialiste. Le peuple italien a fait ce choix, il ne veut ni de la victoire allemande ni de la victoire alli&#233;e. Il cherche une issue prol&#233;tarienne &#224; la guerre, la seule issue qui apportera vraiment la paix, et non une nouvelle &#034;der des ders&#034;. Ecras&#233; par sa propre bourgeoisie, menac&#233; par les arm&#233;es imp&#233;rialistes anglaises, am&#233;ricaines et allemandes, le prol&#233;tariat italien doit pouvoir s'appuyer, dans cette question fondamentale, sur la solidarit&#233; de tous les peuples europ&#233;ens (de ceux qui travaillent de leurs mains) et leur lutte pour une paix juste (et non pas imp&#233;rialiste comme celle que leur offrent les alli&#233;s) doit trouver l'appui de tous les prol&#233;tariats, en premier lieu du prol&#233;tariat allemand et fran&#231;ais pour qu'ils puissent faire &#233;chec aux plans imp&#233;rialistes allemands et aux plans imp&#233;rialistes des alli&#233;s qui tous obligent l'Italie de rester dans le conflit &#034;jusqu'&#224; la fin&#034;, c'est-&#224;-dire tant qu'il plaira aux capitalistes dont elle d&#233;pendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes qui &#224; la suite de la guerre de 14-18 ont laiss&#233; leur peau en Russie mais ont r&#233;ussi &#224; maintenir leur domination sur le reste du globe, man&#339;uvrent dans la pr&#233;sente guerre pour assurer &#034;d&#233;finitivement&#034; leur domination capitaliste, par la destruction de la solidarit&#233; internationale des ouvriers, et pour mettre &#224; profit l'isolement de l'URSS dans le monde capitaliste pour essayer de liquider l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'Union Sovi&#233;tique. Seule l'intervention des masses luttant pour leurs propres objectifs populaires peut d&#233;truire d&#233;finitivement les plans de tous les imp&#233;rialismes et mener &#224; la victoire du socialisme. Si sous la pression du militarisme alli&#233;, Staline a d&#233;savou&#233; publiquement l'Internationale en tant qu'instrument de lib&#233;ration des prol&#233;tariats et des peuples, la lutte r&#233;volutionnaire des masses contre leur propre bourgeoisie reforgera l'Internationale qui conduira les ouvriers, les paysans et les soldats &#224; la victoire, la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LE PROLETARIAT ITALIEN !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVENT LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;br class='autobr' /&gt;
DE LA REVOLUTION TRAHIE AU FASCISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la premi&#232;re guerre imp&#233;rialiste de 14-18, l'Italie &#233;tait en Europe le pays le plus m&#251;r pour la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolument d&#233;s&#233;quilibr&#233;e et ruin&#233;e par la guerre, la bourgeoisie italienne cherchait en vain &#224; se redresser en exploitant au maximum certaines colonies pauvres en mati&#232;re premi&#232;res que l'Angleterre avait bien voulu lui abandonner. Le sol italien ne renferme pas de richesses importantes, ni m&#233;taux, ni charbon, ni p&#233;trole. Il n'est pas assez &#233;tendu et fertile pour assurer le ravitaillement de la population en c&#233;r&#233;ales et de l'industrie en mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires, comme par exemple le coton. Seule par cons&#233;quent la possession et l'exploitation de colonies riches pouvait soulager la crise du capitalisme italien. Mais la bourgeoisie italienne, malgr&#233; sa participation &#224; la premi&#232;re guerre imp&#233;rialiste aux c&#244;t&#233;s de l'Entente, n'a obtenu qu'une part infime du butin au moment du repartage du monde. D'o&#249; l'acuit&#233; de la crise qui &#233;clata imm&#233;diatement apr&#232;s la guerre en Italie. La bourgeoisie ne pouvait plus imposer sa loi aux masses laborieuses lasses de la guerre, exasp&#233;r&#233;es par les souffrances et la mis&#232;re qui l'accompagnent. Dans diverses r&#233;gions le prol&#233;tariat se trouvait d&#233;j&#224; en &#233;tat d'insurrection. Des fractions consid&#233;rables de la classe paysanne commen&#231;aient &#224; se soulever contre les propri&#233;taires fonciers et contre l'Etat. Sur le terrain d'une action r&#233;volutionnaire commune, prol&#233;taires, paysans et soldats forgeaient des liens fraternels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise r&#233;volutionnaire en Italie atteignit son point culminant en automne 1920, par le d&#233;clenchement de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et l'occupation des usines par les ouvriers. En m&#234;me temps commen&#231;ait la lutte physique contre les hordes fascistes organis&#233;es par les &#233;l&#233;ments les plus actifs de la bourgeoisie sous l'impulsion et la direction de Mussolini. Cependant, l'absence d'un parti r&#233;volutionnaire d&#233;cida du sort de la classe ouvri&#232;re, consacra sa d&#233;faite et pr&#233;para le triomphe du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait cependant en Italie, pendant ces ann&#233;es critiques, un parti ouvrier consid&#233;rable par le nombre de ses membres et de ses sympathies dans la masse : le parti socialiste. Mais son action fut toujours influenc&#233;e par la politique tra&#238;tre des &#233;l&#233;ments r&#233;formistes et les h&#233;sitations mortelles des centristes qu'il continuait &#224; abriter dans son sein, malgr&#233; les scissions de 1912 et de 1914. Les r&#233;formistes opposaient &#224; la lutte de classes la collaboration des classes, &#224; la transformation violente du r&#233;gime capitaliste par la force arm&#233;e du prol&#233;tariat et de ses alli&#233;s, la r&#233;forme graduelle du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient en r&#233;alit&#233; les agents de la politique bourgeoise dans le mouvement ouvrier, qui en rejetant les m&#233;thodes r&#233;volutionnaires de lutte et la r&#233;volution, se soumettaient servilement &#224; la domination capitaliste. Leur politique, qui &#233;tait celle de tous les partis socialistes de la II&#232;me Internationale, avait comme base sociale l'aristocratie ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire la couche ouvri&#232;re qui b&#233;n&#233;ficie des meilleures conditions de r&#233;tribution, et qui est par dessus tout p&#233;n&#233;tr&#233;e d'un esprit de corporatisme &#233;troit, de petite bourgeoisie et de pr&#233;jug&#233;s capitalistes. C'est avec l'aide des r&#233;formistes qui ont divis&#233; et affaibli le parti socialiste et les syndicats ouvriers en Italie, que la bourgeoisie italienne consolida ses positions et passa ensuite &#224; l'offensive, r&#233;primant le mouvement ouvrier et instaurant le r&#233;gime fasciste, la pire forme de la r&#233;action capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;par le fer et par le feu&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en s'effor&#231;ant de pr&#233;senter les &#233;v&#233;nements d'Italie comme un mouvement en faveur des alli&#233;s &#034;lib&#233;rateurs&#034;, les imp&#233;rialistes de Londres et de Washington ont d&#233;cid&#233; de d&#233;clencher une action sanglante &#034;par le fer et par le feu&#034; contre le peuple italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but des alli&#233;s est d'obtenir que l'Etat italien de demain soit soumis &#224; leur influence, c'est-&#224;-dire qu'il soit un Etat collaborationniste comme ceux que Hitler a cr&#233;&#233;s dans l'Europe asservie. L'&#233;loignement de Mussolini &#224; la faveur de la situation int&#233;rieure explosive de l'Italie &#233;tait un premier pas dans cette voie, et maintenant il s'agit de parachever l'&#339;uvre commenc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bombardements terroristes d&#233;cid&#233;s par les alli&#233;s ont pour but de provoquer la panique et un exode de la population des grandes villes industrielles vers les campagnes semblable &#224; celui de juin 1940 en France qui troublerait, d&#233;sagr&#233;gerait, paralyserait l'Etat italien et am&#232;nerait la bourgeoisie &#224; la capitulation. Or, en m&#234;me temps cette action tend &#224; paralyser le mouvement des ouvriers italiens pour la paix et les libert&#233;s d&#233;mocratiques en semant les ruines, en dispersant la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les Anglo-Saxons jouent envers les masses italiennes le m&#234;me r&#244;le que l'imp&#233;rialisme allemand et la bourgeoisie italienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'apr&#232;s cela Churchill nous pr&#233;sente l'action alli&#233;e comme une lutte pour la libert&#233; et la d&#233;mocratie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/08/ldc16_080443.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/08/ldc16_080443.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES LECONS D'ITALIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Provisoirement, la br&#232;che ouverte dans la guerre imp&#233;rialiste par le mouvement r&#233;volutionnaire en Italie a &#233;t&#233; &#034;colmat&#233;e&#034; par les imp&#233;rialistes de Berlin et de Londres et Washington. A nouveau le fracas des bombes et le silence des &#034;informations&#034; officielles couvrent d'un voile &#233;pais la lutte des travailleurs de la p&#233;ninsule pour la paix, le pain et la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant combattu &#224; mort le r&#233;gime de Mussolini pour sortir de la guerre et de l'oppression politique, les masses italiennes se trouvent cependant plus que jamais politiquement encha&#238;n&#233;es et, impuissantes, livr&#233;es aux ravages d'une guerre impitoyable qui se d&#233;roule sur le sol italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; en Italie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courb&#233;s sous le r&#233;gime fasciste &#233;tabli par Mussolini pour sauver le capitalisme italien de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, les ouvriers italiens, qui n'ont pas oubli&#233; les traditions de lutte de 1919 (occupation et mise en marche des usines), attendaient le moment favorable pour la reconqu&#234;te de leurs droits &#233;l&#233;mentaires. Ce moment arriva le 25 juillet, avec la chute de Mussolini (voir n&#176; 16). La lutte des masses ouvri&#232;res et populaires prit un caract&#232;re d&#233;cisif et liquida le r&#233;gime fasciste. En attaquant les locaux fascistes (permanences, journaux, etc...), en ouvrant les portes des prisons, en ressuscitant l'activit&#233; politique libre, en reconstruisant leurs organisations de classe (syndicats, &#233;lection de conseils ouvriers), les ouvriers italiens prenaient leur sort entre leurs propres mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rien ne pouvait &#234;tre d&#233;finitivement conquis par les masses laborieuses tant que l'Italie continuait &#224; participer au conflit imp&#233;rialiste. La liquidation du r&#233;gime pourri n'&#233;tait que la premi&#232;re &#233;tape vers la solution du probl&#232;me fondamental de la PAIX, sans laquelle il ne peut y avoir pour aucun peuple de pain et de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette paix, que d&#233;siraient ardemment les travailleurs et les soldats italiens, ne pouvait leur &#234;tre accord&#233;e ni par l'imp&#233;rialisme allemand, ni par l'imp&#233;rialisme anglais et am&#233;ricain, ni par la bourgeoisie italienne. Les deux groupes imp&#233;rialistes, dans leur lutte, &#233;crasent sans se soucier les peuples plus faibles ; la bourgeoisie italienne ne balan&#231;ait pas un instant entre ses int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes qui pouvaient &#234;tre sauv&#233;s tout au moins partiellement en se vendant au plus fort et le sort du peuple italien vou&#233; au massacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se soustraire &#224; la guerre imp&#233;rialiste les ouvriers et les soldats italiens ne pouvaient donc compter que sur la solidarit&#233; ouvri&#232;re et paysanne des soldats allemands, am&#233;ricains, anglais et des ouvriers du continent europ&#233;en. Pour r&#233;veiller cette solidarit&#233; de classe dans un monde d&#233;chir&#233; depuis quatre ans par un conflit imp&#233;rialiste qui a livr&#233; les exploit&#233;s de chaque pays &#224; leur propre bourgeoisie, il aurait fallu que ceux-ci entendent non pas les clameurs des &#233;l&#233;ments pro-imp&#233;rialistes qui occupaient le devant de la sc&#232;ne en Italie, mais la propre voix du prol&#233;tariat italien d&#233;fendant la cause des opprim&#233;s du monde entier. S'adressant directement par dessus la t&#234;te de leurs dirigeants capitalistes (le roi, Badoglio et les partis pro-alli&#233;s) aux soldats en guerre et aux ouvriers exploit&#233;s dans les usines, en d&#233;non&#231;ant la politique capitaliste de ceux-ci qui par leur diplomatie secr&#232;te s'appr&#234;taient &#224; vendre le peuple italien &#224; de nouveaux ma&#238;tres imp&#233;rialistes, en leur demandant &#224; eux une paix d&#233;mocratique, c'est-&#224;-dire une paix sans annexions ni clauses secr&#232;tes, et en r&#233;pudiant ouvertement l'exploitation d'autres peuples par le peuple italien, le prol&#233;tariat italien aurait pr&#233;par&#233; son propre avenir et celui de tous les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car m&#234;me si, pour des raisons g&#233;ographiques, la transformation de l'Italie en champ de bataille &#233;tait in&#233;vitable, ce langage prol&#233;tarien aurait tonn&#233; dans les oreilles des soldats et des ouvriers &#233;cras&#233;s sous le poids de la guerre, comme l'annonce de la soci&#233;t&#233; socialiste qui vient ; le concert de haines imp&#233;rialistes aurait &#233;t&#233; assourdi par le cri de solidarit&#233; prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il eut fallu pour cela que quelqu'un exprime les v&#233;ritables d&#233;sirs des masses laborieuses italiennes ; il eut fallu qu'&#224; l'heure o&#249; le fascisme a &#233;t&#233; vaincu se trouv&#226;t &#224; la t&#234;te des masses un parti totalement d&#233;vou&#233; aux masses travailleuses et qui, agissant au nom du prol&#233;tariat, incarn&#226;t cette volont&#233; socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un tel Parti n'existait pas en Italie. Les masses ont-elles &#224; peine fait irruption dans l'ar&#232;ne politique, que les vieux partis pourris (socialistes, communistes, d&#233;mocrates seulement de nom), pr&#233;tendant agir au nom des masses italiennes, se sont mis &#224; travailler pour un renversement d'alliance, quoique sachant bien le prix que cela co&#251;terait au peuple italien. Tous ces partis sont pour &#034;Badoglio &#224; l'action&#034;, Badoglio, l'homme de confiance du capitalisme italien, l'assassin de l'Abyssinie, travaillant &#224; sauver, apr&#232;s l'&#233;croulement du fascisme, le roi et la bourgeoisie. Pour que la bourgeoisie puisse garder le droit d'exploiter des esclaves en Afrique, pour que le roi puisse continuer &#224; accrocher des d&#233;corations sur la poitrine des &#034;braves&#034; officiers, pour que les officiers italiens puissent toucher des soldes &#233;lev&#233;es et porter de beaux uniformes, le peuple italien devait &#234;tre jet&#233; par Badoglio dans les pires souffrances. Des centaines de milliers de prisonniers en Allemagne, la d&#233;vastation de la p&#233;ninsule, voil&#224; l'&#339;uvre des imp&#233;rialistes et de leurs serviteurs conscients ou inconscients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe dans le Sud de l'Europe depuis le 25 juillet c'est l'image des &#233;v&#233;nements qui demain d&#233;ferleront sur tout le continent. En comprendre la signification et les le&#231;ons, c'est une question de vie ou de mort pour les masses exploit&#233;es du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit &#234;tre maintenant clair pour tous les ouvriers que la lutte des masses, &#224; la premi&#232;re occasion favorable, pour la conqu&#234;te de la paix, du pain et de la libert&#233;, se heurtera non seulement &#224; la r&#233;sistance de l'imp&#233;rialisme allemand, mais &#233;galement &#224; l'imp&#233;rialisme alli&#233; et &#224; la bourgeoisie des diff&#233;rents pays en d&#233;pendant. Leur complicit&#233; a pour but d'emp&#234;cher tout mouvement de masses autonome, ayant ses propres buts ; les imp&#233;rialistes feront tout leur possible pour que leur guerre de brigandage ne se termine pas, comme en Russie en Octobre 17, par la victoire ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour combattre avec succ&#232;s les plans imp&#233;rialistes, la classe ouvri&#232;re doit comprendre &#224; temps les grands dangers auxquels elle s'expose en se laissant passivement man&#339;uvrer par la diplomatie secr&#232;te de la bourgeoisie et en faisant la moindre confiance aux imp&#233;rialistes alli&#233;s, parmi lesquels figurent, les derniers mais non pas les pires, le roi d'Italie et Badoglio complices de Mussolini pendant 21 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de le&#231;ons sanglantes doit-on encore recevoir pour comprendre que la lutte que m&#232;nent les puissances imp&#233;rialistes &#233;crase tous les peuples, y compris les peuples qui les soutiennent ? Les prol&#233;taires ont-ils oubli&#233; la longue exp&#233;rience sanglante que la bourgeoisie a inflig&#233; aux ouvriers dans tous les pays (en particulier l'&#339;uvre du &#034;d&#233;mocrate&#034; Daladier de 1939-1940) ? Les morts, les martyrs, les emprisonn&#233;s, victimes du capitalisme fran&#231;ais anglais, am&#233;ricain sont-ils d&#233;j&#224; oubli&#233;s ? Les crimes de l'imp&#233;rialisme allemand peuvent-ils &#234;tre punis par des criminels du m&#234;me genre ? Seule la classe ouvri&#232;re peut lever l'&#233;tendard de la justice sur le monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est pass&#233; en Italie prouve une fois de plus que la classe ouvri&#232;re, les masses laborieuses sont vou&#233;es aux d&#233;faites sans l'existence d'un parti r&#233;volutionnaire. Mais la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise a elle aussi son propre exemple, ses propres luttes men&#233;es depuis 1934 sous tous les gouvernements &#8211; de droite ou de gauche &#8211; pour la conqu&#234;te du droit &#224; la vie. Si cette lutte n'a pas men&#233; &#224; la victoire, qui faut-il accuser sinon le fait que la lutte opini&#226;tre des masses n'a pas trouv&#233; un guide s&#251;r contre la bourgeoisie ? Quel prol&#233;taire fran&#231;ais ne voit pas clairement que le parti dit communiste s'est servi de la lutte ouvri&#232;re pour appuyer la diplomatie sovi&#233;tique au lieu de servir la classe ouvri&#232;re contre la bourgeoisie fran&#231;aise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un parti r&#233;volutionnaire aux masses pour sortir de la guerre, pour renverser le capitalisme qui l'engendre, pour cr&#233;er une soci&#233;t&#233; meilleure. Ce parti est cr&#233;&#233; par les meilleurs &#233;l&#233;ments de la soci&#233;t&#233; qui n'acceptent pas l'ordre bourgeois, qui ont compris les lois historiques et politiques, qui veulent construire une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur l'&#233;conomie planifi&#233;e dont l'URSS a prouv&#233; l'efficacit&#233;. Mais ce parti ne peut acqu&#233;rir une v&#233;ritable base r&#233;volutionnaire sans l'activit&#233; consciente des meilleurs &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens. A ceux-ci de rechercher l'activit&#233; politique, de s'organiser, de montrer au monde que la classe ouvri&#232;re accomplira son destin historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bas les imp&#233;rialismes allemand et alli&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bas la diplomatie secr&#232;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/10/ldc18_101043.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/10/ldc18_101043.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1944, en Italie, malgr&#233; la situation terrible o&#249; se trouvent les masses travailleuses par suite de l'occupation imp&#233;rialiste allemande et anglo-am&#233;ricaine, le mouvement des travailleurs de la p&#233;ninsule continue. A Naples des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; en guise de protestation contre les discours imp&#233;rialistes de Churchill vis-&#224;-vis de l'Italie ; en Italie du Nord (Milan) les travailleurs ont d&#233;clench&#233; des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales malgr&#233; les troupes de r&#233;pression allemandes. L'&#233;tat d'esprit des ouvriers est tel que Mussolini s'est vu oblig&#233; de sortir un projet de &#034;socialisation de l'industrie&#034; (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/03/ldc26_031644.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/03/ldc26_031644.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Italie 1943 : quand les Alli&#233;s &#233;crasaient la r&#233;volution sous pr&#233;texte d'&#233;craser le fascisme mussolinien avec lequel ils avaient tent&#233; de pactiser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Italie, &#224; l'automne 1942, commence le mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile contre le r&#233;gime de Mussolini. La population commence r&#233;ellement &#224; s'organiser pour lutter contre le r&#233;gime. Une r&#233;volution peut m&#234;me sortir de l&#224;. On assiste &#224; une radicalisation politique qui se traduit surtout par une mont&#233;e consid&#233;rable des effectifs militants du parti communiste. En effet, en f&#233;vrier 43, c'est &#224; un bombardement massif des civils qu'on assiste dans les grandes villes d'Italie et tout particuli&#232;rement violent sur Milan, Turin et G&#232;nes. Il ne s'agit pas d'objectifs militaires mais au contraire la cible est vraiment les civils qu'il s'agit de terroriser. La suite va bien montrer que le v&#233;ritable souci des alli&#233;s est que la chute du r&#233;gime fasciste n'entra&#238;ne des troubles sociaux. Tout leur effort va &#234;tre de maintenir un Etat stable au cours de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ne cesse de monter jusqu'au d&#233;but 1943. En mars 1943, en plein r&#233;gime fasciste, la classe ouvri&#232;re entre en lutte. 300 000 ouvriers font gr&#232;ve dans toute l'Italie. Partie de l'usine Fiat de Turin, la gr&#232;ve gagne Milan, G&#234;nes et le sud de l'Italie. En vain, le r&#233;gime tente d'impressionner la classe ouvri&#232;re en faisant patrouiller ses chars dans les rues de Turin et en mobilisant la milice fasciste. C'est un rappel non seulement pour les classes dirigeantes italiennes mais mondiales du r&#244;le mena&#231;ant de la classe ouvri&#232;re. En Italie, on va assister &#224; la premi&#232;re op&#233;ration d'escamotage de la r&#233;volution, op&#233;ration conjointe des classes dirigeantes italiennes pro-fascistes et de celles des alli&#233;s anglo-am&#233;ricano-russes. Le 19 juillet 1943, Rome est bombard&#233;e pour la premi&#232;re fois par l'aviation alli&#233;e et ce sont les quartiers ouvriers qui sont les principales cibles ! Il faut d'abord faire peur aux travailleurs : le bombardement de Rome n'est que le premier d'une longue s&#233;rie. Et puis, il va s'agir &#224; la fois de trouver une solution pour se d&#233;barrasser en douceur de Mussolini de peur que les ouvriers se d&#233;barrassent du fascisme par la r&#233;volution. Le 24 juillet, le Grand Conseil Fasciste vote la destitution de Mussolini, le fait arr&#234;ter. Le roi annonce qu'il le remplace par le mar&#233;chal Badoglio. C'est une simple r&#233;volution de palais. Les hommes au pouvoir restent les m&#234;mes, y compris le grand conseil fasciste. Aucun membre du parti fasciste n'est inqui&#233;t&#233;. Par contre une centaine d'antifascistes est assassin&#233;e pour bien montrer que l'ordre sera maintenu. Les alli&#233;s sont dispos&#233;s &#224; m&#233;nager une transition en douceur et d'accepter cette substitution, mais la population travailleuse d'Italie ne l'entend pas de cette oreille. Le 25 juillet au soir, d&#232;s l'annonce de l'arrestation de Mussolini, la foule d&#233;ferle dans les rues de Rome, les cercles fascistes sont assaillis, les embl&#232;mes fascistes bris&#233;s, les portraits de Mussolini br&#251;l&#233;s, les appartements des fascistes connus saccag&#233;s. A Turin, des milliers d'ouvriers assi&#232;gent les prisons, d&#233;foncent les portes, lib&#232;rent les d&#233;tenus politiques. Partout dans le pays, le 26 juillet prend une allure d'insurrection populaire. La panique se fait jour dans les milieux dirigeants. Une circulaire est envoy&#233;e &#224; toutes les unit&#233;s de l'arm&#233;e pour l'inciter &#224; assumer la d&#233;fense de &#171; l'ordre public &#187;. Elle explique que &#171; tout mouvement doit &#234;tre impitoyablement bris&#233; dans l'oeuf &#187;, qu'il faut proc&#233;der avec ceux &#171; qui troublent l'ordre public comme avec des troupes ennemies &#187;, &#171; en ouvrant le feu sans pr&#233;avis &#187;. &#171; Que l'on ne tire jamais en l'air mais pour toucher au but, comme au combat ! &#187; En somme, pour la bourgeoisie italienne, l'ennemi principal n'est pas les alli&#233;s anglo-fran&#231;ais, qui ont pourtant d&#233;barqu&#233; depuis le 10 juillet en Sicile, ni l'Allemagne qui voit d'un mauvais oeil ces changements, mais la classe ouvri&#232;re italienne. Et inversement, pour les Alli&#233;s, la bourgeoisie fasciste est capable de signer un accord, mais avec le peuple travailleur il n'y aucune entente possible. Il faut bombarder les travailleurs pour s'assurer qu'ils n'auront pas envie de se r&#233;volter ! Dans les jours qui suivent, les affrontements entre la foule et l'arm&#233;e se multiplient. Les 17, 18 et 19 ao&#251;t, dans les grandes usines de Bologne, Milan, Turin, c'est &#224; nouveau la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour exiger la fin de la guerre, la lib&#233;ration des prisonniers politiques, la reconnaissance de ce qui tient lieu d'organisations ouvri&#232;res non li&#233;es au pouvoir : les &#171; commissions internes &#187; ouvri&#232;res. A Turin, l'arm&#233;e tire et fait un mort parmi les ouvriers de Fiat. Mais cela ne fait que provoquer une nouvelle extension de la gr&#232;ve. Les chasseurs alpins refusent d'ob&#233;ir au g&#233;n&#233;ral Rossi qui leur commande, &#224; nouveau, de tirer sur les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves et &#233;meutes ouvri&#232;res qui ont lieu alors en Italie font &#233;crire au militant r&#233;volutionnaire Barta, dans un rapport d&#233;but ao&#251;t 1943 : &#171; Les &#233;v&#233;nements qui ont lieu en Italie ne sont pas la r&#233;volution prol&#233;tarienne, mais c'est le d&#233;but de la r&#233;volution. (...) L'Europe n'est qu'un d&#233;p&#244;t de poudre o&#249; il suffit d'une &#233;tincelle r&#233;volutionnaire sur n'importe quel point du continent pour que la r&#233;volution s'&#233;tende aux endroits les plus favorables &#224; cette lutte &#187;. &#171; Nous entrons dans une p&#233;riode au cours de laquelle la bourgeoisie tentera par tous les moyens bombardements, paniques, ch&#244;mage, famine, de disperser &#224; nouveau la classe ouvri&#232;re et de la d&#233;moraliser compl&#232;tement afin de pouvoir liquider la guerre sans danger r&#233;volutionnaire. &#187; C'est en effet le moment o&#249; la population risque de faire la r&#233;volution pour renverser le fascisme que les anglo-am&#233;ricains choisissent non pour attaquer militairement le r&#233;gime mais pour bombarder massivement et m&#233;thodiquement la population civile, inaugurant l&#224; une m&#233;thode qui va &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;e ensuite &#224; tous les pays vaincus (France, Allemagne, Japon), comme l'avait si bien devin&#233; Barta &#224; l'&#233;poque dans le num&#233;ro de Lutte de classes d'octobre 1943 intitul&#233; &#171; les ouvriers italiens nous montrent la voie &#187;. Dans de nombreuses villes, avaient eu lieu des insurrections ouvri&#232;res qui ne disposent d'aucune coordination politique ou militaire entre elles. Et surtout, elles n'ont aucun &#233;clairage sur la signification de la guerre du c&#244;t&#233; &#171; alli&#233; &#187;. Paul-Jean Fransceschini &#233;crit dans Le Monde : &#171; Durant tout le mois d'ao&#251;t, pour &#171; assouplir &#187; l'Italie, ses villes, grandes et petites, ont &#233;t&#233; furieusement bombard&#233;es. La population n'en peut plus. &#187; Les troupes alli&#233;es, en d&#233;pit des mensonges des partis de gauche, ne sont nullement un alli&#233; pour le prol&#233;tariat italien. A peine, les travailleurs s'emparent de Naples que les troupes alli&#233;es anglo-am&#233;ricaines l'occupent pour &#233;viter tout vide du pouvoir. La guerre des alli&#233;s laisse les troupes allemandes r&#233;tablir l'ordre social au nord pendant que les troupes alli&#233;es le r&#233;tablissent au sud de l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les forces de l'&#233;chiquier politique et militaire sont coalis&#233;es pour &#233;viter des troubles dans la classe ouvri&#232;re. Il y a un partage des t&#226;ches : les nazis r&#233;priment au nord, les alli&#233;s bombardent massivement la population et les partis de gauche d&#233;tournent la lutte de ses objectifs. Chacune tient sa partie et joue son r&#244;le pour endiguer la mont&#233;e ouvri&#232;re. Quand Mussolini d&#233;missionne, c'est en plein accord avec les alli&#233;s qu'il est remplac&#233; par Badoglio, fasciste de longue date. Les &#171; d&#233;mocrates italiens &#187; &#224; commencer par le parti communiste italien marchent dans la combine, non seulement de faire croire que les anglo-am&#233;ricains sont des lib&#233;rateurs, mais m&#234;me de tout faire pour &#233;viter l'explosion quitte &#224; faire passer Badoglio pour un d&#233;mocrate. Socialistes et communistes composent avec Badoglio et avec la royaut&#233;, alors que le r&#233;gime s'av&#232;re encore plus r&#233;actionnaire que celui de Mussolini. Jacques Noblecourt &#233;crit dans le Monde du 24 juillet 1983 : &#171; L'ordre social dont le fascisme &#233;tait un habit reste en place. Le cabinet de &#171; techniciens &#187; de Badoglio se compose &#224; peu pr&#232;s que d'anciens dignitaires du r&#233;gime. Les hauts fonctionnaires ne bougent pas. Le souverain proclame d'ailleurs : &#171; Acune d&#233;viation ne doit &#234;tre tol&#233;r&#233;e, aucune r&#233;crimination ne peut &#234;tre permise. &#187; Et, en quanarnte-cinq jours, l' &#171; ordre &#187;, incarn&#233; et maintenu par Badoglio, fait plus de cent morts antifascistes, bien plus proprtionnellement que n'en a fait le fascisme en vingt ans. &#187; Le 8 juin, le Comit&#233; de lib&#233;ration nationale, sous l'&#233;gide de Badoglio et du roi puis de son fils, constitue un gouvernement dont le chef est le conservateur Ivanoe Bonomi et comprend Croce, Gasperi, Saragat et Togliatti. Il accepte de ne pas proclamer la r&#233;publique. De retour en Italie le 27 mars, le dirigeant stalinien Palmiro Togliatti, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du parti communiste italien, aux ordres de Staline, affirmait son soutien total &#224; la monarchie et au cabinet Badoglio, contre les illusions de ses partisans du Nord. Les dirigeants du soi-disant antifascisme li&#233;s au Parti communiste acceptent ce nouveau pouvoir pour &#233;viter tout heurt. En fait, la manoeuvre op&#233;r&#233;e par le roi et le mar&#233;chal Badoglio se solde par un &#233;chec. Elle ne r&#233;ussit pas &#224; stopper l'extension des mouvements populaires. La r&#233;pression qui se solde par 93 morts, 536 bless&#233;s et 35 000 arrestations en un mois et demi, ne fait qu'acc&#233;l&#233;rer la chute du r&#233;gime. Le 8 septembre, Badoglio en annon&#231;ant qu'il demande l'armistice aux anglo-am&#233;ricains reconna&#238;t sa propre fin, les troupes allemandes prenant le contr&#244;le et Badoglio s'enfuyant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les g&#233;n&#233;raux italiens se rendent aux troupes allemandes mais la population n'accepte pas de laisser faire. Dans tout le nord de l'Italie et jusqu'&#224; Rome et Naples, des &#233;l&#233;ments isol&#233;s de l'arm&#233;e et une partie de la population tentent, sans ordre, sans coordination et souvent presque sans arme, s'insurgent contre l'occupation allemande. Dans plusieurs villes, on assiste &#224; de v&#233;ritables tentatives d'insurrection, qui r&#233;sistent souvent plusieurs jours aux contre-attaques allemandes. Au Nord, les allemands ram&#232;nent au pouvoir Mussolini. Mais la population, et notamment la classe ouvri&#232;re, ne se tient pas pour battue. En novembre 1943, dans Turin occup&#233;e par les troupes allemandes, 40 000 ouvriers se mettent en gr&#232;ve, &#224; l'initiative encore une fois des ouvriers de Fiat. En d&#233;cembre le mouvement gagne Milan, o&#249; toutes les usines s'arr&#234;tent durant trois jours, puis G&#234;nes et la Ligurie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1944, une nouvelle vague de gr&#232;ves &#233;clate qui s'&#233;tend &#224; toute l'Italie du Nord jusqu'&#224; la Toscane. On compte jusqu'&#224; 1 200 000 gr&#233;vistes. Dans cette Italie du Nord, o&#249; en plus de mouvements mena&#231;ants de la classe ouvri&#232;re on compte 200 000 partisans dans les montagnes, les alli&#233;s anglo-am&#233;ricains qui occupent le sud voient une r&#233;volution mena&#231;ante. Ils ont r&#233;cup&#233;r&#233; le roi et Badoglio et c'est le parti communiste italien, avec &#224; sa t&#234;te Togliatti &#224; peine revenu d'URSS en mars 1944, qui va se charger de faire accepter l'autorit&#233; du roi et un gouvernement dont le fasciste Badoglio est pr&#233;sident et Togliatti vice-pr&#233;sident ! Socialistes et d&#233;mocrates bourgeois reconnaissent ce gouvernement fascisto-stalinien ! C'est seulement &#224; la condition que la r&#233;sistance s'engage &#224; remettre tout le pouvoir au commandement militaire alli&#233; que ceux-ci vont laisser la r&#233;sistance arr&#234;ter et fusiller Mussolini le 25 avril 1945. C'est une insurrection de toute l'Italie du nord qui r&#233;alise &#224; battre le fascisme en Italie, et pas les troupes alli&#233;es. Mais c'est seulement six mois plus tard, fin 1945, une fois bien s&#251;rs que tout risque r&#233;volutionnaire &#233;tait &#233;teint par la politique du PCI que les Alli&#233;s remettent le pouvoir aux autorit&#233;s italiennes, dont bon nombre n'&#233;taient autres que ceux de l'appareil de Mussolini ! Les forces militaires alli&#233;es ne quitteront le pays qu'en 1947. Tant l'alerte du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire avait &#233;t&#233; chaude pour la bourgeoisie !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Maurice Thorez en 1945-1947 : un dirigeant &#171; ouvrier &#187; au service de la bourgeoisie</title>
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		<dc:date>2026-05-05T22:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

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&lt;p&gt;Maurice Thorez en 1945-1947 : un dirigeant &#171; ouvrier &#187; au service de la bourgeoisie &lt;br class='autobr' /&gt;
REPONSE, EN SEPTEMBRE 1945, DE LA &#171; LUTTE DE CLASSES &#187; (BARTA) AU &#171; PRODUIRE D'ABORD, REVENDIQUER ENSUITE &#187; du MINISTRE ET DIRIGEANT DU PCF MAURICE THOREZ : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; M&#234;me si l'ouvrier courbe enti&#232;rement l'&#233;chine, l'&#233;conomie capitaliste ne peut m&#234;me plus revenir &#224; son niveau d'avant-guerre. Sur le revenu national p&#232;sent, outre les b&#233;n&#233;fices capitalistes, les d&#233;penses parasitaires de l'Etat, pour l'arm&#233;e, pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique147" rel="directory"&gt;000- Le stalinisme ou la r&#233;volution trahie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Maurice Thorez en 1945-1947 : un dirigeant &#171; ouvrier &#187; au service de la bourgeoisie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;REPONSE, EN SEPTEMBRE 1945, DE LA &#171; LUTTE DE CLASSES &#187; (BARTA) AU&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; PRODUIRE D'ABORD, REVENDIQUER ENSUITE &#187; du MINISTRE ET DIRIGEANT DU PCF MAURICE THOREZ :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; M&#234;me si l'ouvrier courbe enti&#232;rement l'&#233;chine, l'&#233;conomie capitaliste ne peut m&#234;me plus revenir &#224; son niveau d'avant-guerre. Sur le revenu national p&#232;sent, outre les b&#233;n&#233;fices capitalistes, les d&#233;penses parasitaires de l'Etat, pour l'arm&#233;e, pour l'immense bureaucratie de deux millions de fonctionnaires, pour la police, officielle et secr&#232;te, pour les groupements paramilitaires, etc. Mais la population, elle, vit et continuera &#224; vivre mis&#233;rablement (comme en Allemagne ou en Italie apr&#232;s l'autre guerre). En fin de compte la &#171; r&#233;animation &#187; de l'industrie ne ferait que d&#233;clencher au bout de peu de temps tous les anciens maux que les ouvriers connaissent : la crise dite de &#171; surproduction &#187; (l'impuissance des producteurs d'acheter ce qu'ils ont produit), par suite le ch&#244;mage, la paup&#233;risation, la ruine des &#171; classes moyennes &#187;, et pour finir de nouvelles guerres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA BATAILLE DE LA PRODUCTION... CONTRE LES OUVRIERS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le marasme de l'&#233;conomie toutes les voix &#034;autoris&#233;es&#034; ne d&#233;couvrent qu'un seul rem&#232;de pour en sortir : l'intensification de l'effort de production de la part des ouvriers et des paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est l'attitude des dirigeants ouvriers dans cette question d&#233;cisive ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis un certain temps, le P.C.F. m&#232;ne une campagne acharn&#233;e devant le public ouvrier avec le th&#232;me suivant : &#034;le seul devoir des ouvriers, c'est de produire&#034;. Le 22 juillet &#224; Waziers, Thorez a reproch&#233; aux mineurs leurs &#034;efforts insuffisants&#034;, il s'est &#233;lev&#233; contre la &#034;crise de moralit&#233;&#034;, contre la &#034;paresse&#034; et la &#034;ti&#233;deur&#034;. Le 14 ao&#251;t, il rappelait &#224; l'intention des ouvriers et des paysans que &#034;tout citoyen oisif est un fripon&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On avait l'habitude d'entendre ces paroles de la part des cur&#233;s et des contrema&#238;tres, mais non de la part des chefs ouvriers. Mais Thorez les justifie en disant aux ouvriers qu'en travaillant avec acharnement ils gagneront la bataille de la production &#034;contre les trusts&#034;, et permettront au pays de vivre et de se relever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trusts, explique, par ailleurs, Thorez, par leurs b&#233;n&#233;fices exag&#233;r&#233;s, leurs plans anti-populaires, l'administration r&#233;actionnaire qu'ils contr&#244;lent, et par leur sabotage, emp&#234;chent le rel&#232;vement de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment peut-il donc arriver &#224; cette conclusion inattendue que le travail acharn&#233; des ouvriers dans une &#233;conomie enti&#232;rement domin&#233;e par les trusts (ce que L'Humanit&#233; illustre tous les jours), puisse vaincre cet obstacle ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les marchandises produites par le labeur acharn&#233; des ouvriers sont la propri&#233;t&#233; des capitalistes, qui en disposent &#224; leur gr&#233;. Thorez pourrait-il citer un seul exemple d'un kilo de marchandises &#233;chappant au contr&#244;le des capitalistes fran&#231;ais et internationaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie d&#233;pend avant tout de la direction qu'on lui donne. En r&#233;gime capitaliste, les ouvriers, quoique producteurs, ne connaissent ni le plan de la production, ni la destination des marchandises, ni les sources de mati&#232;res premi&#232;res. Tout d&#233;pend du capitaliste poss&#233;dant qui r&#232;gle la production en fonction de son profit personnel. De ce fait les efforts des diff&#233;rentes branches de production et de chaque capitaliste en particulier ne tiennent aucun compte des besoins g&#233;n&#233;raux et ne se r&#232;glent pas en fonction de ceux-ci. C'est la concurrence entre capitalistes qui est le &#034;r&#233;gulateur&#034; de la production qui, de ce fait, aboutit &#224; l'anarchie, &#224; la limitation et m&#234;me &#224; la destruction directe des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rivalit&#233; capitaliste aboutit &#224; la supr&#233;matie de groupes de capitalistes sur d'autres ; &#224; l'heure actuelle toute l'&#233;conomie capitaliste est sous la coupe des banquiers de New-York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie capitaliste fran&#231;aise, apr&#232;s s'&#234;tre &#034;nourrie&#034; jusqu'&#224; maintenant des commandes de guerre, n'a pas, pour d&#233;marrer sur de nouvelles bases, un plan de production et de reconstruction destin&#233; &#224; relever rapidement le niveau de vie des masses. Le seul facteur qui entre en ligne de compte c'est la marge des profits, ce qui fait qu'avant m&#234;me d'avoir reconstruit l'&#233;conomie ruin&#233;e, les grands monopoles industriels cherchent &#224; se m&#233;nager par l'exportation, face aux concurrents, leurs positions internationales (colonies, march&#233;s &#233;trangers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me cas se pr&#233;sente par exemple pour l'Angleterre, o&#249; la situation &#233;conomique n'est pas la m&#234;me qu'en France et o&#249; pourtant les chefs &#034;socialistes&#034; font les m&#234;mes appels au travail acharn&#233; des ouvriers (malgr&#233; l'existence d&#233;j&#224; d'un million de ch&#244;meurs), parce qu'une concurrence acharn&#233;e se pr&#233;pare entre monopoleurs internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour tenir t&#234;te &#224; la concurrence internationale, tout en conservant sa marge de profit, le capital fran&#231;ais doit compresser au maximum le salaire des ouvriers, leur enlevant ainsi leur pouvoir d'achat pour les biens qu'ils produiront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie capitaliste, apr&#232;s avoir ruin&#233; la soci&#233;t&#233;, se d&#233;bat dans des contradictions inextricables. Est-ce &#233;tonnant qu'on ne voie que la paga&#239;e et la stagnation ?&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si l'ouvrier courbe enti&#232;rement l'&#233;chine, l'&#233;conomie capitaliste ne peut m&#234;me plus revenir &#224; son niveau d'avant-guerre. Sur le revenu national p&#232;sent, outre les b&#233;n&#233;fices capitalistes, les d&#233;penses parasitaires de l'Etat, pour l'arm&#233;e, pour l'immense bureaucratie de 2 millions de fonctionnaires, pour la police, officielle et secr&#232;te, pour les groupements paramilitaires, etc. Mais la population, elle, vit et continuera &#224; vivre mis&#233;rablement (comme en Allemagne ou en Italie apr&#232;s l'autre guerre).&lt;br class='autobr' /&gt;
En fin de compte la &#034;r&#233;animation&#034; de l'industrie ne ferait que d&#233;clencher au bout de peu de temps tous les anciens maux que les ouvriers connaissent : la crise dite de &#034;surproduction&#034; (l'impuissance des producteurs d'acheter ce qu'ils ont produit), par suite le ch&#244;mage, la paup&#233;risation, la ruine des &#034;classes moyennes&#034;, et pour finir de nouvelles guerres !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans leur lutte pour comprimer le niveau de vie des masses, les capitalistes rencontrent forc&#233;ment la r&#233;sistance de la classe ouvri&#232;re, qui se traduit par des gr&#232;ves, comme au mois de mai dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivant au jour le jour et sans aucun souci de l'avenir du prol&#233;tariat, &#034;compr&#233;hensifs&#034; des n&#233;cessit&#233;s de l'&#233;conomie capitaliste, les bureaucrates syndicalistes et politiques de la classe ouvri&#232;re lui avaient lanc&#233; la formule : &#034;travailler d'abord, revendiquer ensuite&#034;, qui n'a cependant rencontr&#233; aucun succ&#232;s aupr&#232;s des ouvriers. C'est alors que les bureaucrates ouvriers ont cru trouver une formule plus astucieuse : &#034;travailler c'est gagner la bataille de la production contre les trusts&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais puisque pour les capitalistes, ma&#238;tres de la production, l'ouvrier n'est qu'une marchandise utilis&#233;e &#224; leur gr&#233;, puisque d'autre part la classe ouvri&#232;re &#233;tant la classe productrice essentielle (avec les paysans) est la seule qui puisse diriger l'&#233;conomie, conform&#233;ment &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral de toute la population, le r&#244;le des dirigeants ouvriers, s'ils ne sont pas des tra&#238;tres, ce n'est pas d'inciter les ouvriers au travail, mais de les appeler &#224; dresser avant tout un barrage contre l'anarchie et l'exploitation capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne peut pas renverser les capitalistes du jour au lendemain, diront les bureaucrates ouvriers, et en attendant il faut que la population vive, donc que les ouvriers travaillent sous la direction des capitalistes. Admettons-le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces pr&#233;tendus chefs se soucient-ils au moins de donner aux masses ouvri&#232;res la possibilit&#233; de dresser des obstacles &#224; l'anarchie des trusts et &#224; leur toute puissance ? Se soucient-ils de leur indiquer la voie vers le renversement des monopoleurs capitalistes ? Pas un mot l&#224;-dessus dans tous les discours de Thorez et autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Si la r&#233;action sabote, l'int&#233;r&#234;t de la classe ouvri&#232;re est de produire&#034;, dit Thorez. Mais si les capitalistes sont des saboteurs, et que seul le labeur des ouvriers fait vivre le pays, comment admettre que ceux-ci n'aient pas le droit de savoir o&#249; le poss&#233;dant achemine l'entreprise, pourquoi dans un endroit il r&#233;duit la production et chasse les ouvriers, pourquoi dans un autre il allonge la semaine de travail, comment il fixe les prix, etc. ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Thorez combat effectivement les trusts en m&#234;me temps qu'il demande aux ouvriers de nouveaux sacrifices, des semaines de travail de 50 et de 54 heures, pourquoi n'exige-t-il pas au nom de la classe ouvri&#232;re le droit au contr&#244;le ouvrier de la production, pourquoi ne l'organise-t-il pas pratiquement dans chaque usine ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment vaincre le sabotage ? Par le travail ou par le contr&#244;le ouvrier ? Sans le contr&#244;le sur les capitalistes, si les ouvriers travaillent 10 heures au lieu de 8, cela n'emp&#234;chera pas que leur travail soit sabot&#233;, ou que le patron ferme l'usine si son int&#233;r&#234;t le lui dicte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le ouvrier de la production, voil&#224; un premier obstacle r&#233;el au pillage capitaliste, au &#034;d&#233;sordre et &#224; la gabegie&#034; que d&#233;nonce L'Humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commencer par abolir le &#034;secret commercial&#034;, par contr&#244;ler la r&#233;partition de la main-d'oeuvre et le plan de production dans chaque entreprise (pourquoi on produit tel type plut&#244;t que tel autre, etc.), pour aboutir &#224; l'&#233;laboration d'un plan &#233;conomique national, en tenant compte des int&#233;r&#234;ts des travailleurs et non des exploiteurs, est-ce l&#224; une t&#226;che insurmontable pour la classe ouvri&#232;re qui a derri&#232;re elle tant d'ann&#233;es de lutte ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;masquer les manipulations financi&#232;res des banques, qui p&#232;sent sur toute la population, d&#233;terminer la part que pr&#233;l&#232;vent les capitalistes sur le revenu national, r&#233;v&#233;ler le gaspillage effroyable de travail humain, cons&#233;quence de l'anarchie capitaliste, et qui en imposant aux ouvriers des conditions de travail mis&#233;rables voue &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence l'&#233;l&#233;ment principal de la production, &#224; savoir la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me, ces t&#226;ches n'incombent-elles pas aux Comit&#233;s d'usine &#233;lus par tous les ouvriers, qui peuvent faire appel, en tant que conseillers, aux sp&#233;cialistes honn&#234;tes et d&#233;vou&#233;s au peuple (comptables, statisticiens, ing&#233;nieurs, savants, etc.) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ne soulevant devant les ouvriers aucun de ces probl&#232;mes, les bureaucrates ouvriers prouvent leur abandon. Ils oublient de dire qu'en r&#233;gime capitaliste les longues heures de travail signifient pour les ouvriers se mettre &#224; la merci des capitalistes, abandonner toute possibilit&#233; de participation &#224; la vie politique, de s'organiser, de s'instruire en vue de leur &#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aux ouvriers eux-m&#234;mes, en se d&#233;fendant pied &#224; pied et quotidiennement contre les attaques patronales, en maintenant leurs revendications, en renouvelant les responsables syndicaux d'usine et en les obligeant &#224; &#233;largir leurs fonctions et leur action, de ne pas se laisser &#233;craser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le r&#233;gime actuel &#8211; disait L&#233;nine &#8211; m&#234;me si les choses y suivent le cours le plus pacifique, impose in&#233;vitablement et toujours &#224; la classe ouvri&#232;re d'innombrables sacrifices. Des milliers et des dizaines de milliers d'hommes dont toute la vie est employ&#233;e &#224; cr&#233;er des richesses pour les autres, p&#233;rissent de faim et de privations perp&#233;tuelles, meurent pr&#233;matur&#233;ment de maladies caus&#233;es par des conditions impossibles de travail, par des logements mis&#233;rables et par le manque de repos. Et cent fois m&#233;rite le nom de h&#233;ros celui qui aime mieux mourir dans la lutte d&#233;clar&#233;e avec les d&#233;fenseurs et les gardiens de ce r&#233;gime ignoble, que s'&#233;teindre de la mort lente d'une rosse abrutie, &#233;puis&#233;e et servile.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez aux mineurs : produire, encore produire, toujours produire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1936, ce fut l'explosion dans les fosses contre le syst&#232;me Bedaux et le salaire individuel. Le &#171; Bedaux &#187; fut supprim&#233; par les conventions collectives de 1936. Celles-ci avaient &#233;galement introduit une clause dite de salaire minimum, auquel avait droit tout mineur. Apr&#232;s le Front populaire, les compagnies devaient amorcer progressivement un retour aux anciennes m&#233;thodes de rationalisation et sous l'occupation allemande le &#171; Bedaux &#187; fit sa r&#233;apparition. Ce fut une des causes de la gr&#232;ve de mai-juin 1941. L&#233;gitimement, les mineurs attendaient que le &#171; Bedaux &#187; et son corollaire, le salaire au rendement individuel, soient supprim&#233;s apr&#232;s la Lib&#233;ration. Dans le cahier de revendications des mineurs de Lens &#233;tabli le 21 septembre 1944, l'abolition du &#171; salaire aux pi&#232;ces &#187; figure en t&#234;te de la liste des dix-huit dol&#233;ances formul&#233;es, avant m&#234;me le ravitaillement et les augmentations de salaire (Libert&#233; 22 septembre 1944).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ception fut totale. Non seulement le salaire au rendement ne fut pas supprim&#233; mais il fut institutionnalis&#233; dans le statut du mineur en 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s janvier 1945, un syst&#232;me de primes au rendement est introduit : la CGT a beaucoup de mal &#224; justifier cette mesure. L. Delfosse explique dans La Tribune : &#171; La prime &#224; la tonne est aussi une iniquit&#233;, nous le savons, nous luttons contre cela. Mais malgr&#233; tout, il faut que le charbon sorte de nos puits pour finir la guerre &#187; (La Tribune 3 f&#233;vrier 1945). Apr&#232;s la guerre, les mineurs ne voient toujours rien venir : primes et salaires aux pi&#232;ces sont justifi&#233;s maintenant par &#171; la bataille de la production &#187;. Demander aux mineurs, au nom de la patrie et du rel&#232;vement national, de produire avec les m&#234;mes m&#233;thodes, quasiment les m&#234;mes chefs, &#233;tait une gageure que seules des organisations qui &#171; encadraient &#187; solidement les masses pouvaient r&#233;ussir. Quand le salaire individuel &#224; la t&#226;che est officiellement adopt&#233;, le PCF ne m&#233;nage pas sa propagande pour le faire accepter. En f&#233;vrier 1946, M. Thorez descend dans une fosse d'Auby (Nord) pour faire l'&#233;loge du retour aux anciennes m&#233;thodes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Puisqu'il faut du charbon, beaucoup de charbon, il faut appliquer &#224; l'extraction les proc&#233;d&#233;s scientifiques et m&#233;caniques. Il faut introduire certaines m&#233;thodes... il en est qui disent : mais vous n'avez pas toujours dit cela, vous &#233;tiez contre autrefois. Pardi, si nous &#233;tions contre : &#233;videmment. Mais maintenant qu'il s'agit de r&#233;aliser les proc&#233;d&#233;s avec le concours des mineurs eux-m&#234;mes, afin d'all&#233;ger leur peine et am&#233;liorer leur salaire, nous sommes pour. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, plus besoin d'&#234;tre complex&#233;, d'&#234;tre trait&#233; de &#171; maca &#187;. Thorez souffle la r&#233;ponse en cas d'insulte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut r&#233;solument r&#233;pondre &#224; ceux qui vous disent &#171; vous &#234;tes des &#8220;macas&#8221; &#187; : &#171; vous n'avez pas le sens du prol&#233;tariat. &#187; Un &#171; maca &#187; autrefois, c'&#233;tait en effet celui qui travaillait pour le compte d'un patron contre ses camarades. Est-ce la m&#234;me situation maintenant dans les Houill&#232;res ? Les Houill&#232;res, c'est &#224; vous mineurs, chers camarades. Il ne faut pas l'oublier, c'est au pays, c'est nous les Houill&#232;res. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res r&#233;voltes de mineurs contre des syst&#232;mes de paiement individuel remontaient au Second Empire : la revendication d'un salaire collectif et plus &#233;galitaire fut paradoxalement &#171; enterr&#233;e &#187; par la gauche au nom du productivisme sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent minimis&#233;es par l'histoire, les flamb&#233;es de gr&#232;ves de la premi&#232;re moiti&#233; de 1945 sont les t&#233;moins du d&#233;sarroi de la corporation. D&#233;clench&#233;es en dehors du syndicat, ces gr&#232;ves &#233;clatent le plus souvent spontan&#233;ment, sans qu'on puisse d&#233;celer de leader v&#233;ritable. D'autres t&#233;moignent de l'ascendant d'un d&#233;l&#233;gu&#233;-mineur, encore proche des aspirations issues de la R&#233;sistance, en opposition avec les mots d'ordre de la CGT. La CGT et le PCF y voient syst&#233;matiquement l'&#339;uvre des socialistes qui tentent de les d&#233;border sur leur gauche, tant&#244;t l'action sournoise d'anciens &#171; chartistes &#187; qui les d&#233;bordent sur la droite. &#171; Une gr&#232;ve d&#233;clench&#233;e en dehors du syndicat est toujours condamnable, mais quand elle compromet le salut de la patrie et le succ&#232;s d'une exp&#233;rience &#233;conomique et sociale, elle devient un crime &#187; (La Tribune 2 mars 1945).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1945, par exemple beaucoup de mineurs (plus de 50 %) refusent de travailler le premier dimanche de l'ann&#233;e pour compenser le Jour de l'An. L'inspecteur des Renseignements g&#233;n&#233;raux note dans son rapport :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il ne faut pas voir dans le grand nombre d'abstentions enregistr&#233;es un mouvement de gr&#232;ve qui aurait &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; par des &#233;l&#233;ments extr&#233;mistes et ayant pour but de faire aboutir des revendications, mais plut&#244;t une manifestation du d&#233;sir de la majorit&#233; des ouvriers de ne pas travailler le dimanche. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche 18 f&#233;vrier, c'est un d&#233;l&#233;gu&#233;-mineur de B&#233;thune qui incite ses camarades &#224; ne pas travailler : &#171; Comment, leur dit-il, vous n'avez pas de ravitaillement et vous travaillez le dimanche ; vous feriez mieux de rester chez vous &#187;. Le PCF riposte aussit&#244;t : &#171; Nous demandons que ce saboteur du travail et de la production soit chass&#233; de notre si&#232;ge et que des sanctions &#233;nergiques soient prises contre ce mauvais Fran&#231;ais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cadres syndicaux ont du mal &#224; convaincre les mineurs : du 18 au 23 avril une gr&#232;ve des ouvriers du fond &#233;clate &#224; Dourges (Pas-de-Calais). Ils demandent &#171; l'&#233;puration de cadres et de la ma&#238;trise ayant d&#233;ploy&#233; un r&#244;le favorable au gouvernement de Vichy et l'augmentation des prix de t&#226;che de certaines tailles &#187;. Dans un premier temps, les ouvriers d&#233;cident de continuer malgr&#233; l'intervention du d&#233;l&#233;gu&#233; CGT. Le 22 avril, Ren&#233; Six, un dirigeant de la CGT, vient r&#233;p&#233;ter aux mineurs &#171; que la gr&#232;ve avait assez dur&#233; et que chacun devait tout mettre en &#339;uvre pour la rel&#232;ve du pays &#187;. A ce moment &#171; la foule hostile &#224; la reprise du travail manifeste son m&#233;contentement par des cris. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre d&#233;l&#233;gu&#233; intervient, sans doute plus habilement, et dit &#171; qu'il est enti&#232;rement d'accord avec les revendications, mais que la guerre est l&#224; &#187;. Un nouveau vote a lieu et finalement une majorit&#233; se prononce pour la reprise du travail. Chaque semaine on enregistre un mouvement qui gagne parfois les fosses voisines : autant de coups de col&#232;re, vite enray&#233;s, mais qui finissent par inqui&#233;ter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin, la situation s'est nettement aggrav&#233;e &#224; la suite des mouvements qui ont r&#233;cemment affect&#233; tout le bassin minier. Si l'on tient compte des journ&#233;es perdues lors des f&#234;tes de la victoire, il en r&#233;sulte une diminution importante du tonnage de charbon extrait. Par ailleurs le rendement moyen par ouvrier continue &#224; baisser r&#233;guli&#232;rement (rapport du pr&#233;fet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'occasion de ces gr&#232;ves, des troubles manquent de d&#233;g&#233;n&#233;rer, comme &#224; Lourches ou &#224; Drocourt :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire a &#233;t&#233; &#233;vit&#233; de justesse, pour un oui, pour un non, des ordres de cesser le travail sont propag&#233;s &#224; l'insu des f&#233;d&#233;rations. Et les chefs syndicaux qui risqueraient de s'y opposer se trouveraient d&#233;bord&#233;s. Des entretiens personnels avec ces derniers me permettent de penser que cette crainte n'est pas vaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT laisse percer son impatience :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et maintenant il faudrait stopper. Partout des d&#233;l&#233;gu&#233;s viennent au si&#232;ge r&#233;clamer plus de savon. On s'en occupe mais de jeunes indisciplin&#233;s font gr&#232;ve pour cela &#224; Drocourt. Jeunes, r&#233;fl&#233;chissez ! &#187; (La Tribune 22 avril 1945).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction du PCF s'inqui&#232;te suffisamment de son c&#244;t&#233; pour envoyer des dirigeants sur le carreau de la mine. A. Lec&#339;ur t&#233;moigne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chaque fois &#233;videmment il ne fallait pas que nous soyons d&#233;bord&#233;s. Pendant le congr&#232;s du Parti qui s'est tenu &#224; Strasbourg, il y avait une gr&#232;ve. Il fallait que je m'en occupe pour faire reprendre le travail. Un jeudi matin, j'&#233;tais arriv&#233; au Bureau politique qui commen&#231;ait &#224; 9 heures. A 9 heures 30, on apporte un petit billet &#224; M. Thorez. Thorez me fait signe : il y avait une gr&#232;ve &#224; Calonne ou &#224; Li&#233;vin, je ne sais plus. Il me dit : vas-y tout de suite. J'ai quitt&#233; le Bureau politique. J'ai pris le train. Pourtant il y avait des militants sur place. Mais je faisais le &#171; pompier &#187;, toujours avec le brave Nestor Calonne parce qu'il avait une grande exp&#233;rience et qu'on avait confiance en lui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la m&#233;thode utilis&#233;e, elle semble invariable selon Lec&#339;ur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'allais directement sur le carreau de fosse et puis j'invitais les mineurs &#224; venir et &#224; discuter. Ils reprenaient, parce qu'&#224; la longue, c'&#233;taient les n&#244;tres qui restaient les derniers et quand je voyais qu'ils avaient la majorit&#233;, je faisais voter pour la reprise du travail. &#199;a se passait toujours comme &#231;a ! &#187; (interview de A. Lec&#339;ur, R. Pannequin, A. Pierrard, 1981).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette mont&#233;e en premi&#232;re ligne des chefs du parti, l'intervention la plus spectaculaire restera celle de Maurice Thorez &#224; Waziers le 21 juillet 1945. Thorez choisit cette petite cit&#233; mini&#232;re du Nord pr&#232;s de Douai parce que &#171; les troupes &#187; syndicales et ouvri&#232;res y sont plus disciplin&#233;es que dans le Pas-de-Calais, traditionnellement plus remuant. Officiellement Thorez vient pr&#233;senter devant les d&#233;l&#233;gu&#233;s des organisations communistes le compte rendu des travaux du Xe congr&#232;s du Parti. Mais l'histoire retiendra &#171; l'appel &#224; la production &#187; qui est au centre de son discours : &#171; Produire, faire du charbon, c'est la forme la plus &#233;lev&#233;e de votre devoir de classe, de votre devoir de Fran&#231;ais. &#187; Parmi les diff&#233;rentes causes de l'insuffisance de la production, Thorez s'&#233;tend longuement sur ce qu'il appelle &#171; l'effort insuffisant des mineurs eux-m&#234;mes &#187;. Et le &#171; guide clairvoyant et ferme du Parti communiste et du peuple fran&#231;ais &#187; de fustiger les gr&#232;ves et l'absent&#233;isme mis au compte de l'&#233;go&#239;sme, de la paresse et d'un patriotisme insuffisamment chevill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/editionsmsh/2283?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/editionsmsh/2283?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits du discours de Maurice Thorez &#224; Waziers, aux mineurs de charbon, le 21 juillet 1945 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est en 1934, que nous avons propos&#233;, lanc&#233; et fait triompher l'id&#233;e du Front populaire pour la libert&#233;. (&#8230;) Nous avons propos&#233; le Front fran&#231;ais, l'union de tous les Fran&#231;ais. (&#8230;) Les deux cent familles, les trusts (&#8230;) se mirent &#224; saboter l'&#233;conomie nationale, &#224; provoquer les gr&#232;ves comme le rappelait tout &#224; l'heure Martel. C'est vrai que nous seuls, les communistes, avons eu assez d'autorit&#233; pour pouvoir, en juin 1936, mettre en terme aux gr&#232;ves, que nous seuls pouvions avoir assez d'autorit&#233; pour dire, il y a cinq mois : il faut en finir avec jeux de guerre civile (&#8230;) La v&#233;rit&#233; sur 1939 : vous vous souvenez encore de ces journaux, chers camarades : la trahison de Staline, la trahison russe, la trahison des communistes ? (&#8230;) En v&#233;rit&#233;, c'est un traquenard que l'on tendait &#224; l'Union sovi&#233;tique. On pr&#233;tendait engager la guerre, une guerre o&#249; la Pologne devait s'effondrer rapidement, comme ce fut le cas, et ainsi les arm&#233;es hitl&#233;riennes pourraient d&#233;ferler rapidement &#224; travers toute l'Union sovi&#233;tique. L'Arm&#233;e rouge avait &#233;t&#233; mise dans l'impossibilit&#233; de pr&#233;parer sa mobilisation, l'Arm&#233;e rouge &#233;tait dans l'impossibilit&#233; de faire face &#224; l'agression. (&#8230;) De Londres, le g&#233;n&#233;ral De Gaulle lan&#231;ait son appel, organisait les &#171; Forces fran&#231;aises libres &#187;. Nous menions la bataille de la R&#233;sistance &#224; l'int&#233;rieur de notre pays (&#8230;) Aujourd'hui, chers camarades, de graves p&#233;rils nous menacent dans le domaine de la production. On ne le sait pas assez. (&#8230;) Le probl&#232;me d&#233;cisif de l'heure, c'est le probl&#232;me de la production. Vous le savez d&#233;j&#224;, chers camarades, c'est ce qui m'a amen&#233; &#224; Waziers, c'est pourquoi le Bureau politique m'a envoy&#233; vous parler, &#224; vous, les mineurs. J'aborde ici une partie importante de mon rapport, la question du charbon. (&#8230;) Je voudrais &#233;tablir un fait pour montrer l'effort des mineurs. En janvier, la production brute s'&#233;tait &#233;lev&#233;e &#224; 2.700.000 tonnes contre, en 1936, une producion mensuelle de 3.400.000 tonnes, c'est-&#224;-dire 80% de la production. (&#8230;) Il est vrai qu'il s'est produit un fl&#233;chissement &#224; partir d'avril, fl&#233;chissement dans la production et fl&#233;chissement dans le rendement. Il y a diverses causes &#224; cela : ravitaillement d&#233;fectueux, manque de v&#234;tements, et en raison d'un m&#233;contentement plus ou moins justifi&#233; contre l'insuffisance de l'&#233;puration. Il y a aussi des gr&#232;ves, tr&#232;s peu justifi&#233;es. (&#8230;) Tout cela entra&#238;ne, dans un m&#233;tier comme le m&#233;tier de mineur, une certaine d&#233;sorganisation. (&#8230;) Il faut donner aux ouvriers mineurs de fond un certain salaire (&#8230;) Le prix &#224; la t&#226;che. On a accord&#233; la possibilit&#233; d'une majoration qui peut aller jusqu'&#224; 60% (&#8230;) L'essentiel est d'obtenir du charbon et, pour obtenir du charbon, il faut payer les sommes fix&#233;es. (&#8230;) Il faut ici, chers camarades, saluer le sacrifice de vos camarades de la m&#233;tallurgie qui viennent de renoncer &#224; leurs vacances pay&#233;es pour vous fabriquer des marteaux-piqueurs. Ce sont les m&#234;mes camarades qui, l'hiver dernier, aux Forges et Ateliers de Meudon, manquant de courant &#233;lectrique dans le jour, avaient demand&#233; et obtenu de leur direction, de travailler la nuit par un froid rigoureux sans suppl&#233;ment de salaire pour pouvoir produire pour vous. (&#8230;) A propos de la coupe &#224; terre, pourquoi ne pas g&#233;n&#233;raliser les 3X8 : deux postes au charbon, le troisi&#232;me au remblai ? (&#8230;) Nous savons que les avis des ouvriers peuvent bien souvent influencer d'une fa&#231;on tr&#232;s favorable les d&#233;cisions des ing&#233;nieurs. Je pense qu'en d&#233;finitive la d&#233;cision reste &#224; l'ing&#233;nieur et qu'une d&#233;cision doit &#234;tre appliqu&#233;e sur l'ordre de l'ing&#233;nieur et qu'une d&#233;cision doit &#234;tre appliqu&#233;e sur l'ordre de l'ing&#233;nieur, autrement il n'y a pas d'autorit&#233; possible, d'exploitation possible. (&#8230;) Il y a d'autres raisons de la crise du charbon sur lesquelles je voudrais m'expliquer aussi ouvertement et aussi franchement. Ce sont celles qui tiennent &#224; l'effort insuffisant des mineurs eux-m&#234;mes, &#224; votre effort &#224; vous. (&#8230;) Il y a des causes de m&#233;contentement, mais ce n'est pas une raison pour ralentir l'effort. Il faut au contraire le d&#233;velopper et briser tous les obstacles. Vous croyez que les camarades de la Loire sont contents quand on leur envoie comme directeur l'ancien directeur &#233;pur&#233; des Mines de Dourges ? Ils ne sont pas contents non plus et vous croyez qu'ils ont dit pour cela : nous faisons la gr&#232;ve ? Non. Martel a eu raison tout &#224; l'heure de stigmatiser de telles attitudes. Ils n'ont pas c&#233;d&#233; au courant public de d&#233;magogie et de vaine popularit&#233;. Comme disait le camarade Staline, nous ne craignons pas les difficult&#233;s, nous sommes faits pour surmonter les difficult&#233;s et nous les surmonterons. (&#8230;) Il y a pas mal d'exemples de mineurs qui pr&#233;tendent ne pas forcer &#224; la production, ne pas pousser &#224; la production et pas seulement parce qu'ils ont crainte de voir baisser les prix &#224; la t&#226;che. (&#8230;) Ils ne veulent pas para&#238;tre pour des macas. (&#8230;) Les macas, chers camarades, c'&#233;taient ceux qui for&#231;aient &#224; la production pour le profit du patron au d&#233;triment de leurs fr&#232;res, les ouvriers mineurs. (&#8230;) Il y a des camarades qui disent : &#171; Mais si je travaille davantage, je donne davantage aux actionnaires puisqu'il reste des actionnaires. &#187; C'est une erreur, chers camarades. (&#8230;) Si vous produisez beaucoup, c'est seulement dans l'int&#233;r&#234;t du pays, et c'est dans votre propre int&#233;r&#234;t. Et puis, je veux revenir sur la question des absences. On parle, on donne beaucoup de raisons, de pr&#233;textes, &#224; ce propos. Je dois vous dire, chers camarades, que je ne suis pas tout &#224; fait convaincu des raisons qu'on donne pour justifier les absences. (&#8230;) On s'absente trop facilement, pour un oui, pour un non et un mineur qui a le go&#251;t de son m&#233;tier sait tr&#232;s bien que tant d'absences entra&#238;nent une d&#233;sorganisation compl&#232;te du travail. Les camarades pr&#233;sents sont les premiers &#224; en souffrir. L'absence est justifi&#233;e ou n'est pas justifi&#233;e. Au lieu de produire, on d&#233;sorganise la production, on fait tort &#224; ses camarades et pour quelle raison ? Parfois pour un oui, pour un non, pour une &#233;gratignure. Je dis que c'est un scandale. Je ne peux pas comprendre, par exemple, que des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la Caisse de secours puissent donner des billets de malade sans journ&#233;e de malade. (&#8230;) Chers camarades, celui qui a le billet de malade sans journ&#233;e de malade, il a aussi son ravitaillement ; il a aussi les litres de vin, il a aussi la viande ; il mange la part de ses camarades. Ce n'est pas possible, on ne peut pas continuer comme cela. Il faut avoir plus de conscience. Je vais vous dire, mes chers camarades, que, dans le bassin de la Loire, la m&#234;me question s'est pos&#233;e pendant l'hiver, quand il y a eu tant de grippes, quand il y a eu tant de difficult&#233;s alimentaires. Le syndicat a r&#233;uni les d&#233;l&#233;gu&#233;s des Caisses de secours et leur a dit : &#171; Epluchez les billets de malade et discutez avec les m&#233;decins &#187; et on leur a dit : &#171; Ces m&#233;decins, pour la plupart, ne sont pas vos amis. Ces m&#233;decins, ils donnent facilement les billets. (&#8230;) Ils poussent &#224; la d&#233;sorganisation. &#187; Il va y avoir des &#233;lections &#224; la Caisse de secours. Le syndicat doit demander que ces questions soient pos&#233;es largement, et dire aux d&#233;l&#233;gu&#233;s des Caisses de secours que vous allez &#233;lire : &#171; Il faut &#234;tre intransigeant ; c'en est fini avec de telles m&#233;thodes, parce que c'est de l'anarchie, un encouragement &#224; la paresse. &#187; Voici un autre cas. On m'a signal&#233; l'autre jour que dans un puits, le puits de l'Escarpelle, une quinzaine de jeunes gens, des galibots, ont demand&#233; de partir &#224; six heures pour aller au bal. Je dis que c'est inadmissible. (&#8230;) Ici, chers camarades, je le dis en toute responsabilit&#233;, au nom du Comit&#233; central, au nom des d&#233;cisions du Congr&#232;s du Parti, je le dis franchement : il est impossible d'approuver la moindre gr&#232;ve, surtout lorsqu'elle &#233;clate comme la semaine derni&#232;re, aux mines de B&#233;thune, en dehors du syndicat et contre le syndicat. On a pris des sanctions. Sur quatre porions, on en a r&#233;int&#233;gr&#233; deux, en les r&#233;trogradant d'ailleurs. (&#8230;) Je le dis tout net : si nous n'appliquons pas les d&#233;cisions de notre propre syndicat (&#8230;) nous allons &#224; l'anarchie, nous faciliterons les provocations contre les mineurs, contre la classe ouvri&#232;re et contre la R&#233;publique. Eh bien ! quelques camarades s'insurgent, ils d&#233;clenchent la gr&#232;ve au n&#176;2 et dans toute la concession, si bien que nous avons perdu 30.000 tonnes de charbon au moins en une p&#233;riode o&#249; le pays a besoin de la moindre gaillette, &#224; l'heure o&#249; nous fermons des usines, &#224; l'heure o&#249;, dans la r&#233;gion parisienne, on arr&#234;te des entreprises faute de charbon et ces ouvriers dont on arr&#234;te les usines apprennent que dans un des trous essentiels du bassion minier du Pas-de-Calais, on fait gr&#232;ve parce que le nez du porion ne revient pas au d&#233;l&#233;gu&#233;. C'est un scandale, c'est une honte, c'est une faute tr&#232;s grave contre le syndicat et l'int&#233;r&#234;t des mineurs. Des sanctions ont &#233;t&#233; prises, peut-&#234;tre pas dans les formes o&#249; elles devaient l'&#234;tre contre le d&#233;l&#233;gu&#233; mineur et son suppl&#233;ant qui avaient couru les autres puits pour d&#233;clencher la gr&#232;ve. Je dis que le mal, ce n'est pas la sanction, le mal c'est que des communistes et des militants du syndicat des mineurs se soient expos&#233;s &#224; de telles sanctions. Et, sous pr&#233;texte que l'on a sanctionn&#233; les d&#233;l&#233;gu&#233; mineur, on recommence la gr&#232;ve jusqu'&#224; jeudi soir et on aeu de la peine hier &#224; faire reprendre le travail, bien que le ministre de la Production ait rapport&#233; la sanction prise par le commissaire r&#233;gional. Ce n'est pas ainsi qu'on travaille pour le pays. (&#8230;) Chers camarades, alors on veut &#224; chaque fois faire la gr&#232;ve pour &#233;purer ou pour soutenir. On pourrait au fond en d&#233;finir le seul but : faire gr&#232;ve, pourvu qu'on ait un pr&#233;texte. (&#8230;) L'autre jour, on m'a parl&#233; d'une gr&#232;ve possible des m&#233;caniciens d'extraction. J'ai beaucoup de sympathie pour la m&#233;canique d'extraction. C'est vraiment un travail qui comporte une lourde resposnabilit&#233; et on trouve chez les m&#233;caniciens d'extraction une grande conscience professionnelle. Je pense qu'il faut leur assurer les meilleures conditions de salaire et de travail. Mais, l&#224; encore, pas par la gr&#232;ve. (&#8230;) Je vourdrais que ce que nous pensons au Comit&#233; central puisse passer dans la t&#234;te,dans le c&#339;ur de chacun de vous d'abord puis chez tous les mineurs, que produire, produire et encore produire, faire du charbon, c'est aujourd'hui la forme la plus &#233;lev&#233;e de votre devoir de classe, de votre devoir de Fran&#231;ais. (&#8230;) La grande t&#226;che des organisations communistes du Pas-de-Calais, c'est d'aller dans toutes les concessions de B&#233;thune, il faut aller &#224; B&#233;thune, il faut r&#233;unir toutes les sections communistes, discuter avec chaque camarade et amener les d&#233;l&#233;gu&#233;s mineurs &#224; reconna&#238;tre qu'ils ont commis une grande erreur, qu'ils doivent comprendre cette erreur et qu'ils ne doivent plus recommencer cette erreur. (&#8230;) Nous exigerons de chaque camarade le respect des d&#233;cisions du 10e Congr&#232;s du Parti et le 10e Congr&#232;s du Parti a dit : &#171; Il faut produire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fgimello.free.fr/CV-Bio-Liens/thorez.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fgimello.free.fr/CV-Bio-Liens/thorez.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de textes des &#339;uvres de Maurice Thorez r&#233;dig&#233;es par le Parti Communiste Fran&#231;ais et &#233;dit&#233;es par les Editions Sociales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En janvier 1943, le d&#233;l&#233;gu&#233; du Comit&#233; central arrivait &#224; Londres, au Quartier g&#233;n&#233;ral du g&#233;n&#233;ral De Gaulle. Au mois de mars, un Conseil national de la R&#233;sistance, &#233;tait constitu&#233; en France. En firent partie les repr&#233;sentants des &#171; mouvements de la R&#233;sistance &#187; : &#171; Combat &#187;, &#171; Lib&#233;ration &#187;, &#171; Francs-tireurs et Partisans &#187;, &#171; Front National &#187;, ceux de la CGT r&#233;unifi&#233;e et de la CFTC chr&#233;tienne, ceux, enfin, des six partis suivants : communiste, socialiste, radical, Parti d&#233;mocrate populaire (catholique), Alliance d&#233;mocratique et F&#233;d&#233;ration r&#233;publicaine. (&#8230;) Le Comit&#233; national fran&#231;ais de Londres avait &#233;t&#233; tenu dans l'ignorance du d&#233;barquement alli&#233; ; il restait en dehors des n&#233;gociations et des accords. (&#8230;) En novembre 1943, un an apr&#232;s le d&#233;barquement anglo-am&#233;ricain en Afrique du nord, le Comit&#233; fran&#231;ais de la Lib&#233;ration nationale fut r&#233;organis&#233;. De Gaulle, seul, en fut pr&#233;sident. (&#8230;) Lors de la r&#233;organisation du CFLN, la question de la participation des communistes fut pos&#233;e. Le Comit&#233; central du Parti communiste fran&#231;ais en accepta le principe. (&#8230;) On doit noter une certaine tendance &#224; bavarder beaucoup trop sur la France de demain, sur la place que notre pays devra tenir dans le monde (&#8230;) Le programme &#224; appliquer n'est pas le programme communiste. Nous n'avons pas &#224; demander actuellement l'application du programme communiste, puisque nous sommes unis dans le CNR avec d'autres partis non communistes. Nous faisons honneur &#224; la signature que nous avons appos&#233;e au bas du programme du CNR au mois de mars 1944. (&#8230;) Il y a un gouvernement, il doit y avoir une arm&#233;e, une seule ; il doit y avoir une police, une seule. (&#8230;) Tous les groupes arm&#233;s doivent dispara&#238;tre. (&#8230;) Les nationalisations, nous l'avons dit &#224; Ivry, et nous le r&#233;p&#233;terons, ne sont nullement du socialisme ou du communisme : ce sont des mesures de caract&#232;re d&#233;mocratique figurant au programme du Parti radical depuis plus d'un demi si&#232;cle. Elles ne sont nullement une mesure d'expropriation. (&#8230;) Le Parti a connu un grand succ&#232;s aux derni&#232;res &#233;lections municipales. En moyenne, un Fran&#231;ais ou une Fran&#231;aise sur quatre a vot&#233; pour les listes pr&#233;sent&#233;es ou soutenues par notre Parti communiste. A Paris, la proportion est d'un sur trois. Dans la banlieue parisienne, les listes communistes ou soutenues par les communistes ont obtenu d&#232;s le premier tour pr&#232;s de 60% des suffrages exprim&#233;s. Nos militants administrent 60 des 80 communes du d&#233;partement de la Seine. Pour la premi&#232;re fois, des villes de plus de 100.000 habitants (Nantes, Reims, Toulon) ont un maire communiste. De m&#234;me pour une dizaine de pr&#233;fectures (dont Limoges, Nimes, P&#233;rigueux, Ajaccio, Tarbes) et une vingtaine de sous-pr&#233;fectures. La statistique officielle a d&#251; reconna&#238;tre que nous &#233;tions devenus le premier parti dans l'administration des villes de plus de 4.000 habitants. (&#8230;) Le chiffre de nos adh&#233;rents est en progression constante. En f&#233;vrier 1934, nous &#233;tions 45.000 ; en janvier 1936 80.000 ; en d&#233;cembre 1937 340.000 ; &#224; ce jour notre tr&#233;sorier a d&#233;livr&#233; 986.727 cartes. Nous allons vers le million. (&#8230;) Notre conclusion, c'est que, tous ensemble Fran&#231;ais et Fran&#231;aises, nous devons nous atteler r&#233;solument &#224; la t&#226;che, tous ensemble et sans tarder, nous devons entreprendre un effort tenace et prolong&#233; afin de : Relever notre &#233;conomie nationale ; Produire et r&#233;tablir nos &#233;changes avec l'ext&#233;rieur ; Acheter et vendre ; Refaire effectivement la grandeur de la France (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UN C.C. D'UNION SACREE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; Central du Parti Communiste Fran&#231;ais s'est r&#233;uni le 21 janvier en pr&#233;sence des &#034;notabilit&#233;s&#034; et des &#034;hauts&#034; fonctionnaires du Parti. Le but de cette r&#233;union appara&#238;t clairement dans l'intervention de Monsieur Thorez (que nous appelons ainsi suivant la consigne du Parti de ne plus tutoyer les &#034;grands&#034; camarades) : en finir une fois pour toutes avec les illusions d&#233;mocratiques qui subsistent encore parmi les militants communistes et dans la masse de ceux qui sympathisent avec le Parti, qui croient encore que le Parti lutte sur les deux fronts &#224; la fois, la guerre contre le fascisme &#224; l'ext&#233;rieur, la lutte pour la d&#233;mocratisation du r&#233;gime &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ces illusions cr&#233;ent des difficult&#233;s au gouvernement qui, tout en pr&#233;tendant mener &#224; l'ext&#233;rieur une guerre antifasciste, m&#232;ne &#224; l'int&#233;rieur une action tout &#224; fait anti-d&#233;mocratique. Il exige des chefs staliniens un soutien sans conditions (c'est-&#224;-dire une capitulation compl&#232;te). Ceux-ci, en soutenant la guerre du gouvernement, ne peuvent pas ne pas se soumettre &#224; toutes ses exigences. C'est pourquoi Thorez ne pouvait pas parler autrement qu'il l'a fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1937, r&#233;pondant aux staliniens qui pr&#233;paraient alors leur union sacr&#233;e pour la pr&#233;sente guerre, sous pr&#233;texte de d&#233;fendre la &#034;d&#233;mocratie&#034; contre le fascisme en r&#233;gime capitaliste, Trotsky avertissait : &#034;une victoire de la France... sur l'Allemagne... pourrait signifier... la transformation de la France en un Etat fasciste, parce que pour &#234;tre victorieux d'Hitler il est n&#233;cessaire d'avoir une machine militaire monstrueuse et les tendances fascistes en France sont maintenant puissantes. Une victoire pourrait signifier la destruction du fascisme en Allemagne et l'&#233;tablissement du fascisme en France&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Tout pour la guerre&#034;, lan&#231;ait l'autre jour Thorez, et il ajoutait comme conclusion absolument n&#233;cessaire : &#034;la s&#233;curit&#233; publique doit &#234;tre assur&#233;e par les forces r&#233;guli&#232;res de police constitu&#233;es &#224; cet effet. Les gardes civiques et d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, tous les groupes arm&#233;s irr&#233;guliers, ne doivent pas &#234;tre maintenus plus longtemps&#034;. C'est la condamnation par le responsable du Parti, des groupements form&#233;s sous l'occupation et qui, dans l'esprit des travailleurs, devaient pr&#233;cis&#233;ment non seulement vaincre l'occupant, mais surtout, par leur structure d&#233;mocratique, &#233;manciper le peuple des vieilles puissances d'oppression qui seules ont provoqu&#233; les malheurs qui se sont abattus sur la France depuis 1939. C'est la condamnation de ces milices dont le d&#233;sarmement, il y a quelques semaines seulement, avait &#233;t&#233; qualifi&#233; par Duclos (autre &#034;grand&#034; camarade du PC) de &#034;coup de force gouvernemental&#034;. Et cette police charg&#233;e de la &#034;s&#233;curit&#233; publique&#034; c'est toujours celle qu'&#224; plusieurs reprises l'Humanit&#233; elle-m&#234;me a d&#233;j&#224; d&#233;nonc&#233;e comme &#233;tant compos&#233;e pour 95% d'&#233;l&#233;ments vichyssois, c'est-&#224;-dire r&#233;actionnaires et pro-fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;p&#233;tant De Gaulle, Thorez dit : &#034;Nous ne manquons pas d'officiers de valeur, y compris ceux qui ont pu se laisser abuser un certain temps par P&#233;tain&#034;. Quelques jours apr&#232;s ce discours, la direction des FFI aupr&#232;s du Minist&#232;re de la Guerre est cong&#233;di&#233;e... Pourquoi l'Humanit&#233; s'indigne-t-elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi cette guerre soi-disant d&#233;mocratique &#224; l'ext&#233;rieur, se traduit &#224; l'int&#233;rieur par l'abandon de tout le pouvoir au vieil Etat oppresseur, l'Etat des 200 familles qui se sert de Thorez pour paralyser les masses au nom de la &#034;d&#233;fense nationale&#034;. On comprend donc que &#034;les journaux de diverses nuances louent volontiers la sagesse, le sens politique... du porte-parole du PC&#034; comme dit Cachin dans l'Huma du 25/1 ; seulement le journal qui manifeste le plus son accord avec Thorez, c'est Le Monde, justement d&#233;nonc&#233; par l'Huma comme la reconstitution du Temps, organe du Comit&#233; des Forges. On a les amis que l'on m&#233;rite !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Comme tous ses pr&#233;d&#233;cesseurs, Thorez, pour masquer sa trahison, joue au r&#233;aliste. Il affirme que ce qui le pr&#233;occupe c'est &#034;gagner la guerre au plus vite&#034; (cette guerre de 30 ans !), &#034;faire en sorte que revienne bient&#244;t... le lait pour nos petits, le pain pour nos vieux, le verre de vin pour tous&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette promesse &#233;lectorale du verre de vin pour tous rel&#232;ve de la plus basse d&#233;magogie. Car tous les politiciens promettent le bonheur au peuple ; mais par quels moyens, par quelles mesures pr&#233;cises l'obtenir ? Thorez condamne la r&#233;volution. Mais que pr&#233;conise-t-il ? &#034;La confiscation des biens des tra&#238;tres&#034;. Mais ce n'est l&#224; qu'une phrase d&#233;magogique, parce qu'adress&#233;e au gouvernement de la bourgeoisie ; de m&#234;me que la &#034;punition des coupables&#034;. M&#234;me si cette mesure &#233;tait appliqu&#233;e (mais elle ne peut pas l'&#234;tre), elle ne changerait en rien l'&#233;tat des choses. Le peuple a &#233;t&#233; marchand&#233;, exploit&#233;, saign&#233; pendant cinq ans par toute la bourgeoisie, sous Daladier, sous l'occupation et maintenant. Sans l'expropriation de celle-ci, les b&#233;b&#233;s continueront &#224; mourir de froid dans les maternit&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez s'&#233;l&#232;ve contre &#034;ceux qui ont constamment &#224; la bouche le mot de r&#233;volution&#034;. C'est ce que les socialistes de trahison (de la II&#232;me Internationale) reprochaient pr&#233;cis&#233;ment aux communistes apr&#232;s la scission de Tours en 1921. Mais peut-&#234;tre Thorez, plus heureux que ses pr&#233;d&#233;cesseurs, serait-il en train d'obtenir des r&#233;formes am&#233;liorant le sort des masses dans le cadre du r&#233;gime capitaliste, r&#233;formes que les exc&#232;s r&#233;volutionnaires (de langage !) risqueraient de mettre en danger ? Pas plus que les socialistes de trahison de la II&#232;me Internationale, Thorez n'a le moindre programme de r&#233;formes pour am&#233;liorer la situation des classes laborieuses en face d'une bourgeoisie gorg&#233;e de profits. Pour son malheur, ce sont au contraire les r&#233;volutionnaires qui, en m&#234;me temps qu'ils expliquent inlassablement aux travailleurs que sans r&#233;volution ils sont vou&#233;s &#224; l'&#233;crasement complet par les capitalistes, d&#233;fendent aussi inlassablement les travailleurs sur le terrain &#233;conomique &#224; l'usine (en opposant au &#034;travailler d'abord, revendiquer ensuite&#034; des chefs staliniens la lutte pour l'augmentation des salaires, la r&#233;glementation de la journ&#233;e de travail, le contr&#244;le ouvrier, etc...) et luttent pour les droits d&#233;mocratiques les plus &#233;l&#233;mentaires (droits politiques pour le soldat, libert&#233; de la presse par la suppression de l'autorisation pr&#233;alable, la r&#233;partition du papier &#224; chaque groupe de citoyens constitu&#233;, etc...) Contrairement &#224; ce qu'affirme Thorez, seule la lutte r&#233;volutionnaire peut produire des r&#233;sultats pratiques, m&#234;me partiels. Comme les socialistes-jaunes, Thorez s'&#233;l&#232;ve contre la R&#233;volution pour masquer l'appui total qu'il donne aux capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directives de Thorez ont produit dans la masse communiste (militants, jeunesses, sympathisants) des r&#233;actions dont la moindre est &#034;l'&#233;tonnement&#034;. Mais il n'y a rien d'&#233;tonnant dans la politique de Thorez. C'est au contraire la seule attitude logique, car qui veut la fin veut les moyens. Si on pr&#234;che la guerre sous la domination des 200 familles, il faut leur donner l'assurance qu'il ne sera pas touch&#233; &#224; leurs privil&#232;ges. Les 200 familles ne se contentent pas d'assurances verbales : il leur faut la certitude mat&#233;rielle, la disposition &#224; l'int&#233;rieur d'instruments qui garantissent leur domination, la police, l'administration, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez reconna&#238;t dans son discours (il ne peut faire autrement) que le ma&#238;tre du pays ce sont les Bureaux (&#034;les bureaux ! Ce n'est pas seulement le sommet de la hi&#233;rarchie administrative. C'est aussi et surtout la mainmise de certains cercles privil&#233;gi&#233;s sur les leviers de commande&#034;). Il ajoute cependant que personne, m&#234;me pas les Comit&#233;s de Lib&#233;ration, ne doit s'immiscer dans leur sph&#232;re d'action. C'est seulement &#224; ce prix que la bourgeoisie consent &#224; l'union sacr&#233;e, c'est-&#224;-dire accepte les services des bureaucrates ouvriers pour la d&#233;fense de ses coffres-forts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces bureaucrates savent que la bourgeoisie t&#244;t ou tard se d&#233;barrassera d'eux. Mais que faire ? On ne peut pas &#224; l'infini faire semblant d'avoir une politique r&#233;volutionnaire tout en freinant la r&#233;volution. Car &#224; la longue les masses passeraient outre et les bureaucrates seraient d&#233;bord&#233;s. Or la r&#233;volution signifie pour eux la perte de leurs positions dirigeantes, car, engraiss&#233;s, styl&#233;s, pommad&#233;s, dress&#233;s, ils sont &#224; mille lieues de la mentalit&#233; des masses et seraient rejet&#233;s par leur mouvement d&#233;ferlant pour construire un monde nouveau. L'union sacr&#233;e assure aux bureaucrates des postes minist&#233;riels et politiques dans l'appareil de la bourgeoisie et ils esp&#232;rent durer aussi longtemps que la patience des masses supportera le r&#233;gime d'exploitation capitaliste ; ces bureaucrates infatu&#233;s sont convaincus, dans leur haute sagesse, que &#034;le peuple est b&#234;te&#034; et qu'il patientera longtemps, pour leur plus grand bonheur &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les masses comprennent maintenant tr&#232;s rapidement la situation. Elles ont la terrible exp&#233;rience de cinq ann&#233;es de guerre. La nouvelle union sacr&#233;e ne les encha&#238;ne plus sans r&#233;sistance au service de la bourgeoisie. L'appel aux sacrifices de la part de bureaucrates chauff&#233;s qui donnent en exemple L&#233;ningrad (L&#233;ningrad o&#249; en 1917 les ouvriers ont renvers&#233; les capitalistes !), les laisse compl&#232;tement froids, si on peut s'exprimer ainsi. Les masses sont pr&#234;tes &#224; r&#233;pondre &#224; l'appel de d&#233;fenseurs hardis, r&#233;volutionnaires, capables de les guider effectivement dans la situation terrible o&#249; elles se trouvent et de trouver une issue. Ces d&#233;fenseurs, les r&#233;volutionnaires, augmentent tous les jours en nombre. Car la lutte des militants de la IV&#232;me Internationale pour rassembler en un Parti capable de conduire les travailleurs vers la lib&#233;ration de classe, rencontre un grand &#233;cho dans la masse communiste trahie par ses chefs bureaucrates. C'est pourquoi Marty met en garde le Parti contre &#034;les infiltrations id&#233;ologiques ennemies&#034;. Mais quelle id&#233;ologie peut s'infiltrer et trouver acc&#232;s aupr&#232;s des militants communistes, sinon le trotskysme, car le trotskysme c'est le communisme v&#233;ritable. Et dans le PCF d'union sacr&#233;e, le communisme ne s'est pas encore effac&#233; du c&#339;ur de tous les militants. Si des chefs &#224; la Cachin, qui d'ailleurs continue sa besogne de 14-18, n'ont plus de communiste que le nom, la masse du Parti, les militants de base restent communistes. Voil&#224; pourquoi les chefs staliniens sont oblig&#233;s de lutter constamment contre les &#034;infiltrations&#034; id&#233;ologiques, c'est-&#224;-dire le communisme des militants de base du PCF. Effray&#233;s par cet &#233;tat d'esprit, les chefs staliniens utilisent dans la lutte contre le trotskysme, c'est-&#224;-dire le communisme, toutes les m&#233;thodes, qui commencent &#224; la calomnie et finissent par le crime. Et pourtant les chefs de l'union sacr&#233;e n'arr&#234;teront pas pour cela leur chute. Maintenant que la roue de l'histoire tourne autrement, maintenant que la conscience r&#233;volutionnaire des militants honn&#234;tes et des masses se d&#233;veloppe &#224; un rythme acc&#233;l&#233;r&#233;, ces m&#233;thodes ne feront que pr&#233;cipiter leur chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par une promesse d'unit&#233; entre le PC et le PS les bureaucrates pensent pouvoir cacher leur faillite. Mais les bureaucrates du PC, de m&#234;me que ceux du PS, si nombreux qu'ils soient par rapport aux r&#233;volutionnaires, ne repr&#233;sentent que les int&#233;r&#234;ts d'une tr&#232;s &#233;troite couche dans le prol&#233;tariat : l'aristocratie ouvri&#232;re. Par contre, les militants de la IV&#232;me Internationale repr&#233;sentent les int&#233;r&#234;ts de classe de l'&#233;crasante majorit&#233; non seulement des ouvriers, mais de tous les exploit&#233;s et opprim&#233;s en France. Les ouvriers prennent conscience de plus en plus vite de ce fait, et, que nous ayons ou pas une union des bureaucrates, nous marchons d&#233;j&#224; vers une nouvelle scission de Tours, c'est-&#224;-dire la s&#233;paration de tous les communistes et socialistes v&#233;ritables du PC et du PS C'est seulement cette scission qui permettra aux masses travailleuses d'avoir enfin un instrument de d&#233;fense et de victoire sur les exploiteurs, c'est-&#224;-dire le Parti Communiste, section fran&#231;aise de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais//barta/1945/01/ldc43_013045.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais//barta/1945/01/ldc43_013045.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA BATAILLE DE LA PRODUCTION... CONTRE LES OUVRIERS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le marasme de l'&#233;conomie toutes les voix &#034;autoris&#233;es&#034; ne d&#233;couvrent qu'un seul rem&#232;de pour en sortir : l'intensification de l'effort de production de la part des ouvriers et des paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est l'attitude des dirigeants ouvriers dans cette question d&#233;cisive ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis un certain temps, le P.C.F. m&#232;ne une campagne acharn&#233;e devant le public ouvrier avec le th&#232;me suivant : &#034;le seul devoir des ouvriers, c'est de produire&#034;. Le 22 juillet &#224; Waziers, Thorez a reproch&#233; aux mineurs leurs &#034;efforts insuffisants&#034;, il s'est &#233;lev&#233; contre la &#034;crise de moralit&#233;&#034;, contre la &#034;paresse&#034; et la &#034;ti&#233;deur&#034;. Le 14 ao&#251;t, il rappelait &#224; l'intention des ouvriers et des paysans que &#034;tout citoyen oisif est un fripon&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On avait l'habitude d'entendre ces paroles de la part des cur&#233;s et des contrema&#238;tres, mais non de la part des chefs ouvriers. Mais Thorez les justifie en disant aux ouvriers qu'en travaillant avec acharnement ils gagneront la bataille de la production &#034;contre les trusts&#034;, et permettront au pays de vivre et de se relever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trusts, explique, par ailleurs, Thorez, par leurs b&#233;n&#233;fices exag&#233;r&#233;s, leurs plans anti-populaires, l'administration r&#233;actionnaire qu'ils contr&#244;lent, et par leur sabotage, emp&#234;chent le rel&#232;vement de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment peut-il donc arriver &#224; cette conclusion inattendue que le travail acharn&#233; des ouvriers dans une &#233;conomie enti&#232;rement domin&#233;e par les trusts (ce que L'Humanit&#233; illustre tous les jours), puisse vaincre cet obstacle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/09/ldc50_090345.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/09/ldc50_090345.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUE SIGNIFIE LE BOYCOTT DU REFERENDUM ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#233;lections du mois d'octobre dernier, le Parti Communiste Fran&#231;ais avait men&#233; une &#034;grande bataille d&#233;mocratique&#034; contre le projet de loi propos&#233; par De Gaulle qui, approuv&#233; par une majorit&#233; de &#034;oui-oui&#034;, sanctionnait une nouvelle fois le syst&#232;me de gouvernement incontr&#244;l&#233; et irresponsable que nous connaissons depuis Daladier, Reynaud et P&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans la nouvelle Constitution &#233;labor&#233;e par le P.C.F. et le P.S. (avec le concours du M.R.P.) et pr&#233;sent&#233;e par le P.C.F. et le P.S. aux &#233;lecteurs TOUJOURS AU NOM DE LA DEMOCRATIE, se trouve incorpor&#233;e pr&#233;cis&#233;ment, telle que l'avait con&#231;ue De Gaulle, l'&#233;mancipation juridique du gouvernement vis-&#224;-vis de l'Assembl&#233;e (articles 73 &#224; 85 : dissolution automatique de la Chambre lors d'une deuxi&#232;me crise minist&#233;rielle, etc...).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce seul fait suffit &#224; ouvrir les yeux &#224; tout travailleur qui r&#233;fl&#233;chit sur le v&#233;ritable sens de la lutte que se livrent les diff&#233;rents Partis qui se disputent le pouvoir actuel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand P.R.L. et M.R.P. crient qu'il faut voter &#034;non&#034;, sans quoi nous nous exposons &#224; la &#034;dictature&#034; DE L'ASSEMBLEE, ils se moquent du peuple, puisque la nouvelle Constitution rend le gouvernement ind&#233;pendant de l'Assembl&#233;e : il LA DOMINE par la menace de dissolution. Etant eux-m&#234;mes partisans de ce syst&#232;me, leur &#034;non&#034; ne tend qu'&#224; p&#234;cher en eau trouble, &#224; exploiter en leur faveur le m&#233;contentement qui r&#232;gne dans le pays. Il s'agit encore moins pour eux, qui m&#234;me dans une Assembl&#233;e croupion voient une menace de dictature, de d&#233;mocratiser, de rapprocher le pouvoir du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la machine gouvernementale actuelle, qui d&#233;fend les privil&#232;ges des capitalistes, s'est totalement &#233;loign&#233;e du peuple. Comme on le voit par le nouvel exemple du P.C.F. lui-m&#234;me, TOUS les partis qui pr&#233;tendent g&#233;rer l'Etat actuel sont OBLIGES d'accepter (si on leur fait l'honneur de leur supposer des scrupules) la bonapartisation du gouvernement qui, en imposant sa volont&#233; aux Assembl&#233;es par la menace de dissolution, gouverne uniquement au moyen de la police et de la bureaucratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pl&#233;biscites servent pr&#233;cis&#233;ment au gouvernement &#224; MASQUER son &#233;mancipation de tout contr&#244;le, &#224; l'aide d'un pr&#233;tendu vote populaire organis&#233; autour de telle ou telle question juridique embrouill&#233;e : mais le r&#233;sultat du vote n'influe en aucune fa&#231;on sur le fait que le peuple aura toujours en face de lui un pouvoir oppresseur. Le fait qu'apr&#232;s le d&#233;part de De Gaulle, Gouin ait d&#233;clar&#233; &#034;nous revenons &#224; la l&#233;galit&#233; r&#233;publicaine&#034;, cela a-t-il entra&#238;n&#233; quelque modification dans le syst&#232;me de gouvernement ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus l'Etat bourgeois devient totalitaire, c'est-&#224;-dire soumettant la nation &#224; une vaste oppression bureaucratique et polici&#232;re, plus il a besoin de se camoufler derri&#232;re des &#034;manifestations de la volont&#233; populaire&#034;. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans les pays totalitaires et fascistes qu'avaient lieu le plus fr&#233;quemment des &#034;referendum&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, c'est en boycottant le referendum qu'on d&#233;masque le caract&#232;re anti-d&#233;mocratique du r&#233;gime actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour &#224; la d&#233;mocratie v&#233;ritable ne peut se faire qu'&#224; travers la lutte directe des masses, qui cr&#233;eront au fur et &#224; mesure les instruments et les organismes d&#233;mocratiques n&#233;cessaires &#224; leur action &#8211; tels les Comit&#233;s d'usine, les organismes ouvriers de contr&#244;le &#224; tous les &#233;chelons &#8211; pour aboutir &#224; la destruction et au remplacement de l'Etat totalitaire actuel par l'Etat d&#233;mocratique des Comit&#233;s ouvriers et paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE OUI DES CAPITULARDS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions le &#034;oui&#034; de la fin du provisoire, de la stabilit&#233;, le &#034;oui&#034; d'un meilleur ravitaillement, le &#034;oui&#034; qui fait &#233;chec &#224; la r&#233;action, le &#034;oui&#034; de l'amiti&#233; entre les alli&#233;s &#8211; et ainsi de suite, suivant la t&#234;te du client. A ces &#034;oui&#034; de basse d&#233;magogie &#233;lectorale des Thorez et des Duclos, vient, au dernier moment, s'ajouter le &#034;oui&#034; pour les v&#233;ritables nationalisations, contre le patronat, pour la d&#233;fense des revendications ouvri&#232;res, etc... Cette nouvelle variante, la pire de toutes, c'est le &#034;oui&#034; des capitulards, le &#034;oui&#034; que vient de prononcer la majorit&#233; du C.C. du P.C.I., parti soi-disant r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que dans le n&#176; 119 de La V&#233;rit&#233; en date du 19 avril on ait pu lire sous la signature de J. Marcoux : &#034;Il est absurde et honteux d'inviter le 5 mai les masses laborieuses &#224; lutter contre la r&#233;action en leur demandant de voter une Constitution faite en collaboration avec les agents de la r&#233;action m&#234;me&#034;, dans le N&#176;120 de la m&#234;me V&#233;rit&#233; (sic), le m&#234;me Marcoux nous dit tout le contraire : &#034;Le M.R.P. ayant fait bloc avec les partis bourgeois contre les partis &#034;ouvriers&#034; en faisant voter &#034;non&#034; au &#034;r&#233;f&#233;rendum&#034;, il faut faire bloc avec ces derniers en faisant voter &#034;oui&#034;, pour emp&#234;cher que le pl&#233;biscite pour ou contre le P.C.F.-P.S. tourne &#224; leur d&#233;savantage&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa t&#226;che ainsi d&#233;finie, Marcoux n'a plus qu'&#224; psalmodier d'apr&#232;s Duclos : &#034;ce qu'il y a dans la Constitution (&#034;pourrie&#034;) importe peu, il faut voter avec les partis ouvriers contre la r&#233;action&#034;. Mais pourquoi les chefs de ces partis ont-ils engendr&#233; une Constitution pourrie, gaulliste, et quelle est sa port&#233;e ? Peu importe &#224; nos strat&#232;ges. Le &#034;oui&#034; que Thorez justifie par des phrases d&#233;mocratiques, eux, le justifient par des phrases &#034;r&#233;volutionnaires&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi capituler et se livrer &#224; une basse d&#233;magogie de crainte que la r&#233;action ait une majorit&#233; de &#034;non&#034; ? En octobre, De Gaulle et ses partisans, du P.S. au M.R.P. et futurs P.R.L. n'avaient-ils pas gagn&#233; une majorit&#233; pl&#233;biscitaire consacr&#233;e alors par le &#034;oui-oui&#034;, ce qui n'a pas emp&#234;ch&#233; De Gaulle d'&#234;tre oblig&#233; de s'en aller quelques mois apr&#232;s ? Capituler devant le chantage stalinien, &#034;b&#233;nir nos cha&#238;nes&#034;, voter une Constitution gaulliste sous pr&#233;texte d'emp&#234;cher la droite d'avoir une majorit&#233; de &#034;non&#034;, cela n'emp&#234;chera nullement la r&#233;action de se grouper, de se mobiliser. Tout au contraire, si elle peut ouvertement faire bloc et au nom de la &#034;libert&#233;&#034;, c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que la Constitution est pourrie. Dire oui &#224; une telle Constitution, c'est vous en rendre responsables devant les millions de petites gens &#233;cras&#233;es par l'Etat collecteur d'imp&#244;ts et des travailleurs qui, livr&#233;s &#224; la pire exploitation patronale dans les usines, voient que les &#034;meilleurs d&#233;fenseurs des profiteurs&#034; actuellement, ce sont les Staliniens. Vos bonnes intentions ne sont que des tr&#233;sors au fond des Oc&#233;ans. Vous ne pourrez pas, sous pr&#233;texte qu'un gouvernement P.C.F.-P.S.-C.G.T. repr&#233;sente un moindre mal, r&#233;concilier les couches travailleuses exasp&#233;r&#233;es avec le r&#233;gime actuel d'&#233;touffement et de mis&#232;re croissante. En faisant pl&#233;bisciter le P.C.F. et le P.S., vous ne luttez pas contre le fascisme, vous ne faites que renforcer les partis qui, par leur action, sont les fourriers du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le parti du prol&#233;tariat ne peut s'emparer du pouvoir que si, en r&#233;gime de propri&#233;t&#233; priv&#233;e, c'est-&#224;-dire d'oppression capitaliste, la majorit&#233; de la population se prononce en sa faveur&#034;, &#8211; ainsi s'expriment les d&#233;mocrates petits bourgeois, larbins v&#233;ritables de la bourgeoisie, mais qui s'intitulent encore &#034;Socialistes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Que le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire renverse d'abord la bourgeoisie, se lib&#232;re du joug du capital, d&#233;truise le m&#233;canisme gouvernemental de la bourgeoisie et il saura s'attirer le concours et la sympathie des masses laborieuses non prol&#233;tariennes, en satisfaisant leurs besoins au d&#233;triment des exploiteurs&#034; &#8211; ainsi nous exprimons-nous&#034;. (L&#233;nine).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce ne sont que des petits-bourgeois &#034;d&#233;mocrates&#034;, tous ces dirigeants qui au lieu de guider les masses pratiquement dans leur lutte, les encha&#238;nent &#224; la domination de la bourgeoisie, &#224; ses m&#233;thodes de propagande, &#224; sa d&#233;magogie &#233;lectorale et au cr&#233;tinisme parlementaire. La majorit&#233; du C.C. du P.C.I. d&#233;guise sa capitulation devant la politique pourrie des staliniens au sujet du r&#233;f&#233;rendum en un &#034;bloc avec les masses travailleuses&#034;. C'est pourquoi celles-ci auront mille fois raison en ne distinguant pas du bloc pourri que constitue la direction des Thorez et des Duclos, la partie qui s'appelle &#034;majorit&#233; du C.C. du P.C.I.&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/04/ldc60_043046.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/04/ldc60_043046.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UNION POUR UN GOUVERNEMENT OUVRIER ET PAYSAN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier r&#233;f&#233;rendum, en rendant obligatoire pour toute la nation une Constitution vot&#233;e par 36% des &#233;lecteurs, nous a donn&#233; la preuve d&#233;finitive que, au moment o&#249; pour chacun se pose la question &#034;comment joindre les deux bouts&#034;, dans le syst&#232;me parlementaire bourgeois, il n'y a ni d&#233;mocratie, ni issue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les combinaisons envisag&#233;es par les Partis apr&#232;s les prochaines &#233;lections, et les commentaires de certains journaux bourgeois, sont tous bas&#233;s sur ce fait qu'un d&#233;placement d'un million ou deux de voix d'un parti &#224; l'autre ou de partis &#224; d'autres, ne changerait en rien la forme gouvernementale que nous connaissons actuellement : les &#233;lections prochaines nous maintiendront donc dans l'impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Bidault ne pourra pas gouverner &#034;sans Thorez&#034;, car &#224; l'heure actuelle, seul M. Thorez peut &#034;pacifiquement&#034; emp&#234;cher les travailleurs de lutter contre l'exploitation de plus en plus &#233;hont&#233;e &#224; laquelle ils sont soumis par les capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Thorez ne peut pas gouverner sans un Bidault quelconque ou un Daladier &#034;Front populaire&#034; (sic), car c'est seulement ainsi qu'il peut cacher ses trahisons derri&#232;re le pr&#233;texte qu'il fait bloc contre une r&#233;action encore plus noire. &#034;Contentez-vous, avec nous, de serrer votre ceinture, car sans nous, vous recevrez, par-dessus le march&#233;, la trique de De Gaulle&#034;, voil&#224; les perspectives de ces messieurs les chefs du P.C.F. Le P.C. et le P.S. ont d&#233;j&#224; eu une majorit&#233; parlementaire, et ils n'ont fait rien d'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis que, par la man&#339;uvre du r&#233;f&#233;rendum, De Gaulle nous avait montr&#233; qu'il voulait utiliser le pourrissement du parlementarisme pour instaurer, sous pr&#233;texte de faire &#034;du neuf et du raisonnable&#034;, un syst&#232;me totalitaire, nous avons propos&#233; aux travailleurs, sans distinction de partis, comme centre de ralliement, UN GOUVERNEMENT OUVRIER ET PAYSAN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est seulement une minorit&#233; d'ouvriers conscients qui ont compris la n&#233;cessit&#233; d'opposer au gouvernement de la bourgeoisie LEUR PROPRE GOUVERNEMENT DE CLASSE pour trouver une issue &#224; une situation qui appara&#238;t autrement sans autre issue que celle de De Gaulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, nous disent certains camarades, n'est-ce pas pr&#234;cher en l'air que de mettre en avant, dans la vie de tous les jours, dans les discussions, dans l'agitation, une perspective qui para&#238;t au-dessus de la compr&#233;hension des travailleurs ? Ne vaut-il pas mieux se contenter de les appeler &#224; l'action directe de tous les jours ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, si on veut contrecarrer avec succ&#232;s le totalitarisme de De Gaulle, QUI lui opposer ? Nous ne pouvons pas nous contenter de lui opposer &#034;l'action directe&#034; en g&#233;n&#233;ral. L'action directe contre les patrons, c'est la gr&#232;ve ; et contre l'appui que leur accorde le gouvernement, une gr&#232;ve allant jusqu'&#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans cette lutte, la classe ouvri&#232;re ne peut pas rester &#233;ternellement sur la d&#233;fensive. Elle userait ses forces en des combats sans issue. Pour qu'elle se d&#233;fende avec &#233;nergie, il lui faut une perspective qui, en cas de victoire, soit UNE SOLUTION GOUVERNEMENTALE de ses int&#233;r&#234;ts. Mais si nous devons faire du gouvernement ouvrier et paysan un sujet de discussion et d'agitation QUOTIDIENNES, ce n'est pas seulement pour donner une perspective REELLE &#224; l'action directe de la classe ouvri&#232;re : c'est parce que, &#224; l'heure actuelle, FACE AUX PLANS DE DE GAULLE, il peut justement devenir, DU JOUR AU LENDEMAIN, une n&#233;cessit&#233; imm&#233;diate de d&#233;fense de TOUS les travailleurs contre une attaque fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, en 1936, les travailleurs espagnols furent en pr&#233;sence de l'attaque de Franco, les chefs du P.C. leur impos&#232;rent la collaboration avec les Daladier espagnols, et le maintien de l'Etat bourgeois capitaliste, complice de Franco. Ce gouvernement de Front Populaire, appuy&#233; sur les organes de police et l'administration de la bourgeoisie espagnole, lutta davantage contre les ouvriers qui voulaient mener une lutte &#233;mancipatrice, que contre Franco. Malgr&#233; la volont&#233; des travailleurs espagnols, notamment ceux de Catalogne, pour liquider la police bourgeoise, sa bureaucratie, en un mot l'Etat capitaliste et cr&#233;er un gouvernement ouvrier et paysan s'appuyant directement sur les ouvriers organis&#233;s (dans les Partis, les Syndicats, les Comit&#233;s d'usines, de quartiers, etc...), parce qu'ils n'&#233;taient pas suffisamment pr&#233;par&#233;s &#224; cette t&#226;che, le gouvernement r&#233;publicain r&#233;ussit &#224; assurer la victoire de Franco. Et cela, malgr&#233; le d&#233;vouement inou&#239; et la lutte h&#233;ro&#239;que sans pr&#233;c&#233;dent men&#233;e par le peuple espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France aussi, les ouvriers ont r&#233;pondu au coup d'Etat fasciste du 6 F&#233;vrier 1934 par de grandioses mouvements d'action directe allant jusqu'&#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 1936. Mais, gr&#226;ce &#224; la propagande des Thorez et des Blum, ils laiss&#232;rent le soin de combattre et de d&#233;truire le fascisme &#224; l'Etat : on conna&#238;t la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de la Gr&#232;ce et de l'Italie actuelles nous montre l'imminence du danger en France m&#234;me. Face &#224; la minorit&#233; de capitalistes et leurs laquais, le gouvernement ouvrier et paysan, appuy&#233; sur l'union dans la lutte des travailleurs des villes et des campagnes, repr&#233;sente pour ceux-ci une d&#233;mocratie nouvelle, la plus efficace et la seule efficace, pour r&#233;soudre les difficiles probl&#232;mes auxquels les masses exploit&#233;es ont &#224; faire face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc73_103146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc73_103146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DU FRONT POPULAIRE A L'UNION NATIONALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeux &#233;lectoraux sont faits, et le citoyen, avec ses droits, renvoy&#233; chez lui. Le peuple, souverain d'un jour, s'est donn&#233; des ma&#238;tres pour cinq ans. Et ses ma&#238;tres agissent en parfaite opposition avec leurs promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les partis de droite, du Rassemblement des Gauches et du M.R.P. &#224; l'Union Gaulliste, ont obtenu la majorit&#233; au nom de l'anticommunisme et dans le but d'&#233;liminer du gouvernement le P.C.F. Mais au lieu de former un &#034;GOUVERNEMENT DE SALUT PUBLIC&#034;, ils avouent maintenant que leur propre salut d&#233;pend d'une collaboration avec le P.C.F. &#034;LA COLLABORATION DES COMMUNISTES SERAIT LA GARANTIE DU TRAVAIL DE LA CLASSE ouvri&#232;re QUI A DEJA DONNE DE SI MAGNIFIQUES EXEMPLES DE CIVISME&#034;, &#233;crit La D&#233;p&#234;che de Paris (16-11) r&#233;sumant leurs pens&#233;es communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner le change, ils s'opposent &#034;farouchement&#034; &#224; un Thorez pr&#233;sident du Conseil. Mais tout change si ce m&#234;me Thorez porte seulement le titre de vice-pr&#233;sident. Ils sont pr&#234;ts alors &#224; &#234;tre enti&#232;rement solidaires de lui dans les Conseils minist&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, M. Thorez (inutile de parler de L&#233;on Blum), n'est pas moins &#034;politicien cons&#233;quent&#034; que ses comp&#232;res de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant les &#233;lections, il se rajeunissait de dix ans et proclamait &#034;A gauche, rassemblement !&#034; : un nouveau Front Populaire contre la d&#233;magogie anti-communiste de la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a d&#233;montr&#233; l'exp&#233;rience de 1936, un tel gouvernement &#034;antifasciste&#034;, d'union avec des Daladier d&#233;mocrates, serait impuissant &#224; liquider le Vichysme, &#224; arr&#234;ter la mont&#233;e de la r&#233;action qui trouve sa source dans la puissance &#233;conomique des 200 familles, d&#233;fendues par tous les Daladier d&#233;mocrates. Cependant un tel gouvernement avait trouv&#233; son origine dans la lutte des travailleurs contre les capitalistes (Juin 36) et excluait du gouvernement les r&#233;actionnaires av&#233;r&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Thorez avoue maintenant que son but c'est de former un gouvernement d'o&#249; personne n'est exclu, et proclame m&#234;me la &#034;neutralit&#233;&#034; gouvernementale en mati&#232;re de religion, &#224; la place de la la&#239;cit&#233;. Le &#034;Front populaire anti-fasciste&#034; pour liquider le Vichysme, pour exclure du gouvernement les tenants de la r&#233;action cl&#233;ricale, le M.R.P., et les formations d'extr&#234;me-droite, a fait place &#224; l'&#034;Union nationale&#034; de tous les Partis r&#233;publicains (et qui ne l'est pas !) contre... mais contre qui se sont form&#233;s depuis toujours les gouvernements d'u-nion nationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la collaboration de Millerand le &#034;socialiste&#034; et de Galliffet, bourreau de la Commune, dans le minist&#232;re de Waldeck-Rousseau, depuis l'union sacr&#233;e 14-18, en passant par Poincar&#233;, jusqu'&#224; l'union sacr&#233;e de 39, tous ces gouvernements, toutes ces coalitions ont &#233;t&#233; n&#233;cessaires pour ligoter les travailleurs et les petites gens quand la bourgeoisie avait besoin de rejeter sur eux brutalement de nouveaux fardeaux (op&#233;rations financi&#232;res, etc.) C'est ce &#034;magnifique exemple de civisme&#034;, la r&#233;signation aux entreprises des capitalistes, que La D&#233;p&#234;che de Paris attend de la classe ouvri&#232;re, gr&#226;ce &#224; M. Thorez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de r&#233;aliser l'unit&#233; des masses travailleuses contre la r&#233;action et le Vichysme, pour permettre la construction d'une France nouvelle, ouvri&#232;re et paysanne, Thorez s'appr&#234;te &#224; r&#233;aliser l'union des ministres communistes avec des ministres r&#233;actionnaires et vichystes, contre les masses travailleuses, pour sauver l'ancienne France, la France des capitalistes et des 200 familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de &#034;retentissantes&#034; interviews accord&#233;es &#224; l'organe officiel du capital anglais, le Times, et &#224; l'agence am&#233;ri-caine I.N.S., Thorez fait savoir qu'il existe &#034;d'autres voies dans la marche au socialisme que celle du communisme russe&#034; et que le Parti communiste &#034;dans son activit&#233; gouvernementale et dans le cadre du syst&#232;me parlementaire qu'il a contribu&#233; &#224; r&#233;tablir, s'en tiendra strictement au programme d&#233;mocratique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait de programme d&#233;mocratique, r&#233;alis&#233; &#034;dans le cadre du syst&#232;me parlementaire&#034;, laissons parler M. Yves Farge. Celui-ci ne s'&#233;tait pas propos&#233; d'accomplir des r&#233;formes d&#233;mocratiques &#224; la place de la r&#233;volution, de nettoyer la maison faute de pouvoir la transformer. M. Farge a voulu simplement, &#034;dans le cadre du r&#233;gime parlementaire&#034;, d&#233;f&#233;rer &#224; la justice des voleurs, de simples voleurs. Mais que s'est-il pass&#233; ? &#034;LORSQUE, LE 1er OCTOBRE, J'AI ANNONCE EN QUELQUES MOTS DU HAUT DE LA TRIBUNE DE L'ASSEMBLEE NATIONALE QUE J'AVAIS DEPOSE ENTRE LES MAINS DU GARDE DES SCEAUX LE DOSSIER DU VIN, J'AI VU, ET VOUS AVEZ VU, LES COLONNES DU TEMPLE PERDRE LEUR EQUILIBRE. JE N'AVAIS FAIT QUE RASSEMBLER DES DONNEES CONNUES DE TOUS LES INITIES RETENUS PAR JE NE SAIS QUELLE PEUR, QUELLE SOLIDARITE DE LA CONCUSSION OU LA LACHETE ; JE N'AVAIS FAIT QUE REMETTRE A LA MAGISTRATURE DE MON PAYS DES DOCUMENTS ETABLISSANT QUE, SUR LA MISERE DES PRODUCTEURS ET DES CONSOMMATEURS, ON AVAIT REALISE PLUS D'UN MILLIARD DE BENEFICES FRAUDULEUX. VOUS AVEZ ENTENDU LE TAPAGE ? VOUS AVEZ ASSISTE COMME MOI A CETTE PANIQUE QUI PRIT MEME UN ASPECT POLITIQUE, SI BIEN QUE J'AI PREFERE GARDER JUSQU'A CE JOUR LE SILENCE.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour punir de simples voleurs, les colonnes du temple &#034;d&#233;mocratique&#034; de Thorez perdirent leur &#233;quilibre. Il en avait &#233;t&#233; de m&#234;me, quand, le 30 septembre, un d&#233;put&#233; nord-africain, Ferhat Abbas, avait essay&#233; de d&#233;voiler simplement une partie de la v&#233;rit&#233; sur l'attitude de l'administration en Afrique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passerait-il si les ministres communistes essayaient de faire plus, de d&#233;mocratiser le r&#233;gime ? Le temple s'&#233;croulerait sans aucun doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons qu'en abandonnant la voie russe, c'est-&#224;-dire la voie d'un gouvernement ouvrier et paysan, M. Thorez a renonc&#233; non seulement &#224; la r&#233;volution, mais &#224; la plus &#233;l&#233;mentaire d&#233;mocratie. Car la voie des Communistes russes de 1917 &#233;tait elle-m&#234;me le r&#233;sultat de toute l'exp&#233;rience d&#233;mocratique du mouvement ouvrier au XIX&#232;me si&#232;cle, en France, en Allemagne et partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parce qu'ils restent fid&#232;les &#224; la le&#231;on des Communistes russes de 1917 que les ouvriers r&#233;volutionnaires de France, en luttant pour un GOUVERNEMENT OUVRIER ET PAYSAN, sont les seuls d&#233;fenseurs r&#233;els des masses travailleuses contre les entreprises des 200 familles et leurs valets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/11/ldc76_112346.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/11/ldc76_112346.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#034;D&#233;mocrates cons&#233;quents&#034; et la r&#233;action&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 janvier, L'Humanit&#233; annon&#231;ait par un grand titre en premi&#232;re page qu'&#224; la tribune de l'Assembl&#233;e, &#034;Jacques Duclos, dans un brillant discours, a fustig&#233; la r&#233;action&#034;. Mais en apprenant aussit&#244;t apr&#232;s dans l'article que cette &#034;fustigation&#034; visait exactement douze d&#233;put&#233;s &#034;opposants&#034;, on ne pouvait s'emp&#234;cher de penser &#224; Don Quichotte prenant d'assaut des outres remplies de vin en guise de g&#233;ants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ? Cette r&#233;action qui, soutenue par la bourgeoisie, domine actuellement dans toutes les sph&#232;res &#233;conomiques, sociales, administratives, etc., cette r&#233;action qui hier encore, aux &#233;lections, groupait LA MAJORITE DES PARTIS dans une majorit&#233; parlementaire &#034;anti-marxiste&#034;, cette r&#233;action qui, il y a un mois, d'apr&#232;s les leaders du P.C.F., emp&#234;chait la formation d'un gouvernement les comprenant, cette r&#233;action ne compterait plus que douze d&#233;put&#233;s dans une Assembl&#233;e de six cents ? Pas m&#234;me tout le P.R.L. ? Cette Assembl&#233;e, issue d'&#233;lections ayant donn&#233; une majorit&#233; aux partis &#034;anti-marxistes&#034;, se serait-elle transform&#233;e, par l'effet de quelque enchanteur, en la plus d&#233;mocratique du monde ? O&#249; s'est fourr&#233;e la majorit&#233; anti-marxiste du Parlement pour que le &#034;d&#233;mocrate-cons&#233;quent&#034; Duclos ne puisse plus la voir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les repr&#233;sentants des partis r&#233;actionnaires de l'Assembl&#233;e sont tout simplement au gouvernement, et forment avec M. Thorez une coalition, que Jacques Duclos appelle &#034;de concentration d&#233;mocratique&#034;. Voil&#224; l'explication de tout le myst&#232;re ! Ce ne sont pas les r&#233;actionnaires qui ont disparu, comme par enchantement, de l'Assembl&#233;e, ce sont les Duclos qui sont &#224; tel point &#034;enchant&#233;s&#034; de collaborer avec ces messieurs (qu'ils &#034;valent pleinement&#034;) que toute l'ombre grise de la r&#233;action parlementaire se teint &#224; leurs yeux du rose de l'aurore d&#233;mocratique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En la personne de Jacques Duclos, l'&#233;lan chevaleresque du Don Quichotte communiste prenant d'assaut les moulins &#224; vent du capitalisme, a fait place au prosa&#239;que Sancho Pan&#231;a, dont le &#034;gros bon sens&#034; ne r&#234;vait qu'&#224; un poste de &#034;gouverneur&#034; au service des puissants de son monde. &#034;BARRER LA ROUTE A LA REACTION&#034;, c'est, pour les Duclos, partager avec elle des sin&#233;cures et des portefeuilles minist&#233;riels, &#234;tre reconnu pour des hommes de confiance des banquiers, ces &#034;tout-puissants&#034; du monde capitaliste...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car de quoi s'agissait-il dans cette &#034;fustigation de la r&#233;action&#034; ? S'agissait-il de la politique gouvernementale, qui continue celle des gouvernements pr&#233;c&#233;dents contre le peuple en faveur des riches ? Nullement. En mati&#232;re de &#034;programme&#034;, tout le monde est parfaitement d'accord. BLUM AVAIT LUI-MEME RECONNU QUE LA POLITIQUE QU'IL FAISAIT, TOUT GOUVERNEMENT, QUEL QU'IL SOIT, LA FERAIT : la sienne, du reste, avait &#233;t&#233; celle de Schuman, membre du parti cl&#233;ricalo-r&#233;actionnaire, le M.R.P. C'EST AINSI QUE LES GOUVERNEMENTS SE SUCCEDENT, MAIS LA POLITIQUE REACTIONNAIRE RESTE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet de la discussion entre M. Duclos et les douze &#034;m&#233;contents&#034; c'&#233;tait de savoir si les dirigeants du Parti communiste pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme d'aussi bons Fran&#231;ais que ceux du M.R.P. ou du P.R.L. A l'unanimit&#233; contre douze (et quelques abstentions), les d&#233;put&#233;s, des Socialistes au P.R.L., les ont reconnus pour des leurs, en r&#233;compense des services que les chefs staliniens rendent depuis des ann&#233;es &#224; la bourgeoisie. On comprend donc pourquoi, d'apr&#232;s L'Humanit&#233;, il a suffi &#224; Duclos d'&#034;une chiquenaude par ci, une chiquenaude par l&#224;&#034;, pour r&#233;duire &#224; n&#233;ant l'argumentation des douze antagonistes de Billoux, ministre stalinien de la D&#233;fense Nationale. ILS SE VALENT, EN EFFET.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que sont r&#233;ellement les chefs staliniens. Ils sont des &#034;d&#233;mocrates-cons&#233;quents&#034; non pas en d&#233;fendant pas &#224; pas les droits des travailleurs, en leur apprenant &#224; lutter eux-m&#234;mes pour ces droits, en les &#233;clairant sur les combinaisons pourries des politiciens ; ils sont des &#034;d&#233;mocrates-cons&#233;quents&#034; dans les combines avec les autres partis pour le partage des bonnes places, ils sont des &#034;d&#233;mocrates-cons&#233;quents&#034; vis-&#224;-vis du m&#233;canisme parlementaire de la bourgeoisie, ce m&#233;canisme parlementaire que les marxistes, depuis des dizaines d'ann&#233;es, et l'exp&#233;rience propre des masses, montrent comme un organisme enti&#232;rement au service de la bourgeoisie, une machine &#224; &#233;craser le peuple, tout en l'emp&#234;chant de se r&#233;volter, sous couleur de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec un m&#233;pris croissant que les travailleurs regardent ce spectacle lamentable de soi-disant d&#233;mocrates, s'escrimant contre la r&#233;action... dans le vide, tandis que plus que jamais la r&#233;action capitaliste &#233;touffe les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais entre l'espoir qu'ils mettaient hier, au moment des &#233;lections, dans ces chefs pseudo-d&#233;mocrates, et la lutte r&#233;volutionnaire de demain qu'il faudra mener pour ne pas succomber, le m&#233;pris pour ces chefs constitue aujourd'hui un anneau n&#233;cessaire. Contre la r&#233;action capitaliste, pour conqu&#233;rir le bien-&#234;tre et la dignit&#233; humaine, les travailleurs rejoindront dans l'action les seuls d&#233;mocrates-cons&#233;quents, LES REVOLUTIONNAIRES PROLETARIENS, qui en combattant le lourd h&#233;ritage des forces l&#233;gu&#233;es par le pass&#233;, pr&#233;parent un avenir meilleur pour les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/02/ldc83_020147.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/02/ldc83_020147.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Benjamin P&#233;ret au Mexique</title>
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		<dc:date>2026-03-13T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Mexique</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Benjamin P&#233;ret</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1941, Benjamin P&#233;ret et Remedios Varo obtiennent un visa et partent pour le Mexique. Ils y restent jusqu'en 1948. fascin&#233; par l'art maya, ses mythes et l&#233;gendes, il commence une anthologie qu'il ach&#232;ve peu de temps avant sa mort. En 1945, il &#233;crit le pamphlet Le D&#233;shonneur des po&#232;tes en r&#233;action &#224; l'ouvrage de Pierre Seghers &#034;L'Honneur des po&#232;tes&#034;, pamphlet d'abord publi&#233; clandestinement en 1943. Il y attaque notamment Paul &#201;luard et Louis Aragon. &#034;Le d&#233;shonneur des po&#232;tes&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;ret et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique114" rel="directory"&gt;13- Livre Treize : ART ET REVOLUTION&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot306" rel="tag"&gt;Benjamin P&#233;ret&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1941, Benjamin P&#233;ret et Remedios Varo obtiennent un visa et partent pour le Mexique. Ils y restent jusqu'en 1948. fascin&#233; par l'art maya, ses mythes et l&#233;gendes, il commence une anthologie qu'il ach&#232;ve peu de temps avant sa mort. En 1945, il &#233;crit le pamphlet Le D&#233;shonneur des po&#232;tes en r&#233;action &#224; l'ouvrage de Pierre Seghers &#034;L'Honneur des po&#232;tes&#034;, pamphlet d'abord publi&#233; clandestinement en 1943. Il y attaque notamment Paul &#201;luard et Louis Aragon. &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/peret/works/1945/02/poetes.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Le d&#233;shonneur des po&#232;tes&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16663 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/lib-3-640x411.jpg' width=&#034;640&#034; height=&#034;411&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16664 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/HR_56600100253741_1_watermarked_medium_size.png' width=&#034;268&#034; height=&#034;409&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16662 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Anthologie-des-mythes-legendes-et-contes-populaires-d-Amerique.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;410&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;P&#233;ret et le Mexique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://melusine-surrealisme.fr/henribehar/wp/wp-content/uploads/2014/07/Benjamin-PERET-NB-_3.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://melusine-surrealisme.fr/henribehar/wp/wp-content/uploads/2014/07/Benjamin-PERET-NB-_3.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parole est &#224; P&#233;ret :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/peret/works/1943/00/parole.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/peret/works/1943/00/parole.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sept ans d'exil au Mexique
&lt;p&gt;1941-1948&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au secours financier de Peggy Guggenheim, Benjamin P&#233;ret et Remedios Varo arrivent le 21 d&#233;cembre 1941 &#224; Mexico o&#249; ils vivent isol&#233;s, tr&#232;s modestement, Gabino Barreda 8, casa 5. Breton et lui ne cesseront de s'&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1942 il commence &#224; travailler sur les mythes et l&#233;gendes d'Am&#233;rique &#171; du point de vue du merveilleux &#187;. Une vente de &#171; gouaches et dessins &#187; organis&#233;e par Breton &#224; New York leur permet de vivre un peu moins mal. P&#233;ret envoie quelques &#171; contes &#187; et po&#232;mes &#224; la revue de Breton, VVV, et &#224; View. Sous le pseudonyme de Peralta, il publie des articles politiques pour le &#171; Groupe trotskyste espagnol du Mexique &#187; o&#249; il a rejoint Grandizio Munis et Natalia Sedova Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1943, Breton s'enthousiasme pour sa pr&#233;face, &#171; de toute importance &#187;, &#224; sa future Anthologie des contes et l&#233;gendes d'Am&#233;rique et la publie sous le titre La Parole est &#224; P&#233;ret. En 1945 Le D&#233;shonneur des po&#232;tes est publi&#233; &#171; &#224; Mexico &#187;. Cette critique de la &#171; po&#233;sie de r&#233;sistance &#187; d'Aragon et &#201;luard fait scandale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Le Manifeste des ex&#233;g&#232;tes, paru en 1946, &#171; Peralta &#187; prend ses distances avec la Quatri&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le regain d'int&#233;r&#234;t pour le surr&#233;alisme suscite la publication d'un choix de ses &#171; contes &#187; illustr&#233; par Victor Brauner, Main forte. En 1947, K &#233;diteur rassemble ses po&#232;mes illustr&#233;s par Tanguy sous le titre de Feu central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but 1948, le produit d'une vente d'&#339;uvres d'art organis&#233;e par Breton permet son retour en France. Sans Remedios.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://bm.nantes.fr/home/espaces-dedies/patrimoine/les-collections-a-la-loupe-2/exposition-benjamin-peret/page-1.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://bm.nantes.fr/home/espaces-dedies/patrimoine/les-collections-a-la-loupe-2/exposition-benjamin-peret/page-1.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LE &#8220;MANIFESTE&#8221; DES EX&#201;G&#200;TES, par Peralta (Benjamin P&#233;ret) &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voudrait pouvoir traiter sans passion le &#171; manifeste &#187; de la pr&#233;conf&#233;rence de la IVe Internationale d'avril dernier. Mais on est oblig&#233; de constater qu'il n'apporte pas de solution r&#233;elle aux probl&#232;mes actuels du mouvement ouvrier et de la r&#233;volution socialiste &#224; laquelle tend ce dernier parce qu'&#224; ces probl&#232;mes, ce texte oppose une analyse bas&#233;e sur des postulats qu'une critique attentive r&#233;duirait &#224; n&#233;ant, provoquant l'&#233;croulement de tout l'&#233;difice th&#233;orique, l&#233;zard&#233; au fur et &#224; mesure de sa construction. On remarquera tout d'abord que ce &#171; manifeste &#187; n'a de manifeste que le nom. C'est le document de la vanit&#233; b&#233;ate, un interminable dipl&#244;me d'auto-satisfaction que se d&#233;cernent ses r&#233;dacteurs au nom de notre Internationale : Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes trotskistes car tout ce que nous avions dit s'est v&#233;rifi&#233;, et si, d'aventure, la r&#233;alit&#233; se bat en duel avec quelqu'une de nos pr&#233;visions ant&#233;rieures, on jette un voile pudique sur cette f&#226;cheuse r&#233;alit&#233; qui s'obstine &#224; nous contredire dans l'espoir qu'elle reviendra bient&#244;t &#224; de meilleurs sentiments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce l&#224; une m&#233;thode r&#233;volutionnaire ? Peut-on esp&#233;rer &#233;duquer les masses ainsi ? Se pr&#233;pare-t-on &#224; devenir r&#233;ellement le parti mondial de la r&#233;volution socialiste ? Disons tout de suite que non et que, par cette voie, nous n'y arriverons jamais. Au contraire, c'est ainsi que nous passerons, impuissants, &#224; c&#244;t&#233; de situations r&#233;volutionnaires sans pouvoir nous faire entendre des travailleurs, ind&#233;finiment condamn&#233;s &#224; notre rachitisme actuel. Avoir eu raison de a jusqu'&#224; z (et ce n'est pas le cas) sans que la classe ouvri&#232;re s'en soit aper&#231;u pendant sept ans, c'est &#233;videmment avoir eu tort &#224; moins que la classe ouvri&#232;re ne soit rest&#233;e si loin derri&#232;re nous que nous fassions figure d'&#233;nergum&#232;nes ultra-gauchistes qu'elle ne comprend pas, et ce serait encore avoir eu tort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai si la classe ouvri&#232;re n'est pas venue &#224; nous, en Europe par exemple (compte tenu des difficult&#233;s mat&#233;rielles pour un petit parti de se faire entendre dans les conditions d'ill&#233;galit&#233; qui ont pr&#233;valu pendant toute la guerre) c'est tout simplement parce que la fausset&#233; des points de vue que nous soutenions au d&#233;but de la guerre &#233;tait devenue sensible pour la g&#233;n&#233;ralit&#233; des travailleurs qui ne voyaient plus aucune raison de d&#233;fendre l'URSS simple alli&#233;e de Hitler ou de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon. En outre, le maintien, de la part de notre organisation, de positions p&#233;rim&#233;es, a eu comme cons&#233;quence une pusillanimit&#233; des dirigeants qui n'ont pas su profiter des circonstances diverses qui se sont offertes depuis le d&#233;but de la guerre car dans tous les cas, limit&#233;s par des mots d'ordre d&#233;pass&#233;s, ils ont manqu&#233; d'audace, &#224; la fois pour caract&#233;riser la situation et pour en tirer parti. C'est donc que nous avons eu tort et notre devoir imm&#233;diat et imprescriptible, en tant que r&#233;volutionnaires, est de rechercher la ou les sources de notre erreur sans tenter de nous leurrer en supposant qu'il [s']agit peut-&#234;tre d'erreurs secondaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, au lieu de se livrer &#224; un travail critique, les r&#233;dacteurs du &#171; manifeste &#187; ont pieusement recueilli les textes sacr&#233;s qu'ils ont soumis &#224; une ex&#233;g&#232;se d&#233;taill&#233;e car ils d&#233;clarent froidement, bien qu'implicitement, que nos th&#232;ses d'avant la guerre et du d&#233;but, ont, dans l'ensemble, r&#233;sist&#233; &#224; l'&#233;preuve des faits, ce qui est une contre-v&#233;rit&#233; criante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; o&#249; le &#171; manifeste &#187; a le plus gravement manqu&#233; son objet. Mais ce n'est pas tout. Un manifeste doit avant tout avoir une valeur d'agitation, &#234;tre court et r&#233;sumer en phrases frappantes la situation du moment pour en extraire des mots d'ordre d'agitation. Il saute aux yeux que ce &#171; manifeste &#187;, au lieu d'agiter, se borne &#224; plonger le lecteur dans un profond sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE PACTE STALINE-HITLER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, ce &#171; manifeste &#187; part de l'id&#233;e pr&#233;con&#231;ue, bien que non exprim&#233;e, qu'il ne s'est rien pass&#233; depuis 1939, que la guerre n'a &#233;t&#233; qu'un cauchemar au r&#233;veil duquel on se retrouve au m&#234;me point qu'autrefois ; un &#171; &#201;tat ouvrier d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#187; en face des imp&#233;rialismes acharn&#233;s &#224; sa perte. De cette position d&#233;coule forc&#233;ment une tactique erron&#233;e puisqu'elle repose, par ailleurs, sur l'id&#233;e qu'une &#233;ducation incessante des travailleurs est n&#233;cessaire. Or la question n'est plus de montrer aux travailleurs la n&#233;cessit&#233; de renverser le capitalisme pour instituer un pouvoir ouvrier qui conduira la soci&#233;t&#233; vers le socialisme. Tout travailleur europ&#233;en, d&#232;s qu'on gratte le vernis petit-bourgeois que le capitalisme a parfois su lui appliquer avec la complicit&#233;, jadis des r&#233;formistes et, aujourd'hui des staliniens, d&#233;montre savoir qu'aucune autre issue de la crise n'est possible. Il s'ensuit que notre tactique du front unique par exemple, a de ce seul fait, perdu toute signification car les millions de travailleurs qui suivent les r&#233;formistes et staliniens n'ob&#233;issent en cela qu'&#224; la loi du moindre effort inh&#233;rente &#224; tout homme et les partis &#171; ouvriers &#187; savent en profiter en cultivant cette paresse m&#234;me. C'est donc d'un c&#244;t&#233;, par une passivit&#233; que nous n'avons pas su secouer que les travailleurs suivent en si grand nombre les tra&#238;tres &#171; ouvriers &#187;, d'autre part &#224; cause de notre insignifiance num&#233;rique, cons&#233;quence de l'inad&#233;quat de notre propagande, et enfin, ces deux causes unies emp&#234;chent les ouvriers de se diriger vers nous car ils estiment &#224; juste titre que nous repr&#233;sentons tout juste actuellement une gauche du stalinisme insuffisamment diff&#233;renci&#233;e de celui-ci et ne justifiant pas leur rupture avec lui. Par ailleurs, ces positions maintenues malgr&#233; toute &#233;vidence, sans analyse pr&#233;alable qui les soutienne &#8212; et elle ne peut exister &#8212; entra&#238;ne les r&#233;dacteurs du &#171; manifeste &#187; &#224; une tol&#233;rance, vis-&#224;-vis du stalinisme, qui frise parfois la capitulation car elle les pousse &#224; masquer les faits les plus criants, ceux contre lesquels leur devoir le plus urgent est de s'&#233;lever avec &#233;nergie et d'en tirer les conclusions n&#233;cessaires. C'est ainsi que, dans le passage relatif &#224; la &#171; mont&#233;e et chute de l'imp&#233;rialisme nazi &#187;, on passe pudiquement sous silence le pacte Staline-Hitler, mentionn&#233; &#233;pisodiquement par ailleurs. Pourquoi ? Simplement parce que s'il est vrai que &#171; l'&#201;tat nazi avait pour t&#226;che de briser la classe ouvri&#232;re en Allemagne, de dominer l'Europe capitaliste &#187;, il est faux que sa t&#226;che ait &#233;t&#233; &#171; d'&#233;craser l'URSS &#187; en tant qu'h&#233;riti&#232;re de la r&#233;volution d'Octobre. En s'alliant &#224; Hitler, Staline l'a puissamment aid&#233; &#224; &#233;craser la classe ouvri&#232;re allemande et &#224; l'entra&#238;ner au massacre. En effet, que pouvaient penser les travailleurs allemands, pour qui la Russie incarnait la tradition r&#233;volutionnaire de 1917, plac&#233;s soudainement en face du pacte de leur oppresseur nazi avec le &#171; p&#232;re des peuples &#187;, sinon qu'il &#233;tait de la classe ouvri&#232;re allemande de se battre contre les &#171; ploutocraties &#187; occidentales puisque Staline se dressait contre elles ? Ce ne pouvait &#234;tre qu'une &#171; g&#233;niale &#187; man&#339;uvre tactique rapprochant l'heure de la r&#233;volution socialiste. Enfin, valait-il mieux passer ce pacte sous silence et ne pas le commenter ou en d&#233;noncer le caract&#232;re imp&#233;rialiste que toute l'attitude post&#233;rieure de Moscou a mis en &#233;vidence ? En effet, si en 1939, ce pacte pouvait encore appara&#238;tre comme une de ces r&#233;pugnantes man&#339;uvres dont le stalinisme a le secret, il n'a plus aujourd'hui que la signification d'un nouveau tournant &#224; droite, situant d&#233;finitivement le stalinisme sur le plan imp&#233;rialiste. Le partage de la Pologne avec Hitler, suivi de l'absorption des &#201;tats baltes, puis de la Bessarabie, n'&#233;tait, on l'a bien vu, qu'une mani&#232;re pour Staline de se faire la main, puisqu'il domine aujourd'hui, directement ou par l'entremise de ses pantins g&#233;n&#233;ralement alli&#233;s de la racaille r&#233;actionnaire, toute l'Europe orientale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait entre l'Allemagne hitl&#233;rienne et la Russie stalinienne aucune contradiction inh&#233;rente au r&#233;gime de propri&#233;t&#233; r&#233;gnant dans l'un et l'autre pays. Autrement ce pacte eut &#233;t&#233; impossible. Essayez d'imaginer &#8212; ce qui est &#233;videmment insens&#233; &#8212; un pacte L&#233;nine-Hitler. Le seul accouplement de ces deux noms fait rejeter cette hypoth&#232;se sans aucun examen. Mais si une telle hypoth&#232;se est insens&#233;e et si le pacte Staline-Hitler a &#233;t&#233; une r&#233;alit&#233;, c'est qu'entre l'&#233;poque de L&#233;nine et celle de Staline il s'est produit des modifications telles qu'elles ne peuvent plus &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme quantitatives mais bel et bien comme qualitatives. Le devoir des r&#233;dacteurs du &#171; manifeste &#187; &#233;tait-il de les escamoter ou de les &#233;taler au grand jour afin que l'Internationale puisse en discuter et prendre les r&#233;solutions qu'elles comportent ? Ils devaient, de toute &#233;vidence, les exposer avec le maximum de d&#233;tails, non dans un manifeste dont le but est tout autre, mais dans une &#233;tude pr&#233;cise et fond&#233;e dont ils devaient demander &#224; l'Internationale de discuter les conclusions et non pas placer celle-ci en face d'une position intangible, car d&#233;clarer comme ils le font que &#171; l'URSS, ce vaste secteur du march&#233; mondial enlev&#233; &#224; l'exploitation capitaliste en 1917, est toujours debout &#187;, c'est ressusciter une contradiction aujourd'hui abolie et dire que la guerre n'a eu aucune influence sur l'URSS et celle-ci reste &#171; &#201;tat ouvrier d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#187; comme devant, comme si cette d&#233;g&#233;n&#233;rescence, ob&#233;issant aux d&#233;sirs des r&#233;dacteurs du &#171; manifeste &#187;, pouvait s'en tenir au niveau atteint avant la guerre, demeurer immuable, au lieu d'&#233;voluer comme elle l'aurait fait de toute fa&#231;on, m&#234;me sans guerre. Et si l'on ajoute que l'URSS &#171; menace m&#234;me d'engloutir beaucoup d'autres pays situ&#233;s sur ses fronti&#232;res &#187;, on ne fait en r&#233;alit&#233; et sans s'en douter que d&#233;noncer la tendance expansionniste du Kremlin sans oser ni se l'avouer franchement ni rappeler que tout pays imp&#233;rialiste agit de m&#234;me s'il en a la possibilit&#233;. L'oppression russe a simplement succ&#233;d&#233;, dans ces territoires, &#224; l'oppression nazie, le parti stalinien au parti hitl&#233;rien, la Gu&#233;p&#233;ou &#224; la Gestapo, sans que les masses en aient eu le moindre b&#233;n&#233;fice. Elles restent les victimes su stalinisme comme elles l'avaient &#233;t&#233; du nazisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, revenons au pacte Staline-Hitler. Pour justifier leur attitude de derviches, les r&#233;dacteurs du &#171; manifeste &#187; nous citent les th&#232;ses de la IVe Internationale au d&#233;but de la guerre o&#249; il &#233;tait dit que la contradiction entre l'URSS et les &#201;tats imp&#233;rialistes &#233;tait &#171; infiniment plus profondes &#187; qu'entre ces derniers eux-m&#234;mes, d'o&#249; ils concluent que &#171; c'est seulement sur la base de cette estimation qu'on peut expliquer le d&#233;cha&#238;nement de la guerre d'Hitler contre l'URSS apr&#232;s le pacte Hitler-Staline &#187;. C'est seulement ainsi ! Mais Hitler et Mussolini dans leur correspondance ne font pas un instant allusion &#224; cette fameuse contradiction, &#224; vrai dire exactement semblable &#224; celle opposant l'imp&#233;rialisme allemand &#224; son complice et rival anglo-saxon. Y avait-il contradiction entre deux syst&#232;mes de propri&#233;t&#233; lorsque Mussolini attaqua l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais en juin 1940 ? &#201;videmment pas plus que lorsque Staline attaqua le Mikado en 1945. En fait, les deux complices n'avaient alors en vue, pour justifier leur agression, que des buts strat&#233;giques : les ressources agricoles de l'Ukraine n&#233;cessaires pour la continuation de la guerre, de m&#234;me que Staline, aujourd'hui se pr&#233;pare au prochain massacre en soumettant la moiti&#233; de l'Europe &#224; son joug, en absorbant les p&#233;troles du nord de l'Iran, en essayant de dominer la Chine, les Dardanelles, la Gr&#232;ce, etc. En outre, les r&#233;dacteurs du &#171; manifeste &#187; n'imaginent pas un instant que la IVe Internationale ait pu se tromper alors que la bureaucratie stalinienne essayait encore de dissimuler le sens de son &#233;volution en couvrant ses entreprises d'un masque s'est si bien us&#233; avec le temps qu'il est devenu une toile d'araign&#233;e ne cachant plus rien du tout. Qu'importe pour les r&#233;dacteurs du &#171; manifeste &#187; qui, avec les yeux de la foi, reconstituent le masque en partant de la toile d'araign&#233;e ! Maintenir aujourd'hui une telle position c'est se lier les mains devant le stalinisme qu'on ne peut plus combattre efficacement tout en d&#233;fendant la Russie car l'un ayant model&#233; l'autre, ils ne forment plus qu'un tout contre-r&#233;volutionnaire coh&#233;rent dans l'esprit des masses d'Europe orientale et d'une partie de l'Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pacte Hitler-Staline marque un tournant d&#233;cisif dans l'histoire de la contre-r&#233;volution russe, cons&#233;quence de ses victoires sur le prol&#233;tariat russe et mondial, et son passage sur le plan de la rivalit&#233; inter-imp&#233;rialiste. Il signifie que rien ne reste plus de la r&#233;volution d'Octobre, que la bureaucratie a acquis des positions &#233;conomiques et politiques uniquement destructibles par la voie d'une nouvelle r&#233;volution prol&#233;tarienne en Russie et s'en tenir aujourd'hui &#224; une position d&#233;fensiste [sic] dont tous les &#233;v&#233;nements des derni&#232;res ann&#233;es d&#233;montrent la fausset&#233;, c'est se rendre incapable de lutter pour la r&#233;volution socialiste, c'est en fait s'incliner devant la contre-r&#233;volution stalinienne et lui laisser le champ libre pour tromper, opprimer et encha&#238;ner les masses, c'est s'orienter vers la capitulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA D&#201;FENSE DE L'URSS, L'OCCUPATION DE L'EUROPE ORIENTALE ET LE R&#212;LE DU STALINISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La d&#233;fense de l'URSS co&#239;ncide en principe avec la pr&#233;paration de la r&#233;volution prol&#233;tarienne&#8230; Seule la r&#233;volution mondiale peut sauver l'URSS par le socialisme. Mais la r&#233;volution mondiale entra&#238;ne in&#233;vitablement l'&#233;viction de l'oligarchie du Kremlin. &#187; Ces paroles qui eurent un sens jadis en sont aujourd'hui totalement d&#233;nu&#233;es et les r&#233;p&#233;ter jusqu'&#224; sati&#233;t&#233; sous une forme ou sous une autre &#233;quivaut exactement &#224; d&#233;biter une litanie pieuse. Les r&#233;dacteurs du &#171; manifeste &#187; en sont l&#224; car &#171; la bureaucratie chercha &#224; s'assurer une position privil&#233;gi&#233;e aux d&#233;pens des masses &#187;. Chercha, c'est-&#224;-dire qu'elle n'y r&#233;ussit pas ; mais alors, ces millionnaires &#171; sovi&#233;tiques &#187;, que la presse staliniste des deux mondes a vant&#233;s &#224; grand tapage, sont donc un mythe et un mythe aussi les millions de travailleurs-esclaves que la bureaucratie stalinienne d&#233;place, comme des troupeaux de b&#339;ufs, d'un point &#224; l'autre de la Russie ; mais si ce ne sont pas des mythes, il faut admettre que la bureaucratie stalinienne non seulement &#171; chercha &#224; s'assurer une position privil&#233;gi&#233;e aux d&#233;pens des masses &#187; mais qu'elle y r&#233;ussit en s'appropriant toute la plus-value, sans quoi d'o&#249; ces millionnaires sovi&#233;tiques auraient-ils extrait leurs millions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons encore que ces positions des bureaucrates staliniens ont depuis longtemps d&#233;pass&#233; le stade des privil&#232;ges car ils se sont pr&#233;cis&#233;ment servi des privil&#232;ges qu'ils avaient usurp&#233;s au d&#233;but de leur &#233;volution contre-r&#233;volutionnaire pour se hisser au-dessus des masses comme une v&#233;ritable classe dont la structure d&#233;finitive est encore en voie de formation. Mais peut-&#234;tre pr&#233;f&#232;re-t-on maintenir que la contre-r&#233;volution russe a constitu&#233; une caste et n'est pas en train de cr&#233;er une classe. C'est &#233;galement possible, mais cela ne change rien au probl&#232;me. En effet, la diff&#233;rence essentielle entre une classe et une caste r&#233;side en ce que la classe a pour mission historique de d&#233;velopper le syst&#232;me de propri&#233;t&#233; qui l'a engendr&#233;e. Elle a donc, au d&#233;but de son r&#232;gne une trajectoire progressive &#224; parcourir. Ce fut le cas de la classe bourgeoise aujourd'hui en d&#233;cadence, et vue sous cet angle, la couche dominante de la soci&#233;t&#233; russe ne peut pr&#233;tendre au nom de classe que si l'on adopte la th&#233;orie du collectivisme bureaucratique. Cette d&#233;cadence de la classe dominante entra&#238;ne, en l'absence d'une r&#233;volution sociale bouleversant de fond en comble les rapports de propri&#233;t&#233;, la d&#233;cadence de tout le corps social. C'est sur ce terrain que surgissent les castes, v&#233;ritables produits de la pourriture g&#233;n&#233;rale. Le type classique en est celle des brahmanes hindous qui provient de la d&#233;cadence prolong&#233;e de la civilisation de l'Inde. Cette caste de brahmanes a un caract&#232;re religieux qui, &#224; premi&#232;re vue, semble la diff&#233;rencier suffisamment des stratifications sociales en formation en Russie stalinienne ; cependant on voit, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, que ce caract&#232;re religieux est en voie d'&#233;laboration en Russie. Les honneurs fantastiques dont est entour&#233;e la personne de Staline tendent &#233;videmment &#224; en faire le chef d'un nouveau rite, une sorte de proph&#232;te. L'existence des cr&#233;ateurs de religions a &#233;t&#233; entour&#233;e de fables de m&#234;me nature que celles dont Staline est envelopp&#233;. L'inca &#233;tait &#171; fils du soleil &#187;, l'empereur de Chine, &#171; fils du ciel &#187;, Staline est le &#171; soleil des peuples &#187;, le &#171; p&#232;re des peuples &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut remarquer une autre diff&#233;rence entre la caste et la classe ; cette derni&#232;re, produit d'une r&#233;volution sociale, a acquis peu &#224; peu des &#171; droits &#187; qui &#224; ses yeux, constituent la justification de sa domination. En &#233;change, la caste, n&#233;e de la d&#233;cadence de la soci&#233;t&#233;, alors que tout, les id&#233;es comme les classes et la propri&#233;t&#233;, y subit un lent processus de refonte, n'a rien, dans le pass&#233; qui justifie, m&#234;me &#224; ses yeux, sa domination. N'ayant aucun r&#233;pondant sur terre, elle doit n&#233;cessairement le trouver au ciel d'o&#249; elle extrait son mythe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; notre avis la situation int&#233;rieure russe rec&#232;le autant la possibilit&#233; de cr&#233;ation d'une classe sur la base du capitalisme d'&#201;tat existant aujourd'hui en Russie (par cons&#233;quent, pas tr&#232;s diff&#233;rente de la classe bourgeoise que nous connaissons dans le reste du monde) que d'une caste &#224; caract&#232;re religieux. En r&#233;alit&#233;, la bureaucratie stalinienne combine aujourd'hui ces deux formes sociales. Elle est encore indiff&#233;renci&#233;e par rapport &#224; elles et c'est seulement le d&#233;veloppement de la situation ult&#233;rieure, tant en Russie que dans le reste du monde, qui lui permettra d'affirmer une tendance ou l'autre. Mais si la bureaucratie stalinienne arrive &#224; former une classe, elle ne pourra en tout cas jamais jouer le r&#244;le progressif de toute classe dans sa p&#233;riode ascendante puisque celle-ci &#8212; nuance de la classe bourgeoise, r&#233;p&#233;tons-le &#8212; viendra forc&#233;ment s'ins&#233;rer dans la bourgeoisie mondialement consid&#233;r&#233;e et ne pourra servir qu'&#224; pr&#233;cipiter sa d&#233;cadence. &#192; moins qu'on admette la th&#233;orie du collectivisme bureaucratique que, pour notre part, nous rejetons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, tout ceci ne vaut, bien entendu, qu'en l'absence d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne triomphante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce qui pr&#233;c&#232;de d&#233;coule que la r&#233;volution socialiste, &#224; laquelle tendent spontan&#233;ment tous les peuples d'Europe, soit pour la bureaucratie russe un v&#233;ritable cauchemar qu'elle doit dissiper co&#251;te que co&#251;te pour se survivre et prosp&#233;rer et de l&#224; vient la n&#233;cessit&#233; pour elle d'abattre la r&#233;volution socialiste partout o&#249; elle pointe, sous peine de succomber elle-m&#234;me. L'exemple de la r&#233;volution espagnole est, &#224; cet &#233;gard, particuli&#232;rement &#233;difiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1936, les travailleurs espagnols s'emparent de tout l'appareil &#233;conomique du pays, dissolvent toutes les institutions bourgeoises y compris la justice, la police et l'arm&#233;e, s'emparent des armes et constituent leurs comit&#233;s et leur milice. L'&#201;tat bourgeois dispara&#238;t alors comme un fant&#244;me aux premi&#232;res lueurs de l'aube. Ce qui en subsiste, &#224; Madrid, ne gouverne que par la permission des comit&#233;s de travailleurs. Mais le stalinisme est l&#224; qui veille et vient d'&#233;touffer dans l'&#339;uf le mouvement r&#233;volutionnaire des masses fran&#231;aises (juin 1936). Il se dresse contre les milices ouvri&#232;res en faveur de l'arm&#233;e bourgeoise, contre les comit&#233;s en faveur de l'&#201;tat bourgeois, travaille infatigablement &#224; cr&#233;er, sous son contr&#244;le, u gouvernement d'union nationale (gouvernement Negrin) sous le couvert duquel il assassine et emprisonne les r&#233;volutionnaires avant de livrer la r&#233;volution &#224; Franco qui ach&#232;vera son &#339;uvre, lui permettant de garder vaguement les apparences et laissant libre cours &#224; la guerre imp&#233;rialiste qu'il aide &#224; d&#233;clencher par le pacte Staline-Hitler et qu'une r&#233;volution socialiste triomphante en Espagne e&#251;t emp&#234;ch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons aussi que les proc&#232;s de Moscou commencent avec la r&#233;volution espagnole et donnent tout son sens &#224; l'action que le stalinisme va entreprendre dans la p&#233;ninsule. Ils constituent une v&#233;ritable offre de services adress&#233;e &#224; la bourgeoisie mondiale. Par eux, la bureaucratie stalinienne dit : &#171; Voyez, la r&#233;volution est finie ; nous avons assassin&#233; ceux qui l'avaient men&#233;e &#224; la victoire. Nous sommes puissamment organis&#233;s dans le monde entier et en mesure d'en faire autant partout o&#249; ce sera n&#233;cessaire. Faites-nous confiance, nous sommes tout autant int&#233;ress&#233;s que vous au maintien de l'ordre capitaliste. Il n'y a m&#234;me que nous qui puissions le sauver &#187;. Et ils le prouvent derechef en Espagne comme ils le prouveront plus tard en Europe, au moment de la &#171; lib&#233;ration &#187;, dans les territoires qu'ils occupent et partant o&#249; dominent les partis staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de la bureaucratie stalinienne n'a donc pas &#233;t&#233; de &#171; ruiner toute une s&#233;rie de possibilit&#233;s r&#233;volutionnaires &#187; mais bien d'aider &#224; &#233;craser ou d'&#233;craser sciemment tout mouvement r&#233;volutionnaire d&#232;s qu'il pr&#233;sentait quelque danger pour la bourgeoisie et par suite pour la bureaucratie m&#234;me. C'est tellement vrai que &#171; l'Arm&#233;e rouge, sous les ordres de Staline, a pour mission de ravager, de piller l'industrie et les foyers en Allemagne, en Autriche et dans toutes les parties de l'Europe orientale conquises &#187;, ce qui am&#232;ne les camarades du nouveau C. E. &#224; constater dans leur premier plenum (deux mois apr&#232;s la Pr&#233;conf&#233;rence et le &#171; manifeste &#187;), que &#171; le libre d&#233;veloppement du mouvement des masses est entrav&#233; aussi bien par l'appareil militaire r&#233;actionnaire des imp&#233;rialistes que par la bureaucratie stalinienne &#187;. &#171; Entrave &#187; est peu dire et &#171; aussi bien &#187; est faux, car, &#224; l'exception de la Gr&#232;ce qui sert de champ de bataille aux imp&#233;rialistes occidentaux contre la bureaucratie stalinienne, la r&#233;pression contre le mouvement ouvrier n'a atteint nulle part la perfidie et l'acharnement qu'elle rev&#234;t dans l'Europe orientale domin&#233;e par les Russes. C'est encore l&#224; une mani&#232;re indulgente de consid&#233;rer l'action de la bureaucratie stalinienne dans les territoires qu'elle occupe, destin&#233;e &#224; masquer le divorce criant qui existe entre l'appr&#233;ciation officielle de notre Internationale et la r&#233;alit&#233; contre-r&#233;volutionnaire impos&#233;e par la bureaucratie stalinienne. Cependant, cet &#233;tat de choses am&#232;ne le C. E. &#224; combattre par la bande le &#171; manifeste &#187; d&#232;s son premier plenum et &#224; r&#233;clamer ce qu'exigeait le Groupe Espagnol de la IVe Internationale au Mexique, il y a deux ans, d&#232;s le d&#233;but de l'occupation : le retrait imm&#233;diat des troupes d'occupation, y compris celles de la contre-r&#233;volution stalinienne. En effet, le &#171; manifeste &#187; se limitait &#224; r&#233;clamer le retrait des troupes d'occupation en Allemagne, au Japon et en Italie. L'Autriche, toute l'Europe orientale, la Mandchourie et la Cor&#233;e n'&#233;taient pas occup&#233;es aux yeux des r&#233;dacteurs du &#171; manifeste &#187; mais il est hors de doute que les populations de ces derniers pays sont d'un avis diam&#233;tralement oppos&#233; et n'ont pas d&#251; voir sans col&#232;re l'oubli dont elles &#233;taient l'objet. Il en a &#233;t&#233; &#233;videmment de m&#234;me pour les populations de la zone d'occupation russe en Allemagne et ailleurs, car le manifeste les oublie aussi en incitant &#171; les ouvriers am&#233;ricains, anglais et europ&#233;ens &#224; manifester leur solidarit&#233; de classe envers les travailleurs des pays vaincus &#187;. Pas un mot sur les Russes qui n'ont &#233;videmment, d&#233;pendant de la sainte bureaucratie stalinienne, &#224; manifester cette solidarit&#233; que par le moyen du pillage des populations des pays occup&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est d'ailleurs pas sans r&#233;serves que le C. E. adopte cette attitude &#224; l'&#233;gard de la Russie, ni parce qu'il a d&#233;cid&#233; de modifier sa position envers la contre-r&#233;volution stalinienne ! En effet, dans la m&#234;me r&#233;solution le C. E. d&#233;clare que la IVe Internationale est &#171; pour la d&#233;fense des mesures &#233;conomiques progressives qui ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es dans les territoires occup&#233;s par l'Arm&#233;e rouge &#187;. Il faudrait s'entendre, camarades du C. E. : votre chien est-il enrag&#233; ou non ? La bureaucratie stalinienne a-t-elle envoy&#233; son arm&#233;e pour &#171; ravager et piller l'industrie et le foyers en Allemagne, en Autriche et dans toutes les parties de l'Europe orientale conquises &#187; ou bien pour apporter des &#171; mesures &#233;conomiques progressives &#187;. Autrement que sont ces &#171; mesures &#233;conomiques progressives &#187; que le pillage pr&#233;c&#232;de, accompagne et suit ? Peut-on douter un instant que les masses des pays occup&#233;s ressentent plus durement les pillages qu'elles n'appr&#233;cient des mesures d'une progressivit&#233; &#224; laquelle ces pillages m&#234;mes donnent tout leur sens ; car toute mesure progressive, c'est-&#224;-dire opprimer les masses, et &#233;lever leur niveau r&#233;volutionnaire et leur niveau de conscience pour accro&#238;tre une combativit&#233; dont ses pillages en feraient la premi&#232;re victime. Autant dire que le noir est en m&#234;me temps blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons, entre parenth&#232;ses, qu'en Allemagne orientale aussi bien qu'en Allemagne occidentale, les arm&#233;es russes d'une part et alli&#233;es d'autre part, ont trouv&#233; la plus grande partie des usines confisqu&#233;es par les travailleurs. Tandis que les alli&#233;s restituaient ces usines aux capitalistes allemands, les Russes les nationalisaient, c'est-&#224;-dire cr&#233;aient les bases &#233;conomiques d'un capitalisme d'&#201;tat similaire &#224; celui qui existe en Russie. Il s'agit donc, dans un cas comme dans l'autre, d'une spoliation du prol&#233;tariat puisque la propri&#233;t&#233; des instruments de production lui est arrach&#233;e. C'est &#224; cela et &#224; rien autre que se r&#233;duisent les &#171; mesures progressives &#187; apport&#233;es par l'arm&#233;e russe en Europe orientale. Et c'est devant cette situation que le C. E. d&#233;clare en substance : &#171; Bureaucratie stalinienne vous avez apport&#233; en Europe orientale des mesures tellement progressives qu'il vaut mieux que vous vous en alliez. C'est assez comme cela ! &#187; Et c'est ainsi que la IVe Internationale se pr&#233;pare &#224; devenir la direction r&#233;volutionnaire qui manque &#224; l'humanit&#233;, par des pitreries verbales dont le moins qu'on puisse dire c'est qu'elles r&#233;v&#232;lent la crainte de regarder les faits en face pour prendre les d&#233;cisions qu'ils imposent depuis longtemps ! Proposez donc aux masses des pays occup&#233;s par l'arm&#233;e staliniste de s'unir &#224; celle-ci pour d&#233;fendre la Russie et vous verrez quelle sera la r&#233;action de ces masses. Il est &#233;vident que partout o&#249; passent les troupes de la contre-r&#233;volution russe, il n'y a plus de place pour la position d&#233;fensiste, et ce qui est plus grave encore, les id&#233;es socialistes y ont perdu du terrain, puisque partout o&#249; des &#233;lections ont pu avoir lieu avec un minimum de garanties, les partis r&#233;actionnaires ont triomph&#233;, canalisant l'opposition &#224; l'occupation staliniste. Cette situation exprime &#233;videmment la haine des peuples occup&#233;s pour la bureaucratie staliniste et ses valets nationaux. Elle montre en m&#234;me temps que nos camarades dans ces pays, rejet&#233;s dans l'ill&#233;galit&#233;, traqu&#233;s, assassin&#233;s, n'ont pas &#233;t&#233; en mesure d'orienter le m&#233;contentement des masses. Il est vrai que s'ils maintenaient une position d&#233;fensiste, et ob&#233;issaient aux mots d'ordre de l'actuelle direction de notre Internationale, les travailleurs ne pouvaient que les consid&#233;rer comme des auxiliaires de leurs oppresseurs et se d&#233;tourner d'eux avec horreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais l&#224; o&#249; surgiraient des mouvements r&#233;actionnaires qui, avec l'appui des imp&#233;rialistes, tenteraient de renverser l'&#233;conomie plus ou moins &#233;tatis&#233;e et de r&#233;tablir la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re afin de cr&#233;er une base d'attaque contre l'Union sovi&#233;tique, nous nous opposerions &#224; ces man&#339;uvres et combattrions aux c&#244;t&#233;s de l'Arm&#233;e rouge pour la d&#233;faite des imp&#233;rialistes et de leurs agents jusqu'&#224; ce que les travailleurs de ces pays soient capables de faire face seuls &#224; la contre-r&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur amour pour la Russie, les camarades du C. E. ne voient aucun moyen de diriger le mouvement r&#233;volutionnaire des masses opprim&#233;es par la contre-r&#233;volution russe en Europe orientale et ne peuvent envisager qu'une situation o&#249; : a) des mouvements r&#233;actionnaires surgiraient appuy&#233;s par l'imp&#233;rialisme &#233;tranger ; b) ces mouvements s'opposeraient &#224; &#171; l'&#201;tat ouvrier d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#187;. Ils n'envisagent pas un instant que des mouvements r&#233;volutionnaires pourraient &#233;clater dans ces pays. Pourquoi ? Parce que la classe ouvri&#232;re y est opprim&#233;e d'une mani&#232;re si f&#233;roce qu'elle est dans l'impossibilit&#233; de r&#233;agir ? Parce que les masses soutiennent l'arm&#233;e et la bureaucratie stalinienne ? Si les masses soutiennent l'arm&#233;e occupante te la bureaucratie du Kremlin, pourquoi alors r&#233;clamer l'&#233;vacuation de ces territoires par l'arm&#233;e russe et que signifient ces pillages dont il a &#233;t&#233; question plus haut ? Nous pensons au contraire que l'arm&#233;e russe a suscit&#233; une telle haine au sein des masses que celles-ci risquent de se laisser entra&#238;ner par n'importe quel mouvement de &#171; lib&#233;ration &#187; appuy&#233; ou non par l'imp&#233;rialisme &#233;tranger. Par ailleurs, si un mouvement r&#233;volutionnaire &#233;clatait dans un pays occup&#233; par l'arm&#233;e russe, contre qui serait-il dirig&#233; directement ? Contre un imp&#233;rialisme occidental avec qui ces masses n'ont aucun contact direct ou contre &#171; l'&#201;tat ouvrier d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#187; qui les opprime f&#233;rocement &#171; pille les foyers &#187; et &#171; ravage l'&#233;conomie &#187; du pays tout en apportant des &#171; mesures progressives &#187; qui n'emp&#234;chent pas les camarades du C. E. de r&#233;clamer le retrait imm&#233;diat des troupes russes d'occupation ? Allons, camarades du C. E., sortez de ces contradictions grotesques et proclamez clairement que l'occupation russe a apport&#233; en Europe orientale les m&#234;mes maux que l'occupation nazie en Europe occidentale, que les &#171; nationalisations &#187; et la r&#233;forme agraire ne sont que de la poudre jet&#233;e aux yeux des r&#233;volutionnaires pour leur cacher la r&#233;alit&#233; des pillages et des exactions de toutes sortes commis par les sbires de Staline. C'est seulement ainsi que nos camarades de ces pays seront en mesure de se faire entendre des masses qui sans cela suivront le premier aventurier petit-bourgeois venu qui leur promettra la &#171; lib&#233;ration &#187; du joug russe. Et m&#234;me ainsi, il n'est pas certain que cet aventurier n'apporterait pas des mesures plus progressives que l'occupation russe, m&#234;me s'il &#233;tait l'agent des imp&#233;rialismes occidentaux. En effet, pour se faire entendre des masses, il devrait apporter dans ses bagages les libert&#233;s d&#233;mocratiques essentielles, c'est-&#224;-dire donner aux masses, au moins momentan&#233;ment un minimum de possibilit&#233;s d'action autonome, ce que le stalinisme ne peut pas tol&#233;rer un instant. Est-ce &#224; dire que nos camarades, dans ces r&#233;gions, doivent faire cause commune avec n'importe quel mouvement de &#171; lib&#233;ration &#187; ? &#201;videmment non, mais ils doivent lutter contre l'occupation russe comme ils ont lutt&#233; contre l'occupation nazie, en montrant aux masses le leurre de la &#171; lib&#233;ration &#187; qu'on leur propose, que l'imp&#233;rialisme &#233;tranger soit dans la coulisse ou non. Ils doivent expliquer patiemment aux masses que le salut ne peut pas venir des classes poss&#233;dantes, m&#234;me si leurs int&#233;r&#234;ts les opposent &#224; la bureaucratie russe. Le salut, pour les masses, ne peut venir que d'elles-m&#234;mes et leur arme principale dans cette lutte lib&#233;ratrice, celle que le C. E. recommande &#224; juste titre, c'est la fraternisation avec les troupes de la bureaucratie stalinienne. Mais pour pratiquer la fraternisation entre occup&#233;s et occupants, il faut d'abord abandonner tout vestige d&#233;fensiste. En effet, quelle fraternisation est possible &#224; partir du moment o&#249; l'occup&#233;, en admettant qu'il soit assez insens&#233; pour le faire, s'adresse &#224; l'occupant en ces termes : &#171; Je suis avec toi pour d&#233;fendre l'URSS contre Staline &#187; ? L'URSS, pour le soldat russe, c'est Staline avec ses bureaucrates, ses officiers et sa Gu&#233;p&#233;ou. Il est clair qu'il n'en veut pas, qu'il ne souhaite que secouer son joug. Non, le travailleur des pays occup&#233;s par l'arm&#233;e stalinienne doit s'adresser au soldat russe ainsi : &#171; Nous sommes fr&#232;res, unissons-nous contre nos ennemis communs &#8212; Staline et notre bourgeoisie &#8212; comme ils se sont unis contre nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette m&#234;me r&#233;solution le C. E. nous parle &#233;galement d'une &#233;conomie &#171; plus ou moins &#233;tatis&#233;e &#187; qu'il s'agit de d&#233;fendre contre la bourgeoisie nationale et ses alli&#233;s imp&#233;rialistes. &#171; Plus ou moins &#233;tatis&#233;e &#187; est d&#233;j&#224; un chef-d'&#339;uvre, mais une premi&#232;re remarque s'impose : quel est l'&#201;tat qui a &#171; plus ou moins &#233;tatis&#233; &#187; (nationalis&#233;) cette &#233;conomie ? Les camarades du C. E. vont-ils nous affirmer que cet &#201;tat, parce qu'il est esclave et complice de la bureaucratie russe, est un &#171; &#201;tat ouvrier d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#187; ? Cette absurdit&#233; nous conduirait alors &#224; conclure que cet &#201;tat est plus &#171; d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#187; que l'&#201;tat russe. On voit &#224; quelles insanit&#233;s on aboutit en suivant le raisonnement des camarades du C. E. En r&#233;alit&#233;, cet &#201;tat est tellement &#171; d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; &#187; qu'il n'a rien d'ouvrier, malgr&#233; le &#171; contr&#244;le ouvrier &#187; et autres mesures du m&#234;me ordre, car il s'agit d'un &#201;tat bourgeois totalement d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et encha&#238;n&#233; aux int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes russes, d'un &#201;tat issu de la d&#233;cadence du capitalisme engendr&#233;e &#224; son tour par une situation o&#249; toutes les conditions objectives de la r&#233;volution socialiste sont donn&#233;es, dans les principaux pays d'Europe au moins, cependant que le facteur subjectif (la direction r&#233;volutionnaire) n'a pas r&#233;ussi &#224; jouer son r&#244;le, en grande partie &#224; cause de l'attitude timor&#233;e et complaisante qu'elle observe &#224; l'&#233;gard de la contre-r&#233;volution stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la nationalisation de tout ou partie de l'&#233;conomie d'un pays ne change rien &#224; la nature de l'&#201;tat puisque c'est la m&#234;me classe, mais infest&#233;e des parasites staliniens, qui le contr&#244;le. D'abord, pourquoi une partie de l'&#233;conomie a-t-elle &#233;t&#233; nationalis&#233;e et pas l'autre ? Pour deux raisons : 1. parce qu'une partie de l'outillage &#233;conomique a &#233;t&#233; vol&#233;e par la bureaucratie stalinienne ; 2. parce que, de ce qui reste, on a nationalis&#233; les usines appartenant aux ennemis de la bureaucratie russe, aux capitalistes qui ne reconnaissent pas la suzerainet&#233; de Moscou. En &#233;change, celles appartenant &#224; des individus ou des groupes qui voient dans le kremlin le Messie du jour, passent sous la protection de celui-ci. La nationalisation stalinienne, dans les territoires qu'elle occupe, appara&#238;t donc exactement semblable au racket des gangsters am&#233;ricains prot&#232;gent les victimes qui paient tribut et attaquant ceux qui leur r&#233;sistent. Elle n'a aucun caract&#232;re social. C'est tout simplement une mesure de repr&#233;sailles militaires s'ajoutant &#224; l'occupation et aux r&#233;parations exig&#233;es par Moscou. On le voit plus clairement encore lorsqu'on examine d'un peu pr&#232;s la &#171; r&#233;forme agraire &#187; implant&#233;e par la contre-r&#233;voution russe en Europe orientale, r&#233;forme dont, par exemple, l'&#201;glise ainsi que les propri&#233;taires fonciers reconnaissant l'autorit&#233; des agents nationaux du Kremlin sont exclus. L&#224;, il ne s'agit nullement de confiscation de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re distribu&#233;e entre les paysans sans terres, mais bel et bien de vendre les terres saisies aux capitalistes ennemis de la bureaucratie russe. M&#234;me si ces terres ne donnent lieu au versement d'aucune indemnit&#233; aux propri&#233;taires d&#233;chus, qui encaisse le produit de leur vente ? &#201;videmment l'&#201;tat bourgeois auquel participent, directement ou indirectement, les propri&#233;taires d&#233;poss&#233;d&#233;s et derri&#232;re qui se tient la plupart du temps le Shylock moscovite qui r&#233;clame des r&#233;parations. Qu'y a-t-il de commun entre cette r&#233;forme agraire et celle des bolcheviks de 1917 ? Rien, absolument rien. Quant &#224; l'ampleur de cette &#171; r&#233;forme agraire &#187;, faisons les plus expresses r&#233;serves. New International de septembre 1946 (A. Rudzienski : Russian Imperialism in Poland), citant la presse bourgeoise, nous apprend qu'en Pologne, fief ch&#233;ri de la bureaucratie stalinienne, 1 300 000 hectares de terres ont &#233;t&#233; mis en vente au profit des paysans qui en sont d&#233;pourvus. Th&#233;oriquement du moins, car il est peu probable que ces paysans puissent en profiter apr&#232;s avoir &#233;t&#233; pill&#233;s par les nazis et par les Russes. Mais le m&#234;me organe nous apprend que 1 500 000 hectares de terres ont &#233;t&#233; attribu&#233;s &#224; l'arm&#233;e &#171; rouge &#187; : la part du lion ! Rappelons entre parenth&#232;ses que les nazis agissaient de m&#234;me et donnaient &#224; leurs fid&#232;les des terres saisies dans les pays conquis ; encore &#233;tait-ce sous forme d'exploitations agricoles hautement industrialis&#233;es, tandis que la bureaucratie russe, en favorisant l'exploitation parcellaire, perp&#233;tue un type d'exploitation retardataire. Son but, en multipliant les exploitations parcellaires, est simplement de cr&#233;er des groupes de paysans satisfaits pr&#234;ts &#224; la soutenir dans son action contre les travailleurs des villes qui restent ses principaux ennemis. Mais, pour en finir avec la Pologne, rappelons que Pilsudski, au lendemain de la premi&#232;re guerre mondiale, avait accompli, &#233;videmment sous la pression des masses, une &#171; r&#233;forme agraire &#187; beaucoup plus vaste puisqu'elle embrassait 3 000 000 d'hectares de terres. La bureaucratie russe se r&#233;v&#232;le donc incapable d'&#233;galer Pilsudski. Il est vrai qu'ayant &#233;cras&#233; les masses &#224; l'aide de ses valets, elle n'a plus besoin de leur donner un semblant de satisfaction pour apaiser leur col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONTRE LE GOUVERNEMENT PS-PC-CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons au &#171; manifeste &#187;. Ses r&#233;dacteurs nous affirment que la bourgeoisie ne pourra pas suivre la tactique qu'elle avait adopt&#233;e apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale, consistant &#224; c&#233;der momentan&#233;ment le pouvoir aux partis &#171; ouvriers &#187; qui avaient apport&#233; des am&#233;liorations aux conditions de vie des travailleurs, parce qu'elle se trouve aujourd'hui dans une situation catastrophique. Autrement dit, nos camarades pr&#233;voient une aggravation du sort de la classe ouvri&#232;re &#8212; ce qui est &#233;vident &#8212; mais ils ne se demandent pas un instant quels partis peuvent faire accepter aux travailleurs cette aggravation de leur sort. Seront-ce les partis classiques de la r&#233;action bourgeoise, le fascisme, ou les partis &#171; ouvriers &#187; ? R&#233;pondons sans h&#233;siter que seuls, absolument seuls les r&#233;formistes et staliniens sont en mesure de faire accepter &#224; la classe ouvri&#232;re les terribles conditions d'existence qu'elle conna&#238;t aujourd'hui dans presque toute l'Europe et encore les premiers seraient-ils impuissants sans les seconds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les masses europ&#233;ennes ont tellement souffert du fascisme que son retour au pouvoir est inconcevable pour le moment, les partis bourgeois r&#233;actionnaires dont certains membres ont collabor&#233; avec l'envahisseur nazi, ne jouissent plus que d'un prestige r&#233;duit m&#234;me dans la paysannerie. En &#233;change, les partis stalinien et r&#233;formiste b&#233;n&#233;ficient de la confiance actuelle des masses parce qu'ils ont, l'un, usurp&#233; la tradition r&#233;volutionnaire d'Octobre, et l'autre apport&#233; jadis aux masses des avantages &#233;conomiques qu'ils &#233;taient alors seuls capables de leur donner dans le cadre de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Ceci, en l'absence d'un parti r&#233;volutionnaire en conditions de se faire entendre des masses avec un programme de lutte clair et pr&#233;cis. Mais si les r&#233;formistes ont pu, jadis, am&#233;liorer le sort des masses, il n'en est plus de m&#234;me &#224; pr&#233;sent, sans cependant que leur r&#244;le de pare-choc au b&#233;n&#233;fice de la bourgeoisie ait chang&#233;. On l'a vu, en France, en juin 1936, o&#249; Blum affirmait que &#171; tout n'&#233;tait pas possible &#187;, cependant que Thorez d&#233;clarait qu'il fallait &#171; savoir terminer une gr&#232;ve &#187;. En ce sens, leur r&#244;le contre-r&#233;volutionnaire reste identique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, une diff&#233;rence importante est &#224; noter. &#192; l'&#233;poque pass&#233;e &#8212; dont on peut marquer la fin avec l'explosion r&#233;volutionnaire d'Espagne &#8212; l'arriv&#233;e au pouvoir des r&#233;formistes signifiait un surcro&#238;t de libert&#233; pour les masses, surtout pour l'avant-garde qui voyait ses moyens d'action multipli&#233;s. C'&#233;tait, par suite, la possibilit&#233; d'un &#233;largissement de la lutte de classes, les masses passant par dessus la t&#234;te de leurs dirigeants apr&#232;s en avoir estim&#233; le r&#244;le contre-r&#233;volutionnaire. Mais, peut-on dire que la premi&#232;re r&#233;alisation d'un gouvernement r&#233;formiste-stalinien (ce fut pendant la guerre civile espagnole) ait valu aux masses un accroissement de libert&#233; ? Tout au contraire, l'arriv&#233;e au pouvoir du gouvernement Negrin que dominaient les staliniens &#8212; marque le d&#233;but d'une r&#233;pression f&#233;roce du mouvement r&#233;volutionnaire (r&#233;pression du mouvement de mai 1937 &#224; Barcelone, assassinat de Nin, Bernieri [sic pour Camillo Berneri, anarchiste assassin&#233; par les staliniens en mai 1937.], Moulin, etc., suppression des libert&#233;s d&#233;mocratiques bourgeoises de parole, presse, etc.), et le r&#233;tablissement complet du pouvoir bourgeois. En un mot, ce fut la fin de la r&#233;volution espagnole, de m&#234;me que dans l'Europe orientale, la venue au pouvoir des coalitions de staliniens et r&#233;formistes en combinaison avec toute sorte de racaille r&#233;actionnaire a signifi&#233; l'arr&#234;t complet du mouvement r&#233;volutionnaire des masses travailleuses de ces pays, en m&#234;me temps que l'emprisonnement ou l'assassinat des militants r&#233;volutionnaires oppos&#233;s au stalinisme, de m&#234;me encore que leur ascension au pouvoir en compagnie des partis bourgeois, en Europe occidentale, a signifi&#233; un recul rapide du mouvement r&#233;volutionnaire des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me en France, quel insens&#233; peut croire que la venue au pouvoir d'un gouvernement P.S.-P.C.-C.G.T. signifierait plus de libert&#233; pour notre section fran&#231;aise ? Il est au contraire &#233;vident qu'un tel gouvernement marquerait le d&#233;but d'une &#232;re de r&#233;pression &#233;gale ou pire &#224; celle que le mouvement ouvrier a connue pendant l'occupation nazie et dirig&#233;e cette fois exclusivement contre l'avant-garde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accession au pouvoir d'une coalition &#171; ouvri&#232;re &#187; compos&#233;e de staliniens et r&#233;formistes ne peut donc plus apporter aujourd'hui aucune impulsion au mouvement r&#233;volutionnaire des masses mais signifie au contraire son &#233;crasement par les partis &#171; ouvriers &#187; au nom de la bourgeoisie, de m&#234;me que le fascisme du pass&#233;. L'Espagne d'hier et l'Europe orientale aujourd'hui le prouvent sans la moindre &#233;quivoque. Dans ces conditions, le mot d'ordre, en France par exemple, de gouvernement P.S.-P.C.-C.G.T. perd toute signification r&#233;volu-tionnaire car la pr&#233;sence des ministres capitalistes dans un gouvernement &#224; participation &#171; ouvri&#232;re &#187; sert simplement d'alibi aux ministres &#171; ouvriers &#187;. Elle leur permet de faire la politique de la bourgeoisie tout en rejetant la responsabilit&#233; de cette politique sur les ministres capitalistes. Mais l'&#233;viction du gouvernement des ministres capitalistes, si elle peut signifier que les masses ne les peuvent plus tol&#233;rer et que par cons&#233;quent une crise r&#233;volutionnaire est ouverte n'est d'aucun b&#233;n&#233;fice, aujourd'hui, pour les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture de cette crise contraint le capitalisme &#224; s'effacer, &#224; c&#233;der le pouvoir aux partis &#171; ouvriers &#187;, seuls capables de la dominer. Le r&#244;le des ministres &#171; ouvriers &#187; n'est nullement chang&#233;. Ils restent, comme devant, les ex&#233;cutants de la bourgeoisie mais sont alors oblig&#233;s d'adopter d'autres m&#233;thodes pour remplir leur r&#244;le de sauveteurs du capitalisme. Ces m&#233;thodes ne peuvent plus aujourd'hui &#234;tre que des m&#233;thodes fascistes. Le fascisme, tel que nous l'avons vu &#224; l'&#339;uvre en Italie et en Allemagne repr&#233;sente le dernier sursaut du capi-talisme pour se sauver par ses propres m&#233;thodes. Sous cette forme, le fascisme a &#233;chou&#233;. Son opposition au mouvement ouvrier dans son ensemble &#8212; des r&#233;formistes aux r&#233;volutionnaires &#8212; le pla&#231;ait dans l'impossibilit&#233; de faire accepter aux masses les mesures r&#233;actionnaires qu'il &#233;tait tenu de prendre. Un gouvernement &#171; ouvrier &#187;, au contraire, n'arrive au pouvoir que par la volont&#233; des masses dont il se pr&#233;tend l'interpr&#232;te. Mais ce gouvernement &#171; ouvrier &#187; doit in&#233;vitablement, pour sauver le capitalisme, reprendre &#224; son compte les mesures adopt&#233;es par les fascistes d'antan que son cr&#233;dit initial aupr&#232;s des masses lui permet d'imposer, pour cr&#233;er ainsi une situation telle que les masses, priv&#233;es de tout moyen d'action, sont plac&#233;es dans l'impossibilit&#233; de r&#233;agir ult&#233;rieurement. Certes, les ministres &#171; ouvriers &#187; sont alors contraints de se d&#233;masquer, de d&#233;voiler aux masses la mission contre-r&#233;volutionnaire qu'ils ont re&#231;ue de la bourgeoisie, mais les m&#233;thodes fascistes qu'ils emploient alors contre l'avant-garde ferment aux masses la voie de la r&#233;volution ; leur &#233;lan est stopp&#233; net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on examine la situation que le stalinisme a cr&#233;&#233;e en Europe orientale et l'on aura l'image de celle r&#233;serv&#233;e &#224; l'Europe occidentale en cas de triomphe staliniste, en cas de gouvernement P.S.-P.C.-C.G.T., en France. Le stalinisme au pouvoir a-t-il signifi&#233; plus de libert&#233; pour les masses des pays occup&#233;s, bien qu'il ait d&#233;voil&#233; sans &#233;quivoque sa nature contre-r&#233;volutionnaire ? &#201;videmment non, sans quoi les camarades du C. E. ne r&#233;clameraient pas l'&#233;vacuation de ces territoires par l'arm&#233;e &#171; rouge &#187;. Les conditions de la lutte ont &#233;videmment chang&#233; et appellent imp&#233;rieusement l'abandon de ce mot d'ordre au profit d'une lutte implacable contre ces ministres &#171; ouvriers &#187; et d'un travail patient et difficile pour montrer aux masses que staliniens et r&#233;formistes sont indispensables au sauvetage de la bourgeoisie d&#233;cadente et la condition m&#234;me de sa survivance &#224; l'&#233;tat s&#233;nile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre tactique repose, en effet enti&#232;rement sur les partis tra&#238;tres dont l'existence obstrue tout l'horizon r&#233;volutionnaire des camarades de la direction. Ne serait-il pas plus profitable de s'adresser &#224; toutes les organisations ouvri&#232;res minoritaires avec un programme de lutte clair et pr&#233;cis contre le capitalisme et les partis tra&#238;tres, en abandonnant le d&#233;fensisme, le gouverne-ment P.S.-P.C.-C.G.T., les nationalisations, etc., pour leur proposer un front unique r&#233;volutionnaire ayant pour objectif la subversion de la soci&#233;t&#233; capitaliste ? Un bloc ainsi compos&#233; s'opposant aux trahisons journali&#232;res des staliniens et r&#233;formistes, d&#233;non&#231;ant leur collusion avec la bourgeoisie contre les masses ouvri&#232;res constituerait un centre d'attraction qui permettrait &#224; la classe ouvri&#232;re de voir plus clairement l'issue r&#233;volutionnaire de la crise actuelle et faciliterait son d&#233;tachement des partis stalinien et r&#233;formiste. Il constituerait une force s'opposant &#224; la trahison des partis &#171; ouvriers &#187; tandis que, seuls, nos sections et groupes, par leur insignifiance num&#233;rique ne peuvent pas appara&#238;tre aux masses comme un &#233;l&#233;ment de lutte suffisant contre ces partis dont, par ailleurs, ils ne se diff&#233;rencient pas assez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question se pose &#233;videmment de savoir ce qui est pr&#233;f&#233;rable, de l'&#233;ducation des masses &#224; travers l'exp&#233;rience tragique d'une r&#233;volution &#233;touff&#233;e dans l'&#339;uf par les staliniens et r&#233;formistes et laissant place &#224; un r&#233;gime totalitaire pour toute une p&#233;riode historique, ou de la d&#233;nonciation claire et pr&#233;cise, &#224; propos de tous les incidents de la lutte quotidienne, du r&#244;le politique exact du stalinisme et du r&#233;formisme dans l'&#233;poque pr&#233;sente. Dans le premier cas, le sort de la r&#233;volution est r&#233;gl&#233; d'avance et l'avant-garde assassin&#233;e ou r&#233;duite &#224; l'impuissance. Dans le second cas et dans la pire hypoth&#232;se, on risque de n'avoir pas le temps de d&#233;tromper les masses et de laisser &#233;chapper une occasion r&#233;volutionnaire ; mais en tout cas l'avant-garde sera id&#233;ologiquement et organiquement plus forte pour r&#233;sister &#224; la r&#233;pression qui s'ensuivra et pr&#233;parer l'offensive future en vue de la vague r&#233;volutionnaire suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE FRONT UNIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est un point que le manifeste passe sous silence : le front unique. Notre parti fran&#231;ais, par exemple, l'a propos&#233; &#224; diverses reprises aux partis stalinien et r&#233;formiste. C'est encore l&#224; un exemple d'une application m&#233;canique d'une tactique qui n'a plus de raison d'&#234;tre dans les circonstances actuelles. Le front unique, tel qu'il est d&#233;fini par L&#233;nine et Trotzky, tenait compte de la n&#233;cessit&#233; pour les masses de mettre &#224; l'&#233;preuve leurs dirigeants dont l'avant-garde affirmait qu'ils les trahissaient. Mais ces dirigeants tra&#238;tres &#233;taient amen&#233;s &#224; accepter le front unique propos&#233; par l'avant-garde &#224; cause de leur position de bureaucrates r&#233;formistes dans le mouvement ouvrier car les partis r&#233;formistes n'&#233;taient pas encore int&#233;gr&#233;s &#224; l'&#201;tat capitaliste. Ils repr&#233;sentaient encore une tendance, droiti&#232;re il est vrai, du mouvement ouvrier, bien qu'il f&#251;t et soit encore n&#233;cessaire de distinguer le stalinisme, avant-garde de la contre-r&#233;volution mondiale, des partis &#171; socialistes &#187; o&#249; l'aile gauche est susceptible de passer sur des positions r&#233;volutionnaires, ce qui est impossible dans les partis staliniens &#224; structure monolithique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait jadis que les dirigeants tra&#238;tres, ou bien acceptassent le front unique et tous les risques qu'il comportait ou bien qu'ils d&#233;couvrissent leur transformation en aile gauche de la bourgeoisie oppos&#233;e aux revendications des masses. Il n'en est plus de m&#234;me aujourd'hui. Peut-on dire, en effet, que le parti &#171; socialiste &#187; dans son ensemble, malgr&#233; les courants divers qu'il canalise, repr&#233;sente quelque part au monde une tendance m&#234;me droiti&#232;re du mouvement ouvrier, alors qu'unis au stalinisme, les r&#233;formistes ont &#233;t&#233; seuls en mesure de faire accepter aux masses les souffrances inou&#239;es de la guerre et les terribles conditions de vie que le capitalisme leur impose aujourd'hui ? Le parti &#171; socialiste &#187; est &#233;videmment int&#233;gr&#233; &#224; l'&#201;tat capitaliste qui ne peut plus se passer de lui. Par ailleurs, la survivance de l'&#201;tat capitaliste sous leur contr&#244;le est pour eux une question de vie ou de mort car les bureaucrates r&#233;formistes savent admirablement que la r&#233;volution prol&#233;tarienne les balaierait net, tandis qu'autrefois ils pouvaient esp&#233;rer se laisser porter par le flot r&#233;volutionnaire pour ramener ensuite la soci&#233;t&#233; dans son lit bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas plus possible de dire que le stalinisme repr&#233;sente une tendance droiti&#232;re du mouvement ouvrier. C'est en effet &#8212; et personne ne le niera &#8212; l'agent d'ex&#233;cution de la contre-r&#233;volution russe dans tous les pays. La politique du Kremlin &#8212; personne ne le niera non plus &#8212; est caract&#233;ris&#233;e par un m&#233;pris absolu des aspirations des masses. Une seule chose compte pour les bureaucrates staliniens dans quelque pays que ce soit : servir aveugl&#233;ment le ma&#238;tre du Kremlin. En outre, le maintien de la dictature stalinienne en Russie d&#233;pend du sort de la r&#233;volution socialiste, tant en Russie qu'en Europe et dans le monde entier. De l&#224; vient que le plus farouche ennemi de la r&#233;volution prol&#233;tarienne soit le stalinisme et de l&#224; vient aussi que le stalinisme soit le meilleur et le plus farouche d&#233;fenseur de l'&#201;tat capitaliste. En d'autres termes, si la classe ouvri&#232;re a assimil&#233; l'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire des trente derni&#232;res ann&#233;es, la bourgeoisie et surtout ses d&#233;fenseurs staliniens et r&#233;formistes l'a encore mieux assimil&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, si jadis, les dirigeants r&#233;formistes &#233;taient tenus de composer avec les travailleurs qui leur accordaient leur confiance &#224; cause de l'instabilit&#233; de leur situation, celle-ci s'&#233;tant affermie, leurs liens avec la bourgeoisie s'&#233;tant resserr&#233;s, ils sont d&#233;sormais en mesure d'imposer leur politique r&#233;actionnaire aux travailleurs qui les suivent. Quant au stalinisme, prot&#233;g&#233; par l'aur&#233;ole qu'il a usurp&#233;e &#224; la r&#233;volution d'Octobre, il trahit sciemment les travailleurs au profit de la contre-r&#233;volution russe. Dans ces conditions, toute proposition de front unique de notre part aux partis r&#233;formiste et stalinien est vou&#233;e &#224; l'&#233;chec et ne sert en outre qu'&#224; nous couvrir de ridicule si l'on consid&#232;re sereinement le rapport des forces, en France par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique du front unique est indispensable pour arriver &#224; la constitution des conseils ouvriers : c'est un fait aussi &#233;vident que ces conseils ouvriers n'ont jamais &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s &#224; la suite d'un accord entre les dirigeants des organisations ouvri&#232;res, bien que dans le pass&#233; et surtout dans la r&#233;volution russe, celles-ci les aient soutenus. C'est d'ailleurs l&#224; une situation qu'on ne reverra plus. D&#233;j&#224;, dans la guerre civile espagnole, on peut constater que les partis &#171; ouvriers &#187;, d&#232;s qu'ils ont form&#233; un gouvernement de coalition avec la bourgeoisie, n'ont rien de plus press&#233; que de supprimer les comit&#233;s ouvriers ou de les int&#233;grer &#224; l'&#201;tat capitaliste reconstitu&#233; pour leur retirer toute efficacit&#233; r&#233;volutionnaire. On peut affirmer qu'aujourd'hui le stalinisme est incompatible avec le pouvoir ouvrier. Par suite, la d&#233;fense de ce dernier implique la lutte &#224; mort contre le stalinisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;volution russe, les mencheviks et les socialistes-r&#233;volutionnaires conservaient la dualit&#233; de pouvoir et, par suite, soutenaient les soviets afin d'&#233;viter de se prononcer sur le pouvoir qui devait balayer l'autre, car ce pouvoir bourgeois agonisant leur servait de contrepoids aux exigences des masses. Mais dans la r&#233;volution espagnole on voit les partis &#171; ouvriers &#187; choisir r&#233;solument le pouvoir bourgeois en attaquant les comit&#233;s ouvriers qui d&#233;tenaient tout le pouvoir, pour ainsi dire sans le savoir, et les plier au pouvoir bourgeois restaur&#233;. Aussi, dor&#233;navant, peut-on &#234;tre assur&#233; que les conseils ouvriers n'arriveront &#224; se constituer que contre la volont&#233; des partis r&#233;formiste et stalinien et devront aussit&#244;t entrer en lutte avec eux. Or ces comit&#233;s sont l'expression de la volont&#233; de combat des ouvriers sur le plan de l'usine ou de la localit&#233;. C'est donc le front unique &#224; l'usine, dans la localit&#233;, voire dans la r&#233;gion qui doit &#234;tre recherch&#233; &#224; l'occasion d'actions nettement limit&#233;es (gr&#232;ve, protection de r&#233;unions ouvri&#232;res contre les fascistes, dissolution de r&#233;unions fascistes, etc.). C'est ainsi que les travailleurs qui suivent les r&#233;formistes et staliniens apprendront &#224; conna&#238;tre nos militants, &#224; appr&#233;cier leur d&#233;vouement &#224; la cause ouvri&#232;re et se d&#233;tacheront de leurs dirigeants, et non parce que ceux-ci se seront une, dix ou cent fois refus&#233; au front unique que notre organisation leur avait propos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rejetons aussi et cat&#233;goriquement le mot d'ordre de &#171; gouvernement P.S.-P.C.-C.G.T. &#187; pour la France ainsi que tout mot d'ordre de m&#234;me contenu pour quelque pays que ce soit. Un tel mot d'ordre ne peut que nous faire appara&#238;tre comme la queue du stalinisme, semer des illusions dans les masses et entraver notre lutte contre les partis tra&#238;tres &#224; commencer par le stalinisme. Il d&#233;coule d'une conception p&#233;rim&#233;e du r&#244;le des partis &#171; socialiste &#187; et staliniste qui ont aujourd'hui l'audience des masses, uniquement parce que la IVe Internationale n'a pas encore pu et su se faire entendre avec un programme de lutte clair et pr&#233;cis. Or l'axe de notre lutte doit &#234;tre le stalinisme qu'il s'agit de d&#233;masquer et d'abattre &#224; tout prix, &#224; peine d'assister impuissants &#224; l'&#233;tranglement de la r&#233;volution socialiste. Le dilemme se pr&#233;sente ainsi : Ou nous &#233;craserons le stalinisme ou il nous &#233;crasera. Le probl&#232;me consiste donc dans la tactique &#224; suivre pour l'&#233;craser &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONSTITUANTE OU CONSEILS OUVRIERS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, le &#171; manifeste &#187;, avec son analyse d&#233;su&#232;te et ses mots d'ordre contradictoires conduit tout droit &#224; la d&#233;faite. C'est ainsi qu'il y est dit, dans un m&#234;me paragraphe : &#171; Formez vos propres comit&#233;s d'ouvriers et de paysans pour diriger la lutte ! &#187; et quatre lignes plus loin : &#171; Exigez la convocation imm&#233;diate d'une Assembl&#233;e Constituante o&#249; s'exprimeront librement la volont&#233; du peuple et son droit &#224; se gouverner &#224; sa guise ! &#187; Il faudrait s'entendre : si les masses cr&#233;ent des comit&#233;s d'ouvriers et de paysans, c'est-&#224;-dire si elles jettent les bases du pouvoir prol&#233;tarien, qu'a-t-on besoin d'une Constituante, m&#234;me souveraine, c'est-&#224;-dire du pouvoir bourgeois ? &#192; moins que les r&#233;dacteurs du &#171; manifeste &#187; veuillent &#224; tout prix se donner pour t&#226;che la cr&#233;ation d'une situation de double pouvoir pour avoir le plaisir de la r&#233;soudre ensuite en faisant dissoudre cette Constituante par les milices contr&#244;l&#233;es par les comit&#233;s d'ouvriers et de paysans. Cela r&#233;v&#232;le simplement qu'on est tout juste capable de prendre le sch&#233;ma de la r&#233;volution russe et de le plaquer sur une situation sans aucun rapport avec celle de 1917 en Russie et 39 ans plus tard, comme si rien dans le monde n'avait chang&#233; depuis cette date ! Est-ce la &#171; propagande claire &#187; que la &#171; direction ferme de l'avant-garde &#187; doit proposer aux masses ? Non, c'est de la bouillie pour les chats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-&#234;tre veut-on sugg&#233;rer ainsi une position similaire &#224; celle envisag&#233;e par le POUM pr&#244;nant, en 1936, une Constituante soutenue par les comit&#233;s d'ouvriers, de paysans et de soldats, c'est-&#224;-dire la collaboration des classes pour r&#233;soudre la crise sociale, ce qui ne serait pas &#233;tonnant car notre section fran&#231;aise a d&#233;j&#224; donn&#233;, il y a quelque temps, le mot d'ordre de constitution de comit&#233;s ouvriers pour contr&#244;ler la Constituante. C'est alors une attitude de conciliation ou, dans le meilleur des cas, de louvoiement entre deux solutions (la solution bourgeoise et la solution r&#233;volutionnaire) qui n'a rien &#224; voir avec la IVe Internationale, car c'est une attitude purement centriste qui doit &#234;tre r&#233;pudi&#233;e cat&#233;goriquement et d'urgence sous peine de compromettre gravement l'avenir de notre mouvement et par suite celui de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Retour &#224; L&#233;nine &#187; ! proclament les r&#233;dacteurs du &#171; manifeste &#187;, mais prisonniers des parties p&#233;rim&#233;es du programme de transition de la IVe Internationale, ils reviennent simplement aux conciliateurs que L&#233;nine combattait. En effet, pour eux, il s'agit avant tout de &#171; d&#233;fense de l'URSS &#187;, de &#171; nationalisations sans indemnit&#233;s ni rachat &#187;, de &#171; Constituante &#187;, d'&#233;lections libres &#187;. Pour nous, il s'agit de lutte sans merci contre le stalinisme et l'imp&#233;rialisme moscovite, de comit&#233;s d'ouvriers, de paysans et de soldats d&#233;mocratiquement &#233;lus sur les lieux de travail, de confiscation du grand capital par la classe ouvri&#232;re organis&#233;e. Le Groupe Espagnol de la IVe Internationale au Mexique, dans un manifeste dat&#233; du 31 octobre 1944, concluait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &#171; 1&#8212; L'armement du prol&#233;tariat doit s'&#233;tendre &#224; toute la classe prol&#233;tarienne et aux paysans pauvres. Parall&#232;lement, on doit exiger le d&#233;sarmement et la dissolution des forces arm&#233;es de la bourgeoisie (arm&#233;e, police, etc.) et l'ex&#233;cuter aussit&#244;t que l'occasion s'en pr&#233;sente. Le prol&#233;tariat et les paysans pauvres arm&#233;s n'ob&#233;iront pas &#224; d'autres ordres qu'&#224; ceux &#233;manant des comit&#233;s d'ouvriers et de paysans d&#233;mocratiquement &#233;lus sur les lieux de travail et n'accepteront pas d'autre discipline que celle &#233;manant de ces comit&#233;s&#8230; Les armes du prol&#233;tariat sont pour d&#233;fendre la r&#233;volution sociale et, le triomphe acquis, il les opposera &#224; tout ennemi ext&#233;rieur qui l'attaquera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; 2&#8212; Le grand capital industriel et financier (usines et banques) doit &#234;tre confisqu&#233; par la classe ouvri&#232;re. Il en est de m&#234;me de la propri&#233;t&#233; agraire, f&#233;odale ou capitaliste, qui doit &#234;tre distribu&#233;e entre les paysans pauvres ou exploit&#233;e par des collectivit&#233;s, d'apr&#232;s ce qu'ils d&#233;cideront. La nationalisation des industries, du capital financier ou de la terre par l'&#201;tat capitaliste ne doit pas tromper les masses. Ce sera un tour de passe-passe des coalitions bourgeoises, stalinistes et r&#233;formistes pour conserver la propri&#233;t&#233; capitaliste. Aucune propri&#233;t&#233; saisie ne doit &#234;tre livr&#233;e &#224; l'&#201;tat bourgeois. Le prol&#233;tariat doit administrer l'&#233;conomie par lui-m&#234;me et &#233;tablir un seul plan de production pour tous les pays dans la mesure o&#249; le permet le contact international entre les exploit&#233;s. Il est d&#233;j&#224; possible d'&#233;laborer un projet de production unifi&#233;e entre le prol&#233;tariat fran&#231;ais, italien et belge ; demain ce sera avec les travailleurs allemands, espagnols, grecs, russes, etc. Bien que les coalitions entre bourgeois, stalinistes et &#171; socialistes &#187;, appuy&#233;es par les ba&#239;onnettes de Wall-Street, de la City et du Kremlin, emp&#234;chent pour l'instant la mise en pratique de la planification socialiste de l'Europe, le projet doit en &#234;tre &#233;tabli et d&#233;fendu par les r&#233;volutionnaires de tous les pays. Il aura en face des desseins r&#233;actionnaires des coalitions gouvernantes, une &#233;norme force de propagande, de conviction et d'agitation socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; 3.&#8212;Les comit&#233;s d'ouvriers dans les usines, de paysans pauvres et des forces arm&#233;es &#8212; que ces derniers soient inclus dans les forces arm&#233;es de la bourgeoisie ou dans les unit&#233;s de d&#233;fense du prol&#233;tariat &#8212; sont la base du pouvoir politique de la r&#233;volution&#8230; Mais ces comit&#233;s, s'ils se limitent &#224; &#234;tre l'expression bureaucratique d'organisations politiques ou syndicales, seront d&#233;tourn&#233;s de leur but par le caract&#232;re antir&#233;volutionnaire de ces organisations. La meilleure mani&#232;re d'emp&#234;cher cette d&#233;viation est l'&#233;lection d&#233;mocratique sur les lieux de travail et la r&#233;vocabilit&#233; &#224; tout moment. Cette &#233;ligibilit&#233; et r&#233;vocabilit&#233; des comit&#233;s, si elle les am&#232;ne &#224; l'armement du prol&#233;tariat, au d&#233;sarmement de la bourgeoisie et &#224; la prise du pouvoir politique par eux-m&#234;mes, rendront possible la d&#233;mocratie ouvri&#232;re qui se maintiendra uniquement par les m&#234;mes m&#233;thodes. L&#224; o&#249; ces comit&#233;s n'existent pas, l'objectif imm&#233;diat des masses doit &#234;tre leur constitution. L&#224; o&#249; ils existent, ils doivent s'unir &#224; l'&#233;chelle nationale par le moyen de Congr&#232;s des Comit&#233;s qui &#233;tudieront et r&#233;soudront les probl&#232;mes des masses et de la r&#233;volution sociale. Les comit&#233;s d'ouvriers de paysans et de soldats de diverses nationalit&#233;s doivent prendre contact entre eux &#224; la premi&#232;re occasion et cr&#233;er un Conseil Supr&#234;me des Comit&#233;s Europ&#233;ens&#8230; Le but des Comit&#233;s d'ouvriers, de Paysans et de Soldats de tous les pays doit &#234;tre le suivant : a) exproprier le capitalisme et remettre en marche l'&#233;conomie conform&#233;ment &#224; un plan extensible &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne et mondiale ; b) organiser et armer le prol&#233;tariat et les paysans en corps r&#233;guliers uniquement li&#233;s aux comit&#233;s ; c) d&#233;sarmer et dissoudre tous les corps de nature bourgeoise sans exception ; d) d&#233;truire l'&#201;tat capitaliste r&#233;actionnaire et ses institutions judiciaires, politiques, administratives, outre les organismes militaires et se constituer en pouvoir l&#233;gislatif et ex&#233;cutif de la future organisation sociale ; e) fondre l'action et l'organisation des travailleurs de chaque pays en un seul syst&#232;me du prol&#233;tariat europ&#233;en. Ce qui pr&#233;c&#232;de se r&#233;sume donc dans cette revendication : Tout le pouvoir politique aux Comit&#233;s d'Ouvriers, de Paysans et de Soldats et, pour les masses en g&#233;n&#233;ral : &#201;tats-Unis socialistes d'Europe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conclusions restent d'actualit&#233; malgr&#233; le recul momentan&#233; des masses. Ce n'est pas le camarade Germain (La premi&#232;re phase de la r&#233;volution europ&#233;enne, dans IVe Internationale, juin-juillet 1946) qui pourra nous contredire, alors qu'il constate qu'il y a deux ans, &#224; l'&#233;poque o&#249; a &#233;t&#233; &#233;crit le manifeste du Groupe Espagnol, &#171; les formes les plus m&#251;res de la lutte de classes du pass&#233; ne constituent pas l'aboutissement mais le point de d&#233;part des actions de masses dans la p&#233;riode actuelle. Cela s'est montr&#233; de la fa&#231;on la plus &#233;vidente en Italie o&#249; la lutte d&#233;buta (soulign&#233; par le camarade Germain) par la constitution de soviets et de conseils de soldats et par l'armement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est &#224; une offensive des masses qui a pris des formes aussi m&#251;res &#8212; et s'appr&#234;te &#224; les reprendre &#8212; qu'on offre des mots d'ordre transitoires tendant, non &#224; la fortifier et &#224; la pousser en avant, mais &#224; la ramener en arri&#232;re ! En effet, parler de nationalisations aux masses qui ont saisi les usines, de Constituante &#224; une classe ouvri&#232;re qui a form&#233; des conseils d'ouvriers, c'est en r&#233;alit&#233; leur dire, tel Blum en 1936 aux travailleurs fran&#231;ais &#171; Vous allez trop vite, tout n'est pas possible, attendez que nous ayons r&#233;alis&#233; notre programme transitoire. &#187; Cela ne veut pas dire qu'on doive abandonner un seul instant la d&#233;fense des libert&#233;s d&#233;mocratiques essentielles (libert&#233; de parole, de presse, de r&#233;union, d'association, de gr&#232;ve, etc.) mais que la d&#233;fense de ces libert&#233;s doit &#234;tre li&#233;e, non &#224; des mots d'ordre progressifs tendant &#224; les affermir peu &#224; peu dans le cadre de la soci&#233;t&#233; capitaliste, mais &#224; des mots d'ordre d&#233;cisifs tendant &#224; la subversion de l'&#201;tat capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ILLUSIONS D&#201;MOCRATIQUES-BOURGEOISES ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous objectera certainement les fameuses illusions d&#233;mocratiques-bourgeoises des masses qui se traduisent par le soutien qu'elles apportent aux partis tra&#238;tres. D'abord, ces illusions d&#233;mocratiques-bourgeoises des masses sont en contradiction avec le tableau de l'offensive ouvri&#232;re que le camarade Germain trace dans l'article pr&#233;cit&#233;. En effet, on con&#231;oit mal des masses imbues d'illusions d&#233;mocratiques-bourgeoises qui constituent des comit&#233;s d'ouvriers et de soldats et s'arment contre la bourgeoisie qui a su leur inculquer ces illusions. La r&#233;alit&#233; est tout autre : les masses ont pris l'offensive spontan&#233;ment, mais en ordre dispers&#233;, faute d'une direction r&#233;volutionnaire. Aucun parti n'a donc pu leur donner les mots d'ordre qui les auraient &#233;clair&#233;es et leur auraient permis de poursuivre leur action jusqu'&#224; la victoire, nos sections parce qu'elles n'ont pas su se faire entendre &#224; cause de leur faiblesse num&#233;rique, de leur absence de moyens d'action et, en partie aussi, &#224; cause des d&#233;ficiences de notre programme ; les autres partis &#171; ouvriers &#187; parce qu'ils ne songeaient qu'&#224; dominer cette offensive et &#224; rendre aux masses ces illusions d&#233;mocratiques-bourgeoises qu'elles avaient pr&#233;cis&#233;ment perdues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masses sont donc revenues en arri&#232;re et, en Europe occidentale, dans toutes les &#233;lections o&#249; elles ont la possibilit&#233; de s'exprimer librement, elles votent pour les staliniens et les &#171; socialistes &#187;, non parce qu'elles ont confiance en eux mais parce que n'existe aucun parti ayant &#171; une propagande claire et pr&#233;cise &#187;, le n&#244;tre devant leur appara&#238;tre, dans de nombreux cas (La V&#233;rit&#233; en a r&#233;v&#233;l&#233; un cet &#233;t&#233; qui ne doit pas &#234;tre unique), comme un appendice gau-chiste du stalinisme dont elles comprennent difficilement le besoin. Ces votes massifs expriment donc justement le manque d'illusions d&#233;mocratiques-bourgeoises des masses que notre organisation n'a pas encore su capitaliser &#224; cause de l'&#233;clectisme de son programme actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce manque d'illusions d&#233;mocratiques-bourgeoises des masses provient &#233;videmment aussi de la d&#233;cadence g&#233;n&#233;rale du capitalisme qui entra&#238;ne d&#233;j&#224; une certaine d&#233;g&#233;n&#233;rescence des masses que notre devoir est de combattre, non en bavardant sur les illusions d&#233;mocratiques-bourgeoises des masses, mais en prenant conscience du fait que les masses ne peuvent plus avoir d'illusions de ce genre apr&#232;s avoir vu, en 7 ans, l'appareil de l'&#201;tat capitaliste passer, en France par exemple, de la semi-dictature de Daladier-Reynaud, &#224; la dictature de P&#233;tain-Hitler puis au Christ de Gaulle flanqu&#233; de ses deux larrons Gouin et Thorez, cependant que la m&#234;me police qui les opprimait sous les premiers continue &#224; les opprimer aujourd'hui. N'est-il pas clair, dans ces conditions, que les masses sont pr&#234;tes &#224; entendre et &#224; comprendre les arguments r&#233;volutionnaires plut&#244;t que les arguments d&#233;mocratiques-bourgeois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;volutionnaire n'a plus le droit de bavarder aujourd'hui sur les illusions d&#233;mocratiques-bourgeoises des masses en Europe. Cet argument r&#233;v&#232;le, chez celui qui l'emploie, une h&#233;sitation et une pusillanimit&#233; incompatibles avec une action r&#233;volutionnaire cons&#233;quente, ainsi qu'un doute sur la mission r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. Cet argument doit donc &#234;tre combattu sans merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie pas que notre programme transitoire soit tout entier &#224; jeter au panier, mais tous les mots d'ordre d&#233;coulant d'une conception &#233;volutive de la lutte &#224; l'&#233;tape actuelle, doivent &#234;tre abandonn&#233;s. Ils ont &#233;t&#233; con&#231;us dans une &#233;tape de d&#233;route du mouvement ouvrier tandis que, malgr&#233; une accalmie relative, personne n'osera affirmer qu'aujourd'hui les masses ne sont pas dans une phase offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots d'ordre reposant sur une conception &#233;volutive de la lutte actuelle sont d'ailleurs en contradiction avec les consid&#233;rations du &#171; manifeste &#187; sur le caract&#232;re r&#233;volutionnaire de l'&#233;poque pr&#233;sente. Il serait faux de supposer que la IVe Internationale dispose de nombreuses ann&#233;es pour &#233;duquer le prol&#233;tariat en vue de la r&#233;volution socialiste. Non, le prol&#233;tariat &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale et dans l'&#233;poque pr&#233;sente a montr&#233; qu'il &#233;tait pr&#234;t au combat, mais il n'a pas trouv&#233; la direction ferme, &#233;clair&#233;e et vigilante sans qui la victoire ne pourra pas &#234;tre obtenue, en tout cas, pas &#234;tre conserv&#233;e. Le prol&#233;tariat sait intuitivement mais clairement ce qu'il veut, mais il ne peut pas atteindre son but sans direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se p&#233;n&#233;trer de l'id&#233;e que les masses sont m&#251;res pour donner l'assaut d&#233;finitif et qu'elles attendent seulement une occasion de le donner sous la conduite d'un guide s&#251;r et &#233;clair&#233;. La IVe Internationale ne saura capter la confiance des masses et ne deviendra ce guide que si elle donne des mots d'ordre rompant avec la conception progressive selon laquelle le parti r&#233;volu-tionnaire ne saurait arriver au pouvoir qu'&#224; travers le front unique avec les partis &#171; ouvriers &#187; et en poussant ceux-ci au pouvoir pour les d&#233;masquer devant les masses. Il ne s'agit plus de progr&#232;s, mais de saut en avant. C'est pourquoi le &#171; non &#187; du pl&#233;biscite fran&#231;ais, ou du moins l'abstention pour se distinguer de la r&#233;action, &#233;tait juste, tandis que le &#171; oui &#187; repose sur l'id&#233;e que les masses ne sont pas m&#251;res et doivent faire une nouvelle exp&#233;rience d&#233;mocratique-bour-geoise, alors qu'elles sont plus m&#251;res que notre parti fran&#231;ais, bien qu'elles suivent les &#171; socialistes &#187; et les staliniens. La revendication de la convocation d'une assembl&#233;e constituante doit donc c&#233;der le pas &#224; &#171; &#192; bas la Constituante ! &#187;, en France particuli&#232;rement et &#224; une incitation claire &#224; former des conseils d'ouvriers, de paysans et de soldats d&#233;mocratiquement &#233;lus sur les lieux de travail. En effet, de quel prestige peut, parmi les masses fran&#231;aises, jouir une Constituante qui s'est montr&#233;e, une premi&#232;re fois, incapable de r&#233;diger une constitution qui satisfasse les masses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SUR LE PROGRAMME TRANSITOIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ouverture des usines ferm&#233;es &#187;, r&#233;clame le &#171; manifeste &#187;. Fort bien ! mais, qui les remettra en marche ? Les capitalistes pr&#233;tendront manquer de mati&#232;res premi&#232;res, de consommateurs, etc. &#192; cela, les ouvriers r&#233;pondront : &#171; Vous ne pouvez pas les ouvrir, faute de pouvoir en tirer un b&#233;n&#233;fice, mais nous qui travaillerons pour satisfaire les besoins de la population, nous le pouvons. &#187; Et ils remettront en marche, sous leur propre direction, les usines ferm&#233;es par les capitalistes. Face au mot d'ordre d'ouverture des usines ferm&#233;es, pr&#233;sentons donc celui de remise en marche par les travailleurs des usines ferm&#233;es par les capitalistes, ce qui s'oppose &#224; la nationalisation en r&#233;gime capitaliste. L'exp&#233;rience que la classe ouvri&#232;re fera ainsi lui montrera toute l'inanit&#233; du mot d'ordre de nationalisation, m&#234;me sans indemnit&#233; ni rachat, car il ne pose pas la question de savoir qui nationalise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons ici que Mussolini dans sa r&#233;publique fasciste avait chass&#233; les capitalistes des usines du nord de l'Italie et institu&#233; le contr&#244;le ouvrier de celles-ci, mesure g&#233;n&#233;rale que les Russes n'ont pas prise en Europe orientale. Eh bien ! Cette expulsion des capitalistes et ce contr&#244;le ouvrier ont-ils chang&#233; quelque chose &#224; la nature capitaliste de l'&#201;tat fasciste de Mussolini ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;change, le prol&#233;tariat, en remettant en marche les usines ferm&#233;es par les capitalistes, sentira alors toute ta port&#233;e du mot d'ordre de saisie des usines par les travailleurs eux-m&#234;mes organis&#233;s dans leurs comit&#233;s et n'aura plus besoin d'ouvrir les livres de comptes des capitalistes. Il se contentera de les jeter au panier et c'est alors que le &#171; taxez les riches ! &#187; inapplicable par la bourgeoisie qui ferait payer ces taxes au centuple aux travailleurs en &#233;le&#172;vant la co&#251;t de la vie (les loups ne se mangent pas entre eux), deviendra : &#171; Confisquez tous les avoirs des capitalistes ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On objectera cependant que tous ces mots d'ordre supposent la lutte clairement et vigoureusement engag&#233;e et qu'un mot d'ordre est n&#233;cessaire pour conduire &#224; cette situation. C'est vrai et ce mot d'ordre de mobilisation ne peut &#234;tre que la revendication de l'&#233;chelle mobile des salaires li&#233;e &#224; l'&#233;chelle mobile des heures de travail sans r&#233;duction du salaire hebdomadaire. C'est en effet son application, m&#234;me limit&#233;e &#224; une r&#233;gion ou &#224; une branche d'industrie sur le plan r&#233;gional qui am&#232;nera les travailleurs &#224; remettre en marche les usines ferm&#233;es pour accro&#238;tre le volume de la production, &#224; moins qu'il n'oblige les Capitalistes eux-m&#234;mes &#224; rouvrir ces usines pour r&#233;duire leurs frais. Il est toutefois probable que les capitalistes refuseront d'accepter l'&#233;chelle mobile des heures de travail sans r&#233;duction de salaire en all&#233;guant qu'ils y perdraient. Les ouvriers s'empareront alors des usines et reprendront la production, non en vue du profit, mais en vue de satisfaire les besoins de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera que ce qui pr&#233;c&#232;de est li&#233; &#224; l'existence de comit&#233;s, ouvriers d&#233;mocratiquement &#233;lus sur les lieux de travail ; autrement, qui remettrait les usines en marche, qui les saisirait, qui confisquerait les profits des capitalistes ? Toute notre agitation doit donc porter, &#224; l'&#233;poque pr&#233;sente, et pour toute l'Europe au moins, sur la d&#233;fense des libert&#233;s d&#233;mocratiques essentielles (parole, presse, r&#233;union, association, etc.) li&#233;e aux mots d'ordre d&#233;cisifs de formation de conseils d'ouvriers, de paysans et de soldats d&#233;mocratiquement &#233;lus sur les lieux de travail et dans les unit&#233;s, ainsi que sur l'&#233;chelle mobile des. salaires accompagn&#233;e de l'&#233;chelle mobile des heures de travail sans r&#233;duction du salaire. Il importe de les diffuser dans les masses, de montrer le lien qui les unit, d'en d&#233;voiler le contenu et la port&#233;e. Ce sont en effet, ces conseils qui, par ailleurs, proc&#233;deront &#224; l'armement du peuple par la constitution des milices ouvri&#232;res &#224; eux soumises et au d&#233;sarmement de la bourgeoisie, puis cr&#233;eront le nouveau pouvoir apr&#232;s avoir dissout toutes les institutions de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONCLUSIONS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233; et pour conclure, la IVe Internationale ne sera capable de remplir sa mission r&#233;volutionnaire que si elle abandonne sans arri&#232;re-pens&#233;e la d&#233;fense de l'URSS au profit d'une politique de lutte sans merci contre le capitalisme et contre le stalinisme son complice. Pour mener victorieusement cette lutte, il faut d&#233;voiler &#224; chaque pas et concr&#232;tement le caract&#232;re contre-r&#233;volutionnaire de la bureaucratie russe se dressant, &#224; l'int&#233;rieur comme une classe en voie de formation et opprimant l'Europe orientale et l'Asie. Il faut d&#233;masquer le mensonge de ses &#171; nationalisations &#187; et &#171; r&#233;formes &#187; agraires, d&#233;velopper la fraternisation entre occupants et occup&#233;s en d&#233;clarant clairement que ni les uns ni les autres n'ont plus rien &#224; d&#233;fendre en Russie mais au contraire ont tout &#224; y d&#233;truire au m&#234;me titre que dans n'importe quel &#201;tat ca-pitaliste, que les agents du Kremlin participent ou non au gouvernement. La fraternisation entre occupants et occup&#233;s doit &#234;tre le th&#232;me central de notre agitation dans les territoires occup&#233;s quelle que soit la puissance occupante. C'est le seul moyen de combattre le chauvinisme chez les vaincus comme chez les vainqueurs et de pr&#233;parer le front international des exploit&#233;s contre leurs oppresseurs. En m&#234;me temps, l'&#233;vacuation de tous les territoires occup&#233;s, y compris ceux occup&#233;s par les Russes, doit &#234;tre exig&#233;e avec une insistance croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le reste du monde, il nous faut montrer en chaque occasion que le stalinisme n'est que l'agent national de la politique ext&#233;rieure du Kremlin dont les int&#233;r&#234;ts sont, dans tous les cas, oppos&#233;s &#224; la r&#233;volution socialiste qui serait sa ruine d&#233;finitive ; que le sort des travailleurs lui est totalement indiff&#233;rent ; qu'il est le meilleur d&#233;fenseur de la bourgeoisie nationale pour qui il n'envisage d'avenir que li&#233;e au sort de la contre-r&#233;volution russe. Par suite, le mot d'ordre de gouvernement P.S.-P.C.-C.G.T. pour la France, et tout mot d'ordre similaire pour quelque pays que ce soit, doit &#234;tre abandonn&#233; car il revient &#224; briser net l'essor r&#233;volutionnaire des masses en livrant l'avant-garde au Gu&#233;p&#233;ou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de front unique d'organisation &#224; organisation &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente, doit &#234;tre abandonn&#233;e en ce qui concerne les partis &#171; ouvriers &#187; traditionnels. Elle doit &#234;tre substitu&#233;e, d&#232;s maintenant, par des propositions de front unique aux organisations ouvri&#232;res minoritaires qui sont susceptibles de donner des r&#233;sultats imm&#233;diats, aux anarchistes par exemple. Cepen-dant, le front unique en vue d'une t&#226;che pr&#233;cise et imm&#233;diate doit doit &#234;tre pr&#233;conis&#233; sans rel&#226;che &#224; l'usine, dans la localit&#233; et, si possible dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre programme transitoire doit &#233;galement &#234;tre &#233;mond&#233;. Doivent en dispara&#238;tre pour le moment, la revendication relative &#224; la Constituante, ainsi que tous les mots d'ordre reposant sur la conception d'une compr&#233;hension progressive de notre programme par les masses dans l'&#233;tape pr&#233;sente. Le monde traverse aujourd'hui une crise r&#233;volutionnaire aigu&#235; et notre organisation doit s'orienter vers les luttes d&#233;cisives qui se pr&#233;parent pour un proche avenir, car aucun d&#233;veloppement du capitalisme, paisible ou non, ne peut &#234;tre envisag&#233;. C'est donc le mot d'ordre de formation des conseils de travailleurs d&#233;mocratiquement &#233;lus sur les lieux de travail qui doit &#234;tre mis en avant, popularis&#233;, expliqu&#233; sans rel&#226;che afin qu'il trouve son application &#224; la premi&#232;re occasion. &#192; ce mot d'ordre, doivent &#234;tre joints tous les d&#233;veloppe&#172;ments qu'il comporte : formation des milices ouvri&#232;res ob&#233;issant uniquement aux comit&#233;s &#233;lus par les masses, d&#233;sarmement des forces bourgeoises, congr&#232;s des comit&#233;s ouvriers, dissolution de l'&#201;tat bourgeois et cr&#233;ation de l'&#201;tat ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, sur le plan &#233;conomique, l'agitation doit porter essentiellement sur l'&#233;chelle mobile des salaires unie &#224; l'&#233;chelle mobile des heures de travail sans diminution de salaire et sur tous ses prolongements : remise en marche par les ouvriers des usines ferm&#233;es par les capitalistes, saisie par les ouvriers des avoirs des capitalistes en commen&#231;ant par les b&#233;n&#233;fices de guerre et du march&#233; noir et enfin confiscation des usines et des terres par l'es comit&#233;s de travailleurs d&#233;mocratiquement &#233;lus sur les lieux de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel doit &#234;tre notre programme actuel. C'est ainsi seulement que les travailleurs comprendront qu'il &#171; n'y a pas d'autre issue que de s'unir sous le drapeau de la IVe Internationale &#187; ; car il faut qu'ils le comprennent pour venir grossir nos rangs et il ne sert de rien de le leur affirmer sur le ton ultimatiste du &#171; manifeste &#187;. Le moment est venu o&#249; les mots d'ordre de propagande qui venaient jadis en conclusion de nos manifestes, se transforment en mots d'ordre d'agitation imm&#233;diate. Ce qui pr&#233;c&#232;de constitue la politique claire et pr&#233;cise d'une avant-garde qui s'oriente r&#233;solument vers l'accomplissement de ses t&#226;ches r&#233;volutionnaires et s'appr&#234;te &#224; guider le prol&#233;tariat vers la prise du pouvoir dans chaque pays, d'o&#249; d&#233;coulera la constitution des &#201;tats-Unis socialistes d'Europe et du monde, mot d'ordre final de la IVe Internationale. Cependant ce mot d'ordre ne doit pas rester dans le vague, telle une t&#226;che lointaine dont l'accomplissement viendra en son temps. D&#232;s maintenant, un plan de production en vue des besoins des masses doit &#234;tre pr&#233;par&#233; dans la mesure o&#249; les contacts internationaux le permettent, par exemple entre le prol&#233;tariat des pays de l'Europe occidentale. C'est &#224; nos groupes et partis de prendre cette initiative. Un tel plan, oppos&#233; aux projets de mis&#232;re et d'oppression de la bourgeoisie aurait un pouvoir d'attraction consid&#233;rable pour tous les travailleurs car il leur montrerait concr&#232;tement les possibilit&#233;s qui d&#233;coulent de la destruction du pouvoir bourgeois et de l'&#233;tablissement des &#201;tats-Unis socialistes d'Europe et du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mexico, septembre 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://lignesdeforce.wordpress.com/2014/11/17/le-manifeste-des-exegetes-par-peralta-benjamin-peret/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lignesdeforce.wordpress.com/2014/11/17/le-manifeste-des-exegetes-par-peralta-benjamin-peret/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Air mexicain, 1952 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le feu v&#234;tu de deuil jaillit par tous ses pores&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poussi&#232;re de sperme et de sang voile sa face tatou&#233;e de &lt;br class='autobr' /&gt;
lave&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son cri retentit dans la nuit comme l'annonce de la fin des &lt;br class='autobr' /&gt;
temps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le frisson qui se h&#226;te sur sa peau d'&#233;pines court depuis que &lt;br class='autobr' /&gt;
le ma&#239;s se lisse dans le vent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son geste de c&#339;ur brandi &#224; bout de bras s'ach&#232;ve en &lt;br class='autobr' /&gt;
cinquante-deux ans dans un brasier d'all&#233;gresse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il parle la pluie d'orage excite les r&#233;flexes des lueurs &lt;br class='autobr' /&gt;
enfouies sous la cendre des anciens rugissements que les &lt;br class='autobr' /&gt;
lions de feu lancent en s'&#233;brouant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;coute et n'entend couler que le torrent de sa sueur d'or &lt;br class='autobr' /&gt;
aval&#233;e par le Nord noir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il chante comme une for&#234;t p&#233;trifi&#233;e avec ses oiseaux sacrifi&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
en plein vol dont l'&#233;cho &#233;puis&#233; tra&#238;ne le ramage qui va &lt;br class='autobr' /&gt;
mourir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il respire et dort comme une mine cachant sous des douleurs &lt;br class='autobr' /&gt;
inou&#239;es ses joyaux de catastrophe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'aile chatoyante de l'aube se perdait dans les gouffres &lt;br class='autobr' /&gt;
du cr&#233;puscule habit&#233; de gestes mous &lt;br class='autobr' /&gt;
quand les larmes du sol &#233;clataient en gerbes infernales &lt;br class='autobr' /&gt;
d'ann&#233;es sans nuits &lt;br class='autobr' /&gt;
les cierges s'allumaient de toutes leurs griffes &#224; futur sang &lt;br class='autobr' /&gt;
fid&#232;le &lt;br class='autobr' /&gt;
pour que plonge dans un sommeil vid&#233; de r&#234;ves d'anc&#234;tres &lt;br class='autobr' /&gt;
exigeants &lt;br class='autobr' /&gt;
le ma&#238;tre de la vie qui jette des injures aux gueules bavant &lt;br class='autobr' /&gt;
la flamme qui l'anime &lt;br class='autobr' /&gt;
pour que l'homme trouve l&#224;-haut la route des grands miroirs &lt;br class='autobr' /&gt;
d'eau bruissants de lances de lune &lt;br class='autobr' /&gt;
et l&#224;-bas des ciels de lit qui chantent un air de jeune fille &lt;br class='autobr' /&gt;
revenant de la fontaine mouchet&#233;e de vols paresseux et &lt;br class='autobr' /&gt;
flasques o&#249; deux yeux luisent comme la paroi suintante &lt;br class='autobr' /&gt;
d'une caverne qui attend la vie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul n'aurait pu dire o&#249; commen&#231;ait la mer puisque les &lt;br class='autobr' /&gt;
fleuves rentraient dans l'&#339;uf que Tlaloc ros&#233;e qui ne &lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;tait pas fait reconna&#238;tre ne cachait pas encore dans &lt;br class='autobr' /&gt;
sa gueule de tigre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant dans la nuit vagissante le regard du nouvel an &lt;br class='autobr' /&gt;
vient de s'allumer &#224; celui de l'aigle qui pique vers le sol&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvel an &#224; facettes de cristal o&#249; le profane ne d&#233;couvre &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'une trombe de poussi&#232;re aspirant des &#233;chos calcin&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
par un dieu toujours vainqueur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et des paroles noy&#233;es dont le corps momifi&#233; flotte flotte et &lt;br class='autobr' /&gt;
s'envole d'un coup d'aile dans un rai de lumi&#232;re qui &lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;teignant les rejettera sur la terre pour qu'elles &lt;br class='autobr' /&gt;
donnent des fruits d'obsidienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes jaillissaient de l'ombre comprim&#233;e &#224; l'ouest du &lt;br class='autobr' /&gt;
rayon vert une graine &#224; la main comme un fant&#244;me aux &lt;br class='autobr' /&gt;
yeux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps disaient-ils que la terre secoue sa chevelure &lt;br class='autobr' /&gt;
vivante selon le rythme des airs du jour en pyjama &lt;br class='autobr' /&gt;
que nous descendions cajoler la grenouille retrouv&#233;e apr&#232;s &lt;br class='autobr' /&gt;
tant de soleils d'oubli ch&#226;ti&#233;s par les quatre &#233;l&#233;ments &lt;br class='autobr' /&gt;
que l'or et l'argent du ciel la parent d'un collier de plumes &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; &#233;tancher les soifs rebelles comme les paupi&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
entr'ouvertes d'un ruisseau racontant les r&#234;ves de sa &lt;br class='autobr' /&gt;
source &lt;br class='autobr' /&gt;
que de la chrysalide du limon s'&#233;chappe le papillon qui &lt;br class='autobr' /&gt;
contient et emporte notre cri automnal &#224; reflets de &lt;br class='autobr' /&gt;
lendemains d&#233;guis&#233;s en monstres &lt;br class='autobr' /&gt;
que la poussi&#232;re de la voie lact&#233;e n'ait plus &#224; tomber d'aussi &lt;br class='autobr' /&gt;
haut puisque les mille doigts de notre m&#232;re la recueillent &lt;br class='autobr' /&gt;
au passage &lt;br class='autobr' /&gt;
que la griffe de mortification r&#233;pande son lait aigre de b&#234;te &lt;br class='autobr' /&gt;
dissimul&#233;e sous des pierres d'avalanche dont sa vie de &lt;br class='autobr' /&gt;
fant&#244;me exalt&#233; f&#233;condera la n&#244;tre quatre &#224; quatre &lt;br class='autobr' /&gt;
que la montagne &#224; chevelure d'astre vengeur reconnaisse &lt;br class='autobr' /&gt;
l'enfant que nous &#233;difierons au bord du lac o&#249; nous a &lt;br class='autobr' /&gt;
chass&#233; la grande mar&#233;e de son ennemi tant&#244;t vainqueur &lt;br class='autobr' /&gt;
tant&#244;t vaincu &lt;br class='autobr' /&gt;
que le jour soit comme le visage du voisin et r&#233;ponde &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
l'appel de son nom d&#233;couvert par les savants de la &lt;br class='autobr' /&gt;
gomme &lt;br class='autobr' /&gt;
que la pierre brille d'un &#233;clat d'eau dont les lourdes &lt;br class='autobr' /&gt;
paupi&#232;res se ferment &#224; cause du regard insoutenable &lt;br class='autobr' /&gt;
d'un ciel que n'ose violer aucun oiseau &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elle fredonne l'air miraculeux des quatre points &lt;br class='autobr' /&gt;
cardinaux qui nous prot&#233;geront contre l'&#233;garement &lt;br class='autobr' /&gt;
du chien poursuivant &#233;ternellement sa queue &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elle supplie les g&#233;ants tapis sous la terre les eaux le feu &lt;br class='autobr' /&gt;
et nos gestes qui les cr&#233;ent comme un plat succulent &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elle menace en leur nom les fourbes tyrans des d&#233;serts &lt;br class='autobr' /&gt;
et de l'ombre qui &#233;trangle avec le d&#233;lire de ses vols &lt;br class='autobr' /&gt;
noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient le cri qui ne chasse pas encore les b&#234;tes des for&#234;ts &lt;br class='autobr' /&gt;
poudr&#233;es par des ondes magn&#233;tiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel songe de p&#232;re assassin&#233; l'a fait ricocher d'&#238;le en rocher &lt;br class='autobr' /&gt;
oubli&#233; par une terre exil&#233;e dans la nuit qu'elle hypnotise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul ne savait si la lueur d'accouchement qu'il poursuivait &lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'&#224; l'horizon terrifi&#233; par son audace s'envolerait &lt;br class='autobr' /&gt;
au-dessus de lui ou plongerait dans la rainure zigzagante &lt;br class='autobr' /&gt;
d'un plancher gel&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul ne savait qu'au raide et muet cadavre du blanc &lt;br class='autobr' /&gt;
succ&#233;derait le refrain du vert qui s'&#233;veille en se frottant &lt;br class='autobr' /&gt;
les yeux de tous ses oiseaux &lt;br class='autobr' /&gt;
mais l'horreur du toit qui s'&#233;croule et s'&#233;miette sans mot &lt;br class='autobr' /&gt;
dire les poussait vers les poissons acharn&#233;s &#224; p&#233;n&#233;trer &lt;br class='autobr' /&gt;
le myst&#232;re des sources houspill&#233;es par des clart&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
inconnues &lt;br class='autobr' /&gt;
vers les &#233;tendues de viande bouillonnante dont l'effarement &lt;br class='autobr' /&gt;
imite le galop de l'ombre s'avan&#231;ant l'&#233;clair &#224; la main &lt;br class='autobr' /&gt;
vers le d&#233;lire des branches tressant des prisons pour leurs &lt;br class='autobr' /&gt;
folies &#224; l'abri des esprits des profondeurs soulev&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
contre l'air pur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de tendre les bras vers les nuages qui d&#233;filent au pas de &lt;br class='autobr' /&gt;
parade avec leur sourire provocant de demains lumineux &lt;br class='autobr' /&gt;
comme un cristal &#224; visage de fleurs &#233;closes sous la ros&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de reconna&#238;tre le s&#233;jour de l'aube derri&#232;re la montagne &lt;br class='autobr' /&gt;
fumante aux ailes insouciantes qui scintillent dans un &lt;br class='autobr' /&gt;
soleil de vierge &lt;br class='autobr' /&gt;
les sept cavernes &#224; t&#233;n&#232;bres de si&#232;cles couverts de mousse &lt;br class='autobr' /&gt;
o&#249; le chef de la dualit&#233; installa sa poussi&#232;re de &lt;br class='autobr' /&gt;
multiplication&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour disaient-ils se dressera en hommage &#224; lente spirale &lt;br class='autobr' /&gt;
de larme v&#233;g&#233;tale la pyramide que caressera le soleil &lt;br class='autobr' /&gt;
arr&#234;t&#233; pour ronronner au-dessus de nous &lt;br class='autobr' /&gt;
et s'attardant &#224; incendier les all&#233;es de mica qui prolongent &lt;br class='autobr' /&gt;
l'eau mourant de soif o&#249; il ira songer &#224; la ros&#233;e du &lt;br class='autobr' /&gt;
matin &lt;br class='autobr' /&gt;
pendant que sa s&#339;ur toujours languissante fait le guet pour &lt;br class='autobr' /&gt;
nous pr&#233;server des hurlements &#233;pouvant&#233;s de l'ombre &lt;br class='autobr' /&gt;
qui fait trembler nos os &lt;br class='autobr' /&gt;
aussi lui dresserons-nous sa montagne pareille &#224; un chien &lt;br class='autobr' /&gt;
jappant au retour de son ma&#238;tre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la lumi&#232;re folle de rage &#233;chappe au flot de requins &lt;br class='autobr' /&gt;
l'attaquant d'un app&#233;tit entretenu par des ripailles &lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;mesur&#233;es &lt;br class='autobr' /&gt;
une herbe la salue d'un papillon titubant qui la d&#233;signe pour &lt;br class='autobr' /&gt;
l'offrande convoit&#233;e par des yeux que la crampe agrandit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que la terre &#224; la toison bouillonnante d'ailes si &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;paisse qu'&#224; peine les &#233;tincelles du bois fondant y &lt;br class='autobr' /&gt;
peuvent exploser en fus&#233;es de f&#234;te et si haute qu'aucun &lt;br class='autobr' /&gt;
chant n'en jaillit en stalagmite de joie vers le vide &lt;br class='autobr' /&gt;
toujours innocent &lt;br class='autobr' /&gt;
que la terre a oubli&#233; depuis des milliers de brasiers &lt;br class='autobr' /&gt;
reconnaissants qu'elle naquit semblable &#224; un squelette &lt;br class='autobr' /&gt;
jadis honor&#233; d'assauts de cur&#233;s crochus &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elle &#233;l&#232;ve l&#224; vers un guerrier toujours triomphant et &lt;br class='autobr' /&gt;
n'&#233;coutant que son d&#233;sir jamais combl&#233; ses mains &lt;br class='autobr' /&gt;
jointes &#224; fourrure de faim apais&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est jur&#233; L'&#233;clair du quetzal fuyant vers son compl&#233;ment &lt;br class='autobr' /&gt;
l'affirme comme un jour pur de toute crainte m&#234;me &lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;talant comme un voleur &#224; l'horizon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ni les bagarres f&#233;roces des monstres de la terre fondant &lt;br class='autobr' /&gt;
les pierres dans leurs mains de soleil noir dont le &lt;br class='autobr' /&gt;
sang de haute flamme d&#233;borde parfois en longs galops &lt;br class='autobr' /&gt;
criminels ni l'haleine enfi&#233;vr&#233;e des nuages &#233;crasants &lt;br class='autobr' /&gt;
ni leurs sanglots qui ne domine aucun ordre &lt;br class='autobr' /&gt;
ni les becs obscurs aux m&#226;choires de cruaut&#233; qui &#233;tincellent &lt;br class='autobr' /&gt;
dans les haleines glauques et lancent leurs l&#233;mures &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;sorber parce qu'ignorants du chant de la lumi&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
n'emp&#234;chera que l'herbe grandisse comme un g&#233;nie &lt;br class='autobr' /&gt;
hallucinant et d'une banderole insouciante appelle &lt;br class='autobr' /&gt;
les hommes &#224; recueillir ses pains de lumi&#232;re &#224; &#233;grener &lt;br class='autobr' /&gt;
comme les jours d'une vie &lt;br class='autobr' /&gt;
rien n'emp&#234;chera plus que l'homme aux yeux fourmillant &lt;br class='autobr' /&gt;
de mirages entrevus ne la contemple comme son amante &lt;br class='autobr' /&gt;
aux seins qui se consument en un printemps &#233;toil&#233; de &lt;br class='autobr' /&gt;
promesses in&#233;puisables &lt;br class='autobr' /&gt;
et dans un ballet d'&#226;mes &#224; peine n&#233;es et pourtant certaines &lt;br class='autobr' /&gt;
que leurs enfants peupleront le monde palpable comme &lt;br class='autobr' /&gt;
un arbre foudroy&#233; et celui qu'on devine dans les &lt;br class='autobr' /&gt;
fr&#233;missements des ombres de cris croisant le fer et de &lt;br class='autobr' /&gt;
voix aimables aux visages hant&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard les lieux ayant re&#231;u des grands tapirs de l'aube leur &lt;br class='autobr' /&gt;
face chantante ou hostile selon le sort jet&#233; par un rayon &lt;br class='autobr' /&gt;
bienveillant ou un souffle hargneux &lt;br class='autobr' /&gt;
la terre se r&#233;jouissant des &#234;tres qui &#233;mergeaient &#224; sa surface &lt;br class='autobr' /&gt;
de b&#233;b&#233; satisfait comme des bulles d'air color&#233;es par le &lt;br class='autobr' /&gt;
rapace dans sa chute &lt;br class='autobr' /&gt;
les hommes ayant appris &#224; conna&#238;tre les voix obscures comme &lt;br class='autobr' /&gt;
une subtile reptation dans la for&#234;t qui tend son oreille &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;panouie et les rires clairs comme une goutte d'eau qui &lt;br class='autobr' /&gt;
tombe de feuille en fleur avec son paradis prisonnier &lt;br class='autobr' /&gt;
le tigre de la pluie r&#233;clamait son festin d'hosties enchant&#233;es &lt;br class='autobr' /&gt;
d'une fin glorieuse le grand-p&#232;re du feu son cadeau &lt;br class='autobr' /&gt;
de fleurs &#224; parfum de c&#339;urs palpitants et la f&#233;e du ma&#239;s &lt;br class='autobr' /&gt;
sa couronne de ros&#233;e o&#249; se miraient les montagnes &lt;br class='autobr' /&gt;
surveill&#233;es par leur g&#233;nie qui passait de la paix des &lt;br class='autobr' /&gt;
prairies et des bois apr&#232;s l'orge aux rages &#233;cumantes &lt;br class='autobr' /&gt;
d'enfer d&#233;bordant en moins de temps que le jour n'en &lt;br class='autobr' /&gt;
prend pour coiffer sa cagoule &lt;br class='autobr' /&gt;
et le puits de son regard int&#233;rieur appelait sa vierge ravie &lt;br class='autobr' /&gt;
de porter aux dieux la pri&#232;re haletante de la tribu et &lt;br class='autobr' /&gt;
lui promettait un rem&#232;de de miracle aux calamit&#233;s d'une &lt;br class='autobr' /&gt;
saison de haines imm&#233;rit&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nord en deuil perp&#233;tuel d&#233;j&#224; rejetait ses vagues d'&#234;tres &lt;br class='autobr' /&gt;
sans visage et sans voix toujours avides d'air neuf et &lt;br class='autobr' /&gt;
les blocs &#233;croul&#233;s des demeures ch&#232;res aux ma&#238;tres des &lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;sirs de l'univers se redressaient pour d'autres g&#233;nies &lt;br class='autobr' /&gt;
enrag&#233;s que la plante &#224; chevelure d'&#233;pous&#233;e calmait de &lt;br class='autobr' /&gt;
son sourire sans cesse renaissant comme l'&#233;toile du &lt;br class='autobr' /&gt;
serpent &#224; plumes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le feu nouveau brillait rythmiquement Treize fois les &lt;br class='autobr' /&gt;
ann&#233;es du silex de la maison du lapin et du roseau &lt;br class='autobr' /&gt;
s'engendraient mutuellement comme le cri appelle &lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;cho heureux de sa vie d'insecte suspendu au-dessus &lt;br class='autobr' /&gt;
d'un nuage liquide buvant midi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'&#339;il qui &#233;veille pour mieux endormir &#233;tait descendu le &lt;br class='autobr' /&gt;
serpent &#224; plumes blanc et barbu offrant comme jadis au &lt;br class='autobr' /&gt;
sommet des monts d'adoration &#224; la lumi&#232;re et &#224; l'ombre &lt;br class='autobr' /&gt;
valsant toute la vie les couleurs vivantes cr&#233;&#233;es par leur &lt;br class='autobr' /&gt;
souffle d'or et d'argent altern&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le miroir fumant roulant sur des c&#339;urs pr&#233;sent&#233;s aux &lt;br class='autobr' /&gt;
siens arrive d'un seul bond des cit&#233;s trop sacr&#233;es par &lt;br class='autobr' /&gt;
l'oubli pour qu'on y vive l&#224; o&#249; les deux mers saisissent &lt;br class='autobr' /&gt;
la corne d'abondance de leurs mains qui veulent se &lt;br class='autobr' /&gt;
joindre pour supplier l'&#233;corch&#233; de revenir &#224; l'heure &lt;br class='autobr' /&gt;
promise &lt;br class='autobr' /&gt;
et la vapeur de sang fi&#233;vreux qui le pr&#233;c&#232;de d'une &lt;br class='autobr' /&gt;
haleine de volcan donne un vertige exaltant comme &lt;br class='autobr' /&gt;
l'accomplissement d'un destin devin&#233; aggrav&#233; par un &lt;br class='autobr' /&gt;
lait d'&#233;toile qui p&#233;n&#232;tre d'un jet de fum&#233;e gonflant ses &lt;br class='autobr' /&gt;
voiles les t&#234;tes &#224; cervelle de m&#233;tal nouveau-n&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Hors d'ici ombre des virgules chantantes la voix du sang &lt;br class='autobr' /&gt;
brumeux parle un langage d'arc-en-ciel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier jour je serai ton fils &#224; na&#238;tre dans quatre ans &lt;br class='autobr' /&gt;
le second l'ombre p&#226;le du ma&#239;s sortant de la grenouille &lt;br class='autobr' /&gt;
comme l'eau d'une source &lt;br class='autobr' /&gt;
le troisi&#232;me le songe de duvet verdoyant que je t'ai envoy&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
cette nuit &lt;br class='autobr' /&gt;
et le quatri&#232;me mon c&#339;ur d&#233;color&#233; ne battra plus que pour &lt;br class='autobr' /&gt;
toi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu me prendras quatre fois dans tes bras de sol qui soupire &lt;br class='autobr' /&gt;
apr&#232;s l'orage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la premi&#232;re je te donnerai l'aube prenant son bain &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la seconde le cri du printemps vainqueur au jeu de pelote &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la troisi&#232;me le piment de mes l&#232;vres jamais &#233;teintes &lt;br class='autobr' /&gt;
te dira que je reste ta victoire au combat et ton prisonnier &lt;br class='autobr' /&gt;
qui la chantera jusqu'&#224; la mort &lt;br class='autobr' /&gt;
la quatri&#232;me j'aurai ton rire d'oiseau qui fuit la fl&#232;che &lt;br class='autobr' /&gt;
mais &#224; la cinqui&#232;me j'abandonnerai l'&#339;uf &#233;clos l'an pass&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
des t&#234;tes sourdes comme des champignons larmoyants &lt;br class='autobr' /&gt;
et m'envolerai chez l'aigle qui tombe en avalanche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu ne p&#232;seras pas plus qu'un brouillard sans queue ni t&#234;te &lt;br class='autobr' /&gt;
et rampant pour effacer les honneurs qui me sont dus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'insiste pas comme l'ouragan qui rebondit de val en pic &lt;br class='autobr' /&gt;
tu n'auras plus que mon souffle pour t'endormir sur les &lt;br class='autobr' /&gt;
vagues furieuses de la terre &lt;br class='autobr' /&gt;
comme une algue agonisante avec son corail captif &lt;br class='autobr' /&gt;
si bien qu'&#224; l'&#339;il s'entr'ouvrant il ne restera plus que la &lt;br class='autobr' /&gt;
coquille de ton corps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le serpent &#224; plumes s'en retourne m&#233;diter chez lui laissant &lt;br class='autobr' /&gt;
son cri qui bondit de la neige &#224; la fum&#233;e repart du ma&#239;s &lt;br class='autobr' /&gt;
et s'arr&#234;te au signal de la m&#233;duse alors que le s&#233;jour de &lt;br class='autobr' /&gt;
toute naissance s'&#233;claire d'un vagissement de pistil &lt;br class='autobr' /&gt;
emport&#233; par le vent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dieux sont all&#233;s hiverner au c&#339;ur des hommes et &lt;br class='autobr' /&gt;
attendent en muant que les sauvages nouveau-n&#233;s des &lt;br class='autobr' /&gt;
for&#234;ts qui les soutiennent arrivent &#224; les prendre pour les &lt;br class='autobr' /&gt;
hisser au sommet d'un nuage pyramidal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fois les flammes ont emplum&#233; les cimes en deuil sans &lt;br class='autobr' /&gt;
que le colibri sorcier ait encore vu celui que roussit &lt;br class='autobr' /&gt;
son ma&#238;tre d&#233;vorer un glissement venu du plus profond &lt;br class='autobr' /&gt;
d'une nuit sans seigneurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est gu&#232;re que le fond du lac press&#233; d'&#233;couter les pas des &lt;br class='autobr' /&gt;
tribus qui d&#233;j&#224; se concentrent pour repartir aussit&#244;t &lt;br class='autobr' /&gt;
conqu&#233;rir le commencement et la fin de l'eau les sources &lt;br class='autobr' /&gt;
de l'orage et le dernier refuge de l'&#233;clair&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils arrivent du berceau des h&#233;rons d'aurore et marchent &lt;br class='autobr' /&gt;
pendant que les ann&#233;es se nouent d'elles-m&#234;mes en &lt;br class='autobr' /&gt;
deux bottes d'asperges d&#233;capit&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oiseau sorcier n&#233; tout arm&#233; de la vierge &#224; la jupe de &lt;br class='autobr' /&gt;
serpents repousse d'une &#233;tincelle ses quatre cents &lt;br class='autobr' /&gt;
ennemis excit&#233;s par les souffles des t&#233;n&#232;bres tenaces &lt;br class='autobr' /&gt;
renaissant comme l'&#339;il s'ouvre et se ferme de leur &lt;br class='autobr' /&gt;
cadavre toujours pr&#234;t &#224; le harceler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il les conduit avec la certitude des torrents appel&#233;s par leur &lt;br class='autobr' /&gt;
apoth&#233;ose vers la plante aux disques perfides narguant &lt;br class='autobr' /&gt;
Tlaloc sur qui se donne le spectacle proph&#233;tis&#233; d'un &lt;br class='autobr' /&gt;
mythe de monde naissant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici vivront dans leur demeure nimb&#233;e de sang les vrais chefs &lt;br class='autobr' /&gt;
du jour et de la nuit azt&#232;ques les seigneurs qui soufflent &lt;br class='autobr' /&gt;
sur la poussi&#232;re pour irriter les &#226;mes d'eau et de feu et &lt;br class='autobr' /&gt;
leur suite suant l'angoisse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ma&#238;tres d'en haut riant &#224; fleurs &#233;closes et d'en bas &lt;br class='autobr' /&gt;
plus &#233;teints qu'un foyer asphyxi&#233; par leur haleine ne &lt;br class='autobr' /&gt;
recevront jamais assez de c&#339;urs conquis de haute lutte &lt;br class='autobr' /&gt;
sur un partenaire exalt&#233; par un amour solaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a de quoi Le h&#233;ros tout mouill&#233; franchit d'un bond &lt;br class='autobr' /&gt;
lumineux une &#233;tendue battant des mains neigeuses &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
son passage et tous le saluent d'une goutte ou d'un lac &lt;br class='autobr' /&gt;
de vie jusqu'&#224; ce qu'il retourne sommeiller sur sa couche &lt;br class='autobr' /&gt;
de plumes d'aigles abattus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voici qu'il entra&#238;ne dans son sillage de ma&#239;s en fleur &lt;br class='autobr' /&gt;
des silhouettes vaporeuses de visages blancs &#224; barbe de &lt;br class='autobr' /&gt;
caverne abritant mille scorpions au dard dress&#233; et des &lt;br class='autobr' /&gt;
rumeurs impalpables de centaures s'&#233;brouant dans des &lt;br class='autobr' /&gt;
hennissements issus d'un sol r&#233;volt&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que le grand serpent &#224; plumes las d'une migration &lt;br class='autobr' /&gt;
sans espoir ne revienne vers son peuple aux yeux de &lt;br class='autobr' /&gt;
crat&#232;re les mains pleines de fleurs &#224; chants de cristal &lt;br class='autobr' /&gt;
arrach&#233;s &#224; la nuit et de fruits qui dorent la vie cueillis &lt;br class='autobr' /&gt;
entre les deux &#233;toiles qui jalonnent le sentier o&#249; du &lt;br class='autobr' /&gt;
souvenir de Tollan sanctifi&#233; par des vagabondages guid&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
par des aigles et des jaguars l'avait chass&#233; la fourberie &lt;br class='autobr' /&gt;
d'un miroir fumant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non pourtant l'abjecte croix qui supprime lance des feux &lt;br class='autobr' /&gt;
de supplice et l'hostie variol&#233;e pourrit celui qu'elle &lt;br class='autobr' /&gt;
touche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils vont rejetant de loin les hommes chez leurs anc&#234;tres &lt;br class='autobr' /&gt;
sans que les pr&#233;c&#232;de aucun chien rouge pour les &lt;br class='autobr' /&gt;
conduire par les d&#233;serts sans jour et sans nuit les froids &lt;br class='autobr' /&gt;
qui font s'&#233;parpiller l'&#226;me et les torrents insultants que &lt;br class='autobr' /&gt;
nul ne peut asservir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;c&#233;d&#233;s d'hommes aux paroles de p&#233;ch&#233; v&#234;tus de robes &lt;br class='autobr' /&gt;
de boue grasse et qui balaient les plats avec leur nez &lt;br class='autobr' /&gt;
tous ils exigent l'or qui ne vaut pas les plumes du matin &lt;br class='autobr' /&gt;
et du soir et torturent au nom d'un monarque agenouill&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
devant deux baguettes entrecrois&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Printemps plus jamais tu ne seras &#233;corch&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
et toi ma&#239;s vert plus jamais tu ne seras honor&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un crucifix sanglant les mangeurs d'anones portant un &lt;br class='autobr' /&gt;
cercle sur la t&#234;te veulent faire un dieu qui n'est pas &lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;cessaire puisque tous vivent parmi les hommes &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils d&#233;truisent pour lui les demeures des ma&#238;tres du vent et &lt;br class='autobr' /&gt;
du feu et de tout ce qui vit et meurt et les livres de toute &lt;br class='autobr' /&gt;
science&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit haletante de d&#233;sir n'a pas connu six fois de suite &lt;br class='autobr' /&gt;
l'hommage rajeunissant d'une flamme brisant sa coquille &lt;br class='autobr' /&gt;
et ne br&#251;lant que pour le serpent de lait et les siens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;trangers n'ont allum&#233; que des b&#251;chers pour ceux &lt;br class='autobr' /&gt;
que le soleil enchante de vols pouffant de rire qui &lt;br class='autobr' /&gt;
saluent la grenouille s'&#233;puisant &#224; les nourrir et craignent &lt;br class='autobr' /&gt;
que ne s'&#233;veille le g&#233;ant qui ronfle sous les montagnes &lt;br class='autobr' /&gt;
l'abritant des grands vents qui balaient la terre pour que &lt;br class='autobr' /&gt;
Tlaloc s'y repose&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ils rentrent chevauchant des m&#226;choires multipli&#233;es au &lt;br class='autobr' /&gt;
fond des vagues o&#249; le soleil se frotte les yeux les blancs &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; pelage d'hostie qui avec l'eau ont fait entrer dans les &lt;br class='autobr' /&gt;
t&#234;tes la taupe de la faim et le fouet du patron nourri &lt;br class='autobr' /&gt;
d'Indiens morts &lt;br class='autobr' /&gt;
et de la femme blanche qui s'&#233;tonne de se voir dans un lac &lt;br class='autobr' /&gt;
comme des vall&#233;es form&#233;es en s'asseyant par les &lt;br class='autobr' /&gt;
seigneurs de la terre ou du ciel de chaque &#233;pi et de &lt;br class='autobr' /&gt;
chaque langue s'enfle un air de libert&#233; plus br&#251;lant que &lt;br class='autobr' /&gt;
celui des d&#233;serts calcin&#233;s par le tyran de l'&#233;t&#233; pour que &lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;tranger y aiguise un app&#233;tit de vautour&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chant qui arrache les anneaux aux esclaves &#233;tonn&#233;s de &lt;br class='autobr' /&gt;
respirer la lumi&#232;re emporte la gal&#232;re comme un b&#339;uf &lt;br class='autobr' /&gt;
noy&#233; et chassant la tourbe obscure des l&#233;cheurs de &lt;br class='autobr' /&gt;
crucifix attise l'ardeur du feu qui reconna&#238;t ses cr&#233;atures &lt;br class='autobr' /&gt;
L'air sera plus clair si n'y retentissent que des voix sans &lt;br class='autobr' /&gt;
espion ni contrainte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'eau sera plus limpide si ne s'y refl&#232;tent que des visages &lt;br class='autobr' /&gt;
sans angoisse ni p&#233;ch&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La neige des pics griffant les nuages sera plus &#233;clatante de &lt;br class='autobr' /&gt;
n'&#234;tre foul&#233;e que par des pas sans entrave&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chemins ne m&#232;neront plus au silence des tombeaux &lt;br class='autobr' /&gt;
affam&#233;s mais aux jeux des oiseaux pleuvant du soleil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sources ne chanteront plus jamais de complaintes &lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#233;ternels condamn&#233;s mais riront de toutes leurs dents &lt;br class='autobr' /&gt;
de printemps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ma&#239;s s'&#233;lancera plus haut de n'avoir pas &#224; courber la t&#234;te &lt;br class='autobr' /&gt;
comme un christ ployant sous la charge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me l'or sera plus pur de ne parer que des sourires &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
affoler les nuits balay&#233;es de chaudes brises &#233;toil&#233;es de &lt;br class='autobr' /&gt;
baisers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las ceux qui hument du porridge &#233;coutent dans les &lt;br class='autobr' /&gt;
montagnes qui dissimulent le sommeil de l'or d'en haut &lt;br class='autobr' /&gt;
tinter celui d'en bas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tranger &#224; face d'&#233;ponge repue a prouv&#233; aux hommes &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'un reflet de lumi&#232;re v&#233;n&#233;neuse peut massacrer pour &lt;br class='autobr' /&gt;
peupler d'esclaves les vies &#233;ternelles des manieurs de &lt;br class='autobr' /&gt;
croix &lt;br class='autobr' /&gt;
et quelqu'un la main en mare sans feux follets malgr&#233; les &lt;br class='autobr' /&gt;
fermentations in&#233;puisables qui cr&#232;vent &#224; sa surface leur &lt;br class='autobr' /&gt;
ouvre les portes aux poignards entre deux &#233;paules&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la t&#234;te arrach&#233;e comme d'un arbre emport&#233; par une &lt;br class='autobr' /&gt;
tornade &#224; ma&#238;triser d'une camisole de force vont &lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;chapper vers le Nord st&#233;rilisant les joyaux secrets &lt;br class='autobr' /&gt;
jalousement gard&#233;s par les g&#233;nies opaques des t&#233;n&#232;bres &lt;br class='autobr' /&gt;
pesantes et les fruits sans cesse renouvel&#233;s d'une union &lt;br class='autobr' /&gt;
qui appelle des torrents de larmes d'all&#233;gresse &lt;br class='autobr' /&gt;
et le corps d&#233;chir&#233; de rages de taureau d&#233;fi&#233; mais qui veut &lt;br class='autobr' /&gt;
retrouver un jour d&#233;livr&#233; des brouillards aux ventouses &lt;br class='autobr' /&gt;
suspectes attend que Juares l'&#233;pouille et disperse les &lt;br class='autobr' /&gt;
vols noirs d&#233;goulinant de latin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'y fait L'homme qui vit du soleil battant la charge &lt;br class='autobr' /&gt;
est devenu un champion de cave pour les rats de la terre &lt;br class='autobr' /&gt;
et la terre meurt de faim tandis qu'un crapaud enfle &lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'&#224; se croire g&#233;n&#233;ral de ses pustules&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une voix d'alouette &#233;blouie s'&#233;l&#232;ve du sol b&#226;illonn&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
pour exiger que les portes aux verrous de fusillades &lt;br class='autobr' /&gt;
soient ouvertes comme la mer &#224; l'horizon qui s'allume &lt;br class='autobr' /&gt;
pour une f&#234;te d'&#233;gaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parti du c&#339;ur broy&#233; par une angoisse sans aube imaginable &lt;br class='autobr' /&gt;
elle s'&#233;loigne en avalanche qui fait palpiter jusqu'aux &lt;br class='autobr' /&gt;
veines du marbre et rebondit en tonnerre remplissant les &lt;br class='autobr' /&gt;
vall&#233;es soudain &#233;tonn&#233;es que leur paix soit celle des os &lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;cap&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les for&#234;ts de t&#234;tes pench&#233;es se redressent et s'illuminent de &lt;br class='autobr' /&gt;
regards qui explosent en justice sommaire et toutes les &lt;br class='autobr' /&gt;
huttes de mis&#232;re s&#233;ch&#233;e abritent un &#234;tre qui se condense &lt;br class='autobr' /&gt;
en homme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie ne peut plus &#234;tre une reptation b&#233;nie des providences &lt;br class='autobr' /&gt;
complices du sillon de chiourme assomm&#233;e au squelette &lt;br class='autobr' /&gt;
priv&#233; de revenant puisque de chaque sillon pareil &#224; un &lt;br class='autobr' /&gt;
sou neuf Zapata fait lever la moisson &#224; jamais m&#251;re des &lt;br class='autobr' /&gt;
chants d&#233;sh&#233;rit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las rien qu'un &#233;pars&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demain la foudre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Voil&#224; qui reviennent les ombres barbares &#224; face de dollar &lt;br class='autobr' /&gt;
num&#233;rot&#233; Regardez-les ronger les pierres qui portent la &lt;br class='autobr' /&gt;
honte au front ronger la terre qui les voudrait dissoudre &lt;br class='autobr' /&gt;
ronger les hommes jusqu'au c&#339;ur qu'elles empestent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://melusine-surrealisme.fr/site/Peret/Air%20mexicain.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://melusine-surrealisme.fr/site/Peret/Air%20mexicain.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;moignage sur Treblinka et la r&#233;volte du Ghetto de Varsovie</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8396</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article8396</guid>
		<dc:date>2025-10-18T22:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pologne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le camp de la mort de Treblinka, tombe en masse des juifs polonais &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.youtube.com/watch?v=FGQ_X94X5BE &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.youtube.com/watch?v=nMRF1b9jBAI &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.youtube.com/watch?v=Y4m05bi5kHM &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.youtube.com/watch?v=fPpdCdZ7bdQ &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.youtube.com/watch?v=x_ovMAlPtTQ&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.youtube.com/watch?v=4ZDVrou94DM&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&amp;index=2&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique67" rel="directory"&gt;03- L'extermination des Juifs d'Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot141" rel="tag"&gt;Pologne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le camp de la mort de Treblinka, tombe en masse des juifs polonais&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18197 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/pdf/treblinka.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 11.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=FGQ_X94X5BE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=FGQ_X94X5BE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=nMRF1b9jBAI&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=nMRF1b9jBAI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Y4m05bi5kHM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Y4m05bi5kHM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=fPpdCdZ7bdQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=fPpdCdZ7bdQ&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=x_ovMAlPtTQ&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=x_ovMAlPtTQ&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4ZDVrou94DM&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&amp;index=2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=4ZDVrou94DM&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&amp;index=2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=TWUAaLlXIKQ&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&amp;index=3&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=TWUAaLlXIKQ&amp;list=PLKc_fXpnmo0LrnmJMPmkYzILRGYHSaepD&amp;index=3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=7XBVTYaTj8Q&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=7XBVTYaTj8Q&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte du ghetto de Varsovie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18198 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/pdf/ghetto.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 10 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1760090026' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4UeEIW-e2xM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=4UeEIW-e2xM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=6YLjjWNdY7c&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=6YLjjWNdY7c&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=xBv8w6xBnVM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=xBv8w6xBnVM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=wPDg9A2MF9k&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=wPDg9A2MF9k&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ptZaF0zD8LY&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=ptZaF0zD8LY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martin Gray&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=_byL8EWxMPw&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=_byL8EWxMPw&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=8flSukN0-9k&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=8flSukN0-9k&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volution en Malaisie &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7847</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article7847</guid>
		<dc:date>2025-08-21T22:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Malaisie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;pression coloniale anglaise &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution en Malaisie &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : le terme &#171; communiste &#187; est, dans cet texte, employ&#233; pour indiquer le parti stalinien nationaliste, pourtant favorable &#224; un compromis avec la bourgeoisie nationale, sur le mod&#232;le des &#171; fronts populaires &#187; nationalistes de Mao tse Toung, et non un parti communiste r&#233;volutionnaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti fonctionnait comme une organisation ill&#233;gale sous la domination coloniale britannique. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot259" rel="tag"&gt;Malaisie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;pression coloniale anglaise&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/tetes-coupees-malaisie.jpg' width=&#034;283&#034; height=&#034;419&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution en Malaisie &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : le terme &#171; communiste &#187; est, dans cet texte, employ&#233; pour indiquer le parti stalinien nationaliste, pourtant favorable &#224; un compromis avec la bourgeoisie nationale, sur le mod&#232;le des &#171; fronts populaires &#187; nationalistes de Mao tse Toung, et non un parti communiste r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti fonctionnait comme une organisation ill&#233;gale sous la domination coloniale britannique. Le 29 avril 1930, un raid men&#233; par la Branche sp&#233;ciale de Singapour dans une maison vacante au 24 Nassim Road &#224; Singapour faillit mettre fin au MCP puisque huit de ses membres fondateurs d'origine furent arr&#234;t&#233;s avant d'&#234;tre emprisonn&#233;s ou expuls&#233;s vers la Chine. En juin 1931, apr&#232;s qu'un courrier du Komintern ait &#233;t&#233; intercept&#233; par la police, environ six raids ont &#233;t&#233; men&#233;s de juin &#224; d&#233;cembre et plusieurs membres du parti ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et des documents saisis, plongeant le parti dans le d&#233;sarroi. Les informations extraites du courrier indiquaient &#224; ce stade qu'il y avait 1 500 membres et 10 000 sympathisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce revers, le MCP a gagn&#233; en influence dans le mouvement syndical et a organis&#233; plusieurs gr&#232;ves, notamment &#224; la mine de charbon de Batu Arang en 1935. Il a &#233;galement cr&#233;&#233; des comit&#233;s d'ouvriers sur certains lieux de travail. Ces comit&#233;s et les gr&#232;ves furent rapidement r&#233;prim&#233;s par les troupes et la police. De nombreux gr&#233;vistes d'origine chinoise ont &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s vers la Chine, o&#249; ils ont souvent &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s par le gouvernement nationaliste chinois en tant que communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'invasion de la Chine par le Japon en 1937, il y eut un rapprochement entre le Kuomintang malais et les communistes, parall&#232;le &#224; celui de la Chine. Sous l'aile du Kuomintang, le MCP a pu op&#233;rer plus facilement. Le sentiment anti-japonais parmi les Chinois malais a donn&#233; au parti une excellente occasion de recruter des membres et de collecter des fonds sous la banni&#232;re de la d&#233;fense de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, le parti &#233;tait infiltr&#233; par un agent britannique apparent, Lai Teck , qui en devint le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral en avril 1939. Malgr&#233; cette grave faille de s&#233;curit&#233;, le parti continua de fonctionner efficacement. Au milieu de 1939, elle comptait environ 40 000 membres, dont environ la moiti&#233; &#224; Singapour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 d&#233;cembre 1941, l' Empire japonais envahit la Malaisie. Les autorit&#233;s coloniales britanniques accept&#232;rent d&#233;sormais l'offre permanente de coop&#233;ration militaire du MCP. Le 15 d&#233;cembre, tous les prisonniers politiques de gauche ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du 20 d&#233;cembre, l'arm&#233;e britannique a commenc&#233; &#224; former les membres du parti &#224; la gu&#233;rilla dans la 101e &#233;cole de formation sp&#233;ciale (101e STS) cr&#233;&#233;e &#224; la h&#226;te &#224; Singapour. Environ 165 membres du MCP ont &#233;t&#233; form&#233;s avant l'effondrement des d&#233;fenses britanniques. Ces combattants, peu arm&#233;s et &#233;quip&#233;s par les Britanniques aux abois, se dispers&#232;rent en toute h&#226;te et tent&#232;rent de harceler l'arm&#233;e d'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste avant que Singapour ne tombe aux mains des Japonais le 15 f&#233;vrier 1942, le parti commen&#231;a &#224; organiser une r&#233;sistance arm&#233;e dans l'&#201;tat de Johore . Bient&#244;t, quatre groupes arm&#233;s, connus sous le nom de &#171; R&#233;giments &#187;, furent form&#233;s, avec des stagiaires du 101e STS servant de noyaux. En mars, cette force fut baptis&#233;e Arm&#233;e populaire anti-japonaise malaise (MPAJA) et commen&#231;a des sabotages et des embuscades contre les Japonais. Les Japonais ont r&#233;pondu par des repr&#233;sailles contre les civils chinois. Ces repr&#233;sailles, associ&#233;es &#224; des difficult&#233;s &#233;conomiques croissantes, ont pouss&#233; un grand nombre de Chinois malais &#224; fuir les villes. Ils sont devenus des squatters &#224; la lisi&#232;re des for&#234;ts, o&#249; ils sont devenus la principale source de recrues, de nourriture et d'autres aides pour le MPAJA. Le MPAJA a consolid&#233; ce soutien en assurant une protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O'Ballance estime qu'au milieu de 1942, les effectifs du r&#233;giment &#233;taient d'environ 100 dans le premier r&#233;giment, 160 dans le 2e, 360 dans le 3e et 250 dans le 4e. A cette &#233;poque, les 5e, 6e et 7e r&#233;giments furent form&#233;s. Cette arm&#233;e, qui comprenait des femmes, a &#233;t&#233; con&#231;ue comme une force &#224; la fois militaire et politique, sur le mod&#232;le mao&#239;ste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la chute de Singapour, Lai Teck fut arr&#234;t&#233; par les Japonais et devint leur agent. Le 1er septembre 1942, agissant sur ses informations, les Japonais lanc&#232;rent un raid &#224; l'aube sur une conf&#233;rence secr&#232;te de plus de 100 dirigeants du MCP et du MPAJA dans les grottes de Batu, juste au nord de Kuala Lumpur , tuant la plupart. La perte de personnel a contraint le MPAJA &#224; abandonner son syst&#232;me de commissaire politique et les commandants militaires sont devenus les chefs des r&#233;giments. Suite &#224; ce revers, le MPAJA a &#233;vit&#233; les engagements et s'est concentr&#233; sur la consolidation, rassemblant 4 500 soldats au printemps 1943.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de mai 1943, les commandos britanniques de la Force 136 infiltrent la Malaisie et prennent contact avec la gu&#233;rilla. Au d&#233;but de 1944, un accord fut conclu selon lequel le MPAJA accepterait certaines directives du Commandement alli&#233; de l'Asie du Sud-Est (SEAC) et les Alli&#233;s donneraient au MPAJA des armes et des fournitures. Ce n'est cependant qu'au printemps 1945 que d'importantes quantit&#233;s de mat&#233;riel commenc&#232;rent &#224; arriver par voie a&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation du Japon le 15 ao&#251;t 1945 a surpris les combattants de Malaisie. Le premier contingent britannique de troupes de r&#233;occupation n'est arriv&#233; que le 3 septembre ; Singapour ne fut r&#233;occup&#233;e que le 8. La garnison japonaise se retire des campagnes, laissant un vide de pouvoir combl&#233; par le MPAJA. Dans de nombreux endroits, notamment dans les r&#233;gions chinoises, ils ont &#233;t&#233; accueillis comme des h&#233;ros &#224; leur sortie de la for&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Britanniques reconnurent l'autorit&#233; du MPAJA, r&#233;mun&#233;rant ses soldats pour leur r&#244;le dans la r&#233;occupation. Les gu&#233;rilleros, quant &#224; eux, s'empar&#232;rent des armes japonaises et recrut&#232;rent librement, formant un 8e r&#233;giment et portant leur effectif arm&#233; &#224; plus de 6 000 hommes. Dans le m&#234;me temps, ils ont lanc&#233; des repr&#233;sailles contre les collaborateurs de la police malaise et la population civile et ont commenc&#233; &#224; collecter des fonds par la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux militants de base pr&#244;naient la r&#233;volution. L'approche prudente favoris&#233;e par Lai Teck et la majorit&#233; des dirigeants a pr&#233;valu &#8211; une d&#233;cision qui a ensuite &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme une opportunit&#233; manqu&#233;e majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 septembre, l' Administration militaire britannique (BMA) est install&#233;e &#224; Kuala Lumpur. Plus tard cette ann&#233;e-l&#224;, MPAJA a accept&#233; &#224; contrec&#339;ur de se dissoudre. Les armes ont &#233;t&#233; remises lors de c&#233;r&#233;monies au cours desquelles le r&#244;le de l'arm&#233;e en temps de guerre a &#233;t&#233; salu&#233;. Six mille huit cents soldats ont &#233;t&#233; officiellement licenci&#233;s, mais une partie des armes a &#233;t&#233; retenue, notamment des armes de poing. Le parti n'&#233;tait toujours pas l&#233;gal mais pouvait fonctionner sans r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MCP a adopt&#233; une politique de &#171; Front national &#187;, construisant une large coalition pour &#339;uvrer en faveur de l'ind&#233;pendance nationale par des moyens l&#233;gaux. En raison des mauvaises conditions &#233;conomiques, la BMA fut imm&#233;diatement confront&#233;e &#224; des gr&#232;ves et &#224; des manifestations auxquelles les communistes particip&#232;rent activement. Plusieurs ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;s par la force arm&#233;e et leurs dirigeants ont &#233;t&#233; bannis. Le MCP a &#233;galement exerc&#233; son influence par l'interm&#233;diaire de partis parlementaires tels que l' Union d&#233;mocratique malaise (MDU) et le Parti nationaliste malais (MNP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1946, au milieu du m&#233;contentement suscit&#233; par la ligne prudente des dirigeants, une enqu&#234;te fut ouverte sur les rumeurs de trahison de Lai Teck. Avant de pouvoir &#234;tre interrog&#233; en mars 1947, Lai Teck a fui le pays avec les fonds du parti. Fortement &#233;branl&#233;, le Comit&#233; ex&#233;cutif central a gard&#233; la d&#233;fection secr&#232;te pendant un an pendant qu'il luttait pour l'accepter. Chin Peng, 26 ans, a &#233;t&#233; choisi comme nouveau secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. Officier sup&#233;rieur du 5e r&#233;giment du MPAJA &#224; Perak, il &#233;tait le principal agent de liaison du parti avec la Force 136 . La position du parti est devenue plus r&#233;solument anti-britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Malayan_Communist_Party?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Malayan_Communist_Party?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme de nombreuses colonies de l'Asie du Sud-Est, de 1948 &#224; 1960 la F&#233;d&#233;ration de Malaisie fut touch&#233;e par une insurrection communiste visant &#224; renverser la domination coloniale britannique et &#224; instaurer une r&#233;publique socialiste ind&#233;pendante. Si l'&#233;tat d'urgence a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; en juin 1948, les troubles d&#233;but&#232;rent d&#232;s la fin de la Seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04317483&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04317483&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection communiste malaise (la situation &#233;tant d&#233;sign&#233;e en anglais sous le nom de Malayan Emergency, &#201;tat d'urgence malais) s'est d&#233;roul&#233;e &#224; partir de 1948 sur le territoire de l'actuelle Malaisie, encore colonie britannique. L'&#233;tat d'urgence, d&#233;clar&#233; par le gouvernement colonial britannique de la Malaisie en 1948 contre l'insurrection men&#233;e par l'Arm&#233;e de lib&#233;ration des peuples de Malaisie du Parti communiste malais, n'a &#233;t&#233; lev&#233; que le 30 juillet 1960, par le gouvernement de la Malaisie ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat d'urgence, d&#233;clar&#233; en 1948, a entra&#238;n&#233; la suppression des droits civils, l'octroi de pouvoirs sp&#233;ciaux &#224; la police, et d'autres mesures visant &#224; la suppression de partis radicaux de gauche, en particulier le Parti communiste malais (en langue anglaise : Malayan Communist Party ou MCP). La gu&#233;rilla fut un &#233;pisode du long conflit entre le MCP et le pouvoir colonial, commen&#231;ant en 1945 et se poursuivant contre le gouvernement malais jusqu'&#224; la signature d'un trait&#233; de paix en d&#233;cembre 1989. La MNLA &#233;tait la branche militaire du MCP, s'appuyant sur le Min Yuen (Organisation de masse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du conflit, les Britanniques disposaient de seulement 13 brigades d'infanterie en Malaisie, ce qui s'av&#233;rait insuffisant pour contrer les insurg&#233;s communistes. Des unit&#233;s des Royal Marines et du King's African Rifles ainsi qu'une formation de Special Air Service (SAS) sont d&#233;ploy&#233;es en 1950.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin du conflit, 40 000 soldats britanniques et du Commonwealth (Australie et Nouvelle-Z&#233;lande notamment) &#233;taient ainsi mobilis&#233;s contre 7 000 &#224; 8 000 gu&#233;rilleros communistes. Notons l'usage du d&#233;foliant agent Orange entre 1952 et fin 1954.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces a&#233;riennes sont largement mobilis&#233;s, allant des bombardiers quadrimoteurs datant de la Seconde Guerre mondiale au d&#233;but du conflit jusqu'aux avions &#224; r&#233;action. Ainsi de 1958 &#224; 1960, les CAC Sabres de la 78e escadre de la RAAF, comprenant les escadrons 3 et 77, ex&#233;cut&#232;rent plusieurs sorties d'attaque au sol contre les insurg&#233;s communistes en F&#233;d&#233;ration de Malaisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pertes des forces arm&#233;es britanniques se sont &#233;lev&#233;es &#224; 1 443 tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_communiste_malaise&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_communiste_malaise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perturbations &#233;conomiques de la Seconde Guerre mondiale en Malaisie britannique ont entra&#238;n&#233; un ch&#244;mage g&#233;n&#233;ralis&#233;, de bas salaires et une forte inflation des prix alimentaires. La faiblesse de l'&#233;conomie a &#233;t&#233; un facteur de croissance des mouvements syndicaux et a provoqu&#233; une augmentation du nombre de membres du parti communiste, avec des troubles sociaux consid&#233;rables et un grand nombre de gr&#232;ves entre 1946 et 1948. Les communistes malais ont organis&#233; avec succ&#232;s une journ&#233;e g&#233;n&#233;rale de gr&#232;ve de 24 heures le 29 janvier 1946 avant d'organiser 300 gr&#232;ves en 1947. Pour lutter contre la mont&#233;e de l'activit&#233; syndicale, les Britanniques ont utilis&#233; la police et les soldats comme briseurs de gr&#232;ve, et les employeurs ont proc&#233;d&#233; &#224; des licenciements massifs, &#224; des expulsions forc&#233;es de leurs domiciles, &#224; des expulsions l&#233;gales, des harc&#232;lements et ont commenc&#233; &#224; r&#233;duire les salaires de leurs travailleurs. La police coloniale a r&#233;pondu &#224; l'activit&#233; syndicale croissante en proc&#233;dant &#224; des arrestations, des d&#233;portations et en battant &#224; mort les gr&#233;vistes. En r&#233;ponse aux attaques contre les syndicats, les militants communistes ont commenc&#233; &#224; assassiner des briseurs de gr&#232;ve et &#224; attaquer les propri&#233;t&#233;s antisyndicales. Ces attaques ont &#233;t&#233; utilis&#233;es par l'occupation coloniale comme pr&#233;texte pour proc&#233;der &#224; des arrestations massives de militants de gauche. Le 12 juin, l'occupation coloniale britannique a interdit le plus grand syndicat de Malaisie, le PMFTU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ressources en caoutchouc et en &#233;tain de la Malaisie ont &#233;t&#233; utilis&#233;es par les Britanniques pour payer leurs dettes de guerre envers les &#201;tats-Unis et pour se remettre des d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par la Seconde Guerre mondiale. Les exportations de caoutchouc malaisiennes vers les &#201;tats-Unis &#233;taient d'une plus grande valeur que toutes les exportations nationales de la Grande-Bretagne vers l'Am&#233;rique, ce qui faisait que la Malaisie &#233;tait consid&#233;r&#233;e par les Britanniques comme un atout vital. La Grande-Bretagne s'&#233;tait pr&#233;par&#233;e &#224; ce que la Malaisie devienne un &#201;tat ind&#233;pendant, mais seulement en remettant le pouvoir &#224; un gouvernement qui serait soumis &#224; la Grande-Bretagne et permettrait aux entreprises britanniques de garder le contr&#244;le des ressources naturelles de la Malaisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers coups de feu de l'urgence malaise ont &#233;t&#233; tir&#233;s lors de l' incident de Sungai Siput , survenu le 17 juin 1948, dans le bureau du domaine Elphil pr&#232;s de la ville de Sungai Siput . Trois directeurs de plantations europ&#233;ens ont &#233;t&#233; tu&#233;s par trois jeunes Chinois soup&#231;onn&#233;s d'&#234;tre communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort de ces directeurs de plantations europ&#233;ens a &#233;t&#233; utilis&#233;e par l'occupation coloniale britannique pour arr&#234;ter ou tuer de nombreux dirigeants communistes et syndicaux de Malaisie. Ces arrestations et meurtres massifs ont vu de nombreux militants de gauche se cacher et fuir dans les jungles malaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les communistes malais aient commenc&#233; &#224; pr&#233;parer une gu&#233;rilla contre les Britanniques, les mesures d'urgence et les arrestations massives de communistes et de militants de gauche en 1948 les ont surpris. Dirig&#233;s par Chin Peng, les communistes malais restants se retir&#232;rent dans les zones rurales et form&#232;rent, le 1er f&#233;vrier 1949, l' Arm&#233;e de lib&#233;ration nationale malaise (MNLA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MNLA &#233;tait en partie une reformation de l' Arm&#233;e populaire anti-japonaise de Malaisie (MPAJA), la force de gu&#233;rilla communiste qui avait &#233;t&#233; la principale r&#233;sistance en Malaisie contre l' occupation japonaise de la Malaisie pendant la Seconde Guerre mondiale. Les Britanniques avaient secr&#232;tement aid&#233; &#224; cr&#233;er le MPAJA en 1942 et les avaient form&#233;s &#224; l'utilisation d'explosifs, d'armes &#224; feu et de radios. Chin Peng &#233;tait un antifasciste et syndicaliste chevronn&#233; qui avait jou&#233; un r&#244;le essentiel dans la r&#233;sistance du MPAJA. [35] Dissoute en d&#233;cembre 1945, la MPAJA a officiellement remis ses armes &#224; l' administration militaire britannique, bien que de nombreux soldats de la MPAJA aient secr&#232;tement cach&#233; des stocks d'armes dans des cachettes dans la jungle. Les membres qui ont accept&#233; de se dissoudre se sont vu offrir des incitations &#233;conomiques. Environ 4 000 membres ont rejet&#233; ces incitations et sont entr&#233;s dans la clandestinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MNLA a commenc&#233; sa guerre pour l'ind&#233;pendance de la Malaisie vis-&#224;-vis de l'Empire britannique en ciblant les industries coloniales d'extraction des ressources, &#224; savoir les mines d'&#233;tain et les plantations de caoutchouc, qui &#233;taient les principales sources de revenus de l'occupation britannique de la Malaisie. Le MNLA a attaqu&#233; ces industries dans l'espoir de mettre les Britanniques en faillite et de conqu&#233;rir l'ind&#233;pendance en rendant l'administration coloniale trop co&#251;teuse &#224; entretenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Arm&#233;e de lib&#233;ration nationale malaise (MNLA) a eu recours &#224; des tactiques de gu&#233;rilla, attaquant des avant-postes militaires et policiers, sabotant des plantations de caoutchouc et des mines d'&#233;tain, tout en d&#233;truisant les infrastructures de transport et de communication. Le soutien au MNLA provenait principalement des 3,12 millions de Chinois de souche vivant alors en Malaisie, dont beaucoup &#233;taient des agriculteurs vivant &#224; la lisi&#232;re des jungles malaises et avaient &#233;t&#233; politiquement influenc&#233;s &#224; la fois par la r&#233;volution communiste chinoise et par la r&#233;sistance contre le Japon pendant cette p&#233;riode. LA SECONDE GUERRE MONDIALE. Leur soutien a permis au MNLA de s'approvisionner en nourriture, en m&#233;dicaments, en informations et a constitu&#233; une source de nouvelles recrues. La population ethnique malaise les a soutenus en plus petit nombre. Le MNLA a obtenu le soutien des Chinois parce que ceux-ci se voyaient refuser le droit &#233;gal de voter aux &#233;lections, n'avaient aucun droit foncier &#224; proprement parler et &#233;taient g&#233;n&#233;ralement tr&#232;s pauvres. L'organisation d'approvisionnement du MNLA s'appelait Min Yuen (Mouvement populaire). Elle disposait d'un r&#233;seau de contacts au sein de la population g&#233;n&#233;rale. Outre la fourniture de mat&#233;riel, notamment de nourriture, il &#233;tait &#233;galement important pour le MNLA en tant que source de renseignements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les camps et cachettes du MNLA se trouvaient dans la jungle tropicale inaccessible et disposaient d'infrastructures limit&#233;es. Pr&#232;s de 90 % des gu&#233;rilleros du MNLA &#233;taient d'origine chinoise, bien qu'il y ait parmi ses membres des Malais, des Indon&#233;siens et des Indiens. Le MNLA &#233;tait organis&#233; en r&#233;giments, bien que ceux-ci n'aient pas d'effectifs fixes et chacun comprenait toutes les forces communistes op&#233;rant dans une r&#233;gion particuli&#232;re. Les r&#233;giments avaient des sections politiques, des commissaires , des instructeurs et des services secrets. Dans les camps, les soldats assistaient &#224; des conf&#233;rences sur le marxisme-l&#233;ninisme et produisaient des bulletins politiques destin&#233;s &#224; &#234;tre distribu&#233;s aux civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du conflit, les gu&#233;rilleros envisageaient d'&#233;tablir un contr&#244;le sur les &#171; zones lib&#233;r&#233;es &#187; d'o&#249; les forces gouvernementales avaient &#233;t&#233; chass&#233;es, mais n'y parvinrent pas. [41]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Malayan_Emergency?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Malayan_Emergency?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 1952. Le Royaume-Uni est emp&#234;tr&#233; dans une guerre contre-insurrectionnelle pour lutter contre la r&#233;bellion communiste, en Malaisie. Depuis 1948, et jusqu'en 1960, la colonie britannique sera en &#233;tat d'urgence, l'arm&#233;e de la couronne y menant des combats d'une grande violence. C'est ce que montrera notamment une photo publi&#233;e ce fameux mois, montrant un commando des royal marines en train de brandir les t&#234;tes coup&#233;es de deux insurg&#233;s. Photo publi&#233;e par&#8230; le Daily Worker, un journal communiste am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journaux britanniques, eux, pr&#233;f&#232;rent taire le sujet. Le gouvernement, &#224; Londres, commence par douter de l'authenticit&#233; du clich&#233;. Personne ne sait trop quoi penser de cette image barbare d'un conflit o&#249; la civilisation est sens&#233;e lutter contre le communisme mena&#231;ant. Le secr&#233;taire d'Etat aux colonies finira tout de m&#234;me par admettre, devant le Parlement, que la photo est vraie. Pour les &#233;lites politiques et intellectuelles, la dualit&#233; entre la l&#233;gitimit&#233; de la cause en laquelle on croit et la r&#233;alit&#233; des pratiques sur le terrain semble alors insoluble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s et l'arm&#233;e britannique sont alors lanc&#233;es dans une campagne de propagande qui d&#233;nonce les violences perp&#233;tr&#233;es par les rebelles. Il s'agit de convaincre la population malaise que cette r&#233;volte, en r&#233;alit&#233; minoritaire, est nuisible &#224; leur bien-&#234;tre. C'est pendant ce conflit que na&#238;tra la formule de &#171; guerre pour les coeurs et les esprits &#187;, propos&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Sir Gerard Templer. Sans avoir la moindre volont&#233; de transiger avec l'ennemi, ce dernier cherchera &#224; l'isoler en insistant sur ses origines culturelles et ethniques chinoises, pour l'isoler de la majorit&#233; malaise. Il cherchera &#233;galement, par des d&#233;veloppements sociaux et &#233;conomiques, &#224; rendre la population d&#233;pendante de l'influence britannique et ainsi &#224; la maintenir &#233;loign&#233;e des communistes. Ces derniers avaient notoirement prosp&#233;r&#233; dans les foyers de pauvret&#233;, en d&#233;non&#231;ant l'h&#233;g&#233;monie de la couronne et son exploitation des locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.guerres-influences.com/malaisie-decapitation-armee-britannique-contre-propagande/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.guerres-influences.com/malaisie-decapitation-armee-britannique-contre-propagande/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Invasion_japonaise_de_la_Malaisie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Invasion_japonaise_de_la_Malaisie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_japonaise_de_la_Malaisie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_japonaise_de_la_Malaisie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=https%3A%2F%2Fwww.theguardian.com%2Fworld%2F2011%2Fapr%2F09%2Fmalaya-massacre-villagers-coverup#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=https%3A%2F%2Fwww.theguardian.com%2Fworld%2F2011%2Fapr%2F09%2Fmalaya-massacre-villagers-coverup#federation=archive.wikiwix.com&amp;tab=url&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/world/2011/apr/09/malaya-massacre-villagers-coverup&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.theguardian.com/world/2011/apr/09/malaya-massacre-villagers-coverup&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_de_lib%C3%A9ration_des_peuples_de_Malaisie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_de_lib%C3%A9ration_des_peuples_de_Malaisie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2023/01/21/linsurrection-communiste-en-malaya-malaisie-1948-1960-contre-insurrection-et-assassinats/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2023/01/21/linsurrection-communiste-en-malaya-malaisie-1948-1960-contre-insurrection-et-assassinats/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nzasia.org.nz/uploads/1/3/2/1/132180707/14_cheah_3.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nzasia.org.nz/uploads/1/3/2/1/132180707/14_cheah_3.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-semanticscholar-org.translate.goog/paper/The-Communist-insurrection-in-Malaya%2C-1948-1960-Short/674d4a17b9237993a48b603c3a7184ada3eb11bf?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-semanticscholar-org.translate.goog/paper/The-Communist-insurrection-in-Malaya%2C-1948-1960-Short/674d4a17b9237993a48b603c3a7184ada3eb11bf?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.iseas.edu.sg/wp-content/uploads/pdfs/WP2016-01.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.iseas.edu.sg/wp-content/uploads/pdfs/WP2016-01.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>R&#233;volution politique et sociale dans les colonies &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7803</link>
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		<dc:date>2025-04-26T22:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;volution politique et sociale dans les colonies &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale &lt;br class='autobr' /&gt;
Indon&#233;sie &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en Indon&#233;sie que la r&#233;volution a commenc&#233;. Ao&#251;t 1945 au d&#233;part des japonais, quand les Hollandais &#224; peine ressortis de prison veulent remettre en place la dictature coloniale, les ind&#233;pendantistes et les staliniens d'Indon&#233;sie prennent les armes et le pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils proclament imm&#233;diatement l'ind&#233;pendance mais ils ne parviendront &#224; virer compl&#232;tement le colonialisme hollandais qu'en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot296" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution politique et sociale dans les colonies &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Indon&#233;sie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est en Indon&#233;sie que la r&#233;volution a commenc&#233;. Ao&#251;t 1945 au d&#233;part des japonais, quand les Hollandais &#224; peine ressortis de prison veulent remettre en place la dictature coloniale, les ind&#233;pendantistes et les staliniens d'Indon&#233;sie prennent les armes et le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils proclament imm&#233;diatement l'ind&#233;pendance mais ils ne parviendront &#224; virer compl&#232;tement le colonialisme hollandais qu'en 1949. Le courant nationaliste bourgeois de Soekarno, le parti national, est loin d'&#234;tre le seul. Bien que d&#233;capit&#233; par une r&#233;pression f&#233;roce des hollandais lors de l'insurrection de 1928 le PKI, le parti communiste est au moins aussi puissant et beaucoup plus influent dans la classe ouvri&#232;re. Sa strat&#233;gie est le soutien total &#224; Soekarno au point que le parti communiste met toute son &#233;nergie freiner la lutte des ouvriers et des paysans, &#224; emp&#234;cher les occupations d'usines, et de terres des plantations &#233;trang&#232;res et des grands propri&#233;taires, &#224; justifier le rachat des propri&#233;t&#233;s nationalis&#233;es par l'Etat, &#224; justifier le d&#233;sarmement des travailleurs et la formation de l'arm&#233;e bourgeoise. Rapidement les forces nationalistes se trouvent circonscrites dans l'&#238;le de Java, la plus peupl&#233;e. Mais m&#234;me l&#224;, une insurrection populaire partie de Madium conteste le pouvoir de Soekarno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti communiste, bien que r&#233;ticent &#224; mener une politique offensive contre la bourgeoisie nationaliste, est port&#233; &#224; la t&#234;te de l'insurrection par les masses populaires. Celle-ci fut noy&#233;e dans le sang par l'arm&#233;e de Soekarno et les militants du parti communiste sont pourchass&#233;s. Un avant go&#251;t de ce qui allait se passer des ann&#233;es plus tard o&#249; cette m&#234;me arm&#233;e assassinera le parti communiste indon&#233;sien qui &#233;tait le plus grand parti communiste de tous les pays du bloc non communiste, faisant en trois mois un v&#233;ritable massacre, des centaines de milliers de victimes, dans les rangs de ce parti qui comptait 15 millions de membres en comptant toutes les associations qu'il dirigeait. Un parti communiste qui avait pourtant &#233;t&#233; &#224; nouveau un soutien sans faille au r&#233;gime nationaliste qui cependant n'&#233;tait qu'une f&#233;roce dictature qui s'est content&#233;e de faire passer l'exploitation p&#233;troli&#232;re de la compagnie Shell &#224; la Standard Oil et de surexploiter violemment la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article448&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article448&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En Indon&#233;sie, il a fallu &#233;craser pendant plusieurs semaines Sourabaya sous les bombes, en massacrant des milliers de femmes et d'enfants, pour venir &#224; bout de la r&#233;sistance des travailleurs. Maintenant, &#034;la situation se g&#226;te &#224; l'int&#233;rieur de Java&#034; (Monde, 30-11-45). Et cela, malgr&#233; que le gouvernement hollandais ait &#034;appr&#233;ci&#233; l'esprit de conciliation qui se fait jour, soit dans le cabinet Soekarno, soit dans d'autres milieux r&#233;publicains influents&#034; (Monde, 30-10-1945).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Calcutta, pour protester contre le proc&#232;s fait aux officiers de l'&#034;Arm&#233;e Nationale Indoue&#034;, &#034;20.000 employ&#233;s des services publics se sont mis en gr&#232;ve&#034; (Monde, 24-11-45) ; &#034;les manifestations organis&#233;es par les &#233;tudiants... ont fait 300 victimes civiles. Quarante policiers et 26 soldats am&#233;ricains ont, en outre, &#233;t&#233; bless&#233;s&#034; (Monde, 27-11-45). Et cela, malgr&#233; Gandhi et sa th&#233;orie de la non-violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/malakka/works/1948/05/malakka1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/malakka/works/1948/05/malakka1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution indon&#233;sienne est politique, sociale et nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la r&#233;volution en Indon&#233;sie ! Dans le journal communiste L'Humanit&#233;, une br&#232;ve, le 29 septembre 1945 : &#034;Vers l'ind&#233;pendance de l'Indon&#233;sie. Batavia, 28 septembre. Le mouvement d'ind&#233;pendance d&#233;clench&#233; il y a quelques jours &#224; Java tend &#224; gagner toute l'Indon&#233;sie. Il a l'appui des masses ouvri&#232;res d'Australie qui ont organis&#233; de nombreuses manifestations dans les grandes villes de l'&#238;le.&#034; Java, les Pays-Bas, l'Australie, et plus loin encore : la r&#233;volution indon&#233;sienne, c'est une histoire mondiale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une r&#233;volution en contexte colonial ? Se r&#233;volter pour renverser l'ordre &#233;tabli est une chose, se r&#233;volter contre une puissance coloniale en est une autre&#8230; La r&#233;volution indon&#233;sienne r&#233;pond &#224; un double enjeu, puisqu'elle proc&#232;de &#224; la fois d'un mouvement nationaliste et r&#233;publicain, et d'une volont&#233; d'ind&#233;pendance face au pouvoir colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/revolution-indonesienne-fini-la-java-pour-les-bataves-5998624&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/revolution-indonesienne-fini-la-java-pour-les-bataves-5998624&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_nationale_indon%C3%A9sienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_nationale_indon%C3%A9sienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1948 &#224; 1965, l'Indon&#233;sie est le th&#233;&#226;tre de plusieurs mouvements insurrectionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1948, des militaires sympathisants du Partai Komunis Indonesia (PKI, le parti communiste indon&#233;sien) occupent la ville de Madiun &#224; Java oriental. L'insurrection sera r&#233;prim&#233;e en deux semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Indon%C3%A9sie#Occupation_japonaise_des_Indes_n%C3%A9erlandaises_et_proclamation_de_l&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Indon%C3%A9sie#Occupation_japonaise_des_Indes_n%C3%A9erlandaises_et_proclamation_de_l&lt;/a&gt;'ind%C3%A9pendance_de_l'Indon%C3%A9sie_(1942-1945)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_indon%C3%A9sien&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_indon%C3%A9sien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1825&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1825&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des Papous d'Indon&#233;sie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2022/10/en-indonesie-la-revolte-meconnue-des-papous&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2022/10/en-indonesie-la-revolte-meconnue-des-papous&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Inde-Pakistan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Inde la direction incontest&#233;e de la bourgeoisie nationale est le parti du congr&#232;s de Gandhi. Sa position est caract&#233;ristique vis &#224; vis de la classe ouvri&#232;re : aucune ind&#233;pendance syndicale. Ainsi la seule organisation syndicale qui lui soit li&#233;e, celle des ouvriers du textile d'Ahmedabad qui lui sont li&#233;es, est organis&#233;es syndicalement au sein du parti s&#233;par&#233;ment du reste du mouvement ouvrier qui appartient &#224; une f&#233;d&#233;ration unifi&#233;e regroupant tous les autres syndicalistes des staliniens aux r&#233;formistes et aux militants radicaux. Le mouvement ouvrier organis&#233; compte autant de membres que le parti du congr&#232;s soit 400 000 membres chacun en 1935. Mais plus la revendication politique devient pr&#233;pond&#233;rante, plus la distance s'accro&#238;t en faveur de la formation nationaliste bourgeoise faute d'une politique du mouvement ouvrier. Directement li&#233; aux propri&#233;taires fonciers, industriels et commer&#231;ants, le parti du congr&#232;s est r&#233;ticent &#224; inclure toute mesure sociale y compris un programme agraire dans ses revendications ce qui laisserait une &#233;norme marge pour un mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire afin de s'adresser &#224; une paysannerie en r&#233;volte. Tout mouvement &#224; caract&#232;re r&#233;volutionnaire contre l'imp&#233;rialisme anglais d&#233;borderait in&#233;vitablement le mouvement politique bourgeois puisque celui-ci s'interdit toute insurrection arm&#233;e contre les anglais. Le mouvement nationaliste de Gandhi appelle les masses au pacifisme sous des pr&#233;textes philosophiques. N'oublions pas que cette philosophie n'avait pas emp&#234;ch&#233; Gandhi de choisir d'appeler les Indiens &#224; soutenir l'effort de guerre de l'imp&#233;rialisme britannique pendant la premi&#232;re guerre mondiale. Par contre, la mont&#233;e du mouvement ind&#233;pendantiste avant guerre va le contraindre &#224; une position plus radicale. En octobre 1939, 90 000 ouvriers d'industrie de Bombay participent &#224; une gr&#232;ve politique contre la guerre qui va obliger le parti du congr&#232;s &#224; une petite d&#233;claration de non coop&#233;ration &#224; la guerre aux c&#244;t&#233;s des anglais. C'est seulement en 1941 qu'il peut &#224; nouveau offrir sa coop&#233;ration &#224; l'effort de guerre anglais. Mais, de 1942 &#224; 1944, l'imp&#233;rialisme anglais ne veut qu'&#233;craser le mouvement nationaliste et pratique des arrestations massives de ses dirigeants comme des militants plus radicaux. Et ce jusqu'&#224; la fin de la guerre. C'est pour n&#233;gocier avec eux de leur donner le pouvoir &#224; l'ind&#233;pendance que l'imp&#233;rialisme anglais les fait lib&#233;rer en 1945. L'ann&#233;e 1946 est marqu&#233;e par la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res et par une v&#233;ritable maturation r&#233;volutionnaire qui d&#233;bute par une mutinerie militaire. Les marins d'une caserne d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement le 18 f&#233;vrier 1946. Le lendemain il s'agit d&#233;j&#224; d'un v&#233;ritable soul&#232;vement de plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et de 20 b&#226;timents ancr&#233;s dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un comit&#233; central de gr&#232;ve. Et &#224; Karachi des troubles semblables se produisent. Face &#224; la menace de r&#233;pression violente le comit&#233; central de gr&#232;ve de la flotte en appelle aux travailleurs. Le parti du congr&#232;s et la ligue musulmane, les organisations ind&#233;pendantistes de la bourgeoisie refusent leur soutien au soul&#232;vement. Les 22 et 23 f&#233;vrier la bataille fait rage dans Bombay o&#249; la population ouvri&#232;re qui a pris le parti des mutin&#233;s est violemment r&#233;prim&#233;e : 250 morts. Parti du Congr&#232;s et Ligue musulmane contraignent finalement les marins &#224; se rendre et le comit&#233; de gr&#232;ve d&#233;clare : &#171; nous nous rendons &#224; l'Inde mais pas &#224; l'Angleterre &#187;. Les mutins sont s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s par les partis bourgeois. Gandhi les traite de &#171; racaille &#187; et de combinaison impie d'hindous et de musulmans &#187;. Les dirigeants musulmans d&#233;clarent que la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. C'est l&#224; le point commun que ces partis bourgeois ont avec l'Angleterre : la crainte commune du d&#233;clenchement d'un mouvement de masse r&#233;volutionnaire. Et cela alors qu'ont lieu aussi des troubles dans l'arm&#233;e anglaise des Indes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1946 est marqu&#233;e par la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res et par une v&#233;ritable maturation r&#233;volutionnaire qui d&#233;bute par une mutinerie militaire. Les marins d'une caserne d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement le 18 f&#233;vrier 1946. Le lendemain il s'agit d&#233;j&#224; d'un v&#233;ritable soul&#232;vement de plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et de 20 b&#226;timents ancr&#233;s dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un comit&#233; central de gr&#232;ve. Et &#224; Karachi des troubles semblables se produisent. Face &#224; la menace de r&#233;pression violente le comit&#233; central de gr&#232;ve de la flotte en appelle aux travailleurs. Le parti du congr&#232;s et la ligue musulmane, les organisations ind&#233;pendantistes de la bourgeoisie refusent leur soutien au soul&#232;vement. Les 22 et 23 f&#233;vrier la bataille fait rage dans Bombay o&#249; la population ouvri&#232;re qui a pris le parti des mutin&#233;s est violemment r&#233;prim&#233;e : 250 morts. Parti du Congr&#232;s et Ligue musulmane contraignent finalement les marins &#224; se rendre et le comit&#233; de gr&#232;ve d&#233;clare : &#171; nous nous rendons &#224; l'Inde mais pas &#224; l'Angleterre &#187;. Les mutins sont s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s par les partis bourgeois. Gandhi les traite de &#171; racaille &#187; et de combinaison impie d'hindous et de musulmans &#187;. Les dirigeants musulmans d&#233;clarent que la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. C'est l&#224; le point commun que ces partis bourgeois ont avec l'Angleterre : la crainte commune du d&#233;clenchement d'un mouvement de masse r&#233;volutionnaire. Et cela alors qu'ont lieu aussi des troubles dans l'arm&#233;e anglaise des Indes. Les tommies qui veulent rentrer plus vite et sentent que &#231;a va chauffer manifestent pour rentrer plus vite en Angleterre que ce soit &#224; Delhi ou dans l'Uttar Pradesh. Au m&#234;me moment, les luttes gr&#233;vistes des travailleurs sont au point le plus &#233;lev&#233; jamais atteint avec la gr&#232;ve insurrectionnelle de deux millions de travailleurs dans un climat de tension extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire diversion ces formations nationalistes, la Ligue musulmane et le Hindu Masahabha, organisent des manifestations d'opposition inter-ethnique, principalement dans le Bengale et dans le Bihar avec des heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses. La Ligue musulmane annonce qu'elle r&#233;clame la partition du pays sur des bases religieuses hindous d'un c&#244;t&#233; et musulmans de l'autre. Cette id&#233;e a &#233;t&#233; en fait discut&#233;e par la Ligue &#224; Londres et c'est l'imp&#233;rialisme anglais qui en a fait lui-m&#234;me la suggestion pour d&#233;tourner le m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la r&#233;pression et malgr&#233; les diversions racistes, dans les mois qui suivent, le pays plonge dans le soul&#232;vement et le chaos. Dans des r&#233;gions enti&#232;res, plus personne n'ob&#233;it plus &#224; l'administration colonialiste. Dans ces conditions, l'Angleterre acc&#233;l&#232;re &#224; toute vitesse le plan d'accession &#224; l'ind&#233;pendance. Sign&#233; d&#233;but juillet 1947, le plan de partage en Inde et Pakistan, est adopt&#233; le 18 juillet et le nouveau pouvoir install&#233; le 15 ao&#251;t 1947. On n'aura jamais vu un pouvoir colonial aussi press&#233; de donner sa place !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace prol&#233;tarienne en Inde &#233;tait tout ce qu'il y a de plus s&#233;rieuse. Les salari&#233;s repr&#233;sentaient 55% de population des villes et les travailleurs ind&#233;pendants n'exploitant personne 32% alors que les employeurs n'y &#233;taient que 1%. L'essentiel du prol&#233;tariat travaillait dans de grandes entreprises industrielles et pr&#232;s des trois quarts vivaient dans de tr&#232;s grandes cit&#233;s. Et la lutte s'est d&#233;roul&#233;e essentiellement dans les villes. Il y aurait eu pour une r&#233;volution prol&#233;tarienne un &#233;norme potentiel de soutien d'une paysannerie tr&#232;s exploit&#233;e et r&#233;volt&#233;e. L'influence de la grande bourgeoisie sur le petite et moyenne &#233;tait faible et c'est l'absence politique des travailleurs alors que les poss&#233;dants ont eu des dirigeants de haut niveau capables d'unir toutes les classes poss&#233;dantes indiennes qui a permis aux grands propri&#233;taire, banquiers et grands commer&#231;ants de tenir le haut du pav&#233;. Le parti communiste indien ne risquait pas de repr&#233;senter m&#234;me de mani&#232;re d&#233;form&#233;e une politique de classe pour les travailleurs, lui qui proclamait vouloir &#171; un gouvernement de d&#233;mocratie populaire qui sera celui de tous les groupes, individus et partis d&#233;mocratiques repr&#233;sentant les ouvriers, les paysans, les classes moyennes et la bourgeoisie nationale, celle qui est favorable &#224; une v&#233;ritable industrialisation du pays et &#224; l'ind&#233;pendance de l'Inde &#187;. Pour se donner un visage plus radical que celui qu'il a eu au moment de l'ind&#233;pendance, le parti communiste soutient un soul&#232;vement paysan arm&#233; de deux r&#233;gions en 1948 l'Andhra et Telengana o&#249; sur un territoire de 4000 km&#178; 2000 villages sont organis&#233;s en comit&#233;s populaires, soul&#232;vement qui est r&#233;prim&#233; dans le sang par la nouvelle arm&#233;e de l'Inde ind&#233;pendante, en guise d'avertissement aux couches populaires. La classe ouvri&#232;re a tr&#232;s vite eu &#224; s'opposer &#224; ce nouveau pouvoir avec notamment une grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la ville de Calcutta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'absence d'une politique ouvri&#232;re ind&#233;pendante n'est pas due &#224; l'absence de soutien qu'il rencontrerait dans la population. Ainsi aux premi&#232;res &#233;lections g&#233;n&#233;rales en Inde, le parti communiste recueille quand m&#234;me plus de 6 millions de voix et quatre autres groupes se r&#233;clamant de l'extr&#234;me gauche font respectivement 2,5 millions de voix, 1,1 millions, un million et 400 000 voix &#224; rajouter aux 22, 8 millions de voix obtenues par l'opposition socialiste et communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation en Grande-Bretagne d'un gouvernement travailliste, &#224; la suite des &#233;lections de l'&#233;t&#233; 1945, n'acc&#233;l&#232;re pas l'accession de l'Inde &#224; l'ind&#233;pendance. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers mois de l'ann&#233;e 1946 sont marqu&#233;s par deux &#233;v&#233;nements qui influencent s&#233;rieusement l'&#233;volution &#224; venir : la tenue des &#233;lections aux assembl&#233;es l&#233;gislatives et d'importants soul&#232;vements dans la Royal Indian Navy. Aux &#233;lections aux assembl&#233;es provinciales (&#233;lections toujours tenues sur une base censitaire et auxquelles ne peuvent participer que 11% de la population), le Congr&#232;s obtient 930 si&#232;ges (et 55,5 &#249; des voix) et la Ligue musulmane obtient 427 des 507 si&#232;ges destin&#233;s aux musulmans. (&#8230;) ces &#233;lections mettent en lumi&#232;re le caract&#232;re &#171; repr&#233;sentatif &#187; de ces organisations mais ne suffisent pas &#224; inciter le gouvernement britannique &#224; prendre l'initiative de nouvelles discussions sur le probl&#232;me de l'ind&#233;pendance indienne. Cependant, depuis de longs mois, on assiste &#224; une maturation r&#233;volutionnaire qui est acc&#233;l&#233;r&#233;e par l'action syndicale et ouvri&#232;re. Le 18 f&#233;vrier les marins d'un centre d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement, nombre de leurs dol&#233;ances n'&#233;tant pas satisfaites depuis longtemps. D&#232;s le 19 au matin, on est en pr&#233;sence d'un v&#233;ritable soul&#232;vement auquel participent plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et dans ses environs ainsi que 30 b&#226;timents &#224; l'ancre dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un Comit&#233; central de gr&#232;ve. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 f&#233;vrier au matin, la bataille s'engage. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve de la Flotte fait appel au soutien de la population et des organisations politiques. Le Congr&#232;s et la Ligue musulmane se refusent &#224; apporter tout soutien aux marins ; par contre, les syndicats de Bombay et le parti communiste leur apportent leur concours et d&#233;cident d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui commence effectivement le 22 f&#233;vrier. Les 22 et 23 f&#233;vrier, la bataille fait rage dans Bombay et une r&#233;pression, massive et brutale, s'abat sur la population, faisant plus de 250 morts. Le Congr&#232;s et la Ligue font alors pression sur le Comit&#233; central de gr&#232;ve pour que les marins se rendent. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve d&#233;cide finalement de c&#233;der, en d&#233;clarant : &#171; Nous nous rendons &#224; l'Inde, non &#224; l'Angleterre. &#187; Gandhi condamne s&#233;v&#232;rement la &#171; combinaison impie &#187; des hindous et des musulmans qui, si elle avait triomph&#233; aurait &#171; livr&#233; l'Inde &#224; la racaille &#187;, tandis que Valabhbhai Patel d&#233;clare que &#171; la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. &#187; Ainsi se confirme la volont&#233; de la direction du Congr&#232;s d'&#233;viter le d&#233;clenchement ou l'expansion d'un mouvement de masse qui pourrait mettre en cause non seulement la domination &#233;trang&#232;re mais le r&#233;gime social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de la mi-ao&#251;t 1946, les heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses se multiplient, principalement au Bengale et dans le Bihar. A l'action de la Ligue musulmane, les organisations politico-religieuses hindoues, et principalement le Hindu Mahasabha qui, dans cette situation, reprend des forces, r&#233;pondent &#233;galement par la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, les luttes revendicatives se d&#233;veloppent, englobant pr&#232;s de 2 millions de travailleurs dans des mouvements de gr&#232;ve. Un tel chiffre n'avait jamais &#233;t&#233; atteint jusque l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ces conditions que le vice-roi d&#233;cide de constituer le premier gouvernement int&#233;rimaire. Celui-ci entre en fonctions le 2 septembre 1946. Il est dirig&#233; par Jawaharlal Nehru, Premier ministre. (&#8230;) La situation est telle que l'Assembl&#233;e constituante d&#233;cide de s'ajourner jusqu'&#224; avril. La formation du gouvernement int&#233;rimaire, en effet, n'a pas mis fin &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la situation int&#233;rieure. En d&#233;pit de la r&#233;pression massive et de milliers d'arrestations, le pays glisse vers le chaos et l'administration elle-m&#234;me cesse par endroits de fonctionner. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 avril 1947, alors que la situation int&#233;rieure indienne se d&#233;t&#233;riore rapidement, le Premier ministre britannique, Cl&#233;ment Attlee, d&#233;clare que le gouvernement de sa Majest&#233; est &#171; d&#233;cid&#233; &#224; prendre les mesures n&#233;cessaires pour transf&#233;rer le pouvoir en des mains indiennes responsables, au plus tard en juin 1948. &#187; En m&#234;me temps le Premier ministre annonce (&#8230;) que lord Mountbattent est nomm&#233; vice-roi de l'Inde en remplacement de lord Wavell. Lord Mountbatten, aussit&#244;t arriv&#233; en Inde, pr&#233;pare un plan de partage de l'Inde. Celle-ci doit &#234;tre divis&#233;e en deux dominions : l'Union indienne et le Pakistan, tandis que les Etats princiers conserveront leur ind&#233;pendance et joindront, apr&#232;s n&#233;gociations, l'un des deux dominions. Le parti du Congr&#232;s et la Ligue musulmane acceptent ces propositions (&#8230;). Au d&#233;but de juillet 1947, le plan est soumis au gouvernement britannique qui le discute et l'adopte en un temps record, faisant preuve d'un remarquable r&#233;alisme, &#233;tant donn&#233; la place tenue par l'Inde dans l'empire britannique. Le 18 juillet 1947, la loi d'ind&#233;pendance de l'Inde est adopt&#233;e par le parlement britannique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1597&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1597&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colonisateurs anglais constatant qu'il y a un mouvement r&#233;volutionnaire irr&#233;sistible, pr&#233;f&#232;rent c&#233;der le pouvoir d'eux-m&#234;mes aux bourgeois nationalistes du Congr&#232;s avec lesquels ils tentent des accords pour conserver leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques plut&#244;t que de risquer que les masses populaires ne s'embrasent. Le travailliste, le major Attlee qui a succ&#233;d&#233; &#224; Churchill d&#233;clare qu'il craint un soul&#232;vement r&#233;volutionnaire des masses en Inde et c'est comme cela qu'il obtient tr&#232;s rapidement l'accord de la bourgeoisie anglaise pour c&#233;der &#224; toute vitesse l'ind&#233;pendance ce que l'Angleterre n'envisageait absolument pas un an plus t&#244;t. En octobre 1946 il explique &#224; la chambre que tout retard dans l'accession &#224; l'ind&#233;pendance provoquera des graves troubles r&#233;volutionnaires selon le compte rendu de la mission minist&#233;rielle qu'il a envoy&#233;e sur place et que selon lui il sera inutile et impossible d'amener suffisamment de renforts sur place. Il est certain que la population anglaise qui r&#233;clamait d'abord et avant tout sa d&#233;mobilisation et qui venait de faire chuter Churchill le repr&#233;sentant de tous les sacrifices consentis au nom de l'effort de guerre ne se sentait pas pr&#234;te &#224; verser son sang pour lutter contre la population de l'Inde soulev&#233;e. Et en f&#233;vrier 47 &#224; la chambre des lords Pethic-Lawrence d&#233;clare que l'on a d&#233;j&#224; trop tard&#233; que selon ses termes &#171; il existe en Inde une situation et un danger r&#233;volutionnaire extr&#234;me, que si le transfert du pouvoir ne s'effectue pas &#224; bref d&#233;lai la r&#233;volution dont l'&#233;ruption a &#233;t&#233; momentan&#233;ment retard&#233;e par l'annonce de la pr&#233;paration de l'ind&#233;pendance par la mission minist&#233;rielle &#233;clatera in&#233;vitablement &#187;. L'exemple Birman montre toute l'utilit&#233; d'aller vers l'ind&#233;pendance qui a permis en janvier 1947 un rapprochement entre l'Angleterre et le nationaliste Ang San ce qui leur a permis de casser l'alliance entre les nationalistes mod&#233;r&#233;s et radicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Inde la direction incontest&#233;e de la bourgeoisie nationale est le parti du congr&#232;s de Gandhi. Sa position est caract&#233;ristique vis &#224; vis de la classe ouvri&#232;re : aucune ind&#233;pendance syndicale. Ainsi la seule organisation syndicale qui lui soit li&#233;e, celle des ouvriers du textile d'Ahmedabad qui lui sont li&#233;es, est organis&#233;es syndicalement au sein du parti s&#233;par&#233;ment du reste du mouvement ouvrier qui appartient &#224; une f&#233;d&#233;ration unifi&#233;e regroupant tous les autres syndicalistes des staliniens aux r&#233;formistes et aux militants radicaux. Le mouvement ouvrier organis&#233; compte autant de membres que le parti du congr&#232;s soit 400 000 membres chacun en 1935. Mais plus la revendication politique devient pr&#233;pond&#233;rante, plus la distance s'accro&#238;t en faveur de la formation nationaliste bourgeoise faute d'une politique du mouvement ouvrier. Directement li&#233; aux propri&#233;taires fonciers, industriels et commer&#231;ants, le parti du congr&#232;s est r&#233;ticent &#224; inclure toute mesure sociale y compris un programme agraire dans ses revendications ce qui laisserait une &#233;norme marge pour un mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire afin de s'adresser &#224; une paysannerie en r&#233;volte. Tout mouvement &#224; caract&#232;re r&#233;volutionnaire contre l'imp&#233;rialisme anglais d&#233;borderait in&#233;vitablement le mouvement politique bourgeois puisque celui-ci s'interdit toute insurrection arm&#233;e contre les Anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1946 est marqu&#233;e par la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res et par une v&#233;ritable maturation r&#233;volutionnaire qui d&#233;bute par une mutinerie militaire. Les marins d'une caserne d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement le 18 f&#233;vrier 1946. Le lendemain il s'agit d&#233;j&#224; d'un v&#233;ritable soul&#232;vement de plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et de 20 b&#226;timents ancr&#233;s dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un comit&#233; central de gr&#232;ve. Et &#224; Karachi des troubles semblables se produisent. Face &#224; la menace de r&#233;pression violente le comit&#233; central de gr&#232;ve de la flotte en appelle aux travailleurs. Le parti du congr&#232;s et la ligue musulmane, les organisations ind&#233;pendantistes de la bourgeoisie refusent leur soutien au soul&#232;vement. Les 22 et 23 f&#233;vrier la bataille fait rage dans Bombay o&#249; la population ouvri&#232;re qui a pris le parti des mutin&#233;s est violemment r&#233;prim&#233;e : 250 morts. Parti du Congr&#232;s et Ligue musulmane contraignent finalement les marins &#224; se rendre et le comit&#233; de gr&#232;ve d&#233;clare : &#171; nous nous rendons &#224; l'Inde mais pas &#224; l'Angleterre &#187;. Les mutins sont s&#233;v&#232;rement condamn&#233;s par les partis bourgeois. Gandhi les traite de &#171; racaille &#187; et de combinaison impie d'hindous et de musulmans &#187;. Les dirigeants musulmans d&#233;clarent que la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. C'est l&#224; le point commun que ces partis bourgeois ont avec l'Angleterre : la crainte commune du d&#233;clenchement d'un mouvement de masse r&#233;volutionnaire. Et cela alors qu'ont lieu aussi des troubles dans l'arm&#233;e anglaise des Indes. Les tommies qui veulent rentrer plus vite et sentent que &#231;a va chauffer manifestent pour rentrer plus vite en Angleterre que ce soit &#224; Delhi ou dans l'Uttar Pradesh. Au m&#234;me moment, les luttes gr&#233;vistes des travailleurs sont au point le plus &#233;lev&#233; jamais atteint avec la gr&#232;ve insurrectionnelle de deux millions de travailleurs dans un climat de tension extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire diversion ces formations nationalistes, la Ligue musulmane et le Hindu Masahabha, organisent des manifestations d'opposition inter-ethnique, principalement dans le Bengale et dans le Bihar avec des heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses. La Ligue musulmane annonce qu'elle r&#233;clame la partition du pays sur des bases religieuses, hindous d'un c&#244;t&#233; et musulmans de l'autre. Cette id&#233;e a &#233;t&#233; en fait discut&#233;e par la Ligue &#224; Londres et c'est l'imp&#233;rialisme anglais qui en a fait lui-m&#234;me la suggestion pour d&#233;tourner le m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la r&#233;pression et malgr&#233; les diversions racistes, dans les mois qui suivent, le pays plonge dans le soul&#232;vement et le chaos. Dans des r&#233;gions enti&#232;res, plus personne n'ob&#233;it plus &#224; l'administration colonialiste. Dans ces conditions, l'Angleterre acc&#233;l&#232;re &#224; toute vitesse le plan d'accession &#224; l'ind&#233;pendance. Sign&#233; d&#233;but juillet 1947, le plan de partage en Inde et Pakistan, est adopt&#233; le 18 juillet et le nouveau pouvoir install&#233; le 15 ao&#251;t 1947. On n'aura jamais vu un pouvoir colonial aussi press&#233; de donner sa place !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace prol&#233;tarienne en Inde &#233;tait tout ce qu'il y a de plus s&#233;rieuse. Les salari&#233;s repr&#233;sentaient 55% de population des villes et les travailleurs ind&#233;pendants n'exploitant personne 32% alors que les employeurs n'y &#233;taient que 1%. L'essentiel du prol&#233;tariat travaillait dans de grandes entreprises industrielles et pr&#232;s des trois quarts vivaient dans de tr&#232;s grandes cit&#233;s. Et la lutte s'est d&#233;roul&#233;e essentiellement dans les villes. Il y aurait eu pour une r&#233;volution prol&#233;tarienne un &#233;norme potentiel de soutien d'une paysannerie tr&#232;s exploit&#233;e et r&#233;volt&#233;e. L'influence de la grande bourgeoisie sur le petite et moyenne &#233;tait faible et c'est l'absence politique des travailleurs alors que les poss&#233;dants ont eu des dirigeants de haut niveau capables d'unir toutes les classes poss&#233;dantes indiennes qui a permis aux grands propri&#233;taire, banquiers et grands commer&#231;ants de tenir le haut du pav&#233;. Le parti communiste indien ne risquait pas de repr&#233;senter m&#234;me de mani&#232;re d&#233;form&#233;e une politique de classe pour les travailleurs, lui qui proclamait vouloir &#171; un gouvernement de d&#233;mocratie populaire qui sera celui de tous les groupes, individus et partis d&#233;mocratiques repr&#233;sentant les ouvriers, les paysans, les classes moyennes et la bourgeoisie nationale, celle qui est favorable &#224; une v&#233;ritable industrialisation du pays et &#224; l'ind&#233;pendance de l'Inde &#187;. Pour se donner un visage plus radical que celui qu'il a eu au moment de l'ind&#233;pendance, le parti communiste soutient un soul&#232;vement paysan arm&#233; de deux r&#233;gions en 1948 l'Andhra et Telengana o&#249; sur un territoire de 4000 km&#178; 2000 villages sont organis&#233;s en comit&#233;s populaires, soul&#232;vement qui est r&#233;prim&#233; dans le sang par la nouvelle arm&#233;e de l'Inde ind&#233;pendante, en guise d'avertissement aux couches populaires. La classe ouvri&#232;re a tr&#232;s vite eu &#224; s'opposer &#224; ce nouveau pouvoir avec notamment une grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la ville de Calcutta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'absence d'une politique ouvri&#232;re ind&#233;pendante n'est pas due &#224; l'absence de soutien qu'il rencontrerait dans la population. Ainsi aux premi&#232;res &#233;lections g&#233;n&#233;rales en Inde, le parti communiste recueille quand m&#234;me plus de 6 millions de voix et quatre autres groupes se r&#233;clamant de l'extr&#234;me gauche font respectivement 2,5 millions de voix, 1,1 millions, un million et 400 000 voix &#224; rajouter aux 22, 8 millions de voix obtenues par l'opposition socialiste et communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons l'ouvrage de Charles Bettelheim &#171; L'Inde ind&#233;pendante &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; depuis de longs mois, on assiste &#224; une maturation r&#233;volutionnaire qui est acc&#233;l&#233;r&#233;e par l'action syndicale et ouvri&#232;re. Le 18 f&#233;vrier les marins d'un centre d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement, nombre de leurs dol&#233;ances n'&#233;tant pas satisfaites depuis longtemps. D&#232;s le 19 au matin, on est en pr&#233;sence d'un v&#233;ritable soul&#232;vement auquel participent plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et dans ses environs ainsi que 30 b&#226;timents &#224; l'ancre dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un Comit&#233; central de gr&#232;ve. (&#8230;) Le 21 f&#233;vrier au matin, la bataille s'engage. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve de la Flotte fait appel au soutien de la population et des organisations politiques. Le Congr&#232;s et la Ligue musulmane se refusent &#224; apporter tout soutien aux marins ; par contre, les syndicats de Bombay et le parti communiste leur apportent leur concours et d&#233;cident d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui commence effectivement le 22 f&#233;vrier. Les 22 et 23 f&#233;vrier, la bataille fait rage dans Bombay et une r&#233;pression, massive et brutale, s'abat sur la population, faisant plus de 250 morts. Le Congr&#232;s et la Ligue font alors pression sur le Comit&#233; central de gr&#232;ve pour que les marins se rendent. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve d&#233;cide finalement de c&#233;der, en d&#233;clarant : &#171; Nous nous rendons &#224; l'Inde, non &#224; l'Angleterre. &#187; Gandhi condamne s&#233;v&#232;rement la &#171; combinaison impie &#187; des hindous et des musulmans qui, si elle avait triomph&#233; aurait &#171; livr&#233; l'Inde &#224; la racaille &#187;, tandis que Valabhbhai Patel d&#233;clare que &#171; la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. &#187; Ainsi se confirme la volont&#233; de la direction du Congr&#232;s d'&#233;viter le d&#233;clenchement ou l'expansion d'un mouvement de masse qui pourrait mettre en cause non seulement la domination &#233;trang&#232;re mais le r&#233;gime social. A partir de la mi-ao&#251;t 1946, les heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses se multiplient, principalement au Bengale et dans le Bihar. A l'action de la Ligue musulmane, les organisations politico-religieuses hindoues, et principalement le Hindu Mahasabha qui, dans cette situation, reprend des forces, r&#233;pondent &#233;galement par la violence. Parall&#232;lement, les luttes revendicatives se d&#233;veloppent, englobant pr&#232;s de 2 millions de travailleurs dans des mouvements de gr&#232;ve. Un tel chiffre n'avait jamais &#233;t&#233; atteint jusque l&#224;. C'est dans ces conditions que le vice-roi d&#233;cide de constituer le premier gouvernement int&#233;rimaire. Celui-ci entre en fonctions le 2 septembre 1946. Il est dirig&#233; par Jawaharlal Nehru, Premier ministre. (&#8230;) La situation est telle que l'Assembl&#233;e constituante d&#233;cide de s'ajourner jusqu'&#224; avril. La formation du gouvernement int&#233;rimaire, en effet, n'a pas mis fin &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la situation int&#233;rieure. En d&#233;pit de la r&#233;pression massive et de milliers d'arrestations, le pays glisse vers le chaos et l'administration elle-m&#234;me cesse par endroits de fonctionner. (&#8230;) Le 20 avril 1947, alors que la situation int&#233;rieure indienne se d&#233;t&#233;riore rapidement, le Premier ministre britannique, Cl&#233;ment Attlee, d&#233;clare que le gouvernement de sa Majest&#233; est &#171; d&#233;cid&#233; &#224; prendre les mesures n&#233;cessaires pour transf&#233;rer le pouvoir en des mains indiennes responsables, au plus tard en juin 1948. &#187; En m&#234;me temps le Premier ministre annonce (&#8230;) que lord Mountbattent est nomm&#233; vice-roi de l'Inde en remplacement de lord Wavell. Lord Mountbatten, aussit&#244;t arriv&#233; en Inde, pr&#233;pare un plan de partage de l'Inde. Celle-ci doit &#234;tre divis&#233;e en deux dominions : l'Union indienne et le Pakistan, tandis que les Etats princiers conserveront leur ind&#233;pendance et joindront, apr&#232;s n&#233;gociations, l'un des deux dominions. Le parti du Congr&#232;s et la Ligue musulmane acceptent ces propositions (&#8230;). Au d&#233;but de juillet 1947, le plan est soumis au gouvernement britannique qui le discute et l'adopte en un temps record, faisant preuve d'un remarquable r&#233;alisme, &#233;tant donn&#233; la place tenue par l'Inde dans l'empire britannique. Le 18 juillet 1947, la loi d'ind&#233;pendance de l'Inde est adopt&#233;e par le parlement britannique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis de longs mois, on assiste &#224; une maturation r&#233;volutionnaire qui est acc&#233;l&#233;r&#233;e par l'action syndicale et ouvri&#232;re. Le 18 f&#233;vrier les marins d'un centre d'entra&#238;nement de Bombay manifestent leur m&#233;contentement, nombre de leurs dol&#233;ances n'&#233;tant pas satisfaites depuis longtemps. D&#232;s le 19 au matin, on est en pr&#233;sence d'un v&#233;ritable soul&#232;vement auquel participent plus de 20 000 marins casern&#233;s &#224; Bombay et dans ses environs ainsi que 30 b&#226;timents &#224; l'ancre dans le port. Les marins soulev&#233;s &#233;lisent un Comit&#233; central de gr&#232;ve. (&#8230;) Le 21 f&#233;vrier au matin, la bataille s'engage. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve de la Flotte fait appel au soutien de la population et des organisations politiques. Le Congr&#232;s et la Ligue musulmane se refusent &#224; apporter tout soutien aux marins ; par contre, les syndicats de Bombay et le parti communiste leur apportent leur concours et d&#233;cident d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui commence effectivement le 22 f&#233;vrier. Les 22 et 23 f&#233;vrier, la bataille fait rage dans Bombay et une r&#233;pression, massive et brutale, s'abat sur la population, faisant plus de 250 morts. Le Congr&#232;s et la Ligue font alors pression sur le Comit&#233; central de gr&#232;ve pour que les marins se rendent. Le Comit&#233; central de gr&#232;ve d&#233;cide finalement de c&#233;der, en d&#233;clarant : &#171; Nous nous rendons &#224; l'Inde, non &#224; l'Angleterre. &#187; Gandhi condamne s&#233;v&#232;rement la &#171; combinaison impie &#187; des hindous et des musulmans qui, si elle avait triomph&#233; aurait &#171; livr&#233; l'Inde &#224; la racaille &#187;, tandis que Valabhbhai Patel d&#233;clare que &#171; la flotte doit &#234;tre disciplin&#233;e. &#187; Ainsi se confirme la volont&#233; de la direction du Congr&#232;s d'&#233;viter le d&#233;clenchement ou l'expansion d'un mouvement de masse qui pourrait mettre en cause non seulement la domination &#233;trang&#232;re mais le r&#233;gime social. A partir de la mi-ao&#251;t 1946, les heurts sanglants entre les communaut&#233;s religieuses se multiplient, principalement au Bengale et dans le Bihar. A l'action de la Ligue musulmane, les organisations politico-religieuses hindoues, et principalement le Hindu Mahasabha qui, dans cette situation, reprend des forces, r&#233;pondent &#233;galement par la violence. Parall&#232;lement, les luttes revendicatives se d&#233;veloppent, englobant pr&#232;s de 2 millions de travailleurs dans des mouvements de gr&#232;ve. Un tel chiffre n'avait jamais &#233;t&#233; atteint jusque l&#224;. C'est dans ces conditions que le vice-roi d&#233;cide de constituer le premier gouvernement int&#233;rimaire. Celui-ci entre en fonctions le 2 septembre 1946. Il est dirig&#233; par Jawaharlal Nehru, Premier ministre. (&#8230;) La situation est telle que l'Assembl&#233;e constituante d&#233;cide de s'ajourner jusqu'&#224; avril. La formation du gouvernement int&#233;rimaire, en effet, n'a pas mis fin &#224; la d&#233;t&#233;rioration de la situation int&#233;rieure. En d&#233;pit de la r&#233;pression massive et de milliers d'arrestations, le pays glisse vers le chaos et l'administration elle-m&#234;me cesse par endroits de fonctionner. (&#8230;) Le 20 avril 1947, alors que la situation int&#233;rieure indienne se d&#233;t&#233;riore rapidement, le Premier ministre britannique, Cl&#233;ment Attlee, d&#233;clare que le gouvernement de sa Majest&#233; est &#171; d&#233;cid&#233; &#224; prendre les mesures n&#233;cessaires pour transf&#233;rer le pouvoir en des mains indiennes responsables, au plus tard en juin 1948. &#187; En m&#234;me temps le Premier ministre annonce (&#8230;) que lord Mountbattent est nomm&#233; vice-roi de l'Inde en remplacement de lord Wavell. Lord Mountbatten, aussit&#244;t arriv&#233; en Inde, pr&#233;pare un plan de partage de l'Inde. Celle-ci doit &#234;tre divis&#233;e en deux dominions : l'Union indienne et le Pakistan, tandis que les Etats princiers conserveront leur ind&#233;pendance et joindront, apr&#232;s n&#233;gociations, l'un des deux dominions. Le parti du Congr&#232;s et la Ligue musulmane acceptent ces propositions (&#8230;). Au d&#233;but de juillet 1947, le plan est soumis au gouvernement britannique qui le discute et l'adopte en un temps record, faisant preuve d'un remarquable r&#233;alisme, &#233;tant donn&#233; la place tenue par l'Inde dans l'empire britannique. Le 18 juillet 1947, la loi d'ind&#233;pendance de l'Inde est adopt&#233;e par le parlement britannique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3070&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3070&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CONFLIT HINDO-MUSULMAN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(EXTRAIT DU &#034;SOCIALIST APPEAL&#034; ORGANE DU R.C.P. ANGLAIS (IV&#232;me INTERNATIONALE), MI-OCTOBRE 1946)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 ao&#251;t vit le d&#233;but de l'une des pires &#233;meutes religieuses de l'histoire de l'Inde. Quoique presque enti&#232;rement confin&#233;s &#224; Calcutta et &#224; Bombay, des milliers d'hommes furent tu&#233;s et des dizaines de milliers bless&#233;s dans les conflits hindo-musulmans directement inspir&#233;s par la Ligue Musulmane de Jinnah, en signe de protestation contre la formation d'un gouvernement issu du Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rues de Calcutta sont jonch&#233;es de cadavres et les h&#244;pitaux sont bond&#233;s de bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enti&#232;re responsabilit&#233; de ce massacre retombe sur Jinnah et la Ligue musulmane qui ont, par leurs appels &#224; &#034;l'action directe&#034;, dress&#233; les musulmans contre les hindous. Ils ont fait le jeu de l'imp&#233;rialisme britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La domination anglaise, principale cause&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la domination britannique est la cause principale des antagonismes religieux qui r&#232;gnent aux Indes &#224; l'heure actuelle. Avant l'&#233;tablissement du vice-roi, les luttes hindo-musulmanes de cette sorte &#233;taient pratiquement inconnues. Les guerres d'Etat &#224; Etat ont pu avoir des meneurs hindous ou musulmans, mais les soldats sortis des deux communaut&#233;s combattaient aussi bien d'un c&#244;t&#233; que de l'autre. Les dirigeants musulmans employaient souvent des Hindous &#224; des hautes responsabilit&#233;s, de m&#234;me que les dirigeants hindous employaient des Musulmans. Il est aussi vrai que dans les Etats o&#249; la domination anglaise ne se manifeste qu'indirectement, les luttes religieuses &#233;taient comparativement rares jusqu'&#224; ces derniers temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Diviser pour r&#233;gner ! doit &#234;tre la devise de notre administration des Indes&#034;, &#233;crivait l'Asiatic Journal en 1821, et en 1858 cette politique fut reprise officiellement par le Gouverneur g&#233;n&#233;ral, lord Elphinstone. Tour &#224; tour, on favorisa les Hindous et les Musulmans, on se servait des uns contre les autres, on enfon&#231;a entre eux un coin d'acier pour emp&#234;cher cette union des opprim&#233;s qui aurait rendu impossible la domination anglaise sur les Indes. Comme le nationalisme commen&#231;ait &#224; faire son chemin parmi les Hindous, l'Angleterre s'en remit de plus en plus aux leaders musulmans et tenta de s'en servir pour arr&#234;ter le d&#233;veloppement du Congr&#232;s National Indien. Au d&#233;but, ces efforts n'eurent que peu de succ&#232;s. Mais au d&#233;but de ce si&#232;cle furent prises deux mesures, qui aiguis&#232;rent beaucoup les relations des deux communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re de ces mesures fut la division de la province du Bengale en deux parties, une musulmane et une hindoue. C'&#233;tait un acte d&#233;lib&#233;r&#233; dans le but &#8211; d'apr&#232;s les propres mots du Statesman, principal organe de l'imp&#233;rialisme anglais &#224; Calcutta &#8211; &#034;d'aider la formation dans l'Est du Bengale d'un pouvoir musulman qui aurait pour effet de faire &#233;chec &#224; la force rapidement croissante de la communaut&#233; hindoue &#233;duqu&#233;e&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde mesure prise fut la cr&#233;ation d'un syst&#232;me &#233;lectoral bas&#233; sur la communaut&#233; religieuse. Comme cons&#233;quence directe, l'attention du peuple fut d&#233;tourn&#233;e des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et politiques communs et concentr&#233;e sur des futilit&#233;s comme la repr&#233;sentation accord&#233;e &#224; chaque communaut&#233;. Une repr&#233;sentation privil&#233;gi&#233;e fut donn&#233;e aux Musulmans dans le but d'enfoncer encore plus profond&#233;ment le coin entre les deux communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base &#233;conomique et sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Bengale et le Punjab -provinces de population en majorit&#233; musulmane et comprises dans la proposition du &#034;Pakistan&#034; de Jinnah- les propri&#233;taires, les usuriers et les marchands les plus riches sont hindous, tandis que la majorit&#233; des Musulmans sont de pauvres paysans, et leurs d&#233;biteurs. L&#224; les combats des paysans musulmans contre leurs exploiteurs hindous sont aussi pr&#233;sent&#233;s dans la presse imp&#233;rialiste comme des &#034;troubles religieux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, durant les luttes ouvri&#232;res dans les grandes usines de Bombay et de Calcutta, les patrons hindous n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; faire appel &#224; des jeunes Musulmans pour briser la gr&#232;ve de leurs ouvriers hindous. L'action des gr&#233;vistes &#224; travers les piquets de gr&#232;ve est aussi rapport&#233;e comme &#034;troubles religieux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi une grande rivalit&#233; entre les intellectuels hindous et musulmans des classes moyennes dans la recherche des emplois (fonctionnaires, etc...)&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;sum&#233;, le terrain est favorable aux agents provocateurs qui ont avec succ&#232;s attis&#233; des antagonismes latents. Il est indiscutable que la bourgeoisie hindoue, repr&#233;sent&#233;e principalement par le Congr&#232;s, a beaucoup appris de l'imp&#233;rialisme anglais et n'est pas plus g&#234;n&#233;e que celui-ci pour provoquer des troubles religieux si cela sert ses fins. Ainsi, durant les &#233;meutes du mois d'ao&#251;t, un conflit fut instigu&#233; aux filatures de coton de Birla, propri&#233;t&#233; du plus gros capitaliste hindou, un des principaux soutiens du Congr&#232;s. Les tra-vailleurs de Birla ont un pass&#233; de luttes h&#233;ro&#239;ques et l'on esp&#233;rait, en dressant les tra-vailleurs hindous contre les travailleurs musulmans, d&#233;truire l'unit&#233; de classe des travailleurs. Cet essai &#233;choua et les provocateurs ont satisfait leur soif de sang en molestant un certain nombre de Musulmans isol&#233;s, ce qui finit par une tuerie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs musulmans viennent en aide aux Hindous&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, un des caract&#232;res des &#233;meutes de Bombay et de Calcutta &#8211; sur lequel la presse capitaliste a gard&#233; le silence &#8211; fut la discipline des travailleurs qui refus&#232;rent malgr&#233; les provocations de participer &#224; la tuerie. A Oriya, 600 et plus, travailleurs hindous furent massacr&#233;s. Des travailleurs musulmans se port&#232;rent &#224; leur secours, mais furent eux-m&#234;mes &#233;cras&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les actes de violence sont presque enti&#232;rement l'&#339;uvre de provocateurs &#224; gages, la population n'y prenant qu'une faible part. En fait, pour obtenir quelque appui parmi les travailleurs musulmans, Jinnah a d&#251; faire usage de slogans anti-imp&#233;rialistes, et il tente m&#234;me de d&#233;peindre sa campagne pour le &#034;Pakistan&#034; comme une arme contre l'&#034;Hindou enti&#232;rement vendu&#034;. Comme le prouvent les &#233;lections dans les territoires purement musulmans comme la province du nord-ouest &#8211; o&#249; le Congr&#232;s a obtenu une bonne majorit&#233; des votes &#8211; les pr&#233;tentions de Jinnah &#224; repr&#233;senter les masses musulmanes sont des mensonges manifestes. Dans la lutte pour l'ind&#233;pendance nationale et pour de meilleures conditions de vie, les travailleurs musulmans et hindous combattent coude &#224; coude le principal ennemi : l'imp&#233;rialisme anglais.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cette unit&#233; croissante de la classe travailleuse des deux communaut&#233;s &#8211; dans les Syndicats et les Ligues paysannes &amp;&#034;8211 ; qui est redout&#233;e non seulement des imp&#233;rialistes anglais, mais aussi des capitalistes et des propri&#233;taires fonciers hindous et musulmans. Dans cette unit&#233;, ils voient non seulement la fin de la domination anglaise, mais la fin de tous les exploiteurs. Pour sauver leurs profits et leur peau, ils doivent perp&#233;tuer les rivalit&#233;s religieuses. &#034;Diviser pour r&#233;gner&#034; demeure toujours leur maxime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les patrons craignent l'union des ouvriers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crainte de la toute-puissance des centaines de millions de travailleurs est la raison de l'entente de Gandhi et Nehru, les repr&#233;sentants de la bourgeoisie nationale, avec l'imp&#233;rialisme anglais : partager le pouvoir et partager les profits. La bourgeoisie des Indes n'a pas moins besoin que le Capital financier anglais des troupes britanniques pour &#034;pr&#233;server l'ordre&#034; aux Indes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est justement cette exploitation commune qui soude les ouvriers et les paysans hindous et musulmans en une union de plus en plus &#233;troite. Dans les syndicats ouvriers et les syndicats paysans il n'y a qu'ouvriers et paysans, sans aucune distinction entre Hindous et Musulmans. Ici il n'y a pas d'&#233;lectorat diff&#233;rent selon les religions. Ils sont li&#233;s par leurs besoins &#233;conomiques et sociaux communs et leur combat commun pour de meilleures conditions de vie. Pour se lib&#233;rer de l'exploitation des capitalistes et des propri&#233;taires fonciers, ils forgent unes des armes qui conduira l'Inde vers une v&#233;ritable &#233;mancipation nationale et lui fera prendre sa place comme nation socialiste dans un monde socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/12/ldc78_120746.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/12/ldc78_120746.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Indochine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;DE QUI L'INDOCHINE DOIT-ELLE SE LIBERER ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis que l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a mis a l'ordre du jour le &#034;trusteeship&#034;, moyen par lequel celui-ci veut s'assurer le contr&#244;le des colonies du monde entier, le gouvernement fran&#231;ais a &#034;r&#233;v&#233;l&#233;&#034; ses intentions de transformer l'ancien syst&#232;me colonial en une &#034;Union fran&#231;aise&#034;. Les capitalistes fran&#231;ais cherchent, face aux revendications de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, &#224; rallier les ouvriers fran&#231;ais &#224; une politique colonialiste &#034;style nouveau&#034;, celle du &#034;bon patron&#034;, du &#034;bon collaborateur&#034;. Cette propagande, qui concerne surtout l'Indochine ne repr&#233;sente cependant qu'une nouvelle hypocrisie, parce que ce n'est pas au moyen de phrases nouvelles qu'on peut changer quelque chose &#224; un syst&#232;me qui, pour &#234;tre &#034;am&#233;lior&#233;&#034;, demande &#224; &#234;tre aboli.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mot m&#234;me de colonisation est synonyme de surexploitation, de vol et de terreur. C'est sur cette base que l'imp&#233;rialisme fonde sa force. C'est de l&#224; aussi qu'il tire les surprofits &#224; l'aide desquels il corrompt les &#034;chefs&#034; du mouvement ouvrier officiel, et entretient le lourd et co&#251;teux appareil de r&#233;pression que les travailleurs de la M&#233;tropole voient se dresser devant eux d&#232;s qu'ils entrent en lutte contre leurs exploiteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que les capitalistes ont fait en Indochine&lt;br class='autobr' /&gt;
En occupant le pays, ils ne l'ont pas &#233;lev&#233; en bloc &#224; un niveau de vie et de culture sup&#233;rieur. Bien au contraire, ils ont pris sous leur protection et se sont appuy&#233;s sur la couche exploiteuse indig&#232;ne la plus ha&#239;e et la plus r&#233;trograde : la f&#233;odalit&#233;, toute puissante chez les peuplades arri&#233;r&#233;es du Laos et du Cambodge, et dont les restes, en pays annamite, ont &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;s de la liquidation compl&#232;te par l'administration fran&#231;aise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Directement et par son interm&#233;diaire, les capitalistes fran&#231;ais pressurent et &#233;cr&#232;ment le pays de ses richesses. Les b&#233;n&#233;fices qu'ils en extraient sont tels qu'il leur est possible de c&#233;der des &#034;miettes&#034; importantes &#224; cette mince couche indig&#232;ne privil&#233;gi&#233;e dont ils ont fait une bande de gouverneurs, d'administrateurs et de fonctionnaires-bureaucrates, valets de l'imp&#233;rialisme, formant ce qu'on appelle le mandarinat.&lt;br class='autobr' /&gt;
En qualit&#233; de mandarins, ils d&#233;fendent les int&#233;r&#234;ts de leurs puissants ma&#238;tres et soutiens, et leurs int&#233;r&#234;ts propres, ceux des propri&#233;taires fonciers.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vie du peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
La classe laborieuse indochinoise se trouve ainsi doublement exploit&#233;e, l'exploitation capitaliste sans frein venant s'ajouter &#224; l'exploitation terrienne f&#233;odale. Aussi, comme celle de tous les autres peuples coloniaux, a-t-elle un standard de vie bien inf&#233;rieur au minimum vital.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi un ouvrier agricole ne gagne qu'un litre de riz ou 1 franc par journ&#233;e de travail de 12 heures &#8211; rien de plus, sauf un &#034;repas&#034; &#224; midi pour chaque journ&#233;e de travail effective, et un lopin de terre avec une habitation mis&#233;rable fourni par le propri&#233;taire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paysan ne peut tirer de l'exploitation de sa parcelle de quoi se nourrir et se v&#234;tir, s'il veut payer ses imp&#244;ts : imp&#244;t individuel de 35 frs, ce qui repr&#233;sente un mois de travail, imp&#244;t sur le &#034;revenu&#034;, taxe sur chaque pied de tabac, sur chaque oranger, etc... qui frappe d'autant plus lourdement l'exploitation agricole qu'elle est plus petite. Et s'il survient une inondation (assez fr&#233;quente dans le delta tonkinois), si la r&#233;colte est ravag&#233;e, mais que la bicoque ne s'en aille pas compl&#232;tement &#224; l'eau et que son buffle (le cheval en France) lui reste, il faudra que le petit paysan trime encore plus dur pour payer quand m&#234;me ses imp&#244;ts, pour &#233;viter la perquisition, la confiscation de ce qui lui reste ou l'emprisonnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation des ouvriers n'est pas moins terrible. Ceux des plantations de caoutchouc, th&#233; et caf&#233;, sont pour la plupart nourris et log&#233;s par les patrons dans la d&#233;pendance compl&#232;te desquels ils sont ainsi plac&#233;s. La maladie les frappe d'autant plus durement que les r&#233;gions de plantations sont de climat tr&#232;s dangereux, surtout pour des travailleurs sous-aliment&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrier d'usine sp&#233;cialis&#233; gagne de 5 &#224; 10 frs par jour mais il y en a bien peu. La plupart sont des ouvriers non sp&#233;cialis&#233;s dont le salaire ne d&#233;passe pas 2,50 &#224; 3 frs maximum par jour. Quant &#224; l'ouvri&#232;re, avec 1,50 fr par journ&#233;e de travail de plus de 10 h, elle doit pour vivre chercher &#224; compl&#233;ter ce salaire d&#233;risoire. Hano&#239;, capitale du Tonkin, est ainsi renomm&#233;e... pour sa place au 4&#232;me rang dans le monde, dans le &#034;domaine&#034; de la prostitution ! Voil&#224; la civilisation colonisatrice &#224; l'&#339;uvre...&lt;br class='autobr' /&gt;
Mille extorsions s'abattent sur la population, dont les plus connues sont peut-&#234;tre celles d&#233;coulant de la r&#233;gie du sel et de celle de l'alcool.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le sel exploit&#233; est vendu obligatoirement &#224; l'Etat, au prix de 20 centimes ou 30 centimes le kilo, et celui-ci le revend 70 centimes &#224; la population &#8211; y compris &#224; l'ouvrier des salineries. Comment appeler cela autrement que de l'escroquerie ? La population n'a pas non plus le droit de fabriquer de l'alcool de riz pour sa consommation. Un service de douane sp&#233;cial a &#233;t&#233; form&#233; pour la lutte contre la fabrication en fraude, et le fraudeur doit payer une amende bien sup&#233;rieure &#224; tous ses biens. Pourquoi cela ? C'est que l'alcool de riz est vendu &#224; la population &#224; des tarifs &#034;r&#233;mun&#233;rateurs&#034; par l'administration fran&#231;aise qui, dans certaines r&#233;gions, oblige les autorit&#233;s indig&#232;nes &#224; &#233;couler des quantit&#233;s d'alcool arbitrairement fix&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; encore la colonisation civilisatrice &#224; l'&#339;uvre...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;gime int&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
La terreur polici&#232;re compl&#232;te et maintient ce r&#233;gime d'exploitation sans borne. Un Indochinois n'a pas le droit de circuler librement dans son pays et les voyages &#224; l'&#233;tranger ne sont autoris&#233;s que par faveur, apr&#232;s un s&#233;rieux examen de la vie du candidat &#8211; sauf lorsque des milliers et des milliers de travailleurs sont arrach&#233;s &#224; leurs foyers pour aller rejoindre les travailleurs de la M&#233;tropole et mourir avec eux pour le profit des capitalistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#034;ordre&#034;, c'est-&#224;-dire la dictature arbitraire des capitalistes, est assur&#233; par des soldats marocains, s&#233;n&#233;galais, la L&#233;gion et une poign&#233;e de policiers indig&#232;nes. En revanche de nombreux corps d'infanterie indochinoise sont envoy&#233;s pour d&#233;fendre le m&#234;me &#034;ordre&#034;, dans toutes les possessions fran&#231;aises d'Afrique, de Chine, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces conditions, la r&#233;pression de tout mouvement nationaliste et r&#233;volutionnaire est impitoyable. Le moindre mouvement est qualifi&#233; de &#034;communiste&#034; &#8211; la bourgeoisie conna&#238;t son ennemi &#8211; et aussit&#244;t l'appareil de r&#233;pression entre en action. Les prisonniers politiques sont gard&#233;s par des soldats recrut&#233;s parmi les peuplades arri&#233;r&#233;es des hautes montagnes de l'int&#233;rieur, et soumis aux pires traitements. Les m&#233;thodes de torture sont tr&#232;s &#034;efficaces&#034; : piq&#251;res d'aiguilles sous les ongles, attache du &#034;coupable&#034; par les deux pouces du pied &#224; un poteau o&#249; on le laisse se dess&#233;cher au soleil, ingurgitation d'eau sal&#233;e pour provoquer la soif, enfoncement d'une tige de fer dans la verge, et mille autres proc&#233;d&#233;s aussi sauvages, bien dignes des capitalistes. Nourris de riz m&#233;lang&#233; &#224; du poisson pourri, 99% des prisonniers sont ainsi r&#233;duits &#224; la mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'oppression sans phrases est combin&#233;e avec la mascarade parlementaire. Mais 40.000 Fran&#231;ais envoient au Parlement indochinois deux fois plus de d&#233;put&#233;s que 27.000.000 d'indig&#232;nes, et encore la presque totalit&#233; des candidatures &#233;lectorales sont-elles choisies par le gouvernement : riches propri&#233;taires fonciers, industriels, etc..., qui d'ailleurs n'ont souvent qu'une connaissance incompl&#232;te de la langue fran&#231;aise. Lorsque le jeu des &#034;combines&#034; &#233;lectorales n'arrive pas compl&#232;tement &#224; emp&#234;cher les masses travailleuses de l'Indochine ; de se faire entendre, leur volont&#233; s'exprime par l'envoi de repr&#233;sentants communistes, tels Tran-Van-Trach et Ta-Thu-Thau, candidats de la IV&#232;me Internationale &#233;lus &#224; Sa&#239;gon en 1939, sous l'occupation japonaise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis quatre ans, deux camps imp&#233;rialistes oppriment &#233;conomiquement et nationalement le peuple indochinois. L'occupation japonaise, avec sa dictature capitaliste-f&#233;odale n'a pas permis &#224; la classe laborieuse indochinoise d'obtenir un niveau de vie plus &#233;lev&#233;. La classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; pouss&#233;e fr&#233;n&#233;tiquement au travail pour industrialiser l'Indochine (voies de communication, usines) ; ainsi s'est &#233;largie la base du mouvement prol&#233;tarien et se pr&#233;parent des contradictions futures plus terribles entre l'Indochine et la M&#233;tropole. Cette industrialisation n'est pas sans profiter aux capitalistes fran&#231;ais Ainsi la Compagnie des Tramways Indochinois continua pendant l'occupation &#224; verser des dividendes &#224; ses actionnaires et les Raffineries d'Indochine r&#233;alis&#232;rent en 1941 (derniers bilans publi&#233;s) le coquet b&#233;n&#233;fice de 9.541.158 frs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les r&#233;volutionnaires emprisonn&#233;s sont rest&#233;s dans les bagnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour obtenir l'appui du peuple dans la guerre, l'imp&#233;rialisme japonais a proclam&#233; &#034;l'ind&#233;pendance&#034; de l'Annam, en flattant ainsi l'esprit nationaliste entretenu par l'occupation &#233;trang&#232;re. De son c&#244;t&#233;, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais proclame la cr&#233;ation d'une &#034;Union fran&#231;aise&#034; accordant aux Indochinois pour l'avenir et aux &#034;&#233;lites&#034;, c'est-&#224;-dire aux classes riches, propri&#233;taires fonciers et capitalistes, certains droits, et l'espoir de places lucratives dans l'administration ou le gouvernement (d&#233;put&#233;s). En m&#234;me temps il est vrai, il fait propager l'id&#233;e que &#034;tous les territoires ayant appartenu &#224; leurs possesseurs naturels&#034; doivent leur &#234;tre &#034;rendus le plus t&#244;t possible&#034;. Et dans ce nombre... l'Indochine qui certainement, devrait &#234;tre rendue &#224; la France.&#034; (D&#233;claration de M. Fraser &#224; l'A.F.P., 30/3/45).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, de quelque c&#244;t&#233; qu'ils se tournent, les travailleurs indochinois ne voient que des pillards qui se r&#233;clament &#224; grands cris de leur droit &#034;naturel&#034; &#224; les mettre en coupe r&#233;gl&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation des Indochinois en France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'en 1939 &#233;clata la deuxi&#232;me guerre de pillage mondial, 25.000 Indochinois, pour la plupart des paysans, furent arrach&#233;s &#224; leurs foyers pour aller travailler en France dans l'industrie de guerre, poudreries et arsenaux, o&#249; ils accomplirent les travaux les plus dangereux et les plus malsains, c&#244;te &#224; c&#244;te avec d'autres ouvriers coloniaux (arabes notamment) &#8211; 15.000 restent encore d&#233;port&#233;s en France, parce que la guerre a emp&#234;ch&#233; leur rapatriement. Et l'Etat &#8211; c'est-&#224;-dire les capitalistes &#8211; r&#233;alise sur eux de gros b&#233;n&#233;fices.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces exil&#233;s vivent en camps, soumis &#224; l'arbitraire le plus complet et &#224; une discipline terroriste qui, comme &#224; Bergerac, comprend souvent des s&#233;vices sanglants. Leur approvisionnement est le m&#234;me en principe que celui de la population civile, mais, &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le de la part des int&#233;ress&#233;s, il est &#034;&#233;cr&#233;m&#233;&#034; successivement par les commandants de L&#233;gion, de Groupements, de Compagnies, puis par toute la s&#233;quelle des &#034;sous-officiers&#034;, des chefs cuisiniers et cuisiniers, qui s'engraissent de la famine des requis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tandis que, d'une ann&#233;e sur l'autre, les travailleurs doivent se contenter de rebuffades et de promesses, leurs dignes chefs sont en mesure de fournir v&#234;tements et brodequins &#224; leurs amis et connaissances.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'importe qu'il g&#232;le en hiver, et que la tuberculose (60% des morts &#224; l'h&#244;pital indochinois de Marseille) d&#233;cime les effectifs ! L'important, pour les marchands d'esclaves, c'est que &#034;&#231;a rende&#034;, c'est-&#224;-dire que la sueur et le sang des travailleurs se transforment entre leurs mains en &#034;bon argent&#034; et grasses richesses. Aussi pressions et vexations s'abattent sur les camps, pour pousser au rendement : diminution des rations des malades, comme &#224; Salin-de-Giraud (Bouches du Rh&#244;ne), pour les obliger &#224; retourner sur le chantier, travail le dimanche &#034;en pr&#233;vision des jours de pluie&#034; comme &#224; la Soci&#233;t&#233; de Gadones, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
Et malheur &#224; qui tombe malade ! L'h&#244;pital le Dantec de Marseille, le &#034;Tombeau des Indochinois&#034;, l'attend. Au train o&#249; vont les choses, d'ici quelques ann&#233;es, deux bateaux suffiront &#224; rapatrier les survivants des 15.000 d&#233;port&#233;s...&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les travailleurs indochinois, les employeurs versent &#224; l'Etat, pour chaque journ&#233;e de travail effective, une moyenne de 65 frs. Mais celui-ci paye aux travailleurs un salaire de famine, et les oblige en m&#234;me temps &#224; d&#233;poser &#224; la caisse d'&#233;pargne 25 &#224; 30% de leur solde mensuelle (40 &#224; 60 frs), &#233;conomies forc&#233;es qui servent &#224; masquer aux yeux des masses la d&#233;tresse des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la barri&#232;re que la diff&#233;rence de langue dresse entre travailleurs fran&#231;ais et indochinois, cette barri&#232;re doit &#234;tre franchie, car il est indispensable aux uns et aux autres d'unir leurs efforts contre leurs exploiteurs capitalistes. Les masses indochinoises &#8211; surtout annamites &#8211; poss&#232;dent une tradition r&#233;volutionnaire riche d'abn&#233;gation et d'h&#233;ro&#239;sme. L'ind&#233;pendance qu'elles d&#233;sirent ne saurait &#234;tre obtenue par les marchandages de mandarins, li&#233;s &#224; l'oppression populaire. Elle ne peut &#234;tre que le r&#233;sultat d'une lutte acharn&#233;e, impitoyable, men&#233;e contre les grandes banques, les 200 familles, bref contre les capitalistes. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment la lutte qu'ont &#224; mener aussi les prol&#233;taires fran&#231;ais. Ceux-ci savent bien par exp&#233;rience, qu'un peuple qui en opprime un autre ne saurait &#234;tre un peuple libre, et doit s'attendre &#224; &#234;tre opprim&#233; &#224; son tour.&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation des travailleurs indochinois est si terrible que les social-chauvins eux-m&#234;mes n'ont pu garder le silence. Le CCN de la CGT les a assur&#233;s de la &#034;solidarit&#233; ardente des travailleurs de France organis&#233;s dans la CGT&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut faire une r&#233;alit&#233; de cette assurance platonique des bureaucrates chauvins (qui par ailleurs ne disent rien de l'Indochine m&#234;me).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs indochinois exigent :&lt;br class='autobr' /&gt;
En France,&lt;br class='autobr' /&gt;
LA LIBERATION DES TRAVAILLEURS EMPRISONNES DE BERGERAC ET DE BORDEAUX,&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ABOLITION DES MESURES D'EXCEPTION ET DU TERRORISME DISCIPLINAIRE DANS LES CAMPS,&lt;br class='autobr' /&gt;
LE LIBRE EXERCICE DU DROIT SYNDICAL,&lt;br class='autobr' /&gt;
DES SALAIRES QUI LEUR PERMETTENT DE VIVRE.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'Indochine,&lt;br class='autobr' /&gt;
LA TERRE AUX PAYSANS,&lt;br class='autobr' /&gt;
LES DROITS POLITIQUES ET SYNDICAUX COMPLETS POUR LES OUVRIERS ET PAYSANS,&lt;br class='autobr' /&gt;
UNE ASSEMBLEE CONSTITUANTE ELUE LIBREMENT PAR LES INDOCHINOIS AU SUFFRAGE UNIVERSEL.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, travailleurs de la M&#233;tropole, devons appuyer et soutenir enti&#232;rement ces revendications et reconna&#238;tre en m&#234;me temps le droit du peuple indochinois &#224; disposer de lui-m&#234;me, y compris le droit de s&#233;paration de la M&#233;tropole (c'est-&#224;-dire des capitalistes fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/05/ldc47s_050845.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/05/ldc47s_050845.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa&#239;gon en r&#233;volution en ao&#251;t 1945&lt;br class='autobr' /&gt;
Une situation r&#233;volutionnaire &#233;clata au Vietnam le 16 ao&#251;t 1945 lorsque la capitulation japonaise fut annonc&#233;e. Dans les provinces de Trung Bo, Bac Bo, Sadec et Long Xuyen, les paysans renaissants tu&#232;rent leurs propri&#233;taires et expropri&#232;rent les terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le centre de la r&#233;volution &#233;tait Sa&#239;gon. D'&#233;normes manifestations r&#233;clamant l'ind&#233;pendance nationale et la lib&#233;ration de tous les types d'oppression ont eu lieu : de 300 000 le 21 ao&#251;t et d'un million le 25 ao&#251;t. Les slogans des trotskystes pour le pouvoir ouvrier ont gonfl&#233; leurs contingents par milliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 150 comit&#233;s populaires ont &#233;t&#233; mis en place (cette politique a &#233;t&#233; activement combattue par les trotskystes de l'ICL), le premier &#224; Ban Co le 19 ao&#251;t. Ils ont pris le pouvoir administratif dans de nombreuses banlieues de Saigon, &#224; commencer par Phu Nuan le 19 ao&#251;t. Une conf&#233;rence des comit&#233;s a publi&#233; un programme qui insiste sur le fait que la bourgeoisie nationale sera compl&#232;tement incapable de jouer le r&#244;le d'avant-garde r&#233;volutionnaire, et que seule l'alliance populaire des ouvriers industriels et des travailleurs ruraux sera en mesure de lib&#233;rer la nation des domination des capitalistes &#233;trangers &#187;. Comme dans toutes les situations r&#233;volutionnaires, aucune quantit&#233; d'organisations ou de publications ne pouvait satisfaire la soif de direction politique des masses. Tranh Dau, le journal du groupe Struggle, est devenu quotidien ; l'ICL a, &#224; un moment donn&#233;, publi&#233; des bulletins toutes les trois heures &#224; partir d'un si&#232;ge nouvellement &#233;tabli. Des centaines de comit&#233;s de la jeunesse de l'avant-garde ont &#233;t&#233; mis en place, certains sous la direction stalinienne, qui ont tous d&#233;clar&#233; qu'ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; mourir pour la lib&#233;ration nationale. Les partis bourgeois et petit-bourgeois prolif&#232;rent &#233;galement ; selon un rapport de l'ICL, pas moins de 50 nouveaux ont germ&#233;. Qui contr&#244;lait Saigon ? Les diff&#233;rences entre les diff&#233;rents comptes montrent &#224; quel point la situation &#233;tait volatile. Il est certain que le Front national uni (UNF), qui avait un programme pour l'ind&#233;pendance nationale et comprenait des nationalistes bourgeois, les sectes religieuses Cao Dai et Hoa Hao et la jeunesse de l'avant-garde, a re&#231;u le pouvoir par le gouvernement effondr&#233; de Bao Dai le 14 ao&#251;t, et l'a adopt&#233;. sur le Vietminh une semaine plus tard. John Spencer, un partisan du groupe anti-trotskyste Banda, a r&#233;cemment fait l'all&#233;gation stupide que au moins certains des trotskystes vietnamiens ont particip&#233; &#224; la formation de l'UNF sous les auspices japonais le 14 ao&#251;t 1945 '', un groupement qui &#233;tait ch&#232;rement con&#231;u comme un contrepoids au Vietminh '. (Trotskysme vietnamien et r&#233;volution d'ao&#251;t 1945). Spencer essaie manifestement de donner un poids &#171; savant &#187; au mensonge stalinien, originaire de Ho Chi Minh, selon lequel les trotskystes travaillaient pour les Japonais. Mais au moins un compte rendu faisant autorit&#233; dit que l'UNF &#171; comprenait une petite minorit&#233; communiste &#187;, ainsi que les trotskystes du groupe Struggle. (Communisme vietnamien : ses origines et son d&#233;veloppement, par R. Turner, p. 39). Le m&#234;me r&#233;cit explique comment le dirigeant vietminh Tran Van Giau a arrang&#233; que l'UNF lui c&#232;de le pouvoir par voie de n&#233;gociation. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, un rapport du groupe Lutte au Secr&#233;tariat international de la Quatri&#232;me Internationale (La R&#233;volution d'Ao&#251;t et le Groupe de Lutte, dans les archives de l'ISFI, Biblioth&#232;que de Documentation Internationale Contemporaine, Universit&#233; de Nanterre, Paris) d&#233;clare qu'ils ont propos&#233; aux staliniens un front uni sur la politique d'ind&#233;pendance nationale et de r&#233;forme agraire, ces derniers la refusant &#171; parce qu'ils croyaient pouvoir compter sur l'aide et le respect des Alli&#233;s, pour parvenir &#224; une&#171; r&#233;publique d&#233;mocratique du Vietnam &#187;par des moyens diplomatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cela, et apr&#232;s que le Vietminh eut pris le contr&#244;le administratif, ils prirent part &#224; des r&#233;unions avec les nationalistes bourgeois - auxquelles les staliniens &#233;taient &#233;galement pr&#233;sents, accusant les trotskystes de &#171; sabotage &#187;. Quelques semaines plus tard, lorsque les troupes britanniques ont &#233;t&#233; accueillies &#224; Sa&#239;gon par les Vietminh, les trotskystes se sont certainement retrouv&#233;s dans une alliance de fait avec les nationalistes bourgeois : tous deux pr&#244;naient la r&#233;sistance arm&#233;e &#224; la r&#233;imposition du contr&#244;le imp&#233;rialiste. (Spencer n'exprime pas sa propre opinion sur la petite question de l'invasion britannique, en s'appuyant sur des citations de diverses sources soutenant le point de vue stalinien qui opposait ceux qui r&#233;sistaient aux Britanniques comme &#233;tant &#171; fous &#187;, &#171; provocateurs &#187; et &#171; ultra-gauches &#187;). Le 22 ao&#251;t, apr&#232;s deux semaines de troubles r&#233;volutionnaires, le Vietminh a tenu une r&#233;union avec des repr&#233;sentants de l'UNF qui ont accept&#233; de c&#233;der le contr&#244;le de la ville. Le 25 ao&#251;t, &#224; 5 heures du matin, jour de la manifestation d'un million de personnes, les Vietminh ont occup&#233; tous les b&#226;timents gouvernementaux et ont officiellement mis en place un &#171; Comit&#233; ex&#233;cutif provisoire de la R&#233;publique du sud du Vietnam &#187;. La politique de cette administration &#233;tait double : maintenir, si possible, la bourgeoisie et la classe fonci&#232;re vietnamiennes chancelantes, et accueillir les troupes alli&#233;es dans des conditions o&#249; un accord serait n&#233;goci&#233; avec elles. Le dirigeant stalinien Tran Van Giau a proclam&#233; que &#171; les libert&#233;s d&#233;mocratiques seront assur&#233;es et garanties par les alli&#233;s d&#233;mocratiques &#187; (cit&#233; dans &#171; Quelques &#233;tapes&#8230; &#187; dans Quatri&#233;me Internationale). Un autre responsable vietminh, Nguyen Van Tao, a &#233;t&#233; plus explicite : &#171; Tous ceux qui ont incit&#233; les paysans &#224; saisir la propri&#233;t&#233; des propri&#233;taires terriens seront s&#233;v&#232;rement et impitoyablement punis. . .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas encore fait la r&#233;volution communiste, qui r&#233;soudra le probl&#232;me agraire. Ce gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique, c'est pourquoi une telle t&#226;che ne lui incombe pas. Notre gouvernement, je le r&#233;p&#232;te, est un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois, m&#234;me si les communistes sont maintenant au pouvoir. &#187;(Communisme vietnamien : ses origines et son d&#233;veloppement, p. 43). L'historien Phillipe Devilliers raconte que le leader vietminh Duong Bach Mai a parl&#233; de &#171; calmer l'ardeur tumultueuse des militants de base, en leur montrant que la t&#226;che du moment n'&#233;tait pas de faire une r&#233;volution prol&#233;tarienne mais de briser le&#171; colonialisme &#187;en appelant &#224; tous les peuples &#224; lutter contre elle. &#187;(History of Vietnam 1940-52, par P. Devilliers, p. 181). Buttinger dit que le gouvernement vietminh &#224; Sa&#239;gon &#171; est all&#233; jusqu'&#224; d&#233;cr&#233;ter la peine de mort pour les atteintes &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187; (Vietnam : A Dragon Embattled, J. Buttinger, vol. 1, p. 347). Spencer, essayant de &#171; replacer dans son contexte &#187; le massacre des trotskystes vietnamiens, pr&#233;tend qu'ils &#233;taient &#171; sans ambigu&#239;t&#233; hostiles &#187; &#224; &#171; l'administration r&#233;volutionnaire &#187; du Vietminh. En fait, cette administration &#233;tait contre-r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire d&#233;termin&#233;e &#224; emp&#234;cher &#224; tout prix les prises de propri&#233;t&#233;, m&#234;me lorsque les comit&#233;s populaires et les soul&#232;vements paysans les avaient d&#233;j&#224; mis en &#339;uvre &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er OCTOBRE 1945 : le Vietnam avait travers&#233; six semaines de convulsions r&#233;volutionnaires, atteignant un point culminant dans la derni&#232;re semaine de septembre lorsque les troupes britanniques, fran&#231;aises et japonaises occupaient le centre-ville de Sa&#239;gon, d&#233;pla&#231;ant l'administration vietminh et mena&#231;ant la terreur contre les ouvriers et les paysans r&#233;volutionnaires. Apr&#232;s des tentatives r&#233;p&#233;t&#233;es, les Vietminh ont n&#233;goci&#233; une tr&#234;ve avec les Britanniques le 1er octobre, dont le principal r&#233;sultat a &#233;t&#233; que les troupes imp&#233;rialistes - britanniques, fran&#231;aises et japonaises - ont obtenu le &#171; libre passage &#187; des Vietminh &#224; travers les banlieues rebelles de Sa&#239;gon. Un cessez-le-feu d'une semaine entre le 3 et le 10 octobre a &#233;t&#233; utilis&#233; par les imp&#233;rialistes pour renforcer leurs forces. Le 5 octobre, le g&#233;n&#233;ral Leclerc arrive &#224; la t&#234;te d'un corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais. Alors que les Fran&#231;ais et les Gurkhas renouvelaient leur offensive contre les trotskystes et d'autres forces de r&#233;sistance, Tran Van Giau eut le culot de publier un tract condamnant les trotskystes en tant qu '&#171; agents imp&#233;rialistes fran&#231;ais &#187;. &#171; Les combattants trotskystes qui se sont repli&#233;s vers l'ouest ont &#233;t&#233; d&#233;sarm&#233;s &#224; Cho Dem &#187;, indique le rapport de Struggle. (The August Revolution and the Struggle Group, ISFI files, Paris). Les forces de lutte qui sont all&#233;es &#224; l'est ont tent&#233; de mobiliser deux arm&#233;es, le Hoang Pho I et le Hoang Pho II, lorsqu'elles ont &#233;t&#233; encercl&#233;es &#224; Xuan Truong par un grand nombre de forces arm&#233;es vietminh : Tran Van Thach, Nguyen Van So et Nguyen Van Tien &#233;taient emmen&#233;s &#224; Thu Dau Mot o&#249; ils ont &#233;t&#233; jug&#233;s militaires et fusill&#233;s sur les ordres de Kieu Dac Thang, un criminel ordinaire et un oiseau de prison fait gr&#226;ce &#224; la courtoisie g&#233;n&#233;rale de Duong Bach Mai (le chef de la police stalinienne) ; Phan Van Chanh et Phan Van Hum ont pris la direction de Bien Hoa, d'o&#249; ils esp&#233;raient rejoindre Hue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement de Sa&#239;gon de septembre 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 ao&#251;t, le Viet Minh a d&#233;clar&#233; une administration provisoire, un Comit&#233; administratif du Sud, &#224; Sa&#239;gon. Lorsque, dans le but d&#233;clar&#233; de d&#233;sarmer les Japonais, le Viet-Minh a accueilli le d&#233;barquement et le positionnement strat&#233;gique des troupes britanniques et anglo-indiennes, des groupes politiques rivaux sont apparus en force. Les 7 et 8 septembre 1945, dans la ville delta de C&#7847;n Th&#417;, le Comit&#233; dut s'appuyer sur ce qui avait &#233;t&#233; l'auxiliaire japonais, Jeunesse d'Avant-Garde / Thanh Nien Tienphong. Ils ont tir&#233; sur des foules, rejoints par l'ICL, exigeant des armes contre une restauration coloniale fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Sa&#239;gon, la r&#233;affirmation brutale de l'autorit&#233; fran&#231;aise sous la protection des Japonais britanniques, britanniques-indiens et britanniques r&#233;quisitionn&#233;s a d&#233;clench&#233; un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral le 23 septembre. Sous le slogan &#171; La terre aux paysans ! Les usines aux ouvriers ! &#187;, L'ICL a appel&#233; la population &#224; s'armer et &#224; s'organiser en conseils. Pour coordonner ces efforts, les Internationalistes ont cr&#233;&#233; un Comit&#233; R&#233;volutionnaire Populaire, un &#034;soviet embryonnaire qui a mis sa marque sur la r&#233;gion de Saigon-Cholon, Gia-dinh et Bien-Hoa.&#034; Les d&#233;l&#233;gu&#233;s ont publi&#233; &#034;une d&#233;claration dans laquelle ils ont affirm&#233; leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des partis politiques et ont fermement condamn&#233; toute tentative de restreindre l'autonomie des d&#233;cisions prises par les ouvriers et les paysans. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec d'autres camarades de la Ligue, Ng&#244; V&#259;n s'est associ&#233; aux ouvriers du tramway. Dans &#171; l'esprit internationaliste de la Ligue &#187;, les ouvriers avaient rompu avec leur syndicat, la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail (rebaptis&#233;e par le Viet Minh &#171; Ouvriers pour le salut national &#187;). Refusant l'&#233;toile jaune du Viet-Minh, ils se sont rassembl&#233;s sous le drapeau rouge sans fioritures &#171; de leur propre &#233;mancipation de classe &#187;. Mais les milices ont &#233;t&#233; durement touch&#233;es par le retour des Fran&#231;ais. Ng&#244; V&#259;n enregistre &#224; eux seuls deux cents massacres, le 3 octobre, au pont de Thi Nghe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'ils retombaient dans la campagne, eux et d'autres formations ind&#233;pendantes (groupes arm&#233;s de nationalistes ind&#233;pendants et sectes syncr&#233;tiques Hoa Hao et Cao Dai) ont &#233;t&#233; pris entre deux feux alors que le Viet-Minh revenait pour encercler la ville. D&#432;&#417;ng B&#7841;ch Mai, qui avait &#233;t&#233; parmi les staliniens sur le comit&#233; de r&#233;daction original de La Lutte, a conduit la s&#233;curit&#233; Vietminh &#224; traquer ses anciens coll&#232;gues sur le papier. &#192; la fin d'octobre, ils avaient captur&#233; et ex&#233;cut&#233;, entre autres, Nguyen Van Tien, l'ancien r&#233;dacteur en chef, et Phan V&#259;n H&#249;m.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6153&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6153&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1945, les forces japonaises ont liquid&#233; le r&#233;gime colonial fran&#231;ais et ont assum&#233; la domination directe sur l'Indochine. Ta Thu Thau avait &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; de Poulo-Condore &#224; la fin de 1944, apr&#232;s de cinq ans de prison. Il reprit l'activit&#233; politique et, pendant l'&#233;t&#233;, se rendit dans le nord, rencontrant des partisans trotskystes parmi les mineurs de charbon en gr&#232;ve. C'&#233;tait lors de son retour de ce voyage, &#224; mi-chemin de Sa&#239;gon, que Thau fut captur&#233; par les staliniens &#224; Quang Tri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; Sa&#239;gon, le r&#233;tablissement de la domination coloniale fran&#231;aise et l'entr&#233;e des troupes britanniques ont d&#233;clench&#233; un soul&#232;vement populaire g&#233;n&#233;ral dans lequel les trotskystes ont jou&#233; un r&#244;le majeur, formant une milice ouvri&#232;re qui a &#233;t&#233; brutalement r&#233;prim&#233;e par les forces britanniques et fran&#231;aises, y compris lors d'un massacre de plus de 200 ouvriers au pont de Thi Nghe le 3 octobre 1945. Des militants trotskystes contraints de fuir la r&#233;pression de masse dans la ville ont &#233;t&#233; pris en &#233;tau &#224; la campagne entre le Viet Minh et les forces militaires coloniales r&#233;tablies. Seule une poign&#233;e put survivre en quittant compl&#232;tement le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les tensions s'intensifiaient en septembre 1945, les staliniens d&#233;sarm&#232;rent les comit&#233;s populaires, supprim&#232;rent le comit&#233; central provisoire et assassin&#232;rent des dizaines de trotskystes, dont le chef de La Lutte, Ta Thu Thau. Loin de garantir l'ind&#233;pendance, la collaboration du PCI avec les Fran&#231;ais n'a contribu&#233; qu'&#224; restaurer la domination coloniale dans le sud. Le peuple vietnamien devait payer un prix lourd pour la trahison de la mont&#233;e r&#233;volutionnaire d'apr&#232;s-guerre et les man&#339;uvres ult&#233;rieures des staliniens avec l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais puis am&#233;ricain. Trente ans de guerre ont d&#233;vast&#233; le pays et entra&#238;n&#233; des millions de morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant de nombreuses d&#233;cennies, le sort tragique des trotskystes vietnamiens ainsi que leur r&#244;le politique de premier plan dans les ann&#233;es 1930 &#233;taient peu connus ou compris parmi les partisans de la Quatri&#232;me Internationale. Les r&#233;visionnistes dirig&#233;s par Michel Pablo et Ernest Mandel, qui tenaient des postes de direction jusqu'en 1953, avaient rejet&#233; le r&#244;le des trotskystes chinois et vietnamiens, qualifiant ceux-ci de &#171; r&#233;fugi&#233;s d'une r&#233;volution &#187;. Plus tard, dans les ann&#233;es 1960, les pablistes ont salu&#233; la direction stalinienne vietnamienne sous Ho Chi Minh pour sa r&#233;sistance &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain lors de l'intervention am&#233;ricaine au Vietnam, et se sont oppos&#233;s &#224; soulever la question du sort des trotskystes vietnamiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le conflit de 1945, Ho Chi Minh a r&#233;v&#233;l&#233; l'orientation nationaliste qui caract&#233;rise le stalinisme. Comme il l'a dit &#224; ses associ&#233;s, il a pr&#233;f&#233;r&#233; permettre l'entr&#233;e des forces fran&#231;aises et britanniques parce que les anciennes puissances coloniales &#233;taient faibles et discr&#233;dit&#233;es, tandis que les forces chinoises, beaucoup plus grandes et plus proches, constituaient la plus grande menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a ainsi r&#233;v&#233;l&#233; un profond scepticisme quant aux perspectives d'une r&#233;volution r&#233;ussie en Chine : les arm&#233;es pr&#233;tendument puissantes du Kuomintang se d&#233;sagr&#233;g&#232;rent en &#224; peine trois ans et le Parti communiste chinois arriva au pouvoir. Dans le m&#234;me temps, refl&#233;tant les pr&#233;jug&#233;s anti-chinois d'un nationaliste vietnamien, il consid&#233;rait la Chine, qu'elle soit dirig&#233;e par Mao Zedong ou Chiang Kai-shek, comme plus &#224; craindre par le Vietnam que des imp&#233;rialistes europ&#233;ens, en raison de sa proximit&#233; et de sa longue histoire de conflit avec son petit voisin du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ho, suivant la logique du stalinisme, avait longtemps rejet&#233; la lutte pour une r&#233;volution socialiste mondiale et avait proc&#233;d&#233; dans une perspective nationaliste, dans le but d'&#233;tablir un Vietnam ind&#233;pendant. Sur la base de sa raison d'&#201;tat nationaliste, il a approuv&#233; le meurtre des internationalistes r&#233;volutionnaires, y compris celui de Ta Thu Thau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1945, le Vietminh dirig&#233; par le parti communiste vietnamien d'Ho Chi Minh n'&#233;tait fort que dans le nord du pays, au Tonkin. Dans le sud, en Cochinchine, Ho Chi Minh est beaucoup plus faible et les travailleurs ont un rapport de force beaucoup plus favorable et l'escamotage de la r&#233;volution va s'av&#233;rer beaucoup plus difficile. Il a en face de lui un courant trotskyste implant&#233; avec lequel il a d&#251; plusieurs fois s'entendre. En 1939, seul face &#224; toutes les forces nationalistes et staliniennes les trotskystes ont eu 80% des voix aux &#233;lections de Saigon. A l'annonce de la capitulation japonaise s'est en fait un v&#233;ritable soul&#232;vement r&#233;volutionnaire qui a lieu car la population est r&#233;volt&#233;e contre toutes les autorit&#233;s. Il faut dire qu'il y a eu au Vietnam un million de morts et par la seule famine il y a encore en 1945 des centaines de milliers de morts chaque mois. Au Tonkin et au Nord Annam, c'est la r&#233;volution. Des pauvres s'attaquent aux autorit&#233;s locales, aux profiteurs et oppresseurs de toutes sortes, les arr&#234;tent les tuent. Ils forment des comit&#233;s du peuple. Ils mettent en avant le partage des terres, la confiscation des biens des riches. A Saigon, l'op&#233;ration des nationalistes et des bourgeois qui a eu lieu au nord n'a pu se faire car ce sont les comit&#233;s du peuple qui se sont f&#233;d&#233;r&#233;s et qui ont pris le pouvoir &#224; l'issu d'une manifestation dirig&#233;e par les trotskystes sur les slogans armement du peuple, la terre aux paysans, nationalisation des usines sous contr&#244;le ouvrier. Des tribunaux du peuple jugent les anciens grands propri&#233;taires et fonctionnaires. Les comit&#233;s du peuple &#233;lisent alors une direction provisoire auquel ils affectent un local et qui est gard&#233; par un d&#233;tachement d'ouvriers en armes. C'est pour se d&#233;barrasser de cette r&#233;volution que le vietminh qui s'est associ&#233; d'anciennes forces vietnamiennes li&#233;es &#224; l'ancien r&#233;gime vichyste va pratiquer une politique se r&#233;pression et d'assassinat syst&#233;matique contre les membres des comit&#233;s du peuple et particuli&#232;rement contre les dirigeants trotskystes comme Ta Thu Tau et Tran Van Tach qui sont assassin&#233;s syst&#233;matiquement. C'est en brisant le soul&#232;vement ouvrier que le vietminh va se hisser au pouvoir et non en s'appuyant dessus. Nous le verrons dans un texte que nous lirons sur ce sujet. Et d&#232;s qu'il parvient au pouvoir son langage est clair : &#171; seront s&#233;v&#232;rement et impitoyablement punis ceux qui auront pouss&#233; les paysans &#224; s'emparer des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res. Notre gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois et il ne lui appartient pas de r&#233;aliser la r&#233;volution communiste. &#187; Le 2 septembre 1945 ils manifestent m&#234;me en l'honneur de la commission des alli&#233;s. Des colons fran&#231;ais tirent dans la foule qui arr&#234;te un certain nombre de ces assassins. Cependant le chef de la police stalinien les fait rapidement rel&#226;cher. L'exasp&#233;ration des masses grandit et les staliniens d&#233;cident d'en finir avec la r&#233;volution. Ils annoncent &#171; seront consid&#233;r&#233;s comme provocateurs et saboteurs ceux qui appellent le peuple &#224; l'armement et surtout &#224; la lutte contre les alli&#233;s occidentaux &#187;. En septembre 1945 les staliniens vont d&#233;sarmer les comit&#233;s du peuple puis pourront en finir d&#233;finitivement et physiquement avec les membres des comit&#233;s du peuple de Saigon. Ils avaient fini d'assassiner la r&#233;volution indochinoise. En octobre 1945, Ho Chi Minh d&#233;clare &#224; la presse : &#171; la France et le Vietnam ont depuis longtemps conclu un mariage. Le mariage n'a pas toujours &#233;t&#233; heureux mais nous n'avons pas int&#233;r&#234;t &#224; le briser. &#187; En novembre 1945, le parti communiste indochinois s'autodissous d&#233;clarant : &#171; il faut placer les int&#233;r&#234;ts de la patrie au dessus de ceux des classes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le nord, Ho suivait la m&#234;me politique de capitulation face aux forces alli&#233;es, dans ce cas aux Chinois et aux Fran&#231;ais. Cependant, cela prit beaucoup plus de temps qu'au sud, car les troupes chinoises arriv&#232;rent seulement fin septembre, laissant au Viet Minh le temps de consolider son pouvoir. Aussi, le Vietminh avait sa propre zone de gu&#233;rilla arm&#233;e au nord, et les Chinois n'&#233;taient pas activement oppos&#233;s &#224; un Vietnam ind&#233;pendant. Dans la ligne de sa politique d' &#187;ouverture &#187; de la coalition pour y inclure les nationalistes bourgeois et les leaders catholiques, Ho d&#233;cr&#233;ta en novembre la liquidation compl&#232;te du parti communiste indochinois. La d&#233;claration du Comit&#233; central affirmait que &#171; afin d'accomplir la t&#226;che du Parti &#8230; en vue d'une union nationale sans distinction de classes, de partis est un facteur indispensable &#187; et que ce geste a &#233;t&#233; fait pour montrer que les Communistes &#171; sont toujours dispos&#233;s de placer les int&#233;r&#234;ts de leur pays au dessus de ceux de classe, et de renoncer aux int&#233;r&#234;ts du Parti pour servir ceux du peuple vietnamien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, cependant, l'opposition &#233;tait toujours forte au Nord. Le groupe La Lutte publiait &#224; ce moment un quotidien &#224; Hano&#239;, Tran Dao (La Lutte), qui avait une diffusion de 30.000 exemplaires &#224; la fin 1945. Un courrier du secr&#233;tariat de la Quatri&#232;me Internationale &#224; ce moment parlait d'un groupe La Lutte bien organis&#233; mais pers&#233;cut&#233; dans le nord. Conduit par Ta Thu Thau, ancien dirigeant des &#233;diteurs du Tonkin dans les ann&#233;es 1937-38, il tenait de grands meetings et publiait de nombreux ouvrages en plus de son quotidien. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Thau fut arr&#234;t&#233; par le Viet Minh au cours d'un voyage vers le sud. Jug&#233; trois fois par des comit&#233;s du peuple locaux, il fut acquitt&#233; trois fois, un tribut &#224; la r&#233;putation des trotskystes &#224; cette &#233;poque. Finalement, il fut simplement fusill&#233; &#224; Quang Ngai, en f&#233;vrier 1946, sur ordre du dirigeant stalinien du sud Tran Van Giau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6148&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1430&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1430&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article440&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1946/Mouvements.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1946/Mouvements.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vietnam&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vietnam : chronologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 mars 1945 : Coup de force japonais qui fait tomber le r&#233;gime fran&#231;ais au Vietnam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 mars 1945 : D&#233;mant&#232;lement des troupes fran&#231;aises d'Indochine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 mars 1945 : Bao Da&#239; proclame l'ind&#233;pendance de l'Indochine en collaboration avec le Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 avril 1945 : Constitution du gouvernement vietnamien projaponais de Tran Van Kim&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 juillet 1945 : Aux accords de Potsdam, les Alli&#233;s d&#233;cident l'occupation chinoise au nord du Vietnam et anglaise au sud, zones limit&#233;es par le 16e parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 ao&#251;t 1945 : Pour anticiper l'arriv&#233;e des Alli&#233;s, les staliniens du &#171; Comit&#233; de Libaration du peuple vietnamien &#187; parlent de renversement du pouvoir japonais, la veille de sa reddition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 ao&#251;t 1945 : Capitulation du Japon dans la guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 ao&#251;t 1945 : Constitution du Front National Unifi&#233; qui regroupe bourgeoisie et f&#233;odaux (Caoda&#239;stes, Hoa Hao et Parti de l'ind&#233;pendance).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 ao&#251;t 1945 : Apparition de comit&#233;s du peuple dans la r&#233;gion sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 ao&#251;t 1945 : Constitution de centaines de comit&#233;s de la jeunesse d'avant-garde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, le plus grand quartier ouvrier de Sa&#239;gon (Phu-Huan) &#233;lit son comit&#233; du peuple qui se proclame nouveau pouvoir central. Les paysans liquident les anciens serviteurs des gouvernements fran&#231;ais et japonais. Ils investissent les bureaux et tribunaux de l'administration locale. Constitution de tribunaux du peuple qui jugent les grands propri&#233;taires et les anciens fonctionnaires. Les comit&#233;s du peuple, d'ao&#251;t &#224; septembre, confisquent les biens des riches et partagent les terres. Manifestation de 300.000 personnes dont 30.000 derri&#232;re la banni&#232;re trotskyste de la LCI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 ao&#251;t 1945 : Pour contrer la vague r&#233;volutionnaire, le Front National Unifi&#233; se dissous et adh&#232;re au Viet Minh tenu par les staliniens, seule force capable de contrer la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 ao&#251;t 1945 : Abdication de Bao Da&#239;. Formation par les staliniens du &#171; Comit&#233; ex&#233;cutif provisoire du sud Vietnam &#187; qui vise &#224; &#233;viter le vide du pouvoir en occupant tous les postes adminstratifs et en maintenant en place la police : sept staliniens sur neuf ministres et Ho Chi Minh &#224; la pr&#233;sidence. Grandiose manifestation &#224; Sa&#239;gon pour l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 ao&#251;t 1945 : Entr&#233;e des troupes chinoises au nord du Vietnam. Premi&#232;re assembl&#233;e des comit&#233;s du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 ao&#251;t 1945 : D&#233;claration du stalinien Nguyen Van Tao, ministre l'Int&#233;rieur, contre les trostskystes : &#171; Seront s&#233;v&#232;rement punis et impitoyablement frapp&#233;s tous ceux qui auront pouss&#233; les paysans &#224; s'emparer des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res. (&#8230;) Nous n'avons pas encore fait la r&#233;volution communiste qui apportera la solution au probl&#232;me agraire. Ce gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique, c'est pourquoi il ne lui apartient pas de r&#233;aliser une telle t&#226;che. Notre gouvernement, je le r&#233;p&#232;te, est un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois, bien que les communistes soient actuellement au pouvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 ao&#251;t 1945 : D&#233;clenchement d'une vaste campagne de calomnies contre les trotskystes accus&#233;s de semer le d&#233;sordre et de provoquer des troubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 ao&#251;t 1945 : Formation du gouvernement provisoire vietnamien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er septembre 1945 : D&#233;claration de Tran Van Giau affirmant que l'ind&#233;pendance n'est pas le produit de la lutte mais des &#171; n&#233;gociations avec nos alli&#233;s &#187; et qui menancent quiconque pr&#233;tend combattre les armes &#224; la main les &#171; forces alli&#233;es &#187; : &#171; Ceux qui incitent le peuple &#224; l'armement seront consid&#233;r&#233;s comme des saboteurs et des provocateurs, ennemis de l'ind&#233;pendance nationale. Nos libert&#233;s d&#233;mocratiques seront octroy&#233;es et garanties par les Alli&#233;s d&#233;mocratiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 septembre 1945 : Manifestation organis&#233;e par le gouvernement et les staliniens pour &#171; accueillir les Alli&#233;s &#187; qui d&#233;barquent &#224; Sa&#239;gon. La manifestation se d&#233;roule dans le calme mais des coups de feu sont tir&#233;s contre les manifestants en marge du cort&#232;ge. La col&#232;re des Vietnamiens explose. La population explose de col&#232;re contre le retour des colonialistes. Le climat change. Des Fran&#231;ais sont pris &#224; partie et assassin&#233;s. Les staliniens accusent les trotskystes de la responsabilit&#233; des troubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 septembre 1945 : A Hano&#239;, Tran Van Giau d&#233;cr&#232;te le d&#233;sarmement des organisations non-gouvernementales, dont les comit&#233;s populaires qui pr&#233;paraient une insurrection arm&#233;e contre le retour des troupes alli&#233;es au Vietnam. Le nouveau pouvoir stalinien se pr&#233;pare &#224; &#171; accueillir nos alli&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 septembre 1945 : D&#233;barquement des troupes anglaises &#224; Sa&#239;gon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 septembre 1945 : Manifeste commun des comit&#233;s du peuple et du groupe trostskyste LCI d&#233;non&#231;ant la politique de trahison du gouvernement stalinien et capitulation devant l'Etat-major des troupes anglaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 septembre 1945 : Un d&#233;tachement arm&#233; sous les ordres du chef de la police, le stalinien Quang Bach, arr&#234;te les membres du comit&#233; populaire r&#233;volutionnaire de Tan Dinh (banlieue de Sa&#239;gon). Le massacre des trotskystes est lanc&#233; par les staliniens et le nouveau pouvoir dans tout le pays pour d&#233;capiter la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 septembre 1945 : Le g&#233;n&#233;ral britannique Gracey arme les troupes fran&#231;aises, liquide le &#171; comit&#233; ex&#233;cutif du sud Vietnam &#187; et proclame la loi martiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1945 : Les troupes de leclerc se rendent maitresses de Sa&#239;gon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1945 &#224; janvier 1946 : Leclerc et les troupes fran&#231;aises r&#233;occupent la Cochinchine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 novembre 1945 : autodissolution du Parti Communiste &#171; pour placer les int&#233;r&#234;ts de la patrie au dessus de ceux des classes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 mars 1946 : Accord entre la France et le Viet Minh : le Vietnam appartient &#224; la F&#233;d&#233;ration Indochinoise et d&#233;pend de l'Union fran&#231;aise (c'est-&#224;-dire &#224; l'empire colonial fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 mars 1946 : Entr&#233;e des troupes fran&#231;aises &#224; Hano&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article578&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article578&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5073&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Japon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le bombardement massif, meurtrier et fasciste (le fascisme a pour but d'&#233;liminer massivement les prol&#233;taires r&#233;volutionnaires) des civils japonais visait &#224; &#233;radiquer la r&#233;volution prol&#233;tarienne apr&#232;s la d&#233;faite du Japon, &#224; sauver les capitalistes et militaires japonais au lieu de les battre d&#233;finitivement comme le pr&#233;tendait la propagande alli&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pilonnage des villes japonaises correspondait &#233;galement &#224; cette strat&#233;gie destin&#233;e &#224; d&#233;truire le moral des civils. Un bombardement nocturne sur Tokyo fit quelque quatre-vingt mille victimes. Puis, le 6 ao&#251;t 1945, apparut dans le ciel d'Hiroshima un unique avion am&#233;ricain qui l&#226;cha la premi&#232;re bombe atomique faisant environ cent-mille morts et des dizaines de milliers d'autres victimes qui allaient mourir lentement de l'effet d&#233;vastateur des radiations. (&#8230;) Trois jours plus tard, une autre bombe atomique &#233;tait l&#226;ch&#233;e sur Nagasaki, faisant environ cinquante mille victimes suppl&#233;mentaires. Ces actes atroces furent justifi&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la fin de la guerre et d'&#233;viter d'envahir le Japon. (&#8230;) En ao&#251;t 1945, le Japon &#233;tait d&#233;j&#224; dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e et pr&#234;t &#224; se rendre. (&#8230;) Les cent mille morts d'Hiroshima &#233;taient presque tous des civils. Le US Strategic Bomb Survey d&#233;clara quant &#224; lui dans son rapport que &#171; Hiroshima et Nagasaki avaient &#233;t&#233; choisie pour cibles en raison de leur forte concentration d'activit&#233;s et de population. &#187; (&#8230;) Apr&#232;s la reddition du Japon, les puissances fascistes &#233;taient battues. Mais qu'en est-il du fascisme en tant qu'id&#233;e, et en tant que r&#233;alit&#233; ? &#187; An&#233;antir le fascisme et les fascistes n'&#233;tait pas l'objectif de l'imp&#233;rialisme US lui qui maintenait m&#234;me au pouvoir l'empereur Hiro Hito, grand organisateur du r&#233;gime fasciste. Comment l'imp&#233;rialisme pourrait-il vouloir d&#233;truire d&#233;finitivement le fascisme puisque celui-ci n'est rien d'autre que l'an&#233;antissement physique et moral de toute possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re de faire la r&#233;volution sociale ? Cet an&#233;antissement n'&#233;tait-il pas le premier objectif des Alli&#233;s &#224; la fin de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence contre le Japon avait pour but de d&#233;truire une partie de la classe ouvri&#232;re et de terroriser l'autre partie pour &#233;viter l'explosion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures. En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230; Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste. Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s. En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Reproduit de The militant du 21-9-46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;. Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le faux r&#244;le des deux bombes atomiques dans la guerre contre le Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tokyo - 9 et 10 mars 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiroshima et Nagasaki en ao&#251;t 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation militaire du Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cor&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Cor&#233;e les alli&#233;s avaient d&#233;cid&#233; d'un syst&#232;me d'occupation apparemment absurde et qui allait donner lieu au pire affrontement de la guerre froide en 1950 mais qui, en cette fin de guerre mondiale, correspondait aux diff&#233;rentes zones dans cette r&#233;gion. En effet la p&#233;ninsule cor&#233;enne &#233;tait divis&#233;e en deux, une partie sous occupation russe et une autre sous occupation am&#233;ricaine, les deux &#233;tant s&#233;par&#233;es par le 38&#232;me parall&#232;le. En fait en disant cela on oublie lune grande part du probl&#232;me, on attribuait &#224; la Chine la partie de la Cor&#233;e continentale, le Kan Do, prise lors des conqu&#234;tes militaires et cela allait s'av&#233;rer tr&#232;s important par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part cette division discut&#233;e lors des conf&#233;rences de T&#233;h&#233;ran en 1943 et Yalta en 1945 devait &#234;tre provisoire. Les premiers arriv&#233;s sur place sont les russes au nord le 24 ao&#251;t 1945. Puis les USA arrivent un mois plus tard au sud en septembre 45. Des deux c&#244;t&#233;s tout est programm&#233; et aucun des deux camps n'a l'intention de demander &#224; la population de d&#233;cider. Les russes ont dans leurs bagages Kim Il Sung qu'ils comptent imposer comme dirigeant sous l'&#233;tiquette parti communiste. Pourtant il existe en Cor&#233;e un parti communiste clandestin dont Kim n'est pas le dirigeant mais c'est l'homme des russes et dans l'ambiance d'effervescence sociale les russes s'en m&#233;fient comme ils se m&#233;fient de tous les militants d&#233;mocrates ou syndicalistes qui vont tr&#232;s vite peupler leurs prisons. Pour se d&#233;barrasser du r&#233;el parti communiste cor&#233;en, les russes vont avoir de grandes difficult&#233;s car il faut s'en d&#233;barrasser &#224; la fois au nord et au sud. Au nord cela se fera sous l'occupation militaire russe, les anciens dirigeants iront en prison ainsi qu'au fur et &#224; mesure tous les opposants &#224; Kim Il Sung. Au sud, ce sera beaucoup plus difficile d'autant que traditionnellement la direction du parti communiste r&#233;sidait au sud &#224; S&#233;oul et que le parti va rester un seul parti malgr&#233; la division du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des deux c&#244;t&#233;s, il y a la m&#234;me situation catastrophique pour la population qui se traduit tout de suite par une explosion sociale La mis&#232;re des travailleurs est catastrophique. Le nombre des morts est consid&#233;rable. Et, en plus la population sort de nombreuses ann&#233;es d'occupation japonaise o&#249; ils ont souffert atrocement. Ce n'est pas pour accepter facilement une autre occupation militaire. Enfin, tr&#232;s vite le probl&#232;me du partage du pays en deux qui semble &#234;tre du provisoire qui dure va devenir un probl&#232;me politique de premier ordre, emp&#234;chant les deux pouvoirs de se stabiliser et de gagner du cr&#233;dit. En effet, sur ordre de Staline, Kim Il Sung au nord va d&#233;fendre la division du pays de la m&#234;me mani&#232;re qu'au sud le fantoche des am&#233;ricains Syngman Rhee, un dictateur d'extr&#234;me-droite corrompu et ultra-violent. Des deux c&#244;t&#233;s, la classe ouvri&#232;re va s'opposer &#224; cette division et en particulier les syndicats d'origine plut&#244;t anarcho-syndicalistes avec des militants d'extr&#234;me gauche et qui ne sont pas encore contr&#244;l&#233;s par le parti communiste. La pression est telle au sud que le parti communiste sud cor&#233;en prend son ind&#233;pendance politique de la direction du nord en ao&#251;t 46. Mais en m&#234;me temps il le fait sur des bases tout ce qu'il y a de moins r&#233;volutionnaire, du moins dans un sens prol&#233;tarien. La th&#232;se d'ao&#251;t qui souligne cette ind&#233;pendance politique &#224; la fois n'accepte plus la division du pays mais affirme qu'il faut mener une r&#233;volution bourgeoise en vue de la r&#233;unification, r&#233;volution qui aura pour base les campagnes et non les villes. Et cela signifie aussi que le PC du sud appelle les ouvriers et les paysans &#224; rejoindre les montagnes pour y organiser la gu&#233;rilla. Le syndicat des ouvriers du sud va s'opposer violemment &#224; ces propositions. En effet, les travailleurs sont tr&#232;s loin de se sentir impuissants dans leurs luttes dans les usines au point d'aller se retrancher dans les montagnes. La th&#232;se du caract&#232;re bourgeois de la r&#233;volution n'est pas mieux accept&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, dans les usines c'est &#224; une offensive ouvri&#232;re que l'on assiste en Cor&#233;e du sud. L'insurrection ouvri&#232;re part de deux villes : Taekou, grande ville du sud est et Busan le grand port du sud. C'est un soul&#232;vement spontan&#233; qui d&#233;bute par une gr&#232;ve des cheminots et qui se termine par de v&#233;ritables affrontements arm&#233;s, les travailleurs s'&#233;tant organis&#233;s en milice ouvri&#232;re. Partout des comit&#233;s de gr&#232;ve sont mis en place et la gr&#232;ve s'&#233;tend &#224; de nombreuses autres villes. La r&#233;action des troupes am&#233;ricaines est tr&#232;s violente. La r&#233;pression s'&#233;tend &#224; tout le pays contre les syndicats et les militants radicaux. Le PC du sud qui n'&#233;tait pour rien dans le mouvement est interdit. La dictature de Syngman Rhee devient f&#233;roce. Des opposants politiques et des dirigeants syndicalistes sont assassin&#233;s comme le leader anarcho-syndicaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim Ku et le dirigeant social-d&#233;mocrate Yo Un Hyong. Le Parti communiste a &#233;t&#233; contraint de passer dans la clandestinit&#233; totale. La direction politique du PC du nord en profite pour r&#233;ussir pour la premi&#232;re fois &#224; &#233;tablir sa domination sur l'ensemble du parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1946-47, loin de se stabiliser, le r&#233;gime de Cor&#233;e du sud est attaqu&#233; sur tous les fronts : mutineries militaires, insurrections paysannes, mouvements politiques dans les villes contre le r&#233;gime de Syngman Rhee et mouvements sociaux. Le pouvoir central de S&#233;oul est tellement affaibli qu'il est contraint de laisser les paysans occuper toute une r&#233;gion dite lib&#233;r&#233;e. Le PC du sud d&#233;cide de s'investir dans cette r&#233;volution paysanne et il appelle &#224; nouveau les ouvriers &#224; le suivre. La plupart des ouvriers et des militants intellectuels qui vont suivre cet appel sont massacr&#233;s avant m&#234;me qu'ils aient pu rejoindre la r&#233;gion ni s'armer. Le PC du sud va quand m&#234;me prendre la direction politique de ces paysans insurg&#233;s. Il leur conseille de quitter les terres agricoles pour rejoindre les montagnes et effectivement cette gu&#233;rilla va tenir l&#224; jusqu'&#224; la guerre de Cor&#233;e en 1950, o&#249; elle fera sa jonction avec l'arm&#233;e nord cor&#233;enne. Paradoxalement c'est cela qui lui sera fatal car le r&#233;gime de Cor&#233;e du nord n'avait nullement envie de soutenir les paysans du sud et va les abandonner en cessant de les armer d&#232;s l'offensive am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1680&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1680&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1945, Mao &#233;tait l'alli&#233; de Tchang Ka&#239; Shek. Mao et Tchang Ka&#239;-shek essaient encore de s'entendre en 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation japonaise trouve, en 1945, Mao &#224; la t&#234;te d'une arm&#233;e de 900.000 hommes, &#224; laquelle s'ajoute une milice de 2.200.000 hommes. (&#8230;) Le P.C.C. a jou&#233; &#224; fond la carte du front uni et de la d&#233;fense nationale. (&#8230;) Il abandonne une bonne part de son programme social, renonce &#224; la confiscation des terres des grands propri&#233;taires et se contente d'appliquer effectivement la loi qui limite le taux de la rente fonci&#232;re. (&#8230;) Pour les petits exploitants, il promulgue et fait appliquer une baisse du taux de l'int&#233;r&#234;t (fix&#233; &#224; 10% l'an) et la r&#233;duction de l'imp&#244;t qui devient progressif. (&#8230;) Le social une fois repouss&#233; &#224; l'arri&#232;re-plan et &#224; d'autres temps, l'accent est mis sur le national. Sans rel&#226;che, le P.C.C. invoque la n&#233;cessit&#233; de &#171; sauver le pays &#187;. Dans la &#171; Nouvelle D&#233;mocratie &#187; publi&#233;e en 1940, Mao se pr&#233;sente sans sourciller comme le disciple fid&#232;le et le continuateur v&#233;ritable de Sun Yat-sen. (&#8230;) L'administration locale r&#233;sistante, domin&#233;e par le P.C.C., a occup&#233; le vide, les fonctionnaires du Guomintang ayant assez souvent fui ou abandonn&#233; les positions de responsabilit&#233; au premier signe d'ins&#233;curit&#233;. (&#8230;) La meilleure alli&#233;e du P.C.C. a &#233;t&#233; l'arm&#233;e japonaise, dont les atrocit&#233;s ont rendu la position de la paysannerie si d&#233;sesp&#233;r&#233;e qu'il n'&#233;tait d'autre issue pour elle que de se mettre sous la protection de l'Arm&#233;e Rouge. A la gu&#233;rilla, aux attentats, aux sabotages, les Japonais ont r&#233;pliqu&#233; par le massacre aveugle des villageois et les destructions syst&#233;matiques. (&#8230;) Au cours de la guerre, le &#171; communisme &#187; chinois s'est transform&#233; en une simple vari&#233;t&#233; du nationalisme. Et c'est en tant que tel qu'il a conquis le pouvoir. (&#8230;) En Chine, la guerre h&#226;te la d&#233;sint&#233;gration d'un r&#233;gime faible. Elle met &#224; nu son inefficacit&#233;, rend plus aigu&#235;s ses contradictions. Chaos, incurie, ces mots reviennent constamment dans les descriptions d'observateurs neutres ou bienveillants. (&#8230;) Un g&#233;n&#233;ral am&#233;ricain d&#233;clare : &#171; Nous sommes alli&#233;s &#224; un cadavre &#187;. (&#8230;) Cons&#233;quences habituelles d'une inflation (massive et qui n'est pas combattue), sp&#233;culation et corruption fleurissent. (&#8230;) Les victimes de l'inflation furent dans un premier temps la classe moyenne des villes. A partir de l'&#233;t&#233; 1948, les privil&#233;gi&#233;s aux-m&#234;mes sont ruin&#233;s. (&#8230;) Le r&#233;gime d&#233;molit lui-m&#234;me ses assises. (&#8230;) Les communistes ne peuvent &#234;tre pires est la conviction qui s'impose peu &#224; peu &#224; l'opinion bourgeoise elle-m&#234;me. On les attend avec espoir ou avec crainte ; quoiqu'il arrive, que l'incertitude cesse. (&#8230;) Triomphe du nationalisme chinois, n&#233; de l'exc&#232;s m&#234;me de la menace : l'invasion japonaise n'aide pas seulement la nation chinoise &#224; prendre conscience d'elle-m&#234;me, elle contraint encore les Alli&#233;s, imp&#233;rialistes, &#224; reconna&#238;tre &#224; la Chine un statut d'&#233;galit&#233; jusqu'alors obstin&#233;ment refus&#233;. Am&#233;ricains et Britanniques renoncent en 1943 aux privil&#232;ges d'exterritorialit&#233;, pour lesquels le nationalisme chinois combattait depuis un si&#232;cle. (&#8230;) La Chine est consid&#233;r&#233;e comme l'un des &#171; Quatre Grands &#187;. (&#8230;) Dans les faits, le &#171; communisme &#187; chinois, c'est d'abord la revanche du nationalisme chinois. (&#8230;) Cette r&#233;volution finit comme une conqu&#234;te militaire. (&#8230;) Communistes comme Guomintang se font la course pour r&#233;cup&#233;rer les armes japonaises. (&#8230;) Le m&#233;diateur am&#233;ricain en Chine, Marshall, celui-l&#224; m&#234;me qui devait donner son nom au fameux plan, cherche inlassablement &#224; int&#233;grer effectivement les communistes chinois dans un gouvernement de coalition, &#224; l'image de ce qui se pratique en France, par exemple. S'il ne vient pas &#224; bout de l'obstination de Chiang, il r&#233;ussit du moins, d&#232;s janvier 1946, &#224; faire proclamer une tr&#234;ve et &#224; mettre sur pied &#224; P&#233;kin, un organisme triparti (nationalistes, communistes et Am&#233;ricains) charg&#233; d'aller enqu&#234;ter et d'intervenir partout o&#249; des accrochages sont signal&#233;s. (&#8230;) En d&#233;pit de ses succ&#232;s initiaux, la mission Marshall se solde par un &#233;chec total. Total et in&#233;vitable. (&#8230;) Les communistes chinois ne sont pas aid&#233;s par l'Union sovi&#233;tique. Quant aux villes, l'arm&#233;e sovi&#233;tique les a tout simplement livr&#233; aux nationalistes (de Chiang). (&#8230;) Les op&#233;rations militaires sont d'abord favorables aux Nationalistes (&#233;t&#233; 1946-printemps 1947). (&#8230;) Vers le milieu de l'ann&#233;e 1947, les communistes prennent l'initiative en Mandchourie. Ils la conserveront jusqu'&#224; la fin de la guerre. (&#8230;) 1948 est l'ann&#233;e des grandes victoires de l'arm&#233;e rouge. (&#8230;) En juin 1948, elle conquiert les grandes villes du Henan. Elle les &#233;vacue une fois qu'elle a saisi les armes. (&#8230;) En septembre 1948, la Mandchourie enti&#232;re est conquise. (&#8230;) La campagne militaire de Hua&#239;-hai a an&#233;anti en deux et cinq jours ce qui subsistait des forces nationalistes : 550.000 hommes. (&#8230;) Le 21 janvier 1949, Chiang d&#233;missionne. (&#8230;) C'est apr&#232;s la victoire que les &#171; communistes &#187; entrent dans les grandes villes : Tientsin est prise le 15 janvier, P&#233;kin le 23 janvier, Nankin le 23 avril, Shanga&#239; en mai. (&#8230;) L'Arm&#233;e Rouge n'a cess&#233; de repr&#233;senter la vraie force du P.C.C. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1291&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1291&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; r&#233;volution &#187; mao&#239;ste est l'une de celles qui a produit le plus de mythes mensongers pour couvrir d'un voile &#171; r&#233;volutionnaire &#187; et &#171; communiste &#187; des politiques qui &#233;taient tout le contraire de cela. On a m&#234;me longtemps pr&#233;sent&#233; la Chine comme plus communiste, plus anti-imp&#233;rialiste et plus r&#233;volutionnaire que la Russie de Staline, et m&#234;me de L&#233;nine. Selon cette l&#233;gende, Mao serait arriv&#233; au pouvoir &#224; la t&#234;te d'une r&#233;volution paysanne. Il aurait construit un pouvoir des ouvriers et des paysans, du type sovi&#233;tique comme en octobre 1917 en Russie. Il aurait rompu avec l'imp&#233;rialisme. Il aurait aid&#233; la r&#233;volution mondiale, en restant r&#233;volutionnaire, contrairement au &#171; r&#233;visionnisme &#187; russe. La r&#233;volution culturelle marquerait le caract&#232;re de &#171; r&#233;volution permanente &#187; du r&#233;gime chinois, sa capacit&#233; &#224; s'attaquer aux id&#233;ologoqies r&#233;actionnaires et la jeunesse des id&#233;es r&#233;volutionnaires en Chine. Voil&#224; quelques uns des mensonges qui courent sur le pouvoir chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution chinoise de 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons essayer de r&#233;tablir une r&#233;alit&#233; qui n'a pas grand-chose &#224; voir avec les affirmations pr&#233;c&#233;dentes. Ce qui a donn&#233; ses forces arm&#233;es &#224; Mao, ce n'est pas la lutte des classes, ni la r&#233;volution sociale, mais la lutte de d&#233;fense nationale contre le Japon. Il a ainsi pu construire sa fameuse &#171; huiti&#232;me arm&#233;e de route &#187; int&#233;gr&#233;e &#224; l'ensemble des forces arm&#233;es chinoises, aux c&#244;t&#233;s de Tchang Ka&#239; Chek, et aux c&#244;t&#233;s des USA. C'est cette arm&#233;e, une fois la d&#233;faite japonaise acquise, qui lui a permis de prendre le pouvoir. M&#234;me s'il a eu un recrutement dans les campagnes, l'arm&#233;e de Mao est tout sauf une organisation fond&#233;e sur une lutte radicale de la paysannerie. Mao a gouvern&#233; des r&#233;gions paysannes comme un chef d'arm&#233;e qui s'entend bien avec les paysans, mais qui s'accommode avec les poss&#233;dants locaux, propri&#233;taires fonciers, banquiers, commer&#231;ants et usuriers. Dans ces zones dites lib&#233;r&#233;es, il n'appliquait pas un programme social radical, se contentait de baisser les imp&#244;ts. Il n'a pas appliqu&#233; un programme radical de distribution de terres aux paysans pauvres. Mao n'est m&#234;me pas un chef de r&#233;volte paysanne, comme la Chine en a connu dans le pass&#233;. Quant &#224; la r&#233;volution paysanne, quand elle a &#233;clat&#233; &#8211; nullement &#224; l'initiative de Mao &#8211; il a longuement h&#233;sit&#233; &#224; prendre son parti, et, m&#234;me apr&#232;s cette d&#233;cision, il a toujours refus&#233; d'armer les paysans. Y compris durant l'offensive contre le r&#233;gime de Tchang Ka&#239; Chek, il d&#233;clarait que &#171; Les paysans qui nous rejoignent peuvent nous apporter &#224; manger, pousser nos chariots, ou s'occuper des soins des bless&#233;s. En aucun cas, ils ne doivent &#234;tre arm&#233;s. &#187; En ce sens, son arm&#233;e et son appareil d'Etat sont des instruments classiques de pouvoir et non des organes r&#233;volutionnaires. Son parti est un organe politique de pouvoir et, avant m&#234;me la prise de pouvoir, un parti unique. Il n'est pas question de remettre en question cette direction dictatoriale. Mao n'a pas un seul instant envisag&#233; d'organiser les travailleurs de villes au cours de sa &#171; r&#233;volution &#187;, m&#234;me pas au moment de la prise de pouvoir dans les villes. Dans les villes, il a, par contre, pris contact avec les bourgeois, petits et grands, et les intellectuels, auxquels il donnera des places dans le pouvoir. Il a &#233;galement recycl&#233; l'essentiel du pouvoir de Tchang Ka&#239; Chek, notamment ses chefs militaires, m&#234;me ceux ralli&#233;s de la derni&#232;re seconde. Il est encore moins, malgr&#233; le titre de communiste dont il pare son parti, un dirigeant du prol&#233;tariat chinois. A partir de 1927, il avait quitt&#233; ce prol&#233;tariat et ne l'a jamais retrouv&#233;. La lettre aux militants trotskystes qu'&#233;crit Trotsky explique que, si l'arm&#233;e de Mao prend le pouvoir, elle interviendra contre le prol&#233;tariat. La politique de Mao n'est pas communiste, ne vise pas au pouvoir du prol&#233;tariat, n'a nullement renou&#233; avec Marx ni rompu d&#233;finitivement avec l'imp&#233;rialisme et le capitalisme, comme le rappelle son idylle actuelle. Le terme le plus juste sur son r&#233;gime est celui de bonapartisme bourgeois. Le bonapartisme signifie une dictature militaire qui est populaire et dont l'apparence de force provient de l'&#233;quilibre entre deux forces r&#233;elles. Ici ces forces sont, d'un c&#244;t&#233; la bourgeoisie imp&#233;rialiste et de l'autre le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Afrique&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Afrique noire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Afrique aussi, contrairement &#224; une image mensong&#232;re, il y a une classe ouvri&#232;re et elle a d&#233;j&#224; tout un pass&#233; de luttes de classe. Un des mensonges les plus couramment diffus&#233;s concernant l'ind&#233;pendance de l'Afrique coloniale fran&#231;aise est qu'elle aurait &#233;t&#233; octroy&#233;e sans lutte. En fait, la lutte de classe s'y est d&#233;velopp&#233;e &#224; la fin de la guerre mondiale avec un d&#233;veloppement notamment de grandes luttes ouvri&#232;res, comme du c&#244;t&#233; colonial anglais. L'apr&#232;s-guerre a &#233;t&#233; explosive sur le continent noir comme dans le reste du monde, &#224; la mesure des souffrances subies et de la prise de conscience qu'elles entrainaient. La guerre mondiale et l'apr&#232;s-guerre n'ont fait qu'accro&#238;tre l'exploitation des peuples colonis&#233;s. Mais ils leur ont d&#233;voil&#233; les richesses de l'imp&#233;rialisme et les guerres entre imp&#233;rialismes ont montr&#233; aussi la possibilit&#233; de le battre. C'est ce qui a incit&#233; en 1944, &#224; Brazzaville, De Gaulle &#224; parler de libert&#233; des peuples d'Afrique. La r&#233;alit&#233; &#233;tait tout autre et on le voyait d&#233;j&#224; dans le contenu de ces d&#233;clarations. La conf&#233;rence de Brazzaville &#233;crivait en pr&#233;alable : &#171; Les faits de l'&#339;uvre de la civilisation accomplie par la France dans les colonies &#233;cartent toute id&#233;e d'autonomie, toute possibilit&#233; d'&#233;volution hors du bloc fran&#231;ais de l'empire. La constitution m&#234;me lointaine de self gouvernement est &#224; &#233;carter. &#187; Le programme g&#233;n&#233;ral confirme : &#171; On veut que le pouvoir politique de la France s'exerce avec pr&#233;cision et rigueur sur toutes le terres de son empire. &#187; La r&#233;alit&#233; coloniale durant et &#224; la fin de la guerre en dit encore plus long. Toute la th&#232;se de la &#171; France libre &#187; est l&#224; dedans de la droite au parti communiste. Ce dernier reproche au Mar&#233;chal P&#233;tain de &#171; ne pas s'&#234;tre oppos&#233; &#224; la p&#233;n&#233;tration japonaise en Indochine, la grande colonie fran&#231;aise de l'extr&#234;me orient (&#8230;) et de vouloir livrer la Syrie aux Allemands. &#187; N'oublions pas qu'&#224; la fin de la guerre, c'est le PCF qui poussera les r&#233;sistants &#224; s'engager dans le corps exp&#233;ditionnaire en Indochine, que c'est le ministre &#171; communiste &#187; Tillon qui commandera les forces arm&#233;es a&#233;riennes fran&#231;aises quand celles-ci bombardaient l'Alg&#233;rie &#224; S&#233;tif en 1945. La guerre n'a pas chang&#233; la nature de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais c&#244;t&#233; vichyste comme c&#244;t&#233; gaulliste. L'essentiel des colonies est vite pass&#233; c&#244;t&#233; &#171; France libre &#187; mais le colonis&#233; y est toujours un esclave dont la vie ne compte pas. Le Tchad, pass&#233; tr&#232;s rapidement dans le camp de la &#171; France libre &#187; de De Gaulle, ou camp de l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain, est une colonie qui exploite et opprime affreusement ses populations. L'exploitation y est m&#234;me accrue &#224; l'apr&#232;s-guerre, reconstruction du capital fran&#231;ais oblige. Le massacre de Madagascar comme celui de S&#233;tif en Alg&#233;rie, les &#233;meutes du Maroc violemment r&#233;prim&#233;es, la r&#233;pression du Kenya comme celle du Vietnam, montrent pleinement que les imp&#233;rialismes n'&#233;taient ni plus pacifiques, ni plus d&#233;mocratiques, apr&#232;s la guerre qu'avant, malgr&#233; la n&#233;cessit&#233; apr&#232;s la guerre de reconstituer les illusions et les faux espoirs des peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Apartheid d'Afrique du sud a &#233;t&#233; une politique de la bourgeoisie, sud-africaine et imp&#233;rialiste, face &#224; la lutte de classe exacerb&#233;e par la guerre. En Afrique du sud, la lutte de la classe ouvri&#232;re s'est d&#233;velopp&#233;e en pleine deuxi&#232;me guerre mondiale. En 1940 et 1941, les travailleurs ont men&#233; des gr&#232;ves dures malgr&#233; les mesures gouvernementales d&#233;clarant ill&#233;gale toute gr&#232;ve d'Africains &#171; en toute circonstance &#187;. An ao&#251;t 1943, &#224; Alexandra pr&#232;s de Johannesburg, un vaste mouvement de boycott eut lieu contre la hausse des tarifs des transports. En m&#234;me temps, la classe ouvri&#232;re prenait conscience de sa force. Le syndicat des mineurs se reconstituait. En 1946, &#233;clatait une grande gr&#232;ve spontan&#233;e des mineurs et la r&#233;pression eut un mal consid&#233;rable &#224; faire reprendre le travail. La bourgeoisie sud-africaine, consciente du danger que repr&#233;sentaient d&#233;sormais les gr&#232;ves des Africains, mit en place l'Apartheid en 1948.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s 1945, la r&#233;pression coloniale fran&#231;aise fait rage en Afrique. Elle prend un tour violent &#224; Douala, au Cameroun. Dans cette ville, c'est un soul&#232;vement spontan&#233; de la classe ouvri&#232;re qui menace de d&#233;buter une v&#233;ritable insurrection anticoloniale. Elle est &#233;cras&#233;e dans le sang le 24 septembre 1945. Au d&#233;but des &#233;v&#233;nements, la gr&#232;ve des journaliers du chemin de fer pour laquelle le quartier populaire de Bou-B&#233;ri a pris fait et cause. C'est toute une population pauvre qui s'est mobilis&#233;e, arm&#233;e seulement de b&#226;tons, et a envahi le quartier de New Bell. Les Blancs r&#233;agissent &#224; l'arme &#224; feu, faisant imm&#233;diatement 80 morts et lan&#231;ant une chasse &#224; l'homme contre les militants ouvriers. Les chemins de fer sont un des hauts lieux de la classe ouvri&#232;re et, partout, ils sont le point central de la mobilisation. En 1947, a lieu &#233;galement la grande gr&#232;ve des cheminots dans toute l'Afrique fran&#231;aise, qui s'est &#233;tendue du S&#233;n&#233;gal &#224; la C&#244;te d'Ivoire. On peut &#233;galement citer la gr&#232;ve qui oppose les cheminots, et avec eux tous les travailleurs, aux Blancs arm&#233;s de Matadi &#224; L&#233;opoldville, ou encore le soul&#232;vement ouvrier au Kenya en 1947, dans le centre ferroviaire de Mombasa o&#249;, pendant onze jours, dockers et cheminots dirigent toute la classe ouvri&#232;re, domestiques compris, et font la loi dans la ville. En 1945-46, au Congo-Za&#239;re, ont lieu des mouvements de gr&#232;ve des lignes de chemins de fer accompagn&#233;s de r&#233;voltes urbaines. En 1946, c'est la gr&#232;ve de Dakar, en 1949 la gr&#232;ve des mines de charbon du Nigeria, les &#233;meutes en C&#244;te d'Ivoire en 1947 et 48. Et encore, en 1950, c'&#233;tait &#224; Nairobi qu'avait lieu la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Enfin, en 1956, en C&#244;te d'ivoire et au Nigeria, de nouveaux soul&#232;vements de la classe ouvri&#232;re r&#233;prim&#233;s f&#233;rocement, par des fusillades et des arrestations. Puis, il y a eu des mouvements nationalistes notamment &#224; Madagascar, au Cameroun ou au Congo (futur Za&#239;re). En m&#234;me temps, se d&#233;veloppait le mouvement Mau-Mau au Kenya qui prenait le tour d'une guerre civile en 1955. C'est tout le continent africain qui &#233;tait concern&#233; par la lutte d'ind&#233;pendance mais aussi par le d&#233;veloppement de la lutte et de l'organisation de la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187;, Howard Zinn rapporte sur ces mouvements : &#171; Tout aussi inqui&#233;tants aux yeux du gouvernement am&#233;ricain, des mouvements ind&#233;pendantistes &#233;clataient partout &#224; travers le monde chez les peuples colonis&#233;s. Des mouvements r&#233;volutionnaires se d&#233;veloppaient en Indochine contre les Fran&#231;ais, Indochine contre les Hollandais, aux Philippines contre les Etats-Unis. En Afrique, la r&#233;bellion et le m&#233;contentement s'exprimaient au travers des gr&#232;ves. Dans &#171; Let freedom come &#187;, Basil Davidson fait &#233;tat de la plus longue gr&#232;ve de l'histoire africaine conduite par dix-neuf mille cheminots d'Afrique Occidentale fran&#231;aise en 1947 ; elle dura cent soixante jours. Le message qu'ils adress&#232;rent au gouvernement g&#233;n&#233;ral exprime assez bien le nouvel esprit militant qui les habitait : &#171; Pr&#233;parez vos prisons, sortez vos mitrailleuses et vos canons. De toute fa&#231;on, le 10 octobre &#224; minuit, si nos revendications ne sont pas accept&#233;es, nous proclamerons la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. &#187; L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, en Afrique du sud, cent mile mineurs des exploitations aurif&#232;res avaient cess&#233; le travail pour obtenir 10 shillings suppl&#233;mentaires par jour. Il s'agissait de la plus grande gr&#232;ve de toute l'histoire de l'Afrique du sud et il fallut une intervention de l'arm&#233;e pour que les mineurs reprennent le travail. En 1950, au Kenya, il y eut &#233;galement une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour protester contre les salaires de mis&#232;re. (&#8230;) En Chine, en Cor&#233;e, en Indochine, aux Philippines, il s'agissait de mouvements communistes locaux et non de complots sovi&#233;tiques. Cette vague g&#233;n&#233;ralis&#233;e de r&#233;voltes anti-imp&#233;rialistes conduisit les Etats-Unis &#224; fournir un effort gigantesque pour en venir &#224; bout (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le dirigeant, le caract&#232;re central, de la classe ouvri&#232;re dans la contestation de la domination coloniale &#224; la fin de la guerre, est &#233;vident. Et d'autant plus qu'il convient de rappeler que les &#171; &#233;lites &#187; africaines comme Houphou&#235;t Boigny ou Senghor ne sont pas du c&#244;t&#233; des gr&#233;vistes ni des &#233;meutiers. Des leaders syndicalistes apparaissent et jouent un r&#244;le dirigeant dans les luttes sociales et politiques. Par contre, les petites bourgeoisies et bourgeoisies nationales ont des leaders qui ne revendiquent g&#233;n&#233;ralement m&#234;me pas l'ind&#233;pendance et ne prennent pas la t&#234;te des luttes. L&#224; o&#249; des soul&#232;vements des masses pauvres des campagnes explosent, comme en Alg&#233;rie, &#224; Madagascar, au Kenya, ou au Congo, elles sont amen&#233;es &#224; les accompagner mais ne leur offrent aucune perspective. La radicalit&#233; des luttes sera plus due &#224; la violence de la r&#233;pression coloniale qu'&#224; la radicalit&#233; des leaders de la petite bourgeoisie. Les dirigeants staliniens sont en pleine phase &#171; d&#233;mocratique &#187;, d' &#171; alliance anti-fasciste &#187; avec leur colonialisme au nom de l'alliance de l'URSS avec l'imp&#233;rialisme. Les dirigeants petits bourgeois en restent aux espoirs suscit&#233;s par les discours de De Gaulle &#224; Brazzaville. Les petites bourgeoisies nationalistes craignent de perdre cette perspective d'&#234;tre appel&#233;es &#224; gouverner en prenant partie pour les masses populaires. Les dirigeants nationalistes sont des mod&#233;r&#233;s qui jouent le jeu &#233;lectoral. Les Partis communistes ob&#233;issent &#224; la politique de Moscou d'alliance contre-r&#233;volutionnaire avec l'imp&#233;rialisme ce qui les emp&#234;che m&#234;me d'&#234;tre anti-colonialistes. Le PCF reprend la politique de la bourgeoisie et du colonialisme fran&#231;ais, intitul&#233;e &#171; Union fran&#231;aise &#187;, qui consiste &#224; maintenir &#224; tout prix l'essentiel de son empire colonial malgr&#233; la d&#233;faite du r&#233;gime de P&#233;tain alli&#233; &#224; Hitler. Les partis communistes des colonies s'alignaient. Le Parti communiste alg&#233;rien pr&#233;tendait rester dans le cadre de l'alliance avec la France au nom de l'antifascisme, allant jusqu'&#224; traiter les &#233;meutiers de 1945 de fascistes. La Parti communiste tunisien condamnait en bloc toute agitation nationaliste. La CGT tunisienne perdait ainsi son influence sur le prol&#233;tariat tunisien au profit de l'UGTT de Ferhat Hached.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique pendant et apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ygrvGRcAjyA&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=ygrvGRcAjyA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique noire se r&#233;volte contre le colonialisme &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1947, a lieu la grande gr&#232;ve des cheminots dans toute l'Afrique fran&#231;aise, qui s'est &#233;tendue du S&#233;n&#233;gal &#224; la C&#244;te d'Ivoire. On peut &#233;galement citer la gr&#232;ve qui oppose les cheminots, et avec eux tous les travailleurs, aux Blancs arm&#233;s de Matadi &#224; L&#233;opoldville, ou encore le soul&#232;vement ouvrier au Kenya en 1947, dans le centre ferroviaire de Mombasa o&#249;, pendant onze jours, dockers et cheminots dirigent toute la classe ouvri&#232;re, domestiques compris, et font la loi dans la ville..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article732&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article732&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de cheminots se multiplient dans toute l'Afrique : en 1945, de Matadi &#224; L&#233;opoldville, en Afrique centrale, en 1945-46 &#224; Douala (Cameroun) et en 1947 au Za&#239;re. On atteint alors le sommet de la mobilisation, avec &#224; la fois la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 11 jours au Kenya, la mobilisation de 15.000 ouvriers &#224; Mombasa, celle de 10.000 cheminots soudanais, celle des cheminots et mineurs de Gold Coast, avec une &#233;meute populaire &#224; Abidjan, en C&#244;te d'Ivoire, luttes qui se d&#233;roulent en pleine gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des cheminots de la ligne du Dakar-Niger. Cette mobilisation ouvri&#232;re dure jusque dans les ann&#233;es 1950 dans toute l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5788&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5788&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Madagascar&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En mars 1947, c'est l'insurrection de Madagascar. La France va mettre cinq mois &#224; l'&#233;craser, malgr&#233; la violence de la r&#233;pression. En juin et en d&#233;cembre 1946, des signes avant-coureurs de la grande r&#233;volte ont &#233;t&#233; &#233;mis. Ces premi&#232;res r&#233;voltes sont durement r&#233;prim&#233;es. Ces &#233;tincelles vont allumer un grand incendie. Dans la nuit du 29 au 30 mars 1947, toute la partie Est de l'&#238;le se soul&#232;ve, contre la mis&#232;re, contre les exactions des Europ&#233;ens et du pouvoir colonial. C'est une explosion spontan&#233;e. Cela se voit notamment au fait que, sans armes, l'insurrection le restera jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 1948. Les plus pauvres, les plus opprim&#233;s se mobilisent, n'ont plus peur de la r&#233;pression, ne reviendront plus en arri&#232;re. La r&#233;action coloniale est violente et d&#233;bute, d&#232;s le 4 avril, avec la proclamation de l'&#233;tat de si&#232;ge dans dix districts. Le 31 mars, c'est un camp militaire fran&#231;ais qui est attaqu&#233; par plusieurs centaines d'hommes seulement arm&#233;s de sagaies et de coupe-coupes. C'est la guerre c&#244;t&#233; fran&#231;ais : infanterie, parachutistes et aviations attaquent les civils d&#233;sarm&#233;s et font d&#233;j&#224; un carnage. Le 30 avril, un camp militaire, celui de Moramanga, est attaqu&#233;. Les r&#233;volt&#233;s lib&#232;rent cent cinquante prisonniers. Les Europ&#233;ens, survolt&#233;s, organisent une v&#233;ritable milice de tueurs et le carnage commence. Les exactions et l'arriv&#233;e de renforts militaires n'y suffisent pas. Ce n'est qu'en juillet que le colonialisme commencera &#224; pr&#233;tendre qu'il est d&#233;sormais &#224; l'offensive. Il faudra toute l'ann&#233;e 1948 au colonialisme fran&#231;ais pour en finir avec les rebelles. Le 7 d&#233;cembre 1948, Mr De Chevign&#233;, Haut commissaire de France &#224; Madagascar, d&#233;clare : &#171; Le dernier foyer rebelle a &#233;t&#233; occup&#233;. &#187; Bilan : l'&#238;le est ravag&#233;e et il y a eu bien plus que les 80.000 morts reconnus officiellement, sans compter les bless&#233;s, les personnes arr&#234;t&#233;es, les tortur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long des &#233;v&#233;nements, les principales organisations malgaches comme fran&#231;aises n'ont pas pris le parti des insurg&#233;s. Le Parti communiste fran&#231;ais ne risquait pas de le faire puisqu'il participait au pouvoir colonial fran&#231;ais qui &#233;crasait la r&#233;volte. En juin 1947, au onzi&#232;me congr&#232;s du PCF &#224; Strasbourg, Maurice Thorez conclue : &#171; A Madagascar, comme dans d'autres parties de l'Union Fran&#231;aise, certaines puissances &#233;trang&#232;res ne se privent pas d'intriguer contre notre pays. &#187; L'empire colonial fran&#231;ais, hypocritement appel&#233; &#171; Union fran&#231;aise &#187;, est d&#233;fendu par le PCF. Dans les &#171; Cahiers du communisme &#187; d'avril 1945, on peut lire : &#171; A l'heure pr&#233;sente, la s&#233;paration des peuples coloniaux avec la France irait &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts de ces populations. &#187; Quant &#224; Fran&#231;ois Mitterrand, il d&#233;clarait le 6 avril 1951, alors que des milliers de Malgaches pourrissaient dans les ge&#244;les de la France : &#171; Je me d&#233;clare solidaire de celui de mes pr&#233;d&#233;cesseurs sous l'autorit&#233; duquel se trouvait M de Chevign&#233; quand il &#233;tait haut commissaire. Les statistiques manquent de pr&#233;cision mais il semble que le nombre de victimes n'ait pas d&#233;pass&#233; 15.000. C'est beaucoup trop encore, mais &#224; qui la faute si ce n'est aux instigateurs et aux chefs de la r&#233;bellion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Madagascar, l'attitude des organisations de gauche ne vaut pas mieux. Le 8 avril, ils envoient &#224; Ramadier, pr&#233;sident du Conseil, le t&#233;l&#233;gramme suivant : &#171; Les comit&#233;s et groupes suivants, France combattante, Union rationaliste, CGT, Ligue des droits de l'homme, Groupes d'&#233;tudes communistes, F&#233;d&#233;ration socialiste, soucieux de traduire l'opinion de tous les Fran&#231;ais et Malgaches unis dans un sinc&#232;re d&#233;sir de construire une v&#233;ritable Union fran&#231;aise, profond&#233;ment indign&#233;s des troubles actuels, s'inclinent devant les victimes, condamnent toute la r&#233;action factieuse, approuvent les mesures prises par l'autorit&#233; civile et lui font confiance pour r&#233;tablir l'ordre dans la l&#233;galit&#233; d&#233;mocratique et poursuivre l'&#339;uvre constructive vers une v&#233;ritable union. &#187; L'opposition d&#233;mocratique malgache, elle, avait &#233;t&#233; accus&#233;e d'avoir organis&#233; la r&#233;volte, accusation totalement infond&#233;e en ce qui concerne sa direction. Les dirigeants du M.D.R.M (Mouvement d&#233;mocratique de r&#233;novation malgache) n'&#233;taient nullement politiquement de taille &#224; vouloir une insurrection contre le colonialisme fran&#231;ais. Il s'agissait tout au plus de politiciens lib&#233;raux. Mais il fallait bien que le pouvoir trouve des coupables ayant manipul&#233; les masses malgaches. D&#232;s le lendemain de l'insurrection des 29-30 mars, ses dirigeants sont arr&#234;t&#233;s et tortur&#233;s. Le MDRM avait d&#233;clar&#233; : &#171; Les &#233;v&#233;nements du 30 mars apparaissent comme le fait d'&#233;l&#233;ments ou de groupes isol&#233;s de la population ayant agi spontan&#233;ment sous la pression des souffrances endur&#233;es et des pers&#233;cutions subies. &#187; M de Coppet, Haut commissaire &#224; Madagascar, d&#233;clare : &#171; Le M.D.R.M est le responsable des troubles &#224; Madagascar. La preuve de la pr&#233;m&#233;ditation des crimes est &#233;tablie, c'est l&#224; un coup pr&#233;par&#233; minutieusement et de longue date. &#187; Le 26 mars, le M.D.R.M collait une affiche appelant les populations au calme. Pourtant, le 7 mai, d&#233;j&#224; 13.000 militants de ce parti sont arr&#234;t&#233;s et tortur&#233;s et les d&#233;put&#233;s sont inculp&#233;s de crime et d'atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'Etat. Il en r&#233;sultera dix condamnations &#224; mort et trois aux travaux forc&#233;s &#224; perp&#233;tuit&#233;, qui se rajoutent &#224; plus de cent mille morts. M&#234;me apr&#232;s l'ind&#233;pendance, la mainmise de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais se maintiendra, notamment avec la mise en place de la dictature de Tsiranana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#233;goire Madjarian rapporte dans &#171; La question coloniale et la politique du Parti communiste fran&#231;ais &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Madagascar, &#224; l'issue de la Seconde Guerre mondiale, &#233;tait exsangue ; sa population accabl&#233;e de mis&#232;re, au bord de la r&#233;volte. Les colonialistes ne se maintenaient qu'en exer&#231;ant une r&#233;pression inou&#239;e. (&#8230;) Le spectacle de l'effondrement des forces vichystes devant les arm&#233;es britanniques en 1942 avait renforc&#233; l'id&#233;e que la France &#233;tait affaiblie et que le moment &#233;tait venu de s'organiser pour h&#226;ter la lib&#233;ration de la patrie. Des soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes s'&#233;taient donn&#233;es pour objet un vaste soul&#232;vement pour restaurer la souverainet&#233; nationale. Jina et Panama, cr&#233;&#233;es la premi&#232;re en 1941, la seconde en 1943. (&#8230;) Le MDRM (Mouvement d&#233;mocratique pour la r&#233;novation malgache) (&#8230;) pensait acqu&#233;rir l'ind&#233;pendance par voie l&#233;gale et pacifique. L'ind&#233;pendance elle-m&#234;me &#233;tait con&#231;ue dans le cadre de l'Union fran&#231;aise et du maintien des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques de la France. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de 1946, des manifestations populaires, souvent tr&#232;s violentes, se multipli&#232;rent dans diff&#233;rentes villes de l'&#238;le contre l'arbitraire colonial. (&#8230;) Le 19 mai arrivait &#224; Tananarive le nouveau haut commissaire, le socialiste de Coppet, d&#233;j&#224; en fonction avant 1940. L'envoi de ce gouverneur d'avant-guerre cristallisa le m&#233;contentement envers la m&#233;tropole coloniale. (&#8230;) De Coppet &#233;tait accueilli aux cris de &#171; Vive l'ind&#233;pendance ! &#187;. De nombreuses bagarres &#233;clataient contre les forces de police et les colons venus prot&#233;ger le cort&#232;ge officiel. Elles se transform&#232;rent rapidement en &#233;meutes. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A Paris, &#224; la suite de la pression des &#233;tats g&#233;n&#233;raux de la colonisation fran&#231;aise, les parlementaires &#8211; dont ceux du PCF &#8211; votaient et faisaient approuver la constitution colonialiste de la quatri&#232;me r&#233;publique. L'assimilation &#233;tait la r&#232;gle : Madagascar &#233;tait int&#233;gr&#233;e d'office, en tant que territoire d'outre-mer, dans la R&#233;publique fran&#231;aise &#171; une et indivisible &#187; ; les Malgaches &#233;taient d&#233;sormais &#171; citoyens fran&#231;ais &#187;. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A la fin de l'ann&#233;e 1946, de grandes gr&#232;ves dans les chemins de fer et les travaux publics paralys&#232;rent les transports pendant pr&#232;s d'une semaine. Les dockers de Majunga et Tamatave arr&#234;t&#232;rent le travail, r&#233;clamant un salaire journalier de 65 francs ; on leu accorda 18 &#224; 20 francs. D&#232;s le 18 mai 1946, les planteurs de la c&#244;te pressentaient les &#233;v&#233;nements : &#171; (&#8230;) Rien ne permet de d&#233;terminer quand d&#233;butera la r&#233;volte, ni sous quelle forme, ni quelles seront les premi&#232;res victimes. Mais elle doit logiquement &#233;clater. &#187; (cit&#233; par B&#233;nazet dans &#171; L'Afrique fran&#231;aise en danger &#187;). En janvier 1947, le pr&#233;sident du Syndicat des planteurs, Ruheman &#233;crit : &#171; Le danger est grand et peut-&#234;tre proche. En brousse, la transformation des esprits depuis moins d'un an est ahurissante. (&#8230;) Madagascar va devenir avant peu une autre Indochine. &#187; (&#8230;) Depuis la mi-46, l'administration coloniale r&#232;gne par la force et les prisons de Madagascar sont combles, les m&#233;thodes polici&#232;res utilis&#233;es sans mesure. A plusieurs milliers de kilom&#232;tres de l'&#238;le, le bombardement de Ha&#239;phong, en d&#233;cembre 1946, &#233;tait le produit de la m&#234;me r&#233;action coloniale. L'objectif politique poursuivi d&#233;passait le cadre du Vietnam. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais voulait donner un exemple de sa puissance retrouv&#233;e. Mais au bombardement de Ha&#239;phong r&#233;pondit l'insurrection de Hano&#239;. (&#8230;) Dans la nuit du 29 au 30 mars 1947, r&#233;plique grandiose aux provocations coloniales et d'une ampleur insoup&#231;onnable, une immense flamb&#233;e de r&#233;volte et de col&#232;re embrasait toute la partie Est de l'&#238;le, affolant la poign&#233;e d'Europ&#233;ens imbus de leur sup&#233;riorit&#233;, install&#233;s dans leur domination. A 80 kilom&#232;tres de Tananarive, le camp militaire de Moramanga, o&#249; &#233;taient entra&#238;n&#233;e la &#171; brigade fran&#231;aise d'extr&#234;me-orient &#187; &#233;tait attaqu&#233; par deux mille hommes simplement arm&#233;s de sagaies, qui tuaient une partie de la garnison, s'emparaient des armes, mettaient le feu &#224; la poudri&#232;re. A la m&#234;me heure, en diff&#233;rents points de l'&#238;le, des fermes de gros colons &#233;taient d&#233;truites, les voies ferr&#233;es et les lignes &#233;lectriques coup&#233;es dans trois districts, des bases a&#233;riennes assaillies. Plusieurs villages tombaient enti&#232;rement entre les mains des insurg&#233;s &#224; l'armement toujours rudimentaire : sagaies, haches, coupe-coupes et les seuls fusils pris dans les postes occup&#233;s. L'insurrection s'en prenait &#224; tout ce qui concernait la puissance militaire de la France et l'exploitation coloniale. Le 30, les insurg&#233;s &#233;taient ma&#238;tres d'un sixi&#232;me de l'&#238;le. Ils d&#233;ployaient partout l'ancien drapeau blanc et rouge, en appelaient &#224; la fraternit&#233; malgache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection rev&#234;t deux formes militaires : coups de main &#233;clair r&#233;alis&#233;s par des &#233;l&#233;ments de la petite bourgeoisie urbaine et soul&#232;vement paysan. Trois traits caract&#233;risent le soul&#232;vement : sa coordination (le d&#233;clenchement simultan&#233; des attaques la m&#234;me nuit en est la preuve) ; son absence de commandement central ; enfin sa mauvaise organisation. Il ne r&#233;ussit que dans de rares cas &#224; s'emparer des armes ; il avorte en plusieurs endroits ; il ne parvient pas &#224; s'&#233;tendre au-del&#224; de la zone conquise d&#232;s le d&#233;but. (&#8230;) Cependant, malgr&#233; les forces d&#233;ploy&#233;es, la r&#233;volte ne s'&#233;teignait pas. Nouvelles attaques de garnisons les 7, 8 et 9 avril ; le 26, insurrection &#224; Tananarive. Dans la nuit du 30 avril, les insurg&#233;s assaillent &#224; nouveau le camp militaire de Maramanga et lib&#232;rent cent cinquante prisonniers. La r&#233;action coloniale affirmait qu'il s'agissait d' &#187;un coup tr&#232;s dur port&#233; &#224; son prestige &#187;, se retournait contre la m&#233;tropole et son repr&#233;sentant de Coppet, demandant des renforts et l'emploi de tous les moyens pour an&#233;antir &#171; ces bandits &#224; abattre &#187;. Les colons s'organisaient en groupes d'autod&#233;fense et ex&#233;cutaient des otages malgaches.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but ao&#251;t, des renforts importants arrivaient dans l'&#238;le : L&#233;gion &#233;trang&#232;re, Nord-Africains et tirailleurs s&#233;n&#233;galais principalement. Suivit ce qui deviendra le sc&#233;nario classique des campagnes coloniales de la quatri&#232;me r&#233;publique : quadrillage du territoire par les paras, ratissage, terreur sur les populations, ex&#233;cutions sommaires. Les forces de r&#233;pression fusillent, pillent, incendient les villages. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression n'&#233;pargna pas le MDRM, qui en fut une des cibles privil&#233;gi&#233;es ; il faut expliquer pourquoi. Le jeu politique du Mouvement consistait &#224; conqu&#233;rir par les voies l&#233;gales trac&#233;es par la Constitution les postes administratifs et parlementaires. Dans cette voie, il avait obtenu des succ&#232;s &#8211; qui n'&#233;taient pas de nature &#224; changer son orientation : il poss&#233;dait tous les parlementaires malgaches et dominait presque toutes les assembl&#233;es locales. Le MDRM n'avait cess&#233; d'inviter les Malgaches &#224; l'ordre et au travail. Le 3 juillet 1946, avant de rejoindre le Palais-Bourbon, les d&#233;put&#233;s du Mouvement avaient adress&#233; &#224; la population de l'&#238;le un message radiodiffus&#233; : &#171; Chers compatriotes. Avant notre d&#233;part de Madagascar, notre ch&#232;re patrie, nous tenons &#224; vous adresser cet appel : restez calmes, &#233;vitez les troubles, parce que le d&#233;sordre n'engendre jamais aucun bienfait. Rien ne s'accomplira sans la tranquillit&#233; et la paix. &#187; En mars 1947, encore, le MDRM avait lanc&#233; des appels au calme ; le 30, dans une proclamation &#224; la population, ses d&#233;put&#233;s r&#233;prouvaient de la fa&#231;on la plus formelle l'insurrection, ramen&#233;e &#224; des &#171; crimes &#187;, des &#171; actes de barbarie et de violence &#187;. N&#233;anmoins, le m&#234;me jour, Radio-Tananrive attribuait au MDRM la responsabilit&#233; du soul&#232;vement. (&#8230;) D&#233;but avril 1947, 3.000 membres du MDRM &#233;taient incarc&#233;r&#233;s, interrog&#233;s, tortur&#233;s &#8211; dont les deux d&#233;put&#233;s Ravoahangy et Rab&#233;nananjara (Raseta se trouvait &#224; Paris lors de l'insurrection). (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#233;tropole, les dirigeants du mouvement ouvrier ne manifestent visiblement aucune sympathie vis-&#224;-vis des insurg&#233;s, mais prononcent au contraire une condamnation sans appel. L'une des plus sanglantes intervention militaire de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais commence sous un gouvernement &#224; direction socialiste, auquel, jusqu'au 5 mai, participe largement le PCF. Ce dernier occupe, entre autres, le minist&#232;re de la D&#233;fense nationale (Fran&#231;ois Billoux). (&#8230;) Le Parti communiste, remarquait Le Monde du 18 avril, n'avait (&#8230;.) Manifest&#233; aucune opposition cat&#233;gorique &#224; l'envoi de renforts comme &#224; la r&#233;pression des &#233;meutes. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que Madagascar n'arrivait plus &#224; enterrer ses morts, le chef du groupe parlementaire PCF invoquait le &#171; courant de libert&#233; &#187; que repr&#233;sentait l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, appelait &#224; l'union sacr&#233;e pour d&#233;fendre les droits de son pays &#224; opprimer d'autres peuples : &#171; Je le dis, et c'est l&#224; note sentiment profond : la France a des positions dans le monde, tous les Fran&#231;ais et j'ajoute tous les peuples associ&#233;s, nous avons int&#233;r&#234;t que la France puisse maintenir ses positions. Mais nous serions bien aveugles si nous ne tenions pas compte de ce fait important, &#224; savoir que les positions fran&#231;aises dans le monde sont terriblement convoit&#233;es. &#187; (d&#233;bat au parlement le 9 mai 1947)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; L'insurrection malgache de 1947 &#187; de Jacques Tronchon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la cause de la r&#233;volte, cete ouvrage cite Marcel de Coppet, Haut-commissaire de la R&#233;publique fran&#231;aise &#224; Madagascar au moment des &#233;v&#233;nements, organisateur de la r&#233;pression violente et barbare et nullement suspect de sympathie pour le colonis&#233; malgache r&#233;volt&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut avoir le courage de reconna&#238;tre qu'&#224; Madagascar la juste mesure a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;e. (&#8230;.) Toutes les r&#233;quisitions des travailleurs, pratiqu&#233;es sur une grande &#233;chelle, souvent au d&#233;triment des cultures vivri&#232;res les plus indispensables aux autochtones, n'&#233;taient pas justifi&#233;es par l'effort de guerre. Quant aux prestations, elles perdirent leur caract&#232;re d'imp&#244;t en nature, pour s'apparenter &#224; nouveau &#224; la corv&#233;e. &#187; (3 mars 1949)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Coppet explique en f&#233;vrier 1947 dans sa Conf&#233;rence des Hauts-commissaires :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quand survint l'armistice (sign&#233; par P&#233;tain avec le vainqueur allemand), les Hova exploit&#232;rent au mieux la d&#233;faite fran&#231;aise : la France pouvait donc &#234;tre battue ; bien mieux, elle pouvait m&#234;me se r&#233;signer &#224; la d&#233;faite ; elle manquait &#224; la fois de force mat&#233;rielle et de force d'&#226;me. Plus n'&#233;tait besoin de la craindre. En 1943, au lendemain de la campagne anglaise (victorieuse contre les Allemands) (&#8230;) Madagascar fut plac&#233;e sous l'&#233;gide de la France combattante. La situation &#233;conomique &#233;tait alors s&#233;rieuse. On pensa pouvoir y rem&#233;dier en &#171; stimulant la production &#187;. Pour ce faire, on doubla tout simplement la dur&#233;e des prestations, on aggrava, de fa&#231;on non moins ill&#233;gale, les peines disciplinaires et on r&#233;quisitionna partout la main d'&#339;uvre pour la mettre &#224; la disposition, non seulement des services publics mais aussi des entreprises priv&#233;es. Ce fut une tr&#232;s grave erreur. La production ne s'en accrut gu&#232;re et, il faut avoir le courage de le dire, Madagascar regretta Vichy. C'est de ce moment, d'ailleurs, (en juin 1946) que date l'explosion g&#233;n&#233;ralis&#233;e d'un m&#233;contentement qui devait aller en s'amplifiant. (&#8230;) La population urbaine d'enhardit. (&#8230;) Tout est pr&#233;texte au d&#233;sordre des rues : l'arriv&#233;e d'un train, une foire, un march&#233;, un enterrement. (&#8230;) Cette p&#233;riode d'agitation, au cours de laquelle des gr&#232;ves sont d&#233;clench&#233;es &#224; Tamatave et Majunga, ne s'&#233;tend pas au-del&#224; du 23 juin 1946, date de la derni&#232;re &#233;chauffour&#233;e &#224; Tananarive ou ailleurs. Pour mettre un terme &#224; toute cette agitation, j'ai simplement appliqu&#233; la loi mais je l'ai appliqu&#233;e dans toute sa rigueur (&#8230;) Certes la temp&#233;rature a baiss&#233;, mais le mal subsiste (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'historique de l'insurrection, De Coppet &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;clatement de l'insurrection, dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 mars 1947, n'est pas une r&#233;elle surprise. Plusieurs &#233;v&#233;nements survenus cette nuit-l&#224; sur diff&#233;rents points du territoire malgache, comprennent qu'ils marquent le d&#233;but du soul&#232;vement contre l'occupation fran&#231;aise. A plus forte raison, les autorit&#233;s coloniales, inform&#233;es pr&#233;cis&#233;ment de la date. D&#232;s la fin novembre 1946, celles-ci se trouvent sur le qui-vive. A plusieurs reprises, des forces de l'ordre sont s&#233;v&#232;rement molest&#233;es par la population. Le 29 novembre 1946, entre Ifanadiana et Androrangavola, le 31 janvier &#224; Marolambo, l'incident tourne &#224; l'&#233;meute. (&#8230;) Quant aux leaders du MDRM, ils multiplient depuis longtemps les mises en garde officielles pour d&#233;tourner les militants du parti de toute action violente. (&#8230;) Un t&#233;l&#233;gramme (du Bureau politique du MDRM de Madagascar du 29 mars 1947) est approuv&#233; &#224; l'unanimit&#233; : &#171; pri&#232;re de diffuser et afficher. Ordre imp&#233;ratif est donn&#233; &#224; toutes sections, &#224; tous membres du MDRM de garder calme et sang-froid absolus devant man&#339;uvres et provocations toutes natures destin&#233;es &#224; susciter des troubles au sein de la population malgache et &#224; saboter la politique pacifique du MDRM. Diffusez et accusez r&#233;ception. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier foyer de l'insurrection se d&#233;clare vers 22 heures dans le district de Manakara, plus pr&#233;cis&#233;ment dans un triangle dont les points seraient Ambila, Sahasinaka et Ampasimanjeva. Le premier objectif des insurg&#233;s est de s'attaquer aux garnisons militaires, aux postes de gendarmerie, tant pour r&#233;cup&#233;rer des armes que pour neutraliser la r&#233;action de leurs adversaires. Certains commandos prennent d'assaut les concessions europ&#233;ennes et les b&#226;timents administratifs. (&#8230;) L'insurrection est d&#233;samorc&#233;e partout o&#249; l'occupant se trouve sur le pied de guerre. A Tananarive en particulier, le coup de main est d&#233;command&#233; au dernier moment, et la circulation de plusieurs convois militaires dans les rues de la ville au soir du 29 mars a pu provoquer en partie cette ultime d&#233;fection. (&#8230;) Au matin du 30 mars, il est &#233;vident que les conjur&#233;s n'ont pas atteint leur but, celui d' &#187; un soul&#232;vement de tous, partout et &#224; la m&#234;me heure. &#187; Pourtant, cet &#233;chec initial n'emp&#234;che pas l'insurrection de s'&#233;tendre rapidement &#224; partir de ses foyers des districts de Manakara et de Moramanga. Les troupes qui ont attaqu&#233; le camp de Tristani se replient le long de la voie ferr&#233;e du M.L.A, en d&#233;vastant les concessions des colons europ&#233;ens ou malgaches francophiles. La plupart sont massacr&#233;s. (&#8230;) Au bout de quelques jours, l'insurrection a gagn&#233; l'ensemble de la c&#244;te est, puisque Mananjary, Tamatave, F&#233;n&#233;rive, Antalaha, Andapa, Sambava et Voh&#233;mar sont &#224; leur tour plus ou moins menac&#233;es. (&#8230;) Dans toutes r&#233;gions contr&#244;l&#233;es par les insurg&#233;s, un gouvernement malagasy s'organise, sous l'autorit&#233; plus ou moins directe de Victorien Razafindrabe au nord, et de Michel Radaoroson (dit Rakotozaly) au sud. (&#8230;) Jusqu'en juillet 1947, l'insurrection ne cesse de s'&#233;tendre. Il s'agit de contr&#244;ler les secteurs les plus vastes possible, et de mobiliser les populations paysannes en vue de &#171; l'attaque d&#233;cisive &#187; sur les grands centres. Des combats sont livr&#233;s jusque dans les banlieues de Tananarive, Fianarantsoa et Tamatave. L'occupant redoute tr&#232;s fortement que l'insurrection gagne l'ensemble des r&#233;gions centrales et d&#233;ferle ensuite sur les r&#233;gions occidentales. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les leaders du MRDM se d&#233;solidarisent, d&#232;s qu'ils en ont eu connaissance, du mouvement de violence inaugur&#233; sur la c&#244;te est, fid&#232;le en cela &#224; leur appel au calme du 27 mars. (&#8230;) Ils sollicitent la possibilit&#233; de faire afficher dans tout Madagascar, ou au besoin de radiodiffuser, une &#171; proclamation &#187; d&#233;savouant l'insurrection de mani&#232;re cat&#233;gorique : &#171; Nous r&#233;prouvons de la fa&#231;on la plus formelle ces actes de barbarie et de violence et nous esp&#233;rons que la justice fera jaillir toute la v&#233;rit&#233; et d&#233;terminera la responsabilit&#233; de ces crimes. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le 1er avril, la Justice a ouvert une vaste instruction judiciaire sous l'inculpation de complot contre la s&#251;ret&#233; de l'Etat et ordonn&#233; l'arrestation des militants MDRM les plus influents. Aussit&#244;t une r&#233;pression polici&#232;re implacable s'abat sur tout Madagascar : c'est &#224; la v&#233;rit&#233; tous les militants du parti qui sont traqu&#233;s quel que soit leur rang. Les inculp&#233;s sont entass&#233;s sans m&#233;nagement dans des prisons trop exigu&#235;s, quand ce n'est pas dans de v&#233;ritables camps de concentration &#171; am&#233;nag&#233;s &#187; &#224; la h&#226;te. Dans de telles conditions, la situation des d&#233;tenus est intol&#233;rable. Les s&#233;vices de toutes sortes et les tortures subies au cours des interrogatoires de l'instruction viennent ajouter &#224; leurs souffrances physiques et morales. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux pr&#233;visions initiales des autorit&#233;s fran&#231;aises, la r&#233;pression militaire de l'insurrection malgache se r&#233;v&#232;le longue et co&#251;teuse. Revenu de son optimisme du mois de juin, le g&#233;n&#233;ral Pellet &#233;crit dans un rapport en septembre 1947 : &#171; Il serait pr&#233;matur&#233; d'&#233;mettre d&#232;s maintenant une opinion sur l'avenir de la r&#233;bellion. (&#8230;) Pourtant tous les moyens sont mis en &#339;uvre pour en venir &#224; bout. La t&#234;te des chefs insurg&#233;s est mise &#224; prix. Des tribunaux d'exception se forment pour proc&#233;der &#224; des ex&#233;cutions exemplaires autour desquelles il est fait grand tapage. Des inculp&#233;s soumis &#224; la torture puis corrompus sont envoy&#233;s aupr&#232;s des insurg&#233;s comme agents de renseignement. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les districts en &#233;tat de si&#232;ge, le sort des populations civiles peut devenir dramatique. (&#8230;) Le chef de district d'Ambatondrazaka fait proc&#233;der &#224; des arrestations massives. Le 5 mai, avant l'aube, 16 otages sont transf&#233;r&#233;s &#224; la gare et enferm&#233;s dans trois wagons plomb&#233;s, affect&#233;s d'ordinaire au transport des bestiaux. (&#8230;) Vers minuit, les militaires de garde re&#231;oivent l'ordre de faire feu sur le train. (&#8230;) les 71 rescap&#233;s de cette tuerie sont transf&#233;r&#233;s &#224; la prison. (&#8230;) Ils en sont extirp&#233;s d&#233;finitivement le jeudi 8 mai dans l'apr&#232;s-midi pour &#234;tre conduits devant le peloton d'ex&#233;cution. (&#8230;) C'est &#171; l'affaire du train de Moramanga &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article731&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article731&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cameroun&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des travailleurs de Douala (Cameroun) en septembre 1945 : &#233;cras&#233;e dans le sang !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3711&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3711&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Cameroun, c'est la classe ouvri&#232;re qui commenc&#233; la lutte en 1955, comme on l'a rappel&#233;, &#224; Douala, &#224; Yaound&#233; et dans d'autres villes de moindre importance. C'est ce qui va amener les dirigeants nationalistes comme Ruben Nyobe, ancien syndicaliste, &#224; se radicaliser. L'organisation de Ruben, l'UPC, n'est pourtant pas si radicale. Au d&#233;but, elle se contente d'organiser des manifestations non violentes. La r&#233;pression ne va pas lui donner le choix. Pour le pouvoir fran&#231;ais, il n'est pas question d'accepter le moindre compromis, car l'UPC est &#171; communiste &#187;. En 1955, la r&#233;pression de Roland Pr&#233;, gouverneur du Cameroun, fait 5000 morts. L'UPC n'a pas choisi tout de suite la lutte arm&#233;e. Tr&#232;s clairement, Um Nyob&#233;, tout stalinien qu'il &#233;tait, ne proposait pas la r&#233;volution, ni la lutte radicale. Il ne s'en cachait pas, d&#233;clarant : &#171; Nous offrons des garanties qui prouvent non seulement notre d&#233;termination d'&#339;uvrer pour sortir le Cameroun de l'impasse, mais aussi de travailler de concert avec le gouvernement fran&#231;ais (&#8230;) &#187;. Ce qui montre le mieux les limites sociales et politiques des nationalistes de l'UPC, c'est leur volont&#233; de laisser la classe ouvri&#232;re en dehors du combat. L'UPC mobilise trois r&#233;gions : Bassa, Bamil&#233;k&#233; et la Sanaaga. Les travailleurs de Douala qui ont pourtant maintes et maintes fois montr&#233; leur combativit&#233; sont laiss&#233;s en dehors par l'UPC. Nyob&#233; a tourn&#233; le dos &#224; la classe ouvri&#232;re, d'o&#249; il vient. D&#233;sormais, il est un dirigeant de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie camerounaises. Il s'adresse &#224; eux ainsi qu'aux chefs traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Kenya&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Kenya, l'affrontement, qui va &#234;tre impitoyable entre le peuple kenyan et le colonialisme anglais (rompant la pr&#233;tention de ce colonialisme d'avoir pris en compte pacifiquement le passage &#224; l'ind&#233;pendance, comme en Inde et au Ghana), sera le fait exclusif de la r&#233;volte d'un c&#244;t&#233; et des forces coloniales de l'autre. Des leaders petits bourgeois, comme Jomo Kenyatta, vont faire maintes fois des offres de services au colonialisme anglais en se pr&#233;sentant comme un autre N'Krumah, mais sans succ&#232;s. Son parti, le Kenyan African Union, est pacifiste, c'est-&#224;-dire contre la violence r&#233;volutionnaire des masses africaines &#8211; la violence du colonialisme, il n'y peut rien bien s&#251;r -. Il r&#233;clame seulement l'&#233;largissement de la participation des Africains &#224; un conseil qui n'a aucun pouvoir. Le KAU a une influence r&#233;formiste sur les syndicats qu'il entra&#238;ne dans son r&#233;formisme et la classe ouvri&#232;re ne jouera qu'un petit r&#244;le dans la lutte. C'est le colonialisme anglais qui radicalisme la situation en affirmant, contre l'&#233;vidence, que le mouvement populaire des campagnes, le Mau-Mau, serait manipul&#233; par le KAU. Ce mouvement de r&#233;volte a &#233;clat&#233; en 1952, parmi le peuple Kikuyu exasp&#233;r&#233; par les exactions des Blancs qui volent les terres, le Kenya &#233;tant consid&#233;r&#233; par les Anglais comme une colonie de peuplement comme l'Afrique du sud et les propri&#233;taires Blancs, 1% de la population, poss&#232;dent 25% des terres. Elle se traduit par des attaques physiques individuelles de colons blancs dans leurs fermes. Le colonialisme anglais le pr&#233;sente comme une lutte de sauvages barbares, et d&#233;cide, en juin 1953, de d&#233;clencher une guerre d'extermination contre l'ensemble du peuple kikuyu. C'est la chasse &#224; l'homme contre des paysans quasi compl&#232;tement d&#233;sarm&#233;s. 50.000 soldats britanniques et rhod&#233;siens r&#233;alisent l'une des plus sanglantes r&#233;pressions coloniales. Hommes, femmes et enfants sont d&#233;chiquet&#233;s par les bombardements des villages. Le pays tout entier est ratiss&#233; par l'arm&#233;e. Ceux qui r&#233;sistent sont abattus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Le mouvement ''Mau-Mau'' &#187; de Robert Buijtenhuij :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le premier syndicat permanent du Kenya, le &#171; Kenya Indian Labour Trade Union &#187;, fond&#233; en avril 1935 par Makhan Singh, &#233;tait une affaire enti&#232;rement indienne. Les syndicats africains brillaient &#224; cette &#233;poque par leur absence (&#8230;). Ce n'est qu'en juillet 1939 que les dockers de Mombasa ont d&#233;clench&#233; &#8211; plus ou moins spontan&#233;ment &#8211; la premi&#232;re gr&#232;ve &#171; noire &#187;. Quels faits nouveaux nous frappent dans l'activit&#233; politique du Kenya apr&#232;s la seconde guerre mondiale ? Le fait, d'abord, que le r&#233;veil politique a commenc&#233; &#224; toucher toutes les ethnies du Kenya sans exception (&#8230;) Il y a ensuite le fait que les Africains du Kenya ont trouv&#233; dans les activit&#233;s syndicales un nouveau champ de bataille. Apr&#232;s une nouvelle gr&#232;ve &#224; Mombasa en 1947, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale cette fois &#224; laquelle participaient 15 000 Africains et qui a eu un succ&#232;s retentissant. Son organisateur, Chege Kibachia, a en effet fond&#233; le premier syndicat africain, la &#171; Africain Workers Federation &#187;. Consid&#233;r&#233;e avec m&#233;fiance par le gouvernement, cette organisationa &#233;t&#233; de courte dur&#233;e ; elle s'est progressivement dissoute apr&#232;s l'arrestation de son pr&#233;sident en ao&#251;t 1947. L'action de Chege Kibachia a cependant &#233;t&#233; &#224; l'origine d'un mouvement syndical qui comptait en 1952, 27.588 membres en 13 syndicats ; &#224; la m&#234;me &#233;poque, il y aurait eu au Tanganika un seul syndicat avec 381 membres et en Ouganda trois organisations ouvri&#232;res avec 259 membres. Nous verrons que cette activit&#233; syndicale fait partie int&#233;grante du cadre dans lequel il convient de situer la r&#233;volte mau-mau. L'&#233;v&#233;nement qui cependant caract&#233;rise le mieux la nouvelle orientation de la vie politique (&#8230;) : le fondation du premier mouvement politique, la &#171; Kenya African Union &#187; dont l'origine remonte &#224; 1944. (&#8230;) Jomo Kenyatta, revenu au Kenya en 1946, (&#8230;) devint pr&#233;sident de cette nouvelle organisation en juin 1947. (&#8230;) C'&#233;tait d'abord un mouvement de masse qui avait en 1952 au moins 100.000 membres et dont certains meetings attiraient des foules de 20.000 &#224; 25.000 personnes. (&#8230;) Le KAU a pos&#233; d&#232;s le d&#233;but le probl&#232;me de l'Ind&#233;pendance (&#8230;). Les colons, qui suivaient avec inqui&#233;tude l'&#233;volution politique de la &#171; Gold Coast &#187;, parlaient avec horreur du &#171; Gold Coatism &#187; pour d&#233;signet toute mesure favorable aux Africains. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 25 novembre 1952, l'&#233;viction de 2.500 squatters travaillant sur les fermes de Leshaw Ward pour des raisons de s&#233;curit&#233; et par repr&#233;sailles &#224; la suite de l'assassinat du commandant Meiklejohn et de son &#233;pouse, ces mesures inspir&#233;es par la peur et exc&#233;cut&#233;es dans un climat de panique voisin de l'hyst&#233;rie, ont &#233;t&#233; d'autant plus ressenties par l'ensemble des squatters que les &#233;victions avaient &#233;t&#233; effectu&#233;es manu militari et que des m&#233;thodes particuli&#232;rement dures avaient &#233;t&#233; employ&#233;es pour briser toute tentative de r&#233;sistance ou de protestation. (&#8230;) Un exode soudain (&#8230;) a amn&#233; vers les r&#233;serves kikuyu une masse de squatters dont le nombre a &#233;t&#233; &#233;valu&#233; de 100.000 &#224; 200.000 personnes. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une premi&#232;re phase qui a dur&#233; de 1948 jusqu'en 1950, le mouvement a pris naissance parmi les masses d&#233;sh&#233;rit&#233;es (&#8230;) Ce n'est que dans une deuxi&#232;me phase qui a dur&#233; du d&#233;but 1950 jusqu'&#224; la d&#233;claration de l'&#233;tat d'urgence en octobre 1952, que des &#233;volu&#233;s et des leaders nationaux ont pris le pas sur les masses populaires anonymes. Puis, apr&#232;s la d&#233;claration de l'&#233;tat d'urgence et l'arrestation de la quasi-totalit&#233; des leaders nationaux kikuyus, les masses paysannes se sont retrouv&#233;es de nouveau seules pour s'engager dans la r&#233;sistance arm&#233;e. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette arm&#233;e paysanne sans armes, sans exp&#233;rience militaire et sans cadres instruits, a malgr&#233; tout r&#233;sist&#233; durant pr&#232;s de quatre ans &#224; l'arm&#233;e moderne anglaise et, jusqu'en 1954, elle n'a pas seulement su garder ses positions, mais m&#234;me les am&#233;liorer &#224; certians &#233;gards. (&#8230;) Un facteur qui explique la dur&#233;e de la r&#233;sistance kikuyu est l'existence, &#224; Nairobi et dans les r&#233;serves, d'un r&#233;seau de soutien, remarquablement bien organis&#233;, qui a fonctionn&#233; pendant plusieurs ann&#233;es gr&#226;ce &#224; la complicit&#233; active ou passive de la grande majorit&#233; du peuple kikuyu. (&#8230;) Les structures territoriales de l'arm&#233;e favorisaient les liaisons &#233;troites entre les unit&#233;s combattantes et les comit&#233;s mau-mau dans les villages ou les communes d'origine des maquisards. (&#8230;) Ces comit&#233;s mau-mau du r&#233;seau de soutien ont pu tenter s&#233;rieusement de se substituer au gouvernement colonial en cr&#233;ant une v&#233;ritable &#171; administration parall&#232;le &#187;. (&#8230;) Le r&#233;seau de soutien de Nairobi s'occupait surtout du ravitaillement des arm&#233;es de la for&#234;t en armes et en nouvelles recrues, et de la collecte des fonds n&#233;cessaires &#224; la d&#233;fense des membres du mouvement devant les cours de justice et &#224; l'entretien des familles des membres du mouvement d&#233;tenus ou disparus au combat. (&#8230;) Cependant, les leaders mau-mau de Nairobi n'ont jamais tent&#233; d'exploiter leur contr&#244;le sur la population africaine pour ouvrir un deuxi&#232;me ou troisi&#232;me front contre le gouvernement colonial. (&#8230;) L'exception (&#8230;) est une campagne de r&#233;sistance passive lanc&#233;e &#224; Nairobi en 1953 et qui comprenait entre autres le boycottage des autobus municipaux europ&#233;ens et des boutiques de th&#233; tenues par des Asiatiques ainsi que l'interdiction de fumer en public, de boire de la bi&#232;re europ&#233;enne et de porter des chapeaux. (&#8230;) Aucune gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et tr&#232;s peu de gr&#232;ves partielles n'ont &#233;t&#233; mentionn&#233;es par les leaders du mouvement mau-mau (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les r&#233;serves kikuyu, la politique (des Anglais) des &#171; hameaux strat&#233;giques &#187; a &#233;t&#233; mise en &#339;uvre pour emp&#234;cher le contact entre les combattants mau-mau et leurs supporters dans les campagnes. (&#8230;) A partir du d&#233;but de 1954, le pays kikuyu commen&#231;a &#224; ressembler &#224; un immense camp de concentration. Toute la population concentr&#233;e dans des villages nouveaux, devait d'ailleurs construire de ses propres mains, villages fortifi&#233;s et entour&#233;s de barricades et de barbel&#233;s, dont les habitants ne pouvaient sortir qu'une heure par jour (et encore sous escorte militaire) pour se ravitailler. (&#8230;) A partir de l'&#233;t&#233; 1954, l'arm&#233;e mau-mau a &#233;t&#233; contrainte de se replier sur elle-m&#234;me. La for&#234;t devint alors sa seule dimension, son dernier sanctuaire dont elle ne sortait plus gu&#232;re. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure qu'approchait l'ind&#233;pendance, les survivants (de l'arm&#233;e mau-mau) se sont manifest&#233;s avec une audace croissante pour devenir, &#224; la fin de 1963, un v&#233;ritable probl&#232;me pour les nouveaux responsables du pays. (&#8230;) A partir de l'&#233;t&#233; 1961, (&#8230;) la lib&#233;ration de Jomo Kenyatta &#233;tait imminente et l'ind&#233;pendance commen&#231;ait &#224; devenir une r&#233;alit&#233; relativement proche. La question des anciens combattants devenait br&#251;ante : quelle serait leur place dans le Kenya ind&#233;pendant ? (&#8230;) le nouveau gouvernement de Jomo Kenyatta n'&#233;tait pas pr&#234;t &#224; leur accorder des faveurs (propri&#233;t&#233;s des anciens colons ou postes gouvernementaux). (&#8230;) En ce qui concerne les fermes, le gouvernement n'avait nullement l'intention d'exproprier les colons blancs. (&#8230;) Le Kenya de Jomo Kenyatta n'&#233;tait ni radical ni socialiste (&#8230;) La r&#233;volte mau-mau &#233;tait une r&#233;volution nationale et une r&#233;volte sociale en m&#234;me temps, et en temps que r&#233;volte sociale elle r&#233;clamait les terres cultiv&#233;es par les colons europ&#233;ens pour le peuple africain. Pour Jomo Kenyatta, par contre, la d&#233;colonisation signifiait avant tout l'ind&#233;pendance politique et il entendait rester en bons termes avec les Anglais et les colons sur le plan &#233;conomique. (&#8230;) D&#232;s sa lib&#233;ration en 1961, Jomo Kenyatta a annonc&#233; la couleur (&#8230;) &#171; Nous n'avons pas l'intention de former un gouvernement de gangsters &#8230; Nous dissiperons les appr&#233;hensions des gens qui craignent qu'un Kenya ind&#233;pendant ne se jette sur leurs propri&#233;t&#233;s pour les confisquer. &#187; (cit&#233; par le Monde du 28 ao&#251;t 1961) (&#8230;) A l'&#233;gard de ceux qui croyaient pouvoir en toute impunit&#233; pr&#234;ter serment d'all&#233;geance &#224; des organisations clandestines de r&#233;sistance &#224; la politique lib&#233;rale officielle, Mr Kenyatta a d&#233;clar&#233; (durant l'&#233;t&#233; 1963) : &#171; Nous serons impitoyables &#224; l'&#233;gard de ceux qui fabriquent des fusils dans la brousse. &#187; l'ind&#233;pendance elle-m&#234;me n'a rien chang&#233; &#224; cet &#233;tat de choses. (&#8230;) En novembre 1963, un mois avant l'ind&#233;pendance, un appel du gouvernement kenyatta aux derniers combattants leur enjoignait de se &#171; rendre &#187; avant la c&#233;l&#233;bration officielle de l'ind&#233;pendance. (&#8230;) Le premier &#224; r&#233;pondre &#224; l'appel du gouvernement Kenyatta en vue d'une capitulation fut Mwariama, qui se pr&#233;senta le 8 d&#233;cembre 1963 &#224; la r&#233;sidence de Jomo Kenyatta &#224; Gattundu. (&#8230;) Le mar&#233;chal Mwariama a &#233;t&#233; condamn&#233; en mars 1964 &#224; cinq ans et trois mois de prison pour outrage &#224; un agent de police en fonction et possession ill&#233;gale d'armes. (&#8230;) Parmi les personnalit&#233;s du nouveau r&#233;gime, on ne compte &#224; notre connaissance aucun ancien combattant de la for&#234;t et peu d'anciens d&#233;tenus (&#8230;). Sur le plan purement mat&#233;riel aussi, tr&#232;s peu de choses ont &#233;t&#233; faites pour les anciens combattants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le pays obtient finalement son ind&#233;pendance en 1963, cela ne signifiait pas effectivement une victoire pour les combattants comme le rapporte la romanci&#232;re NGugi Wa thiongo dans &#171; P&#233;tales de sang &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'&#233;tait &#224; la veille de l'ind&#233;pendance. Alors, vous pouviez imaginer ce que cela repr&#233;sentait pour moi d'&#233;motions, d'espoirs et de souvenirs. (&#8230;) Tout allait changer. Plus jamais, je ne verrai le Blanc se moquer de nos efforts. (&#8230;) Les usines, les plantations, tout allait &#234;tre &#224; nous. (&#8230;) Des mois et des semaines apr&#232;s, je chantais encore le chant de l'esp&#233;rance. J'ai attendu la r&#233;forme agraire et la redistribution des terres. J'ai attendu un emploi. (&#8230;) J'ai entendu dire qu'on donnait des pr&#234;ts pour permettre d'acheter les fermes des Europ&#233;ens. Je n'ai pas compris pourquoi il me faudrait acheter des terres d&#233;j&#224; pay&#233;es au prix du sang. (&#8230;) J'ai attendu. Je me suis dit : OK. Je me fais muet, je me fais sourd. Et j'ai regard&#233; les choses &#233;voluer. J'ai vu les &#233;v&#233;nements. J'ai vu la tension monter entre les Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Afrique du nord&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;QUE SE PASSE-T-IL EN AFRIQUE DU NORD ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces temps derniers, certains journaux se sont pr&#233;occup&#233;s de la situation en Afrique du Nord. Celle-ci est tellement tragique qu'il devenait d&#233;sormais impossible &#224; la presse &#034;d&#233;mocrate&#034; de la passer plus longtemps sous silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, il ne s'agissait pas pour ces journaux de d&#233;fendre les indig&#232;nes d'Alg&#233;rie, du Maroc ou de Tunisie, mais de faire appel &#224; la vigilance gouvernementale pour limiter les &#034;abus&#034; ; c'est &#224; cette fin aussi que le C.N.R. d&#233;cida d'envoyer en Afrique du Nord une &#034;commission d'information&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette commission, quoique inoffensive, a &#233;t&#233; interdite par De Gaulle. Effectivement, &#224; quoi servirait-elle ? Si dans la M&#233;tropole le C.N.R. sert de camouflage, d'ornement &#034;d&#233;mocratique&#034; &#224; la machine gouvernementale bonapartiste de De Gaulle, quel serait son r&#244;le en Afrique du Nord ? L&#224;-bas il ne s'agit nullement d'abus &#224; &#034;r&#233;former&#034;, de faire patienter les masses. Un conflit mortel oppose les colons exploiteurs et oppresseurs et les 9/10 de la population indig&#232;ne. Dans ces conditions, la commission d'enqu&#234;te du C.N.R., si elle rassurerait &#034;les esprits inquiets&#034; de la M&#233;tropole, ne ferait au contraire qu'aggraver la situation politique en Afrique du Nord si elle &#233;tait prise au s&#233;rieux par les indig&#232;nes. Car si les indig&#232;nes pensaient avoir l'appui de la &#034;d&#233;mocratie&#034; cela ne pourrait que les inciter encore plus &#224; l'action directe contre les colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi seule la politique des colons est approuv&#233;e par le gouvernement : r&#233;pression colonialiste sans phrases. Ici il n'y a pas de place pour les balivernes du C.N.R. dont l'inutilit&#233; devient de plus en plus visible dans la M&#233;tropole m&#234;me, o&#249; ses &#034;Comit&#233;s&#034; (sic) ne font que &#034;sugg&#233;rer&#034; dans une situation qui appelle de plus en plus une solution radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le sort des classes laborieuses de l'Afrique du Nord ne sera pas laiss&#233; par les travailleurs de France &#224; la merci du gouvernement de De Gaulle, c'est-&#224;-dire des colons, exploiteurs f&#233;roces et fascistes. Les travailleurs savent que si les Nord-Africains sont &#233;cras&#233;s par le gouvernement fran&#231;ais pour sauver la domination des colons, ceux-ci se serviront de l'Afrique du Nord comme Franco s'est servi des Marocains du Rif : pour &#233;craser les travailleurs de la M&#233;tropole et instaurer en France m&#234;me un r&#233;gime de terreur ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation en Afrique du Nord&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quatre ans les masses indig&#232;nes d'Alg&#233;rie, de Tunisie et du Maroc sont en proie &#224; la famine et au typhus. L'Afrique du Nord n'a rien &#224; se mettre sur le dos, rien &#224; manger. Des millions d'hommes, de femmes et d'enfants sont en haillons, habill&#233;s de chiffons ou de sacs. Il ne s'agit plus pour eux de se v&#234;tir, mais simplement de ne pas choquer la d&#233;cence. Dans la plupart des familles indig&#232;nes, il n'y a qu'un mis&#233;rable v&#234;tement pour trois ou quatre personnes, v&#234;tement que chacun met &#224; tour de r&#244;le pour sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au ravitaillement, il est inexistant. Les villes o&#249; il y a une majorit&#233; europ&#233;enne connaissent les restrictions, mais sont tout de m&#234;me assur&#233;es d'un minimum vital. Mais les campagnes sont litt&#233;ralement affam&#233;es, les campagnes o&#249; vivent 95% des indig&#232;nes, c'est-&#224;-dire les 9/10 de la population totale. La base de l'alimentation indig&#232;ne est le couscous. Pour faire du couscous, il faut de la farine. Or, la ration mensuelle allou&#233;e &#224; chaque indig&#232;ne par le ravitaillement est de 3 kg d'orge ou 3 kg de bl&#233;, soit 2 kg 500 de farine pour l'orge et l kg 500 &#224; 2 kg pour le bl&#233;. Cela repr&#233;sente une moyenne de 50 g. de pain par jour. Il faut ajouter qu'ils n'ont souvent rien d'autre pour compl&#233;ter cette maigre pitance : peu de l&#233;gumes, pas de viande. On peut penser que s'ils recevaient pour toute nourriture nos 350 g de pain quotidiens, ils croiraient nager dans l'abondance, tant leur mis&#232;re est effroyable ! Avant la guerre, le minimum vital pour chaque individu &#233;tait de 20 &#224; 25 kg de farine par mois. La ration actuelle repr&#233;sente donc &#224; peine les 10% du minimum. De plus, les distributions se font l&#224;-bas d'une fa&#231;on tr&#232;s irr&#233;guli&#232;re, avec des retards de 2 &#224; 3 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, il ne faut pas s'&#233;tonner si &#224; l'heure actuelle, comme on l'&#233;crit l&#224;-bas, des millions d'&#234;tres humains vivent comme des b&#234;tes, se nourrissent d'herbes et de racines. Il ne faut pas s'&#233;tonner si le typhus, &#034;maladie de carence&#034; par excellence, fait rage en Afrique du Nord. Et cela depuis quatre ans ! On estime que dans la seule Alg&#233;rie il y a eu plus de 30.000 victimes en 1940-1941. Et depuis le nombre des morts par le typhus n'a fait que s'accro&#238;tre. Tout r&#233;cemment il y a eu 33 morts en une seule nuit dans un petit village de quelques centaines d'habitants. Un village kabyle qui comprenait 1400 habitants n'en compte plus que 300, soit 1100 victimes. Et pourtant dans la masse, la Kabylie &#233;tait une des r&#233;gions les plus r&#233;sistantes aux &#233;pid&#233;mies. Mais aujourd'hui le typhus, compagnon in&#233;vitable de la famine, n'est pas localis&#233;, il est g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1942 on pouvait penser que cela &#233;tait le fruit de la politique de Vichy, qui faisait des pr&#233;l&#232;vements massifs sur l'&#233;conomie nord-africaine. Mais depuis, ce pays aurait d&#251; conna&#238;tre les bienfaits de l'intervention am&#233;ricaine, une avalanche de cotonnades et de corned-beef. Or il n'en a rien &#233;t&#233; et la situation des masses indig&#232;nes, comme en France, s'est encore aggrav&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que cela veut dire ? Sans doute il serait tr&#232;s facile aux Am&#233;ricains, avec quelques bateaux, de ravitailler les populations nord-africaines. Et les n&#233;cessit&#233;s de la guerre ne sont pas telles qu'elles rendent impossible l'organisation d'un trafic aussi r&#233;duit. Mais voil&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a des vis&#233;es sur l'Afrique du Nord, et comme l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais n'entend ni c&#233;der sa place ni composer, il fait crever l'indig&#232;ne sans l'ombre d'un regret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sort tragique des peuples nord-africains est donc un aspect de la lutte imp&#233;rialiste. Mais il est d'abord l'aboutissement d'une exploitation imp&#233;rialiste conduite d'une fa&#231;on syst&#233;matique et impitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, est-ce que les ressources de l'Afrique du Nord ne devraient pas lui permettre de nourrir largement toute sa population ? Sans aucun doute il y a l&#224;-bas de tout pour tous. Autrefois, avant la conqu&#234;te fran&#231;aise, l'ensemble de la population nord-africaine &#233;tait form&#233;e de petits et moyens paysans tirant de leurs terres des ressources suffisantes pour leur subsistance. Mais les colons fran&#231;ais ont expropri&#233; l'indig&#232;ne sur une large &#233;chelle et r&#233;duit les 9/10 de la population &#224; une condition prol&#233;tarienne. Elle a abouti &#224; l'extr&#234;me paup&#233;risation des masses indig&#232;nes et &#224; l'&#233;norme enrichissement des gros colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple le plus typique est celui de l'Alg&#233;rie. En moins d'un si&#232;cle la propri&#233;t&#233; indig&#232;ne y est pass&#233;e de 16 millions d'ha &#224; 7 millions. L'Etat colonial et les gros colons se sont donc appropri&#233; 9 millions d'ha. Trois mille gros colons y poss&#232;dent pr&#232;s de 2 millions d'ha, c'est-&#224;-dire autant qu'un million et demi de propri&#233;taires indig&#232;nes. Six gros vignerons y r&#233;coltent plus de 3 millions d'hectolitres de vin. Certaines entreprises capitalistes y poss&#232;dent plus de 50.000 ha de terre. Au contraire, 70% de la paysannerie indig&#232;ne n'ont qu'une moyenne de 2 ha de mauvaises terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le r&#233;sultat le plus &#233;vident de la colonisation fran&#231;aise est la constitution d'une &#034;f&#233;odalit&#233;&#034; terrienne et &#233;conomique vivant de l'exploitation intensive des masses indig&#232;nes pr&#233;alablement expropri&#233;es et prol&#233;taris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui 99% des populations indig&#232;nes de l'Afrique du Nord sont form&#233;es d'ouvriers agricoles, de demi-fellahs et de travailleurs, qui n'ont d'autre ressource que leurs bras pour gagner le pain de leurs nombreuses familles. Il s'est donc constitu&#233; dans ce pays une abondante main-d'&#339;uvre qui a longtemps permis aux capitalistes et aux trusts coloniaux de pratiquer une politique de bas salaires : de 3 &#224; 10 frs par journ&#233;e de 12 &#224; 14 heures de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un salaire journalier de 10 frs, comment nourrir et habiller une famille de 5 personnes, alors que le quintal de bl&#233; co&#251;tait 180 frs, le m&#232;tre d'&#233;toffe 20 frs, une paire de chaussures 50 &#224; 100 frs ? Aussi bien, la plupart des indig&#232;nes se nourrissaient-ils d'orge et de glands, sans manger toujours &#224; leur faim. Ils allaient pieds-nus ou chauss&#233;s d'espadrilles et s'achetaient une gandoura par an, qu'ils portaient jusqu'&#224; usure compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc en temps normal, l'indig&#232;ne &#233;tait sous-aliment&#233; et mis&#233;rablement v&#234;tu. Il n'avait aucune r&#233;serve alimentaire ni vestimentaire. Qu'une mauvaise r&#233;colte survienne et la faim se transforme en famine et appelle le typhus. La guerre actuelle a eu ainsi pour effet d'aggraver et de g&#233;n&#233;raliser jusqu'&#224; la catastrophe un &#233;tat de choses end&#233;mique, cons&#233;quence in&#233;luctable de l'exploitation imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant il y a encore du bl&#233; dans les silos des gros colons et des grosses soci&#233;t&#233;s. Mais ils ne le livrent pas et l'administration locale qui leur est enti&#232;rement d&#233;vou&#233;e, les laisse faire. Ils pr&#233;f&#232;rent le vendre au march&#233; noir. Mais ils pr&#233;f&#232;rent voir le fellah crever de faim, dans l'espoir de le pousser &#224; la r&#233;volte, puis d'amener le gouvernement &#224; pratiquer une bonne r&#233;pression. Et &#224; la faveur de cette r&#233;pression ils esp&#232;rent faire avorter tout projet de r&#233;forme en faveur de l'indig&#232;ne et surtout obtenir un retour &#224; la politique des bas salaires, aux 5 ou 6 francs journaliers d'avant-guerre qui leur assuraient de si substantiels b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Telle est la situation de l'Afrique du Nord. Exploit&#233;e &#224; outrance par les colons et les capitalistes fran&#231;ais ma&#238;tres de l'administration, elle ne peut rena&#238;tre &#224; la vie que par l'expulsion des intrus qui absorbent toute sa substance vitale. C'est ce que veulent les indig&#232;nes : c'est-&#224;-dire l'ind&#233;pendance de l'Afrique du Nord. Il y a l&#224;-bas une haine farouche et g&#233;n&#233;rale pour l'exploiteur fran&#231;ais. Les mouvements nationalistes nord-africains ont pris une ampleur extraordinaire ; des troubles se produisent un peu partout et l'on parle m&#234;me de l'existence d'un maquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, nous r&#233;pondra-t-on (et c'est un argument souvent invoqu&#233; par les chefs staliniens pour expliquer pourquoi ils ne soutiennent plus les Abd-el-Krim de l'Afrique du Nord), dans le monde capitaliste actuel l'Afrique du Nord ne peut pas &#234;tre ind&#233;pendante : si la France n'y &#233;tait pas ce serait l'Am&#233;rique ou l'Angleterre qui prendrait sa place ! Argument d'exploiteurs, de capitalistes : &#034;si ce n'est pas moi qui exploite mon ouvrier, ce sera un autre, qui sera peut-&#234;tre pire&#034;. Mais cet argument ne vaut rien. L'ind&#233;pendance de l'Afrique du Nord n'est pas un cadeau qui tomberait du ciel aux Nord-Africains. Cette ind&#233;pendance doit &#234;tre le r&#233;sultat d'une lutte acharn&#233;e men&#233;e par les peuples indig&#232;nes et les travailleurs m&#233;tropolitains contre les 200 familles. Victorieux dans cette lutte, l'appui du prol&#233;tariat mondial et des autres peuples coloniaux (qui forment l'&#233;norme majorit&#233; de la population du globe) les rendra invincibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat de France sait qu'un peuple qui en opprime un autre n'est pas un peuple libre. Il rejette enti&#232;rement la responsabilit&#233; de l'exploitation des peuples de l'Afrique du Nord sur les 200 familles. Au moment o&#249; les imp&#233;rialistes de France, d'Am&#233;rique et d'Angleterre commencent &#224; se prendre aux cheveux pour le pillage de l'Afrique du Nord, il proclame hautement le droit de ces peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes jusques et y compris la s&#233;paration de la France. Les travailleurs fran&#231;ais savent maintenant qu'&#224; notre &#233;poque on ne peut plus maintenir assujetti un peuple qui veut sa libert&#233; et son ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le droit de l'Afrique du Nord &#224; disposer d'elle-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une COMMISSION D'ENQUETE OUVRIERE IMPOSEE au gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;change &#233;conomique avec l'Afrique du Nord par l'expropriation des colons monopoleurs et affameurs des indig&#232;nes et de la France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs, l'exploitation des colonies maintient vos propres cha&#238;nes ; le colonialisme est une pratique capitaliste ! Sur cette question aussi rompons d&#233;lib&#233;r&#233;ment et radicalement avec le pass&#233;. Ainsi seulement l'avenir nous appartiendra !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/01/ldc42_011845.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/01/ldc42_011845.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES &#034;BIENFAITS&#034; DE LA COLONISATION...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(22 mars 1945)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs fran&#231;ais,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le silence de toute la presse, en Afrique du Nord l'exploitation est plus terrible que jamais. L'action &#034;civilisatrice&#034; continue &#224; entretenir la famine, le typhus, la mis&#232;re et la d&#233;moralisation. Les capitalistes fran&#231;ais qui parlent beaucoup de pudeur et de moralit&#233;, ne vous disent pas que l&#224;-bas les femmes, faute de v&#234;tements, en sont r&#233;duites &#224; cacher leur sexe de leur main. Ils ne vous disent pas que 15 classes ont &#233;t&#233; mobilis&#233;es en Afrique du Nord, que 95% de l'effectif de certaines unit&#233;s sont tomb&#233;es pour le profit des capitalistes et que pendant ce temps leurs familles meurent de faim. Ils ne vous disent pas qu'en France m&#234;me, le gouvernement a fait incorporer de force dans des r&#233;giments de g&#233;nie tous les travailleurs nord-africains se trouvant &#224; Cherbourg et en Bretagne et qu'employ&#233;s au d&#233;minage beaucoup y ont laiss&#233; leur vie. Ils ne vous disent pas que les m&#234;mes policiers que sous l'occupation nous arr&#234;taient et nous r&#233;quisitionnaient pour les entreprises allemandes, nous livrent aux Anglo-am&#233;ricains comme &#034;collaborateurs&#034; pour faciliter sous ce pr&#233;texte notre exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiellement seule la classe 43 a &#233;t&#233; appel&#233;e. Cependant &#224; Paris, dans le 20&#232;me notamment, les gendarmes vont cueillir &#224; leur domicile les jeunes des classes 39-40-41 comme insoumis, sous pr&#233;texte que leur classe a &#233;t&#233; mobilis&#233;e en Afrique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie fran&#231;aise ne nous donne aucune possibilit&#233; l&#233;gale de nous d&#233;fendre. Le soi-disant repr&#233;sentant nord-africain &#224; l'Assembl&#233;e consultative, Ben Djelloul, n'est qu'un laquais du gouvernement et son unique pr&#233;occupation en ce moment si tragique pour nous c'est d'obtenir un nouveau si&#232;ge &#224; l'Assembl&#233;e consultative pour un autre larbin, Ahmed Bahloul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs fran&#231;ais ! Nous avons particip&#233; &#224; vos luttes quand le fascisme, &#224; partir de 1934, s'est dress&#233; contre vous. Contre le traitement qu'on nous inflige, nous comptons aujourd'hui sur votre solidarit&#233; &#224; vous, qui &#234;tes aussi des exploit&#233;s. Vous ne pouvez pas ne pas protester contre le traitement inf&#226;me auquel nous soumettent les capitalistes fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GROUPE DE TRAVAILLEURS NORD-AFRICAINS&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; le gouvernement de Gaulle s'est d&#233;masqu&#233; comme le gouvernement des trusts affameurs, l'appel de nos camarades nord-africains ne doit pas rester vain. Car la haine terrible accumul&#233;e en Afrique du Nord serait alors utilis&#233;e par l'interm&#233;diaire de certains chefs indig&#232;nes vendus, contre vous-m&#234;mes, comme Franco a utilis&#233; les Marocains du Rif contre les travailleurs espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs nord-africains se trouvant en France sont livr&#233;s &#224; l'exploitation sans moyens de d&#233;fense et les capitalistes en profitent pour saper nos propres conditions &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; les dangers sont de nouveau tr&#232;s grands pour la classe ouvri&#232;re et que le fascisme rel&#232;ve la t&#234;te, l'union de tous les exploit&#233;s est indispensable &#224; notre vie et &#224; notre libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs fran&#231;ais et travailleurs coloniaux, unissons-nous contre les entreprises r&#233;actionnaires des capitalistes fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 Mars 1945 UNION COMMUNISTE (4&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/tract_032245.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/tract_032245.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Alg&#233;rie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de France et d'Alg&#233;rie devant l'imp&#233;rialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Un peuple qui en opprime un autre ne peut pas &#234;tre un peuple libre&#034; (Marx)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation g&#233;ographique de l'Alg&#233;rie, ainsi que ses ressources &#233;conomiques et militaires, lui conf&#232;rent, dans un prochain avenir, un r&#244;le de tout premier ordre. Sa situation strat&#233;gique &#8211; permettant la jonction des possessions de l'Afrique avec la m&#233;tropole &#8211; la chair &#224; canon qu'elle peut fournir et ses mati&#232;res premi&#232;res en font une pi&#232;ce ma&#238;tresse du syst&#232;me imp&#233;rialiste fran&#231;ais. Objet de conqu&#234;te, elle sera utilis&#233;e comme moyen de rapine dans le prochain carnage, tout comme en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez, et apr&#232;s lui Jouhaux, y ont entrepris r&#233;cemment des voyages de propagande. Dans le but d'y poursuivre une agitation sociale contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ? H&#233;las ! Les coryph&#233;es du &#034;Front populaire&#034; y sont all&#233;s pour &#034;resserrer l'union entre les peuples d'Alg&#233;rie et la M&#233;tropole&#034;. Apr&#232;s Daladier, parlant officiellement et ouvertement au nom de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, Thorez est parti faire &#339;uvre de dupeur, parler &#034;d&#233;mocratie&#034;, &#034;union contre le fascisme hitl&#233;rien&#034;, etc&#8230; Les compte-rendus de L'Humanit&#233; nous disent les nombreuses d&#233;l&#233;gations dont il re&#231;ut la visite, les cadeaux qui lui ont &#233;t&#233; offerts ; il re&#231;oit des fleurs en souriant ; des photos le montrent embrassant une indig&#232;ne, en un mot, tout se d&#233;roule selon la technique que le &#034;p&#232;re des peuples&#034; met en &#339;uvre en U.R.S.S. Pas un mot sur les revendications des travailleurs et des paysans alg&#233;riens. Il parle bien de la n&#233;cessit&#233; de s'unir &#034;contre le fascisme hitl&#233;rien&#034;, mais passe sous silence la lutte par des m&#233;thodes de classe contre le fascisme EN ALGERIE. Devant son auditoire, il d&#233;nonce le P.S.F. et le P.P.F. alg&#233;rien comme agents de l'&#233;tranger, mais bien s&#251;r pas comme ceux du capitalisme fran&#231;ais. La M&#233;tropole, voyez-vous, n'a que des repr&#233;sentants &#034;honn&#234;tes&#034; comme M. Thorez. Les fascistes qui s'en revendiquent, ce sont des agents camoufl&#233;s de Hitler. C'est ainsi qu'il r&#233;alise &#034;l'union fran&#231;aise&#034; ! Du moment que le P.S.F. et le P.P.F. sont des agents de Hitler, et non pas mercenaires de la m&#233;tropole, la lutte contre eux n'est plus la t&#226;che des masses travailleuses luttant contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, mais une simple t&#226;che de police. Thorez r&#233;clamera que celle-ci les emprisonne ; mais en attendant, ce sont ses propres meetings qui sont interdits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alg&#233;rie est appel&#233;e &#224; jouer un r&#244;le important, non seulement dans la prochaine guerre, mais elle peut devenir, elle devient une place d'armes du fascisme fran&#231;ais. Les Doriot, les de La Rocque ont profit&#233; de la politique du &#034;Front populaire&#034; &#224; l'&#233;gard des masses travailleuses pour augmenter leur influence. De m&#234;me que, sous la pression de Blum, les repr&#233;sentants du &#034;Front populaire&#034; espagnol ont refus&#233; d'accorder satisfaction aux Marocains &#8211; auxquels Franco a accord&#233; des droits d&#233;magogiquement, en paroles, pour pouvoir les utiliser contre les ouvriers espagnols &#8211; de m&#234;me les repr&#233;sentants du &#034;Front populaire&#034; au pouvoir en France ont donn&#233; les gages exig&#233;s par l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Ils ont permis un renforcement de la r&#233;pression contre les luttes surgies en Alg&#233;rie sous l'impulsion des gr&#232;ves fran&#231;aises. Lozeray ment quand il &#233;crit, dans L'Humanit&#233;, que les salaires des ouvriers indig&#232;nes ont augment&#233;. Ils ont diminu&#233; par suite de la d&#233;valuation. Le &#034;Front populaire&#034; a laiss&#233; les masses indig&#232;nes aussi d&#233;nu&#233;es de droits qu'avant 1936. Le droit d'adh&#233;sion aux organisations syndicales est tout bonnement th&#233;orique. Car celles-ci sont un moyen de d&#233;fense des ouvriers alg&#233;ro-europ&#233;ens qui, du point de vue &#233;conomique et politique, repr&#233;sentent une couche de beaucoup sup&#233;rieure &#224; l'&#233;l&#233;ment indig&#232;ne. Ce dernier, compos&#233; de travailleurs non qualifi&#233;s, &#8211; man&#339;uvres &#224; tout faire, travailleurs agricoles, mineurs &#8211; manque d'esprit corporatif et est dans l'impossibilit&#233; de payer une cotisation qui d&#233;passe compl&#232;tement ses possibilit&#233;s. Avant de pouvoir s'organiser dans une organisation commune avec les ouvriers alg&#233;ro-europ&#233;ens, les travailleurs indig&#232;nes doivent pr&#233;alablement conqu&#233;rir l'&#233;galit&#233; &#233;conomique et politique, s'&#233;lever &#224; leur niveau. Le moyen qui leur permettrait de l'atteindre, c'est une lutte autonome adapt&#233;e &#224; leur situation. Le Front populaire n'a rien apport&#233; aux masses travailleuses de l'Alg&#233;rie, il a aggrav&#233; leur situation. Voil&#224; la v&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux des masses indig&#232;nes, Blum &#034;repr&#233;sentait&#034; les ouvriers fran&#231;ais ; elles ont &#233;t&#233; habilement travaill&#233;es par le P.S.F. et le P.P.F. et dress&#233;es contre les ouvriers m&#233;tropolitains, tenus &#034;responsables&#034; de cette politique. Aujourd'hui le danger est grand de voir l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais s'en servir pour an&#233;antir les conqu&#234;tes politiques et sociales des ouvriers fran&#231;ais et instaurer le fascisme en France avec leur aide, comme Franco en Espagne avec celle des Marocains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution du B.P. du P.C.F. prise au retour de Thorez, donne un coup de chapeau &#224; la n&#233;cessit&#233; (du point de vue de la s&#233;curit&#233; fran&#231;aise bien entendu) &#034;de faire droit aux aspirations l&#233;gitimes d'ordre &#233;conomique, social, culturel, religieux et politique qu'exposent notamment les repr&#233;sentants des populations arabes et berb&#232;res musulmanes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelle est la mesure pratique envisag&#233;e ? La r&#233;solution rappelle &#034;que le projet Blum-Violette... n'est toujours pas vot&#233;&#034; ! La politique de collaboration de classe du Parti communiste fran&#231;ais, sur le plan colonial, remplace l'agitation parmi les masses exploit&#233;es et la lutte autonome de ces masses par des m&#233;thodes de classe contre l'imp&#233;rialisme, par des exhortations adress&#233;es &#224; la m&#233;tropole, c'est-&#224;-dire aux capitalistes fran&#231;ais. Le projet, en effet, n'a rien de dangereux pour la &#034;s&#233;curit&#233; fran&#231;aise&#034;. S'il r&#233;pond aux aspirations &#034;qu'exposent notamment les repr&#233;sentants&#034; (c'est-&#224;-dire les exploitants indig&#232;nes, il ne donne aucune satisfaction aux millions d'ouvriers et paysans d'Alg&#233;rie (approximativement 5.000.000). Donner des droits &#224; une infime minorit&#233; de 20.000 privil&#233;gi&#233;s indig&#232;nes, comme le pr&#233;voit le projet, c'est, en r&#233;alit&#233;, augmenter l'in&#233;galit&#233; et &#233;largir la base sociale de l'imp&#233;rialisme qui s'attacherait encore plus fortement cette mince couche et renforcerait par cons&#233;quent, sa domination : &#034;L'&#233;quilibre social recherch&#233; par l'imp&#233;rialisme consiste &#224; d&#233;placer certaines couches indig&#232;nes pour les lier &#224; l'&#233;l&#233;ment exploiteur d'une part, et d'autre part, &#224; diviser l'ensemble des masses travailleuses en deux couches distinctes&#034;. C'est ce que Thorez explique &#224; mots couverts &#224; l'adresse des dirigeants fran&#231;ais de ce pays, au meeting de Wagram, et il a l'impudence de donner l'exemple de l'U.R.S.S. !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la droite de la Chambre fran&#231;aise s'oppose &#224; l'adoption de ce projet, ce n'est pas parce qu'il repr&#233;sente une concession aux masses travailleuses, mais pour ne pas d&#233;placer le poids respectif des exploiteurs indig&#232;nes par rapport aux exploiteurs alg&#233;ro-europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez &#233;crit : &#034;A l'heure actuelle, l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur du mouvement ouvrier fran&#231;ais et du mouvement ouvrier international &#8211; prol&#233;taires allemands en premier lieu &#8211; c'est de faire &#233;chec partout au fascisme hitl&#233;rien, de lui refuser partout de nouveaux moyens de puissance et de domination. L'int&#233;r&#234;t non moins &#233;vident des peuples des colonies fran&#231;aises &#8211; consid&#233;r&#233; sous l'angle de leur &#233;mancipation nationale et sociale &#8211; c'est de rester unis &#224; un peuple chez lequel subsistent encore heureusement les notions de libert&#233; et d'&#233;galit&#233; des races.&#034; Voil&#224; par quel tour de passe-passe Thorez r&#233;concilie l'int&#233;r&#234;t social et national des peuples coloniaux et du prol&#233;tariat m&#233;tropolitain avec l'int&#233;r&#234;t de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Le traquenard, c'est sa soi-disant croisade anti-fasciste... command&#233;e par Gamelin-Franco, qui instaurera la dictature de son &#233;tat-major militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t social et national des peuples coloniaux est de s'&#233;manciper de l'imp&#233;rialisme. En tant que ph&#233;nom&#232;ne &#233;conomique, celui-ci asservit les peuples arri&#233;r&#233;s, les surexploite et les maintient dans l'esclavage. Ses m&#233;thodes de domination &#8211; sociales, militaires, politiques &#8211; d&#233;pendent des conditions concr&#232;tes du pays exploit&#233; et non pas des formes politiques de la M&#233;tropole. G&#233;n&#233;ralement, les exploiteurs s'appuient sur l'&#233;l&#233;ment social le plus arri&#233;r&#233;, comme c'est le cas pour l'Alg&#233;rie. La domination de la &#034;d&#233;mocratique&#034; Angleterre aux Indes ou sur les peuples arabes s'appuie sur les f&#233;odaux. L'&#233;pop&#233;e sanglante que repr&#233;sentent les conqu&#234;tes coloniales de l'Angleterre et de la France en premier lieu, sont les plus noires des temps modernes. Politiquement, les masses travailleuses n'ont aucun droit, &#224; quelque imp&#233;rialisme qu'elles appartiennent. Leur pire ennemi, c'est leur propre imp&#233;rialisme, en l'occurrence l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux ouvriers fran&#231;ais, leur int&#233;r&#234;t le plus &#233;vident, le premier est celui-ci : ne pas fournir &#224; leurs propres capitalistes &#8211; fran&#231;ais &#8211; les moyens pour r&#233;primer leurs luttes. L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais tire pr&#233;cis&#233;ment le plus clair de sa force de l'exploitation coloniale. Le soutien des luttes des opprim&#233;s de l'Empire fran&#231;ais contre la M&#233;tropole par les ouvriers fran&#231;ais c'est la condition m&#234;me de leur victoire : &#034;La victoire de la classe ouvri&#232;re dans les pays avanc&#233;s et la lib&#233;ration des peuples opprim&#233;s de l'imp&#233;rialisme sont impossibles sans la formation et la consolidation d'un front r&#233;volutionnaire commun&#034;. (Th&#232;ses de L&#233;nine sur la question nationale et coloniale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on examine de plus pr&#232;s le &#034;raisonnement&#034; de Thorez, on constate qu'en r&#233;alit&#233; il nie la possibilit&#233; et le droit des peuples opprim&#233;s de d&#233;terminer librement leur sort puisqu'il feint de [ligne manquante] &#8230;mination de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ou domination de l'imp&#233;rialisme hitl&#233;rien. Mais le prol&#233;tariat et l'avant-garde ne doivent pas oublier la le&#231;on r&#233;cente de l'Espagne &#8211; si ch&#232;rement pay&#233;e &#8211; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour emp&#234;cher les indig&#232;nes &#8211; et surtout ceux de l'Afrique du Nord &#8211; de devenir les instruments de la r&#233;pression capitaliste contre eux, les ouvriers fran&#231;ais doivent montrer aux peuples coloniaux leur v&#233;ritable figure, c'est-&#224;-dire celle d'opprim&#233;s luttant contre l'imp&#233;rialisme et l'exploitation coloniale et non pas celle de soutien des exploiteurs. Le prol&#233;tariat fran&#231;ais doit aider tout d'abord par tous les moyens &#224; la cr&#233;ation de partis r&#233;volutionnaires dans les colonies, ayant pour t&#226;che la lutte de lib&#233;ration sociale et nationale. Ces partis doivent conserver leur autonomie vis-&#224;-vis du parti r&#233;volutionnaire de la m&#233;tropole, car ils luttent dans des conditions diff&#233;rentes &#8211; et aussi pour que la trahison des &#034;chefs&#034; m&#233;tropolitains n'entra&#238;ne pas automatiquement la subordination de ces partis &#224; l'imp&#233;rialisme &#8211; mais ils doivent rester en liaison &#233;troite avec celui-ci sur le plan de la lutte d'ensemble contre l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez pr&#233;sente toute lutte pour la lib&#233;ration sociale et nationale des colonies comme l'&#339;uvre de Hitler. Il sp&#233;cule sur les sentiments de haine que les ouvriers fran&#231;ais &#233;prouvent contre le bourreau des ouvriers allemands, pour les encha&#238;ner au char de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Chez celui-ci &#034;subsistent encore&#034;, para&#238;t-il, des notions d&#233;mocratiques, c'est-&#224;-dire qu'il trouve avantageux de se servir encore de ses laquais &#034;d&#233;mocrates&#034; &#8211; Blum, Thorez, Jouhaux &#8211; avant d'utiliser exclusivement Doriot ou de La Rocque. Antifasciste ? Non. Agent de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'imp&#233;rialisme qui est le fait dominant de notre &#233;poque, c'est lui la principale force de stagnation et de mis&#232;re, de fascisme et de guerre. En soutenant les luttes de coloniaux contre celui-ci, le prol&#233;tariat fran&#231;ais aura le plus puissant alli&#233; &#224; sa propre lutte en la personne des 60.000.000 d'esclaves de l'Empire fran&#231;ais, dont Thorez est devenu un des principaux garde-chiourme. Les Etats-Unis socialistes du Monde sauveront la civilisation de la barbarie qui la menace et jetteront les bases d'une humanit&#233; meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3657&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3657&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; La question coloniale et la politique du Parti communiste fran&#231;ais (1944-47) &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
de Gr&#233;goire Madjarian :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 8 mai 1945, dans toute l'Alg&#233;rie, devait &#234;tre c&#233;l&#233;br&#233; l'armistice. Des c&#233;r&#233;monies officielles avaient &#233;t&#233; pr&#233;vues. Un mot d'ordre clandestin du PPA avait circul&#233; : &#171; Le jour de la victoire, manifestons pour exiger, apr&#232;s le sacrifice et la conduite h&#233;ro&#239;que des Alg&#233;riens dans l'arm&#233;e fran&#231;aise, un peu de d&#233;mocratie et de justice ! &#187; Une fraction l&#233;galiste des Amis du Manifeste, croyant &#233;viter ainsi l'intervention polici&#232;re, envoya une d&#233;l&#233;gation demander au gouverneur g&#233;n&#233;ral l'autorisation de s'exprimer. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s ne sortirent pas de la r&#233;sidence g&#233;n&#233;rale : ils avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et les autorit&#233;s pr&#233;venues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de l'armistice, eurent lieu dans plusieurs villes des manifestations d'ampleur et de forme diverses. A B&#244;ne et Didjelli, les manifestations se joignirent au cort&#232;ge officiel et d&#233;ploy&#232;rent leurs propres banderoles. Des d&#233;fil&#233;s analogues furent organis&#233;s &#224; Batna, Biskra, Kenchela, Blida, Berrouaghia et Bel-Abb&#232;s. A Sa&#239;da, la mairie fut incendi&#233;e. A Alger, les fid&#232;les n'assist&#232;rent pas &#224; la c&#233;r&#233;monie officielle de la Grande Mosqu&#233;e. Les incidents les plus graves eurent lieu &#224; S&#233;tif et Guelma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Guelma, peu de musulmans avaient assist&#233; aux c&#233;r&#233;monies officielles : les comit&#233;s des AML organisait sa propre manifestation avec des mots d'ordre tels que &#171; Vive la d&#233;mocratie ! &#187;, &#171; A bas l'imp&#233;rialisme ! &#187;, &#171; Vive l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante ! &#187;. La police tira sur la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A S&#233;tif, un cort&#232;ge de quinze mille personnes se dirigeait vers le monument aux morts afin d'y d&#233;poser une gerbe, arborant pour la premi&#232;re fois le drapeau alg&#233;rien vert et blanc. Les manifestants brandissaient des pancartes et des banderoles : &#171; D&#233;mocratie pour tous ! &#187;, &#171; Lib&#233;rez Messali ! &#187;, &#171; Lib&#233;rez nos leaders emprisonn&#233;s ! &#187;, &#171; Vive la victoire alli&#233;e ! &#187;, &#171; Vive l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante ! &#187;, &#171; A bas le colonialisme ! &#187;, &#171; Pour une Constituante alg&#233;rienne souveraine ! &#187;. La police ouvrit le feu &#224; la suite d'un ordre du sous-pr&#233;fet de retirer pancartes et banderoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces manifestations furent le point de d&#233;part d'un soul&#232;vement qui s'&#233;tendit &#224; la Kabylie des Babords, se propagea dans une grande partie de la r&#233;gion du Constantinois. Des messagers allaient dans les campagnes, les villages les plus recul&#233;s, pour faire le r&#233;cit des manifestations de S&#233;tif et Guelma et de leur r&#233;pression. Les responsables locaux des AML organisaient leurs militants et dirigeaient des attaques contre les b&#226;timents de l'autorit&#233; fran&#231;aise : la mairie, la poste, la recette des contributions, la gendarmerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centres de A&#239;n-Abessa, Sill&#232;gue, le bordj Taktount Bouga (La Fayette), ainsi que Kerrata furent encercl&#233;s. Les centres de B&#233;ni Aziz (Chevreuil) assi&#233;g&#233; aux cris de &#171; Djihad ! Dkihad ! &#187; fut enti&#232;rement incendi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des groupes arm&#233;s venus des douars voisins assaillirent Guelma, le 9 mai, pour venger leurs morts, et le car de Bougie &#224; S&#233;tif fut attaqu&#233;. Le 10 mai, le village d'Aokas (commune morte d'oued Marsa), la gendarmerie de Tesara, le bordj et la poste de Fedj M'zala furent encercl&#233;s. Dans la r&#233;gion d'oued Marsa, les communications t&#233;l&#233;phoniques furent coup&#233;es, des gardes forestiers tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion des Babors, au nord de S&#233;tif, l'&#233;meute prit &#171; l'allure d'une v&#233;ritable dissidence &#187; d'apr&#232;s le rapport du g&#233;n&#233;ral de gendarmerie. Les troupes &#233;taient &#171; accueillies dans certains douars &#224; coups de fusils et m&#234;me d'armes automatiques &#187;. Des rassemblements d'hommes arm&#233;s &#233;taient signal&#233;s &#224; El Arrouche, Azzaba, oued Amizour, Smendou, Chelghoun-La&#239;d, El Milia, ouest-Z&#233;nati. Entre Tizi-Ouzou et Th&#233;nia, les fils t&#233;l&#233;phoniques furent coup&#233;s. Des d&#233;p&#244;ts d'armes clandestins furent signal&#233;s &#224; T&#233;bessa.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des bruits circulaient &#224; propos d'un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral, bruits qui n'&#233;taient, nous le verrons plus loin, pas sans fondement. Plusieurs groupes arm&#233;s de paysans s'attaqu&#232;rent aux villages et aux centres de colonisation. Fermes, colons, repr&#233;sentants de l'ordre colonial furent les cibles de la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos des &#233;v&#233;nements de mai 1945 et afin de d&#233;gager leur signification, il est n&#233;cessaire de poser plusieurs questions distinctes : de quel ordre sont les facteurs qui ont d&#233;termin&#233; le soul&#232;vement du Constantinois, quelles sont les causes imm&#233;diates du d&#233;clenchement de l'insurrection, y a-t-il eu pr&#233;paration d'une insurrection, y a-t-il eu volont&#233; insurrectionnelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, &#224; c&#244;t&#233; de la th&#232;se d'un complot fasciste qui fut, nous le verrons plus loin, la principale th&#232;se officielle et qui ne repose sur aucun fondement, vint s'adjoindre celle d'une r&#233;volte de la faim. Bien que la situation des musulmans, et en particulier celle des fellahs, f&#251;t dramatique, de nombreux &#233;l&#233;ments contredisent cette derni&#232;re th&#232;se. Pendant les &#233;v&#233;nements, &#171; Le Monde &#187; remarquait : &#171; Au cours de ces journ&#233;es sanglantes, ni les silos remplis de bl&#233; ni les entrep&#244;ts de denr&#233;es ne furent pill&#233;s. &#171; En 1948, B&#233;nazet &#233;crivait : &#171; Non seulement les manifestants des cort&#232;ges n'ont jamais pouss&#233; des clameurs ou arbor&#233; des pancartes contre le ravitaillement &#187; mais les silos de la r&#233;gion &#171; remplis de grains et laiss&#233;s sans protection, ne souffrirent nulle atteinte. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le d&#233;clenchement des &#233;v&#233;nements, l'analyse de Mohamed Boudiaf et le t&#233;moignage qu'il a recueilli, attribuant un r&#244;le d&#233;terminant aux provocations polici&#232;res, semblent faire le point sur cette question : &#171; L'effervescence populaire &#233;tait &#224; son comble, les autorit&#233;s coloniales, d&#233;cid&#233;es &#224; reprendre la situation en mains, cherchaient l'occasion de frapper un grand coup (..) J'ai eu plus tard l'occasion d'en parler avec le responsable du parti (le PPA) de S&#233;tif, Ma&#239;za, il n'avait aucune directive et ne savait quoi r&#233;pondre aux militants qui vinrent lui en demander apr&#232;s le d&#233;but des incidents dans la r&#233;gion. Ce sont les provocations qui ont mis le feu aux poudres. Le sc&#233;nario fut le m&#234;me un peu partout. D&#232;s que les drapeaux &#233;taient sortis, la police tirait sur le porteur. La foule r&#233;agissait. &#187; (El Jarida &#8211; novembre-d&#233;cembre 1974)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Par contre, apr&#232;s le 8 mai, des responsables du Constantinois demand&#232;rent aux dirigeants du PPA d'appeler &#224; l'insurrection g&#233;n&#233;rale pour soulager les populations de la r&#233;gion qui supportaient, seules, le poids de la r&#233;pression, mais celle-ci n'eut pas lieu, &#224; cause notamment des tergiversations de la direction du PPA. (&#8230;) Il appara&#238;t, comme l'&#233;crit Mahfoud Kaddache dans &#171; Il y a trente ans &#187;, que &#171; les &#233;v&#233;nements de S&#233;tif et Guelma furent consid&#233;r&#233;s comme le signal de la r&#233;volution, de la guerre lib&#233;ratrice. &#187; Ainsi, les heurts et les fusillades qui se produisirent dans les deux villes en question &#8211; et ce dernier &#233;l&#233;ment seul permet de comprendre l'embrasement du Constantinois &#8211; ne trouv&#232;rent un &#233;cho que parce qu'il existait une volont&#233; insurrectionnelle dans les masses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dirig&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Duval, la r&#233;pression du soul&#232;vement du Constantinois fut d'une sauvagerie indescriptible. (&#8230;) dans un message &#224; l'ONU, Messali Hadj dira des &#233;v&#233;nements du Constantinois qu'ils &#171; ont co&#251;t&#233; plus de quarante mille victimes au peuple alg&#233;rien. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ces massacres furent-ils justifi&#233;s par les autorit&#233;s et accept&#233;s par l'opinion de la m&#233;tropole ? (&#8230;) la version officielle du gouvernement de l'Alg&#233;rie, version qui fut &#233;galement celle des trois partis politiques au pouvoir sous la t&#234;te gaulliste (MRP, SFIO et PCF) &#233;tait la suivante : le soul&#232;vement du Constantinois &#233;tait un &#171; complot fasciste &#187; accompli par des &#171; agents hitl&#233;riens &#187;. L'arm&#233;e n'&#233;tait d&#233;p&#234;ch&#233;e que pour &#171; poursuivre l'action patriotique de nettoyage &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 mai, &#171; L'Humanit&#233; &#187; relatait les &#233;v&#233;nements du 8 en rapportant la d&#233;claration du gouvernement g&#233;n&#233;ral : &#171; Des &#233;l&#233;ments troubles d'inspiration hitl&#233;rienne se sont livr&#233;s &#224; S&#233;tif &#224; une agression arm&#233;e contre la population qui f&#234;tait la capitulation hitl&#233;rienne. La police, aid&#233;e de l'arm&#233;e, maintient l'ordre. &#187; En publiant sans r&#233;serves ces propos sous le titre : &#171; A S&#233;tif, attentat fasciste le jour de la victoire &#187;, le quotidien du PCF accr&#233;ditait la version de l'administration coloniale. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Le 12 mai,) le Comit&#233; central du PCF, prenant une position sans nuances, recommandait explicitement une r&#233;pression rapide et impitoyable. Il publiait imm&#233;diatement la r&#233;volution suivante : &#171; Il faut tout de suite ch&#226;tier impitoyablement et rapidement les organisateurs de la r&#233;volte et les hommes de main qui ont dirig&#233; l'&#233;meute. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une distance de 150 kilom&#232;tres, de S&#233;tif &#224; la mer, la loi martiale fut proclam&#233;e. La troupe re&#231;ut l'ordre de tirer sans sommation. &#171; sur le burnous &#187;. Tout arabe ne portant pas le brassard r&#233;glementaire &#233;tait abattu (t&#233;moignage de Charles-Andr&#233; Julien dans &#171; L'Afrique du Nord &#187;). Les l&#233;gionnaires furent autoris&#233;s &#224; massacrer toute la population arabe de S&#233;tif et m&#234;me ailleurs, o&#249; aucune manifestation n'avait eu lieu. &lt;br class='autobr' /&gt;
A Villard, pendant deux jours, une batterie de 75 bombarda les douars environnants. A Saint-Armand, les soldats eurent pour mission de raser tous les villages se trouvant &#224; 15 kilom&#232;tres des centres de colonisation. P&#233;rigotville et Chevreuil furent enti&#232;rement d&#233;truits.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'aviation bombardait et mitraillait &#224; l'int&#233;rieur, tandis que les navires de guerre canonnaient des villages c&#244;tiers. D'apr&#232;s ce que reconnut le g&#233;n&#233;ral Weiss, il y eut, en quinze jours, vingt actions a&#233;riennes contre la population. Les avions d&#233;truisirent 44 mechtas (groupe de maisons pouvant aller de 50 &#224; 1000 habitants). La marine intervint devant Bougie et &#224; Djijeli. Le croiseur Dugay-Trouin, venu de B&#244;ne, fut employ&#233; au bombardement des environs de Kerrata. Le douar Tararest fut ras&#233;. Des douars entiers disparurent. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Guelma, la r&#233;action visc&#233;rale de la population europ&#233;enne, sous l'initiative du sous-pr&#233;fet, mena &#224; l'organisation d'une milice. Le comit&#233; de vigilance, qui recrutait et contr&#244;lait la milice, comportait une forte majorit&#233; de combattants de la &#171; France combattante &#187;, y compris deux responsables du Parti communiste alg&#233;rien, ainsi que le secr&#233;taire de l'Union locale de la CGT. Dans ce qui fut l'une des op&#233;rations de repr&#233;sailles les plus meurtri&#232;res de mai 1945, les miliciens massacr&#232;rent entre 500 et 700 &#171; musulmans &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement syndical de la m&#233;tropole, par l'interm&#233;diaire de son principal repr&#233;sentant, la CGT, adopte des positions voisines du PCF (&#8230;) afin de &#171; souligner l'action courageuse et magnifique des organisations syndicales d'Alg&#233;rie pour emp&#234;cher que le mouvement ne s'&#233;tende &#224; d'autres r&#233;gions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la situation &#233;tait r&#233;volutionnaire en Alg&#233;rie &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale, en Alg&#233;rie comme sur une bonne partie de la plan&#232;te, l'inexistence de partis r&#233;volutionnaires &#233;tait aussi tr&#232;s g&#233;n&#233;rale et d&#233;truisait l'essentiel des possibilit&#233;s de la situation. La r&#233;volte a &#233;clat&#233; en 1945 en Alg&#233;rie, alors que les travailleurs et les masses populaires ne disposent d'aucune organisation favorable &#224; une r&#233;volution sociale renversant le colonialisme. Le plus important parti dans les masses populaires, alg&#233;riennes comme pied-noires, est le Parti Communiste Alg&#233;rien. Alors que le Parti Communiste Fran&#231;ais, qui participe au gouvernement, soutient le colonialisme [1] et participe [2] &#224; la r&#233;pression de la r&#233;volte, le PCA d&#233;clare : &#171; Fr&#232;res musulmans, le peuple de France lutte contre tes ennemis : le fascisme et les trusts qui oppriment l'Alg&#233;rie en m&#234;me temps qu'ils trahissent la France (&#8230;) dans cette lutte, une France nouvelle se cr&#233;e, qui n'aura rien de commun avec celle d'hier. (&#8230;) Ton int&#233;r&#234;t propre est donc d'aider cette France nouvelle &#224; se cr&#233;er, &#224; se forger, car c'est le chemin de salut pour toi. &#187; (extrait de &#171; Le PCA au service de la population d'Alg&#233;rie &#187;, rapport de Amar Ouzegane &#224; la conf&#233;rence centrale du PCA &#224; Alger le 23 septembre 1944). Il va d&#233;noncer la lutte d'ind&#233;pendance comme &#171; fasciste &#187;. Le PPA, parti nationaliste de Messali Hadj, qui avait des origines communistes (L'Etoile Nord-africaine), choisit tactiquement de jouer le jeu des &#233;lections dans le cadre colonial, comme l'avait fait l'Association du Manifeste et de la Libert&#233; de Ferhat Abbas. M&#234;me sa frange paramilitaire, l'Organisation Sp&#233;ciale, dirig&#233;e par Ben Bella et A&#239;t Ahmed, plus port&#233;e sur l'action directe comme le montrera son &#233;volution en FLN, affirme qu'il ne fallait pas faire la r&#233;volution sociale, pas de soul&#232;vement en masse, en 1945. Le rapport de l'OS en 1947 sur l'analyse des &#233;v&#233;nements de 1945 dans le Constantinois et dans toute l'Alg&#233;rie, dont voici quelques extraits, est &#233;difiant sur le caract&#232;re contre-r&#233;volutionnaire de la petite bourgeoisie nationaliste radicale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport de l'Organisation Sp&#233;ciale (formation paramilitaire clandestine du PPA) pour le Comit&#233; Central &#233;largi de d&#233;cembre 1948 du Parti du peuple alg&#233;rien PPA-MTLD (Mouvement pour le triomphe des libert&#233;s d&#233;mocratiques) et adopt&#233; par celui-ci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous nous proclamons un parti r&#233;volutionnaire. Le mot r&#233;volutionnaire est dans les propos de nos militants et de nos responsables. Notre vocabulaire est domin&#233; par des formules &#224; l'emporte-pi&#232;ce, extr&#233;mistes, magiques telles que &#171; le probl&#232;me alg&#233;rien est un probl&#232;me de force &#187;, &#171; nous sommes pour l'action, contre les discours &#187; ; en attendant, nous ne cessons de discourir. (&#8230;) Aujourd'hui que l'&#233;lectoralisme a fait faillite, le regard doit se porter r&#233;solument vers les v&#233;ritables objectifs. Notre but est de mobiliser toutes les couches de la population alg&#233;rienne, d'entra&#238;ner m&#234;me les &#171; m&#233;contents &#187;, les &#171; h&#233;sitants &#187;, m&#234;me ceux qui sont contre les &#171; in&#233;galit&#233;s choquantes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des id&#233;es fumeuses, voire saugrenues, bouchent notre conscience. En parlant de soul&#232;vement, certains y voient une forme d'insurrection &#171; g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#187;, &#224; l'exemple de celle de 1871, &#233;tendue &#224; l'ensemble du territoire national. (&#8230;) Le but de ce rapport est de pr&#233;ciser la donn&#233;e principale de la r&#233;volution : la ou les formes de lutte que doit rev&#234;tir la lutte de lib&#233;ration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelle forme prendra la lutte de lib&#233;ration ? La lutte de lib&#233;ration ne sera pas un soul&#232;vement en masse. L'id&#233;e de soul&#232;vement en masse est en effet courante. L'homme de la rue pense que le peuple alg&#233;rien peut facilement d&#233;truire le colonialisme gr&#226;ce &#224; une sup&#233;riorit&#233; num&#233;rique : dix contre un. Il suffira de g&#233;n&#233;raliser &#224; l'Alg&#233;rie enti&#232;re un soul&#232;vement populaire. (&#8230;) En r&#233;alit&#233;, l'id&#233;e de &#171; soul&#232;vement en masse &#187; se fonde sur des souvenirs historiques, au niveau de l'opinion populaire. Les paysans n'oublient pas la grande insurrection de 1871. De p&#232;re en fils ils ont h&#233;rit&#233; le regret visc&#233;ral que cette insurrection fut circonscrite &#224; la Kabylie, &#224; quelques r&#233;gions de l'Alg&#233;rois et du Constantinois. Ils peuvent croire que cette insurrection aurait r&#233;ussi si elle avait &#233;clat&#233; partout. Il faut pr&#233;ciser tout de suite que cette conception n'est pas partag&#233;e par les populations de Kherrata qui ont connu le massacre de mai 1945, ni par celles de Kabylie qui depuis cette date connaissent les r&#233;pressions les plus dures. Les &#233;v&#233;nements qui ont suivi &#171; l'Ordre du 23 mai 1945 &#187; indiquent &#224; quelles aventures tragiques peuvent conduire des id&#233;es archa&#239;ques. (&#8230;) L'insurrection de 1871 a &#233;chou&#233;, moins parce qu'elle &#233;tait g&#233;ographiquement limit&#233;e qu'en raison de son caract&#232;re spontan&#233;, improvis&#233; et des conceptions militaires erron&#233;es de ses dirigeants. (&#8230;) Le soul&#232;vement en masse est une forme de lutte anachronique. La notion de sup&#233;riorit&#233; de la multitude, nous en avons fait l'exp&#233;rience, a d&#233;j&#224; bouch&#233; la conscience que devait avoir nos dirigeants des bouleversements engendr&#233;s par l'armement moderne dans l'art de se battre pour se lib&#233;rer. Aux yeux des militants qui ont &#233;prouv&#233; directement les cons&#233;quences de &#171; l'Ordre et du Contre-Ordre d'insurrection &#187;, l'histoire du &#171; cheval blanc &#187; et du drapeau vert &#187; est plus qu'une anecdote humoristique. (Note : le PPA a donn&#233; un ordre d'insurrection, puis l'a d&#233;command&#233;, mais le contrordre serait arriv&#233; trop tard en Kabylie et &#224; Sa&#239;da). (&#8230;) L'exp&#233;rience du soul&#232;vement avort&#233; du 23 mai 1945 est plus proche de nous que l'&#233;chec de la r&#233;volution de 1905, ou la d&#233;b&#226;cle des patriotes irlandais lors de l'insurrection de P&#226;ques 1916 et du terrorisme qui l'a suivit. De plus, c'est notre propre exp&#233;rience ; elle a profond&#233;ment marqu&#233; les militants qui l'ont v&#233;cue et qui en ont tir&#233; les le&#231;ons pour eux-m&#234;mes et pour le parti. En &#233;t&#233; 1945, le district de la Grande Kabylie re&#231;oit l'ordre d'abattre les candidats aux &#233;lections cantonales. Les responsables du district refusent d'ex&#233;cuter cet ordre. (&#8230;) Nous pouvons tuer et prendre le maquis, si le parti a pr&#233;vu la djihad comme &#233;tape suivante. (&#8230;) La forme de lutte individuelle conduit &#224; nous mettre en position de moindre efficacit&#233; et de moindre r&#233;sistance. (&#8230;) par contre, le terrorisme sous sa forme d&#233;fensive ou d'appoint, c'est-&#224;-dire le contre-terrorisme, peut jouer un r&#244;le dans le cadre de la guerre populaire, comme en Indochine. (&#8230;) La guerre est un instrument de la politique. Les formes du combat lib&#233;rateur doivent se mesurer &#224; l'aune de la politique. (&#8230;) La lutte de lib&#233;ration sera une v&#233;ritable guerre r&#233;volutionnaire. (&#8230;) La lutte de lib&#233;ration de l'humanit&#233; alg&#233;rienne sera donc une guerre. Elle assumera les proportions d'un conflit avec la puissance coloniale avec tout son potentiel militaire, &#233;conomique et diplomatique, donc politique. (&#8230;) Aussi la guerre r&#233;volutionnaire est la seule forme de lutte ad&#233;quate aux conditions qui pr&#233;valent dans notre pays. C'est la guerre populaire. Il importe de pr&#233;ciser que nous n'entendons pas par l&#224; les lev&#233;es en masse. Par guerre populaire, nous entendons guerre des partisans men&#233;e par les avant-gardes militairement organis&#233;es et solidement encadr&#233;es. (&#8230;) Et d'abord posons-nous la question : quels sont les principes directeurs qu'il faut r&#233;unir pour assurer la victoire de cette guerre de lib&#233;ration ? Sur quels &#233;l&#233;ments doit se baser notre strat&#233;gie pour &#234;tre victorieuse ? (&#8230;) Les principes directeurs de notre strat&#233;gie sont l'avantage du terrain, la gu&#233;rilla comme forme de guerre principale, la d&#233;fense strat&#233;gique et non l'offensive, la formation de bases strat&#233;giques (&#8230;). Le principe directeur se rapportant &#224; l'unit&#233; d'action avec le Maroc et la Tunisie se situe &#224; la charni&#232;re des probl&#232;mes de strat&#233;gie int&#233;rieure et de strat&#233;gie ext&#233;rieure. Nous pr&#233;f&#233;rons les situer &#224; cette fronti&#232;re. (&#8230;) Cependant, l'Alg&#233;rie se condamnerait &#224; perdre d'avantage, c'est-&#224;-dire tous les autres atouts, si elle faisait une condition sine qua non d'un dispositif maghr&#233;bin pr&#233;alable. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les th&#232;ses assimilationnistes sont bel et bien enterr&#233;es. M&#234;me le Parti communiste alg&#233;rien semble se soumettre devant le puissant courant qui porte nos masses vers la lib&#233;ration. Il court derri&#232;re le peuple dont il pr&#233;tend &#234;tre l'avant-garde. Il va jusqu'&#224; sacrifier comme bouc &#233;missaire, Amar Ouzegane, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral (note : il est pr&#233;sent&#233; comme responsable du soutien du PCA au massacre colonialiste fran&#231;ais de S&#233;tif et du Constantinois, d&#233;cision du PCA et du PCF, qui r&#233;sulte de la participation du PCF au gouvernement fran&#231;ais et de l'alliance contre-r&#233;volutionnaire du stalinisme et de l'imp&#233;rialisme &#224; la fin de la guerre). (&#8230;) Cependant, depuis le truquage &#233;hont&#233; des &#233;lections d'avril dernier, au vu de la r&#233;pression qui a pr&#233;c&#233;d&#233; et suivi ces truquages, le peuple alg&#233;rien dans son ensemble a d&#233;couvert le caract&#232;re d&#233;risoire et vain du r&#233;formisme, bas&#233; sur la l&#233;galit&#233; coloniale. (&#8230;) le patriotisme rural a triomph&#233; dans l'opinion avec la duret&#233; qui caract&#233;rise l'oppression subie par les masses rurales : &#171; Ne nous appelez plus aux urnes, donnez nous des armes &#187;. (&#8230;) Ici apparaissent les dangereuses faiblesses de l'Organisation Sp&#233;ciale OS. Nous manquons d'armes et d'argent. (&#8230;) Le probl&#232;me de l'armement doit &#234;tre le souci majeur du parti. (&#8230;) Un appareil &#233;metteur-r&#233;cepteur nous a co&#251;t&#233; 100.000 francs, l'&#233;quivalent du budget de fonctionnement mensuel allou&#233; &#224; l'organisation. Aucun sou n'a &#233;t&#233; consacr&#233; par le parti &#224; l'achat d'armements. (&#8230;) Nous disposons aujourd'hui de trois organisations toutes structur&#233;es &#224; l'&#233;chelle nationale. Il y a le MTLD, appareil l&#233;gal et public. Il y a l'OS, organisation paramilitaire, ultra clandestine. Il y a le PPA, appareil semi clandestin ou pr&#233;tendu tel. Ces trois structures correspondent au sch&#233;ma d&#233;cid&#233; par le Congr&#232;s de 1947. (&#8230;) Dans des localit&#233;s, les responsables de l'OS sont &#224; la fois dirigeants des sections locales du MTLD, du PPA et conseillers municipaux. N'ayant pu &#234;tre remplac&#233;s &#224; leurs &#171; fonctions &#187; l&#233;gales ou semi l&#233;gales, ces responsables n'ont pas pu se conformer aux directives de l'&#233;tat-major de l'OS qui leur &#171; fait obligation de se faire oublier &#187; des autorit&#233;s &#8230; des polices et des masses. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Puisqu'on nous parle souvent de &#171; plan de s&#233;curit&#233; &#187;, il n'en existe pas d'autre que le maquis. Les militants sont aujourd'hui connus de toute fa&#231;on. Ils ne peuvent pas &#233;chapper aux coups de filet par &#171; la simple vigilance &#187;. Ils doivent pouvoir continuer leurs activit&#233;s au sein des masses en s'int&#233;grant clandestinement &#224; elles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Perspectives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette guerre de lib&#233;ration mettra aux prises, nous n'aurons de cesse de le rappeler, une puissance mondiale &#224; une nation d&#233;sarm&#233;e qui de surcro&#238;t a &#233;t&#233; soumise &#224; une politique de d&#233;personnalisation et d'asservissement pendant plus d'un si&#232;cle. (&#8230;) La guerre populaire de lib&#233;ration nous donne des atouts. D'abord la force morale d'une cause juste (&#8230;) Les vertus guerri&#232;res de notre peuple, le m&#233;pris du danger, la force de caract&#232;re et d'esprit, la pers&#233;v&#233;rance trouveront dans l'Islam bien exploit&#233; un &#233;l&#233;ment de mobilisation et de soutien dans les vicissitudes, les revers, le deuil et les &#171; hasards &#187; de la guerre. Ensuite, l'Alg&#233;rie c'est notre pays. Le peuple alg&#233;rien conna&#238;t ses moindres recoins. Il fait corps avec le relief. La guerre de partisans, avec ses fonctions de commandos dans les villes, ses actions de sabotage g&#233;n&#233;ralis&#233;es, nous permettra de tirer le maximum de ces atouts, c'est-&#224;-dire de durer et d'atteindre les objectifs de la d&#233;fense strat&#233;gique. (&#8230;.) Il s'agit de combler nos lacunes et de travailler en profondeur nos masses rurales. Le patriotisme r&#233;volutionnaire est dans les campagnes ; la paysannerie pauvre, la paysannerie des khammes, les petits paysans constitueront l'&#233;l&#233;ment moteur de la guerre de lib&#233;ration. Leur temp&#233;rament, l'amour patriotique qui s'aiguise dans le nif (note : sentiment de l'honneur) et la &#171; convoitise de la gloire &#171; , leur d&#233;vouement fanatique, gage de fermet&#233; et d'obstination, toutes qualit&#233;s et force d'&#226;me qui les ont rendu jadis et les rendront encore ma&#238;tres dans l'art de la gu&#233;rilla. (&#8230;) la nature m&#234;me chez nous de l'oppression coloniale de m&#234;me que la r&#233;pression sous toutes ses formes, &#233;conomique, polici&#232;re, terroriste, administrative, ont atteint des paliers exasp&#233;rants. D'o&#249; la v&#233;h&#233;mence du m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral. Aujourd'hui, la conscience r&#233;volutionnaire consiste &#224; exploiter l'impasse l&#233;galiste et les fiascos r&#233;formistes afin de familiariser les masses avec l'id&#233;e d'une v&#233;ritable guerre et faire ainsi du recours &#224; la violence non pas un geste de d&#233;sespoir, de col&#232;re et de r&#233;volte, mais un geste r&#233;volutionnaire qui doit mener &#224; la victoire. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mot d'ordre &#171; La terre &#224; ceux qui la lib&#232;rent &#187; qui correspond aux aspirations de nos masses rurales aura un effet multiplicateur, c'est-&#224;-dire durablement mobilisateur. Le slogan qu&#233;mandeur &#171; La terre &#224; ceux qui la travaillent &#187; est sans effet (&#8230;) Il importe de b&#233;tonner notre implantation rurale. Il faudra tirer avantage de l'influence des notabilit&#233;s acquises au mouvement pour structurer les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous voulons trois choses : des armes ! encore des armes ! toujours des armes !&lt;br class='autobr' /&gt;
La strat&#233;gie du harc&#232;lement qui suppose des s&#233;ries de petites attaques ne peut remplir son objet sans armes individuelles, pistolets mitrailleurs, fusils mitrailleurs, mitrailleuses l&#233;g&#232;res, grenades offensives, grenades anti-chars. La strat&#233;gie de d&#233;sorganisation de l'infrastructure coloniale, de dislocation &#233;conomique et de destruction des voies de communication, suppose &#233;galement les techniques d'explosifs les plus appropri&#233;es. Il est indispensable d'avoir dans chaque r&#233;gion des stocks de guerre. (&#8230;) Malgr&#233; les sacrifices des masses et la g&#233;n&#233;rosit&#233; des militants, le parti ne pourra au mieux que se procurer les ressources de subsistance &#224; l'int&#233;rieur du pays. C'est &#224; l'ext&#233;rieur que nous devons nous approvisionner. (&#8230;) Une &#233;quipe doit &#234;tre charg&#233;e de trouver les armes et les finances qu'exige la conjoncture. (&#8230;) Certains nous consentiraient un emprunt par solidarit&#233; sentimentale, anti-coloniale ou par communion de lutte contre l'imp&#233;rialisme ; l'int&#233;r&#234;t, le calcul n'y est peut-&#234;tre pas totalement absent. Ils pourraient escompter des avantages politiques &#224; plus ou moins long terme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La proclamation de l'ind&#233;pendance du Viet Minh, la guerre de lib&#233;ration qui se d&#233;roule au Tonkin, la r&#233;sistance de l'Indon&#233;sie, les &#233;v&#233;nements de Madagascar, le revirement anglo-saxon en faveur de l'ind&#233;pendance libanaise et syrienne, autant de faits qui illustrent la puissance du ph&#233;nom&#232;ne anti-colonial. (&#8230;) Cette force &#171; &#233;mancipatrice &#187; est vitale du point de vue strictement militaire, par la dispersion de la puissance et des efforts du colonialisme et l'affaiblissement de son potentiel &#233;conomique. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nul doute que la r&#233;sistance du Maghreb sensibilisera les musulmans au plus haut point. L'Islam est un facteur mobilisateur sur le plan moral et affectif. Il peut et doit apporter une contribution d&#233;cisive dans la lutte de lib&#233;ration des peuples coloniaux. Aucun &#233;l&#233;ment constitutif de cette force vitale ne doit &#234;tre n&#233;glig&#233;, pour user et d&#233;truire la force vitale du colonialisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis quelques mois, la guerre froide s&#233;vit. L'Alg&#233;rie, le Maghreb, est dans la zone d'influence occidentale. Jamais les USA ne permettront qu'il passe du c&#244;t&#233; de l'Est. Gardons-nous d'apriorismes id&#233;ologiques et de slogans sentimentaux cr&#233;&#233;s en dehors de l'espace et du temps. L'efficience r&#233;volutionnaire commande le s&#233;reux et la prudence dans le verbe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport, r&#233;dig&#233; en 1948 par A&#239;t Ahmed et Ben Bella, dirigeants de l'OS, et adopt&#233; par Messali Hadj et le PPA, avant d'&#234;tre appliqu&#233; comme strat&#233;gie par le FLN, issu de l'OS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Moyen Orient&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Iran&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Iran, d&#232;s 1944, ce sont les ouvriers qui ont donn&#233; le coup d'envoi de la lutte. D&#233;but 1944, c'est le soul&#232;vement des ouvriers d'Ispahan qui donnent l &#8216;assaut aux r&#233;serves de grains des propri&#233;taires, mouvement suivi de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans toute la ville. Mais, c'est le 14 juillet 1946 que d&#233;bute un grand mouvement des travailleurs d'Iran. La gr&#232;ve &#233;clate dans le Khouzestan, fief de l'imp&#233;rialisme britannique. Partie des travailleurs du p&#233;trole sur des revendications &#233;conomiques, elle concerne vite jusqu'&#224; 60 000 travailleurs et dure quatre jours pendant lesquels ont lieu de combats de rue. Contre les travailleurs il y aura non seulement toutes les forces coloniales et bourgeoises, l'arm&#233;e qui fait 46 morts, mais m&#234;me le parti communiste Toudeh qui cherche &#224; entreprendre une m&#233;diation pour arr&#234;ter la lutte. La centrale syndicale comme le Toudeh font tout pour que la gr&#232;ve ne s'&#233;tende pas et, en guise de remerciements, le Toudeh obtient trois postes de ministres en ao&#251;t. Ils seront renvoy&#233;s en octobre d&#232;s que la bourgeoisie aura repris des forces. Le pouvoir lance alors une attaque contre les travailleurs, licencie partout les syndicalistes, les arr&#234;te et les d&#233;porte par centaines. Le parti communiste Toudeh tout au long avait suivi la politique de Staline qui d&#233;fendait ses propres relations et ses int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques face &#224; la bourgeoisie iranienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Toudeh avait profit&#233; de l'occupation militaire russe pour constituer un gouvernement autonome en Azerba&#239;djan et au Kurdistan mais en 1946 la politique d'alliance avec les imp&#233;rialismes anglo-am&#233;ricain est plus importante pour Staline et il les abandonne en retirant ses troupes d'Iran en 1946. Les int&#233;r&#234;ts diplomatiques du Kremlin ne co&#239;ncident pas avec les int&#233;r&#234;ts nationaux des partis communistes et encore moins avec l'int&#233;r&#234;t des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des troubles politiques et sociaux ont agit&#233; l'Egypte, la Palestine, la Transjordanie, la Syrie, l'Irak et le Liban. Si l'imp&#233;rialisme anglais et am&#233;ricain ont accept&#233; de donner un Etat au peuple juif de Palestine c'est uniquement parce qu'ils se sentaient menac&#233;s par la r&#233;volte des peuples arabes &#224; cette &#233;poque. Ces pays ont connu des journ&#233;es populaires insurrectionnelles ont obtenu rapidement leur ind&#233;pendance mais gr&#226;ce &#224; l'Etat d'Isra&#235;l d'un c&#244;t&#233; et aux dirigeants nationalistes bourgeois de l'autre, ils sont parvenus &#224; polariser la r&#233;volte des peuples et des classes ouvri&#232;res sur la lutte contre Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Liban-Syrie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#232;s 1943, que la &#171; France libre &#187; de De Gaulle obtient des engagement des Anglais en Syrie et au Liban. Ceux-ci sont reconnus parties de l'Empire fran&#231;ais le 25 juillet 1941 : &#171; l'Angleterre s'engage &#224; respecter la position de la France en Syrie et au Liban. &#187; (accord De Gaulle-Litteleton)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;t&#233; 1943, les &#233;lections donnent la victoire aux nationalistes arabes et le gouvernement libanais officialise la reconnaissance de la langue arabe comme seule langue nationale, du drapeau libanais et d'une nouvelle constitution. Le D&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais au Liban, Jean Heleu, suspend la Constitution et fait arr&#234;ter le pr&#233;sident de la R&#233;publique libanaise, Bechara el Khoury et plusieurs ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation devient imm&#233;diatement insurrectionnelle en Syrie-Liban et la France n'a nullement les forces pour s'imposer. Des &#233;meutes &#233;clatent &#224; Tripoli, Sa&#239;da et Beyrouth, faisant des morts et des bless&#233;s. Le 21 novembre 1943, De Gaulle &#233;tait contraint de r&#233;tablir le gouvernement libanais dans ses fonctions et de renoncer &#224; sa tutelle. D&#232;s qu'il le pourrait, De Gaulle, qui avait maintenu les troupes fran&#231;aises sur place pour &#171; maintenir l'ordre &#187;, allait renier cette parole et obtenir pour cela le soutien des partis socialiste et communiste fran&#231;ais ! Le 6 octobre 1944, le ministre des affaires &#233;trang&#232;res, Bidault, avec le soutien de la gauche et de la droite du gouvernement d'union nationale de De Gaulle, repoussait les revendications des gouvernements syriens et libanais d'un d&#233;part des troupes fran&#231;aises. Le 6 mai 1945, un nouveau contingent de l'arm&#233;e fran&#231;aise compos&#233; de &#171; S&#233;n&#233;galais &#187; d&#233;barquait en Syrie. Le 8 mai, le jour de la reddition allemande, en pleine insurrection alg&#233;rienne, avait lieu le coup de force de l'arm&#233;e fran&#231;aise en Syrie et au Liban. Le m&#234;me jour, &#224; Alep, Homs, Hama et Damas (Syrie), des insurg&#233;s s'attaquaient aux garnisons fran&#231;aises (23.000 soldats). En pleine &#171; n&#233;gociations &#187; avec les autorit&#233;s syrienne et libanaise, les renforts militaires continuaient d'arriver, susciter de nouvelles r&#233;voltes. Les &#233;meutes &#233;taient durement r&#233;prim&#233;es. Le 26, les forces fran&#231;aises canonnaient Homs et Hama, bombardaient Damas le 29, faisant 480 morts. Le PCF condamnait les &#233;meutes syro-libanaises, les attribuant &#171; &#224; des doriotistes &#187;. L'Humanit&#233; du 30 mai 1945 &#233;crit : &#171; Ces d&#233;sordres ont &#233;t&#233; organis&#233;s par des agents doriotistes du PPF en Syrie qui ne cherchent qu'&#224; nuire &#224; l'entente des peuples de France, de Syrie et du Liban. &#187; L'Humanit&#233; du 31 mai &#233;crivait : &#171; Des &#233;l&#233;ments doriotistes, agissant dans divers milieux et de divers c&#244;t&#233;s, ont jou&#233; un r&#244;le particuli&#232;rement important dans ces regrettables &#233;v&#233;nements. &#187; Les troupes sp&#233;ciales de la France en Syrie-Liban, recrut&#233;es sur place, s'av&#233;raient tr&#232;s peu sures et commen&#231;aient &#224; se mutiner et la poursuite de l'insurrection contraignaient la France &#224; les r&#233;troc&#233;der aux gouvernements syrien et libanais. Finalement incapable de se maintenir dans ces deux ex-protectorats, la France signait un accord avec l'Angleterre fin d&#233;cembre 1945 : le partage des colonies &#233;tait d&#233;cid&#233;, la France ne se maintenant qu'au Liban. En protestation contre ce partage de brigands, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tait d&#233;clench&#233;e &#224; Beyrouth et &#224; Damas en janvier 1946. Devant l'explosion de la r&#233;volte populaire et ouvri&#232;re, France et Angleterre d&#233;cidaient tous deux d'&#233;vacuer le Levant : le 30 juin pour l'Angleterre et le 31 ao&#251;t pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article91&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'Afrique du Nord&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA SYRIE ET LE LIBAN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Toute cette affaire sent le p&#233;trole&#034;, s'est exclam&#233; un journaliste bourgeois &#224; propos de l'attitude de l'Angleterre dans les &#233;v&#233;nements de Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, cette affaire sent le p&#233;trole, la concurrence mortelle entre les capitalistes pour les sources de mati&#232;res premi&#232;res et les march&#233;s, cause de guerres et d'oppression des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire de Syrie est la m&#234;me que toute la vaste tuerie qui depuis 1939 ensanglante le monde pour le repartage du globe entre forbans capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Antifasciste&#034;, &#034;cause commune des alli&#233;s&#034;, autant de mensonges. La guerre capitaliste pour le repartage du monde ne se fait pas suivant une ligne de partage entre &#034;alli&#233;s&#034; et &#034;ennemis&#034; mais, par un regroupement continuel, entre TOUTES les puissances imp&#233;rialistes suivant la loi de brigands &#034;du plus fort&#034;. L'Angleterre, qui a d&#251; c&#233;der le pas d&#233;finitivement aux Etats-Unis et dans une certaine mesure se soumettre &#224; leur contr&#244;le, s'&#233;tend au d&#233;triment de la France, puissance affaiblie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle vient d'avouer qu'un conflit aigu existait entre occupants fran&#231;ais et anglais en Syrie, m&#234;me pendant la guerre contre l'Allemagne, et pour mieux souligner l'attitude de l'Angleterre, il rappelle que la guerre contre l'Allemagne n'&#233;tait pas encore finie que d&#233;j&#224; les canons anglais tiraient sur des alli&#233;s en M&#233;diterran&#233;e (affaire de Gr&#232;ce).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi s'est-il donc tu jusqu'&#224; maintenant ? C'est parce qu'il voulait tromper le peuple et essayer de lui faire croire qu'en prenant parti pour les alli&#233;s il prenait parti pour le &#034;droit&#034;, et qu'en compagnie des alli&#233;s il retrouverait la possibilit&#233; d'une vie meilleure. C'est dans ce sens que, depuis le 18 juin 1940, De Gaulle n'a cess&#233; de parler de la &#034;grandeur&#034; de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#232;s 1940 nous avons averti les travailleurs sur la v&#233;ritable position de la bourgeoisie fran&#231;aise, affaiblie par les conflits imp&#233;rialistes sans merci : &#034;le r&#244;le r&#233;actionnaire et anti-national de la bourgeoisie, compl&#232;tement d&#233;voil&#233; par la guerre, s'exprime actuellement (novembre 1940) sans &#233;quivoque dans l'action de ses deux sauveurs : P&#233;tain et De Gaulle. Par l'un, elle se jette dans l'&#233;treinte mortelle de Hitler, par l'autre elle lutte pour la revanche, pour un nouveau Versailles dict&#233; par l'imp&#233;rialisme anglais. Mais dans un cas comme dans l'autre, son r&#244;le ne peut plus &#234;tre que celui d'ex&#233;cutant docile. Plus que jamais la domination de la bourgeoisie signifie pour la France bassesse et servilit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a d&#233;finitivement rejet&#233; la France capitaliste au r&#244;le d'une puissance de seconde zone. La &#034;grandeur&#034; dont parle De Gaulle n'est que de la poudre aux yeux. A l'aide de cette tromperie il sacrifie le plus clair de la force du pays &#224; une politique de pillage des peuples plus faibles en faveur des capitalistes fran&#231;ais Mais dans cette voie il rencontre des rivaux et des concurrents plus puissants, dont le but est &#233;galement d'an&#233;antir les plus faibles. Cette caverne de voleurs s'appelle &#034;politique internationale&#034;. Dans cette voie, les capitalistes fran&#231;ais ont provoqu&#233; la ruine du pays et le m&#232;nent &#224; de nouvelles souffrances et humiliations.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leurs proclamations hypocrites sur une NOUVELLE politique d'entente avec les peuples coloniaux, les actes de la bourgeoisie fran&#231;aise aboutissent infailliblement &#224; la destruction, par le fer et par le feu, des indig&#232;nes, comme en Afrique et en Syrie. Au lieu de donner &#034;un nouvel &#233;clat &#224; la France dans le monde&#034;, la bourgeoisie suscite contre elle une haine &#233;gale &#224; celle que la bourgeoisie allemande a attir&#233; sur le peuple allemand...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuation de la domination de la bourgeoisie fran&#231;aise exclut toute collaboration pacifique de la France avec d'autres peuples, avant tout avec les peuples exploit&#233;s et opprim&#233;s EN SON NOM. Car &#224; l'heure o&#249; les peuples arabes, et de toutes les colonies en g&#233;n&#233;ral, ont commenc&#233; la lutte pour secouer le joug imp&#233;rialiste, la bourgeoisie fran&#231;aise en est devenue la premi&#232;re &#034;victime&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette collaboration absolument vitale au point de vue &#233;conomique au peuple fran&#231;ais n'est plus possible que si &#224; la t&#234;te du pays arrive une classe nouvelle qui, par son pass&#233; politique, ses int&#233;r&#234;ts et son id&#233;ologie, soit la n&#233;gation m&#234;me du pass&#233;, des crimes, des int&#233;r&#234;ts et de la morale imp&#233;rialistes de la bourgeoisie : LE PROLETARIAT FRANCAIS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise du pouvoir par la classe ouvri&#232;re ferait s'&#233;crouler non seulement tout le syst&#232;me de pourriture et d'oppression capitaliste &#233;rig&#233; par la bourgeoisie en France, mais aussi porterait un coup mortel au pillage &#233;conomique dans le monde entier, PAR LE SOUTIEN DU DROIT DE TOUS LES PEUPLES A DISPOSER D'EUX-MEMES (reconnaissance &#034;sans condition&#034; de leur ind&#233;pendance).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement ainsi que bas&#233;e sur l'&#233;change &#233;conomique librement consenti, la collaboration entre le peuple fran&#231;ais et les autres pays, avant tout les peuples coloniaux, prendrait un caract&#232;re pacifique et fraternel et permettrait un nouvel essor &#233;conomique. Hors de cette collaboration socialiste, le peuple fran&#231;ais marche sur les traces de l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le prol&#233;tariat peut donner &#224; la France &#034;un nouvel &#233;clat dans le monde&#034; en contribuant d'une fa&#231;on r&#233;solue &#224; l'&#233;tablissement des Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE DE CLASSES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/06/ldc48_061145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/06/ldc48_061145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La guerre civile en Gr&#232;ce en 1944</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7773</link>
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		<dc:date>2025-04-15T22:52:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

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&lt;p&gt;La guerre civile en Gr&#232;ce en 1944 &lt;br class='autobr' /&gt;
VIVENT LES TRAVAILLEURS GRECS DEFENSEURS DE LA CAUSE PROLETARIENNE ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s les fusillades de Belgique, le sang coule &#224; flots &#224; Ath&#232;nes. Qui donc verse ainsi le sang des travailleurs grecs ? Serait-ce les troupes allemandes en retraite, ou la &#034;toute-puissante&#034; 5&#232;me colonne ? Non ! Voil&#224; deux mois que la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e, et pour autant qu'il a &#233;t&#233; fait allusion &#224; la 5&#232;me colonne dans les &#233;v&#233;nements de Gr&#232;ce, c'est seulement pour accuser les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre civile en Gr&#232;ce en 1944&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;VIVENT LES TRAVAILLEURS GRECS DEFENSEURS DE LA CAUSE PROLETARIENNE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les fusillades de Belgique, le sang coule &#224; flots &#224; Ath&#232;nes. Qui donc verse ainsi le sang des travailleurs grecs ? Serait-ce les troupes allemandes en retraite, ou la &#034;toute-puissante&#034; 5&#232;me colonne ? Non ! Voil&#224; deux mois que la Gr&#232;ce a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e, et pour autant qu'il a &#233;t&#233; fait allusion &#224; la 5&#232;me colonne dans les &#233;v&#233;nements de Gr&#232;ce, c'est seulement pour accuser les travailleurs grecs d'agir pr&#233;cis&#233;ment sous son commandement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les troupes du g&#233;n&#233;ral anglais Scobie et les troupes s&#233;lectionn&#233;es du gouvernement &#034;d&#233;mocratique&#034; Papandr&#233;ou qui mitraillent, bombardent, ex&#233;cutent les travailleurs hell&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ces faits d'une brutalit&#233; sans fard, les chefs ouvriers (les bureaucrates qui font carri&#232;re au nom des ouvriers) nous disent &#224; peu pr&#232;s ceci : &#034;Nos amis&#034; (Huma du 7/12) les Anglais et le gouvernement &#233;migr&#233; de Papandr&#233;ou les mitraillent et ne veulent pas s'appuyer sur le peuple ; cependant l'action de l'ELAS et de l'EAM n'a pas d'autre but que de former un gouvernement &#034;d&#233;mocratique&#034; (c'est-&#224;-dire en union avec le m&#234;me Papandr&#233;ou et pro-alli&#233;) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude odieuse de ces pr&#233;tendus &#034;chefs&#034; sera accueillie avec m&#233;pris par les travailleurs qui ont appris quelque chose de l'exp&#233;rience d'avant-guerre et notamment de la d&#233;faite de l'Espagne rouge, vendue par les &#034;d&#233;mocrates&#034; du camp r&#233;publicain et assassin&#233;e avec la complicit&#233; de Paris et de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que les &#233;v&#233;nements d'Espagne d&#233;cidaient de notre propre sort en France, les &#233;v&#233;nements de Belgique et de Gr&#232;ce nous donnent l'avertissement : &#034;c'est de toi qu'il s'agit dans cette histoire&#034;. Car tandis que Churchill, ce pionnier de l'anti-communisme d&#232;s 1919, d&#233;clare cyniquement aux Communes : &#034;Je persisterai&#034; (dans l'&#233;crasement des travailleurs grecs), les chefs social-patriotes staliniens et &#034;socialistes&#034; nous disent : ce qui se passe en Belgique et en Gr&#232;ce doit &#234;tre &#233;vit&#233; en France. Notre union nous sauvera. En France plus que jamais union !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la crise politique profonde qui ronge les pays d'Europe &#233;puis&#233;s par cinq ann&#233;es de guerre et qui a men&#233; aux &#233;v&#233;nements de Gr&#232;ce et de Belgique, a pr&#233;cis&#233;ment sa base dans cette &#034;union&#034; pr&#234;ch&#233;e par les chefs social-patriotes : union avec les Daladier de la &#034;d&#233;mocratie&#034;, union avec le camp imp&#233;rialiste alli&#233;. C'est cette union des chefs ouvriers avec De Gaulle et l'int&#233;gration de la France dans le camp imp&#233;rialiste alli&#233; qui nous pr&#233;pare pr&#233;cis&#233;ment en France des &#233;v&#233;nements semblables &#224; ceux de Gr&#232;ce et de Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, ayant &#224; peine succ&#233;d&#233; &#224; l'Etat-major allemand et aux gouvernements &#034;collaborateurs&#034; belge et grec, les alli&#233;s et les gouvernements &#034;d&#233;mocratiques&#034; se sont-ils mis &#224; tirer sur le peuple ? L'Humanit&#233; du 28/11 affecte une grande surprise : &#034;c'est l&#224; une chose vraiment incroyable...&#034; Ces &#034;grands camarades&#034; et &#034;guides g&#233;niaux&#034; sont-ils donc plus na&#239;fs qu'un journaliste de province ? Bien entendu ils ne sont pas aussi b&#234;tes. S'ils affectent la surprise, c'est uniquement pour faire oublier que ce sont eux qui ont pr&#234;ch&#233; aux peuples la cause alli&#233;e et celle des gouvernements &#034;d&#233;mocratiques&#034; r&#233;fugi&#233;s &#224; Londres ou au Caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous, qui ne sommes pas de &#034;grands camarades&#034;, nous avons clairement averti les travailleurs dans &#034;Les Le&#231;ons d'Italie&#034;, le 10 octobre 1943 : &#034;Ce qui se passe dans le Sud de l'Europe depuis le 25 juillet, c'est l'image des &#233;v&#233;nements qui demain d&#233;ferleront sur tout le continent... Il doit &#234;tre maintenant clair pour tous les ouvriers que la lutte des masses, &#224; la premi&#232;re occasion favorable, pour la conqu&#234;te de la paix, du pain et de la libert&#233;, se heurtera non seulement &#224; la r&#233;sistance de l'imp&#233;rialisme allemand, mais &#233;galement &#224; l'imp&#233;rialisme alli&#233; et &#224; la bourgeoisie des diff&#233;rents pays en d&#233;pendant&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre la d&#233;mocratie r&#233;elle, c'est-&#224;-dire les travailleurs en armes (L&#233;nine disait : une classe exploit&#233;e sans armes m&#233;rite d'&#234;tre trait&#233;e en esclave) et la domination de la bourgeoisie, de quelque &#233;tiquette qu'elle se couvre, il n'y a pas de cohabitation possible. Churchill est certainement un &#034;d&#233;mocrate&#034;, bien plus il est un des chefs de la &#034;d&#233;mocratie en lutte contre le fascisme&#034;. Cependant sur la v&#233;ritable d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire les travailleurs arm&#233;s pour la d&#233;fense de leurs droits, il s'exprime ainsi : &#034;la derni&#232;re chose au monde qui ait le droit de repr&#233;senter la d&#233;mocratie, c'est une foule d&#233;sordonn&#233;e, ce sont des bandes arm&#233;es d'engins meurtriers, qui pr&#233;tendent faire la loi...&#034; Papandr&#233;ou lui est non seulement un &#034;d&#233;mocrate&#034;, mais aussi un &#034;socialiste&#034;. Cependant, devant les &#034;foules arm&#233;es&#034;, &#034;d&#233;mocrates&#034; et &#034;socialistes&#034; agissent de la m&#234;me fa&#231;on que les SS. La &#034;d&#233;mocratie&#034; de Churchill et le &#034;socialisme&#034; de Papandr&#233;ou ne sont que des phrases creuses qui ne peuvent pas nourrir le ventre affam&#233; des exploit&#233;s ; c'est pourquoi la possession des armes devient une question de vie et de mort pour ces derniers. C'est pourquoi aussi devant les travailleurs &#034;ne voulant plus &#234;tre trait&#233;s en esclaves&#034;, c'est-&#224;-dire en armes, TOUT &#034;DEMOCRATE&#034; SE SENT UN MUSSOLINI OU UN HITLER. Les gouvernements soi-disant d&#233;mocratiques au service de la bourgeoisie ne reculent devant rien pour briser l'&#233;lan des ouvriers, pour leur enlever les armes seule garantie de leurs droits, pour les soumettre &#224; la discipline aveugle de l'exploitation capitaliste et &#224; la discipline meurtri&#232;re de la guerre imp&#233;rialiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont ces v&#233;rit&#233;s fondamentales que les chefs staliniens s'&#233;vertuent &#224; cacher, car elles d&#233;masquent leur politique de trahison &#224; l'&#233;gard des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, qu'ont fait les alli&#233;s &#034;d&#233;mocratiques&#034; des staliniens, en Belgique et en Gr&#232;ce ? En Belgique, Pierlot dont les staliniens se sont fait les garants devant les masses en participant &#224; son premier Minist&#232;re, a men&#233; l'attaque appuy&#233; sur la &#034;d&#233;mocratie&#034; et au nom de la &#034;d&#233;mocratie&#034;. Les sommets d&#233;mocratiques de ce qu'on appelle la R&#233;sistance ont soutenu Pierlot et son action anti-d&#233;mocratique. La R&#233;sistance a ainsi prouv&#233; sa nature contradictoire : en bas, les masses luttant contre l'exploitation, en haut les partisans de l'imp&#233;rialisme alli&#233; faisant d&#233;vier la lutte anti-imp&#233;rialiste des masses en une lutte imp&#233;rialiste pro-alli&#233;e. Le regroupement politique de la &#034;d&#233;mocratie&#034; officielle contre les masses travailleuses s'est fait avec le m&#234;me ensemble que celui de la &#034;d&#233;mocratie&#034; du Front Populaire, de Daladier &#224; Blum, se tournant contre la classe ouvri&#232;re (1939-1940) sous pr&#233;texte de lutter contre le PC. En Gr&#232;ce m&#234;me regroupement des forces : tandis que toute la politique des staliniens consiste &#224; vouloir contraindre Papandr&#233;ou &#224; maintenir &#034;l'unit&#233; d&#233;mocratique&#034;, TOUTE LA &#034;DEMOCRATIE&#034; OFFICIELLE EST DU COTE DE LA REPRESSION, du c&#244;t&#233; gouvernemental, qui utilise les bandes fascistes arm&#233;es sous l'occupation allemande, et le g&#233;n&#233;ral Zervas, g&#233;n&#233;ral de la R&#233;sistance, commande ses troupes contre les ELAS.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens ont pr&#234;ch&#233; aux ouvriers la renonciation &#224; leurs revendications qui provoquent &#8211; r&#233;p&#232;tent-ils apr&#232;s les capitalistes &#8211; le fascisme, pour sauver au moins la d&#233;mocratie. Les travailleurs ont attendu patiemment les &#034;lib&#233;rateurs&#034; pour lesquels ils ont vers&#233; leur sang, ils ont renonc&#233; &#224; lutter pour leur propre cause, pour se contenter de la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire d'un minimum de bien-&#234;tre et de libert&#233;. Quelle a &#233;t&#233; l'&#339;uvre des &#034;lib&#233;rateurs&#034; alli&#233;s et des &#034;d&#233;mocrates&#034; au pouvoir ? Comme le disait le chef stalinien Marty lui-m&#234;me, dans les territoires &#034;lib&#233;r&#233;s&#034; &#034;nulle part, rien n'a &#233;t&#233; chang&#233; dans aucun domaine&#034;. Les instruments de r&#233;pression cr&#233;&#233;s par les gouvernements soutenus par les Allemands, sont utilis&#233;s tels quels par les gouvernements &#034;d&#233;mocratiques&#034; ; si en Gr&#232;ce il s'agissait d'une n&#233;cessit&#233; pressante, en France c'est par mesure de pr&#233;voyance que De Gaulle &#034;transforme les G.M.R. (troupes de r&#233;pression de Vichy) en G.R.S. &#8211; groupes r&#233;publicains de s&#233;curit&#233; (sic).&lt;br class='autobr' /&gt;
N'avions-nous pas raison d'&#233;crire (au moment du d&#233;barquement) : &#034;...les masses ont subi dans cette guerre tous les plans des imp&#233;rialistes. Toutes les cliques politiques &#224; leur service nous ont berc&#233;s tour &#224; tour de promesses. Mais les travailleurs savent ce que deviennent ces promesses chaque fois qu'ils aident un clan bourgeois contre l'autre : DE LA MITRAILLE POUR LES OPPRIMES QUI RECLAMENT LEUR DROIT A LA VIE&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de l'attitude des staliniens en Belgique, Le Populaire du 6/12 &#233;crit : &#034;Les communistes posent comme condition de leur appui au cabinet Pierlot qu'il n'y aura pas de bloc de puissances occidentales en Europe&#034;. Nous avons ici l'explication pourquoi les staliniens, contrairement &#224; ce qu'ils ont fait en Belgique et en Gr&#232;ce, continuent &#224; participer en France &#224; un gouvernement qui ne se distingue en rien de celui d'un Pierlot ou d'un Papandr&#233;ou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons cependant que De Gaulle ne complote pas contre les masses populaires : qu'il ne se fasse pas le paravent derri&#232;re lequel se pr&#233;parent les forces de r&#233;pression capitalistes, fascistes et autres ; supposons que par l'arm&#233;e et la police, il veuille seulement maintenir &#034;l'ordre&#034;. Cependant comme les 200 familles (gr&#226;ce &#224; la politique &#034;d&#233;mocrate&#034; des staliniens) n'ont pas &#233;t&#233; expropri&#233;es, la source du fascisme reste vivante ; tous les jours nous avons la preuve, entre autres par les attentats qui se multiplient, que les bandes anti-ouvri&#232;res sont &#224; l'&#339;uvre. Et le gouvernement, m&#234;me s'il n'est pas complice de cette activit&#233;, ne peut en tout cas pas la r&#233;primer car elle est dirig&#233;e par les capitalistes, ma&#238;tres de l'administration et de tous les leviers de commande &#233;conomiques. La classe ouvri&#232;re exasp&#233;r&#233;e peut d'un jour &#224; l'autre riposter &#224; ces attaques et descendre dans la rue &#8211; comme cela a &#233;t&#233; fait par l'unanimit&#233; du prol&#233;tariat le 12 f&#233;vrier 1934, &#224; la suite du 6 f&#233;vrier. Mais dans un conflit ouvert, o&#249; les masses entreraient en lutte directement par leurs propres moyens, celles-ci seraient aux yeux du g&#233;n&#233;ral De Gaulle, d&#233;fenseur de &#034;l'ordre&#034;, une &#034;foule d&#233;sordonn&#233;e&#034; (voir Churchill) contre laquelle devraient se liguer tous les repr&#233;sentants de la bourgeoisie (en premier lieu le gouvernement et l'Etat-major alli&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme britannique, appuy&#233; sur les gouvernements collaborateurs Pierlot et Papandr&#233;ou, m&#232;ne l'attaque en Belgique et en Gr&#232;ce dans le but de s'assurer, en matant toute opposition politique dans ces pays, des positions strat&#233;giques sur le Continent (&#034;bloc occidental&#034; contre l'URSS). La &#034;neutralit&#233;&#034; am&#233;ricaine n'est que la volont&#233; de Roosevelt d'intervenir comme arbitre dans le conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne s'est &#233;lev&#233; effectivement contre l'action de l'imp&#233;rialisme anglais en Gr&#232;ce. Cette action il la m&#232;ne avec l'appui des chefs travaillistes, mis&#233;rables social-patriotes qui protestent platoniquement, mais assurent Churchill de leur appui inconditionn&#233; jusqu'&#224; la victoire, c'est-&#224;-dire jusqu'au triomphe de l'imp&#233;rialisme.Cependant il n'y a aucune diff&#233;rence entre l'imp&#233;rialisme anglais et l'imp&#233;rialisme allemand ; car il n'y a pas d'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; et d'imp&#233;rialisme fasciste, il n'y a que l'imp&#233;rialisme, c'est-&#224;-dire la n&#233;cessit&#233; pour les quelques vieux pays capitalistes &#224; se disputer p&#233;riodiquement leurs brigandages sur le dos des peuples. La d&#233;mocratie, en Angleterre, signifie pour les travailleurs anglais le droit de d&#233;cider toutes les quelques ann&#233;es quels repr&#233;sentants bourgeois les repr&#233;senteront et opprimeront au Parlement (Marx). Mais les soldats britanniques, malgr&#233; l'&#233;tiquette d&#233;mocratique, on le voit en Gr&#232;ce, accomplissent la t&#226;che command&#233;e par l'Etat-major de la m&#234;me fa&#231;on que les soldats allemands. Est-ce qu'ils ont eu la possibilit&#233; de protester contre la t&#226;che que leur a command&#233;e Scobie ? Non. Ils sont encha&#238;n&#233;s aussi solidement que les soldats allemands au corps des officiers et &#224; l'Etat-major imp&#233;rialiste, par la discipline militaire, c'est-&#224;-dire les Cours martiales, et l'abrutissement des casernes. Ici comme partout il faut briser les cha&#238;nes id&#233;ologiques et mat&#233;rielles qui font du soldat l'esclave du corps des officiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous arrivons ainsi &#224; la diff&#233;rence essentielle qui nous s&#233;pare nous, les internationalistes, des social-patriotes. Le 19 septembre Duclos d&#233;non&#231;ait les Trotskystes comme les agents de l'imp&#233;rialisme allemand, parce qu'ils mettaient &#034;les Anglais et les Am&#233;ricains sur le m&#234;me plan que les Boches&#034; et qu'ils bl&#226;maient &#034;les patriotes s'appliquant &#224; descendre les Allemands&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions contre l'assassinat des soldats allemands encha&#238;n&#233;s &#224; leur Etat-major. Nous &#233;tions pour une action qui devait unir les travailleurs fran&#231;ais aux travailleurs-soldats allemands, pour briser pr&#233;cis&#233;ment les cha&#238;nes mat&#233;rielles et morales qui attachaient ces derniers &#224; leur Etat-major. Les staliniens &#233;taient pour la lutte sans distinction contre l'occupant, c'est-&#224;-dire pour encha&#238;ner tous ceux qui portaient l'uniforme allemand &#224; la m&#234;me n&#233;cessit&#233; de combattre en bloc le peuple fran&#231;ais Les staliniens pr&#233;coniseraient-ils aujourd'hui en Gr&#232;ce qu'on descende tout Anglais qui combat le peuple grec ? Quant &#224; nous, nous avons expos&#233; plus haut notre conception : elle est de lutter pour l'union et la fraternisation de tous les travailleurs, quel que soit leur uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui il est prouv&#233; par les faits que les Trotskystes avaient raison d'identifier les Etats-majors de tous les pays ; l'Etat-major anglais ne diff&#232;re en rien de l'Etat-major allemand dans son attitude vis-&#224;-vis des masses travailleuses. Les Trotskystes avaient raison et les chefs staliniens sont de vulgaires calomniateurs. &#034;Les trotskystes&#034;, disaient-ils, &#034;sont des agents de la Gestapo parce qu'ils sont contre les alli&#233;s&#034;. Voil&#224; qu'aujourd'hui, le chef des alli&#233;s, Churchill, fort de l'investiture &#034;d&#233;mocratique&#034; des staliniens, proclame : &#034;Les &#233;l&#233;ments de l'ELAS (dirig&#233;s par les staliniens) qui nous combattent en Gr&#232;ce sont dirig&#233;s par des Allemands&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens sont des calomniateurs sans vergogne, mais les Trotskystes ont cent fois raison quand ils accusaient et accusent les staliniens d'&#234;tre, malgr&#233; tous les coups de pied qu'ils en re&#231;oivent, les agents vulgaires et m&#233;prisables de l'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; alli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Le conflit entre la &#034;d&#233;mocratie&#034; imp&#233;rialiste et les masses travailleuses en Belgique et surtout en Gr&#232;ce, quelles qu'en soient les p&#233;rip&#233;ties imm&#233;diates, a d&#233;j&#224; une signification r&#233;volutionnaire d&#233;cisive dans la marche de la guerre civile qui, comme la guerre, est engendr&#233;e constamment par l'imp&#233;rialisme : ce conflit d&#233;chire le voile id&#233;ologique (&#034;d&#233;mocratie contre fascisme&#034;) dont se couvrent les brigands capitalistes pour entra&#238;ner les masses sur les champs de bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'influence de ce conflit ne se limite pas au camp &#034;d&#233;mocratique&#034; : les travailleurs allemands verront aussi que les peuples d'Europe ne sont pas &#034;anti-boches&#034;, mais anti-imp&#233;rialistes. &#034;L'anti-bochisme n'est qu'une marchandise imp&#233;rialiste alli&#233;e&#034; : les peuples d'Europe qui ont combattu ou qui combattent l'occupation imp&#233;rialiste allemande, quelles que soient les formules impos&#233;es par leurs dirigeants, ne veulent en r&#233;alit&#233; que se d&#233;barrasser de toute exploitation, de toute oppression. &#034;L'Allemagne seule&#034;, argument supr&#234;me des dirigeants allemands pour la poursuite de la guerre, appara&#238;tra d&#232;s lors aux travailleurs allemands comme une cons&#233;quence des relations imp&#233;rialistes entre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les peuples montrent qu'ils veulent lutter contre le monde imp&#233;rialiste lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire gagner la libert&#233;, le pain et la paix contre tous les exploiteurs, d&#232;s lors leur union devient, d'une possibilit&#233;, un fait d&#233;j&#224; existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'activit&#233; r&#233;volutionnaire consciente, &#224; la IV&#232;me Internationale, d'utiliser ce fait pour mener &#224; la victoire socialiste. Quelle que soit notre faiblesse, les &#233;v&#233;nements travaillent pour nous. Dans la lutte d&#233;cisive contre l'exploitation barbare et la guerre imp&#233;rialiste, nous nous renforcerons (et nous nous renfor&#231;ons d&#233;j&#224;), si nous savons exprimer dans notre politique, non pas l'h&#233;sitation devant la politique des Partis officiels, mais l'intransigeance et le radicalisme des masses les plus profondes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les masses sont cent fois plus &#224; gauche que leurs dirigeants, disait L&#233;nine. Et les travailleurs de Gr&#232;ce le prouvent effectivement, car ils n'ont pas un instant h&#233;sit&#233; &#224; combattre les alli&#233;s &#034;d&#233;mocratiques&#034;, quand ceux-ci ont montr&#233; leur v&#233;ritable visage.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;voiler aux masses, envers et contre tous, le v&#233;ritable visage de l'imp&#233;rialisme et de ses serviteurs social-patriotes, &#234;tre avec elles jusqu'au bout dans la lutte, voil&#224; la t&#226;che des v&#233;ritables r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A eux appartient l'avenir, dussent-ils le &#034;payer&#034; des plus grands sacrifices.&lt;br class='autobr' /&gt;
En avant avec la IV&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc40_121244.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc40_121244.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;CAPITULATION SANS CONDITIONS&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette formule qui a tant enthousiasm&#233; les dupes de la politique imp&#233;rialiste alli&#233;e, c'est aux travailleurs et paysans grecs d'en faire les premiers l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour m&#234;me o&#249; les journaux annon&#231;aient une offensive allemande vers la Belgique, ils annon&#231;aient &#233;galement une offensive des troupes anglaises contre... la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les essais de compromis de la part des ELAS par l'acceptation de leur d&#233;sarmement, le g&#233;n&#233;ral Scobie oppose le &#034;prestige britannique&#034;, c'est-&#224;-dire la volont&#233; esclavagiste de l'Empire, et exige la &#034;capitulation sans conditions&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Si aucun compromis n'intervient, les ELAS poursuivront le combat, m&#234;me sans espoir...&#034; a d&#233;clar&#233; le stalinien Prophyrog&#233;nis (Le Populaire 21/12). Avec la politique des dirigeants staliniens, union avec les Daladier de la d&#233;mocratie bourgeoise, il n'y a non seulement aucun espoir de victoire, mais m&#234;me pas de compromis &#034;d&#233;mocratique&#034; possible pour les travailleurs grecs. Car &#224; notre &#233;poque de capitalisme pourrissant, la &#034;d&#233;mocratie&#034; bourgeoise n'est que l'&#233;touffement de la lutte des masses par des combinaisons politiciennes, jusqu'au moment o&#249; le fascisme est suffisamment fort pour &#233;tablir la dictature ouverte de la bourgeoisie. Nous l'avons vu notamment en Espagne (1931-1939) et en France (34-1939). L'union avec les Daladier de la d&#233;mocratie bourgeoise trahit, au nom de l'ordre bourgeois, la lutte des masses pour leurs objectifs r&#233;els (le pain, la libert&#233;, la paix) et les voue ainsi &#224; l'inertie et &#224; la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; peine les travailleurs grecs ont-ils re&#231;u une le&#231;on de plus au sujet des d&#233;mocrates, que les chefs staliniens, hier encore membres et soutiens du gouvernement Papaandr&#233;ou, ont offert leur soutien &#224; un autre &#034;grand d&#233;mocrate&#034;, cette fois-ci non plus un socialiste, mais un pope, le m&#233;tropolite Damaskinos. Et voici ce que d&#233;clare le pope d&#233;mocrate : &#034;Cette r&#233;bellion n'est pas une r&#233;volution fond&#233;e sur une id&#233;e, mais c'est un coup de force d'une minorit&#233; d'extr&#234;me-gauche pour s'emparer du pouvoir&#034; (Le Monde, 22/12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie de la victoire des travailleurs grecs est dans l'union autour des ouvriers d'usine, de toutes les petites gens et des paysans, trahis par tous les politiciens bourgeois. Ils ne doivent pas laisser leur direction actuelle &#034;converser&#034; avec Scobie, pendant que celui-ci m&#232;ne une lutte sans merci au peuple grec, mais s'adresser directement au prol&#233;tariat anglais, &#224; tous les exploit&#233;s d'Europe et du monde : au nom de la r&#233;volution prol&#233;tarienne ils obtiendront l'appui efficace de tous les peuples qui souffrent de la guerre et ploient sous la dictature bourgeoise, &#034;d&#233;mocratique&#034; ou fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers r&#233;aliseront autour d'eux l'union de tous les exploit&#233;s seulement s'ils se montrent capables de d&#233;truire l'exploitation capitaliste d&#233;fendue non seulement par les fascistes, mais aussi par les &#034;d&#233;mocrates&#034;. Dans cette voie, seule la IV&#232;me Internationale lutte pour la &#034;capitulation sans conditions&#034; du vieux monde pourri qu'aucune &#034;d&#233;mocratie&#034; ne peut plus rajeunir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc41_122444.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/ldc41_122444.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les mercenaires de la police grecque ouvrirent le feu sur la manifestation tenue le dimanche 3 d&#233;cembre &#224; Ath&#232;nes pour protester contre la d&#233;cision du gouvernement de d&#233;sarmer co&#251;te que co&#251;te les partisans, la foule &#233;tait sans armes. Mais, le soir m&#234;me, un vent r&#233;volutionnaire soufflait dans les quartiers et les faubourgs prol&#233;tariens d'Ath&#232;nes et du Pir&#233;e ; les armes, quand elles existaient, sortaient de leurs cachettes ; d'autres &#233;taient&lt;br class='autobr' /&gt;
fabriqu&#233;es avec des moyens de fortune. On a vu ainsi le lendemain, quand la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale se d&#233;clencha comme un ouragan &#224; travers tout ce pays, les dockers du Pir&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
manifester &#171; arm&#233;s de simples couteaux et de b&#226;tons, de bois et de fer &#187;. La lutte s'annon&#231;ait longue, &#226;pre, incertaine, mais le peuple l'acceptait comme n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre le 3 d&#233;cembre 1944 et le 5 janvier 1945, date &#224; laquelle la r&#233;sistance cessa dans la r&#233;gion d'Ath&#232;nes, les masses ont d&#233;ploy&#233; une activit&#233; r&#233;volutionnaire qui restera parmi les plus beaux exemples du mouvement prol&#233;tarien. Elles ont fait face, pendant plus d'un mois, aux forces combin&#233;es de l'imp&#233;rialisme britannique et de la r&#233;action grecque, en plein hiver, sans nourriture, sans chauffage, sans lumi&#232;re, sans m&#233;dicaments et m&#234;me sans v&#234;tements et sans souliers (rapport du m&#233;decin de l'arm&#233;e des &#201;tats-Unis, Max Milberg).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les usines et les maisons des quartiers populaires d'Ath&#232;nes et du Pir&#233;e &#233;taient devenues autant de forteresses de r&#233;sistance qui ne prenait fin que lorsque les bombes des canons,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;des tanks et des avions anglais les d&#233;molissaient enti&#232;rement. Les pierres des maisons d'Ath&#232;nes et du Pir&#233;e ont servi &#224; &#233;riger les barricades qui ont tenu en &#233;chec pendant plusieurs semaines le mouvement des forces blind&#233;es britanniques. Les combattants avaient l'appui &#171; de la plupart des quartiers ouvriers d'Ath&#232;nes &#187; est oblig&#233; d'avouer le journal conservateur anglais Daily Express du 11-12-44. &#171; Les femmes traversent les rues avec les armes cach&#233;es sous leurs jupes et des grenades cach&#233;es dans leurs paniers. Les enfants apportent la nourriture &#224; leurs parents qui combattent des toits des maisons. &#187; (Ibidem.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale eut un succ&#232;s complet tant dans la r&#233;gion d'Ath&#232;nes que dans le reste du pays. Les ouvriers et les paysans, pendant un mois, ont consenti &#224; tous les sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant la r&#233;sistance cessa en Attique, il y avait seize mille tu&#233;s et prisonniers du c&#244;t&#233; du peuple et six mille habitations ouvri&#232;res compl&#233;tement ras&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les renseignements sont encore rares sur ce que fut l'activit&#233; politique et sociale des masses pendant cette p&#233;riode. Nous savons seulement que la Milice Populaire avait d&#233;sarm&#233; et remplac&#233; partout les restes des forces r&#233;actionnaires et polici&#232;res ou autres ; que des tribunaux populaires avaient remplac&#233; les juges bourgeois ; qu'&#224; Salonique, les ouvriers contr&#244;laient le ravitaillement et le logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/pablo/works/1945/01/pablo_19450100.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/pablo/works/1945/01/pablo_19450100.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Churchill donnait comme consigne au commandement britannique des forces arm&#233;es occupant la Gr&#232;ce : &#171; N'h&#233;sitez pas &#224; ouvrir le feu sur tout homme arm&#233; qui, &#224; Ath&#232;nes, s'attaque &#224; l'autorit&#233; britannique ou &#224; l'autorit&#233; grecque avec laquelle nous travaillons. N'h&#233;sitez pas &#224; agir comme si vous vous trouviez dans une ville conquise o&#249; se d&#233;veloppe une r&#233;bellion locale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant pr&#232;s de trois ans, l'&#201;pire (sauf la c&#244;te) et la majeure partie de la Mac&#233;doine-Occidentale, ainsi que des zones de la Thessalie et de la Mac&#233;doine centrale, furent le territoire de la R&#233;publique (communiste) de Konitza, tandis que le reste de la Gr&#232;ce forma un Royaume (avec toutefois des poches de r&#233;sistance communiste dans les quartiers modestes des grandes villes). Dans les zones frontali&#232;res de la R&#233;publique de Konitza, un v&#233;ritable front se mit en place, avec bombardements (y compris a&#233;riens du c&#244;t&#233; royaliste), offensives et contre-offensives, tandis qu'attentats et r&#233;pression ensanglantaient les villes. Seules les &#238;les furent &#233;pargn&#233;es. Des dizaines de villages chang&#232;rent de mains plusieurs fois et furent finalement abandonn&#233;s par leurs habitants, somm&#233;s de choisir un camp et accus&#233;s de trahison par l'autre. Le rapport de force fut tout d'abord favorable &#224; l'ELAS, du fait de la connaissance du terrain et de l'exp&#233;rience de ses 50 000 hommes. D'autre part, les troupes royalistes &#233;taient mal form&#233;es et tr&#232;s peu motiv&#233;es &#224; combattre la r&#233;sistance communiste. Les tentatives pour reprendre le contr&#244;le des r&#233;gions du Nord se sold&#232;rent par des &#233;checs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sang des ouvriers grecs tromp&#233;s est vers&#233; &#224; flot pour les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie grecque et ceux de la bureaucratie russe. Pour le moment, le prol&#233;tariat grec n'a pas r&#233;ussi &#224; rompre avec sa bourgeoisie, &#224; se mettre sur son terrain de classe en opposition &#224; la bourgeoisie nationale et aux imp&#233;rialismes &#233;trangers. Et c'est cette situation tragique du prol&#233;tariat, se faisant massacrer pour les int&#233;r&#234;ts de son ennemi de classe, que les trotskistes fran&#231;ais repr&#233;sentent comme la R&#233;volution prol&#233;tarienne. Il montre l'exemple &#224; tous les opprim&#233;s, etc. Naturellement quand on repr&#233;sente la trag&#233;die du prol&#233;tariat grec comme la r&#233;volution, on doit aussi la consid&#233;rer comme &#034;la premi&#232;re entr&#233;e&#034; et passer sous silence &#034;la transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile&#034; commenc&#233;e par le prol&#233;tariat italien en juillet 1943. Il n'y a rien de commun entre la position de classe du prol&#233;tariat italien luttant contre la guerre imp&#233;rialiste - contre les deux occupants imp&#233;rialistes, allemands et anglais, contre l'Etat capitaliste aussi bien sous sa forme fasciste que d&#233;mocratique &#8211; et la position du prol&#233;tariat grec se faisant massacrer sur le terrain de classe du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1483&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/shachtma/1944/12/greece.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/shachtma/1944/12/greece.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n70/cmo_070.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/writers/archer/Revolution%20and%20Counter%20Revolution%20in%20Greece.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/etol/writers/archer/Revolution%20and%20Counter%20Revolution%20in%20Greece.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/revolutionary-history/stinas/memoirs.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/revolutionary-history/stinas/memoirs.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_grecque&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_grecque&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/subject/greek-civil-war/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ceb/756&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ceb/756&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/revhist/backiss/vol3/no3/kke.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/etol/revhist/backiss/vol3/no3/kke.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Propos du r&#233;volutionnaire Barta</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7712</link>
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		<dc:date>2025-03-03T23:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>1940</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Propos du r&#233;volutionnaire Barta &lt;br class='autobr' /&gt; Lire sur Barta : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=barta &lt;br class='autobr' /&gt;
Barta en 1935 : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/barta/1935/12/barta_roumanie.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
Barta en 1936 : &lt;br class='autobr' /&gt;
LETTRE DE BARTA A TROTSKY &lt;br class='autobr' /&gt;
Bucarest, le 22 Mai 1936 Cher camarade L.D., Notre activit&#233;, malgr&#233; les forces extr&#234;mement faibles dont nous disposons &#224; la formation du groupe B.L. en Roumanie, nous a permis d'arriver &#224; deux r&#233;sultats essentiels : &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;6- L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot104" rel="tag"&gt;1940&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Propos du r&#233;volutionnaire Barta&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire sur Barta :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=barta&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=barta&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1935 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1935/12/barta_roumanie.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1935/12/barta_roumanie.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1936 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LETTRE DE BARTA A TROTSKY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bucarest, le 22 Mai 1936&lt;br class='autobr' /&gt;
Cher camarade L.D.,&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre activit&#233;, malgr&#233; les forces extr&#234;mement faibles dont nous disposons &#224; la formation du groupe B.L. en Roumanie, nous a permis d'arriver &#224; deux r&#233;sultats essentiels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette activit&#233; vous avez &#233;t&#233; certainement inform&#233; par le S.I. [1] : travail d'&#233;ducation politique des militants, publication de brochures et ces temps derniers discussions publiques, collage de papillons, etc&#8230; Nous avons certainement commis des fautes, mais elles &#233;taient in&#233;vitables et nous croyons avoir maintenant la clart&#233; n&#233;cessaire pour mener &#224; bien notre lutte. La meilleure preuve de notre maturit&#233; (toute relative, cela va sans dire) c'est qu'on nous craint, qu'on &#233;vite les discussions publiques avec nous (unitaires, stalinistes ou socialistes font le front unique inavou&#233; sur cette question).&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici maintenant en quelques mots notre situation par rapport aux autres organisations :&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le P.C. il y a pas mal d'&#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires honn&#234;tes mais &#224; cause des zigzags et de l'inculture totale ils ne sont pas capables de penser. L'ill&#233;galit&#233; est aussi un frein puissant qui emp&#234;che le contact avec eux. A l'heure actuelle notre activit&#233; dans ce parti reste nulle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le P.S. est constitu&#233; d'&#233;l&#233;ments r&#233;actionnaires qui ont plut&#244;t un r&#244;le de policiers que de militants r&#233;formistes. L'influence de ce parti parmi les ouvriers est tr&#232;s r&#233;duite. La seule activit&#233; possible dans le P.S. serait l'activit&#233; ill&#233;gale. Cette activit&#233; nous ne pouvons pas la mener pour le moment, pour plusieurs raisons (nous ne pouvons pas les indiquer ici).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti unitaire [2] agonise. Inexistant sur tous les terrains, il subsiste encore seulement par l'ambition de deux ou trois intellectuels qui veulent &#234;tre des &#034;chefs&#034; et avoir &#034;leur&#034; parti. Tout ce que l'on pouvait faire dans le parti unitaire (&#224; Bucarest), nous l'avons fait dans les autres localit&#233;s, nous examinerons les possibilit&#233;s. La seule chose qu'on peut encore utiliser c'est leur tribune, d'o&#249; nous les critiquons et faisons des appels pour la 4&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les syndicats nous avons deux &#233;l&#233;ments et nous essaierons de mener une action, qui demande beaucoup d'exp&#233;rience et de prudence.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi notre effort principal doit &#234;tre dirig&#233; vers les couches fra&#238;ches &#8211; apolitiques &#8211; et commencer le travail d'&#233;ducation par l'ABC &#8211; travail tr&#232;s long et qui demande beaucoup de patience &#8211;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;sum&#233; : notre t&#226;che principale consiste dans l'&#233;ducation d'&#233;l&#233;ments presque vierges politiquement (cela n'exclut &#233;videmment une activit&#233; pratique assez longue et d&#233;vou&#233;e de leur part, pratique men&#233;e par leurs propres moyens, sans plan et sans coordination). Pour cela nous devons enrichir constamment notre capital politique et imprimer des brochures. Nous en avons d&#233;j&#224; imprim&#233;es. Mais, sauf une (&#034;Front populaire ou front unique prol&#233;taire ?&#034;), toutes &#233;taient sur un plan g&#233;n&#233;ral, valable pour tous les pays. Nous voudrions beaucoup imprimer une brochure sur la Roumanie (une analyse g&#233;n&#233;rale de la situation et des t&#226;ches de l'avant-garde), mais le manque complet de traditions th&#233;oriques ne nous permet pas de le faire par nos propres forces (il s'agit d'&#233;crire une analyse simple pour &#234;tre comprise par les travailleurs &#8211; ce qui demande maturit&#233; compl&#232;te de la pens&#233;e &#8211; et juste).&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme vous voyez, cette lettre n'est pas seulement pour vous informer (si pauvrement d'ailleurs). Elle a plut&#244;t un but &#034;&#233;go&#239;ste&#034;. Nous voudrions &#233;tablir avec vous une liaison (nous l'avons essay&#233; dans le pass&#233;, mais malheureusement votre sant&#233; ne le permettait pas) pour discuter notre travail futur et surtout pour que vous contribuiez directement &#224; ce travail par &#233;crit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si votre temps vous permet de le faire nous vous prions d'envoyer votre r&#233;ponse &#224; Adolphe qui nous l'enverra. Nous attendons vos questions sur la situation d'ici, renseignements qui vous permettront de conna&#238;tre exactement la situation et en tirer les d&#233;ductions n&#233;cessaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Recevez, cher camarade, nos salutations r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
pour le C.C. Barta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Secr&#233;tariat International de la IV&#232;me Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
[2] P.S.U. (Partidul socialist unitar) produit de la fusion en ao&#251;t 1933 du P.S.I. (Partidul socialist independent) Parti Socialiste Independant de Roumanie issu d'une scission (septembre 1931) du Parti Socialiste roumain, et du groupe, lui aussi issu de la social-d&#233;mocratie, de Constantin Popovici.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1944 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PAR OU COMMENCER ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier de France qui ne se souvient avec fiert&#233; de la pouss&#233;e r&#233;volutionnaire de juin 1936 ? Quel est celui qui ne se rappelle pas avoir pris part aux meetings, aux manifestations, aux d&#233;fil&#233;s, aux gr&#232;ves ? En ce temps-l&#224; la classe ouvri&#232;re, inqui&#233;t&#233;e par les attaques fascistes et par la menace croissante de la guerre, mettait en &#339;uvre toute son &#233;nergie. Les meilleurs militants, syndicalistes, socialistes, communistes, se prodiguaient constamment, apr&#232;s le travail et le dimanche, dans les r&#233;unions et les meetings de gr&#233;vistes. La vague r&#233;volutionnaire avait soulev&#233; les couches les plus profondes du peuple opprim&#233;, les ouvriers entra&#238;nant les employ&#233;s, la ville entra&#238;nant la campagne. Les partis et les syndicats virent affluer dans leurs rangs de nouveaux membres et de nouveaux sympathisants. Effray&#233; par les occupations d'usine, sentant le revolver sur la tempe, le patronat dut c&#233;der ; une nouvelle vie sembla devoir commencer : ce furent la semaine de 40 heures, les cong&#233;s pay&#233;s, les contrats collectifs, le rel&#232;vement des salaires. A l'usine, l'ouvrier releva la t&#234;te ; au dehors, jouissant de plus de loisirs, il commen&#231;a &#224; vivre plus dignement. L'organisation de classe avait d&#233;termin&#233; la victoire, &#224; son tour, la victoire, par la diminution des heures de travail, permettait &#224; l'ouvrier de consacrer du temps &#224; la lutte organis&#233;e. A toute une vie de d&#233;boires et d'incertitudes l'ouvrier trouvait une issue dans l'action de classe qui, &#224; son tour, d&#233;terminait une am&#233;lioration de ses conditions de vie. L'existence des syndicats, des partis, d'universit&#233;s populaires, de meetings, d'une presse ouvri&#232;re, de brochures, de livres, augmentait la conscience de la classe ouvri&#232;re, ainsi que sa confiance en soi et sa force offensive.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, apr&#232;s les d&#233;faites subies, la situation &#233;conomique des travailleurs est devenue terrible : la journ&#233;e de dix heures, les salaires de famine, le manque complet de vivres, la d&#233;portation en Allemagne, le chantage au d&#233;part pour ceux qui restent, le travail forc&#233;, l'aggravation des conditions de travail (travail aux pi&#232;ces, etc...). La vie politique est presque nulle : et en absence d'une activit&#233; politique propre, les ouvriers manquent de perspectives claires et en sont r&#233;duits &#224; esp&#233;rer une am&#233;lioration de leur situation d'un d&#233;barquement et d'une victoire alli&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat est arriv&#233; &#224; ses fins : il a devant lui un prol&#233;tariat d&#233;sorganis&#233;, d&#233;sorient&#233; et passif ; depuis longtemps les choses n'allaient plus si bien pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la classe ouvri&#232;re ne peut tol&#233;rer qu'une telle situation se prolonge ind&#233;finiment : sa passivit&#233; dans des &#233;v&#233;nements qui mettent en jeu le sort du monde, entra&#238;nerait son asservissement pour toute une g&#233;n&#233;ration. Les ouvriers savent que la bourgeoisie n'a jamais rien c&#233;d&#233; sans une action d&#233;cid&#233;e de leur part ; et la puissance de cette action d&#233;pend de leur organisation. La p&#233;riode de la meilleure situation &#233;conomique du prol&#233;tariat fut celle de sa plus grande activit&#233; politique organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la situation est difficile : la longueur de la journ&#233;e de travail, la n&#233;cessit&#233; de se ravitailler &#224; la campagne, la police, les mouchards, sont autant d'obstacles sur la voie de l'organisation. Mais c'est justement pour cela qu'il faut renverser la vapeur. L'am&#233;lioration de notre situation ne peut pas venir d'&#233;v&#233;nements militaires qui sous la conduite de la bourgeoisie ont pour but l'&#233;crasement des peuples. Tout au contraire, l'attente passive de la classe ouvri&#232;re est un facteur important qui permet aux imp&#233;rialistes de continuer la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une am&#233;lioration de la situation ne peut provenir que d'un changement dans le rapport de forces entre la classe ouvri&#232;re et la bourgeoisie, c'est-&#224;-dire d'une action de classe d&#233;cid&#233;e, qui suppose auparavant une organisation et une volont&#233; offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux ouvriers avanc&#233;s incombe aujourd'hui le devoir de donner l'exemple en faisant le premier pas dans cette voie. Le d&#233;brouillage au jour le jour n'a jamais rien r&#233;solu de grand ; la situation actuelle met en jeu l'avenir m&#234;me du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour permettre &#224; la classe ouvri&#232;re de se regrouper, prendre conscience de sa force et de ses t&#226;ches, il faut commencer le travail sur le terrain de l'usine. Les ouvriers les plus s&#251;rs doivent se r&#233;unir r&#233;guli&#232;rement chez l'un d'entre eux pour envisager en commun les probl&#232;mes de l'usine, pour lire et commenter la litt&#233;rature et les journaux ouvriers clandestins et, dans la mesure du possible, s&#233;lectionner parmi les jeunes les meilleurs &#233;l&#233;ments capables de s'instruire et de trouver dans l'&#233;tude du mouvement ouvrier la volont&#233; et la m&#233;thode qui m&#232;neront &#224; la victoire dans les combats &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers feront ainsi leur propre &#233;ducation d&#233;mocratique, exerceront leur esprit critique et choisiront les meilleurs d'entre eux pour coordonner leur action et multiplier les liaisons sur une &#233;chelle de plus en plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re a pour elle le nombre, la place indispensable qu'elle occupe dans la production et l'incapacit&#233; de la bourgeoisie de faire vivre plus longtemps la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te du pouvoir politique ne peut pas et ne doit pas se faire par d'autres au nom du prol&#233;tariat ; elle ne peut pas &#234;tre la cons&#233;quence d'un coup de main. &#034;La dictature du prol&#233;tariat qui aura pour t&#226;che la socialisation des moyens de production, ne peut &#234;tre le fait d'une masse men&#233;e par quelques-uns, elle doit &#234;tre et elle sera l'&#339;uvre des prol&#233;taires eux-m&#234;mes, devenus, d&#233;j&#224; en soi et par une longue pratique, une organisation politique.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/ldc25_022344.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1944/02/ldc25_022344.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1940 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE CONTRE LA DEUXI7ME GUERRE IMPERIALISTE MONDIALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/11/barta_lutte2g.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/11/barta_lutte2g.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE LIVRE JAUNE SUR LES ORIGINES DE LA GUERRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/01/ouvrierns_19400115.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/01/ouvrierns_19400115.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1945 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PEUT-ON ALLER DE L'AVANT SI L'ON A PEUR D'ALLER VERS LE SOCIALISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/ldc45_032045.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/03/ldc45_032045.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1946 ;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LEURS ALLIES ET LES NOTRES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/09/ldc67_091846.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/09/ldc67_091846.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1947 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LA GREVE DES USINES RENAULT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUI L'EMPORTERA ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/ldc90_051647.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/ldc90_051647.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1948 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;RAPPORT SUR LA SITUATION INTERNATIONALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/10/barta_rapport.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/10/barta_rapport.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta en 1949 :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;DEMASQUER LES DIRIGEANTS REFORMISTES PAR UNE POLITIQUE DE FRONT UNIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/01/note_010849.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/01/note_010849.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7806</link>
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		<dc:date>2025-02-04T23:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Etat-Major et l'empire japonais n'ont pas capitul&#233; sans condition &#224; cause des bombardements am&#233;ricains ni de la bombe atomique mais parce que la d&#233;faite militaire entrainait des risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tairens bien plus dangereux que l'occupation anglo-am&#233;ricaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les brusques assauts du mouvement ouvrier au Japon &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e 1946, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Etat-Major et l'empire japonais n'ont pas capitul&#233; sans condition &#224; cause des bombardements am&#233;ricains ni de la bombe atomique mais parce que la d&#233;faite militaire entrainait des risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tairens bien plus dangereux que l'occupation anglo-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brusques assauts du mouvement ouvrier au Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e 1946, un vaste courant pour un front unifi&#233; se d&#233;veloppa visant &#224; la formation d'un Front d&#233;mocratique populaire (Minshu jinmin sensen) ; la direction de ce mouvement &#233;tait entre les mains du Parti socialiste dont les cadres de droite y firent obstacle et en emp&#234;ch&#232;rent finalement la r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mai 1946 vit la c&#233;l&#233;bration de la f&#234;te du Travail, ressuscit&#233;e apr&#232;s dix ans d'interdiction ; c'&#233;tait la dix-septi&#232;me au Japon et elle se d&#233;roula sur une &#233;chelle incomparablement plus impressionnante que celles de l'avant-guerre. On estima &#224; 500 000 le nombre des participants qui d&#233;fil&#232;rent &#224; T&#333;ky&#333; sur la place du Palais imp&#233;rial et &#224; 2 000 000 le chiffre total des manifestants dans tout le pays. Le 19 mai suivant eut lieu ce que l'on a appel&#233; le &#171; Premier Mai alimentaire &#187; (Shokury&#333; m&#275; d&#275;) qui, mobilisant une foule de 3 000 000 de personnes r&#233;unies sur la place du Palais imp&#233;rial, &#233;tait une manifestation organis&#233;e pour exiger du gouvernement et des forces d'occupation une solution &#224; la crise de l'alimentation. Les manifestants lanc&#232;rent &#233;galement des slogans politiques tels : &#171; A bas le gouvernement r&#233;actionnaire, pour l'&#233;tablissement d'un gouvernement d&#233;mocratique du peuple. &#187; La r&#233;action des forces d'occupation ne se fit pas attendre ; ayant proclam&#233; : &#171; Nous n'accueillerons pas le communisme &#187; et : &#171; Nous ne tol&#233;rons pas les manifestations populaires devant se d&#233;rouler dans la violence &#187; le quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e d'occupation se manifesta comme force r&#233;pressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie sp&#233;cifique suivie dans la premi&#232;re p&#233;riode de l'apr&#232;s-guerre fut la &#171; lutte pour le contr&#244;le de la production &#187; par les ouvriers. Il s'agissait en fait de s'opposer au &#171; sabotage de la production &#187; par les capitalistes cherchant &#224; mettre l'inflation &#224; profit pour r&#233;&#233;valuer les stocks de mat&#233;riel ; c'&#233;tait donc une lutte pour imposer la participation des syndicats ouvriers dans le contr&#244;le des affaires et r&#233;clamant, &#224; travail &#233;gal, des augmentations de salaires ,et la d&#233;mocratisation de la gestion des entreprises. Des combats de ce genre &#233;clat&#232;rent dans tout le Japon dans divers secteurs d'activit&#233; comme la presse, les chemins de fer, la sid&#233;rurgie, l'industrie m&#233;canique, les mines, les collectivit&#233;s locales autonomes et la production cin&#233;matographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe capitaliste, craignant que cette strat&#233;gie ne d&#233;bouche sur un mouvement r&#233;volutionnaire d'occupation des usines, protesta contre l'atteinte aux droits de propri&#233;t&#233; et d'exploitation, riposta au moyen des interventions gouvernementales et de la r&#233;pression polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'&#233;t&#233; 1946, en r&#233;ponse &#224; un plan de licenciement de 75 000 employ&#233;s des chemins de fer nationaux, les syndicats proclam&#232;rent la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, qui fut un succ&#232;s puisque ce plan fut abandonn&#233;. Et la gr&#232;ve de onze jours du Syndicat des marins se termina de m&#234;me mani&#232;re par le retrait du plan de licenciement de 43 000 travailleurs, annonc&#233; par les patrons, et la garantie du plein emploi. Ces conflits avaient &#233;t&#233; soutenus par le Comit&#233; des luttes communes (Ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai) dont le noyau &#233;tait le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi). En automne 1946, le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi) lan&#231;a une campagne offensive pour contrecarrer l'application des plans &#233;labor&#233;s par le gouvernement et les capitalistes de licenciements g&#233;n&#233;raux et de blocage des salaires, pr&#233;vus au nom de la &#171; rationalisation &#187; ; ces luttes se d&#233;roul&#232;rent principalement au sein des entreprises priv&#233;es, sur une base de regroupement des conflits par industrie. Malgr&#233; les entraves mises par les forces d'occupation am&#233;ricaines, cette &#171; lutte d'octobre du Sambetsu &#187; &#224; laquelle particip&#232;rent quelque 320 000 ouvriers, conduisit au doublement du niveau des salaires et &#224; la conqu&#234;te spectaculaire des droits des travailleurs et &#224; la reconnaissance des syndicats ouvriers. Les employ&#233;s de l'industrie &#233;lectrique y collabor&#232;rent de leur c&#244;t&#233; par la mise au point d'un plan de gr&#232;ve dans le secteur &#233;lectrique. Ensuite, ce fut le tour des travailleurs de la fonction publique qui se mirent en gr&#232;ve pour l'augmentation de leurs salaires et la r&#233;organisation d&#233;mocratique d'une bureaucratie h&#233;rit&#233;e du syst&#232;me imp&#233;rial d'avant-guerre. C'est ainsi que les employ&#233;s de tous les services publics, de l'enseignement aux chemins de fer nationaux et aux postes et t&#233;l&#233;communications, mirent sur pied le Comit&#233; pour une lutte commune des fonctionnaires de l'administration publique (Zen kank&#333;ch&#333; ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai ou Zenkank&#333;ch&#333; ky&#333;t&#333;) charg&#233; de harceler le gouvernement par des campagnes conjointes ; ce comit&#233; regroupait 2 600 000 membres ; finalement, sur l'initiative du Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu), les syndicats des entreprises priv&#233;es se joignirent aux combats des fonctionnaires et organis&#232;rent le Comit&#233; national de lutte commune des syndicats ouvriers ou Zento (Zenkoku r&#333;d&#333; kumiai ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai) dont les effectifs comptaient 54 formations avec 4 000 000 d'adh&#233;rents (selon d'autres statistiques ce Comit&#233; regroupait jusqu'&#224; 6 000 000 de membres). Le gouvernement s'opposa fermement aux revendications salariales, ce qui provoqua un pr&#233;avis de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le renversement du cabinet de YOSHIDA Shigeru et l'&#233;tablissement d'un gouvernement populaire d&#233;mocratique. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui devait &#234;tre d&#233;clench&#233;e le 1er f&#233;vrier 1947 fut interdite la veille m&#234;me, le 31 janvier dans l'apr&#232;s-midi, par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur, commandant en chef des Forces d'occupation du Japon ; son d&#233;cret d'interdiction du mouvement fut retransmis &#224; la radio par II Yashir&#333;, le pr&#233;sident du Comit&#233; de lutte commune des fonctionnaires de l'administration publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 1er f&#233;vrier fut avort&#233;e ; cependant, les conditions de travail des employ&#233;s des administrations publiques furent consid&#233;rablement am&#233;lior&#233;es : les salaires furent presque doubl&#233;s et chaque syndicat obtint des conventions collectives, ce qui se propagea jusque dans le secteur priv&#233;. De plus, cette lutte conjointe de grande envergure fut le point de d&#233;part d'une progression rapide du mouvement pour l'unification du front ouvrier. Tous les syndicats d'industrie se r&#233;unirent au niveau national et, en mars 1947, fut mis sur pied le Conseil national de liaison des syndicats ouvriers ou Zenr&#333;ren (Zenkoku r&#333;d&#333; kumiai reuraku ky&#333;gikai) qui regroupait 84 % des ouvriers syndiqu&#233;s soit 4 460 000 adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Conseil (Zenr&#333;ren) n'&#233;tait certes qu'un organisme consultatif de liaison organis&#233; selon le syst&#232;me souple d'adh&#233;sion en bloc des groupements affili&#233;s, mais il fut important dans la mesure o&#249; le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi) comme la F&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des syndicats ouvriers (S&#333;d&#333;mei) y adh&#233;r&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article236708&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article236708&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tokyo - 9 et 10 mars 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiroshima et Nagasaki en ao&#251;t 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation militaire du Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON EN 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES REVENDICATIONS DES MARINS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GOUVERNEMENT MIS EN ACCUSATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc70_101146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc70_101146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Japon sous la tutelle am&#233;ricaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/le-japon-sous-la-tutelle-americaine-185080&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/le-japon-sous-la-tutelle-americaine-185080&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'action de l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain contre la menace prol&#233;tarienne au Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les pays vaincus, le Japon a &#233;t&#233; frapp&#233; de mort massive contre les quartiers populaires des grandes villes. Apr&#232;s le bombardement aux armes classiques de toutes les grandes villes dont le plus impressionnant, celui de Tokyo, c'est le bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki. Pas plus que les autres, il n'est justifi&#233; par un objectif militaire. Il a lieu les 6 et 9 ao&#251;t 1945, alors qu'en juillet 1945, l'Etat japonais a d&#233;j&#224; propos&#233; sa reddition. Mais les Alli&#233;s ne se voient pas imm&#233;diatement prendre la direction d'un Japon o&#249; s'est effondr&#233;e toute confiance dans les classes dirigeantes, o&#249; les sacrifices ont &#233;t&#233; &#233;normes et les exigences sociales vont l'&#234;tre d'autant plus que gouverne un r&#233;gime semi f&#233;odal. Avec l'Allemagne, le Japon est m&#234;me l'un des pays o&#249; les alli&#233;s craignent le plus l'apparition d'un mouvement ouvrier et r&#233;volutionnaire. Avant m&#234;me que la d&#233;faite soit annonc&#233;e le discr&#233;dit du r&#233;gime parmi les travailleurs &#233;tait consid&#233;rable, en proportion des mensonges du pouvoir fasciste japonais sur la &#171; grande Asie &#187; qui allait dominer le monde et des sacrifices &#233;normes impos&#233;s par la dictature f&#233;roce. Cela s'est traduit par une premi&#232;re vague de gr&#232;ve qui a amen&#233; les Am&#233;ricains &#224; craindre &#233;norm&#233;ment ce que serait l'apr&#232;s guerre dans ce pays. C'est cela leur principale pr&#233;occupation lorsqu'il devient &#233;vident que le Japon va capituler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, le r&#233;gime japonais est vaincu et demande l'armistice, mais les dirigeants alli&#233;s refusent de d&#233;signer des pl&#233;nipotentiaires. Obtenir la reddition des Autorit&#233;s, c'est risquer une remise en cause radicale de la part de la population et tout particuli&#232;rement de la classe ouvri&#232;re. Elle a subi de tr&#232;s durs sacrifices de la part du fascisme japonais durant de longues ann&#233;es et peut brutalement se r&#233;veiller en voyant que d&#233;sormais la classe dirigeante est battue et discr&#233;dit&#233;e. Il faut que cette d&#233;faite apparaisse incontestable au point que la population soit elle-m&#234;me &#233;cras&#233;e. C'est le but des bombardements massifs. C'est &#224; ce moment qu'ils lancent les deux bombes atomiques &#224; Hiroshima et Nagasaki. L'objectif n'est pas militaire. Il ne s'agit pas de faire c&#233;der le Japon, d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; capituler. Il s'agit de terroriser encore plus la population pour &#233;viter que la d&#233;faite n'entra&#238;ne des mouvements r&#233;volutionnaires du fait du discr&#233;dit du pouvoir. La bombe atomique n'aura pas plus d'effet meurtrier que le bombardement qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo re&#231;oit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est ras&#233; et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kob&#233; et des dizaines d'autres. Ce qui est vis&#233; syst&#233;matiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, ce sont les populations civiles. Il y a 100 000 morts &#224; Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et ann&#233;es qui suivront. Avec la bombe atomique, ce qui est recherch&#233; plus que l'efficacit&#233; c'est le choc sur les populations et la d&#233;monstration de supr&#233;matie. Au Japon c'est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela appara&#238;t comme une justification : le Japon doit c&#233;der devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En r&#233;alit&#233;, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l'effet sera &#233;galement important au del&#224; sur les peuples d'Asie qui menacent de se r&#233;volter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de bless&#233;s. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d'habitants en 1940 n'en comptait plus que 2 700 000 et l'essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n'avoir aucun risque d'une classe ouvri&#232;re en r&#233;volte devant elle. Il n'y avait plus qu'un pays en ruine dans une situation de mis&#232;re inimaginable avec une domination &#233;trang&#232;re et un gouvernement militaire am&#233;ricain dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur. Dans &#171; Mac Arthur, un C&#233;sar am&#233;ricain &#187;, William Menchester relate que les villes du Japon &#171; n'&#233;taient plus qu'une d&#233;charge de ferraille&#8230; Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de t&#233;l&#233;phone, pas de train, pas d'usine d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Hiroshima et Nagasaki &#233;taient r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de caillou vitrifi&#233; ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n'allaient gu&#232;re mieux. A l'exception de quelques maisons &#224; l'&#233;preuve du feu et des tremblements de terre, tout &#233;tait r&#233;duit en cendres et en escarbilles. L&#224; se r&#233;fugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Howard Zinn rapporte dans &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187; : &#171; Faisait-on r&#233;ellement la guerre pour d&#233;montrer que Hitler se trompait quant &#224; la sup&#233;riorit&#233; de la race aryenne ? (&#8230;) Un des aspects de la politique am&#233;ricaine semblait s'inspirer directement du fascisme. Il s'agit du sort r&#233;serv&#233; aux Am&#233;ricains d'origine japonaise de la c&#244;te Ouest. Apr&#232;s l'attaque de Pearl Harbour, une hyst&#233;rie anti-japonaise &#233;clata au sein du gouvernement. Un membre du Congr&#232;s d&#233;clara m&#234;me : &#171; Je suis pour que l'on se saisisse de tous les Japonais en Am&#233;rique, de l'Alaska &#224; Hawa&#239;, et qu'on les mette dans des camps de concentration. (&#8230;) Qu'on s'en d&#233;barrasse ! &#187; (...) Cent mille hommes, femmes et enfants furent expuls&#233;s, regroup&#233;s dans des camps au plus profond des Etats-Unis et gard&#233;s dans des conditions de captivit&#233;. Les trois quarts d'entre eux &#233;taient (&#8230;) citoyens am&#233;ricains. (&#8230;) La grande majorit&#233; des Am&#233;ricains se trouvait mobilis&#233;e, dans l'arm&#233;e comme dans la vie civile, en faveur de la guerre. (&#8230;) La haine de l'ennemi, et en particulier des Japonais, &#233;tait largement partag&#233;e. Le racisme s'&#233;panouissait. Le magazine &#171; Times &#187;, rendant compte de la bataille d'Iwo Jima &#233;crivit : &#171; Le Jap de base est parfaitement ignorant. Peut-&#234;tre est-il humain. En tout cas, rien ne l'indique. &#187; Il y eut donc bien un large soutien &#224; ce qui devait devenir la plus abominable campagne de bombardements de civils jamais entreprise au cours d'une guerre : les attaques a&#233;riennes sur les villes allemandes et japonaises. (&#8230;) L'apog&#233;e de ces bombardements terroristes fut celui de Dresde, d&#233;but 1945. Au cours de cette op&#233;ration, l'extraordinaire chaleur d&#233;gag&#233;e par les bombes provoqua des incendies qui ravag&#232;rent la ville. Plus de cent mille personnes p&#233;rirent &#224; Dresde. (&#8230;) Le pilonnage des villes japonaises correspondait &#233;galement &#224; cette strat&#233;gie destin&#233;e &#224; d&#233;truire le moral des civils. Un bombardement nocturne sur Tokyo fit quelque quatre-vingt mille victimes. Puis, le 6 ao&#251;t 1945, apparut dans le ciel d'Hiroshima un unique avion am&#233;ricain qui l&#226;cha la premi&#232;re bombe atomique faisant environ cent-mille morts et des dizaines de milliers d'autres victimes qui allaient mourir lentement de l'effet d&#233;vastateur des radiations. (&#8230;) Trois jours plus tard, une autre bombe atomique &#233;tait l&#226;ch&#233;e sur Nagasaki, faisant environ cinquante mille victimes suppl&#233;mentaires. Ces actes atroces furent justifi&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la fin de la guerre et d'&#233;viter d'envahir le Japon. (&#8230;) En ao&#251;t 1945, le Japon &#233;tait d&#233;j&#224; dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e et pr&#234;t &#224; se rendre. (&#8230;) Les cent mille morts d'Hiroshima &#233;taient presque tous des civils. Le US Strategic Bomb Survey d&#233;clara quant &#224; lui dans son rapport que &#171; Hiroshima et Nagasaki avaient &#233;t&#233; choisie pour cibles en raison de leur forte concentration d'activit&#233;s et de population. &#187; (&#8230;) Apr&#232;s la reddition du Japon, les puissances fascistes &#233;taient battues. Mais qu'en est-il du fascisme en tant qu'id&#233;e, et en tant que r&#233;alit&#233; ? &#187; An&#233;antir le fascisme et les fascistes n'&#233;tait pas l'objectif de l'imp&#233;rialisme US lui qui maintenait m&#234;me au pouvoir l'empereur Hiro Hito, grand organisateur du r&#233;gime fasciste. Comment l'imp&#233;rialisme pourrait-il vouloir d&#233;truire d&#233;finitivement le fascisme puisque celui-ci n'est rien d'autre que l'an&#233;antissement physique et moral de toute possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re de faire la r&#233;volution sociale ? Cet an&#233;antissement n'&#233;tait-il pas le premier objectif des Alli&#233;s &#224; la fin de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste. Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s. En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon. Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US ! Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures. En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230; Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Reproduit de The militant du 21-9-46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES REVENDICATIONS DES MARINS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GOUVERNEMENT MIS EN ACCUSATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;. Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le faux r&#244;le des deux bombes atomiques dans la guerre contre le Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1994_num_49_3_279279&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1994_num_49_3_279279&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Natalia Sedova Trotsky : &#034;Stalin's Guilt&#034;</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8033</link>
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		<dc:date>2024-11-29T19:29:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
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&lt;p&gt;On June 8, 1940 Leon Trotsky wrote &#8220;I can therefore state that I live on this earth not in accordance with the rule but as an exception to the rule.&#8221; And on August 20, 1947 it will be seven years since the perpetration of the crime that cut short his life. &lt;br class='autobr' /&gt;
Everything we said in connection with the violent death of L.D. Trotsky is today being wholly confirmed by the confession of Louis Budenz, a former leader of the American &#8220;Communist&#8221; Stalinist Party, in his book, This Is My Story, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot308" rel="tag"&gt;Natalia Sedova&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On June 8, 1940 Leon Trotsky wrote &#8220;I can therefore state that I live on this earth not in accordance with the rule but as an exception to the rule.&#8221; And on August 20, 1947 it will be seven years since the perpetration of the crime that cut short his life.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Everything we said in connection with the violent death of L.D. Trotsky is today being wholly confirmed by the confession of Louis Budenz, a former leader of the American &#8220;Communist&#8221; Stalinist Party, in his book, This Is My Story, published in March of this year. The testimony of this GPU sub-agent, who took part in the conspiracy against the life of L.D. Trotsky, introduces nothing factually new, but it does authoritatively corroborate everything that we said on the basis of general political considerations as well by taking into account the numerous facts which occurred during the years of our exile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The confessions of Louis Budenz throw light upon the entire activity of Stalin's secret &#8220;Apparatus,&#8221; which has usurped power and which acts with bloody arbitrariness. According to Budenz, Earl Browder and Jack Stachel participated in the plot against Trotsky's life. The plan of Stalin's terroristic deed was discussed in New York. For many reasons, and in the first instance, because Constantine Oumansky, who for many long years was attached to the Commissariat of Foreign Affairs in the capacity of secret police agent, participated both in the &#8220;accidental&#8221; and non-accidental deaths of Stalin's enemies, it is difficult to suppose that he was not involved in one way or another in the crime perpetrated in Mexico during his stay as Soviet Ambassador in the United States. Oumansky himself &#8220;fell victim of an accident.&#8221; Was he perhaps in reality doomed to perish ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis Budenz leaves much that is unsaid ... he probably knows much more ! But under the conspiratorial system, where each of the participants in the plot is told only what concerns him and nothing more, Budenz might have remained uninformed about some of the most important things. Let us hope that presently others will come forward with supplementary revelations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalin cherished the project of physically destroying the leader of the anti-totalitarian Opposition even before the expulsion of Trotsky from the Russian Communist Party. Sometime after the death of Lenin, as was testified by Zinoviev and Kamenev, who at that time formed together with Stalin the secret ruling Triumvirate, Stalin posed to himself the task of getting rid of his opponent at any price. This found its confirmation in attempts which at that time looked like accidents, but which were highly suspicious nevertheless. Thus in 1924 when L.D. was recuperating in Kislovodsk, we happened one night to be returning in a hand-car from a hunting trip together with Muralov and our guards The hand-car suddenly jumped the rails and overturned. We escaped only with contusions. But we never received a plausible explanation of what had caused the derailment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On November 7, 1927 during the demonstration in celebration of the 1917 Revolution, the Trotskyist Opposition marched with its own banners and its Left slogans. Shots were fired at the automobile of L.D. Trotsky. At that time the Stalinist clique could not go beyond attempts of this sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To the uninitiated it might appear incomprehensible why Stalin should have first exiled Trotsky abroad and then tried over a period of years to do away with him. In 1928 when Trotsky was exiled to Central Asia, it was still impossible to talk not only about shooting him but also about arresting him. The generation with whom Trotsky had passed through the entire October Revolution and the Civil War was still alive. The Political Bureau felt itself besieged from all sides and Stalin's project could not have been realized at that time either politically or psychologically. Even the legal exile of L.D. was not managed successfully by Stalin ; it was broken up by a huge demonstration which took place at night in the railway station. The tumultuous crowd set up a large portrait of the leader of the October Revolution on one of the cars, cheered enthusiastically, and halted the train as it started moving. But Trotsky was not on it. The departure had been cancelled. Here, too, Stalin was obliged to resort to deception and to a secret train in order to achieve the exile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Exile of Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The year spent by L.D. in Central Asia was one of intense discussion by correspondence with his co-thinkers. The entire community in exile stirred with the greatest activity ; in Moscow and Leningrad sympathies for the Opposition kept growing. The experience of that year brought Stalin to the decision to exile Trotsky abroad. His choice fell on Turkey. Stalin calcuated that once he had succeeded in completely blackening Trotsky in the eyes of the entire country, he would then be able to obtain from the friendly Turkish government the return of Trotsky to Moscow for the final settlement of scores. The question came up for discussion in the Political Bureau. Stalin said :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Trotsky must be exiled abroad in the first place because he provides here the ideological leadership for the Opposition which keeps growing numerically ; secondly, in order to uncrown him in the eyes of the masses as soon as he turns up as an ally of the bourgeoisie in a bourgeois country ; thirdly, in order to uncrown him in the eyes of the entire world proletariat : the Social Democracy will exploit his exile against the USSR and come to the defense of &#8216;the victim of Bolshevik terror &#8211; Trotsky' ; and fourthly, if Trotsky comes out with exposures of the leadership we will brand him as a traitor. All this shows the need to exile him.&#8221; (We had in our possession a copy of the minutes of the session of the Political Bureau at which Stalin gave the foregoing arguments.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On December 16, 1928, to an ultimatum issued by Moscow that he cease and desist from revolutionary activity, Trotsky, replied :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Only completely corrupted functionaries could demand of a revolutionist that he renounce political activity, that is, renounce serving the Party and the world revolution. Only contemptible renegades could be capable of binding themselves to do so.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On January 18, 1929 came the GPU order exiling Trotsky outside the boundaries of the USSR. Upon the demand that he acknowledge receipt of this order, L.D. Trotsky wrote :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;This decision of the GPU, criminal in its content and illegal in its form was presented to me on January 20, 1929.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We were brought from Odessa to Istanbul on the steamship Ilyich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On July 18, 1933, the &#8220;left&#8221; government of Daladier issued to Trotsky permission to settle in France, ostensibly with the same rights as other foreigners. But in reality he was forbidden to live in Paris and was immediately placed under strict police surveillance. On February 6, 1934, after a rabid campaign in the press, Albert Sarraut, the then Minister of Internal Affairs, signed an order deporting Trotsky from France. But there could not be found a single foreign government that would agree to accept him. For this reason the order of deportation could not be carried out. From one day to the next l'Humanit&#233; [French Stalinist daily] kept writing : &#8220;Fascist Daladier has summoned the social-Fascist Trotsky in order with his assistance to organize intervention against the Soviet Union.&#8221; This did not prevent the Stalinist party from entering two years later into an anti-Fascist People's Front with the Fascist Daladier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In June 1935 the Social Democratic Party of Norway formed the government there. Trotsky turned to Oslo with a request for a visa. On June 10 he was deported from France and we left for Norway.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The realization of Stalin's project had to be postponed. As Lenin said, &#8220;this cook prepares only peppery dishes.&#8221; Stalin needed more potent means for achieving the deportation of Trotsky from Norway, i.e., his being in effect handed over to the GPU. To this end Stalin staged the Moscow Trials. Cringing before threats, Norway resorted to the internment of L.D. Trotsky. It seemed as if the possibility of obtaining a visa to another country was completely out of the question. But the government of the Republic of Mexico in the person of Lazaro Cardenas issued a visa to Trotsky &#8211; this was in the days when Mexico had no diplomatic relations with the USSR. Stalin's plans fell to pieces, nothing else remained for him except to prepare the terrorist act. For his part Trotsky awaited with certainty an attempt against his life. In March 1940 the congress of the &#8220;Communist&#8221; Stalinist Party of Mexico proclaimed a course toward the &#8220;extermination of Trotskyism.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Armed Assault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On May 24, 1940 took place the armed assault upon our house, which was led by the painter David Alfaro Siqueiros, former member of the Mexican Stalinist party. Robert Sheldon Harte, one of Trotsky's young collaborators, was kidnapped by the Stalinist bandits and murdered. We escaped unscathed thanks to a fortunate combination of circumstances, despite the carefully prepared strategic plan of the GPU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After the death of L.D. Trotsky the Bulletin of the Russian Opposition wrote :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;To this failure (of the attack led by Siqueiros) we owe the most dramatic document of modern political literature ; in it a man explains why he will he killed and lays bare all the threads of a plot that tightened more and more closely around him ...&#8221; [The reference here is to Trotsky's article The Comintern and the GPU, completed a few days before his assassination and published in November 1940 Fourth International.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Alfaro Siqueiros, freed on 10,000 pesos bail, and prohibited to leave the country where he had committed a capital political crime, nevertheless fled from Mexico, not without the assistance of prominent individuals. His trial was suspended without explanations, and a few months later the press reported the theft of all the court records in his case and the impossibility in view of this of proceeding with the trial. Not so long ago he filed an application for readmission to the Stalinist Party from which he was in his day expelled. The complete violation of legality by Siqueiros demands that he he arrested at once.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The revelations of Louis Budenz, former editor of the Daily Worker, the Stalinist daily in the United States, are quite specific and have become widely known. The conscience of world public opinion can neither remain indifferent to the crimes that have been committed nor permit them to pass unpunished.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A new and supplementary judicial investigation must be undertaken against the Stalinist assassin now lodged in a prison in Mexico, the self-styled &#8220;Jacson,&#8221; &#8220;Mornard,&#8221; &#8220;Vandendreschd&#8221; &#8211; all three false aliases. The prisoner must be subjected to a supplementary cross examination in order to clear up the following points : 1) his real identity and his past ; 2) his probable role in the Siqueiros assault and the murder of Robert Sheldon Harte ; 3) what he did on the trips made by him periodically to New York ; 4) the identity of his superiors, inspirers and paymasters.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The participation of the leaders of the &#8220;Communist&#8221; party of the US in the plot against Trotsky, attested to by Louis Budenz, provides sufficient grounds to bring before the court, Budenz himself, together with Browder and Stachel, and to place them in the hands of the Mexican judicial authorities.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Millions of people are under a monstrous delusion : they identify the October Revolution with the bloody totalitarian regime that engulfed it, the regime with its &#8220;Apparatus&#8221; of espionage, corruption and slander ; with its Comintern, the organizer of murders, formally dissolved in 1942 but still continuing its evil activities. The time has come for those who continue to grope in the dark to open their eyes. The responsibility for crimes committed in Coyoacan and for other innumerable crimes falls directly &#8211; and to a far greater extent than on his contemptible secret agents &#8211; upon Stalin himself. The interests of the complete investigation of this exceptional court case demand Stalin's presence ; he must appear before the court as the author and arranger of the crime. Stalin bears the responsibility before the world's public opinion, before posterity and before History.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coyoacan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;April 19, 1947&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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