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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>R&#233;voltes de 1918 &#224; 1922 au Japon</title>
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		<dc:date>2025-12-06T23:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1917-1919</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

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&lt;p&gt;R&#233;voltes de 1918 &#224; 1922 au Japon &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;meutes du riz de 1918 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#171; &#233;meutes du riz &#187; qui touch&#232;rent le pays durant l'&#233;t&#233; 1918 sont sans doute le plus grand soul&#232;vement populaire qu'ait connu le Japon au cours de son histoire. Le mouvement concerna 38 villes, 153 bourgs et 77 villages, selon des rapports sans doute sous &#233;valu&#233;s, entra&#238;nant environ 700 000 personnes, peut-&#234;tre plus encore, dans des manifestations et des cort&#232;ges de rue dont certains tourn&#232;rent &#224; l'affrontement avec la police ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;1917-1919&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes de 1918 &#224; 1922 au Japon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;meutes du riz de 1918&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; &#233;meutes du riz &#187; qui touch&#232;rent le pays durant l'&#233;t&#233; 1918 sont sans doute le plus grand soul&#232;vement populaire qu'ait connu le Japon au cours de son histoire. Le mouvement concerna 38 villes, 153 bourgs et 77 villages, selon des rapports sans doute sous &#233;valu&#233;s, entra&#238;nant environ 700 000 personnes, peut-&#234;tre plus encore, dans des manifestations et des cort&#232;ges de rue dont certains tourn&#232;rent &#224; l'affrontement avec la police ou l'arm&#233;e1. Ces &#233;meutes sonn&#232;rent comme un coup de tonnerre dans un pays o&#249; l'agitation politique et sociale &#233;tait non pas inexistante mais somme toute mesur&#233;e. Elles furent tr&#232;s vite comprises comme un mouvement de nature ambigu&#235;, &#224; la fois une r&#233;volte du type de celles qui avaient &#233;clat&#233; sous l'ancien r&#233;gime Tokugawa et dans les premi&#232;res ann&#233;es Meiji2, un ikki &#19968;&#25542;, et dans ce cas, le plus important mais aussi &#8211; on le sait aujourd'hui &#8211; le dernier d'entre eux. On y vit aussi un mouvement de col&#232;re populaire, alliant aux anciens modes de protestation des revendications touchant aux conditions d'existence, de travail et aux salaires. Quoi qu'il en soit, les contemporains constat&#232;rent que les &#233;meutes du riz apparaissaient comme un tournant dans l'histoire politique et sociale du Japon au d&#233;but du xxe si&#232;cle, d&#233;clenchant dans leur foul&#233;e une vague de protestations, notamment dans la classe ouvri&#232;re, le tout dans un contexte international de mont&#233;e de l'agitation sociale au lendemain de la r&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3 &#192; la suite des mouvements de gr&#232;ve qui atteignirent un nombre record en 1907, la police proc&#233;da &#224; d (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 4 &#192; partir du printemps 1910, des rafles polici&#232;res aboutirent &#224; plus d'une centaine d'arrestations p (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 5 En ao&#251;t 1910, Ishikawa Takuboku, proche des milieux socialistes, proposa au journal T&#333;ky&#333; Asahi shi (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 6 Arahata (2016 [1975] : 383).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2La r&#233;pression qui frappa au Japon le mouvement socialiste et plus g&#233;n&#233;ralement le mouvement ouvrier &#224; partir de 19073, puis la vague d'arrestations de 1910 suivie d'ex&#233;cutions en janvier 1911 dans le cadre de l'affaire du complot de l&#232;se-majest&#233; (taigyaku jiken &#22823;&#36870;&#20107;&#20214;)4, d&#233;sorganis&#232;rent, voire d&#233;capit&#232;rent, un mouvement social naissant. Le jeune po&#232;te Ishikawa Takuboku &#30707;&#24029;&#21828;&#26408; (1886-1912) &#233;voqua alors en une formule qui devint c&#233;l&#232;bre une &#171; p&#233;riode de repli &#187;, &#171; une p&#233;riode bloqu&#233;e &#187;5. Outre la r&#233;pression proprement dite et la surveillance polici&#232;re incessante, la crainte d'&#234;tre m&#234;l&#233; de pr&#232;s ou de loin &#224; un complot contre l'empereur &#233;loignait les sympathisants de la cause socialiste, isolant encore un peu plus les militants. Cet isolement fut d'ailleurs aggrav&#233; par la scission des partis socialistes europ&#233;ens qui, presque tous, ralli&#232;rent la cause nationale pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale. Entre 1910-1911 et 1917-1918, le mouvement socialiste d'un c&#244;t&#233;, et le mouvement ouvrier syndical de l'autre, connurent ce qui au Japon est qualifi&#233; d'&#171; &#232;re d'hiver &#187; ou de &#171; p&#233;riode d'hibernation &#187; (fuyu no jidai &#20908;&#12398;&#26178;&#20195;). La tendance g&#233;n&#233;rale &#233;tait au repli. Les rares militants &#233;taient arr&#234;t&#233;s pour simple distribution de tracts et la d&#233;moralisation les gagnait6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3Pourtant, l'agitation continua dans les ann&#233;es 1913-1918. Mais il s'agissait d'une agitation politique qui touchait plut&#244;t les nouvelles couches moyennes urbaines, avec le d&#233;veloppement d'un mouvement en faveur du suffrage universel (masculin) en remplacement du suffrage censitaire &#233;litiste, et cherchant &#224; promouvoir un gouvernement repr&#233;sentant les forces parlementaires et non les anciennes factions f&#233;odales. Certains lib&#233;raux voyaient dans le changement de r&#232;gne imp&#233;rial en 1912 l'av&#232;nement sinon d'une nouvelle politique, du moins d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le contexte politique : de la nature de la d&#233;mocratie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 7 Les ministres de la guerre et de la marine ne pouvaient &#234;tre issus que des cadres de l'arm&#233;e de ter (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4En 1912, le cabinet Saionji, sous l'influence du parti Seiy&#363;kai &#25919;&#21451;&#20250;, refusa, pour des raisons budg&#233;taires, la cr&#233;ation des deux nouvelles divisions r&#233;clam&#233;es par l'arm&#233;e de terre pour le maintien de l'ordre en Cor&#233;e. Le ministre de la Guerre d&#233;missionna mais l'arm&#233;e de terre refusa d'en d&#233;signer un nouveau7 : ce fut la premi&#232;re &#233;preuve de force entre un cabinet civil et l'&#233;tat-major. Saionji Kinmochi &#35199;&#22290;&#23546;&#20844;&#26395; (1849-1940) fut alors contraint de d&#233;missionner. Katsura Tar&#333; &#26690;&#22826;&#37070; (1848-1913) forma un cabinet conservateur en s'appuyant sur les forces traditionnelles, les anciennes cliques f&#233;odales (hanbatsu &#34281;&#38309;) des fiefs du Sud-Ouest, la bureaucratie et l'&#233;tat-major des deux armes. Mais une partie de la presse se d&#233;cha&#238;na contre ce retour en force des milieux les plus traditionnels. L'opposition se mobilisa avec des mots d'ordre du type &#171; Prot&#233;geons le r&#233;gime constitutionnel ! &#187;, &#171; &#192; bas les cliques f&#233;odales ! &#187;. Certains milieux financiers pr&#234;t&#232;rent de l'argent aux d&#233;put&#233;s et aux journalistes d'opposition pour d&#233;clencher une dynamique susceptible de faire tomber le gouvernement Katsura, fra&#238;chement mis en place. Ce dernier mena&#231;a d'user de la censure et de la r&#233;pression mais, d&#233;but 1913, des manifestations populaires contre le gouvernement emp&#234;ch&#232;rent la Di&#232;te de si&#233;ger, tandis que des locaux de police et des si&#232;ges de journaux &#233;taient incendi&#233;s. Apr&#232;s 53 jours de gouvernement, Katsura d&#233;missionna devant le risque de d&#233;bordement g&#233;n&#233;ral. Le coup de force de l'arm&#233;e avait &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 8 Kamiya (1986 :1).&lt;br class='autobr' /&gt; 9 Des f&#233;ministes s'engag&#232;rent de leur c&#244;t&#233;, non sans r&#233;sultats, pour le suffrage universel r&#233;el et la (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5La d&#233;mission de Katsura sonna le coup d'envoi de la vague d&#233;mocratique dite de Taish&#333;. &#192; titre d'exemple, &#224; Namerikawa, sur la c&#244;te de la mer du Japon, l'un des bourgs o&#249; d&#233;buteront les &#233;meutes de 1918, 800 personnes vinrent &#233;couter le 21 juin 1913 les orateurs du mouvement qui d&#233;non&#231;aient les cliques f&#233;odales monopolisant le pouvoir et parlaient en faveur du suffrage universel8. Ce mouvement pour le suffrage universel (masculin), fusen und&#333; &#26222;&#36984;&#36939;&#21205;, gagna sans cesse en importance apr&#232;s 1913 et pourtant le gouvernement ne c&#233;da qu'en 19259. D&#232;s 1914, par un curieux effet de retournement, la propagande en faveur de la guerre contre l'Allemagne reprit le th&#232;me de la lutte contre le militarisme allemand au nom des id&#233;aux d&#233;mocratiques proclam&#233;s par les alli&#233;s. La propagande belliciste offrit ainsi au mouvement d&#233;mocratique une nouvelle raison d'esp&#233;rer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 10 Yoshino (1984 [1916] : 113).&lt;br class='autobr' /&gt; 11 Yoshino (1984 [1916] : 110).&lt;br class='autobr' /&gt; 12 Yoshino (1984 [1916]).&lt;br class='autobr' /&gt; 13 Le mot circulait d&#233;j&#224; et avait &#233;t&#233; utilis&#233; par plusieurs journalistes avant que Yoshino n'en donne (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 14 Yoshino (1984 [1916] : 93).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6Parmi les porte-paroles de ce mouvement, un professeur de l'universit&#233; imp&#233;riale de Tokyo, Yoshino Sakuz&#333; &#21513;&#37326;&#20316;&#36896; (1878-1933), inventa un discours particulier sur la d&#233;mocratie, la d&#233;mocratie de type minpon shugi &#27665;&#26412;&#20027;&#32681;, d&#233;mocratie au sein du r&#233;gime imp&#233;rial. Pour traduire le mot de d&#233;mocratie, on parlait au Japon &#224; la fin du xixe si&#232;cle de minshu shugi &#27665;&#20027;&#20027;&#32681; (doctrine o&#249; le peuple est son propre ma&#238;tre, doctrine socialisante et dangereuse, nous dit Yoshino10) ou de shumin shugi &#20027;&#27665;&#20027;&#32681; (doctrine o&#249; le ma&#238;tre est le peuple). On a &#233;galement pu &#233;voquer minsh&#363; shugi &#27665;&#34886;&#20027;&#32681; (doctrine des masses populaires) et m&#234;me heimin shugi &#24179;&#27665;&#20027;&#32681; (doctrine du peuple). C'est finalement le premier terme qui va l'emporter, et passer aussi en chinois (m&#237;nzh&#468; zh&#468; y&#236;), en cor&#233;en (minju ju&#365;i) et m&#234;me en vietnamien (d&#226;nch&#7911; ch&#7911; ngh&#297;a). Yoshino avance de son c&#244;t&#233; l'expression de minpon shugi (doctrine o&#249; le peuple est au fondement des choses), dont il nous explique qu'elle est la traduction en japonais du mot occidental &#171; d&#233;mocratie &#187;11. Tous ces termes constitu&#232;rent les mots-cl&#233;s des discours politiques lib&#233;raux au cours de l'&#232;re Taish&#333; (1912-1926). Minpon shugi, m&#234;me s'il se retrouve dans de rares occurrences chez Mencius pour d&#233;signer la politique, est quasi inexistant en chinois et tr&#232;s peu usit&#233; en cor&#233;en. Yoshino se fit vraiment remarquer quand, d&#233;j&#224; professeur &#224; l'universit&#233;, il publia un long article dans la revue Ch&#363;&#333; k&#333;ron &#20013;&#22830;&#20844;&#35542;, en janvier 1916, intitul&#233; &#171; Les principes du gouvernement constitutionnel et les moyens de les r&#233;aliser pleinement12 &#187;. Dans cet article, il &#233;voquait pour la premi&#232;re fois son id&#233;e de minpon shugi, de &#171; d&#233;mocratie &#224; la japonaise &#187;13. Le concept de minpon shugi &#8211; mot aujourd'hui quelque peu d&#233;mod&#233; &#8211; r&#233;sonne fortement car il associe empereur, nation et d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire qu'il op&#232;re une forme de synth&#232;se entre les tenants de l'autorit&#233; imp&#233;riale, les thurif&#233;raires de la nation et les classes moyennes qui revendiquent une participation plus active aux d&#233;cisions politiques. Pour Yoshino, ce concept rel&#232;ve de la science politique moderne. Il pose la question : comment faire progresser les id&#233;es et les pratiques d&#233;mocratiques dans le cadre de la constitution imp&#233;riale ? Pour lui, minpon shugi est non seulement la traduction du concept occidental de d&#233;mocratie mais a aussi pour signification le fait que &#171; les objectifs fondamentaux de l'activit&#233; souveraine de l'&#201;tat doivent r&#233;sider dans le peuple14 &#187;. Selon Yoshino, un r&#233;gime constitutionnel ne peut se limiter &#224; l'application stricte de la Constitution, mais doit se consacrer &#224; la mise en pratique de l'esprit qui a pr&#233;sid&#233; &#224; la mise en place de ladite Constitution. Et quel est donc cet esprit ? Yoshino r&#233;pond : ce sont les trois principes fondamentaux de la protection des droits du peuple, de la s&#233;paration des trois pouvoirs (ex&#233;cutif, l&#233;gislatif et judiciaire), du syst&#232;me d'&#233;lection des repr&#233;sentants du peuple. L'&#233;largissement r&#233;el des droits du peuple est possible, selon lui, dans le cadre de la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 15 Yoshino (1984 [1916] : 121).&lt;br class='autobr' /&gt; 16 Yoshino (1984 [1916] : 179-180). &#192; propos du droit de vote pour les femmes, Yoshino reste assez amb (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7Pour Yoshino, le fondement spirituel de la Constitution, c'est la d&#233;mocratie en tant que telle. La politique n'a pour objet que le bonheur de la population ordinaire et toute d&#233;cision politique doit se situer dans ce cadre15. Assurer la protection du peuple, respecter la s&#233;paration des pouvoirs ex&#233;cutif, l&#233;gislatif et judiciaire, &#233;lire des assembl&#233;es au suffrage universel, tels doivent &#234;tre les principes ultimes d'un gouvernement constitutionnel. Pour cela, il est n&#233;cessaire d'assurer le respect de la libert&#233; d'expression et d'&#233;largir le suffrage censitaire en vigueur. Yoshino oppose &#171; la population ordinaire &#187; aux &#171; classes privil&#233;gi&#233;es &#187;, c'est-&#224;-dire l'aristocratie qui b&#233;n&#233;ficie de sa position historique et les capitalistes qui ont profit&#233; de la conjoncture r&#233;cente. Contre &#171; les partisans de l'invasion, le militarisme, le capitalisme, les tenants des privil&#232;ges de classe &#187;, il pr&#233;conise &#171; la domination de la sagesse et de la morale du peuple &#187; (kokumin chitoku &#22269;&#27665;&#30693;&#24499;), &#171; un principe immuable qui devrait dominer le monde &#187;. Une d&#233;mocratie r&#233;elle au Japon permettrait, &#224; son avis, &#171; d'avancer avec le reste du monde &#187;, mais cette avanc&#233;e reste li&#233;e au niveau g&#233;n&#233;ral d'&#233;ducation du peuple. Il termine en proclamant haut et fort la n&#233;cessit&#233; d'un syst&#232;me fond&#233; sur le gouvernement des partis politiques &#233;lus au Parlement au suffrage universel, la supr&#233;matie de la Chambre basse sur la Chambre des pairs, la responsabilit&#233; du cabinet devant le Parlement16, et se prononce en faveur de r&#233;formes d&#233;mocratiques dans le cadre de la Constitution imp&#233;riale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 17 Duus et Scheiner (1998 : 174).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8Il n'est pas inint&#233;ressant &#224; ce stade de remarquer qu'&#224; c&#244;t&#233; d'un vocabulaire tr&#232;s influenc&#233; par la philosophie politique occidentale, Yoshino, et d'autres d&#233;mocrates dans son sillage, utilisent dans leurs travaux une rh&#233;torique largement tir&#233;e des classiques chinois. &#192; partir d'expressions forg&#233;es autour de quatre id&#233;ogrammes comme kanmin d&#333;ky&#333; &#23448;&#27665;&#21516;&#20849; (coop&#233;ration du peuple et des fonctionnaires), kunmin d&#333;chi &#21531;&#27665;&#21516;&#27835; ou kunmin d&#333;sei &#21531;&#27665;&#21516;&#25919; (gouvernement conjoint du souverain et du peuple), banmin d&#333;chi &#19975;&#27665;&#21516;&#27835; (gouvernement conjoint de tout le peuple), expressions issues du r&#233;pertoire chinois, ils tentent de faire passer l'id&#233;e d'un processus engendr&#233; par des notions traditionnelles, comme si ces tournures avaient valeur int&#233;grative en recr&#233;ant du connu et du commun17. Ces conceptions reposent finalement sur un m&#233;lange de foi dans le progr&#232;s mais aussi de volont&#233; tr&#232;s influenc&#233;e par la pens&#233;e classique de faire triompher la morale et l'harmonie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 18 Yamakawa (1976 [1918] : 15-35).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9D&#232;s leur parution, les th&#232;ses de Yoshino furent critiqu&#233;es par des socialistes qui lui reproch&#232;rent d'abandonner certains principes essentiels, de couper l'id&#233;e de d&#233;mocratie en tranches, d'en r&#233;duire le sens. Ils l'accus&#232;rent de ne vouloir que le d&#233;veloppement de pratiques d&#233;mocratiques dans le cadre d'un &#201;tat domin&#233; par l'empereur : le minpon shugi serait ainsi une sorte de &#171; d&#233;mocratie imp&#233;riale &#187;, une d&#233;mocratie &#224; l'int&#233;rieur d'un syst&#232;me qui, par essence, est non d&#233;mocratique. Yoshino aurait renonc&#233; en fait &#224; l'id&#233;e d&#233;mocratique d'&#171; un gouvernement du peuple pour le peuple par le peuple &#187;, selon la fameuse expression de Lincoln. Plus grave, il aurait abandonn&#233; au profit de l'institution imp&#233;riale l'id&#233;e d'une souverainet&#233; populaire18.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 19 Narita (2007 : 31).&lt;br class='autobr' /&gt; 20 Stegewerns (2003 : 127).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10L'historien Narita Ry&#363;ichi nuance cependant ces critiques : Yoshino &#233;tait un pragmatique qui savait la r&#233;pression toujours possible. Il aurait en fait tent&#233; un compromis pour vider de leur substance les tendances autoritaires manifest&#233;es dans le texte constitutionnel. En clair, il n'&#233;tait pas en d&#233;saccord avec les tenants d'une conception plus radicale de la d&#233;mocratie, mais &#233;tait plus attach&#233; aux r&#233;formes &#224; venir de la Constitution qu'&#224; sa critique th&#233;orique19. Yoshino voulait faire savoir aux vieux conservateurs que la &#171; d&#233;mocratie &#187; (minpon shugi) ne mena&#231;ait pas le corps national, le kokutai &#22269;&#20307;. Le drame de Yoshino n&#233;anmoins, c'est qu'il fut en avance sur son temps dans les ann&#233;es 1914-18 et critiqu&#233; d&#232;s les ann&#233;es 1919-1920 par une nouvelle g&#233;n&#233;ration pour sa relative mod&#233;ration20. Pourtant sa pens&#233;e influen&#231;a consid&#233;rablement ses contemporains jusque dans des milieux a priori peu vers&#233;s dans les d&#233;bats th&#233;oriques de science politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le boom &#233;conomique de la guerre : profiteurs et mis&#233;rables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 21 Pour un indice de la production industrielle (indice Nagoya kosh&#333;) on passe de 100 en 1914 &#224; 487 en (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 22 Crawcour (1997 : 101).&lt;br class='autobr' /&gt; 23 Imai (1998 [1974] : 105). Sur une base 100 en 1914, les salaires &#233;taient &#224; 115 environ quand les pr (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11Au cours des ann&#233;es de guerre, le capitalisme japonais, qui avait achev&#233; sa r&#233;volution industrielle dans les premi&#232;res ann&#233;es du xxe si&#232;cle, accomplit un v&#233;ritable bond en avant21. Profitant des difficult&#233;s des Alli&#233;s en guerre, le Japon imposa ses produits sur les principaux march&#233;s d'Asie, notamment la Chine et, pour la premi&#232;re fois, exporta &#224; destination de l'Europe certains produits m&#233;tallurgiques et miniers ainsi que des fournitures militaires. Le poids de l'industrie lourde s'accrut tandis que naissait une puissante industrie chimique. C'est le moment o&#249; apparurent des conglom&#233;rats, les zaibatsu &#36001;&#38309;, comparables par leur taille aux grandes entreprises am&#233;ricaines, allemandes ou britanniques. Entre 1914 et 1918, on estime que le PNB s'accrut de 40 % et que la croissance atteignit 9 % par an22. Pour la premi&#232;re fois, le poids des activit&#233;s industrielles d&#233;passa celui des activit&#233;s agricoles. Cette activit&#233; industrielle donna un coup de fouet aux exportations et au commerce maritime en particulier. Entre 1914 et 1918, les prix doubl&#232;rent en moyenne alors que les salaires connurent un d&#233;crochage notable, la hausse nominale n'&#233;tant que de 50 % environ23. Dans l'industrie, les profits s'accumulaient tandis que surgissaient de &#171; nouveaux riches &#187;, les narikin &#25104;&#37329;, ceux qui avaient su profiter de la croissance rapide pour faire fortune en peu de temps. Ces nouveaux magnats s'enrichirent dans les secteurs industriels les plus divers (pharmacie, teinturerie, m&#233;tallurgie, papeterie, textile&#8230;), mais les fortunes les plus impressionnantes tout autant que soudaines apparurent surtout dans l'exploitation des mines, puis dans le secteur de l'appareillage &#233;lectrique (Hitachi par exemple) et du transport maritime. Le nombre des ouvriers travaillant dans le secteur moderne de l'industrie doubla entre 1914 et 1919, notamment dans l'industrie lourde et les transports. La nouvelle classe ouvri&#232;re &#233;tait compos&#233;e d&#233;sormais de plus en plus de travailleurs masculins adultes et qualifi&#233;s, alors que la premi&#232;re industrialisation fond&#233;e sur l'industrie l&#233;g&#232;re (textile surtout) avait &#233;t&#233; le fait d'une main-d'&#339;uvre f&#233;minine tr&#232;s jeune et peu qualifi&#233;e. On eut donc au Japon, toutes proportions gard&#233;es, un ph&#233;nom&#232;ne &#224; l'inverse de ce qui se produisit dans les pays d'Europe o&#249; la Premi&#232;re Guerre mondiale favorisa plut&#244;t l'essor du travail industriel f&#233;minin. Dans le cas japonais, la f&#233;minisation du salariat &#224; cette &#233;poque toucha plut&#244;t le secteur des services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 24 Le nombre de mouvements sociaux portant sur l'am&#233;lioration des salaires passe de 25 en 1914, &#224; 304 (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12Ce d&#233;veloppement rapide de l'industrie japonaise dans les ann&#233;es 1914-1918 fut &#224; l'origine d'un retournement de la conjoncture politique, fruit d'une crise dans les relations du travail : la raret&#233; de la main-d'&#339;uvre qualifi&#233;e cr&#233;a un rapport de force nouveau et relativement favorable aux travailleurs, qui cherch&#232;rent d&#232;s lors &#224; obtenir de meilleurs salaires24. Dans un contexte international nouveau &#8211; li&#233; principalement &#224; la r&#233;volution russe &#8211; o&#249; les mouvements sociaux touch&#232;rent de nombreux pays d'Europe, le nombre de travailleurs japonais en gr&#232;ve s'accrut en 1917 avant de conna&#238;tre un premier pic en 1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 25 Hamon (2007 : 234 sqq.).&lt;br class='autobr' /&gt; 26 Eguchi (1989 : 74-75).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13Le nombre des amicales et mutuelles ouvri&#232;res, qui jouaient dans les faits le r&#244;le de syndicats non officiels, &#233;tait en constante augmentation &#224; la fin des ann&#233;es 1910. Suzuki Bunji &#37428;&#26408;&#25991;&#27835; (1885-1946), dipl&#244;m&#233; de l'universit&#233; de Tokyo converti au protestantisme et pr&#233;occup&#233; de questions sociales, fonda en 1912 la Y&#363;aikai &#21451;&#24859;&#20250; (L'Amicale), con&#231;ue comme une soci&#233;t&#233; ouvri&#232;re de secours mutuel. Cette association, qui ne comptait qu'une quinzaine de membres &#224; ses d&#233;buts, mettait l'accent sur le d&#233;veloppement harmonieux des relations entre patrons et ouvriers. Suzuki entretenait d'excellentes relations avec Samuel Gompers (1850-1924), le charismatique leader de la F&#233;d&#233;ration am&#233;ricaine du travail (AFL), qu'il avait rencontr&#233; lors d'un s&#233;jour aux &#201;tats-Unis, et il avait dans l'id&#233;e de fonder un syndicat ouvrier de type am&#233;ricain, qui chercherait &#224; obtenir des r&#233;formes substantielles en n&#233;gociant des compromis avec le patronat. La Y&#363;aikai re&#231;ut le patronage de Shibusawa Eiichi &#28171;&#27810;&#26628;&#19968; (1840-1931), l'un des capitaines de l'industrie et de la finance les plus en vue de son temps25. En 1915, elle comptait plus de 6 000 membres, 22 000 au printemps 191826.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 27 Garon (1987 : 10-38).&lt;br class='autobr' /&gt; 28 Il s'agit en fait, malgr&#233; ce titre, d'un essai &#233;conomique sur la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14&#192; partir du milieu des ann&#233;es 1910, la question sociale fut en effet l'objet d'une litt&#233;rature dans les revues et la presse27. Dans cette veine, il faut signaler notamment Binb&#333; monogatari &#36007;&#20047;&#29289;&#35486; (Roman de la mis&#232;re)28, compos&#233; en livre en 1917, &#224; la suite d'une s&#233;rie d'articles publi&#233;s l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente dans l'&#332;saka Asahi shinbun &#22823;&#38442;&#26397;&#26085;&#26032;&#32862;. L'auteur, un &#233;conomiste qui venait d'&#234;tre nomm&#233; professeur de l'universit&#233; imp&#233;riale de Kyoto, Kawakami Hajime &#27827;&#19978;&#32903; (1879-1946), r&#233;digea cet essai &#224; son retour d'un s&#233;jour en Europe (1913-1915).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 29 Kawakami (2008 [1917] : 4).&lt;br class='autobr' /&gt; 30 Yokoyama (1985 [1899]). Voir, &#224; ce sujet, Souyri (2016 : 363-368).&lt;br class='autobr' /&gt; 31 Kawakami (2008 [1917] : 13).&lt;br class='autobr' /&gt; 32 Kawakami (2008 [1917] : 16).&lt;br class='autobr' /&gt; 33 Kawakami (2008 [1917] : 163).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15Dans l'introduction de son ouvrage, Kawakami &#233;crit : &#171; L'homme ne vit pas seulement de pain, mais il ne vit pas non plus sans pain : c'est en gardant pareille id&#233;e en t&#234;te que l'auteur de ces lignes a r&#233;dig&#233; cet ouvrage29 &#187;. Kawakami montre que dans les pays d'Europe les plus d&#233;velopp&#233;s la pauvret&#233; touche une majorit&#233; de la population et qu'au Japon, pays qui a su profiter de la conjoncture n&#233;e de la Premi&#232;re Guerre mondiale pour d&#233;velopper une &#233;conomie capitaliste solide, la guerre donne naissance &#224; un groupe social de &#171; nouveaux riches &#187;. Mais cette prosp&#233;rit&#233; a ses ombres, car elle a aussi favoris&#233; l'&#233;mergence d'une mis&#232;re sociale, aggrav&#233;e par la hausse des prix. Kawakami part d'une constatation terrible : alors que l'&#233;conomie ne cesse de se d&#233;velopper, le nombre de pauvres, au lieu de reculer, ne fait que s'accro&#238;tre. Il analyse le ph&#233;nom&#232;ne d'un point de vue humaniste, avec le souci de faire prendre conscience au lecteur des lacunes et des insuffisances criantes des syst&#232;mes de pr&#233;voyance sociale et de solidarit&#233;. Kawakami &#233;crit l&#224;, sans le vouloir, une sorte de bestseller (120 000 exemplaires vendus d&#232;s la premi&#232;re &#233;dition), un peu &#224; l'image de celui r&#233;dig&#233; par Yokoyama Gennosuke &#27178;&#23665;&#28304;&#20043;&#21161; (1871-1915) presque vingt ans plus t&#244;t30. &#171; Il est &#233;tonnant de voir pareille mis&#232;re dans des pays civilis&#233;s comme les n&#244;tres &#187; &#233;crit Kawakami dans l'introduction de son essai, avec presque de la na&#239;vet&#233;31. Plus loin, constatant que tous les pays occidentaux sont confront&#233;s &#224; cette m&#234;me question et qu'en Angleterre, &#171; l'un des pays les plus riches du monde, les pauvres forment encore 30 % de la population32 &#187;, il conclut : &#171; la mis&#232;re est la grande maladie du xxe si&#232;cle &#187;. Pour gu&#233;rir cette maladie, il ne voit qu'une seule solution, l'implication active de l'&#201;tat et &#171; la r&#233;forme de l'opinion33 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 34 Kawakami (2008 [1917] : 110).&lt;br class='autobr' /&gt; 35 Kawakami Hajime devint marxiste au cours des ann&#233;es 1920, fut expuls&#233; de l'universit&#233; de Kyoto en 1 (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16Kawakami Hajime s'interroge sur l'absurdit&#233; d'un syst&#232;me qu'il juge incapable de se r&#233;former et se rapproche des th&#232;ses d&#233;fendues par les socialistes. Le probl&#232;me r&#233;side, selon lui, dans la demande qui est insuffisante et ne pousse pas le syst&#232;me &#224; produire autant qu'il faut, d'autant que le peu de richesse produite est mal r&#233;parti ou redistribu&#233;. L'&#201;tat doit intervenir par des lois somptuaires pour obliger les riches &#224; ne pas surconsommer34. Kawakami reste dans une logique &#171; asiatique &#187;, c'est-&#224;-dire dans l'id&#233;e tr&#232;s confuc&#233;enne que l'harmonie sociale est le produit d'une forme de vertu, et que le chaos est le fruit de l'exc&#232;s. &#201;go&#239;sme et individualisme conduisent, sous pr&#233;texte de libert&#233;, &#224; cr&#233;er de la pauvret&#233;. C'est donc au nom d'autres principes, plus moraux, que l'ordre peut &#234;tre r&#233;tabli. En fin de compte, ce n'est pas l'&#233;conomie elle-m&#234;me mais la vertu, mise en &#339;uvre par l'&#201;tat, qui peut combattre les d&#233;sordres de l'&#233;conomie. Et Kawakami de se montrer finalement partisan d'un &#171; &#233;tatisme &#233;conomique &#187; fond&#233; sur des principes moraux. Il faut bien reconna&#238;tre que, jusqu'alors, les &#233;conomistes ne traitaient souvent que de l'enrichissement ou de l'&#233;pargne. Kawakami fut sans doute l'un des premiers universitaires japonais &#224; se pencher sur le ph&#233;nom&#232;ne de la pauvret&#233;35. On mesure dans son discours &#8211; comme dans celui de Yoshino, nous l'avons vu &#8211; la pr&#233;gnance des r&#233;f&#233;rences classiques confuc&#233;ennes &#224; c&#244;t&#233; de r&#233;flexions inspir&#233;es par la lecture d'Adam Smith ou de Karl Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 36 Imai (1998 [1974] : 93 sqq.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17La premi&#232;re loi sociale vot&#233;e en 1911 entra en vigueur en 1916, mais la r&#233;putation du travail en usine, assimil&#233; au bagne, restait terrible. Les principales dispositions de la nouvelle loi pr&#233;voyaient l'interdiction du travail en usine aux enfants de moins de 12 ans et l'interdiction du travail de nuit (entre 22 h et 4 h du matin&#8230;) pour les femmes et les gar&#231;ons de moins de 15 ans. La dur&#233;e de la journ&#233;e de travail ne pouvait exc&#233;der 12 heures. Les soins li&#233;s aux accidents du travail devaient &#234;tre pris en charge par les employeurs. Dans les faits, bien peu de ces mesures furent mises en place en 1916. C'est sous l'impact des conflits sociaux des ann&#233;es 1920 que la plupart des employeurs durent se r&#233;soudre &#224; appliquer la l&#233;gislation en vigueur36.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution russe vue du Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 37 Arahata (2016 [1975] : 384).&lt;br class='autobr' /&gt; 38 Ishibashi Tanzan, &#171; Kagekiha o enjo seyo &#187; &#36942;&#28608;&#27966;&#12434;&#25588;&#21161;&#12379;&#12424; (Aidons les factions extr&#233;mistes), T&#333;y&#333; keizai (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18La r&#233;volution russe, qui chassa le tsar en mars 1917 (r&#233;volution de F&#233;vrier), puis se radicalisa pour d&#233;boucher sur la prise du pouvoir par les bolcheviques d&#233;but novembre (r&#233;volution d'Octobre), suscita, au Japon comme ailleurs, un immense int&#233;r&#234;t parmi les intellectuels et les travailleurs. Dans la presse, les mots jadis r&#233;serv&#233;s &#224; la propagande socialiste &#8211; comme &#171; capitalisme &#187;, &#171; socialisme &#187;, &#171; exploitation &#187;, &#171; classe sociale &#187; &#8211; se retrouvaient d&#233;sormais sous la plume de journalistes et d'essayistes. &#171; Le mot de &#8220;r&#233;volution&#8221; &#233;tait sur toutes les l&#232;vres37 &#187;. Dans son &#233;dition du 10 novembre 1917, le T&#333;ky&#333; Asahi shinbun &#26481;&#20140;&#26397;&#26085;&#26032;&#32862; titra sur la prise du pouvoir en Russie par des &#171; factions extr&#233;mistes d'ouvriers et de soldats &#187;. En quelques semaines, le mot extr&#233;miste devint synonyme de bolchevique, et le terme restera longtemps pour qualifier le nouveau pouvoir russe. Pourtant, la proclamation par ce dernier du principe d'une paix sans annexions ni compensations et la d&#233;nonciation de la diplomatie secr&#232;te suscit&#232;rent de grands espoirs parmi ceux qui comprenaient que les relations internationales fond&#233;es sur des rapports de force cyniques n'avaient fait que d&#233;boucher sur la catastrophe de la guerre. Mettre de l'ordre dans les relations entre nations n&#233;cessitait d'imaginer de nouvelles formes de coop&#233;ration mondiale, et l'attitude des dirigeants bolcheviques suscita, dans un premier temps, de l'empathie dans une grande partie de l'opinion publique japonaise, y compris parmi les classes moyennes. Dans un article paru dans le T&#333;y&#333; keizai shinp&#333; &#26481;&#27915;&#32076;&#28168;&#26032;&#22577; en juillet 1918 et consacr&#233; au &#171; nouveau r&#233;gime extr&#233;miste russe &#187;, le journaliste Ishibashi Tanzan &#30707;&#27211;&#28251;&#23665; (1884-1973) rappelait que les &#171; troubles &#187; qui avaient &#233;clat&#233; dans ce pays &#233;taient le produit d'une &#171; guerre civile de classes, elle-m&#234;me cons&#233;quence d'une situation &#233;conomique &#187;, et qu'on aurait tort de n&#233;gliger ce que pense profond&#233;ment le peuple russe et de le laisser &#224; son sort. &#192; l'encontre du sentiment du gouvernement japonais, Ishibashi concluait qu'il &#171; fallait reconna&#238;tre le r&#233;gime extr&#233;miste russe et m&#234;me l'aider38 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19L'&#233;mergence du r&#233;gime bolchevique eut &#233;videmment de lourdes cons&#233;quences sur les rapports de force entre grandes puissances en Asie. Inquiets des effets sociaux et politiques de l'effondrement du pouvoir tsariste, les dirigeants japonais estimaient le nouveau r&#233;gime communiste inacceptable. La convention russo-japonaise d'amiti&#233;, renouvel&#233;e en 1916, fut rapidement d&#233;nonc&#233;e par Tokyo. Pour certains commentateurs, l'effondrement de l'ancien r&#233;gime en Russie faisait craindre qu'il n'advienne quelque chose de semblable au Japon, avec une remise en cause de la monarchie imp&#233;riale. Mais d'autres &#8211; une partie des cadres de l'arm&#233;e et certains milieux d'affaires &#8211; y voyaient une occasion en or pour avoir les mains libres en Mandchourie du Nord et en Sib&#233;rie. La r&#233;volution victorieuse &#224; P&#233;trograd pouvait bien signifier une extension possible de la sph&#232;re d'influence japonaise et, en d&#233;finitive, une bonne opportunit&#233; pour ceux qui r&#234;vaient d'expansion sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 39 Fin 1917, les Alli&#233;s envoy&#232;rent des troupes &#224; Arkhangelsk. Fin 1918, des troupes fran&#231;aises d&#233;barqu (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20Inquiets n&#233;anmoins des premiers succ&#232;s de l'Arm&#233;e rouge, les Occidentaux, et notamment Washington, press&#232;rent le Japon, &#224; partir de mai 1918, de venir en aide aux 50 000 prisonniers tch&#233;coslovaques de Sib&#233;rie qui avaient profit&#233; du chaos pour se constituer en arm&#233;e anti-bolchevique. Il fut finalement d&#233;cid&#233; le 20 juillet que le Japon interviendrait militairement en Sib&#233;rie, avec l'appui am&#233;ricain, tandis que les alli&#233;s ouvriraient un nouveau front, plus tard, en Ukraine, &#224; partir de la Mer Noire39. L'intervention japonaise aurait pour objectif de constituer un r&#233;gime contre-r&#233;volutionnaire dans l'Extr&#234;me-Orient sib&#233;rien et de placer la Mandchourie du Nord sous influence japonaise, tout en pesant plus fortement sur le gouvernement chinois, lui-m&#234;me fort inquiet de la pression communiste sur ses fronti&#232;res septentrionales. Le d&#233;part du premier contingent japonais pour Vladivostok fut fix&#233; au 14 ao&#251;t 1918.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La jacquerie des femmes de l'Etch&#363; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 40 La population totale du Japon passe d'environ 44 millions d'habitants en 1900 &#224; 55 millions en 1920&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21Or, au cours de l'ann&#233;e 1918, la bonne conjoncture li&#233;e &#224; l'expansion &#233;conomique avait d&#233;clench&#233; des ph&#233;nom&#232;nes inflationnistes difficiles &#224; ma&#238;triser. Hausse d&#233;mographique40, am&#233;lioration du niveau de vie des couches moyennes urbaines, prol&#233;tariat industriel dont les salaires repartaient &#224; la hausse, allaient dans le sens d'une &#233;l&#233;vation de la demande, notamment en riz. Le syst&#232;me de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re ne poussait cependant gu&#232;re ni &#224; une augmentation de la production ni &#224; des gains de productivit&#233; dans la riziculture. En fait la production agricole stagnait. L'offre restait inf&#233;rieure &#224; la demande. En pr&#233;vision de la mont&#233;e des prix, les marchands de riz stock&#232;rent. Malgr&#233; l'inqui&#233;tude d&#233;clar&#233;e des dirigeants, dont certains craignaient une explosion de type russe, aucune mesure particuli&#232;re ne fut prise pour am&#233;liorer le sort des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 41 En avril 1917, le prix du koku de riz est de 20 yens. En avril 1918, il est d&#233;j&#224; de 33 yens, 40 yen (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22De leur c&#244;t&#233;, les autorit&#233;s r&#233;quisitionnaient le peu de riz qui restait sur le march&#233; pour &#233;quiper les soldats sur le d&#233;part vers la Sib&#233;rie. Le prix du riz se mit &#224; flamber entre avril et juillet puis explosa d&#233;but ao&#251;t41. &#192; l'inqui&#233;tude devant la hausse des prix succ&#233;da soudain une grande anxi&#233;t&#233;. Dans les milieux populaires, on redoutait la faim. L'annonce que le gouvernement s'appr&#234;tait &#224; envoyer des troupes en Sib&#233;rie quand le peuple &#233;tait au bord de la disette survenait on ne peut plus mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 42 Ces bourgades avaient une forte densit&#233;. Uozu comptait 15 000 habitants, Mizuhashi 7 000 et Namerik (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23Le premier incident s&#233;rieux &#233;clata le 23 juillet &#224; Uozu (d&#233;partement de Toyama), un port de la mer du Japon. L&#224;, le prix du riz avait augment&#233; de 35 % depuis janvier. Une cinquantaine de femmes de marins se rassembl&#232;rent sur le port et entrav&#232;rent le chargement d'un bateau transportant du riz en direction de Nemuro pour les soldats en partance. La police dispersa les manifestantes mais la presse rapporta l'incident. Des mouvements de m&#234;me type impliquant des femmes &#233;clat&#232;rent les jours suivants dans les autres ports de la r&#233;gion, &#224; Mizuhashi et &#224; Namerikawa notamment. Au large de ces ports, les eaux &#233;taient peu poissonneuses et la plupart des hommes &#233;taient sur les bateaux, en pleine campagne de p&#234;che, vers Hokkaid&#333; ou Sakhaline. Les femmes, seules &#224; la maison, s'inqui&#233;taient de la hausse des prix. Cette population urbaine de p&#234;cheurs &#233;tait d'autant plus vuln&#233;rable qu'elle &#233;tait totalement coup&#233;e de la paysannerie de l'arri&#232;re-pays, et ne pouvait gu&#232;re compter sur des revenus d'appoint42.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 43 Komatsu (2009 : 167).&lt;br class='autobr' /&gt; 44 Komatsu (2009 : 168).&lt;br class='autobr' /&gt; 45 Tachibana (2014 : 80).&lt;br class='autobr' /&gt; 46 La formule ichimi d&#333;shin &#19968;&#21619;&#21516;&#24515; signifie &#171; les c&#339;urs &#224; l'unisson &#187;. Elle se retrouve dans les serment (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 47 Ninomiya (1990 : 391 sqq.). Voir aussi Katsumata (2011 : 249 sqq.).&lt;br class='autobr' /&gt; 48 Notamment des &#233;meutes dites &#171; bandori &#187; (bandori s&#333;d&#333; &#12496;&#12531;&#12489;&#12522;&#39442;&#21205;), de l'appellation locale du mino &#34001;, l (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 49 Katsuyama (2010 : 39).&lt;br class='autobr' /&gt; 50 Kamiya (2004 : 150).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24&#192; partir du 3 ao&#251;t, des cort&#232;ges de femmes se form&#232;rent dans plusieurs agglom&#233;rations de la r&#233;gion. Les manifestantes r&#233;clamaient le riz &#171; &#224; sa juste valeur &#187; (tekisei kakaku &#36969;&#27491;&#20385;&#26684;), l'aide aux plus d&#233;munis et l'interdiction des exportations. Des affichettes appelaient la foule (qui se fit de plus en plus masculine) &#224; se rendre &#224; la nuit tomb&#233;e au sanctuaire local. On faisait sonner le gong comme un tocsin puis on d&#233;boulait en cort&#232;ge devant les maisons des accapareurs de riz, on brisait les r&#233;verb&#232;res, coupait les fils t&#233;l&#233;graphiques et, dans l'obscurit&#233; totale &#224; l'exception des torches apport&#233;es par les manifestants, les maisons &#233;taient prises d'assaut et d&#233;molies (uchikowashi &#25171;&#12385;&#22730;&#12375;)43. Si la police intervenait, elle &#233;tait accueillie par des jets de tuiles et de pierres. On s'emparait des sacs de riz et parfois m&#234;me on jetait le riz depuis le toit sur la foule (&#171; Il pleut du riz, comme c'est dr&#244;le ! &#187;)44. Les manifestants scandaient washira zenbu ga ichimi yazo &#12431;&#12375;&#12425;&#20840;&#37096;&#12364;&#19968;&#21619;&#12420;&#12382;45 (tous ensemble, tous ensemble !), reprenant cette expression ichimi tout droit sortie des r&#233;voltes des temps m&#233;di&#233;vaux46. D&#232;s le 25 juillet, le Hokuriku Times &#21271;&#38520;&#12479;&#12452;&#12512;&#12473; titrait : &#171; l'ikki &#224; l'assaut des maisons de marchands de riz &#187;. Plusieurs journaux &#233;voqu&#232;rent d&#233;but ao&#251;t &#171; la jacquerie des femmes de l'Etch&#363; &#187; (Etch&#363; nyob&#333; ikki &#36234;&#20013;&#22899;&#25151;&#19968;&#25542;), de l'ancien nom de la province qui correspondait au d&#233;partement de Toyama, et la presse nationale relaya l'information. Ces mouvements ressemblaient en effet &#224; s'y m&#233;prendre aux pouss&#233;es de fureur populaire de la premi&#232;re moiti&#233; du xixe si&#232;cle, &#224; l'&#233;poque des Tokugawa, quand on envahissait et d&#233;molissait les maisons des usuriers et des marchands47. La presse ne manqua pas de le relever, d'autant que la r&#233;gion avait connu de nombreux incidents &#224; l'&#233;poque Meiji48. Entre le 23 juillet et le 19 ao&#251;t, on ne compta pas moins de vingt-deux nuits d'&#233;meutes dans la r&#233;gion, regroupant selon le cas entre quelques dizaines et un millier de personnes. Ainsi la police rapporta, pour la seule bourgade de Namerikawa, trois cents manifestantes le 5 ao&#251;t, plus d'un millier d'hommes et de femmes le 6 ao&#251;t, sept cents personnes le 7, et six cents personnes manifestant dans deux endroits diff&#233;rents de la ville, soit mille deux cents personnes en tout, le 8 ao&#251;t49. &#192; chaque fois, les femmes semblent avoir lanc&#233; le mouvement, qui gagne en puissance avec le renfort d'&#233;l&#233;ments masculins, ceux-ci attisant la col&#232;re et la violence de la foule. Parmi les hommes qui particip&#232;rent aux manifestations, le petit peuple : ouvriers des chantiers, journaliers, marchands colporteurs, rejoints parfois par des gens &#224; peine plus ais&#233;s, petits commer&#231;ants, ouvriers imprimeurs, vanniers, voire employ&#233;s de commerce&#8230; &#192; chaque fois, le m&#234;me sc&#233;nario : on se rassemble devant la maison d'un sp&#233;culateur ou consid&#233;r&#233; comme tel (le 6 ao&#251;t &#224; Namerikawa, la foule regroup&#233;e devant la maison d'un grossiste, Kanegawa S&#333;saemon, comptait pr&#232;s de 2 000 personnes selon les t&#233;moins, les deux tiers &#233;tant des femmes50). On fait le si&#232;ge du grenier, on menace de br&#251;ler le b&#226;timent voire d'en massacrer les occupants (notons n&#233;anmoins que nulle part cette derni&#232;re menace ne fut mise &#224; ex&#233;cution).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25Mais une autre inqui&#233;tude devint perceptible dont la presse se fit aussi l'&#233;cho. Le Toyama ky&#363;h&#333; &#23500;&#23665;&#24613;&#22577; le nota dans son &#233;dition du 7 ao&#251;t :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 51 Cit&#233; par Imai (1998 [1974] : 175).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La jacquerie des femmes de l'Etch&#363; fait penser &#233;videmment aux &#233;meutes de la faim qui ont &#233;clat&#233; en f&#233;vrier de l'an dernier dans les villes russes51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26Le m&#234;me jour, le journal local de Takaoka, le Takaoka shinp&#333; &#39640;&#23713;&#26032;&#22577;, &#233;tait encore plus explicite, sur le mode lyrique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 52 Imai (1998 [1974] : 175).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;volution russe a d&#233;bord&#233; du chaudron. Le militarisme allemand, lui aussi, sera t&#244;t ou tard maudit et expuls&#233; du chaudron. Les &#233;meutes populaires qui ont &#233;clat&#233; &#224; Nishi Mizuhashi, &#224; Higashi Mizuhashi et &#224; Namerikawa nous envoient un signal social effrayant. M&#234;me s'il a &#233;t&#233; facile pour la police de r&#233;tablir l'ordre, pourra-t-on pour autant calmer les esprits52 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes se g&#233;n&#233;ralisent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 53 Komatsu (2009 : 165).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27Or, &#224; partir du 8 ao&#251;t, le mouvement &#8211; dont la presse avait largement rendu compte &#8211; changea soudain de nature53. Circonscrit g&#233;ographiquement aux ports de la Mer du Japon, et socialement pour l'essentiel aux femmes de p&#234;cheurs, il s'&#233;tendit soudain aux villes de l'int&#233;rieur, commen&#231;ant par celles de l'ouest du pays (des &#233;meutes &#233;clat&#232;rent &#224; Okayama, Wakayama, Kyoto, Osaka). &#192; Nagoya, le 10 ao&#251;t, le bruit se r&#233;pandit qu'un grand meeting se tiendrait le soir dans le parc de Tsurumai pour &#233;voquer la lutte contre la hausse des prix, et plus de 10 000 personnes se rassembl&#232;rent, ouvriers, &#233;tudiants, employ&#233;s de commerce, pour &#233;couter les discours. La foule commen&#231;a &#224; jeter des pierres sur les cordons de policiers, puis d&#233;cida de s'en prendre aux maisons de commerce qui stockaient le riz, et l'&#233;meute commen&#231;a. Le lendemain soir, 50 000 personnes se rassembl&#232;rent au parc de nouveau, selon la police, et le lendemain encore 30 000. Le 11 ao&#251;t, les troubles gagn&#232;rent K&#333;be et le lendemain, les ouvriers des chantiers navals Mitsubishi provoqu&#232;rent le chaos dans l'usine : le soir, la ville &#233;tait livr&#233;e &#224; l'&#233;meute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28L'envoy&#233; sp&#233;cial du journal T&#333;ky&#333; nichi nichi shinbun &#26481;&#20140;&#26085;&#12293;&#26032;&#32862; t&#233;moigne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 54 Reproduit dans Imai (1998 [1974] : 177-178).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quand la nuit tomba, la ville de K&#333;be &#233;tait en proie &#224; une gigantesque &#233;meute. Dans l'avenue de Sakaemachi, un, deux, trois groupes, plus encore, marchaient en vocif&#233;rant. La maison de commerce Suzuki, sise &#224; Sakaemachi yonch&#333;me, &#233;tait en flammes. Le b&#226;timent du Heishinkan, o&#249; se trouvent les bureaux d'un pr&#234;teur sur gages r&#233;put&#233; dur avec le petit peuple, br&#251;lait &#233;galement, ainsi que les entrep&#244;ts de Hy&#333;go de raffinage du riz qui appartiennent &#224; la maison Suzuki. Les trois &#233;tages du b&#226;timent du K&#333;be shinbun, le journal de K&#333;be qui se fait souvent l'avocat des int&#233;r&#234;ts Suzuki, furent incendi&#233;s. Les aci&#233;ries de Wakinohama &#233;taient en cendres ainsi que le si&#232;ge de la caisse des d&#233;p&#244;ts de K&#333;be. L'incendie toucha aussi le si&#232;ge principal de la maison Suzuki, au Grand H&#244;tel, au milieu des cris et des insultes de la foule.&lt;br class='autobr' /&gt; Le lendemain, le 13 ao&#251;t au matin, je pris un pousse-pousse pour faire le tour de la ville et nous f&#251;mes retenus par un groupe de gens qui nous bloqu&#232;rent le passage. Un homme &#224; l'air convaincu qui semblait &#234;tre le chef, nu avec un linge en coton autour de la taille et un sabre fourr&#233; autour des hanches, s'en prit &#224; moi qui &#233;tais perch&#233; en haut de la voiture : &#171; Quand nous sommes en train de mater les salopards qui s'en prennent &#224; notre existence, toi tu te balades en voiture ? C'est honteux. Descends de l&#224; ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Je me rendis alors au parc de la Minato o&#249;, devant un sanctuaire entour&#233; d'arbres, avait lieu un meeting improvis&#233;. Des hommes, un bandeau ceint autour du front, v&#234;tus d'une veste &#224; rayures blanches, criaient des slogans : &#171; &#192; bas le cabinet Terauchi ! Salauds de riches ! Cette nuit, on va aller chercher le riz que vous avez cach&#233;54 ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 55 Komatsu (2009 : 170).&lt;br class='autobr' /&gt; 56 Narita (2007 : 88).&lt;br class='autobr' /&gt; 57 On y rapporte toutefois quelques incidents mineurs, comme &#224; Hakodate le 18 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29Dans la plupart des villes du Kansai, &#224; Kyoto notamment, les gens des ghettos de discrimin&#233;s (buraku &#37096;&#33853;) jou&#232;rent un r&#244;le important, &#224; c&#244;t&#233; de personnes issues de milieux populaires divers, exasp&#233;r&#233;es par la hausse des prix. &#192; Fukui, la foule attaqua la pr&#233;fecture et un commissariat. Puis le 13 ao&#251;t, les &#233;meutes gagn&#232;rent Tokyo, le Kant&#333; et le Ky&#363;sh&#363;. Les forces de l'ordre tir&#232;rent sur la foule pour disperser les manifestants. De nombreuses villes japonaises connurent des sc&#232;nes d'&#233;meute au cours de ces journ&#233;es. En certains endroits, les danses de la f&#234;te du Bon, la f&#234;te des morts, le 15 ao&#251;t, d&#233;g&#233;n&#233;r&#232;rent et les danseurs se mu&#232;rent en &#233;meutiers, comme &#224; K&#333;ga, dans le d&#233;partement de Shiga55. Pass&#233; la mi-ao&#251;t, le mouvement gagna les villages de l'int&#233;rieur ainsi que les agglom&#233;rations mini&#232;res comme Miike dans le nord de Ky&#363;sh&#363;. En ao&#251;t 1918, on d&#233;nombrait 108 usines en gr&#232;ve, un record ! Des troubles &#233;clat&#232;rent jusqu'&#224; S&#233;oul, le 28 ao&#251;t, contre la hausse des prix du riz56. Tout le pays, sauf Okinawa, le nord de Honsh&#363; et Hokkaid&#333;57, fut touch&#233; par ce mouvement d'une ampleur tout &#224; fait inconnue jusqu'alors. Le 12 septembre, les mineurs de Manda, &#224; Miike, &#233;taient quasiment en &#233;tat d'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 58 Komatsu (2009 : 166).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30Le retournement de la conjoncture contribua &#224; calmer les esprits &#224; partir de la fin ao&#251;t. Pris de panique devant l'ampleur de l'&#233;meute, les marchands jet&#232;rent sur le march&#233; les stocks qu'ils d&#233;tenaient, faisant redescendre rapidement le prix du koku de riz &#224; des niveaux plus raisonnables. &#192; la mi-septembre, les prix &#233;taient revenus aux niveaux de 1916. Mais les &#233;meutes s'&#233;taient succ&#233;d&#233; &#224; un rythme quasi ininterrompu pendant pr&#232;s de six semaines. D&#233;bord&#233;e, la police fut remplac&#233;e par l'arm&#233;e d&#232;s le 11 ao&#251;t &#224; Kyoto. &#192; Kure, l'infanterie de marine fut mobilis&#233;e contre la foule le 18 ao&#251;t, faisant quatre morts58. Environ 100 000 hommes de troupe particip&#232;rent &#224; la r&#233;pression des &#233;meutes. On releva en tout une trentaine de tu&#233;s, ce qui est finalement assez peu, eu &#233;gard &#224; la violence d&#233;ploy&#233;e. Plusieurs milliers de personnes furent arr&#234;t&#233;es, sept cents d'entre elles furent condamn&#233;es &#224; des peines de prison, dont soixante-et-onze &#224; des peines de travaux forc&#233;s. Deux condamn&#233;s &#224; mort furent ex&#233;cut&#233;s (issus du ghetto des burakumin de Wakayama). La plupart des personnes arr&#234;t&#233;es et condamn&#233;es &#233;taient des hommes jeunes, issus des milieux les plus humbles de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 59 Eguchi (1989 : 74), Kinbara (2009 [1973] : 19-20).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31De nombreux contemporains, ne pouvant s'expliquer l'ampleur des &#233;meutes, soup&#231;onn&#232;rent un complot organis&#233;59. Le mouvement avait pourtant &#233;clat&#233; sans leaders, sans organisation, de mani&#232;re tout &#224; fait spontan&#233;e. Les socialistes ou les syndicalistes n'y eurent aucune influence notable. On a vu que les femmes jou&#232;rent un r&#244;le central dans les premi&#232;res manifestations. Dans les grandes villes, c'est le petit peuple qui entra en action : prol&#233;taires des petits m&#233;tiers, ouvriers des usines, parias des quartiers discrimin&#233;s, mineurs, m&#233;tallos des aci&#233;ries, travailleurs cor&#233;ens puis, plus tard, quand le mouvement toucha les campagnes, petits paysans qui s'en prirent aux propri&#233;taires fonciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 60 Imai (1998 [1974] : 182-183).&lt;br class='autobr' /&gt; 61 Ishibashi Tanzan, &#171; S&#333;sh&#333; no seijiteki igi &#20105;&#35359;&#12398;&#25919;&#27835;&#30340;&#24847;&#32681; &#187; (La signification politique de la contestatio (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 62 Arahata (2016 [1975] : 388).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32Le gouvernement commit par ailleurs une erreur strat&#233;gique en cherchant &#224; museler la presse pour l'emp&#234;cher de relater l'importance des &#233;v&#233;nements. D&#232;s le 7 ao&#251;t, le Takaoka shinp&#333; &#39640;&#23713;&#26032;&#22577;, jug&#233; trop en empathie avec les manifestants, fut censur&#233;. Le 14, le gouvernement interdit &#224; la presse nationale de rapporter l'ampleur des &#233;meutes. Il est vrai que les journalistes utilisaient un m&#233;talangage en &#233;voquant le mot ikki ou les pratiques d'uchikowashi (d&#233;molissage) qui r&#233;sonnaient dans les oreilles populaires et &#233;taient parfaitement compr&#233;hensibles. Rendus furieux par une censure brutale sur l'information, les patrons de presse et les journalistes organis&#232;rent d&#232;s lors r&#233;unions sur r&#233;unions, &#224; Tokyo, dans le Kansai et ailleurs en province, pour protester. La plupart d'entre eux avaient d&#233;j&#224; particip&#233; au mouvement contre le cabinet Katsura en 1913. &#171; Les &#233;meutes ne sont pas le fait de la presse mais des erreurs du gouvernement &#187;, proclamaient de nombreuses motions de journalistes vot&#233;es en assembl&#233;e. Une grande partie des journaux mena alors campagne contre le gouvernement Terauchi, accus&#233; d'inertie, qui devait &#171; d&#233;sormais tirer les cons&#233;quences de ses erreurs60 &#187;. La bataille pour la baisse du prix du riz se doubla d&#232;s lors d'une bataille pour la libert&#233; d'expression, largement inspir&#233;e des th&#232;ses de Yoshino Sakuz&#333;. D&#232;s septembre, Ishibashi Tanzan note que ces &#233;meutes seraient in&#233;vitables tant que le fonctionnement politique serait aussi scl&#233;ros&#233;. Pour lui, les couches prol&#233;tariennes n'avaient fait que chercher &#224; se d&#233;fendre et les &#233;meutes &#233;taient donc le reflet de la gravit&#233; de la crise politique61. De son c&#244;t&#233;, le socialiste Arahata Kanson &#33618;&#30033;&#23506;&#26449; (1887-1981) explique dans ses m&#233;moires que &#171; face &#224; un peuple qui crevait de faim, le gouvernement n'a pas pris la moindre mesure et d'ailleurs, s'il en avait prise une, elle aurait &#233;t&#233; probablement d'un effet mineur. Le peuple a donc pris les choses en main62 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 63 Eguchi (1989 : 59-60) ; Kinbara (2009 : 93).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33Devant l'ampleur de la crise et l'hostilit&#233; de la presse, le gouvernement Terauchi fut contraint &#224; la d&#233;mission le 21 septembre. Hara Takashi &#21407;&#25964; (1856-1921), un dirigeant de parti parlementaire non issu des anciennes coteries f&#233;odales du Sud-Ouest, devint chef de gouvernement. C'&#233;tait l&#224; une premi&#232;re et un coup s&#233;v&#232;re port&#233; &#224; l'oligarchie politique qui pr&#233;sidait aux destin&#233;es du pays depuis la restauration monarchique63. De leur c&#244;t&#233;, les populations japonaises n'avaient gu&#232;re appr&#233;ci&#233; de voir l'arm&#233;e intervenir contre elles. On peut lire dans l'&#233;ditorial du 22 ao&#251;t de l'&#332;saka Asahi shinbun :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 64 Cit&#233; par Imai (1998 [1974] : 181). L'exp&#233;dition en Sib&#233;rie, d&#233;cid&#233;e dans le secret des &#233;tats-majors (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Jusqu'&#224; pr&#233;sent, quand l'&#201;tat utilisait la force dans les affaires internationales, le peuple japonais approuvait avec fr&#233;n&#233;sie les mouvements de troupes &#224; l'&#233;tranger, comme si les territoires conquis allaient lui appartenir. Or d&#233;sormais il ne s'int&#233;resse plus aux op&#233;rations ext&#233;rieures qui ne semblent plus le concerner. Quand les autorit&#233;s politiques &#233;voquent un moment capital qui se joue sur les th&#233;&#226;tres d'op&#233;ration &#224; l'&#233;tranger, le peuple ne se demande plus si ce sera utile au pays. Chacun s'interroge plut&#244;t sur l'utilit&#233; de tout cela pour son profit personnel64.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;res r&#233;flexions sur la crise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 65 Komatsu (2009 : 168).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34Les observateurs qui se sont alors pench&#233;s sur cette crise y virent la conjonction de plusieurs mouvements. D'abord une anxi&#233;t&#233; populaire devant les difficult&#233;s croissantes &#224; assurer la stabilit&#233; du foyer alors que l'inflation d&#233;rapait et que le gouvernement, pr&#233;occup&#233; par l'exp&#233;dition de Sib&#233;rie, restait inerte. C'est ce qui fut &#224; l'origine de la col&#232;re des femmes de p&#234;cheurs notamment. Dans les villes, le petit peuple se r&#233;volta contre &#171; l'immoralit&#233; des riches &#187; qui continuaient de sp&#233;culer sur la mis&#232;re des bonnes gens. Aliment&#233; par l'inflation, per&#231;ue comme une man&#339;uvre pour s'enrichir encore sur leur dos, le ressentiment contre les nantis joua certainement un r&#244;le essentiel. L'absence de syst&#232;mes d'aide laissa les plus pauvres d&#233;munis face &#224; la flamb&#233;e des prix, et l'inexistence de moyens pour contrecarrer la crise fut comprise comme une trahison de la n&#233;cessaire bienveillance que devaient exercer les plus puissants &#224; l'&#233;gard des plus faibles, dans le cadre de repr&#233;sentations g&#233;n&#233;rales aux accents toujours confucianistes. Les puissants avaient en quelque sorte failli &#224; leur devoir de protection et, dans ces conditions, la violence paraissait l&#233;gitime. On fit pr&#233;valoir une &#171; &#233;conomie morale &#187; et un certain sens de la justice, pr&#233;occupations qui r&#233;sonnaient comme en ad&#233;quation avec les th&#232;ses de Kawakami Hajime, rappel&#233;es ci-dessus. &#192; la question des autorit&#233;s qui demandaient aux manifestants arr&#234;t&#233;s s'ils ne regrettaient pas d'avoir particip&#233; aux &#233;meutes, nombreux furent ceux qui r&#233;pondirent : &#171; Mais pourquoi donc devrais-je le regretter ? C'est cela qui a fait baisser le prix du riz, non65 ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 66 Got&#333; Shinpei dans son journal personnel, cit&#233; par Kinbara (2009 : 19).&lt;br class='autobr' /&gt; 67 Gordon (1991 : 108).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35L'intervention des gens des ghettos, les descendants des parias, qui vinrent grossir les rangs des &#233;meutiers, notamment dans les villes du Kansai, &#233;tait &#233;videmment li&#233;e &#224; la hausse des prix mais ces gens &#233;taient aussi exasp&#233;r&#233;s par un sentiment g&#233;n&#233;ral et de plus en plus insupportable de ne pas &#234;tre trait&#233;s comme les autres. Le mouvement des mineurs et des petits paysans &#8211; qui se propagea alors que les prix avaient commenc&#233; &#224; redescendre &#8211; traduisit aussi une exasp&#233;ration contre les conditions de travail difficiles auxquelles ils &#233;taient r&#233;duits. Les tensions sociales qui &#233;clat&#232;rent au grand jour en septembre relevaient d&#233;j&#224; d'une autre dimension qui d&#233;passait la lutte contre la chert&#233;. Got&#333; Shinpei &#24460;&#34276;&#26032;&#24179; (1857-1929), alors ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, pensait qu'il s'agissait l&#224; d'une manifestation extr&#234;me de la guerre des classes66. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; paralys&#233;s par l'atmo&#173;sph&#232;re de &#171; l'&#232;re d'hiver &#187;, ouvriers, mineurs et petits paysans redressaient en effet la t&#234;te. Leur mouvement pr&#233;figurait l'agitation sociale qui caract&#233;risera la nouvelle p&#233;riode67.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 68 Cit&#233; par Duus &amp; Scheiner (1998 : 177).&lt;br class='autobr' /&gt; 69 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36Au-del&#224; des &#233;v&#233;nements eux-m&#234;mes, la violence qu'exprimait le mouvement renvoyait &#8211; et nombreux furent les analystes de l'&#233;poque qui le not&#232;rent &#8211; &#224; une incapacit&#233; profonde du syst&#232;me politique japonais d'alors &#224; prendre en compte les aspirations des couches sociales subalternes, qui se sentirent abandonn&#233;es par l'&#201;tat. Certains, comme les d&#233;mocrates Yoshino Sakuz&#333; ou Ishibashi Tanzan, accus&#232;rent un gouvernement incapable d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute du peuple et point&#232;rent du doigt la bureaucratie d'&#201;tat et le Parlement, totalement d&#233;nu&#233;s, l'un comme l'autre, de la moindre volont&#233; de comprendre les difficult&#233;s populaires et de leur trouver une solution. Fukuda Tokuz&#333; &#31119;&#30000;&#24499;&#19977; (1874-1930) pensait que l'impr&#233;voyance du gouvernement avait pouss&#233; le peuple &#171; &#224; un point extr&#234;me &#187; o&#249; le droit &#224; la vie l'emporte sur le droit de propri&#233;t&#233;68. Au bout du compte, l'aggravation sensible des divisions sociales, la distribution in&#233;gale de la richesse, les difficult&#233;s &#233;conomiques combin&#233;es &#224; l'imp&#233;ritie des classes poss&#233;dantes, avaient pouss&#233; le peuple dans la rue69. Le socialiste Katayama Sen &#29255;&#23665;&#28508; (1859-1933), &#224; l'&#233;poque en exil aux &#201;tats-Unis, cherchant &#224; saisir le sens historique de l'&#233;pisode, y voyait la premi&#232;re &#233;tape de la r&#233;volution &#224; venir. Plus tard, il &#233;crira depuis Moscou, en 1933 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 70 Katayama (1963 [1933] : 453).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les classes laborieuses au Japon ont consenti de lourds et terribles sacrifices lors des &#233;meutes du riz. Mais le mouvement de 1918, c'est la premi&#232;re action de lutte des masses qui a fait trembler les classes exploiteuses de ce pays70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 71 Matsuo Takayoshi, cit&#233; par Meyer (2005 : 70-71).&lt;br class='autobr' /&gt; 72 Sur ces questions, voir en fran&#231;ais L&#233;vy (2014) et Souyri (2016 : 431-455).&lt;br class='autobr' /&gt; 73 Une synth&#232;se sur le r&#244;le des femmes dans les &#233;meutes d'ancien r&#233;gime par Tsutsumi Y&#333;ko dans Hosaka (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 74 On notera que l'&#233;pisode inflationniste de 1918 touche de nombreuses contr&#233;es en Asie : la Cor&#233;e en (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37&#192; l'automne 1918, la capitulation d'un ministre conservateur, incapable de r&#233;agir &#224; une crise sociale, donna de l'espoir &#224; tous ceux qui luttaient contre un syst&#232;me qui ne laissait gu&#232;re de place &#224; la libre expression et &#224; la contestation. Tous ceux qui, dans les classes moyennes, s'&#233;taient oppos&#233;s les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes &#224; un syst&#232;me politique verrouill&#233; par les anciennes cliques f&#233;odales des principaut&#233;s du Sud-Ouest, le Conseil priv&#233; de l'empereur (S&#363;mitsuin &#26530;&#23494;&#38498;), les Anciens (genr&#333; &#20803;&#32769;) et les factions militaires, retrouv&#232;rent espoir. Certes, les &#233;meutes du riz ont pu &#234;tre d&#233;crites comme la cons&#233;quence d'une grave mais classique crise de subsistance que les structures modernes ne permettaient pas de juguler, l&#224; o&#249; les m&#233;canismes traditionnels seigneuriaux de r&#233;gulation sous les Tokugawa se r&#233;v&#233;laient relativement efficaces. Mais dans les grandes villes comme &#224; Tokyo, les &#233;meutiers ne s'en prirent pas qu'aux maisons des sp&#233;culateurs, ils jet&#232;rent des pierres sur les grands magasins de Nihonbashi, sur les boutiques de v&#234;tements chics de Ginza, sur les restaurants, les banques et les b&#226;timents des grandes entreprises qui incarnaient l'enrichissement brutal de certains, bref s'en prirent &#224; tout ce qui repr&#233;sentait ce luxe des couches moyennes et sup&#233;rieures auxquels les manifestants n'avaient pas acc&#232;s. Et comment ignorer, dans la foul&#233;e de ces &#233;meutes, la tenue d'un congr&#232;s national des syndicats en ao&#251;t 1919 et la naissance de groupuscules prol&#233;tariens dont certains seront &#224; l'origine du Parti communiste ? Le r&#244;le remarqu&#233; dans les manifestations des discrimin&#233;s issus des ghettos de buraku est souvent consid&#233;r&#233; comme le premier pas qui mena &#224; la naissance de l'organisation des parias, la Suiheisha &#27700;&#24179;&#31038;, fond&#233;e en 192271. Enfin, le r&#244;le des femmes dans le d&#233;clenchement des &#233;meutes intervint dans un contexte de contestation grandissante de la position subordonn&#233;e des femmes dans la soci&#233;t&#233;72, m&#234;me si on se rend compte aujourd'hui qu'elles ont toujours jou&#233; un r&#244;le important dans les r&#233;voltes sous l'ancien r&#233;gime Tokugawa73. Nombreux furent les observateurs de l'&#233;poque qui comprirent que les &#171; &#233;meutes du riz &#187; n'&#233;taient pas qu'une fureur populaire de type classique li&#233;e &#224; une crise de subsistance, mais qu'il s'agissait d'une crise politique, sociale, &#233;conomique de grande ampleur qui, d'une certaine mani&#232;re, contribuait &#224; &#171; d&#233;livrer une soci&#233;t&#233; bloqu&#233;e &#187; par un couvercle de plomb, celui de la r&#233;pression contre le mouvement social74.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 75 Le nombre d'&#233;tudiants est de 24 000 en 1900, de 47 000 en 1910, de 80 000 en 1920. &#192; partir de 1918 (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38L'ann&#233;e 1918 marque, &#224; n'en pas douter, un jalon dans l'histoire de l'archipel, &#224; l'origine d'un nouveau cycle de contestations et de ruptures : le Japon n'est plus seulement une soci&#233;t&#233; engag&#233;e dans un processus de modernisation, qui progresse avec plus ou moins de bonheur. L'ambigu&#239;t&#233; du mouvement, &#224; la fois fureur populaire de type classique et mouvement social ancr&#233; dans la r&#233;alit&#233; du monde capitaliste, est &#224; l'image du Japon de cette &#233;poque, o&#249; cohabitent des modes de pens&#233;e qui s'inscrivent tout autant dans le vocabulaire et l'id&#233;ologie &#171; &#224; la chinoise &#187; que dans des discours cherchant &#224; r&#233;guler les syst&#232;mes d'exploitation, pour les am&#233;liorer ou les d&#233;passer. Les &#233;meutes du riz sont un tournant non seulement parce qu'elles correspondent &#224; l'irruption d'une conflictualit&#233; sociale sans commune mesure avec ce qui &#233;tait connu jusqu'alors, et qui se manifestera pendant toutes les ann&#233;es 1920, mais parce qu'elles indiquent aussi la fin d'un cycle de r&#233;volte, celui de l'&#233;meute spontan&#233;e et brutale qui marqua toute l'histoire du Japon au xixe si&#232;cle. Le nouveau cycle qui commence alors traduit tout autant l'&#233;mergence d'une classe ouvri&#232;re combative que l'essor d'une soci&#233;t&#233; de masse avec une nouvelle culture de la consommation (taish&#363; bunka &#22823;&#34886;&#25991;&#21270;), ou encore de nouvelles couches intellectuelles d'une g&#233;n&#233;ration pass&#233;e par les lyc&#233;es et les universit&#233;s75, c'est-&#224;-dire &#233;duqu&#233;e dans le cadre d'un syst&#232;me de pens&#233;e largement diff&#233;rent de celui qui forma la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39Le Japon se trouve d&#232;s lors impliqu&#233;, comme les autres pays avanc&#233;s de son temps, dans une crise des relations sociales dont la r&#233;solution se pose en termes de plus en plus antagoniques. La mont&#233;e du mouvement ouvrier &#224; partir des ann&#233;es 1918-1919, la crise de l'&#233;conomie qui frappe le syst&#232;me en 1930, l'imp&#233;rialisme et l'intervention de l'&#201;tat comme rem&#232;des &#224; la crise, les tendances autoritaires de plus en plus affirm&#233;es dans le corps social puis finalement la guerre, sont des processus que connaissent nombre de soci&#233;t&#233;s avanc&#233;es dans les ann&#233;es 1920 et 1930. Le Japon n'y &#233;chappe pas. En ce sens, il n'est plus un pays engag&#233; dans la modernisation de ses structures, il est d&#233;j&#224; un pays &#171; moderne &#187; confront&#233; &#224; une crise g&#233;n&#233;rale de la &#171; modernit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ebisu/1868&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ebisu/1868&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_du_riz_de_1918&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_du_riz_de_1918&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/katayama/works/1921/07/japon.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/katayama/works/1921/07/japon.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/international/comintern/sections/britain/periodicals/communist_review/1922/08/class_war_japan.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/international/comintern/sections/britain/periodicals/communist_review/1922/08/class_war_japan.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme au Japon, entre &#233;meutes du riz et r&#233;pression g&#233;n&#233;ralis&#233;e (1918-1938)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/lrf/4522&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/lrf/4522&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en 1884&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Chichibu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Chichibu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi en 1637&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_de_Shimabara&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_de_Shimabara&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7806</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article7806</guid>
		<dc:date>2025-02-04T23:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Etat-Major et l'empire japonais n'ont pas capitul&#233; sans condition &#224; cause des bombardements am&#233;ricains ni de la bombe atomique mais parce que la d&#233;faite militaire entrainait des risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tairens bien plus dangereux que l'occupation anglo-am&#233;ricaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les brusques assauts du mouvement ouvrier au Japon &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e 1946, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Etat-Major et l'empire japonais n'ont pas capitul&#233; sans condition &#224; cause des bombardements am&#233;ricains ni de la bombe atomique mais parce que la d&#233;faite militaire entrainait des risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tairens bien plus dangereux que l'occupation anglo-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brusques assauts du mouvement ouvrier au Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e 1946, un vaste courant pour un front unifi&#233; se d&#233;veloppa visant &#224; la formation d'un Front d&#233;mocratique populaire (Minshu jinmin sensen) ; la direction de ce mouvement &#233;tait entre les mains du Parti socialiste dont les cadres de droite y firent obstacle et en emp&#234;ch&#232;rent finalement la r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mai 1946 vit la c&#233;l&#233;bration de la f&#234;te du Travail, ressuscit&#233;e apr&#232;s dix ans d'interdiction ; c'&#233;tait la dix-septi&#232;me au Japon et elle se d&#233;roula sur une &#233;chelle incomparablement plus impressionnante que celles de l'avant-guerre. On estima &#224; 500 000 le nombre des participants qui d&#233;fil&#232;rent &#224; T&#333;ky&#333; sur la place du Palais imp&#233;rial et &#224; 2 000 000 le chiffre total des manifestants dans tout le pays. Le 19 mai suivant eut lieu ce que l'on a appel&#233; le &#171; Premier Mai alimentaire &#187; (Shokury&#333; m&#275; d&#275;) qui, mobilisant une foule de 3 000 000 de personnes r&#233;unies sur la place du Palais imp&#233;rial, &#233;tait une manifestation organis&#233;e pour exiger du gouvernement et des forces d'occupation une solution &#224; la crise de l'alimentation. Les manifestants lanc&#232;rent &#233;galement des slogans politiques tels : &#171; A bas le gouvernement r&#233;actionnaire, pour l'&#233;tablissement d'un gouvernement d&#233;mocratique du peuple. &#187; La r&#233;action des forces d'occupation ne se fit pas attendre ; ayant proclam&#233; : &#171; Nous n'accueillerons pas le communisme &#187; et : &#171; Nous ne tol&#233;rons pas les manifestations populaires devant se d&#233;rouler dans la violence &#187; le quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e d'occupation se manifesta comme force r&#233;pressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie sp&#233;cifique suivie dans la premi&#232;re p&#233;riode de l'apr&#232;s-guerre fut la &#171; lutte pour le contr&#244;le de la production &#187; par les ouvriers. Il s'agissait en fait de s'opposer au &#171; sabotage de la production &#187; par les capitalistes cherchant &#224; mettre l'inflation &#224; profit pour r&#233;&#233;valuer les stocks de mat&#233;riel ; c'&#233;tait donc une lutte pour imposer la participation des syndicats ouvriers dans le contr&#244;le des affaires et r&#233;clamant, &#224; travail &#233;gal, des augmentations de salaires ,et la d&#233;mocratisation de la gestion des entreprises. Des combats de ce genre &#233;clat&#232;rent dans tout le Japon dans divers secteurs d'activit&#233; comme la presse, les chemins de fer, la sid&#233;rurgie, l'industrie m&#233;canique, les mines, les collectivit&#233;s locales autonomes et la production cin&#233;matographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe capitaliste, craignant que cette strat&#233;gie ne d&#233;bouche sur un mouvement r&#233;volutionnaire d'occupation des usines, protesta contre l'atteinte aux droits de propri&#233;t&#233; et d'exploitation, riposta au moyen des interventions gouvernementales et de la r&#233;pression polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'&#233;t&#233; 1946, en r&#233;ponse &#224; un plan de licenciement de 75 000 employ&#233;s des chemins de fer nationaux, les syndicats proclam&#232;rent la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, qui fut un succ&#232;s puisque ce plan fut abandonn&#233;. Et la gr&#232;ve de onze jours du Syndicat des marins se termina de m&#234;me mani&#232;re par le retrait du plan de licenciement de 43 000 travailleurs, annonc&#233; par les patrons, et la garantie du plein emploi. Ces conflits avaient &#233;t&#233; soutenus par le Comit&#233; des luttes communes (Ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai) dont le noyau &#233;tait le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi). En automne 1946, le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi) lan&#231;a une campagne offensive pour contrecarrer l'application des plans &#233;labor&#233;s par le gouvernement et les capitalistes de licenciements g&#233;n&#233;raux et de blocage des salaires, pr&#233;vus au nom de la &#171; rationalisation &#187; ; ces luttes se d&#233;roul&#232;rent principalement au sein des entreprises priv&#233;es, sur une base de regroupement des conflits par industrie. Malgr&#233; les entraves mises par les forces d'occupation am&#233;ricaines, cette &#171; lutte d'octobre du Sambetsu &#187; &#224; laquelle particip&#232;rent quelque 320 000 ouvriers, conduisit au doublement du niveau des salaires et &#224; la conqu&#234;te spectaculaire des droits des travailleurs et &#224; la reconnaissance des syndicats ouvriers. Les employ&#233;s de l'industrie &#233;lectrique y collabor&#232;rent de leur c&#244;t&#233; par la mise au point d'un plan de gr&#232;ve dans le secteur &#233;lectrique. Ensuite, ce fut le tour des travailleurs de la fonction publique qui se mirent en gr&#232;ve pour l'augmentation de leurs salaires et la r&#233;organisation d&#233;mocratique d'une bureaucratie h&#233;rit&#233;e du syst&#232;me imp&#233;rial d'avant-guerre. C'est ainsi que les employ&#233;s de tous les services publics, de l'enseignement aux chemins de fer nationaux et aux postes et t&#233;l&#233;communications, mirent sur pied le Comit&#233; pour une lutte commune des fonctionnaires de l'administration publique (Zen kank&#333;ch&#333; ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai ou Zenkank&#333;ch&#333; ky&#333;t&#333;) charg&#233; de harceler le gouvernement par des campagnes conjointes ; ce comit&#233; regroupait 2 600 000 membres ; finalement, sur l'initiative du Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu), les syndicats des entreprises priv&#233;es se joignirent aux combats des fonctionnaires et organis&#232;rent le Comit&#233; national de lutte commune des syndicats ouvriers ou Zento (Zenkoku r&#333;d&#333; kumiai ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai) dont les effectifs comptaient 54 formations avec 4 000 000 d'adh&#233;rents (selon d'autres statistiques ce Comit&#233; regroupait jusqu'&#224; 6 000 000 de membres). Le gouvernement s'opposa fermement aux revendications salariales, ce qui provoqua un pr&#233;avis de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le renversement du cabinet de YOSHIDA Shigeru et l'&#233;tablissement d'un gouvernement populaire d&#233;mocratique. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui devait &#234;tre d&#233;clench&#233;e le 1er f&#233;vrier 1947 fut interdite la veille m&#234;me, le 31 janvier dans l'apr&#232;s-midi, par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur, commandant en chef des Forces d'occupation du Japon ; son d&#233;cret d'interdiction du mouvement fut retransmis &#224; la radio par II Yashir&#333;, le pr&#233;sident du Comit&#233; de lutte commune des fonctionnaires de l'administration publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 1er f&#233;vrier fut avort&#233;e ; cependant, les conditions de travail des employ&#233;s des administrations publiques furent consid&#233;rablement am&#233;lior&#233;es : les salaires furent presque doubl&#233;s et chaque syndicat obtint des conventions collectives, ce qui se propagea jusque dans le secteur priv&#233;. De plus, cette lutte conjointe de grande envergure fut le point de d&#233;part d'une progression rapide du mouvement pour l'unification du front ouvrier. Tous les syndicats d'industrie se r&#233;unirent au niveau national et, en mars 1947, fut mis sur pied le Conseil national de liaison des syndicats ouvriers ou Zenr&#333;ren (Zenkoku r&#333;d&#333; kumiai reuraku ky&#333;gikai) qui regroupait 84 % des ouvriers syndiqu&#233;s soit 4 460 000 adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Conseil (Zenr&#333;ren) n'&#233;tait certes qu'un organisme consultatif de liaison organis&#233; selon le syst&#232;me souple d'adh&#233;sion en bloc des groupements affili&#233;s, mais il fut important dans la mesure o&#249; le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi) comme la F&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des syndicats ouvriers (S&#333;d&#333;mei) y adh&#233;r&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article236708&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article236708&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tokyo - 9 et 10 mars 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiroshima et Nagasaki en ao&#251;t 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation militaire du Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON EN 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES REVENDICATIONS DES MARINS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GOUVERNEMENT MIS EN ACCUSATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc70_101146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc70_101146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Japon sous la tutelle am&#233;ricaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/le-japon-sous-la-tutelle-americaine-185080&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/le-japon-sous-la-tutelle-americaine-185080&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'action de l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain contre la menace prol&#233;tarienne au Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les pays vaincus, le Japon a &#233;t&#233; frapp&#233; de mort massive contre les quartiers populaires des grandes villes. Apr&#232;s le bombardement aux armes classiques de toutes les grandes villes dont le plus impressionnant, celui de Tokyo, c'est le bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki. Pas plus que les autres, il n'est justifi&#233; par un objectif militaire. Il a lieu les 6 et 9 ao&#251;t 1945, alors qu'en juillet 1945, l'Etat japonais a d&#233;j&#224; propos&#233; sa reddition. Mais les Alli&#233;s ne se voient pas imm&#233;diatement prendre la direction d'un Japon o&#249; s'est effondr&#233;e toute confiance dans les classes dirigeantes, o&#249; les sacrifices ont &#233;t&#233; &#233;normes et les exigences sociales vont l'&#234;tre d'autant plus que gouverne un r&#233;gime semi f&#233;odal. Avec l'Allemagne, le Japon est m&#234;me l'un des pays o&#249; les alli&#233;s craignent le plus l'apparition d'un mouvement ouvrier et r&#233;volutionnaire. Avant m&#234;me que la d&#233;faite soit annonc&#233;e le discr&#233;dit du r&#233;gime parmi les travailleurs &#233;tait consid&#233;rable, en proportion des mensonges du pouvoir fasciste japonais sur la &#171; grande Asie &#187; qui allait dominer le monde et des sacrifices &#233;normes impos&#233;s par la dictature f&#233;roce. Cela s'est traduit par une premi&#232;re vague de gr&#232;ve qui a amen&#233; les Am&#233;ricains &#224; craindre &#233;norm&#233;ment ce que serait l'apr&#232;s guerre dans ce pays. C'est cela leur principale pr&#233;occupation lorsqu'il devient &#233;vident que le Japon va capituler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, le r&#233;gime japonais est vaincu et demande l'armistice, mais les dirigeants alli&#233;s refusent de d&#233;signer des pl&#233;nipotentiaires. Obtenir la reddition des Autorit&#233;s, c'est risquer une remise en cause radicale de la part de la population et tout particuli&#232;rement de la classe ouvri&#232;re. Elle a subi de tr&#232;s durs sacrifices de la part du fascisme japonais durant de longues ann&#233;es et peut brutalement se r&#233;veiller en voyant que d&#233;sormais la classe dirigeante est battue et discr&#233;dit&#233;e. Il faut que cette d&#233;faite apparaisse incontestable au point que la population soit elle-m&#234;me &#233;cras&#233;e. C'est le but des bombardements massifs. C'est &#224; ce moment qu'ils lancent les deux bombes atomiques &#224; Hiroshima et Nagasaki. L'objectif n'est pas militaire. Il ne s'agit pas de faire c&#233;der le Japon, d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; capituler. Il s'agit de terroriser encore plus la population pour &#233;viter que la d&#233;faite n'entra&#238;ne des mouvements r&#233;volutionnaires du fait du discr&#233;dit du pouvoir. La bombe atomique n'aura pas plus d'effet meurtrier que le bombardement qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo re&#231;oit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est ras&#233; et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kob&#233; et des dizaines d'autres. Ce qui est vis&#233; syst&#233;matiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, ce sont les populations civiles. Il y a 100 000 morts &#224; Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et ann&#233;es qui suivront. Avec la bombe atomique, ce qui est recherch&#233; plus que l'efficacit&#233; c'est le choc sur les populations et la d&#233;monstration de supr&#233;matie. Au Japon c'est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela appara&#238;t comme une justification : le Japon doit c&#233;der devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En r&#233;alit&#233;, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l'effet sera &#233;galement important au del&#224; sur les peuples d'Asie qui menacent de se r&#233;volter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de bless&#233;s. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d'habitants en 1940 n'en comptait plus que 2 700 000 et l'essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n'avoir aucun risque d'une classe ouvri&#232;re en r&#233;volte devant elle. Il n'y avait plus qu'un pays en ruine dans une situation de mis&#232;re inimaginable avec une domination &#233;trang&#232;re et un gouvernement militaire am&#233;ricain dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur. Dans &#171; Mac Arthur, un C&#233;sar am&#233;ricain &#187;, William Menchester relate que les villes du Japon &#171; n'&#233;taient plus qu'une d&#233;charge de ferraille&#8230; Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de t&#233;l&#233;phone, pas de train, pas d'usine d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Hiroshima et Nagasaki &#233;taient r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de caillou vitrifi&#233; ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n'allaient gu&#232;re mieux. A l'exception de quelques maisons &#224; l'&#233;preuve du feu et des tremblements de terre, tout &#233;tait r&#233;duit en cendres et en escarbilles. L&#224; se r&#233;fugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Howard Zinn rapporte dans &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187; : &#171; Faisait-on r&#233;ellement la guerre pour d&#233;montrer que Hitler se trompait quant &#224; la sup&#233;riorit&#233; de la race aryenne ? (&#8230;) Un des aspects de la politique am&#233;ricaine semblait s'inspirer directement du fascisme. Il s'agit du sort r&#233;serv&#233; aux Am&#233;ricains d'origine japonaise de la c&#244;te Ouest. Apr&#232;s l'attaque de Pearl Harbour, une hyst&#233;rie anti-japonaise &#233;clata au sein du gouvernement. Un membre du Congr&#232;s d&#233;clara m&#234;me : &#171; Je suis pour que l'on se saisisse de tous les Japonais en Am&#233;rique, de l'Alaska &#224; Hawa&#239;, et qu'on les mette dans des camps de concentration. (&#8230;) Qu'on s'en d&#233;barrasse ! &#187; (...) Cent mille hommes, femmes et enfants furent expuls&#233;s, regroup&#233;s dans des camps au plus profond des Etats-Unis et gard&#233;s dans des conditions de captivit&#233;. Les trois quarts d'entre eux &#233;taient (&#8230;) citoyens am&#233;ricains. (&#8230;) La grande majorit&#233; des Am&#233;ricains se trouvait mobilis&#233;e, dans l'arm&#233;e comme dans la vie civile, en faveur de la guerre. (&#8230;) La haine de l'ennemi, et en particulier des Japonais, &#233;tait largement partag&#233;e. Le racisme s'&#233;panouissait. Le magazine &#171; Times &#187;, rendant compte de la bataille d'Iwo Jima &#233;crivit : &#171; Le Jap de base est parfaitement ignorant. Peut-&#234;tre est-il humain. En tout cas, rien ne l'indique. &#187; Il y eut donc bien un large soutien &#224; ce qui devait devenir la plus abominable campagne de bombardements de civils jamais entreprise au cours d'une guerre : les attaques a&#233;riennes sur les villes allemandes et japonaises. (&#8230;) L'apog&#233;e de ces bombardements terroristes fut celui de Dresde, d&#233;but 1945. Au cours de cette op&#233;ration, l'extraordinaire chaleur d&#233;gag&#233;e par les bombes provoqua des incendies qui ravag&#232;rent la ville. Plus de cent mille personnes p&#233;rirent &#224; Dresde. (&#8230;) Le pilonnage des villes japonaises correspondait &#233;galement &#224; cette strat&#233;gie destin&#233;e &#224; d&#233;truire le moral des civils. Un bombardement nocturne sur Tokyo fit quelque quatre-vingt mille victimes. Puis, le 6 ao&#251;t 1945, apparut dans le ciel d'Hiroshima un unique avion am&#233;ricain qui l&#226;cha la premi&#232;re bombe atomique faisant environ cent-mille morts et des dizaines de milliers d'autres victimes qui allaient mourir lentement de l'effet d&#233;vastateur des radiations. (&#8230;) Trois jours plus tard, une autre bombe atomique &#233;tait l&#226;ch&#233;e sur Nagasaki, faisant environ cinquante mille victimes suppl&#233;mentaires. Ces actes atroces furent justifi&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la fin de la guerre et d'&#233;viter d'envahir le Japon. (&#8230;) En ao&#251;t 1945, le Japon &#233;tait d&#233;j&#224; dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e et pr&#234;t &#224; se rendre. (&#8230;) Les cent mille morts d'Hiroshima &#233;taient presque tous des civils. Le US Strategic Bomb Survey d&#233;clara quant &#224; lui dans son rapport que &#171; Hiroshima et Nagasaki avaient &#233;t&#233; choisie pour cibles en raison de leur forte concentration d'activit&#233;s et de population. &#187; (&#8230;) Apr&#232;s la reddition du Japon, les puissances fascistes &#233;taient battues. Mais qu'en est-il du fascisme en tant qu'id&#233;e, et en tant que r&#233;alit&#233; ? &#187; An&#233;antir le fascisme et les fascistes n'&#233;tait pas l'objectif de l'imp&#233;rialisme US lui qui maintenait m&#234;me au pouvoir l'empereur Hiro Hito, grand organisateur du r&#233;gime fasciste. Comment l'imp&#233;rialisme pourrait-il vouloir d&#233;truire d&#233;finitivement le fascisme puisque celui-ci n'est rien d'autre que l'an&#233;antissement physique et moral de toute possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re de faire la r&#233;volution sociale ? Cet an&#233;antissement n'&#233;tait-il pas le premier objectif des Alli&#233;s &#224; la fin de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste. Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s. En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon. Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US ! Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures. En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230; Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Reproduit de The militant du 21-9-46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES REVENDICATIONS DES MARINS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GOUVERNEMENT MIS EN ACCUSATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;. Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le faux r&#244;le des deux bombes atomiques dans la guerre contre le Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1994_num_49_3_279279&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1994_num_49_3_279279&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Luttes de clans et luttes de classes dans le Japon m&#233;di&#233;val</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8027</link>
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		<dc:date>2024-12-04T23:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Paysans</dc:subject>
		<dc:subject>Aristocrates</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Luttes de clans et luttes de classes dans le Japon m&#233;di&#233;val &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux ouvrages de Pierre-Fran&#231;ois Souyiri &#233;clairent singuli&#232;rement la p&#233;riode m&#233;di&#233;vale au Japon : &#171; Le monde &#224; l'envers &#187; et &#171; La r&#233;volte des Ikki &#187;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils remettent sur ses pieds le d&#233;roulement historique et rappellent que l'histoire du Japon m&#233;di&#233;val est une lutte de classes. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'oppos&#233; de Souyiri, nombre d'auteurs ne voient dans le Japon m&#233;di&#233;val que des luttes de clans f&#233;odaux, clans imp&#233;riaux, clans de la noblesse, clans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot50" rel="tag"&gt;Paysans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot52" rel="tag"&gt;Aristocrates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Luttes de clans et luttes de classes dans le Japon m&#233;di&#233;val&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux ouvrages de Pierre-Fran&#231;ois Souyiri &#233;clairent singuli&#232;rement la p&#233;riode m&#233;di&#233;vale au Japon : &#171; Le monde &#224; l'envers &#187; et &#171; La r&#233;volte des Ikki &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils remettent sur ses pieds le d&#233;roulement historique et rappellent que l'histoire du Japon m&#233;di&#233;val est une lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233; de Souyiri, nombre d'auteurs ne voient dans le Japon m&#233;di&#233;val que des luttes de clans f&#233;odaux, clans imp&#233;riaux, clans de la noblesse, clans des chefs religieux des monast&#232;res, clans des gouverneurs et autres hauts fonctionnaires, clans des guerriers de toutes sortes (chefs de guerre, samoura&#239;s, bandits&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, durant ces guerres civiles, il y a eu plusieurs guerres sociales car le fondement de cette vaste d&#233;stabilisation est la lutte des classes permanente au sein de la soci&#233;t&#233; japonaise. La lutte des clans n'est que l'&#233;cume de cette mer en violente furie des oppositions de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte paysanne est sans cesse sous-jacente. La mis&#232;re nourrit la r&#233;volte des pauvres et fournit une masse de bandits, de vauriens, mais aussi de combattants contre l'ordre social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des r&#233;voltes a eu un succ&#232;s d&#233;cisif : elle a impos&#233; la suppression de l'esclavage. Il y a eu aussi le combat des paysans pour imposer leurs droits &#224; la terre, leur propri&#233;t&#233; d'une part des r&#233;coltes, leur refus d'imp&#244;ts insupportables et aussi leur auto-organisation villageoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au travers de ces luttes, ceux qui &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme des non-humains, des b&#234;tes, des inexistants et insignifiaints, qu'on peut tuer sans souci, ont impos&#233; leur existence et leur force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'Histoire &#233;tant &#233;crite par les vainqueurs, elle ne leur laisse gu&#232;re de place&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jason, abb&#233; de Daij&#244;-in &#233;crit dans son journal personnel en 1485 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, ceux des barons locaux de la province de Yamashiro qui sont &#226;g&#233;s entre 15 et 60 ans se sont r&#233;unis pour tenir conseil. Les paysans de la province ont fait de m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souyiri dans &#171; Le monde &#224; l'envers &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 1400, instabilit&#233; sociale croissante, c'est le temps des r&#233;voltes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1416 : troubles dans l'Est de l'archipel&#8230; Pour plus d'un si&#232;cle, le Kant&#244; sombre dans l'anarchie f&#233;odale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1428-1429 : la paysannerie autour de Ky&#244;to se r&#233;volte pour l'abolition des dettes. C'est la premi&#232;re grande r&#233;volte populaire. D'autres soul&#232;vements &#233;clatent dans les ann&#233;es suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1441 : la paysannerie se r&#233;volte dans le Kinai et le r&#233;gime est contraint dans l'urgence de donner satisfaction aux insurg&#233;s. D&#233;sormais, les r&#233;voltes se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1462 : nouvelle vague de r&#233;voltes de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1485-1493 : soul&#232;vement au sud de Ky&#244;to des petits guerriers locaux et des paysans : naissance d'une commune r&#233;gionale autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1493 : le mouvement d'autnomie rurale et urbaine s'accentue. Villages et quartiers des villes du Japon central organisent l'auto-d&#233;fense et l'auto-administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1573 : Les organisations religieuses &#224; caract&#232;re militaire et les ligues paysannnes sont &#233;cras&#233;es. En cr&#233;ant des march&#233;s libres, le nouvel Etat mis en place par Nobunaga brise le pouvoir des corporations de marchands et d'artisans, et renforce la mont&#233;e de nouvelles couches bourgeoises. Le pouvoir s&#233;pare les guerriers de la paysannerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la mont&#233;e des couches guerri&#232;res, la cr&#233;ation d'un Etat sh&#244;gunal et l'effondrement progressif du syst&#232;me politique mis en place par la monarchie imp&#233;riale au cours de l'&#233;poque ancienne constituent bien l'un des ph&#233;nom&#232;nes saillants de cette &#233;poque, la mobilit&#233; sociale ou plut&#244;t l'instabilit&#233; sociale constitue tout autant un trait majeur de cette soci&#233;t&#233;. Les hommes du XVe si&#232;cle d&#233;signaient cela par l'expression imag&#233;e &#171; gekuj&#244; &#187;, quand &#171; l'inf&#233;rieur l'emporte sur le sup&#233;rieur &#187;, c'est-&#224;-dire la d&#233;sob&#233;issance civile, l'inversion des hi&#233;rarchies sociales, &#171; le monde &#224; l'envers &#187;. En langage moderne, on serait peut-&#234;tre bien inspir&#233; de traduire cette expression par &#171; r&#233;volution &#187;, &#224; condition bien s&#251;r d'entendre par l&#224; non pas le grand soir, mais un mouvement multis&#233;culaire de remise en cause permanente des pouvoirs &#233;tatiques ou r&#233;gionaux, de pouss&#233;e &#233;mancipatrice des couches sociales inf&#233;rieures. Celles-ci refusent la fatalit&#233; de leur condition tandis que les couches dirigeantes s'av&#232;rent incapables de maintenir des institutions stables. L'existence de ce &#171; gekokuj&#244; &#187;, cette mobilit&#233; sociale de nature quasi r&#233;volutionnaire, explique pourquoi l'Etat &#233;prouve les plus vives difficult&#233;s &#224; faire r&#233;gner l'ordre dans les provinces&#8230; Le ph&#233;nom&#232;ne de la guerre f&#233;odale est rendu plus complexe par l'existence de v&#233;ritables conflits sociaux opposant seigneurs fonciers et communaut&#233;s paysannes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s fortement structur&#233;es autour de la riziculture, ces derni&#232;res r&#233;sistent souvent victorieusement &#224; la ponction fiscale exig&#233;e par les couches sup&#233;rieures. Le montant et la nature des redevances annuelles, la dur&#233;e des corv&#233;es et leur objet, constituent un th&#232;me fr&#233;quent de dispute. A partir du XVe si&#232;cle, les communaut&#233;s s'opposent aux classes dirigeantes &#224; propos de la nature m&#234;me du pouvoir seigneurial, revendiquant pour elles le droit &#224; l'auto-administration, y compris les droits de justice et de police d&#233;volus jusqu'alors aux seigneurs. Produits du d&#233;veloppement d'une &#233;conomie mon&#233;taire, d'autres conflits surgissent entre peuple des campagnes et pr&#234;teurs d'argent usuriers habitant les villes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gigantesque pouss&#233;e sociale et cette aspiration &#224; l'autonomie et au pouvoir local n&#233;es de la crise des structures f&#233;odales incapables d'assumer si peu que ce soit leur r&#244;le et de plus en plus consid&#233;r&#233;es comme superflues, expliquent les difficult&#233;s des autorit&#233;s du Moyen-Age finissant &#224; assurer l'ordre. Cette incapacit&#233; des pouvoirs constitu&#233;s &#224; s'imposer face &#224; ce mouvement de d&#233;stabilisation permanente venu d'en bas &#233;claire le caract&#232;re end&#233;mique de la guerre pendant la plus grande partie de la p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le Moyen-Age est assur&#233;ment un &#226;ge des guerriers, c'est donc aussi un &#226;ge des r&#233;voltes, un moment d'insubordination sociale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces moments de crise, les populations deviennent difficiles &#224; contr&#244;ler : les gens des villes fuient vers les campagnes dans l'espoir de chaparder ou dans les montagnes o&#249; il reste possible &#224; la belle saison de survivre en cueillant baies et l&#233;gumes sauvages, ou encore en chassant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se sentant assi&#233;g&#233;s par des foules affam&#233;es, les puissants ont parfois peur aussi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir du XIIIe si&#232;cle que la petite paysannerie, surtout dans le Kinai et les r&#233;gions voisines, commence &#224; s'&#233;manciper du r&#233;gime servile auquel elle &#233;tait condamn&#233;e jusqu'alors. Ce mouvement de lib&#233;ration encore limit&#233; devait prendre tout son sens dans les deux si&#232;cles suivants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les historiens du XXe si&#232;cle ne se sont pas toujours accord&#233;s sur le statut des ces &#171; inf&#233;rieurs &#187; : s'agit-il d'esclaves, de serfs ou de simples d&#233;pendants sur le plan &#233;conomique mais de statut &#171; libre &#187; ? Tiennent-ils en propre des parcelles ? Les sources &#233;crites sont peu prolixes &#224; leur &#233;gard : ils n'y apparaissent que de mani&#232;re fugitive et allusive. Ils restent les grands muets de l'histoire m&#233;di&#233;vale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La soci&#233;t&#233; paysanne se divise en deux couches sociales principales : les &#171; my&#244;shu &#187;, relativement ais&#233;s, responsables de l'exploitation des rizi&#232;res et du paiement des charges fiscales et les couches de paysans d&#233;pendants. C'est &#224; propos de ces derniers que les historiens actuels restent divis&#233;s. S'il para&#238;t certain qu'il subsiste des esclaves dans les campagnes japonaises au XIIIe si&#232;cle, cela signifie-t-il que tous les paysans d&#233;pendants dont il est question plus haut sont des esclaves ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incapables de payer les redevances seigneuriales, endett&#233;s, mourant de faim, les gens dans la mis&#232;re se vendent &#224; des trafiquants d'&#234;tres humains qui n&#233;gocient cette main d'&#339;uvre mis&#233;rable dans les r&#233;gions o&#249; on a besoin de bras. Les textes japonais utilisent les expressions &#171; trafic d'&#234;tres humains &#187; sans faire r&#233;f&#233;rence explicite &#224; une notion se rapprochant de celle d'esclavage&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du Moyen Age, il n'y avait pas de petites exploitations cultiv&#233;es par des paysans ind&#233;pendants. Au contraire, les exploitations des &#171; my&#244;shu &#187; reposaient sur des rapports patriarcaux et esclavagistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque chose change dans les rapports sociaux &#224; la fin du XIIIe si&#232;cle et au d&#233;but du XIVe si&#232;cle. Ces gens qui acuqi&#232;rent une nouvelle place dans la communaut&#233; paysanne ont d&#233;sormais droit &#224; la parole. D&#232;s le d&#233;but du XIVe si&#232;cle, les petits paysans si&#232;gent au conseil de la confr&#233;rie du santuaire aux c&#244;t&#233;s des paysans riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les couches de paysans d&#233;pendants se sont elles &#233;mancip&#233;es ? Le r&#233;veil de l'&#233;conomie a certainement permis aux plus pauvres d'accumuler un minimum de surproduit parfois commercialisable et rendu possible par l'am&#233;lioration g&#233;n&#233;rale du niveau de vie. Mais la cl&#233; de l'explication est surtout &#224; rechercher dans la mise en culture par ces petits paysans de champs secs (&#224; opposer aux rizi&#232;res) sur lesquels ils font venir c&#233;r&#233;ales et l&#233;gumes n&#233;cessaires &#224; leur alimentation quotidienne, ce qui les rend par l&#224; m&#234;me ind&#233;pendants de leurs ma&#238;tres&#8230; Le champ sec, c'est la terre qui fait vivre le paysan et la terre inond&#233;e, c'est la terre par excellence qui fait vivre le ma&#238;tre, celle sur laquelle s'exerce le plus fortement le pr&#233;l&#232;vement seigneurial. Encore &#224; cette &#233;poque, le riz est presque un produit de luxe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XIVe si&#232;cle n'a pas d'unit&#233; chronologique claire. L'&#233;poque de Kamakura continue jusqu'en 1333. La p&#233;riode de Muromachi commence selon les uns en 1378, selon les autres en 1392. P&#233;riode de transition, le XIVe si&#232;cle n'en a pas moins une importance d&#233;cisive. Il marque le moment o&#249; l'instabilit&#233;, l'insubordination gagnent tous les secteurs de la soci&#233;t&#233;. Le Japon du sh&#244;gun Yoshimitsu (1368-1407) est tr&#232;s diff&#233;rent de celui des r&#233;gents H&#244;j&#244;. Il est vrai qu'entre-temps, un demi si&#232;cle de guerres civiles a profond&#233;ment boulevers&#233; les structures du pouvoir, les rapports sociaux et la vie culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Temps de troubles. Le r&#233;gime H&#244;j&#244; s'effondre &#224; Kamakura en 13333 apr&#232;s deux ann&#233;es de crise et il est suivi d'une restauration imp&#233;riale dite de l'&#232;re Kenmu, qui dure &#224; peine trois ans. De 1336 &#224; 1392, le Japon est partag&#233; entre deux formations politiques en guerre qui revendiquent chacune le droit l&#233;gitime de gouverner le pays entier. Cette p&#233;riode est connue au Japon sous le nom de p&#233;riode de la Cour du Sud et de la Cour du Nord&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne d'invasion des domaines de l'Ouest par des guerriers venus de l'Est s'accentue avec l'irruption de la violence ouverte dans les rapports sociaux. De leur c&#244;t&#233;, les communaut&#233;s paysannes renforcent leur autonomie locale. Les couches paysannes autrefois domin&#233;es par les &#171; my&#244;shu &#187; acc&#232;dent &#224; la possession de parcelles et poursuivent leur mouvement d'&#233;mancipation entam&#233; dans la seconde moiti&#233; du XIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains historiens d'apr&#232;s-guerre consid&#232;rent que cete &#233;mancipation constituait une v&#233;ritable &#171; r&#233;volution f&#233;odale &#187;. Selon eux, l'esclavage qui caract&#233;risait jusque-l&#224; les rapports de production dans les campagnes japonaises, disparaissait au cours du XIVe si&#232;cle. La victoire politique de la classe des guerriers f&#233;odaux &#224; la fin du XIIe si&#232;cle trouvait donc un &#233;cho, un si&#232;cle et demi plus tard, dans une victoire sociale des couches inf&#233;rieures de la paysannerie au cours des guerres civiles. La propri&#233;t&#233; fonci&#232;re antique, fond&#233;e sur le syst&#232;me domanial, s'effritait sous les coups conjugu&#233;s des guerriers qui se taillaient des fiefs et des communaut&#233;s villageoises qui r&#233;sistaient victorieusement aux exigences seigneuriales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paysannerie n'assiste pas de mani&#232;re passive aux affrontements st&#233;riles entre groupes dirigeants. Les guerres ne sont pas que le fait d'arm&#233;es qui visent &#224; s'emparer des domaines ou des biens de l'ennemi, ou &#224; reconstruire un Etat. Face aux arm&#233;es en campagne, face aux malheurs qui les accablent, les paysans r&#233;agissent et cherchent &#224; tirer profit de ces situations mouvantes. Le mouvement d'&#233;mancipation des couches inf&#233;rieures au sein des communaut&#233;s agricoles&#8230; s'accentue &#224; la faveur des guerres civiles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s des seigneurs locaux &#224; s'imposer &#224; la t&#234;te de leurs terres tiennent en partie au degr&#233; sup&#233;rieur d'organisation de la paysannerie japonaise, dont la farouche volont&#233; d'autonomie constitue l'un des ph&#233;nom&#232;nes saillants de l'&#233;poque. C'est aussi le moment o&#249; la paysannerie ressent plus que jamais la n&#233;cessit&#233; de faire bloc contre les arm&#233;es &#233;trang&#232;res qui sillonnent la campagne et s&#232;ment le malheur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mode d'organisation du village en &#171; s&#244; &#187; repose sur un fort degr&#233; d'union de la communaut&#233; des habitants. Les premiers s&#244; signal&#233;s dans les archives remontent au milieu du XIVe si&#232;cle, mais leur nombre s'accro&#238;t consid&#233;rablement au cours des guerres seigneuriales au point de devenir les unit&#233;s de base du sys&#232;me social aux XVe et XVIe si&#232;cles. Ces communes, qui se donnent des r&#232;gles autonomes vis-&#224;-vis du pouvoir seigneurial, se forment d'ailleurs dans la lutte contre celui-ci. Partout au Japon, des documents pr&#233;cieusement conserv&#233;s par les villageois eux-m&#234;mes, qui les cachaient pour qu'ils ne tombent pas dans les mains des seigneurs, attestent l'existence de ces &#171; communes &#187;, qui administrent les villages et y maintiennent l'ordre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune id&#233;ologie structur&#233;e de type messianique ou mill&#233;nariste ne vient forunir de justification conceptuelle &#224; ces mouvements paysans n&#233;s d'un renforcement des communaut&#233;s de base&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux grands &#233;pisodes r&#233;volutionnaires en 1221 et 1335 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_J%C5%8Dky%C5%AB&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_J%C5%8Dky%C5%AB&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_Nakasendai&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_Nakasendai&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;volte paysanne en 1441 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_de_Kakitsu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_de_Kakitsu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;odalit&#233; au Japon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9odalit%C3%A9_au_Japon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9odalit%C3%A9_au_Japon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire du Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Japon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Japon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;riode des Kofun (250-538)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_Kofun&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_Kofun&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;riode d'Asuka (540-710)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_d%27Asuka&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_d%27Asuka&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;poque de Nara (710-790)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_de_Nara&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_de_Nara&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;poque de Kamakura (1185&#8211;1333)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_de_Kamakura&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_de_Kamakura&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restauration de Kenmu (1333-1336)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Restauration_de_Kenmu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Restauration_de_Kenmu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;poque de Muromachi (1336-1573)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_de_Muromachi&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_de_Muromachi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but de Muromachi - &#201;poque Nanboku-ch&#333; (des ann&#233;es 1336 &#224; 1392)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_Nanboku-ch%C5%8D&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_Nanboku-ch%C5%8D&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shogunat Ashikaga (1336-1573)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Shoguns_Ashikaga&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Shoguns_Ashikaga&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;poque Sengoku (1477-1573)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_Sengoku&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_Sengoku&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;poque Azuchi Momoyama (1573-1603)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_Azuchi_Momoyama&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89poque_Azuchi_Momoyama&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caract&#232;res originaux de la soci&#233;t&#233; m&#233;di&#233;vale japonaise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Age des guerriers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Age des guerriers, r&#233;gime sh&#244;gunal, liens de vassalit&#233; : le Japon bascule dans ce qu'il est convenu d'appeler le Moyen Age. Moyen Age ? L'expression, on s'en doute, est ici un n&#233;ologisme. Les hommes de la fin du XIIe si&#232;cle eurent conscience de vivre une &#233;poque charni&#232;re : ils nomm&#232;rent ces temps nouveaux, &#171; l'&#226;ge des guerriers &#187;. Le mot de Moyen Age (ch&#251;sei) date du d&#233;but du XXe si&#232;cle, et est employ&#233; pour la premi&#232;re fois par Hara Katsur&#244;, professeur &#224; l'Universit&#233; imp&#233;riale de Ky&#244;to. Ce dernier publie en 1906 une histoire du Moyen Age japonais. Ce titre marquait l'aboutissement d'une r&#233;flexion. Hara voulait d'abord signifier par l&#224; une p&#233;riode interm&#233;diaire entre deux soci&#233;t&#233;s stabilis&#233;es, l'&#233;poque ancienne domin&#233;e par une cour imp&#233;riale install&#233;e &#224; Heian et l'&#233;poque moderne (kinsei) domin&#233;e par le sh&#244;gunat des Tokugawa install&#233; &#224; Edo. Au r&#233;gime centralis&#233; de la monarchie antique succ&#233;dait un syst&#232;me de fractionnement des pouvoirs publics. A tort ou &#224; raison, les dictionnaires traduisent depuis la fin du XIXe si&#232;cle le mot h&#244;ken (fengjiang en chinois) par le terme occidental de fief. L'&#226;ge des guerriers d&#233;signait donc le d&#233;but de la p&#233;riode f&#233;odale au Japon ou si l'on pr&#233;f&#232;re, les d&#233;buts des temps m&#233;di&#233;vaux. Mais en choisissant ce terme de Moyen Age, Hara Katsur&#244; se pr&#233;occupait aussi de faire correspondre les grandes coupures de l'histoire occidentale, Antiquit&#233;, Moyen Age, Temps Modernes, Epoque contemporaine, avec celles de l'histoire japonaise. A l'heure o&#249; le Japon affrontait la Russie des tsars &#224; Port-Arthur et faisait montre de sa puissance technique moderne en envoyant par le fond la flotte russe &#224; Tsushima, il n'&#233;tait pas inutile de mettre l'accent sur la similitude du d&#233;veloppement historique en Occident et au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les m&#233;di&#233;vistes japonais du d&#233;but du XXe si&#232;cle, l'expression &#171; &#226;ge des guerriers &#187; s'appliquait &#224; un tour- nant significatif dans l'histoire japonaise, comparable avec ce qu'avait pu &#234;tre le tournant du Moyen Age en Occident. Comme dans l'Europe m&#233;di&#233;vale, on retrouvait au Japon un &#233;miettement des pouvoirs, un ph&#233;nom&#232;ne de militarisation des couches dirigeantes dans les provinces, l'apparition de liens de vassalit&#233; unissant le seigneur &#224; son homme, la naissance de seigneuries fonci&#232;res dominant la terre et ceux qui la travaillent. L'Etat sh&#244;gunal qui se constituait &#224; la fin du me si&#232;cle poss&#233;dait m&#234;me certains traits des monarchies f&#233;odales d'Occident. Le sh&#244;gun de la dynastie des Minamoto n'&#233;tait-il pas investi par l'empereur, descendant de la d&#233;esse du Soleil, comme le roi de France est sacr&#233; par l'&#233;v&#234;que de Reims, repr&#233;sentant de l'Eglise chr&#233;tienne et d&#233;l&#233;gu&#233; du pape de Rome, de m&#234;me que le roi d'Angle- terre est couronn&#233; dans la cath&#233;drale de Cantorb&#233;ry ? Tout en &#171; inventant &#187; des formes sociales nouvelles, le Japon s'&#233;loignait insensiblement des mod&#232;les sociaux cens&#233;s r&#233;gler les relations humaines en Asie et notamment en Chine. Avec le Moyen Age, le Japon devenait de moins en moins &#171; asiatique &#187; et de plus en plus &#171; europ&#233;en &#187;&#8230; Le Moyen Age, c'&#233;tait comme la r&#233;v&#233;lation d'une soci&#233;t&#233; &#224; l'europ&#233;enne en plein c&#339;ur du Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'avoir &#233;t&#233; stagnante &#224; l'image des autres soci&#233;t&#233;s asiatiques telles que se les repr&#233;sentaient du moins les Occidentaux de l'&#233;poque, la soci&#233;t&#233; japonaise &#233;tait anim&#233;e d'une dynamique qui la conduisait naturellement, avec l'&#233;mergence d'une f&#233;odalit&#233;, &#224; marcher sur les traces des soci&#233;t&#233;s d'Europe occidentale. La sup&#233;riorit&#233; intrins&#232;que du Japon sur les autres nations asiatiques en termes industriels et militaires trouvait sa source &#224; la fin du XIIe si&#232;cle dans le Kant&#244;, quand les bushi, les fameux guerriers de l'est du pays, avaient subverti les anciennes formes de la domination aristocratique et entra&#238;n&#233; le pays dans l'aventure f&#233;odale. On mesure sans peine l'enjeu id&#233;ologique de tels discours historiques &#224; l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme triomphant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux mains de la classe des guerriers, le nouveau pou- voir d'Etat, le sh&#244;gunat, cohabitait avec l'ancien Etat imp&#233;rial jusqu'au XIVe si&#232;cle, avant de s'y substituer enti&#232;rement. La coutume guerri&#232;re pass&#233;e en droit &#233;crit en 1232 avec la r&#233;daction d'un recueil l&#233;gislatif le Goseibai shikimoku rempla&#231;ait l'ancien droit de la cour h&#233;rit&#233; des codes antiques eux-m&#234;mes inspir&#233;s du mod&#232;le chinois des Tang, et s'imposait peu &#224; peu &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, Les pouvoirs r&#233;galiens tendaient &#224; se fragmenter au niveau local et &#224; passer aux mains des seigneurs de la terre dont l'objectif &#233;tait la cr&#233;ation de seigneuries d'un seul tenant. Ces seigneurs locaux arm&#233;s se f&#233;d&#233;raient en groupements vassaliques unissant dans un lien d'obligations r&#233;ciproques le suzerain au vassal qu'on appelle ici le kenin, l'homme de la maisonn&#233;e. Le Moyen Age japonais &#233;tait par ailleurs &#224; l'origine de nouvelles valeurs surgies de l'&#233;thique guerri&#232;re primitive se &#171; raffinant &#187; au contact de formes de pens&#233;e venues de Chine, bouddhisme zen et n&#233;o-confucianisme surtout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour bien des historiens d'avant-guerre, le Moyen Age reste un moment d&#233;cisif de l'histoire du pays parce que c'est l&#224; que s'affirme l'identit&#233; nationale du Japon. A travers des formes d'expression culturelle nouvelles (art du r&#233;cit, po&#233;sie, th&#233;&#226;tre, art des jardins, art du th&#233;, art floral, peinture sur rouleaux, esth&#233;tique du d&#233;pouillement, style architecturaux etc.) qui laissaient transpara&#238;tre une sensibilit&#233; originale, parfois &#224; l'oppos&#233; des mod&#232;les chinois cens&#233;s constituer ceux de la noblesse antique, le Japon de l'&#226;ge des guerriers devenait &#171; tel qu'en lui-m&#234;me enfin &#187;, c'est-&#224;-dire, pour les observateurs du d&#233;but du XXe si&#232;cle, culturellement autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pareille vision des choses permettait aussi d'expliquer la signification profonde de la p&#233;riode qui suit le Moyen Age, celle d'Edo. Il s'agissait d'une sorte d'Ancien R&#233;gime &#224; la japonaise et certains sh&#244;guns de la dynastie Tokugawa comme Yoshimune &#233;taient d'ailleurs parfaits dans le r&#244;le des despotes &#233;clair&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que la naissance d'un groupe de guerriers, les bushi, d'abord serviteurs arm&#233;s de la noblesse de cour (samurai), puis v&#233;ritables seigneurs disposant de pouvoirs locaux &#233;tendus, est un ph&#233;nom&#232;ne particulier &#224; l'&#233;volution interne de la soci&#233;t&#233; japonaise, qu'on ne retrouve pas, du moins &#224; une &#233;chelle comparable, dans les autres soci&#233;t&#233;s asiatiques. D'o&#249; cette tentation pour nombre d'historiens de voir dans l'apparition puis l'expansion de ces couches guerri&#232;res dont le fonctionnement et les valeurs font en effet penser &#224; celui des couches f&#233;odales d'Occident, le moteur d'un d&#233;veloppement historique original.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobilit&#233; sociale, r&#233;voltes, croissance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si la mont&#233;e des couches guerri&#232;res, la cr&#233;ation d'un Etat sh&#244;gunal et l'effondrement progressif du syst&#232;me politique mis en place par la monarchie imp&#233;riale au cours de l'&#233;poque ancienne constituent bien l'un des ph&#233;nom&#232;nes saillants de cette &#233;poque, la mobilit&#233; sociale ou plut&#244;t l'instabilit&#233; sociale constitue tout autant un trait majeur de cette soci&#233;t&#233;. Les hommes du XVe si&#232;cle d&#233;signaient cela par l'expression imag&#233;e gekokuj&#244;, quand &#171; l'inf&#233;rieur l'emporte sur le sup&#233;rieur &#187;, c'est-&#224;-dire la d&#233;sob&#233;issance civile, l'inversion des hi&#233;rarchies sociales, &#171; le monde &#224; l'envers &#187;. En langage moderne, on serait peut-&#234;tre bien inspir&#233; de traduire cette expression par &#171; r&#233;volution &#187;, &#224; condition bien s&#251;r d'entendre par l&#224; non point le grand soir, mais un mouvement multis&#233;culaire de remise en cause permanente des pouvoirs &#233;tatiques ou r&#233;gionaux, de pouss&#233;e &#233;mancipatrice des couches sociales inf&#233;rieures. Celles-ci refusent la fatalit&#233; de leur condition tandis que les couches dirigeantes s'av&#232;rent incapables de maintenir des institutions stables. L'existence de ce gekokuj&#244;, cette mobilit&#233; sociale de nature quasi r&#233;volutionnaire, explique pourquoi l'Etat &#233;prouve les plus vives difficult&#233;s &#224; faire r&#233;gner l'ordre dans les provinces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impr&#233;cision dans la d&#233;finition de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, l'enchev&#234;trement des droits sur la terre, la multiplicit&#233; des juridictions, la pratique de la succession partag&#233;e entre les descendants sous l'autorit&#233; du chef d'une parent&#232;le provoquent, des tensions entre les groupes sociaux mais aussi &#224; l'int&#233;rieur des m&#234;mes couches sociales, voire au sein des familles. Des conflits violents opposent les seigneurs &#224; leurs voisins. La guerre priv&#233;e devient ordinaire. Conflits pour le contr&#244;le r&#233;el de la terre et des redevances paysannes, mais aussi plaisir du pillage et de la guerre pour elle-m&#234;me dans une soci&#233;t&#233; qui reste largement domin&#233;e par une &#233;thique combattante. Mais le ph&#233;nom&#232;ne de la guerre f&#233;odale est rendu ici plus complexe par l'existence de v&#233;ritables conflits sociaux opposant seigneurs fonciers et communaut&#233;s paysannes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s fortement structur&#233;es autour de la riziculture, ces derni&#232;res r&#233;sistent souvent victorieusement &#224; la ponction fiscale exig&#233;e par les couches sup&#233;rieures. Le montant et la nature des redevances annuelles, la dur&#233;e des corv&#233;es et leur objet, constituent un th&#232;me fr&#233;quent de dispute. A partir du XVe si&#232;cle, les communaut&#233;s s'opposent aux classes dirigeantes &#224; propos de la nature m&#234;me du pouvoir seigneurial, revendiquant pour elles le droit &#224; l'auto administration, y compris les droits de justice et de police d&#233;volus jusqu'alors aux seigneurs. Produits du d&#233;veloppement d'une &#233;conomie mon&#233;taire, d'autres conflits surgissent entre peuple des campagnes et pr&#234;teurs d'argent usuriers habitant les villes. Luttes de factions au sein des lignages vassaliques pour le contr&#244;le de la succession du patrimoine, luttes de classes dans les campagnes entre les communaut&#233;s paysannes et seigneurs guerriers ou propri&#233;taires urbains absent&#233;istes, s'accompagnent aussi de conflits entre les communaut&#233;s rurales elles-m&#234;mes, que les historiens japonais d&#233;nomment luttes de confins (ky&#244;kai no funs&#244;). Il s'agit l&#224; de disputes parfois vives &#224; propos du contr&#244;le et de la r&#233;partition des eaux d'irrigation, de l'exploitation des bois et des friches ou des limites de terroirs. Ces incidents dont les motivations peuvent parfois sembler d&#233;risoires, s'enveniment cependant rapidement, chaque communaut&#233; cherchant protection et parfois aide militaire aupr&#232;s de son seigneur'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du XVe si&#232;cle, ces conflits de nature diverse se g&#233;n&#233;ralisent, entra&#238;nant des provinces enti&#232;res dans la guerre civile. Profitant de l'incapacit&#233; de l'Etat sh&#244;gunal &#224; imposer son point de vue et &#233;ventuellement &#224; arbitrer entre les parties qui veulent en d&#233;coudre, villages, quartiers des villes, cantons finissent par cr&#233;er des structures autonomes de gouvernement local, communes fond&#233;es sur des f&#233;d&#233;rations de villages parfois &#224; l'&#233;chelle d'une province enti&#232;re. Cette gigantesque pouss&#233;e sociale et cette aspiration &#224; l'autonomie et au pouvoir local n&#233;es de la crise des structures f&#233;odales incapables d'assumer si peu que ce soit leur r&#244;le et de plus en plus consid&#233;r&#233;es comme superflues, expliquent les difficult&#233;s des autorit&#233;s du Moyen Age finissant &#224; assurer l'ordre. Cette incapacit&#233; des pouvoirs constitu&#233;s &#224; s'imposer face &#224; ce mouvement de d&#233;stabilisation permanente venu d'en bas &#233;claire le caract&#232;re end&#233;mique de la guerre pendant la plus grande partie de la p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le Moyen Age est assur&#233;ment un &#226;ge des guerriers, c'est donc aussi un &#226;ge des r&#233;voltes, un moment d'insubordination sociale. Car, malgr&#233; ses contraintes, la soci&#233;t&#233; m&#233;di&#233;vale japonaise correspond finalement &#224; une soci&#233;t&#233; relativement dynamique et ouverte, porteuse en ses flancs d'une cr&#233;ativit&#233; culturelle notable et d'&#233;normes potentialit&#233;s &#233;conomiques : partie prenante d'une acc&#233;l&#233;ration des &#233;changes et de la mise en place de nouveaux r&#233;seaux marchands en Asie orientale, suite &#224; l'effondrement de l'empire mongol, le Japon commence alors &#224; faire l'exp&#233;rience d'une &#233;conomie commerciale avec des &#233;changes mon&#233;taires encore certes balbutiants, mais qui rendent possibles les premi&#232;res tentatives d'accumulation de capital. L'exploration des archives portuaires de Hy&#244;go (la future K&#244;be) au XVe si&#232;cle met en &#233;vidence un trafic dans la mer Int&#233;rieure &#233;quivalent &#224; celui de la mer Baltique &#224; la fin du Moyen Age. De leur c&#244;t&#233;, les missionnaires chr&#233;tiens arriv&#233;s dans l'archipel au XVIe si&#232;cle ne purent s'emp&#234;cher de comparer Sakai avec son port international, son oligarchie bourgeoise dirigeant la cit&#233;, ses nombreux artisans, &#224; la Venise de leur temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps consid&#233;r&#233;e comme une p&#233;riode noire de l'histoire du pays parce qu'anarchique, parce que les usurpations &#233;taient fr&#233;quentes, la p&#233;riode m&#233;di&#233;vale est aujourd'hui largement reconsid&#233;r&#233;e par les historiens japonais. Ces quatre si&#232;cles (fin XIIe-fin XVIe si&#232;cle) passent pour les moments du premier &#171; d&#233;collage &#187; du pays. Cet essor &#233;conomique et ce dynamisme social font d&#233;j&#224; de ce &#171; Cipango &#187; &#233;voqu&#233; par Marco Polo sinon le pays du fabuleux m&#233;tal du moins l'une des premi&#232;res puissances commerciales d'Extr&#234;me-Orient. Le pays du Soleil Levant peut ainsi faire l'&#233;conomie d'une premi&#232;re exp&#233;rience am&#232;re de colonisation europ&#233;enne au XVIe si&#232;cle. Malgr&#233; les guerres civiles et l'instabilit&#233; politique chronique, la soci&#233;t&#233; japonaise est suffisamment structur&#233;e pour apprendre des premiers Occidentaux parvenus au Japon ce qu'il faut savoir du reste du monde sans pour autant tomber dans la d&#233;pendance technique et culturelle de l'Europe. En 1542 ou 1543, les Portugais atteignent l'archipel mais ils ne seront jamais &#224; m&#234;me &#8212; l'eussent-ils voulu &#8212; d'imiter les exploits conqu&#233;rants des Espagnols en Am&#233;rique. Face aux armes &#224; feu europ&#233;ennes, les m&#233;tallurgistes japonais ne sont pas tout &#224; fait d&#233;munis. Ils sont les h&#233;ritiers d'une tradition artisanale qui a fait ses preuves. Ils ont en particulier mis au point des techniques de soufflerie qui leur permettent de produire dans les fours des chaleurs inconnues ailleurs. La ma&#238;trise de leur art est telle qu'ils ont fait de leur pays le principal exportateur d'armes de la r&#233;gion. Et les sabres japonais valent bien les meilleures lames de Tol&#232;de. Plus de vingt mille sabres ont &#233;t&#233; export&#233;s vers la Chine durant le XVe si&#232;cle par le seul interm&#233;diaire du commerce officiel entre les deux pays. Les artisans de Tanegashima, du monast&#232;re du Negoro-ji, de Sakai et d'ailleurs se voient imm&#233;diatement confier l'&#233;tude de ces &#233;tonnantes armes &#224; feu, pourtant depuis longtemps connues ailleurs en Asie du Sud-Est. D&#232;s 1545, on fabrique les premiers fusils &#171; made in Japan &#187;. Mieux encore, quelques ann&#233;es suffisent pour comprendre tout le parti &#224; tirer de ces nouvelles armes. Vers 1570, le seigneur Oda Nobunaga organise de v&#233;ritables corps de fusiliers, retranch&#233;s derri&#232;re des palissades adoss&#233;es le long des pentes de la colline, qui d&#233;clenchent un feu roulant sur les charges de cavaliers ennemis. En 1575, &#224; la bataille de Nagashino, Nobunaga &#233;crase avec sa mousqueterie la fine fleur de la chevalerie du clan f&#233;odal des Takeda et &#233;limine l'un de ses plus puissants rivaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e des Europ&#233;ens dans les mers d'Extr&#234;me- Orient repr&#233;sente pour les pays asiatiques de la r&#233;gion un d&#233;fi nouveau. Disposant de navires capables d'affronter la haute mer pendant de longs mois, d'armes &#224; feu efficaces, anim&#233;s d'une foi in&#233;branlable, les Portugais n'ont pourtant pas en face d'eux des soci&#233;t&#233;s inertes. La plupart d'entre elles sauront parfaitement tenir les nouveaux arrivants &#224; distance. C'est le cas en particulier du Japon qui fait l&#224; preuve d'une &#171; modernit&#233; &#187; saisissante pour une soci&#233;t&#233; demeur&#233;e des si&#232;cles durant &#224; l'&#233;cart du monde. L'originalit&#233; de l'organisation sociale m&#233;di&#233;vale explique une telle capacit&#233; de riposte. Elle est sans doute &#224; l'origine du formidable mouvement d'expansion interne qui remod&#232;le enti&#232;rement l'archipel au XVIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://theatrum-belli.com/a-lire-lhistoire-du-japon-medieval-de-pierre-francois-souyri/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://theatrum-belli.com/a-lire-lhistoire-du-japon-medieval-de-pierre-francois-souyri/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ikki : une histoire des r&#233;voltes populaires dans le Japon m&#233;di&#233;val et moderne (XVe-XIXe si&#232;cles), par Pierre-Fran&#231;ois Souyri&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ikki. Pour un Japonais d'aujourd'hui, le mot a une r&#233;sonance archa&#239;que et n'est plus d'usage courant. Il est associ&#233; le plus souvent aux r&#233;voltes paysannes sous l'Ancien R&#233;gime Tokugawa, quelque chose comme nos jacqueries d'autrefois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le XVe si&#232;cle au moins et jusqu'&#224; la fin du XIXe si&#232;cle, voire jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; 1918 qui conna&#238;t les grandes &#171; &#233;meutes du riz &#187;, l'histoire japonaise est en effet travers&#233;e d'&#233;pisodes nombreux et r&#233;p&#233;titifs de col&#232;re populaire fulgurante qui poussent les villageois mais aussi le petit peuple des villes &#224; cr&#233;er des coalitions de gens qui d&#233;filent pour obtenir justice et exiger r&#233;paration. Ces manifestations tournent parfois &#224; l'&#233;meute et peuvent finir par embraser des r&#233;gions enti&#232;res. On r&#233;clame le plus souvent la d&#233;mission d'un intendant brutal ou avaricieux, la baisse des redevances ou la suppression des imp&#244;ts nouveaux, mais aussi le retour des terres mises en gage par les cultivateurs aupr&#232;s des pr&#234;teurs d'argent, l'acte de gr&#226;ce qui abolit les dettes. &#192; l'appui des exigences populaires, on n'h&#233;site pas &#224; recourir &#224; la violence : on saccage, d&#233;molit et incendie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solidarit&#233;s populaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ikki fait donc partie de la tradition populaire, des temps m&#233;di&#233;vaux jusqu'&#224; l'aube de la modernit&#233;. L'archipel conna&#238;t plusieurs grandes s&#233;quences de violence populaire : le XVe si&#232;cle par exemple, au point qu'on a pu parler de &#171; si&#232;cle des ikki &#187;. Ou les &#233;pisodes de l'&#232;re Temmei dans les ann&#233;es 1780, ou encore celui des ann&#233;es 1830. Puis, entre 1866 et 1869, quand le pouvoir sh&#244;gunal vacille et s'effondre, quand un nouveau r&#233;gime se met en place dans la plus grande incertitude, on recense d'innombrables flamb&#233;es de violence populaire impliquant sans doute des centaines de milliers d'&#233;meutiers. Dans les ann&#233;es qui suivent la restauration, notamment en 1873 puis en 1876 encore, les paysans se r&#233;voltent en masse contre les exigences fiscales du nouveau r&#233;gime et obtiennent partiellement satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'ikki n'est pas qu'une simple explosion de col&#232;re populaire. Il s'agit d'une pratique qui se retrouve d&#232;s les d&#233;buts des temps m&#233;di&#233;vaux dans tous les groupes sociaux, moines, guerriers, notables des campagnes ou petits paysans pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir satisfaction dans un contexte qu'ils jugent a priori d&#233;favorable, les gens concern&#233;s se r&#233;unissent et jurent de ne jamais se s&#233;parer tant que leurs objectifs ne seront pas atteints. Ils forment ainsi une &#171; ligue &#187; ou une &#171; conjuration &#187; au sens strict du terme. De la force sacr&#233;e du serment qu'ils ont collectivement pr&#234;t&#233;, ils tirent une puissance qui leur permet souvent d'imposer leur point de vue aux autorit&#233;s sup&#233;rieures. L'ikki se constitue d&#232;s lors selon un rituel particulier : on se r&#233;unit dans l'enceinte sacr&#233;e du sanctuaire ou du temple local &#224; la lueur des torches, on jure, on br&#251;le le texte du serment et on boit l'eau de la source sacr&#233;e m&#233;lang&#233;e aux cendres du document consum&#233; pendant que r&#233;sonne le gong ou la cloche du temple. D&#232;s la fin de la p&#233;riode ancienne, on voit les moines manifester de mani&#232;re mena&#231;ante contre les autorit&#233;s en faisant &#171; d&#233;filer les palanquins sacr&#233;s &#187;. De m&#234;me voit-on na&#238;tre &#224; partir du XIVe si&#232;cle des ententes collectives locales de samoura&#239;s : ils se constituent alors en ligues qui les entra&#238;nent &#224; la bataille ou les aident &#224; maintenir la paix sur une r&#233;gion. De leur c&#244;t&#233;, les habitants d'un domaine s'unissent pour exiger la baisse des redevances ou le renvoi d'un pr&#233;v&#244;t malveillant. Les premi&#232;res de ces coalitions paysannes remontent au XIIIe si&#232;cle, peut-&#234;tre sont-elles m&#234;me plus anciennes encore. Au XVe si&#232;cle, les gens des campagnes manifestent fr&#233;quemment pour l'obtention d'un &#233;dit de gr&#226;ce qui soulage leurs peines. Transcend&#233;s par le sentiment d'avoir l'appui des divinit&#233;s et la justice pour eux, les &#171; conjur&#233;s &#187; peuvent menacer leurs adversaires de la col&#232;re divine s'ils n'obtemp&#232;rent pas, et il faut bien admettre que les autorit&#233;s se montrent souvent incapables de r&#233;sister &#224; ces mouvements de fond qui peuvent s'emparer de la population d'une commune, d'un terroir voire d'une r&#233;gion enti&#232;re. L'ikki surpasse dans sa r&#233;solution jur&#233;e la force du clan familial de la maison guerri&#232;re, celle des moines regroup&#233;s dans leur monast&#232;re ou celle des paysans regroup&#233;s derri&#232;re leur commune ou leur village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rents types de revendications et de r&#233;voltes populaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le XVe si&#232;cle, les chroniqueurs se sont interrog&#233;s &#8211; souvent pour s'en offusquer &#8211; sur ces mouvements et en ont gard&#233; le souvenir. Les r&#233;voltes autour de Ky&#244;to en 1428 puis en 1441 ont particuli&#232;rement frapp&#233; les esprits par l'ampleur des protestations et des violences. En 1428, profitant de la vacance du pouvoir apr&#232;s la mort du sh&#244;gun Ashikaga Yoshimochi, les campagnes autour de la capitale Ky&#244;to s'agitent et des r&#233;voltes finissent par &#233;clater. On r&#233;clame un &#233;dit de gr&#226;ce proclamant le &#171; gouvernement de la vertu &#187;, c'est-&#224;-dire l'abolition des r&#233;centes ventes de terres des paysans endett&#233;s. Les insurg&#233;s font sonner le gong, s'assemblent et partent en cort&#232;ge arm&#233;s prendre d'assaut les maisons des usuriers, d&#233;chirent les reconnaissances de dettes et r&#233;cup&#232;rent les biens gag&#233;s. Dans les villages o&#249; la communaut&#233; paysanne est puissante, le sentiment de solidarit&#233; l'emporte sur la peur et la tradition de soumission. Des marches sont organis&#233;es sur Ky&#244;to o&#249; l'on fait le si&#232;ge des maisons de riches marchands, de brasseurs de sak&#233; ou de moines qui font office de banquiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les archives monastiques gardent souvent la trace de ces conflits. &#192; partir du XVIIIe si&#232;cle, nombreux sont les chroniques mais aussi les rapports seigneuriaux qui relatent ces &#233;pisodes de r&#233;voltes. Leur nombre laisse entrevoir l'int&#233;r&#234;t d&#233;ploy&#233; par la soci&#233;t&#233; pour ces mouvements, voire l'inqui&#233;tude des groupes dirigeants devant ces pouss&#233;es de col&#232;re populaire incontr&#244;lable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une typologie de ces r&#233;voltes, les ikki, a pu &#234;tre esquiss&#233;e par les historiens japonais qui divisent ces mouvements, &#224; l'&#233;poque des Tokugawa, en trois types :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; d'abord les r&#233;voltes de protestation locale au cours desquelles les chefs de village se font les porte-parole du m&#233;contentement et exigent l'application de la justice. Les paysans servent alors de force d'appoint aux leaders mais l'initiative vient rarement des paysans les plus pauvres des communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Puis les r&#233;voltes anti-seigneuriales qui regroupent l'ensemble des paysans d'un district administratif voire d'un fief et qui contestent la nature des mesures politiques prises par le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Enfin, et c'est surtout le cas dans le second tiers du XIXe si&#232;cle, les r&#233;voltes de type mill&#233;nariste anim&#233;es par une conviction politico-religieuse qui peuvent embraser des r&#233;gions enti&#232;res pendant plusieurs semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contestations de l'ordre &#233;tabli ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ils estiment que les promesses n'ont pas &#233;t&#233; tenues, que leurs plaintes n'ont pas &#233;t&#233; entendues, les paysans se liguent derri&#232;re la communaut&#233; villageoise pour exiger une politique seigneuriale plus juste. Ils organisent des d&#233;fil&#233;s arm&#233;s, font sonner le tocsin, se r&#233;unissent sur les berges d'une rivi&#232;re ou dans un sanctuaire au fond des for&#234;ts pour &#233;tablir une liste de revendications, d&#233;signer leurs ennemis et signer un pacte &#233;galitaire dans lequel ils affirment l'objectif de leur coalition et jurent leur union. Les insurg&#233;s se noircissent le visage &#224; l'encre, rev&#234;tent de longs manteaux en paille de riz pour r&#233;sister &#224; la pluie et de grands chapeaux qui couvrent une partie de leur visage, tiennent des &#233;tendards sur lesquels est inscrit le nom des villages entr&#233;s en dissidence. Ils sont arm&#233;s de fauchards, de b&#234;ches, parfois aussi de sabres et de fusils de chasse. Mais l'arme la plus r&#233;pandue reste la pique en bambou. Les r&#233;volt&#233;s se rendent en cort&#232;ge aupr&#232;s de la r&#233;sidence de celui qui est d&#233;sign&#233; comme le responsable de leurs maux, un administrateur, un accapareur, un marchand. Ils agissent vite, incendient, br&#251;lent les reconnaissances de dettes, les r&#244;les fiscaux, attaquent les ge&#244;les dans lesquelles croupissent certains de leurs proches. Puis vient le temps des porte-parole qui n&#233;gocient avec les repr&#233;sentants de l'autorit&#233;. On se plaint des nouvelles dispositions fiscales ou juridiques qui ne font qu'accro&#238;tre le contr&#244;le social et les charges fiscales. On renouvelle sa confiance dans les autorit&#233;s mais on demande le limogeage des mauvais conseillers &#224; l'origine des mesures nouvelles. En d&#233;finitive, on s'en remet au sens de la bienveillance du seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, les autorit&#233;s seigneuriales &#233;coutent le motif des plaintes et tentent d'y rem&#233;dier parfois, mais les leaders sont arr&#234;t&#233;s et, le plus souvent, mis &#224; mort publiquement. Les chefs ex&#233;cut&#233;s sont alors consid&#233;r&#233;s par les insurg&#233;s comme des h&#233;ros martyrs et leur tombe fait parfois l'objet d'une v&#233;ritable d&#233;votion. De v&#233;ritables chroniques sont r&#233;dig&#233;es par des lettr&#233;s du cru &#233;voquant le souvenir des grands moments de la r&#233;volte, la cruaut&#233; des pratiques seigneuriales, la r&#233;sistance, l'h&#233;ro&#239;sme des chefs condamn&#233;s, travestissant parfois la r&#233;alit&#233; pour lui donner plus de force. Ces r&#233;cits contribuent &#224; r&#233;pandre dans les couches populaires un certain sens de la justice sociale en m&#234;me temps qu'une m&#233;moire de la r&#233;volte, &#224; l'origine d'une insubordination croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leur violence, ces mouvements ne contestent pourtant jamais l'ordre en place. Ils pointent les dysfonction&#173;nements du syst&#232;me id&#233;ologique confucianiste dominant &#8211; la rupture de l'harmonie &#8211; mais gardent leur foi dans la capacit&#233; des puissants &#224; exercer leur bienveillance &#224; leur &#233;gard. M&#234;me si ces mouvements n'ont pas de dimension r&#233;volutionnaire au sens strict, leur fr&#233;quence et leur radicalit&#233; n'en contribuent pas moins &#224; maintenir une pression tr&#232;s forte sur les &#233;lites qui se raidissent dans leurs certitudes face &#224; un monde en pleine &#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://projet.pcf.fr/61222&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://projet.pcf.fr/61222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La prochaine guerre mondiale sera&#8230; pacifique ?</title>
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		<dc:date>2024-08-28T22:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>
		<dc:subject>Indochine</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;La prochaine guerre mondiale sera&#8230; pacifique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Eh oui ! au sens qu'elle aura lieu dans l'oc&#233;an de ce nom... &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.ifri.org/fr/espace-media/lifri-medias/troisieme-guerre-mondiale-va-t-commencer-taiwan &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1615 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.lesechos.fr/monde/europe/allemagne-quand-larmee-imagine-le-debut-de-la-troisieme-guerre-mondiale-a-lete-2025-2046635 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le conflit Chine/Japon se pr&#233;pare... (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot291" rel="tag"&gt;Indochine&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La prochaine guerre mondiale sera&#8230; pacifique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Eh oui ! au sens qu'elle aura lieu dans l'oc&#233;an de ce nom...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ifri.org/fr/espace-media/lifri-medias/troisieme-guerre-mondiale-va-t-commencer-taiwan&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ifri.org/fr/espace-media/lifri-medias/troisieme-guerre-mondiale-va-t-commencer-taiwan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1615&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1615&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/monde/europe/allemagne-quand-larmee-imagine-le-debut-de-la-troisieme-guerre-mondiale-a-lete-2025-2046635&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesechos.fr/monde/europe/allemagne-quand-larmee-imagine-le-debut-de-la-troisieme-guerre-mondiale-a-lete-2025-2046635&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit Chine/Japon se pr&#233;pare...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2024/08/26/un-appareil-militaire-chinois-viole-l-espace-aerien-du-japon-qui-riposte-en-deployant-des-avions-de-chasse_6295571_3210.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/international/article/2024/08/26/un-appareil-militaire-chinois-viole-l-espace-aerien-du-japon-qui-riposte-en-deployant-des-avions-de-chasse_6295571_3210.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.latribune.fr/economie/international/tensions-avec-la-chine-et-la-coree-du-nord-le-japon-devoile-un-budget-defense-record-986420.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.latribune.fr/economie/international/tensions-avec-la-chine-et-la-coree-du-nord-le-japon-devoile-un-budget-defense-record-986420.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/04/13/pers-a13.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/04/13/pers-a13.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est bel bien une v&#233;ritable guerre concernant tous les pays du monde qui se pr&#233;pare&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve673&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve673&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4436&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4436&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6783&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6783&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique154&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique154&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7790&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7790&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale concurrence entre imp&#233;rialismes oppose USA et Chine et cet affrontement prend un tour guerrier et plan&#233;taire, plus aucun pays n'&#233;tant neutre dans ce conflit. Plus la concurrence &#233;conomique dite pacifique donne la victoire &#224; la Chine, plus la guerre s'approche&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4198&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4198&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2637&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2637&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les succ&#232;s chinois des Brics accroissent le danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=fcXaxmcCzQ4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=fcXaxmcCzQ4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=brics&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=brics&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affrontement Chine-USA, cause des menaces mondiales ou nouveau moyen de les masquer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5364&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5364&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre contre la Chine a aussi un but int&#233;rieur&#8230; aux USA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3125&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3125&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre en vue en mer de Chine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/23/aux-philippines-le-grand-retour-des-etats-unis-pour-contrer-la-chine_6242702_3210.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/23/aux-philippines-le-grand-retour-des-etats-unis-pour-contrer-la-chine_6242702_3210.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.challenges.fr/monde/second-thomas-cet-atoll-qui-pourrait-declencher-une-guerre-avec-les-etats-unis-en-mer-de-chine_897311&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.challenges.fr/monde/second-thomas-cet-atoll-qui-pourrait-declencher-une-guerre-avec-les-etats-unis-en-mer-de-chine_897311&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/podcasts/lignes-de-d%C3%A9fense/20240609-sierra-madre-navire-de-guerre-philippin-immobile-face-chine&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rfi.fr/fr/podcasts/lignes-de-d%C3%A9fense/20240609-sierra-madre-navire-de-guerre-philippin-immobile-face-chine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-emission-du-lundi-01-avril-2024-3380575&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-emission-du-lundi-01-avril-2024-3380575&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/11/10/mpok-n10.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/11/10/mpok-n10.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/03/27/lrfm-m27.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/03/27/lrfm-m27.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/08/07/mixl-a07.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/08/07/mixl-a07.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/07/16/ojmj-j16.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/07/16/ojmj-j16.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les imp&#233;rialismes occidentaux se voient conqu&#233;rir un &#171; espace indopacifique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/oceans-et-mondialisation/articles-scientifiques/espace-indopacifique-geopolitique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-thematiques/oceans-et-mondialisation/articles-scientifiques/espace-indopacifique-geopolitique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi l'oc&#233;an Pacifique ne se pr&#233;pare pas &#224; le rester&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.contrepoints.org/2015/09/10/221239-crise-en-chine-la-nouvelle-guerre-du-pacifique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.contrepoints.org/2015/09/10/221239-crise-en-chine-la-nouvelle-guerre-du-pacifique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/08/08/kxid-a08.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2024/08/08/kxid-a08.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/08/02/xkgp-a02.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/08/02/xkgp-a02.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/04/20/frqd-a20.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/04/20/frqd-a20.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/12/11/ospf-d11.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/12/11/ospf-d11.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/podcasts/laloupe/chine-etats-unis-bientot-une-nouvelle-guerre-du-pacifique-KXVO5IBUVZE5PPQFNGFHOHIA7A/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lexpress.fr/podcasts/laloupe/chine-etats-unis-bientot-une-nouvelle-guerre-du-pacifique-KXVO5IBUVZE5PPQFNGFHOHIA7A/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/podcasts/laloupe/chine-etats-unis-bientot-une-nouvelle-guerre-du-pacifique-KXVO5IBUVZE5PPQFNGFHOHIA7A/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lexpress.fr/podcasts/laloupe/chine-etats-unis-bientot-une-nouvelle-guerre-du-pacifique-KXVO5IBUVZE5PPQFNGFHOHIA7A/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/international/asie-pacifique/laustralie-va-etendre-sa-marine-militaire-a-un-niveau-jamais-vu-depuis-la-fin-de-la-seconde-guerre-mondiale-20240220_6D465A47TZEDJMM2BPNUVY3RX4/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.liberation.fr/international/asie-pacifique/laustralie-va-etendre-sa-marine-militaire-a-un-niveau-jamais-vu-depuis-la-fin-de-la-seconde-guerre-mondiale-20240220_6D465A47TZEDJMM2BPNUVY3RX4/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-croix.com/international/Joe-Biden-intensifie-guerre-diplomatique-contre-Chine-Pacifique-2023-09-26-1201284284&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.la-croix.com/international/Joe-Biden-intensifie-guerre-diplomatique-contre-Chine-Pacifique-2023-09-26-1201284284&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/podcasts/laloupe/chine-etats-unis-bientot-une-nouvelle-guerre-du-pacifique-KXVO5IBUVZE5PPQFNGFHOHIA7A/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lexpress.fr/podcasts/laloupe/chine-etats-unis-bientot-une-nouvelle-guerre-du-pacifique-KXVO5IBUVZE5PPQFNGFHOHIA7A/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout l'oc&#233;an Pacifique est polaris&#233; soit pro-am&#233;ricain (Japon, Cor&#233;e du sud, Australie, Inde, Philippines, etc), soit pro-chinois (Papouasie, Samoa, Tonga, Salomon, Vanuatu, Kiribati, Maldives).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/les-etats-unis-s-appuient-sur-ses-allies-dans-le-pacifique-1417901.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/les-etats-unis-s-appuient-sur-ses-allies-dans-le-pacifique-1417901.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/geopolitique/geopolitique-du-mercredi-10-avril-2024-9686244&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/geopolitique/geopolitique-du-mercredi-10-avril-2024-9686244&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soi-disant pacifiste militant face &#224; la menace de guerre mondiale dans cette r&#233;gion, M&#233;lenchon parle au nom de &#171; la France de La R&#233;union &#187; ! C'est dire qu'il est incapable de combattre l'imp&#233;rialisme de son pays !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://melenchon.fr/2024/04/09/asie-pacifique-le-monde-est-en-danger-de-guerre-generale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://melenchon.fr/2024/04/09/asie-pacifique-le-monde-est-en-danger-de-guerre-generale/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour La R&#233;union, colonie fran&#231;aise, il ne propose que de devenir &#171; des territoires dits ultramarins sont en quelque sorte cette avant garde de l'humanit&#233; consciente qui tend la main &#224; chacun, propose la coop&#233;ration, le partage de l'intelligence, le partage des savoirs &#187;, des territoires appartenant &#224; la France ! Lui qui clamait pr&#233;tendument &#171; le Mali aux maliens &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est fauteur de risques de guerre mondiale ? Le capitalisme et l'imp&#233;rialisme ! Il faut le renverser !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve563&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve563&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce combat l&#224; ne sera pas pacifique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7390&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7390&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky et les t&#226;ches de ses disciples - Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki - James Patrick Cannon - 22 septembre 1945</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7021</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article7021</guid>
		<dc:date>2024-05-01T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA - Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky et les t&#226;ches de ses disciples - Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki - James Patrick Cannon - 22 septembre 1945 &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a cinq ans aujourd'hui, alors que le monde se trouvait au plus profond de la r&#233;action engendr&#233;e par la guerre imp&#233;rialiste, notre grand leader et ma&#238;tre, le camarade Trotsky, a p&#233;ri des mains d'un assassin stalinien. Nous l'avons comm&#233;mor&#233; alors comme un grand homme d'id&#233;es, non encore reconnu par le monde, mais un homme dont les id&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique43" rel="directory"&gt;00- La deuxi&#232;me guerre mondiale : inter-imp&#233;rialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA - Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'h&#233;ritage de L&#233;on Trotsky et les t&#226;ches de ses disciples - Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki - James Patrick Cannon - 22 septembre 1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a cinq ans aujourd'hui, alors que le monde se trouvait au plus profond de la r&#233;action engendr&#233;e par la guerre imp&#233;rialiste, notre grand leader et ma&#238;tre, le camarade Trotsky, a p&#233;ri des mains d'un assassin stalinien. Nous l'avons comm&#233;mor&#233; alors comme un grand homme d'id&#233;es, non encore reconnu par le monde, mais un homme dont les id&#233;es repr&#233;sentaient l'avenir de l'humanit&#233;. Aujourd'hui, &#224; l'occasion du cinqui&#232;me anniversaire de sa mort tragique et pr&#233;matur&#233;e, alors que nous nous trouvons au d&#233;but de la plus grande crise r&#233;volutionnaire de l'histoire du monde, alors que les pens&#233;es et les paroles doivent &#234;tre transform&#233;es en actes, nous rendons aujourd'hui un hommage reconnaissant &#224; Trotsky, l'homme d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous avons c&#233;l&#233;br&#233; le 10e anniversaire de notre parti en 1938, lors d'une grande r&#233;union comm&#233;morative, le camarade Trotsky &#233;tait l'un des orateurs. Il n'avait pas pu venir &#224; New York, mais il nous avait parl&#233; par un disque phonographique press&#233; pour l'occasion &#8212; une salutation &#224; notre parti pour son dixi&#232;me anniversaire. Beaucoup d'entre vous ont sans doute entendu ce discours. Vous vous souviendrez qu'il avait dit que nous avons le droit de prendre le temps de c&#233;l&#233;brer les r&#233;alisations pass&#233;es uniquement comme pr&#233;paration pour l'avenir. Dans le m&#234;me sens nous pouvons dire que si nous prenons le temps ce soir de comm&#233;morer nos nobles et illustres morts, nous le faisons avant tout comme un moyen de pr&#233;parer et d'organiser la lutte des vivants pour le but qu'il nous ont indiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es principales de Trotsky, les id&#233;es pour lesquelles il a v&#233;cu et est mort, sont relativement simples. Il a vu le grand probl&#232;me de la soci&#233;t&#233; r&#233;sultant du fait que l'industrie moderne, qui est n&#233;cessairement exploit&#233;e socialement par de grandes masses humaines, est entrav&#233;e et restreinte par l'anachronisme de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de son exploitation pour le profit priv&#233;, plut&#244;t que pour les besoins humains. Il a vu que les forces productives modernes ont largement d&#233;bord&#233; des barri&#232;res artificielles des &#201;tats nationaux. Ces deux grandes contradictions - la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et leur exploitation pour le profit priv&#233;, et l'&#233;touffement de l'industrie dans le cadre d&#233;pass&#233; des &#201;tats nationaux - sont &#224; l'origine des grands maux de la soci&#233;t&#233; moderne - la pauvret&#233;, le ch&#244;mage, le fascisme et la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a vu la seule issue pour l'humanit&#233; dans le renversement r&#233;volutionnaire du capitalisme se survivant &#224; lui-m&#234;me. L'industrie doit &#234;tre socialis&#233;e et exploit&#233;e sur la base d'un plan, selon les besoins g&#233;n&#233;raux et non pour un but lucratif. Les antagonismes nationaux des &#201;tats capitalistes s&#233;par&#233;s doivent c&#233;der la place &#224; une f&#233;d&#233;ration internationale : les &#201;tats-Unis socialistes du monde. L'&#233;conomie socialis&#233;e et planifi&#233;e peut produire et fournir l'abondance pour tous les peuples, non seulement pour une nation, mais pour toutes les nations. Les nations socialistes s&#233;par&#233;es, n'ayant ni besoin ni motivation d'exploiter les autres, n'ayant pas de conflits de march&#233;s, de sph&#232;res d'influence et de domaines d'investissement, n'ayant pas besoin de colonies &#224; exploiter et &#224; asservir, ces nations socialistes s&#233;par&#233;es s'uniront n&#233;cessairement dans la paix et la coop&#233;ration fond&#233;es sur une division mondiale du travail. La force d'une nation deviendra la force de tous, les p&#233;nuries de l'un seront combl&#233;es par la pl&#233;thore des autres. L'humanit&#233; organisera l'&#233;change coop&#233;ratif de toutes les conqu&#234;tes de l'art et de la science pour l'usage de tous les peuples de toutes les terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a enseign&#233; que seuls les ouvriers peuvent op&#233;rer cette transformation r&#233;volutionnaire. Seule la classe ouvri&#232;re, la seule classe vraiment progressiste et r&#233;volutionnaire dans la soci&#233;t&#233; moderne, se tenant &#224; la t&#234;te de tous les opprim&#233;s, d&#233;munis, exploit&#233;s et esclaves, peut mener &#224; bien cette grande transformation r&#233;volutionnaire et cette r&#233;organisation de la soci&#233;t&#233;. Les ouvriers sont la seule classe progressiste, et ils sont la classe la plus puissante en raison de leur nombre et de leur position strat&#233;gique dans la soci&#233;t&#233;. Il suffit aux travailleurs de prendre conscience de leurs int&#233;r&#234;ts historiques et de leur pouvoir, et de s'organiser pour le rendre effectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky a enseign&#233; que cette lutte pour la transformation r&#233;volutionnaire du monde, qui est actuellement &#224; l'ordre du jour de l' histoire, n&#233;cessite la direction d'un parti. Mais &#8212; a soulign&#233; le camarade Trotsky &#8212; pas un parti comme les autres partis. C'&#233;tait son message &#224; notre r&#233;union de 10e anniversaire : &#171; pas un parti comme les autres partis &#187;, pas un parti sans conviction, pas un parti r&#233;formiste, pas un parti de palabres et de compromis, mais un parti r&#233;volutionnaire &#224; fond, un parti pensant et agissant. Un parti irr&#233;m&#233;diablement oppos&#233; au capitalisme sur tous les fronts et &#224; la guerre capitaliste en particulier. Un tel parti, a-t-il dit, est n&#233;cessaire pour mener ce grand assaut contre un syst&#232;me social d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs du monde avaient besoin des id&#233;es de Trotsky en 1940. Toutes les conditions mat&#233;rielles pour la transformation de la soci&#233;t&#233; du capitalisme au socialisme avaient m&#251;ri depuis longtemps. Ce qui &#233;tait en retard, c'&#233;tait la conscience et la compr&#233;hension des masses ouvri&#232;res et de leurs organisations. Ils avaient besoin des id&#233;es de Trotsky lorsqu'il s'est prononc&#233; &#8211; seule grande voix du monde &#8211; contre le massacre de la seconde guerre imp&#233;rialiste. Mais ils n'&#233;taient pas encore pr&#234;ts, ils n'&#233;taient pas encore bien organis&#233;s, pour comprendre les id&#233;es de Trotsky et pour agir en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes organisations ouvri&#232;res, politiques et syndicales, &#233;taient tomb&#233;es sous la direction d'hommes qui n'&#233;taient en effet pas des repr&#233;sentants des int&#233;r&#234;ts des ouvriers, mais des agents de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier. Les partis sociaux-d&#233;mocrates ; les partis communistes du Komintern, devenus tra&#238;tres au communisme et au prol&#233;tariat ; et les grands syndicats &#8212; tous ont rejet&#233; le programme r&#233;volutionnaire de Trotsky. Ils soutenaient tous les gouvernements capitalistes ; et les gouvernements ont plong&#233; le peuple dans le chaos sanglant de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky est mort confiant dans la victoire de la Quatri&#232;me Internationale, comme il l'a dit dans ce dernier message que nous inscrivons au-dessus de notre tribune ce soir. Il est mort confiant dans la victoire, mais sans avoir eu l'occasion d'y participer et de la vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons eu six ans de guerre. La guerre qui a &#233;t&#233; soutenue par les dirigeants syndicaux. La guerre qui a &#233;t&#233; d&#233;fendue par les professeurs et les intellectuels. La guerre qui a &#233;t&#233; b&#233;nie par l'&#233;glise. Et maintenant, nous pouvons compter les r&#233;sultats. Quels sont les fruits de cette guerre qui, c'&#233;tait promis, allait &#234;tre b&#233;n&#233;fique pour l'humanit&#233; ? Regardez l'Europe ! Regardez l'Asie ! Ou, plus pr&#232;s de chez vous, regardez les usines qui ferment et les longues files d'attente devant les bureaux de ch&#244;mage, des files qui s'allongeront et deviendront plus affam&#233;es, des files dans lesquelles les soldats de retour, fatigu&#233;s, prendront bient&#244;t leurs places - s'ils reviennent des champs de bataille vivants et capables de marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le capitalisme, les usines fonctionnaient &#224; plein r&#233;gime pour produire les instruments de destruction, mais elles ne peuvent pas rester ouvertes pour produire pour les besoins humains en temps de pr&#233;tendue paix. Toute l'Europe, toute la grande Europe cultiv&#233;e, est un continent de faim, de d&#233;sespoir, de d&#233;vastation et de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vainqueurs de Potsdam annon&#231;aient &#224; l'Europe les fruits de la victoire et de la lib&#233;ration. Ils ont d&#233;cr&#233;t&#233; le d&#233;mant&#232;lement de l'industrie allemande, l'industrie la plus puissante et la plus productive du continent europ&#233;en. Ils ont annonc&#233; que le niveau de vie de l'Allemagne industrialis&#233;e, l'atelier de l'Europe, ne pourrait pas &#234;tre plus &#233;lev&#233; que celui des &#201;tats agricoles arri&#233;r&#233;s d&#233;vast&#233;s. Ne pas &#233;lever les plus bas au niveau des plus &#233;lev&#233;s, mais entra&#238;ner les pays les plus &#233;lev&#233;s, les plus d&#233;velopp&#233;s et les plus cultiv&#233;s au niveau des pays les plus bas et les moins avanc&#233;s, tel est le programme explicite des artisans de la pr&#233;tendue paix. Tel est le programme pour l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quels sont les r&#233;sultats en termes d'&#234;tres humains ? J'ai lu aujourd'hui une d&#233;p&#234;che dans le New York Times de Francfort. Il s'agit d'une information factuelle dont je cite une r&#233;f&#233;rence &#224; un rapport officiel sur la situation dans cette r&#233;gion. &#171; Les chiffres, pr&#233;cise le correspondant du Times montrent que le consommateur moyen de cette zone vit avec 1 100 &#224; 1 300 calories par jour, contrairement &#224; la ration de l'arm&#233;e qui est de 3 600 calories. Moins d'un tiers de la nourriture estim&#233;e par l'arm&#233;e n&#233;cessaire pour maintenir les soldats au niveau d'efficacit&#233; voulu est allou&#233; au peuple &#171; lib&#233;r&#233; &#187; d'Allemagne dans la zone am&#233;ricaine. Le peuple europ&#233;en d&#233;veloppera certainement un grand amour et une grande appr&#233;ciation pour les lib&#233;rateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fondations sont certainement pos&#233;es pour une paix de mille ans. Le capitalisme &#224; l'agonie entra&#238;ne l'humanit&#233; dans l'ab&#238;me. Le capitalisme se manifeste chaque jour de plus en plus, dans la soi-disant paix comme dans la guerre, comme l'ennemi du peuple. Bombardez les gens &#224; mort ! Br&#251;lez-les &#224; mort avec des bombes incendiaires ! Brisez leurs industries et affamez-les &#224; mort ! Et si ce n'est pas assez horrible, alors balayer-les de la surface de la Terre avec des bombes atomiques ! C'est le programme du capitalisme lib&#233;rateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Quel &#233;blouissant commentaire sur la nature r&#233;elle du capitalisme dans sa phase d&#233;cadente, que cette conqu&#234;te scientifique du merveilleux secret de l'&#233;nergie atomique qui aurait d&#251; &#234;tre rationnellement utilis&#233;e pour all&#233;ger les fardeaux de l'humanit&#233; et qui est employ&#233;e pour d&#233;truire massivement en un jour un demi million d'humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiroshima, la premi&#232;re cible, avait une population de 340.000 habitants. Nagasaki, la deuxi&#232;me cible, avait une population de 253.000 habitants. Au total, pour les deux villes, &#224; peu pr&#232;s 600.000 habitants. Villes &#224; constructions l&#233;g&#232;res o&#249;, selon les reporters, les maisons &#233;taient construites toit contre toit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de morts ? Combien de Japonais tu&#233;s pour c&#233;l&#233;brer la d&#233;couverte du secret de la bombe atomique. D'apr&#232;s les indications, d'apr&#232;s les rapports que nous avons re&#231;us, presque tous &#233;taient tu&#233;s ou bless&#233;s]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Times aujourd'hui, il y a un reportage de la radio de Tokyo sur Nagasaki qui d&#233;clare que &#034;le centre de la ville autrefois prosp&#232;re a &#233;t&#233; transform&#233; en une vaste d&#233;vastation, avec rien d'autre que des d&#233;combres &#224; perte de vue&#034;. Des photographies montrant les dommages caus&#233;s par la bombe ont fait la une du journal japonais Mainichi. Le rapport dit : &#171; L'une de ces images a r&#233;v&#233;l&#233; une sc&#232;ne tragique &#224; 10 miles du centre de l'attaque a&#233;rienne atomique &#187;, o&#249; des maisons de ferme ont &#233;t&#233; soit d&#233;truites, soit les toits d&#233;chir&#233;s. L'&#233;mission citait un photographe du Yamaha Photographic Institute, qui s'&#233;tait pr&#233;cipit&#233; dans la ville imm&#233;diatement apr&#232;s l'explosion de la bombe, comme ayant d&#233;clar&#233; : &#171; Nagasaki est maintenant une ville morte, toutes les zones &#233;tant litt&#233;ralement ras&#233;es. Il ne reste que quelques b&#226;timents, debout ostensiblement dans leurs cendres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[A Nagasaki le photographe disait : &#034;La souffrance de la population est immense et m&#234;me les quelques survivants n'ont pas &#233;chapp&#233; aux blessures.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse japonaise a cit&#233; seulement un survivant &#224; Hiroshima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec 2 coups calcul&#233;s, 2 bombes atomiques, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a tu&#233; ou bless&#233; un demi-million d'&#234;tres humains. Les jeunes et les vieux, les enfants au berceau, les &#226;g&#233;s et les infirmes, les nouveaux mari&#233;s, les bien portants et les malades, femmes et enfants, ils devaient tous mourir en deux coups, &#224; cause d'une querelle entre les imp&#233;rialistes de Wall Street et la m&#234;me bande au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain apporte la civilisation &#224; l'Orient. Quelle atrocit&#233; inexprimable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle honte est arriv&#233;e d'Am&#233;rique, l'Am&#233;rique qui, autrefois, a &#233;difi&#233; dans le port de New-York la statue de la Libert&#233; &#233;clairant le Monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant le monde recule d'horreur &#224; son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me quelques-uns de ces pr&#234;cheurs qui b&#233;nissent la guerre ont protest&#233;. Ils ont dit dans une interview &#224; la presse : &#034;L'Am&#233;rique a perdu sa position morale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa position morale ? Oui. Elle l'a perdue, &#231;a c'est vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les monstres imp&#233;rialistes qui lanc&#232;rent les bombes le savent. Mais, voyez ce qu'ils ont gagn&#233;. Ils ont gagn&#233; le contr&#244;le des richesses illimit&#233;es d'Orient, ils ont gagn&#233; le pouvoir d'exploiter et d'asservir des centaines de millions d'hommes en Extr&#234;me-Orient. Ils all&#232;rent &#224; la guerre non pour un but moral, mais pour le profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre pr&#233;dicateur cit&#233; dans la presse, se rappelant quelque chose qu'il avait d&#233;j&#224; lu dans la Bible sur le faible et doux J&#233;sus, dit qu'il serait inutile d'envoyer encore des missionnaires en Extr&#234;me-Orient. Cela soul&#232;ve une question tr&#232;s int&#233;ressante qu'ils discuteront (j'en suis s&#251;r) entre eux. On peut imaginer une discussion tr&#232;s int&#233;ressante ayant lieu dans les cercles intimes de la Maison de Rockefeller, de la Maison de Morgan qui sont en un seul et m&#234;me instant, tout &#224; fait par hasard naturellement, piliers de finance et piliers d'&#233;glise et soutien des entreprises missionnaires de toutes sortes. &#034;Que ferons-nous avec les pa&#239;ens en Orient !&#034; Enverrons-nous des missionnaires pour les conduire au paradis chr&#233;tien ou enverrons-nous des bombes atomiques pour les exp&#233;dier en enfer ? C'est un sujet pour d&#233;bat sur un th&#232;me macabre mais de toutes fa&#231;ons vous pouvez &#234;tre s&#251;r que partout o&#249; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain est introduit l'enfer obtiendra de beaucoup le plus grand nombre de clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain ennemi de l'humanit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a attir&#233; sur lui la crainte et la haine du monde entier. Aujourd'hui l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain est consid&#233;r&#233; &#224; travers le monde comme l'ennemi du genre humain. La premi&#232;re guerre mondiale a co&#251;t&#233; 12 millions de morts. 12 millions ! La deuxi&#232;me guerre mondiale, un quart de si&#232;cle apr&#232;s, a d&#233;j&#224; co&#251;t&#233; pas moins de 30 millions de morts et il n'y a pas moins de 30 millions en plus qui sont morts de faim avant qu'on ait fait le total des r&#233;sultats de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle moisson de morts a r&#233;pandu sur la terre le capitalisme ! Si les squelettes de toutes ces victimes pouvaient &#234;tre rassembl&#233;s et empil&#233;s en une seule pyramide, quelle haute montagne cela ferait. Quel monument des exploits du capitalisme ce serait et quel juste symbole de ce qu'est r&#233;ellement le capitalisme. Je crois qu'il ne manquerait qu'une chose pour le rendre parfait, une grande enseigne &#233;lectrique sur la pyramide de squelettes proclamant la promesse ironique des 4 Libert&#233;s. Les morts, du moins, sont d&#233;livr&#233;s du besoin et de la peur, mais les survivants sont affam&#233;s et pleins de terreur pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a gagn&#233; la guerre qui a co&#251;t&#233; 30 millions de morts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre caricaturiste, dans &#034;The Militant&#034;, avec talent et beaucoup de perspicacit&#233;, l'a expliqu&#233; en quelques coups de plume, lorsqu'elle a dessin&#233; ce portrait du capitaliste tenant dans ses mains des sacs d'argent, debout sur le Monde, un pied sur un cimeti&#232;re et l'autre sur les cit&#233;s d&#233;truites. Avec cette l&#233;gende, &#034;le seul vainqueur&#034;. Le seul gagnant est l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et ses satellites des autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment nos ma&#238;tres voient-ils l'avenir apr&#232;s ce grand succ&#232;s de la guerre de six ans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que la 2&#232;me guerre mondiale, avec toute son horreur et ses destructions de vies, soit formellement finie, ils pensent d&#233;j&#224; &#224; la 3&#232;me et pr&#233;parent leur plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne devons-nous pas arr&#234;ter ces fous et retirer le pouvoir de leurs mains ? Pouvons-nous douter que les peuples du monde entier pensent que cela ne peut plus durer, qu'il doit y avoir un moyen de changer cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a longtemps que les r&#233;volutionnaires marxistes ont dit que l'alternative qui se pr&#233;sente &#224; l'humanit&#233; est, soit le socialisme, soit une nouvelle barbarie, que le capitalisme menace d'aller &#224; la ruine et entra&#238;ne la civilisation avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#233;clair&#233;s par ce qui a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; dans cette guerre et est projet&#233; pour l'avenir, je pense que nous pouvons dire maintenant que l'alternative peut &#234;tre m&#234;me pos&#233;e d'une fa&#231;on pr&#233;cise : &#034;L'alternative qui se pr&#233;sente &#224; l'humanit&#233;, c'est le socialisme ou l'annihilation ; c'est le probl&#232;me de : ou le capitalisme subsiste ou la race humaine survivra sur cette plan&#232;te&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple se r&#233;voltera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous croyons que le peuple du monde s'&#233;veillera devant cette alternative effrayante et agira &#224; temps pour se sauver. Nous croyons qu'avant que l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, nouveau ma&#238;tre du monde, ait le temps de consolider ses victoires, il sera attaqu&#233; des deux c&#244;t&#233;s et battu. D'un c&#244;t&#233;, les peuples du monde transform&#233;s en esclaves coloniaux de Wall-Street se r&#233;volteront contre le ma&#238;tre imp&#233;rialiste comme les provinces soumises se lev&#232;rent contre la Rome imp&#233;riale. Simultan&#233;ment avec ce soul&#232;vement et coordonnant notre lutte avec lui, nous, le parti trotskyste, conduirons les ouvriers et le peuple d'Am&#233;rique dans un assaut r&#233;volutionnaire contre notre ennemi principal, ennemi principal de l'humanit&#233; : les imp&#233;rialistes.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cinq ans aujourd'hui, nous avons pleur&#233; et comm&#233;mor&#233; pour la premi&#232;re fois notre grand th&#233;oricien, le camarade Trotsky. Aujourd'hui, alors que l'action r&#233;volutionnaire devient une n&#233;cessit&#233; vitale pour des centaines de millions de personnes, alors que nous nous pr&#233;parons &#224; passer des th&#233;ories &#224; l'action - &#224; l'action guid&#233;e par les id&#233;es - nous comm&#233;morons Trotsky comme le grand homme d'action, l'organisateur des ouvriers, le leader des r&#233;volutions. C'est dans cet esprit que nous comm&#233;morons ce soir le camarade Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous a enjoint avant tout de construire un parti. Et je r&#233;p&#232;te encore ce qu'il a dit : &#171; Pas un parti comme les autres partis &#187;, mais un parti apte &#224; mener une r&#233;volution, un parti qui ne barbote pas, ne va pas &#224; mi-chemin, mais m&#232;ne la lutte jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous &#234;tes s&#233;rieux ; si vous &#234;tes s&#233;rieux, si vous voulez prendre part au combat pour une vie meilleure pour vous-m&#234;me et pour le salut de l'humanit&#233;, nous vous invitons &#224; vous joindre &#224; nous dans ce parti et &#224; participer &#224; ce grand combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de place pour les pessimistes ou les timides dans notre parti, pas de place pour les &#233;go&#239;stes, les carri&#233;ristes et les bureaucrates. Mais la porte est grande ouverte aux travailleurs d&#233;termin&#233;s, d&#233;termin&#233;s &#224; changer le monde et pr&#234;ts &#224; mettre leur t&#234;te sur la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky nous a l&#233;gu&#233; un grand h&#233;ritage. Il nous a donn&#233; un grand syst&#232;me d'id&#233;es qui constituent notre programme. Et il nous a donn&#233; l'exemple d'un homme qui &#233;tait un r&#233;volutionnaire mod&#232;le, qui a v&#233;cu et est mort pour la cause de l'humanit&#233;, et qui, surtout, a montr&#233; comment appliquer la th&#233;orie &#224; l'action dans la plus grande r&#233;volution de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cet h&#233;ritage, nous sommes arm&#233;s et blind&#233;s pour la lutte et pour la victoire. Tout ce dont nous, disciples de Trotsky, avons besoin pour cette victoire, c'est de comprendre ces id&#233;es clairement, de les assimiler dans notre chair et notre sang, d'y &#234;tre fid&#232;les et, surtout, de les appliquer dans l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous faisons cela, nous pouvons construire un parti qu'aucune puissance sur Terre ne pourra briser. Nous pouvons construire un parti apte &#224; diriger les masses am&#233;ricaines &#8211; &#224; opposer au programme imp&#233;rialiste de guerre contre les peuples du monde, le programme de la r&#233;volution chez nous et de la paix avec les peuples du monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Zen et f&#233;odalisme</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article5496</link>
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		<dc:date>2019-12-01T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Aristocrates</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>
		<dc:subject>Science</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034; Si on devait r&#233;sumer en peu de mots la condition du Samoura&#239;, je dirais qu'elle est en premier lieu la d&#233;votion corps et &#226;me &#224; un ma&#238;tre.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt; Hagakure : Le Livre secret des samoura&#239;s &lt;br class='autobr' /&gt; &#034;La Voie du Samoura&#239; est bas&#233;e sur l'humanit&#233;, l'amour et la sinc&#233;rit&#233; ; le coeur de la valeur martiale est la vraie bravoure, la sagesse, l'amour et l'amiti&#233;. Insister sur les aspects physiques de la guerre est futile, car le pouvoir du corps est toujours limit&#233;.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ueshiba Morihei &lt;br class='autobr' /&gt;
(On appr&#233;ciera (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique96" rel="directory"&gt;09 - Livre Neuf : RELIGION&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot52" rel="tag"&gt;Aristocrates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot281" rel="tag"&gt;Science&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034; Si on devait r&#233;sumer en peu de mots la condition du Samoura&#239;, je dirais qu'elle est en premier lieu la d&#233;votion corps et &#226;me &#224; un ma&#238;tre.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Hagakure : Le Livre secret des samoura&#239;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;La Voie du Samoura&#239; est bas&#233;e sur l'humanit&#233;, l'amour et la sinc&#233;rit&#233; ; le coeur de la valeur martiale est la vraie bravoure, la sagesse, l'amour et l'amiti&#233;. Insister sur les aspects physiques de la guerre est futile, car le pouvoir du corps est toujours limit&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ueshiba Morihei&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(On appr&#233;ciera l'humour involontaire de la citation puisque la samoura&#239; vise d'abord &#224; tuer l'adversaire qui se trouve sur son chemin et quiconque lui fait obstacle.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'intention du guerrier devrait simplement &#234;tre celle de prendre son sabre et de mourir.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kiyomasa Kato&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Il aura bien s&#251;r tendance &#224; prendre son sabre et &#224; tuer son adversaire ou toute personne qui lui d&#233;plait et veut lui refuser d'enlever sa fille ou ses biens.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Le but de toute &#233;tiquette est de cultiver votre esprit de telle mani&#232;re que, m&#234;me lorsque vous &#234;tes tranquillement assis, l'id&#233;e ne puisse m&#234;me pas venir au plus grossier des hommes d'oser vous attaquer.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maxime de l'Ecole Ogasawara&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tranquillement assis, tel est la position dite zen o&#249; le guerrier oublie tout et, th&#233;oriquement, ne peut plus &#234;tre attaqu&#233; par d'autres guerriers.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a chez nous deux courants pr&#233;dominants de la pens&#233;e : pens&#233;e shinto&#239;ste dans la forme du Boushido, et pens&#233;e bouddhique dans celle du Zen. Le Boushido, &#171; la voie des Samoura&#239; &#187; est le culte de l'esprit absolu, le m&#233;pris du mat&#233;riel. C'est une morale id&#233;aliste de la &#171; bonne volont&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sh&#363;z&#333; Kuki&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13403 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/9782226326577-j.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/9782226326577-j.jpg' width=&#034;1297&#034; height=&#034;2125&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13402 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/512_yOsPu9L.jpg' width=&#034;303&#034; height=&#034;500&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13401 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/ob_fb74b6_samurai-shogun.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/ob_fb74b6_samurai-shogun.jpg' width=&#034;1200&#034; height=&#034;750&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13400 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/3034493887_1_11_mFJ7ST5X-600x650.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;650&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13399 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/l-ame-du-samourai-9782268060637_0.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/l-ame-du-samourai-9782268060637_0.jpg' width=&#034;1000&#034; height=&#034;1000&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13398 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Hara-kiri2.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;394&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13397 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/livre_contes_arts_martiaux_3.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;500&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13404 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/51oVi_2phRL-_SX342_BO1_204_203_200_.jpg' width=&#034;344&#034; height=&#034;499&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Philosophie &#171; zen &#187; et f&#233;odalisme japonais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La recherche philosophique zen du samoura&#239; est illustr&#233;e dans quantit&#233; d'ouvrages au Japon qui ont la grande faveur du public et font du guerrier un parfait h&#233;ros philosophe : le roman &#171; La parfaite lumi&#232;re &#187; de Eiji Yoshikawa, &#171; L'&#233;clat des deux pousses de la plante de l'Est &#187; de Koh&#233;da Shigh&#233;rou, &#171; La conversion de l'esprit de Kasan&#233; &#187; de Bakin, &#171; Le magasin des fild&#232;les vassaux &#187; de Hokousa&#239; Tokimasa, racontant la fameuse histoire des 47 ronins (samoura&#239;s sans ma&#238;tres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1913, le moine Kaiten Nukariya a &#233;crit un ouvrage sur cette influence du zen : &#171; La religion du Samoura&#239;, une &#233;tude sur la philosophie zen &#187; (The Religion of the Samurai A Study of Zen Philosophy).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien des Occidentaux, tout ceci semble absurde : pour eux, le zen se rattache au bouddhisme, &#224; la paix et &#224; la m&#233;ditation, pas au f&#233;odalisme et aux samoura&#239;s, &#224; la guerre et &#224; la technique pour tuer ou se faire tuer, et ils se trompent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philosophie zen et samoura&#239;s, c'est la version japonaise f&#233;odale de &#171; l'alliance du sabre et du goupillon &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La f&#233;odalit&#233; japonaise a &#233;t&#233; fond&#233;e par l'institution d'une caste de guerriers, les samoura&#239;s, s'attribuant le droit de tuer quiconque et parcourant &#224; cheval le territoire du pays pour guerroyer entre eux ou pour participer aux arm&#233;es des grands seigneurs, rois et empereurs. Ils constituaient une arm&#233;e permanente qui n'&#233;tait pas mobilis&#233;e en permanence mais qui s'exer&#231;aient sans cesse en se combattant entre eux. Les paysans et les populations des villes se gardaient bien de s'affronter &#224; eux quels que soient les crimes r&#233;alis&#233;s par ces tueurs professionnels, les viols, les vols, les assassinats individuels ou collectifs. Ils se distinguaient par le fait d'&#234;tre &#224; leur compte ou d'appartenir soit &#224; une &#233;cole de combat soit &#224; un grand seigneur. Le samoura&#239; passait ais&#233;ment d'un statut &#224; un autre, en fonction des al&#233;as de leur vie et de leurs comp&#233;tences guerri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers &#224; avoir probablement ressenti la n&#233;cessit&#233; de retrouver leur calme, perturb&#233; par des s&#233;ances ultra-violentes, afin que leur sang froid leur permette de rester vivants, en se tirant d'affaire d'affrontements guerriers avec d'autres guerriers aussi aguerris qu'eux, sont les samoura&#239;s japonais. Ils ont &#233;galement souhait&#233; d&#233;velopper une philosophie qui les grandisse et fasse d'eux autre chose que des vulgaires bouchers d&#233;chiquetant les chairs &#224; coups de sabres. Au fur et &#224; mesure que cette caste de guerriers a pris de l'importance dans le Japon antique, ils ont affirm&#233; leur importance clanique, sociale et politique, en se dotant d'une &#171; philosophie du sabre &#187;. Bien s&#251;r, les personnes qui, de nos jours se tournent vers la philosophie ou la pratique &#171; zen &#187;, ignorent totalement quelle en sont les origines et la plupart n'ont jamais touch&#233; et ne toucheront jamais &#224; un sabre samoura&#239;, mais la philosophie qu'ils croient conna&#238;tre n'a pas les buts qu'ils croient&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quoi a consist&#233; cette &#171; philosophie du sabre &#187; qui a donn&#233; naissance notamment au zen ? Eh bien, il s'est agi, dans cette f&#233;odalit&#233; fond&#233;e sur le serment et l'all&#233;geance personnelle, familiale et tribale, de donner &#224; la fois des lettres de noblesse &#224; leur comportement, &#224; leurs actes y compris militaires, en mettant en place une morale et une mani&#232;re de se blanchir de tous leurs crimes inh&#233;rents &#224; leur r&#244;le social. Ils ont affirm&#233; ainsi ne pas tuer &#224; tout hasard, ne pas trahir leurs promesses, ne pas discr&#233;diter leur clan et leur profession. Car &#234;tre assassin &#233;tait une v&#233;ritable profession. Ils ont affirm&#233; chercher un v&#233;ritable id&#233;al, une v&#233;ritable philosophie humaine et m&#234;me une po&#233;sie dans le fait de d&#233;velopper leurs comp&#233;tences techniques de sabreurs !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les samoura&#239;s parcouraient le pays &#224; la recherche de nouvelles aventures guerri&#232;res, de nouvelles comp&#233;tences, de formations techniques, militaires et strat&#233;giques, puis d'embauche dans les arm&#233;es des empereurs et grands seigneurs, ainsi que dans la formation d'&#233;coles de nouveaux sabreurs, s'ils avaient acquis une notori&#233;t&#233; suffisamment importante. C'est dans ces &#233;coles de sabre que ces philosophies se sont d&#233;velopp&#233;es, comme un enseignement suppl&#233;mentaire du sabreur professionnel et comme une marque de fabrique id&#233;ologique de chaque &#233;cole de sabre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le calme int&#233;rieur, quelles que soient les images affreuses des meurtres multiples du samoura&#239;, est un gage de capacit&#233;s du guerrier &#224; se concentrer sur ses mouvements et sur ceux de son adversaire. La moindre inattention, la moindre r&#233;ticence, la moindre crainte suffit &#224; laisser l'adversaire le toucher et, du fait du tranchant du sabre, tr&#232;s probablement le d&#233;truire ou l'amputer d&#233;finitivement, mettant fin soit &#224; la vie, soit l'amputant, soit mettant fin &#224; la carri&#232;re du samoura&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le samoura&#239; ne le reste pas toute sa vie. Que ce soit du fait d'&#233;checs, de blessures, de perte de moral, de perte de cr&#233;dit de perte de capacit&#233;s techniques, ou de vieillesse, il finit par se retirer de la course aux affrontements individuels (la comp&#233;tition permanente de tous les samoura&#239;s en qu&#234;te de notori&#233;t&#233;) ou collectifs (la guerre des princes et empereurs), devient moine et philosophe. Il continue alors &#224; d&#233;velopper sa philosophie acquis en &#233;cole puis d&#233;velopp&#233;e pendant sa carri&#232;re. C'est ainsi que la philosophie zen quitte le seul territoire de la guerre pour s'&#233;tendre &#224; la soci&#233;t&#233; civile. C'est pour cela aussi que cette philosophie devient alors une philosophie de la m&#233;ditation, de l'int&#233;riorisation, le zen&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les samoura&#239;s dominent la classe militaire &#224; l'&#233;poque f&#233;odale, &#224; partir de 1192 et jusqu'en 1871. Ils re&#231;oivent une formation pouss&#233;e, tant militaire que litt&#233;raire et religieuse, et s'astreignent &#224; un code d'honneur, le bushid&#244;, proche de l'id&#233;al chevaleresque du Moyen &#194;ge occidental (courage, loyaut&#233;, droiture, politesse, honneur, bienveillance). Ils s'inspirent aussi du Zen, une philosophie pratique fond&#233;e en 1191 par le moine bouddhiste Myoan Eisai. Samoura&#239; combattant dans l'arm&#233;e Tokugawa avant de devenir moine zen &#224; 42 ans et &#234;tre reconnu comme un grand ma&#238;tre spirituel, tel fut le destin hors du commun de Suzuki Sh&#244;san (1579-1655). Son enseignement eut une port&#233;e consid&#233;rable car il sut synth&#233;tiser la voie de l'action et celle de la contemplation. Alors que ces deux notions, zen, &#233;cole de m&#233;diation, et samoura&#239;, &#233;cole de sabre, nous paraissent antagonistes, l'art de la guerre et la spiritualit&#233; religieuse bouddhiste sont &#233;troitement li&#233;s au Japon. Suzuki Sh&#244;san va alors &#233;laborer une doctrine ( Roankyo ) qui doit largement &#224; son pass&#233; de samoura&#239; auquel il emprunte sa discipline et son attachement aux valeurs de renoncement. Le &#171; BUSHID&#212; &#187; &#233;tait un code d'honneur et de comportement social qui exigeait du guerrier, Bushi ou Samoura&#239; &#8211; ce dernier &#233;tant d'un rang plus &#233;lev&#233; &#8211;, le sens de la justice et de l'honn&#234;tet&#233;, le courage et le m&#233;pris de la mort, la sympathie envers tous, la politesse et le respect de l'&#233;tiquette, la sinc&#233;rit&#233; et le respect de la parole donn&#233;e, la loyaut&#233; absolue envers les sup&#233;rieurs et enfin la d&#233;fense de l'honneur, du nom et du clan. Selon ce code, les Bushi, et plus particuli&#232;rement les Samoura&#239;, devaient observer une &#233;tiquette s&#233;v&#232;re et consacrer leur vie et leur esprit &#224; une ou des activit&#233;s &#8216;d&#233;passant l'homme ordinaire' et transcendant la vie et la mort. Le bushid&#244; est une mani&#232;re d'&#234;tre, de se comporter envers ses semblables, et une fid&#233;lit&#233; absolue &#224; une ligne de vie (autrefois &#224; un ma&#238;tre, &#224; un sup&#233;rieur), qui faisait appel au respect de soi et des autres, quels qu'ils fussent, faibles ou forts, ainsi qu'&#224; la ma&#238;trise parfaite de son mental, de ses pulsions et de ses passions, afin de maintenir l'esprit en harmonie (Wa) avec l'univers. Il est &#233;vident que cet id&#233;al n'&#233;tait atteint que tr&#232;s rarement. Cette philosophie affirme : &#171; Bushido signifie la volont&#233; d&#233;termin&#233;e de mourir. Quand tu te retrouveras au carrefour des voies et que tu devras choisir la route, n'h&#233;site pas : choisis la voie de la mort. &#187; On comprend mieux son attrait pour le guerrier : elle lui &#233;vite tous les &#233;tats d'&#226;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine, les samoura&#239;s ont constitu&#233; pendant sept si&#232;cles une caste de militaires au service des seigneurs f&#233;odaux. Les samoura&#239;s sont plac&#233;s au sommet de la soci&#233;t&#233;, au-dessus des paysans, des artisans, des marchands et encore plus au-dessus des classes d&#233;sh&#233;rit&#233;es, car ils ont cr&#233;&#233; un ordre et un exemple moral &#233;lev&#233; que doivent suivre les autres. Ce syst&#232;me a pour but de renforcer leur position de pouvoir dans la soci&#233;t&#233; en justifiant leur statut de gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es confuc&#233;ennes servent de fondement &#224; un syst&#232;me de strictes prescriptions sociales. Au sommet de l'ordre social, mais au-dessous de l'empereur du Japon, du shogun et des daimyos (seigneurs), se trouvent les samoura&#239;s qui constituent la classe dirigeante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les samoura&#239;s constituent la classe guerri&#232;re du Japon et repr&#233;sentent environ 7-8 % de la population. Il est interdit aux autres classes de poss&#233;der des armes. Le port de deux &#233;p&#233;es est le symbole de la classe des samoura&#239;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la p&#233;riode f&#233;odale, les samoura&#239;s sont des guerriers qui combattent pour un seigneur dans une relation de f&#233;odalit&#233;. La p&#233;riode d'Edo cependant est largement exempte de menaces ext&#233;rieures et de conflits internes. Aussi les samoura&#239;s maintiennent-ils leurs aptitudes au combat plus comme un art qu'en vue du combat. Les samoura&#239;s re&#231;oivent une indemnit&#233; de leur seigneur, ce qui limite leurs liens au niveau &#233;conomique. Par ailleurs, les samoura&#239;s sont priv&#233;s de la possibilit&#233; de poss&#233;der des terres, ce qui leur donnerait un revenu ind&#233;pendant de leur devoir. Les samoura&#239;s vivent en g&#233;n&#233;ral autour des ch&#226;teaux de leur daimyo, ce qui contribue &#224; l'essor de la ville et &#224; l'environnement autour du centre politique d'un domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe des stratifications sociales au sein de la classe des samoura&#239;s. Les samoura&#239;s de niveau sup&#233;rieur ont un acc&#232;s direct &#224; leur puissant daimyo et peuvent occuper ses positions les plus dignes de confiance. Certains atteignent un niveau de richesse qui leur permet de conserver leurs propres vassaux samoura&#239;s. Les samoura&#239;s de niveau interm&#233;diaire occupent des postes militaires et bureaucratiques et ont des &#233;changes avec leur daimyo si n&#233;cessaire. Les samoura&#239; de niveau inf&#233;rieur peuvent ne recevoir qu'un salaire de subsistance et travaillent comme gardes, messagers et commis. Les positions au sein de cette classe sont en grande partie h&#233;r&#233;ditaires et les samoura&#239;s talentueux ne peuvent esp&#233;rer, au mieux, qu'une ascension sociale tr&#232;s limit&#233;e au-del&#224; de leur condition de naissance. Hormis la relation samoura&#239;-seigneur traditionnelle existent les r&#333;nin, c'est-&#224;-dire les samoura&#239;s sans ma&#238;tre. Ces samoura&#239;s ne b&#233;n&#233;ficient g&#233;n&#233;ralement que d'un tr&#232;s faible niveau de respect, n'ont aucun revenu et deviennent souvent joueurs, bandits ou autres professions similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fondement de cette p&#233;riode est son ordre social stable. Cependant, comme l'accroissement des richesses &#233;chappe de plus en plus &#224; la classe des samoura&#239;s, le nombre des conflits sociaux augmente. Les allocations fixes sur lesquelles vivent les samoura&#239;s n'augmentent pas malgr&#233; la hausse du co&#251;t des mati&#232;res premi&#232;res et le co&#251;t de plus en plus lourd de l'&#233;tiquette sociale ad&#233;quate. En cons&#233;quence, beaucoup de samoura&#239; sont endett&#233;s aupr&#232;s de riches familles marchandes. En retour, il est interdit &#224; ces riches commer&#231;ants d'exposer leur aisance de peur de violer les lois qui restreignent l'usage de ce privil&#232;ge &#224; la classe des samoura&#239;s. Cette situation cr&#233;e du ressentiment mais approfondit &#233;galement l'interd&#233;pendance croissante entre les deux classes. Certains &#233;rudits commencent &#224; remettre en question les croyances confuc&#233;ennes &#224; la base de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements dans les zones rurales sont &#233;galement &#224; l'origine de conflits. Les nouvelles techniques permettent d'accro&#238;tre la productivit&#233; et certaines familles sont en mesure de produire un surplus de nourriture dont le produit de la vente peut &#234;tre utilis&#233; pour soutenir des projets au-del&#224; de l'agriculture. Certains paysans s'endettent &#233;galement aupr&#232;s de leurs voisins plus riches et un nombre croissant de familles perdent la propri&#233;t&#233; de leurs terres. Cette &#233;volution suscite du ressentiment qui parfois &#233;clate en violences envers les propri&#233;taires et les &#233;lites des villages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contraintes sociales jettent les bases pour les changements qui vont survenir pendant l'&#232;re Meiji.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; COUTEAU-B&#201;GARIE &#233;crit : &#171; La pens&#233;e japonaise est alors domin&#233;e par les &#233;crits sur l'art du sabre et des arts martiaux, inspir&#233;s par le bouddhisme zen et par le code du Bushido, m&#233;lange de shinto&#239;sme et de confucianisme. Les maitres sont deux guerriers devenus mythiques, Miyamoto Mushashi et Yagy&#249; Munenori. Le premier a laiss&#233; des &#233;crits centr&#233;s sur la recherche de la victoire, avec des exemples de tactiques, le deuxi&#232;me se livre plut&#244;t &#224; une r&#233;flexion &#233;thique sur l'art de la guerre, qui combine des influences zen et tao&#239;ste et privil&#233;gie la dimension psychologique de la strat&#233;gie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luce PIETRI retrace bien l'&#233;volution d'ensemble du Japon, depuis une entr&#233;e dans l'histoire dat&#233;e vers le VIe si&#232;cle, moment de l'&#233;tablissement du shinto&#239;sme jusqu'aux temps modernes, toujours marqu&#233;e par la pr&#233;dominance de quelques familles qui monopolisent, chacun dans des territoires bien d&#233;finis et rarement &#224; l'ensemble de l'Archipel, pratiquement tous les pouvoirs, sauf le pouvoir religieux toutefois bien mis sous contr&#244;le. Si la culture japonaise retient les aspects les plus importants du confucianisme tout en se rendant ind&#233;pendante de l'univers chinois (et cor&#233;en) elle ne r&#233;ussit pas &#224; se solidifier, notamment par la faiblesse des &#233;coles de fonctionnaires. Les r&#233;formes successives, fiscales et agraires notamment ne renforcent finalement que les pouvoirs de la noblesse des clans. Le vrai Japon, loin de ce qui se passe &#224; la Cour, et m&#234;me l&#224; la production litt&#233;raire propre, sauf dans le domaine du th&#233;&#226;tre et de certains arts, pass&#233; l'&#233;tablissement d'une langue propre reste pauvre, est constitu&#233; par des masses paysanne contraintes de livrer la majeure partie de leurs r&#233;coltes (riz, poissons) pour entretenir le luxe des courtisans lesquels sont astreints &#224; un dur service militaire. &#034;C'est (le vrai Japon) l'aristocratie provinciale, rude et ambitieuse, dont la puissance n'a cess&#233; de grandir ; les nobles ont constitu&#233; peu &#224; peu d'immenses domaines exempts d'imp&#244;ts, les sh&#244;en. Certains ont tir&#233; profit des charges officielles qu'ils exer&#231;aient : en effet, les empereurs ont emprunt&#233; &#224; la Chine son administration centralis&#233;e, mais ils n'ont pu instaurer en terre japonaise le syst&#232;me de recrutement pas examens ; les postes ont &#233;t&#233; accapar&#233;s de fa&#231;on plus ou moins h&#233;r&#233;ditaires par les grandes familles. (...) Les sh&#244;en sont devenus des unit&#233;s &#233;conomiques, &#233;chappant enti&#232;rement au contr&#244;le de l'Etat. En m&#234;me temps, leur caract&#232;re militaire s'est affirm&#233; : les grands propri&#233;taires prennent l'habitude d'entretenir des hommes arm&#233;s, les samoura&#239;s, qui sont leurs fid&#232;les et qu'ils dotent de terre. Une f&#233;odalit&#233; analogue &#224; celle de l'Occident se constitue.&#034; Et cela d'autant plus facilement que l'Archipel est g&#233;ographiquement fragment&#233;s et par le dessin des terres et par la pr&#233;sence de montagnes. Les vieux clans ont reconquis leur autorit&#233; et les plus puissants d'entre eux se combattent souvent : la guerre civile demeure la plus importante des formes de guerre, notamment dans le XIIe si&#232;cle. Le r&#233;gime shogounal s'impose, au gr&#233; de ces combats : dans chaque province, les seigneurs restent libre d'administrer leur propri&#233;t&#233;, mais ils doivent verser au repr&#233;sentant du bakufu (dictature militaire) une taxe militaire. A la t&#234;te du shogounat se hisse plusieurs familles successives, lesquelles r&#233;gnant suivant des &#232;res (parfois courtes) qui portent leur nom et qui scande la chronologie de l'histoire du Japon. Dans ce contexte, les &#233;crits militaires qui importent sont des &#233;crits de tactique ou d'&#233;thique. Un code d'honneur, le bushido, r&#232;gle la vie te la mort des combattants (loyaut&#233; et bravoure), lequel se trouve parfois en prise avec une ferveur religieuse qui en fait perdurer les effets. Le bouddhisme lui-m&#234;me se transforme et de multiples sectes se forment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'&#224; la fin du XVIe si&#232;cle et au d&#233;but du XVIIIe que la situation &#233;volue r&#233;ellement. &#034;En moins d'un si&#232;cle, ce pays anarchique, morcel&#233; entre les clans princiers et les puissances monastiques, prend figure d'Etat unifi&#233; et centralis&#233;.&#034; L'habilet&#233; d'un dirigeant d'un de ces clans (Tougawa Iyeyasu) permet l'&#233;tablissement d'un gouvernement central plus puissant qu'auparavant. on y voit l'utilisation des tactiques politico-militaires qui ont fait leurs preuves ailleurs : confiscation de fiefs ou d&#233;placements des seigneurs vaincus loin des axes strat&#233;giques, contr&#244;le des mariages et des constructions de ch&#226;teaux, obligation de r&#233;sidence &#224; la Cour un an sur deux, administration d'un syst&#232;me d'otages. &#034;..., la vie de cour, les d&#233;placements annuels occasionnaient pour les seigneurs de lourdes d&#233;penses qui contribu&#232;rent encore &#224; les affaiblir. Il est curieux de comparer cette politique avec celle que dans le m&#234;me si&#232;cle, Louis XIV a pratiqu&#233;e &#224; Versailles.&#034; Mais le Japon demeure essentiellement f&#233;odal. L'autorit&#233; m&#234;me du pouvoir central, malgr&#233; une police fiscale et territoriale efficace, n'est assur&#233;e que par le lien vassalique personnels qui assujettit les petits seigneurs aux grands. Comme dans l'Ancien R&#233;gime en Europe, mais sans doute avec beaucoup moins de possibilit&#233; de passer de l'une &#224; l'autre classe, existent trois classes, la noblesse militaire, la classe paysanne et la bourgeoisie, elles-m&#234;mes subdivis&#233;es selon les revenus &#233;valu&#233;s en mesures de riz. M&#234;me s'ils restent inf&#233;rieurs (moralement) aux paysans ou aux bourgeois des villes, les marchands et artisans acqui&#232;rent de plus en plus d'importance, suivant les p&#233;riodes de paix - de plus en plus longues - qui leur permettent de prosp&#233;rer. Toute l'habilit&#233; des grandes familles est de se r&#233;server les services des membres de cette classe, le fort esprit hi&#233;rarchique qui traverse la soci&#233;t&#233; japonaise facilitant bien ces choses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les produits effroyables du fascisme et de l'imp&#233;rialisme : le massacre de Nankin par les troupes japonaises en 1937</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article5421</link>
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		<dc:date>2019-07-18T22:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Chine China</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les produits effroyables du fascisme et de l'imp&#233;rialisme : le massacre de Nankin par les troupes japonaises en 1937 &lt;br class='autobr' /&gt; Le r&#233;cit par les romans : Geling Yan, &#171; Fleurs de Guerre &#187;, Ha Jin, &#171; Un requiem pour Nankin &#187;, Iris Chang et &#171; Rape &#187; (le viol de Nankin) &lt;br class='autobr' /&gt;
Fleurs de guerre &lt;br class='autobr' /&gt;
Un requiem pour Nankin &lt;br class='autobr' /&gt;
Rape - Le viol &lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; Massacre de Nankin &#187; de 1937 &lt;br class='autobr' /&gt;
Une r&#233;&#233;valuation du massacre de Nankin &lt;br class='autobr' /&gt;
Effroyable &lt;br class='autobr' /&gt;
The Nanjing Massacre &lt;br class='autobr' /&gt;
Nanjing Massacre &lt;br class='autobr' /&gt;
They were in Nanjing &lt;br class='autobr' /&gt;
Un film &lt;br class='autobr' /&gt;
Un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;02- La deuxi&#232;me guerre mondiale et l'alliance imp&#233;rialisme/stalinisme contre le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Chine China&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_13035 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/A-mass-grave-from-the-Nanjing-Massacre-png.jpg' width=&#034;790&#034; height=&#034;444&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13034 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Executions-during-the-Nanjing-Massacre-png.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;444&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13033 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/The-Nanjing-Massacre-png.jpg' width=&#034;443&#034; height=&#034;364&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les produits effroyables du fascisme et de l'imp&#233;rialisme : le massacre de Nankin par les troupes japonaises en 1937
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-chine/20130916.RUE8817/la-memoire-du-massacre-de-nankin-ressurgit-grace-au-roman.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le r&#233;cit par les romans : Geling Yan, &#171; Fleurs de Guerre &#187;, Ha Jin, &#171; Un requiem pour Nankin &#187;, Iris Chang et &#171; Rape &#187; (le viol de Nankin)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=Wn9f_7D2F4AC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=le+massacre+de+nankin&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiBuprKgZTjAhVOJhoKHQewCP0Q6AEIUDAH#v=onepage&amp;q=le%20massacre%20de%20nankin&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fleurs de guerre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=--SWfNL85kwC&amp;pg=PA20&amp;dq=ha+jin+Un+requiem+pour+Nankin&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiirf2WgpTjAhVExYUKHRADDpcQ6AEIKzAA#v=onepage&amp;q=ha%20jin%20Un%20requiem%20pour%20Nankin&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un requiem pour Nankin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=pQFhMAEACAAJ&amp;dq=inauthor:%22Iris+Chang%22&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiZlpuqgpTjAhWj4YUKHahACOUQ6AEIVzAG&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rape - Le viol&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Nankin&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le &#171; Massacre de Nankin &#187; de 1937&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/perspectiveschinoises/927&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une r&#233;&#233;valuation du massacre de Nankin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=8DFRDwAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=le+massacre+de+nankin&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiBuprKgZTjAhVOJhoKHQewCP0Q6AEIKzAA#v=onepage&amp;q=le%20massacre%20de%20nankin&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Effroyable&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=8z6c6rTk0WUC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=the+nanjing+massacre&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwi_y6zQgpTjAhWPz4UKHdrHCAwQ6AEILjAA#v=onepage&amp;q=the%20nanjing%20massacre&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Nanjing Massacre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://matierevolution.fr/{{}https:/books.google.fr/books?id=N91hDwAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=the+nanjing+massacre&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwi_y6zQgpTjAhWPz4UKHdrHCAwQ6AEIOjAC#v=onepage&amp;q=the%20nanjing%20massacre&amp;f=false'&gt;Nanjing Massacre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=0a7UAQAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=the+nanjing+massacre&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwi_y6zQgpTjAhWPz4UKHdrHCAwQ6AEIZTAI#v=onepage&amp;q=the%20nanjing%20massacre&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;They were in Nanjing&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=2k1TnbrJJVc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=N_8vhE-wmTQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un deuxi&#232;me film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tokyo - 9 et 10 mars 1945 : quand le fascisme &#233;tait anglo-am&#233;ricain</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article4327</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article4327</guid>
		<dc:date>2017-01-25T00:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Crise Crisis</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Angleterre Great Britain</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux grands assassins fascistes am&#233;ricains : &lt;br class='autobr' /&gt;
Curtis LeMay &lt;br class='autobr' /&gt;
Tom Power &lt;br class='autobr' /&gt;
Voir le film &lt;br class='autobr' /&gt;
Deuxi&#232;me film &lt;br class='autobr' /&gt;
Troisi&#232;me film &lt;br class='autobr' /&gt;
LE BOMBARDEMENT ALLIE DE TOKYO LES 9 ET 10 MARS 1945 POUR ERADIQUER LA REVOLUTION PROLETERIENNE AU JAPON &lt;br class='autobr' /&gt;
185.000 morts en deux jours, sans compter les bless&#233;s ! &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le bombardement le plus meurtrier de la seconde guerre mondiale. Pourtant c'est loin d'&#234;tre le plus connu. Tout &#224; fait inutile au plan militaire ! C'est la destruction massive des civils ! Cela d&#233;passe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Crise Crisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot115" rel="tag"&gt;Angleterre Great Britain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux grands assassins fascistes am&#233;ricains :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7328 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-2185.jpg' width=&#034;168&#034; height=&#034;210&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Curtis LeMay&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_7327 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-2184.jpg' width=&#034;110&#034; height=&#034;200&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tom Power&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_7329 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-2186.jpg' width=&#034;603&#034; height=&#034;237&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_7330 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-2187.jpg' width=&#034;267&#034; height=&#034;189&#034; alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-2193.jpg' width=&#034;296&#034; height=&#034;230&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=hkW6GBrDsh0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir le film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=5g571TQHDvU&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deuxi&#232;me film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=66K1im3tgNw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Troisi&#232;me film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LE BOMBARDEMENT ALLIE DE TOKYO LES 9 ET 10 MARS 1945 POUR ERADIQUER LA REVOLUTION PROLETERIENNE AU JAPON&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;185.000 morts en deux jours, sans compter les bless&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le bombardement le plus meurtrier de la seconde guerre mondiale. Pourtant c'est loin d'&#234;tre le plus connu. Tout &#224; fait inutile au plan militaire ! C'est la destruction massive des civils ! Cela d&#233;passe les bombardements nucl&#233;aires d'Hiroshima et Nagasaki ainsi que les bombardements de Dresde, Hambourg et Berlin. Mais la plupart des gens l'ont compl&#232;tement oubli&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' &#171; op&#233;ration Meetinghouse &#187; est l'attaque a&#233;rienne la plus destructrice de l'Histoire, avec 334 avions porteurs de napalm et produisant le plus grand incendie urbain de l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur 40 km&#178; (un tiers de la ville), les bombes ont tout ras&#233;, tout tu&#233;. Plus de 100.000 morts en une nuit. 51% du centre ville a disparu. En l'espace de quelques heures, 335 B-29, des avions au large rayon d'action, ont d&#233;vers&#233; plus de 1 700 tonnes de bombes sur Tokyo. La quantit&#233; et la densit&#233; &#233;taient telles que plusieurs engins s'abattaient en m&#234;me temps sur une seule et m&#234;me maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Am&#233;ricains ont envoy&#233; leurs premi&#232;res forteresses volantes pour &#171; marquer par les flammes le centre de la zone &#224; d&#233;truire &#187;. Les avions suivants &#171; en d&#233;limit&#232;rent le contour et le quadrill&#232;rent de feu pour enfermer les habitants, puis ce fut l'arrosage &#224; volont&#233;. Sous les ailes des terrifiants oiseaux qui semblaient voler en tous sens et &#224; des hauteurs diverses, de 1 500 &#224; 3 000 m&#232;tres, tombaient des milliers de cylindres de m&#233;tal qui d&#233;versaient sur la ville une ros&#233;e incendiaire, premi&#232;re version du napalm &#187; &#233;crit le journaliste Robert Guillain, un t&#233;moin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pendant quelque temps, les B-29 &#233;taient encore l&#224;, survolant l'enfer, et rouges eux-m&#234;mes comme s'ils &#233;taient en feu, par le reflet des incendies sous leurs ailes, &#233;crit Guillain. Puis ils laiss&#232;rent le reste du travail au vent qui se chargeait de faire rejaillir l'embrasement d'un quartier &#224; un autre. &#187; Ceux qui ne p&#233;rirent pas &#224; cause des &#171; chevelures de feu descendant du ciel &#187;, moururent asphyxi&#233;s, noy&#233;s ou &#233;cras&#233;s dans la panique, d'autres furent &#171; bouillis &#187; dans les r&#233;servoirs d'eau ou la rivi&#232;re Sumida, les derniers finirent &#171; r&#244;tis dans des b&#226;timents modernes de briques ou de b&#233;ton &#187;. Des t&#233;moins ont &#233;voqu&#233; &#171; l'odeur de la chair humaine grill&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 334 bombardiers B-29 &#233;taient bourr&#233;s de 496 000 bombes incendiaires au phosphore, magn&#233;sium et napalm pour un total ahurissant de 1 700 tonnes de bombes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque l&#224; tous les bombardements ne visaient que des cibles militaires. Le bombardement de Tokyo va viser pour la premi&#232;re fois les populations civiles et notamment le quartier Shitamachi dans le centre-ville o&#249; les Tokyo&#239;tes vivent dans des maisons traditionnelles en bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi viser les civils et plus les cibles militaires ? Parce que le Mikado avait entam&#233; les approches pour sa capitulation et que le haut Etat-Major alli&#233; craignait plus un Japon ayant capitul&#233; et dont l'Etat serait d&#233;truit et discr&#233;dit&#233; qu'un Etat en guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il craignait la population civile japonaise r&#233;volt&#233;e et r&#233;volutionnaire bien plus que l'arm&#233;e japonaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme par hasard, le quartier qui &#233;tait cibl&#233; en vue de sa disparition totale &#233;tait le quartier populaire d'Asakusa&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curtis LeMay, responsable de l'op&#233;ration Meetinghouse a affirm&#233; que les civils japonais ont &#233;t&#233; &#171; br&#251;l&#233;s, bouillis et cuits &#224; mort &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous avions perdu la guerre contre le Japon, nous aurions &#233;t&#233; jug&#233;s comme criminels de guerre &#187;, admit ainsi lucidement le g&#233;n&#233;ral am&#233;ricain Curtis LeMay&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En survolant les brasiers, le g&#233;n&#233;ral Curtis Le May lan&#231;a : &#171; Nous ram&#232;nerons le Japon &#224; l'&#226;ge de la pierre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation du napalm est une vraie saloperie utilis&#233;e dans les bombes contre Tokyo puis contre toutes les grandes villes du Japon. Il a &#233;t&#233; invent&#233; &#224; Harvard en 1942. C'est un produit qui se pr&#233;sente sous forme de gel, con&#231;u pour coller &#224; la peau et br&#251;ler les cibles jusqu'aux os. Inutile d'essayer d'arr&#234;ter la combustion avec de l'eau. Le napalm ne laisse aucune chance aux populations frapp&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1940, sa promotion fut tr&#232;s rapide : capitaine en janvier 1940, major en mars 1941, lieutenant-colonel en janvier 1942, colonel en 1943, g&#233;n&#233;ral de brigade en septembre 1943 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet homme a tu&#233;, disait-on de lui, &#034;plus de personnes dans une p&#233;riode de six heures qu'&#224; tout moment dans l'histoire de l'homme&#034;. ll a ainsi un jour r&#233;sum&#233; la guerre : &#171; Il faut tuer les gens, et quand vous avez tu&#233; assez, ils cessent le combat. &#034;Il a &#233;galement dit : de fa&#231;on cynique &#034;nous avons bien tu&#233;, allez, disons vingt pour cent de la population de la Cor&#233;e du Nord&#034;. En fait, &#034;plus de deux millions de civils sont morts dans les campagnes de bombardements de LeMay et la destruction de barrages g&#233;ants pour inonder le pays&#034;. Ce n'est donc pas un hasard si on le retrouve en politique aux c&#244;t&#233;s du gouverneur George Wallace, ce raciste inv&#233;t&#233;r&#233;, chr&#233;tien &#034;born again&#034;... et pourtant inscrit au parti d&#233;mocrate ! Ce chaud partisan de la guerre nucl&#233;aire et des bombardements de civils n'avait pas grand chose &#224; envier &#224; un Go&#235;ring !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les commentateurs sont nombreux &#224; affirmer qu'il a fait partie de l'&#233;quipe qui s'est occup&#233;e de supprimer Kennedy, avec Richard Helms, James Angleton, David Phillips, E. Howard Hunt, Theodore Shackley, William Harvey, David Morales, Edward Lansdale, et George Joannides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le major-g&#233;n&#233;ral Curtis LeMay, commandant d&#233;sign&#233; du 21e Bomber Command dans le Pacifique le 20 Janvier 1945, devenu le principal architecte, concepteur strat&#233;gique, et porte-parole le plus percutante de la politique am&#233;ricaine consistant &#224; incendier les villes ennemies, &#233;tait le militant anticommuniste le plus violent de l'arm&#233;e am&#233;ricaine !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Tom Power, son chef d'Etat-Major, &#233;tait si soucieux du r&#233;sultat qu'il survola en personne Tokyo pendant les bombardements pour s'assurer du r&#233;sultat !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; fait inutile militairement puisque les Japonais, au contraire de ce que disent la plupart des commentateurs, avait d&#233;j&#224; capitul&#233; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est ni le bombardement de Tokyo ni des autres grandes villes qui a suivi, ni ceux d'Hiroshima et Nagasaki qui ont oblig&#233; le Japon &#224; capituler, contrairement &#224; la th&#232;se fabriqu&#233;e par les Alli&#233;s pour blanchir les classes dirigeantes japonaises aux yeux de leur population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 juillet 1945, la d&#233;claration de Postdam offrait aux japonais une capitulation acceptable : c'&#233;tait &#231;a &#034;ou l'&#233;crasement total&#034; du pays. Le mot n'&#233;tait pas vain : depuis dix jours les am&#233;ricains disposaient d'une bombe atomique, avec l'exp&#233;rimentation r&#233;ussie de Trinity du 16 juillet, d'une force &#233;quivalente &#224; 20 000 tonnes de TNT. A Postdam, Truman avait expliqu&#233; &#224; Staline quelle arme avaient les am&#233;ricains : ce dernier avait feint de ne pas comprendre. Le 28 juillet 1945, le grand conseil japonais r&#233;unissant ministres et militaires rendait son avis, c'&#233;tait l'acceptation de l'offre alli&#233;e ; mais formul&#233;e avec une expression ambigu&#235;, due &#224; son premier ministre : &#034;mokutatsu&#034;, prononc&#233;e en fin de phrase : ce qui signifiait soit une fin de non-recevoir, soit le fait de ne pas faire de commentaire. Le New-York Times titre le soir m&#234;me &#034;La flotte attaque &#224; l'heure m&#234;me ou Tokyo rejette les conditions de paix&#034;.... Henry Stimson, alors responsable de la D&#233;fense aux USA, avouera plus tard qu'il y avait bien eu m&#233;prise sur la traduction du mot employ&#233; par les japonais (*). Ce qui rend encore plus dramatique les jours suivants. Les 6 et 9 ao&#251;t, les deux bombes atomiques am&#233;ricaines explosaient, alors que l'empereur du japon avait accept&#233; depuis plus de huit jours la capitulation de son pays. Pouvait-on se passer de cela ? Le livre de Gar Alperovitz, &#034;The Decision to Use the Atomic Bomb&#034;, indique clairement que oui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que craignaient les Am&#233;ricains avec une population japonaise ayant perdu confiance dans son Etat et dans sa classe dirigeante, l'arm&#233;e d'occupation am&#233;ricaine du Japon, apr&#232;s la guerre, le montrait clairement en arr&#234;tant syst&#233;matiquement non les anciens fascistes du Mikado mais les &#233;l&#233;ments populaires &#171; de gauche &#187;, syndicalistes, socialistes, associatifs, etc&#8230;Telle &#233;tait la consigne du g&#233;n&#233;ral Mac Arthur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les pays vaincus, le Japon a &#233;t&#233; frapp&#233; de mort massive contre les quartiers populaires des grandes villes. Apr&#232;s le bombardement aux armes classiques de toutes les grandes villes dont le plus impressionnant, celui de Tokyo, c'est le bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki. Pas plus que les autres, il n'est justifi&#233; par un objectif militaire. Il a lieu les 6 et 9 ao&#251;t 1945, alors qu'en juillet 1945, l'Etat japonais a d&#233;j&#224; propos&#233; sa reddition. Mais les Alli&#233;s ne se voient pas imm&#233;diatement prendre la direction d'un Japon o&#249; s'est effondr&#233;e toute confiance dans les classes dirigeantes, o&#249; les sacrifices ont &#233;t&#233; &#233;normes et les exigences sociales vont l'&#234;tre d'autant plus que gouverne un r&#233;gime semi f&#233;odal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'Allemagne, le Japon est l'un des pays o&#249; les alli&#233;s craignent le plus l'apparition d'un mouvement ouvrier et r&#233;volutionnaire. Avant m&#234;me que la d&#233;faite soit annonc&#233;e le discr&#233;dit du r&#233;gime parmi les travailleurs &#233;tait consid&#233;rable, en proportion des mensonges du pouvoir fasciste japonais sur la &#171; grande Asie &#187; qui allait dominer le monde et des sacrifices &#233;normes impos&#233;s par la dictature f&#233;roce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela s'est traduit par une premi&#232;re vague de gr&#232;ve qui a amen&#233; les Am&#233;ricains &#224; craindre &#233;norm&#233;ment ce que serait l'apr&#232;s guerre dans ce pays. C'est cela leur principale pr&#233;occupation lorsqu'il devient &#233;vident que le Japon va capituler. En 1945, le r&#233;gime japonais est vaincu et demande l'armistice mais les alli&#233;s refusent de d&#233;signer des pl&#233;nipotentiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce moment qu'ils lancent les deux bombes atomiques &#224; Hiroshima et Nagasaki. L'objectif n'est pas militaire. Il ne s'agit pas de faire c&#233;der le Japon d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; capituler. Il s'agit de terroriser encore plus la population pour &#233;viter que la d&#233;faite n'entra&#238;ne des mouvements r&#233;volutionnaires du fait du discr&#233;dit du pouvoir. La bombe atomique n'aura pas plus d'effet meurtrier que le bombardement qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo re&#231;oit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est ras&#233; et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kob&#233; et des dizaines d'autres. Ce qui est vis&#233; syst&#233;matiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, c'est les populations civiles. Il y a 100 000 morts &#224; Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et ann&#233;es qui suivront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la bombe atomique ce qui est recherch&#233; plus que l'efficacit&#233; c'est le choc sur les populations et la d&#233;monstration de supr&#233;matie. Au Japon c'est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela appara&#238;t comme une justification : le Japon doit c&#233;der devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En r&#233;alit&#233;, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l'effet sera &#233;galement important au del&#224; sur les peuples d'Asie qui menacent de se r&#233;volter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de bless&#233;s. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d'habitants en 1940 n'en comptait plus que 2 700 000 et l'essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n'avoir aucun risque d'une classe ouvri&#232;re en r&#233;volte devant elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait plus qu'un pays en ruine dans une situation de mis&#232;re inimaginable avec une domination &#233;trang&#232;re et un gouvernement militaire am&#233;ricain dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur. Dans &#171; Mac Arthur, un C&#233;sar am&#233;ricain &#187;, William Menchester relate que les villes du Japon &#171; n'&#233;taient plus qu'une d&#233;charge de ferraille&#8230; Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de t&#233;l&#233;phone, pas de train, pas d'usine d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Hiroshima et Nagasaki &#233;taient r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de caillou vitrifi&#233; ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n'allaient gu&#232;re mieux. A l'exception de quelques maisons &#224; l'&#233;preuve du feu et des tremblements de terre, tout &#233;tait r&#233;duit en cendres et en escarbilles. L&#224; se r&#233;fugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon. Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US ! Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, le r&#233;gime japonais est vaincu et demande l'armistice, mais les dirigeants alli&#233;s refusent de d&#233;signer des pl&#233;nipotentiaires. Obtenir la reddition des Autorit&#233;s, c'est risquer une remise en cause radicale de la part de la population et tout particuli&#232;rement de la classe ouvri&#232;re. Elle a subi de tr&#232;s durs sacrifices de la part du fascisme japonais durant de longues ann&#233;es et peut brutalement se r&#233;veiller en voyant que d&#233;sormais la classe dirigeante est battue et discr&#233;dit&#233;e. Il faut que cette d&#233;faite apparaisse incontestable au point que la population soit elle-m&#234;me &#233;cras&#233;e. C'est le but des bombardements massifs. C'est &#224; ce moment qu'ils lancent les deux bombes atomiques &#224; Hiroshima et Nagasaki. L'objectif n'est pas militaire. Il ne s'agit pas de faire c&#233;der le Japon, d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; capituler. Il s'agit de terroriser encore plus la population pour &#233;viter que la d&#233;faite n'entra&#238;ne des mouvements r&#233;volutionnaires du fait du discr&#233;dit du pouvoir. La bombe atomique n'aura pas plus d'effet meurtrier que le bombardement qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo re&#231;oit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est ras&#233; et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kob&#233; et des dizaines d'autres. Ce qui est vis&#233; syst&#233;matiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, ce sont les populations civiles. Il y a 100 000 morts &#224; Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et ann&#233;es qui suivront. Avec la bombe atomique, ce qui est recherch&#233; plus que l'efficacit&#233; c'est le choc sur les populations et la d&#233;monstration de supr&#233;matie. Au Japon c'est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela appara&#238;t comme une justification : le Japon doit c&#233;der devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En r&#233;alit&#233;, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l'effet sera &#233;galement important au del&#224; sur les peuples d'Asie qui menacent de se r&#233;volter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de bless&#233;s. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d'habitants en 1940 n'en comptait plus que 2 700 000 et l'essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n'avoir aucun risque d'une classe ouvri&#232;re en r&#233;volte devant elle. Il n'y avait plus qu'un pays en ruine dans une situation de mis&#232;re inimaginable avec une domination &#233;trang&#232;re et un gouvernement militaire am&#233;ricain dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur. Dans &#171; Mac Arthur, un C&#233;sar am&#233;ricain &#187;, William Menchester relate que les villes du Japon &#171; n'&#233;taient plus qu'une d&#233;charge de ferraille&#8230; Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de t&#233;l&#233;phone, pas de train, pas d'usine d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Hiroshima et Nagasaki &#233;taient r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de caillou vitrifi&#233; ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n'allaient gu&#232;re mieux. A l'exception de quelques maisons &#224; l'&#233;preuve du feu et des tremblements de terre, tout &#233;tait r&#233;duit en cendres et en escarbilles. L&#224; se r&#233;fugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Howard Zinn rapporte dans &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Faisait-on r&#233;ellement la guerre pour d&#233;montrer que Hitler se trompait quant &#224; la sup&#233;riorit&#233; de la race aryenne ? (&#8230;) Un des aspects de la politique am&#233;ricaine semblait s'inspirer directement du fascisme. Il s'agit du sort r&#233;serv&#233; aux Am&#233;ricains d'origine japonaise de la c&#244;te Ouest. Apr&#232;s l'attaque de Pearl Harbour, une hyst&#233;rie anti-japonaise &#233;clata au sein du gouvernement. Un membre du Congr&#232;s d&#233;clara m&#234;me : &#171; Je suis pour que l'on se saisisse de tous les Japonais en Am&#233;rique, de l'Alaska &#224; Hawa&#239;, et qu'on les mette dans des camps de concentration. (&#8230;) Qu'on s'en d&#233;barrasse ! &#187; (...) Cent mille hommes, femmes et enfants furent expuls&#233;s, regroup&#233;s dans des camps au plus profond des Etats-Unis et gard&#233;s dans des conditions de captivit&#233;. Les trois quarts d'entre eux &#233;taient (&#8230;) citoyens am&#233;ricains. (&#8230;) La grande majorit&#233; des Am&#233;ricains se trouvait mobilis&#233;e, dans l'arm&#233;e comme dans la vie civile, en faveur de la guerre. (&#8230;) La haine de l'ennemi, et en particulier des Japonais, &#233;tait largement partag&#233;e. Le racisme s'&#233;panouissait. Le magazine &#171; Times &#187;, rendant compte de la bataille d'Iwo Jima &#233;crivit : &#171; Le Jap de base est parfaitement ignorant. Peut-&#234;tre est-il humain. En tout cas, rien ne l'indique. &#187; Il y eut donc bien un large soutien &#224; ce qui devait devenir la plus abominable campagne de bombardements de civils jamais entreprise au cours d'une guerre : les attaques a&#233;riennes sur les villes allemandes et japonaises. (&#8230;) L'apog&#233;e de ces bombardements terroristes fut celui de Dresde, d&#233;but 1945. Au cours de cette op&#233;ration, l'extraordinaire chaleur d&#233;gag&#233;e par les bombes provoqua des incendies qui ravag&#232;rent la ville. Plus de cent mille personnes p&#233;rirent &#224; Dresde. (&#8230;) Le pilonnage des villes japonaises correspondait &#233;galement &#224; cette strat&#233;gie destin&#233;e &#224; d&#233;truire le moral des civils. Un bombardement nocturne sur Tokyo fit quelque quatre-vingt mille victimes. Puis, le 6 ao&#251;t 1945, apparut dans le ciel d'Hiroshima un unique avion am&#233;ricain qui l&#226;cha la premi&#232;re bombe atomique faisant environ cent-mille morts et des dizaines de milliers d'autres victimes qui allaient mourir lentement de l'effet d&#233;vastateur des radiations. (&#8230;) Trois jours plus tard, une autre bombe atomique &#233;tait l&#226;ch&#233;e sur Nagasaki, faisant environ cinquante mille victimes suppl&#233;mentaires. Ces actes atroces furent justifi&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la fin de la guerre et d'&#233;viter d'envahir le Japon. (&#8230;) En ao&#251;t 1945, le Japon &#233;tait d&#233;j&#224; dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e et pr&#234;t &#224; se rendre. (&#8230;) Les cent mille morts d'Hiroshima &#233;taient presque tous des civils. Le US Strategic Bomb Survey d&#233;clara quant &#224; lui dans son rapport que &#171; Hiroshima et Nagasaki avaient &#233;t&#233; choisie pour cibles en raison de leur forte concentration d'activit&#233;s et de population. &#187; (&#8230;) Apr&#232;s la reddition du Japon, les puissances fascistes &#233;taient battues. Mais qu'en est-il du fascisme en tant qu'id&#233;e, et en tant que r&#233;alit&#233; ? &#187; An&#233;antir le fascisme et les fascistes n'&#233;tait pas l'objectif de l'imp&#233;rialisme US lui qui maintenait m&#234;me au pouvoir l'empereur Hiro Hito, grand organisateur du r&#233;gime fasciste. Comment l'imp&#233;rialisme pourrait-il vouloir d&#233;truire d&#233;finitivement le fascisme puisque celui-ci n'est rien d'autre que l'an&#233;antissement physique et moral de toute possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re de faire la r&#233;volution sociale ? Cet an&#233;antissement n'&#233;tait-il pas le premier objectif des Alli&#233;s &#224; la fin de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence contre le Japon avait pour but de d&#233;truire une partie de la classe ouvri&#232;re et de terroriser l'autre partie pour &#233;viter l'explosion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures. En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230; Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste. Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s. En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Reproduit de The militant du 21-9-46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;. Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le bombardement massif, meurtrier et fasciste (le fascisme a pour but d'&#233;liminer massivement les prol&#233;taires r&#233;volutionnaires) des civils japonais visait &#224; &#233;radiquer la r&#233;volution prol&#233;tarienne apr&#232;s la d&#233;faite du Japon, &#224; sauver les capitalistes et militaires japonais au lieu de les battre d&#233;finitivement comme le pr&#233;tendait la propagande alli&#233;e !&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>Toward World War III</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article4106</link>
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		<dc:date>2016-07-04T04:22:50Z</dc:date>
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		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>USA - Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Crise Crisis</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

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&lt;p&gt;Russian president seeks closer economic and strategic ties in Beijing &lt;br class='autobr' /&gt; Russian President Vladimir Putin has concluded a state visit to China, designed to cement closer ties. The two countries confront provocative steps by the US to isolate them and an American-led military build-up in both Eastern Europe and the Asia Pacific. &lt;br class='autobr' /&gt;
Speaking on Saturday, Putin said the relations between Russia and China had &#8220;the character of an all-embracing and strategic partnership.&#8221; Chinese President Xi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA - Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Crise Crisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Russian president seeks closer economic and strategic ties in Beijing&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Russian President Vladimir Putin has concluded a state visit to China, designed to cement closer ties. The two countries confront provocative steps by the US to isolate them and an American-led military build-up in both Eastern Europe and the Asia Pacific.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Speaking on Saturday, Putin said the relations between Russia and China had &#8220;the character of an all-embracing and strategic partnership.&#8221; Chinese President Xi Jinping noted that he and Putin had &#8220;decided that the more complicated the international situation, the more determined we should be guided by the spirit of strategic cooperation and the idea of eternal friendship.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;While not naming Washington, the two leaders voiced concern over increasingly &#8220;negative factors&#8221; affecting global security. &#8220;Some countries and military-political alliances seek decisive advantages in military... technology, so as to serve their own interests through use of or threatening the use of force in international affairs,&#8221; a joint statement declared.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Putin and Xi specifically criticised the &#8220;unilateral deployment of anti-missile systems all over the world&#8221; and insisted that such weaponry was being placed in Europe and Asia under false pretences. The US has deployed anti-ballistic missile systems to Eastern Europe and East Asia on the pretext of countering so-called rogue states such as Iran and North Korea.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In reality, the Pentagon's positioning of anti-missile systems close to China and Russia is a key element of its preparations for fighting a war against the two nuclear armed powers. Far from being defensive, this weaponry is designed to counter any Russian or Chinese missiles that survived a devastating US first nuclear strike.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Financial Times reported on Friday that the Chinese and Russian militaries held a five-day computer simulation last month to test, for the first time, a joint response to a ballistic missile attack. The exercise, according to the Russian defence ministry, &#8220;was not directed against any third country,&#8221; but no one was in any doubt that the &#8220;aggressor&#8221; in the simulation was the United States.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Russian analyst Vasily Kashin said the exercise demonstrated &#8220;a new level of trust&#8221; between the two countries. &#8220;The ability to share information in such a sensitive area as missile launch warning systems and ballistic missile defence indicates something beyond simple co-operation,&#8221; he told the newspaper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As part of the Shanghai Cooperation Organisation, Russia and China have engaged, along with various Central Asian countries, in a widening range of military exercises. Russia also supplies China with some of its most sophisticated weaponry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nevertheless, while Russia and China are being driven together by common concerns about US aggression, tensions remain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;During his visit, Putin said: &#8220;Russia and China stick to points of view which are very close to each other or are almost the same in the international area.&#8221; However, both countries have economic and strategic interests in Central Asia, which they are pursuing through competing plans&#8212;China through its One Belt, One Road strategy and Russia through its proposal for a Eurasian Economic Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Putin emphasised there should be a &#8220;converging&#8221; of the two national development strategies, in large part because Russia is in no position to compete with China's planned outlays of tens of billions of dollars to construct transport, pipeline and other infrastructure connecting China with Europe via land and sea. As a concession, China is in discussion with Russia about an agreement to provide loans for a high-speed rail link between Moscow and the city of Kazan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Putin was also keen to consolidate trade and investment with China. During his 2014 visit to Shanghai, he signed a massive $400 billion gas deal to supply China that followed a $270 billion oil contract with China the previous year. Russia has turned to China in response to sanctions imposed by the US and its European allies to punish Moscow over its annexation of Crimea in 2014. However, most of these framework accords have yet to result in firm contracts, amid ongoing haggling about details, particularly price.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chinese lenders have agreed to a $12 billion loan to help fund the Arctic Yamal LNG project and limited Chinese investment has started to flow into Russian mining projects and agriculture. However, Boris Titov, chairman of the Russian-Chinese Committee of Peace, Friendship and Development, complained in an email to the Bloomberg website: &#8220;The Chinese take a long time to decide. All the big banks are afraid of how sanctions may affect them, since they're part of the international payments system.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The collapse of world energy prices has had a huge impact on the Russian economy. According to World Bank estimates, it will again shrink this year&#8212;by 1.6 percent&#8212;before recovering next year. Russian-Chinese bilateral trade has plunged by 28.6 percent from $95.3 billion in 2014 to $68.6 billion in 2015&#8212;in part as a result of falling prices, but also because of the marked slowdown in the Chinese economy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Energy accounts for two thirds of Russian exports to China. In May, Russia surpassed Saudi Arabia as the largest supplier of crude oil to China for the third month in a row.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Putin and Xi reportedly sealed a raft of agreements during the visit, including the sale of stakes in a number of Russian projects to Chinese firms, an oil supply contract and joint investments in petrochemical projects in Russia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosneft, Russia's leading oil producer, agreed to the China National Chemical Corporation (ChemChina) taking a 40 percent stake in its planned petrochemical complex VNHK in Russia's far east. The two companies also signed for Rosneft to supply ChemChina with up to 2.4 million tonnes of crude oil over the coming year.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frictions between the two countries will undoubtedly continue over economic and strategic matters, but the two countries are being driven closer together by fears of the growing danger of war posed by the United States.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Two US aircraft carriers in war games in western Pacific&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;In a provocative move directed against China, the US Navy dispatched two huge nuclear-powered aircraft carriers&#8212;the USS John C. Stennis and the USS Ronald Reagan&#8212;to engage in three days of military exercises in the Philippine Sea&#8212;adjacent to, but not in, the South China Sea. The vessels and their accompanying strike groups of cruisers and destroyers carry 12,000 sailors and 140 military aircraft.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The war games, which finished yesterday, involved long-range strikes as well as sea surveillance, air defence drills and defensive air combat training. Rear Admiral John Alexander, commander of the USS Reagan carrier strike group, boasted: &#8220;No other navy can concentrate this much combat power in one sea &#8230; It was truly impressive.&#8221; While the navy neither confirms nor denies the presence of nuclear weapons, both aircraft carriers are capable of carrying them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This massive show of force took place as the UN Permanent Court of Arbitration in The Hague is due to rule in coming weeks on a US-backed challenge by the Philippines to Chinese territorial claims in the South China Sea. The judgment, which is expected to favour the Philippines, will become the starting point for Washington to ramp up its aggressive campaign against so-called Chinese &#8220;expansionism&#8221; and &#8220;bullying&#8221; of its neighbours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;An unnamed American official told the New York Times the message of the exercises was unmistakable and the timing was deliberate. Admiral John Richardson, chief of naval operations, told a Center for a New American Security (CNAS) conference yesterday that the war games provided &#8220;a terrific opportunity for us just to do some high-end war-fighting and training.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richardson declared that the rare exercises, involving two carriers, aimed at signalling the US commitment to its regional allies. Then, in a thinly-veiled warning to China, he added: &#8220;For anyone who wants to destabilise the region, we hope that there is a deterrence message there as well.&#8221; The exercises followed last week's &#8220;Malabar&#8221; war games in the same waters involving the US, Japanese and Indian navies&#8212;again to practice &#8220;complex, high-end war-fighting.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;While Washington routinely accuses Beijing of &#8220;expansionism,&#8221; the US has deliberately stoked up tensions over the South China Sea disputes during the past five years as a means of driving a wedge between China and its South East Asian neighbours&#8212;particularly the Philippines and Vietnam. The US focus on the South China Sea is part of its broader &#8220;pivot to Asia&#8221; and military build-up throughout the Asia Pacific to subordinate China and ensure continued American hegemony in the region.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The US has mounted an increasingly strident campaign over the past year against China's land reclamation activities and &#8220;militarisation&#8221; in the South China Sea. The US Navy has dispatched destroyers on three occasions within the 12-nautical-mile territorial limits surrounding Chinese-controlled islets&#8212;provocations that could result in a military clash, either accidently or by design.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Obama administration has declared that the US has &#8220;a national interest&#8221; in ensuring &#8220;freedom of navigation&#8221; in the South China Sea, highlighting the extensive trade that passes through its waters. In reality, China has never threatened &#8220;freedom of navigation&#8221; and indeed relies on these sea lanes to import energy and raw materials from Africa and the Middle East.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Washington's real concern is to ensure &#8220;freedom of navigation&#8221; for its warships in areas immediately adjacent to the Chinese coastline, including sensitive naval bases on Hainan Island. The Pentagon's AirSea Battle strategy for war on China envisages a massive air and missile attack on the Chinese mainland, supplemented by a naval blockade to cripple the Chinese economy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Pentagon is already preparing to escalate its operations in the South China Sea following The Hague ruling, suggesting that China could declare an Air Defence Identification Zone over the area or begin land reclamation activities in the Scarborough Shoal, which is also claimed by the Philippines. Beijing has declared that it does not recognise the court's jurisdiction and will not abide by its ruling.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Speaking yesterday on a panel discussing the next moves after The Hague ruling, Andrew Shearer, an analyst with the Center for Strategy and International Studies (CSIS), declared that &#8220;the current carrier deployment is a good step&#8221; but was not enough. He suggested that the US military must shift into &#8220;deterrence mode&#8221; for the next six months to block any moves by China. Fellow panelist Amy Searight declared there was &#8220;no easy solution&#8221; if China started reclaiming the Scarborough Shoal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The CSIS has been the preeminent think tank of the US &#8220;pivot,&#8221; working closely with the Pentagon and the Obama administration on the military build-up and strategy in Asia. In March, two CSIS analysts published &#8220;a Scarborough Contingency Plan&#8221; that involved close collaboration with the Philippines and a public warning to China that the US would intervene if Philippine ships or aircraft came under attack. The plan's final step involved sending Philippine warships to physically block Chinese dredging operations, with US navy assets &#8220;in position over the horizon to signal that they would be prepared to intervene.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Under Washington's Enhanced Defence Cooperation Agreement (EDCA) with the Philippines, completed earlier this year, the US military has access to five Philippine bases, including an airfield directly adjacent to the South China Sea. In April, the US and the Philippine militaries held their annual Balikatan exercises, which involved the USS Stennis carrier strike group and focussed on operations in the South China Sea. Last week, the US navy sent four sophisticated Growler electronic attack aircraft and 120 support personnel to the Clark Air Base in the Philippines to patrol airspace and sea lanes in the region.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Speaking at yesterday's CNAS conference, Admiral Richardson, chief of naval operations, boasted that the US navy was expending &#8220;a lot of intellectual energy&#8221; in determining ways to counter and disrupt Chinese activities in the region&#8212;from China's land reclamation to its Anti-Access/Area Denial (A2/AD) weapons designed to keep US forces out of waters immediately adjacent to its mainland. &#8220;We've got a lot of studies going on right now, [and] by the July-August timeframe, we are going to have a lot of exciting ideas,&#8221; he said.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If Richardson's comments are any indication, the Pentagon is preparing a series of reckless provocations that go well beyond the &#8220;freedom of navigation&#8221; operations that have already taken place. The result will be a further heightening of the risk that a small incident, whether deliberate or not, could escalate into conflict between the two nuclear-armed powers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
US-China tensions rise amid major naval exercises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;American, Japanese and Indian warships are currently engaged in week-long &#8220;Malabar&#8221; war games in the western Pacific, described by the US Navy as &#8220;complex, high-end, war-fighting exercises&#8221; designed to increase the ability of the three navies to operate together. The target is clearly China, which has its own naval vessels shadowing the operations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Pentagon has committed the USS John C. Stennis and the vessel's entire carrier strike group, comprising four other surface ships and a Los Angeles-class nuclear attack submarine, to the exercise. India has sent two stealth frigates, a guided-missile corvette and a fleet-support ship, while Japan has sent its huge helicopter carrier&#8212;in effect, an aircraft carrier under another name.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Washington has mounted an increasingly strident propaganda campaign since early 2015, condemning China's land reclamation activities in the South China Sea as &#8220;expansionist&#8221; and &#8220;militaristic.&#8221; In reality, the US has recklessly exploited longstanding territorial disputes to try to drive a wedge between China and its South East Asian neighbours, especially the Philippines and Vietnam. The US Navy has on three occasions dispatched destroyers within the 12-nautical mile territorial limit around Chinese-controlled islets in the South China Sea.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sharp divisions over the issue within the Association of South East Asian Nations (ASEAN) were on display this week during an ASEAN meeting in China. The gathering adopted a joint statement voicing &#8220;serious concern&#8221; over rising tensions in the South China Sea. While not naming China or going beyond previous statements, it was something of a diplomatic embarrassment to Beijing on its home soil. Hours later, ASEAN retracted the statement. Undoubtedly, countries more closely aligned with China had second thoughts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Malabar exercises are taking place in the Philippine Sea&#8212;that is, in waters to the east of the Philippines, rather than in the South China Sea itself. Nevertheless, the presence of a large fleet of warships within striking distance of the Chinese mainland is provocative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Chinese navy surveillance vessel has been tracking the USS Stennis during the exercise, according to the US navy. Japanese officials claimed that a separate Chinese intelligence gathering ship yesterday sailed into Japanese territorial waters near Kuchinoerabu Island and issued a complaint to the Chinese embassy in Tokyo. Last Thursday, a Chinese frigate sailed within the 24-nautical mile zone around disputed islands in the East China Sea, known as Senkaku in Japan and Diaoyu in China.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malabar began as a bilateral naval war game involving the US and India in 1992 but has expanded since 2014 to include Japan as a permanent partner. Last July, US Assistant Defence Secretary Robert Scher suggested that other countries, particularly Australia, become involved on a regular basis. The current exercise is one of the largest ever and involves anti-submarine warfare, air-defence drills and search-and-rescue operations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The expansion of military exercises like Malabar is part and parcel of the US &#8220;pivot to Asia&#8221; and military build-up throughout the Indo-Pacific region in preparation for war with China. Over the past five years, Washington has sought to consolidate a network of military alliances and strategic partnerships, as well as basing arrangements, such as those in Australia and the Philippines, to effectively encircle China.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naval power is central to the Pentagon's AirSea Battle strategy for war with China. These plans involve a massive air and missile assault on the Chinese mainland from bases, ships and submarines in the western Pacific, supplemented by a naval blockade aimed at strangling the Chinese economy. Washington regards India, as well as Japan and Australia, as central to these war preparations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The broader strategic implications of the Malabar exercises were outlined in a Wall Street Journal article entitled &#8220;US, India, Japan begin to shape new order on Asia's high seas.&#8221; It noted that &#8220;the US has been working to deepen strategic ties with India and to encourage New Delhi to play a more active role, not just in the Indian Ocean, but also in the Pacific, as China's rise shifts the regional balance of power.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The three countries have already begun a trilateral ministerial dialogue, with their foreign ministers meeting last year. Unlike Japan, India is not a formal US military ally. However, in Washington last week, Indian Prime Minister Narendra Modi signalled India's close integration into US war preparations. A joint statement by Modi and Obama foreshadowed increased military cooperation across the Indo-Pacific region in all &#8220;domains ... land, maritime, air, space and cyber.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;While consolidating alliances and partnerships throughout Asia, the US is also engaged in a massive build-up and restructuring of its military presence in the region. An article published yesterday by Stratfor, a think tank closely aligned to the US military and intelligence establishment, highlighted plans by the US navy to increasingly integrate its 3rd Fleet with its 7th Fleet, which is based in Japan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Until now, the 3rd Fleet has primarily been focussed on the eastern and northern Pacific but is increasingly being deployed to the western Pacific&#8212;that is, areas adjacent to the Chinese mainland. The USS Stennis and its strike group, while nominally under the command of the 3rd Fleet, is completing six months of operations deep inside the western Pacific. In April, a Surface Action Group, comprising three destroyers, from the 3rd Fleet began a seven-month deployment in the same broad region.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After making clear that the naval restructuring was aimed against Beijing, Stratfor concluded: &#8220;As the US and other navies across Asia increase their patrols during a period rife with maritime disputes, Washington seems convinced that for its patrols to have the desired effect, they must be backed by the combined might of the US fleets in the Pacific.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is involved is nothing less than the preparations for war. The two fleets account for more than two thirds of the US combat vessels and include approximately 200 ships and 1,200 aircraft. Moreover, tensions over territorial disputes in the South China Sea are set to escalate in the coming weeks, as the UN Permanent Court of Arbitration in The Hague is due to hand down its ruling on a US-backed Philippine legal challenge to Chinese claims.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Washington's South China Sea provocation and the spectre of World War III&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;The US naval incursion yesterday within the 12-nautical-mile limit of territory claimed by China in the South China Sea was a deliberate and reckless provocation that threatens to trigger a far broader conflict between the two nuclear-armed powers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No credence should be given to Washington's claims that it is simply exercising its rights under international law to &#8220;freedom of navigation.&#8221; Unlike China, and many other nations, the United States has not even ratified the United Nations Convention on the Law of the Sea (UNCLOS), which it insists it is upholding. Once again, US imperialism has concocted a pretext to pursue its militarist agenda&#8212;in this case, maintaining its hegemony in Asia and subordinating China to US economic and strategic interests.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Speaking at a congressional hearing yesterday, US Defence Secretary Ashton Carter made clear that the US acts as a law unto itself and that the so-called Freedom of Action operations will continue. &#8220;We will fly, sail and operate wherever international law permits,&#8221; he declared. &#8220;There have been naval operations in that region in recent days and there will be more in the weeks and months to come.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ian Storey, a strategic analyst at Singapore's Institute of South East Asian Studies, underlined the seriousness of the Pentagon's use of the guided missile destroyer USS Lassen to enter the contested waters. &#8220;They've gone in heavy. There is not much else heavier than that except an aircraft carrier,&#8221; he told the Guardian.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In fact, the US navy had two aircraft carriers not too far away. The USS Theodore Roosevelt had just left the Middle East to resupply in Singapore, adjacent to the South China Sea, and the USS Ronald Reagan is based in Japan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The decision to risk war by challenging China was made by a war cabal in the US military and foreign policy establishment that operates without any democratic accountability, behind the backs of the American people, who are overwhelmingly opposed to the war policies of the government. For months, top officials of the US Pacific Command have been waging a public campaign denouncing Chinese land reclamation in the South China Sea. Insofar as Obama was involved at all, it was to give the final stamp of approval for the operation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Speaking to the Financial Times, retired US admiral James Stavridis pointed to the broader objectives, declaring that the US was determined &#8220;not to cede international waters off China to an emerging regional power.&#8221; Washington is not only unwilling to cede an inch to Beijing, it has engaged in an aggressive diplomatic, economic and military strategy, known as the &#8220;pivot to Asia,&#8221; aimed at reducing China to a semi-colonial status.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The US has deliberately inflamed dangerous flashpoints such as the South China Sea to provide an excuse for its military build-up throughout the region and to drive a wedge between China and other territorial claimants in East Asia. Having ignored longstanding maritime disputes in the area for decades, US Secretary of State Hillary Clinton provocatively declared in mid-2010 that the United States had a &#8220;national interest&#8221; in securing &#8220;freedom of navigation&#8221; through the disputed waters.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Over the past five years, Washington has transformed what were minor territorial disputes into a casus belli for war against China, encouraging and assisting the Philippines and Vietnam, in particular, to challenge Chinese claims. This diplomatic offensive has gone hand-in-hand with new basing arrangements with Australia and the Philippines, the strengthening of defence ties throughout the region, and military redeployments to ensure that 60 percent of US naval and air assets are located in the Indo-Pacific by 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yesterday's dispatch of the USS Lassen into Chinese-claimed waters is the first phase of Pentagon war plans to counter what it claims is China's tactic of Anti-Access/Area Denial. Such operations are part of a broader AirSea Battle strategy that envisages a devastating air and missile assault on the Chinese mainland if China retaliates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Behind the US war drive is the deepening crisis of world capitalism. The American ruling class is responding to its own weakened global position by resorting ever more recklessly to military might in order to undermine its rivals, while at the same time deepening its assault on the democratic rights and living standards of the working class at home.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Even as he warned of further actions in the South China Sea against China, US Defence Secretary Carter declared yesterday that the US would step up its war in the Middle East by allowing American troops to engage in fighting on the ground. Moreover, Washington's provocations in Asia take place at the same time as NATO forces prepare for confrontations with Russia in Eastern Europe. The whole world has been placed on a hair trigger that could be tripped by an incident, intended or unintended, in virtually any part of the globe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;While its response is largely defensive in character, the actions of the Chinese regime are utterly reactionary. Organically incapable of making any appeal to the working class in China or internationally, the bureaucratic apparatus in Beijing, which represents the interests of a tiny ultra-wealthy layer of oligarchs, resorts to militarism and the whipping up of Chinese nationalism, thus heightening the danger of war. An editorial in the hawkish state-owned Global Times yesterday called on the Chinese leadership to &#8220;prepare for the worst&#8221; and show the White House that it &#8220;is not frightened to fight a war with the US in the region.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;More and more, the world situation resembles the lead-up to World War I and World War II. In an interview in September 1938, on the eve of the Munich conference, Leon Trotsky explained the objective logic of events that was leading to conflict. &#8220;It is possible that this time, too, diplomacy will succeed in reaching a rotten compromise. But it will not last long. War is inevitable and moreover in the very near future. One international crisis follows another. These convulsions are similar to the birth pangs of the approaching war. Each new paroxysm will bear a more severe and dangerous character,&#8221; he said.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In its statement &#8220;Socialism and the Fight against Imperialist War&#8221; published in July 2014, the International Committee of the Fourth International (ICFI) explained that the same fundamental contradictions of capitalism&#8212;between global economy and the outmoded nation state system on the one hand, and socialised production and the private ownership of the means of production, on the other&#8212;were driving the world to war. &#8220;Another imperialist bloodbath is not only possible; it is inevitable unless the international working class intervenes on the basis of a revolutionary Marxist program,&#8221; it warned.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The ICFI statement outlined the political basis for the building of an anti-war movement of the international working class. &#8220;All the great issues confronting the working class&#8212;the growth of social inequality, the resort to authoritarian forms of rule&#8212;are inseparable components of this struggle. There can be no fight for socialism without a struggle against war and there can be no fight against war without a struggle for socialism. Imperialist war must be opposed by the working class, leading behind it the youth and oppressed masses, on the basis of a socialist program: the fight to take political power, expropriate the banks and major corporations and begin the task of constructing a world federation of workers' states.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;One year on, that task takes on new urgency. At its very centre lies the necessity of building the ICFI as the revolutionary leadership required to lead this struggle. WSWS&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hiroshima et Nagasaki : contre la r&#233;volution prol&#233;tarienne</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article3773</link>
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		<dc:date>2015-08-06T01:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1945, les bombardements de Hiroshima et Nagasaki : pourquoi les vainqueurs imp&#233;rialistes avaient besoin de d&#233;montrer qu'ils &#233;taient aussi barbares que les vaincus ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux villes japonaises d'Hiroshima et Nagasaki, les seules du monde &#224; avoir &#233;t&#233; victimes d'un bombardement atomique ont &#233;t&#233; vis&#233;es il y a soixante-dix ans et cela n'avait nullement un objectif militaire puisque le Mikado avait capitul&#233; avant&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons que, lors du bombardement nucl&#233;aire de Hiroshima et Nagazaki, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_5772 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-945.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;315&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En ao&#251;t 1945, les bombardements de Hiroshima et Nagasaki : pourquoi les vainqueurs imp&#233;rialistes avaient besoin de d&#233;montrer qu'ils &#233;taient aussi barbares que les vaincus ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les deux villes japonaises d'Hiroshima et Nagasaki, les seules du monde &#224; avoir &#233;t&#233; victimes d'un bombardement atomique ont &#233;t&#233; vis&#233;es il y a soixante-dix ans et cela n'avait nullement un objectif militaire puisque le Mikado avait capitul&#233; avant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que, lors du bombardement nucl&#233;aire de Hiroshima et Nagazaki, le nombre de victimes avait &#233;t&#233; multipli&#233; par le fait que la population de ces villes ignorait le risque pour les survivants du bombardement de rester pr&#232;s de zones radioactives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les pays vaincus, le Japon a &#233;t&#233; frapp&#233; de mort massive contre les quartiers populaires des grandes villes. Apr&#232;s le bombardement aux armes classiques de toutes les grandes villes dont le plus impressionnant, celui de Tokyo, c'est le bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki. Pas plus que les autres, il n'est justifi&#233; par un objectif militaire. Il a lieu les 6 et 9 ao&#251;t 1945, alors qu'en juillet 1945, l'Etat japonais a d&#233;j&#224; propos&#233; sa reddition. Mais les Alli&#233;s ne se voient pas imm&#233;diatement prendre la direction d'un Japon o&#249; s'est effondr&#233;e toute confiance dans les classes dirigeantes, o&#249; les sacrifices ont &#233;t&#233; &#233;normes et les exigences sociales vont l'&#234;tre d'autant plus que gouverne un r&#233;gime semi f&#233;odal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'Allemagne, le Japon est l'un des pays o&#249; les alli&#233;s craignent le plus l'apparition d'un mouvement ouvrier et r&#233;volutionnaire. Avant m&#234;me que la d&#233;faite soit annonc&#233;e le discr&#233;dit du r&#233;gime parmi les travailleurs &#233;tait consid&#233;rable, en proportion des mensonges du pouvoir fasciste japonais sur la &#171; grande Asie &#187; qui allait dominer le monde et des sacrifices &#233;normes impos&#233;s par la dictature f&#233;roce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela s'est traduit par une premi&#232;re vague de gr&#232;ve qui a amen&#233; les Am&#233;ricains &#224; craindre &#233;norm&#233;ment ce que serait l'apr&#232;s guerre dans ce pays. C'est cela leur principale pr&#233;occupation lorsqu'il devient &#233;vident que le Japon va capituler. En 1945, le r&#233;gime japonais est vaincu et demande l'armistice mais les alli&#233;s refusent de d&#233;signer des pl&#233;nipotentiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce moment qu'ils lancent les deux bombes atomiques &#224; Hiroshima et Nagasaki. L'objectif n'est pas militaire. Il ne s'agit pas de faire c&#233;der le Japon d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; capituler. Il s'agit de terroriser encore plus la population pour &#233;viter que la d&#233;faite n'entra&#238;ne des mouvements r&#233;volutionnaires du fait du discr&#233;dit du pouvoir. La bombe atomique n'aura pas plus d'effet meurtrier que le bombardement qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo re&#231;oit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est ras&#233; et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kob&#233; et des dizaines d'autres. Ce qui est vis&#233; syst&#233;matiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, c'est les populations civiles. Il y a 100 000 morts &#224; Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et ann&#233;es qui suivront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la bombe atomique ce qui est recherch&#233; plus que l'efficacit&#233; c'est le choc sur les populations et la d&#233;monstration de supr&#233;matie. Au Japon c'est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela appara&#238;t comme une justification : le Japon doit c&#233;der devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En r&#233;alit&#233;, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l'effet sera &#233;galement important au del&#224; sur les peuples d'Asie qui menacent de se r&#233;volter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de bless&#233;s. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d'habitants en 1940 n'en comptait plus que 2 700 000 et l'essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n'avoir aucun risque d'une classe ouvri&#232;re en r&#233;volte devant elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait plus qu'un pays en ruine dans une situation de mis&#232;re inimaginable avec une domination &#233;trang&#232;re et un gouvernement militaire am&#233;ricain dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur. Dans &#171; Mac Arthur, un C&#233;sar am&#233;ricain &#187;, William Menchester relate que les villes du Japon &#171; n'&#233;taient plus qu'une d&#233;charge de ferraille&#8230; Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de t&#233;l&#233;phone, pas de train, pas d'usine d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Hiroshima et Nagasaki &#233;taient r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de caillou vitrifi&#233; ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n'allaient gu&#232;re mieux. A l'exception de quelques maisons &#224; l'&#233;preuve du feu et des tremblements de terre, tout &#233;tait r&#233;duit en cendres et en escarbilles. L&#224; se r&#233;fugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon. Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US ! Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, le r&#233;gime japonais est vaincu et demande l'armistice, mais les dirigeants alli&#233;s refusent de d&#233;signer des pl&#233;nipotentiaires. Obtenir la reddition des Autorit&#233;s, c'est risquer une remise en cause radicale de la part de la population et tout particuli&#232;rement de la classe ouvri&#232;re. Elle a subi de tr&#232;s durs sacrifices de la part du fascisme japonais durant de longues ann&#233;es et peut brutalement se r&#233;veiller en voyant que d&#233;sormais la classe dirigeante est battue et discr&#233;dit&#233;e. Il faut que cette d&#233;faite apparaisse incontestable au point que la population soit elle-m&#234;me &#233;cras&#233;e. C'est le but des bombardements massifs. C'est &#224; ce moment qu'ils lancent les deux bombes atomiques &#224; Hiroshima et Nagasaki. L'objectif n'est pas militaire. Il ne s'agit pas de faire c&#233;der le Japon, d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; capituler. Il s'agit de terroriser encore plus la population pour &#233;viter que la d&#233;faite n'entra&#238;ne des mouvements r&#233;volutionnaires du fait du discr&#233;dit du pouvoir. La bombe atomique n'aura pas plus d'effet meurtrier que le bombardement qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo re&#231;oit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est ras&#233; et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kob&#233; et des dizaines d'autres. Ce qui est vis&#233; syst&#233;matiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, ce sont les populations civiles. Il y a 100 000 morts &#224; Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et ann&#233;es qui suivront. Avec la bombe atomique, ce qui est recherch&#233; plus que l'efficacit&#233; c'est le choc sur les populations et la d&#233;monstration de supr&#233;matie. Au Japon c'est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela appara&#238;t comme une justification : le Japon doit c&#233;der devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En r&#233;alit&#233;, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l'effet sera &#233;galement important au del&#224; sur les peuples d'Asie qui menacent de se r&#233;volter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de bless&#233;s. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d'habitants en 1940 n'en comptait plus que 2 700 000 et l'essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n'avoir aucun risque d'une classe ouvri&#232;re en r&#233;volte devant elle. Il n'y avait plus qu'un pays en ruine dans une situation de mis&#232;re inimaginable avec une domination &#233;trang&#232;re et un gouvernement militaire am&#233;ricain dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur. Dans &#171; Mac Arthur, un C&#233;sar am&#233;ricain &#187;, William Menchester relate que les villes du Japon &#171; n'&#233;taient plus qu'une d&#233;charge de ferraille&#8230; Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de t&#233;l&#233;phone, pas de train, pas d'usine d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Hiroshima et Nagasaki &#233;taient r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de caillou vitrifi&#233; ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n'allaient gu&#232;re mieux. A l'exception de quelques maisons &#224; l'&#233;preuve du feu et des tremblements de terre, tout &#233;tait r&#233;duit en cendres et en escarbilles. L&#224; se r&#233;fugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Howard Zinn rapporte dans &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Faisait-on r&#233;ellement la guerre pour d&#233;montrer que Hitler se trompait quant &#224; la sup&#233;riorit&#233; de la race aryenne ? (&#8230;) Un des aspects de la politique am&#233;ricaine semblait s'inspirer directement du fascisme. Il s'agit du sort r&#233;serv&#233; aux Am&#233;ricains d'origine japonaise de la c&#244;te Ouest. Apr&#232;s l'attaque de Pearl Harbour, une hyst&#233;rie anti-japonaise &#233;clata au sein du gouvernement. Un membre du Congr&#232;s d&#233;clara m&#234;me : &#171; Je suis pour que l'on se saisisse de tous les Japonais en Am&#233;rique, de l'Alaska &#224; Hawa&#239;, et qu'on les mette dans des camps de concentration. (&#8230;) Qu'on s'en d&#233;barrasse ! &#187; (...) Cent mille hommes, femmes et enfants furent expuls&#233;s, regroup&#233;s dans des camps au plus profond des Etats-Unis et gard&#233;s dans des conditions de captivit&#233;. Les trois quarts d'entre eux &#233;taient (&#8230;) citoyens am&#233;ricains. (&#8230;) La grande majorit&#233; des Am&#233;ricains se trouvait mobilis&#233;e, dans l'arm&#233;e comme dans la vie civile, en faveur de la guerre. (&#8230;) La haine de l'ennemi, et en particulier des Japonais, &#233;tait largement partag&#233;e. Le racisme s'&#233;panouissait. Le magazine &#171; Times &#187;, rendant compte de la bataille d'Iwo Jima &#233;crivit : &#171; Le Jap de base est parfaitement ignorant. Peut-&#234;tre est-il humain. En tout cas, rien ne l'indique. &#187; Il y eut donc bien un large soutien &#224; ce qui devait devenir la plus abominable campagne de bombardements de civils jamais entreprise au cours d'une guerre : les attaques a&#233;riennes sur les villes allemandes et japonaises. (&#8230;) L'apog&#233;e de ces bombardements terroristes fut celui de Dresde, d&#233;but 1945. Au cours de cette op&#233;ration, l'extraordinaire chaleur d&#233;gag&#233;e par les bombes provoqua des incendies qui ravag&#232;rent la ville. Plus de cent mille personnes p&#233;rirent &#224; Dresde. (&#8230;) Le pilonnage des villes japonaises correspondait &#233;galement &#224; cette strat&#233;gie destin&#233;e &#224; d&#233;truire le moral des civils. Un bombardement nocturne sur Tokyo fit quelque quatre-vingt mille victimes. Puis, le 6 ao&#251;t 1945, apparut dans le ciel d'Hiroshima un unique avion am&#233;ricain qui l&#226;cha la premi&#232;re bombe atomique faisant environ cent-mille morts et des dizaines de milliers d'autres victimes qui allaient mourir lentement de l'effet d&#233;vastateur des radiations. (&#8230;) Trois jours plus tard, une autre bombe atomique &#233;tait l&#226;ch&#233;e sur Nagasaki, faisant environ cinquante mille victimes suppl&#233;mentaires. Ces actes atroces furent justifi&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la fin de la guerre et d'&#233;viter d'envahir le Japon. (&#8230;) En ao&#251;t 1945, le Japon &#233;tait d&#233;j&#224; dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e et pr&#234;t &#224; se rendre. (&#8230;) Les cent mille morts d'Hiroshima &#233;taient presque tous des civils. Le US Strategic Bomb Survey d&#233;clara quant &#224; lui dans son rapport que &#171; Hiroshima et Nagasaki avaient &#233;t&#233; choisie pour cibles en raison de leur forte concentration d'activit&#233;s et de population. &#187; (&#8230;) Apr&#232;s la reddition du Japon, les puissances fascistes &#233;taient battues. Mais qu'en est-il du fascisme en tant qu'id&#233;e, et en tant que r&#233;alit&#233; ? &#187; An&#233;antir le fascisme et les fascistes n'&#233;tait pas l'objectif de l'imp&#233;rialisme US lui qui maintenait m&#234;me au pouvoir l'empereur Hiro Hito, grand organisateur du r&#233;gime fasciste. Comment l'imp&#233;rialisme pourrait-il vouloir d&#233;truire d&#233;finitivement le fascisme puisque celui-ci n'est rien d'autre que l'an&#233;antissement physique et moral de toute possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re de faire la r&#233;volution sociale ? Cet an&#233;antissement n'&#233;tait-il pas le premier objectif des Alli&#233;s &#224; la fin de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence contre le Japon avait pour but de d&#233;truire une partie de la classe ouvri&#232;re et de terroriser l'autre partie pour &#233;viter l'explosion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures. En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230; Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les bombes d'Hiroshima et de Nagasaki, la bourgeoisie franchit un nouveau sommet dans le cynisme et le mensonge. Car ce summum de la barbarie ne fut pas perp&#233;tr&#233; par un dictateur ou un fou sanguinaire, mais par la &#171; tr&#232;s vertueuse d&#233;mocratie &#187; am&#233;ricaine. Pour justifier ce crime monstrueux, l'ensemble de la bourgeoisie mondiale a r&#233;p&#233;t&#233; sans vergogne le mensonge colport&#233; &#224; l'&#233;poque de ces sinistres &#233;v&#232;nements, selon lequel la bombe atomique n'aurait &#233;t&#233; utilis&#233;e que pour abr&#233;ger et limiter les souffrances caus&#233;es par la poursuite de la guerre avec le Japon. La bourgeoisie am&#233;ricaine a m&#234;me r&#233;cemment pouss&#233; le cynisme jusqu'&#224; vouloir faire &#233;diter un timbre anniversaire ainsi l&#233;gend&#233; : &#171; les bombes atomiques ont acc&#233;l&#233;r&#233; la fin de la guerre. Ao&#251;t 1945 &#187;. M&#234;me si au Japon cet anniversaire fut une occasion suppl&#233;mentaire pour marquer l'opposition croissante &#224; l'ex-parrain US, le premier ministre a cependant apport&#233; sa contribution pr&#233;cieuse au mensonge de la n&#233;cessit&#233; de la bombe pour que triomphent la paix et la d&#233;mocratie, en pr&#233;sentant et ce, pour la premi&#232;re fois, les excuses du Japon pour les crimes commis durant la seconde guerre mondiale. Ainsi, vainqueurs et vaincus se retrouvent unis pour d&#233;velopper cette campagne r&#233;pugnante visant &#224; justifier un des plus grands crimes de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
LA JUSTIFICATION D'HIROSHIMA ET NAGASAKI : UN GROSSIER MENSONGE&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux bombes atomiques l&#226;ch&#233;es sur le Japon en ao&#251;t 1945 firent, au total, 522 000 victimes. De nombreux cancers du poumon et de la thyro&#239;de ne se d&#233;clar&#232;rent que dans les ann&#233;es 1950 et 1960 et, aujourd'hui, les effets de l'irradiation continuent encore de faire des victimes : les leuc&#233;mies sont dix fois plus nombreuses &#224; Hiroshima que dans le reste du Japon !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour justifier un tel crime et r&#233;pondre au choc l&#233;gitime provoqu&#233; par l'horreur des effets de la bombe, Truman, le pr&#233;sident am&#233;ricain qui ordonna l'holocauste nucl&#233;aire, ainsi que son complice Winston Churchill r&#233;pandirent une fable aussi cynique que mensong&#232;re. A les en croire, l'emploi de l'arme atomique aurait &#233;pargn&#233; la vie d'environ un million de vies humaines, pertes qu'aurait selon eux n&#233;cessairement entra&#238;n&#233; l'invasion du Japon par les troupes US. En somme, malgr&#233; les apparences, les bombes qui ont ravag&#233; Hiroshima et Nagasaki et qui continuent encore cinquante ans apr&#232;s &#224; dispenser la mort, seraient des bombes pacifistes ! Or, ce mensonge particuli&#232;rement odieux est totalement d&#233;menti par de nombreuses &#233;tudes historiques &#233;manant de la bourgeoisie elle-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'on examine la situation militaire du Japon au moment o&#249; l'Allemagne capitule, on constate que celui-ci est d&#233;j&#224; totalement vaincu. L'aviation, arme essentielle de la seconde guerre mondiale, y est exsangue, r&#233;duite &#224; un petit nombre d'appareils g&#233;n&#233;ralement pilot&#233;s par une poign&#233;e d'adolescents aussi fanatis&#233;s qu'inexp&#233;riment&#233;s. La marine, tant marchande que militaire, est pratiquement d&#233;truite. La d&#233;fense antia&#233;rienne n'est plus qu'une gigantesque passoire, ce qui explique que les B 29 US aient pu se livrer &#224; des milliers de raids durant tout le printemps 1945 sans pratiquement essuyer de pertes. Et cela, c'est Churchill lui-m&#234;me qui le souligne dans le tome 12 de ses m&#233;moires !&lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#233;tude des services secrets US de 1945, publi&#233;e par le New York Times en 1989, r&#233;v&#232;le quant &#224; elle que : &#171; Conscient de la d&#233;faite, l'empereur du Japon avait d&#233;cid&#233; d&#232;s le 20 juin 1945 de cesser toute hostilit&#233; et d'entamer &#224; partir du 11 juillet des pourparlers en vue de la cessation des hostilit&#233;s &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, bien que parfaitement au courant de cette r&#233;alit&#233;, Truman, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; inform&#233; du succ&#232;s du premier tir exp&#233;rimental nucl&#233;aire dans les sables du d&#233;sert du nouveau Mexique en Juillet 1945, et ce au moment m&#234;me o&#249; se tient la conf&#233;rence de Potsdam entre lui-m&#234;me, Churchill et Staline, d&#233;cide alors d'utiliser l'arme atomique contre les villes japonaises. Qu'une telle d&#233;cision ne soit en aucune fa&#231;on motiv&#233;e par la volont&#233; de pr&#233;cipiter la fin de la guerre avec le Japon est &#233;galement attest&#233; par une conversation entre le physicien L&#233;o Szilard, l'un des p&#232;res de la bombe, et le secr&#233;taire d'Etat am&#233;ricain, J. Byrnes. A Szilard qui s'inqui&#233;tait des dangers de l'utilisation de l'arme atomique, J. Byrnes r&#233;pond qu'il &#171; ne pr&#233;tendait pas qu'il &#233;tait n&#233;cessaire d'utiliser la bombe pour gagner la guerre. Son id&#233;e &#233;tait que la possession et l'utilisation de la bombe rendraient la Russie plus contr&#244;lable &#187;.1&lt;br class='autobr' /&gt;
Et s'il &#233;tait encore besoin d'une argumentation suppl&#233;mentaire, laissons parler certains des plus hauts dirigeants de l'arm&#233;e am&#233;ricaine elle-m&#234;me. Pour l'amiral W. Leahy, chef d'&#233;tat major, &#171; Les japonais &#233;taient d&#233;j&#224; battus et pr&#234;ts &#224; capituler. L'usage de cette arme barbare n'a apport&#233; aucune contribution mat&#233;rielle &#224; notre combat contre le Japon. &#187;1 C'est un avis que partageait aussi Eisenhower.&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#232;se de l'utilisation de l'arme atomique pour forcer le Japon &#224; capituler et stopper la boucherie ne correspond &#224; aucune r&#233;alit&#233;. C'est un mensonge forg&#233; de toutes pi&#232;ces pour les besoins de la propagande guerri&#232;re de la bourgeoisie, un des fleurons du gigantesque bourrage de cr&#226;ne qu'a n&#233;cessit&#233; la justification id&#233;ologique de ce plus grand massacre de l'histoire que fut la guerre de 1939-45, de m&#234;me que la pr&#233;paration id&#233;ologique de la guerre froide.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il convient de souligner que, quels que soient les &#233;tats d'&#226;me de certains membres de la classe dominante, devant l'utilisation de cette arme terrifiante qu'est la bombe nucl&#233;aire, la d&#233;cision du pr&#233;sident Truman, est tout sauf celle d'un fou ou d'un individu isol&#233;. Elle est au contraire l'expression d'une logique implacable, celle de l'imp&#233;rialisme, celle de tous les imp&#233;rialismes, et cette logique signifie la mort et la destruction de l'humanit&#233; pour que survive une classe, la bourgeoisie, confront&#233;e &#224; la crise historique de son syst&#232;me d'exploitation et &#224; sa d&#233;cadence irr&#233;versible. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'oppos&#233; des tombereaux de mensonges colport&#233;s depuis 1945 sur la pr&#233;tendue victoire de la D&#233;mocratie synonyme de paix, la seconde boucherie mondiale est &#224; peine termin&#233;e que se dessine d&#233;j&#224; la nouvelle ligne d'affrontement imp&#233;rialiste qui va ensanglanter la plan&#232;te. De la m&#234;me fa&#231;on que dans le trait&#233; de Versailles de 1919 &#233;tait inscrite l'in&#233;luctabilit&#233; d'une nouvelle guerre mondiale, Yalta contenait la fracture imp&#233;rialiste majeure entre le grand vainqueur de 1945, les Etats-Unis, et son challenger russe. Puissance &#233;conomique mineure, la Russie peut acc&#233;der, gr&#226;ce &#224; la seconde guerre mondiale, &#224; un rang imp&#233;rialiste de dimension mondiale, ce qui ne peut que menacer la super puissance am&#233;ricaine. D&#232;s le printemps 1945, l'URSS utilise sa force militaire pour se constituer un bloc dans l'Est de l'Europe. Yalta n'avait fait que sanctionner le rapport de forces existant entre les principaux requins imp&#233;rialistes qui &#233;taient sortis vainqueurs du plus grand carnage de l'histoire. Ce qu'un rapport de forces avait instaur&#233;, un autre pouvait le d&#233;faire. Ainsi, &#224; l'&#233;t&#233; 1945, la v&#233;ritable question qui se pose &#224; l'Etat am&#233;ricain n'est pas de faire capituler le Japon le plus vite possible comme on nous l'enseigne dans les manuels scolaires, mais bien de s'opposer et de contenir la pouss&#233;e imp&#233;rialiste du &#171; grand alli&#233; russe &#187; !&lt;br class='autobr' /&gt;
W. Churchill, le v&#233;ritable dirigeant de la seconde guerre mondiale, du c&#244;t&#233; des&#171; Alli&#233;s &#187;, a pris tr&#232;s vite la mesure du nouveau front en train de s'ouvrir et va exhorter sans rel&#226;che les Etats-Unis &#224; y faire face. Il &#233;crit dans ses m&#233;moires : &#171; Plus une guerre men&#233;e par une coalition approche de sa fin, plus les aspects politiques prennent d'importance. A Washington surtout on aurait du voir plus grand et plus loin&#8230; La destruction de la puissance militaire de l'Allemagne avait provoqu&#233; une transformation radicale des rapports entre la Russie communiste et les d&#233;mocraties occidentales. Elles avaient perdu l'ennemi commun qui &#233;tait &#224; peu pr&#232;s leur seul trait d'union. &#187; Et il en conclut que : &#171; la Russie sovi&#233;tique &#233;tait devenue un danger mortel pour le monde libre, qu'il fallait cr&#233;er sans retard un nouveau front pour arr&#234;ter sa marche en avant et qu'en Europe ce front devait se trouver le plus &#224; l'Est possible &#187;[4]. On ne saurait &#234;tre plus clair : par ces mots, Churchill analyse fort lucidement que, alors que la seconde guerre mondiale n'est pas encore termin&#233;e, une nouvelle guerre est d'ores et d&#233;j&#224; en train de commencer !&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le printemps 1945, Churchill fait tout pour s'opposer aux avanc&#233;es de l'arm&#233;e russe en Europe de l'est (en Pologne, en Tch&#233;coslovaquie, en Yougoslavie, etc.). Il cherche avec obstination &#224; faire adh&#233;rer &#224; ses vues le nouveau pr&#233;sident am&#233;ricain, Truman, lequel, apr&#232;s certaines h&#233;sitations se ralliera pleinement &#224; la th&#232;se de Churchill selon laquelle &#171; la menace sovi&#233;tique avait d&#233;j&#224; remplac&#233; l'ennemi nazi &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
On comprend d&#232;s lors ais&#233;ment le total soutien que Churchill et son gouvernement unanime apport&#232;rent &#224; la d&#233;cision de Truman de faire proc&#233;der &#224; des bombardements atomiques sur les villes japonaises. Churchill &#233;crivait le 22 Juillet 1945 : &#171; [avec la bombe] nous avons d&#233;sormais en mains quelque chose qui r&#233;tablira l'&#233;quilibre avec les russes. Le secret de cet explosif et la capacit&#233; de l'utiliser modifieront compl&#232;tement l'&#233;quilibre diplomatique qui &#233;tait &#224; la d&#233;rive depuis la d&#233;faite de l'Allemagne &#187;. Que cela entra&#238;ne la mort, dans d'atroces souffrances, de centaines de milliers d'&#234;tres humains laissait de marbre ce &#171; grand d&#233;fenseur du monde libre &#187;, ce &#171; sauveur de la d&#233;mocratie &#187;. Lorsqu'il apprit la nouvelle de l'explosion d'Hiroshima, il&#8230; sauta de joie et l'un de ses conseillers, Lord Alan Brooke, pr&#233;cise m&#234;me : &#171; Churchill fut enthousiaste et se voyait d&#233;j&#224; en mesure d'&#233;liminer tous les centres industriels de la Russie et toutes les zones &#224; forte concentration de population &#187;[6]. Voil&#224; ce que pensait ce d&#233;fenseur de la civilisation et des irrempla&#231;ables valeurs humanistes &#224; l'issue d'une boucherie ayant fait 50 millions de morts !&lt;br class='autobr' /&gt;
L'holocauste nucl&#233;aire qui s'est abattu sur le Japon en ao&#251;t 1945, cette manifestation terrifiante de la barbarie absolue qu'est devenue la guerre dans la d&#233;cadence du capitalisme, ne fut donc en aucune fa&#231;on perp&#233;tr&#233;e par la &#171; blanche d&#233;mocratie &#187; am&#233;ricaine pour limiter les souffrances dues &#224; la poursuite de la guerre avec le Japon, pas plus qu'elle ne correspondait &#224; un besoin militaire. Son v&#233;ritable objectif &#233;tait d'adresser un message de terreur &#224; l'URSS pour forcer cette derni&#232;re &#224; limiter ses pr&#233;tentions imp&#233;rialistes et &#224; accepter les conditions de la &#171; pax americana &#187;. Plus concr&#232;tement, il fallait imm&#233;diatement signifier &#224; l'URSS qui, conform&#233;ment aux accords de Yalta, d&#233;clarait au m&#234;me moment la guerre au Japon, qu'il &#233;tait hors de question pour elle de tenter de participer &#224; l'occupation de ce pays, contrairement au cas de l'Allemagne. Et c'est pour que ce message soit suffisamment fort que l'Etat am&#233;ricain lan&#231;a une deuxi&#232;me bombe contre une ville d'importance mineure sur le plan militaire, &#224; savoir Nagasaki, o&#249; l'explosion an&#233;antit le principal quartier ouvrier ! C'est aussi la raison du refus de Truman de se ranger &#224; l'avis de certains de ses conseillers pour lesquels l'explosion d'une bombe nucl&#233;aire sur une zone peu peupl&#233;e du Japon eut &#233;t&#233; amplement suffisante pour amener le Japon &#224; capituler. Non, dans la logique meurtri&#232;re de l'imp&#233;rialisme, la vitrification nucl&#233;aire de deux villes &#233;tait n&#233;cessaire pour intimider Staline, pour rabattre les ambitions imp&#233;rialistes de l'ex-alli&#233; sovi&#233;tique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles le&#231;ons la classe ouvri&#232;re doit-elle tirer de cette terrible trag&#233;die et de sa r&#233;pugnante utilisation par la bourgeoisie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
En premier lieu, que ce d&#233;cha&#238;nement inou&#239; de la barbarie capitaliste est tout sauf une fatalit&#233;, dont l'humanit&#233; serait la victime impuissante. L'organisation scientifique d'un tel carnage n'a &#233;t&#233; possible que parce que le prol&#233;tariat &#233;tait vaincu &#224; l'&#233;chelle mondiale par la contre-r&#233;volution la plus terrible et la plus implacable de toute son histoire. Bris&#233; par la terreur stalinienne et fasciste, totalement d&#233;boussol&#233; par l'&#233;norme et monstrueux mensonge identifiant stalinisme et communisme, il s'est laiss&#233; finalement embrigader dans le pi&#232;ge mortel de la d&#233;fense de la d&#233;mocratie avec la complicit&#233; aussi active qu'irrempla&#231;able des staliniens. Cela jusqu'&#224; finir transform&#233; en une gigantesque masse de chair &#224; canon que la bourgeoisie pouvait utiliser &#224; merci. Aujourd'hui, quelles que soient les difficult&#233;s que conna&#238;t le prol&#233;tariat pour approfondir son combat, la situation est tout autre. Dans les grandes concentrations prol&#233;tariennes, ce qui est &#224; l'ordre du jour, en effet, ce n'est pas, comme au cours des ann&#233;es 30, l'union sacr&#233;e avec les exploiteurs, mais bel et bien l'&#233;largissement et l'approfondissement de la lutte de classe.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'oppos&#233; du grand mensonge d&#233;velopp&#233; jusqu'&#224; l'&#233;coeurement par la bourgeoisie, lequel pr&#233;sente la guerre inter-imp&#233;rialiste de 1939-45 comme une guerre entre deux &#171; syst&#232;mes &#187;, l'un fasciste, l'autre d&#233;mocratique, les cinquante millions de victimes de cet immense carnage ne sont autres que celles du syst&#232;me capitaliste comme un tout. La barbarie, les crimes contre l'humanit&#233; n'ont pas &#233;t&#233; l'apanage du seul camp fasciste. Les pr&#233;tendus &#171; d&#233;fenseurs de la civilisation &#187; rassembl&#233;s sous la banni&#232;re de la D&#233;mocratie, &#224; savoir nos fameux &#171; Alli&#233;s &#187; ont les mains tout aussi souill&#233;es de sang que celles des &#171; puissances de l'Axe &#187; et le d&#233;cha&#238;nement du feu nucl&#233;aire en ao&#251;t 1945, m&#234;me s'il est particuli&#232;rement atroce, n'est qu'un des nombreux crimes perp&#233;tr&#233;s tout au long de la guerre par ces &#171; chevaliers blancs de la d&#233;mocratie &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'horreur d'Hiroshima signifie aussi le d&#233;but d'une nouvelle p&#233;riode dans l'enfoncement du capitalisme dans sa d&#233;cadence. Elle exprime que d&#233;sormais la guerre permanente est devenue le mode de vie quotidien du capitalisme. Si le trait&#233; de Versailles annon&#231;ait la prochaine guerre mondiale, la bombe sur Hiroshima marquait, quant &#224; elle, le r&#233;el d&#233;but de ce qu'on a appel&#233; &#171; la guerre froide &#187; mettant aux prises l'URSS et les Etats-Unis et qui allait ensanglanter les quatre coins de la plan&#232;te pendant plus de 40 ans. C'est pourquoi les lendemains de 1945, contrairement aux ann&#233;es qui suivirent 1918, ne voient aucun d&#233;sarmement mais au contraire un accroissement gigantesque des d&#233;penses d'armement chez tous les vainqueurs du conflit (d&#232;s 1949, l'URSS se dote de sa premi&#232;re bombe atomique). Dans ce cadre, l'ensemble de l'&#233;conomie, sous la houlette du capitalisme d'Etat - quelles que soient les formes rev&#234;tues par ce dernier - est mise au service de la guerre. Et contrairement, l&#224; aussi, &#224; la p&#233;riode qui suit la fin du premier conflit mondial le capitalisme d'Etat ne va cesser partout de se renforcer et d'exercer son emprise totalitaire sur l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Seul l'Etat peut en effet mobiliser les gigantesques ressources n&#233;cessaires pour notamment d&#233;velopper l'arsenal nucl&#233;aire. Ainsi le projet Manhattan ne fut que le premier d'une longue et funeste s&#233;rie conduisant &#224; la plus folle et gigantesque course aux armements de l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;(dans l'article ci-joint nous avons cit&#233; notamment un extrait d'un article du CCI)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8833 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH322/-3233-74bf2.jpg?1777518928' width='500' height='322' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le journal fran&#231;ais &#034;Le Monde&#034; parlait de d&#233;couverte scientifique &#224; propos de la bombe atomique l&#226;ch&#233;e sur le Japon !!!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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