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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Bolivie : le groupe R&#233;volution permanente d&#233;couvre les soviets apr&#232;s la bataille</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8874</link>
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		<dc:date>2026-07-22T22:39:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Karob</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie Bolivia</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>

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&lt;p&gt;Prendre la t&#234;te, ou prendre le pouvoir &#8212; Bolivie : R&#233;volution Permanente face &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne &lt;br class='autobr' /&gt;
Troisi&#232;me volet &lt;br class='autobr' /&gt;
RP d&#233;couvre les soviets apr&#232;s la bataille &#8212; pour &#233;viter la dictature du prol&#233;tariat &lt;br class='autobr' /&gt;
Bolivie : le bilan de R&#233;volution Permanente et de la LOR-CI est une op&#233;ration de couverture &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 3 juillet, R&#233;volution Permanente publie son bilan de ce qu'il appelle la &#171; r&#233;bellion &#187; bolivienne (1). Dans notre premier volet (2), nous avons montr&#233; que la LOR-CI, sa section (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Bolivie Bolivia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Prendre la t&#234;te, ou prendre le pouvoir &#8212; Bolivie : R&#233;volution Permanente face &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me volet&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;RP d&#233;couvre les soviets apr&#232;s la bataille &#8212; pour &#233;viter la dictature du prol&#233;tariat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bolivie : le bilan de R&#233;volution Permanente et de la LOR-CI est une op&#233;ration de couverture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 juillet, R&#233;volution Permanente publie son bilan de ce qu'il appelle la &#171; r&#233;bellion &#187; bolivienne (1). Dans notre premier volet (2), nous avons montr&#233; que la LOR-CI, sa section bolivienne, appelait les mineurs &#224; &#171; prendre la t&#234;te &#187; de la lutte &#8212; sans poser la question du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le second volet (3), que le programme du pouvoir ouvrier s'&#233;vapore &#224; mesure qu'on remonte de la section bolivienne vers le centre fran&#231;ais du courant. Ce troisi&#232;me volet examine le bilan lui-m&#234;me. Un bilan est le lieu o&#249; une organisation avoue sa strat&#233;gie r&#233;elle ; celui-ci avoue tout, dans ses propres mots &#8212; &#224; commencer par son titre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Un bilan est un aveu &#8212; &#224; commencer par son titre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution Permanente publie un bilan de ce qu'il intitule &#171; la r&#233;bellion ouvri&#232;re, paysanne et populaire &#187; en Bolivie. Le ton se veut grave, strat&#233;gique, presque autocritique. On y parle de comit&#233;s, de &#171; cabildos &#187;, d'auto-organisation, d'&#171; organismes de type sovi&#233;tique &#187;, de coordination des luttes, de trahison de la bureaucratie de la COB. Tout y est &#8212; ou presque. Il manque seulement le centre : la dictature du prol&#233;tariat. Et il manque en premier de nommer correctement ce qui vient de se d&#233;rouler &#224; savoir la r&#233;volution et non une r&#233;bellion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce que la Bolivie a v&#233;cu n'est pas une &#171; r&#233;bellion &#187;. C'est une situation r&#233;volutionnaire, au sens pr&#233;cis que L&#233;nine a donn&#233; &#224; ce terme, et une r&#233;volution commenc&#233;e. Les trois conditions y &#233;taient r&#233;unies (4) : ceux d'en haut ne pouvaient plus gouverner comme avant &#8212; un pr&#233;sident en fuite de La Paz vers Sucre, des ministres d&#233;missionnant en pleine crise, un &#201;tat r&#233;duit &#224; la loi d'exception et &#224; l'arm&#233;e ; ceux d'en bas ne voulaient plus vivre comme avant &#8212; cinquante jours de gr&#232;ve et de blocages, pr&#232;s de cent points de barrage, des morts ; et les masses sont entr&#233;es dans l'action historique ind&#233;pendante &#8212; cabildos, assembl&#233;es, comit&#233;s d'El Alto, embryons d'autod&#233;fense et d'approvisionnement. Quand les masses cr&#233;ent leurs propres organes et posent, de l'aveu m&#234;me de RP, &#171; la question du destin du pays &#187;, la r&#233;volution a commenc&#233;. Elle n'a pas &#233;t&#233; vaincue : elle a &#233;t&#233; &#233;touff&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refuser &#224; la r&#233;volution son nom n'est pas une prudence descriptive : c'est la premi&#232;re op&#233;ration de son &#233;touffement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 1936 en France l'a montr&#233; une fois pour toutes. Deux millions de gr&#233;vistes occupent les usines ; Trotsky &#233;crit : &#171; La r&#233;volution fran&#231;aise a commenc&#233; &#187; (5) ; l'appareil stalinien r&#233;pond, par la voix de Thorez : &#171; Il faut savoir terminer une gr&#232;ve d&#232;s que satisfaction a &#233;t&#233; obtenue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui voulaient terminer le mouvement ont commenc&#233; par refuser de le nommer : une gr&#232;ve se termine, une r&#233;volution se fait. En Bolivie, la bureaucratie de la COB a sign&#233; la fin du mouvement comme l'appareil stalinien avait ordonn&#233; la reprise du travail ; et RP, qui se r&#233;clame de Trotsky, fournit le vocabulaire de l'op&#233;ration : l&#224; o&#249; Trotsky &#233;crivait &#171; la r&#233;volution a commenc&#233; &#187;, RP &#233;crit &#171; r&#233;bellion &#187;. Le titre du bilan est d&#233;j&#224; tout le bilan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me vocabulaire encadre l'issue. Ce qui s'est produit fin juin n'est, pour RP, qu'une &#171; suspension provisoire du conflit &#187;. Mais &#171; suspension &#187; est une cat&#233;gorie syndicale, pas une cat&#233;gorie r&#233;volutionnaire : un conflit se suspend, une s&#233;ance se suspend ; une r&#233;volution est victorieuse, vaincue ou avort&#233;e. Celle-ci est avort&#233;e &#8212; pour l'instant : &#233;touff&#233;e par la trahison de la COB, que RP d&#233;crit, et par l'absence de direction r&#233;volutionnaire, que RP illustre. Qui refuse de nommer la d&#233;faite refuse d'en faire le bilan ; qui ne fait pas le bilan d'une d&#233;faite pr&#233;pare la suivante. &#171; R&#233;bellion &#187; pour le commencement, &#171; suspension &#187; pour l'issue, &#171; gouvernement provisoire &#187; pour le but : trois euph&#233;mismes, une seule fonction &#8212; que la r&#233;volution ne soit nomm&#233;e nulle part pour mieux cacher sa trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corps du texte confirme le titre. Quatre citations suffisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re citation. RP &#233;crit que le mot d'ordre de la d&#233;mission de Paz &#171; posait directement la question du destin du pays &#187;. Voil&#224; l'aveu qui interdit toute &#233;chappatoire. Nul ne pourra plaider que &#171; la situation n'&#233;tait pas m&#251;re &#187; : ce sont eux qui &#233;crivent que la question du pouvoir &#233;tait pos&#233;e. Reste &#224; voir quelle r&#233;ponse ils lui donnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me citation. La voici, textuelle : &#171; gouvernement provisoire ou assembl&#233;e constituante ? &#187; Deux issues, toutes deux &#224; l'int&#233;rieur de l'&#201;tat bourgeois. Un gouvernement provisoire install&#233; sur l'appareil d'&#201;tat laiss&#233; intact, ou une assembl&#233;e constituante qui r&#233;&#233;crit la constitution du m&#234;me &#201;tat. Pas une ligne sur l'alternative r&#233;elle : le pouvoir des comit&#233;s contre l'&#201;tat bourgeois. &#192; la question du destin du pays, RP r&#233;pond par un point d'interrogation &#8212; et les deux branches du point d'interrogation restent bourgeoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me citation. Quelle fonction RP assigne-t-il aux futurs &#171; organismes de type sovi&#233;tique &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Textuellement : &#171; faire plier la r&#233;sistance du gouvernement &#187;. Faire plier &#8212; pas prendre. C'est, mot pour mot, la conception que les mencheviks et les socialistes-r&#233;volutionnaires d&#233;fendaient en 1917 : les soviets comme organes de pression sur le gouvernement, jamais comme organes du pouvoir. Toute la bataille de L&#233;nine, d'avril &#224; octobre, fut men&#233;e contre cette conception-l&#224; (6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me citation. RP revendique de s'&#234;tre battu &#171; en arrachant, par la mobilisation, un gouvernement provisoire des organisations en lutte &#187;. Arracher : le verbe dit tout. On arrache une concession &#224; un pouvoir qui reste debout. Dans cette syntaxe, l'&#201;tat bourgeois demeure le sujet qui accorde ; les masses demeurent le demandeur. Et &#171; les organisations en lutte &#187; : la COB, qui venait de trahir, en fait-elle partie ? Le flou n'est pas une n&#233;gligence de plume. Le flou est la politique. Nous y reviendrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. Ce qu'il fallait dire &#8212; et ce que leurs propres textes disaient encore le 5 juin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la r&#233;volution, au moment o&#249; les comit&#233;s existaient, o&#249; les barrages tenaient, o&#249; la COB trahissait, o&#249; l'&#201;tat promulguait sa loi d'exception puis son d&#233;cret (7) et lan&#231;ait l'arm&#233;e sur les routes, il fallait poser clairement le mot d'ordre d&#233;cisif : tout le pouvoir aux comit&#233;s ouvriers, paysans et populaires. Il fallait appeler &#224; centraliser ces organes, &#224; rompre avec la COB tra&#238;tresse, &#224; organiser l'autod&#233;fense, &#224; gagner les soldats, &#224; briser l'appareil r&#233;pressif et &#224; imposer un gouvernement ouvrier et paysan fond&#233; sur les organes de lutte. En un mot : il fallait d&#233;fendre la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution Permanente et son organisation soeur en Bolivie, la LOR-CI, ne l'ont pas fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire : le bilan recule derri&#232;re leurs propres textes. La d&#233;claration internationale de leur courant, le 5 juin, posait encore &#171; briser l'appareil d'&#201;tat &#187; (quebrar el aparato estatal) et l'agitation dans les casernes pour diviser l'arm&#233;e (8). Un mois plus tard, dans le texte qui pr&#233;tend tirer les le&#231;ons, ces deux points ont disparu. L'appareil d'&#201;tat n'est plus &#224; briser, mais &#224; &#171; faire plier &#187;. Les casernes ne sont plus mentionn&#233;es. Le bilan ne consolide pas le programme : il le d&#233;sapprend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce recul sur la question militaire est le plus grave. L'&#233;tat d'exception et le d&#233;ploiement de l'arm&#233;e sur les routes ouvrent le r&#233;cit de RP &#8212; c'est la question militaire qui a tranch&#233; le rapport de forces &#8212; et le bilan ne contient pas un mot sur le travail en direction des soldats. Pas un mot sur les comit&#233;s de soldats, pas un mot sur la fraternisation, pas un mot sur le refus de r&#233;primer. Ce n'est pas une insuffisance : c'est une absence totale. Et cette absence est un choix, non une impossibilit&#233; : au moment m&#234;me de la r&#233;pression, d'autres &#8212; que nous ne suivons par ailleurs sur aucun autre terrain &#8212; ont su lancer l'appel direct aux soldats de ne pas r&#233;primer le peuple et de retourner leurs armes contre Paz (9). La preuve est faite que le mot d'ordre &#233;tait formulable. RP a choisi de ne pas le formuler &#8212; pas m&#234;me apr&#232;s coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous objectera le &#171; verbalisme &#187; : les comit&#233;s &#233;taient embryonnaires, l'autod&#233;fense &#224; peine &#171; discut&#233;e &#187; dans les derniers jours, l'entr&#233;e des mineurs renvoy&#233;e aux &#171; prochaines batailles &#187; &#8212; RP le reconna&#238;t lui-m&#234;me. Lancer &#171; tout le pouvoir aux comit&#233;s &#187; aurait donc &#233;t&#233; de la phrase creuse ? C'est oublier avril 1917. L&#233;nine lance &#171; tout le pouvoir aux soviets &#187; quand les bolcheviks y sont minoritaires et que les soviets sont dirig&#233;s par les conciliateurs. Un mot d'ordre de pouvoir n'est pas un ordre d'assaut : c'est d'abord un axe de propagande qui oriente l'avant-garde, puis un axe d'agitation &#224; mesure que la situation m&#251;rit, enfin une directive d'action quand l'heure sonne. Refuser de le prononcer au stade de la propagande, c'est garantir qu'il manquera au stade de l'action. Et rappelons-le : c'est RP qui &#233;crit que la question du &#171; destin du pays &#187; &#233;tait pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. Des soviets sans pouvoir : des coquilles politiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ils tentent de combler le trou apr&#232;s coup. Ils expliquent qu'il faudra d&#233;velopper des &#171; organismes de type sovi&#233;tique &#187;. La formule sonne radicale. Elle a m&#234;me l'avantage d'&#233;voquer 1917 sans avoir &#224; en dire le contenu. Mais des organismes de type sovi&#233;tique sans dictature du prol&#233;tariat, ce sont des coquilles politiques. Des comit&#233;s sans prise du pouvoir deviennent des moyens de pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cabildos sans destruction de l'&#201;tat bourgeois deviennent des tribunes. Des coordinations sans rupture avec la bureaucratie deviennent des antichambres de n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est exactement ce qui s'est produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus r&#233;v&#233;lateur est que la meilleure observation du bilan plaide contre ses auteurs. RP note, justement, que le mouvement aurait d&#251; d&#233;velopper &#171; une organisation populaire de l'approvisionnement &#187; pour souder les campagnes et les villes. Mais organiser l'approvisionnement, c'est d&#233;j&#224; exercer une fonction d'&#201;tat. Les soviets de 1917 ont commenc&#233; exactement ainsi : organes du pain, du logement et de l'ordre, avant d'&#234;tre organes du pouvoir. Chaque pas r&#233;el de l'auto-organisation pose la question du pouvoir ; refuser de la nommer, c'est condamner ces organes &#224; rester des instruments de pression que la bourgeoisie finit par neutraliser. Leur meilleure id&#233;e exige la conclusion qu'ils refusent d'&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardez d'ailleurs les verbes de leur programme pour la suite : &#233;largir, d&#233;velopper, renforcer, coordonner, pr&#233;parer. Tout est quantitatif. Le saut qualitatif &#8212; la constitution des comit&#233;s en pouvoir contre l'&#201;tat bourgeois &#8212; est la cat&#233;gorie absente. Or c'est pr&#233;cis&#233;ment le passage de la quantit&#233; &#224; la qualit&#233; qui d&#233;finit une r&#233;volution. Un programme qui n'aligne que des augmentations de degr&#233; pr&#233;pare tout, sauf le changement de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. Le miroir du POR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La COB a trahi parce qu'elle est une bureaucratie int&#233;gr&#233;e au cadre bourgeois. Elle a sign&#233;, recul&#233;, livr&#233; les mobilis&#233;s &#224; l'&#233;tat d'exception. Mais une bureaucratie ne se combat pas seulement par d&#233;nonciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se combat en lui arrachant la direction de la lutte. Or cela suppose un organe concurrent, centralis&#233;, souverain : les comit&#233;s eux-m&#234;mes, organis&#233;s en pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
RP consacre de longs paragraphes, souvent justes dans le d&#233;tail, au POR bolivien : syndicalisme cons&#233;quent, capitulation couverte &#171; par des d&#233;clarations g&#233;n&#233;rales sur l'Assembl&#233;e du peuple ou sur le gouvernement ouvrier et paysan &#187;. Et RP conclut : &#171; Dans la bouche du POR, ces affirmations n'ont aucune valeur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retournons la phrase. RP couvre sa propre capitulation par des d&#233;clarations g&#233;n&#233;rales sur les &#171; organismes de type sovi&#233;tique &#187; et le &#171; gouvernement des travailleuses et des travailleurs &#187;. Dans la bouche de RP, ces affirmations n'ont pas davantage de valeur. Chaque courant centriste d&#233;nonce &#224; sa droite l'op&#233;ration qu'il accomplit lui-m&#234;me un &#233;tage au-dessus : le POR couvre sa prime n&#233;goci&#233;e par l'&#171; Assembl&#233;e du peuple &#187; ; RP couvre son &#171; faire plier &#187; par les &#171; formes sovi&#233;tiques &#187;. C'est la structure m&#234;me du centrisme &#8212; et c'est pourquoi la critique du POR par RP, exacte dans les faits, est aveugle sur la loi qu'elle illustre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. &#171; Un gouvernement provisoire des organisations en lutte &#187; : une formule ouverte au front populaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut maintenant lire en entier la phrase dont notre quatri&#232;me citation n'a donn&#233; que le verbe. RP r&#233;sume ainsi son propre combat : &#171; En menant ce travail, nous avons constamment cherch&#233; &#224; construire un pont entre le mot d'ordre de la &#8220;d&#233;mission de Paz&#8221; port&#233; par les masses et la n&#233;cessit&#233; d'un gouvernement des travailleuses et des travailleurs, en arrachant, par la mobilisation, un gouvernement provisoire des organisations en lutte. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La construction est &#233;tapiste. La chute de Paz d'abord ; puis l'&#233;tape &#8212; le &#171; gouvernement provisoire des organisations en lutte &#187;, seul objectif de combat r&#233;ellement revendiqu&#233; ; et le &#171; gouvernement des travailleuses et des travailleurs &#187; rel&#233;gu&#233; au rang de &#171; n&#233;cessit&#233; &#187; lointaine : l'horizon au nom duquel on se bat pour autre chose. Or qu'est-ce qu'un &#171; gouvernement des organisations en lutte &#187;, sans d&#233;limitation de classe et sans t&#226;ches d&#233;finies ? La COB, qui venait de trahir, est une &#171; organisation en lutte &#187;. L'&#233;visme, qui surfe sur le mouvement, aussi. Une formule qui peut inclure les appareils tra&#238;tres et les courants bourgeois &#171; en lutte &#187; n'est pas un mot d'ordre de classe : c'est une formule ouverte &#8212;ouverte, entre autres, au front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement communiste a r&#233;gl&#233; cette question au moment m&#234;me o&#249; il forgeait le mot d'ordre. Le IVe Congr&#232;s de l'Internationale communiste (1922), qui a codifi&#233; le &#171; gouvernement ouvrier &#187; commemot d'ordre du front unique, a pris soin de distinguer les gouvernements ouvriers illusoires &#8212; lib&#233;ral, social-d&#233;mocrate : des &#171; coalitions camoufl&#233;es entre la bourgeoisie et des chefs ouvriers contrer&#233;volutionnaires &#187; &#8212; des gouvernements ouvriers r&#233;els, et de pr&#233;ciser que m&#234;me ces derniers &#171; ne signifient pas encore la dictature du prol&#233;tariat &#187;. Surtout, il a fix&#233; les t&#226;ches minimales sans lesquelles aucun gouvernement ne m&#233;rite ce nom : armer le prol&#233;tariat, d&#233;sarmer la contre-r&#233;volution bourgeoise, instaurer le contr&#244;le ouvrier de la production, faire payer les riches, briser la r&#233;sistance de la bourgeoisie (10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appliquons ce crit&#232;re &#8212; le plus souple que l'Internationale r&#233;volutionnaire ait jamais adopt&#233; &#8212; au &#171; gouvernement provisoire &#187; de RP. Armer le prol&#233;tariat ? Pas un mot. D&#233;sarmer la contre-r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un mot. Contr&#244;le ouvrier de la production ? Pas un mot. Faire payer les riches ? Pas un mot. Briser la r&#233;sistance de la bourgeoisie ? RP &#233;crit exactement l'inverse : &#171; faire plier la r&#233;sistance du gouvernement &#187;. Z&#233;ro t&#226;che sur cinq &#8212; et, sur la cinqui&#232;me, une inversion terme &#224; terme : l&#224; o&#249; 1922 dit briser, 2026 dit faire plier. Le mot d'ordre du front unique a &#233;t&#233; vid&#233; de tout ce qui en faisait un levier vers la dictature du prol&#233;tariat ; il ne reste que l'enveloppe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Programme de transition avait ferm&#233; cette porte par avance : la formule du gouvernement ouvrier et paysan n'a de contenu r&#233;volutionnaire que comme popularisation de la dictature du prol&#233;tariat &#8212; le gouvernement qui s'appuie sur les organes de lutte, brise l'appareil bourgeois et arme les masses ; d&#233;tach&#233;e de ce contenu, elle devient son contraire, une combinaison de plus de la d&#233;mocratie bourgeoise (11). Chez RP, le mot est l&#224; ; le contenu est ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette porte ouverte a d&#233;j&#224; servi, pr&#233;cis&#233;ment en Bolivie. Le &#171; gouvernement des organisations en lutte &#187;, les travailleurs boliviens l'ont eu : en 1952, il s'est appel&#233; le co-gobierno &#8212; le MNR bourgeois flanqu&#233; des ministres ouvriers de la COB, Lech&#237;n aux Mines. Ce gouvernement &#171; des organisations &#187; a servi &#224; reconstruire l'arm&#233;e que les milices avaient battue, puis &#224; d&#233;sarmer les milices. La formule de RP a un pr&#233;c&#233;dent bolivien, et c'est celui-l&#224; (12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI. La Bolivie, ou la r&#233;p&#233;tition organis&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout cela n'est nouveau en Bolivie. Aucun pays du continent n'a produit autant d'embryons de double pouvoir &#8212; et autant de directions pour les st&#233;riliser. En 1952 &#8212; on vient de voir sous quelle forme &#8212;, les milices ouvri&#232;res et la COB naissante tenaient le pays ; le POR servit de conseiller &#224; la bureaucratie et le pouvoir fut remis au MNR. En 1971, l'Assembl&#233;e populaire si&#233;gea sans armes et sans pouvoir ; Banzer l'&#233;crasa. En 2003, les juntes de voisinage d'El Alto firent tomber S&#225;nchez de Lozada ; les directions canalis&#232;rent tout vers la succession constitutionnelle, puis vers le MAS. Chaque fois : des organes, du courage, des morts &#8212; et une direction qui refuse de constituer les organes en pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan de RP et de la LOR-CI de juillet 2026 n'est pas une le&#231;on tir&#233;e de cette histoire : il en est le dernier chapitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII. Le pont que les deux camps laissent vacant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RP dit avoir &#171; constamment cherch&#233; &#224; construire un pont &#187;. Regardons de quoi son pont est fait : d'une &#233;tape gouvernementale. Celui du Programme de transition est fait d'autre chose &#8212; de revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est exactement ce qui manque ici : dans tout ce &#171; bilan strat&#233;gique &#187;, pas une seule revendication transitoire. Le noeud mat&#233;riel de toute la situation, RP le d&#233;crit pourtant lui-m&#234;me : les files d'attente pour le carburant, le &#171; carburant pourri &#187;, la d&#233;valuation du boliviano, le FMI, la DEA, la doctrine &#171; Donroe &#187;. Tout est nomm&#233; &#8212; et rien n'en est tir&#233;. Or c'est exactement l&#224; que passe le pont entre la vie quotidienne des masses et le pouvoir : contr&#244;le de la production et de la distribution des hydrocarbures par les comit&#233;s ouvriers et populaires ; ouverture des livres de comptes d'YPFB ; &#233;chelle mobile des salaires et des prix contre la d&#233;valuation ; r&#233;pudiation de la tutelle du FMI et expulsion de la DEA ; expropriation sous contr&#244;le ouvrier. Voil&#224; ce qui relie la file d'attente au comit&#233;, et le comit&#233; au gouvernement ouvrier et paysan. Un bilan qui nomme le FMI sans poser la rupture, qui d&#233;crit la p&#233;nurie sans poser le contr&#244;le, n'est pas un bilan strat&#233;gique : c'est un constat accompagn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIII. Ce que RP compte &#8212; et ce qu'il ne compte pas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier trait ach&#232;ve le portrait. Comment RP mesure-t-il sa propre r&#233;ussite dans ce bilan ? Par &#171; une augmentation impressionnante de notre audience habituelle &#187;, la multiplication des visites sur le site et les r&#233;seaux sociaux, un organisme de d&#233;fense d&#233;mocratique, une position conquise &#224; l'universit&#233;. Pas une ligne sur des cellules construites dans les mines, dans l'&#233;nergie, dans les entreprises d'El Alto. Un r&#233;seau de quotidiens num&#233;riques compte ses clics ; un parti de combat compte ses cellules. Ce crit&#232;re de succ&#232;s n'est pas un d&#233;tail : il dit la nature de l'appareil, celle-l&#224; m&#234;me que notre second volet a &#233;tablie (13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : la le&#231;on qu'ils refusent d'&#233;crire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi leur bilan n'est pas une autocritique. C'est une op&#233;ration de couverture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une v&#233;ritable le&#231;on commencerait par cette phrase : nous n'avons pas d&#233;fendu ouvertement la dictature du prol&#233;tariat quand la situation la posait. Ils ne l'&#233;crivent pas. Ils pr&#233;f&#232;rent parler de formes sovi&#233;tiques, de d&#233;veloppement futur, de prochains affrontements, de pr&#233;paration strat&#233;gique. Autrement dit : ils transforment la le&#231;on du pouvoir en langage d'accompagnement. Et les premiers mots de ce langage sont &#171; r&#233;bellion &#187;, &#171; suspension &#187;, &#171; gouvernement provisoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la prochaine fois, la question ne se posera pas autrement. Si la r&#233;volution reprend en Bolivie &#8212; et le bilan lui-m&#234;me reconna&#238;t que rien n'est r&#233;gl&#233; : ni le carburant, ni la d&#233;valuation, ni la crise politique &#8212;, si les comit&#233;s r&#233;apparaissent, si l'&#201;tat vacille, si les travailleurs, les paysans, les mineurs, les secteurs populaires et les soldats entrent en mouvement, il faudra encore trancher : ou bien les organes de lutte deviennent le pouvoir d'&#201;tat des exploit&#233;s, ou bien la bourgeoisie reprendra la main par la r&#233;pression,&lt;br class='autobr' /&gt;
la n&#233;gociation, l'&#233;lection ou un nouveau gouvernement de rechange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En refusant de nommer cette conclusion, RP et la LOR-CI pr&#233;parent d&#233;j&#224; la prochaine trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils parlent maintenant de formes sovi&#233;tiques pour ne pas avoir &#224; avouer qu'ils n'ont jamais d&#233;fendu la dictature du prol&#233;tariat quand elle &#233;tait la t&#226;che du moment. Ils veulent garder le d&#233;cor de la r&#233;volution sans assumer son contenu d'&#201;tat. Mais le marxisme ne se paie pas de d&#233;cor. Les soviets ne sont pas des symboles d'auto-organisation : ils sont les organes de la dictature du prol&#233;tariat, ou ils deviennent des instruments que la bourgeoisie finit par neutraliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Bolivie ne manque pas de courage populaire. Elle ne manque pas de traditions de lutte. Elle ne manque pas d'h&#233;ro&#239;sme. Ce qui a manqu&#233;, une fois encore, c'est une direction capable de dire clairement : il ne suffit pas de faire tomber un pr&#233;sident bourgeois ; il faut que les travailleurs prennent le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution bolivienne a commenc&#233; ; elle est, pour l'instant, avort&#233;e. C'est cette le&#231;on que RP et la LOR-CI refusent de tirer. Et c'est pourquoi leur bilan, sous ses airs strat&#233;giques, ne pr&#233;pare pas la victoire suivante : il pr&#233;pare la r&#233;p&#233;tition de la d&#233;faite. Voil&#224; leur fonction contre-r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilets Jaunes Poitiers / Mati&#232;re et R&#233;volution / Voix des Travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
1 &#171; Bolivie : le&#231;ons strat&#233;giques de la r&#233;bellion ouvri&#232;re, paysanne et populaire &#187;, Javo Ferreira et Daniel Vargas Downing,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution Permanente, 3 juillet 2026, &lt;a href=&#034;https://www.revolutionpermanente.fr/Bolivie-lecons-strategiques-de-la-rebellionouvriere-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.revolutionpermanente.fr/Bolivie-lecons-strategiques-de-la-rebellionouvriere-&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
paysanne-et-populaire &#8212; Toutes les citations entre guillemets sans autre r&#233;f&#233;rence proviennent de ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Premier volet : &#171; Le groupe d'extr&#234;me gauche RP (R&#233;volution Permanente) dit au peuple travailleur de Bolivie : &#8220;Prenez la t&#234;te de la lutte&#8221; &#8212; Mais pas le pouvoir ! &#187;, Mati&#232;re et R&#233;volution, 3 juillet 2026, &lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article8847&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article8847&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Second volet : &#171; Bolivie : un m&#234;me courant, deux langages &#187;, publi&#233; &#224; la suite du premier volet sur la m&#234;me page,&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article8847&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article8847&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 L&#233;nine, &#171; La faillite de la IIe Internationale &#187; (1915) : une situation r&#233;volutionnaire se reconna&#238;t &#224; trois signes &#8212; l'impossibilit&#233; pour les classes dominantes de maintenir leur domination sous une forme inchang&#233;e (crise &#171; en haut &#187;) ; l'aggravation, au-del&#224; de l'ordinaire, de la mis&#232;re et de la d&#233;tresse des classes opprim&#233;es ; et l'accroissement marqu&#233;, sous l'effet de ces causes, de l'activit&#233; ind&#233;pendante des masses. En Bolivie : fuite du pr&#233;sident de La Paz vers Sucre le 25 mai, d&#233;missions de ministres en pleine crise, loi puis d&#233;cret d'exception ; cinquante jours de gr&#232;ve et de blocages, pr&#232;s de cent points de barrage ; cabildos,assembl&#233;es et comit&#233;s d'El Alto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 Trotsky, &#171; La r&#233;volution fran&#231;aise a commenc&#233; &#187;, 9 juin 1936 (repris dans O&#249; va la France ?). Maurice Thorez, discours du 11 juin 1936 : &#171; Il faut savoir terminer une gr&#232;ve d&#232;s que satisfaction a &#233;t&#233; obtenue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 L&#233;nine, &#171; Les t&#226;ches du prol&#233;tariat dans la pr&#233;sente r&#233;volution &#187; (Th&#232;ses d'avril), avril 1917, et &#171; Sur la dualit&#233; du pouvoir &#187;,&lt;br class='autobr' /&gt;
avril 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 Le bilan de RP attribue l'&#233;tat d'exception &#224; un &#171; d&#233;cret supr&#234;me (DS) 1740 &#187;. C'est une confusion entre deux textes juridiques distincts : la loi n&#176; 1740 du 8 juin 2026 est la loi-cadre de &#171; r&#233;gulation des &#233;tats d'exception &#187;, promulgu&#233;e par Paz apr&#232;s trenteneuf jours de blocages ; l'&#233;tat d'exception lui-m&#234;me a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; par le d&#233;cret supr&#234;me n&#176; 5636 du 20 juin 2026, pris en application de l'article 21 de la loi 1740, pour quatre-vingt-dix jours, quelques heures apr&#232;s la signature de l'accord COB&#8211; gouvernement &#8212; accord aussit&#244;t rejet&#233; par la f&#233;d&#233;ration paysanne T&#250;pac Katari de La Paz. Qu'un &#171; bilan strat&#233;gique &#187; ne sache pas citer correctement l'instrument juridique de la r&#233;pression qu'il analyse en dit assez sur le s&#233;rieux de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 &#171; Viva la rebeli&#243;n obrera, campesina e ind&#237;gena en Bolivia : &#161; Abajo el gobierno ajustador de Rodrigo Paz ! &#187;, d&#233;claration de la Corriente Revoluci&#243;n Permanente &#8211; Cuarta Internacional, 5 juin 2026, r&#233;seau La Izquierda Diario. La d&#233;claration pose &#171; quebrar el aparato estatal &#187; (briser l'appareil d'&#201;tat) et l'agitation dans les casernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 D&#233;claration de la Ligue communiste internationale, 20 juin 2026. Nous ne partageons rien d'autre avec cette organisation ; nous la citons pour &#233;tablir un seul fait : l'appel direct aux soldats &#233;tait formulable, publiquement, au moment m&#234;me de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 &#171; Th&#232;ses sur la tactique &#187;, IVe Congr&#232;s de l'Internationale communiste, d&#233;cembre 1922, section sur le gouvernement ouvrier.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;solution qualifie les gouvernements ouvriers lib&#233;ral et social-d&#233;mocrate de coalitions camoufl&#233;es entre la bourgeoisie et des chefs ouvriers contre-r&#233;volutionnaires ; elle pr&#233;cise que m&#234;me les gouvernements ouvriers r&#233;els (gouvernement des ouvriers et des paysans pauvres, gouvernement ouvrier avec participation communiste) &#171; ne signifient pas encore la dictature du prol&#233;tariat &#187; ; et elle fixe les t&#226;ches &#233;l&#233;mentaires de tout v&#233;ritable gouvernement ouvrier : armer le prol&#233;tariat, d&#233;sarmer les organisations bourgeoises contre-r&#233;volutionnaires, instaurer le contr&#244;le ouvrier de la production, faire porter le poids principal des imp&#244;ts sur les riches, briser la r&#233;sistance de la bourgeoisie contre-r&#233;volutionnaire. Dans le d&#233;bat du Congr&#232;s, Zinoviev qualifiait le gouvernement ouvrier communiste &#8212; le seul complet &#8212; de pseudonyme de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 Trotsky, Le Programme de transition (1938), section &#171; Le gouvernement ouvrier et paysan &#187; : la formule n'a de valeur que comme d&#233;signation populaire de la dictature du prol&#233;tariat ; hors de ce contenu, elle sert les combinaisons de la d&#233;mocratie bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 Sur la r&#233;volution bolivienne de 1952, le co-gobierno et la trahison de sa direction : &#171; De la r&#233;volution bolivienne de 1952 &#224; Che Guevara &#187;, Mati&#232;re et R&#233;volution, &lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article106&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article106&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bolivie : prendre la t&#234;te ou prendre le pouvoir - 2e partie</title>
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		<dc:date>2026-07-09T22:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie Bolivia</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;PRENDRE LA T&#202;TE, OU PRENDRE LE POUVOIR &lt;br class='autobr' /&gt;
Bolivie : R&#233;volution Permanente face &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne &lt;br class='autobr' /&gt;
-- Second volet &#8212; &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire la prem&#232;re partie &lt;br class='autobr' /&gt;
Bolivie : un m&#234;me courant, deux langages &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi la section bolivienne pose le pouvoir ouvrier que R&#233;volution Permanente escamote en France Ce dossier comprend deux volets, &#224; lire l'un apr&#232;s l'autre. Le premier (ci-dessus) part de la lettre ouverte adress&#233;e le 15 juin aux mineurs boliviens par un dirigeant de la LOR-CI. &#192; l'heure la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Bolivie Bolivia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;PRENDRE LA T&#202;TE, OU PRENDRE LE POUVOIR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolivie : R&#233;volution Permanente face &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Second volet &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8847&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire la prem&#232;re partie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Bolivie : un m&#234;me courant, deux langages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la section bolivienne pose le pouvoir ouvrier que R&#233;volution Permanente escamote en France&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce dossier comprend deux volets, &#224; lire l'un apr&#232;s l'autre. Le premier (ci-dessus) part de la lettre ouverte adress&#233;e le 15 juin aux mineurs boliviens par un dirigeant de la LOR-CI. &#192; l'heure la plus chaude de la r&#233;volution, ce dirigeant exhorte les mineurs &#224; &#171; prendre la t&#234;te de la lutte &#187; et &#224; obtenir la d&#233;mission de Paz &#8212; sans poser le mot d'ordre du pouvoir ouvrier : sans dire par quel organe, ni contre quel appareil, le prol&#233;tariat doit prendre la place du gouvernement renvers&#233;. Nous y nommons cette op&#233;ration par sa fonction, non par l'intention de ses auteurs : elle maintient la r&#233;volution dans le cadre bourgeois et pr&#233;pare le successeur bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce second volet va plus loin. Le courant de R&#233;volution Permanente poss&#232;de, dans ses textes, le programme du pouvoir ouvrier ; sa section bolivienne l'&#233;crit noir sur blanc. Mais ce programme, RP l'efface d&#232;s qu'elle s'adresse en son nom &#224; la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise. Nous montrons ici pourquoi, et ce que cet effacement recouvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 juin 2026, quelques heures apr&#232;s que les principaux dirigeants de la Centrale ouvri&#232;re bolivienne (COB) eurent sign&#233; dans la nuit un accord de fin de conflit avec Rodrigo Paz, le gouvernement a d&#233;cr&#233;t&#233; l'&#233;tat d'urgence sur l'ensemble du territoire et lanc&#233; l'arm&#233;e et la police contre les barrages . Une situation r&#233;volutionnaire &#8212; au sens pr&#233;cis o&#249; la question du pouvoir &#233;tait pos&#233;e &#8212; venait d'&#234;tre d&#233;samorc&#233;e par la signature de l'appareil syndical, qui a livr&#233; la classe d&#233;sarm&#233;e &#224; la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons ici examiner non pas l'&#233;v&#233;nement, que nous avons trait&#233; ailleurs, mais la mani&#232;re dont le courant trotskyste international auquel appartient R&#233;volution Permanente (RP) y est intervenu. Ce courant &#8212; la Corriente Revoluci&#243;n Permanente &#8211; Cuarta Internacional (CRP-CI), dont la section bolivienne est la Liga Obrera Revolucionaria &#8211; Cuarta Internacional (LOR-CI) et la section fran&#231;aise RP &#8212; pr&#233;sente un trait remarquable et instructif : sa section bolivienne d&#233;ploie un programme r&#233;volutionnaire complet, jusqu'au contenu de la dictature du prol&#233;tariat, tandis que son organisation fran&#231;aise, dans le texte de bilan le plus diffus&#233;, l'escamote. Cet &#233;cart n'est pas un d&#233;tail d'&#233;dition. Il dit quelque chose de la nature de classe distincte des deux organisations, et de la fonction objective que remplit RP dans un pays imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous proc&#233;dons par pi&#232;ces v&#233;rifi&#233;es, en signalant &#224; chaque pas ce que les textes &#233;tablissent et ce qu'ils ne permettent pas d'affirmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Ce que pose la section bolivienne : le programme int&#233;gral du pouvoir ouvrier&lt;br class='autobr' /&gt;
La section bolivienne, d'abord &#8212; une critique honn&#234;te lui rend ce qui lui revient. Dans son texte le plus d&#233;velopp&#233; sur la situation &#8212; une analyse sign&#233;e d'un militant de la LOR-CI, publi&#233;e le 25 mai sur La Izquierda Diario Bolivia &#8212; on trouve, articul&#233;e et nomm&#233;e, toute la cha&#238;ne strat&#233;gique que la tradition marxiste r&#233;volutionnaire oppose au r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, le contr&#244;le ouvrier jamais isol&#233; de l'organe de pouvoir &#8212; point d&#233;cisif, car chez L&#233;nine le contr&#244;le ouvrier n'a jamais de sens en dehors des conseils qui pr&#233;parent la prise du pouvoir. Le texte pose explicitement que les comit&#233;s de gr&#232;ve, lorsqu'ils assument des pouvoirs de fait, cessent d'&#234;tre de simples comit&#233;s de gr&#232;ve pour devenir &#171; un conseil ouvrier, un organe de pouvoir &#187;, et il rattache cette forme aux soviets russes, aux cordons industriels du Chili et &#224; la Coordinadora de l'eau de Cochabamba . Le contr&#244;le ouvrier n'y est donc pas une cogestion : il est articul&#233; &#224; l'organe de double pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les conseils, le double pouvoir, et les soviets nomm&#233;s. Le texte invoque l'Assembl&#233;e populaire bolivienne de 1971 comme &#171; forme embryonnaire sovi&#233;tiste &#187;, th&#233;orise la situation de double pouvoir &#171; au sens de L&#233;nine et Trotsky &#187;, et inscrit au programme du parti la lutte pour des organes &#171; du type des conseils ouvriers ou soviets &#187;, pr&#233;sent&#233;s comme &#171; la base d'un futur gouvernement des travailleurs &#187; . Le gouvernement provisoire des organisations en lutte y est d&#233;fini non comme une fin, mais comme &#171; une transition dans la perspective d'un gouvernement ouvrier et paysan fond&#233; sur des organes de d&#233;mocratie directe &#187; . C'est la formule trotskyste du contenu de la dictature du prol&#233;tariat : le pouvoir des conseils arm&#233;s arrachant le pouvoir aux exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les milices. Face &#224; la violence de l'&#201;tat &#8212; &#171; lois, tribunaux, prisons, police et Forces arm&#233;es &#187; &#8212;, le texte pose &#171; l'autod&#233;fense des masses par des milices ouvri&#232;res ou des comit&#233;s d'autod&#233;fense &#187; . Et le courant pose ailleurs, dans sa d&#233;claration internationale, l'agitation dans les casernes et &#171; la division des rangs de l'arm&#233;e pour la d&#233;fense de la r&#233;bellion populaire &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons-le nettement, contre toute caricature : sur le papier, le programme y est. Conseils, soviets, double pouvoir, milices, destruction de l'appareil d'&#201;tat, gouvernement ouvrier comme transition. La section bolivienne pose le contenu de la dictature du prol&#233;tariat dans le vocabulaire &#171; occidentalis&#233; &#187; de Trotsky . Ce n'est pas un courant qui ignore la question du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. La limite r&#233;elle de la section bolivienne : la rupture jamais tranch&#233;e avec la COB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme juste sur le papier ne fait pas une politique r&#233;volutionnaire dans les faits. Premi&#232;re faille &#8212; non une absence, mais une ambigu&#239;t&#233; non tranch&#233;e, qui est le propre du centrisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine et Trotsky ont toujours li&#233; le mot d'ordre des conseils &#224; une cons&#233;quence pratique : &#224; un certain moment, les organes de la base doivent diriger &#224; la place de l'appareil bureaucratique, le d&#233;poser, lui arracher la direction du mouvement. Le soviet n'est pas un comit&#233; qui presse la direction syndicale : c'est l'organe qui la remplace. Or, dans la d&#233;claration politique de la LOR-CI du 25 mai , les deux registres coexistent dans le m&#234;me texte sans jamais &#234;tre tranch&#233;s. D'un c&#244;t&#233;, le registre de la rupture : les directions de la CSUTCB, de la CIDOB, du Magisterio et de la FEJUVE Sud sont &#171; d&#233;savou&#233;es par en bas &#187;, et &#171; les travailleurs devons prendre dans nos propres mains la mise en &#339;uvre de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; . De l'autre, le registre de la pression sur l'appareil, qui domine jusque dans le titre : &#171; la COB doit rendre effective la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187;, et la conclusion : &#171; exigeons &#224; la COB&#8230; exigeons de nos instances syndicales qu'elles m&#232;nent cette lutte jusqu'au bout &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux mots d'ordre &#8212; d&#233;poser la COB / exiger de la COB &#8212; ne sont jamais d&#233;partag&#233;s. La perspective du pouvoir ouvrier reste &#224; l'&#233;tage strat&#233;gique, invoqu&#233;e par la r&#233;f&#233;rence &#224; 1971 ; la t&#226;che imm&#233;diate, elle, se r&#233;sout en pression sur la bureaucratie. Au moment d&#233;cisif &#8212; les quarante-huit heures o&#249; Argollo s'appr&#234;te &#224; signer &#8212;, la LOR-CI ne dit pas &#171; les cabildos d'El Alto doivent destituer Argollo et prendre eux-m&#234;mes la direction de la lutte et du pays &#187;. Elle dit &#171; exigeons d'Argollo qu'il fasse la gr&#232;ve &#187;. C'est l'application de la tactique du front unique &#8212; &#171; frapper ensemble, marcher s&#233;par&#233;s &#187; &#8212;, orthodoxe en elle-m&#234;me ; mais faute d'&#234;tre conclue par la rupture, elle laisse &#224; l'appareil la centralit&#233; qu'il utilisera pour trahir. La trahison de la COB, le 19 juin, n'a pas &#233;t&#233; une surprise : elle &#233;tait inscrite dans le fait que personne n'avait construit l'organe destin&#233; &#224; lui arracher la direction. La section bolivienne a vu cet organe (elle nomme les comit&#233;s autoconvoqu&#233;s), elle l'a m&#234;me salu&#233; &#8212; mais elle ne l'a pas pos&#233; comme la t&#226;che centrale qui prime sur la pression &#224; la bureaucratie.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une limite s&#233;rieuse. Mais reconnaissons sa nature : c'est la limite d'une organisation qui pose le programme du pouvoir et h&#233;site &#224; en tirer la cons&#233;quence pratique de rupture. Le mouvement ouvrier a connu le pr&#233;c&#233;dent exact de ce d&#233;crochage, et il est instructif : l'Allemagne d'octobre 1923 . Le Parti communiste allemand y &#233;tait un parti de masse, profond&#233;ment implant&#233; dans les usines et les syndicats, et son programme &#233;tait la prise du pouvoir par les conseils sur le mod&#232;le de 1917 ; la situation &#233;tait r&#233;volutionnaire, gouvernements ouvriers en Saxe et en Thuringe, masses disponibles. Et au moment d&#233;cisif, &#224; la conf&#233;rence de Chemnitz du 21 octobre, la direction (Brandler) a fait d&#233;pendre l'insurrection de l'accord des sociaux-d&#233;mocrates de gauche, puis a tout annul&#233; devant leur refus &#8212; seule Hambourg, n'ayant pas re&#231;u le contrordre, se souleva et fut &#233;cras&#233;e dans l'isolement. La r&#233;volution allemande mourut l&#224;, non par absence de programme ni par d&#233;faut de courage ouvrier, mais par le d&#233;crochage entre le programme proclam&#233; et l'intervention &#224; l'heure o&#249; le pouvoir &#233;tait &#224; port&#233;e. Une pr&#233;cision s'impose pour que la comparaison soit juste : en 1923 le recul portait sur l'ex&#233;cution &#8212; on annule l'assaut pr&#233;vu &#8212; tout en gardant le mot d'ordre du pouvoir dans la propagande ; chez la LOR-CI, le recul porte sur la formulation du but &#8212; on n'&#233;nonce pas le mot d'ordre du pouvoir dans l'agitation m&#234;me. &#201;tages diff&#233;rents d'un m&#234;me d&#233;crochage : dans les deux cas, le programme du pouvoir, pr&#233;sent dans les textes, s'absente au moment de l'acte.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le m&#234;me d&#233;crochage que dans la lettre du 15 juin aux mineurs, examin&#233;e au premier volet (ci-dessus) : l&#224; aussi, dans l'intervention la plus concr&#232;te et &#224; l'heure d&#233;cisive, ce courant retombe sur &#171; prendre la t&#234;te &#187; et &#171; d&#233;mission de Paz &#187;, et abandonne le mot d'ordre du pouvoir que ses propres textes &#233;noncent. La section fran&#231;aise, elle, ne pose m&#234;me pas le programme.&lt;br class='autobr' /&gt;
III. Ce que RP escamote en France : ni conseils, ni gouvernement ouvrier, ni dictature du prol&#233;tariat&lt;br class='autobr' /&gt;
Le courant poss&#232;de une presse internationale coordonn&#233;e, et RP-France traduit volontiers les d&#233;clarations de sa section bolivienne &#8212; y compris celles qui posent l'appel aux casernes et le gouvernement ouvrier . Le programme circule donc, en fran&#231;ais, dans les textes traduits. Mais lorsque RP parle en son propre nom &#8212; dans l'article o&#249; elle tire le bilan de l'&#233;v&#233;nement pour ses lecteurs fran&#231;ais &#8212;, ce programme dispara&#238;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;claration internationale du courant (5 juin) et les textes boliviens nomment le gouvernement provisoire des organisations en lutte, les conseils, la destruction de l'appareil d'&#201;tat, l'agitation dans les casernes . L'article de bilan sign&#233; c&#244;t&#233; fran&#231;ais, lui, ne nomme rien de cela. Il s'arr&#234;te au &#171; renversement de Paz &#187; comme &#224; un horizon en soi ; il ne dit pas un mot du gouvernement des travailleurs ; pas un mot des conseils ou des soviets ; pas un mot de la dictature du prol&#233;tariat sous quelque nom que ce soit ; pas un mot des soldats. Sa seule conclusion pratique est que les organisations r&#233;volutionnaires doivent &#171; multiplier les gestes de solidarit&#233; et d'intervention politique &#187; . Le bilan fran&#231;ais est une version d&#233;politis&#233;e du propre programme international du courant &#8212; une version dont on a retir&#233; exactement ce qui en faisait un programme de r&#233;volution.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet escamotage n'est pas propre &#224; la conjoncture bolivienne ; il est la r&#232;gle du registre fran&#231;ais. Sur son propre terrain &#8212; les grandes gr&#232;ves fran&#231;aises &#8212;, RP parle abondamment d'auto-organisation, de comit&#233;s de gr&#232;ve, de comit&#233;s d'action, de coordinations, d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales . Son th&#232;me central est la gr&#232;ve reconductible, &#171; la gr&#232;ve qui appartient aux travailleurs &#187;, oppos&#233;e aux journ&#233;es saute-mouton de l'intersyndicale . Tout cela est juste et utile. Mais ces comit&#233;s et coordinations sont pos&#233;s comme outils d'extension et de contr&#244;le de la gr&#232;ve par la base &#8212; jamais comme organes de pouvoir destin&#233;s &#224; diriger &#224; la place des syndicats et &#224; poser la question de l'&#201;tat. Le vocabulaire &#171; conseils ouvriers &#187;, &#171; gouvernement ouvrier &#187;, &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187; est absent du registre fran&#231;ais d'intervention, l&#224; o&#249; il est pr&#233;sent et nomm&#233; dans le registre bolivien . L&#224; o&#249; la section bolivienne va jusqu'&#224; &#171; consejo obrero, &#243;rgano de poder &#187;, RP-France s'arr&#234;te au &#171; r&#233;seau pour la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; et aux &#171; comit&#233;s d'action &#187; comme moyens de pression et d'extension. Le comit&#233; de gr&#232;ve, chez RP-France, n'est pas l'embryon d'un pouvoir qui d&#233;pose la bureaucratie : c'est un instrument pour pousser la gr&#232;ve plus loin et, au mieux, pour faire pression sur les directions syndicales afin qu'elles &#171; appellent &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
IV. La racine mat&#233;rielle de l'&#233;cart : deux organisations de nature de classe diff&#233;rente&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi un tel &#233;cart au sein d'une m&#234;me internationale ? La r&#233;ponse n'est pas dans les intentions, qu'on ne peut sonder, mais dans la base sociale et la position des deux organisations. Trois faits, v&#233;rifi&#233;s, l'&#233;clairent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;rement, les secteurs r&#233;els qu'organise chaque section. La LOR-CI revendique une implantation dans des fractions salari&#233;es de la classe ouvri&#232;re : les mineurs de Huanuni, les ouvriers d'usine et des d&#233;p&#244;ts douaniers d'El Alto et de La Paz, les enseignants, &#224; partir de sa Casa Obrera y Juvenil d'El Alto . Quelle que soit la taille r&#233;elle de cette implantation, son orientation vise le salariat. RP-France, elle, est n&#233;e comme tendance (le Courant communiste r&#233;volutionnaire) du NPA, qu'elle a quitt&#233; en 2021, et s'est constitu&#233;e en organisation distincte en 2022 ; son implantation ouvri&#232;re passe par des cadres syndicaux &#8212; un d&#233;l&#233;gu&#233; SUD-Rail pour sa figure m&#233;diatique, un syndicaliste CGT &#224; la raffinerie de Grandpuits . Sa pratique r&#233;elle est l'animation de r&#233;seaux de syndicalistes combatifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deuxi&#232;mement, le reproche d'adaptation &#224; la bureaucratie syndicale existe d&#233;j&#224; comme fracture interne &#224; leur propre courant. Au sein du NPA, le CCR (l'aile dont est issue RP) a &#233;t&#233; lui-m&#234;me la cible de critiques, puis RP, devenue autonome, a vu se rejouer le d&#233;bat : on lui a reproch&#233; le rapprochement avec La France insoumise, l'&#233;loignement de la ligne r&#233;volutionnaire &#171; au profit d'un simple r&#233;formisme &#187;, &#171; l'absence de critique des bureaucraties syndicales &#187; et &#171; le d&#233;faitisme affich&#233; par les figures m&#233;diatiques de l'organisation &#187; . Autrement dit, l'accusation centrale &#8212; RP couvre la bureaucratie syndicale et ne rompt pas avec elle &#8212; n'est pas une projection ext&#233;rieure : elle a &#233;t&#233; formul&#233;e &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de cette tradition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Troisi&#232;mement, la pratique d'intervention le confirme dans les faits. Lors de la gr&#232;ve des raffineries de 2022, apr&#232;s la r&#233;quisition des gr&#233;vistes, la figure m&#233;diatique de RP a appel&#233; publiquement la direction de la CGT &#224; &#171; lancer des appels &#224; la gr&#232;ve dans tous les secteurs &#187; &#8212; c'est-&#224;-dire qu'elle a somm&#233; l'appareil de g&#233;n&#233;raliser, au lieu de poser la construction d'organes ind&#233;pendants qui dirigeraient &#224; sa place. Pression sur la bureaucratie, non rupture avec elle. (Nous attribuons explicitement &#224; un site adversaire, le WSWS, l'all&#233;gation selon laquelle des dirigeants de RP seraient eux-m&#234;mes des responsables interm&#233;diaires de la CGT : c'est une interpr&#233;tation pol&#233;mique que nous ne reprenons pas comme un fait &#233;tabli. Le fait mat&#233;riel, lui &#8212; l'implantation via des cadres syndicaux CGT et SUD &#8212;, est attest&#233; de source neutre .)&lt;br class='autobr' /&gt;
De ces trois faits se d&#233;gage une explication mat&#233;rialiste. RP est l'organisation, dans un pays imp&#233;rialiste, d'une couche de syndicalistes combatifs dont l'horizon pratique est la radicalisation de la gr&#232;ve &#224; l'int&#233;rieur du cadre syndical existant &#8212; et dont la base sociale est impr&#233;gn&#233;e du poids du mouvement ouvrier d'un pays imp&#233;rialiste, c'est-&#224;-dire de l'adaptation &#224; la l&#233;galit&#233; et aux directions r&#233;formistes. La section bolivienne intervient, elle, dans un pays domin&#233; secou&#233; par une situation r&#233;volutionnaire ouverte, o&#249; la question du pouvoir est pos&#233;e dans la rue &#8212; ce qui rend impossible d'escamoter le programme du pouvoir ouvrier, f&#251;t-ce au prix de l'ambigu&#239;t&#233; sur la rupture avec la COB.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le m&#234;me m&#233;canisme se retrouve aux trois &#233;tages du courant. Dans la r&#233;volution bolivienne, la LOR-CI d&#233;croche au point pr&#233;cis o&#249; il faudrait rompre avec la COB et faire des comit&#233;s le pouvoir &#8212; le point de contact avec l'appareil syndical et l'&#201;tat. En France, RP retire le programme du pouvoir ouvrier d&#232;s qu'il s'agit de le porter devant la classe ouvri&#232;re de la m&#233;tropole. Et quand RP parle de contr&#244;le ouvrier, elle l'&#233;voque sur le p&#233;trole, jamais sur l'armement : car exercer le contr&#244;le ouvrier sur la production de guerre, ce serait s'attaquer &#224; l'appareil militaire de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, donc rompre avec le social-chauvinisme et le social-patriotisme de la direction syndicale que RP couvre . Toujours la m&#234;me r&#232;gle : plus on approche du c&#339;ur du pouvoir &#8212; l'appareil syndical int&#233;gr&#233;, l'&#201;tat, l'arm&#233;e, l'imp&#233;rialisme de la m&#233;tropole &#8212; plus le programme du pouvoir ouvrier s'&#233;vapore. Loin du pouvoir, le programme s'&#233;nonce sans peine ; l&#224; o&#249; il faudrait le porter contre le noyau dur de la domination, il dispara&#238;t. Une organisation r&#233;volutionnaire fait l'inverse : elle &#233;l&#232;ve le mot d'ordre du pouvoir &#224; mesure que la crise en rapproche l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
V. Le nom de cette op&#233;ration : le centrisme&lt;br class='autobr' /&gt;
RP r&#233;pondra que son langage fran&#231;ais rel&#232;ve de la &#171; tactique &#187; : adapter le mot d'ordre au niveau de conscience de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise, faire de la gr&#232;ve reconductible un &#171; pont &#187; vers des objectifs plus &#233;lev&#233;s, selon la m&#233;thode du Programme de transition. L'argument a du poids, et nous ne pr&#233;tendons pas prouver l'intention contraire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reste le r&#233;sultat objectif, et c'est lui qui compte. Le centrisme consiste pr&#233;cis&#233;ment &#224; pr&#233;senter comme &#171; tactique &#187; ce qui fonctionne comme adaptation. Une organisation r&#233;volutionnaire adapte ses mots d'ordre imm&#233;diats au niveau de la conscience, mais ne retire jamais de son intervention publique la perspective strat&#233;gique &#8212; le pouvoir ouvrier, la destruction de l'&#201;tat, la dictature du prol&#233;tariat &#8212; sous peine de laisser la classe sans boussole quand la crise pose la question du pouvoir. RP ne se borne pas &#224; adapter ses mots d'ordre : elle retire la perspective elle-m&#234;me de son intervention fran&#231;aise, qu'elle r&#233;serve aux textes boliviens traduits. Le programme existe dans la doctrine internationale et dans la section qui agit en situation r&#233;volutionnaire ; il s'&#233;vapore l&#224; o&#249; il s'adresse, en fran&#231;ais, &#224; une classe ouvri&#232;re d'un pays imp&#233;rialiste jug&#233;e &#8212; implicitement &#8212; pas m&#251;re pour l'entendre. Double cons&#233;quence : la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise n'entend jamais, de la bouche de RP, le programme de son propre pouvoir ; et la couverture de la bureaucratie syndicale, faute de la perspective qui justifierait la rupture, devient la pente de l'organisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux volets ne portent pas le m&#234;me jugement, et la diff&#233;rence est voulue. Le premier &#233;tablit une fonction contre-r&#233;volutionnaire, sur la base du texte fondateur de 2022 lu directement et de l'intervention de la LOR-CI en pleine situation r&#233;volutionnaire : dans la rue bolivienne, o&#249; le pouvoir est &#224; port&#233;e de main, escamoter le mot d'ordre du pouvoir a un effet imm&#233;diat et meurtrier &#8212; cela livre la classe d&#233;sarm&#233;e &#224; la r&#233;pression. Le pr&#233;sent volet qualifie l'intervention fran&#231;aise de RP de centrisme, de couverture de gauche de la bureaucratie syndicale. Non par indulgence : la France ne conna&#238;t pas aujourd'hui de situation r&#233;volutionnaire ouverte, et l'escamotage du programme n'y produit pas la cons&#233;quence imm&#233;diate qu'il produit &#224; La Paz. Le retrait du programme du pouvoir y prend donc la forme att&#233;nu&#233;e du centrisme, l&#224; o&#249; il prend en Bolivie la forme aigu&#235; de la fonction contre-r&#233;volutionnaire. Att&#233;nu&#233;e dans ses effets, c'est la m&#234;me op&#233;ration, et elle pr&#233;pare le m&#234;me r&#233;sultat, en m&#233;tropole comme dans les Andes : une classe ouvri&#232;re maintenue sans le programme de son propre pouvoir, une bureaucratie syndicale couverte au lieu d'&#234;tre combattue. Sans durcir au-del&#224; des preuves : le corpus de ce second volet &#8212; sources attribu&#233;es, presse adverse signal&#233;e comme telle, journal de la section dat&#233; &#8212; n'&#233;tablit pas, pour le seul registre fran&#231;ais, une fermeture programmatique aussi tranch&#233;e que celle que le premier volet d&#233;montre sur le texte fondateur. Nous &#233;tablissons une fonction et une pente, pas une intention ; le premier volet, lui, tient la pi&#232;ce &#8212; le texte fondateur &#8212; qui autorise le terme le plus dur.&lt;br class='autobr' /&gt;
VI. Ce que pose le programme contre les deux &#233;cueils&lt;br class='autobr' /&gt;
Contre la limite de la section bolivienne (le programme du pouvoir sans la rupture tranch&#233;e avec l'appareil) et contre l'escamotage fran&#231;ais (la rupture invoqu&#233;e sans le programme du pouvoir), la position que nous d&#233;fendons tient en une articulation indissociable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une situation r&#233;volutionnaire ne se gagne pas par le seul courage de la base &#8212; les travailleurs d'El Alto et les paysans du Chapare l'avaient, et au-del&#224; &#8212;, mais par l'organe qui centralise cette base contre l'appareil et par-dessus lui, c'est-&#224;-dire qui d&#233;pose la direction syndicale tra&#238;tresse au lieu de la presser. Cet organe &#8212; comit&#233;s, conseils, assembl&#233;es centralis&#233;es par d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;vocables &#8212; n'est pas un instrument d'extension de la gr&#232;ve : il est l'embryon du pouvoir des travailleurs, et il ne vaut que rapport&#233; &#224; son but, qui est d'arracher le pouvoir &#224; la bourgeoisie et de d&#233;truire son &#201;tat. C'est le contenu de la dictature du prol&#233;tariat, qui n'est pas un slogan que l'on r&#233;serve aux pays lointains, mais la perspective que tout r&#233;volutionnaire doit porter dans sa propre classe, dans son propre pays, y compris et surtout imp&#233;rialiste. Le travail vers les soldats, la fracture de l'appareil arm&#233;, en sont la condition. La direction de marche n'est pas un suppl&#233;ment au mot d'ordre &#171; auto-organisation &#187; : elle en est le sens, ou bien l'auto-organisation n'est qu'une &#233;cole de pression sur la bureaucratie.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi l'&#233;cart entre la LOR-CI et RP-France n'est pas une affaire d'accent ou de format. C'est la mesure de la distance qui s&#233;pare une organisation contrainte par une situation r&#233;volutionnaire de poser le pouvoir ouvrier &#8212; d'une organisation d'un pays imp&#233;rialiste qui, ayant pour base une couche de cadres syndicaux, retire ce pouvoir de son horizon pratique et le remplace par la pression sur les directions qu'elle devrait combattre.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Gilets Jaunes Poitiers / Mati&#232;re et R&#233;volution / Voix des Travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Annexe &#8212; note de m&#233;thode et points restant &#224; v&#233;rifier&lt;br class='autobr' /&gt;
1.	La loi agraire &#171; 1720 &#187; (loi Marinkovic) est attest&#233;e par deux sources concordantes (l'article de RP et le programme de la LOR-CI, qui la nomme explicitement &#171; loi Marinkovic [1720] &#187;). Le num&#233;ro et le contenu peuvent &#234;tre avanc&#233;s en les attribuant aux organisations mobilis&#233;es ; la date de promulgation reste &#224; confirmer sur une source bolivienne primaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.	L'effondrement du prol&#233;tariat minier est solidement &#233;tabli : d&#233;cret 21060 du 29 ao&#251;t 1985 (gouvernement V&#237;ctor Paz Estenssoro), &#171; relocalisation &#187; de 24 755 mineurs sur 30 174 ; passage des coop&#233;rativistes de 28 649 (1985) &#224; 65 890 (2010) ; la miner&#237;a coop&#233;rativis&#233;e fournit aujourd'hui 90 % des emplois du secteur ; Huanuni reste la principale mine sous administration directe de l'&#201;tat. Ces donn&#233;es changent l'arri&#232;re-plan de l'analyse : le prol&#233;tariat minier salari&#233;, colonne vert&#233;brale de la COB et de la r&#233;volution de 1952, a &#233;t&#233; d&#233;cim&#233; et largement remplac&#233; par une couche coop&#233;rativiste de nature sociale distincte. &#192; recouper sur les chiffres les plus r&#233;cents (post-2010) avant publication.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.	Le terme &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187; : la distinction de registres est d&#233;sormais verrouill&#233;e (note 9). Le texte fondateur de RP (d&#233;cembre 2022) n'emploie ni &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187; ni &#171; centralisme d&#233;mocratique &#187; &#8212; fait &#233;tabli sur lecture directe dans le premier volet de ce dossier. Les textes de conjoncture boliviens posent le contenu du pouvoir ouvrier sans le mot. Les deux volets doivent rester coh&#233;rents sur ce r&#233;glage : le pr&#233;sent volet renvoie au premier pour la preuve sur le texte fondateur, et ne laisse pas flotter de r&#233;serve &#224; ce sujet. Resterait, par surcro&#238;t de prudence, &#224; confirmer sur un texte programmatique dat&#233; de la LOR-CI elle-m&#234;me (et non du courant en g&#233;n&#233;ral) son usage ou non de l'expression.&lt;br class='autobr' /&gt;
4.	L'explication de l'&#233;cart (section IV) admet deux lectures non d&#233;partageables par les seuls textes : adaptation objective de RP &#224; la bureaucratie d'un pays imp&#233;rialiste (notre th&#232;se), ou &#171; tactique &#187; d'adaptation au niveau de conscience (leur d&#233;fense). Le texte &#233;tablit le r&#233;sultat objectif sans pr&#233;tendre prouver l'intention ; c'est la seule position &#233;pist&#233;miquement tenable. Ne pas durcir l'accusation en imputation d'intention.&lt;br class='autobr' /&gt;
5.	Corpus effectivement lu (pour m&#233;moire) : c&#244;t&#233; bolivien/international &#8212; &#171; Huelga general hasta que caiga el gobierno &#187; (25 mai), &#171; Ni un paso atr&#225;s, la COB debe hacer efectiva la huelga general &#187; (25 mai), d&#233;claration internationale CRP-CI (5 juin), &#171; Entre el Cabildo del 1 de mayo y la Conminatoria de Argollo &#187; (17 juin), &#171; Bolivia : &#161;Abajo el estado de excepci&#243;n ! &#187; (21 juin), et le mensuel imprim&#233; Palabra Obrera n&#176;65 (septembre 2015) ; c&#244;t&#233; fran&#231;ais &#8212; &#171; courage et infamie &#187; de C. Rozenn (20 juin), &#171; il faut une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e &#187; (19 mai, traduction), &#171; Menace d'&#233;tat d'urgence &#187; (traduction), plus le corpus RP sur l'auto-organisation et les gr&#232;ves fran&#231;aises 2022-2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
6.	Le journal imprim&#233; Palabra Obrera est accessible via le site lorci.org, mais l'exemplaire en ligne le plus complet est le n&#176;65 (septembre 2015) ; le site lorci.org est une coquille dont le contenu propre s'arr&#234;te vers 2016 (une colonne lat&#233;rale recopie automatiquement le fil de La Izquierda Diario, ce qui donne une fausse impression de fra&#238;cheur). L'&#233;dition imprim&#233;e 2026 de Palabra Obrera n'a pas &#233;t&#233; retrouv&#233;e en PDF. Toute affirmation sur &#171; ce que diffuse aujourd'hui leur journal &#187; doit donc rester prudente : nous disposons d'un num&#233;ro de 2015, coh&#233;rent avec leur ligne actuelle, mais pas de l'&#233;dition courante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le groupe d'extr&#234;me gauche RP (R&#233;volution Permanente) dit au peuple travailleur de Bolivie : &#171; Prenez la t&#234;te de la lutte &#187; &#8212; Mais pas le pouvoir !</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8847</link>
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		<dc:date>2026-07-02T22:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie Bolivia</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;PREMIERE PARTIELe groupe d'extr&#234;me gauche RP (R&#233;volution Permanente) dit au peuple travailleur de Bolivie : &#171; Prenez la t&#234;te de la lutte &#187; &#8212; Mais pas le pouvoir ! &lt;br class='autobr' /&gt;
La LOR-CI, les mineurs boliviens et le refus de la dictature du prol&#233;tariat : non plus une timidit&#233;, une fonction contre-r&#233;volutionnaire Le 15 juin 2026, Javo Ferreira publie sur R&#233;volution Permanente une lettre ouverte aux mineurs boliviens , sign&#233;e au nom de la LOR-CI, section bolivienne du Courant R&#233;volution Permanente. Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Bolivie Bolivia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;PREMIERE PARTIE&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19450 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/bolivie.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/bolivie.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le groupe d'extr&#234;me gauche RP (R&#233;volution Permanente) dit au peuple travailleur de Bolivie : &#171; Prenez la t&#234;te de la lutte &#187; &#8212; Mais pas le pouvoir !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La LOR-CI, les mineurs boliviens et le refus de la dictature du prol&#233;tariat : non plus une timidit&#233;, une fonction contre-r&#233;volutionnaire&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 15 juin 2026, Javo Ferreira publie sur R&#233;volution Permanente une lettre ouverte aux mineurs boliviens , sign&#233;e au nom de la LOR-CI, section bolivienne du Courant R&#233;volution Permanente. Le texte intervient au point le plus chaud de la crise : la veille, le 14 juin, la COB a de nouveau suspendu son assembl&#233;e &#233;largie ; des groupes d'extr&#234;me droite post&#233;s aux portes de la FSTMB ont obtenu cette suspension sans combat ; le gouvernement Paz a tu&#233; des manifestants lors de ses op&#233;rations de d&#233;blocage, recouru aux paramilitaires &#224; San Juli&#225;n, arr&#234;t&#233; et poursuivi plus de quatre cents personnes. Senkata, San Juli&#225;n, R&#237;o Seco se soul&#232;vent. Des dizaines de comit&#233;s de blocage et de mobilisation se constituent et commencent &#224; se coordonner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons &#233;tabli dans notre article du 26 mai (Bolivie 1952 &#8212; Bolivie 2026 : la m&#234;me limite programmatique &#224; soixante-quatorze ans d'intervalle) que ce courant ne parvient pas &#224; nommer la cause de la d&#233;faite de 1952. La lettre du 15 juin permet d'aller plus loin, et il le faut. Ce que nous appelions &#171; limite &#187; est en r&#233;alit&#233; une position d&#233;termin&#233;e, et cette position a un nom dans le mouvement ouvrier : elle est contre-r&#233;volutionnaire. Ce courant n'ignore pas la question du pouvoir sur le papier : son texte fondateur de d&#233;cembre 2022 parle de renverser l'&#201;tat bourgeois et de le remplacer par un &#171; pouvoir d&#233;mocratique de la majorit&#233; exploit&#233;e &#224; travers ses organes d'auto-organisation &#187;, &#233;voque les soviets et le &#171; double pouvoir &#187;. Mais il en efface le nom et le tranchant. L'expression &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187; n'y figure pas une seule fois ; &#171; centralisme d&#233;mocratique &#187; non plus. &#192; leur place, le texte recentre toute la strat&#233;gie sur les cat&#233;gories gramsciennes d'&#171; h&#233;g&#233;monie &#187; et de &#171; bloc ouvrier et populaire &#187;, et sur une &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale politique &#187;. Ce d&#233;placement de vocabulaire n'est pas neutre : &#171; dictature du prol&#233;tariat &#187; nomme pr&#233;cis&#233;ment ce que &#171; pouvoir d&#233;mocratique de la majorit&#233; &#187; brouille &#8212; la nature de classe du nouvel &#201;tat, la destruction de l'appareil bourgeois, la mise au pas de la bourgeoisie comme classe. Reste un second d&#233;placement, d&#233;cisif : ce que le programme &#233;nonce en th&#233;orie dispara&#238;t dans l'intervention concr&#232;te. Dans la r&#233;volution bolivienne, o&#249; la question du pouvoir se pose en acte, ni la lettre de Ferreira ni l'article de La Izquierda Diario ne traduisent ce but en mot d'ordre transitoire &#8212; centraliser les comit&#233;s en un pouvoir qui destitue Paz et prend sa place. La fonction contre-r&#233;volutionnaire est tout enti&#232;re dans cet &#233;cart.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;faite r&#233;duite &#224; la l&#226;chet&#233; : le moralisme qui dispense de poser le pouvoir&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#232;se centrale du texte tient en une phrase : &#171; La d&#233;faite ne peut venir que de l'int&#233;rieur du mouvement, c'est-&#224;-dire des dirigeants l&#226;ches, v&#233;reux ou r&#233;formistes. &#187; La d&#233;faite est imput&#233;e &#224; des qualit&#233;s morales &#8212; l&#226;chet&#233;, v&#233;nalit&#233;, r&#233;formisme pris comme tares de caract&#232;re &#8212; non &#224; une politique d&#233;termin&#233;e que la LOR-CI opposerait par un mot d'ordre alternatif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or la bureaucratie de la COB n'est pas une collection d'individus d&#233;faillants. C'est une couche sociale dont les int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels d&#233;coulent de sa position : interm&#233;diaire entre le travail et l'&#201;tat capitaliste, gestionnaire de la force de travail, elle a structurellement besoin que la lutte reste dans les bornes du cadre bourgeois, car son existence m&#234;me d&#233;pend de la perp&#233;tuation de ce cadre. La caract&#233;riser par la &#171; l&#226;chet&#233; &#187; et la &#171; corruption &#187;, c'est substituer la psychologie &#224; l'analyse de classe. Et ce moralisme n'est pas innocent : il est la condition de tout le reste. Si la d&#233;faite ne tient qu'au courage des dirigeants, alors il suffit d'en appeler au courage des mineurs &#8212; et l'on n'a plus jamais &#224; poser la question du pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faire tomber Paz pour construire quoi ? Le contenu positif de l'omission&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ici que l'analyse doit aller jusqu'au bout. Que demande la lettre, dans son paragraphe culminant ? Que les mineurs de Huanuni et de Colquiri viennent &#224; La Paz &#224; la t&#234;te de milliers de leurs camarades &#171; pour faire comprendre une fois pour toutes au gouvernement qu'il doit d&#233;missionner &#187;. L'horizon revendicatif effectif, &#224; l'heure la plus chaude, est la d&#233;mission de Paz. Rien d'autre. Aucun &#233;quivalent de &#171; Tout le pouvoir &#224; la COB &#187;. Aucune indication de quel pouvoir devrait remplacer le gouvernement Paz.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais une omission n'est jamais un vide : elle a un contenu positif. Faire tomber un gouvernement bourgeois sans appeler le prol&#233;tariat &#224; instaurer son propre pouvoir, ce n'est pas s'arr&#234;ter &#224; mi-chemin, c'est d&#233;signer par d&#233;faut ce qui prendra la place &#8212; un nouveau gouvernement bourgeois, le plus souvent dans sa variante &#171; de gauche &#187;, front-populiste, indig&#233;niste ou &#171; citoyenne &#187;. Qui ne pose pas la R&#233;publique des conseils pr&#233;pare objectivement le successeur bourgeois. La question l&#233;niniste &#233;l&#233;mentaire &#8212; remplac&#233; par quoi ? par quel organe de classe ? la COB prend-elle le pouvoir, oui ou non ? &#8212; n'est pas une subtilit&#233; doctrinale : elle d&#233;partage la r&#233;volution et la contre-r&#233;volution. La taire au moment o&#249; des dizaines de comit&#233;s s'auto-organisent, c'est exactement ce que Ferreira d&#233;nonce sans se reconna&#238;tre : une d&#233;faite venue de l'int&#233;rieur du mouvement. L'agent int&#233;rieur de la d&#233;faite n'est pas seulement la l&#226;chet&#233; de la bureaucratie : c'est aussi, et d'abord, le refus du mot d'ordre du pouvoir par ceux qui pr&#233;tendent diriger la r&#233;volution.&lt;br class='autobr' /&gt;
18 juin : la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;formiste, ou le chemin vers la table de n&#233;gociation&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois jours apr&#232;s la lettre de Ferreira, La Izquierda Diario Bolivie confirme tout. Le 18 juin, les n&#233;gociations Paz-COB sont suspendues sans r&#233;sultat ; la seule &#171; avanc&#233;e &#187;, pr&#233;sent&#233;e comme telle par le dirigeant de la COB Mario Argollo, est une commission juridique qui confie l'&#233;valuation des d&#233;tenus au procureur g&#233;n&#233;ral &#8212; l'appareil judiciaire qui les a arr&#234;t&#233;s. L'article d&#233;nonce les n&#233;gociations &#171; entre quatre murs et dans le dos des bases &#187; et appelle &#224; porter la gr&#232;ve sur les lieux de travail, &#224; la rendre effective par l'arr&#234;t total du travail. On pourrait croire &#224; un progr&#232;s sur la gr&#232;ve &#171; par roulement &#187; que Ferreira laissait passer trois jours plus t&#244;t. Il n'en est rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le syndicalisme r&#233;volutionnaire d'avant 1914 avait forg&#233; la distinction qui tranche ici. D&#232;s 1902, dans la brochure Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;formiste et gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;volutionnaire &#233;dit&#233;e par la Commission de propagande de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la CGT &#8212; au moment m&#234;me o&#249; Victor Griffuelhes, secr&#233;taire de la Conf&#233;d&#233;ration, et &#201;mile Pouget opposaient leur conception &#224; celle des r&#233;formistes &#8212; la classe ouvri&#232;re organis&#233;e s&#233;parait deux choses que tout distingue. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;formiste : &#233;preuve de force destin&#233;e &#224; arracher des concessions dans le cadre bourgeois, et que les chefs r&#233;formistes ram&#232;nent invariablement &#224; la table &#8212; ainsi, la m&#234;me ann&#233;e, Jaur&#232;s et le dirigeant minier r&#233;formiste Basly pressaient le gouvernement de soumettre la gr&#232;ve des mineurs &#224; l'arbitrage. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;volutionnaire : non plus un moyen de pression, mais la forme m&#234;me du processus de prise du pouvoir et d'expropriation. Le crit&#232;re qui s&#233;pare les deux n'est pas l'intensit&#233; de l'arr&#234;t de travail : c'est sa finalit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur cet axe, la gr&#232;ve &#171; par roulement &#187; de Ferreira et l'&#171; arr&#234;t total &#187; de La Izquierda Diario ne sont pas s&#233;par&#233;s par le seuil qui compte. Ce sont deux variantes d'une m&#234;me gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;formiste &#8212; l'une molle, l'autre militante. Dans les deux cas, la gr&#232;ve est pos&#233;e comme moyen de pression, jamais comme organe et chemin d'un pouvoir ouvrier ; dans les deux cas, son unique d&#233;bouch&#233; possible est le r&#232;glement n&#233;goci&#233;. Passer du roulement &#224; l'arr&#234;t total, c'est passer du r&#233;formisme mou au r&#233;formisme &#233;nergique : un &#233;cart de degr&#233; &#224; l'int&#233;rieur du r&#233;formisme, jamais le saut vers la gr&#232;ve r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'omission du pouvoir ne laisse donc pas un vide : elle garantit la d&#233;faite que l'article redoute. Car la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;formiste est pr&#233;cis&#233;ment la forme de gr&#232;ve dont la seule issue est la table de n&#233;gociation. En appelant &#224; la gr&#232;ve la plus totale tout en d&#233;non&#231;ant la n&#233;gociation, et en retirant le mot d'ordre d'un gouvernement ouvrier fond&#233; sur les comit&#233;s, R&#233;volution Permanente produit la contradiction parfaite : une gr&#232;ve qui ne peut se terminer qu'&#224; la table qu'elle pr&#233;tend rejeter. &#171; Aucune confiance dans la n&#233;gociation &#187; et &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e &#187; se r&#233;solvent immanquablement en un retour &#224; la n&#233;gociation. La gr&#232;ve r&#233;formiste n'&#233;vite pas la table : elle y conduit. C'est la fonction m&#234;me que nous d&#233;crivons &#8212; la mobilisation la plus &#233;nergique, sagement canalis&#233;e vers le compromis bourgeois. Et le mot d'ordre que les militants du courant portent &#224; Paris, &#171; Paz d&#233;mission ! &#187; , en dit le fond : faire partir le pr&#233;sident, et abandonner &#224; la bourgeoisie la question de qui gouverne apr&#232;s lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;c&#233;dent que l'on tait : Barcelone 1936, Montseny ministre de la bourgeoisie&lt;br class='autobr' /&gt;
Il existe pour cette politique un pr&#233;c&#233;dent exact, et ce n'est pas un hasard si ce courant ne le convoque jamais. En juillet 1936, &#224; Barcelone et dans toute la Catalogne, les ouvriers de la CNT-FAI &#233;crasent le soul&#232;vement militaire et tiennent la rue, les armes et les usines. Le pouvoir r&#233;el leur appartient. Companys, pr&#233;sident bourgeois de la Generalitat, se d&#233;clare lui-m&#234;me &#224; leur merci. Les anarchistes ont alors la m&#234;me d&#233;cision devant eux que la COB en 1952, que la COB aujourd'hui : prendre le pouvoir au nom des organes ouvriers, ou le laisser &#224; la bourgeoisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils choisissent la seconde voie. Au nom du refus de la &#171; dictature &#187; &#8212; qu'ils confondent avec la dictature du prol&#233;tariat &#8212; ils dissolvent leur propre pouvoir dans les institutions bourgeoises, puis entrent, en novembre 1936, dans le gouvernement r&#233;publicain de Largo Caballero : quatre ministres CNT, parmi lesquels Federica Montseny &#224; la Sant&#233; et Juan Garc&#237;a Oliver &#224; la Justice. Montseny justifiera publiquement cette entr&#233;e dans l'&#201;tat bourgeois comme un moindre mal destin&#233; &#224; &#171; sauver &#187; la r&#233;volution. Le r&#233;sultat est connu : les journ&#233;es de mai 1937 &#224; Barcelone, o&#249; la R&#233;publique bourgeoise et ses alli&#233;s staliniens &#233;crasent les ouvriers r&#233;volutionnaires, interdisent le POUM, assassinent Andr&#233;s Nin &#8212; pendant que la direction de la CNT, devenue minist&#233;rielle, appelle ses propres troupes &#224; d&#233;poser les armes. Le refus de prendre le pouvoir n'a pas pr&#233;serv&#233; la r&#233;volution : il a livr&#233; ses combattants &#224; la contre-r&#233;volution. Trotsky en a tir&#233; la le&#231;on d&#233;finitive : des dirigeants ouvriers devenus ministres d'un gouvernement bourgeois ne sont plus des r&#233;volutionnaires h&#233;sitants, mais un rouage de l'appareil qui &#233;trangle la r&#233;volution .&lt;br class='autobr' /&gt;
La Bolivie a d&#233;j&#224; v&#233;cu sa version de ce m&#233;canisme, et c'est pr&#233;cis&#233;ment le pr&#233;c&#233;dent que Ferreira pr&#233;sente comme mod&#232;le. En 2003, l'unit&#233; de Huanuni, d'El Alto et du mouvement paysan chasse S&#225;nchez de Lozada. Le pouvoir n'est pas pris par les organes des masses ; il transite par la succession constitutionnelle, puis par le canal &#233;lectoral du MAS et le gouvernement d'Evo Morales &#8212; c'est-&#224;-dire la canalisation de l'&#233;nergie r&#233;volutionnaire vers un gouvernement de gestion capitaliste &#224; phras&#233;ologie indig&#233;niste. La &#171; nationalisation &#187; que Ferreira porte au cr&#233;dit de 2003 fut une nationalisation d'&#201;tat bourgeois, d&#233;cr&#233;t&#233;e par en haut, et non une expropriation par les organes ouvriers. Pr&#233;senter 2003 comme l'objectif &#224; &#171; renouer &#187;, c'est donc fixer pour horizon maximal le successeur bourgeois de gauche. La r&#233;volution avort&#233;e de 2003 n'a pas accouch&#233; du pouvoir ouvrier : elle a accouch&#233; du MAS. Voil&#224; ce que produit, concr&#232;tement, le refus de poser la question du pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Centrisme ou contre-r&#233;volution ? La caract&#233;risation par la fonction, non par l'intention&lt;br class='autobr' /&gt;
Que l'on ne se m&#233;prenne pas sur le mot. Dire de cette politique qu'elle est contre-r&#233;volutionnaire n'est pas lui opposer un autre moralisme &#8212; ce serait retomber dans le travers que nous reprochons &#224; Ferreira. Nous ne disons pas que les militants de la LOR-CI sont des tra&#238;tres, des l&#226;ches ou des malhonn&#234;tes. La cat&#233;gorie de contre-r&#233;volution, dans le mouvement ouvrier, n'a jamais d&#233;sign&#233; une intention : elle d&#233;signe une fonction objective dans la lutte des classes. Une politique est contre-r&#233;volutionnaire lorsque, ind&#233;pendamment des intentions et m&#234;me de la sinc&#233;rit&#233; de ses auteurs, elle remplit objectivement la fonction de maintenir la r&#233;volution dans le cadre bourgeois et de la d&#233;faire de l'int&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en ce sens, et en ce sens seulement, que le qualificatif s'impose ici &#8212; comme il s'imposait pour le POR de Lora en 1952 et pour la CNT-FAI gouvernementale en 1936. La diff&#233;rence avec le simple centrisme est pr&#233;cise : le centriste h&#233;site, oscille, parle r&#233;volution et agit r&#233;forme. Ce courant ne se contente pas d'h&#233;siter au moment d&#233;cisif : il a, dans son programme fondateur, effac&#233; l'expression et le tranchant de la dictature du prol&#233;tariat au profit de l'&#171; h&#233;g&#233;monie &#187; et du &#171; bloc ouvrier et populaire &#187;, et il pousse cet effacement jusqu'&#224; escamoter le mot d'ordre du pouvoir dans une situation de dualit&#233; de pouvoir naissante. Ce n'est plus l'oscillation du centriste, c'est la fonction d&#233;termin&#233;e de qui pr&#233;pare, par son silence sur le pouvoir, le retour de la bourgeoisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalit&#233; : la R&#233;publique des conseils, ou rien&lt;br class='autobr' /&gt;
Reste &#224; dire ce que la lettre aurait d&#251; dire. Ferreira nomme correctement les enjeux mat&#233;riels : il refuse &#171; la privatisation des entreprises publiques &#187;, il refuse &#171; le pillage de nos richesses naturelles communes comme le lithium, le tungst&#232;ne et les terres rares &#187;. Mais il nomme la richesse sans nommer l'agent : qui exproprie, sous quel pouvoir, et qui garde ce qui aura &#233;t&#233; expropri&#233; ? Sous n'importe quel successeur bourgeois &#8212; f&#251;t-il &#171; de gauche &#187; &#8212; le lithium et l'&#233;tain restent propri&#233;t&#233; capitaliste, comme ils le sont redevenus sous le MAS. Seul un pouvoir de classe peut les arracher et les tenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce pouvoir existe d&#233;j&#224; en germe sous les yeux de Ferreira, et il le d&#233;crit sans le voir : les dizaines de comit&#233;s de blocage et de mobilisation qui &#171; commencent &#224; coordonner leurs actions &#187;. La t&#226;che d'un parti r&#233;volutionnaire n'est pas d'exhorter les mineurs au courage &#8212; ils n'en ont jamais manqu&#233;, ni en 1952 o&#249; ils &#233;taient arm&#233;s et ma&#238;tres de la COB, ni aujourd'hui. Sa t&#226;che est de poser le mot d'ordre que ce courant refuse depuis soixante-quatorze ans : centraliser ces comit&#233;s en une f&#233;d&#233;ration nationale, organe unique d'un pouvoir ouvrier et populaire oppos&#233; au gouvernement Paz et destin&#233; &#224; le remplacer ; d&#233;sarmer les paramilitaires et briser l'arm&#233;e bourgeoise par la milice de ces m&#234;mes comit&#233;s ; exproprier sans indemnit&#233; les grands groupes miniers et les ressources strat&#233;giques sous le contr&#244;le de ce pouvoir ; et lier d'embl&#233;e cette r&#233;volution &#224; son extension continentale et &#224; la reconstruction d'une Internationale ouvri&#232;re. C'est cela, et rien d'autre, que signifie &#171; prendre la t&#234;te de la lutte &#187; : non conduire les mineurs &#224; faire tomber un gouvernement bourgeois pour en installer un autre, mais les conduire &#224; prendre le pouvoir. Tout le reste &#8212; l'appel au courage, la d&#233;mission de Paz, le mod&#232;le de 2003 &#8212; n'est que l'habillage radical d'un retour &#224; l'ordre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les multiples r&#233;voltes, r&#233;bellions et r&#233;volutions des Indiens des Andes</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7741</link>
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		<dc:date>2025-09-02T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Chili Chile</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie Bolivia</dc:subject>
		<dc:subject>Equateur</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rindiens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les multiples r&#233;voltes, r&#233;bellions et r&#233;volutions des Indiens des Andes &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : cette liste de combats des Indiens des Andes est non exhaustive mais tr&#232;s significative. Les Indiens ne se sont jamais laiss&#233;s faire, n'ont jamais baiss&#233; les bras malgr&#233; une r&#233;pression f&#233;roce et sanglante. Leur combat &#224; l'&#233;poque moderne est toujours li&#233; &#224; la lutte sociale des ouvriers, des mineurs et des paysans pauvres dont il est ins&#233;parable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui sont les Indiens des Andes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;14 - Livre Quatorze : PROLETAIRES SANS FRONTIERES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Chili Chile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Bolivie Bolivia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot165" rel="tag"&gt;Equateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot302" rel="tag"&gt;Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les multiples r&#233;voltes, r&#233;bellions et r&#233;volutions des Indiens des Andes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : cette liste de combats des Indiens des Andes est non exhaustive mais tr&#232;s significative. Les Indiens ne se sont jamais laiss&#233;s faire, n'ont jamais baiss&#233; les bras malgr&#233; une r&#233;pression f&#233;roce et sanglante. Leur combat &#224; l'&#233;poque moderne est toujours li&#233; &#224; la lutte sociale des ouvriers, des mineurs et des paysans pauvres dont il est ins&#233;parable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui sont les Indiens des Andes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Peuples_indig%C3%A8nes_d%27Am%C3%A9rique_du_Sud&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Peuples_indig%C3%A8nes_d%27Am%C3%A9rique_du_Sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1536 : r&#233;bellion de Manco Capac II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1536, Manco Capac, profitant de divisions entre les Espagnols et de leur petit nombre &#224; Cuzco, organise secr&#232;tement la premi&#232;re r&#233;bellion contre les envahisseurs espagnols &#224; travers tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En peu de temps, Manco Capac, qui a quitt&#233; Cuzco sous un pr&#233;texte religieux, revient &#224; la t&#234;te d'une arm&#233;e parfaitement &#233;quip&#233;e dont on estime le nombre &#224; environ 30 000 guerriers. Il campe dans la ville fortifi&#233;e d'Ollantaytambo d'o&#249; il va diriger le si&#232;ge de Cuzco. Lorsque les Espagnols aper&#231;oivent les troupes de Manco Capac aux abords de Cuzco, c'est une surprise totale : ils n'avaient rien d&#233;cel&#233; des pr&#233;paratifs. &#192; leur tour, des groupes de guerriers en armes provenant de toutes les provinces se joignent &#224; l'arm&#233;e qui d&#233;j&#224; encercle la ville. Plus de cinquante mille guerriers assi&#232;gent Cuzco. Ce si&#232;ge sanglant, qui dura huit mois, faillit aboutir &#224; une victoire inca : les renforts envoy&#233;s de Lima sont &#233;cras&#233;s par les tribus am&#233;rindiennes qui ont appris &#224; conna&#238;tre les Espagnols et soutenaient d&#233;sormais les Incas. Traqu&#233;s dans tout le pays, les Espagnols sont poursuivis jusqu'&#224; Lima. Mais l'arm&#233;e am&#233;rindienne, &#233;puis&#233;e par un manque de denr&#233;es, se voit oblig&#233;e de rompre le si&#232;ge de Cuzco et de se replier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Manco_Capac_II&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Manco_Capac_II&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1536 : guerre d'Arauco lors de la premi&#232;re Grande R&#233;volte Mapuche du Chili&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Arauco&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Arauco&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volte, dite de Taki Unquy, dans les Andes p&#233;ruviennes entre 1564 et 1572. Mai 1571, r&#233;volte des Indiens au P&#233;rou : l'inca Titu Kusi Yupanqui (1560-1571) meurt peut-&#234;tre empoisonn&#233; entre mars et juin par les r&#233;volt&#233;s quechuas qui lui reprochent de s'&#234;tre soumis aux espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Taki_Unquy&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Taki_Unquy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1572 : r&#233;volte de T&#250;pac Amaru au P&#233;rou contre l'empire espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%BApac_Amaru&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%BApac_Amaru&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/e-spania/21440&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/e-spania/21440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.alterinfos.org/spip.php?article6237&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.alterinfos.org/spip.php?article6237&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.alterinfos.org/spip.php?article6424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.alterinfos.org/spip.php?article6424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lalibre.be/2010/07/03/tupac-amaru-figure-des-andes-CRZDUYVJPRDAFBAERY4K3G5ZWE/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lalibre.be/2010/07/03/tupac-amaru-figure-des-andes-CRZDUYVJPRDAFBAERY4K3G5ZWE/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille de Curalaba (&#233;galement connue sous le nom de d&#233;sastre de Curalaba ou victoire de Curalaba) fut un affrontement militaire majeur entre les forces espagnoles et les Mapuches qui se produisit le 23 d&#233;cembre 1598.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Curalaba&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Curalaba&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#250;pac Amaru II, est un chef indien qui prit de 1780 &#224; 1782 la t&#234;te d'un mouvement de r&#233;bellion indien contre les colons espagnols au P&#233;rou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%BApac_Amaru_II&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%BApac_Amaru_II&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_T%C3%BApac_Amaru_II&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_T%C3%BApac_Amaru_II&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu&#769;pac Katari, le leader aymara de la re&#769;bellion de 1781&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%BApac_Katari&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%BApac_Katari&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2012-4-page-23.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2012-4-page-23.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation de l'Araucanie (ou, anciennement, par euph&#233;misme, pacification de l'Araucanie) &#233;tait une campagne militaire men&#233;e de 1861 &#224; 1883 par l'&#201;tat chilien et visant &#224; mettre sous sa tutelle int&#233;grale et d&#233;finitive la portion de territoire sise entre les fleuves Biob&#237;o au nord et Tolt&#233;n au sud, grande d'environ 30 000 km2, et correspondant aux terres ancestrales du peuple autochtone mapuche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_de_l%27Araucanie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_de_l%27Araucanie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte de Huancan&#233; (1866-1868) : les Indiens des Andes sur la sc&#232;ne des pr&#233;occupations nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pur/159505?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pur/159505?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1899, l'arme&#769;e rebelle aymara commande&#769;e par Pablo Zarate &#171; Willca &#187; massacra 130 soldats gouvernementaux a&#768; Mohoza, pre&#768;s de La Paz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/voyage/bolivie-el-alto-la-revanche-des-indiens-aymara-169223&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/voyage/bolivie-el-alto-la-revanche-des-indiens-aymara-169223&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation des Indiens &#224; la r&#233;volution de 1952 en Bolivie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1557&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1557&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1997, les communaut&#233;s mapuches de Pilil Mapu et de Pichi Loncoyan dans la commune de Lumaco, de Huelle Bajo et de Lleu Lleu en Contulmo et Ca&#241;ete, entam&#232;rent une occupation pacifique de terrains en revendiquant 80 000 hectares des terrains usurp&#233;s. Au total, les communaut&#233;s mapuches revendiquent &#224; l'heure actuelle 400 000 hectares de terres. Le 12 octobre, les communaut&#233;s d&#233;cident de paralyser les activit&#233;s de l'entreprise foresti&#232;re Arauco et, le 14 octobre 1997, la police intervient brutalement. L'occupation se solde par plus de quarante arrestations et plusieurs bless&#233;s, et l'expulsion des communaut&#233;s. Depuis, tout au long de l'ann&#233;e 1998, les conflits se sont succ&#233;d&#233;s et la situation n'a cess&#233; de se d&#233;grader. La solution propos&#233;e par les autorit&#233;s locales avec le soutien financier des entreprises fut la relocalisation des populations indig&#232;nes sur un territoire p&#233;riph&#233;rique plus proche. Ce transfert humain devrait non seulement &#234;tre une solution au conflit mais permettre que les entreprises foresti&#232;res disposent d'une main d'&#339;uvre bon march&#233; &#224; port&#233;e de la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://mapuche.free.fr/articles/Schartau.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mapuche.free.fr/articles/Schartau.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;quateur en 1993-99 : La r&#233;volte des paysans indiens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2426&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2426&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2000 : Les Indiens d'Equateur abattent le pouvoir puis le reconstituent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2426&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2426&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;bellion des Aymaras de 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/2003/10/23/la-rebellion-de-la-nation-aymara&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.courrierinternational.com/article/2003/10/23/la-rebellion-de-la-nation-aymara&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emeute aymara &#224; Sucre (Bolivie) en 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2007/12/12/emeutes-a-sucre-en-bolivie-novembre-2007/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2007/12/12/emeutes-a-sucre-en-bolivie-novembre-2007/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 2008 : r&#233;volte des indiens du P&#233;rou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article638&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article638&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affrontements entre les Mapuches et la police au sud du Chili en 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2009/08/13/affrontements-entre-les-mapuches-et-la-police-au-sud-du-chili-aout-2009/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2009/08/13/affrontements-entre-les-mapuches-et-la-police-au-sud-du-chili-aout-2009/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2009/10/08/affrontements-a-cunco-au-chili-octobre-2009/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2009/10/08/affrontements-a-cunco-au-chili-octobre-2009/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2009/10/21/affrontements-en-pays-mapuche-au-chili-octobre-2009/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2009/10/21/affrontements-en-pays-mapuche-au-chili-octobre-2009/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affrontements en Equateur en 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des affrontements entre la police et des Indiens d'Amazonie qui protestaient mercredi contre des lois sur l'eau, le p&#233;trole et les mines, ont fait caus&#233; la mort d'un Indien et bless&#233; au moins 40 policiers et neuf Indiens, ont annonc&#233; les autorit&#233;s &#233;quatoriennes. Deux civils auraient &#233;t&#233; tu&#233;s selon les Indien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve118&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve118&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volte Mapuche en 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2010/10/13/mapuches-affrontements-dans-le-sud-de-largentine-octobre-2010/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2010/10/13/mapuches-affrontements-dans-le-sud-de-largentine-octobre-2010/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marche des indiens de Bolivie en 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?breve278&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.org/spip.php?breve278&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sciencespo.fr/opalc/node/713.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sciencespo.fr/opalc/node/713.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volte mapuche en 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2012/07/31/mapuches-affrontements-a-temuco-araucanie-30-juillet-2012/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2012/07/31/mapuches-affrontements-a-temuco-araucanie-30-juillet-2012/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volte mapuche en 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2013/10/13/dia-de-la-raza-affrontements-a-santiago-12-octobre-2013/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2013/10/13/dia-de-la-raza-affrontements-a-santiago-12-octobre-2013/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2013 : le pouvoir chilien accuse les Mapuches pour les incendies !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/emission/20130109-chili-incendies-le-sud-pays-le-gouvernement-accuse-mapuches&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rfi.fr/fr/emission/20130109-chili-incendies-le-sud-pays-le-gouvernement-accuse-mapuches&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/ameriques/20180209-chili-indiens-mapuche-police-enquete-preuve-falsification-temuco-justice&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rfi.fr/fr/ameriques/20180209-chili-indiens-mapuche-police-enquete-preuve-falsification-temuco-justice&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestants mapuches en 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2017/11/28/mort-dun-manifestant-mapuche-affrontements-a-cordoba-27-novembre-2017/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2017/11/28/mort-dun-manifestant-mapuche-affrontements-a-cordoba-27-novembre-2017/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2017/11/27/mort-dun-manifestant-mapuche-attaque-de-la-casa-de-rio-negro-a-buenos-aires-25-novembre-2017/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2017/11/27/mort-dun-manifestant-mapuche-attaque-de-la-casa-de-rio-negro-a-buenos-aires-25-novembre-2017/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2017/11/26/mort-dun-manifestant-mapuche-emeute-a-bariloche-25-novembre-2017/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2017/11/26/mort-dun-manifestant-mapuche-emeute-a-bariloche-25-novembre-2017/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;bellion des Mapuches du Chili le 18 octobre 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://alencontre.org/ameriques/amelat/chili/chili-deux-ans-apres-le-debut-de-la-rebellion-du-18-octobre-2019-la-lutte-des-mapuches-pour-la-recuperation-de-leurs-territoires-ancestraux-ii.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://alencontre.org/ameriques/amelat/chili/chili-deux-ans-apres-le-debut-de-la-rebellion-du-18-octobre-2019-la-lutte-des-mapuches-pour-la-recuperation-de-leurs-territoires-ancestraux-ii.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volte mapuche en 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/conflit-au-chili-la-poudriere-mapuche-au-bord-de-l-explosion&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.courrierinternational.com/article/conflit-au-chili-la-poudriere-mapuche-au-bord-de-l-explosion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2022/10/11/mapuches-affrontements-a-santiago-10-octobre-2022/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2022/10/11/mapuches-affrontements-a-santiago-10-octobre-2022/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2023 : la r&#233;volte des indiens Aymaras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/un-monde-d-avance/le-perou-bascule-dans-l-instabilite-politique-sur-fond-de-revolte-des-indiens-aymaras_5567670.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/un-monde-d-avance/le-perou-bascule-dans-l-instabilite-politique-sur-fond-de-revolte-des-indiens-aymaras_5567670.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/perou/manifestations-au-perou-comment-les-communautes-indigenes-font-entendre-leur-voix-grace-aux-reseaux-sociaux_5777933.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/perou/manifestations-au-perou-comment-les-communautes-indigenes-font-entendre-leur-voix-grace-aux-reseaux-sociaux_5777933.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, l'instauration d'un &#201;tat plurinational par l'indien Evo Morales en Bolivie n'a pas entrain&#233; un plus grand respect des droits ni des territoires des peuples autochtones ni ceux des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ritimo.org/La-situation-des-peuples-autochtones-dans-la-Bolivie-d-Evo-Morales&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ritimo.org/La-situation-des-peuples-autochtones-dans-la-Bolivie-d-Evo-Morales&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article639&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article639&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve388&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve388&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve133&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve133&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volte au P&#233;rou en 2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2023/03/03/au-perou-derriere-la-crise-politique-une-explosion-sociale-aux-racines-profondes_6164047_3210.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/international/article/2023/03/03/au-perou-derriere-la-crise-politique-une-explosion-sociale-aux-racines-profondes_6164047_3210.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volte gronde en Bolivie</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7997</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article7997</guid>
		<dc:date>2024-11-07T04:13:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie Bolivia</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;volte gronde en Bolivie &lt;br class='autobr' /&gt;
Les principales routes du pays sont bloqu&#233;es par les r&#233;volt&#233;s qui protestent contre la d&#233;tention de Morales et les sacrifices impos&#233;s avec la crise &#233;conomique &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.arte.tv/fr/videos/123101-000-A/bolivie-la-revolte-s-intensifie/ &lt;br class='autobr' /&gt;
A Cochabamba, les militaires ont &#233;t&#233; pris en otage par les paysans am&#233;rindiens &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.youtube.com/watch?v=Z8w0DkSGUXQ &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.youtube.com/watch?v=e_PbXCTdyNA &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir envoie la troupe contre les r&#233;volt&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Bolivie Bolivia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volte gronde en Bolivie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les principales routes du pays sont bloqu&#233;es par les r&#233;volt&#233;s qui protestent contre la d&#233;tention de Morales et les sacrifices impos&#233;s avec la crise &#233;conomique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.arte.tv/fr/videos/123101-000-A/bolivie-la-revolte-s-intensifie/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.arte.tv/fr/videos/123101-000-A/bolivie-la-revolte-s-intensifie/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Cochabamba, les militaires ont &#233;t&#233; pris en otage par les paysans am&#233;rindiens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Z8w0DkSGUXQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Z8w0DkSGUXQ&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=e_PbXCTdyNA&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=e_PbXCTdyNA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir envoie la troupe contre les r&#233;volt&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lopinion.fr/international/bolivie-lancien-president-evo-morales-en-greve-de-la-faim-sur-fond-de-revolte-antigouvernementale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lopinion.fr/international/bolivie-lancien-president-evo-morales-en-greve-de-la-faim-sur-fond-de-revolte-antigouvernementale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolivie en octobre dernier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2024/10/30/marche-pour-morales-affrontements-a-mairana-29-octobre-2024/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2024/10/30/marche-pour-morales-affrontements-a-mairana-29-octobre-2024/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2024/10/26/marche-pour-morales-affrontements-a-parotani-25-octobre-2024/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2024/10/26/marche-pour-morales-affrontements-a-parotani-25-octobre-2024/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2024/10/15/marche-pour-morales-barrages-autoroutiers-entre-cochabamba-et-santa-cruz-14-octobre-2024/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2024/10/15/marche-pour-morales-barrages-autoroutiers-entre-cochabamba-et-santa-cruz-14-octobre-2024/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2024/09/19/marche-pour-evo-morales-affrontements-a-panduro-18-septembre-2024/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://berthoalain.com/2024/09/19/marche-pour-evo-morales-affrontements-a-panduro-18-septembre-2024/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'affrontement se polarise autour de la candidature d'Evo Morales, ancien pr&#233;sident am&#233;ridien, la division r&#233;elle du pays se fait entre riches et pauvres, entre exploiteurs et exploit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2022, d&#233;j&#224;, la r&#233;volte...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/revolte-dechiree-la-bolivie-au-bord-de-l-eclatement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.courrierinternational.com/article/revolte-dechiree-la-bolivie-au-bord-de-l-eclatement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luttes de classes du pass&#233; en Bolivie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=bolivie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=bolivie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/monde/amerique/revolte-citoyenne-en-bolivie-l-une-des-plus-grandes-mobilisations-pacifiques-jamais-vue_2106420.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lexpress.fr/monde/amerique/revolte-citoyenne-en-bolivie-l-une-des-plus-grandes-mobilisations-pacifiques-jamais-vue_2106420.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/un-monde-d-avance/le-perou-bascule-dans-l-instabilite-politique-sur-fond-de-revolte-des-indiens-aymaras_5567670.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/un-monde-d-avance/le-perou-bascule-dans-l-instabilite-politique-sur-fond-de-revolte-des-indiens-aymaras_5567670.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la Bolivie est &#233;conomique, sociale et politique, c'est une crise r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/energie-la-production-de-gaz-naturel-principale-ressource-de-bolivie-a-touche-le-fond&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.courrierinternational.com/article/energie-la-production-de-gaz-naturel-principale-ressource-de-bolivie-a-touche-le-fond&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://viralmag.fr/bolivie-des-soldats-pris-en-otage-par-des-partisans-de-lex-president-morales/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://viralmag.fr/bolivie-des-soldats-pris-en-otage-par-des-partisans-de-lex-president-morales/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Bolivie, le face &#224; face entre prol&#233;taires en armes et contre-r&#233;volution militaire, polici&#232;re et capitaliste</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article5590</link>
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		<dc:date>2019-11-14T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie Bolivia</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Bolivie, le face &#224; face entre prol&#233;taires en armes et contre-r&#233;volution militaire, polici&#232;re et capitaliste &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;mission d'Evo Morales face au coup d'Etat de l'arm&#233;e et de la police a laiss&#233; les deux vraies forces l'une en face de l'autre, c'est-&#224;-dire le prol&#233;tariat et les forces arm&#233;es de la bourgeoisie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 11 novembre, sous pr&#233;texte de pillages dans la capitale et, en fait, face &#224; des r&#233;volt&#233;s politiques qui, pro-Morales ou pas, s'opposaient au coup d'Etat, l'arm&#233;e a rejoint la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Bolivie Bolivia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En Bolivie, le face &#224; face entre prol&#233;taires en armes et contre-r&#233;volution militaire, polici&#232;re et capitaliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mission d'Evo Morales face au coup d'Etat de l'arm&#233;e et de la police a laiss&#233; les deux vraies forces l'une en face de l'autre, c'est-&#224;-dire le prol&#233;tariat et les forces arm&#233;es de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 novembre, sous pr&#233;texte de pillages dans la capitale et, en fait, face &#224; des r&#233;volt&#233;s politiques qui, pro-Morales ou pas, s'opposaient au coup d'Etat, l'arm&#233;e a rejoint la police pour imposer le calme dans le rues mais les fermes intentions des forces de r&#233;pression, et leurs m&#233;thodes ultraviolentes n'ont pas suffi ni &#224; calmer les &#233;meutiers ni &#224; &#233;craser l'&#233;meute, ni en une heure, ni en un jour, la r&#233;volte &#233;tant trop massive et trop profonde pour cela. La r&#233;volte contre la nouvelle dictature militaire n'est pas l'action d'infimes minorit&#233;s mais une action de masse. Qui plus est de masses prol&#233;tariennes en armes ! El Alto, ville prol&#233;tarienne et mini&#232;re a des fameuses traditions de combat et ne craint pas la lutte prol&#233;tarienne arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'arm&#233;e tire dans les rues, ne croyez pas que c'est pour tuer, non c'est pour&#8230; faire le moins de morts officiels possibles mais le plus de cadavres !!! &#171; Le commandement militaire a d&#233;cid&#233; que des op&#233;rations conjointes seront men&#233;es avec la police pour &#233;viter le sang et le deuil dans la famille bolivienne &#187;, a d&#233;clar&#233; le commandant en chef de l'arm&#233;e, William Kaliman, dans une d&#233;claration t&#233;l&#233;vis&#233;e. Il a appel&#233; ses troupes &#224; utiliser &#171; la force de mani&#232;re proportionn&#233;e contre les actions de groupes de vandales qui provoquent la terreur dans la population &#187;. L'arm&#233;e a d&#233;cr&#233;t&#233; : &#171; nous ne tirons pas sur le peuple mais sur les ennemis du peuple &#187; et il ne reste plus que de savoir qui est l'ennemi des peuple et qui sont ses amis !!! Ce d&#233;bat ne se tranchera pas par la parole mais par les armes ! L'arm&#233;e tire dans les rues, se pr&#233;tendant seulement sur la d&#233;fensive et &#233;tant attaqu&#233;e par les r&#233;volt&#233;s, et d&#233;clare tirer sur des bandits et des pillards &#171; en rappelant &#224; la population que les forces arm&#233;es n'ouvriront jamais le feu contre elle &#187;. Chacun appr&#233;ciera la nuance : si on lui tire dessus, c'est qu'il est consid&#233;r&#233; comme un bandit. La plupart des gens ne sortent donc plus de chez eux. Allez savoir ce que cela signifie sur leur position face au coup d'Etat ?!!! Cela montre en tout cas que l'arm&#233;e avait peur que son intervention violente ne pousse le peuple bolivien dans le camp des r&#233;volt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux points de la r&#233;volte arm&#233;e &#233;taient &#224; El Alto, &#224; La Paz (la capitale) et &#224; Cocabamba, l&#224; o&#249; le militantisme radical qui est le plus hostile au coup d'Etat s'est le plus d&#233;velopp&#233;, organis&#233; et arm&#233;, pr&#234;t &#224; en d&#233;coudre dans le sang s'il le faut mais nullement pr&#234;t &#224; reculer m&#234;me face &#224; l'arm&#233;e bolivienne. Et celle-ci ne les minimise pas, ne les n&#233;glige pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne pouvait n&#233;gliger la menace d'El Alto d'envahir La Paz, ce type de menace du quartier le plus prol&#233;tarien de d&#233;ferler sur la capitale a toujours fait trembler la classe poss&#233;dante&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le premier jour de cette r&#233;volte contre le coup d'Etat, de tr&#232;s nombreux commissariats de police ont flamb&#233; du fait des actions des manifestants. C'est ce qui a justifi&#233; l'appel officiel du chef de la police au chef de l'arm&#233;e et la tentative de faire passer le coup d'Etat en simple op&#233;ration de maintien de l'ordre contre des &#171; pillards &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les semaines d'affrontement entre Morales et ses opposants, un grand nombre de policiers avaient d&#233;missionn&#233; ou disparu, ce qui a augment&#233; le chaos, les partisans des deux camps se battant physiquement et s'armant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre forces sociales se sont unies pour combattre la mise en place de la dictature militaire : les prol&#233;taires, les d&#233;munis des villes, les paysans et les Am&#233;rindiens ! Il en r&#233;sulte que l'insurrection n'est nullement une protestation finale de d&#233;fenseurs de Morales mais des combattants d'une lutte que ce dernier a choisi de ne pas mener et a fui&#8230; Si la fuite de Morales a affaibli moralement ses partisans, comme ses m&#233;thodes de gouvernement les avait discr&#233;dit&#233;s dans les milieux populaires, elle a aussi attis&#233; leur col&#232;re et les a amen&#233;s &#224; rejoindre les plus pauvres et les ouvriers radicaux, constituant un camp r&#233;volutionnaire pas ridicule du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement Morales a fui le combat mais il a appel&#233; son camp &#224; la cessation des violences, en somme &#224; se laisser faire et &#224; compter sur l'Organisation des Etats am&#233;ricains pour refuser la dictature militaire en Bolivie !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e s'est retranch&#233; derri&#232;re son &#171; devoir constitutionnel &#187;, suite &#224; son d&#233;part et au vide du pouvoir, pour justifier la mise en place d'une nouvelle dictature sanglante soutenue par les USA que la population civile ne souhaite absolument pas, y compris la plupart des opposants &#224; Morales qui &#233;taient descendus dans les rues&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de r&#233;pression sont le seul reste du pouvoir d'Etat, tous ses responsables ayant d&#233;missionn&#233;, le pr&#233;sident, le vice-pr&#233;sident, la pr&#233;sidente et le vice-pr&#233;sident du S&#233;nat ainsi que le pr&#233;sident de la Chambre des d&#233;put&#233;s. C'est le vide institutionnel. Tous les dirigeants politiques de la bourgeoisie reconnaissent se sentir incapables de gouverner un peuple en r&#233;volution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le chef de l'arm&#233;e affirme que ce vide n'est que provisoire et que l'arm&#233;e ne supprime pas le gouvernement civil. Il cherche &#224; rassurer dans un pays o&#249; la dictature militaire est de sinistre m&#233;moire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de soutien au coup d'Etat essaient de faire croire que c'est Evo Morales qui a manipul&#233; la r&#233;volte arm&#233;e mais c'est compl&#232;tement faux puisqu'il a appel&#233; au contraire publiquement ses partisans &#224; abandonner le combat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de lancer des appels r&#233;volutionnaires, Morales a essay&#233; d'&#233;teindre le feu pour &#171; ne pas tomber dans la violence de groupes qui cherchent &#224; d&#233;truire l'&#201;tat de droit &#187;. &#171; Nous ne pouvons pas nous battre entre fr&#232;res boliviens. J'appelle urgemment &#224; r&#233;soudre les divergences par le dialogue et la consultation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pacifiste Morales ne pouvait emp&#234;cher l'occupation des rues par l'arm&#233;e et la police qui tirent dans la foule. Il pouvait seulement achever de d&#233;sarmer politiquement ses militants et une partie du camp des plus d&#233;munis, montrant une fois de plus qu'il n'a fait que tromper les pauvres et les Indiens opprim&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de se m&#233;prendre : la r&#233;volte, ce n'est pas Morales contre le coup d'Etat, c'est bel et bien une guerre civile entre prol&#233;tariat des villes et des campagnes et bourgeoisie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prol&#233;taires d'El Alto et La Paz ont tenu des barricades d&#233;fendues par de la dynamite fournie par les ouvriers mineurs ! Comme ils ne craignaient pas de sauter avec, les militaires et policiers n'&#233;taient pas trop d&#233;sireux de se confronter directement &#224; eux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e bolivienne a affirm&#233; ne pas d&#233;fendre des int&#233;r&#234;ts de personnes mais &#171; la constitution bolivienne &#187; mais cela ne trompe personne : la nouvelle dictature est soutenue par les &#233;l&#233;ments les plus racistes et fascistes des classes poss&#233;dantes ainsi que par le pr&#233;sident Trump !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Kaliman, devenu le nouveau pouvoir, pr&#233;tend ne pas l'&#234;tre et ne servir qu'&#224; ramener l'ordre mais cela ne trompe personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des combats acharn&#233;s ont eu lieu alors que des milliers de paysans et de travailleurs d'El Alto et d'autres r&#233;gions environnantes de La Paz se sont mobilis&#233;s dans la capitale pour protester contre le coup d'&#201;tat en scandant &#171; Maintenant, l'heure de la guerre civile &#187;. Plusieurs b&#226;timents de la police ont &#233;t&#233; occup&#233;s puis incendi&#233;s &#224; El Alto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces arm&#233;es ont r&#233;agi en activant &#171; Plan Sebasti&#225;n Pagador &#187; pour &#171; r&#233;tablir la paix et la stabilit&#233; &#187;, ce que la police applique en tirant des manifestants &#224; coups de balles r&#233;elles et de grenades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me une fois que nombre de ses partisans &#233;taient engag&#233;s dans la lutte arm&#233;e contre le coup d'Etat, Morales s'est gard&#233; de prendre leur parti dans le conflit. Il s'est content&#233;, avec son parti le MAS, d'appeler l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA), qui avait d&#233;j&#224; demand&#233; un deuxi&#232;me tour avant les r&#233;sultats finaux, &#224; effectuer un &#171; audit contraignant &#187; sur les &#233;lections ! Une d&#233;robade ridicule ! L'OEA a annonc&#233; que Morales avait trich&#233; et exig&#233; une nouvelle &#233;lection et Morales le a suivis, s'inclinant devant cette d&#233;cision. Mais ce n'est pas l'OEA qui va emp&#234;cher l'arm&#233;e d'instaurer une dictature militaire avant toute &#233;lection et m&#234;me sans &#233;lection, et d'&#233;craser violemment le peuple travailleur. N'en d&#233;plaise &#224; Morales, pour cela il ne faut certainement pas compter sur l'OEA !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fausses extr&#234;mes gauches du monde qui semaient des illusions sur Morales en sont pour leurs mensonges ! Les ouvriers, les paysans, les femmes, les jeunes qui ont cru en Morales et dans le MAS ont appris rapidement qui &#233;taient leurs faux amis et quelles &#233;taient leurs vraies forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'arm&#233;e bourgeoise bolivienne, que Morales n'a jamais dissoute bien entendu, et qui s'est ainsi montr&#233;e fid&#232;le &#224; ses traditions fascistes !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une v&#233;ritable guerre civile qui a eu lieu en Bolivie, les troupes tirant &#224; balles r&#233;elles et avec des grenades contre des manifestants qui bloquaient des rues et des autoroutes. Les paysans de Cochabamba ont subi les tirs d'h&#233;licopt&#232;res tirant dans la foule !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, c'est l'ensemble du commandement militaire qui d&#233;tient le pouvoir absolu en Bolivie et les exactions et vengeances contre leurs opposants se sont multipli&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La chute de l'empire Tiahuanaco-Huari - La ca&#237;da del imp&#233;rio Tiahuanaco y Huari</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article5307</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article5307</guid>
		<dc:date>2019-03-29T23:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;rou</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Chili Chile</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie Bolivia</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen Age</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rindiens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire sur les Am&#233;rindiens &lt;br class='autobr' /&gt;
TIAHUANACO - TIWANAKU &lt;br class='autobr' /&gt;
Tiahuanaco est n&#233; en tant que village vers 1580 avant J.-C. C'est ensuite devenu une ville. Il a grandi en tant qu'&#201;tat local en 133 apr&#232;s J.-C. et en tant qu'&#201;tat r&#233;gional en 374 apr&#232;s J.-C. et imp&#233;rial en 724 apr&#232;s J.-C et a chut&#233; en l'ann&#233;e 1187 de notre &#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
HUARI - WARI &lt;br class='autobr' /&gt;
Huari est une cit&#233; qui na&#238;t en 550 de notre &#232;re, ville d'abord sous l'influence de Tiahuanaco puis s'en s&#233;parant, puis ce centre de migrations venues des campagnes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot127" rel="tag"&gt;P&#233;rou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Chili Chile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Bolivie Bolivia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot262" rel="tag"&gt;Moyen Age&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot302" rel="tag"&gt;Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot302&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire sur les Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12105 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/Huari-with-tiahuanaco.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/Huari-with-tiahuanaco.png' width=&#034;1200&#034; height=&#034;2220&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;TIAHUANACO - TIWANAKU&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiahuanaco est n&#233; en tant que village vers 1580 avant J.-C. C'est ensuite devenu une ville. Il a grandi en tant qu'&#201;tat local en 133 apr&#232;s J.-C. et en tant qu'&#201;tat r&#233;gional en 374 apr&#232;s J.-C. et imp&#233;rial en 724 apr&#232;s J.-C et a chut&#233; en l'ann&#233;e 1187 de notre &#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/indexqmp.jpg' width=&#034;238&#034; height=&#034;212&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/tiahuanaco2-690x460.jpg' width=&#034;690&#034; height=&#034;460&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/250px-Cultura_Tiwanaku.jpg' width=&#034;250&#034; height=&#034;203&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Y1ZJfUsS7kKwd8vqT0H_YncPWE0.jpg' width=&#034;600&#034; height=&#034;450&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/tiahuanaco-1-2_24341_17_1.jpg' width=&#034;514&#034; height=&#034;415&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/300px-Ciudades_tiahuanacotas.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;236&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/fdae7abb475cdb2abc058b77d96dd9c1.jpg' width=&#034;474&#034; height=&#034;367&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/tiwanaku_mapa.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/tiwanaku_mapa.jpg' width=&#034;900&#034; height=&#034;630&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12117 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Tiwanaku---vase-anthropomor.jpg' width=&#034;320&#034; height=&#034;240&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12118 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/ob_e9bd0e_muschel-ohrpfloecke-peru-tiahuanaco-sl.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/ob_e9bd0e_muschel-ohrpfloecke-peru-tiahuanaco-sl.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;692&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12119 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/tiahuanaco_geocoin_ag_z1.jpg' width=&#034;505&#034; height=&#034;274&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;HUARI - WARI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huari est une cit&#233; qui na&#238;t en 550 de notre &#232;re, ville d'abord sous l'influence de Tiahuanaco puis s'en s&#233;parant, puis ce centre de migrations venues des campagnes se renforce et fonde des villes p&#233;riph&#233;riques, puis, en 700 de notre &#232;re, d&#233;veloppe un empire qui commence &#224; d&#233;cliner en 1000 de notre &#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/fdae7abb475cdb2abc058b77d96dd9c1.jpg' width=&#034;474&#034; height=&#034;367&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1200px-Piquillacta_Archaeological_site_-_street.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1200px-Piquillacta_Archaeological_site_-_street.jpg' width=&#034;1200&#034; height=&#034;900&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12114 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/LA_CIUDAD_WARI_1.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;374&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12113 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/piquillacta.jpg' width=&#034;550&#034; height=&#034;366&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12112 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/cultura-wari-17.jpg' width=&#034;460&#034; height=&#034;231&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Tomb_at_Wari_ruins_near_Ayacucho.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Tomb_at_Wari_ruins_near_Ayacucho.jpg' width=&#034;2031&#034; height=&#034;1024&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/cultura-wari-11.jpg' width=&#034;660&#034; height=&#034;330&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/huari_e.jpg' width=&#034;450&#034; height=&#034;309&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/tapiceria-wari.jpg' width=&#034;660&#034; height=&#034;330&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12107 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/wari_t.jpg' width=&#034;525&#034; height=&#034;364&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_12106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/huari_ty.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/huari_ty.jpg' width=&#034;1280&#034; height=&#034;1280&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/waricupjpg-fc76da48084cba1a.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/waricupjpg-fc76da48084cba1a.jpg' width=&#034;682&#034; height=&#034;1024&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/wari_2.jpg' width=&#034;310&#034; height=&#034;397&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/indexqed.jpg' width=&#034;195&#034; height=&#034;259&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/main-image.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/main-image.jpg' width=&#034;959&#034; height=&#034;1200&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La chute du premier empire am&#233;ridien, celui de Tiahuanaco-Huari (ou Tiwanaku-Wari) vers 1100 apr&#232;s J.-C. - La ca&#237;da del primer imperio amerindio en Tiahuanaco y Huari en los a&#241;os 1 100 d.C. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avertissement : nous &#233;voquons ici un probl&#232;me sur lequel la science arch&#233;ologique et historique n'a pas tranch&#233; et qui reste en d&#233;bat. Les th&#232;ses adverses sont &#233;voqu&#233;es dans le texte qui suit. Les causes de la chute de ce double empire restent en d&#233;bat m&#234;me s'il est fort probable que les causes climatiques et environnementales se sont coupl&#233;es aux faiblesses de l'Etat couvrant un immense empire, trop grand pour &#234;tre maintenu sur les bases des anciennes m&#233;thodes d'irrigation et aussi des anciennes m&#233;thodes socio-politiques qui avaient pourtant fait son succ&#232;s. Et tout porte &#224; croire qu'il a chut&#233; au cours d'une vaste r&#233;volution sociale contre les classes dirigeantes. C'&#233;tait une r&#233;volution sociale contre les anciennes soci&#233;t&#233;s de chasseurs-cueuilleurs qui lui avait donn&#233; naissance et sa chute marque la fin de la domination des soci&#233;t&#233;s des cr&#234;tes des Andes pour laisser place &#224; celle des vall&#233;es comme le royaume Chim&#249;. La r&#233;volution sociale m&#232;ne &#224; une guerre civile qui d&#233;truit l'empire de l'int&#233;rieur, plut&#244;t qu'&#224; une guerre ext&#233;rieure men&#233;e par un adversaire ext&#233;rieur. C'est en tout cas la th&#232;se qui est d&#233;fendue ici, en d&#233;saccord avec la conception purement environnementaliste, actuellement en vogue, d'interpr&#233;tation des chutes des soci&#233;t&#233;s pr&#233;colombiennes. Ce qui caract&#233;rise notre point de vue, c'est que nous ne concevons pas d'&#233;tudier ces soci&#233;t&#233;s ind&#233;pendamment de leur structure socio-&#233;conomique de classes sociales et leur chute ind&#233;pendamment des luttes de classes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiahuanaco et Huari sont deux soci&#233;t&#233;s qui se sont d&#233;velopp&#233;es dans la m&#234;me r&#233;gion, menant &#224; la fondation d'empires, et croissant parall&#232;lement, puis chutant dans la m&#234;me p&#233;riode, vers 1100 de notre &#232;re. Certains auteurs parlent m&#234;me d'un double empire Tiahuanaco-Huari. En effet, les conceptions qui ont alors domin&#233;, au plan id&#233;ologique, religieux comme culturel, philosophique et politique, les classes dirigeantes sont celles de la stabilit&#233; par la dualit&#233;. La dualit&#233; Tiahuanaco-Huari en faisait partie. La paix (encore appel&#233;e &#171; paix Tiahuanaco &#187;) &#233;tait &#233;tablie entre eux et a &#233;t&#233; maintenue sans discontinuer. La guerre n'a pas &#233;clat&#233; entre les deux empires jusqu'&#224; leur fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire de Tiahuanaco avait inaugur&#233; un mode de fonctionnement tr&#232;s original, ayant invent&#233; la royaut&#233; duale asym&#233;trique qui restera en h&#233;ritage des soci&#233;t&#233;s &#233;tatiques andines. C'est une diarchie, avec deux souverains qui gouvernent en m&#234;me temps, l'un &#233;tant plac&#233; au-dessus de l'autre. Le r&#233;gime est une th&#233;ocratie fond&#233;e sur des religieux dirigeant le peuple par la force de leur magie. L&#224; encore, les dualit&#233;s sont pr&#233;sentes. Elles marqueront aussi les civilisations suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Situ&#233;e dans l'Altiplano bolivien, une des plus hautes r&#233;gions habit&#233;es du globe, &#224; 4.000 m&#232;tres d'altitude, la cit&#233; de Tiahuanaco (ou Tiwanaku) est perdue au beau milieu d'une plaine d&#233;sertique, balay&#233;e par les vents. C'est une tr&#232;s ancienne ville d'altitude au sud-est du lac Titicaca, dont on ne sait m&#234;me pas dater exactement les origines. Si les Incas n'ont v&#233;cu qu'un si&#232;cle, Tiahuanaco aurait v&#233;cu au minimum 27 si&#232;cles ! Mais l'empire a &#233;t&#233; plus bref : quand m&#234;me un demi-mill&#233;naire&#8230; Au d&#233;part, ce n'est qu'une modeste seigneurie, puis elle absorbe plusieurs cultures locales Wankarani et Chiripa et rivalise sans faiblesse avec le Seigneur de Pukara. Tiwanaku devient alors un centre politique et cultuel de premier ordre entre 100 et 400 de notre &#232;re. L'extinction de la soci&#233;t&#233; de Pukara, en 300 de notre &#232;re, fait de Tiahuanaco un Etat r&#233;gional tr&#232;s puissant. Sept si&#232;cles de paix vont suivre et permettre de construire l'empire Tiahuanaco. De 400 &#224; 800 de notre &#232;re, cela devient la capitale d'un vaste empire interr&#233;gional, interethnique, interlinguisitique, v&#233;ritablement international. Les constructions monumentales se multiplient : palais, temples et pyramides notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps de leur splendeur, les Tiahuanaco, par des moyens pacifiques ou par la guerre, occupaient une partie de la c&#244;te du P&#233;rou, le nord du Chili, le nord-ouest de l'Argentine et arrivaient &#224; l'est de la Bolivie, dans une zone &#233;valu&#233;e &#224; 600 000 km, soit plus grande que celle de l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fondement de cette soci&#233;t&#233; est agraire et il dispose de techniques d'irrigation. Les Tiwanakus poss&#233;daient une technique efficace et d'une simplicit&#233; g&#233;niale. En creusant des tranch&#233;es, ils ont r&#233;ussi &#224; &#233;viter la s&#233;cheresse (l'eau remontant par capillarit&#233;), cr&#233;er une sorte de serre naturelle (la chaleur du jour &#233;tant emmagasin&#233;e et redistribu&#233; la nuit tomb&#233;e) et &#224; prot&#233;ger la r&#233;colte des vents violents. Ce n'est nullement une m&#233;thode classique des soci&#233;t&#233;s agraires mais une invention de Tiahuanaco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui a fait le succ&#232;s du mode de fonctionnement de la soci&#233;t&#233; Tiahuanaco, lui permettant de se d&#233;velopper et de battre toutes les soci&#233;t&#233;s voisines ? La dynamique de cette soci&#233;t&#233; provient &#224; la fois d'une pluviosit&#233; importante, de techniques d'irrigations bien ma&#238;tris&#233;es, de techniques agricoles tr&#232;s productives, de multiples capacit&#233;s artisanales issues en partie des peuples voisins, d'un d&#233;veloppement d&#233;mographique important, d'une domination politique et sociale stable et durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de grandes villes est un des atouts fondamentaux de Tiahuanaco. L'explosion urbaine s'&#233;tend ensuite aux zones satellites de l'empire. Le centre imp&#233;rial de Tiahuanco, avec ses 50.000 habitants, produit autour de lui des petites villes de 10.000 habitants avec Khonko Wankan&#233;, Lukurmata ou Pajchiri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire &#224; son sommet semblait cultiver 100.000 hectares de terres agricoles capables de nourrir 110.000 habitants. C'&#233;tait donc un succ&#232;s remarquable qui lui permettait de faire face &#224; un d&#233;veloppement d&#233;mographique consid&#233;rable et c'est dans cette phase l&#224; de succ&#232;s sans interruptions que l'empire chute sans avoir rencontr&#233; un ennemi &#224; sa taille, sans avoir &#233;t&#233; combattu par l'arm&#233;e d'un autre empire concurrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat Tiahuanaco a un r&#244;le central comme organisateur &#233;tatique des travaux d'irrigation et de culture, aussi bien que de construction de grands b&#226;timents et il se fonde sur le travail forc&#233;. Tant que l'Etat est capable de nourrir la population, il n'y a pas de probl&#232;me. Quand une s&#233;cheresse ou un exc&#232;s de pluviosit&#233; dure trop longtemps, la confiance et la peur des peuples envers l'Etat, repr&#233;sent&#233; par la th&#233;ocratie et la royaut&#233;, s'effondrent, livrant la place &#224; l'explosion des haines des opprim&#233;s. N'oublions pas que les classes dirigeantes affirmaient &#224; leurs peuples &#234;tre capables de s'entendre avec les dieux pour contr&#244;ler le climat ! Les sacrifices humains ont &#233;t&#233; accrus pour tenter d'infl&#233;chir les dieux, mais sans succ&#232;s et il est certain que les rois et empereurs comme les seigneurs locaux ont chut&#233; dans le discr&#233;dit le plus complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cette soci&#233;t&#233; a-t-elle pu chuter si brutalement : &lt;a href=&#034;http://www.precolombino.cl/wp/wp-content/uploads/tiwanaku.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici un texte historique en espagnol qui l'expose (page 96)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en citons un extrait traduit en fran&#231;ais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les rois et les pr&#234;tres sont alors tomb&#233;s dans le discr&#233;dit le plus complet. Apparemment, la r&#233;volte a d'abord explos&#233; dans les provinces. Dans la vall&#233;e d'Azapa, les tombes de l'&#233;lite de la colonie ont &#233;t&#233; profan&#233;es. Les corps, k&#233;ros et autres objets de leurs beaux artefacts ont &#233;t&#233; d&#233;chir&#233;s en lambeaux. La m&#234;me chose s'est produite &#224; Moquegua, mais sans en &#234;tre satisfait, un peuple s'est rassembl&#233; en masse et violemment dans le Temple des Trois Patios, pillant, effondrant les murs et d&#233;truisant leurs blocs de pierre de taille. Des troubles similaires ont d&#251; se produire ailleurs dans l'Empire et, enfin, la violence a &#233;clat&#233; &#224; Tiwanaku. Des centaines, peut-&#234;tre des milliers de personnes m&#233;contentes des quartiers de la ville et peut-&#234;tre de la r&#233;gion tout enti&#232;re, ont franchi le foss&#233; qui transformait le centre civique et c&#233;r&#233;monial exclusif et lib&#233;r&#233; leur fureur contre les temples et les palais qui incarnaient le pouvoir gouvernemental jusque-l&#224; sacro-saint. Ils ont jet&#233; &#224; bas leurs murs, incendi&#233; des pi&#232;ces et d&#233;moli et d&#233;truit des statues et des couvertures. Un incendie semble avoir pris feu au palais royal de Putuni. Au-del&#224;, le magnifique complexe architectural de Puma Punku &#233;tait r&#233;duit &#224; l'&#233;tat de gravats : c'&#233;tait l'heure du pillage et de la destruction. La fi&#232;re ville de Taypikala a &#233;t&#233; d&#233;truite. Peu de temps avant ou peu apr&#232;s la r&#233;bellion, un groupe de pr&#234;tres s'est r&#233;uni dans la r&#233;sidence au nord-est du sommet Akapana. Sous l'&#233;paisse fum&#233;e du coa et les craquements &#233;linaudibles des braises dans les br&#251;leurs d'encens, ils ont sacrifi&#233; et coup&#233; en quartiers 14 lamas et ont offert leurs restes &#224; l'int&#233;rieur de l'enceinte. Ils ont plac&#233; les cr&#226;nes et les m&#226;choires sup&#233;rieures sur les c&#244;t&#233;s nord et ouest de la structure et les m&#226;choires inf&#233;rieures sur le coin sud-est. Dans le coin nord-est, ils ont offert une figurine de renard, plusieurs plaques de tupus et de cuivre, ainsi qu'une feuille d'argent. Les fruits des plantes tropicales se sont d&#233;pos&#233;s dans le coin oppos&#233;. Une fois sortis de la structure, ils scell&#232;rent leur entr&#233;e avec une offre h&#233;t&#233;rog&#232;ne : un os tembet&#225;, du mica, des morceaux d'obsidienne, des instruments &#224; quartz, des morceaux de jaspe et des fragments de fine c&#233;ramique polychrome, y compris la miniature d'un kero, un sahumador &#224; t&#234;te de puma et un verre avec l'image de la figure qui pr&#233;side la Puerta del Sol. Ils ont s&#251;rement &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233;s dans les offrandes du centre et des quatre r&#233;gions du monde de Tiwanaku. Enfin, guid&#233;s par la lumi&#232;re angoissante de leurs briquets, les officiants du rite sont descendus en procession pour la derni&#232;re fois dans les escaliers de la pyramide sacr&#233;e. C'&#233;tait un rituel de cl&#244;ture, une c&#233;r&#233;monie au cours de laquelle le grand sanctuaire d'Akapana et l'Empire, qui y r&#233;gnait depuis pr&#232;s d'un mill&#233;naire, &#233;taient enterr&#233;s symboliquement &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du jour au lendemain, ce qui avait &#233;t&#233; un empire qui maintenait sous son h&#233;g&#233;monie tant de groupes ethniques diff&#233;rents, se fragmentait en de nombreuses seigneuries et f&#233;odalit&#233;s autonomes, qui seraient connues plus tard sous les noms de Lupaqas, Collas, Pacajes, Carangas, Quillacas et autres. Presque en un &#233;clair, la belle c&#233;ramique de l'&#233;lite Tiwanaku a disparu, y compris les k&#233;ros, les portraits-vases et les br&#251;leurs d'encens. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, tous les objets d&#233;cor&#233;s vont perdre en qualit&#233; et en importance et plus jamais on ne reverra dans un artisanat venu de Tiwanaku les images puissantes qui circulaient depuis des si&#232;cles dans les Andes &#224; travers des textiles et autres objets. Au cours du XIIe si&#232;cle, les chullpas ou tours fun&#233;raires des Aymaras remplaceront les monticules et les patios engloutis comme centres c&#233;r&#233;moniels. Pendant un certain temps, les sukakollos ont continu&#233; &#224; &#234;tre utilis&#233;s sur des bases plus rurales et communautaires. Quelques nouvelles ont m&#234;me &#233;t&#233; construites, mais entre 1245 et 1310, au plus fort de la s&#233;cheresse, cette technologie agricole ne pouvait m&#234;me pas satisfaire les demandes plus modestes des paysans et des paysans. Cette production agricole &#233;tait compl&#232;tement abandonn&#233;e. La culture sur des plates-formes ou des terrasses sur les pentes des vall&#233;es, qui est devenue le principal syst&#232;me agricole des peuples qui ont succ&#233;d&#233; &#224; Tiwanaku, &#233;tait beaucoup moins fragile. Les colonies ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es vers les parties les plus &#233;lev&#233;es, sont devenues moins complexes, plus petites et beaucoup plus nombreuses qu'&#224; l'&#233;poque pr&#233;c&#233;dente, signe sans &#233;quivoque d'une d&#233;sarticulation politique massive. En g&#233;n&#233;ral, ils ont &#233;t&#233; dot&#233;s de murs de d&#233;fense, car la guerre est devenue end&#233;mique dans toute la r&#233;gion. Dans le sc&#233;nario turbulent qui a suivi la d&#233;sint&#233;gration de l'Empire, avec de nombreuses seigneuries luttant pour des territoires et des ressources, le Pax Tiwanaku &#233;tait d&#233;j&#224; une chose du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois le contr&#244;le de l'Etat termin&#233; &#224; Moquegua, les villageois se sont retourn&#233;s les uns contre les autres et se sont livr&#233;s &#224; une lutte fratricide, au pillage et &#224; la d&#233;vastation. Comme la situation ne menait pas au retour rapide de l'ancienne activit&#233; sur les hauts plateaux, de nombreuses familles ont choisi de quitter la r&#233;gion. Leurs villages d&#233;truits et les habitants abandonn&#233;s &#224; leur sort, les ex-colons ont laiss&#233; derri&#232;re eux les canaux et les champs de culture de la fertile vall&#233;e moyenne et se sont d&#233;plac&#233;s, vers des lieux de d&#233;fense plus faciles, prot&#233;geant leurs nouvelles et plus petites colonies avec des murs de contournement pour repousser les attaques des voisins. D'autres sont all&#233;s sur la c&#244;te et se sont install&#233;s dans la petite vall&#233;e d'Ilo. Connus sous le nom de Tumilaca, ces populations d'anciens colons ont commenc&#233; &#224; d&#233;velopper leurs propres versions des anciens styles de poterie, d'architecture, de v&#234;tements et d'autres &#233;l&#233;ments de Tiwanaku. La d&#233;coration de la c&#233;ramique est devenue moins standardis&#233;e et sa qualit&#233; a sensiblement diminu&#233;. Plus tard, les derniers vestiges des Tumilaca seraient absorb&#233;s sur la c&#244;te par les Chiribaya et Moquegua par les Estuqui&#241;a, un groupe d'immigrants Aymara originaires des hautes terres. &#192; Azapa et &#224; Tacna, les anciens colons de Tiwanaku ont continu&#233; pendant un moment &#224; s'habiller et &#224; s'enterrer &#224; la mani&#232;re des temps anciens, jusqu'&#224; ce qu'ils soient &#233;galement absorb&#233;s par les populations c&#244;ti&#232;res. &#187; (fin de citation)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIe si&#232;cle apr&#232;s J.-C., la capitale de l'empire de Tiahuanaco, livr&#233;e &#224; la guerre civile, fut abandonn&#233;e et commen&#231;&#232;rent &#224; appara&#238;tre quelques colonies mineures sur le plateau de Collao. Avant cet abandon, la ville comptait une population estim&#233;e entre 25 000 et 50 000 habitants, les implantations en dehors de la ville &#233;tant rares selon les d&#233;couvertes arch&#233;ologiques. Il s'est donc agi d'un &#233;v&#233;nement historique marquant et brutal. Il faut des raisons aussi marquantes et brutales pour abandonner la capitale d'un grand empire !!! La royaut&#233; a &#233;t&#233; renvers&#233;e et les classes poss&#233;dantes ont &#233;t&#233; &#233;limin&#233;es ou ont pris la fuite. Le travail forc&#233; a disparu. Les travaux d'irrigation ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s. Les monuments publics ont &#233;t&#233; d&#233;truits. Les peuples ne se sont plus jamais rassembl&#233;s dans ces centres de pouvoir. Le mode de production et les rapports de production ont &#233;t&#233; radicalement d&#233;truits. Il en sera de m&#234;me &#224; Huari, m&#234;me si c'est de mani&#232;re plus progressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'empire Huari lui-m&#234;me chute peu apr&#232;s au Xe si&#232;cle. Est-ce la stabilit&#233; de la dualit&#233; qui est remise en cause ? Est-ce que la chute de Tiahuanaco entra&#238;ne la mont&#233;e de concurrents ? Est-ce que les m&#234;mes difficult&#233;s climatiques entra&#238;nent le m&#234;me affaiblissement ? Ou bien Huari est-il contamin&#233; par la r&#233;volution sociale de Tiahuanaco, nous ne le savons pas encore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, les arch&#233;ologues rel&#232;vent qu'&#224; partir de l'an 1100 av. J.-C., date de la chute de Tiahuanaco, Huari commence &#224; d&#233;cliner en tant que centre politique et perd le contr&#244;le des villes et des territoires de l'Empire apr&#232;s avoir &#233;tendu ses domaines pendant sept si&#232;cles sur une partie du territoire p&#233;ruvien. Au cours de cette phase de crise, la capitale et les grands centres urbains de Cajamarquilla et Maranga sur la c&#244;te centrale ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Tiahuanaco et Huari, nous avons eu une des premi&#232;res tentatives de fonder un grand Etat et la premi&#232;re dans cette r&#233;gion du monde. Quelles que soient les hypoth&#232;ses envisag&#233;es, c'est la faiblesse de l'Etat autant que celle de l'&#233;conomie sous-jacente (agiculture de montagne), relativement &#224; la grande taille de la r&#233;gion domin&#233;e, qui est &#233;voqu&#233;e pour comprendre la chute. Les &#233;v&#233;nements qui ont men&#233; &#224; l'effondrement de Huari sont sans doute aussi des d&#233;sordres politiques et sociaux, m&#234;me si les d&#233;tails n'en sont pas connus comme ceux expos&#233;s plus haut en ce qui concerne la guerre civile &#224; Tiahuanaco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de noter les hypoth&#232;ses qui ont &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;es puisque les causes et les circonstances du d&#233;clin du pouvoir Huari sont inconnues. Certains disent que Huari a succomb&#233; &#224; cause de probl&#232;mes &#233;conomiques qui l'ont emp&#234;ch&#233; de satisfaire les besoins de ce grand empire. D'autres pensent qu'il a r&#233;gress&#233; avant une autre grande s&#233;cheresse, &#224; l'origine de son expansion. Il est fort possible qu'il y ait eu un m&#233;lange de ces deux ph&#233;nom&#232;nes. De plus, nous devons consid&#233;rer qu'en un temps de d&#233;veloppement aussi court, il n'a pas &#233;t&#233; possible de cr&#233;er suffisamment d'infrastructures d'&#201;tat pour maintenir un empire de cette taille. Et la raison des conflits internes a &#233;galement &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;e. De nombreuses causes de guerre civile ont &#233;t&#233; envisag&#233;es, fond&#233;es sur des d&#233;sordres &#233;conomiques mais aussi des affrontements interethniques d'un empire int&#233;grant de nombreux peuples. Les empires sont puissants dans la mesure o&#249; ils maintiennent les peuples sous la domination, mais lorsque ces peuples sont lib&#233;r&#233;s, les empires d&#233;clinent et chutent brutalement. Les empires Tiahuanaco et Huari avaient int&#233;gr&#233; les peuples, les ethnies, les tribus, les langues, par le succ&#232;s &#233;conomique, social et politique de la fusion et du pouvoir qui en d&#233;coulait, mais la crise &#233;conomique et sociale a ramen&#233; toutes ces questions et entra&#238;n&#233; un affaiblissement &#233;norme et irr&#233;m&#233;diable du pouvoir et un renforcement de tous ses ennemis, les anciens peuples voisins, exploit&#233;s et opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les sp&#233;cialistes soulignent d'autre part que plusieurs des villes coloniales de Wari, appel&#233;es cabeceras de r&#233;gion, acqu&#233;raient une importance politique et &#233;conomique jusqu'&#224; atteindre une situation similaire &#224; celle de la m&#233;tropole et devenir en capacit&#233; de la concurrencer. Pachac&#225;mac (Lima) est un cas typique de la mani&#232;re dont s'est d&#233;roul&#233; le processus de lib&#233;ration des colonies wari. C'est &#224; cette &#233;poque que ces colonies ont commenc&#233; &#224; se lib&#233;rer du contr&#244;le imp&#233;rial du Wari, semant les germes de l'explosion de l'empire. Ce processus a &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233; successivement, jusqu'au point o&#249; la ville m&#233;tropolitaine de Wari est devenue un &#233;l&#233;phant blanc, une domination priv&#233;e de toute base, c'est alors que sa ruine est arriv&#233;e. Tout cela s'est pass&#233; vers la fin du 11&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc par son succ&#232;s &#233;conomique que l'empire Wari a &#233;t&#233; vers sa fin, en d&#233;veloppant localement de multiples soci&#233;t&#233;s tout en chutant lorsque son centre a cess&#233; d'&#234;tre v&#233;ritablement le centre. Au pouvoir international a succ&#233;d&#233; un d&#233;velopp&#233; local de nationalit&#233;s, comme nouvelle &#233;tape de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La civilisation de Tiahuanaco&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La civilisation de Tiahuanaco ou Tiwanaku (de 300 &#224; 1100) tient son nom du principal centre c&#233;r&#233;moniel situ&#233; &#224; quelques kilom&#232;tres du lac Titicaca, situ&#233;e &#224; 71 km de La Paz, sur le territoire bolivien actuel. C'est une th&#233;ocratie qui fait &#233;riger un gigantesque temple dans lequel se trouvait la c&#233;l&#232;bre porte du soleil, monument embl&#233;matique de cette civilisation, sur le fronton de laquelle est repr&#233;sent&#233; un personnage mythique, probablement devenu &#034;huaca&#034; (interm&#233;diaire entre les hommes et l'au-del&#224;), que l'on retrouve dans la plupart des c&#233;ramiques et tissages produit par cette culture. Ce temple, renfermant de nombreuses statues, est remarquable par la qualit&#233; du travail de la pierre. Cette civilisation dispara&#238;t vers l'an 1100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire pr&#233;hispanique Tiahuanaco &#233;tait le premier dans les Andes. Il a surv&#233;cu pendant un demi-mill&#233;naire et a l&#233;gu&#233; sa culture politique, &#233;conomique et sociale aux Incas, mais sa grandeur est toujours ignor&#233;e, selon l'historienne bolivienne Patricia Monta&#241;o&#8230; &#034;Tiahuanaco est tr&#232;s bien &#233;tudi&#233;, mais malheureusement, les gens savent tr&#232;s peu de choses sur l'importance de cette civilisation&#034;, dont l'auteur a pour principale ville situ&#233;e &#224; 71 km de La Paz, a expliqu&#233; l'auteur &#224; Efe. L&#224; se trouvent le temple de Kalasasaya, la Porte du Soleil, le Temple semi-souterrain, les vestiges de la pyramide d'Akapana, des palais somptueux ainsi que des enclos militaires et des sculptures en pierre de leurs hi&#233;rarchies, monuments &#224; l'&#233;tude desquels Ponce Sanjin&#233;s a consacr&#233; sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiahuanaco &#233;tait multiethnique et multilingue car on y parlait notamment l'aymara, le quechua, le uru et le puquina, mais la premi&#232;re de ces langues &#233;tait la langue dominante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Wikipedia :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La culture Tiahuanaco, &#224; l'origine Uru Puquina, s'est d&#233;velopp&#233;e sur les rives du lac Titicaca. Selon l'arch&#233;ologue Carlos Ponce Sangin&#233;s, s'est lev&#233; vers l'an 1580 avant J.-C. et a dur&#233; jusqu'&#224; l'ann&#233;e 1187 apr&#232;s J.-C. Le centre principal de cette culture &#233;tait situ&#233; &#224; une altitude de 3842 m&#232;tres. En raison de sa nature expansive, Tiahuanaco faisait partie des territoires actuels de la Bolivie et du P&#233;rou, mais se d&#233;veloppait principalement dans les hauts plateaux boliviens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture de Tiahuanaco est une culture antique qui s'est d&#233;velopp&#233;e dans les pays actuels d'Argentine, de Bolivie, du P&#233;rou et du Chili entre les ann&#233;es 1580 avant J.-C. et 1187 avant J.- C. Sa zone d'influence, visible sur des objets dot&#233;s d'une iconographie particuli&#232;re, inclut le bassin du lac Titicaca en tant que r&#233;gion centrale, &#224; partir de laquelle il se distribue vers les vall&#233;es et la c&#244;te de l'oc&#233;an Pacifique &#224; l'ouest, la r&#233;gion du Chapare &#224; l'est et la l'altiplano sud-bolivien et l'oasis de San Pedro de Atacama au sud. Sa capitale et son principal centre religieux &#233;tait la ville de Tiwanaku, situ&#233;e sur les rives de la rivi&#232;re du m&#234;me nom, &#224; quelques kilom&#232;tres au sud du lac Titicaca, dans l'actuel d&#233;partement bolivien de La Paz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pense que Tiahuanaco a obtenu une s&#233;rie de biens et de ressources &#233;cosyst&#233;miques autres que Titicaca par le biais d'&#233;changes avec diverses soci&#233;t&#233;s locales des r&#233;gions de l'Altiplano et de Valladolid, bien qu'ils aient &#233;galement g&#233;r&#233; des enclaves de population dans des r&#233;gions telles que Moquegua (sud du P&#233;rou) et, &#233;ventuellement, Cochabamba. dans les vall&#233;es orientales boliviennes. Le site de Tiwanaku se caract&#233;rise par une vaste infrastructure c&#233;r&#233;monielle qui t&#233;moigne de pratiques religieuses tr&#232;s complexes. Son architecture et ses sculptures pr&#233;sentent une iconographie hautement standardis&#233;e sugg&#233;rant le d&#233;veloppement de syst&#232;mes de pens&#233;e raffin&#233;s, diffus&#233;s &#224; travers des objets plus l&#233;gers tels que la c&#233;ramique et les textiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cis&#233;ment ces deux formes d'expression mat&#233;rielle sont celles qui trouvent une plus grande perfection technique, toujours sujettes &#224; des changements chronologiques et surtout &#224; des variations spatiales. Bien que l'on ait pens&#233; initialement que la poterie la plus grossi&#232;re de Tiwanaku serait la derni&#232;re ou &#034;d&#233;cadente&#034;, la d&#233;couverte en 2006 de plus de quatre cents pi&#232;ces en c&#233;ramique tr&#232;s color&#233;es et color&#233;es sur l'&#238;le de Pariti, dans la plus petite partie de Titicaca, dat&#233;e au radiocarbone dans 1000 jours. C., permet de discuter de cette id&#233;e. Ainsi, la signification de la vari&#233;t&#233; c&#233;ramique de Tiwanaku est toujours discut&#233;e. Il existe une diversit&#233; remarquable entre les zones du bassin du Titicaca lui-m&#234;me, sans oublier les styles d&#233;riv&#233;s de Tiwanaku dans des zones telles que Azapa (Chili) ou Cochabamba (Bolivie). Tiwanaku a &#233;galement excell&#233; dans l'art textile, avec l'utilisation pr&#233;dominante de la laine de cam&#233;lid&#233;s andins, g&#233;n&#233;rant des tapisseries polychromes extr&#234;mement complexes pouvant &#234;tre observ&#233;es dans des zones s&#232;ches telles que le nord du Chili ou l'altiplano sud de la Bolivie. Ils ont largement utilis&#233; la technologie du bronze, soulignant son utilisation dans l'architecture c&#233;r&#233;monielle en pierre sous forme de pinces. Les autres mat&#233;riaux travaill&#233;s par Tiwanaku ou par des r&#233;gions sujettes &#224; leur influence id&#233;ologique &#233;taient des ornements en or et en argent lamin&#233;s, des sculptures sur bois, des objets en os pyrograv&#233;s, des perles de vannerie et des perles en pierres semi-pr&#233;cieuses, des os et des coquillages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Europ&#233;en &#224; avoir d&#233;crit les vestiges arch&#233;ologiques de Tiwanaku fut le chroniqueur espagnol Pedro Cieza de Le&#243;n au seizi&#232;me si&#232;cle. Cependant, les visites des &#233;rudits sur le site ont eu lieu principalement depuis le XIXe si&#232;cle, avec des personnages tels que Alcide D'Orbigny, Ephraim Squier, Charles Weiner, et plus tard des arch&#233;ologues plus formels tels qu'Alphonse Bandelier ou Max Uhle, d&#233;j&#224; au d&#233;but du XXe si&#232;cle. Par la suite, l'arch&#233;ologue amateur Arthur Posnansky a &#233;tudi&#233; la r&#233;gion en soulevant diverses th&#233;ories hautement sp&#233;culatives sur les origines et le d&#233;veloppement de Tiwanaku. Au cours du 20&#232;me si&#232;cle, les &#233;tudes de l'Am&#233;ricain Wendell Bennett dans les ann&#233;es 1930 se sont d&#233;marqu&#233;es ; le Bolivien Carlos Ponce Sangin&#233;s entre les ann&#233;es 60 et 80 ; et les Am&#233;ricains Alan Kolata, David Browman et Marc Bermann, ainsi que les Boliviens Juan Albarrac&#237;n-Jord&#225;n et Sonia Alconini, dans les ann&#233;es 90. Au cours du si&#232;cle actuel, les contributions des Am&#233;ricains John Janusek, Charles Stanish, Nicole Couture, Deborah Blom et Alexei Vranich sont remarquables ; le finlandais Antti Korpisaari ; et les Boliviennes Claudia Rivera, J&#233;du Sag&#225;rnaga et Juan Villanueva.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la chute de l'empire Huari au Xe si&#232;cle, Tiahuanaco entre &#233;galement en crise. Au 12&#232;me si&#232;cle, l'effondrement &#233;tait in&#233;vitable et dans la r&#233;gion o&#249; Tiahuanaco &#233;tait en plein essor, de nouveaux &#201;tats Aymara ont &#233;merg&#233;, y compris le royaume de Colla et le royaume de Lupaca.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La th&#232;se environnementaliste &#233;voqu&#233;e dans &#171; Le d&#233;veloppement des Andes centrales &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir achev&#233; son premier mill&#233;naire d'existence, la soci&#233;t&#233; de Tiahuanaco a &#233;t&#233; frapp&#233;e par l'utilisation excessive et la d&#233;pendance de son agriculture sp&#233;cialis&#233;e sur des cr&#234;tes qui ont fini par se tarir et ne suffisaient plus &#224; leur subsistance. Entre 1050 et 1100 apr&#232;s J.-C., une s&#233;cheresse soudaine a commenc&#233;, suivie d'une deuxi&#232;me longue s&#233;cheresse qui a r&#233;duit l'altiplano &#224; une zone aride. Les cr&#234;tes ne pouvaient pas r&#233;sister &#224; la s&#233;cheresse extr&#234;me de 1050 apr&#232;s J.-C. environ qui a dur&#233; au moins une d&#233;cennie, suivie par une plus longue, bien que sporadique, qui a persist&#233; jusqu'en 1250 apr&#232;s JC. (Thompson et al., 1985 et 2000, Binford et al, 1997). Une diminution du drainage des cr&#234;tes et des syst&#232;mes d'irrigation est corr&#233;l&#233;e &#224; cette grande s&#233;cheresse, qui a apparemment provoqu&#233; la chute soudaine de Tiahuanaco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; Tiahuanaco, le d&#233;but plus lent de la disparition de Huari semble &#234;tre li&#233; avant et pendant la m&#234;me p&#233;riode de ce changement climatique ainsi qu'&#224; l'utilisation excessive des terres autour de la capitale, qualifi&#233;es de zone aride. Mais dans le cas de Huari, l'affaiblissement de l'autorit&#233; de l'Etat qui en a r&#233;sult&#233; a provoqu&#233; une longue p&#233;riode de d&#233;s&#233;quilibres sociaux qui a finalement abouti &#224; la s&#233;paration des Chancas et des autres groupes locaux (Isbell, 1988). La faiblesse de Huari est attribu&#233;e &#224; un exc&#232;s de population dans le centre et ses environs ainsi qu'&#224; une gestion inad&#233;quate des ressources locales, ce qui entra&#238;ne sa surexploitation, compte tenu de son climat variable, sec et froid. Comme sugg&#233;r&#233; pr&#233;c&#233;demment, l'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique li&#233;e &#224; la r&#233;duction des ressources pourrait contribuer &#224; propager l'instabilit&#233; politique et les troubles sociaux. Ces groupes se sont s&#233;par&#233;s et, &#224; la longue, cela a entra&#238;n&#233; la disparition d&#233;finitive de Huari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Tiahuanaco et Huari, g&#233;ographiquement situ&#233;s dans les montagnes, entre la jungle et la c&#244;te, les habitants disposaient de meilleures conditions pour &#233;tablir des liens &#233;conomiques et id&#233;ologiques renfor&#231;ant leur domination. Il en r&#233;sulta une augmentation de son interventionnisme et, dans le cas de Huari, une domination &#233;galement due &#224; l'importance du contr&#244;le des ressources aquif&#232;res. Ce contr&#244;le est devenu critique apr&#232;s la s&#233;cheresse aigu&#235; c.1050 d.C. et sa suite. La d&#233;t&#233;rioration du climat a d&#233;cim&#233; son pouvoir au moment m&#234;me o&#249; ils &#233;taient en pleine expansion. Cela sugg&#232;re un manque de flexibilit&#233; et peut-&#234;tre des syst&#232;mes hydrauliques ad&#233;quats ou des strat&#233;gies sociales ad&#233;quates pour assurer la maintenance de leurs infrastructures agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de l'&#201;tat ou de l'empire Huari a conduit &#224; une autre p&#233;riode de r&#233;gionalisation. Bien que l'approvisionnement en eau de la sierra ait diminu&#233; de 20 &#224; 30%, au cours de la p&#233;riode interm&#233;diaire tardive, de nouveaux &#201;tats c&#244;tiers ont &#233;merg&#233;. Sur la c&#244;te nord, dans la vall&#233;e de Moche, le puissant &#201;tat de Chim&#250; devint un empire qui investit consid&#233;rablement dans de vastes travaux d'irrigation (Farrington et Park, 1978). Ils ont propos&#233; de dominer les ressources de l'aquif&#232;re sans s'opposer aux habitants de la sierra. Cependant, les alt&#233;rations climatiques et g&#233;ologiques combin&#233;es &#224; l'attention qu'ils devaient consacrer &#224; l'irrigation et aux probl&#232;mes des champs voisins constituaient leur obstacle. Une inondation d&#233;sastreuse apr&#232;s le ph&#233;nom&#232;ne El Ni&#241;o au d&#233;but du XIIe si&#232;cle (Nials et al, 1979) a d&#233;truit une grande partie du r&#233;seau d'un canal destin&#233; &#224; l'irrigation des terres nouvellement acquises. Ensuite, malgr&#233; l'&#233;norme investissement dans le canal d'intervalle Chicama-Moche, il a &#233;t&#233; construit vers 1250 av. pour le d&#233;veloppement de nouvelles terres sans sel, il a &#233;t&#233; rapidement abandonn&#233; par les changements tectoniques et les probl&#232;mes insolubles li&#233;s &#224; l'&#233;rosion du canal (Ortloff et al, 1982). On estime que l'accent mis sur l'irrigation de nouvelles terres &#233;tait d&#251; &#224; la diminution de la fertilit&#233; caus&#233;e par l'accumulation de sel dans les anciens champs situ&#233;s pr&#232;s du fond de la vall&#233;e (Parsons et Hastings, 1988), un probl&#232;me encore pr&#233;sent dans certains syst&#232;mes d'irrigation. Les poulets coste&#241;o ont des taux d'&#233;vaporation &#233;lev&#233;s et un drainage inad&#233;quat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre r&#233;ponse aux restrictions d'eau sur les c&#244;tes et les montagnes a &#233;t&#233; le retrait des agriculteurs vers les hauteurs et &#224; l'est pour tirer parti des pluies et des cultures de coca du front des montagnes. La vall&#233;e de Chill&#243;n, sur la c&#244;te centrale, avec ses puissants voisins, Huanca, &#233;voqu&#233;e par Dillehay (1979), et Parsons et Hastings (1979), constitue un exemple peu commun d'&#233;change d'exp&#233;rience avec des sites montagneux et de diss&#233;mination de conflits potentiels. ibid). Les sch&#233;mas de distribution de la c&#233;ramique sugg&#232;rent des alliances entre les groupes ethniques des parties moyenne et sup&#233;rieure de la vall&#233;e - les Huanca - en d&#233;pit du fait que les groupes situ&#233;s dans la moyenne vall&#233;e &#233;taient politiquement subordonn&#233;s &#224; ceux de la basse vall&#233;e. Le groupe de la moyenne vall&#233;e semble avoir jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans sa s&#233;curit&#233; et sa survie en fournissant un acc&#232;s &#224; la coca &#224; des groupes de colons dans la sierra. Une autre interpr&#233;tation du site principal de la moyenne vall&#233;e du Chill&#243;n est qu'il a une longue occupation, ce qui aurait pu faciliter l'acc&#232;s &#224; diverses ressources de divers groupes. C'est un bon exemple d'interaction entre ma culture c&#244;ti&#232;re et une autre de la montagne ou m&#234;me de la jungle, ce qui leur a permis de partager des ressources. Cependant, la culture de la coca a principalement pris de l'expansion dans le bassin hydrographique oriental, o&#249; d'autres groupes avaient cr&#233;&#233; des plates-formes pour leurs colons sur la montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point int&#233;ressant &#233;tait que ce n'&#233;tait que vers la fin de la p&#233;riode interm&#233;diaire, pendant la longue s&#233;cheresse, que des plates-formes en terrasses avec des plates-formes bien construites s'&#233;tendaient largement sur le haut plateau. Des plates-formes situ&#233;es pr&#232;s de la lagune et atteignant pr&#232;s de 3 850 m d'altitude ont &#233;t&#233; irrigu&#233;es, mais celles situ&#233;es &#224; plus de 3 900 m &#233;taient destin&#233;es uniquement &#224; l'agriculture pluviale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#232;re des images religieuses puissantes et de l'art figuratif avait pris fin dans la Sierra du Sud. Des groupes ethniques locaux plus petits, tels que les Chanca (Vivanco, 2001), Huanca, Soras, Pocras et Rucana, se sont install&#233;s &#224; Ayacucho et, au fil du temps, ont form&#233; une conf&#233;d&#233;ration si puissante qu'elle mena&#231;ait leurs voisins orientaux, les Quechua &#224; Apur&#237;mac et les Incas &#224; Cuzco. Entre-temps, il semble que des conf&#233;d&#233;rations similaires se soient form&#233;es &#224; Cuzco entre les Ayarmaca (au nord) et les Pinahua (au sud, &#224; Muyna, &#224; proximit&#233; de Piquillacta).&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme dans de nombreuses autres r&#233;gions de la Sierra, les premi&#232;res preuves de mat&#233;riel culturel provenant de la r&#233;gion de Cuzco r&#233;v&#232;lent son statut de province, refl&#233;tant des contacts avec d'autres sites, qui ont prosp&#233;r&#233; &#224; la fois sur la c&#244;te et sur les hauts plateaux. Cela allait changer, en partie &#224; cause de l'exemple laiss&#233; par le centre administratif de Piquillacta, abandonn&#233; par les Huari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nord de Cuzco, dans les vall&#233;es de Patacancha et de Cusichaca, d'apr&#232;s les donn&#233;es des p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dentes, avec une r&#233;duction de la population &#224; la fin de la premi&#232;re p&#233;riode interm&#233;diaire et &#224; l'horizon moyen, on a observ&#233; une forte augmentation de la population &#224; la fin de la p&#233;riode interm&#233;diaire, corrobor&#233;e par des &#233;tudes sur les mod&#232;les d'&#233;tablissement (Kendall, 1991, 1994, 1996).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand nombre de sites de la p&#233;riode interm&#233;diaire tardive, associ&#233; aux preuves combin&#233;es d'exp&#233;ditions arch&#233;ologiques et aux preuves pal&#233;o&#233;cologiques du lac rempli de Marcacocha (3 400 m d'altitude, dans la vall&#233;e de Patacancha, Cuzco), sugg&#232;re que la meilleure gestion et utilisation de l'une des strat&#233;gies environnementales pourrait contribuer &#224; cette augmentation d&#233;mographique li&#233;e &#224; l'utilisation de l'aulne (Alnus acuminata) dans les b&#226;timents de Pumamarca (Kendall et Chepstow-Lusty, 2006). Cette preuve associe la gestion des for&#234;ts &#224; l'utilisation de l'aulne, une esp&#232;ce d'arbre qui favorise les sols pauvres en &#233;l&#233;ments nutritifs et dans ce cas d&#233;grad&#233;e, sugg&#233;rant une strat&#233;gie positive pour faire face localement aux conditions climatiques s&#232;ches et temp&#233;r&#233;es apr&#232;s 1100 apr&#232;s JC. (Chepstow-Lusty et al, 1996). Dans cette vall&#233;e, les andener&#237;as irrigu&#233;es et la gestion des for&#234;ts ont continu&#233; &#224; se d&#233;velopper pendant la premi&#232;re occupation des Incas et &#224; partir de 1300 dc environ, pendant le d&#233;veloppement de l'&#201;tat inca, jusqu'&#224; atteindre le niveau de gestion environnementale communal observ&#233; &#224; Cuzco au XVIIe si&#232;cle. par Garcilaso de la Vega (1966 [1609]). Les syst&#232;mes d'irrigation construits avec de la pierre utilisaient l'eau des chutes de neige stock&#233;es dans les lagunes et autres. Les travaux d'andener&#237;as ont permis de reconstruire efficacement le paysage et de stabiliser l'&#233;rosion des sols, processus qui s'est poursuivi dans l'empire Inca &#224; la fin de l'horizon. Ce processus a &#233;t&#233; favoris&#233; par la diminution des s&#233;diments inorganiques dans le lac (Kendall et Chepstow-Lusty ibid). Le contr&#244;le des ressources locales &#224; travers un large spectre incluant la gestion des for&#234;ts, le p&#226;turage, la chasse aux animaux, la gestion des ressources en eau et les infrastructures agricoles, &#233;taient des composantes cl&#233;s de l'organisation rurale Inca, telles que comme le d&#233;crit l'ethnohistoire (Garcilaso de la Vega, ibid) dont le r&#233;sultat &#233;tait de parvenir &#224; une gestion int&#233;gr&#233;e de leurs ressources naturelles. Selon l'ethnohistoire, les connaissances locales et le soutien de l'&#201;tat ont permis aux communaut&#233;s de conserver et de planifier l'utilisation de leurs ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de Cuzco Inca avec une irrigation accrue et une sp&#233;cialisation des plates-formes pendant la p&#233;riode interm&#233;diaire tardive, &#224; la suite des s&#233;cheresses cons&#233;cutives &#224; la mont&#233;e des pluies et au r&#233;chauffement de l'environnement, 1250-1500 apr&#232;s JC, a stimul&#233; la construction de plates-formes avec irrigation tout au long de la cha&#238;ne de montagnes. Il y avait aussi un regain d'int&#233;r&#234;t pour les pentes orientales des Andes, les syst&#232;mes andins et la production de coca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/ifea/6117?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;cadence de Tiahuanaco&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;clin politique et religieux de Tiahuanaco s'est produit en 950, puis 1000 et 1100 apr&#232;s J.-C. Les &#233;l&#233;ments arch&#233;ologiques recueillis dans la vall&#233;e d'Azapa (Chili) indiquent que les sites de l'&#233;lite Tiahuanacota ont &#233;t&#233; d&#233;truits, que les tombes ont &#233;t&#233; d&#233;vast&#233;es et que les corps ont &#233;t&#233; profan&#233;s et d&#233;chir&#233;s. &#192; Moquegua, les sites de la soci&#233;t&#233; de Tiahuanaco ont &#233;galement &#233;t&#233; d&#233;truits de mani&#232;re violente par une guerre civile, comme c'est le cas de Moquegua, m&#234;me si l'hypoth&#232;se d'une destruction par l'&#201;tat de Huari existe &#233;galement (hypoth&#232;se propos&#233;e par Moseley en 1991) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de l'altiplano, la perte de pouvoir est moins violente, comme en t&#233;moignent la continuit&#233; des styles de poterie Tiahuanacotas autour de Titicaca, ainsi que la continuit&#233; des traditions fun&#233;raires et quotidiennes ; ce qui sugg&#232;re que l'&#201;tat de Tiahuanaco a d'abord perdu son pouvoir &#224; la p&#233;riph&#233;rie (cas d'Azapa et de Moquegua), puis dans les hauts plateaux. Selon P&#228;rssinen, la perte de pouvoir a rendu les colonies vuln&#233;rables aux attaques des groupes ethniques locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIe si&#232;cle, la capitale Tiahuanaco est abandonn&#233;e et plusieurs colonies mineures commencent &#224; appara&#238;tre sur le plateau de Collao. Le d&#233;but de ces colonies mineures a commenc&#233; &#224; appara&#238;tre vers 900 apr&#232;s J.-C. Mais, en m&#234;me temps, les sites tiahuanacotas (Pajchiri, Khonkho, Lukurmata) continuent d'&#234;tre habit&#233;s. Avant cela, la ville de Tiahuanaco avait concentr&#233; une population estim&#233;e entre 25 000 et 50 000 habitants et les preuves arch&#233;ologiques de complexes de logements en dehors de la ville sont rares. Apparemment, avant la perte du pouvoir politique, des groupes de population ont d&#233;cid&#233; d'&#233;migrer de la ville et de se regrouper en populations ind&#233;pendantes sur tout le plateau de Collao. L'augmentation des petites populations augmente en fonction de l'abandon de la ville de Tiahuanaco, processus qui aboutit &#224; l'abandon total de la ville et &#224; la perte absolue du pouvoir imp&#233;rial sur la p&#233;riph&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les styles de poterie de Collao r&#233;v&#232;lent d'autres aspects du d&#233;clin de Tiahuanaco, bien que les &#233;tudes sur le radiocarbone soient encore rares dans la plupart des localit&#233;s de la vall&#233;e de Tiahuanaco, afin de d&#233;terminer avec pr&#233;cision les implantations de la phase V de Tiahuanaco et des villes fond&#233;es. Post-Tiahuanaco Ce probl&#232;me dans les &#233;tudes de la civilisation Tiahuanacota fait que de nombreux auteurs corrigent le d&#233;clin de Tiahuanaco en l'attribuant aux ann&#233;es 1150 ou 1200 (Bermann, Mujica, Ponce Sangin&#233;s et Janusek).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la poterie, la disparition du style Tiahuanacota est progressive, du moins comme le montrent des &#233;tudes effectu&#233;es dans les r&#233;gions de Machaca et Caquiaviri, la derni&#232;re capitale de Pacajes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement de la soci&#233;t&#233; tiahuanaco &#224; Machaca&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiahuanaco a occup&#233; la r&#233;gion de Machaca tr&#232;s t&#244;t : des monolithes de la tradition &#034;Yaya Mama&#034; (pr&#233;sents depuis l'&#232;re de la culture Chiripa) ont &#233;t&#233; trouv&#233;s. Certains auteurs affirment que les monolithes et les constructions &#224; Machaca ont commenc&#233; lors de la phase III de Tiahuanaco. Cependant, le style de poterie de Tiahuanaco dans sa phase V survit &#224; Machaca jusqu'aux p&#233;riodes post-Tiahuanacotas. &#192; cet &#233;gard, Rigoberto Paredes rassemble en 1955 des traditions orales de Machaca selon lesquelles un cataclysme aurait pris fin avec Tiahuanaco et que leurs pr&#234;tres et leurs dirigeants ont d&#233;cid&#233; de s'installer dans la r&#233;gion de Machaca avec leurs idoles. Dans ce cas, les preuves arch&#233;ologiques co&#239;ncident avec la tradition orale. Les fouilles de Khonkho et de Kjula Marca r&#233;v&#232;lent des constructions de la p&#233;riode pr&#233;-classique de Tiahuanaco (45 apr&#232;s J.-C.) mais des c&#233;ramiques de la p&#233;riode V (de 700 &#224; 1100 apr&#232;s J.-C.). En m&#234;me temps, les fouilles de Kjula Marca r&#233;v&#232;lent que la majorit&#233; des colonies de peuplement de cette r&#233;gion ont &#233;t&#233; fond&#233;es apr&#232;s Tiahuanaco et m&#234;me pendant la p&#233;riode des Incas. Cela s'explique par le fait qu'avant le d&#233;clin de Tiahuanaco, presque toute la population environnante &#233;tait concentr&#233;e dans la r&#233;gion de la m&#233;tropole imp&#233;riale. Apr&#232;s le d&#233;clin de Tiahuanaco, la r&#233;gion de Machaca &#233;tait pleine de petites villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement de la soci&#233;t&#233; tiahuanaco &#224; Caquiaviri&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enqu&#234;tes dans la r&#233;gion de Caquiaviri montrent que pendant la p&#233;riode Tiahuanacota, il n'y avait que des constructions sur les rives du fleuve Desaguadero, &#224; Nazacara et sur le Cerro Chicha ; le reste de la r&#233;gion &#233;tait d&#233;pourvu de preuves arch&#233;ologiques sur Tiahuanacote. Dans le cas de Cerro Chicha, il y avait un sanctuaire avec des preuves de son utilisation par Tiahuanaco, Pacajes et Incas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caquiaviri, pendant la p&#233;riode de Tiahuanaco, avait une population clairsem&#233;e et avec le d&#233;clin progressif des tiahuanacotas, la population &#224; Caquiaviri a augment&#233;, &#224; une &#233;poque o&#249; le style c&#233;ramique de Tiahuanaco n'&#233;tait plus pur, mais il s'agissait d'une p&#233;riode de transition. Cela signifie que, avec le d&#233;clin de Tiahuanaco, a commenc&#233; une p&#233;riode de migration du centre de la ville vers les p&#233;riph&#233;ries. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La civilisation Huari ou Wari et sa chute&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Huari, dont la capitale se situe pr&#232;s de l'actuelle Ayacucho, appara&#238;t un peu plus tardivement. A partir de cette r&#233;gion andine les Huaris partiront &#224; la conqu&#234;te de nombreuses r&#233;gions pour finalement constituer un empire englobant une grande partie des Andes et de la c&#244;te sud du P&#233;rou (absorbant entre autre Nazca et Pachacamac). Ce peuple construira de v&#233;ritables cit&#233;s tr&#232;s structur&#233;es, entour&#233;es d'une enceinte, comportant de nombreuses maisons &#224; &#233;tage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Huaris sont des artistes remarquables. Les tissages sont d'une haute qualit&#233; technique aux motifs abstraits et g&#233;om&#233;triques. L'empire dispara&#238;t aussi vers l'an 1100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire Wari est sans aucun doute l'un des points culminants du d&#233;veloppement des Andes centrales au cours de l'histoire ; certains sugg&#232;rent qu'il n'a pas cette particularit&#233;, c'est-&#224;-dire qu'il n'&#233;tait pas un empire, car il n'a pas de preuves &#233;crites pour le prouver, entre autres aspects. Mais le plus important est de pouvoir observer les autres sources qu'ils ont laiss&#233;es, ce qui a permis &#224; Wari de soumettre d'autres &#201;tats par la violence et son id&#233;ologie, ainsi que de comprendre sa chute brutale r&#233;sultant des contradictions internes et du m&#233;contentement du peuple Wari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, nous allons utiliser nos capacit&#233;s de r&#233;tention, d'imagination et d'interpr&#233;tation des situations donn&#233;es dans cette p&#233;riode de notre histoire, afin de pouvoir comprendre quels sont ses avantages qui ont permis la formation de cet &#034;empire&#034; et de r&#233;fl&#233;chir aux erreurs administratives. et sociale qui a conduit &#224; sa chute irr&#233;m&#233;diablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que cela servira de mod&#232;le &#224; ce que nous devrions et ne devrions pas appliquer dans une soci&#233;t&#233; et donc &#234;tre capable de forger croissance et d&#233;veloppement, des aspects qui sont maintenant appliqu&#233;s de mani&#232;re ind&#233;pendante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le wari &#233;tait une civilisation florissante dans le sud des Andes entre les ann&#233;es 500 et 1100 de notre &#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Wari s'est d&#233;velopp&#233;e vers la fin de la p&#233;riode appel&#233;e Horizon Moyen dans la r&#233;gion d'Ayacucho. O&#249; a commenc&#233; &#224; d&#233;velopper une tradition de centres urbains influenc&#233;s par Nazca et Tiahuanaco, qui ont vaincu Nazca. La culture Wari a commenc&#233; son expansion au nord, au sud et &#224; l'ouest et, peu de temps apr&#232;s, la r&#233;gion du centre du P&#233;rou &#233;tait sous Wari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat Wari s'&#233;tend vers les hautes terres du nord jusqu'&#224; Callej&#243;n de Huaylas, vers les hautes terres du sud de Cuzco et sur les c&#244;tes centrale et m&#233;ridionale ; Wari arriva &#224; Cajamarca au nord, &#224; La Libertad, &#224; Moquegua et &#224; Sicuani au sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Wari trouve son origine dans un environnement difficile : la r&#233;gion d'Ayacucho. C'est une zone s&#232;che et aride dans laquelle il est tr&#232;s difficile de cultiver &#224; cause des sols pierreux et de la raret&#233; de l'eau. Toutes ces caract&#233;ristiques de l'environnement dans lequel il est d&#233;velopp&#233; sont &#224; l'origine de son nom. Le mot Wari est un mot quechua qui signifie sauvage et indompt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour surmonter cette limitation, le Wari a r&#233;alis&#233; des travaux de canalisation et de drainage et cr&#233;&#233; des plates-formes sur les pentes des escarpements, des collines, agrandissant consid&#233;rablement les terres arables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Punas situ&#233;s au sud d'Ayacucho repr&#233;sentaient une riche source de ressources, car ils &#233;taient recouverts de p&#226;turages et constituaient un refuge pour la majorit&#233; des vigognes de notre pays. Dans cette zone, des tubercules tels que la pomme de terre, l'olluco, le mashua et le coca ont &#233;t&#233; cultiv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mode de fonctionnement de la soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les waris furent les premiers &#224; d&#233;velopper l'id&#233;e de &#034;ville&#034; dans la r&#233;gion andine. Ils ont construit de grands complexes architecturaux, avec d'&#233;normes murs qui entouraient les maisons, les entrep&#244;ts, les rues et les places. Ils ont construit des b&#226;timents pour l'administration civile et les garnisons militaires et leurs centres urbains ont &#233;t&#233; organis&#233;s dans des quartiers d'artisans, comme ceux de potiers ou de tisserands. Toutes les constructions &#233;taient larges et constitu&#233;es d'un seul &#233;tage, suivant une architecture planifi&#233;e, rectangulaire et sym&#233;trique, d&#233;montrant un degr&#233; &#233;lev&#233; de hi&#233;rarchie sociale. Compte tenu de son &#233;norme extension, l'&#201;tat maintenait des enclaves dans diff&#233;rentes parties de son empire, telles que celles d&#233;couvertes dans les vall&#233;es de Nazca ou de Moquegua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Origine de la cultura Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat imp&#233;rial Wari ou Huari, form&#233; sur la base d'un petit royaume situ&#233; dans la zone qui correspond aujourd'hui au d&#233;partement d'Ayacucho et que lui est connu comme le royaume Huarpa. Avant le Xe si&#232;cle, ce petit royaume avait un commerce intense avec Nazca et avec la r&#233;gion de l'Altiplano. &#192; l'origine, les Wari &#233;taient un groupe ethnique qui absorbait les caract&#233;ristiques de la culture Huarpa, certains &#233;l&#233;ments de la culture Nazca et les personnages de la religion Tiahuanaco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppement de la culture Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Wari s'est d&#233;velopp&#233;e gr&#226;ce au grand progr&#232;s de l'agriculture et l'&#233;levage a pu s'&#233;tendre sur presque tout le territoire p&#233;ruvien. Pour cette raison, il est connu sous le nom de culture pan-andine. Pour une bonne administration des r&#233;gions soumises, il &#233;tait n&#233;cessaire de cr&#233;er des centres administratifs urbains (chefs-lieux de la r&#233;gion). Cet empire s'est &#233;tendu gr&#226;ce aux conqu&#234;tes militaires qui leur ont permis d'atteindre tr&#232;s rapidement leur extension maximale, ce qui a &#233;galement facilit&#233; leur d&#233;clin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cultures influentes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Wari est une synth&#232;se de trois cultures importantes telles que Huarpa, Nazca et Tiahuanaco. Adopter l'organisation rurale des Huarpa, gr&#226;ce &#224; l'interaction entre la technologie et le commerce de la ville de Nazca, des am&#233;liorations seront apport&#233;es &#224; l'artisanat, comme la c&#233;ramique ; Du tiatuanaco, ils adoptent leurs dieux, leurs mythes et leurs lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisation sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de son orientation urbaine et militaire, Wari a maintenu une forte hi&#233;rarchie sociale, domin&#233; par des classes dirigeantes. Les pr&#234;tres et en particulier les guerriers auraient d&#251; occuper une place importante dans la soci&#233;t&#233;, qui exer&#231;ait son pouvoir depuis les centres urbains. Cette pyramide sociale avait &#224; sa base une grande masse de fermiers et de bergers. Certains pensent que Wari et Tiahuanaco ont form&#233; un double &#201;tat, o&#249; Wari a maintenu le centre du contr&#244;le politique et militaire, tandis que Tiahuanaco &#233;tait responsable des activit&#233;s les plus c&#233;r&#233;moniales. Bien qu'il ne s'agisse que d'une hypoth&#232;se sans fondement, il est incontestable que les deux empires ont entretenu des relations, ainsi que des rivalit&#233;s &#233;conomiques et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surpopulation de la ville, l'abandon de la campagne et peut-&#234;tre une s&#233;cheresse ont provoqu&#233; le manque de produits alimentaires qu'il a fallu r&#233;soudre pendant une courte p&#233;riode en &#233;changeant des objets d'artisanat contre des produits agricoles jusqu'&#224; ce qu'il devienne insuffisant et choisisse la conqu&#234;te par la guerre, Os pour l'exploitation des colonies conquises, cela doit avoir eu lieu entre 800 apr&#232;s JC. &#192; 1200 apr&#232;s J.-C. en arrivant pour constituer son empire qui comprenait de Cajamarca et Lambayeque &#224; Sicuani et au nord d'Arequipa. Les hommages ont &#233;t&#233; rendus possibles par le maintien des grandes villes fond&#233;es en tant que colonies et en m&#234;me temps ils ont cr&#233;&#233; un &#233;change de produits et d'id&#233;es similaires dans toute la r&#233;gion centrale des Andes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan social, la contribution de Wari &#233;tait particuli&#232;rement importante et significative, car, comme on l'a d&#233;j&#224; indiqu&#233;, les guerriers ont fait la r&#233;volution urbaine, ont donn&#233; naissance &#224; l'&#201;tat, &#224; la soci&#233;t&#233; et au pouvoir s&#233;cularis&#233;s, aux communaut&#233;s organis&#233;es en ayllus, &#224; la planification invent&#233;e. et l'urbanisme et ont impos&#233; leurs mod&#232;les d'&#233;tablissement urbain dans le monde andin. Dans la r&#233;gion, &#224; l'exception de Caja marquilla, il ne reste aucun vestige mat&#233;riel de l'activit&#233; Wari dans le domaine de l'urbanisme, mais dans la structure de la soci&#233;t&#233; Yunga de l'&#233;poque, l'impact &#233;tait notoire et des changements importants. Le r&#233;sultat de ceux-ci est clairement visible lorsqu'on &#233;tudie l'organisation et les r&#233;alisations des seigneuries et des cacicazgos des vall&#233;es de la r&#233;gion au cours de la p&#233;riode suivante ou la double structure que de nombreuses communaut&#233;s rurales ont jusqu'&#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisation politique et militaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour assurer leurs conqu&#234;tes et les g&#233;rer correctement, le Wari a &#233;tabli, &#224; des endroits strat&#233;giques du territoire imp&#233;rial, des enclaves officiant dans des centres administratifs et des lieux destin&#233;s &#224; capturer les ressources provinciales et &#224; les renvoyer &#224; la m&#233;tropole. Ils ont cr&#233;&#233; Viracocha centres pampa &#224; Huamachuco, Vilca Huain &#224; Huaraz, Wari Vilca, &#224; Huancayo, Cajamarquilla, Lima et Piqu&#233; Llaqta &#224; Cuzco. Naturellement, ils ont &#233;galement construit un r&#233;seau reliant les sites les uns aux autres et de communiquer directement avec la m&#233;tropole, pour permettre l'envoi des imp&#244;ts provinciaux, les all&#233;es et venues des marchands et surtout la rapide mars des arm&#233;es conqu&#233;rantes afin d'&#233;tendre son territoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que les Wari aient pratiqu&#233; une politique colonialiste centralis&#233;e, dans laquelle seul le b&#233;n&#233;fice de la m&#233;tropole &#233;tait int&#233;ress&#233; par l'exploitation maximale des territoires colonis&#233;s ou conquis. Pour cette raison, leurs colonies avaient la condition de v&#233;ritables enclaves coloniales cr&#233;&#233;es pour contr&#244;ler, politiquement et &#233;conomiquement, le territoire sur lequel elles s'installaient. Les centres administratifs &#233;taient de v&#233;ritables &#034;usines&#034; qui concentraient l'activit&#233; commerciale de la r&#233;gion, en capturaient la production, la stockaient et l'envoyaient dans la m&#233;tropole d'Ayacucho, le tout dans des conditions de s&#233;curit&#233;. Pourquoi les centres &#233;taient entour&#233;s de hauts murs concentriques et des espaces de vie dans les enclos &#233;taient ferm&#233;s qui ne pouvaient entrer escalader les murs des rues &#233;troites, qui ont &#233;t&#233; remplac&#233;s dans de nombreux cas par des routes qui ont fonctionn&#233; si haut des murs &#233;pais. Il est &#233;galement la raison pour laquelle les membres de la bureaucratie administrative et les garnisons militaires imp&#233;riales n'afincaban dans les provinces et retourn&#233;s &#224; Wari EAT bient&#244;t rempli leur mission de service et en cas de d&#233;c&#232;s ont &#233;t&#233; prises &#224; la terre natale pour les auquis tut&#233;laires assurent eux et le dieu des &#233;tats-majors pourraient les int&#233;grer &#224; leur entourage d'&#234;tres ail&#233;s. Ceci est probablement l'une des raisons pour lesquelles dans les provinces, il n'y a presque pas de villages, des palais et des temples, ni lieux d'inhumation ou de c&#233;r&#233;monie Wari, mais traite les personnes qui pratiquent une religion pros&#233;lyte sens &#339;cum&#233;nique forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisation &#233;conomique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les infrastructures &#233;conomiques du Wari ont pris un bon essor gr&#226;ce &#224; l'agriculture, l'&#233;levage, le commerce et l'artisanat tels que l'architecture, la c&#233;ramique et l'orf&#232;vrerie. Le Wari &#233;tait un &#201;tat &#224; fort d&#233;veloppement urbain, m&#234;me s'il conservait un caract&#232;re rural et paysan dans les zones plus p&#233;riph&#233;riques. Ils ont maintenu des &#233;changes &#233;conomiques et culturels avec d'autres &#201;tats, notamment avec Tiahuanaco, avec lequel les relations &#233;taient apparemment tendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#233;conomie reposait sur l'agriculture de produits tels que le ma&#239;s, les pommes de terre et le quinoa, ainsi que sur le b&#233;tail des lamas et des alpagas. Wari &#233;tait une soci&#233;t&#233; urbaine dont l'&#233;conomie reposait sur une planification solide. En cons&#233;quence, la ville est devenue le moteur de la production et de la distribution de la richesse agricole et manufacturi&#232;re. Les Wari ont fortement encourag&#233; l'agriculture intensive, la production massive de biens et de produits et un &#233;change commercial actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour augmenter la production agricole des provinces et obtenir des exc&#233;dents afin de renforcer l'offre de la r&#233;gion d'Ayacucho dont l'agriculture ne r&#233;pondait pas aux besoins d'une population urbaine nombreuse et croissante, les Wari ont encourag&#233; la construction d'importants ouvrages hydrauliques dans tout l'Empire ; il en reste dans les vall&#233;es de Moche et Vir&#250;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Wari devait d&#233;velopper l'agriculture, car sa population &#233;tait en augmentation et ne pouvait pas &#234;tre nourrie uniquement avec du b&#233;tail, ce qui avait pour effet de remplacer le p&#226;turage des lamas pour la culture de la pomme de terre. Cette conversion rapide du p&#226;turage en pommes de terre a permis &#224; Wari de disposer d'une importante zone d'approvisionnement pour sa propre capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour accro&#238;tre la production et la productivit&#233; des artisans provinciaux, les Wari ont encourag&#233; l'utilisation de syst&#232;mes facilitant la fabrication de certains produits, en assurant leur normalisation et leur production en s&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas des c&#233;ramiques dans lesquelles l'usage des moules a &#233;t&#233; popularis&#233;, r&#233;alisant une production massive d'objets de grande demande populaire. Ce syst&#232;me a &#233;t&#233; pratiqu&#233; sur toute la c&#244;te, en particulier &#224; la fin de l'&#233;poque o&#249; les styles &#233;pigonaux se sont d&#233;velopp&#233;s, les moulages &#233;tant la c&#233;ramique de Lambayeque et de Chancay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce actif exerc&#233; par les Wari a d&#233;termin&#233; la construction de grands centres de stockage et de vastes r&#233;seaux routiers. Les nombreux centres administratifs de Wari qui existaient sur la c&#244;te et dans le district de Cajamarquilla, avec ses vastes et nombreuses zones de colca et de gisements, en sont des exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; commerciale du Wari, qui rassemblait la production des r&#233;gions c&#244;ti&#232;res pour l'&#233;changer avec celle des serranas, devait avoir une grande importance et occuper de nombreuses personnes, car elle a profond&#233;ment marqu&#233; les habitudes des colons Yungas. Nous avons donc constat&#233; que plus tard, une grande partie des coste&#241;os &#233;tait exclusivement d&#233;di&#233;e au commerce, atteignant un tiers de la population de la vall&#233;e de Chincha. L'activit&#233; commerciale a jou&#233; un r&#244;le de premier plan. depuis les waris avait plusieurs axes villes qui centralisaient la t&#226;che mercantile. C'&#233;taient de v&#233;ritables centres coloniaux qui soumettaient et exploitaient les villes voisines voisines (puisqu'il s'agissait d'un &#201;tat colonisateur, expansif et belliqueux), canalisant ainsi la plus grande productivit&#233; des biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les routes ont d&#251; jouer un r&#244;le vital dans l'empire Wari ; son existence et son fonctionnement ne peuvent &#234;tre imagin&#233;s sans un r&#233;seau routier &#233;tendu et efficace qui maintiendrait ses relations politico-&#233;conomiques. Comme dans tout &#201;tat despotique, leur s&#233;curit&#233; et leur bien-&#234;tre d&#233;pendaient de la vitesse des communications, de la rapidit&#233; avec laquelle leurs forces conqu&#233;rantes ou r&#233;pressives pourraient &#234;tre transf&#233;r&#233;es et des approvisionnements permanents de la m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces routes existaient d&#233;j&#224; entre Wari et tous les centres administratifs provinciaux de l'Empire, bien que nous ne connaissions actuellement aucune trace de ces routes. Certains doivent avoir disparu par l'action du temps, d'autres doivent avoir &#233;t&#233; impliqu&#233;s dans le r&#233;seau routier mis en place par les Incas, en utilisant et en d&#233;veloppant les anciennes routes existantes, il est possible que certains restent encore cach&#233;s par les anfractuosit&#233;s naturelles et la poussi&#232;re des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poteries&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poterie de Wari est repr&#233;sent&#233;e comme un creuset de trois styles diff&#233;rents. Beaucoup de ses cr&#233;ations pr&#233;sentent des similitudes formelles avec les personnages de Tiwanaku et de Pukara, tels que les chamanes ail&#233;s ou le &#034;Caract&#232;re des sceptres&#034;, tandis que les formes des vases se distinguent par leurs bouteilles &#224; deux cols qui &#233;voquent la culture de Nazca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terrasses et routes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus admirable de tout ce qu'ils ont fait pour le d&#233;veloppement de leur agriculture a &#233;t&#233; la construction des plateformes, syst&#232;me de terrasses construites sur les pentes des collines pour emp&#234;cher l'&#233;rosion des terres et &#233;largir la fronti&#232;re agricole. On peut aussi affirmer, selon Guillermo Lumbreras, qu'il y avait des routes entre ville et ville. Des moyens qui ont servi au d&#233;veloppement &#233;conomique et, fondamentalement, &#224; pouvoir contr&#244;ler le caract&#232;re colonisateur, expansif et guerrier de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Textiles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; W ari a domin&#233; diverses expressions artistiques et est parvenu &#224; produire des &#339;uvres d'une grande qualit&#233; et d'une grande beaut&#233;. Ses influences de Nazca et Tiahuanaco se retrouvent dans les tapisseries et les c&#233;ramiques. Les tapisseries de Wari sont consid&#233;r&#233;es parmi les plus belles du monde, autant pour leur beaut&#233; esth&#233;tique pour leurs images. Ils ont &#233;t&#233; fabriqu&#233;s avec du coton et de la laine de cam&#233;lid&#233;s comme la vigogne. Les Wari ont utilis&#233; religion comme transmetteur id&#233;ologique de domination, les textiles ont un r&#244;le pr&#233;dominant, car c'est l&#224; que l'iconographie est physiquement parcourue de kilom&#232;tres &#224; travers les territoires domin&#233;s. Les ponchons clairement &#233;galement partie de la tendre rituelle utilis&#233;e lors des c&#233;r&#233;monies rituelles, o&#249; les couleurs vives, diff&#233;rentes techniques de broderie et l'impression complexe. Eh bien, les tissus Wari plus anciens ont un style plus pauvre, cette situation a chang&#233; avec l'acquisition de Wari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les dessins de Wari, il et un personnage repr&#233;sent&#233; avec canne dans chaque image principale, une image de l'une des divinit&#233;s de la r&#233;gion de Wari. Les autres motifs utilis&#233;s dans les textiles sont les oiseaux, les serpents et les f&#233;lins. Les techniques utilis&#233;es viennent de Moche et le rouge vif pr&#233;domine. Les autres couleurs utilis&#233;es sont le bleu vif, le jaune d'or, le blanc et le bleu. Le contour des figures est noir, ainsi que parfois le blanc ait aussi &#233;t&#233; utilis&#233;. Les tisserands &#233;taient &#171; les grands ma&#238;tres de l'harmonie et de la couleur &#187; pour leur incroyable v&#233;rit&#233; et leur gamme de couleurs appliqu&#233;es &#224; leurs tissus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tissus tiss&#233;s sont fabriqu&#233;s selon la technique du rembourrage et sont d&#233;cor&#233;s de motifs abstraits et complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tuniques Wari sont de grands et orn&#233;s de motifs stylistiques abstraits et r&#233;p&#233;titifs g&#233;om&#233;triques. Ils sont g&#233;n&#233;ralement fabriqu&#233;s avec la cha&#238;ne de coton et la fibre de cam&#233;lid&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La casquette Wari est une sorte de bonnet &#224; quatre pointes de taille plut&#244;t petite et &#224; la texture trois douce et velout&#233;e. Les motifs sont stylis&#233;s, abstraits et g&#233;om&#233;triques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bandeaux Wari sont fabriqu&#233;s selon la technique du rembourrage. Les motifs, r&#233;p&#233;s&#233;s, sont abstraits et g&#233;om&#233;triques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sacs en tissu sont caract&#233;ris&#233;s par des motifs de conception comprenant des visages de f&#233;lins, cam&#233;lid&#233;s, humains et animaux. Le Wari fabriqu&#233; &#233;galement de beaux tissus de coton et de plumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Architecture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture de Wari est repr&#233;sentative de la planification &#233;tatique dans les montagnes, avec des centres tels que Pikillacta, le plus important centre administratif et politique du territoire de Wari. Pikillacta est un centre fortifi&#233; construit au 6&#232;me si&#232;cle qui a fonctionn&#233; pendant 150 ans et qui repr&#233;sente l'urbanisme planifi&#233; par Wari. La forme de certains b&#226;timents est dans certains cas rectangulaire et dans d'autres, carr&#233;e. Les tribunaux et les places entourent les b&#226;timents, ainsi que les r&#233;sidences de l'&#233;lite politique et religieuse de la r&#233;gion. Les murs &#233;taient recouverts de pl&#226;tre et de nombreux b&#226;timents avaient deux &#233;tages. La fonction c&#233;r&#233;monielle est repr&#233;sent&#233;e par une construction qui pr&#233;sente des niches sur les murs, en plus des cr&#226;nes humains et des objets en m&#233;tal comme offrandes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mod&#232;le architectural de Wari se caract&#233;rise par l'ind&#233;pendance des centres urbains mur&#233;s, bien planifi&#233;s et situ&#233;s dans des lieux strat&#233;giques o&#249; l'expansion coloniale le n&#233;cessitait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les murs de certaines villes ont &#233;t&#233; construits avec des pierres allong&#233;es jointes avec de la boue, o&#249; ils atteignent des hauteurs allant de huit &#224; douze m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le b&#226;timent principal du complexe de Huilcahuain (pr&#232;s de Huaraz, dans le Callej&#243;n de Huaylas, Ancash), qui a &#233;t&#233; reconstruit, faisait partie du centre urbain de Huilcahuain d'une taille consid&#233;rable. Il est construit avec des pierres de pierre ; Il mesure quinze m&#232;tres sur vingt et comprend trois &#233;tages atteignant une hauteur de neuf m&#232;tres. &#192; l'int&#233;rieur, il est dot&#233; d'un syst&#232;me de ventilation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a d&#233;j&#224; mentionn&#233; &#224; plusieurs reprises, la construction de deux ou trois &#233;tages est une caract&#233;ristique commune des structures de Wari. Nous pouvons &#233;galement voir une section d'un mur de pierre WARI finement sculpt&#233; du temple Moraduchayoq &#224; Huilcahuain. Cet ensemble est mur&#233; par ce type de mur. L'&#233;rudit Brewster-Wray estime que ce mur a peut-&#234;tre &#233;t&#233; une route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un secteur de Cheqo Wasi sur le site de Wari ont &#233;t&#233; d&#233;couvertes des constructions m&#233;galithiques consid&#233;r&#233;es aujourd'hui comme des mausol&#233;es. Ils sont enferm&#233;s dans une enceinte circulaire et associ&#233;s &#224; un complexe de petites pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;ramiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La poterie Wari a une influence &#233;vidente de Tiahuanaco et c'est &#224; partir d'Ayacucho qu'elle s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; travers les territoires conquis. Il y a quatre styles qui pr&#233;dominent dans l'horizon moyen : Conchopata, Robles Moqo, Chakipampa et Vi&#241;aque. Cela implique que plusieurs styles de c&#233;ramique peuvent &#234;tre trouv&#233;s au m&#234;me endroit. Le style Conchopata est bas&#233; sur de grandes urnes d'environ 80 cm. longtemps pour servir de r&#233;f&#233;rentiel des offres. Dans sa partie externe, on voit des caract&#232;res similaires &#224; ceux de la Couverture du Soleil de Tiahuanaco. Le style Robles Moqo vient de Huari lui-m&#234;me, il est bas&#233; sur des urnes, des pichets, des verres et des personnages flammes, avec des d&#233;corations g&#233;om&#233;triques et naturalistes, o&#249; les motifs Tiahuanaco sont &#233;galement pr&#233;sents. Le style Chakipampa, d'influence de Nazca, est ordinaire et n'a pas le caract&#232;re c&#233;r&#233;moniel des pr&#233;c&#233;dents. Il est bas&#233; sur de petites bouteilles, des navires model&#233;s tels que des tubercules ou des figures humaines, d&#233;cor&#233;s de blanc, cr&#232;me, violet et gris. Enfin, le style Vi&#241;aque provient de la ville de Huari et est consid&#233;r&#233; comme un produit de l'agrandissement, car il regroupe divers sous-styles des zones de Nazca et de Lima, ainsi que des &#233;l&#233;ments de Moqo et de Chakipampa Robles. Ses formes principales sont les bols semi-&#233;miesph&#233;riques, les pichets au cou effigie et les flacons &#224; deux corps. Leurs motifs sont des t&#234;tes de f&#233;lins vus de profil, des plantes stylis&#233;es, des cr&#226;nes, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formation de l'Etat Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Huarpa avant Huari &#233;tait &#233;galement situ&#233;e &#224; Ayacucho. Son nom provient d'un affluent du fleuve Mara&#241;&#243;n. Ils ont &#233;t&#233; reconnus pour leur production terrestre (5 fois plus que la production actuelle) gr&#226;ce &#224; leur technologie hydraulique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons revenir &#224; l'&#233;tat initial de Huarpa pour r&#233;pondre &#224; cette question, alors qu'il s'agissait d'un centre de fabrication sans importance. Les influences de Nazca et de Tiahuanaco, leur ont permis de d&#233;velopper des &#233;changes sur la c&#244;te sud, tout en obtenant des exp&#233;riences d'urbanisme et d'administration pr&#233;coce bien plus vastes que celles pouvant &#234;tre r&#233;alis&#233;es sous un r&#233;gime religieux. Les centres administratifs pr&#233;-&#233;tatiques tels que &#209;awinpuquio, Churucana, Tantawasi, Simpapata et Tablapata sont tr&#232;s utiles pour enqu&#234;ter sur l'origine du ph&#233;nom&#232;ne Huari, car ils pr&#233;sentent des modifications substantielles de leurs caract&#233;ristiques architecturales et urbaines, telles que places, canaux, voies de circulation internes, cours et murs divisions. La diff&#233;renciation des espaces dans ces villes, associ&#233;e &#224; l'iconographie de la c&#233;ramique, montrerait la gestation d'une hi&#233;rarchie de la soci&#233;t&#233;. Peu &#224; peu, les villages se rejoindraient dans un processus de d&#233;-ruralisation, formant des centres de production de poteries sophistiqu&#233;es et en s&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre p&#233;riodes de l'histoire Huari :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re &#233;tape - origines (550 - 680 environ) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'&#201;tat et la ville apparaissent et les images de Tiahuanaco sont pr&#233;sentes dans la c&#233;ramique (il convient de rappeler que l'influence de la culture Tiahuanaco est tr&#232;s importante au sens fourni par la religion et la technologie, ce qui vient transformer dans un certain sens l'expansion de Huari, g&#233;n&#233;rant un ph&#233;nom&#232;ne similaire &#224; celui de la mondialisation)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me phase - d&#233;veloppement (680 - 770 apr&#232;s JC) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pendant la deuxi&#232;me phase, les changements sont plus abrupts, la ville grandit vertigineusement et l'&#201;tat de Huari s'&#233;tend vers les hautes terres du nord jusqu'&#224; la Callej&#243;n de Huaylas, vers les hautes terres du sud jusqu'&#224; Cuzco et sur la c&#244;te centrale et sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me &#233;tape - nouvelle &#233;mergence et expansion (770 apr&#232;s JC - 900 apr&#232;s JC) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la troisi&#232;me phase marque le d&#233;but d'une p&#233;riode de restructuration politique et une deuxi&#232;me expansion dans la r&#233;gion andine centrale. Outre la ville de Huari, son &#233;tendue et sa population sont maximales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me &#233;tape - automne (environ 900 - 1100 environ) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la quatri&#232;me et derni&#232;re phase, les fronti&#232;res seraient &#233;tendues &#224; Cajamarca, La Libertad, Moquegua et Sicuani. Huari serait d&#233;peupl&#233; par un ph&#233;nom&#232;ne climatique qui affecterait la production de nourriture, ainsi que par l'effondrement des centres de province et par la disparition de l'administration Huari et de son projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expansion de la soci&#233;t&#233; Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type d'expansion &#233;tait militaire, comme le prouvent les changements radicaux subis par les cultures soumises &#224; l'empire Huari, &#224; la fois sur les plans social, &#233;conomique, id&#233;ologique et culturel. &#192; travers les montagnes, la culture Huari s'est &#233;tendue &#224; Cajamarca au nord et &#224; Sicuani, &#224; Arequipa, au sud. Le long de la c&#244;te, il atteignit Lambayeque au nord et jusqu'&#224; Oco&#241;a et Sihuas, &#224; Arequipa, au sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre et la propagation de la religion &#233;tant les principaux &#233;l&#233;ments de l'expansion des Huari, il est facile de d&#233;duire que la r&#233;sistance existait dans les r&#233;gions o&#249; ces deux &#233;l&#233;ments d&#233;velopp&#233;s localement existaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expansion territoriale de la culture Huari n'imposait pas partout le caract&#232;re &#034;imp&#233;rial&#034; (c'est-&#224;-dire un esprit qui guidait toute l'activit&#233; humaine sur le territoire conquis), mais c'&#233;tait un processus d'implantation de la culture urbaine, prot&#233;g&#233;e par la base technologique, religieuse et artistique que Tiahuanaco contribue. Au cours de son processus d'expansion, Huari n'a jamais eu l'intention de gouverner (dans son acceptation d'exercer le pouvoir avec toute la bureaucratie administrative et la force militaire n&#233;cessaires) tous les domaines d'&#233;change et / ou domin&#233;s culturellement et peut-&#234;tre religieusement. Ce que Huari a cr&#233;&#233; ressemblait &#224; ce que nous appelons actuellement la &#034;mondialisation&#034;, c'est-&#224;-dire un domaine &#233;conomique et une int&#233;gration commerciale ayant un impact sur les modes de vie et les coutumes, les connaissances et le degr&#233; de d&#233;veloppement des diff&#233;rents groupes sociaux de la r&#233;gion. Andine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Urbanisation Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Tiahuanaco propose dans cette expansion imp&#233;riale, men&#233;e par Huari, ses connaissances techniques, son savoir-faire et sa religion, Huari fournira un nouveau concept d'organisation de la population, un nouveau concept administratif : la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est situ&#233; &#224; 25 km au nord-est de la ville actuelle d'Ayacucho et &#224; 3 000 m&#232;tres d'altitude, qui ont commenc&#233; &#224; se d&#233;velopper et se d&#233;velopper &#224; la fin de la premi&#232;re phase. La ville se diff&#233;renciera du hameau qui existait jusque-l&#224;, non seulement en raison de sa population et de sa taille plus importantes, mais surtout en raison de la complexit&#233; de la composition de sa population active et de son mode de vie plus sophistiqu&#233;. La ville doit &#234;tre le centre de transformation de la production primaire ; h&#233;berger une population permanente qui pr&#233;sente principalement une r&#233;partition claire du travail ; se conformer clairement aux activit&#233;s urbaines, telles que le centre administratif, le contr&#244;le politique, religieux et militaire ; &#234;tre un centre de service ; et ont des b&#226;timents importants pour le stockage des exc&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la construction de la m&#234;me chose n'a pas &#233;t&#233; faite avec une organisation planifi&#233;e, mais ob&#233;it &#224; certains sch&#233;mas d&#233;sordonn&#233;s, car la ville se remodelait &#224; mesure que de plus en plus de gens venaient l'habiter, elle s'est donc perfectionn&#233;e avec le passage de les ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que la colonie, &#224; l'origine aliment&#233;e par une base agraire exclusive, commence &#224; vivre de la production urbaine (c&#233;ramiques plus &#233;labor&#233;es), en particulier (au d&#233;triment de la campagne). Les navires ont &#233;t&#233; &#233;chang&#233;s contre du ma&#239;s dans le cadre de processus de troc ancestraux, un syst&#232;me de commerce sans argent (car ils ne le connaissaient pas) qui invitait les paysans &#224; &#233;changer leur production sur le &#034;march&#233;&#034;. Au fur et &#224; mesure que la ville grandit et augmente de ce fait sa population, le troc devient insuffisant pour la maintenir, ce qui entra&#238;ne un d&#233;placement de la masse de la population, ce qui provoque la chute de l'empire, ce qui en est l'une des causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette ville, la n&#233;cessit&#233; de construire des villes &#233;tait de repr&#233;senter le pouvoir, de le concentrer pour une meilleure administration. Un autre facteur d&#233;cisif &#233;tait de pouvoir &#233;loigner les villes du centre qu'est Ayacucho, ce qui permettait une meilleure gouvernance en divisant le pouvoir par r&#233;gion, bien que la cl&#233; r&#233;side dans trois &#233;l&#233;ments essentiels pour l'empire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Communication entre les peuples conquis et le pouvoir central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) La cr&#233;ation de villes d&#233;pendant de l'administration centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Le contr&#244;le du travail, &#224; utiliser au service de l'empire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, le contr&#244;le &#233;tait total, tant du point de vue administratif que religieux, culturel et militaire. Un autre &#233;l&#233;ment cl&#233; du triomphe de cet empire a &#233;t&#233; que lors de la cr&#233;ation d'une nouvelle ville, elle n'agglutinait pas toute la population de la ville, mais leur permettait de vivre dans des noyaux isol&#233;s pr&#232;s des champs agricoles. ils ont dirig&#233; la ville pour des raisons religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux arch&#233;ologues s'accordent sur le fait que la population huari pourrait avoir d&#233;pass&#233; cinquante mille habitants, bien que l'on pense qu'il s'agissait de paysans qui venaient parfois &#233;changer des mati&#232;res premi&#232;res et des produits transform&#233;s, ou encore pour des raisons politiques ou religieuses, comme la capitale Huari du pays. grand empire Par cons&#233;quent, &#224; certaines dates de l'ann&#233;e, il y a eu un ph&#233;nom&#232;ne que nous appelons aujourd'hui &#034;population flottante&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toutes ces avanc&#233;es technologiques, administratives, architecturales, etc. Un probl&#232;me &#233;tait le contr&#244;le des territoires &#233;loign&#233;s d'Ayacucho, car des &#034;centres provinciaux&#034; ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PIQUILLACTA : Le plus important centre administratif et politique de la culture fortifi&#233;e Huari et repr&#233;sentant l'urbanisme planifi&#233;. La forme de ses b&#226;timents est dans certains cas rectangulaire et dans d'autres, carr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PACHAC&#193;MAC : &#192; l'&#233;poque de Huari, c'est devenu un important centre religieux, qui a exerc&#233; son influence sur Huancayo. C'&#233;tait une pyramide &#224; degr&#233;s compos&#233;e de six corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HUIRACOCHAPAMPA : Le mat&#233;riau utilis&#233; pour la construction est le gr&#232;s blanc. Son appartement est quadrangulaire et traverse la ville une grande avenue fortifi&#233;e. Les centres sont grands, il y a des galeries et des rues. Il y a aussi des canaux d'eau souterrains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les routes Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les routes n'&#233;taient pas une invention des Huari : on sait qu'avant elles, d'autres villes, comme les Moche, par exemple, construisaient des routes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, la construction de routes, un r&#233;seau de routes planifi&#233; pour unir et contr&#244;ler les diff&#233;rents territoires de son empire et &#233;galement &#234;tre en mesure d'&#233;changer des objets &#224; longue distance : le troc. Les Huari ont &#233;galement construit les routes pour unir les centres de province aux peuples assujettis afin de faire du troc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les routes construites &#224; l'&#233;poque Huari t&#233;moignent du d&#233;veloppement architectural et technologique de cette culture, car elles ont permis l'entretien et la durabilit&#233; des conqu&#234;tes, et il aurait &#233;t&#233; impossible de maintenir des conqu&#234;tes sans routes reliant les diff&#233;rents territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme d'expression Huari a &#233;t&#233; largement influenc&#233;e par la culture Tiahuanaco, qui a largement contribu&#233; &#224; l'artisanat, aux connaissances techniques et &#224; la religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Architecture : Les grandes villes ont &#233;t&#233; construites, qui ont &#233;t&#233; construites avec une planification &#224; l'avance. Les routes ont &#233;t&#233; construites pour communiquer avec les diff&#233;rentes provinces (remarquables par leur taille et leur force). La forme de ses b&#226;timents est dans certains cas rectangulaire et dans d'autres, carr&#233;e. Les tribunaux et les places entourent les b&#226;timents, ainsi que les r&#233;sidences de l'&#233;lite politique et religieuse de la r&#233;gion. Les murs &#233;taient recouverts de pl&#226;tre et de nombreux b&#226;timents avaient deux &#233;tages. Quelques exemples : Pikillacta est un centre fortifi&#233; construit au 6&#232;me si&#232;cle qui a fonctionn&#233; pendant 150 ans et qui repr&#233;sente l'urbanisme planifi&#233; par Huari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sculpture : des statues de pierres (monolithes), leurs repr&#233;sentations anthropomorphes et zoomorphes ont &#233;t&#233; sculpt&#233;es. Il convient de noter que les figures humaines, qui ont g&#233;n&#233;ralement une apparence robuste et qui attirent l'attention, ce sont les grandes larmes, celles-ci v&#234;tues de v&#234;tements, sans armes ni symbole, et ce qui est plus intriguant ne repr&#233;sente pas encore les divinit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.enperu.org/ayacucho/cultura-wari-departamento-ayacucho-peru&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;sint&#233;gration de l'empire Wari &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Wari &#224; travers la conqu&#234;te, violente comme pacifique, entre les ann&#233;es 500 et 1100 de notre &#232;re, avait articul&#233; le premier &#201;tat g&#233;ant multinational et imp&#233;rial des Andes. Ce grand &#233;tat holistique andin, dans son processus de d&#233;veloppement, a engendr&#233; une s&#233;rie de contradictions qui, &#224; la fin de la splendeur Wari, &#233;taient devenues plus aigu&#235;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier, la confrontation entre la ville et la campagne, entre la m&#233;tropole et les colonies, la guerre des nationalit&#233;s subjugu&#233;es, usaient le pouvoir de l'empire. Enfin, quand la crise ne pourrait pas &#234;tre surmont&#233;e ; la r&#233;bellion g&#233;n&#233;ralis&#233;e des territoires coloniaux a eu lieu en effondrant la richesse et le pouvoir des villes, a men&#233; &#224; la d&#233;composition de l'Empire. Les villes et Wari ont &#233;t&#233; pill&#233;es, abandonn&#233;es et incendi&#233;es, ce qui s'est pass&#233; approximativement aux Xe et XIe si&#232;cles, ce que rapporte l'arch&#233;ologue Mario Benavides Calle (1984 : 119).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la conqu&#234;te &#233;tait le m&#233;canisme d'expansion de l'empire Wari pendant plus de six si&#232;cles ; la guerre des nationalit&#233;s assujetties, la situation difficile dans les campagnes et les artisans eux-m&#234;mes ont amen&#233; les peuples &#224; se charger eux-m&#234;mes de la destruction finale de l'empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En cons&#233;quence du d&#233;veloppement de ses contradictions internes antagonistes, le puissant empire Wari s'est effondr&#233;, le m&#234;me auteur d&#233;clare que les peuples &#034;appel&#233;s Yaros, llacuaces, ne devraient &#234;tre que des travailleurs de la terre, tels que des bergers et des agriculteurs qui sont all&#233;s &#224; Wari pour achever la destruction de la ville Wari, affaiblie depuis un bon moment. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;clin de cet empire, entre le neuvi&#232;me et le quinzi&#232;me si&#232;cle de notre &#232;re, les peuples qui se sont form&#233;s se sont fragment&#233;s et ont connu une &#233;volution autonome, une p&#233;riode que les arch&#233;ologues appellent &#201;tats r&#233;gionaux, royaumes et seigneuries ou interm&#233;diaire tardif. Cependant, il convient de souligner que les si&#232;cles qui ont suivi le Wari ont &#233;t&#233; caract&#233;ris&#233;s par une longue p&#233;riode de turbulences politiques et de d&#233;placements d&#233;mographiques, comme l'a d&#233;clar&#233; John Erls (1979.269).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Ce fut une &#233;poque au cours de laquelle une multitude d'ethnies se sont consolid&#233;es en des unit&#233;s politiquement nouvelles, chacune &#233;tant d&#233;di&#233;e &#224; accro&#238;tre ses bases politiques et &#233;conomiques au cours de la conqu&#234;te aux d&#233;pens des voisins.&#034; A cette &#233;poque, le territoire p&#233;ruvien &#233;tait peupl&#233; de diverses nationalit&#233;s, parmi lesquelles : les colla, les inca, les angara, les huanca, les yauyos, les sechura, les ashaninca, les bracamoro, etc. ont d&#233;clar&#233; Lorenzo Huertas et.al (1997 : 23).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute de la soci&#233;t&#233; Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l'an 1100 avant J.-C., Huari commence &#224; d&#233;cliner en tant que centre politique et perd le contr&#244;le des villes et des territoires de l'Empire apr&#232;s avoir &#233;tendu ses domaines pendant sept si&#232;cles sur une partie du territoire p&#233;ruvien. Au cours de cette phase de crise, la capitale et les grands centres urbains de Cajamarquilla et Maranga sur la c&#244;te centrale ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;clin de l'empire, il y a l'&#233;mancipation des peuples assujettis et le d&#233;peuplement des villes. De nombreuses villes de la c&#244;te quittent les lieux o&#249; elles sont soumises, sachant que de nombreuses cultures sont revenues &#224; leurs anciennes religions, bien qu'un processus de &#034;d&#233;pression culturelle&#034; ait lieu dans la majorit&#233; des cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de noter que les causes du d&#233;clin du pouvoir Huari sont inconnues. Certains disent que Huari a succomb&#233; &#224; cause de probl&#232;mes &#233;conomiques qui l'ont emp&#234;ch&#233; de satisfaire les besoins de ce grand empire. D'autres pensent qu'il a r&#233;gress&#233; avant une autre grande s&#233;cheresse, &#224; l'origine de son expansion. Il est fort possible qu'il y ait eu un m&#233;lange de ces deux ph&#233;nom&#232;nes, car il a &#233;t&#233; prouv&#233; qu'il y avait une crise climatique au cours de ces ann&#233;es. De plus, nous devons consid&#233;rer qu'en un temps de d&#233;veloppement aussi court, il n'a pas &#233;t&#233; possible de cr&#233;er suffisamment d'infrastructures d'&#201;tat pour maintenir un empire de cette taille. Et la raison des conflits internes a &#233;galement &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire Wari atteignit son expansion maximale au 6&#232;me si&#232;cle apr&#232;s JC, s'&#233;tendant de Piura et Cajamarca au nord, puis &#224; Cuzco et Moquegua au sud. Mais cet &#201;tat imp&#233;rial s'est effondr&#233; brutalement en raison du manque de production de toute la population, du m&#233;contentement de la population et de la contraction des r&#233;gions, ce qui s'est traduit par des r&#233;bellions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait une contradiction entre la ville (principalement des artisans) et la campagne (personnes consacr&#233;es &#224; l'agriculture et au pastoralisme), etc. Aux VIIIe et IXe si&#232;cles, toute la construction de l'&#201;tat du wari &#233;tait pratiquement d&#233;sarm&#233;e, ce qui permettait le d&#233;veloppement des cultures et de l'&#201;tat r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une comparaison entre les empires Huari et Incas (en espagnol) :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12312 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/txt/7787-30572-1-PB.txt' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Texte - 68.3 kio' type=&#034;text/plain&#034;&gt;&lt;img src='https://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/txt.svg?1787226422' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://arkeoayacucho.files.wordpress.com/2013/02/tantalean_2013-_wari_ayacucho_final-libre-1.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wari : un &#233;tat militariste andin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12313 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/pdf/9273-41331-1-PB.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 103.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1787226422' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12314 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/pdf/14172-1-37442-1-10-20110705_1_.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 792.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1787226422' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12315 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/pdf/7787-30572-1-PB.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/pdf.svg?1787226422' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/ifea/6117?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La imagen del imperio : Los estudios sobre Wari en la arqueolog&#237;a peruana&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LIRE AUSSI :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelques id&#233;es fausses sur les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi et comment l'empire Olm&#232;que a-t-il disparu ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution sociale qui a renvers&#233; la civilisation de Teotihuac&#225;n&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de la civilisation maya sous les coups de la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de Tula et des Tolt&#232;ques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte des Indiens d'Am&#233;rique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volutions en M&#233;so-Am&#233;rique antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Liste des peuples indig&#232;nes des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La gens iroquoise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La grande f&#233;d&#233;ration iroquoise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;mocratie indienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La F&#233;d&#233;ration des Sept Feux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la France colonisait les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des peuples indiens du Guatemala&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi l'empire azt&#232;que a-t-il &#233;t&#233; aussi facile &#224; abattre pour une poign&#233;e de conqu&#233;rants espagnols ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'empire incas, naissance et mort&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment a disparu la civilisation Chav&#237;n en 200 avant notre &#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la France colonisait les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Inuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le g&#233;nocide colonial fran&#231;ais des peuples am&#233;rindiens cara&#239;bes des Petites Antilles de 1625-1660&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens d'Am&#233;rique entre 1800 et 1830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Tuez-nous et enterrez-nous ici&#034; : un appel d&#233;sesp&#233;r&#233; d'Indiens menac&#233;s d'expulsion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Administration indienne et d&#233;mocratie directe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'histoire de la conqu&#234;te du Br&#233;sil par les Occidentaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'effondrement de la civilisation Mochica (dite aussi Moche)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;tonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une compl&#232;te disparition&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre &#232;re, de la civilisation p&#233;ruvienne Lambay&#232;que (ou Sic&#224;n)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5264&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'&#233;tait la soci&#233;t&#233; des indiens Iroquois ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5280&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le matriarcat chez les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5356&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de la ville d'El Tajin, capitale des Totonaques, en 1200 et son abandon en 1230&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La civilisation des Indiens du Mississippi, disparue &#224; l'issue d'une guerre civile, avant le d&#233;but de la colonisation europ&#233;enne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la civilisation de Caral (P&#233;rou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre &#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5286&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La ca&#237;da de las antiguas civilizaciones de los Indios de las Americas y su relaci&#243;n con la revoluci&#243;n social&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelques id&#233;es fausses sur les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Luttes de classes dans les soci&#233;t&#233;s am&#233;rindiennes pr&#233;colombiennes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La disparition des civilisations pr&#233;colombiennes est-elle un myst&#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bibliographie Am&#233;rique pr&#233;colombienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;voltes et gr&#232;ves des mineurs dans le monde</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article3763</link>
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		<dc:date>2015-08-03T23:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud South Africa</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;rou</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie Bolivia</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;voltes et gr&#232;ves des mineurs dans le monde &lt;br class='autobr' /&gt;
Potosi &lt;br class='autobr' /&gt;
Encore Potosi &lt;br class='autobr' /&gt;
La Paz &lt;br class='autobr' /&gt;
Codelco Salvador &lt;br class='autobr' /&gt;
Cochabamaba &lt;br class='autobr' /&gt;
Marcona &lt;br class='autobr' /&gt;
Pologne &lt;br class='autobr' /&gt;
Inde &lt;br class='autobr' /&gt;
Afrique du sud &lt;br class='autobr' /&gt;
Marikana &lt;br class='autobr' /&gt;
Mauritanie &lt;br class='autobr' /&gt;
Madagascar &lt;br class='autobr' /&gt;
Suppressions d'emplois dans le monde &lt;br class='autobr' /&gt;
La suite&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Et encore &lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours sur les gr&#232;ves des mineurs&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;Afrique du sud South Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot127" rel="tag"&gt;P&#233;rou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Bolivie Bolivia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes et gr&#232;ves des mineurs dans le monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.rfi.fr/ameriques/20150725-greve-potosi-risque-embrasement-bolivie-morales-la-paz-comcipo/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Potosi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/bolivie-la-ville-miniere-de-potosi-s-enfonce-dans-la-crise-26-07-2015-4970765.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore Potosi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://berthoalain.com/2015/07/23/mineurs-emeute-a-la-paz-22-juillet-2015/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Paz&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://berthoalain.com/2015/07/25/mineurs-affrontements-a-codelco-salvador-nord-de-latacama-24-juillet-2015/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Codelco Salvador&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://berthoalain.com/2014/04/02/mouvement-des-mineurs-affrontements-a-cochabamaba-1-avril-2014-avec-videos/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cochabamaba&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://berthoalain.com/2015/05/26/greve-des-mineurs-affrontements-a-marcona-ica-25-mai-2015-avec-video/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marcona&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/emission/20150113-charbon-greve-mineurs-durcit-pologne/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pologne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.industriall-union.org/fr/un-demi-million-de-mineurs-de-charbon-font-greve-en-inde&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Inde&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/economie/international/le-producteur-de-platine-lonmin-va-supprimer-6000-emplois-en-afrique-du-sud-494202.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.boursorama.com/actualites/afrique-du-sud-les-victimes-de-marikana-reclament-une-indemnisation-cd38864e8e7520ace327b40a5a87b0e2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marikana&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/economie/international/le-producteur-de-platine-lonmin-va-supprimer-6000-emplois-en-afrique-du-sud-494202.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mauritanie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.la1ere.fr/2015/03/26/madagascar-la-rouge-les-mineurs-du-nickel-sont-en-greve-242021.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Madagascar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.wsws.org/fr/articles/2015/jul2015/pers-j28.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Suppressions d'emplois dans le monde&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=mineurs+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2532&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Et encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4259&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Toujours sur les gr&#232;ves des mineurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la r&#233;volution bolivienne de 1952 &#224; Che Guevara</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article106</link>
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		<dc:date>2010-05-12T13:12:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud America del sur</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie Bolivia</dc:subject>
		<dc:subject>Cuba</dc:subject>
		<dc:subject>1952</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;SITE : Mati&#232;re et R&#233;volution &lt;br class='autobr' /&gt;
www.matierevolution.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Sommaire du site &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ce site ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous &#233;crire, cliquez sur R&#233;pondre &#224; cet article &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La campagne marche derri&#232;re la ville o&#249; l'initiative appartient au prol&#233;tariat.(&#8230;) Evidemment, les possibilit&#233;s r&#233;volutionnaires de larges couches de la classe moyenne sont tr&#232;s grandes &#8211; il suffit de rappeler les objectifs de la r&#233;volution d&#233;mocratico-bourgeoise -, mais il est clair aussi qu'elles ne peuvent atteindre par leurs seules (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique61" rel="directory"&gt;06- R&#233;volution bolivienne et luttes de classe en Am&#233;rique latine dans les ann&#233;es 50 : rien de commun de l'ouvrier r&#233;volutionnaire bolivien de 1952 au maquisard et chef d'Etat Castro ou Guevara &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud America del sur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Bolivie Bolivia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot155" rel="tag"&gt;Cuba&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot185" rel="tag"&gt;1952&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SITE : Mati&#232;re et R&#233;volution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.matierevolution.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article88&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sommaire du site&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi ce site ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous &#233;crire, cliquez sur &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?page=forum&amp;id_article=106&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;pondre &#224; cet article&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; La campagne marche derri&#232;re la ville o&#249; l'initiative appartient au prol&#233;tariat.(&#8230;) Evidemment, les possibilit&#233;s r&#233;volutionnaires de larges &lt;strong&gt;couches de la classe moyenne sont tr&#232;s grandes &#8211; il suffit de rappeler les objectifs de la r&#233;volution d&#233;mocratico-bourgeoise -, mais il est clair aussi qu'elles ne peuvent atteindre par leurs seules forces de tels objectifs. Ce qui caract&#233;rise le prol&#233;tariat, c'est qu'il est la seule classe dot&#233;e de la force suffisante pour r&#233;aliser non seulement ses propres objectifs mais &#233;galement ceux des autres classes. (&#8230;) Nous, travailleurs mineurs, ne cherchons pas &#224; faire croire qu'on peut se passer de l'&#233;tape d&#233;mocratico-bourgeoise, &#224; savoir la lutte pour les droits d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires et pour la r&#233;forme agraire anti-imp&#233;rialiste. Nous ne nions pas non plus l'existence de la petite bourgeoisie, surtout des paysans et des artisans. Nous disons que si on ne veut pas &#233;touffer dans l'&#339;uf la r&#233;volution d&#233;mocratico-bourgeoise, on doit la consid&#233;rer seuleme&lt;/strong&gt;nt comme une phase de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. &#187;&lt;br /&gt;
Th&#232;ses de Pulacayo des mineurs boliviens en 1946&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le gu&#233;rillero exercera son action en milieu rural et peu peupl&#233;, l&#224; o&#249; se situe de pr&#233;f&#233;rence la lutte du peuple pour ses revendications, et ceci presque exclusivement dans la perspective du changement des structures sociales de la propri&#233;t&#233; des terres, le gu&#233;rillero est avant tout un r&#233;volutionnaire agraire. &#187;&lt;br /&gt;
Che Guevara dans &#171; La guerre de gu&#233;rilla &#187; en 1960&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L414xH358/1952-93b2a.gif?1790046960' width='414' height='358' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1952 en Bolivie, la r&#233;volution ouvri&#232;re renverse le r&#233;gime mais ne prend pas le pouvoir pour elle&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH331/dyn010_original_540_358_jpeg_2522062_5c6d0d8309673560fe4de5cbf9e55040-451d3.jpg?1790046960' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A Cuba, la gu&#233;rilla a renvers&#233; la dictature mais les travailleurs n'ont aucun pouvoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4-6-1	La lutte de la classe ouvri&#232;re de Bolivie (1952)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la politique des trotskystes du POR dirig&#233;s par Guillermo Lora, lire, en fin de texte, l'annexe sur la r&#233;volution ouvri&#232;re de 1952 en Bolivie, des extraits de &#171; La R&#233;volution de 1952 : comment la Quatri&#232;me internationale et le POR ont trahi la r&#233;volution &#187;, &#233;crit par Jos&#233; Villa.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Bolivie est souvent connue &#224; l'ext&#233;rieur parce que Che Guevara y a men&#233; sa derni&#232;re gu&#233;rilla dans les campagnes, son l'histoire est essentiellement marqu&#233;e, durant plusieurs d&#233;cennies, par des luttes ouvri&#232;res tr&#232;s dures, sanglantes le plus souvent, mais aussi fr&#233;quemment victorieuses. Et ce pays a connu la seule v&#233;ritable r&#233;volution ouvri&#232;re de toute l'Am&#233;rique Latine, celle de 1952. La classe dirigeante bolivienne payait ainsi, avec retard, le discr&#233;dit de la d&#233;faite militaire cuisante et les nombreux morts de la guerre du Chaco, une boucherie qui avait dur&#233; de 1932 &#224; 1935. C'est la force et l'organisation de cette classe ouvri&#232;re, qui est v&#233;ritablement partie en armes &#224; l'assaut du pouvoir, qui a fait triompher cette r&#233;volution. Ce n'&#233;tait pas l'effet du hasard puisque d&#232;s novembre 1946, le mouvement ouvrier avait adopt&#233; le &#171; Manifeste de Pulacayo &#187; proclamant le r&#244;le dirigeant de la classe ouvri&#232;re dans la lutte visant &#224; sa prise du pouvoir et au socialisme. En juillet 1946 et janvier 1947, la mont&#233;e r&#233;volutionnaire a commenc&#233; &#224; se manifester, les travailleurs boliviens mena&#231;ant le pouvoir de la bourgeoisie. Les organisations ouvri&#232;res (organisations syndicales comme celle la tr&#232;s puissante f&#233;d&#233;ration des mineurs de Juan Lechin et organisations politiques r&#233;volutionnaires, comme le POR trotskyste de Guillermo Lora) &#224; la t&#234;te du prol&#233;tariat, avec pour principale force les mineurs arm&#233;s, ont &#233;t&#233; la force principale qui ont d&#233;termin&#233; des &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires (notamment la prise des bases militaires a&#233;riennes et la bataille de La Paz), et ont pris le pouvoir le 11 avril 1952 &#224; La Paz. Le MNR, de Paz Estenssoro, parti r&#233;formiste au pass&#233; national-socialiste qui pr&#233;tendait r&#233;aliser un vaste programme d'ind&#233;pendance nationale et de d&#233;veloppement &#233;conomique, avait un large soutien dans la population, notamment dans la petite bourgeoisie, mais ne disposait d'aucune force capable de faire tomber le r&#233;gime. Pourtant les organisations ouvri&#232;res, une fois triomphantes, ont remis le pouvoir &#224; la bourgeoisie nationaliste au travers du MNR. Les r&#233;volutionnaires ont failli, incapables de mener une politique r&#233;volutionnaire du type de celle de L&#233;nine en 1917 pr&#233;parant la classe ouvri&#232;re &#224; devenir une direction de toutes les couches opprim&#233;es, une direction ind&#233;pendante de la bourgeoisie nationaliste ou d&#233;mocrate. Au lieu d'un Etat ouvrier, le pouvoir des ouvriers et des paysans en armes et organis&#233;s, c'est un Etat bourgeois qui a vu le jour et a pu se contenter de quelques concessions &#224; la classe ouvri&#232;re. Le motif d'une telle trahison ? Le parti r&#233;volutionnaire a &#233;t&#233; opportuniste et n'a pas su amener la classe ouvri&#232;re &#224; &#234;tre ind&#233;pendante de la bourgeoisie nationaliste. Une des raisons est le fait que le MNR se disait favorable &#224; la nationalisation des mines. L'Etat bourgeois peut, comme en 52, nationaliser les richesses du sous-sol, y compris sous la pression r&#233;volutionnaire des travailleurs, mais certainement pas les mettre au service des exploit&#233;s. Une exp&#233;rience &#224; m&#233;diter aujourd'hui.&lt;br /&gt;
La r&#233;forme agraire, partiellement r&#233;alis&#233;e par les paysans indiens eux-m&#234;mes, a &#233;t&#233; l&#233;galis&#233;e par le nouveau pouvoir qui a &#233;galement &#233;largi le droit de vote parmi les plus paysans et indiens pauvres. Les mines ont &#233;t&#233; nationalis&#233;es par Paz Estenssoro mais, seulement les trois plus grandes compagnies mini&#232;res d'&#233;tain. Contrairement &#224; ses promesses, Estenssoro a indemnis&#233; les compagnies am&#233;ricaines et en a fait payer le prix &#224; la population. Loin d'aider au d&#233;veloppement du pays, la nationalisation avec indemnisation a amen&#233; l'&#233;conomie bolivienne au bord du gouffre, mis&#233;rabilis&#233; les travailleurs et les paysans et rendu le pays encore plus d&#233;pendant. Le nationalisme pr&#233;tendument anti-imp&#233;rialiste de la petite bourgeoisie et d'une partie de la bourgeoisie et des chefs militaires a montr&#233; ses limites. L'oligarchie, momentan&#233;ment d&#233;stabilis&#233;e, a tr&#232;s vite et tr&#232;s facilement retrouv&#233; son influence sur le gouvernement. Cependant, durant les ann&#233;es qui ont suivi, le pouvoir a &#233;t&#233; contraint d'associer les directions syndicales au r&#233;gime et, surtout, la classe ouvri&#232;re s'est sentie assez forte pour mener des combats impressionnants et faire reculer patrons et gouvernants. La centrale ouvri&#232;re COB, construite le 16 avril 1952, dans la foul&#233;e de la r&#233;volution, est rest&#233;e ind&#233;pendante du pouvoir (m&#234;me si le leader syndicaliste Juan Lechin de la COB est devenu ministre des mines), contrairement aux syndicats paysans partiellement construits par le pouvoir et qui lui ont inf&#233;od&#233;s. Les organisations syndicales ouvri&#232;res se sont oppos&#233;es directement &#224; Paz Estenssoro d&#232;s 1956, alors qui lan&#231;ait un plan &#233;conomique de sacrifices impos&#233; par les USA. En 1963, le leader nationaliste restructurait violemment les mines d'Etat et brisait toute protestation en faisant tirer &#224; balles sur les mineurs. Le 29 octobre 1964, il faisait &#224; nouveau casser une gr&#232;ve ouvri&#232;re par l'arm&#233;e. Finalement les militaires prenaient le pouvoir et, pour de nombreuses ann&#233;es, la Bolivie entrait dans l'&#232;re des coups d'&#233;tat. Les chefs militaires, notamment le g&#233;n&#233;ral Barrientos, tenaient un discours nationaliste, populiste et se pr&#233;tendant d&#233;magogiquement r&#233;volutionnaire. Ils gagnaient une certaine popularit&#233; dans les campagnes mais accroissaient encore les attaques contre les ouvriers qui ripostaient de mai &#224; septembre 1965. En juin 1967, une gr&#232;ve des mineurs &#233;tait &#224; nouveau &#233;cras&#233;e par l'arm&#233;e, faisant 90 victimes. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DOCUMENT :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; th&#232;ses de Pulacayo &#187;, th&#232;ses centrales de la F&#233;d&#233;ration syndicale des travailleurs des mines de Bolivie en 1946, sont un v&#233;ritable programme communiste r&#233;volutionnaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les principes de base&lt;br /&gt;
&#171; 1- Le Prol&#233;tariat, en Bolivie comme ailleurs, constitue la classe sociale r&#233;volutionnaire par excellence. Les travailleurs des mines, secteur le plus avanc&#233; et le plus combatif du prol&#233;tariat de ce pays, d&#233;terminent le sens de la lutte de la F&#233;d&#233;ration syndicale FSTMB. &lt;br /&gt;
2- La Bolivie est un pays capitaliste arri&#233;r&#233; ; au sein de son &#233;conomie coexistent diff&#233;rents stades d'&#233;volution et diff&#233;rents modes de production, mais c'est le mode de production capitaliste qui est qualitativement dominant, les autres formes &#233;conomico-sociales constituant un h&#233;ritage de notre pass&#233; historique. L'h&#233;g&#233;monie du prol&#233;tariat dans la politique nationale d&#233;coule de cet &#233;tat de choses.&lt;br /&gt;
3- La Bolivie, bien que pays arri&#233;r&#233;, n'est qu'un maillon de la cha&#238;ne capitaliste mondiale. Les particularit&#233;s nationales repr&#233;sentent en elles-m&#234;mes une combinaison des traits essentiels de l'&#233;conomie mondiale. &lt;br /&gt;
4- La particularit&#233; de la Bolivie r&#233;side dans le fait qu'aucune bourgeoisie capable de liquider le syst&#232;me des latifundia et les autres formes &#233;conomiques pr&#233;capitalistes, de r&#233;aliser l'unification nationale et la lib&#233;ration du joug capitaliste, n'est apparue sur la sc&#232;ne politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les t&#226;ches que la bourgeoisie n'a pas accomplies constituent les objectifs d&#233;mocratico-bourgeois qui doivent in&#233;luctablement &#234;tre r&#233;alis&#233;s . Les probl&#232;mes centraux qui se posent aux pays semi-coloniaux sont : la r&#233;volution agraire, c'est-&#224;-dire la liquidation de l'h&#233;ritage f&#233;odal, et l'ind&#233;pendance nationale, &#224; savoir balayer le joug imp&#233;rialiste ; t&#226;ches qui sont &#233;troitement li&#233;es les unes aux autres. &lt;br /&gt;
5- Les caract&#233;ristiques propres de l'&#233;conomie nationale, pour importantes qu'elles soient, sont partie int&#233;grante - cela se confirme chaque jour &#8211; d'une r&#233;alit&#233; sup&#233;rieure qui s'appelle l'&#233;conomie mondiale ; tel est le fondement de l'internationalisme prol&#233;tarien. Le d&#233;veloppement capitaliste se caract&#233;rise par une imbrication croissante des relations internationales, qui trouvent leur expression dans le volume croissant du commerce ext&#233;rieur. &lt;br /&gt;
6- Le d&#233;veloppement des pays arri&#233;r&#233;s se fait sous le signe de la pression imp&#233;rialiste et de mani&#232;re combin&#233;e. Ces pays associent en m&#234;me temps les formes &#233;conomiques les plus primitives et le dernier mot de la technique et de la civilisation capitaliste. Le prol&#233;tariat des pays arri&#233;r&#233;s est oblig&#233; de combiner la lutte pour les t&#226;ches d&#233;mocratico-bourgeoises avec la lutte pour les revendications socialistes. Ces deux &#233;tapes &#8211; d&#233;mocratique et socialiste - &#171; ne sont pas s&#233;par&#233;es dans la lutte par des phases historiques, mais elles d&#233;coulent imm&#233;diatement les unes des autres. &#187;&lt;br /&gt;
7- Les propri&#233;taires f&#233;odaux ont m&#234;l&#233; leurs int&#233;r&#234;ts &#224; ceux de l'imp&#233;rialisme mondial dont ils sont devenus les serviteurs inconditionnels. &lt;br /&gt;
De l&#224; vient que la classe dominante est devenue une v&#233;ritable f&#233;odo-bourgeoisie. Etant donn&#233; le niveau tr&#232;s bas de la technique, l'exploitation des latifundia serait inconcevable si l'imp&#233;rialisme n'entretenait artificiellement leur existence en leur jetant des miettes. On ne peut imaginer la domination imp&#233;rialiste sans l'appui des gouvernements cr&#233;oles (bourgeoisie d'origine espagnole). La concentration du capitalisme en Bolivie est tr&#232;s pouss&#233;e : trois entreprises contr&#244;lent la production mini&#232;re, c'est-&#224;-dire ce qui constitue l'axe de la vie &#233;conomique du pays. La classe au pouvoir est born&#233;e et incapable de r&#233;aliser ses propres objectifs historiques, et de ce fait se trouve li&#233;e aussi bien aux int&#233;r&#234;ts des latifundistes qu'&#224; ceux des imp&#233;rialistes. L'Etat f&#233;odo-bourgeois est un organisme de violence destin&#233; &#224; maintenir les privil&#232;ges des gamonales (propri&#233;taires d'haciendas) et des capitalistes. L'Etat est un puissant instrument aux mains de la classe dominante pour &#233;craser son adversaire. Seuls les tra&#238;tres et les imb&#233;ciles peuvent continuer &#224; soutenir que l'Etat a la possibilit&#233; de s'&#233;lever au-dessus des classes et de d&#233;cider paternellement de ce qui revient &#224; chacune d'elles.&lt;br /&gt;
La classe moyenne ou petite-bourgeoise est la classe la plus nombreuse et, cependant, son poids dans l'&#233;conomie nationale est insignifiant. Les petits commer&#231;ants et propri&#233;taires, les techniciens, les bureaucrates, les artisans et les paysans n'ont pu jusqu'&#224; pr&#233;sent d&#233;velopper une politique de classe ind&#233;pendante, et ils le pourront encore moins dans le futur. La campagne marche derri&#232;re la ville o&#249; l'initiative appartient au prol&#233;tariat. La petite bourgeoisie suit les capitalistes dans les p&#233;riodes de &#171; calme &#187; social et quand l'activit&#233; parlementaire est prosp&#232;re. Elle s'aligne derri&#232;re le prol&#233;tariat dans les moments d'extr&#234;me acuit&#233; de la lutte des classes (par exemple en p&#233;riode de r&#233;volution) et quand elle a la certitude que lui seul sera capable de lui indiquer la voie de son &#233;mancipation. Entre ces deux cas extr&#234;mes, l'ind&#233;pendance de la petite bourgeoisie est un mythe. Evidemment, les possibilit&#233;s r&#233;volutionnaires de larges couches de la classe moyenne sont tr&#232;s grandes &#8211; il suffit de rappeler les objectifs de la r&#233;volution d&#233;mocratico-bourgeoise -, mais il est clair aussi qu'elles ne peuvent atteindre par leurs seules forces de tels objectifs. &lt;br /&gt;
Ce qui caract&#233;rise le prol&#233;tariat, c'est qu'il est la seule classe dot&#233;e de la force suffisante pour r&#233;aliser non seulement ses propres objectifs mais &#233;galement ceux des autres classes. Son &#233;norme poids sp&#233;cifique dans la vie politique est d&#251; &#224; la place qu'il occupe dans le processus de production et n'a rien &#224; voir avec sa faiblesse num&#233;rique. L'axe &#233;conomique de la vie nationale doit &#234;tre aussi l'axe politique de la future r&#233;volution. Le mouvement mineur en Bolivie est l'un des plus avanc&#233;s du mouvement ouvrier en Am&#233;rique latine. Les r&#233;formistes avancent la th&#232;se selon laquelle le mouvement social dans notre pays ne peut &#234;tre plus avanc&#233; que dans les pays techniquement plus &#233;volu&#233;s. Une telle conception m&#233;caniste des relations entre la perfection des machines et la conscience politique des masses a &#233;t&#233; d&#233;mentie de tr&#232;s nombreuses fois par l'histoire. Si le prol&#233;tariat bolivien a pu devenir l'un des prol&#233;tariats les plus radicaux, c'est &#224; cause de son extr&#234;me jeunesse et de son incomparable vigueur, c'est parce qu'il n'a pas connu de traditions parlementaristes et de collaborations de classes, et enfin c'est parce qu'il combat dans un pays o&#249; la lutte acquiert un caract&#232;re extr&#234;mement belliqueux. &lt;br /&gt;
Nous r&#233;pondrons aux r&#233;formistes et aux vendus &#224; la Rosca qu'un tel prol&#233;tariat ne peut que mettre en avant des exigences r&#233;volutionnaires et faire preuve d'une audace extr&#234;me dans la lutte. &#187;&lt;br /&gt;
&#171; Le type de r&#233;volution que nous devons r&#233;aliser&lt;br /&gt;
&#171; 1- Nous, travailleurs mineurs, ne cherchons pas &#224; faire croire qu'on peut se passer de l'&#233;tape d&#233;mocratico-bourgeoise, &#224; savoir la lutte pour les droits d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires et pour la r&#233;forme agraire anti-imp&#233;rialiste. Nous ne nions pas non plus l'existence de la petite bourgeoisie, surtout des paysans et des artisans. Nous disons que si on ne veut pas &#233;touffer dans l'&#339;uf la r&#233;volution d&#233;mocratico-bourgeoise, on doit la consid&#233;rer seulement comme une phase de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. &lt;br /&gt;
2- Ceux qui nous d&#233;noncent comme d&#233;fenseurs d'une r&#233;volution socialiste imm&#233;diate en Bolivie mentent. En effet, nous savons bien que les conditions objectives ne sont pas encore r&#233;unies pour cela. Nous disons clairement que la r&#233;volution sera d&#233;mocratico-bourgeoise par ses objectifs et qu'elle ne sera qu'un &#233;pisode de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, car elle aura le prol&#233;tariat &#224; sa t&#234;te. Parler de r&#233;volution prol&#233;tarienne en Bolivie ne signifie pas qu'on exclue les autres couches exploit&#233;es du pays, mais implique au contraire l'alliance r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat avec les paysans, les artisans et les autres secteurs de la petite bourgeoisie urbaine.&lt;br /&gt;
3- La dictature du prol&#233;tariat est l'expression au niveau de l'Etat de cette alliance. Le mot d'ordre de r&#233;volution et de dictature prol&#233;tarienne indique clairement le fait que c'est la classe travailleuse qui sera le moteur principal de cette transformation et l'axe central de cet Etat. Au contraire, soutenir la r&#233;volution d&#233;mocratico-bourgeoise, en tant que telle, sera r&#233;alis&#233; par des couches &#171; progressistes &#187; de la bourgeoisie et que le futur Etat sera celui d'un gouvernement d'union et d'entente nationale manifeste une ferme intention d'&#233;trangler le mouvement r&#233;volutionnaire dans le cadre de la d&#233;mocratie bourgeoise. Les travailleurs, une fois au pouvoir, ne pourront pas ind&#233;finiment s'en tenir aux limites d&#233;mocratico-bourgeoises et ils se verront oblig&#233;s &#8211; chaque jour davavntage &#8211; de faire toujours plus d'incursions dans le r&#233;gime de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, de telle sorte que la r&#233;volution acquerra un caract&#232;re permanent.&lt;br /&gt;
Nous, travailleurs de la mine, d&#233;non&#231;ons devant les exploit&#233;s ceux qui pr&#233;tendent substituer &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne des r&#233;volutions de palais foment&#233;es par les divers secteurs de la f&#233;odo-bourgeoisie.&lt;br /&gt;
&#171; La lutte contre la collaboration de classe&lt;br /&gt;
&#171; 1- La lutte des classes est en derni&#232;re analyse la lutte l'appropriation de la plus-value. Les prol&#233;taires qui vendent leur force de travail luttent pour le faire dans les meilleurs conditions et les d&#233;tenteurs des moyens de production (capitalistes) luttent pour confisquer le produit du travail non pay&#233; ; ils poursuivent des buts oppos&#233;s, ce qui rend leurs int&#233;r&#234;ts irr&#233;conciliables. &lt;br /&gt;
Nous savons clairement que la lutte contre les patrons est une lutte &#224; mort, car dans cette lutte se joue le sort de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la lutte de classes, contrairement &#224; nos ennemis, nous ne connaissons pas de tr&#234;ve.&lt;br /&gt;
L'&#233;tape historique pr&#233;sente, qui est une &#233;tape sombre de l'histoire de l'humanit&#233;, ne pourra &#234;tre d&#233;pass&#233;e que lorsque les classes sociales dispara&#238;tront et qu'il n'existera plus d'exploiteurs ni d'exploit&#233;s. Ceux qui pratiquent la collaboration de classes font un jeu de mots stupide quand ils soutiennent qu'on ne doit pas supprimer les riches, mais convertir les pauvres en riches. Notre objectif, c'est l'expropriation des expropriateurs. &lt;br /&gt;
2- Toute tentative de collaboration avec nos bourreaux, toute tentative de concession &#224; l'ennemi dans le cours de la lutte, signifie abandonner les travailleurs aux mains de la bourgeoisie. S'adonner &#224; la collaboration signifie purement et simplement renoncer &#224; nos objectifs. Toute conqu&#234;te ouvri&#232;re, m&#234;me la plus minime, ne s'obtient qu'apr&#232;s une lutte acharn&#233;e contre le syst&#232;me capitaliste. Il n'est pas possible d'envisager de conclure un accord avec nos oppresseurs parce que le programme de revendications transitoires est &#233;troitement li&#233; &#224; la perspective de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Nous ne sommes pas des r&#233;formistes, m&#234;me si nous pr&#233;sentons aux travailleurs la plate-forme la plus avanc&#233;e de revendications ; nous sommes par-dessus tout des r&#233;volutionnaires, car nous nous dirigeons vers la transformation de la structure m&#234;me de la soci&#233;t&#233;. &lt;br /&gt;
3- Nous repoussons l'illusion petite bourgeoise selon laquelle l'Etat ou d'autres institutions, se pla&#231;ant au dessus des classes sociales en lutte, peuvent r&#233;gler le probl&#232;me ouvrier. Une telle solution, comme nous l'enseigne l'histoire du mouvement ouvrier national et international, s'est toujours sold&#233;e par la soumission aux int&#233;r&#234;ts du capitalisme et a eu pour prix la mis&#232;re et l'oppression du prol&#233;tariat.&lt;br /&gt;
L'arbitrage de l'Etat et la r&#233;glementation l&#233;gale des moyens de lutte des travailleurs marquent, dans la plupart des cas, le commencement de la d&#233;faite. Dans la mesure du possible nous luttons pour que soit supprim&#233; l'arbitrage obligatoire. Les conflits doivent se r&#233;gler sous la direction des travailleurs, et par eux seuls !&lt;br /&gt;
4- La r&#233;alisation de notre programme de revendications transitoires, qui doit d&#233;boucher sur la r&#233;volution prol&#233;tarienne, est &#233;troitement subordonn&#233;e &#224; la lutte des classes. Nous sommes fiers d'&#234;tre les plus intransigeants quand il s'agit de faire des compromis avec les patrons. Pour cette raison, la lutte contre les r&#233;formistes qui pr&#233;conisent la collaboration de classes, contre ceux qui conseillent de se sacrifier sur l'autel de la pr&#233;tendue sauvegarde nationale, constitue une t&#226;che vitale. On ne peut parler de grandeur nationale dans un pays o&#249; les ouvriers connaissent la faim et l'oppression, mais bien plut&#244;t de mis&#232;re et de d&#233;cr&#233;pitude nationales.&lt;br /&gt;
Nous abolirons l'exploitation capitaliste. &lt;br /&gt;
Guerre &#224; mort au capitalisme ! Guerre &#224; mort aux collaborateurs r&#233;formistes ! Suivons la voie de la lutte des classes jusqu'&#224; la destruction de la soci&#233;t&#233; capitaliste ! &#187;&lt;br /&gt;
&#171; La lutte contre l'imp&#233;rialisme&lt;br /&gt;
&#171; 1- Pour les travailleurs des mines, la lutte des classes veut dire surtout la lutte contre les grands trusts miniers, c'est-&#224;-dire contre un secteur de l'imp&#233;rialisme yankee qui nous opprime. La lib&#233;ration des exploit&#233;s est li&#233;e &#224; la lutte contre l'imp&#233;rialisme. Lorsque nous luttons contre le capitalisme international nous repr&#233;sentons les int&#233;r&#234;ts de toute la soci&#233;t&#233; et nos objectifs sont les m&#234;mes que ceux des exploit&#233;s du monde entier. La destruction de l'imp&#233;rialisme est une condition pr&#233;alable &#224; l'introduction de la technique dans l'agriculture et &#224; la cr&#233;ation de la petite industrie et de l'industrie lourde. Nous sommes partie int&#233;grante du prol&#233;tariat international parce que nous sommes engag&#233;s dans la destruction d'une force internationale : l'imp&#233;rialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
2- Nous d&#233;non&#231;ons, comme ennemis d&#233;clar&#233;s du prol&#233;tariat, les &#171; gens de gauche &#187; vendus &#224; l'imp&#233;rialisme yankee, qui nous parlent de la grandeur de la &#171; d&#233;mocratie &#187; du Nord et de sa pr&#233;pond&#233;rance mondiale. On ne peut parler de d&#233;mocratie dans un pays comme les Etats-Unis o&#249; soixante familles dominent l'&#233;conomie, su&#231;ant le sang des pays semi-coloniaux, dont le n&#244;tre. La pr&#233;pond&#233;rance yankee engendre une accumulation d&#233;mesur&#233;e et une acuit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent des antagonismes et des contradictions du syst&#232;me capitaliste. Les Etats-Unis sont une poudri&#232;re qui n'attend que le contact d'une &#233;tincelle pour exploser. Nous nous d&#233;clarons solidaires du prol&#233;tariat nord-am&#233;ricain et ennemis irr&#233;conciliables de sa bourgeoisie qui vit de rapine et d'oppression &#224; l'&#233;chelle mondiale.&lt;br /&gt;
3- La politique des imp&#233;rialistes qui dicte la politique bolivienne est conditionn&#233;e par le stade monopoliste du capitalisme. Pour cette raison, la politique imp&#233;rialiste ne peut signifier qu'oppression et rapine, transformation permanente de l'Etat pour en faire un instrument docile aux mains des exploiteurs. Les attitudes de &#171; bon voisinage &#187;, &#171; panam&#233;ricanisme &#187;, etc, ne sont que des masques dont se servent l'imp&#233;rialisme yankee et la bourgeoisie f&#233;odale cr&#233;ole pour tromper les peuples d'Am&#233;rique latine. Le syst&#232;me de la consultation diplomatique r&#233;ciproque, la cr&#233;ation d'organismes bancaires internationaux avec l'argent des pays opprim&#233;s, la concession aux Yankees des bases militaires strat&#233;giques, les contrats l&#233;onins sur la vente des mati&#232;res premi&#232;res, etc, sont diverses formes du d&#233;tournement honteux, au profit de l'imp&#233;rialisme, des richesses des pays d'Am&#233;rique latine par ceux qui les gouvernent. Lutter contre ce d&#233;tournement et d&#233;noncer toutes les tentatives de rapine de l'imp&#233;rialisme est le devoir &#233;l&#233;mentaire du prol&#233;tariat. Les Yankees ne se contentent pas de faire et de d&#233;faire les cabinets minist&#233;riels, ils vont plus loin : ils se sont fix&#233; pour t&#226;che d'orienter l'activit&#233; polici&#232;re des bourgeoisies semi-coloniales ; l'annonce du d&#233;clenchement de la lutte contre les r&#233;volutionnaires anti-imp&#233;rialistes n'a pas d'autre signification.&lt;br /&gt;
Travailleurs de Bolivie ! Renforcez vos organisations pour lutter contre le rapace imp&#233;rialiste yankee !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le fascisme&lt;br /&gt;
1- Nous devons lutter en m&#234;me temps contre l'imp&#233;rialisme et contre la bourgeoisie nationale qui lui est soumise. L'anti-fascisme devient, dans la pratique, un aspect de cette lutte : la d&#233;fense et l'acquisition des garanties d&#233;mocratiques et la destruction des bandes arm&#233;es entretenues par la bourgeoisie. &lt;br /&gt;
2- Le fascisme est un produit du capitalisme international ; il est la derni&#232;re &#233;tape de la d&#233;composition de l'imp&#233;rialisme. Un r&#233;gime fasciste se caract&#233;rise par la violence organis&#233;e par l'Etat, pour d&#233;fendre ses privil&#232;ges capitalistes et d&#233;truire le mouvement ouvrier. La d&#233;mocratie bourgeoise est un luxe trop co&#251;teux que peuvent seuls s'offrir les pays qui ont accumul&#233; des b&#233;n&#233;fices aux d&#233;pens d'autres pays o&#249; s&#233;vit la famine. Dans les pays pauvres comme le n&#244;tre, les ouvriers &#224; un moment ou &#224; un autre sont amen&#233;s &#224; trouver en face d'eux des armes dirig&#233;es contre eux. Peu importe le parti politique qui doive recourir aux m&#233;thodes fascisantes pour mieux servir les int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes, une chose est certaine : si l'oppression capitaliste persiste &#224; se maintenir, le caract&#232;re in&#233;vitable des gouvernements sera celui de la violence contre les ouvriers. &lt;br /&gt;
3- La lutte contre des bandes fascistes est subordonn&#233;e &#224; la lutte contre l'imp&#233;rialisme et la f&#233;odo-bourgeoisie. Ceux qui, sous le pr&#233;texte de lutter contre le fascisme, font confiance &#224; l'imp&#233;rialisme &#171; d&#233;mocratique &#187; et &#224; la f&#233;odo-bourgeoisie &#171; d&#233;mocratique &#187; ne font rien d'autre que de pr&#233;parer la voie &#224; l'av&#232;nement in&#233;vitable d'un r&#233;gime fascisant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour venir &#224; bout d&#233;finitivement du p&#233;ril fasciste, nous devons d&#233;truire le capitalisme comme syst&#232;me. &lt;br /&gt;
Pour lutter contre le fascisme, loin d'att&#233;nuer artificiellement les contradictions entre les classes, nous devons aviver la lutte des classes. &lt;br /&gt;
Ouvriers et exploit&#233;s, d&#233;truisons le capitalisme pour d&#233;truire d&#233;finitivement le p&#233;ril et les bandes fascisantes ! C'est seulement avec les m&#233;thodes de la r&#233;volution prol&#233;tarienne et dans le cadre de la lutte des classes que nous pourrons renverser le fascisme. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un br&#232;ve histoire de la Bolivie &#187; de Waltraud Q. Morales :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Le massacre de Catavi&lt;br /&gt;
&#171; Le complexe minier de Catavi se situe sur le haut plateau, pr&#232;s de la ville d'Oruro. En 1942, le centre minier a connu une vague de gr&#232;ves sauvages. Les mineurs &#233;taient mis&#233;rables et revendiquaient de meilleurs salaires et une am&#233;lioration de leurs conditions de travail et de vie. Insensible et irresponsable, le gouvernement du g&#233;n&#233;ral Penaranda ordonna aux soldats de s'occuper des mineurs. La gr&#232;ve ne fut bris&#233;e en d&#233;cembre qu'apr&#232;s que des centaines de mineurs soient tu&#233;s et bless&#233;s lors d'une confrontation sanglante connue sous le nom de &#171; massacre de Catavi &#187;. (&#8230;) Un des r&#233;sultats du gouvernement Villaroel fut l'expansion des syndicats, et particuli&#232;rement la fondation en juin 1944 d'un syndicat important repr&#233;sentant les mineurs. La FSTMB (F&#233;d&#233;ration syndicale des travailleurs mineurs de Bolivie) &#233;tait dirig&#233;e par Juan Lechin Oquendo, un trotskyste. Le syndicalisme mineur allait &#234;tre d'une influence pr&#233;pond&#233;rante sur l'ensemble des travailleurs et des forces militantes de la Bolivie durant la moiti&#233; de si&#232;cle suivante. Politiquement, la FSTMB &#233;tait sous la direction de partis politiquement radicaux, y compris du MNR. (&#8230;) &lt;br /&gt;
Le 21 juin 1946, une foule de centaines de gr&#233;vistes, enseignants, cheminots, travailleurs du b&#226;timent.et &#233;tudiants accompagn&#233;s d'agitateurs du Front d&#233;mocratique antifasciste assi&#233;g&#232;rent le palais de la pr&#233;sidence. Incapable de sauver le r&#233;gime, le pr&#233;sident Villaroel d&#233;missionna mais refusa de quitter sa r&#233;sidence de pr&#233;sident. Le foule d&#233;ferla dans le Palais Quemado, tua Villaroel et ses proches collaborateurs, tra&#238;na leurs corps jusqu'&#224; la place Murillo o&#249; ils furent pendus aux lampadaires. (&#8230;) &lt;br /&gt;
Aux &#233;lections de janvier 1947 (&#8230;) Hertzog candidat de l'oligarchie l'emporta de justesse avec 44.700 voix contre 44.300 voix pour le candidat du MNR paz Estenssoro. La coalition qui avait gagn&#233; allait de l'oligarchie &#224; un parti &#171; marxiste &#187;, le PIR. Discr&#233;dit&#233;, le PIR explosa donnant un nouveau parti : le Parti communiste de Bolivie. (&#8230;) Des milliers de mineurs perdirent leur emploi. Des gr&#232;ves ouvri&#232;res avaient lieu presque tous les jours, non seulement dans les mines mais dans tous les secteurs de l'&#233;conomie. Le gouvernement conservateur utilisa la r&#233;pression militaire, violant jusqu'aux lois. Cette intransigeance et ces violences du r&#233;gime radicalis&#232;rent le MNR et ses contingents ouvriers. &lt;br /&gt;
En novembre 1946, des milliers de mineurs militants avaient tenu une conf&#233;rence sp&#233;ciale &#224; Pulacayo. Ils y avaient adopt&#233; un document r&#233;volutionnaire historique connu sous le nom de &#171; Th&#232;ses de Pulacayo &#187;. Inspir&#233;es par Guillermo Lora, le syndicaliste qui avait r&#233;organis&#233; le POR (parti ouvrier r&#233;volutionnaire, trotskyste) dans les ann&#233;es 1940. (&#8230;) Selon le document de Pulacayo, les travailleurs boliviens &#233;taient la vraie et la seule avant-garde de la r&#233;volution socialiste. C'est en tant que telle que la classe ouvri&#232;re devait initier la lutte de classe arm&#233;e en vue d'&#233;tablir directement un Etat ouvrier. (&#8230;) En janvier 1947, les travailleurs, les mineurs d&#233;termin&#233;s organis&#232;rent une gr&#232;ve avec manifestations pour proclamer leurs objectifs &#233;tablis &#224; Pulacayo. (&#8230;)&lt;br /&gt;
En juin 1949, lors de la r&#233;pression violente d'une grande gr&#232;ve dans les centres de mines de Catavi, Llallagua et Siglo XX, trois cent travailleurs boliviens et deux techniciens am&#233;ricains furent tu&#233;s. Juan Lechin, leader charismatique et secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du FSTMB, ainsi que s&#233;nateur du MNR, condamna publiquement le gouvernement pour cette r&#233;pression contre les mineurs. Puis, alors que Lechin avait exil&#233; par la dictature, d'autres affrontements violents eurent lieu entre l'arm&#233;e et les mineurs. Deux tentatives de coup d'&#233;tat par le MNR furent d&#233;masqu&#233;es et le gouvernement impos&#233; l'&#233;tat de si&#232;ge. Le 26 ao&#251;t, en plein milieu d'une gr&#232;ve de grande ampleur, le MNR organisa une r&#233;bellion contre le gouvernement. L'insurrection du MNR avait le soutien des mineurs, des travailleurs et des paysans ainsi que la sympathie d'officiers d'active et en retraite, bien qu'aucune unit&#233; militaire importante ne prenne partie pour les rebelles. N&#233;anmoins, du fait de la forte r&#233;sistance de certaines r&#233;gions, en particulier les r&#233;gions mini&#232;res, la r&#233;volte prit le caract&#232;re d'une br&#232;ve mais violente guerre civile. La d&#233;couverte pr&#233;matur&#233;e du projet d'insurrection &#224; La Paz et d'autres erreurs du MNR permirent que la guerre civile s'ach&#232;ve, battue en 20 jours. Bien que le degr&#233; et l'extension de la r&#233;sistance aient surpris le gouvernement, il n'y eut jamais de soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral des masses. L'arm&#233;e soutint solidement le gouvernement et les insurg&#233;s n'&#233;taient eux-m&#234;mes pas vraiment mobilis&#233;s et en armes au point de se battre dans les principales villes. Le MNR avait pens&#233; qu'il s'agirait d'un rapide coup d'Etat, mais la t&#233;nacit&#233; et la f&#233;rocit&#233; de l'oligarchie surprirent aussi la r&#233;sistance. (&#8230;) Malgr&#233; cette d&#233;faite, l'insurrection pr&#233;matur&#233;e apprit au MNR et aux mineurs radicaux d'importantes le&#231;ons sur la mani&#232;re de faire la r&#233;volution. (&#8230;) En 1951, la soci&#233;t&#233; bolivienne &#233;tait toujours irr&#233;vocablement polaris&#233;e entre les forces de la r&#233;volution et celles de la r&#233;action, et il n'y avait toujours pas de voie interm&#233;diaire. R&#233;formes, &#233;lections et mesures des assembl&#233;es avaient &#233;t&#233; essay&#233;es et avaient &#233;chou&#233;. (&#8230;) Le MNR gagna finalement l'&#233;lection de 1951, mais l'&#233;lection fut truqu&#233;e. A peu pr&#232;s 126.000 votes repr&#233;sentant environ 5% de la population furent d&#233;rob&#233;s. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution nationale&lt;br /&gt;
&#171; Dans les pays semi-coloniaux, ni le prol&#233;tariat seul ni la classe moyenne ne peuvent triompher. C'est seulement lorsqu'il y a une alliance de classe que les conditions sont r&#233;unies pour le triomphe de la r&#233;volution nationale. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Victor Paz Estenssoro &#8211; f&#233;vrier 1953&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Des r&#233;formes frustr&#233;es r&#233;sulta la r&#233;volution. La d&#233;faite bolivienne dans la guerre du Chaco et la mobilisation politique massive dans les suites de la guerre sont les sources de la r&#233;volution sociale o&#249; s'engouffra tout le pays dans les premi&#232;res semaines de l'ann&#233;e 1952. (&#8230;) D&#233;go&#251;t&#233;e par la corruption end&#233;mique, l'in&#233;galit&#233; &#233;conomique et l'injustice, une nouvelle majorit&#233; de la population se reconnut dans la cause d'une transformation radicale. (&#8230;) Le soul&#232;vement &#233;tait l'&#339;uvre de l'avant- garde r&#233;volutionnaire soutenue par les travailleurs, les mineurs et, dans la classe moyenne, les &#233;tudiants et les intellectuels. Intialement, la paysannerie et les communaut&#233;s indig&#232;nes n'&#233;taient pas dans le coup du d&#233;marrage de la r&#233;volution ; en cons&#233;quence, cette r&#233;volution &#233;tait incontestablement une r&#233;volution prol&#233;tarienne et, comme la r&#233;volte du MNR de 1949, fond&#233;e exclusivement sur les villes. (&#8230;) Jusqu'&#224; la victoire, les contingents r&#233;volutionnaires de la paysannerie ne rejoignirent pas la r&#233;volution. (&#8230;) Quand elle d&#233;marra, la r&#233;volution ne fut pas une insurrection spontan&#233;e ; c'est son organisation et m&#234;me sa planification qui en assura le succ&#232;s. Les deux principaux dirigeants du MNR, Hernan Siles et Juan Lechin, qui avaient &#233;t&#233; des organisateurs du soul&#232;vement de 1949, jouaient une fois encore les principaux r&#244;les. Tous les deux avaient tir&#233; des le&#231;ons des erreurs pass&#233;es. En 1944, un timide MNR n'avait pas arm&#233; le peuple, craignant le d&#233;veloppement d'une guerre civile et le bain de sang. En 1952, davantage de leaders radicaux du MNR &#233;taient d&#233;sesp&#233;r&#233;s et d&#233;cid&#233;s &#224; prendre le risque d'un affrontement violent en armant les opposants au gouvernement. (&#8230;) D'apr&#232;s James M. Malloy, le plan du MNR consistait &#224; nommer pr&#233;sident le g&#233;n&#233;ral Seleme au sein d'un cabinet entre militaires et MNR et de nommer vice-pr&#233;sident Hernan Siles qui &#233;tait charg&#233; personnellement de diriger la r&#233;volte. Mais les &#233;v&#233;nements prirent un tour diff&#233;rent. &lt;br /&gt;
Le matin du 9 avril, les citoyens de La Paz s'&#233;veill&#232;rent au bruit d'une confrontation arm&#233;e dans les rues &#233;troites et les places de la cit&#233; entre les forces pro-MNR et les carabiniers d'un c&#244;t&#233;, l'arm&#233;e et les soutiens du gouvernement de l'autre. Les forces r&#233;volutionnaires s'empar&#232;rent rapidement du centre ville, contraignant l'arm&#233;e nationale &#224; se retrouver en dessous de la r&#233;bellion. L'arm&#233;e du gouvernement prit El Alto pour dominer la position des rbelles du haut de l'atiplano. Encerclant les forces r&#233;volutionnaires, l'arm&#233;e du gouvernement bien arm&#233;e et confiante s'appr&#234;tait &#224; &#233;craser ais&#233;ment les forces rebelles.&lt;br /&gt;
Apr&#232;s une journ&#233;e d'affrontements, les positions r&#233;volutionnaires semblaient bien pr&#233;caires. Le rapport des forces &#233;tait en faveur de l'arm&#233;e loyaliste et le g&#233;n&#233;ral Seleme qui avait arm&#233; les insurg&#233;s, misant sur leur victoire ais&#233;e, crut &#224; leur d&#233;faite. Dans sa panique, il d&#233;serta son poste de commandement et demanda l'asile diplomatique &#224; l'ambassade du Chili. Devant la panique du g&#233;n&#233;ral, certains insurgents commen&#231;&#232;rent &#224; envisager un compromis ou une reddition. Les rebelles continuaient &#224; se battre quand se soulev&#232;rent les villes de Oruro et Cocabamba. Pendant ce temps, &#224; La Paz, les travailleurs des usines de la ville et ceux du quartier p&#233;riph&#233;rique Viacha s'arm&#232;rent eux-m&#234;mes, en enlevant des armes, et rejoignirent la bataille.&lt;br /&gt;
La situation allait se renverser radicalement dans les jours suivants. Les militants mineurs du grand complexe minier Millum, dix miles au nord de La Paz, attaqu&#232;rent El Alto et s'empar&#232;rent de la gare de chemin de fer et de la base a&#233;rienne qui s'y situait, au dessus de la capitale. Cette action d&#233;cisive interrompit le flot de munitions sur lequel comptaient les forces gouvernementales et emp&#234;cha le bombardement a&#233;rien des forces r&#233;volutionnaires. Convergeant vers les forces arm&#233;es sur toutes les hauteurs au dessus de la cit&#233;, les mineurs en col&#232;re prirent les forces arm&#233;es dans un pi&#232;ge et les pouss&#232;rent au bord du pr&#233;cipice juste au dessus de la capitale. &lt;br /&gt;
Pendant ce temps, 70 miles au sud de La Paz, sur l'altiplano, les cadres du MNR et les mineurs d'Oruro emp&#234;chaient la garnison militaire qui y &#233;tait situ&#233;e d'envoyer des renforts pour secourir les soldats du gouvernement, pris au pi&#232;ge &#224; El Alto.(&#8230;) Apr&#232;s une derni&#232;re tentative inutile des cadets de romprent l'encerclement, les forces gouvernementales se rendirent. Apr&#232;s trois jours d'une intense bataille, le combat historique de La Paz, le MNR &#233;tait victorieux. Le 11 avril, le g&#233;n&#233;ral Torres Ortiz d&#233;missionnait et signait sa reddition aux forces r&#233;volutionnaires. (&#8230;) Sans l'appui des forces du prol&#233;tariat, la r&#233;volte aurait &#233;t&#233; &#233;cras&#233;e dans ses premi&#232;res 24 heures. M&#234;me si le MNR ne l'avait pas pr&#233;vu, on assistait au succ&#232;s d'une r&#233;volution des mineurs socialistes et marxistes et des travailleurs de La Paz. Le MNR ne pouvait pas ignorer les buts sociaaux, radicaux et r&#233;volutionnairex des dirgeants ouvriers de la r&#233;volution qui venait d'avoir lieu &#224; moins de le payer tr&#232;s cher. &lt;br /&gt;
Victor Paz Estenssoro fut accueilli le 15 avril 1952dans son pays de son exil en Argentine au milieu d'une &#233;bullition joyeuse des citoyens de La Paz. Le lendemain, Paz entrait dans ses bureaux de premier pr&#233;sident r&#233;volutionnaire de Bolivie. (Le lendemain, Paz entrait dans ses bureaux de premier pr&#233;sident r&#233;volutionnaire de Bolivie. (&#8230;) C'&#233;tait la premi&#232;re r&#233;volution majeure depuis la r&#233;volution mexicaine de 1910. Mais r&#233;ussir la r&#233;volution s'av&#233;ra une t&#226;che plus facile que d'effectuer ensuite des changements en profondeur de la soci&#233;t&#233;. Avoir fait la r&#233;volution donnait une nouvelle allure aux dirigeants autrefois r&#233;formistes et pro-fascistes du MNR. (&#8230;) Les trois objectifs officiels du programme du MNR &#233;taient le suffrage universel, la nationalisation des mines et la r&#233;forme agraire. Les deux premiers objectifs, bien que radicaux &#224; l'&#233;poque, &#233;taient compatibles avec les aspirations nationalistes et r&#233;formistes du programme originel du MNR. Par contre, il est certain que le troisi&#232;me objectif &#233;tait le plus r&#233;volutionnaire et provoquait des s&#233;rieuses divisions au sein du parti. (&#8230;) M&#234;me la tr&#232;s populaire nationalisation des propri&#233;t&#233;s des &#171; Big three &#187;, les trois grands capitalistes des mines, causa de nombreuses interrogations au sein du MNR. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Ce sont les leaders ouvriers, nationalistes de l'aile gauche du MNR et du syndicat de mineurs, qui r&#233;alis&#232;rent la nationalisation des mines ; ce sont les paysans et les communaut&#233;s indiennes qui impos&#232;rent la r&#233;forme agraire. (&#8230;) La premi&#232;re r&#233;forme fut la nouvelle loi &#233;lectorale qui garantit le suffrage universel &#224; tous les adultes de 21 ans et plus (18 ans pour les personnes marri&#233;es). Le nombre de votants fut instantan&#233;ment multipli&#233; par cinq. (&#8230;) La majorit&#233; des nouveaux votants &#233;tait constitu&#233;e de paysans indiens illetr&#233;s, de mineurs et d'ouvriers d'usine. (&#8230;) Aux &#233;lections de 1951, 126.000 personnes votaient sur trois millions. Le nombre de votant augment&#233; d'un million avec la nouvelle loi. (&#8230;)&lt;br /&gt;
L'Acte d'Ind&#233;pendance Economique de la Bolivie fut sign&#233; le 31 octobre 1952 sur le site m&#234;me des deux massacres sanglants des mineurs boliviens, l'inf&#226;me complexe minier Catavi. Le d&#233;cret radical nationalisait les entreprises mini&#232;res des &#171; trois grands &#187;, Patino, Aramayo et Hoschchild, et fondait la puissante corporation nationale des mines de Bolivie, plus connue comme COMIBOL. &lt;br /&gt;
En termes &#233;conomiques, selon Richard S. Thorn, la nationalisation transf&#233;rait &#224; l'Etat le contr&#244;le d'environ 85% de la production du pays, de 95% des &#233;changes ext&#233;rieurs, d'environ 50% des recettes fiscales qui &#233;taient entre des mains priv&#233;es. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Le programme officiel du MNR avait promis que les gros patrons des mines expropri&#233;s ne seraient pas indemnis&#233;s. Le MNR avait toujours d&#233;nonc&#233; ces trois grands patrons comme des exploiteurs. (&#8230;) Mais les dirigeants politiques du MNR bloqu&#232;rent les interventions des leaders ouvriers du MNR sur cette question et accept&#232;rent de compenser l'exporpriation des barons de l'&#233;tain. (&#8230;) Au lieu de provoquer l'ind&#233;pendance &#233;conomique de la Bolivie, la nationalisation accrut la d&#233;pendance &#233;conomique du pays et acc&#233;l&#233;ra la division entre le MNR et sa base ouvri&#232;re. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Le MNR se pencha beaucoup plus s&#233;rieusement sur la question paysanne et indienne alors que ces communaut&#233;s n'avaient quasi pas particip&#233; &#224; la r&#233;volution. Il cr&#233;a le minist&#232;re des affaires paysannes. Sa premi&#232;re t&#226;che fut la constitution de syndicats paysans pro-MNR, en particulier dans la r&#233;gion de Cochabamba. (&#8230;) La loi de 1953 abolit les pratiques f&#233;odales qui opprimaient les communaut&#233;s indiennes. (&#8230;) Elle abolit le travail forc&#233; et non pay&#233;, courant dans les haciendas et les r&#233;sidences des grands propri&#233;taires. (&#8230;) La r&#233;forme agraire r&#233;tablit les communaut&#233;s indiennes dans leurs propri&#233;t&#233;s collectives. (&#8230;) Cependant, cette r&#233;forme ne s'attaqua qu'&#224; la tr&#232;s grande propri&#233;t&#233;. (&#8230;)&lt;br /&gt;
En octobre 1953, Paz Estenssoro approuva un nouveau code d'exploitation du p&#233;trole qui autorisa les investissements priv&#233;s &#233;trangers et l'exploration p&#233;troli&#232;re des compagnies US. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Au d&#233;but, la r&#233;volution avait consid&#233;rablement consolid&#233; la force du prol&#233;tariat organis&#233;. La COB (centrale ouvri&#232;re bolivienne) fut cr&#233;&#233;e dans la foul&#233;e des journ&#233;es de triomphe r&#233;volutionnaire et &#233;tait un syndicat national des travailleurs qui affirmait repr&#233;senter l'ensemble des travailleurs boliviens. (&#8230;.) Le plus important syndicat en dehors de la COB &#233;tait la F&#233;d&#233;ration des travailleurs des mines boliviennes ou FSTMB. (&#8230;) Juan Lechin, le fameux leader des ouvriers durant les ann&#233;es 40, &#233;tait &#224; la fois secr&#233;taire ex&#233;cutif du FSTMB et de la COB. &lt;br /&gt;
Tant que Lechin faisait partie de la direction du MNR et du gouvernement et dominait ces deux syndicats, le parti &#233;tait capable d'exercer sa mainmise sur le mouvement ouvrier. Apr&#232;s 1956, d&#232;s que Lechin quitte le cabinet gouvernemental o&#249; il &#233;tait ministre des mines, et que le MNR cherchait &#224; imposer le plan d'aust&#233;rit&#233; voulu par le FMI, la collaboration avec la classe ouvri&#232;re avait cess&#233; d'exister.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La R&#233;volution de 1952 : comment la &#171; Quatri&#232;me internationale &#187; et le POR ont trahi la r&#233;volution qui aurait d&#251; porter le trotskysme au pouvoir &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Jos&#233; Villa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand la R&#233;volution russe de f&#233;vrier survint en 1917, le parti bolchevik n'avait que 15 ans d'existence. Quand la R&#233;volution d'avril 1952 se produisit, le POR en avait 17. Les deux organisations militaient dans des pays o&#249; la majorit&#233; appartenait &#224; la paysannerie et &#224; la petite bourgeoisie, mais o&#249; existait un prol&#233;tariat moderne et g&#233;ographiquement concentr&#233;. Les deux partis avaient b&#233;n&#233;fici&#233; de travailler avec ceux qui avaient introduit le marxisme dans le pays (respectivement Pl&#233;khanov et Marof) et leurs cadres avaient pris part &#224; la mise en place des premi&#232;res organisations de la classe ouvri&#232;re. Alors que le Bolchevisme s'&#233;tait form&#233; en se confrontant aux autres courants marxistes (&#233;conomistes, mencheviks, etc.), petits bourgeois socialistes (Socialistes r&#233;volutionnaires) et d&#233;mocrates bourgeois (Cadets), le POR a d&#251; se battre contre le &#171; marxisme &#187; &#224; la Marof et sa version stalinienne, contre les diff&#233;rentes &#171; ailes &#187; du MNR et le &#171; socialisme &#187; des diverses versions pr&#244;n&#233;es par la bourgeoisie et l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bolchevisme a &#233;t&#233; tremp&#233; par le soul&#232;vement r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re quia culmin&#233; par la r&#233;volution de 1905, par la vague r&#233;actionnaire qui a suivi, et par la nouvelle vague de gr&#232;ves et de luttes qui a pr&#233;c&#233;d&#233; la premi&#232;re guerre mondiale et enfin dans le combat contre la guerre. Le POR est n&#233; dans la lutte contre la Guerre du Chaco et a &#233;t&#233; forg&#233; lors des de soul&#232;vements de masse qui ont fait chuter les gouvernements de 1936 et 1946, avec de grandes gr&#232;ves et des massacres, au cours de changements de gouvernements continuels, des coups d'&#233;tat et une courte guerre civile. Alors que le soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral de 1905 (en Russie) a &#233;t&#233; &#233;cras&#233;, les deux soul&#232;vements r&#233;volutionnaires, des crises auxquelles le POR a particip&#233; se sont termin&#233;s par le renversement des gouvernements. Le &#171; trotskysme &#187; bolivien a vu son programme repris par les &#233;tudiants et les mineurs et pouvait &#234;tre fier d'avoir dans ses rangs les principaux leaders de la f&#233;d&#233;ration syndicale des mineurs et de la principale centrale ouvri&#232;re, la CON (anc&#234;tre de la centrale ouvri&#232;re COB).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le du POR dans les &#233;v&#233;nements d'avril qu'un des fondateurs du parti stalinien lui-m&#234;me le reconnaissait comme l'une des cinq forces principales dirigeant l'insurrection, la principale &#233;tant, &#224; droite, le MNR, la seconde l'aile pro-POR du MNR et la troisi&#232;me le POR lui-m&#234;me : &#171; Ce soul&#232;vement arm&#233; fut dirig&#233; et amen&#233; &#224; la victoire par les dirigeants du MNR, Hern&#224;n Siles Zuazo, Juan Lechin Oquendo, Edwin Moller, Alandia Pantojas, Villegas et les autres. &#187; peut-on lire dans les &#171; M&#233;moires du premier ministre ouvrier &#187; de Waldo Alvarez (1986).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; Lucha Obrera &#187;, le POR cachait que &#171; Quand les principaux dirigeants du MNR pensaient &#224; s'enfuir, ce furent nos camarades qui prirent la direction du peuple et du prol&#233;tariat d'Oruro jusqu'&#224; la victoire (&#8230;) Nos militants furent les vrais dirigeants de la d&#233;fense de Villa Pavon et Miraflores qui fut d&#233;terminante pour la victoire de la r&#233;volution &#224; un moment o&#249; l'ennemi semblait devoir triompher dans la cit&#233;. &#187; (Lucha Obrera du 12/06/1952)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux c&#244;t&#233;s de la centrale syndicale COB, le pouvoir dominant dans le pays, le POR &#233;tait le parti le plus important et le plus influent. L'historien Robert J. Alexander remarque que &#171; Le POR avait &#233;t&#233; capable de d&#233;finir l'orientation id&#233;ologique et le dynamisme de la Centrale des Travailleurs &#187; ; &#171; Pendant les six premiers mois, la COB fut pratiquement aux mains des Trotskystes. &#187; (dans &#171; Trotskysme en Am&#233;rique latine &#187;) Lora reconna&#238;t cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lora admet que &#171; Imm&#233;diatement apr&#232;s le 9 avril 1952, le MNR agit comme une minorit&#233; passive aux c&#244;t&#233;s des organisations syndicales. Il avait peu de succ&#232;s du fait que la radicalisation des masses avait atteint un sommet. &#187; (dans &#171; Les syndicats et la r&#233;volution &#187; de G. Lora &#8211; 1960)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La totalit&#233; de la lutte ouverte qui a donn&#233; naissance &#224; la centrale syndicale ouvri&#232;re fut aux mains des militants du POR et l'essentiel des permanents et la plupart des orientations de la nouvelle centrale syndicale COB &#233;taient trotskystes. Lechin ne fit rien d'autre que de man&#339;uvrer sous la forte pression des masses et du POR. Dans les discours des dirigeants ouvriers de cette p&#233;riode et dans les plans pr&#233;sent&#233;s par le Cabinet de Paz Estenssoro on trouve l'empreinte du POR. &#187; (dans &#171; La r&#233;volution bolivienne, une analyse critique &#187; de Guillermo Lora &#8211; 1963)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le MNR fut affaibli durant plusieurs mois apr&#232;s le soul&#232;vement d'avril, le Comit&#233; central du POR continuait de se tromper lui-m&#234;me sur la signification de sa majorit&#233; au sein de la COB : &#171; Notre actuelle majorit&#233; incontest&#233;e est la preuve d'un lent mais solide et s&#251;r travail, men&#233; par notre parti. &#187; (Bulletin int&#233;rieur n&#176; 13 du POR &#8211; 1953)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La COB est n&#233;e en brandissant les &#171; Th&#232;ses de Pulacayo &#187;, c'est-&#224;-dire avec un programme issu du programme du POR et de ses orientations politiques. Lors de sa fondation, le POR assumait son r&#244;le dans sa formation et sa direction de la centrale : &#171; La COB est n&#233;e d'une position d'ind&#233;pendance de classe claire, interpr&#233;tant fid&#232;lement pour un large mouvement de masse les conceptions du Programme de Transition. &#187; (dans &#171; Lucha Obrera &#187; du 18/04/1952)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien James Dunkerley soutient que &#171; Une grande part du travail pr&#233;paratoire &#224; la fondation de la COB fut pris en mains par les repr&#233;sentants du POR, Edwin Moller, Miguel Alandia et Jos&#233; Zegada. &#187; (dans &#171; La r&#233;volte dans les veines &#187; de James Dunkerley &#8211; 1982). &#171; Le POR influen&#231;ait directement au moins la moiti&#233; de la COB &#187; (dans le m&#234;me ouvrage &#8211; passage supprim&#233; de l'&#233;dition anglaise expurg&#233;e apr&#232;s &#171; contr&#244;le &#187;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1952, un journaliste se disant un trotskyste critique du POR admettait qu'au sein de la COB, &#171; la plus importante fraction est celle du POR ; ensuite vient le groupe de Lechin et Torres, c'est-&#224;-dire l'aile nationaliste au sein des syndicats, alors que les staliniens sont seulement en troisi&#232;me position avec &#224; peine 5 voix. &#187; (dans &#171; Labor Action &#187; du 27/10/1952, le journal de Shachtman)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu de f&#233;vrier 1917 &#224; octobre pour gagner la majorit&#233; au sein des soviets et, lorsqu'ils l'ont obtenue, ils se sont lanc&#233;s dans l'insurrection. Le POR, lui, contr&#244;lait la COB d&#232;s sa naissance. Alors que les Bolcheviks &#233;taient en minorit&#233; au sein de la classe ouvri&#232;re russe durant ces huit mois de r&#233;volution, le POR dirigeait la centrale ouvri&#232;re COB durant les six mois d&#233;terminants qui ont suivi l'insurrection qui avait d&#233;fait l'arm&#233;e de la bourgeoisie. Le programme, la direction et la presse de la COB &#233;taient aux mains du POR. L'essentiel de la direction de la COB d&#233;fendait une politique et des discours r&#233;dig&#233;s par le POR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il y a une grande diff&#233;rence entre le POR et les Bolcheviks. Les Bolcheviks ont demand&#233; aux Soviets de n'apporter aucun soutien de classe &#224; la bourgeoisie d&#233;mocratique, au gouvernement de coalition r&#233;formiste et, au contraire, les ont appel&#233; &#224; rompre avec la bourgeoisie et &#224; prendre tout le pouvoir entre leurs mains. Le POR, au contraire, apporta &#171; un soutien critique &#187; au gouvernement bourgeois et lui demanda de lui offrir des postes minist&#233;riels. Alors que les Bolcheviks attaqu&#232;rent sans piti&#233; les Mencheviks et les Socialistes-r&#233;volutionnaires, en tentant de leur &#244;ter leur position dirigeante, le POR s'identifia &#224; la bureaucratie syndicale (pour laquelle ils &#233;crivaient des discours et des plans minist&#233;riels) et tenta de transformer le parti bourgeois et son gouvernement. La strat&#233;gie bolchevik &#233;tait de pr&#233;parer une nouvelle r&#233;volution alors que celle du POR consistait &#224; r&#233;former le MNR et son gouvernement. En r&#233;sum&#233;, alors que le Bolchevisme &#233;tait l&#233;niniste, le POR &#233;tait Lechiniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Avril, les positions de type menchevik du POR et de Lora&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayant d'expliquer le comportement du POR aussi objectivement que possible, Dunkerley maintient que les positions de la section de la quatri&#232;me internationale &#171; &#233;taient tr&#232;s t&#244;t celles d'une critique du r&#233;gime du MNR. Ils ne firent aucun appel &#224; un gouvernement des travailleurs, r&#233;clamant par contre une radicalisation des r&#233;formes propos&#233;es par le gouvernement, la d&#233;fense du r&#233;gime contre l'imp&#233;rialisme et une &#233;ducation r&#233;volutionnaire des masses. &#187; (dans &#171; La r&#233;volte dans les veines &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste avant les &#233;v&#233;nements d'avril, le POR publiait &#171; une lettre ouverte au gouvernement, r&#233;clamant que le pouvoir revienne aux nationalistes du MNR sans nouvelle &#233;lection. &#187; (dans &#171; Labor Action &#187; du 7/04/1952). La strat&#233;gie du POR se limitait &#224; exercer une pression p&#233;riodique sur le gouvernement afin de transformer la direction du gouvernement bourgeois dans le but de permettre au MNR de prendre la pr&#233;sidence par des moyens constitutionnels. Dans cette voie, un gouvernement l&#233;gal pouvait &#234;tre pr&#233;serv&#233; qui, par des pressions, aurait &#233;t&#233; forc&#233; d'adopter des mesures radicales et aurait &#233;t&#233; contraint de nommer des travailleurs comme ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les &#233;v&#233;nement d'Avril, Lora avait &#233;t&#233; en France o&#249; il fit &#233;tat de la situation pour le journal &#171; La V&#233;rit&#233; &#187;, document que &#171; The Militant &#187; reproduisit. Ils &#233;taient les principaux quotidiens de la Quatri&#232;me Internationale. Dans son histoire du POR, Lora disait que &#171; Jusqu'&#224; pr&#233;sent, on n'a pas accord&#233; assez d'importance &#224; l'appel de Lora pour un programme trotskyste &#233;crit &#224; Paris quelques jours apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir du MNR. &#187; Avec un grand cynisme, il affirmait l&#224; que la classe ouvri&#232;re, &#171; dans le but de gagner, n'avait pas d'autre choix que d'accepter la direction du MNR et du Lechinisme. &#187; (dans &#171; Contribucion a la historia politica boliviana &#187; de G. Lora)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les slogans principaux mis en avant par notre parti &#233;taient :&lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176;) Restaurer la constitution de notre pays par la formation d'un gouvernement MNR qui avait obtenu la majorit&#233; dans les &#233;lections de 1951.&lt;br class='autobr' /&gt;
2&#176;) La lutte pour l'am&#233;lioration des salaires et des conditions de travail&lt;br class='autobr' /&gt;
3&#176;) La lutte pour des droits d&#233;mocratiques&lt;br class='autobr' /&gt;
4&#176;) La mobilisation des masses contre l'imp&#233;rialisme, pour la nationalisation des mines et pour l'abrogation de l'accord avec les Etats-Unis &#187; (d'apr&#232;s une interview de G. Lora par le SWP &#224; New York, dans &#171; The Militant &#187; du 12/05/1952)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes ces revendications, seules les derni&#232;res sont vraiment radicales et m&#234;me celles-l&#224; ne d&#233;passent pas le cadre d&#233;mocratique bourgeois, ou ce que l'anticommuniste Paz va faire quelques mois plus tard. La premi&#232;re demande un Etat bourgeois constitutionnel avec un gouvernement populiste. Au lieu de chercher &#224; se diff&#233;rencier du mouvement populiste en d&#233;veloppant des revendications anticapitalistes sur des bases de classe, toute la plateforme du POR va exactement dans le m&#234;me sens que celle d&#233;velopp&#233;e par le parti bourgeois MNR. Lora ne met en avant aucune id&#233;e propre au prol&#233;tariat (l'expropriation de la bourgeoisie sans compensation, le contr&#244;le ouvrier, le d&#233;sarmement des forces arm&#233;es de la bourgeoisie et leur remplacement par des milices ouvri&#232;res et paysannes, l'occupation des mines, des usines et des terres, etc&#8230;) Au lieu de chercher &#224; faire de la COB une forme de soviet, de rompre avec la bourgeoisie et d'aller vers la prise de pouvoir par les travailleurs, Lora en appelait &#224; un gouvernement bourgeois du MNR comme changement de direction du pays et pour pratiquer quelques r&#233;formes qui ne d&#233;passaient pas le cadre de l'Etat bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mouvement insurrectionnel d'Avril ne fut pas une surprise pour notre parti, et se produisit comme nous l'avions pr&#233;vu dans nos analyses th&#233;oriques. &#187; &#233;crit Lora dans son interview au SWP pour &#171; The Militant &#187; du 12/05/1952.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un parti &#233;tait conscient que la principale r&#233;volution de son histoire approchait, il aurait d&#251; faire tout ce qu'il pouvait pour maintenir ses principaux dirigeants dans le pays, ou au moins pas trop loin. Pourtant, Lora restait &#224; Paris durant plus de la moiti&#233; de l'ann&#233;e apr&#232;s la fin du troisi&#232;me Congr&#232;s Mondial de la Quatri&#232;me Internationale pour laquelle il &#233;tait venu en Europe. Alors qu'il pr&#233;tend avoir que son parti avait pr&#233;dit ce qui allait arriver, il d&#233;cide de rester au loin, dans le monde imp&#233;rialiste parce qu'il n'estime pas que sa t&#226;che est de contester le pouvoir au MNR mais, au contraire, il a seulement l'intention de s'entendre avec lui en effectuant tout au plus une pression sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La lutte qui commen&#231;a imm&#233;diatement est une lutte des masses pour imposer les revendications du gouvernement du 9 avril. &#187; &#233;crit Lora dans une interview &#224; &#171; The Militant &#187; du 19/05/1952.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le POR avait &#233;t&#233; au premier rang de la lutte, son objectif aurait &#233;t&#233; de mettre en avant une direction alternative de la lutte en proposant &#224; la COB de prendre le pouvoir en renversant Paz. Au lieu de cela, Lora appelait &#224; soutenir le gouvernement bourgeois et les ministres de son &#171; aile gauche &#187;. Au lieu de s'opposer au pi&#232;ge de la participation de ministres ouvriers dans un gouvernement capitaliste, aidant ainsi le gouvernement &#224; cacher ses pr&#233;paratifs pour d&#233;sarmer les travailleurs avant de mener une contre-attaque contre eux. Lora se reconnaissait dans cette tactique : &#171; Les travailleurs du textile d&#233;cid&#232;rent d'imposer leurs conditions &#224; l'aile gauche du MNR et la contraignirent &#224; accepter des ministres issus de la classe ouvri&#232;re au sein du nouveau gouvernement dont ils form&#232;rent l'aile gauche. &#187; (d'apr&#232;s &#171; The Militant &#187; interviewant Lora le 12/05/1952)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans cette situation, le r&#244;le essentiel du POR est d'&#234;tre le guide vigilant qui emp&#234;che que les revendications des travailleurs soient dilu&#233;es dans de vagues promesses ou dans des man&#339;uvres de gens de l'aile droite. &#187; (Interview de Lora &#224; &#171; The Militant &#187; du 19/05/1952&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le POR, l'ennemi n'est pas le gouvernement bourgeois mais seulement les ministres de l'aile droite du gouvernement de l'anti-communiste Paz. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lora justifiait cette attitude r&#233;formiste en qualifiant le r&#233;gime de petit-bourgeois. La petite bourgeoisie est incapable d'installer son propre r&#233;gime de production ni un r&#233;gime qui lui soit propre. La petite propri&#233;t&#233; engendre in&#233;luctablement la grande propri&#233;t&#233;. Une soci&#233;t&#233; de petits propri&#233;taires est impossible et ne peut emp&#234;cher que, la comp&#233;tition se renfor&#231;ant, les uns s'enrichissent en accumulant pendant que les autres deviennent pauvres et tombent dans le prol&#233;tariat. Quand la petite bourgeoisie n'est pas alli&#233;e au prol&#233;tariat , elle marche derri&#232;re la bourgeoisie qui veut r&#233;former l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un gouvernement qui n'est pas subordonn&#233; aux soviets et aux milices ouvri&#232;res est un pouvoir contre le prol&#233;tariat. Un gouvernement petit bourgeois qui oscille entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie ne peut exister. Soutenant cette possibilit&#233; imaginaire, Lora mettait en avant l'id&#233;e que ces &#171; gouvernements petits-bourgeois &#187; devaient &#234;tre sous la pression et compl&#233;t&#233;s par des ministres ouvriers pour parvenir graduellement &#224; devenir des gouvernements ouvriers et paysans. Cette conception gradualiste et r&#233;formiste devait amener le POR &#224; soutenir l'id&#233;e de dictature militaire socialiste et &#224; demander plus tard &#224; obtenir des ministres dans le gouvernement du g&#233;n&#233;ral Torres. Plus vous pr&#233;tendez introduire des ministres &#171; rouges &#187; dans des gouvernements populistes de la bourgeoisie et que vous semez des illusions sur de tels gouvernements, plus la classe dirigeante est amen&#233;e &#224; faire appel &#224; de tels d&#233;magogues pour tromper et d&#233;sorienter les masses et pr&#233;parer ensuite un nouveau coup d'Etat r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni le gouvernement du MNR, ni le parti n'&#233;taient petits- bourgeois. Le MNR, comme tout parti ayant un soutien populaire, refl&#233;tait le composition de la soci&#233;t&#233; o&#249; il intervenait. Un parti populiste, m&#234;me si une majorit&#233; de ses membres sont issus des couches les plus opprim&#233;es de la soci&#233;t&#233;, exactement comme tout le reste de la soci&#233;t&#233;, est dirig&#233; du haut en bas. Presque tous les dirigeants principaux du MNR venaient de familles de l'oligarchie, qui avaient collabor&#233; avec l'imp&#233;rialisme allemand, soutenu la dictature nationaliste sanglante de Villarroel et qui &#233;taient socialement, id&#233;ologiquement et organiquement l'expression d'un secteur de la bourgeoisie nationale. Comme toute la soci&#233;t&#233; bolivienne, le MNR pouvait avoir une majorit&#233; de membres et de votants issus de la petite bourgeoisie, mais elle &#233;tait dirig&#233;e par des bourgeois et des politiciens bourgeois. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; R&#233;belion &#187; contre la R&#233;volution permanente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le POR &#233;tait fier d'&#233;diter les d&#233;clarations de la bureaucratie de la COB :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre point de vue s'est impos&#233; &#224; une &#233;crasante majorit&#233; et le journal &#171; R&#233;belion &#187; de la COB d&#233;fend notre position au sein du camp des travailleurs. &#187; &#233;crit le num&#233;ro 13 du Bulletin int&#233;rieur du POR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les trois premiers num&#233;ros de &#171; R&#233;belion &#187;, ceux qui ont &#233;t&#233; publi&#233;s &#224; l'occasion du premier congr&#232;s de la COB (31 octobre 1954) ont &#233;t&#233; &#233;crits sous la direction de M. Alandia et expriment int&#233;gralement le programme de notre direction &#224; ce moment. Le premier num&#233;ro contient un chaleureux message du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du POR. &#187; (citation tir&#233;e &#171; La r&#233;volution bolivienne, analyses et critiques, de G. Lora &#8211; 1963)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que disait le journal de la COB ? Mettait-il en avant une politique r&#233;volutionnaire dont le principe de base devait n&#233;cessairement &#234;tre la rupture avec Paz et l'appel &#224; l'occupation des mines, des usines et des terres, et l'appel &#224; prendre le pouvoir ? Au contraire &#171; R&#233;volte &#187; s'identifiait avec le r&#233;gime bourgeois. Il affirmait que le gouvernement MNR &#233;tait le sien et qu'il devait &#234;tre soutenu. Dans sa premi&#232;re parution, &#233;crite sous la dict&#233;e du POR, il &#233;crivait :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La d&#233;faite de l'oligarchie et la naissance du gouvernement du MNR a &#233;t&#233; l'&#339;uvre des masses travailleuses. C'est notre cr&#233;ation. (&#8230;.) Pour se maintenir, l'actuel gouvernement n&#233;cessite le soutien des travailleurs. Si les travailleurs sont vigilants, ils peuvent obtenir de grands succ&#232;s. &#187; (dans &#171; R&#233;belion &#187; du 1/05/1952)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se sont non seulement livr&#233;s au MNR mais ont &#233;galement rendu hommage &#224; la m&#233;moire d'un militaire, Gualberto Villarroel, qui avait &#233;t&#233; impliqu&#233; dans le massacre de Catavi en 1942, et qui &#233;tait un dicttateur pro-imp&#233;rialiste qui avait &#233;t&#233; renvers&#233; par un soul&#232;vement populaire. (lire &#171; Notre prol&#233;tariat rend hommage &#224; la m&#233;moire d'un pr&#233;sident martyr &#187;. (&#171; R&#233;belion &#187; du 1/05/52)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment une telle position pouvait&#8211;elle &#234;tre celle de r&#233;volutionnaires ? Une telle orientation pouvait seulement d&#233;sarmer et d&#233;mobiliser la COB, lui demandant, au lieu de prendre le pouvoir, de continuer &#224; aider un gouvernement bourgeois qui &#233;tait in&#233;vitablement destin&#233; &#224; s'aligner sur l'imp&#233;rialisme et &#224; massacrer les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin, &#171; Lucha Obrera &#187; maintenait que le MNR devait remercier le POR pour l'avoir aid&#233; &#224; venir au pouvoir et pour son soutien. Il consid&#233;rait que sa t&#226;che &#233;tait d&#233;sormais de de faire pression sur le MNR pour aller vers des r&#233;formes qui pourraient b&#233;n&#233;ficier aux travailleurs et aux classes moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si le MNR a des remerciements &#224; transmettre &#224; quelqu'un, c'est certainement et indubitablement au POR (&#8230;) Le POR continuera &#224; prendre en charge sa t&#226;che de guide du prol&#233;tariat et de contr&#244;le que les actions qui ont renvers&#233; un gouvernement et en a mis en place un autre qui re&#231;oit le soutien du peuple profiteront au prol&#233;tariat et aux secteurs opprim&#233;s des classes moyennes. &#187; (dans &#171; Lucha Obrera &#187; du 12/06/1952)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jamais auparavant n'a-t-on vu un parti comme le MNR, qui peut compter sur le soutien unanime du peuple en armes et du prol&#233;tariat, n'a pris le pouvoir et jamais, non plus, il n'a eu une telle opportunit&#233; d'adopter des mesures ayant un tel contenu r&#233;volutionnaire. Le gouvernement a ferm&#233; les yeux, ou n'a pas voulu voir cette magnifique opportunit&#233;, et a pr&#233;f&#233;r&#233; tromper le prol&#233;tariat qui l'avait soutenu inconditionnellement. &#187; (dans &#171; Lucha Obrera &#187; du 29/06/1952&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais auparavant un parti avait eu une telle opportunit&#233; de r&#233;aliser une r&#233;volution sociale, mais le MNR h&#233;sitait. Le POR s'opposait &#224; l'id&#233;e que cette d&#233;ficience provenait du caract&#232;re de classe bourgeois du MNR, mais il disait que c'&#233;tait d&#251; &#224; un manque de capacit&#233;s tactiques. Pour le POR, la t&#226;che consistait &#224; lui ouvrir les yeux et &#224; lui faire voir cette magnifique opportunit&#233;. Toute la politique du POR &#233;tait de type menchevik. Au lieu d'appeler les travailleurs &#224; rejeter le MNR et &#224; lutter pour amener la COB au pouvoir, le POR se flattait d'avoir servi le MNR et de lui servir de conseiller pour l'aider &#224; se r&#233;former.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le POR soutient le gouvernement bourgeois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuf jours apr&#232;s le soul&#232;vement du 9 avril, le POR d&#233;clarait que&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; dans la mesure o&#249; celui-ci tient les promesses de son programme, le POR soutient le gouvernement qui est issu du soul&#232;vement populaire du 9 avril. (&#8230;) Il a deux ministres ouvriers dans un gouvernement petit bourgeois, mais il est enti&#232;rement contr&#244;l&#233; et tenu par les d&#233;cisions de la COB. &#187; (dans &#171; Lucha Obrera &#187; du 18/04/1952)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe pas de circonstances dans lesquelles le prol&#233;tariat devrait soutenir un gouvernement tenu par une fraction de ses exploiteurs. Au contraire, le but d'un parti marxiste devrait &#234;tre de le contester et de le lutter pour son renversement r&#233;volutionnaire. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'en Bolivie &#224; cette &#233;poque l'imp&#233;rialisme n'ait eu aucune intention de tenter un coup d'Etat, le POR choisit de d'aider Paz et Siles, qui savaient comment user de d&#233;magogie de concert avec des r&#233;formistes comme Lechin et leurs agents au sein du POR, afin de calmer les masses, afin de se lib&#233;rer de la pression de la classe ouvri&#232;re et r&#233;ussir &#224; reconstruire les forces arm&#233;es de la bourgeoisie et maintenir ainsi le capitalisme semi-colonial. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Croire que des ministres &#171; rouges &#187; dans un cabinet bourgeois pourraient avoir une politique contraire &#224; celle du gouvernement s'est r&#233;v&#233;l&#233; une illusion r&#233;actionnaire. Au contraire, ces ministres &#171; rouges &#187; ont d&#251; soutenir les d&#233;cisions d'un gouvernement anti-ouvrier. Ce n'&#233;tait pas la Cob qui contr&#244;lait les ministres, mais c'&#233;tait le gouvernement qui, au travers des ministres syndicalistes, contr&#244;lait la COB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les &#233;v&#233;nements d'avril, &#171; le Comit&#233; Central (du POR) &#233;mit une r&#233;solution sur la mani&#232;re se soutenir la r&#233;volution, avan&#231;ant un programme de revendications imm&#233;diates. Le point principal r&#233;clamait une lutte pour (&#8230;) un gouvernement bolivien qui ob&#233;irait aux aspirations des Boliviens &#187;. (Bulletin int&#233;rieur num&#233;ro 13 &#8211; 1953) En mai, &#171; Lucha Obrera &#187; appelait &#224; une lutte pour changer la direction du gouvernement de Victor Paz. Il r&#233;clamait &#171; Un gouvernement bolivien qui ob&#233;irait aux souhaits des Boliviens et non aux Yankis. &#187; &#171; Le gouvernement petit bourgeois, sous la pression des &#233;v&#233;nements politiques, a la possibilit&#233; de se transformer ou de se changer en un gouvernement Ouvrier et Paysan. &#187; (dans &#171; Lucha Obrera &#187; du 25/05/1952)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Boliviens appartiennent &#224; toutes les classes de la soci&#233;t&#233;. Un gouvernement &#171; des Boliviens &#187; ne peut qu'&#234;tre un gouvernement aux mains de la classe dirigeante. Le POR, au lieu de se battre pour renverser le gouvernement bourgeois afin de cr&#233;er un pouvoir des ouvriers et des paysans, sugg&#233;rait que le MNR devrait prendre en charge le but de d&#233;velopper une souverainet&#233; nationale bourgeoise et qu'il serait capable de cesser de se concilier avec l'imp&#233;rialisme. S'il agissait ainsi, il serait, selon le POR, devenu un gouvernement Ouvrier et Paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le marxisme, le prol&#233;tariat ne peut venir au pouvoir que sur la base de la destruction de la machine d'Etat et de l'exclusion de la bourgeoisie du pouvoir. Pour le POR, les travailleurs pouvaient acc&#233;der au pouvoir en bolivianisant le r&#233;gime bourgeois MNR. Le POR, suivait ainsi fid&#232;lement les enseignements d'Aguirre et Marof, selon lesquels il fallait tenter d'aider les gouvernements nationalistes dans le but d'en changer la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le co-gouvernement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le succ&#232;s de la r&#233;volution d'Avril, une querelle commen&#231;a entre les diff&#233;rentes ailes du MNR &#224; propos du partage du pouvoir. Quand Lechin se retira, protestant contre le petit nombre de postes attribu&#233;s &#224; ses amis, le leader de l'aile droite, (&#8230;) Siles, d&#233;clara : &#171; Juan reviens, nous allons discuter (&#8230;) Tu nommes quatre ministres. &#187; Lechin revint, nomma quatre ministres, presque au hasard. Le co-gouvernement &#233;tait n&#233;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutenu par tous les votes du POR, la r&#233;solution de la nouvelle centrale COB d&#233;clarait : &#171; Confirmer leur soutien et la confiance absolue de la classe ouvri&#232;re dans les camarades Juan Lechin et German Butron et la solidarit&#233; et le soutien dans leur poste de ministre. &#187; (dans &#171; Mouvement ouvrier et processus politique en Bolivie, Histoire de la COB 1952-1987 de Jorge Lazarte)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le POR, apr&#232;s s'&#234;tre lui-m&#234;me identifi&#233; avec les ministres Lechinistes, leur demanda de renoncer &#224; protester contre le retard dans la nationalisation des mines. (&#8230;) En juillet, le POR disait : &#171; Quand la COB a &#233;t&#233; fond&#233;e, les ministres ouvriers &#233;taient des porte-paroles des ouvriers au sein du gouvernement et des agents du gouvernement dans le camp des ouvriers. L'action des ministres ouvriers, minoritaires, est difficile. Face &#224; cette situation, il ne leur restait pas d'autre alternative que la d&#233;mission. &#187; (Lucha Obrera du 15/07/1952)&lt;br class='autobr' /&gt;
En novembre, le POR commen&#231;a &#224; &#233;mettre une &#171; autocritique &#187; : &#171; (&#8230;) au lieu de prol&#233;tariser le cabinet gouvernemental, ces ministres ont seulement r&#233;ussi &#224; minist&#233;rialiser la Centrale Ouvri&#232;re Bolivienne. &#187; (Lucha Obrera du 29/11/1952).&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers la fin de 1953, les dirigeants du POR pr&#233;sentaient un rapport qui affirmait que &#171; Le nouveau soul&#232;vement ouvrier provient de la revendication des travailleurs que Lechin quitte le cabinet soutenu par les syndicats de mineurs, s'appuyant sur la COB et sur Lechin. Notre fraction au sein des syndicats adopta alors une position neutre et vacillante. (&#8230;) &#187; (Bulletin int&#233;rieur num&#233;ro 13 du POR)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le POR admettait que ses syndicalistes s'&#233;taient adapt&#233;s aux pressions de Lechin. La politique consistant &#224; revendiquer la d&#233;mission des ministres ouvriers &#233;tait une man&#339;uvre opportuniste. Elle ne s'accompagnait pas de la revendication que la Cob prenne le pouvoir. Quelques semaines auparavant, durant les &#233;v&#233;nements clefs qui ont frustr&#233; de sa victoire en janvier le camp d'extr&#234;me gauche, le POR demandait au &#171; camarade pr&#233;sident &#187; bolivien et &#224; son gouvernement qu'ils acceptent qu'il le rejoigne. Pour ces raisons, la &#171; nouvelle p&#233;riode de soul&#232;vement &#187; ne s'acheva pas par une victoire du POR mais par celle du MNR, qui r&#233;ussit &#224; absorber la plupart des membres et de la p&#233;riph&#233;rie du POR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le POR cherche &#224; entrer au gouvernement bourgeois&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant la r&#233;volution de 1952, il &#233;tait d'une importance vitale pour tout parti marxiste (aussi peu qu'il le soit) qu'il ait une politique de totale ind&#233;pendance et d'opposition claire &#224; un nouveau gouvernement bourgeois du MNR. Non seulement, le POR fit le contraire, apporta son soutien au nouveau r&#233;gime, s'identifiant compl&#232;tement aux ministres &#171; de gauche &#187;, mais il tenta m&#234;me d'entrer au gouvernement. La &#171; Quatri&#232;me internationale &#187;, lors de son troisi&#232;me congr&#232;s mondial en 1951, adopta de mani&#232;re unanime une ligne qui poussait le POR a rejoindre un gouvernement du MNR, et le POR avait d&#233;j&#224; rejoint un pr&#233;c&#233;dent gouvernement militaire &#171; socialiste &#187;. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Pouvoir ex&#233;cutif a invit&#233; le peintre r&#233;volutionnaire Alandia &#224; prendre le poste de Ministre de la Culture (&#8230;) Le POR a autoris&#233; ce membre de l'organisation &#224; accepter cette invitation. &#187; (Lucha Obrera du 1/06/1952). Alandia, qui fut jusqu'&#224; la fin de sa vie un dirigeant du POR de Lora, avait &#233;t&#233; l'&#233;diteur de l'organe de la bureaucratie syndicale du MNR, avant de devenir le ministre de la Culture du gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le militant trotskyste californien Ryan envoya une lettre au SWP et &#224; la &#171; Quatri&#232;me Internationale &#187;, demandant des explications avec justifications pour la participation du POR au gouvernement. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous n'avons pas eu connaissance d'une explication ou d'un d&#233;menti concernant ces faits (&#8230;) Selon le bulletin int&#233;rieur num&#233;ro 17 du SWP, &#171; Selon ces rapports &#233;manant de sources non-trotskystes, le POR a accept&#233; des postes dans l'appareil gouvernemental : Guillermo Lora, qui &#233;tait le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du parti, a re&#231;u un poste &#224; l'Office de Stabilisation ; le camarade Moller, actuellement secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du POR, est nomm&#233; directeur de la Banque d'Epargne des Travailleurs qui est contr&#244;l&#233;e par Juan Lechin, membre cabinet gouvernemental ; Ayala Mercado, un autre dirigeant du POR, est membre de la Commission Agraire. &#187; (dans la deuxi&#232;me lettre critique du militant Ryan du SWP) &lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) En 1952, le POR a men&#233; une politique de participation minist&#233;rielle dans l'Etat bourgeois, en contradiction avec le bolchevisme et le trotskysme. S'il n'a pas r&#233;ussi &#224; obtenir un portefeuille minist&#233;riel mais seulement des postes de secr&#233;taire d'Etat dans les minist&#232;res ou les d&#233;partements de la bureaucratie d'Etat, c'est &#224; cause du fait que le MNR consid&#233;rait que le POR n'avait pas un poids suffisant ind&#233;pendamment de la faction Lechiniste (&#8230;). Il pr&#233;f&#233;rait conserver le POR en dehors du gouvernement, mais subordonn&#233; &#224; celui-ci au travers de la bureaucratie syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de collaboration du POR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque num&#233;ro de &#171; Lucha Obrera &#187; apr&#232;s avril 1952, a &#233;t&#233; reproduit &#171; le Programme des Exploit&#233;s &#187;, qui suit ici dans son int&#233;gralit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 1- Emp&#234;cher la r&#233;volution commenc&#233;e le 9 avril d'&#234;tre &#233;touff&#233;e par un cadre d&#233;mocratique bourgeois. &lt;br class='autobr' /&gt;
2- Renforcer la classe ouvri&#232;re et consolider la COB.&lt;br class='autobr' /&gt;
3- Mobiliser la paysannerie derri&#232;re le slogan de nationalisation de la terre et expropriation des grandes propri&#233;t&#233;s sans indemnisation, afin de permettre au processus r&#233;volutionnaire d'aller jusqu'&#224; son terme.&lt;br class='autobr' /&gt;
4- Obtenir des garanties d&#233;mocratiques pour les exploit&#233;s. Le d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie syndicale au sein des organisations syndicales. Libert&#233; de propagande pour les partis r&#233;volutionnaires. La suppression des privil&#232;ges de l'oligarchie mini&#232;re contre-r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
5- Armer des milices ouvri&#232;res pour remplacer l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
6- Am&#233;liorer les conditions de vie et de travail. Respect d'un salaire minimum et d'une &#233;chelle montante des salaires. Des contrats collectifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
7- Nationaliser les mines et les chemins de fer sans indemnisation et sous contr&#244;le ouvrier.&lt;br class='autobr' /&gt;
8- Expulser l'imp&#233;rialisme. Suppression des trait&#233;s internationaux qui lient le pays &#224; l'imp&#233;rialisme. Rejet des accords d'aide technique avec les Nations Unies. &#187; (Lucha Obrera du 25/05/1952)&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'allons pas critiquer chacun de ses slogans, mais relever l'absence des slogans clefs et essentiels. Ce programme est limit&#233; et adapt&#233; au go&#251;t de l'aile Lechiniste du MNR. La bureaucratie syndicale pouvait s'accommoder de ces slogans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les revendications centrales compl&#232;tement ignor&#233;es par la presse du POR durant ces mois &#233;taient celles concernant l'occupation par les travailleurs des mines, des usines et de larges secteurs ; aucun soutien au nouveau gouvernement bourgeois ni &#224; la bureaucratie syndicale de Lechin ; aucune participation ouvri&#232;re au gouvernement bourgeois ; tout le pouvoir &#224; la COB.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le POR parlait d' &#171; emp&#234;cher la r&#233;volution d'&#234;tre &#233;touff&#233;e &#187; alors que, par leur soutien critique au gouvernement capitaliste, il &#233;tait lui-m&#234;me en train de l'&#233;touffer. Il r&#233;clamait la &#171; consolidation de la COB &#187; mais refusait de se battre pour la plus &#233;l&#233;mentaire des t&#226;ches permettant d'aller vers ce but comme une lutte ouverte contre la bureaucratie Lechiniste, pour contester les &#233;lus MNR lors des &#233;lections, pour le rappel des &#233;lus par la base dans les meetings de masse et pour l'appel d'une conf&#233;rence imm&#233;diate de la COB afin de la doter de structures de pouvoir de type sovi&#233;tique afin de la pr&#233;parer &#224; prendre tout le pouvoir. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Il revendiquait la nationalisation de la terre, des mines et des chemins de fer, mais ils ne revendiquaient pas qu'elle soit r&#233;alis&#233;e par les ouvriers et les paysans organis&#233;s les occupant eux-m&#234;mes. Leur position se limitait &#224; demander au gouvernement de r&#233;aliser ces mesures, ce qui cr&#233;ait des illusions dangereuses dans les masses, aidait &#224; les d&#233;mobiliser et &#224; les maintenir dans un &#233;tat de d&#233;pendance au lieu de les appeler &#224; agir par elles-m&#234;mes. Au lieu d'avancer l'expropriation par les travailleurs, ils ne r&#233;clamaient le contr&#244;le ouvrier que dans les entreprises d'Etat. Les usines (Said, Soligno, etc ), les cha&#238;nes de magasins (Casa Grace, etc ) et les autres compagnies priv&#233;es continuaient de fonctionner comme auparavant. Il n'y avait aucune revendication en vue de leur nationalisation (m&#234;me pas avec indemnisation), ni pour le contr&#244;le ouvrier, ni m&#234;me pour des taxes plus &#233;lev&#233;es &#224; leur &#233;gard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le POR demandait &#171; la libert&#233; de propagande pour les partis r&#233;volutionnaires &#187;. Le pluriel de &#171; partis &#187; revenait d&#233;j&#224; &#224; reconna&#238;tre le MNR et les staliniens comme des r&#233;volutionnaires. Il aurait plut&#244;t fallu mener une lutte pour exproprier les medias de masse et les mettre sous le contr&#244;le des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme collaborationniste du POR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque parution de Lucha Obrera apr&#232;s avril 1952, une nouvelle version du &#171; Programme des exploit&#233;s &#187; est reproduite, ici en int&#233;gralit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 1- Emp&#234;cher que la r&#233;volution d&#233;but&#233;e le 9 avril soit &#233;trangl&#233;e par la d&#233;mocratie bourgeoisie &lt;br class='autobr' /&gt;
2- Renforcer la classe ouvri&#232;re et consolider la COB&lt;br class='autobr' /&gt;
3- Mobiliser la paysannerie derri&#232;re le slogan de nationalisation de la terre et expropriation des grandes soci&#233;t&#233;s priv&#233;es sans compensation, afin d'assurer que le processus r&#233;volutionnaire aille jusqu'&#224; la victoire&lt;br class='autobr' /&gt;
4- Gagner des garanties d&#233;mocratiques pour les exploit&#233;s. D&#233;velopper la d&#233;mocratie ouvri&#232;re dans les syndicats. Libert&#233; de propagande pour tous les partis r&#233;volutionnaires. La suppression de tous les privil&#232;ges des &#171; roscas &#187; contre-r&#233;volutionnaires (hi&#233;rarchie d'encadrement des mineurs).&lt;br class='autobr' /&gt;
5- Substituer les milices ouvri&#232;res &#224; l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
6- Obtenir de meilleures conditions de vie et de travail. Un salaire minimum et une &#233;chelle de progression des salaires. Des contrats collectifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
7- Nationaliser les mines et chemins de fer sans indemnit&#233;s et sous contr&#244;le ouvrier.&lt;br class='autobr' /&gt;
8- Expulser l'imp&#233;rialisme. Supprimer les trait&#233;s internationaux qui attachent le pays &#224; l'imp&#233;rialisme. Rejeter l'accord pour l'aide des Nations Unies. (dans &#171; Lucha Obrera du 25-5-1952)	&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'allons pas discuter ces slogans, mais l'absence de ceux qui nous paraissent essentiels et fondamentaux. Ce programme est limit&#233; et adapt&#233; aux vues de l'aile Lechiniste du MNR. La bureaucratie syndicale pouvait parfaitement s'adapter &#224; tous ces slogans. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les revendications fondamentales qui sont parfaitement ignor&#233;e dans la presse du POR durant tous ces mois concernaient l'occupation des mines, des usines et des grandes entreprises, le refus de soutenir le nouveau gouvernement bourgeois ni la bureaucratie syndicale de Lechin, le refus du co-gouvernement, la d&#233;mission des ministres ouvriers du gouvernement capitaliste et tout le pouvoir &#224; la COB.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le POR parlait d' &#171; emp&#234;cher que la r&#233;volution ne soit &#233;trangl&#233;e &#187; alors qu'ils contribuaient eux-m&#234;mes &#224; l'&#233;trangler avec leur soutien &#171; critique &#187; d'un gouvernement capitaliste. Ils revendiquaient le &#171; renforcement de la COB &#187; mais ils refusaient de se battre pour la plus &#233;l&#233;mentaire des t&#226;ches pour y parvenir &#224; savoir le combat contre la bureaucratie syndicale de Lechin et du MNR, pour la r&#233;&#233;lection de tous les dirigeants par la base dans de grands meetings et pour pour une conf&#233;rence nationale imm&#233;diate en vue de transformer le syndicat en organe de type sovi&#233;tique en vue de l'amener &#224; prendre la totalit&#233; du pouvoir. Le POR ne voulait pas lutter pour la transformation de la COB en direction des soviets en vue de la prise de pouvoir par les travailleurs, mais il voulait mettre la pression sur son sommet pour qu'il r&#233;cite ses discours et am&#233;liore les d&#233;crets gouvernementaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il appelait &#224; la nationalisation de la terre, des mines et des chemins de fer, mais ne proposait pas qu'elle soit impos&#233;e par les ouvriers et les paysans eux-m&#234;mes au travers d'occupations des lieux de travail. Sa position se limitait &#224; revendiquer et &#224; exercer des pressions sur le gouvernement afin qu'il prenne de telles mesures, ce qui cr&#233;ait de dangereuses illusions parmi les masses, aidait &#224; les d&#233;mobiliser et &#224; les maintenir dans un &#233;tat de d&#233;pendance vis-&#224;-vis du gouvernement (au lieu de les appeler &#224; r&#233;aliser ces t&#226;ches eux-m&#234;mes). A aucun moment, ils n'ont appel&#233; &#224; l'expropriation de la bourgeoisie. Le contr&#244;le ouvrier n'a &#233;t&#233; demand&#233; que dans les entreprises d'Etat. Les usines (Said, Soligno, etc), les cha&#238;nes de magasins (Casa Grace, etc) et les autres compagnies priv&#233;es continuaient de fonctionner comme avant. Il n'y avait aucune revendication en vue de leur nationalisation (m&#234;me avec indemnisation), pour le contr&#244;le ouvrier ou pour le paiement de taxes patronales. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils revendiquaient &#171; la libert&#233; de propagande pour les partis r&#233;volutionnaires &#187;. De cette mani&#232;re, le POR admettait qu'il existait d'autres partis r&#233;volutionnaires que lui-m&#234;me : les staliniens et le MNR. Ce qui aurait &#233;t&#233; juste c'&#233;tait de revendiquer les plus larges libert&#233;s d&#233;mocratiques. En m&#234;me temps, il aurait d&#251; y avoir un combat pour l'expropriation du secteur priv&#233; dans les m&#233;dias et leur prise en mains par les organisations de travailleurs et par les gens ordinaires. &#171; La suppression de tous les privil&#232;ges des roscas contre-r&#233;volutionnaires &#187; &#233;tait r&#233;clam&#233;e. Mais que signifiait la suppression de ces privil&#232;ges ? Ce qui &#233;tait n&#233;cessaire &#233;tait la revendication de leur expulsion totale au travers de cours de justice du peuple pour condamner les ex&#233;cuteurs et les bouchers du r&#233;gime oligarchique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le slogan visant &#224; l'expulsion de l'imp&#233;rialisme &#233;tait tr&#232;s vague. Il n'&#233;tait pas reli&#233; &#224; une revendication d'expulsion de toutes ses entreprises ni &#224; un rejet de toutes les dettes &#233;trang&#232;res. D'ailleurs, le POR lui-m&#234;me r&#233;p&#233;tait que, s'il parvenait au pouvoir, il tenterait de forcer les USA &#224; le reconna&#238;tre et &#224; &#233;tablir des relations diplomatiques avec lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le POR ne revendiquait m&#234;me pas ce que n&#233;cessite une simple d&#233;mocratie bourgeoise : une assembl&#233;e constituante souveraine dans laquelle tous les citoyens &#226;g&#233;s de 18 ans (ou de 16 ans) aient le droit de voter et d'&#234;tre &#233;lus. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le POR ne luttait pas pour l'occupation par les travailleurs de toutes les entreprises&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les &#233;v&#233;nements d'avril, les forces arm&#233;es de la bourgeoisie &#233;taient virtuellement d&#233;truites. Tout le pouvoir &#233;tait aux mains des milices du peuple et des travailleurs et de la COB. Dans ces circonstances, l'&#233;tape suivante &#233;tait d'appeler la COB &#224; cesser tout soutien &#224; un gouvernement de la classe dirigeante et &#224; prendre tout le pouvoir entre ses propres mains. &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon Lora, &#171; Depuis le 9 avril, les syndicats des plus importantes r&#233;gions prirent en mains la solutions de principaux probl&#232;mes, et les autorit&#233;s, ainsi remplac&#233;es, n'eurent d'autre choix que d'accepter leurs d&#233;cisions. Ce sont ces syndicats qui agirent comme des organes d'un pouvoir aux travailleurs, d'une dualit&#233; de pouvoir face aux autorit&#233;s au niveau local ou national. Contr&#244;lant la vie quotidienne des masses, ils prirent des d&#233;cisions en occupant les attributions d'un pouvoir l&#233;gislatif et ex&#233;cutif et parvinrent m&#234;me &#224; exercer la justice. L'assembl&#233;e syndicale &#233;tait devenue l'arbitre ultime et l'autorit&#233; supr&#234;me. Cette situation &#233;tait quasiment g&#233;n&#233;rale dans les mines et, parfois, &#233;tait la m&#234;me dans les entreprises. Malheureusement, cette r&#233;alit&#233; n'&#233;tait pas compl&#232;tement comprise par l'avant-garde du prol&#233;tariat et le moment favorable pour mettre en avant l'occupation imm&#233;diate des mines, qui aurait permis au prol&#233;tariat de faire basculer en sa faveur la question de la dualit&#233; de pouvoir, a &#233;t&#233; abandonn&#233;e. Dans la premi&#232;re p&#233;riode, les dirigeants syndicaux et les assembl&#233;es agissaient pourtant comme des organes d'un pouvoir ouvrier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lora &#233;crit : &#171; Un des slogans du POR qui plaisait le plus aux travailleurs &#233;tait l'occupation des mines. (&#8230;) Pourquoi il n'a pas &#233;t&#233; mis en avant dans l'action des travailleurs, &#224; l'&#233;poque de leur plus grande mobilisation et radicalisation ? Si les mines avaient &#233;t&#233; occup&#233;es, et cela &#233;tait possible, le cours de la r&#233;volution aurait &#233;t&#233; radicalement diff&#233;rent. (&#8230;) L'occupation des mines aurait soulev&#233;, &#224; court ou &#224; moyen terme, la question du pouvoir et donn&#233; les bases au d&#233;passement du programme nationaliste par la classe ouvri&#232;re. Cela aurait permis aussi ay POR d'en prendre rapidement la direction. &#187; (dans &#171; Contribution &#224; l'histoire politique de la Bolivie &#187; de Guillermo Lora Volume 2 &#8211; pages 231-232)&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) La raison pour laquelle le POR n'a pas mis en avant ce slogan est li&#233;e &#224; son refus d'appeler au contr&#244;le ouvrier des entreprises priv&#233;es, &#224; la nationalisation des usines et &#224; des revendications anti-capitalistes : il suivait Lechin et faisait pression sur le gouvernement Paz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le pouvoir &#224; la COB !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A travers la COB, l'aile gauche du mouvement ouvrier &#233;tait un pouvoir &#224; c&#244;t&#233; du gouvernement et, en un certain sens, plus puissant que le gouvernement lui-m&#234;me. La COB avait une base plus importante que le parti dont il &#233;tait officiellement un &#233;l&#233;ment. Il avait propos&#233; que le MNR assume le pouvoir et gouverne, mais la COB se positionna comme un centre rival capable de prendre des initiatives et de mettre son veto aux d&#233;cisions du gouvernement. Cela signifie que la COB &#233;tait en capacit&#233; de gouverner mais n'en avait pas la responsabilit&#233;. (&#8230;) En r&#233;alit&#233;, la COB &#233;tait le gouvernement r&#233;el des travailleurs de Bolivie et, par cons&#233;quent, de l'&#233;conomie nationale. En fait, il poss&#233;dait les caract&#233;ristiques symboliques et fonctionnelles du pouvoir souverain, y compris des organes ex&#233;cutif, d&#233;lib&#233;ratif et judiciaire et, ce qui est plus important, des forces arm&#233;es. &#187; (dans &#171; Bolivie : la r&#233;volution inachev&#233;e &#187; de James M. Malloy &#8211; 1989).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La COB &#233;tait le ma&#238;tre du pays, et, de fait, pour une certaine p&#233;riode, il &#233;tait le seul centre d'un pouvoir digne de ce nom. Pour la majorit&#233; des masses, la COB &#233;tait leur seul leader et leur seul gouvernement. &#187; (dans &#171; Une histoire du mouvement ouvrier bolivien &#187; de Lora &#8211; 1963)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation en Bolivie apr&#232;s le 9-11 avril 1952 &#233;tait semblable &#224; celle de la Russie apr&#232;s la r&#233;volution de f&#233;vrier 1917. Deux pouvoirs existaient dans le pays, mais le plus fort, celui aui avait un caract&#232;re de masse, &#233;tait celui des organisations des travailleurs et du peuple qui, du fait de ses dirigeants conciliateurs, laissait tout le pouvoir &#224; un gouvernement bourgeois faible. Les gouvernements de K&#233;rensky et de Paz ont d&#251; flirter avec l'insurrection et avec les revendications des masses en m&#234;me temps qu'elles essayaient de gagner du temps pour ne pas les satisfaire et, pendant cet intervalle, pour reconstruire des forces arm&#233;es et b&#226;tir leur propre autorit&#233;, afin d'ouvrir la voie &#224; une stabilisation du pouvoir bourgeois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Afin de faire face &#224; cette situation, les bolcheviks demandaient aux soviets de rompre avec le gouvernement provisoire de gauche et de prendre eux-m&#234;mes le pouvoir. Dans le cas de la Bolivie, la revendication aurait d&#251; &#234;tre de lutter pour tout le pouvoir &#224; la COB. La COB, tout comme les soviets russes, avait les armes et le pouvoir mais, du fait de ses dirigeants conciliateurs, laissait la place &#224; la bourgeoisie. La prise du pouvoir, par la COB comme par les soviets, aurait pu se faire pacifiquement. L'ancien appareil militaire s'&#233;tait d&#233;j&#224; effondr&#233; sous les coups de la r&#233;volution violente. La voie &#233;tait ouverte au pouvoir aux travailleurs, qui avait ses propres armes entre ses mains et pouvait disposer de la totalit&#233; du pouvoir. Le seul obstacle, pour la COB comme pour les soviets russes, pour qu'ils prennent en charge leur t&#226;che, est que leur direction tenait avant tout &#224; sauver la bourgeoisie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux objectifs que la COB devienne le pouvoir r&#233;el dans le pays et que le POR devienne sa principale direction, la section de la quatri&#232;me internationale s'opposa au slogan : tout le pouvoir &#224; la COB. Au contraire, il appela la COB &#224; rejoindre le gouvernement bourgeois, affaiblissant celle-ci comme pouvoir alternatif et la transformant en un corps de plus en plus subordonn&#233; au gouvernement bourgeois. Le slogan du POR &#233;tait de gauchiser l'administration Paz par des changements minist&#233;riels. Dans cette voie de trahison, le POR aida Paz et Lechin &#224; diluer le pouvoir de la COB et &#224; reconstituer l'Etat bourgeois et son arm&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son &#171; autocritique &#187;, Lora reconnaissait que &#171; Le POR utilisait ces &#233;v&#233;nements pour d&#233;fendre le slogan d'un contr&#244;le total du cabinet par la gauche (&#8230;) Le slogan, pourtant, r&#233;v&#233;lait une &#233;norme erreur id&#233;ologique : l'id&#233;e que les travailleurs pouvaient parvenir au pouvoir gr&#226;ce &#224; Lechin &#187; (dans &#171; La r&#233;volution bolivienne, une analyse critique &#187; de Lora &#8211; 1963).&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transformer la COB en soviet !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour L&#233;nine et Trotsky, la dictature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat ne peut avoir comme base que des organisations du type des soviets russes de 1917. Dans chaque r&#233;volution, il est vital de lutter pour donner des formes sovi&#233;tiques aux organisations de masse et aux organes de pouvoir cr&#233;&#233;es par les exploit&#233;s. Le soviet est un organe de lutte du prol&#233;tariat dont les d&#233;l&#233;gu&#233;s sont directement &#233;lus et r&#233;vocables par les assembl&#233;es de base, incluant tous les travailleurs, petits patrons, paysans, soldats, m&#233;nag&#232;res, ch&#244;meurs et autres secteurs opprim&#233;s du secteur. Alors que les syndicats sont des corps qui unissent les travailleurs d'une entreprise ou d'une branche de production. Les soviets sont des organismes constitu&#233;s sur la base d'un territoire qui comprend les plus larges masses, syndiqu&#233;s et non-syndiqu&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux yeux du POR, la COB, comme un meeting de masse ou un conseil municipal ouvert, &#233;tait un soviet. Tous les soviets ne sont pas des pouvoirs alternatifs. Tous les organes de dualit&#233; de pouvoir ne sont pas des soviets. Un pouvoir parall&#232;le peut &#234;tre un parlement, une arm&#233;e une autre institution qui poss&#232;de des forces arm&#233;es et une autorit&#233; gouvernementale sur une part notable du pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
La COB, m&#234;me si elle avait des tendances sovi&#233;tiques, &#233;tait un organisme de type syndical avec des formes d'organisation verticales et bureaucratiques. &#171; Une des plus graves erreurs dans l'organisation de la COB provenait de ses sommets, ses leaders se r&#233;v&#233;lant rapidement compl&#232;tement li&#233;s au gouvernement petit-bourgeois. &#187; (La r&#233;volution bolivienne &#187; de Guillermo Lora) (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;l&#233;gu&#233;s de la COB n'&#233;taient ni &#233;lus ni contr&#244;l&#233;s par la base et ne pouvaient pas &#234;tre r&#233;voqu&#233;s par des meetings de masse. Le premier congr&#232;s de la COB eut lieu un an et demi apr&#232;s sa fondation. La direction syndicale fit tout son possible pour diriger les syndicats sur des crit&#232;res patronaux de type bureaucratique. Un parti r&#233;volutionnaire aurait d&#251; lutter pour l'organisation imm&#233;diate d'un congr&#232;s quelques jours ou quelques semaines apr&#232;s sa fondation. C'est seulement ainsi que la COB aurait pu &#234;tre d&#233;mocratis&#233;e et acqu&#233;rir des formes d'organisation de type sovi&#233;tique. Cependant, le POR &#233;tait un des dirigeants de la COB et n'avait pas d'objection contre la structure bureaucratique, ce qui lui permettait d'avoir de bonnes relations avec Lechin afin de s'entendre avec lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
La COB avait &#233;t&#233; fond&#233;e dans un meeting appel&#233; par la F&#233;d&#233;ration des Mineurs le 17 avril 1952. Les dirigeants des conf&#233;d&#233;rations des travailleurs d'usines, des chemins de fer et des paysans, des banques et des branches alli&#233;es, des employ&#233;s commerciaux et industriels, de la construction, des boulangers &#8230; prirent part &#224; cette assembl&#233;e. (d'apr&#232;s &#171; Mouvement ouvrier et processus politique en Bolivie &#187; de Jorge Lazarte) (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La dualit&#233; de pouvoir ne peut durer longtemps. L'un des pouvoirs doit l'emporter sur l'autre. Si le pouvoir ouvrier n'&#233;crase pas celui de la bourgeoisie, alors ce dernier s'imposera finalement (si n&#233;cessaire au travers d'un &#233;crasement sanglant et d'un enr&#233;gimentement et d'une domestication). (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement MNR-POR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son congr&#232;s de 1952, la Quatri&#232;me Internationale adopta &#224; l'unanimit&#233; le slogan de gouvernement MNR-POR. Apr&#232;s avril 1952, le POR tenta d'appliquer cette recette en la changeant l&#233;g&#232;rement. Il demandait le d&#233;part de l'aile de droite du MNR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le gouvernement ouvrier et paysan n'est pas la dictature du prol&#233;tariat. Il est en transition vers lui le parti politique de la classe ouvri&#232;re n'&#233;tant pas encore une majorit&#233; de celle-ci. (&#8230;) Le gouvernement ouvrier et paysan &#233;mergera s&#251;rement avant la dictature du prol&#233;tariat en Bolivie, sur la base fondamentale de deux importantes forces politiques : le POR et l'aile gauche du MNR (&#8230;) &#187; (Bulletin int&#233;rieur n&#176;13 du POR)&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette notion de gouvernement ouvrier et paysan ressemble d'avantage &#224; celle du stalinisme qu'au l&#233;ninisme-trotskysme. Dans une p&#233;riode r&#233;cente, le stalinisme parlait aussi de gouvernement ouvrier et paysan, mais dans un autre sens, celui d'une &#233;tape historique. Il proposait de subordonner les objectifs du prol&#233;tariat &#224; ceux du programme d&#233;mocratique de la petite-bourgeoisie des villes et des campagnes. C'est pour cette raison que Trotsky &#233;tait oppos&#233; &#224; l'utilisation de ce slogan &#224; ce moment et il ne l'acceptait qu'au sens de la dictature du prol&#233;tariat et de la paysannerie pauvre dirig&#233;e par le prol&#233;tariat pour appliquer un programme socialiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les id&#233;es centristes de la Quatri&#232;me internationale et du POR consistaient en un gouvernement conjoint avec la petite bourgeoisie dans lequel le POR serait le repr&#233;sentant de la classe ouvri&#232;re. Mais le MNR ne repr&#233;sentait pas la paysannerie (et encore moins les paysans pauvres ni le secteur des sans-terre) et le MNR n'a jamais tent&#233; d'organiser cette classe ni de placer &#224; sa t&#234;te certains des leaders de cette classe en majorit&#233; dans le pays. Le MNR &#233;tait indiscutablement un parti bourgeois. Ses membres provenaient d'anciens partis capitalistes ou issus des caciques qui avaient pr&#233;sid&#233; des gouvernements anti-ouvriers. Paz avait &#233;t&#233; gouverneur de la banque centrale et ministre des finances dans deux gouvernements au service des patrons. Le MNR avait sympathis&#233; avec le parti nazi d'Hitler qui avait massacr&#233; le mouvement ouvrier le plus important du monde. Quand les membres du MNR &#233;taient au gouvernement, ils ont mis en place la dictature pro-imp&#233;rialiste qui a &#233;t&#233; renvers&#233;e par l'insurrection populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En vue de la r&#233;solution des t&#226;ches nationales &#233;l&#233;mentaires, non seulement la grande bourgeoisie mais &#233;galement la petite bourgeoisie ont &#233;t&#233; incapables de fournir une force politique, un parti ou une fraction avec lequel le parti du prol&#233;tariat aurait pu mener la lutte pour la r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise. &#187; (extrait du texte de Trotsky intitul&#233; &#171; La troisi&#232;me internationale apr&#232;s L&#233;nine &#187;). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat ne doit pas dissoudre son programme dans celui de la bourgeoisie, petite, moyenne et grande. Sous le programme de la bourgeoisie, il est impossible de rompre avec l'imp&#233;rialisme et le sous-d&#233;veloppement. La seule mani&#232;re de r&#233;soudre les t&#226;ches d&#233;mocratiques bourgeoisies est de les r&#233;aliser au travers de la r&#233;volution socialiste qui m&#232;nera des t&#226;ches bourgeoises non r&#233;alis&#233;es &#224; l'expropriation de la bourgeoisie et &#224; la mise en place d'une &#233;conomie socialis&#233;e et planifi&#233;e et &#224; l'internationalisation de la r&#233;volution.&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant ses 55 ann&#233;es d'existence, le POR n'a jamais mis en avant la strat&#233;gie de la r&#233;volution socialiste internationaliste. Il est n&#233; en appelant &#224; une r&#233;volution anti-imp&#233;rialiste et agraire en vue de la mise en place d'un gouvernement multi-classiste et capitaliste qui aurait pu &#234;tre mis en place par un coup d'&#233;tat militaire ou par une m&#233;tamorphose d'un gouvernement bourgeois. Ensuite, avec le programme de Pulacayo, il mit en avant une r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise conduite par le prol&#233;tariat. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Internationale Communiste affirmait pourtant : &#171; Dans certaines circonstances, les communistes doivent se d&#233;clarer pr&#234;ts &#224; former un gouvernement des travailleurs avec des partis des travailleurs non communistes et des organisation de travailleurs. Mais ils ne peuvent le faire que s'ils ont des garanties que le gouvernement des travailleurs conduira r&#233;ellement la lutte contre la bourgeoisie dans le sens suivant : armement du prol&#233;tariat, d&#233;sarmement des formations militaires de la bourgeoisie et des organisations contre-r&#233;volutionnaires, introduction du contr&#244;le ouvrier sur la production, transfert de l'essentiel des imp&#244;ts sur la bourgeoisie et destruction de toute tentative contre-r&#233;volutionnaire de la bourgeoisie. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, le gouvernement MNR, &#224; quelque aile de ce parti qu'on se r&#233;f&#232;re, ne r&#233;pondait &#224; aucune de ces conditions. Le MNR &#233;tait un parti repr&#233;sentant une bourgeoisie &#233;mergente. Loin de vouloir s'exproprier et se d&#233;sarmer elle-m&#234;me, c'est-&#224;-dire de se suicider, la bourgeoisie du MNR aspirait &#224; renforcer l'Etat et &#224; r&#233;aliser des r&#233;formes pour &#233;tendre le march&#233; int&#233;rieur. Un gouvernmeent du MNR, avec une ou plusieurs ailes de ce parti, ne pouvait qu'&#234;tre un gouvernement de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie et de son Etat, m&#234;me si ce gouvernement &#233;tait d&#233;cor&#233; par la pr&#233;sence de quelques travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le pouvoir &#224; l'aile gauche du MNR !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand la lutte dans le cabinet gouvernemental entre les tendances de droite et de gauche du MNR devint ouverte (cette deuxi&#232;me tendance &#233;tant repr&#233;sent&#233;e par des travailleurs qui &#233;taient la base du Lechinisme), le POR mit en avant le slogan d'obtenir d'avantage de &#171; ministres ouvriers &#187; et, en m&#234;me temps, l'expulsion du gouvernement des ministres de droite, une revendication qui allait se r&#233;v&#233;ler beaucoup trop radicale pour Lechin et compagnie. &#187; (dans &#171; Contribution &#224; l'histoire politique de la Bolivie &#187; par Guillermo Lora, volume 2)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans sa neuvi&#232;me conf&#233;rence, le POR confirma sa ligne s'identifiant avec celle du r&#233;formisme nationaliste de gauche de Lechin et Nuflo Chavez. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le rapport de politique int&#233;rieure a fix&#233; la position du POR par rapport au gouvernement dans les points suivants : 1- soutien au gouvernement face aux attaques de l'imp&#233;rialisme et des rosca. 2- Soutien &#224; toutes les mesures progressives qu'il entreprend, en soulignant toujours leur port&#233;e et leurs limites. (&#8230;) 3- Dans la lutte des ailes du MNR, le POR soutient l'aile gauche. (&#8230;) Le POR soutiendra la gauche du MNR dans sa lutte contre la droite du parti, dans toutes ses activit&#233;s tendant &#224; d&#233;truire les structures sur lesquelles repose l'exploitation f&#233;odale, bourgeoise et imp&#233;rialiste, toute tentative d'approfondir la r&#233;volution et de mettre en pratique le programme des travailleurs, ainsi que toute tentative de contr&#244;le du gouvernement par l'aile gauche. &#187; (Lucha Obrera du 11/11/1952)&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce m&#234;me journal, on peut lire &#233;galement : &#171; La classe ouvri&#232;re doit intervenir activement dans la formation du cabinet gouvernemental. Ce sont les travailleurs qui doivent diriger l'Etat avec un programme r&#233;volutionnaire qui doit commencer la destruction de la structure capitaliste. La COB repr&#233;sentant aussi les travailleurs des campagnes doivent rejoindre le cabinet gouvernemental, disposer d'une majorit&#233; de ministres repr&#233;sentant les divers groupes de la classe ouvri&#232;re. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le MNR est clairement un parti bourgeois. Comme dans tout parti bourgeois populiste qui essaie de discipliner les syndicats, il y a toujours une aile travailliste qui essaie de jouer les tampons entre les revendications des travailleurs et les n&#233;cessit&#233;s de la politique bourgeoise. Un parti de plusieurs classes sociales ne peut pas exister. Celui qui commande est celui qui poss&#232;de le capital Le cheval et le cavalier ne sont pas dans une relation &#233;galitaire. L'un monte sur l'autre. La bureaucratie syndicale et l'aile r&#233;formiste sont la selle. Ils mentent au prol&#233;tariat pour permettre &#224; la classe capitaliste de continuer &#224; diriger la soci&#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'aile &#171; gauche &#187; du MNR n'est pas une iale prol&#233;tarienne ni r&#233;volutionnaire. Elle se revendique d'un programme bourgeois et sa participation au clan de la bourgeoisie est contre-r&#233;volutionnaire. Bien s&#251;r, il reste possible que des fractions de la jeunesse ou de la classe ouvri&#232;re li&#233;es &#224; cette aile du mouvement nationaliste passent du centrisme &#224; une position plus &#224; gauche, que ses pr&#233;jug&#233;s puissent &#234;tre combattus au point qu'ils soient gagn&#233;s &#224; une politique trotskyste. Par contre, une bureaucratie, ayant derri&#232;re elle une longue carri&#232;re de trahisons, qui a servi une dictature comme celle de Villaroel et qui a soutenu un parti anti-communiste, qui ne se cachait pas au d&#233;but de flirter avec le racisme et ne nazisme, ne peut pas &#233;voluer vers une positon r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'aile &#171; gauche &#187; de Lechin et Chavez a d&#233;fendu le capitalisme et seulement voulu le r&#233;former. Le MNR avait besoin d'eux pour contr&#244;ler les masses. Avec le bras droit, il a commenc&#233; la r&#233;organisation des forces arm&#233;es, mis en place des commandos paramilitaires et une police secr&#232;te, d&#233;velopp&#233; une campagne anti-communiste pour mobiliser la petite bourgeoisie contre &#171; les exc&#232;s &#187; du prol&#233;tariat et exerc&#233; des pressions pour un rapprochement de l'imp&#233;rialisme. Gr&#226;ce &#224; son bras gauche, il tenta de flirter avec le radicalisme de la classe laborieuse en vue de l'encadrer. Les syndicalistes du MNR, en m&#234;me temps qu'ils prof&#233;raient les discours les plus enflamm&#233;s, faisaient tout leur possible pour en tirer plus d'influence sur la mobilisation de la COB et ses revendications de mani&#232;re &#224; d&#233;samorcer sa signification de double pouvoir et la transformer en une force pouvant collaborer avec le r&#233;gime bourgeois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; une lutte entre deux ailes d'un parti bourgeois, le prol&#233;tariat devrait assurer son ind&#233;pendance de classe et son opposition aux deux ailes. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, le POR n'a pas fait que servir le lechinisme. Il &#233;ditait son journal syndical. Il &#233;crivait ses discours et le soutenait enti&#232;rement. (&#8230;) Depuis les premi&#232;res semaines de la r&#233;volution de 1952 jusqu'&#224; la fin de 1953 au moins, &#171; le POR travaille de telle sorte que les masses et l'aile gauche du parti au gouvernement parviennent &#224; la conclusion logique, c'est-&#224;-dire &#233;voluent vers un gouvernement ouvrier et paysan. L'&#233;volution vers la gauche du gouvernement et, en cons&#233;quence, cette transformation sera d&#233;termin&#233;e par les exploit&#233;s. Du fait de la pression des circonstances politiques, le gouvernement petit bourgeois peut se transformer en un gouvernement ouvrier et paysan. C'est la tendance la plus probable dans ce moment instable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; venir &#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nahuel Moreno&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un document scandaleux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. Les strat&#233;gies d&#233;cennales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Une cons&#233;quence tragique : la Bolivie en 1952-55.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un jeune trotskyste essaie d'&#233;tudier l'histoire de notre mouvement faite par le camarade Frank, il aura des difficult&#233;s presque insurmontables pour savoir quelle fut notre orientation en Bolivie. Bien que notre action y ait &#233;t&#233; la plus importante de notre Internationale pendant des ann&#233;es (avec Ceylan), selon les d&#233;clarations m&#234;mes de Pablo et ses amis, un secret jalousement gard&#233; entoure son histoire. On dirait qu'une section importante comme celle de la Bolivie n'a jamais exist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison de cette conspiration du silence est tr&#232;s simple : il y eut en Bolivie la plus grande, la plus parfaite, la plus classique r&#233;volution ouvri&#232;re de notre &#233;poque. Elle eut une forte influence dans notre Internationale et il s'y est exprim&#233;, dans sa forme la plus claire, le terrible danger que comporte la &#171; strat&#233;gie &#187; de l'entrisme &#171; sui generis &#187;. Mais assez de qualificatifs, voyons les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec du nationalisme bourgeois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Bolivie connaissait une situation analogue &#224; celle de l'Argentine p&#233;roniste mais sans les bases &#233;conomiques qui permirent l'&#233;panouissement du p&#233;ronisme. La Bolivie est un pays tr&#232;s pauvre avec un prol&#233;tariat minier tr&#232;s fort et concentr&#233; &#224; Oruro et La Paz, un prol&#233;tariat industriel et une petite bourgeoisie presque totalement concentr&#233;s dans la ville la plus importante, La Paz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative par la bourgeoisie d'instaurer un gouvernement bonapartiste militaire, soutenu par le mouvement ouvrier afin de r&#233;sister aux pressions am&#233;ricaines, comme cela s'&#233;tait fait en Argentine avec le p&#233;ronisme, &#233;choua du fait de la condition mis&#233;rable de l'&#233;conomie bolivienne. En Argentine, ce projet bourgeois eut le vent en poupe gr&#226;ce &#224; son exceptionnelle place commerciale et financi&#232;re (la 3&#232;me place mondiale dans l'apr&#232;s-guerre), et Peron put faire de grandes concessions &#233;conomiques aux masses et acqu&#233;rir ainsi un grand prestige &#224; leurs yeux. En Bolivie, par contre, la situation &#233;conomique d&#233;plorable enleva toute marge de man&#339;uvre au gouvernement bourgeois et celui-ci ne put pas faire de grandes concessions. La croissance du prestige du trotskysme fut massive et fulgurante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trotskysme gagne une influence de masse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trotskystes boliviens devinrent ainsi une direction d'un grand prestige politique dans le mouvement ouvrier et des masses boliviennes, sans r&#233;ussir toutefois &#224; consolider cette influence au niveau organisationnel - les organes officiels de notre Internationale l'ont reconnu plusieurs fois - et notre influence se refl&#233;ta dans les faits m&#234;mes de la lutte de classes. Les fameuses Th&#232;ses de Pulacayo, la base programmatique du mouvement syndical bolivien, en sont un bon exemple : En no&#173;vembre 46, &#224; Pulacayo (une ville mini&#232;re), se r&#233;unirent les d&#233;l&#233;gu&#233;s de toutes les mines de Bolivie, qui adopt&#232;rent &#224; l'unanimit&#233; les th&#232;ses &#233;labor&#233;es par les trotskystes, rejetant celles du MNR et des staliniens. Ces th&#232;ses, qui s'intitulaient &#171; Programme de revendications transitoires &#187;, avan&#231;aient parmi d'autres ces positions : 1) salaire minimum vital et &#233;chelle mobile des salaires 2) semaine de 40 heures et &#233;chelle mobile des heures de travail 3) occupation des mines 4) contrat collectif 5) ind&#233;pendance syndicale 6) contr&#244;le ouvrier des mines 7) armement des travailleurs 8) caisse de gr&#232;ve 9) r&#233;glementation des aliments de base 10) suppression du travail contractuel. Ce programme, et particuli&#232;rement la partie concernant l'armement du prol&#233;tariat dans des milices ouvri&#232;res, fut popularis&#233; massivement par le trotskysme et l'organisation syndicale des mineurs pendant six ans, jusqu'&#224; la r&#233;volution de 52.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette fantastique victoire trotskyste parmi les mineurs, un bloc ou front ouvrier se constitua pour la pr&#233;sentation de candidats aux &#233;lections. Alors que 90% de la population bolivienne ne votait pas &#224; ce moment-l&#224; (seuls pouvaient voter ceux qui savaient lire et &#233;crire), le bloc ouvrier gagna dans les districts miniers et obtint un s&#233;nateur et 5 d&#233;put&#233;s. Le plus grand leader trotskyste, Guillermo Lora, fit avec d'autres camarades une violente utilisation du parlement bourgeois en attaquant l'arm&#233;e et en pr&#233;conisant la n&#233;cessit&#233; de la d&#233;truire et d'imposer les milices ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution bolivienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 51, il y eut des &#233;lections pr&#233;sidentielles et le MNR les gagna, mais il ne put pas acc&#233;der au gouvernement, car face &#224; cette victoire les militaires firent un coup d'Etat et instaur&#232;rent un r&#233;gime dictatorial, extr&#234;mement r&#233;pressif. Le 9 avril 1952, la police et un secteur de l'arm&#233;e, en accord avec la direction du MNR tent&#232;rent un contrecoup d'Etat, mais ils &#233;chou&#232;rent et leur chef militaire se r&#233;fugia dans une ambassade. La police, se voyant vaincue par les militaires, remit des armes aux travailleurs des usines et au peuple de La Paz, pour qu'ils r&#233;sistent &#224; la contre-offensive militaire. Pendant ce temps, les mineurs commenc&#232;rent &#224; descendre sur La Paz et, apr&#232;s s'&#234;tre empar&#233;s d'un train militaire plein d'armements, ils liquid&#232;rent totalement l'arm&#233;e bolivienne. A La Paz, par exemple, les travailleurs battirent totalement 7 r&#233;giments (la base de l'arm&#233;e bolivienne) et prirent toutes les armes. Le gouvernement dictatorial tomba et un gouvernement du MNR prit sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les milices ouvri&#232;res et paysannes &#233;taient les seules forces arm&#233;es en Bolivie apr&#232;s le 11 avril 1952 et elles &#233;taient dirig&#233;es, en majeure partie, par les trotskystes. Ce n'est que le 24 juillet, plus de 3 mois apr&#232;s, que le gouvernement d&#233;cr&#233;ta la r&#233;organisation de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos camarades trotskystes, en s'appuyant sur les milices arm&#233;es ouvri&#232;res et paysannes - entre 50 et 100 000 hommes (les milices paysannes &#224; elles seules en avaient 25 000) - et sur les organisations syndicales fond&#232;rent et organis&#232;rent la Centrale Ouvri&#232;re Bolivienne (COB), qui regroupa toutes les milices et toutes les organisations ouvri&#232;res et paysannes de Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d'ordre de Pablo : &#171; Tout le pouvoir au MNR ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, unique dans ce si&#232;cle - une r&#233;volution qui liquide l'arm&#233;e bourgeoise et organise sa propre arm&#233;e prol&#233;tarienne, avec une direction et un programme trotskyste -, que font Pablo et ses amis ? Ils appliqu&#232;rent une de leurs tactiques d&#233;cennales : l'entrisme. Cette ligne &#233;tait impos&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale, et l&#224; o&#249; il n'y avait pas de parti stalinien, on le rempla&#231;ait par des partis socialistes ou bourgeois nationalistes, puisque c'est d'eux que na&#238;traient les tendances centristes qui allaient diriger la r&#233;volution. Voici les pr&#233;visions de Pablo et ses amis en 51 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par ailleurs, en cas de mobilisation des masses sous l'impulsion ou l'influence pr&#233;pond&#233;rante du MNR, notre section doit soutenir de toutes ses forces le mouvement, ne pas s'abstenir mais au contraire intervenir &#233;nergiquement en vue de l'amener le plus loin possible, y compris jusqu'&#224; la prise du pouvoir par le MNR, sur la base du programme progres&#173;siste de front unique anti-imp&#233;rialiste. &#187; (3&#176;Congr&#232;s de la IV&#232;me Internationale : t&#226;ches g&#233;n&#233;rales et sp&#233;cifiques du mouvement prol&#233;tarien marxiste r&#233;volutionnaire en Am&#233;rique latine, QI ao&#251;t 51) [*].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un seul mot sur le mouvement ouvrier et ses organisations de classe, les syndicats et les futures milices et soviets ! Le camarade Pablo proposait cela tout en d&#233;finissant le MNR comme un parti de la basse bourgeoisie mini&#232;re, c'est-&#224;-dire comme un parti bourgeois. Donc, selon Pablo, nous ne devions pas utiliser les mobilisations pour d&#233;masquer le MNR, pour d&#233;noncer son r&#244;le in&#233;vitable, en derni&#232;re instance, d'agent de l'imp&#233;rialisme. Nous ne devions pas lui opposer les organisations de classe, les futures milices ou soviets. Au contraire, nous devions le pousser &#224; &#171; prendre le pouvoir &#187;. Et il d&#233;guisait cette capitulation devant un parti nationaliste bourgeois derri&#232;re le programme du front unique anti-imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, cette politique allait directement contre la tactique de front unique anti-imp&#233;rialiste. La base fondamentale de cette tactique consiste &#224; proposer des actions communes qui d&#233;masquent les h&#233;sitations et les trahisons de bourgeoisies nationalistes ; et son objectif est de gagner l'ind&#233;pendance politique du mouvement ouvrier par rapport &#224; ces directions bourgeoises. L'autre face, encore plus grave, de cette d&#233;naturation de la tactique de front unique anti-imp&#233;rialiste est le renoncement &#224; la lutte pour l'organisation et la politique ind&#233;pendante des travailleurs. Pablo proposait au mouvement ouvrier de suivre un parti bourgeois, ce qui est exactement le contraire de l'objectif de cette tactique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation totale : &#034;gouvernement commun&#034; du MNR et des trotskystes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette capitulation totale, exprim&#233;e dans un autre paragraphe de la r&#233;solution, d&#233;gage une odeur naus&#233;abonde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si contradictoirement, dans le cours de ces mobilisations des masses, notre section constate qu'elle dispute au MNR son influence sur les masses r&#233;volutionnaires, elle avancera le mot d'ordre de gouvernement ouvrier et paysan commun aux deux partis, toujours sur la base du m&#234;me programme, gouvernement s'appuyant sur les comit&#233;s ouvriers et paysans et sur les &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires de la petite bourgeoisie. &#187; (id.p.56).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, si nous commen&#231;ons &#224; battre le MNR &#224; la t&#234;te du mouvement des masses, nous n'avons pas &#224; mener cette t&#226;che jusqu'au bout mais nous devons proposer un gouvernement partag&#233; entre le MNR et nous. Ce gouvernement en toute logique ne devait pas &#234;tre celui des comit&#233;s ouvriers et paysans, puisqu'il devait &#171; s'appuyer &#187; sur eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour arriver &#224; une telle position, Pablo a d&#251; r&#233;viser la position l&#233;niniste sur le gouvernement ouvrier et paysan. L&#233;nine &#233;tait d'accord pour impulser la prise du gouvernement par les mencheviks et les socialistes-r&#233;volutionnaires (quand le parti r&#233;volutionnaire n'avait pas encore les forces pour le faire), mais il affirma cat&#233;goriquement que l'on ne doit jamais faire un gouvernement commun (et il n'entra pas dans le gouvernement k&#233;renskyste des mencheviks et socialistes-r&#233;volutionnaires). L'essence de la position l&#233;niniste &#233;tait de se maintenir hors du gouvernement justement pour rester la seule alternative quand le r&#233;formisme serait d&#233;masqu&#233; aux yeux des masses par la d&#233;monstration de son impuissance au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien d'un gouvernement bourgeois qui n'avait ni arm&#233;e ni police&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si en tant que ligne politique, l'orientation de Pablo et ses amis fut r&#233;visionniste et capitulatrice, en tant que pr&#233;vision des &#233;v&#233;nements, elle fut catastrophique. La r&#233;volution de 52 ne suivit aucun des sch&#233;mas qu'ils avaient pr&#233;vu en 51, au contraire. La classe ouvri&#232;re, &#224; travers ses organisations de classe, les syndicats et les milices, liquida le r&#233;gime militaire. Mais, comme toujours, m&#234;me si la r&#233;alit&#233; est autre que pr&#233;vue, Pablo poursuit sa strat&#233;gie. Et c'est alors que la direction du mouvement ouvrier bolivien (les trotskystes, qui faisaient ce que Pablo leur ordonnait, en premi&#232;re ligne) mit le MNR bourgeois au pouvoir et lui donna son soutien critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous insistons : Pablo et ses amis ont soutenu en Bolivie un gouvernement bourgeois qui n'avait ni police ni arm&#233;e pour le maintenir, parce qu'ils avaient adopt&#233; cette strat&#233;gie &#224; long terme au Congr&#232;s de 51. Pour preuve, voici ce que disait apr&#232;s avril 52 notre section bolivienne, directement contr&#244;l&#233;e par Pablo et ses amis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le moment pr&#233;sent, notre tactique consiste &#224; regrouper nos forces en soudant le prol&#233;tariat et les paysans en un bloc pour d&#233;fendre un gouvernement qui n'est pas le n&#244;tre. &#187; &#171; Loin de lancer le mot d'ordre de renversement du r&#233;gime de Paz Estenssoro, nous le soutenons pour qu'il r&#233;siste &#224; l'attaque de la &#034;rosca&#034; &#187; &#171; Cette attitude se manifeste d'abord comme pression sur le gouvernement pour qu'il r&#233;alise les aspirations les plus vitales des ouvriers et des paysans. &#187; (X&#176; Conf&#233;rence du POR, 10-6-53, cit&#233; par L. Justo, &#034;La revoluci&#243;n derrotada&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an de r&#233;volution : notre mot d'ordre &#233;tait &#171; Tout le pouvoir &#224; la COB et aux milices arm&#233;es &#187;, celui de Pablo... &#171; Soutien critique au MNR ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que nous d&#233;fendions en Bolivie le mot d'ordre de &#171; Tout le pouvoir &#224; la COB et aux milices arm&#233;es &#187;, les camarades Frank et Germain, sans aucune honte disaient ceci, un an apr&#232;s la r&#233;volution de 52, dans QI :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le POR commen&#231;a par un soutien juste mais critique au gouvernement du MNR. Cela veut dire qu'il &#233;vita de lancer le mot d'ordre &#171; A bas le gouvernement du MNR &#187;, il le soutint critiquement contre toute attaque de la part de l'imp&#233;rialisme et de la r&#233;action, ainsi que pour toute mesure progressiste. &#187; (QI, avril 53, p .25).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre parenth&#232;ses, nous ne voyons pas la relation entre ne pas lancer le mot d'ordre imm&#233;diat de &#171; A bas le gouvernement &#187; et le soutien critique, puisque nous pouvons ne pas le lancer sans que cela signifie soutenir le gouvernement, ni de mani&#232;re critique ni autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 53, la revue officielle de notre Internationale, Quatri&#232;me Internationale, dans son &#233;dition espagnole (supervis&#233;e &#224; la virgule pr&#232;s par Pablo et ses amis), faisait de la situation bolivienne le tableau suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'organisation des milices ouvri&#232;res s'amplifie parall&#232;lement &#224; celle des masses paysannes... &#187; &#171; Le r&#233;gime a &#233;volu&#233; en effet vers une esp&#232;ce de &#171; k&#233;renskysme &#187; tr&#232;s avanc&#233;, beaucoup plus accentu&#233; que celui de Mossadegh en Iran, par exemple. &#187; (p.74).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans cette situation de &#171; k&#233;renskysme avanc&#233; &#187;, nous continuions &#224; ne pas lancer le mot d'ordre de &#171; Tout le pouvoir &#224; la COB et &#224; ses milices &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans de r&#233;volution : &#171; Tout le pouvoir &#224; la gauche du MNR &#187;, &#171; D&#233;fense arm&#233;e du gouvernement de Paz Estenssoro ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an de plus passa - deux depuis la r&#233;volution - et le IV&#176; Congr&#232;s de l'Internationale se r&#233;unit. Pablo et ses amis y poursuivirent leur strat&#233;gie d&#233;cennale, ils ne perdirent en rien leur go&#251;t profond pour les organisations non prol&#233;tariennes et pour les tendances centristes et continu&#232;rent &#224; refuser d'appeler la COB, l'organisation ouvri&#232;re par excellence, &#224; prendre le pouvoir. Ils avaient trouv&#233; une autre organisation centriste digne de leur &#171; soutien critique &#187; : la gauche du MNR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En Bolivie, le tournant &#224; droite et r&#233;actionnaire de la politique du MNR, c&#233;dant &#224; la pression de l'imp&#233;rialisme et &#224; la r&#233;action indig&#232;ne, rend plus imp&#233;rieuse que jamais une franche d&#233;nonciation de ce tournant par le POR, qui doit enlever toute sa confiance &#224; ce gouvernement, comme aux ministres ouvriers, en appelant constamment la COB et en travaillant syst&#233;matiquement en son sein afin d'appliquer une v&#233;ritable politique de classe ind&#233;pendante du MNR et d'engager la centrale dans la voie du gouvernement ouvrier et paysan ; la campagne syst&#233;matique pour cette perspective, ainsi que pour le programme d'un tel gouvernement, la campagne pour des &#233;lections g&#233;n&#233;rales, avec droit de vote pour tous les hommes et les femmes de plus de 18 ans, pour &#233;lire une assembl&#233;e constituante et la pr&#233;sentation de listes ouvri&#232;res de la COB &#224; ces &#233;lections. Cette politique est la seule qui puisse provoquer une diff&#233;renciation au sein du MNR et obliger son aile gauche tr&#232;s diffuse et d&#233;sorganis&#233;e &#224; rompre d&#233;finitivement avec la droite et avec ses dirigeants &#171; ouvriers &#187; bureaucratis&#233;s, et &#224; s'engager dans la voie du gouvernement ouvrier et paysan. &#187; (R&#233;solution du IV&#232;me Congr&#232;s, QI juin 54, p.54).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne aurait &#233;t&#233; parfaite, avec une modification : pour garantir tout cela (constituante, &#233;lections, etc.), il faut que la COB prenne le pouvoir. Mais Pablo et ses amis ne le disaient pas. Qui allaient donc appeler &#224; cette constituante ? Si ce n'&#233;tait pas la COB au pouvoir, il ne restait que le gouvernement de Paz Estenssoro ou un pr&#233;tendu gouvernement de la gauche du MNR. Cette ligne confirmait celle que s'&#233;tait donn&#233;e la section bolivienne un an plut&#244;t, exprim&#233;e dans un manifeste publi&#233; le 23 juin 53, avec la b&#233;n&#233;diction de Pablo et ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La menace de conspiration r&#233;actionnaire est devenue permanente... par cons&#233;quent nous devons... d&#233;fendre le gouvernement actuel... par la... d&#233;fense arm&#233;e du gouvernement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que cela paraisse incroyable, c'est bien du gouvernement bourgeois qu'il s'agit, du gouvernement bourgeois de Paz Estenssoro. Peut-&#234;tre que le danger de &#171; conspiration r&#233;actionnaire &#187; justifiait le fait de ne pas avancer momentan&#233;ment le mot d'ordre de &#171; Tout le pouvoir &#224; la COB &#187; et de le remplacer par le mot d'ordre d&#233;cisif de &#171; Front ouvrier contre la r&#233;action &#187;. Mais la strat&#233;gie consistant &#224; ce que la COB prenne le pouvoir restait en vigueur, et en aucun cas on ne pouvait avancer le mot d'ordre de &#171; d&#233;fense &#187; d'un gouvernement bourgeois. Cependant, quel &#233;tait le mot d'ordre de pouvoir par lequel se terminait ce manifeste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Toute cette lutte doit tourner autour du mot d'ordre &#171; Contr&#244;le total de l'Etat par l'aile gauche du MNR ! &#187;. &#187; (BI du POR, mai 56, p .262, dans &#034;La revolucion derrotada&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre ans de r&#233;volution : nos positions triomphent mais il est trop tard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps passa et la gauche du MNR &#233;choua. Ainsi, quatre ans apr&#232;s la r&#233;volution, alors que l'arm&#233;e avait r&#233;ussi &#224; se restructurer, &#233;tant donn&#233; que l'on ne pouvait plus faire confiance au MNR - comme au d&#233;but - ou en son aile gauche - comme ensuite - Pablo et ses amis adopt&#232;rent la ligne pour laquelle notre parti avait lutt&#233; syst&#233;matiquement depuis le d&#233;but. Dans une r&#233;solution du CE du POR bolivien de mai 56, enfin (mais trop tard) il est dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En renfor&#231;ant et en d&#233;veloppant tous les organes de double pouvoir, face aux conflits avec le gouvernement, avec la bourgeoisie, l'oligarchie et l'imp&#233;rialisme, face au parlement et aux tentatives du gouvernement Siles pour prendre de l'influence dans les syndicats, nous impulserons la tendance des masses en lan&#231;ant : &#171; Que la COB r&#232;gle tous les probl&#232;mes ! &#187; et &#171; Tout le pouvoir &#224; la COB ! &#187;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ils se rendaient compte de ce que nous r&#233;p&#233;tions depuis des ann&#233;es. C'&#233;tait une victoire, tardive, de notre lutte et de notre pol&#233;mique. La capitulation de Pablo et ses amis &#233;tait d&#233;couverte, les terribles dangers qui nous guettaient derri&#232;re les fameuses &#171; tactiques &#187; &#224; long terme, bas&#233;es sur des hypoth&#232;ses concernant l'avenir et non la r&#233;alit&#233; pr&#233;sente, &#233;taient mis en lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[*] Le d&#233;l&#233;gu&#233; du SWP (Clark) vota pour cette r&#233;solution. D'autres r&#233;solutions de la m&#234;me teneur furent vot&#233;es par le SWP. En laissant de c&#244;t&#233; le fait que Clark rompit avec le SWP pour soutenir Pablo, l'important est que le SWP soutint et contribua &#224; construire le Comit&#233; International de la IV. Le SWP soutenait ainsi implicitement et explicitement la bataille men&#233;e par notre parti et le SLATO (l'organisation du Comit&#233; International pour l'Am&#233;rique latine) contre cette ligne en Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4-6-2 Che Guevara, le castrisme et le gu&#233;rill&#233;risme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans ces zones rurales, commence la structuration du futur appareil d'Etat. D&#233;j&#224; la gu&#233;rilla poss&#232;de une organisation, une structure nouvelle (&#8230;) toutes les caract&#233;ristiques d'un gouvernement miniature. &#187;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Ernesto Che Guevara&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Quels peuvent &#234;tre aujourd'hui comme demain face &#224; ce peuple victorieux les ennemis de la r&#233;volution ? Les pires ennemis que peut avoir &#224; partir d'aujourd'hui la r&#233;volution cubaine sont les r&#233;volutionnaires eux-m&#234;mes. (&#8230;.) Il faut que les armes rentrent dans les casernes, d'o&#249; elles sortiront le jour o&#249; les ennemis du peuple se pr&#233;sentent, mais, pour le moment, personne n'a le droit de poss&#233;der une arm&#233;e priv&#233;e. (&#8230;) A partir d'aujourd'hui, les festivit&#233;s de la r&#233;volution sont termin&#233;es ; demain sera un jour de travail comme n'importe quel jour. &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Fidel Castro&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la t&#233;l&#233;vision le 8 janvier 1959, au lendemain de la mise en place du nouveau pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous voulons &#233;tablir &#224; Cuba une v&#233;ritable d&#233;mocratie, sans aucune trace de fascisme, p&#233;ronisme et communisme. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Discours de &lt;strong&gt;Fidel Castro&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la conf&#233;rence de presse le 23 avril 1959&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Celui qui est m&#233;diocre dans son travail, ou pire que m&#233;diocre, ne peut pas &#234;tre un bon communiste. (&#8230;) Comment se fait-il que vous qui portez d&#233;j&#224; ce nom vous d&#233;daigniez le travail ? (&#8230;) Pourquoi est-ce ainsi ? Parce que nous n'avons pas encore donn&#233; au travail sa v&#233;ritable signification. Nous n'avons pas &#233;t&#233; capables d'unir le travailleur &#224; l'objet de son travail et de donner en m&#234;me temps au travailleur la conscience de l'importance de l'acte cr&#233;ateur qu'il r&#233;alise chaque jour. (&#8230;) Il faut travailler &#224; former peu &#224; peu des g&#233;n&#233;rations qui s'int&#233;resseront le mieux possible au travail et qui saurons y trouver une source permanente et constamment changeante de nouvelles &#233;motions. Nous devons faire du travail quelque chose de cr&#233;ateur, quelque chose de nouveau. (&#8230;) Aujourd'hui, j'ai assist&#233; au minist&#232;re &#224; une assembl&#233;e o&#249; l'on discutait de l'&#233;mulation. Beaucoup d'entre vous ont probablement d&#233;j&#224; discut&#233; de l'&#233;mulation et ont d&#233;j&#224; lu un tr&#232;s long texte l&#224;-dessus. Mais, quel est le probl&#232;me de l'&#233;mulation, camarades ? (&#8230;) Quand deux camarades commencent l'&#233;mulation, chacun avec sa machine peut produire davantage, ils sentent au bout d'un certain temps la n&#233;cessit&#233; d'un r&#232;glement qui d&#233;termine lequel des deux produit le plus avec sa machine (&#8230;.) Il nous arrive simplement ce qui est arriv&#233; &#224; beaucoup d'entre vous : cette &#233;mulation est froide, un peu invent&#233;e, et nous n'avons pas su entrer en contact direct avec la masse des travailleurs de l'industrie. Demain nous aurons une assembl&#233;e pour en parler et pour essayer de r&#233;soudre tous ces probl&#232;mes, de chercher les points de contact, d'instaurer le langage commun d'une identit&#233; absolue entre les travailleurs de cette industrie et nous, les travailleurs du minist&#232;re. Quand nous y serons arriv&#233;s, je suis s&#251;r que notre rendement augmentera beaucoup et que nous pourrons au moins lutter honorablement pour les premi&#232;res places. &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Ernesto Che Guevara&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &#171; Qu'est-ce qu'un jeune communiste ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Vint l'&#233;tape de la gu&#233;rilla. Celle-ci se d&#233;veloppa dans deux milieux distincts, le peuple, masse encore endormie qu'il fallait mobiliser, et son avant-garde, les gu&#233;rilleros, qui suscitaient la conscience r&#233;volutionnaire et l'enthousiasme combatif. Cette avant-garde fut l'agent catalyseur qui cr&#233;a les conditions subjectives n&#233;cessaires pour la victoire. (&#8230;) En janvier 1959, le gouvernement r&#233;volutionnaire se constitua, avec la participation de divers membres de la bourgeoisie r&#233;actionnaire. (&#8230;) A premi&#232;re vue, on pourrait croire que ceux qui parlent de l'assujettissement de l'individu &#224; l'Etat ont raison ; les masses r&#233;alisent avec un enthousiasme et une discipline in&#233;gal&#233;e, les t&#226;ches que le gouvernement a fix&#233;es, qu'elles soient d'ordre &#233;conomique et culturel, d&#233;fensif, sportif, etc. L'initiative vient en g&#233;n&#233;ral de Fidel et du Haut Commandement de la R&#233;volution et est expliqu&#233;e au peuple qui la fait sienne. (&#8230;) Il est &#233;vident que ce m&#233;canisme ne suffit pas pour assurer des d&#233;cisions efficaces et qu'il manque une connexion plus structur&#233;e avec la masse. Nous devons l'am&#233;liorer au cours des ann&#233;es &#224; venir. (&#8230;) La nouvelle soci&#233;t&#233; en formation doit combattre tr&#232;s durement le pass&#233;, qui se r&#233;percute non seulement dans la conscience individuelle o&#249; p&#232;sent les r&#233;sidus d'une &#233;ducation syst&#233;matiquement orient&#233;e vers l'isolement de l'individu, mais aussi dans le caract&#232;re m&#234;me de cette p&#233;riode de transition o&#249; persistent des rapports marchands. (&#8230;) Dans le sch&#233;ma de Marx, la p&#233;riode de transition &#233;tait con&#231;ue comme le r&#233;sultat de la transformation explosive du syst&#232;me capitaliste d&#233;chir&#233; par ses contradictions ; plus tard, dans la r&#233;alit&#233;, on a vu comment se d&#233;tachent de l'arbre capitaliste quelques pays qui constituent ses branches faibles (&#8230;) Dans ces pays, il n'y a pas encore eu une &#233;ducation compl&#232;te orient&#233;e vers e travail social et le ph&#233;nom&#232;ne d'appropriation ne permet pas de mettre les richesses &#224; la port&#233;e de tous. (&#8230;) Nous avons encore beaucoup &#224; parcourir avant d'arriver &#224; un niveau de d&#233;veloppement &#233;conomique suffisant, et la tentation de marcher sur des sentiers battus, de recourir &#224; l'int&#233;r&#234;t mat&#233;riel comme levier d'un d&#233;veloppement &#233;conomique acc&#233;l&#233;r&#233; est tr&#232;s grande. (&#8230;) Pour construire le communisme, il y a besoin de changer l'homme en m&#234;me temps que la base &#233;conomique. (&#8230;) Il ne s'agit pas du nombre de kilos de viande que l'on mange ni du nombre de fois o&#249; l'on peut aller &#224; la plage, ni du nombre d'articles de luxe import&#233;s que l'on peut s'acheter avec les salaires actuels. Il s'agit pr&#233;cis&#233;ment que l'individu se sente plus riche int&#233;rieurement et beaucoup plus responsable. L'homme de notre pays sait que la glorieuse &#233;poque qui lui est &#233;chue est une &#233;poque de sacrifices. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Ernesto Che Guevara&lt;/strong&gt; Dans &#171; Le socialisme et l'homme &#224; Cuba &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le m&#233;canisme des rapports de production et leur cons&#233;quence, la lutte des classes, cache dans une certaine mesure le fait objectif que ce sont des hommes qui se meuvent dans l'atmosph&#232;re historique. (&#8230;) C'est-&#224;-dire que le communisme ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; simplement comme le r&#233;sultat des contradictions de classe dans une soci&#233;t&#233; hautement d&#233;velopp&#233;e qui se seraient r&#233;solues au cours d'une &#233;tape de transition pour atteindre le sommet (&#8230;) Quant &#224; la pr&#233;sence, sous forme individualis&#233;e, de l'int&#233;r&#234;t mat&#233;riel, nous l'admettons (tout en luttant contre elle et en essayant d'acc&#233;l&#233;rer sa disparition par l'&#233;ducation) et nous utilisons l'int&#233;r&#234;t mat&#233;riel dans les normes de travail en temps avec prime, et dans les sanctions financi&#232;res lorsque les normes ne sont pas r&#233;alis&#233;es. (&#8230;) Ne pas r&#233;aliser les normes, c'est ne pas remplir son devoir social ; la soci&#233;t&#233; punit le d&#233;faillant par la d&#233;duction d'une partie de ses gains. (&#8230;) Le grand r&#244;le du parti dans l'unit&#233; de production est d'&#234;tre son moteur interne et d'utiliser toutes les formes d'exemple de ses militants pour que le travail productif, l'aptitude professionnelle, la participation dans les affaires &#233;conomiques de l'unit&#233; soient partie int&#233;grante de la vie des ouvriers et deviennent peu &#224; peu une habitude irrempla&#231;able. &#187;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Ernesto Che Guevara&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &#171; A propos du syst&#232;me budg&#233;taire de financement &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Notre mouvement est tr&#232;s marqu&#233; par la petite bourgeoisie tant physiquement qu'id&#233;ologiquement. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Ernesto Che Guevara&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Discours de mai 1964 &#224; son minist&#232;re de l'industrie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Notre communisme ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; simplement comme le r&#233;sultat des contradictions de classe. &#187;&lt;br} /&gt;
&lt;strong&gt;Ernesto Che Guevara&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Article pour la revue &#171; Nueva industria &#187;&lt;br /&gt;
de f&#233;vrier 1964&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des combats, nombreux et courageux, du prol&#233;tariat bolivien, Che Guevara s'&#233;tait totalement coup&#233; en installant en 1966 sa gu&#233;rilla dans une r&#233;gion sauvage et d&#233;sol&#233;e du sud-est du pays. Cette r&#233;gion paysanne avait &#233;t&#233; tr&#232;s malencontreusement choisie car acquise au g&#233;n&#233;ral Barrientos du fait de la r&#233;forme agraire. Che Guevara &#233;crivait que &#171; les &lt;i&gt;paysans sont imp&#233;n&#233;trables comme le roc&lt;/i&gt; &#187;. Son id&#233;e du &#171; foyer r&#233;volutionnaire &#187; supposait qu'il fallait d'abord construire, hors de toute lutte des travailleurs, une arm&#233;e de gu&#233;rilleros qui tenait une zone &#171; lib&#233;r&#233;e &#187;. Il &#233;tait m&#234;me rest&#233; coup&#233; des combats de la paysannerie bolivienne, nombreux &#224; cette &#233;poque, victime de ses propres conceptions. L'annonce de son l&#226;che assassinat par l'arm&#233;e a provoqu&#233; plus de r&#233;actions populaires que le lancement de sa gu&#233;rilla. En 1969, du fait de la force du prol&#233;tariat, le pouvoir devait &#224; nouveau composer avec le mouvement ouvrier, r&#233;int&#233;grant m&#234;me des mineurs licenci&#233;s en 1965. &lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Ernesto Guevara, dit &#171; le Che &#187;, a connu un succ&#232;s posthume qui d&#233;passe largement son r&#244;le de son vivant. Et l'estime pour son personnage qui est g&#233;n&#233;rale dans la jeunesse du monde n'a rien &#224; voir avec une connaissance r&#233;elle de son histoire. Tr&#232;s peu de gens se sont r&#233;ellement int&#233;ress&#233;s &#224; son histoire et encore moins &#224; ses id&#233;es politiques. Tout le monde sait qu'il voulait lutter les armes &#224; la main contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, qu'il ne limitait pas son combat &#224; un seul pays. Et ils croient que tout cela caract&#233;rise les id&#233;es r&#233;volutionnaires et socialistes. C'est l&#224; qu'ils commettent une profonde erreur. Et sur plusieurs points. Premi&#232;rement, Guevara a soutenu le camp stalinien &#224; une &#233;poque o&#249; celui-ci &#233;tait un adversaire radical de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Deuxi&#232;mement, la conception gu&#233;rilleriste de Guevara propose la formation d'une arm&#233;e professionnelle, donc d'un Etat ind&#233;pendant de la population, y compris de la population paysanne. Il propose que cette arm&#233;e prenne le pouvoir, et non que les travailleurs le prennent. Il est contre toute ind&#233;pendance de l'action des villes, y compris du prol&#233;tariat des villes. Il consid&#232;re que la r&#233;volution est une simple guerre. Ce qui s'oppose ouvertement &#224; l'id&#233;e d'une lutte sociale des masses populaires menant &#224; des organes de pouvoir ind&#233;pendants des masses : les soviets et &#224; un Etat de type nouveau : l'Etat en d&#233;composition o&#249; les masses populaires rendent l'Etat de plus en plus faible et sans pouvoir au dessus de la population. Il est remarquable que nombre de courants petits-bourgeois qui sont attir&#233;s par Che Guevara sont ceux qui ont rompu avec la r&#233;volution russe d'Octobre et avec le l&#233;ninisme ou le trotskysme parce qu'ils rejettent les soviets dans le stalinisme. Ils n'ont pas conscience que Guevara est un vrai produit du stalinisme et du nationalisme, c'est-&#224;-dire de th&#232;ses qui attribuent un r&#244;le hypertrophi&#233; &#224; l'Etat et le r&#244;le minimal &#224; la lutte ind&#233;pendante des masses et &#224; leur capacit&#233; de diriger la soci&#233;t&#233;. Guevara a toujours cautionn&#233; le stalinisme, lui qui d&#233;clarait que l'URSS &#233;tait le &lt;i&gt;&#171; chef de file de la lutte de lib&#233;ration mondiale &#187;&lt;/i&gt;. M&#234;me si le soldat de la gu&#233;rilla appr&#233;ciait mod&#233;r&#233;ment le tournant russe de la &#171; coexistence pacifique &#187;, ou la lutte violente entre URSS et Chine, il n'a jamais dit un mot pour se d&#233;marquer clairement des pouvoirs dictatoriaux, anti-ouvriers et anti-socialistes des r&#233;gimes russe et chinois. Arriv&#233; au pouvoir, il a mis en place un r&#233;gime qui n'a rien &#224; voir avec le pouvoir des ouvriers et des paysans : la dictature d'un Etat hypertrophi&#233; dont l'objectif d'industrialisation r&#233;alis&#233;e en surexploitant la population a &#233;t&#233; un &#233;chec. Le d&#233;veloppement national, a fortiori dans une petite &#238;le situ&#233;e dans un envirronnement hostile, ne pouvait pas donner un d&#233;veloppement industriel. Mais fondamentalement, c'est l'objectif lui-m&#234;me qui &#233;tait particuli&#232;rement celui de Guevara qui est nationaliste et petit-bourgeois et n'a rien &#224; voir avec la perspective de transformation du monde par le prol&#233;tariat mondial. Bien s&#251;r, on peut penser que les limites de la r&#233;volution cubaine seraient dues &#224; la duret&#233; de la lutte que lui a livr&#233; l'imp&#233;rialisme US, en particulier de l'embargo &#233;conomique et de l'agression de la baie des cochons. Le premier gouvernement &#233;tait tout ce qu'il y a de moins anti-bourgeois et anti-US. A preuve : six des quinze ministres de ce premier gouvernement allaient se r&#233;fugier finalement aux USA, un sera exc&#233;cut&#233; pour trahison et le premier pr&#233;sident sera un adversaire du castrisme. Les mesures prises en mars 1959 n'avaient pas un caract&#232;re socialiste. Il s'agissait d'une baisse de 30% des loyers, une limitation des importations de produits de luxe, une r&#233;duction du prix des m&#233;dicaments, des livres scolaires, des tarifs d'&#233;lectricit&#233;, du t&#233;l&#233;phone et des transports. Il ne s'agissait absolument pas de l'expropriation des compagnies d&#233;tenues par le bourgeoisie, pas m&#234;me celles d&#233;tenues par les trusts US. La premi&#232;re r&#233;forme agraire, celle de mai 1959, ne faisait que limiter la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des terres &#224; une taille de 1342 hectares. Les terres expropri&#233;es &#233;taient indemnis&#233;es. Ce n'&#233;tait pas la r&#233;volution. En r&#233;alit&#233;, c'est au contraire l'attitude agressive des USA qui scell&#233; un caract&#232;re particuli&#232;rement populaire et socialement radical du r&#233;gime bourgeois ou petit-bourgeois cubain. L'attaque de la baie des cochons et son &#233;chec gr&#226;ce &#224; la mobilisation de la population ont donn&#233; au r&#233;gime une assise populaire massive. Castro n'a radicalis&#233; ses mesures que devant le refus de toute collaboration de la bourgeoisie cubaine en liaison avec le refus de toute relation de la part des USA. Ce n'est pas le radicalisme, et encore moins le communisme, de la r&#233;volution cubaine qui a entra&#238;n&#233; cette attitude des USA, mais la crainte de l'encouragement que le renversement de la dictature de Cuba pouvait entra&#238;ner en Am&#233;rique latine, y compris l'encouragement pour les dirigeants bourgeois et petits-bourgeois qui auraient voulu se rendre un peu plus ind&#233;pendants de l'imp&#233;rialisme. Les pr&#233;sidents tout ce qu'il y a de bourgeois d'Argentine ou du Chili feront des gestes pour s'appuyer sur l'existence de Castro &#224; Cuba pour acqu&#233;rir cette petite ind&#233;pendance, sans succ&#232;s. Castro et Guevara ne peuvent &#234;tre qualifi&#233;s de &#171; r&#233;volutionnaires &#187; qu'au sens o&#249; Simon Bolivar, dont ils ne cessaient de se r&#233;clamer, l'&#233;tait. Il y a des diff&#233;rences tr&#232;s notables entre les id&#233;es d&#233;fendues par Castro et Guevara. Castro ne se cachait pas de ne se pr&#233;occuper que de Cuba et de ne pas pr&#233;tendre discuter de la mani&#232;re de lib&#233;rer le monde. Guevara affirmait se pr&#233;occuper de la &#171; r&#233;volution tricontinentale &#187;. Mais dans les actes, dans les affirmations politiques comme dans les alliances choisies, dans la politique de la gu&#233;rilla, dans la gestion de l'Etat, Castro et Guevara n'ont jamais &#233;mis de divergence qui soit connue publiquement. M&#234;me en quittant Cuba, Guevara a &#233;crit une lettre d'all&#233;gence totale au dictateur de Cuba, Castro. Pour ceux qui s'imaginent Guevara en id&#233;aliste, ayant con&#231;u une r&#233;volution vraiment populaire &#233;vitant les caricatures que sont les r&#233;gimes russe et chinois, rappelons que Guevara avait affirm&#233; que le r&#233;gime qui lui plaisait le plus au monde &#233;tait &#8230; le r&#233;gime de Cor&#233;e du nord ! Rappelons que les opposants d'extr&#234;me gauche &#233;taient en prison perp&#233;tuelle, y compris les trotskystes et que les travailleurs qui contestaient de devoir travailler gratuitement &#233;taient trait&#233;s d'ennemis de la r&#233;volution. Quant aux gauchistes qui continuent de cultiver l'humanisme r&#233;volutionnaire de Guevara &#8216;le r&#234;ve de &#171; l'homme nouveau &#187;), qu'il suffise de leur rappeler qu'il est l'initiateur de l'id&#233;e d'enfermer les homosexuels dans les camps de travail o&#249; on trouvait d&#233;j&#224; les travaileurs r&#233;calcitrants et qui s'intitulaient &#171; UMAP ou Unit&#233;s militaires d'aide &#224; la production &#187;. Dans ces centres de travail forc&#233;s on parquait des pr&#233;tendus &#171; asociaux &#187; (voir notamment ce qu'en dit Angelo Trento dans &#171; Castro et la r&#233;volution cubaine &#187;). Belle r&#233;alisation d'un ministre de l'industrie qui consid&#233;rait que le travail &#233;tait un plaisir et pr&#233;tendait remplacer les augmentations de salaire par des incitations morales !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons d'embl&#233;e le texte fondamental de Guevara &#233;crit en 1960 o&#249; il th&#233;orise sa politique, &#171; La guerre de gu&#233;rilla &#187; :&lt;br /&gt;
&#171; La R&#233;volution cubaine a apport&#233; trois changements fondamentaux dans le m&#233;canisme des mouvements r&#233;volutionnaires en Am&#233;rique :&lt;br /&gt;
1&#176;) Les forces populaires peuvent gagner une guerre contre l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re&lt;br /&gt;
2&#176;) On ne doit pas toujours attendre que soient r&#233;unies toutes les conditions pour faire la R&#233;volution ; le foyer nsurrectionnel peut les faire surgir.&lt;br /&gt;
3&#176;) Dans l'Am&#233;rique sous-d&#233;velopp&#233;e, le terrain fondamental de la lutte doit &#234;tre la campagne. (&#8230;) Le gu&#233;rillero exercera son action en milieu rural &lt;strong&gt;(je souligne) &lt;/strong&gt;et peu peupl&#233;, l&#224; o&#249; se situe de pr&#233;f&#233;rence la lutte du peuple pour ses revendications, et ceci presque exclusivement &lt;strong&gt;(je souligne)&lt;/strong&gt; dans la perspective du changement des structures sociales de la propri&#233;t&#233; des terres, le gu&#233;rillero est avant tout un r&#233;volutionnaire agraire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ernesto Guevara est n&#233; dans la bonne soci&#233;t&#233; d'Argentine en juin 1928. Il a obtenu des dipl&#244;mes de ma&#238;tre d'&#339;uvre, d'architecte puis de m&#233;decin. Il a &#233;t&#233; rapidement r&#233;volt&#233; par la mis&#232;re de l'Am&#233;rique latine et ses voyages lui ont montr&#233; qu'elle touchait tout le continent latino-am&#233;ricain. Les nombreux fans du Che lui attribuent une id&#233;ologie politique lib&#233;ratrice claire : communiste et internationaliste En fait, s'il a baign&#233; dans une ambiance politique (oncle stalinien, opposition aux c&#244;t&#233;s du PC et de la bourgeoisie &#224; la mont&#233;e du p&#233;ronisme en Argentine), il ne s'est jamais d&#233;marqu&#233; clairement ni du stalinisme, ni du p&#233;ronisme. Nombre de partis staliniens participent en cette fin de guerre aux gouvernements les plus r&#233;actionnaires comme celui de Batista &#224; Cuba. Michael Lowy &#233;crit dans &#034;le marxisme en Am&#233;rique latine&#034; expose : &#034;A Cuba, par exemple, apr&#232;s avoir si&#233;g&#233; de 1943 &#224; 1944 au gouvernement du g&#233;n&#233;ral Batista, le Parti socialiste populaire (nouveau nom du PC cubain) publie en 1945 une brochure intitul&#233;e &#171; La collaboration entre les patrons et les ouvriers &#187;, pour comm&#233;morer un important d&#233;jeuner r&#233;unissant &#224; La Havane l'Association patronale des industriels, le gouvernement et les dirigeants (communistes) de la Conf&#233;d&#233;ration des Travailleurs Cubains (centrale syndicale). En 1944, quand Batista d&#233;missionna, le PC cubain lui envoie une lettre qui d&#233;clare : &#171; D&#232;s 1940, notre parti a &#233;t&#233; le soutien le plus loyal et le plus constant de vos mesures gouvernementales, le promoteur le plus &#233;nergique de votre plateforme inspir&#233;e par la d&#233;mocratie, la justice sociale et la d&#233;fense de la prosp&#233;rit&#233; nationale. &#187; &#171; La p&#233;riode 1944-45 voit se d&#233;velopper en Am&#233;rique latine un ph&#233;nom&#232;ne d&#233;sign&#233; par le terme de &#171; browd&#233;risme &#187;. Dans l'euphorie des accords de T&#233;h&#233;ran, Earl Browder, secr&#233;taire du PC nord-am&#233;ricain, proclame le d&#233;but d'une &#232;re d'amiti&#233; et de collaboration totale entre le camp socialiste et les USA, destin&#233;e &#224; durer m&#234;me apr&#232;s la guerre. (&#8230;) Les partis communistes latino-am&#233;ricains vont &#234;tre aussi emport&#233;s par le browd&#233;risme. Par exemple, dans un livre publi&#233; en 1944, &#171; En marcha por un mundo mejor &#187; (En marche pour un monde meilleur), Vittorio Codovilla &#233;crivait ceci : &#171; Les conditions internationales de la coop&#233;ration entre les grandes puissances capitalistes et entre celles-ci et l'URSS pour la cr&#233;ation d'un monde meilleur montrent que les Etats-Unis et l'Angleterre arriveront &#224; un accord sur la politique &#233;conomique &#224; suivre en Am&#233;rique latine, avec le but de contribuer au d&#233;veloppement &#233;conomique, politique et social dans un sens progressiste. (&#8230;) Cet accord devra se fonder sur la coop&#233;ration de ces deux grandes puissances, avec des gouvernements d&#233;mocratiques et progressistes d'Am&#233;rique latine, pour l'accomplissement d'un programme commun qui, en m&#234;me temps qu'il offre un march&#233; dix ou vingt fois sup&#233;rieur &#224; l'actuel pour leurs capitaux, leurs machines et leurs produits industriels, contribue au d&#233;veloppement ind&#233;pendant de l'&#233;conomie de ces pays, et leur permet en peu d'ann&#233;es de liquider le retard dans lequel elles vivent depuis des dizaines d'ann&#233;es. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ernesto vit en Argentine dans un milieu bourgeois de gauche qui d&#233;nonce le p&#233;ronisme, ce bonapartisme populaire. Il n'a que huit ans quand P&#233;ron est l'&#233;toile montante des pauvres d'Argentine, les &#171; descamisados &#187;. A cette &#233;poque, pour s'opposer &#224; P&#233;ron, il y a l'Union d&#233;mocratique qui comprend le Parti communiste, la gauche lib&#233;rale et les partis les plus conservateurs. L'Union d&#233;mocratique a le soutien de l'ambassadeur des USA Braden. P&#233;ron est un colonel de l'arm&#233;e d'Argentine, un admirateur de Mussolini. Il affirme : &#171; Nous cr&#233;erons un fascisme mais en &#233;vitant soigneusement les erreurs de Mussolini. &#187; A la fin de la guerre, il construit sa popularit&#233; comme ministre du travail par un lien avec le mouvement syndical et quelques mesures populaires favoris&#233;es par une nouvelle prosp&#233;rit&#233;. Son arrestation en fait un martyr. Le 17 octobre 1945, la foule des descamisados manifeste en sa faveur. On doit le rel&#226;cher. Le 24 f&#233;vrier, apr&#232;s une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale largement suivie, P&#233;ron est &#233;lu triomphalement contre son concurrent de l'Union d&#233;mocratique. Le vote appara&#238;t comme un vote de classe et un vote anti-imp&#233;rialiste. Le slogan de P&#233;ron : &#171; Votez contre Braden, le jockey club, la Soci&#233;t&#233; rurale, l'Union des industriels, la Bourse de commerce, les grands propri&#233;taires, le grand capital, la presse subventionn&#233;e et pour la nouvelle Argentine qui na&#238;t avec P&#233;ron, sans pauvret&#233; ni corruption &#187;. Le parti communiste est du c&#244;t&#233; de Braden et des industriels et grands propri&#233;taires. C'est dire combien, &#224; cette &#233;poque de l'apr&#232;s-guerre, les partis staliniens sont de m&#232;che avec l'imp&#233;rialisme US ! C'est dans les ann&#233;es 50 que P&#233;ron obtient le soutien plus ou moins clair du Parti communiste. Pourtant, &#224; cette &#233;poque, les illusions sur le p&#233;ronisme ont commenc&#233; &#224; tomber dans les classes populaires du fait notamment de la d&#233;gradation de la situation &#233;conomique. Il n'emp&#234;che, c'est de l&#224; que Guevara tirera son inspiration politique. Le jeune Ernesto conna&#238;t les difficult&#233;s de ses parents, exploitants du mat&#233; et doit travailler comme fonctionnaire municipal &#224; la voirie de Villa Maria, pr&#232;s de Cordoba. Etudiant ing&#233;nieur puis m&#233;decin, il parcourt le continent &#224; l'aventure plus qu'avec un projet. En 1953, le Che passe par la Bolivie. Elle vient de conna&#238;tre une insurrection r&#233;volutionnaire dirig&#233;e par la classe ouvri&#232;re mais o&#249; la politique de l'organisation r&#233;volutionnaire, le POR, a men&#233; le dirigeant bourgeois Paz Estenssoro et son parti le MNR au pouvoir. Cependant, la classe ouvri&#232;re a montr&#233; sa force et sa capacit&#233; r&#233;volutionnaire. Tel n'est nullement la le&#231;on politique que tire le futur &#171; Che &#187; qui voit d&#233;filer devant lui les milices ouvri&#232;res. Le Che va discuter avec les nouveaux dirigeants dont le ministre des affaires paysannes, Nuno Chaves. Il est accompagn&#233; d'un politicien bourgeois argentin, l'avocat Ricardo Rojo. Il est d&#233;&#231;u du m&#233;pris du nouveau gouvernement &#171; r&#233;volutionnaire &#187; pour les paysans indiens. Cependant, il n'en tire nullement l'id&#233;e qu'il faudrait une autre politique r&#233;volutionnaire au prol&#233;tariat bolivien. Le Che fait pourtant connaissance avec les mineurs r&#233;volutionnaires boliviens de Siglo XX et Catavi, les deux principales mines de la r&#233;gion d'Oruro. Il est d&#233;favorable aux mesures du gouvernement Estenssoro qui indemnise les anciens propri&#233;taires des mines nationalis&#233;es. Le Che est du c&#244;t&#233; des opprim&#233;s mais il ne leur attribue pas la capacit&#233; de transformer par eux-m&#234;mes la soci&#233;t&#233;. Il se contente de constater que la classe ouvri&#232;re bolivienne a &#233;t&#233; tromp&#233;e et que le changement attendu n'a pas eu lieu. Il quitte la Bolivie sans garder de liens avec ce mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire qui m&#232;nera encore de nombreux combats, bien apr&#232;s qu'Estenssoro, l&#226;ch&#233; par les travailleurs, soit renvers&#233; en novembre 1964 par l'arm&#233;e : les mineurs de l'Oruro que le Che avait connu m&#232;neront un nouveau combat contre une politique de rentabilisation des mines, en 1965, et plus de trois cent mineurs de cette r&#233;gion seront massacr&#233;s par l'arm&#233;e. Cependant, le Che ne pensera pas que le &#171; p&#244;le &#187; de la lutte en Bolivie devait &#234;tre dans ces mines et dans le prol&#233;tariat des villes mais dans les mines et dans les champs, et m&#234;me pas dans la paysannerie mais dans des soldats de la r&#233;volution, des combattants : les gu&#233;rilleros.&lt;br /&gt;
A cette &#233;poque en Am&#233;rique latine, et contrairement &#224; une image complaisamment entretenue, le gu&#233;rillerisme n'est pas le fait de militants communistes mais de lib&#233;raux. En 1948, ce sont les lib&#233;raux du Costa Rica qui avaient r&#233;ussi, apr&#232;s une guerre civile de cinq semaines, &#224; renverser le dictateur Calderon. Le nouveau pr&#233;sident, Figueres, entretient dans son pays des lib&#233;raux gu&#233;rilleristes qui fondent des arm&#233;es pour &#171; lib&#233;rer &#187; de la dictature les Cara&#239;bes. C'est ce qui se produit lorsque les amis de Figueres tentent une exp&#233;dition en R&#233;publique dominicaine contre le dictateur Trujillo. C'est un &#233;chec. Ils n'ont pas plus de succ&#232;s contre la dictature de Somoza au Nicaragua. Fidel Castro fait partie de ces &#171; lib&#233;raux les armes &#224; la main &#187; comme les appelle Guevara, ce qui ne l'emp&#234;che nullement de se joindre &#224; eux. Pour appr&#233;cier les participants, rappelons que Betancourt qui fait partie de ces &#233;migr&#233;s politiques en mal de renversement du pouvoir deviendra pr&#233;sident du Venezuela. C'est en 1954, lorsqu'il est au Guatemala, que Guevara choisit de se dire &#171; r&#233;volutionnaire &#187;. Ce n'est pas en soutien &#224; une lutte ouvri&#232;re ni &#224; une lutte paysanne qu'il s'engage, mais en r&#233;volte contre le renversement d'un pouvoir bourgeois d&#233;mocratiquement &#233;lu, celui du pr&#233;sident guat&#233;malt&#232;que, l'ancien colonel Arbenz. La mesure qui va lui valoir la haine des USA et son renversement est l'expropriation de 160.000 hectares appartenant au trust US United Fruit. En fait, Arbenz, accus&#233; par les USA d'&#234;tre un communiste, est un lib&#233;ral li&#233; &#224; la caste militaire, &#224; la bourgeoisie et &#224; l'&#233;glise. C'est au Guatemala que Guevara adh&#232;re au Parti communiste guat&#233;malt&#232;que, le PGT qui &#233;tait l'un des principaux soutiens de Arbenz. Si Guevara devient alors &#171; marxiste &#187;, c'est seulement au sens donn&#233; &#224; ce mot par le stalinisme. Et redisons le, le stalinisme est alors, un peu partout et depuis la guerre mondiale, le soutien &#224; des r&#233;gimes bourgeois, comme celui d'Arbenz au Guatemala. Le 18 juin 1954, des pilotes pay&#233;s par le CIA bombardent San Jose, le principal port du pays. Guevara est &#233;tonn&#233; que l'arm&#233;e d'Arbenz refuse de se d&#233;fendre contre l'attaque militaire am&#233;ricaine. Le 27 juin 1954, sans se battre, Arbenz donne sa d&#233;mission. Guevara en tirera comme le&#231;on que les d&#233;mocrates doivent se donner les moyens militaires de mener leur propre guerre. Il comprend que l'on ne peut pas compter sur la bourgeoisie ni sur son arm&#233;e. Il n'en d&#233;duit pas que ce sont les masses populaires qui doivent changer la soci&#233;t&#233; et prendre le pouvoir. Non, comme les &#171; lib&#233;raux les armes &#224; la main &#187;, il veut constituer sa propre arm&#233;e pour imposer la d&#233;mocratie. Au Guatemala, le Parti communiste a eu comme politique de soutenir Arbenz. Ce dernier n'a pas aid&#233; la population travailleuse &#224; se battre. Cependant, la dictature qui prend le pouvoir &#233;crase le Parti communiste et le mouvement populaire du Guatemala. Cela n'am&#232;ne pas Guevara &#224; se d&#233;marquer du courant stalinien, organisateur de cette d&#233;faite. Il quitte le Guatemala en septembre 1954 o&#249; il est pourchass&#233; comme communiste. Lorsqu'il gagne Mexico, il se dit communiste mais c'est au sens de Staline. Il rencontre alors l'&#233;quipe de Fidel Castro et, tout en &#233;tant parfaitement conscient que ce ne sont que des lib&#233;raux bourgeois, il rejoint leur bande arm&#233;e qui s'entra&#238;ne au Mexique et va mettre sur pied une gu&#233;rilla &#224; Cuba. Fidel Castro, lui-m&#234;me, rapporte que sa gu&#233;rilla n'avait nullement les id&#233;es &#171; marxistes &#187;, staliniennes, de Guevara. (lire l'interview de &#171; Castro &#224; Cuba &#187; du journaliste Lee Lockwood) : &lt;i&gt;&#171; Ce fut le temp&#233;rament combatif du Che, homme d'action, qui le poussa &#224; s'unir avec moi. &#187;&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;
Quels sont l'objectif et le projet politique et social de ces soldats qui prennent les armes en vue de prendre le pouvoir au moyen d'une guerre de gu&#233;rilla ? C'est Guevara lui-m&#234;me qui le rapporte dans son ouvrage &#171; Le r&#244;le social de l'arm&#233;e rebelle &#187; : &lt;i&gt;&#171; C'est tr&#232;s simple ; nous devons faire un coup d'&#233;tat. Batista a fait un coup d'&#233;tat et a pris le pouvoir en une journ&#233;e ; il en faut une autre pour le faire partir &#8230; Batista a fait cent concessions aux Am&#233;ricains, nous leur en ferons cent une. &#187; &lt;/i&gt;Il faut se d&#233;partir de l'image d'un Fidel Castro proche de l'Union sovi&#233;tique. C'est la politique des USA qui am&#232;neront le lib&#233;ral bourgeois Castro &#224; accepter une alliance avec l'URSS et non un apriori id&#233;ologique qui aurait &#233;t&#233; favorable au Parti communiste. Castro voyait dans le Parti communiste une organisation qui avait accept&#233; de participer au gouvernement de Batista et non une organisation de combat contre la dictature. Il a accept&#233; Guevara dans les rangs de sa gu&#233;rilla, non &#224; cause de ses id&#233;es staliniennes, mais malgr&#233; celles-ci et &#224; cause de son temp&#233;rament d'homme de combat, Guevara lui-m&#234;me aurait dit d'aventurier et de guerrier. Che Guevara &#233;crit &#224; un ami, Fernando Barral : &lt;i&gt;&#171; J'ai deux enfants mais je reste un aventurier. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Guevara &#233;crit : &#171; &#224; l'heure de mon engagement aux c&#244;t&#233;s du commandant rebelle, je lui fus li&#233; d&#232;s le premier instant par un lien romantique, de sympathie et d'aventure. &#187; En d&#233;barquant dans l'&#238;le de Cuba, Guevara d&#233;clarait, soulag&#233;, &#171; C'est avec un grand plaisir que j'ai abandonn&#233; mon havresac plein de m&#233;dicaments et que j'ai pris la caisse de balles. J'adore tirer. &#187; &lt;br /&gt;
Les gu&#233;rilleros d&#233;barquent &#224; Cuba en d&#233;cembre 1956. Ils seront au pouvoir en d&#233;cembre 1958. Mais c'est loin de se passer comme l'imaginaient les gu&#233;rilleros. Le d&#233;barquement de quelques gu&#233;rilleros, pass&#233; compl&#232;tement inaper&#231;u, loin de d&#233;clencher une &#233;ruption en leur faveur, est un fiasco qui faillit se terminer tr&#232;s vite. Guevara &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; La r&#233;alit&#233; nous ass&#232;ne un grand coup ; les conditions subjectives n'&#233;taient pas toutes r&#233;unies. &#187; &lt;/i&gt;Le premier affrontement n'a rien de glorieux et manque de supprimer du premier coup tous les combattants. Quelques uns survivent par chance. &lt;br /&gt;
Ce petit groupe de combattants va-t-il s'allier &#224; la classe ouvri&#232;re, &#224; la jeunesse des villes qui se bat depuis longtemps contre Batista ou aux autres groupes de combattants qui tiennent eux aussi le maquis. Pas du tout ! Voici comment est d&#233;crite dans &#171; Che Guevara &#187; de Philippe Gavi la mani&#232;re de voir du groupe de Fidel Castro expos&#233;es par lui-m&#234;me : &lt;i&gt;&#171; Pendant toute la nuit, le leader du Mouvement du 26 juillet expose ses intentions. D'autres organisations militent contre Batista : des militaires &#233;vinc&#233;s aux sociaux-d&#233;mocrates. Mais le mouvement n'a rien &#224; voir avec ces gens qui ne songent qu'&#224; leurs propres privil&#232;ges. (&#8230;) Les communistes du Partis socialiste populaire, le Parti communiste cubain, th&#233;orisent &#224; longueur de journ&#233;e, mais, en fin de compte, s'opposent &#224; la lutte arm&#233;e. Seul le directoire estudiantin peut fournir une force d'appoint. (&#8230;) Quelques autres groupuscules peuvent aussi se joindre &#224; la lutte. Les conditions objectives n'ont jamais &#233;t&#233; aussi favorables. Les masses comme la bourgeoisie supportent de plus en plus difficilement le r&#233;gime dictatorial de Batista. &#187; &lt;/i&gt;Le &#171; mouvement du 26 juillet &#187; &#233;tait issu d'une autre tentative de renversement de la dictature le 26 juillet 1953 par un groupe, essentiellement &#233;tudiant, en armes.&lt;br /&gt;
Cependant, contre la dictature de Batista, il n'y avait pas que des militaires &#233;vinc&#233;s ou des politiciens v&#233;reux. Il y avait un mouvement ouvrier, des luttes sociales. Guevara y fait allusion sous le terme de &#171; mouvement de la plaine &#187;, la gu&#233;rilla &#233;tant le mouvement de la montagne. Philippe Gavi le rapporte ainsi : &lt;i&gt;&#171; Les historiens de la r&#233;volution cubaine ont trop souvent n&#233;glig&#233; le r&#244;le fondamental qu'a jou&#233; le mouvement dans la &#171; plaine &#187;. Cet oubli, encore entretenu aujourd'hui par des publications cubaines qui mettent principalement l'accent sur la gu&#233;rilla de la Sierra Maestra, a des raisons historiques. A l'&#233;poque en effet, Fidel Castro ne n&#233;glige pas du tout l'importance du mouvement d'agitation, de propagande et de sabotage dans le reste de l'&#238;le, mais il exige que ce dernier se plie aux directives de l'Etat-major de la Sierra Maestra, moteur principal de la r&#233;bellion. En ao&#251;t 1967, le journaliste uruguayen Carlos Maria Guttierez a une longue entrevue avec Fidel Castro (&#8230;) : &#171; J'&#233;tais n&#233; &#224; la campagne, et je m'&#233;tais toujours senti plus &#224; l'aise en dehors des villes, mais nous n'avions aucune notion de la guerre de gu&#233;rilla rurale. Une simple intuition seulement, puisque notre plan pr&#233;voyait, en cas d'&#233;chec, le retrait dans les montagnes. Mais, moi-m&#234;me, je n'&#233;tais jamais all&#233; dans la Sierra Maestra. Nous pensions cr&#233;er des situations qui mobiliseraient les masses. &#187; &lt;/i&gt;A la ville, l'insurrection organis&#233;e selon les conseils de Fidel Castro est un &#233;chec encore plus cuisant que dans la sierra. Les &#233;tudiants qui ont cru soulever La Havane en attaquant le palais pr&#233;sidentiel ont &#233;t&#233; tu&#233;s. Ce sont les paysans r&#233;volt&#233;s qui sauvent la gu&#233;rilla de l'isolement. On pourrait croire que la gu&#233;rilla devient donc une r&#233;volution paysanne. Mais ce n'est pas le cas. La gu&#233;rilla reste une arm&#233;e s&#233;par&#233;e des opprim&#233;s. Cependant, ces paysans pauvres n'&#233;taient pas vus d'un tr&#232;s bon &#339;il par Guevara, des soldats &#171; de la r&#233;volution &#187; qui sont des d&#233;racin&#233;s, ni li&#233;s &#224; la classe ouvri&#232;re ni &#224; la paysannerie : &lt;i&gt;&#171; Leur horizon ne d&#233;passait pas la possession d'un titre de propri&#233;t&#233;. Les soldats qui constitu&#232;rent notre premi&#232;re arm&#233;e de gu&#233;rilla venaient de la portion de cette classe sociale qui montre presque agressivement son d&#233;sir de possession de la terre, qui exprime le mieux l'esprit a catalogu&#233; comme &#171; petit-bourgeois &#187; ; le paysan se bat parce qu'il veut la terre, pour lui-m&#234;me, pour ses enfants ; il veut la diriger, la vendre et devenir riche par son travail. &#187; &lt;/i&gt;Si les gu&#233;rilleros se revendiquent de &#171; la terre &#224; ceux qui la travaillent &#187;, ils se gardent bien de parler de socialisme. Le 12 juillet 1957, Fidel Castro lance le &#171; Manifeste de la Sierra &#187; qui appelle &#224; la formation d' &#187;un front civique r&#233;volutionnaire groupant tous les partis politiques de l'opposition, toutes les institutions civiques et toutes les forces r&#233;volutionnaires. &#187; Son programme convient &#224; la bourgeoisie cubaine : pas de junte militaire, &#233;lections dans le cadre bourgeois, libert&#233;s politiques, libert&#233;s &#233;conomiques, libert&#233; d'information, timide r&#233;forme agraire &#171; avec indemnisation des anciens propri&#233;taires &#187;. Pas de gouvernement des gu&#233;rilleros mais la d&#233;signation d'une personnalit&#233; civile pour diriger le pays. Pas un mot de lutte des classes, de socialisme ni de communisme. Le texte re&#231;oit le soutien de tous les politiciens bourgeois install&#233;s alors qu'il n'avait pas de mot assez durs pour les hommes politiques et militaires en lutte contre Batista quand il s'agissait de faire en sorte que sa gu&#233;rilla soit la seule reconnue. Raoul Chibas du parti orthodoxe, parti lib&#233;ral bourgeois et Felipe Pazos, ancien pr&#233;sident de la banque nationale, se chargent de populariser le programme de Fidel aupr&#232;s de la bourgeoisie et de ses repr&#233;sentants politiques. Fidel n'a pas fait autant d'efforts en direction des travailleurs ! Dans une lettre du 12 avril 1960, Ernesto Che Guevara affirme &lt;i&gt;&#171; Nous f&#251;mes bien vus de la presse am&#233;ricaine &#187;&lt;/i&gt;. Et il explique que le programme de Fidel y est pour beaucoup car il n'avait rien d'inqui&#233;tant. Fidel n'avait aucune connotation marxiste ni communiste ni socialiste. L'arm&#233;e de la gu&#233;rilla est organis&#233;e comme une arm&#233;e ordinaire, une arm&#233;e professionnelle, comme il l'explique dans &#171; Guerre de gu&#233;rilla, une m&#233;thode &#187;. L'arm&#233;e &#171; r&#233;volutionnaire &#187; impose son ordre dans la r&#233;gion qu'elle contr&#244;le. Les petits brigands y sont chass&#233;s et abattus impitoyablement, comme les autres petites gu&#233;rillas ind&#233;pendantes et les rebelles solitaires. Pour Che Guevara, &lt;i&gt;&#171; le gu&#233;rillero est le gardien de la moralit&#233; &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit-il dans &#171; Guerre, gu&#233;rilla, une m&#233;thode &#187;. Essentiellement, la gu&#233;rilla tient &#224; imposer sa supr&#233;matie politique et organisationnelle sur toute autre forme de lutte, en particulier sur les autres gu&#233;rillas et sur le mouvement des villes o&#249; les travailleurs m&#232;nent des luttes et des gr&#232;ves de fa&#231;on ind&#233;pendante. Jusqu'au printemps 1958, le parti stalinien refusera toute collaboration avec la gu&#233;rilla de FideL Les politiciens bourgeois anti-Batista et exil&#233;s &#224; Miami soutiennent Fidel Castro et signent un pacte qui pr&#233;voit, en cas de victoire de la gu&#233;rilla, de donner la pr&#233;sidence &#224; F&#233;lipe Pazos. Fidel Castro laisse dire, donne des gages &#224; la bourgeoisie : il accepte la constitution de 1940, le code &#233;lectoral de 1943, la d&#233;signation comme pr&#233;sident de la r&#233;publique provisoire de Manuel Urrutia, juge bourgeois et anticommuniste. &lt;br /&gt;Dans &#171; Cuba, cas exceptionnel ou avant-garde de la lutte contre l'imp&#233;rialisme &#187; Guevara &#233;crit : &#171; la bourgeoisie, ou du moins une bonne partie de celle-ci s'est montr&#233;e favorable &#224; la guerre r&#233;volutionnaire contre la tyrannie et a en m&#234;me temps appuy&#233; et lanc&#233; des mouvements tendant &#224; chercher des solutions n&#233;goci&#233;es qui permettraient un remplacement de Batista par des &#233;l&#233;ments dispos&#233;s &#224; contr&#244;ler la R&#233;volution. (&#8230;) Il n'est pas &#233;tonnant que quelques &#233;l&#233;ments parmi les latifundistes aient adopt&#233; une attitude de neutralit&#233; ou du moins de non-bellig&#233;rance &#224; l'&#233;gard des forces insurrectionnelles. Il est compr&#233;hensible que la bourgeoisie nationale, ruin&#233;e par l'imp&#233;rialisme et la tyrannie, ait vu avec une certaine sympathie ces jeunes gens des montagnes punir l'arm&#233;e mercenaire, instrument au service de l'imp&#233;rialisme. Cette force, non r&#233;volutionnaire pourtant, aida en fait la R&#233;volution, &#224; s'emparer du pouvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;La bourgeoisie peut &#234;tre une alli&#233;e, dit donc Guevara. Il est par contre d&#233;fiant vis-&#224;-vis du prol&#233;tariat. Dans le m&#234;me texte, il &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; Il est plus difficile de former des groupes de gu&#233;rillas dans les pays de forte concentration urbaine et d'industrie l&#233;g&#232;re et moyenne plus d&#233;velopp&#233;e (&#8230;) L'influence id&#233;ologique des villes freine la guerre de gu&#233;rillas en donnant des espoirs de luttes de masses paisiblement organis&#233;es. (&#8230;) Nous insisterons sur deux facteurs subjectifs qui sont parmi les cons&#233;quences les plus importantes de la R&#233;volution cubaine : d'abord la possibilit&#233; d'un mouvement r&#233;volutionnaire qui op&#232;re &#224; partir de la campagne, attire les masses paysannes, passera de la faiblesse &#224; la force, d&#233;truira l'arm&#233;e dans un combat de front, s'emparera des villes et renforcera par son combat les conditions subjectives n&#233;cessaires pour s'emparer du pouvoir. &#187; &lt;/i&gt;Ce mod&#232;le gu&#233;variste est tr&#232;s clair : il n'y a absolument pas besoin de la conscience des travailleurs, de leur organisation ind&#233;pendante, de leur exp&#233;rience et de la maturation de leur &#233;tat d'esprit pour faire la r&#233;volution. Il n'y a pas besoin, pour Guevara, du prol&#233;tariat des villes pour prendre le pouvoir. Une alliance tactique avec la bourgeoisie, des fractions de l'arm&#233;e, oui. L'ind&#233;pendance de la lutte du prol&#233;tariat, non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie peut &#234;tre une alli&#233;e, dit donc Guevara. Il est par contre hostile au prol&#233;tariat ? Dans le m&#234;me texte, il &#233;crit : &#171; Il est plus difficile de former des groupes de gu&#233;rillas dans les pays de forte concentration urbaine et d'industrie l&#233;g&#232;re et moyenne plus d&#233;velopp&#233;e (&#8230;) L'influence id&#233;ologique des villes freine la guerre de gu&#233;rillas en donnant des espoirs de luttes de masses paisiblement organis&#233;es. (&#8230;) Nous insisterons sur deux facteurs subjectifs qui sont parmi les cons&#233;quences les plus importantes de la R&#233;volution cubaine : d'abord la possibilit&#233; d'un mouvement r&#233;volutionnaire qui op&#232;re &#224; partir de la campagne, attire les masses paysannes, passera de la faiblesse &#224; la force, d&#233;truira l'arm&#233;e dans un combat de front, s'emparera des villes et renforcera par son combat les conditions subjectives n&#233;cessaires pour s'emparer du pouvoir. &#187; Ce mod&#232;le gu&#233;variste est tr&#232;s clair : il n'y a absolument pas besoin de la conscience des travailleurs, de leur organisation ind&#233;pendante, de leur exp&#233;rience et de la maturation de leur &#233;tat d'esprit pour faire la r&#233;volution. Il n'y a pas besoin, pour Guevara, du prol&#233;tariat des villes pour prendre le pouvoir. Une alliance tactique avec la bourgeoisie, des fractions de l'arm&#233;e, oui. L'ind&#233;pendance de la lutte du prol&#233;tariat, non. &lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; du 9 avril 1958 montre bien le r&#244;le secondaire que la gu&#233;rilla attribue au mouvement de la ville et &#224; quel point la gu&#233;rilla se moque de gagner les travailleurs. Cette gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale a &#233;t&#233; programm&#233;e avec la bourgeoisie beaucoup plus qu'avec les organisations et les militants ouvriers. Le comit&#233; de gr&#232;ve de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 9 avril ne s'appuyait pas du tout sur la classe ouvri&#232;re. Hormis des membres de la gu&#233;rilla castriste, il comprenait un ing&#233;nieur, un chef de l'&#233;glise &#233;vang&#233;lique eu journaliste et un m&#233;decin. Guevara d&#233;clarait lui-m&#234;me : &#171; Notre mouvement est tr&#232;s marqu&#233; par la petite bourgeoisie tant physiquement qu'id&#233;ologiquement. &#187; dans son discours de mai 1964 en tant que ministre de l'industrie. Le parti stalinien ne s'est m&#234;me pas senti tenu de la soutenir. La gu&#233;rilla a donn&#233; aux faibles forces de La Havane l'objectif irr&#233;aliste de s'attaquer directement au pouvoir pour le renverser. Bilan de la d&#233;faite du mouvement et de la r&#233;pression qui le suit : de nombreux militants ont &#233;t&#233; supprim&#233;s et il n'y a plus de fort mouvement ouvrier organis&#233; dans les villes. Dans &#171; Le parti marxiste-l&#233;niniste &#187;, Guevara reconna&#238;t que, pour les gu&#233;rilleros, le mouvement dans les villes s'opposait &#224; la conception de l'arm&#233;e r&#233;volutionnaire : &lt;i&gt;&#171; Pourquoi la gr&#232;ve d'avril s'est-elle d&#233;clar&#233;e ? Parce qu'il y avait au sein du mouvement un ensemble de contradictions que nous avons appel&#233;es &#171; de la montagne et de la plaine &#187;. et qu'une analyse des &#233;l&#233;ments consid&#233;r&#233;s comme essentiels pour d&#233;cider de la lutte arm&#233;e rendaient manifestes, car ces &#233;l&#233;ments &#233;taient diam&#233;tralement oppos&#233;s dans chacune des deux cat&#233;gories. La montagne &#233;tait pr&#234;te &#224; mettre l'arm&#233;e en d&#233;route aussi souvent qu'il serait n&#233;cessaire, &#224; gagner bataille sur bataille, &#224; s'emparer de l'armement et &#224; arriver un jour &#224; la prise totale du pouvoir en se fondant sur son arm&#233;e rebelle. La plaine &#233;tait en faveur de la lutte arm&#233;e g&#233;n&#233;ralis&#233;e dans tout le pays, culminant dans une gr&#232;ve r&#233;volutionnaire qui expulserait la dictature de Batista et &#233;tablirait au gouvernement l'autorit&#233; des &#171; civils &#187;, la nouvelle arm&#233;e devenant &#171; apolitique &#187;. (&#8230;) La gr&#232;ve d'avril est pr&#233;par&#233;e et d&#233;cr&#233;t&#233;e par la plaine, avec le consentement de la direction de la montagne qui ne sent pas capable de l'emp&#234;cher, tout en doutant s&#233;rieusement de son r&#233;sultat. &#187; &lt;/i&gt;Voil&#224; comment Guevara rapporte cet &#233;pisode dans &#171; Notes pour l'&#233;tude de l'id&#233;ologie de la r&#233;volution cubaine &#187; : &lt;i&gt;&#171; Les nouvelles des succ&#232;s croissants de nos forces rebelles parvenaient au peuple malgr&#233; la censure, et l'activit&#233; r&#233;volutionnaire de celui-ci allait rapidement aboutir. C'est &#224; ce moment-l&#224; que s'est d&#233;clench&#233;e la lutte sur tout le territoire national, &#224; partir de La Havane, sous la forme d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;volutionnaire qui devait d&#233;truire l'ennemi en l'attaquant simultan&#233;ment sur tous les fronts. Le r&#244;le de l'Arm&#233;e Rebelle, dans ce cas, serait celui d'un catalyseur ou peut-&#234;tre d'un &#171; aiguillon &#187; pour d&#233;clencher le mouvement. (&#8230;) Mais la gr&#232;ve r&#233;volutionnaire n'&#233;tait pas convenablement organis&#233;e : on ne tenait pas suffisamment compte de l'unit&#233; ouvri&#232;re et on n'a pas cherch&#233; &#224; ce que les travailleurs, dans l'exercice m&#234;me de leur activit&#233; r&#233;volutionnaire, choisissent le moment ad&#233;quat. On voulut faire un coup de main clandestin, en appelant &#224; la gr&#232;ve par radio, sans savoir que le secret du jour et de l'heure choisis &#233;tait connu des sbires et non du peuple. Le mouvement de gr&#232;ve a &#233;chou&#233;, et beaucoup de patriotes r&#233;volutionnaires parmi les meilleurs ont &#233;t&#233; assassin&#233;s sans piti&#233;. C'est &#224; ce moment-l&#224; que se produit l'un des changements qualitatifs les plus importants dans le d&#233;roulement de la guerre, lorsque s'impose la certitude que le triomphe de viendra que de l'accroissement des forces de gu&#233;rilla qui permettra de vaincre l'arm&#233;e ennemie en batailles rang&#233;es. (&#8230;) La sup&#233;riorit&#233; de l'Arm&#233;e Rebelle s'affirme donc de jour en jour, tandis que l'arriv&#233;e de nos colonnes &#224; Las Villas montre que le Mouvement du 26 juillet (de Fidel Castro et Che Guevara) est bien plus populaire que les autres : Directoire R&#233;volutionnaire, Second Front de Las Villas, Parti Socialiste Populaire et petites gu&#233;rillas de l'OrganisationAuthentique. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Quant aux mouvements de gu&#233;rilla concurrents, c'est Che Guevara qui est charg&#233; de les unifier, et de les soumettre bon gr&#233; mal gr&#233;. La gu&#233;rilla des campagnes a d&#233;sormais les mains libres, sans concurrence, pour prendre le pouvoir. Mais les gu&#233;rilleros disposent plut&#244;t comme soutien dans les villes de la jeunesse estudiantine plut&#244;t que de la classe ouvri&#232;re et des milieux populaires, comme le montre la prise de Santa Clara. Le 29 d&#233;cembre. Le 1er janvier, Batista et ses principaux collaborateurs ont fui Cuba. C'est sans insurrection et m&#234;me sans intervention militaire de la gu&#233;rilla que le r&#233;gime de dictature a chut&#233; par son propre pourrissement. L'intervention militaire ne va avoir lieu que pour combattre les autres oppositions au sein des villes. C'est une lutte pour le pouvoir. Ce sont les gu&#233;rilleros qui vont la gagner. Mais cela ne signifie pas que la bourgeoisie soit balay&#233;e. Le 4 janvier 1959, c'est l'anticommuniste et r&#233;actionnaire juge Manuel Urrutia qui pr&#234;te serment comme pr&#233;sident provisoire de la r&#233;publique. Il repr&#233;sente la bourgeoisie nationaliste. Le premier ministre, Miro Cardona, &#233;tait l'avocat d'affaire cubain le plus connu pour ses positions pro-US. Le ministre des finances, Rufo Lopez Fresquet, avait particip&#233; &#224; plusieurs gouvernements de Batista. Fidel Castro devient premier ministre. Fidel Castro se rend aux USA sur l'invitation de la Soci&#233;t&#233; des &#233;diteurs de journaux. Et il n'y va pas pour d&#233;clarer la guerre &#224; l'imp&#233;rialisme US. Il rencontre le vice-pr&#233;sident Richard Nixon qui pense l'amadouer. Mais Fidel Castro garde son franc-parler : il r&#233;clame aux USA trente milliards de dollars pour aider l'Am&#233;rique latine. Fidel Castro estime que l'affrontement avec la bourgeoisie et avec les USA est in&#233;vitable. Le 18 juillet, Fidel Castro d&#233;nonce le pr&#233;sident Urrutia et d&#233;missionne de son poste de premier ministre le 18 juillet. C'est Urrutia qui doit partir et Fidel Castro reprend son poste. Che Guevara est nomm&#233; pr&#233;sident de la banque centrale de Cuba. Il est tr&#232;s fier du travail gratuit du dimanche. Pour lui, les travailleurs n'ont pas le sens de la solidarit&#233; et c'est le travail gratuit qui va leur donner ce sens de la collectivit&#233;. Le 15 octobre 1960, il d&#233;clare : &lt;i&gt;&#171; Vous ne pouvez exiger un meilleur travail, une plus grande responsabilit&#233;, si vous n'&#234;tes pas vous-m&#234;mes les premiers au travail. &#187; &lt;/i&gt;Au congr&#232;s de la jeunesse, le 28 juillet 1960, Guevara se d&#233;fend d'affirmer &lt;i&gt;&#171; si cette r&#233;volution que vous avez sous les yeux est une r&#233;volution communiste &#187;. &lt;/i&gt;Il affirme en tout cas que la r&#233;volution n'a &#233;t&#233; dict&#233;e par aucune th&#233;orie, fut-elle marxiste mais par une pratique empiriste r&#233;pondant aux besoins de la situation sociale et politique de Cuba. M&#234;me lorsqu'il se dit marxiste, Guevara a sa propre conception de la r&#233;f&#233;rence du marxisme : &lt;i&gt;&#171; La r&#233;volution cubaine prend Marx l&#224; o&#249; il laisse la science pour empoigner le fusil r&#233;volutionnaire. &#187; &lt;/i&gt;&#233;crit-il dans &#171; Notes pour l'&#233;tude de l'id&#233;ologie de la R&#233;volution cubaine &#187;.&lt;br /&gt;
Ce qui radicalise le r&#233;gime cubain, au-del&#224; de l'hostilit&#233; ouverte des USA, c'est la guerre contre le r&#233;gime castriste men&#233;e par les classes dirigeantes cubaines et une bonne partie de la petite bourgeoisie provient de la croyance de celles-ci que les USA ne vont pas manquer de renverser le r&#233;gime. A l'inverse, s'il ne veut pas conna&#238;tre le sort d'Arbenz au Guatemala qui a &#233;t&#233; renvers&#233; par l'intervention am&#233;ricaine car il a refus&#233; de se radicaliser et de s'appuyer sur les masses populaires pour se d&#233;fendre, Castro est contraint de s'appuyer davantage sur les plus pauvres et de ne pas h&#233;siter &#224; d&#233;poss&#233;der les riches. Il est &#233;galement oblig&#233; de constituer des milices de d&#233;fense de Cuba et des comit&#233;s populaires. &lt;br /&gt;
En 1960, c'est la politique d'affrontement avec Cuba qui est choisie par le pr&#233;sident am&#233;ricain Eisenhower. Les USA ne se sont pas brutalement avis&#233;s que le r&#233;gime de Fidel Castro &#233;tait dangereux pour l'imp&#233;rialisme. Et il ne l'est pas. &lt;br /&gt;
Jusqu'en avril 1961, le r&#233;gime refuse de se dire socialiste. &#171; Souverainet&#233; politique et ind&#233;pendance &#233;conomique &#187; sont leurs seuls objectifs, mais cela suffit &#224; les rendre irr&#233;m&#233;diablement adversaires de l'imp&#233;rialisme US. Si les USA acceptent des relations commerciales et, en particulier, l'achat du sucre, ces relations seront normales et Cuba ne vendra pas son sucre &#224; l'URSS. Si le r&#233;gime cubain n'est pas sp&#233;cialement un danger, c'est tout le reste de l'Am&#233;rique latine qui en est un &#224; cette &#233;poque et le risque est grand que Cuba apparaisse comme un encouragement r&#233;volutionnaire pour tout le continent, m&#234;me si le r&#233;gime cubain n'est pas aussi r&#233;volutionnaire. Or, l'imp&#233;rialisme US a d&#233;cid&#233; la politique du gros b&#226;ton pour l'Am&#233;rique latine. Du coup, le gouvernement US choisit de diaboliser Fidel Castro et Cuba, au risque de radicaliser la politique cubaine et de pousser Fidel Castro dans les bras de l'URSS. Le &#171; containment &#187; est alors la politique am&#233;ricaine. Elle consiste &#224; pousser les peuples en lutte d'une prison dans une autre, sachant parfaitement que l'URSS n'est nullement dans le camp des peuples et de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Et Cuba tombe effectivement dans un pi&#232;ge : le stalinisme.&lt;br /&gt;
C'est Che Guevara qui va vendre au peuple cubain et aux militants cubains, sceptiques, l'alliance avec l'URSS. Il a fait d'octobre &#224; d&#233;cembre 1969 un voyage de deux mois et demi au pays du stalinisme triomphant et en revient emball&#233;. Aux travailleurs, aux militants, au peuple cubain, il annonce qu'il n'y a rien que de bon &#224; attendre d'une alliance politique et &#233;conomique avec la Russie, pourtant une v&#233;ritable prison pour les travailleurs et les peuples. Une seule chose compte aux yeux de Che Guevara : l'industrialisation de Cuba. Et sur ce plan la bureaucratie stalinienne est capable de tenir ses promesses : en cinq ans, le doublement de la production industrielle et 60% d'augmentation de la production d'&#233;lectricit&#233;. Quant &#224; la vente du sucre cubain, elle est acquise : 3 millions de tonnes vendus &#224; l'URSS, un million &#224; la Chine, 20.000 tonnes &#224; la Cor&#233;e du nord, 3.000 au Vietnam du nord. La quasi-totalit&#233; de la production cubaine est vendue. La pression &#233;conomique des USA est supprim&#233;e. Passant &#224; la t&#233;l&#233;vision cubaine, Guevara se fait le d&#233;fenseur inconditionnel des r&#233;gimes de l'Est : &lt;i&gt;&#171; Les&lt;/i&gt; &lt;i&gt;r&#233;alisations des pays socialistes (&#8230;) sont extraordinaires. Il n'y a pas de comparaison possible entre leurs syst&#232;mes de vie, leur syst&#232;me de d&#233;veloppement et ceux des pays capitalistes. Les accords et l'esprit d'humanit&#233; de ces peuples nous ont convaincu que d&#233;cid&#233;ment, ce sont ces pays que nous devons en tout premier lieu consid&#233;rer comme nos amis. &#187; &lt;/i&gt;Le soutien de Guevara aux r&#233;gimes staliniens est sans r&#233;serve : &#171; &lt;i&gt; Tout le monde est plein d'enthousiasme, fait des heures suppl&#233;mentaires, s'int&#233;resse &#224; la production, &#224; l'accroissement de la production. &#187; &lt;/i&gt;(dans &#171; Un voyage dans les pays socialistes &#187;) A propos de l'URSS, Guevara affirme na&#239;vement : &lt;i&gt;&#171; Ce pays est pr&#234;t &#224; tout risquer dans une guerre atomique d'une destruction inimaginable simplement pour d&#233;fendre un principe et pour prot&#233;ger Cuba. &#187; &lt;/i&gt;La Chine, elle aussi, pr&#234;te soixante millions de dollars &#224; Cuba, pr&#234;t qui &#233;quivaut &#224; un don. &lt;br /&gt;
Les USA r&#233;agissent imm&#233;diatement par l'invasion de la baie des cochons. J.F. Kennedy a donn&#233; son accord pour une intervention de la CIA aidant des immigr&#233;s cubains anti-castristes &#224; envahir l'&#238;le. C'est un &#233;chec cinglant. La population cubaine, que la CIA croyait hostile au r&#233;gime, se mobilise massivement en sa faveur et contre l'intervention militaire. La d&#233;monstration am&#233;ricaine va en sens inverse de ce qui &#233;tait pr&#233;vu. Cuba devient un exemple pour toute l'Am&#233;rique latine. Les directions bourgeoises qui souhaitent se lib&#233;rer un temps soi peu de l'emprise am&#233;ricaine sont attir&#233;es. Guevara est invit&#233; par les pr&#233;sidents latino-am&#233;ricains qui ne sont pourtant nullement des radicaux : l'argentin Frondizi et le br&#233;silien Quadros. Les USA r&#233;agissent imm&#233;diatement. En liaison avec le haut Etat-major des arm&#233;es de ces deux pays, ces deux pr&#233;sidents doivent quitter le pouvoir. &lt;i&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;A Cuba, l'industrialisation d&#233;marre, organis&#233;e par le bouillant Guevara, nouveau ministre de l'industrie. Son plan de quatre ans est tellement ambitieux que les travailleurs devraient travailler nuit et jour pour le r&#233;aliser. Son premier geste public est la mise en place du stakhanovisme &#224; la cubaine : des r&#233;compenses aux premiers &#171; h&#233;ros de travail &#187;. Dans &#171; A propos du syst&#232;me budg&#233;taire de financement &#187;, Guevara &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; Ne pas r&#233;aliser les normes, c'est ne pas remplir son devoir social : la soci&#233;t&#233; punit le d&#233;faillant par la d&#233;duction d'une partie de ses gains &#187;. &lt;/i&gt;Guevara pr&#233;tend que tout cela se fait en faisant participer les travailleurs aux d&#233;cisions. Mais la r&#233;alit&#233; est tr&#232;s diff&#233;rente. Les travailleurs sont loin du pouvoir qui, malgr&#233; les bonnes intentions du camarade ministre, reste bureaucratique. Guevara propose la formation d'un organisme centralisateur de la planification et, comme les luttes de classes sont &#224; ses yeux termin&#233;es, il propose la dissolution des syndicats. Selon lui, l' &#171; homme nouveau &#187; du socialisme cubain travaille pour lui-m&#234;me et ne conna&#238;t plus les affres de la soci&#233;t&#233; de classe. Par cons&#233;quent, il doit travailler jusqu'&#224; ses limites physiques. Pour l'homme nouveau socialiste, travailler est un plaisir. Celui qui s'y refuse ne peut &#234;tre qu'un ennemi du r&#233;gime socialiste. Le r&#233;gime de Castro allait faire appel &#224; l' &#187;&#233;mulation &#187;, au &#171; travail volontaire gratuit &#187;, aux heures suppl&#233;mentaires non pay&#233;es et aux baisses de salaire par solidarit&#233; avec la construction du socialisme dans &lt;i&gt;&#171; une campagne grandiose pour d&#233;raciner le vieux vice d'un &#233;conomisme &#233;troit chez les travailleurs &#187;. &lt;/i&gt;Sa conception du r&#244;le de la classe ouvri&#232;re est claire. Voic comme elle est expos&#233;e dans &#171; Avec la Conf&#233;d&#233;ration des Travailleurs Cubains &#187; : &lt;i&gt;&#171; Mais la classe ouvri&#232;re, que ce soit au niveau des fabriques, des entreprises, ou au niveau des unit&#233;s administratives, a aussi l'obligation, le devoir et le droit, de veiller &#224; ce que soient suivis tous les ordres du gouvernement, toutes les grandes lignes de d&#233;veloppement &#233;tablies par le gouvernement, toutes les id&#233;es directrices formul&#233;es dans chque unit&#233; administrative. &#187; &lt;/i&gt;Le r&#244;le principal attribu&#233; au parti dans la classe ouvri&#232;re consiste &#224; la faire produire plus : le militant &lt;i&gt;&#171; doit faire des heures suppl&#233;mentaires, donner l'exemple, utiliser son temps &#224; am&#233;liorer sa pr&#233;paration culturelle, aller le dimanche au travail volontaire, travailler volontairement tous les jours, oublier toute vanit&#233; et consacrer tout son temps au travail &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Le parti unique et le syndicat unique sont des organes de l'Etat et non des moyens pour la population de s'exprimer. Les opposants sont en prison et il ne s'agit pas seulement d'opposants favorables aux USA, &#224; la bourgeoisie cubaine et d&#233;favorables aux nationalisations ou aux r&#233;quisitions de terres. Des militants de gauche, des syndicalistes et des militants d'extr&#234;me gauche sont emprisonn&#233;s parce qu'ils refusent de s'aligner sur le r&#233;gime ou qu'ils contestent une de ses d&#233;cisions. Malgr&#233; les bonnes intentions des Fidel Castro et Che Guevara, la r&#233;alit&#233; est la dictature &#233;tatique qui n'a rien de socialiste m&#234;me si des mesures sociales sont prises. Au plan international, si Che Guevara multiplie les voyages et se pr&#233;occupe de la &#171; r&#233;volution tricontinentale &#187;, il con&#231;oit le combat mondial contre l'imp&#233;rialisme en liaison avec les r&#233;gimes russe et chinois. Il s'appuie sur les chefs d'Etats des nouveaux pays ind&#233;pendant du Tiers monde comme Ben Bella ou Nehru et autres chefs d'&#233;tat africains. Son ennemi n'est pas la bourgeoisie mais les Etats-Unis. La gu&#233;rilla l'attire &#224; nouveau. D'abord celle de Kabila, futur dictateur du Congo-Za&#239;re. Puis celle de Bolivie. Et surtout, jamais aucune critique des r&#233;gimes ou des positions politiques de la Chine ou de l'URSS ne franchit ses l&#232;vres quelles que soient les circonstances, y compris quand ces deux pays commencent &#224; se s&#233;parer, &#224; se critiquer puis &#224; se combattre. Il affirme au contraire toujours que l'URSS est le chef de file de la lutte de lib&#233;ration internationale. S'il parle toujours au nom du socialisme et de l'internationalisme prol&#233;tarien, il n'&#233;claire nullement leur signification. Lorsque Castro d&#233;cide que le parti castriste devient le &#171; parti communiste cubain &#187;, fusionnant avec ce dernier, Che Guevara part en Bolivie mener une nouvelle gu&#233;rilla. Guevara a laiss&#233; &#224; Castro une lettre de d&#233;part qui &#233;vite toute interpr&#233;tation d'un d&#233;part sur la base de critiques, quoiqu'on puisse en penser. Il n'explique pas son geste de d&#233;part par une critique quelconque de la politique ou du r&#233;gime cubain, mais par la n&#233;cessit&#233; urgente d'une nouvelle gu&#233;rilla en Bolivie. Le g&#233;n&#233;ral de parachutistes pro-am&#233;ricain Ren&#233; Barrientos vient de renverser Paz Estenssoro, le dirigeant bourgeois nationaliste de la r&#233;volution ouvri&#232;re de 1952. Les mineurs boliviens sont particuli&#232;rement frapp&#233;s par le r&#233;gime de Barrientos. En 1965, les mineurs qui protestaient contre une r&#233;duction de moiti&#233; de leurs salaires sont massacr&#233;s dans les mines. Guevara pense qu'il va pouvoir les convaincre de s'embaucher dans la gu&#233;rilla. Il ne songe nullement &#224; les gagner pour mener le combat dans les mines. En fait, les mineurs sont tr&#232;s peu nombreux &#224; le suivre. &lt;br /&gt;
Guevara a bien connu le mouvement r&#233;volutionnaire bolivien. Il a pu discuter avec les mineurs r&#233;volutionnaires boliviens, ayant visit&#233; ce pays juste apr&#232;s la r&#233;volution de 1952. Son choix de d&#233;marrer sa lutte en Bolivie de la sierra et pas des usines n'est pas un choix d&#251; &#224; un traditionalisme ou &#224; une th&#233;orisation. C'est un choix social. &lt;br /&gt;
Guevara n'a jamais compt&#233; sur la conscience de classe des travailleurs. Selon lui, ils ne sont pas r&#233;volutionnaires. Ils visent des objectifs mat&#233;riels alors que le r&#233;volutionnaire socialiste vise, selon lui, des objectifs moraux, comme il l'expose en 1964 dans &#171; A propos du syst&#232;me budg&#233;taire de financement &#187;. Ils ne visent qu'&#224; am&#233;liorer leur sort et sont fatalement victimes d'un &#171; &#233;conomisme &#187;, d'un syndicalisme r&#233;formiste qui les emp&#234;che de prendre en charge la t&#226;che r&#233;volutionnaire qui lui semble exclusivement le fait d'une arm&#233;e professionnelle de r&#233;volutionnaires : &lt;i&gt;&#171; Je crois en la lutte arm&#233;e comme unique solution pour les peuples qui luttent pour se lib&#233;rer et je suis coh&#233;rent avec mes croyances. (&#8230;) Nous pourrons regarder l'avenir proche et lumineux si deux, trois, plusieurs Vietnam fleurissent sur la surface du globe&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Il ne compte pas sur le d&#233;veloppement ind&#233;pendant de la conscience et de l'organisation prol&#233;tarienne au travers des luttes de classe qu'il appelait &lt;i&gt;&#171; cette mentalit&#233; de classe ouvri&#232;re exploit&#233;e et spoli&#233;e qui lutte seulement pour des revendictions &#233;conomiques. &#187;&lt;/i&gt; Dans sa conception, c'est la gu&#233;rilla qui va contraindre la population des villes &#224; devenir radicale. Pour lui, la lutte des villes consiste seulement en un sabotage permettant de bloquer le pouvoir pendant que la gu&#233;rilla le renverse et prend le pouvoir. Dans &#171; La guerre de gu&#233;rilla &#187;, il a &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; L'importance de la lutte en zone urbaine a &#233;t&#233; tr&#232;s m&#233;sestim&#233; mais elle est extr&#234;me. Un bon travail, sur une grande &#233;chelle, paralyse presque compl&#232;tement la vie commerciale et industrielle du secteur et place la population enti&#232;re dans une ins&#233;curit&#233;, une angoisse, une anxi&#233;t&#233; telle qu'elle souhaite des &#233;v&#233;nements violents pour sortir de cette attente. (&#8230;) sa fonction ne sera pourtant pas d'&#339;uvrer ind&#233;pendamment, mais au contraire dans le cadre des plans strat&#233;giques fix&#233;s &#224; l'avance. Une gu&#233;rilla en zone urbaine fera exactement ce qu'on lui dira. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Alors que la gu&#233;rilla de Guevara n'obtient de soutien d'aucun secteur social important, les mineurs boliviens m&#232;nent une nouvelle lutte sociale. Pour Guevara, cela ne concerne pas directement son combat.&lt;br /&gt;
L'arm&#233;e bolivienne r&#233;prime violemment le mouvement des mineurs le 24 juin 1967. Il consid&#232;re que cette d&#233;faite va &#233;clairer les mineurs sur le caract&#232;re sans perspective de leur lutte dans le cadre de la mine et les pousser &#224; rejoindre les maquis de la gu&#233;rilla. Il &#233;crit dans son adresse aux mineurs : &lt;i&gt;&#171; Le massacre dans les mines &#233;claicit consid&#233;rablement le panorama pour nous. (&#8230;) Il ne faut pas pers&#233;v&#233;rer dans des tactiques fausses, h&#233;ro&#239;ques sans doute, mais st&#233;riles. &#187; &lt;/i&gt;Il affirme que c'est dans le maquis que &lt;i&gt;&#171; la plainte des veuves prol&#233;tariennes se transformera en hymne de victoire. &#187; &lt;/i&gt;Son appel &#224; rejoindre le maquis n'a que tr&#232;s peu d'&#233;cho dans la classe ouvri&#232;re qui a pourtant montr&#233; ses capacit&#233;s &#224; se battre, y compris les armes &#224; la main.&lt;br /&gt;
La gu&#233;rilla de Guevara n'a pas de soutien important dans la classe ouvri&#232;re et elle n'a pas non plus de soutien d'autres couches sociales ni d'autres partis politiques. Paz Estenssoro d&#233;clare qu'il ne soutient pas les gu&#233;rillas communistes. Le parti communiste bolivien n'a pas vraiment soutenu Guevara. La paysannerie bolivienne se m&#233;fie et n'est nullement pr&#234;te &#224; s'embarquer dans l'aventure, d'autant moins que Barrientos a fait le calcul d'offrir une r&#233;forme agraire et d'armer des paysans de Cochabamba &#171; contre les bandoleros &#187;. Guevara &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; Les paysans se transforment en d&#233;lateurs. &#187; &lt;/i&gt;La gu&#233;rilla est isol&#233;e. L'arm&#233;e de lib&#233;ration de Guevara lance une adresse aux mineurs : &lt;i&gt;&#171; Camarade mineur, n'&#233;coute plus les faux ap&#244;tres de la lutte des masses qui l'interpr&#232;tent comme une avanc&#233;e en rangs serr&#233;s et de front vers les armes de l'oppresseur. (&#8230;) La lutte des masses dans les pays sous-d&#233;velopp&#233;s &#224; forte pr&#233;dominance rurale et au territoire &#233;tendu doit &#234;tre r&#233;alis&#233;e par une petite avant-garde mobile : la gu&#233;rilla. Elle ira en se renfor&#231;ant au d&#233;triment de l'arm&#233;e ennemie et elle capitalisera la ferveur r&#233;volutionnaire des masses jusqu'&#224; cr&#233;er la situation r&#233;volutionnaire dans laquelle le pouvoir d'&#233;tat se renversera d'un seul coup bien assen&#233; au moment opportun. (&#8230;) Nous t'attendons. &#187; &lt;/i&gt; La gu&#233;rilla est finalement &#233;cras&#233;e par l'arm&#233;e et Guevara est tu&#233; le 8 octobre 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bilan du castrisme et du gu&#233;varisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme et le nationalisme et ses diverses variantes de l'apr&#232;s deuxi&#232;me guerre mondiale (mao&#239;sme, castrisme, djouch&#233;isme cor&#233;en, titisme et autres &#171; socialismes &#187; &#224; l'alg&#233;rienne ou &#224; la cambodgienne) sont des produits des d&#233;faites et des trahisons des luttes du prol&#233;tariat. Le gu&#233;varisme et le gu&#233;rill&#233;risme ne changent pas la donne et ne d&#233;parent pas dans le lot, m&#234;me si bien des courants r&#233;volutionnaires tiennent &#224; se raconter une autre histoire. Ils mettent en avant un pr&#233;tendu humanisme de la &#171; version du marxisme &#187; de Guevara. Ils rappellent son &#171; internationalisme &#187;. Ils soulignent son courage combattant les armes &#224; la main contre l'imp&#233;rialisme au moment o&#249; la &#171; version &#187; russe parlait plut&#244;t de coexistence pacifique. Cependant, si on examine la pratique de Guevara, elle est hostile au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. Si on examine l'id&#233;ologie de Guevara, elle n'est nullement diff&#233;rente de celle du &#171; socialisme dans un seul pays &#187; qui caract&#233;rise aussi bien le stalinisme russe, ses diverses versions et celle des nationalismes du tiers-monde. Guevara &#233;tait particuli&#232;rement partisan de l'industrie autocentr&#233;e fond&#233;e sur une &#233;conomie nationale d&#233;pass&#233;e depuis belle lurette par l'Histoire du capitalisme lui-m&#234;me. D'ailleurs l'industrie cubaine, si elle a mobilis&#233; durement les forces des masses cubaines et n&#233;cessit&#233; des &#233;nergies extraordinaires et d&#233;tourn&#233; l'enthousiasme de tout un peuple, s'est traduite par un &#233;chec marquant. Le d&#233;veloppement industriel autocentr&#233; n'a pas obtenu de meilleurs r&#233;sultats &#224; Cuba qu'en Alg&#233;rie ou en Cor&#233;e du nord. N'est-ce pas une accusation exag&#233;r&#233;e de comparer Cuba &#224; la Cor&#233;e du nord ? Pour y r&#233;pondre, &#233;coutons Guevara lui-m&#234;me : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Des pays comme Cuba en ce moment, des pays r&#233;volutionnaires et nullement mod&#233;r&#233;s, peuvent se demander si l'Union sovi&#233;tique et la Chine populaire sont leurs amies ; nous ne devons pas r&#233;pondre &#224; cette question avec ti&#233;deur mais affirmer de toute notre force que l'Union sovi&#233;tique, la Chine et tous les pays socialistes ainsi que les pays coloniaux et semi-coloniaux qui se sont lib&#233;r&#233;s sont nos amis. C'est sur cette amiti&#233; que peuvent se fonder les r&#233;alisations d'une R&#233;volution am&#233;ricaine. En effet, si l'Union szovi&#233;tique n'avait pas &#233;t&#233; l&#224; pour nous donner du p&#233;trole et pour nous acheter notre sucre, il nous aurait fallu toute la force, toute la foie et tout le d&#233;vouement immenses de notre peuple pour supporter le coup. (&#8230;.) (Ernesto Cge Guevara dans &#171; A la jeunesse d'Am&#233;rique latine &#187;.) Voil&#224; ce qu'il expose dans &#171; Un voyage dans les pays socialistes &#187; &#224; son retour d'un voyage dans les pays du stalinisme triomphant : &#171; La Chine vit actuellement la m&#234;me partie de son histoire r&#233;volutionnaire que Cuba : tout le monde est plein d'enthousiasme, tout le monde fait des heures suppl&#233;mentaires, tout le monde s'int&#233;resse &#224; la production, &#224; l'accroissement de la productivit&#233;. (&#8230;) Moi qui ai visit&#233; tout le continent socialiste, on peut m'appeler : &#171; Alice au Continent des Merveilles &#187;. Mais il dire vraiment ce qu'on voit et &#234;tre honn&#234;te ; et les r&#233;alisations des pays socialistes, de ceux qui ont d&#233;j&#224; atteint un niveau &#233;lev&#233; de d&#233;veloppement, ou de ceux qui sont encore &#224; des &#233;tapes tr&#232;s semblables &#224; celles de Cuba, sont extraodinaires. (&#8230;.) Partout l&#224;-bs l'enthousiasme est extraordinaire. C'est probablement en Union sovi&#233;tique que c'est le plus sensible. (&#8230;) Parmi les pays socialistes que j'ai visit&#233; personnellement, la Cor&#233;e est l'un des plus extraordinaiires. C'est probablement celui qui nous a le plus impressionn&#233;. (&#8230;) Le probl&#232;me de l'industrie cor&#233;enne &#8211; que nous voudrions bien avoir aujourd'hui et qui se posera pour nous dans deux ou trois ans &#8211; c'est celui du manque de main d'&#339;uvre. La Cor&#233;e proc&#232;de &#224; une m&#233;canisation acc&#233;l&#233;r&#233;e de l'agriculture pour garder de la main d'&#339;uvre et pouvoir r&#233;aliser ses plans. (&#8230;) La Cor&#233;e est l'exemple d'un pays qui gr&#226;ce &#224; un syst&#232;me et &#224; des dirigeants admirables tel le Mar&#233;chal Kim Il Sung a pu survivre aux plus grands malheurs et devenir aujourd'hui un pays industrialis&#233;. Ici, &#224; Cuba, on pourrait penser que la Cor&#233;e du nord est un pays arri&#233;r&#233; de l'Asie parmi tant d'autres. Et pourtant nous lui vendons du sucre semi-&#233;labor&#233; et d'autres produits absolument bruts, comme le hennequen ; tandis qu'elle nous vend des fraiseuses, des machines pour les mines, tous produits dont la production exige d&#233;j&#224; une technique avanc&#233;e. C'est pour cette raison que c'est un des pays que nous admirons le plus. &#187; Aucune critique n'a jamais &#233;maill&#233; les textes de Guevara concernant la politique de ces r&#233;gimes vis-&#224;-vis des travailleurs ni leur politique ext&#233;rieure qui n'a rien &#224; voir avec une quelconque version de l'internationalisme prol&#233;tarien. L'alignement de Guevara sur Castro est encore plus grand. On ne peut citer tous les passages dithyrambiques sur son leader maximo comme ici, dans &#171; Cuba, cas exceptionnel ou avant-garde de la lutte contre l'imp&#233;rialisme &#187; : &#171; Des facteurs exceptionnels devaient donner &#224; la r&#233;volution cubaine des caract&#233;ristiques particuli&#232;res. (&#8230;) Le premier, et peut-&#234;tre le plus important, est cette force de la nature qui se nomme Fidel Castro Ruz, qui a atteint en un an des dimensions historiques. Ses m&#233;rites peuvent &#234;tre rang&#233;s aupr&#232;s de ceux des plus grandes figures de l'histoire de l'Am&#233;rique latine. (&#8230;) Fidel a une personnalit&#233; tellement extraordianire qu'il serait le chef de n'importe quel mouvement dont il ferait partie (&#8230;) Fidel Castro a fait plus que n'importe qui &#224; Cuba pour construire &#224; partir de rien le formaidable appareil actuel de la r&#233;volution cubaine. &#187; . etc, etc &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan du gu&#233;rill&#233;risme en Am&#233;rique latine n'est pas plus brillant. Dans tous les pays d'Am&#233;rique latine o&#249; des militants ont lanc&#233; des gu&#233;rillas de type castriste, ils sont impitoyablement &#233;cras&#233;s par la r&#233;pression (gu&#233;rillas de Jefferson Cardin au Rio grande du sud du Br&#233;sil, de l'ELN de Pablo Vasquez et Victor Medina en Colombie, du MIR de Luis de la Puente et Guillermo Lobaton au P&#233;rou ainsi que les maquis de Hector B&#233;jar, de la gu&#233;rilla de Ajeda et Bravo au Venezuela, de la gu&#233;rilla de la Sierra de Caparao dans l'Etat de Minas Gerais au Br&#233;sil, des groupes de gu&#233;rilla en Argentine et des foyers r&#233;volutionnaires du P&#233;rou. La gu&#233;rilla latino-am&#233;ricaine est d&#233;faite. Le r&#233;formisme, m&#234;me les armes &#224; la main, ne m&#232;ne pas au renversement du capitalisme ni &#224; son d&#233;passement. Dans tous les pays d'Am&#233;rique latine o&#249; des militants ont lanc&#233; des gu&#233;rilla de type castriste, ils sont impitoyablement &#233;cras&#233;s par la r&#233;pression (gu&#233;rillas de Jefferson Cardin au Rio grande du sud du Br&#233;sil, de l'ELN de Pablo Vasquez et Victor Medina en Colombie, du MIR de Luis de la Puente et Guillermo Lobaton au P&#233;rou ainsi que les maquis de Hector B&#233;jar, de la gu&#233;rilla de Ajeda et Bravo au Venezuela, de la gu&#233;rilla de la Sierra de Caparao dans l'Etat de Minas Gerais au Br&#233;sil, des groupes de gu&#233;rilla en Argentine et des foyers r&#233;volutionnaires du P&#233;rou. La gu&#233;rilla latino-am&#233;ricaine est d&#233;faite. La gu&#233;rilla du Nicaragua a certes triomph&#233; mais c'est pour laisser ensuite place sans combat &#224; ses adversaires puis pour pactiser avec elle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Guevara lui-m&#234;me n'a jamais critiqu&#233; le r&#233;formisme de Castro, son nationalisme qui le portait &#224; ne s'int&#233;resser qu'&#224; Cuba. Il ne s'est pas ouvertement d&#233;marqu&#233; de la &#171; coexistence pacifique &#187;, th&#232;se de la bureaucratie russe qui a pr&#233;c&#233;d&#233; le retour au capitalisme. Lorsque stalisnisme de Chine et de Russie se sont affront&#233;s, il s'est bien gard&#233; d'expliquer la racine de ces dissenssions. L'&#233;crasement des prol&#233;taires hongrois en 1956 n'a pas davantage suscit&#233; sa col&#232;re que l'intervention de 1953 contre les prol&#233;taires d'Allemagne de l'Est et bien d'autres interventions contre les peuples. Son pr&#233;tendu &#171; internationalisme &#187; n'avait rien de commun avec celui de Marx, L&#233;nine ou Trotsky, contrairement &#224; ce que voudraient faire croire les r&#233;volutionnaires opportunistes qui voudriaent bien accrocher leur char &#224; la popularit&#233; d'un Guevara. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas le gu&#233;rill&#233;risme qui fait peur &#224; l'imp&#233;rialisme, ni le nationalisme autocentr&#233;, ni la &#171; version &#187; pr&#233;tendue du socialisme consistant &#224; mobiliser les forces du prol&#233;tariat pour construire une &#233;conomie nationale soi disant ind&#233;pendante. Mais, dans le monde capitaliste, l'ind&#233;pendance &#233;conomique est un leurre. Quant &#224; l'internationalisme con&#231;u par Marx, ce n'est pas la pr&#233;tendue &#171; solidarit&#233; &#187; entre nationalismes que les staliniens et les nationalistes d&#233;fendent tous par opposition &#224; la lutte r&#233;volutionnaire d'une seule et m&#234;me classe mondiale prol&#233;tarienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le stalinisme et le nationalisme radical ne sont pas des &#171; versions &#187; du socialisme, du communisme ou du marxisme. Elles en sont diam&#233;tralement oppos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DOCUMENT&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La p&#233;riode 1944-45 voit se d&#233;velopper en Am&#233;rique latine un ph&#233;nom&#232;ne d&#233;sign&#233; par le terme de &#171; browd&#233;risme &#187;. Dans l'euphorie des accords de T&#233;h&#233;ran, Earl Browder, secr&#233;taire du PC nord-am&#233;ricain, proclame le d&#233;but d'une &#232;re d'amiti&#233; et de collaboration totale entre le camp socialiste et les USA, destin&#233;e &#224; durer m&#234;me apr&#232;s la guerre. (&#8230;) Les partis communistes latino-am&#233;ricains vont &#234;tre aussi emport&#233;s par le browd&#233;risme. Par exemple, dans un livre publi&#233; en 1944, &#171; En marcha por un mundo mejor &#187; (En marche pour un monde meilleur), Vittorio Codovilla &#233;crivait ceci : &#171; Les conditions internationales de la coop&#233;ration entre les grandes puissances capitalistes et entre celles-ci et l'URSS pour la cr&#233;ation d'un monde meilleur montrent que les Etats-Unis et l'Angleterre arriveront &#224; un accord sur la politique &#233;conomique &#224; suivre en Am&#233;rique latine, avec le but de contribuer au d&#233;veloppement &#233;conomique, politique et social dans un sens progressiste. (&#8230;) Cet accord devra se fonder sur la coop&#233;ration de ces deux grandes puissances, avec des gouvernements d&#233;mocratiques et progressistes d'Am&#233;rique latine, pour l'accomplissement d'un programme commun qui, en m&#234;me temps qu'il offre un march&#233; dix ou vingt fois sup&#233;rieur &#224; l'actuel pour leurs capitaux, leurs machines et leurs produits industriels, contribue au d&#233;veloppement ind&#233;pendant de l'&#233;conomie de ces pays, et leur permet en peu d'ann&#233;es de liquider le retard dans lequel elles vivent depuis des dizaines d'ann&#233;es. &#187; Le browd&#233;risme aura aussi des cons&#233;quences au niveau de la politique interne des partis communistes. A Cuba, par exemple, apr&#232;s avoir si&#233;g&#233; de 1943 &#224; 1944 au gouvernement du g&#233;n&#233;ral Batista, le Parti socialiste populaire (nouveau nom du PC cubain) publie en 1945 une brochure intitul&#233;e &#171; La collaboration entre les patrons et les ouvriers &#187;, pour comm&#233;morer un important d&#233;jeuner r&#233;unissant &#224; La Havane l'Association patronale des industriels, le gouvernement et les dirigeants (communistes) de la Conf&#233;d&#233;ration des Travailleurs Cubains (centrale syndicale). En 1944, quand Batista d&#233;missionna, le PC cubain lui envoie une lettre qui d&#233;clare : &#171; D&#232;s 1940, notre parti a &#233;t&#233; le soutien le plus loyal et le plus constant de vos mesures gouvernementales, le promoteur le plus &#233;nergique de votre plateforme inspir&#233;e par la d&#233;mocratie, la justice sociale et la d&#233;fense de la prosp&#233;rit&#233; nationale. &#187;&lt;br /&gt;
Au m&#234;me moment, au Mexique, en avril 1945, la Centrale syndicale CTM et l'Association patronale signent un pacte d'unit&#233; nationale ; &#171; La Voz de mexico &#187;, organe du PC mexicain, c&#233;l&#232;bre l'&#233;v&#233;nement avec un grand titre en premi&#232;re page : &#171; Historique pacte ouvriers-patrons. Base solide pour le d&#233;veloppement et le progr&#232;s du pays. &#187; Il est int&#233;ressant de souligner qu'un des points de ce pacte d&#233;clarait solennellement &#171; abandonner la th&#232;se de l'autosuffisance &#233;conomique et agir &#224; partir de la th&#232;se de l'interd&#233;pendance &#233;conomique, la coop&#233;ration financi&#232;re et technique avec les pays du continent, pour le b&#233;n&#233;fice commun et comme partie d'un programme international qui consid&#232;re les besoins de tous les peuples de la terre. &#187; Selon &#171; La Voz de Mexico &#187;, le pacte est &#171; correct &#187;, &#171; patriotique &#187; et &#171; impeccablement formul&#233; &#187;, et il r&#233;fl&#233;chit les nouvelles conditions dans le Mexique et dans le monde qui &#171; obligent l'alliance des ouvriers avec les capitalistes &#187;. (&#8230;) Au Mexique, en novembre 1945, le p&#233;riodique du PC Mexicain d&#233;veloppait la th&#232;se suivante : &#171; L'objectif du d&#233;veloppement du capitalisme au Mexique est un objectif r&#233;volutionnaire parce qu'il signifie le d&#233;veloppement d'une &#233;conomie nationale. &#187; (&#8230;) Un des &#233;pisodes les plus c&#233;l&#232;bres du post-browd&#233;risme a &#233;t&#233; l'orientation adopt&#233;e par le PC argentin face au p&#233;ronisme. (&#8230;) Le PC argentin, face au p&#233;ronisme (&#8230;) va participer &#224; la constitution de l'Union d&#233;mocratique, vaste coalition antip&#233;roniste dont faisaient partie, selon Vittorio Codovilla (dans son rapport &#224; la Conf&#233;rence nationale du PC argentin de d&#233;cembre 1945), les forces suivantes : &#171; 1- Tous les partis traditionnels, 2- La partie la plus consciente et la plus combative du mouvement ouvrier et de la paysannerie, 3- Une grande partie de la jeunesse ouvri&#232;re et paysanne, l'immense majorit&#233; de la jeunesse universitaire, des professeurs, des employ&#233;s, des classes moyennes, 4- La majorit&#233; des industriels, commer&#231;ants, agriculteurs, &#233;leveurs et financiers, 5- La majorit&#233; de l'arm&#233;e et de la marine, et une partie de la police en uniforme. Malgr&#233; tout, l'Union d&#233;mocratique a encore un caract&#232;re trop restreint, parce que ne participent pas encore en elle quelques secteurs progressistes du parti conservateur. &#187;&lt;br /&gt;
La participation du PC &#224; cette alliance &#8211; soutenue par ailleurs par l'ambassadeur US en Argentine, Sprulle Braden, m&#233;fiant vis-&#224;-vis du nationalisme d&#233;magogique de Peron &#8211; a eu des cons&#233;quences &#224; long terme : &#224; partir de ce moment, un &#233;cart s'instaure entre la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re argentine, ralli&#233;e au p&#233;ronisme, et les communistes, accus&#233;s par Peron de collaboration avec les militaires et les propri&#233;taire donciers les plus conservateurs. &lt;br /&gt;
Des situations semblables apparaissent dans d'autres pays du continent, notamment en Bolivie, o&#249; le PIR (Parti de la gauche r&#233;volutionnaire, prosovi&#233;tique) s'allie avec les grands partis oligarchiques traditionnels pour renverser (en 1946) le gouvernement du MNR (Mouvement national r&#233;volutionnaire), consid&#233;r&#233; comme profasciste. (&#8230;) &lt;br /&gt;
Le Parti communiste br&#233;silien soutient en 1945 le caudillo populiste Getulio Vargas, notamment parce que celui-ci (contrairement &#224; Peron et &#224; Villaroel, le pr&#233;sident li&#233; au MNR bolivien) avait particip&#233; du c&#244;t&#233; des Alli&#233;s &#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale. Le PC br&#233;silien aura lui aussi une orientation pro-browd&#233;riste d' &#187;union nationale &#187;. Par exemple, dans un livre publi&#233; en 1945, Luis Carlos Prestes &#233;crivait : &#171; C'est par le moyen de ses organisations syndicales que la classe prol&#233;tarienne peut aider le gouvernement et les patrons &#224; trouver des solutions pratiques, rapides et efficaces aux graves probl&#232;mes &#233;conomiques du jour. &#187; dans &#171; L'union nationale pour la d&#233;mocratie et le progr&#232;s &#187; de Prestes. Il est int&#233;ressant de constater qu'&#224; cette p&#233;riode de mod&#233;ration extr&#234;me de la politique des partis communistes apparaissent pour la premi&#232;re fois des manifestations oppositionnelles de gauche au sein du mouvement ouvrier, &#224; une &#233;chelle de masse. L'opposition de gauche communiste et le trotskysme avaient fait leur apparition en Am&#233;rique latine d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es trente, d'abord eu Br&#233;sil et au Chili ; la Izquierda communista chilienne, affili&#233;e &#224; l'opposition de gauche internationale, est constitu&#233;e en 1933 par une fraction importante du PC chilien qui avait fait scission en 1931 (dirig&#233;e par Manuel Hidalgo, Humberto Mendoza, Oscar Waiss, etc) ; toutefois, en 1937 la plupart des membres de ce groupe adh&#232;rent au Parti socialiste, et &#224; partir de ce moment le trotskysme sera constamment une des tendances id&#233;ologiques diffuses du socialisme chilien. Mais c'est surtout en Bolivie que l'opposition trotskyste r&#233;ussit r&#233;ellement &#224; s'implanter. Fond&#233; en 1934 par J. Aguirre Gainsbourg et Tristan Marof, le POR (Parti ouvrier r&#233;volutionnaire), section bolivienne de la quatri&#232;me internationale, gagne &#224; partir de la deuxi&#232;me guerre mondiale une influence significative sur le mouvement ouvrier. En 1946, un congr&#232;s de la FSTMB ( F&#233;d&#233;ration syndicale des travailleurs des mines de Bolivie) r&#233;uni &#224; Palacayo, approuve un ensemble de th&#232;ses d'inspiration nettement trotskystes, dont l'axe central est la strat&#233;gie de transformation de la r&#233;volution d&#233;mocratico-bourgeoise en r&#233;volution socialiste dans un processus ininterrompu, sous la direction du prol&#233;tariat alli&#233; &#224; paysannerie (voir documents). (&#8230;) 1948-54, &#224; l'&#233;chelle internationale, est la p&#233;riode dite de la guerre froide, qui commence par une offensive g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'imp&#233;rialisme contre l'URSS, suivie d'un raidissement de celle-ci et du mouvement communiste international. En Am&#233;rique latine, d&#232;s 1948, les partis communistes sont mis hors la loi (par exemple, au Br&#233;sil, au Chili) et des les syndicalistes communistes traqu&#233;s par la police (assassinat de Jesus M&#233;nendez, dirigeant des travailleurs du sucre &#224; Cuba) ; des gouvernements &#233;lus avec le concours des votes des partis communistes en 1945-46 (ou soutenus par eux), comme Gran San Martin &#224; Cuba, Gonzalez Videla au Chili, Miguel Aleman au Mexique, vont s'inspirer de la politique nord-am&#233;ricaine pour lancer la chasse aux sorci&#232;res et la r&#233;pression anti-communiste. En riposte (et suivant la nouvelle orientation de l'URSS, les PC latino-am&#233;ricains relancent l'anti-imp&#233;rialisme et, dans une certaine mesure, la lutte des classes contre la bourgeoisie indig&#232;ne ; la p&#233;riode de la guerre froide conna&#238;t un nouveau tournant &#224; gauche du communisme pro-sovi&#233;tique en Am&#233;rique latine. Mais, contrairement &#224; la p&#233;riode 1929-35, aucune action r&#233;volutionnaire de masse ne sera men&#233;e par les partis communistes ; et surtout le nouveau tournant ne met nullement en cause le fondement essentiel de la strat&#233;gie des ces partis pour le continent : l'interpr&#233;tation &#171; stalinienne &#187; du marxisme, la doctrine de la r&#233;volution par &#233;tapes et du bloc des quatre classes pour la r&#233;alisation de l'&#233;tape national-d&#233;mocratique.&lt;br /&gt;
L'exemple le plus caract&#233;ristique pour cette p&#233;riode est sans doute le Guatemala des ann&#233;es 1951-54, quand, sous la pr&#233;sidence de Jacobo Arbenz, le PGT (Parti guat&#233;malt&#232;que du travail, communiste) devient une des principales forces politiques du pays. H&#233;g&#233;monique dans les syndicats ouvriers et paysans, le PFT con&#231;oit sa t&#226;che dans le cadre d'une r&#233;volution d&#233;mocratico-nationale, alli&#233; avec le secteur consid&#233;r&#233; comme progressiste de la bourgeoisie et des forces arm&#233;es. (&#8230;) Apr&#232;s l'expropriation, par le gouvernement Arbenz, de certaines propri&#233;t&#233;s de l'United Fruit Company, une arm&#233;e de mercenaires, arm&#233;s et entra&#238;n&#233;s par les USA, envahit le Guatemala en juin 1954. Les forces arm&#233;es gouvernementales se d&#233;fendent avec tr&#232;s peu de conviction, et leur &#233;tat-major finit par abandonner Jacobo Arbenz et se rallier au colonel Castillo Armas, chef des forces d'intervention, gr&#226;ce &#224; la m&#233;diation de l'ambassadeur am&#233;ricain au Guatemala, John Peurifoy. (&#8230;) En 1955, la direction du PGT publie un bilan autocritique que le parti &#171; n'avait pas suivi une ligne suffisamment ind&#233;pendante par rapport &#224; la bourgeoisie d&#233;mocratique &#187; ; en particulier, &#171; le PGT a contribu&#233; &#224; nourrir des illusions dans l'arm&#233;e en ne d&#233;masquant pas la v&#233;ritable position et l'activit&#233; contre-r&#233;volutionnaire des chefs de l'arm&#233;e. &#187; Toutefois, cette autocritique ne remet pas en question le fondement strat&#233;gique de l'orientation du PGT (la conception des &#233;tapes du d&#233;veloppement historique, etc, mais seulement les erreurs tactiques commises dans l'application concr&#232;te de cette strat&#233;gie &#233;tapiste ; le PGT r&#233;affirme donc en 1955 la n&#233;cessit&#233; de former un bloc avec la bourgeoisie nationale pour une r&#233;volution d&#233;mocratique et patriotique. (&#8230;) Le durcissement politique ne signifiait pas n&#233;cessairement une activit&#233; r&#233;volutionnaire concr&#232;te. L'exemple cubain est &#224; cet &#233;gard significatif. (&#8230;) Le PSP ne m&#232;ne pas d'actions violentes contre le r&#233;gime de Batista, et il d&#233;nonce l'assaut au Moncada du 26 juillet 1953 comme une initiative &#171; putschiste, aventuriste, d&#233;sesp&#233;r&#233;e, caract&#233;ristique d'une petite bourgeoisie sans principe et compromise avec le gangst&#233;risme. &#187; (&#8230;) En juin 1957, six mois apr&#232;s le d&#233;barquement &#224; Cuba des combattants du Mouvement du 26 juillet, sous la direction de Fidel Castro : &#171; Il est important de r&#233;affirmer (&#8230;) que, aujourd'hui comme hier, nous rejetons et condamnons et continuerons &#224; rejeter et &#224; condamner les m&#233;thodes terroristes et putschistes, comme inefficaces, nuisibles et contraires &#224; l'int&#233;r&#234;t du peuple. &#187; (dans &#171; Fundamentos &#187; n&#176; 149, d&#233;cembre 1956-juin 1957). (&#8230;) Au cours de l'ann&#233;e 1958, le PSP finit par s'int&#233;grer au combat du Mouvement du 26 juillet contre la dictature (&#8230;) Blas Roca (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du PSP), dans son rapport &#224; la huiti&#232;me assembl&#233;e nationale du parti (ao&#251;t 1960), souligne : &#171; La r&#233;volution cubaine (&#8230;) est une r&#233;volution qui, par les t&#226;ches historiques qu'elle affronte et accomplit, peut &#234;tre qualifi&#233;es, avec raison, de r&#233;volution national-lib&#233;ratrice et agraire, de r&#233;volution patriotique et d&#233;mocratique. (&#8230;) La bourgeoisie nationale, qui tire b&#233;n&#233;fice de la r&#233;volution et a obtenu des profits extraordinaires derni&#232;rement, &#224; cause de l'augmentation du pouvoir d'achat du peuple et du nombre de consommateurs, soutient la r&#233;volution, mais fr&#233;quemment s'effraye de ses mesures radicales et des menaces, rodomontades et attaques de l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain. (&#8230;) A l'int&#233;rieur des limites qui seront &#233;tablies, il faut garantir les profits de l'entreprise priv&#233;e, son fonctionnement et son d&#233;veloppement normal. Il faut stimuler parmi les travailleurs de ces entreprises le z&#232;le et l'augmentation de la productivit&#233;. &#187; (dans &#171; Bilan du travail du Parti depuis le dernier congr&#232;s national, 1960). &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Extraits de &#171; Le marxisme en Am&#233;rique latine &#187; de Michael Lowy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment le Parti communiste cubain soutenait le dictateur Batista :&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Cuba conna&#238;tra (&#8230;) une alliance entre le Parti communiste et le colonel Fulgencio Batista qui va durer de 1939 &#224; 1944, quand celui-ci d&#233;missionne. En 1943, le pr&#233;sident du parti, l'&#233;crivain Juan Marinello, est ministre sans protefeuille du gouvernement Batista. L'article ci-dessous situe le cadre politique continental dans lequel ce front fut constitu&#233; : l'alliance pan-am&#233;ricaine contre le danger fasciste, sous l'&#233;gide &#224; la fois de Roosevelt, Batista, Lombardo Toledano (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des syndicats mexicains) et le PC cubain. Sur la personnalit&#233; de Batista en 1939, voici ce qu'&#233;crit Saverio Tutino (&#8230;) dans son Histoire de la r&#233;volution cubaine (&#8230;) : &#171; C'&#233;tait lui qui repr&#233;sentait le fascisme, m&#234;me s'il acceptait maintenant, pour des exigences surtout nord-am&#233;ricaines, de s'unir &#224; l'anti-fascisme sur le plan international. Batista avait fait massacrer des ouvriers et s'&#233;tait souill&#233; avec l'assassinat d'un h&#233;ros national comme Antonio Guiteras. &#187; (dans &#171; L'octobre cubain &#187; de Saverio Tutino). &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Extrait de &#171; Le marxisme en Am&#233;rique latine &#187; de Michael Lowy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les perspectives d'avenir d&#233;velopp&#233;es par la 10&#232;me assembl&#233;e pl&#233;ni&#232;re du parti communiste en juillet 1938 et au 3&#232;me congr&#232;s du PC en janvier dernier sont &#224; nouveau confirm&#233;s par les r&#233;cents &#233;v&#233;nements ; d'une part le mouvement populaire a continu&#233; &#224; cro&#238;tre et &#224; se consolider. Le colonel Batista est devenu un &#233;l&#233;ment important du front des forces progressistes. D'autre part la r&#233;action et le fascisme rassemblent leurs forces et trament des plans d&#233;sesp&#233;r&#233;s pour renverser Batista et &#233;craser le mouvement populaire. &lt;br /&gt;
Le congr&#232;s d'unification syndicale s'est tenu du 23 au 28 janvier. ( &#8230;) La conf&#233;d&#233;ration ouvri&#232;re cubaine a &#233;t&#233; fond&#233;e. (&#8230;) Une d&#233;l&#233;gation extr&#234;mement nombreuse de la Conf&#233;d&#233;ration des travailleurs mexicains sous la conduite de son secr&#233;taire, Vicente Toledano, a &#233;galement particip&#233; au congr&#232;s. Toledano a prononc&#233; un discours historique o&#249; il a r&#233;fut&#233; en tous points la th&#233;orie fasciste-trotskyste niant l'existence d'un danger fasciste en Am&#233;rique latine. Cette th&#233;orie n'est rien d'autre qu'un voile derri&#232;re lequel les ennemis de la politique de Roosevelt peuvent poursuivre leur politique imp&#233;rialiste. Un d&#233;l&#233;gu&#233; du CIO am&#233;ricain assistait &#233;galement au congr&#232;s en qualit&#233; d'invit&#233;. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Le gouvernement cubain et, surtout, son animateur, le colonel Batista, comprennent que le d&#233;veloppement et la sauvegarde du bien-&#234;tre populaire ainsi que la d&#233;fense des institutions d&#233;mocratiques sont &#233;troitement li&#233;s &#224; la lutte contre le fascisme non seulement &#224; Cuba mais dans tout l'h&#233;misph&#232;re am&#233;ricain et partout dans le monde. La courageuse attitude prise par la d&#233;l&#233;gation cubaine &#224; la conf&#233;rence de Lima n'&#233;tait pas fortuite ; c'&#233;tait l'expression de la politique antifasciste de plus en plus consciente du gouvernement cubain, comme l'a montr&#233; le voyage du colonel Batista au Mexique (&#8230;) Au cours du grand meeting organis&#233; &#224; Mexico par la Conf&#233;d&#233;ration des travailleurs mexicains, le colonel Batista, devant une assistance de pr&#232;s de 100.000 ouvriers, a soulign&#233; la n&#233;cessit&#233; d' &#187;une alliance des peuples de notre h&#233;misph&#232;re sans consid&#233;ration de nationalit&#233;, de race, de couleur ou de langue &#187;, pour combattre le fascisme. (&#8230;)&lt;br /&gt;
De retour &#224; Cuba, le colonel Batista a d&#233;velopp&#233; encore ses tendances progressistes et d&#233;mocratiques. C'est ainsi, notamment, que, lors du grand meeting organis&#233; en son honneur par la Conf&#233;d&#233;ration des travailleurs cubains, il a dit : &#171; Le parti communiste, au Mexique comme &#224; Cuba, en France et aux Etats-Unis, o&#249; il est reconnu comme une force l&#233;gale au lieu d'&#234;tre consid&#233;r&#233; comme un &#233;l&#233;ment de d&#233;sordre, agit comme une force vive de la d&#233;mocratie. &#187; Et, dans un autre discours, prononc&#233; &#224; Camag&#252;ey, il a d&#233;clar&#233; que le communisme est &#171; un &#233;l&#233;ment de progr&#232;s et de d&#233;mocratie &#187;. (&#8230;) Le mot d ordre du parti doit &#234;tre, d&#233;sormais : &#171; avec Batista, contre la r&#233;action &#187;. c'est-&#224;-dire que le parti doit se prononcer ouvertement pour l'appui de la politique de Batista par les larges masses populaires. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Extrait de &#171; L'importance pour l'Am&#233;rique latine de l'essor d&#233;mocratique &#224; Cuba &#187;, article de R. A. Martinez dans &#171; La correspondance internationale &#187; du 1er avril 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique des staliniens au Guatemala, vue par les trotskystes :&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; La bourgeoisie et le gouvernement&lt;br /&gt;
&#171; Le gouvernement Arbenz est un gouvernement bourgeois. Il ne faut pas qu'il y ait l&#224;-dessus de confusion si nous voulons comprendre ce qui se passe au Guatemala. Jose Manuel Fortuny lui-m&#234;me, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du parti communiste (maintenant appel&#233; Parti guat&#233;malt&#232;que du travail), dans son Rapport sur l'activit&#233; du Comit&#233; central au deuxi&#232;me congr&#232;s du parti, le 11 d&#233;cembre 1952, reconnut que &#171; le gouvernement Arbenz (&#8230;) est un gouvernement de la bourgeoisie nationale et de la petite bourgeoisie, servant les int&#233;r&#234;ts nationalistes de la bourgeoisie et dirigeant son action r&#233;volutionnaire contre le f&#233;odalisme. &#187; (&#8230;) Le m&#234;me Fortuny, dans son Rapport plusieurs fois cit&#233;, nous le dit : &#171; Le fait qu'une petite partie de la bourgeoisie du Guatemala offre de la r&#233;sistance &#224; l'imp&#233;rialisme et m&#234;me se pr&#233;occupe de la d&#233;fense de la souverainet&#233; nationale n'emp&#234;che pas que la bourgeoisie du Guatemala, en g&#233;n&#233;ral, faible et naissante, n'est pas dispos&#233;e &#224; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts nationaux, car elle place ses relations avec l'imp&#233;rialisme au-dessus des int&#233;r&#234;ts de la nation. &#187;&lt;br /&gt;
Un gouvernement comme celui d'Arbenz est &#233;minemment transitoire, &#233;tant donn&#233; qu'il repr&#233;sente un facteur d'&#233;quilibre social instable. Ou bien il est renvers&#233; par l'imp&#233;rialisme et les f&#233;odaux-bourgeois dirigistes, ou bien il c&#232;de la place au gouvernement form&#233; du parti communiste, de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des travailleurs et de la Conf&#233;d&#233;ration nationale paysanne, gouvernement qui &#233;manciperait r&#233;ellement le pays de l'imp&#233;rialisme et compl&#232;terait la r&#233;forme agraire. (&#8230;) D'ici l&#224;, notre devoir est de d&#233;fendre le gouvernement Arbenz, les armes &#224; la main, contre toute attaque de la contre-r&#233;volution pro-yankee. Cela, naturellement, ne veut pas dire que nous devions lui donner le moindre soutien politique, que nous devions cacher ses limites et son caract&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re et que nous semions des illusions sur sa capacit&#233; de diriger la lutte anti-imp&#233;rialiste. C'est pr&#233;cis&#233;ment en cela que se diff&#233;rencient les marxistes r&#233;volutionnaires des bureaucrates opportunistes comme Fortuny : les premiers disent la v&#233;rit&#233; aux ouvriers, les pr&#233;parent &#224; d&#233;fendre le gouvernement contre la r&#233;action et &#224; le remplacer par leur propre gouvernement, les seconds trompent les ouvriers et les d&#233;sorientent en les emp&#234;chant en les emp&#234;chant de se pr&#233;parer &#224; l'une et &#224; l'autre t&#226;che.&lt;br /&gt;
&#171; Le parti guat&#233;malt&#232;que du travail (ex parti communiste)&lt;br /&gt;
&#171; Le parti stalinien groupe l'avant-garde du prol&#233;tariat guat&#233;malt&#232;que. (&#8230;) La grande affluence d'ouvriers dans ses rangs s'explique par le fait que le parti se pr&#233;sente comme l'unique parti r&#233;volutionnaire au Guatemala. Actuellement, son journal, &#171; Tribune populaire &#187; a une diffusion estim&#233;e &#224; 10.000 exemplaires. La p&#233;n&#233;tration du parti dans les masses est tr&#232;s effective et se r&#233;alise &#224; travers la CGTG et la CNC, organisations nationales du prol&#233;tariat et de la paysannerie guat&#233;malt&#232;ques. (&#8230;) Il dit que &#171; Nous, communistes, reconnaissons qu'en raison de ces conditions sp&#233;ciales, le d&#233;veloppement du Guatemala devra se r&#233;aliser pour un temps par le chemin du capitalisme. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Extraits de &#171; La r&#233;volution guatemalt&#232;que &#187; de Ismael Frias pour la revue &#171; Quatri&#232;me internationale &#187; de mars-mai 1954.&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;La position des staliniens cubains sur la premi&#232;re tentative de renversement de la dictature de Batista par Fidel Castro (l'assaut contre la caserne Moncada le 26 juillet 1953) pr&#233;sent&#233;e par le PC cubain comme une provocation servant de pr&#233;texte &#224; la r&#233;pression du r&#233;gime :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Camarades,&lt;br /&gt;
&#171; Le 26 juillet, la clique bourgeoise-latifundiste et pro-imp&#233;rialiste, qui s'&#233;tait impos&#233;e au pays par le coup d'Etat r&#233;actionnaire du 10 mars 1952, a r&#233;ussi, en fait, un nouveau coup d'Etat, visant cette fois &#224; accentuer le caract&#232;re r&#233;actionnaire de son gouvernement et &#224; &#233;liminer toute une s&#233;rie d'obstacles qui s'opposaient &#224; ses plans. (&#8230;) St&#233;rile et erron&#233;e, la r&#233;bellion orientale, dont le point culminant a &#233;t&#233; l'assaut des casernes &#224; Santiago de Cuba et &#224; Bayano que les forces militaires du r&#233;gime ont facilement mat&#233;e &#8211; malgr&#233; les bonnes intentions qui purent inspirer ses auteurs &#8211; pour balayer les restes de l&#233;galit&#233; existants et pour frapper tr&#232;s fortement le mouvement d&#233;mocratique des masses, qui &#224; ce moment-l&#224; se d&#233;veloppait et mena&#231;ait s&#233;rieusement de mettre en &#233;chec tous les plans du gouvernement. (&#8230;) Les semaines qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; le 26 juillet, on observait une rapide croissance de l'opposition populaire, se traduisant peu &#224; peu en plusieurs actions et m&#234;me en gr&#232;ves qui secouaient le r&#233;gime de fait. Le gouvernement, compromis avec ses parrains et protecteurs &#8211; les imp&#233;rialistes yankees &#8211; pour imposer &#224; Cuba le &#171; plan de redressement &#187;, les r&#233;ductions de salaires, les licenciements en masse et l'abolition de la l&#233;gislation sociale acquise par les grandes luttes des travailleurs sous l'orientation de notre parti ; le gouvernement d&#233;cid&#233; &#224; faire de Cuba une colonie sans masque, fid&#232;lement align&#233; sur la politique expansionniste et belliciste yankee (&#8230;) En plus, dans les conditions d'une mobilisation croissante des masses, il devenait de plus en plus difficile de mener &#224; bien, sans courir le &#171; risque &#187; d'un vote adverse massif, une farce &#233;lectorale permettant au gouvernement de se couvrir du vernis l&#233;galiste qu'il attendait depuis le 10 mars. Pour cette raison, c'est avec une joie sauvage et une furie sans limite que les chefs du 10 mars (la dictature) accueillirent les &#233;v&#233;nements d'Orient (la r&#233;bellion) comme le pr&#233;texte souhait&#233; et entreprirent une offensive contre les restes de l&#233;galit&#233; d&#233;mocratique dont nous avions parl&#233;, d&#233;clenchant la vague de pers&#233;cutions et d'arbitraire qui &#233;mut le pays. Cons&#233;quences de cette offensive, en plus des innombrables assassinats le long des chemins royaux orientaux, des centaines de prisonniers, des contr&#244;les policiers en masse, de la fermeture de notre cher &#171; Hoy &#187; et d'autres journaux. (&#8230;) Nous refusons aussi bien l'aventurisme et le &#171; putschisme &#187; qu l'&#233;lectoralisme. Nous sommes oppos&#233;s &#224; toutes ces conspirations sans principe, au putschisme, au terrorisme et aux autres formes d'action des groupes isol&#233;s des masses, dont l'inefficacit&#233; et la nocivit&#233; ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; prouv&#233;es par l'histoire. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Extraits de &#171; Le parti socialiste populaire et la r&#233;volution &#224; Cuba &#187;, article de A. Diaz dans &#171; Fundamentos &#187; de mai 1954&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Document tir&#233; de &#034;Sans patrie ni fronti&#232;re&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;surrection de Che Guevara&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;par Samuel Farber&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est paru dans la revue am&#233;ricaine New Politics en &#233;t&#233; 1998. Il recense trois ouvrages dont deux (ceux de J.G. Casta&#241;eda et P.I. Taibo) ont &#233;t&#233; traduits en fran&#231;ais. Les num&#233;ros de pages indiqu&#233;s en notes ou entre parenth&#232;ses renvoient aux &#233;ditions anglaises et les citations ont &#233;t&#233; traduites par nos soins. Bien que cet article date d'il y a dix ans, il soulignait d&#233;j&#224; un ph&#233;nom&#232;ne (la gu&#233;varomanie) qui continue &#224; s&#233;vir aujourd'hui. Samuel Farber est n&#233; &#224; Cuba et vit d&#233;sormais aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a publi&#233; plusieurs livres : R&#233;volution and Reaction in Cuba (1933-1960) ; The Origins of the Cuban Revolution Reconsidered (Envisioning Cuba) ; Before Stalinism : Rise and Fall of Soviet Democracy ; Social Decay and Transformation, A view from the Left, ainsi que de nombreux articles dont l'un (sur le racisme &#224; Cuba) a &#233;t&#233; partiellement traduit dans le num&#233;ro 21-22 de notre revue. (Ni patrie ni fronti&#232;res)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TRENTE ANS APRES SON EXECUTION SOMMAIRE PAR L'ARMEE BOLIVIENNE, ex&#233;cution dont la CIA fut complice, Che Guevara attire une fois de plus l'attention de l'opinion publique. Son image a &#233;t&#233; reproduite &#224; d'innombrables reprises par une &#233;trange combinaison d'individus et d'institutions : du pr&#233;sident de droite de l'Argentine, Carlos Menem, qui a fait &#233;diter un timbre comm&#233;moratif avec la collaboration du gouvernement cubain, aux agences de publicit&#233; qui vendent des marchandises dernier cri aux jeunes cadres dynamiques. Cette situation a pouss&#233; un dessinateur du quotidien mexicain de gauche La Jornada &#224; repr&#233;senter le Che avec un b&#233;ret orn&#233; du logo de Nike. Cette r&#233;surrection du Che a &#233;t&#233; accompagn&#233;e (et est en partie provoqu&#233;e) par la publication d'un certain nombre de livres largement recens&#233;s dans les journaux et revues, politiques et intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mystifi&#233; et mythifi&#233; depuis qu'il a &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;, le Che est devenu une source d'inspiration politique pour beaucoup de gens qui n'ont qu'une notion tr&#232;s vague de ses activit&#233;s et id&#233;es politiques. Dans cette perspective, mon article vise &#224; reconstruire un portrait politique de Che Guevara, en puisant dans les documents inestimables fournis par trois ouvrages(1). Je m'appuierai principalement sur le livre de Jorge G. Casta&#241;eda, qui est le plus astucieux politiquement et peut-&#234;tre celui dont on a le plus parl&#233;, mais je ferai aussi r&#233;f&#233;rence occasionnellement aux biographies de J.L. Anderson et de Paco Ignacio Taibo II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jorge G. Casta&#241;eda est un auteur mexicain c&#233;l&#232;bre qui entretient des liens &#233;troits avec l'&#233;lite politique de son pays (son p&#232;re, r&#233;cemment d&#233;c&#233;d&#233;, fut ministre des Affaires &#233;trang&#232;res). Ancien communiste de tendance althuss&#233;rienne(2), il est r&#233;cemment devenu c&#233;l&#232;bre en raison de son soutien &#224; un programme politique social-d&#233;mocrate pour l'Am&#233;rique latine et son rejet concomitant d'une solution r&#233;volutionnaire pour le continent sud-am&#233;ricain. Son livre, cependant, ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme totalement hostile au Che. Quant &#224; ceux qui affirment que Casta&#241;eda accuse Fidel Castro d'avoir abandonn&#233; Guevara afin qu'il meure en Bolivie, l'auteur se montre en fait beaucoup plus prudent. Il propose cette piste comme une hypoth&#232;se et, tout en n'&#233;cartant pas cette possibilit&#233;, il expose en d&#233;tail les fortes pressions qu'ont exerc&#233;es les Sovi&#233;tiques sur Castro, pressions qui ont alors limit&#233; la libert&#233; d'action de Fidel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques de Casta&#241;eda sont principalement dirig&#233;es contre les aspects r&#233;volutionnaires de la personnalit&#233; du Che. Ainsi, dans le prologue de son livre, il souligne son &#171; refus &#233;ternel de l'ambivalence &#187; et la tendance, chez les jeunes des ann&#233;es 1960, g&#233;n&#233;ration &#224; laquelle il a appartenu, &#224; pr&#244;ner &#171; un rejet total des contradictions de la vie &#187;, et &#224; s'interdire, par principe, &#171; tous sentiments contradictoires, d&#233;sirs conflictuels ou objectifs politiques mutuellement incompatibles &#187;, dans une &#233;poque qui &#233;tait &#171; d&#233;peinte uniquement en noir et blanc &#187;. Ces positions et cette critique sous-jacentes n'aident pas le lecteur non averti &#224; distinguer entre, d'une part, les critiques g&#233;n&#233;ralement justifi&#233;es que formule Casta&#241;eda contre la gu&#233;rilla en tant que strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et contre ses applications sp&#233;cifiques au Congo et en Bolivie, et, d'autre part, la politique et la strat&#233;gie r&#233;volutionnaires marxistes. Le lecteur est ainsi incit&#233; &#224; consid&#233;rer, au moins par d&#233;faut, que la r&#233;forme (et non la r&#233;volution) serait la seule solution alternative viable et sens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ERNESTO GUEVARA DE LA SERNA EST NE EN 1928 EN ARGENTINE, qui, &#224; l'&#233;poque, &#233;tait non seulement la nation la plus prosp&#232;re d'Am&#233;rique latine mais aussi l'un des pays les plus riches au monde. Mais sa famille, qui appartenait &#224; l'&#233;lite, connut aussi des difficult&#233;s financi&#232;res en raison des faillites commerciales du p&#232;re de Guevara. Si le Che assimila certainement les valeurs de gauche d'un couple fortement affect&#233; par la Guerre civile espagnole, il ne se distingua par aucune activit&#233; politique particuli&#232;re avant d'avoir atteint environ 25 ans. C'&#233;tait plus un jeune boh&#232;me qu'un r&#233;volutionnaire mais, ph&#233;nom&#232;ne beaucoup plus r&#233;pandu &#224; l'&#233;poque, dans l'ambiance relativement prosp&#232;re et europ&#233;enne de l'Argentine, que dans la plupart des autres pays latino-am&#233;ricains, y compris Cuba. Guevara n'abandonna pas enti&#232;rement cet esprit boh&#232;me quand il se politisa pendant qu'il parcourait l'Am&#233;rique latine dans les ann&#233;es 1950. Des traces significatives de cette p&#233;riode boh&#232;me subsisteront et elles influenceront son &#233;volution politique ult&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il quitta le Guatemala, en 1954, au lendemain du renversement du gouvernement constitutionnel de Jacobo Arbenz, renversement orchestr&#233; par l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, Guevara &#233;tait un individu compl&#232;tement politis&#233; qui d&#233;fendait une conception stalinienne du monde. Et ce, dans ses deux dimensions :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; au sens g&#233;n&#233;ral, puisqu'il &#233;tait devenu un fervent d&#233;fenseur du mod&#232;le politique, repr&#233;sent&#233; par l'URSS, d'un Etat r&#233;pressif domin&#233; par un parti unique, poss&#233;dant et dirigeant l'&#233;conomie sans que le peuple exerce le moindre contr&#244;le d&#233;mocratique, sans syndicats ind&#233;pendants, sans la moindre libert&#233; pour les ouvriers ou les citoyens,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mais aussi au sens litt&#233;ral puisque le Che &#233;prouvait la plus grande admiration pour Joseph Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, avant m&#234;me son exp&#233;rience guat&#233;malt&#232;que, quand Guevara parcourut le Costa Rica et qu'il put observer de pr&#232;s le pouvoir impressionnant et effrayant de la multinationale am&#233;ricaine United Fruit, il &#233;crivit &#224; sa tante Beatriz qu'il avait jur&#233; &#171; devant une image de notre cher vieux et regrett&#233; camarade Staline [qu'il n'aurait] pas de repos avant d'assister &#224; l'an&#233;antissement de ces pieuvres capitalistes &#187;. Il signa &#171; Staline II &#187; une autre lettre qu'il envoya &#224; cette m&#234;me tante (J.G. Casta&#241;eda, p. 62 ; J.L. Anderson, p. 167). Mais il est plus important de souligner que, lorsque Guevara visita l'URSS en novembre 1960, en tant que l'un des chefs les plus importants de la r&#233;volution cubaine, il insista pour d&#233;poser une gerbe de fleurs sur la tombe de Staline, malgr&#233; l'avis contraire de l'ambassadeur cubain en URSS (J.G. Casta&#241;eda, p. 181). Soulignons que ce geste eut lieu quatre ans apr&#232;s que Krouchtchev eut r&#233;v&#233;l&#233; les crimes de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des gens de gauche ou d'extr&#234;me gauche associent le stalinisme &#224; la p&#233;riode du Front populaire. Or, le stalinisme de Guevara &#233;tait d'un autre type, beaucoup plus proche de la politique agressive, collectivisatrice, du r&#233;gime stalinien &#224; la fin des ann&#233;es 1920 et au d&#233;but des ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est r&#233;v&#233;lateur que Guevara ait fortement critiqu&#233; L&#233;nine pour avoir introduit certains &#233;l&#233;ments de la concurrence capitaliste en URSS dans les ann&#233;es 1920 (la fameuse NEP, nouvelle politique &#233;conomique) (J.L. Anderson, p. 697). Le collectivisme de Guevara &#233;tait donc du stalinisme pur et dur. En mars 1960, il d&#233;clara : &#171; on doit constamment penser au nom des masses et non pas au nom des individus (...) il est criminel de penser aux individus parce que leurs besoins ne sont que peu de chose aupr&#232;s de ceux des masses &#187;. En ao&#251;t 1964, Che affirma : l'individu &#171; se r&#233;jouit de se sentir l'un des rouages de la roue, un rouage qui a ses propres caract&#233;ristiques et est n&#233;cessaire mais pas indispensable, au processus de production, un rouage conscient, qui a son propre moteur, et qui essaye consciemment de pousser de plus en plus fortement vers une conclusion heureuse, l'une des pr&#233;misses de la construction du socialisme &#8211; la cr&#233;ation d'une quantit&#233; de biens de consommation suffisante pour l'ensemble de la population &#187;. (J.L. Anderson, 470, 605) Les crit&#232;res de Guevara concernant cette &#171; quantit&#233; de biens de consommation suffisante pour l'ensemble de la population &#187; &#233;taient particuli&#232;rement asc&#233;tiques, conform&#233;ment aux normes qu'il s'imposait &#224; lui et sa famille. Ceci &#233;tait, &#224; son tour, li&#233; &#224; son puritanisme dont les effets se v&#233;rifieront &#8211; et seront m&#234;me remis en cause &#8211; avant l'&#233;tablissement d'un r&#233;gime de parti unique &#224; Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pendant la lutte arm&#233;e contre Batista, le Che essaya de r&#233;glementer les relations sexuelles entre les hommes et les femmes de sa colonne, jusqu'&#224; ce qu'il soit forc&#233; de reconsid&#233;rer sa position. De m&#234;me, quand ses troupes occup&#232;rent la ville de Sancti Spiritus au centre de l'&#238;le de Cuba, vers la fin de l'ann&#233;e 1958, il essaya d'interdire l'alcool et la loterie, mais il dut y renoncer face &#224; la r&#233;sistance des habitants de cette ville (J.G. Casta&#241;eda, p. 132). Il avait une conception spartiate de la vie en collectivit&#233; ; il souhaitait une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire dirig&#233;e par les r&#233;volutionnaires d&#233;vou&#233;s et d&#233;sint&#233;ress&#233;s &#224; la t&#234;te d'un Parti-Etat ne laissant aucune place &#224; la d&#233;mocratie, &#224; l'individualit&#233; ou &#224; l'abondance mat&#233;rielle. Cela explique pourquoi la notion de stimulants moraux joua un r&#244;le si essentiel dans sa vision sociale et politique. Le d&#233;vouement, le sacrifice et l'altruisme collectifs constituaient les trois piliers de sa politique face &#224; une soci&#233;t&#233; d'individus politiquement conscients, &#224; l'esprit ind&#233;pendant, rationnel, qui auraient souhait&#233; &#233;laborer des objectifs et des programmes collectifs &#224; travers des discussions et des votes d&#233;mocratiques ; c'est-&#224;-dire, qui auraient voulu s'appuyer sur le pouvoir d'une majorit&#233; qui accorde et garantisse des droits &#224; la minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'asc&#233;tisme personnel et politique de Guevara l'a n&#233;cessairement conduit &#224; se montrer indiff&#233;rent face aux besoins mat&#233;riels et aux pr&#233;occupations des couches populaires, voire &#224; m&#233;priser ces besoins. Quand il critiqua vivement ce qu'il appela &#171; l'embourgeoisement &#187; du bloc sovi&#233;tique apr&#232;s la mort de Staline, il ne se demanda pas une seconde si les changements politiques et &#233;conomiques d&#233;cid&#233;s par Krouchtchev et ses homologues est-europ&#233;ens avaient am&#233;lior&#233; la vie quotidienne des masses derri&#232;re le rideau de fer, pr&#233;cis&#233;ment parce que ces r&#233;gimes &#233;taient d&#233;sormais oblig&#233;s de produire et distribuer davantage de biens de consommation que son h&#233;ros Staline. La biographie de Paco Ignacio Taibo II indique que Guevara a &#233;t&#233; tr&#232;s influenc&#233; par les id&#233;es de Gandhi avant qu'il n'adopte la version stalinienne du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette information est tr&#232;s significative et attire notre attention sur les affinit&#233;s &#233;lectives entre le gandhisme et l'esprit boh&#232;me du jeune Guevara, id&#233;ologies qui toutes deux m&#233;prisent le confort et les progr&#232;s &#171; bourgeois &#187; de la civilisation moderne, et sa version particuli&#232;re d'un stalinisme asc&#233;tique qu'il soutiendra et d&#233;veloppera lui-m&#234;me plus tard. Le stalinisme de Guevara se caract&#233;risait aussi par un solide volontarisme, ce qui le rapprochait de la vari&#233;t&#233; mao&#239;ste du stalinisme. Les analyses du marxisme classique sont travers&#233;es par une tension permanente entre le r&#244;le des facteurs objectifs et subjectifs dans le d&#233;veloppement historique, comme l'exprime la c&#233;l&#232;bre formule que l'on trouve dans Le 18-Brumaire de Louis-Napol&#233;on Bonaparte : &#171; Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement donn&#233;es et h&#233;rit&#233;es du pass&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tension entre facteurs objectifs et subjectifs chez Marx a &#233;t&#233; plus tard abandonn&#233;e par de nombreuses tendances qui se pr&#233;tendaient marxistes. Par exemple, la social-d&#233;mocratie allemande &#233;labora un objectivisme m&#233;caniste qui r&#233;duisait au minimum le r&#244;le de l'&#233;l&#233;ment actif-subjectif dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un autre bout de l'&#233;chiquier politique, le mao&#239;sme et le gu&#233;varisme se sont distingu&#233;s par un volontarisme extr&#234;me qui ignorait compl&#232;tement la r&#233;alit&#233; objective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que le programme &#233;conomique de Guevara pour Cuba pr&#244;nait une planification fortement centralis&#233;e &#233;liminant tous les m&#233;canismes du march&#233;. Sa politique reposait principalement sur des stimulants moraux, et ignorait toute notion de contr&#244;le ouvrier (pratique bien diff&#233;rente d'une participation des travailleurs contr&#244;l&#233;e par en haut). Guevara ne tenait pas compte des caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques de l'&#233;conomie cubaine ; bien que relativement avanc&#233;e par rapport au reste de l'Am&#233;rique latine, elle &#233;tait encore tr&#232;s &#233;loign&#233;e d'une &#233;conomie industrielle enti&#232;rement d&#233;velopp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence d'un petit commerce important n'&#233;tait pas, en derni&#232;re analyse, une question relevant d'un choix volontariste de la politique gouvernementale. Au contraire, l'activit&#233; du march&#233; refl&#233;tait la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle, c'est-&#224;-dire la pr&#233;pond&#233;rance d'une petite production marchande, un retard dans le d&#233;veloppement et l'organisation collective des moyens de production et des moyens de distribution. Selon Marx et Engels, l'abolition du march&#233; comme r&#233;gulateur principal de l'activit&#233; &#233;conomique aurait lieu dans le contexte d'un syst&#232;me reposant sur un r&#233;seau &#233;tendu d'usines o&#249; la production serait d&#233;j&#224; organis&#233;e sur une base sociale plut&#244;t qu'individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le puissant volontarisme de Guevara s'exprima &#233;galement quand il pr&#233;senta la gu&#233;rilla comme l'unique strat&#233;gie r&#233;volutionnaire pour l'Am&#233;rique latine. Il est int&#233;ressant de noter que ses premi&#232;res formulations de sa th&#233;orie de la gu&#233;rilla mettaient en garde contre une lutte arm&#233;e dans les pays latino-am&#233;ricains dirig&#233;s par des gouvernements constitutionnels &#233;lus. Cela venait certainement du fait qu'&#224; Cuba les gu&#233;rilleros avaient triomph&#233;, dans une large mesure, parce qu'ils s'&#233;taient oppos&#233;s &#224; un gouvernement ill&#233;gitime issu d'un coup d'Etat militaire effectu&#233; peu avant une &#233;lection g&#233;n&#233;rale que Batista aurait certainement perdue. Plus tard, le Che abandonna cette limitation initiale quand il d&#233;clara que les conditions &#233;taient &#233;galement m&#251;res pour la guerre de gu&#233;rilla dans toute l'Am&#233;rique latine. En d&#233;fendant cette position, il se montra &#224; nouveau incapable d'identifier des textures politiques sp&#233;cifiques et des conjonctures historiques. Et ce fut &#233;vident d&#232;s le d&#233;but, &#224; Cuba pendant la p&#233;riode de la lutte arm&#233;e contre la dictature de Batista. Il ne pouvait pas comprendre, par exemple, la tactique tr&#232;s efficace de Castro qui consistait &#224; faire des prisonniers puis &#224; les renvoyer (sans leurs armes) &#224; l'ennemi (J.G. Casta&#241;eda, p. 103), et il combattit cette position. Pourtant cette tactique &#233;tait tr&#232;s sens&#233;e face une arm&#233;e de mercenaires et de soldats d&#233;moralis&#233;s, priv&#233;s de tout appui social ou politique significatif dans la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guevara commit une erreur politique encore plus frappante et grave en proposant que les rebelles d&#233;valisent les banques pour financer leurs op&#233;rations. Quand la direction urbaine du Mouvement du 26 juillet s'y opposa, Guevara l'interpr&#233;ta comme un sympt&#244;me de leur conservatisme social. (J.G. Casta&#241;eda, p. 129 ; J.L. Anderson, p. 347). Apparemment le Che ignorait, tout comme d'ailleurs ses biographes, que, vers la fin des ann&#233;es 1940, c'est-&#224;dire un peu moins de dix ans plus t&#244;t, Cuba &#233;tait pass&#233;e par une p&#233;riode de gangst&#233;risme politique : beaucoup de r&#233;volutionnaires &#233;taient devenus des voyous qui menaient des activit&#233;s violentes, y compris des braquages de banques. Si les r&#233;volutionnaires des ann&#233;es 1950 s'&#233;taient de nouveau engag&#233;s dans de telles activit&#233;s, cela aurait fait aussit&#244;t resurgir les mauvais souvenirs de la p&#233;riode ant&#233;rieure et aurait eu des effets extr&#234;mement n&#233;fastes, en particulier parce que Fidel Castro lui-m&#234;me avait &#233;t&#233; associ&#233; &#224; ces groupes quand il &#233;tait &#233;tudiant. Et cela aurait permis &#224; la presse contr&#244;l&#233;e par Batista d'affirmer que les r&#233;volutionnaires voulaient seulement revenir &#224; la sombre p&#233;riode du gangst&#233;risme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PENDANT LES ANNEES 1950, GUEVARA PARTAGEAIT LA MEME VISION DU MONDE QUE LES PARTIS COMMUNISTES LATINO-AMERICAINS favorables &#224; Moscou mais il n'a jamais adh&#233;r&#233; &#224; un PC. Guevara n'appr&#233;ciait pas la strat&#233;gie du Front populaire ni les man&#339;uvres politiques tordues qu'elle impliquait. Etant donn&#233; son ind&#233;pendance d'esprit, il n'&#233;tait pas le genre d'homme &#224; accepter d'&#234;tre r&#233;duit &#224; un simple rouage de l'appareil bureaucratique d'un parti. Cependant, comme nous le verrons, Guevara se rapprocha des vieux communistes cubains (du Parti socialiste populaire) lorsqu'il changea de ligne politique et d&#233;cida de soutenir les gu&#233;rilleros dans la Sierra Maestra en 1957. Cette proximit&#233; avec les communistes (et indirectement avec Moscou) dura pendant les premi&#232;res ann&#233;es d&#233;cisives de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun sujet n'a &#233;t&#233; l'objet de plus grandes d&#233;formations et dissimulations que la rupture de Guevara avec l'URSS au milieu des ann&#233;es 1960. Le premier signe de son m&#233;contentement vis-&#224;-vis de l'URSS se manifesta pendant sa visite, pr&#233;c&#233;demment cit&#233;e, &#224; ce pays en novembre 1960. Si elle ne diminua pas son admiration globale pour le syst&#232;me sovi&#233;tique, il fut troubl&#233; par les in&#233;galit&#233;s, qu'il observa &#224; Moscou, entre le niveau de vie des dirigeants du pays et celui du reste de la population. Malgr&#233; cela, il rejeta les remarques critiques de certains responsables cubains qui avaient &#233;galement visit&#233; l'URSS et l'Europe de l'Est &#224; l'&#233;poque (J.G. Casteneda, p. 180-181). C'est entre 1963 et 1965 que le Che prit ses distances par rapport &#224; l'URSS. En octobre 1962, tout comme le reste de la direction cubaine, il d&#233;sapprouva la fa&#231;on dont Krouchtchev r&#233;gla la crise des missiles sans consulter Fidel Castro et ses associ&#233;s. Un an apr&#232;s, le 12 octobre 1963, le Che prit la parole lors d'une r&#233;union &#224; son minist&#232;re de l'Industrie, mais ces propos ne furent pas rapport&#233;s dans la presse cubaine, probablement &#224; cause de la virulence de ses remarques. A cette occasion, il analysa la crise agricole en URSS et l'attribua carr&#233;ment &#224; l'existence de parcelles priv&#233;es, &#224; la d&#233;centralisation, aux stimulants mat&#233;riels, et &#224; l'autonomie financi&#232;re (J.G. Casteneda, p. 255). On ignore si Guevara savait que les parcelles priv&#233;es avaient une productivit&#233; bien sup&#233;rieure &#224; celle des fermes collectives ou d'Etat. (Dans le cadre de son id&#233;ologie stalinienne, le Che ne pouvait pas se demander pourquoi les gens qui travaillaient dans les fermes collectives et les fermes d'Etat avaient &#8211; au mieux &#8211; une attitude apathique, ni comment la d&#233;mocratie et le contr&#244;le ouvrier auraient pu r&#233;soudre le probl&#232;me de la faiblesse de la productivit&#233;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les 18 mois suivants, comme le Che &#233;tait de plus en plus impliqu&#233; dans l'aide aux mouvements r&#233;volutionnaires internationaux, il devint plus critique face &#224; l'URSS et &#224; sa volont&#233; de les subordonner &#224; ses objectifs diplomatiques, y compris &#224; la politique de la d&#233;tente avec les &#201;tats-Unis. En 1964, il apparut clairement que l'URSS faisait pression, avec un certain succ&#232;s, sur le gouvernement cubain pour qu'il r&#233;duise son appui aux mouvements r&#233;volutionnaires, en particulier en Am&#233;rique latine. L'URSS souhaitait aussi que Cuba se concentre sur la production de sucre et remplisse ainsi le r&#244;le qu'elle lui avait fix&#233; dans le cadre de la division du travail au sein du bloc &#171; socialiste &#187;. Au terme de longues n&#233;gociations, Cuba et l'URSS sign&#232;rent un accord &#233;conomique &#224; long terme, le 16 f&#233;vrier 1965. Les Cubains &#233;taient particuli&#232;rement m&#233;contents des prix &#233;lev&#233;s que les Russes leur imposaient pour les machines et l'&#233;quipement sovi&#233;tiques. Une semaine plus tard, le Che pronon&#231;a un discours &#224; Alger qui marqua une rupture d&#233;finitive avec l'URSS : &#171; Le d&#233;veloppement des pays qui empruntent maintenant le chemin de la lib&#233;ration doit &#234;tre pay&#233; par les pays socialistes (...). On ne doit plus parler d'un commerce mutuellement avantageux fond&#233; sur des prix que la loi de la valeur (...) impose aux pays arri&#233;r&#233;s. Quelle est la signification &#171; de l'avantage mutuel &#187; quand [certains pays] vendent aux prix mondiaux des mati&#232;res premi&#232;res qui ont co&#251;t&#233; aux pays arri&#233;r&#233;s une quantit&#233; infinie de sueur et de douleur, alors qu'ils ach&#232;tent aux prix du march&#233; mondial des machines produites dans de grandes usines m&#233;canis&#233;es (...) ? Si nous &#233;tablissons ce type de relations entre ces deux groupes de nations, nous devons convenir que les pays socialistes sont, dans une certaine mesure, complices de l'exploitation imp&#233;rialiste (...) et de la nature immorale de cet &#233;change. Les pays socialistes ont le devoir moral de mettre fin &#224; leur complicit&#233; tacite avec les pays exploiteurs de l'Occident &#187; (J.G. Casta&#241;eda, p. 291)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce discours, Guevara br&#251;la les ponts avec l'URSS, mais il compromit &#233;galement son r&#244;le de dirigeant &#224; Cuba. Il &#233;tait d&#233;sormais in&#233;vitable que le Che d&#233;missionne du gouvernement et se consacre &#224; fomenter la gu&#233;rilla &#224; l'&#233;tranger, m&#234;me si c'&#233;tait avec l'appui mat&#233;riel de Fidel Castro. Son &#233;volution politique future l'am&#232;nera &#224; s'&#233;loigner encore davantage de l'URSS et des partis communistes pro-Moscou en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la critique de Guevara repr&#233;sentait une rupture nette avec l'URSS et les partis qui la soutenaient, rien ne sugg&#232;re qu'il ait rompu avec son id&#233;ologie stalinienne solidement enracin&#233;e dans sa t&#234;te. Dans les &#233;crits, les actes ou les discours du Che, rien ne sugg&#232;re qu'il ait jamais remis en cause ou critiqu&#233; le principe du Parti-Etat et l'absence compl&#232;te de d&#233;mocratie dans les pays communistes ; et rien n'indique qu'il ait r&#233;fl&#233;chi, regrett&#233; ou dout&#233; &#224; propos de son propre r&#244;le dans l'&#233;crasement des formes r&#233;siduelles de d&#233;mocratie qui existaient au d&#233;but du processus r&#233;volutionnaire cubain. &#192; la lumi&#232;re de tous ces &#233;l&#233;ments, il est absurde d'applaudir la politique plus vigoureuse et plus militante de Guevara, quand on sait que ses efforts &#233;taient dirig&#233;s vers l'&#233;tablissement d'un syst&#232;me compl&#232;tement oppos&#233; &#224; la d&#233;mocratie et par cons&#233;quent au pouvoir du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES TRAVAUX HISTORIQUES RECENTS SUR GUEVARA ONT CONSIDERABLEMENT ECLAIRE SON ROLE dans le processus r&#233;volutionnaire, y compris quand il &#233;tait au gouvernement. Comme nous l'avons signal&#233;, le Che &#233;tait &#233;troitement li&#233; aux vieux communistes cubains du Parti socialiste populaire pendant les ann&#233;es cruciales du d&#233;veloppement et de la consolidation du syst&#232;me communiste &#224; Cuba. J.G. Casta&#241;eda a raison d'&#233;crire &#224; propos des relations du Che avec le PSP : &#171; il a compl&#232;tement partag&#233; leurs opinions pendant presque quatre ans &#187; (p. 154). Cette relation remontait &#224; la p&#233;riode de la Sierra Maestra, comme nous l'avons d&#233;j&#224; mentionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1957, peu apr&#232;s que le PSP eut d&#233;cid&#233; de soutenir le projet insurrectionnel des gu&#233;rilleros, cette organisation &#233;tablit une relation &#233;troite avec le Che. Ainsi, lorsque Guevara fonda sa premi&#232;re &#233;cole des cadres dans la Sierra Maestra, le Che demanda au PSP de lui envoyer un premier instructeur politique. Le PSP acc&#233;da &#224; sa requ&#234;te et lui envoya Pablo Ribalta, un militant cubain noir, jeune mais exp&#233;riment&#233;, qui, quelques ann&#233;es plus tard, deviendra l'ambassadeur de Cuba en Tanzanie et donc le principal contact du Che avec La Havane quand Guevara &#233;tait engag&#233; dans la gu&#233;rilla au Congo (J.G. Casta&#241;eda, p. 116-117 ; J. L. Anderson, p. 296-297)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lien du Che avec Ribalta est le premier maillon de ce qui allait devenir bient&#244;t la fraction pro-PSP et pro-sovi&#233;tique dans le Mouvement du 26 juillet. Elle &#233;tait dirig&#233;e par Che Guevara et le fr&#232;re cadet de Fidel Castro, Raul, qui avait appartenu aux jeunesses du PSP dans les ann&#233;es 1950. A partir de 1957, cette tendance pro-communiste s'opposa r&#233;guli&#232;rement aux autres courants politiques dans le Mouvement du 26 juillet et aux autres groupes r&#233;volutionnaires. Le livre de Paco Ignacio Taibo II est le seul qui offre une description honn&#234;te et exacte de la nature des forces en pr&#233;sence dans le camp r&#233;volutionnaire. Influenc&#233; par son propre pass&#233; politique, J.G. Casta&#241;eda ne tient pas compte du r&#244;le jou&#233; par les r&#233;volutionnaires non communistes. Quant &#224; J.L. Anderson, son analyse est proprement scandaleuse. Il d&#233;crit tous les r&#233;volutionnaires en d&#233;saccord avec les communistes comme des gens de droite, ce qui l'am&#232;ne &#224; des absurdit&#233;s comme le fait de qualifier le commentateur de radio Jose Pardo Llada de &#171; militant de droite &#187; au moment o&#249; ce dernier&#8230; accompagne le Che dans un tour du monde en &#233;t&#233; 1959 (J.L. Anderson, p.426) ! Pardo Llada &#233;tait alors un d&#233;fenseur inconditionnel de Castro et un nationaliste de gauche, de type p&#233;roniste, depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paco Ignacio Taibo II d&#233;crit trois tendances dans le camp de la r&#233;volution, cent jours apr&#232;s le renversement de Batista. Une aile droite renforc&#233;e par les secteurs mod&#233;r&#233;s du gouvernement, parfois li&#233;s &#224; certains &#233;l&#233;ments de l'oligarchie agraire ; une aile socialiste autoproclam&#233;e men&#233;e par Raul Castro et Che Guevara et qui sympathise avec le PSP ; et un troisi&#232;me courant, de gauche, repr&#233;sent&#233; par des cadres surtout urbains tels que Carlos Franqui, Faustino Perez, Marcelo Fernandez et Enrique Oltuski. Ces derniers &#233;taient relativement ind&#233;pendants de Fidel Castro : leur anti-imp&#233;rialisme se combinait avec une forte critique des communistes, qu'ils jugeaient conservateurs et sectaires (P.I. Taibo, p. 275).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Ramos Latour (&#171; Daniel&#171; ), coordinateur national du Mouvement du 26 juillet, &#233;tait l'un des repr&#233;sentants de cette aile r&#233;volutionnaire de gauche mais pas communiste. Il a &#233;t&#233; tu&#233; dans la lutte arm&#233;e et n'a pu assister au triomphe de la r&#233;volution. Dans une lettre &#224; &#171; Daniel &#187; dat&#233;e du 14 d&#233;cembre 1957, que le Che lui-m&#234;me qualifia plus tard de &#171; plut&#244;t idiote &#187;, sans expliquer ce qu'il trouvait stupide dans cette missive, Guevara &#233;crivit : &#171; en raison de ma formation id&#233;ologique, je suis l'un de ceux qui croient que la solution aux probl&#232;mes de ce monde doit &#234;tre trouv&#233;e derri&#232;re le pr&#233;tendu rideau de fer &#187;. Dans la m&#234;me lettre, le Che note, de fa&#231;on r&#233;v&#233;latrice, qu'il &#171; a toujours consid&#233;r&#233; Fidel comme un dirigeant sinc&#232;re de la gauche bourgeoise, bien que son caract&#232;re soit enrichi par des qualit&#233;s personnelles d'un extraordinaire &#233;clat et qui l'&#233;l&#232;vent bien au-dessus de sa classe. C'est dans cet esprit que j'ai rejoint la lutte ; honn&#234;tement, sans esp&#233;rer aller au-del&#224; de la lib&#233;ration du pays, pr&#234;t &#224; partir quand les conditions de la lutte &#233;volueraient vers la droite (vers ce que vous repr&#233;sentez) &#187; (.I. Taibo, p. 109).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ramos Latour r&#233;futa l'accusation du Che selon laquelle il &#233;tait un homme de droite et ajouta que le salut ne se trouvait pas derri&#232;re le rideau de fer. Il critiqua Guevara car ce dernier pensait que &#171; la solution &#224; nos maux pass[ait] par la lib&#233;ration de la domination nocive des Yankees, au moyen de la domination non moins nocive des Sovi&#233;tiques &#187; (P.I. Taibo, p. 111).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fidel Castro lui-m&#234;me joua un r&#244;le ambigu au cours de cette lutte entre les diff&#233;rentes tendances jusqu'&#224; ce qu'il mette un terme &#224; ces discussions quand, avec le Che et Raul Castro, il prit la d&#233;cision fatale de soutenir les vieux communistes durant un congr&#232;s syndical tr&#232;s important en automne 1959. Ce congr&#232;s marqua le commencement de la fin de la libert&#233; et de l'ind&#233;pendance des syndicats &#224; Cuba. Les fr&#232;res Castro et Guevara donn&#232;rent aux vieux communistes le pouvoir et l'influence qu'ils n'avaient pas &#224; r&#233;ussi &#224; conqu&#233;rir en se pr&#233;sentant aux &#233;lections du d&#233;but de l'ann&#233;e 1959.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce jour, le r&#244;le exact jou&#233; par Castro demeure peu clair. Par exemple, on a r&#233;cemment appris que les premi&#232;res mesures pour cr&#233;er les organes de s&#233;curit&#233; de l'Etat cubain avaient &#233;t&#233; prises seulement deux semaines apr&#232;s la victoire r&#233;volutionnaire du 1er janvier 1959. Elles ont &#233;t&#233; mises en application pendant les premiers mois de 1959 avec la participation de Raul Castro, de Che Guevara, du dirigeant du Comit&#233; militaire du PSP et d'un certain nombre d'agents communistes espagnols du KGB sovi&#233;tique(4). Fidel Castro, cependant, ne semble avoir assist&#233; &#224; aucune de ces r&#233;unions concernant les services secrets. F&#251;t-ce une tactique d&#233;lib&#233;r&#233;e afin de pouvoir affirmer, de fa&#231;on plausible, qu'il ignorait tout alors qu'il approuvait pleinement ce qui se tramait ? Ou Fidel s'abstint-il d'y participer afin de maintenir sa libert&#233; d'action vis-&#224;-vis des Am&#233;ricains et des Russes ? Cette premi&#232;re collaboration avec le KGB fut-elle men&#233;e derri&#232;re son dos ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plusieurs ann&#233;es, le Che fut un membre important du groupe occupant les sommets de l'Etat cubain. Il partage donc la responsabilit&#233; du bilan r&#233;pressif de ce r&#233;gime, en particulier quand il s'allia avec ceux qui exerc&#232;rent des pressions &#233;nergiques sur le gouvernement pour que celui-ci adopte le mod&#232;le sovi&#233;tique. Guevara dirigea personnellement plusieurs de ces activit&#233;s r&#233;pressives. Il &#233;tait le responsable de la forteresse militaire de La Caba&#241;a o&#249; plusieurs centaines d'ex&#233;cutions eurent lieu durant les premiers mois de 1959. J.G. Casta&#241;eda a raison de pr&#233;ciser que tr&#232;s peu de personnes innocentes furent ex&#233;cut&#233;es dans cette prison (p. 143-144). Mais on ne peut pas &#233;carter l'hypoth&#232;se que, si le Che avait eu des positions r&#233;volutionnaires diff&#233;rentes, on aurait pu &#233;viter d'ex&#233;cuter des innocents. Il est &#233;galement possible qu'un certain nombre de partisans de Batista aient subi des punitions tout &#224; fait disproportionn&#233;es par rapport aux crimes qu'ils avaient commis. Il faudrait mener des recherches sur cette question, en particulier &#224; la lumi&#232;re des t&#233;moignages de ceux qui pr&#233;tendent avoir &#233;t&#233; t&#233;moins de la cruaut&#233; de Guevara dans la prison de la La Caba&#241;a(5). On peut sans doute avancer quelques arguments pour justifier son comportement &#224; La Caba&#241;a, ou au moins pr&#233;senter des circonstances att&#233;nuantes en sa faveur. Mais aucun argument ne peut justifier le r&#244;le capital du Che dans la cr&#233;ation du premier camp de travail &#224; Cuba dans la r&#233;gion de Guanahacabibes, &#224; l'ouest de l'&#238;le, en 1960-1961, pour enfermer les personnes qui n'avaient commis aucun crime punissable par la loi, que cette loi soit r&#233;volutionnaire ou pas. Che d&#233;fendit cette initiative avec sa franchise habituelle :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; [nous] n'envoyons des gens &#224; Guanahacabibes que dans les cas douteux o&#249; nous ne sommes pas s&#251;rs qu'ils devraient &#234;tre emprisonn&#233;s. Je crois que nous devons enfermer les individus qui doivent aller en prison. Qu'ils soient des militants de longue date ou pas, ils doivent &#234;tre emprisonn&#233;s. Nous envoyons &#224; Guanahacabibes les individus qui ne doivent pas aller en prison, mais qui ont commis des crimes contre la morale r&#233;volutionnaire, &#224; un degr&#233; ou un autre ; cette mesure est accompagn&#233;e de sanctions comme celle la perte de leur emploi, mais, dans d'autres cas, ils conservent leur poste car ils sont r&#233;&#233;duqu&#233;s par le travail. C'est un travail dur, mais pas cruel, les conditions de travail sont dures mais pas inhumaines &#187; (J.G. Casta&#241;eda, p. 178). Il est donc clair que Che Guevara a jou&#233; un r&#244;le cl&#233; en inaugurant une longue tradition de d&#233;tentions arbitraires, administratives et non judiciaires. Ces mesures seront plus tard utilis&#233;es dans les camps de l'UMAP pour y enfermer les dissidents et les &#171; d&#233;viants &#187; sociaux : homosexuels, t&#233;moins de J&#233;hovah, adeptes des religions secr&#232;tes afro-cubaines comme l'abakua, et rebelles apolitiques. Dans les ann&#233;es 1980 et 1990 ces mesures d'enfermement forc&#233; et non judiciaires furent &#233;galement appliqu&#233;es aux victimes du SIDA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHE GUEVARA EST UN PERSONNAGE ATTRAYANT POUR BEAUCOUP DE GENS. Certains connaissent parfaitement les implications du gu&#233;varisme et sont attir&#233;s par lui en raison de ses caract&#233;ristiques, comme cela a &#233;t&#233; le cas des groupes et individus divers qui ont &#233;t&#233; historiquement s&#233;duits par diff&#233;rentes formes de la politique stalinienne. En ce qui me concerne, je me soucie davantage de tous ceux, en particulier parmi les jeunes, qui se rendent compte que la soci&#233;t&#233; capitaliste est manifestement injuste et repose sur l'exploitation, et qui veulent agir pour la changer. Tr&#232;s peu d'entre eux connaissent l'id&#233;ologie du Che et encore moins connaissent son histoire. Leurs illusions sont renforc&#233;es par la politique &#233;trang&#232;re des Etats-Unis et son blocus criminel contre Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a certes des aspects s&#233;duisants chez Che Guevara. Cet homme a renonc&#233; aux privil&#232;ges du pouvoir politique pour s'engager dans des mouvements de gu&#233;rilla dont le succ&#232;s &#233;tait loin d'&#234;tre assur&#233;, ni m&#234;me probable. Dans des conditions tr&#232;s hostiles, il a incontestablement fait preuve de courage voire d'h&#233;ro&#239;sme. Son int&#233;grit&#233; personnelle &#233;tait incontestable, particuli&#232;rement si on la compare &#224; celle de Fidel Castro. D'ailleurs, le Che &#233;tait un partisan farouche de l'&#233;galitarisme au point qu'il r&#233;primanda m&#234;me son &#233;pouse quand elle se servit de sa voiture de fonction pour faire des courses (J.G. Casta&#241;eda, p. 235-236). Mais il &#233;tait aussi arrogant et il a fr&#233;quemment humili&#233; ceux qui lui &#233;taient intellectuellement inf&#233;rieurs (J.G. Casta&#241;eda, p.120 ; J.L. Anderson, p. 567). Comme je l'ai d&#233;j&#224; not&#233;, son m&#233;pris &#171; boh&#232;me &#187; pour le confort mat&#233;riel l'a rendu peu sensible aux pr&#233;occupations mat&#233;rielles des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re analyse, cependant, une question politique essentielle demeure : Che Guevara &#233;tait-il un ami ou un ennemi politique de la lutte pour l'&#233;mancipation et la lib&#233;ration de l'Homme ? Le bilan historique est clair ; le gu&#233;varisme est incompatible avec la lutte pour construire une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire et d&#233;mocratique, une soci&#233;t&#233; o&#249; les travailleurs d&#233;cident de leur propre destin sans se fier &#224; des &#171; sauveurs bien intentionn&#233;s &#187;. Samuel Farber&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes de l'auteur et du traducteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Il s'agit de Jorge G. Casta&#241;eda, Companero, Vie et mort du Che Guevara, traduit par I. M. Wild et T. Battaglia, Grasset &amp; Fasquelle, 1998, 477 p ; J.L. Anderson, Che Guevara. A Revolutionary Life, New York, Grove Press, 1997 ; et Paco Ignacio Taibo II, Ernesto Guevara, connu aussi comme le Che, traduit par F. Bourgade, B. de Chavagnac, C. Gobin, et al., M&#233;taili&#233;, Payot, 1997, 796 p. (Note de NPNF).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Louis Althusser (19-19), philosophe stalinien du PCF qui influen&#231;a non seulement une partie de ses &#233;l&#232;ves de l'Ecole normale sup&#233;rieure de la rue d'Ulm &#8211; qui allaient cr&#233;er l'Union des jeunes communistes marxistes l&#233;ninistes (UJC-ml), puis la Gauche prol&#233;tarienne &#8211;, mais aussi toute une g&#233;n&#233;ration d'intellectuels en France (Etienne Balibar, Pierre Macherey, Nicos Poulantzas, Charles Bettelheim) et dans bien d'autres pays. (Note de NPNF).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Paco Ignacio Taibo II, p. 11. Pour une analyse des implications sociales et politiques des id&#233;es de Gandhi, on pourra consulter Samuel Farber, &#171; Violence and Material Class Interests : Fanon and Gandhi &#187;, Journal of Asian and African Studies, vol. xvi, n&#176; 3-4 (1981). (Note de Samuel Farber.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Casta&#241;eda, p. 146. Cf. &#233;galement la documentation plus fournie sur ce sujet pr&#233;sent&#233;e par Alexsandr Fursenko et Tomothy Naftali sur la base des archives sovi&#233;tiques dans One Hell Of A Gamble. Khruschev, Castro and Kennedy. 1958-1964, New York : W. W. Norton and Company, p. 12. (Note de Samuel Farber.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Cf., par exemple, la lettre de Pierre San Martin dans El Nuevo Herald (Miami), du 28 d&#233;cembre 1997. (Note de Samuel Farber.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Bolivie sous le couperet</title>
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		<dc:date>2010-02-18T08:47:24Z</dc:date>
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		<dc:subject>Bolivie Bolivia</dc:subject>

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&lt;p&gt;Transmis par Ramiro : &lt;br class='autobr' /&gt; La Bolivie sous le couperet &lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits de l'ouvrage &#034;La Bolivie sous le couperet&#034; de Th&#233;o Buss &lt;br class='autobr' /&gt;
Les quetchuaymaras ont des chefs qu'ils appellent Wilkas. Ce nom permet aux chefs des indiens de rester dans le clandestinit&#233;. A la t&#234;te de leurs troupes, ils harc&#232;lent l'ennemi blanc : cette gu&#233;rilla ne ralentit nullement pendant l'&#233;poque r&#233;publicaine.La r&#233;pression cr&#233;ole est aussi f&#233;roce que la coloniale. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;L'histoire officielle, avec une pudibonderie explicable, jette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique160" rel="directory"&gt;24- COMMENTAIRES DE LIVRES&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Bolivie Bolivia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Transmis par Ramiro :&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
La Bolivie sous le couperet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Extraits de l'ouvrage &#034;La Bolivie sous le couperet&#034; de Th&#233;o Buss&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quetchuaymaras ont des chefs qu'ils appellent Wilkas. Ce nom permet aux chefs des indiens de rester dans le clandestinit&#233;. A la t&#234;te de leurs troupes, ils harc&#232;lent l'ennemi blanc : cette gu&#233;rilla ne ralentit nullement pendant l'&#233;poque r&#233;publicaine.La r&#233;pression cr&#233;ole est aussi f&#233;roce que la coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'histoire officielle, avec une pudibonderie explicable, jette un voile discret sur des &#233;v&#232;nements aussi terribles que le massacre de 600 paysans le 28 juin 1869 &#224; San Pedro, qu'une autre tuerie, celle de Guaycho, du 2 au 5 Janvier 1870, ou l'on fit couper la langue &#224; un homme et l'on tortura et assassina la m&#232;re et la parent&#233; de l'h&#233;roique Wilka, le leader de l'insurrection Aymara, que celle d'Ancoraimes, ou le 7 Aout 1871 on massacra 600 Aymaras. Avec la chute de Melgarejo, la vague r&#233;pressive, au lieu de s'arr&#234;ter, s'amplifia. L'onde sanglante envahit quasi tout le pays. En 1887 on &#233;touffa dans le sang et le feu le soul&#232;vement des paysans du Beni ; en 1891, Gonzalez, le 'g&#233;n&#233;ral exterminateur' &#233;crasa sauvagement l'insurrection des Chiriguanos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pablo Zarate est le plus connu et le plus craint des Wilkas. Sous sa conduite, une nouvelle fois , les Indiens s'insurgent dans de vastes r&#233;gions &#224; la fin du 19&#232;me si&#232;cle. Sur cet affrontement s&#233;culaire entre blanc et Indiens se greffe une querelle entre Sucre et La Paz, qui &#224; la fin du 19&#232;me si&#232;cle se disputent la capital. Chuquisaca &#233;tait le si&#232;ge de l'Audience de Charcas au temps de la colonie. Tout naturellement, elle devient la capitale du Haut- P&#233;rou lorsque celui ci proclama son ind&#233;pendance, prenant le nom de Bolivie en l'honneur de Bolivar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville de Chuquisaca re&#231;ut le nom de Sucre pour honorer Jos&#233; Antonio Sucre, lieutennt de Bolivar et commandant des arm&#233;es lib&#233;ratrices qui donn&#232;rent le coup de gr&#226;ce &#224; l'arm&#233;e espagnole du Haut P&#233;rou. Traditionnellement, Sucre est la ville des grands propri&#233;taires terriens, tourn&#233;e vers son pass&#233; colonial dont elle a gard&#233; le cachet et, en partie, la mentalit&#233;. La Paz &#233;tait plut&#244;t la ville de l'industrie naissante, la m&#233;tropole des mineurs, la cit&#233; qui monte. Elle revendiquait la capitale. Pour arriver &#224; ses fins, elle se d&#233;clara f&#233;d&#233;raliste et leva une arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Pando, dirigeant les troupes 'f&#233;d&#233;ralistes' de la Paz, fait des promesses au prestigieux chef Pablo Zarate willka : &#034;Tu m'aides avec les Indiens dans cette guerre civile. Les blancs du sud, les k'aras (injure Quechua) de Chuquisaca, sont tes ennemis et sont mes ennemis ; nous lutterons contre eux ; et apr&#232;s la victoire je serai le Premier Pr&#233;sident et tu seras le Second Pr&#233;sident de Bolivie ; et nous restituerons aux indiens les terres que Melgarejo leur a arrach&#233;es&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pando nomme Willka G&#233;n&#233;ral de Division de l'arm&#233;e Bolivienne et Commandant en chef de la direction Supr&#234;me des Arm&#233;es Indiennes, lui fait d'autres promesses fallacieuses : lib&#233;ration des indiens esclaves, participation des masses quechuaymaras au gouvernement. Evidemment, aucune ne sera tenue. Lorsque les f&#233;d&#233;raux de la Paz, gr&#226;ce &#224; l'aide d&#233;terminante des indiens, ont battu ceux de Sucre. Ceux de La paz oublient leurs promesses &#224; Wilka. Ils organisent les troupes r&#233;publicaines de Sucre et des f&#233;d&#233;raux pour la guerre frontale de g&#233;nocide contre l'Indien. La soci&#233;t&#233; cr&#233;ole nationale massacre les communaut&#233;s Quechuas et Aymars sous l'enseigne 'Bolivianiser la Bolivie'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude de ceux de La Paz face &#224; ceux de Sucre n'est pas faire play non plus : une fois qu'ils ont gagn&#233; la confrontation avec les 'r&#233;publicains', en &#233;vitant le plus possible de verser le sang 'blanc', ils deviennent plus centralistes et unitaires que ceux de Sucre. En 1899, la capitale du pays est transf&#233;r&#233;e de Sucre &#224; La paz, qui devient la capitale de facto, m&#234;me si les gens de Sucre, vivant de leur pass&#233;, continuent d'intituler leur ville &#034;capitale de la R&#233;publique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant &#233;t&#233; trahis une nouvelle fois et se sentant menac&#233;s d'extermination, le 10 Avril 1899, les Indiens s'organisent de mani&#232;re ind&#233;pendante et proclament &#224; Oruro le gouvernement du peuple. Ils se fixent 3 objectifs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Destruction par le feu des haciendas et restitution des terres usurp&#233;es aux communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Jugement des assassins et des spoliateurs des terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Ch&#226;timent des coupables des innombrables injustices commises &#224; l'encontre des indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propri&#233;taires des mines et des haciendas, de La Paz et Sucre, forment le gouvernement minoritaire de la Bolivie. Ils sont incapables de songer &#224; une solution d&#233;mocratique. Tout autour d'Oruro, les terres communales arrach&#233;es aux indiens sont &#224; nouveau occup&#233;es par ceux ci. Le mouvement fait t&#226;che d'huile, mena&#231;ant tous les propri&#233;taires terriens du pays. C'est l'affrontement violent. Les campagnes de Bolivie se vident des propri&#233;taires cr&#233;oles. Ceux qui ne sont pas arr&#234;t&#233;s et remis &#224; la justice populaire fuient vers les villes : La Paz, Potosi, Cochabamba, Sucre. D'autres quittent les Andes. Ils ne reviendront jamais. Ils se fixent dans les villes cr&#233;oles de la c&#244;te, Buenos aires, Santiago, Lima ou se r&#233;fugient en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une r&#233;gion du nord de Potosi, les femmes et les filles des propri&#233;taires de haciendas sont punies selon leur cruaut&#233; envers leur domestiques. Les plus coupable sont viol&#233;es par leur serfs. La soci&#233;t&#233; cr&#233;ole exige le pire ch&#226;timent pour les auteurs. Elle oublie le droit de cuissage, qui permet au patron de la Hacienda sous la r&#233;publique comme dans la colonie de d&#233;florer les jeunes filles Quechuas et Aymaras la veille de leur mariage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les mitrailleuses et l'artillerie des cr&#233;oles finissent par avoir raison des pierres, b&#226;tons, frondes, couteaux et quelques vieux mousquetons des indiens : le si&#232;ge du gouvernement &#224; Oruro est investi, son pr&#233;sident, Juan Lero, est arr&#234;t&#233; le 23 Avril 1899. Il mourra en 1901, &#224; 60 ans , des tortures qu'on lui a inflig&#233;es en prison. Pablo Zarate Willka aussi est arr&#234;t&#233;. On fait son proc&#232;s &#224; Oruro. Mais rapidement celui ci se retourne en jugement des atrocit&#233;s commises par les blancs : Willka est acquitt&#233;. Onfeint alors de transf&#233;rer &#224; La Paz le &#034;redoutable willka&#034;, comme il a &#233;t&#233; surnomm&#233;. Les soldats de l'escorte l'assassinent en route, en m&#234;me temps que 30 chefs indiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1868 &#224; 1900 s'&#233;coulent 33 ann&#233;es de guerre ininterrompue. La nation Quechuaymara r&#233;siste les armes &#224; la main &#224; l'attaque de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;publique pire que la Colonie A l'ind&#233;pendance de la Colombie, du Chili, du P&#233;rou, et de la Bolivie, les cr&#233;oles encensent d'abord Bolivar, Sucre, San Martin et les nomment pr&#233;sidents &#224; vie, ou protecteurs de leurs nouvelles r&#233;publiques. Bient&#244;t, cependant, ils d&#233;chanteront en voyant que les id&#233;aux pr&#244;n&#233;s par les libertadores entrent en conflit avec leurs propres int&#233;r&#234;ts. &#034;Bolivar conscient de la douloureuse r&#233;alit&#233; laiss&#233;e par la Colonie, chercha &#224; transformer la soci&#233;t&#233; coloniale en une v&#233;ritable soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique. Il dicta les d&#233;crets de Trujillo, Cusco et Pucan. Ces mesures r&#233;volutionnaires &#224; l'&#233;poque &#233;liminaient le travail gratuit &#224; la campagne et obligeaient &#224; r&#233;mun&#233;rer les services du paysan&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur application aurait signifi&#233; la fin du syst&#232;me f&#233;odal. Les propri&#233;taires terriens, ma&#238;tres du gouvernement du nouvel Etat, n'en tinrent aucun compte : il fallut attendre 127 ans... Voyant que les chefs d'arm&#233;es lib&#233;ratrices ont l'intention d'&#233;manciper les Indiens, les cr&#233;oles les accusent d'&#234;tres dictatoriaux et arment des Caudillos de caserne contre eux. Ils seront reni&#233;s, maltrait&#233;s, Sucre sera m&#234;me assassin&#233;. Bolivar commentera am&#232;rement : &#034; J'ai labour&#233; la mer&#034;. Les Caudillos se d&#233;font des restes des arm&#233;es lib&#233;ratrices ; surtout, ils massacrent les noyaux Quechuas et Aymaras qui r&#233;sistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Bient&#244;t, la violence sera incontr&#244;lable. Les premi&#232;res d&#233;cennies des r&#233;publiques sont une guerre chaotique et effr&#233;n&#233;e. La seule chose permanente et intangible, c'est la domination de la minorit&#233; blanche sur la majorit&#233; indienne. Chaque Caudillo croit qu'il est n&#233; pour &#234;tre dictateur. Coup d'&#233;tat, mutinerie de caserne, tentatives de subversion, conspirations, assassinats, trahisons se succ&#232;dent rapidement. Sans trace de diff&#233;rence politique. Aucune histoire ne peut les classer en courants. A peine si l'on peut les affubler d'un &#034;isme&#034; ajout&#233; au nom du tra&#238;neur de sabre en question. Les Caudillos combattent tout pr&#233;sident de service et se combattent les uns les autres. Ils sont assassin&#233;s m&#234;me par leur parent&#233;. Le butin, c'est le pouvoir. En 150 ans, la Bolivie subit 187 coups d'&#233;tat, la plupart sanglants et victorieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolivar, Sucre et San Martin, gr&#226;ce ou plut&#244;t &#224; cause de la pr&#233;sence des arm&#233;es Quechuas et Aymaras victorieuses, d&#233;cr&#232;tent l'abolition de l'esclavage, des repartimientos, de la mita, du yanaconaje, du pongueaje et de tout travail obligatoire et gratuit. Le mar&#233;chal Andres de Santa Cruz, un autre de ces pr&#233;sidents boliviens issus des arm&#233;es du roi, restaure par d&#233;cret, le 15 Octobre 1829, la mita ( corv&#233;e dans la mine), l'impot colonial pour l'Indien, la servitude agraire ou yanaconaje et la servitude domestique ou pongueaje.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Bolivie, le Pongueaje est une institution l&#233;gale jusqu'au 2 Aout 1953. Le Pongo, en plus du travail gratuit sur la terre du patron, sert celui ci, gratuitement encore, dans sa maison en ville, en alternant avec d'autres pongos. Il y am&#232;ne sa nourriture, dort sur le sol, &#224; c&#244;t&#233; de la porte qui donne sur la rue. Le mythe raciste a encore de grandes r&#233;percussions sur la conscience et l'attitude des classes dominantes de la soci&#233;t&#233; bolivienne m&#233;tisse, la th&#232;se de l'inf&#233;riorit&#233; des indiens &#233;tant devenue une cat&#233;gorie de l'histoire. Cette attitude se refl&#232;te dans le principepaternaliste, contenu dans la l&#233;gislation r&#233;publicaine, de &#034;d&#233;fense&#034; des indig&#232;nes consid&#233;r&#233;s comme citoyens de &#034;seconde classe&#034;, sans droits politiques ni civils, asservis &#224; une condition civile de minorit&#233; permanente et inextinguible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe cr&#233;ole conquiert le pouvoir politique et s'attribue la repr&#233;sentation de toutes les autres classes sociales : c'est ce qu'on a appel&#233; l'Etat F&#233;odal-Cr&#233;ole. Jusqu'en 1899, le f&#233;odalisme fut le syst&#232;me social de la nouvelle R&#233;publique : la nouvelle entit&#233; h&#233;rita toutes les institutions et tous les services de la Colonie. La seule chose qu'elle &#233;limina fut la bureaucratie hispanique. Comme il s'&#233;tait agi d'une transformation &#233;minemment politique, les bases sociales rest&#232;rent les m&#234;mes : le lois espagnoles r&#233;glementent les relations entre les particuliers et l'Etat ; le syst&#232;me d'appropriation de la terre reste le m&#234;me que durant le pouvoir colonial ; la situation des indiens est identique &#224; l'odieuse servitude impos&#233;e par le Conquistador ; l'&#233;conomie est bas&#233;e sur l'exploitation des minerais. Le peuple ignorant et analphab&#232;te &#224; 90%, fut condamn&#233; au m&#234;me sort que celui impos&#233; par le colonisateur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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