<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://matierevolution.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
	<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://matierevolution.fr/spip.php?id_mot=180&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
		<url>https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-32cbc.jpg?1776301208</url>
		<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volte en Cor&#233;e du Sud en 1960</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article6851</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article6851</guid>
		<dc:date>2023-02-17T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Cor&#233;e du sud en mai 1960 &lt;br class='autobr' /&gt;
138 &#233;tudiants et ouvriers ont &#233;t&#233; tu&#233;s et de 1 000 &#224; 2 000 bless&#233;s lorsque la police a tir&#233; sur une manifestation, le 19 avril , contre les &#233;lections truqu&#233;es du mois dernier qui maintenaient au pouvoir la clique Syngman Rhee. Des manifestations avaient &#233;clat&#233; contre la dictature corrompue dans toutes les principales villes de Cor&#233;e du Sud, dont S&#233;oul, Inchon et Taegu. Les troupes ont tir&#233; sur les manifestants dans ces villes et dans d'autres. Comme toujours (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique60" rel="directory"&gt;09- Les mouvements de 1968-69 dans le monde&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Cor&#233;e du sud en mai 1960&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;138 &#233;tudiants et ouvriers ont &#233;t&#233; tu&#233;s et de 1 000 &#224; 2 000 bless&#233;s lorsque la police a tir&#233; sur une manifestation, le 19 avril , contre les &#233;lections truqu&#233;es du mois dernier qui maintenaient au pouvoir la clique Syngman Rhee. Des manifestations avaient &#233;clat&#233; contre la dictature corrompue dans toutes les principales villes de Cor&#233;e du Sud, dont S&#233;oul, Inchon et Taegu. Les troupes ont tir&#233; sur les manifestants dans ces villes et dans d'autres. Comme toujours avec les gouvernements r&#233;actionnaires en panique, la dictature de Rhee a tent&#233; d'endiguer la vague de r&#233;volte en utilisant la force. Tout comme le gouvernement Verwoerd l'a fait en Afrique du Sud. Et bien s&#251;r, dans l'atmosph&#232;re charg&#233;e et am&#232;re due &#224; 10 ans de r&#233;pression, de corruption et de corruption, avec la mar&#233;e montante de la r&#233;volte, cela a eu l'effet inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour l'opposition montait. Malgr&#233; la loi martiale, les ouvriers, les &#233;tudiants et m&#234;me les lyc&#233;ens redoublent de manifestations et, avec un instinct r&#233;volutionnaire, marchent jusqu'aux soldats &#224; la ba&#239;onnette au canon, les appelant &#224; se rapprocher du peuple. Chaque jour les manifestations montaient en furie culminant le 26 avrilavec pratiquement la majeure partie des travailleurs et des &#233;tudiants de la capitale S&#233;oul manifestant pour le renversement du r&#233;gime corrompu. 500 000 personnes ont d&#233;fil&#233; dans les rues de S&#233;oul en tra&#238;nant une statue de Syngman Rhee avec une corde autour du cou, exigeant sa d&#233;mission. 30 ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans des affrontements avec les troupes. Mais ces martyrs ne sont pas morts en vain, Syngman Rhee a d&#251; annoncer sa d&#233;mission, alors que les masses victorieuses parcouraient les rues de S&#233;oul. Son h&#233;licopt&#232;re est pr&#234;t &#034;au cas o&#249; les masses deviendraient incontr&#244;lables&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution commence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela marque le d&#233;but de la r&#233;volution en Cor&#233;e du Sud. L'Assembl&#233;e nationale tri&#233;e sur le volet, les marionnettes et les outils de la clique Syngman Rhee ont adopt&#233; &#224; la h&#226;te une r&#233;solution d&#233;clarant nulles et non avenues les &#233;lections truqu&#233;es du mois dernier, qui ont vu la r&#233;&#233;lection de Syngman Rhee et de ses outils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un effort pour maintenir son r&#232;gne, Syngman Rhee avait obtenu la d&#233;mission du vice-pr&#233;sident et du cabinet, mais avait essay&#233; de maintenir sa propre position. Les masses ont reconnu que cela ne signifierait aucun changement r&#233;el. Aussi avaient-ils redoubl&#233; d'efforts. Syngman Rhee, malgr&#233; ses crimes sanglants, a toujours eu le soutien du gouvernement am&#233;ricain. Ils &#233;taient tout &#224; fait dispos&#233;s &#224; ignorer l'&#201;tat policier dictatorial, corrompu et pourri, comme celui de Chiang Kai-Shek tant qu'il restait un alli&#233; du &#171; monde libre &#187;, c'est-&#224;-dire du capitalisme am&#233;ricain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;tats-Unis tentent de sauver Rhee&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, ils ont vu l'&#233;criture aust&#232;re sur le mur ! Si certaines r&#233;formes ne sont pas introduites, toute leur base sera balay&#233;e. Et pas seulement en Cor&#233;e mais dans toute l'Asie. D'o&#249; leur demande au pr&#233;sident &#171; .prendre des mesures imm&#233;diates et ad&#233;quates pour r&#233;pondre aux griefs justifiables. Ce n'est pas le moment de temporiser .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils peuvent sentir le souffle chaud de la r&#233;volution, de l'ouragan du changement qui menace non seulement la clique Syngman Rhee, mais la base du capitalisme foncier et de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dans une r&#233;action en cha&#238;ne dans toute la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la derni&#232;re minute, l'ambassadeur am&#233;ricain a tent&#233; de sauver le pouvoir personnel de Syngman Rhee comme &#233;l&#233;ment de stabilit&#233; de la situation. Son bilan honteux n'a fait aucune diff&#233;rence pour ces soi-disant d&#233;fenseurs du mode de vie d&#233;mocratique. Le Times du 27 avril l' admet. Rapportant la d&#233;claration de l'ambassadeur des &#201;tats-Unis la veille, &#171; je suis convaincu que les autorit&#233;s travaillent s&#233;rieusement &#224; la r&#233;paration des griefs l&#233;gitimes du peuple. J'esp&#232;re donc que le peuple respectera la loi et l'autorit&#233; &#187;, commente-t-il : &#171; Dans cette remarque, certains observateurs ont cru d&#233;celer la volont&#233; des autorit&#233;s am&#233;ricaines de pr&#233;server au moins le pr&#233;sident Rhee dans le r&#244;le d'une figure de proue utile et d'un garant de stabilit&#233; interne.&lt;br class='autobr' /&gt;
La masse vit dans la faim&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paysans vivent dans la faim, les ouvriers et les &#233;tudiants sont confront&#233;s au ch&#244;mage de masse. Avec ou sans Syngman Rhee, le r&#233;gime cor&#233;en n'est pas viable. Sans le soutien am&#233;ricain, il se serait effondr&#233; depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, malgr&#233; les r&#233;alisations &#233;conomiques incontestables du r&#233;gime nord-cor&#233;en, sa dictature brutale n'a pas non plus d'attrait massif dans le Sud. C'est l'une des raisons pour lesquelles les conditions insupportables dans le Sud n'ont pas provoqu&#233; de r&#233;volte auparavant. Les masses n'ont pas vu d'alternative attrayante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est fait en Cor&#233;e du Sud aujourd'hui ne r&#233;soudra pas le probl&#232;me et n'emp&#234;chera pas de nouvelles explosions de m&#233;contentement. La seule issue serait l'&#233;limination de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et du capitalisme. Pas plus que le r&#233;gime de Chiang Kai-Shek n'a pu le faire, le r&#233;gime de Rhee ne peut pas se purifier de la corruption et de l'autoritarisme bureaucratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le temps, les masses cor&#233;ennes comprendront que l'unit&#233; du pays et le progr&#232;s &#233;conomique, avec un niveau de vie d&#233;cent et la libert&#233; de l'arbitraire bureaucratique, ne peuvent &#234;tre obtenus que par la prise du pouvoir par une d&#233;mocratie socialiste ouvri&#232;re. Cela signifierait l'&#233;limination du capitalisme-propri&#233;taire terrien dans le Sud et l'extension du contr&#244;le ouvrier &#224; la propri&#233;t&#233; &#233;tatique dans le Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ted Grant&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La gauche en Cor&#233;e du Sud</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article6849</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article6849</guid>
		<dc:date>2022-07-15T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Choi Il-bung et Kim Ha-young &lt;br class='autobr' /&gt;
Cor&#233;e du Sud : le point de vue de gauche &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Britanniques ignorent presque compl&#232;tement la situation en Cor&#233;e du Sud. Pourriez-vous faire un bref compte rendu de l'&#233;volution au cours des 20 derni&#232;res ann&#233;es ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il-bung : Au cours de l'&#233;t&#233; 1987, nous avons eu une &#233;norme gr&#232;ve de masse et depuis lors, la transition vers la d&#233;mocratie bourgeoise est en cours. Il faudra attendre 1993 pour qu'un v&#233;ritable gouvernement civil, celui de Kim Young-sam, entre en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;15- Pologne-Turquie-Cor&#233;e-Ethiopie : luttes ouvri&#232;res ann&#233;es 70-80&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Choi Il-bung et Kim Ha-young
&lt;p&gt;Cor&#233;e du Sud : le point de vue de gauche&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Britanniques ignorent presque compl&#232;tement la situation en Cor&#233;e du Sud. Pourriez-vous faire un bref compte rendu de l'&#233;volution au cours des 20 derni&#232;res ann&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il-bung : Au cours de l'&#233;t&#233; 1987, nous avons eu une &#233;norme gr&#232;ve de masse et depuis lors, la transition vers la d&#233;mocratie bourgeoise est en cours. Il faudra attendre 1993 pour qu'un v&#233;ritable gouvernement civil, celui de Kim Young-sam, entre en fonction. Un an avant la fin de son mandat, le lendemain de No&#235;l de 1996, il a fait adopter une loi du travail n&#233;olib&#233;rale qui a &#233;t&#233; confront&#233;e &#224; une autre grande vague de gr&#232;ves de masse des travailleurs. Il y a eu une lutte d&#233;cisive pour faire &#233;chouer cette nouvelle l&#233;gislation du travail au d&#233;but de 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; la fin de 1997, la Cor&#233;e du Sud, comme les autres pays d'Asie de l'Est, est tomb&#233;e dans ce que les Cor&#233;ens appellent &#171; la crise &#233;conomique du FMI &#187;. Gr&#226;ce &#224; cela, Kim Dae-jung a pu se faire &#233;lire pr&#233;sident. Il avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et tortur&#233; par l'ancien gouvernement militaire de Park Chung-hee, et lorsqu'il a &#233;t&#233; &#233;lu, les masses sud-cor&#233;ennes attendaient beaucoup de lui parce qu'il avait combattu la dictature. Mais il est arriv&#233; au pouvoir au milieu de la crise &#233;conomique et a commenc&#233; &#224; mettre en &#339;uvre des politiques n&#233;olib&#233;rales pour tenter de restructurer l'&#233;conomie sud-cor&#233;enne. Ainsi, les travailleurs et les &#233;tudiants ont perdu leurs illusions et ont commenc&#233; &#224; se battre contre ce nouveau gouvernement. Cela s'est heurt&#233; &#224; une offensive de la classe dirigeante, l'aile droite passant &#224; l'attaque. Ce fut une bataille acharn&#233;e et la tension persista jusqu'en 2002, la fin du mandat de Kim Dae-jung, quand il y a eu un mouvement contre la mort de deux adolescentes tu&#233;es par des v&#233;hicules blind&#233;s am&#233;ricains. Une nouvelle g&#233;n&#233;ration de jeunes est entr&#233;e dans le mouvement &#8211; &#8203;&#8203;des centaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de S&#233;oul pour une veill&#233;e aux chandelles. C'&#233;tait un mouvement tr&#232;s &#233;nergique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet de ce mouvement fut l'arriv&#233;e d'un nouveau gouvernement, celui de Roh Moo-hyun, qui &#233;tait un populiste lib&#233;ral. Les opprim&#233;s attendaient beaucoup de lui lorsqu'il est devenu pr&#233;sident. Mais il n'a pas r&#233;ussi &#224; mener &#224; bien les r&#233;formes attendues. Un exemple est la question de la guerre en Irak. Au cours de sa premi&#232;re ann&#233;e au pouvoir, le gouvernement a annonc&#233; qu'il allait d&#233;ployer des troupes en Irak, et il y a eu une &#233;norme opposition, avec une s&#233;rie de grandes manifestations. Mais en ao&#251;t 2004, la loi a &#233;t&#233; vot&#233;e envoyant des troupes en Irak et les gens ont &#233;t&#233; d&#233;&#231;us et d&#233;moralis&#233;s. Puis Roh Moo-hyun a dit qu'il se d&#233;barrasserait de la fameuse loi sur la s&#233;curit&#233; nationale, et les gens d&#233;&#231;us ont pens&#233; : &#171; Attendons-nous &#224; nouveau de lui. Mais &#224; la fin, il n'a pas r&#233;ussi &#224; se d&#233;barrasser de l'acte. Ce coup a rendu les gens encore plus d&#233;moralis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les gens construisent un grand mouvement pour r&#233;aliser quelque chose mais n'obtiennent pas les r&#233;sultats concrets qu'ils voulaient, ils commencent &#224; chercher une alternative politique &#8211; et souvent c'est une politique r&#233;formiste. Ils se sont donc tourn&#233;s vers le parlement (l'Assembl&#233;e nationale). En fait, le parti Uri du pr&#233;sident Roh Moo-hyun est devenu une majorit&#233; parlementaire depuis les &#233;lections g&#233;n&#233;rales d'avril 2004. De plus, le Parti travailliste d&#233;mocrate (DLP), parti r&#233;formiste de gauche form&#233; en 1999, d&#233;tenait dix si&#232;ges. L'&#233;boulement du parti Uri et du DLP aux &#233;lections l&#233;gislatives a &#233;t&#233; rendu possible par le fait qu'une grande majorit&#233; des gens ne voulaient pas que Roh Moo-hyun soit destitu&#233; par la droite malgr&#233; des d&#233;ceptions r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; son &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, cependant, Roh Moo-Hyun soutient l'agrandissement massif et la modernisation de la base militaire am&#233;ricaine de Pyoung-taek, une ville situ&#233;e &#224; une heure et demie de route au sud de S&#233;oul, sur la base du concept de &#034;flexibilit&#233; strat&#233;gique&#034; de l'administration Bush. '. Il va &#233;galement signer l'accord de libre-&#233;change Cor&#233;e-&#201;tats-Unis. Les gens ont fortement r&#233;agi &#224; cela. Cinq mille personnes ont manifest&#233; devant la base militaire malgr&#233; une menace s&#233;rieuse du gouvernement et ont &#233;t&#233; confront&#233;es &#224; une violente r&#233;pression de la part de l'arm&#233;e sud-cor&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce genre de trahisons est la raison pour laquelle, lors des r&#233;centes &#233;lections locales de mai, le parti Uri au pouvoir de Roh Moo-hyun a &#233;t&#233; battu. Cela a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; comme une victoire &#233;crasante pour le Grand Parti national de droite, qui a ensuite gagn&#233; beaucoup de confiance. Mais si vous regardez les chiffres des votes, leur vote n'a augment&#233; que de 1% par rapport aux derni&#232;res &#233;lections. Ce qui s'est pass&#233;, c'est que le soutien au parti de Roh Moo-hyun s'est effondr&#233; (en raison d'un taux d'abstention &#233;lev&#233;). Le DLP n'a pas non plus fait aussi bien que pr&#233;vu. Nous l'avons vu comme une tr&#232;s petite d&#233;faite, mais la plupart de la gauche l'a vu comme une d&#233;faite majeure et a &#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;moralis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la droite a gagn&#233; en confiance, le gouvernement, sous sa pression, passe &#224; l'offensive contre la gauche, avec un retour &#224; l'utilisation de la loi sur la s&#233;curit&#233; nationale. R&#233;cemment, un universitaire stalinien a fait l'objet d'une attaque tr&#232;s virulente de la part de la presse de droite simplement pour avoir d&#233;clar&#233; que la guerre de Cor&#233;e &#233;tait une tentative de la Cor&#233;e du Nord de r&#233;aliser l'unit&#233; cor&#233;enne. Il a &#233;t&#233; jug&#233; et condamn&#233; &#224; quatre ans de prison mais avec sursis. Mon organisation (Tous ensemble) et les staliniens ont d&#233;fendu ensemble ce savant. Lorsque nous sommes all&#233;s devant les tribunaux pour manifester, il y avait un groupe de droite qui faisait une contre-manifestation et il y a eu des &#233;chauffour&#233;es. Je pense que nous verrons plus de confrontations passionn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e prochaine, nous aurons l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, et la confrontation entre la droite et la gauche deviendra plus intense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question sur le mouvement ouvrier. Jusqu'en 1987, la plupart des syndicats &#233;taient ill&#233;gaux ou contr&#244;l&#233;s par l'&#201;tat. Depuis lors, vous avez vu se d&#233;velopper un mouvement syndical tr&#232;s puissant avec certaines des plus grandes gr&#232;ves au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il-bung : Jusqu'en 1987, la Cor&#233;e du Sud &#233;tait sous dictature militaire et nous avions la F&#233;d&#233;ration des syndicats cor&#233;ens (FKTU) qui &#233;tait contr&#244;l&#233;e par l'&#201;tat. La gr&#232;ve de masse de juillet &#224; ao&#251;t 1987 &#233;tait essentiellement un mouvement de la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imm&#233;diatement, il y a eu une lutte pour construire des syndicats ind&#233;pendants qui s'est poursuivie jusqu'en 1995, date &#224; laquelle une Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats (KCTU) plus &#224; gauche a &#233;t&#233; fond&#233;e. Nous avons assist&#233; &#224; une bureaucratisation des dirigeants syndicaux dans ce processus, mais comme je l'ai d&#233;j&#224; dit, lorsque le gouvernement de Kim Young-sam a voulu faire adopter la loi n&#233;olib&#233;rale sur le travail &#224; la fin de 1996, il y a eu une &#233;norme r&#233;action de la classe ouvri&#232;re, et la gr&#232;ve de masse a &#233;galement servi &#224; renforcer la direction syndicale de la KCTU ainsi que la base car Kim Young-sam a recul&#233;, s'excusant aupr&#232;s du public. Un an plus tard, en novembre 1997, l'&#233;norme krach financier, la soi-disant &#171; crise du FMI &#187;, est devenu un test d&#233;cisif pour la bureaucratie. Et la d&#233;pression &#233;conomique de 1998 &#8211; la pire que la Cor&#233;e du Sud ait jamais connue &#8211; a sap&#233; la confiance de la base. Les travailleurs ont dit, 'Auparavant, nous avons dit, &#034;Si nous nous unissons dans les syndicats, nous serons victorieux.&#034; Maintenant, nous disons que c'est mal. Ils ont &#233;galement &#233;t&#233; choqu&#233;s par ce que faisaient leurs dirigeants - la trahison - en 1998. Par la suite, le besoin d'une expression politique du mouvement ouvrier a conduit &#224; la cr&#233;ation du Parti travailliste d&#233;mocrate en 1999. La conscience politique des travailleurs qui a &#233;merg&#233; en cette p&#233;riode a montr&#233; que la conscience syndicale ne passe pas facilement automatiquement &#224; la conscience socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants de base tr&#232;s courageux qui ont men&#233; les gr&#232;ves de masse de 1987 sont devenus la direction de la Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats. Mais r&#233;cemment, le vice-pr&#233;sident du KCTU et les dirigeants du syndicat Hyundai Auto et du syndicat KIA Auto, tous deux des &#233;l&#233;ments cl&#233;s du KCTU, ont tous &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s pour pots-de-vin et corruption. En dehors de cela, de nombreux dirigeants de la KCTU, sans parler des dirigeants de droite de la FKTU, affichent ouvertement leur approche r&#233;formiste &#8211; par exemple, en refusant de d&#233;fendre les droits des travailleurs irr&#233;guliers (occasionnels et temporaires). Il y a donc une forte m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des dirigeants de la base maintenant. Mais ils n'ont pas assez de confiance pour agir ind&#233;pendamment de la direction. En un sens, nous sommes dans une p&#233;riode transitoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1987, le niveau de vie des travailleurs cor&#233;ens a augment&#233; jusqu'&#224; atteindre presque le niveau europ&#233;en. Quel a &#233;t&#233; l'impact de la crise de la fin des ann&#233;es 1990 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il-bung : Pendant le marasme &#233;conomique de 1998, la croissance &#233;conomique de la Cor&#233;e du Sud a atteint un niveau n&#233;gatif, tout comme les salaires r&#233;els. En 1999, l'&#233;conomie a commenc&#233; &#224; se redresser, mais les salaires r&#233;els &#233;taient toujours n&#233;gatifs. En 2000, les travailleurs organis&#233;s ont commenc&#233; &#224; riposter et ont pu arr&#234;ter la baisse du niveau de vie. En 2004, eux et les travailleurs r&#233;guliers ont pu retrouver le niveau d'avant le krach de 1997. Mais la plupart des travailleurs temporaires et irr&#233;guliers ne sont pas syndiqu&#233;s et leur niveau de vie est rest&#233; environ 10 % inf&#233;rieur au niveau de 1997. Soixante pour cent de la main-d'&#339;uvre cor&#233;enne sont des travailleurs irr&#233;guliers et leurs salaires repr&#233;sentent un peu plus de la moiti&#233; de ceux des travailleurs syndiqu&#233;s. Ainsi, le niveau de vie des Cor&#233;ens ordinaires dans leur ensemble est l&#233;g&#232;rement inf&#233;rieur &#224; ce qu'il &#233;tait il y a dix ans, avant la crise de 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est l'attitude des Cor&#233;ens ordinaires aujourd'hui envers la Cor&#233;e du Nord et les menaces de guerre contre la Cor&#233;e du Nord ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ha-young : Il y a eu un sondage d'opinion publique demandant aux jeunes sud-cor&#233;ens s'ils pensaient que la Cor&#233;e du Nord &#233;tait une menace pour la Cor&#233;e du Sud. La majorit&#233; a dit non. Ils croient que la guerre froide est termin&#233;e et m&#234;me s'il y a toujours une atmosph&#232;re de guerre froide dans la p&#233;ninsule cor&#233;enne, ils pensent que parce qu'elle a disparu &#224; l'&#233;chelle mondiale, elle devrait &#233;galement dispara&#238;tre dans la p&#233;ninsule cor&#233;enne. De plus, pendant la p&#233;riode de la guerre froide, ils &#233;taient constamment bombard&#233;s de l'id&#233;e que la Cor&#233;e du Nord est une menace, qu'elle veut &#234;tre h&#233;g&#233;monique et tout &#231;a. Mais &#224; partir de 1995 et 1996, ils ont pu constater de leurs propres yeux la grave crise nord-cor&#233;enne, &#224; travers les reportages de la presse et des r&#233;fugi&#233;s nord-cor&#233;ens. Ils r&#233;alisent maintenant que la Cor&#233;e du Nord est un &#201;tat tr&#232;s faible et a besoin d'aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils voient maintenant les &#201;tats-Unis comme la plus grande menace pour la soci&#233;t&#233; cor&#233;enne, car leur hostilit&#233; envers la Cor&#233;e du Nord cr&#233;era plus d'instabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait une question aux jeunes sur leur attitude si les &#201;tats-Unis attaquaient la Cor&#233;e du Nord. Pr&#232;s de 90% ont d&#233;clar&#233; qu'ils s'opposeraient &#224; une attaque am&#233;ricaine contre la Cor&#233;e du Nord. Mais lorsqu'on leur a demand&#233; s'ils aimeraient vivre en Cor&#233;e du Nord, ils ont dit non ; seulement 3 % ont dit oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude du gouvernement sud-cor&#233;en a &#233;galement chang&#233;, en ce sens qu'il n'est plus compl&#232;tement avec les &#201;tats-Unis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ha-young : En partie, oui. Lors de son investiture, Roh Moo-hyun a d&#233;clar&#233; : &#034;Je serai un pr&#233;sident qui dira non aux &#201;tats-Unis&#034;. Il a &#233;galement dit : &#171; Je ne parle pas anglais. Je ne suis jamais all&#233; aux &#201;tats-Unis. Je veux cr&#233;er une relation d'&#233;gal &#224; &#233;gal lorsque nous traitons avec les &#201;tats-Unis. Donc, dans un sens, il y a une attitude diff&#233;rente de celle des pr&#233;sidents pr&#233;c&#233;dents. Ses expressions refl&#232;tent les souhaits des gens ordinaires, qui veulent que les relations entre la Cor&#233;e du Sud et les &#201;tats-Unis soient &#171; normalis&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis se sont f&#226;ch&#233;s quand il a dit de telles choses. Il exprimait &#233;galement, &#224; ce stade, les sentiments de sections de la classe dirigeante sud-cor&#233;enne, qui pouvaient voir le potentiel de la croissance &#233;conomique et de la puissance militaire chinoises. Ils estimaient que ce serait un d&#233;savantage pour eux de ne d&#233;pendre que des &#201;tats-Unis. Ils ont une jambe en Chine et l'autre aux &#201;tats-Unis. La question de l'attitude envers les &#201;tats-Unis est maintenant une question tr&#232;s controvers&#233;e au sein de la classe dirigeante. La majorit&#233; de la classe dirigeante pense que l'alliance Cor&#233;e du Sud-&#201;tats-Unis doit &#234;tre maintenue telle qu'elle l'a &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure actuelle, il semble que Roh Moo-hyun ait choisi la tradition : pour lui, l'alliance Cor&#233;e du Sud-&#201;tats-Unis est plus importante que l'alliance Cor&#233;e du Sud-Chine. Sur la question de l'Irak, il a choisi de soutenir les &#201;tats-Unis et quand les gens s'opposent &#224; ce qu'il envoie des troupes, il dit : &#171; Je suis pro-am&#233;ricain et en m&#234;me temps pour l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concurrence &#233;conomique et militaire s'intensifie autour de la p&#233;ninsule cor&#233;enne et la Cor&#233;e du Sud est sous pression. Et la classe dirigeante souhaite trouver sa propre position et va dans diff&#233;rentes directions tout en essayant de maintenir ce qu'elle avait auparavant, l'alliance Cor&#233;e du Sud-&#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines entreprises sud-cor&#233;ennes op&#232;rent en Cor&#233;e du Nord, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ha-young : Aujourd'hui, les investissements en Cor&#233;e du Nord se concentrent principalement sur le tourisme et un complexe industriel, Kaesong, &#224; environ une heure et demie de route de S&#233;oul en bus &#224; travers la ligne de d&#233;marcation militaire. Le complexe industriel de Kaesong est une solution aux probl&#232;mes des petites et moyennes entreprises en Cor&#233;e du Sud car les salaires sont si bas - 57 dollars par mois, moins que ce qui est pay&#233; au Vietnam ou en Chine. Et l'un des arguments de vente attrayants est qu'il n'y a pas de syndicats en Cor&#233;e du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des difficult&#233;s. Des sections de la classe dirigeante craignent qu'il y ait beaucoup de limitations pour que les entreprises sud-cor&#233;ennes entrent en Cor&#233;e du Nord. Pendant ce temps, les investissements et le commerce de la Chine avec la Cor&#233;e du Nord ont augment&#233; beaucoup plus rapidement que ceux de la Cor&#233;e du Sud. Des sections de la classe dirigeante sud-cor&#233;enne s'en inqui&#232;tent. Ils pensent que la politique hostile des &#201;tats-Unis envers la Cor&#233;e du Nord cr&#233;e ce climat et qu'ils pourraient faire perdre &#224; la Chine l'opportunit&#233; de d&#233;velopper la Cor&#233;e du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une contradiction pour les nationalistes de gauche. Ils disent que la Cor&#233;e du Nord, en particulier le complexe industriel de Kaesong, est la r&#233;ponse aux probl&#232;mes de &#034;l'&#233;conomie nationale&#034; des deux Cor&#233;es combin&#233;es - mais un article du Financial Times la qualifie de &#034;refuge pour les capitalistes, pas pour les travailleurs&#034;. , pas la nation non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la situation de la gauche ? Jusqu'en 1989 il y avait un stalinien tr&#232;s fort, Kim Il-sungist gauche en Cor&#233;e du Sud. Comment cela a-t-il chang&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il-bung : Jusqu'en 1991, lorsque l'ex-URSS s'est effondr&#233;e, la grande majorit&#233; de la gauche &#233;tait stalinienne. Ensuite, nous avons eu deux vari&#233;t&#233;s de stalinisme. L'un, appel&#233; &#171; NL &#187; (Courants de lib&#233;ration nationale), &#233;tait favorable &#224; la Cor&#233;e du Nord, suivant la pens&#233;e &#171; jucheiste &#187; de Kim Il-sung (&#171; Juche &#187; signifie &#171; autonomie &#187;). L'autre volet s'appelait PD (courants de la d&#233;mocratie populaire) et regardait vers l'URSS et l'Europe de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'Europe de l'Est et l'URSS se sont effondr&#233;es, ce fut un choc &#233;norme, une d&#233;faite totale pour PD, et ils se sont simplement dissous, certains s'int&#233;ressant &#224; certaines formes de post-modernisme jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NL, les Jucheists, ont surv&#233;cu au PD parce que la Cor&#233;e du Nord a surv&#233;cu. Mais de 1994 &#224; 1998, ils ont travers&#233; une crise profonde. D'abord la mort de Kim Il-sung en 1994, puis la famine &#224; partir de 1995, ainsi que la crise &#233;conomique, ont fait que le sentiment g&#233;n&#233;ralis&#233; parmi les Sud-Cor&#233;ens &#233;tait que le r&#233;gime nord-cor&#233;en s'effondrerait &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1998 a &#233;t&#233; un tournant pour NL car la Cor&#233;e du Sud &#233;tait &#233;galement impliqu&#233;e dans une grave crise &#233;conomique. Les Jucheists se sont sentis capables de soutenir que la Cor&#233;e du Nord &#233;tait meilleure que la Cor&#233;e du Sud. Et &#224; l'&#233;t&#233; 1998, ils voyaient dans le lancement des soi-disant missiles balistiques continentaux l'avanc&#233;e de la technologie en Cor&#233;e du Nord alors que le r&#233;gime de Kim Jong-il semblait se stabiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet intercor&#233;en de 2000 a vraiment renforc&#233; la confiance des Jucheists. Mais aussit&#244;t apr&#232;s, les Juch&#233;istes devinrent plus ou moins r&#233;formistes. Aujourd'hui, les Jucheists agissent en r&#233;formistes &#8211; comme le font la majeure partie des courants du PD. Le PD s'est maintenant diff&#233;renci&#233; en divers courants tr&#232;s diff&#233;rents, et vous pouvez voir toutes sortes de m&#233;li-m&#233;lo : du stalinisme traditionnel pur et dur, en passant par les versions modernes du mao&#239;sme, en passant par divers types de social-d&#233;mocratie et d'autonomisme, jusqu'&#224; l'op&#233;ra&#239;sme d'ultra-gauche ou le communisme de conseil, ainsi qu'une faction interne du DLP s'identifiant au Parti socialiste &#233;cossais. Ce qui lie ces larges vari&#233;t&#233;s de PD, &#224; l'exception des marques autonomistes, est leur h&#233;ritage ouvri&#233;riste et l'attitude sectaire envers les luttes anti-imp&#233;rialistes dirig&#233;es par les Pays-Bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'International Socialists of South Korea (ISSK) est l'autre &#233;l&#233;ment de la gauche cor&#233;enne. Cela a commenc&#233; en 1990. A la veille de l'effondrement de l'ex-URSS en ao&#251;t 1991, nous avions 29 membres. En trois mois, nous sommes pass&#233;s &#224; 170. Mais trois mois plus tard, il y a eu une descente de police et beaucoup de nos membres ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et sont all&#233;s en prison. Tout au long des ann&#233;es 1990, jusqu'en d&#233;cembre 1999, date &#224; laquelle nous avons rejoint le DLP, nous &#233;tions clandestins avec une force d'environ 150 personnes et r&#233;guli&#232;rement agress&#233;s par la police &#8211; surtout chaque fois que nous montrions un signe de croissance. Pendant toute la d&#233;cennie, plus de 200 de nos membres ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, certains camarades deux ou m&#234;me trois fois. Nous avons &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; entre six mois et deux ans de prison. &#202;tre clandestin a vraiment eu un effet n&#233;gatif (comme la passivit&#233;, les tentations au sectarisme,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; la fin de 2002, comme je l'ai d&#233;j&#224; dit, il y a eu un mouvement massif de jeunes contre la menace de guerre et d'agression militaire des &#201;tats-Unis. Cela a imm&#233;diatement conduit au mouvement anti-guerre et nous avons commenc&#233; &#224; passer de quelque 300 au d&#233;but de 2003 &#224; un peu moins de 1 200 en 2005. Nous faisons partie du DLP et lors des r&#233;centes &#233;lections du parti, nous avons pr&#233;sent&#233; un candidat au poste de directeur politique, un des trois principaux postes nationaux, et nous avons obtenu 18 % des voix au niveau national et plus de 30 % &#224; S&#233;oul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cor&#233;e a historiquement eu de tr&#232;s grands mouvements &#233;tudiants. Est-ce toujours vrai ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il-bung : Historiquement, des ann&#233;es 1960 aux ann&#233;es 1980, nous avions une forte tradition de mouvement &#233;tudiant militant contre la dictature et le gouvernement autoritaire. La plupart des dirigeants de la gauche d'aujourd'hui sont issus de ce mouvement &#233;tudiant. Mais r&#233;cemment, il y a eu un changement dans le mouvement &#233;tudiant. Il n'y a plus de dictature ni de gouvernement autoritaire et il faut lutter contre le n&#233;o-lib&#233;ralisme. Mais parce que le mouvement est influenc&#233; par les r&#233;formistes, il est tr&#232;s d&#233;sorient&#233;. Ils ne savent pas comment organiser et mobiliser la r&#233;sistance. Beaucoup d'entre eux sont d&#233;moralis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, nous avons des conseils d'&#233;tudiants contr&#244;l&#233;s par les diff&#233;rents types de nationalistes de gauche, y compris les Jucheists. Lorsqu'il y a un probl&#232;me qu'ils jugent important, ils peuvent mobiliser plusieurs milliers d'&#233;tudiants. La lutte contre l'&#233;largissement de la base am&#233;ricaine dans la ville de Pyoung-taek en fut un exemple de choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ha-young :Aujourd'hui, les &#233;tudiants et les jeunes ont tellement de col&#232;re que nous avons la possibilit&#233; d'un activisme hautement explosif, comme l'a montr&#233; la r&#233;action aux deux d&#233;c&#232;s d'adolescentes en 2002. Mais c'&#233;tait une explosion spontan&#233;e, non li&#233;e &#224; l'ancien &#233;tudiant direction du mouvement. L'un des dirigeants &#233;tudiants du Jucheist nous a dit que lorsque les centaines de milliers de jeunes manifestaient alors, et que les &#233;tudiants du Jucheist sont arriv&#233;s avec leur banderole, personne n'a montr&#233; le moindre int&#233;r&#234;t. C'est parce qu'ils continuent avec leurs vieilles id&#233;es staliniennes qui ne s'int&#233;ressent pas aux jeunes et aux &#233;tudiants. Nous constatons que lorsque nous soulevons des questions internationalistes comme les guerres de Bush au Moyen-Orient, beaucoup de jeunes sont attir&#233;s par ces questions. Nous constatons qu'ils ont un grand int&#233;r&#234;t pour la politique - beaucoup de questions sur la politique de gauche radicale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>Three uprisings in South Korea</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article6848</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article6848</guid>
		<dc:date>2022-07-10T11:54:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>English</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Three uprisings in South Korea INTRODUCTION &lt;br class='autobr' /&gt;
Let us first recall that it was British and American imperialism that demanded that Stalin militarily occupy northern Asia and notably northern Korea while they occupied the south. Let us also remember that this had no military purpose because the war was then won in Japan crushed under the bombs and which only asked to capitulate. What motivated these imperialisms was the fear of a social revolution. In Korea, struck by misery and feudalism, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;English&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Three uprisings in South Korea&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/60-90--9-1-afba6-f4946.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;361&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;INTRODUCTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let us first recall that it was British and American imperialism that demanded that Stalin militarily occupy northern Asia and notably northern Korea while they occupied the south. Let us also remember that this had no military purpose because the war was then won in Japan crushed under the bombs and which only asked to capitulate. What motivated these imperialisms was the fear of a social revolution. In Korea, struck by misery and feudalism, the social revolution was a striking evidence and the population was preparing for it in an undisguised way. The working people were counting on putting an end to social and political suffering along with Japanese domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The opposition between the government of the north and the south, between Stalinism and imperialism was completely exploited in order to serve as a justification for crushing the social revolution and it still is today.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1945, in Korea as in Vietnam and throughout Indochina, uprisings followed the departure of Japanese troops. People's committees have been formed everywhere, organized in Soviet form and preparing for power. The American army had to crush them in blood before putting at the head of a military dictatorship in the south its straw man Sungman Rhee(who immediately distinguished himself by also crushing in blood the powerful general strikes of 1946 and 48) while the north was occupied by Russian troops who placed at the head of the country Kim Il Sung, a leader of military guerrilla against Japan. In the south, the military have rebuilt both the State and the economy and they have established privileged relations with the trusts, the chaebols, relations which institutionalize corruption: a real system of mutual aid which has enabled the chaebols like generals to prosper. Samsung owes everything to the first president, the fierce dictator Sungman Rhee, and Daewoo would be nothing without President Park. In return, some have made a fortune like Roh who made up the modest kitty of 650 million dollars! This country which was ruled dictatorially by teams of military leaders was forced to withdraw them from the political scene: Generals Chun Doo-hwan and Roh Tae-woo who governed respectively from 80 to 87 and from 88 to 92 were forced to resign from the army. General Roh was sentenced to 22 and a half years in prison for corruption. General Chun was sentenced to capital punishment (commuted to life imprisonment) for leading the military putsch of 1979 and bloodily repressing a student demonstration. Both were also declared responsible for the massacre of the commune of Kwanju in May 1980. This shows to what extent the army is currently politically completely sidelined from the direction of affairs. generals Chun Doo-hwan and Roh Tae-woo who ruled from 80&#8211;87 and 88&#8211;92 respectively were forced to resign from the military. General Roh was sentenced to 22 and a half years in prison for corruption. General Chun was sentenced to capital punishment (commuted to life imprisonment) for leading the military putsch of 1979 and bloodily repressing a student demonstration. Both were also declared responsible for the massacre of the commune of Kwanju in May 1980. This shows to what extent the army is currently politically completely sidelined from the direction of affairs. generals Chun Doo-hwan and Roh Tae-woo who ruled from 80&#8211;87 and 88&#8211;92 respectively were forced to resign from the military. General Roh was sentenced to 22 and a half years in prison for corruption. General Chun was sentenced to capital punishment (commuted to life imprisonment) for leading the military putsch of 1979 and bloodily repressing a student demonstration. Both were also declared responsible for the massacre of the commune of Kwanju in May 1980. This shows to what extent the army is currently politically completely sidelined from the direction of affairs. General Chun was sentenced to capital punishment (commuted to life imprisonment) for leading the military putsch of 1979 and bloodily repressing a student demonstration. Both were also declared responsible for the massacre of the commune of Kwanju in May 1980. This shows to what extent the army is currently politically completely sidelined from the direction of affairs. General Chun was sentenced to capital punishment (commuted to life imprisonment) for leading the military putsch of 1979 and bloodily repressing a student demonstration. Both were also declared responsible for the massacre of the commune of Kwanju in May 1980. This shows to what extent the army is currently politically completely sidelined from the direction of affairs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was in the 1980s that the Korean bourgeoisie began to find the price of military dictatorship too costly. The country becoming rich and developed, she preferred another form of political leadership, without coups, without repression and permanent revolts. And that's also where the explosion of '87 came from. Indeed, the military clung to power and for years we saw not only the poor classes and the workers but a whole section of the sons of the bourgeoisie and of the petty bourgeoisie to fight to end the military dictatorship, participating in demonstrations, arrested, tortured, murdered, choosing a militant life in clandestine organizations rather than social integration, to fight against this hated power. From there was born the movement of workers and young people.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;THREE REVOLTS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- 1945-1948&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- April 1960&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 - May 1980&lt;br class='autobr' /&gt;
Korea 1945-1948&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In Korea the allies had decided on an apparently absurd system of occupation which was to give rise to the worst confrontation of the Cold War in 1950 but which, at the end of the world war, corresponded to the different zones in this region. Indeed the Korean peninsula was divided in two, a part under Russian occupation and another under American occupation, the two being separated by the 38th parallel. In fact by saying this we forget a large part of the problem, we attributed to China the part of mainland Korea, the Kan Do, taken during the military conquests and this would prove to be very important thereafter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Initially this division discussed at the conferences of Tehran in 1943 and Yalta in 1945 was to be provisional. The first to arrive on the spot were the Russians in the north on August 24, 1945. Then the USA arrived a month later in the south in September 45. Everything was planned on both sides and neither side had the intention of asking the people to decide. The Russians have in their luggage Kim Il Sung whom they intend to impose as a leader under the Communist Party label. Yet there exists in Korea an underground communist party of which Kim is not the leader but he is the man of the Russians and in the atmosphere of social effervescence the Russians are wary of it as they are wary of all the democratic militants or trade unionists who will very quickly populate their prisons. To get rid of the real Korean Communist Party, the russians are going to have great difficulties because they have to be rid of them both in the north and in the south. In the north this will be done under Russian military occupation, the former leaders will go to prison as well as all the opponents of Kim Il Sung. In the south, it will be much more difficult, especially since traditionally the leadership of the Communist Party resided in the south in Seoul and the party will remain a single party despite the division of the country.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On both sides, there is the same catastrophic situation for the population which immediately translates into a social explosion. The misery of the workers is catastrophic. The number of dead is considerable. And, in addition, the population comes out of many years of Japanese occupation where they suffered atrociously. It is not to easily accept another military occupation. Finally, very quickly the problem of dividing the country in two, which seems to be temporary and lasting, will become a political problem of the first order, preventing the two powers from stabilizing and gaining credit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indeed, on Stalin's orders, Kim Il Sung in the north will defend the division of the country in the same way as in the south the American puppet Syngman Rhee, a corrupt and ultra-violent far-right dictator. On both sides, the working class will oppose this division and in particular the unions of rather anarcho-syndicalist origin with militants of the far left and which are not yet controlled by the Communist Party. The pressure is such in the south that the South Korean communist party takes its political independence from the leadership of the north in August 46. But at the same time it does it on bases that are less revolutionary, at least in a proletarian sense. The August thesis which underlines this political independence at the same time no longer accepts the division of the country but affirms that a bourgeois revolution must be carried out with a view to reunification, a revolution which will have the countryside and not the cities as its base. And this also means that the CP in the south is calling on the workers and peasants to go to the mountains to organize the guerrillas there. The southern workers' union will violently oppose these proposals. Indeed, the workers are very far from feeling powerless in their struggles in the factories to the point of going to take refuge in the mountains. The thesis of the bourgeois character of the revolution is no better accepted. And this also means that the CP in the south is calling on the workers and peasants to go to the mountains to organize the guerrillas there. The southern workers' union will violently oppose these proposals. Indeed, the workers are very far from feeling powerless in their struggles in the factories to the point of going to take refuge in the mountains. The thesis of the bourgeois character of the revolution is no better accepted. And this also means that the CP in the south is calling on the workers and peasants to go to the mountains to organize the guerrillas there. The southern workers' union will violently oppose these proposals. Indeed, the workers are very far from feeling powerless in their struggles in the factories to the point of going to take refuge in the mountains. The thesis of the bourgeois character of the revolution is no better accepted.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In fact, in the factories it is a workers' offensive that we are witnessing in South Korea. The workers' insurrection started from two cities: Taekou, a large city in the south east, and Busan, the large port in the south. It was a spontaneous uprising which began with a strike by the railway workers and which ended in real armed clashes, the workers having organized themselves into a workers' militia. Strike committees were set up everywhere and the strike spread to many other towns. The reaction of the American troops is very violent. The repression extends to all the country against the trade unions and the radical militants. The CP of the south which had nothing to do with the movement is banned. Syngman Rhee's dictatorship becomes fierce. Political opponents and trade union leaders are assassinated like the anarcho-syndicalist leader.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim Ku and Social Democrat leader Yo Un Hyong. The Communist Party was forced to go completely underground. The political leadership of the CP took advantage of this to succeed for the first time in establishing its domination over the entire Communist Party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1946-47, far from stabilizing, the South Korean regime was attacked on all fronts: military mutinies, peasant uprisings, political movements in the cities against the Syngman Rhee regime and social movements. The central power of Seoul is so weakened that it is forced to let the peasants occupy an entire so-called liberated region. The CP of the south decides to invest itself in this peasant revolution and it calls again the workers to follow it. Most of the workers and intellectual militants who followed this call were massacred before they could even reach the region or arm themselves. The CP of the south will nevertheless take the political direction of these insurgent peasants. He advises them to leave the agricultural lands to reach the mountains and indeed this guerrilla will hold out there until the Korean War in 1950, when it will join the North Korean army. Paradoxically, this is what will be fatal to it because the North Korean regime had no desire to support the peasants of the south and will abandon them by ceasing to arm them as soon as the American offensive begins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the aftermath of the Liberation, the placement of Korea under the tutelage of the Soviets and the Americans, on either side of the 38th parallel, was the occasion to implant the embryos of the antagonistic regimes that we know today. In the south, the preconceived economic ideas of the American occupation administration (the USAMGIK) translated into a liberalization of the grain market which caused frightening speculation on the rice market. Indeed, largely agricultural South Korea was Japan's breadbasket during colonization. However, as the shortage was felt in the archipelago, some producers renewed old relations with Japan, which was then short of rice, due to the massive mobilization of peasants for the army and the loss of its colonial empire. The price of rice soared in Korea, and the cities were no longer supplied, because the speculators preferred to sell to Japan, at the highest price. The American authorities immediately reversed course and imposed restrictions not only on the sale of rice, but also on that of other cereals, according to standards so harsh that some producers regretted the time of the Japanese. In Taegu, in the south of the country, a furious revolt pitted peasants and &#8220;leftist&#8221; sympathizers against the authorities. Several hundred police and demonstrators were killed before American troops restored order. The American authorities immediately reversed course and imposed restrictions not only on the sale of rice, but also on that of other cereals, according to standards so harsh that some producers regretted the time of the Japanese. In Taegu, in the south of the country, a furious revolt pitted peasants and &#8220;leftist&#8221; sympathizers against the authorities. Several hundred police and demonstrators were killed before American troops restored order. The American authorities immediately reversed course and imposed restrictions not only on the sale of rice, but also on that of other cereals, according to standards so harsh that some producers regretted the time of the Japanese. In Taegu, in the south of the country, a furious revolt pitted peasants and &#8220;leftist&#8221; sympathizers against the authorities. Several hundred police and demonstrators were killed before American troops restored order.&lt;br class='autobr' /&gt;
The Stalinist regime in North Korea&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The sudden collapse of the Japanese colonial administration led to a popular explosion. Coming out of hiding, the Communist Party formed a coalition with all the nationalist movements. Korean Independence Preparation Committees sprang up across the country. On September 6, 1945, a national conference of these committees, meeting in Seoul, proclaimed the birth of the People's Republic of Korea (PRC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Following the line defined by Moscow, the Korean Communist Party, which was by far the most powerful current in this movement, endeavored to contain the explosion of social demands among the exploited masses. Claiming that the time was for national emancipation and not for social emancipation, under the false pretext that any other policy would divide the &#034;Korean nation&#034;, the Communist Party put the poor masses of Korea in the political tow of their own exploiters as did the communist parties all over the world during this period and used their mobilization to guarantee the continuity of the capitalist order.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But this respect for the capitalist order is not enough for the Korean CP to win Washington's favor. Of course, what the United States feared was neither the political program of the PRC, with its call for the establishment of universal suffrage and the creation of democratic institutions, nor its defense of nationalizations and reform. agrarian: after all, most major Korean businesses and farms had no owners since the expulsion of Japanese settlers. No, what worried American imperialism the most was that the PRC regime had been put in place without its prior agreement, thanks to popular mobilization, and that it therefore had no need imperialism to stay in power. This regime would therefore not be docile to the interests of the United States. Also,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The American leaders then undertook to implement their own conceptions of democracy in their zone of occupation. The old colonial police force was restored to its functions, with practically the same personnel (their uniforms were not even changed!) as under the Japanese occupation. The positions of responsibility in the new institutions were entrusted to politicians who had collaborated with the Japanese occupier or who had found protection with the Chinese nationalist dictator and US ally, Chiang Kai-shek. These were viscerally anti-communist individuals who had strong ties to the Korean landlord class. As head of the new regime, Washington put Syngman Rhee, a well-known right-wing nationalist politician, who had friends both in the United States and within the Chiang Kai-shek regime. In February 1946, they put in place a provisional government of South Korea chaired by Syngman Rhee, half of whose members were appointed directly by the American occupation authorities and the other half by the wealthy classes, according to the electoral system based on property. force under Japanese occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The political orientation of the new regime proved to be as reactionary and socially conservative as might be expected given the social composition of the government. Calls for comprehensive land reform were met with contempt as regime officials amassed colossal fortunes by appropriating land from former Japanese farms and landless peasants starved to death. Corruption and the black market became the rule. So that in the end, the poor population of the American zone of occupation saw little difference between the new Republic of Korea, which was officially proclaimed there in August 1948, and the old Japanese colonial administration, except in the language of the occupying troops.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faced with the repression aimed at it in the South, where it was very quickly banned, the executive committee of the PRC elected in September 1945 took refuge in the Soviet occupation zone. There, the occupation authorities accepted this executive committee and the preparation committees for independence as partners in the day-to-day administration of affairs on the ground.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unlike the United States in their zone of occupation, the USSR applied the 1945 protocol to the letter in its own, refraining from setting up permanent institutions likely to prejudge the final form of the state. At least that is what it did until the creation of institutions specific to the South under the aegis of the USA. A Provisional People's Committee was then set up in Pyongyang, this time under the leadership of Kim Il Sung, a young CP leader recently back in the country, who seems to have been chosen less for his links with Moscow than for the opposite reason: unlike Like many communist leaders, Kim Il Sung had spent the previous years not in Moscow, but in a Korean maquis against the Japanese in Manchuria, in liaison with the Chinese resistance. He could thus be presented as a hero of the national resistance against Japan, without being associated, like the former leaders of the clandestine CP, with the mobilization of the masses of the year 1945, to which he had no participated. In all respects, Kim Il Sung was the perfect spokesman for a &#034;national&#034; government.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As soon as it was formed, the new regime implemented a two-year program providing for the nationalization of industries previously captured by the Japanese and a radical agrarian reform entailing the confiscation without compensation of large farms and their free redistribution to the landless peasants. Laws on working conditions and an embryo of a social system completed the whole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was only after the turning point in US-Soviet relations and the beginnings of the &#034;cold war&#034; that, in September 1948, three weeks after the proclamation of the Republic of Korea in the south of the country, a People's Democratic Republic of Korea was proclaimed in the north. Soon after, Soviet troops withdrew from Korea, leaving only a few hundred military advisers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Before arriving there, the Korean CP had merged in August 1946 with various radical and nationalist groups to create the Workers' Party of North Korea. Movements that did not join the new party were first marginalized, then those that tried to maintain a political existence were persecuted.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The regime that settled in the North was undoubtedly repressive, bringing together the traits of many Third World military dictatorships of the time. As in the people's democracies set up under the protection of the Red Army in Central and Eastern Europe, the first victim of the new regime was the working class both politically and physically, because of the superhuman efforts demanded of the workers in the name of the necessities of economic reconstruction. But at the same time, Pyongyang's anti-imperialist rhetoric, its nationalizations and above all the radical land reform it had implemented made the regime very popular, not only in the North but also in the South, where resentment against the parasitic oligarchy of landowners.&lt;br class='autobr' /&gt;
The 1946 general strike in South Korea&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The railway workers' strike started in Busan on September 23, 1946 and led to the Daegu uprising on October 1, 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The strike was controlled by a National Council of Korean Workers. The first council strike began on September 23 by more than 7,000 railway workers in Busan. Around 40,000 railway workers soon joined the railway workers' strike, which quickly spread across the country. Between 250,000 and 300,000 workers on strike in all industrial sectors, including metals and chemicals. The general strike began with demands such as rice rationing, wage increases, opposition to layoffs, freedom of labor movement and the release of democratic figures. Fifteen thousand students from vocational schools and colleges in Seoul also took to the streets on September 27, demanding the abolition of colonial education. Some South Korean Defense Forces (now the Republic of Korea Army) and Maritime Security Forces (now the Republic of Korea Navy) joined the strike, and in Seoul dozens of members of the US Communist Party of the US Army in Korea called for the withdrawal of US troops from Joseon. The sixth meeting of the Central Committee of the Provisional People's Committee of North Korea adopted a statement affirming the legitimacy of the strike and supporting the strikers in the south, but the committee did not tolerate the violent struggle. dozens of Communist Party USA members in the US military in Korea called for the withdrawal of US troops from Joseon. The sixth meeting of the Central Committee of the Provisional People's Committee of North Korea adopted a statement affirming the legitimacy of the strike and supporting the strikers in the south, but the committee did not tolerate the violent struggle. dozens of Communist Party USA members in the US military in Korea called for the withdrawal of US troops from Joseon. The sixth meeting of the Central Committee of the Provisional People's Committee of North Korea adopted a statement affirming the legitimacy of the strike and supporting the strikers in the south, but the committee did not tolerate the violent struggle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;USAMGIK sent more than 2,000 armed officers to Seoul Railroad, the center of the general strike, on September 30. Around 1,000 protesters, including the Korean Confederation of Trade Unions (now the Federation of Korean Trade Unions), the Korean People's Bureau and the National Assembly press, also joined the eight-hour street battle led by Kim Du- han. Three people were killed and hundreds were injured.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A demonstration organized on October 1 by strikers in Daegu came under fire from the police and a railway worker was killed. Thousands of protesters (including students) carried his body through the city streets the next day, despite police attempts to arrest them. The strike then evolved into the broader Autumn Uprising, in which dozens were killed, thousands were arrested, and martial law was imposed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1946 Autumn Uprising&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The 1946 Daegu 10.1 Uprising in Korea was a peasant uprising in the southern provinces of Korea against the policies of the United States Army Military Government in Korea led by General John R. Hodge and in favor of restoring power to the people's committees that made up the People's Republic of Korea. The uprising is also called &#034;Daegu Revolt&#034; or &#034;Daegu Resistance Movement&#034;. South Korea's Truth and Reconciliation Commission chooses the neutral name &#034;October Daegu Incident&#034;, making it a real uprising .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The uprising was preceded by the Korean General Strike in September, by the end of which more than 250,000 workers took part. The strike was declared illegal by the US military government and the strikers were attacked by the police. On October 1, a protest by strikers in Daegu was fired upon by the police and a railway worker was killed. The next day, thousands of protesters, including students from schools and universities, carried his body through the city streets, despite police attempts to arrest them. The strike then evolved into the more general Autumn Uprising (or Daegu 10.1 Uprising).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The uprising itself started in Busan and eventually spread to Seoul, Daegu, Gyeongsangbuk-do, Gyeongsangnam-do, Chungcheongnam-do and Jeollanam-do and ended in mid-November. Other demands expressed during the uprising were for better working conditions, higher wages, the right to organize and the release of political prisoners.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depending on the conditions, the United States military government responded in various ways, including mobilizing scabs, police, right-wing youth groups, sending in American troops and tanks, and declaring martial law. , and succeeded in suppressing the uprising. The uprising resulted in the deaths of 92 policemen, 163 civilian workers, 116 civilians and 240 rioters. 2,609 people were arrested by the police and the army. Some analysts say the uprising, which was partly a reaction to October's elections for South Korea's Interim Legislative Assembly, organized by the US military government, is a better gauge of public opinion than the election itself.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The defeat of the uprising is seen as a turning point in establishing political control over Korea, as the People's Committees and the National Council of Korean Trade Unions were weakened by the repression. For Americans, the Fall Harvest Rebellion added new urgency to the effort to find a formula to unify Korea's two occupation zones under an elected government.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 2010, the Truth and Reconciliation Commission presented its findings, there were 60 victims whose families it suggested the government should provide compensation, and there were approximately 7,500 other people who suffered from the incident. Some victims were arrested and tortured, and then police and far-right groups damaged or confiscated their homes and property. The families of the victims had to endure the shame of being considered criminals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The October Uprising, October 1st Incident, Yeongnam Riots and October Riots, according to historical perspective. From a partisan point of view, it's called the October Uprising, a critic calls it Yeongnam Riots and October Riots, and from a neutral point of view, it's called the 1st Incident. october. From the standpoint of asserting the agitation and initiative of the Communist Party of Korea, it is sometimes called the October Riot. In the past, the terms October Riot, Yeongnam Riot, and October Riot were used interchangeably, and officially, the term was referred to as the more neutral October 1 Incident. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After liberation, life for Koreans under the USAMGIK of the United States Military Command in South Korea was starving. Because USAMGIK's rice ration policy failed. Hunger in Daegu, where cholera outbreaks occurred during this period, was particularly severe. After 2,000 cholera patients arose in Daegu and Gyeongsangbuk-do, the government blocked Daegu without taking proper measures for treatment saying it was preventing transmission. As a result, vehicles and people could not cross the city limits and the supply of crops and basic necessities was cut off. Above all, rice was scarce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In addition, the police of the former pro-Japanese who were hired as the national police robbed rice farmers in the same way as during Japanese-ruled Korea. Citizens' anger against the pro-Japanese policemen has increased a lot, and the police have retaliated against them here and there. Amidst this, public sentiment in Daegu and Gyeongsnabuk-do was very chaotic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meanwhile, in May 1946, in the case of the counterfeit Jung Pan-sa notes, USAMGIK announced the &#034;illegalization of communist activities&#034; and issued a mass arrest warrant for Communist party officials.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Workers' unrest did not wane with the repression and they staged a massive strike by railway and transport workers in September 1946, which is the September General Strike.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The September general strike spread across the country, beginning with the strike by railway workers in the Busan area. In this way, the Communist Party and Jeon-pyeong led a general strike in September and hit USAMGIK hard for good. The general strike in September quickly spread across the country and workers went on strike. USAMGIK brought in national police and anti-Communist youth groups to crush the strike, but there was an unexpected situation here. When the police fired on workers' strikes in Daegu, labor and grassroots reaction grew in response.&lt;br class='autobr' /&gt;
In April 1960, the April 1960 Uprising ended the Syngman Rhee regime&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The April 1960 Revolution in South Korea marked a decisive step in the fight against authoritarianism. If the victory of democracy was then only ephemeral, following the military coup of May 16, 1961, the uprising of April 19, 1960 brought down the Syngman Rhee regime and, more fundamentally still, marked the eruption of masses in the history of South Korea. The April 1960 Revolution also consecrated the alliance of young people and workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1959: the autocrat Syngman Rhee, in power since 1948 and then aged 84, prepares for his third re-election to the presidency of the Republic, while his political formation, the Liberal Party, nominates Yi Gi-bung as his candidate for vice -presidency.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In December 1959, Syngman Rhee announced his intention to advance the date of the presidential election to March 15, 1960, normally scheduled for May 1960, on the grounds of avoiding the busy harvest period... although the month of May corresponds to no harvest date. This choice was in fact linked to the state of health of the candidate of the Democratic Party (opposition) in the presidential election: on February 15, eight days after the submission of candidacies, Jo Byeong-ok died, and the demands of his party to present a new presidential candidate were rejected. Syngman Rhee thus became the only candidate for the post of President of the Republic. On February 13, the head of state declared, without constitutional basis, that the vice-president should belong to the same party as the president. From then on, the election was locked,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The spark of the revolutionary movement was ignited by the students of Daegu University who decided to demonstrate against the decision to set February 28, the day of a rally in their city of Jang Myeon, as the date for the end-of-semester exams. . After the students of Daegu, it is the turn of those of Seoul then Daejon to demonstrate, respectively on March 5 and March 8, before the generalization of student demonstrations, between March 10 and 14. Two demands are on the agenda: to the recurring demands to respect the freedom of campuses is added the refusal of electoral trickery.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On March 15, ballot box stuffing, public votes in groups of three or even the expulsion of Democratic Party supervisors gave the official results expected of power: Syngman Rhee won more than 9.6 million votes (88.7 % of the votes cast) and Yi Gi-bung obtained an overwhelming success as vice-president (8.3 million votes, or 79% of the votes cast, against 1.8 million votes and 21% of the votes cast for Jang Myeon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faced with the scale of the fraud, violently repressed demonstrations took place on election day itself, in particular in Masan, near Pusan, where the toll among the demonstrators resulted in 8 dead and 70 injured. As throughout the uprising, the Syngman Rhee government accused the Communists of being behind the events. In Masan, the uprising had led to the sacking of police stations, a pro-government newspaper and the headquarters of the Liberal Party's campaign committee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On April 11, the body of a missing 17-year-old student, Kim Ju-yeol, was found in Masan Bay (photo above, source: Korea Times). The same day, at 6 p.m., a demonstration brings together 30,000 participants in Masan. During the night, two people were shot dead by the police. The students would henceforth take an essential part in the demonstrations which were to bring about the downfall of Syngman Rhee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On April 18, students at Goryo University in Seoul staged a sit-in in front of the National Assembly. An attack orchestrated by thugs supported by the Liberal Party caused a dozen injuries. The next day, the incident made headlines. The media dissociated itself from power, henceforth reporting in detail on the student demonstrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The new student demonstration, on Tuesday, April 19, had an unprecedented scale, bringing together students of letters, sciences, law and art of the Seoul National University, those of educational sciences and management of the University from Konkuk, high school students from Dongsung, students from the Universities of Goryo, Dongguk, Yonsei and Chungang. At 11:50 a.m., some of the students marched on the Capitol, seat of government, and the presidential palace, jeering at the head of state. The police forces of the presidential palace opened fire around 1:40 p.m., resulting in 21 deaths. Around 2:30 p.m., the demonstrators were 200,000 in Seoul, opposing the police forces. Twenty-six buildings were destroyed, including the headquarters of Seoul Sinmun and the House of Anti-Communism. The results of the fighting in Seoul were established, on April 21,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the same day, martial law was declared in Seoul at 2:40 p.m. (retroactive to 1 p.m.), then extended to the main provincial cities, where mass demonstrations had led to deaths in Gwangju and Pusan. The total toll of the repression reached 186 dead, including 77 students, college and high school students and 66 peasants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Under Song Yo-chan's leadership, martial law troops entered into talks with the protesters, leading to the release of the imprisoned students. This turn of events surprised Syngman Rhee and his ministers, especially - unique in the history of South Korea - that they had lost the support of the American government. Initially, the United States did not criticize the March 15 election fraud, even confirming an official visit by President Dwight D. Eisenhower. But in the aftermath of the April 19 uprising, the US Department of Foreign Affairs issued a statement on April 20 calling for the democratization of South Korea. On April 21, the government and Liberal Party leaders collectively tendered their resignations. But Syngman Rhee remained in place,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On April 25, 300 professors gathered at Seoul National University and declared that the protests reflected the spirit of the nation. They demanded the resignation of the president, the deputies and the judges of the Supreme Court. Leading a protest calling for revenge for dead students, they were joined by more than 40,000 protesters, as martial law troops awaited instructions. Syngman Rhee proceeded to the appointment of interim Prime Minister Heo Jeong as Minister of Foreign Affairs, called to exercise the functions of Head of State if he resigns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The demonstrations of April 26 began at 5 a.m., at the end of the curfew. Protesters rode on the tanks of martial law troops, while the bronze statue of Syngman Rhee in the middle of the Pagoda Park was toppled. Syngman Rhee had no choice but to submit his resignation, announced at 10:20 a.m. by Martial Law Headquarters. On April 28, Yi Gi-bung, his wife, his eldest son&#8212;also the adopted son of Syngmann Rhee&#8212;and his younger son committed suicide in the presidential palace. On May 29, Syngman Rhee went into exile in Hawaii, where he died in 1965.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The April 1960 revolution had overcome twelve years of authoritarian rule. It remained for the victors of the day to organize themselves, divided between the former opposition on the right and the left decapitated after the execution of Cho Bong-am, less than a year earlier. If, in this context of dissension, the military coup of May 1961 was soon to put an end to the first period of democracy in South Korea, it was nonetheless to shape the history of contemporary Korea.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Seo Joong-seok, South Korea: 60 years of contemporary history. Origins and Stages of the Democratic Movement, Korea Democracy Foundation, Seoul, 2007, pp. 85-108.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Kang Man-gil, A History of contemporary Korea, Global oriental, 2005 for the English version, pp. 238-240.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The popular movement against poverty, dictatorship and the division of the country&lt;br class='autobr' /&gt;
From the dictatorship of Park Chung Hee to that of Chun Doo Hwan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Throughout Park's dictatorship, despite repression, large protest movements chronically broke out in which students played a leading role. This is particularly the case of the great demonstrations in 1965 against the signing of the treaty between Japan and Korea and in 1972 against the proclamation of martial law and the new Constitution which grants the dictator to remain in office until his death. Student demonstrations were harshly repressed in the city of Pusan &#8203;&#8203;in October 1979, triggering a crisis of the regime which ended in the assassination of Park Chung Hee on October 26. Park falls under the bullets of his closest collaborator, Kim Jae Kyu, then director of the KCIA (South Korean Central Intelligence Agency). A large student demonstration in the industrial city of Pusan, on October 16, escalated into a confrontation with the police the following day. The Park government immediately declared a state of emergency in this city, sending an infantry division. Despite this measure, the protests spread to other cities like Masan, another industrial city, where many exporting companies are located. Many workers engaged in street actions. Park also declares a state of siege on Masan. During the four days of confrontation, 4,207 people were arrested. Student protests spread to the capital, Seoul |25|. The head of the KCIA judges that by getting rid of Park, it is possible to save the situation. The day after General Park's death, the army was divided: one sector held out the prospect of a certain &#8220;liberalization&#8221; of the regime. Mobilizations continue. At the beginning of December 1979, most of the political detainees (some of whom were serving very long prison sentences) were released. On December 12, major-general Chun Doo Hwan succeeded in a putsch within the army, he had his main rival General Ching arrested and took total control of the army. Mobilizations continue. On April 14, 1980, Chun Doo Hwan, who retained his duties as head of the army, was appointed director of the KCIA by the head of state. Mobilizations continue. The return to the open military dictatorship takes place on May 18, 1980. A brutal repression is triggered: all the leaders of the opposition are arrested. This causes great social explosions of which the urban uprising in Kwangju is the culmination. At the beginning of December 1979, most of the political detainees (some of whom were serving very long prison sentences) were released. On December 12, major-general Chun Doo Hwan succeeded in a putsch within the army, he had his main rival General Ching arrested and took total control of the army. Mobilizations continue. On April 14, 1980, Chun Doo Hwan, who retained his duties as head of the army, was appointed director of the KCIA by the head of state. Mobilizations continue. The return to the open military dictatorship takes place on May 18, 1980. A brutal repression is triggered: all the leaders of the opposition are arrested. This causes great social explosions of which the urban uprising in Kwangju is the culmination. At the beginning of December 1979, most of the political detainees (some of whom were serving very long prison sentences) were released. On December 12, major-general Chun Doo Hwan succeeded in a putsch within the army, he had his main rival General Ching arrested and took total control of the army. Mobilizations continue. On April 14, 1980, Chun Doo Hwan, who retained his duties as head of the army, was appointed director of the KCIA by the head of state. Mobilizations continue. The return to the open military dictatorship takes place on May 18, 1980. A brutal repression is triggered: all the leaders of the opposition are arrested. This causes great social explosions of which the urban uprising in Kwangju is the culmination. most of the political detainees (some of whom were serving very long prison sentences) are released. On December 12, major-general Chun Doo Hwan succeeded in a putsch within the army, he had his main rival General Ching arrested and took total control of the army. Mobilizations continue. On April 14, 1980, Chun Doo Hwan, who retained his duties as head of the army, was appointed director of the KCIA by the head of state. Mobilizations continue. The return to the open military dictatorship takes place on May 18, 1980. A brutal repression is triggered: all the leaders of the opposition are arrested. This causes great social explosions of which the urban uprising in Kwangju is the culmination. most of the political detainees (some of whom were serving very long prison sentences) are released. On December 12, major-general Chun Doo Hwan succeeded in a putsch within the army, he had his main rival General Ching arrested and took total control of the army. Mobilizations continue. On April 14, 1980, Chun Doo Hwan, who retained his duties as head of the army, was appointed director of the KCIA by the head of state. Mobilizations continue. The return to the open military dictatorship takes place on May 18, 1980. A brutal repression is triggered: all the leaders of the opposition are arrested. This causes great social explosions of which the urban uprising in Kwangju is the culmination. Major-General Chun Doo Hwan succeeds in a putsch within the army, he arrests his main rival General Ching and takes total control of the army. Mobilizations continue. On April 14, 1980, Chun Doo Hwan, who retained his duties as head of the army, was appointed director of the KCIA by the head of state. Mobilizations continue. The return to the open military dictatorship takes place on May 18, 1980. A brutal repression is triggered: all the leaders of the opposition are arrested. This causes great social explosions of which the urban uprising in Kwangju is the culmination. Major-General Chun Doo Hwan succeeds in a putsch within the army, he arrests his main rival General Ching and takes total control of the army. Mobilizations continue. On April 14, 1980, Chun Doo Hwan, who retained his duties as head of the army, was appointed director of the KCIA by the head of state. Mobilizations continue. The return to the open military dictatorship takes place on May 18, 1980. A brutal repression is triggered: all the leaders of the opposition are arrested. This causes great social explosions of which the urban uprising in Kwangju is the culmination. Chun Doo Hwan, who retains his duties as head of the army, is appointed director of the KCIA by the head of state. Mobilizations continue. The return to the open military dictatorship takes place on May 18, 1980. A brutal repression is triggered: all the leaders of the opposition are arrested. This causes great social explosions of which the urban uprising in Kwangju is the culmination. Chun Doo Hwan, who retains his duties as head of the army, is appointed director of the KCIA by the head of state. Mobilizations continue. The return to the open military dictatorship takes place on May 18, 1980. A brutal repression is triggered: all the leaders of the opposition are arrested. This causes great social explosions of which the urban uprising in Kwangju is the culmination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Immediately after the proclamation of a new martial law on May 18, 1980, several thousand students from Chonam University in Kwangju took to the streets. Parachute regiments are sent in and assassinate demonstrators, including young girls, with bayonets (see box at the bottom of the article). The next day, more than 50,000 people begin to confront the soldiers. During the fighting, more than 260 of them were killed. After four days of fierce fighting, the number of insurgents reached 200,000 in a city with a population of around 750,000. They finally took control of the entire city. Radio stations are set on fire by protesters enraged that no information has been given about their struggle due to martial law censorship. The insurgents seize the weapons abandoned by the troops folded up outside and organize themselves into committees of control and administration of the city. On May 23, the province of Cholla in southern Korea was entirely in the hands of students and the insurgent population. The students of Kwangju seized buses and trucks and, arms in hand, went from one city to another, thus allowing the extension of the movement. As new government troops approach Kwangju, the insurgents form a crisis committee to negotiate with the authorities responsible for imposing martial law. They demand that these authorities apologize to the people of Kwangju for the atrocities committed, that they pay compensation for the injured and dead, that they do not retaliate after the events, that military leaders do not move troops before a settlement is reached. Despite these negotiations, the troops, about 17,000 men, stormed the city at dawn on May 27 and occupied it. The number of deaths among students and residents of the city exceeds several hundred |26|. The repression was carried out with the blessing of the American army and Washington |27|. In the months that followed, the repression affected the whole country. According to an official report dated February 9, 1981, more than 57,000 people were arrested on the occasion of the 'Social Purification Campaign' undertaken since the summer of 1980. Nearly 39,000 of them were sent to military camps for 'physical and psychological re-education' |28|. In February 1981,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thirteenth observation: A powerful anti-dictatorial social movement headed by students is confronting the dictatorship. After the assassination of Park (October 1979) and a short democratic interlude, a new ferocious dictatorship is installed by triggering a bloody repression in May 1980 supported by Washington and Tokyo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The economic policy of dictator Chun Doo Hwan (1980-1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After the assassination of the dictator Park Chung Hee in 1979 and the installation of the dictatorship of the general Chun Doo Hwan, the economic orientation does not fundamentally change. Korea, which ran up a lot of debt during the 1970s with foreign banks, mainly Japanese, suffered the shock of the sudden rise in interest rates harder than other developing countries because it borrowed largely at variable rates. In 1983, South Korea was fourth on the list of the most indebted countries in absolute figures (43 billion dollars), it was preceded only by Brazil (98 billion), Mexico (93 billion) and Argentina (45 billion). But, once again, its geostrategic position entitles it to a different treatment from that of other developing countries. Japan came to the rescue by paying Korea $3 billion (in war reparations) which the latter used to maintain the repayment of debt to Japanese bankers. This saves it from having to call on the IMF and comply with its draconian conditions |30|. For its part, the Japanese government thus avoided the bankruptcy of some of its banks and obtained greater investment facilities from South Korea. Fourteenth observation: Contrary to the World Bank's version, the massive recourse to external debt from private banks almost cost South Korea dearly. If it had not occupied a geostrategic place of prime importance in the eyes of the United States and Japan, it could have known the fate of countries like Argentina, Brazil and Mexico which had to submit to IMF conditions. As will be seen in the sequel, it was able to continue following a partially independent path of development until the 1990s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Korea was also affected by the second oil shock of 1979 (rise in the price of oil caused by the Iranian revolution and the overthrow of the Shah) but took the hit. Authoritarian control over the economy is maintained: the government forces industries to manufacture one product rather than another. He decides to restructure the transport vehicle production industry and instructs two chaebols to produce automobiles. The World Bank opposes this orientation and recommends instead that Korea abandon the production of finished vehicles by concentrating on the production of spare parts for export. The Bank explains that Korean cars will not sell. The Korean authorities are standing up. Result: in the mid-1980s,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the time, the Bank definitively turned the page on the concessions with regard to the model of industrialization by import substitution. In 1981, under the Reagan administration, the last economists in favor of state intervention were replaced by hardline neoliberals with Anne Krueger as chief economist. She had written a book on Korea a few years earlier to demonstrate the superiority of export substitution over import substitution |31|. Seoul's drive to produce automobiles for export is part of an aggressive export substitution drive and, in principle, should be strongly supported by the Bank. This is not the case because Seoul's decision threatens the US auto industry. The limit of the great flexibility of the Bank's economists is quickly reached when the interests of the United States are at stake. Fifteenth observation: The regime of Chun Doo Hwan once again refuses to follow the recommendations of the World Bank and wins its bet against her. However, the Bank maintains its support for the dictatorship because it wants to try to influence it at all costs. For their part, the United States are beginning to be wary of the appetite of South Korean companies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Towards the end of the Chun Doo Hwan dictatorship (1980-1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1979-1980, in many companies, workers sought to set up unions. What is at stake is the formation of new &#8220;independent&#8221; unions, openly defying the FKTU leadership's policy of collaboration, while being obliged to join in accordance with the law. Following the repression unleashed by Chun Doo Hwan, a hundred local sections of the FKTU were dissolved, 191 permanent staff were dismissed and some were sent to camps. In this movement to create independent unions, the driving role was played by protesting young people, workers or students, who chose to establish themselves in the factory to continue the political struggle begun at the university. The student movement began to raise its head in 1983-1984 and experienced a process not only of radicalization but also of deep politicization. From early 1986 to May 1986, 166,000 students took part in demonstrations |32|. The importance of movement in universities |33| is reflected in the fact that it is students who constitute the vast majority of political prisoners (800 students out of 1,300 political detainees). In the factories, the workers took up the fight again from 1985. For the first time, a major strike broke out in a chaebol, the Daewoo Motors company. It is successful and a new independent union is created. On February 12, 1986, a petition campaign is launched in Seoul by the New Democratic Party of Korea (NKDP) to change the Constitution (the objective is to allow the election by direct suffrage of the president and not by an electoral college). In the following months, a series of rallies mobilized tens of thousands of people in major cities across the country. The students participate autonomously in the democratic movement by putting forward radical slogans such as 'Down with the military dictatorship', 'Against the presence in the country of 40,000 US soldiers' and for a 'Popular Constitution'. On November 29, 1986, the regime invaded the city of Seoul with 50,000 police officers in order to prevent the holding of an NKDP rally. The regime applies the force of the State against the opposition but this policy fails because a groundswell crosses all the layers of the company for the democratic claims. Negotiations between dictatorship and opposition on electoral procedures are unsuccessful. The government is weakened by the political consequences of the murder of a student in a police station. In this situation, all the opposition forces, including the new coalition resulting from a split in the NKDP, called for a demonstration on June 10, 1987. The day before, the police arrested 3,000 people, put 140 leaders of opposition, deployed tens of thousands of police. Nothing helped: on June 10 and the following days, the protest spread to the whole country, massive clashes reached such a level that the regime began to back down: direct presidential elections were won |34|. This time, Washington ended up putting pressure on the dictatorship to let go.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the side of the factories, the movement is not limited to the perspective of the ballot box. South Korean workers are engulfed in the breach opened by the victory of the mass movement of June 1987, spearheaded by the students. The summer of 1987 saw South Korea shaken by an unprecedented wave of strikes. Between July 17 and August 25, there were 1,064 labor disputes |35| while the annual average for the previous ten years was 200 conflicts |36|. All sectors of the economy are affected, including the chaebols (24,000 Hyundai shipyard workers, 15,000 coal miners, etc.). The struggles are marked by a strong combativeness: occupation of companies and even of management premises, blocking of railways and occupation of stations, refusal of the tactics of the employers' lockout... The disputes result in significant wage increases and the recognition of independent and democratic trade unions. In 1988, there were already 2,799 democratic unions. In 1989, the number exceeded 7,000. In January 1990, the Congress of Korean Trade Unions was founded, which a few years later became the Confederation of Korean Trade Unions (KCTU). However, until the 2000s, the creation of a trade union confederation was an illegal act.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gwangju uprising and refugees in South Korea&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On May 18, 1980, one day after the application of the state of siege in the province of Gwangju, students demonstrate in the city center of Gwangju (southwest of the country) in defense of democracy after the arrival the power of dictator Chun Doo-hwan during a coup d'etat in 1979... This uprising in Gwangju was severely repressed by the army, which regained control of the city on May 27, 1980. The official report of this massacre is uncertain, between 170 and 2000 dead depending on the sources...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The city of Gwangju has since been dubbed &#034;the memorial of Korean democracy&#034; and a national cemetery was inaugurated there in 2002 to pay tribute to the victims of this massacre. On May 18, 2010, Korea Post issued a pre-stamped picture card (220 won) to commemorate the 30th anniversary of this student uprising.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On December 4, 2000, the General Assembly of the United Nations adopted a resolution instituting World Refugee Day, celebrated every year on June 20 since then.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This international day aims to raise awareness among as many people as possible about the cause of refugee populations around the world (estimated at 34 million people) who have fled their country after conflicts or religious, ethnic, social or political persecution. The women and children who are part of these displaced populations are the most vulnerable (deprivation, hunger, rape, crimes...). To commemorate the 10th anniversary of the institution of this World Refugee Day, the Korea Post issued, on June 18, 2010, the stamp on the FDC above (thank you very much Kim!), available in a sheet of 12 stamps with illustrated margins. On this stamp, children and women form a roof with their arms, reminiscent of the emblem of the UNHCR (United Nations High Commissioner for Refugees).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;the South Korean working class destroyed, through remarkable mass strikes during the years 1987-1990, the foundations of a military dictatorship that had been raging for decades. For a brief period (1990-1994), strikes resulted in the creation of radical democratic trade unions and thus high and general wage increases. But, as in the other cases cited above, the working class was relegated to the role of a battering ram facilitating &#8220;democratic&#8221; political change that quickly sang the anthem of globalization and neoliberalism in favor of the market economy. . In fact, before the wave of strikes but especially after, South Korean capital was already investing abroad and seeking to impose a policy of neoliberal austerity inside the country. In 1997-98, the Asian financial crisis forced South Korea to come under the tutelage of the IMF, which greatly accelerated the precariousness of the Korean working class, which had been the main capitalist response to the advances of the late 1980s. at least 60% of the workforce live in the most brutal precariousness. Subject to instant layoffs, precarious workers receive salaries and benefits that are at least half the status of the 10% constituted by permanent workers. The bureaucratic remnants of the radical democratic unions of the early 1990s are now nothing more than corporatist organizations representing this working class elite,&lt;br class='autobr' /&gt;
Chronology of the revolt started in Gwangju&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;May 18 to May 21, 1980&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the morning of May 18, students protested the gate of Chonnam National University against its closing, paratroopers throwing stones blocking the gate. Paratroopers, skilled in unconventional warfare and uncivilian riot control, responded by beating the protesters with bayonets and clubs. After the incident, students entered the city center and continued protesting abolition, demanding martial law and the release of Kim Dae-jung. Paratroopers soon followed and again opposed with demonstrators.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The suppression was marked by violence. Witnesses say soldiers bludgeoned demonstrators and spectators. The first known fatality was a 29-year-old deaf man named Kim Gyeong-cheol, who never participated in the protest but was bludgeoned to death on May 18 while passing through the stage. Some testimonies and photographs even suggest the use of bayonets. As citizens were angered by the violence, the number of protesters quickly increased and exceeded 100,000 by May 20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was inevitable that accidents would occur in the military and police during the conflict with civilian demonstrators. As the conflict escalated, the army suddenly began to use fire, killing unknown numbers of citizens immediately near Gwangju station on May 20. That same day, angered protesters burned down a local MBC post which denounced Gwangju civilians as rioters as well as fabricated facts on the situation in Gwangju at the time. Four policemen were killed at a police barricade near the provincial government building after a car rammed into them[1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the night of May 20, hundreds of taxis led a large parade of buses, large trucks and cars towards the Provincial Office to meet the protest. As the drivers drove in the demonstration, the troops used tear gas, pulled them out of the cars and beat them. These &#034;democracy drivers&#034; showed up to support the citizens and the demonstration because of the gang brutality witnessed early, as well as out of anger after many taxi drivers were mobbed when trying to drive away. helping injured and while carrying people to the hospital. Some were even shot after drivers tried to use the vehicles to block soldiers or as weapons. [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The violence peaked on May 21. At around 1 pm, the army fired at a protest crowd gathered in front of Jeonnam Provincial Office, causing many casualties. Citizens began arming themselves with M1 rifles and carbines taken from armories and police stations in nearby towns for their own defense. Later that afternoon, bloody gun battles between civilian militias and the army broke out in the provincial square of Office. By 5:30 PM, the militias had acquired two light machine guns and used them against the army, which began to retreat from the town centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;May 22 to May 25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At this point, all troops retreated to suburban areas, awaiting reinforcements. During this period the army blocked all routes and communications leading in and out of the city. Even though there was a lull in the fighting between the militias and the army, more casualties were incurred when soldiers set fire to a passing bus in the Jiwon-coup, killing 17 of the 18 passengers on 23 may. The following day soldiers set fire to the boys swimming in the Wonje Reservoir and killed some of them. Later that day the army suffered its heaviest casualties, when troops mistakenly fired at each other in the Songam-coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meanwhile, in the &#034;liberated&#034; city of Gwangju, the Citizens' Settlement Committee and the Student Settlement Committee have been formed. The elder consisted of about 20 preachers, lawyers and teachers. They negotiated with the army demanding the release of arrested citizens, compensation for victims and the prohibition of revenge in exchange for the disarmament of the militias. The latter was formed by college students, and took charge of burials, public campaigns, traffic control, weapons removal, and medical aid. Order in the city was well maintained, but negotiations came to an impasse as the army urged the militias to disarm immediately. This issue has caused division among the Rules Committees; the doves wanted immediate surrender, while the hawks called for continued resistance until their demands were met. After heated discussions, eventually the Falcons took control.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As news of the massacre spread from Gwangju, other protests against the government erupted in neighboring areas including Hwasun, Naju, Haenam, Mokpo, Yeongam, Gangjin, and Muan. While the protests ended peacefully in most areas, in Haenam there were gun battles between protesters and armed troops. By May 24, most of these protests had died down, except for Mokpo where the protests continued until May 28.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;May 26&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By May 26, the army was ready to re-enter the city. Members of the Citizens Settlement Committee unsuccessfully tried to block the advance of the army by lying down on the street. As news of the impending attack spread, civilian militias gathered in the Provincial Office, preparing for the last stand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;May 27&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At 4:00 a.m., troops from five divisions entered the city center and defeated the civilian militias in just 90 minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There is no exact death toll from the 1980 Gwangju uprising. &#034;Official&#034; figures released by Martial Law Command put the death toll at 144 civilians, 22 troops and 4 police killed, with 127 civilians, 109 troops and 144 police wounded. Individuals who attempted to challenge these figures were responsible for arrest for &#8220;spreading false rumors&#8221;.[3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;According to the May 18 Private Family Association, at least 165 people died between May 18 and 27. Another 65 is still missing and presumed completely. 23 soldiers and 4 policemen were killed during the uprising, including 13 soldiers killed in the friendly-fire incident between the troops in the Songam-coup. Figures for police accidents are likely to be higher, due to reports of several policemen themselves being killed by soldiers to free captured rioters.[4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;According to the 2007 Korean film May 18 (Hwaryeohan Hyuga), directed by Kim Ji-hun, &#034;The incident resulted in 207 deaths, 2,392 wounded, and 987 missing persons, but the exact number of casualties has been subject to considerable conflict. Members of the military government have been charged with the rebellion but the culprit of ordering open fire against the citizens has yet to be identified&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The government denounced the uprising as a rebellion instigated by Kim Dae-jung and his followers. In subsequent trials, Kim was convicted and sentenced to death, although his punishment was later reduced in response to international outcries. A global 1394 people have been arrested for some involvement in the Gwangju incident and 427 have been charged. Among them, 7 death sentences and 12 received received life sentences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Gwangju movement had a profound impact on South Korean politics and history. Chun Doo-hwan suffered popularity problems because he seized power through a military coup, but after the Special Forces expedition was authorized on citizens, his legitimacy was significantly damaged. The United States was previously seen as a liberator and protector, but the Gwangju democratization movement changed the image of the United States because it was assumed the United States knew ahead of the time about the dispatch of special troops and sat idle while civilians were killed. The American image was further damaged when the United States continued to support Chun Doo-hwan through the 1980s. However, the movement also set the stage for later movements in the 1980s that eventually brought democracy to South Korea. The Gwangju democratization movement has become a symbol of South Koreans' struggle against authoritarian regimes and their fight for democracy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the Mangwol-coup cemetery in Gwangju where the bodies of the victims were buried, survivors of the massacre and bereaved families have held an annual memorial service on May 18 every year since 1983. Many pro-democracy demonstrations in the 1980s have demanded official identification of the truth of the massacre and the punishment of Gwangju for those responsible. The official reassessment began after the reinstatement of direct presidential elections in 1987. In 1988, the National Assembly held a public hearing on the Gwangju massacre, and officially withdrew the incident as a move to democratize Gwangju.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1995, as public pressure mounted, the National Assembly passed the Special Democratization Act May 18, which allowed the prosecution of those responsible for the December 12 coup and the Gwangju massacre despite the fact that the statute of limitations had expired. Later 8 politicians were indicted for high treason and massacre in 1996. Their punishments were settled in 1997, including a life sentence for former President Chun Doo-hwan. But all condemnation was forgiven in the name of national reconciliation on December 22 by President Kim's Jeune-Sam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1997, May 18 was declared an official memorial day. In 2002, a law favoring private families came into force, and the Mangwol-coup cemetery was elevated to the status of a national cemetery.&lt;br class='autobr' /&gt;
The wave of workers' strikes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From June 1987 and significantly until 1990, the wave of strikes known in Korean as &#034;Nodongja Taettujaeng&#034;, the Great Workers' Struggle, represents one of the main episodes of the class struggle during the 1980s. , as well as Solidarnosc in Poland (1980-81), the Iranian workers' councils (shura) (1979-1981) and the Brazilian wave of strikes of 1978-1983. The wave of strikes shook the foundations of a dictatorship that had reigned almost interrupted after the end of the Korean War.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These strikes made it possible for important sectors of the Korean working class to benefit from significant wage increases, and for the appearance, during a brief period (1990-1994), of radical democratic unions which formed the National Congress of Trade Unions (ChoNoHyop) , a group that defended an anti-capitalist policy, at least verbally.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As soon as this wave of strikes had triumphed, its gains began to be seriously attacked.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The ChoNoHyop was destroyed by the government repression which hit its best militants. On the other hand, the government encouraged more conservative activists to form the Korean Confederation of Trade Unions (Minju Nochong or KCTU) which was created in 1995; in December 1996, the government attempted to forcefully impose a casualization of labor law, which the KCTU reluctantly opposed during the January 1997 strike. In the fall of 1997, the Asian financial crisis forced South Korea to under IMF tutelage in exchange for a $57 billion bailout, and the IMF explicitly demanded casualization of the labor force and mass layoffs to implement its restructuring program. In December 1997, Kim Dae Jong, leader of the democratic opposition for decades, was elected President of the Republic; in February 1998, he led the KCTU to sign a &#034;historic agreement&#034; and to accept hundreds of thousands of redundancies and redundancy plans in accordance with IMF demands, all in exchange for the definitive legalization of the union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part One: Historical Context&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beginning in June 1987 and continuing significantly through 1990, the wave of strikes known in Korea as the Great Workers' Struggle (Nodongja Taettujaeng) sided with Polish Solidarnosc (1980-81), Iranian workers' councils of (1979-1981) and the Brazilian Strike Wave of 1978-1983 as one of the main episodes of the working class struggle of the 1980s. The wave of strikes broke the foundations of an almost uninterrupted dictatorship after the end of the Korean War, won large wage increases for large sections of the Korean working class, and briefly (from 1990 to 1994) established radical democratic unions in the National Trades Union Congress. (ChoNoHyop), committed at least verbally to anti-capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No sooner had this wave of strikes triumphed than its gains began to be seriously compromised. The ChoNoHyop was destroyed by government repression of its best activists. On the other hand, the government was ready to tolerate the more conservative militants of the Korean Confederation of Trade Unions (Minju Nochong or KCTU), from 1995; in December 1996, the government attempted to pass a casualization of labor law, which was lip serviced by the KCTU during the January 1997 general strike. In the fall of 1997, the Asian financial crisis placed South Korea under IMF tutelage in exchange for a $57 billion bailout, with the IMF explicitly demanding casualization of the workforce and mass layoffs as part of its restructuring program.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As a front, Kim Dae Jong's government also established in 1998 the Tripartite Commission of State, Capital and Labor on Corporate Principles, a meaningless body which, of course, only acted in the name of the state and of capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Despite this bleak picture and an almost endless series of setbacks, the Korean working class had to be beaten bit by bit, with long and bitter strikes, and recent events show that this militancy is far from being eliminated.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Today, twenty years after the Great Labor Struggle of 1987, the labor situation in Korea has become one of the most successful capitalist casualizations in the world, certainly in any advanced industrial country. About 10% of the Korean workforce is organized in KCTU unions with regular jobs and wages, while 60% is casualized, outsourced and downsized. At Hyundai Motor Company, for example, one of the strongholds of industrial activism in 1987-90, regular and casual workers worked side by side, doing exactly the same jobs, with casuals earning 50% of regular workers' wages. (the latter earning between $50,000 and $60,000 a year, plus bonuses and overtime). The KCTU is widely hated in the precarious working class as the corporatist mouthpiece for highly paid regular workers, and regular workers on their side have even physically assaulted casual workers when the latter went wild ( as happened for example at Kia Motor Company in August 2007). In the recent elections (December 2007), a large number of workers voted for Lee Myoung Back, the far-right candidate of the One Nation Party (Hanaratang), former CEO of Hyundai and mayor of Seoul, in the vain hope of a return to the expansive economy. of the 1970s and 1980s.in the vain hope of a return to the expansive economy of the 1970s and 1980s.in the vain hope of a return to the expansive economy of the 1970s and 1980s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;How the Korean working class went from offensive struggle and victory to precariousness and retirement in just two decades is therefore the subject of this article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part two: democracy sells austerity; Class struggle in an authoritarian development regime&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We would do well to situate the experience of the Korean working class within the larger cycle of transitions from dictatorship to (bourgeois) democracy, beginning in Spain and Portugal (1974-1976) and continuing in countries like Poland and Brazil. It can also be noted that after the Iberian &#8220;transitions&#8221;, the explosions that followed took place during a period of retreat and retreat of the North American and European working classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indeed, they took place in the general context of global economic crisis after the end of the post-war boom. In Iberia, Poland and Brazil, as in South Korea, major working class intervention in politics and society was preceded by a long period of intensive &#034;economic growth&#034; (of highly variable quality) and intensive repression of activity, organization and wages. In each case, workers' struggles were at the heart of the battle of the broader &#034;democratic opposition&#034; against the dictatorship, and in each case the broader &#034;democratic opposition&#034; seized power and implemented (still in close collaboration with&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;international capital) severe austerity programs that fragmented the labor movement. One could conclude that &#8220;democracy sells austerity&#8221; and that is indeed my conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Korean case, of course, has many details that should not be overwhelmed by a general comparison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Korea was, in 1960, considered an economic &#8220;basket case&#8221;, as poor per capita as India or Tanzania. In 1996, with great fanfare, it was welcomed into the OECD as an &#8220;advanced economy&#8221; and only a year later (as noted) fell under IMF control.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nevertheless, Korea, one of the Asian &#034;tigers&#034; alongside Taiwan, Hong Kong and Singapore, imposed itself in the period 1960-1997 as one of the rare successes, in the face of a hundred failures and regressions of beneficiary Third World countries. of Western &#034;aid&#034; and the tutelage of the IMF and the World Bank.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What makes Korea different? We can immediately cite its special status (like the other tigers) as a &#034;showcase&#034; outpost of American imperialism, whose economic success was an important propaganda counterweight to the (so-called) socialist regimes in the immediate vicinity, to namely North Korea, China. and the Soviet Union. The United States, with tens of thousands of troops in South Korea after the end of the Korean War, tolerated state development policies there that it routinely opposed or reversed in the rest of the underserved world. developed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secondly, South Korea, like Taiwan, is distinguished from almost all other Third World countries by the agrarian reform which definitively eliminated the pre-capitalist &#034;yangban&#034; aristocracy between 1945 and 1950. (This reform took place under the intense land reform pressure in the north, one expanded to the south when Kim Il-sung's armies briefly captured nearly the entire peninsula in the early months of the war.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Third, South Korea, poor in natural resources and crushed by the hostilities of 1950-1953, is the country par excellence of &#8220;human capital&#8221;, with a strong emphasis, not to say madness, on education. Even in 1960, the adult literacy rate was 90%, which was barely the case in comparable Third World countries at the time.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The country was divided at the 38th parallel in 1945 by the occupying armies of the United States and the Soviet Union. Japan's defeat in World War II ended 35 years of Japanese colonial rule, the latter having been an important moment in laying the foundations for a modern capitalist economy (the exact legacy of this period is disputed at this time). day).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When the Japanese occupiers fled in August 1945, one to two million American Zone workers built workers' councils (Changpyong, or National Choson Workers' Council) in the abandoned factories, minus any specific commitment to self-management workers (the Korean left was mostly Stalinist) than out of the simple need to produce the basics of daily life. This system of workers' councils was duly closed by the American occupation authorities in December 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As in the European countries occupied by Nazi Germany and whose bourgeoisies had also been collaborators, the Korean yangban and the petty capitalist class were politically and socially discredited. From these motley forces, the American occupation had to cobble together a viable government capable of defeating the awakened workers and peasants, many of whom were strongly in favor of Kim il-Sung and his guerrilla forces, and generally in favor of a radical change. The United States seized on the figure of Rhee Syngman and oversaw and participated in the merciless crushing of the left in the southern zone during five years of partisan warfare and massacres before the outbreak of war with the North Korea in June 1950. What remained of a serious left in 1950 was physically eliminated during the war years or fled to the North (where many of them were also eliminated). Continuity with the pre-1945 Korean left in the south was completely broken, a factor that played a significant role in the revival that began in the 1970s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rhee Syngman ruled a generally inept and economically stagnant South Korea until 1960, supported entirely by American military support and aid. It was finally overthrown in student-led riots in 1960, and South Korea enjoyed a brief democratic opening. This opening was closed by Park Chung-hee's coup in 1961, and a new era began.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Park Chung-hee was not, or at least not only, the typical post-World War II American-backed puppet dictator. He is widely believed (although to my knowledge no definitive proof has come to light) to have been a communist as early as 1943, and in 1948 he was arrested as part of a communist study group of young officers. When he took power in 1961, the United States was initially reluctant to recognize him, and on several occasions during his dictatorial rule (1961-1979), the United States was suspicious of his nationalist impulses (as in its independent nuclear program) and its occasional diplomatic flirtations with North Korea. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Additionally, Park had been educated at a Japanese military academy during World War II and was very much in love with the Japanese model of economic development, which he soon attempted to emulate in South Korea, with some success. As the Japanese model was in turn copied from the Prussian model in the late 19th century, South Korea acquired a certain &#034;German&#034; veneer that is usually overshadowed by the much-contested (and often overshadowed) Japanese heritage. Park's constitution, for example, was written by a Korean jurist who studied law in Germany in the 1950s and fell in love with the theories of Carl Schmitt; therefore, &#034;the state of emergency&#034; was the cornerstone of Park's ideology. Ahn Ho Sang,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;More fundamentally, Park suppressed the parasitic capitalists of the Rhee period and either eliminated them or drew them into productive investment. He implemented the &#034;new village&#034; (Se Maul) policy in the countryside, designed to fully capitalize agriculture and force large rural populations into cities and into industrial employment. Through the Anti-Communist Federation of Korean Cold War Trade Unions (FKTU), the regime exercised draconian control over labor, with seven-day, 12-hour shift weeks not unusual, and enforced if necessary with police terror and torture. At the time of the Park, the famous chaebol (conglomerates) rose to prominence, under state control of credit and selection of &#034;national champion&#034; industries,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Korea, like other tigers and unlike most Third World countries at that time, developed by moving forward, with an export-oriented strategy, up the international &#034;commodity chain&#034;, starting with textiles and other light consumer industries, moving on to manufacturing (automotive, shipbuilding) and finally high technology, capturing major global markets for computer components in the 1990s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The economic success of Park Chung-hee's decades, of course, cannot be separated from either his dictatorial methods or the international conjuncture of the time (two realities largely ignored today in debates about South Korea's growing economic problems). South; the victory in December 2007 of the extreme right in the presidential elections is inspired by a nostalgic and rosy vision of the time of the Park). In addition to benefiting from its high profile in US Cold War geopolitical strategy, the South Korean economy also benefited from the growing wave of industrial investment that from ca. 1965, began looking for locations outside of North America and Europe. The remuneration of Koreans abroad also played an important role,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Given the centrality of light manufacturing in the &#034;take-off&#034; period of the 1960s, the revival of the Korean workers' movement therefore did not begin by chance in the textile industries, nor by chance (since labor was mainly composed of young women) led by female workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The contemporary Korean labor movement marks its symbolic beginnings on November 13, 1970, when Jeon Tae-il, a young textile worker, set himself on fire during a small protest in one of Seoul's sweatshop districts. Jeon had previously pursued all legal forms of redress for the sweatshop workforce, to no avail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The movement of the 1970s was characterized by an increasing number of strikes carried out under the most extreme conditions by female textile workers. The demands were simple and straightforward, aimed at the inhumane working hours, low wages, overbearing foremen and forced dormitory life of women, who were usually recruited directly from the countryside and from the slums that were springing up around Seoul and other cities. The strikes were almost without exception met with brutal repression by factory security personnel, police, soldiers and Korean underworld thugs. The struggle for a democratic union at the Dongil Textile Company in Inchon from 1972 to 1976 was exemplary in this respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The 1970s also saw the beginnings of involvement in the labor movement by religious groups (mainly Christians) and student radicals (the latter called &#8220;hakchul&#8221;, or &#8220;coming from the university&#8221;). Religious groups were inspired by Catholic liberation theology and similar Protestant social doctrines. Church groups and students formed evening schools for textile workers, teaching literacy and secretarial skills, but also basic labor rights.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finally, the 1970s saw the rise of the minjung (popular culture) movement, closely linked to the religious and hakchul movement. The largely middle-class minjung movement reached into Korean popular culture, rapidly eroding under the impact of forced-march modernization, and attempted to use it in the creation of a &#034;counter-culture of struggle&#8221; using the music and dance of Korean and rural shamanism. peasant traditions, creations that succeeded in solidifying the group's determination to fight against vicissitudes and repression. To this day, the chant, reminiscent of the American IWW, remains an important part of the Korean labor movement, with protests and strikes singing dozens of songs that everyone knows by heart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Korean movement of the 1970s, whether labor or Hakchul or Minjung or religious, remained very much within the framework of liberal democratic ideology and tended to sympathetically view the United States as a force that would steer the Korean dictatorship towards democracy. This all changed with the Kwangju uprising and subsequent massacre in May 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Korea has historically been a country of intense regional loyalties, loyalties that have persisted into the era of modern capitalism. The province of Cholla, in the southwest, is traditionally a region of agriculture and backwardness. Park chung-hee, on the other hand, hailed from the southeastern province of Gyeongsang, and his industrial policies were mainly directed there, giving rise to the major centers of Ulsan, Pohang and Pusan. The inhabitants of the province of Cholla resented this neglect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1979, mass protests swept the country, demanding democracy. Workers were at the forefront of many of these protests. In October of the same year, Park chung-hee was assassinated by the head of Korea's Central Intelligence Agency, allegedly after a dispute over how to contain and quell protests.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part Three: The Kwangju Uprising and the Turn to &#8220;Marxism-Leninism&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A brief democratic opening, similar to 1960, took place, but Park was replaced by another military dictator, Chun Doo Hwan. In May 1980, the army fired on a demonstration in Kwangju, the largest city in Cholla province. The result was an uprising in which the people of Kwangju took control of the city, armed themselves with weapons from a military arsenal and fought against forces of suppression, including an elite unit withdrawn of the DMZ with North Korea, for days. Estimates of the total number of dead on both sides (most of them evidently from the revolt suppression) in Kwangju range up to 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kwangju was sealed off and extreme censorship prevented any serious information from leaking out. (Korea's draconian national security law, dating back to 1948 and still in effect today, made it a serious crime until the 1990s to discuss the Kwangju uprising in public.) . However, it was widely believed that the US government, from the recent overthrow of the Shah of Iran in 1979, amid the Tehran hostage crisis, and no longer wanting mass radical movements against pro-US dictators, had been deeply involved in the decision to use extreme force (a belief greatly reinforced by the more recent release of documents on government-to-government communication during the crisis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From then on, the Korean movement quickly moved away from the liberal democratic and religious ideologies of the 1970s towards a more radical, essentially &#034;Marxist-Leninist&#034; revolutionary orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This ideological turning point shows the importance of the whole previous period: the almost total discontinuity with the left which emerged after the collapse of Japan in 1945 and which was destroyed by US government and military repression between 1945 and 1953; the decades of post-Korean War dictatorship that characterized most moderate social criticism as Northern-inspired; South Korea's isolation from the global turmoil of the 1960s and beyond. (When Korean students joined underground opposition groups in the 1970s and 1980s, one of the first tasks was often to learn Japanese, in order to read any political (and especially Marxist) books that could not be published in Korea. ) Thus the decades-long erosion of Stalinism as it was experienced in Europe and the United States, the impact of 1968 and the Western New Left, the radical critique of Leninism, the revival of Hegel and the impact of the popularization of the Marx of the 1840s were all unknown or seen through dark glass in South Korea. (In the early 1980s, an underground study group was formed to read the writings of Lukacs and Hegel on aesthetics - in German - and was discovered; its members were sentenced to six months in prison.) As a result, the The radicalization of the Korean movement after Kwangju proceeded almost invariably along Stalinist, &#034;Marxist-Leninist&#034;, pro-Soviet, pro-China, pro-North Korea, but Stalinist lines at all levels. Trotsky was little known until the late 1980s, not to mention left-wing critiques of Trotsky. A clandestine study group formed to read Lukacs and Hegel's writings on aesthetics &#8211; in German &#8211; was uncovered; its members were sentenced to six months in prison.) As a result, the radicalization of the Korean movement after Kwangju almost invariably proceeded along Stalinist, &#034;Marxist-Leninist&#034;, pro-Soviet, pro-China, pro-Korea lines. from the North, but Stalinist on all levels. Trotsky was little known until the late 1980s, not to mention left-wing critiques of Trotsky. An underground study group formed to read Lukacs and Hegel's writings on aesthetics &#8211; in German &#8211; was uncovered; its members were sentenced to six months in prison.) As a result, the radicalization of the Korean movement after Kwangju almost invariably proceeded along Stalinist, &#034;Marxist-Leninist&#034;, pro-Soviet, pro-China, pro-North Korea, but Stalinist lines on all levels. Trotsky was little known until the late 1980s, let alone left-wing critiques of Trotsky, to say nothing of left-wing critiques of Trotsky, to say nothing of left-wing critiques of Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Some of the Marxist-Leninist factions that emerged in the 1980s were the starting point for the two major trends in the organized Korean movement today (both within the previously mentioned KCTU and the Korean Democratic Labor Party or KDLP) . These factions are the pro-Korean &#034;National Liberation&#034; (NL, or juche-ists, so called because of North Korea's doctrine of &#034;juche&#034; or self-reliance) and the large minority &#034;People's Democracy&#034; (PD , more social democrat). As the December 2007 presidential election approached, Jucheists took full control of the KDLP apparatus and purged some PD members. (It is also important to note that the NL and PD factions have their base mainly in white-collar unions, such as banks, teachers and other civil servants, while blue-collar workers are largely indifferent to both. Under NL's leadership, the nationwide KDLP vote fell, compared to 2002, in the December 2007 elections by 5 to 3%, and in Ulsan, the stronghold of the Korean working class, by 11 to 8%. .)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nationalism is endemic in Korea, including in the labor movement. The reasons are to be found in the centuries of foreign domination (Chinese, then Japanese, then American), the division of the country after 1945, and the geopolitical position of Korea at the &#8220;crossroads&#8221; of Chinese, Japanese, Russians and Americans. spheres of influence. The Korean Peninsula, or its hegemony, was the price of foreign intrusions centuries ago, most recently the Sino-Japanese War of 1895, the Russo-Japanese War of 1904-1905, and most recently the Korean War. &#034;When the whales fight, the minnows take shelter&#034; is an old Korean proverb expressing this reality. The Japanese attempt, over 35 years (1910-1945) of colonial domination, to virtually eliminate Korean culture further reinforced this nationalist impulse. Finally, myths of ethnic homogeneity, reinforced by mythical populist history textbooks or more recently television historical dramas about eras of Korean greatness, complete the picture. (A different, even more virulent version of this nationalism is promoted in North Korea.) In this context, even sporting events, such as the Seoul Olympics in 1988 or the Korean team's successes in the 2002 World Cup, become events in the forging a national identity. complete the table. (A different, even more virulent version of this nationalism is promoted in North Korea.) In this context, even sporting events, such as the Seoul Olympics in 1988 or the Korean team's successes in the 2002 World Cup, become events in the forging a national identity. complete the table. (A different, even more virulent version of this nationalism is promoted in North Korea.) In this context, even sporting events, such as the Seoul Olympics in 1988 or the Korean team's successes in the 2002 World Cup, become events in the forging a national identity.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For the same geopolitical reasons, any emergence of a serious class struggle in South Korea immediately takes on an international dimension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nationalism was therefore unchallenged in the revival of the left in the 1970s and 1980s. of Lenin's imperialism, monopoly capital theory and dependency theory, popularized by Marxist-Leninist groups and by influential underground newspapers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The 1980s also saw the acceleration of the Hakchul movement in the factories, as widespread as any comparable &#034;turn to the working class&#034; in Western countries by middle-class radicals after 1968. At the peak of the movement, thousands of former students had taken factory jobs, and on occasion even led major strikes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Korean movement of the late 1980s rightly saw South Korea as a &#8220;peripheral&#8221; country of the American imperial system, from which only &#8220;socialism&#8221; (in the Stalinist sense) and national reunification could eradicate it. There was thus a tendency to underestimate the depth of Korean industrial development and especially the elasticity of the system which would allow significantly higher wages in a capitalist framework after the workers' revolt of 1987-1990. Such theories have been bolstered by the fact that South Korea only caught up with and overtook North Korea economically. 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The convergence of all these factors meant that the collapse of the Soviet Union in 1991, coinciding with the downturn in workers' struggles after 1990, had a far greater psychological impact on activists in Korea than anywhere else in the West, where the prestige of the Soviet Union has been deflating since at least 1956 and certainly since 1968. The mood had already turned bleak in the spring of 1991, when a student in Seoul was beaten to death by the police and the candidates of the Democratic left were crushed in the June 1991 municipal elections, as if to underscore a sense of defeatism and futility after years of mobilization and struggle. It can be added that the Korean economy, in a phase of boom in the period 1986-88 and the first phase of the Great Labor Struggle,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Much like comparable developments in the West after the late 1970s, thousands of activists gave up, retreated into private life, attempted to pursue middle-class careers, or, in academia, succumbed to the appeal of post-modernism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part Four: National Politics and the Great Workers' Struggle, 1987-1990&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A discussion of the political background of the class struggle course is also indispensable. From the 1980s, workers' struggles for democratic unions shifted (along with the Korean economy itself) from light industry to heavy industry. The military dictatorship of Chun Doo Hwan who succeeded Park chung-hee was forced to loosen controls in the mid-1980s, under mounting pressure from wider democratic opposition in the run-up to the Pan-Asian Olympics (1986 ) and the Seoul Olympics (1988). In particular, the June 1987 &#8220;declaration of democratization&#8221;, made in response to the threat that the working class would join pro-democracy demonstrations, was the immediate trigger for the Great Workers' Struggle of that summer. For the first time, the movement moved from the Seoul-Inchon area to the southern new industrial areas of Ulsan, Masan and Changwon. In total, there were more than 3,000 strikes in 1987, winning unionization, 25-30% wage increases, and the abolition of hated military discipline (enforced hair length, mandatory morning drills) in factories. . Ulsan, in particular, the city of the Hyundai company, saw massive street mobilization and street fighting that lasted until 1990. compulsory morning exercises) in the factories. Ulsan, in particular, the city of the Hyundai company, saw massive street mobilization and street fighting that lasted until 1990. compulsory morning exercises) in the factories. Ulsan, in particular, the city of the Hyundai company, saw massive street mobilization and street fighting that lasted until 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The 128-day (December 1988-April 1989) strike at Hyundai Heavy Industries (HHI) culminated in a coordinated military attack on the occupied Hyundai shipyard by 9,000 soldiers and police, from sea, air and of the earth. This was followed by ten days of street fighting (mobilizing not only the workers but their wives and children) in the working-class neighborhoods of Ulsan. This struggle was in turn followed in 1990 by the Goliat strike, still at HHI, which ended in a crushing defeat. (Hyundai built vast high-rise buildings for workers in response to these struggles.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part Five: Decline and Beginning of the Backlash, 1990-1997&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The ebb from the offensive mass struggles of the period 1987-1990, and the general atmosphere of defeat that followed, opened a new phase in Korean workers' organizations. The wage increases won at the end of the 1980s briefly reinforced the illusion of the possibility of a coexistence of capital and labor, and therefore the reformist currents. In particular, within the National Congress of Trade Unions (ChoNoHyop), the right-wing and openly reformist (pro-North Korean) National Liberation faction began to gain the upper hand over the weakened radical faction. (The NL faction's Korean name, Kukminpa, literally means 'Work with the Nation'). This faction has always been oriented towards bureaucrats and politicians. As previously mentioned, a government policy of repression targeting the best NCTU activists and the tolerance of outspoken reformers destroyed the NCTU in 1995 and led to the consolidation of the KCTU under right-wing leadership. (Indeed, when the NCTU was itself founded in January 1990, most of its leaders were in prison or in hiding.) The long experience of dictatorship and cronyism also made some workers initially sympathetic to bourgeois democracy. and neoliberalism. Ulsan remained in intense turmoil, however, and in June 1991, when Park Chang Su, a labor leader, was killed in prison, 20,000 HHI and 30,000 HMC workers attacked Ulsan City Hall, with the struggle finally lasting. a month.Most of its leaders were in prison or in hiding. ) The long experience of dictatorship and cronyism also made some workers initially sympathetic to bourgeois democracy and neoliberalism. Ulsan remained in intense turmoil, however, and in June 1991, when Park Chang Su, a labor leader, was killed in prison, 20,000 HHI and 30,000 HMC workers attacked Ulsan City Hall, with the struggle finally lasting. a month. Most of its leaders were in prison or in hiding.) The long experience of dictatorship and cronyism also made some workers initially sympathetic to bourgeois democracy and neoliberalism. Ulsan remained in intense turmoil, however, and in June 1991, when Park Chang Su, a labor leader, was killed in prison, 20,000 HHI and 30,000 HMC workers attacked Ulsan City Hall,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1992, South Korea joined the International Labor Organization (ILO), around the same time that capitalists were banding together for a crackdown on wage gains. During this period, low-wage workers in the public sector began to organize, with Korea Telcom (KT) workers being the most militant, although their struggles tended to be mainly over wages, although linked to a push for democracy in the workplace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1993&#8211;94, debate raged in the movement over the way forward, including a felt need for political strikes. The more radical currents wanted to move unions from enterprise unions (the dominant form of Korean unions to this day) to industrial unions, and create an umbrella organization. As the NCTU continued to decline under the blows of repression and the machinations of the NL faction, the way was opened for the creation of the KCTU, officially created (but not legalized before the IMF crisis) in November 1995. Some strikes successful strikes continued into 1995.-96, including a strike at KT, which won major wage gains. As a result of these strikes, blue collar salaries exceeded civil service salaries. At the same time, Korean employers were increasingly moving from the chaebol model to an orientation to the benefits of globalization. Both sides were preparing for the 1996-97 showdown over the casualization of labor law. In the fall of 1996, grassroots pressure and preparations for a general strike intensified. Under this pressure, the KCTU had to withdraw from discussions leading to the infamous Tripartite Commission (State-Labour-Capital) which, once again, would be created amid the IMF crisis in the spring of 1998. -rejection case of the NL group. An important countermeasure by radical militants was the formation of &#034;hyung-jang jujik&#034;, or shop organizations, which attempted to counter the degeneration of the unions and the KCTU with an alternative organization, not 'outside' the unions but as a shadow power both within the unions and with 'horizontal' links to activists in other unions, fighting against a parochial tendency to 'company. The arc of the hyung-jang jujik extended from 1990 to 2005. Under different circumstances, the hyungjang jujik succeeded in taking power in the main trade unions and then often succumbed to bureaucratization; in their later years, they fell prey to various groups seeking a circuitous route to power in the unions, and eventually fell apart. But at best, in a generally defensive situation, they maintained continuity with the radical momentum of the 1987-1990 period, and eventually collapsed. But at best, in a generally defensive situation, they retained continuity with the radical momentum of the 1987-1990 period, and ultimately collapsed. But at best, in a generally defensive situation, they retained continuity with the radical momentum of the 1987-1990 period.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part Six: The General Strike and the IMF Crisis, 1997-1998&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Just after Christmas 1996, the Korean government of Kim Young-sam, in a special nightly session of parliament without the presence of the opposition, pushed through the first of a series of casualization of labor laws aimed at bring the South Korean economy fully into the era of &#8220;globalization&#8221; and facilitate dismissals for employers, as well as the introduction of multi-level contracts. Employers, as noted earlier, had steadily cut workers' earnings from the late 1980s, and the economy weakened further until 1996 as bankruptcies accelerated, but this was the first confrontation directly with the newly won workers' power. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The KCTU, firmly in the hands of the rightists who had defeated and supplanted the NCTU, called an immediate general strike under intense grassroots pressure, a general strike that was widely followed. Even the conservative Cold War-era &#8220;yellow&#8221; FKTU joined in. White-collar workers also bought into it, and at its peak three million workers were on strike. (The original legislation was withdrawn, but a virtually identical law was passed in March 1997, with no significant response from the KCTU.) Again, the historical experience of the Korean working class and the novelty of casualization made the strike more &#8220;anti-fascist&#8221; than anti-neo-liberal. The KCTU did everything in its power to avoid a confrontation with the government and actively demobilized where it could. The base, for its part, showed great spontaneity, as at Hyundai and Kia Motor Company. It was said that the KCTU met secretly with the capitalists to assure them that the strike was under control and was winding down. They came up with the helpless tactic of the &#034;Wednesday strike&#034;, a tactic repeated again and again over the following years. The general strike died down at the end of January, with (as noted) nothing resolved. Following the general strike, the Korean Democratic Labor Party (KDLP, or Minju Nodong Tang) was founded in the spring of 1997, with the same right-wing elements dominating in the majority KCTU. The failure of the January 1997 general strike, however, was in turn overshadowed by the devastation of the Korean economy during the Asian financial crisis of 1997-1998. They came up with the helpless tactic of the &#034;Wednesday strike&#034;, a tactic repeated again and again over the following years. The general strike died down at the end of January, with (as noted) nothing resolved. Following the general strike, the Korean Democratic Labor Party (KDLP, or Minju Nodong Tang) was founded in the spring of 1997, with the same right-wing elements dominating in the majority KCTU. The failure of the January 1997 general strike, however, was in turn overshadowed by the devastation of the Korean economy during the Asian financial crisis of 1997-1998. They came up with the helpless tactic of the &#034;Wednesday strike&#034;, a tactic repeated again and again over the following years. The general strike died down at the end of January, with (as noted) nothing resolved. Following the general strike, the Korean Democratic Labor Party (KDLP, or Minju Nodong Tang) was founded in the spring of 1997, with the same right-wing elements dominating in the majority KCTU. The failure of the January 1997 general strike, however, was in turn overshadowed by the devastation of the Korean economy during the Asian financial crisis of 1997-1998.or Minju Nodong Tang) was founded in the spring of 1997, with the same right-wing elements dominating in the majority KCTU. The failure of the January 1997 general strike, however, was in turn overshadowed by the devastation of the Korean economy during the Asian financial crisis of 1997-1998.or Minju Nodong Tang) was founded in the spring of 1997, with the same right-wing elements dominating in the majority KCTU. The failure of the January 1997 general strike, however, was in turn overshadowed by the devastation of the Korean economy during the Asian financial crisis of 1997-98.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beginning in Thailand in July 1997 with the collapse of the Thai currency, the crisis spread across Asia over the following months as every country that had embraced the &#034;free market&#034; and therefore relaxed capital controls saw massive capital flight and the fall of its currency. , with Thailand, Indonesia and South Korea being the hardest hit. The Korean won fell 40% in November 1997, when the government of Kim Young Sam secured a $57 billion bailout from the IMF. The four candidates for the December 1997 presidential elections had to sign an acceptance of the IMF agreement as a condition of disbursement. Thus Kim Dae Jong, finally elected president of Korea after decades in the desert of the democratic opposition, had to devote his tenure to implementing the draconian package of layoffs, cuts to government services, the leveraged and deregulated takeover of Korean industries and banks by foreigners, and the casualization of the workforce work. Korean democracy, like Korean organized labor before it, triumphed just when the fulfillment of its earlier apparent promise became impossible, and triumphed as the necessary fig leaf for such harsh medicine. Bankruptcies are on the rise and suicides are skyrocketing. The IMF first demanded that Korean banks lay off 50% of their staff (the figure was later lowered to 30%) and a similar number of civil servants. The unemployment rate tripled in 1999 and millions of people were pushed back into poverty. triumphed just when the fulfillment of its previous apparent promise became impossible, and triumphed like the necessary fig leaf for such harsh medicine. Bankruptcies are on the rise and suicides are skyrocketing. The IMF first demanded that Korean banks lay off 50% of their staff (the figure was later lowered to 30%) and a similar number of civil servants. The unemployment rate tripled in 1999 and millions were pushed back into poverty. triumphed just when the fulfillment of its earlier apparent promise became impossible, and triumphed like the fig leaf needed for a medicine so hard. Bankruptcies are on the rise and suicides are skyrocketing. The IMF first demanded that Korean banks lay off 50% of their staff (the figure was later lowered to 30%) and a similar number of civil servants. The unemployment rate tripled in 1999 and millions of people were pushed back into poverty.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In this situation, Kim Dae Jong and the KCTU played their part. As mentioned earlier, Kim dragged the KCTU leadership into the February 1998 tripartite agreements, with the KCTU approving mass emergency layoffs. The KCTU rank and file revolted against such an abject surrender and overthrew the leadership that had signed the agreement. There were a few large-scale strikes against layoffs in 1998, such as the Hyundai Motor Company (HMC) strike, but new KCTU leaders were jailed and the strikes were generally defeated.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;During the IMF crisis, many small factories were wiped out, including those with an activist workforce originating from the strike wave of the late 1980s and previously sympathetic to the NCTU. For the first time, in line with IMF requirements, agency workers have become a major phenomenon in the Korean workforce. In response to the forced sale of Korea Telcom shares to Wall Street investors, for example, a strike broke out. This strike showed more and more the gap that was developing between regular and casual workers. In addition to earning higher pay for less work, older regular workers lacked the computer skills of younger casuals and felt increasing job insecurity. The union leaders spoke tough but did nothing. In the end, regular and casual workers went on strike, but not at the same time. The KT strike ended with the layoff of 10,000 casual workers. The February 1998 agreement between Kim Dae Jong and the right-wing KCTU leadership for mass layoffs led to a grassroots revolt within the KCTU, and the entire leadership was ousted after labor activists occupied the KCTU offices armed with steel pipes. . A new leftist leadership took control, as mentioned earlier, and tried to relaunch a general strike against the new labor law in May, June and July, but to no avail. The old leadership remained rooted in the heavy industry unions and opposed militant action. In June&#8211;August 1998, a 28-day strike took place at HMC, resulting in the layoff of 10,000 regular workers. Within two years, 10,000 casuals had been hired to do their job. KT and various banks also fired regular workers and rehired them as casuals. The February 1998 agreement between Kim Dae Jong and the right-wing KCTU leadership for mass layoffs led to a grassroots revolt within the KCTU, and the entire leadership was ousted after labor activists occupied the KCTU offices armed with steel pipes. . A new leftist leadership took control, as mentioned earlier, and tried to relaunch a general strike against the new labor law in May, June and July, but to no avail. The old leadership remained rooted in the heavy industry unions and opposed militant action. In June&#8211;August 1998, a 28-day strike took place at HMC, resulting in the layoff of 10,000 regular workers. Within two years, 10,000 casuals had been hired to do their job. KT and various banks also fired regular workers and rehired them as casuals. The February 1998 agreement between Kim Dae Jong and the right-wing KCTU leadership for mass layoffs led to a grassroots revolt within the KCTU, and the entire leadership was ousted after labor activists occupied the KCTU offices armed with steel pipes. . A new leftist leadership took control, as mentioned earlier, and tried to relaunch a general strike against the new labor law in May, June and July, but to no avail. The old leadership remained rooted in the heavy industry unions and opposed militant action. In June&#8211;August 1998, a 28-day strike took place at HMC, resulting in the layoff of 10,000 regular workers. Within two years, 10,000 casuals had been hired to do their job. KT and various banks also laid off regular workers and rehired them as casuals. The old leadership remained rooted in the heavy industry unions and opposed militant action. In June&#8211;August 1998, a 28-day strike took place at HMC, resulting in the layoff of 10,000 regular workers. Within two years, 10,000 casuals had been hired to do their job. KT and various banks also laid off regular workers and rehired them as casuals. The old leadership remained rooted in the heavy industry unions and opposed militant action. In June&#8211;August 1998, a 28-day strike took place at HMC, resulting in the layoff of 10,000 regular workers. Within two years, 10,000 casuals had been hired to do their job. KT and various banks also laid off regular workers and rehired them as casuals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part Seven: Post-1998: Regular vs. Casual Workers Become the Issue of the Labor Movement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Since the IMF crisis, the issue of casual workers has become increasingly prominent in the Korean movement, along with the antagonism between regular and casual workers, with regular workers seeing casual workers as undermining their jobs. (In 2000, a National Union of Casual Workers was founded and is now an umbrella organization with over 50,000 members.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As early as 1999, a 32-day nationwide strike by 4,000 tutors from Jaenung schools (hakwon, or private after-hours education academies) won the right to collective bargaining. The government denied that they were workers, calling them &#8220;independent contractors&#8221; instead. The strike was important in showing that organizing casual workers was possible, against resistance from the state and employers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 2000-2002, another KT strike lasted 517 days. In the aftermath of the defeat, the casual workers' union KT was dissolved. Regular KT workers were generally hostile to irregular workers. After the strike, KT hired people as &#034;indirect contract workers&#034;. In 2002, 49% of KT shares were sold to US investors, with increased severance pay in return, as well as shares given to regular workers. In 2000-2001, an air-conditioning factory strike lasted over a month and was betrayed by regular workers, against and against the activism of casual workers. A counterexample, however, was the Lotte Hotel workers' organizing campaign in 2000, which showed that a union of regular workers could, in certain circumstances, organize irregular workers. After a terrible crackdown on hoteliers and the incarceration of strikers, the hotel agreed to regularize the workers over a two-year period. During these same years, however, the KDLP was moving to the right, and the dominance of the NL line, oriented towards KCTU bureaucrats and KDLP politicians, prevented organizing casual workers. (In 2004, the KCTU even helped a Hyundai CEO in his election campaign as an independent.) In the view of some activists, the KCTU was an integral part of neoliberalism, almost to the point of forcing outsourcing. In 2003, for example, truck drivers in Pusan &#8203;&#8203;successfully went on strike, but the government, the employers, the KCTU and the KDLP sabotaged it. In the same year, a major strike broke out at the LG Caltex (now GS Caltex) refinery, but the KCTU did nothing to help the strikers. In 2005, 10,000 casual oil and chemical workers in Ulsan went on strike for 83 days over working conditions. The complicated hiring structure imposed by labor laws and company strategy hampered the strike. A &#034;committee for the Ulsan region&#034; was set up to settle, comprising capitalists, CEOs, smaller businessmen, NGOs and the Ulsan branch of the KCTU. An agreement was limited to the recognition of the union. The workers went back to work for six months of &#8220;discussions&#8221; in committee which came to nothing. The return to work was prompted by small business concessions, but after the KCTU and KDLP pulled out, no part of the deal was ever implemented. In the summer of 2005, a battle raged again at Ulsan HMC over casualization. A worker set himself on fire in protest and the union refused to link his death to the labor situation. Casual workers tried to shut down the assembly line, but regular workers refused to cooperate. Company bosses and scabs restarted the line while regular workers stood, doing nothing. All casual workers involved in the struggle have been fired. no part of the agreement was ever implemented. In the summer of 2005, a battle raged again at Ulsan HMC over casualization. A worker set himself on fire in protest and the union refused to link his death to the labor situation. Casual workers tried to shut down the assembly line, but regular workers refused to cooperate. Company bosses and scabs restarted the line while regular workers stood, doing nothing. All casual workers involved in the struggle have been fired. no part of the agreement was ever implemented. In the summer of 2005, a battle raged again at Ulsan HMC over casualization. A worker set himself on fire in protest and the union refused to link his death to the labor situation. Casual workers tried to shut down the assembly line, but regular workers refused to cooperate. Company bosses and scabs restarted the line while regular workers stood, doing nothing. All casual workers involved in the struggle have been fired. A worker set himself on fire in protest and the union refused to link his death to the labor situation. Casual workers tried to shut down the assembly line, but regular workers refused to cooperate. Company bosses and scabs restarted the line while regular workers stood, doing nothing. All casual workers involved in the struggle have been fired. A worker set himself on fire in protest and the union refused to link his death to the labor situation. Casual workers tried to shut down the assembly line, but regular workers refused to cooperate. Company bosses and scabs restarted the line while regular workers stood, doing nothing. All casual workers involved in the struggle have been fired.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In June 2006, the Metalworkers' Union voted to form an industrial union to try to overcome the fragmentation of workers in the myriad of spin-off subsidiaries with different contracts, but HMC is still negotiating with the HMC company union. Many militant workers opposed the initiative of the industrial union because of its corporatist agenda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Later that summer, the casual building workers of the giant POSCO steel mill in Pohang escaped and were defeated. In August 2007, Kia Motor Company casual workers looted and occupied part of the plant, where they were physically assaulted by regular Kia workers and forced back to work.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a positive note, in November 2007 regular and irregular workers at Hyundai Motor Company in Ulsan organized a grassroots movement together for the first time.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part eight: The E-Land strike illuminates the social horizon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The still ongoing E-Land strike (at the time of this writing, March 2008) is the latest and in some ways the most important struggle of all to bring the issue of casual workers to the fore in South Korean society. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In November 2006, the Korean government passed another set of casual labor laws, known in Orwellian fashion as the Casual Workers Protection Act. The law was designed to create the illusion of &#8220;doing something&#8221; about a condition now affecting more than 60% of South Korea's working population. The law provided that after two years of work, all workers would automatically become regular workers. The law took effect seven months later, on July 1, 2007, and left huge loopholes for employers who wanted to lay off casuals before the deadline. Some companies complied with the law, but many others did not and laid off their casual workers in June. The whole process was worked out at a department store chain known as E-Land, with a related struggle at a similar chain known as New Core. E-Land had started as a small, family-run business under a fundamentalist Christian owner and had grown into a $58 billion annual business with 61 outlets across the country. She had taken over the stores of the French chain Carrefour. The company was known for its particularly harsh employment conditions, with mostly casual workers earning $800 a month for 36 hours a week, often forced to work 12-hour shifts without even going to the bathroom. Additionally, the company required all employees, Christian or not, to attend the on-site chapel. The CEO of E-Land paid his church $10 million in 2006. Just before the new law took effect, E-Land and New Core laid off 1,000 workers who would be considered regular workers in under its provisions. The immediate response was a strike now (March 2008) in its 9th month, and now facing almost certain defeat. But in the early days of the strike, thousands of casual workers from other sectors across South Korea came to help shut down E-Land stores. The KCTU sprang into action, doing everything to stifle the strike with abundant rhetoric while diverting the energies of the rank and file and its &#8220;outside&#8221; supporters into meaningless symbolic actions. On July 20, however, 200 E-Land employees occupied an outlet in Seoul and shut it down. The government's response was to send 7,000 soldiers, police and hired thugs to evict and violently arrest 200 people. The declining government of Noh Moon Yon (very unpopular and due to leave office in February 2008) benefited greatly from the success of the new law. But he was hardly the only one to perceive the importance of the strike. Many large chaebols have come to the aid of E-Land with millions of dollars in loans. The KCTU, for its part, promised to lend money to the E-Land and New Core unions when their strike funds ran out at the end of the summer, then reneged on its offer. The KCTU constantly pressured the company's unions to come to the bargaining table while E-Land's management offered no concessions. In Pohang, in November, E-Land even tried to open a new outlet with only casual workers. 500 E-Land employees and other casuals not only blocked the entrance to the store, but also attacked and disarmed the police and thugs protecting it. Similar actions, including store blockades and occupations, occurred intermittently throughout the fall. Perhaps most notable in the E-Land strike, unlike many previous strikes with casual labor as the main issue, was the broad sympathy and support for the strike among workers in the same precarious situation. A nationwide boycott reduced sales by 30% nationwide in December 2007, and even the media gave coverage generally in favor of the strike, at least in the first weeks. Whether or not the E-Land strike gets the strikers' jobs back (at this point it looks like it won't), it will be a victory for the labor movement as a whole in finally making work more precarious. in South Korea an issue that can no longer be ignored. In December 2007, far-right Hanaratang (One Nation Party) candidate Lee Myoung Back won the presidential election with strong working class support, a political development that probably sealed the fate of the E-Land strike, since the new government (now in place) would support the management of E-Land even more openly than the outgoing center-left government, largely despised, which had disappointed so many. E-Land's leadership continues to enjoy financial support from other major Korean chaebols, while E-Land's strikers have been abandoned by almost all of their allies, KCTU in the lead. The new government promises an all-out offensive of privatizations and &#034;free market reforms&#034; and must necessarily disappoint its working-class supporters, who expressed more distaste for the old government than support for the new one, as well as vain dreams that ex-Hyundai CEO Lee Myoung Back would bring back the glory days of Korean capitalism, which ended 20 years ago. Lost strikes in Korea have been known to last for years with a shrinking core as most strikers find other jobs or return to old ones. But, again, because of the E-Land strike, the growing precarious work crisis in South Korea can no longer be silenced. Seoul, South Korea March 2008 the growing precarious work crisis in South Korea can no longer be silenced. Seoul, South Korea March 2008 the growing precarious work crisis in South Korea can no longer be silenced. Seoul, South Korea March 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibliography:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(I learned far more in conversations and collaboration with Korean activists and pro-worker intellectuals for the above article than in any book except Korean Workers (2001), the The only comprehensive view available in a Western language of Korean working-class history. I am of course greatly hampered by the lack of command of Korean. The following is a cursory bibliography of works that I have found useful.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bae, Kichan. Korea at a crossroads. The History and Future of East Asia. Seoul, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brzezinski, Zbigniew. The big chessboard. American primacy and its geostrategic imperatives. New York, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cho, Lee-Jay et al. ed. Institutional and policy reforms to improve business efficiency in Korea. Seoul, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cho, Lee-Jay et al. ed. Regulatory Reforms in the Age of Financial Consolidation. Seoul, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clifford, Mr. Troubled Tiger. Businessmen, bureaucrats and generals in South Korea. Armon, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cuming, Bruce. The Origins of the Korean War. Flight. I: Princeton, 1981. Vol. II: Princeton, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dennis, M. et al. Sweden: Kein Land fuer friedliche Spiele. Reinbek bei Hamburg, 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Graham, E. Reforming Korean Industrial Conglomerates. Washington D.C. 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harris, N. The End of the Third World. London, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hart-Landsberg, M. et al. Marxist Perspectives on South Korea in the World Economy. Hampshire (United Kingdom), 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hart-Landsberg, M. The Development Rush: Economic Change and Political Struggle in South Korea. New York, 1993&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hwang, BD. Nachholende Industrialisierung und autoritaerer Staat. Berlin, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kang, Su-Dol. Fordismus and Hyundaismus. Frankfurt am Main 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, San/Wales, N. Song of Ariran. New York, 1941.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, S./Shin, DC Economic crisis and double transition in Korea. Seoul, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, W./Kim, Korean PS Public Administration. Seoul, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeju Development Institute/East Asia Foundation. Building a Northeast Asian community. Flight. II. Seoul, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeong, Seongjin and Shin, Jo-Young. &#8220;Debates on the economic crisis within the Korean left. in Rethinking Marxism, vol. II, no. 2, spring 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jomo, KS Tigers in trouble. Financial governance, liberalization and crises in East Asia. London, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johnson, Chalmers. Backfire. 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, Kyeong-won. Post-crisis transformation of the Korean economy. A review from 1998 to 2002. Seoul, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirk, D./Choe, SH Korea Witness. Seoul, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirk, Donald. Korean dynasty. Hyundai and Chung Ju Yung. Hong Kong, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Koo, Hagen. Korean workers. The culture and politics of class formation. Ithaca, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Korean National Commission for UNESCO. The Korean Economy: Reflections in the Millennium. Seoul, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lee, BH. Verfassungs- und gesellschaftspolitische Konzeptionen und ihre Verwirklicung in der Dritten Republik Koreas (1963-1972).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacobs, Norman. The Korean Road to Modernization and Development. Urban, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moon, C. and Steinberg, D. Korea in transition. Three years under the government of Kim Dae-Jung. Seoul, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ogle, G. South Korea: Dissent in the Economic Miracle. London, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Park, Min-na. Birth of the Resistance. Stories of eight working class activists. Seoul, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scalapino, R. and Lee, Chong-sik. Communism in Korea. Flight. I. Berkeley, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sun, Hak Tae. The political economy of democratic consolidation. Dynamic labor policy in South Korea. Kwangju, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socialist political alliance. Marx/ Revolution. Papers from SPA International Conference in Seoul and Ulsan, October 2006. Seoul 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Uh, DS. The Korean Communist Movement, 1918-1948. Princeton, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;West, J. A Critical Discourse on Korean Law and Economics. Busan, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Woronoff, J. Asia's &#8220;miracle&#8221; economies. Seoul, 1986.. Loren Goldner&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trois r&#233;voltes en Cor&#233;e du sud (1945-1960-1980)</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article1680</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article1680</guid>
		<dc:date>2010-07-26T18:23:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Paysans</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du Nord</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1945 : l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#233;crase et occupe la Cor&#233;e du sud et y impose une dictature sanglante sous pr&#233;texte de sauver le pays des mains de l'imp&#233;rialisme japonais &lt;br class='autobr' /&gt;
... celle de Syngman Rhee &lt;br class='autobr' /&gt;
Russes et Am&#233;ricains mettent en place leur dictature &#034;cor&#233;eenne&#034; au nord et au sud : &lt;br class='autobr' /&gt; &#201;crasement de la r&#233;volution de 1945-1946 en Cor&#233;e avec la complicit&#233; am&#233;ricaine et russe (fosses communes des victimes de la r&#233;pression) Photos du soul&#232;vement du Kwangju (1980) qui finit par renverser Syngman (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;15- Pologne-Turquie-Cor&#233;e-Ethiopie : luttes ouvri&#232;res ann&#233;es 70-80&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot50" rel="tag"&gt;Paysans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot230" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du Nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot296" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;1945 : l'arm&#233;e am&#233;ricaine &#233;crase et occupe la Cor&#233;e du sud et y impose une dictature sanglante sous pr&#233;texte de sauver le pays des mains de l'imp&#233;rialisme japonais&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/merlin_127754792_e64e3684-2d22-469d-8be0-163da65be197-superJumbo-e1605719059391.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/merlin_127754792_e64e3684-2d22-469d-8be0-163da65be197-superJumbo-e1605719059391.jpg' width=&#034;2048&#034; height=&#034;1361&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;... celle de Syngman Rhee&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/syngman_rhee_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/syngman_rhee_2.jpg' width=&#034;1000&#034; height=&#034;814&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/imagesdd-3.jpg' width=&#034;225&#034; height=&#034;225&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16231 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Rhee__Kim_Gu_and_Hodge.jpg' width=&#034;240&#034; height=&#034;184&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Russes et Am&#233;ricains mettent en place leur dictature &#034;cor&#233;eenne&#034; au nord et au sud :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16229 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/ec2657aae72cc462187925bd1c1d7db7.jpg' width=&#034;640&#034; height=&#034;469&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_16230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/EhjhuegU8AET7Gs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/EhjhuegU8AET7Gs.jpg' width=&#034;833&#034; height=&#034;559&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16232 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/index-109.jpg' width=&#034;309&#034; height=&#034;163&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#201;crasement de la r&#233;volution de 1945-1946 en Cor&#233;e avec la complicit&#233; am&#233;ricaine et russe (fosses communes des victimes de la r&#233;pression)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16224 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Executions_massives_prisonniers-1950-1f5f1.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;337&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Photos du soul&#232;vement du Kwangju (1980) qui finit par renverser Syngman Rhee :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16233 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/d2c4d4d82d486907a091ca898246a2e4f91258bf.jpg' width=&#034;768&#034; height=&#034;501&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16223 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/60-90--9-1-afba6.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;361&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/40-55--119=12_1_-efb43.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;359&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16221 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/2414884113_e80fe3fffc_m-13d92.jpg' width=&#034;177&#034; height=&#034;240&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/kwangju-44656.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;213&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La chute de Syngman Rhee :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16228 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/100418_p04_1.jpg' width=&#034;450&#034; height=&#034;253&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier en Cor&#233;e, une force consid&#233;rable&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16218 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Strike-AFP280206-500-2afad.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;355&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trois r&#233;voltes en Cor&#233;e du sud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;INTRODUCTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord que ce sont les imp&#233;rialismes anglais et am&#233;ricain qui ont exig&#233; de Staline qu'il occupe militairement le nord de l'Asie et notamment le nord de la Cor&#233;e pendant qu'eux occupaient le sud. Rappelons &#233;galement que cela n'avait pas un but militaire car la guerre se gagnait alors au Japon &#233;cras&#233; sous les bombes et qui ne demandait qu'&#224; capituler. Ce qui motivait ces imp&#233;rialismes, c'est la crainte d'une r&#233;volution sociale. En Cor&#233;e, frapp&#233;e par la mis&#232;re et le f&#233;odalisme, la r&#233;volution sociale &#233;tait une &#233;vidence frappante et la population s'y pr&#233;parait de mani&#232;re non camouflait. Le peuple travailleur comptait bien en finir avec les souffrances sociales et politiques en m&#234;me temps qu'avec la domination japonaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition entre gouvernement du nord et du sud, entre stalinisme et imp&#233;rialisme a &#233;t&#233; compl&#232;tement instrumentalis&#233; afin de servir de justification pour &#233;craser la r&#233;volution sociale et il l'est encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, en Cor&#233;e comme au Vietnam et dans toute l'Indochine, des soul&#232;vements ont suivi le d&#233;part des troupes japonaises. Des comit&#233;s du peuple se sont form&#233;s partout, organis&#233;s sous forme sovi&#233;tique et se pr&#233;parant en vue du pouvoir. L'arm&#233;e am&#233;ricaine a d&#251; les &#233;craser dans le sang avant de mettre &#224; la t&#234;te d'une dictature militaire au sud son homme de paille &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Syngman_Rhee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sungman Rhee&lt;/a&gt; (qui s'est tout de suite distingu&#233; en &#233;crasant lui aussi dans le sang les puissantes gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales de 1946 et 48) alors que le nord &#233;tait occup&#233; par les troupes russes qui ont plac&#233; &#224; la t&#234;te du pays Kim Il Sung, un leader de gu&#233;rilla militaire contre le Japon. Au sud, les militaires ont remis sur pied &#224; la fois l'Etat et l'&#233;conomie et ils ont instaur&#233; des relations privil&#233;gi&#233;es avec les trusts, les chaebols, relations qui institutionnalisent la corruption : un v&#233;ritable syst&#232;me d'aide mutuelle qui a permis aux chaebols comme aux g&#233;n&#233;raux de prosp&#233;rer. Samsung doit tout au premier pr&#233;sident le f&#233;roce dictateur Sungman Rhee et Daewoo ne serait rien sans le pr&#233;sident Park. En contrepartie, certains ont fait fortune comme Roh qui a constitu&#233; la modeste cagnotte de 650 millions de dollars ! Ce pays qui a &#233;t&#233; gouvern&#233; dictatorialement par des &#233;quipes de chefs militaires s'est vu contraint de les retirer de la sc&#232;ne politique : les g&#233;n&#233;raux Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo qui ont gouvern&#233; respectivement de 80 &#224; 87 et de 88 &#224; 92 ont &#233;t&#233; contraints de d&#233;missionner de l'arm&#233;e. Le g&#233;n&#233;ral Roh a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 22 ans et demi de prison pour corruption. Le g&#233;n&#233;ral Chun a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; la peine capitale (commu&#233;e en prison &#224; vie) pour avoir conduit le putsch militaire de 79 et r&#233;prim&#233; dans le sang une manifestation &#233;tudiante. Tous les deux ont &#233;t&#233; &#233;galement d&#233;clar&#233;s responsables du massacre de la commune de Kwanju en mai 1980. C'est dire &#224; quel point actuellement l'arm&#233;e est sur le plan politique compl&#232;tement mise &#224; l'&#233;cart de la direction des affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans les ann&#233;es 80 que la bourgeoisie cor&#233;enne a commenc&#233; &#224; trouver le prix de la dictature militaire trop co&#251;teux. Le pays devenant riche et d&#233;velopp&#233;, elle pr&#233;f&#233;rait une autre forme de direction politique, sans coups d'Etat, sans r&#233;pression et r&#233;voltes permanentes. Et c'est aussi de l&#224; que vient l'explosion de 87. En effet, les militaires se sont accroch&#233;s au pouvoir et on a vu pendant des ann&#233;es non seulement les classes pauvres et les travailleurs mais toute une partie des fils de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie se battre pour en finir avec la dictature militaire, participant &#224; des manifestations, arr&#234;t&#233;s, tortur&#233;s, assassin&#233;s, choisissant une vie militante dans des organisations clandestines plut&#244;t que l'int&#233;gration sociale, pour lutter contre ce pouvoir d&#233;test&#233;. De l&#224; est n&#233; le mouvement des ouvriers et des jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TROIS REVOLTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- 1945-1948&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Avril 1960&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 - Mai 1980&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cor&#233;e 1945-1948&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Cor&#233;e les alli&#233;s avaient d&#233;cid&#233; d'un syst&#232;me d'occupation apparemment absurde et qui allait donner lieu au pire affrontement de la guerre froide en 1950 mais qui, en cette fin de guerre mondiale, correspondait aux diff&#233;rentes zones dans cette r&#233;gion. En effet la p&#233;ninsule cor&#233;enne &#233;tait divis&#233;e en deux, une partie sous occupation russe et une autre sous occupation am&#233;ricaine, les deux &#233;tant s&#233;par&#233;es par le 38&#232;me parall&#232;le. En fait en disant cela on oublie lune grande part du probl&#232;me, on attribuait &#224; la Chine la partie de la Cor&#233;e continentale, le Kan Do, prise lors des conqu&#234;tes militaires et cela allait s'av&#233;rer tr&#232;s important par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part cette division discut&#233;e lors des conf&#233;rences de T&#233;h&#233;ran en 1943 et Yalta en 1945 devait &#234;tre provisoire. Les premiers arriv&#233;s sur place sont les russes au nord le 24 ao&#251;t 1945. Puis les USA arrivent un mois plus tard au sud en septembre 45. Des deux c&#244;t&#233;s tout est programm&#233; et aucun des deux camps n'a l'intention de demander &#224; la population de d&#233;cider. Les russes ont dans leurs bagages Kim Il Sung qu'ils comptent imposer comme dirigeant sous l'&#233;tiquette parti communiste. Pourtant il existe en Cor&#233;e un parti communiste clandestin dont Kim n'est pas le dirigeant mais c'est l'homme des russes et dans l'ambiance d'effervescence sociale les russes s'en m&#233;fient comme ils se m&#233;fient de tous les militants d&#233;mocrates ou syndicalistes qui vont tr&#232;s vite peupler leurs prisons. Pour se d&#233;barrasser du r&#233;el parti communiste cor&#233;en, les russes vont avoir de grandes difficult&#233;s car il faut s'en d&#233;barrasser &#224; la fois au nord et au sud. Au nord cela se fera sous l'occupation militaire russe, les anciens dirigeants iront en prison ainsi qu'au fur et &#224; mesure tous les opposants &#224; Kim Il Sung. Au sud, ce sera beaucoup plus difficile d'autant que traditionnellement la direction du parti communiste r&#233;sidait au sud &#224; S&#233;oul et que le parti va rester un seul parti malgr&#233; la division du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des deux c&#244;t&#233;s, il y a la m&#234;me situation catastrophique pour la population qui se traduit tout de suite par une explosion sociale La mis&#232;re des travailleurs est catastrophique. Le nombre des morts est consid&#233;rable. Et, en plus la population sort de nombreuses ann&#233;es d'occupation japonaise o&#249; ils ont souffert atrocement. Ce n'est pas pour accepter facilement une autre occupation militaire. Enfin, tr&#232;s vite le probl&#232;me du partage du pays en deux qui semble &#234;tre du provisoire qui dure va devenir un probl&#232;me politique de premier ordre, emp&#234;chant les deux pouvoirs de se stabiliser et de gagner du cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, sur ordre de Staline, Kim Il Sung au nord va d&#233;fendre la division du pays de la m&#234;me mani&#232;re qu'au sud le fantoche des am&#233;ricains Syngman Rhee, un dictateur d'extr&#234;me-droite corrompu et ultra-violent. Des deux c&#244;t&#233;s, la classe ouvri&#232;re va s'opposer &#224; cette division et en particulier les syndicats d'origine plut&#244;t anarcho-syndicalistes avec des militants d'extr&#234;me gauche et qui ne sont pas encore contr&#244;l&#233;s par le parti communiste. La pression est telle au sud que le parti communiste sud cor&#233;en prend son ind&#233;pendance politique de la direction du nord en ao&#251;t 46. Mais en m&#234;me temps il le fait sur des bases tout ce qu'il y a de moins r&#233;volutionnaire, du moins dans un sens prol&#233;tarien. La th&#232;se d'ao&#251;t qui souligne cette ind&#233;pendance politique &#224; la fois n'accepte plus la division du pays mais affirme qu'il faut mener une r&#233;volution bourgeoise en vue de la r&#233;unification, r&#233;volution qui aura pour base les campagnes et non les villes. Et cela signifie aussi que le PC du sud appelle les ouvriers et les paysans &#224; rejoindre les montagnes pour y organiser la gu&#233;rilla. Le syndicat des ouvriers du sud va s'opposer violemment &#224; ces propositions. En effet, les travailleurs sont tr&#232;s loin de se sentir impuissants dans leurs luttes dans les usines au point d'aller se retrancher dans les montagnes. La th&#232;se du caract&#232;re bourgeois de la r&#233;volution n'est pas mieux accept&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, dans les usines c'est &#224; une offensive ouvri&#232;re que l'on assiste en Cor&#233;e du sud. L'insurrection ouvri&#232;re part de deux villes : Taekou, grande ville du sud est et Busan le grand port du sud. C'est un soul&#232;vement spontan&#233; qui d&#233;bute par une gr&#232;ve des cheminots et qui se termine par de v&#233;ritables affrontements arm&#233;s, les travailleurs s'&#233;tant organis&#233;s en milice ouvri&#232;re. Partout des comit&#233;s de gr&#232;ve sont mis en place et la gr&#232;ve s'&#233;tend &#224; de nombreuses autres villes. La r&#233;action des troupes am&#233;ricaines est tr&#232;s violente. La r&#233;pression s'&#233;tend &#224; tout le pays contre les syndicats et les militants radicaux. Le PC du sud qui n'&#233;tait pour rien dans le mouvement est interdit. La dictature de Syngman Rhee devient f&#233;roce. Des opposants politiques et des dirigeants syndicalistes sont assassin&#233;s comme le leader anarcho-syndicaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim Ku et le dirigeant social-d&#233;mocrate Yo Un Hyong. Le Parti communiste a &#233;t&#233; contraint de passer dans la clandestinit&#233; totale. La direction politique du PC du nord en profite pour r&#233;ussir pour la premi&#232;re fois &#224; &#233;tablir sa domination sur l'ensemble du parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1946-47, loin de se stabiliser, le r&#233;gime de Cor&#233;e du sud est attaqu&#233; sur tous les fronts : mutineries militaires, insurrections paysannes, mouvements politiques dans les villes contre le r&#233;gime de Syngman Rhee et mouvements sociaux. Le pouvoir central de S&#233;oul est tellement affaibli qu'il est contraint de laisser les paysans occuper toute une r&#233;gion dite lib&#233;r&#233;e. Le PC du sud d&#233;cide de s'investir dans cette r&#233;volution paysanne et il appelle &#224; nouveau les ouvriers &#224; le suivre. La plupart des ouvriers et des militants intellectuels qui vont suivre cet appel sont massacr&#233;s avant m&#234;me qu'ils aient pu rejoindre la r&#233;gion ni s'armer. Le PC du sud va quand m&#234;me prendre la direction politique de ces paysans insurg&#233;s. Il leur conseille de quitter les terres agricoles pour rejoindre les montagnes et effectivement cette gu&#233;rilla va tenir l&#224; jusqu'&#224; la guerre de Cor&#233;e en 1950, o&#249; elle fera sa jonction avec l'arm&#233;e nord cor&#233;enne. Paradoxalement c'est cela qui lui sera fatal car le r&#233;gime de Cor&#233;e du nord n'avait nullement envie de soutenir les paysans du sud et va les abandonner en cessant de les armer d&#232;s l'offensive am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la Lib&#233;ration, le placement de la Cor&#233;e sous la tutelle des Sovi&#233;tiques et des &#201;tasuniens, de part et d'autre du 38e parall&#232;le, fut l'occasion d'implanter les embryons des r&#233;gimes antagonistes que nous connaissons aujourd'hui. Au sud, les id&#233;es &#233;conomiques pr&#233;con&#231;ues de l'administration d'occupation am&#233;ricaine (l'USAMGIK) se traduisirent par une lib&#233;ralisation du march&#233; des c&#233;r&#233;ales qui provoqua une effrayante sp&#233;culation sur le march&#233; du riz. En effet, la Cor&#233;e du Sud, largement agricole, &#233;tait le grenier &#224; bl&#233; du Japon pendant la colonisation. Or la p&#233;nurie se faisant sentir dans l'archipel, certains producteurs renou&#232;rent les anciennes relations avec le Japon, qui manquait alors de riz, en raison de la mobilisation massive des paysans pour l'arm&#233;e et de la perte de son empire colonial. Le prix du riz flamba en Cor&#233;e, et les villes ne furent plus approvisionn&#233;es, car les sp&#233;culateurs pr&#233;f&#233;raient vendre au Japon, au prix le plus fort. Les autorit&#233;s am&#233;ricaines firent imm&#233;diatement machine arri&#232;re et impos&#232;rent des restrictions non seulement sur la vente du riz, mais aussi sur celle des autres c&#233;r&#233;ales, selon des normes si dures que certains producteurs regrett&#232;rent le temps des Japonais. &#192; Taegu, dans le sud du pays, une furieuse r&#233;volte mit aux prises les paysans et des sympathisants &#171; de gauche &#187; aux autorit&#233;s. Plusieurs centaines de policiers et de manifestants furent tu&#233;s avant que des troupes am&#233;ricaines ne r&#233;tablissent l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#233;gime stalinien de Cor&#233;e du Nord&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement soudain de l'administration coloniale japonaise entra&#238;na une explosion populaire. Sorti de la clandestinit&#233;, le Parti communiste constitua une coalition avec tous les mouvements nationalistes. Des comit&#233;s de pr&#233;paration &#224; l'ind&#233;pendance de la Cor&#233;e surgirent dans tout le pays. Le 6 septembre 1945, une conf&#233;rence nationale de ces comit&#233;s, r&#233;unie &#224; S&#233;oul, proclama la naissance de la R&#233;publique Populaire de Cor&#233;e (RPC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant en cela la ligne d&#233;finie par Moscou, le Parti communiste cor&#233;en, qui &#233;tait de loin le courant le plus puissant dans ce mouvement, s'effor&#231;a de contenir l'explosion des revendications sociales parmi les masses exploit&#233;es. Pr&#233;tendant que l'heure &#233;tait &#224; l'&#233;mancipation nationale et non &#224; l'&#233;mancipation sociale, sous le pr&#233;texte fallacieux que toute autre politique diviserait la &#171; nation cor&#233;enne &#187;, le Parti communiste mit les masses pauvres de Cor&#233;e &#224; la remorque politique de leurs propres exploiteurs comme le firent d'ailleurs les partis communistes dans le monde entier durant cette p&#233;riode et utilisa leur mobilisation pour garantir la continuit&#233; de l'ordre capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce respect pour l'ordre capitaliste ne suffit pas au PC cor&#233;en &#224; gagner les faveurs de Washington. Certes, ce que redoutaient les &#201;tats-Unis, ce n'&#233;tait ni le programme politique de la RPC, avec son appel &#224; l'instauration du suffrage universel et &#224; la cr&#233;ation d'institutions d&#233;mocratiques, ni sa d&#233;fense des nationalisations et de la r&#233;forme agraire : apr&#232;s tout, la plupart des grandes entreprises et exploitations agricoles cor&#233;ennes n'avaient plus de propri&#233;taires depuis l'expulsion des colons japonais. Non, ce qui inqui&#233;tait le plus l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, c'&#233;tait que le r&#233;gime de la RPC avait &#233;t&#233; mis en place sans son accord pr&#233;alable, &#224; la faveur d'une mobilisation populaire, et qu'il n'avait donc nul besoin de l'imp&#233;rialisme pour se maintenir au pouvoir. Ce r&#233;gime ne serait donc pas docile vis-&#224;-vis des int&#233;r&#234;ts des &#201;tats-Unis. Aussi, lorsque le comit&#233; ex&#233;cutif de la RPC fit une offre de collaboration &#224; l'&#233;tat-major am&#233;ricain, celui-ci lui opposa une fin de non-recevoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants am&#233;ricains entreprirent alors de mettre en oeuvre leurs propres conceptions de la d&#233;mocratie dans leur zone d'occupation. L'ancienne force de police coloniale fut r&#233;tablie dans ses fonctions, avec pratiquement les m&#234;mes personnels (on ne changea m&#234;me pas leurs uniformes !) que sous l'occupation japonaise. Les postes de responsabilit&#233; dans les nouvelles institutions furent confi&#233;s &#224; des hommes politiques qui avaient collabor&#233; avec l'occupant japonais ou qui avaient trouv&#233; protection aupr&#232;s du dictateur nationaliste chinois et alli&#233; des USA, Tchang Ka&#239;-chek. Il s'agissait d'individus visc&#233;ralement anticommunistes qui avaient des liens &#233;troits avec la classe des propri&#233;taires fonciers cor&#233;ens. A la t&#234;te du nouveau r&#233;gime, Washington mit Syngman Rhee, un politicien nationaliste de droite bien connu, qui avait des amis tant aux &#201;tats-Unis qu'au sein du r&#233;gime de Tchang Ka&#239;-chek. En f&#233;vrier 1946, ils mirent en place un gouvernement provisoire de Cor&#233;e du Sud pr&#233;sid&#233; par Syngman Rhee, dont la moiti&#233; des membres furent nomm&#233;s directement par les autorit&#233;s am&#233;ricaines d'occupation et l'autre par les classes riches, selon le syst&#232;me &#233;lectoral censitaire en vigueur sous l'occupation japonaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'orientation politique du nouveau r&#233;gime se r&#233;v&#233;la aussi r&#233;actionnaire et socialement conservatrice qu'on pouvait l'escompter vu la composition sociale du gouvernement. Les appels &#224; une r&#233;forme agraire d'ensemble furent trait&#233;s par le m&#233;pris tandis que les dignitaires du r&#233;gime accumulaient des fortunes colossales en s'appropriant les terres des anciennes exploitations japonaises et que les paysans sans terre mouraient de faim. La corruption et le march&#233; noir devinrent la r&#232;gle. De sorte qu'au bout du compte, la population pauvre de la zone d'occupation am&#233;ricaine ne vit gu&#232;re de diff&#233;rence entre la nouvelle R&#233;publique de Cor&#233;e, qui y fut proclam&#233;e officiellement en ao&#251;t 1948, et l'ancienne administration coloniale japonaise, sinon dans la langue des troupes d'occupation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la r&#233;pression qui le visait au Sud, o&#249; il fut tr&#232;s vite interdit, le comit&#233; ex&#233;cutif de la RPC &#233;lu en septembre 1945 s'&#233;tait r&#233;fugi&#233; dans la zone d'occupation sovi&#233;tique. L&#224;, les autorit&#233;s d'occupation accept&#232;rent ce comit&#233; ex&#233;cutif et les comit&#233;s de pr&#233;paration &#224; l'ind&#233;pendance comme partenaires dans l'administration quotidienne des affaires sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux &#201;tats-Unis dans leur zone d'occupation, l'URSS appliqua &#224; la lettre le protocole de 1945 dans la sienne en s'abstenant de mettre en place des institutions permanentes susceptibles de pr&#233;juger de la forme d&#233;finitive de l'&#201;tat. Tout au moins c'est ce qu'elle fit jusqu'&#224; la cr&#233;ation d'institutions propres au Sud sous l'&#233;gide des USA. Un comit&#233; populaire provisoire fut alors constitu&#233; &#224; Pyongyang, cette fois sous la direction de Kim Il Sung, un jeune dirigeant du PC r&#233;cemment de retour dans le pays, qui semble avoir &#233;t&#233; choisi moins pour ses liens avec Moscou que pour la raison oppos&#233;e : contrairement &#224; nombre de dirigeants communistes, Kim Il Sung avait pass&#233; les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes non pas &#224; Moscou, mais dans un maquis cor&#233;en contre les Japonais en Mandchourie, en liaison avec la r&#233;sistance chinoise. Il pouvait &#234;tre ainsi pr&#233;sent&#233; comme un h&#233;ros de la r&#233;sistance nationale contre le Japon, sans qu'il puisse &#234;tre associ&#233;, comme les anciens leaders du PC clandestins, &#224; la mobilisation des masses de l'ann&#233;e 1945, &#224; laquelle il n'avait pas particip&#233;. A tous &#233;gards, Kim Il Sung &#233;tait le parfait porte-parole d'un gouvernement &#171; national &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'il fut form&#233;, le nouveau r&#233;gime mit en oeuvre un programme de deux ans pr&#233;voyant la nationalisation des industries auparavant accapar&#233;es par les Japonais et une r&#233;forme agraire radicale entra&#238;nant la confiscation sans compensation des grandes exploitations et leur redistribution gratuite aux paysans sans terre. Des lois sur les conditions de travail et un embryon de syst&#232;me social compl&#233;t&#232;rent l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'apr&#232;s le tournant dans les relations am&#233;ricano-sovi&#233;tiques et les d&#233;buts de la &#171; guerre froide &#187; que, en septembre 1948, trois semaines apr&#232;s la proclamation de la R&#233;publique de Cor&#233;e dans le sud du pays, une R&#233;publique d&#233;mocratique populaire de Cor&#233;e fut proclam&#233;e dans le nord. Peu apr&#232;s, les troupes sovi&#233;tiques se retir&#232;rent de Cor&#233;e, ne laissant que quelques centaines de conseillers militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'en arriver l&#224;, le PC cor&#233;en avait fusionn&#233; en ao&#251;t 1946 avec diff&#233;rents groupes radicaux et nationalistes pour cr&#233;er le Parti des Travailleurs de Cor&#233;e du Nord. Les mouvements qui n'avaient pas rejoint le nouveau parti furent d'abord marginalis&#233;s, puis ceux qui tent&#232;rent de maintenir une existence politique firent l'objet de pers&#233;cutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime qui s'installait au Nord &#233;tait indubitablement r&#233;pressif, r&#233;unissant les traits de beaucoup de dictatures militaires du tiers monde &#224; l'&#233;poque. Comme dans les d&#233;mocraties populaires mises en place sous la protection de l'Arm&#233;e Rouge en Europe centrale et orientale, la premi&#232;re victime du nouveau r&#233;gime fut la classe ouvri&#232;re tant politiquement que physiquement, en raison des efforts surhumains exig&#233;s des travailleurs au nom des n&#233;cessit&#233;s de la reconstruction &#233;conomique. Mais en m&#234;me temps, le discours anti-imp&#233;rialiste de Pyongyang, ses nationalisations et surtout la r&#233;forme agraire radicale qu'il avait mise en place rendaient le r&#233;gime tr&#232;s populaire, non seulement au Nord mais &#233;galement au Sud, o&#249; montait le ressentiment contre l'oligarchie parasitaire des propri&#233;taires fonciers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 1946 en Cor&#233;e du sud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des cheminots a commenc&#233; &#224; Busan le 23 septembre 1946 et a conduit au soul&#232;vement de Daegu le 1er octobre 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#233;tait contr&#244;l&#233;e par un Conseil national des travailleurs cor&#233;ens. La premi&#232;re gr&#232;ve du conseil a commenc&#233; le 23 septembre par plus de 7 000 cheminots &#224; Busan . Environ 40 000 cheminots ont rapidement particip&#233; &#224; la gr&#232;ve des cheminots, qui s'est rapidement propag&#233;e &#224; travers le pays. Entre 250 000 et 300 000 travailleurs en gr&#232;ve dans tous les secteurs industriels, y compris les m&#233;taux et les produits chimiques. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale a commenc&#233; avec des revendications telles que le rationnement du riz, les augmentations de salaire, l'opposition au licenciement, la libert&#233; du mouvement ouvrier et la lib&#233;ration des figures d&#233;mocratiques. Quinze mille &#233;tudiants des &#233;coles et lyc&#233;es professionnels de S&#233;oul sont &#233;galement descendues dans la rue le 27 septembre, exigeant l'abolition de l'enseignement colonial. Certaines forces de d&#233;fense sud-cor&#233;ennes (maintenant l' arm&#233;e de la R&#233;publique de Cor&#233;e ) et les forces de s&#233;curit&#233; maritime (maintenant la marine de la R&#233;publique de Cor&#233;e ) se sont jointes &#224; la gr&#232;ve, et &#224; S&#233;oul, des dizaines de membres du Parti communiste am&#233;ricain de l'arm&#233;e am&#233;ricaine en Cor&#233;e ont appel&#233; au retrait des troupes am&#233;ricaines de Joseon. La sixi&#232;me r&#233;union du Comit&#233; central du Comit&#233; populaire provisoire de Cor&#233;e du Nord a adopt&#233; une d&#233;claration affirmant la l&#233;gitimit&#233; de la gr&#232;ve et soutenant les gr&#233;vistes dans le sud, mais le comit&#233; n'a pas tol&#233;r&#233; la lutte violente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'USAMGIK a envoy&#233; plus de 2 000 officiers arm&#233;s &#224; Seoul Railroad, le centre de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le 30 septembre. Environ 1 000 manifestants, dont la Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats (l'actuelle F&#233;d&#233;ration des syndicats cor&#233;ens ), le Bureau du peuple cor&#233;en et la presse de l'Assembl&#233;e nationale, ont &#233;galement rejoint la bataille de rue de huit heures men&#233;e par Kim Du-han. Trois personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es et des centaines ont &#233;t&#233; bless&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une manifestation organis&#233;e le 1er octobre par des gr&#233;vistes &#224; Daegu a &#233;t&#233; la cible de tirs de la police et un cheminot a &#233;t&#233; tu&#233;. Des milliers de manifestants (y compris des &#233;tudiants) ont transport&#233; son corps dans les rues de la ville le lendemain, malgr&#233; les tentatives de la police pour les arr&#234;ter. La gr&#232;ve a ensuite &#233;volu&#233; vers le soul&#232;vement d'automne plus large , au cours duquel des dizaines de personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es, des milliers ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es et la loi martiale a &#233;t&#233; impos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soul&#232;vement d'automne de 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement de Daegu 10.1 de 1946 en Cor&#233;e &#233;tait un soul&#232;vement paysan dans les provinces du sud de la Cor&#233;e contre les politiques du gouvernement militaire de l'arm&#233;e am&#233;ricaine en Cor&#233;e dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral John R. Hodge et en faveur du r&#233;tablissement du pouvoir aux comit&#233;s populaires qui composaient la R&#233;publique populaire de Cor&#233;e . Le soul&#232;vement est &#233;galement appel&#233; &#171; r&#233;volte de Daegu &#187; ou de &#171; Mouvement de R&#233;sistance de Daegu &#187;. La Commission v&#233;rit&#233; et r&#233;conciliation de Cor&#233;e du Sud choisit le nom neutre de &#171; Incident d'octobre de Daegu &#187;, en fait &lt;a href=&#034;https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Autumn_Uprising_of_1946?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=nui&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un v&#233;ritable soul&#232;vement&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale cor&#233;enne en septembre, &#224; la fin de laquelle plus de 250 000 travailleurs avaient particip&#233;. La gr&#232;ve a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e ill&#233;gale par le gouvernement militaire am&#233;ricain et les gr&#233;vistes ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s par la police. Le 1er octobre, une manifestation de gr&#233;vistes &#224; Daegu a &#233;t&#233; la cible de tirs de la police et un cheminot a &#233;t&#233; tu&#233;. Le lendemain, des milliers de manifestants, dont des &#233;l&#232;ves d'&#233;coles et d'universit&#233;s, ont transport&#233; son corps dans les rues de la ville, malgr&#233; les tentatives de la police pour les arr&#234;ter. La gr&#232;ve a ensuite &#233;volu&#233; vers le soul&#232;vement d'automne plus g&#233;n&#233;ral (ou soul&#232;vement de Daegu 10.1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement lui-m&#234;me a commenc&#233; &#224; Busan et s'est finalement &#233;tendu &#224; S&#233;oul, Daegu, Gyeongsangbuk-do, Gyeongsangnam-do, Chungcheongnam-do et Jeollanam-do et s'est termin&#233; &#224; la mi-novembre. D'autres revendications exprim&#233;es pendant le soul&#232;vement concernaient de meilleures conditions de travail, des salaires plus &#233;lev&#233;s, le droit de s'organiser et la lib&#233;ration des prisonniers politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les conditions, le gouvernement militaire des &#201;tats-Unis a r&#233;pondu de diff&#233;rentes mani&#232;res, notamment en mobilisant des briseurs de gr&#232;ve , la police, des groupes de jeunes de droite, en envoyant des troupes et des chars am&#233;ricains, et en d&#233;clarant la loi martiale , et a r&#233;ussi &#224; r&#233;primer le soul&#232;vement. Le soul&#232;vement a entra&#238;n&#233; la mort de 92 policiers, 163 travailleurs civils, 116 civils et 240 &#233;meutiers. 2 609 personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es par la police et l'arm&#233;e. Certains analystes disent que le soul&#232;vement, qui &#233;tait en partie une r&#233;action aux &#233;lections d'octobre pour l'Assembl&#233;e l&#233;gislative int&#233;rimaire sud-cor&#233;enne, organis&#233;e par le gouvernement militaire des &#201;tats-Unis, est un meilleur indicateur de l'opinion publique que l'&#233;lection elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite du soul&#232;vement est consid&#233;r&#233;e comme un tournant dans l'&#233;tablissement d'un contr&#244;le politique sur la Cor&#233;e, car les comit&#233;s populaires et le Conseil national des syndicats cor&#233;ens ont &#233;t&#233; affaiblis par la r&#233;pression. Pour les Am&#233;ricains, la r&#233;bellion de la r&#233;colte d'automne a ajout&#233; une nouvelle urgence &#224; l'effort de trouver une formule pour unifier les deux zones d'occupation de la Cor&#233;e sous un gouvernement &#233;lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, la Commission v&#233;rit&#233; et r&#233;conciliation a pr&#233;sent&#233; ses conclusions, il y avait 60 victimes aux familles desquelles il a sugg&#233;r&#233; que le gouvernement devrait fournir une indemnisation, et il y avait environ 7 500 autres personnes qui ont souffert de l'incident. Certaines victimes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es et tortur&#233;es, puis la police et des groupes d' extr&#234;me droite ont endommag&#233; ou confisqu&#233; leurs maisons et leurs biens. Les familles des victimes ont d&#251; endurer la honte d'&#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des criminels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement d'octobre, l'incident du 1er octobre, les &#233;meutes de Yeongnam et les &#233;meutes d'octobre, selon le point de vue historique. D'un point de vue partisan, cela s'appelle le soul&#232;vement d'octobre, une critique l'appelle &#233;meutes de Yeongnam et &#233;meutes d'octobre, et d'un point de vue neutre, il s'appelle l'incident du 1er octobre. Du point de vue de l'affirmation de l'agitation et de l'initiative du Parti communiste de Cor&#233;e, on l'appelle parfois l'&#233;meute d'Octobre. Dans le pass&#233;, les termes de l'&#233;meute d'octobre, de l'&#233;meute de Yeongnam et de l'&#233;meute d'octobre &#233;taient utilis&#233;s de mani&#232;re interchangeable, et officiellement, le terme &#233;tait d&#233;sign&#233; comme l'incident plus neutre du 1er octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la lib&#233;ration , la vie des Cor&#233;ens sous l' USAMGIK du commandement militaire am&#233;ricain en Cor&#233;e du Sud &#233;tait affam&#233;e. Parce que la politique de rationnement de riz de l' USAMGIK a &#233;chou&#233;. La faim &#224; Daegu , o&#249; des &#233;pid&#233;mies de chol&#233;ra au cours de cette p&#233;riode, &#233;tait particuli&#232;rement s&#233;v&#232;re. Apr&#232;s la survenue de 2 000 patients atteints de chol&#233;ra &#224; Daegu et Gyeongsangbuk-do, le gouvernement a bloqu&#233; Daegu sans prendre les mesures appropri&#233;es pour le traitement en disant qu'il pr&#233;venait la transmission. En cons&#233;quence, les v&#233;hicules et les personnes ne pouvaient pas traverser les limites de la ville et l'approvisionnement en r&#233;coltes et en produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; a &#233;t&#233; coup&#233;. Surtout, le riz &#233;tait rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la police de l'ancien pro-japonais qui a &#233;t&#233; embauch&#233; comme police nationale a vol&#233; des agriculteurs de riz de la m&#234;me mani&#232;re que pendant la Cor&#233;e sous la domination japonaise . La col&#232;re des citoyens contre les policiers pro-japonais a beaucoup augment&#233;, et la police a ripost&#233; contre eux ici et l&#224;. Au milieu de cela, le sentiment public de Daegu et de Gyeongsnabuk-do &#233;tait tr&#232;s chaotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, en mai 1946, dans le cas des faux billets de Jung Pan-sa, l' USAMGIK a annonc&#233; &#171; l'ill&#233;galisation des activit&#233;s communistes &#187; et a &#233;mis un mandat d'arr&#234;t massif contre les responsables du parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitation des ouvriers n'a pas d&#233;cru avec la r&#233;pression et ils ont organis&#233; une gr&#232;ve massive men&#233;e par les cheminots et les travailleurs des transports en septembre 1946, qui est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de septembre s'est &#233;tendue &#224; tout le pays, en commen&#231;ant par la gr&#232;ve des cheminots dans la r&#233;gion de Busan. De cette fa&#231;on, le Parti communiste et Jeon-pyeong ont men&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en septembre et ont frapp&#233; de plein fouet l' USAMGIK pour de bon. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de septembre s'est rapidement &#233;tendue &#224; tout le pays et les travailleurs se sont mis en gr&#232;ve. L' USAMGIK a mis la police nationale et les groupes de jeunes anticommunistes pour &#233;craser la gr&#232;ve, mais il y avait une situation inattendue ici. Lorsque la police a tir&#233; sur les gr&#232;ves des travailleurs &#224; Daegu, la r&#233;action ouvri&#232;re et populaire s'est d&#233;velopp&#233;e en r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En avril 1960, le soul&#232;vement d'avril 1960 mettait fin au r&#233;gime Syngman Rhee&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution d'Avril 1960 en Cor&#233;e du Sud a marqu&#233; une &#233;tape d&#233;cisive dans la lutte contre l'autoritarisme. Si la victoire de la d&#233;mocratie n'a alors &#233;t&#233; qu'&#233;ph&#233;m&#232;re, suite au coup d'Etat militaire du 16 mai 1961, le soul&#232;vement du 19 avril 1960 a abattu le r&#233;gime Syngman Rhee et, plus fondamentalement encore, marqu&#233; l'irruption des masses dans l'histoire de la Cor&#233;e du Sud. La R&#233;volution d'Avril 1960 a aussi consacr&#233; l'alliance des jeunes et des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1959 : l'autocrate Syngman Rhee, au pouvoir depuis 1948 et alors &#226;g&#233; de 84 ans, pr&#233;pare sa troisi&#232;me r&#233;&#233;lection &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, tandis que sa formation politique, le Parti lib&#233;ral, d&#233;signe Yi Gi-bung comme candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1959, Syngman Rhee annonce son intention d'avancer au 15 mars 1960 la date de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, normalement pr&#233;vue en mai 1960, au motif d'&#233;viter la p&#233;riode charg&#233;e des r&#233;coltes... bien que le mois de mai ne corresponde &#224; aucune date de r&#233;colte. Ce choix &#233;tait en fait li&#233; &#224; l'&#233;tat de sant&#233; du candidat du Parti d&#233;mocrate (opposition) &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle : le 15 f&#233;vrier, huit jours apr&#232;s le d&#233;p&#244;t des candidatures, Jo Byeong-ok mourait, et les demandes de son parti de pr&#233;senter un nouveau candidat &#224; la pr&#233;sidence &#233;taient rejet&#233;es. Syngman Rhee devenait ainsi l'unique candidat au poste de pr&#233;sident de la R&#233;publique. Le 13 f&#233;vrier, le chef de l'Etat avait d&#233;clar&#233;, sans fondement constitutionnel, que le vice-pr&#233;sident devait appartenir au m&#234;me parti que le pr&#233;sident. D&#232;s lors, l'&#233;lection &#233;tait verrouill&#233;e, m&#234;me si le candidat du Parti d&#233;mocrate &#224; la vice-pr&#233;sidence (et vice-pr&#233;sident sortant, &#233;lu lors du pr&#233;c&#233;dent scrutin de 1956), Jang Myeon, devait obtenir &#224; nouveau plus de voix que Yi Gi-bung, choisi par Rhee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tincelle du mouvement r&#233;volutionnaire fut allum&#233;e par les &#233;tudiants de l'universit&#233; de Daegu qui d&#233;cid&#232;rent de manifester contre la d&#233;cision de fixer au 28 f&#233;vrier, jour d'un meeting dans leur ville de Jang Myeon, la date des examens de fin de semestre. Apr&#232;s les &#233;tudiants de Daegu, c'est au tour de ceux de S&#233;oul puis de Daejon de manifester, respectivement le 5 mars et le 8 mars, avant la g&#233;n&#233;ralisation des manifestations &#233;tudiantes, entre le 10 et le 14 mars. Deux revendications sont &#224; l'ordre du jour : aux demandes r&#233;currentes de respecter la libert&#233; des campus s'ajoute le refus de la supercherie &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 mars, les bourrages d'urnes, les votes publics par groupes de trois personnes ou encore les expulsions des superviseurs du Parti d&#233;mocrate donn&#232;rent les r&#233;sultats officiels attendus du pouvoir : Syngman Rhee remportait plus de 9,6 millions de voix (88,7 % des suffrages exprim&#233;s) et Yi Gi-bung obtenait un succ&#232;s &#233;crasant au poste de vice-pr&#233;sident (8,3 millions de voix, soit 79 % des suffrages exprim&#233;s, contre 1,8 million de voix et 21 % des suffrages exprim&#233;s pour Jang Myeon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'ampleur des fraudes, des manifestations violemment r&#233;prim&#233;es eurent lieu le jour m&#234;me du scrutin, en particulier &#224; Masan, pr&#232;s de Pusan, o&#249; le bilan parmi les manifestants entra&#238;na 8 morts et 70 bless&#233;s. Comme tout au long du soul&#232;vement, le gouvernement Syngman Rhee accusa les communistes d'&#234;tre derri&#232;re les &#233;v&#233;nements. A Masan, le soul&#232;vement avait conduit au sac de postes de police, d'un journal pro-gouvernemental et du si&#232;ge du comit&#233; de campagne du Parti lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 avril &#233;tait retrouv&#233; dans la baie de Masan le corps d'un &#233;tudiant de 17 ans port&#233; disparu, Kim Ju-yeol (photo ci-dessus, source : Korea Times). Le m&#234;me jour, &#224; 18 heures, une manifestation r&#233;unit 30 000 participants &#224; Masan. Durant la nuit, deux personnes furent abattues par la police. Les &#233;tudiants allaient d&#233;sormais prendre une part essentielle aux manifestations qui devaient causer la chute de Syngman Rhee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 avril, les &#233;tudiants de l'Universit&#233; de Goryo, &#224; S&#233;oul, organis&#232;rent un sit-in devant l'Assembl&#233;e nationale. Une attaque orchestr&#233;e par des voyous soutenus par le Parti lib&#233;ral causa une dizaine de bless&#233;s. Le lendemain, l'incident faisait la une des journaux. Les m&#233;dias se d&#233;solidarisaient du pouvoir, rendant d&#233;sormais compte en d&#233;tail des manifestations &#233;tudiantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle manifestation &#233;tudiante, le mardi 19 avril, eut une ampleur in&#233;gal&#233;e, rassemblant les &#233;tudiants en lettres, en sciences en droit et en art de l'Universit&#233; nationale de S&#233;oul, ceux en sciences de l'&#233;ducation et en gestion de l'Universit&#233; de Konkuk, les lyc&#233;ens de Dongsung, les &#233;tudiants des Universit&#233;s de Goryo, Dongguk, Yonsei et Chungang. A 11h50, une partie des &#233;tudiants marcha sur le Capitole, si&#232;ge du gouvernement, et le palais pr&#233;sidentiel, en conspuant le chef de l'Etat. Les forces de police du palais pr&#233;sidentiel ouvrirent le feu vers 13h40, entra&#238;nant 21 morts. Vers 14h30, les manifestants &#233;taient 200.000 &#224; S&#233;oul, s'opposant aux forces de police. Vingt-six b&#226;timents furent d&#233;truits, dont le si&#232;ge du Seoul Sinmun et la Maison de l'anticommunisme. Le bilan des combats &#224; S&#233;oul s'&#233;tablissait, au 21 avril, &#224; 104 morts (dont 3 policiers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, la loi martiale &#233;tait proclam&#233;e &#224; S&#233;oul &#224; 14h40 (avec effet r&#233;troactif &#224; 13h), puis &#233;tendue aux principales villes de province, o&#249; des manifestations de masse avaient entra&#238;n&#233; des morts &#224; Gwangju et Pusan. Le bilan total de la r&#233;pression atteignit 186 morts, dont 77 &#233;tudiants, coll&#233;giens et lyc&#233;ens et 66 paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la direction de Song Yo-chan, les troupes de la loi martiale engag&#232;rent des pourparlers avec les manifestants, conduisant &#224; la lib&#233;ration des &#233;tudiants emprisonn&#233;s. La tournure des &#233;v&#232;nements surprit Syngman Rhee et ses ministres, d'autant plus - fait unique dans l'histoire de la Cor&#233;e du Sud - qu'ils avaient perdu le soutien du gouvernement am&#233;ricain. Initialement, les Etats-Unis n'avaient pas critiqu&#233; les fraudes de l'&#233;lection du 15 mars, confirmant m&#234;me une visite officielle du pr&#233;sident Dwight D. Eisenhower. Mais au lendemain du soul&#232;vement du 19 avril, le minist&#232;re am&#233;ricain des Affaires &#233;trang&#232;res fit une d&#233;claration, le 20 avril, demandant une d&#233;mocratisation de la Cor&#233;e du Sud. Le 21 avril, le gouvernement et les dirigeants du Parti lib&#233;ral remirent collectivement leur d&#233;mission. Mais Syngman Rhee restait en place, d&#233;clarant se tenir &#224; l'&#233;cart des partis, en &#233;vitant d'aborder les questions de la fraude &#233;lectorale et de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 avril, 300 professeurs se r&#233;unirent &#224; l'Universit&#233; nationale de S&#233;oul et d&#233;clar&#232;rent que les manifestations traduisaient l'esprit de la nation. Ils demand&#232;rent la d&#233;mission du pr&#233;sident, des d&#233;put&#233;s et des juges de la Cour supr&#234;me. Prenant la t&#234;te d'une manifestation appelant &#224; venger les &#233;tudiants morts, ils furent rejoints par plus de 40.000 manifestants, alors que les troupes de la loi martiale attendaient des instructions. Syngman Rhee proc&#233;dait &#224; la nomination du Premier ministre par int&#233;rim Heo Jeong comme ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, appel&#233; &#224; exercer les fonctions de chef de l'Etat s'il d&#233;missionnait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations du 26 avril commenc&#232;rent d&#232;s 5 heures du matin, &#224; la fin du couvre-feu. Les manifestants mont&#232;rent sur les chars des troupes de la loi martiale, tandis que la statue de bronze de Syngman Rhee au milieu du parc de la Pagode &#233;tait renvers&#233;e. Syngman Rhee n'avait plus d'autre choix que de remettre sa d&#233;mission, annonc&#233;e &#224; 10h20 par le Quartier g&#233;n&#233;ral de la loi martiale. Le 28 avril, Yi Gi-bung, sa femme, son fils a&#238;n&#233; - &#233;galement fils adoptif de Syngmann Rhee - et son fils cadet se suicid&#232;rent dans le palais pr&#233;sidentiel. Le 29 mai, Syngman Rhee partait en exil &#224; Hawa&#239;, o&#249; il mourrait en 1965.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution d'avril 1960 avait eu raison de douze ans de r&#233;gime autoritaire. Il restait aux vainqueurs du jour &#224; s'organiser, divis&#233;s entre l'ancienne opposition de droite et la gauche d&#233;capit&#233;e apr&#232;s l'ex&#233;cution de Cho Bong-am, moins d'un an plus t&#244;t. Si dans ce contexte de dissensions le coup d'Etat militaire de mai 1961 devait bient&#244;t mettre fin &#224; la premi&#232;re p&#233;riode de d&#233;mocratie en Cor&#233;e du Sud, celle-ci n'en allait pas moins fa&#231;onner l'histoire de la Cor&#233;e contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Seo Joong-seok, La Cor&#233;e du Sud : 60 ans d'histoire contemporaine. Origines et &#233;tapes du mouvement d&#233;mocratique, Fondation cor&#233;enne pour la d&#233;mocratie, S&#233;oul, 2007, pp. 85-108.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Kang Man-gil, A History of contemporary Korea, Global oriental, 2005 pour la version anglaise, pp. 238-240.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement populaire contre la mis&#232;re, la dictature et la division du pays&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la dictature de Park Chung Hee &#224; celle de Chun Doo Hwan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de la dictature de Park, malgr&#233; la r&#233;pression, de grands mouvements de protestation &#233;clatent chroniquement dans lesquels les &#233;tudiants jouent un r&#244;le de premier plan. C'est notamment le cas des grandes manifestations en 1965 contre la signature du trait&#233; entre le Japon et la Cor&#233;e et en 1972 contre la proclamation de la loi martiale et la nouvelle Constitution qui octroie au dictateur de rester en poste jusqu'&#224; sa mort. Des manifestations &#233;tudiantes durement r&#233;prim&#233;es dans la ville de Pusan, en octobre 1979, d&#233;clenchent une crise de r&#233;gime qui se solde par l'assassinat de Park Chung Hee, le 26 octobre. Park tombe sous les balles de son collaborateur le plus proche, Kim Jae Kyu, alors directeur de la KCIA (Agence centrale de renseignement sud-cor&#233;enne). Une grande manifestation &#233;tudiante dans la cit&#233; industrielle de Pusan, le 16 octobre, a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en affrontement avec la police le lendemain. Le gouvernement Park a aussit&#244;t proclam&#233; l'&#233;tat d'urgence dans cette ville, envoyant une division d'infanterie. Malgr&#233; cette mesure, les manifestations s'&#233;tendent &#224; d'autres villes comme Masan, une autre ville industrielle, o&#249; se trouvent de nombreuses entreprises exportatrices. De nombreux ouvriers se sont engag&#233;s dans des actions de rue. Park d&#233;clare aussi l'&#233;tat de si&#232;ge &#224; Masan. Pendant les quatre jours d'affrontement, ce sont 4 207 personnes qui sont arr&#234;t&#233;es. Les manifestations &#233;tudiantes s'&#233;tendent &#224; la capitale, S&#233;oul |25|. Le chef de la KCIA juge qu'en se d&#233;barrassant de Park, il est possible de sauver la situation. Au lendemain de la mort du g&#233;n&#233;ral Park, l'arm&#233;e est divis&#233;e : un secteur laisse miroiter la perspective d'une certaine &#171; lib&#233;ralisation &#187; du r&#233;gime. Les mobilisations se poursuivent. D&#233;but d&#233;cembre 1979, la plupart des d&#233;tenus politiques (dont certains purgeaient de tr&#232;s longues peines de prison) sont lib&#233;r&#233;s. Le 12 d&#233;cembre, coup de th&#233;&#226;tre, le major-g&#233;n&#233;ral Chun Doo Hwan r&#233;ussit un putsch au sein de l'arm&#233;e, il fait arr&#234;ter son principal rival le g&#233;n&#233;ral Ching et prend le contr&#244;le total de l'arm&#233;e. Les mobilisations se poursuivent. Le 14 avril 1980, Chun Doo Hwan qui conserve ses fonctions de chef de l'arm&#233;e est nomm&#233; directeur de la KCIA par le chef de l'Etat. Les mobilisations se poursuivent. Le retour &#224; la dictature militaire ouverte a lieu le 18 mai 1980. Une r&#233;pression brutale est d&#233;clench&#233;e : tous les dirigeants de l'opposition sont arr&#234;t&#233;s. Cela provoque de grandes explosions sociales dont l'insurrection urbaine de Kwangju est le point culminant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imm&#233;diatement apr&#232;s la proclamation d'une nouvelle loi martiale, le 18 mai 1980, plusieurs milliers d'&#233;tudiants de l'universit&#233; de Chonam &#224; Kwangju descendent dans la rue. Des r&#233;giments de parachutistes sont envoy&#233;s et assassinent des manifestants, dont des jeunes filles, &#224; la ba&#239;onnette (voir encadr&#233; en bas d'article). Le lendemain, plus de 50 000 personnes commencent &#224; affronter les soldats. Au cours des combats, plus de 260 d'entre elles sont tu&#233;es. Apr&#232;s quatre jours de lutte acharn&#233;e, le nombre des insurg&#233;s atteint 200 000 dans une ville dont la population est d'environ 750 000. Ils prennent finalement le contr&#244;le de la ville toute enti&#232;re. Les stations de radio sont incendi&#233;es par les manifestants rendus furieux par le fait qu'aucune information n'a &#233;t&#233; donn&#233;e sur leur lutte en raison de la censure impos&#233;e par la loi martiale. Les insurg&#233;s se saisissent des armes abandonn&#233;es par les troupes repli&#233;es &#224; l'ext&#233;rieur et s'organisent en comit&#233;s de contr&#244;le et d'administration de la ville. Le 23 mai, c'est la province de Cholla au sud de la Cor&#233;e qui est toute enti&#232;re aux mains des &#233;tudiants et de la population insurg&#233;e. Les &#233;tudiants de Kwangju s'emparent de bus et de camions et, les armes &#224; la main, se rendent d'une ville &#224; l'autre permettant ainsi l'extension du mouvement. Alors que de nouvelles troupes gouvernementales approchent de Kwangju, les insurg&#233;s constituent un comit&#233; de crise afin de n&#233;gocier avec les autorit&#233;s charg&#233;es d'imposer la loi martiale. Ils exigent de ces autorit&#233;s qu'elles pr&#233;sentent des excuses au peuple de Kwangju pour les atrocit&#233;s commises, qu'elles versent des indemnit&#233;s pour les bless&#233;s et les morts, qu'elles n'exercent pas de repr&#233;sailles apr&#232;s les &#233;v&#233;nements, que les chefs militaires ne d&#233;placent pas les troupes avant qu'un r&#232;glement n'intervienne. Malgr&#233; ces n&#233;gociations, les troupes, environ 17 000 hommes, prennent d'assaut la ville &#224; l'aube du 27 mai et l'occupent. Le nombre des morts du c&#244;t&#233; des &#233;tudiants et des habitants de la ville d&#233;passe plusieurs centaines |26|. La r&#233;pression s'est faite avec la b&#233;n&#233;diction de l'arm&#233;e am&#233;ricaine et de Washington |27|. Dans les mois qui suivent, la r&#233;pression touche tout le pays. Selon un rapport officiel dat&#233; du 9 f&#233;vrier 1981, plus de 57 000 personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es &#224; l'occasion de la &#8216;Campagne de purification sociale' engag&#233;e depuis l'&#233;t&#233; 1980. Pr&#232;s de 39 000 d'entre elles ont &#233;t&#233; envoy&#233;es dans des camps militaires pour une &#8216;r&#233;&#233;ducation physique et psychologique' |28|. En f&#233;vrier 1981, le dictateur Chun Doo Hwan est re&#231;u &#224; la Maison Blanche par le nouveau pr&#233;sident des &#278;tats-Unis, Ronald Reagan |29|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Treizi&#232;me constat : Un puissant mouvement social anti-dictatorial avec &#224; sa t&#234;te les &#233;tudiants affronte la dictature. Apr&#232;s l'assassinat de Park (octobre 1979) et un court interm&#232;de d&#233;mocratique, une nouvelle dictature f&#233;roce s'installe en d&#233;clenchant une r&#233;pression sanglante en mai 1980 soutenue par Washington et par Tokyo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique &#233;conomique du dictateur Chun Doo Hwan (1980-1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'assassinat du dictateur Park Chung Hee en 1979 et la mise en place de la dictature du g&#233;n&#233;ral Chun Doo Hwan, l'orientation &#233;conomique ne change pas fondamentalement. La Cor&#233;e qui s'est endett&#233;e fortement au cours des ann&#233;es 1970 aupr&#232;s des banques &#233;trang&#232;res, principalement japonaises, subit plus durement que les autres PED le choc de la hausse brutale des taux d'int&#233;r&#234;t car elle a largement emprunt&#233; &#224; taux variables. En 1983, la Cor&#233;e du Sud est quatri&#232;me sur la liste des pays les plus endett&#233;s en chiffres absolus (43 milliards de dollars), elle n'est pr&#233;c&#233;d&#233;e que par le Br&#233;sil (98 milliards), le Mexique (93 milliards) et l'Argentine (45 milliards). Mais, encore une fois, sa position g&#233;ostrat&#233;gique lui donne droit &#224; un traitement diff&#233;rent de celui des autres pays en d&#233;veloppement. Le Japon vient &#224; la rescousse en versant &#224; la Cor&#233;e 3 milliards de dollars (au titre des r&#233;parations de guerre) que celle-ci utilise pour maintenir le remboursement de la dette &#224; l'&#233;gard des banquiers japonais. Cela lui &#233;vite de devoir faire appel au FMI et de se plier &#224; ses conditions draconiennes |30|. De son c&#244;t&#233;, le gouvernement japonais &#233;vite ainsi la faillite de certaines de ses banques et obtient de la Cor&#233;e du Sud de plus grandes facilit&#233;s d'investissement. Quatorzi&#232;me constat : Contrairement &#224; la version de la Banque mondiale, le recours massif &#224; l'endettement externe aupr&#232;s des banques priv&#233;es a failli co&#251;ter tr&#232;s cher &#224; la Cor&#233;e du Sud. Si celle-ci n'avait pas occup&#233; une place g&#233;ostrat&#233;gique de toute premi&#232;re importance aux yeux des Etats-Unis et du Japon, elle aurait pu conna&#238;tre le sort de pays comme l'Argentine, le Br&#233;sil et le Mexique qui ont d&#251; se soumettre aux conditions du FMI. Comme on le verra dans la suite, elle a pu continuer &#224; suivre une voie partiellement ind&#233;pendante de d&#233;veloppement jusqu'aux ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cor&#233;e est aussi affect&#233;e par le second choc p&#233;trolier de 1979 (hausse du prix du p&#233;trole provoqu&#233;e par la r&#233;volution iranienne et le renversement du Shah) mais encaisse le coup. Le contr&#244;le autoritaire sur l'&#233;conomie est maintenu : le gouvernement impose aux industries de fabriquer tel produit plut&#244;t que tel autre. Il d&#233;cide de restructurer l'industrie de production de v&#233;hicules de transport et charge deux chaebols de produire des automobiles. La Banque mondiale s'oppose &#224; cette orientation et recommande au contraire &#224; la Cor&#233;e d'abandonner la production de v&#233;hicules finis en se concentrant sur la production de pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es destin&#233;es &#224; l'exportation. La Banque explique que les voitures cor&#233;ennes ne se vendront pas. Les autorit&#233;s cor&#233;ennes tiennent t&#234;te. R&#233;sultat : au milieu des ann&#233;es 1980, la firme cor&#233;enne Hyundai (contr&#244;l&#233;e &#224; 100% par du capital priv&#233; cor&#233;en soutenu par les pouvoirs publics) r&#233;ussit &#224; exporter ses voitures aux &#201;tats-Unis et &#224; y conqu&#233;rir de substantielles parts de march&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, la Banque a d&#233;finitivement tourn&#233; la page des concessions &#224; l'&#233;gard du mod&#232;le d'industrialisation par substitution d'importation. En 1981, sous l'administration Reagan, les derniers &#233;conomistes favorables &#224; une intervention de l'&#201;tat sont remplac&#233;s par des n&#233;olib&#233;raux purs et durs avec Anne Krueger comme &#233;conomiste en chef. Celle-ci a &#233;crit quelques ann&#233;es auparavant un livre sur la Cor&#233;e pour d&#233;montrer la sup&#233;riorit&#233; de la substitution d'exportation sur la substitution d'importation |31|. La volont&#233; de S&#233;oul de produire des automobiles pour l'exportation s'inscrit dans une d&#233;marche agressive de substitutions d'exportation et, en principe, elle devrait &#234;tre fermement soutenue par la Banque. Ce n'est pas le cas car la d&#233;cision de S&#233;oul menace l'industrie automobile des &#278;tats-Unis. La limite de la grande flexibilit&#233; des &#233;conomistes de la Banque est vite atteinte lorsque les int&#233;r&#234;ts des &#278;tats-Unis sont en jeu. Quinzi&#232;me constat : Le r&#233;gime de Chun Doo Hwan refuse une nouvelle fois de suivre les recommandations de la Banque mondiale et gagne son pari contre elle. La Banque maintient cependant son soutien &#224; la dictature car elle veut &#224; tout prix tenter de l'influencer. De leur c&#244;t&#233;, les &#278;tats-Unis commencent &#224; se m&#233;fier de l'app&#233;tit des entreprises sud-cor&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de la dictature de Chun Doo Hwan (1980-1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1979-1980, dans de nombreuses entreprises, des ouvriers cherchent &#224; se doter de syndicats. L'enjeu est la formation de nouveaux syndicats &#171; ind&#233;pendants &#187;, d&#233;fiant ouvertement la politique de collaboration de la direction de la FKTU, tout en &#233;tant oblig&#233;s de s'y affilier conform&#233;ment &#224; la loi. Suite &#224; la r&#233;pression d&#233;clench&#233;e par Chun Doo Hwan, une centaine de sections locales de la FKTU sont dissoutes, 191 permanents sont licenci&#233;s et certains sont envoy&#233;s dans des camps. Dans ce mouvement de cr&#233;ation des syndicats ind&#233;pendants, le r&#244;le moteur a &#233;t&#233; jou&#233; par des jeunes, ouvriers ou &#233;tudiants contestataires, qui ont choisi de s'&#233;tablir en usine pour poursuivre la lutte politique entam&#233;e &#224; l'universit&#233;. Le mouvement &#233;tudiant a commenc&#233; &#224; relever la t&#234;te en 1983-1984 et conna&#238;t un processus non seulement de radicalisation mais aussi de politisation en profondeur. De d&#233;but 1986 &#224; mai 1986, 166 000 &#233;tudiants ont particip&#233; &#224; des manifestations |32|. L'importance du mouvement dans les universit&#233;s |33| est refl&#233;t&#233;e par le fait que ce sont les &#233;tudiants qui constituent la grande majorit&#233; des prisonniers politiques (800 &#233;tudiants sur 1 300 d&#233;tenus politiques). Dans les usines, les ouvriers reprennent le combat &#224; partir de 1985. Pour la premi&#232;re fois, une gr&#232;ve importante &#233;clate dans un chaebol, l'entreprise Daewoo Motors. Elle est couronn&#233;e de succ&#232;s et un nouveau syndicat ind&#233;pendant est cr&#233;&#233;. Le 12 f&#233;vrier 1986, une campagne de p&#233;tition est lanc&#233;e &#224; S&#233;oul par le Nouveau Parti d&#233;mocratique de Cor&#233;e (NKDP) pour changer la Constitution (l'objectif est de permettre l'&#233;lection par suffrage direct du pr&#233;sident et non par un coll&#232;ge &#233;lectoral). Dans les mois suivants, une s&#233;rie de rassemblements mobilisent des dizaines de milliers de personnes dans les grandes villes du pays. Les &#233;tudiants participent de mani&#232;re autonome au mouvement d&#233;mocratique en mettant en avant des mots d'ordre radicaux tels que &#8216;A bas la dictature militaire', &#8216;Contre la pr&#233;sence dans le pays des 40.000 soldats US' et pour une &#8216;Constitution populaire'. Le 29 novembre 1986, le r&#233;gime fait investir la ville de S&#233;oul par 50 000 policiers afin d'emp&#234;cher la tenue d'un rassemblement du NKDP. Le r&#233;gime applique la force de l'&#201;tat contre l'opposition mais cette politique &#233;choue car une lame de fond traverse toutes les couches de la soci&#233;t&#233; pour les revendications d&#233;mocratiques. Les n&#233;gociations entre dictature et opposition sur les proc&#233;dures &#233;lectorales n'aboutissent pas. Le gouvernement est affaibli par les suites politiques de l'assassinat d'un &#233;tudiant dans un commissariat. Dans cette situation, toutes les forces d'opposition, dont la nouvelle coalition issue d'une scission du NKDP, appellent &#224; une manifestation le 10 juin 1987. La veille, la police a interpell&#233; 3 000 personnes, mis en r&#233;sidence surveill&#233;e 140 dirigeants de l'opposition, d&#233;ploy&#233; des dizaines de milliers de policiers. Rien n'y fait : le 10 juin et les jours suivants, la protestation s'&#233;tend &#224; tout le pays, des affrontements massifs atteignent un tel niveau que le r&#233;gime commence &#224; reculer : les &#233;lections pr&#233;sidentielles directes sont acquises |34|. Cette fois-ci, Washington a fini par mettre la pression sur la dictature pour qu'elle l&#226;che du lest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des usines, le mouvement ne se limite pas &#224; la perspective des urnes. Les travailleurs sud-cor&#233;ens s'engouffrent dans la br&#232;che ouverte par la victoire du mouvement de masse de juin 1987 dont le fer de lance fut constitu&#233; par les &#233;tudiants. L'&#233;t&#233; 1987 voit la Cor&#233;e du Sud secou&#233;e par une vague de gr&#232;ves sans pr&#233;c&#233;dent. Entre le 17 juillet et le 25 ao&#251;t, on d&#233;nombre 1 064 conflits du travail |35| alors que la moyenne annuelle des dix ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes s'&#233;tablit &#224; 200 conflits |36|. Tous les secteurs de l'&#233;conomie sont touch&#233;s, y compris les chaebols (24 000 ouvriers des chantiers navals de Hyundai, 15 000 mineurs de charbon, etc.). Les luttes sont marqu&#233;es par une forte combativit&#233; : occupation des entreprises et m&#234;me des locaux de direction, blocage des voies ferr&#233;es et occupation des gares, refus de la tactique du lock-out patronal... Les conflits aboutissent &#224; des augmentations de salaire significatives et la reconnaissance de syndicats ind&#233;pendants et d&#233;mocratiques. En 1988, on compte d&#233;j&#224; 2 799 syndicats d&#233;mocratiques. En 1989, on d&#233;passe les 7 000. En janvier 1990 est fond&#233; le Congr&#232;s des syndicats cor&#233;ens, qui devient quelques ann&#233;es plus tard la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats cor&#233;ens (KCTU). Pourtant, jusque dans les ann&#233;es 2000, la cr&#233;ation d'une conf&#233;d&#233;ration syndicale est un acte ill&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Soul&#232;vement de Gwangju et r&#233;fugi&#233;s en Cor&#233;e du sud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 18 mai 1980, un jour apr&#232;s l'application de l'&#233;tat de si&#232;ge dans la province de Gwangju, des &#233;tudiants manifestent dans le centre-ville de Gwangju (sud-ouest du pays) pour la d&#233;fense de la d&#233;mocratie apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir du dictateur Chun Doo-hwan lors d'un coup d'&#233;tat en 1979... Ce soul&#232;vement de Gwangju sera s&#233;v&#232;rement r&#233;prim&#233; par l'arm&#233;e qui reprendra le contr&#244;le de la ville le 27 mai 1980. Le bilan officiel de ce massacre est incertain, entre 170 et 2000 morts suivant les sources...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville de Gwangju a &#233;t&#233; depuis surnomm&#233;e &#034;le m&#233;morial de la d&#233;mocratie cor&#233;enne&#034; et un cimeti&#232;re national y a &#233;t&#233; inaugur&#233; en 2002 pour rendre hommage aux victimes de cette tuerie. La poste cor&#233;enne a &#233;mis, le 18 mai 2010, une carte illustr&#233;e pr&#233;-affranchie (220 won) pour comm&#233;morer le 30&#232;me anniversaire de ce soul&#232;vement &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 d&#233;cembre 2000, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies adoptait une r&#233;solution instituant une Journ&#233;e mondiale des r&#233;fugi&#233;s, c&#233;l&#233;br&#233;e depuis chaque ann&#233;e le 20 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette journ&#233;e internationale a pour but de sensibiliser le plus grand nombre &#224; la cause des populations r&#233;fugi&#233;es &#224; travers le monde (estim&#233;e &#224; 34 millions de personnes) qui ont fui leur pays apr&#232;s des conflits ou des pers&#233;cutions religieuses, ethniques, sociales, politiques... Les femmes et les enfants faisant partie de ces populations d&#233;plac&#233;es sont les plus vuln&#233;rables (privations, faim, viols, crimes...). Pour comm&#233;morer le 10&#232;me anniversaire de l'institution de cette Journ&#233;e mondiale des r&#233;fugi&#233;s, la poste cor&#233;enne a &#233;mis, le 18 juin 2010, le timbre sur le FDC ci-dessus (merci beaucoup Kim !), disponible en feuille de 12 timbres avec des marges illustr&#233;es. Sur ce timbre, des enfants et des femmes forment un toit avec leurs bras, rappelant l'embl&#232;me du HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les R&#233;fugi&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la classe ouvri&#232;re sud-cor&#233;enne a d&#233;truit, gr&#226;ce &#224; des gr&#232;ves de masse remarquables au cours des ann&#233;es 1987-1990, les bases d'une dictature militaire qui s&#233;vissait depuis des d&#233;cennies. Pendant une br&#232;ve p&#233;riode (1990-1994), les gr&#232;ves ont abouti &#224; la cr&#233;ation de syndicats d&#233;mocratiques radicaux et donc &#224; des augmentations de salaires &#233;lev&#233;es et g&#233;n&#233;rales. Mais, comme dans les autres cas cit&#233;s ci-dessus, la classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; rel&#233;gu&#233;e au r&#244;le de b&#233;lier facilitant un changement politique &#171; d&#233;mocratique &#187; qui a rapidement chant&#233; l'hymne de la mondialisation et du n&#233;olib&#233;ralisme en faveur de l'&#233;conomie de march&#233;. En fait, avant la vague de gr&#232;ves mais surtout apr&#232;s, le capital sud-cor&#233;en investissait d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;tranger et cherchait &#224; imposer une politique d'aust&#233;rit&#233; n&#233;olib&#233;rale &#224; l'int&#233;rieur du pays. En 1997-98, la crise financi&#232;re asiatique for&#231;a la Cor&#233;e du Sud &#224; passer sous la tutelle du FMI, ce qui acc&#233;l&#233;ra consid&#233;rablement la pr&#233;carisation de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne, pr&#233;carisation qui avait &#233;t&#233; la principale riposte capitaliste aux avanc&#233;es de la fin des ann&#233;es 80. Aujourd'hui, au moins 60% de la main-d'&#339;uvre vivent dans la pr&#233;carit&#233; la plus brutale. Soumis aux licenciements instantan&#233;s, les travailleurs pr&#233;caires touchent des salaires et des avantages sociaux qui sont au moins inf&#233;rieurs de moiti&#233; au statut des 10% constitu&#233;s par les travailleurs fixes. Les vestiges bureaucratiques des syndicats d&#233;mocratiques radicaux du d&#233;but des ann&#233;es 90 ne sont plus aujourd'hui que des organisations corporatistes repr&#233;sentant cette &#233;lite de la classe ouvri&#232;re, et autant de luttes ont &#233;clat&#233; entre les travailleurs fixes et les travailleurs pr&#233;caris&#233;s qu'entre l'ensemble des ouvriers et le capital lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronologie de la r&#233;volte d&#233;but&#233;e &#224; Gwangju&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;18 mai au 21 mai 1980&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin du 18 mai, les &#233;tudiants ont protest&#233; la porte de Universit&#233; de national de Chonnam contre sa fermeture, pierres de lancement &#224; parachutistes qui bloquaient la porte. Les parachutistes, qualifi&#233;s dans la guerre peu usuelle et la commande non civile d'&#233;meute, ont r&#233;pondu en battant les protestataires avec des ba&#239;onnettes et des b&#226;tons. Apr&#232;s l'incident, des &#233;tudiants entr&#233;s dans le centre-ville et continu&#233;s abolition pour protester, de la demande de loi martiale et le d&#233;gagement de Kim Dae-jung. Parachutistes bient&#244;t suivis et de nouveau oppos&#233;s avec des d&#233;monstrateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suppression a &#233;t&#233; marqu&#233;e par violence. Les t&#233;moins disent que les soldats ont matraqu&#233; des d&#233;monstrateurs et des spectateurs. La premi&#232;re fatalit&#233; connue &#233;tait un homme sourd de 29 ans appel&#233; Kim Gyeong-cheol, qui n'a jamais particip&#233; &#224; la protestation mais &#233;tait a matraqu&#233; &#224; la mort le 18 mai tout en passant par la sc&#232;ne. Quelques t&#233;moignages et photographies sugg&#232;rent m&#234;me l'utilisation des ba&#239;onnettes. Pendant que des citoyens &#233;taient f&#226;ch&#233;s par la violence, le nombre de protestataires a rapidement augment&#233; et a exc&#233;d&#233; 100.000 pour le 20 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait in&#233;vitable que les accidents se produiraient dans les militaires et la police pendant le conflit avec les d&#233;monstrateurs civils. Pendant que le conflit escaladait, l'arm&#233;e a soudainement commenc&#233; &#224; employer le tir, tuant des nombres inconnus de citoyens imm&#233;diatement pr&#232;s de la station de Gwangju le 20 mai. Que le m&#234;me jour, les protestataires irrit&#233;s ont br&#251;l&#233; en bas des gens du pays MBC postez qui a d&#233;nonc&#233; des civils de Gwangju comme rioters aussi bien que des faits fabriqu&#233;s sur la situation dans Gwangju &#224; ce moment. Quatre policiers ont &#233;t&#233; tu&#233;s &#224; une barricade de police pr&#232;s du b&#226;timent provincial de gouvernement apr&#232;s qu'une voiture enfonc&#233;e dans eux[1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit du 20 mai, les centaines de taxis ont men&#233; un grand d&#233;fil&#233; des autobus, des grands camions et des voitures vers l'Office provincial pour rencontrer la protestation. Pendant que les conducteurs conduisaient dans la d&#233;monstration, les troupes ont employ&#233; le gaz lacrymog&#232;ne, tir&#233; leur hors des voitures et les ont battues. Ces &#171; conducteurs de d&#233;mocratie &#187; ont montr&#233; jusqu'&#224; l'appui les citoyens et la d&#233;monstration en raison de la brutalit&#233; de troupe &#233;t&#233;e t&#233;moin de bonne heure, comme hors de la col&#232;re apr&#232;s que beaucoup de conducteurs de taxi aient &#233;t&#233; assaillis quand essayant d'aider bless&#233; et tout en portant des personnes &#224; l'h&#244;pital. Certains ont &#233;t&#233; m&#234;me tir&#233;s apr&#232;s les conducteurs essay&#233;s pour utiliser les v&#233;hicules pour bloquer des soldats ou comme armes. [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence a culmin&#233; le 21 mai. &#192; environ 1 P.M., l'arm&#233;e mise le feu &#224; une foule de protestation a recueilli devant l'Office provincial de Jeonnam, causant beaucoup d'accidents. Les citoyens ont commenc&#233; &#224; s'armer avec fusil M1 et carabines pris des arsenaux et des commissariats de police dans les villes voisines pour leur propre d&#233;fense. Plus tard cet apr&#232;s-midi, combats d'armes &#224; feu sanglants entre les milices civiles et l'arm&#233;e a &#233;clat&#233; dans la place provinciale d'Office. Par 5:30 P.M., les milices avaient acquis deux mitrailleuses l&#233;g&#232;res et les avaient employ&#233;es contre l'arm&#233;e, qui a commenc&#233; &#224; retraiter du centre-ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 mai au 25 mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, toutes les troupes ont retrait&#233; aux secteurs suburbains, attendant des renforts. Pendant cette p&#233;riode l'arm&#233;e a bloqu&#233; tous les itin&#233;raires et communications menant dans et hors de la ville. Quoiqu'il ait y eu une accalmie dans le combat entre les milices et l'arm&#233;e, plus d'accidents ont &#233;t&#233; encourus quand des soldats mis le feu &#224; un autobus de d&#233;passement dans le Jiwon-coup, tuant 17 des 18 passagers le 23 mai. Les soldats suivants de jour mis le feu aux gar&#231;ons nageant dans le r&#233;servoir de Wonje et tu&#233; d'entre eux. Plus tard ce jour l'arm&#233;e a souffert ses accidents plus lourds, quand des troupes de mani&#232;re erron&#233;e mises le feu &#224; l'un l'autre dans le Songam-coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, dans la ville &#171; lib&#233;r&#233;e &#187; de Gwangju, le Comit&#233; du r&#232;glement des citoyens et le Comit&#233; du r&#232;glement des &#233;tudiants ont &#233;t&#233; form&#233;s. L'ancien s'est compos&#233; d'environ 20 pr&#233;dicateurs, avocats et professeurs. Ils &#233;taient en pourparlers avec l'arm&#233;e exigeant le d&#233;gagement des citoyens arr&#234;t&#233;s, la compensation pour des victimes et la prohibition de la revanche en &#233;change du d&#233;sarmement des milices. Le dernier a &#233;t&#233; constitu&#233; par des &#233;tudiants d'universit&#233;, et a pris la charge des enterrements, des campagnes publiques, de la commande de trafic, du retrait des armes, et de l'aide m&#233;dicale. L'ordre de la ville a &#233;t&#233; bien maintenu, mais les n&#233;gociations sont venues &#224; une impasse pendant que l'arm&#233;e invitait les milices &#224; se d&#233;sarmer imm&#233;diatement. Cette question a caus&#233; la division chez les comit&#233;s de r&#232;glement ; les colombes ont voulu la reddition imm&#233;diate, alors que les faucons r&#233;clamaient la r&#233;sistance continue jusqu'&#224; ce que leurs demandes aient &#233;t&#233; met. Apr&#232;s discussions houleuses, par la suite les faucons ont pris la commande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les nouvelles de la diffusion de massacre de Gwangju, d'autres protestations contre le gouvernement ont &#233;clat&#233; dans des r&#233;gions voisines comprenant Hwasun, Naju, Haenam, Mokpo, Yeongam, Gangjin, et Muan. Tandis que les protestations finissaient paisiblement dans la plupart des r&#233;gions, dans Haenam il y avait des combats d'armes &#224; feu entre les protestataires et les troupes arm&#233;s. Pour le 24 mai, la plupart de ces protestations &#233;taient mortes vers le bas, except&#233; Mokpo o&#249; les protestations ont continu&#233; jusqu'au 28 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le 26 mai, l'arm&#233;e &#233;tait pr&#234;te &#224; r&#233;introduire la ville. Les membres du Comit&#233; du r&#232;glement des citoyens ont sans succ&#232;s essay&#233; de bloquer l'avance de l'arm&#233;e par le mensonge vers le bas sur la rue. Comme les nouvelles de la diffusion imminente d'attaque, les milices civiles ont recueilli dans l'Office provincial, se pr&#233;parant au dernier stand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez 4:00 heure du matin, troupes de cinq divisions entr&#233;es dans le centre-ville et d&#233;faites les milices civiles en seulement 90 minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a aucun p&#233;age exact de la mort du soul&#232;vement 1980 de Gwangju. Les figures &#171; officielles &#187; ont lib&#233;r&#233; par la commande martiale de loi ont mis le p&#233;age de la mort &#224; 144 civils, &#224; 22 troupes et &#224; 4 polices tu&#233;s, avec 127 civils, 109 troupes et 144 polices enroul&#233;es. Les individus qui ont essay&#233; de contester ces figures &#233;taient responsables de l'arrestation pour &#171; des rumeurs fausses de propagation &#187;.[3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le 18 mai l'association priv&#233;e de famille, au moins 165 personnes est morte entre les 18 et 27 mai. Encore 65 manquent toujours et pr&#233;sum&#233; compl&#232;tement. 23 soldats et 4 policiers ont &#233;t&#233; tu&#233;s pendant le soul&#232;vement, y compris 13 soldats tu&#233;s dans l'incident du l'amical-feu entre les troupes dans le Songam-coup. Les figures pour des accidents de police sont susceptibles d'&#234;tre plus hautes, en raison des rapports de plusieurs policiers eux-m&#234;mes tu&#233; par des soldats pour lib&#233;rer des rioters captur&#233;s.[4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le film de 2007 Cor&#233;ens 18 mai (Hyuga de Hwaryeohan), dirig&#233; par le Ji-hun de Kim, &#171; l'incident a eu comme cons&#233;quence les 207 d&#233;c&#232;s, 2.392 enroul&#233;, et 987 personnes absentes, mais le nombre exact d'accidents a &#233;t&#233; sujet au conflit consid&#233;rable. Des membres du gouvernement militaire ont &#233;t&#233; accus&#233;s avec la r&#233;bellion mais le coupable de commander le feu ouvert contre les citoyens a pour &#234;tre identifi&#233; encore &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a d&#233;nonc&#233; le soul&#232;vement comme r&#233;bellion incit&#233;e par Kim Dae-jung et ses disciples. Dans des &#233;preuves suivantes, Kim a &#233;t&#233; condamn&#233; et condamn&#233; &#224; la mort, bien que sa punition plus tard ait &#233;t&#233; r&#233;duite en r&#233;ponse aux outcries internationaux. Des 1394 personnes globales ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es pour une certaine participation dans l'incident de Gwangju et 427 ont &#233;t&#233; accus&#233;s. Parmi eux, 7 phrases de mort et 12 re&#231;us ont re&#231;u des phrases de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de Gwangju a eu un impact profond sur la politique cor&#233;enne du sud et l'histoire. Chun Doo-hwan a souffert des probl&#232;mes de popularit&#233; parce qu'il a pris la puissance par un coup militaire, mais apr&#232;s l'autorisation de l'exp&#233;dition des forces sp&#233;ciales sur des citoyens, sa l&#233;gitimit&#233; a &#233;t&#233; sensiblement endommag&#233;e. Les Etats-Unis ont &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;demment vus en tant qu'un lib&#233;rateur et protecteur, mais le mouvement de d&#233;mocratisation de Gwangju a chang&#233; l'image des &#201;tats-Unis parce qu'on l'a suppos&#233; les Etats-Unis ont su en avant du temps au sujet de l'exp&#233;dition des troupes sp&#233;ciales et repos&#233;e &#224; vide pendant que des civils &#233;taient tu&#233;s. L'image am&#233;ricaine a &#233;t&#233; encore endommag&#233;e quand les &#201;tats-Unis suite pour soutenir Chun Doo-hwan par les ann&#233;es 80. Cependant, le mouvement a &#233;galement pr&#233;par&#233; le terrain pour les mouvements post&#233;rieurs dans les ann&#233;es 80 qui ont par la suite apport&#233; la d&#233;mocratie en Cor&#233;e du Sud. Le mouvement de d&#233;mocratisation de Gwangju est devenu un symbole de la lutte du sud des Cor&#233;ens contre des r&#233;gimes autoritaires et de leur combat pour la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cimeti&#232;re de Mangwol-coup dans Gwangju o&#249; les corps des victimes ont &#233;t&#233; enterr&#233;s, les survivants du massacre et les familles priv&#233;es ont tenu un service comm&#233;moratif annuel le 18 mai chaque ann&#233;e depuis 1983. Beaucoup de d&#233;monstrations pro-d&#233;mocratiques dans les ann&#233;es 80 ont exig&#233; l'identification officielle de la v&#233;rit&#233; du massacre et de la punition de Gwangju pour ceux responsables. La r&#233;&#233;valuation officielle a commenc&#233; apr&#232;s le r&#233;tablissement des &#233;lections pr&#233;sidentielles directes en 1987. En 1988, Assembl&#233;e nationale a tenu une audition publique sur le massacre de Gwangju, et a officiellement retir&#233; l'incident comme mouvement de d&#233;mocratisation de Gwangju.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, pendant que la pression publique montait, l'Assembl&#233;e nationale a pass&#233; le mouvement sp&#233;cial de d&#233;mocratisation de loi le 18 mai, qui a permis la poursuite de ceux responsables du coup d'&#233;tat du 12 d&#233;cembre et du massacre de Gwangju malgr&#233; le fait que le statut des limitations s'&#233;tait &#233;puis&#233;. Plus tard 8 politiciens ont &#233;t&#233; accus&#233;s pour la trahison &#233;lev&#233;e et le massacre en 1996. Leurs punitions ont &#233;t&#233; arrang&#233;es en 1997, y compris une phrase de la vie pour l'ancien Pr&#233;sident Chun Doo-hwan. Mais tout condamne a &#233;t&#233; pardonn&#233; au nom de la r&#233;conciliation nationale le 22 d&#233;cembre par le pr&#233;sident Jeune-SAM de Kim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, 18 mai a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; un jour comm&#233;moratif officiel. En 2002, une loi favorisant les familles priv&#233;es est entr&#233;e en vigueur, et le cimeti&#232;re de Mangwol-coup a &#233;t&#233; &#233;lev&#233; au statut d'un cimeti&#232;re national.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La vague de gr&#232;ves ouvri&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de juin 1987 et de mani&#232;re significative jusqu'en 1990, la vague de gr&#232;ves que l'on appelle en cor&#233;en &#171; Nodongja Taettujaeng &#187;, la Grande Lutte des Travailleurs, repr&#233;sente un des principaux &#233;pisodes de la lutte de classe durant les ann&#233;es 80, de m&#234;me que Solidarnosc en Pologne (1980-81), les conseils ouvriers (shura) iraniens (1979-1981) et la vague br&#233;silienne de gr&#232;ves de 1978-1983. La vague de gr&#232;ves a &#233;branl&#233; les bases d'une dictature qui avait r&#233;gn&#233; fa&#231;on presque interrompue apr&#232;s la fin de la guerre de Cor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gr&#232;ves ont permis que des secteurs importants de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne b&#233;n&#233;ficient d'augmentations de salaire significatives, et qu'apparaissent, durant une br&#232;ve p&#233;riode (1990-1994), des syndicats d&#233;mocratiques radicaux qui form&#232;rent le Congr&#232;s national des syndicats (ChoNoHyop), regroupement qui d&#233;fendait une politique anticapitaliste, au moins verbalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que cette vague de gr&#232;ves eut triomph&#233;, ses gains commenc&#232;rent &#224; &#234;tre s&#233;rieusement attaqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ChoNoHyop fut d&#233;truit par la r&#233;pression gouvernementale qui frappa ses meilleurs militants. D'autre part, le gouvernement incita les militants plus conservateurs &#224; former la Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats (Minju Nochong ou KCTU) qui fut cr&#233;e en 1995 ; en d&#233;cembre 1996, le gouvernement essaya d'imposer par la force une loi de pr&#233;carisation du travail &#224; laquelle la KCTU s'opposa &#224; contrec&#339;ur durant la gr&#232;ve de janvier 1997. En automne 1997, la crise financi&#232;re asiatique obligea la Cor&#233;e du Sud &#224; passer sous la tutelle du FMI en &#233;change d'un renflouement de 57 milliards de dollars, et le FMI exigea explicitement la pr&#233;carisation de la force de travail et des licenciements de masse pour appliquer son programme de restructurations. En d&#233;cembre 1997, Kim Dae Jong, dirigeant de l'opposition d&#233;mocratique depuis des d&#233;cennies, fut &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique ; en f&#233;vrier 1998, il amena la KCTU &#224; signer un &#171; accord historique &#187; et &#224; accepter des centaines de milliers de licenciements et des plans sociaux avec r&#233;ductions d'effectifs en accord avec les demandes du FMI, le tout en &#233;change de la l&#233;galisation d&#233;finitive du syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Premi&#232;re partie : Contexte historique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;butant en juin 1987 et se poursuivant de mani&#232;re significative jusqu'en 1990, la vague de gr&#232;ves connue en Cor&#233;e sous le nom de Grande Lutte Ouvri&#232;re (Nodongja Taettujaeng) se range aux c&#244;t&#233;s de Solidarnosc polonais (1980-81), des conseils ouvriers iraniens de (1979-1981) et du Vague de gr&#232;ve br&#233;silienne de 1978-1983 comme l'un des principaux &#233;pisodes de la lutte de la classe ouvri&#232;re des ann&#233;es 1980. La vague de gr&#232;ves a bris&#233; les fondements d'une dictature presque ininterrompue apr&#232;s la fin de la guerre de Cor&#233;e, a obtenu d'importantes augmentations de salaire pour de larges secteurs de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne et a bri&#232;vement &#233;tabli (de 1990 &#224; 1994) des syndicats d&#233;mocratiques radicaux au sein du Congr&#232;s national des syndicats. (ChoNoHyop), engag&#233; au moins verbalement dans l'anticapitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine cette vague de gr&#232;ves a-t-elle triomph&#233; que ses acquis commencent &#224; &#234;tre s&#233;rieusement compromis. Le ChoNoHyop a &#233;t&#233; d&#233;truit par la r&#233;pression gouvernementale de ses meilleurs militants. Le gouvernement &#233;tait en revanche pr&#234;t &#224; tol&#233;rer les militants plus conservateurs de la Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats (Minju Nochong ou KCTU), &#224; partir de 1995 ; en d&#233;cembre 1996, le gouvernement a tent&#233; de faire adopter une loi sur la pr&#233;carisation du travail &#224; laquelle la KCTU s'est oppos&#233;e du bout des l&#232;vres lors de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 1997. &#192; l'automne 1997, la crise financi&#232;re asiatique a plac&#233; la Cor&#233;e du Sud sous la tutelle du FMI en &#233;change d'un plan de sauvetage de 57 milliards de dollars, le FMI exigeant explicitement la pr&#233;carisation de la main-d'&#339;uvre et des licenciements massifs dans le cadre de son programme de restructuration. En d&#233;cembre 1997, l'opposant d&#233;mocratique de longue date Kim Dae Jong a &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident de la Cor&#233;e,et en f&#233;vrier 1998, il a fait entrer la KCTU dans &#171; l'accord historique &#187; pour accepter des centaines de milliers de licenciements et de r&#233;ductions d'effectifs conform&#233;ment aux exigences du FMI, en &#233;change d'une l&#233;galisation compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise de fa&#231;ade, le gouvernement de Kim Dae Jong a &#233;galement cr&#233;&#233; en 1998 la Commission tripartite de l'&#201;tat, du capital et du travail selon des principes corporatistes, un organe d&#233;nu&#233; de sens qui n'a agi, bien s&#251;r, qu'au nom de l'&#201;tat et du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce tableau sombre et une s&#233;rie de revers presque interminables, la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne a d&#251; &#234;tre battue petit &#224; petit, avec de longues et am&#232;res gr&#232;ves, et les &#233;v&#233;nements r&#233;cents montrent que cette combativit&#233; est loin d'&#234;tre &#233;limin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, vingt ans apr&#232;s la Grande Lutte Ouvri&#232;re de 1987, la situation du travail en Cor&#233;e est devenue l'une des pr&#233;carisations capitalistes les plus r&#233;ussies au monde, certainement dans n'importe quel pays industriel avanc&#233;. Environ 10 % de la main-d'&#339;uvre cor&#233;enne est organis&#233;e dans des syndicats KCTU avec des emplois et des salaires r&#233;guliers, tandis que 60 % sont pr&#233;caris&#233;s, externalis&#233;s et r&#233;duits. Chez Hyundai Motor Company, par exemple, l'un des bastions du militantisme industriel de 1987-90, les travailleurs r&#233;guliers et les travailleurs occasionnels travaillent c&#244;te &#224; c&#244;te, faisant exactement les m&#234;mes travaux, les occasionnels gagnant 50% du salaire des travailleurs r&#233;guliers. (ce dernier gagnant entre 50 000 $ et 60 000 $ par an, plus les primes et les heures suppl&#233;mentaires). La KCTU est largement d&#233;test&#233;e dans la classe ouvri&#232;re pr&#233;caris&#233;e en tant que porte-parole corporatiste des travailleurs r&#233;guliers tr&#232;s bien pay&#233;s,et les travailleurs r&#233;guliers de leur c&#244;t&#233; ont m&#234;me agress&#233; physiquement des travailleurs occasionnels lorsque ces derniers se sont mis &#224; l'&#233;tat sauvage (comme cela s'est produit par exemple chez Kia Motor Company en ao&#251;t 2007). Lors des r&#233;centes &#233;lections (d&#233;cembre 2007), un grand nombre de travailleurs ont vot&#233; pour Lee Myoung Back, candidat d'extr&#234;me droite du parti One Nation Party (Hanaratang), ancien PDG de Hyundai et maire de S&#233;oul, dans le vain espoir d'un retour &#224; l'&#233;conomie expansive. des ann&#233;es 1970 et 1980.dans le vain espoir d'un retour &#224; l'&#233;conomie expansive des ann&#233;es 1970 et 1980.dans le vain espoir d'un retour &#224; l'&#233;conomie expansive des ann&#233;es 1970 et 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne est pass&#233;e de la lutte et de la victoire offensives &#224; la pr&#233;carit&#233; et &#224; la retraite en &#224; peine deux d&#233;cennies, c'est donc le sujet de cet article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me partie : la d&#233;mocratie vend l'aust&#233;rit&#233; ; Lutte des classes dans un r&#233;gime de d&#233;veloppement autoritaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ferions bien de situer l'exp&#233;rience de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne dans le cycle plus large des transitions de la dictature &#224; la d&#233;mocratie (bourgeoise), commen&#231;ant en Espagne et au Portugal (1974-1976) et se poursuivant dans des pays comme la Pologne et le Br&#233;sil. On peut &#233;galement noter qu'apr&#232;s les &#171; transitions &#187; ib&#233;riques, les explosions qui ont suivi ont eu lieu pendant une p&#233;riode de recul et de recul des classes ouvri&#232;res nord-am&#233;ricaines et europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, elles ont eu lieu dans le contexte g&#233;n&#233;ral de crise &#233;conomique mondiale apr&#232;s la fin du boom de l'apr&#232;s-guerre. En Ib&#233;rie, en Pologne et au Br&#233;sil, comme en Cor&#233;e du Sud, une intervention majeure de la classe ouvri&#232;re dans la politique et la soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une longue p&#233;riode de &#171; croissance &#233;conomique &#187; intensive (de qualit&#233; tr&#232;s variable) et de r&#233;pression intensive de l'activit&#233;, de l'organisation et les salaires. Dans chaque cas, les luttes ouvri&#232;res &#233;taient au c&#339;ur de la bataille de l'&#171; opposition d&#233;mocratique &#187; plus large contre la dictature, et dans chaque cas, l'&#171; opposition d&#233;mocratique &#187; plus large a pris le pouvoir et mis en &#339;uvre (toujours en &#233;troite collaboration avec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;capital international) des programmes d'aust&#233;rit&#233; s&#233;v&#232;res qui ont fragment&#233; le mouvement ouvrier. On pourrait conclure que &#171; la d&#233;mocratie vend l'aust&#233;rit&#233; &#187; et c'est effectivement ma conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas cor&#233;en, bien s&#251;r, a de nombreux d&#233;tails qui ne devraient pas &#234;tre submerg&#233;s par une comparaison g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cor&#233;e &#233;tait, en 1960, consid&#233;r&#233;e comme un &#171; cas du panier &#187; &#233;conomique, aussi pauvre par habitant que l'Inde ou la Tanzanie. En 1996, en grande pompe, elle a &#233;t&#233; accueillie au sein de l'OCDE en tant qu'&#171; &#233;conomie avanc&#233;e &#187; et seulement un an plus tard (comme indiqu&#233;) est tomb&#233;e sous le contr&#244;le du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, la Cor&#233;e, l'un des &#171; tigres &#187; asiatiques aux c&#244;t&#233;s de Ta&#239;wan, Hong Kong et Singapour, s'est impos&#233;e dans la p&#233;riode 1960-1997 comme l'une des rares r&#233;ussites, face &#224; la centaine d'&#233;checs et de r&#233;gressions des pays du Tiers-Monde b&#233;n&#233;ficiaires. de l'&#171; aide &#187; occidentale et de la tutelle du FMI et de la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui rend la Cor&#233;e diff&#233;rente ? On peut tout de suite citer son statut particulier (comme les autres tigres) d'avant-poste &#171; vitrine &#187; de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, dont le succ&#232;s &#233;conomique fut un important contrepoids de propagande aux r&#233;gimes (dits) socialistes du voisinage imm&#233;diat, &#224; savoir la Cor&#233;e du Nord, la Chine. et l'Union sovi&#233;tique. Les &#201;tats-Unis, avec des dizaines de milliers de soldats en Cor&#233;e du Sud apr&#232;s la fin de la guerre de Cor&#233;e, ont tol&#233;r&#233; l&#224;-bas des politiques de d&#233;veloppement &#233;tatiques auxquelles ils s'opposaient ou renversaient r&#233;guli&#232;rement dans le reste du monde sous-d&#233;velopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la Cor&#233;e du Sud, comme Taiwan, se distingue de presque tous les autres pays du Tiers-Monde par la r&#233;forme agraire qui a d&#233;finitivement &#233;limin&#233; l'aristocratie pr&#233;capitaliste &#171; yangban &#187; entre 1945 et 1950. (Cette r&#233;forme a eu lieu sous la pression intense de la r&#233;forme agraire. au nord, l'un s'est &#233;tendu au sud lorsque les arm&#233;es de Kim il-sung ont bri&#232;vement captur&#233; presque toute la p&#233;ninsule dans les premiers mois de la guerre.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, la Cor&#233;e du Sud, pauvre en ressources naturelles et &#233;cras&#233;e par les hostilit&#233;s de 1950-1953, est le pays par excellence du &#171; capital humain &#187;, avec une forte emphase, pour ne pas dire la folie de l'&#233;ducation. M&#234;me en 1960, le taux d'alphab&#233;tisation des adultes &#233;tait de 90 %, ce qui est &#224; peine le cas dans les pays comparables du tiers monde &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays a &#233;t&#233; divis&#233; au 38e parall&#232;le en 1945 par les arm&#233;es d'occupation des &#201;tats-Unis et de l'Union sovi&#233;tique. La d&#233;faite du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale a mis fin &#224; 35 ans de domination coloniale japonaise, cette derni&#232;re ayant &#233;t&#233; un moment important pour jeter les bases d'une &#233;conomie capitaliste moderne (l'h&#233;ritage exact de cette p&#233;riode est controvers&#233; &#224; ce jour).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les occupants japonais ont fui en ao&#251;t 1945, un &#224; deux millions de travailleurs de la zone am&#233;ricaine ont construit des conseils ouvriers (Changpyong, ou Conseil national des travailleurs de Choson) dans les usines abandonn&#233;es, moins de tout engagement sp&#233;cifique envers l'autogestion des travailleurs ( la gauche cor&#233;enne &#233;tait majoritairement stalinienne) que par simple n&#233;cessit&#233; de produire les bases de la vie quotidienne. Ce syst&#232;me de conseils ouvriers a &#233;t&#233; d&#251;ment ferm&#233; par les autorit&#233;s d'occupation am&#233;ricaines en d&#233;cembre 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans les pays europ&#233;ens occup&#233;s par l'Allemagne nazie et dont les bourgeoisies avaient &#233;galement &#233;t&#233; des collaborateurs, le yangban cor&#233;en et la petite classe capitaliste &#233;taient politiquement et socialement discr&#233;dit&#233;s. &#192; partir de ces forces h&#233;t&#233;roclites, l'occupation am&#233;ricaine a d&#251; concocter un gouvernement viable capable de vaincre les ouvriers et les paysans &#233;veill&#233;s, dont beaucoup &#233;taient fortement favorables &#224; Kim il-Sung et &#224; ses forces de gu&#233;rilla, et g&#233;n&#233;ralement en faveur d'un changement radical. Les &#201;tats-Unis se sont empar&#233;s de la figure de Rhee Syngman et ont supervis&#233; et particip&#233; &#224; l'&#233;crasement sans merci de la gauche dans la zone sud au cours de cinq ann&#233;es de guerre partisane et de massacres avant le d&#233;clenchement de la guerre avec la Cor&#233;e du Nord en juin 1950.Ce qui restait d'une gauche s&#233;rieuse en 1950 a &#233;t&#233; physiquement &#233;limin&#233; pendant les ann&#233;es de guerre ou s'est enfui vers le Nord (o&#249; beaucoup d'entre eux ont &#233;galement &#233;t&#233; &#233;limin&#233;s). La continuit&#233; avec la gauche cor&#233;enne d'avant 1945 dans le sud a &#233;t&#233; totalement rompue, un facteur qui a jou&#233; un r&#244;le non n&#233;gligeable dans le r&#233;veil qui a commenc&#233; dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rhee Syngman a dirig&#233; une Cor&#233;e du Sud g&#233;n&#233;ralement inepte et &#233;conomiquement stagnante jusqu'en 1960, enti&#232;rement soutenue par le soutien et l'aide militaires am&#233;ricains. Il est finalement renvers&#233; lors d'&#233;meutes men&#233;es par des &#233;tudiants en 1960, et la Cor&#233;e du Sud profite d'une br&#232;ve ouverture d&#233;mocratique. Cette ouverture a &#233;t&#233; referm&#233;e par le coup d'&#201;tat de Park Chung-hee en 1961, et une nouvelle &#232;re a commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Park Chung-hee n'&#233;tait pas, ou du moins pas seulement, le dictateur fantoche typique soutenu par les Am&#233;ricains de l'apr&#232;s-Seconde Guerre mondiale. Il est largement admis (bien qu'&#224; ma connaissance aucune preuve d&#233;finitive n'ait &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e) pour avoir &#233;t&#233; communiste d&#232;s 1943, et en 1948, il a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; dans le cadre d'un groupe d'&#233;tude communiste de jeunes officiers. Lorsqu'il a pris le pouvoir en 1961, les &#201;tats-Unis ont d'abord h&#233;sit&#233; &#224; le reconna&#238;tre, et &#224; plusieurs reprises au cours de son r&#233;gime dictatorial (1961-1979), les &#201;tats-Unis se sont m&#233;fi&#233;s de ses impulsions nationalistes (comme dans son programme nucl&#233;aire ind&#233;pendant) et de ses flirts diplomatiques occasionnels avec la Cor&#233;e du Nord. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, Park avait fait ses &#233;tudes dans une acad&#233;mie militaire japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale et &#233;tait tr&#232;s amoureux du mod&#232;le de d&#233;veloppement &#233;conomique japonais, qu'il tenta rapidement d'imiter en Cor&#233;e du Sud, avec un certain succ&#232;s. Le mod&#232;le japonais ayant &#233;t&#233; &#224; son tour copi&#233; sur le mod&#232;le prussien &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, la Cor&#233;e du Sud a acquis un certain placage &#171; allemand &#187; qui est g&#233;n&#233;ralement occult&#233; par l'h&#233;ritage japonais tr&#232;s contest&#233; (et souvent occult&#233;). La constitution de Park, par exemple, a &#233;t&#233; &#233;crite par un juriste cor&#233;en qui a &#233;tudi&#233; le droit en Allemagne dans les ann&#233;es 50 et qui s'est &#233;pris des th&#233;ories de Carl Schmitt ; par cons&#233;quent, &#171; l'&#233;tat d'urgence &#187; &#233;tait la pierre angulaire de l'id&#233;ologie de Park. Ahn Ho Sang, qui avait &#233;t&#233; ouvertement pro-nazi dans les ann&#233;es 30 et avait &#233;tudi&#233; en Allemagne &#224; l'&#233;poque hitl&#233;rienne,a &#233;crit les manuels d'histoire du lyc&#233;e d'apr&#232;s-guerre avec le genre de mythe hyper-nationaliste h&#233;rit&#233; du populisme romantique allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus fondamentalement, Park a r&#233;prim&#233; les capitalistes parasites de la p&#233;riode Rhee et les a soit &#233;limin&#233;s, soit entra&#238;n&#233;s dans l'investissement productif. Il a mis en &#339;uvre la politique du &#171; nouveau village &#187; (Se Maul) &#224; la campagne, con&#231;ue pour capitaliser pleinement l'agriculture et forcer de grandes populations rurales vers les villes et vers l'emploi industriel. Par le biais de la F&#233;d&#233;ration anticommuniste des syndicats cor&#233;ens de la guerre froide (FKTU), le r&#233;gime a exerc&#233; un contr&#244;le draconien sur le travail, avec des semaines de travail post&#233; de sept jours et 12 heures qui ne sont pas inhabituelles, et appliqu&#233;es si n&#233;cessaire avec la terreur et la torture polici&#232;res. A l'&#233;poque du Parc, les fameux chaebol (conglom&#233;rats) s'&#233;levaient &#224; la pr&#233;&#233;minence, sous contr&#244;le &#233;tatique du cr&#233;dit et s&#233;lection d'industries &#171; championnes nationales &#187;,cette pratique a ensuite &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e comme un &#171; capitalisme de copinage &#187; lorsque l'&#233;conomie cor&#233;enne a connu des difficult&#233;s dans les ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cor&#233;e, comme les autres tigres et contrairement &#224; la plupart des pays du tiers monde &#224; cette &#233;poque, s'est d&#233;velopp&#233;e en progressant, avec une strat&#233;gie orient&#233;e vers l'exportation, vers le haut de la &#171; cha&#238;ne de produits &#187; internationale, en commen&#231;ant par les textiles et autres industries de consommation l&#233;g&#232;re, puis en proc&#233;dant &#224; la fabrication (automobile, construction navale) et enfin &#224; la haute technologie, capturant d'importants march&#233;s mondiaux pour les composants informatiques dans les ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s &#233;conomique des d&#233;cennies Park chung-hee, &#233;videmment, ne peut &#234;tre s&#233;par&#233; ni de ses m&#233;thodes dictatoriales ni de la conjoncture internationale de l'&#233;poque (deux r&#233;alit&#233;s largement ignor&#233;es aujourd'hui dans les d&#233;bats sur les probl&#232;mes &#233;conomiques croissants de la Cor&#233;e du Sud ; la victoire en d&#233;cembre 2007 du l'extr&#234;me droite aux &#233;lections pr&#233;sidentielles s'inspire d'une vision nostalgique et ros&#233;e de l'&#233;poque du Parc). En plus de b&#233;n&#233;ficier de sa grande visibilit&#233; dans la strat&#233;gie g&#233;opolitique am&#233;ricaine de la guerre froide, l'&#233;conomie sud-cor&#233;enne a &#233;galement profit&#233; de la vague croissante d'investissements industriels qui, &#224; partir de ca. 1965, a commenc&#233; &#224; chercher des lieux en dehors de l'Am&#233;rique du Nord et de l'Europe. La r&#233;mun&#233;ration des Cor&#233;ens &#224; l'&#233;tranger a &#233;galement jou&#233; un r&#244;le important,alors que les troupes sud-cor&#233;ennes rapatriaient des millions de dollars de leur service pendant la guerre du Vietnam et que des dizaines de milliers de travailleurs sud-cor&#233;ens se rendaient au Moyen-Orient pour travailler sur des projets de construction pendant le boom p&#233;trolier d'apr&#232;s 1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de la centralit&#233; de la fabrication l&#233;g&#232;re dans la p&#233;riode de &#171; d&#233;collage &#187; des ann&#233;es 1960, la renaissance du mouvement ouvrier cor&#233;en n'a donc pas commenc&#233; par hasard dans les industries textiles, et pas non plus par hasard (puisque la main-d'&#339;uvre &#233;tait principalement compos&#233;e de jeunes femmes) dirig&#233;e par des travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier cor&#233;en contemporain marque ses d&#233;buts symboliques le 13 novembre 1970, lorsque Jeon Tae-il, un jeune ouvrier du textile, s'est immol&#233; lors d'une petite manifestation dans l'un des quartiers des ateliers clandestins de S&#233;oul. Jeon avait auparavant poursuivi toutes les formes l&#233;gales de r&#233;paration pour la main-d'&#339;uvre des ateliers clandestins, en vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des ann&#233;es 1970 s'est caract&#233;ris&#233; par un nombre croissant de gr&#232;ves men&#233;es dans les conditions les plus extr&#234;mes par des ouvri&#232;res du textile. Les revendications &#233;taient simples et directes, visaient les horaires de travail inhumains, les bas salaires, les contrema&#238;tres autoritaires et la vie de dortoir forc&#233;e des femmes, qui &#233;taient g&#233;n&#233;ralement recrut&#233;es directement &#224; la campagne et dans les bidonvilles qui surgissaient autour de S&#233;oul et d'autres villes. Les frappes se sont heurt&#233;es presque sans exception &#224; une r&#233;pression brutale de la part du personnel de s&#233;curit&#233; de l'usine, de la police, des soldats et des voyous de la p&#232;gre cor&#233;en. La lutte pour une union d&#233;mocratique &#224; la Dongil Textile Company &#224; Inchon de 1972 &#224; 1976 a &#233;t&#233; exemplaire &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1970 ont &#233;galement vu les d&#233;buts de l'implication dans le mouvement ouvrier de groupes religieux (principalement chr&#233;tiens) et d'&#233;tudiants radicaux (ces derniers appel&#233;s &#171; hakchul &#187;, ou &#171; venant de l'universit&#233; &#187;). Les groupes religieux s'inspiraient de la th&#233;ologie catholique de la lib&#233;ration et de doctrines sociales protestantes similaires. Les groupes religieux et les &#233;tudiants ont form&#233; des &#233;coles du soir pour les travailleurs du textile, enseignant l'alphab&#233;tisation et les comp&#233;tences de secr&#233;tariat, mais aussi les droits fondamentaux des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1970, enfin, virent l'essor du mouvement minjung (culture populaire), &#233;troitement li&#233; au mouvement religieux et hakchul. Le mouvement minjung en grande partie de la classe moyenne a atteint la culture populaire cor&#233;enne, s'effritant rapidement sous l'impact de la modernisation de la marche forc&#233;e, et a tent&#233; de l'utiliser dans la cr&#233;ation d'une &#171; contre-culture de la lutte &#187; utilisant la musique et la danse du chamanisme cor&#233;en et rural. des traditions paysannes, des cr&#233;ations qui ont r&#233;ussi &#224; solidifier la d&#233;termination du groupe &#224; lutter contre les vicissitudes et la r&#233;pression. &#192; ce jour, le chant, qui rappelle les IWW am&#233;ricains, reste une partie importante du mouvement ouvrier cor&#233;en, avec des manifestations et des gr&#232;ves chantant des dizaines de chansons que tout le monde conna&#238;t par c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement cor&#233;en des ann&#233;es 1970, qu'il soit ouvrier ou hakchul ou minjung ou religieux, restait tr&#232;s dans le cadre de l'id&#233;ologie d&#233;mocratique lib&#233;rale et avait tendance &#224; consid&#233;rer avec sympathie les &#201;tats-Unis comme une force qui orienterait la dictature cor&#233;enne vers la d&#233;mocratie. Tout cela a chang&#233; avec le soul&#232;vement de Kwangju et le massacre qui a suivi en mai 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cor&#233;e a &#233;t&#233; historiquement un pays de loyaut&#233;s r&#233;gionales intenses, loyaut&#233;s qui ont persist&#233; &#224; l'&#232;re du capitalisme moderne. La province de Cholla, au sud-ouest, est traditionnellement une r&#233;gion d'agriculture et de retard. Park chung-hee, quant &#224; lui, &#233;tait originaire de la province du sud-est du Gyeongsang, et ses politiques industrielles y &#233;taient principalement dirig&#233;es, donnant naissance aux grands centres d'Ulsan, Pohang et Pusan. Les habitants de la province de Cholla en voulaient &#224; cette n&#233;gligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1979, des manifestations de masse balayaient le pays, r&#233;clamant la d&#233;mocratie. Les travailleurs &#233;taient &#224; l'avant-garde de bon nombre de ces manifestations. En octobre de la m&#234;me ann&#233;e, Park chung-hee a &#233;t&#233; assassin&#233; par le chef de la Central Intelligence Agency cor&#233;enne, pr&#233;tendument apr&#232;s une dispute sur la mani&#232;re de contenir et de r&#233;primer les manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me partie : Le soul&#232;vement de Kwangju et le tournant vers le &#171; marxisme-l&#233;ninisme &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une br&#232;ve ouverture d&#233;mocratique, similaire &#224; 1960, a eu lieu, mais Park a &#233;t&#233; remplac&#233; par un autre dictateur militaire, Chun Doo Hwan. En mai 1980, l'arm&#233;e a tir&#233; sur une manifestation &#224; Kwangju, la plus grande ville de la province de Cholla. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233; un soul&#232;vement au cours duquel la population de Kwangju a pris le contr&#244;le de la ville, s'est arm&#233;e d'armes provenant d'un arsenal militaire et a combattu les forces de r&#233;pression, y compris une unit&#233; d'&#233;lite retir&#233;e de la DMZ avec la Cor&#233;e du Nord, pendant des jours. Les estimations du nombre total de morts des deux c&#244;t&#233;s (la plupart d'entre eux de toute &#233;vidence de la r&#233;pression de la r&#233;volte) &#224; Kwangju vont jusqu'&#224; 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kwangju a &#233;t&#233; boucl&#233; et une censure extr&#234;me a emp&#234;ch&#233; toute fuite d'informations s&#233;rieuses. (La loi draconienne sur la s&#233;curit&#233; nationale de la Cor&#233;e, datant de 1948 et toujours en vigueur aujourd'hui, a fait un crime grave, jusque dans les ann&#233;es 1990, de discuter du soul&#232;vement de Kwangju en public.) . Cependant, il &#233;tait largement admis que le gouvernement am&#233;ricain, du r&#233;cent renversement du Shah d'Iran en 1979, au milieu de la crise des otages de T&#233;h&#233;ran, et ne voulant plus de mouvements radicaux de masse contre les dictateurs pro-am&#233;ricains, avait &#233;t&#233; profond&#233;ment impliqu&#233; dans la d&#233;cision d'utiliser la force extr&#234;me (une croyance consid&#233;rablement renforc&#233;e par la divulgation plus r&#233;cente de documents sur la communication de gouvernement &#224; gouvernement pendant la crise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de ce moment-l&#224;, le mouvement cor&#233;en s'est rapidement &#233;loign&#233; des id&#233;ologies lib&#233;rales d&#233;mocratiques et religieuses des ann&#233;es 1970 pour adopter une orientation r&#233;volutionnaire plus radicale, essentiellement &#171; marxiste-l&#233;niniste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tournant id&#233;ologique montre l'importance de toute la p&#233;riode ant&#233;rieure : la discontinuit&#233; quasi totale avec la gauche qui a &#233;merg&#233; apr&#232;s l'effondrement du Japon en 1945 et qui a &#233;t&#233; d&#233;truite par la r&#233;pression gouvernementale et militaire am&#233;ricaine entre 1945 et 1953 ; les d&#233;cennies de dictature apr&#232;s la guerre de Cor&#233;e qui ont qualifi&#233; la critique sociale la plus mod&#233;r&#233;e d'inspiration nordiste ; l'isolement de la Cor&#233;e du Sud du bouillonnement mondial des ann&#233;es 1960 et au-del&#224;. (Lorsque des &#233;tudiants cor&#233;ens ont rejoint des groupes d'opposition clandestins dans les ann&#233;es 1970 et 1980, l'une des premi&#232;res t&#226;ches &#233;tait souvent d'apprendre le japonais, afin de lire tous les livres politiques (et particuli&#232;rement marxistes) qui ne pouvaient pas &#234;tre publi&#233;s en Cor&#233;e.) Ainsi les d&#233;cennies -longue &#233;rosion du stalinisme tel qu'il a &#233;t&#233; v&#233;cu en Europe et aux &#201;tats-Unis, l'impact de 1968 et de la Nouvelle Gauche occidentale, la critique radicale du l&#233;ninisme,la renaissance de Hegel et l'impact de la popularisation du Marx des ann&#233;es 1840 &#233;taient tous inconnus ou vus &#224; travers une vitre sombre en Cor&#233;e du Sud. (Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, un groupe d'&#233;tude clandestin se forma pour lire les &#233;crits de Lukacs et Hegel sur l'esth&#233;tique - en allemand - et fut d&#233;couvert ; ses membres furent condamn&#233;s &#224; six mois de prison.) En cons&#233;quence, la radicalisation du mouvement cor&#233;en apr&#232;s Kwangju proc&#233;dait presque invariablement selon les lignes staliniennes, &#171; marxistes-l&#233;ninistes &#187;, pro-sovi&#233;tique, pro-Chine, pro-Cor&#233;e du Nord, mais stalinienne &#224; tous les niveaux. Trotsky &#233;tait peu connu jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980, sans parler des critiques de gauche de Trotsky.un groupe d'&#233;tude clandestin form&#233; pour lire les &#233;crits de Lukacs et Hegel sur l'esth&#233;tique &#8211; en allemand &#8211; fut d&#233;couvert ; ses membres ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; six mois de prison.) En cons&#233;quence, la radicalisation du mouvement cor&#233;en apr&#232;s Kwangju s'est d&#233;roul&#233;e presque invariablement selon les lignes staliniennes, &#171; marxistes-l&#233;ninistes &#187;, pro-sovi&#233;tique, pro-Chine, pro-Cor&#233;e du Nord, mais stalinien &#224; tous les niveaux. Trotsky &#233;tait peu connu jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980, sans parler des critiques de gauche de Trotsky.un groupe d'&#233;tude clandestin form&#233; pour lire les &#233;crits de Lukacs et Hegel sur l'esth&#233;tique &#8211; en allemand &#8211; fut d&#233;couvert ; ses membres ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; six mois de prison.) En cons&#233;quence, la radicalisation du mouvement cor&#233;en apr&#232;s Kwangju s'est d&#233;roul&#233;e presque invariablement selon les lignes staliniennes, &#171; marxistes-l&#233;ninistes &#187;, pro-sovi&#233;tique, pro-Chine, pro-Cor&#233;e du Nord, mais stalinien &#224; tous les niveaux. Trotsky &#233;tait peu connu jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980, sans parler des critiques de gauche de Trotsky.pour ne rien dire des critiques de gauche de Trotsky.pour ne rien dire des critiques de gauche de Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines des factions marxistes-l&#233;ninistes qui ont &#233;merg&#233; dans les ann&#233;es 1980 ont &#233;t&#233; le point de d&#233;part des deux tendances majeures du mouvement cor&#233;en organis&#233; aujourd'hui (&#224; la fois au sein de la KCTU mentionn&#233;e pr&#233;c&#233;demment et du Parti travailliste d&#233;mocrate cor&#233;en ou KDLP). Ces factions sont la &#171; Lib&#233;ration nationale &#187; pro-cor&#233;enne (NL, ou juche-istes, ainsi appel&#233;e en raison de la doctrine nord-cor&#233;enne du &#171; juche &#187; ou de l'autonomie) et de la grande minorit&#233; &#171; D&#233;mocratie populaire &#187; (PD, plus social-d&#233;mocrate) . &#192; l'approche de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de d&#233;cembre 2007, les juch&#233;istes ont pris le contr&#244;le total de l'appareil du KDLP et ont purg&#233; certains membres du PD. (Il est &#233;galement important de noter que les factions NL et PD ont leur base principalement dans les syndicats de cols blancs, tels que les banques, les enseignants et autres fonctionnaires, alors que les cols bleus sont largement indiff&#233;rents aux deux. Sous la direction de NL,le vote KDLP &#224; l'&#233;chelle nationale a chut&#233;, par rapport &#224; 2002, aux &#233;lections de d&#233;cembre 2007 de 5 &#224; 3%, et &#224; Ulsan, le bastion de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne, de 11 &#224; 8%.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme est end&#233;mique en Cor&#233;e, y compris dans le mouvement ouvrier. Les raisons en sont &#224; rechercher dans les si&#232;cles de domination &#233;trang&#232;re (chinoise, puis japonaise, puis am&#233;ricaine), la division du pays apr&#232;s 1945, et la position g&#233;opolitique de la Cor&#233;e au &#171; carrefour &#187; des Chinois, Japonais, Russes et Am&#233;ricains. sph&#232;res d'influence. La p&#233;ninsule cor&#233;enne, ou son h&#233;g&#233;monie, a &#233;t&#233; le prix des intrusions &#233;trang&#232;res il y a des si&#232;cles, et plus r&#233;cemment la guerre sino-japonaise de 1895, la guerre russo-japonaise de 1904-1905, et plus r&#233;cemment la guerre de Cor&#233;e. &#171; Quand les baleines se battent, les vairons se mettent &#224; l'abri &#187; est un vieux proverbe cor&#233;en exprimant cette r&#233;alit&#233;. La tentative japonaise, sur 35 ans (1910-1945) de domination coloniale, d'&#233;liminer pratiquement la culture cor&#233;enne a encore renforc&#233; cette impulsion nationaliste. Enfin, les mythes d'homog&#233;n&#233;it&#233; ethnique,renforc&#233;s par des manuels d'histoire populistes mythiques ou plus r&#233;cemment des drames historiques &#224; la t&#233;l&#233;vision sur les &#233;poques de la grandeur cor&#233;enne, compl&#232;tent le tableau. (Une version diff&#233;rente, encore plus virulente, de ce nationalisme est promue en Cor&#233;e du Nord.) Dans ce contexte, m&#234;me des &#233;v&#233;nements sportifs, comme les Jeux olympiques de S&#233;oul en 1988 ou les succ&#232;s de l'&#233;quipe cor&#233;enne lors des &#233;liminatoires de la Coupe du monde 2002, deviennent des &#233;v&#233;nements dans le forger une identit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les m&#234;mes raisons g&#233;opolitiques, toute &#233;mergence d'une lutte de classe s&#233;rieuse en Cor&#233;e du Sud prend imm&#233;diatement une dimension internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme &#233;tait donc incontest&#233; dans le renouveau de la gauche dans les ann&#233;es 1970 et 1980. Alors qu'un &#171; marxisme &#187; stalinis&#233; repoussait les orientations d&#233;mocratiques lib&#233;rales d'avant Kwangju au cours des ann&#233;es 1980, les importations dominantes &#233;taient des variantes de la th&#233;orie de l'imp&#233;rialisme de L&#233;nine, de la th&#233;orie du capital monopoliste et de la th&#233;orie de la d&#233;pendance, popularis&#233;es par les groupes marxistes-l&#233;ninistes et par des journaux clandestins influents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 1980 ont &#233;galement vu l'acc&#233;l&#233;ration du mouvement hakchul dans les usines, aussi r&#233;pandu que n'importe quel &#171; tournant vers la classe ouvri&#232;re &#187; comparable dans les pays occidentaux par les radicaux de la classe moyenne apr&#232;s 1968. Au sommet du mouvement, des milliers d'anciens &#233;tudiants avaient pris des emplois d'usine, et &#224; l'occasion m&#234;me men&#233; des gr&#232;ves importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement cor&#233;en de la fin des ann&#233;es 1980 consid&#233;rait &#224; juste titre la Cor&#233;e du Sud comme un pays &#171; p&#233;riph&#233;rique &#187; du syst&#232;me imp&#233;rial am&#233;ricain, dont seuls le &#171; socialisme &#187; (au sens stalinien) et la r&#233;unification nationale pouvaient l'extirper. Il y avait ainsi une tendance &#224; sous-estimer la profondeur du d&#233;veloppement industriel cor&#233;en et surtout l'&#233;lasticit&#233; du syst&#232;me qui permettrait des salaires nettement plus &#233;lev&#233;s dans un cadre capitaliste apr&#232;s la r&#233;volte ouvri&#232;re de 1987-1990. De telles th&#233;ories ont &#233;t&#233; renforc&#233;es par le fait que la Cor&#233;e du Sud n'a rattrap&#233; et d&#233;pass&#233; la Cor&#233;e du Nord &#233;conomiquement qu'environ. 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convergence de tous ces facteurs signifiait que l'effondrement de l'Union sovi&#233;tique en 1991, co&#239;ncidant avec le ralentissement des luttes ouvri&#232;res apr&#232;s 1990, a eu un impact psychologique bien plus lourd sur les militants en Cor&#233;e que partout ailleurs en Occident, o&#249; le prestige de l'Union sovi&#233;tique se d&#233;gonfle depuis au moins 1956 et certainement depuis 1968. L'ambiance &#233;tait d&#233;j&#224; devenue sombre au printemps 1991, lorsqu'un &#233;tudiant de S&#233;oul a &#233;t&#233; battu &#224; mort par la police et que les candidats de la gauche d&#233;mocrate ont &#233;t&#233; &#233;cras&#233;s lors des &#233;lections municipales de juin 1991. &#233;lections, comme pour souligner un sentiment de d&#233;faitisme et de futilit&#233; apr&#232;s des ann&#233;es de mobilisation et de lutte. On peut ajouter que l'&#233;conomie cor&#233;enne, dans une phase de boom dans la p&#233;riode 1986-88 et la premi&#232;re phase de la Grande Lutte Ouvri&#232;re, &#233;tait entr&#233;e dans de nouvelles difficult&#233;s en 1990,difficult&#233;s dont il ne s'est jamais compl&#232;tement remis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme des d&#233;veloppements comparables en Occident apr&#232;s la fin des ann&#233;es 1970, des milliers d'activistes ont abandonn&#233;, se sont retir&#233;s dans la vie priv&#233;e, ont tent&#233; de poursuivre des carri&#232;res dans la classe moyenne ou, dans le monde universitaire, ont succomb&#233; &#224; l'attrait du post-modernisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me partie : La politique nationale et la grande lutte des travailleurs, 1987-1990&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une discussion sur la toile de fond politique du cours de la lutte des classes est &#233;galement indispensable. &#192; partir des ann&#233;es 1980, les luttes des travailleurs pour des syndicats d&#233;mocratiques sont pass&#233;es (avec l'&#233;conomie cor&#233;enne elle-m&#234;me) de l'industrie l&#233;g&#232;re &#224; l'industrie lourde. La dictature militaire de Chun Doo Hwan qui a succ&#233;d&#233; &#224; Park chung-hee a &#233;t&#233; forc&#233;e d'assouplir les contr&#244;les au milieu des ann&#233;es 1980, sous la pression croissante de l'opposition d&#233;mocratique plus large &#224; l'approche des Jeux olympiques panasiatiques (1986) et des Jeux olympiques de S&#233;oul ( 1988). En particulier, la &#171; d&#233;claration de d&#233;mocratisation &#187; de juin 1987, faite en r&#233;ponse &#224; la menace que la classe ouvri&#232;re se joigne aux manifestations pro-d&#233;mocratie, a &#233;t&#233; le d&#233;clencheur imm&#233;diat de la Grande Lutte Ouvri&#232;re de cet &#233;t&#233;. Pour la premi&#232;re fois, le mouvement s'est d&#233;plac&#233; de la r&#233;gion de S&#233;oul-Inchon vers les nouvelles zones industrielles du sud d'Ulsan,Masan et Changwon. Au total, il y a eu plus de 3 000 gr&#232;ves en 1987, gagnant la syndicalisation, 25 &#224; 30 % d'augmentations de salaire et l'abolition de la discipline militaire d&#233;test&#233;e (longueur de cheveux impos&#233;e, exercices matinaux obligatoires) dans les usines. Ulsan, en particulier, la ville de l'entreprise Hyundai, a connu une mobilisation de rue massive et des combats de rue qui ont dur&#233; jusqu'en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de 128 jours (d&#233;cembre 1988-avril 1989) chez Hyundai Heavy Industries (HHI) a abouti &#224; une attaque militaire coordonn&#233;e contre le chantier naval occup&#233; de Hyundai par 9 000 soldats et policiers, venant de la mer, de l'air et de la terre. Cela a &#233;t&#233; suivi de dix jours de combats de rue (mobilisant non seulement les travailleurs mais leurs femmes et leurs enfants) dans les quartiers ouvriers d'Ulsan. Cette lutte a &#233;t&#233; &#224; son tour suivie en 1990 par la gr&#232;ve de Goliat, toujours &#224; HHI, et qui s'est sold&#233;e par une cuisante d&#233;faite. (Hyundai a construit de vastes immeubles de grande hauteur pour les travailleurs en r&#233;ponse &#224; ces luttes.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;me partie : D&#233;clin et d&#233;but du retour en arri&#232;re, 1990-1997&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reflux des luttes offensives de masse de la p&#233;riode 1987-1990, et l'atmosph&#232;re g&#233;n&#233;rale de d&#233;faite qui s'en est suivie, ont ouvert une nouvelle phase dans les organisations ouvri&#232;res cor&#233;ennes. Les augmentations salariales remport&#233;es &#224; la fin des ann&#233;es 1980 ont bri&#232;vement renforc&#233; l'illusion de la possibilit&#233; d'une cohabitation capital-travail, et donc les courants r&#233;formistes. En particulier, au sein du Congr&#232;s national des syndicats (ChoNoHyop), la faction de lib&#233;ration nationale de droite et ouvertement r&#233;formiste (pro-nord-cor&#233;en) a commenc&#233; &#224; prendre le dessus sur la faction radicale affaiblie. (Le nom cor&#233;en de la faction NL, Kukminpa, signifie litt&#233;ralement 'Travail avec la nation'). Cette faction a toujours &#233;t&#233; orient&#233;e vers les bureaucrates et les politiciens. Comme mentionn&#233; pr&#233;c&#233;demment,une politique gouvernementale de r&#233;pression visant les meilleurs militants de la NCTU et la tol&#233;rance des r&#233;formistes ouverts d&#233;truisirent la NCTU en 1995 et conduisirent au regroupement de la KCTU sous la direction de droite. (En effet, lors de la fondation m&#234;me de la NCTU en janvier 1990, la plupart de ses dirigeants &#233;taient en prison ou dans la clandestinit&#233;.) La longue exp&#233;rience de la dictature et du copinage a &#233;galement rendu certains travailleurs initialement sympathiques &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise et au n&#233;olib&#233;ralisme. Ulsan est cependant rest&#233; en effervescence intense et en juin 1991, lorsque Park Chang Su, un dirigeant syndical, a &#233;t&#233; tu&#233; en prison, 20 000 travailleurs de HHI et 30 000 de HMC ont attaqu&#233; la mairie d'Ulsan, la lutte ayant finalement dur&#233; un mois.la plupart de ses dirigeants &#233;taient en prison ou dans la clandestinit&#233;.) La longue exp&#233;rience de la dictature et du copinage a &#233;galement rendu certains ouvriers initialement sympathiques &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise et au n&#233;olib&#233;ralisme. Ulsan est cependant rest&#233; en effervescence intense et en juin 1991, lorsque Park Chang Su, un dirigeant syndical, a &#233;t&#233; tu&#233; en prison, 20 000 travailleurs de HHI et 30 000 de HMC ont attaqu&#233; la mairie d'Ulsan, la lutte ayant finalement dur&#233; un mois.la plupart de ses dirigeants &#233;taient en prison ou dans la clandestinit&#233;.) La longue exp&#233;rience de la dictature et du copinage a &#233;galement rendu certains ouvriers initialement sympathiques &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise et au n&#233;olib&#233;ralisme. Ulsan est cependant rest&#233; en effervescence intense et en juin 1991, lorsque Park Chang Su, un dirigeant syndical, a &#233;t&#233; tu&#233; en prison, 20 000 travailleurs de HHI et 30 000 de HMC ont attaqu&#233; la mairie d'Ulsan, la lutte ayant finalement dur&#233; un mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1992, la Cor&#233;e du Sud a rejoint l'Organisation internationale du travail (OIT), &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me moment o&#249; les capitalistes se regroupaient pour une r&#233;pression des gains salariaux. Au cours de cette p&#233;riode, les travailleurs &#224; bas salaires du secteur public ont commenc&#233; &#224; s'organiser, les travailleurs de Korea Telcom (KT) &#233;tant les plus militants, m&#234;me si leurs luttes avaient tendance &#224; &#234;tre principalement ax&#233;es sur les salaires, bien que li&#233;es &#224; une pouss&#233;e pour la d&#233;mocratie sur le lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1993-1994, le d&#233;bat a fait rage dans le mouvement sur la voie &#224; suivre, y compris un besoin ressenti de gr&#232;ves politiques. Les courants les plus radicaux voulaient d&#233;placer les syndicats des syndicats d'entreprise (la forme dominante des syndicats cor&#233;ens &#224; ce jour) aux syndicats de l'industrie, et cr&#233;er une organisation fa&#238;ti&#232;re. Alors que la NCTU continuait de d&#233;cliner sous les coups de la r&#233;pression et les machinations de la faction NL, la voie &#233;tait ouverte &#224; la cr&#233;ation de la KCTU, officiellement cr&#233;&#233;e (mais pas l&#233;galis&#233;e avant la crise du FMI) en novembre 1995. Certaines gr&#232;ves r&#233;ussies se sont poursuivies en 1995. -96, notamment une gr&#232;ve chez KT, qui a remport&#233; d'importants gains salariaux. En raison de ces gr&#232;ves, les salaires des cols bleus d&#233;passaient les salaires de la fonction publique. Dans le m&#234;me temps, les employeurs cor&#233;ens passaient de plus en plus du mod&#232;le chaebol &#224; une orientation vers les avantages de la mondialisation.Les deux parties se pr&#233;paraient &#224; la confrontation de 1996-1997 sur la loi sur la pr&#233;carisation du travail. &#192; l'automne 1996, la pression de la base et la pr&#233;paration d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale se sont intensifi&#233;es. Sous cette pression, la KCTU a d&#251; se retirer des discussions menant &#224; la tristement c&#233;l&#232;bre Commission tripartite (&#201;tat-travail-capital) qui, une fois de plus, sera cr&#233;&#233;e au milieu de la crise du FMI au printemps 1998. -dossier de rejet du groupe NL. Une contre-mesure importante des militants radicaux a &#233;t&#233; la formation des &#171; hyung-jang jujik &#187;, ou organisations d'atelier, qui ont tent&#233; de lutter contre la d&#233;g&#233;n&#233;rescence des syndicats et de la KCTU avec une organisation alternative, non pas &#171; en dehors &#187; des syndicats mais en tant que pouvoir de l'ombre &#224; la fois au sein des syndicats et avec des liens &#171; horizontaux &#187; avec les militants d'autres syndicats,lutter contre une tendance &#224; l'esprit de clocher d'entreprise. L'arc du hyung-jang jujik s'est &#233;tendu de 1990 &#224; 2005. Dans diff&#233;rentes circonstances, le hyungjang jujik a r&#233;ussi &#224; prendre le pouvoir dans les principaux syndicats et a alors souvent succomb&#233; &#224; la bureaucratisation ; au cours de leurs derni&#232;res ann&#233;es, ils sont devenus la proie de divers groupes cherchant une voie d&#233;tourn&#233;e vers le pouvoir dans les syndicats, et se sont finalement effondr&#233;s. Mais au mieux, dans une situation g&#233;n&#233;ralement d&#233;fensive, ils ont conserv&#233; une continuit&#233; avec l'&#233;lan radical de la p&#233;riode 1987-1990.et finalement effondr&#233;. Mais au mieux, dans une situation g&#233;n&#233;ralement d&#233;fensive, ils ont conserv&#233; une continuit&#233; avec l'&#233;lan radical de la p&#233;riode 1987-1990.et finalement effondr&#233;. Mais au mieux, dans une situation g&#233;n&#233;ralement d&#233;fensive, ils ont conserv&#233; une continuit&#233; avec l'&#233;lan radical de la p&#233;riode 1987-1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sixi&#232;me partie : La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et la crise du FMI, 1997-1998&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste apr&#232;s No&#235;l 1996, le gouvernement cor&#233;en de Kim Young-sam, lors d'une session sp&#233;ciale nocturne du parlement sans la pr&#233;sence de l'opposition, a fait adopter la premi&#232;re d'une s&#233;rie de lois sur la pr&#233;carisation du travail visant &#224; faire entrer pleinement l'&#233;conomie sud-cor&#233;enne dans l'&#232;re de &#171; mondialisation &#187; et faciliter les licenciements pour les employeurs, ainsi que l'introduction de contrats &#224; plusieurs niveaux. Les employeurs, comme indiqu&#233; pr&#233;c&#233;demment, avaient r&#233;guli&#232;rement r&#233;duit les gains des travailleurs de la fin des ann&#233;es 1980, et l'&#233;conomie s'est encore affaiblie jusqu'en 1996 avec l'acc&#233;l&#233;ration des faillites, mais il s'agissait de la premi&#232;re confrontation directe avec le pouvoir ouvrier nouvellement conquis. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La KCTU, fermement aux mains des droitiers qui avaient vaincu et supplant&#233; la NCTU, a appel&#233; &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale imm&#233;diate sous une intense pression de la base, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui a &#233;t&#233; largement suivie. M&#234;me la FKTU &#171; jaune &#187; conservatrice de l'&#233;poque de la guerre froide s'y est jointe. Les cols blancs y ont &#233;galement adh&#233;r&#233;, et &#224; son apog&#233;e, trois millions de travailleurs &#233;taient en gr&#232;ve. (La l&#233;gislation initiale a &#233;t&#233; retir&#233;e, mais une loi pratiquement identique a &#233;t&#233; adopt&#233;e en mars 1997, sans r&#233;ponse significative de la KCTU.) Encore une fois, l'exp&#233;rience historique de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne et la nouveaut&#233; de la pr&#233;carisation ont rendu la gr&#232;ve plus &#171; antifasciste &#187; qu'anti-n&#233;o-lib&#233;ral. La KCTU a fait tout ce qui &#233;tait en son pouvoir pour &#233;viter une confrontation avec le gouvernement et s'est activement d&#233;mobilis&#233;e l&#224; o&#249; elle le pouvait. La base, pour sa part, a fait preuve d'une grande spontan&#233;it&#233;,comme chez Hyundai et Kia Motor Company. On disait que la KCTU avait rencontr&#233; secr&#232;tement les capitalistes pour leur assurer que la gr&#232;ve &#233;tait sous contr&#244;le et qu'elle diminuait. Ils ont propos&#233; la tactique impuissante de la &#171; gr&#232;ve du mercredi &#187;, une tactique r&#233;p&#233;t&#233;e encore et encore au cours des ann&#233;es suivantes. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'est arr&#234;t&#233;e fin janvier, avec (comme indiqu&#233;) rien de r&#233;solu. &#192; la suite de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le Parti travailliste d&#233;mocratique cor&#233;en (KDLP, ou Minju Nodong Tang) a &#233;t&#233; fond&#233; au printemps 1997, avec les m&#234;mes &#233;l&#233;ments de droite dominants dans la majorit&#233; KCTU. L'&#233;chec de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 1997 a cependant &#233;t&#233; &#224; son tour &#233;clips&#233; par la d&#233;vastation de l'&#233;conomie cor&#233;enne lors de la crise financi&#232;re asiatique de 1997-1998.et d&#233;croissant. Ils ont propos&#233; la tactique impuissante de la &#171; gr&#232;ve du mercredi &#187;, une tactique r&#233;p&#233;t&#233;e encore et encore au cours des ann&#233;es suivantes. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'est arr&#234;t&#233;e fin janvier, avec (comme indiqu&#233;) rien de r&#233;solu. &#192; la suite de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le Parti travailliste d&#233;mocratique cor&#233;en (KDLP, ou Minju Nodong Tang) a &#233;t&#233; fond&#233; au printemps 1997, avec les m&#234;mes &#233;l&#233;ments de droite dominants dans la majorit&#233; KCTU. L'&#233;chec de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 1997 a cependant &#233;t&#233; &#224; son tour &#233;clips&#233; par la d&#233;vastation de l'&#233;conomie cor&#233;enne lors de la crise financi&#232;re asiatique de 1997-1998.et d&#233;croissant. Ils ont propos&#233; la tactique impuissante de la &#171; gr&#232;ve du mercredi &#187;, une tactique r&#233;p&#233;t&#233;e encore et encore au cours des ann&#233;es suivantes. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'est arr&#234;t&#233;e fin janvier, avec (comme indiqu&#233;) rien de r&#233;solu. &#192; la suite de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le Parti travailliste d&#233;mocratique cor&#233;en (KDLP, ou Minju Nodong Tang) a &#233;t&#233; fond&#233; au printemps 1997, avec les m&#234;mes &#233;l&#233;ments de droite dominants dans la majorit&#233; KCTU. L'&#233;chec de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 1997 a cependant &#233;t&#233; &#224; son tour &#233;clips&#233; par la d&#233;vastation de l'&#233;conomie cor&#233;enne lors de la crise financi&#232;re asiatique de 1997-1998.ou Minju Nodong Tang) a &#233;t&#233; fond&#233;e au printemps 1997, avec les m&#234;mes &#233;l&#233;ments de droite dominants dans la majorit&#233; KCTU. L'&#233;chec de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 1997 a cependant &#233;t&#233; &#224; son tour &#233;clips&#233; par la d&#233;vastation de l'&#233;conomie cor&#233;enne lors de la crise financi&#232;re asiatique de 1997-1998.ou Minju Nodong Tang) a &#233;t&#233; fond&#233;e au printemps 1997, avec les m&#234;mes &#233;l&#233;ments de droite dominants dans la majorit&#233; KCTU. L'&#233;chec de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de janvier 1997 a cependant &#233;t&#233; &#224; son tour &#233;clips&#233; par la d&#233;vastation de l'&#233;conomie cor&#233;enne lors de la crise financi&#232;re asiatique de 1997-1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ant en Tha&#239;lande en juillet 1997 avec l'effondrement de la monnaie tha&#239;landaise, la crise s'est propag&#233;e &#224; travers l'Asie au cours des mois suivants, car chaque pays qui avait embrass&#233; le &#171; march&#233; libre &#187; et donc assoupli les contr&#244;les des capitaux a vu une fuite massive de capitaux et la chute de sa monnaie. , la Tha&#239;lande, l'Indon&#233;sie et la Cor&#233;e du Sud &#233;tant les plus durement touch&#233;es. Le won cor&#233;en a chut&#233; de 40 % en novembre 1997, lorsque le gouvernement de Kim Young Sam a obtenu un renflouement de 57 milliards de dollars du FMI. Les quatre candidats aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de d&#233;cembre 1997 ont d&#251; signer une acceptation de l'accord du FMI comme condition de d&#233;caissement. Ainsi Kim Dae Jong, finalement &#233;lu pr&#233;sident de la Cor&#233;e apr&#232;s des d&#233;cennies dans le d&#233;sert de l'opposition d&#233;mocratique, a d&#251; consacrer son mandat &#224; la mise en &#339;uvre du paquet draconien de licenciements, de coupes dans les services gouvernementaux, dele rachat &#224; effet de levier et d&#233;r&#233;glement&#233; d'industries et de banques cor&#233;ennes par des &#233;trangers et la pr&#233;carisation de la main-d'&#339;uvre. La d&#233;mocratie cor&#233;enne, comme le travail organis&#233; cor&#233;en avant elle, a triomph&#233; au moment m&#234;me o&#249; l'accomplissement de sa promesse apparente ant&#233;rieure est devenu impossible, et a triomph&#233; en tant que feuille de vigne n&#233;cessaire pour une m&#233;decine aussi dure. Les faillites se multiplient et les suicides montent en fl&#232;che. Le FMI a d'abord exig&#233; que les banques cor&#233;ennes licencient 50% de leur personnel (le chiffre a ensuite &#233;t&#233; abaiss&#233; &#224; 30%) et un nombre similaire de fonctionnaires. Le taux de ch&#244;mage a tripl&#233; en 1999 et des millions de personnes ont &#233;t&#233; replong&#233;es dans la pauvret&#233;.a triomph&#233; au moment m&#234;me o&#249; l'accomplissement de sa promesse apparente ant&#233;rieure est devenu impossible, et a triomph&#233; comme la feuille de vigne n&#233;cessaire pour une m&#233;decine si dure. Les faillites se multiplient et les suicides montent en fl&#232;che. Le FMI a d'abord exig&#233; que les banques cor&#233;ennes licencient 50% de leur personnel (le chiffre a ensuite &#233;t&#233; abaiss&#233; &#224; 30%) et un nombre similaire de fonctionnaires. Le taux de ch&#244;mage a tripl&#233; en 1999 et des millions de personnes ont &#233;t&#233; replong&#233;es dans la pauvret&#233;.a triomph&#233; au moment m&#234;me o&#249; l'accomplissement de sa promesse apparente ant&#233;rieure est devenu impossible, et a triomph&#233; comme la feuille de vigne n&#233;cessaire pour une m&#233;decine si dure. Les faillites se multiplient et les suicides montent en fl&#232;che. Le FMI a d'abord exig&#233; que les banques cor&#233;ennes licencient 50% de leur personnel (le chiffre a ensuite &#233;t&#233; abaiss&#233; &#224; 30%) et un nombre similaire de fonctionnaires. Le taux de ch&#244;mage a tripl&#233; en 1999 et des millions de personnes ont &#233;t&#233; replong&#233;es dans la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, Kim Dae Jong et la KCTU ont jou&#233; leur r&#244;le. Comme mentionn&#233; pr&#233;c&#233;demment, Kim a entra&#238;n&#233; la direction de la KCTU dans les accords tripartites de f&#233;vrier 1998, la KCTU approuvant des licenciements massifs d'urgence. La base de la KCTU s'est r&#233;volt&#233;e contre une reddition aussi abjecte et a renvers&#233; la direction qui avait sign&#233; l'accord. Il y a eu quelques gr&#232;ves &#224; grande &#233;chelle contre les licenciements en 1998, comme la gr&#232;ve de la Hyundai Motor Company (HMC), mais les nouveaux dirigeants de la KCTU ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s et les gr&#232;ves ont g&#233;n&#233;ralement &#233;t&#233; d&#233;faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la crise de la FIOM, de nombreuses petites usines ont &#233;t&#233; an&#233;anties, y compris celles avec une main-d'&#339;uvre militante originaire de la vague de gr&#232;ves de la fin des ann&#233;es 1980 et auparavant sympathique &#224; la NCTU. Pour la premi&#232;re fois, conform&#233;ment aux exigences de la FIOM, les travailleurs int&#233;rimaires sont devenus un ph&#233;nom&#232;ne majeur dans la main-d'&#339;uvre cor&#233;enne. En r&#233;ponse &#224; la vente impos&#233;e des actions de Korea Telcom aux investisseurs de Wall Street, par exemple, une gr&#232;ve a &#233;clat&#233;. Cette gr&#232;ve montra de plus en plus le foss&#233; qui se d&#233;veloppait entre les travailleurs r&#233;guliers et occasionnels. En plus de toucher un salaire plus &#233;lev&#233; pour moins de travail, les travailleurs r&#233;guliers plus &#226;g&#233;s n'avaient pas les comp&#233;tences informatiques des jeunes occasionnels et ressentaient une ins&#233;curit&#233; d'emploi croissante. Les dirigeants syndicaux ont parl&#233; dur mais n'ont rien fait. En fin de compte, les travailleurs r&#233;guliers et occasionnels ont fait gr&#232;ve, mais pas en m&#234;me temps. La gr&#232;ve de KT s'est termin&#233;e par le licenciement de 10,000 travailleurs occasionnels. L'accord de f&#233;vrier 1998 entre Kim Dae Jong et la direction de droite de la KCTU pour des licenciements massifs a conduit &#224; une r&#233;volte de la base au sein de la KCTU, et toute la direction a &#233;t&#233; &#233;vinc&#233;e apr&#232;s que des militants ouvriers eurent occup&#233; les bureaux de la KCTU arm&#233;s de tuyaux en acier. . Une nouvelle direction de gauche a pris le contr&#244;le, comme mentionn&#233; pr&#233;c&#233;demment, et a tent&#233; de relancer une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la nouvelle loi du travail en mai, juin et juillet, mais en vain. L'ancienne direction est rest&#233;e enracin&#233;e dans les syndicats de l'industrie lourde et s'est oppos&#233;e &#224; l'action militante. En juin-ao&#251;t 1998, une gr&#232;ve de 28 jours a eu lieu chez HMC, entra&#238;nant le licenciement de 10 000 travailleurs r&#233;guliers. En deux ans, 10 000 occasionnels avaient &#233;t&#233; embauch&#233;s pour faire leur travail. KT et diverses banques ont &#233;galement licenci&#233; des travailleurs r&#233;guliers et les ont r&#233;embauch&#233;s comme occasionnels.L'accord de f&#233;vrier 1998 entre Kim Dae Jong et la direction de droite de la KCTU pour des licenciements massifs a conduit &#224; une r&#233;volte de la base au sein de la KCTU, et toute la direction a &#233;t&#233; &#233;vinc&#233;e apr&#232;s que des militants ouvriers eurent occup&#233; les bureaux de la KCTU arm&#233;s de tuyaux en acier. . Une nouvelle direction de gauche a pris le contr&#244;le, comme mentionn&#233; pr&#233;c&#233;demment, et a tent&#233; de relancer une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la nouvelle loi du travail en mai, juin et juillet, mais en vain. L'ancienne direction est rest&#233;e enracin&#233;e dans les syndicats de l'industrie lourde et s'est oppos&#233;e &#224; l'action militante. En juin-ao&#251;t 1998, une gr&#232;ve de 28 jours a eu lieu chez HMC, entra&#238;nant le licenciement de 10 000 travailleurs r&#233;guliers. En deux ans, 10 000 occasionnels avaient &#233;t&#233; embauch&#233;s pour faire leur travail. KT et diverses banques ont &#233;galement licenci&#233; des travailleurs r&#233;guliers et les ont r&#233;embauch&#233;s comme occasionnels.L'accord de f&#233;vrier 1998 entre Kim Dae Jong et la direction de droite de la KCTU pour des licenciements massifs a conduit &#224; une r&#233;volte de la base au sein de la KCTU, et toute la direction a &#233;t&#233; &#233;vinc&#233;e apr&#232;s que des militants ouvriers eurent occup&#233; les bureaux de la KCTU arm&#233;s de tuyaux en acier. . Une nouvelle direction de gauche a pris le contr&#244;le, comme mentionn&#233; pr&#233;c&#233;demment, et a tent&#233; de relancer une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la nouvelle loi du travail en mai, juin et juillet, mais en vain. L'ancienne direction est rest&#233;e enracin&#233;e dans les syndicats de l'industrie lourde et s'est oppos&#233;e &#224; l'action militante. En juin-ao&#251;t 1998, une gr&#232;ve de 28 jours a eu lieu chez HMC, entra&#238;nant le licenciement de 10 000 travailleurs r&#233;guliers. En deux ans, 10 000 occasionnels avaient &#233;t&#233; embauch&#233;s pour faire leur travail. KT et diverses banques ont &#233;galement licenci&#233; des travailleurs r&#233;guliers et les ont r&#233;embauch&#233;s comme occasionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septi&#232;me partie : Post-1998 : les travailleurs r&#233;guliers contre les travailleurs occasionnels deviennent l'enjeu du mouvement ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise de la FIOM, la question des travailleurs occasionnels est devenue de plus en plus importante dans le mouvement cor&#233;en, ainsi que l'antagonisme entre les travailleurs r&#233;guliers et occasionnels, les travailleurs r&#233;guliers consid&#233;rant les travailleurs occasionnels comme sapant leur emploi. (En 2000, un syndicat national des travailleurs occasionnels a &#233;t&#233; fond&#233; et est maintenant une organisation fa&#238;ti&#232;re avec plus de 50 000 membres.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1999, une gr&#232;ve nationale de 32 jours de 4000 tuteurs des &#233;coles Jaenung (hakwon, ou acad&#233;mies priv&#233;es pour l'enseignement apr&#232;s les heures de cours) a obtenu le droit de n&#233;gociation collective. Le gouvernement avait ni&#233; qu'il s'agissait de travailleurs, les qualifiant plut&#244;t d'&#171; entrepreneurs ind&#233;pendants &#187;. La gr&#232;ve a &#233;t&#233; importante pour montrer que l'organisation des travailleurs occasionnels &#233;tait possible, contre la r&#233;sistance de l'&#201;tat et des employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000-2002, une nouvelle gr&#232;ve de KT a dur&#233; 517 jours. Au lendemain de la d&#233;faite, le syndicat des travailleurs occasionnels KT a &#233;t&#233; dissous. Les travailleurs r&#233;guliers de KT &#233;taient g&#233;n&#233;ralement hostiles aux travailleurs irr&#233;guliers. Apr&#232;s la gr&#232;ve, KT a embauch&#233; des personnes en tant que &#171; travailleurs sous contrat indirect &#187;. En 2002, 49 % des actions de KT ont &#233;t&#233; vendues &#224; des investisseurs am&#233;ricains, avec une augmentation des indemnit&#233;s de d&#233;part en contrepartie, ainsi que des actions remises aux travailleurs r&#233;guliers. En 2000-2001, une gr&#232;ve d'une usine de climatisation a dur&#233; plus d'un mois et a &#233;t&#233; trahie par les travailleurs r&#233;guliers, contre et contre le militantisme des travailleurs occasionnels. Un contre-exemple, cependant, a &#233;t&#233; la campagne d'organisation des travailleurs de Lotte Hotel en 2000, qui a montr&#233; qu'un syndicat de travailleurs r&#233;guliers pouvait, dans certaines circonstances, organiser des travailleurs irr&#233;guliers. Apr&#232;s une terrible r&#233;pression des h&#244;teliers et l'incarc&#233;ration des gr&#233;vistes,l'h&#244;tel a accept&#233; de r&#233;gulariser les travailleurs sur une p&#233;riode de deux ans. Au cours de ces m&#234;mes ann&#233;es, cependant, le KDLP se d&#233;pla&#231;ait vers la droite, et la domination de la ligne NL, orient&#233;e vers les bureaucrates de la KCTU et les politiciens du KDLP, emp&#234;chait d'organiser les travailleurs occasionnels. (En 2004, la KCTU a m&#234;me aid&#233; un PDG de Hyundai dans sa campagne &#233;lectorale en tant qu'ind&#233;pendant.) De l'avis de certains militants, la KCTU faisait partie int&#233;grante du n&#233;olib&#233;ralisme, presque au point d'imposer l'externalisation. En 2003, par exemple, les chauffeurs de camion de Pusan &#8203;&#8203;ont r&#233;ussi &#224; faire gr&#232;ve, mais le gouvernement, les employeurs, la KCTU et le KDLP l'ont sabot&#233;e. La m&#234;me ann&#233;e, une grande gr&#232;ve a &#233;clat&#233; &#224; la raffinerie LG Caltex (aujourd'hui GS Caltex), mais la KCTU n'a rien fait pour aider les gr&#233;vistes. En 2005, 10,000 travailleurs occasionnels du p&#233;trole et de la chimie &#224; Ulsan ont fait gr&#232;ve pendant 83 jours &#224; cause des conditions de travail. La structure d'embauche compliqu&#233;e impos&#233;e par les lois du travail et la strat&#233;gie de l'entreprise a entrav&#233; la gr&#232;ve. Un &#171; comit&#233; pour la r&#233;gion d'Ulsan &#187; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour s'installer, comprenant des capitalistes, des PDG, des hommes d'affaires plus petits, des ONG et la branche d'Ulsan de la KCTU. Un accord se limitait &#224; la reconnaissance du syndicat. Les ouvriers ont repris le travail pendant six mois de &#171; discussions &#187; en comit&#233; qui n'ont abouti &#224; rien. Le retour au travail a &#233;t&#233; provoqu&#233; par des concessions de petites entreprises, mais apr&#232;s le retrait de la KCTU et du KDLP, aucune partie de l'accord n'a jamais &#233;t&#233; mise en &#339;uvre. Au cours de l'&#233;t&#233; 2005, une bataille a de nouveau fait rage &#224; Ulsan HMC au sujet de la pr&#233;carisation. Un travailleur s'est immol&#233; en signe de protestation et le syndicat a refus&#233; de lier sa mort &#224; la situation du travail.Les travailleurs occasionnels ont essay&#233; d'arr&#234;ter la cha&#238;ne de montage, mais les travailleurs r&#233;guliers ont refus&#233; de collaborer. Les chefs d'entreprise et les briseurs de gr&#232;ve ont red&#233;marr&#233; la ligne pendant que les travailleurs r&#233;guliers se tenaient debout, ne faisant rien. Tous les travailleurs occasionnels impliqu&#233;s dans la lutte ont &#233;t&#233; licenci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2006, le syndicat des m&#233;tallurgistes a vot&#233; pour former un syndicat industriel pour tenter de surmonter la fragmentation des travailleurs dans la myriade de filiales d&#233;riv&#233;es avec des contrats diff&#233;rents, mais HMC n&#233;gocie toujours avec le syndicat d'entreprise HMC. De nombreux travailleurs militants se sont oppos&#233;s &#224; l'initiative du syndicat industriel en raison de son programme corporatiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard cet &#233;t&#233;-l&#224;, les ouvriers occasionnels du b&#226;timent de l'aci&#233;rie g&#233;ante POSCO &#224; Pohang se sont &#233;chapp&#233;s et ont &#233;t&#233; vaincus. En ao&#251;t 2007, les travailleurs occasionnels de la Kia Motor Company ont pill&#233; et occup&#233; une partie de l'usine, o&#249; ils ont &#233;t&#233; physiquement agress&#233;s par les travailleurs r&#233;guliers de Kia et contraints de reprendre le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait positif, en novembre 2007, les travailleurs r&#233;guliers et irr&#233;guliers de Hyundai Motor Company &#224; Ulsan ont organis&#233; pour la premi&#232;re fois un mouvement de base ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huiti&#232;me partie : La gr&#232;ve E-Land illumine l'horizon social&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve E-Land toujours en cours (au moment d'&#233;crire ces lignes, mars 2008) est la derni&#232;re et &#224; certains &#233;gards la lutte la plus importante de toutes pour placer la question des travailleurs occasionnels au premier plan dans la soci&#233;t&#233; sud-cor&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2006, le gouvernement cor&#233;en a adopt&#233; une autre s&#233;rie de lois sur le travail occasionnel, appel&#233;e &#224; la mani&#232;re orwellienne Loi sur la protection des travailleurs occasionnels. La loi a &#233;t&#233; con&#231;ue pour cr&#233;er l'illusion de &#171; faire quelque chose &#187; au sujet d'une condition affectant maintenant plus de 60 % de la population active de la Cor&#233;e du Sud. La loi pr&#233;voyait qu'apr&#232;s deux ans de travail, tous les travailleurs deviendraient automatiquement des travailleurs r&#233;guliers. La loi est entr&#233;e en vigueur sept mois plus tard, le 1er juillet 2007, et a laiss&#233; d'&#233;normes lacunes pour les employeurs qui voulaient licencier les occasionnels avant la date limite. Certaines entreprises se sont conform&#233;es &#224; la loi, mais beaucoup d'autres ne l'ont pas fait et ont licenci&#233; leurs travailleurs occasionnels en juin. L'ensemble du processus a &#233;t&#233; mis au point dans une cha&#238;ne de grands magasins connue sous le nom d'E-Land, avec une lutte connexe dans une cha&#238;ne similaire connue sous le nom de New Core. E-Land avait commenc&#233; comme une petite entreprise familiale,sous un propri&#233;taire chr&#233;tien fondamentaliste, et &#233;tait devenue une entreprise annuelle de 58 milliards de dollars avec 61 points de vente &#224; travers le pays. Elle avait repris les magasins de la cha&#238;ne fran&#231;aise Carrefour. L'entreprise &#233;tait connue pour ses conditions d'emploi particuli&#232;rement difficiles, avec principalement des travailleuses occasionnelles gagnant 800 $ par mois pendant 36 heures par semaine, souvent oblig&#233;es de travailler des quarts de 12 heures sans m&#234;me aller aux toilettes. De plus, l'entreprise exigeait que tous les employ&#233;s, chr&#233;tiens ou non, fr&#233;quentent la chapelle sur place. Le PDG d'E-Land a vers&#233; 10 millions de dollars &#224; son &#233;glise en 2006. Juste avant l'entr&#233;e en vigueur de la nouvelle loi, E-Land et New Core ont licenci&#233; 1 000 travailleurs qui seraient consid&#233;r&#233;s comme des travailleurs r&#233;guliers en vertu de ses dispositions. La r&#233;ponse imm&#233;diate a &#233;t&#233; une gr&#232;ve maintenant (mars 2008) dans son 9&#232;me mois, et maintenant face &#224; une d&#233;faite presque certaine. Mais dans les premiers jours de la gr&#232;ve,Partout en Cor&#233;e du Sud, des milliers de travailleurs occasionnels d'autres secteurs sont venus aider &#224; fermer les magasins E-Land. La KCTU est pass&#233;e &#224; l'action, faisant tout pour &#233;touffer la gr&#232;ve sous une rh&#233;torique abondante tout en d&#233;tournant les &#233;nergies de la base et de ses partisans &#171; de l'ext&#233;rieur &#187; dans des actions symboliques d&#233;nu&#233;es de sens. Le 20 juillet, cependant, 200 employ&#233;s d'E-Land ont occup&#233; un point de vente &#224; S&#233;oul et l'ont ferm&#233;. La r&#233;ponse du gouvernement a &#233;t&#233; d'envoyer 7 000 soldats, policiers et hommes de main embauch&#233;s pour expulser et arr&#234;ter violemment 200 personnes. Le gouvernement en d&#233;clin de Noh Moon Yon (tr&#232;s impopulaire et qui devait quitter ses fonctions en f&#233;vrier 2008) a beaucoup profit&#233; du succ&#232;s de la nouvelle loi. Mais il n'&#233;tait gu&#232;re le seul &#224; percevoir l'importance de la gr&#232;ve. De nombreux grands chaebols sont venus en aide &#224; E-Land avec des millions de dollars de pr&#234;ts. La KCTU, pour sa part,a promis de pr&#234;ter de l'argent aux syndicats E-Land et New Core lorsque leurs fonds de gr&#232;ve seraient &#233;puis&#233;s &#224; la fin de l'&#233;t&#233;, puis a reni&#233; son offre. La KCTU a constamment fait pression sur les syndicats de l'entreprise pour qu'ils viennent &#224; la table de n&#233;gociation tandis que la direction d'E-Land n'a offert aucune concession. A Pohang, en novembre, E-Land a m&#234;me tent&#233; d'ouvrir un nouveau point de vente avec uniquement des travailleurs occasionnels. 500 employ&#233;s d'E-Land et autres occasionnels ont non seulement bloqu&#233; l'entr&#233;e du magasin, mais ont &#233;galement attaqu&#233; et d&#233;sarm&#233; la police et les voyous qui le prot&#233;geaient. Des actions similaires, y compris des blocages et des occupations de magasins, se sont produites par intermittence tout au long de l'automne. Peut-&#234;tre le plus remarquable dans la gr&#232;ve E-Land, contrairement &#224; de nombreuses gr&#232;ves ant&#233;rieures avec le travail occasionnel comme principal probl&#232;me, &#233;tait la large sympathie et le soutien de la gr&#232;ve parmi les travailleurs dans la m&#234;me situation pr&#233;caire.Un boycott &#224; l'&#233;chelle nationale avait r&#233;duit les ventes de 30 % &#224; l'&#233;chelle nationale en d&#233;cembre 2007, et m&#234;me les m&#233;dias avaient accord&#233; une couverture g&#233;n&#233;ralement favorable &#224; la gr&#232;ve, au moins dans les premi&#232;res semaines. Que la gr&#232;ve d'E-Land r&#233;cup&#232;re ou non les emplois des gr&#233;vistes (&#224; ce stade, il semble que ce ne sera pas le cas), ce sera une victoire pour le mouvement ouvrier dans son ensemble en faisant enfin de la pr&#233;carisation du travail en Cor&#233;e du Sud une question qui ne peut plus &#234;tre ignor&#233;. En d&#233;cembre 2007, le candidat d'extr&#234;me droite Hanaratang (One Nation Party) Lee Myoung Back a remport&#233; les &#233;lections pr&#233;sidentielles avec un soutien important de la classe ouvri&#232;re, une &#233;volution politique qui a probablement scell&#233; le sort de la gr&#232;ve d'E-Land, puisque le nouveau gouvernement (aujourd'hui en place) soutiendrait la gestion d'E-Land encore plus ouvertement que le gouvernement de centre-gauche sortant, largement m&#233;pris&#233;, qui avait d&#233;&#231;u tant de gens.La direction d'E-Land continue de b&#233;n&#233;ficier du soutien financier d'autres grands chaebols cor&#233;ens, alors que les gr&#233;vistes d'E-Land ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s par la quasi-totalit&#233; de leurs alli&#233;s, KCTU en t&#234;te. Le nouveau gouvernement promet une offensive totale de privatisations et de &#171; r&#233;formes de march&#233; libre &#187; et doit n&#233;cessairement d&#233;cevoir ses partisans de la classe ouvri&#232;re, qui exprimaient plus de d&#233;go&#251;t pour l'ancien gouvernement que de soutien au nouveau, ainsi que des r&#234;ves vains que l'ex-PDG de Hyundai Lee Myoung Back ram&#232;nerait les jours de gloire du capitalisme cor&#233;en, qui a pris fin il y a 20 ans. On sait que les gr&#232;ves perdues en Cor&#233;e durent depuis des ann&#233;es avec un noyau dur en diminution tandis que la plupart des gr&#233;vistes trouvent d'autres emplois ou retournent aux anciens. Mais, encore une fois, &#224; cause de la gr&#232;ve d'E-Land,la crise croissante repr&#233;sent&#233;e par le travail pr&#233;caire en Cor&#233;e du Sud ne peut plus &#234;tre rel&#233;gu&#233;e au silence. S&#233;oul, Cor&#233;e du Sud Mars 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibliographie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(J'ai appris beaucoup plus dans les conversations et la collaboration avec des militants cor&#233;ens et des intellectuels pro-ouvriers pour l'article ci-dessus que dans n'importe quel livre, &#224; l'exception de Korean Workers (2001), le seul point de vue complet disponible dans une langue occidentale de Histoire de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne. Je suis bien s&#251;r grandement g&#234;n&#233; par le manque de ma&#238;trise du cor&#233;en. Ce qui suit est une bibliographie sommaire des ouvrages que j'ai trouv&#233;s utiles.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bae, Kichan. La Cor&#233;e &#224; la crois&#233;e des chemins. L'histoire et l'avenir de l'Asie de l'Est. S&#233;oul, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brzezinski, Zbigniew. Le grand &#233;chiquier. La primaut&#233; am&#233;ricaine et ses imp&#233;ratifs g&#233;ostrat&#233;giques. New-York, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cho, Lee-Jay et al. &#233;d. R&#233;formes institutionnelles et politiques pour am&#233;liorer l'efficacit&#233; des entreprises en Cor&#233;e. S&#233;oul, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cho, Lee-Jay et al. &#233;d. R&#233;formes r&#233;glementaires &#224; l'&#232;re de la consolidation financi&#232;re. S&#233;oul, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clifford, M. Tigre troubl&#233;. Hommes d'affaires, bureaucrates et g&#233;n&#233;raux en Cor&#233;e du Sud. Armon, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cuming, Bruce. Les origines de la guerre de Cor&#233;e. Vol. I : Princeton, 1981. Vol. II : Princeton, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis, M. et al. Su&#232;de : Kein Land fuer friedliche Spiele. Reinbek bei Hambourg, 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Graham, E. R&#233;former les conglom&#233;rats industriels cor&#233;ens. Washington DC 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harris, N. La fin du tiers-monde. Londres, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hart-Landsberg, M. et al. Perspectives marxistes sur la Cor&#233;e du Sud dans l'&#233;conomie mondiale. Hampshire (Royaume-Uni), 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hart-Landsberg, M. La ru&#233;e vers le d&#233;veloppement : changement &#233;conomique et lutte politique en Cor&#233;e du Sud. New-York, 1993&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hwang, BD. Nachholende Industrialisierung und autoritaerer Staat. Berlin, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kang, Su-Dol. Fordismus et Hyundaismus. Francfort-sur-le-Main 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, San/Pays de Galles, N. Song of Ariran. New-York, 1941.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, S./Shin, DC Crise &#233;conomique et double transition en Cor&#233;e. S&#233;oul, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, W./Kim, Administration publique cor&#233;enne du PS. S&#233;oul, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Institut de d&#233;veloppement de Jeju/Fondation de l'Asie de l'Est. Construire une communaut&#233; d'Asie du Nord-Est. Vol. II. S&#233;oul, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeong, Seongjin et Shin, Jo-Young. &#171; D&#233;bats sur la crise &#233;conomique au sein de la gauche cor&#233;enne. dans Repenser le marxisme, vol. II, n&#176; 2, printemps 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jomo, KS Tigers en difficult&#233;. Gouvernance financi&#232;re, lib&#233;ralisation et crises en Asie de l'Est. Londres, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johnson, Chalmers. Retour de flamme. 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, Kyeong-won. Transformation post-crise de l'&#233;conomie cor&#233;enne. Une revue de 1998 &#224; 2002. S&#233;oul, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirk, D./Choe, SH Cor&#233;e T&#233;moin. S&#233;oul, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirk, Donald. Dynastie cor&#233;enne. Hyundai et Chung Ju Yung. Hong-Kong, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Koo, Hagen. Travailleurs cor&#233;ens. La culture et la politique de la formation des classes. Ithaque, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commission nationale cor&#233;enne pour l'UNESCO. L'&#233;conomie cor&#233;enne : R&#233;flexions au mill&#233;naire. S&#233;oul, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lee, BH. Verfassungs- und gesellschaftspolitische Konzeptionen und ihre Verwirklicung in der Dritten Republik Koreas (1963-1972).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacobs, Normand. La route cor&#233;enne vers la modernisation et le d&#233;veloppement. Urbaine, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moon, C. et Steinberg, D. La Cor&#233;e en transition. Trois ans sous le gouvernement de Kim Dae-Jung. S&#233;oul, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ogle, G. Cor&#233;e du Sud : la dissidence dans le miracle &#233;conomique. Londres, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parc, Min-na. Naissance de la R&#233;sistance. Histoires de huit militantes ouvri&#232;res. S&#233;oul, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scalapino, R. et Lee, Chong-sik. Le communisme en Cor&#233;e. Vol. I. Berkeley, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soleil, Hak Tae. L'&#233;conomie politique de la consolidation d&#233;mocratique. Politique dynamique du travail en Cor&#233;e du Sud. Kwangju, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alliance politique socialiste. Marx/ R&#233;volution. Documents de la conf&#233;rence internationale SPA &#224; S&#233;oul et Ulsan, octobre 2006. S&#233;oul 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euh, DS. Le mouvement communiste cor&#233;en, 1918-1948. Princeton, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;West, J. Un discours critique sur le droit et l'&#233;conomie cor&#233;ens. Pusan, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Woronoff, J. Les &#233;conomies &#171; miracles &#187; de l'Asie. S&#233;oul, 1986.. Loren Goldner&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Cor&#233;e du Sud</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article1334</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article1334</guid>
		<dc:date>2009-08-09T09:10:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Cor&#233;e du Sud en solidarit&#233; avec une occupation d'usine par des travailleurs licenci&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
Article de Tom Mellen, pour le quotidien communiste britannique Morning Star &lt;br class='autobr' /&gt;
24 juillet 2009 &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ &lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats Sud-cor&#233;ens ont d&#233;marr&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en solidarit&#233; avec les travailleurs en gr&#232;ve qui occupent l'usine d'automobiles de Pyeongtaek depuis plus de deux mois. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Conf&#233;d&#233;ration des Syndicats Cor&#233;ens (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Cor&#233;e du Sud en solidarit&#233; avec une occupation d'usine par des travailleurs licenci&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article de Tom Mellen, pour le quotidien communiste britannique Morning Star&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 juillet 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction JC pour &lt;a href=&#034;http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats Sud-cor&#233;ens ont d&#233;marr&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en solidarit&#233; avec les travailleurs en gr&#232;ve qui occupent l'usine d'automobiles de Pyeongtaek depuis plus de deux mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;d&#233;ration des Syndicats Cor&#233;ens (KCTU &#8211; son acronyme en anglais) &#8211; forte de 700,000 membres &#8211; a d&#233;clar&#233; que &#171; tous les syndicats affili&#233;s &#187; ont soutenus l'action d'hier, qui r&#233;pond &#224; une s&#233;rie d'actions muscl&#233;es men&#233;es par la police anti-&#233;meutes contre des travailleurs syndiqu&#233;s de Ssangyong Motors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de la KCTU a &#233;galement lanc&#233; une gr&#232;ve de la faim et un sit-in en face &#224; l'Assembl&#233;e Nationale &#224; S&#233;oul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 800 travailleurs de Ssangyong occupent l'usine de Pyeongtaek depuis Mai, quand la direction a annonc&#233; qu'elle licencerait 2 646 travailleurs &#8211; 36% du personnel &#8211; dans le cadre d'un &#171; plan de restructuration &#187; touchant cette usine, dont les propri&#233;taires sont chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis jeudi dernier, la direction interdit l'entr&#233;e de toute nourriture dans l'usine et il se dit que les syndicalistes survivraient avec trois ou quatre bols de riz par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi, les patrons ont emp&#234;ch&#233; les docteurs et les infirmiers de p&#233;n&#233;trer dans l'enceinte, lundi, plus de 3,000 policiers des forces anti-&#233;meutes, soutenus par pr&#232;s de 30 v&#233;hicules &#233;quip&#233;s de canons &#224; eau ont pris d'assaut l'enceinte, avec des huissiers brandissant, dans leur sillage, un avis d'expulsion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des forces mobilis&#233;es ne sont pas arriv&#233;s &#224; d&#233;loger les travailleurs, qui se sont r&#233;fugi&#233;s dans l'atelier de peinture de l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier, la police a commenc&#233; &#224; lancer des gaz lacrymog&#232;nes depuis des h&#233;licopt&#232;res sur les travailleurs et des hauts-parleurs ont &#233;t&#233; install&#233;s pr&#232;s du b&#226;timent occup&#233;, balan&#231;ant des messages appelant les travailleurs &#224; quitter l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une centaine de policiers des forces sp&#233;ciales se tiendraient pr&#234;t pour un raid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il n'y a pas encore eu de combat au corps &#224; corps, 16 personnes, dont cinq policiers, ont &#233;t&#233; bless&#233;s jusqu'&#224; maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La KCTU a fait remarquer dans une d&#233;claration que la police et la direction &#171; sont impliqu&#233;es dans une op&#233;ration conjointe visant &#224; casser la gr&#232;ve &#187;, avertissant que &#171; la r&#233;pression polici&#232;re annonce de prochaines catastrophes plus qu'elle ne repr&#233;sente une tentative de r&#233;soudre la crise de Ssangyong Motors. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a d&#233;clar&#233; que la gr&#232;ve doit &#171; continuer avec force, inlassablement, quelque soient les sacrifices et les souffrances que nous puissions avoir &#224; affronter, &#187; ajoutant : &#171; Cette bataille de Juillet d&#233;cidera du sort des travailleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cor&#233;e du Sud : les travailleurs de SSangyong Motors en gr&#232;ve depuis le mois de mai (par Loren Goldner)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;jeudi 30 juillet 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article que nous publions a &#233;t&#233; &#233;crit le 17 juillet 2009. Cette gr&#232;ve dans l'usine de SSangyong Motors poss&#232;de, de fait, une importance internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, elle exprime le refus des travailleurs d'accepter les licenciements que les propri&#233;taires des grands groupes automobiles justifient en utilisant la situation de crise du secteur. Les travailleurs de SSangyong Motors avaient pourtant d&#233;j&#224; accept&#233; des baisses de salaires, des r&#233;ductions de primes, etc. Mais, d&#232;s le mois de mai 2009, pour quelque 2500 d'entre eux se posait la question du maintien de leur poste de travail. Alors, ils ont dit NON aux licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pratique de r&#233;duction de l'emploi est &#224; l'&#339;uvre m&#234;me dans le groupe sud-cor&#233;en KIA-Hyundai. Il conna&#238;t, pourtant, une contraction tr&#232;s limit&#233;e de sa production, compar&#233;e aux autres groupes transnationaux. Il ouvre d'ailleurs une usine aux Etats-Unis pour y accro&#238;tre sa part de march&#233;. Kia-Hyundai d&#233;veloppe une politique brutale de &#171; restructuration &#187; et introduit une &#171; flexibilisation &#187; encore accrue de l'usage de sa main-d'&#339;uvre. Voil&#224; une dimension du processus de concentration et centralisation au sein de la branche automobile ; elle s'accompagne d'une vaste destruction de capitaux (fermetures d'usines de montage, d'&#233;quipementiers, licenciements&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 17 juillet 2009, la tension est mont&#233;e d'un cran chez SSangyong Motors. Le lundi 20 juillet, les forces de police &#8211; au nombre de 3000, avec trente v&#233;hicules (canons &#224; eau, semi-blind&#233;s) &#8211; sont entr&#233;s dans l'usine. Elles ont entour&#233; les ateliers de peinture occup&#233;s par les travailleurs. La direction leur a ordonn&#233; de reprendre le travail. Ils ont refus&#233;. La police &#233;tait accompagn&#233;e de voyous pay&#233;s par le patronat. Une fois de plus la violence la plus directe s'est exerc&#233;e contre les gr&#233;vistes. Les responsables syndicaux, depuis des mois, subissent des menaces et des actions en justice. Cela a conduit la femme d'un responsable, m&#232;re de deux enfants, au suicide, sous l'effet du stress et des provocations de la direction ainsi que de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces violences polici&#232;res, le 22 juillet 2009, la KCTU (Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats) a organis&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de solidarit&#233;. Elle a dur&#233; trois jours. L'affrontement en Cor&#233;e du Sud porte aussi bien sur l'emploi que sur les violences polici&#232;res et la politique de soutien direct aux grands groupes oligopolistiques (les chaebols). Ils sont soutenus avec ardeur par le gouvernement du pr&#233;sident Lee Myung Bak. Les chaebols auront &#224; nouveau un contr&#244;le direct &#8211; mis partiellement en question apr&#232;s la crise de 1997 &#8211; sur les grandes banques. Cela gr&#226;ce &#224; la l&#233;gislation mise en place par le nouveau gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'est termin&#233;e le 24 juillet. La lutte des ouvriers de SSangyong Motors &#224; Pyeongtaek continue. Elle est affaiblie. Mais la crise sociale et politique n'a pas pris fin en Cor&#233;e du Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la r&#233;daction d'Alencontre.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de SSangyong Motors &#224; Pyeongtaek, en Cor&#233;e du Sud, pr&#232;s de S&#233;oul, est entr&#233;e dans sa huiti&#232;me semaine, et la situation des gr&#233;vistes est de plus en plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons la situation plus g&#233;n&#233;rale : Ssangyong Motors est d&#233;tenue &#224; 51% par la Shanghai Automotive Industry Corporation, une entreprise chinoise. En f&#233;vrier 2009, la compagnie a demand&#233; une mise en faillite, proposant une restructuration et l'usine de Pyeongtaek comme collat&#233;ral (garantie) pour de nouveaux pr&#234;ts pour sortir de la faillite. La cour (tribunal des faillites) a approuv&#233; le plan de faillite, en attendant des licenciements en nombre suffisant pour que la compagnie devienne &#224; nouveau rentable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une s&#233;rie d'actions ont &#233;t&#233; men&#233;es [par les travailleurs] pendant le printemps en pr&#233;vision des licenciements. La gr&#232;ve actuelle a &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;e le 27 mai 2009, lorsque l'entreprise a annonc&#233; les licenciements et les mises &#224; la retraite forc&#233;e de 1700 travailleurs sur 7000, ainsi que le licenciement de 300 travailleurs temporaires. Les travailleurs devant &#234;tre licenci&#233;s ont imm&#233;diatement occup&#233; l'usine en revendiquant qu'il n'y ait ni licenciement, ni travail temporaire ni de sous-traitance. La KMWU (Korean Metal Workers Union - syndicat cor&#233;en des m&#233;tallos) a soutenu l'occupation, mais en essayant de canaliser les n&#233;gociations de mani&#232;re &#224; ce qu'elles portent essentiellement sur la question des licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la mi-juin, environ 1'000 travailleurs poursuivaient encore l'occupation. Leurs &#233;pouses et familles leur apportaient de la nourriture. En partie parce que le gouvernement de la droite dure de Lee Myung-Bak [Grand parti national] subissait une crise politique et que le moment &#233;tait peu favorable &#224; une riposte imm&#233;diate par la police et des casseurs, le gouvernement et la firme n'ont pas r&#233;agi tout de suite. Mais deux semaines plus tard ils se avaient suffisamment repris de l'assurance pour lancer l'offensive. Les travailleurs, pour leur part, s'&#233;taient arm&#233;s de pieds-de-biche et de cocktails Molotov.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 26 et 27 juin 2009, le gouvernement et le patron ont lanc&#233; une attaque en r&#232;gle : des voyous (des casseurs) pay&#233;s, des briseurs de gr&#232;ve recrut&#233;s parmi les travailleurs non licenci&#233;s et la police anti-&#233;meute ont tent&#233; de p&#233;n&#233;trer dans l'usine. Apr&#232;s de violents combats durant lesquels beaucoup de gens ont &#233;t&#233; bless&#233;s, ils ont pris le b&#226;timent principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme ils l'avaient d&#233;j&#224; pr&#233;vu dans leur plan de d&#233;fense, les travailleurs qui occupaient l'usine se sont repli&#233;s dans le secteur de la peinture [peinture des carrosseries]. Ce plan se fondait sur l'id&#233;e que la police ne tirerait pas des bombes lacrymog&#232;nes sur ce secteur hautement inflammable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A S&#233;oul, en janvier 2009, cinq personnes &#233;taient mortes dans un autre incendie, d&#233;clench&#233; au cours d'une confrontation avec la police, ce qui a entra&#238;n&#233; une vague de protestations qui a dur&#233; plusieurs semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, l'administration de Ssangyong Motors a publi&#233; un communiqu&#233; d&#233;clarant qu'il y avait eu assez de violence, mais en r&#233;alit&#233; c'&#233;tait suite &#224; la r&#233;sistance tenace des travailleurs ; les voyous et les policiers ont re&#231;u l'ordre de se retirer. La firme a demand&#233; au gouvernement de s'impliquer directement dans les n&#233;gociations. L'eau a cependant &#233;t&#233; coup&#233;e dans l'usine &#224; la fin juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; une d&#233;cision de justice, les forces de r&#233;pression sont &#224; nouveau intervenues le 11 juillet 2099. La police anti-&#233;meute s'est empar&#233;e de tout le territoire de l'usine &#224; l'exception du secteur de la peinture, encerclant l'ensemble de l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assaut des 26-27 juin visait &#224; isoler la lutte des travailleurs de SSangyong et &#224; briser la gr&#232;ve. Pour tenter de cr&#233;er un mouvement de soutien plus large les travailleurs ont alors organis&#233; une s&#233;rie d'actions de solidarit&#233; &#224; l'ext&#233;rieur de l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que des associations de proches ont men&#233; une campagne d'information et de solidarit&#233; au centre de S&#233;oul et dans la r&#233;gion de Pyeongtaek. Le KMWU a organis&#233; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de quatre heures durant laquelle les m&#233;tallos d'usines de la r&#233;gion se sont r&#233;unis devant les portails de l'usine de SSangyong.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 et le 11 juillet, la KCTU (Korean Confederation of Trade Unions - Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats) a organis&#233; des rassemblements syndicaux au niveau national en solidarit&#233; avec la lutte des travailleurs du SSangyong. Mais ces actions n'ont pas attir&#233; beaucoup de monde. La direction du KMWU h&#233;sitait &#224; lancer une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale afin de riposter aux attaques lanc&#233;es contre les travailleurs de l'usine. Des militants pensent que les directions du KMWU et du KCTU sont davantage pr&#233;occup&#233;es par les prochaines &#233;lections syndicales. (927 militants ont &#233;galement particip&#233; &#224; une gr&#232;ve de la faim d'une journ&#233;e au centre de S&#233;oul le 11 juillet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon mon exp&#233;rience en Cor&#233;e durant ces quatre derni&#232;res ann&#233;es, il s'agit-l&#224; d'actions plut&#244;t rituelles, qui ont rarement une influence sur le r&#233;sultat d'une lutte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le 16 juillet 2009, 3'000 membres du KMWU se sont rassembl&#233;s pour soutenir la gr&#232;ve devant l'h&#244;tel de ville de Pyeongtaek. Lorsqu'ils ont tent&#233; de rejoindre l'usine apr&#232;s le rassemblement, ils ont &#233;t&#233; bloqu&#233;s par la police et 82 travailleurs ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s sur le champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble il est peu probable que la lutte s'&#233;tende &#224; d'autres usines. Les militants sur place pensent que m&#234;me si le KMWU appelait &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, seuls quelques districts le suivraient. Les travailleurs du constructeur automobile Hyundai se trouvent eux-m&#234;mes au milieu de n&#233;gociations salariales. Des usines de fournisseurs dans la r&#233;gion ont d&#233;j&#224; subi des restructurations et il est peu probable qu'ils se mobilisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve en Cor&#233;e : les forces anti-&#233;meute assi&#232;gent l'usine Ssangyong de Pyeongtaek&lt;br class='autobr' /&gt;
mercredi 5 ao&#251;t 2009 (16h48)&lt;br class='autobr' /&gt;
2 commentaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Patrick Garcia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tensions chez l'&#233;quipementier en d&#233;p&#244;t de bilan New Fabris ont marqu&#233; les esprits par la violence de la r&#233;action et les menaces des employ&#233;s victimes d'une crise qui n'en finit pas de saper la sous-traitance automobile fran&#231;aise. En Cor&#233;e, c'est bien pire. Les salari&#233;s de l'usine Ssangyong de Pyeongtaek occupent leur usine depuis plus de 2 mois apr&#232;s que l'annonce d'un plan social pr&#233;voit de mettre dehors 2650 employ&#233;s, soit 37% des effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le propri&#233;taire chinois de la firme (SAIC) n'a pas souhait&#233; sauver la firme et si 1670 employ&#233;s ont accept&#233; de partir, les autres se sont cloisonn&#233;s sur le site r&#233;clamant l'abandon du plan social. Mais la direction a pr&#233;f&#233;r&#233; choisir l'affrontement en coupant l'eau et le gaz aux salari&#233;s retranch&#233;s dans l'usine puis en emp&#234;chant le ravitaillement en nourriture et les m&#233;dicaments. En juin, des &#034;gros bras&#034; embauch&#233;s par la direction ont bien tent&#233; de &#034;lib&#233;rer l'usine&#034; mais ils sont tomb&#233;s sur une r&#233;sistance farouche qui a occasionn&#233; entre 10 et 20 bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 2 mois d'occupation, fin juillet, 3000 policiers, 30 v&#233;hicules, des h&#233;licopt&#232;res ont &#233;t&#233; envoy&#233;s et ont investi l'usine pour d&#233;loger les gr&#233;vistes qui ont une nouvelle fois violemment r&#233;pliqu&#233;. Attaqu&#233;s au gaz lacrymog&#232;ne, asperg&#233;s de produits chimiques, certains ont abandonn&#233; le si&#232;ge mais environ 600 se sont retranch&#233;s dans un entrep&#244;t de peinture contenant beaucoup de produits dangereux et/ou inflammables et ont r&#233;pondu avec des cocktails molotov et des pneus enflamm&#233;s. Ils affirment &#034;vouloir r&#233;sister jusqu'&#224; la mort&#034;. Depuis, le d&#233;but du conflit, 5 salari&#233;s sont morts et la femme d'un des meneurs viendrait de se suicider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les derni&#232;res n&#233;gociations n'ont pas abouti et le si&#232;ge de l'usine par les forces de l'ordre s'est renforc&#233;. La Conf&#233;d&#233;ration Syndicale Internationale s'inqui&#232;te de cette escalade vers la violence :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous sommes profond&#233;ment inquiets du blocus impos&#233; sur l'approvisionnement en eau et en nourriture et l'acc&#232;s aux traitements m&#233;dicaux, ainsi que des tirs incessants au gaz lacrymog&#232;ne et autres substances chimiques sur l'usine &#224; partir d'h&#233;licopt&#232;res. Ceux-ci repr&#233;sentent une atteinte criante &#224; la dignit&#233; humaine la plus &#233;l&#233;mentaire. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CSI a appel&#233; le gouvernement cor&#233;en &#224; amorcer imm&#233;diatement des n&#233;gociations avec le Syndicat cor&#233;en des ouvriers du m&#233;tal et &#224; tenter de trouver la voie d'une r&#233;solution pacifique &#224; travers le dialogue. Avant un drame encore plus grand.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Workers struggle in South Korea</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article1333</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article1333</guid>
		<dc:date>2009-08-09T09:08:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>English</dc:subject>
		<dc:subject>Asie Asia</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;South Korea : General strike called as heavily armed police fail to end car factory occupation &lt;br class='autobr' /&gt;
Wed, 5 Aug 2009. &lt;br class='autobr' /&gt;
Skirmishes in parliament further sign of growing crisis &lt;br class='autobr' /&gt;
Clare Doyle, CWI &lt;br class='autobr' /&gt;
Friday 24 July sees the end of a three-day general strike in South Korea but not the end of a social and political crisis in the country. On Wednesday, 22 July - the day the Korean Confederation of Trade Unions began widespread strike action in solidarity with embattled Ssangyong car workers in (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;English&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot44" rel="tag"&gt;Asie Asia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;South Korea : General strike called as heavily armed police fail to end car factory occupation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wed, 5 Aug 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Skirmishes in parliament further sign of growing crisis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clare Doyle, CWI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Friday 24 July sees the end of a three-day general strike in South Korea but not the end of a social and political crisis in the country. On Wednesday, 22 July - the day the Korean Confederation of Trade Unions began widespread strike action in solidarity with embattled Ssangyong car workers in Pyeontaek - there were stormy scenes in the country's parliament. On live TV, 'Law-makers' &#8211; male and female &#8211; wrestled and punched each other furiously and pulled the speaker's rostrum to the floor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The ruling right wing Grand National Party of President Lee Myung Bak was rail-roading through new legislation on the media. The opposition parties claim it will give huge additional power to the conglomerates or Chaebol that already dominate the country's economy. A similar battle is under way over changes to the law governing banking which will reopen access for the Chaebol to take important shares in the country's major finance institutions. This is seen by many, including the KCTU leaders, as a major retrograde step ; it revives a relationship between the banks and the big monopolies which they believe was one of the causes of the South Korean economy being unable to withstand the Asian crisis of a decade ago.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;South Korea is the fourth largest economy in Asia, heavily dependent on exports and therefore hit particularly hard by the present world economic crisis. Instead of the 7% growth rate promised by Lee Myung Bak when he came into office one year ago, the economy has shrunk by 2%. Ssangyong Motors itself recorded a loss last year of 710 bn won ($567m).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fight for survival&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Against this background, workers in South Korea are literally fighting for their lives. New legislation is being prepared which will abolish many hard won rights to security in employment. It will dramatically increase the number of workers with temporary employment, dangerous working conditions and little or no protection under the law. The whole raft of legislation is known collectively as 'MB (Myung Bak) Evil Bills'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The struggle for survival is what lies behind the dramatic events at Ssangyong Motors. It is a company half owned by Shanghai Motors and finding no market for its cars. Already the union at Ssangyong had agreed to wage cuts, bonus delays and job-sharing or shorter hours per worker.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Many of the 2,646 workers who were declared redundant left the factory to try and find alternative jobs. Six hundred or so refused to leave the factory and, along with supporters, have maintained their occupation for nearly two months. Phalanxes of police invaded the site and corralled them into the massive paint-shop &#8211; an area filled with highly flammable material.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unable to break the workers' resistance, management resorted to cutting off all supplies of gas, water, food and medical assistance. (They are unable to cut off electricity without seeing the vast stocks of paint immediately solidifying !). Thousands of workers have massed at the factory gates in solidarity and organised the provision of food and basic necessities.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On 20 July, over 3,000 riot police were mobilised to end the occupation on behalf of the owners. They had 30 vehicles, including water cannon, lighting vehicles, ladder trucks and helicopters. (Internal e-mails of the company showed that they had been considering using 'sleeping gas' to end the occupation !) Taser guns were used for the first time in a clash with strikers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As the police made their violent advance into the compound, news came of the tragic suicide of the young wife of one of the union leaders. Company managers had been visiting strikers' homes, threatening imprisonment of the activists and confiscation of homes to repay the company's losses. The KCTU holds the company and the government responsible for the homicide of this young mother and of other workers in this giant factory over the years. &#034;Dismissals are, in fact, murder&#034; the union has taken as one of its slogans. Another message spray-painted on the wall of the factory says &#034;If you are not going to talk (with us), kill us !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The anger of the dismissed workers has reached boiling point. They have repulsed the forces of the state with bitter determination and their own armoury of missiles. As helicopters dropped liquid tear gas and pitched battles raged on the ground, Ssangyong's workers devised powerful slings to fight off the invading army with a hail of nuts, bolts and lumps of metal. The police were forced to cower under netting and retreat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So far the occupation holds and the KCTU is considering the next moves. It has called for international solidarity and declared that this is a fight to the end. KCTU leaders have sat fasting outside the Assembly building, even as the fracas inside was in full swing !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A new period of struggle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This confrontation marks the opening of a new wave of class struggle in Asia, just as the magnificent general strike of 1996-97 in South Korea &#8211; the first strike against globalisation - did. As the economic crisis grew at that time, so did the mass battles against entrenched, reactionary politicians throughout the region. Most notable was the overthrow in 1998 of General Suharto's dictatorship in Indonesia.&lt;br class='autobr' /&gt;
The lessons of that period must be learned. Independent class action against the monopolies and against the still-ruling corrupt capitalist parties is vital. It is a tragedy to see renowned class fighters like the long-imprisoned trade union leader, Dita Sari, in Indonesia, recommend support for a presidential candidate who has as a running mate a man who was virtually one of her jailers &#8211; General Wiranto, a right hand man to Suharto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In South Korea the KCTU rails against the Chaebol and calls for a bail-out of the car industry to save the jobs of car workers. What they say about &#8220;writing off&#8221; the shares of Shanghai Motors and other foreign firms amounts to partial nationalisation. But why not go the whole way ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As the CWI has pointed out many times, the Chaebol in South Korea are rotten ripe for take over by the state and for the workers and poor people to begin to reorganise and run them through elected committees. Talk of clipping their claws or limiting their control over banks will not solve the problems. A genuine socialist alternative, advocated by a party based firmly amongst the heroic workers of South Korea, is the only way forward.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For messages of solidarity contact :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lee Changgeun, Korean Confederation of Trade Unions. E-mail : inter@kctu.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;or Jung Hye-won, Korean Metal Workers' Union. E-mail : inter@metal.nodong.org&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Et&#233; 2008 : des luttes sociales en Cor&#233;e du sud</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article728</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article728</guid>
		<dc:date>2008-11-04T08:34:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cor&#233;e du sud - un &#233;t&#233; chaud Au mois de mai dernier, une vague de protestation a d&#233;ferl&#233; sur la Cor&#233;e du Sud. Pendant plus de deux mois, des dizaines, parfois des centaines de milliers de manifestants particip&#232;rent &#224; des manifestations quotidiennes dans le centre de la capitale, S&#233;oul, et des principales agglom&#233;rations cor&#233;ennes. &#192; cette vague de protestation particip&#232;rent non seulement une fraction importante de la jeunesse, celle des lyc&#233;es comme des universit&#233;s, mais aussi un grand nombre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cor&#233;e du sud - un &#233;t&#233; chaud&lt;br class='autobr' /&gt;
Au mois de mai dernier, une vague de protestation a d&#233;ferl&#233; sur la Cor&#233;e du Sud. Pendant plus de deux mois, des dizaines, parfois des centaines de milliers de manifestants particip&#232;rent &#224; des manifestations quotidiennes dans le centre de la capitale, S&#233;oul, et des principales agglom&#233;rations cor&#233;ennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cette vague de protestation particip&#232;rent non seulement une fraction importante de la jeunesse, celle des lyc&#233;es comme des universit&#233;s, mais aussi un grand nombre de travailleurs. Bien que d&#233;clench&#233;e par un &#233;v&#233;nement dont l'importance peut para&#238;tre plut&#244;t secondaire &#8211; la d&#233;cision du gouvernement d'autoriser la reprise des importations de viande de b&#339;uf en provenance des &#201;tats-Unis &#8211; cette vague de protestation se transforma rapidement en un mouvement d'opposition &#224; l'ensemble de la politique du Grand Parti National (GPN) actuellement au pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais surtout, cette vague de protestation de rue se doubla d'une vague de gr&#232;ves affectant de nombreuses industries, dans lesquelles les travailleurs, se sentant sans doute renforc&#233;s par les manifestations, mirent en avant leurs propres revendications, en usant de leurs propres armes, celles de la lutte de classe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est &#224; noter que, dans ces &#233;v&#233;nements, l'&#201;tat de la Cor&#233;e du Sud, cet &#201;tat dont on vante tant le caract&#232;re &#171; d&#233;mocratique &#187; &#224; l'Ouest, surtout lorsqu'il s'agit de stigmatiser son voisin de Cor&#233;e du Nord, eut tr&#232;s largement recours &#224; la r&#233;pression. Dans une certaine mesure, mal lui en a pris, car la brutalit&#233; de la r&#233;pression ne fit que renforcer la d&#233;termination des manifestants et des gr&#233;vistes. En tout cas, cette brutalit&#233; n'a pas emp&#234;ch&#233; le gouvernement d'&#234;tre s&#233;v&#232;rement secou&#233; par ces &#233;v&#233;nements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;gime du GPN - un pedigree douteux&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Grand Parti National aujourd'hui au pouvoir n'est rien d'autre que la derni&#232;re r&#233;incarnation du &#171; Parti R&#233;publicain D&#233;mocratique &#187; form&#233; en 1963 par le dictateur militaire de l'&#233;poque, le g&#233;n&#233;ral Park Chung Hee, comme expression politique de sa dictature. Bien que la presse le d&#233;crive souvent comme un parti de &#171; centre droit &#187;, il s'agit d'un appareil r&#233;actionnaire, tr&#232;s li&#233; aussi bien aux sph&#232;res dirigeantes des milieux d'affaires qu'&#224; celles de l'arm&#233;e et de ses mentors am&#233;ricains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le candidat du GPN, Lee Myung Bak, remporta les &#233;lections pr&#233;sidentielles de d&#233;cembre 2007, ce fut essentiellement par d&#233;faut. D'ailleurs, &#224; certains &#233;gards, il paraissait mal plac&#233; pour l'emporter. En tant qu'ancien directeur g&#233;n&#233;ral de la fili&#232;re construction du trust Hyundai (la plus importante entreprise de Cor&#233;e du Sud), c'&#233;tait le premier candidat &#224; une pr&#233;sidentielle qui ait jamais pris le risque d'appara&#238;tre ouvertement comme un repr&#233;sentant de ces &#171; chaebols &#187; tant ha&#239;es dans les classes populaires - ces entreprises industrielles familiales g&#233;antes qui dominent l'&#233;conomie et furent b&#226;ties &#224; coup de financements publics, au cours des quatre d&#233;cennies de dictature militaire qui suivirent la Seconde Guerre mondiale. Qui plus est, Lee Myung Bak &#233;tait aussi le premier candidat &#224; se pr&#233;senter dans une telle &#233;lection alors qu'il &#233;tait l'objet d'une enqu&#234;te criminelle pour corruption concernant des faits qui s'&#233;taient d&#233;roul&#233;s lors de son passage &#224; la mairie de S&#233;oul.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le seul v&#233;ritable rival de Lee Myung Bak &#233;tait le candidat du pr&#233;c&#233;dent parti au pouvoir, qui &#233;tait discr&#233;dit&#233; par ses dix ann&#233;es de gouvernement. L'administration pr&#233;c&#233;dente avait fait grand usage de rh&#233;torique anti-am&#233;ricaine pour faire passer sa politique d'aust&#233;rit&#233; aupr&#232;s des classes populaires, ce que celles-ci n'avaient gu&#232;re appr&#233;ci&#233;. De ce fait, de nombreux &#233;lecteurs choisirent de voter pour l'un des nombreux &#171; petits &#187; candidats ou de s'abstenir. Cela permit &#224; Lee Myung Bak d'arriver en t&#234;te du scrutin avec 47,7 % des voix &#8211; contre 25,7 % &#224; son rival &#8211; mais avec un taux d'abstention de 37 %, sans pr&#233;c&#233;dent en Cor&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, un facteur non n&#233;gligeable dans le succ&#232;s du GPN fut sans doute l'alliance form&#233;e par ce parti avec la plus importante des deux conf&#233;d&#233;rations syndicales du pays, la F&#233;d&#233;ration des Syndicats Cor&#233;ens (FKTU), l'h&#233;riti&#232;re directe du syndicat officiel cr&#233;&#233; en son temps par la dictature militaire. Cette alliance donna une certaine cr&#233;dibilit&#233; aux promesses &#233;lectorales de Lee Myung Bak, parmi lesquelles celle de cr&#233;er 600 000 emplois nouveaux chaque ann&#233;e gr&#226;ce &#224; une croissance annuelle de 7 %, de mettre fin &#224; la discrimination dont sont victimes les travailleurs pr&#233;caires, d'introduire des mesures de &#171; discrimination positive &#187; au b&#233;n&#233;fice des familles d&#233;favoris&#233;es dans l'&#233;ducation (qui est payante en Cor&#233;e), de r&#233;duire les imp&#244;ts des foyers les plus d&#233;munis, etc. Gr&#226;ce &#224; la caution de la FKTU, un tel langage a pu cr&#233;er des illusions et gagner des voix populaires au GPN, d'autant plus que son principal rival s'abstenait de s'engager sur le terrain social.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#224; peine Lee fut-il &#233;lu que les pratiques douteuses du GPN prirent le devant. Une longue s&#233;rie de scandales de corruption &#233;clata, mettant en cause les cercles dirigeants de ce parti ainsi que l'entourage du nouveau pr&#233;sident, m&#234;me si Lee fut personnellement mis hors de cause par les enqu&#234;teurs en fin de compte.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'orientation pro-patronale du GPN fut bient&#244;t soulign&#233;e par l'annonce d'un programme de privatisation &#224; grande &#233;chelle dans le secteur d'&#201;tat, tr&#232;s important en Cor&#233;e. Pour faire bonne mesure, le nouveau pr&#233;sident annon&#231;a son intention d'assouplir la r&#233;glementation qui interdisait aux &#171; chaebols &#187; de prendre le contr&#244;le d'&#233;tablissements financiers, annulant de ce fait les mesures d'urgence qui avaient &#233;t&#233; prises lors de la crise financi&#232;re de 1997, et ceci malgr&#233; une s&#233;rie de scandales financiers dans lesquels les dirigeants de certaines &#171; chaebols &#187; (dont ceux de Samsung et de Hyundai) furent condamn&#233;s pour d&#233;tournement de fonds et autres escroqueries financi&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette orientation fut relay&#233;e par le nouveau ministre du Travail, Lee Young Hee, qui venait des sph&#232;res dirigeantes de la FKTU apr&#232;s un passage dans les sph&#232;res universitaires. En d&#233;pit de son pass&#233; syndical, le nouveau ministre se fit tr&#232;s vite remarquer par ses prises de positions r&#233;actionnaires. C'est ainsi, qu'il mena&#231;a de &#171; licenciements massifs &#187; les travailleurs qui tenteraient de s'opposer aux &#171; r&#233;formes &#187; du r&#233;gime. &#192; la presse, il tint &#224; d&#233;clarer que les augmentations salariales annuelles n'avaient rien d'une n&#233;cessit&#233; et que les travailleurs &#233;taient &#171; sur-prot&#233;g&#233;s &#187; par le code du travail, tout en affirmant &#224; n'en plus finir sa d&#233;termination de r&#233;primer toute gr&#232;ve &#171; ill&#233;gale &#187;. Il ne fut plus question des promesses &#233;lectorales qu'avait faites Lee Myung Bak, tandis que la politique pro-patronale du GPN encourageait les entreprises &#224; acc&#233;l&#233;rer les &#171; restructurations &#187;, de sorte que le ch&#244;mage se mit &#224; augmenter de plus belle, tandis que la hausse des prix r&#233;duisait de plus en plus le niveau de vie des travailleurs (la hausse des prix &#224; la consommation en Cor&#233;e du Sud a &#233;t&#233; l'une des plus &#233;lev&#233;es parmi les pays industrialis&#233;s depuis le d&#233;but de la crise financi&#232;re actuelle).&lt;br class='autobr' /&gt;
En cons&#233;quence, si Lee Myung Bak et ses promesses &#233;lectorales avaient pu cr&#233;er des illusions, elles n'ont pas tard&#233; &#224; se dissiper. C'est ce que l'on vit lors des &#233;lections l&#233;gislatives d'avril 2008. La proportion d'opinions favorables &#224; Lee Myung Bak dans les sondages &#233;tait tomb&#233;e &#224; moins de 30 %. Le GPN parvint tout juste &#224; obtenir une majorit&#233; de deux si&#232;ges au Parlement (et encore, uniquement gr&#226;ce au mode de scrutin) tandis que le taux d'abstention battait un nouveau record avec 54 % des inscrits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du b&#339;uf am&#233;ricain &#224; l'explosion du m&#233;contentement&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tincelle qui d&#233;clencha la vague de protestation, la d&#233;cision du gouvernement de reprendre les importations de viande de b&#339;uf am&#233;ricaine, est le dernier &#233;pisode d'une longue saga remontant &#224; 2003, lorsque furent suspendues ces importations apr&#232;s que des cas de maladie de la &#171; vache folle &#187; eurent &#233;t&#233; annonc&#233;s aux &#201;tats-Unis. Ce fut un coup dur pour l'agro-alimentaire et les &#233;leveurs de bovins am&#233;ricains car la Cor&#233;e du Sud &#233;tait l'un des plus gros importateurs de viande bovine du monde et un gros client des &#201;tats-Unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 2003, la question des importations de viande bovine par la Cor&#233;e du Sud &#233;tait une pomme de discorde permanente dans les marchandages &#233;conomiques entre Washington et S&#233;oul. Finalement, lorsque l'Accord de libre &#233;change am&#233;ricano-cor&#233;en fut finalis&#233; en 2007, Washington imposa sa loi en exigeant la reprise des importations cor&#233;ennes de viande de b&#339;uf am&#233;ricaine comme pr&#233;alable &#224; la mise en &#339;uvre du trait&#233;. Une longue s&#233;rie de discussions destin&#233;es &#224; d&#233;finir des standards sanitaires pour la viande import&#233;e s'ensuivirent, et un accord fut sign&#233; le 18 avril 2008, entra&#238;nant la reprise des importations cor&#233;ennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, entre temps, la question du b&#339;uf am&#233;ricain &#233;tait devenue un enjeu dans les rivalit&#233;s politiciennes, y compris au sein du GPN lui-m&#234;me. S'appuyant sur la m&#233;fiance compr&#233;hensible de la population cor&#233;enne, la peur des fermiers cor&#233;ens de faire les frais de la comp&#233;tition am&#233;ricaine et les sentiments anti-am&#233;ricains tr&#232;s r&#233;pandus dans le pays, une partie de la classe politique fit de ces importations une affaire de souverainet&#233; nationale autant que de sant&#233; publique. De ce fait, les premi&#232;res manifestations contre la reprise des importations de b&#339;uf am&#233;ricain, &#224; partir du 2 mai 2008, rendirent un ton nettement nationaliste, &#224; telle enseigne d'ailleurs que certains groupes de l'extr&#234;me-droite nationaliste tent&#232;rent de se porter &#224; la t&#234;te des manifestants, sans grand succ&#232;s, il est vrai.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but, dans la capitale, tandis que les paysans organisaient leurs propres rassemblements &#224; part, la majorit&#233; des participants aux manifestations &#233;taient des lyc&#233;ens, bient&#244;t rejoints par des &#233;tudiants. Beaucoup portaient une pancarte manuscrite dans une main et une bougie allum&#233;e dans l'autre, un symbolisme h&#233;rit&#233; du temps de la dictature, o&#249; il &#233;tait destin&#233; &#224; repr&#233;senter la non-violence pr&#244;n&#233;e par l'aile du mouvement contre la dictature qui &#233;tait anim&#233;e par les courants religieux. Mais &#224; la fin mai, apr&#232;s que le nombre des participants eut &#233;t&#233; grossi par la d&#233;cision du gouvernement de passer outre &#224; l'opposition de la rue en reprenant les importations de b&#339;uf, le caract&#232;re de ces manifestations changea.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'annonce de cette d&#233;cision poussa des dizaines de milliers de manifestants de tous milieux dans la rue tandis que quelque 1700 organisations et comit&#233;s locaux les soutenaient. En dehors des slogans tels que &#171; Lee Myung Bak, tu n'as qu'&#224; manger ta vache folle &#187; ou &#171; Halte &#224; l'accord sur le b&#339;uf &#187;, d'autres commenc&#232;rent &#224; faire leur apparition, r&#233;clamant la destitution de Lee Myung Bak ou condamnant ses plans de privatisation. Au fil des jours suivants, alors que les manifestations devenaient quotidiennes dans les plus grandes villes et que de nouveaux contingents de manifestants les rejoignaient, les slogans figurant sur leurs pancartes se diversifi&#232;rent : certains r&#233;clamaient, par exemple, des salaires ou des retraites d&#233;cents, d'autres le droit &#224; la protection sociale pour tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un facteur important dans l'&#233;largissement des sujets de m&#233;contentement exprim&#233;s par les manifestants fut la d&#233;cision de la Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats (KCTU, la 2e conf&#233;d&#233;ration syndicale du pays, issue de l'explosion ouvri&#232;re qui fit tomber la dictature militaire &#224; la fin des ann&#233;es quatre-vingts) de participer au mouvement. Non pas que la direction de la KCTU ait cherch&#233; &#224; intervenir dans les manifestations pour leur donner une autre orientation, ce qu'elle aurait pu tenter de faire, en mettant en avant des objectifs offrant &#224; la classe ouvri&#232;re et &#224; la jeunesse une perspective de lutte face &#224; l'offensive patronale et gouvernementale. Au contraire la KCTU choisit de s'aligner sans r&#233;serve derri&#232;re les organisations qui voulaient restreindre le mouvement &#224; la seule question du b&#339;uf am&#233;ricain. C'est ainsi que sa premi&#232;re initiative fut d'envoyer ses militants par centaines pour faire le blocus des entrep&#244;ts frigorifiques o&#249; &#233;taient entrepos&#233;s les chargements de b&#339;uf import&#233;s des USA, tout en demandant &#224; ses membres qui participaient aux manifestations de s'abstenir de porter toute banni&#232;re ou symbole d'appartenance syndicale. Ce faisant, les dirigeants de la KCTU faisaient le choix de mettre les travailleurs &#224; la remorque de la cohorte des groupements petit-bourgeois, nationalistes et verts, qui s'&#233;tait mise &#224; la t&#234;te du mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, le seul fait que la KCTU ait appel&#233; les travailleurs &#224; se joindre au mouvement, m&#234;me si ce n'&#233;tait que pour y d&#233;fendre leur sant&#233; face aux risques potentiels d'infection li&#233;s aux importations de b&#339;uf am&#233;ricain, eut pour effet de changer l'impact social du mouvement. Les travailleurs qui se joignirent aux manifestations n'avaient que faire des consid&#233;rations tactiques des dirigeants de la KCTU. Pour eux, cette mobilisation &#233;tait une occasion de manifester leur col&#232;re face &#224; l'offensive patronale et &#224; la politique anti-ouvri&#232;re du r&#233;gime, et ils se servirent de cette occasion pour dire ce qu'ils avaient sur le c&#339;ur et mettre en avant leurs propres revendications au milieu des slogans contre le b&#339;uf am&#233;ricain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement se d&#233;veloppe&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant le week-end du 31 mai, o&#249; le lundi &#233;tait f&#233;ri&#233;, les manifestations prirent une forme nouvelle &#224; S&#233;oul, forme qu'elles devaient conserver durant le mois de juin, en plus des manifestations quotidiennes en semaine : cette fois, les manifestations occup&#232;rent le square faisant face &#224; la mairie de S&#233;oul pendant les 72 heures que dura ce week-end. Les organisateurs estim&#232;rent que 100 000 personnes avaient particip&#233; de bout en bout &#224; ce rassemblement-marathon, tandis que la police indiquait le chiffre de 40 000.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'occasion, le r&#233;gime avait voulu faire une d&#233;monstration de force. Des milliers d'hommes de la police anti-&#233;meute avaient &#233;t&#233; mobilis&#233;s, avec leur &#233;quipement des grands jours. Lorsque tard dans la soir&#233;e du samedi soir, des milliers de manifestants entreprirent de marcher sur la &#171; Maison Bleue &#187; (&#233;quivalent cor&#233;en de la Maison Blanche de Washington), il y eut des affrontements violents. On put voir par la suite sur Internet des photos et des vid&#233;os de policiers passant &#224; tabac des manifestants isol&#233;s. La police indiqua qu'il y avait eu 228 arrestations et 70 bless&#233;s parmi les manifestants, bien que ce dernier chiffre soit &#224; coup s&#251;r tr&#232;s en-dessous de la r&#233;alit&#233; car de nombreux bless&#233;s furent trait&#233;s sur place par des &#233;quipes de m&#233;decins volontaires pour &#233;viter le risque de se faire arr&#234;ter s'ils allaient dans un service d'urgence hospitalier. Quoi qu'il en soit, les brutalit&#233;s polici&#232;res incit&#232;rent un grand nombre de nouveaux participants &#224; rejoindre les manifestants, cette fois pour protester contre les violences polici&#232;res. Les manifestations se poursuivirent quotidiennement jusqu'au mardi 10 juin, anniversaire d'une grande manifestation de 1987, contre l'assassinat d'un &#233;tudiant abattu par la police, qui fut l'une des &#233;tapes dans la mobilisation qui amena la chute de la dictature. Apr&#232;s les violences polici&#232;res des jours pr&#233;c&#233;dents, cet anniversaire dut appara&#238;tre &#224; beaucoup comme une occasion de protester contre des m&#233;thodes qui ne rappelaient que trop celles de la dictature.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce soir-l&#224;, pour citer le quotidien d'affaires Korea Times, qu'on ne peut suspecter d'&#233;prouver une sympathie exag&#233;r&#233;e envers les manifestants, &#171; des centaines de milliers de manifestants remplirent les seize voies de la rue Sejong au centre de S&#233;oul. (...) La coalition des groupes civiques affirme qu'un million de manifestants descendirent dans les rues ce jour-l&#224;, dont 500 000 &#224; S&#233;oul, tandis que la police estime le nombre des manifestants &#224; 200 000 dans la capitale. Des dizaines de milliers de citoyens particip&#232;rent &#233;galement &#224; d'autres rassemblements &#224; Busan, Kwangju et des dizaines d'autres villes du pays (...). Quelque 40 000 hommes de la police anti-&#233;meute avaient &#233;t&#233; mobilis&#233;s &#187;. Quelle que soit la valeur de ces estimations, la mobilisation polici&#232;re en dit quand m&#234;me long sur l'ampleur de ces manifestations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce renforcement du mouvement prit le r&#233;gime par surprise et le conduisit &#224; l&#226;cher du lest par un geste symbolique. Le ministre du Commerce fut d&#233;p&#234;ch&#233; &#224; Washington pour rechercher un nouvel accord avec les autorit&#233;s am&#233;ricaines, afin de donner un r&#233;pit &#224; S&#233;oul. Mais l'administration Bush, qui se moquait bien des difficult&#233;s de ses alli&#233;s cor&#233;ens, se refusa &#224; la moindre concession. S&#233;oul n'&#233;tait bien s&#251;r pas en position d'imposer quoi que ce soit &#224; Washington, de peur de compromettre les profits que les &#171; chaebols &#187; esp&#233;raient faire sur le march&#233; am&#233;ricain gr&#226;ce &#224; l'Accord de libre &#233;change de 2007. Le gouvernement du GPN en fut donc r&#233;duit &#224; faire face &#224; la tourmente, en recourant &#224; la r&#233;pression pour d&#233;courager les manifestants et en esp&#233;rant que le mouvement finirait bien par retomber.&lt;br class='autobr' /&gt;
En terme de nombre, le 10 juin marqua le point culminant de la mobilisation dans les rues, m&#234;me si jusqu'&#224; la fin juin, des dizaines de milliers de manifestants continu&#232;rent &#224; descendre dans la rue chaque jour. En juillet, les manifestations quotidiennes se poursuivirent, mais la participation diminua lentement, tandis que, vers la fin du mois, les manifestations devinrent moins r&#233;guli&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais bien avant que les manifestations de rue en viennent &#224; marquer le pas, le gouvernement fut confront&#233; &#224; une menace potentiellement bien plus s&#233;rieuse, lorsque le centre de gravit&#233; du mouvement de protestation se d&#233;pla&#231;a vers la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le poids de la pr&#233;carisation&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais avant d'aborder cette phase du mouvement, qu'en est-il de la situation de la classe ouvri&#232;re sud-cor&#233;enne et des probl&#232;mes auxquels elle est confront&#233;e ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le recours &#224; une main-d'&#339;uvre pr&#233;caire surexploit&#233;e a &#233;t&#233; l'un des facteurs cl&#233;s, avec les aides de l'&#201;tat, dans le d&#233;veloppement rapide de l'&#233;conomie cor&#233;enne depuis le jour des ann&#233;es soixante o&#249; la dictature militaire d&#233;cida de s'orienter vers l'&#233;dification volontariste d'une industrie d'exportation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, les diverses cat&#233;gories de travailleurs pr&#233;caires constituent environ 54 % de la classe ouvri&#232;re salari&#233;e (soit 8,7 millions de travailleurs sur 15,9 millions). &#192; ce nombre, il faut ajouter environ deux millions de travailleurs pr&#233;tendument &#171; ind&#233;pendants &#187;, mais qui sont en fait des salari&#233;s pr&#233;caires d&#233;guis&#233;s et souvent encore plus mal trait&#233;s que les pr&#233;caires &#171; officiels &#187;. De sorte que, sans m&#234;me compter la main-d'&#339;uvre familiale non pay&#233;e, la proportion des travailleurs pr&#233;caires atteint 60 % de la classe ouvri&#232;re (10,7 millions sur 17,9 millions), proportion qui n'a cess&#233; d'augmenter depuis la crise financi&#232;re de 1997.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le droit du travail cor&#233;en d&#233;finit deux sortes de statut pour les travailleurs, les travailleurs dits &#171; r&#233;guliers &#187; et les &#171; irr&#233;guliers &#187;, les premiers b&#233;n&#233;ficiant, entre autres, d'une protection tr&#232;s relative contre les licenciements abusifs. Mais cette dichotomie ne fait que dissimuler le nombre effarant de formes de pr&#233;carit&#233; qui existent dans ces deux cat&#233;gories de travailleurs. La cat&#233;gorie qui se rapproche le plus des CDI tels qu'on les conna&#238;t en France est celle des travailleurs dits &#171; permanents r&#233;guliers &#187;. Mais il existe des travailleurs &#171; permanents irr&#233;guliers &#187;, qui sont des pr&#233;caires auxquels les entreprises font appel en priorit&#233; lorsqu'elles ont besoin de main-d'&#339;uvre, mais qu'elles renvoient chez eux lorsqu'elles n'en ont plus besoin ; n&#233;anmoins ces travailleurs doivent &#234;tre pr&#234;ts &#224; tout instant &#224; r&#233;pondre &#224; la demande sous peine de perdre leur travail potentiel de fa&#231;on d&#233;finitive. Il existe par ailleurs des travailleurs temporaires &#171; r&#233;guliers &#187; et &#171; irr&#233;guliers &#187;, la seule diff&#233;rence &#233;tant que le contrat des premiers est cens&#233; &#234;tre tacitement renouvelable, tandis que pour les seconds le renouvellement est exceptionnel. Il existe parmi les travailleurs &#171; r&#233;guliers &#187; et &#171; irr&#233;guliers &#187; d'innombrables formes d'emplois &#224; temps partiel impos&#233; et, surtout, &#224; horaires variables en fonction des besoins de l'entreprise, et sans garantie de salaire. Le pire, sans doute, est le cas des deux millions de travailleurs &#171; r&#233;guliers &#187; et &#171; irr&#233;guliers &#187; qui sont embauch&#233;s &#224; la journ&#233;e sans jamais avoir la moindre garantie d'avoir du travail le lendemain. Les travailleurs pr&#233;caires sont parfois embauch&#233;s directement par l'entreprise o&#249; ils travaillent, mais le plus souvent ils sont employ&#233;s indirectement, par le biais d'agences, de sous-traitants sur site ou encore de chefs d'&#233;quipe &#171; ind&#233;pendants &#187; qui louent leurs services &#224; l'entreprise en se chargeant de recruter et de g&#233;rer leur propre main-d'&#339;uvre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de cette vari&#233;t&#233; de situations, les travailleurs pr&#233;caires ont deux choses en commun : seule une faible proportion d'entre eux b&#233;n&#233;ficient d'une couverture sociale quelconque (entre 20 et 25 % suivant le type de couverture, contre 65 &#224; 80 % parmi les travailleurs non pr&#233;caires) et leurs salaires sont plus bas que ceux des travailleurs non pr&#233;caires faisant le m&#234;me travail (15 % de moins en moyenne, mais plus de 30 % dans les grandes entreprises). Ce sont en particulier les travailleurs pr&#233;caires qui constituent le plus gros des deux millions de salari&#233;s au salaire minimum l&#233;gal (3 770 wons de l'heure, soit deux euros et demi de l'heure). Les pr&#233;caires ont aussi moins de droits. Nombre d'entreprises ne tol&#232;rent pas les syndicats, mais m&#234;me dans celles qui les tol&#232;rent, un pr&#233;caire qui adh&#232;re au syndicat est automatiquement licenci&#233;, &#224; moins d'agir clandestinement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les luttes dures et longues&lt;br class='autobr' /&gt;
La proportion importante des travailleurs pr&#233;caires dans l'&#233;lectorat a conduit tous les partis politiques &#224; se poser en champions de la lutte contre la discrimination dont ils sont victimes et &#224; effectuer des changements dans la l&#233;gislation les concernant. Mais toutes les r&#233;formes cens&#233;es viser &#224; mettre un terme &#224; cette discrimination se sont retourn&#233;es rapidement contre les travailleurs en g&#233;n&#233;ral, et les pr&#233;caires en particulier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; l'ann&#233;e derni&#232;re, une l&#233;gislation datant de 2004 pr&#233;voyait qu'un travailleur pr&#233;caire pouvait &#234;tre licenci&#233; sans justification &#224; tout moment tant qu'il n'avait pas travaill&#233; au moins trois ans dans le m&#234;me emploi. Au-del&#224; de ces trois ans, l'employeur n'avait pas &#224; changer le statut du travailleur pr&#233;caire, mais simplement &#224; apporter une &#171; raison l&#233;gitime &#187; pour justifier son licenciement - le travailleur pr&#233;caire n'ayant d'autre recours que celui des tribunaux, proc&#233;dure qui peut prendre jusqu'&#224; cinq ans !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 1er juillet 2007, une nouvelle l&#233;gislation entra en application dans les entreprises de plus de trois cents salari&#233;s. La nouvelle loi r&#233;duisit la premi&#232;re p&#233;riode de compl&#232;te libert&#233; pour les patrons de trois &#224; deux ans et leur imposa de donner aux travailleurs pr&#233;caires un statut permanent au-del&#224; de cette p&#233;riode - sans exiger un alignement de leurs salaires et conditions de travail sur ceux des autres travailleurs de l'entreprise, ce qui n'&#233;tait bien s&#251;r pas un hasard. Compar&#233;e aux dispositions pr&#233;c&#233;dentes, cette loi pouvait sembler apporter un certain progr&#232;s. Mais ses failles &#233;taient &#233;videntes et les patrons s'en servirent sur-le-champ &#8211; y compris le gouvernement lui-m&#234;me, pour les 200 000 pr&#233;caires de l'administration. En particulier de nombreux employeurs se mirent &#224; licencier les pr&#233;caires juste avant qu'ils aient termin&#233; leur deuxi&#232;me ann&#233;e. D'autres r&#233;duisirent simplement le nombre de ceux qu'ils employaient directement, organisant un jeu de chaises musicales o&#249; les pr&#233;caires passaient d'un sous-traitant sur site plus ou moins bidon &#224; un autre, sans changer de poste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les probl&#232;mes des travailleurs pr&#233;caires, et les tentatives constantes du patronat de les priver des maigres droits qu'ils ont, ont provoqu&#233; de nombreux conflits dans le pass&#233;. La l&#233;gislation de 2007 marqua le d&#233;but d'une nouvelle vague de tels mouvements de gr&#232;ves. Ceux qui touch&#232;rent la cha&#238;ne de grands magasins NewCore et la cha&#238;ne de supermarch&#233;s Homever (l'ancienne filiale de Carrefour en Cor&#233;e) sont caract&#233;ristiques de ces mouvements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces deux entreprises sont des filiales de E-land, le 26e groupe du pays, et toutes deux emploient une proportion importante de pr&#233;caires : 72 % parmi les 11 000 salari&#233;s de Homever et 84 % parmi les 8 000 salari&#233;s de NewCore. Juste avant que la l&#233;gislation de 2007 entre en vigueur, les deux entreprises s'empress&#232;rent d'anticiper sur les mesures annonc&#233;es en licenciant une partie des travailleurs pr&#233;caires qu'elles employaient directement - 350 &#224; Homever et 300 &#224; NewCore. Cette derni&#232;re eut m&#234;me recours &#224; des gangs arm&#233;s pour intimider les travailleurs vis&#233;s et les convaincre de partir &#171; volontairement &#187; - sans succ&#232;s d'ailleurs, car les travailleurs r&#233;pliqu&#232;rent par la gr&#232;ve tandis que des centaines de syndicalistes en col&#232;re administraient une le&#231;on cuisante aux sbires du patron. &#192; partir du 10 juin 2007, jour o&#249; les syndicats affili&#233;s &#224; la KCTU appel&#232;rent &#224; une gr&#232;ve sur l'ensemble des magasins des deux cha&#238;nes, la r&#233;sistance des travailleurs prit la forme d'une longue s&#233;rie de blocus et d'occupations des magasins, dans lesquels les gr&#233;vistes durent faire face &#224; la police anti-&#233;meute tandis que de nombreux responsables syndicaux &#233;taient tra&#238;n&#233;s en justice et, pour certains, emprisonn&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement le mouvement des travailleurs de NewCore prit fin en ao&#251;t de cette ann&#233;e, apr&#232;s 434 jours de lutte, au cours desquels la plupart des 350 pr&#233;caires licenci&#233;s avaient d&#251; retrouver un emploi ailleurs. Il n'en restait plus que 36 pour r&#233;clamer leur r&#233;int&#233;gration, ce que la direction finit par accepter, non sans exiger en retour du syndicat qu'il abandonne ses autres revendications (et en particulier le changement du statut de tous les travailleurs pr&#233;caires) et qu'il s'engage &#224; ne pas appeler &#224; un mouvement social avant... 2010 ! Quant au mouvement chez Homever, il n'est toujours pas termin&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre mouvement d&#251; &#224; la pr&#233;carit&#233; a attir&#233; l'attention des m&#233;dias cor&#233;ens du fait de la d&#233;termination des ouvri&#232;res en gr&#232;ve, et ce mouvement illustre de fa&#231;on encore plus choquante le caract&#232;re parfois d&#233;sesp&#233;r&#233; de la situation des travailleurs pr&#233;caires. Il s'agit cette fois de Kiryung Electronics, une usine situ&#233;e dans le quartier populaire de Guro, &#224; S&#233;oul. Cette entreprise est connue pour user et abuser du recours &#224; des sous-traitants marrons. En 2005, le syndicat KCTU de l'usine appela &#224; une gr&#232;ve pour obtenir l'embauche directe de toutes les salari&#233;es de l'usine, une revendication bien modeste puisqu'elle n'exigeait m&#234;me pas la fin de leur statut pr&#233;caire. Le patron usa de tous les coups fourr&#233;s possibles pour tenter de briser la gr&#232;ve, &#224; tel point qu'il fut condamn&#233; par des tribunaux, d'ordinaire peu favorables aux travailleurs, pour avoir us&#233; de pratiques ill&#233;gales dans le recrutement de briseurs de gr&#232;ve. Le 11 juin de cette ann&#233;e, faute de voir une quelconque perspective &#224; la gr&#232;ve alors qu'elle &#233;tait sur le point d'atteindre son milli&#232;me jour, le syndicat de l'usine d&#233;cida de recourir au plus d&#233;sesp&#233;r&#233; des moyens d'action : dix syndicalistes entam&#232;rent une gr&#232;ve de la faim &#224; l'entr&#233;e de l'usine. Le 20 ao&#251;t, apr&#232;s 70 jours de gr&#232;ve de la faim, les dix ouvri&#232;res devaient &#234;tre conduites d'urgence &#224; l'h&#244;pital sans avoir obtenu la moindre concession.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un point commun aux gr&#232;ves d&#233;crites ci-dessus, et en fait &#224; toutes les gr&#232;ves li&#233;es aux probl&#232;mes de pr&#233;carit&#233;, est leur isolement. M&#234;me si la KCTU (mais pas la FKTU) exprima son soutien aux gr&#233;vistes, ce soutien n'alla jamais plus loin que l'organisation de quelques rassemblements de militants et la collecte de fonds pour les gr&#233;vistes, alors que les travailleurs, pour leur part, avaient face &#224; eux des patrons qui &#233;taient d'autant plus d&#233;termin&#233;s &#224; ne rien c&#233;der qu'ils pouvaient s'appuyer sur le soutien du gouvernement et du patronat dans son ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gr&#232;ves dans les transports et au-del&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour revenir au mouvement de protestation de cet &#233;t&#233;, il faut garder &#224; l'esprit le fait que des gr&#232;ves similaires &#224; celles d&#233;crites pr&#233;c&#233;demment se d&#233;roulent un peu partout dans le pays - en partie suite &#224; la r&#233;forme du statut des pr&#233;caires de 2007 mais aussi du fait des licenciements qui se produisent du fait du ralentissement de la demande sur le march&#233; mondial.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cas de la gr&#232;ve des transports qui d&#233;marra spontan&#233;ment le 10 juin pour une cat&#233;gorie de travailleurs, mais se transforma en gr&#232;ve nationale du fait de l'intervention de la KCTU, est d'un tout autre ordre &#224; bien des &#233;gards - en particulier du fait que son facteur d&#233;clenchant fut la hausse astronomique du prix du gazole. N&#233;anmoins, elle a ceci de commun avec les gr&#232;ves de pr&#233;caires que les conducteurs de camions concern&#233;s ont eux-m&#234;mes un statut pr&#233;caire un peu particulier et que c'est ce statut qui rendit la hausse du gazole particuli&#232;rement dramatique pour ces travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs cat&#233;gories de conducteurs syndiqu&#233;s particip&#232;rent &#224; ce mouvement. Les premiers &#224; se mettre en branle, spontan&#233;ment, furent les conducteurs de camions porte-containers. Ils furent suivis, cette fois &#224; l'appel de la KCTU, par les conducteurs de camions-bennes du b&#226;timent et des municipalit&#233;s, et ceux d'engins lourds de chantier, tels que bulldozers, excavateurs, mixeurs de ciment, etc. Ces travailleurs ne sont pas salari&#233;s et n'ont donc ni couverture sociale, ni garantie de ressources ou d'emploi. Mais l'&#233;crasante majorit&#233; d'entre eux ne sont pas des artisans. Ce sont des travailleurs pr&#233;caires d&#233;guis&#233;s qui ne poss&#232;dent pas leur outil de travail, pas plus qu'ils ne travaillent pour une entreprise d&#233;termin&#233;e. Ils doivent payer une agence pour qu'elle leur trouve du travail &#224; la t&#226;che, pour lequel ils doivent louer l'&#233;quipement n&#233;cessaire aupr&#232;s d'entreprises de louage sp&#233;cialis&#233;es. Le paiement qu'ils re&#231;oivent de l'entreprise qui utilise leurs services doit ensuite couvrir les frais d'agence, le co&#251;t de location, la maintenance et l'utilisation (assurance, gazole, p&#233;ages, etc.) de l'engin utilis&#233;. Ceci explique que la col&#232;re de ces conducteurs ait explos&#233; face &#224; la hausse du gazole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier groupe &#224; se mettre en gr&#232;ve, le 10 juin, fut donc celui des 13 000 conducteurs de containers dont la gr&#232;ve fut officialis&#233;e trois jours plus tard par le Syndicat cor&#233;en des travailleurs du transport de containers, affili&#233; &#224; la KCTU. Bien que ne conduisant que 4 % des camions du pays, ces conducteurs assurent environ un quart du trafic de containers. De sorte qu'en quelques jours les ports de Busan et Incheon, les deux principaux ports de containers du pays, se trouv&#232;rent paralys&#233;s, bloquant du m&#234;me coup les importations comme les exportations. D&#232;s le 17 juin, les grandes usines de production furent affect&#233;es par le manque de pi&#232;ces et par l'accumulation de la production. Samsung Electronics ferma sa principale usine d'appareils m&#233;nagers &#224; Kwangju, Daewoo Electronics r&#233;duisit la production dans ses usines et les trusts de l'acier POSCO, Hyundai Steel et Dongguk Steel firent de m&#234;me. Entre temps, le 16 juin, les 18 000 conducteurs de camions-bennes et du b&#226;timent de la KCTU avaient rejoint la gr&#232;ve et r&#233;ussirent rapidement &#224; paralyser la majorit&#233; des chantiers du pays (90 % selon la presse d'affaires).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement semble avoir escompt&#233; que la gr&#232;ve des conducteurs de camions et d'engins serait impopulaire. Mais au contraire, l'opinion publique lui fut tr&#232;s favorable, parce qu'elle d&#233;fiait l'autoritarisme du GPN, mais aussi parce qu'elle posait un probl&#232;me qui touchait toute la population, celui du co&#251;t du carburant. Le gouvernement se trouva pris, d'un c&#244;t&#233;, entre les manifestations de rue anti-GPN et la sympathie dont b&#233;n&#233;ficiaient les gr&#233;vistes des transports, et de l'autre l'impact croissant de la gr&#232;ve sur le patronat. Apr&#232;s avoir claironn&#233; qu'il ne c&#233;derait jamais au &#171; chantage &#187; des gr&#233;vistes, le r&#233;gime se mit fi&#233;vreusement &#224; la recherche d'un compromis pour mettre fin &#224; la gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement un accord fut conclu, sous l'&#233;gide des autorit&#233;s, avec le syndicat des conducteurs de porte-containers. Les entreprises de transport c&#233;d&#232;rent une augmentation de 16 % des r&#233;tributions vers&#233;es aux conducteurs (inf&#233;rieure aux 30 % qu'ils revendiquaient, mais significative quand m&#234;me), &#224; laquelle le gouvernement ajouta des mesures allant de la gratuit&#233; des p&#233;ages d'autoroutes la nuit pour ces conducteurs &#224; un resserrement des r&#232;glements r&#233;gissant les tarifs des agences d'affr&#232;tement et des loueurs de camions. Le 23 juin, la plupart des conducteurs concern&#233;s reprirent le travail, sur ce qui constituait sinon une victoire, en tout cas un succ&#232;s encourageant. Les conducteurs d'engins durent poursuivre leur mouvement un peu plus longtemps, mais il se termina sur des concessions similaires, avec, en plus, l'engagement de l'&#201;tat de prendre &#224; son compte les d&#233;penses de gazole sur les chantiers d&#233;pendant de lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais avant m&#234;me que se termine la gr&#232;ve des transports, d'autres secteurs de la classe ouvri&#232;re se lan&#231;aient dans l'action ou mena&#231;aient de le faire, et ceci dans des secteurs aussi vari&#233;s que la sant&#233;, les compagnies d'assurances ou les m&#233;dias, par exemple, mais surtout, l'industrie automobile, le secteur exportateur le plus important du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les n&#233;gociations salariales annuelles qui couvrent l'ensemble des usines d'automobiles syndicalis&#233;es &#233;taient mal parties, dans la mesure o&#249; les gros constructeurs s'&#233;taient donn&#233; le mot pour pratiquer la politique de la chaise vide. Hyundai, Kia, Daewoo et Ssanyong boycottaient donc les discussions, tandis que Renault-Samsung, chez qui les centrales syndicales ne sont pas reconnues, n'avait pas jug&#233; bon de se faire repr&#233;senter. Le Syndicat cor&#233;en des travailleurs de la m&#233;tallurgie (KMWU), le plus grand syndicat de la KCTU avec 140 000 membres, lan&#231;a donc une campagne nationale dans l'automobile, et fit de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 24 heures appel&#233;e le 2 juillet par la KCTU le point de d&#233;part de cette campagne. Ce jour-l&#224;, 80 000 ouvriers arr&#234;t&#232;rent le travail dans treize des plus grosses usines automobiles du pays, sur un total officiel de 170 000 gr&#233;vistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par la suite, du d&#233;but juillet &#224; la fin ao&#251;t, huit gr&#232;ves partielles de 24 &#224; 48 heures eurent lieu chez les gros constructeurs. Les revendications concernaient : l'obtention d'un statut permanent pour le nombre consid&#233;rable de travailleurs pr&#233;caires employ&#233;s par cette industrie ; une compensation financi&#232;re pour la suppression de l'&#233;quipe de nuit traditionnelle (une &#233;quipe &#233;puisante de dix &#224; douze heures suivant les usines) qui entra&#238;nait une diminution importante des revenus pour les ouvriers et une augmentation des cadences dans les deux &#233;quipes de jour ; et une augmentation importante des salaires, alors que l'inflation d&#233;passait officiellement les 6 %.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, au lieu de continuer &#224; donner au mouvement un caract&#232;re unifi&#233; sur l'ensemble de l'automobile, qui aurait permis aux ouvriers de mesurer leurs forces face &#224; l'arrogance patronale, le KMWU laissa ses divers syndicats d'entreprise organiser le mouvement ind&#233;pendamment les uns des autres, diminuant ainsi sa puissance potentielle, &#224; un moment o&#249; la vie politique &#233;tait encore marqu&#233;e par la gr&#232;ve nationale des camionneurs qui venait juste de prendre fin, et par les manifestations d'opposition au r&#233;gime qui se poursuivaient. De sorte qu'en fin de compte, tout se termina par des accords d'entreprises qui s'&#233;chelonn&#232;rent de la fin ao&#251;t &#224; la fin septembre, non sans mal d'ailleurs, car dans plusieurs entreprises, les travailleurs rejet&#232;rent les accords que leur proposaient leurs responsables syndicaux. C'est ainsi qu'&#224; Hyundai, le plus gros constructeur du pays, l'accord recommand&#233; par les responsables syndicaux fut rejet&#233; deux fois avant d'&#234;tre finalement ent&#233;rin&#233; le 29 septembre avec une maigre majorit&#233; de 54 %. Quoi qu'il en soit, &#224; en juger par les concessions obtenues par les travailleurs, il &#233;tait manifeste que le patronat avait eu chaud. &#192; Hyundai, par exemple, l'accord final pr&#233;voyait une augmentation de salaire de 5,6 %, une prime salariale repr&#233;sentant trois mois de salaire et une prime exceptionnelle de trois millions de wons (2 000 euros) qui compensait largement les salaires et primes perdus du fait des arr&#234;ts de travail. Ces accords d&#233;passaient, et de loin, les accords annuels de la derni&#232;re d&#233;cennie. N&#233;anmoins, il &#233;tait significatif qu'aucun de ces grands constructeurs n'ait fait la moindre concession sur la question de la pr&#233;carit&#233;. Il est vrai que les organisations du KMWU, essentiellement implant&#233;es parmi les travailleurs permanents, avaient une fois de plus d&#233;montr&#233; leur caract&#232;re cat&#233;goriel en ne cherchant pas &#224; faire de la situation des pr&#233;caires la pierre angulaire de tout accord avec les employeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cons&#233;quences de la politique de la KCTU&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats affili&#233;s &#224; la KCTU et leurs militants furent incontestablement l'&#233;l&#233;ment moteur des mouvements de gr&#232;ve de l'&#233;t&#233;, m&#234;me si certaines gr&#232;ves, comme celle des conducteurs de camions ou celle de Hyundai Motors, d&#233;marr&#232;rent initialement sans la sanction des dirigeants de la conf&#233;d&#233;ration. De ce fait, la direction de la KCTU et celle de ses principaux syndicats d'industrie, en particulier celle du KMWU, devinrent tr&#232;s vite la cible de la r&#233;pression gouvernementale, au m&#234;me titre que les organisateurs des manifestations anti-gouvernementales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut dire &#224; ce sujet que dans cette Cor&#233;e du Sud &#171; d&#233;mocratique &#187;, il est courant que l'&#201;tat ordonne l'arrestation et la d&#233;tention de militants pour participation &#224; des &#171; rassemblements ill&#233;gaux &#187;, dont la &#171; l&#233;galit&#233; &#187;est d&#233;termin&#233;e de fa&#231;on arbitraire par l'appareil judiciaire. De m&#234;me qu'il est courant que des syndicalistes soient l'objet d'un traitement similaire pour &#171; obstruction aux affaires &#187;, un d&#233;lit qui rel&#232;ve du code criminel cor&#233;en. Dans ce cas, non seulement les syndicalistes perdent leur emploi et se retrouvent en prison, mais ils sont astreints au paiement de dommages et int&#233;r&#234;ts exorbitants &#224; leurs employeurs. Ce genre de r&#233;pression marque la plupart des mouvements de gr&#232;ve tant soit peu importants. Il &#233;tait donc pr&#233;visible que l'&#201;tat recourrait &#224; un moment ou &#224; un autre &#224; de telles m&#233;thodes, aussi bien contre les organisateurs des manifestations que contre les responsables syndicaux, d&#232;s lors qu'il se sentirait suffisamment en position de force.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tant que les manifestations de rue furent dans leur phase ascendante, jusqu'&#224; la mi-juin, puis durant la gr&#232;ve des transports, le gouvernement s'abstint prudemment de se livrer &#224; une r&#233;pression trop spectaculaire. De nombreux manifestants furent arr&#234;t&#233;s, mais il y eut peu d'inculpations et, pour l'essentiel, la police s'abstint de s'en prendre aux organisateurs des manifestations. De m&#234;me, pendant la gr&#232;ve des camionneurs, les autorit&#233;s gard&#232;rent un profil bas, &#233;vitant de se livrer &#224; des arrestations qui auraient risqu&#233; d'&#233;tendre le mouvement et de renforcer la d&#233;termination des gr&#233;vistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais une fois que cette gr&#232;ve fut termin&#233;e, alors que les manifestations commen&#231;aient &#224; marquer le pas, les autorit&#233;s pass&#232;rent &#224; l'offensive. Le 30 juin, la police fit une descente dans les locaux des deux principaux regroupements organisateurs des manifestations tandis que des mandats d'arr&#234;t &#233;taient &#233;mis contre huit de leurs dirigeants. Puis vint la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 2 juillet &#224; l'appel de la KCTU, &#224; la fois contre les importations de b&#339;uf et contre le programme de privatisation annonc&#233; par le gouvernement. Sur le moment la r&#233;pression parut marquer le pas, tandis que le gouvernement attendait sans doute de voir ce qui allait se passer dans l'automobile. Mais apr&#232;s trois semaines, au cours desquelles quatre d&#233;brayages furent organis&#233;s en ordre dispers&#233; dans les grandes usines, les autorit&#233;s jug&#232;rent apparemment qu'elles ne couraient pas trop de risque &#224; reprendre l'offensive. Le 24 juillet, des mandats d'arr&#234;t furent lanc&#233;s contre neuf des principaux dirigeants de la KCTU et du KMWU, sous l'accusation d'&#234;tre instigateurs de la &#171; gr&#232;ve ill&#233;gale &#187; du 2 juillet et des &#171; manifestations ill&#233;gales &#187;. Le si&#232;ge de la KCTU &#224; S&#233;oul fut encercl&#233; par un mur de policiers qui en interdirent l'acc&#232;s nuit et jour. &#192; la mi-ao&#251;t, 21 membres de la direction de la KCTU et du KMWU &#233;taient soit en prison soit poursuivis, tandis que 70 responsables syndicaux du KMWU &#233;taient l'objet de mandats d'arr&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la fin ao&#251;t, la police de S&#233;oul montra son z&#232;le &#224; renouer avec les vieilles habitudes du pass&#233;, en d&#233;poussi&#233;rant la vieille loi anti-communiste, la loi dite de &#171; S&#233;curit&#233; nationale &#187; qui permit aux dictatures pass&#233;es de jeter en prison, voire de condamner &#224; mort, les militants accus&#233;s de sympathie envers le r&#233;gime de Cor&#233;e du Nord, et en s'en servant pour emprisonner sept dirigeants d'une organisation d'extr&#234;me-gauche, la Ligue socialiste des travailleurs. Cette fois, n&#233;anmoins, les juges trouv&#232;rent que les pandores &#233;taient all&#233;s un peu trop loin, et ordonn&#232;rent la relaxe des militants arr&#234;t&#233;s. Mais cela ne les emp&#234;chera pas de faire l'objet de poursuites pour leur participation aux &#233;v&#233;nements de l'&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la KCTU a &#233;t&#233; la premi&#232;re victime de cette r&#233;pression, sa politique aura n&#233;anmoins contribu&#233; &#224; faciliter l'offensive du r&#233;gime. Car en s'abstenant d'offrir une perspective de lutte d'ensemble &#224; ceux qui voulaient combattre la politique du r&#233;gime et en maintenant dans l'isolement les gr&#232;ves dont elle avait la direction, la direction de la KCTU aura affaibli le mouvement dans son ensemble. Comme il a &#233;t&#233; dit plus haut, la KCTU fit tout pour s'aligner sur les objectifs &#233;troits des groupes organisateurs des manifestations, s'abstenant par l&#224; m&#234;me de r&#233;pondre au m&#233;contentement bien plus g&#233;n&#233;ral qu'y exprimaient les manifestants eux-m&#234;mes. Ce fut vrai durant la phase ascendante des manifestations, jusqu'au 10 juin. Mais cela resta vrai apr&#232;s, m&#234;me lorsque la puissance collective que repr&#233;sentait la gr&#232;ve des 30 000 camionneurs membres de la KCTU aurait pu constituer un levier suffisamment puissant pour redonner un souffle au mouvement de protestation et lui offrir une autre perspective que celle de s'opposer aux importations de b&#339;uf, tout en amenant d'autres sections de la classe ouvri&#232;re &#224; r&#233;aliser qu'elles avaient l&#224; une occasion de redresser la t&#234;te et de se mettre en mouvement avec des chances r&#233;elles de succ&#232;s. Il est caract&#233;ristique &#224; cet &#233;gard que la KCTU ait choisi d'appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 2 juillet sur la question des importations de b&#339;uf, m&#234;me si elle y a ajout&#233; celle des privatisations. En fait, ce fut pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison que les syndiqu&#233;s de Hyundai vot&#232;rent contre l'appel de leur direction, tout en d&#233;cidant de faire gr&#232;ve sur la base de leurs propres revendications. Si la KCTU avait choisi de centrer son appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale sur un programme permettant aux travailleurs de r&#233;pondre &#224; l'offensive patronale, elle aurait peut-&#234;tre r&#233;ussi &#224; susciter un sentiment d'unit&#233; et de solidarit&#233; entre les diverses sections de la classe ouvri&#232;re, pr&#233;parant ainsi le terrain &#224; une contre-offensive unifi&#233;e dans l'automobile, voire au-del&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais au lieu de cela, la KCTU fit de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 2 juillet un mouvement essentiellement symbolique, pour lequel aucune suite n'&#233;tait envisag&#233;e ni m&#234;me envisageable compte tenu des objectifs qu'elle lui avait donn&#233;s. Par la suite, le patronat de l'automobile fut confront&#233; &#224; des gr&#232;ves partielles, en ordre dispers&#233;, qui marqu&#232;rent peu la vie politique en-dehors des villes o&#249; se trouvaient les usines concern&#233;es, et furent bien moins efficaces qu'aurait pu l'&#234;tre un mouvement d'ensemble, tout en privant les travailleurs de l'automobile d'une occasion de mesurer leur force. Quant aux gr&#232;ves qui se d&#233;roulaient en m&#234;me temps dans nombre d'autres secteurs, elles furent r&#233;duites &#224; l'isolement par la politique de la KCTU, et les travailleurs qui y participaient furent priv&#233;s de toute occasion de joindre leurs forces &#224; celles des gros bataillons industriels, que ce soit d'abord celles des camionneurs, puis ensuite celles des ouvriers de l'automobile.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, le mouvement de gr&#232;ves comme celui des manifestations contre le r&#233;gime semble &#234;tre retomb&#233;, en tout cas pour le moment. Encore qu'un mouvement de protestation des travailleurs pr&#233;caires semble &#234;tre en train de prendre forme, cette fois en-dehors de la KCTU, bien qu'il soit encore trop t&#244;t pour en mesurer l'importance et la profondeur r&#233;elles. L'avenir dira si la r&#233;pression gouvernementale aura vraiment r&#233;ussi &#224; contraindre les travailleurs &#224; baisser la t&#234;te face aux coups qui leur sont port&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement lui-m&#234;me n'a pas l'air trop s&#251;r de son affaire dans la mesure o&#249; il cherche visiblement &#224; &#233;viter toute explosion de col&#232;re dans les classes populaires. C'est ainsi, par exemple, qu'il a r&#233;duit son programme de privatisations tous azimuts &#224; un programme maintenant largement symbolique. Et cela n'est pas seulement d&#251; &#224; la crise &#233;conomique actuelle car, en Cor&#233;e, bien des privatisations se sont faites sans qu'aucune somme d'argent sonnant et tr&#233;buchant n'entre dans les caisses de l'&#201;tat. Ce n'est donc pas tant le manque de liquidit&#233;s actuel des banques priv&#233;es qui a conduit le gouvernement &#224; revoir sa copie, mais plut&#244;t la crainte d'un retour de b&#226;ton dans la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'ailleurs, la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne a une longue tradition de combativit&#233; et d'organisation, m&#234;me face aux r&#233;gimes les plus r&#233;pressifs. Il y a &#224; peine plus de vingt ans, ce fut elle qui prit l'offensive contre la dictature militaire et s'affronta &#224; une arm&#233;e qui n'h&#233;sitait pas &#224; tirer dans le tas. Et nombre des militants de cette p&#233;riode sont encore aujourd'hui pr&#233;sents dans les ateliers. Le facteur d&#233;cisif dans les luttes &#224; venir sera la volont&#233; de ces militants de transmettre leur exp&#233;rience aux g&#233;n&#233;rations plus jeunes et surtout, de se rappeler qu'il y a vingt ans, ce fut la capacit&#233; de la classe ouvri&#232;re &#224; se dresser d'un seul bloc contre le grand patronat et ses sbires qui assura sa victoire sur la dictature.&lt;br class='autobr' /&gt;
La revue &#034;Luttes de classe&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
4 octobre 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>The Korean Working Class: From Mass Strike to Casualization and Retreat, 1987-2008</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article541</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article541</guid>
		<dc:date>2008-06-25T10:28:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		


		<dc:subject>English</dc:subject>
		<dc:subject>Asie Asia</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;The Korean Working Class: From Mass Strike to Casualization and Retreat, 1987-2008 &lt;br class='autobr' /&gt;
Loren Goldner &lt;br class='autobr' /&gt;
ABSTRACT &lt;br class='autobr' /&gt;
Similar to patterns that have been played out in Spain and Portugal (1974-76) as well as in Brazil (1978-83) since the mid-1970's, the Korean working class in the late 1980's destroyed the foundations of a decades-old military dictatorship with remarkable mass strikes in the years 1987-1990. The strikes resulted in the creation, briefly (1990-1994) of radical democratic unions and (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;English&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot44" rel="tag"&gt;Asie Asia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;The Korean Working Class: From Mass Strike to Casualization and Retreat, 1987-2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loren Goldner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ABSTRACT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Similar to patterns that have been played out in Spain and Portugal (1974-76) as well as in Brazil (1978-83) since the mid-1970's, the Korean working class in the late 1980's destroyed the foundations of a decades-old military dictatorship with remarkable mass strikes in the years 1987-1990. The strikes resulted in the creation, briefly (1990-1994) of radical democratic unions and in high wage increases across the board. But, as in other cases, the working class was relegated to the role of battering ram for a &#8220;democratic&#8221; political agenda that quickly embraced globalization and the neo-liberal mantra of free markets. In fact, even before the strike wave but particularly thereafter, Korean capital was already investing abroad and pushing neo-liberal austerity at home. In 1997-98, the Asian financial crisis forced Korea under the tutelage of the IMF and greatly accelerated the casualization of the Korean working class which had been the main capitalist riposte to the breakthroughs of the late 1980's. Today, at least 60% of the work force is casualized in the most brutal way, subject to instantaneous layoffs and half or less the wages and benefits of the 10% of the work force classified as &#8220;regular workers&#8221;. The bureaucratic remnants of the radical democratic unions of the early 1990's are today reviled corporative organizations of that working-class elite, and as many struggles take place between regular and casualized workers as against capital itself.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part One: Historical Background&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Starting in June 1987 and continuing in significant ways until 1990, the strike wave known in Korea as the Great Workers' Struggle (Nodongja Taettujaeng) ranks with Polish Solidarnosc (1980-81), the Iranian workers councils of (1979-1981) and the Brazilian strike wave of 1978-1983 as one of the foremost episodes of working-class struggle of the 1980's. The strike wave shattered the foundations of almost uninterrupted dictatorship following the end of the Korean War, won significant wage increases for large sectors of the Korean working class, and briefly established (from&lt;br class='autobr' /&gt;
1990 to 1994) radical democratic unions in the National Congress of Trade Unions (ChoNoHyop), committed at least verbally to anti-capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No sooner had this strike wave triumphed when its gains began to be seriously undermined. The ChoNoHyop was destroyed by government repression of its best militants. The government was on the other hand prepared to tolerate the more conservative activists of the Korean Confederation of Trade Unions (Minju Nochong or KCTU), starting in 1995; in December 1996, the government attempted to ram through a labor casualization law that the KCTU half-heartedly opposed in the January 1997 general strike. In the fall of 1997, the Asian financial meltdown brought South Korea under the tutelage of the IMF in exchange for a $57 billion bailout, with the IMF explicitly demanding casualization of labor and mass layoffs as part of its restructuring program. In December 1997 long-time democratic oppositionist Kim Dae Jong was elected president of Korea, and in February 1998 he brought the KCTU into the &#8220;historic agreement&#8221; to accept hundreds of thousands of layoffs and downsizings in accord with IMF demands, in exchange for full legalization.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For window dressing, the Kim Dae Jong government in 1998 also established the Tripartite Commission of state, capital and labor along corporatist lines, a meaningless body which has acted, of course, only on behalf of the state and capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In spite of this grim tableau and almost unending series of setbacks, the Korean working class has had to be beaten down step by step, with long, bitter strikes, and recent events show that this combativity is far from eliminated.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Today, twenty years after the Great Workers' Struggle of 1987, the Korean labor situation has evolved into one of the most successful capitalist casualizations in the world, certainly in any advanced industrial country. Approximately 10% of the Korean work force is organized in KCTU unions with regular jobs and salaries, while another 60% is casualized, outsourced and downsized. At Hyundai Motor Company, for example, one of the bastions of the industrial militancy of 1987-90, regular workers and casual workers work side by side, doing exactly the same jobs, with the casuals earning 50% of the wages of the regular workers (the latter earning between $50,000 and $60,000 per year, plus bonuses and overtime). The KCTU is broadly hated in the casualized working class as a corporatist mouthpiece for the highly-paid regular workers, and regular workers for their part have even physically attacked casual workers when the latter wildcat (as happened for example at Kia Motor Company in August 2007). In the recent (December 2007) elections, large numbers of workers voted for the hard-right One Nation Party (Hanaratang) presidential candidate Lee Myoung Back,&lt;br class='autobr' /&gt;
former Hyundai CEO and mayor of Seoul, in the vain hope of a return to the expansive economy of the 1970's and 1980's.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;How the Korean working class went from offensive struggle and victory to casualization and retreat in a mere two decades, then, is the subject of this article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part Two: Democracy Sells Austerity; Class Struggle In An Authoritarian Development Regime&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We would do well to situate the experience of the Korean working class in the larger cycle of transitions from dictatorship to (bourgeois) democracy, starting in Spain and Portugal (1974-1976), and continuing in such countries as Poland and Brazil. We can&lt;br class='autobr' /&gt;
also note that, after the Iberian &#8220;transitions&#8221;, the subsequent explosions took place during a period of rollback and retreat in the North American and European working classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indeed, they took place in the overall context of world economic crisis following the end of the post-World War II boom. In Iberia, Poland and Brazil, as in South Korea, a major working-class intervention in politics and society was preceded by a lengthy period of intensive &#8220;economic growth&#8221; (of highly varying quality) and intensive repression of independent working class activity,&lt;br class='autobr' /&gt;
organization and wages. In each case, workers' struggles were central to the battle of the broader &#8220;democratic opposition&#8221; against dictatorship, and in each case, the broader &#8220;democratic opposition&#8221; took power and implemented (always in close collaboration with&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;international capital) tough austerity programs that fragmented the working-class movement. One might conclude that &#8220;democracy sells austerity&#8221; and that, indeed, is my conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Korean case, of course, has many specifics that should not be submerged in any general comparison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Korea was, in 1960, considered an economic &#8220;basket case&#8221;, as poor on a per capita basis as India or Tanzania. In 1996, with great fanfare, it was welcomed into the OECD as an &#8220;advanced economy&#8221; and only one year later (as indicated) fell under the control of the&lt;br class='autobr' /&gt;
IMF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nevertheless, Korea, one of the Asian &#8220;tigers&#8221; alongside Taiwan, Hong Kong and Singapore, stood out in the period 1960-1997 as one of a handful of success stories, set against the hundred failures and retrogression of Third World countries that were recipients of Western &#8220;aid&#8221; and IMF and World Bank tutelage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What made Korea different? We can immediately cite its special status (like the other tigers) as a &#8220;showcase&#8221; outpost of American imperialism, whose economic success was an important propaganda counterweight to the (so-called) socialist regimes in the immediate vicinity, namely North Korea, China and the Soviet Union. The United States, with tens of thousands of troops&lt;br class='autobr' /&gt;
in South Korea after the end of the Korean War, tolerated statist development policies there that it routinely opposed or subverted in the rest of the underdeveloped world.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second, South Korea, like Taiwan, was different from almost all other Third World countries by the agrarian reform which definitively eliminated the pre-capitalist &#8220;yangban&#8221; aristocracy between 1945 and 1950. (This reform took place under the intense pressure of the agrarian reform in the north, one extended to the south when Kim il-sung's armies briefly captured almost the entire peninsula in the early months of the war.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Third, South Korea, poor in natural resources and flattened in the hostilities of 1950-1953, is the country par excellence of &#8220;human capital&#8221;, with a heavy emphasis on, not to say mania for education. Even in 1960, there was 90% adult literacy, hardly the case in then-comparable Third World countries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The country was divided at the 38th parallel in 1945 by the occupying armies of the U.S. and the Soviet Union. The defeat of Japan in World War II ended 35 years of Japanese colonial rule, the latter having been an important moment in laying the foundations of a modern capitalist economy (the exact legacy of this period is controversial to this day).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When the Japanese occupiers fled in August 1945, one to two million workers in the US zone built workers' councils (Changpyong, or the Council of National Workers in Choson) in the abandoned factories, less from any specific commitment to worker self-management (the Korean left was overwhelmingly Stalinist)&lt;br class='autobr' /&gt;
than from sheer necessity of producing the basics of daily life. This system of workers' councils was duly shut down by the U.S. occupation authorities in December 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As in the European countries occupied by Nazi Germany and whose bourgeoisies had also been collaborators, the Korean yangban and small capitalist class were politically and socially discredited. From such motley forces, the U.S. occupation had to cobble together a viable government capable of defeating the aroused workers and peasants, many of whom were strongly favorable to Kim il-Sung and his guerrilla forces, and generally in favor of radical change. The U.S. seized upon the figure of Rhee Syngman, and oversaw and participated in the merciless crushing of the left in the southern&lt;br class='autobr' /&gt;
zone in five years of partisan warfare and massacres prior to the outbreak of the war with North Korea in June 1950. Whatever remained of a serious left in 1950 was physically eliminated during the war years or fled to the North (where many of them were also eliminated). The continuity with the pre-1945 Korean left in the south was entirely broken, a factor that played no small role in the reawakening that began in the 1970's.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rhee Syngman ruled a generally inept, economically stagnant South Korea until 1960, propped up entirely by American military support and aid. He was finally overthrown in riots led by students in 1960, and South Korea enjoyed a brief democratic opening. This opening was closed again by the coup d'etat of Park Chung-hee in 1961, and a new era began.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Park Chung-hee was not, or at least not only the typical American-supported two-bit puppet dictator of the post-World War II period. He is widely believed (though to my knowledge no definitive proof has come to light) to have been a Communist as early as 1943, and in 1948 he was arrested as part of a Communist study group of young officers. When he seized power in 1961, the U.S. initially hesitated to recognize him, and several times during his dictatorial rule (1961-1979) the U.S. distrusted his nationalist impulses (as in his independent nuclear power program) and his occasional diplomatic flirtations with North Korea.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Further, Park had been educated at a Japanese military academy during World War II, and was greatly enamored of the Japanese economic development model, which he promptly attempted to emulate in South Korea, with a certain success. Since the Japanese&lt;br class='autobr' /&gt;
model had in turn been copied from the Prussian model in the late 19th century, South Korea acquired a certain &#8220;German&#8221; veneer which is generally obscured under the highly-disputed (and often obscured) Japanese legacy. Park's constitution, for example, was&lt;br class='autobr' /&gt;
written by a Korean jurist who studied law in Germany in the 1950's, and who became enamored with the theories of Carl Schmitt; hence &#8220;state of emergency&#8221; was a cornerstone of Park's ideology. Ahn Ho Sang, who had been openly pro-Nazi in the 1930's and had studied in Germany in the Hitler period, wrote the postwar high school history manuals with the kind of hyper-nationalist mythmaking inherited from German romantic populism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;More fundamentally, Park cracked down on the parasitic capitalists of the Rhee period and either eliminated them or dragooned them into productive investment. He implemented the &#8220;New Village&#8221; (Se Maul) policy in the countryside, designed to fully capitalize agriculture and force large rural populations into the cities and into industrial employment. Through the Cold War anti-Communist Federation of Korean Trade Unions (FKTU), the regime exercised a draconian control over labor, with seven-day, 12-hour shift work weeks not untypical, and enforced when necessary with police terror and torture. During the Park era, the famous chaebol (conglomerates) rose to pre-eminence, under state control of credit and selection of &#8220;national champion&#8221; industries, the practice later denounced as &#8220;crony capitalism&#8221; when the Korean economy ran into trouble in the 1990's.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Korea, like the other tigers and unlike most Third World countries in that period, developed by making its way, with an export-oriented strategy, up the international &#8220;product chain&#8221;, beginning with textiles and other light consumer industries, then proceeding to manufacture (auto, shipbuilding) and finally to high-tech,&lt;br class='autobr' /&gt;
capturing important world markets for computer components by the 1990's.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The economic success of the Park chung-hee decades, obviously, cannot be separated either from his dictatorial methods or from the international conjuncture of the time (two realities widely overlooked today in debates about South Korea's mounting economic problems; the December 2007 victory of the hard right in the presidential elections drew on a nostalgic, rose-tinted view of the Park era). In addition to benefiting from its high profile in U.S. Cold War geopolitical strategy, the South Korean economy also rode the growing wave of industrial investment which, beginning ca. 1965, began to search for venues outside of North America and Europe. Remuneration of Koreans abroad also played a significant role, as South Korean troops repatriated millions of dollars from service in the Vietnam War and tens of thousands of South Korean workers went to the Middle East to work on construction projects in the post-1973 oil boom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Given the centrality of light manufacture in the 1960's &#8220;takeoff&#8221; period, then, the rebirth of the Korean working-class movement not accidentally began in the textile industries, and also not accidentally (since the work force was predominantly made up of young women) led by women workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The contemporary Korean workers' movement marks its symbolic beginning from November 13, 1970, when Jeon Tae-il, a young textile worker, immolated himself at a small demonstration in one of Seoul's sweatshop districts. Jeon had previously pursued every legal form of redress for the sweatshop workforce, to no avail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The movement of the 1970's was characterized by a rising number of strikes conducted in the most extreme conditions by women textile workers. The demands were simple and straightforward, aimed at the inhuman working hours, low wages, authoritarian foremen and enforced dormitory life of the women, who were generally recruited directly from the countryside and from the shantytowns that sprang up around Seoul and other cities. The strikes were met almost without exception with brutal repression by factory security personnel, police, soldiers and hired thugs from the Korean underworld. The struggle for a democratic union at the Dongil Textile Company in Inchon from 1972 to 1976 was exemplary in this regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The 1970's also saw the beginnings of involvement in the workers' movement by (mainly Christian) religious groups and radical students (the latter known as &#8220;hakchul&#8221;, or &#8220;coming from the university&#8221;). The religious groups were inspired by Catholic liberation theology and similar Protestant social doctrines. The religious groups and students formed night schools for textile workers, teaching literacy and secretarial skills but also basic workers' rights.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The 1970's, finally, saw the rise of the minjung (popular culture) movement, closely connected to the religious and early hakchul movement. The largely middle-class minjung movement reached into Korean popular culture, fast eroding under the impact&lt;br class='autobr' /&gt;
of forced-march modernization, and attempted to utilize it in the creation of a &#8220;counter-culture of struggle&#8221; using music and dance from Korean shamanism and rural peasant traditions, creations that were successful in solidifying group determination to struggle against very heavy odds and repression. To this day, singing, reminiscent of the American IWW, remains an important part of the Korean workers' movement, with demonstrations and strikes singing dozens of songs that everyone knows by heart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Korean movement of the 1970's, whether labor or hakchul or minjung or religious, remained very much in the framework of liberal democratic ideology and tended to look sympathetically to the United States as a force that would steer the Korean dictatorship&lt;br class='autobr' /&gt;
toward democracy. All this changed with the Kwangju uprising and subsequent massacre of May 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Korea has historically been a country of intense regional loyalties, loyalties which have persisted into the era of modern capitalism. Cholla province, in the southwest, has traditionally been a region of agriculture and backwardness. Park chung-hee, on the other&lt;br class='autobr' /&gt;
hand, was from the southeastern Gyeongsang province, and his industrial policies were primarily directed there, giving rise to the major centers of Ulsan, Pohang, and Pusan. The people of Cholla province resented this neglect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1979, mass demonstrations were sweeping the country, demanding democracy. Workers were in the forefront of many of these demonstrations. In October of that year, Park chung-hee was assassinated by the head of the Korean Central Intelligence Agency,&lt;br class='autobr' /&gt;
allegedly after an argument about how to contain and repress the demonstrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part Three: The Kwangju Uprising and the Turn to &#8220;Marxism-Leninism&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A brief democratic opening, similar to 1960, took place, but Park was succeeded by another military dictator, Chun Doo Hwan. In May 1980, the army fired on a demostration in Kwangju, the largest city in Cholla province. The result was an uprising in which the population of Kwangju took control of the city, armed themselves&lt;br class='autobr' /&gt;
with weapons taken from a military armory, and fought the forces of repression, including an elite unit withdrawn from the DMZ with North Korea, for days. Estimates of the total dead on both sides (most of them obviously from the repression of the revolt) in Kwangju run as high as 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kwangju was sealed off and extreme censorship prevented any serious information from leaking out. (Korea's draconian National Security Law, dating from 1948 and still in effect today, made it a serious crime, well into the 1990's, to discuss the Kwangju uprising in public.) .It was, however, widely believed that the U.S. government, smarting from the recent overthrow of the Shah of Iran in 1979, in the midst of the Tehran hostage crisis, and wanting no more mass radical movements against pro-U.S. dictators, had been deeply involved in the decision to use extreme force (a belief greatly strengthened by more recent disclosure of documents on government-to-government communication during the crisis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From that point onward, the Korean movement shifted quickly away from the liberal democratic and religious ideologies of the 1970's to a more radical, essentially &#8220;Marxist-Leninist&#8221; orientation to revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This ideological turn shows the importance of the whole earlier period: the virtually total discontinuity with the left that emerged after the Japanese collapse in 1945 and which was destroyed by government and U.S. military repression between 1945 and 1953; the decades of dictatorship after the Korean War which branded the mildest social criticism as North-inspired; the isolation of South Korea from the world ferment of the 1960's and beyond. (When Korean students joined underground opposition groups in the 1970's and 1980's, one of the first tasks was often to learn Japanese, in order to read all the political (and particularly Marxist) books which could not be published in Korea.) Thus the decades-long erosion of Stalinism as it was lived in Europe and the U.S., the impact of 1968 and the Western New Left, the radical critique of Leninism, the Hegel renaissance and the impact of the popularization of the 1840's Marx, were all unknown or seen&lt;br class='autobr' /&gt;
through a glass darkly in South Korea. (In the early 1980's, a clandestine study group formed to read Lukacs's and Hegel's writings on aesthetics&#8212;in German&#8212;and was discovered; its members were sentenced to six months in prison.) As a result, the radicalization of the Korean movement after Kwangju proceeded almost invariably along Stalinist, &#8220;Marxist-Leninist&#8221; lines, pro-Soviet, pro-China, pro-North Korea, but Stalinist across the board. Trotsky was little known until the late 1980's, to say nothing of left-wing critiques of Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Some of the Marxist-Leninist factions that emerged in the 1980's were the starting point of the two major tendencies in the organized Korean movement today (in both the previously-mentioned KCTU and the Korean Democratic Labor Party or KDLP). Those factions are the pro-North Korea &#8220;National Liberation&#8221; (NL, or juche-ists, so called because of North Korea's &#8220;juche&#8221; or self-reliance doctrine) and the large minority &#8220;People's Democracy&#8221; (PD, more Social Democratic). In the run-up to the December 2007 presidential election, the Juche-ists took full control of the apparatus of the KDLP, and purged some PD&lt;br class='autobr' /&gt;
members. (It is also important to note that both the NL and PD factions have their base mainly in white-collar unions, such as banking, teachers and other civil servants, whereas blue-collar workers are largely indifferent to both. Under NL leadership, the KDLP vote nationwide dropped, relative to 2002, in the December 2007 elections from 5 to 3%, and in Ulsan, the bastion of the Korean working class, from 11 to 8%.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nationalism is endemic in Korea, including in the working-class movement. The reasons for this are to be found in the centuries of foreign domination (Chinese, then Japanese, then American), the post-1945 division of the country, and Korea's geopolitical position&lt;br class='autobr' /&gt;
at the &#8220;crossroads&#8221; of Chinese, Japanese, Russian and American spheres of influence. The Korean peninsula, or hegemony there, was the prize of foreign intrusions centuries ago, and more recently the China-Japan war of 1895, the Russo-Japanese war of 1904-&lt;br class='autobr' /&gt;
1905, and most recently the Korean War. &#8220;When whales fight, the minnows run for cover&#8221; is an old Korean proverb expressing this reality. The Japanese attempt, over 35 years (1910-1945) of colonial domination, to virtually eliminate Korean culture further&lt;br class='autobr' /&gt;
strengthened this nationalist impulse. Finally, myths of ethnic homogeneity, furthered by mythic populist history textbooks or more recently historical dramas on television about eras of Korean greatness, complete the picture. (A different, even more virulent version of this nationalism is promoted in North Korea.) In this context, even sports events, such as the 1988 Seoul Olympics or the successes of the Korean team in the 2002 World Cup playoffs, become events in the forging of national identity.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For the same geopolitical reasons, any emergence of serious class struggle in South Korea immediately takes on an international dimension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nationalism was hence unquestioned in the revival of the left in the 1970's and 1980's. As a Stalinized &#8220;Marxism&#8221; pushed aside the pre-Kwangju liberal democratic orientations of activists in the course of the 1980's, the dominant imports were variants of Lenin's theory of imperialism, monopoly capital theory and dependency theory, popularized by the Marxist-Leninist groups and by influential underground journals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The 1980's also saw the acceleration of the hakchul movement into the factories, as widespread as any comparable &#8220;turn to the working class&#8221; in Western countries by middle-class radicals after 1968. At the peak of the movement, thousands of ex-students had taken factory jobs, and on occasion even led important strikes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Korean movement of the late 1980's understandably viewed South Korea as a &#8220;peripheral&#8221; country in the American imperial system, from which only &#8220;socialism&#8221; (understood in the Stalinist sense) and national reunification could extricate it. There was&lt;br class='autobr' /&gt;
thus a tendency to underestimate the depth of Korean industrial development and above all the elasticity in the system that would make significantly higher wages possible within a capitalist framework after the 1987-1990 worker revolt. Such theories were&lt;br class='autobr' /&gt;
reinforced by the fact that South Korea only caught up with and surpassed North Korea economically ca. 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The convergence of all these factors meant that the 1991 collapse of the Soviet Union, coinciding as it did with the downturn of the workers' struggles after 1990, took a far greater psychological toll on militants in Korea than anywhere in the West, where the prestige of the Soviet Union had been deflating since at least 1956 and certainly since 1968. The mood had already turned bleak in the spring of 1991, when a Seoul student was beaten to death by police and the democratic left candidates were crushed in the June 1991 municipal elections, as if to underscore a sense of defeatism and futility after years of mobilization and struggle. It could be added that the Korean economy, in a boom phase in the 1986-88 period and the first phase of the Great Workers Struggle, had entered new difficulties by 1990, difficulties from which it has never fully recovered.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Very much like comparable developments in the west after the late 1970's, thousands of activists gave up, withdrew into private life, attempted to pursue middle-class careers or, in academia, succumbed to the allure of post-modernism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part Four: National Politics and The Great Workers Struggle, 1987-1990&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A discussion of the political backdrop to the course of class struggle is also indispensable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Beginning in the 1980's, worker struggles for democratic unions shifted (along with the Korean economy itself) from light to heavy industry. The Chun Doo Hwan military dictatorship that succeeded Park chung-hee was forced to relax controls in the mid-1980's, under mounting pressure from the broader democratic opposition in the run-up to the Pan-Asian Olympics (1986) and the Seoul Olympics (1988). In particular, the &#8220;democratization declaration&#8221; of June 1987, made in response to the threat that the working class would join in the pro-democracy protests, was the immediate trigger for the Great Workers Struggle of that summer. For the first time, the movement shifted from the Seoul-Inchon region to the new southern industrial zones of Ulsan, Masan and Changwon. All told, there were more than 3,000 strikes in 1987, winning unionization, 25-30% wage increases, and abolition of the hated military discipline (enforced hair length, mandatory morning exercises) in factories. Ulsan, in particular, the Hyundai company town, saw massive street mobilization and street fighting that lasted into 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The 128-day (December 1988-April 1989) strike at Hyundai Heavy Industries (HHI) culminated in a coordinated military attack on the occupied Hyundai shipyard by 9,000 soldiers and police, coming from sea, air and land. This was followed by ten days of street fighting (mobilizing not merely workers but their wives and children) in the working-class neighborhoods of Ulsan. This struggle in turn was followed in 1990 by the Goliat strike, again at HHI, and which ended in bitter defeat. (Hyundai did built extensive high-rise worker housing in response to these struggles.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part Five: Decline and Rollback Begin, 1990-1997&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The ebbing away of the mass offensive struggles of the 1987-1990 period, and the general atmosphere of defeat that ensued, opened a new phase in Korean worker organizations. The wage increases won in the late 1980's briefly reinforced the illusion of the possibility of capital-labor cohabitation, and hence the reformist currents. &lt;br class='autobr' /&gt;
In particular, within the National Congress of Trade Unions (ChoNoHyop), the right-wing and openly reformist (pro-North Korean) National Liberation faction began to gain the upper hand against the weakened radical faction. (The Korean name of the NL faction, Kukminpa, means literally &#8216;Labor together with the nation&#8221;.) This faction was always oriented to bureaucrats and politicians. As mentioned earlier, a government policy of repression aimed at the best militants in the NCTU and toleration of the open reformists destroyed the NCTU by 1995 and led to the regroupment in the KCTU under the right-wing leadership. (Indeed, at the very founding of the NCTU in January 1990, most of its leaders were in jail or in hiding.) The long experience of dictatorship and cronyism also made some workers initially sympathetic to bourgeois democracy and neo-liberalism. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ulsan remained in intense ferment, however, and in June 1991, when Park Chang Su, a labor leader, was killed in prison, 20,000 HHI workers and 30,000 HMC workers attacked Ulsan City Hall, with the struggle ultimately lasting one month.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1992, South Korea joined the International Labor Organization (ILO), just about the same time that the capitalists were regrouping for a crackdown on wage gains. In this period, lower-wage public sector workers started to organize, the Korea Telcom (KT) workers being the most militant, even if their struggles tended to be mainly wage-focused, though linked to a push for workplace democracy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 1993-1994, debate raged in the movement about the way forward, including a felt need for political strikes. The more radical currents wanted to shift the unions from company-based unions (the dominant form of Korean unions to this day) to industry-wide unions, and to create an umbrella organization. As the NCTU further declined under the blows of repression and the machinations of the NL faction, the way was open to the creation of the KCTU, formally created (though not legalized until the IMF crisis) in November 1995.&lt;br class='autobr' /&gt;
Some successful strikes continued in 1995-96, notably a KT strike, that won major wage gains. Because of such strikes, blue-collar wages were surpassing civil service wages. At the same time, Korean employers were increasingly shifting from the chaebol model to an orientation to the advantages of globalization. Both sides were gearing up for the 1996-1997 confrontation over the labor casualization law. &lt;br class='autobr' /&gt;
In the fall of 1996, rank and file pressure as well as preparation for a general strike grew. Under this pressure, the KCTU had to withdraw from discussions leading to the infamous Tripartite (state-labor-capital) Commission, which, once again, would be created in the midst of the IMF crisis in spring 1998. There was growing rank-and-file rejection of the NL group.&lt;br class='autobr' /&gt;
One important counter-measure of the radical militants was the formation of the &#8220;hyung-jang jujik&#8221;, or shopfloor organizations, which attempted to fight the degeneration of the unions and the KCTU with alternate organization, not &#8220;outside&#8221; the unions but as a&lt;br class='autobr' /&gt;
shadow power both within the unions and with &#8220;horizontal&#8221; ties to militants in other unions, fighting against a trend to company-based parochialism. The arc of the hyung-jang jujik extended from 1990 to 2005. In different circumstances, the hyungjang jujik managed to take power in major unions and thereupon often succumbed itself to bureaucratization; in their final years, they became prey to various groups seeking a back-door route to power in the unions, and finally collapsed. But at their best, in a generally defensive situation, they preserved a continuity with the radical impulse of the 1987-1990 period.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part Six: The General Strike and the IMF Crisis, 1997-1998&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Just after Christmas, 1996, the Korean government of Kim Young-sam, in a special night session of parliament with no opposition present, pushed through the first of a series of labor casualization laws aimed at bringing the South Korean economy fully into the era of &#8220;globalization&#8221; and making layoffs easier for employers, as well as introducing multi-tier contracts. Employers, as indicated previously, had been steadily chipping away at the worker gains of the late 1980's, and the economy was further weakening through 1996 with accelerating bankruptcies, but this was the first head-on&lt;br class='autobr' /&gt;
confrontation with the newly-won working-class power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The KCTU, firmly in the hands of the right-wingers who had defeated and displaced the NCTU, called an immediate general strike under intense rank-and-file pressure, a general strike which was widely followed. Even the conservative, Cold War-era &#8220;yellow&#8221; FKTU joined in. White-collar workers joined as well, and at its peak three million workers were on strike. (The initial legislation was withdrawn, but a virtually identical law passed in March 1997, with no significant reponse from the KCTU.) Again, the historical experience of the Korean working class and the novelty of casualization made the strike more &#8220;anti-fascist&#8221; than anti-neo-liberal. The KCTU did everything in its power to avert a confrontation with the government, and actively demobilized where it could. The rank-and-file, for its part, showed great spontaneity, such as at Hyundai and Kia Motor Company. The KCTU was rumored to have met secretly with the capitalists to assure them that the strike was under control, and waning. They proposed the impotent tactic of the &#8220;Wednesday strike&#8221;, a tactic repeated again and again in later years. The general strike petered out in late January, with (as indicated) nothing resolved. &lt;br class='autobr' /&gt;
In the wake of the general strike, the Korean Democratic Labor Party (KDLP, or Minju Nodong Tang) was founded in spring 1997, with the same right-leaning elements dominant in the KCTU majority.&lt;br class='autobr' /&gt;
The failure of the general strike of January 1997, however, was in turn eclipsed by the devastation of the Korean economy during the Asian financial meltdown of 1997- 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beginning in Thailand in July 1997 with the collapse of the Thai currency, the crisis rolled through Asia in subsequent months as every country that had embraced the &#8220;free market&#8221; and hence loosened capital controls saw a massive flight of capital and the plummeting of its currency, with Thailand, Indonesia and South Korea being the hardest hit. The Korean won fell 40% by November 1997, when the Kim Young Sam government obtained a $57 billion bailout from the IMF. All four candidates for the December 1997 presidential elections had to sign an acceptance of the IMF agreement as a condition for disbursement. Thus Kim Dae Jong, finally elected president of Korea after decades in the wilderness of the democratic opposition, had to devote his term in office&lt;br class='autobr' /&gt;
to implementing the IMF's draconian package of layoffs, cutbacks of government services, the leveraged and deregulated foreign buyout of Korean industries and banks, and the casualization of labor. Korean democracy, like Korean organized labor before it, triumphed at the very moment when the fulfillment of its earlier apparent promise became impossible, and triumphed as the necessary fig leaf for such harsh medicine. Bankruptcies cascaded and suicides skyrocketed. The IMF initially demanded that Korean banks lay off 50% of their personnel (the figure was later lowered to 30%) and similar numbers of civil servants. The unemployment rate tripled by 1999, and millions were thrown back into poverty.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In this situation, Kim Dae Jong and the KCTU played their appointed roles. As previously mentioned, Kim pulled the KCTU leadership into the February 1998 Tripartite accords, with the KCTU assenting to mass emergency layoffs. The KCTU rank-and-file revolted against such abject surrender and ousted the leadership that had signed off on the deal. There were some large-scale strikes against layoffs in 1998, such as the Hyundai Motor Company (HMC) strike, but the new top KCTU officers were imprisoned and the strikes generally defeated.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;During the IMF crisis, many small factories were wiped out, including ones with a militant work force originating in the late 1980's strike wave and previously sympathetic to the NCTU. For the first time, in keeping with IMF demands, contingent workers became a major phenomenon in the Korean work force. In response to the imposed sell-off of Korea Telcom shares to Wall Street investors, for example, a strike erupted. This strike showed growing evidence of the rift developing between regular and casual workers. In addition to drawing higher pay for less work, the older regular workers lacked the computer skills of the young casuals, and felt increasing job insecurity. The union leaders talked tough but did nothing. Ultimately, both regular and casual workers did strike, but not at the same time. The KT strike ended with the dismissal of 10,000 casual workers.&lt;br class='autobr' /&gt;
The February 1998 agreement between Kim Dae Jong and the right-wing leadership of the KCTU for mass layoffs led to a rank-and-file revolt in the KCTU, and the entire leadership was ousted after worker militants occupied the KCTU offices armed with steel pipes.&lt;br class='autobr' /&gt;
A new left-wing leadership took control, as mentioned previously, and did attempt to relaunch a general strike against the new labor law in May, June and July, but to no avail. The old leadership remained entrenched in the heavy industry unions, and opposed militant action. In June-August 1998, a 28-day strike took place at HMC, leading to the firing of 10,000 regular workers. Within two years, 10,000 casuals had been hired to do their jobs. KT and various banks also fired regular workers and rehired them as casuals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part Seven: Post-1998: Regular vs. Casual Workers Becomes The Issue In the Working-Class Movement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From the IMF crisis onward, the question of casual workers loomed larger and larger in the Korean movement, as well as antagonism between regular and casual workers, with regular workers seeing casual workers as undermining their jobs. (In 2000, a nation-wide casual workers' union was founded, and is now an umbrella organization with over 50,000 members.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As early as 1999, a 32-day nationwide strike of 4000 tutors of the Jaenung schools (hakwon, or private academies for after-hours schooling) won collective bargaining rights. The government had denied that they were workers, calling them instead &#8220;independent contractors&#8221;. The strike was important in showing that organizing casual workers was possible, against state and employer resistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In 2000-2002, a renewed KT strike lasted 517 days. In the aftermath of defeat, the KT casual workers union was dissolved. The regular KT workers were generally hostile to the irregular workers. After the strike, KT hired people as &#8220;indirect contract workers&#8221;. In 2002, 49% of KT shares were sold to US investors, with increased severance pay packages as a tradeoff, along with shares given to regular workers.&lt;br class='autobr' /&gt;
In 2000-2001, an air-conditioner factory strike lasted over a month, and was betrayed by the regular workers, over and against casual worker militancy. &lt;br class='autobr' /&gt;
A counter-example, however, was the Lotte Hotel workers organizing drive in 2000, which showed that a regular workers' union could in some circumstances organize irregular workers. After tremendous repression by the hotel owners and imprisonment of strikers, the hotel agreed to regularize workers over a two-year period. &lt;br class='autobr' /&gt;
During these same years, however, the KDLP was shifting to the right, and the dominance of the NL line, oriented to the bureaucrats of the KCTU and the politicians of the KDLP, prevented organizing casual workers. (In 2004, the KCTU even helped a Hyundai CEO in his electoral campaign as an independent.) In the view of some militants, the KCTU was an integral part of neo-liberalism, almost to the point of enforcing outsourcing.&lt;br class='autobr' /&gt;
In 2003, for example, Pusan truck drivers successfully pulled off a strike, but the government, employers, KCTU and KDLP sabotaged it. In the same year, a large strike erupted at the LG Caltex (now GS Caltex) refinery, but the KCTU did nothing to help the strikers.&lt;br class='autobr' /&gt;
In 2005, 10,000 casual oil and chemical workers in Ulsan struck for 83 days over working conditions. The complicated hiring structure imposed by labor laws and company strategy hobbled the strike. A &#8220;Committee for the Ulsan Area&#8221; was created to settle, including capitalists, CEOs, smaller businessmen, NGOs, and the Ulsan branch of the KCTU. An agreement was limited to the recognition of the union. The workers returned to work during six months of committee &#8220;discussion&#8221;, leading to nothing. The return to work was brought about by small company concessions, but after the KCTU and KDLP withdrew from the scene, no part of the agreement was ever implemented.&lt;br class='autobr' /&gt;
Over the summer of 2005, a battle raged again at Ulsan HMC over casualization. One worker immolated himself in protest, and the union refused to link his death to the labor situation. The casual workers tried to stop the assembly line, but the regular workers refused to collaborate. Company managers and scabs restarted the line while the regular workers stood by, doing nothing. All casual workers involved in the struggle were fired.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In June 2006, the metal workers union voted to form an industrial union of in attempt to overcome the fragmentation of workers in the myriad of spinoff subsidiaries with different contracts, but HMC still negotiates with the HMC company union. Many militant workers opposed the industrial union initiative because of its corporatist agenda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Later that summer the casual construction workers of the giant POSCO steel works in Pohang wildcatted and were defeated. In August 2007, the casual workers of Kia Motor Company wildcatted and occupied part of the factory, where they were physically attacked by the Kia regular workers and forced back to work.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In one positive development, in November 2007 regular and irregular workers of Hyundai Motor Company in Ulsan for the first time organized a rank-and-file movement together.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Part Eight: The E-Land Strike Lights Up the Social Horizon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The still-ongoing (as of this writing, March 2008) E-Land strike is the latest and in some ways the most important struggle of all in placing the question of casual workers front and center in South Korean society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In November 2006, the Korean government passed yet another in a series of laws on casual labor, called in Orwellian fashion the Casual Worker Protection Law. The law was designed to create the illusion of &#8220;doing something&#8221; about a condition now affecting over 60% of South Korea's active population. The law provided that after two years on the job, all workers would automatically become regular workers. The law went into effect seven months later, on July 1, 2007, and left huge loopholes for employers who wanted to lay off casuals before the deadline. Some companies complied with the law, but many more did not and laid off their casual workers by June. The whole process came into sharpest focus at a chain of department stores known as E-Land, with a related struggle at a similar chain known as New Core.&lt;br class='autobr' /&gt;
E-Land had begun as a small family business, under a fundamentalist Christian owner, and had grown to a $58 billion annual enterprise with 61 outlets around the country. It had taken over the stores of the French Carrefour chain. The company was known for particularly harsh conditions of employment, with mainly women casual workers earning $800 per month for 36-hour weeks, often compelled to work 12-hour shifts without even bathroom breaks. Further, the company required all employees, Christian or not, to attend chapel on the premises. The CEO of E-Land tithed $10 million to his church in 2006. Just before the new law went into effect, E-Land and New Core laid off 1000 workers who would qualify as regular workers under its provisions.&lt;br class='autobr' /&gt;
The immediate response was a strike now (March 2008) in its 9th month, and now facing almost certain defeat. But in the initial days of the strike, all over South Korea, thousands of casual workers from other sectors came to help shut down E-Land stores. The KCTU went into action, doing everything to smother the strike under fulsome rhetoric while diverting the energies of the rank-and-file and &#8220;outside&#8221; supporters into meaningless symbolic actions. On July 20, however, 200 E-Land employees occupied an outlet in Seoul and shut it down. The government response was to send 7000 soldiers, police and hired company thugs to violently oust and arrest 200 people. The fading Noh Moon Yon government (highly unpopular and due to leave office in February 2008) had a great deal riding on the success of the new law. But it was hardly alone in perceiving the importance of the strike. Many big chaebol came to E-Land's assistance with millions of dollars of loans. The KCTU, for its part, promised to lend the E-Land and New Core unions serious money when their strike funds were exhausted by the end of the summer, then reneged on the offer. The KCTU constantly pressured the company unions to come to the bargaining table while E-Land management offered no concessions whatever. In Pohang, in November, E-Land even attempted to open a new outlet with only casual workers. 500 E-Land workers and other casuals not only blocked the entrance to the store, but attacked and disarmed the police and thugs protecting it. Similar actions, including blockages and store occupations, occurred intermittently throughout the fall.&lt;br class='autobr' /&gt;
Perhaps most remarkable in the E-Land strike, in contrast to many earlier strikes with casual labor as the main issue, was the broad sympathy for and support of the strike among working people in the same casualized situation. A nationwide boycott had by December 2007 reduced sales nationwide by 30%, and even the media had given generally favorable coverage to the strike, at least in the early weeks. Whether the E-Land strike wins the strikers' jobs back or not (at this point it seems it will not), it will be a victory for the broader working-class movement by finally making the casualization of labor in South Korea a question that can no longer be ignored.&lt;br class='autobr' /&gt;
In December 2007, the hard right Hanaratang (One Nation Party) candidate Lee Myoung Back won the presidential elections with significant working-class support, a political development that probably sealed the fate of the E-Land strike, since the new government (now in place) would support E-Land management even more openly than the outgoing, widely despised center-left government that had disappointed so many people. E-Land management continues to benefit from the financial backing of other major Korean chaebols, whereas the E-Land strikers have been abandoned by almost all their allies, KCTU in the lead. The new government promises a full offensive of privatizations and &#8220;free market reforms&#8221; and must necessarily disappoint its working- class supporters, who were expressing more disgust for the former government than support for the new, along with idle dreams that ex-Hyundai CEO Lee Myoung Back would bring back the glory days of Korean capitalism, which ended 20 years ago. Losing strikes in Korea have been known to drag on for years with a dwindling hard core while most strikers find other jobs or crawl back to the old ones. But, once again, because of the E-Land strike, the growing crisis represented by casualized labor in South Korea can no longer be relegated to silence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seoul, South Korea&lt;br class='autobr' /&gt;
March 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibliography:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(I have learned far more in conversations and collaboration with Korean activists and pro-working class intellectuals for the above article than from any book, with the exception of Koo Hagen's Korean Workers (2001), the only comprehensive view available in a Western language of Korean working-class history. I am of course greatly hampered by lack of proficiency in Korean. What follows is a summary bibliography of works I have found helpful.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bae, Kichan. Korea at the Crossroads. The History and Future of East Asia. Seoul, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brzezinski, Zbigniew. The Grand Chessboard. American Primacy and Its Geostrategic Imperatives. New York, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cho, Lee-Jay et al. eds. Institutional and Policy Reforms to Enhance Corporate Efficiency in Korea. Seoul, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cho, Lee-Jay et al eds. Regulatory Reforms in the Age of Financial Consolidation. Seoul, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clifford, M. Troubled Tiger. Businessmen, Bureaucrats and Generals in South Korea. Armonk, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cumings, Bruce. The Origins of the Korean War. Vol. I: Princeton, 1981. Vol. II: Princeton, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis, M. et al. Suedkorea: Kein Land fuer friedliche Spiele. Reinbek bei Hamburg, 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Graham, E. Reforming Korea's Industrial Conglomerates. Washington DC 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harris, N. The End of the Third World. London, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hart-Landsberg, M. et al. Marxist Perspectives on South Korea in the Global Economy. Hampshire (UK), 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hart-Landsberg, M. The rush to development : economic change and political struggle in South Korea. New York, 1993&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hwang, B-D. Nachholende Industrialisierung und autoritaerer Staat. Berlin, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kang, Su-Dol. Fordismus und Hyundaismus. Frankfurt a.M. 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, San/Wales, N. Song of Ariran. New York, 1941.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, S./Shin, D.C. Economic Crisis and Dual Transition in Korea. Seoul, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, W./Kim, P.S. Korean Public Administration. Seoul, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeju Development Institute/ East Asia Foundation. Building a Northeast Asian Community. Vol. II. Seoul, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeong, Seongjin and Shin, Jo-Young. &#8220;Debates on the Economic Crisis within the Korean Left.&#8221; in Rethinking Marxism, vol. II, No. 2, Spring 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jomo, K.S. Tigers in Trouble. Financial Governance, Liberalisation and Crises in East Asia. London, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johnson, Chalmers. Blowback. 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, Kyeong-won. Post-Crisis Transformation of the Korean Economy. A Review from 1998 to 2002. Seoul, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirk, D./Choe, S.H. Korea Witness. Seoul, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirk, Donald. Korean Dynasty. Hyundai and Chung Ju Yung. Hong Kong, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Koo, Hagen. Korean Workers. The Culture and Politics of Class Formation. Ithaca, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Korean Naitonal Commission for UNESCO. The Korean Economy: Reflections at the Millennium. Seoul, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lee, B-H. Verfassungs- und gesellschaftspolitische Konzeptionen und ihre Verwirklicung in der Dritten Republik Koreas (1963-1972).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacobs, Norman. The Korean Road to Modernization and Development. Urbana, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moon, C. and Steinberg, D. Korea in Transition. Three Years under the Kim Dae-Jung Government. Seoul, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ogle, G. South Korea: Dissent Within the Economic Miracle. London, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Park, Min-na. Birth of Resistance. Stories of Eight Women Worker Activists. Seoul, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scalapino, R. and Lee, Chong-sik. Communism in Korea. Vol. I. Berkeley, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sun, Hak Tae. The Political Economy of Democratic Consolidation. Dynamic Labour Politics in South Korea. Kwangju, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socialist Political Alliance. Marx/ Revolution. Papers of the SPA International Conference in Seoul and Ulsan, October 2006. Seoul 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suh, D-S. The Korean Communist Movement, 1918-1948. Princeton, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;West, J. A Critical Discourse on Korean Law and Economy. Pusan, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Woronoff,, J. Asia's &#8220;Miracle&#8221; Economies. Seoul, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Situation of Left Communism Today:&lt;br class='autobr' /&gt;
Interview with the Korean Socialist Workers Newspaper Group (SaNoShin), November-December 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loren Goldner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Preface: The following interview was conducted on three separate occasions in Seoul, South Korea, in November-December 2007 with militants of a small Korean Marxist group, SaNoShin, which is becoming increasingly influenced by left communist theory. It was the third in a series of surveys undertaken by SaNoShin, following similar dialogues with the International Communist Current (ICC) and Internationalist Perspectives (IP). The latter two groups in the past few years have, like myself, been involved in introducing left communist theory to South Korea, where it was previously all but unknown.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This context of a discussion of left communism in the world today and the quite recent interest in it in South Korea itself explains, I hope, the unusual space given to what are currents and milieus numbering, in all probability, mere hundreds of individuals, in contrast to the much larger and better-implanted far-left groups such as the three main French Trotskyist groups (LO, LCR and the Parti des Travailleurs) or the British SWP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The wide-ranging quality of the questions raised and the answers given adds up, I think, to a rather coherent political statement and judgement about the world conjuncture of the past 40 years. I hope it will stimulate further discussion and questioning of the threadbare, received ideas of the international left as we move into the deepest financial crisis in capitalist history since 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loren Goldner&lt;br class='autobr' /&gt;
Seoul, South Korea&lt;br class='autobr' /&gt;
April 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The First Meeting&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : What was your purpose to in coming to Korea and what is your impression of the Korean working-class movement?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG : I first came to Korea in 1997. That was when I came here because of the general strike of January '97 against the anti-labor casualization law which the Korean parliament passed on Christmas '96. I was very impressed by that strike. I followed the Korean workers' struggle in the late 1980's, but I didn't know very much about it. So, in September 1997, I was here just before the IMF crisis. And at that time I met a number of militants, so my interest increased, and in 2005 I got my job here. It was the opportunity to really discover and learn about the Korean working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I think that the Korean working class is generally in retreat and on the defensive like the working class just about everywhere else. I have met many people, militants and activists, and intellectuals who had been involved in the movement earlier, and my basic impression is that the biggest immediate problem is the separation of the regular highly paid workers, a very relatively small minority, and the very large number of casual workers. So for example, the Kia casual workers' wildcat strike was physically attacked by the regular workers. That's my main impression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : I heard from Comrade Oh that you aimed at connection between Korean and other international revolutionary tendencies. Explain it in detail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I came here with the idea of building bridges between the movements here and the movements in North America and Europe. I've spent a lot of time in Europe and know a lot of people, broadly speaking, in the left communist, libertarian communist milieu as well as a little bit in Brazil and Argentina and I thought that the communication between those movements and the movements here, as far as I know, was not very good. Not much is known about the real situation of the Korean workers' movement because most of what appears in English and other Western languages is in my opinion propaganda of the KCTU presenting a very narrow trade unionist and bureaucratic perspective on the movement. And this is helped by Western academics who come here and they get their information and their view from the same sources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I've encountered several problems in this project; first of all, my very limited ability in Korean is a very serious obstacle to talking to broad numbers of militants, I'm trying to overcome that by learning Korean but it's a long way to go. And the currents in North America and Europe that I want to be in touch with and build bridges to are also quite small and their real significance only emerges in very spectacular kinds of situations of struggle when a working class struggle starts to go beyond the trade union form. So at the moment the question is to build the bridges to what and with whom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: Why do you consider yourself as left communist and what are the factors that led you to left communist tendency. What is the principle of left communism?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I think I would probably come pretty close to calling myself a Luxemburgist as well. But there are important differences between left communism and Luxemburgism, so I stick with left communism. My political education came in the 1960's movement in the United States and to a lesser extent in western Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In those movements, when I refer to that, I'm referring to the whole strike wave in the US from 1966 to 1973, to the May-June general strike in France 1968, the Italian struggles from 1969 to 1977, the Spanish working class upsurge at the time of the mid- 1970's end of the dictatorship. Similarly, in Portugal, a dual power situation arose at that time. Those are the struggles from which I got my political education.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In those struggles almost without exception the working class went beyond trade union forms. And similarly the classical so-called worker's parties, the Social Democrats and the Stalinists, played an almost entirely conservative when not an openly reactionary role.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I began actually political activism in, broadly speaking, a Trotskyist group. It was the American branch of International Socialists who were affiliated at that time with Tony Cliff's International Socialists in Britain. They of course were not classical Trotskyists in that they considered the Soviet Union and all Stalinist states to be class societies. It was not yet the International Socialist tendency - it was much more open than what it became later. Before 1970 they were called the Independent Socialist Clubs. In the 1970's, they became the International Socialists, and began a closer affiliation with the British IS (now SWP-Socialist Workers Party).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;They were different from the Trotskyists because they did have a different point of view towards the Stalinist bloc. And there were different theories of class nature of the Stalinist societies, but there was total agreement that they were class societies and not workers' states as Trotskyists called them. Some people thought it was capitalism, others people had the theory of bureaucratic collectivism, which is a class society but not capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At that time, the majority had the bureaucratic collectivist view, including me, while the minority, including Tony Cliff, said it was state capitalism, but the strategical and tactical implications were the same, for either analysIs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nevertheless these groups, I think, at that time were rather exceptional in the international Western left. And they were a small minority position that viewed the Eastern bloc, the Stalinist bloc as a class society. At the same time, virtually all other positions of this group were Trotskyist viewpoints, on questions like trade unions, considering the Social Democrats and Stalinists &#8220;worker's parties&#8221;, support for national liberation struggles, and critical support for nationalism. In another words what changed when these groups emerged from Trotskyism? What changed was the analysis of the Eastern bloc but nothing else, So that was my starting point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Starting from 1969, I was skeptical about the classical Trotskyist core of the theory of the IS tendency, and it seemed to me that many of the struggles, the wildcat strikes which developed in the US as well as in Britain and France, especially the French May-June general strike which was a wildcat general strike, and the developments in Italy called into question the Trotskyists' analysis of unions as vehicles for advancing the working class struggle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For to take an extreme example in Italy, in the early 1970's union bureaucrats for the major Italian unions could not even enter many factories because they would be run off by the workers. And meanwhile the Trotskyists' were saying &#034;We have to capture the unions as vehicles for revolutionary struggle.&#8221; Most Trotskyist groups, including the IS group, were going into the factories and trying to take over the union apparatus under their program.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was at that time that I first encountered the theory of what I then used to term the &#8220;ultra left&#8221;, not left communist. It's a broader concept which includes libertarian communists, Situationists, the Socialism or Barbarism group in France around Castoriadis, and the ICC which existed at that time, and many other small groups. Today we say &#8220;left communist&#8221; but at that time the term more widely used was 'ultra left'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These currents were most powerfully developed in France under the impact of the May-June general strike in 1968 and they continued in France. LO (Lutte Ouvriere) was never &#8220;ultra-left&#8221;, and of course I forgot to mention the Bordigists, whom I also discovered at this time. The Bordigists also had a presence in France that they certainly didn't have in North America or in any other countries except Italy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So I will say that by the early 1970's, the currents that interested me most were people that we could call Neo Bordigists who, again, mainly in France, were trying to synthesize the Dutch communist left and Italian communist left.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : At that time, did you live in Europe?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I lived in Europe starting in 1965 mainly in France, 65, 66. I was there briefly in 68, though not unfortunately during the general strike, and in 1972. So by that time I had spent about a year there, mainly in France and Germany.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: Did you originally belong to the Max Shachtman Tendency?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Yes. In the IS at that time, as I said, there were people who had the state capitalist analysis, while other people, the majority, maintained the bureaucratic collectivist analysis, which was Max Shachtman's theory, though not only Shachtman's, but mainly Shachtman's.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : At that time, were the Shachtman tendency and the IS tendency in the same organization?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Shachtman had been going to the right already in 1950's, so the people who founded the American ISC were left Shachtmanites. They had broken with Shachtman because Shachtman began to support American imperialism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: Anyway, tell us the story about left communist tendencies that you met.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: What they took from Dutch council communism was the idea of worker's councils and they were very critical toward the Bolsheviks' vanguard party theory. And what they took from the Italian Bordigists was the rejection of the united front, and the thesis on the agrarian question as fundamentally defining what capitalism is. At that time I thought that the most advanced discussion in the world was taking place in France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotskyists (and also Bordigists in another way) also of course talk about workers' councils, so workers' councils were not unique in the Dutch council communist tradition but they placed a kind of emphasis on them and hostility to any vanguard party notions. That, of course, one did not find in Trotskyist groups.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The neo-Bordigists took from the Bordigists the rejection of the united front and an analysis of the centrality of the agrarian question, and different groups were trying to put these two currents together different ways. But actually what I found most interesting about them was (if you know) Herman Gorter, who was one of the main theoreticians of Dutch left communism. He brought out an &#8220;Open Letter to Lenin&#8221; in 1921 in which he emphasized the impossibility of an alliance between workers and peasants in western Europe similar to the alliance that had existed in Russia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the same time, the Bordigists were really somewhat super-Leninists. They in some sense were more Leninist than Lenin. But they also rejected the idea of an alliance between the working class and the peasantry. Both currents said that the bourgeois revolution had happened in the countryside and so that what happened in Russia where the peasants could ally with the workers' revolution wasn't possible in the West.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So ,of course, as you know, the Dutch and Italian left communists hate each other. But in fact they said many of the same things in different language. The Dutch called the Bordigists &#8220;authoritarian Leninists&#8221; and the Bordigists called the Dutch &#8220;syndicalist&#8221;. But what they both have in common is a rejection of the Russian model of revolution as a world model. I think that is what is really important about them and that is what attracted me to them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the same time, as I said earlier, I was interested in these theories because I was highly skeptical about the 1960s militants who were trying to capture the unions in America and western Europe. And I think 35, 40 years later, it's clear that they failed. I think it is very important to understand why they failed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It's also important that to know that since the 1960s, and really since the 1940s in Europe and the United States, unions have played no role in any qualitative step forward of the working class. I realized that is not true, here in Korea and in a couple of the places we can talk about. But in what at that time was the most advanced capitalist sector, unions were either not involved in the struggle or they were fighting against struggle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What left communism is, in my opinion, in addition to what I said, just to re-emphasize it, was the one important current that rejected the universal application of the model of the Russian revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Bordigists called the Russian revolution a dual revolution, that is a revolution in which the working class basically makes the proletarian revolution with an alliance with the peasantry and defends the revolution against the white counter-revolution in an alliance with the peasantry. And then the working class element is defeated and what is left is the bourgeois revolution in the countryside, i.e. the peasants get their land. That's the Bordigists' view.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : What do you think about councilism?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: In its overall viewpoint, I don't like council communism. I think it's a kind of very one- sided view of revolution that neglects the political dimension in a revolutionary struggle. It's important to realize, however, that actually that they're not just Dutch leftists, but the German-Dutch left. Important elements in Germany were part of the same current. In the early 1920s, they were for a communist party. They just didn't want to be a Bolshevik communist party. They had their own theories later, and after about 1930 they became purists of the idea of councilism, Their early history has been kind of forgotten but basically in that pure councilist form, I think that they are just naive in their refusal of any real attention to political struggle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: Is it true that there is no councilist tendency in Europe?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: When I refer to councilism, I'm talking about the historical contribution of councilism from before World War I to the early 1920s.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin : What do you think about Paul Mattick?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Paul Mattick Sr. or Paul Mattick Jr.?&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: I mean Paul Mattick Sr.&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: I think Paul Mattick Sr. was very interesting. His writings on Marxist critique of political economy, I think, are very interesting. I don't fully agree with them, but they were important, particularly in the 1960s, for the critique of Keynesianism, and the critique of monopoly capital theory, but which was very widely held in the Leninist, Trotskyist, Stalinist, and Social Democratic left. But on the other hand politically I think Paul Mattick Sr. was part of the later development of council communism that really does not pay any attention to politics. &lt;br class='autobr' /&gt;
Politically he was in the tradition of the later Dutch-German council communists. In the early 1920s, as I said. the Dutch-German council communists said they were still interested in building a communist party, not a Leninist party, whereas by 1930 they were only interested in workers' councils. And I think Paul Mattick is pretty much in that tradition. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin : I heard that since 1960s in the US there have been some tendencies influenced by Paul Mattick. Tell us about it. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: I think Paul Mattick had broad influence to his writings on economics. As far as I know there was a small group called Root and Branch. In Root and Branch, Paul Mattick Sr. and Jr. were both important theorists. But as far as I know, it had influence through its journal but in the actual real struggles and movement I'm not aware of any influence that they had. &lt;br class='autobr' /&gt;
And I should also add the Paul Mattick's writings on the critique of political economy had a very large influence in Germany. For example, he wrote a critique of Herbert Marcuse, that was very good. So his influence was much broader than anything connected immediately to its groups or politics.&lt;br class='autobr' /&gt;
At the time when almost all people on the left accepted either monopoly capital theory or some kind of Keynesian Marxism or thought that questions of economic crisis were things from the 1930s, Paul Mattick was pretty unique in arguing for classical Marxist crisis theory.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin : Was he influenced by Henryk Grossman?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yes, right, Henryk Grossman. He was an important student of Henryk Grossman. I don't agree with Henryk Grossman, so that's another reason I'm a little skeptical and much more influenced by Rosa Luxemburg's theory of capitalist crisis. But nevertheless compared to the monopoly capital theory, Keynesian Marxism, or economic illiteracy, those were the reasons Paul Mattick was very important. At that time when most people said &#034;Economic crises aren't important&#034;, he would say &#034;No, capitalist crisis is still with us just like in the works of Marx.&#8221;&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin : Do you mean Sweezy's theory when you mention monopoly capital theory?&lt;br class='autobr' /&gt; LG: Sweezy, Baran, Harry Magdoff, Braverman, but also others. In Western Europe there was a theory of &#8220;state monopoly capitalism&#8221;, which was the theory of the communist parties. So it was the widely-held view in different forms. It went back to the monopoly capital theory of before and after World War I, the theory that influenced Lenin and which Lenin developed in writings like Imperialism. Amin, Arrighi, almost all of these people were part of general monopoly capital school.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin : What is the broadest gap between Dutch-German Left Communist and today's Left communists? Do you think it is the party problem?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: I will say, yes, for the Bordigists, really nothing important happens without the party. For example, during the Spanish revolution of 1936-1937, they said &#034;There's no revolution, because there's no party.&#034; And they actually split at that time. Some of the Bordigists went and fought in Spain, Others stayed in Europe and said &#034;This is a battle between factions of the bourgeoisie.&#034; So there's a kind of excessive view of the importance of the party in my opinion.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: Today, generally, do all left communist tendencies accept the necessity of the revolutionary party?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: They do, and so do I. I'm talking about what the Bordigists, I mean particularly the Bordigists after Bordiga, say. (Bordiga died in 1970, and really stopped acting in the 1950s), For example, a contemporary Bordigist in Italy told me in discussion that in the 1960s and 1970s, in Italy, where there were strikes after strikes after strikes, that this was all the activity of the middle classes. And behind that thought again was this idea that if it isn't done by the party, it didn't happen, and it's not important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : Last year October, the communist lefts, including the ICC, IP and you, who visited here submitted their own decadence theory. I want to know your opinion, especially related to the recent class struggles. And tell us what are your differences from other communist lefts. And explain in detail your program which was submitted in a lecture last year. What connections are there between that program and decadent capitalism?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I think that in that conference there were just unfortunately physical problems, a short time for these groups to present their theory and, secondly, a certain problem of translation, so I'm not sure how effectively either group presented its theory of decadence. But I read many of the texts and I considered the ICC in particular to be very weak in critique of political economy. They have a certain kind of Luxemburgiist analysis which I don't think it is as good as Luxemburg herself. And I don't think they have really developed at all to take account of the evolution of capitalism in the last 50 years, possibly more. The ICC thinks basically that nothing new ever happens. And they consider people who think that something new happens to be modernists and eclectic. For that reason I find what the ICC says about world economy to be pretty abstract and boring. And IP is different.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : We agree with you.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: On the other hand, IP, it's of course a much smaller group, does attempt to analyze the development of capitalism. And I too find them more serious. However my own theory of decadence is different from either one.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I agree with the ICC and IP that in around the time of World War I in 1914, capitalism reached certain point in history in which it ceased to be a progressive mode of production on a world scale. Historically we see that in the first century of capitalism's existence from the early 19th century to 1914, there was a steady development of productive forces, and a growth of the working class on a world scale. And I believe that what happened in the period, let's say the decade prior to World War I, capitalism got to stage where that kind of development could no longer happen in a peaceful evolutionary manner.&lt;br class='autobr' /&gt;
When America and Germany were catching up with and passing England as major capitalist powers, the working class was growing on a world scale, as a percentage of the active capitalist population.&lt;br class='autobr' /&gt;
And from World War I until 1970s, no country succeeded in developing into an advanced capitalist power in the way the US and Germany did. Starting in the 1970's and particularly 1980s, South Korea and Taiwan did in fact evolve into effectively first world countries. And for the ICC, this can't happen, this is the era of decadence. I had a discussion with the ICC in 1982 and I said &#8220;Look at what's happening in Korea&#8221; and the ICC said &#8220;It's not happening, this is decadence, we can't believe it.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But at the same time I think the theory of decadence holds because as the Asian tigers came up, the Western capitalist countries were going into decline. So unlike prior to 1914, it was not expansion on a world scale but it was growth here and decline there.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We can consider the period from 1914 to 1945 to be just lost decades for capitalism as a system, just more or less permanent crisis, war, reaction, destruction, and so on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The period from 1945 to the early 1970s, called the postwar boom, can be understood as a period of reconstruction from that earlier period of the 1930's crisis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In reality, the postwar boom ended in the mid-1960s but it continued into the 1970s because of credit inflation that created the runaway inflation of the 1970s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the mid 1960s, there were important recessions in Japan, Europe, and the United States. And the US and the other major capitalist countries reflated their economies with credit and extended the boom into the early 1970s. But the dynamism was gone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Of course, the reconstruction period from 1945 to the 1960s wasn't just rebuilding capitalism as it existed before 1914, but was rebuilding on a higher level of technology, living standards, and so on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But since the early 1970s, I would say on a world scale, the system has been in permanent crisis, trying to reestablish an equilibrium. Capitalist crisis means a plunge in production, mass unemployment, the destruction of old capital and creation of the conditions for a new expansion with a viable rate of profit. The classical economic crises happening in the 1970s and in the early part of the 21st century also happened in 1929. Marx's Capital has a description of the nature of crisis. Wiping out old competing capital that's not competitive, wiping out lots of fictitious capital, credit, and forcing prices down so that a new phase of expansion can start with a rate of profit that will make capitalists invest. That's the mechanism of crisis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : I think the ICC's theory is too simple. But since 1914 capitalism has entered a down phase. I think it was too simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: The ICC lives only in its own world.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : They cannot explain the postwar boom. What do you think about that?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I said, you know, it was not just rebuilding what existed before 1914.&lt;br class='autobr' /&gt;
In order to really answer the question, I have to use Marx's terminology which may be difficult to translate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capitalism is system that, as you know, is regulated by what Marx called the law of value. The law of value means that from one cycle to the next, capitalism develops productivity and it makes commodities cheaper. It makes technology cheaper, and it makes wages cheaper, but it can compensate for much cheaper wages because working class consumer goods also become cheaper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So in the whole system, capital, variable capital gets smaller because of productivity increases. But the content can get larger because commodities become cheaper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let me give some examples. In the 19th century in America, England, France and Germany, the most important capitalist countries, the workers spent half of their wages on food. Then an agrarian revolution happened on a world scale, Canada, Argentina, Russia, and other countries began to produce grain very cheaply. So by the time of World War I, the working classes were spending less on food and had more wages to spend on other consumer goods.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I will say the explanation for the post-World War II boom was an increase in productivity lowering the total wage by productivity gains. But because food and other basic necessities became far cheaper, then workers could buy TVs, cars, houses, thing that they could not buy before World War I. So in other words, the law of value is cheapening production but living standards up to a point, including for workers, can rise. That's the postwar boom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But we can see 1914-1945 as a period in which capitalism was trying to do the same thing that it had done in the classic crisis of the 19th century, find a new foundation for a new expansionary phase. It couldn't happen in the old way, it couldn't happen just by a crash, a couple of years depression, and then the new expansion. There were all these institutional geopolitical elements, because Great Britain could no longer be the No.1 capitalist power but Great Britain was not going to just say &#8220;Oh, sorry, we can't be the No.1 power anymore&#8221;; they had to be pushed side. And Germany tried to push them aside and the United States succeeded in pushing them aside. So it required thirty years of, as I said before, war and political transformation to create new conditions for capitalist accumulation of the old style.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A similar process has been happening since the early 1970s where America can no longer play the role of the system's hegemon. The United States can no longer play this role, and nobody else, no other country can really replace it, but there's a struggle for reorganization of the world system that would allow a new expansionary phase to happen. And I think, like in the 1914 to 1945 period, this cannot happen peacefully. I don't know exactly how it could happen, I'm not sure it can happen because I think the system is really decadent. But nevertheless that's the problem on a world scale today.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: What is the notion of decadence? Is it not the same as the ICC's?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Let me just add one more thing. Different regions in the world, East Asia (Japan, Korea, China, Taiwan), Russia, India, Europe, are all unsatisfied with the current world system, and would like to reorganize it. But none of them is individually strong enough to overthrow the power of the United States. I think that's the kind of world geo-political context for the ongoing crisis.&lt;br class='autobr' /&gt;
But nevertheless this is only one level of the problem. The deeper level is that, as in 1914, there cannot be an expanded world boom, it couldn't be within a capitalist framework because I believe that capitalist law of value is no longer capable of expanding the world productive forces in the same way it did prior to 1914. &lt;br class='autobr' /&gt;
The reason for that is that socially necessary labor time of reproduction is the foundation for capitalist accumulation. That's what I mean when I say that capitalist productivity increases and makes the world workers' wage bill become a smaller part of the total, though its material content can rise. &lt;br class='autobr' /&gt;
In this system, you know, as the Communist Manifesto says, the crisis occurs because the system is too productive to be contained within capitalist social relationships.&lt;br class='autobr' /&gt;
So what it had to do from 1914 to 1945 was to destroy productive forces and most importantly, workers to recreate conditions for accumulation using capitalist exchange, The capitalist law of value, to create a new foundation in which capitalist commodity exchange at the cost of reproduction could take place within capitalist social relationships after the mass destruction. And since the early 1970s, we've seen new massive destruction trying to achieve the same thing.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin : Similar destruction again?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yes. Let's look at the balance sheet of capitalism since the late 60s and early 70s, Latin America, massive impoverishment, deindustrialization, as in countries like Argentina. The exclusion of 20 30% population from participation of any kind in the economy. Africa has been even worse: almost a total disappearance of real investment in so- called failed states. Eastern Europe and Russia have had 15 years so-called shock therapy and a transition to private capitalism with millions of people dying, because their pensions became worthless, with the new inflation. In the ex- Soviet Central Asian Republics. the ex-Soviet republics' conditions fell sometimes to 30% of the living standard of pre-1991. In the non-oil countries of the Middle East it was not quite as systematic but there were similar kinds of marginalizations of populations. There was very distorted development in the countries with the oil revenues. Then in Asia itself, a certain kind of economic development I mentioned before, the tigers, China, but in reality in both India and China, there are one and half billion peasants who are left out of this process. I see no way to pull them into the process. And in Europe and the US , there have been extended periods of mass employment, the deindustrialization of the US, the deindustrialization of Britain, That's the balance sheet of capitalism since the early 1970s,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: Your theory of decadence is unlike the ICC's, it is not a notion about the periods, but it seems like it's closer to instability as era of capitalism&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I don't know, not exactly, I think the periods are important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The ICC emphasizes what they call the saturation of the world market. It's a problem of market having too many goods to be sold. That's a certain part of Rosa Luxemburg's theory, but I don't think it's even the best part of her theory. So they're saying that. It's a mantra. So, I'll finish explaining my theory of decadence. Unlike prior to 1914, what it comes down to is that capitalism continues to develop productivity but it cannot translate that productivity increase into a reduction of socially necessary labor time.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In other words, capitalism has the productive ability to have much shorter working hours, and society could have a much shorter work week on a world scale. But that wouldn't work in a capitalist framework. Capitalism needs living labor and exploitation of living labor in order to be capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So from the middle of the 19th century until the middle of the 20th century, one of the main slogans of the world working class movement was for the 8-hour-day and 40-hour-a week. And during that period and into the 1960s, capitalism was lowering the work week.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But then what happened? This tendency was reversed and now the work week is lengthening in North America and Europe, and why? Not because there isn't productive capacity around but because capital needs to exploit living labor in order to survive and profit as capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;You will find this right in the middle of Volume III of Marx's book Capital. What did he say? Capital becomes an obstacle to itself.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capital cannot realize, socially, the gains in productivity that it creates through competition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It happened once from 1914 to 1945, and it's happening again since the late 1960s-early 1970s. Could there be a new boom like 1945 to 1973? Yes, but, just as the 1945-1973 boom excluded a very large part of humanity, there could be another boom but it will also marginalize populations even more than the 1945-1973 boom. That to me is what decadence is all about. But in one sense it is the inability of capitalism to socially realize the gains in productivity that it makes through technology.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Like in Brazil, for example, approximately 40% of population does not participate in money economy. In America 1% of the population is in prison. And the ICC never talks about what I just talked about. That's why they can't intelligently discuss the nature of post WWII boom or the development of capitalism in East Asia since 1970s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : Do you think the decadence period started in the 1970s?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I want to say WWI was the turning point. &lt;br class='autobr' /&gt;
I see it as expansion up to WWI, and then a period of destruction (1914-1945), and then a period of reconstruction on a higher level of productivity (1945-1973), then a new crisis and another period of looking for trying to reconstitute the conditions for a world accumulation boom and that's what we're in the middle of right now.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin : What do you think of Kontratiev?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG : I don't really like his theory. I think Kontratiev is very interesting but I think it's ultimately a numerology. It's very interesting because actually Kontratiev theory seems to explain long waves. Certain interpretations of Kontratiev do seem to correspond to the boom and bust cycles of capitalism from the 18th century to the 1970s. But it has no explanatory theory of it, there's just well, this 25 years boom, and this 25 years bust. Why, in the period of the 18th century when most people were peasants and transportation took place by horses and cattle, why should the cycle have the same length as today when transportation takes place by jets, massive ships, around the world in one day?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But nevertheless it's much more interesting than most theories of capital cycles aside from Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Have I adequately explained my theory of decadence and how it's different from the ICC?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : I understand largely. The next question. In April, 2006, in a lecture, you explained &#8220;a hundred days program&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG : This is an article called &#8220;Fictitious Capital and the Transition Out of Capitalism&#8221;. What I was trying to do in that article, as I said at the beginning, was to present in the abstract a few radical ideas of what a successful world working class revolution would do with the world economy. In other words, I was trying to develop a heuristic model of the potential of the world working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Another link between that and my theory of decadence is that in the US, I think to a certain extent, Europe, and increasingly in East Asia, the decadence of the system creates distortions in the economy that make it more and more difficult for workers and ordinary people to think concretely about what a working class revolution could do.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So, for example, in the US, the most decadent country except for England, only about 15% of workforce is now involved in production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So, of course, the United States is a parasite economy in the world economy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It draws wealth through the international financial system from the other parts of the world, such as the East Asia, Korea, China and Japan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Which allows it to deindustrialize and have a so-called service economy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But that service economy is totally dependent on the world continuing to accept the dollar standard and to finance America's ever- increasing debt pyramid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Basically the rest of the world produces and America consumes. And they are able to do that because the rest of the world loans America huge amounts of money. Now this arrangement works both ways. Because the rest of the world can have apparently dynamic economic development like in China and so they need the US markets to continue to expand. The US can have this parasite role and they get their consumer goods and they don't have to produce anything in exchange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So therefore when you present a program for a working-class revolution in a really a decadent economy such as America, people wonder what it can mean. In the 1960s and 1970s when America was still a major industrial power, it was much easier to see what it would mean, with the creation of workers councils and soviets. Here are the factories, we take them over, run up the red flag, and that's the revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But now most of the factories are closed and people who used to work in the factories now deliver pizzas and work for Macdonalds or they work selling houses in the real estate markets, and so on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So, of course, on a world scale, there is still adequate production to have transition to communism but in countries like America, the UK, increasingly Western Europe, and, I think probably, to some extent, Japan and now Korea, it's necessary to push aside the appearances of everyday capitalist production and present a program for what an actual working class revolution would do with economy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As I said in that article, we don't want workers councils and soviets in banks and insurance companies and real estate companies and other parasitic parts of the economy, we want to abolish them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And we want to take all the labor power, all the workers trapped in those parasitic parts of the economy and use them to help make the work week much shorter and to generally establish high productivity and high material living standards without all these parasitic obstacles to general wealth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Take for example the American auto industry. In 1973 there were 750,000 auto workers in the industrial Northeast of the US.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And those workers at that time were the most militant and they were the vanguard of the working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the last 35 years, that workforce has been greatly reduced so that today, for example, in the UAW, there are, I think, only about 500,000 auto workers left.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As you may know, right now, Ford Motors is in deep economic trouble, GM is in deep economic trouble and so they're trying to negotiate the best possible settlement with the group of workers who are left.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Now, at the same time, there are still a lot of non-union auto plants in the US, particularly, in the southern states, and most of them are foreign-owned auto plants : Japanese, Korean, German, and French.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But those factories are built in very small towns, very isolated, where there is no tradition of working class struggles, so as far as I know, there is very little worker militancy in those factories.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What does it mean from the revolutionary point of view? It means that the even 40 years ago, the idea of continuing automobile production as it existed was not part of the revolutionary program.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The real revolutionary program would be pointing to the decadence of the huge resource loss from the whole social organization of the automobile and pointing to other kinds of transportation, other kind of cities, other uses of oil, and so on. Even 40 years ago, the revolutionary program was not more cars. It was changing the whole nature of production so that the social dependence on cars declines, and other kinds of transportation like mass transportation could replace cars, and so cities could be organized in different ways.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;That is material production which isn't decadent in a social framework. And so the revolutionary program would not be workers' councils, soviets, workers' control for more cars but it would be whole different kinds of work, and whole different kinds of production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is all to answer the question about the link between the program there and what I see as decadence of this system. It is simply a kind of abstract model attempting to cut through the appearances of decadent capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : We think it is a kind of reflection of deindustrialization in advanced countries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Yes, I agree. I said that I do think on a world scale, production exists that can make a transition out of capitalism into communism relatively painless. But it's important in the concentrated areas of the US and Western Europe to emphasize how different society could be organized and to emphasize also the potential that exists with, for example, the millions of people who work in these unproductive parasitic sectors. What could be done with that labor power in another society?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: In particular, in Western society, in America?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG : I think Japan also has some of the same trends. Korea is going in the same direction. The new president Lee Myeong-bak, is talking about making Korea into the financial hub in East Asia and moving Korea into a service economy, so I think the same trends would happen here.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : It's not exceptional to Lee Myeong-bak, All bourgeois parties are arguing that.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Yeah, he is the one who probably would do it if it happens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : So we think some of your transitional program is a little bit artificial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I agree, it is artificial in the way that parts of volume I and volume II of Capital are artificial. It's, again, a heuristic model to point at certain kinds of problems that are not obvious, To get beyond the appearances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : How can you support people working in the parasitic sectors?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG : I think a lot of those people are quite aware of that their social roles are parasitic. And I think they would be very interested in carrying out a coherent program that talks about abolishing the ignominious work they do everyday.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I'm not saying that people who work for banks and insurance companies should not struggle because they work in parasitic sectors, I'm certainly saying that if we want to have true vision of another kind of society, the program of this kind is important to make people aware that this struggle is not to have workers' control in their bank, it's to abolish their bank.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : I think, many bank workers and service workers think the communist left will take away their jobs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG : It will take away their jobs, and it will provide them with a social framework, with other kinds of jobs among the jobs still necessary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : What do you think about the nationalization of banks in orthodox Marxist theory or program? Engels argued it in the preface of the Civil War in France, Lenin also did in &#8220;The Impending Catastrophe&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG : As a revolutionary measure in a transition, it's a necessary, it is a positive thing. But Francois Mitterand also nationalized banks when he was elected as president of France in 1981. That was just part of a state capitalist reorganization of the system. But as a weapon for transition of working class power, I think it is positive thing. But nonetheless it's necessary to recognize that if banks were nationalized in America, Britain, France, or Germany, 80 90% of the workers could be transferred to other kind of activity because that kind of banking would no longer be necessary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I think the concept of nationalization of banks or anything else is an abstraction, separated from its specific political content. In France, with Francois Mitterand, it had one content, in Russia, 1917, it had another content, in some future revolution, it will have another content. But just like with nationalization of industry, I don't think there is anything socialist or communist about the simple idea. It's only meaningful as part of some larger process.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : I think nationalization gives some chances to control industries or distribute the labor force in the transitional period by soviets or workers' councils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : On the question of nationalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG : I guess I would put the issue of nationalism a little differently from the ICC. Nationalism was the bourgeois revolutionary ideology of the 19th century, and it was successful because it had a practical program that could be realized, namely the creation of a coherent capitalist nation state.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So Marx supported the struggle for the creation of a Polish nation in the 1850s, 1860s, and 1870s as something that created the conditions for the unification of the world working class. That was Marx's criteria for supporting some nationalist movements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx supported Polish nationalism. He supported Irish nationalism against British imperialism but he also opposed some of the Balkan uprisings in the 1870s. Why? Because they would strengthen Russia expansionism by weakening the Ottoman Empire and he thought continual containment of Russian expansionism was more important for the world working class than the creation of the independent nations out of the Ottoman Empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In contrast, I think, in modern history, which is to say, after World War I, it's possible to say that a coherent nation state can't be created by bourgeois nationalism. I don't see any case in which that has been a step towards the unification of the world working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let's consider some examples. The Algerian Revolution produced another kind of state capitalism, with a parasitic state bureaucracy that leans essentially on Algeria's natural gas and oil wealth, and has created a long-term deep economic crisis of marginalization for Algerian peasants. Above all, it has no way to solve the problems of serious development.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let's consider the case of Vietnam. A national liberation movement under Stalinist leadership defeated the US and promptly made a full transition to a kind of so-called market socialism that exists there today. Can we say that the victory of Vietnamese nationalism was a step forward for the world working class? It's hard for me to imagine how that would be true.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Then we can think of more extreme examples such as the former Portuguese colonies in Africa, Angola, Mozambique, and other smaller places where for 30 years after independence, they became failed states, social disasters.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We can also think about all these nations that have been created since the late 1980s collapse of the Stalinist bloc, the new countries in Central Asia, the organization of the Eastern European countries. One could argue that those are successful creations of new bourgeois nation states. But how do they increase possibility of the unification of the world working class? I don't see any way that happened. So on that basis, I think that nationalism is still obviously a very powerful force in the world today but it has no practical program that can be in the interest of workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Why did Islamic fundamentalism replace Arab nationalism or other nationalisms in other Islamic countries?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arab nationalism was part of the whole process of decolonization after World War II, the Algerian Revolution, the Egyptian Revolution, the transformation under Nasser, all these aimed at creating independent development states. They were highly bureaucratic and basically a kind of state capitalism and across the board they failed to solve the real social problems of those countries. I do not consider myself a Trotskyist but I think Trotsky was quite right in his theory of permanent revolution, that in the modern epoch the bourgeoisie can't solve social problems in the way that it did in the 19th century. It necessarily creates weak states that are unstable and totally vulnerable to the capitalist world market. So from the 1940s to the 1970s these national states seemed to have some kind of dynamic but in reality there was just one failure after another and so as their failure became obvious, Islamic fundamentalism moved into the vacuum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The ICC may be right that sooner or later even the smallest independent nation state has imperialist appetites but I don't think that it's really the true, fundamental problem of nationalism. The fundamental problem is this inability to solve the broader problems of society in the progressive way as the bourgeoisie was doing prior to World War I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I'm aware that in a country like Korea, nationalism remains a very powerful ideology and I think I understand some of the reason for that. Nevertheless as in the other cases I mentioned, I can't think of a practical program through which the working class can participate in the kind of national movement in the way of that Polish working class in Marx's time was nationalist. So in other words, one can acknowledge the imperialist past that produces that kind of hurt that nationalism grows from without recognizing any valid program to for a true nationalist movement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : The bourgeois characteristics are very obvious in nationalism but we think it is important for working class to support the small nations' movement and their struggles. Don't you think that it will help the working class to overcome unionism or nationalism in advanced countries? For example Marx argued that English workers should support the Irish movement to overcome English nationalism or British imperialism. Is it useful in the current days?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG : I think that of course, in the advanced countries, the US, the Western Europe, Japan and South Korea, workers should oppose their own bourgeoisie and should oppose what their own bourgeoisie is doing internationally. So to that extent, when American imperialism is oppressing, for example, Latin America, American workers should oppose that. The question, I think, becomes delicate when it's question of supporting actually giving political support to the nationalist movements that oppose US imperialism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I don't think we can ask this question abstractly, I think we have to ask it in the same way that Marx supported Irish and Polish nationalism and opposed Balkan nationalism. The real criteria are what advances the unity of the working class on a world scale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In today's context, as we were discussing earlier, there's a decline of American imperialist power and there's a multicentric movement in many parts of the world to try to establish alternative independent power. I think that the nationalistic movements that I'm aware of can only be part of that new reorganization of capitalist power. And therefore I again do not see them as playing any progressive role in unifying the world working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : In France, the IS and LCR supported the Muslim wearing of the hijab but LO was against that, what do you think about that?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG : I have to say that I see that from an American point of view, namely I don't think the clothes that people wear to school are very important. People wear religious clothes or don't wear religious clothes. I don't think it matters. But in the French context, it seems to matter a lot more because of the specific nature of the French republican ideology.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In France the republican ideology of the central French state sees the education system as a system of educating French citizens. And educating French citizens, you know, as completely secular and non-religious.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So in that context, many people including LO, are hostile to Islamic clothes in school and other religious expressions in school because they see it as dissolving the division between religion and state.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Because I do not see the French Republic as creating further conditions of progress socially I am not concerned about the decline of its ideological power. But I recognize that this is a difficult question and I could be wrong, but I guess I would agree with the people who think that wearing the veil, if it is truly voluntary, is OK. That's of course another question if it is really voluntary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin : What about real independence movements like the Chechen or the Uighurs?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG : I should say that many of these movements have very legitimate demands for cultural, linguistic, and other kinds of autonomy. For example the Basques in Spain have been fighting against the central state of Spain for long time. I think that it's perfectly possible to agree that Basque language could be a public language, the language of education, and a lot of other basic rights of autonomy could be granted in a capitalist framework.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And I think the same thing is true, though I know relatively little about it, for the Uighur population in China or the Chechen. I think that those movements are expression of the extreme centralism of the state and that revolutionaries could support the cultural and linguistic demands of the movements of that kind without supporting their struggle for an independent state, which I think again like in these other cases, would wind up being reactionary where the Algerian, or Angolan, or other new states quickly became reactionary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I don't think it's true that the US doesn't like the Uighur agitation in western China. I don't think it's completely true that there have been no ties between that movement and Chechens, and other Islamic movements in the around the world. Western power and primarily Saudi Arabia have given lots of money to those movements and made it possible for them to acquire arms. In the case of the Chechens or the Uighurs, I think the US views those kinds of movements not as something they want to support but as something they can use at certain times to prod the power of China or Russia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Second Meeting&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview with Loren Goldner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: There are some different viewpoints among socialists about the Kronstadt revolt, whether it was inevitable or not. Some people also say that the Krondtadt insurgents were connected with the White Guards. And that they were not the same sailors and workers who had been in the forefront of the 1917 revolution but the draftees from peasants. So was it an inevitable arrangement to survive? What's your opinion?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: First of all, I assume that you're not asking me this question because of what Jeong Seong Jin and Da Ham Gae say about it. They're willing to support Juchejuija, (the pro-North Korean faction in the Korean left, the so-called National Liberation or NL faction) in the KDLP, so I think they would support just about anything. But the question is obviously very important because so many different people today who think of themselves as revolutionaries have opposing positions about Kronstadt. So you use the term, which I guess Jeong Seong Jin used, that it was a necessary tragedy. And it's not easy to answer the question posed with those words but I will try. First of all, have you read Paul Avrich's book called &#034;Kronstadt 1921&#034;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: No, it's not translated.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Okay, Paul Avrich is a very interesting historian of the Russian Revolution. He is an anarchist and he does say that the Bolsheviks were justified in crushing the revolt. According to Paul Avrich, and according to other accounts of Kronstadt which I've read, when the revolt took place, the Bolsheviks in Petrograd sent a delegation to meet with the Kronstadt soviet. And the Kronstadt soviet, initially was quite open to a discussion with the party comrades. I don't remember the name of the most prominent Bolshevik spokesman in that situation, he was not a top level leader but an important leader from Petrograd. His arrogance and his way of talking to the Kronstadt soviet deeply alienated the people who had been willing to talk. I think it's also highly significant that the Kronstadt insurrection arrested the communist officials on the island of Kronstadt and put them in prison with the attitude of 'we'll deal with them later'. Whereas when the Bolsheviks conquered the island they shot everybody. So again I think the fact of jailing, not executing the communist officials was another sign of good will on the part of the Kronstadt insurrection. After 1991 a report from a Cheka officer was found in the Soviet archives that was written one week after the insurrection broke out, in which he said, &#8220;this is not a White insurrection, we have to deal with this revolt&#8221;. Now, some people who support the Bolshevik crushing of Kronstadt say &#034;Okay, well yes, it was one week after the insurrection started, he had not yet had time to find out about White influence on the insurrection.&#8221; And this report was absolutely top secret and only read by Lenin, Trotsky, Zinoviev and a few other very high Bolshevik officials. But nevertheless the party press and all public statements of the Bolshevik regime were saying &#034;This is a White insurrection, this is a counter revolution, we have to crush this.&#034; As you probably know, Zinoviev at that time was the head of the Petrograd soviet, and he became absolutely hysterical and really was paralyzed by the revolt. As you also know, Zinoviev was generally a rather hysterical person as he showed in the fall of 1917 opposing the Bolshevik insurrection and on other occasions. Trotsky was not in Petrograd at that time but was firing one telegram after another to Petrograd saying &#034;We have to pin this on the Whites&#034;. Now of course, as you also know, strikes in the factories in Petrograd had just ended shortly before the insurrection. And Alexander Berkman, who was a libertarian communist, who was in Petrograd at that time, reports being in meetings of the soviets in factory committees, and when Cheka officials would come into the room, workers would begin to tremble. That of course, is just an anecdote, but I think it's already clear from things that were written long ago and also more recently based on new archived material (for example by Professor Lyu Han Su), that by 1921 the relationship between the party and the workers' councils and soviets was almost entirely severed, that they still existed but they existed as rubber stamps of the party. So as a first answer to the question here, yes, I would say that by 1921, the Bolshevik party and the democratic institutions of workers' power-soviets and workers' councils-were completely separated. Trotsky and many other people have said that the Kronstadt insurgents were not the same sailors and workers of 1917, and frankly, I don't know, but I don't believe what Trotsky says anymore than I believe particularly what the anarchists and libertarian communists say. Particularly because of the lies and propaganda that came out in the Bolshevik press during the insurrection. Another fact that you may not know is that many units of the Red Army in Petrograd refused to attack Kronstadt and the Bolsheviks had to bring these Kursantis, which were very young officers from military academies in other parts of the country to be the main military force. And when the attack took place across the ice there were people in the rear who were shooting anybody who tried to retreat. This had been a normal practice during the entire civil war so there's nothing unusual about this but I'm just citing the fact of the refusal of many Red Army regiments to join the attack and the necessity of having those kinds of measures against possible deserters as further evidence that the revolt was quite popular or at least seen in a very ambivalent way by many people, including people in the Communist Party and in the Red Army. Finally the very fact that at the party congress about one or two weeks later, the Tenth Party Congress in March 1921, Lenin said, &#034;Kronstadt lit up the horizon like nothing else.&#034; It was at that congress that the Workers' Opposition was defeated but during the discussion at the congress Lenin said &#034;The Russian working class has disappeared.&#034; All of the workers from 1917 were killed in the civil war or had gone back to the farm to survive. So one of the Workers' Opposition delegates, Shliapnikov, jumped to his feet and said, &#034;So you are exercising dictatorship in a name of a class that no longer exists.&#034; On the other side of the debate, I would say several things. First of all, after four years of world war and three years of civil war, there was an obvious, total exhaustion in Russia. The Allied blockade was still in effect, the Whites were active in Finland, there were British and French military and intelligence people in Finland, who obviously would be interested in a revolt like this, and as you know the Kronstadt insurrection was reported in French newspapers a week before it actually happened. Nevertheless, whatever the case, I have never seen any convincing evidence that the insurrection can be characterized as a White insurrection. I recall that there was a general who wound up as the commander of the Kronstadt forces and there is no question about his credentials on the side of the revolution, he had fought on the Red side during the civil war. So there was no way that they could say with any credibility that he was a White element. Another one very factual element about it is, if this was a White plot, all they had to do was wait one week and the ice was going to melt and the island would become impregnable until the following winter. So getting back to the question of 'necessary tragedy', to me it's perfectly comprehensible that in that situation-after seven years of war and all the destruction-that the Bolsheviks would be paranoid about a White rebellion. But when we say 'necessary tragedy', we have to be very careful. I think that one fundamental aspect of the degeneration of the Russian revolution was a split between the high level leadership-the Lenins, the Trotskys and so on who had lived many years in exile-and the internal party apparatus which had developed in the underground for 20 years. These were people like Stalin who had been robbing banks, escaping from prison and generally leading a very interesting but totally underground existence for a long time. I believe these people became the core of the Bolshevik apparatus, as it existed for ordinary workers and peasants, from 1917 onward. Unlike Lenin and Trotsky, these were not people who stayed up late at night worrying about the relationship between party and class. During the civil war more and more elements, basically right out of the criminal underground, were recruited into the apparatus of the Cheka and other organs of Bolshevik power. So I would say there was Stalinism before Stalin that was already present as one aspect of the overall Bolshevik party. Victor Serge tells in his Memoirs of a Revolutionary a very revealing story along these lines. In 1920 there were some hundreds of anarchist political prisoners who were condemned to death and Lenin and Trotsky announced an amnesty for them. So the amnesty was going into effect on the following day and Pravda was publishing the names of all amnestied anarchists. And during the night before the amnesty took effect, the Cheka shot all of these anarchists. So Victor Serge went to the prison and asked the officer why he had shot them when the amnesty was taking effect and the Cheka officer replied, &#034;Lenin and Trotsky can be as sentimental as they want, my job is to destroy the counter revolution.&#034; I think this points to this division, already in these years between a very tough apparatus that by 1921 had already in part been recruited from the criminal underground because these people had a lot of experience, and the intellectual Marxist leadership with different theoretical ideas who were in power. But at the same time I think that there was a kind of party patriotism in the official ideology of Lenin and Trotsky that protected that kind of activity. Party patriotism was the ideological cover for these essentially gangster activities. As you probably know, in 1921, Lenin and Dzerzhinsky&#8212;Dzerzhinsky was the head of the Cheka&#8212;and he and Lenin conducted a private study, a private commission of inquiry about the activities of the Cheka in these kinds of events and they were horrified. But in the situation of 1921, they decided there was nothing they could really do about it. Let's not forget that from 1918 onward, the Bolsheviks had been imprisoning people from every other left group and in many cases they also were shot. Mensheviks, social revolutionaries, left social revolutionaries, and anarchists. Of course civil wars are not happy occasions, and things happen in civil wars, but I think that overall the crushing of all opposition outside the party also deeply weakened the dictatorship at the end of the civil war. And what that shows again essentially is this ideology of party patriotism and 'we are the revolution, and if you are against us, you're a counter revolutionary'. So to finally answer the overall question I would say that yes, by 1921 the working class had become a passive observer of what was going on at the top level of the party. And to talk about that as a workers' state was the wrong characterization. Are you familiar with the American radical Max Eastman? &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: Yes, I know him.&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Okay, Max Eastman was in Russia from 1922 to 1924, and he actually spoke fluent Russian, and he got to know all-Lenin, Trotsky and many other top level Bolshevik officials-he was working on a biography of Trotsky and he attended both the 1922 and 1924 congresses of the Comintern and he describes that how the top level intellectual leadership of the Bolshevik party were truly frightened by the kinds of people that Stalin had brought into the apparatus that were Stalin's base. If they were frightened, just imagine what the ordinary workers and peasants felt. Max Eastman didn't think there was any mystery about Stalin's victory from 1924 onward. So, was it a necessary tragedy? I would say the tragedy was the survival in terrible conditions of this first self-designated Marxist political party in a situation where it could not carry forward any important aspect of a Marxist program. In their own minds, they realized by 1921 that the German revolution was not going to happen, so they imagined that they were sort of holding this remote outpost of world revolution until the next wave and very quickly their position at the head of a nation state in a world of nation states, forced them towards what Stalin called 'socialism in one country', very quickly they were forced to act like a nation state. They signed a commercial treaty with Britain, they implemented a new economic policy to cool out the situation within Russia and other developments like that, which were accommodations to this horrible situation. As one last footnote to what I'm saying, have you ever read the book of the Yugoslav Trotskyist, later ex-Trotskyist Anton Ciliga called The Russian Enigma? &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: No. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Okay, I highly recommend it. Ciliga later became something of a reactionary but I don't think that undermines the power of what he shows in that book. He was a Trotskyist, he became a Trotskyist in Russia. He was a Yugoslav delegate living in Russia in the twenties, became a Trotskyist in 1926 and was sent to Siberia in 1930. In Siberia he found himself in a concentration camp with all the surviving Mensheviks, left social revolutionaries, anarchists and other left political prisoners. Of course all of these people were later shot but Ciliga was saved by his foreign nationality and returned to Europe and was able to write his book. In the years he was there, probably the most sophisticated debate about the defeat of the Russian revolution ever took place. And what is truly remarkable about what he reports is that the Trotskyists who were there were treating the other political tendencies just as arrogantly as they had been when they were in control of the state. And they were completely focused on the debates going on in the top level of the party and they seriously expected to be recalled to Moscow any day to resume state power. That's where the Trotskyists were psychologically at a time when they had already been totally defeated-arrogant towards the left opposition and focused on the summit of the political party with no relationship to the broader working class and Soviet society. To finally answer the question that's why I disagree with Jeong Seong Jin and his characterization of the Kronstadt. Do you want to ask any further questions?&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: So do you think it was understandable but not inevitable?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Given the circumstances, given the way the Bolshevik party had evolved, given the terrible conditions of 1921, and above all the failure of revolution in the west, there is some deep inevitability about it. When western communists visited Russia during the civil war and after, they were often quite surprised at how out of touch Lenin was with the situation in western Europe. Some German communists came to talk to him in 1921 and they sat down and Lenin pulled down a map of Germany and said, &#034;So, comrades, where will the revolution break out first?&#034; The German comrades looked at each other, they weren't sure what to say. But on the other hand, Lenin was hardly the only person, not just in Russia, with the same mistake. Revolutionaries in western Europe also believed that the post-World WarI situation presented a revolutionary possibility. Unfortunately they were wrong. Nevertheless because the international strategy was so fundamental to the Bolshevik strategy-it was the reason they thought they could make a revolution first-when it turned out that they were wrong, yes, I would say 'inevitability' was central. Because of the widely held view of not just of the Bolsheviks but of many revolutionaries in western Europe that the revolution was at hand, that is what I would point to as the 'tragic necessity' or 'tragic inevitability' of the defeat of the Russian revolution. If you want to talk about 'inevitability', I would say that the victory, or the apparent victory of a Marxist party in a very backward country with a wrong appreciation of the world situation, that made everything else inevitable.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: Do you think the Bolsheviks took the power too early? Or that they shouldn't have taken power?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: No, I think they were right to take power. If I had been there in the fall of 1917, I would have been in favor of taking power with the understanding that Germany was the key to the situation. So I would have been wrong along with almost everybody else. I think it was wrong to systematically crush all left-wing opposition in the years of the civil war. It was this party patriotism, this belief that &#8220;we&#8221; embodied the revolution, that added this element of inevitability to what happened later.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: Do you think that the USSR was a workers' state when they crossed the Rubicon in 1921?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: No. I think to talk about a workers' state when workers exercise no power in institutions like soviets and workers' councils, is a meaningless phrase. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: So what is the characteristic of USSR state power after 1921?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: In the party debates in the 10th party congress, March 1921, Lenin replied to the &lt;br class='autobr' /&gt;
Workers' Opposition who were saying this is state capitalism; he said &#034;We would be lucky to be state capitalists. What we are is a backward capitalism of petty producers and peasants with a working class party controlling the state.&#8221; Lenin ridiculed the theory of state capitalism of the Workers' Opposition and said &#8220;we would be lucky if we were state capitalists, that would be a step forward.&#8221; You can find this speech in the party congress minutes. What Russia is right now is a petty producer capitalism &lt;br class='autobr' /&gt;
with a pro-working class party controlling the state. The peasants had all the land in individual plots at that point and that was the basis of the economy along with the nationalized industry which at that time was at 15% of the 1914 levels. So what did you have after 1921? You had seven years of the NEP, followed by Stalin's draconian first five year plan, collectivization and everything that happened after 1928. I think we have to apply Marxist criteria to analyzing the meaning of ideological pronouncements of political parties and individuals. So some of the Bolsheviks in 1921, I'm sure they were sincere about their belief that they were a workers' party controlling a backward capitalist state. Are you familiar with Miasnikov? ? Miasnikov was a theoretician in the Workers' Group, which was a smaller left opposition of 1921. Miasnikov was a worker, he had joined the Bolshevik party in 1902 or 1903, he had been in prison, he had escaped from prison three times, he had complete revolutionary credentials. So there was no way the Bolsheviks could put him in prison. And so he and Lenin had discussions in which Miasnikov said, &#034;Okay, I understand the ban on bourgeois political parties, but why don't you allow the return to democracy for all working class political tendencies?&#034; They argued and Lenin said that it was impossible, and Miasnikov accepted being sent into exile. Do you know Philippe Bourrinet? Bourrinet is a former ICC historian who has written three or four excellent books, one on German-Dutch council communism, two books about Bordiga and the Bordigists and some other things, and he has an incredible website (HTTP://WWW.LEFT-DIS.NL/). And he has a very good article, I believe it's translated into English (he writes in French) on Miasnikov's conversations with Lenin. I really urge you to look at it. So in 1921, the Bolsheviks signed the Anglo-Russian commercial agreement, they accepted foreign investment in Russia, they signed a commercial agreement in December 1920 with the Turkish government of Kemal Pasha. Very shortly after this agreement, Kemal Pasha arrested and executed all of the leaders of the Turkish Communist Party, who by the way were possibly Luxemburgists and who had spent time in Germany, working with Rosa Luxemburg. And the Bolsheviks said nothing and they shook hands and began that relationship. In a document written by Trotsky in 1920... are you familiar with the Gilan soviet in Persia? Gilan is the northern part of Iran or Persia and a pro-soviet revolution took place there in 1920. And there was an Anglo-Persian treaty of some kind which essentially gave a free hand to the Persian government, which was backed by the British, to crush the Gilan soviet. And Trotsky wrote... This is a document that very few Trotskyists ever pay attention to, and Trotsky said, &#034;In our policy towards the colonial world and the semi-colonial world, we have to make concessions to British imperialism and we have to discourage our comrades from pursuing a revolutionary strategy.&#8221; So essentially a Menshevik point of view in the mouth of Leon Trotsky in 1920. As you also know in 1920, before the civil war ended, the Soviet government allowed the German army to train in the Ukraine. And that was in exchange for German officers helping to train Red army officers and soldiers. And then in 1922 there was the Rapallo treaty, which opened formal commercial and diplomatic relations between Soviet Russia and Germany. And this intensified the German military activities in Russia because the Allies did not want them to remilitarize. This led to high-level contacts between the military officers of the Red Army and the German army. So for example in October 1923, when Trotsky and Zinoviev were trying to oversee the last phase of the German revolution... October 1923 was the last days, the last uprising of the German revolution which took place in Hamburg. Trotsky and Zinoviev, as the leaders of the Third International, were trying to promote the German revolution in its last phase and it's a well- known fact that the Hamburg uprising was a fiasco. But the weapons that the German army used to crush the Hamburg uprising were sold to Germany by the Soviet Union. I learned that from Philippe Bourrinet, who is a remarkable historian. So what does this mean? It means that again, I don't doubt that Trotsky and Zinoviev were sincere about wanting revolution in Germany in fall 1923. But the practice of the Soviet state in all of the situations that I mentioned was moving in a completely different direction. And becoming more and more the operation of a nation state with national interests in a world dominated by nation states. So what I'm merely saying is that as Marxists, since we believe that practice is what makes consciousness, that the remaining true revolutionary internationalism of the Bolsheviks was being seriously undermined by the actual practice of the Soviet government in many different parts of the world. And once again, to call that phase a workers' state of any kind, just seems to me to be ideology and wishful thinking. &lt;br class='autobr' /&gt;
As we know from Marx's 1840s writings, we do not judge individuals and political movements by their opinion of themselves but by their real social activity and practice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: I think we should wrap it up now. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Wrap up, question no. 5? Okay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I'm just curious, are the things that I mentioned in the last part about Iran, Germany and Trotsky's 1920 statement that we have to ask the comrades in the Middle East to not pursue revolutionary policy, and what I said about Turkey, had you heard these things before? &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: No.&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yeah, they're not widely known. I don't think Choi Il Bong or Jeong Seong Jin know these things either.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: First of all, what do you think about the trade unions, do you think they are tools of capital, like what the ICC and IP say? And the last time when ICC was here, they told us that a lot of workers and militants joining the KTCU is not a common situation internationally so they said you can't put this particular case into a general one. But we think that we have to join the trade unions in South Korea to have activities. So what do you think about it?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Well, I think the ICC and IP (to a lesser extent) are victims of what I consider to be a highly abstract approach to how class struggle develops. I have known the ICC and read ICC materials for 35 years. And on one hand, I initially found it quite interesting and I subsequently met many people in the ICC and many people who are ex-ICC members, including the IP people, and in my conversations with them, I have rarely, if ever, seen an awareness of the very uneven and fragmentary development of class struggle and class consciousness. I think I told you last week that when I had discussions in Paris with the ICC in 1982, I said &#034;Look at the economic development that's happening in South Korea&#034;, and they said &#8220;That's impossible. This is the era of capitalist decadence&#034;. Now, I should also point out that not all left communists have this attitude towards trade unions. If you consider the Bordigists part of the left communist tradition, the Bordigists are for work in trade unions. But it's certainly true that anybody who comes from the German-Dutch council communist tradition and most of the modern left communist currents in Europe and elsewhere, do reject working in unions. So I reject that kind of abstract judgement of unions, but at the same time I reject the general Trotskyist view that the unions can be captured for revolution. Therefore I think that the correct strategy and tactics involves being in unions where they exist but not being unionist. For example, I look at struggles in which people in unions attempt to link up, form alliances with people outside the unions and broaden the struggle in that way. And I think that by itself is a strategy that undermines union bureaucracy. I think it's highly significant that in all of the class struggles in the West in the 60s and 70s-from the wildcat movement in the US, Britain and France, to May 68, to the Italian movement, to the Spanish movement, 1974, 75 Portugal-in none of these cases was the expansion of unions central to what the workers were doing or demanding. In none of these struggles was the advancement of unionism an issue. The wildcat strikes, the general strike in France, the so called 'creeping May' in Italy from 1969 to 1977, in none of these strikes were workers saying &#034;We want more unions&#034;. The unions were fighting against the workers' movement. At the same time, as I said, for example in Italy in the early 1970s, union bureaucrats could not even go into many factories because they would be run off by the workers. Now that was in the context of the post World War &#226;&#8230;&#161; boom, and it was very easy for workers to change jobs and nobody imagined a situation of major economic crisis. And I think it's also significant that since the 1970s and since the beginning of a big world economic crisis or restructuring of capitalism, no union that I'm aware of has ever gone beyond what I would call a narrow corporatist viewpoint. You know the cartoon characters who run off the cliff and are suspended in the air over a very deep canyon and look down, and as soon as they look down they fall to the ground? &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin:Yes, I think so. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yeah, the unions in the west are in that situation. The auto workers for example in the United States had 750,000 members in 1973 and today they probably have no more than a 500,000 auto workers. During that whole decline, when rank and file left opposition groups would criticize the union strategy, the union bureaucrats were saying, they had a slogan 'If it's not broken, don't fix it&#034;. So their entire concern was to preserve the incoming of union dues long enough for them to retire. The declining numbers of members were still paying dues to the union and the bureaucrats mainly just wanted enough in their own pensions so that they could retire. That's an anecdote but I think it points to the fact that the unions after the beginning of the crisis in the 70s were not only unable to change their strategy, they continued their very narrow approach as the situation of the workers declined and declined. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: It's the same in Korea, now. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yes, well, the American situation is extreme, for example in the auto industry both Ford Motors and General Motors, the two biggest auto companies are in deep trouble. And just like the KCTU here, they have accepted every step of the auto company strategy to outsource and downsize the work force. On the other hand, in some developing countries, countries that emerged economically after the beginning of the 1970s crisis-and I'm thinking of South Korea, Brazil, and in a different way Spain, Portugal, and in a still different way in Poland and Iran-all of those cases, for a certain period of time, unions did play a militant role in the transition to democracy. And I say 'democracy' in quotes. And in every one of those cases, I think with the exception of Iran, the mainstream ideology of the unions was, 'We are the vanguard of the struggle for democracy, and once democracy is established, we will have strong power for worker organizations'. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: It's the same here.&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yes, yes. I said in all of those cases except possibly Iran which I don't know that much about. So instead, as soon as the military dictatorship or the Stalinist dictatorship had been defeated, what happened was a very radical neo-liberal fragmentation of the working class and dismantling of the very industrial base that the unions had grown up in. They were the advanced guard and they were the fighting force for the transition to democracy, whatever they said they were fighting for, but once that transition was complete and the old authoritarian regimes were dismantled, a neo-liberal radical attack on the heavy industry base of the workers' movement took place and undermined the power of the unions. So in that sense, I think it does confirm a broad view, not unlike the ICC, of the current era of capitalism as being one in which lasting reformism is impossible. These developments which seem to point to a positive role for trade unionism actually, because of their very short term character, point to a kind of decadence in the capitalist system that makes any kind of long term reformism impossible for the working class. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: What do you exactly mean by reformism?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Well, I was about to say, in prior to 1914, in Germany and the United States and in Great Britain above all, in France to a certain extent, as the working class was growing with industrialization, it was possible for unions to form and wages to rise in a lasting way, and possibly for the workers' parties to participate in elections on some occasions, and that was the basis of the kind of gradualism and revisionism that was articulated by Bernstein in Germany. That kind of practice is impossible in contemporary capitalism. I think that has been proved both in the cases of the West that I mentioned, and it has been proved in the transitions out of dictatorship-Brazil, South Korea, Poland-that I also mentioned. Nevertheless, as I said in the beginning, I do not think the revolutionary approach to the union question is simply 'unions are bourgeois, and to be involved in the unions is to be part of a bourgeois institution'. Karl Marx in 1860 also said that unions are bourgeois institutions. And nevertheless he strongly advocated socialists, Marxists, leftists of all kinds to be active in unions. Nevertheless I think history since that time has demonstrated that the strategy of taking over unions, as is still advocated by some Trotskyists, is a dead end. Already in 1914, the unions in every country participating in World War I joined their national government and helped form almost state capitalist planning institutions in collaboration with capital. And again in World War &#226;&#8230;&#161;, the unions in all the countries, in all the bourgeois democracies, did the same thing, and were central in sending the working class off to fight in the imperialist war. And I think with the much weakened position of unions in the world today, there's no question that the same thing will happen again. So what is my strategy for the unions? It is to be active in unions where they exist, but not to do it with a unionist perspective but with a class wide perspective that points to all of the workers and other elements, other oppressed groups in society that have no opportunity to participate in unions and to involve them as much as possible in struggles. As what is happening to some extent right now with the E-land strike in Korea. One of my favorite examples is the Buenos Aires subway strike of 2003-2004, where the subway workers struck with the demand for '30 hours a week'. And demanding that the subway management hire 2,000 new workers to make it possible for everybody to work 30 hours a week. And they won! Now subway workers in big cities have a special kind of power that very few other workers have, but nevertheless I think the example is one of workers who are in unions doing things that point to a broader class orientation. Do you want me to say more about this?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: I completely agree with your tactics. &lt;br class='autobr' /&gt; We agree that the unions are becoming more of a state institution but we also think that we have to be active in it. But most of the left communists seem to generally reject the whole idea of participating in the unions or mix it up with what the Trotskyists say, 'capture the unions'. So are there any revolutionary groups in foreign countries who have the same viewpoint as us?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Well, before I get to that, let me just say another thing, in both Europe and the US, there are some Trotskyists who are now union officials at different levels, particularly in France. All three of the major Trotskyist groups have their union shop stewards and low level bureaucrats. And in America, there are in a different way, much smaller but similar kinds of developments. They tend to present this infiltration of the unions as a success for their Trotskyist program. But the reality is that these people are always elected, not because they are Trotskyist, and not because of the Trotskyist transitional program, but because they're good militants! So their political strategy is undermined by their success and their illusions about their success. I'll give a couple of more anecdotes to illustrate what I think is the abstract theoretical bankruptcy of the left communist, left communist of the ICC type. In the American South about five years ago, a chicken packing factory burned to the ground with mainly black women workers trapped inside because the management had locked all the safety exits. Thirty women were killed in that fire. And what did they do? They formed a union to force the company to leave the emergency doors unlocked while people were working. I would like to see the ICC come to a situation like that and say &#034;No, no, , this is the era of capitalist decay, unions are reactionary.&#034; I worked for a number of years on the non-academic staff of a big American university on the east coast. I was working on the staff in the library. And there was a unionization drive, that took 15 years to finally win. A unionization drive means an attempt to form a union by the non-academic staff. The management of the university fought this unionization drive in every possible way. The union finally won in 1989, and it was considered the most successful unionization drive of white-collar workers in 20 years. The immediate result of the union victory was a 10% to 20% wage increase for the least paid non-academic workers. More important than the wage increase was that the workers were able to criticize management, talk back to management without fear of being fired as they had been in the past. Now, that's the good news. The bad news was that as soon as the union won, the university began a new strategy of slowly trying to... Do you understand salami tactics? &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: Yes.&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: You can't destroy something all at once so you cut off little pieces. They began a strategy of salami tactics to deeply weaken the union, mainly by reclassifying many non-academic staff members as professionals. Suddenly out of 8,000 workers who were eligible for the union within 10 years, about 4,000 of them had become managers of one kind or another, and therefore classified out of the union. And the union leadership, the same people who had organized the union, went along with this. Another anecdote, just before the final vote that brought the union in, there was a rally of the union with politicians from the Democratic party who were all supporting the union, and this included left-wing Democrats, centrist Democrats and right-wing Democrats. The leader of the unionization drive gathered all the union organizers together and said, &#034;Now, when they give their speeches, I want everyone to applaud all the speeches because no matter who gets elected in November, we want to have a friend in Congress&#034;. In other words, &#034;We're just a union, we're not a political organization but we want to have a friends through the parliamentary election&#034;. So the result is that almost 20 years after the victory of the union, the union has been deeply weakened by these different kinds of strategies. But nevertheless I think it would have been totally bankrupt in 1989 to say to the workers of this university, &#034;Don't form a union. This is the era of capitalist decay. The union is merely a tool of the capitalists&#034;. The university administration certainly did not think so and this university one of the most liberal institutions in America, they could not stop the union using violence for example, because their reputation would have suffered terribly. So it was a special situation but they hated the union and they wanted to get rid of the union by every possible way. So again I just think that these abstract formulations of the groups like the ICC do not take account of these uneven, fragmentary realities of class struggle.&lt;br class='autobr' /&gt;
I did not answer your question about whether or not there are any revolutionary groups that I'm aware of that practice the kind of perspective I'm talking about. And I have to say, thinking about it, I don't know of any in North America and if there are some in Europe, I'm not aware of them. I live in New York City when I'm not in Seoul, and I know a number of Trotskyists who are members of a very small group called the LRP,the League for the Revolutionary Party. Are you familiar with them? Walter Daum is one their theoreticians, and wrote a very good book The rise and fall of Stalinism. They have a state capitalist analysis of the Soviet Union and so on. And they have some very serious militants working in the subway system and also in the municipal civil service union. They, by their militant activity and interventions, have a lot of credibility with an important minority of the workers in these unions. And they are hated by the union bureaucrats, the union bureaucrats do everything to get them fired. But because they have the support of a certain minority of workers the bureaucrats can't really get rid of them. So for example, when I want to know what is happening in rank and file labor activity in New York city, I don't ask the ICC or the IP, I ask these people because they have a very concrete experience of day to day kinds of struggle. At the same time, the LRP is a classical Trotskyist organization and as far as I know, their perspective is taking over the unions if someday that ever becomes possible. So they practice the usual Trotskyist kinds of strategies and tactics. They take a statement by the bureaucrats and say &#034;The bureaucrats say we should get a 10% wage increase, let's fight for 10%!&#034; And as far as I know they never raise a perspective beyond the framework of the union. But for the ICC, they are the &#8220;left wing of the bourgeoisie.&#8221; What can you say? Anyway, I think the important point is that the flaw, the mistake in their perspective is that in a situation where they would ever be close to having power in a union, there would be a broader movement, much bigger than the union, that they would have to address and speak to. That in my opinion is the flaw that if they would ever get close to power, the focus that is strictly on capturing the union would neglect all the people outside the union, outside the workplace who also have an interest in the struggle. Now in Europe, the situation is more complicated because there's a broader class consciousness and there has been a longer period of Trotskyist and other currents of that kind working inside of unions and most notably Lutte Ouvri&#195;&#168;re(LO). &lt;br class='autobr' /&gt;
But as I said earlier, when their members get elected to union posts-shop steward or low level bureaucrats-it's not as revolutionaries but it's as good union militants. So I think they have illusions about their influence because their support is not coming from the full Trotskyist transitional program but by the workers recognizing that they're good at traditional kinds of union struggle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Conversations during a short break)&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: I think all revolutionaries should be militants but that's not all. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yes, right. And the problem is to combine being a good militant with something that is really pointing beyond immediate militancy, beyond trade unionism.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: In Korea, there have been many militant workers since 1987 but they didn't go beyond militancy or militant unionism and nowadays are just unionists. I think it's the revolutionaries' fault. The militant workers could have become revolutionaries but the majority of the revolutionaries failed to carry out the revolutionary principles with them. And degenerated themselves to mere unionists. &lt;br class='autobr' /&gt;
After we finish, I would like to hear your opinion about-I know you were not here in 1987 but-what would have been a serious revolutionary strategy in that situation. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: That's a question that interests me a great deal. &lt;br class='autobr' /&gt;
And I just wanted to say, there's a great expression for what happens to revolutionary militants who just become ordinary militants, which is &#034;If you quack like a duck long enough, you will grow webbed feet&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.(Interview continues)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I think the case of France is very special because France has such a highly politicized society with a very long revolutionary tradition, so the success of the three major Trotskyist groups in the unions has no parallel in any other country that I know of.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; You mean three groups?&lt;br class='autobr' /&gt;
Yes, there is LO, LCR, and there's the Parti des Travailleurs-the workers' party, they're the Lambertists. In the 2002 presidential election, LO got 5% of the vote, LCR got 5% of the vote and this group got 1%.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; What is their initial? &lt;br class='autobr' /&gt;
They're called the Parti des Travailleurs-the workers' party. But Parti des Travailleurs is under an organization that calls itself the OCI, which is the Organisation Communiste Internationaliste. They're Lambertists. They're a very strange group. Are you familiar with the Healy group in Britain? Gerry Healy? They were the fraternal group of the Healyites in France. And they have actually infiltrated the highest levels of French politics in different forms, including the Freemasons. They have a real perspective of infiltration. And Jospin, when he was the prime minister, it was revealed that he was a former member of this group. So they can have influence at the top, and they know through the Freemason connection, they know the whole political class in France but their mass base is much smaller than either LO or LCR. But whenever there's a big action, like in the big civil service strikes of May-June 2003, all their union bureaucrats came out of the woodwork and were calling for a general strike. Do you understand 'come out of the woodwork'? &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: No.&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Do you know what a termite is? So when you say 'come out of the woodwork', it means they've been hiding in there but in these situations they emerge, talking about general strike... so it has no meaning. To finish up on question no. 6, I wrote an article which you can find in my website about a very interesting through quite small network of extra-union militants in Paris. They're small but their organizing principle could be applied on a much larger scale. They simply have the name 'Support Committee'. They are a group of casualized workers and they see their activity as being a flying picket. Flying picket means they're not attached to one workplace but they take people because they are casualized, nobody has one job for very long, so they sort of float in the workforce and when something happens at one workplace, they can go there and make a very small strike of maybe 20 people suddenly have 300 activists. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShinL What's &#8220;extra-union&#8221;?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: I would describe my perspective as extra-unionism, that is be in the union, be outside the union, but your perspective is beyond the union. Extra-union means beyond the union. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: And their name is 'Support Committee'? &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yeah, it's a very simple name. It's a small example but I think the principle has basically very wide application. They are not trying to recruit people to any permanent organization. They're trying to develop a network of people who can intervene in these situations. So for example in 2002, there was a strike of MacDonald's workers in Paris, and they brought people from all over Paris to picket MacDonald's and close it down and the strike won! 8 to 10% wage increase, a very bad supervisor was fired..., small demands of that kind. But without this broader 'Support Committee', they just would have been isolated and defeated. And they did the same thing in a couple of other situations. For example, &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShinL What is their political identity? &lt;br class='autobr' /&gt;
They're a grab-bag. It includes anarchists, libertarian communists...&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: So it's just a militant organization?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yes, they have no political perspective and I think that is a weakness, but nevertheless they have shown, they've turned casualization on its head. In other words, the capitalists thought that casualization had solved the problem of class struggle for good. The capitalists thought, 'Okay, we close down all the permanent workplaces, everybody is fragmented and isolated and atomized. But what the 'Support Committee' realized was that the same process had created this body of people who could move around as a flying picket all over the place, and they applied the strategy successfully in several small strikes. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: Isn't there a blacklist in France?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: A blacklist? I'm sure there is, why not? Why do you ask?&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: In Korea, once you're on the blacklist you can't get a job anymore.&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Well, I'm sure something like that exists but I didn't hear about it. I mean there were some very strange kinds of developments. For example, I was actually involved when I was living in Paris that year, in one of their actions involving a small restaurant chain (Frog) that had four different restaurants. The striking workers were all from Sri Lanka. The strike began and the 'Support Committee' was working with them and the anarchists, the anarcho-syndicalist union was also working with them and after two or three months, it turned out that half of the strikers were the members of the Tamil Tigers. It caused huge problems in the strike. That's a long story, I'd be happy to tell it, but I don't think it's that important to what we're saying. Again, I don't think it's important but the Tamil Tigers were threatening assassination of some of the non-Tamil Tiger strikers. It was amazing. The owner of the restaurant chain was half English, half Indian, so he contacted the Tamil Tigers in Sri Lanka, and he gave them some money and they ordered their striking members to pull out of the strike and also threatened violence against the non-Tamil Tigers who wanted to continue the strike. It was just unbelievable. This is way off the subject but there are about 20, 000 Sri Lankan workers living in Paris, and the Tamil Tigers police them like a secret government and they kill people who give them trouble. And the Islamic fundamentalists from Algeria try to do the same thing with North African workers living in France. But getting back to the union question, this group and there are some similar groups in Italy, attempting to develop new forms of class struggle that is not workplace-centered and not union-centered, with some success. But of course the biggest example is Argentina and the piqueteros, particularly in their early period when they also had a floating picket strategy that was not only picketing workplaces but hospitals, police stations, supermarkets, attacking supermarkets and so on. So these are all forms of struggle I can think that point to the possibility of a perspective beyond unions. Unless you have any more questions, I think we should go on to question no. 7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: So the people who try to intervene in the workplaces, who carry out those kinds of strategies are mainly only the Trotskyists?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Well, even Lutte Ouvri&#195;&#168;re has given up its exclusive workplace focus. And starting in about 1995, they tried, without much success, to have neighborhood committees around Paris and other cities where they had influence. The idea of finding people in bars and cafes and getting them involved in neighborhood struggles was an important step so even they had to recognize, with the casualization and neo-liberal restructuring that their old exclusive focus on the workplace just wasn't enough. They weren't very successful. I don't think that has changed their focus on capturing unions where the unions still exists. They have also tried sending summer caravans of militants around France to try to contact people but as far as I know there have been no significant results.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Back to the interview)&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: If you're interested I want to say a couple of more things about little unions that have appeared in the last 15 or 20 years. In Spain, in France, in Italy, now in Germany, very small unions have formed outside of the classic union apparatuses and have started out with being more militant and more of a ..., they talk about themselves as class unionism. So for example in France, there's a small union, unfortunately I can't remember the name right now, but I will, and they are very locally based. They emerged out of the CFDT, the former &#8220;self-management&#8221;, now very right-wing oriented union, I believe, initially in the post office and in the railroads. They conducted some militant strikes but they are very decentralized so some sections are militant and don't fall into the trap of union bureaucratism, but others do fall into this trap so there is some kind of an uneven character to them. So there are these attempts to break out of classical unions but as far as I know, none of them had any kind of clear cut success and I wouldn't expect them to have much now. But they are another factor to think about, in terms of answering the question of how communists should relate to union activity. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShinL SUD? (French name means Solidarite- Unite- Democratie)&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yes, exactly. For example, in one of the strikes that the 'Support Committee' was deeply involved, it involved some African women who were working as cleaning ladies and maids in some luxury hotels. The women struck and they joined SUD and at first SUD was doing what they could to help them, but the strike lasted for 10 or 12 months. And after 2 or 3 months, it only involved 20 or 30 women, SUD decided that it wasn't worth the trouble and they walked away. After SUD walked away from the struggle the 'Support Committee' became the sole outside support of the striking women, and they used very creative tactics. For example, they would go to these luxury hotels on a Saturday night when there were hundreds of people coming there to these fancy restaurants for dinner and parties, and they would go right into the restaurants with loud speakers, distributing leaflets about the strike, and then in the lobby of the hotel, they would just sit down on the rug and have a picnic with wine, cheese, pate de foie gras and so on. Finally the management of the hotel just said, &#034;Okay, it's only 20 or 30 women, we'll give them...&#034; They got 50% pay for the entire 10 months they were on strike, they got all the other things that they asked for, and they only made one concession which was to not make public the terms of the settlement. &lt;br class='autobr' /&gt;
The reason I tell the story is that after this victory, SUD suddenly came back into the picture and they took a photograph of the women in the picket line holding signs and they published it in their magazine and wrote in &#034;SUD&#034; on their posters where the poster had nothing to do with SUD. So once again, like with the case of the Trotskyists in unions, it's important to realize that France is very special in a certain way and there's a kind of strike culture there that doesn't exist anywhere else that I know of. To give another interesting anecdote, at this restaurant strike, I was involved in a picket that was shutting down the restaurant and going inside with loud speakers, telling customers to leave, asking people not to come in, and then the police came. So the management of the restaurant had gone to the courts and they got a court order making the actions of the 'Support Committee' essentially illegal. The police came with the court order and there was this negotiation right at the door of the restaurant in which the policemen were saying, &#034;Okay, let's see, you can go inside with loud speakers but you cannot block the entrance, you can...&#034;, they were going through all these specific things that the strikers could or could not do. That would just be unthinkable in America, the cops would just come and start swinging their sticks...&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: Everything is illegal in Korea. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yeah, I know. In New York City a hundred police would come and they would just beat everybody and arrest everybody and that would be that. &lt;br class='autobr' /&gt;
And actually after many weeks, the police were coming every time there was a picket line, and they were getting tired of coming because of the complaints of the management and I saw one situation where a woman was walking by and she said to the cop, &#034;What's going on here?&#034; And the cop grabbed one of the leaflets of the strikers and gave it to her and said, &#034;Read this, this is what it's about!&#034; Anyway, let's move on to question 7.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: What he initially wanted to ask you was: is there a revolutionary group which intervenes with these struggles?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: In general, as far as I know, I'm not aware of any. Maybe there is. The Aufheben group and some related comrades in Germany have also tried to intervene in a non-vanguard way. Actually this is another important thing to mention, people in France have generally become very suspicious of the way in which revolutionary groups have intervened in struggles in the past. After 1968 into the 70s, into the 80s, militants from Lutte Ouvri&#195;&#168;re or the LCR would appear in different struggles and they would say, &#034;I'm from Lutte Ouvri&#195;&#168;re&#034; or &#034;I'm from the LCR.&#034;, and &#034;We support your struggle.&#034; But people began to view this as a manipulative attempt to recruit to those organizations. I'm sure you had the experience here of militants from revolutionary groups who come to meetings, mass assemblies, and the discussion continues until 3 o'clock in the morning until only the members of those little groups are present and then they have a vote and they decide to pass some resolutions with the line of some revolutionary group.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: He says it's rare in Korea.&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Rare? Yeah, I mean some of these cadre organizations specialize in being able to last in a meeting longer than anybody else. So for example in San Francisco, in the US, a Trotskyist group became influential in a union of longshore workers, and it's a union with a long militant tradition in San Francisco and these Trotskyists became influential with these kinds of tactics. So one day, at 2 o'clock in the morning, they got a resolution passed in a union meeting, supporting the struggle of the Palestinians against Zionism, &#034;We, the members of the local longshore union declare our full support for the Palestinian people against Zionist imperialism&#034;. In the next issue of the union newspaper, the ordinary members of the union learned about this for the first time. They didn't even know this was an issue in the union meeting. But the point I'm making is that in France for example, the major Trotskyist groups no longer appear in meetings presenting themselves as members of these Trotskyist groups. They merely say, &#034;I'm from this factory.&#034; or &#034;I'm from this office.&#034; or &#034;this company&#034; and I've seen them control meetings and pushing through the line of Lutte Ouvri&#195;&#168;re and most people in the meeting don't even know that they're members of Lutte Ouvri&#195;&#168;re. Somehow they're chairing the meeting, they're the coordinators of the meeting, but they do not have badges saying &#034;Lutte Ouvri&#195;&#168;re&#034;, they just have badges saying &#034;some union&#034; or &#034;some workplace&#034; and they never mention their affiliation with these Trotskyist groups. The simple reason is that people are just tired of that kind of manipulation in the meetings. &lt;br class='autobr' /&gt;
Let's go on to the next question. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: It's a short question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Okay, question no. 7. Once again, as with the union question, it's not accurate to say that all left communists reject electoral activity because the Bordigists, the same way that they are for trade union participation, they also are for parliamentary elections in some circumstances. Because the Bordigists reject the idea of decadence so it's possible to do today what communist and socialists did in 1890. But anyway... for myself, I have to say I thought very little about this question because it has never been posed in any practical way in any situation that I've ever been involved in or that I know about in countries that I'm familiar with. I guess I could imagine with a much later development of a working class anti-capitalist movement, that under some circumstances, participation in some elections would be okay. But I think again the experience of Europe has shown since the 1960s that electoral participation really doesn't give very much. Lutte Ouvri&#195;&#168;re for example as you know, has had fairly successful presidential campaigns with 5% of the vote like the LCR, but there's a big gap between their actual base and their influence in workplaces and neighborhoods and the populist kind of rhetoric that they use in elections. The populism of Lutte Ouvri&#195;&#168;re's electoral campaign is sometimes quite unbelievable. And it says very little of what one would expect revolutionaries to say. Their justification of electoral participation as education, to me, it's simply... They don't educate, and the amount of energy they put into it, I think, has very little benefit. You may know that just in the last month Lutte Ouvri&#195;&#168;re has announced that they will now form electoral alliances with the socialists and communists in local elections, which is something they have never done before. The country of course that I'm most familiar with, the United States, in the US the occasional electoral campaign of the Trotskyist groups have been totally meaningless. In the United States, only 50% of the population votes in the elections and that 50% is the wealthier half of the population so working class and poor people generally never vote. Therefore from a practical point of view, the question of electoral participation has never been a very important question for me. For example, I lived in a town where this university was where I worked on the non-academic staff, that had a left-wing city council. In this town there was a very powerful union of tenants. From 1970 to 1994, as a result of this union, this town had a very tough control on rents so that rents could only arise by 1% or 2% a year. The local politics in this town at the municipal level, were completely polarized around this question of the control on rents. I voted for the rent control candidates in the city council elections and I handed out leaflets for them but I never imagined that it had any importance as a revolutionary intervention or strategy. In some very specific situations, I can imagine supporting or participating in elections that have very concrete results, not connected to bourgeois political parties but I cannot imagine a situation in which that would be a common, important part of the revolutionary strategy. Maybe afterwards we can discuss if you disagree where you think that it could be important. I'm afraid that's all I have to say about the electoral question unless you have some other things you want to ask me about.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: No. 8, Do you think all the communist lefts reject the united front?&lt;br class='autobr' /&gt;
Okay, broadly speaking again, yes. But the Bordigists say they are for the &#8220;united front from below&#8221;. I was talking to an Italian Bordigist in Italy a few years ago and he said &#034;No, we are for the united front from below.&#034;, meaning in his mind that it was legitimate for revolutionaries to appeal to the rank and file of socialist and communist parties as an attempt to break the control of the leaderships of those parties. And frankly, it sounded to me very similar to a Trotskyist point of view (though I'm sure the Bordigists would disagree; the Trotskyists issue their united front calls to the leadership of the &#8220;reformist&#8221; parties to discredit them in the eyes of the rank- and- file.) I think first of all, as we were discussing last time, we talked about the origins of the German-Dutch and Italian left communist and I think it's important to look at the origins of the united front strategy in the Communist International, the 3rd and 4th congresses. As you know, Lenin wrote the pamphlet &#034;Left-Wing Communism&#034; against both German-Dutch and Italian left communists and their rejection of working in certain trade unions and also their refusal to participate in electoral politics and to generally accept the Comintern turn to the united front. Now, as I said last time, I think what was really important about the both German-Dutch and Italian left communists was their criticism of the idea that the Russian revolution could be a universal model. And this to them, in different ways, meant the question of allying with other classes. In the case of the German-Dutch council communists I think they just felt that from 1918 until 1921 or 1923, they were in a revolutionary situation and that parliamentary activity was not only a waste of time, it was simply reactionary. Now in the Italian case which was more subtle, the Bordigists felt that the Comintern order to make an united front with the left wing of the Italian Socialist Party was essentially an order to re-merge with the very same people that they had just split from 6 months or 12 months earlier, which included people who had been pro-war in 1914 and 1915. The Bordigists argued that the united front turn of 1921 was another part of a general turn to stabilization in western Europe and the world that we were talking about earlier with these other foreign policy questions, such as the Anglo-Russian trade agreement. So the united front turn of 1921 was part of this general shift to the right of the world situation and the falling away of the revolutionary potential in western Europe. By 1921, it was clear to most people that no revolution was going to be happening in western Europe in the immediate future. And I think the united front turn of the Comintern was an accommodation to that situation. The concrete reality as I said, not only in Italy but in all countries meant taking into the communist parties, or allying with elements that had been pro-war in 1914 and who rejected the 21 conditions of the Comintern in 1919 or 1920, whenever it was. What the Bordigists particularly objected to in the Comintern strategy was the idea of united front turn as a strategy for conquering the masses. They felt that it was essentially a liquidation of their program and they argued that the important thing..., they recognized that the period of revolution was over as well, but they said the important thing was to retain the core revolutionary communist program and wait for the next wave of militant activity. Now one can say that this is a sectarian attitude and in fact I think we have to recall that the specific situation in Italy was one where Mussolini was going to seize power with a fascist regime one year later. So for example, I know many Italian anarchists and libertarian communists who think that this sectarian attitude of Bordiga contributed to the victory of Mussolini. We can discuss that but what I think is clear is that in all the communist parties by 1924, the elements that did enter the party through the united front, starting in 1921 became the base of Stalinism. There was this notorious case in France of Marcel Cachin, he had been a pro-war socialist in 1914, he entered the Communist Party through the united front strategy and he became the biggest Stalinist in France after 1924, and there were similar developments in Germany...
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Th&#195;&#164;lmann?&lt;br class='autobr' /&gt;
Th&#195;&#164;lmann, I don't know if Th&#195;&#164;lmann was pro-war in 1914 but there were other people like him. So what I'm saying is maybe the Bordigists were being sectarian in immediate circumstances of Italy in 1921, in their attitude towards alliances with socialists but the fact to the matter was that through the whole movement, the united front strategy was the vehicle for the future Stalinists entering the movement. Similarly, the united front turn involved ordering the American communists to forget about the IWW and enter the the AF of L, the conservative trade union formation. You know the IWW? &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: a revolutionary syndicalist organization.&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yes, and in 1921 they still were powerful. And in Britain similarly, the Comintern ordered the British communists to enter the Labour Party and also work in the framework of the TUC, the trade union confederation. Now once again from an abstract point of view, maybe the Comintern theory was right. But the concrete results as with the people who joined the communist party were not good, and involved an accommodation of communist parties in different ways to their societies. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: I think the flaw was in the elements who joined the communist party after the united front. So isn't the problem in the people, the communist parties who practiced the united front in that way, not in the strategy itself?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Could you give some concrete examples?&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: So for example, at the British general strike in 1926 the activists in the Communist Party depended too much on the trade union bureaucrats and the Labour Party bureaucrats. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Okay, I would say that is the result of the entry into the Labour party and the TUC, starting in 1921. There was a very powerful post-war revolutionary surge of workers in Britain in 1919, almost as important as the German revolution or the Italian factory occupations. At the end of the struggle, after the defeat of that movement, the Communist Party was already accommodating to the Labour party and to the trade unions. I have to confess I don't know a lot about Britain specifically but I would think that by 1926, their party was already probably quite Stalinized. I could be wrong. Did you want to mention some other concrete examples?&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: Is it because the Communist Party became Stalinized, that they accommodated to the trade union bureaucrats and the Labour Party?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Well, I would say that happened before they became Stalinists. And I'm not saying that that's the explanation of Stalinism but I am saying that the people who... after the very early years of the western European parties-1919, 1920, 1921-the people who replaced them in the reorientation of the Comintern became Stalinists. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: The united front defended the workers' living standard and it was to get more support from the mass of people. So do you think we have to generally reject it?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: I think if we look at that specific situation we see that the mass of people..., what the Bordigists objected to in the united front strategy was the attempt to win mass popularity with something less than a revolutionary perspective, a revolutionary program. And I think we have to recognize that people who were attracted to the communists after the 1921 turn, generally brought elements into the party that laid the basis for Stalinization. In 1924, there was the so-called Bolshevization of the Comintern under Zinoviev which consolidated the Stalinist elements in the various western CPs. It's a very important and complicated question of how a communist organization should act and survive in a period when struggle is going down. So maybe in the abstract there is something positive about the Comintern united front turn, but in the concrete, at that time in every case I know of, the results were disastrous. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: What do you think about Trotskyist transitional program? I think it's based on the united front demand. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Before I answer that and I will answer that, let me just say what I think is a very important point, which is that the united front question has remained important because of this characterization now, first of all by Trotskyists of the Social Democrats and Stalinists as workers' parties. They still call the French Socialist Party and the French Communist Party &#034;workers' parties&#034; and similarly in other countries. They call the German Social Democrats a workers' party. So starting in the 1970 with Chile, and then in the early 1980s with Spain and France... Chile was different because there was a small bourgeois party in the coalition, but in both France and Spain in 1981 and 1982, the Socialist Party, the so-called workers' party won absolute majorities in parliament and did not have to make any coalition with any kind of explicitly bourgeois party. So in those countries, different Trotskyists were saying &#034;Down with the popular front!&#034;, practicing their understanding of the strategy of united front and the application of the transitional program because they believed that these-the Mitterrand government in France and the Gonzalez government in Spain-were workers' parties in power and they could be exposed by this kind of united front strategy. And these parties stayed in power for 15 years with absolutely no problem and the Trotskyist united front action was again, essentially meaningless. The idea of them being workers' parties and the meaning of the transitional program is to expose the gap between the rhetoric of the bureaucrats and the desires of the masses. But there was no contradiction. They said they wanted to administer capitalism, and they did. The Trotskyists' idea was that by pushing their version of the transitional program that they were driving a wedge between the bureaucratic &#8220;traitors&#8221; of the workers' parties and the workers. Their fundamental problem is that they always believe that they're living in 1917 and that they can do to the reformist so-called workers' party what the Bolsheviks did to Kerensky. The slogan of the LCR was something like &#034;A 2nd ballot victory for a 3rd ballot social movement&#034;-the idea that Mitterrand gets into power and then the real revolution can start. The reality was that of course, Mitterrand was in power for 14 years and some former members of the LCR became middle level officials of the Mitterrand government, just exactly in the same way that people from the &#8220;386&#8221; (the Korean left of the 1980's) generation here wound up in the Roh Moo-hyun government. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: The Korean Cliffites (Ta Hamke in Korean) think that Kwon Young-gil is the workers' presidential candidate and they always say if he is elected, Korean society will change very differently and he will bring a kind of progressive program in Korea. But in the past they supported Cho Soon and Kim Dae-jung (Note: the latter were bourgeois politicians of the 1990's transition to democracy). &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Well, the Mitterrand government could not have been as successful as it was without some of the Trotskyist cadre who left the little Trotskyist groups and became junior ministers and officials. There was just another anecdote, at some point Alain Krivine, the leader of the LCR, was at a small demonstration against some foreign policy move by the Mitterrand government and after many hours, finally the government said, &#034;Okay, we'll send an official out to talk to you.&#034;, and the official came and it was a former member of the LCR who was now like the vice minister of foreign affairs. It's kind of like Jospin having been a former member of the OCI workers' party. So, of course, there are very orthodox Trotskyists who say, &#034;This is all a lot of bullshit, of course these large groups like LCR have betrayed Trotskyism and we are the true Trotskyists&#034;. But reality is that the application of this united front strategy in these post World War &#226;&#8230;&#161; situations, with the transitional program, has always been a farce. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: There are groups like Respect and Die Linke opposing to the social democrats, in problems like anti-globalization or the pensions, so what do you think about them?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Okay, well first of all, Die Linke in Germany is largely a group of ex-Stalinists from the former eastern Germany with the party base of people in eastern Germany who look to them because of all the hardships that they suffered as results of national reunification. I just don't think they have gone beyond the Stalinists, they are no longer obviously a Stalinist party but probably something more like a left-wing social democratic party, and all the other parties-the Greens and the social democrats-want nothing to do with them because of their association with the former East Germany. But I don't see anything positive coming from Die Linke. And in the case of Respect, that's a front of the British IS group and they run Islamic fundamentalists in local elections. And generally they have this guy from Scotland who is a popular politician but once again I think there is no substance to it from any kind of a revolutionary point of view. (NOTE ADDED 1/30/08: Respect apparently expelled the SWP from their organization- a case of a front group expelling its creators.)
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; George Galloway?&lt;br class='autobr' /&gt;
Yes, George Galloway who is a popular figure who they have attracted to Respect, but from what I hear from my friends in Britain he is just essentially a demagogue with very low political content but since he's popular they use him. But I want to point out that the IS does with Respect in Britain the same thing the Korean Cliffites do with the Korean Stalinists, that is they try to build them up into a powerful force from which they can recruit. But the question here, as in the earlier question about elections we were just talking about, is the old question, &#034;Who is the horse, who is the rider?&#034; It's a question of the meaning of alliances, who is benefiting from the alliance and who is doing the work. The the Korean Cliffites and the British SWP think that they are the rider and these groups are the horse. But in fact, I think it's clear that it's the other way around. (Note of March 2008: The expulsion of the SWP by Respect would seem to answer this question conclusively, and the Korean Cliffites' support for the NL candidates in the December 2007 presidential elections was a fiasco.) I don't know if this was a Respect demonstration but I'm pretty sure it was, in August 2006, during the Israeli invasion of Lebanon and the war with Hezbollah, the British SWP and I believe Respect, organized an anti-war demonstration of about 15,000 people and the main chant of the demonstration was &#034;We are all Hezbollah&#034;. That's pretty much what I have to say about these groups, I just don't think they are of any importance.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: Okay, but doesn't it show that the Labour party and the Social Democrats are declining? Isn't it a sign of them losing popularity?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yes, but I don't think their emergence in any way solves the problem of the decline of the older organizations. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: I agree. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: I mean, they're supporting Islamic fundamentalists, I think they have already deteriorated. There was a demonstration in Britain several years ago, I don't remember the issue but the British SWP played a very large role in it, I don't know if Respect was involved in it, and some Pakistani gays came to the demonstration with their signs. And the goon squad of the British SWP excluded them from the demonstration because they didn't want to upset the Pakistani Islamic groups that were participating in the demonstration. I'm sure they would say that what I just said is a sectarian attitude. So can we go back to question no. ...&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: I think it's appropriate to end no. 8 and go on to question no. 9. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Okay.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: It's question no. 9 on the paper, and you quoted Lenin's &#034;What is to be done?&#034;, saying that on the title page of the first edition (Note: The quote disappeared from subsequent editions) Lenin quoted Lassalle, and you said it hints at purification.&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Yes, &#034;the party purifies itself by purging itself&#034;. I think that was the quote. I think it's very important that Lassalle was viewed as a precursor. At the 1924 congress of the Comintern, according to Max Eastman, there were three big pictures behind the speaker's stand-Marx, Engels and Lassalle. I think it shows how Lassalle was viewed that late as a revolutionary who had contributed to the development of the working class movement. In fact it was Lassalle, not Lenin, who was the first person to argue that the revolutionary party should be a special military party of professional revolutionaries. And because Lassalle was eliminated from the revolutionary pantheon, starting in the mid 1920s, his great influence on the Russian movement is not widely appreciated. After the 1924 congress, it was at that time when they discovered the documents that showed that Lassalle had been meeting secretly with Bismarck. Again I'm not sure about the dates there but it was after 1924 that Lassalle was forgotten. He went into the unmentionable file. But the important thing is that Lassalle played a very important role in the development of the Russian revolutionary tradition before the introduction of Marxism, and certainly before the appearance of Bolshevism. I don't think there is time to talk about every aspect of it now, but I think the Russian revolutionary intelligentsia had a very unusual evolution relative to the western European capitalist countries. Are you familiar with Nechaev?&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: Yes. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Nechaev in the 1870s wrote his &#034;Revolutionary Catechism&#034;, and it said the revolutionary has no friends, the revolutionary has no romantic attachments, the revolutionary lives for only one thing which is the destruction of the existing world, and I'm sure I'm forgetting other things. And as you may know the Russian writer Dostoevskii wrote a very powerful novel called &#034;The Devils&#034; (or &#034;The Possessed&#034;) which portrays this mentality of the Russian revolutionary intelligentsia before Marxism, and before Bolshevism in which clandestine groups of revolutionary intellectuals are sitting around and saying, &#034;Well of course we will have to kill millions of people to build the perfect world.&#034; So the Russian revolutionary intelligentsia repudiated Nechaev and Nechaev's specific activities. On the other hand, the mentality I think, pervaded the revolutionary milieu there. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: In Korea we had similar influence. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Really? Like the NL faction?&lt;br class='autobr' /&gt;
So Victor Serge again, reports that in 1920, 1921, in the first congresses of the Comintern, when communist delegates came from other parts of the world, there was no one who compared to the Russian revolutionary intelligentsia in terms of experience and attitude. And I think we can all agree that Nechaev's &#034;Revolutionary Catechism&#034; has nothing to do with a Marxist view of the revolutionary individual. I think that in the creation of Bolshevism, was this influence of a very unique evolution of Russian revolutionary intelligentsia, the influence of Lassalle, not Marx and that even when the Russian revolutionary tradition was talking an exclusively Marxist language, this other element was always present. When Lenin wrote &#034;What is to be done?&#034;, he argued that real class consciousness..., that the working class struggle, the spontaneous struggle of the working class could never go beyond trade union consciousness and that revolutionary consciousness was embodied in this special stratum of revolutionaries. It's like what I was saying earlier, that the Bolshevik party embodies the revolution, they were the revolution and people who criticized them were counter-revolutionaries. There was this dualism in Lenin's view between the reformist, trade unionist practice of the working class and the revolutionary perspective of the party and that without that special body of professionals, the working class would never go beyond trade union reformist practice. Then came 1905 and the creation of soviets and workers' councils and it was clear that, because the soviets and workers' councils were not created by Bolsheviks, that the whole view was wrong! I think it's really important and I presume you agree that the soviets and the workers' councils were not a discovery of any theoretician. They were the discovery of the practical activity of the working class. So when Lenin published &#034;What is to be done?&#034;, Rosa Luxemburg was not the only critic of what he said. Trotsky, in two separate writings- the &#034;Report of the Siberian Delegation&#034; and also another one called &#034;Our Political Tasks&#034;-said.... Trotsky wrote the famous passage, &#034;In Lenin's conception the party will substitute itself for the working class, the central committee will substitute itself for the party, and finally the general secretary will substitute himself for the central committee.&#034;, 1904, Leon Trotsky. Similarly Rosa Luxemburg's criticism, summarized in the line, &#034;The mistakes and lessons of a working class movement in motion are more important than the directives of the most intelligent central committee.&#034; She was pointing at the expression in &#034;What is to be done?&#034;, of these elements that I think were unique to the Russian party organization and which we were talking about before, when we were talking about Kronstadt. with relationship to the origins of Kronstadt, this creation of this party apparatus that embodied the revolution above the practical movement of the working class. And as you know, in 1918, just before her death, she wrote her second criticism of Lenin, in which she said, &#034;What we see in Soviet Russia today is indeed a dictatorship, but it is not the dictatorship of the proletariat.&#034; Now before I go any further it's important to point out that Rosa Luxemburg was also a centralist. She rejected Lenin and Lenin's centralism, but she did not reject centralism as such. For example, her writings on the national question are really quite remarkable, and in those writings she criticizes Lenin and the Bolsheviks for giving independence to Finland and Poland and Georgia, saying that they should not have accommodated the bourgeois nationalist movements in those countries. And I really recommend reading her writings on the national question. Have you read them?&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: They're not translated in Korean.&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Oh, they are not translated? They're available in English.&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: News pamphlet?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: They're available in Rosa Luxemburg. The National Question: Selected Writings. (Monthly Review Press 1976). Anyway, she studies many different countries and argues that in every case, decentralization was always attached to reaction. The people who present Rosa Luxemburg as a libertarian anti-centralist, are inventing a Rosa Luxemburg that didn't exist. In the party debates in German Social Democracy around 1910, she argued very strongly for the expulsion of certain people who she felt had violated party principles. Now on the other hand I think unfortunately Rosa Luxemburg died too soon to really develop her own independent views of what a communist party should be. As you know in the last year of her life, she was very skeptical about the founding of the Third International because she felt that prior to the development of independent communist parties in western Europe that it would inevitably be dominated by the Russian party, which of course it was. So many orthodox Leninists and Trotskyists criticize Rosa Luxemburg for not having acted sooner to form her own party independent of the Social Democrats. Rosa Luxemburg was also very friendly with the Dutch council communists prior to World War I , Pannekoek, Gorter and Roland Holst . They left the Dutch Social Democracy in 1908 and they asked Rosa &#034;Why don't you do the same thing? It's obvious the SPD is lost to reformism.&#034;, and Rosa replied &#034;The worst social democratic mass party is better than an irrelevant marginal sect.&#034; So I always ask orthodox Trotskyists and Leninists in discussing this question, when they say the German revolution failed because Rosa Luxemburg and people like her did not form a revolutionary party in time, is: why was there no revolutionary party? What is the concrete historical answer to that question? And when you ask them that they just say &#034;um...&#034;, because they are forced to say that the German revolutionaries should have listened to Lenin. But it's important on that very question, to emphasize that Rosa Luxemburg had broken with Kautsky by 1910 and realized that he was a conservative element in the German Social Democracy in the Second International. In fact Rosa Luxemburg understood years before Lenin, that the center of the German Social Democracy was already rotten. In 1914, when Lenin received the newspapers from Germany announcing that the Social Democrats had voted for war credits, he thought that they were actually police provocations and that it was all a lie. So Lenin clearly had more illusions about German Social Democracy than Rosa Luxemburg. So the question of why Rosa Luxemburg and the left wing of the party did not break earlier, in my opinion, is a somewhat unhistorical question that goes back to the party fetishism of Leninism and Trotskyism. I think the Leninist, Trotskyist view is a kind of virgin birth view of where political parties come from. So what is my own view of the revolutionary party or revolutionary organization? And I do use the term 'party'. &lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: I think it was wrong for Rosa not to break from the party with the left wing. &lt;br class='autobr' /&gt;
LG: But when do you think she should have done that?&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: At least during World War I .&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: But they did. The left wing did constitute the USPD in 1915, 1916, but of course it was inadequate and so the communist party grew out of that .... I think history shows that workers' parties, revolutionary parties grow out of concrete situations just like the Bolshevik party grew out of a concrete situation and that it's at the moment of rupture that the possibility of the creation of new parties emerges. There had been previous oppositions in the German social democrats, the party youth organization in about 1891, broke with the party and said that it had become completely bourgeois but they were a small sect that disappeared very quickly. In my opinion the real failure of the left wing of the Social Democrats to break and become an independent party reflected the weight of reformism in the German working class and the fact that as was shown after 1918, there was only a minority that supported revolution. But I don't think there was any time prior to 1916, 1917, 1918, for that minority to actually break in a coherent way and not be a sect. Of course I could be wrong but getting back this question we talked about with Russia, there was a general overestimation that was widely held, of the revolutionary character of the German Social Democrats. I think that that weighed very heavily against any premature attempt to break away and create an independent party. Let's not forget that in no other important capitalist country, did any similar breakaway from the Second International or Social Democracy occur until after the war. With the victory of the Russian revolution and the way in which the Bolshevik model became the universal model, it created this kind of virgin birth illusion of the Leninist party as a discovery that should have been applied earlier in many countries. And it created this very unhistorical view of how parties arise, that it is kept alive today by orthodox Trotskyists and Leninists. It's important for example that in Marx's pamphlets on the Paris Commune, unlike modern Trotskyist writings, he does not end by saying &#034;If only they had a revolutionary party!&#034; I think that that whole way of thinking-it's something that was introduced to the workers' movement by Lenin and post Leninist-developments. I think for Marx and Engels there was an understanding that the class organizes the party, the party does not ..., of course the party organized the class but it's a product of the class, not vice versa. The weakness of the party in different countries reflects first of all, a weakness of the class. So in terms of my own view of a revolutionary party, do you want me to include that answer to no. 9?&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: Yes, please.&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Okay, I obviously, from everything I said, I'm more sympathetic to Rosa Luxemburg's view than to Lenin's view but as I also said, because Rosa was killed in 1919, that there's no coherent party theory in her work. There's just certain kinds of observations from practice and her criticism of Bolshevism. The really fundamental thing that needs to be understood today is that a revolutionary organization has to incorporate a very deep understanding of the failures of Social Democracy and of Bolshevism. At the same time I also reject the anti-party attitude of later German-Dutch council communists. It's important to remember that in the early 1920s the German-Dutch council communists also argued for a revolutionary party. But by 1930 the ideology of councilism had kind of consolidated itself and that party element just disappeared. So if I say that today a revolutionary organization has to incorporate the failures, understanding the failures of Social Democracy and Bolshevism, what I mean is that there should be a clear understanding of the superiority of the experience of the class to the political organization. And what I mean by that is that the vanguard is the advanced stratum of militant workers plus conscious revolutionaries. But it's important to always remember that... I believe that conscious revolutionaries are necessary to the revolutionary process. They know something that the average or even militant worker doesn't know. Their intervention in struggles, of course, is to apply Marx's idea that the task of communists is to push forward the unification of the working class. And to use struggles to present a programmatic alternative to the existing society, but above all not to imagine struggles as the typical vanguard group does, mainly as means of recruitment to their organization. I said they should think of struggles as a situation in which to introduce a perspective beyond the specific struggle, beyond the existing society for an alternative social project. They should recognize that the vanguard is the consolidated historical experience of the advanced part of the class and that it is not necessary for that to be embodied or crystallized in a formal organization. The revolutionary organization will grow into a mass organization in the months prior to the revolution. But between now and that time, it's important for the revolutionary organization to have a very clear roadmap of where it is and where the working class is in society. Because historical experience and particularly historical experience since 1968 teaches us that any organization that consolidates itself in the framework of capitalism, outside of a period of intense struggle, becomes part of capitalist society. The alternative which is pursued by the vanguard groups of the last 30 or 40 years is to imagine that they are crystallizing that experience in their organization. The alternative I'm criticizing is the view of vanguard groups that imagine that by building their organization they are crystallizing that advanced class consciousness, produced by moments of explosive struggles. And by doing that they become artificial organizations detached from the movement of the class and they become obstacles to the next phase of radicalization. The examples I would point to are the Trotskyist groups in France that we've been discussing, that have a strategy of infiltrating trade union organizations or the socialist and communist parties but actually do this by their success as militants, not because of any acceptance of their program. I think that kind of artificiality is the main danger that a revolutionary organization has to pay attention to in its development. Just to give a very modest example, I have not belonged to a revolutionary vanguard organization for more than 30 years. Nevertheless I participate in struggles where I can and try to interject my perspective where I can, I write articles and put them on my website, and they're published in journals around the world and people read them and agree with them or don't agree with them but I don't feel that anything is lost by the fact that I'm not recruiting them to my organization. Those things are out there in the movement as a whole. Of course I don't recommend my own individual experience as a view for a party organization but I think a party should have a similar attitude that its contribution is a contribution to the movement and it should not act superior to the movement. That is basically my view. In the big explosions of the 1960s and 1970s in the West, I can't think of any one of those explosions that was initiated by a vanguard political party. And that's perfectly normal. Lenin said the same thing in 1905 and earlier than 1905, &#034;Yes, there's a mass strike wave, it wasn't started by us, but then at a certain point of course, political organization does become important.&#034; I forgot to mention earlier that after 1905 Lenin said &#034;I was wrong. Clearly what I said in &#034;What is to be done?&#034; is not right because the constitution of soviets, workers' councils and dual power in Russia prove that the workers struggle goes beyond trade union consciousness without the intervention of a party.&#034; But it's unfortunate that having said that, Lenin didn't write another pamphlet called &#034;What is not to be done?&#034; to correct the problems of &#034;What is to be done?&#034;. In the modern Bolshevik Leninist tradition there's a lot of mythology about exactly what the Bolshevik party was prior to 1917. It's important to remember that after 1905, or after the defeat of 1905, the Bolshevik party went into a huge downturn and had a very weak organization in Russia probably until about 1912. And it's even more important to recognize that when Lenin returned to Russia in April 1917, he found Stalin and Zinoviev and all the other main leaders supporting the Kerensky government. So Lenin of course was a brilliant political strategist, and as you know, in the April Theses and after that, he said to the ... The point I'm making is that the party apparatus itself expressed a completely inadequate understanding of the situation until Lenin and then later Trotsky introduced the perspective of the possibility of proletarian revolution then, in that year. The apparatus was conservative, these exceptional individuals were in an exceptional situation, were able to turn it around. Lenin's attitude when he issued the April Theses after his return... most people in the Bolshevik party thought he had gone crazy. And what Lenin said was &#034;Look at what the working class is doing. The working class is a hundred times more radical than the party.&#034; Lenin recognized in the radicalization of the situation in Russia that the working class was heading for a confrontation with the Kerensky government. So for example I urge you to look at the writings of C.L.R. James who wrote a lot about this question and who believed that the task of revolutionaries after the Russian revolution is to observe and record the actions of the working class. In other words, he completely repudiates Lenin's theory of the revolutionary organization. I disagree with James and on my website you'll find two articles about James and his views but I do think that James had an important insight in his idea that the strategic brilliance of Lenin was his attention to what the working class was doing and seeing the party as something that was responding to that, not creating. His important insight was the way in which Lenin pointed to what the working class was doing as a guide for party policy and his understanding that the task of the party was to articulate the dynamic of the class struggle. What I'm saying is that Lenin at his best was not a party fetishist like contemporary Leninists and Trotskyists. Unfortunately after 1917, in the situation that we talked about, many things happened that brought out the worst aspects of the Leninist party organization. Many years later in the 1930s, Victor Serge said &#034;It's true that the virus of Stalinism was present in Leninism. But while saying that it's important to recognize that there were many other viruses that could have developed in another direction.&#8221; Unless you have some more questions on this, I think we should stop on no. 9?&lt;br class='autobr' /&gt;
SaNoShin: Yes, we have some questions but I think we should wrap it up here for today. You said you don't approve of the model of Bolshevik party and you approve that we have to have a party, what's your opinion about the party?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I think, once again, that the Russian revolutionary intelligentsia developed in a very unusual environment and that even though Lenin and Russian Marxists rejected the populist tradition that had developed in the 1870-80s, the culture of the intelligentsia was still very influenced by populism and that the intelligentsia was deeply shaped by the fact of being a very small minority in an overwhelmingly peasant society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So, I think that Rosa Luxemburg's criticism was coming from the experience of the western European mass worker's movement which could not exist legally in Russia. Rosa Luxemburg never had a chance to really develop her own independent theory of organization, because she stayed in the German SPD until after the outbreak of world war I. and she rejected the invitation of the German Dutch ultra lefts who appealed to her to break with the SPD around 1909. My agreement with Rosa Luxemburg was in no way a rejection of centralism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa , as we said, said that the mistakes of a mass revolutionary movement in motion are more important than best directives of the wisest central committee. And since she was assassinated in January 1919, she had very little opportunity to influence the development of German communist party but it's important to remember that she was herself a very convinced centralist. She argued strongly for the expulsion of certain kinds of people who broke the party discipline of the German SPD, and in her writings on the national question she was even more of a centralist than Lenin. She criticized Lenin for giving independence to Poland, Finland and Georgia and some of the other nations within the tsar's empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The issue is not centralism as such, it's what kind of centralism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Similarly the German Dutch left communists, the ultra lefts also were in favor of a revolutionary party. I think the most important thing to emphasize is the questioning by Rosa and by the German Dutch ultra lefts and the Bordigists of the universality of Russian model.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I think the Russian model was deeply influenced by the special history of the Russia intelligentsia and an overwhelmingly peasant society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And I think that the western European critics of Bolshevism in the early phase were right that it was not a model to be applied to western Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As you know Rosa was against the formation of 3rd international at that time it was created.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Because she felt that its creation at that time would definitely led to Russian domination of the Third international and of course it is exactly what happened.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Third Meeting&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: What is your concept of a party?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: As for my own conception of party, I think that a revolutionary party today has to seriously incorporate an understanding of the failure of Social Democracy and Bolshevism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As we will see more in detail when we discuss the agrarian question in number 10, I think both of those party models ware deeply influenced by societies with significant agrarian populations and an important agrarian social question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: What does it mean to incorporate an understanding of the failures of the past?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I think that the one of the fatal flaws of Bolshevism in particular was the identification of the revolution with the party. They think the party is the revolution, I think that the class is revolution. Of course the class needs a party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I think the mistake that develops out of the Social Democratic and Bolshevik experience was a formal understanding of the historical role of party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The existing groups today that still have a Leninist conception of the party view their activity as in and above all the growth of their party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So the active intervention of revolutionaries in broader social struggles has the result for them of attracting people to their organization.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In my opinion, the vanguard is on one hand the conscious revolutionary elements but it is also the most militant stratum of the working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Which means that the historical consciousness that the party claims to embody is in fact located in the class as a whole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If we take a recent example, the experience of the E-land strike here in the last six months involved many workers, both E-land strikers and from other parts of the working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And a very large number of workers understand the importance of E-land strike.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And whatever happens, whether the strike wins or loses, the understanding of the question of casual workers and their need for class-wide solidarity will remain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It doesn't have to be formalized in a party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;History shows that organizations that form in the framework of capitalist society outside of a revolutionary situation become part of that society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So, in my view the revolutionary party is basically the party that becomes a mass party in the final days before revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Most of my experience of Bolshevik Leninist parties in America and in Europe has been what I said earlier,that they intervene and exist in order to recruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I think that the role of a revolutionary organization or a party should be to generalize that understanding of the development of class struggle and capitalism without focusing on its own growth of the party as the main goal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The most important thing I am trying to stress is the idea of the formal character of Bolshevik Leninist parties outside of a revolutionary situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Many little vanguards in America and Europe run around basically saying we are the revolution and they understand the revolution as something that grows when they grow but in fact, history shows the revolutionary organization that is really not formal, is the one that forms from the advanced stratum of workers in the final moments before the revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I think a lot of people who have watched that formal character of vanguard parties have drawn the wrong conclusion from that experience and they are anti-party or they think that the party is of no significance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;That is not my opinion. I think that the conscious elements intervene in situations like the E-land strike and try to push it in the way that Marx said in the Manifesto, the task of communists is always to unify the working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It's important to notice that in the Manifesto he did not say, &#034;Unify the working class in the communist party.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If you read typical Bolshevik-Leninist or Trotskyist articles today, when they're talking about some kind of struggle, they always end with a paragraph saying &#034;If only the workers had a revolutionary vanguard party, the struggle would have gone differently.&#8221; And of course by revolutionary vanguard parties, they mean themselves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If you read Marx's writings or Engels's writings about 1848, or the Paris Commune, you do not find those kinds of remarks in their articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And I think it's very important to understand why they wrote that way and later in the 20th century people influenced by Bolshevism wrote the way I just said.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If you want to ask me some more questions, I mean that is my idea of the party that conscious revolutionary elements who intervene, try to expand the struggle to unify the working class, or who understand that real class consciousness is embodied in the experience of the most militant part of the class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The most important thing for a revolutionary organization to have is, what I would call a good historical road map. To have an absolutely realistic understanding of where they are, and where the class struggle is, and where they are in relationship to the class struggle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Because when that road map is absent or when the road map is wrong, that's what leads to the inflation of the view of the party as this true embodiment or the revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: Generally we agree, that the party grows only under mass revolutionary struggles but nevertheless shouldn't we try to gain influence from the mass and try to form a base within the mass until then? But for example when ICC said that they only intervene when there are workers' struggles, it sounded quite passive. What do you think?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Before I answer that question, what is not passive when there is no struggle going on?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: For example ICC was saying they would go to these big, mass struggles like the CPE struggle in France and make speeches and sell their articles. It sounded like their activity was just that. But there would be struggles in the factory or workplace in usual life too, so shouldn't we intervene? Big, mass struggles like the CPE struggle comes only once in a several years, so it seemed like a passive attitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Okay, let me start by saying something about the ICC. The ICC is a good example of an organization that doesn't have a good road map. Back in the 1980s, the ICC had a whole vision of cycles of revolutionary class struggles building up... I don't remember the exact dates but they thought that the mid 1980s was a period of very intense class struggle, at least in western Europe and United States. When in fact it was a period of tremendous working class defeat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Former members of the ICC have told me about being sent to some city in France or Belgium with huge bundles of newspapers and arriving at a scene and absolutely nobody was there.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To take again a very modest counter-example, my own experience, I have not belonged to any revolutionary organization for about 30 years. But I have been able to involve myself in struggles where I could, write articles that through the Internet circulate all over the world, travel and meet people like you and generally have an influence as one individual, you know, something doesn't have to be formalized in an organization. It's out there in the movement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Well, of course I would like to be in an organization and in an organization with a serious road map, where involvement in the daily life situations and struggles of working people would be a possibility. But it should always be done with a very clear understanding of the very limited character of everyday life situations compared to the kinds of big struggles that erupts periodically.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To use a certain kind of metaphor many of the organizations that exist today are kind of like when a huge wave hits the beach and it leaves driftwood on the beach. And many 'formal organizations' are that driftwood.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The BordigIsts, I think are the best example of an organization that 80 years ago was important and a mass movement and today represents driftwood on the beach from an earlier tsunami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the same way, when we look towards the future, I think we should think of ordinary daily life as kind of that beach before the next tidal wave hits. That is what I mean by road map and the ability to keep things in proportion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As you know from recent Korean history, things can go from being normal and quiet in one day to the most large-scale mobilization.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: So if we have the wrong road map, it's basically of no use?&lt;br class='autobr' /&gt;
LG: Well, first of all they wear out their members in mobilizations that do not connect to anything real in the class. And at the same time, my sense of their intervention in big struggle situations is probably... those are situations in which any number of groups can get a hearing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We should never forget that in November 1918, when the German revolution broke out, that a million people gathered in downtown Berlin and at one end of the square, Rosa Luxemburg and Liebknecht were calling for the formation of the Soviet Republic of Germany and at the other end of the square the Social Democrats were calling for the creation of the German Republic and the crowd was cheering loudly at both ends of the square.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was a situation which there was such great enthusiasm that ordinary workers were not making a distinction between the Social Democrats at one end and Communists at the other end.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I was not in Paris during the struggle against the employment law but I would guess that in many of the assemblies the interest in the ICC was not different from the interest that could be held by a good speaker from one of the Trotskyist groups that would have been in the same assemblies. I should be careful to say that because I wasn't there but that's my suspicion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Now, if we consider a group like Lutte Ouvri&#195;&#168;re which has had factory committees with newsletters for 40 years or more and more recently has attempted neighborhood committees and summer caravans and so on... we get a certain framework, that kind of activity can of course be useful but I think it's always important to keep in mind that the pressure of daily life capitalism always carries the risk of exaggerating the importance of that kind of activity.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: I've got a question. I agree that the party's goal should not be recruiting people but to unify the working class. But what I don't understand is, so do you mean that we need a party only in the revolutionary period or do we also need them in a usual phase? And if we need them in the usual phase what would be its role or form? What you said sounds like we need the party only during the revolutionary period.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Okay, maybe the word 'party' is not the right word to use for the early phase of the formation of the organization. Many small groups do have a good road map, call themselves things like regroupment or pre-party formation or something along those lines. And they understand very clearly that their role at this time and recent decades has been to have discussions, put out literature, attract people, sometimes on an individual basis, sometimes in small groups, and again, more important than building their organization, developing networks of discussion and where it is possible, intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: There's one more question. The traditional activities of Korea's socialist groups includes sending people into the factories so that they can fight and agitate in the workplace. But the ICC thinks of it as substitutionism and doesn't understand it. So what do you think?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Well, I'm glad the ICC says that because I think in many cases that is what happens. In the experiences I'm familiar with in the US and Europe and a little bit of what I know about the student-originated movement of the 1980s in Korea, middle class people going into the factories is often very important for them but as for the possibilities of being a real contribution to the development of the working class, I think are limited and they're often non-existent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I think the revolutionary organization that cannot attract working class people, including factory workers in the working class, again, has the difficult problem of lacking an adequate understanding of its own real place. And it can't solve that problem by things like sending its members into the factories.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: Another question is about professional revolutionaries. For example the ICC comrades said they don't use that term because they are all workers. What is your idea of a professional revolutionary?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I have to say I think that is a generally healthy attitude. Part of the legacy that comes from Lenin and from &#034;What is to be done?&#034; is the idea of professional revolutionaries as the bearers of revolutionary consciousness as the embodiment of the revolution. And to see that the ICC is trying to get away from that, I think it's a good thing. I question whether that's truly their honest view but if they say so, that's good.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: Then what is the difference between professional revolutionaries and the conscious elements you mentioned before?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I would think that those would be people like ourselves who have an understanding of the need for preparation for a revolutionary process with a modest road map of their own place in that process and... Well, I would say the conscious elements include the most combative and militant workers as well as the people who are, maybe as individuals and maybe as small groups, involved in this regroupment process that converges towards the revolutionary situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I know some very committed militants primarily in America who are of the Bolshevik Leninist tendency and they're very serious people and I'm sure one day they'll be part of the revolution. But when I question them about the relationship of the party and class, it's very interesting, for example, to ask them &#034;Well, do you think the Russian revolution would have happened without Lenin?&#034; Because as I said few minutes ago, they write newspapers and other articles that always end with a paragraph about how a revolutionary party is necessary if the situations are to be improved, and when I ask them &#034;Why isn't there a party?&#034;, &#034;Why hasn't history made people aware of the need for a party of the kind you advocate?&#034; And they have no answer to that.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So when I ask them &#034;Would the Russian revolution happened if Lenin hasn't been there?&#034; and they say &#034;Oh, of course not&#034;. And I say &#034;So isn't that kind of pathetic, doesn't that point to the weakness of this huge social process that it all depended on one guy?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question 10: SaNoShin: In your article on the USSR problems, as you quote Bordiga, you argue that the transition to capitalism is that same as the agrarian revolution or agricultural capitalization. In my view, It seems that you regard the transition to capitalism as the elimination of non-capitalist productive relations or petty bourgeois sections. But you did not explain about it in detail. You just mentioned that Stalin had carried out agriculture collectivization policy consciously and bloodily. Explain it in detail and your opinion about Brenner's theory that describes the transformation to capitalism in agriculture as struggles between landlords and peasants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Bordiga, as you know, developed the idea of the Russian revolution as a DUAL revolution, a revolution that was made by an alliance of the working class and the peasantry.&lt;br class='autobr' /&gt;
I think that anybody who studies the history of the revolution from 1917 to 1921, has to realize that the Bolshevik state managed to survive first of all because it was supported by the mass of peasants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Whites were incapable of including any kind of land reform in their program. And as a result the mass of peasants responded to the Bolshevik program of land distribution even though they didn't like the Bolsheviks and they didn't like the food requisitions during the civil war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Most of the histories of the Russian revolution that are written from a Bolshevik, even broadly Marxist point of view, focus very much on relationship between the parties and the working class in the big industrial cities.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But I think that it's absolutely clear that what happened in Russia cannot be understood without a major focus on what happened on the countryside from 1917 up to the collectivizations of the late 20s and early 30s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As we discussed the last time in one of the other questions, at the end of the civil war the Russian working class had almost disappeared and returned to the land to survive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And obviously the focus of the NEP in 1921 was first of all aimed at the revival of the agriculture. And the crucial question in the industrialization debate from 1924 to 1928, between the left (Trotsky) and the right (Bukharin) and the so-called center Stalin, was around how to industrialize the country by accelerating primitive accumulation from the peasantry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When I say that Stalin was in the center of course I'm only using the framework that was developed at that time because in fact as we know Stalin of the three factions was the most dangerous and counter-revolutionary of all of them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Bukharinist right was telling the peasants to get rich and use basically a capitalist market to do so.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Trotskyist left, influenced by the economics of Preobrazhensky, was saying we have to have an organized voluntary collectivization but at the same time we have to exploit the surplus from the peasants in order to build up industry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And Stalin only deserves the name of the center because he was setting both factions against each other and of course ultimately stole most of the left's program.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;One of the terrible conceptual weaknesses of Trotskyism is its characterization of Stalin as a center in that period.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If the Bukharinist right had actually won the faction fight, would that have done more damage to the international revolutionary movement than Stalin did over the next 30 years?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But the Trotskyists always say &#034;Oh, if Bukharin had won, capitalism would have been restored in the Soviet Union and the Bolshevik party would have been overthrown.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maybe that's true, but would that have weighed more heavily on world counter revolution than the role of Stalinist Soviet Union from the 20s to the 50s?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It's also important to remember that Bukharin had some real insights about the flaws of the left opposition policy. He said around 1928 that if the left's program were actually implemented, it would require the hugest bureaucracy in history. And of course that's exactly what happened.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So for the reasons that I have just been talking about, we see that the agrarian question was absolutely central in the defeat of the Russian revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bordiga said that 1917 was a DUAL revolution in which the working class realized the goals of the bourgeois revolution, mainly 'land to the peasants'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And once the working class dimension of the revolution was destroyed, what was left was the bourgeois revolution which was never undone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let's get back to the question of the discussion between Lenin and the western European left communists in 1919-1921, where they were saying &#034;You, in Russia could ally with the peasants. We, in western Europe cannot ally with the peasants because they already have land and the bourgeois revolution is already accomplished.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: Now to get into the question about Brenner's theory and the agrarian question in a broader framework, which is the second part of this question-What is your opinion about Brenner's theory that describes the transformation to capitalism in agriculture as struggles between landlords and peasants. I'll come back to other modern movements but I want to talk about this now.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: One thing that I found very striking in studying the history of capitalism was the way in which a map of 17th century agrarian revolution corresponds almost perfectly to a map of the large communist parties in the 20th century.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And where the agrarian question was solved in a capitalist way by the middle of the 17th century, mass communist parties did not develop in the 20th century. That would be in England, Switzerland, Holland and of course later, the United States.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So, what's the connection? The countries that had not had a bourgeois revolution in agriculture developed the mercantile state starting in the second half of the 17th century.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France and England at that time were the two major rivals in early capitalism. England had its bourgeois revolution from 1640 to 1688, and France, which was much more backward in agriculture, developed this Colbertist mercantile state as a counterweight to English influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And what the mercantile state meant in France from the time of Colbert and Louis XIV until the French revolution was taxation of the peasantry, which was the introduction of commodity relations into the countryside.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;There was an intensification of commodity relations in the countryside, and in some ways you can see Colbert's program of the 1650s and 60s as an early form of the kind of program that the Soviet economy carried out on the peasants in the 1920s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The productivity of English agriculture in the second half of the 17th century was far higher than France's because the capitalist revolution had already happened there.&lt;br class='autobr' /&gt;
And the French mercantile state was copied by every other country that had the same problem of backward agriculture. And that includes Spain, Portugal, the small monarchies in the Italian peninsular, Prussia and other German states, Sweden, and finally Russia itself.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So when you take the map of this 17th century mercantilism and the major countries involved in it, it's quite surprising to see that those are exactly the countries where the communist parties became mass parties in the 20th century.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is the connection? The connection is that those were countries that still in the early 20th century had a very large population of agrarian petty producers who had still not been transformed into workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;England again, was 50% urban by the middle of the 17th century. And in continental Europe the same process of recruitment of labor from the countryside had to be carried out by the top down by the state.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Before the communist parties, there were mass social democratic parties which reflected the same problem in late 19th century European countries. They said &#8220;We are socialist and we are parties of the working class&#8221; but in reality they were statist and their true program was the modernization of the society and above all modernization of agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I would say again, getting back to the question of party and organization that we can understand the failure of social democracy and Bolshevism by the fact that they were parties whose true social program involved the modernization of capitalism in their country and above all agriculture and that this is absolutely not a problem today in advanced capitalist countries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So we can connect these different historical threads by saying that Stalinism was an extreme form of 20th century Colbertism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Now as for Brenner. I'm not a specialist in the history of the 14th to the 17th century but Brenner's theory to me is very attractive. The basic idea is that following the great plagues of the middle 14th century that a labor shortage had developed in the English countryside and greatly strengthened the position of agrarian workers, the agrarian workers who were still alive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And so not just England but many western European countries in the second half of the 14th century were characterized by major peasant uprisings.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But in England they were particularly successful in destroying feudalism and forcing the introduction of commodity wage labor production in the countryside.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Not only did they bring about the creation of a wage labor proletariat in the countryside long before anywhere else but they forced English farmers as capitalists to introduce productive innovations that resulted in the most productive agriculture in the world at that time.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brenner's theory is of course very hotly debated by historians. But what I like about his theory is his introduction of, a instead of seeing capitalism as a mechanistic force that sort of conquers the society that it's actually the result of the struggle between classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unless you have any more questions that is basically what I have to say about question no. 10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: In all Europe the only country that had that kind of agrarian revolution is England. So what do you think about the fact that in England there wasn't any proper revolutionary party? What is the reason?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: My theory is that those mass parties succeeded in countries where the agrarian question and this large agrarian population was still a major social question. France, Spain, Germany etc. Whereas in England which was highly urban and had long ago had a full capitalist transformation of agriculture, that was not on the agenda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The English working class did have a series of radical explosions both before and after World War I . From 1908 to 1914 was a whole series of syndicalist strikes in England and in Scotland and in Ireland and many English capitalists thought the game was over, that the revolution was there.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And then right in the last year or two of World War I and up into 1919, a further mass strike wave occurred throughout Great Britain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To the point that as you may know Lloyd George, who was the prime minister in 1919, met with the head of the Trade Union Council and said &#034;If you people want power, it's yours.&#034; They were ready to give up!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The bourgeoisie understood the power of the working class better than the working class did in that particular moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But nevertheless the Communist Party that formed in Britain in 19191920, by the early 20s was a relatively small sect that was ordered by Lenin and the Comintern to enter the British Labour Party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And the question then, is why was the British Labour Party able to become the mass party when the Communist Party failed?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And I would say the answer to that is in the long earlier history of English economic development and political development which had made possible a broad parliamentary activity long before World War I .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It's important to remember that the Labour Party itself only was founded in 1906 and it came out of the mass Liberal Party which workers have been voting for right up to that time.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And unlike the German Social Democrats the British Labour Party never claimed to be a revolutionary party of any kind.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So the question that would be asked by people of the Bolshevik Leninist persuasion, why didn't this minority of the revolutionaries organize a revolutionary party, to me is a completely unhistorical question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The same thing can be said about the United States even more dramatically. From the 1870s until the end of World War I , the United States had the bloodiest labor history of any advanced capitalist country.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The history of the American working class from the 1870s until after World War I was a story of private armies formed by the capitalists to crush strikes as well as the use of state militias and very bloody battles to crush strikes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But nevertheless at the same time, the advanced capitalist economic nature of the US and the modern political process made it possible for the Republican and the Democratic Parties to attract working class support throughout this period.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What I'm saying is that social democracy and communism were very clear reflections of the relatively backward social character of those countries in which they became mass parties. And more advanced countries did not develop such parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: We are finished with the questions here, but we would like to add more questions about what we talked about earlier.&lt;br class='autobr' /&gt;
The socialists in South Korea, including us, usually consider themselves as Leninists. And there are some groups accepting the Trotskyist tendencies. So as your last comment, what are your overall thoughts about Leninism and Trotskyism?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: I recommend to you reading the writings of CLR James, and I mentioned that I have two articles on my website that might interest you about him. And CLR James had a very interesting view of Lenin. He thought that Lenin was an adequate theoretician for the revolution prior to 1917 but that after 1917 a new period had developed in which the Leninist model was not only not necessary, it was wrong and reactionary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As for myself, as you would see if you read the articles, I think James has a rather idealized view of Lenin prior to 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But nevertheless, the most powerful part of this analysis is his criticism of the Trotskyists who think that the Leninist model is still the revolutionary model.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What James said, and I think this is absolutely true, is that the Trotskyists apply the best of the old Leninist model in new conditions in which that model is no longer valid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James's idea, which again I think is quite important, is that the kinds of things that workers learned from social democrats, and above all from the Bolsheviks, they now learn from the overall organization of the society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What James meant by that was that the defeat of the Russian revolution had resulted in state capitalism which he saw as a world tendency after 1917. In contrast to before World War I in which democratic liberalism was dominant only in a few countries and other countries were sort of developing in that direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Stalinist model of social organization was something that nobody in 1900 could imagine or could have ever thought of.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So James felt that Stalinism was an extreme form of state capitalism which also existed in Nazi Germany and in Roosevelt's America, and which was organizing society in a actually totalitarian way.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And so he felt that the state regimentation of society taught the working class the same things that they had previously learned from the Social Democratic and Bolshevik parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The socialist parties were spreading a doctrine of state organization of society that was a minority view at the time when liberalism or pre-capitalist forms were dominant everywhere. But then by the middle of the 20th century where state capitalism was organizing all of social life there was an immediate and total politicization of all social life.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And James pointed to the Hungarian revolution as one example of where that knowledge of society from the Stalinist experience resulted in the immediate creation of workers' councils with no political party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Whatever else you want to say about it, the Hungarian revolution was a revolution in which the working class took power with no vanguard party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Of course they held power for a total of 12 days before they were crushed by the Soviet invasion but James nevertheless thought it was a fundamental proof of his theory that the working class no longer needed the Leninist vanguard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;He wrote a quite remarkable book in 1958 called Facing Reality which is very influenced by the Hungarian revolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In that book he said &#034;Some day the French working class will move and it will leave the communist party hanging in the air.&#034; And that is exactly what happened 10 years later in May 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In my own view, as you can see in what I said about revolutionary organizations, I think James goes too far in arguing against the need for an organization of revolutionaries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But nevertheless I would say that James's analysis influenced my own view of the modest role of revolutionary organizations and the great importance of seeing the activity of the class as the most important part of the vanguard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;We talked about this in other questions but let me just repeat that the Bolshevik organization in Russia from 1906 to 1911 collapsed into almost nothing. And even though it had recovered by 1917 when Lenin returned to Russia as you know he found the entire leadership of the party supporting Kerensky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So when Lenin announced the April thesis and called on the party to prepare for a proletarian revolution the great majority of Bolsheviks thought he was crazy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And what Lenin replied was &#034;Look at what the working class is doing. Look at how it is a hundred times more radical than the party and it is on the road to a revolutionary confrontation with the bourgeois government.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From that experience James argued that the task of the revolutionary party was to observe and record what the working class was doing and that was its true role. It had nothing independent of that to bring to the working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And I simply don't agree with that. I think that outside of a revolutionary situation, conscious revolutionaries do know something that the working class as a whole doesn't know and that they should be saying it in an active way.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I'll just finish by saying I think James's analysis does have the great merit of showing how the Bolshevik model developed in a very different social situation from anything that we confront in the advanced capitalist world today.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And the Trotskyists have no understanding of that. They're still living in 1917, preparing to confront the Kerensky government.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: We should have asked this earlier at first, but anyway, because we only know the ICC and IP, what other groups are there in left communism and what are their actvities?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I would say there is a very broad range of ... If we define left communism as Marxism that situates itself to the left of Trotskyism I would say there is a broad milieu in the world, above all in Europe, small groups and individuals who could be called left communist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In Italy for example, I think right now there are 6 Bordigaist organizations, each of them with about 20 members.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;They act in Italy the way the Trotskyists do in many other countries. Every time they meet for a unity conference they have another split.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And of course the influence of Bordiga in Italy, and France, goes way beyond any organization. His writings are widely distributed and read, and Bordigist ideas are in the air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It's important to understand that in the general reaction against vanguardism, Bolshevism, Trotskyism, there's also a relatively large milieu in England, France, Germany, Italy, Spain in which people call themselves anarchist, libertarian communist, anarcho-communist and other combinations that I think could be fairly seen as part of a broadly left communist mood.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I don't want to stretch the parallel too far but in America in early 60s as the New Left movement was beginning there was a wide spread hostility to Marxism and in the course of 6-8 years, these kinds of libertarian rejections of Marxism went into decline and people became more and more attracted to different kinds of Marxism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;And I believe something similar is happening today. There's a real Marxist renaissance going on in western Europe and the US and many people that I'm familiar with have started out as anarchists, and Situationists and they relatively quickly find their way to the study of Capital and the serious study of the failures of the old revolutionary movement and become left communist or close to left communist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anarchism, for example, is really not very interesting as a theory of contemporary capitalist society and people who are attracted to it because it rejects Soviet Marxist or Maoist models, very quickly get bored with it and that's when they begin to discover the richer Marxist alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If you're not familiar, I really recommend this website which is a website of... It's called libcom.org -libertarian communist. They have really interesting coverage of struggles all over the world. There is one place you can see a lot of these. They even allow the ICC to participate in their debates but everybody just kind of laughs at the ICC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: Are there any tendencies that call themselves Bolshevik but not Stalinist?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Oh, absolutely.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: But not Trotskyist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: Not Trotskyist, not Stalinist, but Leninist?&lt;br class='autobr' /&gt;
I don't know because almost all people who understand that there's an important difference between Lenin and Stalin become Trotskyists. And I'm not aware... well actually CLR James and his people, of course James died 15 years ago and there is no James organization but they definitely call themselves Leninist, and they're not Trotskyist and they're not Stalinist. And do you know Raya Dunayevskaya?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SaNoShin: Heard her name before, yes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LG: News and Letters, that is another group that consider itself Leninist and not Stalinist and not Trotskyist even though they emerge from Trotskyism. Actually the most interesting revolutionary theories of the second half of the 20th century are almost all by ex-Trotskyists and that includes James, Guy Debord who was the theoretician of the Situationists who wrote some very good stuff in the 1960s, Castoriadis was a former Trotskyist, Socialism or Barbarism was a group he founded in 1947, and in America Max Shachtman and the Shachtmanites broke with Trotsky over the nature of the Soviet Union and I think you could argue that at least for some period of time they were revolutionaries as well. So it seems as if Trotskyism is the school for further phase of revolutionary theory in many cases.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This text is from the Break Their Haughty Power web site.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Luttes ouvri&#232;res des ann&#233;es 1970-80 dans le monde</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article98</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article98</guid>
		<dc:date>2008-05-13T15:51:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>Europe de l'Est</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Pologne</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e Korea</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e du sud South Korea</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Site : Mati&#232;re et r&#233;volution &lt;br class='autobr' /&gt;
www.matierevolution.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Sommaire du site &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ce site ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous &#233;crire, cliquez sur R&#233;pondre &#224; cet article &lt;br class='autobr' /&gt; Turquie, Cor&#233;e du sud, Pologne, Tha&#239;lande, Afrique du sud ... Qu'y a-t-il de commun entre les luttes ouvri&#232;res de ces pays aussi divers politiquement que socialement ? Le fait que tous ces pays aient &#233;t&#233; d&#233;stabilis&#233;s par des luttes ouvri&#232;res parce qu'ils &#233;taient des r&#233;gimes issus de la politique des blocs, ce qui emp&#234;chait toute &#233;volution et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;15- Pologne-Turquie-Cor&#233;e-Ethiopie : luttes ouvri&#232;res ann&#233;es 70-80&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot137" rel="tag"&gt;Europe de l'Est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot141" rel="tag"&gt;Pologne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Cor&#233;e Korea&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot180" rel="tag"&gt;Cor&#233;e du sud South Korea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Site : Mati&#232;re et r&#233;volution&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.matierevolution.fr&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article88&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sommaire du site&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi ce site ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous &#233;crire, cliquez sur &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?page=forum&amp;id_article=98&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;pondre &#224; cet article&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_60 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L155xH250/resize.php-d147f.jpg?1776303687' width='155' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Turquie, Cor&#233;e du sud, Pologne, Tha&#239;lande, Afrique du sud ... Qu'y a-t-il de commun entre les luttes ouvri&#232;res de ces pays aussi divers politiquement que socialement ? Le fait que tous ces pays aient &#233;t&#233; d&#233;stabilis&#233;s par des luttes ouvri&#232;res parce qu'ils &#233;taient des r&#233;gimes issus de la politique des blocs, ce qui emp&#234;chait toute &#233;volution et contraignait les blocs &#224; les maintenir en place malgr&#233; une impopularit&#233; croissante, qui amenait des dangers sociaux : celui que ce soit la classe ouvri&#232;re qui les renverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4-15-3 Turquie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi le chapitre trente du m&#234;me livre sur un si&#232;cle de luttes en Turquie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;Chronologie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1950, le pouvoir met en place la centrale T&#252;rk-Is comme m&#233;diateur obligatoire entre les ouvriers et le patronat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1960 : coup d'Etat militaire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1961, fondation par des syndicalistes du Parti ouvrier de Turquie (TIP, parti de gauche r&#233;formiste qui reconna&#238;t la revendication kurde)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 13 f&#233;vrier 1967, suite &#224; une mont&#233;e des gr&#232;ves dans les ann&#233;es 60, un syndicat ind&#233;pendant du pouvoir, la DISK, est fond&#233;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1968 : mont&#233;e des luttes et de la contestation, dans la jeunesse (en juin) puis dans la classe ouvri&#232;re. La premi&#232;re occupation d'usine &#224; Istanbul, celle de Derby, un mois apr&#232;s le d&#233;but de mai 1968, &#233;tait le d&#233;but d'un processus historique. L'occupation de l'usine de fer-forg&#233;, l'une des citadelles de l'&#233;poque, la tentative de r&#233;pression de la police et la d&#233;fense h&#233;ro&#239;que des ouvriers et de leurs familles marqua l'histoire du mouvement ouvrier. L'arm&#233;e intervient pour r&#233;tablir l'ordre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1969, fondation de la &#171; Dev-Genc &#187; (F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants r&#233;volutionnaires, anc&#234;tre de Dev-Yol), qui regroupe des tendances mao&#239;stes, castristes et trotskistes et affirme le droit du peuple kurde &#224; la lutte arm&#233;e.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; juin 1970, manifestation de masse contre un projet de loi syndicale r&#233;pressive : 100 000 ouvriers descendaient dans la rue, s'affontaient avec la police, &#233;rigeaient des barricades, interdiction de la Disk et manifestations de protestations contre cette interdiction les 15 et 16 juin. Le mouvement kurde se d&#233;veloppe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 12 mars 1971, coup d'Etat militaire : des officiers renversent Demirel et installent la loi martiale. Pendant des ann&#233;es, des milliers d'opposants et de syndicalistes sont souvent assassin&#233;s par des milices, des fascistes, des &#233;l&#233;ments des forces arm&#233;es et polici&#232;res.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1er mai 1977, fusillade de la place Taksim &#224; Istanbul (37 morts parmi les centaines de milliers de manifestants ouvriers). En deux ans, des centaines de milliers de personnes furent arr&#234;t&#233;es et plus de 98000 jug&#233;es, 21700 condamn&#233;es &#224; des peines de prison, cinquante ex&#233;cut&#233;es &#224; l'issue de proc&#232;s politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de 1979 &#224; 1983, les prix sont multipli&#233;s par 12, les salaires par 8 seulement. La baisse des salaires r&#233;els est tr&#232;s forte dans les ann&#233;es 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; janvier 1980, plan gouvernemental soi-disant &#171; contre l'inflation &#187; : restriction du cr&#233;dit, diminution des investissements publics, blocage des salaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; f&#233;vrier 1980, le complexe agro-industriel d'Izmir licencie des militants actifs et provoque la mobilisation des travailleurs, qui occupent les locaux. C'est l'intervention de l'arm&#233;e, de l'extr&#234;me droite qui intervient en force suppl&#233;tive du pouvoir d'&#201;tat et des patrons, en pratiquant l'assassinat de syndicalistes et de militants d'extr&#234;me gauche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de janvier &#224; septembre 1980, 2 000 personnes sont ainsi assassin&#233;es.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 12 septembre 1980, coup d'&#201;tat du g&#233;n&#233;ral Evren. Les organosations syndicales sont interdites pendant trois ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1983, la langue kurde est interdite jusque dans les discussions priv&#233;es.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1986-1987 : reprise des gr&#232;ves ouvri&#232;res&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; printemps 1989, vague de gr&#232;ves et de manifestations, avec une grosse mobilisation des travailleurs du secteur public, notamment ceux des chantiers navals. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en 1990-1991, une seconde vague de gr&#232;ve, en, particulier dans les mines, contraint les patrons &#224; c&#233;der des augmentations allant de 150 &#224; 250 % &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1994, la crise &#233;conomique plonge &#224; nouveau les salaires vers le bas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1998, les m&#233;tallurgistes de Renault et Tofas (filiale de Fiat) entrent en lutte aussi bien contre leur patron que contre le syndicat Metal-Is, filiale de T&#252;rk-Is (la plus importante conf&#233;d&#233;ration) qui a accept&#233; une augmentation des salaires de 43 %, alors que l'inflation annuelle est de l'ordre de 100 %. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1999, contre le recul de l'&#226;ge de la retraite et la baisse du pouvoir d'achat, des manifestations qui regroupent des centaines de milliers de travailleurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; f&#233;vrier 2001, crise &#233;conomique et d&#233;valuation de la livre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pologne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&#171; Mon destin m'a plac&#233; &#224; la t&#234;te des gens. Ce que j'appelle marcher &#224; la t&#234;te du troupeau. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Lech Walesa&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Dans son autobiographie intitul&#233;e &lt;br /&gt;
&#171; Un chemin d'espoir &#187;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luttes ouvri&#232;res dans la Pologne des ann&#233;es 70-80&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;L'Etat polonais des ann&#233;es 1970-80 fait partie de ce que l'on a appel&#233; les &#171; d&#233;mocraties populaires &#187;, traduisez dictature anti-ouvri&#232;re sous la domination de la bureaucratie et de l'arm&#233;e russes. La mise en place de ce r&#233;gime ne doit rien &#224; une intervention des masses populaires de Pologne et encore moins &#224; une r&#233;volution communiste, en Pologne ou nulle part ailleurs. Ce r&#233;gime a &#233;t&#233; mis en place avec l'accord de l'imp&#233;rialisme et non contre lui. C'est ainsi que s'est constitu&#233; toute la zone sous domination russe &#8211; et pas communiste &#8211; &#224; l'Est. L'&#233;tatisme polonais ne d&#233;coule nullement d'une perspective communiste, de renversement du capitalisme &#224; l'&#233;chelle mondiale, mais de la lutte mondiale de l'imp&#233;rialisme uni au stalinisme contre les risques r&#233;volutionnaires de l'apr&#232;s-guerre. C'est donc un Etat qui est dirig&#233; de A &#224; Z et d&#232;s le d&#233;but contre la classe ouvri&#232;re. Sa mise en place a n&#233;cessit&#233; la destruction d'anciennes structures mais ni celles des anciennes classes, ni des anciens appareils de l'Etat. Non, il s'agit de celles des anciens partis et syndicats ouvriers, qui sont enti&#232;rement d&#233;truits et reconstruits par le nouvel Etat, y compris l'ancien Parti communiste (comme dans tous les &#171; Pays de l'Est &#187;). La mise en place du parti unique et du syndicat unique &#224; partir de la guerre froide en 1947 ne sont nullement des mesures en faveur des travailleurs, au contraire. C'est la dictature politique et sociale qui s'abat sur les travailleurs qui sont priv&#233;s de tout droit d&#233;mocratique. &lt;br /&gt;
D&#232;s que la classe ouvri&#232;re a tent&#233; de protester, de revendiquer, elle a subi la r&#233;pression violente de cet Etat. En 1956, alors que la r&#233;volution se d&#233;roulait en Hongrie, les ouvriers polonais sont &#233;galement entr&#233;s en lutte. En juin 1956, ce sont notamment les 15.000 ouvriers des usines Staline de Pozna'n qui se mobilisent. Pour les &#233;craser, le pouvoir envoie l'arm&#233;e avec 200 tanks. Elle fait 53 morts et 400 bless&#233;s. Puis, en octobre 1956, tout le pays se couvre de conseils ouvriers, suivant l'exemple des ouvriers de l'usine Z&#233;ran de Varsovie. Le pouvoir parvient &#224; d&#233;tourner la col&#232;re des travailleurs, en faisant venir au pouvoir un pr&#233;tendu r&#233;formateur, en fait un stalinien momentan&#233;ment &#233;cart&#233; : Gomulka. Il r&#233;ussit &#224; calmer les esprits. &lt;br /&gt;
C'est en 1970 qu'un nouveau mouvement massif de la classe ouvri&#232;re contre le pouvoir reprend. L'annonce d'une hausse des prix de 30% met le feu aux poudres. Des arr&#234;ts de travail spontan&#233;s dans toutes les villes du littoral de la Baltique, &#224; Gdynia, Gdansk et Szczecin, sont suivies de manifestations o&#249; les travailleurs vont demander des comptes aux dirigeants des localit&#233;s et du parti unique. A Gdynia, les membres du comit&#233; de gr&#232;ve qui ont n&#233;goci&#233; avec la direction des chantiers sont arr&#234;t&#233;s. A cette nouvelle, une v&#233;ritable foule ouvri&#232;re en col&#232;re attaque et met le feu &#224; la direction du parti unique et fait le si&#232;ge des commissariats. Il en va de m&#234;me ensuite &#224; Gdansk et Szczecin. Il en r&#233;sulte des arrestations, des tortures et des assassinats dans les commissariats. Des ouvriers des chantiers de Gdansk sont fusill&#233;s pr&#232;s de l'entr&#233;e. L'arm&#233;e fait &#233;vacuer les chantiers de Gdansk. A Gdynia, les travailleurs sont battus au cours d'une offensive d'une grande violence, &#224; la mitrailleuse et par des attaques d'h&#233;licopt&#232;res, le 16 d&#233;cembre. Le lendemain, c'est Szczecin qui est le th&#233;&#226;tre d'une terrible bataille de rue. L'arm&#233;e et la milice tirent sur les gr&#233;vistes qui occupent le chantier Warski. &lt;br /&gt;
Le r&#233;gime a vaincu, mais il est discr&#233;dit&#233;. Gomulka est d&#233;missionn&#233;. Il doit laisser la place &#224; un nouveau chef d'Etat, Gierek, qui s'adresse aux ouvriers, leur fait des excuses, retire les mesures anti-ouvri&#232;res, supprime les mesures de r&#233;pression, annonce un nouveau type de relations avec les travailleurs, fait de nombreuses promesses et fait appel au sens des responsabilit&#233;s des travailleurs. Avec succ&#232;s. &lt;br /&gt;
Six ans plus tard, la classe ouvri&#232;re polonaise retrouve la voie de la lutte. Le 24 juin 1976, &#224; l'annonce d'une hausse des prix de 39% d&#233;cid&#233;e par Gierek, un mouvement de gr&#232;ve s'&#233;tend &#224; tout le pays. C'est &#224; Ursus dans la banlieue de Varsovie et &#224; Radom que le mouvement est le plus dur. A Radom, la milice tire sur la foule et 17 personnes sont tu&#233;es. Le gouvernement prend peur. 24 heures apr&#232;s l'annonce des hausses de prix, elles sont annul&#233;es. Mais il craint que cette victoire ouvri&#232;re entra&#238;ne une mont&#233;e irr&#233;pressible de la mobilisation et de l'organisation de la classe ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire par une situation pr&#233;-r&#233;volutionnaire. Il accompagne donc ce recul d'une s&#233;rieuse r&#233;pression. Des centaines de gr&#233;vistes sont arr&#234;t&#233;s, tabass&#233;s dans les locaux de la police. Certains travailleurs subissent des proc&#232;s publics o&#249; ils sont contraints de faire leur autocritique. Des intellectuels s'organisent alors pour d&#233;fendre les travailleurs qui subissent la r&#233;pression et les licenciements. Ils fondent le KOR, comit&#233; de d&#233;fense des ouvriers. Des dirigeants politiques apparaissent alors, qui vont jouer un r&#244;le dirigeant dans la mobilisation qui suivra en 1980. Certains sont des fondateurs des &#171; syndicats libres &#187; comme Lech Walesa, Anna Walentynowicz, les fr&#232;res Kaczinski, Jack Kuron, Modzlewski, ou Adam Michnik. La conception qu'ils ont tir&#233;e des &#233;v&#233;nements des ann&#233;es 70 est nationaliste et r&#233;formiste. En r&#233;sum&#233; : pas question d'attaquer ou m&#234;me de menacer le pouvoir stalinien, il fait cr&#233;er un rapport de forces pour n&#233;gocier, revendiquer des droits syndicaux hors des &#171; syndicats &#187; du pouvoir et, sans affrontement, viser au d&#233;veloppement d'une opinion nationale, chr&#233;tienne, pro-occidentale. En somme, leurs conceptions sont tout sauf r&#233;volutionnaires. Leur mod&#232;le est souvent l'ancienne Pologne, que gouvernait le g&#233;n&#233;ral Pilsudski, un dictateur anti-communiste et pro-occidental, meneur de pogromes anti-s&#233;mites, mis au pouvoir par les puissances imp&#233;rialistes pour contrer la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Il s'agit m&#234;me de convaincre le pouvoir que la transformation de la soci&#233;t&#233; devient la seule mani&#232;re d'&#233;viter la r&#233;volution prol&#233;tarienne. La mobilisation de la classe ouvri&#232;re est le moyen de n&#233;gocier la sortie de crise, en obtenant progressivement la mise en place d'un r&#233;gime bourgeois. Adam Michnik &#233;crit ainsi, cit&#233; par Lech Walesa dans &#171; Un chemin d'espoir &#187; : &lt;i&gt;&#171; La v&#233;rit&#233; est que sans entente entre le pouvoir et le peuple, on ne peut gouverner ce pays. (&#8230;) La v&#233;rit&#233; est la suivante : le seul gouvernement polonais accept&#233; par les dirigeants de l'URSS est celui des communistes, et rien ne permet de penser que cet &#233;tat de chose puisse changer du jour au lendemain. Qu'est-ce qu'il en r&#233;sulte ? (&#8230;) Il en r&#233;sulte que toute tentative de renversement du pouvoir communiste en Pologne porte directement atteinte aux int&#233;r&#234;ts de l'URSS. (&#8230;) Prenons bien soin de ne pas mettre en lambeaux ce qu'est l'Etat polonais d&#233;pouill&#233; de sa souverainet&#233;, mais toujours l'Etat, sans lequel notre sort serait infiniment plus p&#233;nible. &#187; &lt;/i&gt; De 1976 &#224; 1978, leur groupe est pass&#233; de 6 &#224; 600 militants en faveur de syndicats libres. La mont&#233;e de la classe ouvri&#232;re continuant, ils sont plusieurs milliers en 1979 et diffusent massivement leur journal, &#171; L'ouvrier du littoral &#187;. Lorsque Anna Walentynowicz, militante des syndicats libres, est licenci&#233;e &#224; six mois de la retraite, trois jeunes ouvriers des chantiers naval de Gdansk d&#233;cident de mettre les chantiers en gr&#232;ve et vont chercher Lech Walesa, licenci&#233; depuis des ann&#233;es, mais qu'ils font rentrer dans les lieux. Malgr&#233; un d&#233;but du mouvement tr&#232;s difficile, ils parviennent finalement &#224; mettre les chantiers de Gdansk en gr&#232;ve, un mouvement qui va gagner tout le pays, et contraindre le pouvoir aux n&#233;gociations qu'esp&#233;rait Lech Walesa et ses amis. Il a fallu non seulement mobiliser les travailleurs mais aussi les emp&#234;cher de s'en prendre au pouvoir et canaliser leur &#233;nergie dans un sens qui ne menace pas le pouvoir. Il a fallu que ces dirigeants issus du mouvement se montrent capables de prendre la t&#234;te des luttes ouvri&#232;res pour les calmer et s'imposer ainsi comme la force la plus importante face au pouvoir. Ils ont re&#231;u pour cette t&#226;che d&#233;licate un appui important : celui de L'Eglise et de la papaut&#233;. Ils ont &#233;galement eu l'appui de la petite bourgeoisie nationaliste de Pologne. Le meilleur compte-rendu de cette strat&#233;gie r&#233;formiste est certainement son auteur, Lech Walesa lui-m&#234;me. Si son pass&#233; est celui d'un leader ouvrier d&#233;cid&#233;, combatif qui comprend que le prol&#233;tariat est la principale force politique, il est aussi oppos&#233; &#224; toute forme r&#233;elle de pouvoir ouvrier. Il sait n&#233;gocier dans le dos d'un mouvement, imposer quand il ne convainc pas, effectuer un chantage avec succ&#232;s, faire appel au sens des responsabilit&#233;s des travailleurs pour les faire reculer. Dans ses m&#233;moires, il ne s'en cache nullement et, comme tout bon leader nationaliste, il reconna&#238;t volontiers qu'il n'est pas un d&#233;fenseur des int&#233;r&#234;ts des opprim&#233;s, mais un d&#233;fenseur de l'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur du pays, c'est-&#224;-dire des perspectives nationales bourgeoises. Il est fier de s'&#234;tre fait le pompier des gr&#232;ves qui parcoure tout le pays dans un v&#233;hicule fourni par le pouvoir. D&#232;s le d&#233;but de la gr&#232;ve, Walesa parvient &#224; se faire &#233;lire au comit&#233; de gr&#232;ve bien qu'il ne soit plus ouvrier des chantiers, &#233;tant parvenu &#224; &#233;tablir le lien entre la revendication de la r&#233;int&#233;gration d'Anna Walentynowicz et la sienne. Walesa s'av&#232;re un tacticien tr&#232;s habile dans les discussions avec les travailleurs, plus encore que dans celles avec les membres du pouvoir. Il sait parfaitement &#234;tre radical quand c'est n&#233;cessaire pour garder son cr&#233;dit et il sait aussi prendre compl&#232;tement &#224; rebrousse-poil toute une assembl&#233;e ouvri&#232;re. Mais ces grandes capacit&#233;s personnelles sont mises au service d'une strat&#233;gie qui vise certes dans un premier temps &#224; augmenter le rapport de forces des travailleurs, mais, ensuite, &#224; pr&#233;parer la mise en place d'un nouveau nationalisme polonais qui n'a que faire des revendications ouvri&#232;res. Walesa se consid&#232;re comme l'un des piliers de la &#171; nouvelle Pologne &#187;, les deux autres piliers &#233;tant le pouvoir et l'Eglise. C'est un partisan de l'ordre et un ennemi ouvert de la r&#233;volution, il l'affirme lui-m&#234;me. Sans cesse, il pr&#233;dit que, si on ne suit pas ses propositions, c'est la r&#233;volution, avec comme cons&#233;quence imm&#233;diate le bain de sang et, surtout, l'intervention de l'arm&#233;e russe. Les leaders radicaux, il ne craint pas de les &#233;carter de fa&#231;on radicale, en se servant directement et grossi&#232;rement parfois de sa popularit&#233;. La r&#233;volution lui sert autant d'&#233;pouvantail que l'&#233;crasement par l'Etat russe. Le pacifisme, une fois de plus, sert &#224; rendre les opprim&#233;s pacifiques c'est-&#224;-dire &#224; les d&#233;sarmer, mais pas &#224; contraindre le pouvoir &#224; &#234;tre pacifique, en entra&#238;nant les petits soldats aux c&#244;t&#233;s des travailleurs. Loin d'avoir pr&#233;par&#233; les travailleurs, qui &#233;taient pourtant massivement mobilis&#233;s et organis&#233;s, au risque d'intervention arm&#233;e de l'Etat polonais, il les a ainsi compl&#232;tement d&#233;sarm&#233; politiquement et ils seront compl&#232;tement pris par surprise par le coup d'Etat militaire de Jaruzelski en 1981 parce qu'il &#233;tait organis&#233; par l'arm&#233;e polonaise et non par la Russie, situation qu'ils refusaient politiquement d'envisager, par nationalisme. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;La mobilisation ouvri&#232;re de 1980&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;D&#232;s que la gr&#232;ve appara&#238;t comme massive et qu'elle d&#233;montre qu'elle a une direction d&#233;cid&#233;e &#224; aller jusqu'au bout, elle gagne la totalit&#233; des Chantiers de Gdansk, car la seule chose qui retenait les travailleurs &#233;tait la crainte d'une gr&#232;ve faible qui terminerait rapidement par un &#233;chec. D&#232;s que la gr&#232;ve prend solidement, le 15 ao&#251;t 1980, toutes les entreprises travaillant pour l'industrie navale s'y joignent. Les Chantiers sont occup&#233;s et gard&#233;s nuit et jour. Le comit&#233; de gr&#232;ve choisit de faire des Chantiers un bastion de la lutte, plut&#244;t que de se confronter aux forces de l'ordre dans les rues. Les leaders y dorment, y mangent et ne les quittent pas, pour &#233;viter arrestations et intimidations. Au lieu d'aller chercher des soutiens dans la r&#233;gion et le reste du pays, il font des chantiers le point de rencontre de toutes le forces du pays oppos&#233;es au pouvoir, et particuli&#232;rement de la classe ouvri&#232;re. &lt;br /&gt;
Devant le d&#233;but de g&#233;n&#233;ralisation de la gr&#232;ve, de sa radicalisation et de la menace sociale dans une Pologne &#233;conomiquement et politiquement dans l'impasse, la direction des chantiers c&#232;de le 16 ao&#251;t. Elle accepte une partie des revendications des travailleurs mais ne donne que 1500 zlotys au lieu des 2000 revendiqu&#233;s. Cependant, malgr&#233; la mont&#233;e de la lutte, ou &#224; cause de celle-ci, Lech Walesa signe pr&#233;cipitamment le compromis propos&#233; par la direction des Chantiers en ne consultant pas les salari&#233;s. Les travailleurs conspuent Lech Walesa revenu de sa signature aux cris de &#171; 2000 ! 2000 ! &#187;. Dans la nuit suivante, tous les chantiers se couvrent d'inscriptions &#171; Walesa tra&#238;tre ! &#187;, &#171; Walesa vendu ! &#187;. Le lendemain, Walesa revient sur ses positions en disant : la gr&#232;ve des chantiers pour les alaires est termin&#233;e mais la gr&#232;ve de solidarit&#233; commence. Les autres salari&#233;s qui nous ont fait confiance et nous ont suivi doivent &#234;tre soutenus par nous. Ce terme de &#171; Solidarit&#233; &#187;, qui va donner son nom au mouvement puis au syndicat et qui est connu aux quatre coins du monde, provient seulement de la pirouette de Walesa pour garder la t&#234;te du mouvement, faute d'&#234;tre parvenu &#224; l'arr&#234;ter. &lt;br /&gt;
Le 18 ao&#251;t, l'occupation des Chantiers de Gdansk reprend donc et Walesa a &#233;t&#233; maintenu &#224; sa t&#234;te. Walesa a d&#251; accepter que le mouvement prenne un caract&#232;re nouveau. La direction du mouvement change de caract&#232;re et Walesa s'adapte &#224; cette nouvelle situation. Pour garder sa place et la transformer en une direction de l'ensemble de la lutte, il doit convaincre ses anciens camarades, nationalistes et r&#233;formistes, de laisser les leaders radicaux du mouvement participer &#224; la direction du mouvement. Le comit&#233; de gr&#232;ve des chantiers s'&#233;largit &#224; des d&#233;l&#233;gu&#233;s de toutes les entreprises de Gdansk qui seront bient&#244;t rejoints par ceux d'entreprises de la r&#233;gion et au-del&#224;. C'est la fondation du MKS, comit&#233; de gr&#232;ve inter-entreprises, de Gdansk qui sera imit&#233; par d'autres MKS dans le reste du pays quelques jours plus tard. Le MKS se dote d'un programme : les fameuses 21 revendications bien plus ax&#233;es sur les libert&#233;s publiques que sur la lutte pour les revendications ouvri&#232;res. Cependant, ce programme a le m&#233;rite de placer la classe ouvri&#232;re en position de direction pour la transformation du pays, puisqu'elle met en avant des transformations politiques et sociales qui vont dans le sens des aspirations de toute la population, y compris la petite bourgeoisie et la bureaucratie elle-m&#234;me. La Pologne toute enti&#232;re, et bient&#244;t le monde entier, a alors les yeux fix&#233;s sur les ouvriers du Littoral. Toute la capacit&#233; de Walesa va &#234;tre de transformer ce potentiel r&#233;volutionnaire, qui est encore sur des bases de classe, en un capital pour la transformation bourgeoise de la Pologne. Il ne va pas &#234;tre seul, loin de l&#224;, pour r&#233;aliser ce retournement impressionnant. La petite bourgeoisie afflue &#224; Gdansk est Walesa saura en faire un contrepoids politique contre la classe ouvri&#232;re. C'est notamment l'instauration du syst&#232;me des &#171; experts &#187; qui remplacent les d&#233;l&#233;gu&#233;s de gr&#233;vistes dans les n&#233;gociations. C'est encore les conseillers dont il s'entoure et qui ne le quittent plus. C'est enfin la mise en place d'un r&#233;seau de journalistes et de militants de la petite bourgeoisie qui donnent le ton dans la presse de la gr&#232;ve. Mais l'Eglise, y compris sa haute hi&#233;rarchie li&#233;e au pouvoir, et le pape lui-m&#234;me, a &#233;t&#233; le point principal qui a permis &#224; Walesa de l'emporter sur les leaders ouvriers radicaux et surtout sur le caract&#232;re imp&#233;tueux de la lutte des classes elle-m&#234;me. Non seulement, la pri&#232;re, l'&#233;vocation religieuse des morts de 1970 a servi &#224; Walesa de donner un caract&#232;re solennel au mouvement, de le calmer, de donner un drapeau religieux &#224; la lutte, drapeau sens&#233; d&#233;passer les revendications sociales de la classe ouvri&#232;re. Mais, surtout, la religion permet de donner un caract&#232;re nationaliste &#224; la lutte. Les ouvriers des Chantiers sont ainsi transform&#233;s en d&#233;fenseurs des droits des chr&#233;tiens contre un pouvoir ath&#233;e ! La lutte qui pouvait devenir un affrontement menant au renversement du r&#233;gime devient un combat moral pour r&#233;former le pouvoir ! L'objectif premier, la transformation des conditions mat&#233;rielles d'existence des travailleurs est remis &#224; plus tard et le renforcement de la classe ouvri&#232;re face &#224; ses ennemis bureaucrates et bourgeois, est devenu, miraculeusement, le renforcement des nationalistes, des religieux et des bourgeois, ainsi que des bureaucrates dits r&#233;formateurs. Ce coup de baguette magique de Walesa s'appuie sur des aspirations l&#233;gitimes des ouvriers eux-m&#234;mes : &#233;viter le d&#233;ferlement de violence que produirait, selon lui, une &#233;volution vers un conflit direct avec le pouvoir, r&#233;aliser l'entente de tous les Polonais, obtenir leurs droits en tant que religieux catholiques, transformer le pays de mani&#232;re pacifique et consensuelle en entra&#238;nant y compris les membres du r&#233;gime. Ce r&#234;ve r&#233;formiste va petit &#224; petit l'emporter parmi les gr&#233;vistes, transformant une vague ouvri&#232;re de port&#233;e r&#233;volutionnaire en un mouvement syndical r&#233;formiste, qui va devenir tr&#232;s vite un syndicat dont la direction freine les gr&#232;ves. Religion, nationalisme, pacifisme et r&#233;formisme syndical ont constitu&#233; un v&#233;ritable programme politique national b&#233;n&#233;ficiant d'un grand nombre d'appuis, de militants, y compris au plus haut sommet de l'Etat. &lt;br /&gt;
Cependant, au d&#233;but, rien de tout cela n'est jou&#233;. Jusqu'au 18 ao&#251;t, la force de la classe ouvri&#232;re grandit par l'&#233;largissement du mouvement, en particulier l'extension &#224; l'autre grand port du Littoral de la Baltique, Szczecin. Le pouvoir a tent&#233; d'abord de proposer aux entreprises de n&#233;gocier s&#233;par&#233;ment, mais tr&#232;s peu d'entreprises l'acceptent. La direction politique du mouvement de la classe ouvri&#232;re est unanimement reconnue aux Chantiers de Gdansk. Le MKS refuse de rencontrer le pouvoir en dehors du contr&#244;le des travailleurs eux-m&#234;mes. Si bien que le Vice-premier ministre Jagielski est contraint de n&#233;gocier dans les chantiers eux-m&#234;mes, au beau milieu du chantier L&#233;nine, fer de lance du mouvement ! Cela donne la mesure du rapport de forces &#224; ce moment l&#224;. Les travailleurs, de nombreuses fois flou&#233;s, ont exig&#233; la publicit&#233; compl&#232;te des n&#233;gociations, avec diffusion en direct des d&#233;bats &#224; l'ext&#233;rieur et avec enregistrements. Et les travailleurs seront massivement pr&#233;sents pour suivre la teneur des discussions. Cela n'emp&#234;chera pas les man&#339;uvres bien entendu, mais l&#224; aussi les travailleurs imposent encore leur marque &#224; la situation et emp&#234;chent l'essentiel des tromperies. Multipliant les tentatives de division, les calomnies, les menaces et les op&#233;rations pour acheter des d&#233;l&#233;gu&#233;s, Jagielski esp&#232;re encore que les ouvriers se d&#233;couragent et fait tra&#238;ner les n&#233;gociations pendant 9 jours.&lt;br /&gt;
Le 26 ao&#251;t, Jagielski est contraint de supplier Walesa de signer vite fait les accords. Il recule sur le droit de gr&#232;ve mais refuse toujours le droit &#224; des syndicats ind&#233;pendants. Les &#233;v&#234;ques, dirigeants de l'Eglise polonaise et soutiens en r&#233;alit&#233; du pouvoir, appellent alors publiquement les gr&#233;vistes &#224; faire preuve de sagesse et &#224; reprendre le travail. Le 26 ao&#251;t, le Primat de Pologne donnait le ton &#224; cette politique de l'Eglise qui peut se r&#233;sumer ainsi : emp&#234;cher tout risque de d&#233;rapage vers une r&#233;volution ouvri&#232;re. Il d&#233;clare : &lt;i&gt;&#171; Je consid&#232;re que parfois il ne faut pas r&#233;clamer, exiger, revendiquer beaucoup, pourvu que l'ordre r&#232;gne. &#187;&lt;/i&gt; Comme on le voit, l'Eglise n'est absolument pas une force de transformation radicale de la soci&#233;t&#233; polonaise. Parmi les travailleurs de chantiers, c'est l'indignation et il faut tout le poids acquis par Walesa pour les d&#233;fendre et t&#226;cher de r&#233;tablir la fiction selon laquelle l'Eglise serait du c&#244;t&#233; des travailleurs. Walesa, une nouvelle fois s'adapte &#224; la situation, reconna&#238;t que la gr&#232;ve doit continuer et affirme qu'il sera le dernier &#224; reprendre le travail. A ce moment, le principal appui de Walesa n'est d&#233;j&#224; plus l'ancien groupe de militants en faveur des syndicats libres du Littoral, de militants du KOR et de jeunes ouvriers radicaux avec lesquels il avait commenc&#233; &#224; militer et qui le suivait jusqu'au d&#233;marrage de la gr&#232;ve. Ces anciens amis lui deviennent hostiles et pensent qu'il n'est pas &#224; la hauteur ou qu'il trahit, comme Anna Walentynowycz avec laquelle il a d&#233;marr&#233; la gr&#232;ve et qui lui demande de se retirer de ses responsabilit&#233;s &#224; la t&#234;te du mouvement. Il est devenu le militant de l'appareil de l'Eglise (comme il l'affirme dans &#171; un chemin d'espoir &#187; en exposant qu'il suit la ligne du Primat de Pologne), appuy&#233; compl&#232;tement par ce grand appareil tr&#232;s puissant en Pologne. On peut le voir au fait qu'il ne se d&#233;place plus sans les deux mentors politiques que l'Eglise lui a envoy&#233; : Mazowiecki et Geremek. Si Walesa pr&#233;tend faire accepter pacifiquement au pouvoir des syndicats libres, c'est avec l'id&#233;e que ceux-ci joueront un r&#244;le d'interm&#233;diaire, de pompiers des gr&#232;ves, r&#244;le qu'il va jouer r&#233;ellement d&#232;s que l'occasion lui en sera offerte, r&#244;le qu'il a toujours consid&#233;r&#233; comme le sien depuis les gr&#232;ves de 1970, n'&#233;tant absolument pas l'ouvrier radicalement oppos&#233; au pouvoir que la presse a voulu fabriquer. Il a toujours pr&#233;tendu chercher au contraire le terrain d'un accord qui convienne &#233;galement au pouvoir. Il a toujours dit qu'il ne se consid&#233;rait pas comme repr&#233;sentant politique de la classe ouvri&#232;re mais comme d&#233;fenseur des int&#233;r&#234;ts sup&#233;rieurs de la Pologne, int&#233;r&#234;ts face auxquels n'importe quel haut bureaucrate &#233;tait aussi important que les travailleurs. Et l'Etat polonais, loin d'&#234;tre consid&#233;r&#233; comme un adversaire, repr&#233;sente l'id&#233;al de Lech Walesa. Le mouvement se confronte aux dirigeants politique du pays mais, selon lui, il ne vise pas m&#234;me &#224; l'affaiblissement de l'Etat, et m&#234;me au contraire &#224; son renforcement. Lorsqu'il expose en quoi il a suivi le m&#234;me programme que le Primat de Pologne, pourtant tr&#232;s inf&#233;od&#233; au pouvoir, il explique qu'il s'agit de s'opposer aux risques d'explosion d'une r&#233;volution ouvri&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Mon objectif &#171; &#233;tait que la population ne s'oppose pas au pouvoir les armes &#224; la main et prenne le pouvoir &#224; sa place. Je d&#233;fendais la m&#234;me position que le Primat de Pologne, du haut de sa chaire, quand il disait qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; solliciter &#224; genoux le pouvoir. D&#232;s le d&#233;but, j'ai fait part de mon alignement sur la position de l'Eglise de mani&#232;re publique (&#8230;) &#187;&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;
Pour imposer son programme, Walesa n'a pas peur d'utiliser au sein du mouvement des m&#233;thodes de commandement bien peu d&#233;mocratiques. Il s'appuie sur une fraction de la base qui lui est acquise sur la base d'un militantisme ouvertement religieux avec messes, croix et g&#233;nuflexions. Il fait taire les d&#233;l&#233;gu&#233;s qui le d&#233;rangent, en les faisant siffler et couvrir leur voix par ses adeptes. Il se fait proclamer chef sup&#233;rieur et seul v&#233;ritable porte parole du mouvement. Il cultive son propre mythe et pr&#233;tend que seuls ceux qui ont des ambitions personnelles peuvent y &#234;tre oppos&#233;s !&lt;br /&gt;
Fin ao&#251;t, le rapport de forces s'est consid&#233;rablement accru en faveur des ouvriers. La gr&#232;ve a fait t&#226;che d'huile dans tout le pays : &#224; Wroclaw, &#224; Varsovie, parmi les mineurs de Sil&#233;sie. La production de charbon est bloqu&#233;e. &lt;br /&gt;
Le 30 ao&#251;t, le Vice-premier ministre signe, devant des dizaines de milliers d'ouvriers assembl&#233;s, un accord qui restera dans les annales comme &#171; Accords de Gdansk &#187; qui, en principe, accepte les 21 conditions pos&#233;es par les gr&#233;vistes. Cette signature est une v&#233;ritable victoire arrach&#233;e par les travailleurs de tout le pays. Mais en m&#234;me temps, et c'est tout le probl&#232;me, la signature de Walesa, obtenue &#224; l'arrach&#233;e, au chantage, par Walesa contre la plupart des autres d&#233;l&#233;gu&#233;s des gr&#233;vistes, est une trahison du mouvement. Et ce d'abord parce que le pouvoir est au bord du gouffre et que la signature de Walesa le sauve. Dans la pratique, les travailleurs constateront que les formulations, concoct&#233;es par les &#171; experts &#187; du MKS et le pouvoir, n'engagent &#224; pas grand-chose. Par exemple, le MKS de Gdansk obtient le droit &#224; des syndicats libres, mais seulement &#224; Gdansk ! Les militants ouvriers emprisonn&#233;s dans tout le pays ne sont pas lib&#233;r&#233;s, alors que c'&#233;tait une condition r&#233;p&#233;t&#233;e sans cesse lors des n&#233;gociations. Le fait que les militants du KOR, des dirigeants importants du mouvement ne soient m&#234;me pas lib&#233;r&#233;s fait scandale. Walesa, hu&#233; par les ouvriers du chantier &#171; La Commune &#187; de Gdansk, fait marche arri&#232;re &#224; nouveau : il exige du pouvoir la lib&#233;ration des membres du KOR. En apprenant que les troupes de Lublin, mobilis&#233;es pour se rendre &#224; Gdansk se sont mutin&#233;es, le pouvoir recule et lib&#232;re ces militants. On peut voir ainsi que le pouvoir est sur la corde raide : le cr&#233;dit &#233;norme des ouvriers de Gdansk est tel qu'ils pourraient appeler le pays tout entier &#224; constituer des comit&#233;s d'un nouveau pouvoir. Ils auraient alors non seulement la participation des travailleurs, mais le soutien de la majorit&#233; de la jeunesse, de la petite bourgeoisie et l'appareil d'Etat serait impuissant &#224; enrayer le mouvement. C'est justement de ce danger que Walesa est parfaitement conscient et le r&#244;le qu'il s'attribue est justement de sauver ce pouvoir polonais. Le pr&#233;texte avanc&#233; est qu'il vaut mieux &#234;tre opprim&#233; par un pouvoir polonais que de subir une occupation militaire russe, comme la Hongrie en 1956 ou comme la Tch&#233;coslovaquie en 1968. L'&#233;pouvantail russe est, autant que le bain de sang avec les forces de l'ordre, un leitmotiv de Lech Walesa au nom duquel il affirme que toute la difficult&#233; consiste &#224; &#8230; ne pas gagner, et, m&#234;me quand on a gagn&#233;, &#224; ne pas en tirer profit. Il faut redonner du cr&#233;dit &#224; l'Etat, calmer les travailleurs et remettre le pays au travail, tel est le projet de Walesa !&lt;br /&gt;
C'est ce Walesa l&#224; que le pouvoir accepte de diffuser pour la premi&#232;re fois &#224; la t&#233;l&#233;vision nationale, lors de la diffusion de la signature des accords de Gdansk. Il est propuls&#233; ainsi dirigeant national reconnu du mouvement ouvrier. &lt;br /&gt;
Le premier probl&#232;me auquel se heurte alors Walesa, c'est de freiner l'aspiration qu'il a lui-m&#234;me suscit&#233;e : la cr&#233;ation de syndicats libres. Au d&#233;but, c'&#233;tait une mani&#232;re de dire que l'objectif n'&#233;tait pas le renversement du pouvoir, ni m&#234;me l'obtention d'augmentations de salaires que le gouvernement ne pouvait pas accepter. Mais le mouvement en faveur des syndicats libres se heurte &#224; nombre d'int&#233;r&#234;ts locaux des bureaucrates et suscite du coup des confrontations qui, m&#234;me si elles ont un caract&#232;re local, menacent de ramener sur le devant de la sc&#232;ne la n&#233;cessit&#233; de renverser ce pouvoir honni. Walesa demande alors, et obtient, un service de voiturage permanent et gratuit, pour se propulser aux quatre coins du pays, et &#8230; y calmer tous les conflits ! Il d&#233;clare fi&#232;rement &#171; je suis le pompier des gr&#232;ves ! &#187; En quelques jours, Lech Walesa avait obtenu la reprise du travail. Maintenant, il s'acharne efficacement &#224; arr&#234;ter pr&#233;ventivement les mouvements explosifs qui &#233;clatent un peu partout pour des motifs multiples, g&#233;n&#233;ralement sur des provocations de l'appareil bureaucratique local qui n'accepte ni ne comprend la nouvelle situation.&lt;br /&gt;
Mais la classe ouvri&#232;re aspire &#224; s'organiser. Elle ne fait pas sur le terrain politique parce ses militants lui affirment que le seul objectif est revendicatif et de r&#233;forme. Elle a commenc&#233; &#224; constituer partout des MKS, des comit&#233;s interentreprises de la gr&#232;ve. Ces comit&#233;s avaient tendance &#224; se constituer en un double pouvoir politique mais, avec la fin de la gr&#232;ve, sous l'&#233;gide de Walesa, ils sont transform&#233;s en mouvement pour la constitution de syndicats libres qui s'intituleront &#171; Solidarit&#233; &#187; en souvenir du mouvement de gr&#232;ve, que Walesa a affirm&#233; &#234;tre un mouvement &#171; de solidarit&#233; &#187;. Mais, comment parvenir &#224; donner une place &#224; ces nouveaux syndicats alors que la bureaucratie s'est octroy&#233; de multiples petits privil&#232;ges au nom de sa &#171; repr&#233;sentation &#187; pr&#233;tendue la classe ouvri&#232;re dans un Etat o&#249; officiellement les travailleurs ont le pouvoir ? Le mouvement est tellement explosif que le contenir est une gageure. En quelques jours, dix millions de travailleurs adh&#232;rent aux syndicats Solidarnosc. Il ne s'agit plus seulement des grandes entreprises, mais de toute la classe ouvri&#232;re. Les autres cat&#233;gories de la population suivent : des gar&#231;ons de caf&#233; aux pompiers et des &#233;tudiants aux chauffeurs de taxis. Les artisans veulent leurs syndicats. Les paysans aussi et c'est m&#234;me d'eux que vont venir plusieurs situations explosives parce que le pouvoir leur refuse le droit de se syndiquer ! &lt;br /&gt;
Cette explosion syndicale change &#224; nouveau la donne pour Walesa qui comprend parfaitement le danger. De nouveaux leaders ouvriers vont se constituer partout dans le pays, qui ne seront sous le contr&#244;le de personne, &#224; part la population travailleuse. Mais, d&#233;sormais, il a des moyens et un cr&#233;dit personnel pour intervenir partout et calmer ou &#233;carter les leaders radicaux. Walesa &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; Les gens d&#233;barquaient au syndicat en tr&#232;s grand nombre avec des rapports, des d&#233;clarations, des plaintes, des demandes d'intervention dans tous les milieux o&#249; on emp&#234;chait la cr&#233;ation des nouvelles organisations. (&#8230;) Les dix premiers jours, ce fut une tornade. (&#8230;) Ce n'&#233;tait plus comme avant, quand chacun pouvait presque m'attraper par la moustache et me parler de tout ce qui lui passait par la t&#234;te. Quant aux membres des comit&#233;s inter-entreprises qui &#233;taient sous la pression des travailleurs, j'essayais en un sens de les prot&#233;ger. &#187; &lt;/i&gt; Walesa, une protection des dirigeants ouvriers contre la pression des travailleurs ! Il l'a toujours &#233;t&#233;, m&#234;me durant la gr&#232;ve de 1970 ou la gr&#232;ve de 1980. Il expliquait ainsi qu'heureusement en 1970 c'&#233;tait la derni&#232;re fois que les travailleurs s'inspiraient de notions comme la lutte des classes ! Il affirmait qu'en 1980, c'est lui qui est parvenu &#224; faire en sorte qu'&#224; la lutte des classes, on substitue la religion, le nationalisme et le pacifisme ! Il &#233;crit cependant : &lt;i&gt;&#171; Je dois reconna&#238;tre que flottait encore en permanence un air de r&#233;volution ouvri&#232;re que l'irresponsabilit&#233; de bien des leaders entretenait et qu'il fallait combattre quasi continuellement. Ma chance, c'&#233;tait mon contact personnel. Les ouvriers pr&#233;f&#233;raient les discours des leaders les plus radicaux qui poussaient les flammes de la col&#232;re et s'appuyaient sur le fait que les ouvriers voulaient absolument en d&#233;coudre avec le pouvoir. Mais personnellement, ils me pr&#233;f&#233;raient moi et c&#233;daient &#224; mon sens des r&#233;alit&#233;s. &#187; &lt;/i&gt; &lt;i&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Le comit&#233; de Gdansk devient un centre de d&#233;cision pour tout le pays, aussi puissant politiquement que le pouvoir du gouvernement. Mais, c'est pour mieux contr&#244;ler les luttes et les initiatives politiques des leaders ouvriers. Walesa demande et obtient que les comit&#233;s, que les travailleurs le consultent avant toute d&#233;cision d'action et d'organisation. Mais, en m&#234;me temps, il transforme la signification de l'ancien comit&#233; dirigeant du MKS de Gdansk. Il produit un organisme de collaboration avec le pouvoir qui sera cens&#233; &#224; la fois diriger la classe ouvri&#232;re et diriger aussi les n&#233;gociations avec le pouvoir. C'est le praesidium de la Commission Nationale. &lt;br /&gt;
Le pouvoir va accepter cette intervention du nouveau pouvoir de Lech Walesa tant qu'il ne sera pas parvenu &#224; calmer l'essentiel du potentiel explosif de la classe ouvri&#232;re. C'est seulement alors que viendra la r&#233;pression, sous la forme du &#171; coup d'Etat militaire &#187; du g&#233;n&#233;ral Jaruzelski en 1981. Durant tout cet interm&#232;de, on est sans cesse &#224; la limite de l'explosion populaire. Le pouvoir ouvrier, une esp&#232;ce de double pouvoir, est une r&#233;alit&#233;, puisque c'est du c&#244;t&#233; des organisations de travailleurs que tout le peuple polonais attend son avenir. C'est &#224; elles qu'il pose toutes ses questions quotidiennes. Mais la direction de la classe ouvri&#232;re n'a en fait aucunement l'objectif de faire triompher ce bras de fer de la lutte des classes en faveur du prol&#233;tariat. Walesa le r&#233;p&#232;tera &#224; qui veut l'entendre : il n'est pas pour la lutte des classes qui se r&#233;sume selon lui &#224; l'id&#233;ologie de la bureaucratie stalinienne. Il est hostile &#224; la r&#233;volution qui ne m&#232;ne, selon lui, qu'&#224; un bain de sang inutile. Il expose ouvertement sa strat&#233;gie : &lt;i&gt;&#171; Je soutenais qu'on ne pouvait absolument pas proc&#233;der &#224; une op&#233;ration aussi complexe que l'inversion du rapport des forces en Pologne dans un climat d'extr&#234;me tension, au bord de l'explosion sociale. Mon objectif &#233;tait non pas l'affrontement, mais de durer le plus longtemps possible face au pouvoir pour montrer un aper&#231;u de ce que pouvait &#234;tre la Pologne. Bien s&#251;r, au fur et &#224; mesure, je me rendais compte que notre marge de man&#339;uvre se r&#233;duisait ainsi que notre cr&#233;dit parmi les travailleurs, parce que la volont&#233; de coop&#233;rer du pouvoir atteignait ses limites. Mais mon objectif n'&#233;tait nullement de le souligner. Au contraire, je cherchais toutes les possibilit&#233;s de coop&#233;rations. (&#8230;) D'ao&#251;t 1980 &#224; 1981, on m'a surnomm&#233; Lech-le-pompier. J'ai jou&#233; le r&#244;le de celui qui allait partout &#233;teindre les foyers de gr&#232;ves. Et cela dans tout le pays que je parcourais en tous sens en voiture. &#187;&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;
En septembre 1980, la temp&#233;rature sociale monte &#224; nouveau dans la classe ouvri&#232;re. La confrontation ne peut plus &#234;tre retard&#233;e. Lech Walesa affirme qu'il se pr&#233;pare &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, mais il la retarde sans cesse. Et finalement, le 31 janvier 1981, le syndicat Solidarnosc signe un compromis pour d&#233;commander la lutte. Il pr&#233;texte qu'il a obtenu la semaine de cinq jours alors que le pouvoir voulait imposer les &#171; samedis libres &#187;. Libre veut dire pr&#233;tendus volontaires mais surtout gratis : pay&#233;s z&#233;ro ! &lt;br /&gt;
Ce recul du syndicat emp&#234;che la classe ouvri&#232;re de construire son rapport de forces, mais n'emp&#234;che pas les affrontements. Des militants sont arr&#234;t&#233;s, matraqu&#233;s. Si bien que Solidarnosc est contraint d'appeler le 27 mars &#224; une gr&#232;ve d'avertissement de quatre heures contre les brutalit&#233;s polici&#232;res. Malgr&#233; les efforts de Walesa, il ne parvient pas &#224; emp&#234;cher le syndicat Solidarnosc d'appeler toute la classe ouvri&#232;re de Pologne pour le 30 mars. Par contre, le 29, il r&#233;ussit &#224; signer un nouvel accord avec le gouvernement et d&#233;commande la gr&#232;ve &#8230; du lendemain ! &lt;br /&gt;
A nouveau, le 17 avril, le pays tout entier est &#224; la limite de la confrontation du fait d'un affrontement entre les paysans qui veulent leur syndicat et le pouvoir qui ne veut pas d'un syndicat libre paysan. On assiste de nouveau aux op&#233;rations de Walesa et &#224; sa strat&#233;gie d&#233;mobilisation/conciliation. &lt;br /&gt;
Le 25 juillet, les p&#233;nuries alimentaires provoquent cependant des marches de la faim dans plusieurs villes, et la capitale Varsovie est bloqu&#233;e pendant trois jours. &lt;br /&gt;
D&#232;s fin juillet, il devient clair que la politique de Walesa est morte, que le pouvoir se pr&#233;pare &#224; la confrontation violente afin de d&#233;truire les formes d'organisation n&#233;es de la gr&#232;ve. Des g&#233;n&#233;raux d'active entrent au gouvernement. La pr&#233;paration du pouvoir &#224; l'offensive, qu'on appellera &#171; coup d'Etat &#187; bien que ceux qui le r&#233;aliseront avaient d&#233;j&#224; le pouvoir, les travailleurs vont en avoir maintes preuves du 31 juillet 1981 au 13 d&#233;cembre, date du &#171; coup d'Etat &#187;. Pourtant, rien ne va &#234;tre pr&#233;vu pour que les organisations ouvri&#232;res s'y pr&#233;parent et y pr&#233;parent les travailleurs. Et surtout rien pour en avertir la classe ouvri&#232;re car cela aurait risqu&#233; de provoquer l'explosion ouvri&#232;re, la r&#233;volution que Walesa craignait plus que tout, plus que l'&#233;chec, plus que la r&#233;pression, plus que l'&#233;crasement du syndicat ou sa propre arrestation. Les jeunes soldats eux-m&#234;mes viennent pr&#233;venir la direction du syndicat Solidarnosc, mais ils ne veulent surtout pas tenir compte de cet avertissement. S'adresser aux soldats, risquer de diviser l'arm&#233;e, demander aux soldats de ne pas tirer sur le peuple, c'est risquer que la classe ouvri&#232;re casse l'Etat polonais. Pour le nationaliste, r&#233;formiste, pacifiste Lech Walesa, il n'y aurait pas de pire danger ! &lt;br /&gt;
Il expose lui-m&#234;me tr&#232;s clairement que le pire a &#233;t&#233; le r&#233;sultat de sa politique et pas seulement la duret&#233; de la r&#233;pression : &lt;i&gt;&#171; le choc &#233;prouv&#233; a &#233;t&#233; terrible, sans commune mesure avec la force de la r&#233;pression. Et cela parce que personne ne nous avait fait part de cette &#233;ventualit&#233;. Les responsables du mouvement ne l'ont pas fait. Peut-on dire que leur devoir avait &#233;t&#233; accompli ? Personne n'&#233;tait pr&#233;par&#233;. Personne n'avait envisag&#233; cette hypoth&#232;se. (&#8230;) Nous avons &#233;t&#233; totalement livr&#233;s &#224; nous-m&#234;mes. Plus que la r&#233;pression, ce sentiment &#233;tait la v&#233;ritable cause de la d&#233;faite de Solidarnosc. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Pourtant, tous les &#233;l&#233;ments montraient clairement ce qui se pr&#233;parait. En septembre, une liste des dirigeants ouvriers &#224; arr&#234;ter &#233;tait &#233;tablie. En octobre, le g&#233;n&#233;ral Jaruzelski, d&#233;j&#224; chef de l'arm&#233;e, prenait la t&#234;te de l'Etat. En novembre, il se faisait donner les pleins pouvoirs. &lt;br /&gt;
Le 13 d&#233;cembre, en une nuit, c'est le raz de mar&#233;e. Des milliers de militants et la plupart des ouvriers combatifs sont arr&#234;t&#233;s. Et pourtant, malgr&#233; l'absence de la moindre pr&#233;paration, la classe ouvri&#232;re r&#233;agit. Il va falloir cinq jours &#224; l'arm&#233;e pour r&#233;duire la r&#233;sistance spontan&#233;e des travailleurs qui s'est d&#233;velopp&#233;e malgr&#233; un appel de Lech Walesa &#224; ne pas r&#233;agir, pas m&#234;me par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pacifique. Les mineurs, &#224; bout, exasp&#233;r&#233;s, se sont enferm&#233;s et menacent de tout faire sauter si on donne l'assaut&#8230; &lt;br /&gt;
La violence de la r&#233;pression est &#224; la mesure de la crainte d'explosion r&#233;volutionnaire qu'a connu le pouvoir pendant tous ces mois. Il s'agit d'&#233;radiquer tous les sentiments de la force de la classe ouvri&#232;re qui sont mont&#233;s depuis 1980. On arr&#234;te des familles enti&#232;res. On frappe. On torture. On tue. Les prisonniers sont emmen&#233;s par fourgons entiers dans les camps de d&#233;tention &#233;parpill&#233;s dans tout le pays. &lt;br /&gt;
Le nouveau r&#233;gime s'intitule lui-m&#234;me &#171; l'&#233;tat de guerre &#187; ! L'Eglise, elle, appelle au calme et signe tout ce que veut le pouvoir. Glemp, le nouveau Primat de Pologne, est le seul appui d'un pouvoir compl&#232;tement isol&#233;. La population est d&#233;moralis&#233;e, mais pas r&#233;sign&#233;e. Pendant des mois, les v&#233;hicules militaires sont hu&#233;s &#224; chaque fois qu'ils passent dans les quartiers ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1981, le r&#233;formisme a nouvelle fois produit ses effets : d&#233;sarmer politiquement, moralement, mat&#233;riellement la classe opprim&#233;e, donner &#224; la classe dirigeante le temps de se pr&#233;parer et de r&#233;agir. C'est encore une fois dans le sang des ouvriers que se sont pay&#233;es les illusions sur une possibilit&#233; de collaboration entre une classe ouvri&#232;re mobilis&#233;e et un pouvoir dictatorial. La dictature mise en place en d&#233;cembre 1981, les travailleurs polonais vont la subir jusqu'en 1988. &lt;br /&gt;
Cette fois, ce ne sera pas la mobilisation de la classe ouvri&#232;re qui d&#233;mant&#232;lera le r&#233;gime, mais l'accord entre le pouvoir, la direction de la bureaucratie russe et les chefs de l'imp&#233;rialisme. L'avertissement de 1980 en Pologne, comme celui des luttes ouvri&#232;res d'Afrique du sud, de Cor&#233;e du sud, de Turquie auront permis aux classes dirigeantes de mesurer que le mode de domination du monde devait changer et d'organiser, pour &#233;viter la r&#233;volution ouvri&#232;re, la fin de l'ancienne politique des blocs, la &#171; chute du mur de Berlin &#187;. La fin du stalinisme ne s'est pas r&#233;alis&#233;e par la r&#233;volution prol&#233;tarienne comme la Hongrie de 1956 pouvait le faire esp&#233;rer, mais au b&#233;n&#233;fice politique et social de la bourgeoisie. &lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DOCUMENTS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur les gr&#232;ves de 1970&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Extraits de &#171; Gdansk, la m&#233;moire ouvri&#232;re &#187; de &lt;strong&gt;Jean-Yves Potel &lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; E : A Gdansk, le travail d&#233;marre dans une ambiance tendue. Vers neuf heures, &#224; l'heure de la pause, les ouvriers commencent &#224; se rassembler devant les bureaux de la direction du chantier. Ils exigent l'annulation de la hausse des prix. A part les postes de t&#233;l&#233; ou les frigo, tout a augment&#233; de 30%, &#224; quinze jours de No&#235;l : le saucisson, la farine, la semoule, la confiture, les produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. La direction s'avoue incomp&#233;tente. (&#8230;) Nous nous dirigeons donc vers le si&#232;ge du comit&#233; de vo&#239;vode du POUP. L&#224;, tr&#232;s spontan&#233;ment, une d&#233;l&#233;gation est d&#233;sign&#233;e (&#8230;) On les a balad&#233;s de bureau en bureau pour les &#233;coeurer. Cette premi&#232;re d&#233;l&#233;gation est, en fait, arr&#234;t&#233;e. (&#8230;) Exasp&#233;r&#233;e pat l'attitude des autorit&#233;s, la foule s'empare d'une voiture-radio de la milice qui appelait les gens &#224; se disperser et utilise le haut-parleur pour diffuser slogans et revendications. Un cort&#232;ge se forme derri&#232;re la voiture et traverse ainsi une partie de la ville, du chantier naval au chantier de r&#233;parations, puis vers le chantier Nord. Avant de rentrer, il s'arr&#234;te devant l'institut polytechnique de Gdansk. (&#8230;) Certains ouvriers ont pris des b&#226;tons, d'autres des outils bien lourds, pour faire face &#224; la milice en cas d'affrontement. Ouvriers et employ&#233;s des bureaux marchent c&#244;te &#224; c&#244;te. (&#8230;) Soudain, on les aper&#231;oit. Ils sont l&#224;, pr&#232;s de l'h&#244;tel Monopole ; plusieurs rang&#233;es de miliciens v&#234;tus de cuir noir et leurs v&#233;hicules blind&#233;s dont d&#233;passent ici ou l&#224; le nez d'une mitrailleuse ou d'autres engins. &#171; C'est la Brigade noire &#187; crie quelqu'un. (&#8230;) Devant la maison de la presse, la Brigade noire disperse les manifestants &#224; coups de grenades. Les gens refluent, mais s'emparent au passage de pierres qui jonchent le sol du chantier de construction d'une banque. (&#8230;) Notre haut-parleur annonce : &#171; Nous revenons vers le comit&#233;. &#187; Devant le b&#226;timent, aucun milicien. Les cris montent vers la fa&#231;ade vide : &#171; Du pain ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J : Subitement, le ciel s'&#233;claire autour du comit&#233;. On aper&#231;oit de la fum&#233;e, puis des flammes qui montent derri&#232;re l'immeuble. Cette fois, les miliciens sont au rendez-vous. (&#8230;) Ils courent en file indienne et cognent &#224; la matraque. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 15 d&#233;cembre&lt;br /&gt;
(&#8230;)&lt;br /&gt;
E : Dans les rues, l'atmosph&#232;re s'est durcie par rapport &#224; la veille. Les ouvriers des chantiers ne sont plus seuls. Les travailleurs d'autres entreprises moins importantes se sont mis en gr&#232;ve et nous les retrouvons devant le b&#226;timent du comit&#233;. La foule qui s'y rassemble est consid&#233;rable. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J : J'ai l'impression, au d&#233;but, qu'il s'agit d'une v&#233;ritable insurrection nationale. (&#8230;) On entend des coups de feu. &#199;a vient de la rue Swierczewski ; je cours dans cette direction. Sur le pont qui nous s&#233;pare du si&#232;ge de la milice et des b&#226;timents de la prison, miliciens et ouvriers se battent au corps &#224; corps. (&#8230;) Un instant plus tard, l'immeuble de la milice et la prison sont pris d'assaut par des groupes d'ouvriers. (...) Entre-temps, les autorit&#233;s ont barr&#233; les routes d'acc&#232;s &#224; la ville. Aucun train ne peut rentrer &#224; Gdansk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S : La ligne de front se stabilise &#224; la hauteur du pont qui enjambe les voies de chemin de fer, rue Swierczewski. Vingt mille personnes, environ, sont mass&#233;s dans les art&#232;res du centre ville, dont les ouvriers du chantier qui restent group&#233;s ensemble et tentent de s'organiser. (&#8230;) Sur le pont, l'affrontement dure d&#233;j&#224; depuis pus d'une heure. Exc&#233;d&#233;e de ne pouvoir se frayer le passage jusqu'aux b&#226;timents gouvernementaux de la rue Swierczewski, la foule s'en prend au si&#232;ge des syndicats, rue Kaliniovski. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E : Devant la gare, les voitures de la milice flambent. Pr&#232;s du comit&#233;, c'est une voiture officielle. Deux tramways sont renvers&#233;s. Rue Hewelisz, les barricades commencent &#224; prendre une taille respectable. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;W : Ce m&#234;me jour, mardi 16 d&#233;cembre, on commence au chantier de r&#233;paration &#224; organiser un peu mieux la gr&#232;ve. Des comit&#233;s sont form&#233;s dans chaque atelier. Des personnes sont d&#233;sign&#233;es pour prot&#233;ger les installations contre des tentatives de sabotage et des provocations &#233;ventuelles : six environ par comit&#233; de gr&#232;ve d'atelier. Sur la base de ces comit&#233;s, un comit&#233; de gr&#232;ve d'entreprise est constitu&#233; dont je fais partie. J'en fais partie. J'ai, comme les autres coll&#232;gues &#233;lus, la confiance des travailleurs de ma boite. Nous prenons des dispositions pour assurer un service de sant&#233; en maintenant ouvert le dispensaire du chantier. (&#8230;) On d&#233;cide de suspendre de ses fonctions le directeur g&#233;n&#233;ral du chantier de r&#233;parations, Mr Zbigniew Gryglewski. (&#8230;) Nous sommes en gr&#232;ve, donc tous les ordres doivent &#233;maner du comit&#233; de gr&#232;ve ; ainsi, c'est &#224; nous de prendre la responsabilit&#233; des personnes et des biens sur tout le chantier. (&#8230;) Le Vice-premier ministre (&#8230;) a cri&#233; &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision : &#171; les ouvriers des Chantiers sont des hooligans, l'avant-garde des voyous et des bandits. &#187; &lt;br /&gt;
(&#8230;) Nous avons &#233;t&#233; re&#231;us par le camarade Hajer, ou par Starzewski, je ne sais plus lequel des deux. (&#8230;) Quand les chars quadrillent les rues qui grouillent de miliciens et de soldats, une chose et une seule : annoncer nos revendications. J'ai d&#233;clar&#233; que si elles n'&#233;taient pas satisfaites d'ici 48 heures, nous proclamerions la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et qu'ainsi le monde entier apprendrait leurs crimes. Il a r&#233;pondu que ce n'est pas nous qui disposions de la force. &#171; Notre force, ai-je dit, ne r&#233;side pas dans l'arm&#233;e mais dans la classe ouvri&#232;re. Nous sommes 14 millions, vous ne pourrez tous nous abattre. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 16 d&#233;cembre&lt;br /&gt;
E : Plusieurs heures avant l'aube, les chars passent (&#8230;) Nous trouvons le chantier encercl&#233; par les chars. Devant le b&#226;timent de la direction, o&#249; tout le monde s'&#233;tait d'abord rendu, un cort&#232;ge se forme pour sortir en ville. Au moment o&#249; les rangs de t&#234;te atteignent la porte du chantier, on entend des rafales de mitraillettes. On pense au d&#233;but qu'il s'agit d'intimidations, en l'air ou &#224; blanc, mais cette illusion est de courte dur&#233;e. Des personnes tombent, tu&#233;es sur le coup ou gri&#232;vement bless&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J : La gr&#232;ve avec occupation est proclam&#233;e au chantier L&#233;nine. On &#233;lit le comit&#233; de gr&#232;ve. (&#8230;) Soudain, les lignes t&#233;l&#233;phoniques sont coup&#233;es. Par haut-parleur, les voitures-radio de la milice diffusent un communiqu&#233; nous appelant &#224; quitter les lieux, affirmant aussi que nous ne courrons aucun danger si nous obtemp&#233;rons. Personne ne bouge. (&#8230;) Dans la soir&#233;e, nous apprenons que Stanislas Kociolek, ex secr&#233;taire du comit&#233; de vo&#239;vodie du POUP &#224; Gdansk et Vice-Premier ministre, est apparu devant les cam&#233;ras de t&#233;l&#233;vision. Il nous a trait&#233;s de &#171; provocateurs &#187; et de &#171; fauteurs de troubles &#187; et a appel&#233; &#224; la reprise du travail pour le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 17 d&#233;cembre&lt;br /&gt;
S : Nous entamons notre deuxi&#232;me nuit de veille au chantier. La nourriture manque ; nous partageons ce que nous avons. (&#8230;) La nouvelle nous parvient que l'arm&#233;e va p&#233;n&#233;trer dans le chantier pour nous r&#233;gler notre compte. (&#8230;) les autorit&#233;s ont lanc&#233; un ultimatum d&#233;finitif. (&#8230;) Il se peut m&#234;me que le chantier soit bombard&#233; par l'aviation. (&#8230;) La d&#233;cision est prise d'arr&#234;ter la gr&#232;ve avec occupation et de quitter les lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E : En janvier 1971, nos comit&#233;s de gr&#232;ve ont repris vie. Des d&#233;l&#233;gations sont all&#233;es voir Gierek. J'y &#233;tais. Nous avons demand&#233; que la liste des victimes soit rendue publique. Quand on nous a dit qu'il n'y avait eu que 45 morts, nous ne savions plus s'il fallait rire ou pleurer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Extraits de &#171; Un chemin d'espoir &#187;, autobiographie de &lt;strong&gt;Lech Walesa &lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt; &#171; Lorsque j'eus franchi pour la premi&#232;re fois l'entr&#233;e des Chantiers (les chantiers navals de Gdansk), moi, la &#171; main d'or &#187; du Parc national des Machines agricoles, je me sentis terriblement perdu. Apr&#232;s avoir pass&#233; plusieurs ann&#233;es au milieu des vieilles carcasses de voitures que, par esprit de curiosit&#233;, je d&#233;montais jusqu'au dernier rivet, j'avais fini par devenir un bon technicien. Aux Chantiers, &#224; peine grimpai-je pour la premi&#232;re fois sur un navire en construction que je me fourvoyai parmi les &#233;tages des &#233;chafaudages des cales sans pouvoir retrouver par o&#249; j'&#233;tais venu, et je dus convenir que je n'&#233;tais l&#224; rien de plus qu'un ouvrier parmi des milliers d'autres. C'&#233;tait fort d&#233;sagr&#233;able, mais je ne pouvais plus faire marche arri&#232;re : j'ai horreur de reculer. (..)&lt;br /&gt;
J'ai fait mes d&#233;buts &#224; la brigade de Mosinski, une &#233;quipe d'&#233;lectriciens charg&#233;e de poser les c&#226;bles &#224; bord des navires-usines de p&#234;che. Poser des dizaines de m&#232;tres de c&#226;bles de la grosseur d'un avant-bras depuis le g&#233;n&#233;rateur jusqu'au tableau g&#233;n&#233;ral de commandes, sur une hauteur pouvant aller jusqu'&#224; 60 m&#232;tres, n'est pas chose facile. La longueur du c&#226;ble, ses coudes, ses ondulations et d&#233;rivations devaient tomber pile. (&#8230;)&lt;br /&gt;
La plupart des ouvriers des Chantiers souffraient de maux d'estomac. Au d&#233;but, je n'arrivais pas &#224; comprendre pourquoi. Mais il pouvait difficilement en &#234;tre autrement. Se levant t&#244;t le matin sans absorber le moindre petit d&#233;jeuner, on travaillait jusqu'&#224; 9 heures, grillant une cigarette de temps en temps, alors que l'effort fourni &#233;tait consid&#233;rable. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Les deux premi&#232;res ann&#233;es de travail aux Chantiers constituaient une p&#233;riode d'essai. Tous ceux qui tenaient ces deux ans avaient des chances de pouvoir continuer. Les d&#233;pressions et les d&#233;parts survenaient surtout durant la premi&#232;re ann&#233;e, au bout de quelques mois. (&#8230;)&lt;br /&gt;
La production sur les Chantiers est r&#233;gie par le syst&#232;me du travail aux pi&#232;ces. C'est un merveilleux moyen, pour la direction, de se d&#233;charger de ses responsabilit&#233;s. Dans un tel syst&#232;me, tout un chacun est int&#233;ress&#233; &#224; gagner le maximum. Personne, cependant, n'est l&#224; pour livrer l&#224; o&#249; il faut les mat&#233;riaux n&#233;cessaires. Les Chantiers sont en mouvement perp&#233;tuel. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Peu &#224; peu, je parvins &#224; cerner la diff&#233;rence essentielle entre l'activit&#233; dans une entreprise aussi dispers&#233;e que le Parc national des Machines agricoles et le travail aux Chantiers. (&#8230;) Les Chantiers &#233;taient r&#233;gis par des lois radicalement diff&#233;rentes : chacun y apparaissait comme une petite vis, fraction infime d'une &#233;norme m&#233;canique, tout en repr&#233;sentant une certaine force dont il fallait tenir compte. De cela, tout le monde &#233;tait conscient. Quand les choses ne tournaient pas rond &#8211; et, &#224; ma connaissance, c'&#233;tait en permanence -, on travaillait dans une atmosph&#232;re morose, en &#233;tat de tension perp&#233;tuelle. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Dans les ann&#233;es 60, le r&#233;gime serra la vis. Cette fois, compte tenu des &#233;v&#233;nements de Poznan de 1956, le pouvoir se garda de mettre son plan en &#339;uvre de fa&#231;on directe, en r&#233;duisant les salaires horaires : il pr&#233;f&#233;ra faire donner ses &#171; cerveaux &#187; : &#233;conomistes, ing&#233;nieurs, financiers. Pour faire des &#233;conomies, ils mirent sur pied le syst&#232;me suivant : d&#233;sormais, l'ouvrier n'&#233;tait pas simplement charg&#233; de fabriquer une table, par exemple, mais le temps qui lui &#233;tait imparti pour la fabriquer lui &#233;tait impos&#233;. Il n'&#233;tait plus pay&#233; pour fabriquer une table, mais pour consacrer un certain nombre d'heures &#224; cette t&#226;che. (&#8230;) Conform&#233;ment aux dispositions prises en haut lieu, cette politique d'&#233;conomies se traduisit aux Chantiers par une diminution globale d'environ un million d'heures de travail par an. L'ing&#233;nieur, qui ne devait pas d&#233;passer les co&#251;ts de production du navire &#8211; chiffr&#233;s en heures -, &#233;tait ainsi amen&#233; &#224; r&#233;duire le temps pr&#233;vu pour chaque t&#226;che. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Je commen&#231;ais &#224; bien m'en rendre compte et &#224; le comprendre quand la mort de 22 ouvriers vint alourdir le climat des Chantiers. Ils furent br&#251;l&#233;s vifs en faisant des heures suppl&#233;mentaires dans une cale, dans la fi&#232;vre de l'ach&#232;vement d'un navire qui devait &#224; tout prix &#234;tre pr&#234;t plus t&#244;t que pr&#233;vu. (&#8230;) L&#224; encore se reproduisait le m&#234;me sc&#233;nario qu'&#224; l'&#233;cole, &#224; l'arm&#233;e, au Parc de Machines agricoles : de jour en jour, j'avais autour de moi un peu plus de gens pour m'&#233;couter et me souffler ce que j'ignorais encore. Au sein de mon &#233;quipe, je me liai d'amiti&#233; avec Henryk Lenarciak, (&#8230;) amiti&#233; qui ne s'&#233;tait pas d&#233;mentie en ao&#251;t 1980, quand Lenarciak prit la t&#234;te du Comit&#233; pour l'&#233;dification du monument aux ouvriers des Chantiers tomb&#233;s en 1970. Avant 1970, les Chantiers vivaient encore sous le coup de la r&#233;volte estudiantine de mars 1968, pr&#233;sent&#233;e de mani&#232;re d&#233;form&#233;e par la propagande officielle. (&#8230;) Au lendemain des affrontements entre &#233;tudiants et forces de l'ordre, quelqu'un remarqua dans les vestiaires un stagiaire couvert d'ecchymoses caus&#233;es par des coups de matraques. Nous l'avons promen&#233;, le dos nu, &#224; travers les Chantiers en scandant : &#171; Laisserons-nous tabasser nos enfants, enfants d'ouvriers et de paysans ? &#187; Le m&#234;me jour, les forces de l'ordre furent mises &#224; mal &#224; Wrzeszcz, dans la banlieue de Gdansk. (&#8230;) L'&#233;meute n'&#233;tait plus le fait d'intellectuels, mais d'ouvriers qui avaient pris le parti des &#233;tudiants. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cembre 1970&lt;br /&gt;
Nous avons d&#233;bray&#233; &#224; l'annonce par le gouvernement de l'augmentation des prix des articles de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, y compris les denr&#233;es alimentaires. Juste avant les f&#234;tes, on avait d&#233;cr&#233;t&#233; cette hausse des prix &#224; la consommation alors que l'ouvrier n'arrivait d&#233;j&#224; pas &#224; joindre les deux bouts et n'avait plus les moyens de se procurer certains produits de base. (&#8230;)&lt;br /&gt;
La gr&#232;ve sur les Chantiers navals a d&#233;marr&#233; le lundi, aux ateliers de m&#233;canique et aux &#171; coques &#187;. Les ouvriers qui y travaillaient avaient fait des stages chez Zulzer, en Suisse, et chez Baumeistr, au Danemark. C'&#233;tait le sel des Chantiers, l'&#233;lite, et ils &#233;taient tr&#232;s unis. Nantis d'un bon bagage de connaissances et d'exp&#233;rience, ils formaient une &#233;quipe parfaitement organis&#233;e. Devant les cuisines se retrouvaient les conducteurs d'une trentaine d'engins qui servaient aussi, pendant la pause casse-cro&#251;te, &#224; distribuer le caf&#233; dans les ateliers. Ces conducteurs qui gagnaient un salaire de mis&#232;re, &#233;taient &#224; la pointe du mouvement. En m&#234;me temps que le caf&#233;, ils servirent &#224; tous le mot d'ordre de la gr&#232;ve&#8230; &lt;br /&gt;
Nous avons rejoint ceux des &#171; coques &#187; pour nous rendre devant le b&#226;timent de la direction. Nous &#233;tions environ quatre mille, peut-&#234;tre d'avantage. (&#8230;) Tr&#232;s vite, la foule rassembl&#233;e s'est mise &#224; scander ses revendications &#224; l'adresse du directeur qui, en compagnie du secr&#233;taire du Parti pour les Chantiers, r&#233;pondait depuis sa fen&#234;tre. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Finalement, nous r&#233;sol&#251;mes &#224; quelques-uns d'aller trouver le directeur. Une fois chez lui, nous nous sommes plac&#233;s contre la fen&#234;tre afin qu'on nous voie et nous entende d'en bas. (&#8230;) J'ai demand&#233; au directeur s'il &#233;tait &#224; m&#234;me d'obtenir la lib&#233;ration des ouvriers arr&#234;t&#233;s la veille, et s'il &#233;tait en mesure de faire rapporter l'augmentation des prix des denr&#233;es alimentaires. (&#8230;) Sa r&#233;ponse fut n&#233;gative. Dans son bureau, il y avait un porte-voix. Je m'en suis empar&#233; pour faire part &#224; la foule de ce que je venais d'entendre. Et j'ai demand&#233; : &#171; Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? &#187; Ceux d'en bas se sont &#233;cri&#233;s : &#171; On y va ! &#187; (&#8230;)&lt;br /&gt;
Un groupe s'est dirig&#233; vers le commissariat de police de la rue Svierczewskiego (&#8230;) je me retrouve devant le commissariat de police. (&#8230;) Je demande &#224; le voir (le commissaire). (&#8230;) Je d&#233;clare que je suis venu chercher les n&#244;tre : s'ils sont lib&#233;r&#233;s sur le champ, tout va se passer dans le calme, car nous ne cherchons pas la bagarre. (&#8230;) Un moment je parviens &#224; calmer la foule. Je dis que la milice est d'accord pour rel&#226;cher les n&#244;tres sans affrontement. (&#8230;) La milice se met &#224; charger des deux c&#244;t&#233;s, encerclant carr&#233;ment la foule. J'entend crier &#224; mon adresse : &#171; Tra&#238;tre ! Salaud ! &#171; Les gars sont persuad&#233;s que je les ai men&#233;s en bateau. (&#8230;) J'entends les gens crier que je les ai tromp&#233;s, que je ne suis qu'un mouchard, un espion. (&#8230;) Je retourne au commissariat de police dont je me suis esquiv&#233; une heure plus t&#244;t. La milice a r&#233;ussi &#224; disperser la foule, &#224; moins que les gens ne soient partis d'eux-m&#234;mes. Le b&#226;timent est en feu&#8230; Je r&#233;alise que la situation devient dangereuse. (&#8230;) le premier venu n'aura aucun mal &#224; les inciter (les ouvriers) &#224; la violence. Il faut faire quelque chose. Je vais voir ce que fabrique la milice. Je retourne rue Svierczewskiego, au commissariat, et y rencontre un commandant. Je lui demande ce que comptent faire les autorit&#233;s : &#171; Les magasins sont pill&#233;s, les gens se saoulent. S'ils continuent &#224; picoler, &#231;a va faire du vilain. &#187; Il me r&#233;pond qu'il n'en sait trop rien, mais qu'&#224; l'int&#233;rieur se trouve quelqu'un qui peut me r&#233;pondre. C'est un civil. Je lui repose ma question sur ce que comptent faire les autorit&#233;s. (&#8230;) &#171; Nous nous en occupons &#187;, me r&#233;pond-il. Il me montre du doigt les munitions qu'il est en train de distribuer. Des &#233;tuis en carton contenant une vingtaine de balles.&lt;br /&gt;
Qu'est-ce que vous &#234;tes en train de mijoter ? Mais c'est un &#8230; Des Polonais tirer sur des Polonais ?&lt;br /&gt;
Comment s'en sortir autrement ? Vous voyez une autre solution ?&lt;br /&gt;
Je pense en avoir une&lt;br /&gt;
Laquelle ? &lt;br /&gt;
J'essaie d'en improviser une &#224; toute allure et lui r&#233;pond :&lt;br /&gt;
On ne pourra s'en sortir qu'en s'organisant. Il faut faire le tour de la ville &#224; pied ou &#224; bord d'une voiture d&#233;couverte. Il faut que ce soient des ouvriers des Chantiers, des copains, des anciens. Qu'ils disent aux ouvriers de se r&#233;unir sur leur lieu de travail et d'y choisir des d&#233;l&#233;gu&#233;s avec lesquels pourront s'ouvrir des n&#233;gociations.&lt;br /&gt;
J'arr&#234;te tout, dit le civil apr&#232;s m'avoir &#233;cout&#233;. (&#8230;)&lt;br /&gt;
D&#232;s mon arriv&#233;e dans l'atelier, mes copains me choisissent comme d&#233;l&#233;gu&#233;. Avec ceux des autres ateliers, nous nous retrouvons dans le bureau de la direction pour constituer un comit&#233; de gr&#232;ve. Nous sommes plut&#244;t nombreux. Ma candidature est avanc&#233;e pour faire partie de ce comit&#233; qui ne doit compter que trois membres. (&#8230;) Me voici &#233;lu pr&#233;sident. (&#8230;) Je refusais de prendre seul la direction de cette gr&#232;ve. Elle fut dirig&#233;e par une &#233;quipe qui changea sans cesse, qui n'avait pas de conception coh&#233;rente et se montrait trop molle dans les pourparlers. Ce fut un &#233;chec. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Le mercredi matin, (&#8230;) les Chantiers &#233;taient boucl&#233;s par l'arm&#233;e. (&#8230;) les gens r&#233;agissaient diversement, mais la plupart sifflaient les soldats. Une femme s'est approch&#233;e d'eux en criant : &#171; Alors les enfants, commen&#231;a vous allez nous tirer dessus ? &#187; Quelque chose en nous venait de se briser. (&#8230;) Dans notre atelier, nous faisions tout ce qui &#233;tait en notre pouvoir pour emp&#234;cher les ouvriers de descendre. Ailleurs, il n'en allait pas toujours ainsi. Certains se regroupaient d&#233;j&#224; pour d&#233;bouler dans le rue, ce qui &#233;tait d'ailleurs impossible, les grilles d'entr&#233;e, bien qu'ouvertes, &#233;tant bloqu&#233;es par l'arm&#233;e. Le chef de notre atelier, Lesinievski, Lenarciak, Suzko et moi-m&#234;me nous nous rend&#238;mes chez Zaczek, le directeur. Nous voulions n&#233;gocier avec les responsables r&#233;gionaux de la S&#233;curit&#233; afin d'&#233;viter que la troupe n'ouvre le feu. (&#8230;) c'est en revenant dans l'atelier que j'entendis les premiers coups de feu. (&#8230;) Un meeting houleux s'&#233;tait tenu sur l'esplanade devant le b&#226;timent directorial. On racontait que les ouvriers, curieux d'apprendre ce qui se passait, serr&#232;rent de pr&#232;s les premiers rangs (&#8230;) Un ouvrier se d&#233;tacha alors de la foule et s'adressa aux soldats. (&#8230;) Des sommations furent lanc&#233;es mais la foule continua d'avancer. Un officier donna alors l'ordre de charger. (&#8230;) Oui, c'&#233;tait bien l'arme et la police polonaise, ce sont nos soldats qui ont tir&#233;. Nous ignorons combien ont &#233;t&#233; tu&#233;s. (&#8230;) Nous avons tent&#233; de nous organiser. Un comit&#233; a &#233;t&#233; &#233;lu, puis un autre, compos&#233; de sept &#224; dix membres, lui a succ&#233;d&#233;. (&#8230;) Les chars piaffaient d'impatience devant les grilles d'entr&#233;e (&#8230;) Les blind&#233;s, les cordons de la milice, ceux de l'arm&#233;e avaient &#233;galement pris position autour des autres Chantiers. Les canons des chars &#233;taient point&#233;s sur nos ateliers. (&#8230;) Les gars de l'atelier de soudure se mirent alors &#224; r&#233;fl&#233;chir au moyen de faire sauter un char &#224; l'aide d'une bombe &#224; ac&#233;tyl&#232;ne. .. Nous avons d&#251; abandonner la place. (&#8230;) Lorsque nous quitt&#226;mes les Chantiers, l'arm&#233;e et la milice nous c&#233;d&#232;rent le passage. Nous f&#251;mes ainsi vingt mille &#224; sortir, et non pas six mille, chiffre que l'on nous avait communiqu&#233; peu auparavant. L'immense cohorte n'en finissait pas de se d&#233;rouler&#8230; &lt;br /&gt;
C'est &#224; Gdynia que les &#233;v&#233;nements de d&#233;cembre se sont le plus fortement grav&#233;s dans les m&#233;moires. Rien d'&#233;tonnant &#224; cela. C'est l&#224; qu'il y eut le plus de victimes, que le parjure du pouvoir bouleversa le plus les gens. (&#8230;) Le mardi 15 d&#233;cembre, la foule des salari&#233;s des entreprises de Gdynia, apr&#232;s avoir attendu en vain devant le Comit&#233; de ville du Parti, s'&#233;tait regroup&#233;e devant le si&#232;ge du PMRN (Conseil national pour la ville de Gdynia). Jan Marianski, &#224; l'&#233;poque pr&#233;sident de ce conseil, (&#8230;) apr&#232;s avoir sign&#233; avec les d&#233;l&#233;gu&#233;s ouvriers un protocole d'accord, (&#8230;) fit arr&#234;ter le Comit&#233; inter-entreprises de gr&#232;ve de la ville de Gdynia. Vint ensuite cette dramatique journ&#233;e du jeudi : le feu des mitrailleuses ouvert sur les ouvriers qui se rendaient au travail. (&#8230;) Et, pour finir, les enterrements de nuit op&#233;r&#233;s par la milice. (&#8230;)&lt;br /&gt;
A Szcecin, le 17 d&#233;cembre, les ouvriers du chantier &#171; Waeski &#187; descendirent dans la rue sans s'&#234;tre fix&#233; de but bien pr&#233;cis. Une heure plus tard se forma un autre rassemblement constitu&#233; par les ouvriers du chantier &#171; Gryfia &#187;, s&#233;par&#233; du premier par un canal. Mis au courant, le Premier secr&#233;taire du Parti pour la r&#233;gion, Walasek, prit ses cliques et ses claques et d&#233;guerpit du Comit&#233; r&#233;gional. Ses coll&#232;gues lui embo&#238;t&#232;rent le pas, si bien que les ouvriers trouv&#232;rent le b&#226;timent vide. Ils le mirent &#224; sac et l'incendi&#232;rent. Puis, ils prirent d'assaut le Commissariat r&#233;gional de la Milice et le si&#232;ge du Conseil r&#233;gional des syndicats ouvriers, mettant le feu &#224; ces deux b&#226;timents qui ne br&#251;l&#232;rent pas compl&#232;tement. (&#8230;) Durant cette m&#234;me nuit, les chars prirent position aux points n&#233;vralgiques de la ville, y compris devant le chantier &#171; Warski &#187;. Le 18 d&#233;cembre, la gr&#232;ve avec occupation fut proclam&#233;e sur les deux chantiers navals. Des comit&#233;s de gr&#232;ve furent &#233;lus. D'un commun accord, ils r&#233;dig&#232;rent 21 revendications dont voici quelques-unes :&lt;br /&gt;
1&#176;) dissolution du Conseil central des syndicats &lt;br /&gt;
2&#176;) cr&#233;ation de syndicats ind&#233;pendants&lt;br /&gt;
3&#176;) baisse des prix &#224; leur valeur ant&#233;rieure&lt;br /&gt;
4&#176;) augmentation des salaires de 30%.&lt;br /&gt;
La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale gagna alors toute la ville. Le chantier naval &#171; Warszava &#187; devint le centre de ralliement des gr&#233;vistes et de tous les gens solidaires du mouvement. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Le 20 d&#233;cembre furent sign&#233;es les &#171; r&#233;solutions &#187; qui &#233;taient cens&#233;es mettre fin &#224; la gr&#232;ve. Mais lesdites &#171; r&#233;solutions &#187; avaient &#233;t&#233; si bien vid&#233;es de leur substance qu'elles furent rejet&#233;es par la majorit&#233; des gr&#233;vistes et le mouvement repartit de plus belle. Au chantier &#171; Warski &#187; eut lieu une scission : environ mille ouvriers rentr&#232;rent chez eux. Dans la nuit du 20 au 21, le comit&#233; de gr&#232;ve coopta 5 nouveaux membres, dont Edmunt Baluka. Le 22, &#224; dix heures du matin, la gr&#232;ve dut &#234;tre interrompue &#224; cause de l'&#233;puisement des gr&#233;vistes. (&#8230;) Le 22 janvier, au chantier &#171; Warski &#187;, la gr&#232;ve &#233;clate &#224; nouveau, aussit&#244;t suivie par la ville enti&#232;re. (&#8230;) Des tracts lanc&#233;s par h&#233;licopt&#232;re informent qu'un petit groupe de terroriste retient le personnel de force. (&#8230;) Au quatri&#232;me jour de gr&#232;ve, les autorit&#233;s c&#232;dent : les prix d'avant le 12 d&#233;cembre 1970 sont r&#233;tablis. (&#8230;) L'ordre de licencier tous ceux qui &#233;taient descendus dans la rue arriva aux Chantiers navals de Gdansk et de Gdynia. Aux Chantiers &#171; Commune de Paris &#187; de Gdynia, on licencia jusqu'&#224; 800 personnes. A ceux de Gdansk, on n'en vira que 18 (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1976, voyant que les choses allaient de mal en pis, que de nouveaux soul&#232;vements &#233;taient in&#233;vitables, je d&#233;cidai de faire une d&#233;claration en mon nom propre, mettant &#224; profit la campagne des &#233;lections syndicales sur les Chantiers (&#8230;) Je ne fus pas licenci&#233; sur le champ, on m'a seulement donn&#233; cong&#233;. &lt;br /&gt;
Tout cela co&#239;ncida avec l'annonce, en juin 1971, de la hausse des prix des denr&#233;es alimentaires de base. Aux Chantiers, le temps vira &#224; l'orage. Pourtant, cette fois, ce ne fut pas Gdansk, mais Radom et Ursus qui infl&#233;chirent le cours des &#233;v&#233;nements en Pologne. L&#224;-bas, tout se passa selon le sc&#233;nario qu'avait connu Gdansk en 1970. (&#8230;) C'est dans cette atmosph&#232;re que, peu apr&#232;s les &#233;v&#232;nements de Radon et Ursus, fut fond&#233; le Comit&#233; de d&#233;fense des ouvriers (KOR). Les intellectuels essay&#232;rent de faire ce que nous n'&#233;tions pas parvenus &#224; faire aux Chantiers : nous organiser pour nous d&#233;fendre nous-m&#234;mes et enrayer une catastrophe en marche. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Apr&#232;s mon d&#233;part des Chantiers, les soucis financiers commenc&#232;rent &#224; pleuvoir sur nous et je me fis embaucher sans tarder dans une entreprise de r&#233;parations m&#233;caniques, la &#171; Zremb &#187;, situ&#233;e non loin de chez nous. (&#8230;) Durant le premier semestre de 1978 commenc&#232;rent &#224; circuler les premiers num&#233;ros d'un journal bimensuel des Syndicats libres, Robotnik (&#171; L'Ouvrier &#187;). Il &#233;tait r&#233;dig&#233; par une petit groupe de gens qui affichaient bien haut leurs id&#233;es : le journal comportait un encadr&#233; avec les noms et adresses de toute la r&#233;daction. (&#8230;) Je n'&#233;tais pas l&#224; quand fut &#233;labor&#233;e la d&#233;claration annon&#231;ant la cr&#233;ation des syndicats libres &#224; Gdansk. (&#8230;) La m&#234;me id&#233;e avait fait son chemin en diff&#233;rents endroits de Pologne : Kazimierz Switon et ses amis avaient organis&#233; les premiers Syndicats libres dans la r&#233;gion industrielle de Sil&#233;sie. (&#8230;) J'attends qu'un groupe se constitue, auquel je puisse me joindre. Je tombe alors (&#8230;) sur un num&#233;ro de &#171; L'ouvrier du Littoral &#187;. (&#8230;) Un autre groupe form&#233; d'anciens lyc&#233;es et connu comme le Mouvement de la Jeune Pologne consacre son action &#224; la comm&#233;moration des &#233;v&#233;nements de d&#233;cembre 70 &#224; Gdansk. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Alors que je travaillais &#224; la &#171; Zremb &#187;, je fus &#233;lu d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la KSR (Conf&#233;rence pour l'Autogestion des Travailleurs, organisation fond&#233;e par le gouvernement pour r&#233;pondre au besoin d'organisation des travailleurs). (&#8230;) A une conf&#233;rence (&#8230;) : &#171; J'ai l&#224; un recueil de pens&#233;es, une brochure de Jacek Kuron, o&#249; il &#233;crit que ce que vous dites l&#224; est une pure absurdit&#233;. &#187; (&#8230;) peu apr&#232;s, je suis licencie. (&#8230;) &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Sur les gr&#232;ves de 1976&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Extraits de &#171; La r&#233;volte ouvri&#232;re de juin 1976 &#187; par le Comit&#233; de d&#233;fense des ouvriers KOR, tir&#233; de &#171; La Pologne, une soci&#233;t&#233; en dissidence &#187; :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Le gouvernement annonce le 25 juin la hausse des prix de la plupart des produits alimentaires, bloqu&#233;s depuis la fin de 1970. La viande et les charcuteries vont augmenter de 60%, le sucre de 100%, le beurre et les fromages de 50%, le poisson de 69%, les l&#233;gumes de 30% et les volailles de 30%. Seuls restent bloqu&#233;s les prix du pain et du lait. Les ouvriers de Radom et Ursus et autres villes industrielles arr&#234;tent, le 25 juin, le travail et sortent dans la rue.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Ursus&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Dans les premi&#232;res heures du vendredi 25 juin, presque tout le personnel des Ateliers m&#233;caniques d'Ursus (fabrique de tracteurs) se met en gr&#232;ve. Vers neuf heures, les ouvriers quittent les ateliers et se rassemblent devant les b&#226;timents de la direction. Ils demandent que les repr&#233;sentants des instances les plus &#233;lev&#233;es viennent n&#233;gocier avec eux. Cette revendication ayant &#233;t&#233; rejet&#233;e par la direction, les ouvriers sortent sur les voies de chemin de fer voisines et bloquent les lignes Varsovie-Kultno (c'est-&#224;-dire la ligne internationale Moscou-Varsovie-Berlin-Paris) et Varsovie-Skiernievice. Des trains sont bloqu&#233;s ; parmi eux un train international. Des rails sont d&#233;mont&#233;s. Une locomotive est pouss&#233;e sur le ballast. Un wagon de marchandises contenant des &#339;ufs est saisi et son contenu r&#233;parti entre gr&#233;vistes et passants. Un autre wagon contenant du sucre est arr&#234;t&#233; et une partie de son chargement distribu&#233;e. Vers vingt heures, le Premier ministre, dans une allocution radiodiffus&#233;e, annonce l'annulation de la hausse des prix. Des ouvriers commencent &#224; rentrer chez eux. C'est &#224; ce moment que les d&#233;tachements de la milice les attaquent avec des grenades offensives et des gaz lacrymog&#232;nes ; ils se frayent un chemin &#224; coups de matraques, assomment &#224; coups de pieds ceux qui gisent &#224; terre. Un total de deux &#224; trois cent personnes sont arr&#234;t&#233;s cette nuit-l&#224;. (&#8230;) Ceux qui, &#224; la suite des mauvais traitements subis, &#233;taient hors d'&#233;tat de marcher, sont tra&#238;n&#233;s par les pieds et jet&#233;s dans une voiture de police. (&#8230;) Les personnes arr&#234;t&#233;es sont accus&#233;es d'avoir attaqu&#233; les miliciens, d'avoir d&#233;sob&#233;i aux ordres de dispersion et d'avoir gravement endommag&#233; des boutiques et des wagons de chemin de fer &#8211; accusations non fond&#233;es dans la plupart des cas. (&#8230;) Quelques jours plus tard, tous les ouvriers qui ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s sont cong&#233;di&#233;s sans pr&#233;avis (&#8230;) Ceux qui habitaient dans des logements ouvriers appartenant &#224; l'usine doivent d&#233;camper le jour m&#234;me de leur licenciement. (&#8230;) Les 16 et 17 juillet, le tribunal de la vo&#239;vodie de Varsovie juge sept ouvriers accus&#233;s d'avoir fait d&#233;railler une locomotive &#233;lectrique. Aucun d'entre eux n'avait de condamnation ant&#233;rieure &#224; son casier. (&#8230;) Les accus&#233;s sont condamn&#233;s &#224; des peines de trois, quatre, quatre et demi et cinq ans de emprisonnement. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Radom&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Vers dix heures du matin, nous sortons pour aller &#224; l'usine de conserves de viande. A l'ext&#233;rieur se forme un cort&#232;ge de camions charg&#233;s de viande pour montrer qu'il y en avait beaucoup. Personne n'en vole. Les camions sont ramen&#233;s &#224; l'int&#233;rieur aussi pleins qu'ils &#233;taient sortis. Vers onze heures, le cort&#232;ge descend dans la rue, chantant &#171; L'Internationale &#187; et l'hymne national. On crie : &#171; Non &#224; la hausse des prix ! &#187; La plupart des manifestants sont des jeunes. Le cort&#232;ge est tout &#224; fait ordonn&#233; et pacifique. (&#8230;) Puis on arrive au si&#232;ge du comit&#233; de vo&#239;vodie du parti. Les ouvriers envahissent le b&#226;timent. (&#8230;) Il y a alors une esquisse de n&#233;gociation : les manifestants exigent des n&#233;gociations avec le Comit&#233; central et l'annulation de la hausse des prix. Une r&#233;ponse est attendue dans les deux heures. Vers midi, la direction du parti &#233;tablit un pont a&#233;rien. Les effectifs de l'&#233;cole de sous-officiers de la milice et des services de s&#233;curit&#233; de Pila arrivent &#224; l'a&#233;roport militaire de Radom avec un armement sp&#233;cial pour combats de rue. Les unit&#233;s sp&#233;ciales arrivent avec des appareils de l'arm&#233;e, des quadrimoteurs du type Ukraine et des bimoteurs. Des unit&#233;s de milice de Lublin, Rzesrow, Tarnobzeg et d'autres villes foncent sur Radom, phares allum&#233;s, &#224; cent &#224; l'heure. Beaucoup plus tard arrive aussi l'unit&#233; sp&#233;ciale de milice de Golendzinow. Les unit&#233;s de la milice arrivent par compagnie, en formation d'assaut, en tout mille hommes environ, casqu&#233;s, arm&#233;s de gourdins de 85 centim&#232;tres et de lance-grenades lacrymog&#232;nes. Des fus&#233;es &#233;clairantes sont &#233;galement tir&#233;es sur la foule. (&#8230;) Vers cinq heures, la milice arrive avec des lances d'incendie et des tubes lance-grenades &#224; gaz. Ils progressent en rangs serr&#233;s par la rue Slowacki en direction du comit&#233; de vo&#239;vodie. Les manifestants mettent le feu aux voitures qui servent de barricade, se dispersent sur les c&#244;t&#233;s et commencent &#224; attaquer la milice sur ses arri&#232;res. Une fois dispers&#233;e la manifestation devant l'immeuble du comit&#233; de vo&#239;vodie du parti, on commence &#224; se rassembler autour du si&#232;ge des bureaux de la vo&#239;vodie. Vers cinq heures de l'apr&#232;s-midi, deux morts, couverts de sang, sont transport&#233;s sur des voitures de trolleybus le long des rues. Les gens serrent les poings et tiennent bon. Vers vingt-trois heures, les forces de s&#233;curit&#233; et le parti restent ma&#238;tres du terrain &#224; Radom. Quelques milliers de personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es. (&#8230;) Toutes les personnes arr&#234;t&#233;es furent brutalement maltrait&#233;es au moment de leur arrestation ou de leur interrogatoire par la milice. Un ouvrier est mort des tortures subies lors de son interrogatoire. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Plock&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Vers dix-sept heures, un cort&#232;ge compos&#233; de quelques dizaines de manifestants est parti des Etablissements de raffinerie et de p&#233;trochimie de Mazovie. Au cours du trajet de quelques kilom&#232;tres pour arriver &#224; la ville, des gens se sont m&#234;l&#233;s aux manifestants. (&#8230;) la foule a fait le si&#232;ge du b&#226;timent de vo&#239;vodie du parti. (&#8230;) Une voiture fut envoy&#233;e, avec un m&#233;gaphone annon&#231;ant que la hausse avait &#233;t&#233; annul&#233;e. Personne ne crut &#224; cette nouvelle et, dans un mouvement de col&#232;re, les gens renvers&#232;rent la voiture et malmen&#232;rent le conducteur. Une partie de la foule se mit &#224; lancer des pierres dans les vitres. D'autres se ru&#232;rent dans le hall, d'o&#249;, au bout d'un instant, ils furent repouss&#233;s. Des divisions de la milice, probablement venues de Lodz, entr&#232;rent en action et dispers&#232;rent la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Gdansk&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Le d&#233;partement W4 des &#233;lectriciens fut le premier &#224; envoyer une d&#233;l&#233;gation d'ouvriers &#224; la direction. Le directeur des docks accepta de rencontrer les travailleurs. (&#8230;) Les ouvriers demand&#232;rent l'annulation de la hausse des prix ou sa r&#233;duction ; ils firent remarquer que le probl&#232;me du logement n'&#233;tait toujours pas r&#233;gl&#233;. En r&#233;ponse, le directeur les mena&#231;a de licenciement, mais on ne lui permit pas de terminer son intervention et on lui reprit le micro. (&#8230;) Le groupe de repr&#233;sentants des travailleurs des docks, qui s'&#233;tait form&#233; spontan&#233;ment, alla au micro et lan&#231;a le mot d'ordre de gr&#232;ve si le lendemain &#224; sept heures la direction n'avait pas accord&#233; satisfaction aux exigences des travailleurs. Cela dura donc jusqu'&#224; quatorze heures. On ne travailla plus, jusqu'&#224; la fin de la journ&#233;e, sur les chantiers navals. &lt;br /&gt;
Le 26, au soir, Piotr Jaroszovicz, Premier ministre annonce dans une br&#232;ve allocution radiot&#233;l&#233;vis&#233;e qu'il s'est adress&#233; au Parlement de la R&#233;publique pour lui demander d'annuler la hausse des prix. &lt;br /&gt;
Le comit&#233; de d&#233;fense des ouvriers victimes de la r&#233;pression cons&#233;cutive aux &#233;v&#233;nements du 25 juin 1976 lance l'appel suivant :&lt;br /&gt;
&#171; La protestation des ouvriers contre l'augmentation des prix refl&#232;te l'attitude de la population tout enti&#232;re ; elle a entra&#238;n&#233; des poursuites brutales. A Ursus, &#224; Radom et dans d'autres villes de Pologne, on a battu, frapp&#233; &#224; coups de pied, emprisonn&#233; les manifestants. Des licenciements ont &#233;t&#233; pratiqu&#233;s sur une grande &#233;chelle, ce qui, en plus des arrestations, a frapp&#233; les familles des victimes de la r&#233;pression. (&#8230;) Les victimes de la r&#233;pression actuelle ne peuvent compter sur aucune aide ou d&#233;fense de la part des organismes dont ce devrait &#234;tre la t&#226;che, par exemple les syndicats, dont le r&#244;le est lamentable. Les agents de la protection sociale, eux aussi, refusent toute aide. Dans cette situation, c'est la population, au service de laquelle les personnes victimes de la r&#233;pression se sont expos&#233;es, qui doit assumer ce r&#244;le. En effet, la population n'a d'autres moyens de d&#233;fense contre l'arbitraire que la solidarit&#233; et l'aide mutuelle. C'est pourquoi les personnes soussign&#233;es d&#233;cident de constituer le pr&#233;sent &#171; Comit&#233; de d&#233;fense des ouvriers &#187;, afin de prendre l'initiative de toutes les formes de d&#233;fense et de soutien. &#187;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Des th&#233;oriciens de la r&#233;forme de la Pologne :&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Leszek Kolakowski dans des extraits de &#171; Th&#232;ses sur l'espoir le d&#233;sespoir &#187; (octobre 1966) :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; R&#233;sumons, tout d'abord, les principaux arguments avanc&#233;s d'ordinaire par ceux qui soutiennent que le syst&#232;me communiste sous forme actuelle est irr&#233;formable. Les tenants de cette th&#232;se affirment que la principale fonction sociale de ce syst&#232;me est le maintien du pouvoir incontr&#244;l&#233; monopolis&#233; par l'appareil dirigeant (&#8230;) Le monopole d'un pouvoir despotique ne peut pas &#234;tre supprim&#233; partiellement. (&#8230;) Seules des catastrophes brutales et p&#233;riodiques peuvent conduire &#224; des modifications (&#8230;) Les fonctions fondamentales de ce syst&#232;me social sont dirig&#233;es contre la soci&#233;t&#233; qui se trouve d&#233;munie de toute forme institutionnelle d'autod&#233;fense. D&#232;s lors, l'unique transformation concevable est une r&#233;volution violente. Qui plus est, cette r&#233;volution ne peut &#234;tre envisag&#233;e qu'&#224; l'&#233;chelle du syst&#232;me socialiste mondial, puisque la sup&#233;riorit&#233; militaire sovi&#233;tique, comme le montre l'exp&#233;rience, sera toujours mise &#224; profit pour &#233;touffer toute tentative r&#233;volutionnaire locale. Une telle r&#233;volution aurait pour cons&#233;quence &#8211; selon les espoirs des uns &#8211; une soci&#233;t&#233; socialiste, au sens d&#233;fini par la tradition marxiste (c'est-&#224;-dire la gestion sociale des processus de production et de r&#233;partition, impliquant un syst&#232;me repr&#233;sentatif), ou &#8211; selon l'espoir des autres &#8211; le passage au mod&#232;le occidental de capitalisme qui, face &#224; la faillite &#233;conomique et id&#233;ologique du socialisme, serait l'unique voie de d&#233;veloppement digne de confiance. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Si je me prononce pour l'id&#233;e &#171; r&#233;formiste &#187;, je n'entends nullement par l&#224; qu'on peut identifier le r&#233;formisme avec l'emploi des moyens &#171; l&#233;gaux &#187; oppos&#233;e aux moyens &#171; ill&#233;gaux &#187;. Cette distinction est proprement impossible dans une situation o&#249; ce n'est pas le droit qui d&#233;cide de la l&#233;galit&#233; mais l'interpr&#233;tation arbitraire de lois confuses par la police et les autorit&#233;s du parti. L&#224; o&#249; les dirigeants peuvent, s'ils le veulent, arr&#234;ter et condamner des citoyens pour d&#233;tention d'un livre &#171; ill&#233;gal &#187;, pour une conversation en petit cercle sur des sujets politiques ou pour des opinions exprim&#233;es dans une lettre priv&#233;e, la notion de l&#233;galit&#233; politique n'a aucun sens. Le meilleur moyen de r&#233;agir contre les poursuites pour ces genres de &#171; d&#233;lits &#187; est de les commettre en tr&#232;s grand nombre. Si je parle d'orientation r&#233;formiste, c'est au sens d'une foi dans la possibilit&#233; de pressions partielles et progressives efficaces exerc&#233;es dans une perspective de longue dur&#233;e, c'est-&#224;-dire dans la perspective de la lib&#233;ration sociale et nationale. Le socialisme despotique n'est pas un syst&#232;me absolument rigide, de tels syst&#232;mes n'existent pas. Des indices de souplesse sont apparus au cours des derni&#232;res ann&#233;es dans des domaines o&#249; r&#233;gnait nagu&#232;re l'id&#233;ologie officielle : les fonctionnaires du parti ne pr&#233;tendent plus conna&#238;tre mieux la m&#233;decine que les professeurs de m&#233;decine, bien qu'ils continuent &#224; conna&#238;tre la litt&#233;rature mieux que les &#233;crivains. (&#8230;) Le principe de la nature irr&#233;formable du syst&#232;me peut donc servir d'absolution anticip&#233;e &#224; la l&#226;chet&#233; et &#224; la passivit&#233;. Le fait qu'une grande partie de l'intelligentsia polonaise se soit laiss&#233;e convaincre de la totale rigidit&#233; du syst&#232;me honteux dans lequel elle vit est s&#251;rement en grande partie responsable de la passivit&#233; dont elle a fait preuve au moment du combat dramatique livr&#233; par les ouvriers polonais en d&#233;cembre 1970. (&#8230;) &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Adam Michnik dans des extraits de &#171; Une strat&#233;gie dans l'opposition polonaise &#187; (1977) :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Les &#233;v&#233;nements historiques que nous d&#233;signons sous le nom d'Octobre polonais ont &#233;t&#233; la source principale d'un espoir d'&#233;volution du syst&#232;me communiste. Cet espoir d'exprimait par deux visions ou concepts d'&#233;volution, que nous appellerons &#171; &#171; r&#233;visionniste &#187; et &#171; n&#233;o-positiviste &#187;.&lt;br /&gt;
La conception r&#233;visionniste reconnaissait une certaine possibilit&#233; d'&#233;volution &#224; l'int&#233;rieur du parti. Jamais formul&#233;e sous forme de programme politique, elle impliquait la possibilit&#233; d'humanisation et de d&#233;mocratisation du syst&#232;me d'exercice du pouvoir, ainsi que la capacit&#233; d'assimilation par la doctrine marxiste officielle de certaines notions des sciences humaines et sociales actuelles. Les r&#233;visionnistes d&#233;siraient agir dans la cadre du parti communiste et de la doctrine marxiste. (&#8230;)&lt;br /&gt;
L'autre concept d'&#233;volution, Stanislaw Stomma, l'un de ses meilleurs repr&#233;sentants l'appelait orientation &#171; n&#233;opositiviste &#187;. C'&#233;tait une tentative d'appliquer la strat&#233;gie que Roman Dniowski avait pr&#233;conis&#233;e, au d&#233;but du 20e si&#232;cle, aux conditions politiques nouvelles. Dirigeant du groupe catholique Znak, Stalinaw Stomma prenait en consid&#233;ration les facteurs g&#233;opolitiques du pays, comme son catholicisme, partie int&#233;grante et indispensable de la vie publique polonaise. (&#8230;) La conception &#233;volutionniste de Stomma diff&#233;rait consid&#233;rablement du r&#233;visionnisme. Son n&#233;opositivisme impliquait surtout la loyaut&#233; &#224; l'&#233;gard de l'URSS, consid&#233;r&#233; comme la puissance russe d'autrefois, tout en rejetant la doctrine marxiste et l'id&#233;ologie socialiste. (&#8230;) Cependant, r&#233;visionnistes et n&#233;opositivistes se rejoignaient : pour r&#233;aliser leurs projets, les uns et les autres, comptaient sur des changements venant d'en haut ; ils s'attendaient &#224; une &#233;volution du parti, r&#233;sultat de la politique r&#233;aliste de dirigeants intelligents. Ils n'envisageaient pas de forcer cette &#233;volution par une pression sociale continue et organis&#233;e ; ils misaient sur la raison du prince communiste plut&#244;t que sur la lutte pour l'&#233;tablissement d'institutions souveraines aptes &#224; contr&#244;ler le pouvoir. (&#8230;) &lt;br /&gt;
Les &#233;v&#233;nements du mois de mars 1968 ont marqu&#233; la limite du r&#233;visionnisme. A ce moment-l&#224;, le lien qui unissait l'intelligentsia r&#233;visionniste du parti fut d&#233;finitivement coup&#233; : on ne pouvait plus compter sur une d&#233;mocratisation de la direction du parti. (&#8230;) Penser jusqu'au bout le r&#233;visionnisme et le n&#233;opositivisme m&#232;ne in&#233;vitablement &#224; accepter lors du conflit le point de vue du pouvoir. En effet, toute solidarit&#233; avec les ouvriers en gr&#232;ve, avec les &#233;tudiants qui manifestent, avec les intellectuels contestataires remet en question les strat&#233;gies r&#233;visionnistes, cherchant &#224; agir &#224; l'int&#233;rieur du parti, et celles des n&#233;opositivistes, qui pr&#233;conisent la politique de l'entente. Le conflit ouvert, les deux strat&#233;gies se trouvent brusquement priv&#233;es d'une composante essentielle : la r&#233;f&#233;rence au pouvoir.&lt;br /&gt;
Le dilemme des mouvements de gauche du 20e si&#232;cle &#171; r&#233;forme ou r&#233;volution &#187; n'est pas un dilemme pour l'opposition polonaise. Postuler un renversement r&#233;volutionnaire de la dictature du parti, s'organiser dans ce but, serait aussi irr&#233;aliste que dangereux : on ne peut pas compter sur le renversement du r&#233;gime tant que la structure politique de l'URSS est ce qu'elle est. Dans un pays o&#249; la culture politique et les normes d&#233;mocratiques sont presque absentes, des activit&#233;s conspiratrices ne peuvent qu'aggraver les maux de la soci&#233;t&#233; sans apporter des r&#233;sultats b&#233;n&#233;fiques. (&#8230;) A mon avis, la seule voie &#224; prendre pour les dissidents des pays de l'Est est celle d'une lutte incessante pour les r&#233;formes en faveur d'une &#233;volution qui &#233;largira les libert&#233;s civiques et garantira le respect des droits de l'homme. L'exemple polonais d&#233;montre que la pression exerc&#233;e sur le pouvoir apporte des concessions non n&#233;gligeables. L'opposition polonaise (&#8230;) compte sur des changements progressifs et partiels plus que sur un renversement violent du syst&#232;me en place. (&#8230;) La nouvelle strat&#233;gie de l'opposition implique des changements lents et progressifs. Cela ne signifie pourtant pas que ce mouvement sera toujours pacifique ni qu'il pourra &#233;viter de faire des victimes. (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Extraits de Jacek Kuron dans &#171; Pour une plate-forme unique de l'opposition &#187; (1976) :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Nous commencerons par d&#233;finir le syst&#232;me en termes g&#233;n&#233;raux. Ensuite, nous proc&#233;derons &#224; une discussion des buts de l'opposition et &#224; une analyse des conditions dans lesquelles elle doit travailler. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Dans un syst&#232;me totalitaire, le pouvoir et le peuple sont s&#233;par&#233;s. Tout le pouvoir de proposer, de r&#233;fl&#233;chir et de d&#233;cider r&#233;side exclusivement dans le gouvernement. Les gens sont destin&#233;s &#224; former une masse amorphe, d&#233;pourvue de droits personnels quels qu'ils soient. Ce syst&#232;me met en danger notre survie nationale et si, par souverainet&#233; nationale nous entendons la capacit&#233; pour la nation &#224; d&#233;cider de son propre destin, le syst&#232;me est contraint de la d&#233;truire. Le syst&#232;me totalitaire a &#233;t&#233; impos&#233; en Pologne il y a quelques trente ans par les forces arm&#233;es de l'Union sovi&#233;tique avec l'approbation des puissances occidentales, en particulier, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. La stabilit&#233; du syst&#232;me est garantie par la propension d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233;e trois fois par l'Union sovi&#233;tique &#224; se r&#233;imposer par la force &#224; toute nation qui tenterait de se lib&#233;rer. Nous ajouterons que ce sont l&#224; des raisons s&#233;rieuses pour penser que le gouvernement polonais doit se pr&#234;ter &#224; toutes les d&#233;cisions importantes prises par la direction sovi&#233;tique. L'Etat polonais n'est pas souverain et, dans l'esprit de notre peuple, c'est l&#224; le mal qui est &#224; la racine de notre vie politique. (&#8230;) L'opposition lutte pour la souverainet&#233; du peuple et de l'Etat polonais. Retenons pour le moment cette d&#233;finition, quoique je suis d'accord avec ceux qui pensent que nos objectifs ne peuvent &#234;tre pleinement r&#233;alis&#233;s dans notre situation g&#233;ographique et politique actuelle. (&#8230;) &lt;br /&gt;
Le mouvement paysan est n&#233; de besoins personnels et particuliers. Mais, en d&#233;fendant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, il prenait &#233;galement position pour l'ind&#233;pendance de la vie villageoise et il pr&#233;servait l'agriculture d'une d&#233;vastation plus grave. C'est ainsi qu'il b&#233;n&#233;ficia &#224; la totalit&#233; de la communaut&#233;. Je consid&#232;re &#233;galement le mouvement de protestation des travailleurs pour la d&#233;fense de leurs salaires en termes de pouvoir d'achat r&#233;el comme socialement b&#233;n&#233;fique. Des gr&#232;ves locales &#233;clatent assez souvent (&#8230;) Ces gr&#232;ves sont bris&#233;es avec une grande promptitude par la police d&#233;p&#234;ch&#233;e par le parti, l'administration et les syndicats. (&#8230;) A trois occasions durant les trente derni&#232;res ann&#233;es, les gr&#232;ves ont donn&#233; toute sa dimension &#224; un mouvement social : en 1956-57, en 1970-71 et en 1976. Les travailleurs ont pay&#233; un prix tr&#232;s lourd, mais ces trois mouvements se sont termin&#233;s par une victoire. (&#8230;) Le troisi&#232;me exemple de mouvements de protestation sociale est l'activit&#233; des fid&#232;les dans la d&#233;fense de l'Eglise catholique. Je pense ici aux participations massives aux processions, aux p&#232;lerinages, aux activit&#233;s paroissiales et &#233;galement aux d&#233;monstrations et m&#234;me aux manifestations pour la d&#233;fense des constructions d'&#233;glises (&#8230;) &lt;br /&gt;
L'opposition doit imm&#233;diatement commencer &#224; organiser un certain nombre de groupes li&#233;s exprimant une vari&#233;t&#233; de points de vue la plus large possible. En premier lieu, il faut une repr&#233;sentation organis&#233;e des travailleurs industriels, en particulier ceux qui sont employ&#233;s dans les tr&#232;s grandes entreprises. L'organisation devrait commencer au niveau de l'usine et s'&#233;tendre ensuite. Ses revendications devraient s'entourer des avis de professionnels de l'&#233;conomie, d'ing&#233;nieurs, d'hommes de loi et de sociologues. (&#8230;) Le plus important, et peut-&#234;tre le plus sp&#233;cifique, des revendications actuelles concerne la pleine r&#233;int&#233;gration des travailleurs licenci&#233;s apr&#232;s le 25 juin et une amnistie pour ceux qui ont &#233;t&#233; condamn&#233;s pour des actes en relation avec les &#233;v&#233;nements de juin. Pour que cette demande soit entendue et accept&#233;e, il est n&#233;cessaire de disposer du soutien uni d'une organisation de travailleurs de l'industrie. &#187; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Sur la gr&#232;ve de 1980&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Extraits de &#171; Gdansk, la m&#233;moire ouvri&#232;re &#187; de &lt;strong&gt;Jean-Yves Potel &lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Un des gars a coll&#233; des affiches dans les vestiaires entre cinq et six heures du matin. Les gens surent ainsi que la gruti&#232;re Anna Walentynowicz avait &#233;t&#233; licenci&#233;e, cinq mois avant la retraite, pour avoir d&#233;fendu les ouvriers. C'&#233;tait cela la &#171; faute grave &#187; dont la direction l'accusait. D&#233;cor&#233;e des croix du M&#233;rite de bronze, d'argent et d'or, elle avait derri&#232;re elle trente ans de travail irr&#233;prochable. Le tribunal avait annul&#233; le licenciement, mais le directeur refusait de la r&#233;int&#233;grer. Anna Walentynowicz avait fait partie du comit&#233; de gr&#232;ve en 1970. Ici, sur le Littoral, ce sont les choses qui comptent. &lt;br /&gt;
C'est la gr&#232;ve. Ce seul mot a suffi pour faire sortir du monde de la cale des constructions, des nefs de montage et des autres ateliers. Certains ont h&#233;sit&#233;, mais au bout d'une demi-heure la plupart ont laiss&#233; tomber leurs outils et se sont rendus sur la grande place du chantier, pr&#233;c&#233;d&#233;s d'une banderole o&#249; l'on venait d'inscrire &#171; 2000 zlotys d'augmentation &#8211; Une prime de vie ch&#232;re &#8211; R&#233;int&#233;grez la gruti&#232;re Walentinowicz ! &#187; Sur la place, tous se sont tus pour une minute de silence en hommage aux ouvriers du chantier tomb&#233;s en 1970. Lech Walesa a fait son apparition. Ouvrier &#233;lectricien, licenci&#233; lui aussi pour faits de gr&#232;ve en 1976, participant actif des gr&#232;ves de 1970-1971, il a escalad&#233; les grilles pour rejoindre les gr&#233;vistes. On a cri&#233; &#171; Hourrah ! &#187;. Un discours a &#233;t&#233; improvis&#233; du hait d'une excavatrice. Le directeur principal, Gniech, y est mont&#233; &#224; son tour pour tenter de convaincre les gens de reprendre le travail. Sans succ&#232;s ; les cris ont couvert sa voix. Lech Walesa a propos&#233; une gr&#232;ve avec occupation. Chacun avait ses raisons de la faire, tous l'ont soutenue. (&#8230;)&lt;br /&gt;
La gr&#232;ve a d&#233;ferl&#233; comme une vague, chacun y a adh&#233;r&#233; de son c&#244;t&#233; en compagnie des coll&#232;gues de l'atelier. (&#8230;) On buvait beaucoup trop au chantier des derniers temps (&#8230;) Les piquets de gr&#232;ve brisaient les bouteilles de bi&#232;re et de vodka aux portes du chantier. Cette mesure, d'ailleurs, a impressionn&#233; tout le monde. La direction de la gr&#232;ve n'a fait aucune exception. Apr&#232;s trois jours de gr&#232;ve, les n&#233;gociations avec la direction ont abouti &#224; un accord. En son propre nom, le directeur a accord&#233; une augmentation de 1500 zlotys, sur les 2000 demand&#233;s. Cet apr&#232;s-midi l&#224;, nous &#233;tions devant la grille de l'entr&#233;e quand Lech Walesa annon&#231;a que la gr&#232;ve prenait fin. La nouvelle que les revendications seraient satisfaites avait d&#233;j&#224; fait le tour de la ville. Pour les d&#233;l&#233;gu&#233;s des autres usines, l'arr&#234;t du mouvement au chantier &#233;tait catastrophique. On ne leur avait rien promis, &#224; eux. Les repr&#233;sentants de 21 entreprises en gr&#232;ve sont venus au chantier L&#233;nine pour faire pression sur les ouvriers : &#171; Nous vous avons apport&#233; notre appui. A vous maintenant de nous donner le v&#244;tre. &#187; Un d&#233;l&#233;gu&#233; de WPK a demand&#233; que la gr&#232;ve continue, ici comme ailleurs, et pas mal de gens l'ont applaudi. Dans ce cas, a dit Walesa, je reste avec vous. Je vous ai promis de sortir le dernier. Entre-temps, la plupart des travailleurs du chantier, &#224; l'appel du directeur, avaient quitt&#233; les lieux. &lt;br /&gt;
(&#8230;) Le samedi, tard dans la soir&#233;e, les d&#233;l&#233;gations pr&#233;sentes au chantier constituent un comit&#233; de gr&#232;ve interentreprises. Ce comit&#233;, le MKS, &#233;labore une liste de revendications qui, dans sa version finale, comportera 21 points. Le premier est essentiel : c'est l'acceptation des syndicats libres, ind&#233;pendants du parti et des employeurs. La deuxi&#232;me, c'est le droit de gr&#232;ve. Voil&#224; les garanties pour lesquelles la lutte continue. Ce sont les seules qui, si elles sont acquises, pourront donner aux travailleurs la certitude que les &#233;checs, les pi&#232;ges du pass&#233; ne se r&#233;p&#232;teront pas. Suivent ensuite, jusqu'au point 6, les revendications relevant du domaine de la d&#233;mocratie : la libert&#233; d'expression, la r&#233;int&#233;gration des licenci&#233;s pour faits de gr&#232;ve ou d&#233;lit d'opinion et la lib&#233;ration des prisonniers politiques ; une information compl&#232;te et permanente sur la situation socio-&#233;conomique du pays et une discussion publique sur les programmes de r&#233;formes. (&#8230;) Les points suivants mis en avant par le MKS concernent justement ce socialisme-l&#224; : l'acc&#232;s aux logements, aux cr&#232;ches et aux maternelles, le droit &#224; la sant&#233;, aux jours de repos, &#224; un salaire convenable pour un travail honorable, &#224; une retraite m&#233;rit&#233;e. L'exigence, &#233;galement, que se r&#233;duise le foss&#233; entre les tr&#232;s pauvres et les tr&#232;s riches, entre les spoli&#233;s et les privil&#233;gi&#233;s, que tous puissent vivre d&#233;cemment. (&#8230;) Au fil des heures pass&#233;es ici, se renforce l'impression que la gr&#232;ve s'est donn&#233;e un groupe de leaders solides d&#233;cid&#233;s &#224; aller jusqu'au bout. La liste des &#171; 21 Tak &#187; - &#171; oui aux 21 revendication &#187; - est colport&#233;e d'une rue &#224; l'autre dans les Trois-Villes. On la colle partout, sur les poteaux, les murs et les palissades. Ses formules nettes, carr&#233;es, peuvent sembler provocantes &#224; certains, car les gens n'en ont gu&#232;re l'habitude. Aucune r&#233;action de la part des autorit&#233;s. Cependant, l'atmosph&#232;re, on le sent, est devenue pesante. Il fait lourd, l'air est charg&#233; d'&#233;lectricit&#233;. &lt;br /&gt;
Premier dimanche, premi&#232;re messe aux grilles du chantier. Le pr&#234;tre qui fait l'office prononce des paroles d'apaisement. Il appelle au calme, &#224; la dignit&#233;. Quelques milliers de personnes sont agenouill&#233;es. Beaucoup ont pleur&#233;. (&#8230;) La nuit pr&#233;c&#233;dente, les gr&#233;vistes ont construit une croix en bois. Apr&#232;s la messe, ils l'ont emmen&#233;e au-del&#224; de la porte principale, l&#224; o&#249; devra s'&#233;lever un monument aux ouvriers tomb&#233;s en d&#233;cembre 1970. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Dans la salle du praesidium du comit&#233; de gr&#232;ve, on a install&#233; la maquette (du futur monument aux morts) et les dons ont commenc&#233; &#224; affluer pour la r&#233;alisation du projet. Un extraordinaire &#233;lan de g&#233;n&#233;rosit&#233; du littoral, puis de toute la Pologne. &lt;br /&gt;
Lundi 18 ao&#251;t, nombre de ceux qui avaient quitt&#233; le chantier samedi y sont revenus. (&#8230;) Au chantier Commune de Paris &#224; Gdynia, ce sont les jeunes qui tiennent la barre de la gr&#232;ve. Les principes ont &#233;t&#233; plus s&#233;v&#232;res, les divisions plus rigoureuses. (&#8230;) Les ti&#232;des, les h&#233;sitants, on ne les a pas laiss&#233; entrer. (&#8230;) &lt;br /&gt;
Le directeur emp&#234;che le MKS d'acc&#233;der &#224; la radio int&#233;rieure. Il fait &#233;galement couper le circuit d'alimentation des hauts-parleurs de la porte num&#233;ro 2 pour contrer la popularisation de la gr&#232;ve vers l'ext&#233;rieur. D'un avion, on lance des tracts : &#171; La gr&#232;ve au chantier s'est conclue sur un accord. Elle est poursuivie par des irresponsables, alors qu'une large majorit&#233; entend reprendre le travail. &#187; (&#8230;) Un coup tr&#232;s dur, c'est la coupure des lignes t&#233;l&#233;phoniques qui isole les Trois-Villes du reste du pays. Pendant ce temps-l&#224;, la milice s'active. Elle arr&#234;te les voitures qui se dirigent vers le chantier et celles qui en viennent, fouille les passagers, rel&#232;ve l'identit&#233; des conducteurs, et ceux qu'ils transportent. Les miliciens ne sont pas arm&#233;s mais multiplient les intimidations. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Bient&#244;t, toutes les entreprises de la vo&#239;vode ont rejoint le MKS. Le mouvement est irr&#233;sistible et cependant les man&#339;uvres de derni&#232;re heure ne manquent pas. (...) Samedi 23 ao&#251;t, dixi&#232;me jour de gr&#232;ve. Lech Walesa se met derri&#232;re la table du praesidium. (&#8230;) Les n&#233;gociations pr&#233;paratoires commencent, pour le moment &#224; l'&#233;chelon du vo&#239;vode. (&#8230;) Le 28 ao&#251;t s'engage le troisi&#232;me tour des n&#233;gociations avec la commission gouvernementale. Le vice Premier ministre Jagielski a l'air ma&#238;tre de lui. (&#8230;) On discute ici de libert&#233; d'expression et de conscience garantie par la constitution ; on parle beaucoup de la situation morale et sociale des croyants. Monsieur Jagielski souligne que la dialogue entre l'Etat et l'Eglise se d&#233;veloppe bien&#8230; (&#8230;) La discussion est tr&#232;s anim&#233;e. &#171; En gros, nous sommes d'accord &#187; dit Monsieur Jagielski. Mais, de fait, le d&#233;bat n'a gu&#232;re avanc&#233;. (&#8230;) Au dessus de la porte num&#233;ro 2 du chantier L&#233;nine, les ouvriers ont suspendu une longue banderole &#171; Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous ! &#187;&lt;br /&gt;
(&#8230;) La finale est &#226;prement disput&#233;e. Vendredi 29, par deux fois les n&#233;gociations sont report&#233;es &#224; plus tard. (&#8230;) L'&#233;nervement cro&#238;t d'heure en heure, l'agressivit&#233; remonte &#224; la surface. Car, si le travail reprend, on va se retrouver du jour au lendemain face au directeur, au secr&#233;taire de cellule, ou m&#234;me &#8230; Demain, la moiti&#233; de cette salle peut se retrouver en taule, s'est &#233;cri&#233; quelqu'un sur un ton hyst&#233;rique. De nouvelles d&#233;l&#233;gations font leur entr&#233;e, venant d'autres vo&#239;vodes. (&#8230;) Le nouvel arrivant est embarrass&#233;. Il ne sait pas o&#249; s'installer. Il vient du bassin du cuivre et repr&#233;sente 20.000 travailleurs. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Samedi 30 ao&#251;t. La commission gouvernementale vient pour la quatri&#232;me fois au chantier. &#171; Il me semble, dit le vice Premier ministre Jagielski, que le moment est venu de terminer nos travaux &#187; &lt;br /&gt;
Dimanche. La signature des accords de Gdansk entre le MKS et Jagielski est retransmise &#224; la t&#233;l&#233;vision. &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Compte-rendu de Henrika Dobisz et Andrej Zianecki&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br /&gt; &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;
Extraits de &#171; Un chemin d'espoir &#187;, autobiographie de &lt;strong&gt;Lech Walesa &lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Le moment d&#233;cisif survint apr&#232;s le 3 mai 1980, date de l'arrestation de repr&#233;sentants du Mouvement de la Jeune Pologne et du Mouvement pour la D&#233;fense des Droits de l'Homme &#8211; Dariusz Robzdej et Tadeusz Szczudlowski -, &#224; la suite de leur discours prononc&#233; devant le monument au roi Jan II Sobieski. On se lance quasi ouvertement dans une large diffusion de tracts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve&lt;br /&gt;
Je descendis devant les Chantiers et le dirigeai vers l'entr&#233;e. Le matin, avant l'embauche, des tracts et le bulletin &#171; L'Ouvrier du Littoral &#187; avaient pu &#234;tre distribu&#233;s dans le train de banlieue et dans les tramways qu'empruntent la plupart des ouvriers pour se rendre au travail. L'information essentielle concernait le licenciement disciplinaire d'Anna Walentynowicz, survenu le 7 ao&#251;t, cinq mois avant qu'elle ne prenne sa retraite Le texte des tracts &#233;tait le suivant : &lt;br /&gt;
&#171; Aux ouvriers des Chantiers navals de Gdansk !&lt;br /&gt;
&#171; Nous nous adressons &#224; vous, coll&#232;gues d'Anna Walentynowicz. Elle travaillait aux Chantiers depuis 1950 : 16 ans comme soudeur, puis comme conducteur d'un pont-roulant &#224; l'atelier n&#176;2. Elle s'est vue d&#233;cerner la m&#233;daille de bronze, celle d'argent, puis en 1979, la Croix d'or du M&#233;rite. Elle a toujours &#233;t&#233; une ouvri&#232;re irr&#233;prochable. Elle s'est toujours insurg&#233;e contre toute injustice, toute in&#233;galit&#233;. C'est pourquoi elle a d&#233;cid&#233; de s'engager dans l'action qui avait pour but la mise sur pied d'un syndicat libre. C'est l&#224; que commenc&#232;rent pour elle les ennuis : elle a &#233;t&#233; mut&#233;e &#224; deux reprises dans une autre unit&#233; pour avoir distribu&#233; &#171; L'Ouvrier du Littoral &#187;, et elle s'est vue infliger un bl&#226;me. (&#8230;) En arr&#234;t-maladie, Anna Walentynowicz a re&#231;u une lettre de licenciement prenant effet le 7 ao&#251;t pour avoir enfreint le r&#232;glement&#8230;.&lt;br /&gt;
(&#8230;) C'est pourquoi nous vous lan&#231;ons cet appel : d&#233;fendez Anna Walentynowicz ! Si vous ne le faites pas, nombreux sont ceux qui risquent de se retrouver dans une situation semblable. Nous signalons d'autre part &#224; la direction qu'un pareil acte, en cette p&#233;riode o&#249; une vague de gr&#232;ves d&#233;ferle sur notre pays, para&#238;t un d&#233;fi au bon sens.&lt;br /&gt;
Sign&#233; : comit&#233; de fondation des syndicats libres &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois gar&#231;ons de vingt ans, Jurek Borowczyk, Ludwig Pradzynski et Bogdan Felski, affiches, tracts et bulletins en mains, avaient su mettre en gr&#232;ve l'ensemble des Chantiers. (&#8230;) A la revendication en faveur d'Anna Walentynowicz, j'ajoutai ma propre r&#233;int&#233;gration et l'&#233;rection d'un monument (&#8230;) aux trois ouvriers abattus devant l'entr&#233;e des Chantiers en d&#233;cembre 1970. (&#8230;) Ce qui concernait tout le monde, c'&#233;tait la hausse individuelle de 2000 zlotys. Nous nous cramponn&#226;mes donc &#224; cette derni&#232;re exigence comme pr&#233;alable &#224; toute n&#233;gociation (&#8230;) Au d&#233;but, nous branch&#226;mes des micros dans la salle du Service Hygi&#232;ne et de la S&#233;curit&#233; du Travail o&#249; se d&#233;roulaient les n&#233;gociations, ainsi qu'un autre &#224; l'ext&#233;rieur de la salle. Nous pouvions diffuser dans tous les ateliers, les halls de production. Par la suite, le n&#233;cessaire fut fait pour que les d&#233;bats soient entendus dans les chantiers voisins et dans les entreprises de la rue Walowa. Plus tard encore, nos d&#233;l&#233;gu&#233;s emport&#232;rent les enregistrements pour les faire &#233;couter en d'autres entreprises. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Non, la gr&#232;ve n'a rien d'un &#233;pisode harmonieux, elle passe par des phases de vive exaltation auxquelles succ&#232;dent des p&#233;riodes de compromis, voire des moments de peur. (&#8230;) Personne n'a trouv&#233; de sc&#233;nario id&#233;al pour le d&#233;roulement d'une chose comme la gr&#232;ve, ni ne saurait d'ailleurs en concevoir. La gr&#232;ve, c'est la foule qui r&#233;agit &#224; sa mani&#232;re, diverse et changeante. Moi, je n'avais pas de sc&#233;nario, mais je sentais la foule. Quand je me retrouve au milieu d'une foule, je sais toujours ce que les gens veulent. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Notre gr&#232;ve &#224; nous arrivait &#224; son terme : en ce troisi&#232;me jour, le samedi apr&#232;s-midi, elle avait pris fin ; tout son &#233;lan, toutes ses motivations essentielles s'&#233;taient &#233;vanouis. Comme j'avais affaire &#224; un directeur qui avait su faire face &#224; la situation (&#8230;), je m'&#233;tais senti oblig&#233; de contenir notre conflit dans certaines limites. &#199;a n'avait pas &#233;t&#233; une r&#233;volution s'appuyant sur le d&#233;sordre, mais un mouvement o&#249; chaque objectif &#233;tait soumis &#224; un jugement public. Je ne pouvais et ne voulais personnellement exprimer que CELA. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Voici un t&#233;moignage :&lt;br /&gt;
&#171; A peu pr&#232;s au moment m&#234;me o&#249; Walesa s'appr&#234;tait &#224; mettre fin &#224; la gr&#232;ve (&#8230;), un repr&#233;sentant des employ&#233;s des transports se trouva propuls&#233; sur le podium, devant le micro, et exposa leur cause. Son discours se termina par une demande de soutien. Au bout d'un moment, des employ&#233;s des tramways, sortant du b&#226;timent, se joignirent &#224; lui. Des jeunes entour&#232;rent le podium &#8211; cent, deux cents, cinq cents gar&#231;ons : &#171; Solidarit&#233; ! &#187;, &#171; Solidarit&#233; ! &#187;, &#171; Solidarit&#233; ! &#187; (&#8230;) Sur les murs, la nuit, des inscriptions avaient fait leur apparition : &#171; Walesa, tra&#238;tre ! &#187;. D&#233;j&#224;, le samedi apr&#232;s-midi, (&#8230;) deux &#233;missaires femmes des gr&#233;vistes de Gdansk avaient eu des mots tr&#232;s durs contre Walesa (&#8230;) Le dimanche 17 ao&#251;t, Walesa, tel Simon de Cyr&#232;ne, prit sur ses &#233;paules une croix en bois et la porta devant l'entr&#233;e, jusqu'au lieu o&#249; l'on pr&#233;voyait d'&#233;lever &#224; l'avenir le Monument. La croix fut ciment&#233;e dans le sol (&#8230;) Dans la nuit de dimanche &#224; lundi, on fit dispara&#238;tre les inscriptions diffamant (ou d&#233;non&#231;ant) Walesa. La m&#234;me nuit, Walesa affermit sa position en prenant officiellement la t&#234;te du Comit&#233; de gr&#232;ve cr&#233;&#233; solidairement pour la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des entreprises de Gdansk, Gdynia, Elblag, Pruszcz, Tczew, Lebork, &#8230; entre beaucoup d'autres. Le lundi matin, le directeur avait co-sign&#233; avec Walesa, le samedi, les accords concernant les Chantiers, s'effor&#231;a &#224; nouveau de faire appel au loyalisme du personnel, et reprocha &#224; Walesa d'avoir rompu leurs accords. Walesa ne sut que lui donner raison. &#187; (&#8230;)&lt;br /&gt;
D&#232;s le d&#233;but de la gr&#232;ve, j'exer&#231;ai un certain ascendant sur les gens, par exemple au sein du Comit&#233; inter-entreprises qui se rassemblait dans la grand-salle de r&#233;union des Chantiers. Je me rendais compte d'embl&#233;e que les gars &#233;taient beaucoup trop excit&#233;s, que les passions &#233;taient &#224; leur comble, ce qui excluait toute discussion s&#233;rieuse et interdisait qu'on prenne aucune d&#233;cision. J'avais &#233;tabli le rituel suivant : je p&#233;n&#233;trai dans la salle, la traversais d'un pas assur&#233;, et, parvenu jusqu'au petit podium, je me retournai brusquement face &#224; l'auditoire, gardais le silence une seconde, puis d&#233;clarais ouverte la session du Comit&#233; en proposant d'entonner l'hymne national. Tout le monde se levait, et les gars se mettaient &#224; chanter &#224; l'unisson. Les gens qui, dix minutes avant la r&#233;union, &#233;taient venus avec la ferme r&#233;solution de donner libre cours &#224; leur col&#232;re, ne contestaient plus les d&#233;cisions prises, se contentant de conciliabules en petits cercles. Et le moment o&#249; je me levais signifiait irr&#233;vocablement la cl&#244;ture de la r&#233;union : les gens embo&#238;taient le pas. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Au moment-cl&#233; o&#249; furent formul&#233;es les 21 revendications du mouvement et o&#249; l'on discuta avec passion de leur version d&#233;finitive, la direction des syndicats libres n'&#233;tait pas unanime. Dans leur hi&#233;rarchie informelle, je ne suis alors que le num&#233;ro trois ou quatre, peut-&#234;tre m&#234;me cinq. C'est &#224; ce moment difficile que je me retrouve propuls&#233; &#224; la premi&#232;re place, que je me sens avancer seul dans le r&#244;le de dirigeant, que je suis amen&#233; &#224; imposer ma volont&#233;, en d&#233;pit de l'amertume justifi&#233;e de certains, que je ne peux pas ne pas percevoir. (&#8230;) je sais que, pour l'heure, il faut nous montrer mod&#233;r&#233;s, contr&#244;ler et limiter certaines revendications irr&#233;alistes, si fond&#233;es qu'elles soient, afin de gagner plus tard. (&#8230;) Il s'agissait de pouvoir dire en toute confiance aux repr&#233;sentants du gouvernement, d&#232;s leur arriv&#233;e chez nous : &#171; A l'exemple de l'ordre qui r&#232;gne ici et qui est accept&#233; par tous, instaurons ensemble un ordre nouveau dans notre pays, dans toute la Pologne. &#187; C'&#233;tait un ordre sans vodka : &#224; l'entr&#233;e des Chantiers, nous brisions les bouteilles apport&#233;es par ceux qui n'&#233;taient pas encore au courant. C'&#233;tait un ordre avec le Pape : son portrait fut suspendu &#224; l'entr&#233;e d&#232;s le premier jour de gr&#232;ve. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Le programme comprenant nos &#171; 21 revendications &#187; vit rapidement le jour (&#8230;) :&lt;br /&gt;
reconnaissance des syndicats libres, ind&#233;pendants du Parti et des employeurs (&#8230;)&lt;br /&gt;
garantie du droit de gr&#232;ve, de la s&#233;curit&#233; des gr&#233;vistes et des personnes qui leur viennent en aide&lt;br /&gt;
respect des libert&#233;s d'expression et de publication (&#8230;)&lt;br /&gt;
r&#233;tablissement dans leurs droits des personnes licenci&#233;es (&#8230;) des &#233;tudiants exclus de l'enseignement sup&#233;rieur (&#8230;), lib&#233;ration des prisonniers politiques (&#8230;)&lt;br /&gt;
rendre publique le comit&#233; inter-entreprises et ses revendications&lt;br /&gt;
information de toute la population sur la situation &#233;conomique et sociale&lt;br /&gt;
paiement des jours de gr&#232;ve (&#8230;)&lt;br /&gt;
augmentation mensuelle du salaire de base de chaque travailleur de 2100 zlotys (&#8230;)&lt;br /&gt;
Instauration de l'&#233;chelle mobile des salaires&lt;br /&gt;
Approvisionnement en produits alimentaires (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Le 22 ao&#251;t au soir, la d&#233;l&#233;gation du praesidium du MKS a rencontr&#233; le pr&#233;sident de la Commission gouvernementale, Monsieur le vice-premier ministre Mieczyslaw Jagielski, et lui a remis le message suivant : &#171; Le MKS informe la D&#233;l&#233;gation gouvernementale dirig&#233;e par le vice-Premier ministre qu'il est pr&#234;t &#224; entreprendre des pourparlers sur la base des 21 revendications, qui pourraient mettre un terme &#224; la gr&#232;ve. &#187;&lt;br /&gt;
(&#8230;) Tadeusz Mazowiecki et Borislav Geremek sont venus de Varsovie en voiture par un chemin d&#233;tourn&#233;. Ils vont travailler en temps qu'experts aupr&#232;s du Comit&#233;. Ils ont re&#231;u un accueil tr&#232;s chaleureux. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Gdansk devient alors une sorte de Mecque o&#249; affluent les d&#233;l&#233;gu&#233;s d'entreprises de l'ensemble du pays, venus apporter leur soutien et pr&#234;ts &#224; se joindre &#224; la gr&#232;ve. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Le tournant d&#233;cisif de la gr&#232;ve est le vendredi 22 ao&#251;t, marqu&#233; par la venue &#224; Gdansk de Mieczyslaw Jagielski, vice-premier ministre, nomm&#233; &#224; la place de Pyka qui vient d'&#234;tre r&#233;voqu&#233;. La rencontre avec nos d&#233;l&#233;gu&#233;s a eu lieu le soir m&#234;me (&#8230;) De retour, avant m&#234;me d'avoir franchi la grille, ceux-ci crient d&#233;j&#224; victoire : cette victoire r&#233;side dans la d&#233;cision d'entamer des pourparlers entre le gouvernement et le Comit&#233; de gr&#232;ve inter-entreprises sur la base de nos 21 revendications. Un combat difficile nous attend alors. &#171; Nous savons ce que nous voulons &#187; ai-je dit &#224; Mazowwicki et &#224; Geremek lors de notre premi&#232;re entrevue sur le coup de minuit. (&#8230;) Comme tant d'autres, ils &#233;taient venus avec un texte de soutien. Le voyant, je m'&#233;tais dit que ce n'&#233;tait l&#224; qu'une motion de plus. Je leur ai demand&#233; ce qu'ils avaient concr&#232;tement &#224; nous proposer, car nous avions vraiment besoin d'aide. &#171; Comme intellectuels, nous ne pouvons faire grand-chose, hormis vous servir de conseillers, d'experts. &#187; Excellente id&#233;e ! Nous venions de trouver le maillon manquant &#224; notre cha&#238;ne. Tout le monde s'accorda sur la n&#233;cessit&#233; de d&#233;signer une commission d'experts, &#224; d&#233;faut desquels nous aurions bien &#233;t&#233; incapables de faire se rencontrer la &#171; dialectique &#187; du pouvoir et la c&#244;t&#233; un peu fruste et &#233;l&#233;mentaire de nos revendications. (&#8230;) Cette base de d&#233;part nous convenait tout &#224; fait et n'&#233;tait pas non plus pour d&#233;plaire aux autorit&#233;s : non sans raison, celles-ci redoutaient les formulations trop radicales de gens simples, &#224; bout de nerfs, qui mettent &#224; mal respectabilit&#233;s et convenances, et usent parfois d'un vocabulaire &#224; rester pantois. Les uns comme les autres, nous avions besoin d'&#234;tre assur&#233;s qu'il serait possible de trouver une r&#233;ponse commune. Autrement, la situation &#233;tait sans issue. Le fait de nommer une commission d'experts ouvrit cette perspective d'entente. Dans le courant de la nuit, ils d&#233;finirent la marche &#224; suivre : dans un premier temps, nous ne devions pas aller plus loin que le quatre premi&#232;res revendications. (&#8230;) En cette journ&#233;e du 23 ao&#251;t, (&#8230;) les gens se pressent de part et d'autre de la seconde grille d'entr&#233;e des Chantiers. Devant, sont assembl&#233;es plusieurs milliers de personnes inform&#233;es de l'arriv&#233;e tant attendue de la Commission gouvernementale. (&#8230;) Hostiles, les gens reculent &#224; contrec&#339;ur. (&#8230;) Le car ne peut avancer : devant lui, se dresse un mur d'ouvriers en bleus de travail us&#233;s. Ils se tiennent l&#224;, bras crois&#233;s, visages ferm&#233;s. (&#8230;) Je m'avance en compagnie de Gniech, le directeur, et du Comit&#233; inter-entreprises. Jagielski descend du car. P&#226;le, les traits tir&#233;s, dossier noir sous le bras, le vice-premier ministre met pied &#224; terre, suivi de Fizbach et des autres. Je m'approche, lui tends la main pour lui souhaiter la bienvenue aux Chantiers. (&#8230;) &#171; Les-zek ! Les-zek ! &#187; se met &#224; scander d'une seule voix la foule - c'est son vote de confiance, le rappel &#224; la partie adverse que le Comit&#233; est mandataire pleinement reconnu par tous les gr&#233;vistes. Ceux-ci forment une v&#233;ritable for&#234;t humaine. Une frondaison de bras lev&#233;s aux poings serr&#233;s. (&#8230;) Un hors d'&#339;uvre aux pourparlers de la force et de la discipline sur lesquelles reposent notre attachement &#224; la d&#233;mocratie &#8211; et qui seront essentielles au moment o&#249; il faudra ent&#233;riner l'accord intervenu. En cas de contestation, il y a bien s&#251;r l'instance d'appel que constituent les Chantiers, ces milliers d'ouvriers qui attendent rassembl&#233;s autour du b&#226;timent et qui suivent le d&#233;roulement des n&#233;gociations &#224; travers les baies vitr&#233;es. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s, pr&#233;sents dans la grand-salle, sont pour moi un appui consid&#233;rable, de m&#234;me que les experts, ou encore l'Eglise dont le soutien se fait de plus en plus ouvert. En ce qui concerne les syndicats libres, c'est d&#233;j&#224; moins &#233;vident ; les relations les plus confuses existent entre le Praesidium du Comit&#233; de gr&#232;ve et moi : ce dernier compte en son sein une tendance radicale qui s'oppose aux vues &#171; r&#233;alistes &#187;. On y consid&#232;re d'un mauvais &#339;il toute tentative de contact direct avec les repr&#233;sentants du pouvoir, contacts pourtant n&#233;cessaires &#224; la r&#233;ussite de toute n&#233;gociation. Ces &#171; Jacobins &#187; d'ao&#251;t 1980 &#233;pient les moindres faits et gestes de chacun. Ils sont obs&#233;d&#233;s par la crainte d'une manipulation politique et leur m&#233;fiance n'&#233;pargne pas les experts. En l'occurrence, j'ai d&#251; me montrer intransigeant et ne pas c&#233;der aux pressions visant leur &#233;limination. J'ai &#233;galement cherch&#233; &#224; &#233;viter que ces divergences n'apparaissent en cours de n&#233;gociations. Elles ont &#233;t&#233; tenues secr&#232;tes jusqu'&#224; la fin de la gr&#232;ve. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Walesa : &#171; Monsieur le vice-Pr&#233;sident, nous vous accueillons au nom du Comit&#233; de gr&#232;ve inter-entreprises repr&#233;sentant pr&#232;s de 370 entreprises de la r&#233;gion de Gdansk et un certain nombre de celles d'Eblag et de Slupsk. Conscients de repr&#233;senter des centaines de milliers d'hommes, nous sommes tout aussi convaincus de lutter pour la bonne cause. Vous avez la possibilit&#233; de visiter aujourd'hui un chantier naval autog&#233;r&#233; par les ouvriers. Vous pouvez constater que l'ordre y r&#232;gne. (&#8230;) &lt;br /&gt;
Jagielski : (&#8230;) Je pense en premier lieu &#224; un changement de la loi sur les syndicats (..) Il faudra &#224; mon avis que le personnel des Chantiers et que les travailleurs des autres entreprises du Littoral participent &#224; l'&#233;laboration de cette loi (&#8230;) Le second facteur, &#224; mon sens, concerne l'analyse et l'appr&#233;ciation de l'&#233;volution du pouvoir d'achat des diverses cat&#233;gories professionnelles, qui devrait &#234;tre &#233;valu&#233;e et suivie par les syndicats ind&#233;pendamment de l'administration d'Etat. (&#8230;) Si j'ai bien compris, le deuxi&#232;me point porte sur la garantie du droit de gr&#232;ve, ainsi que sur la s&#233;curit&#233; des personnes en gr&#232;ve et de ceux qui leur viennent en aide. (&#8230;) J'en suis &#224; me demander s'il est bien opportun de prendre une telle d&#233;cision aujourd'hui (&#8230;) A ce propos, il serait peut &#234;tre utile d'&#233;couter ce qu'en pense l'opinion publique. (&#8230;) Si nous laissions ce probl&#232;me ouvert &#224; la discussion. Pour ce qui est de la s&#233;curit&#233; des personnes qui font gr&#232;ve, ainsi que pour celles qui les soutiennent, cette s&#233;curit&#233; n'est pas menac&#233;e. (&#8230;) &lt;br /&gt;
Florian Wisnievski : Florian Wisnievski, je viens d'Elektromontaz. (&#8230;) Nous ne sommes pas du m&#234;me bord : nous autres, nous sommes en contact des travailleurs, au sein des entreprises. Cela fait longtemps que je travaille dans les syndicats, et les choses sont loin de se passer aussi simplement. (&#8230;) Le Code du travail autorise l'entreprise &#224; licencier sur le champ toute personne qui fait gr&#232;ve. (&#8230;) ici, sur le Littoral, &#233;tant donn&#233; l'atmosph&#232;re que vous savez (&#8230;) ce n'est plus le moment de consulter l'opinion publique. (&#8230;) &lt;br /&gt;
Jagielski : S'il s'agit du troisi&#232;me point, &#224; savoir : &#171; respecter les libert&#233;s d'expression &#187; (&#8230;) la Constitution garantit les libert&#233;s d'expression, d'&#233;dition, de publication, n'est-ce pas ? Le probl&#232;me se pose, comment dire, au niveau de l'application de ces textes. (&#8230;) L'ouverture des m&#233;dias aux repr&#233;sentants de toutes les confessions est une revendication &#224; examiner. (&#8230;) Si quelqu'un me pose des conditions, je voudrai r&#233;pondre ceci. Moi, je n'ai pos&#233; aucune condition. J'ai seulement exprim&#233; mes souhaits. (&#8230;) &lt;br /&gt;
Walesa : (&#8230;) Je prose d'&#233;laborer ensemble un communiqu&#233; commun. (&#8230;) Nous demandons au surplus une retransmission radiophonique au moins sur Gdansk. (&#8230;) Je propose de chanter ensemble l'hymne national. (Ils chantent.) Nous attendrons gentiment, sagement, sans aucune &#8230; Mesdames, Messieurs, je voudrai que nous saluions courtoisement la d&#233;l&#233;gation avant de nous s&#233;parer. Nos finirons sans doute par nous entendre. &#187;&lt;br /&gt;
(&#8230;) Nous avons trouv&#233; une formule nouvelle, r&#233;sultant de la fusion de plusieurs &#233;l&#233;ments : religion, patriotisme, st&#233;r&#233;otype de la &#171; classe ouvri&#232;re &#187; - oui, cette tradition-l&#224; aussi &#8230; C'&#233;tait une mani&#232;re de &#171; r&#233;volution &#224; genoux &#187;, avec pri&#232;re, chapelet et messe. La pri&#232;re nous prot&#233;geait, mais nous avons magnifi&#233; son importance, cela n'avait plus rien &#224; voir avec la d&#233;votion. &lt;br /&gt;
(&#8230;) On joua contre nous le contenu du sermon prononc&#233; &#224; Jasna-Gora par Mgr Stefan Wyzynski. (&#8230;) Les gars qui priaient sur les Chantiers, eux, accueillirent avec incr&#233;dulit&#233; et d&#233;sarroi les propos du Primat. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Arrive la derni&#232;re s&#233;ance de pourparlers avec la Commission gouvernementale, le samedi 30 ao&#251;t. Le climat de la discussion n'est plus le m&#234;me. Jagielski est press&#233; d'aboutir, fait pression pour que des solutions rapides soient trouv&#233;es, sans trop ergoter sur les formulations de d&#233;tail : &#171; les points num&#233;ro un et deux des revendications &#8230; nous les paraphons ! &#187; Puis, de but en blanc, il d&#233;clare qu'il souhaite revenir aux Chantiers avec ces textes rev&#234;tus de l'aval &#8211; donc de l'approbation &#8211; du plenum du Comit&#233; central. Il sugg&#232;re d&#233;j&#224; les termes du communiqu&#233; final. (&#8230;) Le pl&#233;num du Comit&#233; de gr&#232;ve inter-entreprises exige que je transforme l'affaire des prisonniers en ultimatum. Aucun accord ne doit &#234;tre sign&#233; avant leur lib&#233;ration. (&#8230;) Aussi bien parmi l'assembl&#233;e des d&#233;l&#233;gu&#233;s qu'au sein du Pr&#230;sidium du Comit&#233; de gr&#232;ve, commencent &#224; s'exacerber les points de vue. (&#8230;) Nous convenons qu'un accord existe bel et bien pour le moment et que, pour le reste, nous ferons au mieux&#8230; Le lendemain, la c&#233;l&#233;bration de la messe ram&#232;ne le calme dans la grand-salle. (&#8230;) L'affaire s'&#233;ternisa pour des raisons pratiques. (&#8230;) Jagielski, tendu, bl&#234;mit et d&#233;clare : &#171; je vous en prie&#8230; Je ne sais pas si, dans une heure, je pourrai encore signer cet accord&#8230; &#187; (&#8230;) Nous avons appos&#233; nos signatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je veux &#233;voquer la p&#233;riode qui a suivi les &#233;v&#233;nements qui se sont alors d&#233;roul&#233;s dans notre pays, et que je cherche une image qui r&#233;sume &#224; la fois le climat et l'&#233;tat d'esprit des gens (&#8230;) je compare volontiers la soci&#233;t&#233; polonaise d'apr&#232;s ao&#251;t 80 &#224; un pauvre qui occupait jusque l&#224; un petit coin dans une belle maison dont il n'&#233;tait pas propri&#233;taire. Et voici que subitement, il devient clair que la maison est son ancienne propri&#233;t&#233; et qu'en r&#233;alit&#233;, tout lui appartient ! (&#8230;) Psychologiquement parlant, une telle situation n'est commode ni pour l'ancien ni pour le nouveau gestionnaire, et force est d'admettre que le temp&#233;rament de chacun commande ses actions. (&#8230;) Mais les Accords de Gdansk avaient lanc&#233; des ponts, ouvert des possibilit&#233;s d'entrer dans une nouvelle &#233;tape de coexistence, fait appara&#238;tre la n&#233;cessit&#233; d'une &#171; convivialit&#233; du pouvoir &#187;. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Le lundi matin, ouverture des premiers locaux du Syndicat, rue Marchlewskiego, dans le vieux Wrescz. (&#8230;) Bient&#244;t, la file d'attente s'&#233;tend jusqu'&#224; la rue. (&#8230;) Gdansk devait expliquer, d&#233;fendre, organiser, conf&#233;rer son label. La capitale de la Pologne avait d&#233;m&#233;nag&#233; sur le Littoral. (&#8230;) La p&#233;riode difficile venait de commencer. De jour en jour, une force r&#233;elle se constituait ; les maillons syndicaux se multipliaient &#224; une vitesse vertigineuse dans toutes les entreprises, les &#233;coles, les h&#244;pitaux, et cette force cherchait naturellement &#224; s'exercer : elle entendait influencer les d&#233;cisions concernant le Plan, les questions salariales, celles de la productivit&#233;, les cas individuels. Les directions d'entreprise lui refusaient g&#233;n&#233;ralement ce r&#244;le. Il n'existait pas de jurisprudence indiquant avec pr&#233;cision comment comprendre les Accords d'ao&#251;t 80, dont les formulations &#233;taient souvent trop g&#233;n&#233;rales. Les controverses se multipliaient (...) Toutes affaires devaient &#234;tre r&#233;gl&#233;es par le MKZ : le Comit&#233; inter-entreprises de fondation des syndicats ind&#233;pendants autog&#233;r&#233;s. Nous n'&#233;tions que 18 et il nous revenait d'accomplir sur le champ la r&#233;forme du syst&#232;me. (&#8230;) Quand il devin manifeste que toute notre exp&#233;rience acquise dans les Syndicats libres n'y suffirait pas (&#8230;) je d&#233;couvris la voie menant &#224; moi-m&#234;me par l'Eglise, par la foi, qui m'avait &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e dans les moments difficiles de la gr&#232;ve. (&#8230;) Durant les premiers jours de septembre nous parvint un signal de Varsovie : le Primat souhaitait rencontrer Walesa et l'&#233;quipe des dirigeants de la gr&#232;ve. Ainsi allait donc avoir lieu ce contact personnel, cette rencontre en t&#234;te &#224; t&#234;te avec celui qui personnifiait la majest&#233; de l'Eglise polonaise, qui repr&#233;sentait le lien principal entre la tradition nationale, toujours vivante, et le pr&#233;sent. (&#8230;) Nous avons commenc&#233; par une messe matinale au cours de laquelle le cardinal Wyszynski, s'adressant &#224; nous, d&#233;clara : &#171; (&#8230;) Les plus grandes &#233;nergies doivent se d&#233;ployer afin de donner des fruits pour le bien des travailleurs qui entreprennent dans notre Patrie un immense effort. Mais comme il faut &#234;tre sage ! Comme il faut savoir embrasser &#224; la fois le pr&#233;sent et l'avenir de cette nation (&#8230;) &#187; Il d&#233;clara un peu plus tard : &#171; Il ne faut pas vouloir changer les gens en place, ce sont eux qui doivent changer, devenir autres. &#187; (&#8230;) Je me sentais tr&#232;s proche du primat sur tous ces sujets ! (...) Le Primat surprenait parfois par son indulgence et sa g&#233;n&#233;rosit&#233;, si &#233;loign&#233;s d'une tactique sommaire et plus ais&#233;e &#224; adopter, tentante m&#234;me. Il en avait &#233;t&#233; ainsi en 1970, apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de d&#233;cembre, quand l'Eglise &#233;tait &#224; m&#234;me d'exiger beaucoup d'un pouvoir affaibli par les r&#233;cents bouleversements&#8230; Le Primat d&#233;clara alors qu'on ne pouvait &#171; gagner &#187; gr&#226;ce qu sang ouvrier qui avait &#233;t&#233; r&#233;pandu, que l'Eglise devait &#234;tre forte de sa propre force, non de la faiblesse de l'adversaire. (&#8230;) Novice comme je l'&#233;tais &#224; l'&#233;poque, ce sont l&#224; des &#233;l&#233;ments qui me permirent de construire ce qu'on a plus tard appel&#233; la &#171; ligne Walesa &#187;, qui ne faisait alors que s'esquisser. (&#8230;) En ao&#251;t, ce but &#233;tait clair aux yeux de tous, tout &#233;tait simple : il fallait arr&#234;ter la gr&#232;ve, formuler nos revendications, amener le pouvoir &#224; les accepter. (&#8230;) Prendre le pouvoir, r&#233;tablir l'ordre par un nouveau pouvoir install&#233; par nous ? Non ! Plut&#244;t, un profond changement int&#233;rieur du pouvoir en place, puisque rien ne garantissait qu'un autre serait meilleur (&#8230;)&lt;br /&gt;
Ce pendait, pr&#232;s du feu, l&#224; o&#249; tout se d&#233;cidait, les affaires se r&#233;v&#233;laient beaucoup plus complexes. J'&#233;tais celui qui choisissait les &#233;l&#233;ments de l'alliage, mais, parall&#232;lement, d'autres &#233;l&#233;ments s'y infiltraient &#224; mon insu : par les c&#244;t&#233;s, par en haut, par derri&#232;re&#8230; Il y avait m&#234;me des gens qui agissaient de leur propre initiative, sans demander la moindre autorisation. La temp&#233;rature montait constamment. Situation nouvelle : dans la gr&#232;ve, nous &#233;tions la force motrice, nous dosions les probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre, le mouvement ob&#233;issait &#224; un programme, donnait lui-m&#234;me le tempo des &#233;v&#233;nements qui, cette fois, se d&#233;roulaient ind&#233;pendamment de nous. L'aiguillage avait &#233;t&#233; d&#233;vi&#233; : il fallait redoubler de force pour contr&#244;ler le cours de l'actualit&#233;, proposer &#224; temps des corrections de trajectoires, &#233;viter les catastrophes, servir de butoir l&#224; o&#249; des revendications d&#233;cha&#238;n&#233;es mena&#231;aient directement l'existence de certaines structures concr&#232;tes du pouvoir. Au cours de dizaines de r&#233;unions, il me fallut combattre la tendance g&#233;n&#233;rale au r&#232;glement de comptes avec des chefs de services, des directeurs compromis dans leurs entreprises, des repr&#233;sentants du pouvoir &#224; divers niveaux. Les gens &#233;taient emport&#233;s par la fureur de tout nettoyer tout de suite. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Quelques jours apr&#232;s la gr&#232;ve, je re&#231;us la visite d'Anna Walentynowicz, dans notre nouvel appartement, rue Pilotow, dans le quartier neuf de Zaspa. (&#8230;) Mme Anna vint me voir avec une proposition amicale bien concr&#232;te : &#171; Donne ta d&#233;mission du Comit&#233; inter-entreprises ! &#187; Je n'avais pas les &#233;paules assez larges, &#224; ce qu'elle disait, il fallait un type dans le genre d'Andrej Gwiazda, de Kuron, de Modzelewski ou de tel autre encore&#8230; Le candidat n'&#233;tait pas pr&#233;cis&#233;, mais l'intention n'en &#233;tait pas moins claire : d'apr&#232;s elle, j'&#233;tais trop faible, pas assez &#171; r&#233;volutionnaire &#187; dans mes revendications, trop mou avec les autorit&#233;s. Cette id&#233;e n'&#233;manait pas uniquement de madame Anna, il y avait derri&#232;re elle une fraction pas tr&#232;s nombreuse mais influente des syndicats libres du Littoral. (&#8230;) Il &#233;tait devenu &#233;vident que le Comit&#233; inter-entreprises de Gdansk s'employait sans cesse &#224; contester la position que j'avais acquise, il faut le reconna&#238;tre, gr&#226;ce &#224; la gr&#232;ve. Aux yeux de certains, je pouvais encore appara&#238;tre comme un &#171; usurpateur &#187;. (&#8230;) Ainsi Jacek Kuron &#233;tait indiscutablement un homme aux id&#233;es bien arr&#234;t&#233;es, initiateur de conceptions assez radicales. C'&#233;tait le m&#234;me homme avec qui j'avais eu une discussion interminable &#224; l'&#233;poque o&#249; je faisais mes tout premiers pas dans les syndicats libres. C'est &#224; lui que j'&#233;tais redevable de l'aide que le KOR (Comit&#233; de D&#233;fense des Ouvriers) avait apport&#233;e &#224; moi-m&#234;me et &#224; beaucoup d'autres en p&#233;riode de ch&#244;mage ou de difficult&#233;s personnelles. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Sous le label Solidarnosc, les Comit&#233;s inter-entreprises r&#233;gionaux iront tous ensemble se faire enregistrer au tribunal. (&#8230;) A pr&#233;sent, le groupe de conseillers et d'experts varsoviens travaillait &#224; nos statuts qui devaient refl&#233;ter &#224; la fois notre exp&#233;rience syndicale, la signification d'ao&#251;t 80, la tradition polonaise. (&#8230;) Dans le m&#234;me temps, une &#233;quipe de t&#233;l&#233;vision polonaise m'interroge sur le sort de la premi&#232;re gr&#232;ve d'avertissement annonc&#233;e par Solidarnosc. Ils ont du mal &#224; comprendre que la proclamation de cette gr&#232;ve d'avertissement canalise toutes les gr&#232;ves sauvages qui explosent comme des p&#233;tards dans tout le pays contre les autorit&#233;s qui s'opposent &#224; divers &#233;chelons aux in&#233;vitables revendications de la population. A cela s'ajoute encore en arri&#232;re-plan la cr&#233;ation de l'organisation syndicale rurale qui est en train de se mettre pr&#233;cipitamment en place. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Sur les &#171; gr&#232;ves de solidarit&#233; ouvri&#232;re &#187;, notamment aux revendications des agriculteurs, Walesa cite la bande son d'un film :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Walesa : (&#8230;) C'est &#224; Gdansk que &#231;a se passe. Poznan a d&#233;bray&#233; aussi, j'ai stopp&#233;. J'ai tout de m&#234;me stopp&#233; deux gr&#232;ves ! (&#8230;) Ce serait pire s'ils faisaient gr&#232;ve sans nous. Ce serait la r&#233;volution. (&#8230;) Je pense donc que ce que nous avons fait constituait l'issue la plus logique. (&#8230;) Nous &#233;tions oblig&#233;s de nous prononcer, et nous nous sommes prononc&#233;s pour la ma&#238;trise de ce mouvement. Le pire aurait &#233;t&#233; qu'il &#233;chappe &#224; notre contr&#244;le. Nous ne souhaitons pas la gr&#232;ve, parce qu'il en viendra alors sans cesse de nouveaux pour multiplier les revendications, et tout risque alors de mal tourner. C'est pourquoi nous n'en voulons pas. (&#8230;) Bien s&#251;r que nous pouvons y aller, mais nous sommes bien plac&#233;s pour savoir que, d'ici une heure, il peut aussi bien &#233;clater une r&#233;volution. (&#8230;) Nous for&#231;ons les choses, pouss&#233;s par des hourrah, de telle mani&#232;re qu'il n'y ait plus de solution du tout ! &#187;&lt;br /&gt;
&#171; Walesa : &#171; Walesa &#224; l'appareil. Monsieur le directeur, il y a deux affaires dont je voudrais vous parler. (&#8230;) En ce qui concerne cette gr&#232;ve. Vous savez, nous ne tenons pas &#224; ce qu'il y ait des gr&#232;ves en ce moment&#8230; (&#8230;) C'est pourquoi il serait bien que vous fassiez en sorte que (&#8230;) je m'entretienne avec eux (les gr&#233;vistes), ou pour qu'ils viennent chez nous&#8230; Nous leur expliquerions en quoi &#231;a fait probl&#232;me. (&#8230;) R&#233;ponse de l'assistant du vo&#239;vode : nous enverrons des voitures vous chercher. &#187;&lt;br /&gt;
Les voitures sont bien arriv&#233;es, mais l'annulation de la premi&#232;re gr&#232;ve d'avertissement d'apr&#232;s ao&#251;t n'a pas &#233;t&#233; prononc&#233;e pour autant pour la simple raison qu'elle ne pouvait pas l'&#234;tre. (&#8230;) De toute fa&#231;on, j'allais mettre fin &#224; ces gr&#232;ves (&#8230;) &lt;br /&gt;
La c&#233;sure dans la br&#232;ve existence officielle du syndicat se situe &#224; mon avis en mars 1981. Elle correspond &#224; la crise de Bydgoszcz, engendr&#233;e par l'agression perp&#233;tr&#233;e par la milice contre Rulewski, responsable de Solidarnosc pour cette r&#233;gion, et d'autres qui tentaient de pr&#233;senter &#224; la session du conseil r&#233;gional de Bydgoszcz le probl&#232;me de la reconnaissance du syndicat des agriculteurs priv&#233;s. Cette crise de mars a &#233;t&#233; surmont&#233;e, mais nous avions d&#233;j&#224; presque atteint le point limite. J'ai eu le plus grand mal &#224; apaiser le climat de mobilisation g&#233;n&#233;rale qui s'&#233;tait cr&#233;&#233; autour de la raison d'&#234;tre de Solidarnosc, et qui, &#233;tant donn&#233; l'attitude du pouvoir, mena&#231;ait de conduire &#224; la catastrophe. J'eus alors le sentiment d'avoir d&#233;samorc&#233; une &#233;norme charge de dynamite et d'avoir men&#233; &#224; bien quelque chose d'irr&#233;versible. A partir de ce moment-l&#224;, Solidarnosc ne b&#233;n&#233;ficierait certes plus jamais d'une conjoncture aussi favorable, mais, d'un autre c&#244;t&#233;, jamais une confrontation g&#233;n&#233;rale avec ce pouvoir aux abois n'avait &#233;t&#233; aussi lourde de dangers. &lt;br /&gt;
L'affaire de mars est en effet une date cl&#233; pour comprendre l'histoire du syndicat. Je soutenais qu'on ne pouvait absolument pas proc&#233;der &#224; une op&#233;ration aussi complexe que l'inversion du rapport de forces en Pologne dans un climat d'extr&#234;me tension, au bord de l'explosion sociale. Je tablais sur une issue &#233;volutive. Malheureusement, le pouvoir ne tira de la mobilisation qu'une seule conclusion : qu'il &#233;tait tr&#232;s menac&#233; et, qu'en l'espace d'une journ&#233;e, l'ensemble de la population pouvait se dresser contre lui. Apr&#232;s ces &#233;v&#233;nements, j'&#233;tais n&#233;anmoins certain d'une chose : tant que nous pourrions naviguer, tant que Solidarnosc continuerait d'exister, il serait possible, ne f&#251;t-ce que tr&#232;s lentement, de consolider les changements, de donner aux gens ne f&#251;t-ce qu'un aper&#231;u de ce que pourrait &#234;tre la vraie vie en Pologne. (&#8230;) Parfois, on pr&#233;f&#232;rerait presque que tout nous tombe dessus : on verra bien, &#231;a nous tranchera peut-&#234;tre pas la t&#234;te, si nous savons rester raisonnables ; le cas &#233;ch&#233;ant, nous reviendrons alors sur nos pas&#8230; Je me repr&#233;sentais toujours l'avenir comme une marche par &#233;tapes, jamais comme une course d'une seule traite. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Si l'espoir &#233;tait immense, les chances de r&#233;ussir ici et maintenant n'&#233;taient vraiment pas &#233;normes. J'&#233;tais au contraire d'avis qu'elles &#233;taient infimes. Elles r&#233;sidaient dans le simple fait que la cause d'ao&#251;t 80 &#233;tait commune &#224; tous les Polonais. Elles reposaient sur l'espoir que le pouvoir repr&#233;senterait le peuple dans cette mesure au moins o&#249; il serait capable de comprendre ses aspirations et il accepterait de participer &#224; ce difficile processus. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Quoiqu'on puisse en penser, &#224; aucun moment l'attitude de Solidarnosc n'avait abouti &#224; aggraver les difficult&#233;s &#233;conomiques, m&#234;me si telle &#233;tait alors la version des faits la plus courante parmi ceux qui d&#233;fendaient les int&#233;r&#234;ts gouvernementaux. En voici une illustration : c'est la cr&#233;ation des syndicats ind&#233;pendants qui constituait la revendication principale des gr&#233;vistes d'ao&#251;t 80, bien que les revendications salariales eussent domin&#233; dans un premier temps. Les ouvriers des Chantiers c&#233;d&#232;rent sur ces derni&#232;res jusqu'&#224; y renoncer pour ainsi dire totalement. On en eut termin&#233; avec une augmentation de quelques centaines de zlotys, et plut&#244;t pour le principe, afin d'en finir avec l'aspect purement &#233;conomique de la gr&#232;ve. Il y avait de notre part une grande compr&#233;hension des difficult&#233;s du pays. Les gens &#233;taient pr&#234;ts &#224; consentir des sacrifices. Il y eut m&#234;me des propositions comme quoi ceux qui en avaient encore les moyens allaient se cotiser pour rembourser ne f&#251;t-ce qu'une toute petite partie de la dette polonaise ? &lt;br /&gt;
(&#8230;) Novembre 80 &#233;largit dangereusement le champ de confrontation avec le pouvoir. Deux incidents y contribu&#232;rent : le premier, li&#233; &#224; l'enregistrement du syndicat ; le second, concernant l'affaire Jan Narozniak, un math&#233;maticien de l'Universit&#233; de Varsovie qui avait rendu public un texte confidentiel du procureur g&#233;n&#233;ral. (...) Dans le m&#234;me temps d&#233;ferle une vague de revendications plus g&#233;n&#233;rales : dans la r&#233;gion montagneuse, &#224; Bielsko-Biala, &#224; Jelenia-Gora. Un puissant mouvement social se d&#233;veloppe, exigeant que soient restitu&#233;s de nombreux centres de loisirs luxueusement &#233;quip&#233;s, des maisons de repos, des b&#226;timents publics appartenant jusqu'alors aux diff&#233;rents organes gouvernementaux et inaccessibles au reste de la population. (&#8230;) D'o&#249; une vague de gr&#232;ves dans toutes les r&#233;gions de Pologne. Je passe cette p&#233;riode &#224; voyager sans cesse pour participer aux n&#233;gociations entre gr&#233;vistes et autorit&#233;s. Les conseillers et experts du syndicat ne me quittent pas un instant. Ils sont partout o&#249; les conflits se propagent. (&#8230;) L'Eglise jouait avec succ&#232;s le r&#244;le de m&#233;diateur entre les gr&#233;vistes et le pouvoir. L'image en est devenue classique et restera longtemps dans les m&#233;moires : trois &#233;v&#234;ques assis &#224; la table des pourparlers entre repr&#233;sentants des autorit&#233;s et de Solidarnosc. C'est le moment o&#249; la tension &#224; Bielsko-Biala &#233;tait &#224; son comble. (&#8230;) Je me suis mis en route en janvier 1981. A Rome m'attendait un grand Polonais, le pape Jean Paul II, et cette rencontre fut pour moi le temps fort de mon s&#233;jour en Italie. Nous apportions au Pape le message de Solidarnosc, et j'avais grandement conscience de l'importance de ce que nous re&#231;&#251;mes de lui qui, publiquement, &#224; la face du monde, approuva nos id&#233;aux. (...) J'avais re&#231;u une invitation &#224; me rendre &#224; Gen&#232;ve pour participer, au d&#233;but de juin, &#224; la prochaine session annuelle de l'Organisation Internationale du Travail. (&#8230;) Nous sommes partis en juin de Varsovie avec le ministre Jerzy Obodowski et un petit groupe de ses conseillers repr&#233;sentant la &#171; sph&#232;re des employeurs &#187;. Pour ma part, j'&#233;tais accompagn&#233; par Bronislaw Geremek, Andrej Stelmachowski et Ryszard Kalinowski qui avait, au sein de son syndicat, la responsabilit&#233; des contacts avec l'&#233;tranger. D&#232;s le d&#233;collage de l'avion se cr&#233;a entre nous une bonne atmosph&#232;re : apr&#232;s tout nous partions repr&#233;senter conjointement la Pologne &#224; une assembl&#233;e internationale o&#249; on ne se priva pas de nous scruter attentivement. (&#8230;) L'appui de la France se r&#233;v&#233;la alors essentiel, dissipant les malentendus auxquels se heurtait l'id&#233;al de Solidarnosc et &#233;clairant par contrecoup le malaise de l'&#233;quipe dirigeante polonaise. Il fit mieux comprendre &#224; l'opinion politique internationale le sens et la port&#233;e r&#233;els de l' &#187;&#233;t&#233; polonais &#187;. (&#8230;) Les cinq grandes organisations syndicales repr&#233;sent&#233;es ce jour-l&#224; refl&#233;taient &#224; elles seules tout l'&#233;ventail des tendances existantes, depuis le mouvement d'inspiration chr&#233;tienne jusqu'aux communistes. Toutes soulign&#232;rent n&#233;anmoins &#8211; et cette unanimit&#233; &#233;tait capitale &#8211; l'importance de l'exp&#233;rience polonaise pour le mouvement syndical mondial. (&#8230;) Ce sont les chr&#233;tiens de la CFTC qui percevaient le mieux la nature de notre attachement &#224; la religion et &#224; l'Eglise. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Mes d&#233;placements en Pologne m&#234;me commenc&#232;rent &#224; compter d'octobre 1980. (&#8230;) Je devais enfourcher ce cheval l&#224; &#8211; exprimer certaines choses en usant de la langue de bois de la politique &#8211; afin de ne pas permettre &#224; ce cheval de me d&#233;sar&#231;onner, et pour mieux le freiner ensuite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;T&#233;moignage de Mieczyslaw Wachoowski cit&#233; par Walesa : &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Il faut commencer par dire que Lech avait une passion pour les voyages et les foules. (&#8230;) D&#233;j&#224;, &#224; cette &#233;poque, on le surnommait &#171; Lech-le-pompier &#187;, il jouait le r&#244;le de celui qui allait partout &#233;teindre les foyers de gr&#232;ves. (&#8230;) A Jelenia-Gora, c'&#233;taient Wielowieyski et Sila-Nowicki qui menaient les pourparlers. (&#8230;) Lech arrive et explique que vouloir aujourd'hui confisquer quoi que ce soit &#224; la milice est une pure b&#234;tise, qu'on se faire briser les reins pour des futilit&#233;s. (...) R&#233;sultat : le b&#226;timent fut conc&#233;d&#233;, les gens rentr&#232;rent chez eux, le probl&#232;me &#233;tait r&#233;gl&#233;. Lech eut ce mot de la fin : &#171; Encore une gr&#232;ve d'&#233;teinte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;T&#233;moignage d'Anna Kowalczyk cit&#233; par Walesa : &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Leszek n'aimait d&#233;cid&#233;ment pas ce d&#233;ferlement de gr&#232;ves. Pr&#233;tendre qu'il les soutenait n'est que calomnie. Il y allait plut&#244;t en tant que &#171; pompier &#187;, pour &#233;touffer l'incendie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Walesa&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : &lt;i&gt; &lt;br /&gt;
&#171; En f&#233;vrier 1981 survient un changement important. Pietkowski est remplac&#233; &#224; son poste par le g&#233;n&#233;ral Wojciech Jaruzelski qui devient Premier ministre tout en conservant le portefeuille de la D&#233;fense qu'il d&#233;tient depuis 1968. (&#8230;) Dans sa premi&#232;re allocution, le g&#233;n&#233;ral-Premier ministre appelle &#224; 90 jours de tr&#234;ve, tout en exposant un programme anti-crise en dix points. A peine nomm&#233; vice-Premier ministre Rokowski entreprend des n&#233;gociations avec Solidarnosc. On note alors de rapides progr&#232;s dans l'action visant &#224; apaiser les menaces de gr&#232;ve dans l'ensemble du pays (&#8230;) Tous ces acquis peuvent para&#238;tre bien minces. Mais l'opinion pr&#233;vaut que le G&#233;n&#233;ral fait montre de bonne volont&#233; et qu'il convient donc de l'aider. Le 18 f&#233;vrier 1981, une semaine apr&#232;s l'entr&#233;e en fonctions de Jaruzelski comme Premier ministre, les gr&#232;ves ont cess&#233; et le calme r&#232;gne partout dans le pays. Mais, dans le m&#234;me temps, une r&#232;gle arbitraire, limitant consid&#233;rablement le droit de gr&#232;ve, est introduite par d&#233;cret : le pouvoir se r&#233;serve de d&#233;cider de la conformit&#233; d'une gr&#232;ve aux conditions pr&#233;vues dans les conventions, et il exige que la dur&#233;e de pr&#233;avis soit port&#233;e &#224; au moins sept jours. (&#8230;) On assiste &#224; une nouvelle vague de repr&#233;sailles &#224; l'encontre de militants de Solidarnosc. (&#8230;) &lt;br /&gt;
En d&#233;pit de tout cela, on parvient &#224; m'organiser un premier entretien en t&#234;te &#224; t&#234;te avec Jaruzelski. (&#8230;) Je ne me dissimule pas pour autant l'estime instinctive que je voue &#224; l'uniforme. Le fait que le G&#233;n&#233;ral ait rev&#234;tu l'uniforme pour cette rencontre si attendue n'est d'ailleurs pas d&#233;nu&#233; de signification&#8230; (&#8230;) La rencontre elle-m&#234;me se d&#233;roule dans un climat qu'il serait exag&#233;r&#233; de qualifier de chaleureux, mais, entre nous, le courant passe qui avait &#233;t&#233; compl&#232;tement absent de ma premi&#232;re rencontre avec Kania (&#8230;) Je nourris en revanche une certaine estime pour Jaruzelski, probablement li&#233;e au port de l'uniforme, mais pas seulement. (&#8230;) Tout donne alors &#224; croire qu'il existe un langage commun, susceptible d'&#234;tre employ&#233; et compris par l'un et par l'autre. (&#8230;) &lt;br /&gt;
Quelle est la situation au moment o&#249; &#233;clate l'incident de Bydgoszcz ? Dans le Nored de la Pologne se d&#233;roulent de grandes man&#339;uvres du Pacte de Varsovie. On nous signale que plane sur le pays la menace d'une instauration de l'&#233;tat d'urgence. On sait &#233;galement que sont constitu&#233;es des listes de militants que les autorit&#233;s ont &#224; l'&#339;il. (&#8230;) Nous n'&#233;tions pas &#224; m&#234;me de nous battre. J'avais confiance en la sagesse de notre population, je ne concevais pas qu'on en arriverait &#224; une telle situation, m&#234;me au cas o&#249; une certaine &#171; aide &#187; ext&#233;rieure viendrait nous tomber dessus. Les &#233;v&#233;nements ne pouvaient tourner au tragique, puisque la population n'&#233;tait pas arm&#233;e, n'&#233;tait nullement pr&#233;par&#233;e et ne souhaitait pas lutter de cette fa&#231;on-l&#224;. (&#8230;) Bydgoszcz ouvrit cette faille si contraire &#224; ma conception : je savais que si nous commencions et si nous nous r&#233;v&#233;lions incapables de nous arr&#234;ter, ceux d'en haut n'auraient plus le choix. C'est pourquoi je ne tenais pas &#224; aborder ainsi ce genre de probl&#232;mes. Il fallait y faire face, mais pour leur trouver une solution toujours possible, et non de mani&#232;re offensive, comme l'on se pr&#233;pare &#224; un conflit. Je misais sur une longue et patiente obstination (&#8230;) &lt;br /&gt;
A la veille du Congr&#232;s de Solidarnosc, je me rendais bien compte que de nos trois courants : pragmatique, repr&#233;sent&#233; en principe par notre groupe d'experts, organisationnel, repr&#233;sent&#233; par les d&#233;l&#233;gu&#233;s arriv&#233;s &#224; Gdansk, c'&#233;tait le troisi&#232;me, celui de l'action pratique, qui devait se voir accorder la plus grande importance : pour ce courant, la question &#233;tait de savoir si et comment nous pourrions arriver &#224; passer avec le pouvoir un compromis permettant d'ins&#233;rer Solidarnosc dans le paysage politique polonais en tant que force populaire ind&#233;pendante, non soumise au Parti. (...) Le probl&#232;me &#233;tait que les membres de cette assembl&#233;e voulaient &#224; tout prix briller, voler plus haut que leurs ailes ne le leur permettaient. (&#8230;) La mode &#233;tait aux slogans, on en braillait pour un oui, pour un non. (&#8230;) L'ensemble des d&#233;cisions et motions adopt&#233;es n'avait &#224; mes yeux qu'une valeur toute th&#233;orique car, en v&#233;rit&#233;, une seule chose comptait d&#233;sormais : savoir si on parviendrait &#224; cr&#233;er en Pologne un syst&#232;me tripartite entre le pouvoir, l'Eglise et Solidarnosc. Prenant part &#224; la discussion pour soutenir ce point de vue, j'eus plusieurs fois l'occasion de perdre patience, et ne pus le dissimuler jusqu'&#224; la cl&#244;ture des d&#233;bats. Quelqu'un se d&#233;clara m&#234;me scandalis&#233; lorsque j'avouai ne pas conna&#238;tre dans le d&#233;tail l'assez volumineux projet de plate-forme soumis au vote des congressistes&#8230;&lt;br /&gt;
Voici le t&#233;moignage d'un participant au Congr&#232;s sur son d&#233;roulement :&lt;br /&gt;
&#171; Au cours des d&#233;bats du Congr&#232;s de Solidarnosc, Walesa n'est apparemment attentif qu'&#224; une chose : il essaie et finit par obtenir une composition des instances dirigeantes qui lui assure un plein contr&#244;le sur le syndicat. (&#8230;) Il r&#233;clame au Congr&#232;s les pleins pouvoirs. Cette proposition ne soul&#232;ve gu&#232;re l'enthousiasme. (&#8230;) La motion pr&#233;sent&#233;e par Karol Modzlewski, mise aux voix, est adopt&#233;e, de m&#234;me que le projet de loi pour l'autogestion ouvri&#232;re. Celui-ci balaie le projet gouvernemental adress&#233; &#224; la Di&#232;te : au lieu de faire nommer les directeurs par un organe d'Etat, il r&#233;clame leur d&#233;signation par voix d'&#233;lections. Cette autogestion ouvri&#232;re s'inscrit ainsi comme une contestation radicale de la nomenklatura. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Walesa : &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; A la conf&#233;rence de presse cl&#244;turant les longs et orageux d&#233;bats du Congr&#232;s, j'expose &#224; nouveau mon id&#233;e de &#171; triple entente &#187; entre le gouvernement, l'Eglise et Solidarnosc. C'est au cours des derniers mois de l'ann&#233;e 1981, les plus tendus, lors de la rencontre du &#171; grand trio &#187; Jaruzelski-Glemp-Walesa, que sera formul&#233;e officiellement la proposition suivante ; pour Solidarnosc, non pas une voix sur trois, mais tout au plus une voix dans un ch&#339;ur de sept. Dans le projet de cr&#233;ation d'un Front d'Entente nationale, le grand syndicat ne disposera que d'un strapontin aux c&#244;t&#233;s de multiples autres organisations sociales. (&#8230;) Quelques jours avant la rencontre du &#171; grand trio &#187; se d&#233;cha&#238;ne une violente campagne contre Solidarnosc (&#8230;) Le g&#233;n&#233;ral Jaruzelski y parle de la folie des gr&#232;ves, de la campagne de haine d&#233;clench&#233;e contre le pays, le socialisme et ses alli&#233;s naturels. (&#8230;) Le 4 novembre dans l'apr&#232;s-midi, Lech Walesa est accueilli par le primat Jozef Glemp. C'est bient&#244;t l'heure de la rencontre avec Wojzech Jaruzelski. (&#8230;) Le texte de proposition d'&#233;laboration d'une ligne commune entre Solidarnosc et le pouvoir, r&#233;dig&#233; par Tadeuz Mazowiecki n'est m&#234;me pas examin&#233; lors de cette rencontre. &#187; (&#8230;) La rencontre du &#171; trio &#187; a finalement abouti &#224; une impasse, elle n'a donn&#233; aucun r&#233;sultat. Ce qui ne veut pas dire que je suis rest&#233; sourd aux arguments du pouvoir. Apr&#232;s cette rencontre et jusqu'au 12 septembre, tous les foyers de gr&#232;ve furent &#233;touff&#233;s ; la derni&#232;re gr&#232;ve, objet de discussion entre le Primat et moi - , celle des &#233;tudiants, allait se terminer par une messe solennelle au sanctuaire de Jasna Gora, &#224; Czestochova. Les autorit&#233;s en furent elles aussi inform&#233;es. Je d&#233;clarai &#233;galement que la meilleure solution au probl&#232;me des gr&#232;ves serait la cr&#233;ation de commissions paritaires : une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ou r&#233;gionale ne pourrait &#234;tre d&#233;clench&#233;e qu'apr&#232;s qu'on ait &#233;puis&#233; toute possibilit&#233; de m&#233;diation. Cela vaudrait aussi bien &#224; l'&#233;chelon local, jusqu'au niveau des entreprises ; interdit de d&#233;clencher une gr&#232;ve sans m&#233;diation pr&#233;alable, sauf peut-&#234;tre en cas d'attaque directe contre le syndicat&#8230; (&#8230;) J'ai pr&#233;sent&#233; tout un catalogue de propositions semblables, la principale, sciemment pass&#233;e sous silence par les autorit&#233;s, devait contribuer &#224; changer le fonctionnement de la Commission Nationale (&#8230;) lui permettant de s'occuper d'avan&#231;age de solutions pratiques aux probl&#232;mes au lieu de se sentir investie de la mission de formuler en permanence une litanie de revendications embl&#233;matiques. (&#8230;) Une modification fut apport&#233;e en toute connaissance de cause, pendant le Congr&#232;s, &#224; la liste des membres de l'instance dirigeante du mouvement, autrement dit du Praesidium de la Commission Nationale. N'y figurait plus aucune &#171; personnalit&#233; &#187; dont le cas eut risqu&#233; de para&#238;tre politiquement &#171; &#233;pineux &#187; aux yeux du pouvoir. On me reprocha d'ailleurs d'avoir ainsi cr&#233;&#233; un &#171; praesidium-croupion &#187;, mais, en ces temps de transition difficile, ce n'&#233;tait pas une mauvaise chose. Qui en &#233;tait membre ? Des gens comp&#233;tents, non plus des meneurs de gr&#232;ves, mais des hommes capables de travailler. (&#8230;) je pouvais compter sur l'&#233;quipe qui m'entourait et sur moi-m&#234;me. Ayant d&#233;j&#224; une certaine exp&#233;rience, je pensais que nous pourrions maintenir les choses le plus longtemps possible et que nous serions capables d'emp&#234;cher ce qui s'&#233;tait pass&#233; avec les conseils ouvriers apr&#232;s 1956, avec l'autogestion apr&#232;s 1970. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Le 13 d&#233;cembre 1981, le g&#233;n&#233;ral Wojciech Jaruzelski fait sa rentr&#233;e sur la sc&#232;ne nationale dans un tout nouveau r&#244;le. (&#8230;) L'&#233;tat de guerre (&#8230;) ressemble &#224; une action militaire de grande envergure. (&#8230;) J'ai compris que, pour le moment, notre mouvement est stopp&#233;. Il faut l'accepter, de m&#234;me qu'on a accept&#233; les r&#232;gles du jeu. Quand vient le tour du joueur qu nous fait face, il faut savoir se retirer, r&#233;fl&#233;chir &#224; t&#234;te repos&#233;e, garder bon moral et refaire ses forces pour affronter la suite. (&#8230;) &lt;br /&gt;
A Gdansk et sur les Chantiers, la situation durant ces journ&#233;es critique est la suivante : &lt;br /&gt;
&#171; D&#233;cret instaurant l'Etat de guerre et toutes les dispositions qui en d&#233;coulent : couvre-feu, interdiction de voyager, coupure des liaisons t&#233;l&#233;phoniques et du telex, suppression de la libert&#233; d'expression, r&#233;duction des programmes de la radio et de la t&#233;l&#233;vision, suspension des cours dans les &#233;coles et les universit&#233;s, contribution obligatoire au profit des forces arm&#233;es, militarisation de nombreuses entreprises, service de d&#233;fense civile, suspension des activit&#233;s des organisations &#233;tudiantes et des associations, blocage des retraits d'argent polonais et &#233;tranger. (&#8230;) Les gens accourus devant le b&#226;timent de la Direction r&#233;gionale du syndicat forment une foule consid&#233;rable. Un jeune homme a plant&#233; sur le toit le drapeau de Solidarnosc. (&#8230;) De l'int&#233;rieur, on annonce par hauts-parleurs : &#171; Nous nous attendons &#224; une intervention de la milice, nous vous prions de ne pas rester devant l'entr&#233;e. &#187; (&#8230;) Il est terrible le coup de massue re&#231;u par les militants de Solidarnosc. Comme tout le monde, ils ne s'y attendaient pas. Puis la stupeur laisse place &#224; la r&#233;flexion : &#171; n'aurait-on pas d&#251; pr&#233;parer l'opinion &#224; cette &#233;ventualit&#233; ? Si les responsables du mouvement ne l'ont pas fait, peut-on dire que leur devoir a &#233;t&#233; rempli ? &#187; Il est exact que le syndicat avait &#233;labor&#233; un plan pr&#233;cis, mais qui ne s'appliquait qu'au cas o&#249; la Di&#232;te se serait appr&#234;t&#233;e &#224; voter des pouvoirs sp&#233;ciaux au gouvernement. &#171; &lt;br /&gt;
(&#8230;) Une r&#233;union a lieu &#224; laquelle participent les membres des trois comit&#233;s de gr&#232;ve : national, r&#233;gional et celui des Chantiers. (&#8230;) Le pr&#233;sident de la r&#233;union passe le micro au P&#232;re Jankowski qui affirme s'&#234;tre entretenu avec Lech, intern&#233; pour le moment &#224; Varsovie :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il nous demande d'attendre sa d&#233;cision. Ce soir ou demain matin, Lech parlera avec les repr&#233;sentants du gouvernement. &lt;br /&gt;
A peine le P&#232;re Jankowski a-t-il termin&#233; sa phrase qu'un homme se presse en s'&#233;criant :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; A quoi bon attendre ? (&#8230;) Les dirigeants de Solidarnosc sont-ils arr&#234;t&#233;s ? Ils le sont ! Il ne reste donc qu'une seule r&#233;ponse face &#224; ces &#233;v&#233;nements : la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale !&lt;br /&gt;
Madame Walesa a demand&#233; la parole : (&#8230;) Lech vous demande de ne pas prendre de d&#233;cisions irr&#233;fl&#233;chies&#8230;. &lt;br /&gt;
La salle est parcourue par des mouvements divers. Quelqu'un lance :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Walesa n'est pas le syndicat &#224; lui tout seul ! (&#8230;)&lt;br /&gt;
La d&#233;termination des gens est telle que plus personne ne veut entendre parler de vote : la d&#233;cision est d&#233;j&#224; prise (la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale).&lt;br /&gt;
(&#8230;) Au fond, je savais bien qu'il n'&#233;tait pas dans la tradition de ce pays que sa population s'oppose par la force, les armes &#224; la main, au pouvoir en face ; notre chemin n'&#233;tait pas celui-l&#224;. C'&#233;tait &#233;galement la fa&#231;on de penser du Primat qui appelait en chaire &#224; l'ouverture de pourparlers, disant qu'il &#233;tait dispos&#233; &#224; aller les solliciter &#224; genoux. Sur ce point, il n'y avait gu&#232;re de divergences entre nous et j'ai clairement fait part de mon alignement sur la position de l'Eglise. (&#8230;) Je ne suis pas candidat au suicide. Je ne vais pas me lancer dans des histoires stupides, je n'ai nulle intention d'ameuter les foules ni d'organiser des gr&#232;ves. Je veux aider &#224; une sortie progressive de la gr&#232;ve, car je sais qu'on ne peut impun&#233;ment plonger la soci&#233;t&#233; dans le chaud pour brusquement l'exposer au froid... (&#8230;) La p&#233;riode de l'&#233;tat de guerre, m&#234;me si elle doit durer une ann&#233;e, pourrait &#234;tre mise &#224; profit pour changer progressivement de mod&#232;le en en discutant en commun ; je la consid&#232;re &#233;galement comme une solution pr&#233;f&#233;rable &#224; toute intervention ext&#233;rieure. J'ai moi-m&#234;me connu des difficult&#233;s &#224; ma&#238;triser certaines tendances. (&#8230;) &lt;br /&gt;
La d&#233;cision de dissoudre Solidarnosc n'ayant pas &#233;t&#233; prise d&#232;s le d&#233;but, tout pouvait encore s'arranger ; il fallait simplement attendre : un jour, une semaine, un mois&#8230; &lt;br /&gt;
(&#8230;) La Vistule d&#233;borde. Des milliers d'hommes et de femmes se retrouvent coup&#233;s du monde. (&#8230;) Les gens se r&#233;voltent. Les rues sont le th&#233;&#226;tre de manifestations, d'affrontements. (&#8230;) Des dizaines, des centaines de bulletins et d'&#233;ditoriaux clandestins voient le jour (&#8230;) &lt;br /&gt;
Le 11 novembre 1982, pour le 64e anniversaire de l'ind&#233;pendance de la Pologne, la Commission (de ccordination provisoire du syndicat Solidarnosc) lance un appel &#224; une manifestation massive. Pour ma part, j'&#233;tais plut&#244;t sceptique sur les chances de r&#233;ussite &#224; grande &#233;chelle d'une telle manifestation. Je craignais que ces impulsions successives ne rapportent rien, sauf un regain de rafles et d'arrestations pr&#233;ventives de nos syndicalistes. (&#8230;) Je d&#233;cidai de risquer une ouverture. (&#8230;) j'&#233;cris au g&#233;n&#233;ral Jaruzelski (&#8230;) Le lendemain, la presse publia le texte de cette lettre assorti du commentaire suivant : &#171; (&#8230;) Le ministre de l'Int&#233;rieur a ordonn&#233; au commandant de la Milice de Gdansk de lever la d&#233;cision d'internement de Lech Walesa. &#187; Le climat est alors le suivant : j'apprend que la Commission de Coordination provisoire, apr&#232;s avoir lanc&#233; un appel &#224; la population, annonce des manifestations pour le 11 novembre. Je suis persuad&#233; que ce sera un &#233;chec. (&#8230;) En ces circonstances, j'essaie de pr&#233;venir un &#233;ventuel &#233;chec de la manifestation. J'ai &#233;galement pr&#233;sent &#224; l'esprit, d'apr&#232;s ce que j'ai pu entendre, que l'arm&#233;e risque de passer &#224; l'action, ce qui ne peut me laisser indiff&#233;rent. Voil&#224; comment j'ai l'id&#233;e de r&#233;diger cette lettre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;T&#233;moignage de Jan Mur, cit&#233; par Walesa :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; (&#8230;) La clandestinit&#233; lance un appel &#224; une gr&#232;ve d'avertissement d'une dur&#233;e de huit heures. (&#8230;) La t&#233;l&#233;vision nous montre la lettre manuscrite de Walesa adress&#233;e au g&#233;n&#233;ral Jaruzelski (&#8230;) Cette lettre annon&#231;ait une certaine ouverture. (&#8230;) Mais les dirigeants de la clandestinit&#233;, que deviennent-ils dans tout cela ? La lettre place-t-elle Walesa en retrait par rapport &#224; leur d&#233;cision ? (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Walesa lors de son premier discours le 16 d&#233;cembre :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Notre cause n'est pas dirig&#233;e contre quoi que ce soit. Nous ne cherchons pas &#224; renverser le pouvoir, nous acceptons les r&#233;alit&#233;s politiques cr&#233;es par l'environnement mondial et par l'Histoire. C'est dans ces conditions que nous entendons servir notre patrie. (&#8230;) je vous demande, &#224; vous qui attendez la concr&#233;tisation de ces espoirs, de rentrer chez vous dans le calme. (&#8230;) Ne nous laissons pas &#233;carter de la voie pacifique que nous avons choisie (&#8230;) &#187; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;4-15-3 Turquie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Chronologie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1950, le pouvoir met en place la centrale T&#252;rk-Is comme m&#233;diateur obligatoire entre les ouvriers et le patronat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1960 : coup d'Etat militaire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1961, fondation par des syndicalistes du Parti ouvrier de Turquie (TIP, parti de gauche r&#233;formiste qui reconna&#238;t la revendication kurde)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 13 f&#233;vrier 1967, suite &#224; une mont&#233;e des gr&#232;ves dans les ann&#233;es 60, un syndicat ind&#233;pendant du pouvoir, la DISK, est fond&#233;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1968 : mont&#233;e des luttes et de la contestation, dans la jeunesse (en juin) puis dans la classe ouvri&#232;re. La premi&#232;re occupation d'usine &#224; Istanbul, celle de Derby, un mois apr&#232;s le d&#233;but de mai 1968, &#233;tait le d&#233;but d'un processus historique. L'occupation de l'usine de fer-forg&#233;, l'une des citadelles de l'&#233;poque, la tentative de r&#233;pression de la police et la d&#233;fense h&#233;ro&#239;que des ouvriers et de leurs familles marqua l'histoire du mouvement ouvrier. L'arm&#233;e intervient pour r&#233;tablir l'ordre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1969, fondation de la &#171; Dev-Genc &#187; (F&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants r&#233;volutionnaires, anc&#234;tre de Dev-Yol), qui regroupe des tendances mao&#239;stes, castristes et trotskistes et affirme le droit du peuple kurde &#224; la lutte arm&#233;e.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; juin 1970, manifestation de masse contre un projet de loi syndicale r&#233;pressive : 100 000 ouvriers descendaient dans la rue, s'affontaient avec la police, &#233;rigeaient des barricades, interdiction de la Disk et manifestations de protestations contre cette interdiction les 15 et 16 juin. Le mouvement kurde se d&#233;veloppe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 12 mars 1971, coup d'Etat militaire : des officiers renversent Demirel et installent la loi martiale. Pendant des ann&#233;es, des milliers d'opposants et de syndicalistes sont souvent assassin&#233;s par des milices, des fascistes, des &#233;l&#233;ments des forces arm&#233;es et polici&#232;res.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1er mai 1977, fusillade de la place Taksim &#224; Istanbul (37 morts parmi les centaines de milliers de manifestants ouvriers). En deux ans, des centaines de milliers de personnes furent arr&#234;t&#233;es et plus de 98000 jug&#233;es, 21700 condamn&#233;es &#224; des peines de prison, cinquante ex&#233;cut&#233;es &#224; l'issue de proc&#232;s politiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de 1979 &#224; 1983, les prix sont multipli&#233;s par 12, les salaires par 8 seulement. La baisse des salaires r&#233;els est tr&#232;s forte dans les ann&#233;es 1980.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; janvier 1980, plan gouvernemental soi-disant &#171; contre l'inflation &#187; : restriction du cr&#233;dit, diminution des investissements publics, blocage des salaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; f&#233;vrier 1980, le complexe agro-industriel d'Izmir licencie des militants actifs et provoque la mobilisation des travailleurs, qui occupent les locaux. C'est l'intervention de l'arm&#233;e, de l'extr&#234;me droite qui intervient en force suppl&#233;tive du pouvoir d'&#201;tat et des patrons, en pratiquant l'assassinat de syndicalistes et de militants d'extr&#234;me gauche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de janvier &#224; septembre 1980, 2 000 personnes sont ainsi assassin&#233;es.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 12 septembre 1980, coup d'&#201;tat du g&#233;n&#233;ral Evren. Les organosations syndicales sont interdites pendant trois ans. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1983, la langue kurde est interdite jusque dans les discussions priv&#233;es.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1986-1987 : reprise des gr&#232;ves ouvri&#232;res&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; printemps 1989, vague de gr&#232;ves et de manifestations, avec une grosse mobilisation des travailleurs du secteur public, notamment ceux des chantiers navals. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; en 1990-1991, une seconde vague de gr&#232;ve, en, particulier dans les mines, contraint les patrons &#224; c&#233;der des augmentations allant de 150 &#224; 250 % &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1994, la crise &#233;conomique plonge &#224; nouveau les salaires vers le bas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1998, les m&#233;tallurgistes de Renault et Tofas (filiale de Fiat) entrent en lutte aussi bien contre leur patron que contre le syndicat Metal-Is, filiale de T&#252;rk-Is (la plus importante conf&#233;d&#233;ration) qui a accept&#233; une augmentation des salaires de 43 %, alors que l'inflation annuelle est de l'ordre de 100 %. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1999, contre le recul de l'&#226;ge de la retraite et la baisse du pouvoir d'achat, des manifestations qui regroupent des centaines de milliers de travailleurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; f&#233;vrier 2001, crise &#233;conomique et d&#233;valuation de la livre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4-15-4 Cor&#233;e du sud&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
En Cor&#233;e, au cours d'une succession impressionnante de mouvements durant vingt ans, la classe ouvri&#232;re a constitu&#233; d'imposantes forces militantes combatives et d&#233;termin&#233;es, des organisations de masse consid&#233;rables par rapport &#224; celles de nombreux pays, et notamment un syndicat, le KCTU, qui a &#233;t&#233; construit malgr&#233; l'opposition violente du pouvoir refusant toute autre organisation que le syndicat officiel KFTU (le KCTU revendique aujourd'hui 500.000 adh&#233;rents et le KFTU en a un million). On se souvient encore des combats du syndicat KCTU en 1997-98, combats violents qui ont finalement men&#233; &#224; sa reconnaissance en mars 1998. Pendant quatre d&#233;cennies, la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne a eu en face d'elle un des r&#233;gimes militaires les plus f&#233;roces, r&#233;pressif et r&#233;actionnaire d&#233;veloppant une id&#233;ologie violemment anticommuniste. La dictature a &#233;t&#233; n&#233;cessit&#233;e, pour les classes dirigeantes cor&#233;ennes comme pour l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain qui l'a parrain&#233;e, &#224; la fois par le besoin du r&#233;gime d'imposer une exploitation f&#233;roce sur la classe ouvri&#232;re (ni droit d'association, ni droit syndical libre, ni droit de gr&#232;ve) et par le fait que le pays a &#233;t&#233; le point le plus chaud de la guerre froide entre les deux blocs, avec la guerre de Cor&#233;e. Et encore aujourd'hui, non seulement le rideau de fer entre les deux Cor&#233;es n'est pas tomb&#233;, non seulement le Nord maintient une id&#233;ologie stalinienne avec une dictature qui proclame p&#233;riodiquement sa volont&#233; d'imposer la r&#233;unification des deux Cor&#233;es mais au sud l'anti-communisme est toujours aussi fort. Il suffit pour aller en prison de se dire communiste ou m&#234;me simplement de pr&#233;tendre &#233;tudier le marxisme comme universitaire. Il suffit m&#234;me d'avoir fait un voyage en Cor&#233;e du nord ou m&#234;me d'entretenir une correspondance avec sa famille l&#224;-bas. En Cor&#233;e du sud, non seulement il n'est pas autoris&#233; de s'intituler parti communiste mais m&#234;me les termes d'ouvrier et de social sont interdits dans le nom d'un parti. La police politique reste un pouvoir &#224; part au sein de l'Etat et loin de s'effacer avec l'&#233;loignement de la dictature militaire, la KCIA est de plus en plus riche et puissante. &lt;br /&gt;
La dictature qui a gouvern&#233; la Cor&#233;e du sud depuis la deuxi&#232;me guerre mondiale, si elle a &#233;cras&#233; bien des mouvements, n'est jamais parvenue &#224; mettre au pas la fraction radicale des dirigeants ouvriers : elle les a au contraire pouss&#233; &#224; se radicaliser. Cette confrontation violente continuelle a donn&#233; au mouvement ouvrier ce caract&#232;re ultra-combatif et militant qui a impressionn&#233; le monde lors des grands &#233;pisodes de lutte. La Cor&#233;e a connu une s&#233;rie de rebondissements politiques, de crises du pouvoir, la dictature militaire &#233;tant r&#233;guli&#232;rement secou&#233;e par des coups d'Etat et par des contestations violentes des &#233;tudiants et des ouvriers, crises qui l'ont contraint de passer d'un pouvoir dictatorial de l'arm&#233;e intervenant sans cesse pour r&#233;primer les mouvements populaires &#224; un r&#233;gime bourgeois plus classique domin&#233; par la droite qui a lui-m&#234;me croul&#233; sous les scandales pour finalement laisser la place &#224; un gouvernement de centre-gauche : celui de Kim Dae Jung . Le caract&#232;re combatif, explosif et quasi r&#233;volutionnaire des luttes ouvri&#232;res qu'a connu la Cor&#233;e n'est pas d&#251; seulement &#224; l'affrontement sur le terrain &#233;conomique et social entre ouvriers et patrons (avec des revendications comme les salaires, le refus de la flexibilit&#233; ou la reconnaissance d'un syndicat libre) mais li&#233; tout autant &#224; cette situation politique et au combat men&#233; avec les &#233;tudiants pour contester la dictature et reposer le probl&#232;me de l'unification du pays. C'est ce contexte qui donne ce caract&#232;re explosif du mouvement social, mais aussi son caract&#232;re ultra politique dans lequel la revendication d&#233;mocratique et la question nationale ont &#233;t&#233; des questions d&#233;terminantes chez les ouvriers comme chez les &#233;tudiants. C'est ce qui explique le poids des dirigeants nationalistes sur les militants ouvriers. D'ailleurs nombre de militants de l'ancien mouvement &#233;tudiant sont devenus des dirigeants des syndicats ouvriers et des associations populaires et une majorit&#233; d'entre eux sont des nationalistes qui consid&#232;rent que l'unification du pays est &#224; mettre en premi&#232;re place, avant les int&#233;r&#234;ts de classe des travailleurs.&lt;br /&gt;
Loin d'&#234;tre le repr&#233;sentant de ce mouvement social, le soi-disant homme de gauche Kim Dae Jung a choisi comme premier ministre Kim Jong Pil, un des officiers putschistes de 1961, ancien chef de la police politique, la KCIA, d&#233;test&#233;e des milieux populaires et qui rappelle les pires moments de la dictature du g&#233;n&#233;ral Park. M&#234;me s'il a obtenu les voix des ouvriers, s'il a &#233;t&#233; &#233;lu en grande partie gr&#226;ce au soutien militant du syndicat KFTU et &#224; celui d'une partie du mouvement social, en r&#233;alit&#233; Kim Dae Jung n'est pas de ce bord. Il a un discours &#224; double sens d&#233;clarant ainsi : &#171; &lt;i&gt; la d&#233;mocratie et l'&#233;conomie de march&#233; sont les deux facettes de la m&#234;me pi&#232;ce&lt;/i&gt; &#187;, ce qui signifie &#224; la fois soutien au capitalisme mais est interpr&#233;t&#233; par ceux qui le soutiennent comme l'opposition entre lib&#233;ralisme et chaebols, synonymes de dictature politique et sociale. Le pr&#233;sident social-d&#233;mocrate n'avait pas encore officiellement pris ses fonctions que d&#233;j&#224; il se d&#233;clarait en faveur de licenciements massifs, justifiant son retournement en pr&#233;tendant qu'il venait de d&#233;couvrir l'&#233;tendue des d&#233;g&#226;ts &#233;conomiques. Et le 11 janvier 1998, le porte parole du parti de Kim Dae Jung d&#233;clarait &#224; la presse : &#171; &lt;i&gt;nous devons sacrifier 30% de ce que nous avons pour ne pas avoir &#224; perdre 100%&lt;/i&gt; &#187;. C'est avec un discours catastrophiste que Kim Dae Jung, a d&#233;but&#233; : &#171; &lt;i&gt;nous ignorons si nous serons en faillite demain ou apr&#232;s-demain&lt;/i&gt; &#187; et il s'en est servi pour mettre au pied du mur les organisations ouvri&#232;res, leur imposer des n&#233;gociations tripartites : &#233;tat/patronat/syndicat et leur faire signer un accord autorisant les licenciements collectifs. Aujourd'hui l'homme de gauche a m&#234;me pour conseiller le financier Georges Soros ! &lt;br /&gt;
On pourrait penser que ce n'est pas ce lib&#233;ral &#224; peine color&#233; &#224; gauche qui va r&#233;ussir &#224; tromper ou &#224; app&#226;ter des organisations ouvri&#232;res qui ont derri&#232;re elles un pass&#233; fait de bien autres engagements contre le pouvoir. On pourrait se dire que les dirigeants ouvriers cor&#233;ens qui, dans le pass&#233;, ont su lutter dans la clandestinit&#233;, tenir devant la r&#233;pression, l'emprisonnement et m&#234;me la torture, ne pas c&#233;der aux pressions politiques ni aux menaces, seront capables de ne pas c&#233;der &#224; une politique anti-ouvri&#232;re m&#234;me pr&#233;sent&#233;e par un social-d&#233;mocrate. Pourtant, on assiste &#224; une volte face de la direction du KCTU qui ne peut &#234;tre comprise comme une faiblesse face aux patrons ou &#224; la r&#233;pression mais comme un choix politique de la direction ultra-nationaliste du courant syndical dite &#171; djouch&#233;iste &#187;, celle qui soutient le r&#233;gime de Cor&#233;e du Nord. En effet, cet alignement sur la politique de Kim Dae Jung ne peut qu'&#234;tre mise en parall&#232;le avec la politique de celui-ci de dialogue avec la Cor&#233;e du nord et de collaboration avec le mouvement nationaliste, jusque l&#224; non seulement &#233;cart&#233; totalement par les diff&#233;rents r&#233;gimes mais dont les militants &#233;taient condamn&#233;s &#224; mourir en prison. Non seulement Kim Dae Jung en a lib&#233;r&#233; quelques uns mais certains anciens leaders djouch&#233;istes ont pu recevoir des postes et on a eu le spectacle &#233;tonnant d'anciens leaders radicaux du mouvement nationaliste participant &#224; la collecte d'or pour soutenir la monnaie nationale et aussi ... la propagande de Kim Dae Jung, sous pr&#233;texte de soutien n&#233;cessaire au pays face &#224; la crise qui est attribu&#233;e au FMI et aux financiers &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La bourgeoisie cor&#233;enne : de l'expansion &#224; la crise&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La crise &#233;conomique a frapp&#233; la Cor&#233;e d&#232;s 1995 mais elle n'a &#233;t&#233; reconnue officiellement qu'en novembre 1997, &#224; partir du moment o&#249; l'Etat cor&#233;en a &#233;t&#233; contraint de se d&#233;clarer au bord de la faillite et de faire la demande humiliante d'un pr&#234;t du FMI. Malgr&#233; l'accord du FMI obtenu rapidement pour une aide financi&#232;re massive et dont une partie donn&#233;e imm&#233;diatement, la Cor&#233;e a plong&#233; dans la crise en d&#233;cembre 97, le pays n'&#233;tant plus capable de faire face &#224; ses dettes et la monnaie chutant irr&#233;m&#233;diablement. La Cor&#233;e, qui se voyait dans le peloton de t&#234;te des pays riches en appartenant au cercle ferm&#233; de l'OCDE, pouvait &#234;tre trait&#233;e comme n'importe quel pays sous-d&#233;velopp&#233; comme le soulignait Camdessus, directeur g&#233;n&#233;ral du FMI, interrog&#233; en d&#233;cembre 97 par le journal &#171; le Monde &#187; : &#171; &lt;i&gt;Le FMI n'a pas assorti son plan de redressement de la Cor&#233;e de conditions plus dures que dans le cas du Mexique.(...) Il nous faut passer du mythe du &#171; miracle asiatique &#187; qui n'a jamais exist&#233; &#224; une vision plus r&#233;aliste&lt;/i&gt; &#187;. Et depuis, le FMI y dicte sa loi qui se traduit en fermetures massives d'entreprises, destructions massives de moyens de production, r&#233;ductions drastiques des investissements et licenciements massifs et d&#233;clare &#224; qui veut l'entendre que le gouvernement cor&#233;en est un &#233;l&#232;ve bien ob&#233;issant. Bien des commentateurs financiers ont tenu &#224; se rassurer en disant que la crise asiatique ne faisait que ramener &#224; leur vraie valeur les &#233;conomies de ces pays gonfl&#233;es par une sp&#233;culation effr&#233;n&#233;e. Certains allaient jusqu'&#224; pr&#233;senter leurs &#233;conomies comme de simples cr&#233;ations fictives de la finance. C'&#233;tait bien entendu une mani&#232;re de ne pas accuser le capitalisme mondial de cette nouvelle crise qui le frappe.&lt;br /&gt;
Il est certain que la revue am&#233;ricaine &#171; fortune &#187; qui mettait la Cor&#233;e en t&#234;te pour ses chances de succ&#232;s n'a pas fait le bon pari mais peut-on, avec Camdessus, qualifier de mythe ce &#171; nouveau pays industriel &#187; alors que l'industrie occupe 13 millions d'ouvriers parmi lesquels un million travaillent dans des unit&#233;s de plus de 1000 salari&#233;s ? Il n'y a certes pas de &#171; miracle &#187; dans le d&#233;veloppement du capitalisme cor&#233;en, comme le dit Camdessus mais pas au sens o&#249; il l'entend : les profits g&#233;n&#233;r&#233;s l'ont &#233;t&#233; non par le miracle des op&#233;rations financi&#232;res qui ne font que transvaser des capitaux d'une forme du capital dans une autre mais par l'exploitation des travailleurs. Ce qui a rendu ce pays attractif pour les capitaux internationaux, c'est que la dictature militaire en a fait un terrain d'exploitation f&#233;roce de la classe ouvri&#232;re tout en garantissant une certaine s&#251;ret&#233; des investissements par la r&#233;pression. Et ces profits se sont faits d'abord dans l'industrie et pas dans la sp&#233;culation boursi&#232;re. &lt;br /&gt;
C'est vers des investissements productifs massifs dans l'industrie que s'est tourn&#233; l'Etat cor&#233;en &#224; partir des ann&#233;es 60, quand la dictature militaire du g&#233;n&#233;ral Park a impos&#233; ce que l'on a appel&#233; &#171; la dictature du d&#233;veloppement &#187;. C'est un r&#233;gime &#233;conomique dirigiste o&#249; l'Etat se porte l'organisateur et le garant des investissements dans des grandes firmes industrielles priv&#233;es : les chaebols. Le KMF (f&#233;d&#233;ration des managers cor&#233;ens), l'&#233;quivalent du CNPF, est le symbole mme de la force des chaebols car il regroupe les 50 plus importantes soci&#233;t&#233;s capitalistes du pays en une organisation politique et &#233;conomique. Ces trusts n'ont pas &#233;t&#233; de simples officines financi&#232;res mais d'abord et avant tout des grands conglom&#233;rats industriels dont les 5 principales sont : Samsung dans le commerce, la distribution et la micro&#233;lectronique, Hyundai dans l'automobile, la construction navale, le b&#226;timent et la p&#233;trochimie, Lucky-Goldstar dans la chimie, l'&#233;lectronique et la p&#233;trochimie, Daewoo dans l'&#233;lectronique, l'automobile et le commerce, SK dans le p&#233;trole et les t&#233;l&#233;communications. Si la bourgeoisie cor&#233;enne se gonfle d'orgueil en nommant ses trusts : trois &#233;toiles (Samsung), modernit&#233; (Hyundai) grand cosmos (Daewoo) ou encore l'excellence pour SK, c'est &#224; l'Etat qu'elle doit tout. C'est lui qui a concentr&#233; la quasi totalit&#233; des investissements priv&#233;s et des subventions &#233;tatiques vers ces conglom&#233;rats et c'est encore l'Etat qui a trouv&#233; les d&#233;bouch&#233;s, qui a cr&#233;&#233; le protectionnisme n&#233;cessaire &#224; leur d&#233;veloppement, et a donn&#233; les garanties et su int&#233;resser les capitaux internationaux &#224; de tels investissements. Il a b&#233;n&#233;fici&#233; pour cela de la situation politique : la guerre froide amenant les USA &#224; le soutenir &#224; grands coups de dollars. Il a aussi b&#233;n&#233;fici&#233; de l'aide technologique du Japon et de ses investissements car ce dernier a pu ainsi exporter vers les USA. Se situer d'embl&#233;e &#224; l'&#233;chelle internationale, la bourgeoisie cor&#233;enne n'en &#233;tait pas capable et c'est seulement la cr&#233;dibilit&#233; du r&#233;gime militaire cor&#233;en aupr&#232;s des japonais et des am&#233;ricains qui pouvait permettre ce d&#233;veloppement tr&#232;s particulier, &#224; la fois national et sur des bases internationales.&lt;br /&gt;
Ces conditions politiques ont &#233;t&#233; d&#233;terminantes, et c'est ce qui rend ridicule l'expression de &#171; mod&#232;le cor&#233;en de d&#233;veloppement &#187;, mais la condition premi&#232;re c'est que la Cor&#233;e du sud est devenue dans les ann&#233;es 70 l'un des pays au taux d'exploitation le plus &#233;lev&#233; au monde ! Selon un rapport de la banque mondiale, la valeur ajout&#233;e par travailleur a &#233;t&#233; multipli&#233;e par six dans l'industrie de 1966 &#224; 1990 et le m&#234;me rapport indique que la valeur ajout&#233;e dans l'industrie est pass&#233;e de 1,8 milliards de dollars en 1970 &#224; 85,4 milliards de dollars en 1992 ! Et ces profits industriels, c'est bien sur le dos d'une classe ouvri&#232;re en chair et en os qu'ils se sont r&#233;alis&#233;s. Une seule statistique en dit long : dans la seule ann&#233;e 1993, il y a eu deux mille ouvriers morts par accident du travail sur les chantiers. Le prix du &#171; miracle &#187; est une longue litanie : 101 ouvriers morts dans la construction du m&#233;tro &#224; Taegu, 500 morts dans le grand magasin Sampoong de S&#233;oul, etc ...sans compter les victimes des massacres du r&#233;gime militaire. Et &#224; ce prix, le patronat a eu une main d'oeuvre durement exploit&#233;e. Si dans les luttes des ann&#233;es 80-90, la classe ouvri&#232;re de certains grands conglom&#233;rats a impos&#233; des reculs importants au patronat, notamment de fortes augmentations de salaires, l'exploitation est rest&#233;e f&#233;roce pour l'essentiel des travailleurs, en particulier ceux des petits ateliers (3,5 millions d'ouvriers y travaillent dans des conditions atroces) et pour les travailleurs immigr&#233;s. &lt;br /&gt;
De cette exploitation a &#233;t&#233; tir&#233;e non seulement une fortune pour la bourgeoisie cor&#233;enne mais aussi pour les USA et le Japon qui sont propri&#233;taires respectivement de 18 et de 24% de l'&#233;conomie cor&#233;enne. Et ces capitaux &#233;trangers ne sont pas venus en Cor&#233;e simplement pour sp&#233;culer. L'accroissement de la fortune de la Cor&#233;e du sud de 1960 &#224; 1998 est loin d'une simple cr&#233;ation artificielle de la finance mondiale, d'un capital purement virtuel comme on dit en langage informatique, d'un simple jeu de cavalerie mon&#233;taire, ou d'une bulle sp&#233;culative qui n'aurait correspondu &#224; aucun d&#233;veloppement ni &#224; aucune cr&#233;ation de richesses r&#233;elles. La croissance &#233;conomique cor&#233;enne a &#233;t&#233; due &#224; un taux d'investissement productif record par rapport au reste du monde : en dix ans, 35% du PIB a &#233;t&#233; r&#233;investi dans la production. Le passage de la Cor&#233;e au onzi&#232;me rang mondial a correspondu &#224; un accroissement important et rapide de la production et des &#233;changes. Dans un monde capitaliste dont le d&#233;veloppement s'est ralenti, la croissance cor&#233;enne &#233;tait plut&#244;t impressionnante : de 1963 &#224; 1997, le produit int&#233;rieur brut a &#233;t&#233; multipli&#233; par 15 et la production industrielle a augment&#233; en quinze ans de 450 %. En trois d&#233;cennies, la Cor&#233;e est pass&#233;e au deuxi&#232;me rang mondial pour la construction navale, au troisi&#232;me pour l'&#233;lectronique grand public, au cinqui&#232;me pour l'automobile, au sixi&#232;me pour la sid&#233;rurgie et au douzi&#232;me rang mondial pour l'importation et l'exportation de marchandises. En 97, la Cor&#233;e a produit par exemple 43 millions de tonnes d'acier, supplantant l'Allemagne de sa place de 5e producteur mondial et les chantiers navals cor&#233;ens ont atteint le m&#234;me niveau que ceux du Japon. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233; un enrichissement important touchant aussi le niveau de vie de la population et permettant de constituer une petite bourgeoisie nombreuse et consommatrice. Le revenu moyen par habitant est pass&#233; de 100 dollars en 1965 &#224; 10000 dollars en 1997. &lt;br /&gt;
Lorsque la crise &#233;conomique a d&#233;but&#233; en Cor&#233;e du sud, en 1995, son &#233;conomie &#233;tait lanc&#233;e dans une expansion sans frein, alors qu'il n'en &#233;tait pas de m&#234;me du reste du monde et la croissance cor&#233;enne s'est donc arr&#234;t&#233;e, butant sur les limites d'absorption du march&#233; mondial. Or en r&#233;gime capitaliste, on ne peut pas s'arr&#234;ter : c'est la spirale ascendante ou la spirale descendante. Le taux de croissance qui &#233;tait de 15,2 % par an en 76 est pass&#233; &#224; 9,2% en 95 et n'a cess&#233; de chuter brutalement depuis atteignant 7% en 96 et 5,3% au moment de la crise de 97. D&#233;j&#224; en 95, 14.000 PME ont fait faillite. Les chaebols ont trouv&#233; une issue provisoire dans la fuite en avant, le fait d'&#234;tre chaebol et de justifier de nouveaux investissements massifs entra&#238;nant des aides massives de l'Etat. Si les d&#233;bouch&#233;s de la production se sont restreints et avec eux les b&#233;n&#233;fices industriels, la Cor&#233;e est rest&#233;e un investissement rentable relativement sur le march&#233; des capitaux internationaux avec un taux de croissance de 7% relativement &#224; un taux de 2% dans les pays occidentaux. C'est l&#224; que le ph&#233;nom&#232;ne sp&#233;culatif a pris son envol. Le maintien d'apports importants en capitaux internationaux a permis aux entreprises, aux banques et &#224; l'&#233;tat cor&#233;en de tenir momentan&#233;ment, de payer leurs dettes gr&#226;ce &#224; la fameuse fuite en avant. Ils ont ainsi pu, pendant deux ans, continuer &#224; distribuer des profits alors que la machine &#233;conomique &#233;tait gripp&#233;e. C'&#233;tait reculer pour mieux sauter. En effet la crise a r&#233;v&#233;l&#233; la fragilit&#233; de la structure financi&#232;re de ces conglom&#233;rats cor&#233;ens qui ont toujours fonctionn&#233; sur une faible part de capitaux propres (Hyundai, le plus grand des conglom&#233;rats, appartient &#224; une famille qui ne d&#233;tient que 5% des capitaux). Les chaebols, litt&#233;ralement la maffia du capital, n'ont jamais &#233;t&#233; propri&#233;taires d'une part importante des capitaux de leurs entreprises. L'essentiel des fonds qu'elles font tourner provient des banques, de l'Etat et des financiers japonais et am&#233;ricains. Tout allait bien tant que la rentabilit&#233; &#233;tait assur&#233;e et que l'on ne leur demandait pas de rembourser mais seulement de verser de copieux b&#233;n&#233;fices. Pour satisfaire leurs actionnaires, elles ont d&#251; distribuer plus que ce qu'elles poss&#233;daient : 25 des 30 plus grandes compagnies cor&#233;ennes se sont r&#233;v&#233;l&#233;es avoir des dettes trois fois sup&#233;rieures &#224; leur actif et dix ont des dettes plus de cinq fois sup&#233;rieures d'apr&#232;s &#171; l'&#233;conomiste &#187; de novembre 1998. Ainsi la firme Halla de construction navale, fond&#233;e par l'un des fr&#232;res du patron d'Hyundai, a chut&#233; avec 5,3 millions de dollars de dettes soit vingt fois son actif sans m&#234;me qu'Hyundai ose intervenir pour emp&#234;cher la faillite ! Cela a fait un choc pour tous ceux qui pensaient que du moment qu'on &#233;tait chaebol puissant, rien ne pouvait vous arriver... &lt;br /&gt;
En janvier 1997, le premier signe de la crise des chaebols a &#233;t&#233; la faillite du trust Hanbo travaillant dans l'acier et l'industrie pharmaceutique. Puis en mars 97, Sammi, n&#176;3 mondial des aciers sp&#233;ciaux a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; en cessation de paiement suivi en ao&#251;t par Jinro, trust de la distribution et le premier pour l'alcool et par le constructeur automobile Kia en septembre. Cette derni&#232;re faillite a &#233;t&#233; le signal que tout le syst&#232;me &#233;tait en train de s'effondrer, Kia mena&#231;ant d'entra&#238;ner la Korean First Bank dans sa chute. Seuls neuf des trente premiers chaebols sont rest&#233;s b&#233;n&#233;ficiaires en 1997. En octobre, le krach des bourses asiatiques a entra&#238;n&#233; la faillite des soci&#233;t&#233;s de courtage cor&#233;ennes. Les chaebols &#233;taient tr&#232;s implant&#233;es dans ce domaine du courtage afin de s'assurer de l'utilisation imm&#233;diate des fonds internationaux. Le syst&#232;me consistait en des pr&#234;ts &#224; tr&#232;s courts terme (un &#224; deux jours avec d'&#233;normes pourcentages de b&#233;n&#233;fices) mais garantis par les banques nationalis&#233;e et en dernier ressort par l'Etat. L'Etat, qui &#233;tait le garant &#224; la fois des banques, nationalis&#233;es pour la plupart, et des trusts, s'est retrouv&#233; menac&#233; de faillite et la monnaie, le won, a chut&#233; brutalement de 50%. Les capitaux internationaux ont engag&#233; un retrait massif, les chaebols n'ont plus eu de fonds pour poursuivre leur production. La production a chut&#233; de 4% par mois. Et la Cor&#233;e s'est retrouv&#233;e contrainte de faire appel au FMI. En cas d'effondrement, l'imp&#233;rialisme a craint une crise g&#233;n&#233;rale incontr&#244;lable et a pr&#233;f&#233;r&#233; intervenir. La Cor&#233;e a obtenu le r&#233;&#233;chelonnement de sa dette et des fonds pour tenir.&lt;br /&gt;
Si le &#171; plan de sauvetage &#187; pour la Cor&#233;e est le plus important de l'histoire du FMI avec 330 milliards de dollars (le FMI va jusqu'&#224; dire qu'il ne lui restait plus que 30 milliards en caisse !), la contrepartie a &#233;t&#233; un plan d'aust&#233;rit&#233; draconien pour l'Etat, les banques et toute l'industrie. La Cor&#233;e s'est engag&#233;e &#224; ouvrir aux investisseurs &#233;trangers son march&#233; mon&#233;taire et obligataire et le capital de ses entreprises jusqu'&#224; 55% et le Figaro s'est f&#233;licit&#233;e : &lt;i&gt;&#171; la crise aura &#233;t&#233; le vecteur de l'acc&#233;l&#233;ration de r&#233;formes indispensables&lt;/i&gt; &#187;. Imm&#233;diatement, le gouvernement a ferm&#233; cinq banques, licenciant 10.000 salari&#233;s, annonc&#233; la fermeture de 55 entreprises et des plans de licenciements dans tous les trusts. D&#232;s l'annonce des plans de licenciements, il y a eu 10 000 salari&#233;s licenci&#233;s par jour ! Le ch&#244;mage a atteint les 10% avec 3 millions de ch&#244;meurs et il s'achemine &#224; grande vitesse vers les 15%. Les prix ont subi des hausses vertigineuses &#224; partir de la crise de janvier : jusqu'&#224; 100% en dix jours alors que les salaires sont en baisse, pour ceux qui en ont encore un &#8230; Les 400 000 &#233;tudiant en fin d'&#233;tude et demandeurs d'emploi ont 1000 postes &#224; se partager ! Mais la police cor&#233;enne leur propose 5.000 postes sur deux ans ! Les soupes populaires ont repris dans les rues de S&#233;oul comme &#224; l'&#233;poque de la guerre de Cor&#233;e. Bien des salari&#233;s ne sont m&#234;me pas licenci&#233;s mais ... renvoy&#233;s volontaires (on les appelle des &#171; retrait&#233;s d'honneur &#187; et ils re&#231;oivent une petit prime !). Des salari&#233;s qui ont conserv&#233; leur emploi se voient demander de remplir des lettres de d&#233;mission, &#224; utiliser au cas o&#249; ...&lt;br /&gt;
Devant cette catastrophe g&#233;n&#233;ralis&#233;e pour la population, une seule question : le gouvernement du social-d&#233;mocrate Kim Dae Jung parviendra-t-il &#224; faire passer les sacrifices en &#233;vitant une crise politique et sociale majeure ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La social-d&#233;mocratie peut-elle r&#233;soudre la crise politique ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Son arriv&#233;e au pouvoir est l'aboutissement d'une s&#233;rie de crises politiques et de scandales &#224; c&#244;t&#233; desquels les scandales des politiciens fran&#231;ais sont des enfantillages. Le pouvoir militaire a &#233;t&#233; n&#233;cessaire aux classes dirigeantes cor&#233;ennes car, apr&#232;s le d&#233;part de l'occupant japonais, les poss&#233;dants n'&#233;taient pas capables d'organiser l'Etat. En 1945, comme au Vietnam et dans toute l'Indochine, des soul&#232;vements ont suivi le d&#233;part des troupes japonaises. Des comit&#233;s du peuple se sont form&#233;s partout, organis&#233;s sous forme sovi&#233;tique et se pr&#233;parant en vue du pouvoir. L'arm&#233;e am&#233;ricaine a d&#251; les &#233;craser dans le sang avant de mettre &#224; la t&#234;te d'une dictature militaire au sud son homme de paille Sungman Rhee (qui s'est tout de suite distingu&#233; en &#233;crasant lui aussi dans le sang les puissantes gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales de 1946 et 48) alors que le nord &#233;tait occup&#233; par les troupes russes qui ont plac&#233; &#224; la t&#234;te du pays Kim Il Sung, un leader de gu&#233;rilla militaire contre le Japon. Au sud, les militaires ont remis sur pied &#224; la fois l'Etat et l'&#233;conomie et ils ont instaur&#233; des relations privil&#233;gi&#233;es avec les trusts, les chaebols, relations qui institutionnalisent la corruption : un v&#233;ritable syst&#232;me d'aide mutuelle qui a permis aux chaebols comme aux g&#233;n&#233;raux de prosp&#233;rer. Samsung doit tout au premier pr&#233;sident le f&#233;roce dictateur Sungman Rhee et Daewoo ne serait rien sans le pr&#233;sident Park. En contrepartie, certains ont fait fortune comme Roh qui a constitu&#233; la modeste cagnotte de 650 millions de dollars ! Ce pays qui a &#233;t&#233; gouvern&#233; dictatorialement par des &#233;quipes de chefs militaires s'est vu contraint de les retirer de la sc&#232;ne politique : les g&#233;n&#233;raux Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo qui ont gouvern&#233; respectivement de 80 &#224; 87 et de 88 &#224; 92 ont &#233;t&#233; contraints de d&#233;missionner de l'arm&#233;e. Le g&#233;n&#233;ral Roh a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 22 ans et demi de prison pour corruption. Le g&#233;n&#233;ral Chun a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; la peine capitale (commu&#233;e en prison &#224; vie) pour avoir conduit le putsch militaire de 79 et r&#233;prim&#233; dans le sang une manifestation &#233;tudiante. Tous les deux ont &#233;t&#233; &#233;galement d&#233;clar&#233;s responsables du massacre de la commune de Kwanju en mai 80. C'est dire &#224; quel point actuellement l'arm&#233;e est sur le plan politique compl&#232;tement mise &#224; l'&#233;cart de la direction des affaires. &lt;br /&gt;
C'est dans les ann&#233;es 80 que la bourgeoisie cor&#233;enne a commenc&#233; &#224; trouver le prix de la dictature militaire trop co&#251;teux. Le pays devenant riche et d&#233;velopp&#233;, elle pr&#233;f&#233;rait une autre forme de direction politique, sans coups d'Etat, sans r&#233;pression et r&#233;voltes permanentes. Et c'est aussi de l&#224; que vient l'explosion de 87. En effet, les militaires se sont accroch&#233;s au pouvoir et on a vu pendant des ann&#233;es non seulement les classes pauvres et les travailleurs mais toute une partie des fils de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie se battre pour en finir avec la dictature militaire, participant &#224; des manifestations, arr&#234;t&#233;s, tortur&#233;s, assassin&#233;s, choisissant une vie militante dans des organisations clandestines plut&#244;t que l'int&#233;gration sociale, pour lutter contre ce pouvoir d&#233;test&#233;. De l&#224; est n&#233; le mouvement d&#233;mocratique radical de masse des ouvriers et des &#233;tudiants. &lt;br /&gt;
Mais il a encore fallu de nombreuses luttes pour que la dictature militaire c&#232;de la place puisque c'est seulement &#224; partir de 1993 qu'il n'y a plus eu de militaires au pouvoir. Le probl&#232;me n'&#233;tait pas pour autant r&#233;gl&#233; car le pouvoir civil qui a tent&#233; de r&#233;gler la crise de l'Etat s'est lui m&#234;me effondr&#233;, victime des scandales, de la corruption d'une soci&#233;t&#233; aux mains de maffias capitalistes qui ne valent pas mieux que les clans militaires.&lt;br /&gt;
En 1992, Kim Jun San, premier civil arriv&#233; au pouvoir a promis de nettoyer le pays de la corruption. Il a instaur&#233; la frugalit&#233; &#224; la pr&#233;sidence : une soupe de nouilles &#224; d&#233;jeuner ! Il a contraint les fonctionnaires &#224; d&#233;voiler leur patrimoine. Il a profit&#233; d'une &#233;poque de prosp&#233;rit&#233; o&#249; une partie de la population a un peu b&#233;n&#233;fici&#233; du d&#233;veloppement &#233;conomique et c'est sous sa pr&#233;sidence que la Cor&#233;e est entr&#233;e &#224; l'OCDE. Sa loi sur la flexibilit&#233; de la dur&#233;e du travail (alors que la dur&#233;e moyenne est de 49 heures par semaine), vot&#233;e comme un cadeau aux chaebols et en l'absence des d&#233;put&#233;s de l'opposition, a relanc&#233; l'agitation sociale. En d&#233;cembre 1996, les travailleurs se sont mobilis&#233;s pour la premi&#232;re grande gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale que le pays ait connu. Le mouvement dirig&#233; par la KCTU syndicat ind&#233;pendant non reconnu par le pouvoir et il a &#233;t&#233; suivi aussi par le syndicat KFTU, la mesure du gouvernement r&#233;ussissant &#224; r&#233;unir pour la premi&#232;re fois toutes les organisations syndicales et le KFTU s'est m&#234;me r&#233;ellement radicalis&#233;. Le gouvernement a r&#233;pondu par une r&#233;pression violente mais a d&#251; finalement n&#233;gocier avec le KCTU et lui reconna&#238;tre une existence l&#233;gale. Kim Jun San a renforc&#233; les pouvoirs et les finances de la police politique, la KCIA. Il est ainsi apparu comme celui qui n'a r&#233;gl&#233; ni la question sociale ni la question de la d&#233;mocratie. Les relations avec la Cor&#233;e du nord se sont elles aussi d&#233;grad&#233;es faisant resurgir la crainte d'une intervention militaire du nord. Et loin d'en finir avec la corruption, Kim Jun San a lui m&#234;me &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; du doigt et son fils momentan&#233;ment emprisonn&#233;. A peine plus d'un mois apr&#232;s le grand mouvement de gr&#232;ve contre la loi sur la flexibilit&#233;, Hanbo Steel, l'un des principaux groupes sid&#233;rurgiques et filiale du chaebol Hanbo, a annonc&#233; en janvier sa cessation de paiement avec 6 milliards de dettes et le gouvernement est accus&#233; d'avoir re&#231;u des pots de vin pour &#233;touffer l'affaire. Les fondateurs du groupe Hanbo ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s ainsi que plusieurs banquiers et politiciens Le ministre de l'int&#233;rieur, un des dirigeants du parti pr&#233;sidentiel ont &#233;t&#233; mis en cause. Kim Jun San, qui risquait d'&#234;tre inculp&#233;, a d&#251; se retirer en faisant ses excuses &#224; la nation... &lt;br /&gt;
Cet &#233;chec retentissant de la droite a amen&#233; la gauche au pouvoir alors qu'aux &#233;lections pr&#233;c&#233;dentes la gauche r&#233;unissait royalement ... 1% des voix ! Pour Kim Dae Jung, le premier pr&#233;sident de gauche de toute l'histoire de la r&#233;publique de Cor&#233;e du sud, les gongs et les torchent qui ont marqu&#233; l'&#233;v&#233;nement &#233;taient &lt;i&gt;&#171; le son de la r&#233;conciliation et la flamme de l'espoir vers un nouveau bond en avant&lt;/i&gt; &#187;. L'espoir en question c'est que l'Etat cor&#233;en parvienne &#224; se stabiliser car rien ne serait plus redoutable pour la bourgeoisie qu'un Etat faible face &#224; une classe ouvri&#232;re forte et ... face aussi &#224; la Cor&#233;e du nord.&lt;br /&gt;
C'est l&#224; que Kim Dae Jung peut leur &#234;tre utile car, lui peut trouver moyen d'allier nationalistes de droite et de gauche et m&#234;me les nationalistes radicaux djouch&#233;istes. Ces derniers n'oublient pas qu'il a fr&#244;l&#233; l'ex&#233;cution capitale &#224; une &#233;poque pour avoir os&#233; pr&#244;ner le dialogue avec le nord. Mais s'il a fait appel &#224; des djouch&#233;istes, il s'est surtout uni au parti de Kim Jong Pil, homme de droite de l'&#233;poque du g&#233;n&#233;ral Park devenu leader d'un parti d'opposition avec lequel il a remport&#233; les &#233;lections et qu'il a choisi comme premier ministre. Sa volont&#233; de jouer sur tous les tableaux a &#233;t&#233; indiqu&#233;e d&#232;s le d&#233;but par la lib&#233;ration d'un c&#244;t&#233; de quelques prisonniers - pas tous - parmi les anciens leaders &#233;tudiants et syndicalistes ouvriers mais &#233;galement celle des g&#233;n&#233;raux emprisonn&#233;s : Roh et Chun qui a choqu&#233; la population ! La marge &#233;troite du social-d&#233;mocrate est l&#224; : composer avec des dirigeants d'un mouvement social puissant sans incommoder ses commanditaires capitalistes eux aussi puissants et un secteur ultra-r&#233;actionnaire li&#233; &#224; l'arm&#233;e et &#224; la police politique qui s'est mis en r&#233;serve mais reste puissant. La venue au pouvoir de la gauche dans ce pays tr&#232;s &#224; droite est le t&#233;moignage que les classes dirigeantes ont peur et craignent la classe ouvri&#232;re.&lt;br /&gt;
Car la classe ouvri&#232;re repr&#233;sente une menace politique. Elle a men&#233; des mobilisations sur le terrain politique de nombreuses fois. M&#234;me son combat pour un syndicat ind&#233;pendant du pouvoir avait un contenu politique. Le KCTU apparaissait comme la premi&#232;re &#233;tape vers la constitution d'un parti ouvrier. C'&#233;tait r&#233;guli&#232;rement formul&#233; par les militants. Le retournement du KCTU a d'autant plus surpris les militants radicaux de la classe ouvri&#232;re qu'ils ne le consid&#233;raient pas du tout comme un syndicat r&#233;formiste classique mais comme une opposition politique au r&#233;gime, ouvri&#232;re et radicale. &lt;br /&gt;
La liaison entre luttes gr&#233;vistes et luttes politiques, luttes ouvri&#232;res et luttes &#233;tudiantes a exist&#233; d&#232;s le d&#233;but. Ainsi, apr&#232;s l'assassinat du g&#233;n&#233;ral Park en 79, les luttes &#233;tudiantes d&#233;clenchent des gr&#232;ves ouvri&#232;res massives en 1980. C'est le combat pour la d&#233;mocratie qui est &#224; l'origine de la r&#233;volution de Kwangju, ville d'une r&#233;gion pauvre et peu ouvri&#232;re. Favorable &#224; Kim Dae jung, elle s'est battue contre son arrestation. Les militaires ont d&#233;cid&#233; d'y faire un exemple, entourant la ville et la massacrant avec un fort appui militaire am&#233;ricain. Ensuite la r&#233;pression a touch&#233; les ouvriers dans tout le pays et le syndicat libre &#233;t&#233; &#233;cras&#233;. En 85, &#224; nouveau les ouvriers parviennent &#224; la suite de la gr&#232;ve de Daewoo &#224; Inchon (4&#232;me ville du pays et important centre industriel) &#224; fonder deux syndicats ind&#233;pendants qui manifestent en 86 &#224; S&#233;oul avec les &#233;tudiants et un parti d'opposition (le nouveau parti d&#233;mocratique cor&#233;en qui donnera naissance &#224; deux formations politiques : celle de Kim Yong-sam et celle de Kim Dae-jung) aux cris de &#171; Minjok, Minjou, Minjung &#187; (nation, d&#233;mocratie, peuple). D&#233;j&#224; les nationalistes et la gauche cherchaient &#224; s'appuyer sur la force des travailleurs avec leurs propres vis&#233;es &lt;br /&gt;
Le mouvement ouvrier a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233; par sa tendance politique d&#232;s 1987 qui est l'ann&#233;e de l'explosion sociale. D&#232;s ce moment, deux courants politiques ont marqu&#233; les militants ouvriers : l'un nationaliste soutenant Kim Dae Jung et l'autre pour un front populaire o&#249; la classe ouvri&#232;re jouerait un r&#244;le dirigeant (c'est cette derni&#232;re qui sera &#224; l'origine de groupes d'extr&#234;me gauche). Le premier courant s'appellera le NL (National Liberation) et l'autre le PD (People's Democracy).&lt;br /&gt;
En 1990, le Chonohyop (alliance des syndicats authentiques) qui &#233;tait l'anc&#234;tre ill&#233;gal et clandestin du KCTU a &#233;t&#233; fond&#233; comme un syndicat charg&#233; de fonder un parti ouvrier et d&#233;clarait dans sa r&#233;solution de fondation &#234;tre &#171; pour une r&#233;forme sociale et &#233;conomique, pour un changement de la situation des travailleurs, pour la d&#233;mocratie, l'ind&#233;pendance et la r&#233;unification nationale politique &#187;. Mais ce parti ouvrier n'a finalement pas &#233;t&#233; fond&#233; &#224; l'&#233;poque par les militants syndicalistes, une partie du mouvement syndical ayant jug&#233; qu'il valait mieux mettre toutes ses forces uniquement dans la lutte syndicale. Non par apolitisme mais en pensant que le syndicat pouvait &#234;tre une meilleure arme politique. &lt;br /&gt;
Aujourd'hui, le KCTU est encore une organisation politique autant que syndicale. Les djouch&#233;istes ou anciens djouch&#233;istes y ont un poids important. C'est entre autres eux qui dans la gr&#232;ve de 97 ont pouss&#233; le syndicat &#224; ne pas aller &#224; l'affrontement et &#224; accepter le compromis pourri qui n'annulait pas r&#233;ellement la flexibilit&#233;. Pour pr&#233;senter le dirigeant du KCTU comme candidat aux &#233;lections pr&#233;sidentielles, les nationalistes ont en effet fait alliance avec l'extr&#234;me gauche et d'autres secteurs de l'opposition. Mais il n'a eu qu'environ 1% des voix (soit beaucoup moins que le nombre d'adh&#233;rents du syndicat), le succ&#232;s de l'op&#233;ration politique de Kim Dae Jung ayant drain&#233; toutes les voix de gauche. Et &#224; la suite des &#233;lections, les nationalistes ont cass&#233; leur alliance avec l'extr&#234;me gauche. Des dirigeants du KCTU, qui appartiennent au mouvement nationaliste dont le slogan &#233;tait jusque l&#224; &#171; victoire du peuple &#187;, ont fond&#233; une organisation politique nomm&#233;e : &#171; victoire nationale 21 &#187; (21 repr&#233;sente le 21&#232;me si&#232;cle qui doit consacrer le triomphe du parti...) qui vise &#224; regrouper non seulement les travailleurs et les &#233;tudiants ou paysans mais &#171; tous les acteurs sociaux &#187;. Et par ce terme, le mouvement nationaliste a toujours entendu les patrons pas chaebols, ceux en somme qui seraient d&#233;mocrates et auraient le sens de l'int&#233;r&#234;t national. Cette tentative du courant djouch&#233;iste (pro-Cor&#233;e du nord) se fait cependant au nom du parti ouvrier cor&#233;en car il est &#233;vident que la classe ouvri&#232;re est la principale force. Ce courant essaie donc de capitaliser politiquement la r&#233;volte et les combats de la classe ouvri&#232;re. Ainsi il appelle &#224; manifester le 8 novembre dans la capitale. En Cor&#233;e du sud, le djouch&#233;isme est l'expression du rejet de la politique de la petite minorit&#233; dirigeante par l'immense majorit&#233; qui comprend aussi bien les ouvriers que bien des couches petites bourgeoises. Pour ce courant, si le mouvement ouvrier peut &#234;tre un moyen, il n'est certes pas la direction des luttes sociales et politiques. Les djouch&#233;istes ne se pr&#233;sentent que rarement au grand jour, notamment &#224; cause de l'interdiction au sud de faire de la propagande en faveur du r&#233;gime du nord, mais ils sont tr&#232;s influents dans les organisations militantes sud cor&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le djouch&#233;imse, une id&#233;ologie nationaliste r&#233;actionnaire &lt;br /&gt;
et faussement anti-imp&#233;rialiste&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;La djouch&#233; est la philosophie qui a &#233;t&#233; mise en avant par le r&#233;gime du nord en 1960, quand celui-ci a eu besoin de se distinguer de ses deux &#171; grands fr&#232;res &#187; chinois et russe. C'est une id&#233;ologie qui affirme la capacit&#233; de la Cor&#233;e &#224; se d&#233;brouiller seule. Litt&#233;ralement djouch&#233; veut dire : se suffire &#224; soi-m&#234;me. Le d&#233;veloppement autarcique, c'est en somme le socialisme dans un seul pays... moins le socialisme ! La djouch&#233; est expos&#233;e dans l'&#233;quivalent du petit livre rouge : 50 volumes de justifications th&#233;oriques ! A peu pr&#232;s la taille de l'autoglorification de Kim Il Sung, son &#171; &lt;i&gt; chef g&#233;nial, bien-aim&#233; et soleil de la Cor&#233;e&lt;/i&gt; &#187; qui a d'ailleurs eu pour successeur son propre fils (apparemment, se revendiquer du marxisme n'emp&#234;che pas de l&#233;guer le pouvoir de p&#232;re en fils !). Mais la djouch&#233; a un autre objectif que la m&#233;galomanie : donner une base apparemment intellectuelle au courant qui se revendique de la r&#233;unification en Cor&#233;e du sud, ce qui permettait de p&#233;n&#233;trer au sud malgr&#233; la fermeture de la fronti&#232;re et d'y exercer une pression politique.&lt;br /&gt;
Au sud o&#249; la question de la r&#233;unification a toujours &#233;t&#233; une question br&#251;lante, les djouch&#233;istes ont &#233;t&#233; le courant largement dominant dans toutes les luttes &#233;tudiantes et ils ont fait en sorte qu'elles se polarisent sur la question de la r&#233;unification avec le nord. Ils ont &#233;t&#233; le courant le plus important parmi les militants ouvriers, d&#233;passant g&#233;n&#233;ralement les social-d&#233;mocrates, les autres nationalistes qui n'&#233;taient pas pro-Cor&#233;e du nord, les religieux...&lt;br /&gt;
En Cor&#233;e du sud de nombreuses organisations du mouvement social sont anim&#233;es par des djouch&#233;istes dont les principales apr&#232;s le KCTU sont Kyung Sil Yun (l'organisation civile pour la justice &#233;conomique), association d&#233;mocratique contre la dictature et Chamyou Younde, c'est-&#224;-dire l'alliance des ouvriers et de la soci&#233;t&#233; civile, bien qu'il n'y ait pas d'ouvriers dans cette organisation qui programme des manifestations sur le th&#232;me tr&#232;s vague de la d&#233;mocratie. Toutes les deux permettent au mouvement nationaliste d'avoir une base militante de masse en dehors de la classe ouvri&#232;re. Ces associations ont appuy&#233; &#224; fond Kim Dae Jung. Les djouch&#233;istes ont un poids pr&#233;pond&#233;rant dans bien d'autres milieux comme le milieu &#233;tudiant avec la conf&#233;d&#233;ration des &#233;tudiants cor&#233;ens. Le principal slogan des djouch&#233;istes est Ja Min Tong (Autonomie, d&#233;mocratie, r&#233;unification) mais avant tout ce qui les distingue est le soutien au r&#233;gime du nord.&lt;br /&gt;
Depuis la partition de la Cor&#233;e en 1953, apr&#232;s la fin de la guerre entre les USA, la Chine et les deux Cor&#233;es, les cor&#233;ens vivent continuellement dans la hantise d'un nouveau conflit. Aucune des deux Cor&#233;e n'a admis la partition et les populations ne l'acceptent pas non plus. Chacun des deux pays est rest&#233; symbolique des deux camps de l'&#233;poque : pro-stalinien et pro-imp&#233;rialisme am&#233;ricain. En effet, la Cor&#233;e du nord reste domin&#233;e par l'une des derni&#232;res dictatures du bloc stalinien et la Cor&#233;e du sud reste d&#233;pendante des USA selon le statut de 1953. Cela signifie 40 000 marines en permanence, une base militaire en plein milieu de S&#233;oul et de nombreuses autres sur tout le territoire, financ&#233;es par la Cor&#233;e et un statut de d&#233;pendance militaire et politique. Les n&#233;gociations entre les deux Cor&#233;es, par exemple, ne peuvent se d&#233;rouler qu'en pr&#233;sence des USA. Et cette opposition nord-sud est la base y compris de la politique int&#233;rieure des deux pays. Au nord, l'arm&#233;e repr&#233;sente environ un tiers du budget et occupe deux millions de soldats sur une population de 26 millions ! Au sud, c'est aussi un tiers du budget pour le budget de l'arm&#233;e et au moindre conflit social ou politique, les classes dirigeantes et les USA font planer la menace d'une intervention militaire de la Cor&#233;e du nord qui profiterait du d&#233;sordre au sud. De l&#224; &#224; accuser de trahison nationale quiconque s'agite ou fait gr&#232;ve, c'est tr&#232;s facile. C'est ce qui a justifi&#233; l'intervention militaire am&#233;ricaine lors de la r&#233;volte populaire du Kwangju en mai 1980 quand la population s'est r&#233;volt&#233;e contre le coup d'Etat du g&#233;n&#233;ral Chun et l'arrestation du leader de la r&#233;gion qui n'&#233;tait autre que Kim Dae Jung. La menace du nord a &#233;t&#233; pour les am&#233;ricains un pr&#233;texte pour &#233;craser une r&#233;volution populaire dans le sang et soutenir la dictature militaire.&lt;br /&gt;
Ces derni&#232;res ann&#233;es, l'isolement de la Cor&#233;e du nord s'est accentu&#233; du fait du blocus am&#233;ricain et des liens un peu distendus avec la Chine (compl&#232;tement avec la Russie). Ses relations &#233;conomiques &#233;tant r&#233;duites, son d&#233;veloppement &#233;conomique s'est effondr&#233; et une grave crise le frappe faisant revenir la famine. La Cor&#233;e du nord est un pays montagneux et c'est moins d'un quart du territoire qui peut &#234;tre cultiv&#233;, si bien que la question de l'alimentation y a toujours &#233;t&#233; une question difficile. Pyongyang a longtemps d&#233;pendu sur ce plan de l'aide de la Chine, aide qui est devenue moins avantageuse &#224; partir de 1989 pour se tarir en 1995 du fait de difficult&#233;s internes de la Chine, au moment m&#234;me o&#249; les inondations entra&#238;naient en Cor&#233;e du nord une catastrophe alimentaire. Du fait du blocus des informations et de la propagande des deux c&#244;t&#233;s, personne ne peut dire quelle est la gravit&#233; r&#233;elle de cette catastrophe subie par 26 millions de nord cor&#233;ens. Les USA et les Nations Unies pr&#233;tendent que c'est en grande partie du bluff et affirment que les aides alimentaires des organisations humanitaires sont revendues par le r&#233;gime &#224; la Chine mais en m&#234;me temps les organisations caritatives am&#233;ricaines pr&#233;tendent que la Cor&#233;e du nord est au bord du gouffre. Les occidentaux refusent de lever le blocus, la Cor&#233;e du Nord ayant &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;e &#171; ennemi de l'Am&#233;rique &#187; et pr&#233;voient des sanctions contre toute entreprise qui ne s'y conformerait pas. Les conditions mises par les USA pour une reprise des relations sont l'ouverture du pays, le renoncement &#224; l'arme nucl&#233;aire, le paiement des dettes de 3,2 milliards de dollars et l'&#233;volution du r&#233;gime. C'est bien les USA qui bloquent et pas la Cor&#233;e du nord puisqu'&#224; chaque fois que les USA ont lev&#233; la sanction, des &#233;changes ont pu se r&#233;aliser : par exemple l'exportation de magn&#233;site ou encore la cr&#233;ation des communications t&#233;l&#233;phoniques par AT et T, l'&#233;change de c&#233;r&#233;ales contre des min&#233;raux avec le trust am&#233;ricain Cargill. L'accord conclu en octobre 94 avec General Motors pour un investissement en Cor&#233;e du Nord a &#233;t&#233; bloqu&#233; par les USA. Les 280 000 tonnes de p&#233;trole qui devaient &#234;tre livr&#233;es par les USA ne l'ont pas &#233;t&#233; en raison d'un refus du congr&#232;s am&#233;ricain. La construction de centrales &#224; eau l&#233;g&#232;re accept&#233;e par les USA en 1994 en &#233;change d'un gel du programme nucl&#233;aire nord cor&#233;en n'est toujours pas &#233;t&#233; achev&#233;e. La Cor&#233;e du nord a cr&#233;&#233; une zone franche pour que les capitalistes &#233;trangers puissent investir, &#224; Raijin-Sonbong, &#224; l'extr&#233;mit&#233; nord-est du pays. Certains chaebols du sud ont m&#234;me pu investir au nord comme Daewoo pour une centrale et une usine automobile. Le seul chaebol qui a pu r&#233;ellement investir &#224; la fois au nord et au sud est un chaebol dont la base est aux USA : c'est la secte Moon !&lt;br /&gt;
Cependant les conditions d'investissement au nord ont &#233;t&#233; consid&#233;rablement assouplies et de nombreux patrons du sud l'ont fait ou y sont tr&#232;s int&#233;ress&#233;s. Ainsi Hyundai envisage d'y investir. Le nord comme le sud ont leur strat&#233;gie, chacun pr&#233;tendant que le d&#233;veloppement d'investissements crois&#233;s, qui va rapprocher les deux pays, va le faire en faveur de son propre r&#233;gime. C'est la strat&#233;gie de la r&#233;unification dite pacifique que pr&#244;ne Kim Dae Jung. Il n'emp&#234;che que pour la population, il n'y a rien de chang&#233; : toujours pas moyen de traverser pour aller voir des membres de sa famille. Pire m&#234;me, il est interdit de chercher &#224; &#233;changer des courrier avec sa famille de l'autre c&#244;t&#233; du 38&#232;me parall&#232;le ! Jim Dae Jung a m&#234;me d&#233;clar&#233; que l' &#171; &lt;i&gt;on ne doit pas confondre &#233;conomie et politique&lt;/i&gt; &#187; pour justifier que pour lui l'essentiel n'est pas que les cor&#233;ens retrouvent leur famille mais que le nord s'ouvre aux capitaux du sud et ce n'est pas les chaebols qui le contrediront ! C'est d'ailleurs l'un d'entre eux, le patron de Hyundai, qui a servi d'ambassadeur aupr&#232;s de la Cor&#233;e du nord pour le pr&#233;sident Kim Dae Jung ! L'ouverture du march&#233; reste un espoir de tous les patrons sud cor&#233;ens en mal d'acheteurs et aussi de main d'oeuvre bon march&#233;. Ces pas en avant dans les bonnes relations n'ont pas emp&#234;ch&#233; les incidents de se multiplier entre la Cor&#233;e du nord et la Cor&#233;e du sud. En juin 98, un sous-marin nord cor&#233;en a coul&#233; pr&#232;s des c&#244;tes sud cor&#233;ennes. Et fin ao&#251;t, la Cor&#233;e du nord a lanc&#233; un satellite que le Japon a d&#233;clar&#233; &#234;tre un missile, mettant ainsi la r&#233;gion &#224; la limite de la confrontation militaire et les USA d&#233;ployant imm&#233;diatement six bombardiers strat&#233;giques !&lt;br /&gt;
Depuis 25 ans, des n&#233;gociations ont commenc&#233; sous l'&#233;gide des USA pour signer enfin la paix, mais sans succ&#232;s. Un dernier &#233;pisode de ce feuilleton &#224; rebondissements multiples a encore eu lieu le 27 octobre o&#249; le nord s'est dit dispos&#233; &#224; n&#233;gocier ... &#224; condition que les USA retirent leurs troupes de Cor&#233;e du sud.&lt;br /&gt;
Si Kim Dae Jung a sembl&#233; attacher de l'importance au rapprochement nord-sud, a m&#234;me accept&#233; de reconna&#238;tre le r&#233;gime du nord, il a fait bien plus que des pas vers un autre rapprochement : celui avec le Japon, ce qui est tr&#232;s contradictoire. Ainsi le pr&#233;sident sud-cor&#233;en en visite au Japon a annonc&#233; que les productions artistiques japonaises seront d&#233;sormais autoris&#233;es en Cor&#233;e et vice versa. Il n'y a pas que les spice girls qui pourront chanter dans les deux langues : Kim Dae Jung a accept&#233; les excuses du Japon pour les souffrances subies par le peuple cor&#233;en pendant l'occupation coloniale japonaise, sujet pourtant aussi brulant que la division du pays ! Et bien s&#251;r, tout cela n'a pas que des buts culturels et moraux mais &#233;conomiques, les deux &#233;conomies &#233;tant de longue date tr&#232;s interp&#233;n&#233;tr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nationalisme, un danger mortel pour la classe ouvri&#232;re&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Cette orientation du gouvernement signifie que la question nationale risque fort de rester encore longtemps explosive en Cor&#233;e. Et la crise &#233;conomique n'a fait qu'aggraver les choses. &lt;br /&gt;
Elle a favoris&#233; la mont&#233;e de la x&#233;nophobie et peu apr&#232;s l'annonce de l'effondrement &#233;conomique, une campagne anti-&#233;trangers a d&#233;but&#233;. Pour bien des gens la crise est synonyme de FMI. Ils consid&#232;rent que le capital &#233;tranger a fait expr&#232;s de couler l'&#233;conomie cor&#233;enne. Partir en voyage &#224; l'&#233;tranger est devenu comme un acte de trahison nationale. Des campagnes nationalistes ont &#233;t&#233; lanc&#233;es comme &lt;i&gt;&#171; 100% cor&#233;en &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;achetez des produits de notre pays&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;ne vous chaussez pas en dollars&lt;/i&gt; &#187; et des associations, qui ont un &#233;norme succ&#232;s, se sont d&#233;velopp&#233;es dans la petite bourgeoisie uniquement sur ces bases. On a d&#233;j&#224; cit&#233; la campagne de collecte de l'or pour soutenir le pays : l'or des bijoux de famille est revendu pour fournir le pays en devises. Dans ces conditions, la politique de Kim Dae Jung risque plus de faire grandir le nationalisme que de le discr&#233;diter. Le nationalisme radical risque fort d'&#234;tre le principal danger politique pour la classe ouvri&#232;re. Et une strat&#233;gie d&#233;courageante pour les luttes gr&#233;vistes peut tr&#232;s bien se coupler avec un radicalisme politique nationaliste et m&#234;me avec des affrontements r&#233;guliers avec les forces de l'ordre sans chercher r&#233;ellement &#224; renverser par la lutte le rapport des forces. On en a eu r&#233;cemment une d&#233;monstration avec les gr&#232;ves de juillet-ao&#251;t.&lt;br /&gt;
Le probl&#232;me des luttes &#224; venir de la classe ouvri&#232;re n'est pas une simple question de combativit&#233;, c'est un probl&#232;me politique, celui des perspectives politiques que se sont donn&#233;es ses dirigeants et ses militants. Pour nombre d'entre eux, le combat principal est celui de l'unification avec la Cor&#233;e du nord et souvent sous la forme d'un soutien direct et sans critique au r&#233;gime du nord. Le pr&#233;sident Kim Dae Jung joue sur ce nationalisme auquel il laisse des espoirs en faisant croire qu'il serait pr&#234;t &#224; faire des pas en vue d'un rapprochement avec le nord. Il se sert aussi du nationalisme pour mettre de son c&#244;t&#233; une partie du mouvement social. Il s'en sert m&#234;me pour faire accepter les sacrifices &#224; la population pour la reconstruction d'une &#233;conomie forte et faire reculer les syndicats comme on l'a vu avec le KCTU. M&#234;me si ce jeu est un peu de la corde raide, m&#234;me s'il &#233;choue et ne peut emp&#234;cher l'explosion sociale, c'est d'abord au nationalisme radical que cela risque de profiter dans une situation o&#249; il est facile de tout axer sur la responsabilit&#233; dans la crise cor&#233;enne des financiers &#233;trangers, du FMI, des puissances imp&#233;rialistes, notamment l'Am&#233;rique et le Japon. &lt;br /&gt;
Et ce nationalisme radical, en cas de grave crise sociale, risque d'&#234;tre la derni&#232;re issue pour la bourgeoisie cor&#233;enne. Que ce soit en Pologne avec Lech Walesa ou en Iran avec Khomeiny, on a vu que des nationalistes radicaux n'h&#233;sitaient pas &#224; s'appuyer sur la r&#233;volte sociale, sur la classe ouvri&#232;re m&#234;me, pour parvenir au pouvoir mais certainement pas pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des opprim&#233;s ni pour jouer le r&#244;le de transformation sociale qui est celui du prol&#233;tariat. M&#234;me si, jusqu'&#224; pr&#233;sent c'est le mouvement nationaliste pro-Cor&#233;e du nord au sein des &#233;tudiants, des ouvriers et des milieux populaires qui a &#233;t&#233; le plus r&#233;prim&#233; par les diff&#233;rents r&#233;gimes, ce n'est pas lui qui est socialement le plus &#224; craindre pour la bourgeoisie mais un courant ouvrier r&#233;volutionnaire qui prendrait la t&#234;te de l'ensemble des aspirations populaires et d&#233;mocratiques, en ne craignant pas de combattre &#224; la fois la dictature capitaliste du sud et la dictature n&#233;o-stalinienne du nord. Face &#224; la crise, il ne suffit pas que les travailleurs cor&#233;ens descendent dans la rue, fassent une nouvelle fois preuve de leur combativit&#233;. Il leur faut une politique r&#233;volutionnaire. Il leur faut une strat&#233;gie des luttes qui se fonde sur l'extension des luttes plut&#244;t que sur la n&#233;gociation secteur par secteur qui les divise et les maintient sur la d&#233;fensive. Il leur faut un programme de revendications qui fasse de la classe ouvri&#232;re le centre de toutes les luttes des opprim&#233;s et qui souligne l'opposition avec tous les poss&#233;dants, m&#234;me ceux qui se disent purement nationaux ou d&#233;mocrates. Il leur faut un parti qui lie leur combat &#224; celui de leurs fr&#232;res du nord comme &#224; ceux de tous les pays, et notamment ceux aujourd'hui en r&#233;volte comme l'Indon&#233;sie et la Malaisie. Si la crise a montr&#233; quelque chose, c'est qu'il n'y a pas de protection possible derri&#232;re des fronti&#232;res nationales. Il leur faut un parti qui ne se laisse pas arr&#234;ter par des consid&#233;rations nationalistes, qui ne craigne pas de faire payer la crise &#224; ses responsables : les capitalistes, et d'abord les patrons cor&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;gr&#232;ve de 1997 en Cor&#233;e du sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Un vote d&#233;cisif par une Assembl&#233;e croupion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 d&#233;cembre, le parti au pouvoir en Cor&#233;e du Sud (le Parti de la Cor&#233;e Nouvelle - PCN) n'a pu faire passer devant l'Assembl&#233;e nationale deux ensembles de lois qui &#233;taient d&#233;battues depuis plusieurs mois. L'un avait trait &#224; une r&#233;organisation des organes de s&#233;curit&#233; (National Security Planning Agency qui devait remplacer l'ancienne KCIA, c'est-&#224;-dire la CIA de Cor&#233;e du Sud). L'autre concernait une modification importante de la loi sur le travail.Face &#224; cet &#233;chec, le 26 d&#233;cembre &#224; 6 heures du matin le PCN organise une r&#233;union &#034;sp&#233;ciale&#034; de l'Assembl&#233;e nationale, pr&#233;sid&#233;e par le vice-pr&#233;sident de cette Assembl&#233;e (Ho Se-eung). Au total, 11 lois sont vot&#233;es en bloc en 6 minutes. Le PCN dispose de 157 si&#232;ges &#224; l'Assembl&#233;e nationale qui r&#233;unit 299 d&#233;put&#233;s. Seuls 154 d&#233;put&#233;s du PCN &#233;taient pr&#233;sents lors de cette r&#233;union &#034;sp&#233;ciale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Des lois antisyndicales&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les modifications de la nouvelle loi sur le travail, on peut mentionner :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) Seul un syndicat peut exister dans une entreprise ou une branche industrielle (art. 3, paragraphe 5 du Trade Union Act). Ce syndicat doit &#234;tre enregistr&#233; aupr&#232;s des autorit&#233;s administratives (art. 13). Cette l&#233;gislation a pour but d'emp&#234;cher la reconnaissance l&#233;gale de syndicats qui ne sont pas reconnus, c'est-&#224;-dire qui ne sont pas membres de la F&#233;d&#233;ration des syndicats de Cor&#233;e (FKTU, Nochong), seule centrale syndicale autoris&#233;e &#224; l'&#233;chelle nationale par le gouvernement. Une telle d&#233;cision est en opposition avec l'art. 2 de la Convention n&#176;ree ; 87 de l'Organisation internationale du travail et du Bureau international du travail (OIT/BIT) ayant trait au pluralisme syndical. La fonction essentielle de ces articles est d'emp&#234;cher l'implantation syndicale d'organisations li&#233;es &#224; la Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats (KCTU, Minjunochong) dans des secteurs ou des entreprises o&#249; existent d&#233;j&#224; des organisations rattach&#233;es &#224; la FKTU. De plus, la KCTU n'est pas reconnue (donc est ill&#233;gale) en tant que conf&#233;d&#233;ration repr&#233;sentative &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) La Constitution cor&#233;enne, dans son art. 21, reconna&#238;t le droit et la libert&#233; d'association et, dans son art. 33, reconna&#238;t le droit et la libert&#233; des salari&#233;(e)s &#224; des n&#233;gociations collectives et &#224; entreprendre des actions collectives dans le cadre de ces n&#233;gociations. Toutefois, une restriction importante existe dans le m&#234;me article : les employ&#233;s du service public (fonctionnaires) ne peuvent s'organiser et engager une action collective que dans cadre de ce qui est strictement permis par la loi. Or, le statut des fonctionnaires - &#224; l'&#233;chelle nationale et &#224; l'&#233;chelle locale - nie les droits d'action collective de l'essentiel des fonctionnaires. Des exceptions existent pour une partie des &#034;travailleurs manuels&#034; du secteur m&#233;dical, des chemins de fer et des t&#233;l&#233;communications, qui disposent de droits syndicaux. Les amendements &#224; la loi confirment ces restrictions du droit d'organisation et de n&#233;gociations collectives dans le secteur public. L'interdiction la plus forte touche le secteur des enseignants. Lorsque les enseignants ont cr&#233;&#233; en 1989 la F&#233;d&#233;ration des enseignants et des travailleurs de l'&#233;ducation (KTU), 45 enseignants ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s et 831 ont &#233;t&#233; expuls&#233;s des &#233;coles publiques. La KTU reste une organisation non reconnue au plan l&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) La l&#233;gislation (art. 12.2 du Trade Union Act et 13.2 du Labour Dispute Adjustment Act - qui font partie de l'ensemble de la l&#233;gislation sur le travail) emp&#234;che l'intervention d'un tiers. Autrement dit, une conf&#233;d&#233;ration syndicale ou un syndicat d'une autre entreprise ne peuvent agir comme conseil, interm&#233;diaire ou organiser des actions de solidarit&#233; &#224; l'occasion d'un conflit entre un employeur et le syndicat reconnu l&#233;galement. Cela vise &#224; emp&#234;cher l'activit&#233; de la KCTU et les actions de solidarit&#233;. Ces dispositions facilitent les arrestations de militants syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d) L'art. 12 du Trade Union Act interdit toute activit&#233; qualifi&#233;e de politique par les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;e) La nouvelle l&#233;gislation du travail pr&#233;voit de m&#234;me la possibilit&#233; : 1&#176;ree ; de licencier sans restriction en invoquant des modifications technologiques, des n&#233;cessit&#233;s de restructuration, la d&#233;t&#233;rioration de la situation financi&#232;re de l'entreprise ou une modification de la gestion pour accro&#238;tre la productivit&#233; ; or, un syst&#232;me d'allocation de ch&#244;mage est tout &#224; fait embryonnaire en Cor&#233;e du Sud ; il n'existe que depuis un an sous la forme d'une assurance de type priv&#233; ; pour toucher des allocations, il faut avoir cotiser dix ans ; d&#232;s lors, la perte d'un emploi a des cons&#233;quences tr&#232;s graves, d'autant plus dans une situation &#233;conomique qui se p&#233;jore ; 2&#176;ree ; de pouvoir remplacer par des travailleurs int&#233;rimaires les travailleurs en gr&#232;ve ; 3&#176;ree ; de permettre &#224; des soci&#233;t&#233;s de travail temporaire (qui sont contr&#244;l&#233;es par les grands conglom&#233;rats sud-cor&#233;ens appel&#233;s chaebol) d'entrer sur le march&#233; du travail plus stable des grandes entreprises ; 4&#176;ree ; d'introduire une flexibilit&#233; maximale dans l'horaire de travail avec un maximum de 56 heures hebdomadaires sans que soient pay&#233;es des heures suppl&#233;mentaires (dans l'industrie, hors heures suppl&#233;mentaires, le temps de travail hebdomadaire &#233;tait de 48,7 heures en 1995, ce qui est sup&#233;rieur au temps de travail de Ta&#239;wan... et de l'ensemble des pays membres de l'OCDE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ensemble de ces mesures ont pour but de modifier les relations de forces sur le march&#233; du travail et de tendre &#224; freiner la hausse salariale. Depuis 1992, l'effort principal des chaebols et de la Conf&#233;d&#233;ration des employeurs cor&#233;ens vise &#224; r&#233;duire au maximum la hausse du salaire minimum mensuel dont le niveau influence le revenu de l'essentiel des salari&#233;(e)s de Cor&#233;e du Sud travaillant dans les petites et moyennes entreprises. &lt;br class='autobr' /&gt;
La dimension d&#233;mocratique et politique du mouvement social qui a pris son essor depuis fin d&#233;cembre s'explique par la conjonction de trois facteurs : 1&#176;ree ; les modalit&#233;s choisies par le gouvernement de Kim Young-sam pour imposer les deux ensembles de lois et le renforcement des organes de r&#233;pression ; 2&#176;ree ; les restrictions &#224; l'activit&#233; syndicale, plus sp&#233;cifiquement &#224; l'action du mouvement syndical ind&#233;pendant et d&#233;mocratique ; 3&#176;ree ; la tentative de d&#233;grader les conditions salariales et de travail, conditions qui &#233;taient la contrepartie d'un travail tr&#232;s intensif et de longue dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Premi&#232;re &#233;tape d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 26 d&#233;cembre&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le vote par l'Assembl&#233;e des deux ensembles de lois, la KCTU a appel&#233; &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e jusqu'au retrait de la nouvelle loi sur le travail. C'&#233;tait le premier appel &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale depuis 1948.Les huit syndicats membres de la F&#233;d&#233;ration des syndicats du groupe Hyundai (Hyonchongnyon) - syndicats repr&#233;sentant les plus de 70'000 travailleurs de huit grandes entreprises du conglom&#233;rat (chaebol) Hyundai dans la ville de Ulsan - soutiennent l'appel de la KCTU. Un premier meeting de protestation est organis&#233; devant la Cath&#233;drale Myongdong &#224; Seoul. La FKTU annonce qu'elle rejoindra la gr&#232;ve. Les partis d'opposition - le Congr&#232;s national pour une nouvelle politique (dirig&#233; par Kim Dae-jung) l'Union des d&#233;mocrates lib&#233;raux (dirig&#233; par Kim Jong-pil) - d&#233;clarent de m&#234;me la loi nulle et non avenue. La Conf&#233;d&#233;ration des employeurs de Cor&#233;e (KEF) soutient la loi et r&#233;clame du gouvernement une attitude ferme. Elle d&#233;clare que les jours de gr&#232;ve ne doivent pas &#234;tre pay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 27 d&#233;cembre&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelque 210'000 travailleurs rejoignent la gr&#232;ve. La mobilisation est particuli&#232;rement forte, dans cette phase, au sein de l'industrie automobile, des chantiers navals, des entreprises de la p&#233;trochimie. De grands conglom&#233;rats sont touch&#233;s par la gr&#232;ve ou par des mobilisations de protestation : Kia (automobiles), Deawoo (automobiles), Ssangyong (automobiles). Des travailleurs du secteur hospitalier entrent en gr&#232;ve dans des h&#244;pitaux de Seoul, Inchon, Suwon, etc. Le gouvernement d&#233;clare les gr&#232;ves ill&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 28 d&#233;cembre&lt;br class='autobr' /&gt;
220'000 travailleurs continuent la gr&#232;ve. Les travailleurs du m&#233;tro de Seoul rejoignent le mouvement. D'importantes manifestations ont lieu &#224; Seoul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 29 d&#233;cembre&lt;br class='autobr' /&gt;
214 entreprises doivent suspendre leur production. Les travailleurs du m&#233;tro de Pusan entrent en gr&#232;ve des 4 heures du matin. Les autorit&#233;s judiciaires menacent de poursuivre et d'arr&#234;ter les dirigeants syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 30 d&#233;cembre&lt;br class='autobr' /&gt;
215'000 travailleurs sont en gr&#232;ve. Le syndicat des t&#233;l&#233;communications vote son adh&#233;sion &#224; la gr&#232;ve. La police anti-&#233;meute intervient pour bloquer l'acc&#232;s aux centres de t&#233;l&#233;communications. &lt;br class='autobr' /&gt;
La KCTU d&#233;clarera la suspension temporaire de la gr&#232;ve durant les f&#234;tes de fin d'ann&#233;e. Un mouvement de soutien aux gr&#233;vistes se d&#233;veloppe parmi les professeurs de diverses universit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 31 d&#233;cembre&lt;br class='autobr' /&gt;
La direction de la KCTU organise devant la Cath&#233;drale de Myongdong un sit-in permanent. Le parvis de la cath&#233;drale devient le &#034;quartier g&#233;n&#233;ral&#034; de la mobilisation sociale et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Deuxi&#232;me &#233;tape de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 3 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement est relanc&#233; le vendredi 3 janvier. Les secteurs de l'industrie lourde continuent &#224; jouer un r&#244;le d&#233;cisif. Pour la premi&#232;re fois, des syndicats de salari&#233;s de la presse participent &#224; la mobilisation. Les menaces de r&#233;pression de la part des autorit&#233;s s'accentuent ; ces derni&#232;res annoncent que des mesures strictes seront prises &#224; l'encontre de gr&#232;ves qui se d&#233;velopperaient dans le secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 4 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gr&#232;ves s'affaiblissent dans le secteur de l'industrie lourde. Toutefois les manifestations de rue sont importantes le samedi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 5 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
La FKTU organise d'importants rassemblements dans les principales villes, entre autres &#224; Seoul et Pussan. Les salari&#233;s de la radio et de la t&#233;l&#233;vision d&#233;cident de soutenir la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 6 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
La mobilisation repart. Quelque 200'000 travailleurs entrent en gr&#232;ve. Les secteurs de l'automobile se remobilisent et le mouvement de gr&#232;ve touche pour la premi&#232;re fois les banques et les assurances (les employ&#233;s des banques craignent des restructurations avec les pertes d'emplois &#224; la cl&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gr&#232;ves dans le m&#233;tro et les transports sont suspendues par les syndicats, &#233;tant donn&#233; les conditions tr&#232;s difficiles de d&#233;placement &#224; cause d'un hiver rigoureux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le procureur du district de Seoul &#233;met des mandats de comparution &#224; l'encontre de 50 leaders syndicaux, y compris le pr&#233;sident de la KCTU, Kwon Jong-gil. Des mesures identiques &#224; l'encontre de responsables syndicaux sont prises dans les villes de Ulsan, Chanwon, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 7 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
La mobilisation s'&#233;tend au secteur public. 4000 salari&#233;s des quatre principales compagnies de radio et t&#233;l&#233;vision entrent en gr&#232;ve : Corean Broadcasting System (CBS), Munhwa Broadcasting Corp. (MBC), Education Broadcasting System (EBS) et Christian Broadcasting System (CBS). Quelque 17'000 salari&#233;s syndiqu&#233;s des centres hospitaliers et m&#233;dicaux de Seoul participent &#224; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 8 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant le succ&#232;s de la mobilisation du 7, la direction de la KCTU envisage une accentuation des gr&#232;ves et des mobilisations. En effet, pour la premi&#232;re fois depuis la flamb&#233;e de gr&#232;ves de 1987, les syndicats du tertiaire (f&#233;d&#233;ration des employ&#233;s, des assurances maladie, de la presse, des employ&#233;s de l'universit&#233;, des enseignants, etc.) manifestent une claire volont&#233; de se joindre au mouvement. Les repr&#233;sentants de ces syndicats se r&#233;unissent &#224; Seoul. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les autorit&#233;s judiciaires d&#233;cident de reporter l'application des mesures l&#233;gales prises &#224; l'encontre des dirigeants syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 9 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs des entreprises du groupe Hyundai reprennent le travail. La police accro&#238;t sa pression autour du parvis de la Cath&#233;drale Myongdong &#224; Seoul, o&#249; est toujours install&#233;e la direction de la gr&#232;ve. Le si&#232;ge de la KCTU est occup&#233; par la police, ainsi que le si&#232;ge de trois f&#233;d&#233;rations, celles de la m&#233;tallurgie, du secteur hospitalier et de l'automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 10 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement de gr&#232;ve continue. Selon la KCTU, 200'000 travailleurs y participent. La soci&#233;t&#233; Hyundai Motor Co., le plus grand fabricant d'automobiles de Cor&#233;e de Sud, d&#233;cide un lock-out (fermeture de l'entreprise). Une manifestation de protestation de 20'000 salari&#233;s a lieu dans la ville de Ulsan. Un travailleur de 32 ans, Chong Chae-song, s'immole par le feu. Universitaires, artistes, professeurs, repr&#233;sentants des &#233;glises chr&#233;tiennes et bouddhistes multiplient les p&#233;titions demandant l'abrogation des lois vot&#233;es le 26 d&#233;cembre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;sident du Parti de la Nouvelle Cor&#233;e, au cours d'un entretien avec le pr&#233;sident de la FKTU (Park In-sang), cherche &#224; ce que cette f&#233;d&#233;ration se d&#233;solidarise du mouvement de gr&#232;ve. Le pr&#233;sident de la FKTU rejette cette proposition, ce qui traduit la pression populaire en faveur de l'abrogation des lois &#034;adopt&#233;es&#034; le 26 d&#233;cembre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le BIT et le TUAC (organe de consultation sur les questions du travail de l'OCDE) font conna&#238;tre leur opposition &#224; la l&#233;gislation impos&#233;e par le gouvernement de Kim Young-sam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 11 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Une d&#233;l&#233;gation de la CISL (Conf&#233;d&#233;ration internationale des syndicats libres) participe &#224; un grand meeting dans le parc Chong-Myo &#224; Seoul. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Marcello Malentacchi de la F&#233;d&#233;ration internationale de la m&#233;tallurgie, membre de la CISL, y d&#233;clare : &#034;Votre lutte est la n&#244;tre&#034;. Les dirigeants de la KCTU et de la FKTU refusent de d&#233;battre &#224; la t&#233;l&#233;vision avec le pr&#233;sident du parti au pouvoir. Ils r&#233;clament de rencontrer et de d&#233;battre directement avec le pr&#233;sident Kim Young-sam qui a impos&#233; les lois &#034;sc&#233;l&#233;rates&#034;. Une v&#233;ritable n&#233;gociation, selon eux, ne peut commencer qu'apr&#232;s l'abrogation de ces lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 12 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
La KCTU indique que les actions de gr&#232;ve et de mobilisation continueront jusqu'&#224; l'abrogation des lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 13 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
La FKTU annonce la participation de ses membres pour une gr&#232;ve de 39 heures d&#232;s le mardi 14 janvier. Une r&#233;union a eu lieu entre la KCTU et la FKTU afin d'&#233;tablir un plan d'unit&#233; d'action. Une manifestation convoqu&#233;e par l'Eglise catholique se tient sur le parvis de la Cath&#233;drale et affirme son soutien aux salari&#233;s en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 14 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
L'appel conjoint de la KCTU et de la FKTU &#224; la mobilisation n'a pas le r&#233;sultat escompt&#233;, malgr&#233; un &#233;cho dans les secteurs de la chimie, de la m&#233;tallurgie, des transports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Troisi&#232;me &#233;tape de la gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 15 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors d'une rencontre entre les pr&#233;sidents de la FKTU et de la KCTU sur le parvis de la Cath&#233;drale Myongdong, un accord en 5 points est intervenu : 1&#176;ree ; demande d'abrogation de la loi sur le travail ; 2&#176;ree ; poursuite des mobilisations jusqu'&#224; ce que cette revendication soit accept&#233;e ; 3&#176;ree ; prolongation de la mobilisation jusqu'aux &#233;lections pr&#233;sidentielles du 8 d&#233;cembre si satisfaction n'est pas obtenue ; 4&#176;ree ; organisation commune de manifestations ; 5&#176;ree ; demande &#224; la population de soutenir la lutte, tout en s'excusant pour les inconv&#233;nients que les gr&#232;ves peuvent provoquer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 15 janvier marque un des hauts moments de la mobilisation au plan quantitatif. Les manifestations sont massives dans 15 villes. Le procureur g&#233;n&#233;ral laisse entendre que ces mobilisations participent d'une &#034;propagande communiste&#034;, ce qui en Cor&#233;e du Sud ouvre la porte &#224; une r&#233;pression s&#233;rieuse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Minist&#232;re du travail publie des annonces publicitaires dans toute la presse afin d'expliquer combien la nouvelle loi est n&#233;cessaire &#224; la comp&#233;titivit&#233; au plan mondial de la Cor&#233;e du Sud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;sident Kim Young-sam affirme que certains r&#233;glements d&#233;coulant de la loi peuvent &#234;tre revus, mais que la loi ne peut pas &#234;tre abrog&#233;e, car cela constituerait un acte anticonstitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 16 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Les salari&#233;s de Hyundai Motor Co., apr&#232;s la r&#233;ouverture de l'entreprise suite au lock-out, reprennent le travail en accord avec les directions syndicales. Le syndicat des travailleurs de Asia Motor &#224; Kwangju (ville o&#249; la dictature militaire avait exerc&#233; une r&#233;pression f&#233;roce faisant des milliers de morts, en mai 1980) d&#233;cident de reprendre le travail. Il en va de m&#234;me &#224; Ssanjyong Motor Co. La Cour de justice du district de Changwon dans la province de Kyongsang demande &#224; la Cour constitutionnelle de statuer sur la l&#233;galit&#233; de la loi sur le travail. Un jour plus tard, la Cour de district de Taejon de la province de Chungchong. La Cour constitutionnelle est cens&#233;e donner une r&#233;ponse &#224; la question qui lui a &#233;t&#233; pos&#233;e au plus t&#244;t au cours du mois de f&#233;vrier. Un enqu&#234;te d'opinion (effectu&#233;e par Hang-gil Research's survey) est publi&#233;e par un des principaux journaux de Cor&#233;e du Sud : 65,3% des personnes interrog&#233;es demande l'annulation de la loi sur le travail ; 93,8% s'oppose &#224; l'utilisation de la force pour r&#233;soudre le conflit. Cela confirme l'&#233;cho public et la dynamique d&#233;mocratique de la mobilisation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;orientation de la mobilisation&lt;br class='autobr' /&gt;
Vendredi 17 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors d'une r&#233;union de la direction de la KCTU, la d&#233;cision est prise de r&#233;duire le niveau de mobilisation apr&#232;s 23 jours de gr&#232;ves et de manifestations. D&#233;cision est prise d'organiser des gr&#232;ves chaque mercredi et des mobilisations de masse dans les principales villes chaque samedi. Une date butoir est fix&#233;e au 18 f&#233;vrier 1997. A cette date, le gouvernement doit avoir retir&#233; les lois &#034;sc&#233;l&#233;rates&#034; sans quoi la mobilisation sera &#224; nouveau accentu&#233;e, entre autres sous la forme de gr&#232;ves. Cette loi est cens&#233;e entrer en vigueur d&#232;s le 1er mars. Cette d&#233;cision a &#233;t&#233; prise par la KCTU sur la base de deux consid&#233;rations : d'un c&#244;t&#233;, le soutien dans l'opinion publique, parmi les partis d'opposition, dans les milieux universitaires et religieux s'est renforc&#233; ; de l'autre, des difficult&#233;s importantes apparaissaient dans la poursuite de la gr&#232;ve au sein des entreprises les plus importantes, dont les directions d&#233;claraient que les pertes financi&#232;res subies impliquaient l'impossibilit&#233; de faire face &#224; leurs obligations salariales. &lt;br class='autobr' /&gt;
La KCTU et la FKTU soulignent que la mobilisation pour les droits syndicaux et d&#233;mocratiques doit s'inscrire dans la dur&#233;e. La direction de la KCTU propose un d&#233;bat avec le pr&#233;sident du Parti de la Cor&#233;e Nouvelle (PCN) &#224; condition que la s&#233;curit&#233; du pr&#233;sident de la KCTU Kwon Yong-gil soit assur&#233;e et que la libert&#233; du d&#233;bat soit assur&#233;e. La KCTU avait refus&#233; dans un premier temps un tel d&#233;bat. Cette fois, c'est le PCN qui rejette la suggestion de la KCTU, affirmant que le pr&#233;sident de la KCTU ne pouvait participer &#224; un d&#233;bat puisqu'un mandat d'amener avait &#233;t&#233; lanc&#233; &#224; son encontre et que d&#232;s lors d&#233;battre avec lui impliquait une violation de la loi. Pour le PCN un probl&#232;me se pose : tous les principaux dirigeants de la KCTU sont poursuivis par la &#034;justice&#034; et donc aucun n'est susceptible de d&#233;battre &#224; la TV... si les conditions &#233;nonc&#233;e par le pr&#233;sident du PCN sont maintenues.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail reprend aussi dans les chantiers navals et dans les stations de radio-t&#233;l&#233;vision. Le cardinal Kim Sou-hwan de l'Eglise catholique romaine de Cor&#233;e rencontre le pr&#233;sident Kim Young-sam afin que le dialogue s'instaure. Il fait conna&#238;tre l'opposition de l'Eglise &#224; l'usage de la force pour arr&#234;ter les dirigeants syndicaux install&#233;s sur le parvis de la Cath&#233;drale Myongdong.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 18 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors d'un rassemblement au parc Chong-Myo &#224; Seoul, la KCTU annonce la reprise du travail et la strat&#233;gie de la gr&#232;ve du mercredi et des manifestations du samedi. La FKTU annonce des mobilisations conjointes pour le 25 janvier. La date ultimatum du 18 f&#233;vrier pour l'abrogation de la loi sur le travail est r&#233;affirm&#233;e.Des affrontements ont lieu autour de la Cath&#233;drale Myongdong, la police anti-&#233;meute augmentant sa pression.Dans la ville de Ulsan (ville du conglom&#233;rat Hyundai), un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical important est arr&#234;t&#233;, Kim Im-chik. C'est le sixi&#232;me syndicaliste arr&#234;t&#233; durant la semaine du 13 au 18 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 21 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pr&#233;sident Kim Young-sam rencontre les dirigeants des deux partis d'opposition (Kim Dae-jung et Kim Jong-pil). Le d&#233;saccord est explicite : si les trois leaders politiques affirment que la &#034;crise doit &#234;tre r&#233;solue dans le cadre de l'Assembl&#233;e nationale&#034;, les deux leaders de l'opposition exigent - comme le demandent les deux conf&#233;d&#233;ration syndicales - que les deux lois (loi sur le travail et loi sur la s&#233;curit&#233;) soient abrog&#233;es avant toute r&#233;ouverture du d&#233;bat parlementaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La KCTU affirme que la rencontre des partis politiques a abouti &#224; une complet &#233;chec. La KCTU r&#233;affirme sa volont&#233; de poursuivre la mobilisation tant que ne sont pas obtenus : 1&#176;ree ; abrogation des deux lois ; 2&#176;ree ; retrait de l'ensemble des poursuites judiciaires lanc&#233;es contre les militants et responsables syndicaux (410 personnes au total) ; suppression des licenciements punitifs prononc&#233;s au cours des gr&#232;ves.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelque 500 repr&#233;sentants des &#233;glises bouddhistes, catholiques, protestantes et Won-Bul Kyo (une branche de l'Eglise bouddhiste) se sont r&#233;unis le 21 janvier, dans le temple Cho-Gae &#224; Chong-ro (&#224; Seoul). Ils r&#233;clament l'abrogation des deux lois. Ils demandent que la nouvelle loi garantisse les droits sociaux, syndicaux et politiques de l'ensemble des salari&#233;(e)s. Apr&#232;s cette r&#233;union, les repr&#233;sentants des diff&#233;rentes &#233;glises se sont rendus &#224; la cath&#233;drale Myongdong pour rencontrer les repr&#233;sentants de la KCTU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 22 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelque 140'000 gr&#233;vistes ont particip&#233; &#224; la premi&#232;re gr&#232;ve du mercredi. Des membres de 135 syndicats de branches et d'entreprises ont particip&#233; &#224; ce mouvement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un meeting r&#233;unissant quelque 15'000 personnes s'est tenu sur la place Chong-Myo. La suspension des mandats d'arr&#234;t &#224; l'encontre des dirigeants de la KCTU ayant &#233;t&#233; prononc&#233;e par le pr&#233;sident Kim Young-sam, pour la premi&#232;re fois le pr&#233;sident de la KCTU (Kwon jung-gil) a particip&#233; &#224; ce meeting, venant de la Cath&#233;drale de Myongdong. Dans son discours, il insista sur l'ambigu&#239;t&#233; de la proposition d'une simple rediscussion de la loi au Parlement, en soulignant qu'elle visait &#224; &#233;touffer la mobilisation. La revendication d'annulation et de r&#233;vision doit &#234;tre maintenue. Apr&#232;s le meeting de Chong-Myo, les participants se sont rendus en cort&#232;ge, sans intervention de la police, jusqu'&#224; la Cath&#233;drale Myondong&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 23 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dirigeants de la KCTU d&#233;cident de quitter le parvis de la Cath&#233;drale de Myongdong et de r&#233;int&#233;grer les bureaux de la Conf&#233;d&#233;ration syndicale. Une conf&#233;rence de presse est organis&#233;e pour le 24. L'Eglise protestante organise une manifestation &#224; l'Eglise Yang Lin &#224; Seoul. Elle r&#233;clame la d&#233;mission du pr&#233;sident Kim Young-sam pour ses crimes &#224; l'encontre de la d&#233;mocratie et se prononce pour l'annulation des lois ainsi que la dissolution de l'Agence nationale de s&#233;curit&#233; (ex-CIA sud-cor&#233;enne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 24 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement, apr&#232;s suspension des mandats d'arr&#234;t &#224; l'encontre des dirigeants de la KCTU, les l&#232;ve. Toutefois, des mesures r&#233;pressives continuent &#224; l'encontre des syndicalistes, entre autres sous l'impulsion de la F&#233;d&#233;ration des employeurs de Cor&#233;e et de la F&#233;d&#233;ration des industries de Cor&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les bureaux de la KCTU, une conf&#233;rence de presse se tient. Les objectifs pr&#233;c&#233;dents sont confirm&#233;s (annulation des lois, lev&#233;e des mesures r&#233;pressives, etc.). Pour la premi&#232;re fois, une r&#233;union de repr&#233;sentants de toutes les r&#233;gions de la KCTU se fait afin d'envisager les &#233;tapes suivantes de la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 25 janvier - Dimanche 26 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
Des rassemblements r&#233;unissant des dizaines de milliers de salari&#233;s, qui reprennent les revendications centrales du mouvement syndical, se tiennent &#224; travers le pays, entre autres &#224; Seoul, Ulsan, Pohang (ville sid&#233;rurgique). La manifestation de Seoul &#233;tait la premi&#232;re manifestation publique unitaire entre la KCTU et la FKTU. Elle a r&#233;uni sur la place Yoido quelque 85'000 personnes. Le 1er mai devient un objectif de mobilisation dans le calendrier fix&#233;, la date du 18 f&#233;vrier restant toujours un objectif important.Parall&#232;lement &#224; la lib&#233;ration de syndicalistes accus&#233;s d'avoir &#034;men&#233; des gr&#232;ves ill&#233;gales&#034; s'ouvrent des poursuites judiciaires &#224; l'encontre de syndicalistes dans l'ensemble du pays, poursuites engag&#233;es &#224; la demande d'entreprises (ces poursuites concernent 420 salari&#233;s membres de 55 diff&#233;rents syndicats). &lt;br class='autobr' /&gt;
La F&#233;d&#233;ration des entreprises de Cor&#233;e et la F&#233;d&#233;ration des employeurs de Cor&#233;e demandent &#224; leurs adh&#233;rents de ne pas payer les jours de gr&#232;ve. Au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, les jours de gr&#232;ve &#233;taient pay&#233;s. Le refus de les payer est conforme &#224; un des nouveaux articles introduits dans la nouvelle loi sur le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 27 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
La faillite du second producteur d'acier de Cor&#233;e - Hanbo Steel - sert de r&#233;v&#233;lateur du syst&#232;me de corruption financi&#232;re propre au r&#233;gime de Cor&#233;e du Sud : parti au pouvoir, administration, syst&#232;me bancaire et grandes entreprises sont les acteurs permanents de scandales financiers et industriels. Sous la pression des autorit&#233;s gouvernementales, l'entreprise Hanbo a re&#231;u des cr&#233;dits de la Banque d'Etat Korea Development Bank et de la banque priv&#233;e Korea First Bank. Le d&#233;couvert officiel s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 6 milliards de dollars et la faillite de Hanbo serait susceptible d'&#233;branler le syst&#232;me financier de Cor&#233;e. Le gouvernement envisage une reprise de cette soci&#233;t&#233; par le conglom&#233;rat d'Etat Pohang Iron and Steel, deuxi&#232;me producteur d'acier &#224; l'&#233;chelle mondiale. Toutefois, ce scandale industriel et financier r&#233;v&#232;le une fois de plus la nature de la classe dominante cor&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 28 janvier&lt;br class='autobr' /&gt;
La KCTU organise une r&#233;union nationale pour d&#233;finir sa strat&#233;gie. La KCTU affirme que si elle n'obtient pas satisfaction sur ses revendications, elle ouvrira ce qu'elle nomme la quatri&#232;me &#233;tape de gr&#232;ves &#224; l'&#233;chelle nationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une vaste campagne de signatures demandant l'abrogation de la loi est lanc&#233;e avec l'objection de r&#233;unir 1 million de signatures dans un laps de temps tr&#232;s bref. Des mesures sont prises pour obtenir le paiement des jours de gr&#232;ve dans les grandes entreprises. Enfin, la KCTU d&#233;clare que les activit&#233;s immorales et injustes li&#233;es &#224; la crise de Hanbo, activit&#233;s ruinant l'&#233;conomie nationale, soient l'objet d'une enqu&#234;te compl&#232;te et impartiale. La KCTU sugg&#232;re que les responsables soient punis pour activit&#233;s ill&#233;gales. Enfin, le syndicat souligne que la gestion du groupe Hanbo met en question non seulement l'emploi du groupe lui-m&#234;me, mais celui de l'ensemble des soci&#233;t&#233;s sous-traitantes. La KCTU propose la mise en place d'un comit&#233; sp&#233;cial qui enqu&#234;te sur la corruption r&#233;gnant dans la gestion de nombreuses soci&#233;t&#233;s dont les dirigeants se sont fait les supporters de la nouvelle loi sur le travail et ont soutenu la nouvelle loi sur la s&#233;curit&#233;. La KCTU d&#233;cide de suspendre pour l'instant les gr&#232;ves du mercredi. Les difficult&#233;s d'organisation et la pression exerc&#233;e dans les grandes entreprises sur les travailleurs rendaient cette strat&#233;gie difficile &#224; maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4-15-6 Ha&#239;ti&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six ann&#233;es d'insurrection&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 f&#233;vrier 1986, apr&#232;s des semaines de manifestations antigouvernementales, le &#171; pr&#233;sident &#224; vie &#187; Jean-Claude Duvalier, dit B&#233;b&#233; Doc, est chass&#233; du pouvoir et se r&#233;fugie en France. Le g&#233;n&#233;ral Namphy devient pr&#233;sident d'un Conseil national de gouvernement (CNG) compos&#233; de quatre militaires et de deux civils. &lt;br /&gt;
Le 9 f&#233;vrier, cinq mille manifestants r&#233;clament la formation d'un gouvernement civil.&lt;br /&gt;
Le 17 novembre 1986, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale se d&#233;clenche pour obtenir la dissolution du CNG&lt;br /&gt;
Le 29 novembre 1987, les &#233;lections sont annul&#233;es.&lt;br /&gt;
Le 17 janvier 1988, des &#233;lections sont organis&#233;es sous l'&#233;gide de l'arm&#233;e. L'abstention est massive. Leslie Manigat devient pr&#233;sident. &lt;br /&gt;
Le 18 juin 1988, Namphy reprend le pouvoir et nomme, le 22 juin, un gouvernement de militaires.&lt;br /&gt;
Le 10 septembre 1988, massacre au cours d'une messe &#224; Port-au-Prince&lt;br /&gt;
Le 18 septembre, le g&#233;n&#233;ral Prosper Avril, chef de la garde pr&#233;sidentelle et ancien homme de confiance de B&#233;b&#233;Doc renverse Namphy. Durant toute l'ann&#233;e qui suit, le g&#233;n&#233;ral Avril &#233;chappe &#224; plusieurs tentatives de coup d'&#233;tat et ne peut r&#233;tblir la paix sociale. &lt;br /&gt;
En 1990, les anciens &#171; tontons macoutes &#187; font r&#233;gner la terreur dans les rues de la capitale. Les n&#233;o-duvali&#233;ristes cr&#233;ent l'Union pour la r&#233;conciliation nationale dirig&#233;e par Roger lafontant. La vague de protestation populaire emp&#234;che que ce parti soit admis &#224; participer aux &#233;lections. &lt;br /&gt;
Le 16 d&#233;cembre 1990, le p&#232;re Jean Bertrand Aristide, partisan de la &#171; th&#233;ologie de la lib&#233;ration &#187;, remporte haut la main l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et devient pr&#233;sident le 7 f&#233;vrier 1991. Il est renvers&#233; le 30 septembre 1991 par un coup d'&#233;tat dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Raoul C&#233;dras, commandnat en chef de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans patrie ni fronti&#232;res :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
La classe ouvri&#232;re cor&#233;enne : de la gr&#232;ve de masse &#224; la pr&#233;carisation et au reflux, 1987-2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment au mod&#232;le que l'on a pu observer en Espagne et au Portugal (1974-76), mais aussi au Br&#233;sil (1978-83) &#224; partir du milieu des ann&#233;es 70, la classe ouvri&#232;re sud-cor&#233;enne a d&#233;truit, gr&#226;ce &#224; des gr&#232;ves de masse remarquables au cours des ann&#233;es 1987-1990, les bases d'une dictature militaire qui s&#233;vissait depuis des d&#233;cennies. Pendant une br&#232;ve p&#233;riode (1990-1994), les gr&#232;ves ont abouti &#224; la cr&#233;ation de syndicats d&#233;mocratiques radicaux et donc &#224; des augmentations de salaires &#233;lev&#233;es et g&#233;n&#233;rales. Mais, comme dans les autres cas cit&#233;s ci-dessus, la classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; rel&#233;gu&#233;e au r&#244;le de b&#233;lier facilitant un changement politique &#171; d&#233;mocratique &#187; qui a rapidement chant&#233; l'hymne de la mondialisation et du n&#233;olib&#233;ralisme en faveur de l'&#233;conomie de march&#233;. En fait, avant la vague de gr&#232;ves mais surtout apr&#232;s, le capital sud-cor&#233;en investissait d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;tranger et cherchait &#224; imposer une politique d'aust&#233;rit&#233; n&#233;olib&#233;rale &#224; l'int&#233;rieur du pays. En 1997-98, la crise financi&#232;re asiatique for&#231;a la Cor&#233;e du Sud &#224; passer sous la tutelle du FMI, ce qui acc&#233;l&#233;ra consid&#233;rablement la pr&#233;carisation de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne, pr&#233;carisation qui avait &#233;t&#233; la principale riposte capitaliste aux avanc&#233;es de la fin des ann&#233;es 80. Aujourd'hui, au moins 60% de la main-d'&#339;uvre vivent dans la pr&#233;carit&#233; la plus brutale. Soumis aux licenciements instantan&#233;s, les travailleurs pr&#233;caires touchent des salaires et des avantages sociaux qui sont au moins inf&#233;rieurs de moiti&#233; au statut des 10% constitu&#233;s par les travailleurs fixes. Les vestiges bureaucratiques des syndicats d&#233;mocratiques radicaux du d&#233;but des ann&#233;es 90 ne sont plus aujourd'hui que des organisations corporatistes repr&#233;sentant cette &#233;lite de la classe ouvri&#232;re, et autant de luttes ont &#233;clat&#233; entre les travailleurs fixes et les travailleurs pr&#233;caris&#233;s qu'entre l'ensemble des ouvriers et le capital lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I - Le contexte historique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; partir de juin 1987 et de mani&#232;re significative jusqu'en 1990, la vague de gr&#232;ves que l'on appelle en cor&#233;en &#171; Nodongja Taettujaeng &#187;, la Grande Lutte des Travailleurs, repr&#233;sente un des principaux &#233;pisodes de la lutte de classe durant les ann&#233;es 80, de m&#234;me que Solidarnosc en Pologne (1980-81), les conseils ouvriers (shura) iraniens (1979-1981) et la vague br&#233;silienne de gr&#232;ves de 1978-1983. La vague de gr&#232;ves a &#233;branl&#233; les bases d'une dictature qui avait r&#233;gn&#233; fa&#231;on presque interrompue apr&#232;s la fin de la guerre de Cor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gr&#232;ves ont permis que des secteurs importants de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne b&#233;n&#233;ficient d'augmentations de salaire significatives, et qu'apparaissent, durant une br&#232;ve p&#233;riode (1990-1994), des syndicats d&#233;mocratiques radicaux qui form&#232;rent le Congr&#232;s national des syndicats (ChoNoHyop), regroupement qui d&#233;fendait une politique anticapitaliste, au moins verbalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que cette vague de gr&#232;ves eut triomph&#233;, ses gains commenc&#232;rent &#224; &#234;tre s&#233;rieusement attaqu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ChoNoHyop fut d&#233;truit par la r&#233;pression gouvernementale qui frappa ses meilleurs militants. D'autre part, le gouvernement incita les militants plus conservateurs &#224; former la Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats (Minju Nochong ou KCTU) qui fut cr&#233;e en 1995 ; en d&#233;cembre 1996, le gouvernement essaya d'imposer par la force une loi de pr&#233;carisation du travail &#224; laquelle la KCTU s'opposa &#224; contrec&#339;ur durant la gr&#232;ve de janvier 1997. En automne 1997, la crise financi&#232;re asiatique obligea la Cor&#233;e du Sud &#224; passer sous la tutelle du FMI en &#233;change d'un renflouement de 57 milliards de dollars, et le FMI exigea explicitement la pr&#233;carisation de la force de travail et des licenciements de masse pour appliquer son programme de restructurations. En d&#233;cembre 1997, Kim Dae Jong, dirigeant de l'opposition d&#233;mocratique depuis des d&#233;cennies, fut &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique ; en f&#233;vrier 1998, il amena la KCTU &#224; signer un &#171; accord historique &#187; et &#224; accepter des centaines de milliers de licenciements et des plans sociaux avec r&#233;ductions d'effectifs en accord avec les demandes du FMI, le tout en &#233;change de la l&#233;galisation d&#233;finitive du syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la galerie, le gouvernement de Kim Dae Jong cr&#233;a &#233;galement en 1998 une Commission tripartite entre l'Etat, le Capital et le Travail, sur des positions corporatistes. Et cette institution sans signification n'a bien s&#251;r agi qu'au service de l'Etat et du Capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce sombre tableau et une s&#233;rie de reculs presque syst&#233;matiques, les capitalistes et l'Etat ont d&#251; combattre la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne, secteur apr&#232;s secteur, au cours de longues gr&#232;ves aux r&#233;sultats amers, et les &#233;v&#233;nements r&#233;cents prouvent que la combativit&#233; des travailleurs est loin d'avoir &#233;t&#233; &#233;limin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, vingt ans apr&#232;s la Grande Lutte des Travailleurs de 1987, les prol&#233;taires cor&#233;ens subissent l'un des programmes de pr&#233;carisation les plus r&#233;ussis du monde capitaliste, en tout cas certainement parmi les pays industriels avanc&#233;s. Approximativement 10% de la main-d'&#339;uvre cor&#233;enne sont organis&#233;s dans les syndicats de la KCTU, disposant d'un travail et d'un salaire fixes, tandis que 60% sont pr&#233;caris&#233;s, externalis&#233;s et victimes de &#171; plans sociaux &#187; &#224; r&#233;p&#233;tition. &#192; la Hyundai Motor Company, par exemple, l'un des bastions du militantisme industriel des ann&#233;es 1987-90, travailleurs fixes et travailleurs pr&#233;caires bossent c&#244;te &#224; c&#244;te, effectuant exactement les m&#234;mes t&#226;ches, alors que les seconds gagnent moiti&#233; moins que les premiers qui touchent entre 50 000 et 60 000 dollars par an, sans compter les primes et les heures suppl&#233;mentaires. Les travailleurs pr&#233;caires ha&#239;ssent g&#233;n&#233;ralement la KCTU, car ils la consid&#232;rent comme le porte-parole corporatiste des salari&#233;s fixes les mieux pay&#233;s. Les travailleurs fixes ont m&#234;me agress&#233; physiquement des travailleurs pr&#233;caires lorsque ces derniers ont lanc&#233; des gr&#232;ves sauvages (comme cela s'est produit &#224; l'usine de la Kia Motor Company en ao&#251;t 2007). Lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles de d&#233;cembre 2007, un grand nombre d'ouvriers ont vot&#233; pour le candidat de la droite dure, Lee Myoung Back, dirigeant du Hanaratang (Parti d'une seule nation), ex-PDG de Hyundai et maire de S&#233;oul, dans le vain espoir d'un retour &#224; l'expansion &#233;conomique des ann&#233;es 70 et 80.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article tente d'expliquer comment la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne est pass&#233;e d'une lutte offensive et victorieuse &#224; la pr&#233;carisation et aux reculs, en l'espace de seulement deux d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II - La d&#233;mocratie sert &#224; imposer l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la lutte de classe dans un r&#233;gime autoritaire de d&#233;veloppement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut situer l'exp&#233;rience de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne dans le cycle plus large des transitions de la dictature &#224; la d&#233;mocratie (bourgeoise), qui a commenc&#233; en Espagne et au Portugal (1974-1976), et a continu&#233; dans des pays tels que la Pologne et le Br&#233;sil. Nous pouvons &#233;galement noter que, apr&#232;s les &#171; transitions &#187; de la P&#233;ninsule ib&#233;rique, les explosions suivantes ont eu lieu pendant une p&#233;riode de r&#233;gression et de reflux pour les classes ouvri&#232;res am&#233;ricaine et nord-europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, elles se sont d&#233;roul&#233;es dans le contexte de la crise &#233;conomique mondiale survenue apr&#232;s la fin du boom qui a suivi la Seconde Guerre mondiale. Dans la P&#233;ninsule ib&#233;rique, en Pologne et au Br&#233;sil, comme en Cor&#233;e du Sud, l'intervention de la classe ouvri&#232;re dans la vie politique et sociale a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e par une p&#233;riode prolong&#233;e &#171; de croissance &#233;conomique &#187; intensive (de qualit&#233; fortement variable) et la r&#233;pression violente de l'activit&#233; ind&#233;pendante de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque fois, les luttes des travailleurs ont jou&#233; un r&#244;le central dans la bataille plus large de &#171; l'opposition d&#233;mocratique &#187; contre la dictature, et &#224; chaque fois, &#171; l'opposition d&#233;mocratique &#187; a pris le pouvoir et a mis en application (toujours en collaboration &#233;troite avec le capital international) des programmes tr&#232;s stricts d'aust&#233;rit&#233; qui ont fragment&#233; le mouvement ouvrier. On pourrait en conclure que la &#171; d&#233;mocratie sert &#224; imposer l'aust&#233;rit&#233; &#187; - et telle est, en effet, ma conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas cor&#233;en, naturellement, comporte beaucoup de particularit&#233;s qui ne doivent pas &#234;tre dilu&#233;s ou dissimul&#233;es par une comparaison g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cor&#233;e &#233;tait, en 1960, consid&#233;r&#233;e comme un &#171; cas sans espoir &#187; sur le plan &#233;conomique, aussi pauvre - en ce qui concerne la consommation par t&#234;te - que l'Inde ou la Tanzanie. En 1996, elle fut accueillie en fanfare dans l'OCDE comme une &#171; &#233;conomie avanc&#233;e &#187; et tomba sous le contr&#244;le du FMI &#224; peine un an plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, la Cor&#233;e, l'un des quatre &#171; tigres &#187; asiatiques aux c&#244;t&#233;s de Ta&#239;wan, Hong Kong et Singapour, apparut entre 1960 et 1997 comme l'une des rares r&#233;ussistes parmi les centaines d'&#233;checs et de retours en arri&#232;re que connurent les pays du tiers monde qui b&#233;n&#233;ficiaient de l' &#171; aide &#187; occidentale et de la tutelle de la Banque mondiale et du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui a rendu donc la Cor&#233;e si diff&#233;rente ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord son statut sp&#233;cial (comme les autres &#171; tigres &#187; d'Asie) : avant-poste et vitrine pour l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, son succ&#232;s &#233;conomique fournissait un contrepoids important pour la propagande des Etats-Unis face aux (soi-disant) r&#233;gimes socialistes voisins, &#224; savoir la Cor&#233;e du Nord, la Chine et l'Union sovi&#233;tique. Des dizaines de milliers de soldats am&#233;ricains stationnaient dans le pays depuis la fin de la guerre de Cor&#233;e et les Etats-Unis y ont tol&#233;r&#233; une politique &#233;tatiste de d&#233;veloppement &#224; laquelle ils s'opposaient habituellement dans le reste du tiers monde, allant jusqu'&#224; renverser les gouvernements qui voulaient appliquer ce type de mesures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, la Cor&#233;e du Sud, comme Taiwan, diff&#233;rait de presque tous les autres pays du tiers monde parce que la r&#233;forme agraire y avait d&#233;finitivement &#233;limin&#233; l'aristocratie pr&#233;capitaliste &#171; yangban &#187; entre 1945 et 1950. (Cette r&#233;forme avait eu lieu sous la pression intense de la r&#233;forme agraire men&#233;e dans le Nord et qui s'&#233;tait &#233;tendue au Sud quand les arm&#233;es de Kim il-sung avaient bri&#232;vement occup&#233; presque toute la p&#233;ninsule durant les premiers mois de la guerre.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, la Cor&#233;e du Sud, pauvre en ressources naturelles et ruin&#233;e lors des hostilit&#233;s de 1950-1953, &#233;tait le pays par excellence &#171; du capital humain &#187;. Elle a toujours accord&#233; une importance &#233;norme, quasi maniaque, &#224; l'&#233;ducation. M&#234;me en 1960, il n'y avait que 10 % d'illetrisme chez les adultes, pourcentage exceptionnel dans les pays &#233;quivalents du tiers monde, &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fronti&#232;re qui divisait le pays en deux fut fix&#233;e le long du trente-huiti&#232;me parall&#232;le, en 1945, par les arm&#233;es d'occupation am&#233;ricaines et et sovi&#233;tiques. La d&#233;faite du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale mit fin &#224; 35 ann&#233;es de domination coloniale japonaise. Cette domination repr&#233;senta un moment important de l'histoire cor&#233;enne car elle cr&#233;a les bases d'une &#233;conomie capitaliste moderne (le bilan exact de cette p&#233;riode est encore l'objet de controverses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les occupants japonais s'enfuirent en ao&#251;t 1945, un &#224; deux millions d'ouvriers cr&#233;&#232;rent des conseils ouvriers (Cheonpyong, ou Conseil des ouvriers nationaux &#224; Choson) dans les usines abandonn&#233;es de la zone occup&#233;e par l'arm&#233;e am&#233;ricaine. Ils n'&#233;taient pas sp&#233;cialement motiv&#233;s par l'autogestion (la gauche cor&#233;enne &#233;tait alors domin&#233;e totalement par le stalinisme), mais ils avaient besoin de produire de quoi satisfaire leurs besoins &#233;l&#233;mentaires quotidiens. Les autorit&#233;s am&#233;ricaines d'occupation mirent fin &#224; ce syst&#232;me de conseils ouvriers en d&#233;cembre 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans les pays europ&#233;ens occup&#233;s par l'Allemagne nazie et dont les bougeoisies avaient collabor&#233;, l'aristocratie pr&#233;capitaliste yangban et la petite classe capitaliste &#233;taient politiquement et socialement discr&#233;dit&#233;es. &#192; partir de ces forces h&#233;t&#233;rog&#232;nes, la puissance occupante (les Etats-Unis) dut installer un gouvernement viable capable de liquider le soul&#232;vement des ouvriers et des paysans, dont beaucoup &#233;taient fortement favorables &#224; Kim il-Sung et &#224; ses forces de gu&#233;rilla, et g&#233;n&#233;ralement favorables &#224; un changement radical. Les Etats-Unis choisirent Rhee Syngman comme chef du gouvernement. Ils supervis&#232;rent (et particip&#232;rent &#224;) l'&#233;crasement impitoyable de la gauche dans la zone m&#233;ridionale durant les cinq ann&#233;es de guerre de partisans et de massacres qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent le d&#233;but la guerre avec la Cor&#233;e du Nord en juin 1950. En 1950, tous les militants de gauche du Sud soit avaient &#233;t&#233; physiquement &#233;limin&#233;s soit avaient fui au Nord (o&#249; bon nombre d'entre eux furent &#233;galement liquid&#233;s). Dans le Sud, la continuit&#233; avec la gauche cor&#233;enne d'avant 1945 fut totalement bris&#233;e, facteur qui joua un r&#244;le non n&#233;gligeable lorsque le r&#233;veil politique de la gauche et du mouvement social eut lieu dans les ann&#233;es 70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solidement &#233;paul&#233; par le soutien militaire et l'aide des Etats-Unis, Rhee Syngman dirigea un pays &#224; l'&#233;conomie faible et stagnante jusqu'en 1960. Il fut finalement renvers&#233; par des &#233;meutes men&#233;es par les &#233;tudiants en 1960, et la Cor&#233;e du Sud connut une br&#232;ve ouverture d&#233;mocratique, close par le coup d'Etat de Park chung-hee en 1961, qui ouvrit une nouvelle &#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Park chung-hee n'&#233;tait pas, du moins pas seulement, le dictateur typique, la marionette minable soutenue par les Am&#233;ricains, apr&#232;s la fin de la Seconde Guerre mondiale. On pr&#233;tend qu'il aurait adh&#233;r&#233; au Parti communiste d&#232;s 1943 (&#224; ma connaissance aucune preuve d&#233;finitive n'en a jusqu'ici &#233;t&#233; fournie), et qu'en 1948 il aurait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; car il appartenait &#224; un groupe de discussion du PC regroupant de jeunes officiers. Quand il prit le pouvoir en 1961, les Etats-Unis h&#233;sit&#232;rent &#224; reconna&#238;tre son gouvernement, et, pendant son r&#232;gne autoritaire (1961-1979), les Am&#233;ricains se m&#233;fi&#232;rent plusieurs fois de ses tendances nationalistes (par exemple de son programme nucl&#233;aire militaire ind&#233;pendant et de ses flirts diplomatiques pr&#233;caires avec la Cor&#233;e du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, Park chung-hee avait &#233;t&#233; form&#233; dans une acad&#233;mie militaire japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale. Il admirait tant le mod&#232;le nippon de d&#233;veloppement &#233;conomique qu'il essaya rapidement de l'imiter en Cor&#233;e du Sud, avec un certain succ&#232;s. Puisque le mod&#232;le japonais avait lui-m&#234;me &#233;t&#233; copi&#233; du mod&#232;le prussien &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, la Cor&#233;e du Sud acquit un certain vernis &#171; allemand &#187;. Ce vernis est g&#233;n&#233;ralement dissimul&#233; par l'h&#233;ritage nippon, lui-m&#234;me souvent cach&#233; et objet de pol&#233;miques. La Constitution cor&#233;enne, par exemple, fut r&#233;dig&#233;e par un juriste cor&#233;en qui avait &#233;tudi&#233; le droit en Allemagne dans les ann&#233;es 50, et s'&#233;tait entich&#233; des th&#233;ories de Carl Schmitt ; raison pour laquelle l' &#171; &#233;tat d'urgence &#187; &#233;tait l'une des pierres angulaires de l'id&#233;ologie de Park chung-hee. Ahn Ho Sang, personnage ouvertement pro-nazi dans les ann&#233;es 30 et qui avait &#233;tudi&#233; en Allemagne sous Hitler, r&#233;digea les manuels scolaires d'histoire pour le secondaire en y introduisant, apr&#232;s-guerre, le genre de mythes hyper-nationalistes que ch&#233;rissait le populisme romantique allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus fondamentalement, Park chung-hee s'attaqua aux capitalistes parasites du r&#233;gime Rhee soit en les &#233;liminant, soit en les for&#231;ant &#224; se lancer dans des investissements productifs. Il lan&#231;a la politique du &#171; nouveau village &#187; (Se Maul) dans les campagnes, con&#231;ue pour capitaliser enti&#232;rement l'agriculture et pour forcer une partie importante de la population rurale &#224; &#233;migrer vers les villes et &#224; chercher du travail en usine. Gr&#226;ce &#224; la F&#233;d&#233;ration des syndicats cor&#233;ens (FKTU), tr&#232;s anticommuniste et marqu&#233;e par la guerre froide, le r&#233;gime exer&#231;a un contr&#244;le draconien sur la classe ouvri&#232;re. Les prol&#233;taires travaillaient fr&#233;quemment 7 jours sur 7, par &#233;quipes de 12 heures, et le r&#233;gime n'h&#233;sitait pas, si n&#233;cessaire, &#224; utiliser la terreur polici&#232;re et la torture. Pendant l'&#232;re de Park chung-hee, les c&#233;l&#232;bres chaebol (conglom&#233;rats) s'impos&#232;rent, l'Etat contr&#244;lant le cr&#233;dit et choisissant les industries qui devaient &#234;tre de v&#233;ritables &#171; championnes nationales &#187;, pratique qui fut plus tard d&#233;nonc&#233;e comme un &#171; capitalisme de copinage &#187; quand l'&#233;conomie cor&#233;enne commen&#231;a &#224; avoir des rat&#233;s pendant les ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cor&#233;e, comme les autres &#171; tigres &#187; asiatiques et &#224; la diff&#233;rence de la plupart des pays du tiers monde &#224; la m&#234;me &#233;poque, se d&#233;veloppa gr&#226;ce &#224; une strat&#233;gie orient&#233;e vers l'exportation. Elle se fraya un chemin vers le sommet de la &#171; cha&#238;ne de production &#187; internationale, commen&#231;ant par le textile et d'autres industries l&#233;g&#232;res de consommation, puis passant &#224; la fabrication (automobile, construction navale) et terminant par la haute technologie, en s'emparant de parts importantes du march&#233; mondial pour les composants d'ordinateur durant les ann&#233;es 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s &#233;conomique des ann&#233;es Park chung-hee ne peut &#233;videmment pas &#234;tre s&#233;par&#233; de ses m&#233;thodes autoritaires ou de la conjoncture internationale de l'&#233;poque (deux r&#233;alit&#233;s largement ignor&#233;es aujourd'hui dans les discussions au sujet des probl&#232;mes &#233;conomiques croissants en Cor&#233;e du Sud ; la victoire, en d&#233;cembre 2007, de la droite dure aux &#233;lections pr&#233;sidentielles a donn&#233; une aura nostalgique, teint&#233;e de rose, &#224; la dictature de Park chung-hee). Non seulement l'&#233;conomie sud-cor&#233;enne a tir&#233; profit de sa place priviligi&#233;e dans la strat&#233;gie g&#233;opolitique am&#233;ricaine durant la guerre froide, mais elle chevaucha &#233;galement la vague croissante d'investissements industriels qui, d&#233;marrant vers 1965, commen&#231;a &#224; rechercher des d&#233;bouch&#233;s en dehors de l'Am&#233;rique du Nord et de l'Europe. Les revenus des Cor&#233;ens &#224; l'&#233;tranger jou&#232;rent &#233;galement un r&#244;le significatif, car les soldats sud-cor&#233;ens rapatri&#232;rent des millions de dollars durant la guerre du Vietnam et des dizaines de milliers d'ouvriers sud-cor&#233;ens all&#232;rent au Moyen-Orient travailler sur des chantiers de construction, au cours du boom p&#233;trolier qui eut lieu apr&#232;s 1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant donn&#233; la centralit&#233; de l'industrie l&#233;g&#232;re pendant la p&#233;riode de &#171; d&#233;collage &#187; des ann&#233;es 60, ce n'est donc pas par hasard que la renaissance du mouvement ouvrier sud-cor&#233;en se produisit dans l'industrie textile, ni qu'elle se d&#233;roula parmi les travailleuses, puisque la main-d'&#339;uvre &#233;tait majoritairement compos&#233;e de jeunes femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 novembre 1970 marque la naissance symbolique du mouvement ouvrier sud-cor&#233;en contemporain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce jour-l&#224;, Jeon Tae-il, un jeune ouvrier du textile, s'immola au cours d'une petite manifestation dans l'une des zones industrielles de S&#233;oul qui regroupent des sweatshops (entreprises o&#249; les syndicats sont, de fait, interdits et les ouvriers surexploit&#233;s). Jeon avait auparavant essay&#233; toutes les d&#233;marches l&#233;gales possibles pour obtenir r&#233;paration, mais en vain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des ann&#233;es 70 fut caract&#233;ris&#233; par un nombre croissant de gr&#232;ves men&#233;es, dans les conditions les plus difficiles, par des ouvri&#232;res du textile. Les revendications &#233;taient simples et claires ; elles concernaient la longueur inhumaine des journ&#233;es de travail, les bas salaires, l'autoritarisme des chefs et le fait que les femmes &#233;taient oblig&#233;es de vivre dans des dortoirs. Elles &#233;taient g&#233;n&#233;ralement recrut&#233;es directement dans les campagnes et les bidonvilles qui fleurissaient autour de S&#233;oul et d'autres villes. Les gr&#232;ves furent presque toujours brutalement r&#233;prim&#233;es par les gardiens d'usines, la police, les soldats et des nervis recrut&#233;s dans les bas-fonds. La lutte pour la cr&#233;ation d'un syndicat d&#233;mocratique &#224; l'usine de la soci&#233;t&#233; textile Dongil &#224; Inchon, entre 1972 et 1976, fut exemplaire &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement durant les ann&#233;es 70 que des groupes religieux (principalement chr&#233;tiens) et des &#233;tudiants radicaux (les &#171; hakchul &#187;, &#171; venant de l'universit&#233; &#187;) commenc&#232;rent &#224; nouer des liens avec le mouvement ouvrier. Les groupes religieux &#233;taient inspir&#233;s par la th&#233;ologie de lib&#233;ration catholique et des doctrines sociales protestantes similaires. Les groupes religieux et les &#233;tudiants radicaux cr&#233;&#232;rent des &#233;coles du soir pour les ouvriers et ouvri&#232;res du textile, pour leur apprendre &#224; lire et &#233;crire, leur enseigner des rudiments de secr&#233;tariat et aussi leurs droits fondamentaux en tant que salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 70 virent aussi &#233;clore le mouvement minjung (impr&#233;gn&#233; par la culture populaire), &#233;troitement li&#233; au mouvement religieux et au mouvement hakchul. N&#233; dans la classe moyenne, le mouvement minjung p&#233;n&#233;tra la culture populaire, qui subissait une &#233;rosion rapide sous l'impact de la modernisation de la Cor&#233;e &#224; marche forc&#233;e. Il essaya d'utiliser cette culture populaire afin de cr&#233;er une &#171; contre-culture de lutte &#187;. &#192; cette fin, il utilisa la musique et les danses du chamanisme cor&#233;en et des traditions paysannes rurales : il r&#233;ussit ainsi &#224; consolider la d&#233;termination collective des travailleurs pour lutter contre tous les mauvais coups et la r&#233;pression. Encore aujourd'hui, les chansons, comme chez les IWW am&#233;ricains, demeurent une tradition importante du mouvement ouvrier cor&#233;en : lors des manifestations et des gr&#232;ves les travailleurs chantent des dizaines de chansons que tout le monde conna&#238;t par c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement cor&#233;en des ann&#233;es 70 - que ce soit le mouvement ouvrier ou les mouvements hakchul, minjung ou religieux - ne d&#233;passa pas le cadre de l'id&#233;ologie d&#233;mocratique lib&#233;rale et eut tendance &#224; regarder avec sympathie les Etats-Unis qu'il consid&#233;rait comme une force qui orienterait la dictature cor&#233;enne vers la d&#233;mocratie. Tout cela changea avec le soul&#232;vement de Kwangju et le massacre qui s'ensuivit en mai 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, la Cor&#233;e a toujours &#233;t&#233; un pays caract&#233;ris&#233; par des fid&#233;lit&#233;s r&#233;gionales intenses, et ce ph&#233;nom&#232;ne a persist&#233; &#224; l'&#232;re du capitalisme moderne. La province de Cholla, dans le sud-ouest, &#233;tait traditionnellement une r&#233;gion agricole arri&#233;r&#233;e. Park chung-hee, quant &#224; lui , &#233;tait originaire de Gyeongsang, une province du sud-est, et sa politique &#233;conomique favorisa surtout cette r&#233;gion, donnant naissance &#224; des centres industriels importants (Ulsan, Pohang, et Pusan). Les habitants de la province de Cholla &#233;taient m&#233;contents d'&#234;tre tenus &#224; l'&#233;cart par le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1979, des manifestations de masse balay&#232;rent le pays, exigeant l'instauration de la d&#233;mocratie. Les ouvriers prirent la t&#234;te de plusieurs manifestations. En octobre 1979, Park chung-hee fut assassin&#233; par le chef des services de renseignements cor&#233;ens (la KCIA), qui pr&#233;tendit que cela s'&#233;tait produit &#224; l'issue d'une discussion concernant la fa&#231;on de contenir et r&#233;primer les manifestations en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III - Le soul&#232;vement de Kwangju&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une br&#232;ve ouverture d&#233;mocratique, semblable &#224; celle de 1960, eut lieu, mais Park chung-hee fut remplac&#233; par un autre dictateur militaire, Chun Doo Hwan. En mai 1980, l'arm&#233;e tira sur une manifestation &#224; Kwangju, la plus grande ville dans la province de Cholla. Il s'ensuivit un soul&#232;vement durant lequel la population de Kwangju prit le contr&#244;le de la ville, d&#233;valisa une armurerie militaire, et combattit pendant onze jours les forces de r&#233;pression, y compris une unit&#233; d'&#233;lite venue sp&#233;cialement de la zone fronti&#232;re (DMZ) avec la Cor&#233;e du Nord. Au total, on estime qu'il y eut environ 2 000 morts des deux c&#244;t&#233;s (la plupart d'entre eux &#233;videmment au moment de la r&#233;pression de la r&#233;volte) &#224; Kwangju.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kwangju fut coup&#233;e du reste du pays et la censure emp&#234;cha toute information de filtrer. (Draconienne, la &#171; loi sur la s&#233;curit&#233; nationale &#187;, adopt&#233;e en 1948 et toujours en vigueur aujourd'hui, interdisait, sous peine de graves condamnations, de discuter publiquement du soul&#232;vement de Kwangju jusqu'au milieu des ann&#233;es 90.) On croit cependant que le gouvernement des Etats-Unis (qui venait de subir le renversement du Shah d'Iran en 1979 et se trouvait au milieu de la crise des otages &#224; T&#233;h&#233;ran) d&#233;cida qu'il ne voulait plus assister &#224; des mouvements radicaux de masse contre des dictateurs amis des Etats-Unis. Il a donc peut-&#234;tre &#233;t&#233; profond&#233;ment impliqu&#233; dans la d&#233;cision d'&#233;craser violemment le mouvement (hypoth&#232;se consid&#233;rablement renforc&#233;e par la r&#233;cente publication de documents concernant les rapports entre les deux gouvernements pendant la crise de 1980).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de ce moment-l&#224;, le mouvement cor&#233;en se d&#233;tacha rapidement des id&#233;ologies lib&#233;rales d&#233;mocratiques et religieuses des ann&#233;es 70 et prit une orientation plus radicale, essentiellement vers une r&#233;volution &#224; la sauce &#171; marxiste-l&#233;niniste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tournant id&#233;ologique montre l'importance de toute la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente qui fut marqu&#233; par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; la discontinuit&#233; pratiquement totale avec la gauche qui avait &#233;merg&#233; apr&#232;s l'effondrement de l'occupation japonaise en 1945, gauche qui fut d&#233;truite par la r&#233;pression du gouvernement cor&#233;en et de l'arm&#233;e am&#233;ricaine entre 1945 et 1953 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; les d&#233;cennies de dictature apr&#232;s la guerre de Cor&#233;e qui avaient stigmatis&#233; toute critique sociale comme &#233;tant inspir&#233;e par la Cor&#233;e du Nord ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; l'isolement de la Cor&#233;e du Sud par rapport aux mouvements internationaux et &#224; la fermentation politique des ann&#233;es 60 et suivantes. &lt;br class='autobr' /&gt; (Quand les &#233;tudiants cor&#233;ens rejoignirent les groupes clandestins d'opposition dans les ann&#233;es 70 et 80, une de leurs premi&#232;res t&#226;ches fut souvent d'apprendre le japonais, afin de lire tous les livres politiques - et particuli&#232;rement marxistes - qui ne pouvaient pas &#234;tre &#233;dit&#233;s en Cor&#233;e. Par cons&#233;quent les Cor&#233;ens du Sud ne connurent ni la longue &#233;rosion du stalinisme qui dura plusieurs d&#233;cennies en Europe et aux Etats-Unis, ni l'impact de 1968 et de la Nouvelle Gauche occidentale, ni la critique radicale du l&#233;ninisme, ni la red&#233;couverte de Hegel et des &#233;crits de Marx durant les ann&#233;es 1840. Ils ignor&#232;rent tout cela, ou alors ils en prirent connaissance de fa&#231;on tr&#232;s d&#233;form&#233;e. Au d&#233;but des ann&#233;es 80, la police arr&#234;ta les membres d'un groupe d'&#233;tude clandestin qui souhaitaient lire en allemand les &#233;crits de Lukacs et de Hegel sur l'esth&#233;tique ; ils furent condamn&#233;s &#224; six mois de prison.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la radicalisation du mouvement cor&#233;en, apr&#232;s l'&#233;crasement de l'insurrection de Kwangju, suivit presque toujours une orientation profond&#233;ment stalinienne, qu'elle se dise &#171; marxiste-l&#233;niniste &#187;, prosovi&#233;tique, prochinoise ou pro-Cor&#233;e du Nord. Trotsky &#233;tait tr&#232;s peu connu jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 80, et les critiques de gauche de Trotsky encore plus ignor&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains des groupes marxistes-l&#233;ninistes qui &#233;merg&#232;rent dans les ann&#233;es 80 sont &#224; l'origine des deux tendances principales du mouvement ouvrier cor&#233;en actuel (dans la KCTU et dans le Parti travailliste d&#233;mocratique cor&#233;en ou KDLP). Il s'agit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; d'un c&#244;t&#233;, de la tendance &#171; lib&#233;ration nationale &#187;, favorable &#224; la Cor&#233;e du Nord : on les appelle les &#171; NL &#187;, ou &#171; juche-istes &#187;, en raison de la doctrine nord-cor&#233;enne du &#171; juche &#187; ou &#171; autosuffisance &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; et, de l'autre, de la tendance &#171; D&#233;mocratie du peuple &#187; (ou PD) qui est en fait proche de la social-d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la pr&#233;paration de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de d&#233;cembre 2007, les &#171; Juche-istes &#187; s'empar&#232;rent de l'appareil du KDLP, et purg&#232;rent une partie des membres de &#171; D&#233;mocratie du peuple &#187;. (Il faut &#233;galement noter que ces deux courants sont implant&#233;s principalement dans les syndicats de cols blancs, tels ceux des banques, les professeurs et d'autres fonctionnaires, tandis que la plupart des cols bleus ne s'int&#233;ressent &#224; aucune de ces deux tendances. Sous la direction du courant NL, le KDLP a perdu des voix dans tout le pays, puisque, entre les &#233;lections de 2002 et celles de 2007, il est pass&#233; de 5 &#224; 3% &#224; l'&#233;chelle nationale, et qu'&#224; Ulsan, le bastion de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne, son score a chut&#233; de 11 &#224; 8%.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme est end&#233;mique en Cor&#233;e, y compris dans le mouvement ouvrier. Cela est d&#251; aux si&#232;cles de domination &#233;trang&#232;re (chinoise, japonaise, puis am&#233;ricaine) qu'a subis le pays, &#224; la division de la Cor&#233;e apr&#232;s 1945, et &#224; sa position g&#233;opolitique au &#171; carrefour &#187; des sph&#232;res d'influence chinoise, japonaise, russe et am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;ninsule cor&#233;enne, ou l'h&#233;g&#233;monie dans cette r&#233;gion, a &#233;t&#233; la cible des intrusions &#233;trang&#232;res pendant des si&#232;cles, et plus r&#233;cemment, de la guerre sino-japonaise de 1895, russo-japonaise de 1904- 1905, et enfin de la guerre de Cor&#233;e. &#171; Quand les baleines se battent, les vairons s'enfuient pour se mettre &#224; l'abri &#187; - ce vieux proverbe cor&#233;en exprime bien cette r&#233;alit&#233;. Pendant 35 ans (de 1910 &#224; 1945) la domination coloniale japonaise tenta d'&#233;liminer presque enti&#232;rement la culture cor&#233;enne, ce qui ne fit que renforcer cette tendance nationaliste. Enfin, les mythes sur l'homog&#233;n&#233;it&#233; ethnique, promus par les manuels d'histoire remplis de mythes populistes ou, plus r&#233;cemment, les t&#233;l&#233;films historiques au sujet de la grandeur cor&#233;enne pass&#233;e ont jou&#233; aussi leur r&#244;le. (La Cor&#233;e du Nord a propag&#233;, elle aussi, une version diff&#233;rente de ce nationalisme, et bien plus virulente.) Dans ce contexte, m&#234;me les &#233;v&#233;nements sportifs, comme les Jeux Olympiques de S&#233;oul en 1988 ou les succ&#232;s de l'&#233;quipe cor&#233;enne en 2002 lors de la demi-finale de la coupe du monde de football, deviennent des &#233;v&#233;nements qui contribuent &#224; forger l'identit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les m&#234;mes raisons g&#233;opolitiques, toute lutte de classe s&#233;rieuse en Cor&#233;e du Sud prend imm&#233;diatement une dimension internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la renaissance de la gauche et du mouvement social dans les ann&#233;es 70 et les ann&#233;es 80, personne ne remit donc en cause le nationalisme. Durant les ann&#233;es 80 un &#171; marxisme &#187; stalinis&#233; &#233;carta les orientations d&#233;mocratiques lib&#233;rales qui avaient domin&#233; durant la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dant l'insurrection de Kwangju. &#192; travers leurs publications clandestines influentes, les groupes marxistes-l&#233;ninistes import&#232;rent surtout en Cor&#233;e du Sud des variantes de la th&#233;orie l&#233;niniste de l'imp&#233;rialisme, de la th&#233;orie du capitalisme de monopoles et des th&#233;ories de la d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es 80 le mouvement hakchul s'implanta aussi dans les usines, exactement comme les &#171; tournants ouvriers &#187; et autres politiques d' &#171; &#233;tablissement &#187; que pr&#244;n&#232;rent les petits bourgeois radicaux dans les pays occidentaux apr&#232;s 1968. &#192; la cr&#234;te du mouvement, des milliers d'ex-&#233;tudiants se firent embaucher en usine, et parfois men&#232;rent des gr&#232;ves importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 80, la gauche et l'extr&#234;me gauche cor&#233;ennes consid&#233;raient tout naturellement la Cor&#233;e du Sud comme un pays &#171; p&#233;riph&#233;rique &#187; du syst&#232;me imp&#233;rial am&#233;ricain, qui ne pourrait &#234;tre lib&#233;r&#233; que par le &#171; socialisme &#187; (au sens stalinien) et la r&#233;unification nationale avec le Nord. Elles avaient ainsi tendance &#224; sous-estimer la profondeur du d&#233;veloppement industriel cor&#233;en et surtout l'&#233;lasticit&#233; du syst&#232;me qui allait pouvoir accorder des augmentations de salaires significatives, dans un cadre capitaliste, apr&#232;s la r&#233;volte ouvri&#232;re des ann&#233;es 1987-1990. De telles th&#233;ories furent renforc&#233;es par le fait que la Cor&#233;e du Sud ne rattrapa, puis d&#233;passa &#233;conomiquement, la Cor&#233;e du Nord qu'aux alentours de 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convergence de tous ces facteurs signifia que l'effondrement de l'Union sovi&#233;tique en 1991, co&#239;ncidant avec la diminution des luttes ouvri&#232;res apr&#232;s 1990, eut un impact psychologique bien plus fort sur les militants en Cor&#233;e que n'importe o&#249; en Occident, o&#249; le prestige de l'Union sovi&#233;tique avait commenc&#233; &#224; s'effondrer &#224; partir de 1956 au moins, en tout cas certainement apr&#232;s 1968. Le climat politique devint d&#233;j&#224; particuli&#232;rement morose au printemps 1991, quand un &#233;tudiant de S&#233;oul fut battu &#224; mort par la police et que les candidats de la gauche d&#233;mocratique furent &#233;cras&#233;s lors des &#233;lections municipales de juin 1991. Tout cela contribua &#224; cr&#233;er un certain d&#233;faitisme et un sentiment de futilit&#233; de la lutte politique apr&#232;s des ann&#233;es de la mobilisation et de luttes. Il faut ajouter que l'&#233;conomie cor&#233;enne, qui avait connu une phase d'expansion dans la p&#233;riode 1986-88 et durant la premi&#232;re phase de la Grande Lutte des Travailleurs, connut de nouvelles difficult&#233;s &#224; partir de 1990, difficult&#233;s dont elle n'a pas encore enti&#232;rement r&#233;cup&#233;r&#233; jusqu'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ph&#233;nom&#232;nes comparables se produisirent en Occident apr&#232;s la fin des ann&#233;es 70, lorsque des milliers de militants arr&#234;t&#232;rent leurs activit&#233;s politiques, d&#233;cid&#232;rent de ne plus se consacrer qu'&#224; leur vie priv&#233;e, tent&#232;rent de poursuivre une carri&#232;re dans une des professions de la classe moyenne ou, dans les milieux universitaires, succomb&#232;rent &#224; l'attrait du post-modernisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV - La politique nationale &lt;br class='autobr' /&gt;
et la Grande Lutte des Travailleurs (1987-1990)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut &#233;galement &#233;voquer le contexte politique qui sous-tend le cours de la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es 80, les luttes ouvri&#232;res pour des syndicats d&#233;mocratiques pass&#232;rent (tout comme l'&#233;conomie cor&#233;enne elle-m&#234;me) de l'industrie l&#233;g&#232;re &#224; l'industrie lourde. La dictature militaire de Chun Doo Hwan, qui succ&#232;da &#224; celle de Park chung-hee, fut oblig&#233;e de rel&#226;cher son contr&#244;le sur la soci&#233;t&#233; au milieu des ann&#233;es 80, sous la pression croissante de l'opposition d&#233;mocratique au cours de la pr&#233;paration des Jeux olympiques panasiatiques (en 1986) et des Jeux olympiques de S&#233;oul (en 1988). En particulier, le gouvernement dut l&#226;cher une &#171; d&#233;claration sur la d&#233;mocratisation &#187; en juin 1987, face &#224; la menace que la classe ouvri&#232;re s'associe aux protestations en faveur de la d&#233;mocratie. Et cette d&#233;claration d&#233;clencha imm&#233;diatement la Grande Lutte des Travailleurs durant l'&#233;t&#233; 1987. Pour la premi&#232;re fois, le mouvement passa de la r&#233;gion de S&#233;oul-Inchon aux nouvelles zones industrielles m&#233;ridionales d'Ulsan, Masan et Changwon. En tout, il y eut plus de 3 000 gr&#232;ves en 1987, qui obtinrent le droit de cr&#233;er des sections syndicales, de 25 &#224; 30% d'augmentation de salaire, et l'abolition de la discipline militaire, particuli&#232;rement d&#233;test&#233;e dans les usines : les patrons imposaient aux ouvriers de porter des cheveux courts, de faire de la gym tous les matins, etc. &#192; Ulsan, la ville de la soci&#233;t&#233; Hyundai, on assista &#224; des mobilisations massives et &#224; des combats de rues qui dur&#232;rent jusqu'en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de 128 jours (d&#233;cembre 1988-avril 1989) chez Hyundai Heavy Industries (HHI) se termina par une attaque militaire coordonn&#233;e contre le chantier naval de Hyundai, occup&#233; par les travailleurs. Le gouvernement l&#226;cha contre eux 9 000 soldats et policiers, au cours d'une offensive terrestre, maritime et a&#233;rienne. Il s'ensuivit dix jours de combats de rues (mobilisant les ouvriers mais aussi leurs &#233;pouses et leurs enfants) dans les quartiers ouvriers d'Ulsan. Cette lutte fut suivie en 1990 par la gr&#232;ve de Goliath, encore &#224; Hyundai Heavy Industries, conflit qui se termina par une d&#233;faite am&#232;re. (En r&#233;ponse &#224; ces luttes Hyundai construisit de nombreux immeubles de grande hauteur pour y loger ses ouvriers.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V - 1990-1997 : le d&#233;clin des luttes &lt;br class='autobr' /&gt;
et le reflux du mouvement commencent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reflux des luttes offensives de masse de la p&#233;riode 1987-1990, et l'atmosph&#232;re g&#233;n&#233;rale de d&#233;faite qui s'ensuivit ouvrirent une nouvelle phase dans les organisations ouvri&#232;res cor&#233;ennes. Les augmentations de salaires obtenues &#224; la fin des ann&#233;es 80 renforc&#232;rent bri&#232;vement l'illusion de la possibilit&#233; d'une cohabitation entre le Capital et le Travail, et renforc&#232;rent donc les courants r&#233;formistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier, au sein de la Conf&#233;d&#233;ration nationale des syndicats (ChoNoHyop), la tendance de droite et ouvertement r&#233;formiste (dite NL, pour la lib&#233;ration nationale, et favorable &#224; la Cor&#233;e du Nord) commen&#231;a &#224; prendre le dessus sur la tendance radicale affaiblie. (En cor&#233;en, la tendance NL s'appelle Kukminpa, ce qui signifie litt&#233;ralement &#171; Les Travailleurs unis avec la Nation &#187;.) Cette tendance a toujours courtis&#233; les bureaucrates et les politiciens. Comme nous l'avons dit pr&#233;c&#233;demment, le gouvernement pers&#233;cuta les meilleurs militants de la NCTU et soutint les r&#233;formistes, ce qui d&#233;truisit la NCTU en 1995 et conduisit au regroupement des syndicats dans la KCTU sous la direction de son aile droite. (En effet, &#224; la fondation de la NCTU en janvier 1990, la plupart de ses dirigeants &#233;taient en prison ou dans la clandestinit&#233;.) La longue exp&#233;rience de la dictature et du client&#233;lisme poussa &#233;galement une partie des ouvriers &#224; accueillir favorablement la d&#233;mocratie bourgeoise et le n&#233;o-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant Ulsan resta un centre de fermentation sociale intense et, en juin 1991, quand Park Chang Su, un dirigeant syndical, fut tu&#233; en prison, 20 000 ouvriers de Hyundai Heavy Industries et 30 000 ouvriers de Hyundai Motor Company attaqu&#232;rent la mairie d'Ulsan, et leur lutte dura finalement un mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1992, la Cor&#233;e du Sud adh&#233;ra &#224; l'Organisation internationale du travail (l'OIT), &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me moment o&#249; les capitalistes se concertaient pour attaquer leurs gains salariaux. &#192; cette p&#233;riode, les travailleurs du secteur public, qui touchaient de bas salaires, commenc&#232;rent &#224; s'organiser, les travailleurs des T&#233;l&#233;coms de Cor&#233;e (KT) &#233;tant les plus militants. M&#234;me si leurs luttes tendaient &#224; &#234;tre principalement centr&#233;es sur la question des salaires, ils se battaient aussi pour davantage de d&#233;mocratie dans les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1993-1994, la discussion fit rage dans le mouvement &#224; propos des perspectives, y compris le besoin de lancer des gr&#232;ves politiques. Les courants les plus radicaux voulaient transformer les syndicats d'entreprises (les plus r&#233;pandus &#224; ce jour) en syndicats de branches, et cr&#233;er une conf&#233;d&#233;ration. Tandis que la NCTU d&#233;clinait encore sous les coups de la r&#233;pression et les magouilles de la tendance NL, la voie &#233;tait ouverte pour la cr&#233;ation de la KCTU, qui fut formellement fond&#233;e en novembre 1995, m&#234;me si elle ne fut pas l&#233;galis&#233;e avant que n'&#233;clate la crise du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques gr&#232;ves r&#233;ussies eurent lieu en 1995-96, notamment une gr&#232;ve chez KT (les T&#233;l&#233;coms de Cor&#233;e), qui obtint des augmentations de salaires importantes. En raison de gr&#232;ves comme celles-ci, les salaires des ouvriers tendaient &#224; d&#233;passer ceux des fonctionnaires. En m&#234;me temps, les employeurs cor&#233;ens d&#233;cid&#232;rent d'abandonner progressivement le mod&#232;le des chaebol pour profiter des avantages de la mondialisation. Les deux camps s'&#233;chauffaient en vue de l'affrontement &#224; propos de la loi sur la pr&#233;carisation du travail, affrontement qui allait se produire en 1996-1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 1996, la mobilisation de la base et la pr&#233;paration de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'accentu&#232;rent. Sous cette pression, la KCTU dut se retirer des discussions pour la cr&#233;ation de l'inf&#226;me Commission tripartite (Etat-Travail-Capital) qui sera lanc&#233;e au milieu de la crise du FMI, au printemps 1998. La base des syndicats commen&#231;a &#224; rejeter de plus en plus la tendance NL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contre-mesures importantes prises par les militants les plus radicaux de cr&#233;er des &#171; hyung-jang jojik &#187;, structures de base qui essay&#232;rent de combattre la d&#233;g&#233;n&#233;rescence des syndicats et de la KCTU &#224; l'aide d'une organisation alternative, qui n'&#233;tait pas &#171; ext&#233;rieure &#187; aux syndicats mais un contre-pouvoir interne ayant en m&#234;me temps des liens &#171; horizontaux &#187; avec les militants d'autres syndicats, pour lutter contre les tendances corporatistes fond&#233;es sur le patriotisme d'entreprise. Les hyung-jang jojik ont eu de l'influence pendant une quinzaine d'ann&#233;es, de 1990 &#224; 2005. Dans diff&#233;rentes circonstances, les hyung-jang jojik r&#233;ussirent &#224; prendre le pouvoir dans des syndicats importants, &#224; la suite de quoi ils se bureaucratis&#232;rent le plus souvent ; au cours des derni&#232;res ann&#233;es, ils sont devenus la proie de divers groupes qui cherchaient un moyen discret d'influencer les syndicats, et ils se sont finalement effondr&#233;s. Mais durant leur meilleure p&#233;riode, dans une situation g&#233;n&#233;ralement d&#233;fensive, ils ont pr&#233;serv&#233; une certaine continuit&#233; avec la pouss&#233;e radicale de la p&#233;riode 1987-1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI - La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et la crise du FMI, 1997-1998&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste apr&#232;s No&#235;l 1996, le gouvernement cor&#233;en de Kim Jung-sam, au cours d'une session sp&#233;ciale de nuit et en l'absence des d&#233;put&#233;s de l'opposition, fit adopter la premi&#232;re d'une s&#233;rie de lois sur la pr&#233;carisation du travail destin&#233;es &#224; faire p&#233;n&#233;trer l'&#233;conomie sud-cor&#233;enne dans l'&#232;re de la &#171; mondialisation &#187;, &#224; faciliter les licenciements pour les employeurs, et &#224; introduire des contrats temporaires (diff&#233;renci&#233;s selon le statut). Les employeurs avaient r&#233;guli&#232;rement rogn&#233; les conqu&#234;tes des travailleurs acquises &#224; la fin des ann&#233;es 80, et l'&#233;conomie s'affaiblit davantage durant l'ann&#233;e 1996 avec des faillites de plus en plus nombreuses, mais ce fut la premi&#232;re confrontation directe avec la nouvelle puissance de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'intense pression de la base, la KCTU, fermement contr&#244;l&#233;e par l'aile droite qui avait battu et d&#233;truit la NCTU, appela &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale imm&#233;diate qui fut largement suivie. M&#234;me la FKTU, syndicat conservateur, jaune, perp&#233;tuant l'esprit de la guerre froide, rejoignit le mouvement. Les cols blancs se mirent en gr&#232;ve eux aussi, et, &#224; l'apog&#233;e de la lutte, trois millions de travailleurs firent gr&#232;ve. (Le gouvernement retira la l&#233;gislation initiale, mais une loi pratiquement identique fut adopt&#233;e en mars 1997, sans r&#233;action significative de la KCTU.) &#192; nouveau, l'exp&#233;rience historique de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne et la nouveaut&#233; des mesures de pr&#233;carisation donn&#232;rent &#224; la gr&#232;ve une tonalit&#233; plus &#171; antifasciste &#187; qu'anti-n&#233;olib&#233;rale. La KCTU fit tout ce qui &#233;tait en son pouvoir pour &#233;viter une confrontation avec le gouvernement, et d&#233;mobiliser les travailleurs partout o&#249; elle le put. La base, quant &#224; elle, fit preuve d'une grande spontan&#233;it&#233;, comme chez Hyundai et &#224; la Kia Motor Company. On raconte que la KCTU se r&#233;unit secr&#232;tement avec les patrons pour leur assurer qu'ils contr&#244;laient la gr&#232;ve et que celle-ci faiblissait. Ils lanc&#232;rent la tactique inefficace de la &#171; gr&#232;ve du mercredi &#187;, proposition r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; plusieurs reprises au cours des ann&#233;es suivantes. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale s'arr&#234;ta &#224; la fin janvier, sans avoir rien r&#233;solu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le Parti travailliste d&#233;mocratique cor&#233;en (KDLP, ou Minju Nodong TanG) fut fond&#233; au printemps 1997, avec les m&#234;mes &#233;l&#233;ments de droite qui dominaient la majorit&#233; de la KCTU. L'&#233;chec de la gr&#232;ve de janvier 1997, cependant, fut &#224; son tour &#233;clips&#233; par la d&#233;vastation de l'&#233;conomie cor&#233;enne pendant la crise financi&#232;re asiatique de 1997-1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise commen&#231;a en Tha&#239;lande, en juillet 1997, par l'effondrement de la devise tha&#239;landaise, puis elle frappa une bonne partie de l'Asie au cours des mois suivants, alors tous les pays qui avaient d&#233;fendu &#171; la libert&#233; du commerce &#187; et par cons&#233;quent all&#233;g&#233; les contr&#244;les sur les mouvements de capitaux connurent une fuite massive des capitaux et l'effondrement de leur devise. La Tha&#239;lande, l'Indon&#233;sie et la Cor&#233;e furent les plus touch&#233;es. Le won cor&#233;en chuta de 40% en novembre 1997, tandis que le gouvernement de Kim Jung Sam &#233;tait renflou&#233; par le FMI qui promit de lui verser 57 milliards de dollars. Les quatre candidats aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de d&#233;cembre 1997 durent tous s'engager par &#233;crit &#224; respecter l'accord avec le FMI, sinon la Cor&#233;e ne pourrait pas recevoir l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Kim Dae Jong, repr&#233;sentant de l'opposition d&#233;mocratique, qui fut finalement &#233;lu pr&#233;sident de la Cor&#233;e apr&#232;s une tr&#232;s longue travers&#233;e du d&#233;sert, dut consacrer son mandat &#224; faire appliquer le paquet de mesures draconiennes pr&#244;n&#233;es par le FMI : licenciements, coupes dans le budget des services publics, d&#233;r&#233;gulation, rachat des industries cor&#233;ennes et des banques par des soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res, et pr&#233;carisation du travail. La d&#233;mocratie cor&#233;enne, tout comme le mouvement ouvrier cor&#233;en avant elle, triompha au moment m&#234;me o&#249; la r&#233;alisation de ses promesses ant&#233;rieures &#233;tait devenue impossible, et son triomphe servit &#224; cacher l'application d'un programme &#233;conomique et social extr&#234;mement dur. Les faillites se succ&#233;d&#232;rent en cascade et les suicides augment&#232;rent en fl&#232;che. Le FMI exigea au d&#233;but que les banques cor&#233;ennes cong&#233;dient 50% de leur personnel (le chiffre fut ensuite abaiss&#233; &#224; 30%) et que l'Etat fasse de m&#234;me pour ses fonctionnaires. Le taux de ch&#244;mage tripla en moins de deux ans, et des millions de gens retomb&#232;rent &#224; nouveau dans la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette situation, Kim Dae Jong et la KCTU jou&#232;rent chacun leur r&#244;le, fix&#233; &#224; l'avance. Kim poussa la direction de la KCTU &#224; signer les accords tripartites de f&#233;vrier 1998, donc &#224; approuver les licenciements de masse pr&#233;sent&#233;s comme des mesures d'urgence indispensables. La base de la KCTU se r&#233;volta contre cette capitulation abjecte et chassa la direction qui avait conclu et sign&#233; les accords. Quelques gr&#232;ves importantes &#233;clat&#232;rent contre des licenciements en 1998, comme &#224; la Hyundai Motor Company (HMC), mais les nouveaux dirigeants de la KCTU furent emprisonn&#233;s et les gr&#232;ves se termin&#232;rent g&#233;n&#233;ralement par des d&#233;faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la crise du FMI, beaucoup de petites usines furent liquid&#233;es, y compris celles regroupant des travailleurs particuli&#232;rement militants depuis la vague de gr&#232;ves de la fin des ann&#233;es 80 et qui auparavant sympathisaient avec la NCTU. Pour la premi&#232;re fois, en accord avec les exigences du FMI, la &#171; main d'&#339;uvre occasionnelle &#187; devint un ph&#233;nom&#232;ne important au sein de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne. Une gr&#232;ve &#233;clata contre la vente des actions des T&#233;l&#233;coms de Cor&#233;e (KT) aux investisseurs de Wall Street, par exemple. Cette gr&#232;ve montra le foss&#233; croissant qui se formait entre la &#171; main-d'&#339;uvre r&#233;guli&#232;re &#187; et la &#171; main-d'&#339;uvre occasionnelle &#187;. Non seulement les travailleurs fixes, plus &#226;g&#233;s, touchaient un salaire plus &#233;lev&#233; et travaillaient moins que les jeunes en CDD, mais ils n'avaient pas, ou manquaient, de connaissances informatiques, ce qui cr&#233;ait chez eux un sentiment d'ins&#233;curit&#233; croissante au travail. Les chefs des syndicats employaient un langage radical mais ne faisaient rien. Finalement, les travailleurs fixes et pr&#233;caires firent gr&#232;ve, mais pas en m&#234;me temps. La gr&#232;ve des T&#233;l&#233;coms de Cor&#233;e (KT) se termina par le renvoi de 10 000 salari&#233;s pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord de f&#233;vrier 1998 entre Kim Dae Jong et la direction de droite de la KCTU concernant les licenciements de masse provoqua une r&#233;volte de la base de la KCTU, et toute la direction fut chass&#233;e apr&#232;s que des militants ouvriers, arm&#233;s avec barres de fer, eurent occup&#233; le si&#232;ge du syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle direction de gauche s'installa &#224; la t&#234;te du syndicat et essaya de relancer une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la nouvelle loi du travail en mai, juin et juillet 1998, mais en vain. La vieille direction conserva le pouvoir dans les syndicats de l'industrie lourde, et s'opposa &#224; toute action militante. Entre juin et ao&#251;t 1998, une gr&#232;ve de 28 jours eut lieu &#224; la Hyundai Motor Company, qui se termina par le licenciements de 10 000 travailleurs fixes. En l'espace de deux ans, 10 000 ouvriers pr&#233;caires furent embauch&#233;s pour faire leur boulot. Les T&#233;l&#233;coms cor&#233;ens et diverses banques licenci&#232;rent aussi une partie de leur personnel fixe et le remplac&#232;rent par des salari&#233;s pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII - Apr&#232;s 1998 : le conflit entre travailleurs &#171; fixes &#187; et &#171; pr&#233;caires &#187; devient une question centrale pour le mouvement ouvrier cor&#233;en&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de la crise du FMI, la question de la &#171; main-d'&#339;uvre occsionnelle &#187; a pris de plus en plus de place au sein du mouvement ouvrier cor&#233;en, ainsi que l'antagonisme entre travailleurs fixes et pr&#233;caires, les salari&#233;s fixes voyant les salari&#233;s pr&#233;caires comme un danger pour leur emploi. (En l'an 2000, un syndicat national des salari&#233;s pr&#233;caires a &#233;t&#233; fond&#233;, et cette conf&#233;d&#233;ration compte maintenant plus de 50 000 membres.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1999, une gr&#232;ve nationale de 32 jours de 4 000 tuteurs des &#233;coles Jaenung (les &#171; hakwon &#187;, ou cours priv&#233;s du soir) leur permit d'acqu&#233;rir le droit de mener des n&#233;gociations collectives. Le gouvernement avait ni&#233; leur statut de salari&#233;s, les consid&#233;rant comme des &#171; entrepreneurs ind&#233;pendants &#187;. La gr&#232;ve fut importante parce qu'elle prouva que les travailleurs pr&#233;caires pouvaient s'organiser, contre la r&#233;sistance de l'Etat et des employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000-2002, une gr&#232;ve dura 517 jours chez les T&#233;l&#233;coms de Cor&#233;e (KT). Au lendemain de la d&#233;faite, le syndicat des travailleurs pr&#233;caires de KT fut dissous. Les travailleurs fixes de KT &#233;taient g&#233;n&#233;ralement hostiles aux travailleurs pr&#233;caires. Apr&#232;s la gr&#232;ve, les T&#233;l&#233;coms de Cor&#233;e embauch&#232;rent des gens en tant que &#171; salari&#233;s &#224; contrat indirect &#187;, c'est-&#224;-dire ayant un statut d'int&#233;rimaires. En 2002, 49% des actions des T&#233;l&#233;coms de Cor&#233;e (KT) furent vendus &#224; des investisseurs am&#233;ricains, et on distribua des indemnit&#233;s substantielles de licenciement aux travailleurs licenci&#233;s ainsi que des actions aux salari&#233;s fixes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000-2001, une gr&#232;ve dura plus d'un mois dans une usine de climatiseurs, et fut trahie par les travailleurs fixes, pour contrecarrer l'action des militants des syndicats de salari&#233;s pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000, cependant, les salari&#233;s du Lotte Hotel fournirent un contre-exemple : ils prouv&#232;rent qu'un syndicat de travailleurs fixes pouvait, dans certaines circonstances, organiser les salari&#233;s pr&#233;caires. Apr&#232;s que les propri&#233;taires d'h&#244;tel eurent men&#233; une violente r&#233;pression et que les gr&#233;vistes eurent &#233;t&#233; emprisonn&#233;s, l'h&#244;tel accepta de r&#233;gulariser les pr&#233;caires sur une p&#233;riode de deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces m&#234;mes ann&#233;es, cependant, le KDLP vira &#224; droite, et la domination de la ligne du courant NL, orient&#233;e vers les bureaucrates de la KCTU et les politiciens du KDLP, emp&#234;cha l'organisation des travailleurs pr&#233;caires. (En 2004, la KCTU aida m&#234;me un P-DG de Hyundai &#224; mener sa campagne &#233;lectorale en tant que candidat ind&#233;pendant.) La KCTU d&#233;fendait une politique n&#233;olib&#233;rale qui imposait l'externalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, par exemple, les conducteurs de camions de Pusan d&#233;clench&#232;rent une gr&#232;ve avec succ&#232;s, mais le gouvernement, les patrons, la KCTU et le KDLP la sabot&#232;rent. La m&#234;me ann&#233;e, une grande gr&#232;ve &#233;clata &#224; la raffinerie LG Caltex (aujourd'hui GS Caltex), mais la KCTU ne fit rien pour aider les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, 10 000 travailleurs pr&#233;caires du p&#233;trole et de la chimie &#224; Ulsan lutt&#232;rent pendant 83 jours &#224; propos de leurs conditions de travail. La structure d'embauche compliqu&#233;e impos&#233;e par les lois du travail et la strat&#233;gie des entreprises affaiblirent la gr&#232;ve. Un &#171; Comit&#233; pour la r&#233;gion d'Ulsan &#187; fut cr&#233;&#233; pour r&#233;gler le conflit, y compris des capitalistes, des P-DG, des patrons de PME, des ONG, et la section d'Ulsan de la KCTU. L'accord se limita &#224; la reconnaissance du syndicat. Les ouvriers retourn&#232;rent au travail pendant les six mois que dur&#232;rent les &#171; discussions &#187; au sein du comit&#233;, et celles-ci n'aboutirent &#224; rien. Les gr&#233;vistes reprirent le travail suite aux concessions accord&#233;es par les PME, mais lorsque la KCTU et le KDLP se retir&#232;rent de la sc&#232;ne, aucune clause de l'accord ne fut jamais appliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'&#233;t&#233; 2005, une bataille &#233;clata de nouveau chez la Hyundai Motor Company, &#224; Ulsan, &#224; propos de la pr&#233;carisation. Un travailleur s'immola en signe de protestation, mais le syndicat refusa de lier sa mort &#224; la situation dans l'usine. Les travailleurs pr&#233;caires essay&#232;rent d'arr&#234;ter la cha&#238;ne, mais les salari&#233;s fixes refus&#232;rent de collaborer &#224; leur action. Les cadres de l'entreprise et les jaunes remirent la cha&#238;ne en marche tandis que les ouvriers fixes refusaient d'agir. Tous les travailleurs pr&#233;caires impliqu&#233;s dans la lutte furent licenci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2006, le syndicat des m&#233;tallos vota pour former un syndicat de branche afin de tenter de surmonter la fragmentation des ouvriers entre une multitude de filiales secondaires ayant chacune des contrats diff&#233;rents, mais HMC n&#233;gocie toujours avec le syndicat-maison de HMC. Beaucoup d'ouvriers militants s'oppos&#232;rent &#224; la cr&#233;ation d'un syndicat de branche en raison de son programme corporatiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, cet &#233;t&#233;-l&#224;, les travailleurs pr&#233;caires de la construction des gigantesques usines sid&#233;rurgiques de POSCO &#224; Pohang d&#233;clench&#232;rent une gr&#232;ve sauvage et furent battus. En ao&#251;t 2007, les ouvriers pr&#233;caires de la Kia Motor Company entam&#232;rent une gr&#232;ve sauvage et occup&#232;rent une partie de l'usine, o&#249; ils furent physiquement attaqu&#233;s par les travailleurs fixes de Kia et forc&#233;s &#224; reprendre le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIII - La gr&#232;ve d'E-Land &#233;claire l'horizon social&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve d'E-Land qui se poursuit &#224; l'heure o&#249; nous &#233;crivons (6 janvier 2008) est la lutte la plus r&#233;cente et, par certains c&#244;t&#233;s, la plus importante de toutes celles qui ont plac&#233; les travailleurs pr&#233;caires au centre et sur le devant de la sc&#232;ne sociale sud-cor&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2006, le gouvernement cor&#233;en fit adopter la plus r&#233;cente d'une s&#233;rie de mesures sur le travail pr&#233;caire, qu'il appela, dans un style bien orwellien, la &#171; loi pour la protection de la main-d'&#339;uvre occasionnelle &#187;. Elle a &#233;t&#233; con&#231;ue pour cr&#233;er l'illusion que le pouvoir &#171; faisait quelque chose &#187; &#224; propos d'un probl&#232;me affectant maintenant plus de 60% de la population active sud-cor&#233;eenne. La loi stipule, qu'au bout de deux ans dans la m&#234;me entreprise, tous les salari&#233;s pr&#233;caires acqui&#232;rent automatiquement le statut de travailleurs fixes. La loi entra en application sept mois plus tard, le 1er juillet 2007, mais ses &#233;normes lacunes offraient la possibilit&#233; aux employeurs de cong&#233;dier leurs salari&#233;s pr&#233;caires avant la date-limite des 2 ann&#233;es de pr&#233;sence dans l'entreprise. Quelques soci&#233;t&#233;s se sont conform&#233;es &#224; la loi, mais de nombreuses autres ne l'ont pas fait et ont licenci&#233; leurs travailleurs pr&#233;caires en juin 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation a &#233;t&#233; mise le plus clairement en &#233;vidence dans deux cha&#238;nes de grands magasins E-Land et, en second plan, New Core.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; E-Land a commenc&#233; comme une petite affaire de famille, sous la f&#233;rule d'un propri&#233;taire chr&#233;tien fondamentaliste, et est d&#233;sormais une soci&#233;t&#233; qui fait 58 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel avec 61 succursales dans le pays. Elle s'est empar&#233; des magasins de la cha&#238;ne fran&#231;aise Carrefour. Cette soci&#233;t&#233; impose des conditions de travail particuli&#232;rement dures. Elle embauche surtout des femmes avec des contrats pr&#233;caires ; celles-ci gagnent 800 dollars par mois pour des semaines de 40 heures, et sont souvent oblig&#233;es de travailler 12 heures d'affil&#233;e sans m&#234;me le droit (l&#233;gal) de se rendre aux toilettes. De plus, la soci&#233;t&#233; fait pression sur tous ses employ&#233;s, qu'ils soient chr&#233;tiens ou pas, pour qu'ils fr&#233;quentent la chapelle de l'entreprise. Le P-DG d'E-Land a vers&#233; 15 millions de dollars &#224; son &#233;glise en 2006. Juste avant que la nouvelle loi sur la pr&#233;carisation entre en application, les soci&#233;t&#233;s E-Land et New Score ont licenci&#233; 1 000 salari&#233;s qui travaillaient depuis suffisamment de temps pour acqu&#233;rir le statut de travailleurs fixes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s ont r&#233;agi imm&#233;diatement par une gr&#232;ve qui en est maintenant (en janvier 2008) &#224; son septi&#232;me mois, et ils tiennent toujours bon. Au d&#233;but de la gr&#232;ve, partout en Cor&#233;e du Sud, des milliers de travailleurs pr&#233;caires d'autres branches sont venus pour aider &#224; fermer les magasins d'E-Land. Sous la pression de cet important soutien des salari&#233;s, la KCTU est entr&#233;e dans le mouvement. Elle a d&#233;ploy&#233; tout son arsenal pour &#233;touffer la gr&#232;ve sous une rh&#233;torique pseudo-radicale tout en d&#233;tournant l'&#233;nergie de la base et des soutiens &#171; ext&#233;rieurs &#187; vers des actions symboliques sans signification. Le 30 juin, cependant, 200 employ&#233;s d'E-Land ont occup&#233; une succursale &#224; S&#233;oul et l'ont ferm&#233;e. Le 20 juillet, le gouvernement a r&#233;agi en envoyant 7 000 soldats, policiers et nervis embauch&#233;s par la soci&#233;t&#233; pour expulser et arr&#234;ter 200 personnes. Le gouvernement Noh Moon Yon, en pleine d&#233;cr&#233;pitude (fortement inpopulaire, il ne durera de toute fa&#231;on que jusqu'en f&#233;vrier 2008), a mis tout son prestige en jeu pour faire accepter la nouvelle loi. Mais il n'&#233;tait pas le seul &#224; comprendre l'importance de la gr&#232;ve. De nombreux grands chaebols ont aid&#233; E-Land en lui pr&#234;tant des millions de dollars. La KCTU, pour sa part, promit de pr&#234;ter des sommes importantes aux syndicats d'E-Land et de New Core quand leur caisse de gr&#232;ve serait vide, vers la fin de l'&#233;t&#233; 2007, puis elle revint sur son offre. La KCTU a constamment fait pression sur les syndicats-maison pour qu'ils acceptent de venir &#224; la table des n&#233;gociations tandis que la direction d'E-Land n'a pour le moment l&#226;ch&#233; aucune concession. A Pohang, en novembre, E-Land a m&#234;me essay&#233; d'ouvrir une nouvelle succursale avec seulement des employ&#233;s pr&#233;caires. 500 travailleurs d'E-Land et d'autres salari&#233;s pr&#233;caires ont non seulement bloqu&#233; l'entr&#233;e du magasin, mais attaqu&#233; et d&#233;sarm&#233; les flics et les nervis qui le prot&#233;geaient. Des actions semblables, y compris des blocages et des occupations de magasins, se sont produites par intermittence tout au long de l'automne 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Contrairement &#224; beaucoup d'autres gr&#232;ves pr&#233;c&#233;dentes autour de la question du travail pr&#233;caire, ce qui est peut-&#234;tre le plus remarquable dans la gr&#232;ve d'E-Land, c'est la large sympathie et l'appui dont b&#233;n&#233;ficie la gr&#232;ve parmi les salari&#233;s pr&#233;caires qui vivent dans la m&#234;me situation. Un boycott national a r&#233;ussi, jusqu'au mois de d&#233;cembre 2007, &#224; r&#233;duire les ventes de 30%, et m&#234;me les m&#233;dias, du moins dans les premi&#232;res semaines, se sont montr&#233; plut&#244;t favorables &#224; la gr&#232;ve. Que la gr&#232;ve d'E-Land permette - ou pas - aux gr&#233;vistes de r&#233;cup&#233;rer leur boulot, ce mouvement repr&#233;sente d&#233;j&#224; une victoire pour le mouvement ouvrier dans son ensemble car d&#233;sormais on ne peut plus ignorer le probl&#232;me de la pr&#233;carisation du travail en Cor&#233;e du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loren Goldner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(traduit de l'anglais pour le n&#176; 22-23 de Ni patrie ni fronti&#232;res, &#224; para&#238;tre en mars 2008)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibliographie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pr&#233;parer cet article, j'ai appris bien davantage en discutant et collaborant avec des militants et des intellectuels cor&#233;ens partisans de la lutte de classe qu'en lisant n'importe quel livre, &#224; l'exception de Korean Workers, The Culture and Politics of Class Formation de Koo Hagen publi&#233; en 2001. Ce livre constitue l'unique ouvrage disponible dans une langue occidentale et qui offre une analyse compl&#232;te de l'histoire de la classe ouvri&#232;re cor&#233;enne. J'ai bien s&#251;r &#233;t&#233; consid&#233;rablement limit&#233; par ma ma&#238;trise insuffisante de la langue cor&#233;enne. La liste r&#233;capitulative ci-dessous rassemble les ouvrages que j'ai n&#233;anmoins trouv&#233;s utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bae, Kichan, Korea at the Crossroads. The History and Future of East Asia, S&#233;oul, 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brzezinski, Zbigniew, The Grand Chessboard. American Primacy and Its Geostrategic Imperatives, New York, 1997&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cho, Lee-Jay et al., (sous la direction de), Institutional and Policy Reforms to Enhance Corporate Efficiency in Korea, S&#233;oul, 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cho, Lee-Jay et al. (sous la direction de), Regulatory Reforms in the Age of Financial Consolidation, S&#233;oul, 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cumings, Bruce, The Origins of the Korean War, vol. I : Princeton, 1981 ; vol. II : Princeton, 1990&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis, M. et al., S&#252;dkorea : Kein Land fuer friedliche Spiele, Reinbek bei Hamburg, 1988&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Graham, E., Reforming Korea's Industrial Conglomerates, Washington DC, 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harris, N., The End of the Third World, London, 1986&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hart-Landsberg, M. et al. (sous la direction de), Marxist Perspectives on South Korea in the Global Economy, Hampshire (Grande-Bretagne), 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hart-Landsberg, M., The rush to development : economic change and political struggle in South Korea, New York, 1993&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hwang, B-D., Nachholende Industrialisierung und autorit&#228;rer Staat, Berlin, 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kang, Su-Dol, Fordismus und Hyundaismus, Francfort, 1995&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, San/Wales, N., Song of Ariran, New York, 1941&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, S./Shin, D.C., Economic Crisis and Dual Transition in Korea, S&#233;oul, 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, W./Kim, P.S., Korean Public Administration, S&#233;oul, 1997&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeju Development Institute/ East Asia Foundation, Building a Northeast Asian Community, vol. II, S&#233;oul, 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeong, Seongjin et Shin, Jo-Yung, &#171; Debates on the Economic Crisis within the Korean Left &#187;, in Rethinking Marxism, vol. II, n&#176; 2, printemps 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jomo, K.S., Tigers in Trouble, Financial Governance, Liberalisation and Crises in East Asia, London, 1998&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johnson, Chalmers, Blowback, 2000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim, Kyeong-won, Post-Crisis Transformation of the Korean Economy, A Review from 1998 to 2002, S&#233;oul, 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirk, D./Choe, S.H., Korea Witness, S&#233;oul, 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirk, Donald, Korean Dynasty, Hyundai and chung Ju Yung, Hong Kong, 2000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Koo, Hagen, Korean Workers, The Culture and Politics of Class Formation, Ithaca, 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Korean National Commission for UNESCO, The Korean Economy : Reflections at the Millennium, S&#233;oul, 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lee, B-H., Verfassungs- und gesellschaftspolitische Konzeptionen und ihre Verwirklicung in der Dritten Republik Koreas (1963-1972)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacobs, Norman, The Korean Road to Modernization and Development., Urbana, 1985&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moon, C. et Steinberg, D., Korea in Transition, Three Years under the Kim Dae-Jung Government, S&#233;oul, 2002&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ogle, G., South Korea : Dissent Within the Economic Miracle, Londres, 1990&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Park, Min-na, Birth of Resistance, Stories of Eight Women Worker Activists, S&#233;oul, 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scalapino, R. et Lee, Chong-sik, Communism in Korea, vol. I. Berkeley, 1972&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sun, Hak Tae, The Political Economy of Democratic Consolidation. Dynamic Labour Politics in South Korea, Kwangju, 2002&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socialist Political Alliance, Marx/ Revolution, Papers of the SPA International Conference in S&#233;oul and Ulsan, octobre 2006, S&#233;oul&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suh, D-S., The Korean Communist Movement, 1918-1948, Princeton, 1967&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;West, J., A Critical Discourse on Korean Law and Economy, Pusan, 2002&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Woronoff, J., Asia's &#8220;Miracle&#8221; Economies, S&#233;oul, 1986&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Glossaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cheonpyong : Conseil national des travailleurs &#224; Choson ; conseils ouvriers qui se sont empar&#233;s de l'industrie cor&#233;enne entre ao&#251;t et d&#233;cembre 1945. Dissous par les forces d'occupation am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chun Doo-hwan ; dictateur militaire sud-cor&#233;en entre 1980 et 1987.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commission Tripartite : organisme corporatiste r&#233;unissant des repr&#233;sentants de l'Etat, du Capital et du travail, et qui s'inspire du mod&#232;le n&#233;erlandais et de son &#8220;Conseil &#233;conomique et social' tripartite. Elle fut cr&#233;&#233;e en 1998 pour donner au gouvernment sud-cor&#233;en une aura sociale-d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise du FMI (1997-98) : une fuite massive de capitaux obligea la Cor&#233;e du Sud &#224; qu&#233;mander au FMI un pr&#234;t de 57 milliards de dollars qui lui fut accord&#233; avec des conditions draconiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FKTU (Syndicats libres cor&#233;ens) : syndicat anticommuniste, de l'&#233;poque de la guerre froide. Contribua &#224; r&#233;primer les luttes des travailleurs sous la dictature et devint un syndicat conservateur de cols blancs apr&#232;s la transition &#224; la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande Lutte des Travailleurs (Nodongja Taetujeang) : mouvement de gr&#232;ve qui toucha 3 000 entreprises durant l'&#233;t&#233; 1987.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grand Parti national (Hanaratang, litt&#233;ralement &#171; parti pour une nation unie &#187;) : parti de la droite dure qui a gagn&#233; les &#233;lections pr&#233;sidentielles en d&#233;cembre 2007 ; rassemble les nostalgique du r&#233;gime Park Chung-hee&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre de Cor&#233;e (1950-1953) : important affrontement de la guerre froide entre la Cor&#233;e du Sud (soutenue par les Etats-Unis),et la Cor&#233;e du Nord, soutenue par la Chine et l'Union sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hakchul (litt&#233;ralement &#171; venant de l'universit&#233; &#187;) : &#233;tudiants qui se firent embaucher en usine pour faire de l'agitation &#224; la fin des ann&#233;es 70 et surtout dans les ann&#233;es 80.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HMC (Hyundai Motor Company) : chantier naval au centre de l'agitation ouvri&#232;re dans la ville d'Ulsan, ainsi que HHI (Hyundai Heavy Industry). En 1990, 9000 policiers et soldats men&#232;rent une attaque a&#233;rienne, terrestre et maritime contre l'occupation par les travailleurs de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;hyung-jang jojik : organisation dans les ateliers, qui vise &#224; contrebalancer celle des bureaucraties syndicales en entretenant des liens horizontaux avec les travailleurs des autres branches d'industrie (1990-2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeon tae-il (1948-1970) : jeune ouvrier textile qui s'immola par le feu et dont le sacrifice provoqua la renaissance du mouvement ouvrier sud-cor&#233;en en 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KCTU (Minju Nochong) : Conf&#233;d&#233;ration cor&#233;enne des syndicats. Fond&#233;e en 1995, l&#233;galis&#233;e en 1998 ; syndicat r&#233;formiste-corporatiste n&#233; sur les ruines de la NCTU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KDLP (Parti travailliste d&#233;mocratique cor&#233;en) : parti social-d&#233;mocrate fond&#233; au printemps 1997. &#192; obtenu 5% des voix aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2002, puis 3% en 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kim Dae-jung : politicien d&#233;mocratique lib&#233;ral, &#233;lu pr&#233;sident de la Cor&#233;e du Sud apr&#232;s des d&#233;cennies de travers&#233;e du d&#233;sert&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KT (T&#233;l&#233;coms de Cor&#233;e) : entreprise publique de t&#233;l&#233;communications qui connut de nombreuses gr&#232;ves entre 1994 et 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kwangju (insurrection de) : soul&#232;vement qui se produisit en mai 1980 dans la plus grande ville de la province de Cholla dans le sud-ouest du pays. Ecras&#233;e par le gouvernement militaire de Chun Doo-hwan. On estime le bilan de la r&#233;pression &#224; environ 2 000 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lee Myung Bak : pr&#233;sident de la Cor&#233;e du Sud &#233;lu en d&#233;cembre 2007 ; ancien PDG de Hyundai et ancien maire de S&#233;oul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;minjung : mouvement culturel des ann&#233;es 70, inspir&#233; par des chr&#233;tiens de gauche. Il puisa dans la culture cor&#233;enne populaire pour cr&#233;er une nouvelle culture d'opposition dans le domaine de la musique, de la danse et des arts graphiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NCTU (ChoNoHyop) : Conf&#233;d&#233;ration nationale des syndicats. Conf&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique radicale dans la p&#233;riode 1990-1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NL (Lib&#233;ration nationale) tendance favorable &#224; la Cor&#233;e du Nord majoritaire &#224; la fois dans le syndicat KCTU et le parti KDLP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Park Chung-hee : dictateur militaire de la Cor&#233;e du Sud, 1961-1979. Assassin&#233; par le chef des services secrets cor&#233;ens (KCIA) en octobre 1979.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PD (D&#233;mocratie du peuple) : tendance sociale-d&#233;mocrate minoritaire dans le syndicat KCTU et le parti KDLP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se Maul (Nouveau Village) : programme lanc&#233; sous la dictature de Park Chung-hee, au d&#233;but des ann&#233;es 70. Il visait &#224; moderniser l'agriculture et vider les campagnes pour acc&#233;l&#233;rer l'industrialisation du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syngman Rhee : pr&#233;sident de la Cor&#233;e du Sud (1948-1960). Cette marionnette des Etats-Unis fut renvers&#233;e par les &#233;meutes &#233;tudiantes de 1960.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ulsan : principale ville industrielle de Cor&#233;e du Sud et lieu des plus intenses luttes de classe particuli&#232;rement en 1987-1990, mais aussi dans les ann&#233;es suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;yangban : ce terme d&#233;signe la classe dirigeante du royaume de Cor&#233;e durant la derni&#232;re dynastie (celle des Choson) entre 1390 et 1910, classe compos&#233;e d'une caste de guerriers et de lettr&#233;s confuc&#233;ens.&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
