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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Vie des r&#233;volutionnaires, de Victor Serge</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Victor Serge</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Nicaragua</dc:subject>

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&lt;p&gt;Vie des R&#233;volutionnaires Victor Serge &lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai chang&#233; que quelques mots &#224; cette brochure &#233;crite il y a plusieurs ann&#233;es. Ce sujet &#8212; la vie, la formation, les luttes, la trempe de la g&#233;n&#233;ration r&#233;volutionnaire qui a vaincu en Russie &#8212; m&#233;riterait un travail approfondi. Mais notre g&#233;n&#233;ration n'a gu&#232;re plus de loisirs que n'en eut celle-l&#224;. Aussi insuffisante qu'elle soit, cette brochure contribuera &#224; faire conna&#238;tre l'exemple des hommes qui, de notre temps, ont fait le plus pour la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;6- L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot108" rel="tag"&gt;Victor Serge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot274" rel="tag"&gt;Nicaragua&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vie des R&#233;volutionnaires&lt;br class='autobr' /&gt;
Victor Serge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai chang&#233; que quelques mots &#224; cette brochure &#233;crite il y a plusieurs ann&#233;es. Ce sujet &#8212; la vie, la formation, les luttes, la trempe de la g&#233;n&#233;ration r&#233;volutionnaire qui a vaincu en Russie &#8212; m&#233;riterait un travail approfondi. Mais notre g&#233;n&#233;ration n'a gu&#232;re plus de loisirs que n'en eut celle-l&#224;. Aussi insuffisante qu'elle soit, cette brochure contribuera &#224; faire conna&#238;tre l'exemple des hommes qui, de notre temps, ont fait le plus pour la transformation du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es ont pass&#233;. Il aurait fallu doubler tout au moins le nombre de ces pages, ajouter aux noms, pour la plupart obscurs, qu'on y trouvera, ceux des morts du temps de paix dont quelques-uns comptent parmi les plus grands. Les ann&#233;es de paix nous ont co&#251;t&#233; plus cher &#224; certains &#233;gards que les ann&#233;es de guerre civile. L'usure des chefs, l'usure du cerveau de la r&#233;volution, s'est cruellement fait sentir. Que de disparus ! L&#233;nine, atteint pr&#233;cis&#233;ment au cerveau, consum&#233; par son immense labeur ; L&#233;onide Krassine, technicien du parti prol&#233;tarien dans deux r&#233;volutions ; F&#233;lix Dzerjinski, qui avait port&#233; sans faiblir sur ses &#233;paules r&#233;volutionnaires le terrible fardeau de la terreur n&#233;cessaire ; Tsourioupa, l'organisateur du ravitaillement dans les ann&#233;es terribles ; Frounze, ancien ouvrier du textile, devenu le vainqueur de P&#233;r&#233;kop ; Lach&#233;vitch, vigoureux soldat et chef d'arm&#233;e ; Lilina, organisatrice de l'enseignement &#224; L&#233;ninegrad ; St&#233;panov-Skvortsov, un des premiers vulgarisateurs du marxisme en Russie&#8230; On nous a tue &#224; Gen&#232;ve, sur le seuil de la Soci&#233;t&#233; des Nations, l'&#233;crivain et le penseur Vorovski, ambassadeur de la r&#233;publique du travail. D'autres, atteints par l'usure dans leur volont&#233; de vivre, d&#233;sesp&#233;r&#233;s de ne pouvoir plus travailler ou faisant de leur mort m&#234;me un supr&#234;me geste de lutte, sont partis volontairement : Loutovinov, l'organisateur des m&#233;tallurgistes ; Eug&#233;nie Bosch, un des plus grands combattants de la r&#233;volution sovi&#233;tique en Ukraine ; Glozman et Boutov, bons compagnons de l'organisateur de la victoire ; Adolphe loff&#233;, qui avait repr&#233;sent&#233; la r&#233;volution en Allemagne, en Chine et au Japon &#224; des &#233;poques o&#249; m&#251;rissaient des &#233;v&#233;nements d&#233;cisifs, se sont suicid&#233;s. Des accidents absurdes nous ont pris Sklionski, &#233;conomiste et soldat, et Larissa Reissner, jeune r&#233;volutionnaire &#233;tonnamment dou&#233;e, qui avait travers&#233; les champs de bataille de la Volga, les montagnes de l'Afghanistan, les barricades de Hambourg ; Bogdanov, philosophe et savant, compagnon et adversaire de L&#233;nine, est mort d'une exp&#233;rience de transfusion du sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gardons le riche souvenir de ces vies qui nous &#233;clairent le chemin comme des torches et pensons &#224; nos travaux, &#224; nos luttes, au pr&#233;sent et &#224; l'avenir. L'exemple de ces r&#233;volutionnaires comporte quelques enseignements dont nous avons plus particuli&#232;rement besoin aujourd'hui que le vieil ordre capitaliste semble de nouveau assur&#233; et que tant de maux mettent chaque jour &#224; l'&#233;preuve le courage et la t&#233;nacit&#233; dos militants prol&#233;tariens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins heureux que nous qui sommes les t&#233;moins de la victoire du prol&#233;tariat russe, ces hommes entr&#232;rent dans la lutte &#224; une &#233;poque o&#249; la soci&#233;t&#233; bourgeoise paraissait si stable que ses apologistes osaient l'affirmer fond&#233;e sur les lois immuables de la nature humaine ; &#224; une &#233;poque o&#249; leur pays vivait ploy&#233; sous un despotisme mill&#233;naire. Ils surent pourtant discerner dans leur pr&#233;sent les cheminements souterrains de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils connurent l'adversit&#233; la plus grande. Aux &#171; sages &#187; de leur temps &#8212; d'il y a vingt ou trente ans &#224; peine ! &#8212; universitaires lib&#233;raux, gens rassis, mutuellistes, coop&#233;rateurs et &#171; socialistes &#187; pleins d'&#171; esprit pratique &#187;, ces hommes qui b&#226;tissaient, pour la conqu&#234;te du pouvoir, le parti du prol&#233;tariat, paraissaient des illumin&#233;s. On ne le leur envoyait pas dire. Ils poursuivaient leur chemin &#224; travers les sourires, les pol&#233;miques, les prisons, la mis&#232;re, l'exil ; ils poursuivaient leur &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, ils ne form&#232;rent que de petits groupes, am&#232;rement divis&#233;s parfois. Aux difficult&#233;s de la lutte contre l'autocratie russe et la bourgeoisie internationale, s'ajoutaient trop souvent les crises du mouvement, les m&#233;sententes personnelles, les fautes des uns, les vilenies de quelques autres. Ils connurent apr&#232;s la d&#233;faite de la r&#233;volution de 1905 une p&#233;riode de noire r&#233;action, au cours de laquelle on vit les h&#233;sitants se d&#233;courager, les l&#226;ches se d&#233;filer, les faibles se retirer, les meilleurs parfois d&#233;sorient&#233;s. Ils surent, n'&#233;tant qu'une minorit&#233; au sein de la classe ouvri&#232;re, garder malgr&#233; tout leur clairvoyante intransigeance, remonter le courant, lutter opini&#226;trement, avec un d&#233;sint&#233;ressement absolu, pour leurs convictions, leur foi et l'avenir (c'est tout un). Et c'est peut-&#234;tre dans la pr&#233;sente accalmie, o&#249; se pr&#233;parent les grandes luttes de demain, &#224; notre &#233;poque de p&#233;nible cristallisation des premiers noyaux des partis prol&#233;tariens de demain, &#224; notre &#233;poque de luttes obscures sur deux plans oppos&#233;s contre l'ennemi de classe et contre les maux dont souffre le mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire, la plus grande le&#231;on de ces existences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;ninegrad, d&#233;cembre 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Serge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels hommes ont fait la r&#233;volution d'Octobre ? Quelle trempe d'hommes, quelles volont&#233;s, quels d&#233;vouements, quels cerveaux a-t-il fallu pour accomplir cette &#339;uvre formidable : jeter bas une soci&#233;t&#233;, constituer sur les ruines le camp retranch&#233; des b&#226;tisseurs de l'avenir, d&#233;fendre ce camp pendant quatre ann&#233;es contre la coalition de toutes les grandes puissances civilis&#233;es et de toutes les forces du pass&#233;, vaincre pourtant, donc vivre et continuer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est pas d'un int&#233;r&#234;t exclusivement historique et psychologique. Elle est, dirai-je, vivante. Tout ce lui touche &#224; ces hommes est vivant. Les conna&#238;tre, c'est savoir ce que c'est que d'&#234;tre des r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les documents sur la vie, les luttes, la mort des r&#233;volutionnaires constituent d&#233;j&#224; une litt&#233;rature riche et prenante. Ceux que nous allons &#233;tudier bri&#232;vement sont les plus simples, les plus rudimentaires m&#234;me. Nous les trouvons pour la plupart dans le recueil &#192; la M&#233;moire des Sacrifi&#233;s de la R&#233;volution, r&#233;cemment (1922) publi&#233; par la Librairie de l'&#201;tat de Moscou. La grande majorit&#233; des biographies qu'il contient ne d&#233;passent pas vingt lignes et ne contiennent pas de phrases : des dates, des faits. C'est assez. C'est &#233;pique. Pr&#232;s de trois mille noms sont inscrits dans ce livre : ceux de trois mille morts qui furent tous des hommes d'&#233;lite &#8212; des r&#233;volutionnaires. Venus de tous les points de l'horizon, de toutes las classes, de tous les partis, au bolch&#233;visme, c'est-&#224;-dire &#224; la r&#233;alit&#233; de la r&#233;volution sociale, morts de toutes les morts : fusill&#233;s, &#233;gorg&#233;s, pendus, tortur&#233;s, d&#233;chiquet&#233;s par les grenades, &#233;puis&#233;s par la faim et le surmenage, abattus par le typhus, suicid&#233;s&#8230; mais leur mort, quelque atroce qu'elle soit, n'est jamais qu'un &#233;pisode secondaire : ils ont tellement v&#233;cu ! &#8212; et la r&#233;volution continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouvera beaucoup de noms dans les pages suivantes, nous pensons qu'ils ne seront pas fastidieux. Ne s'agit-il pas, en somme, de d&#233;finir des masses, tout un peuple ? Aucun de ces grands destructeurs et cr&#233;ateurs de valeurs ne constitue une exception, ne l'oublions pas. Aucun ne doit &#234;tre plus &#224; nos yeux qu'un homme dans la masse des prol&#233;taires et des paysans de Russie qui ont entrepris, en 1917, de transformer la soci&#233;t&#233;. La classification des chapitres suivants, dans lesquels il sera successivement question des ouvriers, des intellectuels, des femmes, des jeunes gens, est bien arbitraire. Son seul but est de faciliter l'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Les ouvriers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers sont le nombre, la masse dans cette masse. L'usine, le chantier, l'atelier, la mine, avaient donn&#233; &#224; la r&#233;volution l'&#233;l&#233;ment conscient, le plus conscient, le plus nombreux. Laissons parler leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anton Valek, cheminot, n&#233; en 1887, milite &#224; partir de 17 ans, participe en 1905 au mouvement insurrectionnel de Kharkov, est exil&#233; pour trois ans &#224; Olonetz &#8212; dans les brumes et le froid de la Kar&#233;lie &#8212;, s'&#233;vade, recommence &#224; militer, ill&#233;gal, est arr&#234;t&#233; de nouveau, exil&#233; pour cinq ans dans le gouvernement de Tobolsk (Sib&#233;rie), s'&#233;vade une deuxi&#232;me fois, se fait embaucher dans l'Oural, &#224; l'usine &#233;lectrique de Nadiejdinsky, y prend part, au cours de gr&#232;ves, &#224; une campagne terroriste contre le patronat, est arr&#234;t&#233;, risquant cette fois le gibet, trouve le moyen de manger, pendant la perquisition faite chez lui, le mandat du parti qui pourrait le perdre ; devient successivement &#8212; car la lutte pour le pain est aussi dure que l'action clandestine pour le parti &#8212; portefaix, meunier, teinturier, trouve moyen de s'instruire, veut &#234;tre dentiste, puis photographe, finit en 1917 par devenir tourneur aux usines Poutilov (P&#233;trograd). &#171; J'enl&#232;ve, dit-il alors de sa modeste t&#226;che quotidienne, les petites pierres du chemin de la R&#233;volution &#187;. Celle-ci le porte au Soviet, en fait un membre de la Commission des Logements, un bolchevik (il &#233;tait social-d&#233;mocrate menchevik auparavant). En 1918, il est membre du Soviet d'Omsk, se bat au front sib&#233;rien, contre les constituants et Koltchak. Mais la Sib&#233;rie est perdue pour les rouges. Il y reste, organisant les sections clandestines du parti. Le 1er avril 1919, &#224; Ekaterinbourg, une trahison le livre aux limiers de la r&#233;action. En cinq jours de tortures, Anton Valek re&#231;oit quatre cents coups de pl&#232;te (la pl&#232;te est un fouet &#224; lani&#232;res de cuir). Il meurt subitement, en attendant son tour, pendant l'ex&#233;cution de ses sept compagnons d'infortune que l'on &#233;gorge &#224; coups de sabre pour &#233;pargner les munitions&#8230; N'est-elle pas bien remplie, cette existence de communiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kharlampy Timof&#233;evitch Mouraviev, serrurier, d'abord anarchiste, est condamn&#233; &#224; mort &#224; 16 ans, &#224; Ekaterinoslav (1909), peine commu&#233;e, &#224; cause de sa jeunesse, en vingt ann&#233;es de travaux forc&#233;s ; demeure encha&#238;n&#233; pendant six ans, au droit commun. S'&#233;vade en 1917, adh&#232;re au parti communiste, est un des auteurs de la r&#233;volution d'octobre &#224; Moscou. C'est lui qui, au plus fort de la bataille entre les Blancs et les Rouges, am&#232;ne au Soviet les renforts ouvriers du quartier Lefortov. L'ancien anarchiste s'est mu&#233; en un organisateur de l'arm&#233;e rouge, en Ukraine, puis au front tch&#233;coslovaque, sous Kazan. L&#224; il est fait prisonnier, amen&#233; nu dans la neige, &#224; Oufa, puis &#233;gorg&#233; avec 70 autres captifs rouges le jour o&#249; les Tch&#233;coslovaques doivent &#233;vacuer la ville (1er janvier 1919).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nakhimson (Semen Mikhailovitch) est mort presque identiquement quelques mois plus t&#244;t. Juif, membre du Bund, particip&#226;t &#224; la r&#233;volution de 1905 &#224; Libau, condamn&#233; &#224; mort lui aussi par la justice du tsar, ill&#233;gal, r&#233;dacteur &#224; la premi&#232;re Pravda, emprisonn&#233; deux fois &#8212; une fois pendant deux ans &#8212; ; mobilis&#233; et envoy&#233; au front en 1916, il y est en f&#233;vrier 1917 condamn&#233; &#224; mort une deuxi&#232;me fois par un conseil de guerre, comme &#171; agent de l'ennemi &#187;, c'est-&#224;-dire bolchevik. La r&#233;volution de mars le sauve et en fait le pr&#233;sident du Soviet du IIe rayon de P&#233;trograd, puis un des premiers chefs-soldats de l'Arm&#233;e Rouge. Nakhimson est &#224; Yaroslav quand MM. Noulens et Savinkov, le premier payant et ordonnant, le second pay&#233; et ex&#233;cutant, y d&#233;clenchent l'insurrection contre-r&#233;volutionnaire. Le &#171; commissaire juif &#187;, surpris dans son bureau, est fusill&#233; s&#233;ance tenante dans la cour ; son corps, que l'on a tra&#238;n&#233; par les rues, g&#238;t abandonn&#233;, pendant une semaine, dans la cour de l'h&#244;pital. Personne n'ose donner une s&#233;pulture &#224; cet ennemi de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tels sont les premiers organisateurs de l'Arm&#233;e Rouge, dans les masses. Mais voici des organisateurs de la production socialis&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tourneur Michel Egorov, des usines de Lougonsk, qui travailla longtemps douze et quatorze heures par jour ; bolchevik depuis 1905, militant ill&#233;gal &#224; l'usine presque toute sa vie, quelquefois emprisonn&#233;, comme il sied. Vice-Pr&#233;sident, apr&#232;s l'Octobre rouge, du Conseil &#201;conomique de Samara, s'arrache &#224; sa t&#226;che d'organisateur du travail pour prendre le fusil et se bat avec les Tch&#233;coslovaques ; coup&#233; des siens, est traqu&#233; comme un fauve dans les bois ; &#233;chappe et reprend ses fonctions lorsque reviennent les rouges. Emport&#233; par le typhus le 10 janvier 1921.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justin Jouk, syndicaliste libertaire, for&#231;at de Schlussesbourg, organisateur des coop&#233;ratives, du ravitaillement des usines de Schlussesbourg, tu&#233; au front de Kar&#233;lie, en Octobre 1919, par une balle perdue, alors qu'il s'effor&#231;ait de ramener au feu ses hommes surpris et d&#233;band&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voici un fondateur du Proletkult : F&#233;dor Kalmin, qui fut tour &#224; tour serrurier, typographe et tisserand, s'instruisit &#224; grand-peine, surtout en prison o&#249; il resta quinze mois, puis en exil, &#224; Arkangelsk : qui fonda en 1905 la &#171; R&#233;publique ouvri&#232;re d'Alexandrov &#187;, ce qui lui valut trois ann&#233;es de bataillon de discipline, puis l'exil a l'&#233;tranger ; fr&#233;quenta &#224; Bologne l'&#201;cole marxiste cr&#233;&#233;e par Lounatcharsky, Gorki et Bogdanov (1909) ; revint en Russie sous le r&#233;gime de fer de Stolypine ; envoy&#233; par le parti pour sauver les d&#233;bris de l'organisation clandestine, dut fuir bient&#244;t ; vint travailler &#224; Paris, aux usines de construction d'a&#233;roplanes&#8230; Ce fut un des premiers directeurs du Proletkult au Commissariat de l'Instruction publique. Le typhus l'abattit en 1920.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un organisateur de tch&#233;ka : le tisserand Yanichev (Michel Petrovitch), d'Ivanovo-Voznessensk ; bon internationaliste, &#233;migr&#233; et militant en Am&#233;rique, &#224; Boston et D&#233;troit, combattant d'Octobre &#224; Moscou, connu comme un des beaux entra&#238;neurs d'hommes du parti, &#233;lu &#224; l'Ex&#233;cutif Panrusse de R&#233;pression de la Contre-R&#233;volution, finalement commissaire politique, de la 15e division au front de Wrangel, se bat &#224; c&#244;t&#233; de ses hommes et tombe dans une attaque &#224; la ba&#239;onnette. &#8212; Il fait penser &#224; cet ouvrier fondeur, un des cr&#233;ateurs de son syndicat, D. Bravarniouk, &#233;galement tu&#233; au front, en septembre 1919, et qui &#233;tait parti en disant : &#171; On me tuera probablement, car je ne m'embusquerai pas dans un &#201;tat-Major et ne fuirai pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers font la r&#233;volution dans tous les coins de l'immense Russie, dans tous les domaines de la vie sociale. Nommons encore quelques obscurs. L'horloger Zakheim institue &#224; Yaroslav le pouvoir des Soviets, y proc&#232;de aux premi&#232;res expropriations des classes poss&#233;dantes, y est le porteur de la dictature du prol&#233;tariat. II est tu&#233; pendant le coup de force des blancs. &#8212; L'ouvrier Karl Ilmer est l'un des chefs de l'insurrection rouge de Tomsk, contre Koltchak, en mars 1919. Fusill&#233; avec vingt autres ouvriers. &#8212; Le typo Prosmouchkine (alias Isaac Sper, Bernavski, etc.) est, en Crim&#233;e blanche, l'infatigable, l'insaisissable t&#234;te de l'organisation clandestine. Trahi par un provocateur, affreusement tortur&#233;, il ne livre personne et s'empoisonne &#224; la veille d'&#234;tre ex&#233;cut&#233;. &#8212; C'est le pr&#233;sident du syndicat des typos de P&#233;trograd, Nikandre Grigoriev, qui forme, en 1918, le premier contingent arm&#233; des typos. Fait prisonnier et fusill&#233; par Youd&#233;nitch. &#8212; Le menuisier Semen Vosskov, longtemps &#233;migr&#233; on Am&#233;rique, contribue &#224; faire &#233;chouer le coup d'&#201;tat de Kornilov, improvise, pendant la r&#233;volution finlandaise, le secours aux prol&#233;taires de Finlande, cr&#233;e les Kombed &#8212; Comit&#233;s de la pauvret&#233; paysanne &#8212; dans les campagnes du Nord et succombe (typhus) en 1920, dans le Sud, o&#249; il jetait les bases d'une organisation du ravitaillement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nom encore, celui d'un obscur auquel nous devons l'involontaire r&#233;v&#233;lation d'un peu de l'&#226;me de tous ces hommes. Luc Pankov, ouvrier des poudreries de Schlussesbourg, membre du Comit&#233; de ravitaillement des grandes usines d'Okhta (P&#233;trograd), agitateur au front sib&#233;rien, commissaire d'un r&#233;giment d'infanterie pendant la d&#233;fense de P&#233;trograd, ach&#232;ve sa carri&#232;re en qualit&#233; de commissaire d'un fort de la position de Krasnaya-Gorka, en face de Cronstadt. Dans la nuit du 12 au 13 juin 1919, le commandement du fort, compos&#233; d'anciens officiers ralli&#233;s aux Soviets, trahit, arr&#234;te les communistes, les &#171; colle au mur &#187; imm&#233;diatement et envoie des radios pressants &#224; la flotte anglaise : &#171; Venez, la position est &#224; vous &#187;. Pankov a re&#231;u ses douze balles. On a de lui un testament moral, dat&#233; de 1916, une page maladroitement &#233;crite, remplie de tourments &#171; Comment vivre ? Sommes-nous condamn&#233;s &#224; ne point vivre ? A quoi me d&#233;vouer, &#224; quoi ? &#187;. Il a trouv&#233;. Il s'est d&#233;vou&#233; &#224; sa classe, &#224; l'avenir et il est mort apr&#232;s avoir &#8212; c'est l'essentiel &#8212; bien travaill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. Les intellectuels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des intellectuels dans le mouvement r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien fait encore l'objet de controverses entre communistes. Gardons-nous d'intervenir dans cette controverse autrement que pour indiquer &#224; grands traits l'acquis de l'exp&#233;rience russe. S'il est vrai que les intellectuels, consid&#233;r&#233;s en tant que classe, c'est-&#224;-dire dans leur plus grand nombre, ont &#233;t&#233; les ennemis r&#233;solus de la r&#233;volution sociale, apr&#232;s avoir contribu&#233; de toutes leurs forces &#224; la r&#233;volution politique de mars 1917, qu'ils eussent voulue bourgeoise et d&#233;mocratique, &#8212; il est vrai aussi qu'une magnifique &#233;lite d'intellectuels est venue au prol&#233;tariat russe, s'est assimil&#233;e &#224; lui, s'est mise totalement &#224; son service, contribuant largement &#224; sa victoire. On va le voir, les r&#233;sultats de l'exp&#233;rience russe sont pr&#233;cis. L'intellectuel a sa place dans le mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire, sa place au premier rang : &#224; la condition de rompre sans retour avec la classe dont il est sorti, bourgeoise ou petite-bourgeoise, de devenir vraiment un r&#233;volutionnaire, de servir en toute circonstance le parti du prol&#233;tariat, car pour les r&#233;volutionnaires il n'est jamais question de se servir du parti&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un intellectuel a &#233;t&#233; le premier pr&#233;sident de l'ex&#233;cutif panrusse des Soviets : Iakov Mikhailovitch Sverdlov, pharmacien de profession. J'ai sous les yeux une fiche de renseignements de l'Okhrana qui lui est consacr&#233;e. Quelle somme de d&#233;vouement, quelle obstination combative chez cet homme dont le fin visage &#224; pince-nez est d'un m&#233;ditatif. &#8212; Parcourons la fiche : 1902. Arr&#234;t&#233; &#224; Nijni-Novgorod et d&#233;tenu administrativement pendant deux semaines. &#8212; 1903. Soumis &#224; la haute surveillance. &#8212; 1907. Membre du comit&#233; social-d&#233;mocrate de Perm, condamn&#233; &#224; deux ans de forteresse. &#8212; 1909. Arr&#234;t&#233; peu apr&#232;s sa lib&#233;ration dans une assembl&#233;e clandestine &#224; Moscou, condamn&#233; &#224; trois ans de Sib&#233;rie. Tuberculeux, gravement atteint, est autoris&#233; &#224; quitter la Russie. &#8212; 1911. Revenu en Russie, exil&#233; &#224; Narymsk, plac&#233; sous haute surveillance. S'&#233;vade le 7 d&#233;cembre 1912. &#8212; 1913. Arr&#234;t&#233; le 10 f&#233;vrier &#224; Perm. Exil&#233; dans un coin recul&#233; du pays de Toukhoum. Y reste trois ans : jusqu'&#224; la R&#233;volution d'Octobre&#8230; &#171; Nous avons perdu notre organisateur le meilleur &#187;, dit L&#233;nine quand Sverdlov, tuberculeux, succombe en 1919.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez ces intellectuels communistes, une r&#233;volution int&#233;rieure, morale, s'est accomplie. Ils ont d&#251;, selon un mot de Nietzsche, &#171; r&#233;duire en cendres le vieil homme pour rena&#238;tre &#187;. Les biographies de quelques-uns nous permettent de l'entrevoir nettement. On vient de publier &#224; P&#233;trograd des extraits du journal intime de Lichtenstadt-Mazine (terroriste en 1906 ; for&#231;at pendant dix ans &#224; Schlussesbourg ; traducteur de Kant et de Baudelaire ; auteur d'un ouvrage remarquable sur la Philosophie de Goethe ; directeur des &#201;ditions de la IIIe Internationale &#224; P&#233;trograd ; commissaire de la VIe Division rouge au front de Yambourg, tu&#233; en 1919) et j'y trouve ces mots &#233;crits &#224; la veille d'un d&#233;part au front : &#171; II faut aller mourir soi-m&#234;me avant d'envoyer d'autres &#224; la mort &#187;. Dans les &#201;tats-Majors autres que r&#233;volutionnaires, on ne se doute gu&#232;re qu'il y ait de ces n&#233;cessit&#233;s morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lichtenstadt-Mazine n'&#233;tait pas une exception. Michel Petrovitch Ba&#239;kov, vieux militant, a d&#233;pass&#233; la quarantaine &#224; la R&#233;volution. &#192; 20 ans, on lui a inflig&#233; trois ann&#233;es d'exil. II a fait ensuite un an de prison. Puis trois ans d'exil. Puis on l'a envoy&#233; pour dix ans chez les Yakoutes. En Sib&#233;rie m&#234;me, il s'est insurg&#233; centre le r&#233;gime policier. En 1908, on l'arr&#234;te &#224; P&#233;tersbourg : un an de prison. &#8212; N'est-ce pas qu'elles sont monotones, toutes ces notices ? Prison, exil, exil, prison&#8230; Et ces hommes recommen&#231;aient toujours&#8230; &#8212; menchevik internationaliste jusqu'&#224; la r&#233;volution d'Octobre, il devient communiste, membre du Service Politique du Conseil R&#233;volutionnaire de l'Arm&#233;e. En cette qualit&#233;, visite tous les fronts. Pendant la marche de D&#233;nikine sur Moscou, Ba&#239;kov se fait soldat, dans le rang. Et il &#233;crit : &#171; Nous devons nous d&#233;barrasser de tout intellectualisme, entrer dans le rang, vivre avec la seule pens&#233;e d'&#233;lever les c&#339;urs et la combativit&#233; de la masse ; nous confondre avec elle&#8230; &#187; II est mort d'&#233;puisement et de typhus dans l'abandon, &#224; Kharkov, le 12 janvier 1920.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sto&#239;cisme de ceux qui ne vont pas au front n'est pas moindre. Alexandre Alexandrovitch Kouzmine, ing&#233;nieur et propri&#233;taire &#224; P&#233;trograd, professeur de m&#233;canique dans les &#233;coles sup&#233;rieures, passe toute sa vie &#224; conspirer, &#224; professer les math&#233;matiques &#224; des cercles ouvriers ill&#233;gaux, &#224; cacher les bombes de l'organisation bolchevique de combat dans sa belle maison de riche. Cela lui vaut de faire trois ann&#233;es de cellule, apr&#232;s lesquelles il recommence. II fomente une gr&#232;ve et fonde un syndicat dans l'usine dont il est administrateur. La grande tourmente sociale venue, Kouzmine donne sa maison &#224; la municipalit&#233; de P&#233;trograd, va travailler dans les usines de l'Oural, et meurt &#224; Moscou de d&#233;nuement dans un pauvre logis de hasard. L'ann&#233;e &#233;tait terrible, et ce sto&#239;que ne voulait rien pour lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieil &#233;crivain Vladislav Alexandrovitch Goldberg a la m&#234;me fin. Sa vie, ballott&#233;e depuis l'&#226;ge de 16 ans entre les prisons polonaises, &#8212; dans lesquelles on le priva de nourriture pour le faire parler : il manque mourir et se tait &#8212; et la brousse sib&#233;rienne (trois ans de prison, cinq ans d'exil), est un roman. Min&#233; par la tuberculose, &#224; peine r&#233;tabli dans les sanatorium d'Italie et de Suisse, devient bolchevik en Crim&#233;e, en 1918, r&#233;dige les premiers journaux communistes du pays, y organise, vieil &#233;crivain qui crachait ses poumons, les premi&#232;res troupes rouges. Mort d'&#233;puisement et de faim &#224; Moscou, le 25 mars 1919.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces hommes sont rest&#233;s volontairement des obscurs ; l'auteur anonyme de la notice biographique de Nicolas Kicolaievitch Latov le souligne : &#171; Il avait horreur de l'arrivisme, il se d&#233;robait aux postes en vue&#8230; &#187;. Marxiste, ayant fait des &#233;tudes de droit et quatre ann&#233;es de travaux forc&#233;s, Latov devient infirmier aux mines de la L&#233;na pour vivre avec les mineurs. C'est un des premiers adversaires de la &#171; r&#233;volution d&#233;mocratique &#187; en Sib&#233;rie, un des premiers organisateurs, plus tard, du syndicat du textile d'Ivanovo-Voznessensk. Commissaire de la Justice &#224; Samara, membre d'un Tribunal R&#233;volutionnaire &#224; l'arm&#233;e, volontairement rest&#233; en Sib&#233;rie, chez les blancs, est captur&#233;, &#233;gorg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Franz Soukhoverov, on ne sait que peu de chose. Son existence a &#233;t&#233; trop multiple. On la r&#233;sume en chiffres. Il porta une dizaine de noms. Fit quatre ans de prison, neuf ans d'action ill&#233;gale, fut exil&#233; cinq ans &#224; Astrakhan, trois &#224; Narymsk, treize fois arr&#234;t&#233;, quatre fois &#233;vad&#233;, deux fois jug&#233;. Le parti l'envoya travailler ill&#233;galement en Sib&#233;rie, sous Koltchak. Fusill&#233; le 13 octobre 1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est jamais trop tard. De vieux intellectuels vont au devant de tous les risques, assument toutes les t&#226;ches. C'est l'ing&#233;nieur Hippius (Eug&#232;ne Alexandrovitch) qui hante le front sud et oriental jusqu'au moment o&#249; le typhus l'enl&#232;ve. &#171; On voyait partout ce grand vieillard &#224; cheveux blancs, v&#234;tu d'un long manteau de soldat, couleur de terre, une large casquette sur les yeux, des bottes rousses, des grenades fran&#231;aises dans ses poches, un gros revolver Colt ballant &#224; la ceinture. &#187; II apprenait &#224; creuser des tranch&#233;es, &#224; construire des abris&#8230; Un autre, le vieux m&#233;decin Gabriel Lindov, longtemps guesdiste en France, dispara&#238;t en janvier 1919 au front de l'Oural. Un troisi&#232;me, l'ing&#233;nieur Paradovski, fusill&#233; &#224; Krasnoiarsk, par les Tch&#233;coslovaques, le 25 octobre 1918, n'avait adh&#233;r&#233; au parti que vieillard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces hommes d'intelligence, de savoir, d'abn&#233;gation, l'ennemi de classe les extermine impitoyablement chaque fois qu'ils tombent en son pouvoir. Les Anglais occupant Bakou, fusillent parmi les 26 commissaires du Peuple et militants responsables du Caucase un des grands leaders de la r&#233;volution, Stepan Chaoumian. Les Tch&#233;coslovaques fusillent Jacques Doubrovinski, le cr&#233;ateur du r&#233;gime des Soviets &#224; Krasnoiarsk, &#224; qui ils avaient promis la vie sauve. Les Tch&#233;coslovaques fusillent Ivanov (Arkadi F&#233;dorovitch), commissaire des Finances des Soviets en Sib&#233;rie, venu chez eux en parlementaire et poliment re&#231;u par le colonel Gaida (24 octobre 1918). Les bourreaux de Koltchak &#8212; et quels bourreaux &#8212; ex&#233;cutent Auguste Hermanovitch Grasit, jeune journaliste et technicien, arr&#234;t&#233; &#224; Omsk. Quarante d&#233;tenus rouges de la prison d'Omsk en sortent le 12 novembre 1919, attach&#233;s cinq par cinq, encadr&#233;s de soldats ; hors de la ville, on les fait coucher dans les foss&#233;s, la face contre terre et l'on se met &#224; les tuer &#224; coups de sabre, de latte, de ba&#239;onnette, de crosse de revolver. Les soldats de Rodzianko ou de Youdenitch capturent &#224; Louga Andr&#233; lozevson, ancien anarchiste, ancien &#233;migr&#233; (huit mois de prison &#224; Naples), maintenant communiste, instructeur des &#201;coles Militaires, enqu&#234;teur du Tribunal R&#233;volutionnaire, et le pendent, le 26 septembre 1919.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est qui sont frapp&#233;s &#224; l'arri&#232;re, si tant est qu'il y a un arri&#232;re dans la guerre civile. Mo&#239;se Salomovitch Ouritski, pr&#233;sident de la Tch&#233;ka de P&#233;trograd, est assassin&#233; le 30 Ao&#251;t 1918 par un &#171; socialiste-populaire &#187;. Ouritski, docteur en droit et officier, avait connu trois exils : cinq ans chez les Yakoutes, plusieurs ann&#233;es &#224; Vologda et &#224; Arkangelsk. Pendant les journ&#233;es d'Octobre, il appartenait au Comit&#233; Central du parti bolchevik. Pendant la dissolution de la Constituante, il &#233;tait commissaire du Palais de Tauride o&#249; elle si&#233;geait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces vies d'intellectuels r&#233;volutionnaires n'ont, r&#233;p&#233;tons-le, rien d'exceptionnel. Ceux-ci sont morts. Mais ceux qui continuent la t&#226;che ont v&#233;cu de m&#234;me. La prison, le bagne, l'exil dans les bourgades perdues du pays yakoute, la pauvret&#233;, la faim, l'isolement et, par-dessus tout, le perp&#233;tuel recommencement de la lutte, l'&#233;tude, l'organisation, la propagande, le don de soi incessants. Voici les &#233;l&#233;ments caract&#233;ristiques de ces riches existences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre ces intellectuels communistes et les profiteurs de la politique que l'on rencontre ailleurs, aucune comparaison n'est &#233;videmment possible. Bienvenus soient parmi tous les r&#233;volutionnaires, en tous pays, les intellectuels qui, dans l'esprit, ont un peu de l'esprit de ceux-l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. Les femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, je crois, un mot de Mirabeau : &#171; Tant que les femmes ne s'en m&#234;lent, il n'y a pas de r&#233;volution v&#233;ritable. &#187; Rien n'est plus vrai. Si les ouvri&#232;res, les m&#233;nag&#232;res, les m&#232;res, les compagnes, les amantes demeurent passives, la soci&#233;t&#233; ne peut pas &#234;tre transform&#233;e. La r&#233;volution russe a &#233;t&#233; si compl&#232;te, si profonde, parce que, depuis un lointain pass&#233;, les femmes participaient &#224; sa pr&#233;paration, les femmes s'&#233;mancipaient en la pr&#233;parant &#8212; et parce que, les jours d&#233;cisifs, elles s'y donn&#232;rent en grand nombre. &#192; toutes les pages de l'histoire du mouvement r&#233;volutionnaire russe, on retrouve des noms de femmes. Le 24 janvier 1878, V&#233;ra Zassoulitch commen&#231;ait en tirant sur le pr&#233;fet de P&#233;tersbourg, Tr&#233;pov, la riposte terroriste &#224; la r&#233;pression. Le 1er mars 1880, Sophie Perovskaia donne, en levant son mouchoir, le signal de l'ex&#233;cution du tsar Alexandre II. N'oublions pas Jessy Guelfman, qui se sacrifia au mouvement de la Narodnaia Volia, les terroristes s.-r. mortes sur l'&#233;chafaud (Konnoplianova), Marie Spiridonova qui fut une grande figure de la r&#233;volution avant de se p&#233;n&#233;trer contre le bolch&#233;visme des rancunes d'un parti &#233;vinc&#233; du pouvoir par ses propres fautes (s.-r. de gauche). N'oublions pas Jeanne Labourbe. Rappelons seulement les noms des militantes communistes les plus connues : Alexandra Kollonta&#239;, Angelieca Balabanova, Lilina ; Menjinskaia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des noms connus, mais nous en voulons d'autres. La notori&#233;t&#233; est injuste. Elle va, dans les soci&#233;t&#233;s modernes, &#224; ceux qui parlent, &#233;crivent, agissent sur les premiers plans de la sc&#232;ne historique. Et ceux-l&#224; ont leur m&#233;rite mais ils ne feraient rien sans les autres&#8230; Les autres, la masse, les inconnus, les gu&#232;re connus qui font tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les femmes dans la r&#233;volution d'Octobre ont particip&#233; &#224; toutes les phases de l'action, dans tous les domaines, en si grand nombre qu'on pourrait dire en masse. Aucun type de bolchevik n'&#233;tait plus commun, de 1918 &#224; 1921, que celui de la militante, organisatrice, agitatrice ou soldate. &#8212; La guerre civile absorbait toutes les forces du prol&#233;tariat, hommes et femmes les plus jeunes, les meilleurs se battirent&#8230; Et voici des jeunes femmes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosalia Gourari, militante des environs de Kharkov, que pr&#233;occupaient surtout les questions d'art. Fondatrice des Proletkults en Ukraine et d'un groupe d'&#233;ducation : L'Art pour le travail, &#224; Odessa. Tu&#233;e, &#224; 21 ans, au front de P&#233;trograd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mokievskaia &#233;tait, dit-on, une &#171; charmante et joyeuse jeune femme &#187;. Le peu qu'elle a v&#233;cu montre qu'elle &#233;tait intelligente, &#233;nergique et cela ne va ni sans charme ni sans joie. En 1917, elle fut chef du ravitaillement du gouvernement de Ekaterinoslav ; puis elle commanda un train blind&#233;. Tu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ada Lebedeva est une grande figure du d&#233;but de la r&#233;volution sib&#233;rienne. Ce fut la fondatrice, &#224; Krasnoiarsk, du Parti Socialiste-R&#233;volutionnaire de Gauche, un des leaders du premier Soviet de la ville, l'ardente porte-parole des s.-r. de gauche au 1er Congr&#232;s des Soviets de Sib&#233;rie. Un peu plus tard, elle adh&#233;rait au Parti Communiste, prenait le commandement des troupes rouges &#224; un moment particuli&#232;rement critique, d&#233;fendait contre les blancs la flottille de l'I&#233;nissei, &#233;tait captur&#233;e, tortur&#233;e et mise &#224; mort par les cosaques, le 27 juillet 1918, &#224; Krasnoiarsk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie Oscarovna Abeyde n'a gu&#232;re d&#233;pass&#233; 20 ans quand les gens de Koltchak la fusillent &#224; Ekaterinbourg, le 8 avril 1919. D&#233;j&#224;, elle avait pass&#233; par le front tch&#233;coslovaque, &#233;t&#233; deux fois arr&#234;t&#233;e, s'&#233;tait deux fois &#233;vad&#233;e pour recommencer l'action clandestine. &#192; Samara, le jour de l'entr&#233;e des Tch&#233;coslovaques, Abeyde &#233;coute &#224; travers la cloison ses logeurs d&#233;lib&#233;rer s'il faut la tuer. Mais &#171; c'est une si brave fille &#187; qu'elle est, cette fois, &#233;pargn&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quelques-unes, il ne reste qu'un nom, un vague portrait (de tant d'autres pas m&#234;me cela ne demeure&#8230;) : Galia Timof&#233;evna, qu'une camarade de captivit&#233; d&#233;peint &#171; dans la chambre des condamn&#233;s &#224; mort que sa pr&#233;sence &#233;clairait, studieuse et tellement heureuse de vivre &#187; et qui n'en devait sortir, emmen&#233;e par les ha&#239;damaks de Petlioura, que pour recevoir un coup de ba&#239;onnette dans la gorge (Kiev, 1918) ; St&#233;phanie Doronina, militante, s&#339;ur d'un militant, ex&#233;cut&#233;e en Sib&#233;rie presque en m&#234;me temps que son fr&#232;re ; Ammettchenko, fusill&#233;e a Yalta, avec son mari, le 15 octobre 1919&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles sont les jeunes. La g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente des r&#233;volutionnaires n'est pas moins bien repr&#233;sent&#233;e par des femmes infatigables que de longues ann&#233;es d'action ill&#233;gale ont &#233;prouv&#233;es. Samo&#239;lova (Concordia Nikolaevna) travailla ill&#233;galement pendant pr&#232;s de vingt ans. (Morte du chol&#233;ra &#224; Astrakhan, en juillet 1921). &#8212; Knipovitch (Lidia Mikha&#239;lovna) avait appartenu &#224; la Narodnaia Volia, c'est-&#224;-dire au premier grand parti r&#233;volutionnaire russe et milit&#233; toute sa vie. Morte &#224; Simf&#233;ropol en 1920. &#8212; D&#233;riabina (S&#233;rafima Ivanovna) &#233;tait bolchevik depuis 1905, depuis sa sortie de gymnase. Son existence enti&#232;re s'&#233;tait &#233;coul&#233;e entre la prison, le cercle ouvrier clandestin, l'exil, sans qu'elle eut trouv&#233; le temps d'avoir une vie priv&#233;e. La r&#233;volution de mars 1917 lui rendit la libert&#233;. Un an apr&#232;s, les Tch&#233;coslovaques l'arr&#234;taient, l'enfermaient dans un de leurs &#171; wagons de la mort &#187;, mais n'avaient pas le temps de la fusiller. D&#233;riabina, &#224; bout de forces, recommen&#231;ait son travail d'organisation et d'&#233;ducatrice, traversait la Kama sur la glace pour se rendre &#224; un Congr&#232;s des Soviets &#8212; et mourait de tuberculose le 6 avril 1920.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les documents que nous avons sont secs. Parfois, cependant, quelques lignes, quelques faits y donnent la brusque r&#233;v&#233;lation de l'intense vie int&#233;rieure de chacun des &#234;tres qui constituent cette foule. Et l'on d&#233;couvre alors chez ces femmes, qui semblent faites pour la plus &#226;pre lutte, une richesse de sentiment proportionn&#233;e &#224; leur richesse d'&#233;nergie. &#8212; Olga Dilevska&#239;a &#8212; &#233;gorg&#233;e en mars 1919 par des insurg&#233;s blancs sur une place publique de Tioumen &#8212;, pressentant son arrestation imminente, avait &#233;crit quelques jours auparavant &#224; une amie : &#171; Si je disparais, recueillez ma petite Irina. Cajolez-la un peu tous les soirs, avant qu'elle s'endorme, comme je le fais moi-m&#234;me. Je ne puis admettre l'id&#233;e qu'elle soit priv&#233;e de tendresse&#8230; &#187;. Et Jenny Listopad, membre, sous le r&#233;gime du hetman Shoropadski et de l'occupation allemande, du Comit&#233; R&#233;volutionnaire clandestin d'Ukraine, t&#233;moin &#224; Odessa des exc&#232;s, des abus, des erreurs in&#233;vitables de la guerre civile (1919), atteinte dans son id&#233;alisme, se suicide. Le suicide n'est pas une solution r&#233;volutionnaire. Mais, dans la d&#233;faillance qu'il atteste, assez rare d'ailleurs, nous voyons la preuve d'une haute valeur morale commune chez ces r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. Les jeunes gens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des jeunes dans la r&#233;volution est &#224; souligner. &#8212; Dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise, la jeunesse, durement exploit&#233;e, est en outre tenue en tutelle. Il s'agit d'utiliser ses abondantes &#233;nergies ou, plus exactement, de les convertir en profits pour la classe poss&#233;dante. Il s'agit aussi de garantir contre la dangereuse concurrence des nouveaux, les bien install&#233;s, fussent-ils, la chose n'est pas rare, de s&#233;niles cr&#233;tins. Une double s&#233;lection &#224; rebours s'accomplit ainsi. L'enfance et la jeunesse prol&#233;tariennes sont d&#233;lib&#233;r&#233;ment sacrifi&#233;es, vou&#233;es de bonne heure &#224; l'exploitation, au surmenage, &#224; la sous-alimentation, &#224; l'ignorance. Les loisirs indispensables au d&#233;veloppement complet de l'&#234;tre humain sont privil&#232;ges de riches. Le savoir &#233;galement. L'adolescent bl&#234;me, grandi dans la cit&#233; ouvri&#232;re, n'a d'autre horizon que les quatre murs de l'atelier ou le grand hall de l'usine &#8212; puis une cour de caserne. L'adolescente, si elle &#233;chappe &#224; la prostitution, est vou&#233;e, apr&#232;s la mis&#232;re de l'atelier, &#224; celle du logis des pauvres. On l'a dit souvent et c'est toujours exact : chair &#224; travail, chair &#224; canon, chair &#224; plaisir &#8212; pour les riches toujours. Tel est le sort normal de la jeunesse des travailleurs. Dans les classes moyennes et riches, les jeunesses ont un tout autre sort, mais demeurent, toutes proportions gard&#233;es, d&#233;savantag&#233;s en pr&#233;sence du mandarinat de l'anciennet&#233;. Cela se comprend : les classes poss&#233;dantes entendent, avant de lui accorder certaines possibilit&#233;s d'action, faire subir &#224; l'exploiteur m&#234;me un dressage convenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution sociale apporte donc aux jeunes une lib&#233;ration imm&#233;diate. Ce fut vrai de la r&#233;volution fran&#231;aise qui brisa notamment les &#233;tais de la famille f&#233;odale. Et l'on sait que les grandes assembl&#233;es de 1789-93 furent, en g&#233;n&#233;ral, des assembl&#233;es jeunes. Quand on les guillotina, Robespierre avait 34 ans et Saint-Just 27 ans. Danton monta sur l'&#233;chafaud &#224; 35 ans, H&#233;bert &#224; 34 ans. Des g&#233;n&#233;raux de la r&#233;volution, le vainqueur de la Vend&#233;e, Hoche, est mort &#224; 29 ans ; le vainqueur du Rhin, Marceau, &#224; 27 ans. &#8212; La m&#234;me observation s'impose en ce qui concerne la r&#233;volution russe. Car il faut aux transformations sociales la d&#233;bordante &#233;nergie, le don de soi, la t&#233;m&#233;rit&#233;, la multiplicit&#233; des aspirations et des capacit&#233;s de la jeunesse. &#8212; Et car il n'y a pas, dans les vieilles soci&#233;t&#233;s fond&#233;es sur l'exploitation de l'homme par l'homme d'autre lib&#233;ration possible pour la jeunesse des pauvres, condamn&#233;s au servage perp&#233;tuel, que l'effort r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Russie, les jeunesses form&#232;rent, dans la guerre de classes, l'arm&#233;e active, de premi&#232;re ligne. Les jeunesses prol&#233;tariennes et paysannes, auxquelles le remplacement de l'autocratie par une r&#233;publique d&#233;mocratique n'eut presque rien donn&#233;, se battirent pour la terre, pour l'usine, pour les Soviets ; les jeunesses bourgeoises et petites-bourgeoises, les unes expropri&#233;es, les autres frustr&#233;es de l'espoir de remplir d&#233;sormais de fructueuses et faciles carri&#232;res se battirent contre la r&#233;volution. Ici, les jeunes commissaires communistes, les agitateurs, les agitatrices, les soldats rouges, les soldates ; l&#224;, les junkers des batailles d'Octobre &#224; Moscou et &#224; P&#233;trograd, les aspirants de Kornilov, les &#233;tudiants s.-r., les cadets, la jeunesse des &#233;coles partout r&#233;actionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des jeunes artisans de la r&#233;volution d'Octobre, beaucoup ont fourni en leur courte existence une somme de travail vraiment extraordinaire. Nous avons d&#233;j&#224; nomm&#233; plusieurs jeunes femmes tomb&#233;es &#224; vingt ans. Nommons maintenant quelques jeunes gens, leurs fr&#232;res :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benjamin Tveritine fut tu&#233; le 30 juillet 1918, &#224; vingt ans. C'&#233;tait un ex-tolstoyen, d'origine bourgeoise, qui avait refus&#233; de se battre pendant la guerre, pour ob&#233;ir &#224; la loi chr&#233;tienne : Tu ne tueras point&#8230; En prison, &#224; Tobolsk, &#233;tudia, devint marxiste. Se battit d&#232;s lors, mais contre la guerre, pour la r&#233;volution. Se battit &#224; Moscou pendant les journ&#233;es d'Octobre, puis en Ukraine, puis en Sib&#233;rie. Fut successivement suppl&#233;ant du Pr&#233;sident du Conseil Sup&#233;rieur de l'&#201;conomie de la Sib&#233;rie sovi&#233;tiste, parlementaire rouge chez les Tch&#233;coslovaques, organisateur de la d&#233;fense d'Omsk &#8212; dont il sauva la r&#233;serve d'or &#8212;, militant ill&#233;gal &#224; Ekaterinbourg, chez les blancs (constituants s.-r.). Reconnu l&#224;, arr&#234;t&#233; et fusill&#233; le soir m&#234;me sans jugement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Tolmatchev, polytechnicien devenu ouvrier &#8212; militant &#8212; &#224; l'usine Lessner, &#224; P&#233;trograd, en 1914-15, militant ill&#233;gal dans l'Oural l'ann&#233;e suivante, ouvrier et agitateur au parc des tramways de P&#233;trograd en 1917, un des fondateurs du pouvoir des soviets &#224; Perm, combattant contre les cosaques de Doutov, adjoint au commandant du front de l'Oural, commissaire d'une division au front de P&#233;trograd &#224; Yambourg, cern&#233; par l'ennemi &#224; Krasnyi&#233;-Gori, le 26 mai 1919, se br&#251;le la cervelle plut&#244;t que de se rendre. II avait 23 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iralov fournit une plus br&#232;ve encore et plus &#233;blouissante carri&#232;re que termine le m&#234;me geste d'irr&#233;ductibilit&#233;. Participant de la r&#233;volution d'Octobre, devient Directeur des Services du Conseil des Commissaires du Peuple de la R&#233;publique de Kazan, prend le commandement d'un r&#233;giment de volontaires qui vont se battre contre les Tch&#233;coslovaques sur la Volga &#8212; et se tue quand ses hommes se d&#233;bandent un jour d'automne, en 1918, &#224; dix-neuf ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges Alexandrovitch Tsagolov, jeune intellectuel qui avait abandonn&#233; la p&#233;dagogie pour devenir un des initiateurs du mouvement communiste et sovi&#233;tiste au Causase, fut pr&#233;sident du Conseil R&#233;volutionnaire des Oss&#232;tes. Pris par les blancs et tu&#233; (1918).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tsagolov, &#224; 22 ans, fondait une r&#233;publique des travailleurs dans les montagnes du Caucase. S. G. Lazo, gu&#232;re plus &#226;g&#233;, devenait en Extr&#234;me-Orient un h&#233;ros l&#233;gendaire. Alors que la Sib&#233;rie orientale, ravag&#233;e par les bandes des g&#233;n&#233;raux r&#233;actionnaires &#8212; Koltchak, les Japonais, les Tch&#233;coslovaques, Horvat, Ungern, Semenov &#8212; n'&#233;tait plus qu'un immense champ de terreur, o&#249; flambaient les villages, ou erraient, avec leurs attirails de torture, les trains de la mort, o&#249; les rouges &#233;taient beaucoup plus traqu&#233;s que les fauves, Lazo y cr&#233;ait une arm&#233;e rouge, battait l'ataman Semenov, nettoyait le pays de blancs jusqu'&#224; l'arriv&#233;e des Japonais et de Tch&#233;coslovaques, se r&#233;fugiait alors dans la brousse &#8212; on dit la ta&#239;ga &#8212; avec ses partisans, y survivait &#224; une longue maladie, harcelait les contre-r&#233;volutionnaires, rentrait enfin &#224; Vladivostok lorsque s'y pr&#233;parait le coup de force japonais, devenait un des leaders du Soviet de la ville. Les 4-5 avril 1920, les Japonais prenaient &#8212; par le massacre &#8212; le pouvoir &#224; Vladivostok ; le 9, les trois intr&#233;pides leaders, du Soviet, Lazo, Loutski, Sibirtsev, arr&#234;t&#233;s par surprise, &#233;taient emmen&#233;s par les vainqueurs &#224; destination inconnue, et disparaissaient. &#8212; On n'a jamais su ce qu'ils sont devenus. &#8212; Alexandre Nicolaevitch Loutski, disparu avec Lazo, &#233;tait un transfuge de la bourgeoisie, jeune officier devenu membre du Soviet de Kharbine, chef du contre-espionnage rouge en Extr&#234;me-Orient, journaliste et pol&#233;miste anarchisant de grand talent, dit-on&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres n'ont pas eu le temps d'agir ; ils sont tomb&#233;s &#224; la t&#226;che dans leurs villages, un soir d'&#233;gorgement, ou bien ex&#233;cut&#233;s dans une cour de prison. On ne peut pas les nommer tous ; on ne sait pas d'ailleurs tous les noms. Mais il faut au moins citer un cas, pour dire comment ces choses-l&#224; se faisaient :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 janvier 1920, 17 jeunes gens communistes comparaissaient devant un Conseil de Guerre, &#224; Odessa (la ville &#233;tait &#224; ce moment au pouvoir des blancs et des alli&#233;s). Neuf &#233;taient condamn&#233;s &#224; mort et parmi ces neuf trois &#233;tudiantes : Polia Bark, Dora Loubovskaya, Ida Krasnostchekina. Nous savons les noms de plusieurs jeunes hommes : Dounikovski, Petrenko, Mikhailovitch, Pilzman. II y avait parmi ces condamn&#233;s un couple de fianc&#233;s. Au cours du proc&#232;s, purement formel, les inculp&#233;s avaient eu une attitude de d&#233;fi. A peu de distance d'Odessa, sous Kherson, les rouges venaient d'infliger une d&#233;faite aux blancs, Odessa allait &#234;tre prise. C'&#233;tait un grand espoir. &#8212; Mais pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison, on pr&#233;cipita l'ex&#233;cution des condamn&#233;s. Deux &#233;quipes de soldats refus&#232;rent la t&#226;che. Une troisi&#232;me &#8212; car on trouve toujours des brutes, en cherchant un peu &#8212; l'accepta. Les neuf condamn&#233;s furent abattus &#224; coups de hache dans leur prison m&#234;me. Leurs derni&#232;res lettres ont &#233;t&#233; publi&#233;es. L'une des jeunes femmes &#171; embrasse sa petite maman camarade &#187;. L'autre &#233;crit &#224; sa s&#339;ur : &#171; Sois une r&#233;volutionnaire et console maman. Consid&#233;rez ma mort, comme moi, consciemment&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consciemment. Ces jeunes vies de r&#233;volutionnaires ont grandi, se sont d&#233;ploy&#233;es, ont &#233;t&#233; fauch&#233;es en pleine conscience. C'est pourquoi elles ont &#233;t&#233; une des forces motrices la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. Les l&#233;gendaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a parmi les artisans peu connus de la r&#233;volution des hommes dont l'existence fait comprendre la formation des l&#233;gendes h&#233;ro&#239;ques. Ils sont entr&#233;s vivants encore dans la l&#233;gende, ayant v&#233;cu par un constant exploit, inlassable, grands, admir&#233;s, suivis. Le propre du h&#233;ros de la l&#233;gende populaire &#8212; auquel ne ressemble le plus souvent en rien le h&#233;ros conventionnel, fabriqu&#233; par la presse &#224; grand tirage, les acad&#233;mies, les ministres grandiloquents et les chancelleries de L&#233;gions d'Honneur pour le prestige des classes dirigeantes &#8212; c'est d'incarner, avec puissance et authentique noblesse, des masses en lutte et de leur &#234;tre immens&#233;ment utile. La pr&#233;-r&#233;volution russe avait eu des h&#233;ros v&#233;ritables, chers &#224; des millions d'opprim&#233;s : ils &#233;taient pour la plupart des justiciers et des sacrifi&#233;s, terroristes qui, seuls, allaient accomplir un geste terrible ou mourir. On &#233;tudiait avec ferveur tous les d&#233;tails de leur vie ; ils apparaissaient uniques, en-dehors, au-dessus des masses effervescentes dont l'heure n'&#233;tait pas venue. Les h&#233;ros de la r&#233;volution sont beaucoup moins, malgr&#233; leur personnalit&#233; toujours tr&#232;s forte, connus et compris comme des individualit&#233;s. Ils apparaissent en t&#234;te de foules, se confondent avec elles, si bien qu'il est m&#234;me souvent difficile de retrouver dans des pages d'histoire que leurs noms dominent les traits effac&#233;s de leurs biographies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que sait-on du l&#233;gendaire Azine dont la division de cavalerie rouge fit la guerre sur la Volga et la Kama, toujours insaisissable, toujours victorieuse, redout&#233;e des uns comme un fl&#233;au, salu&#233;e des autres comme la r&#233;volution m&#234;me ? Que c'&#233;tait un ancien &#233;tudiant ; qu'il &#233;tait l'&#226;me de sa troupe ; qu'il prit aux blancs Ijevsk, Votkinsk, Sarapoul, pronon&#231;a une offensive audacieuse vers Ekaterinbourg (1918) ; qu'il fut bless&#233; sous Tsaritsine, que D&#233;nikine mit sa t&#232;te &#224; prix ; qu'il fut finalement captur&#233; par les blancs &#8212; et tu&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que sait-on de Kikvitz&#233;, socialiste-r&#233;volutionnaire de gauche, organisateur de l'Arm&#233;e Rouge en Ukraine, chef d'une division dans l'Oural, contre Koltchak dont le seul nom a gard&#233; pour ceux qui connaissent les luttes de l'Oural une signification &#233;pique ? Qu'il est tomb&#233;, le 11 janvier 1921, dans un guet-apens, &#224; l'&#226;ge de 25 ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sivers a laiss&#233; dans quelques coins de l'Ukraine et chez les blancs une semblable renomm&#233;e. Cet officier de l'ancienne arm&#233;e, bolchevik avant Octobre 1917, r&#233;dacteur de la Pravda des Tranch&#233;es, devait, dans les premiers jours de la guerre civile, conduire la &#171; brigade de fer &#187; des mineurs du Donietz contre Krasnov et p&#233;rir &#8212; tu&#233; &#8212; le 8 d&#233;cembre 1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e, Krasnov faisait pendre un autre l&#233;gende, le cosaque Pedor Podtielkov, d'Oust-Khoporsk, le premier cosaque rouge. Petits propri&#233;taires auxquels l'ancien r&#233;gime accordait quelques faveurs et faisait subir un dressage sp&#233;cial, imbus de vieilles traditions militaires, les cosaques repr&#233;sentaient, en 1917-18, un &#233;l&#233;ment social arri&#233;r&#233;, obstin&#233;ment contre-r&#233;volutionnaire. Pedor Podtielkov groupa cependant 76 premiers cosaques rouges. Son d&#233;tachement fut fait prisonnier par la population m&#234;me des villages o&#249; il s'&#233;tait form&#233; ; et ces 77 hommes furent fusill&#233;s apr&#232;s un simulacre de proc&#232;s ; Podtielkov et un communiste furent pendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre cosaque, Boutine (Ivan Afanassi&#233;vitch) ne sera pas de longtemps oubli&#233; par la Sib&#233;rie. C'&#233;tait un vieux bolchevik. II avait fait un an de prison en 1908-9, puis &#233;tait exil&#233; en Sib&#233;rie &#224; 21 ans. Son grand caract&#232;re en fit le chef r&#233;volutionnaire de Transba&#239;kal. En 1918, il pr&#233;side le premier congr&#232;s des cosaques rouges de l'Orient, puis d&#233;fend Tchita contre les blancs. II est partout ob&#233;i, &#233;cout&#233;, &#233;lectrisant les populations des bourgades de la steppe, suscitant au premier danger la r&#233;sistance, expliquant, affirmant la r&#233;volution sociale. Les blancs le capturent. Vers le 20 juin 1918, on l'am&#232;ne au wagon de la mort de Mok&#233;evka, chez l'ataman Semenov, croyons-nous. La contre-r&#233;volution sib&#233;rienne avait des tortionnaires d'une science raffin&#233;e. Boutine savait son sort probable. On commen&#231;a par le battre de verges. II avait du poison : il le partagea entre ses deux compagnons de cellule, moins braves que lui devant la torture et la mort. Des prisonniers rouges le virent un jour sortir de la prison de Tchita, avec 40 autres captifs qui ne revinrent plus. &#171; Ils sortirent ensemble d'un pas r&#233;gulier, sa haute et droite figure au premier rang ; ils paraissaient entra&#238;ner leurs gardiens&#8230; &#187; On croit qu'il fut br&#251;l&#233; vif dans la chaudi&#232;re d'une locomotive. Sa derni&#232;re lettre se terminait par : pas de vengeance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VI. Les bourgeois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute r&#233;volution sociale, quelques hommes d'&#233;lite appartenant aux classes r&#233;actionnaires s'en d&#233;tachent et viennent se donner &#224; ceux qui repr&#233;sentent la vie montante. Le nombre de transfuges de la bourgeoisie russe pass&#233;s au prol&#233;tariat pendant la r&#233;volution m&#234;me a &#233;t&#233; assez grand ; quelques-uns sont morts pour leur foi nouvelle, comme cet officier de marine, N. A. Dreyer, de petite noblesse, fusill&#233; en juin 1919, en vertu d'une d&#233;cision du gouvernement socialiste d'Arkhangelsk, en qualit&#233; d'agitateur bolchevik ; comme le vieux g&#233;n&#233;ral Nikolaev, pass&#233; &#224; l'Arm&#233;e Rouge, captur&#233; par Youd&#233;nitch et pendu &#224; Yambourg (1919) apr&#232;s avoir refus&#233; de prendre du service chez les blancs ; comme cet autre g&#233;n&#233;ral, Stanki&#233;vitch, &#233;galement pass&#233; &#224; l'Arm&#233;e Rouge et pendu par D&#233;nikine, &#224; Orel, en octobre 1919, dans des circonstances identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils avaient trahi leur classe pour aller avec la vie vers l'avenir, trahi les exploiteurs pour se donner aux lib&#233;rateurs. La bourgeoisie en armes les a trait&#233;s comme elle traite les prol&#233;taires vaincus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VII. &#202;tre des r&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est frapp&#233;, quand on &#233;tudie l'histoire du mouvement r&#233;volutionnaire russe, de l'impuissance des r&#233;pressions. Pendant plus d'un demi-si&#232;cle, l'autocratie russe a r&#233;prim&#233; impitoyablement un mouvement r&#233;volutionnaire d'abord infime et qui sembla plus d'une fois pr&#232;s d'&#234;tre totalement extirp&#233;. Dans ce combat, pourvue de tous les puissants moyens des puissants &#201;tats modernes, elle n'a pas cess&#233; de viser &#224; l'extermination des &#233;l&#233;ments &#171; malsains &#187;. Apr&#232;s le tsarisme, rien ne peut plus &#234;tre invent&#233; dans l'ordre de la r&#233;pression. La prison &#171; par mesure administrative &#187;, inflig&#233;e sur un soup&#231;on, &#224; terme ind&#233;termin&#233; ; l'exil chez les Sib&#233;riens, chez les primitifs Yakoutes, chez les Khoungouses et, l&#224;-bas, la mis&#232;re morale, le scorbut, les petites pers&#233;cutions, l'ab&#234;tissement par la solitude dans une steppe d&#233;sertique ; le bagne avec la cha&#238;ne et le ch&#226;timent corporel &#8212; Dosto&#239;evski fut fouett&#233; deux fois ! &#8212;, la suppression de toute presse, la censure des lettres, le &#171; caviardage &#187; des journaux &#233;trangers ; la traque des Juifs et des esprits avanc&#233;s ; les fusillades en masse de gr&#233;vistes ou de manifestants ; la cr&#233;ation par Zoubatov d'un syndicalisme policier (1904-5), l'organisation des bandes de cent-noirs (l'Union du Peuple Russe), fascisme authentique ; la corruption en grand du mouvement lib&#233;rateur, la provocation syst&#233;matis&#233;e dans tous les partis, d&#233;velopp&#233;e jusqu'&#224; leur donner des chefs ; la d&#233;lation et l'espionnage partout : les portiers des habitations priv&#233;es, tous indicateurs de la police, le syst&#232;me des passeports &#224; l'int&#233;rieur ; des agences de corruption politique et de mouchardage &#224; Paris, &#224; Londres, &#224; New-York. &#8212; L'arsenal du tsarisme contenait toutes ces armes et Mussolini, on le voit, n'a rien innov&#233;. Cet arsenal n'a servi de rien. Le tsarisme a-t-il seulement r&#233;ussi &#224; diff&#233;rer l'heure de sa chute ? L'historien en doutera. La r&#233;volution de 1905, dont la r&#233;pression procura &#224; l'autocratie un sursis de douze ans, nous appara&#238;t aujourd'hui comme le pr&#233;lude n&#233;cessaire de celle de 1917 ; et nous ne pensons pas qu'elle ait pu s'achever en r&#233;volution sociale dans une Europe capitaliste &#224; l'apog&#233;e de sa prosp&#233;rit&#233;. Un r&#233;gime, condamn&#233; par l'histoire, qui r&#233;prime nous fait penser au nageur insens&#233; qui, remontant &#224; grand-peine le courant, penserait arr&#234;ter le cours du fleuve. La prison, le bagne, l'exil, la pers&#233;cution trempent les r&#233;volutionnaires. L'&#233;chafaud leur procure des pros&#233;lytes que nulle tribune de propagande ne leur acquerrait, la mort des martyrs secoue profond&#233;ment les masses populaires, entretient dans les jeunesses le culte de l'h&#233;ro&#239;sme r&#233;volutionnaire. La provocation m&#234;me se retourne un jour contre le r&#233;gime qu'elle ach&#232;ve de d&#233;shonorer. Chaque succ&#232;s de la r&#233;pression est un pas vers la chute. Apr&#232;s chaque r&#233;pression, le flot de la haine populaire monte un peu plus haut autour du tr&#244;ne. Le 22 janvier 1905, la troupe tirait devant le Palais d'Hiver de P&#233;tersbourg sur une foule de suppliants, conduite par deux pr&#234;tres portant des images saintes et le portrait du tsar : ce jour-l&#224;, le tsarisme &#233;tait bless&#233; &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression ne peut que causer de grandes souffrances au prol&#233;tariat. Retarder, peut-&#234;tre, sa victoire. Au fond, son impuissance &#224; sauver un r&#233;gime de r&#233;action est compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotski a indiqu&#233; dans quelques articles l'explication th&#233;orique de ce fait, la r&#233;pression agissant contre le courant de l'histoire, celle que mettent en &#339;uvre des classes finissantes est inutile. Aux mains d'une classe montante, appel&#233;e par la n&#233;cessit&#233; historique &#224; prendre le pouvoir, appel&#233;e &#224; d&#233;truire et &#224; cr&#233;er, parce qu'elle ouvre une &#232;re nouvelle, la r&#233;pression est une arme utile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bon de se rappeler ces simples v&#233;rit&#233;s exp&#233;rimentales &#224; l'heure o&#249;, en Italie, on Pologne, en Espagne, dans les Balkans, aux &#201;tats-Unis, les classes poss&#233;dantes placent leur supr&#234;me exp&#233;rience dans une coercition &#233;nergique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un demi-si&#232;cle de r&#233;pression, le tsarisme n'avait r&#233;ussi qu'&#224; cr&#233;er une forte race r&#233;volutionnaire. L'action ill&#233;gale &#233;tait la seule possible. Le militant risquait continuellement sa libert&#233;. Aucun bien-&#234;tre durable ne lui &#233;tait permis. L'adh&#233;sion au parti imposait de grands devoirs, entra&#238;nait des risques, mais &#233;tait d&#233;pourvue de tout avantage mat&#233;riel. L'ill&#233;galit&#233; et le bagne exer&#231;aient &#224; la longue dans les milieux r&#233;volutionnaires, une s&#233;lection infiniment profitable. Les temp&#233;raments enclins &#224; la petite vie bourgeoise en &#233;taient &#233;limin&#233;s. Ne demeuraient dans les partis que des sinc&#233;rit&#233;s indomptables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;volutionnaires dont nous avons parcouru quelques dizaines de sommaires biographies, en d&#233;pit de la profonde impression de beaut&#233; morale qu'ils produisent sur nous, aper&#231;us maintenant dans les perspectives de la lutte sociale, &#233;taient, en r&#233;alit&#233;, des hommes tr&#232;s simples, remplis comme nous tous de faiblesses et de d&#233;fauts, manquant souvent d'intelligence fraternelle ou de bont&#233;&#8230; Les h&#233;ros les plus purs ne sont jamais p&#233;tris que d'argile humaine. Et ces hommes-l&#224;, h&#233;ro&#239;ques, &#233;taient m&#234;me trop simples pour pr&#233;tendre &#224; l'h&#233;ro&#239;sme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, mais ils &#233;taient des forts dans la guerre des classes. Forts et aguerris. Grands par l&#224; m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayons de d&#233;finir leur force. Demandons-leur ce que c'est que d'&#234;tre des r&#233;volutionnaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On distingue quelquefois la vie priv&#233;e du militant de sa vie publique. On a raison : un parti de classe ne peut demander au militant que de bien servir sa classe. Mais il n'en est pas moins vrai que le vrai r&#233;volutionnaire est toujours, en tout, un r&#233;volutionnaire. L'exemple de ceux-ci en fait foi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Leur d&#233;tachement de la soci&#233;t&#233; bourgeoise est complet. Au m&#233;pris de la l&#233;galit&#233; bourgeoise, ils unissent le m&#233;pris des conventions morales impos&#233;es par la bourgeoisie. Ils professent &#8212; bien consciemment ou non, cela est secondaire &#8212; une &#233;thique nouvelle : fid&#233;lit&#233; r&#233;volutionnaire, camaraderie, &#233;galit&#233; de l'homme et de la femme ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Chez les intellectuels issus des classes moyennes ou bourgeoises, l'adh&#233;sion au prol&#233;tariat est totale, sans r&#233;serves. En entrant dans la lutte des classes, ils ont renonc&#233; &#224; l'aisance, aux carri&#232;res avantageuses, le plus souvent au confort dans la vie priv&#233;e ; ils sont devenus r&#233;solument des pauvres. Cette rupture &#233;conomique et morale avec leur milieu originel les assimile &#224; la classe ouvri&#232;re. (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Ces r&#233;volutionnaires consentent par avance &#224; la pers&#233;cution. Le risque en est inh&#233;rent &#224; l'accomplissement de leur t&#226;che. Un des traits les plus frappants de leurs biographies, c'est qu'ils recommencent sans cesse, jusqu'&#224; la mort, l'&#339;uvre interrompue par la prison. En prison, d'ailleurs, ils la continuent par le labeur intellectuel. Leur vaste culture, beaucoup l'ont acquise dans les ge&#244;les&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. De ce qui pr&#233;c&#232;de d&#233;rive avec le temps le pli professionnel du r&#233;volutionnaire pour qui la vie n'a plus de sens en-dehors de l'action, qui est devenu un conspirateur, un dialecticien, un propagandiste achev&#233;. La r&#233;volution russe et les congr&#232;s internationaux de Moscou ont rendu familier aux communistes le type du &#171; r&#233;volutionnaire professionnel &#187; (le mot est de L&#233;nine), connaissant plusieurs pays, diverses prisons, une demi-douzaine de langues, poss&#233;dant &#224; fond la doctrine marxiste, &#233;rudit du reste, grand liseur, mais pratique comme on l'est quand on a beaucoup lutt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous serions arriv&#233;s aux m&#234;mes conclusions en &#233;tudiant la vie des r&#233;volutionnaires russes des partis autres que le n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socialistes-r&#233;volutionnaires avant 1917, s.-r. de gauche, maximalistes, anarchistes, mencheviks m&#234;me avant Octobre &#8212; et souvent depuis &#8212; ont &#233;t&#233; de la m&#234;me race. Et si, dans la bataille qui s'est livr&#233;e entre eux et les bolcheviks, ces derniers ont vaincu, cela tient avant tout &#224; leur interpr&#233;tation, de beaucoup la plus juste, du sens des &#233;v&#233;nements. Dans l'ordre des sup&#233;riorit&#233;s individuelles et collectives, cependant, cela tient encore &#224; un facteur important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bolcheviks &#233;taient pourvus d'une forte doctrine scientifique &#8212; le marxisme &#8212; d&#233;terminant une m&#233;thode de pens&#233;e et de combat. Cette sup&#233;riorit&#233; se manifestait par leur remarquable unit&#233; de pens&#233;e et d'action, par leur vivante discipline de parti, par leur liaison, avec les masses ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle leur a donn&#233; une facile victoire sur les socialistes-r&#233;volutionnaires de gauche, id&#233;alistes sans programme pratique ni tactique prol&#233;tarienne ; sur les maximalistes, ardente petite secte ; sur les anarchistes, divis&#233;s en une infinit&#233; de sectes et sous-sectes, absolument incapables de s'assigner des t&#226;ches concr&#232;tes en conformit&#233; avec les besoins des masse ; sur les mencheviks et les s.-r. de droite, qui avaient tout bonnement cess&#233; d'&#234;tre des r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) L&#233;nine entendait depuis de longues ann&#233;es qu'il en fut ainsi. La scission entre bolcheviks et mencheviks s'est produite sur un article de statut du parti social-d&#233;mocrate d&#233;fendu par L&#233;nine et qui sp&#233;cifiait que seuls les membres de l'organisation ill&#233;gale &#8212; pers&#233;cut&#233;e &#8212; seraient consid&#233;r&#233;s comme appartenant au parti. &#8212; V. S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/serge/works/1923/00/serge-vie-revo.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source : marxists.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>CONTRE LA CATASTROPHE CAPITALISTE</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article5481</link>
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		<dc:date>2019-08-26T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Nicaragua</dc:subject>

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&lt;p&gt;CONTRE LA CATASTROPHE CAPITALISTE &lt;br class='autobr' /&gt;
La catastrophe capitaliste continue de s'intensifier partout, atteignant des sommets de plus en plus incompatibles avec la vie sur la plan&#232;te. La guerre s'&#233;tend &#224; travers le monde, la famine massive, l'intensification de l'exploitation, une cascade de suicides ininterrompue, l'objectivation de toutes les relations sociales, la violence entre et contre les prol&#233;taires (violence sexiste, violence raciste, violence &#224; l'encontre des enfants et des personnes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique113" rel="directory"&gt;12- Livre Douze : OU EN SONT LES GROUPES REVOLUTIONNAIRES ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot274" rel="tag"&gt;Nicaragua&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;CONTRE LA CATASTROPHE CAPITALISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe capitaliste continue de s'intensifier partout, atteignant des sommets de plus en plus incompatibles avec la vie sur la plan&#232;te. La guerre s'&#233;tend &#224; travers le monde, la famine massive, l'intensification de l'exploitation, une cascade de suicides ininterrompue, l'objectivation de toutes les relations sociales, la violence entre et contre les prol&#233;taires (violence sexiste, violence raciste, violence &#224; l'encontre des enfants et des personnes &#226;g&#233;es&#8230;), prisons remplies, la destruction de la Terre, la nourriture de plus en plus toxique, la destruction de la sant&#233;, etc. L'antagonisme entre le capitalisme et la vie n'a jamais &#233;t&#233; aussi d&#233;vastateur. Il n'ya jamais eu non plus une telle diff&#233;rence entre l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;volution sociale et le peu d'intention de la prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul sujet capable de r&#233;soudre les probl&#232;mes d'aujourd'hui par une transformation radicale de la soci&#233;t&#233;, le prol&#233;tariat, se montre incapable de mettre fin &#224; toute cette catastrophe. Malgr&#233; ses souffrances et ses exp&#233;riences dans la chair, malgr&#233; sa r&#233;bellion constante contre les conditions de vie qu'il subit, provoquant des explosions sociales qui font trembler la paix sociale &#224; un endroit ou &#224; un autre, comme ce que nous avons connu &#224; En Iran ou au Nicaragua, il existe toute une s&#233;rie de facteurs qui emp&#234;chent ce sujet de s'affirmer en tant que force internationale afin d'imposer sa solution r&#233;volutionnaire aux &#233;normes probl&#232;mes dont nous souffrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;cennies de contre-r&#233;volution et de paix sociale ont divis&#233; le prol&#233;tariat, maximisant ainsi les processus et m&#233;canismes de reproduction capitaliste qui voilent l'existence m&#234;me des classes sociales (surtout celle du prol&#233;tariat) en tant que telle d&#233;membrant la critique unitaire d&#233;velopp&#233;e historiquement par cette classe sociale. La m&#234;me totalit&#233; capitaliste sur laquelle se d&#233;ploie la r&#233;alit&#233; dans laquelle nous vivons appara&#238;t fragment&#233;e par une s&#233;rie d'id&#233;ologies qui particularisent chaque probl&#232;me cr&#233;&#233; par ce syst&#232;me, en cherchant une solution particuli&#232;re &#224; chacun d'eux. En cons&#233;quence, des mouvements sp&#233;cifiques sont lanc&#233;s pour aborder ces probl&#232;mes partiels et tenter de les r&#233;soudre. Mais non seulement il n'ya pas de solution possible &#224; chaque probl&#232;me pris s&#233;par&#233;ment, mais en plus cette fragmentation modifie en m&#234;me temps le contenu r&#233;el de ces probl&#232;mes. Ainsi &#233;tait constitu&#233;e l'id&#233;ologie de l'oppression de la femme par l'homme, l'oppression de la race blanche sur les autres races, la destruction de la nature par l'&#234;tre humain&#8230;, codifiant la r&#233;alit&#233; sous ces param&#232;tres id&#233;ologiques. En luttant au moyen d'une cat&#233;gorie partielle, les mouvements distincts se situent sur le plan de groupes sp&#233;cifiques qui se font concurrence pour une plus grande reconnaissance des droits d'une partie de l'&#201;tat. La comp&#233;tition entre les produits de base est exprim&#233;e politiquement comme la comp&#233;tition entre des identit&#233;s distinctes, b&#233;n&#233;ficiant toutes de la politique &#171; transversale &#187; de la valeur et de sa gestion gouvernementale. De m&#234;me que la critique unitaire du capital est d&#233;plac&#233;e, une critique qui contient en son centre la d&#233;nonciation de chaque aspect, non pas comme particularit&#233;, mais comme expression d'une totalit&#233; qui d&#233;termine chaque partie et questionne l'ordre social qui reproduit tous ces probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de cette soci&#233;t&#233; est &#233;troitement li&#233; au d&#233;veloppement de l'individu isol&#233;. La soci&#233;t&#233; mercantile g&#233;n&#233;ralis&#233;e exclut et dissout toute communaut&#233; qui n'est pas la communaut&#233; de l'argent et d&#233;veloppe tout ce qui maximise l'isolement social. Tout ce qui l'unit le s&#233;pare, c'est l'essence de ce monde et son mode de vie, la d&#233;mocratie. L'effet que cette r&#233;alit&#233; provoque dans la communaut&#233; humaine, d&#233;truisant sa nature sociale, la transformant en individus isol&#233;s ayant des int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s, est de plus en plus terrible. Le citoyen est aujourd'hui l'exemple lumineux de la mani&#232;re dont se d&#233;veloppent parall&#232;lement le d&#233;veloppement mercantile et l'individu isol&#233;. Ce d&#233;veloppement non seulement nie brutalement la communaut&#233; humaine, mais constitue &#233;galement un obstacle majeur &#224; la lutte contre le capitalisme, car l'affirmation de cet individu va dans le sens oppos&#233; au d&#233;veloppement de l'organisation de la seule communaut&#233; oppos&#233;e au capital, la communaut&#233; de lutte, qui vient d'un &#234;tre collectif, d'une classe sociale r&#233;volutionnaire, le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, le prol&#233;tariat rencontre d'&#233;normes difficult&#233;s pour agir et se reconna&#238;tre en tant que classe. Son &#234;tre m&#234;me, ainsi que son riche processus historique de lutte et son programme, semblent totalement ni&#233;s dans l'histoire, que ce soit par la d&#233;formation ou la dissimulation de cette r&#233;alit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique du capital lui-m&#234;me et ses forces id&#233;ologiques projettent une activit&#233; sociale dans laquelle notre classe est n&#233;gativement rejet&#233;e en tant que sujet, r&#233;duite &#224; ce qu'elle est en train de produire et de reproduire du capital et &#224; ce dont on pr&#233;tend qu'elle sera &#233;ternellement : un simple objet de capital ; une simple force marchande de travail, qui peut &#234;tre utilis&#233;e ou &#233;limin&#233;e selon les n&#233;cessit&#233;s de la production ; un simple spectateur d'occurrences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cis&#233;ment cette r&#233;alit&#233; implique que les prol&#233;taires se croient eux-m&#234;mes &#234;tre tout sauf des prol&#233;taires. On est fait croire qu'ils ne sont pas prol&#233;tariens parce qu'ils sont employ&#233;s, un autre croit qu'ils ne le sont pas parce qu'ils sont au ch&#244;mage, ceux de plus loin se sentent agriculteurs et non ouvriers, un autre se croit marchand, parce qu'ils sont un vendeur de rue, beaucoup d'autres se sentent trop jeunes ou trop vieux pour &#234;tre prol&#233;taires, il y en aura aussi qui, parce qu'elles sont des femmes, se sentent moins concern&#233;es par la question de leur classe, ou estiment que l'oppression raciale est plus d&#233;terminante que celle de la classe et plut&#244;t que celle de la classe. de se sentir comme un prol&#233;taire noir, un prol&#233;taire latino ou un prol&#233;taire asiatique, se sentir noir, latino ou asiatique&#8230; et pour ceux qui surmontent ces formes les plus &#233;l&#233;mentaires de la n&#233;gation imm&#233;diate de la r&#233;alit&#233; prol&#233;tarienne, il y aura d'autres formes plus politico-id&#233;ologiques de cette m&#234;me n&#233;gation comme celle de se sentir &#171; anti-imp&#233;rialiste &#187;, &#171; anti-n&#233;olib&#233;ral &#187;, &#171; palestinien &#187;, &#171; juif &#187;, &#171; cubain &#187;, &#171; de gauche &#187;, &#171; fran&#231;ais &#187;, &#171; yankee &#187;, &#171; aymara &#187;, &#171; Kurde &#187;, &#171; croate &#187;, &#171; travailleuse du premier monde &#187;, &#171; f&#233;ministe &#187;, &#171; antiraciste &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conceptions identitaires se pr&#233;sentent comme des forces social-d&#233;mocrates qui s'opposent au processus de constitution du prol&#233;tariat en tant que classe pour nier la catastrophe de ce monde. La perspective de classe se dilue en tant que telle dans un enchev&#234;trement d'identit&#233;s et de communaut&#233;s fictives qui vivent englob&#233;es dans la communaut&#233; de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, le politisme continue d'&#234;tre l'une des id&#233;ologies essentielles contre notre classe. Cela r&#233;duit la question de la transformation sociale &#224; occuper l'&#201;tat, que ce soit par voie &#233;lectorale ou par la violence, afin de mettre en place une s&#233;rie de mesures qui &#171; remettraient en cause la soci&#233;t&#233; capitaliste &#187; et offriraient une &#171; alternative r&#233;elle et imm&#233;diate &#187;. . Mais l'&#201;tat n'est pas un organe neutre qui peut &#234;tre utilis&#233; selon la volont&#233; de tel ou tel dirigeant ou parti, c'est l'organisation en tant que force de la soci&#233;t&#233; actuelle, celle du capital, et qui que ce soit qui prend possession de cet &#201;tat est d&#233;termin&#233;s &#224; agir dans le cadre capitaliste. Loin de diriger l'Etat, ils sont dirig&#233;s par lui. Par cons&#233;quent, toutes les mesures politiques ne sont rien de plus que diff&#233;rentes formes de d&#233;veloppement du capital qui ne remettent en question aucun des fondements de cette soci&#233;t&#233; et ne pr&#233;sentent aucun type de r&#233;elle alternative. Regardez Cuba, le Venezuela ou le processus ind&#233;pendantiste en cours en Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autogestion est postul&#233;e comme une alternative au politisme ; N&#233;anmoins, ce n'est rien de plus que sa r&#233;plique sur le terrain productif. Si le politisme r&#233;duit tout &#224; la sph&#232;re publique, l'autogestion le fait aussi, essayant de changer le monde sans d&#233;truire le pouvoir, en plaidant pour que les producteurs utilisent les moyens de production, tels qu'ils existent, pour les rendre fonctionner sans patrons, sans la bourgeoisie. Mais cette &#171; alternative &#187; garde la base sociale du capitalisme intacte, car elle continue &#224; d&#233;velopper des unit&#233;s autonomes de production marchande, d'&#233;change, d'argent (ou de &#171; bons du travail &#187;), de sens, de capital, d'exploitation, etc. les cat&#233;gories fondamentales de cette soci&#233;t&#233;. Consid&#233;rer que l'exploitation et l'oppression capitaliste &#233;manent du bourgeois individuel, c'est ne pas comprendre que le bourgeois est un fonctionnaire du capital, que le capital, en tant que &#171; sujet automatique &#187;, est celui qui dirige la production. Les exp&#233;riences v&#233;cues en Argentine au d&#233;but du XXIe si&#232;cle avec les usines &#171; r&#233;cup&#233;r&#233;es &#187;, ou d'autres plus actuelles comme Rojava et ses coop&#233;ratives, nous montrent &#224; quel point la gestion autonome est capable de liquider nos luttes et de redonner une vigueur &#224; l'&#233;conomie capitaliste. L'autogestion, tout comme le politisme, laisse intacte le rapport social capitaliste qui doit &#234;tre d&#233;truit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, pour le maintien de cette soci&#233;t&#233;, il est &#233;galement essentiel de faire croire que tous ceux d'entre nous qui souffrons des conditions de vie terribles actuelles ont un moindre mal &#224; d&#233;fendre. Il y a toujours quelque chose de pire &#224; regarder qui justifie la soumission &#224; la soci&#233;t&#233; actuelle, le soutien plus ou moins critique des repr&#233;sentants du capital, ou le renoncement &#224; la lutte pour toute petite miette. Quelqu'un qui vit dans la paix sociale capitaliste asphyxiante se voit montrer la terreur de la guerre ; Ceux qui c&#232;dent leur vie au travail pour manger s'adressent aux ch&#244;meurs sans ressources qui sont au seuil de la faim ; &#224; ceux qui veulent agir en dehors et contre le jeu politique des syndicats, on exalte &#034;d'autres formes de politique&#034; et &#034;l'infaillibilit&#233;&#034; de la &#034;d&#233;mocratie directe&#034; ; &#224; ceux qui interrogent la gauche, il est montr&#233; &#224; quel point la droite est mauvaise ; &#224; un autre, ils disent que la d&#233;mocratie vaut mieux que la dictature ; ceux qui luttent sont incit&#233;s &#224; abandonner la lutte apr&#232;s avoir re&#231;u une petite miette&#8230; De la m&#234;me mani&#232;re, il est cach&#233; que tout fait partie de la m&#234;me chose, qu'ils sont des moments de la m&#234;me existence englob&#233;s dans le travail salari&#233;, l'argent et la valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; les prol&#233;taires se rebellent, se lancent contre l'enfer dans lequel ils vivent, &#224; l'image des luttes qui se sont d&#233;velopp&#233;es r&#233;cemment au Nicaragua ou en Iran, le capital mondial cherche &#224; nier la perspective r&#233;volutionnaire et &#224; imposer l'inclination capitaliste dans ses multiples variantes. Il tente de clore les luttes et de les transformer en luttes contre tel ou tel gouvernement, tel ou tel dictateur, contre telle ou telle mesure ou disposition, essayant de transformer les r&#233;voltes de notre classe en guerre entre projets bourgeois, pour nier toute remise en cause de cette syst&#232;me et ainsi absorber tout ce qui s'y oppose. Le r&#233;sum&#233; de cette repolarisation est la guerre imp&#233;rialiste dans laquelle la lutte du prol&#233;tariat est pouss&#233;e &#224; une lutte entre fractions bourgeoises, comme nous le subissons actuellement en Syrie, tout comme dans d'autres pays au cours des derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces facteurs et limites des luttes actuelles, qui impliquent que toutes les luttes finissent par canaliser, liquider ou revitaliser le capital, renforcent la conviction que la r&#233;volution sociale est impossible. Cette conviction devient une force mat&#233;rielle pour la conservation de ce monde, poussant nombre de ceux qui luttent pour s'&#233;loigner de ce qu'exige un processus r&#233;volutionnaire international afin de s'immerger dans une dynamique possibiliste et localiste sans aucune perspective, qui rompt l'unit&#233; des peuples. les luttes imm&#233;diates de notre classe (lutte contre les mesures d'aust&#233;rit&#233;, contre les expulsions, contre la r&#233;pression, les expropriations&#8230;) de la lutte historique pour la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que les conditions de vie du prol&#233;tariat lui permettent de surmonter ces obstacles sans cesse et de s'affirmer en tant que classe oppos&#233;e violemment &#224; la soci&#233;t&#233; actuelle, malgr&#233; toutes les faiblesses que nous subissons. N&#233;anmoins, le cadre local est &#224; peine d&#233;pass&#233;, et seul un cas exceptionnel est suppos&#233; r&#233;gional. Le reste du prol&#233;tariat mondial n'est pas concern&#233; par ces luttes, ne consid&#232;re pas le combat qui se d&#233;veloppe &#224; un endroit ou &#224; un autre comme son propre combat. Ainsi, une quantit&#233; infinie de luttes se d&#233;veloppent dans un isolement complet, qui est finalement repolaris&#233; et / ou &#233;cras&#233; par le capital mondial (Syrie, Br&#233;sil, les Mapuches&#8230;). Ce num&#233;ro nous rappelle constamment que notre classe ne peut g&#233;n&#233;rer une perspective plus r&#233;volutionnaire que d'assumer sa lutte sur un plan historico-universel. L'internationalisme prol&#233;tarien n'est pas une belle devise du pass&#233;, mais le terrain m&#234;me sur lequel se d&#233;ploie la lutte r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toutes ces difficult&#233;s, malgr&#233; toutes ces forces et ces &#233;l&#233;ments qui agissent contre la constitution du prol&#233;tariat en tant que force r&#233;volutionnaire, il n'ya pas d'autre perspective, il n'ya pas d'autre sortie de la catastrophe capitaliste que la r&#233;volution sociale. Nous ne doutons pas que la catastrophe capitaliste continuera d'avancer et rendra la vie sur cette plan&#232;te de plus en plus impossible. Nous ne doutons pas non plus que les luttes de notre classe continueront &#224; se reproduire ici et l&#224;. N&#233;anmoins, ce qui est fondamental, c'est de ne pas percevoir cette &#233;vidence, mais d'assumer et de structurer ces luttes comme une m&#234;me lutte internationale visant &#224; d&#233;manteler le capitalisme, en utilisant l'exp&#233;rience historique accumul&#233;e pour surmonter nos propres limites et faiblesses, ainsi que pour d&#233;noncer tout ce qui entrave le droit international. et l'action internationaliste contre le capital et l'Etat. C'est le seul v&#233;ritable moyen de d&#233;fendre les besoins humains contre ceux du capital. Les r&#233;formes, les espoirs et les r&#234;ves qui justifient le rejet de la r&#233;volution ne sont que des forces pour la conservation du monde actuel. Nous n'avons pas d'autre moyen de sortir de ce gouffre que de d&#233;noncer et de briser ces m&#233;canismes de d&#233;fense du capitalisme qui entravent l'organisation de notre communaut&#233; de lutte. Nous organiser ensemble - aux c&#244;t&#233;s et contre toutes les structures de l'&#201;tat - dans la lutte contre ce syst&#232;me de mort, dans la d&#233;fense des besoins humains contre ceux du capital, dans l'affirmation de l'humanit&#233; contre l'objectivation capitaliste. Tout le reste marche vers l'ab&#238;me auquel cette soci&#233;t&#233; nous conduit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation de l'&#234;tre humain contre la d&#233;shumanisation absolue que contient la condition prol&#233;tarienne, telle est l'essence de la constitution du prol&#233;tariat en tant que classe afin de nier les classes sociales, l'&#201;tat et le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisons la lutte de notre classe au niveau international, contre la catastrophe mondiale du capitalisme, contre l'ensemble de la soci&#233;t&#233; des classes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internationalist Proletarians&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.proletariosinternacionalistas.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.proletariosinternacionalistas.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;info[arroba]proletariosinternacionalistas.org&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chronologie sanglante des interventions militaires am&#233;ricaines contre les peuples des Am&#233;riques</title>
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		<dc:date>2016-05-25T23:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA - Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud America del sur</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine Argentina</dc:subject>
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		<dc:subject>Uruguay</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les USA sur les dictateurs latino-am&#233;ricains : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce sont des b&#226;tards mais ce sont NOS b&#226;tards !! Chronologie sanglante des interventions militaires am&#233;ricaines contre les peuples des Am&#233;riques &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Etats-Unis &#233;tant n&#233;s d'une r&#233;volution anti-coloniale contre la Grande Bretagne, un mythe est couramment r&#233;pandu selon lequel les USA n'auraient jamais &#233;t&#233; une puissance coloniale contrairement aux puissances d'Europe occidentales (Angleterre, France, Espagne, Portugal&#8230;). C'est bien entendu un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;26- Luttes sociales en Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA - Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud America del sur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot164" rel="tag"&gt;Argentine Argentina&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot274" rel="tag"&gt;Nicaragua&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot275" rel="tag"&gt;Uruguay&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les USA sur les dictateurs latino-am&#233;ricains :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce sont des b&#226;tards mais ce sont NOS b&#226;tards !!&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronologie sanglante des interventions militaires am&#233;ricaines contre les peuples des Am&#233;riques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis &#233;tant n&#233;s d'une r&#233;volution anti-coloniale contre la Grande Bretagne, un mythe est couramment r&#233;pandu selon lequel les USA n'auraient jamais &#233;t&#233; une puissance coloniale contrairement aux puissances d'Europe occidentales (Angleterre, France, Espagne, Portugal&#8230;). C'est bien entendu un mensonge : les Am&#233;riques centrale et du sud ont &#233;t&#233; colonis&#233;es et leurs r&#233;gimes cr&#233;&#233;s ou supprim&#233;s par les USA&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronologie de la colonisation de l'Am&#233;rique du Nord et l'&#233;limination syst&#233;matique des Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1798 &#224; 1800 : Quasi guerre entre la France R&#233;volutionnaire et les Etats-Unis en Mer des Antilles et sur les c&#244;tes nord-am&#233;ricaine de l'Atlantique. Termin&#233;e par le trait&#233; de Mortefontaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens d'Am&#233;rique entre 1800 et 1830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1824 Porto Rico&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention des Etats-Unis &#224; Porto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1831. Argentine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention am&#233;ricaine en Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1846 : Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue d'une guerre qu'ils avaient programm&#233;e et provoqu&#233;e, les &#201;tats-Unis s'emparent de la moiti&#233; du territoire mexicain. Ce territoire conquis s'appelle aujourd'hui : le Texas, la Californie, le Nevada, l'Utah, l'Arizona, le Nouveau-Mexique, le Colorado (en partie). &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_am%C3%A9ricano-mexicaine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00925851/document&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'intervention am&#233;ricaine au Mexique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1852-1853 : Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Marines am&#233;ricains d&#233;barquent et s'installent &#224; Buenos-Aires pour prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains face &#224; la r&#233;volution de 1852-53, r&#233;volution contre le dictateur Rosas, r&#233;volution f&#233;d&#233;raliste, guerre civile dans les provinces de Cuyo et de C&#243;rdoba, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1853 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention des &#201;tats-Unis au Nicaragua, officiellement en vue de la protection des citoyens et int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains pendant des troubles politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1854 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour venger une offense faite au &#171; ministre-r&#233;sident &#187; am&#233;ricain en poste au Nicaragua : destruction de la ville de Greytown (San Juan del Norte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1855 : Uruguay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arm&#233;es am&#233;ricaines et europ&#233;ennes d&#233;barquent pour prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains au cours d'une tentative de r&#233;volution &#224; Montevideo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1867. Les marines occupent Managua et Le&#243;n, au Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1891 Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de troupes en Ha&#239;ti pour r&#233;primer la r&#233;volte des travailleurs noirs dans l'&#238;le de Navassa revendiqu&#233;e par les USA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1891 Chili&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de troupes au Chili et affrontements avec des nationalistes Chiliens (USA love latin america !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1893 : Hawaii.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous couvert officiel de prot&#233;ger les vies et les biens des am&#233;ricains, cette intervention visa &#224; mettre en place un gouvernement provisoire sous l'autorit&#233; de Sanford D. Dole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1894 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention militaire pour prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains &#224; Bluefields &#224; la suite d'une r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1898 : Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de lib&#233;rer l'&#238;le de la tutelle espagnole, les &#201;tats-Unis s'installent et imposent une base militaire, la possibilit&#233; d'investissements financiers am&#233;ricains et un droit d'intervention dans les affaires int&#233;rieures du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1898 : Porto-Rico, Hawaii, Wake, Guam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de d&#233;faire la tutelle espagnole, les &#201;tats-Unis s'installent et imposent une base militaire, la possibilit&#233; d'investissements financiers am&#233;ricains et un droit d'intervention dans les affaires int&#233;rieures du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1898 : Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'archipel est vendu aux USA par l'Espagne (d&#233;cembre 1898), les philippins se soul&#232;vent contre les &#201;tats-Unis (f&#233;vrier 1899), les &#201;tats-Unis envoie 70 000 militaires qui mettront trois ans pour mater le soul&#232;vement (des milliers de pertes humaines). &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_am%C3%A9ricano-philippine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3577&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Et aussi l&#224;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1898 : La guerre des Bananes est une expression utilis&#233;e pour d&#233;crire l'intervention des &#201;tats-Unis en Am&#233;rique latine de la fin de la guerre hispano-am&#233;ricaine, en 1898, &#224; 1935. Ces guerres provoqu&#232;rent un engagement &#224; Cuba, au Mexique, &#224; Panama, dans la zone du canal de Panam&#225;, en Ha&#239;ti (1915-1935), en R&#233;publique dominicaine (1916-1924) et au Nicaragua (1912-1925 et 1926-1933).&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des faits les plus marquants de ces conflits fut l'occupation par l'arm&#233;e am&#233;ricaine de la ville mexicaine de Veracruz pendant plus de six mois en 1914, en r&#233;torsion &#224; l'incident de Tampico du 9 avril 1914, qui implique la br&#232;ve arrestation de marins am&#233;ricains par des soldats du r&#233;gime du pr&#233;sident mexicain Victoriano Huerta. L'incident survint dans une p&#233;riode o&#249; les relations diplomatiques avec les &#201;tats-Unis &#233;taient mauvaises, &#224; cause de la R&#233;volution mexicaine, alors en cours.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;action &#224; l'affaire de Tampico, le pr&#233;sident am&#233;ricain Woodrow Wilson ordonna &#224; la Navy d'occuper Veracruz. Huerta fut renvers&#233; et un r&#233;gime plus favorable aux &#201;tats-Unis fut mis en place. Mais l'incident d&#233;grada les relations entre les &#201;tats-Unis et le Mexique pour de nombreuses ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1901-14 Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration militaire au Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 novembre 1903, les USA imposent aux nouveaux dirigeants panam&#233;ens un trait&#233; de paix humiliant qui donne aux USA la possibilit&#233; &#171; d'exercer &#224; perp&#233;tuit&#233; tous les droits, le pouvoir et l'autorit&#233; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Annexion du canal de Panama de 1914 jusqu'en 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1903 Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention militaire am&#233;ricaine au Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1903-04 R&#233;publique dominicaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de troupes en R&#233;publique Dominicaine afin de prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1903 : Colombie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis fomentent une r&#233;volution &#224; l'issue de laquelle ils cr&#233;ent de toute pi&#232;ce la R&#233;publique de Panama qui lui assure le contr&#244;le du canal et des b&#233;n&#233;fices qu'il g&#233;n&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1903 : Colombie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aide am&#233;ricaine &#224; une r&#233;volte, visant &#224; la s&#233;paration de ce qui deviendra la r&#233;publique de Panama en vue de la construction du Canal de Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1906-09 Cuba&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention &#224; Cuba pendant les &#233;lections&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1907 Nicaragua&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention au Nicaragua, instauration d'un Protectorat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1907 Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention au Honduras (en guerre contre le Nicaragua)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1909 Nicaragua&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troupes d'occupation au Nicaragua pour y soutenir des conservateurs pro-am&#233;ricains&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1912-33 Nicaragua&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occupation pendant 20 ans du Nicaragua&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1914 Mexique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troupes d'occupation &#224; Veracruz, Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1915 : Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle intervention et occupation des troupes am&#233;ricaines pendant 19 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1916 : R&#233;publique Dominicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me intervention et maintien des troupes am&#233;ricaines pendant 8 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1916-1917 Mexique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exp&#233;dition dans le nord du Mexique &#224; la suite de l'incursion arm&#233;e de Pancho Villa aux &#201;tats-Unis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1926 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle intervention et exp&#233;dition de 5000 militaires pour contrer une r&#233;volution. L'homme des USA, Anastasio Somoza, apr&#232;s avoir fait assassiner Augusto Sandino, instaure une dictature pro-am&#233;ricaine qui durera pr&#232;s de quarante ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1917-33 Cuba&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occupation militaire et protectorat &#224; Cuba&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1918-20 Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour des forces arm&#233;ens am&#233;ricaines au Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1920 Guatemala&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention au Guatemala&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1924-25 Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervention au Honduras lors des p&#233;riodes &#233;lectorales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1925 Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pression d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale au Panama&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1932 Salvador&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de navires de guerre au Salvador durant la r&#233;volte de Faribundo Marti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux d&#233;buts des ann&#233;es 30, les dictateurs pro-am&#233;ricains prolif&#232;rent : Somoza au Nicaragua, Machado &#224; Cuba, Trujillo &#224; Saint-Domingue, Ubico au Guatemala, Andino au Honduras, Matinez au Salvador&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1946 : Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colonie am&#233;ricaine jusqu'&#224; l'occupation japonaise, les Philippines acc&#232;dent &#224; leur ind&#233;pendance en 1946 en conc&#233;dant aux &#201;tats-Unis un droit illimit&#233; d'exploitation des ressources naturelles du pays au titre des dommages de guerre. Jusqu'en 1992 les &#201;tats-Unis conservent 23 bases militaires et participent &#224; la r&#233;pression des opposants communistes ou musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1950 : Porto Rico.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les troupes am&#233;ricaines qui stationnent en permanence &#233;crasent un mouvement d'ind&#233;pendance. Deux ans plus tard, Porto Rico se voit accorder le statut d&#8216;&#201;tat libre associ&#233; aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1954 : Guatemala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration PBSUCCESS, des mercenaires entra&#238;n&#233;s par la CIA au Honduras et au Nicaragua renversent, avec l'aide de l'aviation am&#233;ricaine, le gouvernement d&#233;mocratique du pr&#233;sident Arbenz Guzman remplac&#233; par une junte militaire r&#233;clam&#233;e par Eisenhower. &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1821&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://rabac.com/demo/Relinter/Amce75.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Interventions &#233;tasuniennes des ann&#233;es 60&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1960 : Guatemala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bombardements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon les conclusions de la Commission pour la clarification historique, plus de 200,000 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es ou ont &#171; disparu &#187; pendant le conflit. Plus d'un million de Guat&#233;malt&#232;ques ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s de force &#224; l'int&#233;rieur du pays. Environ 200 000 d'entre eux ont trouv&#233; refuge au Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1821&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
1961 : Kennedy annonce la cr&#233;ation d'une &#8216;Alliance pour le progr&#232;s' &#8211; une sorte de plan Marshal pour l'Am&#233;rique Latine : &#171; un vaste effort en commun sans pr&#233;c&#233;dent par son ampleur et la noblesse des ses objectifs, pour satisfaire les besoins fondamentaux des peuples latino-am&#233;ricains en ce que concerne le logement, le travail, la terre, la sant&#233; et les &#233;coles &#187;. En r&#233;alit&#233;, il lance une intensification de la p&#233;n&#233;tration de l'arm&#233;e US dans les Etats d'Am&#233;rique latine avec multiplication des m&#233;thodes de torture et d'assassinats contre les militants syndicalistes et de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1961 : Cuba. Op&#233;ration Mongoose, arm&#233;s et entra&#238;n&#233;s par la CIA, plus de 1000 exil&#233;s cubains d&#233;barquent dans la Baie des Cochons avec l'espoir de provoquer une r&#233;bellion contre le gouvernement castriste en place tr&#232;s populaire. Le soul&#232;vement n'a pas lieu, les mercenaires sont rejet&#233;s &#224; la mer, les &#201;tats-Unis imposent un embargo &#224; Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1962 : Cuba. Crise des missiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1962 : R&#233;publique dominicaine. En 1962, le d&#233;mocrate lib&#233;ral Juan Bosh est &#233;lu. L'ambassade am&#233;ricaine contrecarra tous les efforts de Bosch pour s'assurer le soutien de la population. Toutes les r&#233;formes pr&#233;vues (agraire, ouvri&#232;re, &#8230;) furent emp&#234;ch&#233;es par l'administration Kennedy. Un coup d'Etat eu lieu, et les Etats-Unis reconnurent tout de suite le nouveau gouvernement de type militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1964 : Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Marines qui prot&#232;gent les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains du canal de Panama &#233;crasent une r&#233;volte visant &#224; nationaliser ce secteur strat&#233;gique. Apr&#232;s avoir prot&#233;g&#233; et utilis&#233; le dictateur panam&#233;en pour leurs attaques contre le Nicaragua sandiniste, les USA s'en d&#233;barrassent. 26 000 soldats am&#233;ricains envahissent le pays sous couvert de le faire compara&#238;tre devant les tribunaux am&#233;ricains pour trafic de drogue. Des centaines de civils p&#233;rissent sous les bombardements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1964 : Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renversement du pr&#233;sident Joao Goulart par un putch militaire soutenu par la CIA et instauration de la dictature du mar&#233;chal Castelo Branco. Du Br&#233;sil, pr&#233;curseur en 1964, la dictature bourgeaoise &#171; bureaucratico-militaire &#187; va se r&#233;pandre comme une tra&#238;n&#233;e de poudre : du Br&#233;sil &#224; l'Argentine en 1976, en passant par la Bolivie en 1971, l'&#201;quateur en 1972, l'Uruguay et le Chili en 1973, le P&#233;rou en 1975 (le Paraguay constituant la particularit&#233; d'une dictature plus ancienne, organis&#233;e depuis 1954 autour d'un parti-&#201;tat par le dictateur Alfredo Stroessner).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1965 : R&#233;publique Dominicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le couvert de l'Organisation des &#201;tats Am&#233;ricains, les &#201;tats-Unis interviennent militairement pour contrer une pr&#233;tendue menace communiste et provoquent un coup d'&#201;tat contre le pr&#233;sident Juan Bosch &#233;lu d&#233;mocratiquement. . Le 28 avril 1965, 400 marines d&#233;barqu&#232;rent en R&#233;publique dominicaine, &#224; Saint-Domingue, lors de l'Operation Power Pack, pour &#233;vacuer l'ambassade am&#233;ricaine et les &#233;trangers apr&#232;s une tentative de renversement de la junte civile au pouvoir par l'arm&#233;e dominicaine dissidente qui d&#233;g&#233;n&#233;ra en guerre civile. &#192; la mi-mai, le nombre de soldats, marines, et aviateurs des &#201;tats-Unis en R&#233;publique dominicaine atteignit 23 850 et 38 bateaux &#233;taient positionn&#233;s en mer. La bataille de Saint-Domingue fait quelque 10 000 victimes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1965 : P&#233;rou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bombardements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1967-69 : Guatemala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formation des forces arm&#233;es guat&#233;malt&#232;ques du pr&#233;sident Julio C&#233;sar Mendez Montenegro par les forces sp&#233;ciales am&#233;ricaines pour contrer les attaques des rebelles gauchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1973 : Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la r&#233;forme agraire et aux nationalisations, les &#201;tats-Unis, par l'interm&#233;diaire de la CIA et de la firme ITT, fomentent un coup d'&#201;tat militaire qui conduit &#224; l'extermination du pr&#233;sident &#233;lu de gauche Salvador Allende. Des milliers de morts, de femmes et d'enfants enlev&#233;s et tortur&#233;s, et l'installation de la dictature d'extr&#234;me-droite du g&#233;n&#233;ral Pinochet conseill&#233; par la CIA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article107&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1976 Argentine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un coup d'Etat est organis&#233; en Argentine conjointement avec les USA : trente mille &#171; disparus &#187; en sont victimes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1970&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1979 : La Grenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place en 1979, &#224; la Grenade, du Gouvernement r&#233;volutionnaire populaire, un r&#233;gime pro-cubain, entra&#238;ne une rapide d&#233;t&#233;rioration des relations entre ce petit pays de la Cara&#239;be et les &#201;tats-Unis. En octobre 1983, le premier ministre grenadien Maurice Bishop est renvers&#233; et tu&#233; lors d'un coup d'&#201;tat interne au r&#233;gime ; les &#201;tats-Unis constituent rapidement une coalition internationale et d&#233;ploient parachutistes, marines, rangers, et forces sp&#233;ciales sur l'&#238;le au cours de l'op&#233;ration Urgent Fury. Plus d'un millier d'Am&#233;ricains se trouvent alors sur l'&#238;le. La force d'invasion man&#339;uvre rapidement pour prendre le contr&#244;le de la totalit&#233; de l'&#238;le ; les militaires am&#233;ricains affrontent au passage le contingent pr&#233;sent &#224; la Grenade des forces arm&#233;es cubaines, ce qui repr&#233;sente &#224; ce jour le premier conflit militaire direct entre les &#201;tats-Unis et Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1980-1990 : Salvador.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis s'engagent militairement aux c&#244;t&#233; des forces gouvernementales, de l'oligarchie au pouvoir et des escadrons de la mort de l'arm&#233;e salvadorienne pour contrer la gu&#233;rilla marxiste du FMLN. En 1980, l'archev&#234;que Romero, tr&#232;s populaire chez les pauvres, est assassin&#233; par des hommes proches de la CIA. En dix ans, la guerre civile a fait plus de 100 000 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1981-1988 : Nicaragua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis n'acceptent pas la s&#233;rie de r&#233;formes que les Sandinistes du pr&#233;sident Daniel Ortega arriv&#233;s au pouvoir en 1979 engagent. Les &#201;tats-Unis apportent leur soutien aux Contras bas&#233;s au Honduras. En 1986, le scandale de l'Irangate r&#233;v&#232;le que le produit financier des ventes d'armes am&#233;ricaines &#224; l'Iran a servi a financer les Contras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1983 : Grenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration Urgent Fury, embourb&#233;s au Liban, les &#201;tats-Unis font une d&#233;monstration de force en envahissant la minuscule &#238;le de la Grenade pr&#233;textant de la s&#233;curit&#233; de quelques citoyens am&#233;ricains et pour renverser le dirigeant Maurice Bishop suite &#224; son coup d'Etat pacifique contre le r&#233;gime autoritaire du Premier Ministre Eric Gairy. Huit ans plus tard, le Wall Street Journal qualifie cette d&#233;monstration d'&#171; invasion des banques &#187;, l'&#238;le est devenue un paradis pour la fraude financi&#232;re et l'&#233;vasion fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1983-89 Honduras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoi de troupes au Honduras avec construction de bases&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1983-84 Grenade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Operation Urgent Fury &#187; &#224; Grenade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1986 : Les &#201;tats-Unis sont condamn&#233;s pour &#171; usage ill&#233;gal de la force &#187; contre le Nicaragua par la Cour internationale de justice de La Haye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1989 : Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aviation am&#233;ricaine pr&#234;te main-forte aux forces gouvernementales pour contrecarrer un des nombreux coup d'&#201;tat contre la pr&#233;sidente Corazon Aquino, farouche opposante aux communistes et aux ind&#233;pendantistes musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1989 : Panama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration Just Cause, le pr&#233;sident George H.W. Bush ordonne la prise de contr&#244;le du canal de Panama et renverse le dictateur militaire Manuel Noriega, agent double de la CIA, suite au pr&#233;texte de l'ex&#233;cution d'un soldat am&#233;ricain par des soldats panam&#233;ens. Le 20 d&#233;cembre 1989, les &#201;tats-Unis envahirent Panama, essentiellement &#224; partir de bases militaires situ&#233;es dans la zone du canal de Panam&#225;, pour chasser le dictateur et ancien agent de la CIA Manuel Noriega. En 1977, les deux nations avaient sign&#233; un trait&#233; de r&#233;trocession du canal de Panama &#224; Panama en 1999, mais les US ne souhaitaient pas abandonner le contr&#244;le d'un secteur aussi strat&#233;gique &#224; Noriega, dont le gouvernement devenait un narco-&#201;tat. Les troupes am&#233;ricaines &#233;cras&#232;rent rapidement l'arm&#233;e du Panama, et Noriega fut captur&#233; le 3 janvier 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1994 : Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant occup&#233; Ha&#239;ti de 1915 &#224; 1934 puis soutenus les deux effroyables dictatures de Fran&#231;ois et Jean-Claude Duvalier de 1957 &#224; 1986, les &#201;tats-Unis se montrent favorables au renversement par coup d'&#201;tat, en 1991, contre le dictateur Raoul C&#233;dras remplac&#233; par le le pr&#233;sident en exil Jean-Bertrand Aristide escort&#233; par 22000 soldats am&#233;ricains. Parmi les militaires impliqu&#233;s dans le coup d'&#201;tat, le colonel Fran&#231;ois qui a &#233;t&#233; form&#233;, comme les dictateurs latino-am&#233;ricains Noriega et d'Aubuisson, dans la m&#234;me acad&#233;mie militaire am&#233;ricaine. Trois ans plus tard les &#201;tats-Unis interviennent militairement pour remettre en scelle le pr&#233;sident d&#233;chu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1999 : Colombie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Plan Colombie est mis en place sous Clinton, en 1999, l'aide US va passer de 30 millions de dollars &#224; 2 040 millions de dollars entre 1999 et 2002, dont 81% en armement, le reste pour la d&#233;fense des droits de l'homme et autres projets civils.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le but d&#233;clar&#233; est la lutte contre le trafic de drogue. Avant la surface de culture de coca s'&#233;levait &#224; 40 000 voire &#224; 50 000 hectares. Avec le Plan Colombie les niveaux de culture de coca ont augment&#233; tr&#232;s sensiblement. En 2001, la surface cultiv&#233;e &#233;tait de 169 000 hectares. On parle maintenant d'environ 100 000 hectares. Le gros probl&#232;me est que les cultures sont tr&#232;s tr&#232;s mobile. D'une ann&#233;e &#224; l'autre elles peuvent changer de r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but le Plan Colombie a provoqu&#233; un mouvement de contestation &#233;lev&#233;. Face &#224; cette pression, le gouvernement colombien avait accept&#233; de limiter &#224; 800 le nombre de membres des forces de s&#233;curit&#233; priv&#233;e et de militaires &#233;tats-uniens autoris&#233;s &#224; entrer sur le territoire colombien, 400 militaires &#233;tats-uniens et 400 personnels des forces de s&#233;curit&#233; priv&#233;e. Ce qui a facilement &#233;t&#233; contourn&#233; puis supprim&#233; par le pr&#233;sident Bush : le Plan Colombie est devenu le Plan Patriota.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce Plan fait partie de la lutte anti-terroriste, les US ont qualifi&#233; les groupes arm&#233;s ill&#233;gaux colombiens de terroriste et veut donc les supprimer. D'une mani&#232;re plus r&#233;aliste le but est d'affaiblir suffisamment ces groupes arm&#233;s pour les contraindrent &#224; venir n&#233;gocier la paix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Colin Powel, s'est engag&#233; pour un montant de 731 millions de dollars pour financer la participation de l'Equateur, Bolivie et P&#233;rou dans les op&#233;rations militaires. Les principaux foyers de violence en Colombie, qui provoquent l'expulsion de la population indig&#232;ne et paysanne de ses terres, co&#239;ncident avec les r&#233;gions les plus riches en p&#233;trole et en biodiversit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Plan Colombie facilite la r&#233;alisation de m&#233;gaprojets hydro&#233;lectriques, p&#233;trolif&#232;res et miniers, patronn&#233;s par la Banque mondiale et par des entreprises multinationales. Plus d'un million d'hectares de bois en Colombie ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; contamin&#233;s par les fumigations &#224; base d'agents chimiques, et le nombre de d&#233;plac&#233;s atteint les 3 millions de personnes. Au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, le nombre de morts a atteint le chiffre de 200 000, dont 5 000 dirigeants de syndicats et de mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2002 : Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;ration Enduring Freedom, soutien &#233;conomique et militaire au gouvernement philippin contre les gu&#233;rillas. En janvier 2002, les &#201;tats-Unis envoy&#232;rent plus de 1 200 hommes pour aider l'arm&#233;e des Philippines &#224; combattre des groupes terroristes li&#233;s &#224; al-Qaida, tel qu'Abu Sayyaf. Les interventions eurent essentiellement lieu dans l'archipel de Sulu, o&#249; des terroristes et d'autres sont actifs. La plus grande partie des effectifs fournit une aide logistique, mais une part consid&#233;rable est constitu&#233;e d'hommes des forces sp&#233;ciales qui entra&#238;nent et aident aux op&#233;rations de combat contre les groupes terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2004 : Ha&#239;ti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Intervention militaire US avec l'aide de la France pour chasser le pr&#233;sident Jean-Bertrand Aristide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2010 Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte d'un tremblement de terre, les USA d&#233;barquent des tonnes de troupes US qu'elles couvrent d'une intervention militaire et polici&#232;re internationale. L'intervention humanitaire, elle, est vraiment la couverture mensong&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1566&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Causes de l'intervention militaire en Ha&#239;ti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A lire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve215&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve203&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire encore :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1982_num_47_2_3129&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire des interventions US&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/cercle-leon-trotsky/article/les-etats-unis-et-l-amerique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les USA et l'Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.resistances.be/chili02.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Op&#233;ration Condor&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=1TAOgHw1dz8C&amp;pg=PA90&amp;dq=interventions+des+usa+am%C3%A9rique+latine&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=interventions%20des%20usa%20am%C3%A9rique%20latine&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;USA-Cuba&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=XCxzVhcS7wkC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=interventions+des+usa+am%C3%A9rique+latine&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=interventions%20des%20usa%20am%C3%A9rique%20latine&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Am&#233;rique latine, vue des Etats-Unis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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