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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Marx et Engels sur l'organisation des travailleurs</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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&lt;p&gt;1847 &lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#232;ves et regroupements de travailleurs &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Tout mouvement &#224; la hausse des salaires ne peut avoir d'autre effet qu'une hausse du prix du bl&#233;, du vin, etc., c'est-&#224;-dire l'effet d'une disette. A quoi servent les salaires ? Il s'agit du prix de revient du ma&#239;s, etc. ; ils sont le prix int&#233;gral de tout. On peut aller encore plus loin : le salaire est la proportion des &#233;l&#233;ments composant la richesse et consomm&#233;s de mani&#232;re reproductive chaque jour par la masse des travailleurs. Or, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique83" rel="directory"&gt;6- L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;1847&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gr&#232;ves et regroupements de travailleurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout mouvement &#224; la hausse des salaires ne peut avoir d'autre effet qu'une hausse du prix du bl&#233;, du vin, etc., c'est-&#224;-dire l'effet d'une disette. A quoi servent les salaires ? Il s'agit du prix de revient du ma&#239;s, etc. ; ils sont le prix int&#233;gral de tout. On peut aller encore plus loin : le salaire est la proportion des &#233;l&#233;ments composant la richesse et consomm&#233;s de mani&#232;re reproductive chaque jour par la masse des travailleurs. Or, doubler les salaires... c'est attribuer &#224; chacun des producteurs une part plus grande que son produit, ce qui est contradictoire, et si la hausse ne s'&#233;tend qu'&#224; un petit nombre d'industries, elle am&#232;ne une perturbation g&#233;n&#233;rale des &#233;changes ; en un mot, une disette....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est impossible, je le d&#233;clare, que des gr&#232;ves suivies d'augmentations de salaires n'aboutissent pas &#224; une hausse g&#233;n&#233;rale des prix : c'est aussi certain que deux et deux font quatre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Proudhon, Vol. I, p. 110 et 111)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nions toutes ces affirmations, sauf que deux et deux font quatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, il n'y a pas de hausse g&#233;n&#233;rale des prix . Si le prix de tout double en m&#234;me temps que les salaires, il n'y a pas de changement de prix, le seul changement est celui des termes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, une hausse g&#233;n&#233;rale des salaires ne peut jamais produire une hausse plus ou moins g&#233;n&#233;rale du prix des marchandises. En fait, si chaque industrie employait le m&#234;me nombre de travailleurs par rapport au capital fixe ou aux instruments utilis&#233;s, une augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires produirait une baisse g&#233;n&#233;rale des profits et le prix courant des marchandises ne subirait aucune modification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme le rapport entre le travail manuel et le capital fixe n'est pas le m&#234;me dans les diff&#233;rentes industries, toutes les industries qui emploient une masse relativement plus grande de capital et moins de travailleurs seront oblig&#233;es t&#244;t ou tard de baisser le prix de leurs marchandises. Dans le cas contraire, o&#249; le prix de leurs marchandises ne baisse pas, leur profit s'&#233;l&#232;vera au-dessus du taux commun des profits. Les machines ne sont pas des salari&#233;s. La hausse g&#233;n&#233;rale des salaires affectera donc moins les industries qui, par rapport aux autres, emploient plus de machines que de travailleurs. Mais comme la concurrence tend toujours &#224; niveler le taux des profits, les profits qui s'&#233;l&#232;vent au-dessus du taux moyen ne peuvent qu'&#234;tre transitoires. Ainsi, &#224; quelques fluctuations pr&#232;s, une hausse g&#233;n&#233;rale des salaires conduira, non comme le dit M. Proudhon, &#224; une hausse g&#233;n&#233;rale des prix, mais &#224; une baisse partielle, c'est-&#224;-dire une baisse du prix courant des marchandises fabriqu&#233;es. principalement &#224; l'aide de machines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse et la baisse des profits et des salaires expriment simplement la proportion dans laquelle capitalistes et ouvriers se partagent le produit d'une journ&#233;e de travail, sans influencer dans la plupart des cas le prix du produit. Mais que &#171; des gr&#232;ves suivies d'augmentations de salaires aboutissent &#224; une hausse g&#233;n&#233;rale des prix, voire &#224; une disette &#187;, voil&#224; des notions qui ne peuvent fleurir que dans le cerveau d'un po&#232;te incompris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre, les gr&#232;ves ont r&#233;guli&#232;rement donn&#233; lieu &#224; l'invention et &#224; l'application de nouvelles machines. Les machines &#233;taient, peut-on dire, l'arme employ&#233;e par le capitaliste pour r&#233;primer la r&#233;volte du travail sp&#233;cialis&#233;. La mule autonome , la plus grande invention de l'industrie moderne, mit hors de combat les fileurs r&#233;volt&#233;s. Si les coalitions et les gr&#232;ves n'avaient d'autre effet que de faire r&#233;agir contre elles les efforts du g&#233;nie m&#233;canique, elles exerceraient encore une immense influence sur le d&#233;veloppement de l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je trouve, continue M. Proudhon, dans un article publi&#233; par M. L&#233;on Faucher... septembre 1845, que depuis quelque temps les ouvriers britanniques ont perdu l'habitude de se regrouper, ce qui est assur&#233;ment un progr&#232;s pour lequel on ne peut mais f&#233;licitez-les : mais cette am&#233;lioration du moral des ouvriers vient surtout de leur &#233;ducation &#233;conomique. &#171; Ce n'est pas des fabricants, s'&#233;crie un ouvrier de filature lors d'une r&#233;union &#224; Bolton, que d&#233;pendent les salaires. Dans les p&#233;riodes de d&#233;pression, les ma&#238;tres ne sont pour ainsi dire que le fouet dont la n&#233;cessit&#233; s'arme et, qu'ils le veuillent ou non, ils doivent porter des coups. Le principe r&#233;gulateur est la relation entre l'offre et la demande ; et les ma&#238;tres n'ont pas ce pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Bien jou&#233; !&#034; s'&#233;crie M. Proudhon. &#171; Ce sont des travailleurs bien form&#233;s, des travailleurs mod&#232;les, etc., etc., etc. Une telle pauvret&#233; n'existait pas en Grande-Bretagne ; il ne traversera pas la Manche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Proudhon, Vol. I, p. 261 et 262)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les villes d'Angleterre, Bolton est celle o&#249; le radicalisme est le plus d&#233;velopp&#233;. Les ouvriers de Bolton sont connus pour &#234;tre les plus r&#233;volutionnaires de tous. A l'&#233;poque de la grande agitation en Angleterre pour l'abolition des Corn Laws, les fabricants anglais pensaient qu'ils ne pourraient faire face aux propri&#233;taires terriens qu'en mettant les ouvriers au premier plan. Mais comme les int&#233;r&#234;ts des ouvriers n'&#233;taient pas moins oppos&#233;s &#224; ceux des fabricants que les int&#233;r&#234;ts des fabricants ne l'&#233;taient &#224; ceux des propri&#233;taires fonciers, il &#233;tait naturel que les fabricants se trouvent mal dans les r&#233;unions ouvri&#232;res. Qu'ont fait les constructeurs ? Pour sauver les apparences, ils organis&#232;rent des r&#233;unions compos&#233;es en grande partie de contrema&#238;tres, du petit nombre d'ouvriers qui leur &#233;taient d&#233;vou&#233;s et des vrais amis du m&#233;tier . Lorsque, plus tard, les v&#233;ritables travailleurs ont tent&#233;, comme &#224; Bolton et &#224; Manchester, de prendre part &#224; ces fausses manifestations pour protester contre elles, on leur a interdit l'entr&#233;e au motif qu'il s'agissait d'une r&#233;union &#224; billet &#8211; une r&#233;union &#224; laquelle seules les personnes ayant les qualifications requises &#233;taient autoris&#233;es. les cartes d'entr&#233;e &#233;taient admises. Pourtant les affiches placard&#233;es sur les murs annon&#231;aient des r&#233;unions publiques. Chaque fois qu'une de ces r&#233;unions avait lieu, les journaux des constructeurs rendaient compte de mani&#232;re pompeuse et d&#233;taill&#233;e des discours prononc&#233;s. Il va sans dire que ce sont les contrema&#238;tres qui faisaient ces discours. Les journaux de Londres les reproduisent mot pour mot. M. Proudhon a le malheur de prendre des contrema&#238;tres pour de simples ouvriers, et il leur enjoint de ne pas traverser la Manche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si en 1844 et 1845 les gr&#232;ves retinrent moins l'attention qu'auparavant, c'est parce que 1844 et 1845 furent les deux premi&#232;res ann&#233;es de prosp&#233;rit&#233; que l'industrie britannique connut depuis 1837. N&#233;anmoins aucun des syndicats n'avait &#233;t&#233; dissous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;coutons maintenant les contrema&#238;tres de Bolton. Selon eux, les fabricants n'ont aucun contr&#244;le sur les salaires parce qu'ils n'ont aucun contr&#244;le sur le prix des produits, et ils n'ont aucun contr&#244;le sur le prix des produits parce qu'ils n'ont aucun contr&#244;le sur le march&#233; mondial. C'est pourquoi ils souhaitent qu'il soit entendu qu'il ne faut pas former de coalitions pour extorquer aux patrons une augmentation de salaire. M. Proudhon, au contraire, interdit les coalitions, de peur qu'elles ne soient suivies d'une hausse des salaires qui n'entra&#238;nerait une disette g&#233;n&#233;rale. Inutile de dire que sur un point il y a une entente cordiale entre les contrema&#238;tres et M. Proudhon : qu'une hausse des salaires &#233;quivaut &#224; une hausse du prix des produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la crainte de la disette est-elle la v&#233;ritable cause de la rancune de M. Proudhon ? Non. Tout simplement, il est ennuy&#233; par les contrema&#238;tres de Bolton parce qu'ils d&#233;terminent la valeur par l'offre et la demande et ne tiennent pratiquement pas compte de la valeur constitu&#233;e , de la valeur pass&#233;e &#224; l'&#233;tat de constitution, de la constitution de la valeur, y compris l'&#233;changeabilit&#233; permanente et toutes les autres proportionnalit&#233;s de rapports et rapports de proportionnalit&#233;, avec la Providence &#224; leurs c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une gr&#232;ve ouvri&#232;re est ill&#233;gale, et ce n'est pas seulement le Code p&#233;nal qui le dit, c'est le syst&#232;me &#233;conomique, la n&#233;cessit&#233; de l'ordre &#233;tabli...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que chaque ouvrier individuellement dispose librement de sa personne et de ses mains, cela peut &#234;tre tol&#233;r&#233;, mais que les ouvriers entreprennent par coalition de faire violence au monopole, c'est quelque chose que la soci&#233;t&#233; ne peut permettre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Vol. I, p. 334 et 335)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Proudhon veut faire passer un article du Code p&#233;nal comme une cons&#233;quence n&#233;cessaire et g&#233;n&#233;rale des rapports de production bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre, le regroupement est autoris&#233; par une loi du Parlement, et c'est le syst&#232;me &#233;conomique qui a contraint le Parlement &#224; accorder cette autorisation l&#233;gale. En 1825, lorsque, sous le ministre Huskisson, le Parlement dut modifier la loi pour la rendre de plus en plus conforme aux conditions r&#233;sultant de la libre concurrence, il dut n&#233;cessairement abolir toutes les lois interdisant les regroupements d'ouvriers. Plus l'industrie et la concurrence se d&#233;veloppent, plus il y a d'&#233;l&#233;ments qui provoquent et renforcent la combinaison, et d&#232;s que la combinaison devient un fait &#233;conomique, gagnant chaque jour en solidit&#233;, elle ne tardera pas &#224; devenir un fait juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'article du Code p&#233;nal prouve tout au plus que l'industrie moderne et la concurrence n'&#233;taient pas encore bien d&#233;velopp&#233;es sous l'Assembl&#233;e constituante et sous l'Empire. [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;conomistes et socialistes [*1] sont d'accord sur un point : la condamnation de la combinaison . Seulement, ils ont des motifs diff&#233;rents pour justifier leur acte de condamnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes disent aux travailleurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne combinez pas. Par la combinaison vous g&#234;nez le progr&#232;s r&#233;gulier de l'industrie, vous emp&#234;chez les fabricants d'ex&#233;cuter leurs commandes, vous perturbez le commerce et vous pr&#233;cipitez l'invasion des machines qui, en rendant votre travail en partie inutile, vous obligent &#224; accepter un salaire encore inf&#233;rieur. D'ailleurs, quoi que vous fassiez, votre salaire sera toujours d&#233;termin&#233; par le rapport des mains demand&#233;es aux mains fournies, et c'est un effort aussi ridicule que dangereux pour vous de vous r&#233;volter contre les lois &#233;ternelles de l'&#233;conomie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes disent aux ouvriers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne combinez pas, car de toute fa&#231;on, qu'y gagnerez-vous ? Une hausse des salaires ? Les &#233;conomistes vous prouveront bien clairement que les quelques gains que vous pourrez en tirer pendant quelques instants si vous r&#233;ussissez seront suivis d'une baisse permanente. D'habiles calculateurs vous prouveront qu'il vous faudrait des ann&#233;es pour r&#233;cup&#233;rer, par l'augmentation de vos salaires, les d&#233;penses occasionn&#233;es par l'organisation et l'entretien des combinaisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous, socialistes, vous disons qu'en dehors de la question d'argent, vous continuerez n&#233;anmoins &#224; &#234;tre des ouvriers, et que les ma&#238;tres continueront &#224; &#234;tre les ma&#238;tres, comme avant. Donc pas de combinaison ! Pas de politique ! Car entrer en coalition, n'est-ce pas s'engager dans la politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes veulent que les ouvriers restent dans la soci&#233;t&#233; telle qu'elle est constitu&#233;e et telle qu'elle a &#233;t&#233; sign&#233;e et scell&#233;e par eux dans leurs manuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes veulent que les ouvriers abandonnent l'ancienne soci&#233;t&#233; pour mieux pouvoir entrer dans la nouvelle soci&#233;t&#233; qu'ils leur ont pr&#233;par&#233;e avec tant de pr&#233;voyance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les deux, malgr&#233; les manuels et les utopies, la combinaison n'a pas encore cess&#233; un instant d'avancer et de cro&#238;tre avec le d&#233;veloppement et la croissance de l'industrie moderne. Elle est aujourd'hui parvenue &#224; un tel stade que le degr&#233; auquel la combinaison s'est d&#233;velopp&#233;e dans un pays donn&#233; marque clairement le rang qu'il occupe dans la hi&#233;rarchie du march&#233; mondial. L'Angleterre, dont l'industrie a atteint le plus haut degr&#233; de d&#233;veloppement, poss&#232;de les combinaisons les plus nombreuses et les mieux organis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre, on ne s'est pas arr&#234;t&#233; &#224; des combinaisons partielles qui n'ont d'autre objectif qu'une frappe passag&#232;re, et qui disparaissent avec elle. Des coalitions permanentes se sont constitu&#233;es, des syndicats , qui servent de remparts aux ouvriers dans leurs luttes contre le patronat. Et &#224; l'heure actuelle, tous ces syndicats locaux trouvent un point de ralliement dans la National Association of United Trades , dont le comit&#233; central est &#224; Londres et qui compte d&#233;j&#224; 80 000 membres. L'organisation de ces gr&#232;ves, coalitions et syndicats se poursuivit simultan&#233;ment avec les luttes politiques des ouvriers, qui constituent aujourd'hui un grand parti politique, sous le nom de Chartistes .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re tentative des travailleurs de s'associer entre eux se fait toujours sous forme de combinaisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande industrie concentre en un m&#234;me lieu une foule de gens qui ne se connaissent pas. La concurrence divise leurs int&#233;r&#234;ts. Mais le maintien des salaires, cet int&#233;r&#234;t commun qu'ils ont contre leur patron, les unit dans une pens&#233;e commune de r&#233;sistance &#8211; de combinaison . Ainsi, la coalition a toujours un double objectif : mettre un terme &#224; la concurrence entre les travailleurs, afin qu'ils puissent poursuivre une concurrence g&#233;n&#233;rale avec le capitaliste. Si le premier but de la r&#233;sistance &#233;tait simplement le maintien des salaires, les coalitions, d'abord isol&#233;es, se constituent en groupes &#224; mesure que les capitalistes s'unissent &#224; leur tour en vue de la r&#233;pression, et face &#224; un capital toujours uni, le maintien de l'association. leur devient plus n&#233;cessaire que celui du salaire. C'est si vrai que les &#233;conomistes anglais s'&#233;tonnent de voir les ouvriers sacrifier une bonne partie de leur salaire au profit d'associations qui, aux yeux de ces &#233;conomistes, sont &#233;tablies uniquement en faveur des salaires. Dans cette lutte &#8211; v&#233;ritable guerre civile &#8211; tous les &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; une bataille &#224; venir s'unissent et se d&#233;veloppent. Une fois parvenue &#224; ce point, l'association prend un caract&#232;re politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions &#233;conomiques avaient d'abord transform&#233; la masse de la population du pays en travailleurs. La combinaison du capital a cr&#233;&#233; pour cette masse une situation commune, des int&#233;r&#234;ts communs. Cette masse est donc d&#233;j&#224; une classe contre le capital, mais pas encore pour elle-m&#234;me. Dans la lutte, dont nous n'avons not&#233; que quelques phases, cette masse s'unit et se constitue comme classe &#224; part. Les int&#233;r&#234;ts qu'elle d&#233;fend deviennent des int&#233;r&#234;ts de classe. Mais la lutte de classe contre classe est une lutte politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la bourgeoisie, nous avons deux phases &#224; distinguer : celle o&#249; elle s'est constitu&#233;e en classe sous le r&#233;gime de la f&#233;odalit&#233; et de la monarchie absolue, et celle o&#249;, d&#233;j&#224; constitu&#233;e en classe, elle a renvers&#233; la f&#233;odalit&#233; et la monarchie pour faire de la soci&#233;t&#233; une soci&#233;t&#233; bourgeoise. soci&#233;t&#233;. La premi&#232;re de ces phases fut la plus longue et n&#233;cessita les plus grands efforts. Cela aussi commen&#231;a par des coalitions partielles contre les seigneurs f&#233;odaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses recherches ont &#233;t&#233; men&#233;es pour retracer les diff&#233;rentes phases historiques par lesquelles la bourgeoisie est pass&#233;e, depuis la commune jusqu'&#224; sa constitution en classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsqu'il s'agit de faire une &#233;tude pr&#233;cise des gr&#232;ves, regroupements et autres formes sous lesquelles les prol&#233;taires r&#233;alisent sous nos yeux leur organisation en classe, les uns sont saisis d'une peur r&#233;elle et les autres affichent un d&#233;dain transcendantal .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une classe opprim&#233;e est la condition vitale de toute soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur l'antagonisme des classes. L'&#233;mancipation de la classe opprim&#233;e implique donc n&#233;cessairement la cr&#233;ation d'une nouvelle soci&#233;t&#233;. Pour que la classe opprim&#233;e puisse s'&#233;manciper, il faut que les puissances productives d&#233;j&#224; acquises et les rapports sociaux existants ne puissent plus coexister. De tous les instruments de production, la plus grande puissance productive est la classe r&#233;volutionnaire elle-m&#234;me. L'organisation des &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires en classe suppose l'existence de toutes les forces productives qui pourraient &#234;tre engendr&#233;es au sein de l'ancienne soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie-t-il qu'apr&#232;s la chute de l'ancienne soci&#233;t&#233;, il y aura une nouvelle domination de classe aboutissant &#224; un nouveau pouvoir politique ? Non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition de l'&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re est l'abolition de toute classe, tout comme la condition de la lib&#233;ration du tiers-&#233;tat, de l'ordre bourgeois, &#233;tait l'abolition de tous les domaines et de tous les ordres. [*2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re, au cours de son d&#233;veloppement, substituera &#224; l'ancienne soci&#233;t&#233; civile une association qui exclura les classes et leurs antagonismes, et il n'y aura plus de pouvoir politique proprement dit, puisque le pouvoir politique est pr&#233;cis&#233;ment l'expression officielle de la volont&#233; politique. antagonisme dans la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, l'antagonisme entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie est une lutte de classe contre classe, une lutte qui, port&#233;e &#224; sa plus haute expression, est une r&#233;volution totale. En effet, est-il surprenant qu'une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur l' opposition des classes aboutisse &#224; la contradiction brutale , au choc des corps contre les corps, comme d&#233;nouement final ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne dites pas que le mouvement social exclut le mouvement politique. Il n'y a jamais de mouvement politique qui ne soit en m&#234;me temps social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que dans un ordre de choses o&#249; il n'y aura plus de classes et d'antagonismes de classes que les &#233;volutions sociales cesseront d'&#234;tre des r&#233;volutions politiques . D'ici l&#224;, &#224; la veille de tout remaniement g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233;, le dernier mot des sciences sociales sera toujours :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le combat ou la mort ; la lutte sanguinaire ou le n&#233;ant. C'est ainsi que la question est invinciblement pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Extrait du roman Jean Siska de George Sand :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le combat ou la mort : lutte sanglante ou extinction. C'est ainsi que la question se pose inexorablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes de bas de page&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Les lois alors en vigueur en France &#8211; la loi dite Le Chapelier adopt&#233;e en 1791 lors de la r&#233;volution par l'Assembl&#233;e constituante et le code p&#233;nal &#233;labor&#233; sous l'Empire napol&#233;onien &#8211; interdisaient aux ouvriers de se syndiquer ou de se rendre en gr&#232;ve. L'interdiction des syndicats a &#233;t&#233; abolie en France en 1884.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[*1] C'est-&#224;-dire les socialistes de l'&#233;poque : les fouri&#233;ristes en France, les owenistes en Angleterre. FE [&#8211; Note d'Engels sur l'&#233;dition allemande, 1885]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[*2] Domaines ici au sens historique des domaines de la f&#233;odalit&#233;, domaines aux privil&#232;ges d&#233;finis et limit&#233;s. La r&#233;volution de la bourgeoisie a aboli les domaines et leurs privil&#232;ges. La soci&#233;t&#233; bourgeoise ne conna&#238;t que des classes . Il &#233;tait donc absolument en contradiction avec l'histoire de d&#233;crire le prol&#233;tariat comme le &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187;. [&#8211; Engels, &#233;dition allemande de 1885.]&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Discours du Comit&#233; central &#224; la Ligue communiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Londres, mars 1850&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des deux ann&#233;es r&#233;volutionnaires de 1848-1849, la Ligue fit ses preuves de deux mani&#232;res. Premi&#232;rement, ses membres se sont partout impliqu&#233;s &#233;nergiquement dans le mouvement et se sont tenus aux premiers rangs de la seule classe r&#233;solument r&#233;volutionnaire, le prol&#233;tariat, dans la presse, sur les barricades et sur les champs de bataille. La Ligue a en outre fait ses preuves dans la mesure o&#249; sa compr&#233;hension du mouvement, telle qu'exprim&#233;e dans les circulaires publi&#233;es par les Congr&#232;s et le Comit&#233; central de 1847 et dans le Manifeste du Parti communiste , s'est r&#233;v&#233;l&#233;e la seule correcte, et les attentes exprim&#233;es dans ces documents ont &#233;t&#233; pleinement remplies. Ce message, autrefois propag&#233; en secret par la Ligue, est d&#233;sormais sur toutes les l&#232;vres et pr&#234;ch&#233; ouvertement sur le march&#233;. Mais dans le m&#234;me temps, l'organisation autrefois solide de la Ligue s'est consid&#233;rablement affaiblie. Un grand nombre de membres directement impliqu&#233;s dans le mouvement pensaient que le temps des soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes &#233;tait r&#233;volu et que la seule action publique suffisait. Les diff&#233;rents districts et communes ont laiss&#233; leurs liens avec le Comit&#233; central s'affaiblir et s'endormir progressivement. Ainsi, tandis que le parti d&#233;mocrate, le parti de la petite-bourgeoisie, s'organise de plus en plus en Allemagne, le parti ouvrier a perdu son seul point d'ancrage solide, restant organis&#233; au mieux dans des localit&#233;s individuelles pour des objectifs locaux ; au sein du mouvement g&#233;n&#233;ral, elle est par cons&#233;quent tomb&#233;e sous la domination et la direction compl&#232;tes des d&#233;mocrates petits-bourgeois. Cette situation ne peut pas durer ; l'ind&#233;pendance des travailleurs doit &#234;tre restaur&#233;e. Le Comit&#233; central reconnut cette n&#233;cessit&#233; et envoya donc un &#233;missaire, Joseph Moll, en Allemagne au cours de l'hiver 1848-1849 pour r&#233;organiser la Ligue. La mission de Moll n'a cependant pas produit d'effet durable, en partie parce que les ouvriers allemands de l'&#233;poque n'avaient pas assez d'exp&#233;rience et en partie parce qu'elle a &#233;t&#233; interrompue par l'insurrection de mai dernier. Moll lui-m&#234;me prit les armes, rejoignit l'arm&#233;e du Bade-Palatinat et tomba le 29 juin lors de la bataille de la Murg. La Ligue perdit en lui l'un des membres les plus anciens, les plus actifs et les plus fiables, qui avait particip&#233; &#224; tous les congr&#232;s et comit&#233;s centraux et qui avait auparavant men&#233; une s&#233;rie de missions avec beaucoup de succ&#232;s. Depuis la d&#233;faite des partis r&#233;volutionnaires allemand et fran&#231;ais en juillet 1849, presque tous les membres du Comit&#233; central se sont rassembl&#233;s &#224; Londres : ils ont reconstitu&#233; leurs effectifs avec de nouvelles forces r&#233;volutionnaires et ont entrepris de r&#233;organiser la Ligue avec un z&#232;le renouvel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;organisation ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233;e que par un &#233;missaire, et le Comit&#233; central consid&#232;re qu'il est tr&#232;s important d'envoyer cet &#233;missaire au moment m&#234;me o&#249; une nouvelle r&#233;volution est imminente, c'est-&#224;-dire lorsque le parti ouvrier doit entrer dans la bataille avec toute la force n&#233;cessaire. d'organisation, d'unit&#233; et d'ind&#233;pendance, afin qu'elle ne soit pas exploit&#233;e et prise en charge par la bourgeoisie comme en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous avions d&#233;j&#224; dit en 1848, mes fr&#232;res, que la bourgeoisie lib&#233;rale allemande arriverait bient&#244;t au pouvoir et retournerait imm&#233;diatement son pouvoir nouvellement conquis contre les ouvriers. Vous avez vu comment cette pr&#233;vision s'est r&#233;alis&#233;e. C'est en effet la bourgeoisie qui a pris possession de l'autorit&#233; de l'&#201;tat &#224; la suite du mouvement de mars 1848 et a utilis&#233; ce pouvoir pour repousser les ouvriers, ses alli&#233;s dans la lutte, vers leur ancienne position d'oppression. Bien que la bourgeoisie n'ait pu y parvenir qu'en concluant une alliance avec le parti f&#233;odal vaincu en mars et qu'elle ait finalement d&#251; c&#233;der &#224; nouveau le pouvoir &#224; ce parti f&#233;odal absolutiste, elle s'est n&#233;anmoins assur&#233;e des conditions favorables. Compte tenu des difficult&#233;s financi&#232;res du gouvernement, ces conditions garantiraient qu'&#224; long terme le pouvoir retomberait entre ses mains et que tous ses int&#233;r&#234;ts seraient sauvegard&#233;s, s'il &#233;tait possible au mouvement r&#233;volutionnaire d'assumer d&#233;sormais ce qu'on appelle cours pacifique du d&#233;veloppement. Pour garantir son pouvoir, la bourgeoisie n'aurait m&#234;me pas besoin d'attiser la haine en prenant des mesures violentes contre le peuple, puisque toutes ces mesures violentes ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mises en &#339;uvre par la contre-r&#233;volution f&#233;odale. Mais les &#233;v&#233;nements ne suivront pas ce cours pacifique. Au contraire, la r&#233;volution qui acc&#233;l&#233;rera le cours des &#233;v&#233;nements est imminente, qu'elle soit initi&#233;e par un soul&#232;vement ind&#233;pendant du prol&#233;tariat fran&#231;ais ou par une invasion de la Babel r&#233;volutionnaire par la Sainte-Alliance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le perfide que la bourgeoisie lib&#233;rale allemande a jou&#233; contre le peuple en 1848 sera assum&#233; dans la r&#233;volution &#224; venir par la petite bourgeoisie d&#233;mocratique, qui occupe d&#233;sormais dans l'opposition la m&#234;me position que la bourgeoisie lib&#233;rale d'avant 1848. Ce parti d&#233;mocratique, qui est bien plus dangereux pour les ouvriers que ne l'&#233;taient auparavant les lib&#233;raux, est compos&#233; de trois &#233;l&#233;ments : 1) Les &#233;l&#233;ments les plus progressistes de la grande bourgeoisie, qui poursuivent l'objectif du renversement imm&#233;diat et complet de la f&#233;odalit&#233; et de l'absolutisme. Cette fraction est repr&#233;sent&#233;e par l'ancien Berlin Vereinbarer, les r&#233;sistants aux imp&#244;ts ; 2) Le petit bourgeois constitutionnel-d&#233;mocrate, dont l'objectif principal lors du mouvement pr&#233;c&#233;dent &#233;tait la formation d'un Etat f&#233;d&#233;ral plus ou moins d&#233;mocratique ; c'est pour cela que leurs repr&#233;sentants, la gauche &#224; l'Assembl&#233;e de Francfort et plus tard au Parlement de Stuttgart, ont &#339;uvr&#233;, comme ils l'ont eux-m&#234;mes fait dans la campagne pour la Constitution du Reich ; 3) Les petits-bourgeois r&#233;publicains, dont l'id&#233;al est une r&#233;publique f&#233;d&#233;rale allemande semblable &#224; celle de la Suisse et qui se disent d&#233;sormais &#171; rouges &#187; et &#171; sociaux-d&#233;mocrates &#187; parce qu'ils nourrissent le pieux d&#233;sir d'abolir la pression exerc&#233;e par le grand capital sur le petit capital. , par la grande bourgeoisie sur la petite bourgeoisie. Les repr&#233;sentants de cette fraction &#233;taient les membres des congr&#232;s et comit&#233;s d&#233;mocratiques, les dirigeants des associations d&#233;mocratiques et les r&#233;dacteurs des journaux d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s leur d&#233;faite, toutes ces fractions se pr&#233;tendent &#171; r&#233;publicaines &#187; ou &#171; rouges &#187;, tout comme aujourd'hui les membres de la petite bourgeoisie r&#233;publicaine en France se disent &#171; socialistes &#187;. L&#224; o&#249;, comme dans le Wurtemberg, en Bavi&#232;re, etc., ils trouvent encore une chance de parvenir &#224; leurs fins par la voie constitutionnelle, ils profitent de l'occasion pour conserver leurs anciennes phrases et prouver par leurs actes qu'ils n'ont pas chang&#233; le moins du monde. En outre, il va sans dire que le changement de nom de ce parti ne modifie en rien ses rapports avec les travailleurs, mais prouve simplement qu'il est d&#233;sormais oblig&#233; de former un front contre la bourgeoisie unie &#224; l'absolutisme et de rechercher le soutien du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti d&#233;mocrate petit-bourgeois en Allemagne est tr&#232;s puissant. Elle n'embrasse pas seulement la grande majorit&#233; de la classe moyenne urbaine, les petits commer&#231;ants industriels et les ma&#238;tres artisans ; il compte aussi parmi ses partisans les paysans et le prol&#233;tariat rural, dans la mesure o&#249; ce dernier n'a pas encore trouv&#233; d'appui parmi le prol&#233;tariat ind&#233;pendant des villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation du parti ouvrier r&#233;volutionnaire avec les d&#233;mocrates petits-bourgeois est la suivante : il coop&#232;re avec eux contre le parti qu'ils visent &#224; renverser ; il s'oppose &#224; eux partout o&#249; ils souhaitent assurer leur propre position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les petits-bourgeois d&#233;mocrates, loin de vouloir transformer la soci&#233;t&#233; enti&#232;re dans l'int&#233;r&#234;t des prol&#233;taires r&#233;volutionnaires, aspirent seulement &#224; un changement des conditions sociales qui rendra la soci&#233;t&#233; existante aussi tol&#233;rable et confortable que possible pour eux. Ils exigent donc avant tout une r&#233;duction des d&#233;penses publiques par une restriction de la bureaucratie et le transfert de la majeure partie de la charge fiscale vers les grands propri&#233;taires fonciers et la bourgeoisie. Ils exigent en outre la suppression de la pression exerc&#233;e par le grand capital sur le petit capital par la cr&#233;ation d'institutions publiques de cr&#233;dit et l'adoption de lois contre l'usure, gr&#226;ce auxquelles il leur serait possible, ainsi qu'aux paysans, de recevoir des avances de l'&#201;tat &#224; des conditions favorables. des capitalistes ; aussi, l'introduction de rapports de propri&#233;t&#233; bourgeoise sur la terre par l'abolition compl&#232;te de la f&#233;odalit&#233;. Pour r&#233;aliser tout cela, ils ont besoin d'une forme de gouvernement d&#233;mocratique, soit constitutionnelle, soit r&#233;publicaine, qui leur donnerait, ainsi qu'&#224; leurs alli&#233;s paysans, la majorit&#233; ; ils ont &#233;galement besoin d'un syst&#232;me d&#233;mocratique de gouvernement local qui leur donne un contr&#244;le direct sur la propri&#233;t&#233; municipale et sur une s&#233;rie de fonctions politiques actuellement aux mains des bureaucrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La domination du capital et son accumulation rapide doivent &#234;tre encore contrecarr&#233;es, en partie par une r&#233;duction du droit de succession, et en partie par le transfert d'autant d'emplois que possible &#224; l'&#201;tat. En ce qui concerne les ouvriers, une chose est avant tout certaine : ils doivent rester des salari&#233;s comme avant. Cependant, les petits-bourgeois d&#233;mocrates veulent de meilleurs salaires et une meilleure s&#233;curit&#233; pour les travailleurs, et esp&#232;rent y parvenir par une extension de l'emploi public et par des mesures sociales ; en bref, ils esp&#232;rent soudoyer les ouvriers avec une aum&#244;ne plus ou moins d&#233;guis&#233;e et briser leur force r&#233;volutionnaire en rendant temporairement leur situation tol&#233;rable. Les revendications de la d&#233;mocratie petite-bourgeoise r&#233;sum&#233;es ici ne sont pas exprim&#233;es simultan&#233;ment par toutes ses sections et, dans leur totalit&#233;, elles sont l'objectif explicite d'un tr&#232;s petit nombre seulement de ses partisans. Plus certains individus ou fractions de la petite bourgeoisie avanceront, plus ils adopteront explicitement ces revendications, et les rares personnes qui reconnaissent leur propre programme dans ce qui a &#233;t&#233; mentionn&#233; ci-dessus pourraient bien croire qu'elles ont avanc&#233; le maximum qu'on peut exiger de la petite bourgeoisie. la r&#233;volution. Mais ces revendications ne peuvent en aucun cas satisfaire le parti du prol&#233;tariat. Tandis que les petits-bourgeois d&#233;mocrates veulent mettre un terme &#224; la r&#233;volution le plus rapidement possible, en atteignant tout au plus les objectifs d&#233;j&#224; mentionn&#233;s, il est de notre int&#233;r&#234;t et de notre t&#226;che de rendre la r&#233;volution permanente jusqu'&#224; ce que toutes les classes plus ou moins poss&#233;dantes aient &#233;t&#233; chass&#233;es du pouvoir. leurs positions dirigeantes, jusqu'&#224; ce que le prol&#233;tariat ait conquis le pouvoir d'&#201;tat et jusqu'&#224; ce que l'association des prol&#233;taires ait suffisamment progress&#233; &#8211; non seulement dans un pays mais dans tous les pays dirigeants du monde &#8211; pour que cesse la concurrence entre les prol&#233;taires de ces pays et au moins les forces d&#233;cisives de la production sont concentr&#233;es entre les mains des ouvriers. Notre pr&#233;occupation ne peut pas &#234;tre simplement de modifier la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, mais de l'abolir, non d'&#233;touffer les antagonismes de classe mais d'abolir les classes, non d'am&#233;liorer la soci&#233;t&#233; existante mais d'en fonder une nouvelle. Il ne fait aucun doute qu'au cours de la r&#233;volution allemande, les d&#233;mocrates petits-bourgeois acquerront pour le moment une influence pr&#233;dominante. La question est donc de savoir quelle doit &#234;tre l'attitude du prol&#233;tariat, et en particulier de la Ligue, &#224; son &#233;gard :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Tant que perdurent les conditions actuelles dans lesquelles les d&#233;mocrates petits-bourgeois sont &#233;galement opprim&#233;s ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2) Dans la lutte r&#233;volutionnaire &#224; venir, qui les mettra dans une position dominante ;&lt;br class='autobr' /&gt;
3) Apr&#232;s cette lutte, pendant la p&#233;riode de pr&#233;dominance petite-bourgeoise sur les classes renvers&#233;es et sur le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. En ce moment, alors que les petits-bourgeois d&#233;mocrates sont partout opprim&#233;s, ils pr&#234;chent au prol&#233;tariat l'unit&#233; g&#233;n&#233;rale et la r&#233;conciliation ; ils tendent la main de l'amiti&#233; et cherchent &#224; fonder un grand parti d'opposition qui embrasserait toutes les nuances de l'opinion d&#233;mocratique ; c'est-&#224;-dire qu'ils cherchent &#224; pi&#233;ger les ouvriers dans une organisation de parti dans laquelle pr&#233;valent des expressions sociales-d&#233;mocrates g&#233;n&#233;rales tandis que leurs int&#233;r&#234;ts particuliers sont cach&#233;s derri&#232;re eux et dans laquelle, dans le souci de pr&#233;server la paix, les revendications sp&#233;cifiques du prol&#233;tariat ne peuvent pas &#234;tre satisfaites. &#234;tre pr&#233;sent&#233;e. Une telle unit&#233; serait &#224; leur seul avantage et au d&#233;savantage total du prol&#233;tariat. Le prol&#233;tariat perdrait toute sa position ind&#233;pendante durement acquise et serait r&#233;duit une fois de plus &#224; un simple appendice de la d&#233;mocratie bourgeoise officielle. Il faut donc r&#233;sister de la mani&#232;re la plus d&#233;cisive &#224; cette unit&#233;. Au lieu de s'abaisser au rang d'un ch&#339;ur applaudissant, les ouvriers, et surtout la Ligue, doivent &#339;uvrer &#224; la cr&#233;ation d'une organisation ind&#233;pendante du parti ouvrier, &#224; la fois secr&#232;te et ouverte, et aux c&#244;t&#233;s des d&#233;mocrates officiels et de la Ligue. doit viser &#224; faire de chacune de ses communes un centre et un noyau d'associations ouvri&#232;res dans lequel la position et les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat peuvent &#234;tre discut&#233;s sans influence bourgeoise. Les d&#233;mocrates de Breslau, qui m&#232;nent une campagne furieuse dans leur organe, la Neue Oder Zeitung, d&#233;montrent &#224; quel point les d&#233;mocrates bourgeois prennent au s&#233;rieux une alliance dans laquelle le prol&#233;tariat aurait un pouvoir et des droits &#233;gaux., contre les travailleurs organis&#233;s de mani&#232;re ind&#233;pendante, qu'ils appellent &#171; socialistes &#187;. Dans le cas d'une lutte contre un ennemi commun, une alliance sp&#233;ciale n'est pas n&#233;cessaire. D&#232;s qu'il faudra combattre directement un tel ennemi, les int&#233;r&#234;ts des deux parties co&#239;ncideront pour un moment et une association d'opportunit&#233;s momentan&#233;es surgira spontan&#233;ment dans le futur, comme cela s'est produit dans le pass&#233;. Il va sans dire que dans les conflits sanglants &#224; venir, comme dans tous les autres, ce seront les travailleurs, avec leur courage, leur d&#233;termination et leur abn&#233;gation, qui seront les principaux responsables de la victoire. Comme par le pass&#233;, ainsi dans la lutte &#224; venir &#233;galement, la petite bourgeoisie, en g&#233;n&#233;ral, h&#233;sitera le plus longtemps possible et restera craintive, ind&#233;cise et inactive ; mais lorsque la victoire sera certaine, il la revendiquera et appellera les ouvriers &#224; se comporter de mani&#232;re ordonn&#233;e, &#224; retourner au travail et &#224; pr&#233;venir les soi-disant exc&#232;s, et il exclura le prol&#233;tariat des fruits de la victoire. Il n'est pas au pouvoir des ouvriers d'emp&#234;cher les d&#233;mocrates petits-bourgeois de le faire ; mais il est en leur pouvoir de rendre aussi difficile que possible &#224; la petite bourgeoisie l'usage de son pouvoir contre le prol&#233;tariat arm&#233;, et de lui dicter des conditions telles que la domination des d&#233;mocrates bourgeois, d&#232;s le d&#233;but, portera en elle cela portera les germes de sa propre destruction, et son d&#233;placement ult&#233;rieur par le prol&#233;tariat sera consid&#233;rablement facilit&#233;. Surtout, pendant et imm&#233;diatement apr&#232;s la lutte, les ouvriers doivent, dans la mesure du possible, s'opposer aux tentatives de pacification bourgeoises et contraindre les d&#233;mocrates &#224; mettre &#224; ex&#233;cution leurs phrases terroristes. Ils doivent veiller &#224; ce que l'enthousiasme r&#233;volutionnaire imm&#233;diat ne soit pas soudainement r&#233;prim&#233; apr&#232;s la victoire. Au contraire, il faut la maintenir le plus longtemps possible. Loin de s'opposer aux soi-disant exc&#232;s &#8211; cas de vengeance populaire contre des individus d&#233;test&#233;s ou contre des b&#226;timents publics auxquels sont associ&#233;s des souvenirs haineux &#8211; le parti ouvrier doit non seulement tol&#233;rer ces actions mais doit m&#234;me leur donner une direction. Pendant et apr&#232;s la lutte, les ouvriers doivent &#224; chaque occasion pr&#233;senter leurs propres revendications contre celles des d&#233;mocrates bourgeois. Ils doivent exiger des garanties pour les travailleurs d&#232;s que la bourgeoisie d&#233;mocratique entreprendra de prendre le pouvoir. Ils doivent obtenir ces garanties par la force si n&#233;cessaire, et g&#233;n&#233;ralement s'assurer que les nouveaux dirigeants s'engagent &#224; faire toutes les concessions et promesses possibles &#8211; le moyen le plus s&#251;r de les compromettre. Ils doivent contr&#244;ler par tous les moyens et dans la mesure du possible l'euphorie victorieuse et l'enthousiasme pour la nouvelle situation qui suivent chaque bataille de rue r&#233;ussie, par une analyse froide et froide de la situation et par une m&#233;fiance non dissimul&#233;e &#224; l'&#233;gard du nouveau gouvernement. Aux c&#244;t&#233;s des nouveaux gouvernements officiels, ils doivent simultan&#233;ment &#233;tablir leurs propres gouvernements ouvriers r&#233;volutionnaires,soit sous la forme de comit&#233;s et de conseils ex&#233;cutifs locaux, soit par l'interm&#233;diaire de clubs ou de comit&#233;s ouvriers, de sorte que les gouvernements d&#233;mocratiques bourgeois non seulement perdent imm&#233;diatement le soutien des ouvriers, mais se retrouvent d&#232;s le d&#233;but surveill&#233;s et menac&#233;s par les autorit&#233;s derri&#232;re lesquelles se tiennent les travailleurs. toute la masse des ouvriers. En un mot, d&#232;s le moment de la victoire, la suspicion des ouvriers doit se porter non plus contre le parti r&#233;actionnaire vaincu, mais contre leur ancien alli&#233;, contre le parti qui entend exploiter pour lui-m&#234;me la victoire commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Pour pouvoir s'opposer avec force et menace &#224; ce parti, dont la trahison des travailleurs commencera d&#232;s la premi&#232;re heure de la victoire, les travailleurs doivent &#234;tre arm&#233;s et organis&#233;s. Il faut armer imm&#233;diatement tout le prol&#233;tariat de mousquets, de fusils, de canons et de munitions, et s'opposer &#224; la r&#233;surgence de la milice citoyenne &#224; l'ancienne, dirig&#233;e contre les ouvriers. L&#224; o&#249; la formation de cette milice ne peut &#234;tre emp&#234;ch&#233;e, les ouvriers doivent essayer de s'organiser de mani&#232;re ind&#233;pendante en tant que garde prol&#233;tarienne, avec des dirigeants &#233;lus et avec leur propre &#233;tat-major &#233;lu ; ils doivent essayer de se placer non sous les ordres de l'autorit&#233; de l'Etat mais sous les ordres des conseils locaux r&#233;volutionnaires constitu&#233;s par les ouvriers. L&#224; o&#249; les ouvriers sont employ&#233;s par l'Etat, ils doivent s'armer et s'organiser en corps sp&#233;ciaux avec des dirigeants &#233;lus, ou en tant que partie de la garde prol&#233;tarienne. Sous aucun pr&#233;texte, les armes et les munitions ne doivent &#234;tre restitu&#233;es ; toute tentative de d&#233;sarmer les travailleurs doit &#234;tre d&#233;jou&#233;e, par la force si n&#233;cessaire. La destruction de l'influence des d&#233;mocrates bourgeois sur les ouvriers et l'imposition de conditions qui compromettent le r&#232;gne de la d&#233;mocratie bourgeoise, qui est pour le moment in&#233;vitable, et le rendent aussi difficile que possible - tels sont les principaux points sur lesquels le prol&#233;tariat et c'est pourquoi la Ligue doit garder &#224; l'esprit pendant et apr&#232;s le soul&#232;vement prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. D&#232;s que les nouveaux gouvernements seront &#233;tablis, leur lutte contre les travailleurs commencera. Pour que les ouvriers puissent s'opposer par la force aux petits-bourgeois d&#233;mocrates, il est avant tout essentiel qu'ils soient organis&#233;s de mani&#232;re ind&#233;pendante et centralis&#233;s dans des clubs. D&#232;s que possible apr&#232;s le renversement des gouvernements actuels, le Comit&#233; central se rendra en Allemagne et convoquera imm&#233;diatement un congr&#232;s, lui soumettant les propositions n&#233;cessaires pour la centralisation des clubs ouvriers sous une direction &#233;tablie au centre du mouvement. op&#233;rations. L'organisation rapide de liaisons, au moins provinciales, entre les clubs ouvriers est une des conditions essentielles du renforcement et du d&#233;veloppement du parti ouvrier ; le r&#233;sultat imm&#233;diat du renversement des gouvernements existants sera l'&#233;lection d'un organe repr&#233;sentatif national. Ici, le prol&#233;tariat doit veiller : 1) &#224; ce que, par des pratiques agressives, les autorit&#233;s locales et les commissaires du gouvernement n'excluent, sous aucun pr&#233;texte que ce soit, une quelconque partie des travailleurs ; 2) que des candidats ouvriers sont nomm&#233;s partout en opposition aux candidats d&#233;mocrates bourgeois. Dans la mesure du possible, ils devraient &#234;tre membres de la Ligue et leur &#233;lection devrait se faire par tous les moyens possibles. M&#234;me l&#224; o&#249; il n'y a aucune chance d'&#234;tre &#233;lus, les travailleurs doivent pr&#233;senter leurs propres candidats pour pr&#233;server leur ind&#233;pendance, &#233;valuer leur propre force et porter leur position r&#233;volutionnaire et le point de vue de leur parti &#224; l'attention du public. Ils ne doivent pas se laisser &#233;garer par les phrases creuses des d&#233;mocrates, qui affirmeront que les candidats ouvriers diviseront le parti d&#233;mocrate et offriront aux forces de r&#233;action une chance de victoire. Tous ces discours signifient, en derni&#232;re analyse, que le prol&#233;tariat doit &#234;tre escroqu&#233;. Les progr&#232;s que fera le parti prol&#233;tarien en agissant ainsi de mani&#232;re ind&#233;pendante sont infiniment plus importants que les inconv&#233;nients r&#233;sultant de la pr&#233;sence de quelques r&#233;actionnaires dans le corps repr&#233;sentatif. Si les forces de la d&#233;mocratie entreprennent d&#232;s le d&#233;but une action terroriste d&#233;cisive contre la r&#233;action, l'influence r&#233;actionnaire dans les &#233;lections sera d&#233;j&#224; d&#233;truite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier point sur lequel les d&#233;mocrates bourgeois entreront en conflit avec les ouvriers sera l'abolition de la f&#233;odalit&#233;, car lors de la premi&#232;re r&#233;volution fran&#231;aise, la petite bourgeoisie voudra donner les terres f&#233;odales aux paysans comme propri&#233;t&#233; gratuite ; c'est-&#224;-dire qu'ils tenteront de perp&#233;tuer l'existence du prol&#233;tariat rural et de former une classe paysanne petite-bourgeoise qui sera soumise au m&#234;me cycle d'appauvrissement et d'endettement qui afflige encore le paysan fran&#231;ais. Les ouvriers doivent s'opposer &#224; ce projet &#224; la fois dans l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat rural et dans leur propre int&#233;r&#234;t. Ils doivent exiger que les propri&#233;t&#233;s f&#233;odales confisqu&#233;es restent propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat et soient utilis&#233;es pour des colonies ouvri&#232;res, cultiv&#233;es collectivement par le prol&#233;tariat rural avec tous les avantages de la grande agriculture et o&#249; le principe de la propri&#233;t&#233; commune trouvera imm&#233;diatement une base solide au sein du groupe. du syst&#232;me fragile des relations de propri&#233;t&#233; bourgeoises. De m&#234;me que les d&#233;mocrates s'allient aux paysans, les ouvriers doivent s'allier au prol&#233;tariat rural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit les d&#233;mocrates travailleront directement &#224; une r&#233;publique f&#233;d&#233;r&#233;e, soit du moins, s'ils ne peuvent &#233;viter la r&#233;publique une et indivisible, ils tenteront de paralyser le gouvernement central en accordant aux communes et aux provinces la plus grande autonomie et ind&#233;pendance possible. En opposition &#224; ce projet, les ouvriers doivent lutter non seulement pour une r&#233;publique allemande une et indivisible, mais aussi, au sein de cette r&#233;publique, pour une centralisation la plus d&#233;cisive du pouvoir entre les mains du pouvoir d'Etat. Ils ne doivent pas se laisser &#233;garer par des discours d&#233;mocratiques vides de sens sur la libert&#233; des communes, l'autonomie, etc. Dans un pays comme l'Allemagne, o&#249; tant de vestiges du Moyen &#194;ge doivent encore &#234;tre abolis, o&#249; tant de choses locales et Il faut briser l'obstination provinciale, on ne peut en aucun cas tol&#233;rer que chaque village, chaque ville et chaque province oppose de nouveaux obstacles &#224; l'activit&#233; r&#233;volutionnaire, qui ne peut se d&#233;velopper avec toute son efficacit&#233; qu'&#224; partir d'un point central. Une reprise de la situation actuelle, dans laquelle les Allemands doivent mener une lutte s&#233;par&#233;e dans chaque ville et province pour obtenir le m&#234;me degr&#233; de progr&#232;s, ne peut pas non plus &#234;tre tol&#233;r&#233;e. Surtout, on ne peut pas permettre &#224; un soi-disant syst&#232;me libre de gouvernement local de perp&#233;tuer une forme de propri&#233;t&#233; qui est plus arri&#233;r&#233;e que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e moderne et qui se transforme partout et in&#233;vitablement en propri&#233;t&#233; priv&#233;e ; &#224; savoir la propri&#233;t&#233; communale, avec les conflits qui en r&#233;sultent entre les communaut&#233;s pauvres et riches. On ne peut pas non plus permettre &#224; ce soi-disant syst&#232;me libre de gouvernement local de perp&#233;tuer, &#224; c&#244;t&#233; du droit civil de l'&#201;tat, l'existence d'un droit civil communal avec ses pratiques acerbes dirig&#233;es contre les travailleurs. Comme en France en 1793, la t&#226;che du parti v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire en Allemagne est de r&#233;aliser la centralisation la plus stricte. [Il faut rappeler aujourd'hui que ce passage repose sur un malentendu. A cette &#233;poque &#8211; gr&#226;ce aux falsificateurs bonapartistes et lib&#233;raux de l'histoire &#8211; il &#233;tait consid&#233;r&#233; comme acquis que l'appareil administratif centralis&#233; fran&#231;ais avait &#233;t&#233; introduit par la Grande R&#233;volution et surtout qu'il avait &#233;t&#233; utilis&#233; par la Convention comme une arme indispensable et d&#233;cisive. pour vaincre la r&#233;action royaliste et f&#233;d&#233;raliste et l'ennemi ext&#233;rieur. Mais on sait aujourd'hui que, tout au long de la r&#233;volution jusqu'au XVIII brumaire, toute l'administration des d&#233;partements, des arrondissements et des communesse composait d'autorit&#233;s &#233;lues par les constituants respectifs eux-m&#234;mes, et que ces autorit&#233;s agissaient en toute libert&#233; dans le cadre des lois g&#233;n&#233;rales de l'&#201;tat ; que pr&#233;cis&#233;ment ce gouvernement autonome provincial et local, semblable &#224; celui am&#233;ricain, est devenu le levier le plus puissant de la r&#233;volution et &#224; tel point que Napol&#233;on, imm&#233;diatement apr&#232;s son coup d'&#201;tat du XVIII brumaire, s'est empress&#233; de le remplacer par le une administration pr&#233;fectorale encore existante, qui fut donc d&#232;s le d&#233;but un pur instrument de r&#233;action. Mais pas plus que l'autonomie locale et provinciale n'est en contradiction avec la centralisation politique nationale, elle n'est n&#233;cessairement li&#233;e &#224; cet &#233;go&#239;sme cantonal ou communal born&#233; qui nous para&#238;t si r&#233;pugnant en Suisse et que tous les pays d'Allemagne du Sud En 1849, les r&#233;publicains f&#233;d&#233;raux voulaient &#233;tablir le pouvoir en Allemagne. &#8211; Note d'Engels sur l'&#233;dition de 1885.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu comment la prochaine pouss&#233;e am&#232;nera les d&#233;mocrates au pouvoir et comment ils seront contraints de proposer des mesures plus ou moins socialistes. on demandera quelles mesures les ouvriers doivent proposer en r&#233;ponse. Au d&#233;but, bien s&#251;r, les ouvriers ne peuvent proposer aucune mesure directement communiste. Mais les actions suivantes sont possibles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Ils peuvent forcer les d&#233;mocrates &#224; s'introduire dans autant de domaines que possible de l'ordre social existant, afin de perturber son fonctionnement r&#233;gulier et de faire en sorte que les d&#233;mocrates petits-bourgeois se compromettent ; en outre, les travailleurs peuvent imposer la concentration du plus grand nombre possible de forces productives &#8211; moyens de transport, usines, chemins de fer, etc. &#8211; entre les mains de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Ils doivent pousser les propositions des d&#233;mocrates jusqu'&#224; leur extr&#234;me logique (les d&#233;mocrates agiront de toute fa&#231;on de mani&#232;re r&#233;formiste et non r&#233;volutionnaire) et transformer ces propositions en attaques directes contre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Si, par exemple, la petite bourgeoisie propose l'achat des chemins de fer et des usines, les ouvriers doivent exiger que ces chemins de fer et ces usines soient simplement confisqu&#233;s par l'&#201;tat, sans compensation, comme propri&#233;t&#233; des r&#233;actionnaires. Si les d&#233;mocrates proposent un imp&#244;t proportionnel, alors les travailleurs doivent exiger un imp&#244;t progressif ; si les d&#233;mocrates eux-m&#234;mes proposent un imp&#244;t progressif mod&#233;r&#233;, alors les travailleurs doivent insister sur un imp&#244;t dont les taux augmentent si fortement qu'il ruine le grand capital ; si les d&#233;mocrates exigent la r&#233;gulation de la dette de l'&#201;tat, alors les travailleurs doivent exiger la faillite nationale. Les revendications des travailleurs devront donc &#234;tre ajust&#233;es en fonction des mesures et des concessions des d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les ouvriers allemands ne puissent pas acc&#233;der au pouvoir et r&#233;aliser leurs int&#233;r&#234;ts de classe sans passer par un d&#233;veloppement r&#233;volutionnaire prolong&#233;, ils peuvent cette fois au moins &#234;tre s&#251;rs que le premier acte du drame r&#233;volutionnaire qui approche co&#239;ncidera avec la victoire directe de leur propre pays. classe en France et sera ainsi acc&#233;l&#233;r&#233;e. Mais ce sont eux qui doivent contribuer le plus &#224; leur victoire finale, en s'informant de leurs propres int&#233;r&#234;ts de classe, en prenant le plus t&#244;t possible leur position politique ind&#233;pendante, en ne se laissant pas induire en erreur par les phrases hypocrites de la petite bourgeoisie d&#233;mocratique et en les faisant douter. pendant un instant la n&#233;cessit&#233; d'un parti du prol&#233;tariat organis&#233; de mani&#232;re ind&#233;pendante. Leur cri de guerre doit &#234;tre : La R&#233;volution Permanente.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Discours du Comit&#233; central &#224; la Ligue communiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;juin 1850&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre derni&#232;re circulaire, remise par l'&#233;missaire de la Ligue, nous avons discut&#233; de la position du parti ouvrier et, en particulier, de la Ligue, tant &#224; l'heure actuelle qu'en cas de r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif principal de cette lettre est de pr&#233;senter un rapport sur l'&#233;tat de la Ligue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant un certain temps, &#224; la suite des d&#233;faites subies par le parti r&#233;volutionnaire l'&#233;t&#233; dernier, l'organisation de la Ligue s'est presque compl&#232;tement d&#233;sint&#233;gr&#233;e. Les membres les plus actifs de la Ligue impliqu&#233;s dans les diff&#233;rents mouvements sont dispers&#233;s, les contacts sont rompus et les adresses ne peuvent plus &#234;tre utilis&#233;es ; &#224; cause de cela et &#224; cause du danger d'ouverture des lettres, la correspondance devint temporairement impossible. Le Comit&#233; central a donc &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; une inactivit&#233; compl&#232;te jusque vers la fin de l'ann&#233;e derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mesure que les s&#233;quelles imm&#233;diates de nos d&#233;faites s'estompaient, il devint &#233;vident que le parti r&#233;volutionnaire avait besoin d'une organisation secr&#232;te forte dans toute l'Allemagne. La n&#233;cessit&#233; de cette organisation, qui conduisit le Comit&#233; central &#224; d&#233;cider d'envoyer un &#233;missaire en Allemagne et en Suisse, conduisit &#233;galement la commune de Cologne &#224; tenter d'organiser la Ligue en Allemagne m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'ann&#233;e, plusieurs r&#233;fugi&#233;s plus ou moins connus des diff&#233;rents mouvements form&#232;rent en Suisse une organisation qui entendait renverser les gouvernements au moment opportun et tenir les hommes pr&#234;ts &#224; prendre la direction du mouvement et m&#234;me &#224; le gouvernement lui-m&#234;me. Cette association ne poss&#233;dait aucun caract&#232;re de parti particulier ; les &#233;l&#233;ments h&#233;t&#233;roclites qui le composaient rendaient cela impossible. Les membres &#233;taient des personnes de tous les groupes du mouvement, depuis les communistes r&#233;solus et m&#234;me les anciens membres de la Ligue jusqu'aux d&#233;mocrates petits-bourgeois les plus timides et aux anciens membres du gouvernement du Palatinat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux des carri&#233;ristes du Bade-Palatinat et des personnalit&#233;s de moindre ambition, si nombreux en Suisse &#224; cette &#233;poque, cette association repr&#233;sentait pour eux une occasion id&#233;ale de progresser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les instructions que cette association a envoy&#233;es &#224; ses agents &#8212; et que le Comit&#233; central a en sa possession &#8212; donnent tout aussi peu de raisons de se fier. L'absence d'un point de vue pr&#233;cis du parti et la tentative de rassembler tous les &#233;l&#233;ments d'opposition disponibles dans une association simul&#233;e ne sont que mal masqu&#233;es par une masse de questions d&#233;taill&#233;es concernant la situation industrielle, agricole, politique et militaire de chaque localit&#233;. Num&#233;riquement aussi, l'association &#233;tait extr&#234;mement faible ; d'apr&#232;s la liste compl&#232;te des membres que nous poss&#233;dons, la soci&#233;t&#233; enti&#232;re en Suisse comptait, au fa&#238;te de sa force, une trentaine de membres &#224; peine. Il est significatif que les travailleurs soient &#224; peine repr&#233;sent&#233;s parmi les membres. D&#232;s le d&#233;but, c'&#233;tait une arm&#233;e d'officiers et de sous-officiers sans aucun soldat. Parmi ses membres figurent A. Fries et Greiner du Palatinat, Korner d'Elberfeld, Sigel, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont envoy&#233; deux agents en Allemagne. Le premier agent, Bruhn, membre de la Ligue, r&#233;ussit, par de faux semblants, &#224; persuader certains membres de la Ligue et certaines communes d'adh&#233;rer pour le moment &#224; la nouvelle association, car ils croyaient qu'il s'agissait de la Ligue ressuscit&#233;e. Tout en rendant compte de la Ligue au Comit&#233; central suisse &#224; Zurich, il nous envoyait simultan&#233;ment des rapports sur l'association suisse. Il ne peut pas se contenter de son r&#244;le d'informateur, car alors qu'il correspondait encore avec nous, il a &#233;crit de pures calomnies aux habitants de Francfort, gagn&#233;s &#224; l'association suisse, et il leur a ordonn&#233; de ne conclure aucun accord. aucun contact avec Londres. Pour cela, il fut imm&#233;diatement expuls&#233; de la Ligue. Les affaires de Francfort furent r&#233;gl&#233;es par un &#233;missaire de la Ligue. On peut ajouter que les activit&#233;s de Bruhn au nom du Comit&#233; central suisse rest&#232;rent infructueuses. Le deuxi&#232;me agent, l'&#233;tudiant Schurz de Bonn, n'obtint aucun r&#233;sultat car, comme il l'&#233;crivait &#224; Zurich, il constatait que tous les gens utiles &#233;taient d&#233;j&#224; entre les mains de la Ligue. Il a ensuite quitt&#233; brutalement l'Allemagne et tra&#238;ne d&#233;sormais &#224; Bruxelles et &#224; Paris, o&#249; il est surveill&#233; par la Ligue. Le Comit&#233; central ne consid&#232;re pas cette nouvelle association comme un danger, d'autant plus qu'un membre tout &#224; fait fiable de la Ligue fait partie du comit&#233;, avec pour instruction d'observer et de rendre compte des actions et des projets de ces personnes, dans la mesure o&#249; ils op&#232;rent contre le Ligue. Par ailleurs, nous avons envoy&#233; un &#233;missaire en Suisse afin de recruter les personnes qui seront utiles &#224; la Ligue, avec l'aide dudit membre de la Ligue, et afin d'organiser la Ligue en Suisse en g&#233;n&#233;ral. Ces informations sont bas&#233;es sur des documents enti&#232;rement authentiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre tentative de m&#234;me nature avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; faite auparavant par Struve, Sigel et d'autres, au moment o&#249; ils unissaient leurs forces &#224; Gen&#232;ve. Ces gens n'eurent aucun scrupule &#224; affirmer sans ambages que l'association qu'ils tentaient de fonder &#233;tait la Ligue, ni &#224; utiliser les noms des membres de la Ligue pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette fin. Bien s&#251;r, ils n'ont tromp&#233; personne avec ce mensonge. Leur tentative fut si infructueuse &#224; tous &#233;gards que les quelques membres de cette association avort&#233;e rest&#233;s en Suisse durent finalement adh&#233;rer &#224; l'organisation mentionn&#233;e pr&#233;c&#233;demment. Mais plus cette coterie devenait impuissante, plus elle se vantait de titres pr&#233;tentieux comme &#171; Comit&#233; central de la d&#233;mocratie europ&#233;enne &#187;, etc. Struve, avec quelques autres grands hommes d&#233;&#231;us, a poursuivi ces tentatives ici &#224; Londres. Des manifestes et des appels &#224; adh&#233;rer au &#171; Bureau central des r&#233;fugi&#233;s allemands &#187; et au &#171; Comit&#233; central de la d&#233;mocratie europ&#233;enne &#187; ont &#233;t&#233; envoy&#233;s dans toutes les r&#233;gions d'Allemagne, mais cette fois encore sans le moindre succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contacts que cette coterie pr&#233;tend avoir nou&#233;s avec des r&#233;volutionnaires fran&#231;ais et autres non-allemands n'existent pas. Toute leur activit&#233; se limite &#224; quelques petites intrigues parmi les r&#233;fugi&#233;s allemands ici &#224; Londres, qui n'affectent pas directement la Soci&#233;t&#233; des Nations et qui sont inoffensives et faciles &#224; surveiller. Toutes ces tentatives ont soit le m&#234;me objectif que la Ligue, &#224; savoir l'organisation r&#233;volutionnaire du parti ouvrier, auquel cas elles sapent la centralisation et la force du parti en le fragmentant et ont donc un caract&#232;re s&#233;paratiste r&#233;solument nuisible, soit sinon, ils ne peuvent servir qu'&#224; utiliser le parti ouvrier &#224; des fins qui lui sont &#233;trang&#232;res ou carr&#233;ment hostiles. Dans certaines circonstances, le parti ouvrier peut utiliser avec profit d'autres partis et groupes pour ses propres objectifs, mais il ne doit se subordonner &#224; aucun autre parti. Ceux qui &#233;taient au gouvernement lors du dernier mouvement et qui ont utilis&#233; leur position uniquement pour trahir le mouvement et &#233;craser le parti ouvrier s'il tentait d'agir de mani&#232;re ind&#233;pendante doivent &#224; tout prix &#234;tre tenus &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici un rapport sur l'&#233;tat de la Ligue :&lt;br class='autobr' /&gt;
je. Belgique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de la Ligue parmi les ouvriers belges, telle qu'elle existait en 1846 et 1847, a naturellement pris fin, puisque les principaux membres ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s en 1848 et condamn&#233;s &#224; mort, leur peine &#233;tant commu&#233;e en r&#233;clusion &#224; perp&#233;tuit&#233; avec travaux forc&#233;s. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la Ligue en Belgique a perdu de sa force depuis la r&#233;volution de f&#233;vrier et depuis que la plupart des membres de l'Association des travailleurs allemands ont &#233;t&#233; chass&#233;s de Bruxelles. Les mesures polici&#232;res mises en place ont emp&#234;ch&#233; sa r&#233;organisation. N&#233;anmoins, une commune bruxelloise a pers&#233;v&#233;r&#233; jusqu'au bout ; il existe encore aujourd'hui et fonctionne au mieux de ses capacit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
ii. Allemagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette circulaire, le Comit&#233; central avait l'intention de pr&#233;senter un rapport sp&#233;cial sur la situation de la Soci&#233;t&#233; des Nations en Allemagne. Cependant, cette information ne peut pas &#234;tre faite &#224; l'heure actuelle, car la police prussienne enqu&#234;te actuellement sur un vaste r&#233;seau de contacts au sein du parti r&#233;volutionnaire. Cette circulaire, qui arrivera en toute s&#233;curit&#233; en Allemagne mais qui, bien entendu, pourra tomber ici et l&#224; entre les mains de la police lors de sa diffusion en Allemagne, doit donc &#234;tre r&#233;dig&#233;e de mani&#232;re &#224; ce que son contenu ne fournisse pas &#224; ces derni&#232;res des armes qui pourraient &#234;tre utilis&#233;es contre la Ligue. Le Comit&#233; central se bornera donc, pour l'heure, aux remarques suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, la ligue a ses principaux centres &#224; Cologne, Francfort-sur-le-Main, Hanau, Mayence, Wiesbaden, Hambourg, Schwerin, Berlin, Breslau, Liegnitz, Glogau, Leipzig, Nuremberg, Munich, Bamberg, Wurzburg, Stuttgart et Baden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les villes suivantes ont &#233;t&#233; choisies comme districts centraux : Hambourg pour le Schleswig-Holstein ; Schwerin pour le Mecklembourg ; Breslau pour la Sil&#233;sie ; Leipzig pour la Saxe et Berlin ; Nuremberg pour la Bavi&#232;re, Cologne pour la Rh&#233;nanie et la Westphalie. Les communes de G&#246;ttingen, Stuttgart et Bruxelles resteront pour l'instant en contact direct avec le Comit&#233; central, jusqu'&#224; ce qu'elles soient parvenues &#224; &#233;largir leur influence dans la mesure n&#233;cessaire pour former de nouveaux districts centraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;cision ne sera prise sur la position de la Ligue &#224; Bade qu'apr&#232;s r&#233;ception du rapport de l'&#233;missaire envoy&#233; l&#224;-bas et en Suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout o&#249; existent des associations de paysans et d'ouvriers agricoles, comme dans le Schleswig-Holstein et le Mecklembourg, les membres de la Ligue ont r&#233;ussi &#224; exercer une influence directe sur elles et, dans certains cas, &#224; en obtenir un contr&#244;le total. Pour la plupart, les associations d'ouvriers et de travailleurs agricoles de Saxe, de Franconie, de Hesse et de Nassau sont &#233;galement sous la direction de la Ligue. Les membres les plus influents de la Fraternit&#233; ouvri&#232;re appartiennent &#233;galement &#224; la Ligue. Le Comit&#233; central veut faire remarquer &#224; toutes les communes et aux membres de la Ligue qu'il est de la plus haute importance de conqu&#233;rir partout une influence dans les associations ouvri&#232;res, sportives, paysannes et agricoles, etc. Il demande aux districts centraux et aux communes correspondant directement au Comit&#233; central de faire un rapport sp&#233;cial dans leurs lettres ult&#233;rieures sur ce qui a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;missaire en Allemagne, qui a re&#231;u un vote d'&#233;loge du Comit&#233; central pour son activit&#233;, n'a recrut&#233; partout dans la Ligue que les personnes les plus s&#251;res et a laiss&#233; l'expansion de la Ligue &#224; leurs connaissances locales les plus comp&#233;tentes. La possibilit&#233; de recruter des r&#233;volutionnaires convaincus d&#233;pendra de la situation locale. L&#224; o&#249; cela n'est pas possible, une deuxi&#232;me classe de membres de la Ligue doit &#234;tre cr&#233;&#233;e pour ceux qui sont fiables et qui font des r&#233;volutionnaires utiles mais qui ne comprennent pas encore toutes les implications communistes du mouvement actuel. Cette seconde classe, aupr&#232;s de laquelle l'association doit &#234;tre repr&#233;sent&#233;e comme une simple affaire locale ou r&#233;gionale, doit rester sous la direction continue des membres et des comit&#233;s actuels de la Ligue. Gr&#226;ce &#224; ces nouveaux contacts, l'influence de la Ligue sur les associations paysannes et sportives en particulier peut &#234;tre tr&#232;s fermement organis&#233;e. Les arrangements d&#233;taill&#233;s sont laiss&#233;s aux districts centraux ; le Comit&#233; central esp&#232;re &#233;galement recevoir le plus t&#244;t possible leurs rapports sur ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une commune a propos&#233; au Comit&#233; central de convoquer un congr&#232;s de la Ligue, en allemand m&#234;me. Les communes et les districts comprendront certainement que, dans les circonstances actuelles, m&#234;me les congr&#232;s r&#233;gionaux des districts centraux ne sont pas partout souhaitables et qu'un congr&#232;s g&#233;n&#233;ral de la Ligue est actuellement purement impossible. Toutefois, le Comit&#233; central convoquera un congr&#232;s de la Ligue communiste dans un lieu appropri&#233; d&#232;s que les circonstances le permettront. La Rh&#233;nanie et la Westphalie prussiennes ont r&#233;cemment re&#231;u la visite d'un &#233;missaire du district central de Cologne. Le rapport sur le r&#233;sultat de ce voyage n'est pas encore parvenu &#224; Cologne. Nous demandons &#224; tous les districts centraux d'envoyer des &#233;missaires similaires dans leurs r&#233;gions et de rendre compte de leurs succ&#232;s dans les plus brefs d&#233;lais. Signalons enfin qu'au Schleswig-Holstein, des contacts ont &#233;t&#233; &#233;tablis avec l'arm&#233;e : nous attendons toujours le rapport plus d&#233;taill&#233; sur l'influence que la Ligue peut esp&#233;rer y gagner.&lt;br class='autobr' /&gt;
iii. Suisse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de l'&#233;missaire est toujours attendu. il ne sera donc pas possible de fournir des informations plus pr&#233;cises avant la prochaine circulaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
iv. France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contacts avec les ouvriers allemands de Besan&#231;on et d'autres localit&#233;s du Jura seront r&#233;tablis depuis la Suisse. A Paris Ewerbeck, le Ligueur qui &#233;tait jusqu'&#224; pr&#233;sent &#224; la t&#234;te de la commune, a annonc&#233; sa d&#233;mission de la Ligue, car il consid&#232;re que ses activit&#233;s litt&#233;raires sont plus importantes. Les contacts sont donc momentan&#233;ment interrompus et doivent &#234;tre repris avec une prudence particuli&#232;re, car les Parisiens ont enr&#244;l&#233; un grand nombre de personnes absolument inaptes &#224; la Ligue et qui y &#233;taient m&#234;me directement oppos&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
c.Angleterre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le district de Londres est le plus fort de toute la Ligue. Elle a acquis un cr&#233;dit particulier en couvrant &#224; elle seule les d&#233;penses de la Ligue pendant plusieurs ann&#233;es, notamment celles li&#233;es aux voyages des &#233;missaires de la Ligue. Elle a &#233;t&#233; r&#233;cemment renforc&#233;e par le recrutement de nouveaux &#233;l&#233;ments et elle continue de diriger ici l'Association &#233;ducative ouvri&#232;re allemande, ainsi que la section plus r&#233;solue des r&#233;fugi&#233;s allemands en Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; central est en contact avec les partis r&#233;solument r&#233;volutionnaires fran&#231;ais, anglais et hongrois par l'interm&#233;diaire de membres d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; cet effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous les partis impliqu&#233;s dans la r&#233;volution fran&#231;aise, c'est en particulier le v&#233;ritable parti prol&#233;tarien dirig&#233; par Blanqui qui nous a rejoint. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s de la soci&#233;t&#233; secr&#232;te blanquiste sont en contact r&#233;gulier et officiel avec les d&#233;l&#233;gu&#233;s de la Ligue, &#224; qui ils ont confi&#233; d'importants travaux pr&#233;paratoires &#224; la prochaine r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de l'aile r&#233;volutionnaire des chartistes sont &#233;galement en contact r&#233;gulier et &#233;troit avec les d&#233;l&#233;gu&#233;s du Comit&#233; central. Leurs journaux sont mis &#224; notre disposition. La rupture entre ce parti ouvrier r&#233;volutionnaire et ind&#233;pendant et la faction dirig&#233;e par O'Connor, qui tend davantage vers une politique de r&#233;conciliation, a &#233;t&#233; consid&#233;rablement acc&#233;l&#233;r&#233;e par les d&#233;l&#233;gu&#233;s de la Ligue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; central est &#233;galement en contact avec la partie la plus progressiste des r&#233;fugi&#233;s hongrois. Ce parti est important car il comprend de nombreux excellents experts militaires, qui seraient &#224; la disposition de la Ligue en cas de r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; central demande aux districts centraux de diffuser cette lettre parmi leurs membres dans les plus brefs d&#233;lais et de soumettre prochainement leurs propres rapports. Il exhorte tous les membres de la Ligue &#224; l'activit&#233; la plus intense, surtout maintenant que la situation est devenue si critique qu'il ne faudra pas longtemps avant qu'une nouvelle r&#233;volution n'&#233;clate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1885&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Engels&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur l'histoire de la Ligue communiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Londres&lt;br class='autobr' /&gt;
, 8 octobre 1885&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la condamnation des communistes de Cologne en 1852, le rideau tombe sur la premi&#232;re p&#233;riode du mouvement ouvrier ind&#233;pendant allemand. Aujourd'hui, cette p&#233;riode est presque oubli&#233;e. Il dura pourtant de 1836 &#224; 1852 et, avec la propagation des travailleurs allemands &#224; l'&#233;tranger, le mouvement se d&#233;veloppa dans presque tous les pays civilis&#233;s. Et ce n'est pas tout. Le mouvement ouvrier international actuel est en substance une continuation directe du mouvement ouvrier allemand de l'&#233;poque, qui fut le premier mouvement ouvrier international de tous les temps et qui donna naissance &#224; nombre de ceux qui prirent un r&#244;le dirigeant dans son mouvement. Association internationale des travailleurs. Et les principes th&#233;oriques que la Ligue communiste avait inscrits sur sa banni&#232;re dans le Manifeste du Parti communiste de 1847 constituent aujourd'hui le lien international le plus fort de tout le mouvement prol&#233;tarien d'Europe et d'Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, il n'existe qu'une seule source pour une histoire coh&#233;rente de ce mouvement. Il s'agit du soi-disant Livre noir, Les Conspirations communistes du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle , de Wermuth et Stieber, Erline, en deux parties, 1853 et 1854. Cette compilation grossi&#232;re, h&#233;riss&#233;e de falsifications d&#233;lib&#233;r&#233;es, fabriqu&#233;e par deux des canailles de la police les plus m&#233;prisables. de notre si&#232;cle, sert encore aujourd'hui de source ultime pour tous les &#233;crits non communistes sur cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je puis donner ici n'est qu'une esquisse, et encore seulement en ce qui concerne la Soci&#233;t&#233; des Nations elle-m&#234;me ; seulement ce qui est absolument n&#233;cessaire pour comprendre les R&#233;v&#233;lations . J'esp&#232;re qu'un jour j'aurai l'occasion d'exploiter le riche mat&#233;riel rassembl&#233; par Marx et moi-m&#234;me sur l'histoire de cette p&#233;riode glorieuse de la jeunesse du mouvement ouvrier international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* En 1836, les &#233;l&#233;ments les plus extr&#233;mistes, principalement prol&#233;tariens, de la Ligue secr&#232;te d&#233;mocrate-r&#233;publicaine des hors-la-loi, fond&#233;e en 1834 par des r&#233;fugi&#233;s allemands &#224; Paris, se s&#233;par&#232;rent et form&#232;rent la nouvelle Ligue secr&#232;te des Justes. La Ligue m&#232;re, dans laquelle il ne restait que des &#233;l&#233;ments endormis &#224; la Jakobus Venedey, s'endormit bient&#244;t compl&#232;tement ; Lorsqu'en 1840 la police flairait quelques quartiers en Allemagne, elle n'&#233;tait plus que l'ombre d'elle-m&#234;me. La nouvelle Ligue, au contraire, se d&#233;veloppa relativement rapidement. &#192; l'origine, il s'agissait d'une exception allemande du communisme ouvrier fran&#231;ais, rappelant le babouvisme et prenant forme &#224; Paris &#224; peu pr&#232;s &#224; la m&#234;me &#233;poque ; la communaut&#233; des biens &#233;tait exig&#233;e comme la cons&#233;quence n&#233;cessaire de &#171; l'&#233;galit&#233; &#187;. Les objectifs &#233;taient ceux des soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes parisiennes de l'&#233;poque : moiti&#233; association de propagande, moiti&#233; complot, Paris &#233;tant cependant toujours consid&#233;r&#233; comme le point central de l'action r&#233;volutionnaire, m&#234;me si la pr&#233;paration de putschs occasionnels en Allemagne n'&#233;tait nullement exclue. Mais comme Paris restait le champ de bataille d&#233;cisif, la Ligue n'&#233;tait alors en r&#233;alit&#233; que la branche allemande des soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes fran&#231;aises, notamment la Soci&#233;t&#233; des saisons dirig&#233;e par Blanqui et Barbes, avec laquelle &#233;taient entretenues des relations &#233;troites. Les Fran&#231;ais entrent en action le 12 mai 1839 ; les sections de la Ligue march&#232;rent avec eux et furent ainsi impliqu&#233;es dans la d&#233;faite commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les Allemands arr&#234;t&#233;s se trouvaient Karl Schapper et Heinrich Bauer ; Le gouvernement de Louis Philippe se contente de les expulser apr&#232;s un assez long emprisonnement. Tous deux sont all&#233;s &#224; Londres. Schapper &#233;tait originaire de Weilburg &#224; Nassau et, alors qu'il &#233;tudiait en foresterie &#224; Giessen en 1832, il &#233;tait membre de la conspiration organis&#233;e par Georg Buchner ; il participa &#224; la prise du commissariat de Francfort le 3 avril 1833, s'enfuit &#224; l'&#233;tranger et rejoignit en f&#233;vrier 1834 la marche de Mazzini sur la Savoie. De stature gigantesque, r&#233;solu et &#233;nergique, toujours pr&#234;t &#224; risquer l'existence et la vie civiles, il &#233;tait un mod&#232;le du r&#233;volutionnaire professionnel qui joua un r&#244;le important dans les ann&#233;es trente. Malgr&#233; une certaine lenteur de pens&#233;e, il n'&#233;tait en aucun cas incapable d'une compr&#233;hension th&#233;orique profonde, comme le prouve son &#233;volution de &#171; d&#233;magogue &#187; &#224; communiste, et il s'en tenait alors d'autant plus rigidement &#224; ce qu'il &#233;tait parvenu &#224; reconna&#238;tre. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison que sa passion r&#233;volutionnaire a parfois pris le dessus sur la compr&#233;hension, mais il s'est toujours rendu compte ensuite de son erreur et l'a ouvertement reconnu. Il &#233;tait pleinement un homme et ce qu'il a fait pour la fondation du mouvement ouvrier allemand ne sera pas oubli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heinrich Bauer, originaire de Franconie, &#233;tait cordonnier ; un petit gar&#231;on vif, alerte et plein d'esprit, dont le petit corps contenait cependant aussi beaucoup d'astuce et de d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s &#224; Londres, o&#249; Schapper, qui avait &#233;t&#233; compositeur &#224; Paris, tentait d&#233;sormais de gagner sa vie comme professeur de langues, ils se mirent tous deux &#224; l'&#339;uvre pour rassembler les fils bris&#233;s et firent de Londres le centre de la Ligue. Ils ont &#233;t&#233; rejoints ici, sinon d&#233;j&#224; plus t&#244;t &#224; Paris, par Joseph Moll, un horloger de Cologne, un Hercule de taille moyenne &#8211; combien de fois Schapper et lui ont-ils d&#233;fendu victorieusement l'entr&#233;e d'une salle contre des centaines d'adversaires qui se pr&#233;cipitaient ! &#8212; un homme qui &#233;tait au moins &#233;gal &#224; ses deux camarades en &#233;nergie et en d&#233;termination, et intellectuellement sup&#233;rieur &#224; tous deux. Non seulement il &#233;tait un diplomate n&#233;, comme le prouve le succ&#232;s de ses nombreux voyages dans le cadre de diverses missions ; il &#233;tait &#233;galement plus capable de perspicacit&#233; th&#233;orique. Je les ai connus tous les trois &#224; Londres en 1843. Ce furent les premiers prol&#233;taires r&#233;volutionnaires que j'ai rencontr&#233;s, et aussi &#233;loign&#233;s que soient nos points de vue &#224; cette &#233;poque - car j'admettais toujours, contre leur communisme &#233;galitaire et born&#233; [par &#233;galitaire Communisme Je comprends, comme je l'ai dit, seulement ce communisme qui se fonde exclusivement ou principalement sur la revendication de l'&#233;galit&#233;], qui fait du bien d'une arrogance philosophique tout aussi born&#233;e - je n'oublierai jamais la profonde impression que ces trois hommes r&#233;els m'ont fait , qui voulait alors seulement devenir un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Londres, comme dans une moindre mesure en Suisse, ils b&#233;n&#233;ficiaient des libert&#233;s d'association et de r&#233;union. D&#232;s le 7 f&#233;vrier 1840, l'Association allemande pour l'&#233;ducation ouvri&#232;re, fonctionnant l&#233;galement et qui existe toujours, fut fond&#233;e. Cette Association servait &#224; la Ligue de terrain de recrutement pour de nouveaux membres, et comme, comme toujours, les communistes &#233;taient les membres les plus actifs et les plus intelligents de l'Association, il allait de soi que sa direction reposait enti&#232;rement entre les mains de la Ligue. La Ligue eut bient&#244;t plusieurs communaut&#233;s, ou, comme on les appelait encore alors, &#171; loges &#187;, &#224; Londres. Les m&#234;mes tactiques &#233;videntes ont &#233;t&#233; suivies en Suisse et ailleurs. L&#224; o&#249; des associations de travailleurs pouvaient &#234;tre fond&#233;es, elles &#233;taient utilis&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re. L&#224; o&#249; cela &#233;tait interdit par la loi, on rejoignait des chorales, des clubs sportifs, etc. Les connexions &#233;taient dans une large mesure entretenues par les membres qui voyageaient continuellement d'avant en arri&#232;re ; ils servaient &#233;galement, lorsque cela &#233;tait n&#233;cessaire, d'&#233;missaires. Dans les deux cas, la Ligue obtint un vif soutien gr&#226;ce &#224; la sagesse des gouvernements qui, en recourant &#224; la d&#233;portation, transform&#232;rent en &#233;missaire tout ouvrier r&#233;pr&#233;hensible &#8212; et dans neuf cas sur dix, il &#233;tait membre de la Ligue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tendue de la diffusion de la Ligue restaur&#233;e &#233;tait consid&#233;rable. Notamment en Suisse, Weitling, August Becker (un homme tr&#232;s dou&#233; qui, cependant, comme tant d'Allemands, a connu un &#233;chec en raison d'une instabilit&#233; inn&#233;e de caract&#232;re) et d'autres ont cr&#233;&#233; une organisation forte plus ou moins attach&#233;e au syst&#232;me communiste de Weitling. Ce n'est pas le lieu de critiquer le communisme de Weitling. Mais en ce qui concerne sa signification en tant que premier mouvement th&#233;orique ind&#233;pendant du prol&#233;tariat allemand, je souscris encore aujourd'hui aux paroles de Marx dans le Vorwarts de Paris de 1844 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; O&#249; la bourgeoisie (allemande) &#8211; y compris ses philosophes et ses scribes &#233;rudits &#8211; pourrait-elle citer un ouvrage relatif &#224; l'&#233;mancipation de la bourgeoisie &#8211; son &#233;mancipation politique &#8211; comparable aux Garanties d'harmonie et de libert&#233; de Weitlings ? Si l'on compare la m&#233;diocrit&#233; terne et farfelue de la litt&#233;rature politique allemande avec ces d&#233;buts incommensurables et brillants des ouvriers allemands, si l'on compare ces gigantesques chaussures d'enfant du prol&#233;tariat avec les proportions naines des spectacles politiques &#233;puis&#233;s de la bourgeoisie, on Je dois proph&#233;tiser une silhouette d'athl&#232;te pour cette Cendrillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure de cet athl&#232;te se pr&#233;sente aujourd'hui &#224; nous, bien qu'elle soit encore loin d'&#234;tre pleinement d&#233;velopp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses sections existaient &#233;galement en Allemagne ; dans la nature des choses, ils &#233;taient d'un caract&#232;re passager, mais ceux qui naissaient compensaient largement ceux qui disparaissaient. Ce n'est qu'au bout de sept ans, &#224; la fin de 1846, que la police d&#233;couvrit des traces de la Ligue &#224; Berlin (Mentel) et &#224; Magdebourg (Beck), sans pouvoir les suivre plus avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris, Weitling, qui s'y trouvait encore en 1840, rassembla &#233;galement les &#233;l&#233;ments &#233;pars avant de partir pour la Suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tailleurs constituaient la force centrale de la Ligue. Les tailleurs allemands &#233;taient partout : en Suisse, &#224; Londres, &#224; Paris. Dans cette derni&#232;re ville, l'allemand &#233;tait tellement la langue dominante dans ce commerce que j'y ai connu en 1846 un tailleur norv&#233;gien qui avait voyag&#233; directement par mer de Trondhjem en France et, en l'espace de dix-huit mois, n'avait presque pas appris un mot. de fran&#231;ais mais avait acquis une excellente connaissance de l'allemand. Deux des communaut&#233;s parisiennes en 1847 &#233;taient majoritairement compos&#233;es de tailleurs, une d'&#233;b&#233;nistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que le centre de gravit&#233; se soit d&#233;plac&#233; de Paris vers Londres, un fait nouveau est apparu : d'allemande, la Ligue est progressivement devenue internationale . Dans la soci&#233;t&#233; ouvri&#232;re, on trouvait, outre les Allemands et les Suisses, des membres de toutes les nationalit&#233;s pour lesquelles l'allemand constituait le principal moyen de communication avec les &#233;trangers, notamment les Scandinaves, les Hollandais, les Hongrois, les Tch&#232;ques, les Slaves du Sud, mais aussi des Russes et des Alsaciens. En 1847, parmi les habitu&#233;s figurait un grenadier britannique de la Garde en uniforme. La soci&#233;t&#233; s'appela bient&#244;t Association d'&#233;ducation ouvri&#232;re communiste et les cartes de membres portaient l'inscription &#171; Tous les hommes sont fr&#232;res &#187;, dans au moins vingt langues, m&#234;me si ce n'&#233;tait pas sans erreurs ici et l&#224;. Comme l'Association ouverte, la Ligue secr&#232;te prit bient&#244;t un caract&#232;re plus international ; d'abord dans un sens restreint, pratiquement &#224; travers les diverses nationalit&#233;s de ses membres, th&#233;oriquement &#224; travers la prise de conscience que toute r&#233;volution pour &#234;tre victorieuse doit &#234;tre europ&#233;enne. On n'allait pas encore plus loin ; mais les fondations &#233;taient l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des liens &#233;troits furent entretenus avec les r&#233;volutionnaires fran&#231;ais par l'interm&#233;diaire des r&#233;fugi&#233;s londoniens, compagnons d'armes du 12 mai 1839. De m&#234;me avec les Polonais les plus radicaux. Les &#233;migr&#233;s polonais officiels, tout comme Mazzini, &#233;taient, bien entendu, des adversaires plut&#244;t que des alli&#233;s. Les chartistes anglais, en raison du caract&#232;re sp&#233;cifiquement anglais de leur mouvement, furent consid&#233;r&#233;s comme non r&#233;volutionnaires. Les dirigeants londoniens de la Ligue ne prirent contact avec eux que plus tard, par mon interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres mani&#232;res &#233;galement, le caract&#232;re de la Ligue avait chang&#233; avec les &#233;v&#233;nements. M&#234;me si Paris &#233;tait encore &#8212; et &#224; cette &#233;poque &#224; juste titre &#8212; consid&#233;r&#233;e comme la ville m&#232;re de la r&#233;volution, on &#233;tait n&#233;anmoins sortie de l'&#233;tat de d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des conspirateurs parisiens. La propagation de la Ligue a accru sa conscience de soi. On sentait que des racines s'enracinaient de plus en plus dans la classe ouvri&#232;re allemande et que ces travailleurs allemands &#233;taient historiquement appel&#233;s &#224; &#234;tre les porte-drapeaux des travailleurs du Nord et de l'Est de l'Europe. Il y avait en Weitling un th&#233;oricien communiste qui pouvait &#234;tre hardiment plac&#233; aux c&#244;t&#233;s de ses rivaux fran&#231;ais contemporains. Enfin, l'exp&#233;rience du 12 mai nous avait appris que pour l'instant il n'y avait rien &#224; gagner &#224; des tentatives de putsch . Et si l'on continuait &#224; expliquer chaque &#233;v&#233;nement comme le signe de l'approche de la temp&#234;te, si l'on conservait intactes les anciennes r&#232;gles semi-conspiratrices, c'&#233;tait principalement la faute du vieux d&#233;fi r&#233;volutionnaire, qui avait d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; se heurter aux sonneurs. des opinions qui gagnaient du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la doctrine sociale de la Ligue, si impr&#233;cise qu'elle f&#251;t, contenait un tr&#232;s grand d&#233;faut, mais qui avait ses racines dans les conditions elles-m&#234;mes. Les membres, dans la mesure o&#249; ils &#233;taient ouvriers, &#233;taient presque exclusivement des artisans. M&#234;me dans les grandes m&#233;tropoles, celui qui les exploitait n'&#233;tait g&#233;n&#233;ralement qu'un petit ma&#238;tre. L'exploitation &#224; grande &#233;chelle de la couture, ce qu'on appelle aujourd'hui la fabrication de v&#234;tements de confection, par la transformation de la couture artisanale en une industrie nationale travaillant pour un grand capitaliste, n'en &#233;tait alors qu'&#224; ses d&#233;buts, m&#234;me &#224; Londres. D'une part, l'exploitant de ces artisans &#233;tait un petit ma&#238;tre ; d'un autre c&#244;t&#233;, ils esp&#233;raient tous devenir eux-m&#234;mes de petits ma&#238;tres. En outre, une masse de notions h&#233;rit&#233;es des corporations s'accrochaient encore &#224; l'artisan allemand &#224; cette &#233;poque. Le plus grand honneur leur est d&#251;, dans la mesure o&#249; eux, qui n'&#233;taient pas encore eux-m&#234;mes des prol&#233;taires &#224; part enti&#232;re mais seulement un appendice de la petite bourgeoisie, un appendice qui passait dans le prol&#233;tariat moderne et qui ne s'opposait pas encore directement &#224; la bourgeoisie, c'est-&#224;-dire au grand capital, dans la mesure o&#249; ces artisans &#233;taient capables d'anticiper instinctivement leur d&#233;veloppement futur et de constituer, m&#234;me s'ils ne l'&#233;taient pas encore en pleine conscience, le parti du prol&#233;tariat. Mais il &#233;tait &#233;galement in&#233;vitable que leurs vieux pr&#233;jug&#233;s artisanaux soient pour eux une pierre d'achoppement &#224; chaque instant, lorsqu'il s'agissait de critiquer en d&#233;tail la soci&#233;t&#233; existante, c'est-&#224;-dire d'&#233;tudier les faits &#233;conomiques. Et je ne crois pas qu'&#224; cette &#233;poque, dans toute la Soci&#233;t&#233; des Nations, un seul homme ait jamais lu un livre d'&#233;conomie politique. Mais cela importait peu ; pour l'instant, &#171; l'&#233;galit&#233; &#187;, la &#171; fraternit&#233; &#187; et la &#171; justice &#187; les aident &#224; surmonter tous les obstacles th&#233;oriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; celui de la Ligue et de Weitling, un second communisme, essentiellement diff&#233;rent, se d&#233;veloppait. Lors de mon s&#233;jour &#224; Manchester, je me suis rendu compte de mani&#232;re tangible que les faits &#233;conomiques, qui jusqu'&#224; pr&#233;sent n'ont jou&#233; aucun r&#244;le ou seulement un r&#244;le m&#233;prisable dans l'&#233;criture de l'histoire, constituent, du moins dans le monde moderne, une force historique d&#233;cisive ; qu'ils constituent la base de l'origine des antagonismes de classe actuels ; que ces antagonismes de classes, dans les pays o&#249; ils se sont pleinement d&#233;velopp&#233;s gr&#226;ce &#224; la grande industrie, donc notamment en Angleterre, sont &#224; leur tour la base de la formation des partis politiques et des luttes de partis, et donc de toute l'histoire politique . Marx non seulement &#233;tait parvenu au m&#234;me point de vue, mais l'avait d&#233;j&#224; g&#233;n&#233;ralis&#233; dans le Deutsche-Franz&#246;sische Jahrb&#252;cher (1844) en ce sens que, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, ce n'est pas du tout l'&#201;tat qui conditionne et r&#233;gule la soci&#233;t&#233; civile, mais la soci&#233;t&#233; civile qui conditionne et r&#233;gule l'&#201;tat et, par cons&#233;quent, cette politique et son histoire doivent s'expliquer &#224; partir des relations &#233;conomiques et de leur d&#233;veloppement, et non l'inverse. Lorsque j'ai rendu visite &#224; Marx &#224; Paris au cours de l'&#233;t&#233; 1844, notre accord complet dans tous les domaines th&#233;oriques est devenu &#233;vident et notre travail commun date de cette &#233;poque. Lorsque, au printemps 1845, nous nous retrouv&#226;mes &#224; Bruxelles, Marx avait d&#233;j&#224; pleinement d&#233;velopp&#233; sa th&#233;orie mat&#233;rialiste de l'histoire dans ses principales caract&#233;ristiques sur la base mentionn&#233;e ci-dessus et nous nous appliqu&#226;mes maintenant &#224; l'&#233;laboration d&#233;taill&#233;e du mode de pens&#233;e nouvellement acquis. perspectives dans les directions les plus diverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;couverte, qui a r&#233;volutionn&#233; la science de l'histoire et, comme nous l'avons vu, est essentiellement l'&#339;uvre de Marx &#8212; d&#233;couverte dans laquelle je ne peux revendiquer pour moi qu'une part tr&#232;s insignifiante &#8212; &#233;tait cependant d'une importance imm&#233;diate pour les travailleurs contemporains. mouvement. Le communisme chez les Fran&#231;ais et les Allemands, le chartisme chez les Anglais n'apparaissent plus comme quelque chose de fortuit qui aurait tout aussi bien pu ne pas se produire. Ces mouvements se pr&#233;sentaient d&#233;sormais comme un mouvement de la classe opprim&#233;e moderne, le prol&#233;tariat, comme les formes plus ou moins d&#233;velopp&#233;es de sa lutte historiquement n&#233;cessaire contre la classe dirigeante, la bourgeoisie ; en tant que formes de la lutte des classes, mais qui se distinguent de toutes les luttes de classes ant&#233;rieures par cette seule chose : la classe opprim&#233;e actuelle, le prol&#233;tariat, ne peut pas parvenir &#224; son &#233;mancipation sans en m&#234;me temps &#233;manciper la soci&#233;t&#233; dans son ensemble de la division en classes et, par cons&#233;quent, , des luttes de classes. Et le communisme ne signifiait plus la cr&#233;ation, au moyen de l'imagination, d'une soci&#233;t&#233; id&#233;ale aussi parfaite que possible, mais la compr&#233;hension de la nature, des conditions et des objectifs g&#233;n&#233;raux qui en d&#233;coulaient, de la lutte men&#233;e par le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, nous n'&#233;tions nullement d'avis que les nouveaux r&#233;sultats scientifiques devaient &#234;tre confi&#233;s, dans de grands volumes, exclusivement au monde &#171; savant &#187;. Bien au contraire. Nous &#233;tions tous deux d&#233;j&#224; profond&#233;ment impliqu&#233;s dans le mouvement politique et poss&#233;dons une certaine audience dans le monde instruit, notamment en Allemagne occidentale, ainsi que de nombreux contacts avec le prol&#233;tariat organis&#233;. Il &#233;tait de notre devoir de fournir une base scientifique &#224; notre vision, mais il &#233;tait tout aussi important pour nous de gagner &#224; notre conviction le prol&#233;tariat europ&#233;en et en premier lieu le prol&#233;tariat allemand. D&#232;s que nous &#233;tions devenus clairs dans notre esprit, nous nous sommes mis &#224; la t&#226;che. Nous avons fond&#233; une soci&#233;t&#233; ouvri&#232;re allemande &#224; Bruxelles et repris la Deutsche Br&#252;sseler Zeitung , qui nous a servi d'organe jusqu'&#224; la r&#233;volution de F&#233;vrier. Nous sommes rest&#233;s en contact avec la section r&#233;volutionnaire des chartistes anglais par l'interm&#233;diaire de Julian Harney, r&#233;dacteur en chef de l'organe central du mouvement, The Northern Star , auquel j'ai contribu&#233;. Nous sommes &#233;galement entr&#233;s dans une sorte de cartel avec les d&#233;mocrates bruxellois (Marx &#233;tait vice-pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique) et avec les sociaux-d&#233;mocrates fran&#231;ais de la R&#233;forme , que je fournissais des nouvelles des mouvements anglais et allemand. Bref, nos relations avec les organisations radicales et prol&#233;tariennes et les organes de presse &#233;taient tout &#224; fait ce qu'on pouvait souhaiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos relations avec la Ligue des Justes &#233;taient les suivantes : L'existence de la Ligue nous &#233;tait &#233;videmment connue ; en 1843, Schapper m'avait propos&#233; d'y adh&#233;rer, ce que je refusais naturellement &#224; cette &#233;poque. Mais non seulement nous entretenions une correspondance continue avec les Londoniens, mais nous restions encore plus proches du Dr Ewerbeck, alors chef des communaut&#233;s parisiennes. Sans entrer dans les affaires int&#233;rieures de la Ligue, nous avons &#233;t&#233; inform&#233;s de tous les &#233;v&#233;nements importants. D'un autre c&#244;t&#233;, nous avons influenc&#233; les vues th&#233;oriques des membres les plus importants de la Ligue par la parole, par la lettre et par la presse. Nous avons &#233;galement r&#233;alis&#233; &#224; cet effet diverses circulaires lithographi&#233;es, que nous envoyions &#224; nos amis et correspondants dans le monde entier, &#224; des occasions particuli&#232;res, lorsqu'il s'agissait des affaires int&#233;rieures du Parti communiste en voie de formation. Dans ces cas-l&#224;, la Ligue elle-m&#234;me &#233;tait parfois mise en cause. Ainsi, un jeune &#233;tudiant westphalien, Hermann Kriege, parti en Am&#233;rique, s'y pr&#233;senta comme &#233;missaire de la Ligue et s'associa au fou Harro Harring dans le but d'utiliser la Ligue pour bouleverser l'Am&#233;rique du Sud. Il a fond&#233; un journal dans lequel, au nom de la Ligue, il pr&#234;chait un communisme extravagant d'amour r&#234;v&#233;, bas&#233; sur &#171; l'amour &#187; et d&#233;bordant d'amour. Contre cela nous avons lanc&#233; une circulaire qui n'a pas manqu&#233; de son effet. Kriege a disparu de la sc&#232;ne de la Ligue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, Weitling vint &#224; Bruxelles. Mais il n'&#233;tait plus le jeune compagnon tailleur na&#239;f qui, &#233;tonn&#233; par ses propres talents, essayait de clarifier dans son esprit &#224; quoi ressemblerait une soci&#233;t&#233; communiste. Il &#233;tait d&#233;sormais le grand homme, pers&#233;cut&#233; par les environs &#224; cause de sa sup&#233;riorit&#233;, qui flairait partout des rivaux, des ennemis secrets et des pi&#232;ges - le proph&#232;te, chass&#233; de pays en pays, qui portait toute faite la recette pour la r&#233;alisation du paradis sur terre. dans sa poche, et qui l'&#233;tait &#233;tait poss&#233;d&#233; par l'id&#233;e que tout le monde avait l'intention de le lui voler. Il s'&#233;tait d&#233;j&#224; brouill&#233; avec les membres de la Ligue &#224; Londres ; et &#224; Bruxelles, o&#249; Marx et sa femme l'accueillaient avec une patience presque surhumaine, il ne pouvait s'entendre avec personne non plus. Peu apr&#232;s, il se rendit en Am&#233;rique pour y essayer son r&#244;le de proph&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces circonstances contribu&#232;rent &#224; la r&#233;volution tranquille qui s'op&#233;rait dans la Ligue, et surtout parmi les dirigeants de Londres. L'insuffisance de la conception ant&#233;rieure du communisme, aussi bien le simple communisme &#233;galitaire fran&#231;ais que celle de Weitling, leur devint de plus en plus &#233;vidente. En remontant le communisme au christianisme primitif introduit par Weitling &#8212; si brillants soient certains passages de son &#201;vangile des pauvres p&#233;cheurs &#8212;, on avait abouti &#224; ce que le mouvement en Suisse soit en grande partie entre les mains, d'abord d'imb&#233;ciles comme Albrecht, puis d'exploiter de faux proph&#232;tes comme Kuhlmann. Le &#171; vrai socialisme &#187; &#233;voqu&#233; par quelques &#233;crivains litt&#233;raires &#8211; une traduction de la phras&#233;ologie socialiste fran&#231;aise en allemand h&#233;g&#233;lien corrompu et des r&#234;ves d'amour sentimentaux (voir la section sur l'allemand du &#171; vrai &#187; socialisme dans le Manifeste du Parti communiste &#8211; que Kriege et l'&#233;tude de la litt&#233;rature correspondante introduite dans la Ligue s'est vite av&#233;r&#233;e d&#233;go&#251;ter les vieux r&#233;volutionnaires de la Ligue, ne serait-ce qu'&#224; cause de sa faiblesse baveuse. Face au caract&#232;re intenable des vues th&#233;oriques ant&#233;rieures et aux aberrations pratiques qui en r&#233;sultaient, on s'est rendu compte davantage. et plus encore &#224; Londres que Marx et moi avions raison dans notre nouvelle th&#233;orie. Cette compr&#233;hension &#233;tait sans aucun doute favoris&#233;e par le fait que parmi les dirigeants londoniens se trouvaient d&#233;sormais deux hommes qui &#233;taient consid&#233;rablement sup&#233;rieurs &#224; ceux mentionn&#233;s pr&#233;c&#233;demment en termes de capacit&#233; de connaissances th&#233;oriques : le peintre miniature. Karl Pfander de Heilbronn et le tailleur Georg Eccarius de Thuringe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Note en bas de page d'Engels : Pfander est d&#233;c&#233;d&#233; il y a environ huit ans &#224; Londres. c'&#233;tait un homme d'une intelligence particuli&#232;rement fine, spirituel, ironique et dialectique. Eccarius, comme nous le savons, fut ensuite pendant de nombreuses ann&#233;es secr&#233;taire du Conseil g&#233;n&#233;ral de l'Association internationale des travailleurs, au sein duquel se trouvaient, entre autres, les anciens membres suivants de la Ligue : Eccarius, Pfander, Lessner, Lochner, Marx et moi. Eccarius se consacre ensuite exclusivement au mouvement syndical anglais.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de dire qu'au printemps 1847, Moll rendit visite &#224; Marx &#224; Bruxelles et imm&#233;diatement apr&#232;s &#224; moi &#224; Paris et nous invita &#224; plusieurs reprises, au nom de ses camarades, &#224; adh&#233;rer &#224; la Ligue. Il rapporta qu'ils &#233;taient autant convaincus de la justesse g&#233;n&#233;rale de notre fa&#231;on de voir les choses que de la n&#233;cessit&#233; de lib&#233;rer la Ligue des vieilles traditions et formes conspiratrices. Si nous entrions, nous aurions l'occasion d'exposer notre communisme critique devant un congr&#232;s de la Ligue dans un manifeste, qui serait ensuite publi&#233; comme manifeste de la Ligue ; nous pourrions &#233;galement contribuer, avec notre part, au remplacement de l'organisation obsol&#232;te de la Ligue par une organisation conforme aux temps et aux objectifs nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne doutions pas qu'une organisation au sein de la classe ouvri&#232;re allemande &#233;tait n&#233;cessaire, ne serait-ce qu'&#224; des fins de propagande, et que cette organisation, dans la mesure o&#249; elle n'aurait pas un caract&#232;re simplement local, ne pourrait &#234;tre qu'une organisation secr&#232;te, m&#234;me en dehors de l'Allemagne. Or, une telle organisation existait d&#233;j&#224;, sous la forme de la Ligue. Ce &#224; quoi nous nous opposions auparavant dans cette Ligue est d&#233;sormais consid&#233;r&#233; comme erron&#233; par les repr&#233;sentants de la Ligue eux-m&#234;mes ; nous f&#251;mes m&#234;me invit&#233;s &#224; collaborer aux travaux de r&#233;organisation. Pouvons-nous dire non ? Certainement pas. Nous sommes donc entr&#233;s dans la Ligue ; Marx a fond&#233; une communaut&#233; de la Ligue &#224; Bruxelles parmi nos amis proches, tandis que j'ai fr&#233;quent&#233; les trois communaut&#233;s de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'&#233;t&#233; 1847, eut lieu &#224; Londres le premier congr&#232;s de la Ligue, au cours duquel W. Wolff repr&#233;sentait les communaut&#233;s de Bruxelles et moi celle de Paris. Lors de ce congr&#232;s, la r&#233;organisation de la Ligue fut d'abord r&#233;alis&#233;e. Ce qui restait des vieux noms mystiques remontant &#224; la p&#233;riode conspiratrice &#233;tait d&#233;sormais aboli ; la Ligue se compose d&#233;sormais de communaut&#233;s, de cercles, de cercles dirigeants, d'un Comit&#233; central et d'un Congr&#232;s, et s'appelle d&#233;sormais la &#171; Ligue communiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le but de la Ligue est le renversement de la bourgeoisie, la domination du prol&#233;tariat, l'abolition de l'ancienne soci&#233;t&#233; bourgeoise bas&#233;e sur les antagonismes de classes et la fondation d'une nouvelle soci&#233;t&#233; sans classes et sans propri&#233;t&#233; priv&#233;e&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; ainsi a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; le premier article. L'organisation elle-m&#234;me &#233;tait totalement d&#233;mocratique, avec des conseils d'administration &#233;lectifs et toujours r&#233;vocables. Cela seul a emp&#234;ch&#233; toute vell&#233;it&#233; de conspiration, qui exige une dictature, et la Soci&#233;t&#233; des Nations s'est transform&#233;e &#8211; du moins en temps de paix ordinaire &#8211; en une pure soci&#233;t&#233; de propagande. Ces nouvelles R&#232;gles furent soumises &#224; la discussion des communaut&#233;s &#8212; tant la proc&#233;dure &#233;tait d&#233;sormais d&#233;mocratique &#8212; puis de nouveau d&#233;battues au IIe Congr&#232;s et finalement adopt&#233;es par celui-ci le 8 d&#233;cembre 1847. On les retrouve r&#233;imprim&#233;es dans Wermuth et Stieber, vol.I, p.239, Annexe X.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Deuxi&#232;me Congr&#232;s a eu lieu fin novembre et d&#233;but d&#233;cembre de la m&#234;me ann&#233;e. Marx &#233;tait &#233;galement pr&#233;sent &#224; cette occasion et exposa la nouvelle th&#233;orie au cours d'un d&#233;bat assez long &#8211; le congr&#232;s dura au moins dix jours. Toutes les contradictions et tous les doutes ont finalement &#233;t&#233; lev&#233;s, les nouveaux principes fondamentaux ont &#233;t&#233; adopt&#233;s &#224; l'unanimit&#233; et Marx et moi avons &#233;t&#233; charg&#233;s de r&#233;diger le Manifeste. Cela a &#233;t&#233; fait imm&#233;diatement apr&#232;s. Quelques semaines avant la R&#233;volution de F&#233;vrier, il fut envoy&#233; &#224; Londres pour &#234;tre imprim&#233;. Depuis lors, il a fait le tour du monde, a &#233;t&#233; traduit dans presque toutes les langues et sert encore aujourd'hui dans de nombreux pays de guide pour le mouvement prol&#233;tarien. &#192; la place de l'ancienne devise de la Ligue, &#171; Tous les hommes sont fr&#232;res &#187;, est apparu le nouveau cri de guerre : &#171; Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ! &#187; qui proclamait ouvertement le caract&#232;re international de la lutte. Dix-sept ans plus tard, ce cri de guerre r&#233;sonnait dans le monde entier comme le mot d'ordre de l'Association internationale des travailleurs, et aujourd'hui le prol&#233;tariat militant de tous les pays l'a inscrit dans son &#233;tendard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution de F&#233;vrier &#233;clate. Le Comit&#233; central de Londres, qui fonctionnait jusqu'&#224; pr&#233;sent, a imm&#233;diatement transf&#233;r&#233; ses pouvoirs au cercle dirigeant de Bruxelles. Mais cette d&#233;cision intervient &#224; un moment o&#249; un v&#233;ritable &#233;tat de si&#232;ge existait d&#233;j&#224; &#224; Bruxelles et o&#249; les Allemands notamment ne pouvaient plus se rassembler nulle part. Nous &#233;tions tous sur le point d'aller &#224; Paris, et le nouveau Comit&#233; central d&#233;cida donc de se dissoudre &#233;galement, de remettre tous ses pouvoirs &#224; Marx et de lui donner imm&#233;diatement le pouvoir de constituer un nouveau Comit&#233; central &#224; Paris. A peine les cinq personnes qui adopt&#232;rent cette d&#233;cision (3 mars 1848) furent-elles s&#233;par&#233;es, que la police p&#233;n&#233;tra de force dans la maison de Marx, l'arr&#234;ta et l'obligea &#224; partir le lendemain pour la France, l&#224; o&#249; il souhaitait se rendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris, nous nous sommes bient&#244;t tous retrouv&#233;s. L&#224;, le document suivant fut r&#233;dig&#233; et sign&#233; par tous les membres du nouveau Comit&#233; central. Il a &#233;t&#233; distribu&#233; dans toute l'Allemagne et beaucoup peuvent encore en tirer des le&#231;ons aujourd'hui :&lt;br class='autobr' /&gt;
Exigences du Parti communiste en Allemagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'Allemagne tout enti&#232;re sera d&#233;clar&#233;e une seule r&#233;publique indivisible.&lt;br class='autobr' /&gt; Les repr&#233;sentants du peuple seront pay&#233;s de mani&#232;re &#224; ce que les travailleurs puissent eux aussi si&#233;ger au Parlement du peuple allemand.&lt;br class='autobr' /&gt; Armement universel du peuple.&lt;br class='autobr' /&gt; Les domaines des princes et autres domaines f&#233;odaux, toutes mines, carri&#232;res, etc., seront transform&#233;s en propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat. Sur ces domaines, l'agriculture doit &#234;tre men&#233;e &#224; tr&#232;s grande &#233;chelle et avec les moyens scientifiques les plus modernes pour le b&#233;n&#233;fice de toute la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Les hypoth&#232;ques sur les propri&#233;t&#233;s paysannes seront d&#233;clar&#233;es propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat ; les int&#233;r&#234;ts de ces hypoth&#232;ques seront pay&#233;s par les paysans &#224; l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans les districts o&#249; le fermage est d&#233;velopp&#233;, le fermage ou la redevance agricole sont vers&#233;s &#224; l'&#201;tat &#224; titre d'imp&#244;t.&lt;br class='autobr' /&gt; Tous les moyens de transport : chemin de fer, canaux, bateaux &#224; vapeur, routes, poste, etc., seront pris en charge par l'Etat. Ils doivent &#234;tre transform&#233;s en propri&#233;t&#233; de l'&#201;tat et mis gratuitement &#224; la disposition de la classe des non-poss&#233;dants.&lt;br class='autobr' /&gt; Limitation du droit de succession.&lt;br class='autobr' /&gt; Introduction d'une fiscalit&#233; progressive et graduelle et suppression des taxes sur les biens de consommation.&lt;br class='autobr' /&gt; Mise en place d'ateliers nationaux. L'&#201;tat doit garantir un revenu &#224; tous les travailleurs et subvenir aux besoins de ceux qui ne sont pas en mesure de travailler.&lt;br class='autobr' /&gt; Enseignement &#233;l&#233;mentaire universel et gratuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est dans l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat allemand, de la petite bourgeoisie et de la paysannerie d'&#339;uvrer avec toute l'&#233;nergie possible &#224; la mise en &#339;uvre des mesures ci-dessus. Car ce n'est que par leur &#233;ducation que les millions d'Allemands, qui jusqu'&#224; pr&#233;sent ont &#233;t&#233; exploit&#233;s par un petit nombre de personnes et que l'on s'efforce de maintenir dans une suj&#233;tion toujours plus grande, pourront obtenir leurs droits et le pouvoir qui leur sont dus en tant que producteurs d'&#233;nergie. toute richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; : Karl Marx, Karl Schapper, H. Bauer, F. Engels, J. Moll, W. Wolff&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, l'engouement pour les l&#233;gions r&#233;volutionnaires pr&#233;vaut &#224; Paris. Espagnols, Italiens, Belges, N&#233;erlandais, Polonais et Allemands se sont rassembl&#233;s en foule pour lib&#233;rer leurs patries respectives. La l&#233;gion allemande &#233;tait dirig&#233;e par Herwegh, Bornsted, Bornstein. Etant donn&#233; qu'au lendemain de la r&#233;volution tous les travailleurs &#233;trangers non seulement perdirent leur emploi mais furent en outre harcel&#233;s par le public, l'afflux dans ces l&#233;gions fut tr&#232;s grand. le nouveau gouvernement vit en eux un moyen de se d&#233;barrasser des travailleurs &#233;trangers et leur accorda l'&#233;tape du soldat , c'est-&#224;-dire un logement le long de leur ligne de marche et une indemnit&#233; de marche de 50 centimes par jour jusqu'&#224; la fronti&#232;re, apr&#232;s quoi l'&#233;loquent Lamartine , le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, si &#233;mu aux larmes, a rapidement trouv&#233; l'occasion de les trahir aupr&#232;s de leurs gouvernements respectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes oppos&#233;s de la mani&#232;re la plus d&#233;cisive &#224; ce jeu avec la r&#233;volution. Mener une invasion, qui consistait &#224; importer par la force la r&#233;volution de l'ext&#233;rieur, au milieu de la fermentation qui se d&#233;roulait alors en Allemagne, signifiait saper la r&#233;volution en Allemagne elle-m&#234;me, renforcer les gouvernements et d&#233;livrer les l&#233;gionnaires - Lamartine le garantissait. &#8212; sans d&#233;fense entre les mains des troupes allemandes. Lorsque par la suite la r&#233;volution fut victorieuse &#224; Vienne et &#224; Berlin, la l&#233;gion devint encore plus inutile ; mais une fois commenc&#233;, le jeu continuait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons fond&#233; un club communiste allemand, dans lequel nous avons conseill&#233; aux ouvriers de se tenir &#224; l'&#233;cart de la l&#233;gion et de rentrer seuls chez eux et d'y travailler pour le mouvement. Notre vieil ami Flocon, qui si&#233;geait au Gouvernement Provisoire, obtint pour les ouvriers envoy&#233;s par nous les m&#234;mes facilit&#233;s de voyage que celles accord&#233;es aux l&#233;gionnaires. Nous renvoy&#226;mes ainsi en Allemagne trois ou quatre cents ouvriers, dont la grande majorit&#233; des membres de la Ligue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on pouvait facilement le pr&#233;voir, la Ligue se r&#233;v&#233;la &#234;tre un levier beaucoup trop faible face au mouvement populaire de masse qui venait d'&#233;clater. Les trois quarts des membres de la Ligue qui vivaient auparavant &#224; l'&#233;tranger ont chang&#233; de domicile et sont retourn&#233;s dans leur pays d'origine ; leurs communaut&#233;s pr&#233;c&#233;dentes furent ainsi en grande partie dissoutes et ils perdirent tout contact avec la Ligue. Une partie, la plus ambitieuse d'entre eux, n'essaya m&#234;me pas de reprendre ce contact, mais chacun commen&#231;a pour son propre compte un petit mouvement s&#233;par&#233; dans sa localit&#233;. Enfin, les conditions dans chaque petit &#201;tat, dans chaque province et dans chaque ville &#233;taient si diff&#233;rentes que la Ligue e&#251;t &#233;t&#233; incapable de donner autre chose que les directives les plus g&#233;n&#233;rales ; ces directives sont cependant beaucoup mieux diffus&#233;es par la presse. Bref, &#224; partir du moment o&#249; les causes qui avaient rendu n&#233;cessaire la Ligue secr&#232;te ont cess&#233; d'exister, la Ligue secr&#232;te comme telle a cess&#233; de signifier quoi que ce soit. Mais cela ne pouvait surtout pas surprendre ceux qui venaient de d&#233;pouiller cette m&#234;me Ligue secr&#232;te du dernier vestige de son caract&#232;re conspirateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il &#233;tait d&#233;sormais d&#233;montr&#233; que la Ligue avait &#233;t&#233; une excellente &#233;cole d'activit&#233; r&#233;volutionnaire. Sur le Rhin, o&#249; la Neue Rheinische Zeitung constituait un centre solide, &#224; Nassau, dans la Hesse rh&#233;nane, etc., partout les membres de la Ligue se tenaient &#224; la t&#234;te du mouvement d&#233;mocratique extr&#234;me. Ce fut le cas &#224; Hambourg. En Allemagne du Sud, la pr&#233;dominance de la d&#233;mocratie petite-bourgeoise faisait obstacle. &#192; Breslau, Wilhelm Wolff fut actif avec beaucoup de succ&#232;s jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; 1848 ; en outre, il re&#231;ut un mandat sil&#233;sien en tant que repr&#233;sentant suppl&#233;ant au parlement de Francfort. Enfin, le compositeur Stephan Born, qui avait travaill&#233; &#224; Bruxelles et &#224; Paris comme membre actif de la Ligue, fonda &#224; Berlin une Confr&#233;rie ouvri&#232;re qui devint assez r&#233;pandue et exista jusqu'en 1850. Born, un jeune homme tr&#232;s talentueux, mais qui, &#233;tait un peu trop press&#233; de devenir un personnage politique, &#171; fraternis&#233; &#187; avec les plus divers ragtags et bobtails pour rassembler les foules, et n'&#233;tait pas du tout l'homme qui pouvait apporter l'unit&#233; dans les tendances oppos&#233;es, la lumi&#232;re dans les tendances oppos&#233;es. le chaos. Ainsi, dans les publications officielles de l'association, les opinions repr&#233;sent&#233;es dans le Manifeste du Parti communiste &#233;taient m&#234;l&#233;es de souvenirs et d'aspirations corporatives, de fragments de Louis Blanc et de Proudhon, de protectionnisme, etc. ; bref, ils voulaient plaire &#224; tout le monde [allen alles sein]. En particulier, les gr&#232;ves, les syndicats et les coop&#233;ratives de production se d&#233;clench&#232;rent et on oublia qu'il s'agissait avant tout de conqu&#233;rir d'abord, par des victoires politiques, le domaine dans lequel seul de telles choses pouvaient se r&#233;aliser de mani&#232;re durable. base. Lorsque, par la suite, les victoires de la r&#233;action firent comprendre aux dirigeants des Fr&#232;res musulmans la n&#233;cessit&#233; de prendre une part directe &#224; la lutte r&#233;volutionnaire, ils furent naturellement abandonn&#233;s par la masse confuse qu'ils s'&#233;taient group&#233;e autour d'eux. Born participa au soul&#232;vement de Dresde en mai 1849 et r&#233;ussit &#224; s'en sortir. Mais contrairement au grand mouvement politique du prol&#233;tariat, la Fraternit&#233; ouvri&#232;re s'est r&#233;v&#233;l&#233;e &#234;tre un pur Sonderbund [ligue s&#233;par&#233;e], qui n'existait dans une large mesure que sur le papier et jouait un r&#244;le tellement subordonn&#233; que la r&#233;action ne l'a pas trouv&#233;. il fallut le supprimer jusqu'en 1850, et ses branches survivantes jusqu'&#224; plusieurs ann&#233;es plus tard. Born, dont le vrai nom &#233;tait Buttermilk, n'est pas devenu un grand personnage politique mais un petit professeur suisse, qui ne traduit plus Marx dans le langage des corporations mais le doux Renan dans son propre allemand complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 juin 1849, avec la d&#233;faite des insurrections de mai en Allemagne et la r&#233;pression de la r&#233;volution hongroise par les Russes, une grande p&#233;riode de la R&#233;volution de 1848 prit fin. Mais la victoire de la r&#233;action n'&#233;tait pas encore d&#233;finitive. Une r&#233;organisation des forces r&#233;volutionnaires dispers&#233;es &#233;tait n&#233;cessaire, et donc aussi de la Ligue. La situation interdisait encore, comme en 1848, toute organisation ouverte du prol&#233;tariat ; il fallut donc s'organiser &#224; nouveau en secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 1849, la plupart des membres des comit&#233;s centraux et congr&#232;s pr&#233;c&#233;dents se r&#233;unirent &#224; nouveau &#224; Londres. Les seuls qui manquaient encore &#233;taient Schapper, qui fut emprisonn&#233; &#224; Wiesbaden mais qui revint apr&#232;s son acquittement, au printemps 1850, et Moll, qui, apr&#232;s avoir accompli une s&#233;rie de missions et de voyages d'agitation des plus dangereux, recruta finalement des cavaliers &#224; cheval. artilleurs de l'artillerie du Palatinat au beau milieu de l'arm&#233;e prussienne dans la province du Rhin &#8212; rejoignirent la compagnie ouvri&#232;re de Besan&#231;on du corps de Willich et furent tu&#233;s d'une balle dans la t&#234;te lors de la rencontre &#224; la Murg devant le pont Rotenfels. D'un autre c&#244;t&#233;, Willich entra en sc&#232;ne. Willich &#233;tait un de ces communistes sentimentaux si r&#233;pandus en Allemagne occidentale depuis 1845 et qui, pour cette seule raison, se montraient instinctivement et furtivement hostiles &#224; notre tendance critique. Bien plus, il &#233;tait enti&#232;rement proph&#232;te, convaincu de sa mission personnelle de lib&#233;rateur pr&#233;destin&#233; du prol&#233;tariat allemand et, en tant que tel, pr&#233;tendant direct tant &#224; la dictature politique que militaire. Ainsi, au communisme chr&#233;tien primitif pr&#234;ch&#233; pr&#233;c&#233;demment par Weitling, s'est ajout&#233;e une sorte d'islam communiste. Cependant, la propagande de cette nouvelle religion se limita pour la premi&#232;re fois aux casernes de r&#233;fugi&#233;s sous le commandement de Willich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Ligue fut donc r&#233;organis&#233;e ; L'adresse de mars 1850 fut publi&#233;e et Heinrich Bauer fut envoy&#233; comme &#233;missaire en Allemagne. L'Adresse, compos&#233;e par Marx et moi-m&#234;me, est encore int&#233;ressante aujourd'hui, car la d&#233;mocratie petite-bourgeoise est d&#233;j&#224; aujourd'hui le parti qui doit certainement &#234;tre le premier &#224; arriver au pouvoir en Allemagne comme sauveur de la soci&#233;t&#233; des ouvriers communistes &#224; l'occasion de le prochain bouleversement europ&#233;en est d&#233;sormais imminent (les r&#233;volutions europ&#233;ennes de 1815, 1830, 1848-1852, 1870 se sont produites &#224; des intervalles de 15 &#224; 18 ans au cours de notre si&#232;cle). Une grande partie de ce qui y est dit est donc toujours applicable aujourd'hui. La mission de Heinrich Bauer fut couronn&#233;e d'un plein succ&#232;s. Le fid&#232;le petit cordonnier &#233;tait un diplomate n&#233;. Il ramena dans l'organisation active les anciens membres de la Ligue, qui &#233;taient en partie &#224; la tra&#238;ne et en partie agissant pour leur propre compte, et en particulier aussi les dirigeants de l'&#233;poque de la Fraternit&#233; Ouvri&#232;re. La Ligue commen&#231;a &#224; jouer un r&#244;le dominant dans les associations ouvri&#232;res, paysannes et sportives dans une bien plus grande mesure qu'avant 1848, de sorte que le prochain discours trimestriel aux communaut&#233;s, en juin 1850, pouvait d&#233;j&#224; rapporter que l'&#233;tudiant Schurz de Bonn (plus tard ancien ministre am&#233;ricain), qui &#233;tait en tourn&#233;e en Allemagne dans l'int&#233;r&#234;t de la d&#233;mocratie petite-bourgeoise, &#171; avait d&#233;j&#224; trouv&#233; toutes les forces n&#233;cessaires entre les mains de la Ligue &#187;. La Ligue &#233;tait sans aucun doute la seule organisation r&#233;volutionnaire ayant une quelconque importance en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le but de cette organisation d&#233;pendait dans une large mesure de la r&#233;alisation ou non des perspectives d'un nouvel essor de la r&#233;volution. Et au cours de l'ann&#233;e 1850, cela devint de plus en plus improbable, voire impossible. La crise industrielle de 1847, qui avait ouvert la voie &#224; la R&#233;volution de 1848, avait &#233;t&#233; surmont&#233;e ; une nouvelle p&#233;riode de prosp&#233;rit&#233; industrielle sans pr&#233;c&#233;dent s'&#233;tait install&#233;e ; quiconque avait des yeux pour voir et s'en servait devait clairement se rendre compte que la temp&#234;te r&#233;volutionnaire de 1848 s'&#233;teignait peu &#224; peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avec cette prosp&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;rale, dans laquelle les forces productives de la soci&#233;t&#233; bourgeoise se d&#233;veloppent de mani&#232;re aussi luxuriante que possible dans les relations bourgeoises, on ne peut pas parler d'une v&#233;ritable r&#233;volution . Une telle r&#233;volution n'est possible que dans les p&#233;riodes o&#249; ces deux facteurs, les forces productives modernes et les formes productives bourgeoises, entrent en collision. Les diverses querelles dans lesquelles se livrent aujourd'hui et se compromettent les repr&#233;sentants des factions industrielles du parti de l'ordre continental, loin de fournir l'occasion de nouvelles r&#233;volutions, ne sont au contraire possibles que parce que la base des relations est momentan&#233;ment si s&#251;re. et, ce que la r&#233;action ne sait pas, c'est tellement bourgeois . De l&#224;, toutes les tentatives de la r&#233;action visant &#224; freiner le d&#233;veloppement bourgeois rebondiront aussi certainement que toute indignation morale et toutes les proclamations enthousiastes des d&#233;mocrates &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Marx et moi avons &#233;crit dans la &#171; Revue de mai &#224; octobre 1850 &#187; de la Neue Rheinische Zeitung , Politisch-okonomische Revue , n&#176; V et VI, Hambourg, 1850, p. 153.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette froide appr&#233;ciation de la situation &#233;tait cependant consid&#233;r&#233;e par beaucoup comme une h&#233;r&#233;sie, &#224; une &#233;poque o&#249; Ledru-Rollin, Louis Blanc, Mazzini, Kossuth et, parmi les petites lumi&#232;res allemandes, Ruge, Kinkel, Gogg et les autres se pressaient. &#224; Londres pour former les gouvernements provisoires du futur non seulement pour leurs patries respectives mais pour toute l'Europe, et alors qu'il ne restait plus qu'&#224; obtenir de l'Am&#233;rique l'argent n&#233;cessaire comme emprunt pour que la r&#233;volution r&#233;alise &#224; tout moment le La r&#233;volution europ&#233;enne et les diff&#233;rentes r&#233;publiques qui l'accompagnaient allaient de soi. Peut-on s'&#233;tonner qu'un homme comme Willich se soit laiss&#233; prendre &#224; cela, que Schapper, agissant selon son ancienne impulsion r&#233;volutionnaire, se soit lui aussi laiss&#233; tromper et que la majorit&#233; des ouvriers londoniens, eux-m&#234;mes en grande partie r&#233;fugi&#233;s, les aient suivis. dans le camp des artisans de la r&#233;volution bourgeois-d&#233;mocrates ? Il suffit de dire que la r&#233;serve que nous maintenions n'&#233;tait pas du go&#251;t de ces gens-l&#224; ; il s'agissait d'entrer dans le jeu de faire des r&#233;volutions. Nous avons cat&#233;goriquement refus&#233; de le faire. Une scission s'ensuit ; on peut en savoir plus &#224; ce sujet dans l' Apocalypse . Puis vint l'arrestation de Nothjung, suivie de celle de Haupt, &#224; Hambourg. Ce dernier est devenu tra&#238;tre en divulguant les noms du Comit&#233; central de Cologne et en &#233;tant d&#233;sign&#233; comme t&#233;moin principal au proc&#232;s ; mais ses proches ne souhaitaient pas &#234;tre ainsi d&#233;shonor&#233;s et l'envoy&#232;rent &#224; Rio de Janerio, o&#249; il s'&#233;tablit plus tard comme homme d'affaires et, en reconnaissance de ses services, fut nomm&#233; consul g&#233;n&#233;ral de Prusse puis d'Allemagne. Il est maintenant de nouveau en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Note d'Engels : Schapper &#224; Londres &#224; la fin des ann&#233;es soixante. Willich a particip&#233; avec distinction &#224; la guerre civile am&#233;ricaine ; il est devenu g&#233;n&#233;ral de brigade et a re&#231;u une balle dans la poitrine lors de la bataille de Murfreesboro (Tennessee), mais s'est r&#233;tabli et est mort il y a une dizaine d'ann&#233;es en Am&#233;rique. Parmi les autres personnes mentionn&#233;es ci-dessus, je remarquerai seulement que Heinrich Bauer a &#233;t&#233; perdu en Australie et que Weitling et Ewerbeck sont morts en Am&#233;rique.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une meilleure compr&#233;hension des R&#233;v&#233;lations , je donne la liste des accus&#233;s de Cologne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) PG Roser, fabricant de cigares ; (2) Heinrich Burgers, d&#233;c&#233;d&#233; plus tard en tant que d&#233;put&#233; progressiste au Landtag ; (3) Peter Nothjung, tailleur, d&#233;c&#233;d&#233; il y a quelques ann&#233;es comme photographe &#224; Breslau ; (4) WJ Reiff ; (5) le Dr Hermann Becker, aujourd'hui bourgmestre en chef de Cologne et membre de la Chambre haute ; (6) le Dr Roland Daniels, m&#233;decin, d&#233;c&#233;d&#233; quelques ann&#233;es apr&#232;s le proc&#232;s des suites d'une tuberculose contract&#233;e en prison ; (7) Karl Otto, chimiste ; (8) Dr Abraham Jacoby, maintenant m&#233;decin &#224; New York ; (9) Dr IJ Klein, aujourd'hui m&#233;decin et conseiller municipal de Cologne ; (10) Ferdinand Freiligrath, qui se trouvait pourtant d&#233;j&#224; &#224; cette &#233;poque &#224; Londres ; (11) IL Ehrhard, commis ; (12) Friedrich Lessner, tailleur, actuellement &#224; Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un proc&#232;s public devant jury du 4 octobre au 12 novembre 1852, les personnes suivantes furent condamn&#233;es pour tentative de haute trahison : Roser, Burgers et Nothjung &#224; six ans, Reiff, Otto et Becker &#224; cinq ans et Lessner &#224; trois ans de prison. une forteresse ; Daniels, Klein, Jacoby et Ehrhard ont &#233;t&#233; acquitt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le proc&#232;s de Cologne, la premi&#232;re p&#233;riode du mouvement ouvrier communiste allemand prend fin. Imm&#233;diatement apr&#232;s la sentence, nous avons dissous notre Ligue ; quelques mois plus tard, la ligue s&#233;par&#233;e Willich-Schapper trouva &#233;galement le repos &#233;ternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Il y a toute une g&#233;n&#233;ration entre hier et aujourd'hui. A cette &#233;poque, l'Allemagne &#233;tait un pays d'artisanat et d'industrie domestique bas&#233;e sur le travail manuel ; c'est aujourd'hui un grand pays industriel en constante transformation industrielle. A cette &#233;poque, il fallait rechercher un &#224; un les travailleurs qui comprenaient leur situation de travailleurs et leur antagonisme historico-&#233;conomique envers le capital, car cet antagonisme lui-m&#234;me commen&#231;ait seulement &#224; se d&#233;velopper. Aujourd'hui, l'ensemble du prol&#233;tariat allemand doit &#234;tre soumis &#224; des lois d'exception, simplement pour ralentir un peu le processus de son d&#233;veloppement vers la pleine conscience de sa position de classe opprim&#233;e. A cette &#233;poque, les quelques personnes dont l'esprit avait p&#233;n&#233;tr&#233; jusqu'&#224; la r&#233;alisation du r&#244;le historique du prol&#233;tariat devaient se rassembler en secret, se rassembler clandestinement en petites communaut&#233;s de 3 &#224; 20 personnes. Aujourd'hui, le prol&#233;tariat allemand n'a plus besoin d'aucune organisation officielle, ni publique ni secr&#232;te. La simple interconnexion &#233;vidente de camarades de classe partageant les m&#234;mes id&#233;es suffit, sans aucune r&#232;gle, conseil, r&#233;solution ou autre forme tangible, &#224; &#233;branler l'ensemble de l'Empire allemand jusque dans ses fondations. Bismarck est l'arbitre de l'Europe au-del&#224; des fronti&#232;res de l'Allemagne, mais &#224; l'int&#233;rieur de celles-ci, la figure athl&#233;tique du prol&#233;tariat allemand, que Marx pr&#233;voyait d&#233;j&#224; en 1844, devient chaque jour plus mena&#231;ante, le g&#233;ant pour qui l'&#233;difice imp&#233;rial exigu con&#231;u pour s'adapter aux philistins est encore aujourd'hui. devenu inad&#233;quat et dont la stature puissante et les &#233;paules larges grandissent jusqu'au moment o&#249;, en se levant simplement de son si&#232;ge, il brisera toute la structure de la constitution imp&#233;riale en fragments. Et bien plus encore. Le mouvement international du prol&#233;tariat europ&#233;en et am&#233;ricain s'est tellement renforc&#233; que non seulement sa premi&#232;re forme &#233;troite &#8212; la Ligue secr&#232;te &#8212; mais m&#234;me sa seconde forme, infiniment plus large &#8212; l'Association internationale des travailleurs &#8212; est devenue pour lui une entrave, et que le simple sentiment de solidarit&#233; fond&#233; sur la compr&#233;hension de l'identit&#233; de position de classe suffit &#224; cr&#233;er et &#224; maintenir un seul et m&#234;me grand parti du prol&#233;tariat parmi les ouvriers de tous pays et de toutes langues. La doctrine que la Ligue a repr&#233;sent&#233;e de 1847 &#224; 1852, et qui &#224; cette &#233;poque pouvait &#234;tre trait&#233;e par les sages philistins en haussant les &#233;paules comme des hallucinations de compl&#232;tement fous, comme la doctrine secr&#232;te de quelques sectaires dispers&#233;s, a maintenant d'innombrables adeptes. dans tous les pays civilis&#233;s du monde, parmi les condamn&#233;s aux mines de Sib&#233;rie autant que parmi les chercheurs d'or de Californie ; et le fondateur de cette doctrine, l'homme le plus d&#233;test&#233; et le plus calomni&#233; de son temps, Karl Marx, &#233;tait, &#224; sa mort, le conseiller toujours recherch&#233; et toujours volontaire du prol&#233;tariat de l'ancien et du nouveau monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/marx/works/subject/organisation/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/marx/works/subject/organisation/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Si la canicule est naturelle, la mortalit&#233; qui touche les plus pr&#233;caires et les plus fragiles au sein du peuple travailleur est un meurtre social</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8857</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article8857</guid>
		<dc:date>2026-06-30T22:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La canicule est naturelle, la mortalit&#233; est de classe &lt;br class='autobr' /&gt;
La canicule est un ph&#233;nom&#232;ne naturel ; la mortalit&#233; qu'elle provoque, non. C'est un meurtre social &#8212; au sens o&#249; Engels l'entendait : une soci&#233;t&#233; qui place sciemment les travailleurs l&#224; o&#249; ils meurent, en sachant d'avance qui mourra. Les 23 et 24 juin 2026, la France a battu puis rebattu son record de la journ&#233;e la plus chaude jamais mesur&#233;e depuis 1947 : 72 d&#233;partements en vigilance rouge, 51 millions de personnes sous alerte maximale, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_19496 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/imagesh-2.jpg' width=&#034;399&#034; height=&#034;501&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/imagesvbnu.jpg' width=&#034;201&#034; height=&#034;251&#034; alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/canicule_2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/canicule_2.png' width=&#034;1055&#034; height=&#034;1491&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_19510 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/canicule_3.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/canicule_3.png' width=&#034;1055&#034; height=&#034;1491&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_19485 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/imagessdf.jpg' width=&#034;399&#034; height=&#034;501&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_19487 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/images-169.jpg' width=&#034;399&#034; height=&#034;501&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_19488 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/imagesdf-4.jpg' width=&#034;399&#034; height=&#034;501&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_19489 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/imagesh.jpg' width=&#034;399&#034; height=&#034;501&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_19490 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/imagesq-2.jpg' width=&#034;201&#034; height=&#034;251&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_19491 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/imagess-10.jpg' width=&#034;399&#034; height=&#034;501&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_19492 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/imagesu.jpg' width=&#034;399&#034; height=&#034;501&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_19511 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/imagesghjdfg.jpg' width=&#034;335&#034; height=&#034;597&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_19512 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/imagesyuidg.jpg' width=&#034;399&#034; height=&#034;501&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La canicule est naturelle, la mortalit&#233; est de classe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La canicule est un ph&#233;nom&#232;ne naturel ; la mortalit&#233; qu'elle provoque, non. C'est un meurtre social &#8212; au sens o&#249; Engels l'entendait : une soci&#233;t&#233; qui place sciemment les travailleurs l&#224; o&#249; ils meurent, en sachant d'avance qui mourra. Les 23 et 24 juin 2026, la France a battu puis rebattu son record de la journ&#233;e la plus chaude jamais mesur&#233;e depuis 1947 : 72 d&#233;partements en vigilance rouge, 51 millions de personnes sous alerte maximale, 44,3 &#176;C &#224; Pissos, 42 &#176;C jusqu'&#224; Dunkerque, des bus relev&#233;s &#224; 56 &#176;C. Et pourtant : 7 % des &#233;coles climatis&#233;es contre 64 % des bureaux, le brevet maintenu dans des salles &#224; 40 &#176;C, des nourrissons &#171; grands oubli&#233;s &#187; des plans d'urgence, des h&#244;pitaux satur&#233;s, des trains supprim&#233;s, des chauffeurs de bus qui s'effondrent au volant. Vingt-trois ans apr&#232;s les 15 000 morts de 2003, l'h&#244;pital n'est toujours pas climatis&#233; : l'&#201;tat avait l'argent, il a choisi de ne rien faire, et ses ministres font la le&#231;on &#224; ceux qui r&#233;clament des &#233;coles fra&#238;ches. Face &#224; cela, l'extr&#234;me gauche elle-m&#234;me r&#233;clame, manifeste, p&#233;titionne &#8212; mais n'appelle pas &#224; chasser le pouvoir qui organise ce meurtre. Nous, si : &#224; l'appareil coupable, nous n'adressons aucune revendication. Nous appelons &#224; le virer et &#224; le remplacer par nos propres organes &#8212; des assembl&#233;es et des comit&#233;s souverains, coordonn&#233;s, sous notre contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le capital est climatis&#233;, les travailleurs subissent la canicule&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres d'abord. Le 23 juin 2026, la France a battu son record de la journ&#233;e la plus chaude jamais enregistr&#233;e depuis le d&#233;but des relev&#233;s en 1947 &#8212; et l'a rebattu le lendemain. L'indicateur thermique national &#8212; la moyenne, jour et nuit, de trente stations de r&#233;f&#233;rence &#8212; a atteint 29,8 &#176;C le 23 juin, d&#233;passant les 29,4 &#176;C du 5 ao&#251;t 2003 et du 25 juillet 2019 ; le 24 juin, il a franchi pour la premi&#232;re fois le seuil des 30 &#176;C. Sur les seules temp&#233;ratures maximales, ce m&#234;me indicateur est mont&#233; &#224; 38,2 &#176;C le 23 puis 38,5 &#176;C le 24, contre 37,7 &#176;C en 2003. Deux jours de suite, le record n'a pas &#233;t&#233; battu : il a &#233;t&#233; pulv&#233;ris&#233;. Le 22 juin, pr&#232;s de 500 records locaux &#233;taient pulv&#233;ris&#233;s en une seule journ&#233;e. Sur le terrain : 44,3 &#176;C &#224; Pissos dans les Landes, 44,1 &#176;C &#224; Saumur, 42,5 &#176;C &#224; Bordeaux, 42,1 &#176;C &#224; Nantes, 42 &#176;C &#224; Dunkerque &#8212; au bord de la mer du Nord &#8212;, 41,5 &#176;C &#224; Rennes et &#224; Vannes, 40,3 &#176;C &#224; Tours, 39,6 &#176;C &#224; Paris-Montsouris. Fait marquant : ce ne fut pas le Sud habituel, mais l'Ouest et la fa&#231;ade atlantique qui battirent leurs records absolus. Et les nuits n'apportaient aucun r&#233;pit : la canicule se d&#233;finit pr&#233;cis&#233;ment par des temp&#233;ratures qui restent &#233;lev&#233;es de jour comme de nuit, si bien que le corps ne r&#233;cup&#232;re plus. Le 25 juin, 72 d&#233;partements &#233;taient en vigilance rouge, soit plus des trois quarts de la population : 51 millions de personnes, dont 5,6 millions &#226;g&#233;es de 75 ans ou plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le chiffre qui dit la v&#233;rit&#233; de classe n'est pas sur le thermom&#232;tre ext&#233;rieur. Il est &#224; l'int&#233;rieur des murs. Des capteurs pos&#233;s dans des &#233;coles repr&#233;sentatives par le programme public ACTEE ont relev&#233; jusqu'&#224; 34 &#176;C dans les salles de classe quand il faisait 28 &#176;C dehors. Le b&#226;ti scolaire fran&#231;ais, construit entre les ann&#233;es 1960 et 1990 pour une seule chose &#8212; retenir la chaleur l'hiver, chauffer au moindre co&#251;t &#8212;, fonctionne l'&#233;t&#233; comme un capteur solaire qui pi&#232;ge la chaleur et la restitue la nuit. Il a &#233;t&#233; pens&#233; pour l'&#233;conomie d'hier ; il tue dans le climat d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voici le fait qui tranche tout : selon l'Ademe, environ 7 % des surfaces des b&#226;timents d'enseignement sont climatis&#233;es &#8212; contre 64 % des surfaces de bureaux. Que l'on relise ce chiffre. L&#224; o&#249; s'entassent les enfants, les enseignants, les agents : 7 %. L&#224; o&#249; si&#232;gent les directions, les cadres, l'administration de gestion : 64 %. La climatisation existe, elle fonctionne, elle est install&#233;e &#8212; mais elle suit la carte du capital, pas celle des corps. Dans les coll&#232;ges et les lyc&#233;es, les rares pi&#232;ces climatis&#233;es sont les salles informatiques (pour prot&#233;ger le mat&#233;riel) et les cuisines (pour l'hygi&#232;ne r&#233;glementaire). On refroidit les serveurs et les denr&#233;es ; on laisse cuire les &#233;l&#232;ves. La hi&#233;rarchie des temp&#233;ratures est la hi&#233;rarchie sociale rendue thermique. Et la m&#234;me contradiction qui gouverne toute la production capitaliste devient ici physiquement palpable : entre la valeur d'usage &#8212; un corps qui tient, un enfant qui apprend, un malade qu'on soigne &#8212; et la valeur d'&#233;change, le profit, qui seul d&#233;cide de ce qui m&#233;rite qu'on d&#233;pense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce partage ne s'arr&#234;te pas aux murs du bureau : il couvre la vie enti&#232;re. Suivez une journ&#233;e de ceux qui nous dirigent et nous exploitent. Le ministre qui fait la le&#231;on sur la sobri&#233;t&#233; la prononce dans un cabinet climatis&#233; ; l'&#233;ditorialiste qui raille &#171; l'&#233;poque des fragiles &#187; p&#233;rore sur un plateau de t&#233;l&#233;vision climatis&#233; ; le grand patron d&#233;cide dans un si&#232;ge social et un bureau de direction climatis&#233;s. Et le soir venu, ils rentrent dans des maisons climatis&#233;es, partent le week-end dans des r&#233;sidences secondaires climatis&#233;es, roulent dans des voitures climatis&#233;es. Du lever au coucher, au travail comme chez eux, la bourgeoisie et son personnel vivent dans la fra&#238;cheur. Le travailleur, lui, n'y a acc&#232;s nulle part : ni &#224; l'atelier ou au bureau sans climatisation, ni dans le bus ou le train surchauff&#233;s, ni dans un logement populaire qui, passoire thermique l'hiver, devient bouilloire l'&#233;t&#233;. Voil&#224; la ligne de classe, nue : il y a ceux qui ont acc&#232;s &#224; la fra&#238;cheur vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et ceux qui cuisent vingt-quatre heures sur vingt-quatre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cr&#232;che, &#233;cole, h&#244;pital, transports, travail : nos corps souffrent des conditions impos&#233;es par le grand capital, son &#201;tat et ses gouvernements depuis 2003&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette abstraction, la canicule de juin 2026 l'a &#233;crite dans des lieux pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La cr&#232;che.&lt;/strong&gt; Les nourrissons sont parmi les plus vuln&#233;rables &#224; la chaleur &#8212; leur thermor&#233;gulation est immature, ils ne savent pas dire qu'ils ont soif. Le Syndicat national des professionnel&#183;le&#183;s de la petite enfance les a qualifi&#233;s de &#171; grands oubli&#233;s &#187; : le communiqu&#233; de Matignon, &#224; l'issue de la cellule de crise interminist&#233;rielle, ne cite ni les b&#233;b&#233;s ni leurs modes d'accueil, et les cr&#232;ches, relevant du code de la sant&#233; publique, n'ont m&#234;me pas l'&#233;quivalent des fiches de d&#233;cision dont disposent les &#233;coles. Les enfants les plus fragiles b&#233;n&#233;ficient du filet de s&#233;curit&#233; le plus faible. Et voici le point qui &#233;claire tout le reste : la norme officielle recommande que la temp&#233;rature int&#233;rieure ne descende pas de plus de 5 &#224; 7 &#176;C sous la temp&#233;rature ext&#233;rieure &#8212; autrement dit, &#224; 42 &#176;C dehors, on &#171; recommande &#187; de laisser les locaux autour de 35 &#176;C. Interrog&#233;e, la Direction g&#233;n&#233;rale de la coh&#233;sion sociale justifie explicitement cette limite &#224; la fra&#238;cheur par les enjeux sanitaires et environnementaux li&#233;s &#224; l'utilisation de la climatisation. L'aust&#233;rit&#233; climatique est donc inscrite, noir sur blanc, jusque dans la norme qui encadre l'accueil des nourrissons. Il a fallu la canicule extr&#234;me pour que l'administration conc&#232;de que les cr&#232;ches &#171; peuvent &#187; d&#233;passer cet &#233;cart afin de prot&#233;ger les enfants &#8212; preuve que, par d&#233;faut, la r&#232;gle penche contre le rafra&#238;chissement, m&#234;me pour des b&#233;b&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;cole.&lt;/strong&gt; Alors que des coll&#232;ges et lyc&#233;es signalaient des malaises, des saignements de nez et, selon le pr&#233;sident du SNALC Jean-R&#233;mi Girard, une explosion des passages &#224; l'infirmerie, le ministre de l'&#201;ducation nationale, &#201;douard Geffray, a maintenu le calendrier du brevet : l'&#233;preuve de fran&#231;ais a eu lieu le 26 juin, en pleine vigilance rouge. &#192; Paris, une f&#233;d&#233;ration de parents d'&#233;l&#232;ves a saisi en urgence le tribunal administratif pour faire reporter l'&#233;preuve. La r&#233;ponse de l'institution &#224; 40 &#176;C dans les classes : un ventilateur, une bouteille d'eau, et l'examen maintenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'h&#244;pital.&lt;/strong&gt; Le Premier ministre avait fix&#233; une priorit&#233; &#8212; &#171; que l'h&#244;pital tienne &#187; &#8212; et un mot d'ordre, le &#171; plan d'endurance &#187;. Le 23 juin, en activant le niveau 2 du plan ORSAN, la ministre de la Sant&#233; St&#233;phanie Rist &#233;cartait encore toute r&#233;quisition de personnels. Quarante-huit heures plus tard, le 25 juin, le gouvernement d&#233;clenchait le niveau 3 du plan ORSAN &#8212; pour la premi&#232;re fois &#224; l'&#233;chelle nationale depuis sa cr&#233;ation &#8212;, mobilisant la r&#233;serve sanitaire et autorisant les d&#233;programmations. Les passages aux urgences li&#233;s &#224; la chaleur avaient &#233;t&#233; multipli&#233;s par quatre en vingt-quatre heures. Le pr&#233;fet de police de Paris constatait des h&#244;pitaux &#171; satur&#233;s &#187; ; &#224; Paris, 25 arr&#234;ts cardiaques en une journ&#233;e contre moins de dix d'ordinaire. Au service des urgences de l'h&#244;pital Georges-Pompidou, son chef Philippe Juvin r&#233;sumait : &#171; les couloirs sont pleins &#187;, de patients &#226;g&#233;s ou de cinquantenaires en hyperthermie s&#233;v&#232;re, et de personnes sans abri arrivant avec 42 &#176;C de temp&#233;rature corporelle. Voil&#224; ce que signifie &#171; l'endurance &#187; : faire absorber par un h&#244;pital sous-&#233;quip&#233; une vague qu'on savait venir, jusqu'&#224; la rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les transports.&lt;/strong&gt; Se d&#233;placer, quand on n'a pas de voiture, c'est d&#233;pendre d'un r&#233;seau qui cuit. C&#244;t&#233; bus : en &#206;le-de-France, 60 % seulement sont climatis&#233;s ; sur le r&#233;seau Tadao, dans le bassin minier, 50 sur 250 ; les relev&#233;s syndicaux donnent 45 &#224; 56 &#176;C &#224; l'int&#233;rieur des v&#233;hicules. Porte de Saint-Cloud, un conducteur de la ligne 189 a perdu connaissance au volant d'un bus non climatis&#233;, qui a fini sa course contre un arbre ; &#224; Lille, plusieurs chauffeurs ont fait des malaises, une conductrice a &#233;t&#233; hospitalis&#233;e, et ils ont exerc&#233; leur droit de retrait. C&#244;t&#233; rail, m&#234;me aveu : entre le 18 et le 22 juin, la SNCF a supprim&#233; 71 trains Intercit&#233;s &#8212; dont 52 en Occitanie &#8212;, retirant du service les vieilles rames Corail, vieilles d'un demi-si&#232;cle, dont la climatisation est &#171; inadapt&#233;e aux tr&#232;s hautes temp&#233;ratures &#187;. En &#206;le-de-France, un train sur dix supprim&#233; ; au plus fort de la vague, pr&#232;s de mille trains annul&#233;s par jour. Les cat&#233;naires se d&#233;tendent sous la chaleur et menacent de rompre. Pendant ce temps, les patrons de la SNCF r&#233;p&#232;tent que &#171; le syst&#232;me tient &#187;. La double peine est partout : le conducteur, travailleur expos&#233; qui s'effondre, et l'usager &#8212; l'ouvrier, la personne &#226;g&#233;e, celui qui n'a pas les moyens d'une voiture &#8212; qu'on laisse dans un &#171; cercueil roulant &#187;, ou tout simplement &#224; pied quand le service s'arr&#234;te apr&#232;s 18 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le travail.&lt;/strong&gt; Et il y a le lieu o&#249; l'on passe ses journ&#233;es. La majorit&#233; des usines sont des fours : ateliers confin&#233;s, mal ventil&#233;s, o&#249; une fonderie, une boulangerie industrielle, une ligne de montage aux cadences infernales, ou le port de charges lourdes sous des &#233;quipements de s&#233;curit&#233; chauds et encombrants deviennent une torture d&#232;s que la temp&#233;rature d&#233;passe 30 &#176;C et grimpe vers 40 &#176;C. Sur les chantiers du BTP, expos&#233;s en permanence &#224; la chaleur et &#224; la poussi&#232;re, le travail n'est pas interrompu : le code du travail ne fixe aucune temp&#233;rature maximale. M&#234;me dans les bureaux des grandes entreprises qui se targuent d'&#234;tre &#224; la pointe, il n'y a souvent ni climatisation ni ventilation ; c'est pire encore dans les cuisines de restaurant et les petits commerces. La seule obligation de l'employeur &#8212; fournir de l'eau fra&#238;che en quantit&#233; suffisante et renouveler l'air &#8212; n'est m&#234;me pas tenue pour des millions de salari&#233;s. Et quand des pauses ou des horaires am&#233;nag&#233;s sont accord&#233;s, c'est presque toujours apr&#232;s que les travailleurs les ont impos&#233;s. Cette exposition tue : directement &#8212; plusieurs dizaines de d&#233;c&#232;s au travail chaque ann&#233;e &#8212; et &#224; petit feu, en cr&#233;ant ou en aggravant les maladies cardiaques et respiratoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinq fronts, un m&#234;me aveu : la tiers-mondisation des services publics.&lt;/strong&gt; Il faut dire les choses comme elles sont. Si ces b&#226;timents, ces trains, ces h&#244;pitaux &#233;taient entretenus comme ils devraient l'&#234;tre, rien de tout cela n'arriverait. Or 60 % du b&#226;ti hospitalier est consid&#233;r&#233; comme v&#233;tuste, les &#233;coles n'ont connu aucune r&#233;novation thermique, les rames Corail tra&#238;nent cinquante ans sans &#234;tre remplac&#233;es, les bus sans climatisation roulent encore. Ce n'est pas la fatalit&#233; d'un pays pauvre : la France est riche. C'est le choix d'une bourgeoisie et d'un &#201;tat qui laissent pourrir tout ce qui ne rapporte pas de profit &#8212; une tiers-mondisation m&#233;thodique des services publics, organis&#233;e d'aust&#233;rit&#233; en aust&#233;rit&#233; depuis des d&#233;cennies. La canicule ne fait que la rendre visible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les morts qu'on ne compte pas encore&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; 2003 a tu&#233; plus de 15 000 personnes en France. C'est ce d&#233;sastre qui sert, depuis, de r&#233;f&#233;rence et de justification &#224; toute la politique &#171; canicule &#187;. La chaleur n'a pas cess&#233; de tuer depuis : l'&#233;t&#233; 2025 a fait, selon Sant&#233; publique France, pr&#232;s de 5 700 morts, dont les trois quarts avaient plus de 75 ans ; &#224; l'&#233;chelle du continent, environ 44 000 Europ&#233;ens meurent de la chaleur chaque ann&#233;e. Et la trajectoire d'&#233;missions actuelle conduit la France vers +4 &#176;C d'ici la fin du si&#232;cle : dans ce sc&#233;nario, une &#233;tude parue dans The Lancet en 2024 projette plus de 23 000 d&#233;c&#232;s annuels li&#233;s &#224; la chaleur sur notre seul territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la vague de juin 2026, le bilan consolid&#233; n'est pas encore connu : Sant&#233; publique France ne publie son estimation de surmortalit&#233; qu'environ quinze jours apr&#232;s la fin de l'alerte, &#171; &#224; froid &#187;, une fois les corps compt&#233;s. Mais un premier signal est d&#233;j&#224; tomb&#233;. Dimanche 28 juin, l'agence a fait un point provisoire : environ 1 000 d&#233;c&#232;s de plus que la normale depuis le 24 juin &#8212; plus de 1 200 morts toutes causes confondues pour la seule journ&#233;e du 24, plus de 1 400 par jour les 25 et 26, contre 900 &#224; 1 000 par jour en avril et mai. Chiffre partiel, non consolid&#233;, et d&#233;j&#224; accablant. Autrement dit : avant m&#234;me le bilan d&#233;finitif, les morts apparaissent dans la statistique, tandis que le gouvernement, lui, communique &#224; chaud sur des mesures d'affichage. L'&#201;tat g&#232;re l'image pendant que la comptabilit&#233; des cadavres commence. La pr&#233;fecture du Pas-de-Calais a d&#233;j&#224; signal&#233; trois d&#233;c&#232;s &#171; pour lesquels la canicule est susceptible d'avoir eu un effet &#187; : un homme &#226;g&#233; qui travaillait dehors, deux personnes &#224; domicile. Et l'on sait comment cette mortalit&#233; se distribuera : selon l'&#226;ge, le m&#233;tier, le logement, le quartier. La Fondation pour le logement le chiffre : 59 % des habitants des quartiers populaires souffrent de la chaleur chez eux, contre 43 % ailleurs. La chaleur frappe tout le monde ; elle ne tue pas tout le monde. Elle tue ceux qui n'ont ni mur isol&#233;, ni pi&#232;ce fra&#238;che, ni m&#233;tier &#224; l'abri.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un gouvernement coupable de meurtre social&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Engels, en 1845, donnait un nom &#224; cela : le meurtre social. Lorsqu'une soci&#233;t&#233; place sciemment des &#234;tres humains dans des conditions o&#249; ils ne peuvent que tomber malades et mourir, et qu'elle sait d'avance qui mourra, alors elle commet un meurtre &#8212; non par la main d'un individu, mais par son organisation m&#234;me. Vingt-trois ans apr&#232;s 2003, l'&#201;tat conna&#238;t la chaleur qui vient, il a encaiss&#233; les milliards pr&#233;lev&#233;s pour y faire face, et il choisit de ne rien construire. Ce n'est pas une n&#233;gligence : c'est un meurtre social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que fait-il pendant la vague ? Du verbe et de l'affichage. Le Premier ministre, S&#233;bastien Lecornu, assure que la situation est &#171; ma&#238;tris&#233;e &#187; dans les EHPAD et en appelle &#224; la &#171; responsabilit&#233; individuelle &#187; pour prot&#233;ger les personnes isol&#233;es &#8212; au moment m&#234;me o&#249; des EHPAD ferment leurs terrasses, rationnent l'eau toutes les deux heures et o&#249; l'on r&#233;quisitionne m&#233;decins et infirmiers lib&#233;raux pour les renforcer. Il mobilise les facteurs de La Poste pour aller prendre des nouvelles des isol&#233;s au fil de leurs tourn&#233;es : on remplace le mur isol&#233; par le d&#233;vouement du facteur, la charit&#233; individuelle masque le refus de l'investissement collectif. Et il d&#233;bloque dans l'urgence 100 millions d'euros pour financer, dans les &#233;tablissements de sant&#233; les plus expos&#233;s, des climatiseurs et des protections solaires &#171; pour &#233;viter des fermetures de services &#187;. Cette annonce est un aveu : s'il faut, en 2026, climatiser en catastrophe des services menac&#233;s de fermer sous la chaleur, c'est que vingt-trois ans apr&#232;s 2003 rien n'a &#233;t&#233; fait. Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, d&#233;clare gravement que la canicule est &#171; une question de justice sociale &#187; &#8212; pendant que son plan logement est qualifi&#233; de &#171; mesurettes cosm&#233;tiques &#187; par la Fondation pour le logement elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pas &#233;cologique &#187; : les ministres climatis&#233;s nous font la le&#231;on alors que nos corps cuisent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a pire que le vide. Il y a la d&#233;nonciation active de la seule mesure qui rafra&#238;chit vraiment. Au plus fort de la vague, plusieurs ministres sont mont&#233;s au cr&#233;neau non pour r&#233;clamer la climatisation des &#233;coles et des h&#244;pitaux, mais pour la d&#233;courager. La ministre de la Transition &#233;cologique, Monique Barbut &#8212; ancienne pr&#233;sidente de WWF France &#8212;, s'est dite sur France Inter &#171; d&#233;sol&#233;e &#187; que le d&#233;bat se r&#233;duise aux climatiseurs, puis, le 26 juin, s'en est prise sur un ton ouvertement moralisateur &#224; ceux qui en r&#233;clament dans les &#233;coles, les h&#244;pitaux, voire les transports. La porte-parole du gouvernement et ministre de l'&#201;nergie, Maud Bregeon, avait pos&#233; la formule : la climatisation &#171; ne peut pas &#234;tre la seule r&#233;ponse &#187; &#8212; co&#251;t, consommation &#233;lectrique, il faudrait &#171; d'abord &#187; des stores, de l'isolation, de la ventilation. Un ministre du gouvernement r&#233;sumait cr&#251;ment le clivage promis : &#171; la France des ventilateurs contre la France des climatiseurs &#187;. On l'a vu plus haut : c'est la m&#234;me logique qui, jusque dans la norme sur les cr&#232;ches, justifie de limiter la fra&#238;cheur par les &#171; enjeux environnementaux &#187; de la climatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons l'argument mat&#233;riellement, sans complaisance. La part physique est r&#233;elle, et un mat&#233;rialiste ne la nie pas : la climatisation est &#233;nergivore, et elle rejette de l'air chaud qui aggrave les &#238;lots de chaleur urbains. D'ailleurs, en pleine vague, EDF a d&#251; mettre &#224; l'arr&#234;t deux r&#233;acteurs de la centrale du Bugey, le Rh&#244;ne &#233;tant trop chaud pour en refroidir les rejets, tandis que la consommation explosait sous les climatiseurs : la contradiction &#233;nerg&#233;tique est r&#233;elle. Tout cela est vrai. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que la politique commence, car cet argument &#233;cologique est appliqu&#233; par classe. On dit aux enfants et aux ouvriers d'endurer 34 &#176;C pour pr&#233;server le budget carbone &#8212; jamais aux bureaux climatis&#233;s &#224; 64 %, jamais aux minist&#232;res o&#249; ces d&#233;clarations sont prononc&#233;es au frais, jamais aux beaux quartiers, aux voitures de fonction, aux centres de donn&#233;es. L'aust&#233;rit&#233; du confort est socialis&#233;e vers le bas : elle p&#232;se sur ceux qui n'ont pas le choix, jamais sur le capital. C'est une sobri&#233;t&#233; de classe, impos&#233;e aux corps des domin&#233;s et inconnue de ceux des dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'argument de l'impossibilit&#233; est d&#233;menti par le monde entier. La climatisation n'est pas une lubie technique infaisable : c'est un &#233;quipement de masse partout o&#249; une soci&#233;t&#233; d&#233;cide d'y mettre les moyens. Le Japon climatise 91 % de ses foyers &#8212; et ses mairies, ses gares, ses salles, ses &#233;tablissements publics. Les &#201;tats-Unis sont &#224; 90 %, la Cor&#233;e du Sud &#224; 86 %, l'Arabie saoudite &#224; 63 %, la Chine &#224; 60 %. L'Europe plafonne &#224; un foyer sur dix, la France &#224; environ 5 %. Aucun de ces pays chauds ne tient &#224; ses h&#244;pitaux et &#224; ses &#233;coles le discours que Madame Barbut tient aux n&#244;tres. La question n'est donc pas &#171; peut-on ? &#187; mais &#171; pour qui d&#233;pense-t-on ? &#187;. Le sous-&#233;quipement fran&#231;ais n'est pas une vertu climatique : c'est le m&#234;me refus d'investir dans l'infrastructure collective ouvri&#232;re qui laisse l'h&#244;pital sans lits et l'&#233;cole sans isolation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'on comprenne bien : il ne s'agit pas de se ranger derri&#232;re l'autre camp. L'extr&#234;me droite &#8212; Marine Le Pen et son &#171; grand plan clim &#187;, le groupe UDR avec sa proposition de loi rendant la climatisation obligatoire, l'ancien ministre Bruno Le Maire &#8212; s'empare du sujet pour se poser en parti du &#171; bon sens &#187;. Mais sa climatisation est une marchandise et une d&#233;magogie : un appareil que chaque m&#233;nage devra s'acheter, muet sur qui paie, muet sur le r&#233;seau &#233;lectrique, muet sur la production qui continue de tourner, muet sur le contr&#244;le des travailleurs. C'est la clim comme acte de consommation individuelle, l&#224; o&#249; il faut une infrastructure collective. Entre l'aust&#233;rit&#233; &#233;cologiste qui fait cuire le peuple &#171; pour la plan&#232;te &#187; et la clim-marchandise nationaliste qui le renvoie au magasin, le faux dilemme &#171; ventilateurs contre climatiseurs &#187; a une fonction : emp&#234;cher de poser la vraie alternative, qui n'est pas le confort contre le climat, mais les profits contre les vies. Une soci&#233;t&#233; rationnelle isolerait massivement les b&#226;timents &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; rafra&#238;chirait tous les lieux collectifs &#8212; h&#244;pitaux, EHPAD, cr&#232;ches, &#233;coles, transports, lieux de repli &#8212; : les deux &#224; la fois, sans jamais les opposer. Le capital ne le peut pas, parce que ces d&#233;penses devraient &#234;tre prises sur ses profits. Alors il les pr&#233;sente comme exclusives, et ordonne aux domin&#233;s de choisir la souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'argent d&#233;tourn&#233; de &#171; la journ&#233;e de solidarit&#233; &#187; par les larbins des capitalistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car l'argent existe. Il a m&#234;me &#233;t&#233; pr&#233;lev&#233;, express&#233;ment, au nom de la protection des plus fragiles. Apr&#232;s les 15 000 morts de 2003, la loi du 30 juin 2004 a institu&#233; la &#171; journ&#233;e de solidarit&#233; &#187; : un jour de travail confisqu&#233; au salari&#233;, transform&#233; en contribution patronale de 0,3 % de la masse salariale, vers&#233;e &#224; la Caisse nationale de solidarit&#233; pour l'autonomie. En 2015, on y a ajout&#233; les retrait&#233;s. Faisons les comptes. De 2004 &#224; 2020, cette contribution a rapport&#233; 37 milliards d'euros ; la contribution des retrait&#233;s y a ajout&#233; 5,7 milliards depuis 2013 ; et le rythme tourne autour de 3 milliards par an depuis. Au total, sur vingt-trois ans, c'est bien au-del&#224; d'une cinquantaine de milliards d'euros qui ont &#233;t&#233; extraits du travail vivant au nom des personnes &#226;g&#233;es et handicap&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; est pass&#233; cet argent ? Il n'a jamais servi &#224; ce pour quoi il &#233;tait pr&#233;lev&#233;. Cette contribution ne repr&#233;sente qu'environ 11,7 % des ressources de la Caisse, le reste venant de l'assurance maladie : vers&#233;e dans un pot commun, &#233;tiquet&#233;e &#171; autonomie &#187;, la somme ne s'ajoute pas aux cr&#233;dits existants &#8212; elle les remplace. Au lieu de financer en plus des lits, des soignants, des b&#226;timents r&#233;nov&#233;s, elle sert &#224; boucher des trous budg&#233;taires d&#233;j&#224; ouverts ailleurs. C'est de l'argent pr&#233;lev&#233; en suppl&#233;ment sur le travail, qui dispara&#238;t dans la comptabilit&#233; g&#233;n&#233;rale de la S&#233;curit&#233; sociale sans rien produire de neuf pour les vieux et les malades. D&#232;s 2013, l'association des directeurs au service des personnes &#226;g&#233;es d&#233;non&#231;ait trois milliards ainsi d&#233;tourn&#233;s de leur objet, emp&#234;chant la cr&#233;ation de cent mille emplois. Et vingt-trois ans plus tard, le r&#233;sultat est sous nos yeux : l'h&#244;pital n'est toujours pas climatis&#233;, et il faut red&#233;bloquer 100 millions en urgence &#8212; soit moins de 0,2 % du butin accumul&#233;. Ce n'est pas un rat&#233; de gestion : c'est la nature d'un dispositif con&#231;u pour faire payer le travail et exon&#233;rer le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas seulement une politique d'aust&#233;rit&#233; : c'est un d&#233;tournement. Ce n'est pas une erreur comptable, c'est un d&#233;tournement politique &#8212; pr&#233;lever pendant vingt-trois ans un argent pris sur le travail au nom des vieux et des malades, et le laisser se dissoudre pendant que cr&#232;ches, &#233;coles et h&#244;pitaux cuisent, c'est du vol d'argent public. Et le vol a des coupables, nomm&#233;ment : tous ceux qui, depuis 2003, ont exerc&#233; le pouvoir ou une fonction &#8212; &#224; l'Assembl&#233;e nationale, au S&#233;nat, dans les conseils d&#233;partementaux et r&#233;gionaux, &#224; la t&#234;te de l'&#201;ducation nationale, dans les rectorats et les acad&#233;mies, &#224; la direction des h&#244;pitaux. Ils ont vot&#233;, g&#233;r&#233;, couvert, ou simplement laiss&#233; faire ; ils ont aid&#233; au pr&#233;l&#232;vement et &#224; l'inaction. Ils doivent d'abord &#234;tre chass&#233;s de leurs fonctions &#8212; vir&#233;s, destitu&#233;s &#8212;, puis rendre l'argent : non sur le budget, qui n'est que de l'argent repris au travail, mais sur leur bien propre. Qu'on les exproprie, qu'on prenne sur leur patrimoine personnel et leur fortune ce qu'ils ont laiss&#233; voler. Responsables et coupables devant le peuple travailleur, destitu&#233;s et expropri&#233;s, ils paieront. On leur fera rendre gorge et cracher ce qu'ils ont vol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les syndicats : tout demander &#224; l'&#201;tat, rien d&#233;cider soi-m&#234;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce scandale, que font les organisations du mouvement ouvrier ? Commen&#231;ons par les syndicats &#8212; car, contrairement &#224; une partie de l'extr&#234;me gauche, ils ne mettent jamais en avant l'auto-organisation. Leur m&#233;thode, c'est l'interpellation de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, la plus combative, alerte que &#171; travailler sous 40 &#176;C ne doit jamais devenir la norme &#187;, puis d&#233;pose ses revendications &#224; la porte du minist&#232;re : seuils de temp&#233;rature, droit de retrait &#171; climatique &#187;, cong&#233; canicule &#233;tendu, et la convocation d'une table ronde au minist&#232;re du Travail ; sa secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale, Sophie Binet, r&#233;clame un &#171; ch&#244;mage partiel intemp&#233;ries &#187; &#224; 100 % du salaire. Sa f&#233;d&#233;ration de la Fonction publique &#233;crit au ministre que &#171; le cadre r&#233;glementaire actuel est manifestement insuffisant &#187; et lui demande d'agir. La CFDT, elle, reste dans la pure co-gestion : int&#233;grer la canicule au document unique d'&#233;valuation des risques et au plan de mise en s&#251;ret&#233;, &#171; analyser localement &#187;, pr&#233;voir un accueil minimum &#8212; g&#233;rer le risque dans le cadre, au rythme du &#171; point minist&#233;riel de situation &#187;. Et l'intersyndicale enseignante &#8212; FSU, SE-UNSA, FNEC FP-FO, CFDT, CGT, SNALC, SUD &#8212; appelle &#224; la gr&#232;ve &#171; l&#224; o&#249; cela est n&#233;cessaire &#187; pour &#171; obtenir les moyens &#187;, en pointant &#171; la responsabilit&#233; &#187; du ministre et de ses pr&#233;d&#233;cesseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que demande-t-on, &#224; chaque fois ? &#192; l'&#201;tat de prot&#233;ger, de financer, de l&#233;gif&#233;rer, d'indemniser. On l'alerte sur des &#171; victimes &#187;, on r&#233;clame des &#171; moyens &#187;, on qu&#233;mande une &#171; table ronde &#187;. Mais s'adresser &#224; l'&#201;tat qui organise et entretient cette situation pour le supplier d'y mettre fin, c'est demander au prox&#233;n&#232;te de combattre la prostitution. Aucune de ces revendications ne pose la seule question qui compte : qui d&#233;cide, sur le lieu de travail, de ce qui s'arr&#234;te ? Dans la grammaire syndicale, ce n'est jamais l'atelier &#8212; c'est le d&#233;cret, la pr&#233;fecture, le minist&#232;re. L'appareil ne dit jamais aux travailleurs : d&#233;cidez vous-m&#234;mes. Il dit : laissez-nous n&#233;gocier pour vous. C'est la posture de la victime qui r&#233;clame protection, non celle de la classe qui prend les choses en main.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'extr&#234;me gauche : des mots d'ordre radicaux qu'elle vide de leur contenu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gauche emploie, elle, le vocabulaire de la rupture &#8212; auto-organisation, &#171; les salari&#233;s d&#233;cident &#187;, arr&#234;t de la production non essentielle. Mais elle en vide le contenu : les grands mots sont l&#224;, le pouvoir qu'ils impliquent en est soigneusement retir&#233;. Trois courants ont publi&#233; ; ils ne disent pas tout &#224; fait la m&#234;me chose, mais aucun ne va jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte ouvri&#232;re (&#233;ditorial du 22 juin) est combative et juste sur le fond : &#171; &#224; nous de nous occuper de notre sant&#233; et de nous organiser pour la prot&#233;ger &#187;, &#171; ne laissons pas les chefs d&#233;cider du moment o&#249; cela devient intenable &#187;, r&#233;duire la journ&#233;e et les cadences, arracher des cong&#233;s pay&#233;s par le patronat. Elle nomme la racine : la raison d'&#234;tre de l'&#201;tat est d'assurer l'accumulation du capital, non d'organiser la vie sociale. Mais elle ne nomme jamais l'organe. Par quelle structure les travailleurs s'organisent-ils, d&#233;cident-ils, imposent-ils ? Rien. L'horizon reste &#171; imposer nos conditions &#187; &#8212; sans dire par quel pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA-R&#233;volutionnaires (&#233;ditorial du 22 juin) chiffre l'hypocrisie &#8212; vingt milliards pour adapter le pays, soit dix-sept mois de b&#233;n&#233;fices de TotalEnergies ; 60 % du b&#226;ti hospitalier v&#233;tuste &#8212;, appelle &#224; &#171; r&#233;agir collectivement &#187;, rappelle que &#171; ce sont les salari&#233;s les mieux plac&#233;s pour d&#233;cider &#187;, et cite de vraies luttes : les d&#233;brayages au technicentre SNCF de Rouen Quatre Mares, &#171; pas question de travailler dans des ateliers &#224; plus de 40 &#176;C &#187;. C'est plus concret. Mais l&#224; encore, aucune structure n'est nomm&#233;e, et le mot d'ordre se referme sur un slogan &#8212; &#171; inversons les courbes &#187; &#8212; l&#224; o&#249; il faudrait l'organe qui d&#233;cide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution permanente (&#233;ditorial du 27 juin) est celle qui donne le plus l'impression d'un programme d'auto-organisation : elle en a tout le vocabulaire et les mesures concr&#232;tes &#8212; suspension des activit&#233;s non essentielles avec maintien du salaire, r&#233;quisition des cliniques priv&#233;es et des bureaux climatis&#233;s de La D&#233;fense, pr&#233;l&#232;vement des climatiseurs des plateaux t&#233;l&#233;s et des si&#232;ges des grandes entreprises, comit&#233;s d'habitants. &#199;a en a le go&#251;t, l'odeur, la couleur. Prises une &#224; une, ces mesures imm&#233;diates sont justes, et nous n'avons pas &#224; les attaquer par la droite : elles affolent le Medef. Mais que les choses soient claires : ce n'est pas un programme d'auto-organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'auto-organisation, ce n'est pas une liste de bonnes mesures : c'est la classe qui s'organise elle-m&#234;me, ind&#233;pendamment de l'&#201;tat comme de la bureaucratie syndicale, pour d&#233;cider souverainement. Or RP fait pr&#233;cis&#233;ment l'inverse : ses comit&#233;s d'habitants sont pens&#233;s &#171; en lien avec les syndicats des entreprises du secteur &#187;, adoss&#233;s &#224; l'appareil ; ses assembl&#233;es n'apparaissent qu'au d&#233;tour d'une phrase &#8212; &#171; les Assembl&#233;es de la gr&#232;ve caniculaire &#187; &#8212;, cit&#233;es parmi les activit&#233;s &#224; tenir dans les bureaux r&#233;quisitionn&#233;s, jamais pos&#233;es comme le centre souverain qui dirige. Une auto-organisation plac&#233;e sous la tutelle des directions syndicales n'en est pas une : c'est un croupion de l'appareil. Le fait m&#234;me qu'elle y soit adoss&#233;e prouve que ce n'en est pas une &#8212; si elle l'&#233;tait vraiment, elle ne d&#233;pendrait de personne. Voil&#224; le contenu que RP retire au mot d'ordre qu'elle brandit : elle en garde le go&#251;t et l'odeur, elle en &#244;te la substance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224;, par-del&#224; leurs diff&#233;rences, ce qui r&#233;unit les trois : aucun n'appelle &#224; virer le pouvoir. Leur auto-organisation &#8212; quand ils la nomment &#8212; reste tout enti&#232;re dans le registre de la pression : &#171; structurer le rapport de force face au patronat et au gouvernement &#187;, arracher des concessions, &#171; articuler une lutte d'ensemble &#187; dont l'horizon recule &#224; mesure qu'on s'en approche. Les comit&#233;s et les assembl&#233;es y sont des leviers pour faire c&#233;der l'&#201;tat, jamais les organes qui le remplacent. Toute l'extr&#234;me gauche reste en de&#231;&#224; d'elle-m&#234;me : elle veut peser sur l'appareil coupable, l&#224; o&#249; il faut le chasser et prendre sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la preuve est dans ce qu'aucun n'a fait : construire, avant la chaleur, le r&#233;seau d'assembl&#233;es et de comit&#233;s qui aurait permis d'agir. On commente la canicule ; on ne s'y est pas pr&#233;par&#233;. Pendant que l'appareil militant tourne &#224; plein sur ce front consensuel &#8212; &#233;ditos, vid&#233;os, glaces distribu&#233;es en image &#8212;, l'affaire Lyhanna, qui met en cause l'&#201;tat dans sa pr&#233;tention m&#234;me &#224; prot&#233;ger les enfants, n'a droit qu'&#224; une demi-phrase incidente. Le r&#233;chauffement rassemble sans risque ; la p&#233;docriminalit&#233; d'&#201;tat divise et d&#233;range. L'&#233;conomie du choix &#233;ditorial penche vers le sujet indolore.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Notre plan anti-canicule : virer l'appareil de la haute bourgeoisie, le remplacer par nos assembl&#233;es et nos comit&#233;s du peuple travailleur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On ne s'adresse pas &#224; l'&#201;tat &#8212; on le remplace&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence avec tous les autres n'est pas de degr&#233;, elle est de nature. Eux s'adressent &#224; l'&#201;tat pour le presser, le supplier, peser sur lui. Nous, nous ne lui adressons rien : c'est l'appareil que nous venons de juger coupable de meurtre social. On ne p&#233;titionne pas l'assassin, on le chasse. Tous ceux qui, depuis 2003, ont tenu le pouvoir ou une fonction et laiss&#233; faire doivent &#234;tre destitu&#233;s et expropri&#233;s &#8212; et leur place revient &#224; nos propres organes. Le plan anticanicule, nous ne le r&#233;clamons pas : nous le mettons en &#339;uvre, partout o&#249; nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des assembl&#233;es de travailleurs souveraines, coordonn&#233;es et centralis&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout, nous r&#233;unissons l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du lieu de travail, et c'est elle qui d&#233;cide : ce qui tourne et ce qui s'arr&#234;te, les horaires, les cadences, les pauses, l'eau, les pi&#232;ces de repli. Elle recense le vital &#8212; la cha&#238;ne du froid, les urgences, les soins &#8212; et arr&#234;te le reste, la production qui ne sert qu'au dividende. Le seuil dangereux &#8212; les rep&#232;res de l'INRS, 28 &#176;C en activit&#233; physique, 30 &#176;C en poste s&#233;dentaire &#8212; sert de point d'appui, mais c'est l'assembl&#233;e qui tranche, pas la pr&#233;fecture, salaire maintenu en entier. L&#224; o&#249; le ministre a maintenu le brevet, c'est &#224; l'assembl&#233;e des personnels et des parents de d&#233;cider qu'aucun enfant ne compose &#224; 40 &#176;C. Mais une assembl&#233;e isol&#233;e n'est qu'un comit&#233; de plus. Pour devenir un pouvoir, les assembl&#233;es &#233;lisent des d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;vocables, se coordonnent d'un lieu de travail &#224; l'autre, d'une ville &#224; l'autre, et se centralisent. C'est cette centralisation &#8212; et non le lien de tutelle avec l'appareil syndical &#8212; qui transforme des assembl&#233;es &#233;parses en l'embryon d'un pouvoir des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un r&#233;seau de comit&#233;s de quartier et de village, d&#232;s maintenant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'assembl&#233;e d'entreprise s'ajoute le comit&#233; de quartier, de village, de petite ville : un maillage qui couvre aussi ceux que l'usine ne touche pas &#8212; les isol&#233;s, les retrait&#233;s, les sans-emploi, les habitants. Ce maillage ne s'improvise pas au plus fort de la vague. Il se construit d&#232;s maintenant, &#224; froid, sans attendre la prochaine canicule &#8212; qui viendra &#8212;, pour &#234;tre pr&#234;t quand elle frappera. C'est exactement ce que l'extr&#234;me gauche n'a pas fait : elle commente apr&#232;s, faute d'avoir b&#226;ti avant. Recenser les vuln&#233;rables, organiser leur protection, faire remonter les besoins, c'est l'affaire de ces comit&#233;s &#8212; non du facteur transform&#233; en garde-malade b&#233;n&#233;vole. Et ces comit&#233;s ne sont pas suspendus aux syndicats : ils se coordonnent avec les assembl&#233;es de travail, dont ils sont le prolongement dans le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On r&#233;quisitionne les climatiseurs &#8212; on ne paye pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'il faut rafra&#238;chir, nous rafra&#238;chissons nous-m&#234;mes. Et que ce soit clair d'embl&#233;e : rien de tout cela n'est un geste individuel ni un pillage &#8212; tout se d&#233;cide et s'organise sous le contr&#244;le des assembl&#233;es de travailleurs et des comit&#233;s de quartier, qui recensent les besoins vitaux et affectent &#224; chacun ce qui lui revient. L&#224; o&#249; c'est une question de vie ou de mort &#8212; cr&#232;ches, &#233;coles, h&#244;pitaux, EHPAD &#8212;, nous installons la climatisation sans attendre l'autorisation ni le budget de personne. Nous r&#233;quisitionnons le mat&#233;riel &#8212; les climatiseurs, l&#224; o&#249; ils sont, dans les entrep&#244;ts et les grandes surfaces &#8212; et nous ne payons pas. Cela passe par le lien direct avec les travailleurs des magasins et des d&#233;p&#244;ts : ce sont eux qui savent o&#249; sont les appareils et qui peuvent les sortir, c'est par eux et avec eux que les climatiseurs iront &#233;quiper une cr&#232;che ou un service hospitalier plut&#244;t que de rester en rayon. S'il y a rupture de stock, on pr&#233;l&#232;vera ceux des plateaux t&#233;l&#233;s, des salons minist&#233;riels et des si&#232;ges des grandes entreprises. Nous ouvrons et r&#233;quisitionnons les locaux d&#233;j&#224; climatis&#233;s &#8212; bureaux de direction, La D&#233;fense en t&#234;te, surfaces commerciales &#8212; comme lieux de repli, et nous y tenons nos assembl&#233;es. &#192; titre de soulagement imm&#233;diat, on imposera aussi la gratuit&#233; des lieux frais &#8212; cin&#233;mas, mus&#233;es, th&#233;&#226;tres, biblioth&#232;ques &#8212; et l'ouverture des jardins, piscines et golfs que la bourgeoisie se r&#233;serve. Mais que les choses soient claires : ce sont des pis-aller. Ouvrir un mus&#233;e climatis&#233; pendant que l'&#233;cole d'&#224; c&#244;t&#233; cuit ne r&#232;gle rien au fond ; seule la r&#233;organisation du b&#226;ti et de la ville sous notre contr&#244;le le r&#232;glera. Pour le transport, la r&#233;quisition vaut aussi : non pas retirer les bus et les trains sans clim en laissant les voyageurs &#224; pied, mais &#233;quiper le parc et organiser, par les assembl&#233;es des conducteurs et des cheminots, un service qui ne laisse personne dans la fournaise. Et nous imposons les embauches imm&#233;diates &#224; l'h&#244;pital et en EHPAD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le contr&#244;le ouvrier, c'est un pouvoir &#8212; pas une pression&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce qui nous s&#233;pare de l'extr&#234;me gauche : pour elle, l'auto-organisation p&#232;se sur l'&#201;tat ; pour nous, elle le remplace. Le contr&#244;le ouvrier n'est pas un moyen de pression sur l'appareil coupable &#8212; c'est la classe qui d&#233;cide elle-m&#234;me ce qui s'arr&#234;te, prend elle-m&#234;me les moyens de se prot&#233;ger, et place sous son propre contr&#244;le, par ses assembl&#233;es et ses comit&#233;s coordonn&#233;s, ce que l'appareil ne sait que laisser pourrir. C'est un pouvoir en germe, pas une revendication. Sans cela, &#171; contr&#244;le ouvrier &#187; n'est qu'un mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour d&#233;fendre cette politique : construire des fractions bolcheviks-l&#233;ninistes dans les syndicats et &#339;uvrer partout &#224; l'auto-organisation du peuple travailleur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique ne se portera pas toute seule. Pas une organisation mont&#233;e &#224; c&#244;t&#233; des syndicats &#8212; nous ne b&#226;tissons pas de structure interprofessionnelle de rechange &#8212;, ni les directions conf&#233;d&#233;rales, qui renverront toujours la d&#233;cision au minist&#232;re. Ce sont les militants bolcheviks-l&#233;ninistes qui la construisent : non les &#171; r&#233;volutionnaires &#187; en g&#233;n&#233;ral &#8212; mot dont toute la gauche se pare pour ne rien dire &#8212;, mais ceux qui assument le programme concret de L&#233;nine et de Trotsky, celui d'Octobre 1917 et de l'Opposition de gauche. Organis&#233;s en fraction &#224; l'int&#233;rieur des syndicats &#8212; CGT, SUD, FO, FSU &#8212;, ils font pr&#233;valoir, dans chaque assembl&#233;e, cette ligne contre celle de l'appareil, et aident les assembl&#233;es et les comit&#233;s &#224; se constituer, &#224; se coordonner, &#224; s'&#233;manciper de toute tutelle. C'est ce qu'a fait la fraction de l'Union Communiste dans la gr&#232;ve Renault de 1947 : arracher la d&#233;cision des mains de la direction conf&#233;d&#233;rale. La fraction ne d&#233;serte pas quand elle est minoritaire ; elle reste et gagne les rangs. Et derri&#232;re elle, il faut l'organisation bolchevik-l&#233;niniste qui lui donne ligne, m&#233;moire et continuit&#233; &#8212; celle, justement, qui aurait tiss&#233; le r&#233;seau de comit&#233;s avant la chaleur au lieu de la commenter apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La canicule est naturelle ; la mortalit&#233;, elle, est un meurtre social. La ligne qui s&#233;pare ce pour quoi on accepte de souffrir de ce qu'on arr&#234;te, aucun cabinet, aucune table ronde, aucune le&#231;on d'&#233;cologie ne la tracera &#8212; et aucune p&#233;tition adress&#233;e aux coupables. Les travailleurs la tracent eux-m&#234;mes : par l'assembl&#233;e qui d&#233;cide, le comit&#233; qui prot&#232;ge, la r&#233;quisition qui &#233;quipe &#8212; et, au bout, par le pouvoir qu'ils prennent en chassant l'appareil qui les laisse mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sources principales. Temp&#233;ratures et records : M&#233;t&#233;o-France, via notre-plan&#232;te.info, Reporterre, &#201;conomie Matin, Yahoo/AFP, Selectra, Europe 1, m&#233;t&#233;o-paris.com (record du 23 juin &#224; 29,8 &#176;C rebattu le 24 &#224; 30 &#176;C de moyenne nationale ; indicateur des maximales 38,2 &#176;C le 23, 38,5 &#176;C le 24, contre 37,7 &#176;C en 2003 ; Pissos 44,3 &#176;C ; Dunkerque 42 &#176;C). B&#226;ti et climatisation : Ademe (7 % des b&#226;timents d'enseignement climatis&#233;s vs 64 % des bureaux), programme ACTEE / Cerema ; p&#233;n&#233;tration par pays : Agence internationale de l'&#233;nergie, Enerdata, Ademe (Japon 91 %, &#201;tats-Unis 90 %, Cor&#233;e du Sud 86 %, Arabie saoudite 63 %, Chine 60 %, France 5 %) ; &#8776;44 000 d&#233;c&#232;s/an en Europe (The Guardian). Cr&#232;che : SNPPE, Les Pros de la petite enfance, franceinfo. &#201;cole : L'&#201;tudiant, franceinfo, FSU, SNES (brevet maintenu par &#201;douard Geffray ; FCPE Paris ; SNALC). H&#244;pital : CNews, Maire-Info, e-sant&#233;, Le Monde et AFP (ORSAN 2 puis 3 ; St&#233;phanie Rist ; Philippe Juvin, Georges-Pompidou). Transports : Le Tribunal du Net, ICI, horizonactu (bus : 60 % climatis&#233;s en IDF, Tadao 50/250, ligne 189) ; Centre Presse Aveyron (18 juin : 71 Intercit&#233;s supprim&#233;s, dont 52 en Occitanie), mesinfos, Le Journal de l'&#201;conomie (Corail retir&#233;es, clim &#171; inadapt&#233;e aux tr&#232;s hautes temp&#233;ratures &#187;, cat&#233;naires, Castex et Fanichet &#171; le syst&#232;me tient &#187;). Travail : &#233;ditorial de Lutte ouvri&#232;re du 22 juin 2026. Mortalit&#233; : Sant&#233; publique France (2003 : &gt;15 000 ; 2025 : &#8776;5 700 ; point provisoire du 28 juin 2026 : 1 000 d&#233;c&#232;s suppl&#233;mentaires depuis le 24 juin, via franceinfo ; m&#233;thode &#171; &#224; froid &#187;) ; The Lancet 2024 (projection &#224; +4 &#176;C) ; pr&#233;fecture du Pas-de-Calais. Gouvernement : info.gouv.fr (100 M&#8364;) ; France Inter (Monique Barbut) ; BFM TV / AFP (Maud Bregeon) ; franceinfo (Bruno Le Maire ; Marine Le Pen ; proposition de loi UDR ; Lecornu, EHPAD &#171; ma&#238;tris&#233;e &#187;). Financement : CNSA, questions &#224; l'Assembl&#233;e nationale ; AD-PA. Syndicats : CGT (communiqu&#233;s des 22-26 juin ; CGT Fonction publique, 24 juin ; Sophie Binet, RMC, 25 juin) ; CFDT &#201;ducation (22 juin) ; intersyndicale enseignante (FSU, SE-UNSA, FNEC FP-FO, CFDT, CGT, SNALC, SUD, 25 juin) ; Basta !. Extr&#234;me gauche : &#233;ditoriaux de Lutte ouvri&#232;re, du NPA-R&#233;volutionnaires et de R&#233;volution permanente (22-27 juin). Engels, La Situation de la classe laborieuse en Angleterre (1845).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19482 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/docx/canicule_-_la_mortalite_est_de_classe.docx' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Word - 29.4 kio' type=&#034;application/vnd.openxmlformats-officedocument.wordprocessingml.document&#034;&gt;&lt;img src='https://matierevolution.fr/plugins-dist/medias/prive/vignettes/docx.svg?1787226422' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La nouvelle situation internationale n&#233;cessite une nouvelle internationale r&#233;volutionnaire des travailleurs</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8711</link>
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		<dc:date>2026-04-08T22:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>
		<dc:subject>Voix des Travailleurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les IV&#232;mes internationales sont mortes. Face &#224; la guerre, il faut b&#226;tir la &#034;V&#232;me Internationale, parti mondial de la r&#233;volution socialiste&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans deux articles consacr&#233;s &#224; la pr&#233;paration de la fondation de la IVe Internationale, qui aura lieu en 1938, Trotsky &#233;crivait : &lt;br class='autobr' /&gt;
Les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes se consid&#232;rent comme une fraction de l'internationale qui se b&#226;tit &#171; &#201;tiquettes &#187; et &#171; Num&#233;ros &#187; (7 ao&#251;t 1935) Dans un &#233;crit du 14 juillet 1935, Trotsky avait d&#233;termin&#233; le nom de la IVe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot321" rel="tag"&gt;Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les IV&#232;mes internationales sont mortes. Face &#224; la guerre, il faut b&#226;tir la &#034;V&#232;me Internationale, parti mondial de la r&#233;volution socialiste&#034; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans deux articles consacr&#233;s &#224; la pr&#233;paration de la fondation de la IVe Internationale, qui aura lieu en 1938, Trotsky &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes se consid&#232;rent comme une fraction de l'internationale qui se b&#226;tit&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/%C2%AB_%C3%89tiquettes_%C2%BB_et_%C2%AB_Num%C3%A9ros_%C2%BB&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#201;tiquettes &#187; et &#171; Num&#233;ros &#187; (7 ao&#251;t 1935)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans un &#233;crit du 14 juillet 1935, Trotsky avait d&#233;termin&#233; le nom de la IVe Internationale :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que le seul nom qui convienne pour notre Internationale soit parti mondial de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/Parti_mondial_de_la_r%C3%A9volution_socialiste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Parti mondial de la r&#233;volution socialiste (14 juillet 1935)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces deux textes, ignor&#233;s de tous les partis qui pr&#233;tendent &#034;reconstruire la IV&#176; Internationale&#034; et qui se qualifient de &#034;trotskistes&#034;, avec la b&#233;n&#233;diction des media bourgeois, sont d'actualit&#233; pour poser la question de la n&#233;cessit&#233; d'une nouvelle internationale communiste, marxiste, la V&#232;me, contre celle des partis qui comme LO, les NPAs, RP se r&#233;clament de la &#034;IV&#232;me internaltionale&#034; fond&#233;e par Trotsky, mais qui n'ont plus rien de commun avec Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marceau Pivert, le mod&#232;le de l'extr&#234;me-gauche fran&#231;aise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des deux textes de Trotksy cit&#233; plus est une lettre r&#233;pondant &#224; celle de Marceau Pivert, membre de l'aile gauche de la SFIO de L&#233;on Blum, dont le parti venait d'exclure les partisans de Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La lettre de Marceau Pivert sur les exclusions des chefs de la jeunesse r&#233;volutionnaire de la Seine, malgr&#233; son but louable, renferme un certain nombre d'id&#233;es inexactes qui, dans leur d&#233;veloppement, peuvent conduire &#224; de s&#233;rieuses erreurs. Pr&#233;venir les jeunes camarades contre ces erreurs est le vrai devoir d'un marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pivert lui-m&#234;me accuse nos amis de commettre une grande &#171; erreur psychologique &#187; en prenant le nom de bolcheviks-l&#233;ninistes. Puisque le &#171; bolchevisme initial &#187;, selon Pivert, niait la structure d&#233;mocratique du parti, l'&#233;galit&#233; (?) pour toutes les tendances, etc. par leur nom m&#234;me, les bolcheviks-l&#233;ninistes donnent &#224; la bureaucratie. du parti une arme contre eux-m&#234;mes. En d'autres termes, l' &#171; erreur psychologique &#187; consiste en une adaptation insuffisante &#224; la psychologie de la bureaucratie du parti.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de Trotsky en France &#233;taient entr&#233;s &#224; la SFIO, le parti socialiste de l'&#233;poque, adoptant le titre de Fraction bolch&#233;vique-l&#233;niniste. C'est ce dernier qualificatif que Pivert d&#233;nigre, le pr&#233;sentant comme &#034;faisant mal aux oreilles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolch&#233;viks-leninistes, c'est ce que nous sommes en 2026 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce reproche pivertiste, les groupes fran&#231;ais d'extr&#234;me-gauche l'ont int&#233;gr&#233; &#224; leur langage, &#224; leur identit&#233; : aucun d'eux ne se r&#233;clame du &#034;bolchevisme-l&#233;ninisme&#034;. Ils reprennent le terme de &#034;trotskiste&#034;, raccourci certes commode, mais bien moins pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky continue sa lettre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce jugement de Pivert repr&#233;sente une &#171; erreur politique &#187; tr&#232;s s&#233;rieuse, et m&#234;me une s&#233;rie d'erreurs. Il n'est pas vrai que le &#171; bolchevisme initial &#187; niait la structure d&#233;mocratique du parti. J'avance l'affirmation absolument contraire : il n'y a pas eu et il n'y a pas de parti plus d&#233;mocratique que celui de L&#233;nine. Ce parti s'&#233;tait form&#233; par en bas. Il d&#233;pendait seulement des ouvriers avan&#173;c&#233;s. Il ne connaissait pas la dictature cach&#233;e, masqu&#233;e, mais d'au&#173;tant plus n&#233;faste, des &#171; amis &#187; bourgeois du prol&#233;tariat, des parle&#173;mentaires carri&#233;ristes, des maires affairistes, des journalistes de salon, de toute cette confr&#233;rie parasitaire qui permet &#224; la base du parti de parler &#171; librement &#187;, d&#233;mocratiquement &#187;, mais se maintient elle-m&#234;me avec t&#233;nacit&#233; &#224; l'appareil et, en fin de compte, fait ce qu'elle veut. Ce genre de &#171; d&#233;mocratie &#187; dans le parti n'est rien d'autre qu'une copie de l'&#201;tat d&#233;mocratique-bourgeois, qui lui aussi permet au peuple de parler &#171; librement &#187;, puis laisse le pouvoir r&#233;el &#224; une poign&#233;e de capitalistes. Pivert commet une tr&#232;s grande erreur politique en id&#233;alisant et en embellissant la &#171; d&#233;mocratie &#187; hypo&#173;crite et mensong&#232;re de la S.F.I.O. qui, en fait, freine et paralyse l'&#233;ducation r&#233;volutionnaire des ouvriers en &#233;touffant leur voix par le ch&#339;ur des conseillers municipaux, des parlementaires et autres qui sont impr&#233;gn&#233;s jusqu'&#224; la moelle d'int&#233;r&#234;ts petits-bourgeois &#233;go&#239;stes et de pr&#233;jug&#233;s r&#233;actionnaires. La t&#226;che du r&#233;volutionnaire, m&#234;me si la marche du d&#233;veloppement le contraint &#224; travailler dans la m&#234;me orga&#173;nisation que les r&#233;formistes, ces exploiteurs politiques du prol&#233;tariat, consiste non pas &#224; prendre l'attitude du prot&#233;g&#233; et &#224; faire sienne celle de l'amiti&#233; mensong&#232;re pour ces agents de la bourgeoisie, mais &#224; &lt;strong&gt;s'opposer en face des masses le plus clairement, le plus &#226;prement, le plus implacablement possible aux opportunistes, aux patriotes, aux &#171; socialistes &#187; absolument bourgeois.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'opposer en face des masses le plus clairement, le plus &#226;prement, le plus implacablement possible aux opportunistes, aux patriotes, aux &#171; socialistes &#187; absolument bourgeois &#187; est ce que ne font jamais des partis comme LO, les NPAs et RP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rappel historique de Trotsky &#171; Ce parti s'&#233;tait form&#233; par en bas. Il d&#233;pendait seulement des ouvriers avan&#173;c&#233;s. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
est pour nous fondamental. C'est en s'appuyant sur des noyaux ouvriers, qu'une direction r&#233;volutionnaire deviendra un embryon, une fraction d'un futur parti ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la tactique de ces groupes d'extr&#234;me-gauche, c'est d'obtenir des &#233;tiquettes bureaucratiques syndicales pour leurs militants, les pr&#233;senter aux &#233;lections locales et nationales, ce qui leur permettra de revendiquer &#224; nouveau des &#233;tiquettes bureaucratiques syndicales et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces groupuscules qui se veulent tous les moins sectaires du monde sont incapables de se r&#233;unir comme diff&#233;rentes fractions d'un m&#234;me parti, car ils sont en concurrence aupr&#232;s des bureaucraties syndicales. &#171; les r&#233;formistes, ces exploiteurs politiques du prol&#233;tariat &#187;, qui ne sont jamais d&#233;sign&#233;s sous ces noms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prendre l'attitude du prot&#233;g&#233; et &#224; faire sienne celle de l'amiti&#233; mensong&#232;re pour ces agents de la bourgeoisie &#187; est donc exactement ce que font LO le NPA-R et RP vis-&#224;-vis de LFI, la CGT ou Sud Solidaires. Car &#171; agents de la bourgeoisie &#187; est pour les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes d'aujourd'hui le seul qualificatif juste &#224; appliquer &#224; LFI, la CGT ou Sud Solidaires, et c'est ce que ne font jamais ces groupuscules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque de confiance en la classe ouvri&#232;re, c'est ce qui caract&#233;rise ces groupuscules. Pourtant, Trotsky rappelait que pour les marxistes, c'est la classe ouvri&#232;re, non pas les &#034;personnalit&#233;s&#034; en qui r&#233;side le facteur d&#233;cisif :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;ceux qui choisiront et qui trancheront, ce seront, en fin de compte, non les Blum et les Zyromski, mais les masses, les millions d'exploit&#233;s. C'est. sur eux qu'il faut s'aligner, c'est pour eux qu'il faut b&#226;tir un parti. Le malheur de Pivert, c'est que jusqu'&#224; maintenant il n'a pas rompu le cordon ombilical qui le relie au petit monde des Blum et des Zyromski&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Certes ces groupes d&#233;noncent des personnalit&#233;s comme JL M&#233;lenchon mais pas comme des ennemis de classe, des agents de la bourgeoisie, seulement comme des &#034;institutionnels&#034;, donc mod&#233;r&#233;s, et pour mettre en avant des &#034;personnalit&#233;s&#034;, JP Mercier, N. Arthaud, se coulant dans le moule de la politique bourgeoise, qui s&#233;lectionne des &#034;moulins &#224; parole&#034; qui &#034;parlent bien&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous sommes des bolch&#233;viks-l&#233;ninistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de reprendre ce nom. C'est celui que Trotsky choisit pour ses partisans en France. Les partis LO et NPA-R r&#233;p&#232;tent d'un ton solennel : nous sommes pour la construction d'un parti communiste r&#233;volutionnaire. Mais ce terme abstrait a toujours &#233;t&#233; revendiqu&#233; par les &#171; pr&#233;tendus communistes &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;A chaque occasion nouvelle, [Pivert] regarde ses &#171; amis &#187; et leur t&#226;te le pouls avec inqui&#233;tude. Et c'est cette politique fausse, illusoire, non r&#233;aliste, qu'il r&#233;clame des bolcheviks-l&#233;ninistes ! Ils doivent, para&#238;t-il, renoncer &#224; leur propre nom. Pourquoi ? Est-ce que ce nom effraie les ouvriers ? Au contraire. Si les pr&#233;tendus &#171; communistes &#187;, malgr&#233; toutes les trahisons et tous les crimes qu'ils ont commis, retiennent sous leur drapeau une partie importante du prol&#233;tariat, c'est uniquement parce qu'ils se pr&#233;sentent aux masses comme les porteurs des traditions de la r&#233;volution d'Octobre. Les ouvriers ne craignent ni le bolchevisme ni le l&#233;ninisme. Ils demandent seulement (et ils font bien) : &#171; Sont-ils de v&#233;ritables bolcheviks, ou de faux ? &#187; Le devoir des r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens cons&#233;quents est, non pas de renoncer au nom de bolcheviks, mais de montrer dans les faits aux masses leur bolchevisme, c'est-&#224;-dire l'esprit r&#233;volutionnaire cons&#233;quent et le d&#233;vouement absolu, &#224; la cause des opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Le terme de bolch&#233;visme-l&#233;ninisme fait clairement r&#233;f&#233;rence &#224; Octobre 1917, &#224; la dictature du prol&#233;tariat, comme Trotsky l'expliquait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi donc, insiste Pivert, se coller sur le nombril une &#233;tiquette (?) au lieu de &#171; suivre les enseignements qu'elle comporte &#187; ? Mais Pivert lui-m&#234;me ne porte-t-il pas l' &#171; &#233;tiquette &#187; de socialiste ? Dans le domaine de la politique tout comme les autres domaines de l'activit&#233; humaine, il est impossible de proc&#233;der sans &#171; &#233;tiquettes &#187;, c'est-&#224;-dire sans d&#233;nominations et qualificatifs aussi pr&#233;cis que possible. Le nom de &#171; socialiste &#187; est non seulement insuffisant mais absolument trompeur, car s'intitulent &#171; socialistes &#187; en France tous ceux qui en ont envie. Par leur nom, les bolcheviks-l&#233;ninistes disent &#224; tous et &#224; chacun que leur th&#233;orie, c'est le &#171; marxisme &#187;, que c'est non pas le &#171; marxisme &#187; d&#233;natur&#233; et prostitu&#233; des r&#233;formistes (&#224; la Paul Faure, Jean Longuet, S&#233;verac, etc.) mais le v&#233;ritable marxisme restaur&#233; par L&#233;nine et appliqu&#233; par lui aux questions fondamentales de l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme ; qu'ils s'appuient sur l'exp&#233;rience de la r&#233;volution d'Octobre, d&#233;velopp&#233;e dans les d&#233;cisions des quatre premiers congr&#232;s de l'Internationale communiste ; qu'ils sont solidaires du travail th&#233;orique et politique accompli par l' &#171; opposition de gauche &#187; de l'Internationale communiste (1923-1932) ; enfin qu'ils se rangent sous le drapeau de la IV&#176; Internationale. En politique, le &#171; nom &#187;, c'est le &#171; drapeau &#187;. Celui qui renonce aujourd'hui &#224; un nom r&#233;volutionnaire pour le bon plaisir de L&#233;on Blum et consorts, celui-l&#224; renoncera aussi facilement demain au drapeau rouge pour le drapeau tricolore&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'exp&#233;rience de la r&#233;volution d'Octobre, d&#233;velopp&#233;e dans les d&#233;cisions des quatre premiers congr&#232;s de l'Internationale communiste ; (...) [le] travail th&#233;orique et politique accompli par l' &#171; opposition de gauche &#187; de l'Internationale communiste (1923-1932) &#187; sont des r&#233;f&#233;rences jamais invoqu&#233;es par ces groupuscules d'extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les 4 premiers congr&#232;s : les c&#233;l&#232;bres &#034;21 conditions&#034; qui y furent &#233;nonc&#233;es en 1920, ces partis n'en remplissent aucune, c'est la raison pour laquelle ils ne se r&#233;clament plus de ces textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'Opposition de gauche : quand en 1929 Trotsky fut expuls&#233; d'URSS par la bureaucratie contre-r&#233;volutionnaire, il rassembla autour de trois points l' &#171; opposition de gauche &#187; internationale, un de de ces points &#233;tant la d&#233;nonciation de la collaboration de Staline avec les directions syndicales britanniques dans le cadre du Comit&#233; anglo-russe. Or la collaboration avec les directions syndicales fran&#231;aises, c'est l'alpha et l'om&#233;ga de la &#034;tactique&#034; de nos groupes d'extr&#234;me-gauche. Leurs porte-parole sont syst&#233;matiquement des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux fid&#232;les &#224; la direction qui les a nomm&#233;s : Sud-Solidaires pour JP Mercier (LO), Anasse Kazibe (RP) et Ga&#235;l Quirante (NPA-R).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affirmer que LO, RP et NPA-R ont trahi les id&#233;aux de la IV&#232;me internationale serait donc d&#233;j&#224; les flatter : c'est de la III&#232;me internationale de 1919-1922, de l'opposition de gauche au stalinisme dans les PC en 1923-1933, que ces groupuscules ne sont en rien les h&#233;ritiers. Ils se rangent parmi cette pl&#233;iade de groupuscules non staliniens qui se disaient socialistes ou communistes, mais irr&#233;cup&#233;rables et contre lesquels Trotsky pol&#233;miqua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La 5&#232;me internationale est d'actualit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos des num&#233;ros, Trotsky r&#233;pondait &#224; Pivert :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pivert proclame le droit de tout socialiste d'esp&#233;rer en une meilleure Internationale &#171; avec ou sans changement de num&#233;ro &#187;. Cette ironie un peu d&#233;plac&#233;e sur le &#171; num&#233;ro &#187; repr&#233;sente une erreur politique du m&#234;me type que l'ironie sur l'&#171; &#233;tiquette &#187;. Politiquement, la question se pose ainsi : le prol&#233;tariat mondial peut-il arriver &#224; lutter avec succ&#232;s contre la guerre, le fascisme, le capitalisme, sous la direction des r&#233;formistes ou des staliniens - c'est-&#224;-dire de la diplomatie sovi&#233;tique ? Nous r&#233;pondons : il ne le peut pas. La II&#176; et la III&#176; Internationales ont &#233;puis&#233; leur contenu et sont devenues des obstacles sur la voie r&#233;volutionnaire. Les &#171; r&#233;former &#187; est impossible, car toute leur direction est radicalement hostile aux t&#226;ches et aux m&#233;thodes de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Celui qui n'a pas compris jusqu'au bout l'effondrement des deux Internationales, celui-l&#224; ne peut pas lever le drapeau de la Nouvelle Internationale. &#171; Avec ou sans changement de num&#233;ro &#187; ? Cette phrase est d&#233;nu&#233;e de sens. Ce n'est pas par hasard que les trois anciennes Internationales se sont trouv&#233;es num&#233;rot&#233;es. Chaque &#171; num&#233;ro &#187; correspond &#224; une &#233;poque d&#233;termin&#233;e, un programme et des m&#233;thodes d'action.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Le constat de Trotsky est malheureusement d'actualit&#233; : &#171; Les IV&#176; Internationales (issues de scissions de celle fond&#233;e par Trotsky) ont &#233;puis&#233; leur contenu et sont devenues des obstacles sur la voie r&#233;volutionnaire. Les &#171; r&#233;former &#187; est impossible, car toute leur direction est radicalement hostile aux t&#226;ches et aux m&#233;thodes de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'il y ait actuellement plusieurs IV&#232;me internationale est analogue au fait qu'il y avait &#224; l'&#233;poque o&#249; Trotsky &#233;crivait, la II&#232;me et la III&#232;me. Ces internationales, dont celle du NPA-A et NPA-R (ces partis s'excommunient en France mais se congratulent mutuellement au niveau international dans leur organisation commune, comme Marion Aubry tombe dans les bras de Van der Leyen au parlement europ&#233;en !) sont &#171; deux cadavres dont faire la somme serait vain, leur n&#233;gation &#233;tant la voie &#224; suivre &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La Nouvelle Internationale doit &#234;tre non pas la somme des deux cadavres, comme le r&#234;ve le vieux social-patriote Zyromski, surpris dans sa reconnaissance inattendue de la &#171; d&#233;fense de l'U. R. S. S. &#187;, mais la &#171; n&#233;gation &#187; vivante de ces cadavres et, en m&#234;me temps, la &#171; continuation &#187; du travail historique accompli par les Internationales pr&#233;c&#233;dentes. En d'autres termes, il s'agit de la IV&#176; Internationale. Le &#171; num&#233;ro &#187; signifie ici une perspective et un programme d&#233;termin&#233;s, c'est-&#224;-dire un &#171; drapeau &#187;. Que les philistins ironisent l&#224;-dessus. Il ne faut pas les imiter.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Trotsky fonda la IV&#232;me internationale, dans la continuit&#233; de la III&#232;me qui elle-m&#234;me fut fond&#233;e en opposition aux socio-patriotes. Pour LO, les NPAs, RP, le terme m&#234;me de &#034;social-patriote&#034; n'existe pas ! En ce sens, ces partis ne sont m&#234;me plus dignes de l'aile gauche de la II&#232;me internationale, o&#249; Rosa Luxemburg inaugura la lutte des marxistes contre ces socio-patriote,s en fondant son journal polonais &#034;La cause ouvri&#232;re&#034; d&#232;s 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky fonda la IV&#232;me Internationale contre les politiques de Fronts populaires mises en place par l'Internationale de Staline en 1935 lors de son VII&#232;me (et dernier) congr&#232;s. Or le NPA-A en 2024 a rejoint le nouveau Front Populaire. Le NPA-R l'a d&#233;nonc&#233;, mais a voulu gard&#233; sa place dans la m&#234;me IV&#232;me internationale que le NPA-A. Le NFP des NPA-s en 2024 est comparable aux FP de 1935 pour les PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etre une direction r&#233;volutionnaire c'est d&#233;cider&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument typique de LO ou du NPA-R, c'est le &#034;manque de conscience des travailleurs&#034;. Cet argument est typiquement stalinien, d&#233;j&#224; bien connu de Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'aversion pour les &#171; &#233;tiquettes &#187; et les &#171; num&#233;ros &#187; en politique est aussi dangereuse que l'aversion pour les d&#233;finitions pr&#233;cises dans le domaine scientifique. Dans un cas comme dans l'autre, nous avons l&#224; le sympt&#244;me infaillible d'un manque de clart&#233; dans les id&#233;es elles-m&#234;mes. Invoquer les &#171; masses &#187; ne sert, dans de tels cas, qu'&#224; couvrir ses propres h&#233;sitations. L'ouvrier qui croit encore &#224; Vandervelde ou &#224; Staline sera sans doute adversaire de la IV&#176; Internationale. L'ouvrier qui a compris que la II&#176; et la III&#176; Internationales sont mortes &#224; la cause de la r&#233;volution se rangera imm&#233;diatement sous notre drapeau. C'est pr&#233;cis&#233;ment pourquoi il est criminel de cacher ce drapeau sous la table.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;M&#233;pris hautin et brutal envers le pr&#233;tendu manque de conscience des travailleurs ; au contraire modestie obs&#233;quieuse envers le r&#233;formisme lorsqu'il s'agit de prendre ses responsabilit&#233;s, ce sont deux de p&#244;les entre lesquels les centristes oscillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'extr&#234;me-gauche dans l'Union sacr&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me internationale connut son congr&#232;s fondateur en 1919, mais c'est la trahison de la II&#232;me internationale, entr&#233;e dans l'Union sacr&#233;e qui avait rendu n&#233;cessaire d'annoncer sa fondation d&#232;s 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La IV&#232;me internationale fut fond&#233;e en 1938, mais c'est d&#232;s 1933, face &#224; la capitulation des partis staliniens apr&#232;s la prise du pouvoir par Hitler, que sa n&#233;cessit&#233; avait &#233;t&#233; proclam&#233;e par Trotsky. Par la d&#233;claration Staline-Laval, le PC fran&#231;ais entra ouvertement dans l'Union sacr&#233;e en 1935, l'&#233;quivalent pour les PC de l'ao&#251;t 1914 pour les PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier mensonge de l'extr&#234;me-gauche fran&#231;aise est de blanchir les directions r&#233;formistes en faisant croire qu'elle ne sont plus dans l'Union sacr&#233;e. Comme si apr&#232;s chaque guerre, on repartait &#224; z&#233;ro, en attendant la prochaine. Or la question n'est pas celle pos&#233;e r&#233;guli&#232;rement par ces partis, de savoir si ces directions entreront &#224; nouveau dans l'Union sacr&#233;e lors de la prochaine guerre. La CGT et le PS (comme son avatar LFI) y sont depuis 1914, et ne l'ont jamais quitt&#233;e. Le PC y est depuis 1935.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;p&#233;tant &#224; l'envi que &#171; l'on se dirige vers l'Union sacr&#233;e &#187;, ces organisations cachent le fait qu'on y est d&#233;j&#224;, se posent en aile &#034;vigilante&#034; d'extr&#234;me-gauche de Sud-Solidaires et de la CGT, les cautionnant par leur &#171; soutien critique &#187;. Le soutien sans participation est la pire des formes, car la plus hypocrite, de soutien au gouvernement bourgeois. Ce fut la politique de la CGT en 1936 face au gouvernement de Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directions de la CGT et de Sud sont dans l'Union sacr&#233;e, et leurs politiques sont de plus en plus ouvertement r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des formes que prend la guerre, c'est le racket fiscal exerc&#233; contre les travailleurs &#224; travers les imp&#244;ts indirects qui sont une des composantes de l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le Parti ouvrier fran&#231;ais, dont le programme fut &#233;crit sous le contr&#244;le de Marx vers 1880, comprenait dans sa partie &#233;conomique : abolition des imp&#244;ts indirects, les organisations d'extr&#234;me-gauche d&#233;noncent ce genre de mesure comme &#034;une diversion&#034;, imitant les directions syndicales qui veulent cantonner la classe ouvri&#232;re &#224; des augmentations de salaires symboliques augment&#233;es lors des NAO. Les augmentations de salaires sont des revendications purement &#233;conomiques, la question des taxes est une revendication politique. Non seulement la suppression des taxes sur les carburants serait une augmentation quasiment sans pr&#233;c&#233;dent du niveau de vie de la majorit&#233; des travailleurs, mais la classe ouvri&#232;re en s'emparant de ce mot d'ordre entrainerait derri&#232;re les classe moyennes pr&#233;ssur&#233;es par ces taxes. Etouffer politiquement et &#233;conomiquement le prol&#233;tariat, c'est ce que signifie ce ralliement de l'extr&#234;me-gauche opportuniste &#224; la seule question des salaires, sous couvert d'orthodoxie marxiste. C'est pour payer leur part au racket fiscal que les travailleurs devraient demander des augmentations de salaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Covid, sanctions contre la Russie, guerre contre l'Iran, droits de douanes, dette publique, tous ces moyens extra-&#233;conomiques pour tirer des profits sont typiques d'une p&#233;riode de guerre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La guerre a fait subir au capitalisme une &#233;volution. Le pressurage syst&#233;matique de la plus-value qui fut jadis pour l'entrepreneur la seule source de revenu, semble &#224; pr&#233;sent une occupation trop fade aux messieurs les bourgeois qui ont pris l'habitude de doubler, de d&#233;cupler leurs dividendes dans l'espace de quelques jours, au moyen de sp&#233;culations savantes bas&#233;es sur le brigandage international. Le bourgeois a rejet&#233; quelques pr&#233;jug&#233;s qui le g&#234;naient et acquis par contre un certain coup de main qui lui manquait jusqu'ici. La guerre l'a accoutum&#233;, comme aux actes les plus ordinaires, &#224; r&#233;duire par le blocus des pays entiers &#224; la famine, &#224; bombarder et incendier des villes et villages pacifiques, &#224; infecter les sources et les rivi&#232;res en y jetant des cultures du chol&#233;ra, &#224; transporter de la dynamite dans des valises diplomatiques, &#224; &#233;mettre des billets de banque faux imitant ceux de l'ennemi, &#224; employer la corruption, l'espionnage et la contrebande dans des proportions jusque-l&#224; inou&#239;es. Les moyens d'action appliqu&#233;s &#224; la guerre rest&#232;rent en vigueur dans le monde commercial apr&#232;s la conclusion de la paix. Les op&#233;rations commerciales de quelque importance s'effectuent sous l'&#233;gide de l'&#201;tat. Ce dernier est devenu semblable &#224; une association de malfaiteurs arm&#233;s jusqu'aux dents. Le terrain de la production mondiale se r&#233;tr&#233;cit chaque jour davantage et la mainmise sur la production devient d'autant plus fr&#233;n&#233;tique et revient d'autant plus ch&#232;re. Emp&#234;cher : voil&#224; le dernier mot de la politique du capitalisme, la devise qui remplace le protectionnisme et le libre-&#233;changisme !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;non&#231;ant le mot d'ordre d'&#171; Abolition des taxes (accise et TVA) sur les carburants ! &#187; comme &#034;diversion du RN&#034;, alors que c'&#233;tait le programme de Marx, un parti comme LO s'engage dans une voie r&#233;actionnaire, demandant aux travailleurs de &#034;gagner la bataille de la taxation&#034;, comme le PC leur demandait de gagner la &#034;bataille de la production&#034; d'apr&#232;s-guerre. Ces soi-disant h&#233;ritiers de Trotsky s'opposent &#224; la lutte du prol&#233;tariat pour sa survie &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup de semonce qui annon&#231;a ce capitalisme de guerre fut la crise financi&#232;re de 2008. Aucune des grandes organisations d'extr&#234;me-gauche n'y vit l'effondrement du capitalisme. Or les pr&#233;misses de la r&#233;volution sont essentiellement &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : l'entr&#233;e en guerre est d'actualit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis pseudo-trotskistes deviennent politiquement de plus en plus ouvertement des satellites de LFI et de l'Etat bourgeois. La r&#233;cente manifestation de soutien au maire LFI de Saint-Denis marque un pas de plus dans cette ligne. Le maire d'une grande ville ne serait plus un agent de la bourgeoisie, car il est &#034;&#224; un autre niveau&#034; ; il n'est plus l'ennemi des travailleurs, mais &#034;quelqu'un qui ne changera pas grand-chose&#034; ; l'antiracisme en d&#233;fense des pauvres remplace la lutte des classes, c'est avec de telles balivernes que LO justifie son soutien &#224; LFI :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce beau monde s'est ainsi retrouv&#233; non seulement contre Bally Bagayoko, mais surtout contre la population pauvre d'une ville ouvri&#232;re. M&#234;me si l'&#233;lection d'un maire insoumis ne changera pas grand-chose &#224; ce que vivent les habitants des cit&#233;s, tant ses probl&#232;mes se situent &#224; un tout autre niveau, cette campagne immonde est bien significative de la volont&#233; de la bourgeoisie et de son personnel politique de faire taire tout ce qui peut ressembler &#224; une contestation de sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour le NPA-R qui est dans la m&#234;me ligne, le drapeau fran&#231;ais de la mairie de Saint-Denis, remplace le drapeau rouge :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/capture_d_ecran_2026-04-08_182106.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH241/capture_d_ecran_2026-04-08_182106-5ca33.jpg?1787629351' width='500' height='241' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/contre-le-racisme-venu-den-haut-lunion-des-travailleurs-fait-la-force/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contre le racisme venu d'en haut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la marche &#224; la guerre s'acc&#233;l&#232;re. N'est-il pas temps de planter le drapeau d'un V&#232;me internationale, en renouvelant le constat de Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes se consid&#232;rent comme une fraction de l'internationale qui se b&#226;tit. Il me semble que le seul nom qui convienne pour notre Internationale soit parti mondial de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce qu'un programme de paix pour le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire ?</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8019</link>
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		<dc:date>2025-12-15T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Trotski &lt;br class='autobr' /&gt; Le programme de paix &lt;br class='autobr' /&gt;
(1915-16/1917) &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Qu'est-ce qu'un programme de paix ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce qu'un programme de paix ? Du point de vue des classes dirigeantes ou des partis qui les servent, c'est l'ensemble de ces revendications dont la r&#233;alisation doit &#234;tre assur&#233;e par le pouvoir du militarisme. Par cons&#233;quent, pour r&#233;aliser le programme de paix d'Alilyukov , Constantinople doit &#234;tre conquise par la force des armes. Le programme de paix de Vandervelde exige comme condition (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;14 - Livre Quatorze : PROLETAIRES SANS FRONTIERES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L&#233;on Trotski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de paix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1915-16/1917)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Qu'est-ce qu'un programme de paix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'un programme de paix ? Du point de vue des classes dirigeantes ou des partis qui les servent, c'est l'ensemble de ces revendications dont la r&#233;alisation doit &#234;tre assur&#233;e par le pouvoir du militarisme. Par cons&#233;quent, pour r&#233;aliser le programme de paix d'Alilyukov , Constantinople doit &#234;tre conquise par la force des armes. Le programme de paix de Vandervelde exige comme condition pr&#233;alable l'expulsion des Allemands de Belgique. De ce point de vue, les clauses de paix ne font que faire le point sur ce qui a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; par la force arm&#233;e. En d'autres termes, le programme de paix est le programme de guerre. Mais c'est ainsi que les choses se passent avant l'intervention de la troisi&#232;me puissance, l'Internationale Socialiste. Pour les prol&#233;taires r&#233;volutionnaires, le programme de paix ne signifie pas les revendications que le militarisme national doit satisfaire, mais les revendications que le prol&#233;tariat international entend r&#233;aliser &#224; travers sa lutte r&#233;volutionnaire contre le militarisme de tous les pays. Plus le mouvement r&#233;volutionnaire mondial se d&#233;veloppe, moins les questions de paix d&#233;pendent des positions purement militaires des bellig&#233;rants et moins il y a de danger que les conditions de paix soient comprises par les masses comme des objectifs de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela nous appara&#238;t particuli&#232;rement clairement &#224; travers la question du sort des petits peuples et des &#201;tats faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre commen&#231;a avec l'invasion d&#233;vastatrice de la Belgique et du Luxembourg par les arm&#233;es allemandes. Dans l'&#233;cho que provoquait le pr&#233;judice caus&#233; au petit pays, &#224; c&#244;t&#233; des paroles fausses et &#233;go&#239;stes des classes dirigeantes ennemies r&#233;sonnait &#233;galement le d&#233;go&#251;t honn&#234;te des masses populaires, dont la sympathie &#233;tait attir&#233;e par le sort du petit peuple, qui fut &#233;cras&#233; simplement parce qu'il eut le malheur d'&#234;tre pris entre deux g&#233;ants en guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re &#233;tape de la guerre, le sort de la Belgique attira l'attention et la sympathie en raison de son caract&#232;re extraordinairement tragique. Mais trente-quatre mois d'op&#233;rations militaires ont prouv&#233; que l'&#233;pisode belge n'&#233;tait que la premi&#232;re &#233;tape vers la r&#233;solution d'un probl&#232;me fondamental de la guerre imp&#233;rialiste, &#224; savoir l'asservissement du faible au fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a transf&#233;r&#233; dans le domaine des relations internationales les m&#234;mes m&#233;thodes qu'il applique dans la &#171; r&#233;gulation &#187; de la vie &#233;conomique interne des peuples. La voie de la concurrence est la voie de la destruction syst&#233;matique des petites et moyennes entreprises et de la domination du grand capital. La concurrence mondiale entre les forces capitalistes signifie l'asservissement syst&#233;matique des peuples petits et moyens et arri&#233;r&#233;s par les grandes et les plus grandes puissances capitalistes. Plus la technologie du capitalisme est d&#233;velopp&#233;e, plus le capital financier joue un r&#244;le important et plus les exigences du militarisme sont &#233;lev&#233;es, plus la d&#233;pendance des petits &#201;tats &#224; l'&#233;gard des grandes puissances augmente. Ce processus, qui fait partie int&#233;grante de la m&#233;canique imp&#233;rialiste, se d&#233;veloppe m&#234;me en temps de paix, sans &#234;tre perturb&#233; par le biais de pr&#234;ts d'&#201;tat, de concessions ferroviaires et autres, d'accords militaro-diplomatiques, etc. La guerre a r&#233;v&#233;l&#233; et acc&#233;l&#233;r&#233; le processus en introduisant le facteur de la force ouverte. . La guerre d&#233;truit les derniers vestiges de &#171; l'ind&#233;pendance &#187; des petits &#201;tats, quelle que soit l'issue militaire du conflit entre les deux camps ennemis fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Belgique g&#233;mit toujours sous le joug du militarisme allemand. Mais ce n'est l&#224; que l'expression visible et dramatique de l'effondrement de son ind&#233;pendance. La &#171; lib&#233;ration &#187; de la Belgique n'&#233;tait pas du tout une t&#226;che ind&#233;pendante pour les gouvernements alli&#233;s. Au fur et &#224; mesure que la guerre progresse et apr&#232;s sa conclusion, la Belgique ne sera plus qu'un pion dans le grand jeu des g&#233;ants capitalistes. A moins que l'intervention de la troisi&#232;me puissance - la r&#233;volution - n'intervienne, la Belgique pourrait, &#224; la suite de la guerre, rester sous l'esclavage allemand, ou tomber sous le joug de la Grande-Bretagne, ou &#234;tre divis&#233;e entre les puissants pillards des deux coalitions. Il en va de m&#234;me pour la Serbie, dont l'&#233;nergie nationale p&#232;se sur la balance imp&#233;rialiste mondiale et dont les fluctuations d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre sont les moins influenc&#233;es par les int&#233;r&#234;ts ind&#233;pendants du peuple serbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les puissances centrales ont entra&#238;n&#233; la Turquie et la Bulgarie dans le tourbillon de la guerre. Que ces deux pays restent le prolongement sud-est du bloc imp&#233;rialiste austro-allemand (&#171; Europe centrale &#187;) ou qu'ils servent de changement au moment de tirer la balance, il n'en demeure pas moins que la guerre &#233;crit un dernier chapitre de l'histoire de leur ind&#233;pendance. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le d&#233;clenchement de la R&#233;volution russe, l'ind&#233;pendance perse, &#224; laquelle l'accord anglo-russe de 1907 mit fin, &#233;tait clairement liquid&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Roumanie et la Gr&#232;ce nous fournissent un exemple suffisamment clair de la &#171; libert&#233; de choix &#187; limit&#233;e accord&#233;e aux petites entreprises &#233;tatiques par la lutte des trusts imp&#233;rialistes. La Roumanie a pr&#233;f&#233;r&#233; le geste d'un choix apparemment libre lorsqu'elle a sacrifi&#233; sa neutralit&#233;. La Gr&#232;ce a tent&#233; de &#171; rester chez elle &#187; au moyen d'une opposition passive. Comme pour montrer le plus clairement possible la futilit&#233; de toute la lutte &#171; neutraliste &#187; pour l'auto-pr&#233;servation, toute la guerre europ&#233;enne, repr&#233;sent&#233;e par les arm&#233;es de Bulgarie, de Turquie, de France, d'Angleterre, de Russie et d'Italie, s'est d&#233;plac&#233;e sur le territoire grec. La libert&#233; de choix &#233;quivaut, au mieux, &#224; une forme d'auto-&#233;limination. En fin de compte, la Roumanie et la Gr&#232;ce conna&#238;tront le m&#234;me sort : elles seront l'enjeu entre les mains des grands acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'autre bout de l'Europe, le petit Portugal a jug&#233; n&#233;cessaire de s'engager dans la guerre aux c&#244;t&#233;s de l'Entente. Sa d&#233;cision semblerait inexplicable si le Portugal, sous la protection anglaise, disposait d'une plus grande libert&#233; en mati&#232;re de participation &#224; cette lutte que le gouvernement de la province de Tver [en Russie] ou de l'Irlande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants capitalistes des Pays-Bas et des trois pays scandinaves accumulent des montagnes d'or gr&#226;ce &#224; la guerre. Mais ces quatre &#201;tats neutres du nord-ouest de l'Europe sont bien conscients du caract&#232;re illusoire de leur souverainet&#233;. M&#234;me si elle survit &#224; la guerre, elle d&#233;pendra toujours des calculs que les grandes puissances feront quant aux conditions de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de l'Europe imp&#233;rialiste, la Pologne &#171; ind&#233;pendante &#187; ne pourra maintenir une apparence d'ind&#233;pendance qu'en se soumettant &#224; une d&#233;pendance financi&#232;re et militaire servile &#224; l'&#233;gard de l'une des principales puissances dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tendue de l'ind&#233;pendance de la Suisse est apparue clairement dans les restrictions coercitives qu'elle a introduites pour r&#233;guler ses importations et ses exportations. Les repr&#233;sentants de cette petite r&#233;publique f&#233;d&#233;rale, casquette &#224; la main, demandant l'entr&#233;e dans les deux camps en guerre, pourraient bien comprendre le degr&#233; limit&#233; d'ind&#233;pendance et de neutralit&#233; possible pour une nation qui ne peut rassembler plusieurs millions de ba&#239;onnettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la guerre, en raison du nombre toujours croissant de combattants et de fronts, est devenue une &#233;quation comportant de nombreuses inconnues, rendant impossible aux diff&#233;rents gouvernements de formuler de soi-disant &#171; objectifs de guerre &#187;, alors les petits &#201;tats auront toujours le pouvoir L'avantage douteux de chacun peut consid&#233;rer son destin historique comme pr&#233;d&#233;termin&#233;. Quel que soit le camp vainqueur et quelle que soit l'ampleur de l'impact d'une telle victoire, il n'en demeure pas moins qu'il ne peut plus y avoir de retour &#224; l'ind&#233;pendance des petits &#201;tats. Que l'Allemagne ou l'Angleterre gagne, tout d&#233;pend de qui sera le ma&#238;tre direct des petites nations. Seuls les charlatans et les idiots d&#233;sesp&#233;r&#233;s peuvent lier la question de la libert&#233; des petits peuples &#224; la victoire d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me r&#233;sultat, le plus probable, de la guerre, c'est-&#224;-dire une impasse, donnerait exactement le m&#234;me r&#233;sultat. L'absence d'une pr&#233;dominance prononc&#233;e de l'un des camps bellig&#233;rants sur l'autre ne fera que r&#233;v&#233;ler plus clairement la supr&#233;matie du fort sur le faible dans chaque camp et la supr&#233;matie des deux camps sur les victimes &#171; neutres &#187; de l'imp&#233;rialisme. La fin de la guerre sans vainqueurs ni vaincus n'est en soi une garantie pour personne : tous les petits &#201;tats faibles seront toujours vaincus et il en va de m&#234;me pour ceux qui se sont saign&#233;s &#224; blanc sur les champs de bataille et pour ceux qui ont tent&#233; d'&#233;viter ce sort en cach&#233; sous l'ombre de la neutralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance des Belges, des Serbes, des Polonais, des Arm&#233;niens et d'autres n'est pas consid&#233;r&#233;e par nous comme faisant partie du programme de guerre de l'Entente (comme elle est trait&#233;e comme par Guesde, Plekhanov, Vandervelde, Henderson et d'autres), mais fait partie du programme de guerre de l'Entente. la lutte prol&#233;tarienne internationale contre l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. Statu quo avant Bellum [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question est : le prol&#233;tariat peut-il, dans les circonstances actuelles, proposer un &#171; programme de paix &#187; ind&#233;pendant, c'est-&#224;-dire ses propres solutions aux probl&#232;mes qui ont provoqu&#233; la guerre actuelle ou qui ont &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;s au cours de cette guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous a dit que le prol&#233;tariat n'a pas encore la force suffisante pour r&#233;aliser un tel programme. L'espoir &#233;tait utopique que le prol&#233;tariat puisse r&#233;aliser son propre programme de paix &#224; la suite de la guerre actuelle. Mais quelque chose de diff&#233;rent est la lutte pour mettre fin &#224; la guerre et pour une paix sans annexions, c'est-&#224;-dire un retour au statu quo ante bellum, &#224; un &#201;tat d'avant-guerre. On nous dit que c'est de loin le programme le plus r&#233;aliste. C'&#233;taient, par exemple, les arguments de Martov, Martynov et des internationalistes mencheviks en g&#233;n&#233;ral, qui sur cette question adoptent non pas une position r&#233;volutionnaire mais une position conservatrice (non pas une r&#233;volution sociale, mais la restauration de la lutte des classes ; pas une Troisi&#232;me Internationale). , mais le r&#233;tablissement de la IIe Internationale ; pas de programme de paix r&#233;volutionnaire, mais un retour &#224; la situation d'avant-guerre ; pas de conqu&#234;te du pouvoir par les soviets des d&#233;put&#233;s ouvriers et soldats, mais plut&#244;t le pouvoir pour les partis bourgeois. .). Mais dans quel sens une lutte pour mettre fin &#224; la guerre et &#224; la paix sans annexions peut-elle &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme r&#233;aliste ? Il est ind&#233;niable que la guerre devra cesser t&#244;t ou tard. Dans ce sens pronostique, le slogan de la fin de la guerre est sans doute tr&#232;s &#171; r&#233;aliste &#187; car fond&#233; sur des certitudes. Mais qu'est-ce que c'est au sens r&#233;volutionnaire ? On pourrait objecter : n'est-il pas utopique que le prol&#233;tariat europ&#233;en, avec ses forces actuelles, r&#233;ussisse &#224; mettre un terme aux op&#233;rations militaires contre la volont&#233; des classes dirigeantes ? Nous demandons en outre : dans quelles circonstances la fin de la guerre peut-elle &#234;tre provoqu&#233;e ? Th&#233;oriquement, trois possibilit&#233;s typiques peuvent &#234;tre envisag&#233;es : (1) une victoire d&#233;cisive de l'un des bellig&#233;rants ; (2) un &#233;puisement g&#233;n&#233;ral des adversaires sans avantage d&#233;cisif ni avantage sur l'autre camp ; (3) l'intervention du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, qui interrompt le d&#233;veloppement &#171; normal &#187; des &#233;v&#233;nements militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien &#233;vident que dans le premier cas &#8211; o&#249; la guerre se termine par une victoire d&#233;cisive d'un camp &#8211; il serait na&#239;f de r&#234;ver d'une paix sans annexions. Lorsque les Scheidemann et les Landsberg, les fid&#232;les partisans de l'&#339;uvre de leur militarisme, prononcent des discours au Parlement en faveur d'une paix &#171; sans annexion &#187;, c'est seulement avec la plus ferme conviction que de telles protestations ne peuvent emp&#234;cher des annexions &#171; utiles &#187;. D'un autre c&#244;t&#233;, l'un de nos anciens chefs d'&#233;tat-major tsaristes, le g&#233;n&#233;ral Alexe&#239;ev, qui qualifiait la paix sans annexion de &#171; phrase utopique &#187;, concluait &#224; juste titre que ce qui compte le plus, c'est l'offensive et qu'en cas d'op&#233;rations de guerre r&#233;ussies, tout le reste s'arrangerait tout seul. Pour arracher les annexions aux mains du camp victorieux, arm&#233; jusqu'aux dents, le prol&#233;tariat aurait &#233;videmment besoin, en plus de ses bonnes intentions, d'un pouvoir r&#233;volutionnaire et devrait &#234;tre pr&#234;t &#224; l'utiliser ouvertement. En tout &#233;tat de cause, elle ne dispose d'aucun moyen &#171; &#233;conomique &#187; pour contraindre le camp victorieux &#224; renoncer &#224; l'avantage de la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me issue possible de la guerre, dont d&#233;pendent fondamentalement ceux qui pr&#244;nent le programme &#233;troit de &#171; une paix sans annexion et rien de plus &#187;, suppose que la guerre, puisqu'elle &#233;puise toutes les ressources des nations bellig&#233;rantes, sans l'intervention r&#233;volutionnaire du troisi&#232;me la force se terminera par un &#233;puisement g&#233;n&#233;ral &#8211; sans vainqueurs ni vaincus. C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette situation, dans laquelle le militarisme est trop faible pour faire des conqu&#234;tes et le prol&#233;tariat est trop faible pour faire une r&#233;volution, que les internationalistes passifs ont adapt&#233; leur programme boiteux de &#171; paix sans annexions &#187;, qu'ils qualifient souvent de retour. au statu quo ante bellum, c'est-&#224;-dire se r&#233;f&#233;rer &#224; l'&#233;tat des choses avant la guerre. Mais ici, ce pseudo-r&#233;alisme r&#233;v&#232;le son talon d'Achille, car, comme on peut d&#233;j&#224; le constater, une impasse militaire n'exclut pas les annexions mais, au contraire, les pr&#233;suppose. Le fait qu'aucun des groupes puissants ne gagne ne signifie pas que la Serbie, la Gr&#232;ce, la Belgique, la Pologne, la Perse, la Syrie, l'Arm&#233;nie et d'autres resteront intactes. Au contraire, dans ce cas, les annexions se feront pr&#233;cis&#233;ment aux d&#233;pens de ces tiers et des plus faibles. Afin d'&#233;viter ces &#171; compensations &#187; mutuelles, le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire doit provoquer un soul&#232;vement r&#233;volutionnaire direct contre les classes dirigeantes. Les articles de journaux, les r&#233;solutions de l'assembl&#233;e, les protestations parlementaires et m&#234;me les manifestations publiques n'ont jamais emp&#234;ch&#233; les dirigeants de s'emparer de territoires ou d'opprimer les peuples faibles, que ce soit par la victoire ou par le biais d'accords diplomatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la troisi&#232;me issue possible de la guerre, elle semble la plus claire. Il suppose que pendant que la guerre continue, le prol&#233;tariat international se soul&#232;ve avec suffisamment de puissance pour paralyser et finalement mettre fin &#224; la guerre par la base. Dans ce meilleur sc&#233;nario, o&#249; le prol&#233;tariat serait suffisamment puissant pour arr&#234;ter la guerre, il serait &#233;videmment le moins capable ou dispos&#233; &#224; se limiter au programme purement conservateur, qui ne va pas plus loin que le rejet des annexions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mouvement puissant du prol&#233;tariat est en tout cas une condition pr&#233;alable n&#233;cessaire &#224; la r&#233;alisation effective d'une paix sans annexion. Mais l&#224; encore, si l'on accepte un tel mouvement, le programme pr&#233;c&#233;dent reste assez path&#233;tique, se contentant de restaurer un ordre qui existait avant la guerre et qui a conduit &#224; la naissance de la guerre. Le statu quo europ&#233;en ante bellum, produit des guerres, des vols, des actes de violence, de la politique des familles royales, de la stupidit&#233; diplomatique et de l'impuissance du peuple, reste le seul contenu positif du slogan &#171; sans annexions &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa lutte contre l'imp&#233;rialisme, le prol&#233;tariat ne peut pas se fixer comme objectif politique un retour &#224; l'ancienne carte de l'Europe ; elle doit &#233;laborer son propre programme de relations &#233;tatiques et nationales, correspondant aux tendances fondamentales du d&#233;veloppement &#233;conomique, coh&#233;rent avec le caract&#232;re r&#233;volutionnaire de l'&#233;poque et les int&#233;r&#234;ts socialistes du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, le slogan isol&#233; &#171; sans annexions &#187; ne fournit aucun crit&#232;re d'orientation politique sur les nombreux probl&#232;mes qui surgissent au cours de la guerre. Si l'on suppose que la France occupera plus tard l'Alsace-Lorraine, les sociaux-d&#233;mocrates allemands doivent-ils exiger, avec Scheidemann, le retour de ces provinces &#224; l'Allemagne ? Faut-il exiger le retour du Royaume de Pologne &#224; la Russie ? Devons-nous insister pour que le Japon restitue Tschio-Tschau &#224; l'Allemagne ? Ou que l'Italie restitue &#224; ses propri&#233;taires la partie du Tyrol du Sud qu'elle occupe actuellement ? Ce serait absurde ! Nous serions des fanatiques du l&#233;gitimisme, c'est-&#224;-dire des d&#233;fenseurs des droits dynastiques et &#171; historiques &#187; dans l'esprit de la diplomatie la plus r&#233;actionnaire. Par ailleurs, ce &#171; programme &#187; n&#233;cessite &#233;galement une r&#233;volution pour sa r&#233;alisation. Dans tous ces cas &#233;num&#233;r&#233;s et dans d'autres cas similaires, au vu de la r&#233;alit&#233; concr&#232;te, il ne faut bien s&#251;r mettre en avant qu'un seul principe, &#224; savoir la consultation des peuples concern&#233;s. Ce n'est certainement pas un crit&#232;re absolu. La majorit&#233; &#171; socialiste &#187; fran&#231;aise fait de l'enqu&#234;te aupr&#232;s de la population d'Alsace-Lorraine une com&#233;die honteuse : d'abord occupation (c'est-&#224;-dire appropriation par la force des armes), puis demande aux annex&#233;s le consentement de la population. Il est bien clair qu'un v&#233;ritable questionnement suppose des conditions r&#233;volutionnaires o&#249; la population puisse r&#233;pondre sans qu'on lui pointe un revolver, qu'elle soit allemande ou fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul contenu acceptable du slogan &#171; sans annexions &#187; est donc une protestation contre de nouvelles annexions violentes, ce qui revient &#224; donner une expression n&#233;gative au droit des nations &#224; l'autod&#233;termination. Mais nous avons vu que ce &#171; droit &#187; d&#233;mocratiquement indiscutable se transformera en droit des nations fortes &#224; s'emparer et &#224; imposer l'oppression, tandis que pour les nations faibles, il signifiera un souhait impuissant ou un &#171; bout de papier &#187;. C'est compl&#232;tement in&#233;vitable. Ce sera le cas aussi longtemps que la carte politique de l'Europe force les nations et leurs fragments &#224; se regrouper dans un cadre d'&#201;tats s&#233;par&#233;s par des barri&#232;res douani&#232;res et continuellement mis en conflit par la lutte imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est possible de vaincre ce r&#233;gime que par la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Le point central de la question r&#233;side dans le lien entre le programme de paix du prol&#233;tariat et le programme de r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. Le droit des nations &#224; l'autod&#233;termination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu plus haut que la social-d&#233;mocratie ne peut faire aucun pas pour r&#233;soudre les questions concr&#232;tes du regroupement et de la r&#233;organisation des groupes nationaux d'&#201;tats sans le principe de l'autod&#233;termination nationale, qui appara&#238;t en fin de compte comme la reconnaissance du droit de chaque groupe national de d&#233;cider de la nature de son action. de son &#201;tat, c'est-&#224;-dire le droit des peuples &#224; se s&#233;parer d'un &#201;tat donn&#233; (comme la Russie ou l'Autriche). Le seul moyen d&#233;mocratique de reconna&#238;tre la &#171; volont&#233; &#187; d'une nation est le r&#233;f&#233;rendum. Cependant, comme d&#233;crit ci-dessus, cette r&#233;ponse d&#233;mocratique contraignante reste purement formelle . Cela ne nous dit rien sur les possibilit&#233;s, les formes et les moyens r&#233;els de l'autod&#233;termination nationale dans les conditions modernes de l'&#233;conomie capitaliste ; et pourtant c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que r&#233;side le sens de la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de nombreux peuples, voire pour la majorit&#233; des peuples, groupes et parties du peuple opprim&#233;s, le sens de l'autod&#233;termination est l'&#233;limination des fronti&#232;res existantes et la division des &#201;tats existants. Le principe d&#233;mocratique s'applique particuli&#232;rement &#224; la lib&#233;ration des colonies. N&#233;anmoins, toute la politique de l'imp&#233;rialisme, sans &#233;gard au principe national, vise &#224; l'expansion des fronti&#232;res des &#201;tats, &#224; l'inclusion forc&#233;e des &#201;tats faibles dans les fronti&#232;res douani&#232;res et &#224; l'appropriation de nouvelles colonies. L'imp&#233;rialisme est par nature expansif et agressif, et c'est pr&#233;cis&#233;ment cette qualit&#233; qui d&#233;finit l'imp&#233;rialisme et non les diverses man&#339;uvres de sa diplomatie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; le conflit constant entre le principe de l'autod&#233;termination nationale, qui conduit dans de nombreux cas &#224; une d&#233;centralisation &#233;conomique et &#233;tatique (division, s&#233;cession), et les puissantes tendances centralisatrices de l'imp&#233;rialisme qui disposent de l'organisation &#233;tatique et du pouvoir militaire. Il est vrai qu'un mouvement de s&#233;cession nationale trouve souvent son soutien dans les intrigues imp&#233;rialistes d'un &#201;tat voisin. N&#233;anmoins, ce soutien ne peut devenir d&#233;cisif que par le recours &#224; la force militaire. Et d&#232;s qu'il y aura un conflit arm&#233; entre deux organisations imp&#233;rialistes, les nouvelles fronti&#232;res de l'&#201;tat seront d&#233;cid&#233;es non pas sur la base du principe national, mais sur la base du principe de l'&#233;quilibre militaire des forces. Contraindre un &#201;tat victorieux &#224; renoncer &#224; l'annexion de territoires nouvellement conquis est tout aussi difficile que de le forcer &#224; accorder la libert&#233; d'autod&#233;termination aux provinces pr&#233;c&#233;demment acquises. Enfin, m&#234;me si, par miracle, l'Europe &#233;tait divis&#233;e en &#201;tats-nations solides et en petits &#201;tats par la force des armes, la question nationale ne serait pas du tout tranch&#233;e et le lendemain de la &#171; juste &#187; redistribution nationale, l'expansion capitaliste elle-m&#234;me reprendre son travail. Des conflits surgiraient, conduiraient &#224; de nouvelles guerres et &#224; des annexions en violation totale du principe national dans tous les cas o&#249; le maintien de l'&#201;tat ne pourrait &#234;tre assur&#233; par un nombre suffisant de ba&#239;onnettes. Tout cela donne l'impression de joueurs amers qui doivent distribuer l'or &#171; &#233;quitablement &#187; en plein milieu de la partie, pour ensuite reprendre la partie avec une col&#232;re redoubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance des tendances centralisatrices de l'imp&#233;rialisme ne signifie pas que nous devons nous y soumettre passivement. Une communaut&#233; nationale est le c&#339;ur vivant de la culture, tout comme la langue nationale est son organe vivant, et qui conservera son sens &#224; travers des &#233;poques historiques d'une dur&#233;e ind&#233;finie. La social-d&#233;mocratie s'efforce et est oblig&#233;e de pr&#233;server la libert&#233; de d&#233;veloppement (et de dissolution) de la communaut&#233; nationale dans l'int&#233;r&#234;t de la culture mat&#233;rielle et intellectuelle. En ce sens, il a adopt&#233; le principe d&#233;mocratique de l'autod&#233;termination nationale comme une obligation de la part de la bourgeoisie r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit national &#224; l'autod&#233;termination ne peut &#234;tre exclu du programme de paix prol&#233;tarien ; mais cela ne peut pas prendre un sens absolu. Au contraire, pour nous, elle est limit&#233;e par les tendances historiques profond&#233;ment progressistes du d&#233;veloppement. Si ce &#171; droit &#187; doit &#234;tre oppos&#233; &#8211; par la violence r&#233;volutionnaire &#8211; &#224; la m&#233;thode imp&#233;rialiste de centralisation qui r&#233;duit en esclavage les peuples faibles et arri&#233;r&#233;s et arrache le c&#339;ur de la culture nationale, le prol&#233;tariat, en revanche, ne peut pas permettre au principe national de s'imposer. devenir un obstacle &#224; la tendance irr&#233;sistible et profond&#233;ment progressiste de la vie &#233;conomique moderne vers une organisation planifi&#233;e de tout notre continent et plus tard de notre globe tout entier. L'imp&#233;rialisme est l'expression capitaliste pr&#233;datrice de cette tendance de l'&#233;conomie moderne, qui s'&#233;loigne compl&#232;tement de l'idiotie de l'&#233;troitesse nationale, comme c'&#233;tait le cas auparavant avec les barri&#232;res provinciales et locales. Le socialisme, dans sa lutte constante contre les formes imp&#233;rialistes de centralisation &#233;conomique, ne prend pas position contre cette tendance particuli&#232;re en tant que telle, mais fait de cette tendance son propre principe directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du d&#233;veloppement historique ainsi que du point de vue des t&#226;ches de la social-d&#233;mocratie, la tendance de l'&#233;conomie moderne est fondamentale et il faut lui garantir la pleine possibilit&#233; de mener &#224; bien sa mission historique de lib&#233;ration r&#233;elle : cr&#233;er une &#233;conomie mondiale unifi&#233;e. , ind&#233;pendant du cadre national, des fronti&#232;res &#233;tatiques, des fronti&#232;res douani&#232;res, soumis uniquement aux particularit&#233;s des mati&#232;res premi&#232;res naturelles, du climat et des besoins de la division du travail. La Pologne, l'Alsace, la Dalmatie, la Belgique, la Serbie et d'autres peuples europ&#233;ens faibles non encore annex&#233;s ne peuvent &#234;tre restaur&#233;s ou r&#233;aliser pour la premi&#232;re fois la structure nationale &#224; laquelle ils aspirent qu'en cessant d'&#234;tre des groupes &#233;conomiques pour &#234;tre l&#224; o&#249; ils ne seront pas li&#233;s par des liens nationaux. fronti&#232;res et ils ne seront pas &#233;conomiquement s&#233;par&#233;s les uns des autres et oppos&#233;s les uns aux autres. Surtout, ils ne peuvent que persister dans ces configurations et d&#233;velopper librement leur existence culturelle. En d'autres termes, pour que les Polonais, les Serbes, les Roumains et d'autres puissent v&#233;ritablement former des unit&#233;s nationales sans obstacles, il est n&#233;cessaire que les fronti&#232;res nationales qui les divisent actuellement en plusieurs parties soient &#233;limin&#233;es, que le cadre &#233;tatique en tant que cadre &#233;conomique L'organisation - mais pas en tant qu'organisation nationale - sera &#233;largie pour englober toute l'Europe capitaliste, actuellement divis&#233;e par les tarifs douaniers et les fronti&#232;res et d&#233;chir&#233;e par la guerre. Nous d&#233;clarons que l'unification &#233;tatique de l'Europe est clairement la condition pr&#233;alable &#224; l'autod&#233;termination des grandes et petites nations d'Europe. Une existence culturelle nationale, libre de contradictions &#233;conomiques nationales et fond&#233;e sur une v&#233;ritable autod&#233;termination, n'est possible que sous le toit d'une Europe d&#233;mocratiquement unie, libre de toute fronti&#232;re &#233;tatique ou douani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;pendance directe et imm&#233;diate de l'autod&#233;termination nationale des peuples faibles &#224; l'&#233;gard d'un r&#233;gime collectif europ&#233;en exclut la possibilit&#233; que le prol&#233;tariat soul&#232;ve des questions telles que l'ind&#233;pendance de la Pologne ou l'unification de tous les Serbes en dehors de la r&#233;volution europ&#233;enne . Mais d'un autre c&#244;t&#233;, cela montre que le droit &#224; l'autod&#233;termination dans le cadre du programme de paix prol&#233;tarien n'a pas un caract&#232;re &#171; utopique &#187; mais plut&#244;t r&#233;volutionnaire. Cette r&#233;flexion s'adresse &#224; deux adresses : contre les Allemands David et Landsberg, qui, en raison de leur &#171; r&#233;alisme &#187; imp&#233;rialiste, nient le principe de l'autod&#233;termination nationale comme un romantisme r&#233;actionnaire ; et contre les simplificateurs de notre camp r&#233;volutionnaire qui d&#233;clarent que le principe ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233; que sous le socialisme et qui &#233;vitent ainsi de devoir donner une r&#233;ponse de principe aux questions nationales qui sont sur le fil du couteau &#224; cause de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre nos conditions sociales actuelles et le socialisme, il y a encore une vaste &#233;poque de r&#233;volution sociale : c'est-&#224;-dire l'&#233;poque de la lutte ouverte du prol&#233;tariat pour le pouvoir, la conqu&#234;te et l'utilisation de ce pouvoir en vue de la d&#233;mocratisation compl&#232;te de la soci&#233;t&#233; et du socialisme. relations syst&#233;matiques Transformation de la soci&#233;t&#233; capitaliste en soci&#233;t&#233; socialiste. Ce n'est pas une &#233;poque de paix et de tranquillit&#233;, mais, au contraire, de la plus grande intensit&#233; de lutte des classes, l'&#232;re des soul&#232;vements populaires, des guerres, des exp&#233;riences approfondies du r&#233;gime prol&#233;tarien et des r&#233;formes socialistes. Cette &#233;poque exige une r&#233;ponse pratique de la part du prol&#233;tariat : c'est-&#224;-dire une r&#233;ponse directement applicable &#224; la question de l'existence continue des nationalit&#233;s et de leurs relations mutuelles avec l'&#201;tat et l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. Les &#201;tats-Unis d'Europe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons essay&#233; de montrer plus haut que l'unit&#233; &#233;conomique et politique de l'Europe est la condition pr&#233;alable essentielle &#224; la possibilit&#233; de l'autod&#233;termination. Tout comme le slogan de &#171; l'ind&#233;pendance nationale &#187; des Serbes, des Bulgares, des Grecs et d'autres reste une abstraction creuse sans le slogan compl&#233;mentaire de la &#171; F&#233;d&#233;ration des R&#233;publiques balkaniques &#187; - qui a jou&#233; un tel r&#244;le dans toute la politique de la social-d&#233;mocratie aux &#201;tats-Unis Balkans - ainsi peut-on le constater Au niveau europ&#233;en, le principe du &#171; droit &#187; &#224; l'autod&#233;termination des peuples ne peut &#234;tre pleinement efficace que dans les conditions d'une &#171; f&#233;d&#233;ration de r&#233;publiques europ&#233;ennes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si dans la p&#233;ninsule balkanique le slogan d'une f&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique est devenu purement prol&#233;tarien, cela est encore plus vrai en Europe, o&#249; les contradictions capitalistes sont incomparablement plus profondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique civile de suppression des fronti&#232;res douani&#232;res entre les diff&#233;rents pays d'Europe est une difficult&#233; insurmontable : mais sans cela, les proc&#233;dures d'arbitrage entre &#201;tats et les r&#232;gles du droit international ne peuvent durer plus longtemps que, par exemple, la neutralit&#233; de la Belgique. Le besoin d'unifier le march&#233; europ&#233;en, ainsi que l'effort visant &#224; s'emparer des pays non europ&#233;ens en retard, sont provoqu&#233;s par le d&#233;veloppement du capitalisme et se heurtent &#224; la puissante opposition des propri&#233;taires fonciers et des capitalistes, entre les mains desquels les tarifs douaniers se combinent avec le militarisme (sans ce qui ne veut rien dire) repr&#233;sentent une arme indispensable d'exploitation et d'enrichissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie financi&#232;re et industrielle hongroise est hostile &#224; son unification &#233;conomique avec l'Autriche, plus d&#233;velopp&#233;e sur le plan capitaliste. La bourgeoisie austro-hongroise est hostile &#224; l'id&#233;e d'une union douani&#232;re avec l'Allemagne, plus puissante. D'un autre c&#244;t&#233;, les propri&#233;taires fonciers allemands n'accepteront jamais volontairement une lev&#233;e des droits de douane sur les c&#233;r&#233;ales. En outre, les classes poss&#233;dantes des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des puissances centrales ne peuvent pas &#234;tre aussi facilement mises en harmonie avec celles des capitalistes et des propri&#233;taires fonciers fran&#231;ais, anglais et russes. La guerre actuelle le montre avec suffisamment de clart&#233;. Enfin, le manque d'harmonie et le caract&#232;re inconciliable des int&#233;r&#234;ts capitalistes sont beaucoup plus &#233;vidents dans les &#201;tats de l'Entente eux-m&#234;mes que parmi les &#201;tats d'Europe centrale. Dans ces conditions, une unification &#233;conomique raisonnablement compl&#232;te de l'Europe par le haut, par le biais d'un accord entre gouvernements capitalistes, est une utopie. Les choses ne peuvent jamais aller plus loin que des compromis partiels et des demi-mesures. Par cons&#233;quent, une unification &#233;conomique de l'Europe , qui profite le plus aux producteurs et aux consommateurs ainsi qu'au d&#233;veloppement culturel en g&#233;n&#233;ral, devient une t&#226;che r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat europ&#233;en dans sa lutte contre le protectionnisme imp&#233;rialiste et son arme, le militarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis d'Europe, sans monarchies, sans arm&#233;es permanentes et sans diplomatie secr&#232;te, repr&#233;sentent donc la partie la plus importante du programme de paix prol&#233;tarien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;ologues et hommes politiques de l'imp&#233;rialisme allemand, surtout au d&#233;but de la guerre, pr&#233;sent&#232;rent souvent leur programme aux &#201;tats-Unis d'Europe - ou du moins aux &#201;tats-Unis d'Europe centrale (&#224; l'exclusion de la France et de l'Angleterre d'une part et de la Russie de l'autre). . Ce programme d'unification de l'Europe par la force est aussi typique des tendances de l'imp&#233;rialisme allemand que la division violente de l'Allemagne l'est des tendances de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, &#224; la fin de la guerre, les arm&#233;es allemandes remportent la victoire d&#233;cisive esp&#233;r&#233;e en Allemagne pendant la premi&#232;re phase de la guerre, alors l'imp&#233;rialisme allemand tentera sans aucun doute massivement d'&#233;tablir une union militaire et douani&#232;re obligatoire entre les &#201;tats europ&#233;ens. qui serait plein d'exceptions, de compromis, etc. et r&#233;duirait donc au minimum l'esprit progressiste d'unification du march&#233; europ&#233;en. Inutile d'ajouter que dans ces conditions, l'autonomie serait hors de question pour les peuples si violemment unis dans une caricature des &#201;tats-Unis d'Europe. Supposons un instant que l'imp&#233;rialisme allemand parvienne r&#233;ellement &#224; r&#233;aliser une demi-union forc&#233;e de l'Europe, tout comme le militarisme prussien a r&#233;ussi &#224; r&#233;aliser une demi-union de l'Allemagne dans le pass&#233;. Quel serait alors le mot d'ordre central du prol&#233;tariat europ&#233;en ? Serait-ce la dissolution de l'alliance coercitive et le retour de tous les peuples sous la garde d'&#201;tats-nations isol&#233;s ? Ou peut-&#234;tre la restauration des fronti&#232;res douani&#232;res, des syst&#232;mes mon&#233;taires &#171; nationaux &#187;, de la l&#233;gislation sociale &#171; nationale &#187;, etc. ? Certainement rien de tout cela. Le programme du mouvement r&#233;volutionnaire europ&#233;en serait alors la destruction de la forme coercitive antid&#233;mocratique de l'alliance, tout en maintenant et en &#233;largissant compl&#232;tement sa base sous la forme de l'abolition compl&#232;te des tarifs douaniers, de l'unification de la l&#233;gislation et, surtout, du droit du travail. lois, etc. En d'autres termes, le slogan &#171; Dans ces conditions, des &#201;tats-Unis d'Europe &#171; sans tarifs douaniers, sans arm&#233;es permanentes &#187; deviendrait le slogan unificateur et directeur de la r&#233;volution europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons maintenant la deuxi&#232;me possibilit&#233;, &#224; savoir une issue &#171; ind&#233;cise &#187; de la guerre. D&#232;s le d&#233;but de la guerre, le c&#233;l&#232;bre professeur et partisan de &#171; l'Europe unie &#187; Liszt montrait que m&#234;me si les Allemands ne battaient pas leurs adversaires, l'[unification] europ&#233;enne serait quand m&#234;me r&#233;alis&#233;e et, selon Liszt, elle serait m&#234;me possible. &#234;tre plus compl&#232;te qu'avant Cas d'une victoire allemande. Les &#201;tats europ&#233;ens, hostiles les uns aux autres mais incapables de faire face les uns aux autres, continueraient, dans leur besoin d'expansion croissante, &#224; se jeter des b&#226;tons entre les jambes dans l'accomplissement de leur &#171; mission &#187; au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie, puis partout, &#233;tant repouss&#233;e par les &#201;tats-Unis et le Japon. Liszt pense que c'est pr&#233;cis&#233;ment dans le cas d'une issue &#171; ind&#233;cise &#187; de la guerre que la n&#233;cessit&#233; absolue d'une alliance &#233;conomique et militaire des grandes puissances europ&#233;ennes contre les peuples faibles et arri&#233;r&#233;s et, surtout, contre leurs propres masses travailleuses, serait mise en &#233;vidence. pr&#233;valoir. Nous avons soulign&#233; plus haut les formidables obstacles qui s'opposent &#224; la mise en &#339;uvre de ce programme. Mais surmonter m&#234;me partiellement ces obstacles signifierait la cr&#233;ation d'un trust imp&#233;rialiste d'&#201;tats europ&#233;ens, une soci&#233;t&#233; par actions de voleurs. Et cette perspective est parfois cit&#233;e &#224; tort comme une &#171; preuve &#187; du danger du mot d'ordre des &#201;tats-Unis d'Europe, alors qu'elle est en r&#233;alit&#233; la preuve la plus &#233;clatante de sa signification r&#233;aliste et r&#233;volutionnaire. Si les &#201;tats capitalistes d'Europe parvenaient &#224; fusionner en un trust imp&#233;rialiste, cela constituerait un progr&#232;s par rapport &#224; la situation actuelle car, avant tout, cela cr&#233;erait une base mat&#233;rielle unifi&#233;e et paneurop&#233;enne pour le mouvement ouvrier. Dans ce cas, le prol&#233;tariat devrait lutter non pas pour le retour &#224; des &#201;tats-nations &#171; autonomes &#187;, mais pour la transformation du trust imp&#233;rialiste en une F&#233;d&#233;ration r&#233;publicaine europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus le conflit progresse et r&#233;v&#232;le l'incapacit&#233; absolue du militarisme &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes que la guerre met &#224; l'ordre du jour, moins on parle de ces grands projets d'unification de l'Europe par le haut . Le projet des &#171; &#201;tats-Unis d'Europe &#187; imp&#233;rialistes a c&#233;d&#233; la place, d'une part, aux projets d'union &#233;conomique entre l'Allemagne et l'Autriche, et d'autre part, &#224; la perspective d'une quadruple alliance avec ses tarifs douaniers et ses taxes de guerre. , compl&#233;t&#233; par le militarisme des uns contre les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce qui a &#233;t&#233; dit, il semble superflu d'insister sur la tr&#232;s grande importance que, dans la mise en &#339;uvre de ces plans, la politique du prol&#233;tariat des deux Etats &#171; confie &#187; sa lutte contre les tarifs douaniers introduits et contre les forces militaires et diplomatiques. remparts et pour l'unification &#233;conomique de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, apr&#232;s un d&#233;but si prometteur de la r&#233;volution russe, nous avons toutes les raisons de nous attendre &#224; ce qu'au cours de la guerre actuelle, un puissant mouvement r&#233;volutionnaire surgisse &#224; travers l'Europe. Il est clair qu'un tel mouvement ne pourra r&#233;ussir, se d&#233;velopper et remporter la victoire qu'en tant que mouvement europ&#233;en g&#233;n&#233;ral . Isol&#233; &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res nationales, il serait vou&#233; &#224; l'&#233;chec. Nos sociaux-patriotes soulignent le danger que repr&#233;sente le militarisme allemand pour la r&#233;volution russe. Ce danger est ind&#233;niable, mais ce n'est pas le seul. Les militarismes anglais, fran&#231;ais et italien ne sont pas des ennemis moins s&#233;rieux de la r&#233;volution russe que la machine de guerre des Hohenzollern. Le salut de la r&#233;volution russe r&#233;side dans sa propagation &#224; travers l'Europe. Si le mouvement r&#233;volutionnaire se d&#233;veloppe en Allemagne, le prol&#233;tariat allemand cherchera et trouvera un &#233;cho r&#233;volutionnaire dans les pays &#171; ennemis &#187; de l'Occident. Et si, dans un pays europ&#233;en, le prol&#233;tariat arrachait le pouvoir aux mains de la bourgeoisie, pour le conserver, il serait oblig&#233; de le mettre imm&#233;diatement au service du mouvement r&#233;volutionnaire des autres pays. En d'autres termes, l'instauration d'un r&#233;gime stable de dictature du prol&#233;tariat ne pourrait s'&#233;tendre qu'&#224; l'ensemble de l'Europe et par cons&#233;quent sous la forme d'une F&#233;d&#233;ration r&#233;publicaine europ&#233;enne. L'unification des Etats d'Europe, qui ne pourrait &#234;tre r&#233;alis&#233;e ni par la force des armes ni par des trait&#233;s industriels ou diplomatiques, repr&#233;sentera dans un tel cas la t&#226;che principale et essentielle de la r&#233;volution prol&#233;tarienne victorieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis d'Europe sont le slogan de la p&#233;riode r&#233;volutionnaire dans laquelle nous sommes entr&#233;s. Quelle que soit la tournure que prendront les op&#233;rations militaires &#224; l'avenir, quelle que soit l'&#233;valuation diplomatique de la guerre actuelle et quel sera le rythme des progr&#232;s du mouvement r&#233;volutionnaire dans un avenir proche, le mot d'ordre des &#201;tats-Unis d'Europe reste d'une immense importance. en tout cas comme une formule politique pour la lutte du prol&#233;tariat europ&#233;en pour le pouvoir. Ce programme exprime le fait que l'&#201;tat-nation est devenu obsol&#232;te, &#224; la fois comme cadre de d&#233;veloppement des forces productives et comme base de la lutte des classes et, par cons&#233;quent, comme forme de gouvernement pour la dictature du prol&#233;tariat. Nous rejetons la &#171; d&#233;fense de la patrie &#187; en tant que programme politique d&#233;pass&#233; du prol&#233;tariat. Mais cela cesse d'&#234;tre un acte purement n&#233;gatif d'autod&#233;fense id&#233;ologique et politique et n'acquiert tout son contenu r&#233;volutionnaire que si nous opposons &#224; la d&#233;fense conservatrice de la patrie nationale obsol&#232;te une t&#226;che progressiste, c'est-&#224;-dire la cr&#233;ation d'une nouvelle patrie nationale plus grande. &#171; Patrie &#187; de la r&#233;volution, une Europe r&#233;publicaine, qui seule sera le point de d&#233;part &#224; partir duquel le prol&#233;tariat pourra r&#233;volutionner et r&#233;organiser le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la r&#233;ponse &#224; ceux qui demandent dogmatiquement : &#171; Pourquoi unifier l'Europe et pas le monde entier ? &#187; L'Europe n'est pas seulement une communaut&#233; g&#233;ographique, mais une certaine communaut&#233; &#233;conomique, culturelle et historique. La r&#233;volution europ&#233;enne n'a pas besoin d'attendre les r&#233;volutions en Asie et en Afrique, pas m&#234;me celles en Australie et en Am&#233;rique. Et pourtant, une r&#233;volution compl&#232;tement victorieuse en Russie ou en Angleterre est impensable sans une r&#233;volution en Allemagne, et vice versa. La guerre actuelle est qualifi&#233;e de guerre mondiale, mais m&#234;me apr&#232;s l'intervention des &#201;tats-Unis, l'Europe reste le th&#233;&#226;tre de la guerre. Et avant tout, le prol&#233;tariat europ&#233;en est confront&#233; aux probl&#232;mes r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les &#201;tats-Unis d'Europe ne sont que l'un des deux axes de l'Organisation &#233;conomique mondiale. Les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique repr&#233;senteront l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule consid&#233;ration historique concr&#232;te contre le mot d'ordre des &#201;tats-Unis d'Europe a &#233;t&#233; formul&#233;e comme suit dans la Social-D&#233;mocratie suisse : &#171; L'in&#233;galit&#233; du d&#233;veloppement &#233;conomique et politique est une loi inconditionnelle du capitalisme. &#187; La Social-D&#233;mocratie suisse en tire la conclusion. que la victoire du socialisme dans un seul pays est possible et qu'il n'est donc pas n&#233;cessaire de faire d&#233;pendre la dictature du prol&#233;tariat dans chaque &#201;tat isol&#233; de la cr&#233;ation des &#201;tats-Unis d'Europe. Il est ind&#233;niable que le d&#233;veloppement capitaliste des diff&#233;rents pays est in&#233;gal. Mais cette in&#233;galit&#233; est elle-m&#234;me extr&#234;mement in&#233;gale. Les niveaux capitalistes de l'Angleterre, de l'Autriche, de l'Allemagne et de la France ne sont pas les m&#234;mes. Mais compar&#233;s &#224; l'Afrique et &#224; l'Asie, tous ces pays repr&#233;sentent une &#171; Europe &#187; capitaliste m&#251;re pour la r&#233;volution socialiste. Il est utile et n&#233;cessaire de r&#233;p&#233;ter l'id&#233;e &#233;l&#233;mentaire selon laquelle aucun pays ne doit &#171; attendre &#187; les autres dans cette lutte, &#224; moins que l'id&#233;e d'une action internationale parall&#232;le ne soit remplac&#233;e par l'id&#233;e d'une inaction internationale h&#233;sitante. Sans attendre les autres, nous commen&#231;ons et poursuivons la lutte sur notre propre sol national, avec la pleine certitude que notre initiative donnera l'impulsion &#224; la lutte dans d'autres pays ; et si tel n'&#233;tait pas le cas, il serait alors vain de penser - m&#234;me si cela est prouv&#233; par l'exp&#233;rience historique aussi bien que par des consid&#233;rations th&#233;oriques - que, par exemple, la Russie r&#233;volutionnaire pourrait tenir t&#234;te &#224; une Europe conservatrice ou qu'un L'Allemagne socialiste pourrait rester isol&#233;e dans un monde capitaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envisager la perspective d'une r&#233;volution sociale dans des cadres nationaux, c'est &#234;tre victime de la m&#234;me &#233;troitesse nationale qui est le contenu du social-patriotisme. Jusqu'&#224; la fin de sa vie, Vaillant a consid&#233;r&#233; la France comme la terre promise de la r&#233;volution sociale et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison qu'il a tenu &#224; la d&#233;fendre jusqu'au couteau. Lensch et d'autres croient, certains hypocritement, d'autres honn&#234;tement, que la d&#233;faite de l'Allemagne signifierait avant tout la destruction des bases de la r&#233;volution sociale. Et enfin, nos Tseretelli et nos Tchernov, qui ont r&#233;p&#233;t&#233; la triste exp&#233;rience du minist&#233;rialisme fran&#231;ais dans nos conditions nationales, jurent que leur politique sert les objectifs de la r&#233;volution et n'a donc rien de commun avec la politique de Guesde et de Sembat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, il ne faut pas oublier que dans le social-patriotisme, outre ce r&#233;formisme vulgaire, est &#224; l'&#339;uvre un messianisme national r&#233;volutionnaire, qui consiste &#224; consid&#233;rer son propre pays comme l'&#201;tat choisi qui peut conduire l'humanit&#233; au &#171; socialisme &#187; ou &#224; la &#171; d&#233;mocratie &#187;. &#034;, que ce soit en raison de son d&#233;veloppement industriel ou de sa forme d&#233;mocratique et de ses r&#233;alisations r&#233;volutionnaires. (Si une r&#233;volution compl&#232;tement victorieuse &#233;tait r&#233;ellement concevable &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res d'une seule nation mieux pr&#233;par&#233;e, ce messianisme li&#233; au programme de d&#233;fense de la patrie aurait une justification historique relative. Mais en r&#233;alit&#233;, il ne l'a pas.) la pr&#233;servation de la base nationale de la r&#233;volution sociale par de telles m&#233;thodes, qui sapent les connexions internationales du prol&#233;tariat, signifie la sape de la r&#233;volution sociale, qui doit commencer sur une base nationale, mais qui, compte tenu de l'interd&#233;pendance &#233;conomique et militaro-politique actuelle, des Etats europ&#233;ens (qui ne s'est jamais manifest&#233;e avec une telle puissance, surtout dans cette guerre) ne peut se limiter &#224; eux. Le mot d'ordre des &#201;tats-Unis d'Europe exprime cette interd&#233;pendance, qui cr&#233;era imm&#233;diatement et directement les conditions d'une coordination de l'action du prol&#233;tariat europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le social-patriotisme, qui en principe, sinon toujours en fait, est l'application du r&#233;formisme social dans sa forme la plus pure et son adaptation &#224; l'&#233;poque imp&#233;rialiste, propose dans la catastrophe mondiale actuelle de la politique du prol&#233;tariat de choisir la voie du &#034; moindre mal&#034;, c'est-&#224;-dire rejoindre l'un des deux camps oppos&#233;s. Nous rejetons cette m&#233;thode. Nous insistons sur le fait que la guerre pr&#233;par&#233;e par les d&#233;veloppements ant&#233;rieurs a pos&#233; de mani&#232;re tout &#224; fait claire les probl&#232;mes fondamentaux du d&#233;veloppement capitaliste actuel dans son ensemble. En outre, la ligne suivie par le prol&#233;tariat international et ses sections nationales ne doit pas &#234;tre d&#233;termin&#233;e par des traits politiques et nationaux secondaires, ni par les avantages discutables de la pr&#233;dominance militaire d'un c&#244;t&#233; sur l'autre (alors que, d'ailleurs, ces avantages discutables sont communiqu&#233;s dans promouvoir l'abandon complet de toute ind&#233;pendance politique du prol&#233;tariat), mais par l'antagonisme fondamental entre le prol&#233;tariat international et le r&#233;gime capitaliste dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la seule formulation de principe de la question et elle a dans son essence un caract&#232;re socialiste r&#233;volutionnaire. C'est lui seul qui fournit la justification th&#233;orique et historique de la tactique de l'internationalisme r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En refusant de soutenir l'&#201;tat dans la p&#233;riode de la plus grande catastrophe - non pas au nom d'un cercle de propagande, mais au nom de la classe la plus importante de la soci&#233;t&#233; - l'internationalisme ne veut pas simplement &#233;viter passivement de &#171; se salir les mains &#187;, mais affirme que Pour nous, le sort du d&#233;veloppement mondial n'est plus li&#233; au sort de l'&#201;tat-nation ; bien plus encore : que cette derni&#232;re est devenue un obstacle au d&#233;veloppement et doit &#234;tre surmont&#233;e, c'est-&#224;-dire remplac&#233;e par une organisation &#233;conomico-culturelle sup&#233;rieure sur une base plus large. Par cons&#233;quent, si le probl&#232;me du socialisme &#233;tait compatible avec le cadre de l'&#201;tat-nation, il deviendrait compatible avec la d&#233;fense nationale. Mais le probl&#232;me du socialisme se pose &#224; nous sur la base de l'imp&#233;rialisme, c'est-&#224;-dire dans des conditions dans lesquelles le capitalisme lui-m&#234;me est contraint de d&#233;truire violemment le cadre de l'&#201;tat-nation qu'il a lui-m&#234;me cr&#233;&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semi-unification imp&#233;rialiste de l'Europe pourrait peut-&#234;tre &#234;tre r&#233;alis&#233;e &#224; la suite de la victoire d&#233;cisive d'un groupe de grandes puissances ou &#224; la suite d'une issue ind&#233;cise de la guerre, comme nous avons essay&#233; de le montrer. Dans les deux cas, l'unification de l'Europe signifierait le pi&#233;tinement complet du principe d'autod&#233;termination de toutes les nations faibles et la pr&#233;servation et la centralisation de toutes les forces et armes de la r&#233;action europ&#233;enne : monarchies, arm&#233;es permanentes et diplomatie secr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unification d&#233;mocratique et r&#233;publicaine de l'Europe, une unification qui peut v&#233;ritablement garantir le libre d&#233;veloppement national, n'est que sur la voie d'une lutte r&#233;volutionnaire contre le militarisme, l'imp&#233;rialisme et le centralisme dynastique, par le biais de soul&#232;vements dans chaque pays et de l'unification ult&#233;rieure de tous les soul&#232;vements vers une r&#233;volution europ&#233;enne g&#233;n&#233;rale possible. Quelle que soit son &#233;volution dans chaque pays, la r&#233;volution europ&#233;enne victorieuse ne peut transmettre le pouvoir au prol&#233;tariat qu'en raison de l'absence d'autres classes r&#233;volutionnaires. Les &#201;tats-Unis d'Europe repr&#233;sentent donc la forme &#8211; la seule forme concevable &#8211; de la dictature du prol&#233;tariat europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Addendum 1922&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation, r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; plusieurs reprises dans Le Programme de paix, selon laquelle la r&#233;volution prol&#233;tarienne ne peut pas &#234;tre men&#233;e &#224; bien &#224; l'&#233;chelle nationale, peut sembler &#224; certains lecteurs comme r&#233;fut&#233;e par les cinq ann&#233;es d'exp&#233;rience de notre R&#233;publique sovi&#233;tique. Mais une telle conclusion serait infond&#233;e. Le fait que l'&#201;tat ouvrier ait tenu t&#234;te au monde entier dans un seul pays, de surcro&#238;t arri&#233;r&#233;, t&#233;moigne de la puissance colossale du prol&#233;tariat, une puissance qui r&#233;alisera de v&#233;ritables miracles dans d'autres pays plus avanc&#233;s et plus civilis&#233;s. . Mais nous nous sommes d&#233;fendus en tant qu'&#201;tat au sens politique et militaire du terme, mais nous n'avons pas atteint la soci&#233;t&#233; socialiste ni m&#234;me nous en sommes approch&#233;s. La lutte pour l'autod&#233;fense r&#233;volutionnaire/&#233;tatique a conduit &#224; un d&#233;clin extr&#234;me des forces productives au cours de cette p&#233;riode, alors que le socialisme ne peut &#234;tre imagin&#233; que sur la base de leur croissance et de leur &#233;panouissement. Les n&#233;gociations commerciales avec les Etats bourgeois, les concessions, la Conf&#233;rence de Gen&#232;ve, etc. ne montrent que trop clairement l'impossibilit&#233; d'une construction socialiste isol&#233;e dans le cadre national. Tant que la bourgeoisie reste au pouvoir dans les autres Etats europ&#233;ens, nous devons rechercher des accords avec le monde capitaliste dans la lutte contre l'isolement &#233;conomique ; en m&#234;me temps, on peut affirmer avec certitude que, au mieux, ces accords nous aideront &#224; panser telle ou telle blessure &#233;conomique, &#224; faire tel ou tel pas en avant, mais l'essor r&#233;el de l'&#233;conomie socialiste en Russie ne viendra qu'apr&#232;s la la victoire du prol&#233;tariat devient possible dans les pays les plus importants d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que l'Europe n'est pas seulement un concept g&#233;ographique, mais aussi un concept &#233;conomico-politique, est clairement d&#233;montr&#233; par les &#233;v&#233;nements de ces derni&#232;res ann&#233;es : le d&#233;clin de l'Europe, la croissance de la puissance des &#201;tats-Unis, la tentative de Lloyd George de sauver l'Europe. par des m&#233;thodes combin&#233;es imp&#233;rialistes et pacifistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le mouvement ouvrier europ&#233;en se trouve dans une p&#233;riode d'actions d&#233;fensives, de rassemblement de forces et de pr&#233;paration. Une nouvelle p&#233;riode de luttes pour le pouvoir ouvertement r&#233;volutionnaires mettra in&#233;vitablement au premier plan la question des relations &#233;tatiques entre les peuples de l'Europe r&#233;volutionnaire. Dans la mesure o&#249; l'exp&#233;rience de la Russie a montr&#233; que l'Etat sovi&#233;tique &#233;tait la forme la plus naturelle de dictature du prol&#233;tariat, et dans la mesure o&#249; l'avant-garde prol&#233;tarienne d'autres pays a adopt&#233; en principe cette forme d'Etat, on peut supposer qu'avec le retour du direct Dans la lutte pour le pouvoir, le prol&#233;tariat europ&#233;en &#233;laborera le programme de la r&#233;publique f&#233;d&#233;rative sovi&#233;tique europ&#233;enne. L'exp&#233;rience de la Russie &#224; cet &#233;gard est tr&#232;s instructive. Cela t&#233;moigne de la compatibilit&#233; totale entre l'autonomie nationale et culturelle la plus large et le centralisme &#233;conomique sous le r&#233;gime prol&#233;tarien. En ce sens, le slogan des &#201;tats-Unis d'Europe, traduit dans la langue de l'&#201;tat sovi&#233;tique, non seulement conserve son sens, mais promet &#233;galement de r&#233;v&#233;ler sa signification colossale dans la prochaine &#233;poque de r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes de bas de page&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La brochure de L&#233;on Trotsky Le Programme de paix &#233;tait bas&#233;e sur une s&#233;rie d'articles &#233;crits en 1915-16 dans la revue internationaliste Nashe Slovo , que Trotsky publiait &#224; Paris. Trotsky r&#233;visa ces articles en mai 1917 et les publia sous forme de brochure programmatique dans la presse bolchevique de Russie en juin 1917. &#192; cette &#233;poque, Trotsky, comme L&#233;nine, utilisait encore le terme de &#171; social-d&#233;mocratie &#187; pour d&#233;crire le mouvement marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &#201;tat avant la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1*. Dans cette version, la terminaison non sexiste &#171; Inner &#187; a &#233;t&#233; utilis&#233;e d'une mani&#232;re quelque peu incoh&#233;rente qui ne correspond pas aux pratiques de l'&#233;poque. Nous l'avons donc chang&#233; pour la forme masculine qui &#233;tait courante &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Karl Marx Quotes on the Question of Work</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
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&lt;p&gt;Karl Marx Quotes on the Question of Work &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;The realm of freedom begins only where one ceases to work out of necessity and externally imposed opportunity ; it is therefore by nature beyond the sphere of material production itself.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx, in &#034;Capital&#034;, Book III) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Work itself is harmful and disastrous not only under present conditions, but in general, insofar as its aim is the mere increase of wealth&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Labor does not only produce commodities ; it produces itself and the worker as a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Karl Marx Quotes on the Question of Work&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#034;The realm of freedom begins only where one ceases to work out of necessity and externally imposed opportunity ; it is therefore by nature beyond the sphere of material production itself.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Capital&#034;, Book III)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Work itself is harmful and disastrous not only under present conditions, but in general, insofar as its aim is the mere increase of wealth&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Labor does not only produce commodities ; it produces itself and the worker as a commodity, and this to the extent that it produces commodities in general.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Manuscripts of 1844&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Labor is not the source of all wealth. Nature is just as much the source of use values &#8203;&#8203;(which are, after all, real wealth !) as labor, which is itself only the expression of a natural force, the labor power of man. This hackneyed phrase is found in all primers, and it is true only on condition that it is implied that labor is prior, with all the objects and processes that accompany it. But a socialist program cannot allow this bourgeois phraseology to pass over in silence the conditions that alone can give it meaning. And it is only to the extent that man, from the outset, acts as an owner with regard to nature, this primary source of all the means and materials of labor, it is only if he treats it as an object belonging to him that his labor becomes the source of use values, hence of wealth. The bourgeois have excellent reasons for attributing to labor this supernatural power of creation : for, from the fact that labor is dependent on nature, it follows that the man who possesses nothing other than his labor power will necessarily, in any state of society and civilization, be the slave of other men who have set themselves up as possessors of the objective conditions of labor. He can work, and consequently live, only with the permission of the latter...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Marginal Glosses on the Program of the German Workers' Party&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The bourgeois have excellent reasons for attributing to labor this supernatural power of creation : for, from the fact that labor is dependent on nature, it follows that the man who possesses nothing other than his labor power will necessarily, in any state of society and civilization, be the slave of other men who have set themselves up as possessors of the objective conditions of labor. He can work, and consequently live, only with the permission of the latter.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Marginal Glosses on the Program of the German Workers' Party&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;One of the prerequisites for the emergence of wage labor, and one of the historical conditions of capital, is free labor and the exchange of free labor for money, in order to produce money and convert it into values, in order to be consumed by money, not as use value for pleasure, but as exchange value for money. Another prerequisite is the separation of free labor from the objective conditions of its realization&#8212;from the means and means of labor. This means, above all, that workers must be separated from the land, which serves as a natural laboratory. This means the dissolution of small, free landownership and common landownership, based on the oriental type of commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In both cases, the relationship between the worker and the objective conditions of his work is determined by a question of property : it is the natural unity of labor and the material conditions required for that work. In fact, the worker has an objective existence, independent of his labor. The individual is linked to himself as owner, as master of the conditions of his reality. The same relationship exists between an individual and the rest. Where this prerequisite comes from the community, the others are its co-owners, who are so many embodiments of common property. When it comes from the individual families that jointly constitute the community, they are independent owners coexisting with it, independent private owners. The common property that previously absorbed everything and encompassed them all now subsists as a special &#034;ager publicus,&#034; separate from the many private owners. (ager publicus means common possession of land)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In both cases, individuals behave not as workers, but as owners&#8212;and as members of a community who also work. The object of this work is not the creation of value, although they may perform surplus labor to exchange for alien labor&#8212;that is, for surplus products. Its purpose is to maintain the owner and his family, as well as the common body as a whole. The establishment of the individual as a worker, stripped of all qualities except this one, is itself a product of history&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Once men have finally settled down, and to a lesser extent, the way in which this original community is modified, will depend on various external conditions, climatic, geographical, physical, etc., as well as on their particular natural constitution &#8211; on their tribal character. The spontaneously evolved tribal community, or, if you will, the herd &#8211; the common bonds of blood, language, custom, etc. &#8211; is the first condition for the appropriation of the purpose of life and of the activity that reproduces and gives its material expression or purpose [vergegenst&#228;ndlichenden] (activity of shepherd, hunter, farmer, etc.). The Earth is the great laboratory, the arsenal that provides both the means and the material for work, as well as the location, the basis of the community. Men's relations with it are naive ; they consider themselves its common owners and those of the community that produces and reproduces itself through living labor. Only to the extent that the individual is a member&#8212;literally and figuratively&#8212;of such a community does he consider himself an owner or possessor. In reality, appropriation by means of the labor process takes place under those preconditions, which are not the product of labor, but appear as its natural or divine preconditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Pre-capitalist Economic Formations&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Capital is a contradiction in action : it tends to reduce labor time to a minimum, while making it the sole source and measure of wealth. It therefore diminishes it in its necessary form in order to increase it in its useless form, making superfluous labor time the condition&#8212;a matter of life and death&#8212;of necessary labor time. On the one hand, capital sets in motion all the forces of science and nature, it stimulates social cooperation and commerce in order to (relatively) free the creation of wealth from labor time ; on the other hand, it intends to measure in labor time the immense social forces thus created, so that it contains, immobilizes, and limits their achievements. Productive forces and social relations&#8212;the double principle of the development of the individual&#8212;are and mean for capital only simple means for maintaining itself on its own narrow basis. In reality, these are the material conditions that will shatter the foundations of capital.&#8221; (&#8230;) What is new in capital is that it increases the surplus labor time of the masses by all means of art and science, since its immediate aim is not use value but value in itself, which it cannot realize without the direct appropriation of surplus labor time, which constitutes its wealth. Thus, by reducing labor time to a minimum, capital contributes in spite of itself to creating social time available for the service of all, for the development of each. But, while creating available time, it tends to transform it into surplus labor. The more it succeeds in this task, the more it suffers from overproduction ; and as soon as it is unable to exploit surplus labor, capital stops necessary work. The more this contradiction becomes acute, the more it is realized that the increase in productive forces must depend on the appropriation of surplus labor not by others but by the working masses themselves. (&#8230;) True wealth being the full productive power of all individuals, the standard of measurement will not be working time, but available time. To adopt working time as the standard of wealth is to base the latter on poverty, it is to want leisure to exist only in and through opposition to surplus labor time ; it is to reduce all time to working time alone and to degrade the individual to the exclusive role of worker, of instrument of labor. This is why the most perfected machinery forces the worker to devote more time to work than the savage of the bush or the craftsman with his simple and crude tools ever did. (&#8230;) Work cannot become a game, as Fourier wants, who had the great merit of having proclaimed as the ultimate goal the overcoming, in a higher form, not of the mode of distribution but of production. (&#8230;) Just as the system of bourgeois economy develops little by little, so,The ultimate outcome of this system gradually develops its own negation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx in &#034;Principles of the Critique of Political Economy&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The worker's nationality is not French, English, or German ; it is labor, free slavery, the traffic in oneself. His government is not French, English, or German ; it is capital. The air he breathes at home is not French, English, or German ; it is the air of factories. The soil that belongs to him is not French, English, or German ; it is a few feet underground.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Critical Notes on Friedrich List&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;When the Paris Commune took the direction of the revolution into its own hands ; when ordinary workers, for the first time, dared to touch the governmental privilege of their &#8220;natural superiors,&#8221; the propertied classes, and, under circumstances of unparalleled difficulty, accomplished their work modestly, conscientiously, and efficiently (and accomplished it for wages the highest of which barely reached one-fifth of what, according to a high scientific authority, Professor Huxley, is the minimum required for a secretary to the London Board of Education), the old world writhed in convulsions of rage at the sight of the red flag, symbol of the Republic of Labor, waving over the H&#244;tel de Ville.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;The Civil War in France&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The workers... must inscribe on their flag the revolutionary slogan : 'Abolition of wage labor,' which is their ultimate objective.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Wages, Prices and Profit&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;We then observe that the economic categories already existing in pre-capitalist periods of production acquire, on the basis of the capitalist mode of production, a new and specific historical character.&lt;br class='autobr' /&gt;
Money - a simple metamorphosed figure of the commodity - only becomes capital from the moment when the worker's capacity to work is transformed into a commodity. This implies that commerce has conquered a sphere where it appeared only sporadically, or was even excluded. In other words, the working population must no longer be part of the objective conditions of work, or present itself on the market as a producer of commodities : instead of selling the product of its labor, it must sell its labor, or better its capacity to work. Only then does production, in all its magnitude, in depth as well as extension, become commodity production. In conclusion, the commodity only becomes the general elementary form of wealth on the basis of capitalist production.&lt;br class='autobr' /&gt;
For example, as long as capital does not yet dominate agriculture, a large part of food products continue to be produced as simple means of subsistence, and not as commodities. Similarly, a large fraction of the working population remains unsalaried, and most working conditions are not yet capital. *&lt;br class='autobr' /&gt;
All this implies that the developed division of labor&#8212;as it appears by chance within society&#8212;and the capitalist division of labor within the workshop generate and condition each other. Indeed, the commodity&#8212;the determinate form of the product&#8212;and therefore the alienation of the product as a necessary form of appropriation presuppose a fully developed social division of labor. Now, it is only on the basis of capitalist production&#8212;and therefore also of the capitalist division of labor within the workshop&#8212;that every product necessarily assumes the mercantile form, and that all producers are necessarily commodity producers. It is therefore only on the basis of capitalist production that use value is generally mediated by exchange value.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Capital,&#034; The Production Process of Capital, Chapter Six&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;In this social war, capital, the direct or indirect ownership of subsistence and the means of production, is the weapon with which one fights ; so it is clear as day that the poor bear all the disadvantages of such a state. No one cares about him ; thrown into this chaotic whirlwind, he must struggle as best he can. If he is lucky enough to find work, that is to say, if the bourgeoisie grants him the grace of enriching itself at its expense, a salary awaits him, which is barely enough to keep him on this earth ; if he does not find work, he can steal, if he does not fear the police, or die of hunger, and there too the police will see to it that he dies of hunger in a quiet manner, in no way offensive to the bourgeoisie.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The Condition of the Working Class in England&#034; by Engels, Marx's companion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Work is primarily an act that takes place between man and nature. Man himself plays the role of a natural power in relation to nature. The forces with which his body is endowed, arms and legs, head and hands, he sets in motion, in order to assimilate materials by giving them a form useful to his life. At the same time that he acts by this movement on external nature and modifies it, he modifies his own nature, and develops the faculties that lie dormant within it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the same time that mechanical work overexcites the nervous system to the utmost, it prevents the varied play of the muscles and compresses all free activity of body and mind. The very ease of work becomes torture in the sense that the machine does not free the worker from work, but strips work of its interest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A certain stunting of body and mind is inseparable from the division of labor in society. But since the manufacturing period pushes this social division much further, at the same time that by its own division it attacks the individual at the very root of his life, it is this which first provides the idea and the material for an industrial pathology.&lt;br class='autobr' /&gt;
The economy of collective means of labor, activated and matured as in a hothouse by the factory system, becomes in the hands of capital a system of robberies committed on the vital conditions of the worker during his work, on space, air, light and measures of personal protection against the dangerous and unhealthy circumstances of the production process, not to mention the arrangements which the comfort and convenience of the worker would require.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It [manufacturing] cripples the worker, it makes him into something monstrous by activating the artificial development of his dexterity in detail, by sacrificing a whole world of productive dispositions and instincts, just as, in the States of La Plata, a bull is sacrificed for its skin and tallow. It is not only labor that is divided, subdivided, and distributed among various individuals, it is the individual himself who is fragmented and metamorphosed into the automatic spring of an exclusive operation, so that we find realized the absurd fable of Menenius Agrippa representing a man as a fragment of his own body.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In history, as in nature, decay is the laboratory of life.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Capital&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Unlike Adam Smith, David Ricardo has clearly delineated the principle of the determination of the value of commodities by labor time and shows that this law also governs those bourgeois relations of production which seem most in contradiction with it. Ricardo's research is confined exclusively to the magnitude of value and, with regard to the latter, he at least suspects that the realization of the law presupposes definite historical conditions. Thus, he says that the determination of the magnitude of value by labor time is valid only for commodities &#034;which can be multiplied at will by industry and whose production is subject to unlimited competition.&#034; This only means, in fact, that the law of value presupposes, for its complete development, the society of large-scale industrial production and free competition, that is, modern bourgeois society. Moreover, Ricardo regards the bourgeois form of labor as the eternal natural form of social labor. To the primitive fisherman and hunter, whom he considers as owners of goods, he immediately makes them exchange fish and game proportionally to the labor time materialized in these exchange values. He commits on this occasion the anachronism which would consist in making the primitive fisherman and hunter refer, for the evaluation of their instruments of work, to the annuity tables current on the London Stock Exchange in 1817. The &#034;Parallelograms of Mr. Owen&#034; seem to be the only form of society he has known outside the bourgeois form. Although a prisoner of this bourgeois horizon, Ricardo dissects the bourgeois economy, which has in its depths a totally different aspect from what it appears to be on the surface, with such theoretical rigor, that Lord Brougham was able to say of him &#034;Mr. Ricardo seemed to have fallen from another planet.&#034; &#187; In a direct polemic with Ricardo, Sismondi, while insisting on the specifically social character of labor creating exchange value, indicated as &#034;the characteristic of our economic progress&#034; the reduction of the magnitude of value to necessary labor time, to &#034;the ratio between the need of the whole of society and the quantity of labor sufficient to satisfy this need.&#034; (...) Since&lt;br class='autobr' /&gt;
it was Ricardo who, giving classical political economy its completed form, formulated and developed in the clearest way the law of the determination of value by labor time, it is naturally on him that the polemic raised by the economists is concentrated. If we strip this polemic of the inept form it most often assumes, it can be summed up in the following points :&lt;br class='autobr' /&gt;
First &#8211; Labor itself has an exchange value, and different labors have different exchange values. It is a vicious circle to make an exchange value the measure of exchange value, since exchange value, which serves as a measure, itself in turn needs a measure. This objection is based on the following problem : given labor time as an immanent measure of exchange value, develop the worker's wage on this basis. The answer is given by the theory of wage labor.&lt;br class='autobr' /&gt;
Second. &#8211; If the exchange value of a product is equal to the labor time it contains, the exchange value of a day's labor is equal to the product of a day's labor. Or again, the wage must be equal to the product of labor. But the opposite is true. So this objection merges into the following problem : how does production, on the basis of exchange value, determined by labor time alone, lead to the result that the exchange value of labor is less than the exchange value of its product ? We will solve this problem by studying capital.&lt;br class='autobr' /&gt;
Third. &#8211; The market price of commodities falls below or exceeds their exchange value according to the changes in supply and demand. Consequently, the exchange value of commodities is determined by the ratio of supply and demand and not by the labor time they contain. Practically, this strange conclusion simply raises the following question : how is a market price formed on the basis of exchange value that is different from this value, or more precisely, how is the law of exchange value realized only in its own opposite ? This problem is solved in the theory of competition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fourth. &#8211; The last contradiction and the most peremptory in appearance, when it is not, as usual, presented in the form of baroque examples, is the following : if the exchange value is nothing other than the labor time contained in a commodity, how can commodities which do not contain labor possess an exchange value, or, in other words, where does the exchange value of simple forces of nature come from ? This problem is resolved in the theory of ground rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Critique of Political Economy&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Labor that creates exchange value is finally characterized by the fact that the social relations between people appear, so to speak, as reversed, as a social relation between things. Only if one use-value is compared with another in its quality of exchange-value, is the labor of the various people compared in its aspect of equal and general labor. If, therefore, it is right to say that exchange-value is a relation between people, it must be added : a relation that is hidden beneath the envelope of things. Just as, despite the difference in their physical and chemical properties, a pound of iron and a pound of gold represent the same mass, so the use-values &#8203;&#8203;of two commodities, containing the same labor-time, represent the same exchange-value. Exchange value thus appears as a socially determined natural form of use-values, a determined form assigned to them as objects and by means of which, in the process of exchange, they replace one another in definite quantitative relations and form equivalents, just as simple chemical substances combine in certain quantitative relations and form chemical equivalents. Only the habit of everyday life makes it considered commonplace and self-evident that a social relation of production takes the form of an object, giving the relation between people in their work the appearance of a relation established between things and between these things and people. This mystification is still quite simple in the commodity. Everyone suspects, more or less vaguely, that the relation between commodities as exchange-values &#8203;&#8203;is rather a relation between people and their reciprocal productive activity. This appearance of simplicity disappears in higher-level relations of production. All the illusions of the monetary system arise from the failure to see that money, in the form of a natural object with definite properties, represents a social relation of production. Among modern economists, who smile sardonically at the illusions of the monetary system, the same illusion betrays itself as soon as they deal with higher economic categories, for example, capital. It is revealed in the admission of their naive astonishment when the object they clumsily imagined they were holding in their hands at that very moment suddenly appears to them as a social relation, and conversely, what they have just catalogued in the category of social relations taunts them in the form of an object.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Since exchange value is, in fact, nothing other than the ratio of the labors of individuals, considered as equal and general labor, nothing other than the objective expression of a specifically social form of labor, it is a tautology to say that labor is the sole source of exchange value and, consequently, of wealth, insofar as the latter consists of exchange values. It is the same tautology to say that matter in itself in its natural state does not contain exchange value, since it does not contain labor, and that exchange value in itself does not contain matter in its natural state. But when William Petty calls it &#034;labor the father, and the earth the mother of wealth&#034; ; when Bishop Berkeley asks &#034;whether the four elements and the human labor mingled with them are not the true source of wealth&#034; ; or again, when the American Th. Cooper explains in a popular form :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Take away from a loaf of bread the labor it has cost, the labor of the baker, the miller, the farmer, etc., what remains ? A few seeds of wild grass unfit for any human use ; in all these ways of seeing things, it is not a question of abstract labor, the source of exchange value, but of concrete labor, insofar as it is a source of material wealth, in short, of labor producing use values. In positing the use value of the commodity, one presupposes the particular utility, the determinate and systematic character of the labor it has absorbed ; but, from the point of view of the commodity, these considerations exhaust all reference to this labor as useful labor. What interests us in bread as use value are its alimentary properties, and not at all the labors of the farmer, the miller, the baker, etc. If some invention were to eliminate nineteen-twentieths of this labor, the loaf of bread would render the same services as before. If it were to fall from the sky fully baked, it would not lose an atom of its use-value. While labor creating exchange value is realized in the equality of commodities as general equivalents, labor as systematic productive activity is realized in the infinite diversity of the use-values &#8203;&#8203;it creates. While labor creating exchange value is an abstract and equal general labor, labor creating use-value is a concrete and particular labor which, according to form and matter, is divided into an infinite variety of kinds of labor.&lt;br class='autobr' /&gt;
It is incorrect to say that labor, which creates use values, is the sole source of the wealth it produces, that is, of material wealth. It is the activity that adapts matter to a particular end ; it therefore necessarily presupposes matter. The relationship between labor and natural matter varies greatly according to different use values, but use value always contains a natural substratum. As a systematic activity aimed at appropriating the products of nature in one form or another, labor is the natural condition of human existence, the condition&#8212;independent of any social form&#8212;of the exchange of substances between man and nature. Labor, which creates exchange value, on the other hand, is a specifically social form of labor. In its material determination as a particular productive activity, the work of a tailor, for example, produces the garment, but not the exchange value of the garment. It is not in its capacity as tailor's work, but as abstract general labor, that it produces this value, and the latter is part of a social whole to the construction of which the tailor's needle has contributed nothing. Thus, in ancient domestic industry, women produced clothing, without producing the clothing's exchange value. Labor, the source of material wealth, was no less known to the lawgiver Moses than to the customs official Adam Smith.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let us now consider some more precise determinations which result from the reduction of exchange value to labor time.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As a use-value, the commodity exercises a causal action. Wheat, for example, acts as food. A machine replaces labor in definite proportions. This action of the commodity, the action which alone makes it a use-value, an object of consumption, can be called its service, the service it renders as a use-value. But, as an exchange-value, the commodity is never considered anything other than a result. It is not a question of the service it renders, but of the service which has been rendered to itself in producing it. Thus the exchange-value of a machine, for example, is determined not by the quantity of labor-time which it replaces, but by the quantity of labor-time which has been employed in constructing it and which is consequently required to produce a new machine of the same kind.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If, therefore, the quantity of labor required for the production of commodities remained constant, their exchange value would be invariable. But the ease and difficulty of production vary continually. When the productive power of labor increases, the same use-value is produced in a shorter time. If the productive power of labor decreases, the production of the same use-value will require more time. The magnitude of the labor time contained in a commodity, that is, its exchange value, is therefore a variable value : it increases or decreases in inverse proportion to the increase or decrease in the productive power of labor. The productive power of labor, which manufacturing industry uses in a predetermined proportion, is also conditioned in agriculture and mining by uncontrollable natural circumstances. The same labor will allow a greater or lesser extraction of different metals according to the relative rarity or abundance of these metals in the earth's crust. The same labor may, if the season is favorable, materialize in the form of two bushels of wheat, and perhaps only one bushel, if it is unfavorable. In the form of natural circumstances, scarcity or abundance seem here to determine the exchange value of commodities, because they determine the productive force, linked to natural circumstances, of a particular concrete labor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Different use-values &#8203;&#8203;contain, under unequal volumes, the same labor-time or the same exchange-value. The smaller, in relation to other use-values, the volume of use-value under which a commodity contains a definite quantum of labor-time, the greater is its specific exchange-value. If it is observed that at different periods of civilization, very distant from one another, certain use-values &#8203;&#8203;form among themselves a series of specific exchange-values, between which subsists, if not exactly the same numerical relation, at least the same general relation of hierarchy, as, for example, gold, silver, copper, iron, or wheat, rye, barley, oats, this only proves that the progress in the development of the social productive forces influences in a uniform or approximately uniform manner the labor-time required for the production of these different commodities.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The exchange value of a commodity does not appear in its own use value. However, since the use value of a commodity is the materialization of general social labor time, there are certain relationships between the use value of this commodity and the use values &#8203;&#8203;of other commodities. The exchange value of one is thus manifested in the use values &#8203;&#8203;of others. Equivalence is, in fact, the exchange value of one commodity expressed in the use value of another. When we say, for example, that one yard of linen is worth two pounds of coffee, the exchange value of the linen is expressed in the use value of the coffee, in a definite quantity of this use value. Once the proportion is given, we can express the value of any quantity of linen in coffee. It is obvious that the exchange value of a commodity, such as linen, does not find its exhaustive expression in the proportion in which another particular commodity, such as coffee, constitutes its equivalent. The quantity of general labor time represented by an ell of linen is simultaneously realized in the infinite variety of volumes of the use values &#8203;&#8203;of all other commodities. In the proportion in which the use value of any other commodity represents labor time of the same magnitude, it constitutes an equivalent of an ell of linen. The exchange value of this commodity taken in isolation therefore finds its exhaustive expression only in the infinity of equations in which its equivalent term is the use values &#8203;&#8203;of all other commodities. It is only in the sum of these equations, or in the totality of the different ratios indicating in what proportion such and such a commodity can be exchanged for any other, that it finds its exhaustive expression as a general equivalent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Contribution to the Critique of Political Economy&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;It is of no consequence to the capitalist whether he advances constant capital in order to extract a profit from variable capital or advances variable capital in order to valorize constant capital, whether he invests money in the form of wages in order to increase the value of machinery and raw materials, or invests it in the form of machinery and raw materials in order to exploit labor power. Although the variable part of capital alone creates surplus value, it does so only on condition that the other parts of capital, the instruments of production, are also advanced. Since the capitalist can exploit labor only if he advances constant capital and can valorize constant capital only if he advances variable capital, these different elements are identified in his conception, and this all the more easily since the real rate of his gain is determined by the ratio of the latter, not to variable capital, but to total capital, by the rate of profit and not by the rate of surplus value. (We shall see later that the same rate of profit can correspond to different rates of surplus value). (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
The only thing that interests the capitalist is the ratio of surplus value (the excess value that the sale of his commodities brings him) to the total capital that he has advanced ; as for the ratio between this surplus and the various elements of his capital, he is hardly concerned with it and he even has every interest in forming a false idea of &#8203;&#8203;it. Although the excess of the value of the commodity over the cost price arises in the process of production, it is realized only in the process of circulation, and since its realization and its magnitude are determined by competition and market conditions, it is also in the process of circulation that it seems to originate. However, whether a commodity is sold above or below its value, the result is only a change in the distribution of surplus value, which affects neither the magnitude nor the nature of the latter. Furthermore, real circulation is not only accompanied by the transformations we studied in Volume II, but these go hand in hand with competition as well as with the buying and selling of commodities above and below their value, which means that the surplus value realized by each capitalist depends as much on fraud as on the exploitation of labor. (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
During the process of production, the nature of surplus value does not escape for a moment the capitalist, greedy for the labor of others, as we have seen in the study of surplus value. But the process of production is transient and continually merges with the process of circulation : so that if the capitalist can assimilate with more or less clarity the conception of a gain arising from production and if, consequently, he realizes the nature of surplus value, this notion manages at most to acquire the same importance as the idea that surplus value results from circulation independently of production, from the movement of capital outside its relations to labor. Even modern economists, like Ramsay, Malthus, Senior, Torrens, invoke the phenomena of circulation as proof that capital alone, in its objective existence and freed from its social relations to labor (relations without which it would not be capital), is a source of surplus value.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Capital&#034;, Book III, Paragraph 1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The best thing about my book (&#034;Capital&#034;) is : 1. that it highlights, from the very first chapter, the dual character of labor, depending on whether it is expressed in use value or in exchange value, and this is what the whole intelligence of the text is based on ; 2. that it analyzes surplus value, independently of its particular forms (profit, interest, ground rent, etc.). It is in the second volume especially that all this will become apparent. In classical economics, these particular forms are constantly mixed and confused with the general form, so that the result is an inextricable jumble.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in his letter to Engels of 24.8.1867&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Political economy hides the alienation in the essence of labor by not considering the direct relationship between the worker (labor) and production. Certainly, labor produces wonders for the rich, but it produces destitution for the worker. It produces palaces, but dens for the worker. It produces beauty, but wasting for the worker. It replaces labor with machines, but it throws some workers into barbaric labor and turns the rest into machines. It produces wit, but it produces imbecility, cretinism for the worker. [...] Until now, we have considered the alienation, the dispossession of the worker only from one aspect, that of his relationship to the products of his labor. But alienation does not appear only in the result, but in the act of production, within the activity of production itself. [...] Now, in what does the alienation of labor consist ? First, in the fact that work is external to the worker, that is, it does not belong to his essence, that therefore, in his work, the latter does not affirm himself but denies himself, does not feel comfortable but unhappy, does not display free physical and intellectual activity, but mortifies his body and ruins his mind. This is why the worker has the feeling of being with himself only outside of work and, in work, he feels outside of himself. He is at home when he is not working and, when he is working, he does not feel at home. His work is therefore not voluntary, but forced, it is forced labor. It is therefore not the satisfaction of a need, but only a means of satisfying needs outside of work. The alien character of work clearly appears in the fact that, as soon as there is no physical or other constraint, work is avoided like the plague. External work, work in which man alienates himself, is a work of self-sacrifice, of mortification. Finally, the external character of work for the worker appears in the fact that it is not his own property, but that of another, that it does not belong to him, that in work the worker does not belong to himself, but belongs to another. [...] We thus arrive at the result that man (the worker) no longer feels freely active except in his animal functions, eating, drinking and procreation, at most in dwelling, adornment, etc., and that, in his functions as a man, he no longer feels himself anything but an animal. The bestial becomes the human and the human becomes the bestial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Manuscripts of 1844&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;For the owner of money to find labor power as a commodity on the market, however, various conditions must first be met. The exchange of commodities, by itself, does not entail any other relations of dependence than those which arise from its nature. In these circumstances, labor power can only appear on the market as a commodity if it is offered or sold by its own owner. The latter must therefore be able to dispose of it, that is, be the free owner of his labor power, of his own person. The owner of money and he meet on the market and enter into relations with each other as exchangers in the same capacity. They differ only in this : one buys and the other sells, and by this very fact, both are legally equal persons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For this relationship to persist, the owner of the labor power must never sell it for more than a fixed time, because if he sells it in bulk, once and for all, he sells himself, and from being free he becomes a slave, from being a merchant, a commodity. If he wants to maintain his personality, he must only place his labor power temporarily at the disposal of the buyer, so that by alienating it he does not thereby renounce his ownership of it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The second essential condition for the man with money to be able to buy labor power is that the owner of the latter, instead of being able to sell commodities in which his labor has been realized, is forced to offer and put up for sale, as a commodity, his labor power itself, which resides only in his organism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anyone who wants to sell commodities distinct from his own labor power must naturally possess means of production such as raw materials, tools, etc. It is impossible for him, for example, to make boots without leather, and moreover he needs means of subsistence. No one, not even the musician of the future, can live on the products of posterity, nor subsist on use values &#8203;&#8203;whose production is not yet complete ; today, as on the first day of his appearance on the world stage, man is obliged to consume before producing and while he is producing. If products are commodities, they must be sold in order to satisfy the producer's needs. To the time necessary for production is added the time necessary for sale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The transformation of money into capital therefore requires that the owner of money find the free worker on the market, and free from a double point of view. First, the worker must be a free person, disposing at will of his labor power as his own commodity ; second, he must have no other commodity to sell ; be, so to speak, free from everything, completely deprived of the things necessary for the realization of his labor power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Why does this free worker find himself in the sphere of circulation ? This is a question that is of little interest to the owner of money, for whom the labor market is only a particular branch of the commodity market ; and for the moment it is of no interest to us either. Theoretically, we stick to the fact, as he does practically. In any case, one thing is quite clear : nature does not produce owners of money or commodities on the one hand and owners of their own labor power purely and simply on the other. Such a relation has no natural basis, nor is it a social relation common to all periods of history. It is obviously the result of a preliminary historical development, the product of a large number of economic revolutions, arising from the destruction of a whole series of old forms of social production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Likewise, the economic categories we have considered previously bear a historical stamp. Certain historical conditions must be fulfilled before the product of labor can be transformed into a commodity. For example, as long as it is intended only to immediately satisfy the needs of its producer, it does not become a commodity. If we had pursued our research further, if we had asked ourselves under what circumstances all products, or at least most of them, take the form of commodities, we would have found that this only happens on the basis of a very special mode of production, capitalist production. But such an investigation would have been entirely outside the scope of a simple analysis of commodities. Commodity production and circulation can take place even when the greater part of the products consumed by their producers themselves do not enter into circulation as commodities. In this case, social production is far from being governed in its entire extent and depth by exchange value. The product, in order to become a commodity, requires in society a division of labor so developed that the separation between use value and exchange value, which is only just beginning to appear in barter trade, is already accomplished. However, such a degree of development is, as history proves, compatible with the most diverse economic forms of society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, &#034;Capital,&#034; Book One, Buying and Selling Labor Power&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Capitalist appropriation, in accordance with the capitalist mode of production, constitutes the first negation of this private property which is only the corollary of independent and individual labor. But capitalist production itself engenders its own negation with the fatality which presides over the metamorphoses of nature. It is the negation of the negation. It reestablishes not the private property of the worker, but his individual property, based on the acquisitions of the capitalist era, on cooperation and the common possession of all the means of production, including the land.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, &#034;Capital,&#034; Book One&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;As the number of potentates of capital who usurp and monopolize all the advantages of this period of social evolution diminishes, so does misery, oppression, slavery, degradation, exploitation, but also the resistance of the ever-growing and increasingly disciplined working class, united and organized by the very mechanism of capitalist production. The monopoly of capital becomes a fetter for the mode of production that has grown and prospered with it and under its auspices. The socialization of labor and the centralization of its material springs reach a point where they can no longer fit within their capitalist envelope. This envelope shatters. The hour of capitalist property has come. The expropriators are in turn expropriated.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, &#034;Capital,&#034; Book One&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;If working time is the measure of wealth, it is because wealth is founded on poverty, and free time results from the contradictory basis of surplus labor ; in other words, this supposes that all the worker's time is posited as working time and that he himself is reduced to the rank of simple worker and subordinated to work. This is why the most developed machinery today forces the worker to work longer than the savage or himself did when he had more rudimentary and primitive tools.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Grundisse&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The following is Karl Marx's critique of the German Socialist Party program :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The emancipation of labor requires that the instruments of labor be elevated to the status of common heritage of society and that collective labor be regulated by the community with equitable sharing of the product.&#034; (excerpt from the program of the Social Democratic Party)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx's comment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The instruments of work raised to the status of common heritage&#034; must undoubtedly mean : &#034;transformed into common heritage.&#034; But this is only in passing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is the &#034;product of labor&#034; ? The object created by labor or its value ? And, in the latter case, the total value of the product or only the fraction of value that labor has added to the value of the means of production consumed ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The &#034;product of labor&#034; is a vague notion which, for Lassalle, took the place of positive economic concepts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is &#8220;fair sharing&#8221; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Do not the bourgeoisie maintain that the present division is &#034;fair&#034; ? And, in fact, on the basis of the present mode of production, is it not the only &#034;fair&#034; division ? Are economic relations regulated by legal ideas or are not, conversely, legal relations born of economic relations ? Do not the socialists of the sects also have the most diverse conceptions of this &#034;fair&#034; division ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To understand what is meant by the empty expression &#034;fair sharing,&#034; we must compare the first paragraph with this one. The latter assumes a society in which &#034;the instruments of labor are common property and collective labor is regulated by the community,&#034; while the first paragraph shows us that &#034;the product belongs entirely, by equal right, to all members of society.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;To all members of society&#034; ? Even to those who do not work ? What then becomes of the &#034;full product of labor&#034; ? - Only to members of society who work ? What then becomes of the &#034;equal right&#034; of all members of society ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But &#034;all members of society&#034; and &#034;equal rights&#034; are clearly only figures of speech. The essence is that, in this communist society, every worker must receive, in the Lasallian fashion, a &#034;full product of labor.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If we first take the word &#034;product of labor&#034; in the sense of an object created by labor (Produkt der Arbeit), then the product of the community's labor is &#034;the totality of the social product.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From this, it is necessary to deduct : First : a fund intended for the replacement of used means of production ; Second : an additional fraction to increase production ; Third : a reserve or insurance fund against accidents, disturbances due to natural phenomena, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These deductions from the &#034;full product of labor&#034; are an economic necessity, the importance of which will be determined in part, taking into account the state of the means and forces in play, with the help of the calculation of probabilities ; in any case, they cannot be calculated in any way on the basis of equity.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The other part of the total product remains, intended for consumption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But before proceeding with the individual distribution, it is still necessary to subtract :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;First, the general administrative costs, which are independent of production. Compared to what happens in today's society, this fraction is immediately reduced to a minimum and decreases as the new society develops.&lt;br class='autobr' /&gt;
Second, what is intended to satisfy the needs of the community : schools, sanitary facilities, etc. This fraction immediately gains in importance, compared to what happens in today's society, and this importance increases as the new society develops.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thirdly : the fund necessary for the maintenance of those who are unable to work, etc., in short, what falls under what is today called official public assistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is only then that we arrive at the only &#034;sharing&#034; that, under the influence of Lassalle and in a limited way, the program has in mind, that is to say, that fraction of the objects of consumption which is distributed individually among the producers of the community.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The &#034;full product of labor&#034; has already been secretly transformed into a &#034;partial product,&#034; although what is taken away from the producer, as an individual, he regains directly or indirectly, as a member of society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Just as the term &#034;full product of labor&#034; has vanished, so we will see the term &#034;product of labor&#034; in general vanish.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Within a communal social order, based on the common ownership of the means of production, producers do not exchange their products ; similarly, the labor incorporated in products does not appear here as the value of these products, as a real quality possessed by them, since henceforth, contrary to what happens in capitalist society, it is no longer by a roundabout way, but directly, that the labors of the individual become an integral part of the labor of the community. The expression : &#034;product of labor,&#034; condemnable even today because of its ambiguity, thus loses all meaning.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What we are dealing with here is a communist society not as it has developed on its own foundations, but, on the contrary, as it has just emerged from capitalist society ; a society, therefore, which, in all respects, economic, moral, intellectual, still bears the stigmata of the old society from whose bosom it sprang. The producer therefore receives individually&#8212;after deductions have been made&#8212;the exact equivalent of what he has given to society. What he has given is his individual quantum of labor. For example, the social workday represents the sum of the hours of individual labor ; the individual labor time of each producer is the portion he has provided of the social workday, the part he has taken in it. He receives from society a voucher stating that he has provided so much labor (after deduction of the labor done for the collective funds) and, with this voucher, he withdraws from the social stocks of consumer goods as much as an equal quantity of his labor costs. The same amount of labor that he has provided to society in one form, he receives from it, in return, in another form.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is clearly the same principle as that which governs the exchange of commodities insofar as it is an exchange of equal values. The substance and the form differ because, the conditions being different, no one can provide anything other than his labor and, moreover, nothing can become the property of the individual except objects of individual consumption. But as regards the sharing of these objects between individual producers, the guiding principle is the same as for the exchange of equivalent commodities : the same quantity of labor in one form is exchanged for the same quantity of labor in another form.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Equal law is therefore still here in its principle... bourgeois law, although principle and practice no longer go toe-to-toe, while today the exchange of equivalents exists for commodities only on average and not in the individual case.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Despite this progress, equal rights still remain burdened by a bourgeois limit. The producer's rights are proportional to the work he has done ; equality here consists of employment as a common unit of measurement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But one individual physically or morally surpasses another, so he provides more work at the same time or can work for a longer time ; and for work to serve as a measure, its duration or intensity must be determined, otherwise it would cease to be a unit. This equal right is an unequal right for unequal work. It recognizes no class distinction, because every man is only a worker like any other ; but it tacitly recognizes the inequality of individual gifts and, consequently, of productive capacity as natural privileges. It is therefore, in its content, a right founded on inequality, like all rights. Law by its nature can consist only in the use of the same unit of measurement ; but unequal individuals (and they would not be distinct individuals if they were not unequal) are measurable according to a common unit only insofar as they are considered from the same point of view, only insofar as they are grasped from a specific aspect ; for example, in the present case, that we only consider them as workers and nothing more, and that we disregard everything else. On the other hand : one worker is married, the other is not ; one has more children than the other, etc., etc. With equal work and consequently, with equal participation in the social consumption fund, one therefore actually receives more than the other, one is richer than the other, etc. To avoid all these disadvantages, the law should not be equal, but unequal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But these defects are inevitable in the first phase of communist society, as it has just emerged from capitalist society, after a long and painful birth. Law can never be higher than the economic state of society and the degree of civilization corresponding to it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In a higher phase of communist society, when the enslaving subordination of individuals to the division of labor and, with it, the opposition between intellectual and manual labor have disappeared ; when labor is not only a means of living, but itself becomes the first vital need ; when, with the manifold development of individuals, the productive forces have also increased and all the sources of collective wealth are gushing forth in abundance, only then can the limited horizon of bourgeois law be definitively transcended and society will be able to write on its banners &#034;From each according to his ability, to each according to his needs !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I have dwelt particularly on the &#034;full product of labor,&#034; as well as on &#034;equal rights,&#034; &#034;fair sharing,&#034; in order to show how criminal is the enterprise of those who, on the one hand, want to impose once again on our Party, as dogmas, conceptions which meant something at a certain time, but are today nothing more than outdated phraseology, and on the other hand, distort the realistic conception inculcated with great difficulty in the Party, but today well rooted in it, and this with the help of the nonsense of a legal or other ideology, so familiar to French democrats and socialists.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apart from what has just been said, it was in any case a mistake to make so much of what is called sharing, and to put the emphasis on it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In any epoch, the distribution of objects of consumption is only the consequence of the way in which the conditions of production themselves are distributed. But this distribution is a characteristic of the mode of production itself. The capitalist mode of production, for example, consists in this : the material conditions of production [8] are allocated to the non-workers in the form of capitalist property and landed property, while the masses possess only the personal conditions of production : labor power. If the elements of production are distributed in this way, the present distribution of objects of consumption follows of itself. If the material conditions of production are the collective property of the workers themselves, a distribution of objects of consumption different from that of today will likewise follow. Vulgar socialism (and through it, in turn, a fraction of democracy) has inherited from bourgeois economists the habit of regarding and treating distribution as something independent of the mode of production and of representing socialism for this reason as essentially revolving around distribution. The real relations having long since been elucidated, what is the point of going back ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Excerpts from Karl Marx's &#034;Marginal Glosses on the Program of the German Socialist Party&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; De notre monde emport&#233; &#187;, par Christian Astolfi</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8330</link>
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		<dc:date>2025-09-11T22:09:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>DD, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; De notre monde emport&#233; &#187;, par Christian Astolfi &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : nous diffusons ici non pas un article de commentaire r&#233;dig&#233; par Mati&#232;re et R&#233;volution mais les extraits du livre et les commentaires des lecteurs, afin de pousser nos lecteurs &#224; lire cet ouvrage&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit, plus que d'un roman, d'un ouvrage de m&#233;moire ouvri&#232;re. Ce n'est pas un &#233;crit r&#233;volutionnaire mais un t&#233;moignage prol&#233;tarien sur ce qu'a v&#233;cu la classe ouvri&#232;re &#224; un moment donn&#233; de son histoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; De notre monde (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique160" rel="directory"&gt;24- COMMENTAIRES DE LIVRES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/webp/asqyzezzoodbqv26n.webp' width=&#034;770&#034; height=&#034;462&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18076 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1719925831_7111e9a442a7b42d632b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1719925831_7111e9a442a7b42d632b.jpg' width=&#034;1713&#034; height=&#034;2421&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;De notre monde emport&#233; &#187;, par Christian Astolfi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : nous diffusons ici non pas un article de commentaire r&#233;dig&#233; par Mati&#232;re et R&#233;volution mais les extraits du livre et les commentaires des lecteurs, afin de pousser nos lecteurs &#224; lire cet ouvrage&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit, plus que d'un roman, d'un ouvrage de m&#233;moire ouvri&#232;re. Ce n'est pas un &#233;crit r&#233;volutionnaire mais un t&#233;moignage prol&#233;tarien sur ce qu'a v&#233;cu la classe ouvri&#232;re &#224; un moment donn&#233; de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De notre monde emport&#233; &#187; commence en 2015, &#224; Paris : quatre camarades, certains mal en point, sous une pluie fine, attendent parmi une &#171; ribambelle &#187;, des hommes et des femmes, une r&#233;paration. Bient&#244;t doit tomber &#171; l'arr&#234;t de la chambre criminelle de la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire de ce pays, sur le pourvoi que nous avons form&#233; pour homicides et blessures involontaires dans le scandale sanitaire qui nous frappe &#187;. Christian Astolfi consacre une part assez importante de son r&#233;cit &#224; la question de l'amiante &#8211; les camarades qui tombent malades les uns apr&#232;s les autres, ceux qui meurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il raconte la d&#233;couverte progressive du scandale, les informations donn&#233;es au compte-goutte jusqu'&#224; une conf&#233;rence &#224; la Bourse du travail de Marseille prononc&#233;e par un chimiste, chercheur &#224; l'universit&#233; de Jussieu, et la r&#233;v&#233;lation, enfin, de la toxicit&#233; du produit et de la responsabilit&#233; des pouvoirs publics mais aussi de tous ceux qui ont d&#233;fendu la possibilit&#233; d'un usage contr&#244;l&#233; de l'amiante, &#171; les scientifiques, les repr&#233;sentants du minist&#232;re du Travail, la direction de l'Institut national de recherche et de s&#233;curit&#233;, les syndicats &#187; : &#171; Tout cela su depuis des d&#233;cennies, &#233;tal&#233; au grand jour comme un linge souill&#233;. &#187; Il est devenu n&#233;cessaire de &#171; d&#233;noncer au grand jour le mensonge entretenu dont nous sommes les victimes au nom de la rentabilit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d&#232;s le deuxi&#232;me chapitre, le lecteur est immerg&#233; dans le monde des chantiers de La Seyne-sur-Mer. Narval, le narrateur, surnomm&#233; ainsi pour avoir sauv&#233; de la noyade un ouvrier int&#233;rimaire dont il ne pourra jamais conna&#238;tre le nom, tant le monde du travail int&#233;rimaire vise &#224; l'annihilation des identit&#233;s m&#234;mes (ce que Joseph Ponthus a parfaitement montr&#233; dans &#192; la ligne), Narval, donc, raconte sa vie aux chantiers, ses d&#233;buts en octobre 1972, alors qu'il est &#226;g&#233; de vingt et un ans : il vient d'&#234;tre embauch&#233; comme graisseur &#224; l'endroit m&#234;me o&#249; son p&#232;re est ajusteur depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e aux chantiers est marqu&#233;e par le passage de sa porte, destin&#233;e &#224; devenir un simple vestige de ce monde disparu, monument historique, mais &#224; l'&#233;poque bel et bien vivante, franchie tant de fois : &#171; Ses murs &#233;pais, cr&#233;pis &#224; l'ocre, de la largeur d'une main. Ses corniches model&#233;es avec habilet&#233;. Ses persiennes ventilant la lumi&#232;re, les unes entrouvertes, les autres ferm&#233;es. Son horloge monumentale moul&#233;e dans la pierre. Cette inscription grav&#233;e &#224; son fronton depuis des d&#233;cennies : Forges et Chantiers de la M&#233;diterran&#233;e. Ce drapeau tricolore flottant qui lui donne un air patriotique. &#187; La vie aux chantiers est emplie de rites et de codes. Lorsqu'on est ouvrier aux chantiers, on occupe une place &#224; part : &#171; &#192; l'image de mes camarades, chaque fois qu'on me posera la question, je ne dirai jamais que je travaille aux Chantiers, mais que j'en suis. Comme on est d'un pays, d'une r&#233;gion, avec sa fronti&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas n&#233;gliger une r&#233;alit&#233; sociale et &#233;conomique : pendant presque 140 ans, jusqu'&#224; leur fermeture &#224; la fin des ann&#233;es 1980, les chantiers navals ont &#233;t&#233; le poumon &#233;conomique de La Seyne-sur-Mer et ses travailleurs &#233;taient au centre de l'activit&#233; &#233;conomique de la r&#233;gion et on leur portait attention et int&#233;r&#234;t. On peut voir dans &#171; De notre monde emport&#233; &#187; combien l'appartenance &#224; un lieu et &#224; une communaut&#233; est fondamentale pour ces travailleurs, soud&#233;s &#224; la vie &#224; la mort, fiers de leur communaut&#233; de travail. Cette fraternit&#233; transpara&#238;t de mani&#232;re tr&#232;s forte dans le r&#233;cit de Christian Astolfi et explique le profond chagrin de son personnage principal lorsque tout se disloque. Chagrin que redouble la fin de l'espoir qu'a suscit&#233; l'&#233;lection de Fran&#231;ois Mitterrand en 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la liquidation des chantiers est aussi celle du d&#233;litement intime, des d&#233;sillusions de tous ordres, des amours qui se d&#233;sagr&#232;gent, des amiti&#233;s qui se distendent et de la solitude qui grandit. C'est la fin aussi de ces jours de liesse, lorsqu'un navire g&#233;ant dont la construction enfin achev&#233;e sort de la darse, acclam&#233; par les habitants, les ouvriers, leurs familles, venus tous ensemble assister &#224; cet &#233;v&#233;nement m&#233;morable. Mais ces moments sont grav&#233;s dans la m&#233;moire du narrateur, sc&#232;nes de bonheur intense de l'enfant qui admire le travail de son p&#232;re et de ses camarades : &#171; Je me m&#234;le aux hourras et vivats d'une voix de cr&#233;celle. Je vois mon p&#232;re d&#233;nouer sa cravate et la faire tournoyer au bout de son bras, comme un vulgaire supporter. &#192; mon tour, je d&#233;fais ma lavalli&#232;re et le copie du m&#234;me geste spontan&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De notre monde emport&#233; &#187; n'est pas un documentaire. S'il prend pour objet une r&#233;alit&#233; sociale et historique, v&#233;cue par l'auteur qui a lui-m&#234;me &#233;t&#233; de &#171; ce pays &#187;, il ouvre aussi par la voie fictionnelle sur l'int&#233;riorit&#233; des personnages ; il permet de mesurer comment le travail fa&#231;onne les hommes, et comment sa disparition, malgr&#233; la lutte, les tue &#224; petit feu, tout comme l'amiante. Car il est aussi question de lutte dans le r&#233;cit de Christian Asotlfi, et de d&#233;ceptions am&#232;res, celles de Narval mais aussi celles de son p&#232;re, en 1968 ; d&#233;ceptions dont le fils h&#233;rite et qui l'impr&#232;gnent d'une tristesse dont il ne peut se d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure paternelle innerve le r&#233;cit dans son entier, tout comme, on le devine, elle a marqu&#233; la personnalit&#233; de Narval. C'est la disparition du p&#232;re qui conduit Narval &#224; &#233;crire pour raconter son histoire. Probable double fictionnel de Christian Astolfi, il emp&#234;che que la vie de ces hommes soit engloutie dans l'oubli, &#224; la mani&#232;re de Jules, fils d'ouvrier qui, apr&#232;s la disparition de son p&#232;re, d&#233;cide de photographier les lieux et les hommes. Avec une lucidit&#233; douloureuse, Narval d&#233;crit la liquidation contre laquelle il est impossible de lutter : &#171; Cela faisait deux mois que nous occupions le site &#8211; cette zone &#224; d&#233;fendre dont tout le monde se fichait. Chaque matin, nous passions la porte des Chantiers pour tenir les murs. Les quais &#233;taient notre chemin de ronde, la grande forme notre bout du monde o&#249; pleurer notre paradis perdu. Nos seuls compagnons &#233;taient le soleil et le vent. La direction, elle, avait d&#233;camp&#233; depuis un bout de temps. Elle nous avait laiss&#233; notre dernier ennemi : nous-m&#234;mes. Nous ne savions plus tr&#232;s bien &#224; qui nous en prendre. Tout &#233;tait devenu flou. Mirage dans un d&#233;sert. On aurait pu rester ainsi plant&#233;s des ann&#233;es. Poteaux de coin. Jusqu'&#224; ce qu'ils nous d&#233;logent, &#224; coups de pelleteuses et de r&#233;habilitations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hant&#233; par la dignit&#233; de son p&#232;re, Narval acc&#232;de, par l'&#233;criture, &#224; sa propre dignit&#233;, que le monde capitaliste a tent&#233; de lui voler. Mais c'&#233;tait compter sans la force des souvenirs et du d&#233;sir de t&#233;moigner de cette &#233;poque. &#201;crire, c'est dans un premier temps survivre &#224; la disparition du p&#232;re, et progressivement reconstruire ce monde qui ne peut &#234;tre compl&#232;tement emport&#233; &#8211; parce qu'il demeure dans ce t&#233;moignage fervent et fid&#232;le de Christian Astolfi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chantiers navals de la Seyne sur Mer qui font vivre toute une ville, comptent parmi les fleurons industriels du pays. Embauch&#233; comme graisseur, le narrateur va rejoindre toute une lign&#233;e d'ouvriers qui oeuvrent dans les entrailles de &#187; La Machine &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'image de mes camarades, chaque fois qu'on me posera la question, je ne dirai jamais que je travaille aux Chantiers, mais que j'en suis. Comme on est d'un pays, d'une r&#233;gion, avec sa fronti&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;n&#233;trant cet univers d'acier, de graisse et de bruits, on troque son nom contre un surnom. Il y a l'Horloger, Cochise, Mangefer, Filoche, Barbe et pour le petit nouveau ce sera Narval. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;cit de Narval nous plonge au coeur m&#234;me de cette vie ouvri&#232;re avec ses codes. Mais, si le travail est p&#233;nible, on est fier de bien l'accomplir. La ville respire au m&#234;me rythme que les chantiers, on fait la f&#234;te sur les quais, et, lors des d&#233;fil&#233;s du 1e mai, on sait lever le poing. Aussi, l'espoir est grand lorsque Mitterrand est &#233;lu en mai 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;sillusions viendront tr&#232;s vite. D&#233;boussol&#233; par l'arr&#234;t des chantiers apr&#232;s le d&#233;p&#244;t de bilan, Narval traine son mal de vivre et s'&#233;loigne peu &#224; peu de Louise sa compagne. A cette difficult&#233; viendra se rajouter, sept ans apr&#232;s l'arr&#234;t des chantiers, le scandale de l'amiante. Ces fibres, respir&#233;es tous les jours pendant des ann&#233;es de labeur, font leur travail de sape dans les poumons des anciens ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des substances, dans la Machine, il y en avait &#224; la pelle. Elles flottaient devant nos narines, suintaient sur les parquets, graissaient les blocs-moteur, vaselinaient les collecteurs, les gaines et les c&#226;bles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'&#234;tre &#233;crivain, Christian Astolfi a d&#233;but&#233; sa vie professionnelle aux chantiers navals et, s'inspirant de son v&#233;cu, il nous immerge dans cette vie ouvri&#232;re agit&#233;e par les luttes sociales et min&#233;e par le scandale de la crise sanitaire de l'amiante. Apr&#232;s les ann&#233;es glorieuses viennent celles du d&#233;go&#251;t, de la tristesse et des morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur &#233;voque aussi les familles, il esquisse quelques portraits touchants comme celui du disquaire m&#233;lomane. La solidarit&#233; du monde ouvrier est bien rendue ainsi que cette camaraderie pudique et sans concessions. Les pages que le narrateur consacre &#224; son p&#232;re dont il est fier sont touchantes de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout-&#224;-coup, une phrase que mon p&#232;re vient de prononcer me sort de ma r&#234;verie. La dignit&#233;, c'est la seule chose qu'on ne doit jamais leur c&#233;der. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;vitant l'&#233;cueil d'un lyrisme d&#233;brid&#233;, l'&#233;criture sobre est vibrante de sinc&#233;rit&#233; et de v&#233;racit&#233;. L'&#233;motion est palpable et on sort un peu sonn&#233; de ce roman puissant. Pour mou, la d&#233;couverte d'un auteur et un coup de coeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai cinq ou six ans. Je suis juch&#233; sur un bollard, Fier comme Artaban, j'arrive presque &#224; hauteur d'&#233;paules de mon p&#232;re. Le printemps touche &#224; sa fin. Le soleil est au plus haut. Ses rayons tombent &#224; pic sur la mer qui clapote. On ma mis un v&#234;tement &#224; col marin, affubl&#233; d'une lavalli&#232;re qui b&#226;ille sur ma poitrine. Ma m&#232;re et ma s&#339;ur portent des robes &#224; fleurs et des chapeaux de paille. Autour de nous, des milliers de personnes sont rassembl&#233;es, le pont levant, les terre-pleins et les quais envahis. Les Chantiers ont ouvert au public t&#244;t le matin. La ville s'y est engouffr&#233;e en habits du dimanche dans une procession silencieuse, comme on entre &#224; l'office. C'est un jour ch&#244;m&#233;. Un jour de kermesse. Mon p&#232;re s'est mis sur son trente-et-un. Il a le visage bienheureux, le sourire marqu&#233; du premier communiant qu'il n'a jamais &#233;t&#233;. Tout &#224; coup, une clameur monte. Comme celle d'une lib&#233;ration. Je me dresse sur la pointe des pieds, sautille d&#233;sesp&#233;r&#233;ment sur place pour apercevoir un bout du spectacle. Devant moi, les grandes personnes font &#233;cran tels de hauts arbres cachant la lumi&#232;re dans une futaie. Mon p&#232;re avise mon d&#233;sarroi du coin de l'&#339;il. Il me soul&#232;ve comme un ballot de plumes par les aisselles, et me hisse sur ses &#233;paules. Me voila tout &#224; coup vigie sur un grand m&#226;t. Je mets mes mains en visi&#232;re &#224; d&#233;faut de lunette grossissante. Au bout de la grande forme, une porte flottante s'ouvre. Un navire g&#233;ant glisse telle une savonnette sur un plan inclin&#233; dans la darse. Avec son ventre pro&#233;minent, il me fait penser &#224; ce grand c&#233;tac&#233; pourchass&#233; par le capitaine Achab dont ma s&#339;ur me lit les aventures, le soir avant de m'endormir. J'entends mon p&#232;re annoncer sur un ton de fiert&#233; : Deux cent soixante mille m&#232;tres cubes. C'est le plus gros de sa g&#233;n&#233;ration. Son nom est trac&#233; en grosses lettres dor&#233;es au-dessous de l'&#233;cubier, il s'&#233;chappe telle une fus&#233;e. Des remorqueurs l'entourent aussit&#244;t &#224; la mani&#232;re de porteurs d'eau prot&#233;geant leur champion. De leurs pompes hydrauliques sortent des geysers pour saluer sa sortie. D'autres bateaux sont l&#224;, en deuxi&#232;me rideau : voiliers, chaluts, pointus pour accompagner le monstre au bout de la darse. Partout flottent des drapeaux tricolores, retentissent des coups de piston, des fla de tambours, des chocs de cymbales, r&#233;sonnent des flonflons &#224; foison, fusent des acclamations. Je me m&#234;le aux hourras et vivats d'une voix de cr&#233;celle. Je vois mon p&#232;re d&#233;nouer sa cravate, et la faire tournoyer au bout de son bras, comme un vulgaire supporter. &#192; mon tour, je d&#233;fais ma lavalli&#232;re et le copie du m&#234;me geste spontan&#233;. Au bout d'un moment, il l&#232;ve les Yeux vers moi, s'aper&#231;oit de mon imitation, et &#233;clate d'un rire qui entra&#238;ne &#224; sa suite ma m&#232;re et ma s&#339;ur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'entends encore. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Sept ann&#233;es s'&#233;taient &#233;coul&#233;es depuis la fermeture des Chantiers. Sept ann&#233;es au bout desquelles nos m&#233;tiers, nos savoir-faire, nos exp&#233;riences s'&#233;taient dissous dans un plan de restructuration dont on n avait jamais rien su des r&#233;sultats. Nos existences dispers&#233;es, pour eux, nous n'&#233;tions plus que des reclass&#233;s. Nul d'entre nous ne portait plus sa col&#232;re le long des quais, des voies ferr&#233;es ou des autoroutes, nos mots envol&#233;s, nos slogans rang&#233;s, nos banderoles roul&#233;es. Les Chantiers avaient mis la cl&#233; sous la porte. Nous n'en serions plus jamais. Nous &#233;tions devenus des nombres, des pourcentages sur des tableaux statistiques. Ils nous avaient r&#233;duits &#224; des taux de r&#233;emploi, de ch&#244;mage, de cr&#233;ations d'entreprise, de pr&#233;retraites, nos curriculums r&#233;pertori&#233;s, analys&#233;s, suivis, nos visages agraf&#233;s, nos vies num&#233;rot&#233;es sur des dossiers cartonn&#233;s. Sur la cr&#234;te de nos t&#234;tes &#233;pingl&#233;es on tra&#231;ait des avenirs incertains. Les organismes les plus divers &#8212;ANPE, Unedic, Assedic &#8212; &#233;taient rest&#233;s au chevet de ceux d'entre nous qui boitaient encore professionnellement &#8212; les uns pris dans les doutes d'une conversion trop rapide, les autres dans les mailles d'un projet qui les d&#233;passait. Nous avions fini par nous perdre dans cet oc&#233;an de sigles. Beaucoup d'entre nous ne s'occupaient pas de qui &#233;tait qui et qui faisait quoi, ballott&#233;s que nous &#233;tions au gr&#233; de nos histoires personnelles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Il m'a fait penser &#224; ces analystes qui &#233;taient venus, un temps, aux Chantiers pour nous aider &#224; &#233;valuer la valeur de notre travail. Une m&#233;thode import&#233;e des &#201;tats-Unis, qui avait germ&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1980 dans la t&#234;te de la direction pour r&#233;duire les co&#251;ts, tout en am&#233;liorant la qualit&#233;. Ils arrivaient &#224; quatre ou cinq, col blanc et veste kaki. Ils nous r&#233;unissaient par m&#233;tier ou par atelier. On faisait cercle autour de grandes tables, et on discutait. Eux appelaient &#231;a &#171; verbaliser On racontait ce qu'on faisait tous les jours sans, para&#238;t-il, nous en rendre compte. Ils disaient qu'on devait &#171; conscientiser la t&#226;che &#187;. Puis ils nous demandaient d'imaginer comment on pouvait am&#233;liorer l'effcacit&#233; et le rendement de notre travail. Ils noircissaient des tableaux papier, empilaient des mots, des sigles, des acronymes, les reliaient par des fl&#232;ches ou des symboles. Puis ils ramassaient nos paroles dans des &#171; bo&#238;tes &#224; id&#233;es &#187; qu'ils remettaient chaque semaine, tels des tr&#233;sors de bon sens, &#224; la direction. Qu'en faisait-elle ? Nous ne l'avons jamais su, ni n avons constat&#233; le moindre changement dans l'organisation de notre travail. Cela avait dur&#233; quelques mois, puis on n'en avait plus entendu parler. Volatilis&#233;s, tels des extraterrestres venus un temps jouer les messies avant de retourner d'o&#249; ils arrivaient. Les Chantiers en avaient &#233;t&#233; quittes pour une d&#233;pense somptuaire de plusieurs centaines de milliers de francs, histoire de se donner l'illusion qu'il y avait encore quelque chose &#224; sauver. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des substances, dans la Machine, il y en avait &#224; la pelle. Elles flottaient devant nos narines, suintaient sur les parquets, graissaient les blocs-moteurs, vaselinaient les collecteurs, les gaines et les c&#226;bles. Plomb, benz&#232;ne, solutions de sodium, huiles min&#233;rales, hydrocarbures, fum&#233;es de soudure, r&#233;sines, d&#233;capants, poussi&#232;res de m&#233;tal ou de bois, vapeurs diverses &#8212; pour ne parler que des risques chimiques &#8212; la liste longue comme le bras. Elles faisaient partie int&#233;grante de nos vies professionnelles. On portait sur elles un regard fataliste. On les passait sous silence le plus clair du temps. Seuls nos corps en parlaient &#8212; notre respiration souvent engorg&#233;e, notre salive d'un seul coup charg&#233;e de sable, nos yeux piqu&#233;s de larmes, nos mains mouchet&#233;es de br&#251;lures, leur peau ray&#233;e comme la glace d une patinoire. Certes nous nous prot&#233;gions ! Mais cela se faisait selon les circonstances de la t&#226;che &#224; ex&#233;cuter. Je revois Mangefer jeter sur le parquet ses gants de protection, le cuir qui le g&#234;nait pour braser la tubulure qu'il &#233;tait en train de fixer, Barbe relever ses lunettes sur son front pour mieux apercevoir le point de fusion de sa d&#233;coupe, l'Horloger &#244;ter ses bouchons d'oreilles pour mieux &#233;couter la fr&#233;quence vibratoire des turbos. Et tant d'autres faire fi des dangers qui les entouraient &#8212; pourtant maintes fois atteints dans leur chair par la lame qui coupe, les mors qui pincent, les &#233;tincelles incandescentes, les projections acides. Il n'y avait de notre part aucun autre d&#233;fi, seulement le besoin d'ajuster le geste au m&#233;tier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=-s8AMefkxe4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ecouter l'auteur...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chronologie du mouvement ouvrier en France</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7701</link>
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		<dc:date>2025-08-16T22:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Onze textes sur la chronologie du mouvement ouvrier en France &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 3 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 5 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 6 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 7 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 8 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 9 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 11&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Onze textes sur la chronologie du mouvement ouvrier en France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.kronobase.org/chronologie-categorie-Mouvement+ouvrier.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/france/1851-1939.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_du_syndicalisme_en_France&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9688232m/f1.item&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k68229&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3748&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6889&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4349&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article524&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5593&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre la plus meurtri&#232;re tue plus de trois millions de personnes par an, rien que des ouvriers ! Dans un silence de mort...</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8348</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article8348</guid>
		<dc:date>2025-08-10T22:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme - capitalism</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre la plus meurtri&#232;re tue, sans aucune catastrophe particuli&#232;re, plus de trois millions de personnes par an dans le monde, et rien que des ouvriers ! Une seule solution : que le syst&#232;me capitaliste meure ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Les accidents du travail ne sont pas accidentels : c'est une v&#233;ritable guerre du capital contre le monde du travail &lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement &#224; ce que sugg&#232;re l'expression &#171; les accidents du travail &#187;, ces morts dites accidentelles ne sont pas li&#233;es &#224; une cause inattendue, impr&#233;visible, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Capitalisme - capitalism&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18094 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/webp/morts-au-travail-site-edited-1.webp' width=&#034;613&#034; height=&#034;460&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre la plus meurtri&#232;re tue, sans aucune catastrophe particuli&#232;re, plus de trois millions de personnes par an dans le monde, et rien que des ouvriers ! Une seule solution : que le syst&#232;me capitaliste meure !&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les accidents du travail ne sont pas accidentels : c'est une v&#233;ritable guerre du capital contre le monde du travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que sugg&#232;re l'expression &#171; les accidents du travail &#187;, ces morts dites accidentelles ne sont pas li&#233;es &#224; une cause inattendue, impr&#233;visible, purement fortuite, due &#224; un malheureux hasard, &#224; un concours de circonstances compl&#232;tement impr&#233;dictible, ponctuelle, qui ne se reproduiraient que de mani&#232;re rarisssime et qui seraient aussi inattendues qu'impossible &#224; combattre (malchance, fatalit&#233;, probl&#232;mes techniques, fautes individuelles, manque de rigueur, d'attention dans le travail et de respect des normes de s&#233;curit&#233;, causes v&#233;ritablement accidentelles). Pas du tout ! Ces &#171; accidents &#187; ont lieu de mani&#232;re r&#233;guli&#232;re, tous les ans, tous les mois, tous les jours, dans toutes les r&#233;gions du monde et dans tous les pays, dans toutes les professions industrielles, avec une statistique relativement stable et touchant toujours la m&#234;me population de prol&#233;taires. Ces morts (plus de trois millions par an) et ces bless&#233;s (des centaines de millions par an avec beaucoup de handicap&#233;s &#224; vie) ne sont pas le produit d'une fatalit&#233; du travail industriel mais une n&#233;cessit&#233; pour la recherche permanente du profit maximum pour le capital !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les m&#233;dias ne s'en saisissent que rarement et mani&#232;re ponctuelle dans la rubrique des &#171; faits divers &#187;, ne le combattent et d&#233;noncent jamais, m&#234;me si les organisations dites ouvri&#232;res ne m&#232;nent pas de combat s&#233;rieux sur ce th&#232;me, m&#234;me si les gouvernants et la justice se refusent &#224; mener une lutte contre ces assassinats d'ouvriers, et refusent de les qualifier ainsi, il s'agit bel et bien de crimes de masse et m&#234;me du plus grand assassinat permanent de la soci&#233;t&#233; capitaliste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crime de masse, n'est-ce pas une exag&#233;ration ? Pas du tout ! Plus de trois millions de morts par an, c'est la principale cause d'assassinat dans le monde tous les ans, bien plus que les guerres et les accidents de la route dans le monde !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; accidents &#187; du travail dans le monde font 6.000 morts par jour ! Soit 2.190.000 par an ! Plus de deux millions d'ouvriers assassin&#233;s par le grand capital tous les ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://globometer.com/travail-accidents.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://globometer.com/travail-accidents.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il faut compter plus de trois millions de morts par accident du travail dans le monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ilo.org/fr/resource/news/pr%C3%A8s-de-3-millions-de-personnes-meurent-daccidents-et-de-maladies-li%C3%A9s-au&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ilo.org/fr/resource/news/pr%C3%A8s-de-3-millions-de-personnes-meurent-daccidents-et-de-maladies-li%C3%A9s-au&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les guerres dans le monde font 84.000 morts par an&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.statista.com/infographie/28298/evolution-du-nombre-de-morts-causes-par-des-conflits-armes-et-guerres-dans-le-monde-par-region/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.statista.com/infographie/28298/evolution-du-nombre-de-morts-causes-par-des-conflits-armes-et-guerres-dans-le-monde-par-region/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accidents du travail c'est trois fois plus que les accidents de la route dans le monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/road-traffic-injuries&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/road-traffic-injuries&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cent fois plus que le nombre de morts li&#233;s &#224; la r&#233;pression d'Etat dans le monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.statista.com/statistiques/1398163/nombre-morts-actions-policieres/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.statista.com/statistiques/1398163/nombre-morts-actions-policieres/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires ne sont pas les premiers &#224; le constater : ce crime n'a rien d'accidentel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://institutlaboetie.fr/note-accidents-du-travail/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://institutlaboetie.fr/note-accidents-du-travail/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.miroirsocial.com/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-et-ces-morts-sont-evitables&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.miroirsocial.com/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-et-ces-morts-sont-evitables&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2003/06/RAMONET/10125&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.monde-diplomatique.fr/2003/06/RAMONET/10125&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.info-socialrh.fr/bibliotheque-numerique/entreprise-et-carrieres/715/sans/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-458997.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.info-socialrh.fr/bibliotheque-numerique/entreprise-et-carrieres/715/sans/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-458997.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/economie/social/avec-plus-de-8-000-morts-au-travail-depuis-2009-la-france-ne-brille-pas-en-europe-20250501_AY6RJ4VL7NFKRBRAG3YL4KPRQA/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.liberation.fr/economie/social/avec-plus-de-8-000-morts-au-travail-depuis-2009-la-france-ne-brille-pas-en-europe-20250501_AY6RJ4VL7NFKRBRAG3YL4KPRQA/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/02/06/cadences-sous-traitance-pression-quand-le-travail-tue_6214988_3234.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/02/06/cadences-sous-traitance-pression-quand-le-travail-tue_6214988_3234.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas que les morts directes dans l'entreprise&#8230; On peut mourir &#224; plus long terme (chez soi et m&#234;me apr&#232;s la retraite, sans d&#233;claration d'accident) par divers produits industriels comme amiante, cuivre, produits radioactifs, m&#233;taux lourds (cadmium, chrome, nickel, arsenic&#8230;), huiles min&#233;rales, poussi&#232;res de bois, silice cristalline, benz&#232;ne ou encore goudrons, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8575&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8575&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.fondation-arc.org/cancer/cancers-professionnels/risques-au-travail&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.fondation-arc.org/cancer/cancers-professionnels/risques-au-travail&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4099&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4099&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve489&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve489&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou par accident industriel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bluedocker.com/les-10-accidents-industriels-les-plus-graves-de-lhistoire/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://bluedocker.com/les-10-accidents-industriels-les-plus-graves-de-lhistoire/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou par la consommation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/quatre-industries-sont-responsables-de-2-7-millions-de-deces-annuels-en-europe_AD-202406120080.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/quatre-industries-sont-responsables-de-2-7-millions-de-deces-annuels-en-europe_AD-202406120080.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers ont encore d'autres moyens de mourir plus vite comme la fatigue, l'usure au travail, les maux caus&#233;s discr&#233;tement par les produits inhal&#233;s, etc&#8230; Les statistiques indiquent que les ouvriers vivent en moyenne cinq ans de moins chez les ouvriers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.insee.fr/fr/statistiques/8220688&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.insee.fr/fr/statistiques/8220688&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques exemples&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un ouvrier de 19 ans coul&#233; dans le bitume&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sudouest.fr/faits-divers/un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-bitume-a-200-0c-25264308.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sudouest.fr/faits-divers/un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-bitume-a-200-0c-25264308.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sudinfo.be/id1018064/article/2025-07-15/terrible-accident-de-travail-un-ouvrier-en-urgence-absolue-apres-avoir-ete&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sudinfo.be/id1018064/article/2025-07-15/terrible-accident-de-travail-un-ouvrier-en-urgence-absolue-apres-avoir-ete&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eymoutiers (87) : un homme de 58 ans a &#233;t&#233; happ&#233; par une vis sans fin dans une scierie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lepopulaire.fr/eymoutiers-87120/faits-divers/une-enquete-pour-homicide-involontaire-ouverte-apres-la-mort-de-l-ouvrier-d-une-scierie-a-eymoutiers_14723201/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lepopulaire.fr/eymoutiers-87120/faits-divers/une-enquete-pour-homicide-involontaire-ouverte-apres-la-mort-de-l-ouvrier-d-une-scierie-a-eymoutiers_14723201/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un travailleur d&#233;c&#233;d&#233; dans une usine de conditionnement de la viande Tyson&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/gjmd-j19.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/gjmd-j19.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#234;me pas besoin de la guerre, du fascisme et de la dictature pour tuer tous les jours des ouvriers et en masse !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les patrons fran&#231;ais tuent tous les jours deux ouvriers en moyenne et cela se fait &#224; petit bruit&#8230;. Pas de gros scandale et juste un petit titre dans les actualit&#233;s par ci par l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/en-france-deux-personnes-meurent-au-travail-chaque-jour-en-moyenne-mais-ces-chiffres-manquent-de-precision-5817523&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/en-france-deux-personnes-meurent-au-travail-chaque-jour-en-moyenne-mais-ces-chiffres-manquent-de-precision-5817523&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort horrible de ce jeune ouvrier est bien significative de ce qui n'a rien d'un accident, le fait que les travailleurs n'ont aucune s&#233;curit&#233; en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.bfmtv.com/police-justice/vendee-un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-goudron-brulant-une-enquete-ouverte_AN-202507160144.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bfmtv.com/police-justice/vendee-un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-goudron-brulant-une-enquete-ouverte_AN-202507160144.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat fran&#231;ais est en t&#234;te des tueurs mondiaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7506&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7506&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut mettre un terme &#224; la dissimulation du massacre qui a lieu sur les lieux de travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/ayps-a01.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/ayps-a01.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie des travailleurs compte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/29/bnqv-j29.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/29/bnqv-j29.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le carnage en milieu de travail se poursuit aux &#201;tats-Unis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/pers-a01.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/pers-a01.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/25/pujn-j25.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/25/pujn-j25.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une guerre qui est men&#233;e contre la classe ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/yygg-a01.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/yygg-a01.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de travailleurs est sacrifi&#233;e pour le profit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/26/rjmo-j26.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/26/rjmo-j26.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les syndicats s'avouent compl&#232;tement incapables d'intervenir directement et en appellent aux patrons et &#224;&#8230; l'Etat capitaliste ! Comme si c'&#233;taient les responsables du crime qui allaient le combattre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.unsa.org/Securite-et-sante-au-travail-huit-syndicats-dont-l-UNSA-interpellent-le.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.unsa.org/Securite-et-sante-au-travail-huit-syndicats-dont-l-UNSA-interpellent-le.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux travailleurs de prendre le contr&#244;le de l'industrie pour surveiller les risques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/yvjd-j19.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/yvjd-j19.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le syst&#232;me capitaliste qui est mortif&#232;re. Il est vital pour l'humanit&#233; de s'en d&#233;barrasser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Organisons-nous en comit&#233;s aussi pour d&#233;fendre nos vies !&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> No proletarian revolution will take place behind the flags or national armies of the bourgeoisie !</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8312</link>
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		<dc:date>2025-07-27T05:28:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>


		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;No proletarian revolution will take place behind the flags or national armies of the bourgeoisie ! &lt;br class='autobr' /&gt;
It is since 1830, the date when the modern workers' movement was born, at roughly the same time in France and England, that placing one's trust in &#034;progressive&#034; trade union leaders, politicians, regimes, and bourgeois armies has been disastrous, fatal in the literal sense, for the workers. &lt;br class='autobr' /&gt;
The enemy of our enemies often remains our enemy. It is by building their power that workers will work (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;No proletarian revolution will take place behind the flags or national armies of the bourgeoisie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is since 1830, the date when the modern workers' movement was born, at roughly the same time in France and England, that placing one's trust in &#034;progressive&#034; trade union leaders, politicians, regimes, and bourgeois armies has been disastrous, fatal in the literal sense, for the workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The enemy of our enemies often remains our enemy. It is by building their power that workers will work toward their emancipation, not by supporting one bourgeois party against another.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Now it is perhaps in France that currently more than in any other country in the world, parties that call themselves revolutionary or radical are proposing this kind of &#034;tactic&#034; (supporting the adversary of our enemy) to workers : from Lutte Ouvri&#232;re (LO), to R&#233;volution Permanente (RP), the NPA-A and R, as well as LFI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nothing can be expected from the opposition of one bourgeois army to another, if we do not build the Red Army of the workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;One of the main substitutes that the electoralist extreme left gives to its militants to replace the propaganda, agitation and action that authentic revolutionaries carry out within the framework of the class struggle, is bourgeois patriotism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certainly, revealing the reality of their merchandise would no longer distinguish these revolutionaries from the Socialist Party, the CGT, or the French Communist Party who, in 1914 for the first two, and in 1935 for the third, took this step. But the Socialist Party, the CGT, and the French Communist Party took this step at the request of their bourgeoisie (through Stalin for the French Communist Party, during the Stalin-Laval Pact). Our far left is not there yet ; therefore, its patriotism still hides under an internationalist veil. It is the patriotism of &#034;oppressed peoples&#034; like the Palestinians, or Iranians during the recent US attacks. But this far-left nationalism has nothing proletarian about it ; it is very bourgeois because it consists of waving the Palestinian or Iranian flags and stirring up hatred not against the French army, but against Israel and the USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LFI, to the applause of RP, organized the &#034;flotilla against the blockade of Gaza,&#034; where the caviar left, Halal version with Rima Hassane, did nothing to help the Palestinians. In a recent statement by its young pseudo-Trotskyists, RP said nothing about French colonies like New Caledonia ; the main enemy is not imperialism, the bourgeoisie, or the French army, but Israel and the USA :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Following the US bombing of Iranian nuclear facilities, social media was flooded with messages evoking the start of a 'third world war,' given the possibility of an international escalation of conflicts in the Middle East. Images of the genocide perpetrated in Gaza by Israel and Netanyahu are also making the rounds in the media. This acceleration was made possible in particular by the action of the Freedom Flotilla and the march to Gaza, which moved thousands of young people around the world.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.revolutionpermanente.fr/Declaration-of-the-youth-of-the-FT-QI-For-a-pro-Palestine-anti-internationalist-youth&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.revolutionpermanente.fr/Declaration-of-the-youth-of-the-FT-QI-For-a-pro-Palestine-anti-internationalist-youth&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Are the young people moved ? Of course, RP forgets to mention that &#034;moved&#034; young French people, with dual French-Israeli nationality, went to &#034;kill Palestinians&#034; in Gaza. RP has not conducted any union or political propaganda to denounce this commitment, drawing parallels with the presence of French soldiers in Romania or Abu Dhabi. This would bother SUD, which tolerates Anasse Kazib on the condition that he does not denounce this union organization's alignment with French imperialism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Are the Palestinians in the Gaza Strip suffering a genocide, as RP and the NPAs endlessly repeat to appear radical ? This term has become a catch-all since its use by the UN. Repeating the term genocide in relation to Gaza, without always recalling that the three main genocides of the 20th century were those of the Armenians, the Jews, and the Tutsis, with the participation of the French state in the last two, is to behave like a left-wing imperialist, a specialist in these false &#034;democratic protests.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The worst betrayal of the electoralist extreme left in these questions of wars or national oppression is to manipulate &#034;moved youth&#034; by making them believe that because a people is the victim of a massacre, its bourgeois national flag becomes synonymous with workers' internationalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When the Armenians were massacred by the Ottoman Empire, the Armenian people unfortunately did not become revolutionary. The parties of the Second International were right to denounce these massacres in the name of the socialist proletariat, but above all to do so by waving their red flag of the international socialist revolution. All those who today brandish the Kurdish question outside the class struggle should not forget that the Kurdish militias were one of the main tools of this genocide, even if the Kurds are today oppressed by the Turkish state whose leaders had served in its most abject works.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When the Jews were exterminated by Nazi Germany, they did not become a &#034;revolutionary people.&#034; Many of them, like R. Luxemburg and Trotsky, had become so long ago and did not fight behind any Jewish flag, but the flag of communism. Many Jews were Zionists when they were deported to Auschwitz, but denouncing their extermination did not require rallying to their Zionist ideal. It was when revolutionary armed struggles such as the Warsaw Ghetto Uprising, the Treblinka and Sobibor death camps broke out that revolutionaries began to question the policy to be pursued and welcomed the struggle of a nationality, even if it was regimented under the wrong flag, while continuing to criticize this flag, because it would lead them to a dead end. Unconditional support for a people undergoing a massacre does not mean unconditional support for its various flags and political currents. Waving the Palestinian flag is not support for the Palestinians. The NPA-R and A are wrong to do so, as well as to be complacent toward the flag of Ukrainian S. Bandera under the pretext of the Russian invasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Palestinian flag was designed on a corner of a table by British imperialism in 1916 to frame the revolt of their lackeys like Sharif Hussein (future king of Iraq), proclaimed leader of the &#034;Arab Revolt&#034; by Lawrence of Arabia. What is called Palestine today is an ill-defined piece of the British Mandate, product of the Treaty of Versailles. The revolutionaries in France who are waving this flag are in fact only the left wing of bourgeois democracy who proclaim : the Treaty of Versailles was potentially good and just for the Middle East, but the French bourgeoisie having been incapable of applying it well, the workers will know how to do it : for a just and viable Palestinian State !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The bourgeoisie of Hamas or the Palestinian nationalist movements are the worst enemies, today and tomorrow, of Palestinian workers. The far-left organizations that &#034;support the Palestinians&#034; avoid this fundamental question, and create a diversion by preaching hatred against Israel, without participating in any concrete action to prevent this State from perpetrating its massacre. This denunciation of Israel takes too much precedence in their propaganda over the denunciation of our French imperialism, for example in N. Arthaud who writes in his editorials :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Trump and Netanyahu dare to talk about peace after having devastated Gaza, attacked Lebanon and bombed Syria, then Iran. When these people talk about peace or war, it is always with weapons in hand, with devastating firepower. (...) And in Gaza the Israeli army continues its massacre.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt; (June 30)&lt;br class='autobr' /&gt; &#034;The most revolting thing is to present Israel and the United States as the liberators of the Iranians. As if a people could be liberated by the bombs falling on their heads !&#034;&lt;br class='autobr' /&gt; (June 23)&lt;br class='autobr' /&gt; &#034;Hand in hand with the United States, the Israeli state has therefore decided to crush under its iron heel all those who oppose its policy of colonization and oppression. And to do this, it is ready to set fire and blood throughout the Middle East. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; (June 16)&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; From its inception, the construction of the State of Israel has been an enterprise of colonization and brutal expulsion of the Palestinians, condemning any possibility of fraternal and egalitarian coexistence. For 77 years, the oppression of the Palestinians and the dispossession of their lands have hardly ceased, provoking ever more deadly clashes. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; (May 19)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For Lutte Ouvri&#232;re, the main enemy is the Israeli state ! This main enemy is no longer, contrary to Karl Liebknecht's maxim, &#034;in our own country&#034; ! The San Remo conference (1920) where the French governmental left (Alexandre Millerand), supported by the majority faction of the CGT (L&#233;on Jouhaux), created the French and British Mandates is forgotten ! That was 105 years ago, neither the Israelis nor the Americans were there, so let's start the story in 1948 : this is historical materialism revised by N. Arthaud, who no longer takes a question at its origin to study its historical development, but arbitrarily creates an origin consistent with official bourgeois, or CGT-ist, history, in order to be able to remain at peace with... the union bureaucracies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The CFTC, a split from which created the CFDT, a split from which in turn created SUD, was founded in 1919. All these trade union organizations therefore bear, like the CGT, the stigmata (they will like this Christian term) of this creation of the British mandate, one of the objectives of which was precisely this type of massacre that we see today in Gaza. Neither the CFDT nor SUD denied at their founding the support of their parent company for the Treaty of Versailles.&lt;br class='autobr' /&gt;
As for Lebanon, which emerged from the French mandate, the far left does not touch it at all !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This Palestinian state that the far left is calling for is a future machine for massacring Palestinians. In 1870, the war between France and Germany ended quickly when the bourgeoisies of these two powers joined forces to crush the Commune with their armies. The patriotic surge is certainly what gave birth to the Paris Commune, but its leaders immediately set about the socialist transformation of society. Yet today, none of the far-left organizations that denounce the massacre of Palestinians are calling for proletarian revolution in Palestine. Hamas is the Palestinian Versailles troops, who will crush any proletarian revolution if it breaks out.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unfortunately, there is no beginning of a national liberation war in the Gaza Strip today.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expect nothing from one bourgeois leadership against another : the example of a CGT which would be &#034;against&#034; the RN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The electoralist far left has replaced the class struggle with the electoral struggle. These parties give their activists hopes and illusions, making them believe that one aspect of the class struggle &#034;miraculously&#034; coincides with the struggle of the &#034;progressive&#034; bourgeoisie against the &#034;reactionary&#034; bourgeoisie. The &#034;miracle&#034; consists of opportunist groups making their activists believe that they intervene in &#034;big politics,&#034; that they &#034;have weight.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;An example is recently given by the NPA-R, in an article entitled : Layoffs at De Dietrich : when the extreme right tries to exploit social anger . Is this not proof that the electoral struggle against the RN is an element of the class struggle, in this case that led by the workers of the De Dietrich company against their layoffs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Who is leading the struggle ? Is it a strike committee led by the De Dietrich workers ? Is it the usual inter-union, thanks to which reformists from the CGT, SUD, CFDT or FO, in the service, essentially, of the bourgeoisie, will lead the workers into the wall, or limit the potential strength contained in any struggle ? Now the heart of the struggle is in &#034;the camp of the workers&#034; : the one sometimes open, sometimes hidden (in the terms of the Manifesto of Marx and Engels), between a proletarian leadership, and a bourgeois leadership.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By headlining against the &#034;extreme right&#034;, the NPA-R masks this main conflict, in the struggle of the workers of De Dietrich, to highlight an electoral struggle, that of the left against the RN :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Once the march was over, speeches were made by union representatives and local elected officials, including National Rally MP Th&#233;o Bernhardt, who was booed as soon as he arrived at the podium by left-wing activists. Without further ado, the FO M&#233;taux members, who were holding the podium, did not hesitate to play the police, supported by RN activists and private security agents to remove the activists who were chanting slogans against the far right, then called the police, who checked several of them.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/licenciements-a-de-dietrich-quand-extreme-droite-tente-dinstrumentaliser-la-colere-sociale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa-revolutionnaires.org/licenciements-a-de-dietrich-quand-extreme-droite-tente-dinstrumentaliser-la-colere-sociale/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The NPA-R implicitly provides the answer to a question it should ask explicitly, in an article and to the workers themselves : who is leading the De Dietrich workers' struggle ? We can guess from the NPA-R report that it is FO, but the NPA-R does not specify whether &#034;the members of FO M&#233;taux who held the platform&#034; are outsiders, representatives of the FO-M&#233;tallurgie Federation, or the leaders of the company's union. All of this becomes secondary, because for the NPA-R this struggle is subordinate to &#034;the fight against the extreme right.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As for the &#034;left-wing activists,&#034; are they De Dietrich workers ? If not, how do they help the struggle of the De Dietrich workers ? A spontaneous testimony of hostility from De Dietrich workers toward the extreme right would be a remarkable element to take into account, because it would prove that in embryo, the extreme right leadership by FO could be contested, this is in particular what can be accomplished by the establishment of a strike committee, a leadership apparatus of the struggle set up in opposition to the union apparatuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In any case, &#034;left-wing activists&#034; who boo far-right speakers aren't doing anything very useful. Shouting, applauding, and booing have become modes of intervention for the NPA-R, LO, and RP. Among themselves, we applaud and congratulate ourselves. Here, the intervention of &#034;left-wing activists&#034; consists of &#034;booing.&#034; What argument does the NPA-R provide to its activists or readers ? None, one must &#034;boo.&#034; A worker activist confronted in his workplace with a similar situation where FO imposes a far-right direction on any struggle could draw on an argument provided by all the &#034;revolutionaries&#034; who speak in the name of the workers. However, parties like LO, the NPA-R, and RP do not apply Lenin and Trotsky's program in the unions : to form a core of communist activists in the unions where they are present.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shouting &#034;hurray !&#034; or &#034;down with it !&#034; pretty much sums up the training these parties give their activists. These methods apparently allow these parties to grow. The NPA-R boasts of bringing together several hundred young activists. 500 activists would make an average of 5 per department in France. Where are these activists on occasions like those of the De Dietrich workers' struggle ? If they were present, their commitment consisted of expressing &#034;critical&#034; support for the left and the CGT :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;While the CGT, alone, spoke of the rapacity of the bosses and rightly denounced the National Rally, it too is calling for the State and nationalization. How can we save jobs ? When we see the fate reserved for hospitals, education, and all public services, we wonder how the fate of nationalized companies would be any different.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But the NPA-R implies that the PS, the PCF, the leadership of the CGT, have a policy substantially different from that of the RN :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;These statements have served the RN, which wants to claim to be a party concerned about workers (...) The RN's only perspective is to drive out foreigners to force their voters to accept their working conditions, to divide us in order to better exploit us. And the bosses will continue to lay off workers, including to optimize their productivity gains. The bosses' offensive is general, the response must be just as general. The bosses and the RN are trying to divide us, but only a coordinated, collective struggle by workers could force the bosses and the government to back down on layoffs, even to the point of imposing a ban on them !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So according to the NPA-R, the RN is a false friend of the workers, meaning : the PS, the PC, the CGT and other &#034;republicans&#034; are real ones ! Certainly they do not go far enough, but in the right direction. And we will be able, by going a little further, to &#034;coordinate&#034; a &#034;general struggle of the workers&#034; without fighting locally in each factory for a strike committee. However, the bourgeoisie has learned to &#034;coordinate&#034; the struggles of the workers by co-opting the union leaderships in its institutions since 1914. The task of the proletariat in struggle is to destroy this coordinated bourgeois leadership of the general struggle of the workers formed by the CGT, SUD, FO by establishing a coordinated proletarian leadership of the general struggle of the workers . But the NPA-R, like LO and RP, are not waging this struggle against the bourgeois leadership of the unions, because they want &#034;leaders&#034; who &#034;appear on TV&#034;, and are therefore approved by the union leaderships.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Through this political form of &#034;fighting the extreme right&#034;, LO, RP and the NPA-R are only applying a Popular Front policy, although they boast of not having participated in it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To give false objectives to the militants and the working class, by appearing to &#034;hold on&#034;, to limit oneself &#034;unfortunately&#034; to what revolutionaries can do in a period which is not &#034;revolutionary&#034; ... is to build on sand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After the crushing of the Paris Commune, Karl Marx made a statement that remains relevant today :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;That after the most terrible war of modern times, the vanquished and the victor fraternize in order to jointly massacre the proletariat, this unheard-of event proves, not as Bismarck thinks, the definitive crushing of a new rising society, but the complete disintegration of the old bourgeois society. The highest heroic effort of which the old society is still capable is a national war ; and it has now been proven that this is a pure mystification of governments, intended to retard the class struggle, and this mystification is discarded as soon as this class struggle breaks out into civil war. Class rule can no longer hide behind a national uniform ; the national governments are one against the proletariat !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No national war has any positive meaning for the workers if it is not part of the preparation or accomplishment of the civil war that is the proletarian revolution ! The slightest strike must carry the seeds of this civil war : the formation of factory committees, of soviets, with the aim of destroying or discrediting the annexes of the bourgeois state apparatus that are the reformist parties and the trade union leaderships.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Apprenons &#224; donner des r&#233;ponses prol&#233;tariennes...</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8248</link>
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		<dc:date>2025-06-13T22:04:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apprenons &#224; donner des r&#233;ponses prol&#233;tariennes face aux crimes des gouvernants capitalistes &lt;br class='autobr' /&gt;
Mort au travail d'une surveillante de coll&#232;ge &#224; Nogent (52) &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un site du S&#233;nat qui souligne le cercle vicieux de la politique pr&#233;tendument s&#233;curitaire du gouvernement, qui a abouti &#224; l'assassinat d'une femme de 31 ans, salari&#233;e de l'enseignement : &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Apr&#232;s le d&#233;c&#232;s, en mars dernier, d'un jeune de 17 ans lors d'une rixe devant un lyc&#233;e, les ministres Bruno Retailleau et Elisabeth Borne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_18010 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre1-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH419/sans_titre1-2-416a0.jpg?1787633466' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apprenons &#224; donner des r&#233;ponses prol&#233;tariennes face aux crimes des gouvernants capitalistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mort au travail d'une surveillante de coll&#232;ge &#224; Nogent (52)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un site du S&#233;nat qui souligne le cercle vicieux de la politique pr&#233;tendument s&#233;curitaire du gouvernement, qui a abouti &#224; l'assassinat d'une femme de 31 ans, salari&#233;e de l'enseignement :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Apr&#232;s le d&#233;c&#232;s, en mars dernier, d'un jeune de 17 ans lors d'une rixe devant un lyc&#233;e, les ministres Bruno Retailleau et Elisabeth Borne mettaient en place une circulaire pour instaurer des contr&#244;les al&#233;atoires de sacs dans les &#233;tablissements scolaires. C'est &#224; l'occasion d'un contr&#244;le de sacs qu'un &#233;l&#232;ve de 14 ans a ass&#233;n&#233; plusieurs coups de couteau &#224; une assistante d'&#233;ducation de 31 ans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le rem&#232;de n'est pas meilleur que le mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que disait cette circulaire Retailleau-Borne ? La Voix du Nord &#233;crivait le 28 Mars :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les &#233;l&#232;ves pourront d&#233;sormais se faire fouiller les sacs avant d'entrer dans leurs &#233;tablissements &#8211; lyc&#233;e et coll&#232;ge. Les deux ministres Elisabeth Borne et Bruno Retailleau ont rendu possible ce dispositif, d'apr&#232;s une circulaire envoy&#233;e aux pr&#233;fets cette semaine. Ces derniers sont pri&#233;s de &#171; d&#233;terminer les &#233;tablissements n&#233;cessitant une action prioritaire &#187;, et de &#171; mettre en &#339;uvre des contr&#244;les al&#233;atoires aux abords des &#233;tablissements par les forces de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure sous l'autorit&#233; des parquets &#187;, a r&#233;v&#233;l&#233; TF1. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est donc &lt;i&gt;par les forces de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure&lt;/i&gt; que ces contr&#244;les devaient &#234;tre effectu&#233;s. Le personnel d'&#233;ducation est-il cens&#233; y participer ? Pas d'apr&#232;s l'extrait de cette circulaire. Quoi qu'il en soit, c'est &lt;i&gt;par les forces de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure sous l'autorit&#233; des parquets&lt;/i&gt; que cette op&#233;ration du 10 juin devant le coll&#232;ge F. Dolto fut organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vues les parties impliqu&#233;es dans cette circulaire Retailleau-Borne (forces de s&#233;curit&#233; internes et parquet), la conf&#233;rence de presse du procureur de la R&#233;publique de Chaumont du 11 juin, devient une le&#231;on de chose : la caricature de la justice qu'est la justice bourgeoise en g&#233;n&#233;ral, en particulier lorsque l'Etat bourgeois ... juge ses propres m&#233;faits.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18007 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/capture_d_ecran_2025-06-13_182045.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH271/capture_d_ecran_2025-06-13_182045-80bf3.jpg?1787633467' width='500' height='271' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18006 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/capture_d_ecran_2025-06-13_182007.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH249/capture_d_ecran_2025-06-13_182007-68ef6.jpg?1787633467' width='500' height='249' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Car ce procureur de la R&#233;publique qui organise cette conf&#233;rence de presse est lui-m&#234;me un membre &#233;minent du parquet ... qui a organis&#233; la fouille devant le coll&#232;ge : il est juge et partie. Le parquet se juge lui-m&#234;me dans cette affaire. Le colonel de gendarmerie qui intervint aux c&#244;t&#233;s du procureur &#224; cette conf&#233;rence de presse, &#233;tait lui aussi un des organisateurs de cette op&#233;ration qui aboutit au drame !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parquet et la gendarmerie de Haute-Marne, organisateurs de l'op&#233;ration du 10 juin qui aboutit &#224; la mort d'une salari&#233;e, vont se juger eux-m&#234;mes dans cette affaire criminelle : bienvenue au coeur de l'Etat bourgeois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas &#233;tonnant que cette conf&#233;rence de presse ait eu un aspect b&#226;cl&#233;, compar&#233;e &#224; d'autres du m&#234;me genre beaucoup plus rigoureuses : elle ne retra&#231;a pas la chronologie des faits, en commen&#231;ant par : d&#233;cision par x et y d'organiser la fouille, en suivant le protocole z, dans le cadre de la circulaire Retailleau-Borne. Existe-t-il d'ailleurs un protocole dans l'organisation de telles fouilles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'appareil d'Etat (parquet et gendarmerie) dont on ne pouvait attendre grand-chose, ces sont les organisations syndicales qui sont les plus abjectes : que faisaient-elles, alors que la patronne de la victime, E. Borne, responsable d'apr&#232;s le Code du travail de la s&#233;curit&#233; de ses employ&#233;s au travail, venait se pavaner sur les lieux d'un accident dont elle est potentiellement responsable ? Ou est la contre-enqu&#234;te des syndicats, l'appel &#224; une gr&#232;ve politique nationale appelant les personnels &#224; ne plus accepter d'&#234;tre utilis&#233;s comme &#034;chair &#224; couteau de cuisine&#034; par les gendarmes et le parquet, larbins au service de la carri&#232;re de Retaillleau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse que peut apporter le mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire &#224; ces morts au travail peut s'inspirer de la &#171; R&#233;solution sur la question fran&#231;aise &#187; de 1922 o&#249; L&#233;nine et Trotsky commentaient les erreurs du tout jeune Parti communiste fran&#231;ais qui n'avait pas encore rompu avec ses traditions social-d&#233;mocrates de collaboration de classe, en r&#233;ponse &#224; un assassinat d'ouvriers par l'Etat :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Les le&#231;ons de la gr&#232;ve du Havre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve du Havre, malgr&#233; son caract&#232;re local, est un t&#233;moignage indubitable de la combativit&#233; croissante du prol&#233;tariat fran&#231;ais. Le gouvernement capitaliste a r&#233;pondu &#224; la gr&#232;ve par l'assassinat de quatre ouvriers, comme s'il se h&#226;tait de rappeler aux ouvriers fran&#231;ais qu'ils ne pourront conqu&#233;rir le pouvoir et d&#233;truire l'esclavage capitaliste qu'au prix de la plus grande lutte, du maximum de d&#233;vouement et d'abn&#233;gation et de nombreux sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;ponse du prol&#233;tariat fran&#231;ais aux assassinats du Havre a &#233;t&#233; compl&#232;tement insuffisante, la responsabilit&#233; en incombe (...) &#224; la trahison, devenue depuis longtemps de r&#232;gle parmi les dissidents et les syndicalistes r&#233;formistes (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
En divisant d'un fa&#231;on incorrecte en principe la lutte de classe du prol&#233;tariat en deux domaines soi-disant ind&#233;pendants, l'&#233;conomique et le politique, le Parti, cette fois encore, ne fit preuve d'aucune initiative ind&#233;pendante, se bornant &#224; appuyer la C.G.T.U., comme si en r&#233;alit&#233; l'assassinat de quatre prol&#233;taires par le gouvernement du capital &#233;tait un acte &#233;conomique et non un &#233;v&#233;nement politique de premi&#232;re importance. Quant &#224; la C.G.T.U., sous la pression du Syndicat parisien du B&#226;timent, elle proclama le lendemain des assassinats du Havre, un dimanche, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de protestation pour le mardi. Les ouvriers de France n'eurent pas le temps, dans beaucoup d'endroits, d'apprendre non seulement l'appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, mais m&#234;me le fait de l'assassinat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tait d'avance vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. (...) Le Parti, de son c&#244;t&#233;, capitula en silence devant la d&#233;marche &#233;videmment erron&#233;e de la C.G.T.U. au lieu d'essayer, sous une forme amicale mais instante, d'obtenir de cette derni&#232;re l'ajournement de la manifestation gr&#233;viste dans le but de d&#233;velopper une vaste agitation de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re obligation, tant du Parti que de la C.G.T.U. devant le crime ignoble de la bourgeoisie fran&#231;aise, &#233;tait de mobiliser imm&#233;diatement un millier des meilleurs agitateurs du Parti et des syndicats &#224; Paris et en province, pour expliquer aux &#233;l&#233;ments les plus arri&#233;r&#233;s de la classe ouvri&#232;re le sens des &#233;v&#233;nements du Havre, et pour pr&#233;parer les masses ouvri&#232;res &#224; la protestation et &#224; la d&#233;fense. Le Parti &#233;tait tenu, en pareil cas, de lancer &#224; plusieurs millions d'exemplaires un appel &#224; la classe ouvri&#232;re et aux paysans, &#224; l'occasion du crime du Havre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule, une campagne de ce genre, syst&#233;matique, concentr&#233;e, universelle par ses moyens, tendue et infatigable, pouvait, men&#233;e pendant toute une semaine et plus, &#234;tre couronn&#233;e par un mouvement puissant et imposant, sous la forme d'une grande gr&#232;ve de protestation, de manifestation dans la rue, etc. Le r&#233;sultat s&#251;r d'une telle campagne aurait &#233;t&#233; d'augmenter dans les masses les liaisons, l'autorit&#233; et l'influence du Parti et de la C.G.T.U., de les rapprocher mutuellement dans le travail r&#233;volutionnaire et de rapprocher d'eux la partie de la classe ouvri&#232;re qui suit encore les r&#233;formistes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'absence de telles r&#233;ponses r&#233;volutionnaires, de la part des personnels de l'Education autant que de leurs organisations syndicales, est incarn&#233; par le parti Lutte Ouvri&#232;re, dont les candidats aux &#233;lections sont plus des enseignants que des ouvriers, et dont la porte-parole se pr&#233;sente elle-m&#234;me comme une &#034;travailleuse de l'enseignement&#034;. Retailleau est rassur&#233;, ce n'est pas N. Arthaud qui appellera &#224; une quelconque gr&#232;ve politique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Une surveillante de coll&#232;ge est morte au travail, poignard&#233;e par un &#233;l&#232;ve de 14 ans lors d'un contr&#244;le des entr&#233;es par les gendarmes. Imm&#233;diatement les politiciens r&#233;actionnaires ont fait assaut d'une d&#233;magogie s&#233;curitaire, d'autant plus bruyante qu'ils sont impuissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sant&#233; mentale de la jeunesse se d&#233;grade et la violence se d&#233;veloppe en son sein. Mais qui en est responsable, si ce n'est les dirigeants de l'&#201;tat qui ont gratt&#233; au fil des ans les budgets des services publics de l'&#201;ducation et de la Sant&#233;, favorisant ce type de drame ? S'il manque des adultes pour encadrer les jeunes dans les &#233;tablissements scolaires et des m&#233;decins et infirmi&#232;res scolaires, alors que les milliards coulent &#224; flot pour l'arm&#233;e, &#224; qui la faute ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte Ouvri&#232;re Trag&#233;die de Nogent (11 juin)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De plus, cet article apparait &#224; tort dans l'hebdomadaire LO non pas dans la rubrique : &lt;i&gt;Dans les entreprises&lt;/i&gt; mais dans celle de &lt;i&gt;Leur soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;. LO ne veut pas inscrire cet &#233;v&#233;nement dans le calendrier de la lutte des classes, ien lien avec les accidents du travail dans d'autres secteurs ouvrier. LO imite en cela la CGT et Solidaires, qui h&#233;berge JP Mercier autre porte-parole de LO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA-R &#233;galement se contente de soupirer, renvoyant m&#234;me, &#224; tort, quasiment dos-&#224;-dos la victime et son assassin :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; combien de vies g&#226;ch&#233;es ? D'abord celle de la jeune surveillante tu&#233;e (...) Mais aussi celle de son jeune meurtrier dont les Retailleau oublient que c'est un mineur de 14 ans, sans avenir d&#233;sormais.(...) Que faut-il pour que ces cr&#233;tins cessent de croire que les probl&#232;mes se r&#232;glent &#224; coup de menton, pour qu'ils cessent d'imposer &#224; tout le monde leurs pr&#233;tendues solutions ? Faire collaborer les assistants d'&#233;ducation et les flics &#224; la porte des &#233;tablissements scolaires&#8230; oui, il faut &#234;tre cr&#233;tin pour ne pas comprendre que c'est catastrophique. Les m&#234;mes nous r&#233;p&#232;tent &#224; l'envi que l'&#233;cole doit &#234;tre un sanctuaire. Eh bien, justement, les flics n'y ont pas leur place. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et appeler en cons&#233;quence d&#232;s maintenant les personnels &#224; ne plus participer &#224; des fouilles &#224; l'ext&#233;rieur de leur &#233;tablissement, o&#249; ils n'ont rien &#224; faire ? Le NPA-R ne l'envisage m&#234;me pas ! Les places de ses militants sur les listes Solidaires-CGT aux prochaines &#233;lections sont assur&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, le NPA-R et LO n'envisagent m&#234;me pas la gr&#232;ve &#224; ce propos : on ne contredit pas les directions de Solidaires ou de la CGT quand on veut garder sa place dans l'&lt;i&gt;Assiette au beurre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vrai affrontement avec Retailleau est &#224; l'ordre du jour avec les m&#233;thodes de la classe ouvri&#232;re : gr&#232;ve d'une corporation dont la vie est mise en danger au travail &#224; cause de sa circuclaire de mars 2025. Faire des d&#233;claration anti-police n'est que du verbiage pseudo-r&#233;volutionnaire si l'on ne propose pas l'auto-d&#233;fense des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mener leur propre politique face &#224; celle de la classe dirigeante, les travailleurs ont besoin de clart&#233; sur la question de l'Etat. Les fausses extr&#234;mes gauches n'en ont gu&#232;re ! Lutte ouvri&#232;re se dit m&#234;me favorable &#224; la police de proximit&#233; ! Aucune organisation de cette extr&#234;me gauche ne souligne que tous les appareils syndicaux sont li&#233;s &#224; l'appareil d'Etat au point qu'on peut consid&#233;rer qu'ils en font partie. Et l'Etat tout entier est au service de la classe poss&#233;dante et non de la population. Leurs relations avec la d&#233;mocratie bourgeoise (&#233;lections, syndicats, institutions, services dit public) sont une preuve que ces organisations qui se disent r&#233;volutionnaires ne le sont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le point le plus remarquable est qu'ils n'envisagent jamais, face &#224; une mobilisation qui serait n&#233;cessaire, d'en appeler &#224; la constitution de comit&#233;s de travailleurs. Et, avec l'affaire de Nogent, pas plus que pour les licenciements, pour les attaques des services publics, notamment des h&#244;pitaux, pour les attaques contre les migrants, ou pour les attaques internationales comme la marche &#224; la guerre ou l'armement d'Isra&#235;l par &#171; leur &#187; Etat, dans aucun de ces cas, ils ne dissocient suffisamment de la d&#233;mocratie bourgeoise pour en appeler &#224; la formation de&#8230; SOVIETS ! Et pourtant ces gens-l&#224; se disent des partisans de la r&#233;volution d'Octobre de L&#233;nine et Trotsky !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec la politique des soviets qu'il faut renouer, y compris pour se d&#233;marquer des bureaucraties syndicales, pour pr&#233;parer la classe ouvri&#232;re &#224; son r&#244;le socialiste et pour former les premiers &#233;l&#233;ments d'un futur parti r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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