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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La nouvelle situation internationale n&#233;cessite une nouvelle internationale r&#233;volutionnaire des travailleurs</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8711</link>
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		<dc:date>2026-04-08T22:43:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>
		<dc:subject>Voix des Travailleurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les IV&#232;mes internationales sont mortes. Face &#224; la guerre, il faut b&#226;tir la &#034;V&#232;me Internationale, parti mondial de la r&#233;volution socialiste&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans deux articles consacr&#233;s &#224; la pr&#233;paration de la fondation de la IVe Internationale, qui aura lieu en 1938, Trotsky &#233;crivait : &lt;br class='autobr' /&gt;
Les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes se consid&#232;rent comme une fraction de l'internationale qui se b&#226;tit &#171; &#201;tiquettes &#187; et &#171; Num&#233;ros &#187; (7 ao&#251;t 1935) Dans un &#233;crit du 14 juillet 1935, Trotsky avait d&#233;termin&#233; le nom de la IVe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot321" rel="tag"&gt;Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les IV&#232;mes internationales sont mortes. Face &#224; la guerre, il faut b&#226;tir la &#034;V&#232;me Internationale, parti mondial de la r&#233;volution socialiste&#034; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans deux articles consacr&#233;s &#224; la pr&#233;paration de la fondation de la IVe Internationale, qui aura lieu en 1938, Trotsky &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes se consid&#232;rent comme une fraction de l'internationale qui se b&#226;tit&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/%C2%AB_%C3%89tiquettes_%C2%BB_et_%C2%AB_Num%C3%A9ros_%C2%BB&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#201;tiquettes &#187; et &#171; Num&#233;ros &#187; (7 ao&#251;t 1935)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans un &#233;crit du 14 juillet 1935, Trotsky avait d&#233;termin&#233; le nom de la IVe Internationale :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il me semble que le seul nom qui convienne pour notre Internationale soit parti mondial de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/texts/fr/Parti_mondial_de_la_r%C3%A9volution_socialiste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Parti mondial de la r&#233;volution socialiste (14 juillet 1935)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces deux textes, ignor&#233;s de tous les partis qui pr&#233;tendent &#034;reconstruire la IV&#176; Internationale&#034; et qui se qualifient de &#034;trotskistes&#034;, avec la b&#233;n&#233;diction des media bourgeois, sont d'actualit&#233; pour poser la question de la n&#233;cessit&#233; d'une nouvelle internationale communiste, marxiste, la V&#232;me, contre celle des partis qui comme LO, les NPAs, RP se r&#233;clament de la &#034;IV&#232;me internaltionale&#034; fond&#233;e par Trotsky, mais qui n'ont plus rien de commun avec Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marceau Pivert, le mod&#232;le de l'extr&#234;me-gauche fran&#231;aise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des deux textes de Trotksy cit&#233; plus est une lettre r&#233;pondant &#224; celle de Marceau Pivert, membre de l'aile gauche de la SFIO de L&#233;on Blum, dont le parti venait d'exclure les partisans de Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La lettre de Marceau Pivert sur les exclusions des chefs de la jeunesse r&#233;volutionnaire de la Seine, malgr&#233; son but louable, renferme un certain nombre d'id&#233;es inexactes qui, dans leur d&#233;veloppement, peuvent conduire &#224; de s&#233;rieuses erreurs. Pr&#233;venir les jeunes camarades contre ces erreurs est le vrai devoir d'un marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pivert lui-m&#234;me accuse nos amis de commettre une grande &#171; erreur psychologique &#187; en prenant le nom de bolcheviks-l&#233;ninistes. Puisque le &#171; bolchevisme initial &#187;, selon Pivert, niait la structure d&#233;mocratique du parti, l'&#233;galit&#233; (?) pour toutes les tendances, etc. par leur nom m&#234;me, les bolcheviks-l&#233;ninistes donnent &#224; la bureaucratie. du parti une arme contre eux-m&#234;mes. En d'autres termes, l' &#171; erreur psychologique &#187; consiste en une adaptation insuffisante &#224; la psychologie de la bureaucratie du parti.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de Trotsky en France &#233;taient entr&#233;s &#224; la SFIO, le parti socialiste de l'&#233;poque, adoptant le titre de Fraction bolch&#233;vique-l&#233;niniste. C'est ce dernier qualificatif que Pivert d&#233;nigre, le pr&#233;sentant comme &#034;faisant mal aux oreilles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolch&#233;viks-leninistes, c'est ce que nous sommes en 2026 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce reproche pivertiste, les groupes fran&#231;ais d'extr&#234;me-gauche l'ont int&#233;gr&#233; &#224; leur langage, &#224; leur identit&#233; : aucun d'eux ne se r&#233;clame du &#034;bolchevisme-l&#233;ninisme&#034;. Ils reprennent le terme de &#034;trotskiste&#034;, raccourci certes commode, mais bien moins pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky continue sa lettre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce jugement de Pivert repr&#233;sente une &#171; erreur politique &#187; tr&#232;s s&#233;rieuse, et m&#234;me une s&#233;rie d'erreurs. Il n'est pas vrai que le &#171; bolchevisme initial &#187; niait la structure d&#233;mocratique du parti. J'avance l'affirmation absolument contraire : il n'y a pas eu et il n'y a pas de parti plus d&#233;mocratique que celui de L&#233;nine. Ce parti s'&#233;tait form&#233; par en bas. Il d&#233;pendait seulement des ouvriers avan&#173;c&#233;s. Il ne connaissait pas la dictature cach&#233;e, masqu&#233;e, mais d'au&#173;tant plus n&#233;faste, des &#171; amis &#187; bourgeois du prol&#233;tariat, des parle&#173;mentaires carri&#233;ristes, des maires affairistes, des journalistes de salon, de toute cette confr&#233;rie parasitaire qui permet &#224; la base du parti de parler &#171; librement &#187;, d&#233;mocratiquement &#187;, mais se maintient elle-m&#234;me avec t&#233;nacit&#233; &#224; l'appareil et, en fin de compte, fait ce qu'elle veut. Ce genre de &#171; d&#233;mocratie &#187; dans le parti n'est rien d'autre qu'une copie de l'&#201;tat d&#233;mocratique-bourgeois, qui lui aussi permet au peuple de parler &#171; librement &#187;, puis laisse le pouvoir r&#233;el &#224; une poign&#233;e de capitalistes. Pivert commet une tr&#232;s grande erreur politique en id&#233;alisant et en embellissant la &#171; d&#233;mocratie &#187; hypo&#173;crite et mensong&#232;re de la S.F.I.O. qui, en fait, freine et paralyse l'&#233;ducation r&#233;volutionnaire des ouvriers en &#233;touffant leur voix par le ch&#339;ur des conseillers municipaux, des parlementaires et autres qui sont impr&#233;gn&#233;s jusqu'&#224; la moelle d'int&#233;r&#234;ts petits-bourgeois &#233;go&#239;stes et de pr&#233;jug&#233;s r&#233;actionnaires. La t&#226;che du r&#233;volutionnaire, m&#234;me si la marche du d&#233;veloppement le contraint &#224; travailler dans la m&#234;me orga&#173;nisation que les r&#233;formistes, ces exploiteurs politiques du prol&#233;tariat, consiste non pas &#224; prendre l'attitude du prot&#233;g&#233; et &#224; faire sienne celle de l'amiti&#233; mensong&#232;re pour ces agents de la bourgeoisie, mais &#224; &lt;strong&gt;s'opposer en face des masses le plus clairement, le plus &#226;prement, le plus implacablement possible aux opportunistes, aux patriotes, aux &#171; socialistes &#187; absolument bourgeois.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'opposer en face des masses le plus clairement, le plus &#226;prement, le plus implacablement possible aux opportunistes, aux patriotes, aux &#171; socialistes &#187; absolument bourgeois &#187; est ce que ne font jamais des partis comme LO, les NPAs et RP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rappel historique de Trotsky &#171; Ce parti s'&#233;tait form&#233; par en bas. Il d&#233;pendait seulement des ouvriers avan&#173;c&#233;s. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
est pour nous fondamental. C'est en s'appuyant sur des noyaux ouvriers, qu'une direction r&#233;volutionnaire deviendra un embryon, une fraction d'un futur parti ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la tactique de ces groupes d'extr&#234;me-gauche, c'est d'obtenir des &#233;tiquettes bureaucratiques syndicales pour leurs militants, les pr&#233;senter aux &#233;lections locales et nationales, ce qui leur permettra de revendiquer &#224; nouveau des &#233;tiquettes bureaucratiques syndicales et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces groupuscules qui se veulent tous les moins sectaires du monde sont incapables de se r&#233;unir comme diff&#233;rentes fractions d'un m&#234;me parti, car ils sont en concurrence aupr&#232;s des bureaucraties syndicales. &#171; les r&#233;formistes, ces exploiteurs politiques du prol&#233;tariat &#187;, qui ne sont jamais d&#233;sign&#233;s sous ces noms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prendre l'attitude du prot&#233;g&#233; et &#224; faire sienne celle de l'amiti&#233; mensong&#232;re pour ces agents de la bourgeoisie &#187; est donc exactement ce que font LO le NPA-R et RP vis-&#224;-vis de LFI, la CGT ou Sud Solidaires. Car &#171; agents de la bourgeoisie &#187; est pour les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes d'aujourd'hui le seul qualificatif juste &#224; appliquer &#224; LFI, la CGT ou Sud Solidaires, et c'est ce que ne font jamais ces groupuscules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque de confiance en la classe ouvri&#232;re, c'est ce qui caract&#233;rise ces groupuscules. Pourtant, Trotsky rappelait que pour les marxistes, c'est la classe ouvri&#232;re, non pas les &#034;personnalit&#233;s&#034; en qui r&#233;side le facteur d&#233;cisif :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;ceux qui choisiront et qui trancheront, ce seront, en fin de compte, non les Blum et les Zyromski, mais les masses, les millions d'exploit&#233;s. C'est. sur eux qu'il faut s'aligner, c'est pour eux qu'il faut b&#226;tir un parti. Le malheur de Pivert, c'est que jusqu'&#224; maintenant il n'a pas rompu le cordon ombilical qui le relie au petit monde des Blum et des Zyromski&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Certes ces groupes d&#233;noncent des personnalit&#233;s comme JL M&#233;lenchon mais pas comme des ennemis de classe, des agents de la bourgeoisie, seulement comme des &#034;institutionnels&#034;, donc mod&#233;r&#233;s, et pour mettre en avant des &#034;personnalit&#233;s&#034;, JP Mercier, N. Arthaud, se coulant dans le moule de la politique bourgeoise, qui s&#233;lectionne des &#034;moulins &#224; parole&#034; qui &#034;parlent bien&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous sommes des bolch&#233;viks-l&#233;ninistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de reprendre ce nom. C'est celui que Trotsky choisit pour ses partisans en France. Les partis LO et NPA-R r&#233;p&#232;tent d'un ton solennel : nous sommes pour la construction d'un parti communiste r&#233;volutionnaire. Mais ce terme abstrait a toujours &#233;t&#233; revendiqu&#233; par les &#171; pr&#233;tendus communistes &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;A chaque occasion nouvelle, [Pivert] regarde ses &#171; amis &#187; et leur t&#226;te le pouls avec inqui&#233;tude. Et c'est cette politique fausse, illusoire, non r&#233;aliste, qu'il r&#233;clame des bolcheviks-l&#233;ninistes ! Ils doivent, para&#238;t-il, renoncer &#224; leur propre nom. Pourquoi ? Est-ce que ce nom effraie les ouvriers ? Au contraire. Si les pr&#233;tendus &#171; communistes &#187;, malgr&#233; toutes les trahisons et tous les crimes qu'ils ont commis, retiennent sous leur drapeau une partie importante du prol&#233;tariat, c'est uniquement parce qu'ils se pr&#233;sentent aux masses comme les porteurs des traditions de la r&#233;volution d'Octobre. Les ouvriers ne craignent ni le bolchevisme ni le l&#233;ninisme. Ils demandent seulement (et ils font bien) : &#171; Sont-ils de v&#233;ritables bolcheviks, ou de faux ? &#187; Le devoir des r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens cons&#233;quents est, non pas de renoncer au nom de bolcheviks, mais de montrer dans les faits aux masses leur bolchevisme, c'est-&#224;-dire l'esprit r&#233;volutionnaire cons&#233;quent et le d&#233;vouement absolu, &#224; la cause des opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Le terme de bolch&#233;visme-l&#233;ninisme fait clairement r&#233;f&#233;rence &#224; Octobre 1917, &#224; la dictature du prol&#233;tariat, comme Trotsky l'expliquait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi donc, insiste Pivert, se coller sur le nombril une &#233;tiquette (?) au lieu de &#171; suivre les enseignements qu'elle comporte &#187; ? Mais Pivert lui-m&#234;me ne porte-t-il pas l' &#171; &#233;tiquette &#187; de socialiste ? Dans le domaine de la politique tout comme les autres domaines de l'activit&#233; humaine, il est impossible de proc&#233;der sans &#171; &#233;tiquettes &#187;, c'est-&#224;-dire sans d&#233;nominations et qualificatifs aussi pr&#233;cis que possible. Le nom de &#171; socialiste &#187; est non seulement insuffisant mais absolument trompeur, car s'intitulent &#171; socialistes &#187; en France tous ceux qui en ont envie. Par leur nom, les bolcheviks-l&#233;ninistes disent &#224; tous et &#224; chacun que leur th&#233;orie, c'est le &#171; marxisme &#187;, que c'est non pas le &#171; marxisme &#187; d&#233;natur&#233; et prostitu&#233; des r&#233;formistes (&#224; la Paul Faure, Jean Longuet, S&#233;verac, etc.) mais le v&#233;ritable marxisme restaur&#233; par L&#233;nine et appliqu&#233; par lui aux questions fondamentales de l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme ; qu'ils s'appuient sur l'exp&#233;rience de la r&#233;volution d'Octobre, d&#233;velopp&#233;e dans les d&#233;cisions des quatre premiers congr&#232;s de l'Internationale communiste ; qu'ils sont solidaires du travail th&#233;orique et politique accompli par l' &#171; opposition de gauche &#187; de l'Internationale communiste (1923-1932) ; enfin qu'ils se rangent sous le drapeau de la IV&#176; Internationale. En politique, le &#171; nom &#187;, c'est le &#171; drapeau &#187;. Celui qui renonce aujourd'hui &#224; un nom r&#233;volutionnaire pour le bon plaisir de L&#233;on Blum et consorts, celui-l&#224; renoncera aussi facilement demain au drapeau rouge pour le drapeau tricolore&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'exp&#233;rience de la r&#233;volution d'Octobre, d&#233;velopp&#233;e dans les d&#233;cisions des quatre premiers congr&#232;s de l'Internationale communiste ; (...) [le] travail th&#233;orique et politique accompli par l' &#171; opposition de gauche &#187; de l'Internationale communiste (1923-1932) &#187; sont des r&#233;f&#233;rences jamais invoqu&#233;es par ces groupuscules d'extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les 4 premiers congr&#232;s : les c&#233;l&#232;bres &#034;21 conditions&#034; qui y furent &#233;nonc&#233;es en 1920, ces partis n'en remplissent aucune, c'est la raison pour laquelle ils ne se r&#233;clament plus de ces textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'Opposition de gauche : quand en 1929 Trotsky fut expuls&#233; d'URSS par la bureaucratie contre-r&#233;volutionnaire, il rassembla autour de trois points l' &#171; opposition de gauche &#187; internationale, un de de ces points &#233;tant la d&#233;nonciation de la collaboration de Staline avec les directions syndicales britanniques dans le cadre du Comit&#233; anglo-russe. Or la collaboration avec les directions syndicales fran&#231;aises, c'est l'alpha et l'om&#233;ga de la &#034;tactique&#034; de nos groupes d'extr&#234;me-gauche. Leurs porte-parole sont syst&#233;matiquement des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux fid&#232;les &#224; la direction qui les a nomm&#233;s : Sud-Solidaires pour JP Mercier (LO), Anasse Kazibe (RP) et Ga&#235;l Quirante (NPA-R).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affirmer que LO, RP et NPA-R ont trahi les id&#233;aux de la IV&#232;me internationale serait donc d&#233;j&#224; les flatter : c'est de la III&#232;me internationale de 1919-1922, de l'opposition de gauche au stalinisme dans les PC en 1923-1933, que ces groupuscules ne sont en rien les h&#233;ritiers. Ils se rangent parmi cette pl&#233;iade de groupuscules non staliniens qui se disaient socialistes ou communistes, mais irr&#233;cup&#233;rables et contre lesquels Trotsky pol&#233;miqua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La 5&#232;me internationale est d'actualit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos des num&#233;ros, Trotsky r&#233;pondait &#224; Pivert :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pivert proclame le droit de tout socialiste d'esp&#233;rer en une meilleure Internationale &#171; avec ou sans changement de num&#233;ro &#187;. Cette ironie un peu d&#233;plac&#233;e sur le &#171; num&#233;ro &#187; repr&#233;sente une erreur politique du m&#234;me type que l'ironie sur l'&#171; &#233;tiquette &#187;. Politiquement, la question se pose ainsi : le prol&#233;tariat mondial peut-il arriver &#224; lutter avec succ&#232;s contre la guerre, le fascisme, le capitalisme, sous la direction des r&#233;formistes ou des staliniens - c'est-&#224;-dire de la diplomatie sovi&#233;tique ? Nous r&#233;pondons : il ne le peut pas. La II&#176; et la III&#176; Internationales ont &#233;puis&#233; leur contenu et sont devenues des obstacles sur la voie r&#233;volutionnaire. Les &#171; r&#233;former &#187; est impossible, car toute leur direction est radicalement hostile aux t&#226;ches et aux m&#233;thodes de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Celui qui n'a pas compris jusqu'au bout l'effondrement des deux Internationales, celui-l&#224; ne peut pas lever le drapeau de la Nouvelle Internationale. &#171; Avec ou sans changement de num&#233;ro &#187; ? Cette phrase est d&#233;nu&#233;e de sens. Ce n'est pas par hasard que les trois anciennes Internationales se sont trouv&#233;es num&#233;rot&#233;es. Chaque &#171; num&#233;ro &#187; correspond &#224; une &#233;poque d&#233;termin&#233;e, un programme et des m&#233;thodes d'action.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Le constat de Trotsky est malheureusement d'actualit&#233; : &#171; Les IV&#176; Internationales (issues de scissions de celle fond&#233;e par Trotsky) ont &#233;puis&#233; leur contenu et sont devenues des obstacles sur la voie r&#233;volutionnaire. Les &#171; r&#233;former &#187; est impossible, car toute leur direction est radicalement hostile aux t&#226;ches et aux m&#233;thodes de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'il y ait actuellement plusieurs IV&#232;me internationale est analogue au fait qu'il y avait &#224; l'&#233;poque o&#249; Trotsky &#233;crivait, la II&#232;me et la III&#232;me. Ces internationales, dont celle du NPA-A et NPA-R (ces partis s'excommunient en France mais se congratulent mutuellement au niveau international dans leur organisation commune, comme Marion Aubry tombe dans les bras de Van der Leyen au parlement europ&#233;en !) sont &#171; deux cadavres dont faire la somme serait vain, leur n&#233;gation &#233;tant la voie &#224; suivre &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La Nouvelle Internationale doit &#234;tre non pas la somme des deux cadavres, comme le r&#234;ve le vieux social-patriote Zyromski, surpris dans sa reconnaissance inattendue de la &#171; d&#233;fense de l'U. R. S. S. &#187;, mais la &#171; n&#233;gation &#187; vivante de ces cadavres et, en m&#234;me temps, la &#171; continuation &#187; du travail historique accompli par les Internationales pr&#233;c&#233;dentes. En d'autres termes, il s'agit de la IV&#176; Internationale. Le &#171; num&#233;ro &#187; signifie ici une perspective et un programme d&#233;termin&#233;s, c'est-&#224;-dire un &#171; drapeau &#187;. Que les philistins ironisent l&#224;-dessus. Il ne faut pas les imiter.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Trotsky fonda la IV&#232;me internationale, dans la continuit&#233; de la III&#232;me qui elle-m&#234;me fut fond&#233;e en opposition aux socio-patriotes. Pour LO, les NPAs, RP, le terme m&#234;me de &#034;social-patriote&#034; n'existe pas ! En ce sens, ces partis ne sont m&#234;me plus dignes de l'aile gauche de la II&#232;me internationale, o&#249; Rosa Luxemburg inaugura la lutte des marxistes contre ces socio-patriote,s en fondant son journal polonais &#034;La cause ouvri&#232;re&#034; d&#232;s 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky fonda la IV&#232;me Internationale contre les politiques de Fronts populaires mises en place par l'Internationale de Staline en 1935 lors de son VII&#232;me (et dernier) congr&#232;s. Or le NPA-A en 2024 a rejoint le nouveau Front Populaire. Le NPA-R l'a d&#233;nonc&#233;, mais a voulu gard&#233; sa place dans la m&#234;me IV&#232;me internationale que le NPA-A. Le NFP des NPA-s en 2024 est comparable aux FP de 1935 pour les PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etre une direction r&#233;volutionnaire c'est d&#233;cider&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument typique de LO ou du NPA-R, c'est le &#034;manque de conscience des travailleurs&#034;. Cet argument est typiquement stalinien, d&#233;j&#224; bien connu de Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'aversion pour les &#171; &#233;tiquettes &#187; et les &#171; num&#233;ros &#187; en politique est aussi dangereuse que l'aversion pour les d&#233;finitions pr&#233;cises dans le domaine scientifique. Dans un cas comme dans l'autre, nous avons l&#224; le sympt&#244;me infaillible d'un manque de clart&#233; dans les id&#233;es elles-m&#234;mes. Invoquer les &#171; masses &#187; ne sert, dans de tels cas, qu'&#224; couvrir ses propres h&#233;sitations. L'ouvrier qui croit encore &#224; Vandervelde ou &#224; Staline sera sans doute adversaire de la IV&#176; Internationale. L'ouvrier qui a compris que la II&#176; et la III&#176; Internationales sont mortes &#224; la cause de la r&#233;volution se rangera imm&#233;diatement sous notre drapeau. C'est pr&#233;cis&#233;ment pourquoi il est criminel de cacher ce drapeau sous la table.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;M&#233;pris hautin et brutal envers le pr&#233;tendu manque de conscience des travailleurs ; au contraire modestie obs&#233;quieuse envers le r&#233;formisme lorsqu'il s'agit de prendre ses responsabilit&#233;s, ce sont deux de p&#244;les entre lesquels les centristes oscillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'extr&#234;me-gauche dans l'Union sacr&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me internationale connut son congr&#232;s fondateur en 1919, mais c'est la trahison de la II&#232;me internationale, entr&#233;e dans l'Union sacr&#233;e qui avait rendu n&#233;cessaire d'annoncer sa fondation d&#232;s 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La IV&#232;me internationale fut fond&#233;e en 1938, mais c'est d&#232;s 1933, face &#224; la capitulation des partis staliniens apr&#232;s la prise du pouvoir par Hitler, que sa n&#233;cessit&#233; avait &#233;t&#233; proclam&#233;e par Trotsky. Par la d&#233;claration Staline-Laval, le PC fran&#231;ais entra ouvertement dans l'Union sacr&#233;e en 1935, l'&#233;quivalent pour les PC de l'ao&#251;t 1914 pour les PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier mensonge de l'extr&#234;me-gauche fran&#231;aise est de blanchir les directions r&#233;formistes en faisant croire qu'elle ne sont plus dans l'Union sacr&#233;e. Comme si apr&#232;s chaque guerre, on repartait &#224; z&#233;ro, en attendant la prochaine. Or la question n'est pas celle pos&#233;e r&#233;guli&#232;rement par ces partis, de savoir si ces directions entreront &#224; nouveau dans l'Union sacr&#233;e lors de la prochaine guerre. La CGT et le PS (comme son avatar LFI) y sont depuis 1914, et ne l'ont jamais quitt&#233;e. Le PC y est depuis 1935.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;p&#233;tant &#224; l'envi que &#171; l'on se dirige vers l'Union sacr&#233;e &#187;, ces organisations cachent le fait qu'on y est d&#233;j&#224;, se posent en aile &#034;vigilante&#034; d'extr&#234;me-gauche de Sud-Solidaires et de la CGT, les cautionnant par leur &#171; soutien critique &#187;. Le soutien sans participation est la pire des formes, car la plus hypocrite, de soutien au gouvernement bourgeois. Ce fut la politique de la CGT en 1936 face au gouvernement de Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directions de la CGT et de Sud sont dans l'Union sacr&#233;e, et leurs politiques sont de plus en plus ouvertement r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des formes que prend la guerre, c'est le racket fiscal exerc&#233; contre les travailleurs &#224; travers les imp&#244;ts indirects qui sont une des composantes de l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le Parti ouvrier fran&#231;ais, dont le programme fut &#233;crit sous le contr&#244;le de Marx vers 1880, comprenait dans sa partie &#233;conomique : abolition des imp&#244;ts indirects, les organisations d'extr&#234;me-gauche d&#233;noncent ce genre de mesure comme &#034;une diversion&#034;, imitant les directions syndicales qui veulent cantonner la classe ouvri&#232;re &#224; des augmentations de salaires symboliques augment&#233;es lors des NAO. Les augmentations de salaires sont des revendications purement &#233;conomiques, la question des taxes est une revendication politique. Non seulement la suppression des taxes sur les carburants serait une augmentation quasiment sans pr&#233;c&#233;dent du niveau de vie de la majorit&#233; des travailleurs, mais la classe ouvri&#232;re en s'emparant de ce mot d'ordre entrainerait derri&#232;re les classe moyennes pr&#233;ssur&#233;es par ces taxes. Etouffer politiquement et &#233;conomiquement le prol&#233;tariat, c'est ce que signifie ce ralliement de l'extr&#234;me-gauche opportuniste &#224; la seule question des salaires, sous couvert d'orthodoxie marxiste. C'est pour payer leur part au racket fiscal que les travailleurs devraient demander des augmentations de salaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Covid, sanctions contre la Russie, guerre contre l'Iran, droits de douanes, dette publique, tous ces moyens extra-&#233;conomiques pour tirer des profits sont typiques d'une p&#233;riode de guerre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La guerre a fait subir au capitalisme une &#233;volution. Le pressurage syst&#233;matique de la plus-value qui fut jadis pour l'entrepreneur la seule source de revenu, semble &#224; pr&#233;sent une occupation trop fade aux messieurs les bourgeois qui ont pris l'habitude de doubler, de d&#233;cupler leurs dividendes dans l'espace de quelques jours, au moyen de sp&#233;culations savantes bas&#233;es sur le brigandage international. Le bourgeois a rejet&#233; quelques pr&#233;jug&#233;s qui le g&#234;naient et acquis par contre un certain coup de main qui lui manquait jusqu'ici. La guerre l'a accoutum&#233;, comme aux actes les plus ordinaires, &#224; r&#233;duire par le blocus des pays entiers &#224; la famine, &#224; bombarder et incendier des villes et villages pacifiques, &#224; infecter les sources et les rivi&#232;res en y jetant des cultures du chol&#233;ra, &#224; transporter de la dynamite dans des valises diplomatiques, &#224; &#233;mettre des billets de banque faux imitant ceux de l'ennemi, &#224; employer la corruption, l'espionnage et la contrebande dans des proportions jusque-l&#224; inou&#239;es. Les moyens d'action appliqu&#233;s &#224; la guerre rest&#232;rent en vigueur dans le monde commercial apr&#232;s la conclusion de la paix. Les op&#233;rations commerciales de quelque importance s'effectuent sous l'&#233;gide de l'&#201;tat. Ce dernier est devenu semblable &#224; une association de malfaiteurs arm&#233;s jusqu'aux dents. Le terrain de la production mondiale se r&#233;tr&#233;cit chaque jour davantage et la mainmise sur la production devient d'autant plus fr&#233;n&#233;tique et revient d'autant plus ch&#232;re. Emp&#234;cher : voil&#224; le dernier mot de la politique du capitalisme, la devise qui remplace le protectionnisme et le libre-&#233;changisme !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;non&#231;ant le mot d'ordre d'&#171; Abolition des taxes (accise et TVA) sur les carburants ! &#187; comme &#034;diversion du RN&#034;, alors que c'&#233;tait le programme de Marx, un parti comme LO s'engage dans une voie r&#233;actionnaire, demandant aux travailleurs de &#034;gagner la bataille de la taxation&#034;, comme le PC leur demandait de gagner la &#034;bataille de la production&#034; d'apr&#232;s-guerre. Ces soi-disant h&#233;ritiers de Trotsky s'opposent &#224; la lutte du prol&#233;tariat pour sa survie &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup de semonce qui annon&#231;a ce capitalisme de guerre fut la crise financi&#232;re de 2008. Aucune des grandes organisations d'extr&#234;me-gauche n'y vit l'effondrement du capitalisme. Or les pr&#233;misses de la r&#233;volution sont essentiellement &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : l'entr&#233;e en guerre est d'actualit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis pseudo-trotskistes deviennent politiquement de plus en plus ouvertement des satellites de LFI et de l'Etat bourgeois. La r&#233;cente manifestation de soutien au maire LFI de Saint-Denis marque un pas de plus dans cette ligne. Le maire d'une grande ville ne serait plus un agent de la bourgeoisie, car il est &#034;&#224; un autre niveau&#034; ; il n'est plus l'ennemi des travailleurs, mais &#034;quelqu'un qui ne changera pas grand-chose&#034; ; l'antiracisme en d&#233;fense des pauvres remplace la lutte des classes, c'est avec de telles balivernes que LO justifie son soutien &#224; LFI :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ce beau monde s'est ainsi retrouv&#233; non seulement contre Bally Bagayoko, mais surtout contre la population pauvre d'une ville ouvri&#232;re. M&#234;me si l'&#233;lection d'un maire insoumis ne changera pas grand-chose &#224; ce que vivent les habitants des cit&#233;s, tant ses probl&#232;mes se situent &#224; un tout autre niveau, cette campagne immonde est bien significative de la volont&#233; de la bourgeoisie et de son personnel politique de faire taire tout ce qui peut ressembler &#224; une contestation de sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour le NPA-R qui est dans la m&#234;me ligne, le drapeau fran&#231;ais de la mairie de Saint-Denis, remplace le drapeau rouge :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/capture_d_ecran_2026-04-08_182106.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH241/capture_d_ecran_2026-04-08_182106-5ca33.jpg?1781903470' width='500' height='241' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/contre-le-racisme-venu-den-haut-lunion-des-travailleurs-fait-la-force/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contre le racisme venu d'en haut&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la marche &#224; la guerre s'acc&#233;l&#232;re. N'est-il pas temps de planter le drapeau d'un V&#232;me internationale, en renouvelant le constat de Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
Les bolch&#233;viks-l&#233;ninistes se consid&#232;rent comme une fraction de l'internationale qui se b&#226;tit. Il me semble que le seul nom qui convienne pour notre Internationale soit parti mondial de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce qu'un programme de paix pour le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire ?</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8019</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article8019</guid>
		<dc:date>2025-12-15T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Trotski &lt;br class='autobr' /&gt; Le programme de paix &lt;br class='autobr' /&gt;
(1915-16/1917) &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Qu'est-ce qu'un programme de paix ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce qu'un programme de paix ? Du point de vue des classes dirigeantes ou des partis qui les servent, c'est l'ensemble de ces revendications dont la r&#233;alisation doit &#234;tre assur&#233;e par le pouvoir du militarisme. Par cons&#233;quent, pour r&#233;aliser le programme de paix d'Alilyukov , Constantinople doit &#234;tre conquise par la force des armes. Le programme de paix de Vandervelde exige comme condition (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique117" rel="directory"&gt;14 - Livre Quatorze : PROLETAIRES SANS FRONTIERES&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L&#233;on Trotski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de paix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1915-16/1917)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Qu'est-ce qu'un programme de paix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'un programme de paix ? Du point de vue des classes dirigeantes ou des partis qui les servent, c'est l'ensemble de ces revendications dont la r&#233;alisation doit &#234;tre assur&#233;e par le pouvoir du militarisme. Par cons&#233;quent, pour r&#233;aliser le programme de paix d'Alilyukov , Constantinople doit &#234;tre conquise par la force des armes. Le programme de paix de Vandervelde exige comme condition pr&#233;alable l'expulsion des Allemands de Belgique. De ce point de vue, les clauses de paix ne font que faire le point sur ce qui a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; par la force arm&#233;e. En d'autres termes, le programme de paix est le programme de guerre. Mais c'est ainsi que les choses se passent avant l'intervention de la troisi&#232;me puissance, l'Internationale Socialiste. Pour les prol&#233;taires r&#233;volutionnaires, le programme de paix ne signifie pas les revendications que le militarisme national doit satisfaire, mais les revendications que le prol&#233;tariat international entend r&#233;aliser &#224; travers sa lutte r&#233;volutionnaire contre le militarisme de tous les pays. Plus le mouvement r&#233;volutionnaire mondial se d&#233;veloppe, moins les questions de paix d&#233;pendent des positions purement militaires des bellig&#233;rants et moins il y a de danger que les conditions de paix soient comprises par les masses comme des objectifs de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela nous appara&#238;t particuli&#232;rement clairement &#224; travers la question du sort des petits peuples et des &#201;tats faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre commen&#231;a avec l'invasion d&#233;vastatrice de la Belgique et du Luxembourg par les arm&#233;es allemandes. Dans l'&#233;cho que provoquait le pr&#233;judice caus&#233; au petit pays, &#224; c&#244;t&#233; des paroles fausses et &#233;go&#239;stes des classes dirigeantes ennemies r&#233;sonnait &#233;galement le d&#233;go&#251;t honn&#234;te des masses populaires, dont la sympathie &#233;tait attir&#233;e par le sort du petit peuple, qui fut &#233;cras&#233; simplement parce qu'il eut le malheur d'&#234;tre pris entre deux g&#233;ants en guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re &#233;tape de la guerre, le sort de la Belgique attira l'attention et la sympathie en raison de son caract&#232;re extraordinairement tragique. Mais trente-quatre mois d'op&#233;rations militaires ont prouv&#233; que l'&#233;pisode belge n'&#233;tait que la premi&#232;re &#233;tape vers la r&#233;solution d'un probl&#232;me fondamental de la guerre imp&#233;rialiste, &#224; savoir l'asservissement du faible au fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a transf&#233;r&#233; dans le domaine des relations internationales les m&#234;mes m&#233;thodes qu'il applique dans la &#171; r&#233;gulation &#187; de la vie &#233;conomique interne des peuples. La voie de la concurrence est la voie de la destruction syst&#233;matique des petites et moyennes entreprises et de la domination du grand capital. La concurrence mondiale entre les forces capitalistes signifie l'asservissement syst&#233;matique des peuples petits et moyens et arri&#233;r&#233;s par les grandes et les plus grandes puissances capitalistes. Plus la technologie du capitalisme est d&#233;velopp&#233;e, plus le capital financier joue un r&#244;le important et plus les exigences du militarisme sont &#233;lev&#233;es, plus la d&#233;pendance des petits &#201;tats &#224; l'&#233;gard des grandes puissances augmente. Ce processus, qui fait partie int&#233;grante de la m&#233;canique imp&#233;rialiste, se d&#233;veloppe m&#234;me en temps de paix, sans &#234;tre perturb&#233; par le biais de pr&#234;ts d'&#201;tat, de concessions ferroviaires et autres, d'accords militaro-diplomatiques, etc. La guerre a r&#233;v&#233;l&#233; et acc&#233;l&#233;r&#233; le processus en introduisant le facteur de la force ouverte. . La guerre d&#233;truit les derniers vestiges de &#171; l'ind&#233;pendance &#187; des petits &#201;tats, quelle que soit l'issue militaire du conflit entre les deux camps ennemis fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Belgique g&#233;mit toujours sous le joug du militarisme allemand. Mais ce n'est l&#224; que l'expression visible et dramatique de l'effondrement de son ind&#233;pendance. La &#171; lib&#233;ration &#187; de la Belgique n'&#233;tait pas du tout une t&#226;che ind&#233;pendante pour les gouvernements alli&#233;s. Au fur et &#224; mesure que la guerre progresse et apr&#232;s sa conclusion, la Belgique ne sera plus qu'un pion dans le grand jeu des g&#233;ants capitalistes. A moins que l'intervention de la troisi&#232;me puissance - la r&#233;volution - n'intervienne, la Belgique pourrait, &#224; la suite de la guerre, rester sous l'esclavage allemand, ou tomber sous le joug de la Grande-Bretagne, ou &#234;tre divis&#233;e entre les puissants pillards des deux coalitions. Il en va de m&#234;me pour la Serbie, dont l'&#233;nergie nationale p&#232;se sur la balance imp&#233;rialiste mondiale et dont les fluctuations d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre sont les moins influenc&#233;es par les int&#233;r&#234;ts ind&#233;pendants du peuple serbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les puissances centrales ont entra&#238;n&#233; la Turquie et la Bulgarie dans le tourbillon de la guerre. Que ces deux pays restent le prolongement sud-est du bloc imp&#233;rialiste austro-allemand (&#171; Europe centrale &#187;) ou qu'ils servent de changement au moment de tirer la balance, il n'en demeure pas moins que la guerre &#233;crit un dernier chapitre de l'histoire de leur ind&#233;pendance. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le d&#233;clenchement de la R&#233;volution russe, l'ind&#233;pendance perse, &#224; laquelle l'accord anglo-russe de 1907 mit fin, &#233;tait clairement liquid&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Roumanie et la Gr&#232;ce nous fournissent un exemple suffisamment clair de la &#171; libert&#233; de choix &#187; limit&#233;e accord&#233;e aux petites entreprises &#233;tatiques par la lutte des trusts imp&#233;rialistes. La Roumanie a pr&#233;f&#233;r&#233; le geste d'un choix apparemment libre lorsqu'elle a sacrifi&#233; sa neutralit&#233;. La Gr&#232;ce a tent&#233; de &#171; rester chez elle &#187; au moyen d'une opposition passive. Comme pour montrer le plus clairement possible la futilit&#233; de toute la lutte &#171; neutraliste &#187; pour l'auto-pr&#233;servation, toute la guerre europ&#233;enne, repr&#233;sent&#233;e par les arm&#233;es de Bulgarie, de Turquie, de France, d'Angleterre, de Russie et d'Italie, s'est d&#233;plac&#233;e sur le territoire grec. La libert&#233; de choix &#233;quivaut, au mieux, &#224; une forme d'auto-&#233;limination. En fin de compte, la Roumanie et la Gr&#232;ce conna&#238;tront le m&#234;me sort : elles seront l'enjeu entre les mains des grands acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'autre bout de l'Europe, le petit Portugal a jug&#233; n&#233;cessaire de s'engager dans la guerre aux c&#244;t&#233;s de l'Entente. Sa d&#233;cision semblerait inexplicable si le Portugal, sous la protection anglaise, disposait d'une plus grande libert&#233; en mati&#232;re de participation &#224; cette lutte que le gouvernement de la province de Tver [en Russie] ou de l'Irlande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants capitalistes des Pays-Bas et des trois pays scandinaves accumulent des montagnes d'or gr&#226;ce &#224; la guerre. Mais ces quatre &#201;tats neutres du nord-ouest de l'Europe sont bien conscients du caract&#232;re illusoire de leur souverainet&#233;. M&#234;me si elle survit &#224; la guerre, elle d&#233;pendra toujours des calculs que les grandes puissances feront quant aux conditions de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de l'Europe imp&#233;rialiste, la Pologne &#171; ind&#233;pendante &#187; ne pourra maintenir une apparence d'ind&#233;pendance qu'en se soumettant &#224; une d&#233;pendance financi&#232;re et militaire servile &#224; l'&#233;gard de l'une des principales puissances dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tendue de l'ind&#233;pendance de la Suisse est apparue clairement dans les restrictions coercitives qu'elle a introduites pour r&#233;guler ses importations et ses exportations. Les repr&#233;sentants de cette petite r&#233;publique f&#233;d&#233;rale, casquette &#224; la main, demandant l'entr&#233;e dans les deux camps en guerre, pourraient bien comprendre le degr&#233; limit&#233; d'ind&#233;pendance et de neutralit&#233; possible pour une nation qui ne peut rassembler plusieurs millions de ba&#239;onnettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la guerre, en raison du nombre toujours croissant de combattants et de fronts, est devenue une &#233;quation comportant de nombreuses inconnues, rendant impossible aux diff&#233;rents gouvernements de formuler de soi-disant &#171; objectifs de guerre &#187;, alors les petits &#201;tats auront toujours le pouvoir L'avantage douteux de chacun peut consid&#233;rer son destin historique comme pr&#233;d&#233;termin&#233;. Quel que soit le camp vainqueur et quelle que soit l'ampleur de l'impact d'une telle victoire, il n'en demeure pas moins qu'il ne peut plus y avoir de retour &#224; l'ind&#233;pendance des petits &#201;tats. Que l'Allemagne ou l'Angleterre gagne, tout d&#233;pend de qui sera le ma&#238;tre direct des petites nations. Seuls les charlatans et les idiots d&#233;sesp&#233;r&#233;s peuvent lier la question de la libert&#233; des petits peuples &#224; la victoire d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me r&#233;sultat, le plus probable, de la guerre, c'est-&#224;-dire une impasse, donnerait exactement le m&#234;me r&#233;sultat. L'absence d'une pr&#233;dominance prononc&#233;e de l'un des camps bellig&#233;rants sur l'autre ne fera que r&#233;v&#233;ler plus clairement la supr&#233;matie du fort sur le faible dans chaque camp et la supr&#233;matie des deux camps sur les victimes &#171; neutres &#187; de l'imp&#233;rialisme. La fin de la guerre sans vainqueurs ni vaincus n'est en soi une garantie pour personne : tous les petits &#201;tats faibles seront toujours vaincus et il en va de m&#234;me pour ceux qui se sont saign&#233;s &#224; blanc sur les champs de bataille et pour ceux qui ont tent&#233; d'&#233;viter ce sort en cach&#233; sous l'ombre de la neutralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance des Belges, des Serbes, des Polonais, des Arm&#233;niens et d'autres n'est pas consid&#233;r&#233;e par nous comme faisant partie du programme de guerre de l'Entente (comme elle est trait&#233;e comme par Guesde, Plekhanov, Vandervelde, Henderson et d'autres), mais fait partie du programme de guerre de l'Entente. la lutte prol&#233;tarienne internationale contre l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. Statu quo avant Bellum [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question est : le prol&#233;tariat peut-il, dans les circonstances actuelles, proposer un &#171; programme de paix &#187; ind&#233;pendant, c'est-&#224;-dire ses propres solutions aux probl&#232;mes qui ont provoqu&#233; la guerre actuelle ou qui ont &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;s au cours de cette guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous a dit que le prol&#233;tariat n'a pas encore la force suffisante pour r&#233;aliser un tel programme. L'espoir &#233;tait utopique que le prol&#233;tariat puisse r&#233;aliser son propre programme de paix &#224; la suite de la guerre actuelle. Mais quelque chose de diff&#233;rent est la lutte pour mettre fin &#224; la guerre et pour une paix sans annexions, c'est-&#224;-dire un retour au statu quo ante bellum, &#224; un &#201;tat d'avant-guerre. On nous dit que c'est de loin le programme le plus r&#233;aliste. C'&#233;taient, par exemple, les arguments de Martov, Martynov et des internationalistes mencheviks en g&#233;n&#233;ral, qui sur cette question adoptent non pas une position r&#233;volutionnaire mais une position conservatrice (non pas une r&#233;volution sociale, mais la restauration de la lutte des classes ; pas une Troisi&#232;me Internationale). , mais le r&#233;tablissement de la IIe Internationale ; pas de programme de paix r&#233;volutionnaire, mais un retour &#224; la situation d'avant-guerre ; pas de conqu&#234;te du pouvoir par les soviets des d&#233;put&#233;s ouvriers et soldats, mais plut&#244;t le pouvoir pour les partis bourgeois. .). Mais dans quel sens une lutte pour mettre fin &#224; la guerre et &#224; la paix sans annexions peut-elle &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme r&#233;aliste ? Il est ind&#233;niable que la guerre devra cesser t&#244;t ou tard. Dans ce sens pronostique, le slogan de la fin de la guerre est sans doute tr&#232;s &#171; r&#233;aliste &#187; car fond&#233; sur des certitudes. Mais qu'est-ce que c'est au sens r&#233;volutionnaire ? On pourrait objecter : n'est-il pas utopique que le prol&#233;tariat europ&#233;en, avec ses forces actuelles, r&#233;ussisse &#224; mettre un terme aux op&#233;rations militaires contre la volont&#233; des classes dirigeantes ? Nous demandons en outre : dans quelles circonstances la fin de la guerre peut-elle &#234;tre provoqu&#233;e ? Th&#233;oriquement, trois possibilit&#233;s typiques peuvent &#234;tre envisag&#233;es : (1) une victoire d&#233;cisive de l'un des bellig&#233;rants ; (2) un &#233;puisement g&#233;n&#233;ral des adversaires sans avantage d&#233;cisif ni avantage sur l'autre camp ; (3) l'intervention du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, qui interrompt le d&#233;veloppement &#171; normal &#187; des &#233;v&#233;nements militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien &#233;vident que dans le premier cas &#8211; o&#249; la guerre se termine par une victoire d&#233;cisive d'un camp &#8211; il serait na&#239;f de r&#234;ver d'une paix sans annexions. Lorsque les Scheidemann et les Landsberg, les fid&#232;les partisans de l'&#339;uvre de leur militarisme, prononcent des discours au Parlement en faveur d'une paix &#171; sans annexion &#187;, c'est seulement avec la plus ferme conviction que de telles protestations ne peuvent emp&#234;cher des annexions &#171; utiles &#187;. D'un autre c&#244;t&#233;, l'un de nos anciens chefs d'&#233;tat-major tsaristes, le g&#233;n&#233;ral Alexe&#239;ev, qui qualifiait la paix sans annexion de &#171; phrase utopique &#187;, concluait &#224; juste titre que ce qui compte le plus, c'est l'offensive et qu'en cas d'op&#233;rations de guerre r&#233;ussies, tout le reste s'arrangerait tout seul. Pour arracher les annexions aux mains du camp victorieux, arm&#233; jusqu'aux dents, le prol&#233;tariat aurait &#233;videmment besoin, en plus de ses bonnes intentions, d'un pouvoir r&#233;volutionnaire et devrait &#234;tre pr&#234;t &#224; l'utiliser ouvertement. En tout &#233;tat de cause, elle ne dispose d'aucun moyen &#171; &#233;conomique &#187; pour contraindre le camp victorieux &#224; renoncer &#224; l'avantage de la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me issue possible de la guerre, dont d&#233;pendent fondamentalement ceux qui pr&#244;nent le programme &#233;troit de &#171; une paix sans annexion et rien de plus &#187;, suppose que la guerre, puisqu'elle &#233;puise toutes les ressources des nations bellig&#233;rantes, sans l'intervention r&#233;volutionnaire du troisi&#232;me la force se terminera par un &#233;puisement g&#233;n&#233;ral &#8211; sans vainqueurs ni vaincus. C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette situation, dans laquelle le militarisme est trop faible pour faire des conqu&#234;tes et le prol&#233;tariat est trop faible pour faire une r&#233;volution, que les internationalistes passifs ont adapt&#233; leur programme boiteux de &#171; paix sans annexions &#187;, qu'ils qualifient souvent de retour. au statu quo ante bellum, c'est-&#224;-dire se r&#233;f&#233;rer &#224; l'&#233;tat des choses avant la guerre. Mais ici, ce pseudo-r&#233;alisme r&#233;v&#232;le son talon d'Achille, car, comme on peut d&#233;j&#224; le constater, une impasse militaire n'exclut pas les annexions mais, au contraire, les pr&#233;suppose. Le fait qu'aucun des groupes puissants ne gagne ne signifie pas que la Serbie, la Gr&#232;ce, la Belgique, la Pologne, la Perse, la Syrie, l'Arm&#233;nie et d'autres resteront intactes. Au contraire, dans ce cas, les annexions se feront pr&#233;cis&#233;ment aux d&#233;pens de ces tiers et des plus faibles. Afin d'&#233;viter ces &#171; compensations &#187; mutuelles, le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire doit provoquer un soul&#232;vement r&#233;volutionnaire direct contre les classes dirigeantes. Les articles de journaux, les r&#233;solutions de l'assembl&#233;e, les protestations parlementaires et m&#234;me les manifestations publiques n'ont jamais emp&#234;ch&#233; les dirigeants de s'emparer de territoires ou d'opprimer les peuples faibles, que ce soit par la victoire ou par le biais d'accords diplomatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la troisi&#232;me issue possible de la guerre, elle semble la plus claire. Il suppose que pendant que la guerre continue, le prol&#233;tariat international se soul&#232;ve avec suffisamment de puissance pour paralyser et finalement mettre fin &#224; la guerre par la base. Dans ce meilleur sc&#233;nario, o&#249; le prol&#233;tariat serait suffisamment puissant pour arr&#234;ter la guerre, il serait &#233;videmment le moins capable ou dispos&#233; &#224; se limiter au programme purement conservateur, qui ne va pas plus loin que le rejet des annexions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mouvement puissant du prol&#233;tariat est en tout cas une condition pr&#233;alable n&#233;cessaire &#224; la r&#233;alisation effective d'une paix sans annexion. Mais l&#224; encore, si l'on accepte un tel mouvement, le programme pr&#233;c&#233;dent reste assez path&#233;tique, se contentant de restaurer un ordre qui existait avant la guerre et qui a conduit &#224; la naissance de la guerre. Le statu quo europ&#233;en ante bellum, produit des guerres, des vols, des actes de violence, de la politique des familles royales, de la stupidit&#233; diplomatique et de l'impuissance du peuple, reste le seul contenu positif du slogan &#171; sans annexions &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa lutte contre l'imp&#233;rialisme, le prol&#233;tariat ne peut pas se fixer comme objectif politique un retour &#224; l'ancienne carte de l'Europe ; elle doit &#233;laborer son propre programme de relations &#233;tatiques et nationales, correspondant aux tendances fondamentales du d&#233;veloppement &#233;conomique, coh&#233;rent avec le caract&#232;re r&#233;volutionnaire de l'&#233;poque et les int&#233;r&#234;ts socialistes du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, le slogan isol&#233; &#171; sans annexions &#187; ne fournit aucun crit&#232;re d'orientation politique sur les nombreux probl&#232;mes qui surgissent au cours de la guerre. Si l'on suppose que la France occupera plus tard l'Alsace-Lorraine, les sociaux-d&#233;mocrates allemands doivent-ils exiger, avec Scheidemann, le retour de ces provinces &#224; l'Allemagne ? Faut-il exiger le retour du Royaume de Pologne &#224; la Russie ? Devons-nous insister pour que le Japon restitue Tschio-Tschau &#224; l'Allemagne ? Ou que l'Italie restitue &#224; ses propri&#233;taires la partie du Tyrol du Sud qu'elle occupe actuellement ? Ce serait absurde ! Nous serions des fanatiques du l&#233;gitimisme, c'est-&#224;-dire des d&#233;fenseurs des droits dynastiques et &#171; historiques &#187; dans l'esprit de la diplomatie la plus r&#233;actionnaire. Par ailleurs, ce &#171; programme &#187; n&#233;cessite &#233;galement une r&#233;volution pour sa r&#233;alisation. Dans tous ces cas &#233;num&#233;r&#233;s et dans d'autres cas similaires, au vu de la r&#233;alit&#233; concr&#232;te, il ne faut bien s&#251;r mettre en avant qu'un seul principe, &#224; savoir la consultation des peuples concern&#233;s. Ce n'est certainement pas un crit&#232;re absolu. La majorit&#233; &#171; socialiste &#187; fran&#231;aise fait de l'enqu&#234;te aupr&#232;s de la population d'Alsace-Lorraine une com&#233;die honteuse : d'abord occupation (c'est-&#224;-dire appropriation par la force des armes), puis demande aux annex&#233;s le consentement de la population. Il est bien clair qu'un v&#233;ritable questionnement suppose des conditions r&#233;volutionnaires o&#249; la population puisse r&#233;pondre sans qu'on lui pointe un revolver, qu'elle soit allemande ou fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul contenu acceptable du slogan &#171; sans annexions &#187; est donc une protestation contre de nouvelles annexions violentes, ce qui revient &#224; donner une expression n&#233;gative au droit des nations &#224; l'autod&#233;termination. Mais nous avons vu que ce &#171; droit &#187; d&#233;mocratiquement indiscutable se transformera en droit des nations fortes &#224; s'emparer et &#224; imposer l'oppression, tandis que pour les nations faibles, il signifiera un souhait impuissant ou un &#171; bout de papier &#187;. C'est compl&#232;tement in&#233;vitable. Ce sera le cas aussi longtemps que la carte politique de l'Europe force les nations et leurs fragments &#224; se regrouper dans un cadre d'&#201;tats s&#233;par&#233;s par des barri&#232;res douani&#232;res et continuellement mis en conflit par la lutte imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est possible de vaincre ce r&#233;gime que par la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Le point central de la question r&#233;side dans le lien entre le programme de paix du prol&#233;tariat et le programme de r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. Le droit des nations &#224; l'autod&#233;termination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu plus haut que la social-d&#233;mocratie ne peut faire aucun pas pour r&#233;soudre les questions concr&#232;tes du regroupement et de la r&#233;organisation des groupes nationaux d'&#201;tats sans le principe de l'autod&#233;termination nationale, qui appara&#238;t en fin de compte comme la reconnaissance du droit de chaque groupe national de d&#233;cider de la nature de son action. de son &#201;tat, c'est-&#224;-dire le droit des peuples &#224; se s&#233;parer d'un &#201;tat donn&#233; (comme la Russie ou l'Autriche). Le seul moyen d&#233;mocratique de reconna&#238;tre la &#171; volont&#233; &#187; d'une nation est le r&#233;f&#233;rendum. Cependant, comme d&#233;crit ci-dessus, cette r&#233;ponse d&#233;mocratique contraignante reste purement formelle . Cela ne nous dit rien sur les possibilit&#233;s, les formes et les moyens r&#233;els de l'autod&#233;termination nationale dans les conditions modernes de l'&#233;conomie capitaliste ; et pourtant c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que r&#233;side le sens de la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de nombreux peuples, voire pour la majorit&#233; des peuples, groupes et parties du peuple opprim&#233;s, le sens de l'autod&#233;termination est l'&#233;limination des fronti&#232;res existantes et la division des &#201;tats existants. Le principe d&#233;mocratique s'applique particuli&#232;rement &#224; la lib&#233;ration des colonies. N&#233;anmoins, toute la politique de l'imp&#233;rialisme, sans &#233;gard au principe national, vise &#224; l'expansion des fronti&#232;res des &#201;tats, &#224; l'inclusion forc&#233;e des &#201;tats faibles dans les fronti&#232;res douani&#232;res et &#224; l'appropriation de nouvelles colonies. L'imp&#233;rialisme est par nature expansif et agressif, et c'est pr&#233;cis&#233;ment cette qualit&#233; qui d&#233;finit l'imp&#233;rialisme et non les diverses man&#339;uvres de sa diplomatie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; le conflit constant entre le principe de l'autod&#233;termination nationale, qui conduit dans de nombreux cas &#224; une d&#233;centralisation &#233;conomique et &#233;tatique (division, s&#233;cession), et les puissantes tendances centralisatrices de l'imp&#233;rialisme qui disposent de l'organisation &#233;tatique et du pouvoir militaire. Il est vrai qu'un mouvement de s&#233;cession nationale trouve souvent son soutien dans les intrigues imp&#233;rialistes d'un &#201;tat voisin. N&#233;anmoins, ce soutien ne peut devenir d&#233;cisif que par le recours &#224; la force militaire. Et d&#232;s qu'il y aura un conflit arm&#233; entre deux organisations imp&#233;rialistes, les nouvelles fronti&#232;res de l'&#201;tat seront d&#233;cid&#233;es non pas sur la base du principe national, mais sur la base du principe de l'&#233;quilibre militaire des forces. Contraindre un &#201;tat victorieux &#224; renoncer &#224; l'annexion de territoires nouvellement conquis est tout aussi difficile que de le forcer &#224; accorder la libert&#233; d'autod&#233;termination aux provinces pr&#233;c&#233;demment acquises. Enfin, m&#234;me si, par miracle, l'Europe &#233;tait divis&#233;e en &#201;tats-nations solides et en petits &#201;tats par la force des armes, la question nationale ne serait pas du tout tranch&#233;e et le lendemain de la &#171; juste &#187; redistribution nationale, l'expansion capitaliste elle-m&#234;me reprendre son travail. Des conflits surgiraient, conduiraient &#224; de nouvelles guerres et &#224; des annexions en violation totale du principe national dans tous les cas o&#249; le maintien de l'&#201;tat ne pourrait &#234;tre assur&#233; par un nombre suffisant de ba&#239;onnettes. Tout cela donne l'impression de joueurs amers qui doivent distribuer l'or &#171; &#233;quitablement &#187; en plein milieu de la partie, pour ensuite reprendre la partie avec une col&#232;re redoubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance des tendances centralisatrices de l'imp&#233;rialisme ne signifie pas que nous devons nous y soumettre passivement. Une communaut&#233; nationale est le c&#339;ur vivant de la culture, tout comme la langue nationale est son organe vivant, et qui conservera son sens &#224; travers des &#233;poques historiques d'une dur&#233;e ind&#233;finie. La social-d&#233;mocratie s'efforce et est oblig&#233;e de pr&#233;server la libert&#233; de d&#233;veloppement (et de dissolution) de la communaut&#233; nationale dans l'int&#233;r&#234;t de la culture mat&#233;rielle et intellectuelle. En ce sens, il a adopt&#233; le principe d&#233;mocratique de l'autod&#233;termination nationale comme une obligation de la part de la bourgeoisie r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit national &#224; l'autod&#233;termination ne peut &#234;tre exclu du programme de paix prol&#233;tarien ; mais cela ne peut pas prendre un sens absolu. Au contraire, pour nous, elle est limit&#233;e par les tendances historiques profond&#233;ment progressistes du d&#233;veloppement. Si ce &#171; droit &#187; doit &#234;tre oppos&#233; &#8211; par la violence r&#233;volutionnaire &#8211; &#224; la m&#233;thode imp&#233;rialiste de centralisation qui r&#233;duit en esclavage les peuples faibles et arri&#233;r&#233;s et arrache le c&#339;ur de la culture nationale, le prol&#233;tariat, en revanche, ne peut pas permettre au principe national de s'imposer. devenir un obstacle &#224; la tendance irr&#233;sistible et profond&#233;ment progressiste de la vie &#233;conomique moderne vers une organisation planifi&#233;e de tout notre continent et plus tard de notre globe tout entier. L'imp&#233;rialisme est l'expression capitaliste pr&#233;datrice de cette tendance de l'&#233;conomie moderne, qui s'&#233;loigne compl&#232;tement de l'idiotie de l'&#233;troitesse nationale, comme c'&#233;tait le cas auparavant avec les barri&#232;res provinciales et locales. Le socialisme, dans sa lutte constante contre les formes imp&#233;rialistes de centralisation &#233;conomique, ne prend pas position contre cette tendance particuli&#232;re en tant que telle, mais fait de cette tendance son propre principe directeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du d&#233;veloppement historique ainsi que du point de vue des t&#226;ches de la social-d&#233;mocratie, la tendance de l'&#233;conomie moderne est fondamentale et il faut lui garantir la pleine possibilit&#233; de mener &#224; bien sa mission historique de lib&#233;ration r&#233;elle : cr&#233;er une &#233;conomie mondiale unifi&#233;e. , ind&#233;pendant du cadre national, des fronti&#232;res &#233;tatiques, des fronti&#232;res douani&#232;res, soumis uniquement aux particularit&#233;s des mati&#232;res premi&#232;res naturelles, du climat et des besoins de la division du travail. La Pologne, l'Alsace, la Dalmatie, la Belgique, la Serbie et d'autres peuples europ&#233;ens faibles non encore annex&#233;s ne peuvent &#234;tre restaur&#233;s ou r&#233;aliser pour la premi&#232;re fois la structure nationale &#224; laquelle ils aspirent qu'en cessant d'&#234;tre des groupes &#233;conomiques pour &#234;tre l&#224; o&#249; ils ne seront pas li&#233;s par des liens nationaux. fronti&#232;res et ils ne seront pas &#233;conomiquement s&#233;par&#233;s les uns des autres et oppos&#233;s les uns aux autres. Surtout, ils ne peuvent que persister dans ces configurations et d&#233;velopper librement leur existence culturelle. En d'autres termes, pour que les Polonais, les Serbes, les Roumains et d'autres puissent v&#233;ritablement former des unit&#233;s nationales sans obstacles, il est n&#233;cessaire que les fronti&#232;res nationales qui les divisent actuellement en plusieurs parties soient &#233;limin&#233;es, que le cadre &#233;tatique en tant que cadre &#233;conomique L'organisation - mais pas en tant qu'organisation nationale - sera &#233;largie pour englober toute l'Europe capitaliste, actuellement divis&#233;e par les tarifs douaniers et les fronti&#232;res et d&#233;chir&#233;e par la guerre. Nous d&#233;clarons que l'unification &#233;tatique de l'Europe est clairement la condition pr&#233;alable &#224; l'autod&#233;termination des grandes et petites nations d'Europe. Une existence culturelle nationale, libre de contradictions &#233;conomiques nationales et fond&#233;e sur une v&#233;ritable autod&#233;termination, n'est possible que sous le toit d'une Europe d&#233;mocratiquement unie, libre de toute fronti&#232;re &#233;tatique ou douani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;pendance directe et imm&#233;diate de l'autod&#233;termination nationale des peuples faibles &#224; l'&#233;gard d'un r&#233;gime collectif europ&#233;en exclut la possibilit&#233; que le prol&#233;tariat soul&#232;ve des questions telles que l'ind&#233;pendance de la Pologne ou l'unification de tous les Serbes en dehors de la r&#233;volution europ&#233;enne . Mais d'un autre c&#244;t&#233;, cela montre que le droit &#224; l'autod&#233;termination dans le cadre du programme de paix prol&#233;tarien n'a pas un caract&#232;re &#171; utopique &#187; mais plut&#244;t r&#233;volutionnaire. Cette r&#233;flexion s'adresse &#224; deux adresses : contre les Allemands David et Landsberg, qui, en raison de leur &#171; r&#233;alisme &#187; imp&#233;rialiste, nient le principe de l'autod&#233;termination nationale comme un romantisme r&#233;actionnaire ; et contre les simplificateurs de notre camp r&#233;volutionnaire qui d&#233;clarent que le principe ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233; que sous le socialisme et qui &#233;vitent ainsi de devoir donner une r&#233;ponse de principe aux questions nationales qui sont sur le fil du couteau &#224; cause de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre nos conditions sociales actuelles et le socialisme, il y a encore une vaste &#233;poque de r&#233;volution sociale : c'est-&#224;-dire l'&#233;poque de la lutte ouverte du prol&#233;tariat pour le pouvoir, la conqu&#234;te et l'utilisation de ce pouvoir en vue de la d&#233;mocratisation compl&#232;te de la soci&#233;t&#233; et du socialisme. relations syst&#233;matiques Transformation de la soci&#233;t&#233; capitaliste en soci&#233;t&#233; socialiste. Ce n'est pas une &#233;poque de paix et de tranquillit&#233;, mais, au contraire, de la plus grande intensit&#233; de lutte des classes, l'&#232;re des soul&#232;vements populaires, des guerres, des exp&#233;riences approfondies du r&#233;gime prol&#233;tarien et des r&#233;formes socialistes. Cette &#233;poque exige une r&#233;ponse pratique de la part du prol&#233;tariat : c'est-&#224;-dire une r&#233;ponse directement applicable &#224; la question de l'existence continue des nationalit&#233;s et de leurs relations mutuelles avec l'&#201;tat et l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. Les &#201;tats-Unis d'Europe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons essay&#233; de montrer plus haut que l'unit&#233; &#233;conomique et politique de l'Europe est la condition pr&#233;alable essentielle &#224; la possibilit&#233; de l'autod&#233;termination. Tout comme le slogan de &#171; l'ind&#233;pendance nationale &#187; des Serbes, des Bulgares, des Grecs et d'autres reste une abstraction creuse sans le slogan compl&#233;mentaire de la &#171; F&#233;d&#233;ration des R&#233;publiques balkaniques &#187; - qui a jou&#233; un tel r&#244;le dans toute la politique de la social-d&#233;mocratie aux &#201;tats-Unis Balkans - ainsi peut-on le constater Au niveau europ&#233;en, le principe du &#171; droit &#187; &#224; l'autod&#233;termination des peuples ne peut &#234;tre pleinement efficace que dans les conditions d'une &#171; f&#233;d&#233;ration de r&#233;publiques europ&#233;ennes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si dans la p&#233;ninsule balkanique le slogan d'une f&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique est devenu purement prol&#233;tarien, cela est encore plus vrai en Europe, o&#249; les contradictions capitalistes sont incomparablement plus profondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique civile de suppression des fronti&#232;res douani&#232;res entre les diff&#233;rents pays d'Europe est une difficult&#233; insurmontable : mais sans cela, les proc&#233;dures d'arbitrage entre &#201;tats et les r&#232;gles du droit international ne peuvent durer plus longtemps que, par exemple, la neutralit&#233; de la Belgique. Le besoin d'unifier le march&#233; europ&#233;en, ainsi que l'effort visant &#224; s'emparer des pays non europ&#233;ens en retard, sont provoqu&#233;s par le d&#233;veloppement du capitalisme et se heurtent &#224; la puissante opposition des propri&#233;taires fonciers et des capitalistes, entre les mains desquels les tarifs douaniers se combinent avec le militarisme (sans ce qui ne veut rien dire) repr&#233;sentent une arme indispensable d'exploitation et d'enrichissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie financi&#232;re et industrielle hongroise est hostile &#224; son unification &#233;conomique avec l'Autriche, plus d&#233;velopp&#233;e sur le plan capitaliste. La bourgeoisie austro-hongroise est hostile &#224; l'id&#233;e d'une union douani&#232;re avec l'Allemagne, plus puissante. D'un autre c&#244;t&#233;, les propri&#233;taires fonciers allemands n'accepteront jamais volontairement une lev&#233;e des droits de douane sur les c&#233;r&#233;ales. En outre, les classes poss&#233;dantes des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des puissances centrales ne peuvent pas &#234;tre aussi facilement mises en harmonie avec celles des capitalistes et des propri&#233;taires fonciers fran&#231;ais, anglais et russes. La guerre actuelle le montre avec suffisamment de clart&#233;. Enfin, le manque d'harmonie et le caract&#232;re inconciliable des int&#233;r&#234;ts capitalistes sont beaucoup plus &#233;vidents dans les &#201;tats de l'Entente eux-m&#234;mes que parmi les &#201;tats d'Europe centrale. Dans ces conditions, une unification &#233;conomique raisonnablement compl&#232;te de l'Europe par le haut, par le biais d'un accord entre gouvernements capitalistes, est une utopie. Les choses ne peuvent jamais aller plus loin que des compromis partiels et des demi-mesures. Par cons&#233;quent, une unification &#233;conomique de l'Europe , qui profite le plus aux producteurs et aux consommateurs ainsi qu'au d&#233;veloppement culturel en g&#233;n&#233;ral, devient une t&#226;che r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat europ&#233;en dans sa lutte contre le protectionnisme imp&#233;rialiste et son arme, le militarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis d'Europe, sans monarchies, sans arm&#233;es permanentes et sans diplomatie secr&#232;te, repr&#233;sentent donc la partie la plus importante du programme de paix prol&#233;tarien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;ologues et hommes politiques de l'imp&#233;rialisme allemand, surtout au d&#233;but de la guerre, pr&#233;sent&#232;rent souvent leur programme aux &#201;tats-Unis d'Europe - ou du moins aux &#201;tats-Unis d'Europe centrale (&#224; l'exclusion de la France et de l'Angleterre d'une part et de la Russie de l'autre). . Ce programme d'unification de l'Europe par la force est aussi typique des tendances de l'imp&#233;rialisme allemand que la division violente de l'Allemagne l'est des tendances de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, &#224; la fin de la guerre, les arm&#233;es allemandes remportent la victoire d&#233;cisive esp&#233;r&#233;e en Allemagne pendant la premi&#232;re phase de la guerre, alors l'imp&#233;rialisme allemand tentera sans aucun doute massivement d'&#233;tablir une union militaire et douani&#232;re obligatoire entre les &#201;tats europ&#233;ens. qui serait plein d'exceptions, de compromis, etc. et r&#233;duirait donc au minimum l'esprit progressiste d'unification du march&#233; europ&#233;en. Inutile d'ajouter que dans ces conditions, l'autonomie serait hors de question pour les peuples si violemment unis dans une caricature des &#201;tats-Unis d'Europe. Supposons un instant que l'imp&#233;rialisme allemand parvienne r&#233;ellement &#224; r&#233;aliser une demi-union forc&#233;e de l'Europe, tout comme le militarisme prussien a r&#233;ussi &#224; r&#233;aliser une demi-union de l'Allemagne dans le pass&#233;. Quel serait alors le mot d'ordre central du prol&#233;tariat europ&#233;en ? Serait-ce la dissolution de l'alliance coercitive et le retour de tous les peuples sous la garde d'&#201;tats-nations isol&#233;s ? Ou peut-&#234;tre la restauration des fronti&#232;res douani&#232;res, des syst&#232;mes mon&#233;taires &#171; nationaux &#187;, de la l&#233;gislation sociale &#171; nationale &#187;, etc. ? Certainement rien de tout cela. Le programme du mouvement r&#233;volutionnaire europ&#233;en serait alors la destruction de la forme coercitive antid&#233;mocratique de l'alliance, tout en maintenant et en &#233;largissant compl&#232;tement sa base sous la forme de l'abolition compl&#232;te des tarifs douaniers, de l'unification de la l&#233;gislation et, surtout, du droit du travail. lois, etc. En d'autres termes, le slogan &#171; Dans ces conditions, des &#201;tats-Unis d'Europe &#171; sans tarifs douaniers, sans arm&#233;es permanentes &#187; deviendrait le slogan unificateur et directeur de la r&#233;volution europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons maintenant la deuxi&#232;me possibilit&#233;, &#224; savoir une issue &#171; ind&#233;cise &#187; de la guerre. D&#232;s le d&#233;but de la guerre, le c&#233;l&#232;bre professeur et partisan de &#171; l'Europe unie &#187; Liszt montrait que m&#234;me si les Allemands ne battaient pas leurs adversaires, l'[unification] europ&#233;enne serait quand m&#234;me r&#233;alis&#233;e et, selon Liszt, elle serait m&#234;me possible. &#234;tre plus compl&#232;te qu'avant Cas d'une victoire allemande. Les &#201;tats europ&#233;ens, hostiles les uns aux autres mais incapables de faire face les uns aux autres, continueraient, dans leur besoin d'expansion croissante, &#224; se jeter des b&#226;tons entre les jambes dans l'accomplissement de leur &#171; mission &#187; au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie, puis partout, &#233;tant repouss&#233;e par les &#201;tats-Unis et le Japon. Liszt pense que c'est pr&#233;cis&#233;ment dans le cas d'une issue &#171; ind&#233;cise &#187; de la guerre que la n&#233;cessit&#233; absolue d'une alliance &#233;conomique et militaire des grandes puissances europ&#233;ennes contre les peuples faibles et arri&#233;r&#233;s et, surtout, contre leurs propres masses travailleuses, serait mise en &#233;vidence. pr&#233;valoir. Nous avons soulign&#233; plus haut les formidables obstacles qui s'opposent &#224; la mise en &#339;uvre de ce programme. Mais surmonter m&#234;me partiellement ces obstacles signifierait la cr&#233;ation d'un trust imp&#233;rialiste d'&#201;tats europ&#233;ens, une soci&#233;t&#233; par actions de voleurs. Et cette perspective est parfois cit&#233;e &#224; tort comme une &#171; preuve &#187; du danger du mot d'ordre des &#201;tats-Unis d'Europe, alors qu'elle est en r&#233;alit&#233; la preuve la plus &#233;clatante de sa signification r&#233;aliste et r&#233;volutionnaire. Si les &#201;tats capitalistes d'Europe parvenaient &#224; fusionner en un trust imp&#233;rialiste, cela constituerait un progr&#232;s par rapport &#224; la situation actuelle car, avant tout, cela cr&#233;erait une base mat&#233;rielle unifi&#233;e et paneurop&#233;enne pour le mouvement ouvrier. Dans ce cas, le prol&#233;tariat devrait lutter non pas pour le retour &#224; des &#201;tats-nations &#171; autonomes &#187;, mais pour la transformation du trust imp&#233;rialiste en une F&#233;d&#233;ration r&#233;publicaine europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus le conflit progresse et r&#233;v&#232;le l'incapacit&#233; absolue du militarisme &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes que la guerre met &#224; l'ordre du jour, moins on parle de ces grands projets d'unification de l'Europe par le haut . Le projet des &#171; &#201;tats-Unis d'Europe &#187; imp&#233;rialistes a c&#233;d&#233; la place, d'une part, aux projets d'union &#233;conomique entre l'Allemagne et l'Autriche, et d'autre part, &#224; la perspective d'une quadruple alliance avec ses tarifs douaniers et ses taxes de guerre. , compl&#233;t&#233; par le militarisme des uns contre les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce qui a &#233;t&#233; dit, il semble superflu d'insister sur la tr&#232;s grande importance que, dans la mise en &#339;uvre de ces plans, la politique du prol&#233;tariat des deux Etats &#171; confie &#187; sa lutte contre les tarifs douaniers introduits et contre les forces militaires et diplomatiques. remparts et pour l'unification &#233;conomique de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, apr&#232;s un d&#233;but si prometteur de la r&#233;volution russe, nous avons toutes les raisons de nous attendre &#224; ce qu'au cours de la guerre actuelle, un puissant mouvement r&#233;volutionnaire surgisse &#224; travers l'Europe. Il est clair qu'un tel mouvement ne pourra r&#233;ussir, se d&#233;velopper et remporter la victoire qu'en tant que mouvement europ&#233;en g&#233;n&#233;ral . Isol&#233; &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res nationales, il serait vou&#233; &#224; l'&#233;chec. Nos sociaux-patriotes soulignent le danger que repr&#233;sente le militarisme allemand pour la r&#233;volution russe. Ce danger est ind&#233;niable, mais ce n'est pas le seul. Les militarismes anglais, fran&#231;ais et italien ne sont pas des ennemis moins s&#233;rieux de la r&#233;volution russe que la machine de guerre des Hohenzollern. Le salut de la r&#233;volution russe r&#233;side dans sa propagation &#224; travers l'Europe. Si le mouvement r&#233;volutionnaire se d&#233;veloppe en Allemagne, le prol&#233;tariat allemand cherchera et trouvera un &#233;cho r&#233;volutionnaire dans les pays &#171; ennemis &#187; de l'Occident. Et si, dans un pays europ&#233;en, le prol&#233;tariat arrachait le pouvoir aux mains de la bourgeoisie, pour le conserver, il serait oblig&#233; de le mettre imm&#233;diatement au service du mouvement r&#233;volutionnaire des autres pays. En d'autres termes, l'instauration d'un r&#233;gime stable de dictature du prol&#233;tariat ne pourrait s'&#233;tendre qu'&#224; l'ensemble de l'Europe et par cons&#233;quent sous la forme d'une F&#233;d&#233;ration r&#233;publicaine europ&#233;enne. L'unification des Etats d'Europe, qui ne pourrait &#234;tre r&#233;alis&#233;e ni par la force des armes ni par des trait&#233;s industriels ou diplomatiques, repr&#233;sentera dans un tel cas la t&#226;che principale et essentielle de la r&#233;volution prol&#233;tarienne victorieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis d'Europe sont le slogan de la p&#233;riode r&#233;volutionnaire dans laquelle nous sommes entr&#233;s. Quelle que soit la tournure que prendront les op&#233;rations militaires &#224; l'avenir, quelle que soit l'&#233;valuation diplomatique de la guerre actuelle et quel sera le rythme des progr&#232;s du mouvement r&#233;volutionnaire dans un avenir proche, le mot d'ordre des &#201;tats-Unis d'Europe reste d'une immense importance. en tout cas comme une formule politique pour la lutte du prol&#233;tariat europ&#233;en pour le pouvoir. Ce programme exprime le fait que l'&#201;tat-nation est devenu obsol&#232;te, &#224; la fois comme cadre de d&#233;veloppement des forces productives et comme base de la lutte des classes et, par cons&#233;quent, comme forme de gouvernement pour la dictature du prol&#233;tariat. Nous rejetons la &#171; d&#233;fense de la patrie &#187; en tant que programme politique d&#233;pass&#233; du prol&#233;tariat. Mais cela cesse d'&#234;tre un acte purement n&#233;gatif d'autod&#233;fense id&#233;ologique et politique et n'acquiert tout son contenu r&#233;volutionnaire que si nous opposons &#224; la d&#233;fense conservatrice de la patrie nationale obsol&#232;te une t&#226;che progressiste, c'est-&#224;-dire la cr&#233;ation d'une nouvelle patrie nationale plus grande. &#171; Patrie &#187; de la r&#233;volution, une Europe r&#233;publicaine, qui seule sera le point de d&#233;part &#224; partir duquel le prol&#233;tariat pourra r&#233;volutionner et r&#233;organiser le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la r&#233;ponse &#224; ceux qui demandent dogmatiquement : &#171; Pourquoi unifier l'Europe et pas le monde entier ? &#187; L'Europe n'est pas seulement une communaut&#233; g&#233;ographique, mais une certaine communaut&#233; &#233;conomique, culturelle et historique. La r&#233;volution europ&#233;enne n'a pas besoin d'attendre les r&#233;volutions en Asie et en Afrique, pas m&#234;me celles en Australie et en Am&#233;rique. Et pourtant, une r&#233;volution compl&#232;tement victorieuse en Russie ou en Angleterre est impensable sans une r&#233;volution en Allemagne, et vice versa. La guerre actuelle est qualifi&#233;e de guerre mondiale, mais m&#234;me apr&#232;s l'intervention des &#201;tats-Unis, l'Europe reste le th&#233;&#226;tre de la guerre. Et avant tout, le prol&#233;tariat europ&#233;en est confront&#233; aux probl&#232;mes r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les &#201;tats-Unis d'Europe ne sont que l'un des deux axes de l'Organisation &#233;conomique mondiale. Les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique repr&#233;senteront l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule consid&#233;ration historique concr&#232;te contre le mot d'ordre des &#201;tats-Unis d'Europe a &#233;t&#233; formul&#233;e comme suit dans la Social-D&#233;mocratie suisse : &#171; L'in&#233;galit&#233; du d&#233;veloppement &#233;conomique et politique est une loi inconditionnelle du capitalisme. &#187; La Social-D&#233;mocratie suisse en tire la conclusion. que la victoire du socialisme dans un seul pays est possible et qu'il n'est donc pas n&#233;cessaire de faire d&#233;pendre la dictature du prol&#233;tariat dans chaque &#201;tat isol&#233; de la cr&#233;ation des &#201;tats-Unis d'Europe. Il est ind&#233;niable que le d&#233;veloppement capitaliste des diff&#233;rents pays est in&#233;gal. Mais cette in&#233;galit&#233; est elle-m&#234;me extr&#234;mement in&#233;gale. Les niveaux capitalistes de l'Angleterre, de l'Autriche, de l'Allemagne et de la France ne sont pas les m&#234;mes. Mais compar&#233;s &#224; l'Afrique et &#224; l'Asie, tous ces pays repr&#233;sentent une &#171; Europe &#187; capitaliste m&#251;re pour la r&#233;volution socialiste. Il est utile et n&#233;cessaire de r&#233;p&#233;ter l'id&#233;e &#233;l&#233;mentaire selon laquelle aucun pays ne doit &#171; attendre &#187; les autres dans cette lutte, &#224; moins que l'id&#233;e d'une action internationale parall&#232;le ne soit remplac&#233;e par l'id&#233;e d'une inaction internationale h&#233;sitante. Sans attendre les autres, nous commen&#231;ons et poursuivons la lutte sur notre propre sol national, avec la pleine certitude que notre initiative donnera l'impulsion &#224; la lutte dans d'autres pays ; et si tel n'&#233;tait pas le cas, il serait alors vain de penser - m&#234;me si cela est prouv&#233; par l'exp&#233;rience historique aussi bien que par des consid&#233;rations th&#233;oriques - que, par exemple, la Russie r&#233;volutionnaire pourrait tenir t&#234;te &#224; une Europe conservatrice ou qu'un L'Allemagne socialiste pourrait rester isol&#233;e dans un monde capitaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envisager la perspective d'une r&#233;volution sociale dans des cadres nationaux, c'est &#234;tre victime de la m&#234;me &#233;troitesse nationale qui est le contenu du social-patriotisme. Jusqu'&#224; la fin de sa vie, Vaillant a consid&#233;r&#233; la France comme la terre promise de la r&#233;volution sociale et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison qu'il a tenu &#224; la d&#233;fendre jusqu'au couteau. Lensch et d'autres croient, certains hypocritement, d'autres honn&#234;tement, que la d&#233;faite de l'Allemagne signifierait avant tout la destruction des bases de la r&#233;volution sociale. Et enfin, nos Tseretelli et nos Tchernov, qui ont r&#233;p&#233;t&#233; la triste exp&#233;rience du minist&#233;rialisme fran&#231;ais dans nos conditions nationales, jurent que leur politique sert les objectifs de la r&#233;volution et n'a donc rien de commun avec la politique de Guesde et de Sembat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, il ne faut pas oublier que dans le social-patriotisme, outre ce r&#233;formisme vulgaire, est &#224; l'&#339;uvre un messianisme national r&#233;volutionnaire, qui consiste &#224; consid&#233;rer son propre pays comme l'&#201;tat choisi qui peut conduire l'humanit&#233; au &#171; socialisme &#187; ou &#224; la &#171; d&#233;mocratie &#187;. &#034;, que ce soit en raison de son d&#233;veloppement industriel ou de sa forme d&#233;mocratique et de ses r&#233;alisations r&#233;volutionnaires. (Si une r&#233;volution compl&#232;tement victorieuse &#233;tait r&#233;ellement concevable &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res d'une seule nation mieux pr&#233;par&#233;e, ce messianisme li&#233; au programme de d&#233;fense de la patrie aurait une justification historique relative. Mais en r&#233;alit&#233;, il ne l'a pas.) la pr&#233;servation de la base nationale de la r&#233;volution sociale par de telles m&#233;thodes, qui sapent les connexions internationales du prol&#233;tariat, signifie la sape de la r&#233;volution sociale, qui doit commencer sur une base nationale, mais qui, compte tenu de l'interd&#233;pendance &#233;conomique et militaro-politique actuelle, des Etats europ&#233;ens (qui ne s'est jamais manifest&#233;e avec une telle puissance, surtout dans cette guerre) ne peut se limiter &#224; eux. Le mot d'ordre des &#201;tats-Unis d'Europe exprime cette interd&#233;pendance, qui cr&#233;era imm&#233;diatement et directement les conditions d'une coordination de l'action du prol&#233;tariat europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le social-patriotisme, qui en principe, sinon toujours en fait, est l'application du r&#233;formisme social dans sa forme la plus pure et son adaptation &#224; l'&#233;poque imp&#233;rialiste, propose dans la catastrophe mondiale actuelle de la politique du prol&#233;tariat de choisir la voie du &#034; moindre mal&#034;, c'est-&#224;-dire rejoindre l'un des deux camps oppos&#233;s. Nous rejetons cette m&#233;thode. Nous insistons sur le fait que la guerre pr&#233;par&#233;e par les d&#233;veloppements ant&#233;rieurs a pos&#233; de mani&#232;re tout &#224; fait claire les probl&#232;mes fondamentaux du d&#233;veloppement capitaliste actuel dans son ensemble. En outre, la ligne suivie par le prol&#233;tariat international et ses sections nationales ne doit pas &#234;tre d&#233;termin&#233;e par des traits politiques et nationaux secondaires, ni par les avantages discutables de la pr&#233;dominance militaire d'un c&#244;t&#233; sur l'autre (alors que, d'ailleurs, ces avantages discutables sont communiqu&#233;s dans promouvoir l'abandon complet de toute ind&#233;pendance politique du prol&#233;tariat), mais par l'antagonisme fondamental entre le prol&#233;tariat international et le r&#233;gime capitaliste dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la seule formulation de principe de la question et elle a dans son essence un caract&#232;re socialiste r&#233;volutionnaire. C'est lui seul qui fournit la justification th&#233;orique et historique de la tactique de l'internationalisme r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En refusant de soutenir l'&#201;tat dans la p&#233;riode de la plus grande catastrophe - non pas au nom d'un cercle de propagande, mais au nom de la classe la plus importante de la soci&#233;t&#233; - l'internationalisme ne veut pas simplement &#233;viter passivement de &#171; se salir les mains &#187;, mais affirme que Pour nous, le sort du d&#233;veloppement mondial n'est plus li&#233; au sort de l'&#201;tat-nation ; bien plus encore : que cette derni&#232;re est devenue un obstacle au d&#233;veloppement et doit &#234;tre surmont&#233;e, c'est-&#224;-dire remplac&#233;e par une organisation &#233;conomico-culturelle sup&#233;rieure sur une base plus large. Par cons&#233;quent, si le probl&#232;me du socialisme &#233;tait compatible avec le cadre de l'&#201;tat-nation, il deviendrait compatible avec la d&#233;fense nationale. Mais le probl&#232;me du socialisme se pose &#224; nous sur la base de l'imp&#233;rialisme, c'est-&#224;-dire dans des conditions dans lesquelles le capitalisme lui-m&#234;me est contraint de d&#233;truire violemment le cadre de l'&#201;tat-nation qu'il a lui-m&#234;me cr&#233;&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semi-unification imp&#233;rialiste de l'Europe pourrait peut-&#234;tre &#234;tre r&#233;alis&#233;e &#224; la suite de la victoire d&#233;cisive d'un groupe de grandes puissances ou &#224; la suite d'une issue ind&#233;cise de la guerre, comme nous avons essay&#233; de le montrer. Dans les deux cas, l'unification de l'Europe signifierait le pi&#233;tinement complet du principe d'autod&#233;termination de toutes les nations faibles et la pr&#233;servation et la centralisation de toutes les forces et armes de la r&#233;action europ&#233;enne : monarchies, arm&#233;es permanentes et diplomatie secr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unification d&#233;mocratique et r&#233;publicaine de l'Europe, une unification qui peut v&#233;ritablement garantir le libre d&#233;veloppement national, n'est que sur la voie d'une lutte r&#233;volutionnaire contre le militarisme, l'imp&#233;rialisme et le centralisme dynastique, par le biais de soul&#232;vements dans chaque pays et de l'unification ult&#233;rieure de tous les soul&#232;vements vers une r&#233;volution europ&#233;enne g&#233;n&#233;rale possible. Quelle que soit son &#233;volution dans chaque pays, la r&#233;volution europ&#233;enne victorieuse ne peut transmettre le pouvoir au prol&#233;tariat qu'en raison de l'absence d'autres classes r&#233;volutionnaires. Les &#201;tats-Unis d'Europe repr&#233;sentent donc la forme &#8211; la seule forme concevable &#8211; de la dictature du prol&#233;tariat europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Addendum 1922&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation, r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; plusieurs reprises dans Le Programme de paix, selon laquelle la r&#233;volution prol&#233;tarienne ne peut pas &#234;tre men&#233;e &#224; bien &#224; l'&#233;chelle nationale, peut sembler &#224; certains lecteurs comme r&#233;fut&#233;e par les cinq ann&#233;es d'exp&#233;rience de notre R&#233;publique sovi&#233;tique. Mais une telle conclusion serait infond&#233;e. Le fait que l'&#201;tat ouvrier ait tenu t&#234;te au monde entier dans un seul pays, de surcro&#238;t arri&#233;r&#233;, t&#233;moigne de la puissance colossale du prol&#233;tariat, une puissance qui r&#233;alisera de v&#233;ritables miracles dans d'autres pays plus avanc&#233;s et plus civilis&#233;s. . Mais nous nous sommes d&#233;fendus en tant qu'&#201;tat au sens politique et militaire du terme, mais nous n'avons pas atteint la soci&#233;t&#233; socialiste ni m&#234;me nous en sommes approch&#233;s. La lutte pour l'autod&#233;fense r&#233;volutionnaire/&#233;tatique a conduit &#224; un d&#233;clin extr&#234;me des forces productives au cours de cette p&#233;riode, alors que le socialisme ne peut &#234;tre imagin&#233; que sur la base de leur croissance et de leur &#233;panouissement. Les n&#233;gociations commerciales avec les Etats bourgeois, les concessions, la Conf&#233;rence de Gen&#232;ve, etc. ne montrent que trop clairement l'impossibilit&#233; d'une construction socialiste isol&#233;e dans le cadre national. Tant que la bourgeoisie reste au pouvoir dans les autres Etats europ&#233;ens, nous devons rechercher des accords avec le monde capitaliste dans la lutte contre l'isolement &#233;conomique ; en m&#234;me temps, on peut affirmer avec certitude que, au mieux, ces accords nous aideront &#224; panser telle ou telle blessure &#233;conomique, &#224; faire tel ou tel pas en avant, mais l'essor r&#233;el de l'&#233;conomie socialiste en Russie ne viendra qu'apr&#232;s la la victoire du prol&#233;tariat devient possible dans les pays les plus importants d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que l'Europe n'est pas seulement un concept g&#233;ographique, mais aussi un concept &#233;conomico-politique, est clairement d&#233;montr&#233; par les &#233;v&#233;nements de ces derni&#232;res ann&#233;es : le d&#233;clin de l'Europe, la croissance de la puissance des &#201;tats-Unis, la tentative de Lloyd George de sauver l'Europe. par des m&#233;thodes combin&#233;es imp&#233;rialistes et pacifistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le mouvement ouvrier europ&#233;en se trouve dans une p&#233;riode d'actions d&#233;fensives, de rassemblement de forces et de pr&#233;paration. Une nouvelle p&#233;riode de luttes pour le pouvoir ouvertement r&#233;volutionnaires mettra in&#233;vitablement au premier plan la question des relations &#233;tatiques entre les peuples de l'Europe r&#233;volutionnaire. Dans la mesure o&#249; l'exp&#233;rience de la Russie a montr&#233; que l'Etat sovi&#233;tique &#233;tait la forme la plus naturelle de dictature du prol&#233;tariat, et dans la mesure o&#249; l'avant-garde prol&#233;tarienne d'autres pays a adopt&#233; en principe cette forme d'Etat, on peut supposer qu'avec le retour du direct Dans la lutte pour le pouvoir, le prol&#233;tariat europ&#233;en &#233;laborera le programme de la r&#233;publique f&#233;d&#233;rative sovi&#233;tique europ&#233;enne. L'exp&#233;rience de la Russie &#224; cet &#233;gard est tr&#232;s instructive. Cela t&#233;moigne de la compatibilit&#233; totale entre l'autonomie nationale et culturelle la plus large et le centralisme &#233;conomique sous le r&#233;gime prol&#233;tarien. En ce sens, le slogan des &#201;tats-Unis d'Europe, traduit dans la langue de l'&#201;tat sovi&#233;tique, non seulement conserve son sens, mais promet &#233;galement de r&#233;v&#233;ler sa signification colossale dans la prochaine &#233;poque de r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes de bas de page&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La brochure de L&#233;on Trotsky Le Programme de paix &#233;tait bas&#233;e sur une s&#233;rie d'articles &#233;crits en 1915-16 dans la revue internationaliste Nashe Slovo , que Trotsky publiait &#224; Paris. Trotsky r&#233;visa ces articles en mai 1917 et les publia sous forme de brochure programmatique dans la presse bolchevique de Russie en juin 1917. &#192; cette &#233;poque, Trotsky, comme L&#233;nine, utilisait encore le terme de &#171; social-d&#233;mocratie &#187; pour d&#233;crire le mouvement marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &#201;tat avant la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1*. Dans cette version, la terminaison non sexiste &#171; Inner &#187; a &#233;t&#233; utilis&#233;e d'une mani&#232;re quelque peu incoh&#233;rente qui ne correspond pas aux pratiques de l'&#233;poque. Nous l'avons donc chang&#233; pour la forme masculine qui &#233;tait courante &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Karl Marx Quotes on the Question of Work</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
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&lt;p&gt;Karl Marx Quotes on the Question of Work &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;The realm of freedom begins only where one ceases to work out of necessity and externally imposed opportunity ; it is therefore by nature beyond the sphere of material production itself.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx, in &#034;Capital&#034;, Book III) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8220;Work itself is harmful and disastrous not only under present conditions, but in general, insofar as its aim is the mere increase of wealth&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Labor does not only produce commodities ; it produces itself and the worker as a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Karl Marx Quotes on the Question of Work&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#034;The realm of freedom begins only where one ceases to work out of necessity and externally imposed opportunity ; it is therefore by nature beyond the sphere of material production itself.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Capital&#034;, Book III)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Work itself is harmful and disastrous not only under present conditions, but in general, insofar as its aim is the mere increase of wealth&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Labor does not only produce commodities ; it produces itself and the worker as a commodity, and this to the extent that it produces commodities in general.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Manuscripts of 1844&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Labor is not the source of all wealth. Nature is just as much the source of use values &#8203;&#8203;(which are, after all, real wealth !) as labor, which is itself only the expression of a natural force, the labor power of man. This hackneyed phrase is found in all primers, and it is true only on condition that it is implied that labor is prior, with all the objects and processes that accompany it. But a socialist program cannot allow this bourgeois phraseology to pass over in silence the conditions that alone can give it meaning. And it is only to the extent that man, from the outset, acts as an owner with regard to nature, this primary source of all the means and materials of labor, it is only if he treats it as an object belonging to him that his labor becomes the source of use values, hence of wealth. The bourgeois have excellent reasons for attributing to labor this supernatural power of creation : for, from the fact that labor is dependent on nature, it follows that the man who possesses nothing other than his labor power will necessarily, in any state of society and civilization, be the slave of other men who have set themselves up as possessors of the objective conditions of labor. He can work, and consequently live, only with the permission of the latter...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Marginal Glosses on the Program of the German Workers' Party&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The bourgeois have excellent reasons for attributing to labor this supernatural power of creation : for, from the fact that labor is dependent on nature, it follows that the man who possesses nothing other than his labor power will necessarily, in any state of society and civilization, be the slave of other men who have set themselves up as possessors of the objective conditions of labor. He can work, and consequently live, only with the permission of the latter.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Marginal Glosses on the Program of the German Workers' Party&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;One of the prerequisites for the emergence of wage labor, and one of the historical conditions of capital, is free labor and the exchange of free labor for money, in order to produce money and convert it into values, in order to be consumed by money, not as use value for pleasure, but as exchange value for money. Another prerequisite is the separation of free labor from the objective conditions of its realization&#8212;from the means and means of labor. This means, above all, that workers must be separated from the land, which serves as a natural laboratory. This means the dissolution of small, free landownership and common landownership, based on the oriental type of commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In both cases, the relationship between the worker and the objective conditions of his work is determined by a question of property : it is the natural unity of labor and the material conditions required for that work. In fact, the worker has an objective existence, independent of his labor. The individual is linked to himself as owner, as master of the conditions of his reality. The same relationship exists between an individual and the rest. Where this prerequisite comes from the community, the others are its co-owners, who are so many embodiments of common property. When it comes from the individual families that jointly constitute the community, they are independent owners coexisting with it, independent private owners. The common property that previously absorbed everything and encompassed them all now subsists as a special &#034;ager publicus,&#034; separate from the many private owners. (ager publicus means common possession of land)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In both cases, individuals behave not as workers, but as owners&#8212;and as members of a community who also work. The object of this work is not the creation of value, although they may perform surplus labor to exchange for alien labor&#8212;that is, for surplus products. Its purpose is to maintain the owner and his family, as well as the common body as a whole. The establishment of the individual as a worker, stripped of all qualities except this one, is itself a product of history&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Once men have finally settled down, and to a lesser extent, the way in which this original community is modified, will depend on various external conditions, climatic, geographical, physical, etc., as well as on their particular natural constitution &#8211; on their tribal character. The spontaneously evolved tribal community, or, if you will, the herd &#8211; the common bonds of blood, language, custom, etc. &#8211; is the first condition for the appropriation of the purpose of life and of the activity that reproduces and gives its material expression or purpose [vergegenst&#228;ndlichenden] (activity of shepherd, hunter, farmer, etc.). The Earth is the great laboratory, the arsenal that provides both the means and the material for work, as well as the location, the basis of the community. Men's relations with it are naive ; they consider themselves its common owners and those of the community that produces and reproduces itself through living labor. Only to the extent that the individual is a member&#8212;literally and figuratively&#8212;of such a community does he consider himself an owner or possessor. In reality, appropriation by means of the labor process takes place under those preconditions, which are not the product of labor, but appear as its natural or divine preconditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Pre-capitalist Economic Formations&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Capital is a contradiction in action : it tends to reduce labor time to a minimum, while making it the sole source and measure of wealth. It therefore diminishes it in its necessary form in order to increase it in its useless form, making superfluous labor time the condition&#8212;a matter of life and death&#8212;of necessary labor time. On the one hand, capital sets in motion all the forces of science and nature, it stimulates social cooperation and commerce in order to (relatively) free the creation of wealth from labor time ; on the other hand, it intends to measure in labor time the immense social forces thus created, so that it contains, immobilizes, and limits their achievements. Productive forces and social relations&#8212;the double principle of the development of the individual&#8212;are and mean for capital only simple means for maintaining itself on its own narrow basis. In reality, these are the material conditions that will shatter the foundations of capital.&#8221; (&#8230;) What is new in capital is that it increases the surplus labor time of the masses by all means of art and science, since its immediate aim is not use value but value in itself, which it cannot realize without the direct appropriation of surplus labor time, which constitutes its wealth. Thus, by reducing labor time to a minimum, capital contributes in spite of itself to creating social time available for the service of all, for the development of each. But, while creating available time, it tends to transform it into surplus labor. The more it succeeds in this task, the more it suffers from overproduction ; and as soon as it is unable to exploit surplus labor, capital stops necessary work. The more this contradiction becomes acute, the more it is realized that the increase in productive forces must depend on the appropriation of surplus labor not by others but by the working masses themselves. (&#8230;) True wealth being the full productive power of all individuals, the standard of measurement will not be working time, but available time. To adopt working time as the standard of wealth is to base the latter on poverty, it is to want leisure to exist only in and through opposition to surplus labor time ; it is to reduce all time to working time alone and to degrade the individual to the exclusive role of worker, of instrument of labor. This is why the most perfected machinery forces the worker to devote more time to work than the savage of the bush or the craftsman with his simple and crude tools ever did. (&#8230;) Work cannot become a game, as Fourier wants, who had the great merit of having proclaimed as the ultimate goal the overcoming, in a higher form, not of the mode of distribution but of production. (&#8230;) Just as the system of bourgeois economy develops little by little, so,The ultimate outcome of this system gradually develops its own negation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx in &#034;Principles of the Critique of Political Economy&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The worker's nationality is not French, English, or German ; it is labor, free slavery, the traffic in oneself. His government is not French, English, or German ; it is capital. The air he breathes at home is not French, English, or German ; it is the air of factories. The soil that belongs to him is not French, English, or German ; it is a few feet underground.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Critical Notes on Friedrich List&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;When the Paris Commune took the direction of the revolution into its own hands ; when ordinary workers, for the first time, dared to touch the governmental privilege of their &#8220;natural superiors,&#8221; the propertied classes, and, under circumstances of unparalleled difficulty, accomplished their work modestly, conscientiously, and efficiently (and accomplished it for wages the highest of which barely reached one-fifth of what, according to a high scientific authority, Professor Huxley, is the minimum required for a secretary to the London Board of Education), the old world writhed in convulsions of rage at the sight of the red flag, symbol of the Republic of Labor, waving over the H&#244;tel de Ville.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;The Civil War in France&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The workers... must inscribe on their flag the revolutionary slogan : 'Abolition of wage labor,' which is their ultimate objective.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Wages, Prices and Profit&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;We then observe that the economic categories already existing in pre-capitalist periods of production acquire, on the basis of the capitalist mode of production, a new and specific historical character.&lt;br class='autobr' /&gt;
Money - a simple metamorphosed figure of the commodity - only becomes capital from the moment when the worker's capacity to work is transformed into a commodity. This implies that commerce has conquered a sphere where it appeared only sporadically, or was even excluded. In other words, the working population must no longer be part of the objective conditions of work, or present itself on the market as a producer of commodities : instead of selling the product of its labor, it must sell its labor, or better its capacity to work. Only then does production, in all its magnitude, in depth as well as extension, become commodity production. In conclusion, the commodity only becomes the general elementary form of wealth on the basis of capitalist production.&lt;br class='autobr' /&gt;
For example, as long as capital does not yet dominate agriculture, a large part of food products continue to be produced as simple means of subsistence, and not as commodities. Similarly, a large fraction of the working population remains unsalaried, and most working conditions are not yet capital. *&lt;br class='autobr' /&gt;
All this implies that the developed division of labor&#8212;as it appears by chance within society&#8212;and the capitalist division of labor within the workshop generate and condition each other. Indeed, the commodity&#8212;the determinate form of the product&#8212;and therefore the alienation of the product as a necessary form of appropriation presuppose a fully developed social division of labor. Now, it is only on the basis of capitalist production&#8212;and therefore also of the capitalist division of labor within the workshop&#8212;that every product necessarily assumes the mercantile form, and that all producers are necessarily commodity producers. It is therefore only on the basis of capitalist production that use value is generally mediated by exchange value.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Capital,&#034; The Production Process of Capital, Chapter Six&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;In this social war, capital, the direct or indirect ownership of subsistence and the means of production, is the weapon with which one fights ; so it is clear as day that the poor bear all the disadvantages of such a state. No one cares about him ; thrown into this chaotic whirlwind, he must struggle as best he can. If he is lucky enough to find work, that is to say, if the bourgeoisie grants him the grace of enriching itself at its expense, a salary awaits him, which is barely enough to keep him on this earth ; if he does not find work, he can steal, if he does not fear the police, or die of hunger, and there too the police will see to it that he dies of hunger in a quiet manner, in no way offensive to the bourgeoisie.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The Condition of the Working Class in England&#034; by Engels, Marx's companion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Work is primarily an act that takes place between man and nature. Man himself plays the role of a natural power in relation to nature. The forces with which his body is endowed, arms and legs, head and hands, he sets in motion, in order to assimilate materials by giving them a form useful to his life. At the same time that he acts by this movement on external nature and modifies it, he modifies his own nature, and develops the faculties that lie dormant within it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the same time that mechanical work overexcites the nervous system to the utmost, it prevents the varied play of the muscles and compresses all free activity of body and mind. The very ease of work becomes torture in the sense that the machine does not free the worker from work, but strips work of its interest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A certain stunting of body and mind is inseparable from the division of labor in society. But since the manufacturing period pushes this social division much further, at the same time that by its own division it attacks the individual at the very root of his life, it is this which first provides the idea and the material for an industrial pathology.&lt;br class='autobr' /&gt;
The economy of collective means of labor, activated and matured as in a hothouse by the factory system, becomes in the hands of capital a system of robberies committed on the vital conditions of the worker during his work, on space, air, light and measures of personal protection against the dangerous and unhealthy circumstances of the production process, not to mention the arrangements which the comfort and convenience of the worker would require.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It [manufacturing] cripples the worker, it makes him into something monstrous by activating the artificial development of his dexterity in detail, by sacrificing a whole world of productive dispositions and instincts, just as, in the States of La Plata, a bull is sacrificed for its skin and tallow. It is not only labor that is divided, subdivided, and distributed among various individuals, it is the individual himself who is fragmented and metamorphosed into the automatic spring of an exclusive operation, so that we find realized the absurd fable of Menenius Agrippa representing a man as a fragment of his own body.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In history, as in nature, decay is the laboratory of life.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Capital&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Unlike Adam Smith, David Ricardo has clearly delineated the principle of the determination of the value of commodities by labor time and shows that this law also governs those bourgeois relations of production which seem most in contradiction with it. Ricardo's research is confined exclusively to the magnitude of value and, with regard to the latter, he at least suspects that the realization of the law presupposes definite historical conditions. Thus, he says that the determination of the magnitude of value by labor time is valid only for commodities &#034;which can be multiplied at will by industry and whose production is subject to unlimited competition.&#034; This only means, in fact, that the law of value presupposes, for its complete development, the society of large-scale industrial production and free competition, that is, modern bourgeois society. Moreover, Ricardo regards the bourgeois form of labor as the eternal natural form of social labor. To the primitive fisherman and hunter, whom he considers as owners of goods, he immediately makes them exchange fish and game proportionally to the labor time materialized in these exchange values. He commits on this occasion the anachronism which would consist in making the primitive fisherman and hunter refer, for the evaluation of their instruments of work, to the annuity tables current on the London Stock Exchange in 1817. The &#034;Parallelograms of Mr. Owen&#034; seem to be the only form of society he has known outside the bourgeois form. Although a prisoner of this bourgeois horizon, Ricardo dissects the bourgeois economy, which has in its depths a totally different aspect from what it appears to be on the surface, with such theoretical rigor, that Lord Brougham was able to say of him &#034;Mr. Ricardo seemed to have fallen from another planet.&#034; &#187; In a direct polemic with Ricardo, Sismondi, while insisting on the specifically social character of labor creating exchange value, indicated as &#034;the characteristic of our economic progress&#034; the reduction of the magnitude of value to necessary labor time, to &#034;the ratio between the need of the whole of society and the quantity of labor sufficient to satisfy this need.&#034; (...) Since&lt;br class='autobr' /&gt;
it was Ricardo who, giving classical political economy its completed form, formulated and developed in the clearest way the law of the determination of value by labor time, it is naturally on him that the polemic raised by the economists is concentrated. If we strip this polemic of the inept form it most often assumes, it can be summed up in the following points :&lt;br class='autobr' /&gt;
First &#8211; Labor itself has an exchange value, and different labors have different exchange values. It is a vicious circle to make an exchange value the measure of exchange value, since exchange value, which serves as a measure, itself in turn needs a measure. This objection is based on the following problem : given labor time as an immanent measure of exchange value, develop the worker's wage on this basis. The answer is given by the theory of wage labor.&lt;br class='autobr' /&gt;
Second. &#8211; If the exchange value of a product is equal to the labor time it contains, the exchange value of a day's labor is equal to the product of a day's labor. Or again, the wage must be equal to the product of labor. But the opposite is true. So this objection merges into the following problem : how does production, on the basis of exchange value, determined by labor time alone, lead to the result that the exchange value of labor is less than the exchange value of its product ? We will solve this problem by studying capital.&lt;br class='autobr' /&gt;
Third. &#8211; The market price of commodities falls below or exceeds their exchange value according to the changes in supply and demand. Consequently, the exchange value of commodities is determined by the ratio of supply and demand and not by the labor time they contain. Practically, this strange conclusion simply raises the following question : how is a market price formed on the basis of exchange value that is different from this value, or more precisely, how is the law of exchange value realized only in its own opposite ? This problem is solved in the theory of competition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fourth. &#8211; The last contradiction and the most peremptory in appearance, when it is not, as usual, presented in the form of baroque examples, is the following : if the exchange value is nothing other than the labor time contained in a commodity, how can commodities which do not contain labor possess an exchange value, or, in other words, where does the exchange value of simple forces of nature come from ? This problem is resolved in the theory of ground rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Critique of Political Economy&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Labor that creates exchange value is finally characterized by the fact that the social relations between people appear, so to speak, as reversed, as a social relation between things. Only if one use-value is compared with another in its quality of exchange-value, is the labor of the various people compared in its aspect of equal and general labor. If, therefore, it is right to say that exchange-value is a relation between people, it must be added : a relation that is hidden beneath the envelope of things. Just as, despite the difference in their physical and chemical properties, a pound of iron and a pound of gold represent the same mass, so the use-values &#8203;&#8203;of two commodities, containing the same labor-time, represent the same exchange-value. Exchange value thus appears as a socially determined natural form of use-values, a determined form assigned to them as objects and by means of which, in the process of exchange, they replace one another in definite quantitative relations and form equivalents, just as simple chemical substances combine in certain quantitative relations and form chemical equivalents. Only the habit of everyday life makes it considered commonplace and self-evident that a social relation of production takes the form of an object, giving the relation between people in their work the appearance of a relation established between things and between these things and people. This mystification is still quite simple in the commodity. Everyone suspects, more or less vaguely, that the relation between commodities as exchange-values &#8203;&#8203;is rather a relation between people and their reciprocal productive activity. This appearance of simplicity disappears in higher-level relations of production. All the illusions of the monetary system arise from the failure to see that money, in the form of a natural object with definite properties, represents a social relation of production. Among modern economists, who smile sardonically at the illusions of the monetary system, the same illusion betrays itself as soon as they deal with higher economic categories, for example, capital. It is revealed in the admission of their naive astonishment when the object they clumsily imagined they were holding in their hands at that very moment suddenly appears to them as a social relation, and conversely, what they have just catalogued in the category of social relations taunts them in the form of an object.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Since exchange value is, in fact, nothing other than the ratio of the labors of individuals, considered as equal and general labor, nothing other than the objective expression of a specifically social form of labor, it is a tautology to say that labor is the sole source of exchange value and, consequently, of wealth, insofar as the latter consists of exchange values. It is the same tautology to say that matter in itself in its natural state does not contain exchange value, since it does not contain labor, and that exchange value in itself does not contain matter in its natural state. But when William Petty calls it &#034;labor the father, and the earth the mother of wealth&#034; ; when Bishop Berkeley asks &#034;whether the four elements and the human labor mingled with them are not the true source of wealth&#034; ; or again, when the American Th. Cooper explains in a popular form :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Take away from a loaf of bread the labor it has cost, the labor of the baker, the miller, the farmer, etc., what remains ? A few seeds of wild grass unfit for any human use ; in all these ways of seeing things, it is not a question of abstract labor, the source of exchange value, but of concrete labor, insofar as it is a source of material wealth, in short, of labor producing use values. In positing the use value of the commodity, one presupposes the particular utility, the determinate and systematic character of the labor it has absorbed ; but, from the point of view of the commodity, these considerations exhaust all reference to this labor as useful labor. What interests us in bread as use value are its alimentary properties, and not at all the labors of the farmer, the miller, the baker, etc. If some invention were to eliminate nineteen-twentieths of this labor, the loaf of bread would render the same services as before. If it were to fall from the sky fully baked, it would not lose an atom of its use-value. While labor creating exchange value is realized in the equality of commodities as general equivalents, labor as systematic productive activity is realized in the infinite diversity of the use-values &#8203;&#8203;it creates. While labor creating exchange value is an abstract and equal general labor, labor creating use-value is a concrete and particular labor which, according to form and matter, is divided into an infinite variety of kinds of labor.&lt;br class='autobr' /&gt;
It is incorrect to say that labor, which creates use values, is the sole source of the wealth it produces, that is, of material wealth. It is the activity that adapts matter to a particular end ; it therefore necessarily presupposes matter. The relationship between labor and natural matter varies greatly according to different use values, but use value always contains a natural substratum. As a systematic activity aimed at appropriating the products of nature in one form or another, labor is the natural condition of human existence, the condition&#8212;independent of any social form&#8212;of the exchange of substances between man and nature. Labor, which creates exchange value, on the other hand, is a specifically social form of labor. In its material determination as a particular productive activity, the work of a tailor, for example, produces the garment, but not the exchange value of the garment. It is not in its capacity as tailor's work, but as abstract general labor, that it produces this value, and the latter is part of a social whole to the construction of which the tailor's needle has contributed nothing. Thus, in ancient domestic industry, women produced clothing, without producing the clothing's exchange value. Labor, the source of material wealth, was no less known to the lawgiver Moses than to the customs official Adam Smith.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Let us now consider some more precise determinations which result from the reduction of exchange value to labor time.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As a use-value, the commodity exercises a causal action. Wheat, for example, acts as food. A machine replaces labor in definite proportions. This action of the commodity, the action which alone makes it a use-value, an object of consumption, can be called its service, the service it renders as a use-value. But, as an exchange-value, the commodity is never considered anything other than a result. It is not a question of the service it renders, but of the service which has been rendered to itself in producing it. Thus the exchange-value of a machine, for example, is determined not by the quantity of labor-time which it replaces, but by the quantity of labor-time which has been employed in constructing it and which is consequently required to produce a new machine of the same kind.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If, therefore, the quantity of labor required for the production of commodities remained constant, their exchange value would be invariable. But the ease and difficulty of production vary continually. When the productive power of labor increases, the same use-value is produced in a shorter time. If the productive power of labor decreases, the production of the same use-value will require more time. The magnitude of the labor time contained in a commodity, that is, its exchange value, is therefore a variable value : it increases or decreases in inverse proportion to the increase or decrease in the productive power of labor. The productive power of labor, which manufacturing industry uses in a predetermined proportion, is also conditioned in agriculture and mining by uncontrollable natural circumstances. The same labor will allow a greater or lesser extraction of different metals according to the relative rarity or abundance of these metals in the earth's crust. The same labor may, if the season is favorable, materialize in the form of two bushels of wheat, and perhaps only one bushel, if it is unfavorable. In the form of natural circumstances, scarcity or abundance seem here to determine the exchange value of commodities, because they determine the productive force, linked to natural circumstances, of a particular concrete labor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Different use-values &#8203;&#8203;contain, under unequal volumes, the same labor-time or the same exchange-value. The smaller, in relation to other use-values, the volume of use-value under which a commodity contains a definite quantum of labor-time, the greater is its specific exchange-value. If it is observed that at different periods of civilization, very distant from one another, certain use-values &#8203;&#8203;form among themselves a series of specific exchange-values, between which subsists, if not exactly the same numerical relation, at least the same general relation of hierarchy, as, for example, gold, silver, copper, iron, or wheat, rye, barley, oats, this only proves that the progress in the development of the social productive forces influences in a uniform or approximately uniform manner the labor-time required for the production of these different commodities.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The exchange value of a commodity does not appear in its own use value. However, since the use value of a commodity is the materialization of general social labor time, there are certain relationships between the use value of this commodity and the use values &#8203;&#8203;of other commodities. The exchange value of one is thus manifested in the use values &#8203;&#8203;of others. Equivalence is, in fact, the exchange value of one commodity expressed in the use value of another. When we say, for example, that one yard of linen is worth two pounds of coffee, the exchange value of the linen is expressed in the use value of the coffee, in a definite quantity of this use value. Once the proportion is given, we can express the value of any quantity of linen in coffee. It is obvious that the exchange value of a commodity, such as linen, does not find its exhaustive expression in the proportion in which another particular commodity, such as coffee, constitutes its equivalent. The quantity of general labor time represented by an ell of linen is simultaneously realized in the infinite variety of volumes of the use values &#8203;&#8203;of all other commodities. In the proportion in which the use value of any other commodity represents labor time of the same magnitude, it constitutes an equivalent of an ell of linen. The exchange value of this commodity taken in isolation therefore finds its exhaustive expression only in the infinity of equations in which its equivalent term is the use values &#8203;&#8203;of all other commodities. It is only in the sum of these equations, or in the totality of the different ratios indicating in what proportion such and such a commodity can be exchanged for any other, that it finds its exhaustive expression as a general equivalent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Contribution to the Critique of Political Economy&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;It is of no consequence to the capitalist whether he advances constant capital in order to extract a profit from variable capital or advances variable capital in order to valorize constant capital, whether he invests money in the form of wages in order to increase the value of machinery and raw materials, or invests it in the form of machinery and raw materials in order to exploit labor power. Although the variable part of capital alone creates surplus value, it does so only on condition that the other parts of capital, the instruments of production, are also advanced. Since the capitalist can exploit labor only if he advances constant capital and can valorize constant capital only if he advances variable capital, these different elements are identified in his conception, and this all the more easily since the real rate of his gain is determined by the ratio of the latter, not to variable capital, but to total capital, by the rate of profit and not by the rate of surplus value. (We shall see later that the same rate of profit can correspond to different rates of surplus value). (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
The only thing that interests the capitalist is the ratio of surplus value (the excess value that the sale of his commodities brings him) to the total capital that he has advanced ; as for the ratio between this surplus and the various elements of his capital, he is hardly concerned with it and he even has every interest in forming a false idea of &#8203;&#8203;it. Although the excess of the value of the commodity over the cost price arises in the process of production, it is realized only in the process of circulation, and since its realization and its magnitude are determined by competition and market conditions, it is also in the process of circulation that it seems to originate. However, whether a commodity is sold above or below its value, the result is only a change in the distribution of surplus value, which affects neither the magnitude nor the nature of the latter. Furthermore, real circulation is not only accompanied by the transformations we studied in Volume II, but these go hand in hand with competition as well as with the buying and selling of commodities above and below their value, which means that the surplus value realized by each capitalist depends as much on fraud as on the exploitation of labor. (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
During the process of production, the nature of surplus value does not escape for a moment the capitalist, greedy for the labor of others, as we have seen in the study of surplus value. But the process of production is transient and continually merges with the process of circulation : so that if the capitalist can assimilate with more or less clarity the conception of a gain arising from production and if, consequently, he realizes the nature of surplus value, this notion manages at most to acquire the same importance as the idea that surplus value results from circulation independently of production, from the movement of capital outside its relations to labor. Even modern economists, like Ramsay, Malthus, Senior, Torrens, invoke the phenomena of circulation as proof that capital alone, in its objective existence and freed from its social relations to labor (relations without which it would not be capital), is a source of surplus value.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Capital&#034;, Book III, Paragraph 1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The best thing about my book (&#034;Capital&#034;) is : 1. that it highlights, from the very first chapter, the dual character of labor, depending on whether it is expressed in use value or in exchange value, and this is what the whole intelligence of the text is based on ; 2. that it analyzes surplus value, independently of its particular forms (profit, interest, ground rent, etc.). It is in the second volume especially that all this will become apparent. In classical economics, these particular forms are constantly mixed and confused with the general form, so that the result is an inextricable jumble.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in his letter to Engels of 24.8.1867&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Political economy hides the alienation in the essence of labor by not considering the direct relationship between the worker (labor) and production. Certainly, labor produces wonders for the rich, but it produces destitution for the worker. It produces palaces, but dens for the worker. It produces beauty, but wasting for the worker. It replaces labor with machines, but it throws some workers into barbaric labor and turns the rest into machines. It produces wit, but it produces imbecility, cretinism for the worker. [...] Until now, we have considered the alienation, the dispossession of the worker only from one aspect, that of his relationship to the products of his labor. But alienation does not appear only in the result, but in the act of production, within the activity of production itself. [...] Now, in what does the alienation of labor consist ? First, in the fact that work is external to the worker, that is, it does not belong to his essence, that therefore, in his work, the latter does not affirm himself but denies himself, does not feel comfortable but unhappy, does not display free physical and intellectual activity, but mortifies his body and ruins his mind. This is why the worker has the feeling of being with himself only outside of work and, in work, he feels outside of himself. He is at home when he is not working and, when he is working, he does not feel at home. His work is therefore not voluntary, but forced, it is forced labor. It is therefore not the satisfaction of a need, but only a means of satisfying needs outside of work. The alien character of work clearly appears in the fact that, as soon as there is no physical or other constraint, work is avoided like the plague. External work, work in which man alienates himself, is a work of self-sacrifice, of mortification. Finally, the external character of work for the worker appears in the fact that it is not his own property, but that of another, that it does not belong to him, that in work the worker does not belong to himself, but belongs to another. [...] We thus arrive at the result that man (the worker) no longer feels freely active except in his animal functions, eating, drinking and procreation, at most in dwelling, adornment, etc., and that, in his functions as a man, he no longer feels himself anything but an animal. The bestial becomes the human and the human becomes the bestial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Manuscripts of 1844&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;For the owner of money to find labor power as a commodity on the market, however, various conditions must first be met. The exchange of commodities, by itself, does not entail any other relations of dependence than those which arise from its nature. In these circumstances, labor power can only appear on the market as a commodity if it is offered or sold by its own owner. The latter must therefore be able to dispose of it, that is, be the free owner of his labor power, of his own person. The owner of money and he meet on the market and enter into relations with each other as exchangers in the same capacity. They differ only in this : one buys and the other sells, and by this very fact, both are legally equal persons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For this relationship to persist, the owner of the labor power must never sell it for more than a fixed time, because if he sells it in bulk, once and for all, he sells himself, and from being free he becomes a slave, from being a merchant, a commodity. If he wants to maintain his personality, he must only place his labor power temporarily at the disposal of the buyer, so that by alienating it he does not thereby renounce his ownership of it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The second essential condition for the man with money to be able to buy labor power is that the owner of the latter, instead of being able to sell commodities in which his labor has been realized, is forced to offer and put up for sale, as a commodity, his labor power itself, which resides only in his organism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anyone who wants to sell commodities distinct from his own labor power must naturally possess means of production such as raw materials, tools, etc. It is impossible for him, for example, to make boots without leather, and moreover he needs means of subsistence. No one, not even the musician of the future, can live on the products of posterity, nor subsist on use values &#8203;&#8203;whose production is not yet complete ; today, as on the first day of his appearance on the world stage, man is obliged to consume before producing and while he is producing. If products are commodities, they must be sold in order to satisfy the producer's needs. To the time necessary for production is added the time necessary for sale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The transformation of money into capital therefore requires that the owner of money find the free worker on the market, and free from a double point of view. First, the worker must be a free person, disposing at will of his labor power as his own commodity ; second, he must have no other commodity to sell ; be, so to speak, free from everything, completely deprived of the things necessary for the realization of his labor power.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Why does this free worker find himself in the sphere of circulation ? This is a question that is of little interest to the owner of money, for whom the labor market is only a particular branch of the commodity market ; and for the moment it is of no interest to us either. Theoretically, we stick to the fact, as he does practically. In any case, one thing is quite clear : nature does not produce owners of money or commodities on the one hand and owners of their own labor power purely and simply on the other. Such a relation has no natural basis, nor is it a social relation common to all periods of history. It is obviously the result of a preliminary historical development, the product of a large number of economic revolutions, arising from the destruction of a whole series of old forms of social production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Likewise, the economic categories we have considered previously bear a historical stamp. Certain historical conditions must be fulfilled before the product of labor can be transformed into a commodity. For example, as long as it is intended only to immediately satisfy the needs of its producer, it does not become a commodity. If we had pursued our research further, if we had asked ourselves under what circumstances all products, or at least most of them, take the form of commodities, we would have found that this only happens on the basis of a very special mode of production, capitalist production. But such an investigation would have been entirely outside the scope of a simple analysis of commodities. Commodity production and circulation can take place even when the greater part of the products consumed by their producers themselves do not enter into circulation as commodities. In this case, social production is far from being governed in its entire extent and depth by exchange value. The product, in order to become a commodity, requires in society a division of labor so developed that the separation between use value and exchange value, which is only just beginning to appear in barter trade, is already accomplished. However, such a degree of development is, as history proves, compatible with the most diverse economic forms of society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, &#034;Capital,&#034; Book One, Buying and Selling Labor Power&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Capitalist appropriation, in accordance with the capitalist mode of production, constitutes the first negation of this private property which is only the corollary of independent and individual labor. But capitalist production itself engenders its own negation with the fatality which presides over the metamorphoses of nature. It is the negation of the negation. It reestablishes not the private property of the worker, but his individual property, based on the acquisitions of the capitalist era, on cooperation and the common possession of all the means of production, including the land.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, &#034;Capital,&#034; Book One&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;As the number of potentates of capital who usurp and monopolize all the advantages of this period of social evolution diminishes, so does misery, oppression, slavery, degradation, exploitation, but also the resistance of the ever-growing and increasingly disciplined working class, united and organized by the very mechanism of capitalist production. The monopoly of capital becomes a fetter for the mode of production that has grown and prospered with it and under its auspices. The socialization of labor and the centralization of its material springs reach a point where they can no longer fit within their capitalist envelope. This envelope shatters. The hour of capitalist property has come. The expropriators are in turn expropriated.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, &#034;Capital,&#034; Book One&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;If working time is the measure of wealth, it is because wealth is founded on poverty, and free time results from the contradictory basis of surplus labor ; in other words, this supposes that all the worker's time is posited as working time and that he himself is reduced to the rank of simple worker and subordinated to work. This is why the most developed machinery today forces the worker to work longer than the savage or himself did when he had more rudimentary and primitive tools.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx, in &#034;Grundisse&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The following is Karl Marx's critique of the German Socialist Party program :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The emancipation of labor requires that the instruments of labor be elevated to the status of common heritage of society and that collective labor be regulated by the community with equitable sharing of the product.&#034; (excerpt from the program of the Social Democratic Party)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx's comment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;The instruments of work raised to the status of common heritage&#034; must undoubtedly mean : &#034;transformed into common heritage.&#034; But this is only in passing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is the &#034;product of labor&#034; ? The object created by labor or its value ? And, in the latter case, the total value of the product or only the fraction of value that labor has added to the value of the means of production consumed ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The &#034;product of labor&#034; is a vague notion which, for Lassalle, took the place of positive economic concepts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What is &#8220;fair sharing&#8221; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Do not the bourgeoisie maintain that the present division is &#034;fair&#034; ? And, in fact, on the basis of the present mode of production, is it not the only &#034;fair&#034; division ? Are economic relations regulated by legal ideas or are not, conversely, legal relations born of economic relations ? Do not the socialists of the sects also have the most diverse conceptions of this &#034;fair&#034; division ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To understand what is meant by the empty expression &#034;fair sharing,&#034; we must compare the first paragraph with this one. The latter assumes a society in which &#034;the instruments of labor are common property and collective labor is regulated by the community,&#034; while the first paragraph shows us that &#034;the product belongs entirely, by equal right, to all members of society.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;To all members of society&#034; ? Even to those who do not work ? What then becomes of the &#034;full product of labor&#034; ? - Only to members of society who work ? What then becomes of the &#034;equal right&#034; of all members of society ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But &#034;all members of society&#034; and &#034;equal rights&#034; are clearly only figures of speech. The essence is that, in this communist society, every worker must receive, in the Lasallian fashion, a &#034;full product of labor.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;If we first take the word &#034;product of labor&#034; in the sense of an object created by labor (Produkt der Arbeit), then the product of the community's labor is &#034;the totality of the social product.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;From this, it is necessary to deduct : First : a fund intended for the replacement of used means of production ; Second : an additional fraction to increase production ; Third : a reserve or insurance fund against accidents, disturbances due to natural phenomena, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These deductions from the &#034;full product of labor&#034; are an economic necessity, the importance of which will be determined in part, taking into account the state of the means and forces in play, with the help of the calculation of probabilities ; in any case, they cannot be calculated in any way on the basis of equity.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The other part of the total product remains, intended for consumption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But before proceeding with the individual distribution, it is still necessary to subtract :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;First, the general administrative costs, which are independent of production. Compared to what happens in today's society, this fraction is immediately reduced to a minimum and decreases as the new society develops.&lt;br class='autobr' /&gt;
Second, what is intended to satisfy the needs of the community : schools, sanitary facilities, etc. This fraction immediately gains in importance, compared to what happens in today's society, and this importance increases as the new society develops.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thirdly : the fund necessary for the maintenance of those who are unable to work, etc., in short, what falls under what is today called official public assistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is only then that we arrive at the only &#034;sharing&#034; that, under the influence of Lassalle and in a limited way, the program has in mind, that is to say, that fraction of the objects of consumption which is distributed individually among the producers of the community.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The &#034;full product of labor&#034; has already been secretly transformed into a &#034;partial product,&#034; although what is taken away from the producer, as an individual, he regains directly or indirectly, as a member of society.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Just as the term &#034;full product of labor&#034; has vanished, so we will see the term &#034;product of labor&#034; in general vanish.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Within a communal social order, based on the common ownership of the means of production, producers do not exchange their products ; similarly, the labor incorporated in products does not appear here as the value of these products, as a real quality possessed by them, since henceforth, contrary to what happens in capitalist society, it is no longer by a roundabout way, but directly, that the labors of the individual become an integral part of the labor of the community. The expression : &#034;product of labor,&#034; condemnable even today because of its ambiguity, thus loses all meaning.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What we are dealing with here is a communist society not as it has developed on its own foundations, but, on the contrary, as it has just emerged from capitalist society ; a society, therefore, which, in all respects, economic, moral, intellectual, still bears the stigmata of the old society from whose bosom it sprang. The producer therefore receives individually&#8212;after deductions have been made&#8212;the exact equivalent of what he has given to society. What he has given is his individual quantum of labor. For example, the social workday represents the sum of the hours of individual labor ; the individual labor time of each producer is the portion he has provided of the social workday, the part he has taken in it. He receives from society a voucher stating that he has provided so much labor (after deduction of the labor done for the collective funds) and, with this voucher, he withdraws from the social stocks of consumer goods as much as an equal quantity of his labor costs. The same amount of labor that he has provided to society in one form, he receives from it, in return, in another form.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is clearly the same principle as that which governs the exchange of commodities insofar as it is an exchange of equal values. The substance and the form differ because, the conditions being different, no one can provide anything other than his labor and, moreover, nothing can become the property of the individual except objects of individual consumption. But as regards the sharing of these objects between individual producers, the guiding principle is the same as for the exchange of equivalent commodities : the same quantity of labor in one form is exchanged for the same quantity of labor in another form.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Equal law is therefore still here in its principle... bourgeois law, although principle and practice no longer go toe-to-toe, while today the exchange of equivalents exists for commodities only on average and not in the individual case.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Despite this progress, equal rights still remain burdened by a bourgeois limit. The producer's rights are proportional to the work he has done ; equality here consists of employment as a common unit of measurement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But one individual physically or morally surpasses another, so he provides more work at the same time or can work for a longer time ; and for work to serve as a measure, its duration or intensity must be determined, otherwise it would cease to be a unit. This equal right is an unequal right for unequal work. It recognizes no class distinction, because every man is only a worker like any other ; but it tacitly recognizes the inequality of individual gifts and, consequently, of productive capacity as natural privileges. It is therefore, in its content, a right founded on inequality, like all rights. Law by its nature can consist only in the use of the same unit of measurement ; but unequal individuals (and they would not be distinct individuals if they were not unequal) are measurable according to a common unit only insofar as they are considered from the same point of view, only insofar as they are grasped from a specific aspect ; for example, in the present case, that we only consider them as workers and nothing more, and that we disregard everything else. On the other hand : one worker is married, the other is not ; one has more children than the other, etc., etc. With equal work and consequently, with equal participation in the social consumption fund, one therefore actually receives more than the other, one is richer than the other, etc. To avoid all these disadvantages, the law should not be equal, but unequal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But these defects are inevitable in the first phase of communist society, as it has just emerged from capitalist society, after a long and painful birth. Law can never be higher than the economic state of society and the degree of civilization corresponding to it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In a higher phase of communist society, when the enslaving subordination of individuals to the division of labor and, with it, the opposition between intellectual and manual labor have disappeared ; when labor is not only a means of living, but itself becomes the first vital need ; when, with the manifold development of individuals, the productive forces have also increased and all the sources of collective wealth are gushing forth in abundance, only then can the limited horizon of bourgeois law be definitively transcended and society will be able to write on its banners &#034;From each according to his ability, to each according to his needs !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I have dwelt particularly on the &#034;full product of labor,&#034; as well as on &#034;equal rights,&#034; &#034;fair sharing,&#034; in order to show how criminal is the enterprise of those who, on the one hand, want to impose once again on our Party, as dogmas, conceptions which meant something at a certain time, but are today nothing more than outdated phraseology, and on the other hand, distort the realistic conception inculcated with great difficulty in the Party, but today well rooted in it, and this with the help of the nonsense of a legal or other ideology, so familiar to French democrats and socialists.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apart from what has just been said, it was in any case a mistake to make so much of what is called sharing, and to put the emphasis on it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In any epoch, the distribution of objects of consumption is only the consequence of the way in which the conditions of production themselves are distributed. But this distribution is a characteristic of the mode of production itself. The capitalist mode of production, for example, consists in this : the material conditions of production [8] are allocated to the non-workers in the form of capitalist property and landed property, while the masses possess only the personal conditions of production : labor power. If the elements of production are distributed in this way, the present distribution of objects of consumption follows of itself. If the material conditions of production are the collective property of the workers themselves, a distribution of objects of consumption different from that of today will likewise follow. Vulgar socialism (and through it, in turn, a fraction of democracy) has inherited from bourgeois economists the habit of regarding and treating distribution as something independent of the mode of production and of representing socialism for this reason as essentially revolving around distribution. The real relations having long since been elucidated, what is the point of going back ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Excerpts from Karl Marx's &#034;Marginal Glosses on the Program of the German Socialist Party&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; De notre monde emport&#233; &#187;, par Christian Astolfi</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8330</link>
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		<dc:date>2025-09-11T22:09:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>DD, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; De notre monde emport&#233; &#187;, par Christian Astolfi &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement : nous diffusons ici non pas un article de commentaire r&#233;dig&#233; par Mati&#232;re et R&#233;volution mais les extraits du livre et les commentaires des lecteurs, afin de pousser nos lecteurs &#224; lire cet ouvrage&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit, plus que d'un roman, d'un ouvrage de m&#233;moire ouvri&#232;re. Ce n'est pas un &#233;crit r&#233;volutionnaire mais un t&#233;moignage prol&#233;tarien sur ce qu'a v&#233;cu la classe ouvri&#232;re &#224; un moment donn&#233; de son histoire. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; De notre monde (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18075 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/webp/asqyzezzoodbqv26n.webp' width=&#034;770&#034; height=&#034;462&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1719925831_7111e9a442a7b42d632b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1719925831_7111e9a442a7b42d632b.jpg' width=&#034;1713&#034; height=&#034;2421&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;De notre monde emport&#233; &#187;, par Christian Astolfi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avertissement : nous diffusons ici non pas un article de commentaire r&#233;dig&#233; par Mati&#232;re et R&#233;volution mais les extraits du livre et les commentaires des lecteurs, afin de pousser nos lecteurs &#224; lire cet ouvrage&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit, plus que d'un roman, d'un ouvrage de m&#233;moire ouvri&#232;re. Ce n'est pas un &#233;crit r&#233;volutionnaire mais un t&#233;moignage prol&#233;tarien sur ce qu'a v&#233;cu la classe ouvri&#232;re &#224; un moment donn&#233; de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De notre monde emport&#233; &#187; commence en 2015, &#224; Paris : quatre camarades, certains mal en point, sous une pluie fine, attendent parmi une &#171; ribambelle &#187;, des hommes et des femmes, une r&#233;paration. Bient&#244;t doit tomber &#171; l'arr&#234;t de la chambre criminelle de la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire de ce pays, sur le pourvoi que nous avons form&#233; pour homicides et blessures involontaires dans le scandale sanitaire qui nous frappe &#187;. Christian Astolfi consacre une part assez importante de son r&#233;cit &#224; la question de l'amiante &#8211; les camarades qui tombent malades les uns apr&#232;s les autres, ceux qui meurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il raconte la d&#233;couverte progressive du scandale, les informations donn&#233;es au compte-goutte jusqu'&#224; une conf&#233;rence &#224; la Bourse du travail de Marseille prononc&#233;e par un chimiste, chercheur &#224; l'universit&#233; de Jussieu, et la r&#233;v&#233;lation, enfin, de la toxicit&#233; du produit et de la responsabilit&#233; des pouvoirs publics mais aussi de tous ceux qui ont d&#233;fendu la possibilit&#233; d'un usage contr&#244;l&#233; de l'amiante, &#171; les scientifiques, les repr&#233;sentants du minist&#232;re du Travail, la direction de l'Institut national de recherche et de s&#233;curit&#233;, les syndicats &#187; : &#171; Tout cela su depuis des d&#233;cennies, &#233;tal&#233; au grand jour comme un linge souill&#233;. &#187; Il est devenu n&#233;cessaire de &#171; d&#233;noncer au grand jour le mensonge entretenu dont nous sommes les victimes au nom de la rentabilit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d&#232;s le deuxi&#232;me chapitre, le lecteur est immerg&#233; dans le monde des chantiers de La Seyne-sur-Mer. Narval, le narrateur, surnomm&#233; ainsi pour avoir sauv&#233; de la noyade un ouvrier int&#233;rimaire dont il ne pourra jamais conna&#238;tre le nom, tant le monde du travail int&#233;rimaire vise &#224; l'annihilation des identit&#233;s m&#234;mes (ce que Joseph Ponthus a parfaitement montr&#233; dans &#192; la ligne), Narval, donc, raconte sa vie aux chantiers, ses d&#233;buts en octobre 1972, alors qu'il est &#226;g&#233; de vingt et un ans : il vient d'&#234;tre embauch&#233; comme graisseur &#224; l'endroit m&#234;me o&#249; son p&#232;re est ajusteur depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entr&#233;e aux chantiers est marqu&#233;e par le passage de sa porte, destin&#233;e &#224; devenir un simple vestige de ce monde disparu, monument historique, mais &#224; l'&#233;poque bel et bien vivante, franchie tant de fois : &#171; Ses murs &#233;pais, cr&#233;pis &#224; l'ocre, de la largeur d'une main. Ses corniches model&#233;es avec habilet&#233;. Ses persiennes ventilant la lumi&#232;re, les unes entrouvertes, les autres ferm&#233;es. Son horloge monumentale moul&#233;e dans la pierre. Cette inscription grav&#233;e &#224; son fronton depuis des d&#233;cennies : Forges et Chantiers de la M&#233;diterran&#233;e. Ce drapeau tricolore flottant qui lui donne un air patriotique. &#187; La vie aux chantiers est emplie de rites et de codes. Lorsqu'on est ouvrier aux chantiers, on occupe une place &#224; part : &#171; &#192; l'image de mes camarades, chaque fois qu'on me posera la question, je ne dirai jamais que je travaille aux Chantiers, mais que j'en suis. Comme on est d'un pays, d'une r&#233;gion, avec sa fronti&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas n&#233;gliger une r&#233;alit&#233; sociale et &#233;conomique : pendant presque 140 ans, jusqu'&#224; leur fermeture &#224; la fin des ann&#233;es 1980, les chantiers navals ont &#233;t&#233; le poumon &#233;conomique de La Seyne-sur-Mer et ses travailleurs &#233;taient au centre de l'activit&#233; &#233;conomique de la r&#233;gion et on leur portait attention et int&#233;r&#234;t. On peut voir dans &#171; De notre monde emport&#233; &#187; combien l'appartenance &#224; un lieu et &#224; une communaut&#233; est fondamentale pour ces travailleurs, soud&#233;s &#224; la vie &#224; la mort, fiers de leur communaut&#233; de travail. Cette fraternit&#233; transpara&#238;t de mani&#232;re tr&#232;s forte dans le r&#233;cit de Christian Astolfi et explique le profond chagrin de son personnage principal lorsque tout se disloque. Chagrin que redouble la fin de l'espoir qu'a suscit&#233; l'&#233;lection de Fran&#231;ois Mitterrand en 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la liquidation des chantiers est aussi celle du d&#233;litement intime, des d&#233;sillusions de tous ordres, des amours qui se d&#233;sagr&#232;gent, des amiti&#233;s qui se distendent et de la solitude qui grandit. C'est la fin aussi de ces jours de liesse, lorsqu'un navire g&#233;ant dont la construction enfin achev&#233;e sort de la darse, acclam&#233; par les habitants, les ouvriers, leurs familles, venus tous ensemble assister &#224; cet &#233;v&#233;nement m&#233;morable. Mais ces moments sont grav&#233;s dans la m&#233;moire du narrateur, sc&#232;nes de bonheur intense de l'enfant qui admire le travail de son p&#232;re et de ses camarades : &#171; Je me m&#234;le aux hourras et vivats d'une voix de cr&#233;celle. Je vois mon p&#232;re d&#233;nouer sa cravate et la faire tournoyer au bout de son bras, comme un vulgaire supporter. &#192; mon tour, je d&#233;fais ma lavalli&#232;re et le copie du m&#234;me geste spontan&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De notre monde emport&#233; &#187; n'est pas un documentaire. S'il prend pour objet une r&#233;alit&#233; sociale et historique, v&#233;cue par l'auteur qui a lui-m&#234;me &#233;t&#233; de &#171; ce pays &#187;, il ouvre aussi par la voie fictionnelle sur l'int&#233;riorit&#233; des personnages ; il permet de mesurer comment le travail fa&#231;onne les hommes, et comment sa disparition, malgr&#233; la lutte, les tue &#224; petit feu, tout comme l'amiante. Car il est aussi question de lutte dans le r&#233;cit de Christian Asotlfi, et de d&#233;ceptions am&#232;res, celles de Narval mais aussi celles de son p&#232;re, en 1968 ; d&#233;ceptions dont le fils h&#233;rite et qui l'impr&#232;gnent d'une tristesse dont il ne peut se d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure paternelle innerve le r&#233;cit dans son entier, tout comme, on le devine, elle a marqu&#233; la personnalit&#233; de Narval. C'est la disparition du p&#232;re qui conduit Narval &#224; &#233;crire pour raconter son histoire. Probable double fictionnel de Christian Astolfi, il emp&#234;che que la vie de ces hommes soit engloutie dans l'oubli, &#224; la mani&#232;re de Jules, fils d'ouvrier qui, apr&#232;s la disparition de son p&#232;re, d&#233;cide de photographier les lieux et les hommes. Avec une lucidit&#233; douloureuse, Narval d&#233;crit la liquidation contre laquelle il est impossible de lutter : &#171; Cela faisait deux mois que nous occupions le site &#8211; cette zone &#224; d&#233;fendre dont tout le monde se fichait. Chaque matin, nous passions la porte des Chantiers pour tenir les murs. Les quais &#233;taient notre chemin de ronde, la grande forme notre bout du monde o&#249; pleurer notre paradis perdu. Nos seuls compagnons &#233;taient le soleil et le vent. La direction, elle, avait d&#233;camp&#233; depuis un bout de temps. Elle nous avait laiss&#233; notre dernier ennemi : nous-m&#234;mes. Nous ne savions plus tr&#232;s bien &#224; qui nous en prendre. Tout &#233;tait devenu flou. Mirage dans un d&#233;sert. On aurait pu rester ainsi plant&#233;s des ann&#233;es. Poteaux de coin. Jusqu'&#224; ce qu'ils nous d&#233;logent, &#224; coups de pelleteuses et de r&#233;habilitations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hant&#233; par la dignit&#233; de son p&#232;re, Narval acc&#232;de, par l'&#233;criture, &#224; sa propre dignit&#233;, que le monde capitaliste a tent&#233; de lui voler. Mais c'&#233;tait compter sans la force des souvenirs et du d&#233;sir de t&#233;moigner de cette &#233;poque. &#201;crire, c'est dans un premier temps survivre &#224; la disparition du p&#232;re, et progressivement reconstruire ce monde qui ne peut &#234;tre compl&#232;tement emport&#233; &#8211; parce qu'il demeure dans ce t&#233;moignage fervent et fid&#232;le de Christian Astolfi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chantiers navals de la Seyne sur Mer qui font vivre toute une ville, comptent parmi les fleurons industriels du pays. Embauch&#233; comme graisseur, le narrateur va rejoindre toute une lign&#233;e d'ouvriers qui oeuvrent dans les entrailles de &#187; La Machine &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'image de mes camarades, chaque fois qu'on me posera la question, je ne dirai jamais que je travaille aux Chantiers, mais que j'en suis. Comme on est d'un pays, d'une r&#233;gion, avec sa fronti&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;n&#233;trant cet univers d'acier, de graisse et de bruits, on troque son nom contre un surnom. Il y a l'Horloger, Cochise, Mangefer, Filoche, Barbe et pour le petit nouveau ce sera Narval. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;cit de Narval nous plonge au coeur m&#234;me de cette vie ouvri&#232;re avec ses codes. Mais, si le travail est p&#233;nible, on est fier de bien l'accomplir. La ville respire au m&#234;me rythme que les chantiers, on fait la f&#234;te sur les quais, et, lors des d&#233;fil&#233;s du 1e mai, on sait lever le poing. Aussi, l'espoir est grand lorsque Mitterrand est &#233;lu en mai 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;sillusions viendront tr&#232;s vite. D&#233;boussol&#233; par l'arr&#234;t des chantiers apr&#232;s le d&#233;p&#244;t de bilan, Narval traine son mal de vivre et s'&#233;loigne peu &#224; peu de Louise sa compagne. A cette difficult&#233; viendra se rajouter, sept ans apr&#232;s l'arr&#234;t des chantiers, le scandale de l'amiante. Ces fibres, respir&#233;es tous les jours pendant des ann&#233;es de labeur, font leur travail de sape dans les poumons des anciens ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des substances, dans la Machine, il y en avait &#224; la pelle. Elles flottaient devant nos narines, suintaient sur les parquets, graissaient les blocs-moteur, vaselinaient les collecteurs, les gaines et les c&#226;bles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'&#234;tre &#233;crivain, Christian Astolfi a d&#233;but&#233; sa vie professionnelle aux chantiers navals et, s'inspirant de son v&#233;cu, il nous immerge dans cette vie ouvri&#232;re agit&#233;e par les luttes sociales et min&#233;e par le scandale de la crise sanitaire de l'amiante. Apr&#232;s les ann&#233;es glorieuses viennent celles du d&#233;go&#251;t, de la tristesse et des morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur &#233;voque aussi les familles, il esquisse quelques portraits touchants comme celui du disquaire m&#233;lomane. La solidarit&#233; du monde ouvrier est bien rendue ainsi que cette camaraderie pudique et sans concessions. Les pages que le narrateur consacre &#224; son p&#232;re dont il est fier sont touchantes de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout-&#224;-coup, une phrase que mon p&#232;re vient de prononcer me sort de ma r&#234;verie. La dignit&#233;, c'est la seule chose qu'on ne doit jamais leur c&#233;der. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;vitant l'&#233;cueil d'un lyrisme d&#233;brid&#233;, l'&#233;criture sobre est vibrante de sinc&#233;rit&#233; et de v&#233;racit&#233;. L'&#233;motion est palpable et on sort un peu sonn&#233; de ce roman puissant. Pour mou, la d&#233;couverte d'un auteur et un coup de coeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai cinq ou six ans. Je suis juch&#233; sur un bollard, Fier comme Artaban, j'arrive presque &#224; hauteur d'&#233;paules de mon p&#232;re. Le printemps touche &#224; sa fin. Le soleil est au plus haut. Ses rayons tombent &#224; pic sur la mer qui clapote. On ma mis un v&#234;tement &#224; col marin, affubl&#233; d'une lavalli&#232;re qui b&#226;ille sur ma poitrine. Ma m&#232;re et ma s&#339;ur portent des robes &#224; fleurs et des chapeaux de paille. Autour de nous, des milliers de personnes sont rassembl&#233;es, le pont levant, les terre-pleins et les quais envahis. Les Chantiers ont ouvert au public t&#244;t le matin. La ville s'y est engouffr&#233;e en habits du dimanche dans une procession silencieuse, comme on entre &#224; l'office. C'est un jour ch&#244;m&#233;. Un jour de kermesse. Mon p&#232;re s'est mis sur son trente-et-un. Il a le visage bienheureux, le sourire marqu&#233; du premier communiant qu'il n'a jamais &#233;t&#233;. Tout &#224; coup, une clameur monte. Comme celle d'une lib&#233;ration. Je me dresse sur la pointe des pieds, sautille d&#233;sesp&#233;r&#233;ment sur place pour apercevoir un bout du spectacle. Devant moi, les grandes personnes font &#233;cran tels de hauts arbres cachant la lumi&#232;re dans une futaie. Mon p&#232;re avise mon d&#233;sarroi du coin de l'&#339;il. Il me soul&#232;ve comme un ballot de plumes par les aisselles, et me hisse sur ses &#233;paules. Me voila tout &#224; coup vigie sur un grand m&#226;t. Je mets mes mains en visi&#232;re &#224; d&#233;faut de lunette grossissante. Au bout de la grande forme, une porte flottante s'ouvre. Un navire g&#233;ant glisse telle une savonnette sur un plan inclin&#233; dans la darse. Avec son ventre pro&#233;minent, il me fait penser &#224; ce grand c&#233;tac&#233; pourchass&#233; par le capitaine Achab dont ma s&#339;ur me lit les aventures, le soir avant de m'endormir. J'entends mon p&#232;re annoncer sur un ton de fiert&#233; : Deux cent soixante mille m&#232;tres cubes. C'est le plus gros de sa g&#233;n&#233;ration. Son nom est trac&#233; en grosses lettres dor&#233;es au-dessous de l'&#233;cubier, il s'&#233;chappe telle une fus&#233;e. Des remorqueurs l'entourent aussit&#244;t &#224; la mani&#232;re de porteurs d'eau prot&#233;geant leur champion. De leurs pompes hydrauliques sortent des geysers pour saluer sa sortie. D'autres bateaux sont l&#224;, en deuxi&#232;me rideau : voiliers, chaluts, pointus pour accompagner le monstre au bout de la darse. Partout flottent des drapeaux tricolores, retentissent des coups de piston, des fla de tambours, des chocs de cymbales, r&#233;sonnent des flonflons &#224; foison, fusent des acclamations. Je me m&#234;le aux hourras et vivats d'une voix de cr&#233;celle. Je vois mon p&#232;re d&#233;nouer sa cravate, et la faire tournoyer au bout de son bras, comme un vulgaire supporter. &#192; mon tour, je d&#233;fais ma lavalli&#232;re et le copie du m&#234;me geste spontan&#233;. Au bout d'un moment, il l&#232;ve les Yeux vers moi, s'aper&#231;oit de mon imitation, et &#233;clate d'un rire qui entra&#238;ne &#224; sa suite ma m&#232;re et ma s&#339;ur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'entends encore. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Sept ann&#233;es s'&#233;taient &#233;coul&#233;es depuis la fermeture des Chantiers. Sept ann&#233;es au bout desquelles nos m&#233;tiers, nos savoir-faire, nos exp&#233;riences s'&#233;taient dissous dans un plan de restructuration dont on n avait jamais rien su des r&#233;sultats. Nos existences dispers&#233;es, pour eux, nous n'&#233;tions plus que des reclass&#233;s. Nul d'entre nous ne portait plus sa col&#232;re le long des quais, des voies ferr&#233;es ou des autoroutes, nos mots envol&#233;s, nos slogans rang&#233;s, nos banderoles roul&#233;es. Les Chantiers avaient mis la cl&#233; sous la porte. Nous n'en serions plus jamais. Nous &#233;tions devenus des nombres, des pourcentages sur des tableaux statistiques. Ils nous avaient r&#233;duits &#224; des taux de r&#233;emploi, de ch&#244;mage, de cr&#233;ations d'entreprise, de pr&#233;retraites, nos curriculums r&#233;pertori&#233;s, analys&#233;s, suivis, nos visages agraf&#233;s, nos vies num&#233;rot&#233;es sur des dossiers cartonn&#233;s. Sur la cr&#234;te de nos t&#234;tes &#233;pingl&#233;es on tra&#231;ait des avenirs incertains. Les organismes les plus divers &#8212;ANPE, Unedic, Assedic &#8212; &#233;taient rest&#233;s au chevet de ceux d'entre nous qui boitaient encore professionnellement &#8212; les uns pris dans les doutes d'une conversion trop rapide, les autres dans les mailles d'un projet qui les d&#233;passait. Nous avions fini par nous perdre dans cet oc&#233;an de sigles. Beaucoup d'entre nous ne s'occupaient pas de qui &#233;tait qui et qui faisait quoi, ballott&#233;s que nous &#233;tions au gr&#233; de nos histoires personnelles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Il m'a fait penser &#224; ces analystes qui &#233;taient venus, un temps, aux Chantiers pour nous aider &#224; &#233;valuer la valeur de notre travail. Une m&#233;thode import&#233;e des &#201;tats-Unis, qui avait germ&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1980 dans la t&#234;te de la direction pour r&#233;duire les co&#251;ts, tout en am&#233;liorant la qualit&#233;. Ils arrivaient &#224; quatre ou cinq, col blanc et veste kaki. Ils nous r&#233;unissaient par m&#233;tier ou par atelier. On faisait cercle autour de grandes tables, et on discutait. Eux appelaient &#231;a &#171; verbaliser On racontait ce qu'on faisait tous les jours sans, para&#238;t-il, nous en rendre compte. Ils disaient qu'on devait &#171; conscientiser la t&#226;che &#187;. Puis ils nous demandaient d'imaginer comment on pouvait am&#233;liorer l'effcacit&#233; et le rendement de notre travail. Ils noircissaient des tableaux papier, empilaient des mots, des sigles, des acronymes, les reliaient par des fl&#232;ches ou des symboles. Puis ils ramassaient nos paroles dans des &#171; bo&#238;tes &#224; id&#233;es &#187; qu'ils remettaient chaque semaine, tels des tr&#233;sors de bon sens, &#224; la direction. Qu'en faisait-elle ? Nous ne l'avons jamais su, ni n avons constat&#233; le moindre changement dans l'organisation de notre travail. Cela avait dur&#233; quelques mois, puis on n'en avait plus entendu parler. Volatilis&#233;s, tels des extraterrestres venus un temps jouer les messies avant de retourner d'o&#249; ils arrivaient. Les Chantiers en avaient &#233;t&#233; quittes pour une d&#233;pense somptuaire de plusieurs centaines de milliers de francs, histoire de se donner l'illusion qu'il y avait encore quelque chose &#224; sauver. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des substances, dans la Machine, il y en avait &#224; la pelle. Elles flottaient devant nos narines, suintaient sur les parquets, graissaient les blocs-moteurs, vaselinaient les collecteurs, les gaines et les c&#226;bles. Plomb, benz&#232;ne, solutions de sodium, huiles min&#233;rales, hydrocarbures, fum&#233;es de soudure, r&#233;sines, d&#233;capants, poussi&#232;res de m&#233;tal ou de bois, vapeurs diverses &#8212; pour ne parler que des risques chimiques &#8212; la liste longue comme le bras. Elles faisaient partie int&#233;grante de nos vies professionnelles. On portait sur elles un regard fataliste. On les passait sous silence le plus clair du temps. Seuls nos corps en parlaient &#8212; notre respiration souvent engorg&#233;e, notre salive d'un seul coup charg&#233;e de sable, nos yeux piqu&#233;s de larmes, nos mains mouchet&#233;es de br&#251;lures, leur peau ray&#233;e comme la glace d une patinoire. Certes nous nous prot&#233;gions ! Mais cela se faisait selon les circonstances de la t&#226;che &#224; ex&#233;cuter. Je revois Mangefer jeter sur le parquet ses gants de protection, le cuir qui le g&#234;nait pour braser la tubulure qu'il &#233;tait en train de fixer, Barbe relever ses lunettes sur son front pour mieux apercevoir le point de fusion de sa d&#233;coupe, l'Horloger &#244;ter ses bouchons d'oreilles pour mieux &#233;couter la fr&#233;quence vibratoire des turbos. Et tant d'autres faire fi des dangers qui les entouraient &#8212; pourtant maintes fois atteints dans leur chair par la lame qui coupe, les mors qui pincent, les &#233;tincelles incandescentes, les projections acides. Il n'y avait de notre part aucun autre d&#233;fi, seulement le besoin d'ajuster le geste au m&#233;tier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=-s8AMefkxe4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ecouter l'auteur...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chronologie du mouvement ouvrier en France</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7701</link>
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		<dc:date>2025-08-16T22:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Onze textes sur la chronologie du mouvement ouvrier en France &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 3 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 5 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 6 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 7 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 8 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 9 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 11&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Onze textes sur la chronologie du mouvement ouvrier en France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.kronobase.org/chronologie-categorie-Mouvement+ouvrier.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/france/1851-1939.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_du_syndicalisme_en_France&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9688232m/f1.item&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k68229&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3748&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6889&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4349&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article524&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5593&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre la plus meurtri&#232;re tue plus de trois millions de personnes par an, rien que des ouvriers ! Dans un silence de mort...</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8348</link>
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		<dc:date>2025-08-10T22:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme - capitalism</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre la plus meurtri&#232;re tue, sans aucune catastrophe particuli&#232;re, plus de trois millions de personnes par an dans le monde, et rien que des ouvriers ! Une seule solution : que le syst&#232;me capitaliste meure ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Les accidents du travail ne sont pas accidentels : c'est une v&#233;ritable guerre du capital contre le monde du travail &lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement &#224; ce que sugg&#232;re l'expression &#171; les accidents du travail &#187;, ces morts dites accidentelles ne sont pas li&#233;es &#224; une cause inattendue, impr&#233;visible, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Capitalisme - capitalism&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18094 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/webp/morts-au-travail-site-edited-1.webp' width=&#034;613&#034; height=&#034;460&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre la plus meurtri&#232;re tue, sans aucune catastrophe particuli&#232;re, plus de trois millions de personnes par an dans le monde, et rien que des ouvriers ! Une seule solution : que le syst&#232;me capitaliste meure !&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les accidents du travail ne sont pas accidentels : c'est une v&#233;ritable guerre du capital contre le monde du travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que sugg&#232;re l'expression &#171; les accidents du travail &#187;, ces morts dites accidentelles ne sont pas li&#233;es &#224; une cause inattendue, impr&#233;visible, purement fortuite, due &#224; un malheureux hasard, &#224; un concours de circonstances compl&#232;tement impr&#233;dictible, ponctuelle, qui ne se reproduiraient que de mani&#232;re rarisssime et qui seraient aussi inattendues qu'impossible &#224; combattre (malchance, fatalit&#233;, probl&#232;mes techniques, fautes individuelles, manque de rigueur, d'attention dans le travail et de respect des normes de s&#233;curit&#233;, causes v&#233;ritablement accidentelles). Pas du tout ! Ces &#171; accidents &#187; ont lieu de mani&#232;re r&#233;guli&#232;re, tous les ans, tous les mois, tous les jours, dans toutes les r&#233;gions du monde et dans tous les pays, dans toutes les professions industrielles, avec une statistique relativement stable et touchant toujours la m&#234;me population de prol&#233;taires. Ces morts (plus de trois millions par an) et ces bless&#233;s (des centaines de millions par an avec beaucoup de handicap&#233;s &#224; vie) ne sont pas le produit d'une fatalit&#233; du travail industriel mais une n&#233;cessit&#233; pour la recherche permanente du profit maximum pour le capital !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les m&#233;dias ne s'en saisissent que rarement et mani&#232;re ponctuelle dans la rubrique des &#171; faits divers &#187;, ne le combattent et d&#233;noncent jamais, m&#234;me si les organisations dites ouvri&#232;res ne m&#232;nent pas de combat s&#233;rieux sur ce th&#232;me, m&#234;me si les gouvernants et la justice se refusent &#224; mener une lutte contre ces assassinats d'ouvriers, et refusent de les qualifier ainsi, il s'agit bel et bien de crimes de masse et m&#234;me du plus grand assassinat permanent de la soci&#233;t&#233; capitaliste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crime de masse, n'est-ce pas une exag&#233;ration ? Pas du tout ! Plus de trois millions de morts par an, c'est la principale cause d'assassinat dans le monde tous les ans, bien plus que les guerres et les accidents de la route dans le monde !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; accidents &#187; du travail dans le monde font 6.000 morts par jour ! Soit 2.190.000 par an ! Plus de deux millions d'ouvriers assassin&#233;s par le grand capital tous les ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://globometer.com/travail-accidents.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://globometer.com/travail-accidents.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il faut compter plus de trois millions de morts par accident du travail dans le monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ilo.org/fr/resource/news/pr%C3%A8s-de-3-millions-de-personnes-meurent-daccidents-et-de-maladies-li%C3%A9s-au&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ilo.org/fr/resource/news/pr%C3%A8s-de-3-millions-de-personnes-meurent-daccidents-et-de-maladies-li%C3%A9s-au&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les guerres dans le monde font 84.000 morts par an&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.statista.com/infographie/28298/evolution-du-nombre-de-morts-causes-par-des-conflits-armes-et-guerres-dans-le-monde-par-region/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.statista.com/infographie/28298/evolution-du-nombre-de-morts-causes-par-des-conflits-armes-et-guerres-dans-le-monde-par-region/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accidents du travail c'est trois fois plus que les accidents de la route dans le monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/road-traffic-injuries&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/road-traffic-injuries&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cent fois plus que le nombre de morts li&#233;s &#224; la r&#233;pression d'Etat dans le monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.statista.com/statistiques/1398163/nombre-morts-actions-policieres/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.statista.com/statistiques/1398163/nombre-morts-actions-policieres/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires ne sont pas les premiers &#224; le constater : ce crime n'a rien d'accidentel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://institutlaboetie.fr/note-accidents-du-travail/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://institutlaboetie.fr/note-accidents-du-travail/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.miroirsocial.com/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-et-ces-morts-sont-evitables&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.miroirsocial.com/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-et-ces-morts-sont-evitables&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2003/06/RAMONET/10125&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.monde-diplomatique.fr/2003/06/RAMONET/10125&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.info-socialrh.fr/bibliotheque-numerique/entreprise-et-carrieres/715/sans/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-458997.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.info-socialrh.fr/bibliotheque-numerique/entreprise-et-carrieres/715/sans/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-458997.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/economie/social/avec-plus-de-8-000-morts-au-travail-depuis-2009-la-france-ne-brille-pas-en-europe-20250501_AY6RJ4VL7NFKRBRAG3YL4KPRQA/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.liberation.fr/economie/social/avec-plus-de-8-000-morts-au-travail-depuis-2009-la-france-ne-brille-pas-en-europe-20250501_AY6RJ4VL7NFKRBRAG3YL4KPRQA/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/02/06/cadences-sous-traitance-pression-quand-le-travail-tue_6214988_3234.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/02/06/cadences-sous-traitance-pression-quand-le-travail-tue_6214988_3234.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas que les morts directes dans l'entreprise&#8230; On peut mourir &#224; plus long terme (chez soi et m&#234;me apr&#232;s la retraite, sans d&#233;claration d'accident) par divers produits industriels comme amiante, cuivre, produits radioactifs, m&#233;taux lourds (cadmium, chrome, nickel, arsenic&#8230;), huiles min&#233;rales, poussi&#232;res de bois, silice cristalline, benz&#232;ne ou encore goudrons, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8575&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8575&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.fondation-arc.org/cancer/cancers-professionnels/risques-au-travail&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.fondation-arc.org/cancer/cancers-professionnels/risques-au-travail&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4099&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4099&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve489&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve489&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou par accident industriel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bluedocker.com/les-10-accidents-industriels-les-plus-graves-de-lhistoire/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://bluedocker.com/les-10-accidents-industriels-les-plus-graves-de-lhistoire/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou par la consommation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/quatre-industries-sont-responsables-de-2-7-millions-de-deces-annuels-en-europe_AD-202406120080.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/quatre-industries-sont-responsables-de-2-7-millions-de-deces-annuels-en-europe_AD-202406120080.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers ont encore d'autres moyens de mourir plus vite comme la fatigue, l'usure au travail, les maux caus&#233;s discr&#233;tement par les produits inhal&#233;s, etc&#8230; Les statistiques indiquent que les ouvriers vivent en moyenne cinq ans de moins chez les ouvriers&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.insee.fr/fr/statistiques/8220688&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.insee.fr/fr/statistiques/8220688&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques exemples&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un ouvrier de 19 ans coul&#233; dans le bitume&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sudouest.fr/faits-divers/un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-bitume-a-200-0c-25264308.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sudouest.fr/faits-divers/un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-bitume-a-200-0c-25264308.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sudinfo.be/id1018064/article/2025-07-15/terrible-accident-de-travail-un-ouvrier-en-urgence-absolue-apres-avoir-ete&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sudinfo.be/id1018064/article/2025-07-15/terrible-accident-de-travail-un-ouvrier-en-urgence-absolue-apres-avoir-ete&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eymoutiers (87) : un homme de 58 ans a &#233;t&#233; happ&#233; par une vis sans fin dans une scierie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lepopulaire.fr/eymoutiers-87120/faits-divers/une-enquete-pour-homicide-involontaire-ouverte-apres-la-mort-de-l-ouvrier-d-une-scierie-a-eymoutiers_14723201/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lepopulaire.fr/eymoutiers-87120/faits-divers/une-enquete-pour-homicide-involontaire-ouverte-apres-la-mort-de-l-ouvrier-d-une-scierie-a-eymoutiers_14723201/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un travailleur d&#233;c&#233;d&#233; dans une usine de conditionnement de la viande Tyson&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/gjmd-j19.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/gjmd-j19.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#234;me pas besoin de la guerre, du fascisme et de la dictature pour tuer tous les jours des ouvriers et en masse !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les patrons fran&#231;ais tuent tous les jours deux ouvriers en moyenne et cela se fait &#224; petit bruit&#8230;. Pas de gros scandale et juste un petit titre dans les actualit&#233;s par ci par l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/en-france-deux-personnes-meurent-au-travail-chaque-jour-en-moyenne-mais-ces-chiffres-manquent-de-precision-5817523&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/en-france-deux-personnes-meurent-au-travail-chaque-jour-en-moyenne-mais-ces-chiffres-manquent-de-precision-5817523&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort horrible de ce jeune ouvrier est bien significative de ce qui n'a rien d'un accident, le fait que les travailleurs n'ont aucune s&#233;curit&#233; en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.bfmtv.com/police-justice/vendee-un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-goudron-brulant-une-enquete-ouverte_AN-202507160144.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bfmtv.com/police-justice/vendee-un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-goudron-brulant-une-enquete-ouverte_AN-202507160144.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat fran&#231;ais est en t&#234;te des tueurs mondiaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7506&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7506&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut mettre un terme &#224; la dissimulation du massacre qui a lieu sur les lieux de travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/ayps-a01.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/ayps-a01.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie des travailleurs compte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/29/bnqv-j29.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/29/bnqv-j29.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le carnage en milieu de travail se poursuit aux &#201;tats-Unis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/pers-a01.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/pers-a01.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/25/pujn-j25.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/25/pujn-j25.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une guerre qui est men&#233;e contre la classe ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/yygg-a01.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/yygg-a01.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de travailleurs est sacrifi&#233;e pour le profit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/26/rjmo-j26.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/26/rjmo-j26.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les syndicats s'avouent compl&#232;tement incapables d'intervenir directement et en appellent aux patrons et &#224;&#8230; l'Etat capitaliste ! Comme si c'&#233;taient les responsables du crime qui allaient le combattre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.unsa.org/Securite-et-sante-au-travail-huit-syndicats-dont-l-UNSA-interpellent-le.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.unsa.org/Securite-et-sante-au-travail-huit-syndicats-dont-l-UNSA-interpellent-le.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux travailleurs de prendre le contr&#244;le de l'industrie pour surveiller les risques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/yvjd-j19.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/yvjd-j19.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le syst&#232;me capitaliste qui est mortif&#232;re. Il est vital pour l'humanit&#233; de s'en d&#233;barrasser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Organisons-nous en comit&#233;s aussi pour d&#233;fendre nos vies !&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> No proletarian revolution will take place behind the flags or national armies of the bourgeoisie !</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8312</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article8312</guid>
		<dc:date>2025-07-27T05:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>


		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;No proletarian revolution will take place behind the flags or national armies of the bourgeoisie ! &lt;br class='autobr' /&gt;
It is since 1830, the date when the modern workers' movement was born, at roughly the same time in France and England, that placing one's trust in &#034;progressive&#034; trade union leaders, politicians, regimes, and bourgeois armies has been disastrous, fatal in the literal sense, for the workers. &lt;br class='autobr' /&gt;
The enemy of our enemies often remains our enemy. It is by building their power that workers will work (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique88" rel="directory"&gt;20- ENGLISH - MATERIAL AND REVOLUTION&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;No proletarian revolution will take place behind the flags or national armies of the bourgeoisie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It is since 1830, the date when the modern workers' movement was born, at roughly the same time in France and England, that placing one's trust in &#034;progressive&#034; trade union leaders, politicians, regimes, and bourgeois armies has been disastrous, fatal in the literal sense, for the workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The enemy of our enemies often remains our enemy. It is by building their power that workers will work toward their emancipation, not by supporting one bourgeois party against another.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Now it is perhaps in France that currently more than in any other country in the world, parties that call themselves revolutionary or radical are proposing this kind of &#034;tactic&#034; (supporting the adversary of our enemy) to workers : from Lutte Ouvri&#232;re (LO), to R&#233;volution Permanente (RP), the NPA-A and R, as well as LFI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nothing can be expected from the opposition of one bourgeois army to another, if we do not build the Red Army of the workers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;One of the main substitutes that the electoralist extreme left gives to its militants to replace the propaganda, agitation and action that authentic revolutionaries carry out within the framework of the class struggle, is bourgeois patriotism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certainly, revealing the reality of their merchandise would no longer distinguish these revolutionaries from the Socialist Party, the CGT, or the French Communist Party who, in 1914 for the first two, and in 1935 for the third, took this step. But the Socialist Party, the CGT, and the French Communist Party took this step at the request of their bourgeoisie (through Stalin for the French Communist Party, during the Stalin-Laval Pact). Our far left is not there yet ; therefore, its patriotism still hides under an internationalist veil. It is the patriotism of &#034;oppressed peoples&#034; like the Palestinians, or Iranians during the recent US attacks. But this far-left nationalism has nothing proletarian about it ; it is very bourgeois because it consists of waving the Palestinian or Iranian flags and stirring up hatred not against the French army, but against Israel and the USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LFI, to the applause of RP, organized the &#034;flotilla against the blockade of Gaza,&#034; where the caviar left, Halal version with Rima Hassane, did nothing to help the Palestinians. In a recent statement by its young pseudo-Trotskyists, RP said nothing about French colonies like New Caledonia ; the main enemy is not imperialism, the bourgeoisie, or the French army, but Israel and the USA :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Following the US bombing of Iranian nuclear facilities, social media was flooded with messages evoking the start of a 'third world war,' given the possibility of an international escalation of conflicts in the Middle East. Images of the genocide perpetrated in Gaza by Israel and Netanyahu are also making the rounds in the media. This acceleration was made possible in particular by the action of the Freedom Flotilla and the march to Gaza, which moved thousands of young people around the world.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.revolutionpermanente.fr/Declaration-of-the-youth-of-the-FT-QI-For-a-pro-Palestine-anti-internationalist-youth&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.revolutionpermanente.fr/Declaration-of-the-youth-of-the-FT-QI-For-a-pro-Palestine-anti-internationalist-youth&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Are the young people moved ? Of course, RP forgets to mention that &#034;moved&#034; young French people, with dual French-Israeli nationality, went to &#034;kill Palestinians&#034; in Gaza. RP has not conducted any union or political propaganda to denounce this commitment, drawing parallels with the presence of French soldiers in Romania or Abu Dhabi. This would bother SUD, which tolerates Anasse Kazib on the condition that he does not denounce this union organization's alignment with French imperialism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Are the Palestinians in the Gaza Strip suffering a genocide, as RP and the NPAs endlessly repeat to appear radical ? This term has become a catch-all since its use by the UN. Repeating the term genocide in relation to Gaza, without always recalling that the three main genocides of the 20th century were those of the Armenians, the Jews, and the Tutsis, with the participation of the French state in the last two, is to behave like a left-wing imperialist, a specialist in these false &#034;democratic protests.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The worst betrayal of the electoralist extreme left in these questions of wars or national oppression is to manipulate &#034;moved youth&#034; by making them believe that because a people is the victim of a massacre, its bourgeois national flag becomes synonymous with workers' internationalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When the Armenians were massacred by the Ottoman Empire, the Armenian people unfortunately did not become revolutionary. The parties of the Second International were right to denounce these massacres in the name of the socialist proletariat, but above all to do so by waving their red flag of the international socialist revolution. All those who today brandish the Kurdish question outside the class struggle should not forget that the Kurdish militias were one of the main tools of this genocide, even if the Kurds are today oppressed by the Turkish state whose leaders had served in its most abject works.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;When the Jews were exterminated by Nazi Germany, they did not become a &#034;revolutionary people.&#034; Many of them, like R. Luxemburg and Trotsky, had become so long ago and did not fight behind any Jewish flag, but the flag of communism. Many Jews were Zionists when they were deported to Auschwitz, but denouncing their extermination did not require rallying to their Zionist ideal. It was when revolutionary armed struggles such as the Warsaw Ghetto Uprising, the Treblinka and Sobibor death camps broke out that revolutionaries began to question the policy to be pursued and welcomed the struggle of a nationality, even if it was regimented under the wrong flag, while continuing to criticize this flag, because it would lead them to a dead end. Unconditional support for a people undergoing a massacre does not mean unconditional support for its various flags and political currents. Waving the Palestinian flag is not support for the Palestinians. The NPA-R and A are wrong to do so, as well as to be complacent toward the flag of Ukrainian S. Bandera under the pretext of the Russian invasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Palestinian flag was designed on a corner of a table by British imperialism in 1916 to frame the revolt of their lackeys like Sharif Hussein (future king of Iraq), proclaimed leader of the &#034;Arab Revolt&#034; by Lawrence of Arabia. What is called Palestine today is an ill-defined piece of the British Mandate, product of the Treaty of Versailles. The revolutionaries in France who are waving this flag are in fact only the left wing of bourgeois democracy who proclaim : the Treaty of Versailles was potentially good and just for the Middle East, but the French bourgeoisie having been incapable of applying it well, the workers will know how to do it : for a just and viable Palestinian State !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The bourgeoisie of Hamas or the Palestinian nationalist movements are the worst enemies, today and tomorrow, of Palestinian workers. The far-left organizations that &#034;support the Palestinians&#034; avoid this fundamental question, and create a diversion by preaching hatred against Israel, without participating in any concrete action to prevent this State from perpetrating its massacre. This denunciation of Israel takes too much precedence in their propaganda over the denunciation of our French imperialism, for example in N. Arthaud who writes in his editorials :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Trump and Netanyahu dare to talk about peace after having devastated Gaza, attacked Lebanon and bombed Syria, then Iran. When these people talk about peace or war, it is always with weapons in hand, with devastating firepower. (...) And in Gaza the Israeli army continues its massacre.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt; (June 30)&lt;br class='autobr' /&gt; &#034;The most revolting thing is to present Israel and the United States as the liberators of the Iranians. As if a people could be liberated by the bombs falling on their heads !&#034;&lt;br class='autobr' /&gt; (June 23)&lt;br class='autobr' /&gt; &#034;Hand in hand with the United States, the Israeli state has therefore decided to crush under its iron heel all those who oppose its policy of colonization and oppression. And to do this, it is ready to set fire and blood throughout the Middle East. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; (June 16)&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; From its inception, the construction of the State of Israel has been an enterprise of colonization and brutal expulsion of the Palestinians, condemning any possibility of fraternal and egalitarian coexistence. For 77 years, the oppression of the Palestinians and the dispossession of their lands have hardly ceased, provoking ever more deadly clashes. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; (May 19)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;For Lutte Ouvri&#232;re, the main enemy is the Israeli state ! This main enemy is no longer, contrary to Karl Liebknecht's maxim, &#034;in our own country&#034; ! The San Remo conference (1920) where the French governmental left (Alexandre Millerand), supported by the majority faction of the CGT (L&#233;on Jouhaux), created the French and British Mandates is forgotten ! That was 105 years ago, neither the Israelis nor the Americans were there, so let's start the story in 1948 : this is historical materialism revised by N. Arthaud, who no longer takes a question at its origin to study its historical development, but arbitrarily creates an origin consistent with official bourgeois, or CGT-ist, history, in order to be able to remain at peace with... the union bureaucracies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The CFTC, a split from which created the CFDT, a split from which in turn created SUD, was founded in 1919. All these trade union organizations therefore bear, like the CGT, the stigmata (they will like this Christian term) of this creation of the British mandate, one of the objectives of which was precisely this type of massacre that we see today in Gaza. Neither the CFDT nor SUD denied at their founding the support of their parent company for the Treaty of Versailles.&lt;br class='autobr' /&gt;
As for Lebanon, which emerged from the French mandate, the far left does not touch it at all !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This Palestinian state that the far left is calling for is a future machine for massacring Palestinians. In 1870, the war between France and Germany ended quickly when the bourgeoisies of these two powers joined forces to crush the Commune with their armies. The patriotic surge is certainly what gave birth to the Paris Commune, but its leaders immediately set about the socialist transformation of society. Yet today, none of the far-left organizations that denounce the massacre of Palestinians are calling for proletarian revolution in Palestine. Hamas is the Palestinian Versailles troops, who will crush any proletarian revolution if it breaks out.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unfortunately, there is no beginning of a national liberation war in the Gaza Strip today.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expect nothing from one bourgeois leadership against another : the example of a CGT which would be &#034;against&#034; the RN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The electoralist far left has replaced the class struggle with the electoral struggle. These parties give their activists hopes and illusions, making them believe that one aspect of the class struggle &#034;miraculously&#034; coincides with the struggle of the &#034;progressive&#034; bourgeoisie against the &#034;reactionary&#034; bourgeoisie. The &#034;miracle&#034; consists of opportunist groups making their activists believe that they intervene in &#034;big politics,&#034; that they &#034;have weight.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;An example is recently given by the NPA-R, in an article entitled : Layoffs at De Dietrich : when the extreme right tries to exploit social anger . Is this not proof that the electoral struggle against the RN is an element of the class struggle, in this case that led by the workers of the De Dietrich company against their layoffs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Who is leading the struggle ? Is it a strike committee led by the De Dietrich workers ? Is it the usual inter-union, thanks to which reformists from the CGT, SUD, CFDT or FO, in the service, essentially, of the bourgeoisie, will lead the workers into the wall, or limit the potential strength contained in any struggle ? Now the heart of the struggle is in &#034;the camp of the workers&#034; : the one sometimes open, sometimes hidden (in the terms of the Manifesto of Marx and Engels), between a proletarian leadership, and a bourgeois leadership.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By headlining against the &#034;extreme right&#034;, the NPA-R masks this main conflict, in the struggle of the workers of De Dietrich, to highlight an electoral struggle, that of the left against the RN :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Once the march was over, speeches were made by union representatives and local elected officials, including National Rally MP Th&#233;o Bernhardt, who was booed as soon as he arrived at the podium by left-wing activists. Without further ado, the FO M&#233;taux members, who were holding the podium, did not hesitate to play the police, supported by RN activists and private security agents to remove the activists who were chanting slogans against the far right, then called the police, who checked several of them.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/licenciements-a-de-dietrich-quand-extreme-droite-tente-dinstrumentaliser-la-colere-sociale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa-revolutionnaires.org/licenciements-a-de-dietrich-quand-extreme-droite-tente-dinstrumentaliser-la-colere-sociale/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The NPA-R implicitly provides the answer to a question it should ask explicitly, in an article and to the workers themselves : who is leading the De Dietrich workers' struggle ? We can guess from the NPA-R report that it is FO, but the NPA-R does not specify whether &#034;the members of FO M&#233;taux who held the platform&#034; are outsiders, representatives of the FO-M&#233;tallurgie Federation, or the leaders of the company's union. All of this becomes secondary, because for the NPA-R this struggle is subordinate to &#034;the fight against the extreme right.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As for the &#034;left-wing activists,&#034; are they De Dietrich workers ? If not, how do they help the struggle of the De Dietrich workers ? A spontaneous testimony of hostility from De Dietrich workers toward the extreme right would be a remarkable element to take into account, because it would prove that in embryo, the extreme right leadership by FO could be contested, this is in particular what can be accomplished by the establishment of a strike committee, a leadership apparatus of the struggle set up in opposition to the union apparatuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In any case, &#034;left-wing activists&#034; who boo far-right speakers aren't doing anything very useful. Shouting, applauding, and booing have become modes of intervention for the NPA-R, LO, and RP. Among themselves, we applaud and congratulate ourselves. Here, the intervention of &#034;left-wing activists&#034; consists of &#034;booing.&#034; What argument does the NPA-R provide to its activists or readers ? None, one must &#034;boo.&#034; A worker activist confronted in his workplace with a similar situation where FO imposes a far-right direction on any struggle could draw on an argument provided by all the &#034;revolutionaries&#034; who speak in the name of the workers. However, parties like LO, the NPA-R, and RP do not apply Lenin and Trotsky's program in the unions : to form a core of communist activists in the unions where they are present.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shouting &#034;hurray !&#034; or &#034;down with it !&#034; pretty much sums up the training these parties give their activists. These methods apparently allow these parties to grow. The NPA-R boasts of bringing together several hundred young activists. 500 activists would make an average of 5 per department in France. Where are these activists on occasions like those of the De Dietrich workers' struggle ? If they were present, their commitment consisted of expressing &#034;critical&#034; support for the left and the CGT :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;While the CGT, alone, spoke of the rapacity of the bosses and rightly denounced the National Rally, it too is calling for the State and nationalization. How can we save jobs ? When we see the fate reserved for hospitals, education, and all public services, we wonder how the fate of nationalized companies would be any different.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But the NPA-R implies that the PS, the PCF, the leadership of the CGT, have a policy substantially different from that of the RN :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;These statements have served the RN, which wants to claim to be a party concerned about workers (...) The RN's only perspective is to drive out foreigners to force their voters to accept their working conditions, to divide us in order to better exploit us. And the bosses will continue to lay off workers, including to optimize their productivity gains. The bosses' offensive is general, the response must be just as general. The bosses and the RN are trying to divide us, but only a coordinated, collective struggle by workers could force the bosses and the government to back down on layoffs, even to the point of imposing a ban on them !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So according to the NPA-R, the RN is a false friend of the workers, meaning : the PS, the PC, the CGT and other &#034;republicans&#034; are real ones ! Certainly they do not go far enough, but in the right direction. And we will be able, by going a little further, to &#034;coordinate&#034; a &#034;general struggle of the workers&#034; without fighting locally in each factory for a strike committee. However, the bourgeoisie has learned to &#034;coordinate&#034; the struggles of the workers by co-opting the union leaderships in its institutions since 1914. The task of the proletariat in struggle is to destroy this coordinated bourgeois leadership of the general struggle of the workers formed by the CGT, SUD, FO by establishing a coordinated proletarian leadership of the general struggle of the workers . But the NPA-R, like LO and RP, are not waging this struggle against the bourgeois leadership of the unions, because they want &#034;leaders&#034; who &#034;appear on TV&#034;, and are therefore approved by the union leaderships.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Through this political form of &#034;fighting the extreme right&#034;, LO, RP and the NPA-R are only applying a Popular Front policy, although they boast of not having participated in it.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;To give false objectives to the militants and the working class, by appearing to &#034;hold on&#034;, to limit oneself &#034;unfortunately&#034; to what revolutionaries can do in a period which is not &#034;revolutionary&#034; ... is to build on sand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After the crushing of the Paris Commune, Karl Marx made a statement that remains relevant today :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;That after the most terrible war of modern times, the vanquished and the victor fraternize in order to jointly massacre the proletariat, this unheard-of event proves, not as Bismarck thinks, the definitive crushing of a new rising society, but the complete disintegration of the old bourgeois society. The highest heroic effort of which the old society is still capable is a national war ; and it has now been proven that this is a pure mystification of governments, intended to retard the class struggle, and this mystification is discarded as soon as this class struggle breaks out into civil war. Class rule can no longer hide behind a national uniform ; the national governments are one against the proletariat !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No national war has any positive meaning for the workers if it is not part of the preparation or accomplishment of the civil war that is the proletarian revolution ! The slightest strike must carry the seeds of this civil war : the formation of factory committees, of soviets, with the aim of destroying or discrediting the annexes of the bourgeois state apparatus that are the reformist parties and the trade union leaderships.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Apprenons &#224; donner des r&#233;ponses prol&#233;tariennes...</title>
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		<dc:date>2025-06-13T22:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apprenons &#224; donner des r&#233;ponses prol&#233;tariennes face aux crimes des gouvernants capitalistes &lt;br class='autobr' /&gt;
Mort au travail d'une surveillante de coll&#232;ge &#224; Nogent (52) &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un site du S&#233;nat qui souligne le cercle vicieux de la politique pr&#233;tendument s&#233;curitaire du gouvernement, qui a abouti &#224; l'assassinat d'une femme de 31 ans, salari&#233;e de l'enseignement : &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Apr&#232;s le d&#233;c&#232;s, en mars dernier, d'un jeune de 17 ans lors d'une rixe devant un lyc&#233;e, les ministres Bruno Retailleau et Elisabeth Borne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_18010 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/sans_titre1-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH419/sans_titre1-2-416a0.jpg?1781903721' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Apprenons &#224; donner des r&#233;ponses prol&#233;tariennes face aux crimes des gouvernants capitalistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mort au travail d'une surveillante de coll&#232;ge &#224; Nogent (52)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un site du S&#233;nat qui souligne le cercle vicieux de la politique pr&#233;tendument s&#233;curitaire du gouvernement, qui a abouti &#224; l'assassinat d'une femme de 31 ans, salari&#233;e de l'enseignement :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Apr&#232;s le d&#233;c&#232;s, en mars dernier, d'un jeune de 17 ans lors d'une rixe devant un lyc&#233;e, les ministres Bruno Retailleau et Elisabeth Borne mettaient en place une circulaire pour instaurer des contr&#244;les al&#233;atoires de sacs dans les &#233;tablissements scolaires. C'est &#224; l'occasion d'un contr&#244;le de sacs qu'un &#233;l&#232;ve de 14 ans a ass&#233;n&#233; plusieurs coups de couteau &#224; une assistante d'&#233;ducation de 31 ans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le rem&#232;de n'est pas meilleur que le mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que disait cette circulaire Retailleau-Borne ? La Voix du Nord &#233;crivait le 28 Mars :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les &#233;l&#232;ves pourront d&#233;sormais se faire fouiller les sacs avant d'entrer dans leurs &#233;tablissements &#8211; lyc&#233;e et coll&#232;ge. Les deux ministres Elisabeth Borne et Bruno Retailleau ont rendu possible ce dispositif, d'apr&#232;s une circulaire envoy&#233;e aux pr&#233;fets cette semaine. Ces derniers sont pri&#233;s de &#171; d&#233;terminer les &#233;tablissements n&#233;cessitant une action prioritaire &#187;, et de &#171; mettre en &#339;uvre des contr&#244;les al&#233;atoires aux abords des &#233;tablissements par les forces de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure sous l'autorit&#233; des parquets &#187;, a r&#233;v&#233;l&#233; TF1. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est donc &lt;i&gt;par les forces de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure&lt;/i&gt; que ces contr&#244;les devaient &#234;tre effectu&#233;s. Le personnel d'&#233;ducation est-il cens&#233; y participer ? Pas d'apr&#232;s l'extrait de cette circulaire. Quoi qu'il en soit, c'est &lt;i&gt;par les forces de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure sous l'autorit&#233; des parquets&lt;/i&gt; que cette op&#233;ration du 10 juin devant le coll&#232;ge F. Dolto fut organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vues les parties impliqu&#233;es dans cette circulaire Retailleau-Borne (forces de s&#233;curit&#233; internes et parquet), la conf&#233;rence de presse du procureur de la R&#233;publique de Chaumont du 11 juin, devient une le&#231;on de chose : la caricature de la justice qu'est la justice bourgeoise en g&#233;n&#233;ral, en particulier lorsque l'Etat bourgeois ... juge ses propres m&#233;faits.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18007 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/capture_d_ecran_2025-06-13_182045.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH271/capture_d_ecran_2025-06-13_182045-80bf3.jpg?1781903721' width='500' height='271' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18006 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/capture_d_ecran_2025-06-13_182007.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH249/capture_d_ecran_2025-06-13_182007-68ef6.jpg?1781903721' width='500' height='249' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Car ce procureur de la R&#233;publique qui organise cette conf&#233;rence de presse est lui-m&#234;me un membre &#233;minent du parquet ... qui a organis&#233; la fouille devant le coll&#232;ge : il est juge et partie. Le parquet se juge lui-m&#234;me dans cette affaire. Le colonel de gendarmerie qui intervint aux c&#244;t&#233;s du procureur &#224; cette conf&#233;rence de presse, &#233;tait lui aussi un des organisateurs de cette op&#233;ration qui aboutit au drame !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parquet et la gendarmerie de Haute-Marne, organisateurs de l'op&#233;ration du 10 juin qui aboutit &#224; la mort d'une salari&#233;e, vont se juger eux-m&#234;mes dans cette affaire criminelle : bienvenue au coeur de l'Etat bourgeois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas &#233;tonnant que cette conf&#233;rence de presse ait eu un aspect b&#226;cl&#233;, compar&#233;e &#224; d'autres du m&#234;me genre beaucoup plus rigoureuses : elle ne retra&#231;a pas la chronologie des faits, en commen&#231;ant par : d&#233;cision par x et y d'organiser la fouille, en suivant le protocole z, dans le cadre de la circulaire Retailleau-Borne. Existe-t-il d'ailleurs un protocole dans l'organisation de telles fouilles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'appareil d'Etat (parquet et gendarmerie) dont on ne pouvait attendre grand-chose, ces sont les organisations syndicales qui sont les plus abjectes : que faisaient-elles, alors que la patronne de la victime, E. Borne, responsable d'apr&#232;s le Code du travail de la s&#233;curit&#233; de ses employ&#233;s au travail, venait se pavaner sur les lieux d'un accident dont elle est potentiellement responsable ? Ou est la contre-enqu&#234;te des syndicats, l'appel &#224; une gr&#232;ve politique nationale appelant les personnels &#224; ne plus accepter d'&#234;tre utilis&#233;s comme &#034;chair &#224; couteau de cuisine&#034; par les gendarmes et le parquet, larbins au service de la carri&#232;re de Retaillleau ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse que peut apporter le mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire &#224; ces morts au travail peut s'inspirer de la &#171; R&#233;solution sur la question fran&#231;aise &#187; de 1922 o&#249; L&#233;nine et Trotsky commentaient les erreurs du tout jeune Parti communiste fran&#231;ais qui n'avait pas encore rompu avec ses traditions social-d&#233;mocrates de collaboration de classe, en r&#233;ponse &#224; un assassinat d'ouvriers par l'Etat :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Les le&#231;ons de la gr&#232;ve du Havre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve du Havre, malgr&#233; son caract&#232;re local, est un t&#233;moignage indubitable de la combativit&#233; croissante du prol&#233;tariat fran&#231;ais. Le gouvernement capitaliste a r&#233;pondu &#224; la gr&#232;ve par l'assassinat de quatre ouvriers, comme s'il se h&#226;tait de rappeler aux ouvriers fran&#231;ais qu'ils ne pourront conqu&#233;rir le pouvoir et d&#233;truire l'esclavage capitaliste qu'au prix de la plus grande lutte, du maximum de d&#233;vouement et d'abn&#233;gation et de nombreux sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;ponse du prol&#233;tariat fran&#231;ais aux assassinats du Havre a &#233;t&#233; compl&#232;tement insuffisante, la responsabilit&#233; en incombe (...) &#224; la trahison, devenue depuis longtemps de r&#232;gle parmi les dissidents et les syndicalistes r&#233;formistes (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
En divisant d'un fa&#231;on incorrecte en principe la lutte de classe du prol&#233;tariat en deux domaines soi-disant ind&#233;pendants, l'&#233;conomique et le politique, le Parti, cette fois encore, ne fit preuve d'aucune initiative ind&#233;pendante, se bornant &#224; appuyer la C.G.T.U., comme si en r&#233;alit&#233; l'assassinat de quatre prol&#233;taires par le gouvernement du capital &#233;tait un acte &#233;conomique et non un &#233;v&#233;nement politique de premi&#232;re importance. Quant &#224; la C.G.T.U., sous la pression du Syndicat parisien du B&#226;timent, elle proclama le lendemain des assassinats du Havre, un dimanche, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de protestation pour le mardi. Les ouvriers de France n'eurent pas le temps, dans beaucoup d'endroits, d'apprendre non seulement l'appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, mais m&#234;me le fait de l'assassinat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tait d'avance vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. (...) Le Parti, de son c&#244;t&#233;, capitula en silence devant la d&#233;marche &#233;videmment erron&#233;e de la C.G.T.U. au lieu d'essayer, sous une forme amicale mais instante, d'obtenir de cette derni&#232;re l'ajournement de la manifestation gr&#233;viste dans le but de d&#233;velopper une vaste agitation de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re obligation, tant du Parti que de la C.G.T.U. devant le crime ignoble de la bourgeoisie fran&#231;aise, &#233;tait de mobiliser imm&#233;diatement un millier des meilleurs agitateurs du Parti et des syndicats &#224; Paris et en province, pour expliquer aux &#233;l&#233;ments les plus arri&#233;r&#233;s de la classe ouvri&#232;re le sens des &#233;v&#233;nements du Havre, et pour pr&#233;parer les masses ouvri&#232;res &#224; la protestation et &#224; la d&#233;fense. Le Parti &#233;tait tenu, en pareil cas, de lancer &#224; plusieurs millions d'exemplaires un appel &#224; la classe ouvri&#232;re et aux paysans, &#224; l'occasion du crime du Havre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule, une campagne de ce genre, syst&#233;matique, concentr&#233;e, universelle par ses moyens, tendue et infatigable, pouvait, men&#233;e pendant toute une semaine et plus, &#234;tre couronn&#233;e par un mouvement puissant et imposant, sous la forme d'une grande gr&#232;ve de protestation, de manifestation dans la rue, etc. Le r&#233;sultat s&#251;r d'une telle campagne aurait &#233;t&#233; d'augmenter dans les masses les liaisons, l'autorit&#233; et l'influence du Parti et de la C.G.T.U., de les rapprocher mutuellement dans le travail r&#233;volutionnaire et de rapprocher d'eux la partie de la classe ouvri&#232;re qui suit encore les r&#233;formistes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'absence de telles r&#233;ponses r&#233;volutionnaires, de la part des personnels de l'Education autant que de leurs organisations syndicales, est incarn&#233; par le parti Lutte Ouvri&#232;re, dont les candidats aux &#233;lections sont plus des enseignants que des ouvriers, et dont la porte-parole se pr&#233;sente elle-m&#234;me comme une &#034;travailleuse de l'enseignement&#034;. Retailleau est rassur&#233;, ce n'est pas N. Arthaud qui appellera &#224; une quelconque gr&#232;ve politique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Une surveillante de coll&#232;ge est morte au travail, poignard&#233;e par un &#233;l&#232;ve de 14 ans lors d'un contr&#244;le des entr&#233;es par les gendarmes. Imm&#233;diatement les politiciens r&#233;actionnaires ont fait assaut d'une d&#233;magogie s&#233;curitaire, d'autant plus bruyante qu'ils sont impuissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sant&#233; mentale de la jeunesse se d&#233;grade et la violence se d&#233;veloppe en son sein. Mais qui en est responsable, si ce n'est les dirigeants de l'&#201;tat qui ont gratt&#233; au fil des ans les budgets des services publics de l'&#201;ducation et de la Sant&#233;, favorisant ce type de drame ? S'il manque des adultes pour encadrer les jeunes dans les &#233;tablissements scolaires et des m&#233;decins et infirmi&#232;res scolaires, alors que les milliards coulent &#224; flot pour l'arm&#233;e, &#224; qui la faute ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte Ouvri&#232;re Trag&#233;die de Nogent (11 juin)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De plus, cet article apparait &#224; tort dans l'hebdomadaire LO non pas dans la rubrique : &lt;i&gt;Dans les entreprises&lt;/i&gt; mais dans celle de &lt;i&gt;Leur soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;. LO ne veut pas inscrire cet &#233;v&#233;nement dans le calendrier de la lutte des classes, ien lien avec les accidents du travail dans d'autres secteurs ouvrier. LO imite en cela la CGT et Solidaires, qui h&#233;berge JP Mercier autre porte-parole de LO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA-R &#233;galement se contente de soupirer, renvoyant m&#234;me, &#224; tort, quasiment dos-&#224;-dos la victime et son assassin :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; combien de vies g&#226;ch&#233;es ? D'abord celle de la jeune surveillante tu&#233;e (...) Mais aussi celle de son jeune meurtrier dont les Retailleau oublient que c'est un mineur de 14 ans, sans avenir d&#233;sormais.(...) Que faut-il pour que ces cr&#233;tins cessent de croire que les probl&#232;mes se r&#232;glent &#224; coup de menton, pour qu'ils cessent d'imposer &#224; tout le monde leurs pr&#233;tendues solutions ? Faire collaborer les assistants d'&#233;ducation et les flics &#224; la porte des &#233;tablissements scolaires&#8230; oui, il faut &#234;tre cr&#233;tin pour ne pas comprendre que c'est catastrophique. Les m&#234;mes nous r&#233;p&#232;tent &#224; l'envi que l'&#233;cole doit &#234;tre un sanctuaire. Eh bien, justement, les flics n'y ont pas leur place. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et appeler en cons&#233;quence d&#232;s maintenant les personnels &#224; ne plus participer &#224; des fouilles &#224; l'ext&#233;rieur de leur &#233;tablissement, o&#249; ils n'ont rien &#224; faire ? Le NPA-R ne l'envisage m&#234;me pas ! Les places de ses militants sur les listes Solidaires-CGT aux prochaines &#233;lections sont assur&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, le NPA-R et LO n'envisagent m&#234;me pas la gr&#232;ve &#224; ce propos : on ne contredit pas les directions de Solidaires ou de la CGT quand on veut garder sa place dans l'&lt;i&gt;Assiette au beurre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vrai affrontement avec Retailleau est &#224; l'ordre du jour avec les m&#233;thodes de la classe ouvri&#232;re : gr&#232;ve d'une corporation dont la vie est mise en danger au travail &#224; cause de sa circuclaire de mars 2025. Faire des d&#233;claration anti-police n'est que du verbiage pseudo-r&#233;volutionnaire si l'on ne propose pas l'auto-d&#233;fense des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mener leur propre politique face &#224; celle de la classe dirigeante, les travailleurs ont besoin de clart&#233; sur la question de l'Etat. Les fausses extr&#234;mes gauches n'en ont gu&#232;re ! Lutte ouvri&#232;re se dit m&#234;me favorable &#224; la police de proximit&#233; ! Aucune organisation de cette extr&#234;me gauche ne souligne que tous les appareils syndicaux sont li&#233;s &#224; l'appareil d'Etat au point qu'on peut consid&#233;rer qu'ils en font partie. Et l'Etat tout entier est au service de la classe poss&#233;dante et non de la population. Leurs relations avec la d&#233;mocratie bourgeoise (&#233;lections, syndicats, institutions, services dit public) sont une preuve que ces organisations qui se disent r&#233;volutionnaires ne le sont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le point le plus remarquable est qu'ils n'envisagent jamais, face &#224; une mobilisation qui serait n&#233;cessaire, d'en appeler &#224; la constitution de comit&#233;s de travailleurs. Et, avec l'affaire de Nogent, pas plus que pour les licenciements, pour les attaques des services publics, notamment des h&#244;pitaux, pour les attaques contre les migrants, ou pour les attaques internationales comme la marche &#224; la guerre ou l'armement d'Isra&#235;l par &#171; leur &#187; Etat, dans aucun de ces cas, ils ne dissocient suffisamment de la d&#233;mocratie bourgeoise pour en appeler &#224; la formation de&#8230; SOVIETS ! Et pourtant ces gens-l&#224; se disent des partisans de la r&#233;volution d'Octobre de L&#233;nine et Trotsky !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec la politique des soviets qu'il faut renouer, y compris pour se d&#233;marquer des bureaucraties syndicales, pour pr&#233;parer la classe ouvri&#232;re &#224; son r&#244;le socialiste et pour former les premiers &#233;l&#233;ments d'un futur parti r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu'est-ce que le proc&#232;s de production capitaliste ?</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article6490</link>
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		<dc:date>2025-04-08T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Bourgeoisie</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme - capitalism</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire aussi &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que le proc&#232;s de production capitaliste ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx dans &#171; Le Capital &#187;, Livre III : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le proc&#232;s de production capitaliste est une forme historiquement d&#233;termin&#233;e du proc&#232;s de production sociale en g&#233;n&#233;ral. Ce dernier est autant un proc&#232;s de production des conditions mat&#233;rielles de la vie humaine qu'un proc&#232;s (en voie d'&#233;volution) de production et de reproduction des conditions m&#234;mes de la production, c'est-&#224;-dire de la forme sociale &#233;conomique qui y correspond. En (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;1- Les lois &#233;conomiques font partie de la lutte des classes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;Bourgeoisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Capitalisme - capitalism&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=proc%C3%A8s+de+production+capitaliste++site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que le proc&#232;s de production capitaliste ?&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Karl Marx dans &#171; Le Capital &#187;, Livre III :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le proc&#232;s de production capitaliste est une forme historiquement d&#233;termin&#233;e du proc&#232;s de production sociale en g&#233;n&#233;ral. Ce dernier est autant un proc&#232;s de production des conditions mat&#233;rielles de la vie humaine qu'un proc&#232;s (en voie d'&#233;volution) de production et de reproduction des conditions m&#234;mes de la production, c'est-&#224;-dire de la forme sociale &#233;conomique qui y correspond. En effet, l'ensemble des rapports que les agents de la production ont entre eux et avec la nature constitue la structure &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;. Comme dans tous les syst&#232;mes qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;, le proc&#232;s de production capitaliste se d&#233;roule dans des conditions mat&#233;rielles d&#233;termin&#233;es, qui r&#232;glent en m&#234;me temps les rapports sociaux de la vie de ceux qui y participent. Ces conditions comme ces rapports sont &#224; la fois des facteurs et des r&#233;sultats de la production capitaliste, qui les produit et les reproduit. Nous avons vu ensuite que, durant le proc&#232;s social de production qui lui est ad&#233;quat, le capital extrait une quantit&#233; d&#233;termin&#233;e de surtravail du producteur imm&#233;diat, surtravail dont il ne paie pas l'&#233;quivalent et qui, de par son essence, est du travail forc&#233;, bien qu'il semble &#234;tre le r&#233;sultat d'un contrat librement consenti. Ce surtravail rev&#234;t la forme d'une plus-value, qui existe &#224; l'&#233;tat d'un surproduit. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, le surtravail, le travail en quantit&#233; plus consid&#233;rable que ne l'exigent les besoins, est in&#233;vitable dans toutes les organisations ; mais dans la soci&#233;t&#233; capitaliste comme dans l'esclavage il repose sur un antagonisme, sur l'oisivet&#233; d'une partie de la soci&#233;t&#233;. Une quantit&#233; d&#233;termin&#233;e de surtravail est n&#233;cessaire pour l'assurance contre les accidents et l'extension progressive et in&#233;vitable du proc&#232;s de production - ce qui constitue l'accumulation dans la soci&#233;t&#233; capitaliste - sous l'action du d&#233;veloppement des besoins et de l'augmentation de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme contribue au progr&#232;s de la civilisation en ce qu'il extrait ce surtravail par des proc&#233;d&#233;s et sous des formes qui sont plus favorables que ceux des syst&#232;mes pr&#233;c&#233;dents (esclavage, servage, etc.) au d&#233;veloppement des forces productives, &#224; l'extension des rapports sociaux et &#224; l'&#233;closion des facteurs d'une culture sup&#233;rieure. Il pr&#233;&#172;pare ainsi une forme sociale plus &#233;lev&#233;e, dans laquelle l'une des parties de la soci&#233;t&#233; ne jouira plus, au d&#233;triment de l'autre, du pouvoir et du monopole du d&#233;veloppement social, avec les avantages mat&#233;riels et intellectuels qui s'y rattachent, et dans laquelle le sutravail aura pour effet la r&#233;duction du temps consacr&#233; au travail mat&#233;riel en g&#233;n&#233;&#172;ral. Lorsque le travail n&#233;cessaire et le surtravail sont l'un et l'autre &#233;gaux &#224; 3, la journ&#233;e de travail est &#233;gale &#224; 6 et le taux du surtravail est de 100 %, tandis que le taux du surtravail n'est plus que de 33 &#8531; %, lorsque la journ&#233;e de travail est &#233;gale &#224; 12, et se d&#233;compose en 9 de tra&#172;vail n&#233;cessaire et 3 de surtravail. Or c'est la productivit&#233; du travail qui d&#233;termine la quantit&#233; de valeurs d'usage qui peut &#234;tre produite dans un temps d&#233;termin&#233; de travail n&#233;cessaire et de surtravail. La richesse effective de la soci&#233;t&#233; et la possibilit&#233; d'une extension continue du proc&#232;s de reproduction d&#233;pendent donc, non de la longueur, mais de la productivit&#233; du surtravail et des conditions plus ou moins favorables dans lesquelles il est ex&#233;cut&#233;. Le r&#232;gne de la libert&#233; ne commence en fait que l&#224; o&#249; cesse le tra&#172;vail impos&#233; par la n&#233;cessit&#233; et les consid&#233;rations ext&#233;rieu&#172;res ; de par la nature des choses, il existe donc au-del&#224; de la sph&#232;re de la production mat&#233;rielle proprement dite. La lutte du sauvage contre la nature pour la satisfaction de ses besoins, la conservation et la reproduction de son existence, s'&#233;tend &#224; l'homme civilise, quels que soient la forme de la soci&#233;t&#233; et le syst&#232;me de la production. A mesure que l'homme se civilise, s'&#233;tendent le cercle de ses besoins et son asservissement &#224; la nature, mais en m&#234;me temps se d&#233;veloppent les forces productives qui lui permettent de s'en affranchir. A ce point de vue la libert&#233; ne peut &#234;tre conquise que pour autant que les hommes socialis&#233;s, devenus des producteurs associ&#233;s, combinent rationnellement et contr&#244;lent leurs &#233;changes de mati&#232;re avec la nature, de mani&#232;re &#224; les r&#233;aliser avec la moindre d&#233;pense de force et dans les conditions les plus dignes et les plus conformes &#224; la nature humaine. Sans cela le joug de la n&#233;cessit&#233; ne cessera de peser sur eux et ils ne conna&#238;tront pas le vrai r&#233;gime de la libert&#233;, dans lequel le d&#233;veloppement de leurs forces se fera exclusivement pour eux. La condition fondamentale de, cette situation est le raccourcissement de la journ&#233;e de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on fait abstraction des irr&#233;gularit&#233;s accidentelles de la r&#233;partition pour ne consid&#233;rer que l'action g&#233;n&#233;rale de la loi, on voit que dans la soci&#233;t&#233; capitaliste la plus-value ou le surproduit se partage comme un dividende entre les capitalistes au prorata de la fraction de capital social que chacun poss&#232;de. Elle est repr&#233;sent&#233;e par le profit moyen, qui se subdivise en profit d'entreprise et int&#233;r&#234;t, et tombe ainsi en partage &#224; deux cat&#233;gories distinctes de capitalistes. Mais la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re intervient pour limiter la part de la plus-value que peut s'approprier le capital ; car de m&#234;me que le capitaliste pr&#233;l&#232;ve sur l'ouvrier le surtravail et la plus-value sous forme de profit, de m&#234;me le propri&#233;taire foncier enl&#232;ve au capitaliste une partie de cette plus-value, qui constitue la rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous parlons du profit, de la part de la plus-value qui tombe en partage au capital, nous pensons donc au profit moyen (le profit d'entreprise + l'int&#233;r&#234;t), c'est-&#224;-dire &#224; ce qui reste du profit total lorsque la rente en a &#233;t&#233; d&#233;duite. Le profit du capital et la rente fonci&#232;re ne sont donc que les deux parties dans lesquelles se d&#233;compose la plus-value, et il n'y a entre eux que cette diff&#233;rence que l'une repr&#233;sente la part du propri&#233;taire foncier et l'autre, la part du capitaliste. C'est le capital qui extrait directement des ouvriers le surtravail (qui devient la plus-value et le surproduit) et &#224; ce point de vue il doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le producteur de la plus-value. Quant &#224; la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, elle reste en dehors du proc&#232;s r&#233;el de production, et son r&#244;le se borne &#224; s'annexer une partie de la plus-value pr&#233;lev&#233;e par le capital. Il n'en r&#233;sulte pas cependant que le propri&#233;taire foncier reste &#233;tranger au proc&#232;s capitaliste de production ; il y joue un r&#244;le, et ce r&#244;le r&#233;sulte, non de ce qu'il exerce une pression sur le capital ou de ce que la grande propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, qui exproprie les travailleurs de leurs moyens de travail, est une pr&#233;mice et une condition de la production capitaliste, mais de ce qu'il personnifie un des &#233;l&#233;ments essentiels de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin vient l'ouvrier qui, en sa qualit&#233; de propri&#233;taire et de vendeur de sa force de travail, re&#231;oit sous le nom de salaire une part du produit, &#233;quivalente &#224; la fraction de son travail que nous appelons le travail n&#233;cessaire et devant servir &#224; sa conservation et &#224; sa reproduction quelque ais&#233;e ou quelque mis&#233;rable que soit son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque disparates que puissent para&#238;tre les rapports du capital, de la terre et du travail, ils ont cependant quelque chose de commun. Bon an, mal an, le capital produit du profit pour le capitaliste, la, terre fournit de la rente au propri&#233;taire et la force de travail - dans des conditions normales et aussi longtemps qu'elle peut &#234;tre utilis&#233;e - rapporte du salaire &#224; l'ouvrier. Ces trois parties de la valeur produite annuellement et les fractions du produit annuel qui les repr&#233;sentent, peuvent &#234;tre d&#233;pens&#233;es - nous faisons abstraction de l'accumulation - ann&#233;e par ann&#233;e, sans que la source de leur reproduction tarisse. Ils repr&#233;sentent les fruits annuels d'un arbre perp&#233;tuel ou plut&#244;t de trois arbres, les revenus de trois classes - capitalistes, propri&#233;taires, ouvriers - dont la r&#233;partition est faite par le capitaliste producteur, qui met le travail en &#339;uvre et pr&#233;l&#232;ve directement la plus-value. Le capital, la terre et la force de travail ou plut&#244;t le travail sont pour le capitaliste, le propri&#233;taire et l'ouvrier les trois sources de leurs revenus sp&#233;cifiques, le profit, la rente et le salaire. En effet, pour le capitaliste, le capital est une pompe qui aspire sans cesse de la plus-value, pour le propri&#233;taire, la terre est un aimant qui attire continuellement une partie de la plus-value, et pour l'ouvrier, le travail est un moyen &#224; action ininterrompue d'obtenir une partie de la valeur qu'il cr&#233;e, c'est-&#224;-dire le salaire qui doit le faire vivre. En outre ce sont le capital, la terre et le travail qui assignent respectivement la forme de profit, rente et salaire aux trois parties de la valeur et du produit du travail annuel, et en font par cette transformation les revenus des capitalistes, des propri&#233;taires et des ouvriers. Alors que la r&#233;partition doit avoir pour point de d&#233;part la valeur du produit annuel (qui n'est que du travail social mat&#233;rialis&#233;), les choses se pr&#233;sentent d'une mani&#232;re oppos&#233;e dans l'esprit des agents de la production. Le capital, la terre et le travail leur apparaissent comme trois sources ind&#233;pendantes, desquelles sortent trois parties distinctes du produit annuel et qui, par cons&#233;quent, n'interviennent pas seulement pour donner aux parties de la valeur annuellement produite les formes diff&#233;rentes sous lesquelles elles deviennent les revenus des agents de production, mais donnent naissance &#224; cette valeur elle-m&#234;me, la substance des revenus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me l'expression &#171; Capital-Profit &#187; est incorrecte. Lorsque l'on prend le capital dans la seule relation o&#249; il est producteur de plus-value, c'est-&#224;-dire dans son rapport avec la force de travail, dans lequel il extrait de la plus-value par la pression qu'il exerce sur l'ouvrier, on est amen&#233; &#224; consid&#233;rer la plus-value totale, c'est-&#224;-dire le profit (profit d'entreprise + int&#233;r&#234;t) et la rente. Or, dans l'expression &#171; Capital-Profit &#187;, il n'est en rapport qu'avec la partie de la plus-value qui repr&#233;sente le revenu du capitaliste, et toute relation s'efface encore davantage d&#232;s que l'expression prend la forme &#171; Capital-Int&#233;r&#234;t &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moyens de production, c'est-&#224;-dire une accumulation suffisante de capital, &#233;tant donn&#233;s, la formation de la plus-value n'a d'autre borne que la population ouvri&#232;re, si le degr&#233; d'exploitation du travail est d&#233;termin&#233;, et que le degr&#233; d'exploitation du travail, si la population ouvri&#232;re est donn&#233;e. L'obtention de cette plus-value, qui est le but et le motif de l'organisation capitaliste, constitue le proc&#232;s imm&#233;diat de production. D&#232;s que tout le surtravail qu'il est possible d'extorquer est mat&#233;rialis&#233; sous forme de marchandise, la plus-value est produite. Mais &#224; ce moment le premier acte seulement du proc&#232;s de production capitaliste, la production proprement dite, est termin&#233;, et le second acte doit commencer. Les marchandises produites, qu'elles incorporent le capital constant et le capital variable ou qu'elles repr&#233;sentent la plus-value, doivent &#234;tre vendues. Si cette vente est impossible, ou si elle ne peut &#234;tre faite qu'en partie, ou encore si elle a lieu &#224; des prix au-dessous des co&#251;ts de production, l'exploitation de l'ouvrier, qui existe en tout cas, est sans profit pour le capitaliste ; la plus-value extorqu&#233;e n'est pas r&#233;alis&#233;e ou n'est r&#233;alis&#233;e qu'en partie ; peut-&#234;tre m&#234;me le capital est-il partiellement ou totalement perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions de l'exploitation du travail et de sa mise en valeur ne sont pas les m&#234;mes et elles diff&#232;rent, non seulement au point de vue du temps et du lieu, mais en elles-m&#234;mes. Les unes sont born&#233;es exclusivement par la force productive de la soci&#233;t&#233;, les autres par l'importance relative des diverses branches de production et la puissance de consommation de la masse. Quant &#224; cette derni&#232;re, elle d&#233;pend non de ce que la soci&#233;t&#233; peut produire et consommer, mais de la distribution de la richesse, qui a une tendance &#224; ramener &#224; un minimum, variable entre des bornes plus ou moins &#233;troites, la consommation de la grande masse -, elle est limit&#233;e en outre par le besoin d'accumulation, d'agrandissement du capital et d'utilisation de quantit&#233;s de plus en plus fortes de plus-value. Elle ob&#233;it ainsi &#224; une loi qui trouve son origine dans les r&#233;volutions incessantes des m&#233;thodes de produire et la d&#233;pr&#233;ciation constante du capital qui en est la cons&#233;quence, dans la concurrence g&#233;n&#233;rale et la n&#233;cessit&#233;, dans un but de conservation et sous peine de ruine, de perfectionner et d'&#233;tendre sans cesse la production. Aussi la soci&#233;t&#233; capitaliste doit-elle agrandir continuellement ses d&#233;bouch&#233;s et donner de plus en plus aux conditions qui d&#233;terminent et r&#232;glent le march&#233;, les apparences d'une loi naturelle ind&#233;pendante des producteurs et &#233;chappant au contr&#244;le, afin de rendre moins apparente la contradiction immanente qui la caract&#233;rise. Seulement plus la puissance productive se d&#233;veloppe, plus elle rencontre comme obstacle la base trop &#233;troite de la consommation, bien qu'au point de vue de cette derni&#232;re, il n'y ait aucune contradiction dans la coexistence d'une surabondance de capital avec une surabondance croissante de population. Car il suffirait d'occuper l'exc&#232;s de population par l'exc&#232;s de capital pour augmenter la masse de plus-value ; mais dans la m&#234;me mesure s'accentuerait le conflit entre les conditions dans lesquelles la plus-value est produite et r&#233;alis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un taux d&#233;termin&#233;, la masse du profit d&#233;pend de la grandeur du capital. L'accumulation est la fraction de cette masse qui est convertie en capital ; elle est &#233;gale, par cons&#233;quent, au profit moins le revenu et elle d&#233;pend non seulement de la valeur absolue du profit, mais des prix des marchandises que le capitaliste ach&#232;te, soit pour sa consommation personnelle, soit pour son capital constant (nous supposons que le salaire reste invariable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quantit&#233; de capital que l'ouvrier met en &#339;uvre et dont il conserve la valeur en la transformant en produit, diff&#232;re absolument de la valeur qu'il y ajoute. Si ce capital est, par exemple, &#233;gal &#224; 1000 et si le travail y ajoute 100, le capital reproduit a une valeur de 1100 ; si le capital est de 100 et si le travail y ajoute 20, le capital reproduit est de 120. Dans le premier cas le taux du profit est de 10 %, dans le second il est de 20 %, et, pourtant, des 100 ajout&#233;s dans le premier cas, on peut accumuler davantage que des 20 du second cas. Abstraction faite de la d&#233;pr&#233;ciation r&#233;sultant du progr&#232;s de la force productive, le potentiel d'accumulation du capital est donc en raison de l'&#233;lan que celui-ci poss&#232;de d&#233;j&#224; et non en raison du taux du profit. Un taux &#233;lev&#233; du profit marche de pair avec un taux &#233;lev&#233; de la plus-value, lorsque la journ&#233;e de travail bien que peu productive est tr&#232;s longue, lorsque les besoins des ouvriers sont tr&#232;s modestes et par suite le salaire tr&#232;s bas. Le capital s'accumule alors lentement, malgr&#233; le taux &#233;lev&#233; du profit ; la population est stagnante et le temps de travail que co&#251;te le produit est consid&#233;rable bien que le salaire soit peu &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux du profit baisse, non parce que l'ouvrier est moins exploit&#233;, mais parce que moins de travail est mis en &#339;uvre par un capital d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La baisse du taux du profit marchant parall&#232;lement &#224; une augmentation de la masse du profit, une quantit&#233; plus grande du produit annuel du travail est appropri&#233;e par le capitaliste comme capital (pour renouveler le capital consomm&#233;) et une partie relativement plus petite comme profit. D'o&#249; cette fantaisie du pasteur Chalmers, que moins est consid&#233;rable la partie du produit annuel que les capitalistes d&#233;pensent comme capital, plus est grande la quantit&#233; de profit qu'ils empochent, op&#233;ration pour laquelle ils sont, il est vrai, assur&#233;s du concours des &#233;glises d'Etat, qui s'entendent &#224; merveille &#224; consommer et non capitaliser une grande partie du surproduit. Le pasteur confond la cause et l'effet. M&#234;me lorsqu'il diminue comme taux, le profit augmente comme masse, &#224; mesure que le capital avanc&#233; devient plus consid&#233;rable. Mais il faut pour cela, d'abord la concentration du capital et par cons&#233;quent l'engloutissement des petits capitalistes par les grands ; ensuite la s&#233;paration des producteurs des conditions du travail, l'intervention personnelle dans la production, assez importante chez les petits capitalistes, s'effa&#231;ant d'autant plus chez les grands que la masse de capital qu'ils engagent devient plus consid&#233;rable. C'est cette s&#233;paration qui engendre la notion dur capital et qui, point de d&#233;part de l'accumulation (vol. 1, chap. XIV), continuera &#224; se manifester dans la concentration des capitaux jusqu'au moment o&#249; leur accumulation aux mains de quelques-uns aboutira &#224; l'expropriation, c'est-&#224;-dire la d&#233;capitalisation. Cette suite logique des choses aurait vite fait de d&#233;terminer l'effondrement de la production capitaliste, si d'autres facteurs n'opposaient leur effort centrifuge (d&#233;centralisateur) &#224; sa tendance centrip&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de la productivit&#233; sociale du travail se manifeste de deux mani&#232;res : d'une part les forces productives (valeur et masse des &#233;l&#233;ments de la production et grandeur absolue du capital accumul&#233;) deviennent plus consid&#233;rables, d'autre part le salaire diminue d'importance par rapport au capital total, c'est-&#224;-dire la quantit&#233; de travail vivant n&#233;cessaire pour reproduire et mettre en valeur un capital d&#233;termin&#233; devient de plus en plus petite. Ces cons&#233;quences impliquent en m&#234;me temps la concentration du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne sp&#233;cialement la force de travail, l'action de l'extension de la production s'affirme &#233;galement sous un double aspect : elle pousse &#224; l'accroissement du surtravail, c'est-&#224;-dire &#224; la diminution du temps indispensable &#224; la reproduction de:la force de travail ; elle restreint le nombre d'ouvriers n&#233;cessaires pour mettre cri mouvement un capital d&#233;termin&#233;. Non seulement ces deux effets se font sentir simultan&#233;ment, mais l'un d&#233;termine l'autre : ce sont les manifestations d'une m&#234;me loi, ce qui n'emp&#234;che qu'ils agissent en sens inverse sur le taux du profit. En effet, celui-ci est exprim&#233; par pl / C = plus-value / capital total, expression dans laquelle le num&#233;rateur d&#233;pend du taux de la plus-value et de la quantit&#233; de travail mise en &#339;uvre, c'est-&#224;-dire de l'importance du capital variable. Or, l'un de ces facteurs, le taux de la plus-value, augmente tandis que l'autre, le nombre d'ouvriers, diminue (en valeur absolue ou en valeur relative), car d'une part le d&#233;veloppement de la productivit&#233; diminue la partie pay&#233;e du travail mis eu &#339;uvre, et d'autre part elle restreint la quantit&#233; de travail qui est appliqu&#233;e par un capital d&#233;termin&#233;. M&#234;me s'ils pouvaient vivre d'air et par cons&#233;quent s'ils ne devaient rien produire pour eux-m&#234;mes, deux ouvriers en travaillant 12 heures par jour ne fourniraient pas autant de plus-value que vingt-quatre ouvriers dont le travail quotidien ne serait que de 2 heures. Il existe une limite infranchissable, au-del&#224; de laquelle il est impossible de poursuivre la r&#233;duction du nombre de travailleurs en augmentant le degr&#233; d'exploitation du travail ; la baisse du taux du profit peut &#234;tre contrari&#233;e, mais non supprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de la production capitaliste provoque donc la baisse du taux du profit, mais comme il a pour effet la mise en &#339;uvre de capitaux de plus en plus consid&#233;rables, il augmente la masse de profit ; quant &#224; l'accroissement du capital, il d&#233;pend &#224; la fois de sa masse et du taux du profit. Directement l'accroissement de la productivit&#233; (qui ne va pas sans une d&#233;pr&#233;ciation du capital constant) ne peut augmenter la valeur du capital que si, par la hausse du taux du profit, elle donne plus de valeur &#224; la partie du produit annuel qui est reconvertie en capital ; ce qui, en consid&#233;rant la puissance de production du travail (qui n'a directement rien &#224; faire avec la valeur du capital existant) ne peut arriver que pour autant qu'il y ait augmentation de la plus-value relative ou diminution de la valeur du capital constant, c'est-&#224;-dire d&#233;pr&#233;ciation des marchandises n&#233;cessaires &#224; la reproduction de la force du travail ou du capital constant. Dans les deux cas, il y a diminution de valeur du capital existant et r&#233;duction du capital variable par rapport au capital constant, r&#233;sultats qui ont pour cons&#233;quence, d'une part de faire tomber le taux du profit, d'autre part d'en ralentir la chute. En outre, toute hausse du taux du profit, par le fait qu'elle augmente la demande de bras, pousse au d&#233;veloppement de la population ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire de la mati&#232;re exploitable sans laquelle le capital n'est pas capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indirectement le progr&#232;s de la productivit&#233; du travail pousse &#224; l'augmentation de la valeur du capital existant, car il multiplie la masse et la diversit&#233; des valeurs d'usage qui correspondent &#224; une m&#234;me valeur d'&#233;change et qui fournissent la mati&#232;re du capital, c'est-&#224;-dire les objets qui constituent directement le capital constant et indirectement le capital variable. Un m&#234;me capital mis en &#339;uvre par une m&#234;me quantit&#233; de travail cr&#233;e, sans que leur valeur d'&#233;change augmente, plus d'objets convertibles en capital et augmente ainsi la masse des produits capables de s'incorporer du travail, de fournir de la plus-value et d'&#234;tre le point de d&#233;part d'une extension du capital. La masse de travail que le capital peut mettre en &#339;uvre d&#233;pend, non de sa valeur, mais de la quantit&#233; de mati&#232;res premi&#232;res et auxiliaires, de machines et d'aliments qu'il repr&#233;sente. Si cette quantit&#233; s'accro&#238;t, et si en m&#234;me temps augmente la masse de travail et de surtravail qui lui est appliqu&#233;e, il y a extension de la valeur du capital reproduit et du capital nouveau qui y est ajout&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe de ne pas consid&#233;rer, comme le fait Ricardo, les deux facteurs de l'accumulation, l'un ind&#233;pendamment de l'autre ; ils impliquent une contradiction, qui se traduit par des tendances et des ph&#233;nom&#232;nes oppos&#233;s se manifestant simultan&#233;ment. Pendant que l'augmentation du capital pousse &#224; l'augmentation effective de la population ouvri&#232;re, d'autres facteurs interviennent pour ne cr&#233;er qu'une surpopulation simplement relative. La baisse du taux du profit est concomitante d'un accroissement de la masse des capitaux et d'une d&#233;pr&#233;ciation des capitaux existants, qui agissent pour l'enrayer et activer l'accumulation. Enfin le progr&#232;s de la productivit&#233; ne va pas sans un rel&#232;vement de la composition du capital, c'est-&#224;-dire d'une diminution de la partie variable relativement &#224; la partie constante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action de ces influences contradictoires se manifeste tant&#244;t dans l'espace, tant&#244;t dans le temps et s'affirme p&#233;riodiquement par des crises, qui sont des irruptions violentes apr&#232;s lesquelles l'&#233;quilibre se r&#233;tablit momentan&#233;ment. En ternies g&#233;n&#233;raux elle peut &#234;tre expos&#233;e comme suit : la production capitaliste est caract&#233;ris&#233;e par sa tendance au d&#233;veloppement absolu des forces productives, sans pr&#233;occupation ni de la valeur, ni de la plus-value, ni des conditions sociales au milieu desquelles elle fonctionne, bien qu'elle ait pour but et pour caract&#232;re sp&#233;cifique la conservation et l'accroissement le plus rapide possible de la valeur-capital qui existe. Sa m&#233;thode comprend : la baisse du taux du profit, la d&#233;pr&#233;ciation du capital existant et le d&#233;veloppement des forces productives du travail aux d&#233;pens de celles qui fonctionnent d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;pr&#233;ciation p&#233;riodique du capital existant, qui est un moyen immanent de la production capitaliste pour retarder la baisse du taux du profit et acc&#233;l&#233;rer l'accumulation gr&#226;ce &#224; la formation de capital nouveau, trouble les proc&#232;s de circulation et de reproduction, et d&#233;termine des arr&#234;ts subits et des crises de la production. Le recul du capital variable relativement au capital constant, qui accompagne le d&#233;veloppement des forces productives, stimule l'accroissement de la population ouvri&#232;re et la formation d'une surpopulation artificielle. Quant &#224; la baisse du taux du profit, elle ralentit l'accumulation du capital en tant que valeur pendant qu'elle multiplie les valeurs d'usage, effet dont le contre-coup se manifeste bient&#244;t par une reprise de l'accumulation de valeur-capital. Sans cesse la production capitaliste s'efforce de vaincre ces entraves qui lui sont inh&#233;rentes et elle ne parvient &#224; les surmonter que par des moyens qui les font r&#233;appara&#238;tre et les renforcent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le capital lui-m&#234;me qui fixe une borne &#224; la production capitaliste, parce qu'il est le point de d&#233;part et le point d'arriv&#233;e, la raison et le but de la production et qu'il veut qu'on produise exclusivement pour lui, alors que les moyens de production devraient servir &#224; une extension continue de la vie sociale. Cette borne, qui limite le champ dans lequel la valeur-capital peut &#234;tre conserv&#233;e et mise en valeur par l'expropriation et l'appauvrissement de la masse des producteurs, se dresse continuellement contre les m&#233;thodes auxquelles le capital a recours pour augmenter la production et d&#233;velopper ses forces productives. Si historiquement la production capitaliste est un moyen pour d&#233;velopper la force productive mat&#233;rielle et cr&#233;er un march&#233; mondial, elle est n&#233;anmoins en conflit continuel avec les conditions sociales et productives que cette mission historique comporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mesure que diminue le taux du profit, augmente le minimum de capital n&#233;cessaire pour la mise en &#339;uvre productive du travail, pour l'exploitation de celui-ci dans des conditions telles que le temps qu'il exige pour produire la marchandise ne d&#233;passe pas celui qui est socialement n&#233;cessaire. En m&#234;me temps s'accentue la concentration, l'accumulation se r&#233;alisant plus rapidement, du moins dans une certaine limite, par de grands capitaux op&#233;rant &#224; un petit taux de profit que par de petits capitaux fonctionnant &#224; un taux &#233;lev&#233;, et cette extension de la concentration provoque, &#224; son tour, d&#232;s qu'elle a atteint une certaine importance, une nouvelle baisse du taux du profit. Les petits capitaux sont ainsi entra&#238;n&#233;s dans la voie des aventures, de la sp&#233;culation, des exp&#233;dients du cr&#233;dit, des trucs financiers et finalement des crises. Quand on dit qu'il y a pl&#233;thore de capitaux, l'expression ne s'applique qu'aux capitaux qui sont incapables d'&#233;quilibrer par leur masse la baisse du taux du profit - ce sont toujours des capitaux nouvellement form&#233;s - ou que leurs possesseurs, inaptes &#224; les faire valoir eux-m&#234;mes, mettent par le cr&#233;dit &#224; la disposition des grandes entreprises. Cette pl&#233;thore na&#238;t des m&#234;mes circonstances que la surpopulation relative et figure parmi les ph&#233;nom&#232;nes qui accompagnent cette derni&#232;re, bien que ces surabondances de capital inutilisable et de population ouvri&#232;re inoccup&#233;e se manifestent aux p&#244;les oppos&#233;s du proc&#232;s de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surproduction de capital, qu'il ne faut pas confondre avec la surproduction de marchandise - bien que celle-l&#224; n'aille jamais sans celle-ci - revient donc simplement &#224; une suraccumulation, et pour se rendre compte de ce qu'elle est (plus loin nous l'examinerons de plus pr&#232;s) il suffit de la supposer absolue et de se demander dans quelles circonstances la surproduction de capital peut se manifester dans toutes les branches de l'activit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait surproduction absolue si la production capitaliste, qui a pour but la mise en valeur du capital, c'est-&#224;-dire l'appropriation du surtravail, la production de la plus-value et la r&#233;colte du profit, cessait d'exiger du capital suppl&#233;mentaire. Il y aurait donc surproduction si le capital avait pris, relativement &#224; la population ouvri&#232;re, une importance telle qu'il y aurait impossibilit&#233; d'augmenter le temps absolu de travail ou la partie de la journ&#233;e repr&#233;sentant le surtravail (cette derni&#232;re &#233;ventualit&#233; n'est pas &#224; envisager puisque la demande de travail serait tr&#232;s forte et qu'il y aurait tendance &#224; une hausse des salaires) ; ce qui aboutirait &#224; cette situation que le capital accru de C &#224; C + &#61508;C ne produirait pas plus ou produirait m&#234;me moins de profit que le capital primitif C. Dans les deux cas, il y aurait une baisse consid&#233;rable et subite du taux g&#233;n&#233;ral du profit, due &#224; la modification de la composition du capital et r&#233;sultant non du d&#233;veloppement de la productivit&#233;, mais de l'accroissement de la valeur mon&#233;taire du capital variable (les salaires ayant hauss&#233;) et de la diminution du surtravail par rapport au travail n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pratique, les choses se passeraient de telle sorte qu'une partie du capital resterait enti&#232;rement on partiellement inoccup&#233;e et que sous la pression de celle-ci l'autre partie serait mise en valeur &#224; un taux de profit r&#233;duit. Peu importe qu'une partie du capital suppl&#233;mentaire vienne ou non se substituer &#224; une partie &#233;gale du capital en fonction ; on aurait toujours d'un c&#244;t&#233; un capital donn&#233; en activit&#233; et de l'autre un capital donn&#233;, suppl&#233;mentaire. La baisse du taux du profit serait accompagn&#233;e d'une diminution de la masse du profit, car selon notre hypoth&#232;se la force de travail employ&#233;e ainsi que le taux et la masse de la plus-value ne peuvent pas augmenter, et cette masse r&#233;duite du profit devrait &#234;tre rapport&#233;e &#224; un capital total agrandi. M&#234;me si le capital en fonction continuait &#224; rapporter du profit &#224; l'ancien taux et si par cons&#233;quent la masse de profit restait invariable, il faudrait rapporter cette derni&#232;re &#224; un capital total agrandi, ce qui impliquerait la baisse du taux du profit. Lorsqu'un capital de 1000 rapportant 100 de profit est port&#233; &#224; 1500 rapportant &#233;galement 100, le taux du profit tombe de 100 &#224; 66 &#8532; par 1000, ce qui revient &#224; dire qu'un capital de 1000, dans les nouvelles circonstances, ne donne pas plus de profit qu'un capital de 666 &#8532; engag&#233; dans les conditions primitives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que cette d&#233;pr&#233;ciation effective du capital ancien de m&#234;me que cette entr&#233;e en fonction du capital suppl&#233;mentaire &#61508;C ne se feraient pas sans lutte, bien que ce ne soit pas celle-ci qui donne lieu &#224; la baisse du taux du profit et que ce soient au contraire la baisse du taux du profit et la surproduction de capital qui provoquent la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie de &#61508;C se trouvant entre les mains des anciens capitalistes serait laiss&#233;e inoccup&#233;e par ceux-ci, afin d'&#233;viter la d&#233;pr&#233;ciation de leur capital original et son &#233;loignement de la production. Peut-&#234;tre aussi l'appliqueraient-ils m&#234;me avec une perte momentan&#233;e, afin de contraindre leurs concurrents et les nouveaux capitalistes &#224; laisser leurs capitaux inoccup&#233;s. Quant aux nouveaux capitalistes d&#233;tenant l'autre partie de &#61508;C, ils chercheraient &#224; prendre place aux d&#233;pens des anciens, en s'effor&#231;ant de substituer leur capital &#224; une partie de celui de ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, il y aurait immobilisation d'une partie du capital ancien, qui ne pourrait plus fonctionner comme capital et s'engrosser de plus-value. L'importance de cette partie r&#233;sulterait de l'&#233;nergie de la concurrence. Nous avons vu, en &#233;tudiant le taux g&#233;n&#233;ral du profit, que tant que les affaires marchent bien, la concurrence fait les parts d'une mani&#232;re fraternelle, en les proportionnant aux sommes risqu&#233;es. Mais lorsqu'il s'agit de se partager non plus des b&#233;n&#233;fices mais des pertes, chacun cherche &#224; ramener sa part au minimum et &#224; grossir le plus possible celle des autres. La force et la ruse entrent en jeu et la concurrence devient une lutte entre des fr&#232;res ennemis. L'antagonisme entre les int&#233;r&#234;ts de chaque capitaliste et de la classe capitaliste s'affirme alors de m&#234;me que pr&#233;c&#233;demment la concordance de ces int&#233;r&#234;ts &#233;tait pratiquement r&#233;alis&#233;e par la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ce conflit s'apaisera-t-il et comment les conditions favorables au mouvement &#171; sain &#187; de la production capitaliste se r&#233;tabliront- elles ? Une partie du capital - de l'importance de tout on d'une partie de &#61508;C - sera immobilis&#233;e ou m&#234;me d&#233;truite jusqu'&#224; un certain point. La r&#233;partition des pertes ne se fera pas d'une mani&#232;re &#233;gale entre tous les capitalistes, mais r&#233;sultera d'une lutte dans laquelle chacun fera valoir ses avantages particuliers et sa situation acquise, de sorte que d'un c&#244;t&#233; il y aura un capital immobilis&#233;, de l'autre un capital d&#233;truit, d'un autre c&#244;t&#233; encore un capital d&#233;pr&#233;ci&#233;. Pour r&#233;tablir l'&#233;quilibre, il faudra condamner &#224; l'immobilisation ou m&#234;me &#224; la destruction une quantit&#233; plus ou moins grande de capital. Des moyens de production, du capital fixe comme du capital circulant cesseront de fonctionner et des exploitations &#224; peine cr&#233;&#233;es seront supprim&#233;es ; car bien que le temps d&#233;pr&#233;cie tous les moyens de production (except&#233; le sol), une interruption de fonctionnement les ruine davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet de la crise rev&#234;tira cependant son caract&#232;re le plus aigu pour les capitaux-valeurs. La partie de ceux-ci qui repr&#233;sente simplement des titres &#224; une plus-value &#233;ventuelle, sera d&#233;pr&#233;ci&#233;e d&#232;s que la baisse du revenu qui lui sert de base sera connue. Une partie de la monnaie d'or et d'argent sera inoccup&#233;e et ne fonctionnera plus comme capital. Des marchandises sur le march&#233; subiront une d&#233;pr&#233;ciation consid&#233;rable - d'o&#249; une d&#233;pr&#233;ciation du capital - pour terminer leur circulation et leur reproduction ; il en sera de m&#234;me du capital fixe, et comme la reproduction ne peut se faire qu'&#224; des conditions de prix d&#233;termin&#233;es, elle sera compl&#232;tement d&#233;sorganis&#233;e et jusqu'&#224; un certain point paralys&#233;e. Ce trouble retentira sur le fonctionnement de l'instrument mon&#233;taire ; la cha&#238;ne des engagements pour les paiements aux diff&#233;rentes &#233;ch&#233;ances sera bris&#233;e en mille endroits et le cr&#233;dit sera &#233;branl&#233;. Il y aura des crises violentes, des chutes de prix inattendues et une diminution effective de la reproduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres facteurs entreront en m&#234;me temps en jeu. Le ralentissement de la production condamnera au ch&#244;mage une partie de la population ouvri&#232;re et contraindra les ouvriers occup&#233;s &#224; accepter une r&#233;duction de salaire m&#234;me au-dessous de la moyenne. (Ce qui, pour le capital, aura le m&#234;me r&#233;sultat qu'une augmentation de la plus-value absolue ou relative, sans augmentation de salaire.) Ce r&#233;sultat se manifestera avec d'autant plus d'intensit&#233; que la p&#233;riode de prosp&#233;rit&#233; avait augment&#233; la matrimonialit&#233; et diminu&#233; la mortalit&#233;. (Ce qui, sans accro&#238;tre la population effectivement occup&#233;e - bien que cette augmentation puisse avoir lieu - aurait le m&#234;me effet, au point de vue des relations entre travailleurs et capitalistes, qu'une extension du nombre d'ouvriers mis a l'&#339;uvre). D'autre part, la baisse des prix agissant en m&#234;me temps que la concurrence poussera chaque capitaliste &#224; appliquer de nouvelles machines, des m&#233;thodes perfectionn&#233;es et des combinaisons plus efficaces pour r&#233;aliser une production sup&#233;rieure &#224; la production moyenne, c'est-&#224;-dire augmenter la productivit&#233; du travail, r&#233;duire le capital variable relativement au capital constant, en un mot d&#233;terminer en supprimant des ouvriers une surpopulation artificielle. Mais bient&#244;t la d&#233;pr&#233;ciation des &#233;l&#233;ments du capital constant interviendra pour provoquer une hausse du taux du profit, car, &#224; la faveur de sa diminution de valeur, la masse de ce capital ne tardera pas &#224; s'accro&#238;tre par rapport au capital variable. Le ralentissement de la production aura pr&#233;par&#233; son &#233;panouissement ult&#233;rieur (toujours dans le cadre capitaliste) et le capital, un certain temps d&#233;pr&#233;ci&#233; par l'arr&#234;t de son fonctionnement, reprendra son ancienne valeur. Le m&#234;me cercle vicieux recommencera donc, mais avec des moyens de production plus consid&#233;rables, un march&#233; plus &#233;tendu, une force de production plus importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans l'hypoth&#232;se pouss&#233;e &#224; l'extr&#234;me que nous venons d'examiner, la surproduction absolue de capital n'est pas une surproduction absolue de moyens de production. Elle n'est qu'une surproduction des moyens de production fonctionnant comme capital, devant produire une valeur suppl&#233;mentaire proportionnelle &#224; leur augmentation en quantit&#233;. Et cependant elle est une surproduction, parce que le capital est devenu incapable d'exploiter le travail au degr&#233; qu'exige le d&#233;veloppement &#171; sain &#187; et &#171; normal &#187; de la production capitaliste, qui veut tout au moins que la masse de profit augmente proportionnellement &#224; la masse de capital et n'admet pas que le taux du profit baisse dans la m&#234;me mesure ou plus rapidement qu'augmente le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surproduction de capital n'est jamais qu'une surproduction de moyens de travail et d'existence pouvant &#234;tre appliqu&#233;s, &#224; l'exploitation des travailleurs &#224; un degr&#233; d&#233;termin&#233;, le recul de l'exploitation au-dessous d'un niveau donn&#233; devant provoquer des troubles, des arr&#234;ts de production, des crises et des pertes de capital. Il n'y a rien de contradictoire &#224; ce que cette surproduction de capital soit accompagn&#233;e d'une surpopulation relative plus ou moins consid&#233;rable. Car, les circonstances qui accroissent la productivit&#233; du travail, augmentent les produits, &#233;tendent les d&#233;bouch&#233;s, acc&#233;l&#232;rent l'accumulation comme masse et comme valeur et font tomber le taux du profit, sont aussi celles qui provoquent continuellement une surpopulation relative d'ouvriers, que le capital en exc&#232;s ne peut pas occuper parce que le degr&#233; d'exploitation du travail auquel il serait possible de les employer n'est pas assez &#233;lev&#233; ou que le taux du profit qu'ils rapporteraient pour une exploitation d&#233;termin&#233;e est trop bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on envoie du capital &#224; l'&#233;tranger, on le fait, non parce qu'il est absolument impossible de l'employer dans le pays, mais parce qu'on peut en obtenir un taux de profit plus &#233;lev&#233;. Ce capital est alors r&#233;ellement superflu eu &#233;gard &#224; la population ouvri&#232;re occup&#233;e et au pays ; il existe par cons&#233;quent &#224; c&#244;t&#233; d'une population relativement en exc&#232;s et fournit un exemple de la coexistence et de l'action r&#233;ci&#172;proque des deux ph&#233;nom&#232;nes de la surabondance de ca&#172;pital et de la surabondance de population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La baisse du taux du profit provoqu&#233;e par l'accumulation engendre n&#233;cessairement la concurrence. Eu effet, si cette baisse est compens&#233;e par l'accroissement de la masse du profit pour l'ensemble du capital social et pour les grands capitalistes compl&#232;tement install&#233;s, il n'en est pas de m&#234;me pour les capitaux nouveau-venus dans la production et qui doivent y conqu&#233;rir leur place ; pour ceux-ci la lutte s'impose, et c'est ainsi que la baisse du taux du profit appelle la concurrence entre les capitaux et non cette concurrence, la chute du taux du profit. Cette lutte est accompagn&#233;e d'une hausse passag&#232;re des salaires entra&#238;nant une baisse passag&#232;re du taux du profit et elle se manifeste par la surproduction de marchandises et l'encombrement du march&#233;. Le capital poursuit, en effet, non la satisfaction des besoins, mais l'obtention d'un profit, et sa m&#233;thode consiste &#224; r&#233;gler la masse des produits d'apr&#232;s l'&#233;chelle de la production et non celle-ci d'apr&#232;s les produits qui devraient &#234;tre obtenus ; il y a donc conflit perp&#233;tuel entre la consommation comprim&#233;e et la production tendant &#224; franchir la limite assign&#233;e &#224; cette derni&#232;re, et comme le capital consiste en marchandises, sa surproduction se ram&#232;ne &#224; une surproduction de marchandises. Un ph&#233;nom&#232;ne bizarre c'est que les m&#234;mes &#233;conomistes qui nient la possibilit&#233; d'une surproduction de marchandises admettent que le capital puisse exister en exc&#232;s. Cependant quand ils disent qu'il n'y a pas de surproduction universelle, mais simplement une disproportion entre les diverses branches de production, ils affirment qu'en r&#233;gime capitaliste la proportionnalit&#233; des diverses branches de production r&#233;sulte continuellement de leur disproportion ; car pour eux la coh&#233;sion de la production tout enti&#232;re s'impose aux producteurs comme une loi aveugle, qu'ils ne peuvent vouloir, ni contr&#244;ler. Ce raisonnement implique, en outre, que les pays o&#249; le r&#233;gime capitaliste n'est pas d&#233;velopp&#233; consomment et produisent dans la m&#234;me mesure que les nations capitalistes. Dire que la surproduction est seulement relative est parfaitement exact. Mais tout le syst&#232;me capitaliste de production n'est qu'un syst&#232;me relatif, dont les limites ne sont absolues que pour autant que l'on consid&#232;re le syst&#232;me en lui-m&#234;me. Comment est-il possible que parfois des objets manquant incontestablement &#224; la masse du peuple ne fassent l'objet d'aucune demande du march&#233;, et comment se fait-il qu'il faille en m&#234;me temps chercher des commandes au loin, s'adresser aux march&#233;s &#233;trangers pour pouvoir payer aux ouvriers du pays la moyenne des moyens d'existence indispensables ? Uniquement parce qu'en r&#233;gime capitaliste le produit en exc&#232;s rev&#234;t une forme telle que celui qui le poss&#232;de ne peut le mettre &#224; la disposition du consommateur que lorsqu'il se reconvertit pour lui en capital. Enfin, lorsque l'on dit que les capitalistes n'ont qu'&#224; &#233;changer entre eux et consommer eux-m&#234;mes leurs marchandises, on perd de vue le caract&#232;re essentiel de la production capitaliste, dont le but est la mise en valeur du capital et non la consommation. En r&#233;sum&#233; toutes les objections que l'on oppose aux ph&#233;nom&#232;nes si tangibles cependant de la surproduction (ph&#233;nom&#232;nes qui se d&#233;roulent malgr&#233; ces objections), reviennent &#224; dire que les limites que l'on attribue &#224; la production capitaliste n'&#233;tant pas des limites inh&#233;rentes &#224; la production en g&#233;n&#233;ral, ne sont pas non plus des limites de cette production sp&#233;cifique que l'on appelle capitaliste. En raisonnant ainsi on oublie que la contradiction qui caract&#233;rise le mode capitaliste de production, r&#233;side surtout dans sa tendance &#224; d&#233;velopper d'une mani&#232;re absolue les forces productives, sans se pr&#233;occuper des conditions de production au milieu desquelles se meut et peut se mouvoir le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne produit pas trop de moyens de subsistance eu &#233;gard &#224; la population ; on en produit au contraire trop peu pour la nourrir convenablement et humainement. De m&#234;me on ne fabrique pas trop de moyens de production, &#233;tant donn&#233;e la partie de la population qui est capable de travailler. Une trop grande partie des hommes est amen&#233;e par les circonstances &#224; exploiter le travail d'autrui ou &#224; ex&#233;cuter des travaux qui ne sont consid&#233;r&#233;s comme tels que dans un syst&#232;me absolument mis&#233;rable de production. En outre, les moyens de produire que l'on fabrique sont insuffisants pour que toute la population valide puisse &#234;tre occup&#233;e dans les circonstances les plus f&#233;condes au point de vue de la production et par cons&#233;quent les plus favorables &#224; la r&#233;duction de la dur&#233;e du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais p&#233;riodiquement on produit trop de moyens de travail et de subsistance pour que leur emploi &#224; l'exploitation du travailleur puisse donner le taux de profit que l'on veut obtenir. On produit trop de marchandises pour que la valeur et la plus-value qu'elles contiennent puissent &#234;tre r&#233;alis&#233;es et reconstitu&#233;es en capital, dans les conditions de r&#233;partition et de consommation inh&#233;rentes &#224; la production' capitaliste, ou du moins parcourir ce cycle sans catastrophes continuelles. On peut donc dire que si la production de richesses n'est pas trop abondante, on produit p&#233;riodiquement trop de richesses ayant la forme capitaliste avec les contradictions qui en sont ins&#233;parables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits suivants assignent une limite &#224; la production capitaliste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	En entra&#238;nant la baisse continue du taux du profit, le progr&#232;s de la productivit&#233; du travail donne le jour &#224; une force antagoniste, qui &#224; un moment donn&#233; agit &#224; l'encontre du d&#233;veloppement de la productivit&#233; et ne peut &#234;tre vaincue que par des crises sans nombre ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	L'importance de la production, qu'elle doive &#234;tre accrue ou restreinte, est d&#233;termin&#233;e, non par les besoins sociaux, mais par l'appropriation par le capitaliste du travail qu'il ne paye pas et le rapport de ce travail au travail mat&#233;rialis&#233;, en d*autres termes, par le profit et le rapport du profit au capital engag&#233; ; d'o&#249; il r&#233;sulte que la production s'arr&#234;te, non lorsque les besoins sont satisfaits, mais lorsque l'impossibilit&#233; de r&#233;aliser un profit suffisant commande cet arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le taux du profit baisse, l'activit&#233; du capital redouble ; chaque capitaliste s'efforce, en faisant appel &#224; des proc&#233;d&#233;s perfectionn&#233;s, &#224; ramener la valeur de sa marchandise au-dessous de la valeur moyenne et &#224; r&#233;aliser un profit exceptionnel. Le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne provoque en m&#234;me temps la fraude, en encourageant l'application incertaine de nouvelles m&#233;thodes de production, les engagements hasard&#233;s de nouveaux capitaux, en un mot les aventures qui offrent la chance de recueillir un profit exceptionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux du profit et le d&#233;veloppement du capital qui y correspond sont importants surtout pour les nouveaux capitaux, qui constituent des entreprises nouvelles et ind&#233;pendantes. Le feu vivifiant de la production s'&#233;tendrait bien vite si cette derni&#232;re devenait le monopole de quelques grands capitaux, pour lesquels toute variation du taux du profit serait contrebalanc&#233;e par la masse de celui-ci. Le taux du profit est le stimulant du r&#233;gime capitaliste, qui ne produit que lorsqu'il y a un b&#233;n&#233;fice &#224; recueillir. On comprend d&#232;s lors l'anxi&#233;t&#233; des &#233;conomistes anglais en pr&#233;sence de la baisse du taux du profit. L'inqui&#233;tude de Ricardo devant la seule possibilit&#233; de cette baisse d&#233;montre, mieux que toute autre consid&#233;ration, combien est profonde sa compr&#233;hension des conditions de la production capitaliste ; ce qu'il y a de plus remarquable en lui et ce qui est pr&#233;cis&#233;ment ce qu'on lui reproche, c'est que dans son &#233;tude de la production capitaliste, il n'attache aucune importance aux &#171; hommes &#187; pour s'en tenir exclusivement au d&#233;veloppement des forces productives, quels que soient les sacrifices en hommes et en capitaux qu'il faille lui faire. Le d&#233;veloppement des forces productives du travail social, voil&#224; la mission historique et la raison d*&#234;tre du capital, c'est par l&#224; qu'inconsciemment il cr&#233;e les conditions mat&#233;rielles d'une forme plus &#233;lev&#233;e de production. Ce qui inqui&#232;te Ricardo, c'est que le taux du profit, stimulant de la production et de l'accumulation capitaliste, soit menac&#233; par le d&#233;veloppement m&#234;me de la production et, en effet, le rapport quantitatif est tout ici. Mais la base du syst&#232;me pr&#233;sente un aspect plus profond, dont il se doute &#224; peine. M&#234;me au point de vue purement &#233;conomique et vulgairement bourgeois, limit&#233; par l'horizon de la conception de ceux qui exploitent le capital, le r&#233;gime capitaliste appara&#238;t comme une forme, non pas absolue et d&#233;finitive, mais relative et transitoire de la production&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ext&#233;riorisation du rapport capitaliste par le capital productif d'int&#233;r&#234;ts&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est dans le capital productif d'int&#233;r&#234;ts que le rapport capitaliste s'ext&#233;riorise le plus compl&#232;tement et prend le plus la forme d'un f&#233;tiche. La formule est A-A', l'argent engendrant de l'argent, sans qu'aucune op&#233;ration interm&#233;diaire ne soit apparente. La formule A-M-A' du capital commercial a au moins la forme g&#233;n&#233;rale de l'expression du mouvement capitaliste, bien que les ph&#233;nom&#232;nes qu'elle exprime restent confin&#233;s dans le proc&#232;s de circulation ; si elle repr&#233;sente le profit comme r&#233;sultant de l'ali&#233;nation, elle le montre aussi comme produit d'un rapport social et non pas comme produit d'un simple objet. Le capital commercial comprend toujours dans son fonctionnement deux phases oppos&#233;es, deux op&#233;rations en sens inverse, la vente et l'achat de marchandises. Il n'en est plus de m&#234;me dans la formule A-A' du capital productif d'int&#233;r&#234;ts. Lorsqu'un capitaliste pr&#234;te 1000 &#163; &#224; 5 %, la valeur de ce capital devient &#224; la fin de l'ann&#233;e 1000 + 1000 * (5 / 100) = 1.050 &#163;, ou sous une forme g&#233;n&#233;rale C + Ci', C &#233;tant le capital et i' le taux de l'int&#233;r&#234;t. La nouvelle valeur 1050 du capital n'est pas une simple grandeur, c'est un rapport de grandeurs ; elle exprime qu'une valeur d&#233;termin&#233;e s'est augment&#233;e d'elle-m&#234;me, a produit de la plus-value. Cette propri&#233;t&#233; du capital de s'augmenter de lui-m&#234;me peut &#234;tre mise &#224; profit par tous les capitalistes producteurs, qu'ils op&#232;rent avec un capital leur appartenant ou avec un capital emprunt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression A-A' part de la forme originale du capital et elle ram&#232;ne la formule A-M-A' &#224; ses deux termes extr&#234;mes A et A', ce dernier &#233;tant &#233;gal &#224; A + &#948;A, l'argent transform&#233; en plus d'argent ; la formule g&#233;n&#233;rale du capital est ainsi condens&#233;e en une expression d&#233;nu&#233;e de sens. Alors que la formule g&#233;n&#233;rale comprend les proc&#232;s de production et de circulation donnant une plus-value d&#233;termin&#233;e dans un temps donn&#233;, la formule du capital productif d'int&#233;r&#234;ts nous montre la plus-value surgissant spontan&#233;ment, sans l'interm&#233;diaire de la production et de la circulation ; le capital s'augmentant ainsi de lui-m&#234;me devient une source myst&#233;rieuse dont d&#233;coule l'int&#233;r&#234;t. L'objet, qu'il soit argent, marchandise ou valeur, est capital par lui-m&#234;me, le capital n'est plus qu'un objet, et le r&#233;sultat de tout le proc&#232;s de reproduction est une qualit&#233; inh&#233;rente &#224; l'objet ; d&#232;s lors il d&#233;pend uniquement du caprice de celui qui poss&#232;de l'argent que celui-ci soit simplement d&#233;pens&#233; ou lou&#233; comme capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital productif d'int&#233;r&#234;ts est donc le capital f&#233;tiche, engendrant automatiquement de la valeur, substituant plus d'argent &#224; de l'argent, sans qu'aucune trace en r&#233;v&#232;le le secret de l'op&#233;ration, faisant du rapport social le rapport d'un objet (l'argent) &#224; lui-m&#234;me. La transformation effective de l'argent en capital cesse d'&#234;tre visible. L'argent devient une valeur d'usage ayant comme la force de travail la propri&#233;t&#233; de faire na&#238;tre de la valeur, de rendre plus qu'il ne contient, et c'est parce, qu'il a cette vertu qu'il peut &#234;tre pr&#234;t&#233;, ce qui est la forme de la vente pour cette marchandise d'une nature sp&#233;ciale. Il produit de l'int&#233;r&#234;t comme un poirier produit des poires ; comme tel il est mis en vente et la projection au dehors de sa propri&#233;t&#233; caract&#233;ristique est si p&#233;n&#233;trante que le capital r&#233;ellement productif, appliqu&#233; dans l'industrie ou le commerce, semble produire de l'int&#233;r&#234;t, non parce qu'il est capital fonctionnant, mais parce qu'il est capital en soi, parce qu'il est capital-argent. L'int&#233;r&#234;t, bien qu'il ne soit qu'une fraction du profit, de la plus-value que le capitaliste pr&#233;l&#232;ve sur l'ouvrier, appara&#238;t, ainsi comme le produit imm&#233;diat du capital, et le profit devenu profit d'entreprise ne semble plus &#234;tre qu'un accessoire, un ingr&#233;dient introduit dans le proc&#232;s de reproduction. La transformation du capital en f&#233;tiche est alors compl&#232;te. Il est exprim&#233; par la formule A-A' qui en donne une expression inintelligible, qui d&#233;nature compl&#232;tement le ph&#233;nom&#232;ne de production et qui montre le capital productif d'int&#233;r&#234;ts comme &#233;tant la forme la plus simple du capital, puisqu'il porte en lui-m&#234;me les &#233;l&#233;ments du proc&#232;s de reproduction, devenu inutile pour la mise en valeur de l'argent, c'est-&#224;-dire de la marchandise. C'est la mystification capitaliste dans sa forme la plus brutale, sur laquelle les &#233;conomistes vulgaires se sont jet&#233;s comme sur une proie, &#233;tant donn&#233; qu'elle fait perdre la trace de l'origine du profit et qu'elle rend celui-ci ind&#233;pendant du proc&#232;s de production, dont il est cependant le r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en devenant capital-argent que le capital devient une marchandise, dont le prix (l'int&#233;r&#234;t) r&#233;sulte de la propri&#233;t&#233; qu'elle poss&#232;de d'augmenter d'elle-m&#234;me sa valeur. Il devient une marchandise parce qu'il se pr&#233;sente continuellement &#224; l'&#233;tat d'argent, une forme ind&#233;cise dans laquelle aucun des &#233;l&#233;ments qui le constituent r&#233;ellement n'appara&#238;t. L'argent est en effet la forme dans laquelle sont effac&#233;es toutes les diff&#233;rences entre les marchandises consid&#233;r&#233;es comme valeurs d'usage, par cons&#233;quent les diff&#233;rences entre les divers capitaux industriels qui se composent de ces marchandises et ont pour but leur production ; il est la forme sous laquelle la valeur - dans ce cas, le capital - existe comme valeur d'&#233;change autonome. Alors que dans le proc&#232;s de reproduction l'argent n'appara&#238;t que transitoirement, il est la forme permanente du capital sur le march&#233; financier. Le capital-argent devient &#233;galement une marchandise, parce que la plus-value qu'il engendre na&#238;t en argent et comme une vertu qui lui est inh&#233;rente, de m&#234;me qu'il est du propre des arbres de cro&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital productif d'int&#233;r&#234;ts ram&#232;ne au minimum le mouvement du capital : un capital de 1000 est consid&#233;r&#233; comme valant 1100, parce qu'en une certaine p&#233;riode il doit se transformer en 1100, absolument comme la valeur d'usage du vin devient plus grande &#224; mesure qu'il a de la cave. Le capital productif d'int&#233;r&#234;ts est un objet et comme objet il est un capital. Il est prolifique ; &#224; peine est-il donn&#233; en pr&#234;t ou engag&#233; dans la production (il produit alors de l'int&#233;r&#234;t et du profit d'entreprise), qu'il engendre de l'int&#233;r&#234;t, soit qu'il dorme, soit qu'il veille, qu'il soit &#224; la maison on en voyage, que ce soit la nuit ou le jour ; il est l'id&#233;al du capitaliste th&#233;sauriseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'incorporation de l'int&#233;r&#234;t au capital-argent qui pr&#233;occupe avant tout Luther dans ses philippiques na&#239;ves contre l'usure. Il admet qu'un int&#233;r&#234;t puisse &#234;tre exig&#233; lorsque le remboursement de la somme pr&#234;t&#233;e n'ayant pas lieu dans le d&#233;lai prescrit, le pr&#234;teur en souffre parce que lui-m&#234;me avait besoin de l'argent pour effectuer un paiement ou faire une acquisition, acheter un jardin, par exemple, qui lui &#233;chappe &#224; cause du retard ; mais il ajoute ensuite : &#171; Alors que je te les (100 florins) ai pr&#234;t&#233;s, tu me causes un double dommage, puisque je suis daris l'impossibilit&#233; de payer ici, d'acheter l&#224;, ce que l'on appelle duplex interesse, damni emergentis et lucri cessantis [1]... Maintenant que tu as appris que Jean a subi un dommage &#224; cause des cent florins qu'il a pr&#234;t&#233;s et qu'il en exige une r&#233;paration &#233;quitable, tu t'empares lourdement de la chose et tu portes en compte sur chaque centaine de florins un double dommage du m&#234;me genre, savoir, les frais de paiement et l'impossibilit&#233; dans laquelle tu as &#233;t&#233; d'acheter un jardin, comme si deux dommages de ce genre poussaient naturellement sur chaque centaine de florins, de telle sorte que chaque fois que tu as cent florins tu les places, en portant en compte deux dommages que tu n'as cependant pas subis... C'est pour cela que tu es un usurier, car tu fais payer par l'argent de ton prochain un dommage que tu inventes, que personne ne t'a caus&#233; et que tu ne peux ni d&#233;montrer, ni &#233;valuer. Pareil dommage, les juristes l'appellent un non verum sed phantasticum inleresse [2]. C'est un dommage que chacun peut s'attribuer en r&#234;ve... et dont on ne peut pas dire qu'il ait pour cause que l'on n'ait pas pu payer, ni acheter. Autrement dit ce serait faire ex contingente necessarium, faire de ce qui n'est rien ce qui devrait &#234;tre, faire de ce qui est incertain une chose absolument certaine. Une usure pareille ne d&#233;vorerait-elle pas le monde en quelques ann&#233;es ! ... Par accident il peut arriver malheur au pr&#234;teur, ce qui le met dans la n&#233;cessit&#233; de se rattraper ; mais dans le commerce c'est l'inverse ou plut&#244;t la contre-partie : on y cherche et on y invente des dommages qu'on met &#224; charge d'un prochain moins puissant, afin de devenir plus important et plus riche, paresseux et d&#233;s&#339;uvr&#233;, et de pouvoir sans souci et sans risque parader et mener la vie avec le produit du travail des autres. Qui n'accepterait de rester les pieds sur les chenets pendant que ses cent florins produisent pour lui, sans qu'il ait ni souci, ni risque, l'argent restant dans sa bourse puisqu'il est pr&#234;t&#233; ? &#187; (M. Luther, An Die Pfarrhernwider den Wucher zu predigen, etc.,Wiltenberg, 1540.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que le capital est une valeur qui se reproduit d'elle-m&#234;me et qui s'augmente dans la production en vertu d'une qualit&#233; inn&#233;e et &#233;ternelle - la qualit&#233; cach&#233;e des Scolastiques - a donn&#233; lieu aux &#233;lucubrations fantaisistes du Dr Price, qui d&#233;passent de loin celles des alchimistes et auxquelles Pitt croyait si s&#233;rieusement qu'il les prit pour base de sa science financi&#232;re lorsqu'il fit ses lois sur le sinking fund. &#171; L'argent plac&#233; &#224; int&#233;r&#234;ts compos&#233;s, dit Price, s'accro&#238;t d'abord lentement ; mais comme cet accroissemment s'acc&#233;l&#232;re continuellement, il devient tellement rapide au bout d'un certain temps qu'il d&#233;passe toute imagination. Un penny pr&#234;t&#233; &#224; 5 % d'int&#233;r&#234;ts compos&#233;s &#224; la naissance de notre r&#233;dempteur serait devenu actuellement une somme telle qu'il faudrait pour la repr&#233;senter cent cinquante millions de globes terrestres en or pur ; pr&#234;t&#233; &#224; int&#233;r&#234;t simple il serait devenu simplement 7 sh. 4 &#189; d. jusqu'&#224; pr&#233;sent notre gouvernement a pr&#233;f&#233;r&#233; cette seconde voie &#224; la premi&#232;re pour am&#233;liorer la situation de ses finances &#187; [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses Observations on reversionary payments, etc. (London, 1782) sont plus fantaisistes encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un shilling avanc&#233; le jour de la naissance de notre R&#233;dempteur &#187; (sans doute dans le temple de J&#233;rusalem) &#171; &#224; 6 % d'int&#233;r&#234;ts compos&#233;s serait devenu une somme plus grande que celle que pourrait contenir tout notre syst&#232;me solaire transform&#233; en une sph&#232;re d'un diam&#232;tre &#233;gal &#224; celui de l'anneau de Saturne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aussi un &#201;tat ne devrait-il jamais &#234;tre embarrass&#233; : les plus petites &#233;pargnes lui permettront de payer la plus grosse dette quelque court que soit le temps qu'il est de son int&#233;r&#234;t de consacrer &#224; l'extinction de ce qu'il doit &#187; (p. 136).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle belle introduction th&#233;orique pour la dette publique anglaise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Price fut simplement &#233;bloui par la grandeur des nombres auxquels conduisent les progressions g&#233;om&#233;triques. Comme Malthus dans son th&#233;or&#232;me de la population, il consid&#233;ra, sans tenir compte des conditions de la reproduction et du travail, le capital comme un automate grossissant de lui-m&#234;me, et il put se figurer avoir exprim&#233; ce d&#233;veloppement par la formule S = C (1 + i)n, dans laquelle S repr&#233;sente la somme du capital et des int&#233;r&#234;ts accumul&#233;s, C le capital pr&#234;t&#233;, i le taux de l'int&#233;r&#234;t et n la dur&#233;e en ann&#233;es du pr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pitt prit au s&#233;rieux la mystification du docteur Price. La Chambre des Communes avait vot&#233; en 1786 un imp&#244;t d'un million de &#163; pour des d&#233;penses d'utilit&#233; publique. D'apr&#232;s Price il n'y -avait rien de mieux &#224; faire que de lever un imp&#244;t pour &#171; accumuler &#187; la somme per&#231;ue et de faire appel au myst&#232;re de l'int&#233;r&#234;t compos&#233; pour faire dispara&#238;tre par enchantement la dette publique. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le vote de la Chambre des Communes ne tarda pas &#224; &#234;tre suivi d'une loi de Pitt ordonnant l'accumulation de 250.000 &#163; jusqu'au moment o&#249; cette somme avec les rentes viag&#232;res arrivant &#224; &#233;ch&#233;ance s'&#233;lev&#226;t &#224; 4.000.000 &#163; &#187; (Act 26, Georg. III. Chap. 22).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours de 1792, dans lequel il proposa d'augmenter la somme affect&#233;e au fonds d'amortissement, Pitt cita parmi les causes de la pr&#233;pond&#233;rance commercial, de l'Angleterre, les machines, le cr&#233;dit, &#171; mais surtout l'accumulation, la cause la plus puissante et la plus durable. Ce principe, ajoutait-il, est maintenant compl&#232;tement d&#233;velopp&#233; et clairement expliqu&#233; dans l'&#339;uvre de Smith, ce g&#233;nie.... Cette accumulation du capital s'effectue lorsqu'on pr&#233;l&#232;ve une partie du revenu annuel pour l'appliquer &#224; des achats de rentes et qu'on utilise annuellement de la m&#234;me mani&#232;re les int&#233;r&#234;ts de ces rentes. &#187; Gr&#226;ce au Dr Price, Pitt fit de la th&#233;orie de l'accumulation de Smith la th&#233;orie de l'enrichissement des peuples par l'accumulation des dettes, c'est-&#224;-dire la th&#233;orie de l'endettement ind&#233;fini afin d'amortir un emprunt par un autre emprunt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; dans Josias Child, le p&#232;re des banquiers modernes, nous trouvons que&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; 100 &#163; plac&#233;es &#224; 10 %, int&#233;r&#234;t compos&#233;, se transforment en 102.400 &#163; en 70 ans. &#187; (Trait&#233; sur le commerce, etc., par J. Child, traduit, etc., Amsterdam et Berlin, 1754, p. 115. &#201;crit en 1669.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, l'Economist, dans le passage suivant de son num&#233;ro du 19 juillet 1859, nous montre comment la conception du Dr Price s'est infiltr&#233;e pour ainsi dire naturellement dans l'&#233;conomie politique moderne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le capital &#233;conomis&#233; augment&#233; de ses int&#233;r&#234;ts compos&#233;s repr&#233;sente une somme tellement forte que toute la richesse du monde dont d&#233;rive le revenu serait insuffisante pour payer l'int&#233;r&#234;t de cette somme. La rente n'est plus que le paiement de l'int&#233;r&#234;t du capital qui a &#233;t&#233; engag&#233; ant&#233;rieurement dans la terre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Par cons&#233;quent toute la richesse qui pourra encore &#234;tre produite appartient de droit au capital comme int&#233;r&#234;ts qui lui sont dus, et tout ce qu'il a re&#231;u jusqu'&#224; pr&#233;sent n'est qu'un acompte sur ce qui lui est d&#251;. A ce Moloch appartient tout le surtravail que l'humanit&#233; pourra encore produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, reproduisons quelques phrases du galimatias du &#171; romantique &#187; Muller :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour que l'int&#233;r&#234;t compos&#233; puisse s'amplifier dans les proportions &#233;normes d&#233;finies par le Dr Price et que les forces humaines s'activant d'elles-m&#234;mes puissent atteindre les effets consid&#233;rables qu'il a signal&#233;s, il faut que durant plusieurs si&#232;cles l'ordre r&#232;gne d'une mani&#232;re uniforme et ininterrompue. D&#232;s que le capital se partage en tranches poursuivant individuellement leur d&#233;veloppement, l'accumulation g&#233;n&#233;rale des forces entre de nouveau en sc&#232;ne. La nature a assign&#233; une dur&#233;e de 20 &#224; 25 ans en moyenne &#224; la p&#233;riode pendant laquelle la force de l'ouvrier (!) progresse. A la fin de cette p&#233;riode l'ouvrier abandonne la carri&#232;re et transf&#232;re le capital gagn&#233; par l'int&#233;r&#234;t compos&#233; du travail &#224; un autre ouvrier, ou plus g&#233;n&#233;ralement &#224; plusieurs ouvriers ou enfants, qui ne pourront profiter de l'int&#233;r&#234;t compos&#233; du capital qui leur est transmis que lorsqu'ils auront appris &#224; se servir de celui-ci. D'un autre c&#244;t&#233;, une partie consid&#233;rable du capital produit par la soci&#233;t&#233; bourgeoise s'accumule lentement durant de lon&#172;gues ann&#233;es, m&#234;me dans les pays les plus agit&#233;s, et ce capi&#172;tal, qui n'est pas appliqu&#233; directement &#224; l'extension du travail, est transf&#233;r&#233; sous le nom de pr&#234;t, d&#232;s qu'il a atteint une certaine importance, &#224; un ouvrier, &#224; une banque, &#224; l'&#201;tat. Lorsque celui qui le re&#231;oit le met r&#233;ellement en &#339;uvre, il en retire un int&#233;r&#234;t compos&#233; qui lui permet de payer sans difficult&#233; un int&#233;r&#234;t simple &#224; celui qui le lui a pr&#234;t&#233;. Enfin intervient la loi du d&#233;sir, de la d&#233;pense, de la prodigalit&#233; pour r&#233;agir contre la progression &#233;norme suivant laquelle s'amplifieraient la force et les produits des hommes si la loi de la production et de l'&#233;conomie r&#233;gnait en ma&#238;tresse. &#187; (A. M&#252;ller, op. cit., II, pp. 147-149.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait impossible d'accumuler plus d'absurdit&#233;s en autant de lignes. Une confusion grotesque est &#233;tablie entre l'ouvrier et le capitaliste, entre la valeur de la force de travail et l'int&#233;r&#234;t du capital, et par-dessus le march&#233; la baisse de l'int&#233;r&#234;t compos&#233; est expliqu&#233;e par ce fait que le capital est pr&#234;t&#233; pour rapporter de l'int&#233;r&#234;t compos&#233;. La m&#233;thode de M&#252;ller caract&#233;rise bien le romantisme dans tous les domaines ; elle consiste &#224; recueillir tous les pr&#233;jug&#233;s vulgaires, n'enregistrer que la partie la plus superficielle des choses, donner &#224; cet ensemble faux et trivial une forme myst&#233;rieuse et le couvrir de phrases &#171; &#233;lev&#233;es &#187; et po&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s d'accumulation du capital peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une accumulation d'int&#233;r&#234;ts compos&#233;s, &#233;tant donn&#233; que l'on peut d&#233;signer sous le nom d'int&#233;r&#234;t la partie du profit (de la plus-value) qui est reconvertie en capital et qui sert &#224; une nouvelle extorsion de plus-value. Cependant cette conception donne lieu aux observations suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	M&#234;me quand on fait abstraction des troubles accidentels, on constate que pendant le proc&#232;s de reproduction une grande partie du capital engag&#233; est plus ou moins d&#233;pr&#233;ci&#233;e, parce que la valeur des marchandises est d&#233;termin&#233;e, non par le temps de travail que leur production a co&#251;t&#233; &#224; l'origine, mais par le temps de travail que co&#251;te leur reproduction, temps qui va en diminuant &#224; mesure que grandit la productivit&#233; du travail social. C'est pour cette raison que lorsque la productivit&#233; sociale atteint un stade &#233;lev&#233; de d&#233;veloppement, le capital appara&#238;t, non comme le r&#233;sultat d'un long proc&#232;s d'accumulation, mais comme le r&#233;sultat d'un temps relativement court de reproduction [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Ainsi que nous l'avons d&#233;montr&#233; dans la troisi&#232;me partie de ce volume, le taux du profit diminue &#224; mesure qu'augmentent l'accumulation du capital et la productivit&#233; du travail social, c'est-&#224;-dire que diminue le capital variable par rapport au capital constant. Pour que le taux du profit reste invariable lorsque le capital constant mis en &#339;uvre par un ouvrier se d&#233;cuple, la dur&#233;e du surtravail doit aussi devenir dix fois plus grande, si bien que les vingt-quatre heures de la journ&#233;e finiraient par &#234;tre insuffisantes. L'hypoth&#232;se d'un taux de profit &#233;chappant &#224; la baisse sert cependant de base &#224; la progression de Price et en g&#233;n&#233;ral &#224; toutes les th&#233;ories de l' &#171; engrossing capital, with compound interest &#187; [5]. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&lt;br class='autobr' /&gt;
La : plus-value d&#233;pendant du surtravail, l'accumulation du capital est limit&#233;e qualitativement par la journ&#233;e totale de travail, c'est-&#224;-dire la somme des journ&#233;es exploitables simultan&#233;ment pour un d&#233;veloppement donn&#233; des forces productives et de la population. Il n'en est pas de m&#234;me si l'on confond la plus-value avec l'int&#233;r&#234;t (une forme d&#233;nu&#233;e de sens) ; alors la limite est simplement quantitative et absolument fantaisiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital productif d'int&#233;r&#234;ts repr&#233;sente la plus haute expression du capital f&#233;tiche, de la conception qui attribue &#224; l'accumulation en argent des produits du travail la vertu myst&#233;rieuse et inn&#233;e d'engendrer de la plus-value, automatiquement et en progression g&#233;om&#233;trique, au point que d'avance lui appartiennent de droit, comme dit l'Economist, toutes les richesses que l'humanit&#233; pourra produire. Les produits du travail pass&#233;, le travail pass&#233; lui-m&#234;me sont autoris&#233;s &#224; r&#233;clamer leur part du surtravail actuel ou futur. Heureusement que nous savons que la conservation et la reproduction de la valeur des produits du travail pass&#233; ne sont possibles que si ces produits sont mis en contact avec du travail vivant, et que la domination des produits du travail pass&#233; sur le surtravail vivant n'aura que la dur&#233;e de l'organisation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Int&#233;r&#234;t double : celui de la perte qui en r&#233;sulte et celui du profit manqu&#233;. (N.R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Pas un int&#233;r&#234;t v&#233;ritable mais imaginaire. (N.R.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Richard Price : An Appeal to the Public on the.Subject of the National Debt, 2&#176; &#233;d., London, 1774, livre dans lequel il &#233;crit avec une na&#239;vet&#233; touchante : &#171; Il faut emprunter de l'argent &#224; int&#233;r&#234;t simple pour l'augmenter en le pr&#234;tant &#224; int&#233;r&#234;ts compos&#233;s. &#187; (R. Hamilton, An Inquiry into the Rise and Progress of the National Debt of Great Britain, 2&#176; &#233;d., Edinburgh, 1814), m&#233;thode d'apr&#232;s laquelle emprunter serait pour les particuliers le moyen le plus s&#251;r de s'enrichir. Cependant lorsque j'emprunte, par exemple, 100 &#163; &#224; 5 %, je dois payer 5 &#163; &#224; la fin de l'ann&#233;e ; j'aurai beau renouveler cette op&#233;ration pendant cent millions d'ann&#233;es, je n'emprunterai chaque ann&#233;e que 100 &#163;, pour lesquelles j'aurai &#224; payer chaque fois 5 &#163;. Je ne vois pas comment dans ces conditions je parviendrais &#224; pr&#234;ter 105 &#163;, &#233;tant donn&#233; que je n*emprunte que 100. Et puis o&#249; prendrai-je les 5 &#163; pour payer l'int&#233;r&#234;t ? En faisant un nouvel emprunt ou, si je suis l'&#201;tat, en ayant recours &#224; l'imp&#244;t ? Lorsqu'un industriel emprunte de l'argent et qu'il r&#233;alise un profit de 15 %, il doit payer 5 %, pour l'int&#233;r&#234;t et d&#233;penser 5 % pour vivre (bien que son app&#233;tit augmente en m&#234;me temps que son revenu) ; il lui reste 5 %, qu'il pourra capitaliser. Il lui faut donc 15 % de profit pour pouvoir payer constamment 5 % d'int&#233;r&#234;t - or pour peu que le genre de production qu'il fait continue, le taux de profit ira en baissant, ainsi que nous l'avons &#233;tabli plus haut, et tombera probablement de 15 &#224; 10 %. Price perd absolument de vue qu'il faut un profit de 15 %, pour pouvoir servir un int&#233;r&#234;t de 5 %, et il raisonne comme si le profit de 15 % se maintenait pendant que le capital s'accumule. Il ne se pr&#233;occupe pas de cette accumulation et il pense qu'il suffit de pr&#234;ter de l'argent pour le voir revenir ensuite avec les int&#233;r&#234;ts des int&#233;r&#234;ts. Quant &#224; rechercher comment cela est possible, il juge inutile de s'en pr&#233;occuper puisqu'il s'agit d'une qualit&#233; inn&#233;e du capital productif d'int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Voir Mill et Carey ainsi que le commentaire de Roselier, qui ne les a pas compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &#171; il est certain qu'aucun travail, aucune puissance productive, aucun esprit d'invention, aucun art ne peuvent engendrer assez de richesses pour satisfaire l'app&#233;tit de l'int&#233;r&#234;t compos&#233;. Mais toutes les &#233;pargnes sont faites sur les revenus des capitalistes, de sorte que si les exigences de l'int&#233;r&#234;t compos&#233; se renouvellent continuellement, la productivit&#233; du travail d&#233;clare sans cesse qu'elle ne peut y satisfaire. Et c'est ainsi qu'une esp&#232;ce d'&#233;quilibre existe toujours &#187; (Hodgskin, Labour defended against the claims of Capital, p. 23.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme politique et social ?</title>
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		<dc:date>2025-03-25T23:36:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abacar, Alex, Bianco, DD, F. Kletz, Faber Sperber, Karim, Karob, Max, Melissa, Ramata, Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed, Waraa</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
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		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

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&lt;p&gt;Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme politique et social ? &lt;br class='autobr' /&gt;
PREMIERE PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
LES BASES PHILOSOPHIQUES ET THEORIQUES DU PROGRAMME COMMUNISTE ET DE LA REVOLUTION SOCIALISTE &lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci n'est pas un catalogue de recettes, de r&#232;gles de conduite, de solutions toutes faites pour r&#233;ussir la r&#233;volution. Cela n'existe pas. L'utilisation des le&#231;ons du pass&#233; n'est pas la r&#233;p&#233;tition de consignes toutes faites. Sans th&#233;orie r&#233;volutionnaire pas de politique r&#233;volutionnaire ; sans politique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique194" rel="directory"&gt;10 - Textes programmatiques de La Voix des Travailleurs&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Travailleurs r&#233;volutionnaires, quel est votre programme politique et social ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PREMIERE PARTIE&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES BASES PHILOSOPHIQUES ET THEORIQUES DU PROGRAMME COMMUNISTE ET DE LA REVOLUTION SOCIALISTE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ceci n'est pas un catalogue de recettes, de r&#232;gles de conduite, de solutions toutes faites pour r&#233;ussir la r&#233;volution. Cela n'existe pas. L'utilisation des le&#231;ons du pass&#233; n'est pas la r&#233;p&#233;tition de consignes toutes faites. Sans th&#233;orie r&#233;volutionnaire pas de politique r&#233;volutionnaire ; sans politique r&#233;volutionnaire pas d'organisation r&#233;volutionnaire et sans organisation politique r&#233;volutionnaire pas de succ&#232;s de l'activit&#233; r&#233;volutionnaire des travailleurs et des peuples. Avec une pens&#233;e fig&#233;e, non dialectique, on ne peut que se tromper, en comptant trop ou pas assez sur les soviets, sur le parti, sur l'&#201;tat ouvrier, sur la spontan&#233;it&#233; des masses et sur l'avant-garde. Trop de pragmatisme ou pas assez, trop de spontan&#233;it&#233; ou pas assez, trop d'activisme ou pas assez, trop d'ouvri&#233;risme ou pas assez, trop d'ouverture ou pas assez, trop d'opportunisme ou trop de sectarisme, trop d'organisation et pas assez de spontan&#233;it&#233;, on tombe vite d'un travers dans l'autre&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut tirer des le&#231;ons de l'histoire, mais on ne peut pas se passer d'&#233;tudier scientifiquement le pr&#233;sent et de refaire les raisonnements. On ne peut pas faire de politique fiction, mais sans perspective d'avenir on ne va nulle part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas pire crime que d'&#244;ter aux travailleurs les moyens th&#233;oriques de comprendre le monde pour le transformer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Il ne suffit pas de regarder le monde pour le comprendre, il y faut une philosophie et une th&#233;orie politique et sociale. L'une des bases th&#233;oriques indispensables aux militants r&#233;volutionnaires est le mat&#233;rialisme philosophique et dialectique du mouvement expurg&#233; des mensonges staliniens et appliqu&#233; aux soci&#233;t&#233;s humaines comme au monde mat&#233;riel et vivant. Toute philosophie ignorante ou ignor&#233;e ne peut qu'entacher d'erreur la perspective politique des r&#233;volutionnaires. Les pr&#233;tendues crises climatiques, d&#233;mographiques ou pand&#233;miques ne font que rendre encore plus indispensables la formation scientifique des r&#233;volutionnaires face aux tromperies pseudo-scientifiques des capitalistes. Les militants r&#233;volutionnaires doivent &#233;tudier scientifiquement le monde s'ils veulent le transformer. Ils ne peuvent pas se contenter de s'incliner respectueusement devant le travail des grands auteurs marxistes du pass&#233; et devant les travaux scientifiques r&#233;cents ou anciens. Enseigner un marxisme mort comme un objet de conservation, c'est tuer le marxisme et en faire une religion, ce qu'il n'est nullement. La science sur laquelle fonder les conceptions th&#233;oriques est la science actuelle en mouvement, pas celle de l'&#233;poque des anciens th&#233;oriciens du marxisme. Le marxisme lui-m&#234;me se doit de progresser &#224; la lumi&#232;re de tous les faits et toutes les conceptions nouvelles. Tous ceux qui pr&#233;tendent s'y refuser par modestie ou par conscience pr&#233;tendue de leurs propres limites ne font que se refuser &#224; ces t&#226;ches primordiales et indispensables. Ils sont comme des chirurgiens qui pr&#233;tendaient vouloir op&#233;rer la soci&#233;t&#233; mais sans se doter des bistouris du praticien et de la connaissance de la physiologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ L'une des bases th&#233;oriques fondamentales est la compr&#233;hension du r&#244;le respectif et des interactions des trois classes sociales fondamentales sous le capitalisme : prol&#233;tariat, petite bourgeoisie et grande bourgeoisie ou comment le grand capital peut diriger toute la soci&#233;t&#233; en ne repr&#233;sentant nullement l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et en ne repr&#233;sentant qu'une infime fraction de la population ? Pourquoi le prol&#233;tariat est la seule classe r&#233;volutionnaire ? Et pourquoi le prol&#233;tariat ne doit pas rester isol&#233; mais prendre la t&#234;te de toutes les couches sociales menac&#233;es ou opprim&#233;es, femmes, religions, nations, et y compris des fractions importantes de la petite bourgeoisie ? S&#233;parer le prol&#233;tariat ne peut &#234;tre le fait que d'opportunistes qui veulent faire du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire une classe seulement revendicative sur le terrain &#233;conomique ou de puristes sectaires (et souvent &#224; la fois opportunistes et sectaires) qui veulent croire &#224; une r&#233;volution &#224; l'&#233;tat pur qui n'a jamais exist&#233; dans l'histoire mais seulement dans leur imagination. Seule la classe capitaliste a int&#233;r&#234;t que le prol&#233;tariat ne se porte pas &#224; la t&#234;te de tous les opprim&#233;s, des pauvres et des exploit&#233;s et en particulier des femmes, des jeunes, des ch&#244;meurs, des petits artisans, commer&#231;ants et paysans ainsi que des fausses professions lib&#233;rales qui s'auto-exploitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Un point essentiel pour la compr&#233;hension du monde actuel et de sa d&#233;rive ultra-violente est le fait que sa dynamique capitaliste est morte, l'accumulation du capital ayant atteint ses limites et les investissements productifs incapables de suivre la trop grande masse du capital accumul&#233;. C'est un fait historique incontournable qui n&#233;cessite une analyse scientifique d&#233;taill&#233;e et une &#233;tude s&#233;rieuse des cons&#233;quences car elle change toute la perspective. Il en d&#233;coule que les classes dirigeantes doivent &#224; tout prix pr&#233;parer un affrontement &#224; mort avec le peuple travailleur. La classe capitaliste en est consciente et s'y pr&#233;pare activement, mais l'immense majorit&#233; des organisations et donc des militants pr&#233;f&#232;re fermer les yeux, y compris &#224; l'extr&#234;me gauche, laissant croire que le capitalisme a encore de grandes perspectives devant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Le capitalisme est un syst&#232;me social vou&#233; &#224; dispara&#238;tre comme les autres syst&#232;mes sociaux avant lui, et, depuis 2007, il pose pour la premi&#232;re fois la n&#233;cessit&#233; imm&#233;diate de le remplacer en m&#234;me temps que la possibilit&#233; de d&#233;passer les soci&#233;t&#233;s divis&#233;es en classes sociales bas&#233;es sur la production de marchandises, sur l'exploitation du travail humain. Le capitalisme n'a pas fait qu'atteindre ses limites en 2007, c'est un an apr&#232;s en 2008 qu'a d&#233;but&#233; une vague mondiale des r&#233;volutions sociales appel&#233;e celle des &#171; printemps &#187; qui a explos&#233; mondialement &#224; partir de 2011. Paradoxalement, c'est &#224; ce moment crucial, &#224; ce tournant historique que la plupart des militants se r&#233;clamant de la classe ouvri&#232;re se d&#233;tournent de cette perspective et sont engag&#233;s dans des activit&#233;s &#233;lectoralistes et syndicalistes opportunistes qu'ils pr&#233;sentent comme le moyen de construire le parti r&#233;volutionnaire mais qui les attachent &#224; la vieille soci&#233;t&#233; d&#233;pass&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ Avec l'effondrement du capitalisme et la reprise de la r&#233;volution socialiste, le r&#244;le du prol&#233;tariat en tant que sujet historique conscient et auto-organis&#233; redevient d'une actualit&#233; brulante ! La seule perspective, non seulement pour les travailleurs mais pour toute l'humanit&#233;, est &#224; nouveau celle du pouvoir des soviets. Ces organisations de masse, politiques et pas seulement revendicatives mais r&#233;volutionnaires, sont le fondement indispensable du pouvoir aux travailleurs. Ils permettent de passer de la conscience de lutte de classes &#224; la conscience r&#233;volutionnaire. Ils permettent d'allier le prol&#233;tariat aux autres couches sociales du peuple travailleur. Quiconque ne d&#233;fend pas en permanence cette perspective, dans la propagande comme dans les luttes sociales et politiques, n'est et ne sera qu'un adversaire du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ La r&#233;volution sociale est une phase rare de l'histoire de l'humanit&#233;, un des moments cruciaux de celle-ci car elle en change radicalement le cours et c'est le seul moment o&#249; la masse des exploit&#233;s et des opprim&#233;s d&#233;cide elle-m&#234;me de son sort, fait de la politique et s'organise en masse. C'est pour de tels moments que les r&#233;volutionnaires doivent se pr&#233;parer. La phase la plus cruciale est celle de la prise du pouvoir par les travailleurs organis&#233;s et en armes. L'insurrection est un art, rappellent tous les r&#233;volutionnaires et cet art doit &#234;tre &#233;tudi&#233; de tous les militants qui veulent pr&#233;parer leur classe r&#233;volutionnaire &#224; sa t&#226;che historique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA POLITIQUE ET LE PROGRAMME DES COMMUNISTES REVOLUTIONNAIRES &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A-	Un programme qui pr&#233;tend tout diriger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se m&#233;fier des organisations qui entendent tout r&#233;genter et imposer aux travailleurs leurs points de vue, mais il faut encore plus se m&#233;fier de celles qui refusent de dire ce qu'elles vont faire si on les suit, celles qui refusent d'indiquer leurs perspectives dans un programme, c'est-&#224;-dire l'essentiel des organisations qui se r&#233;clament des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit nullement pour nous d'un programme qui entend s'imposer aux travailleurs en lutte ou en r&#233;volution sociale mais, au contraire, &#234;tre soumis aux travailleurs, amend&#233; &#233;ventuellement, corrig&#233;, modifier, et servir ainsi de boussole pour s'orienter, de guide, de r&#233;f&#233;rence, de proposition &#224; faire aux assembl&#233;es, aux comit&#233;s, aux conseils, aux d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus et r&#233;vocables par ces organisations absolument ind&#233;pendantes de l'&#201;tat capitaliste, des classes poss&#233;dantes, des organisations qui leur sont li&#233;es. Le but de ce programme est justement de passer des luttes revendicatives aux luttes r&#233;volutionnaires, de faire en sorte que les premi&#232;res pr&#233;parent les secondes, les fassent r&#233;ussir en donnant aux travailleurs les moyens politiques et organisationnels de se diriger eux-m&#234;mes avant de diriger toute la soci&#233;t&#233;, de fonder une nouvelle sorte d'&#201;tat du type de la Commune de Paris de 1871 ou du pouvoir des Soviets avant qu'il ne soit d&#233;truit par le stalinisme. Ce qui distingue ce type de programme de tous les programmes r&#233;formistes et opportunistes, c'est qu'il montre que chaque question sociale et politique est directement reli&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;volution sociale et que chaque lutte, chaque combat des travailleurs doit mener au pouvoir aux travailleurs et au socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B-	Quelle r&#233;volution voulons-nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot &#171; r&#233;volution &#187; est employ&#233; par tellement de gens, dans des sens tellement oppos&#233;s au n&#244;tre le plus souvent (de la &#171; r&#233;volution &#187; des lessives ou des cosm&#233;tiques ou de l'intelligence artificielle, &#224; la pr&#233;tendue &#171; r&#233;volution lib&#233;rale &#187;, de Macron &#224; Javier Milei, sans parler des &#171; r&#233;volutions nationales &#187; des extr&#234;me-droites aux staliniens et des r&#233;volutions politiques de tous les nationalistes bourgeois) qu'il convient de pr&#233;ciser le sens que nous donnons &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution est un moment tr&#232;s particulier de l'histoire d'une soci&#233;t&#233;, un moment o&#249; rien ne se produit plus comme d'habitude et, en particulier, quand les opprim&#233;s et les exploit&#233;s ne se laissent plus dicter leur conduite et agissent collectivement, en masse en s'organisant par eux-m&#234;mes et en prenant les d&#233;cisions sans en r&#233;f&#233;rer &#224; une quelconque autorit&#233; sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que l'on peut imaginer, bien des groupes politiques qui se r&#233;clament de la r&#233;volution sociale peuvent ne pas la reconnaitre tout en s'imaginant qu'ils sont tr&#232;s r&#233;volutionnaires. Elle peut tout &#224; fait prendre des formes qui les d&#233;range. Cela est arriv&#233; bien des fois dans le pass&#233;. Se revendiquer des r&#233;volutions du pass&#233; n'est pas une garantie d'avenir. Seuls les militants qui continuent &#224; d&#233;velopper des perspectives politiques et sociales autonomes du prol&#233;tariat en combattant publiquement les r&#233;formistes et bureaucrates au sein de la classe ouvri&#232;re et notamment en d&#233;fendant la perspective des soviets, peuvent esp&#233;rer jouer un r&#244;le &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;C- Les exploit&#233;s ont spontan&#233;ment une conscience r&#233;formiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;riode &#171; normale &#187;, les exploit&#233;s subissent, non seulement leur situation mat&#233;rielle mais aussi les bobards diffus&#233;s par leurs ennemis. Ils n'ont ni l'occasion ni la volont&#233; de contredire les mensonges de leurs exploiteurs, ni de remettre en question l'ordre &#233;tabli. Ils ignorent du coup &#234;tre porteurs d'un programme prol&#233;tarien pour l'ensemble de la soci&#233;t&#233; et croient ce que leur disent les r&#233;formistes : qu'ils veulent juste la satisfaction de quelques revendications, g&#233;n&#233;ralement juste la remise en cause de la derni&#232;re r&#233;forme des gouvernants, comme si les pr&#233;c&#233;dentes &#233;taient acquises et si le syst&#232;me tout entier n'&#233;tait pas en cause, comme si les prol&#233;taires n'avaient pas des perspectives plus vastes (le pouvoir aux aux travailleurs en vue du changement complet du mode de production, de la suppression de la propri&#233;t&#233; du grand capital, de la suppression de l'exploitation de l'homme par l'homme et de la suppression de l'Etat). En particulier, cette mani&#232;re de limiter les luttes sociales a pour effet d'&#244;ter au prol&#233;tariat son r&#244;le en direction de toutes les couches sociales opprim&#233;es et de les laisser subir aussi la domination du grand capital et devenir ainsi la proie des fascistes si leur r&#233;volte se radicalise. En tout cas, les prol&#233;taires ne se donnent pas, dans les circonstances habituelles, les moyens de d&#233;velopper leur propre programme &#233;conomique, social et politique et en ignorent la force et l'importance. Ils estiment g&#233;n&#233;ralement que, si on ne parvient pas &#224; emp&#234;cher une contre-r&#233;forme d'un gouvernement, il est sans doute inutile de r&#234;ver &#224; transformer toute la soci&#233;t&#233;, on n'en a sans doute pas la force. Ce faux raisonnement leur est dict&#233; par les r&#233;formistes et les opportunistes (notamment de la fausse extr&#234;me gauche). La r&#233;alit&#233; est inverse : si on ne peut pas r&#233;former la soci&#233;t&#233;, elle a besoin de r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux autres questions politiques et sociales pos&#233;es &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, les exploit&#233;s y pensent de mani&#232;re personnelle mais pas collectivement. Ils ne s'expriment pas collectivement de mani&#232;re publique sur ces questions. Ils n'ont donc jamais l'occasion d'imaginer leur propre programme politique et n'envisagent &#171; la politique &#187; que comme le choix entre des politiciens qui sont tous des ennemis des travailleurs. Les &#233;lections organis&#233;es par l'&#201;tat capitaliste sont pr&#233;sent&#233;es comme le seul moyen de &#171; faire de la politique &#187;. Mais cela n'a rien &#224; voir avec une politique des travailleurs r&#233;volutionnaires, m&#234;me quand de pr&#233;tendus r&#233;volutionnaires se pr&#233;sentent aux &#233;lections bourgeoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D- Action directe et organisation de classe : le chemin vers la lutte de classe et la conscience de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans s'occuper de la com&#233;die &#233;lectorale, les travailleurs peuvent parfaitement faire de la politique par l'action directe de classe, m&#234;me si actuellement ils l'ignorent. C'est l&#224; aussi l'objet du programme du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. Ils peuvent remettre en cause la politique de leur imp&#233;rialisme, contester ses guerres, d&#233;noncer ses ententes avec les dictatures de la plan&#232;te, entraver ses exactions, d&#233;faire l'entente entre grand capital et petite bourgeoisie, etc. Mais, tant qu'ils ne se r&#233;unissent pas r&#233;guli&#232;rement pour discuter de toutes ces questions, ils ne peuvent pas avoir l'exp&#233;rience de leur propre capacit&#233; politique ni mesurer l'impact de leurs propres perspectives sur leur classe ni sur les autres classes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela nous donne la d&#233;finition de la r&#233;volution qui est justement le moment o&#249; les exploit&#233;s et les opprim&#233;s s'unissent au sein d'organisations de masse pour prendre collectivement des d&#233;cisions concernant toute la soci&#233;t&#233; et se donner les moyens de les faire appliquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E-	Comment pr&#233;parer la r&#233;volution sociale dans la p&#233;riode qui la pr&#233;c&#232;de ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans les luttes actuelles, d'une p&#233;riode pr&#233;-r&#233;volutionnaire que l'on pr&#233;pare les r&#233;volutions et c'est notamment dans les gr&#232;ves. M&#234;me si les r&#233;volutions sont toujours surprenantes, toutes diff&#233;rentes les unes des autres et impr&#233;dictibles, on peut s'y pr&#233;parer de multiples fa&#231;ons du moment qu'on en a la volont&#233; et la conscience. Les trois principales mani&#232;res sont l'exp&#233;rience des luttes, la conscience de classe et la connaissance du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prendre pr&#233;texte des limites des luttes actuelles pour ne pas les mener avec une politique r&#233;volutionnaire et socialiste, c'est les trahir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E-	Les luttes et leur auto-organisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes, m&#234;me hors p&#233;riode r&#233;volutionnaire, pr&#233;parent aux luttes r&#233;volutionnaires, du moment que les travailleurs s'y organisent par eux-m&#234;mes, prennent des d&#233;cisions concernant leur propre lutte et peuvent ainsi v&#233;rifier les r&#233;sultats de leur compr&#233;hension des rapports de forces, des objectifs et des m&#233;thodes d'action. L'exp&#233;rience permet de v&#233;rifier ses opinions sur les diverses classes sociales, sur leurs relations, sur l'appareil d'&#201;tat r&#233;pressif et sur les organisations r&#233;formistes politiques et syndicales. Avoir des id&#233;es claires par avance (avant la r&#233;volution) sur tout cela est extr&#234;mement utile en p&#233;riode de r&#233;volution. Voir les r&#233;formistes (et les opportunistes) &#224; l'&#339;uvre et &#224; la man&#339;uvre permet de d&#233;crypter leurs discours, leurs astuces, leurs mensonges, les buts de leurs modes d'organisation, leurs faux pr&#233;textes pour abandonner sans cesse le terrain de la lutte des classes et pour suivre celui de la collaboration de classes. C'est de cette mani&#232;re que syndicats et partis r&#233;formistes am&#232;nent la lutte sur le terrain de fausses n&#233;gociations et d'ententes avec nos ennemis de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comit&#233;s de gr&#232;ve : de la gr&#232;ve dirig&#233;e par les gr&#233;vistes &#224; la soci&#233;t&#233; dirig&#233;e par les travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour exercer sa souverainet&#233; politique future et se gouverner par lui-m&#234;me et pour lui-m&#234;me, le peuple travailleur doit faire l'exp&#233;rience de ses capacit&#233;s &#224; diriger en le faisant directement dans ses gr&#232;ves et ses luttes. Les comit&#233;s de gr&#232;ve, con&#231;us ainsi, sont des embryons d'un futur gouvernement du peuple travailleur. F&#233;d&#233;r&#233;s &#224; l'&#233;chelle d'une ville ou d'une r&#233;gion, ils deviennent la colonne vert&#233;brale de futures communes r&#233;volutionnaires. La f&#233;d&#233;ration de ses communes sera alors l'expression de la volont&#233; du peuple sur sa propre destin&#233;e. &#202;tre contre, c'est laisser le pouvoir aux grandes fortunes. Tout ennemi de l'auto-organisation des luttes est &#233;galement ennemi de la perspective du pouvoir aux travailleurs. C'est pour cela que m&#234;me une simple gr&#232;ve cat&#233;gorielle a besoin d'une perspective r&#233;volutionnaire pour &#234;tre conduite de mani&#232;re efficace et victorieuse et que toute direction r&#233;formiste des luttes m&#232;ne dans le mur, m&#234;me quand ces luttes ne visent que des objectifs limit&#233;s qui ne comprennent nullement la perspective du renversement du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation d&#233;mocratique associant tous les travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de gr&#232;ve permet d'associer tout le monde dans l'entreprise aux d&#233;cisions et &#224; l'organisation du mouvement. Des coll&#232;gues, qui, hier se d&#233;sint&#233;ressaient de la lutte, se sentent aujourd'hui concern&#233;s par son organisation et ont envie d'y prendre une part active. Il n'y a pas de raison que dans la gr&#232;ve certains gr&#233;vistes aient moins de droits que d'autres (notamment ceux appartenant &#224; des appareils syndicaux). La d&#233;mocratie n'est pas seulement un id&#233;al, c'est aussi un gage de confiance, de conscience et de force.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques r&#232;gles et conceptions sont indispensables pour cela :&lt;br class='autobr' /&gt;
Respecter et faire respecter la libert&#233; d'opinion et de critique qui doit &#234;tre totale ! Reconnaitre &#224; chaque membre de ce comit&#233;, la libert&#233; de d&#233;fendre son point de vue et de le faire connaitre par tous les moyens qui lui convient ! Reconnaitre &#224; chaque organisation la libert&#233; la plus totale de d&#233;fendre &#233;galement son point de vue mais aussi la libert&#233; des travailleurs de ne pas adopter ses points de vue ou consignes !&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;mocratie n'est pas un formalisme mais la conscience que les travailleurs ne peuvent gagner que par eux-m&#234;mes. Elle ne s'enferme pas dans l'entreprise et ouvre ses assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales aux travailleurs d'autres entreprises. Elle ne s'interdit nullement d'intervenir dans d'autres entreprises et en dehors des entreprises. Le comit&#233; de gr&#232;ve peut s'octroyer les moyens d'intervenir au-del&#224; de la gr&#232;ve, dans des actions sociales et politiques d&#233;cid&#233;es par les travailleurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comit&#233; de gr&#232;ve : pas de repr&#233;sentants inamovibles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de la gr&#232;ve doit &#234;tre &#233;lue, responsable et r&#233;vocable devant l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale Souveraine des travailleurs. Rompons avec les m&#233;thodes politiques de la bourgeoisie. Si nous n'avons aucun contr&#244;le sur les politiciens au service des grandes fortunes, contr&#244;lons ceux que nous &#233;lisons dans nos assembl&#233;es. L'assembl&#233;e pour &#234;tre souveraine et se diriger doit contr&#244;ler ses &#233;lus, ses mandat&#233;s et pouvoir les r&#233;voquer &#224; tout instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et le comit&#233; de gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d&#233;cidant d&#233;mocratiquement en donnant la parole &#224; tous ne suffit pas. La classe dirigeante a des assembl&#233;es mais aussi des organes de d&#233;cision et d'ex&#233;cution. L'AG doit &#234;tre un lieu d'information, de discussions mais aussi un lieu de pr&#233;paration d'une strat&#233;gie, d'une tactique. L'AG locale doit avoir des liens avec les autres AG locales mais aussi tisser des liens r&#233;gionaux et nationaux. L'AG locale doit &#234;tre inform&#233;e de ce qui se fait ailleurs et s'y d&#233;cide, de qui fait gr&#232;ve, manifeste, bloque o&#249; et quand. Nous devons savoir ce que les autres AG discutent et d&#233;cident Sans comit&#233; de gr&#232;ve, on n'a pas des gens mandat&#233;s pour recevoir les infos des autres AG via les autres comit&#233;s de gr&#232;ves. Elle n'est pas que l&#224; pour palabrer mais pour d&#233;cider des actions et celles-ci doivent &#234;tre organis&#233;es et mis en place par un groupe plus restreint et d&#233;mocratiquement contr&#244;l&#233; qui peut &#234;tre r&#233;voqu&#233; &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands capitalistes ont leur Assembl&#233;e Nationale et le gouvernement comme ex&#233;cutif. Nos AG doivent en avoir un aussi. Mais pas du m&#234;me ordre. Notre ex&#233;cutif de la lutte est &#233;lu, responsable et r&#233;vocable devant l'AG souveraine. La gr&#232;ve doit &#234;tre dirig&#233;e par les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes, par des assembl&#233;es d&#233;mocratiques &#233;lisant des comit&#233;s de gr&#232;ve locaux, &#233;lisant un comit&#233; de gr&#232;ve central et se coordonnant r&#233;gionalement et nationalement ! C'est plus d&#233;mocratique ! C'est plus efficace ! C'est plus affolant pour nos adversaires ! Cela donne un avenir &#224; la lutte ! C'est le signe d'une mobilisation sans d&#233;l&#233;gation de pouvoir ! C'est un gage de succ&#232;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de gr&#232;ve : &#233;lire un ex&#233;cutif responsable et r&#233;vocable devant l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les membres sans exception d'un tel comit&#233; sont &#233;lus par leur assembl&#233;e. Aucun ne s'y trouve de droit, en fonction de tel ou tel titre (membre ou &#233;lu d'une organisation syndicale ou politique), sans que les gr&#233;vistes aient le droit de l'y maintenir ou de l'en r&#233;voquer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque personne qui le voudrait doit pouvoir se porter candidat, qu'il soit syndiqu&#233; ou non. C'est &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de d&#233;signer ceux qu'elle veut voir figurer dans ce comit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le comit&#233; de gr&#232;ve doit &#234;tre le plus large possible car ainsi le plus repr&#233;sentatif. Il est &#233;videmment pr&#233;f&#233;rable que chaque secteur en gr&#232;ve ou en lutte soit repr&#233;sent&#233; au sein d'un tel comit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;lection se fait &#224; main lev&#233;e, au su et au vu de tout le monde. Ainsi, l'engagement de chacun, pour ou contre, est clair ; Cela permet la transparence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le comit&#233; de gr&#232;ve repr&#233;sente tout le monde. Il ne repr&#233;sente pas une cat&#233;gorie de personnel au sein d'une entreprise ou une branche professionnelle en particulier dans la cadre d'une lutte interprofessionnelle et inter-cat&#233;gorielle. Le mouvement est un et le comit&#233; de gr&#232;ve &#224; charge de le mener pour tous. Aucun de ses membres n'est l&#224; pour d&#233;fendre les seuls int&#233;r&#234;ts de tel ou tel secteur. Il faut que cela soit clair et pour les membres du comit&#233; et pour tous les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comit&#233;s d'usine et les soviets : embryons du pouvoir du prol&#233;tariat et du peuple travailleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les luttes organis&#233;es par les bureaucraties syndicales, aucune coordination d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales souveraines n'est mise en place et aucune occupation des usines, aucun &#233;largissement du mouvement organis&#233; par la base n'est propos&#233;, ce qui signifie que jamais ces &#171; luttes &#187; ne contestent le pouvoir bourgeois, celui des patrons et celui de l'Etat. Pourtant &#171; Toute gr&#232;ve avec occupation pose dans la pratique la question de savoir qui est le ma&#238;tre dans l'usine : le capitalisme ou les ouvriers. (Si elle) soul&#232;ve cette question &#233;pisodiquement, le comit&#233; d'usine donne &#224; cette m&#234;me question une expression organis&#233;e. Il est &#233;lu par tous les ouvriers et employ&#233;s de l'entreprise. Les bureaucrates des syndicats s'opposeront, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, &#224; la cr&#233;ation des comit&#233;s d'usine (pour &#233;viter cette dualit&#233; de pouvoir m&#234;me embryonnaire ! NDLR). Il est n&#233;cessaire d'ouvrir &#224; temps une campagne en faveur des comit&#233;s d'usine pour ne pas se trouver pris &#224; l'improviste. &#187; (Trotsky, 1938) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le du programme des r&#233;volutionnaires est de mener &#224; la conscience de la n&#233;cessit&#233; pour les travailleurs de prendre l'int&#233;gralit&#233; du pouvoir d'&#201;tat par le biais de ses conseils r&#233;volutionnaires sans laisser la moindre miette de pouvoir aux anciennes classes dirigeantes. En d&#233;veloppant leurs explications, ils se heurtent &#233;videmment &#224; toutes les formes d'illusions politiques et sociales dans la d&#233;mocratie bourgeoise, dans l'&#233;lectoralisme, dans l'&#201;tat au service des citoyens et dans le syndicalisme de n&#233;gociation et accord avec les patrons et l'&#201;tat. Les partis de gauche, de la gauche de la gauche ou de l'extr&#234;me gauche opportuniste sont in&#233;vitablement des adversaires r&#233;solus d'un tel programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F-	La connaissance du pass&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne con&#231;oit pas la r&#233;volution de la m&#234;me mani&#232;re avant et apr&#232;s la Commune de Paris, avant et apr&#232;s les r&#233;volutions russe, finlandaise, allemande, hongroise, espagnole, chinoise, etc&#8230; Ni apr&#232;s comme avant les contre-r&#233;volutions fascistes ou les guerres mondiales&#8230; Ignorer les man&#339;uvres et les attaques des ennemis de classe, ou les tromperies, les erreurs du pass&#233;, c'est se condamner &#224; les reproduire. Inversement, d&#233;voiler les le&#231;ons du pass&#233;, c'est se donner les cl&#233;s de la prison. Il y a bien s&#251;r l'histoire des r&#233;volutions prol&#233;tariennes et des contre-r&#233;volutions qui leur ont &#233;t&#233; oppos&#233;es. Mais m&#234;me les r&#233;volutions bourgeoises et celles de l'antiquit&#233; nous apprennent beaucoup sur la mani&#232;re dont la soci&#233;t&#233; humaine peut avancer et se transformer. La difficult&#233;, c'est que les classes poss&#233;dantes sont maitresses de l'histoire officielle comme de la science et de l'id&#233;ologie officielle et que les r&#233;volutionnaires ont donc comme t&#226;che de se donner une image ind&#233;pendante de toutes ces disciplines, ce qui est loin d'&#234;tre ais&#233;. Bien des gens croient que les mensonges des classes poss&#233;dantes ne concernent que l'&#233;poque actuelle mais cela est faux : les r&#233;volutions, les contre-r&#233;volutions, les guerres et les guerres civiles sont occult&#233;es par eux pour que le peuple travailleur ne puisse pas comprendre l'histoire dans laquelle il est un participant si essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G- Qu'est-ce que la lutte des classes et qu'est-ce qui lui est contraire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; est divis&#233;e en grandes classes sociales qui sont d&#233;termin&#233;es non pas en fonction du salaire, ni de la fonction professionnelle, ni de la cat&#233;gorie d'activit&#233;, ni du pays, ni du statut, ni de la nationalit&#233;, ni des origines, ni de la couleur de peau, ni des convictions religieuses ou pas, ni du type de quartier d'habitation, ni des opinions personnelles, ni d'autres crit&#232;res sociologiques mais de la position par rapport &#224; la propri&#233;t&#233; des grands capitaux et des moyens de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi distinguer trois classes sociales fondamentales : grande bourgeoisie, petite bourgeoisie et prol&#233;tariat. Bien s&#251;r, la plupart des gens ne se divisent pas eux-m&#234;mes selon ces cat&#233;gories et en ignorent m&#234;me l'existence mais ce sont elles dont d&#233;pendent les r&#233;volutions sociales. Si les deux premi&#232;res s'unissent contre la troisi&#232;me, la r&#233;volution ne peut pas vaincre. Si la troisi&#232;me parvient &#224; s'unir avec une fraction de la deuxi&#232;me et &#224; la diriger, la classe capitaliste peut &#234;tre renvers&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;riode normale (ni r&#233;volutionnaire, ni pr&#233;-r&#233;volutionnaire), la petite bourgeoisie (m&#234;me celle qui est mis&#233;rabilis&#233;e et prol&#233;taris&#233;e) n'aura aucune envie de s'unir au prol&#233;tariat. Il faut une grave crise &#233;conomique et sociale, et aussi politique, pour que les illusions de la petite bourgeoisie soient suffisamment atteintes et que le prol&#233;tariat puisse, &#224; l'aide d'une politique juste, attirer &#224; elle cette fraction de la classe dite moyenne et diriger sa col&#232;re contre la classe capitaliste et son &#201;tat. La premi&#232;re politique juste du prol&#233;tariat consiste &#224; d&#233;montrer que les travailleurs ne veulent pas faire de concessions au grand capital mais comprennent les revendications de la petite bourgeoisie paup&#233;ris&#233;e, celle qui n'exploite personne et ne parvient pas &#224; survivre m&#234;me en se surexploitant soi-m&#234;me (petits commer&#231;ants, paysans, p&#234;cheurs, fausses professions lib&#233;rales, livreurs, auto-entrepreneurs et autres). Il s'agit aussi d'autres couches sociales comme les femmes pauvres, les ch&#244;meurs, les jeunes, les sans-logis, les sans-papiers, tous ceux que la soci&#233;t&#233; m&#233;prise et opprime. Le prol&#233;tariat ne doit donc pas se contenter de s'unir au sein de sa propre classe sociale mais doit s'adresser &#224; d'autres couches, comprendre comment elles raisonnent, comment elles se battent et combien il est important de les dissocier de la classe capitaliste afin d'isoler celle-ci et de la battre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques des gauches r&#233;formistes politiques et syndicales et des organisations opportunistes (notamment de pseudo extr&#234;me gauche) visent l'objectif inverse : la soi-disant puret&#233; de classe des travailleurs qui les isole des luttes des autres fractions du peuple travailleur (form&#233; de tous ceux qui souffrent du capitalisme, vivent essentiellement de leur travail et n'exploitent personne, qu'ils soient salari&#233;s ou pas). Notamment les r&#233;formistes pr&#233;tendent unir salari&#233;s et patrons dans la d&#233;fense des &#171; int&#233;r&#234;ts du pays &#187;, des &#171; int&#233;r&#234;ts de l'entreprise &#187;, des &#171; int&#233;r&#234;ts de la profession &#187;, des &#171; int&#233;r&#234;ts du secteur &#187;, des &#171; int&#233;r&#234;ts de l'emploi &#187;, des &#171; int&#233;r&#234;ts de l'industrie &#187;, et affirment que le pouvoir d'&#201;tat capitaliste, s'il &#233;tait bien dirig&#233;, aurait pour charge de les y aider. Ces r&#233;formistes, qui n'ont que d&#233;go&#251;t envers une alliance avec les petits bourgeois ruin&#233;s ou paup&#233;ris&#233;s, ne d&#233;daignent nullement s'unir avec les capitalistes et leurs &#201;tats ! Les r&#233;formistes ne veulent bien s'unir avec les petits bourgeois que dans &#171; l'int&#233;r&#234;t national &#187;, c'est-&#224;-dire dans l'int&#233;r&#234;t des capitalistes et derri&#232;re leurs repr&#233;sentants, essentiellement quand il s'agit de transformer les peuples en chair &#224; canons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des classes a donc comme sommet non pas l'isolement des prol&#233;taires, b&#234;tement dress&#233;s contre toutes les couches interm&#233;diaires, mais l'isolement des capitalistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H- Qu'est-ce qui oppose le plus les r&#233;formistes et les r&#233;volutionnaires ? La question de l'&#201;tat et la lutte pour le d&#233;truire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la question de la nature de l'&#201;tat qui la plus division la plus d&#233;terminante entre r&#233;formistes et r&#233;volutionnaires, la meilleure mani&#232;re aussi de distinguer les faux r&#233;volutionnaires, qui ne sont r&#233;volutionnaires que dans l'&#233;tiquette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes affirment que ce qui serait d&#233;terminant dans l'&#201;tat, ce serait la couleur politique du parti qui gouverne, ou encore le caract&#232;re d&#233;mocratique ou pas de la constitution, ou enfin la corruption ou pas des membres du gouvernement et des institutions &#233;tatiques, le respect ou pas des droits &#233;l&#233;mentaires des citoyens et autres. Les r&#233;volutionnaires veulent renverser et d&#233;molir l'&#201;tat des capitalistes, les r&#233;formistes veulent le &#171; conqu&#233;rir &#187;, c'est-&#224;-dire &#234;tre invit&#233;s &#224; le diriger et &#224; y participer. Les r&#233;volutionnaires veulent l'armement du prol&#233;tariat et le d&#233;sarmement des capitalistes et de leurs forces arm&#233;es. Les r&#233;formistes veulent l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes demandent &#224; l'&#201;tat capitaliste des mesures pour satisfaire les couches populaires et les travailleurs. Les r&#233;volutionnaires affirment que la satisfaction des aspirations populaires n&#233;cessite le renversement de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes affirment que le changement doit absolument passer par un changement &#233;lectoral au travers des &#233;lections mises en place par la bourgeoisie. Les r&#233;volutionnaires, qu'ils participent ou pas &#224; ces &#233;lections, affirment que la bourgeoisie ne pourrait pas reconna&#238;tre un vote qui irait dans le sens contraire de ses int&#233;r&#234;ts fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes appellent les travailleurs, par leurs luttes et par leurs votes, &#224; exprimer leur m&#233;contentement pour &#171; se faire entendre &#187; des capitalistes et de leurs gouvernants. Les r&#233;volutionnaires appellent les travailleurs &#224; constituer les embryons de leur futur &#201;tat qui renversera l'&#201;tat capitaliste, ses &#233;lections comme ses institutions &#233;lues ou non &#233;lues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes parlent de recr&#233;dibiliser le pouvoir d'&#201;tat sous pr&#233;texte que cela am&#233;liore la d&#233;mocratie. Les r&#233;volutionnaires affirment qu'il n'y aura pas de vraie d&#233;mocratie tant que les travailleurs n'auront pas renvers&#233; le pouvoir d'&#201;tat et ne l'auront pas remplac&#233; par le leur propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes appellent &#171; d&#233;mocratiques &#187; les modes d'action qui ne remettent pas en cause l'&#201;tat capitaliste. Les r&#233;volutionnaires font l'inverse. Il n'y a pas plus d&#233;mocratique que le pouvoir direct des exploit&#233;s, au travers des soviets, c'est-&#224;-dire des comit&#233;s de gr&#232;ve ou de lutte, des conseils r&#233;volutionnaires du peuple travailleur et de ses assembl&#233;es d&#233;cisionnelles et mettant directement en pratique ses d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations politiques ou syndicales sont de deux sortes : celles qui appellent &#224; la formation d'un gouvernement des soviets et ceux qui ne le font pas. Les premiers sont les seuls &#224; d&#233;fendre v&#233;ritablement les int&#233;r&#234;ts des travailleurs. Ceux qui ne parlent pas syst&#233;matiquement de cette perspective ne peuvent nullement &#234;tre qualifi&#233;s de socialistes, de communistes ni de r&#233;volutionnaires. Les organisations opportunistes essaient de camoufler cette division et se contentent de parler d'une mani&#232;re vague d' &#171; organisations ouvri&#232;res &#187; en mettant dans le m&#234;me sac des amis et des ennemis. Ils savent parfaitement que ce n'est pas du tout pareil mais ils font le choix de pactiser avec des ennemis pour renforcer leurs groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, les pires ennemis du pouvoir des conseils ouvriers vont, d&#232;s que les travailleurs r&#233;volutionnaires eux-m&#234;mes constitueront ces conseils, faire semblant d'y &#234;tre favorables afin de les manipuler et les emp&#234;cher de jouer leur r&#244;le et de devenir le nouveau pouvoir d'&#201;tat, celui des travailleurs. C'est pour cela qu'il convient que le maximum de travailleurs soient conscients par avance des organisations qui ne sont pas favorables au pouvoir des conseils ouvriers et se refusent &#224; militer en leur faveur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ACTUALIT&#201; INTERNATIONALE DE LA R&#201;VOLUTION ! POURQUOI LA R&#201;VOLUTION SOCIALISTE NE PEUT &#202;TRE QUE MONDIALE ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A- La situation internationale : guerre et r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;L'effondrement final du capitalisme date de 2008, m&#234;me s'il est parvenu &#224; se maintenir au pouvoir jusqu'&#224; aujourd'hui, parce que sa dynamique est d&#233;finitivement morte. En aidant massivement les capitalistes pour que le syst&#232;me ne chute pas imm&#233;diatement, les banques centrales ont inond&#233; une &#233;conomie d&#233;j&#224; &#233;touff&#233;e par l'exc&#232;s de capitaux. La maladie mortelle du syst&#232;me est en effet celle de la suraccumulation, qui fait qu'il y a trop de capitaux pr&#234;ts &#224; s'investir par rapport aux investissements productifs rentables, ce qui rend in&#233;vitable la cr&#233;ation d'une masse sans cesse croissante de capitaux qui ne s'investissent que dans des sp&#233;culations sans cesse plus douteuses que les banques centrales doivent p&#233;riodiquement racheter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;Avec la pand&#233;mie COVID, le syst&#232;me capitaliste n'a pas choisi d'intervenir pour bloquer le virus en interrompant les communications internationales et il a quand m&#234;me &#233;t&#233; contraint finalement de pratiquer un arr&#234;t de l'&#233;conomie mondiale. L'&#233;tat de mort diff&#233;r&#233;e du syst&#232;me a &#233;t&#233; visible par tous. La pand&#233;mie a &#233;t&#233; utilis&#233;e par le capitalisme mondial pour arr&#234;ter et, l&#224; aussi diff&#233;rer, une situation r&#233;volutionnaire qui s'&#233;tait d&#233;velopp&#233;e en 2011 &#224; la suite de la chute mondiale de 2007-2008 et elle a &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;e gr&#226;ce aux mesures dictatoriales soi-disant sanitaires ou &#233;cras&#233;e dans le sang comme en Syrie ou au Y&#233;men et en Ukraine. Et plus r&#233;cemment en Palestine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne suffit pas : ce ne sont, comme sur le plan &#233;conomique, que des moyens palliatifs. La marche &#224; la guerre mondiale est la vraie r&#233;ponse des classes dirigeantes au danger r&#233;volutionnaire. Tous les pays s'arment pour cette conflagration mondiale, pour une v&#233;ritable boucherie. Les &#233;conomies de guerre sont lanc&#233;es dans tous les pays, &#224; commencer par les &#171; grandes d&#233;mocraties &#187; qui n'ont d&#233;mocratiquement consult&#233; personne pour se lancer dans la seule aventure moderne dont ce syst&#232;me mortif&#232;re est capable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le monde capitaliste est condamn&#233; mais pas pour les raisons qui sont fr&#233;quemment invoqu&#233;es, pas &#224; cause du climat et du gaz carbonique, pas &#224; cause de la grande migration des peuples des pays pauvres et opprim&#233;s par l'imp&#233;rialisme, pas &#224; cause des musulmans ou de la Cor&#233;e du Nord, ni &#224; cause de l'intelligence artificielle ou des robots, mais parce que son &#233;conomie a atteint ses limites et que l'un des principes m&#234;me du capitalisme est de ne pas pouvoir se limiter ! La crise climatique n'est qu'un leurre pour tromper les peuples. Il n'y a pas plus de tendance claire au r&#233;chauffement qu'&#224; la glaciation et ce n'est pas quelques pointes dans un sens ou dans l'autre &#224; notre &#233;chelle qui indiquent le sens g&#233;n&#233;ral du climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mondialisation (fin de l'&#233;conomie-monde) est une r&#233;alit&#233;, la perte de domination des USA, l'aggravation de la concurrence mondiale aussi, mais ils ne prennent l'allure d'une guerre entre les deux blocs, l'un autour de la Chine et de la Russie et l'autre autour des USA, un tour de guerre &#224; coups d'armes et pas seulement de guerre &#233;conomique, parce que le syst&#232;me mondial est inexorablement mort dans sa dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le signal le plus inqui&#233;tant pour le capitalisme est bel et bien la vague des r&#233;volutions, des printemps, d&#233;but&#233;e en Tunisie, en &#201;gypte, en Alg&#233;rie, en Syrie, au Y&#233;men et qui a parcouru le monde, des mouvements atteignant aussi les pays imp&#233;rialistes comme les USA et la France (avec les Gilets jaunes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B- Les &#201;tats capitalistes s'enfoncent dans la dictature mais le communisme n'est-il pas le contraire de la libert&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, le communisme n'est pas le contraire de la libert&#233; en g&#233;n&#233;ral mais seulement de la libert&#233; des capitalistes ! La libert&#233; d'exploiter, de terroriser, de tuer, de d&#233;truire, d'opprimer, oui, nous voulons la d&#233;molir d&#233;finitivement et nous ne voyons aucun int&#233;r&#234;t de le cacher. Il faut au contraire le proclamer et tous ceux qui ne le font pas ne sont pas des gens qui &#171; tiennent compte du rapport de forces &#187; comme ils le pr&#233;tendent mais des militants qui ne veulent nullement pr&#233;parer les travailleurs &#224; leur t&#226;che d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie capitaliste n'est que la &#171; libert&#233; &#187; de choisir parmi des politiciens bourgeois celui qui nous gouvernera ce qui n'est pas un choix ni de soci&#233;t&#233;, ni de fonctionnement &#233;conomique ou politique, qui n'est qu'une tromperie grossi&#232;re. A chaque fois que les travailleurs voient leur candidat soi-disant &#171; pr&#233;f&#233;r&#233; &#187; gouverner, ils sont &#233;videmment cruellement d&#233;&#231;us et il leur faut de nombreuses ann&#233;es de gouvernement de droite ou d'extr&#234;me droite pour recommencer &#224; esp&#233;rer dans un gouvernement de gauche qui va &#224; nouveau les d&#233;cevoir. Pour que les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, m&#234;me les plus &#233;l&#233;mentaires soient d&#233;fendus au gouvernement, il faut que ce soient les travailleurs eux-m&#234;mes qui gouvernent ; C'est le seul moyen d'avoir un gouvernement vraiment d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun gouvernement ne peut &#224; la fois accorder &#224; la fois la libert&#233; aux capitalistes et aux travailleurs. Il n'y en a jamais eu aucun dans le pass&#233; et il n'y en aura jamais aucun dans l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les mani&#232;res, la plupart des fonctions d'&#201;tat ne sont pas &#233;ligibles mais nomm&#233;es et les travailleurs ne participent pas &#224; leur choix : g&#233;n&#233;raux et autres officiers, chefs de la police et des forces sp&#233;ciales, chefs des services de renseignement et de l'espionnage et du contre-espionnage, chefs de la gendarmerie, des prisons, de la justice, des administrations, des services publics, des soci&#233;t&#233;s semi-publiques, des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es et notamment des trusts, des institutions financi&#232;res, des minist&#232;res, de la presse, des religions, de la diplomatie, des m&#233;dia, de la science et de la recherche, de l'enseignement &#224; tous les niveaux, etc. Tous ces gens-l&#224; sont du m&#234;me bord et ce n'est pas du n&#244;tre. Ce sont des d&#233;fenseurs acharn&#233;s du monde capitaliste, de ses int&#233;r&#234;ts et de ses lois. Ce sont nos ennemis directs et pr&#233;tendre qu'il faudrait souhaiter qu'ils prennent des mesures en notre faveur, c'est demander &#224; un bouc de donner du lait ou &#224; une girafe d'avoir un cou de lapin. C'est contre-nature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec tous ces pouvoirs entre leurs mains, m&#234;me une &#233;lection au suffrage universel d'un pr&#233;sident ne pas &#234;tre d&#233;mocratique, les travailleurs n'ayant sur leur lieu de travail aucun droit politique, aucun droit de se r&#233;unir, de faire des tracts, de lancer des discussions, des programmes, etc. S'ils le font, ils sont licenciables sur le champ au nom de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Les travailleurs sont des sans droits dans les entreprises et pas des citoyens libres comme on nous les pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C- Le capitalisme n'est-il pas le seul mode de fonctionnement possible ? Le communisme n'a-t-il pas &#233;chou&#233; en URSS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme serait-il &#233;ternel ? Il a surv&#233;cu aux crises internationales catastrophiques et aux guerres mondiales ! Et aussi aux vagues r&#233;volutionnaires des r&#233;volutions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a tenu le coup face aux m&#233;contentements violents des peuples en r&#233;pondant par une violence d'&#201;tat accrue sous toutes ses formes (dictatures militaires, fascismes, extermination de peuples, guerre mondiale), mais il y a une autre limite au capitalisme que les efforts des travailleurs et de peuples pour se d&#233;barrasser du syst&#232;me d'exploitation le plus puissant de l'Histoire. Et ce sont les limites que ce syst&#232;me s'impose &#224; lui-m&#234;me car il est p&#233;tri de contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le syst&#232;me veut accumuler toujours plus de capital, il veut toujours r&#233;investir ce capital pour extraire ces nouveaux capitaux du travail productif humain, mais les investissements productifs qu'il recherche doivent aussi &#234;tre toujours plus rentables, exploiter plus efficacement le travail humain, et tout cela n'est pas &#233;ternellement compatible. Il arrive un moment o&#249; la masse des capitaux s'accro&#238;t relativement aux capacit&#233;s de nouveaux investissements et, d&#232;s lors, cette situation ne peut qu'aller en s'aggravant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est cette situation qui s'est manifest&#233;e de mani&#232;re catastrophique en 2007-2008 et dont le capitalisme ne peut plus se sortir. Les interventions des &#201;tats et des institutions financi&#232;res peuvent retarder l'&#233;ch&#233;ance de la chute mais en aggravant la taille du probl&#232;me, en accroissant la masse des capitaux sans accro&#238;tre les investissements productifs rentables !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste, comme les autres syst&#232;mes socio-&#233;conomiques qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; (collectivisme antique, esclavagisme antique, f&#233;odalisme, servage, travail forc&#233; colonial, artisanat et commerce bourgeois) ont eux aussi atteints leurs limites et ont disparu sous le poids de leurs contradictions. C'est lorsque ces syst&#232;mes &#233;taient d&#233;molis ou d&#233;stabilis&#233;s par ces contradictions internes, ces modes de production ayant atteint leurs limites, que les luttes des opprim&#233;s et des exploit&#233;s et les guerres les ont renvers&#233;s. C'est ce stade o&#249; le syst&#232;me est compl&#232;tement d&#233;stabilis&#233; par ses propres contradictions qui est actuellement atteint par le capitalisme. Les limites du syst&#232;me ne proviennent pas seulement du fait que les riches sont trop riches et les pauvres trop pauvres au point que le foss&#233; entre eux devient un gouffre et que les contradictions entre riches et pauvres explosent. On en est au point o&#249; l'exc&#232;s de richesse des capitalistes plombe directement le capitalisme lui-m&#234;me. Il y a trop d'argent pour que ces capitaux trouvent &#224; s'investir de mani&#232;re rentable ! La limite de l'accumulation du grand capital est atteinte. Le syst&#232;me capitaliste n'est pas seulement remis en cause par le peuple travailleur mais par le capital lui-m&#234;me et ses lois de fonctionnement. Le d&#233;veloppement capitaliste a d&#233;pass&#233; les limites du fonctionnement capitaliste. La production de richesses nouvelles, indispensable &#224; la formation de nouveaux capitaux, est en valeur relative de moins en moins assur&#233;e puisqu'une fraction croissante ne produit rien et ne fait que sp&#233;culer. Le syst&#232;me capitaliste est d&#232;s lors en train de se suicider progressivement, en s'emp&#234;chant sans cesse davantage de cr&#233;er des richesses nouvelles qui puissent &#234;tre la base r&#233;elle de capitaux nouveaux. Les aides des &#201;tats et des banques centrales retardent la chute mais font durer la situation, augmentant la part de capitaux qui ne sont pas fond&#233;s sur des profits productifs r&#233;els, et donc accroissent l'ampleur de la d&#233;stabilisation. Les r&#233;formistes se gardent bien de pointer cette situation, d'en avertir les travailleurs, de pr&#233;parer ceux-ci au changement profond dans le type de luttes qui est n&#233;cessit&#233; par cet effondrement capitaliste. Et pour cause : cette situation historique du capitalisme est critique pour le syst&#232;me mais aussi pour le r&#233;formisme lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'id&#233;e que le capitalisme serait le seul mode moderne de fonctionnement de la soci&#233;t&#233; car le communisme a &#233;chou&#233;, elle est fond&#233;e sur un immense mensonge historique qu'est le stalinisme. Tout d'abord, il convient de rappeler que tous les dirigeants communistes de Russie sans exception, qui ont dirig&#233; le parti communiste russe de 1917 &#224; 1922, n'ont jamais pr&#233;tendu que la r&#233;volution russe d'Octobre 1917 avait inaugur&#233; le communisme en Russie et pas m&#234;me qu'elle pouvait le faire dans les d&#233;cennies &#224; venir. Ils affirmaient au contraire qu'elle &#233;tait le premier pas de la r&#233;volution mondiale qui, seule, pourrait mener au socialisme. La pr&#233;tention de la construction du socialisme en Russie n'a &#233;t&#233; invent&#233;e qu'&#224; l'&#233;poque de la dictature stalinienne, justement quand la politique de la bureaucratie tournait le dos au socialisme. Les r&#233;volutionnaires russes avaient toujours affirm&#233; que la lutte pour le socialisme ne pouvait qu'&#234;tre internationale, allant compl&#232;tement &#224; l'encontre des mensonges staliniens du &#171; socialisme dans un seul pays &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme a d'autant plus fort proclam&#233; &#234;tre le premier pays communiste qu'il &#233;tait un mouvement contre-r&#233;volutionnaire et l'imp&#233;rialisme a trouv&#233; son propre int&#233;r&#234;t &#224; diffuser ce bobard de l'URSS pr&#233;tendument communiste ce qui fait que le monde entier a entendu ce mensonge pourtant &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour L&#233;nine, Trotsky et leurs camarades, la soci&#233;t&#233; russe aux mains des soviets, d&#233;j&#224; arri&#233;r&#233;e, d&#233;vast&#233;e par la guerre et la guerre civile ne pouvait certainement pas passer directement au socialisme et, malgr&#233; ses efforts gigantesques, elle ne pouvait juste esp&#233;rer de tenir face aux imp&#233;rialismes mena&#231;ants que si la r&#233;volution triomphait dans quelques pays plus d&#233;velopp&#233;s qu'elle. Elle ne pouvait aller vers le socialisme qu'en &#233;tant le premier pas r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat mondial, ce qui &#233;tait exactement la politique du parti communiste jusqu'en 1922. La r&#233;volution russe, isol&#233;e par la d&#233;faite des r&#233;volutions due essentiellement &#224; la trahison des partis sociaux-d&#233;mocrates et des syndicats r&#233;formistes, ne pouvait qu'&#234;tre d&#233;faite et pas &#224; cause de &#171; l'&#233;chec du communisme &#187; mais parce que le socialisme ne peut &#234;tre qu'un mouvement r&#233;volutionnaire international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'inexistence de la r&#233;volution internationale qui a tu&#233; la r&#233;volution russe ou l'a condamn&#233;e, mais sa trahison. La r&#233;volution mondiale a bien commenc&#233; &#224; se d&#233;velopper apr&#232;s la r&#233;volution russe mais elle a &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;e, tromp&#233;e, d&#233;voy&#233;e, r&#233;prim&#233;e par les r&#233;formistes et les fascistes. Ce n'est donc pas une r&#234;verie g&#233;n&#233;reuse sans fondement mais un v&#233;ritable mouvement du prol&#233;tariat qui ne peut qu'&#234;tre international et ne peut que triompher aussi de mani&#232;re internationale ou p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la derni&#232;re vague r&#233;volutionnaire d&#233;but&#233;e par les &#171; printemps &#187; arabes et qui a parcouru le monde rappelle ce caract&#232;re international des grandes vagues r&#233;volutionnaires. La seule perspective r&#233;volutionnaire est in&#233;vitablement internationale car notre force et notre ennemi le sont tous les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D- Pourquoi la r&#233;volution serait-elle encore plus d'actualit&#233; aujourd'hui qu'&#224; d'autres &#233;poques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que nous sommes au bord du gouffre, proches d'une immense catastrophe qui n'est annonc&#233;e qu'aux capitalistes et pas aux travailleurs et pourtant menace mortellement ces derniers. Et contre cette catastrophe historique, il n'y a qu'un seul rem&#232;de : que l'humanit&#233; fasse un nouveau pas en avant, prenant elle-m&#234;me son propre sort en mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui prouve que cette situation critique est toute proche de nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord les signaux &#233;conomiques qui ont commenc&#233; en 2007-2008 avec ce que l'on a appel&#233; la &#171; crise des subprimes &#187; et qui est en fait la tendance g&#233;n&#233;rale du grand capital vers une sp&#233;culation folle par manque croissant d'investissements productifs par rapport &#224; la masse de plus en plus excessive de capitaux. Le capitalisme a d&#232;s lors cess&#233; d'&#234;tre un syst&#232;me fond&#233; sur des alternances croissance/r&#233;cession ponctu&#233; par des faillites et a d&#232;s lors consid&#233;r&#233; que toute chute d'un trust &#233;tait &#171; syst&#233;mique &#187;, c'est-&#224;-dire mena&#231;ait l'&#233;difice mondial tout entier ! Cela signifie qu'&#201;tats et banques centrales ont mis tous leurs moyens pour &#171; sauver &#187; les capitalistes quand ils &#233;taient menac&#233;s par la faillite. La derni&#232;re op&#233;ration de ce type a &#233;t&#233; celle pour sauver les banques, am&#233;ricaines et suisses notamment. Cette situation dans laquelle le syst&#232;me est sans cesse au bord du gouffre est tout &#224; fait nouvelle dans l'histoire du capitalisme et montre que le mode de production capitaliste a atteint une limite qu'il ne peut pas franchir, qu'il a tellement r&#233;ussi que son succ&#232;s d&#233;passe ce que permet son fonctionnement. Cela signifie qu'une part croissante des capitaux ne peut plus produire de nouveaux profits r&#233;els, fond&#233;s sur l'exploitation du travail humain. Ces capitaux, dont la masse croit sans cesse, deviennent &#171; nocifs &#187; et doivent p&#233;riodiquement &#234;tre rachet&#233;s par les &#201;tats et instituions financi&#232;res publiques. Ce fonctionnement en sauvetage permanent gr&#226;ce aux fonds publics est une marque de la nouvelle morbidit&#233; du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du covid, l'attaque massive de la population qu'elle a caus&#233; avec morts, bless&#233;s, orphelins, le coup de frein &#224; toute l'&#233;conomie aussi et l'accroissement du ch&#244;mage et de la mis&#232;re, enfin la propension des gouvernements &#224; en profiter pour accro&#238;tre partout la dictature sociale, tout cela a montr&#233; que le syst&#232;me mondial &#233;tait au bout du rouleau. L'incapacit&#233; ou plut&#244;t le refus des gouvernements de combattre la pand&#233;mie a soulign&#233; que l'on &#233;tait sorti de la phase dynamique du syst&#232;me pour entrer dans celle de sa n&#233;crose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu d'ann&#233;es avant le d&#233;but des vagues pand&#233;miques, une vague de r&#233;voltes et de r&#233;volutions a parcouru le monde, d&#233;but&#233;e en 2011. Les situations r&#233;volutionnaires ont &#233;t&#233; &#233;cras&#233;es dans le sang et transform&#233;es en guerres et en guerres civiles ou en dictatures sanglantes. En Syrie, la r&#233;volution a non seulement &#233;t&#233; transform&#233;e en guerre civile, elle a &#233;t&#233; aussi transform&#233;e en guerre mondiale au sens o&#249; les grandes puissances imp&#233;rialistes y sont intervenues concurremment choisissant chacune un camp de la guerre civile et s'affrontant de plus en plus violemment. Ces puissances ont commenc&#233; d&#232;s lors &#224; mener une telle politique dans chaque conflit, poussant ainsi &#224; une nouvelle guerre, celle d'Ukraine qui a suivi la transformation de la r&#233;volution ukrainienne en guerre civile et cette guerre continue jusqu'&#224; nos jours. Et la situation en Isra&#235;l/Palestine est encore du m&#234;me type. Au d&#233;but, il y a eu la mont&#233;e des r&#233;voltes et r&#233;volutions, c&#244;t&#233; palestinien conne isra&#233;lien, aussi bien contre les classes dirigeantes isra&#233;liennes que palestiniennes, puis il y a eu l'action arm&#233;es des classes poss&#233;dantes et de leurs alli&#233;s pour transformer cette situation en affrontement militaire qui devient de plus en plus barbare et n'a plus cess&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde est &#224; nouveau divis&#233; en deux blocs imp&#233;rialistes, l'un autour des USA et l'autre autour de Russie/Chine et ces deux ensembles menacent dans chaque r&#233;gion du monde de transformer tout soul&#232;vement local en affrontement militaire massif avec des massacres de plus en plus barbares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me mondial est entr&#233; dans une &#233;conomie de guerre o&#249; des fonds de plus en plus importants sont consacr&#233;s &#224; la production d'armes de destruction massive, chaque camp s'ing&#233;niant &#224; cr&#233;er des machines de destruction plus terrifiantes les unes que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes poss&#233;dantes, loin de reconna&#238;tre que tout cela n'&#233;tait que le produit du stade n&#233;crophile de leur syst&#232;me sont ^rets &#224; accuser n'importe quelle autre cause et notamment l'islamisme d'un c&#244;t&#233; et&#8230; le gaz carbonique CO&#178; de l'autre ! Mais ni l'un ni l'autre n'ont caus&#233; l'effondrement &#233;conomique mondial de 2007 ni la pand&#233;mie ni la division de toute la plan&#232;te en deux blocs imp&#233;rialistes. Aucun des deux camps ne se r&#233;clame de l'islam. Aucun des deux ne soutient la croissance du gaz carbonique. Ce n'est que du baratin pour cacher que le syst&#232;me a atteint ses limites et qu'il ne pourra plus d&#233;sormais que nous jeter d'une horreur dans une autre. Il n'y a pas davantage de crise terroriste que de crise sanitaire ou de crise climatique ni encore de crise migratoire mais une seule crise d&#233;finitive, celle qui signale les derniers temps du capitalisme finissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, il n'est pas question de tomber dans tous ces pi&#232;ges. Les organisations r&#233;formistes compl&#232;tement li&#233;es au syst&#232;me et aux &#201;tats capitalistes (et leurs suiveurs opportunistes) se refusent compl&#232;tement &#224; r&#233;pondre aux situations cr&#233;&#233;es par la chute du syst&#232;me. Elles se gardent d'en donner une interpr&#233;tation autre que celle des classes poss&#233;dantes. Elles poussent ainsi les travailleurs dans le pi&#232;ge qui leur est tendu. Pas question pour elles d'unir les travailleurs, nationaux avec immigr&#233;s, pas question de combattre l'&#233;conomie de guerre et l'investissement politique et financier dans les guerres en cours, pas question de d&#233;noncer les pr&#233;tendues &#171; aides &#224; l'&#233;conomie &#187; et autres &#171; sauvetages &#187; sur fonds publics et la destruction des services publics qui en d&#233;coule (notamment celle de la sant&#233; publique). Encore moins question de relier toutes ces attaques entre elles pour permettre une r&#233;plique prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations r&#233;formistes (suivis de leurs toutous opportunistes, du type faux &#233;cologistes ou fausses extr&#234;mes gauches) se sont bien gard&#233;es de soutenir la vague des r&#233;voltes et r&#233;volutions qui a parcouru le monde, d'en profiter pour reconstruire l'internationalisme prol&#233;tarien, montrant qu'un m&#234;me combat concerne tous les peuples travailleurs du monde, cassant les propagandes des adversaires directs de ces soul&#232;vements, les gouvernants imp&#233;rialistes. Ils se sont bien gard&#233;s de d&#233;masquer les vrais responsables de ces tueries comme de d&#233;noncer &#224; la fois les anti-islamistes et les terroristes se couvrant de l'islam. Ils se gardent bien de d&#233;noncer &#233;galement les deux camps imp&#233;rialistes. Tout comme ils se gardent de relier tous ces &#233;v&#233;nements totalement nouveaux dans l'Histoire &#224; une phase mortif&#232;re du capitalisme. Ils parlent seulement de &#171; crise grave &#187;, comme s'ils se contentaient du terme de &#171; maladie grave &#187; au chevet d'une personne au stade ultime et en soins palliatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E- Mais ne s'occuper que d'une r&#233;volution future, c'est ne rien faire en attendant qu'elle arrive ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas du tout ! C'est s'occuper de nos luttes actuelles mais diff&#233;remment des r&#233;formistes, quasi en sens inverse. Quand les r&#233;formistes refusent de poser des revendications politiques, les r&#233;volutionnaires militent pour. Quand les r&#233;formistes refusent de mettre en avant des objectifs permettant d'&#233;tendre la lutte, les r&#233;volutionnaires le font. Quand les r&#233;formistes combattent mortellement toute forme d'auto-organisation des travailleurs, les r&#233;volutionnaires les d&#233;fendent toutes, sans en rejeter aucune, car ils n'ont pas de religion des soviets ni des conseils d'usine ni d'aucune autre forme d'organisation du moment qu'elle permet aux travailleurs en masse de d&#233;cider eux-m&#234;mes sans faire les toutous des r&#233;formistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communistes r&#233;volutionnaires ne disent &#224; personne d'attendre ni un quelconque &#171; grand soir &#187;, ni &#171; un jour J &#187;, ni &#171; une heure H &#187;. Ils ne d&#233;nigrent pas les luttes actuelles au nom de la grandeur future des luttes r&#233;volutionnaires &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils disent au contraire que ce sont les luttes actuelles qui pr&#233;parent d&#232;s maintenant les luttes r&#233;volutionnaires de demain et la capacit&#233; des travailleurs &#224; s'organiser par eux-m&#234;mes pour devenir capables demain de diriger toute la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en arriver l&#224;, il est indispensable d&#232;s maintenant qu'une fraction la plus large possible (mais mieux vaut d'infimes minorit&#233;s que rien) soit instruite des perspectives r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat et sachent comment les d&#233;fendre d&#232;s maintenant dans les luttes, en b&#226;tissant des r&#233;seaux militants, en remettant en question la domination des appareils bureaucratiques des r&#233;formistes et des opportunistes &#224; leurs crochets, en proposant dans les luttes et gr&#232;ves petites et grandes des comit&#233;s, des conseils, des assembl&#233;es d&#233;cisionnelles, des &#233;lections de d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus et r&#233;vocables, proposent de les former et de les f&#233;d&#233;rer &#224; tous les niveaux, &#233;l&#232;vent partout le niveau de conscience des travailleurs, combattant l'&#233;tat d'esprit r&#233;formiste, pro-imp&#233;rialiste, conciliateur, de collaboration, et am&#232;nent les travailleurs &#224; remettre en cause la soumission &#224; l'&#201;tat capitaliste et &#224; la loi de classe du syst&#232;me d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n&#233;cessite que les militants r&#233;volutionnaires avancent au cours de la lutte des revendications qui rompent avec le r&#233;formisme sans se d&#233;tacher des aspirations des travailleurs au niveau o&#249; elles en sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces revendications qui pr&#233;parent &#224; la situation r&#233;volutionnaire, tout en tenant compte du fait qu'on n'y est pas encore, sont appel&#233;es des revendications transitoires, en transition entre calme social et r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F- Il faudrait une r&#233;volution socialiste qui agisse en m&#234;me temps &#224; l'&#233;chelle internationale, ce qui est impossible&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est justement l'un des produits de l'influence des r&#233;formistes au sein de la classe ouvri&#232;re et de ceux qui croient militer &#224; ses c&#244;t&#233;s que d'avoir implant&#233; le gros mensonge selon lequel les attaques antisociales qui frappent &#224; l'&#233;chelle nationale ne sont pas le produit de la situation internationale des capitalistes, de l'&#233;tat du syst&#232;me mondial, mais de l'action nuisible de tel ou tel gouvernement national que ces r&#233;formistes d&#233;noncent, histoire de faire croire que si eux gouvernaient tout ces malheurs n'arriveraient pas. Ils veulent nous faire croire &#224; une r&#233;alit&#233; politique et sociale nationale qui ne d&#233;pendrait pas directement de la r&#233;alit&#233; mondiale du syst&#232;me capitaliste ! Une imb&#233;cillit&#233; qui ne m&#233;riterait m&#234;me pas d'&#234;tre combattue tant elle est ridicule, s'ils n'en avaient pas fait la th&#232;se de tous les syndicats et tous les partis de gauche, nullement combattue par les opportunistes de la fausse extr&#234;me gauche qui ne se mobilisent qu'au nom de tel ou tel gouvernant accus&#233; de tous les maux, en attendant d'en faire autant avec son successeur. Leur refrain est tout est de la faute&#8230; et il suffit de compl&#233;ter les pointill&#233;s par les noms de Macron, de Biden, de Modi ou de tel ou tel gouvernant. Cela permet d'emp&#234;cher la lutte de classes de se battre sur des objectifs sociaux fondamentaux et aussi de prendre son caract&#232;re naturel&#8230; c'est-&#224;-dire international !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; de ne pas chercher &#224; comprendre, et &#224; laisser la classe ouvri&#232;re comprendre, les probl&#232;mes des capitalistes, de leur syst&#232;me &#233;conomique et aussi des &#201;tats capitalistes, am&#232;ne les travailleurs &#224; penser en termes de revendications purement &#233;conomiques et aussi &#224; ne pas conna&#238;tre du tout l'analyse de l'&#233;tat du syst&#232;me qui est pourtant le fondement de toute lutte de classes r&#233;fl&#233;chie, pens&#233;e et menant du coup &#224; des m&#233;thodes d'action, des objectifs et des perspectives pouvant aller &#224; des succ&#232;s et m&#234;me &#224; la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le programme des travailleurs r&#233;volutionnaires, le point de d&#233;part de toute politique prol&#233;tarienne doit &#234;tre l'analyse de la crise du capitalisme car ses cons&#233;quences sont d&#233;terminantes sur les luttes de la classe ouvri&#232;re et sur ses potentialit&#233;s et aussi sur les m&#233;thodes qui ne m&#232;nent que&#8230; dans le mur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement du syst&#232;me capitaliste m&#232;ne dans le mur toute lutte r&#233;formiste et c'est bien ce que veulent cacher les r&#233;formistes, ces faux amis des travailleurs&#8230; Cela explique qu'en p&#233;riode critique pour le capitalisme, les r&#233;formistes lui sont plus que jamais attach&#233;s et combattent plus violemment que jamais les r&#233;volutionnaires, leur faisant la chasse dans les organisations syndicales et politiques, les traitant de tous les noms, depuis fous &#224; ignorants, barbares, complotistes et fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; une vision internationaliste de la crise sociale et cons&#233;quemment de la lutte des classes, il ne faut certainement pas l'attendre des r&#233;formistes et de leurs suiveurs r&#233;formistes, y compris pseudo extr&#234;me gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, oui, ce n'est pas la r&#233;volution prol&#233;tarienne internationale qui est une utopie, c'est le maintien au pouvoir du capitalisme mondial !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UN PROGRAMME D'ACTION LIANT REVENDICATIONS IMMEDIATES ET LA PERSPECTIVE DE REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE A LA PRISE DU POUVOIR PAR LE PROLETARIAT ALLI&#201; AU PEUPLE TRAVAILLEUR ! &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Citation de L&#233;on Trotsky, dans &#171; Programme d'action de la Ligue Communiste (Trotskyste) &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre programme d'action veut &#234;tre celui du prol&#233;tariat entra&#238;nant les autres couches laborieuses de la nation depuis la lutte pour leurs revendications imm&#233;diates jusqu'&#224; celles pour l'&#233;tablissement du pouvoir des ouvriers et des paysans. Il contient de grands mots d'ordre g&#233;n&#233;raux pour la r&#233;alisation desquels peut et doit s'effectuer la mobilisation des travailleurs des villes et des campagnes : le contr&#244;le ouvrier et paysan, les grandes nationalisations, des mesures pour la d&#233;fense de la paysannerie pauvre, les droits des soldats, etc... Mais pour chacune de ces revendications, il donne les moyens de lutter pour leur r&#233;alisation : l'organisation des couches int&#233;ress&#233;es dans des comit&#233;s (comit&#233;s d'usines, comit&#233;s de paysans, comit&#233;s de soldats...) dans lesquels serait suscit&#233;e et d&#233;velopp&#233;e l'initiative des travailleurs en lutte. Il ne peut s'agir seulement de travailleurs inscrits dans les partis et syndicats, mais des plus larges masses, constituant ainsi, par l'Alliance ouvri&#232;re, dans un vaste r&#233;seau de comit&#233;s, la repr&#233;sentation v&#233;ritable des travailleurs n'attendant pas la manne d'en haut, mais r&#233;alisant leurs exigences. Nous ne disons pas aux travailleurs : voici un plan excellent, faites-nous confiance ; nous leur disons : voici des solutions pour sortir du bourbier ; voici les m&#233;thodes sur lesquelles vous devez vous unir et que vous devez employer pour y parvenir. Car la situation pr&#233;sente ne peut offrir d'issue favorable aux travailleurs que si ceux-ci prennent en mains leur cause, leurs int&#233;r&#234;ts et les d&#233;fendent ardemment&#8230; Au travail pour constituer un comit&#233; d'usine dans mon entreprise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citation de L&#233;on Trotsky dans son &#171; Programme de transition &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La t&#226;che strat&#233;gique de la prochaine p&#233;riode - p&#233;riode pr&#233;-r&#233;volutionnaire d'agitation, de propagande et d'organisation - consiste &#224; surmonter la contradiction entre la maturit&#233; des conditions objectives de la r&#233;volution et la non-maturit&#233; du prol&#233;tariat et de son avant-garde (d&#233;sarroi et d&#233;couragement de la vieille g&#233;n&#233;ration, manque d'exp&#233;rience de la jeune). Il faut aider les masses, dans le processus de leurs luttes quotidiennes, &#224; trouver le pont entre leurs revendications actuelles et le programme de la r&#233;volution socialiste. Ce pont doit consister en un syst&#232;me de REVENDICATIONS TRANSITOIRES, partant des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches de la classe ouvri&#232;re et conduisant invariablement &#224; une seule et m&#234;me conclusion : la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de laisser la lutte revendicative aux mains des r&#233;formistes, le programme communiste, &#224; l'aide de ses revendications transitoires, vise &#224; amener celle-ci sur le terrain politique r&#233;volutionnaire en faisant sans cesse le lien entre les n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques, sociales et politiques du moment et la n&#233;cessit&#233; de plus en plus pressante de la mise en place des organes de pouvoir prol&#233;tarien, les soviets, et leur prise de pouvoir sur l'&#201;tat et toute la soci&#233;t&#233; en expulsant les exploiteurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme d'action que les communistes r&#233;volutionnaires doivent proposer &#224; la classe ouvri&#232;re a un but extr&#234;mement simple et d&#233;terminant : casser la loi &#224; laquelle ob&#233;it la soci&#233;t&#233; actuelle qui est la loi du profit fond&#233; sur l'exploitation du travail humain et la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et que l'on nomme aussi capitalisme. Cette loi n'est ni une loi de la nature, ni une loi humaine, ni une loi fond&#233;e sur l'accord commun des habitants. Elle est pr&#233;sent&#233;e comme une loi g&#233;n&#233;rale de toute &#233;conomie, comme une loi de la nation, comme une loi de la R&#233;publique, comme une loi de tous les citoyens, comme un int&#233;r&#234;t collectif de toute la population. Cette loi d&#233;cr&#232;te que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des capitaux, des usines, des banques, des assurances, de la finance est intouchable quels que soient les crimes commis par ses possesseurs. Et cette loi permet de pi&#233;tiner les droits de l'immense majorit&#233; de la population, dans un pays comme au dehors. Un capitaliste fait ce qu'il veut de ses capitaux. Il a le droit de les retirer d'une entreprise pour la fermer. Il a le droit de r&#233;clamer que les salari&#233;s travaillent plus en les payant moins sous peine d'&#234;tre licenci&#233;s. Il a le droit de vendre l'entreprise &#224; qui il veut et quand il veut. Il a le droit de d&#233;truire la vie de ses salari&#233;s, en exer&#231;ant des pressions morales folles par le biais de son encadrement, de les d&#233;placer, de les menacer, de les licencier. Il a le droit ainsi de briser des familles enti&#232;res, des r&#233;gions, des secteurs d'activit&#233; en jetant les salari&#233;s &#224; la rue, en les ruinant, en leur faisant ainsi perdre logement, sant&#233;, &#233;ducation des enfants, acc&#232;s au gaz, &#224; l'&#233;lectricit&#233;, au t&#233;l&#233;phone, au compte en banque, etc&#8230; Il peut d&#233;truire int&#233;gralement la vie de millions de familles de prol&#233;taires. Aux USA m&#234;me, des familles qui n'&#233;taient pas mis&#233;rables au d&#233;part ont ainsi perdu leur logement et se sont retrouv&#233;es &#224; la rue. En Gr&#232;ce, on a vu jusqu'o&#249; cela peut aller, jusqu'&#224; d&#233;truire enti&#232;rement la soci&#233;t&#233;, supprimant toute s&#233;curit&#233; pour des personnes qui avaient nationalit&#233;, qualification et emploi. L'illusion selon laquelle la soci&#233;t&#233; capitaliste allait continuer &#233;ternellement &#224; d&#233;velopper &#233;conomie et bien-&#234;tre s'effondre irr&#233;m&#233;diablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but du programme d'action propos&#233; par les militants communistes r&#233;volutionnaires doit &#234;tre de rendre consciemment indispensable la destruction compl&#232;te de cette loi qui fonde le capitalisme. Il ne peut &#234;tre &#233;videmment question d'en convaincre quiconque est attach&#233; par ses int&#233;r&#234;ts &#224; l'ordre bourgeois, partis bourgeois, partis r&#233;formistes, syndicats bourgeois, syndicats r&#233;formistes, y compris la gauche de la gauche bourgeoise et m&#234;me pas les organisations d'extr&#234;me gauche qui consid&#233;reraient que leurs int&#233;r&#234;ts sont attach&#233;s aux &#233;lections et aux appareils syndicaux, eux-m&#234;mes attach&#233;s immanquablement &#224; l'ordre bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but du programme d'action de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre de partir des besoins imm&#233;diats de la classe ouvri&#232;re et de les relier par des liens indestructibles &#224; la destruction de la loi du capital. Il s'agit donc &#224; la fois de montrer la n&#233;cessit&#233; de briser la loi du capital, d'en montrer la possibilit&#233;, d'en d&#233;montrer l'in&#233;vitabilit&#233; et le caract&#232;re vital pour la classe ouvri&#232;re. Ne pas d&#233;truire la loi du capital, dans les circonstances actuelles, c'est la laisser non seulement nous exploiter, nous voler, mais nous d&#233;truire moralement et physiquement, en commen&#231;ant par d&#233;molir notre moral, au niveau individuel comme collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A- D&#233;truire la loi bourgeoise autrement dit la loi du Capital du travail !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se fonde sur un constat : l'&#201;tat, la R&#233;publique, la nation, les institutions, la justice, l'imp&#244;t, la police, les forces arm&#233;es, l'administration ne sont nullement au service de la collectivit&#233;, ne sont en rien des produits de la d&#233;cision d&#233;mocratique de la population mais au service exclusif du grand capital. Il suffit pour s'en convaincre de voir que l'&#201;tat a &#233;t&#233; capable depuis la crise de 2007 de sortir de ses caisses des centaines de milliards d'euros pour aider les banques, les trusts, les assurances, les financiers et les bourses et, par contre, il n'a plus m&#234;me des centimes pour les retraites, la s&#233;curit&#233; sociale, les ch&#244;meurs, la sant&#233;, l'&#233;ducation, les transports, les services publics&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la loi du capital, le travailleur ne compte pas, le ch&#244;meur ne compte pas, le retrait&#233; ne compte pas, le petit artisan, le petit p&#234;cheur, le petit paysan, le tout petit rentier ne comptent pas non plus. On peut les jeter &#224; la rue. On peut les liquider. On peut fermer leurs comptes en banque. S'ils protestent, on leur envoie les forces de l'ordre. On peut leur enlever le droit de se loger, de loger leur famille, de les nourrir, d'&#233;duquer leurs enfants. On peut les r&#233;duire &#224; la mendicit&#233;. Et cela &#224; l'&#233;chelle de peuples entiers. Ceux qui n'en sont pas encore convaincus vont s'en convaincre tr&#232;s vite. S'ils protestent, ils verront alors que toute protestation est consid&#233;r&#233;e comme une atteinte &#224; la loi. On pourra les frapper, les matraquer, les arr&#234;ter, les accuser de tous les crimes. Toute revendication aussi minime soit-elle s'attaque donc in&#233;vitablement &#224; la loi du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au capital lui-m&#234;me, il est religieusement prot&#233;g&#233; par la loi. Y compris s'il a commis tous les crimes possibles et imaginables, y compris des crimes contre l'&#201;tat bourgeois, contre la monnaie, contre la stabilit&#233; syst&#233;mique, y compris des crimes contre la viabilit&#233; et l'avenir m&#234;me du capitalisme. Nous venons de le voir avec la crise de 2007-2008. Tous les financiers dont les op&#233;rations hasardeuses ont mis par terre le syst&#232;me n'ont subi aucune enqu&#234;te s&#233;rieuse et n'ont pas eu &#224; le payer. Non seulement, ils n'ont pas &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;s mais ils ont &#233;t&#233; sauv&#233;s des cons&#233;quences de leurs actes. Ils ont sp&#233;cul&#233; de mani&#232;re folle et ils n'ont pas eu &#224; le payer. Et cela parce qu'une loi a &#233;t&#233; &#233;dict&#233;e durant la crise : &#171; tout grand capital ne peut pas chuter &#187;. Au prix de milliers de milliards de dollars, toutes les grandes entreprises, toutes les grandes banques, toutes les grandes assurances ont &#233;t&#233; sauv&#233;es de la faillite et ce sont les Etats et les banques centrales qui ont pay&#233; la facture, qui ont couvert les trous, qui ont emp&#234;ch&#233; les faillites, au nom de la sauvegarde du syst&#232;me mondial. Ils ont rachet&#233; des entreprises, fourni gratuitement des masses de capitaux, non seulement pr&#234;t&#233;s mais donn&#233;s. Et ils ont fait cela au risque de se ruiner compl&#232;tement, de d&#233;sarmer l'&#201;tat bourgeois lui-m&#234;me. Ils ont &#233;galement rachet&#233; les titres pourris produits par les possesseurs priv&#233;s de capitaux et ils continuent &#224; les racheter. Et le grand capital continue &#224; en produire &#224; un rythme &#233;lev&#233;. Nous ne voulons pas ici nous plaindre d'une d&#233;rive de l'&#201;tat, d'un d&#233;tournement de la loi, de la nation ou de la R&#233;publique mais, au contraire, en souligner le fonctionnement in&#233;vitable en r&#233;gime capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le capitalisme, n'est criminel au nom de la loi au pouvoir que le travailleur qui pr&#233;tend conserver son emploi quand le patron le licencie, qui pr&#233;tend rester dans son entreprise quand le patron la ferme, qui pr&#233;tend garder son logement quand il est expuls&#233;, qui pr&#233;tend garder son compte en banque quand la banque le ferme, qui pr&#233;tend avoir le droit de se soigner quand il ne peut se le payer, le ch&#244;meur qui pr&#233;tend manger, ne pas coucher &#224; la rue, se soigner, &#233;tudier, le retrait&#233; qui pr&#233;tend vivre ou survivre, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas faire appel &#224; la m&#234;me loi que les capitalistes ! Nous ne pouvons pas faire appel au m&#234;me &#201;tat que les capitalistes ! Nous ne pouvons pas faire appel &#224; la m&#234;me justice que les capitalistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons pas continuer &#224; croire que les capitalistes vont finir par sauver nos emplois, par sauver les entreprises, par sauver l'&#233;conomie, par sauver la soci&#233;t&#233;, par sauver les pays, par sauver les peuples. Il faut enfin nous convaincre qu'ils vont au contraire tenter de nous passer &#224; la moulinette. Ils s'y prennent certes progressivement en faisant semblant de chercher &#224; nous prot&#233;ger, &#224; nous &#233;viter le ch&#244;mage et la mis&#232;re. Mais ils avancent sans cesse dans le sens de cet objectif et surtout dans celui de d&#233;truire notre capacit&#233; physique et morale, sociale et politique, de r&#233;agir dans un sens de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B- La politique de classe du prol&#233;tariat est l'oppos&#233;e des politiques de collaboration de classe de la gauche politique et gouvernementale, syndicale et d'extr&#234;me gauche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;action de classe du prol&#233;tariat signifie plusieurs choses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de n&#233;gociation avec la bourgeoisie, pas de recherche d'accords, pas de tentatives de &#171; solutions &#187; avec des repreneurs, des sacrifices en &#233;change de garanties d'emploi, pas de tentative de marchandage pour diminuer, soi-disant les sacrifices&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de recherche d'ententes salari&#233;s-patron-&#201;tat qui profite soi-disant &#224; l'emploi et &#224; l'entreprise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de solution soi-disant nationale, c'est-&#224;-dire o&#249; patrons et ouvriers d'un m&#234;me pays pr&#233;tendraient avoir les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de plans &#233;conomiques : la question qui se pose aux travailleurs n'est pas de r&#233;soudre les probl&#232;mes &#233;conomiques. Si la bourgeoisie est incapable de faire marcher son syst&#232;me, nous non plus ! Si la bourgeoisie n'est capable que de remplir ses coffres, crise ou pas crise, &#224; nous d'en faire autant et de ne d&#233;fendre que nos salaires&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas d'appel &#224; intervention de l'&#201;tat et du gouvernement qui en fasse un pr&#233;tendu interm&#233;diaire neutre entre les classes &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de revendications purement &#233;conomiques, des objectifs politiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de mise en avant d'int&#233;r&#234;ts s&#233;par&#233;s des travailleurs en fonction des professions, de secteurs d'activit&#233;, des divisions voulues par la bourgeoisie (par nation, par cat&#233;gorie professionnelles, entre homme et femmes, jeunes et vieux, entre salari&#233;s et ch&#244;meurs, entre nationaux et immigr&#233;s, avec ou sans papiers, etc&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique de classe est internationaliste, sur des bases luttes de classe, sans tentative de trouver une entente entre les classes oppos&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C- Le prol&#233;tariat doit se mettre &#224; la t&#234;te de l'ensemble des luttes du peuple travailleur et devenir l'aile dirigeante de la r&#233;volution socialiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une politique prol&#233;tarienne ne signifie nullement que les travailleurs ne revendiquent que pour eux-m&#234;mes. Elle signifie que les travailleurs se portent candidats &#224; donner des solutions pour toute la population, pour l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Ils affirment que le droit social doit remplacer le droit du capital, compl&#232;tement et dans tous les domaines de la vie sociale. Cela concerne tous les milieux populaires et pas seulement la classe ouvri&#232;re. C'est un programme qui s'adresse aussi aux couches sociales moyennes menac&#233;es ou frapp&#233;es par la crise. A toutes ces couches, le prol&#233;tariat affirme qu'il les d&#233;fendra face au grand capital, face aux banques, face aux trusts, face aux usuriers, face aux dettes, face &#224; l'&#201;tat bourgeois. Mais, pour cela, il faut que les classes moyennes choisissent de rompre avec la soci&#233;t&#233; bourgeoise, basculent dans le camp du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, le prol&#233;tariat doit montrer qu'il est le chef de file de la contestation de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, en rompant avec toutes les politiques syndicales qui affirment le contraire. M&#234;me quand les syndicats parlent de lutte, ils r&#233;clament l'aide de l'&#201;tat, l'aide du gouvernement, pour trouver de bons patrons, pour sauver l'industrie, pour sauver le pays, pour sauver l'emploi. Ainsi, ils d&#233;veloppent un programme diam&#233;tralement oppos&#233; au programme d'action qui est n&#233;cessaire &#224; la classe ouvri&#232;re pour devenir le p&#244;le de contestation du syst&#232;me. Ils d&#233;veloppent un discours &#233;conomique comme s'il fallait seulement trouver des bonnes solutions &#233;conomiques pour r&#233;soudre les probl&#232;mes du syst&#232;me. Ils contribuent &#224; faire croire que le syst&#232;me va s'en tirer et que c'est la condition pour que les prol&#233;taires et les peuples s'en sortent. Ils d&#233;veloppent &#233;galement un discours nationaliste qui est criminel dans la situation car il livre les travailleurs aux nationalistes extr&#234;mes, les fascistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus question d'admettre qu'un patron d&#233;clare que les caisses de l'entreprise sont vides. Il faut prendre sur ses revenus et biens personnels. Plus question d'admettre qu'un patron nous dise qu'il n'y a plus de travail. Du boulot ou pas, c'est une question de choix du grand capital en fonction de la rentabilit&#233;. Ce n'est pas notre probl&#232;me. Nous exigeons, dans tous les cas, d'&#234;tre pay&#233;s. Plus question d'allocations ch&#244;mage impay&#233;es. Plus question d'&#233;lectricit&#233; coup&#233;e, de t&#233;l&#233;phone coup&#233;, de cr&#233;dits coup&#233;s, de compte ferm&#233;, d'emplois supprim&#233;s. Quand un capitaliste, un banquier, une assurance sont en difficult&#233;, la soci&#233;t&#233; trouve des milliards pour le sauver. Imposons qu'il en soit de m&#234;me quand il s'agit des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi en finir avec la logique des directions des centrales syndicales qui qu&#233;mandent des petits accommodements, signent des contre-r&#233;formes, divisent les luttes, les l&#226;chent en cours de route et organisent des journ&#233;es d'action sans lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut unir les travailleurs pr&#233;caires, les ch&#244;meurs et ceux qui ont un emploi, les travailleurs du public et du priv&#233;, les travailleurs de l'Automobile et ceux de l'Audiovisuel, ceux de la Recherche et ceux de la Construction, ceux de l'Enseignement et ceux des grands magasins. C'est &#224; nous de d&#233;fendre notre avenir. Personne ne le fera &#224; notre place ! Il ne s'agit pas de d&#233;fendre chacun notre entreprise mais de d&#233;fendre collectivement le sort de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D- La direction des luttes : prol&#233;tariat et peuple travailleur doivent diriger eux-m&#234;mes leurs luttes sans les confier &#224; des appareils politiques et syndicaux lies aux &#201;tats et aux exploiteurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs, s'ils ne veulent pas subir de plein fouet le ch&#244;mage, la mis&#232;re, et aussi les dictatures et les guerres, cons&#233;quences in&#233;vitables de la crise, comme le fascisme et la guerre mondiale ont &#233;t&#233; des cons&#233;quences de la crise de 1929, doivent diriger eux-m&#234;mes leurs luttes aujourd'hui et devront diriger demain la soci&#233;t&#233;. Tant qu'ils se laissent diriger par les centrales syndicales, ils ne peuvent pas appara&#238;tre pour la force sociale capable de supplanter le syst&#232;me capitaliste car les centrales, elles, sont des institutions qui font partie du syst&#232;me m&#234;me quand les militants de ces centrales n'en ont pas conscience ou ne le souhaitent pas. Bien entendu, nous ne consid&#233;rons pas les militants syndicalistes comme des ennemis mais comme des travailleurs comme les autres, &#224; convaincre comme les autres, aussi r&#233;formistes que les autres travailleurs, aussi marqu&#233;s par la loi du syst&#232;me que les autres travailleurs. Tant que les travailleurs ne commenceront pas &#224; casser la cha&#238;ne morale qui les attache au capitalisme, nous r&#233;volutionnaires n'entra&#238;nerons pas la majorit&#233; des militants syndicalistes. Casser la cha&#238;ne du capitalisme n&#233;cessite en premier que les travailleurs estiment que la catastrophe imminente implique qu'ils soient pr&#234;ts &#224; se r&#233;unir, &#224; s'assembler pour se parler de la situation, pour &#233;changer librement des avis sur celle-ci, sur les moyens d'y faire face, pour lutter, sur les revendications comme sur les moyens d'action. Les revendications et les moyens d'actions que proposent les r&#233;volutionnaires ont vocation d'&#234;tre propos&#233;s d'abord et avant tout dans ces assembl&#233;es ouvri&#232;res et pas seulement dans les syndicats o&#249; tout l'appareil syndical a vocation de les torpiller d'avance, de les emp&#234;cher m&#234;me d'&#234;tre diffus&#233;es et discut&#233;es. M&#234;me dans les assembl&#233;es, l'appareil bureaucratique cherchera &#224; faire taire la voix des militants r&#233;volutionnaires mais l'assembl&#233;e peut d&#233;cider qu'elle veut quand m&#234;me les &#233;couter et peut l'imposer aux bureaucrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre en place partout o&#249; la col&#232;re monte dans le peuple travailleur des assembl&#233;es se dotant de pouvoir de d&#233;cision, &#233;lisant des d&#233;l&#233;gu&#233;s et les r&#233;unissant en comit&#233;s et conseils pour &#233;laborer programmes, strat&#233;gies, m&#233;thodes d'action, r&#233;digeant tracts, prises de parole, affiches, sites internet et autres moyens de propagande et d'intervention et d&#232;s que possible, f&#233;d&#233;rant ces organisations du peuple travailleur de base et, si possible, les liant &#224; celles d'autres pays. Faire en sorte que chaque lutte sur une question particuli&#232;re permette de se lier &#224; d'autres luttes et &#224; mettre en avant le programme d'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E- Certains diront : nous, travailleurs, ne pourrons jamais gouverner toute la soci&#233;t&#233; par nous-m&#234;mes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que l'on entend fr&#233;quemment dire dans la classe ouvri&#232;re : &#171; Nous n'avons pas la comp&#233;tence, nous ne savons pas faire fonctionner l'ensemble de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233;. &#187; Ceux qui disent cela sont victimes de l'absence d'occasion pour les travailleurs de discuter et de d&#233;cider collectivement pour des questions concernant des questions fondamentales de la soci&#233;t&#233;, m&#234;me dans des soci&#233;t&#233;s qui se disent d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes et tous leurs soutiens politiques et sociaux, gouvernementaux ou m&#233;diatiques n'ont bien entendu nulle envie que les travailleurs discutent et d&#233;cident politiquement. Au contraire, ils font tout pour faire penser aux travailleurs que, dans chaque question politique ou sociale g&#233;n&#233;rale, ils n'y comprennent rien. En n'ayant aucun &#233;l&#233;ment r&#233;el d'information et de discussion collective, les travailleurs ne risquent pas de d&#233;velopper leurs propres id&#233;es et de les confronter &#224; la r&#233;alit&#233;. Un autre &#233;l&#233;ment fondamental joue contre les travailleurs, les emp&#234;chant de prendre conscience de leurs capacit&#233;s : le fait que les organisations qui dirigent les luttes ne veulent surtout pas que les travailleurs organisent des assembl&#233;es d&#233;cisionnelles (elles votent toute orientation de leurs gr&#232;ves et manifestations, mots d'ordre, m&#233;thode d'action, perspectives), &#233;lisant des comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus et r&#233;vocables, ind&#233;pendants des appareils syndicaux et politiques, ind&#233;pendants du patronat et du gouvernement capitaliste. Les r&#233;formistes combattent en premier contre ces tentatives d'auto-organisation des travailleurs et contre les militants qui essaient de les d&#233;fendre dans les gr&#232;ves et autres luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, diront bien de travailleurs, il faut des comp&#233;tences pour diriger la soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement et justement ce sont les capitalistes qui n'ont pas ces comp&#233;tences, pas les travailleurs ! Ces comp&#233;tences, ce sont des salari&#233;s qui les ont, dans chaque domaine. Tant qu'ils n'agissent pas collectivement, en se dirigeant eux-m&#234;mes, les salari&#233;s n'ont pas l'impression d'avoir ces connaissances mais collectivement, ce sont eux qui les d&#233;tiennent. Les classes dirigeantes n'en disposent que parce que les travailleurs leur ob&#233;issent. Mais m&#234;me un pr&#233;sident qui affirme disposer de l'arme atomique ne sait m&#234;me pas si sa valise atomique est connect&#233;e ni comment. Les ministres qui passent de l'&#201;ducation &#224; la Sant&#233; n'y connaissent souvent pas plus dans un domaine que dans l'autre. Les g&#233;n&#233;raux dirigent des arm&#233;es mais les moyens techniques de ces arm&#233;es, ils ne les connaissant souvent m&#234;me pas. Ce sont les travailleurs, de l'ouvrier au technicien et &#224; l'ing&#233;nieur qui disposent des connaissances techniques et scientifiques, en comptant aussi les chercheurs qui sont aussi des salari&#233;s. La classe capitaliste n'est pas s&#233;lectionn&#233;e par ses comp&#233;tences intellectuelles mais par la possession des capitaux et des moyens de production, h&#233;rit&#233;e des parents et des grands parents, ou des fortunes rapides constitu&#233;es par des investissements sp&#233;culatifs ou m&#234;me productifs, mais cela n&#233;cessite davantage de comp&#233;tences financi&#232;res que scientifiques et techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux choix sociaux que la direction d'ensemble de la soci&#233;t&#233; exige, les capitalistes ont des comp&#233;tences pour imposer leurs int&#233;r&#234;ts particuliers qui sont diam&#233;tralement oppos&#233;s &#224; ceux de l'immense majorit&#233; de la population et pour faire croire le contraire mais ils sont incomp&#233;tents pour se pr&#233;occuper des besoins de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les choix politiques, les r&#233;formistes pr&#233;sentent la d&#233;mocratie capitaliste, dans laquelle cette infime minorit&#233; des possesseurs du grand capital dicte sa loi, comme le nec plus ultra de la d&#233;mocratie et affirment que le refus de cet ordre politique inadmissible serait antid&#233;mocratique, que ce serait une &#171; dictature communiste &#187; ! Mais ils oublient de dire que, sous la d&#233;mocratie capitaliste, leur pr&#233;tention d&#233;mocratique ne va pas jusqu'&#224; faire &#233;lire par la population les principales fonctions de la soci&#233;t&#233; : les patrons et dirigeants des institutions principales de la soci&#233;t&#233;. La seule fonction qui est &#233;ligible est celle de pr&#233;sident de la R&#233;publique. Et les seuls qui peuvent y postuler sont d'abord tri&#233;s par la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Les seuls qui ont acc&#232;s aux grands m&#233;dias aussi. Pas &#233;tonnant, ce sont les grands groupes capitalistes qui d&#233;tiennent les m&#233;dias comme ils d&#233;tiennent les liens avec les grandes institutions de la soci&#233;t&#233;, la banque nationale, les banques priv&#233;es, les entreprises priv&#233;es, publiques et semi-priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dirigeants de gauche et des syndicats cachent tout cela et font comme si de &#171; bonnes &#233;lections &#187; pourraient changer cet ordre social et c'est un mensonge complet. Seule la mise en place d'&#233;lections des d&#233;l&#233;gu&#233;s des travailleurs au sein d'assembl&#233;es dans lesquelles les travailleurs imposent leurs propres d&#233;cisions et ne se laissent pas manipuler par les r&#233;formistes politiques et syndicaux peuvent parvenir &#224; mettre en place une v&#233;ritable d&#233;mocratie et l'imposer au sein d'un &#201;tat qui soit un pouvoir des travailleurs. Certes, ce ne serait pas une d&#233;mocratie pour les capitalistes mais ces derniers sont moins d'un pourcent de la soci&#233;t&#233; et n'agissent pas du tout dans le sens des int&#233;r&#234;ts de l'humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comit&#233;s de gr&#232;ve, Comit&#233;s d'Usines, Soviets (Communes r&#233;volutionnaire) et gouvernement ouvrier : A la dictature du capital sur la soci&#233;t&#233; imposons la dictature du travail du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F- La question du pouvoir a &#233;t&#233; pos&#233;e d&#232;s le d&#233;part par le mouvement r&#233;volutionnaire et socialiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mancipation int&#233;grale c'est se gouverner soi-m&#234;me directement. Mais pour se gouverner dans l'avenir, le peuple doit commencer par gouverner directement ses luttes et cela commence par la mise en place de comit&#233;s de gr&#232;ve dans les entreprises et sur ses lieux de vie. Ces comit&#233;s sont des embryons du futur autogouvernement du peuple en &#233;lisant une direction de la lutte responsable et r&#233;vocable devant les assembl&#233;es de lutte du peuple. Leur coordination sera alors la pr&#233;misse de nouvelles Communes R&#233;volutionnaires &#224; l'Image des Communes de Paris, Marseille, Lyon et Bordeaux en 1871, derni&#232;re grande insurrection r&#233;volutionnaire du Peuple en France et 1er gouvernement des pauvres, des opprim&#233;s et des exploit&#233;s. Et comme Fernand Pelloutier, fondateur des Bourses du travail, nous pensons que la t&#226;che du syndicalisme est &#171; d'habituer (le peuple travailleur) &#224; se passer de gouvernant. (il) doit donc conseiller, instruire, mais non diriger &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat ne passera pas par miracle de son adaptation au syst&#232;me d'exploitation &#224; son r&#244;le r&#233;volutionnaire et communiste. Il lui faut des pas en avant. La formation de soviets est une &#233;tape mais elle ne signifie pas que les id&#233;es r&#233;volutionnaires ont n&#233;cessairement triomph&#233; jusqu'au bout. Mais les soviets, ou toute forme d'auto-organisation politique de masse, sont un &#233;l&#233;ment indispensable. C'est &#224; partir de ces conseils de travailleurs que la classe ouvri&#232;re peut commencer &#224; contr&#244;ler non seulement l'&#233;conomie mais aussi tisser des liens parmi les couches petites bourgeoises, contester le monopole des forces d'&#201;tat. Ce sont ces soviets qui peuvent b&#226;tir un embryon d'&#201;tat qui se d&#233;veloppe face &#224; l'&#201;tat bourgeois, avant d'avoir consciemment le but de le renverser et de le d&#233;truire de fond en comble en pla&#231;ant le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire comme seule force d&#233;tenant le pouvoir d'&#201;tat. Tant que cette perspective n'est pas trac&#233;e, toute r&#233;volution peut se retourner contre ses auteurs et le r&#244;le r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat aboutir &#224; un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UN PROGRAMME D'ACTION CONTRE LA VIE CHERE, LA MISERE ET LA GUERRE !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce dont nous ne voulons plus : l'int&#233;r&#234;t priv&#233; au d&#233;triment de l'int&#233;r&#234;t public et toute l'organisation sociale tourn&#233;e en faveur de l'infime minorit&#233; des possesseurs du grand capital&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Nous refusons la pauvret&#233;, les in&#233;galit&#233;s, les emplois pr&#233;caires &#224; peine pay&#233;s, les fins de mois difficiles, de ne pas pouvoir manger &#224; sa faim alors que des tonnes de nourritures sont d&#233;truites, se soigner, se loger, se voir couper l'&#233;lectricit&#233; ou le gaz si ce n'est expuls&#233; ... !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Nous ne voulons plus de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production (capitaux et entreprises) qui autorise le propri&#233;taire &#224; fermer une usine, &#224; licencier un comme mille salari&#233;s, &#224; imposer ses salaires, ses conditions de travail, ses charges de travail, ses milles et unes volont&#233;s ainsi que celles de l'encadrement qu'il impose et ses choix de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Nous ne voulons plus de l'&#201;tat des grandes fortunes au service exclusif de ces possesseurs de capitaux, via la corruption des hommes politiques et des dirigeants administratifs. Nous ne voulons plus que les grandes fortunes d&#233;tiennent la totalit&#233; des grands m&#233;dias, le pouvoir id&#233;ologique, religieux, moral, d'information, d'&#233;ducation de la jeunesse, le pouvoir militaire, policier, judiciaire, administratif ou sur les services publics comme le pouvoir sur toute l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Nous ne voulons plus que l'argent public serve des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Il doit &#234;tre interdit de distribuer des fonds publics aux banques et aux trusts, aux grandes entreprises priv&#233;es et aux assurances, aux bourses et aux financiers, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Nous ne voulons plus de l'ordre capitaliste qui repose sur l'ordre patriarcale et l'oppression des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) Nous ne voulons plus des lois et constitutions qui favorisent les capitalistes contre le peuple travailleur, faisant r&#233;gner l'injustice en d&#233;fendant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production des grandes fortunes (la terre, les entreprises, les usines, les logements,....)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) Nous voulons donc que l'int&#233;gralit&#233; des richesses appartienne au peuple travailleur et que la totalit&#233; du pouvoir d'&#201;tat soit soumis au peuple travailleur organis&#233; en comit&#233;s et assembl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous voulons : privil&#233;gier l'int&#233;r&#234;t public de tous &#224; l'int&#233;r&#234;t priv&#233; d'une minorit&#233; d'ultra-riches possesseurs des capitaux, des moyens de production, de la terre, de l'&#233;nergie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre le grand capital :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation des milliardaires et des 10% les plus riches !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suppression de tout lien entre les exploiteurs et l'&#201;tat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualification de toute corruption des personnels d'&#201;tat par des possesseurs de capitaux est consid&#233;r&#233;e comme un crime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise sous le contr&#244;le direct et sous la direction permanente des conseils de travailleurs de toute grande entreprise, toute banque et tout &#233;tablissement financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la fraude des plus riches et des grandes entreprises :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraude fiscale est &#233;rig&#233;e en institution par les grandes fortunes et leurs serviteurs. C'est toute leur &#233;conomie qui est bas&#233;e sur l'exploitation l&#233;galis&#233;e et la fraude g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Pour cacher la fraude aux yeux du peuple, les grandes fortunes et les grands groupes se cachent derri&#232;re le secret commercial, bancaire et les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 30 milliards d'&#233;vasion fiscale sont cach&#233;s derri&#232;re le secret commercial ! L'&#233;conomie capitaliste est bas&#233;e sur la fraude g&#233;n&#233;ralis&#233;e et l'exploitation l&#233;galis&#233;e au b&#233;n&#233;fice d'une poign&#233;e et de leurs larbins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imposons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abolition du secret commercial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture des livres de compte des entreprises et banques pour emp&#234;cher toute &#233;vasion fiscale sous contr&#244;le de comit&#233;s de travailleurs du secteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collectivisation du syst&#232;me bancaire pour contr&#244;ler ce qui est fait de l'argent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annulation de la dette (les travailleurs n'ont pas &#224; la payer) et de la dette des m&#233;nages et petits patrons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures &#233;conomiques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture des livres de compte&lt;br class='autobr' /&gt;
L'abolition du secret commercial&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour des services publics sous contr&#244;le ouvrier !&lt;br class='autobr' /&gt;
Expropriation des banques, des soci&#233;t&#233;s de cr&#233;dits, des grands groupes&lt;br class='autobr' /&gt;
La collectivisation de l'&#233;conomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la vie ch&#232;re et la mis&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collectivit&#233; assure &#224; tous ceux qui vivent de leur travail (ouvriers, paysans, artisans, petits commer&#231;ants, jeunes, femmes, etc.) ou sont au ch&#244;mage ou &#224; la retraite au minimum un revenu suffisant pour vivre index&#233;e sur l'inflation &lt;br class='autobr' /&gt;
Augmentation imm&#233;diate de tous les salaires de 300 euros net ! Pas un salaire et pas un revenu inf&#233;rieur &#224; 2000 euros/net par mois ! Indexation sur l'inflation !&lt;br class='autobr' /&gt;
Abolition des imp&#244;ts sur les salaires (CSG, CRDS...) et de tous les imp&#244;ts indirects&lt;br class='autobr' /&gt;
Imp&#244;t progressif sur le revenu &#224; partir de 4000 euros net/mois&lt;br class='autobr' /&gt;
Imp&#244;t sur la fortune, le patrimoine (&#224; partir de 400.000 euros)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;chelle mobile des salaires et &#233;chelle mobile des heures de travail ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;galit&#233; salariale des deux sexes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Echelle mobile des salaires et comit&#233;s de surveillance des prix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne saurait suffire &#224; d&#233;fendre l'ensemble du peuple travailleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le paysan, l'artisan, le petit commer&#231;ant, &#224; la diff&#233;rence de l'ouvrier, de l'employ&#233;, du petit fonctionnaire, ne peut revendiquer une augmentation de salaire parall&#232;le &#224; l'augmentation des prix. La lutte bureaucratique officielle contre la vie ch&#232;re ne sert qu'&#224; tromper les masses. Les paysans, les artisans, les commer&#231;ants doivent cependant, en tant que consommateurs, s'immiscer activement, la main dans la main avec les ouvriers, dans la politique des prix. Aux lamentations des capitalistes sur les frais de production, de transport et de commerce, les consommateurs r&#233;pondront : &#034;Montrez-nous vos livres ; nous exigeons le contr&#244;le sur la politique des prix.&#034; Les organes de ce contr&#244;le doivent &#234;tre des COMIT&#201;S DE SURVEILLANCE DES PRIX, form&#233;s de d&#233;l&#233;gu&#233;s d'usines, de syndicats, de coop&#233;ratives, d'organisations de fermiers, de &#034; petites gens &#034; des villes, de m&#233;nag&#232;res, etc. Dans cette voie, les ouvriers sauront montrer aux paysans que la cause des prix &#233;lev&#233;s ne r&#233;side pas dans de hauts salaires, mais dans les profits d&#233;mesur&#233;s des capitalistes et dans les faux frais de l'anarchie capitaliste. &#187; (L&#233;on Trotsky, &#171; Le programme de transition &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre le ch&#244;mage : Bureau d'embauche Ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne tol&#233;rons pas la transformation d'une partie croissante du peuple en ch&#244;meurs ou en mis&#233;reux vivant des miettes d'une soci&#233;t&#233; en d&#233;composition. Le travail disponible doit &#234;tre r&#233;parti entre tous les travailleurs existants, et cette r&#233;partition doit d&#233;terminer la longueur de la semaine de travail. Le salaire moyen de chaque travailleur reste le m&#234;me qu'avec l'ancienne semaine de travail !&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imposer le contr&#244;le ouvrier sur la production au travers de comit&#233;s ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Contr&#244;ler l'embauche imm&#233;diate de personnel dans le priv&#233; comme le public &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;duction du temps de travail jusqu'&#224; extinction du ch&#244;mage et suppression des travaux inutiles (ou nuisibles) ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Contr&#244;ler les livres de comptes des grandes entreprises, des banques, des instituts financiers et de l'&#201;tat &lt;br class='autobr' /&gt;
Contr&#244;ler les co&#251;ts de production&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question des retraites : Contr&#244;lons et dirigeons nos caisses de retraites ! A bas la cogestion des caisses ! A bas les fonds de pensions m&#234;me publics dirig&#233;es par les syndicats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse des retraites par capitalisation ou par r&#233;partition, les travailleurs doivent cotiser bien souvent malgr&#233; des salaires de plus en plus faibles. Et cela est inacceptable ! Voici comment le mouvement ouvrier et socialiste posait la question des retraites sous un angle r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JULES GUESDE ET LAFARGUE CONTRE LA COTISATION OUVRIERE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie du courant socialiste et syndical au moment du vote de la loi pour les retraites en 1910 d&#233;non&#231;ait &#171; le pr&#233;l&#232;vement sur les salaires ouvriers &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#171; aggrave la mis&#232;re ouvri&#232;re, rend plus p&#233;nible aux travailleurs le poids du jour et r&#233;duit les ressources familiales d&#233;j&#224; insuffisantes. &#187; Le pr&#233;l&#232;vement ouvrier constitue &#171; un prolongement et une aggravation de l'exploitation patronale. L'employeur pr&#233;l&#232;ve sur le produit du travail ouvrier le plus qu'il peut, (un maximum de b&#233;n&#233;fice, de dividendes, de profits), et (les) pouvoirs publics (ajoutent) une nouvelle prise &#224; la prise d&#233;j&#224; op&#233;r&#233;e : (doublant) le vol patronal d'un vol l&#233;gislatif. (&#8230;) Le socialisme consiste essentiellement &#224; mettre fin au pr&#233;l&#232;vement op&#233;r&#233; sur le produit du travail de chaque jour par le patronat (&#8230;). Accepter que des retenues sur les salaires soient demand&#233;es comme le moyen de parer aux maladies et &#224; la vieillesse (&#8230;), ne saurait &#234;tre admis par un socialiste. Le salaire suffit &#224; peine aux besoins de chaque jour du salari&#233;, le contraindre pour ne pas manquer de tout &#224; un &#226;ge qu'il n'est pas moins s&#251;r d'atteindre, le contraindre &#224; se priver durant sa vie active et &#224; priver les siens du strict n&#233;cessaire, n'est pas am&#233;liorer sa condition, mais l'aggraver. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jules Guesde (membre du Parti Ouvrier Fran&#231;ais) &#224; la chambre des d&#233;put&#233;s, s&#233;ance du 31 mars 1910.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me Jules Guesde &#233;crivait : &#171; C'est &#224; l'employeur, &#224; celui qui profite du travail, qu'incombe l'obligation de pr&#233;voir les mauvais et les vieux jours des travailleurs et d'y pourvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le financement des retraites devait &#234;tre pr&#233;lev&#233; sur l'h&#233;ritage des capitalistes qui &#224; l'&#233;poque d&#233;j&#224; poss&#233;daient &#171; plus de la moiti&#233; de la richesse nationale, que leurs membres ont acquis en mangeant, paillardant et dormant. L'imp&#244;t sur les h&#233;ritages ne frapperait que des parasites aussi nuisibles qu'inutiles. &#187; (Paul Lafargue (socialiste fran&#231;ais du Parti Ouvrier Fran&#231;ais, 1842-1911).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les retraites comme pour la s&#233;curit&#233; sociale ou les services publics par exemple, ce n'est pas au peuple travailleur de payer par l'imp&#244;t, le pr&#233;l&#232;vement ou des cotisations pour financer ses besoins alors que c'est nous qui produisons toutes les richesses mais aux capitalistes qui volent le fruit de notre travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement des retraites doit peser exclusivement sur les profits et sur les richesses issues de l'exploitation du travail !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exclusion de toutes les caisses (retraites, maladie, ch&#244;mage) des repr&#233;sentants du patronat et de l'&#201;tat ! C'est notre argent ! c'est &#224; nous de le g&#233;rer directement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats doivent sortir du COR mais &#233;galement de toutes les institutions du capital comme le CESE &#224; l'origine de nombreux rapport notamment contre la SNCF&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le ouvrier sur la production par le biais de comit&#233;s responsable devant des AG de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question de la sant&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;Fin de l'h&#244;pital priv&#233; et des professions en lib&#233;rales !&lt;br class='autobr' /&gt; Ouverture de lits et d'h&#244;pitaux publics&lt;br class='autobr' /&gt; Une s&#233;curit&#233; sociale qui rembourse tout &#224; 100% ! fin des mutuelles priv&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt; Mise en formation de personnels de sant&#233;s ! prise en charge de la formation par la collectivit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; Expropriation des laboratoires pharmaceutiques ! contr&#244;le ouvrier !&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la question du logement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interdiction de refuser &#224; quiconque le droit au logement d&#233;cent et &#224; un prix d&#233;cent&lt;br class='autobr' /&gt;
Non aux expulsions !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les logements vides doivent &#234;tre mis &#224; la disposition des sans-logis sous le contr&#244;le des conseils de travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;quisition et Collectivisation du logement non r&#233;sidentiel (maximum une r&#233;sidence secondaire)&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la question de l'&#233;cole :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des comit&#233;s d'enseignants, d'&#233;l&#232;ves et de parents contr&#244;lent le bon fonctionnement de l'enseignement aux c&#244;t&#233;s des comit&#233;s de travailleurs et des conseils du peuple travailleur &lt;br class='autobr' /&gt;
Le contenu de l'enseignement ne doit plus servir &#224; justifier les in&#233;galit&#233;s, l'exploitation, l'imp&#233;rialisme, les dictatures, les guerres et autres crimes sociaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;cole comme tous les services publics sont mis sous le contr&#244;le des comit&#233;s de travailleurs de la branche et comit&#233;s du peuple travailleur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question de l'immigration :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combattre publiquement la haine des immigr&#233;s et tous ceux qui la diffusent&lt;br class='autobr' /&gt;
Supprimer toute opposition entre nationaux et &#233;trangers &lt;br class='autobr' /&gt; Unir les peuples contre la domination imp&#233;rialiste, les peuples des pays imp&#233;rialistes soutenant tout effort des pays opprim&#233;s de se lib&#233;rer &lt;br class='autobr' /&gt;
Supprimer l'exploitation des pays opprim&#233;s par l'imp&#233;rialisme et les grands trusts et en rendre les richesses aux peuples &lt;br class='autobr' /&gt;
Supprimer toutes les l&#233;gislations fascistes qui suscitent la haine entre les peuples et qui autorisent les pays riches &#224; faire mourir des migrants &#224; leurs fronti&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
Quiconque vit de son travail a le droit de vivre dans le pays de son choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre la guerre et la fascisation de la soci&#233;t&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sarmement de la classe capitaliste et l'armement du prol&#233;tariat &lt;br class='autobr' /&gt;
Le rejet et la d&#233;nonciation des extr&#234;mes droites, qu'elles soient pro ou anti-islamistes, qu'elles soient religieuses ou pr&#233;tendument la&#239;ques &lt;br class='autobr' /&gt;
Le rejet des deux blocs imp&#233;rialistes et de leurs pr&#233;textes de guerre &lt;br class='autobr' /&gt;
L'union internationale des prol&#233;taires &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus que jamais, prol&#233;taires, nous n'avons pas de patrie capitaliste &#224; d&#233;fendre, pas d'&#233;conomie capitaliste &#224; prot&#233;ger, que des cha&#238;nes &#224; rompre et &#224; faire chuter !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La planification &#233;conomique pour r&#233;pondre au besoin du peuple&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple doit diriger l'&#233;conomie et la production selon ses besoins &#233;l&#233;mentaires. Cette direction impose le contr&#244;le du peuple sur la production. Dans tous les secteurs d'activit&#233;, nous devrons constituer des comit&#233;s &#224; tous les niveaux de la production. Ce contr&#244;le doit nous pr&#233;parer &#224; diriger directement l'&#233;conomie nationalis&#233;e par les comit&#233;s de travailleurs dans les entreprises et les usines instaurant la propri&#233;t&#233; collective du peuple sur les moyens de production. La planification en r&#233;pondant aux besoins des populations &#233;vitera le pillage des ressources naturelles et la surproduction aveugle de marchandises li&#233; &#224; la concurrence et &#224; l'anarchie de la production capitaliste conduisant parfois &#224; des guerres. Le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie n'aura plus pour objectif le profit mais le bien-&#234;tre du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation des grands groupes capitalistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons exproprier tous les grands groupes voleurs des aides publics au nom de la d&#233;fense de l'emploi alors qu'ils ont licenci&#233;s ou supprim&#233;s des centaines de milliers postes. De m&#234;me pour les pollueurs !&lt;br class='autobr' /&gt;
L'expropriation et la nationalisation ne peuvent se faire qu'&#224; ces conditions :&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous refusons le rachat&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous relions le probl&#232;me de l'expropriation &#224; celui du pouvoir du pouvoir du peuple travailleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'expropriation des banques priv&#233;es et la collectivisation du syst&#232;me de cr&#233;dit&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans notre soci&#233;t&#233;, le capital financier domine. Les banques concentrent dans leurs mains le commandement r&#233;el de l'&#233;conomie. Impossible de faire un seul pas s&#233;rieux dans la lutte contre le despotisme des monopoles si on laisse les leviers de commande des banques dans les mains des capitalistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour r&#233;aliser un syst&#232;me unique d'investissement et de cr&#233;dit r&#233;pondant aux int&#233;r&#234;ts du peuple tout entier, il faut fusionner toutes les banques dans une institution nationale unique. Seules, l'expropriation des banques priv&#233;es mettra &#224; notre disposition l'investissement et moyens n&#233;cessaires pour organiser la vie &#233;conomique selon nos besoins.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'expropriation des banques ne signifie en aucun cas l'expropriation des petits d&#233;p&#244;ts bancaires. Au contraire : pour les petits d&#233;posants, LA BANQUE COLLECTIVIS&#201;E pourra cr&#233;er des conditions plus favorables pour les agriculteurs, les artisans et les petits commer&#231;ants des conditions de cr&#233;dit privil&#233;gi&#233;es, c'est-&#224;-dire &#224; bon march&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, la COLLECTIVISATION BANCAIRE ne donnera ces r&#233;sultats favorables que si le pouvoir d'&#201;tat lui-m&#234;me passe enti&#232;rement des mains des exploiteurs aux mains du peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
En conclusion &lt;br class='autobr' /&gt;
Les grandes fortunes et leurs avocats (gouvernement, &#201;tat, m&#233;dias) d&#233;montreront&#171; l'impossibilit&#233; de r&#233;aliser &#187; nos revendications. Les capitalistes de moindre taille, surtout ceux qui marchent &#224; la ruine, invoqueront, en outre, leur livre de comptes. Nous rejetterons cat&#233;goriquement ces arguments et ces r&#233;f&#233;rences. Il s'agit de pr&#233;server le peuple de la d&#233;ch&#233;ance, de la d&#233;moralisation et de la ruine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit de la vie et de la mort du peuple et par la m&#234;me de l'avenir de l'humanit&#233;. Si le capitalisme est incapable de satisfaire nos revendications qui surgissent infailliblement des maux qu'il a lui-m&#234;me engendr&#233;s, qu'il p&#233;risse ! La &#171; possibilit&#233; &#187; ou &#171; l'impossibilit&#233; &#187; de r&#233;aliser les revendications est, dans le cas pr&#233;sent, une question de rapport des forces, qui ne peut &#234;tre r&#233;solue que par la lutte. Sur la base de cette lutte, quels que soient nos succ&#232;s pratiques imm&#233;diats, le peuple comprendra mieux que toute la n&#233;cessit&#233; de liquider l'esclavage capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA MESURE QUI EST LE GAGE DE TOUTES LES PRECEDENTES EST LA LUTTE POUR LA FORMATION, LA FEDERATION, ET LA PRISE DE CONSCIENCE DE LEUR ROLE HISTORIQUE DES CONSEILS D'USINE ET DES SOVIETS ET L'ALLIANCE DU PEUPLE TRAVAILLEUR (ENTRE LE PROL&#201;TARIAT ET LA PETITE BOURGEOISIE QUI VIT DE SON TRAVAIL).&lt;/h2&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8221&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LIRE ENSUITE&lt;/a&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
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