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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La discontinuit&#233; psychologique, la peur humaine dans chacune des phases de l'individu</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;La confiance est l'une des bases psychologiques indispensables de l'&#234;tre humain mais elle n'est pas aussi positive que nous le croyons souvent. Elle est inhibition des peurs... C'est une n&#233;gation dialectique. &lt;br class='autobr' /&gt;
La discontinuit&#233; psychologique, la peur humaine dans chacune des phases de l'individu &lt;br class='autobr' /&gt;
La peur de mourir, peur de souffrir, peur que les proches disparaissent, peur d'&#234;tre abandonn&#233; sont des souffrances successives de la petite enfance. La peur de ne pas se reconna&#238;tre dans un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique109" rel="directory"&gt;Psychisme et discontinuit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La confiance est l'une des bases psychologiques indispensables de l'&#234;tre humain mais elle n'est pas aussi positive que nous le croyons souvent. Elle est inhibition des peurs... C'est une n&#233;gation dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La discontinuit&#233; psychologique, la peur humaine dans chacune des phases de l'individu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur de mourir, peur de souffrir, peur que les proches disparaissent, peur d'&#234;tre abandonn&#233; sont des souffrances successives de la petite enfance. La peur de ne pas se reconna&#238;tre dans un miroir, la peur de ne pas se reconna&#238;tre dans ses proches, la peur de ne pas &#234;tre reconnu par ses proches, la peur de la rupture sentimentale, la peur d'&#234;tre rejet&#233; qui peut amener &#224; anticiper soi-m&#234;me le rejet des autres, la peur de changer brutalement, dans les apparences et dans le fond, la peur de ne pas &#234;tre l'enfant de ses parents lui succ&#232;dent vers l'adolescence. Puis l'adulte conna&#238;t la peur de ne pas &#234;tre reconnu &#224; sa valeur, la peur de s'assembler avec un compagnon qui ne lui ressemblerait pas, la peur de reproduire un enfant qui ne lui ressemblerait pas, la peur de ne plus ressentir les m&#234;mes attirances physiques morales, mentales. Puis, l'&#226;ge avan&#231;ant, il y a la peur de ne plus &#234;tre capable physiquement, mentalement, sexuellement, socialement, moralement de ce qu'on pouvait faire autrefois, la peur de vieillir et de changer encore une fois. Lui succ&#232;de la peur de d&#233;railler, la peur de ne plus m&#233;moriser, de ne plus bien entendre, bien voir, bien comprendre les autres. Et on finit pas le d&#233;but : la peur de souffrir, de mourir, que les proches disparaissent. La boucle est boucl&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peur de la discontinuit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peur d'&#234;tre seul, peur d'avoir mal, peur de ne pas savoir quoi faire, peur de ne pas comprendre ou de ne pas &#234;tre compris, peur du noir, du vide, de la discontinuit&#233; du temps et de l'espace, peur du Mal diam&#233;tralement oppos&#233; au Bien. Plus on est stress&#233;, plus on a peur de la discontinuit&#233;, celle o&#249; on ne comprend plus ce que l'on fait, o&#249; on est, qui va nous retrouver, comment on va s'en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux gestes quotidiens n'ont d'autre objectif que de fabriquer de la continuit&#233;, de cr&#233;er des liens de m&#233;moires pour stabiliser, pour rendre continu une histoire faite de discontinuit&#233;s. Tous les changements brutaux sont &#233;valu&#233;s comme dangereux, rupture de rythme, rupture continuit&#233; d'emploi, de relations, de famille, de logement, d'&#233;tat d'esprit, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, de grands efforts sont r&#233;alis&#233;s par l'homme et la soci&#233;t&#233; pour rendre insensibles, invisibles, indolores les diverses discontinuit&#233; in&#233;vitables de la vie individuelle comme sociale. Les fonctions de direction, de r&#233;gularisation, de monotonie, d'illusion, de r&#233;tention d'information, de d&#233;n&#233;gation, de refus d'acc&#232;s &#224; la conscience de tout ce qui pourrait rompre l'impression imaginaire de continuit&#233;. L'&#234;tre humain adulte fait cela de mani&#232;re automatique alors que l'enfant et le vieillard s'aper&#231;oivent des ruptures et en souffrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la conscience humaine, elle qui produit justement l'illusion du continu, elle-m&#234;me est discr&#232;te. &#171; Le flux de notre conscience n'est donc pas &#224; envisager comme un changement continu permanent mais plut&#244;t comme une succession d'&#233;tats stables. (&#8230;) De nombreuses donn&#233;es de la psychologie exp&#233;rimentale et de la neurophysiologie humaine sont en faveur de cet aspect &#171; quantique &#187; de nos &#233;tats conscients : Donchin et Coles, 1998 ; Raymond et al, 1992 ; VanRullen et Koch, 2003 et 2005. &#187; &#233;crit Lionel Naccache dans &#034;Le nouvel inconscient&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La a discontinuit&#233; naturelle la plus reconnue est celle de la mort, mais la naissance en est une autre aussi importante. La vie et la mort sont coupl&#233;es en permanence. Notre vie commence par la naissance et se termine par la mort, deux discontinuit&#233;s fondamentales, deux transitions de phase, d&#233;terminantes de notre existence. Ce ne sont pas des ph&#233;nom&#232;nes individuels mais le r&#233;sultat de l'action collective de quantit&#233; de mol&#233;cules et d'organes, m&#234;me si c'est l'individu qui meurt comme un tout. Naissance et vie sont fond&#233;s sur des couplages de contraires. La naissance est un ph&#233;nom&#232;ne aussi brutal que la mort, m&#234;me s'il ne se d&#233;roule pas en un instant. Les physiologistes parlent du &#171; cataclysme physiologique qui provoque la naissance &#187;. Et pourtant, comme le remarquait Jean-Claude Ameisen dans &#171; Qu'est-ce que mourir &#187;, par les rites de la mort, par notre m&#233;moire de leur pr&#233;sence, nous cherchons &#171; &#224; construire jour apr&#232;s jour, une continuit&#233; toujours nouvelle, qui les int&#232;gre (...) &#187;. Ce besoin de continuit&#233; de la psychologie humaine est une constante de notre comportement. Nous ne cessons pas de transformer intellectuellement du discontinu, naturel, en continu, pens&#233;. Notre cerveau nous pr&#233;sente des images apparemment continues, un temps et un espace qui semblent aussi l'&#234;tre, et nos repr&#233;sentations sont entach&#233;es par cet a priori. En r&#233;alit&#233;, cette croyance dans le continu est le produit de notre &#233;ducation et de notre vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre mode de pens&#233;e sur le monde n'est pas aussi rationnel que nous voudrions bien le croire. Il correspond &#224; une r&#233;alit&#233; qui n'est pas celle de la mati&#232;re mais celle de nos besoins psychologiques&#8230; Il est fond&#233; sur des croyances comme la continuit&#233; du monde qui sont impos&#233;es &#224; nos observations et non d&#233;coulant d'elles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychologie humaine, et son fondement, la conscience, bas&#233; sur l'auto-organisation des flashs du cerveau, est d&#233;j&#224; une transformation du discontinu brutal en illusion de continuit&#233; puisque nous croyons rester contin&#251;ment conscients. La vision, l'audition, le toucher contribuent &#224; ces illusions et le cerveau, au travers de ces sensations, transforme encore le discontinu en apparent continu. La m&#233;moire est elle-m&#234;me un ph&#233;nom&#232;ne discontinu et dynamique et non une conservation de faits &#224; l'identique, contrairement &#224; ce que l'on croit trop souvent. Notre m&#233;moire est &#171; &#224; trous &#187; comme notre vision, notre audition ou notre toucher, notre conscience&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychologie humaine n'est pas aussi &#233;loign&#233;e que l'on veut bien se le dire du fonctionnement g&#233;n&#233;ral de l'univers. Elle ob&#233;it fondamentalement aux m&#234;mes n&#233;cessit&#233;s. Elle n'est pas stable, se transforme sans cesse, m&#234;me si notre conscience est &#224; la recherche de certitudes, de rationalit&#233;s plus ordonn&#233;es. Comme la mati&#232;re et la soci&#233;t&#233;, elle ob&#233;it &#224; un m&#233;lange contradictoire d'ordre et de d&#233;sordre. Le go&#251;t d'ordre et de rationalit&#233; est plus ou moins prononc&#233; chez les individus. Mais la recherche d'un ordre absolu est aussi folle que la poursuite du d&#233;sordre absolu. Le fonctionnement naturel est une intermittence, une r&#233;troaction, un mixage d'ordre et de d&#233;sordre. Il en r&#233;sulte la possibilit&#233; de changements brutaux. Les accidents de la psychologie humaine en t&#233;moignent autant que les accidents brutaux de la m&#233;t&#233;orologie ou que ceux de la soci&#233;t&#233;. Notre attitude apeur&#233;e vis-&#224;-vis de la discontinuit&#233; nous am&#232;ne &#224; voir partout de la continuit&#233; alors que nos observations r&#233;fl&#233;chies devraient nous dire le contraire : dans les surfaces, dans les &#233;coulements mat&#233;riels, dans la lumi&#232;re, dans le mouvement, dans les formes, dans l'&#233;coulement du temps, dans la transmission d'&#233;nergie, etc&#8230;En se heurtant aux pr&#233;jug&#233;s contre la discontinuit&#233;, le philosophe grec Z&#233;non avait enfonc&#233; un coin dans les apriori de la philosophie indiscut&#233;e des hommes et ses id&#233;es ont encore du mal &#224; &#234;tre admises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le commun des mortels, le monde ne change pas ou peu, car, tous les matins, la terre semble la m&#234;me et le m&#234;me soleil se l&#232;ve dans un ciel identique, mais le soleil change &#224; de nombreuses &#233;chelles. A chaque seconde pour ce qui concerne les fusions radioactives, &#224; l'&#233;chelle de dizaines d'ann&#233;es pour les mouvements de la couche externe, &#224; plus grande &#233;chelle encore en ce qui concerne les mouvements d'interaction entre les couches concentriques de l'astre. En tant qu'individu, nous sommes aussi sujets de transformations &#224; plusieurs &#233;chelles successives : changements mol&#233;culaires en dessous du milli&#232;me de seconde, changements biologiques chaque seconde, changements m&#233;taboliques chaque jour, etc&#8230; Cependant, nous t&#226;chons de nous convaincre de la continuit&#233; de notre conscience et de nous persuader que tous ces chocs ne font pas de nous, &#224; chaque fois, un autre homme. Tous les jours, nous nous r&#233;veillons en nous assurant que nous sommes le m&#234;me homme et que nous allons rencontrer les m&#234;mes proches, dans un environnement inchang&#233;. Cette construction psychologique n'est pas une &#233;vidence. Il nous a fallu les longs mois de notre petite enfance pour mettre en place cette confiance dans le lendemain et en nous-m&#234;mes. Le sentiment de la permanence de notre &#171; moi &#187; a &#233;t&#233; le produit de tout un travail de notre cerveau et n'est pas acquis d&#232;s la naissance. Ce n'est pas un gain d&#233;finitif. Il peut facilement &#234;tre remis en cause du fait d'exp&#233;riences individuelles douloureuses. Par exemple, les attaques hormonales de l'adolescence, de la sexualit&#233; et de la croissance produisent une d&#233;stabilisation de la confiance en soi, due notamment &#224; une discontinuit&#233; dans les r&#233;actions personnelles et, parfois, dans l'apparence physique. L'&#233;quilibre, la s&#251;ret&#233; de soi, la confiance, la stabilit&#233;, la ma&#238;trise du stress sont des conqu&#234;tes de tous les jours, jamais d&#233;finitivement acquises, comme le montrent les maladies dites psychologiques &#8211; en fait la psychologie est ins&#233;parable du reste du fonctionnement. Tant qu'il n'y a pas de choc, nous nous contentons de la croyance en la fixit&#233; de notre moi, comme un fait indiscutable et qui ne n&#233;cessite pas d'explication. Nous le v&#233;rifions cependant r&#233;guli&#232;rement dans notre miroir physique et aussi dans notre miroir mental. C'est ce que nous appelons la conscience. En ce sens, la continuit&#233; est un besoin de notre moi, mais la discontinuit&#233;, r&#233;elle, est la plus forte. Il en va de m&#234;me de la stabilit&#233; de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le fonctionnement c&#233;r&#233;bral comme celui d'autres organes est discontinu dans le temps. &#187; Le biochimiste Ladislas Robert dans &#171; Les temps de la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La vie psychique dans son ensemble est frapp&#233;e de discontinuit&#233;. &#187; &#233;crivent les Pragier dans &#171; Repenser la psychanalyse avec les sciences &#187; qui notent que Didier Anzieu parle de &#171; quantit&#233;s pulsionnelles discontinues &#187;. Ils rel&#232;vent que &#171; Freud affirmait dans le commentaire d'un tr&#232;s court fragment du r&#234;ve &#171; Irma &#187; que la conscience des repr&#233;sentations oniriques est avant tout discontinue. &#187; C'est au point que la comparaison avec la physique quantique a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e par Simon-Daniel Kipman dans &#171; La rigueur de l'intuition &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sylvie et Georges Pragier &#233;crivent dans l'ouvrage d&#233;j&#224; cit&#233; : &#171; La possibilit&#233; d'apparition de changements, li&#233;s aux processus auto-organisateurs, repr&#233;sente donc une coupure radicale avec la conception d'une &#233;volution d&#233;terministe continue. Le d&#233;veloppement de l'organisme s'effectue au contraire sur un mode discontinu, avec des paliers. (&#8230;) L'organisation appara&#238;t finalement comme un processus discontinu de d&#233;sorganisation-r&#233;organisation. &#187; Les discontinuit&#233;s des &#233;tats psychiques sont des transitions de phase.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les neurosciences avaient d&#233;j&#224; montr&#233; que la vision fonctionne par coupage et recollage, en partageant les &#233;l&#233;ments d'une sc&#232;ne en &#233;l&#233;ments trait&#233;s diversement et s&#233;par&#233;ment avant de les recomposer. R&#233;cemment, les travaux du neuroscientifique Stanislas Dehaene ont montr&#233; que la lecture des &#233;crits est tout aussi discontinue. Elle d&#233;coupe en morceaux le mot et les analyse s&#233;par&#233;ment avant d'en recomposer l'interpr&#233;tation. Dans &#171; Les neurones et la lecture &#187;, ce chercheur montre que le mot est d&#233;compos&#233; en milliers de fragments envoy&#233;s &#224; des neurones diff&#233;rents. Une fois encore, c'est l'IRM a qui a permis ce pas en avant dans la compr&#233;hension du fonctionnement du cerveau. Et cela ne signifie pas que la lecture d&#233;compose le compliqu&#233; en simple et attribue le simple &#224; zone sp&#233;cifique. Bien au contraire, les zones attribu&#233;es effectuent bien d'autres fonctions. Les circuits de la reconnaissance des lettres sont capables aussi de reconna&#238;tre des objets ou des visages. La fonction lecture de texte a r&#233;utilis&#233; des circuits d&#233;j&#224; existants chez l'homme qui ne savait pas lire et les a r&#233;arrang&#233;s. C'est encore une fois le bricolage cr&#233;atif que nous appelons aussi auto-organisation ou pilotage du chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discontinuit&#233; est un produit du mode d'organisation de la vie (et m&#234;me de la mati&#232;re) qui est de nature quantique : par sauts quantiques. Les &#171; &#233;l&#233;ments &#187; sont organis&#233;s un par un et non par quantit&#233;s d&#233;cimales ou &#171; r&#233;elles &#187; (des nombres r&#233;els). Les &#233;l&#233;ments r&#233;els, par exemple des images psychiques, sont produites par l'&#233;mergence, ph&#233;nom&#232;ne brutal qui arrive &#224; un seuil. Les &#233;l&#233;ments ne sont pas fixes ni fig&#233;s mais produits du d&#233;sordre virtuel. Ils sont quantiques parce qu'ils sont d&#233;termin&#233;s par un seuil. Leur apparente fixit&#233; provient de la constance de ce seuil. Mais ils ne sont pas d&#233;crits par cette constance. Ils ne peuvent &#234;tre compris que comme &#233;ph&#233;m&#232;r es produits de la dynamique et non objets fixes marqu&#233;s par la constance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re du psychisme est fondamentalement discontinu parce que les pens&#233;es, les images mentales, ont pour propri&#233;t&#233; de s'autod&#233;truire rapidement sans donner naissance g&#233;n&#233;ralement &#224; des images plus durables. C'est seulement l'inhibition de ce processus d'autodestruction qui entra&#238;ne l'existence d'une m&#233;moire qui singe la continuit&#233; mais n'est elle-m&#234;me qu'un processus pouvant &#234;tre inhib&#233;. La discontinuit&#233; n'est pas n&#233;cessairement la mort puisque l'inhibition est capable de d&#233;structurer la pens&#233;e. Mais cette discontinuit&#233; a un caract&#232;re dialectique puisqu'il peut lui-m&#234;me &#234;tre contredit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; Le sentiment m&#234;me de soi &#187;, le neuroscientifique Antonio R. Damasio montre que son &#233;tude de la conscience est celle d'une transition : &#171; J'&#233;cris sur le sentiment de soi et sur la transition qui va de l'innocence et de l'ignorance &#224; l'&#233;tat de connaissance : mon but sp&#233;cifique est d'examiner les circonstances biologiques qui permettent cette transition cruciale. (&#8230;) Il y a trente-deux ans de cela, un homme se trouvait l&#224; assis en face de moi (&#8230;) Brusquement, l'homme s'est arr&#234;t&#233; au beau milieu d'une phrase, son visage a cess&#233; de s'animer, sa bouche s'est fig&#233;e, encore ouverte, et son visage s'est mis &#224; fixer, dans le vide, un poit du mur derri&#232;re moi. Pendant quelques secondes, il est rest&#233; sans bouger. J'ai prononc&#233; son nom, mais aucune r&#233;ponse n'est venue. (&#8230;) Pendant un court instant, qui m'a paru des si&#232;cles, cet homme a souffert d'une d&#233;t&#233;rioration de la conscience. Neurologiquement parlant, il a &#233;t&#233; pris d'un acc&#232;s d'absence suivi d'un automatisme d'absence, deux des manifestations de l'&#233;pilepsie, affection caus&#233;e par un dysfonctionnement c&#233;r&#233;bral. (&#8230;) Le souvenir de cet &#233;pisode ne m'a pas quitt&#233;, et ce fut un jour faste que celui o&#249; j'ai senti que je pouvais en interpr&#233;ter le sens. J'ignorais alors, chose que je sais &#224; pr&#233;sent, que j'avais &#233;t&#233; t&#233;moin de la transition, tranchante comme le rasoir, entre un esprit pleinement conscient et un esprit priv&#233; du sentiment de soi. (&#8230;) L'&#233;veil et la conscience ont tendance &#224; aller de pair, m&#234;me si cette association peut s'interrompre en deux circonstances exceptionnelles. L'une de ces exceptions est celle o&#249; nous sommes dans l'&#233;tat de sommeil onirique. A l'&#233;vidence, nous ne sommes pas &#233;veill&#233;s durant le sommeil onirique, et pourtant nous avons quelque conscience des &#233;v&#233;nements qui se d&#233;roulent dans l'esprit. (&#8230;) Un autre renversement spectaculaire de l'association habituelle peut aussi se produire : nous pouvons &#234;tre &#233;veill&#233;s tout en &#233;tant priv&#233;s de conscience. (&#8230;) L'absence d'attention manifeste vers un objet ext&#233;rieur n'est pas n&#233;cessairement une d&#233;n&#233;gation de la pr&#233;sence de la conscience et peut plut&#244;t indiquer que l'attention est dirig&#233;e vers un objet interne. (&#8230;) Il s'agit d'un &#233;tat extr&#234;mement transitoire. (&#8230;) Les crises d'absence sont l'une des principales vari&#233;t&#233;s d'&#233;pilepsie, dans laquelle la conscience est momentan&#233;ment suspendue ainsi que l'&#233;motion, l'attention et le comportement ad&#233;quat. Le trouble s'accompagne d'une anomalie &#233;lectrique qui appara&#238;t de mani&#232;re caract&#233;ristique dans l'&#233;lectroenc&#233;phalogramme. Les crises d'absence sont tr&#232;s instructives pour qui &#233;tudie la conscience, et la crise d'absence type est en fait l'un des plus purs exemples de perte de conscience (&#8230;) Brusquement, (&#8230;) le patient s'interrompt au beau milieu d'une phrase, se fige dans tel ou tel mouvement qu'il &#233;tait en train d'accomplir et se met &#224; regarder fixement dans le vide. (&#8230;) En sortant de son &#233;tat fig&#233;, le patient regarde autour de lui (&#8230;) La conscience s'en est revenue aussi brusquement qu'elle s'en &#233;tait all&#233;e (&#8230;) Dans l'intervalle, le patient n'a aucune esp&#232;ce de souvenir. (&#8230;) La suspension de l'&#233;motion est un signe important dans les crises d'absence et dans les automatismes d'absence. (&#8230;) La d&#233;couverte de d&#233;t&#233;riorations parall&#232;les dans la conscience et dans l'&#233;motion para&#238;tra d'autant plus remarquable que (&#8230;) les &#233;motions peuvent &#234;tre d&#233;clench&#233;es de fa&#231;on non conscientes, &#224; partir de pens&#233;es auxquelles on ne pr&#234;te pas attention, aussi bien qu'&#224; partir d'aspects de nos &#233;tats corporels qui sont impossibles &#224; percevoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.societe-psychanalytique-de-paris.net/wp/?p=2448&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Psychisme et discontinuit&#233;</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article192</link>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;SITE : Mati&#232;re et r&#233;volution &lt;br class='autobr' /&gt;
www.matierevolution.fr &lt;br class='autobr' /&gt; Pourquoi ce site ? &lt;br class='autobr' /&gt;
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1-5-1 La discontinuit&#233;, une question philosophique &lt;br class='autobr' /&gt;
1-5-2 Qu'est-ce que la continuit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
1-5-3 Une vieille question &lt;br class='autobr' /&gt; 1-5-4 L'illusion du continu &lt;br class='autobr' /&gt;
1-5-5 Continuit&#233; du vivant ? &lt;br class='autobr' /&gt;
1-5-6 Des objets math&#233;matiques continus ou discontinus ? &lt;br class='autobr' /&gt;
1-5-7 Le quanta, ou la mort programm&#233;e du continu en physique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article17&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1-5-8 Pourquoi la notion de continu fait de la r&#233;sistance ?&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article18&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1-5-9 La continuit&#233;, une propri&#233;t&#233; math&#233;matique ?&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article19&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1-5-10 Continuit&#233; et discontinuit&#233; sont incompatibles&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article20&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1-5-11 Discontinuit&#233; de l'univers et structures hi&#233;rarchiques&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article211&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1-5-12 La discontinuit&#233; de la vie : de la cr&#233;ation d'esp&#232;ces &#224; la cr&#233;ation de l'homme et &#224; la cr&#233;ation humaine&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article354&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1-5-13 Les paradoxes de Z&#233;non, preuve de la discontinuit&#233; dialectique&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la psychanalyse, lire &#233;galement sur le site :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article115&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2&#8211;I-0 Les neurosciences peuvent-elles r&#233;pondre &#224; la question : Freud avait-il raison ?&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article187&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2&#8211;I&#8211;1 Relire Freud aujourd'hui&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article188&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2-I-2 Psychanalyse et physiologie&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article189&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2&#8211;I-3 Les neurosciences peuvent-elles nous &#233;clairer sur la validit&#233; de la notion de l'inconscient freudien ?&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article193&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2-I-4 Psychanalyse et dialectique&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article192&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2-I-5 Psychisme et discontinuit&#233;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article191&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2-I-6 Psychanalyse et chaos d&#233;terministe&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article206&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2-I-7 Freud, la religion et l'id&#233;ologie sociale&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article357&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2-I-8 Comment fonctionnent la conscience et l'inconscience ?&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article270&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2-I-9 Psychanalyse et sociologie, d'apr&#232;s Malinovsky&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article430&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2-1-10 Totem et tabou : psychanalyse et anthropologie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le fonctionnement c&#233;r&#233;bral comme celui d'autres organes est discontinu dans le temps. &#187; Le biochimiste Ladislas Robert dans &#171; Les temps de la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La vie psychique dans son ensemble est frapp&#233;e de discontinuit&#233;. &#187; &#233;crivent les Pragier dans &#171; Repenser la psychanalyse avec les sciences &#187; qui notent que Didier Anzieu parle de &#171; quantit&#233;s pulsionnelles discontinues &#187;. Ils rel&#232;vent que &#171; Freud affirmait dans le commentaire d'un tr&#232;s court fragment du r&#234;ve &#171; Irma &#187; que la conscience des repr&#233;sentations oniriques est avant tout discontinue. &#187; C'est au point que la comparaison avec la physique quantique a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e par Simon-Daniel Kipman dans &#171; La rigueur de l'intuition &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sylvie et Georges Pragier &#233;crivent dans l'ouvrage d&#233;j&#224; cit&#233; : &#171; La possibilit&#233; d'apparition de changements, li&#233;s aux processus auto-organisateurs, repr&#233;sente donc une coupure radicale avec la conception d'une &#233;volution d&#233;terministe continue. Le d&#233;veloppement de l'organisme s'effectue au contraire sur un mode discontinu, avec des paliers. (&#8230;) L'organisation appara&#238;t finalement comme un processus discontinu de d&#233;sorganisation-r&#233;organisation. &#187; Les discontinuit&#233;s des &#233;tats psychiques sont des transitions de phase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les neurosciences avaient d&#233;j&#224; montr&#233; que la vision fonctionne par coupage et recollage, en partageant les &#233;l&#233;ments d'une sc&#232;ne en &#233;l&#233;ments trait&#233;s diversement et s&#233;par&#233;ment avant de les recomposer. R&#233;cemment, les travaux du neuroscientifique Stanislas Dehaene ont montr&#233; que la lecture des &#233;crits est tout aussi discontinue. Elle d&#233;coupe en morceaux le mot et les analyse s&#233;par&#233;ment avant d'en recomposer l'interpr&#233;tation. Dans &#171; Les neurones et la lecture &#187;, ce chercheur montre que le mot est d&#233;compos&#233; en milliers de fragments envoy&#233;s &#224; des neurones diff&#233;rents. Une fois encore, c'est l'IRM a qui a permis ce pas en avant dans la compr&#233;hension du fonctionnement du cerveau. Et cela ne signifie pas que la lecture d&#233;compose le compliqu&#233; en simple et attribue le simple &#224; zone sp&#233;cifique. Bien au contraire, les zones attribu&#233;es effectuent bien d'autres fonctions. Les circuits de la reconnaissance des lettres sont capables aussi de reconna&#238;tre des objets ou des visages. La fonction lecture de texte a r&#233;utilis&#233; des circuits d&#233;j&#224; existants chez l'homme qui ne savait pas lire et les a r&#233;arrang&#233;s. C'est encore une fois le bricolage cr&#233;atif que nous appelons aussi auto-organisation ou pilotage du chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discontinuit&#233; est un produit du mode d'organisation de la vie (et m&#234;me de la mati&#232;re) qui est de nature quantique : par sauts quantiques. Les &#171; &#233;l&#233;ments &#187; sont organis&#233;s un par un et non par quantit&#233;s d&#233;cimales ou &#171; r&#233;elles &#187; (des nombres r&#233;els). Les &#233;l&#233;ments r&#233;els, par exemple des images psychiques, sont produites par l'&#233;mergence, ph&#233;nom&#232;ne brutal qui arrive &#224; un seuil. Les &#233;l&#233;ments ne sont pas fixes ni fig&#233;s mais produits du d&#233;sordre virtuel. Ils sont quantiques parce qu'ils sont d&#233;termin&#233;s par un seuil. Leur apparente fixit&#233; provient de la constance de ce seuil. Mais ils ne sont pas d&#233;crits par cette constance. Ils ne peuvent &#234;tre compris que comme &#233;ph&#233;m&#232;r&lt;br class='autobr' /&gt;
es produits de la dynamique et non objets fixes marqu&#233;s par la constance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re du psychisme est fondamentalement discontinu parce que les pens&#233;es, les images mentales, ont pour propri&#233;t&#233; de s'autod&#233;truire rapidement sans donner naissance g&#233;n&#233;ralement &#224; des images plus durables. C'est seulement l'inhibition de ce processus d'autodestruction qui entra&#238;ne l'existence d'une m&#233;moire qui singe la continuit&#233; mais n'est elle-m&#234;me qu'un processus pouvant &#234;tre inhib&#233;. La discontinuit&#233; n'est pas n&#233;cessairement la mort puisque l'inhibition est capable de d&#233;structurer la pens&#233;e. Mais cette discontinuit&#233; a un caract&#232;re dialectique puisqu'il peut lui-m&#234;me &#234;tre contredit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; Le sentiment m&#234;me de soi &#187;, le neuroscientifique Antonio R. Damasio montre que son &#233;tude de la conscience est celle d'une transition : &#171; J'&#233;cris sur le sentiment de soi et sur la transition qui va de l'innocence et de l'ignorance &#224; l'&#233;tat de connaissance : mon but sp&#233;cifique est d'examiner les circonstances biologiques qui permettent cette transition cruciale. (&#8230;) Il y a trente-deux ans de cela, un homme se trouvait l&#224; assis en face de moi (&#8230;) Brusquement, l'homme s'est arr&#234;t&#233; au beau milieu d'une phrase, son visage a cess&#233; de s'animer, sa bouche s'est fig&#233;e, encore ouverte, et son visage s'est mis &#224; fixer, dans le vide, un poit du mur derri&#232;re moi. Pendant quelques secondes, il est rest&#233; sans bouger. J'ai prononc&#233; son nom, mais aucune r&#233;ponse n'est venue. (&#8230;) Pendant un court instant, qui m'a paru des si&#232;cles, cet homme a souffert d'une d&#233;t&#233;rioration de la conscience. Neurologiquement parlant, il a &#233;t&#233; pris d'un acc&#232;s d'absence suivi d'un automatisme d'absence, deux des manifestations de l'&#233;pilepsie, affection caus&#233;e par un dysfonctionnement c&#233;r&#233;bral. (&#8230;) Le souvenir de cet &#233;pisode ne m'a pas quitt&#233;, et ce fut un jour faste que celui o&#249; j'ai senti que je pouvais en interpr&#233;ter le sens. J'ignorais alors, chose que je sais &#224; pr&#233;sent, que j'avais &#233;t&#233; t&#233;moin de la transition, tranchante comme le rasoir, entre un esprit pleinement conscient et un esprit priv&#233; du sentiment de soi. (&#8230;) L'&#233;veil et la conscience ont tendance &#224; aller de pair, m&#234;me si cette association peut s'interrompre en deux circonstances exceptionnelles. L'une de ces exceptions est celle o&#249; nous sommes dans l'&#233;tat de sommeil onirique. A l'&#233;vidence, nous ne sommes pas &#233;veill&#233;s durant le sommeil onirique, et pourtant nous avons quelque conscience des &#233;v&#233;nements qui se d&#233;roulent dans l'esprit. (&#8230;) Un autre renversement spectaculaire de l'association habituelle peut aussi se produire : nous pouvons &#234;tre &#233;veill&#233;s tout en &#233;tant priv&#233;s de conscience. (&#8230;) L'absence d'attention manifeste vers un objet ext&#233;rieur n'est pas n&#233;cessairement une d&#233;n&#233;gation de la pr&#233;sence de la conscience et peut plut&#244;t indiquer que l'attention est dirig&#233;e vers un objet interne. (&#8230;) Il s'agit d'un &#233;tat extr&#234;mement transitoire. (&#8230;) Les crises d'absence sont l'une des principales vari&#233;t&#233;s d'&#233;pilepsie, dans laquelle la conscience est momentan&#233;ment suspendue ainsi que l'&#233;motion, l'attention et le comportement ad&#233;quat. Le trouble s'accompagne d'une anomalie &#233;lectrique qui appara&#238;t de mani&#232;re caract&#233;ristique dans l'&#233;lectroenc&#233;phalogramme. Les crises d'absence sont tr&#232;s instructives pour qui &#233;tudie la conscience, et la crise d'absence type est en fait l'un des plus purs exemples de perte de conscience (&#8230;) Brusquement, (&#8230;) le patient s'interrompt au beau milieu d'une phrase, se fige dans tel ou tel mouvement qu'il &#233;tait en train d'accomplir et se met &#224; regarder fixement dans le vide. (&#8230;) En sortant de son &#233;tat fig&#233;, le patient regarde autour de lui (&#8230;) La conscience s'en est revenue aussi brusquement qu'elle s'en &#233;tait all&#233;e (&#8230;) Dans l'intervalle, le patient n'a aucune esp&#232;ce de souvenir. (&#8230;) La suspension de l'&#233;motion est un signe important dans les crises d'absence et dans les automatismes d'absence. (&#8230;) La d&#233;couverte de d&#233;t&#233;riorations parall&#232;les dans la conscience et dans l'&#233;motion para&#238;tra d'autant plus remarquable que (&#8230;) les &#233;motions peuvent &#234;tre d&#233;clench&#233;es de fa&#231;on non conscientes, &#224; partir de pens&#233;es auxquelles on ne pr&#234;te pas attention, aussi bien qu'&#224; partir d'aspects de nos &#233;tats corporels qui sont impossibles &#224; percevoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sentiment religieux semble avoir une base dans le fonctionnement c&#233;r&#233;bral. Plus exactement, certains sentiments ou certaines images produites par le cerveau peuvent donner lieu par la personne qui les re&#231;oit &#224; des interpr&#233;tations religieuses. L'isolement, la privation de nourriture ou de sommeil, l'excitation, la drogue, l'abstinence, ou le cumul de plusieurs d'entre eux provoquent des hallucinations, des visions qui sont autant de ph&#233;nom&#232;nes venus de l'inconscient. L'individu qui en est le si&#232;ge prend conscience que des id&#233;es et des sentiments qu'il n'avait pas form&#233; consciemment se sont impos&#233;es &#224; lui, de l'ext&#233;rieur croit-il. Cela ne signifie certainement pas qu'il faille assimiler l'inconscient avec le spirituel. L'existence de ph&#233;nom&#232;nes inconscients n'a plus aujourd'hui aucun caract&#232;re sulfureux, ni &#233;trange ni m&#233;taphysique, qu'il avait autrefois. C'est la base des m&#233;canismes de formation de la conscience, comme l'ont montr&#233; des neurologues comme Lionel Naccache. La construction d'id&#233;es religieuses &#224; partir de ces &#233;motions issues de l'inconscient est du m&#234;me type que la cr&#233;ation artistique ou que l'intuition scientifique : c'est la sublimation des images et des id&#233;es inconscientes. D'autre part, l'impression d'un autre qui vous parle est accrue par le dialogue c&#233;r&#233;bral entre les deux h&#233;misph&#232;res c&#233;r&#233;braux. On a parfois l'impression r&#233;elle d'un tel dialogue dans le sens : j'y vais, j'y vais pas, je le fais, je ne le fais pas. Enfin, certains circuits c&#233;r&#233;braux et certaines images mentales semblent, d'apr&#232;s certains neurologues, accentuer ce sentiment religieux (sentiment d'une pr&#233;sence ou d'une parole qui leur communique directement des id&#233;es, des images ou des sentiments) chez certains patients particuli&#232;rement r&#233;ceptifs. Ceux-ci peuvent croire r&#233;ellement recevoir une parole venue d'ailleurs. Le reste a un caract&#232;re social et historique. C'est la mani&#232;re dont une soci&#233;t&#233; re&#231;oit un tel message, le besoin qu'elle en a et l'usage qu'elle en fait. Dans ce domaine, avant m&#234;me le type de la pr&#233;tendue r&#233;v&#233;lation, c'est le type de soci&#233;t&#233; et ses besoins id&#233;ologiques mais aussi politiques et sociaux qui sont en cause et qui dictent des r&#233;ponses sur le type de religion. Telle serait &#171; l'origine d'une illusion &#187;, pour reprendre l'expression de Freud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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