<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://matierevolution.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
	<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://matierevolution.fr/spip.php?id_rubrique=129&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
		<url>https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-32cbc.jpg?1782270029</url>
		<link>https://www.matierevolution.fr/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Psychiatrie et biologie par E. Mahieu</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article718</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article718</guid>
		<dc:date>2008-10-21T19:33:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;(Cordoba, Arg.) &lt;br class='autobr' /&gt; PSYCHIATRIE ET BIOLOGIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Revista Argentina de Psiquiatr&#237;aVertex. (Suplemento 1992, pp. 35-42.) par Edouardo Mahieu (Cordoba) &lt;br class='autobr' /&gt;
PRESENTATION : &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour commencer la derni&#232;re table ronde de ces Journ&#233;es, nous pr&#233;sentons comme dissertant le Docteur Eduardo Mahieu, m&#233;decin psychiatre, Ancien Chef du Service de Psychiatrie Judiciaire et Psychiatrie Clinique de l'Hospital Neuropsiqui&#225;trico Provincial de C&#243;rdoba, Professeur de Psychiatrie Clinique, Psychopathologie et Histoire (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique129" rel="directory"&gt;Psychanalyse et biologie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;(Cordoba, Arg.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PSYCHIATRIE ET BIOLOGIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revista Argentina de Psiquiatr&#237;aVertex. (Suplemento 1992, pp. 35-42.) &lt;br class='autobr' /&gt;
par Edouardo Mahieu (Cordoba)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PRESENTATION :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer la derni&#232;re table ronde de ces Journ&#233;es, nous pr&#233;sentons comme dissertant le Docteur Eduardo Mahieu, m&#233;decin psychiatre, Ancien Chef du Service de Psychiatrie Judiciaire et Psychiatrie Clinique de l'Hospital Neuropsiqui&#225;trico Provincial de C&#243;rdoba, Professeur de Psychiatrie Clinique, Psychopathologie et Histoire de la Psychiatrie du Curso de Formaci&#243;n B&#225;sica en Psiquiatr&#237;a de l'Universidad Nacional de C&#243;rdoba. Le Dr Alberto Sassatelli va commenter apr&#232;s cette dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DISSERTATION :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous terminons l&#224; o&#249; nous aurions d&#251; commencer, car l'origine de tout a &#233;t&#233; la r&#233;flexion sur le bios.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me congratule de participer &#224; ces Journ&#233;es sur la sp&#233;cificit&#233; de la Psychiatrie avec le th&#232;me &#034;Psychiatrie et Biologie&#034;, car, parmi d'autres ch&#232;res motivations, il me donne l'opportunit&#233;, encore une fois, de rendre hommage &#224; la m&#233;moire de celui &#224; qui je tiens pour le psychiatre le plus important et le plus complet de ce si&#232;cle : mon v&#233;n&#233;r&#233; &#034;ma&#238;tre &#224; penser&#034; Henri Ey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1987, la soci&#233;t&#233; &#034;L'Evolution Psychiatrique&#034; de France organisa un colloque &#224; la m&#233;moire de l'illustre Ma&#238;tre de Bonneval, intitul&#233; pr&#233;cis&#233;ment &#034;Sp&#233;cificit&#233; de la Psychiatrie&#034;, dont les expos&#233;s ont &#233;t&#233; r&#233;unis dans un volume &#233;dit&#233; sous la direction de Caroli1, o&#249; fut analys&#233; en profondeur ce chapitre de notre science et ses implications historiques, biologiques, philosophiques, psychologiques, th&#233;rapeutiques et institutionnelles, chapitre qui fut une des pr&#233;occupations constantes de l'organe th&#233;orique de l'organodynamisme : la sp&#233;cificit&#233; de la Psychiatrie au sein de la m&#233;decine comme une de ses branches fondamentales, comme science et praxis au service de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est que, disons-le d'embl&#233;e, nous devons &#224; la conception ou mod&#232;le organodynamique d'Ey, d'avoir r&#233;alis&#233; la synth&#232;se dialectique, int&#233;grative et qui d&#233;passe la th&#232;se organiciste dont le principal repr&#233;sentant nous symbolisons dans la personne de Kraepelin, et de l'antith&#232;se psychanalytique-psychog&#233;n&#233;tique de son g&#233;nial cr&#233;ateur Freud. D&#233;j&#224; Bleuler (et rappelons-nous que Kraepelin, Freud et Bleuler furent strictement contemporains), dans la pr&#233;face de son oeuvre fondamental sur la D&#233;mence Pr&#233;coce reconna&#238;t explicitement sa grande dette envers ces deux p&#232;res fondateurs de la Psychiatrie du XX&#232; si&#232;cle. Dans cette oeuvre, premi&#232;re tentative d'organodynamisme &#034;avant la lettre&#034;, Bleuler essaya d'amalgamer leurs conceptions dans l'interpr&#233;tation de la clinique d'une entit&#233; morbide. Mais c'est seulement avec Ey que l'&#233;laboration d'une conception th&#233;orique g&#233;n&#233;rale, le mod&#232;le organodynamique, applicable &#224; l'ensemble de la vie psychique et &#224; toutes les entit&#233;s morbides de la pathologie mentale, est atteint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet &#034; Biologie et Psychiatrie &#034; ou &#034; Psychiatrie et Biologie &#034;, est tellement vaste et complexe, il pr&#233;sente tellement d'aspects th&#233;oriques, empiriques, philosophiques, &#233;pist&#233;mologiques, m&#233;thodologiques et m&#233;dicaux, il plonge ses racines si profond&#233;ment dans l'histoire des id&#233;es, que nous ne pourrons donner de lui qu'une vision sch&#233;matique, g&#233;n&#233;rale et panoramique, signalant les lignes directrices d'investigation, proposant des probl&#232;mes et r&#233;ponses &#224; ces probl&#232;mes, avec le but de son &#233;tude, sa r&#233;flexion et sa discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier probl&#232;me &#224; consid&#233;rer, premier et originaire, est, comme tous les probl&#232;mes, un probl&#232;me philosophique. Et ce probl&#232;me, le premier de tous les probl&#232;mes qui puisse se poser &#224; une r&#233;flexion rationnelle, est, comme dit Politzer (2), celui des rapports entre la mati&#232;re et l'esprit, ce qui traduit dans notre champ sp&#233;cifique est celui des rapports entre le corps et l'&#226;me, ou comme pr&#233;f&#232;re l'appeler le philosophe et &#233;pist&#233;mologue Mario Bunge (3), le probl&#232;me esprit-cerveau. Comme tous les probl&#232;mes fondamentaux de la connaissance humaine, il surgit et se pose pour la premi&#232;re fois &#224; cette merveilleuse &#233;poque du miracle grec du passage du mythe au logos, au V&#232; si&#232;cle av. J. C., le temps axe de l'histoire comme la nomm&#233; cette figure exceptionnelle de la psychiatrie et la philosophie qu'a &#233;t&#233; Karl Jaspers, dans son livre &#034;Origine et sens de l'histoire&#034;. Depuis lors, ce probl&#232;me se maintient vivant tout au long de presque 25 si&#232;cles, probl&#232;me pour lequel on a donn&#233;, et on continue de donner deux r&#233;ponses, deux solutions et que Politzer synth&#233;tise ainsi avec grande clart&#233; : l'homme pense parcequ'il a une &#226;me, r&#233;ponse non scientifique, et l'homme pense parcequ'il a un cerveau, r&#233;ponse scientifique. Une r&#233;ponse philosophique, purement sp&#233;culative, marqu&#233;e de la trace des disciplines abstraites, de celles appel&#233;s &#034;les sciences de l'esprit&#034;, dont la m&#233;thode de pens&#233;e pour atteindre la v&#233;rit&#233; est le raisonnement pur, la sp&#233;culation th&#233;orique et abstraite, qui d&#233;marre sch&#233;matiquement avec Platon pour qui l'&#226;me est totalement immat&#233;rielle, tripartite, immortelle et divine, sup&#233;rieure &#224; la mati&#232;re, compl&#232;tement diff&#233;rente du corps qui seulement constitue son tombeau, la prison de l'esprit comme le dit la synth&#233;tique phrase grecque &#034;soma sema&#034;. D&#233;j&#224; la sentence d'Epicure, &#034;Vaine est la parole du philosophe qui ne gu&#233;risse pas les souffrances de l'homme, car de la m&#234;me fa&#231;on que la m&#233;decine n'est pas utile &#224; moins qu'elle ne gu&#233;risse pas les maladies du corps, la philosophie ne l'est pas non plus si elle ne sert &#224; supprimer les souffrances de l'&#226;me&#034;, d&#233;nonce un dualisme, une dichotomie fausse et antiscientifique qui cherche encore &#224; se maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux, en hommage &#224; la v&#233;rit&#233;, que comme Aristote j'aime plus que Platon, reconna&#238;tre que ce m&#234;me Platon (4) a dit dans le Carmide que &#034;c'est une erreur tr&#232;s r&#233;pandue parmi les hommes vouloir &#234;tre s&#233;par&#233;ment m&#233;decins de l'&#226;me et m&#233;decins du corps&#034; (circa 400 Av. J. C.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce courant de pens&#233;e, en reprenant quelques si&#232;cles apr&#232;s pour ne pas &#234;tre ennuyeux, continue avec Descartes et sa conception dualiste de la &#034;res cogitans&#034; et la &#034;res extensa&#034;, c'est-&#224;-dire, la substance pensante et la substance mat&#233;rielle. La premi&#232;re, qu'est l'&#226;me, n'est pas mat&#233;rielle. La deuxi&#232;me, qu'est le corps, ne pense pas. Conception dualiste psychiatricide, comme la d&#233;signe Ey, qui atteint son sommet et son aberration dans la th&#233;orie des m&#233;decins allemands dits psychistes, de la premi&#232;re moiti&#233; du XIX&#232; si&#232;cle : Heinroth et Ideler. Ces m&#233;decins pr&#233;tendaient que la psych&#233; &#233;tait compl&#232;tement ind&#233;pendante du corps et, bien entendu, du cerveau, que les maladies de l'&#226;me &#233;taient cons&#233;quence du p&#234;ch&#233; et que les fous &#233;taient coupables de leur folie, et qu'ils devaient &#234;tre trait&#233;s par la p&#233;nitence religieuse, le repentir et le ch&#226;timent. Cette conception a &#233;t&#233; nomm&#233;e par D&#246;rner (5) psychiatrie th&#233;ologique de l'&#233;cole chr&#233;tienne-germanique, mettant &#224; nu son origine id&#233;ologique r&#233;actionnaire. Elle a &#233;t&#233; pulv&#233;ris&#233;e par la r&#233;volution psychiatrique de 1848, contemporaine des grands mouvements r&#233;volutionnaires qui, en d&#233;fense des id&#233;aux de libert&#233; et de justice, s'&#233;tendaient dans toute l'Europe &#224; cette p&#233;riode. Ce mouvement imposa le triomphe de la v&#233;ritable science des m&#233;decins somatistes, ceux qui revendiquaient le cerveau comme l'organe de la vie psychique, dont le chef de file &#233;tait Griesinger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous ne devons pas oublier que celui qui a inspir&#233; ces auteurs de la psychiatrie th&#233;ologique, &#233;tait le philosophe Kant, qui avait r&#233;dig&#233; un na&#239;f &#034;Trait&#233; des maladies mentales&#034;(6), purement sp&#233;culatif et imaginatif, sans aucun fondement scientifique, ni aucun contact avec la r&#233;alit&#233; concr&#232;te du malade mental, et qui pr&#233;tendait que la maladie de l'&#226;me n'&#233;tait pas &#224; la port&#233;e des m&#233;decins, qui devait &#234;tre &#233;tudi&#233;e seulement par les philosophes, qui par ailleurs &#233;taient les seuls habilit&#233;s &#224; se prononcer dans des cas juridiques o&#249; la question de la sant&#233; mentale des protagonistes &#233;tait en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, &#224; notre &#233;poque, plusieurs psychistes issus des &#233;coles de Philosophie, et plusieurs psychanalystes, m&#233;decins ou non, et pas tous comme l'on verra apr&#232;s, continuent attach&#233;s, en essence, &#224; la mythologie platonique de l'&#226;me, ignorant l'existence du cerveau, pr&#233;tendant &#234;tre les seuls d&#233;tenteurs d'un savoir sur les maladies mentales et leur traitement. Ce faisant ils ignorent, m&#233;connaissent, cachent ou trahissent l'authentique pens&#233;e scientifique int&#233;grale du Ma&#238;tre de Vienne, le m&#233;decin, neurologue, psychiatre et psychanalyste Sigmund Freud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce probl&#232;me corps-&#226;me, esprit-cerveau, a une deuxi&#232;me r&#233;ponse, cette fois-ci scientifique. Elle est le fruit de la m&#233;thode scientifique authentique : l'observation de la r&#233;alit&#233; concr&#232;te, et l'exp&#233;rimentation sur cette r&#233;alit&#233;, l'action, la praxis, origine et sens de toute connaissance, comme il est dit dans le fragment 145 de D&#233;mocrite : le logos est l'ombre de la praxis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gaston Bachelard (7) souligne bien qu'il existe un intervalle entre un premier temps rationnel, mais encore pr&#233;-scientifique, caract&#233;ris&#233; par la sp&#233;culation abstraite et th&#233;orique des philosophes, et un deuxi&#232;me temps strictement scientifique caract&#233;ris&#233; par la m&#233;thode exp&#233;rimentale, utilis&#233; pour la premi&#232;re fois par les m&#233;decins hippocratiques, et qui d&#233;montre que c'est la m&#233;decine, comme cela est soutenu par des nombreux historiens des sciences, la premi&#232;re &#224; &#234;tre authentiquement scientifique, et que sa m&#233;thode, d&#233;j&#224; une v&#233;ritable dialectique, est la seule m&#233;thode pour arriver &#224; l' &#034;&#233;pist&#233;m&#233;&#034;, comme le dit si bellement Platon dans le Ph&#232;dre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette deuxi&#232;me r&#233;ponse que Politzer synth&#233;tise affirmant que l'homme pense parce qu'il a un cerveau. Elle n'a jamais &#233;t&#233; si bellement exprim&#233;e, que dans le texte de la Maladie Sacr&#233;e d'Hippocrate (8), premier texte de psychiatrie de l'histoire. Il faut dire que la premi&#232;re partie de cette oeuvre fondamentale traite de l'&#233;pilepsie, et la deuxi&#232;me des maladies mentales, maladies sacr&#233;es par excellence caus&#233;es par les dieux &#224; la p&#233;riode mythique de toutes les cultures. Mais dans cette oeuvre, le mot &#034;psych&#233;&#034;, &#226;me, n'y figure pas, car d&#233;j&#224; &#224; cette &#233;poque les m&#233;decins scientifiques grecs niaient l'existence d'une &#226;me immat&#233;rielle, &#233;ternelle et divine, ind&#233;pendante du corps. Ils affirmaient, par contre, que &#034;l'&#226;me est une partie du corps&#034; ou &#034;l'&#226;me n'est autre chose que les sens&#034;, comme a dit Protagore d'Abd&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ainsi que le p&#232;re Hippocrate, avec une voix qui nous vient du fond de l'histoire, affirme : &#034;Il convient que les gens sachent que nos plaisirs, jouissances, rires et jeux, ne proviennent que de l&#224;, du cerveau (enc&#233;phalon), ainsi que nos peines et amertumes, nos d&#233;boires et nos pleurs ; et c'est par lui pr&#233;cis&#233;ment que nous raisonnons et appr&#233;hendons, que nous voyons et &#233;coutons, que nous distinguons la laideur, le beau, le bon, le mauvais, l'agr&#233;able et le d&#233;sagr&#233;able ; et c'est aussi par sa cause que nous devenons fous et d&#233;lirons, et que des terreurs et &#233;pouvantes se pr&#233;sentent &#224; nous, certains pendant la nuit et d'autres pendant le jour ; et insomnies et inopportunes divagations, pr&#233;occupations immotiv&#233;es et &#233;tats d'ignorance des circonstances r&#233;elles, actes &#233;tranges et pertes de la m&#233;moire ; et toutes ces choses nous les subissons &#224; partir du cerveau, quand celui-ci n'est pas sain&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces lignes, &#233;crites autour de 430 &#224; 420 Av. J.C., sont le fruit de l'observation de la r&#233;alit&#233; concr&#232;te de l'homme malade en chair et en os, et de l'exp&#233;rimentation et de l'action th&#233;rapeutique sur cette r&#233;alit&#233;, enrichie et f&#233;cond&#233;e par la r&#233;flexion sur les deux, comme l'exige le m&#234;me Hippocrate : &#034;la pratique accompagn&#233;e de la raison&#034; (Precepts I). Ou comme le dit Aulo Cornelio Celso : &#034;la m&#233;decine est une conjecture de la raison sur les donn&#233;es de l'exp&#233;rience&#034;. Ces lignes nous disent que les fonctions mentales normales son le r&#233;sultat de l'action du cerveau, et que les sympt&#244;mes psychopathologiques et les maladies mentales sont subies aussi &#224; partir du cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas alourdir l'expos&#233; avec des citations similaires tout au long de l'histoire, et comme nous supposons que plus personne ne peut croire que la vie psychique puisse exister sans le cerveau, ou que la maladie mentale puisse se donner sans alt&#233;ration structurelle ou ultra structurelle, ou des supports mat&#233;riels du fonctionnement du cerveau, en ralliant l'affirmation de Roccatagliatta dans sa &#034;Storia della Psichiatria antica&#034; que dit que toute avanc&#233;e importante dans ce champ a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e par des m&#233;decins, nous allons donner un saut de vingt-cinq si&#232;cles pour citer &#224; Ey (9), qui en 1978 dans son &#034;petit grand ouvrage&#034; dont je pr&#233;conise la lecture, &#034;D&#233;fense et Illustration de la Psychiatrie&#034;, nous dit qu'il pense que &#034;les maladies mentales, sans se confondre avec les maladies organiques, maladies somatiques de la vitalit&#233;, ni avec les d&#233;sint&#233;grations neurologiques o instrumentales de la vie de relation, maladies neurologiques proprement dites, d&#233;pendent d'une pathologie c&#233;r&#233;brale plus g&#233;n&#233;rale du syst&#232;me d'int&#233;gration&#034;, c'est &#224; dire que les maladies mentales sont les maladies du cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d&#233;p&#234;chons-nous &#224; le dire, elles ne r&#233;sultent pas seulement et exclusivement du cerveau, comme nous allons l'expliquer plus loin. Ce que nous avons dit apr&#232;s avoir examin&#233; et donn&#233; une r&#233;ponse scientifique au premier probl&#232;me du sujet Psychiatrie et Biologie, celui des rapports mati&#232;re-esprit, corps-&#226;me ou esprit cerveau, nous m&#232;ne &#224; nous poser un deuxi&#232;me probl&#232;me : celui de savoir si la Psychiatrie, et la M&#233;decine d'o&#249; elle est n&#233;e, est seulement une science biologique ; celui de savoir s'il existe une Psychiatrie biologique. Encore une fois, d&#233;p&#234;chons-nous &#224; r&#233;pondre non. Et malgr&#233; le fait que de tr&#232;s illustres chercheurs, ma&#238;tres, scientifiques et psychiatres &#233;crivent et parlent sur la Psychiatrie biologique, ainsi &#233;crite avec majuscule, comme la m&#233;dulleuse oeuvre de Ren&#233; Tissot, Introduction &#224; la Psychiatrie Biologique, pr&#233;fac&#233;e et lou&#233;e par Jean Piaget, seulement nous pouvons parler avec rigueur des aspects, des apports, des approches biologiques de la Psychiatrie, et dire que seule existe la Psychiatrie &#034;tout court&#034;, sans adjectivation. Toute Psychiatrie digne de ce nom, m&#233;decine de l'&#226;me, est, comme la m&#233;decine elle-m&#234;me, dans sa totalit&#233; et son essence bio-psycho-sociale. Elle est bio-psycho-sociale dans ses manifestations cliniques, dans ses sympt&#244;mes et signes, dans ses causes et son &#233;tiopathog&#233;nie, dans sa th&#233;rapeutique, dans sa pr&#233;vention et sa r&#233;habilitation, car le seul mod&#232;le valable de la maladie mentale et de toute maladie de l'&#234;tre humain, est le mod&#232;le m&#233;dical. Mais le mod&#232;le m&#233;dical authentique : celui qui depuis l'aube de la m&#233;decine hippocratique postule que toute maladie, et la maladie mentale plus que toutes les autres, puisque elle est sp&#233;cifiquement et essentiellement humaine, est bio-psycho-social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute tentative de r&#233;duire la M&#233;decine et la Psychiatrie &#224; un seul de ces trois aspects m&#232;ne &#224; des mod&#232;les r&#233;ductionnistes, qu'in&#233;luctablement deviendront dogmatiques et sectaires, incomplets et partiels, et en derni&#232;re instance st&#233;riles et immobiles, car ils m&#233;conna&#238;tront le caract&#232;re essentiellement dialectique des sciences o&#249; il existe une interd&#233;pendance active entre les diverses parties du r&#233;el, o&#249; il y a des conditionnements r&#233;ciproques. Dans ces sciences en devenir, transformation et progr&#232;s constant, il n'existe pas de v&#233;rit&#233; immuable et d&#233;finitive, et bien que le progr&#232;s des connaissances biologiques en Psychiatrie permet de mieux expliquer et de mieux traiter la maladie, ils ne sont pas suffisants pour comprendre et traiter int&#233;gralement le malade, l'&#234;tre humain malade psychique, puisque la maladie est en toute rigueur un concept abstrait, une construction id&#233;ale, un &#034;constructo&#034; qui seul existe dans l'&#234;tre humain r&#233;el et concret, dans la mati&#232;re de son corps vivant qui constitue le v&#233;ritable objet d'&#233;tude et de traitement de la Psychiatrie et la M&#233;decine, dont leur r&#244;le premier et principal est soulager la souffrance dans son ips&#233;it&#233; essentielle. Parce que l'homme n'est pas seulement un corps, un bios, mais, comme le veut Ortega, lui-m&#234;me et sa circonstance. Plus encore : lui-m&#234;me, son histoire, sa situation et sa circonstance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison qu'&#224; quelques occasions j'ai soutenu que l'objet de la Psychiatrie, l'&#233;tude int&#233;grale de l'existant humain malade mental, avec le but premier de soulager sa souffrance dans son essence sp&#233;cifiquement humaine, devait se r&#233;aliser en quatre temps successifs et ascendants : Un premier niveau clinique, psychiatrique, m&#233;dical, de d&#233;tection des sympt&#244;mes et signes, leur structuration en syndromes et leur configuration finale en entit&#233;s nosologiques, l'&#233;claircissement de leur etiopathog&#233;nie dans leur versant biologique et la programmation des th&#233;rapeutiques m&#233;dicales et physiques, pharmacologiques et psychoth&#233;rapiques m&#233;dicales. Un deuxi&#232;me niveau ph&#233;nom&#233;nologique d'&#233;lucidation du sens et de la signification des v&#233;cus et conduites pathologiques. Un troisi&#232;me niveau psychodynamique d'&#233;claircissement des m&#233;canismes inconscients et de la gen&#232;se archa&#239;que des sympt&#244;mes et sa correspondante application th&#233;rapeutique dans la psychoth&#233;rapie psychanalytique. Et, pour finir, un quatri&#232;me niveau, celui anthropologique de l'appr&#233;hension empatique du sens et de la signification de l'existence globale de l'&#234;tre-au-monde malade psychique, de sa valeur et sa destin&#233;e, et de son traitement dans la rencontre de la psychoth&#233;rapie analytico-existential.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour accomplir ce programme id&#233;al d'&#233;tude et de traitement du malade psychique, nous avons besoin d'un psychiatre id&#233;al : le psychiatre int&#233;gral du futur, &#224; la formation de qui nous devons travailler tous, tous ensemble, tous ceux qui sont engag&#233;s dans cette magnifique t&#226;che de l'enseignement psychiatrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s &#224; ce point et apr&#232;s avoir &#233;clairci deux probl&#232;mes essentiels de cette question de Psychiatrie et Biologie, &#224; savoir le rapport esprit-cerveau et la Psychiatrie comme science bio-psycho-sociale, un troisi&#232;me probl&#232;me fondamental se pose : celui des rapports de la Psychanalyse avec la Biologie et, par extension, avec la M&#233;decine et avec la Psychiatrie, probl&#232;me qui nous divise, nous confronte, qui rend malade la Psychiatrie et les psychiatres dignes de ce nom, et non aux faux psychiatres stigmatis&#233;s par Ey. Ce probl&#232;me qui rend malade, je crois aussi, aux authentiques psychanalystes. Ce probl&#232;me nous leste encore pour nous emp&#234;cher de donner ce grand saut en avant pour le progr&#232;s int&#233;gral de notre science et pour le b&#233;n&#233;fice et le soulagement des hommes souffrants dans leur esprit, dans leur essentialit&#233; sp&#233;cifiquement humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ce grand probl&#232;me de la lutte et l'opposition de ces deux contraires gigantesques, l'organicisme et la psychanalyse, th&#232;se et antith&#232;se, affirmation et n&#233;gation, probl&#232;me irr&#233;solu int&#233;gralement malgr&#233; les pr&#233;cieuses tentatives et mod&#232;les en synth&#232;se dialectique qui jalonnent l'histoire de notre science de Bleuler &#224; Ey, je voudrais, comme m&#233;decin psychiatre clinique qui admire et respecte l'oeuvre du savant Sigmund Freud, donner quelques r&#233;ponses freudiennes &#224; ce sujet Psychiatrie et Biologie et, plus &#233;troitement, Psychanalyse et Biologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, je souhaite rappeler que Freud &#233;tait m&#233;decin, que pendant ses ann&#233;es d'&#233;tude il a pass&#233; cinq ans dans le laboratoire de Br&#252;cke, faisant des recherches en histologie du syst&#232;me nerveux, qu'apr&#232;s sa graduation en 1881 il s'est consacr&#233; pendant dix ans &#224; la clinique et la recherche neurologique publiant plusieurs travaux de valeur, et que, dans la p&#233;riode de transition de la neurologie &#224; la psychanalyse il &#233;crivit l' &#034;Esquisse d'une psychologie&#034;, titre auquel certains ajoutent l'adjectif &#034;scientifique&#034;, et d'autres &#034;pour neurologues&#034;, dont le sujet principal sont les syst&#232;mes de neurones, dans une tentative de fonder biologiquement dans la structure organique du cerveau le fonctionnement psychique, t&#226;che qu'il n'a pas pu continuer &#224; cause des insuffisances des m&#233;thodes d'investigation de l'&#233;poque, mais r&#233;alisant des anticipations et pr&#233;dictions, comme par exemple l'importance de la fente synaptique, anticipations qui seraient confirm&#233;es et valid&#233;es post&#233;rieurement par le progr&#232;s des neurosciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart de ses oeuvres de la p&#233;riode proprement psychanalytique, Freud se r&#233;f&#232;re it&#233;rativement au cerveau comme l'organe de la vie psychique, et sont constantes les mentions de l'importance pour le psychique, normal ou pathologique, du biologique, du m&#233;tabolique, de la chimie, de l'organique, de l'h&#233;r&#233;ditaire. Mais comme t&#233;moignage textuel de sa pr&#233;occupation de scientifique entier pour ces aspects, attitude maintenue tout au long de sa vie et de son oeuvre, je voudrais extraire quelques citations paradigmatiques et d&#233;finitives &#224; ce sujet. Ainsi dans &#034;Pour introduire le narcissisme&#034;, en 1914, il affirme que &#034;toutes nos conceptions provisoires, en psychologie, devront un jour &#234;tre plac&#233;es sur la base de supports organiques. Il semble alors vraisemblable qu'il y ait des substances d&#233;termin&#233;es et des processus chimiques qui produisent les effets de la sexualit&#233;&#034;10. Des Conf&#233;rences d'Introduction &#224; la Psychanalyse, 1915, nous transcrivons deux d&#233;clarations r&#233;v&#233;latrices. La premi&#232;re dit : &#034;L'&#233;difice th&#233;orique de la psychanalyse que nous avons cr&#233;e, n'est, en fait, qu'une superstructure qu'un jour nous pourrons asseoir sur une ferme base organique. Mais pour le moment nous n'avons pas les possibilit&#233;s de le faire&#034;. De ce m&#234;me texte est cette citation, plus longue : &#034; La th&#233;rapeutique analytique est-elle une th&#233;rapeutique causale ou non ? [...] Dans la mesure o&#249; la th&#233;rapeutique analytique n'a pas pour but imm&#233;diat la suppression des sympt&#244;mes, elle se comporte comme une th&#233;rapeutique causale. Mais envisag&#233;e &#224; un autre point de vue, elle appara&#238;t comme n'&#233;tant pas causale. Nous avons depuis longtemps suivi l'encha&#238;nement des causes, &#224; travers les refoulements, jusqu'aux pr&#233;dispositions instinctives, avec leurs intensit&#233;s relatives dans la constitution de l'individu et les d&#233;viations qu'elles pr&#233;sentent par rapport &#224; leur d&#233;veloppement normal. Supposez maintenant que nous soyons &#224; m&#234;me d'intervenir par des proc&#233;d&#233;s chimiques dans cette structure, d'augmenter ou diminuer la quantit&#233; de libido existant &#224; un moment donn&#233;, de renforcer un instinct aux d&#233;pens d'un autre ; ce serait l&#224; une th&#233;rapeutique causale au sens propre du mot, une th&#233;rapeutique au profit de laquelle notre analyse a accompli le travail de reconnaissance pr&#233;liminaire et indispensable. Or, vous le savez, actuellement il n'y a pas &#224; songer &#224; exercer une influence de ce genre sur les processus de la libido ; notre traitement psychique s'attaque &#224; un autre anneau de la cha&#238;ne&#034;(11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais pr&#233;par&#233; un cas clinique tir&#233; de l'American Journal of Psychiatry, qui confirme textuellement, ponctuellement, avec pr&#233;cision ces pr&#233;dictions de Freud, mais pour &#234;tre bref, je le laisserai pour plus tard, si vous le voulez (voir Addendum). Dans Malaise dans la civilisation, en 1930, il dit &#034;dans la chimie de notre propre organisme doivent exister des substances qui accomplissent un but analogue aux euphorisants, car nous connaissons au moins un &#233;tat pathologique, la manie, dans lequel il se produit une conduite similaire &#224; l'ivresse sans incorporation d'aucune drogue. Il est regrettable que cet aspect toxique des processus mentaux se soit, jusqu'&#224; maintenant, soustrait &#224; l'investigation scientifique&#034;(12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, en 1938, &#224; 82 ans et apr&#232;s 57 ans d'exercice de la m&#233;decine, dans l'Abriss ou Abr&#233;g&#233;, oeuvre finale et posthume, o&#249; il r&#233;sume et synth&#233;tise le fondamental, l'essentiel de plus de 40 ans d'investigation clinique et d'enseignement de la psychanalyse, il &#233;crit : &#034;Les ph&#233;nom&#232;nes qui nous occupent n'appartiennent pas uniquement &#224; la Psychologie. Ils ont leur face organique et biologique et, en cons&#233;quence, en construisant la psychanalyse, nous avons fait aussi d'importantes d&#233;couvertes biologiques et nous n'avons pas pu &#233;chapper &#224; nouvelles des hypoth&#232;ses sur ce registre. [...] La th&#233;rapie nous concerne seulement ici, dans la mesure que nous travaillons avec des ressources psychologiques, car jusqu'&#224; ce moment nous ne disposons pas d'autres. Le futur pourra nous apprendre &#224; agir directement avec des substances chimiques particuli&#232;res sur les quantit&#233;s d'&#233;nergie et leur distribution sur l'appareil psychique. Peut &#234;tre surgiront-ils des possibilit&#233;s th&#233;rapeutiques insoup&#231;onn&#233;es. Pour le moment nous ne disposons de rien de mieux que la th&#233;rapeutique psychanalytique et c'est pour cette raison qu'on ne doit pas la sous-estimer malgr&#233; toutes ses limitations&#034;(13). Paroles proph&#233;tiques, exemple admirable de probit&#233;, d'honn&#234;tet&#233; intellectuelle, de modestie et humilit&#233; du v&#233;ritable savant qui sait que c'est beaucoup ce qu'il conna&#238;t, mais que c'est plus encore ce qu'il ne conna&#238;t pas et qui lui reste &#224; apprendre, que conna&#238;t le caract&#232;re dialectique de la science en perp&#233;tuel devenir, pour qui il n'y a pas, il ne peut pas en avoir des v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles et immuables. Cependant, un grand nombre, un tr&#232;s grand nombre des id&#233;es de Freud, comme celles de tous les grands ma&#238;tres de la M&#233;decine, d'Hippocrate &#224; notre &#233;poque, resteront imp&#233;rissables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelle a &#233;t&#233; l'attitude de ses continuateurs, les psychanalystes d'aujourd'hui, devant ces concepts si clairs du Ma&#238;tre, qu'impliquent un message et enferment un mandat de ne pas scotomiser, ne pas cacher, ne pas m&#233;conna&#238;tre, ne pas trahir sa pens&#233;e permanente, maintenue tout au long de sa vie et perp&#233;tuellement valable ? Nous pouvons la r&#233;duire &#224; deux positions : une, que je n'h&#233;site pas &#224; appeler dogmatique, r&#233;ductionniste, antiscientifique et antidialectique, qui ignore d&#233;lib&#233;r&#233;ment et qui refuse tout rapport avec le biologique, le m&#233;dical, le psychiatrique et qui pr&#233;tend geler la science, la psychiatrie et la psychanalyse m&#234;me en 1938. L'autre position c'est tout le contraire : ouverte, dialectique, scientifique, fid&#232;le h&#233;riti&#232;re de la pens&#233;e freudienne, qui poursuit son progr&#232;s intellectuel, qui cherche l'int&#233;gration avec le biologique, le m&#233;dical, le psychiatrique, avec les yeux mis dans l'horizon de la science et la sant&#233; mentale de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je reconnais qu'il existe aussi, de la part des psychiatres, deux positions similaires et sp&#233;culaires : celle des faux psychiatres, comme Ey les d&#233;signa, qui ne veulent rien savoir de la psychanalyse, qui nient sa valeur, et dans l'autre position, ceux qui cherchent la convergence, la collaboration, l'int&#233;gration dans le mod&#232;le organodynamiste comme expression de synth&#232;se dialectique qui d&#233;passe cette th&#232;se et cette antith&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux attitudes, ces deux positions, ont &#233;t&#233; exprim&#233;es d'une fa&#231;on claire et succincte, pr&#233;cis&#233;ment et par hasard, ici &#224; C&#243;rdoba, par deux psychanalystes lacaniens fran&#231;ais. En 1985 le psychanalyste G&#233;rard Pommier a dit textuellement que &#034;la psychanalyse est pour Lacan tout le contraire de la science, c'est l'envers du discours scientifique&#034; et qu'elle &#034;constitue en d&#233;finitive un retour au mythe qui la rapproche plus de la religion. [Aux Etats Unis] la psychanalyse est contr&#244;l&#233;e par le circuit m&#233;dical, imbu d'une empreinte psychiatrique &#233;videmment contraire &#224; l'esprit et &#224; la pens&#233;e freudienne&#034;(14). En 1987, le psychanalyste Eric Laurent a affirm&#233; que &#034;la psychanalyse comme telle n'est pas une science, elle essaye de se rapprocher&#034; et il y signale que la Fondation &#224; laquelle il appartient est une organisation scientifique qui &#034;compte avec les conclusions de la psychiatrie classique, biochimique, et que cela donne une nouvelle actualit&#233; &#224; l'abordage psychanalytique du probl&#232;me [...] C'est partager nouvelles possibilit&#233;s : du c&#244;t&#233; de la clinique, nouvelles formes ; de m&#234;me que dans le traitement comme tel pour obtenir une majeure efficacit&#233;. [...] avec la combinaison qui peut d&#233;river de l'utilisation des m&#233;dicaments et drogues &#224; un moment pr&#233;cis ou avec l'hospitalisation. [...] Il faut passer par la collaboration avec l'h&#244;pital &#224; un moment donn&#233; de la cure, mais cela n'emp&#234;che pas de continuer apr&#232;s avec des formes plus classiques. [...] Le grand d&#233;fi [...] scientifique est de ne pas laisser de c&#244;t&#233; ce qui constitue la raison de l'existence [de la psychanalyse] : la souffrance de l'&#234;tre humain&#034;15. A chacun de tirer ses conclusions sur quelle posture est contre l'esprit de la pens&#233;e freudienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces r&#233;flexions &#233;pist&#233;mologiques et de m&#233;thodologie des sciences, je voudrais bri&#232;vement mentionner quelques unes des extraordinaires avanc&#233;es que les neurosciences, c'est-&#224;-dire les sciences du cerveau, ont r&#233;alis&#233; ces derni&#232;res 50 ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le docteur Nancy Andreassen, professeur de Psychiatrie &#224; l'Universit&#233; d'Iowa, que nous connaissons par ses brillants travaux sur les sympt&#244;mes positifs et n&#233;gatifs de la schizophr&#233;nie, ainsi que pour son labeur pr&#233;pond&#233;rant dans les groupes de travail du D.S.M. III, a, dans un ouvrage de valeur intitul&#233; &#034;The Broken Brain&#034;(16), repris d'une fa&#231;on tr&#232;s didactique ces d&#233;couvertes qui ont &#233;largi extraordinairement nos connaissances sur les structures et le fonctionnement normal et pathologique du cerveau, ainsi qu'elles ont d&#233;voil&#233; &#233;nigmes cruciales de l'&#233;tiopathog&#233;nie des maladies mentales et apport&#233;es de solutions th&#233;rapeutiques biologiques aux m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rentes neurosciences qui travaillent int&#233;gr&#233;es dialectiquement et r&#233;ciproquement dans le champ de la neuroanatomie, depuis les travaux de Papez sur le syst&#232;me limbique et son r&#244;le dans les processus affectifs et la m&#233;moire, en passant par ceux de Moruzzi et Magoun sur le syst&#232;me r&#233;ticulaire ascendant et la r&#233;gulation des cycles veille-sommeil, travaux qui inaugurent l'&#233;tude scientifique du sommeil, jusqu'au tr&#232;s modernes syst&#232;mes de cartographie c&#233;r&#233;brale, le scanner c&#233;r&#233;bral, la r&#233;sonance magn&#233;tique, et les P.E.T.-scan, elles nous permettent de conna&#238;tre avec une pr&#233;cision absolue l'anatomie normale et pathologique de l'enc&#233;phale du patient vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le champ de la neurohistologie et la neurohistopathologie, nous soulignons les avanc&#233;es sur les membranes et la fente intersynaptique, la transmission de l'impulsion nerveuse, les syst&#232;mes neuronaux en colonne du cortex, l'architecture neuronale de l'hippocampe, et toutes les autres rapport&#233;es par Jean Pierre Changeux dans &#034;L'Homme Neuronal&#034;(17), ainsi que les travaux de Benes et Bird de Harvard sur les alt&#233;rations en taille et nombre des neurones du cortex du cingulum des schizophr&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le champ de la neurophysiologie, les avanc&#233;es r&#233;volutionnaires depuis l'intervention en 1929 par le psychiatre de I&#233;na, Hans Berger, sur l'&#233;lectroenc&#233;phalogramme et ses applications dans le champ de la neurologie et la psychiatrie dans l'&#233;claircissement de l'activit&#233; du syst&#232;me nerveux central et des niveaux d'activit&#233; du syst&#232;me nerveux central : veille, sommeil, r&#234;ve, inaugurant, avec les &#233;tudes de Jouvet de Lyon, l'&#233;tude scientifique du sommeil. Autres avanc&#233;es d'importance constituent l'&#233;lectroenc&#233;phalographie par ordinateur, l'onde p300 et l'analyse de fr&#233;quence, tout comme, dans une perspective diff&#233;rente, les &#233;tudes tr&#232;s brillantes de l'&#233;cole r&#233;fl&#233;xologique russe n&#233;e avec Pavlov, l'&#233;cole de Luria et l'&#233;cole b&#233;havioriste am&#233;ricaine de Watson, Gantt, Skinner et Wolpe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le champ de la neurobiochimie, la d&#233;couverte des neurom&#233;diateurs, les neurotransmetteurs et ses r&#233;cepteurs membraneux, d&#233;couverte faite vers la fin des ann&#233;es 60, a rendu clair les principaux syst&#232;mes neurochimiques du cerveau : dopaminergique, s&#233;rotoninergique et nor&#233;pin&#233;phrique et leur r&#244;le dans l'&#233;tiopathog&#233;nie de la maladie de Parkinson et les psychoses affectives et schizophr&#233;niques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, les progr&#232;s des th&#233;rapeutiques biologiques avec la malarioth&#233;rapie de Wagner von Jauregg en 1917, les th&#233;rapies convulsivantes cardiazoliques de Von Meduna en 1934, et &#233;lectrique de Cerletti et Bini en 1938, la p&#233;nicilline d&#233;couverte par Flemming et Mahoney en 1943, qui permit de vaincre d&#233;finitivement la syphilis quaternaire, qui occupait jusqu'&#224; 50% des lits des h&#244;pitaux psychiatriques avant les th&#233;rapeutiques biologiques. Et surtout l'introduction de la psychopharmacologie, initi&#233; &#224; Paris en 1952 par Delay et Deniker qui utilis&#232;rent pour la premi&#232;re fois un antipsychotique ph&#233;notiazinique, la chlorpromazine, d&#233;couverte qui am&#233;liora extraordinairement l'&#233;tat mental des psychotiques, d&#233;peupla les asiles permettant la sortie de beaucoup de malades intern&#233;s, permit l'introduction de la psychoth&#233;rapie et de la socioth&#233;rapie de r&#233;insertion, familiale, professionnelle et sociale. Finalement, je ne voudrais pas oublier le d&#233;veloppement et l'importance des th&#233;rapies conductistes et r&#233;fl&#233;xologiques, n&#233;es des &#233;tudes neurophysiologiques, c'est-&#224;-dire biologiques, de Pavlov et Watson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, je voudrais laisser comme synth&#232;se trois propositions par rapport au th&#232;me qui nous rassemble aujourd'hui :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re proposition : la m&#233;decine est une science bio-psycho-sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me proposition : la Psychiatrie est une branche de la m&#233;decine et, comme elle, bio-psycho-sociale. Comme dit Ey : &#034;La psychiatrie, en derni&#232;re analyse, est une science essentiellement biologique et naturaliste qui appartient &#224; la m&#233;decine, mais qui &#224; son tour peut et doit exiger de la m&#233;decine en g&#233;n&#233;ral qu'elle soit assez anthropologique comme pour pouvoir int&#233;grer dans la pathologie g&#233;n&#233;rale de l'homme la totalit&#233; psychosomatique de son organisation&#034;(18).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me proposition : la Psychanalyse est une branche de la psychiatrie, donc de la m&#233;decine d'o&#249; elle est n&#233;e, et que dans la propre conceptualisation de Freud est une m&#233;thode pour l'investigation des processus mentaux, une m&#233;thode pour le traitement des troubles n&#233;vrotiques et une s&#233;rie de conceptions psychologiques. Elle est, en cons&#233;quence, une praxis psychiatrique, une praxis m&#233;dicale, une science de la vie mentale, du bios, une science biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux clore ces r&#233;flexions avec les tr&#232;s belles paroles adress&#233;es par Ey aux psychiatres, &#224; tous les psychiatres dans le sens large du terme, &#224; tous ceux qui s'occupent de l'&#233;tude et du traitement de l'existant humain, dans une th&#233;orie et une praxis inscrite essentiellement dans le contexte des sciences m&#233;dicales, dans le sens large elles aussi, dont leur seule raison d'exister, comme a dit E. Laurent, est la souffrance de l'&#234;tre humain. Dans &#034;D&#233;fense et Illustration de la Psychiatrie&#034;, quand il &#233;voque la fonction essentielle de la psychiatrie, Ey nous transmet son message comme un mandat &#233;thique : &#034;Le m&#233;decin psychiatre id&#233;al doit &#234;tre un m&#233;decin qui, ayant pour les traiter la double fonction de comprendre et d'expliquer les maladies mentales, doit tout &#224; la fois &#234;tre capable d'aller tr&#232;s loin dans la psychologie des profondeurs, des motivations inconscientes ou fantasmatiques, (&#224; la source des r&#234;ves et des images qui sont la racine de la folie humaine en g&#233;n&#233;ral dont se nourrissent les formes psychopathologiques particuli&#232;res &#224; quelque niveau qu'elles se constituent) - mais aussi de conna&#238;tre la d&#233;sorganisation, le processus qui d&#233;chire ce tissu en suivant le pointill&#233; de sa vuln&#233;rabilit&#233; organique. Au fond, il doit, pour offrir son image id&#233;ale, &#234;tre &#224; la fois intuitif et romantique, mais aussi biologique et rationaliste ; et pour tout dire et tout r&#233;sumer, &#234;tre assez savant dans la science de la nature des faits psychopathologiques sp&#233;cifiques pour ne pas les confondre avec la folie g&#233;n&#233;rale des hommes.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ADDENDUM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour all&#233;ger un peu cet expos&#233;, et prouver comment se v&#233;rifient cliniquement et exp&#233;rimentalement quelques unes des affirmations de Freud, qui dans &#034;L'Avenir d'une Illusion&#034;(19) (1927) proclamait que son &#034;Dieu &#233;tait Logos&#034;, la Raison, que la &#034;labeur scientifique est le seul chemin qui peut nous conduire &#224; la connaissance de la r&#233;alit&#233;&#034; et que &#034;rien ne peut r&#233;sister &#224; la raison et &#224; l'exp&#233;rience&#034;, je voudrais intercaler ici un cas clinique publi&#233; dans l'American Journal of Psychiatry (20), qui prouve l'existence r&#233;elle des &#034;mati&#232;res et processus chimiques qui exercent l'action de la sexualit&#233;&#034; et que les n&#233;vroses actuelles sont la cons&#233;quence de perturbations du m&#233;tabolisme des substances sexuelles, comme il le dit dans son &#034;Introduction &#224; la Psychanalyse&#034;, substances et processus inconnus &#224; son &#233;poque par l'insuffisance des m&#233;thodes de recherche neurobiologique, mais parfaitement connus maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le cas : &#034;Mme A., c&#233;libataire, de 40 ans, a commenc&#233; a avoir de rapports sexuels &#224; 12 ans. Ayant &#233;prouv&#233; l'orgasme lors de la premi&#232;re fois, elle a d&#233;velopp&#233; une pr&#233;f&#233;rence pour les orgasmes multiples avec successif partenaires sexuels en compl&#233;tant ses efforts avec une activit&#233; masturbatoire. Cette conduite a continu&#233; tout au long de son adolescence. A 20 ans elle a cherch&#233; de l'aide psychiatrique, car sa conduite sexuelle entrait en conflit avec ses croyances religieuses et ses rapports avec les hommes lui semblaient vides de sens. Pendant les 10 ann&#233;es suivantes elle fut trait&#233;e par psychoth&#233;rapie individuelle, th&#233;rapie conductiste et psychopharmacoth&#233;rapie avec antid&#233;presseurs, neuroleptiques et benzodiaz&#233;pines, le tout avec peu de r&#233;sultats. A l'&#226;ge de 31 ans elle agresse sexuellement un homme. Effray&#233;e par cela, elle abandonne tout traitement et tout rapport sexuel. Elle se masturbait 6 &#224; 8 fois par jour et elle &#233;vitait toute compagnie masculine, mais de violents r&#234;ves &#233;rotiques perturbaient son sommeil. Il eut peu de changements pendant les 9 ann&#233;es suivantes : elle vivait seule, conservait son travail et quelques amies de sa m&#234;me &#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que des changements dans son travail exigeaient contacts fr&#233;quents avec des jeunes gar&#231;ons, elle chercha une nouvelle fois de l'aide, craignant de les agresser sexuellement. Son histoire clinique m&#233;dicale, psychiatrique et familiale ne pr&#233;sentait pas de particularit&#233;s et les r&#233;sultats d'un examen physique comportant un examen gyn&#233;cologique &#233;taient parfaitement normaux. Des recherches plus pouss&#233;es du S.N.C. et des glandes endocrines se montraient normaux, en particulier les niveaux de testost&#233;rone. La demande de la patiente de diminuer sa libido et son hypersexualit&#233; sans cause apparente ont men&#233; &#224; un essai par l'agent antiandrog&#233;nique acetate de ciprost&#233;rone. 50 mg./jour furent administr&#233;s du 5&#232; au 15&#232; jour du cycle, et 50&#181;g/jour d'&#233;thynilestradiol du 5&#232; au 25&#232; jour. Peu de temps apr&#232;s elle cessa de se masturber, les r&#234;ves &#233;rotiques cess&#232;rent et les hommes ne r&#233;veill&#232;rent plus, chez-elle, de sentiments sexuels agressifs. 6 mois plus tard elle pr&#233;senta une hypoglyc&#233;mie et les traitements furent arr&#234;t&#233;s. Un mois apr&#232;s r&#233;apparaissait sa conduite hypersexuelle et elle resta dans cet &#233;tat pendant 3 mois. Alors, et &#224; la suite d'un diagnostic d'intol&#233;rance &#224; la lactose qui expliqua l'hypoglyc&#233;mie, le traitement fut r&#233;introduit avec les m&#234;mes effets que pr&#233;c&#233;demment. Mme. A est rest&#233;e libre de tout sympt&#244;me les derniers 6 mois. La r&#233;duction de la libido est une complication connue de l'utilisation de l'ac&#233;tate de ciprost&#233;rone dans le traitement de l'hirsutisme f&#233;minin. Ce produit, d&#233;riv&#233; du 17-hydroxyprogest&#233;rone, inhibe la production d'androg&#232;nes, mais son principal mode d'action est le blocage des r&#233;cepteurs d'androg&#232;nes. L'effet dramatique de cette drogue, confirm&#233; par son arr&#234;t, puis sa r&#233;introduction, chez une femme avec niveaux normaux d'androg&#232;nes, nous m&#232;ne &#224; postuler que la cause de l'hypersexualit&#233; est une prolif&#233;ration ou hypersensibilit&#233; des r&#233;cepteurs d'androg&#232;nes. Confirmation indirecte de l'hypoth&#232;se qui r&#233;sulte de l'observation que l'hypersexualit&#233; des filles d&#233;linquantes est associ&#233;e &#224; l'exposition pr&#233;coce aux androg&#232;nes exog&#232;nes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BIBLIOGRAPHIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Caroli (F.), Sp&#233;cificit&#233; de la Psychiatrie, Masson, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Politzer (G.), Principios Elementales de Filosof&#237;a, Ed. Problemas, 1948.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Bunge (M.), El Problema Mente-Cerebro, Editorial Tecnos, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Platon, Platon, Ph&#232;dre, Carmide, in Oeuvres Compl&#232;tes, La Pl&#233;iade, N.R.F., 1950.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) D&#246;rner (K.), Ciudadanos y Locos, Historia social de la Psiquiatr&#237;a, Editorial Taurus, 1969.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Kant (E.), Essai sur les maladies de la t&#234;te, L'Evolution psychiatrique, Tome XLII, Fascicule II, 1977, pp. 213-230.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) Bachelard (G.), La Formaci&#243;n del Esp&#237;ritu Scient&#237;fico, Editorial Siglo XXI, 1948.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) Hip&#243;crates, Tratados Hipocr&#225;ticos, Editorial Gredos, 1983.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9) Ey (H.), D&#233;fense et Illustration de la Psychiatrie, Masson, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10) Freud (S.), Introducci&#243;n al Narcisismo, Alianza Editorial, Madrid, 1969.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11) Freud (S.) Introducci&#243;n al Psicoan&#225;lisis, Alianza Editorial, Madrid, 1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12) Freud (S.), Malestar en la cultura, Alianza Editorial, Madrid, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13) Freud (S.), Compendio de Psicoan&#225;lisis, Alianza Editorial, Madrid, 1979.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14) Pommier (G.), La Voz del Interior, C&#243;rdoba, 18 de Nov. 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15) Laurent (E.), La Voz del Interior, C&#243;rdoba, 8 de Set., 1987.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16) Andreassen (N.), The broken brain, The biological revolution in Psychiatry, Harper &amp; Row Editors, 1984.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17) Changeux (J. P.), El Hombre Neuronal, Espasa Calpe, 1985.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
