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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Qu'est-ce que l'Internationale Communiste de L&#233;nine et Trotsky en 1920 ?</title>
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		<dc:date>2026-06-14T22:20:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>

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&lt;p&gt;Trotsky : &lt;br class='autobr' /&gt;
7 ao&#251;t 1920 &lt;br class='autobr' /&gt;
Camarades, &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 2e Congr&#232;s de l'Internationale Communiste se rassemble dix-huit mois apr&#232;s le 1er Congr&#232;s. Ce laps de temps n'est pas &#233;norme, mais la valeur historique de l'exp&#233;rience que nous avons faite pendant cette courte p&#233;riode est plus consid&#233;rable que celle de tout ce que nous avons fait auparavant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous, ce 2e Congr&#232;s n'est pas une simple revue des peuples. Il ne s'agit pas de nous compter entre camarades. Non. Nous devons nous arr&#234;ter un instant sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique195" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trotsky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 ao&#251;t 1920&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2e Congr&#232;s de l'Internationale Communiste se rassemble dix-huit mois apr&#232;s le 1er Congr&#232;s. Ce laps de temps n'est pas &#233;norme, mais la valeur historique de l'exp&#233;rience que nous avons faite pendant cette courte p&#233;riode est plus consid&#233;rable que celle de tout ce que nous avons fait auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, ce 2e Congr&#232;s n'est pas une simple revue des peuples. Il ne s'agit pas de nous compter entre camarades. Non. Nous devons nous arr&#234;ter un instant sur le chemin qui m&#232;ne vers les hauteurs, &#224; travers bien des obstacles et des pr&#233;cipices ; nous devons jeter un regard en arri&#232;re afin de mesurer la route parcourue. Sans cesser pour cela de surveiller l'ennemi, nous planterons les jalons de la prochaine &#233;tape et, sans perdre une minute, nous reprendrons notre marche en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, nous allons embrasser du regard ce qui s'est pass&#233; durant ces dix-huit mois qui s&#233;parent le 1er. Congr&#232;s du second, et nous nous demanderons, en scrutant soigneusement notre conscience r&#233;volutionnaire, si nous avons le droit de dire que la route que nous nous &#233;tions trac&#233;e lors du 1er. Congr&#232;s de la Commune mondiale &#233;tait la bonne route. Nous nous demanderons si nous avons remport&#233; des succ&#232;s, &#224; quoi il faut les attribuer. Et si le prol&#233;tariat mondial a parfois subi des d&#233;faites et battu en retraite, n'est-ce pas parce qu'il n'est pas entr&#233; tout entier dans la voie que lui avait indiqu&#233;e l'Internationale Communiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dix-huit mois qui viennent de s'&#233;couler ont soulign&#233; d'un trait sanglant toute une &#233;poque, qui fait date dans l'histoire de l'humanit&#233;. Cette &#233;poque a eu ses lois, ses m&#233;thodes, son &#233;galit&#233;, ses relations mondiales, ses luttes, ses mensonges, le mensonge d&#233;mocratique de la science officielle, le mensonge de l'Eglise. La guerre mondiale a fait le bilan de tout cela. Et les classes bourgeoises qui poussaient les peuples &#224; entrer dans cette m&#234;l&#233;e mondiale, leur promettaient en m&#234;me temps on ne sait quel Nouveau Testament, quel nouvel ordre des choses, quel nouveau r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, quel aspect pr&#233;sentent l'Europe et le monde entier, apr&#232;s qu'ils sont sortis de cet immense carnage et de cette fabrique de trait&#233;s qu'on avait install&#233;e &#224; Versailles ? L'ordre bourgeois ne sait sur quoi s'appuyer. Tout s'est mis en mouvement, toutes les assises sont &#233;branl&#233;es, tous les programmes des gouvernements bourgeois ont &#233;t&#233; jet&#233;s au panier ; les alliances internationales se sont disloqu&#233;es et la bourgeoisie tremblante, au seuil de l'avenir, cherche une issue &#224; une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e, cr&#233;&#233;e par des si&#232;cles et des si&#232;cles de pillage et de violence. Mais il n'y a point d'issue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Angleterre, la France, les Etats-Unis, ont promis de donner aux peuples une alliance mondiale, une Ligue des Nations, qui devait mettre fin aux guerres imp&#233;rialistes, aux discordes internationales. La voici devant nous, cette Ligue des Nations. A peine &#233;tait-elle sortie des chancelleries que son auteur, son inventeur, le pr&#233;sident Wilson, la reniait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades , il n'y a pas plus de dix &#224; douze mois que presque tous les chefs de la 2e Internationale, qui rassemble en ce moment ses lamentables d&#233;bris au Congr&#232;s de Gen&#232;ve, saluaient Wilson comme un nouveau messie, du haut de sa montagne, apportant &#224; l'Europe ensanglant&#233;e ses commandements, non pas les dix commandements des tables de Mo&#239;se, mais quatorze, les quatorze fameux articles de Wilson, qui devaient &#233;tablir &#224; tout jamais la paix entre les peuples. Tandis que Kautsky, Longuet et les autres repr&#233;sentants de la 2e. Internationale saluaient Wilson et invitaient les ouvriers &#224; le soutenir, notre Internationale, il y a de cela dix-huit mois, &#224; Moscou, d&#233;clarait que la d&#233;marche de Wilson &#233;tait une tentative faite par les ploutocrates de New-York et de Chicago pour assujettir l'Europe et le monde entier ; notre Internationale disait que cette Ligue des Nations ne serait d'une compagnie mondiale dont le capital social serait fourni par les Etats-Unis. Le capital am&#233;ricain est accoutum&#233; &#224; &#233;tendre ses domaines par le syst&#232;me de la f&#233;d&#233;ration, en faisant entrer dans la sph&#232;re de son exploitation de nouveaux millions d'hommes. Le capital am&#233;ricain a fait une tentative pour jeter le filet sur l'Europe, l'Asie et sur le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque Wilson est arriv&#233; en Europe, du fond de sa grande province am&#233;ricaine, il y a vu, en se heurtant aux probl&#232;mes de la mondiale, que les r&#234;nes du gouvernement &#233;taient en ce moment entre les mains de l'Angleterre, qui dispose de la flotte la plus forte, du c&#226;ble le plus long. C'est l'Angleterre qui s'entend le mieux, par exp&#233;rience, aux violences et aux pillages. Et ce brave provincial de Wilson, avec ses poches pleines de dollars tr&#232;s bien c&#244;t&#233;s, s'imaginant que ses quatorze paragraphes allaient devenir l'&#233;vangile du monde, se trouva nez &#224; nez avec la flotte anglaise. Que dis-je ? Avec la Russie sovi&#233;tique et le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, l'ap&#244;tre am&#233;ricain s'en retourna tout chagrin vers sa Maison Blanche &#224; Washington, il remonta la pente de son Sina&#239;. Mais, camarades, ne croyez pas qu'il ait renonc&#233; ainsi &#224; sa politique de domination mondiale. Le capital am&#233;ricain ne saurait suivre un autre chemin. Tant que ce capital n'a fait que s'accumuler, s'&#233;tendre et s'&#233;manciper, il a mis en avant sa th&#233;orie, connue sous le nom de doctrine de Monroe : &#171; l'Am&#233;rique aux Am&#233;ricains &#187;. Cela signifie que personne n'a le droit de se m&#234;ler de ce qui se passe sur le continent am&#233;ricain, o&#249; le capital am&#233;ricain reste seul ma&#238;tre de gouverner, d'exploiter et de brigander. Mais ce capital se sent maintenant &#224; l'&#233;troit dans les limites de l'Am&#233;rique, de l'Am&#233;rique du Nord et de l'Am&#233;rique du Sud qu'il a transform&#233;es en colonies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la guerre, la lourde industrie am&#233;ricaine s'est dress&#233;e comme une colonne g&#233;ante jusqu'aux cieux, et le capital am&#233;ricain a rejet&#233; bien loin de lui la devise, l'Am&#233;rique aux Am&#233;ricains. Ou plut&#244;t, nous dirons qu'il a modifi&#233; cette devise et qu'il a dit : non seulement l'Am&#233;rique aux Am&#233;ricains, mais le monde entier. C'est alors qu'il a envoy&#233; l'ap&#244;tre Wilson avec son Nouveau Testament. Nous savons que Wilson n'a pas fait la commission. Mais la commission est toujours &#224; faire, et l'oligarchie am&#233;ricaine est en train de faire ses comptes : notre flotte, se dit-elle, est plus faible que celle de la Grande-Bretagne de tant de tonnes, de tant de bouches de canons de tel ou tel calibre. Et le D&#233;partement de la Marine am&#233;ricaine &#233;tablit un nouveau programme, un programme qui doit, avant 1925, et quelques-uns disent encore plus t&#244;t, en trois ans, rendre la flotte am&#233;ricaine incomparablement plus forte que celle de l'Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie tout cela, sinon que toute force de l'Angleterre est dans sa flotte, qui lui permet de veiller sur toutes les routes oc&#233;aniques, et d'exercer &#224; son aise son m&#233;tier de pirate mondial. Le programme naval de l'Angleterre se ram&#232;ne &#224; ceci : que sa flotte doit toujours &#234;tre plus forte que celle des deux puissances navales qui viennent imm&#233;diatement apr&#232;s elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, l'Am&#233;rique qui fait briller son dollar tout neuf, dont le cours est tr&#232;s &#233;lev&#233; au firmament de la Bourse, d&#233;clare : dans trois ans, ma flotte sera plus forte que celle de l'Angleterre. Cela signifie qu'il s'agit &#034; d'&#234;tre ou de ne pas &#234;tre &#034; pour l'imp&#233;rialisme britannique . Cela veut dire que l'Angleterre et les Etats-Unis marchent &#224; toute vapeur vers un nouveau conflit qui ensanglantera la terre enti&#232;re ; car, dans le monde de l'imp&#233;rialisme , il ne peut y avoir deux pouvoirs, et l'h&#233;g&#233;monie doit appartenir en fin de compte soit &#224; l'Angleterre, soit &#224; l'Am&#233;rique, si, toutefois, le prol&#233;tariat mondial n'arrive pas le premier &#224; la leur enlever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, apr&#232;s quatre ans d'une &#233;pouvantable guerre qui a caus&#233; la d&#233;b&#226;cle des grandes puissances de l'Europe centrale, qui a d&#233;vast&#233; l'Europe et ruin&#233; le monde entier, nous voyons que sur les os des morts se pr&#233;pare une nouvelle lutte encore plus gigantesque. La France, la principale ennemie de la Russie sovi&#233;tiste, l'ennemie acharn&#233;e, infernale du prol&#233;tariat mondial, croit &#224; pr&#233;sent avoir remport&#233; la victoire ; ou plut&#244;t , ce sont les nigauds, les petit-bourgeois, les boutiquiers, les social-patriotes et, en partie, les ouvriers dup&#233;s, qui s'imaginent que la France a vaincu. Erreur, profonde erreur. Bien longtemps avant la d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme germanique, l'Autriche-Hongrie &#233;tait battue. Le militarisme allemand la soutenait encore, de m&#234;me que l'Entente entretenait l'imp&#233;rialisme allemand. Maintenant, la France, elle aussi, est un des pays du monde les plus &#233;puis&#233;s et ruin&#233;s, bien qu'elle ait gard&#233; son ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la France peut commettre des actes de piraterie dans la mer Noire, mais elle ne peut le faire que tant que l'Angleterre n'y trouvera rien &#224; redire. La France peut dicter ses lois &#224; la petite Belgique, dont elle a fait une de ses provinces ; elle peut fixer l'effectif de l'arm&#233;e belge, et s'immiscer dans les affaires financi&#232;res de ce petit pays ; mais la France n'est elle-m&#234;me qu'une grande Belgique &#224; c&#244;t&#233; de l'Angleterre. La France est incapable de se d&#233;fendre, &#233;conomiquement et militairement, sans l'assistance de l'Angleterre et de l'Am&#233;rique ; et cependant, la France, dans sa sottise de petite-bourgeoisie, poursuit jusqu'&#224; pr&#233;sent son r&#234;ve de domination, et s'imagine qu'elle pourra jouer un r&#244;le d'arbitre dans la querelle qui s'engage entre les Etats-Unis et l'Angleterre. Mais les Etats-Unis n'ont pas m&#234;me voulu faire partie de la ligue des Nations, &#224; c&#244;t&#233; de la France et de l'Angleterre. Et la France est presque oblig&#233;e de se mettre &#224; genoux pour demander l'aum&#244;ne, pour obtenir qu'on lui garantisse son ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dirons-nous des petites nations ? On leur a promis la libert&#233;, l'ind&#233;pendance, et cependant, partout, l'Angleterre &#233;tend sur elles sa lourde patte, sur la Finlande, sur l'Esthonie Blanche, sur la Lettonie Blanche. Que reste-t-il de l'ind&#233;pendance de la Su&#232;de et de la Norv&#232;ge ? Qu'est-ce que la mer Baltique ? Un golfe o&#249; l'Angleterre fait de petites promenades. La mer du Nord ? Une possession de l'Angleterre. L'Oc&#233;an Indien ? Entour&#233; de toute une cha&#238;ne de nations soumises &#224; l'Angleterre, parmi lesquelles l'Egypte, la Perse, l'Afghanistan, le B&#233;louchistan, l'Inde, l'Oc&#233;an Indien n'est plus qu'une mer int&#233;rieure appartenant aux Anglais. L'Autriche-Hongrie d&#233;chir&#233;e, l'ancienne Russie du tsar d&#233;coup&#233;e en petits Etats qui ne peuvent subsister et dont l'Entente, la Ligue des Nations, c'est-&#224;-dire la Grande-Bretagne, prolongent encore l'agonie, l'Autriche crucifi&#233;e, la Hongrie (qui, apr&#232;s avoir accompli une tentative h&#233;ro&#239;que pour tirer du chaos l'Europe centrale, pour entrer dans la large voie de la f&#233;d&#233;ration sovi&#233;tiste, c'est-&#224;-dire d'une alliance fraternelle des r&#233;publiques ouvri&#232;res sur le terrain &#233;conomique, militaire et culturel) &#233;cras&#233;e et refoul&#233;e, voil&#224; ce que l'on fait des petits Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons encore la Boh&#234;me et cette malheureuse Pologne, qui a fait alliance avec les social-patriotes, et dont l'affranchissement avait &#233;t&#233; inscrit &#224; la premi&#232;re page du programme de la 1re. Internationale. La Pologne, telle que nous la voyons, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par l'imp&#233;rialisme &#224; bout de forces, pour servir &#224; ses fins honteuses, pour &#234;tre tout enti&#232;re &#224; son service. Cette r&#233;publique d&#233;mocratique, pour laquelle ont combattu des g&#233;n&#233;rations enti&#232;res de r&#233;volutionnaires et de patriotes polonais, qui, fuyait le tsarisme, les uns apr&#232;s les autres, se rendaient en Occident pour combattre et mourir sur toutes les barricades de la r&#233;volution, cette Pologne d&#233;mocratique n'est plus maintenant que l'instrument malpropre et sanglant du capital fran&#231;ais. Mais, camarades, si la 1er. Internationale a inscrit dans les premi&#232;res pages de son programme l'&#233;mancipation de la Pologne et la lutte contre le tsarisme, la Russie d'aujourd'hui, d&#233;livr&#233;e du tsarisme, accomplit la grande mission qui consiste &#224; rendre la Pologne, crucifi&#233;e et violent&#233;e, &#224; l'ouvrier polonais, au paysan polonais. (Applaudissements).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous parle, du haut de toutes les tribunes parlementaires, de la renaissance &#233;conomique de l'Europe. Il n'y a pas de mensonge plus impudent que ce mensonge. Il n'y a pas de renaissance en Europe depuis ces derniers dix-huit mois. Depuis notre 1er. Congr&#232;s, l'Europe est devenue incomparablement plus pauvre et sa situation est bien plus d&#233;sesp&#233;r&#233;e qu'elle ne l'&#233;tait avant cette date ; il en est de m&#234;me du monde entier. Pensez-vous qu'il puisse y avoir une renaissance en Europe sans nos mati&#232;res premi&#232;res, sans les c&#233;r&#233;ales de la Russie ? Est-ce qu'il peut y avoir une renaissance de l'Europe sans les ressources de la technique allemande, sans la classe ouvri&#232;re allemande ? Non. Et c'est pourquoi les repr&#233;sentants des ouvriers de tous les pays, que vous voyez ici pr&#233;sents, lorsqu'ils s'en retourneront chez eux, diront : Ouvriers europ&#233;ens, ouvriers du monde entier, d'apr&#232;s le peu que nous avons vu, nous pouvons t&#233;moigner devant vous, que si l'imp&#233;rialisme laisse en paix la R&#233;publique sovi&#233;tiste, si nous lui venons en aide par nos ressources techniques, ne serait-ce que dans une faible mesure, il arrivera ceci, que dans deux ou trois ans, tout au plus dans cinq ans, la Russie sovi&#233;tiste, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle est un &#233;tat sovi&#233;tique, fond&#233; sur le communisme, donnera &#224; la classe ouvri&#232;re europ&#233;enne cinq fois plus de bl&#233; et de mati&#232;re premi&#232;res que n'en donnait l'ancienne Russie du tsar et de la bourgeoisie. (Applaudissements).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois la victoire remport&#233;e, le capital anglo-fran&#231;ais a cru voir s'ouvrir devant lui un immense champ colonial. Le tsarisme avait &#233;t&#233; le grand rival de l'Angleterre en Asie ; l'Allemagne &#233;tait une rivale encore beaucoup plus dangereuse pour l'Angleterre sur la march&#233; mondial. Le tsarisme n'existe plus, l'Allemagne a &#233;t&#233; d&#233;faite, martyris&#233;e ; l'Autriche-Hongrie a encore beaucoup plus souffert. On pourrait croire que les colonies commencent dans le voisinage imm&#233;diat des Alli&#233;s vainqueurs ; dans l'Est, c'est le peuple allemand soumis &#224; la France ; plus loin, c'est la Russie sovi&#233;tiste. Et renverser la Russie sovi&#233;tiste, enlever les mati&#232;res premi&#232;res et les bl&#233;s de la Russie, contraindre les ouvriers allemands, r&#233;duits en esclavage, &#224; mettre en &#339;uvre nos mati&#232;res premi&#232;res, au b&#233;n&#233;fice du capital anglo-fran&#231;ais, - tel &#233;tait le programme &#233;blouissant de la Ligue des Nations &#224; son d&#233;but. Et elle t&#226;cha de r&#233;aliser ce programme, elle fit tout ses efforts pour renverser la R&#233;publique sovi&#233;tiste, pour se rendre ma&#238;tresse de nos steppes, de nos mers, de nos for&#234;ts, de nos richesses souterraines. Elle tenta d'exploiter le charbon allemand et les ouvriers allemands pour travailler ces mati&#232;res premi&#232;res. Dix-huit mois d'une lutte acharn&#233;e se sont &#233;coul&#233;s, et nous pouvons dire avec un orgueil l&#233;gitime &#224; nos fr&#232;res d'Occident : votre bourgeoisie ne nous a pas mis en terre, nous sommes toujours debout, nous vous faisons accueil &#224; Moscou. Et s'il en a &#233;t&#233; ainsi, ce n'est pas seulement gr&#226;ce aux puissants efforts de la classe ouvri&#232;re russe et de l'arm&#233;e qu'elle a cr&#233;&#233;e. Nous savons quels ont &#233;t&#233; nos efforts, nos sacrifices, et les envoy&#233;s de la classe ouvri&#232;re mondiale en savent maintenant quelque chose. Mais nous devons dire que nous avons tenu bon principalement parce que nous sentions, nous savions, que le secours allait venir de l'Europe, de l'Am&#233;rique, de toutes les parties du monde. Chaque gr&#232;ve du prol&#233;tariat &#233;cossais dans la Clyde, chaque mouvement dans les villes et les bourgs d'Irlande, o&#249; l'on voit flotter non seulement le drapeau vert du nationalisme irlandais, mais aussi le drapeau rouge de la lutte prol&#233;tarienne, chaque gr&#232;ve, chaque protesta tion, chaque insurrection dans une quelconque des villes de l'Europe, de l'Am&#233;rique et de l'Asie, le puissant mouvement des esclaves de l'Angleterre dans l'Inde, le d&#233;veloppement de la conscience r&#233;volutionnaire, l'id&#233;e d'une f&#233;d&#233;ration sovi&#233;tiste mondiale qui devient la devise de tous, - voil&#224; ce qui nous a donn&#233; la conviction d'&#234;tre dans la bonne voie ; voil&#224; ce qui nous a permis, aux heures les plus difficiles, les plus sombres, lorsque nous &#233;tions cern&#233;s, lorsqu'il nous semblait qu'on allait nous prendre &#224; la gorge et nous &#233;trangler, voil&#224; ce qui nous a permis de nous redresser et de dire : nous ne sommes pas seuls, nous sommes avec le prol&#233;tariat de l'Europe, de l'Asie, et du monde entier, nous ne nous rendrons pas, nous tiendrons bon. Et nous avons tenu bon. (Applaudissements).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans la Russie et sans l'Allemagne, il ne peut y avoir de renaissance europ&#233;enne. Pour qu'il y ait une renaissance allemande, il faut permettre &#224; l'Allemagne d'exister, de se nourrir, de travailler. Mais, si on lui permet, &#224; cette Allemagne martyris&#233;e et &#233;cras&#233;e, d'exister, de se nourrir et de travailler, elle se soul&#232;vera contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Et voil&#224; pourquoi l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ne veut savoir que ce seul commandement : paie tes dettes. Que l'Allemagne paie ses dettes, que la Russie paie. Les usuriers fran&#231;ais n'h&#233;siteraient pas &#224; mettre le feu aux quatre coins du monde pour recevoir, en temps voulu, les int&#233;r&#234;ts qui leur sont dus. Ils ne peuvent permettre &#224; l'Allemagne de travailler, parce que l'Allemagne qui pourrait travailler et se redresser serait une Allemagne ind&#233;pendante qui marcherait contre eux. Et ils n'ont qu'une ressource. Pour faire ex&#233;cuter les clauses du trait&#233; de Versailles, ce sont les S&#233;n&#233;galais, ce sont les noirs de l'Afrique, se sont les Arabes, qu'ils envoient sur la rive droite du Rhin pour occuper les villes allemandes. Et lorsque l'on re&#231;oit en France trop peu de charbon d'Allemagne, lorsque l'or allemand n'arrive pas au terme fix&#233;, la bourgeoisie fran&#231;aise s'&#233;crie en grin&#231;ant des dents : pourquoi ne paient-ils pas &#224; temps ? Est-ce que l'on manque de noirs dans l'arm&#233;e du mar&#233;chal Foch ? Camarades, nous saluons &#224; ce Congr&#232;s le camarade Roy, qui repr&#233;sente les masses laborieuses de l'Inde. (Applaudisements).J'esp&#232;re, camarades, qu'au 3e. Congr&#232;s de notre Internationale, nous aurons parmi nous des communistes africains, arabes, s&#233;n&#233;galais, et des repr&#233;sentants des autres peuplades des colonies fran&#231;aises et anglaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui m&#234;me, dans le port d'Odessa, quatre ou cinq cents S&#233;n&#233;galais nous ont amen&#233; nos soldats russes qui ont &#233;t&#233; pendant des ann&#233;es les esclaves de la France. Quelques pr&#233;cautions qu'on ait prises pour tenir &#224; l'&#233;cart des Russes les S&#233;n&#233;galais, nous savons que pas un r&#233;giment &#233;tranger, pas une compagnie &#233;trang&#232;re n'a pu entrer jusqu'ici impun&#233;ment dans un port de Russie. Voil&#224; pourquoi, camarades, la politique du mar&#233;chal Foch, qui fournit des hydravions &#224; Wrangel, qui soutient la Pologne dans sa lutte d&#233;sesp&#233;r&#233;e, cette politique ne pourra r&#233;tablir la situation &#233;conomique de l'Europe. C'est la politique d'un joueur d&#233;cav&#233; qui a d&#233;j&#224; perdu des milliards. Car r&#233;cemment, le Parlement fran&#231;ais a d&#233;couvert que sur quatre milliards destin&#233;s &#224; restaurer les d&#233;partements fran&#231;ais d&#233;vast&#233;s, Cl&#233;menceau n'en avait d&#233;pens&#233; &#224; cet effet qu'un million et demi, et que trois milliards neuf cent quatre-vingt-dix-huit millions et demi avaient servi, non &#224; restaurer les d&#233;partements du Nord de la France, mais &#224; d&#233;vaster les provinces et les districts de la Russie. Cette politique de distribution des milliards &#224; droite et &#224; gauche, c'est la politique d'un joueur qui ponte pour la derni&#232;re fois dans l'espoir de regagner ce qu'il a perdu et qui, habituellement, ne regagne jamais rien. Et nous pouvons dire, nous pouvons affirmer tranquillement, que le moment n'est pas loin o&#249;, aid&#233;s par le prol&#233;tariat fran&#231;ais, nous ferons sauter la banque du croupier fran&#231;ais, qui a perdu la t&#234;te. (Applaudissements.) Les S&#233;n&#233;galais sont &#224; Odessa... Les g&#233;n&#233;raux fran&#231;ais sont &#224; Varsovie : ils y sont peut-&#234;tre aujourd'hui, mais leurs regards sont tourn&#233;s non pas vers l'Est, mais vers l'Ouest. (Applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ensemble, ils ne r&#233;ussiront pas &#224; augmenter d'un poud la quantit&#233; de charbon, de mati&#232;res premi&#232;res, et de bl&#233;, qui sont n&#233;cessaires &#224; la France. Le trait essentiel de la situation, c'est une crise des plus aigu&#235;s, c'est le manque de mati&#232;res premi&#232;res et de combustible ; ce n'est pas impun&#233;ment que pendant plusieurs ann&#233;es de carnage mondial, toute l'&#233;nergie humaine a &#233;t&#233; employ&#233;e, non &#224; cr&#233;er, mais &#224; d&#233;truire. Le travail essentiel, le v&#233;ritable travail, consiste en ceci que l'homme applique toutes ses pens&#233;es et emploie ses machines &#224; tirer des entrailles de la terre les mat&#233;riaux dont il a besoin, le bl&#233;, le charbon. Ce travail a diminu&#233;, est tomb&#233; graduellement. Actuellement, toute la politique du capital mondial, de la production mondiale, devrait consister &#224; donner la libert&#233; du commerce &#224; l'Allemagne, &#224; la Russie et &#224; l'Autriche-Hongrie. Mais jusqu'&#224; pr&#233;sent, les pays d'Europe n'ont pu augmenter leurs r&#233;serves. Et maintenant, toute la politique de l'imp&#233;rialisme mondial se ram&#232;ne &#224; ceci que, l'ann&#233;e prochaine, il devra y avoir partout une politique de protectionnisme commercial. Actuellement, ce qui se r&#233;alise, c'est la politique du pillage &#224; main arm&#233;e. Nous l'avons vu lorsque les Anglais &#233;taient &#224; Bakou ; pendant de longs mois, ils n'ont r&#233;ussi &#224; exporter que quelques millions de pouds de naphte , alors qu'ils auraient pu en exporter des dizaines de millions. Voil&#224; ce qui cause du dommage &#224; l'&#233;conomie mondiale. Lorsque les satellites de la France et de L'Angleterre ont d&#233;truit le bassin de Donetz, lorsque les Fran&#231;ais ont d&#233;truit les ponts et les chemins de fer, lorsque les autos blind&#233;es, les trains blind&#233;s des Anglais barraient toutes les issues, ils s'opposaient ainsi &#224; la prosp&#233;rit&#233; de l'Allemagne, de l'Angleterre, de l'Irlande et de l'Ecosse, ils sapaient les basses de l'industrie. Tel est le dernier mot de la politique &#233;conomique de l'Entente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi, camarades, apr&#232;s avoir jet&#233; un regard sur notre travail &#233;conomique, sur l'&#339;uvre sovi&#233;tiste de ces derniers dix-huit mois, apr&#232;s en avoir constat&#233; tous les d&#233;fauts, apr&#232;s nous &#234;tre rendu compte de tous nos besoins, sans songer &#224; les dissimuler, au contraire, en d&#233;roulant ce tableau sous les yeux de nos fr&#232;res d'Occident, de nos camarades am&#233;ricains, et des repr&#233;sentants de toutes les parties du monde, je pense que nous sommes dans la bonne voie. Il est possible de sortir de l&#224;, de rem&#233;dier &#224; cette indigence en mettant en commun d'une fa&#231;on rationnelle, en organisant sur un plan g&#233;n&#233;ral l'&#233;conomie mondiale, ce qui permettra de surmonter tous les obstacles artificiels, toutes les barri&#232;res que les gouvernements ont accumul&#233;s, et de mettre en &#339;uvre un syst&#232;me unique d&#8216;&#233;conomie. Maintenant, camarades, si, en d&#233;pit du blocus et de la guerre, nous avons &#233;t&#233; en &#233;tat, non seulement de nourrir notre arm&#233;e, mais de subsister durant ces trois ans, et surtout pendant ces derniers dix-huit mois, c'est l&#224; un fait des plus remarquables dans l'Histoire, et nous le devons &#224; ce que toute notre &#233;conomie a &#233;t&#233; bas&#233;e sur les principes du communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, camarades, si, laissant l&#224; les questions de politique internationale et d'&#233;conomie, nous en venons aux questions de lutte r&#233;volutionnaire, nous devons dire encore une fois que la route indiqu&#233;e par le 1er. Congr&#232;s de la 3e. Internationale &#233;tait la bonne route, et que cette opinion a &#233;t&#233; justifi&#233;e par les faits. S'il y a encore des ouvriers qui pensent honn&#234;tement et qui peuvent esp&#233;rer quelque chose de la d&#233;mocratie, c'est en vain. O&#249; trouverons-nous en Europe une v&#233;ritable d&#233;mocratie ? Voyez la jeune d&#233;mocratie allemande, dont le droit &#233;lectoral est tout ce qu'il y a de plus d&#233;mocratique, &#224; la t&#234;te de laquelle se trouve le social-d&#233;mocrate Ebert. Cette d&#233;mocratie massacre les meilleurs ouvriers, assassine les chefs du parti au nom duquel a parl&#233; tout &#224; l'heure le camarade L&#233;vy, elle assassine l'&#233;lite des repr&#233;sentants de la classe ouvri&#232;re allemande. Qui est le ma&#238;tre de ce pays ? Ce sont les magnats du capital qui r&#232;glent leurs affaires les plus importantes dans les antres de la Bourse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la guerre, la bourgeoisie fran&#231;aise et celle des autres pays tenaient encore &#224; conserver quelques restes de l'ancienne id&#233;ologie d&#233;mocratique, la bourgeoisie avait besoin de duper les ouvriers, elle leur parlait de d&#233;fense nationale, elle leur disait que cette guerre serait la derni&#232;re, elle leur annon&#231;ait la constitution d'une Ligue des Nations. Mais maintenant, la guerre est finie ; la paix a &#233;t&#233; sign&#233;e &#224; Versailles ; le bourreau est l&#224;, debout sur l'&#233;chafaud, merveilleux d'impudence ; les masses laborieuses sont d&#233;pouill&#233;es, toutes leurs illusions sont d&#233;truites, l'esclavage les menace ; les derniers restes d'id&#233;ologie ont &#233;t&#233; mis de c&#244;t&#233;. La bourgeoisie demande maintenant une volont&#233; d'acier ; voyez n'importe quel compte rendu parlementaire, dans n'importe quel pays ; le dernier des ministres bourgeois, un fonctionnaire de troisi&#232;me ordre, lorsqu'il veut se faire &#224; tout rompre par la majorit&#233; bourgeoise, tend le poing dans la direction du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. La bourgeoisie exige de ses satellites, de ses commis, de ses ministres, du fer et du sang, car elle a bien compris que nous sommes entr&#233;s dans l'&#233;poque non d'une entremise parlementaire entre les classes, mais d'une lutte implacable. En effet, qu'a trouv&#233; dans son pays, chez elle, la classe ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire ceux de la classe ouvri&#232;re qui ont pu revenir du front ? La classe ouvri&#232;re a trouv&#233; une nouvelle bourgeoisie encore plus insolente et plus assoiff&#233;e de sang que celle qui &#233;tait rest&#233;e dans les villes et les villages, lorsque l'ouvrier partait pour le front. Ce sont les fournisseurs de la guerre, les maraudeurs, qui occupent les premi&#232;res places, ce sont des parvenus, d'anciens repris de justice qui ont vol&#233; des millions, des dizaines, des centaines de millions, des milliards, en sp&#233;culant sur le sang des peuples. Toute cette canaille avide de jouissances, effr&#233;n&#233;e dans ses app&#233;tits, a infect&#233; de son haleine l'atmosph&#232;re des villes europ&#233;ennes et am&#233;ricaines. Le luxe a pris le caract&#232;re d'une fi&#232;vre enrag&#233;e, d'une fi&#232;vre blanche, d'une surexcitation nerveuse ; les ouvriers sont revenus des tranch&#233;es chez eux et ils voient cette bourgeoisie impudente, cette bourgeoisie dor&#233;e qui s'est empar&#233;e de tout, qui foule tout aux pieds, qui veut jouir de tout, qui est pr&#234;te &#224; massacrer &#224; coups de canon la classe ouvri&#232;re de son pays, si cela est n&#233;cessaire, pour qu'elle puisse continuer &#224; dominer et &#224; jouir. Et l'indignation des masses ouvri&#232;res s'&#233;l&#232;ve partout comme un b&#251;cher, dont la flamme brille et monte de plus en plus haut. La chert&#233; de la vie est une cause de gr&#232;ves et de manifestations de la part des ouvriers et des ouvri&#232;res affam&#233;s. Enfin, dans le mouvement ouvrier, dans l'histoire de l'humanit&#233;, ce qu'il faut remarquer comme un fait de la premi&#232;re importance, c'est que les femmes, ces esclaves, se r&#233;veillent, et que la jeunesse prol&#233;tarienne, qui repr&#233;sente l'avenir, se dresse en masses de plus en plus nombreuses et vient &#224; nous pour nous aider et nous remplacer. Avec les femmes, avec la jeunesse prol&#233;tarienne, c'est un nouveau courant de lave r&#233;volutionnaire qui vient s'ajouter au mouvement du prol&#233;tariat mondial, et qui donnera de nouvelles r&#233;serves in&#233;puisables d'&#233;nergie dans la lutte que m&#232;ne l'Internationale Communiste. (Applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, sans aucun doute, le prol&#233;tariat de tous les pays se serait d&#233;j&#224; empar&#233; du pouvoir si, entre lui, entre la masse r&#233;volutionnaire et les groupes avanc&#233;s de communistes et de r&#233;volutionnaires ne s'interposait encore une grande machine solide et compliqu&#233;e, - les partis de la 2e Internationale et des trade-unions, qui ont mis leur appareil au service de la bourgeoisie , &#224; l'&#233;poque de sa d&#233;cadence, &#224; l'&#233;poque o&#249; la bourgeoisie se meurt. C'est pr&#233;cis&#233;ment la 2e Internationale (qui s'est rendue solidaire de la bourgeoisie &#224; l'&#233;poque de la guerre) qui s'est charg&#233;e de cette responsabilit&#233;, qui a repouss&#233; le premier choc de l'indignation des masses laborieuses. Son autorit&#233; est tomb&#233;e. La 2e Internationale s'est disloqu&#233;e. Des groupes de plus en plus nombreux, des millions de travailleurs se d&#233;tachent d'elles. Mais le premier &#233;lan du prol&#233;tariat qui allait se jeter sur la soci&#233;t&#233; bourgeoise, la premi&#232;re explosion de ses col&#232;res, c'est la 2e Internationale qui l'a arr&#234;t&#233;. Et si la classe ouvri&#232;re allemande compte les victimes par milliers et se pr&#233;pare &#224; de nouveaux sacrifices, la faute en est &#224; la social-d&#233;mocratie allemande. Celle-ci, au moment d&#233;cisif de l'histoire mondiale, s'est transform&#233;e en un appareil contre-r&#233;volutionnaire, comme les partis dirigeants de la 2e Internationale se sont transform&#233;s en un appareil r&#233;volutionnaire au service de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Si nous jetons un regard sur le pass&#233;, si nous cherchons o&#249; sont les forces contre-r&#233;volutionnaires, nous n'en trouverons point qui ressemblent &#224; celle-ci. Nous connaissons la d&#233;mocratie bourgeoise. Nous savons l'histoire de l'Eglise catholique qui, comme les autres Eglises, a &#233;t&#233; un instrument puissant, mais plus que les autres s'est mise au service des classes opulentes pour d&#233;fendre leurs privil&#232;ges et leur domination. Or, les services qu'ont rendu aux classes opulentes l'Eglise et le catholicisme mondial, ne sont rien en comparaison du r&#244;le qu'ont jou&#233; les partis de la 2e Internationale au moment le plus critique de l'Histoire. Pendant des dizaines d'ann&#233;es, ils ont conduit la classe ouvri&#232;re, se sont introduits dans sa confiance, lui ont donn&#233; une organisation, et ensuite, au moment o&#249; la classe ouvri&#232;re aurait d&#251; employer toute son &#233;nergie &#224; s'affranchir du joug du capital. Ils ont employ&#233; cet appareil &#224; paralyser les ouvriers ; ils en ont fait les esclaves du capital, non pas seulement au sens mat&#233;riel, physique du mot, mais dans le sens spirituel. Et, tandis que nous sommes ici assembl&#233;s avec vous, &#224; l'occasion du 2e Congr&#232;s de Moscou, un Congr&#232;s de la 2e Internationale si&#233;geant &#224; Gen&#232;ve oppose son programme au n&#244;tre, &#224; celui de l'Internationale Rouge de la Commune prol&#233;tarienne. A partir d'aujourd'hui, &#224; dater de ce Congr&#232;s, de ces deux Congr&#232;s, la direction de la classe ouvri&#232;re ira dix fois plus vite. Programme contre programme, tactique contre tactique, m&#233;thode contre m&#233;thode ; nous avons oblig&#233; le Parti ind&#233;pendant allemand, qui vacillait, h&#233;sitait, et dont les chefs h&#233;sitent encore, nous, la 3e. Internationale, par la pression des masses ouvri&#232;res allemandes, nous l'avons oblig&#233; &#224; envoyer ici ses repr&#233;sentants. Et le parti du socialisme parlementaire fran&#231;ais, mis au pied du mur par les masses prol&#233;tariennes, a &#233;t&#233; oblig&#233; de nous envoyer ses ambassadeurs . Mais nous ne faisons aucune concessions. La 3e. Internationale n'admet ni les compromis, ni aucune entente. Nous avons notre drapeau, nous avons notre programme, que ceux qui le veulent se rangent sous ce drapeau. C'est ainsi que nous avons parl&#233; aux repr&#233;sentants des partis allemand ind&#233;pendant et fran&#231;ais parlementaire. Nous leur avons demand&#233; : esp&#233;rez-vous, par l'entremise de votre parlement, obtenir peu &#224; peu les r&#233;formes qui nous conduiront dans le royaume du socialisme ? Notre question &#233;tait ironique, car les faits ont malheureusement r&#233;pondu pour eux..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si le parti ind&#233;pendant allemand et m&#234;me le parti du socialisme parlementaire fran&#231;ais n'ont pas encore appris &#224; conduire les prol&#233;taires dans la voie de la dictature prol&#233;tarienne, ils ont appris du moins &#224; ne plus croire au r&#233;formisme parlementaire. Les ouvriers allemands et fran&#231;ais ont appris &#224; ne plus croire &#224; des chefs qui vacillent et qui h&#233;sitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Congr&#232;s, qui co&#239;ncide avec celui de la 2e Internationale et, ce qui pour nous est encore plus important et remarquable, pour nous et pour les ouvriers du monde entier, qui co&#239;ncide avec la lutte terrible qui s'est engag&#233;e entre l'Entente, servie par la Pologne blanche, et la R&#233;publique sovi&#233;tiste, ce Congr&#232;s, qui co&#239;ncide avec les glorieuses victoires de l'arm&#233;e rouge sur les fronts de l'ouest et du sud-ouest, ce Congr&#232;s plantera des jalons sur la voie de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale. Ce Congr&#232;s a fait, dans ses r&#233;solutions, le bilan de l'exp&#233;rience collective de la classe ouvri&#232;re mondiale. Vous avez lu ces r&#233;solutions. Ce Congr&#232;s adresse un manifeste aux ouvriers et ouvri&#232;res du monde entier. Ce manifeste dont je vous ai fait conna&#238;tre la teneur en substance, dans mon rapport, ce manifeste qui sera publi&#233; dans toutes les langues, qui r&#233;sume l'&#339;uvre de l'imp&#233;rialisme dans le domaine des relations internationales et de l'&#233;conomie publique, qui appr&#233;cie &#224; leur juste valeur les vestiges de la d&#233;mocratie bourgeoise, du parlementarisme bourgeois, ce manifeste montre aussi une voie nette, bien d&#233;finie, au prol&#233;tariat du monde entier, aux travailleurs exploit&#233;s des colonies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelle joie, quelle fiert&#233; pour nous, camarades, ouvriers de Moscou et de toute la Russie, d'avoir pu recevoir pour la seconde fois, chez nous, l'&#233;lite des militants de la classe ouvri&#232;re mondiale, d'avoir pu, forts de notre exp&#233;rience, les aider &#224; forger l'arme dont ils ont besoin pour combattre. Dans notre forge de Moscou, gr&#226;ce &#224; vous, par vos mains, camarades prol&#233;taires, nous avons attis&#233; le feu, nous avons chauff&#233; &#224; blanc l'acier prol&#233;tarien, nous l'avons forg&#233; avec le marteau de notre r&#233;volution prol&#233;tarienne sovi&#233;tiste, nous l'avons tremp&#233; dans l'exp&#233;rience de la guerre civile, et nous en avons fait une arme merveilleuse, incomparable, pour l'usage du prol&#233;tariat international. Cette arme, nous la prenons en mains et nous la remettons aux mains de nos fr&#232;res. Nous vous d&#233;clarons, ouvriers du monde entier : dans notre forge de Moscou, sur notre feu moscovite, nous avons fabriqu&#233; une lame des plus solides, prenez-la et enfoncez-la dans le dos du capital mondial. (Applaudissements.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport sur la situation internationale et les t&#226;ches fondamentales de l'I.C.&lt;br class='autobr' /&gt;
19 juillet 1920&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Ovation. Toute la salle se l&#232;ve et applaudit. L'orateur essaie de parler, mais les applaudissements et les exclamations dans toutes les langues continuent. L'ovation se prolonge.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, les th&#232;ses sur les questions relatives aux t&#226;ches fondamentales de l'Internationale Communiste ont &#233;t&#233; publi&#233;es dans toutes les langues et (surtout pour les camarades russes) elles n'apportent rien de bien nouveau, puisqu&#8216;elles ne font qu'&#233;tendre dans une large mesure &#224; divers pays occidentaux, &#224; l'Europe occidentale, certains traits essentiels de notre exp&#233;rience r&#233;volutionnaire et les le&#231;ons de notre mouvement r&#233;volutionnaire. Aussi dans mon rapport insisterai&#8209;je, ne serait&#8209;ce que sommairement, sur la premi&#232;re partie de mon sujet, &#224; savoir : la situation internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la base de la situation internationale, telle qu'elle appara&#238;t aujourd'hui, se trouvent les rapports &#233;conomiques de l'imp&#233;rialisme. Dans le courant du XX&#176; si&#232;cle, cette phase nouvelle, supr&#234;me et ultime du capitalisme, a pris son aspect d&#233;finitif. Vous savez tous, bien entendu que le trait le plus caract&#233;ristique, le trait essentiel de l'imp&#233;rialisme r&#233;side dans le fait que le capital a atteint de vastes proportions. A la place de la libre concurrence est apparu le monopole, aux proportions gigantesques. Un nombre infime de capitalistes ont pu concentrer entre leurs mains parfois des branches enti&#232;res de l'industrie ; celles-ci sont pass&#233;es aux mains d'ententes, de cartels, de syndicats, de trusts, de caract&#232;re souvent international. Des branches enti&#232;res de l'industrie, non seulement &#224; l'int&#233;rieur des diff&#233;rents pays, mais &#233;galement &#224; l'&#233;chelle mondiale, se sont ainsi trouv&#233;es accapar&#233;es par les monopolistes, sous le rapport financier, sous celui du droit de propri&#233;t&#233; et pour une part, sous celui de la production. Sur ce terrain s'est affirm&#233;e la supr&#233;matie sans pr&#233;c&#233;dent d'un nombre infime de grandes banques, de rois de la finance, de magnats de la finance qui transformaient en fait les r&#233;publiques, m&#234;me les plus libres, en monarchies financi&#232;res. D&#232;s avant la guerre, la chose &#233;tait reconnue publiquement par des auteurs nullement r&#233;volutionnaires, comme Lysis en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette domination d'une poign&#233;e de capitalistes atteignit son point culminant au moment o&#249; le globe terrestre se trouva partag&#233;, non seulement au sens de l'accaparement des diff&#233;rentes sources de mati&#232;res premi&#232;res et des moyens de production par les plus grands capitalistes, mais &#233;galement au sens de l'ach&#232;vement du partage pr&#233;alable des colonies. Il y a quarante ans, on comptait un peu plus de 250 millions d'habitants de pays coloniaux domin&#233;s par six puissances capitalistes. A la veille de la guerre de 1914, les colonies comptaient pr&#232;s de 600 millions d'habitants. En y ajoutant des pays comme la Perse, la Turquie, la Chine, qui &#233;taient d&#233;j&#224; &#224; ce moment des semi&#8209;colonies, on obtenait en chiffres ronds une population d'un milliard d'hommes asservis aux pays les plus riches, les plus civilis&#233;s et les plus libres, en vertu du r&#233;gime de d&#233;pendance coloniale. Et vous savez qu'en dehors d'une d&#233;pendance directe poli&#173;tique et juridique, la d&#233;pendance coloniale implique toute une s&#233;rie de rapports de d&#233;pendance financi&#232;re et &#233;conomi&#173;que, toute une s&#233;rie de guerres que l'on ne consid&#233;rait pas comme telles parce qu'elles n'&#233;taient souvent que des carnages, &#224; une &#233;poque o&#249; les arm&#233;es imp&#233;rialistes d'Europe et d'Am&#233;rique pourvues des moyens d'extermination les plus perfectionn&#233;s, massacraient les habitants sans armes et sans d&#233;fense des pays coloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de ce partage du globe, de cette domination des monopoles capitalistes, de cette omnipotence d'un nombre infime de grandes banques (deux, trois, quatre ou cinq, pas plus, par Etat), que devait na&#238;tre in&#233;vitablement la premi&#232;re guerre imp&#233;rialiste de 1914&#8209;1918. On s'est battu pour un nouveau partage du monde, on s'est battu pour sa&#173;voir lequel de ces groupes infimes de grands Etats, l'an&#173;glais ou l'allemand, aurait la possibilit&#233; et le droit de pil&#173;ler, d'opprimer, d'exploiter la terre enti&#232;re. Vous savez que la guerre a tranch&#233; cette question au profit du groupe anglais. Mais elle n'a fait qu'exasp&#233;rer &#224; l'extr&#234;me toutes les contradictions capitalistes. Elle a rejet&#233; d'un coup une population d'environ 250 millions d'habitants dans une situation analogue &#224; celle des colonies. Elle y a rejet&#233; la Russie, qui compte environ 130 millions d'habitants, l'Au&#173;triche&#8209;Hongrie, l'Allemagne, la Bulgarie, qui en comptent au moins 120 millions. Un quart de milliard d'hommes, dans des pays qui, comme l'Allemagne, sont parmi les plus avanc&#233;s, les plus &#233;clair&#233;s, les plus cultiv&#233;s, les plus &#224; la hauteur, sur le plan technique, du progr&#232;s moderne. Par le trait&#233; de Versailles, la guerre leur a impos&#233; des conditions telles que des peuples avanc&#233;s sont tomb&#233;s dans un &#233;tat de d&#233;pendance coloniale, de mis&#232;re, de famine, de ruine et d'asservissement, car ils sont li&#233;s par ce trait&#233; pour plu&#173;sieurs g&#233;n&#233;rations et r&#233;duits &#224; des conditions qu'aucun peuple civilis&#233; n'a jamais connues. Telle est l'image du monde apr&#232;s la guerre : un milliard et quart d'hommes au sont soumis au joug colonial, &#224; l'exploitation d'un capitalisme bestial, qui se vantait d'aimer la paix et qui, il y a une cinquantaine d'ann&#233;es, avait quelques droits de s'en vanter, tant que la terre n'&#233;tait pas partag&#233;e, tant qu'il n'y avait pas la domination des monopoles, tant que le capitalisme pouvait se d&#233;velopper d'une fa&#231;on relative&#173;ment pacifique sans provoquer d'immenses conflits militai&#173;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, apr&#232;s cette &#233;poque &#171; pacifique &#187;, nous assistons &#224; une aggravation monstrueuse de l'oppression, nous constatons le retour d'une oppression coloniale et mi&#173;litaire beaucoup plus dure qu'avant. Le trait&#233; de Versailles a plac&#233; l'Allemagne et toute une s&#233;rie d'Etats vaincus dans des conditions qui rendent mat&#233;riellement impossible leur existence &#233;conomique, les privent de tous droits et les humilient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est le nombre de nations &#224; profiter d'un tel &#233;tat de choses ? Pour r&#233;pondre &#224; cette question, nous devons nous rappeler que la population des Etats&#8209;Unis d'Am&#233;rique, qui sont seuls &#224; avoir tout gagn&#233; &#224; la guerre, qui, de pays endett&#233; au possible, sont devenus le pays auquel tout le monde doit de l'argent, ne d&#233;passe pas 100 millions d'hommes. La population du Japon, qui a beaucoup gagn&#233; en restant &#224; l'&#233;cart du conflit Europe&#8209;Am&#233;rique et en s'emparant d'une &#233;norme partie du continent asiatique, est de 50 millions. La population de la Grande&#8209;Bretagne, qui a profit&#233; le plus apr&#232;s ces deux pays, atteint 50 millions Et si nous y ajoutons les Etats neutres dont la population est tr&#232;s faible, qui se sont enrichis pendant la guerre, nous obtenons &#8209; en chiffres ronds &#8209; un quart de milliard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela nous donne, en ses traits g&#233;n&#233;raux, le tableau du monde tel qu'il appara&#238;t apr&#232;s la guerre imp&#233;rialiste. Un milliard et quart d'hommes dans les colonies opprim&#233;es, les pays d&#233;membr&#233;s comme la Perse, la Turquie, la Chine ; et les pays vaincus, r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de colonies. Un quart de milliard d'hommes, tout au plus, pour les pays qui se sont maintenus dans leur situation d'antan, mais qui sont tous tomb&#233;s sous la d&#233;pendance &#233;conomique de l'Am&#233;rique, et qui, durant toute la guerre, furent sous sa d&#233;pendance militaire, car la guerre s'est &#233;tendue &#224; tout l'univers et n'a permis &#224; aucun pays de rester neutre en fait. Enfin, l'on compte encore un quart de milliard d'habitants, tout au plus, dans les pays dont, bien entendu, seul le haut du panier, seuls les capitalistes ont profit&#233; du partage du globe. Au total, pr&#232;s d'un milliard trois quarts d'habitants composant la population du globe. Je tiens &#224; vous rappeler ce tableau du monde, car toutes les contradictions fondamentales du capitalisme, de l'imp&#233;rialisme, qui m&#232;nent &#224; la r&#233;volution, toutes les contradictions fondamentales du mouvement ouvrier qui ont amen&#233; la lutte acharn&#233;e contre la Il&#176; Internationale dont a parl&#233; le camarade pr&#233;sident, tout cela est li&#233; au partage de la population du globe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, ces chiffres ne donnent qu'une id&#233;e g&#233;n&#233;rale et sommaire de la situation &#233;conomique du monde. Et naturellement, camarades, gr&#226;ce &#224; ce partage de la population du globe, le pouvoir d'exploitation du capital financier et des monopoles capitalistes s'est accru dans de tr&#232;s grandes proportions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas seulement les pays coloniaux, les pays vaincus qui se trouvent r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de d&#233;pendance ; &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de chaque pays victorieux, des contradictions plus aigu&#235;s se sont d&#233;velopp&#233;es, toutes les contradictions capitalistes se sont aggrav&#233;es. Je le montrerai bri&#232;vement par quelques exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyez les dettes d'&#201;tat. Nous savons que les dettes des principaux Etats europ&#233;ens ont augment&#233;, de 1914 &#224; 1920, au moins sept fois. Je vous citerai encore une source &#233;conomique, qui prend une importance particuli&#232;rement grande ; c'est Keynes, diplomate anglais et auteur du livre cons&#233;quences &#233;conomiques de la paix, charg&#233; par son gouvernement de participer aux n&#233;gociations de paix de Versailles, il les a suivies sur place, d'un point de vue purement bourgeois, il a &#233;tudi&#233; la question pas &#224; pas, en d&#233;tail, et, en sa qualit&#233; d'&#233;conomiste, a pris part aux conf&#233;rences. Il a abouti &#224; des conclusions qui sont plus incisives, plus concr&#232;tes et plus &#233;difiantes que celles d'un r&#233;volutionnaire communiste, parce qu'elles sont celles d'un bourgeois authentique, d'un ennemi implacable du bolch&#233;visme dont il se fait, en petit&#8209;bourgeois anglais, une image monstrueuse, bestiale et f&#233;roce. Keynes en est arriv&#233; &#224; cette conclusion qu'avec le trait&#233; de Versailles, l'Europe et le monde vont &#224; la banqueroute. Il a donn&#233; sa d&#233;mission ; il a jet&#233; son livre &#224; la face de son gouvernement et dit : &#171; Vous commettez une folie &#187;. Je vous citerai ses chiffres qui, dans l'ensemble r&#233;duisent &#224; ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les rapports de d&#233;biteurs &#224; cr&#233;anciers qui se sont &#233;tablis entre les principales puissances ? Je convertis les livres sterling en roubles&#8209;or, au taux de 10 roubles-or pour une livre sterling. Voici ce que cela donne : les Etats&#8209;Unis ont un actif de 19 milliards ; leur passif nul. Jusqu'&#224; la guerre, ils &#233;taient les d&#233;biteurs de la Grande&#8209;Bretagne. Au dernier congr&#232;s du Parti communiste d'Allemagne, le 14 avril 1920, le camarade L&#233;vi notait avec raison dans son rapport qu'il ne restait plus que deux puissances ind&#233;pendantes de par le monde : la Grande-Bretagne et l'Am&#233;rique. Mais seule l'Am&#233;rique est rest&#233;e absolument ind&#233;pendante du point de vue financier. Avant la guerre, elle &#233;tait d&#233;bitrice ; aujourd'hui elle est cr&#233;anci&#232;re. Toutes les autres puissances du monde sont endett&#233;es. La Grande&#8209;Bretagne en est r&#233;duite &#224; la situation suivant : actif 17 milliards, passif 8 milliards, elle est d&#233;j&#224; &#224; moiti&#233; d&#233;bitrice. De plus, dans son actif figurent pr&#232;s de 6 milliards que lui doit la Russie. Les fournitures militaires que la Russie avait achet&#233;es pendant la guerre font partie des cr&#233;ances anglaises. Il y a quelque temps, quand en sa qualit&#233; de repr&#233;sentant du gouvernement des Soviets de Russie, Krassine a pu s'entretenir avec Lloyd&#8209;George au sujet des trait&#233;s financiers, il fit ressortir aux yeux des techniciens et des politiciens, dirigeants du gouvernement anglais, que s'ils comptaient se faire rembourser ces dettes, ils se trompaient &#233;trangement. Et le diplomate anglais Keynes le leur avait d&#233;j&#224; pr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne tient pas seulement au fait, et il n'en est m&#234;me pas question, que le gouvernement r&#233;volutionnaire russe n'a pas l'intention de payer ces dettes. Aucun gouvernement ne saurait accepter de les r&#233;gler, pour la bonne raison qu'elles ne repr&#233;sentent que les int&#233;r&#234;ts usuraires de ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pay&#233; une vingtaine de fois, et ce m&#234;me bourgeois Keynes, qui n'a nulle sympathie pour le mouvement r&#233;volutionnaire russe, le dit : &#171; Il est clair qu'il n'est pas possible de tenir compte de ces dettes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la France, Keynes cite des chiffres comme ceux-ci : son actif est de trois milliards et demi, son passif de 10 milliards et demi ! Et c'est le pays dont les Fran&#231;ais eux-m&#234;mes disaient qu'il &#233;tait l'usurier du monde, parce que son &#171; &#233;pargne &#187; &#233;tait colossale et que le pillage colonial et financier, qui lui avait fourni un capital gigantesque, lui permettait de pr&#234;ter des milliards et, des milliards, en particulier &#224; la Russie. Ces pr&#234;ts procuraient &#224; la France des revenus &#233;normes. Et malgr&#233; cela, malgr&#233; la victoire, la France se trouve dans la situation de d&#233;biteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un auteur bourgeois am&#233;ricain, cit&#233; par le camarade Braun, communiste, dans son livre Qui doit payer les dettes de guerre ? (Leipzig 1920), d&#233;finit de la fa&#231;on suivante le rapport qui existe entre les dettes et le patrimoine national : dans les pays victorieux, en Grande-&#173;Bretagne et en France, les dettes repr&#233;sentent plus de 50 % du patrimoine national. En Italie, ce pourcentage est de 60 &#224; 70 ; quant &#224; la Russie, il est de 90, mais &#8209; comme vous le savez &#8211; ces dettes ne nous inqui&#232;tent nullement, &#233;tant donn&#233; que quelque temps avant que ne paraisse le livre de Keynes, nous avions suivi son excellent conseil : nous avons annul&#233; toutes nos dettes. (Vifs applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement Keynes r&#233;v&#232;le ici son habituelle bizarrerie de philistin : en conseillant d'annuler toutes les dettes, il d&#233;clare que, bien entendu, la France ne fera qu'y gagner, que bien entendu, la Grande-Bretagne n'y perdra pas grand&#173;-chose car, de toutes mani&#232;res, on ne pourrait rien tirer de la Russie ; que l'Am&#233;rique y perdra pas mal, mais Keynes compte sur la &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187; am&#233;ricaine ! A cet &#233;gard, nous ne partageons pas les conceptions de Keynes et des autres pacifistes petits&#8209;bourgeois. Nous pensons que pour obtenir l'annulation des dettes, il leur faudra trouver quelque chose d'autre et travailler dans une direction quelque peu diff&#233;&#173;rente de celle qui consiste &#224; compter sur la &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187; de Messieurs les capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ressort de ces quelques chiffres que la guerre imp&#233;rialiste a cr&#233;&#233; &#233;galement pour les pays victorieux une situation impossible. L'&#233;cart &#233;norme entre les salaires et la hausse des prix l'indique &#233;galement. Le 8 mars de cette ann&#233;e, le Conseil sup&#233;rieur &#233;conomique, institution charg&#233;e d&#233;fendre l'ordre bourgeois du monde entier contre-r&#233;volution montante, a vot&#233; une r&#233;solution qui se termine par un appel &#224; l'ordre, au travail, &#224; l'&#233;pargne, &#224; la condition &#233;videmment que les ouvriers restent les esclaves du capital. Ce Conseil sup&#233;rieur &#233;conomique, organe de l'Entente, organe des capitalistes du monde entier a dress&#233; le bilan que voici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats&#8209;Unis, la hausse des prix des denr&#233;es alimentaires a &#233;t&#233; en moyenne de 120 %, alors que les salaires n'ont augment&#233; que de 100 %, En Grande&#8209;Bretagne, les denr&#233;es ont augment&#233; de 170 % et les salaires de 130 %. En France, les denr&#233;es ont augment&#233; de 300 %, les salaires de 200 %. Au Japon, les prix ont augment&#233; de 130 %, les salaires de 60 % (je confronte les chiffres indiqu&#233;s par le camarade Braun dans sa brochure et ceux du Conseil sup&#233;rieur &#233;conomique donn&#233;s par le Times du 10 mars 1920).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que dans une telle situation l'accroissement du m&#233;contentement des ouvriers, l'accentuation de l'&#233;tat d'esprit et des aspirations r&#233;volutionnaires, l'essor des gr&#232;ves spontan&#233;es de masse sont in&#233;vitables. Car la situation des ouvriers devient intol&#233;rable. Ils se convainquent par leur propre exp&#233;rience que les capitalistes se sont enrichis prodigieusement du fait de la guerre, dont ils rejettent les charges et les dettes sur leurs &#233;paules. R&#233;cemment, une d&#233;p&#234;che nous apprenait que l'Am&#233;rique veut rapatrier en Russie encore 500 communistes, pour se d&#233;barrasser de ces &#171; dangereux agitateurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me si l'Am&#233;rique nous envoyait, non pas 500, mais 500 000 &#171; agitateurs &#187; russes, am&#233;ricains, japonais, fran&#231;ais, cela ne changerait rien &#224; l'affaire, car le d&#233;calage des prix subsisterait, contre lequel ils ne peuvent rien. Et ils n'y peuvent rien parce que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e est chez eux strictement respect&#233;e, parce qu'elle est chez eux &#171; sacr&#233;e &#187;. Il ne faut pas l'oublier, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des exploiteurs n'est abolie qu'en Russie. Les capitalistes ne peuvent rien en ce qui concerne le d&#233;calage des prix, et les ouvriers ne peuvent pas vivre avec les anciens salaires. Contre cette calamit&#233;, aucune vieille m&#233;thode ne peut servir, aucune gr&#232;ve isol&#233;e, aucune lutte parlementaire, aucun scrutin n'y peut rien, car la &#171; propri&#233;t&#233; priv&#233;e est sacr&#233;e &#187;, et les capitalistes ont accumul&#233; de telles dettes que le monde entier se trouve asservi &#224; une poign&#233;e d'hommes ; cependant, les conditions d'existence des ouvriers deviennent de plus en plus insupportables. Il n'y a pas d'autre issue que l'abolition de la &#171; propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187; des exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa brochure : La Grande&#8209;Bretagne et la r&#233;volution mondiale, dont notre Courrier du Commissariat du Peuple aux affaires &#233;trang&#232;res de f&#233;vrier 1920 a publi&#233; des extraits tr&#232;s pr&#233;cieux, le camarade Lapinski indique qu'en Grande&#8209;Bretagne, les prix du charbon &#224; l'exportation ont &#233;t&#233; deux fois plus &#233;lev&#233;s que ceux pr&#233;vus par les milieux industriels officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Lancashire, on en est arriv&#233; &#224; une hausse des actions de 400 %. Les b&#233;n&#233;fices des banques sont de l'ordre de 40 &#224; 50 % au minimum, encore faut&#8209;il noter que lorsqu'il s'agit de d&#233;terminer les b&#233;n&#233;fices, tous les banquiers savent en camoufler la part du lion en ne l'appelant pas b&#233;n&#233;fices, mais en la dissimulant sous forme de primes, de tanti&#232;mes, etc. De sorte que l&#224; aussi, des faits &#233;conomiques indiscutables montrent que la richesse d'une infime poign&#233;e d'hommes s'est accrue d'une mani&#232;re incroyable, qu'un luxe inou&#239; d&#233;passe toutes les bornes, tandis que la mis&#232;re de la classe ouvri&#232;re ne cesse de s'aggraver. En particulier, il faut encore noter une circonstance que le camarade L&#233;vi a soulign&#233;e d'une mani&#232;re particuli&#232;rement frappante dans rapport mentionn&#233; plus haut : la modification de la valeur de l'argent. En raison des dettes, de l'&#233;mission de papier&#8209;monnaie, etc., l'argent s'est partout d&#233;pr&#233;ci&#233;. La m&#234;me source bourgeoise, que j'ai d&#233;j&#224; cit&#233;e, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire la d&#233;claration du Conseil sup&#233;rieur &#233;conomique du 8 mars 1920, estime qu'en Grande&#8209;Bretagne, la d&#233;pr&#233;ciation de la monnaie, par rapport au dollar, est de l'ordre d'un tiers ; en France et en Italie, des deux tiers ; quant &#224; l'Allemagne, elle y atteint 96 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fait montre que le &#171; m&#233;canisme &#187; de l'&#233;conomie ca&#173;pitaliste mondiale est compl&#232;tement d&#233;traqu&#233;. Il n'est plus possible de continuer les relations commerciales dont d&#233;pendent, en r&#233;gime capitaliste, l'approvisionnement en mati&#232;res premi&#232;res et l'&#233;coulement des produits manufac&#173;tur&#233;s ; elles ne peuvent continuer pr&#233;cis&#233;ment du fait que toute une s&#233;rie de pays se trouvent soumis &#224; un seul, par suite de la d&#233;pr&#233;ciation de l'argent. Aucun des pays riches ne peut vivre ni commercer parce qu'il ne peut vendre ses produits, ni recevoir des mati&#232;res premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive ainsi que l'Am&#233;rique elle-m&#234;me, le pays le plus riche, auquel sont soumis tous les autres, ne peut ni acheter ni vendre. Et ce m&#234;me Keynes, qui a connu les tours et d&#233;tours des n&#233;gociations de Versailles, est contraint de reconna&#238;tre cette impossibilit&#233;, en d&#233;pit de sa d&#233;cision bien arr&#234;t&#233;e de d&#233;fendre le capitalisme et malgr&#233; toute sa haine du bolch&#233;visme. Soit dit en passant, je ne pense pas qu' aucun manifeste communiste ou, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, r&#233;volutionnaire, puisse jamais &#233;galer, quant &#224; sa vigueur, les pages o&#249; Keynes d&#233;peint Wilson et le &#171; wilsonisme &#187; en action. Wilson fut l'idole des petits bourgeois et des pacifistes genre Keynes et certains h&#233;ros de la II&#176; Internationale (et m&#234;me de l'Internationale &#171; deux et demie &#187;) qui ont exalt&#233; ses &#171; 14 points &#187; et &#233;crit des livres &#171; savants &#187; sur les &#171; racines &#187; de la politique wilsonienne, esp&#233;rant que Wilson sauverait la &#171; paix sociale &#187;, r&#233;concilierait les exploiteurs et les exploit&#233;s, et r&#233;aliserait des r&#233;formes sociales. Keynes a montr&#233; avec force comment Wilson a &#233;t&#233; jou&#233; comme un niais, et comment toutes ces illusions s'en sont all&#233;es en fum&#233;e au premier contact avec la politique pratique, mercantile et affairiste du capital incarn&#233; par MM. Clemenceau et Lloyd&#8209;George. Les masses ouvri&#232;res voient maintenant de plus en plus clairement par leur exp&#233;rience v&#233;cue, et les p&#233;dants savants pourraient le voir &#224; la seule lecture de l'ouvrage de Keynes, que les &#171; racines &#187; de la politique de Wilson plongeaient dans l'obscurantisme cl&#233;rical, la phras&#233;ologie petite&#8209;bourgeoise et l'incompr&#233;hension totale de la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout cela deux conditions, deux donn&#233;es fondamentales d&#233;coulent tout naturellement et in&#233;vitablement. D'une part, la mis&#232;re, la ruine des masses se sont accrues d'une fa&#231;on inou&#239;e, et tout d'abord en ce qui concerne un milliard et quart d'&#234;tres humains, soit 70 % de la population du globe. Il s'agit des pays coloniaux, d&#233;pendants, dont la population est priv&#233;e de tout droit juridique, des pays plac&#233;s &#171; sous mandat &#187; des forbans de la finance. Et, de plus, l'esclavage des pays vaincus a &#233;t&#233; sanctionn&#233; par le trait&#233; de Versailles et les accords secrets concernant la Russie, qui ont par moment &#8209; il est vrai &#8209; autant de valeur que les chiffons de papier sur lesquels il est &#233;crit que nous devons tant et tant de milliards. Nous sommes en pr&#233;sence, dans l'histoire mondiale, d'un premier exemple de sanction juridique de la spoliation, de l'esclavage, de la d&#233;pendance, de la mis&#232;re et de la faim d'un milliard et quart d'&#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, dans chaque pays devenu cr&#233;ancier, la situation des ouvriers est devenue insupportable. La guerre a aggrav&#233; au plus haut point toutes les contradictions capitalistes, et c'est l&#224; l'origine de cette profonde effervescence r&#233;volutionnaire, qui ne fait que cro&#238;tre, car pendant la guerre les hommes &#233;taient sous le r&#233;gime de la discipline militaire, envoy&#233;s &#224; la mort ou menac&#233;s des repr&#233;sailles imm&#233;diates de la justice militaire. Les conditions impos&#233;es par la guerre ne permettaient pas de voir la r&#233;alit&#233; &#233;conomique. Les &#233;crivains, les po&#232;tes, le clerg&#233;, toute la presse glorifiaient la guerre. Aujourd'hui que la guerre est finie, les r&#233;v&#233;lations commencent &#224; se faire jour. D&#233;masqu&#233;, l'imp&#233;rialisme allemand, avec sa paix de Brest&#8209;Litovsk. D&#233;masqu&#233;e, la paix de Versailles, qui devait &#234;tre la victoire de l'imp&#233;rialisme et qui s'est r&#233;v&#233;l&#233;e comme sa d&#233;faite. L'exemple de Keynes montre, entre autres, comment des dizaines et des centaines de milliers de petits bourgeois, d'intellectuels ou simplement de personnes tant soit peu &#233;volu&#233;es et culti&#173;v&#233;es d'Europe et d'Am&#233;rique ont d&#251; prendre le m&#234;me che&#173;min que lui, qui a donn&#233; sa d&#233;mission et jet&#233; &#224; la face de son gouvernement le livre qui le d&#233;masquait. Keynes a montr&#233; ce qui se passe et se passera dans la conscience de milliers et de centaines de milliers d'hommes, quand ils comprendront que tous les discours sur la &#171; guerre pour la libert&#233; &#187;, etc., n'ont &#233;t&#233; que mensonge et que la guerre a abouti qu'&#224; ce r&#233;sultat : enrichir une infime minorit&#233;, alors que les autres &#233;taient ruin&#233;s, r&#233;duits en esclavage. En effet, le bourgeois Keynes d&#233;clare que, pour sauvegarder leur existence, pour sauver l'&#233;conomie anglaise, les Anglais doivent obtenir la reprise de relations commerciales libres entre l'Allemagne et la Russie ! Mais comment l'obtenir ? En annulant toutes les dettes, ainsi qu'il le propose ! C'est une id&#233;e qui n'appartient pas au seul savant &#233;conomiste Keynes. Des millions d'hommes y viennent et viendront. Et des millions d'hommes entendent les &#233;conomistes bourgeois d&#233;clarer qu'il n'y a pas d'autre issue que l'annulation des dettes, qu'en cons&#233;quence &#171; maudits soient les bolch&#233;viks &#187; (qui les ont annul&#233;es), et faisons appel &#224; la &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187; de l'Am&#233;rique !! Je pense qu'au nom du Congr&#232;s de l'Internationale Communiste, il y aurait lieu d'envoyer une adresse de remerciements &#224; ces &#233;conomistes qui font de l'agitation en faveur du bolch&#233;visme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, d'une part, la situation &#233;conomique des masses est devenue insupportable ; si, d'autre part, au sein de l'infime minorit&#233; des pays victorieux tout&#8209;puissants a commenc&#233; et s'acc&#233;l&#232;re le d&#233;saccord r&#233;v&#233;l&#233; par Keynes, nous sommes bien en pr&#233;sence du m&#251;rissement des deux conditions de la r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons maintenant sous les yeux un tableau un peu plus complet du monde. Nous savons ce qu'est cette d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard d'une poign&#233;e de richards d'un mil&#173;liard et quart d'hommes plac&#233;s dans des conditions d'existence intol&#233;rables. D'un autre c&#244;t&#233;, quand on a pr&#233;sent&#233; aux peuples le Pacte de la Soci&#233;t&#233; des Nations, par lequel celle-ci d&#233;clare mettre fin aux guerres et ne point permettre &#224; quiconque de rompre la paix, quand ce pacte &#8209; ultime esp&#233;rance des masses laborieuses du monde entier &#8209; entra en vigueur, ce fut pour nous la plus grande victoire. Tant, qu'il n'&#233;tait pas en vigueur, on pouvait dire : il est impossible de ne pas imposer &#224; un pays comme l'Allemagne des conditions particuli&#232;res ; quand il y aura un trait&#233;, vous verrez que tout ira bien. Mais quand ce pacte fut publi&#233;, les pires adversaires du bolch&#233;visme ont d&#251; le renier ! D&#232;s son entr&#233;e en vigueur, il s'est trouv&#233; que le petit groupe des pays les plus riches, ce &#171; quatuor des gros &#187; &#8209; Clemenceau, Lloyd&#8209;George, Orlando et Wilson, &#8209; fut charg&#233; de r&#233;gler les nouveaux rapports ! Et quand la machine du pacte fut mise en route, ce fut la catastrophe g&#233;n&#233;rale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons vu par les guerres contre la Russie. Faible, ruin&#233;e, accabl&#233;e, la Russie, le pays le plus retardataire, lutte contre toutes les nations, contre l'alliance des Etats riches, puissants, qui dominent le monde, et elle sort victorieuse de cette lutte. Nous ne pouvions opposer des forces tant soit peu &#233;quivalentes, et nous f&#251;mes pourtant les vainqueurs. Pourquoi ? Parce qu'il n'y avait pas ombre d'unit&#233; parmi eux, parce que chaque puissance agissait contre une autre. La France voulait que la Russie lui pay&#226;t ses dettes et dev&#238;nt une force redoutable contre l'Allemagne ; la Grande&#8209;Bretagne d&#233;sirait le partage de la Russie, elle tentait de s'emparer du p&#233;trole de Bakou et de conclure des trait&#233;s avec les pays limitrophes de la Russie. Parmi les documents officiels anglais, il existe un livre qui &#233;num&#232;re tr&#232;s consciencieusement tous les Etats (on en compte 14) qui, il y a six mois, en d&#233;cembre 1919, promettaient de prendre Moscou et P&#233;trograd. La Grande&#8209;Bretagne fondait sur eux sa politique et leur pr&#234;tait des millions. Mais aujourd'hui, tous ces calculs ont fait et tous ces pr&#234;ts sont perdus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la situation cr&#233;&#233;e par la Soci&#233;t&#233; des Nations. Chaque jour d'existence de ce pacte constitue une excellente agitation en faveur du bolch&#233;visme. Car les partisans les plus puissants de &#171; l'ordre &#187; capitaliste nous montrent comment, &#224; propos de chaque question, ils se font des crocs-en-jambe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le partage de la Turquie, de la Perse, de la M&#233;sopotamie de la Chine donne lieu &#224; des querelles f&#233;roces entre Japon, la Grande&#8209;Bretagne, l'Am&#233;rique et la France. La presse bourgeoise de ces pays est pleine des attaques les plus v&#233;h&#233;mentes et les plus acerbes contre leurs &#171; coll&#232;gues &#187; qui leur font passer le butin sous le nez. Nous sommes les t&#233;moins du total d&#233;saccord qui r&#232;gne parmi cette poign&#233;e infime des pays les plus riches. Il est impossible qu'un milliard et quart d'hommes, repr&#233;sentant les 70 % de la population du globe, vivent dans les conditions d'asservis&#173;sement qu'entend leur imposer le capitalisme &#171; avanc&#233; &#187; et civilis&#233;. Quant &#224; l'infime poign&#233;e de puissances richissimes, la Grande&#8209;Bretagne, l'Am&#233;rique, le Japon (qui a pu piller les pays d'Orient, les pays d'Asie, mais qui ne peut avoir aucune force ind&#233;pendante, financi&#232;re et militaire sans l'aide d'un autre pays), ces deux ou trois pays ne sont pas en mesure d'organiser les relations &#233;conomiques et leur politique tend &#224; faire &#233;chouer celle de leurs associ&#233;s et partenaires de la Soci&#233;t&#233; des Nations. D'o&#249; la crise mondiale. Et ce sont ces causes &#233;conomiques de la crise qui constituent la raison essentielle du fait que l'Internationale Communiste remporte de brillants succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, nous abordons maintenant la question de la crise r&#233;volutionnaire, base de notre action r&#233;volutionnaire. Et ici, il faut avant tout noter deux erreurs tr&#232;s r&#233;pandues. D'une part, les &#233;conomistes bourgeois repr&#233;sentent cette crise comme un simple &#171; malaise &#187;, selon l'&#233;l&#233;gante formule des Anglais. D'autre part, des r&#233;volutionnaires s'efforcent parfois de d&#233;montrer que cette crise est absolument sans issue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une erreur. Il n'existe pas de situation absolument sans issue. La bourgeoisie se conduit comme un forban sans vergogne qui a perdu la t&#234;te ; elle commet b&#234;tise sur b&#234;tise aggravant la situation et h&#226;tant sa propre perte. C'est un fait. Mais il n'est pas possible de &#171; prouver &#187; qu'il n'y a absolument aucune chance qu'elle endorme une minorit&#233; d'exploit&#233;s &#224; l'aide de petites concessions, qu'elle r&#233;prime un mouvement ou une insurrection d'une partie des opprim&#233;s et des exploit&#233;s. Tenter d'en &#171; prouver &#187; &#224; l'avance l'impossibilit&#233; &#171; absolue &#187; serait pur p&#233;dantisme, verbiage ou jeu d'esprit. Dans cette question et dans des questions analogues, seule la pratique peut fournir la &#171; preuve &#187; r&#233;elle. Le r&#233;gime bourgeois traverse dans monde entier une profonde crise r&#233;volutionnaire. Il faut &#171; d&#233;montrer &#187; maintenant, par l'action pratique des partis r&#233;volutionnaires, qu'ils poss&#232;dent suffisamment de conscience, d'organisation, de liens avec les masses exploit&#233;es, d'esprit de d&#233;cision et de savoir&#8209;faire pour exploiter cette crise au profit d'une r&#233;volution victorieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avant tout pour pr&#233;parer cette &#171; d&#233;monstration &#187; que nous nous sommes r&#233;unis en ce congr&#232;s de l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour montrer &#224; quel point l'opportunisme r&#232;gne encore dans les partis qui d&#233;sirent adh&#233;rer &#224; la III&#176; Internationale, &#224; quel point le travail de certains partis est encore loin de pr&#233;parer la classe r&#233;volutionnaire &#224; mettre &#224; profit la crise r&#233;volutionnaire, je citerai le chef du &#171; Parti travailliste ind&#233;pendant &#187; de Grande&#8209;Bretagne, Ramsay Mac Donald. Dans son livre le Parlement et la R&#233;volution, consacr&#233; pr&#233;cis&#233;ment aux questions essentielles qui nous occupent aujourd'hui, Mac Donald d&#233;peint la situation &#224; peu pr&#232;s dans l'esprit des pacifistes bourgeois. Il reconna&#238;t qu'il existe une crise r&#233;volutionnaire, que l'&#233;tat d'esprit r&#233;volutionnaire grandit, que les masses ouvri&#232;res manifestent de la sympathie pour le pouvoir des Soviets et la dictature du prol&#233;tariat (notez qu'il est question de la Grande&#8209;Bretagne), que la dictature du prol&#233;tariat vaut mieux que la dictature actuelle de la bourgeoisie anglaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il reste profond&#233;ment un pacifiste et un conciliateur bourgeois, un petit&#8209;bourgeois qui r&#234;ve d'un gouvernement en dehors des classes. Il ne reconna&#238;t la lutte des classes que comme un &#171; fait descriptif &#187;, &#224; l'exemple de tous les menteurs, sophistes et p&#233;dants de la bourgeoisie. Il passe sous silence l'exp&#233;rience de K&#233;renski, des mench&#233;viks et des socialistes&#8209;r&#233;volutionnaires de Russie, l'exp&#233;rience similaire de la Hongrie et de l'Allemagne, etc., concernant la cr&#233;ation d'un gouvernement &#171; d&#233;mocratique &#187; et soi&#8209;disant en dehors dos classes. Il endort son parti et les ouvriers qui ont le malheur de prendre ce bourgeois pour un socialiste et ce philistin pour un chef, en leur disant : &#171; Nous savons que tout cela (c'est&#8209;&#224;&#8209;dire la crise r&#233;volutionnaire, la fermentation r&#233;volutionnaire) passera, s'arrangera &#187;. La guerre, voyez&#8209;vous, devait in&#233;vitablement provoquer la crise, mais apr&#232;s la guerre, peut&#8209;&#234;tre pas d'un seul coup, &#171; tout s'arrangera &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce qu'&#233;crit un homme qui est le chef d'un parti d&#233;sireux d'adh&#233;rer &#224; la III&#176; Internationale. C'est l&#224; une r&#233;v&#233;lation d'autant plus pr&#233;cieuse qu'elle est d'une sinc&#233;rit&#233; exceptionnelle, de ce que l'on peut observer non moins souvent dans les milieux dirigeants du parti socialiste fran&#231;ais et du parti social&#8209;d&#233;mocrate ind&#233;pendant allemand, &#224; savoir non seulement l'incapacit&#233;, mais &#233;galement le refus d'utiliser dans un sens r&#233;volutionnaire la crise r&#233;volution&#173;naire ou, en d'autres termes, l'incapacit&#233; et le refus de proc&#233;der &#224; une pr&#233;paration r&#233;ellement r&#233;volutionnaire du parti et de la classe &#224; la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le mal le plus grave dont souffrent maints partis qui abandonnent actuellement la II&#176; Internationale. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment pourquoi j'insiste surtout, dans les th&#232;ses que je pr&#233;sente au congr&#232;s, sur la d&#233;finition la plus concr&#232;te et la plus pr&#233;cise des t&#226;ches qu'implique la pr&#233;paration &#224; la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore un exemple. Un nouveau livre contre le bolch&#233;visme vient de para&#238;tre. Il para&#238;t actuellement des quantit&#233;s extraordinaires de livres de ce genre en Europe et en Am&#233;rique, mais plus on en publie et plus la sympathie des masses pour le bolch&#233;visme grandit et se renforce. Il s'agit du livre d'Otto Bauer : Bolch&#233;visme ou Social-d&#233;mocratie ? Les Allemands y apprennent clairement ce qu'est le mench&#233;visme, dont le r&#244;le honteux dans la r&#233;volution russe est assez connu des ouvriers de tous les pays. Otto Bauer a donn&#233; l&#224; un pamphlet profond&#233;ment mench&#233;vik, bien qu'il ait dissimul&#233; sa sympathie pour le mench&#233;visme. Mais il est aujourd'hui indispensable de r&#233;pandre en Europe et en Am&#233;rique une connaissance plus pr&#233;cise de ce qu'est le mench&#233;visme, car c'est le nom g&#233;n&#233;&#173;rique de tous les courants soi&#8209;disant socialistes, social&#8209;d&#233;&#173;mocrates, etc., hostiles au bolch&#233;visme. Il nous para&#238;trait fastidieux &#224; nous, Russes, d'&#233;crire pour expliquer &#224; l'Europe ce qu'est le mench&#233;visme. Otto Bauer l'a montr&#233; dans son livre et nous remercions &#224; l'avance les &#233;diteurs bourgeois et opportunistes qui le publieront et en feront la traduction en diff&#233;rentes langues. Le livre de Bauer sera utile, ne serait&#173;-ce qu'&#224; titre de compl&#233;ment aux manuels de communisme. Prenez n'importe quel paragraphe, n'importe quel raisonnement d'Otto Bauer et d&#233;montrez en quoi consiste le mench&#233;visme, quelles sont les racines des id&#233;es qui ont pour aboutissement l'action pratique des tra&#238;tres au socialisme, des amis de K&#233;renski, de Scheidemann, etc. ; cette question pourrait &#234;tre pos&#233;e utilement et avec profit aux &#171; examens &#187; probatoires du bon communiste. Si vous ne pouvez pas y r&#233;pondre, c'est que vous n'&#234;tes pas encore communiste et il est pr&#233;f&#233;rable que vous n'adh&#233;riez pas au parti. ( Applaudissements. )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Otto Bauer a parfaitement exprim&#233; le fond m&#234;me des conceptions de l'opportunisme mondial dans une phrase pour laquelle, si nous &#233;tions les ma&#238;tres &#224; Vienne, nous devrions, de son vivant, lui &#233;lever un monument. L'emploi de la violence dans la lutte de classe, au sein des d&#233;mocraties modernes &#8209; a&#8209;t&#8209;il d&#233;clar&#233; sentencieusement &#8209; serait &#171; une violence exerc&#233;e sur les facteurs sociaux de la force m&#234;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous trouverez sans doute que cela rend un son bizarre et incompr&#233;hensible ? C'est le mod&#232;le de ce &#224; quoi ils ont r&#233;duit le marxisme, &#224; quelle banalit&#233; et &#224; quelle d&#233;fense des exploiteurs on peut d&#233;grader la th&#233;orie la plus r&#233;volutionnaire. Prenez la vari&#233;t&#233; allemande de l'esprit petit-bourgeois et vous aboutirez &#224; la &#171; th&#233;orie &#187; suivant laquelle &#171; les facteurs sociaux de la force &#187; sont le nombre, le degr&#233; d'organisation, la place que l'on occupe dans le processus de la production et de la r&#233;partition, l'activit&#233;, l'instruction. Si le salari&#233; de la campagne, si l'ouvrier de la ville exercent la violence r&#233;volutionnaire contre le propri&#233;taire foncier ou le capitaliste, ce n'est nullement la dictature du prol&#233;tariat, ce n'est nullement la violence sur les exploiteurs et les oppresseurs du peuple. Pas du tout. C'est de la &#171; violence sur les facteurs sociaux de la force &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut&#8209;&#234;tre mon exemple para&#238;t&#8209;il un peu humoristique. Mais la nature de l'opportunisme contemporain est telle que sa lutte contre le bolch&#233;visme prend une allure humoristique. Entra&#238;ner la classe ouvri&#232;re, tout ce qu'elle compte d'hommes dou&#233;s de r&#233;flexion, &#224; la lutte du mench&#233;visme international (des Mac Donald, des O. Bauer et Cie) contre le bolch&#233;visme, c'est pour l'Europe et l'Am&#233;rique la chose la plus utile, la plus urgente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, nous devons nous demander ce qui explique la per&#173;sistance de ces tendances en Europe et pourquoi cet opportunisme est plus fort en Europe occidentale que chez nous. Mais parce que les pays avanc&#233;s ont b&#226;ti et b&#226;tissent leur culture gr&#226;ce &#224; la possibilit&#233; qu'ils ont de vivre aux d&#233;pens d'un milliard d'opprim&#233;s. Parce que les capitalistes de ces pays ont des profits bien sup&#233;rieurs &#224; ceux qu'ils pourraient tirer de la spoliation des ouvriers de leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On estimait avant la guerre que les trois pays les plus riches ; la Grande&#8209;Bretagne, la France et l'Allemagne, tiraient de la seule exportation de leurs capitaux &#224; l'&#233;tranger un revenu annuel de 8 &#224; 10 milliards de francs sans compter les autres revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend qu'il soit possible de pr&#233;lever sur cette jolie somme au moins un demi&#8209;milliard &#224; distribuer en aum&#244;ne aux dirigeants ouvriers, &#224; l'aristocratie ouvri&#232;re, comme dessous&#8209;de&#8209;table de toute esp&#232;ce. En effet, tout est dans la corruption. On s'y prend de mille fa&#231;ons &#8209; en &#233;levant le niveau de culture des grands centres, en cr&#233;ant des &#233;tablissements &#233;ducatifs, des milliers de sin&#233;cures &#224; l'intention des dirigeants des coop&#233;ratives, des trade&#8209;unions, des leaders parlementaires. Cela se fait dans tous les pays de civilisation capitaliste. Et ces milliards de super&#8209;b&#233;n&#233;fice constituent la base &#233;conomique de l'opportunisme dans le mouvement ouvrier. En Am&#233;rique, en Grande&#8209;Bretagne, en France, nous assistons &#224; une r&#233;sistance infiniment plus forte des chefs opportunistes, des couches sup&#233;rieures de la classe ouvri&#232;re, de l'aristocratie ouvri&#232;re ; ils opposent une r&#233;sistance plus grande au mouvement communiste. C'est pourquoi nous devons nous attendre &#224; voir les partis ouvriers europ&#233;ens et am&#233;ricains se gu&#233;rir de cette maladie plus difficilement que nous. Nous savons que depuis la fondation de la III&#176; Internationale, des progr&#232;s &#233;normes ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s en ce qui concerne la gu&#233;rison de cette maladie, mais nous n'en sommes pas encore &#224; la gu&#233;rison d&#233;finitive : l'&#233;puration des partis ouvriers, des partis r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat du monde entier de l'influence bourgeoise et des opportunistes qui se trouvent dans leur propre sein, est encore loin d'&#234;tre achev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'arr&#234;terai pas sur la fa&#231;on concr&#232;te dont nous devons le faire. Il en est question dans mes th&#232;ses, qui ont &#233;t&#233; publi&#233;es. Ma t&#226;che consiste &#224; indiquer les causes &#233;conomiques profondes de ce ph&#233;nom&#232;ne. Cette maladie est devenue chronique ; sa gu&#233;rison se fait plus attendre que les optimistes ne pouvaient l'esp&#233;rer. L'opportunisme, voil&#224; notre ennemi principal. L'opportunisme des couches sup&#233;rieures du mouvement ouvrier, c'est un socialisme non prol&#233;tarien, mais bourgeois. La preuve est faite que les militants du mouvement ouvrier qui appartiennent &#224; la tendance opportuniste sont de meilleurs d&#233;fenseurs de la bourgeoisie que les bourgeois eux-m&#234;mes. S'ils n'avaient pas eu main la direction des ouvriers, la bourgeoisie ne pourrait, pas se maintenir. Ce n'est pas seulement l'histoire du r&#233;gime K&#233;renski en Russie qui le prouve ; la R&#233;publique d&#233;mocratique d'Allemagne, avec &#224; sa t&#234;te un gouvernement social&#8209;d&#233;mocrate, le prouve aussi de m&#234;me que le comportement d'Albert Thomas &#224; l'&#233;gard de son gouvernement bourgeois. La preuve est faite enfin par l'exp&#233;rience analogue de la Grande&#8209;Bretagne et des Etats&#8209;Unis. L'opportunisme est notre ennemi principal et nous devons en venir &#224; bout. Nous devons quitter ce congr&#232;s avec la ferme r&#233;solution de mener cette lutte jusqu'au bout dans tous les partis. C'est l&#224; notre t&#226;che essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compar&#233;e &#224; cette t&#226;che, celle qui consiste &#224; redresser les erreurs de la tendance de &#171; gauche &#187; dans le mouvement communiste sera ais&#233;e. Nous observons dans maints pays un antiparlementarisme qui n'est pas tant le fait d'hommes issus de la petite&#8209;bourgeoisie que celui de certains groupes avanc&#233;s du prol&#233;tariat, mus par la haine &#224; l'&#233;gard de l'ancien parlementarisme, haine l&#233;gitime, juste et n&#233;cessaire, provoqu&#233;e par le comportement des parlementaires de Grande&#8209;Bretagne, de France, d'Italie, de tous les pays. Il faut distribuer les directives de l'Internationale Communiste, &#233;clairer mieux et davantage les camarades sur l'exp&#233;rience russe et le r&#244;le v&#233;ritable d'un parti politique prol&#233;tarien. Notre travail consistera &#224; r&#233;soudre ce probl&#232;me. Et la lutte contre ces erreurs du mouvement prol&#233;tarien, contre ces insuffisances, sera mille fois plus facile que la lutte contre la bourgeoisie qui, sous le couvert du r&#233;formisme, p&#233;n&#232;tre dans les vieux partis de la II&#176; Internationale et oriente toute leur activit&#233; dans un esprit prol&#233;tarien, mais bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, camarades, je m'arr&#234;terai encore sur un autre aspect de la question. Le camarade pr&#233;sident a dit que ce congr&#232;s m&#233;ritait bien le titre de congr&#232;s mondial. Je pense qu'il a raison, surtout parce que nous avons ici pas mal de repr&#233;sentants du mouvement r&#233;volutionnaire des pays capitalistes avanc&#233;s et des pays arri&#233;r&#233;s. Ce n'est qu'un petit com&#173;mencement, mais l'essentiel est qu'il y ait un commence&#173;ment. L'union des prol&#233;taires r&#233;volutionnaires des pays capitalistes avanc&#233;s avec les masses r&#233;volutionnaires des pays o&#249; il n'y a pas ou presque pas de prol&#233;tariat, avec les masses opprim&#233;es des colonies, des pays d'Orient, cette union devient une r&#233;alit&#233; dans ce congr&#232;s. Il ne d&#233;pend que de nous &#8211; et je suis convaincu que nous le ferons &#8211; de la consolider. L'imp&#233;rialisme mondial ne pourra que s'&#233;crouler quand l'offensive r&#233;volutionnaire des ouvriers exploit&#233;s et opprim&#233;s au sein de chaque pays, surmontant la r&#233;sistance des &#233;l&#233;ments petits&#8209;bourgeois et l'influence de cette minorit&#233; infime qu'est l'aristocratie ouvri&#232;re, fera sa jonction avec l'offensive r&#233;volutionnaire des centaines de millions d'hommes qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, &#233;taient en dehors de l'histoire et consid&#233;r&#233;s comme n'en &#233;tant que l'objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste a aid&#233; la r&#233;volution : la bourgeoisie a tir&#233; des colonies, des pays arri&#233;r&#233;s, de l'isolement o&#249; ils &#233;taient, des soldats qu'elle a lanc&#233;s dans cette guerre imp&#233;rialiste. La bourgeoisie anglaise a inculqu&#233; aux soldats hindous qu'il &#233;tait du devoir du paysan hindou de d&#233;fendre la Grande&#8209;Bretagne contre l'Allemagne, la bourgeoisie fran&#231;aise a inculqu&#233; aux soldats de ses colonies que les Noirs devaient d&#233;fendre la France. Elle leur a enseign&#233; le maniement des armes. C'est une science extr&#234;mement utile, et nous pourrions en remercier la bourgeoisie du plus profond de nous&#8209;m&#234;mes, au nom de tous les ouvriers et de tous les paysans russes, au nom surtout de toute l'Arm&#233;e Rouge de Russie. La guerre imp&#233;rialiste a fait entrer les peuples d&#233;pendants dans l'histoire du monde. Et l'une de nos t&#226;ches les plus importantes est de r&#233;fl&#233;chir aujourd'hui &#224; la fa&#231;on poser la premi&#232;re pierre de l'organisation du mouvement sovi&#233;tique dans les pays non&#173;-capitalistes. Les Soviets y sont possibles ; ce ne seront pas des Soviets ouvriers, mais des Soviets paysans ou des Soviets de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela exigera un travail &#233;norme ; des erreurs seront in&#233;vitables ; de grosses difficult&#233;s se dresseront sur notre chemin. Une t&#226;che essentielle du Il&#176; Congr&#232;s est d'&#233;laborer ou d'indiquer les bases pratiques qui permettront que le travail qui se faisait jusqu'&#224; pr&#233;sent d'une mani&#232;re inorganis&#233;e parmi des centaines de millions d'hommes, se fasse dor&#233;navant d'une mani&#232;re organis&#233;e, coh&#233;rente et syst&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus d'un an apr&#232;s le I&#176; Congr&#232;s de l'Internationale Communiste, nous voil&#224; vainqueurs de la II&#176; Internationale ; les id&#233;es sovi&#233;tiques ne sont pas aujourd'hui r&#233;pandues uniquement parmi les ouvriers des pays civilis&#233;s, qui les connaissent et les comprennent ; les ouvriers de tous les pays se moquent des beaux esprits, parmi les quels il y en a bon nombre qui se disent socialistes et qui font des dissertations savantes ou presque sur le &#171; syst&#232;me &#187; sovi&#233;tique, comme aiment &#224; s'exprimer les Allemands syst&#233;maticiens, ou sur &#171; Vid&#233;e &#187; sovi&#233;tique, comme s'expriment les partisans anglais du &#171; ghilde&#8209;socialisme &#187; ; ces dissertations sur le &#171; syst&#232;me &#187; et sur l'&#171; id&#233;e &#187; sovi&#233;tiques en imposent parfois aux yeux et &#224; l'esprit des ouvriers. Mais ils rejettent tout ce fatras de p&#233;dants et se saisissent de l'arme que les Soviets leur offrent. Et la compr&#233;hension du r&#244;le et de la signification des Soviets s'est maintenant r&#233;pandue jusque dans les pays d'Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bases d'un mouvement sovi&#233;tique sont maintenant jet&#233;es dans tout l'Orient, dans toute l'Asie, parmi tous les peuples coloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que les exploit&#233;s doivent se soulever contre les exploiteurs et former leurs Soviets n'est pas trop compliqu&#233;e. Apr&#232;s notre exp&#233;rience, apr&#232;s deux ans et demi d'existence de la R&#233;publique des Soviets de Russie, apr&#232;s le I&#176; Congr&#232;s de la III&#176; Internationale, cette id&#233;e devient accessible &#224; des centaines de millions d'hommes opprim&#233;s par les exploiteurs du monde entier, et si aujourd'hui, en Russie, nous sommes souvent contraints d'accepter des compromis, de temporiser, &#233;tant plus faibles que les imp&#233;rialistes internationaux, nous savons pourtant que nous d&#233;fendons les int&#233;r&#234;ts de cette masse d'un milliard et quart d'hommes. Des barri&#232;res, des pr&#233;jug&#233;s, de l'ignorance, qui d'heure en heure reculent dans le pass&#233;, nous g&#234;nent encore, mais plus nous avan&#231;ons et mieux nous repr&#233;sentons et d&#233;fendons dans les faits ces 70 &#168;% de la population du globe, cette masse de travailleurs et d'exploit&#233;s. Nous pouvons dire avec fiert&#233; : lors du premier congr&#232;s, nous n'&#233;tions au fond que des propagandistes, nous ne faisions que jeter au prol&#233;tariat du monde entier des id&#233;es essentielles, nous ne faisions que lancer un appel &#224; la lutte, que demander : o&#249; sont les hommes susceptibles de s'engager dans cette voie ? Aujourd'hui, il y a partout un prol&#233;tariat avanc&#233;. Il existe partout une arm&#233;e prol&#233;tarienne, parfois mal organis&#233;e il est vrai, et qui demande &#224; &#234;tre r&#233;organis&#233;e, et si nos camarades de tous les pays nous aident maintenant &#224; organiser une arm&#233;e unique, rien ne pourra plus nous emp&#234;cher accomplir notre &#339;uvre. Cette &#339;uvre, c'est la r&#233;volution prol&#233;tarienne universelle, la cr&#233;ation de la R&#233;publique universelle des Soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Applaudissements prolong&#233;s)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport sur le r&#244;le du Parti Communiste&lt;br class='autobr' /&gt;
23 juillet 1920&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, je voudrais faire quelques remarques concernant les discours des camarades Tanner et Mac Laine. Tanner dit qu'il est pour la dictature du prol&#233;tariat, mais celle-ci est pr&#233;sent&#233;e d'une mani&#232;re quelque peu diff&#233;rente de celle dont nous la concevons. Il dit que nous entendons en r&#233;alit&#233; par dictature du prol&#233;tariat celle de sa minorit&#233; organis&#233;e et consciente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, &#224; l'&#233;poque du capitalisme, quand les masses ouvri&#232;res sont soumises &#224; une exploitation continue, et ne peuvent d&#233;velopper leurs capacit&#233;s humaines, le trait le plus caract&#233;ristique des partis politiques ouvriers r&#233;side pr&#233;cis&#233;ment dans le fait qu'ils ne peuvent toucher qu'une minorit&#233; de leur classe. Le parti politique ne peut rassembler qu'une minorit&#233; de la classe, de m&#234;me que dans toute la soci&#233;t&#233; capitaliste les ouvriers r&#233;ellement conscients ne sont qu'une minorit&#233; parmi les ouvriers. Force nous est donc de reconna&#238;tre que ce n'est que cette minorit&#233; consciente qui peut diriger les larges masses ouvri&#232;res et les entra&#238;ner avec elle. Et si le camarade Tanner dit qu'il est l'ennemi du parti, mais qu'il est en m&#234;me temps pour que la minorit&#233; des ouvriers les mieux organis&#233;s et les plus r&#233;volutionnaires indique la voie &#224; l'ensemble du prol&#233;tariat, je dis qu'en r&#233;alit&#233; il n'y a pas de diff&#233;rence entre nous. Qu'est&#8209;ce que cette minorit&#233; organis&#233;e ? Si cette minorit&#233; est vraiment consciente, si elle sait entra&#238;ner les masses, si elle est capable de r&#233;pondre &#224; chaque question &#224; l'ordre du jour, alors elle est, en r&#233;alit&#233;, le parti. Et si nous attachons tant d'importance &#224; l'opinion de camarades comme Tanner qui sont les repr&#233;sentants d'un mouvement de masse, ce que l'on ne saurait dire, sans trop forcer les choses, des repr&#233;sentants du parti socialiste britannique, si ces camarades sont pour qu'il y ait une minorit&#233; qui lutte r&#233;solument pour la dictature du prol&#233;tariat et qui instruit les masses ouvri&#232;res dans cet esprit, cette minorit&#233; n'est pas autre chose, en r&#233;alit&#233;, que le parti. Le camarade Tanner dit que cette minorit&#233; doit organiser et entra&#238;ner avec elle toute la masse ouvri&#232;re. Si lui et les autres camarades du groupe Shop&#8209;Stewards et de l'Union des ouvriers industriels du monde (I.W.W.) l'admettent - et nous constatons tous les jours dans nos conversations avec eux qu'ils l'admettent effectivement &#8211;s'ils approuvent cette situation o&#249; la mi&#173;norit&#233; communiste consciente de la classe ouvri&#232;re entra&#238;ne avec elle le prol&#233;tariat, alors ils doivent convenir aussi que tel est le sens de toutes nos r&#233;solutions. Et alors, l'unique diff&#233;rence existant entre nous consiste seulement dans le fait qu'ils &#233;vitent le mot &#171; parti &#187; parce qu'il existe parmi les anglais une certaine pr&#233;vention contre le parti politique. Ils ne se repr&#233;sentent pas un parti politique autrement qu'&#224; l'image des partis de Gompers et de Henderson, des partis d'affairistes parlementaires, de tra&#238;tres &#224; la classe ouvri&#232;re. S'ils ne voient le parlementarisme que tel qu'il existe aujourd'hui en Grande&#8209;Bretagne ou en Am&#233;rique, alors, nous aussi, nous sommes les ennemis d'un tel parlementarisme et de partis politiques. Nous avons besoin de partis nouveaux , d'autres partis. Nous avons besoin de partis, qui soient constamment et effectivement li&#233;s aux masses et qui sachent diriger ces masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe &#224; la troisi&#232;me question, dont je voudrais dire deux mots &#224; propos du discours du camarade Mac Laine. Il est partisan de l'affiliation du Parti Communiste anglais au Labour Party. Je me suis d&#233;j&#224; prononc&#233; &#224; ce sujet dans mes th&#232;ses relatives &#224; l'admission &#224; la III&#176; Internationale. Dans ma brochure, j'ai laiss&#233; cette question ouverte. Cependant, apr&#232;s avoir discut&#233; avec plusieurs camarades, j'ai abouti &#224; cette conviction que la d&#233;cision de rester au Labour Party constitue la seule tactique juste. Mais voil&#224; que le camarade Tanner prend la parole et d&#233;clare : ne soyez pas trop dogmatique. Cette expression me semble ici tout &#224; fait d&#233;plac&#233;e. Le camarade Ramsay dit : veuillez nous permettre, &#224; nous, communistes anglais, de r&#233;soudre nous&#8209;m&#234;mes cette question. Que serait l'Internationale si chaque petite fraction venait lui dire : certains d'entre nous sont pour, d'autres contre ; laissez&#8209;nous le soin de r&#233;gler cela ? A quoi servirait alors l'Internationale, le congr&#232;s, toute cette discussion ? Le camarade Mac Laine n'a parl&#233; que du r&#244;le du parti politique. Mais cela concerne &#233;galement les syndicats et le parlementarisme. Il est parfaitement exact que la majeure partie des meilleurs r&#233;volutionnaires est contre l'affiliation au Labour Party, parce qu'ils r&#233;pudient le parlementarisme en tant que moyen de lutte. Peut&#8209;&#234;tre serait&#8209;il mieux alors de renvoyer cette en commission. Cette commission devra la discuter et l'&#233;tudier, et l'affaire devra &#234;tre r&#233;gl&#233;e dans tous les cas par le pr&#233;sent congr&#232;s de l'Internationale Communiste. Nous ne pouvons pas admettre qu'elle ne concerne que les communistes anglais. Nous devons dire, en g&#233;n&#233;ral, quelle tactique est la bonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'arr&#234;terai maintenant sur certains arguments du camarade Mac Laine, concernant la question du Labour Party anglais. Il faut le dire nettement : le Parti communiste ne peut se joindre au Labour Party qu'&#224; la condition de garder son enti&#232;re libert&#233; de critique et d'&#234;tre &#224; m&#234;me de poursuivre sa politique propre. C'est le plus important. Quand le camarade Serrati parle &#224; ce propos de collaboration de classes, j'affirme pour ma part : ce n'est pas de la collaboration de classes. Si les camarades italiens tol&#232;rent dans leur parti des opportunistes genre Turati et Cie, c'est&#8209;&#224;-dire des &#233;l&#233;ments bourgeois, c'est l&#224;, effectivement, de la collaboration de classes. Mais en l'occurrence, en ce qui concerne le Labour Party anglais, il ne s'agit que de la collaboration de la minorit&#233; avanc&#233;e des ouvriers anglais avec leur &#233;crasante majorit&#233;. Les membres du Labour Party sont tous membres des syndicats. Il s'agit l&#224; d'une structure tr&#232;s originale, que nous ne trouvons dans aucun autre pays. Cette organisation embrasse 4 millions d'ouvriers sur les 6 ou 7 millions de membres des syndicats. On ne leur demande pas quelles sont leurs opinions politiques. Que le camarade Serrati me prouve que quelqu'un nous emp&#234;chera d'y user de notre droit de critique. Quand vous l'aurez prouv&#233;, alors seulement vous aurez prouv&#233; que le camarade Mac Laine se trompe. Le Parti socialiste britannique peut dire d&#233;lib&#233;r&#233;ment que Henderson est un tra&#238;tre et n&#233;anmoins rester au sein du Labour Party. Ici se r&#233;alise la collaboration de l'avant&#8209;garde de la classe ouvri&#232;re avec ouvriers arri&#233;r&#233;s, avec l'arri&#232;re&#8209;garde. Cette collaboration a une importance tellement grande pour l'ensemble du mouvement que nous insistons cat&#233;goriquement pour les communistes anglais soient le cha&#238;non qui relie le parti, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire la minorit&#233; de la classe ouvri&#232;re, &#224; toute la masse des ouvriers. Si la minorit&#233; ne sait pas diriger les masses, se lier &#233;troitement avec elles, elle n'est pas un parti, elle ne vaut rien en g&#233;n&#233;ral, qu'elle s'appelle Parti national des Shop Stewards Committees, pour autant que je sache que les Shop Stewards de Grande&#8209;Bretagne poss&#232;dent un Comit&#233; national, une direction nationale, ce qui est d&#233;j&#224; un pas vers le parti. Par cons&#233;quent, si le fait que le Labour Party anglais est compos&#233; de prol&#233;taires n'est pas infirm&#233;, alors il s'agit de la collaboration l'avant&#8209;garde de la classe ouvri&#232;re avec les ouvriers arri&#233;r&#233;s et si cette collaboration n'est pas syst&#233;matiquement poursuivie, alors le Parti communiste ne vaut rien, et il ne saurait. &#234;tre question de la dictature du prol&#233;tariat. Et si les camarades italiens n'ont pas d'arguments plus probants, nous devrons plus tard trancher ici d&#233;finitivement la question sur la base de ce que nous savons et nous serons amen&#233;s &#224; conclure que l'adh&#233;sion est une tactique juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les camarades Tanner et Ramsay nous disent que la majorit&#233; des communistes anglais n'accepteront pas l'affiliation, mais devons&#8209;nous n&#233;cessairement &#234;tre d'accord avec la majorit&#233; ? Pas du tout. Si elle n'a pas encore compris quelle est la politique juste, peut&#8209;&#234;tre pouvons&#8209;nous attendre. L'existence parall&#232;le de deux partis pendant un certain temps serait m&#234;me pr&#233;f&#233;rable au refus de r&#233;pondre &#224; la question : quelle est la tactique juste ? Naturellement, compte tenu de l'exp&#233;rience de tous les membres du congr&#232;s et sur la base des arguments produits ici, vous n'insisterez pas pour que nous prenions s&#233;ance tenante la d&#233;cision de cr&#233;er sans d&#233;lai dans tous les pays un parti communiste unique. Cela est impossible. Mais exprimer franchement notre opinion et donner des directives, cela nous pouvons le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons examiner dans une commission sp&#233;ciale la question soulev&#233;e par la d&#233;l&#233;gation anglaise et dire ensuite : la tactique juste, c'est l'adh&#233;sion au Labour Party. Si la majorit&#233; est contre, nous devrons organiser la minorit&#233; &#224; part. Cela pourra &#234;tre utile sur le plan &#233;ducatif. Si les masses ouvri&#232;res anglaises continuent &#224; avoir confiance en leur ancienne tactique, nous v&#233;rifierons nos conclusions au prochain congr&#232;s. Mais nous ne pouvons pas dire que cette question ne concerne que la Grande&#8209;Bretagne, ce serait imiter les pires habitudes de la II&#176; Internationale. Nous devons exprimer ouvertement notre opinion. Si les communistes anglais ne parviennent pas &#224; s'entendre et si un parti du masse n'est pas cr&#233;&#233;, la scission sera de toute fa&#231;on in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapport de la commission nationale et coloniale&lt;br class='autobr' /&gt;
26 juillet 1920&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, je me bornerai &#224; une br&#232;ve entr&#233;e en mati&#232;re, apr&#232;s quoi le camarade Maring, qui fut secr&#233;taire de notre commission [1], vous pr&#233;sentera un rapport d&#233;taill&#233; sur les modifications que nous avons apport&#233;es aux th&#232;ses. Le camarade Roy, qui a formul&#233; des th&#232;ses compl&#233;mentaires, prendra suite la parole. Notre commission a adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; les th&#232;ses initiales avec les amendements et les th&#232;ses compl&#233;mentaires. De cette mani&#232;re, nous avons pu aboutir l'unanimit&#233; compl&#232;te sur toutes les questions importantes. Je ferai maintenant quelques br&#232;ves remarques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, quelle est l'id&#233;e essentielle, fondamentale de nos th&#232;ses ? La distinction entre les peuples opprim&#233;s et les peuples oppresseurs. Nous faisons ressortir cette distinction, contrairement &#224; la II&#176; Internationale et &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise. A l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme, il est particuli&#232;rement important pour le prol&#233;tariat et l''Internationale Communiste de constater les faits &#233;conomiques concrets et, dans la solution de toutes les questions coloniales et nationales, de partir non de notions abstraites, mais des r&#233;alit&#233;s concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait caract&#233;ristique de l'imp&#233;rialisme est que le monde entier, comme nous le voyons, se divise actuellement en un grand nombre de peuples opprim&#233;s et un nombre infime de peuples oppresseurs, qui disposent de richesses colossales et d'une force militaire puissante. En estimant la population totale du globe &#224; un milliard trois quarts, l'immense majorit&#233;, comprenant plus d'un milliard et, selon toute probabilit&#233;, un milliard deux cent cinquante millions d'&#234;tres humains, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire pr&#232;s de 70 % de la population du globe, appartient aux peuples opprim&#233;s, qui ou bien se trouvent plac&#233;s sous le r&#233;gime de d&#233;pendance coloniale directe, ou bien constituent des Etats semi&#8209;coloniaux, comme la Perse, la Turquie, la Chine, ou encore vaincus par l'arm&#233;e d'une grande puissance imp&#233;rialiste se trouvent sous sa d&#233;pendance en vertu de trait&#233;s de paix. Cette id&#233;e de distinction, de division des peuples en opprim&#233;s et oppresseurs, se retrouve dans toutes les th&#232;ses, tant dans les premi&#232;res parues sous ma signature et publi&#233;es ant&#233;rieurement, que dans celles du camarade Roy. Ces derni&#232;res ont &#233;t&#233; &#233;crites principalement &#224; partir de la situation des Indes et des autres grands peuples d'Asie opprim&#233;s par la Grande&#8209;Bretagne, et c'est en cela que r&#233;side leur grande importance pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me id&#233;e directrice de nos th&#232;ses est que, dans la situation internationale d'aujourd'hui, apr&#232;s la guerre imp&#233;rialiste, les relations r&#233;ciproques des peuples et tout le syst&#232;me politique mondial sont d&#233;termin&#233;s par la lutte d'un petit groupe de nations imp&#233;rialistes contre le mouvement sovi&#233;tique et les Etats sovi&#233;tiques, &#224; la t&#234;te desquels se trouve la Russie des Soviets. Si nous perdons cela de vue, nous ne saurons poser correctement aucune question nationale ou coloniale, quand bien m&#234;me il s'agirait dit point le plus recul&#233; du monde. Ce n'est qu'on partant de l&#224; que les questions politiques peuvent &#234;tre pos&#233;es et r&#233;solues d'une fa&#231;on juste par les partis communistes, aussi bien des pays civilis&#233;s que des pays arri&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisi&#232;me lieu, je tiens &#224; attirer tout particuli&#232;rement l'attention sur la question du mouvement d&#233;mocratique bourgeois dans les pays arri&#233;r&#233;s. Cette question, pr&#233;cis&#233;ment, a provoqu&#233; certaines divergences. Nous avons discut&#233; pour savoir s'il serait juste ou non, en principe et en th&#233;orie, de d&#233;clarer que l'Internationale Communiste et les partis communistes doivent soutenir le mouvement d&#233;mocratique bourgeois des pays arri&#233;r&#233;s ; cette discussion nous a amen&#233;s &#224; la d&#233;cision unanime de remplacer l'expression mouvement &#171; d&#233;mocratique bourgeois &#187; par celle de mouvement national&#8209;r&#233;volutionnaire. Il n'y a pas le moindre doute que tout mouvement national ne puisse &#234;tre que d&#233;mocratique bourgeois, car la grande masse de la population des pays arri&#233;r&#233;s est compos&#233;e de paysans, qui repr&#233;sentent les rapports bourgeois et capitalistes. Ce serait une utopie de croire que les partis prol&#233;tariens, en admettant qu'ils puissent en g&#233;n&#233;ral faire leur apparition dans ces pays, pourront, sans avoir des rapports d&#233;termin&#233;s avec le mouvement paysan, sans le soutenir en fait, poursuivre une tactique et une politique communistes dans pays arri&#233;r&#233;s. Mais des objections ont &#233;t&#233; faites : si nous parlons de mouvement d&#233;mocratique bourgeois, toute distinction s'effacera entre mouvement r&#233;formiste et mouvement r&#233;volutionnaire. Or, ces temps derniers, la distinction est apparue en toute clart&#233; dans les pays arri&#233;r&#233;s coloniaux, car la bourgeoisie imp&#233;rialiste s'applique par tous les moyens &#224; implanter le mouvement r&#233;formiste aussi parmi les peuples opprim&#233;s. Un certain rapprochement s'est fait entre la bourgeoisie des pays exploiteurs et celle des pays coloniaux, de sorte que, tr&#232;s souvent, et peut&#8209;&#234;tre m&#234;me dans la majorit&#233; des cas, la bourgeoisie des pays op&#173;prim&#233;s soutenant les mouvements nationaux, est d'accord avec la bourgeoisie imp&#233;rialiste, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire qu'elle lutte avec celle-ci, contre les mouve&#173;ments r&#233;volutionnaires et les classes r&#233;volutionnaires. Ceci a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; d'une fa&#231;on irr&#233;futable &#224; la commission, et nous avons estim&#233; que la seule attitude juste &#233;tait de prendre en consid&#233;ration cette distinction et de remplacer presque partout l'expression &#171; d&#233;mocratique bourgeois &#187; par celle de &#171; national&#8209;r&#233;volutionnaire &#187;. Le sens de cette substitution est que, en tant que communistes, nous ne devrons soutenir et nous ne soutiendrons les mouvements bourgeois de lib&#233;ration des pays coloniaux que dans les cas o&#249; ces mouvements seront r&#233;ellement r&#233;volutionnaires, o&#249; leurs repr&#233;sentants ne s'opposeront pas &#224; ce que nous formions et organisions dans un esprit r&#233;volutionnaire la paysannerie et les larges masses d'exploit&#233;s. Si ces condi&#173;tions ne sont pas remplies, les communistes doivent, dans ces pays, lutter contre la bourgeoisie r&#233;formiste, &#224; laquelle appartiennent &#233;galement les h&#233;ros de la II&#176; Internatio&#173;nale. Les partis r&#233;formistes existent d&#233;j&#224; dans les pays coloniaux, et parfois leurs repr&#233;sentants s'appellent social&#173;-d&#233;mocrates et socialistes. La distinction indiqu&#233;e figure maintenant dans toutes les th&#232;ses et je pense que notre point de vue se trouve ainsi formul&#233; maintenant d'une mani&#232;re beaucoup plus pr&#233;cise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, je voudrais encore faire une remarque au sujet des Soviets paysans. Le travail pratique des communistes, russes dans les colonies qui ont appartenu &#224; la Russie tsariste, dans des pays arri&#233;r&#233;s comme le Turkestan et autres, a amen&#233; la question suivante : comment appliquer la tactique et la politique communistes dans les conditions pr&#233;capitalistes, &#233;tant donn&#233; que le trait caract&#233;ristique essentiel de ces pays est que les rapports pr&#233;capitalistes y pr&#233;dominent encore, et que, par suite, il ne saurait y &#234;tre question d'un mouvement purement prol&#233;tarien. Dans ces pays, le prol&#233;tariat industriel n'existe presque pas. Malgr&#233; cela, l&#224; aussi, nous avons assum&#233; et nous devons assumer le r&#244;le de conducteurs. Notre travail nous a d&#233;montr&#233; qu'il faut dans ces pays surmonter d'immenses difficult&#233;s, mais les r&#233;sultats pratiques ont montr&#233; &#233;galement que, malgr&#233; ces difficult&#233;s, il est possible d'&#233;veiller dans les masses une aspiration &#224; la pens&#233;e politique et &#224; l'activit&#233; politique ind&#233;pendantes, m&#234;me l&#224; o&#249; le prol&#233;tariat est presque inexistant. Ce travail a &#233;t&#233; plus difficile pour nous que pour les camarades des pays d'Europe occidentale, le prol&#233;tariat de Russie &#233;tant surcharg&#233; de besognes int&#233;ressant l'Etat. On con&#231;oit sans peine que les paysans qui se trouvent plac&#233;s dans une d&#233;pendance semi&#8209;f&#233;odale puissent parfaitement, assimiler l'id&#233;e de l'organisation sovi&#233;tique et la faire passer dans les faits. Il est &#233;galement &#233;vident que les masses opprim&#233;es, exploit&#233;es non seulement par le capitalisme marchand, mais &#233;galement par les f&#233;odaux et par l'Etat, b&#226;ti sur des bases f&#233;odales, peuvent employer cette arme, cette forme d'organisation, m&#234;me dans la situation qui est la leur. L'id&#233;e de l'organisation sovi&#233;tique est simple ; elle peut &#234;tre appliqu&#233;e non seulement dans le cadre de rapports prol&#233;tariens, mais &#233;galement dans celui de rapports paysans, de caract&#232;re f&#233;odal ou semi&#8209;f&#233;odal. Notre exp&#233;rience dans ce domaine n'est pas encore bien grande, mais les d&#233;bats en commission, auxquels prirent part plusieurs repr&#233;sentants des pays coloniaux, ont prouv&#233; irr&#233;futablement qu'il est indispensable d'indiquer dans les th&#232;ses de l'Internationale Communiste que les Soviets de paysans, les Soviets d'exploit&#233;s sont un moyen valable non seulement pour les pays capitalistes, mais &#233;galement pour ceux o&#249; pr&#233;dominent rapports pr&#233;capitalistes, que le devoir absolu des partis communistes et des &#233;l&#233;ments qui sont dispos&#233;s &#224; constituer des partis communistes est de faire de la propagande en faveur des Soviets de paysans, des Soviets de travailleurs toujours et partout, dans les pays arri&#233;r&#233;s, dans les colonies ; l&#224; o&#249; les conditions le permettent, ils doivent tenter imm&#233;diatement de cr&#233;er des Soviets du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons ici s'ouvrir pour nous un domaine tr&#232;s int&#233;ressant et tr&#232;s important de travail pratique. Jusqu'&#224; pr&#233;sent notre exp&#233;rience commune &#224; cet &#233;gard n'est pas tr&#232;s grande, mais petit &#224; petit nous r&#233;unissons une documentation de plus en plus abondante. Il est tout &#224; fait hors de discussion que le prol&#233;tariat des pays avanc&#233;s peut et doit aider les masses travailleuses arri&#233;r&#233;es, et que les pays arri&#233;r&#233;s pourront sortir de leur stade actuel de d&#233;veloppement quand le prol&#233;tariat victorieux des R&#233;publiques sovi&#233;tiques aura tendu la main &#224; ces masses et sera en mesure de leur pr&#234;ter son appui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette question, des d&#233;bats assez vifs ont &#233;t&#233; suscit&#233;s par nos th&#232;ses sign&#233;es par moi, mais bien plus encore par celles du camarade Roy, qu'il va d&#233;fendre ici et pour lesquelles certains amendements ont &#233;t&#233; adopt&#233;s &#224; l'unanimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question se posait ainsi : pouvons&#8209;nous consid&#233;rer comme juste l'affirmation que le stade capitaliste de d&#233;veloppement de l'&#233;conomie est in&#233;vitable pour les peuples arri&#233;r&#233;s, actuellement en voie d'&#233;mancipation et parmi lesquels on observe depuis la guerre un mouvement vers le progr&#232;s ? Nous y avons r&#233;pondu par la n&#233;gative. Si le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire victorieux m&#232;ne parmi eux une propagande syst&#233;matique, si les gouvernements sovi&#233;tiques les aident par tous les moyens &#224; leur disposition, on aurait tort de croire que le stade de d&#233;veloppement capitaliste est in&#233;vitable pour les peuples arri&#233;r&#233;s. Dans toutes les colonies dans tous les pays arri&#233;r&#233;s, nous devons non seulement constituer des cadres ind&#233;pendants de militants, des organisations du parti, non seulement y poursuivre d&#232;s maintenant la propagande en faveur de l'organisation des Soviets de paysans, en nous attachant &#224; les adapter aux conditions pr&#233;capitalistes qui sont les leurs, mais encore l'Internationale Communiste doit &#233;tablir et justifier sur le plan th&#233;orique ce principe qu'avec l'aide du prol&#233;tariat des pays avanc&#233;s, les pays arri&#233;r&#233;s peuvent parvenir au r&#233;gime sovi&#233;tique et, en passant par certains stades de d&#233;veloppement, au communisme, en &#233;vitant le stade capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas possible d'indiquer &#224; l'avance les moyens qui sont n&#233;cessaires &#224; cet effet. L'exp&#233;rience nous les soufflera. Mais il est nettement &#233;tabli que l'id&#233;e des Soviets est accessible &#224; toutes les masses travailleuses des peuples les plus &#233;loign&#233;s, que ces organismes, les Soviets, doivent &#234;tre adapt&#233;s aux conditions du r&#233;gime social pr&#233;capitaliste et que le travail du parti communiste doit &#234;tre entrepris imm&#233;diatement en ce sens dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais encore souligner l'importance du travail r&#233;volutionnaire des partis communistes non seulement dans leur propre pays, mais aussi dans les pays coloniaux et, notamment, parmi les troupes que les nations exploiteuses utilisent pour maintenir sous leur domination les peuples de ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camarade Quelch, du Parti socialiste britannique, en a parl&#233; &#224; notre commission. Il a d&#233;clar&#233; qu'un simple ouvrier anglais consid&#233;rerait comme une trahison le fait d'aider les peuples asservis dans leurs soul&#232;vements contre la domination anglaise. Il est exact que le jingo&#239;sme et le chauvinisme de l'aristocratie ouvri&#232;re de Grande&#8209;Bretagne et d'Am&#233;rique constituent le plus grand danger pour le socialisme, qu'ils forment le rempart le plus solide de la II&#176; Internationale, et que nous avons affaire ici &#224; la plus grande trahison de la part des chefs et des ouvriers appartenant &#224; cette Internationale bourgeoise. La II&#176; Internationale a &#233;galement discut&#233; de la question coloniale. Le Manifeste de B&#226;le en parle &#224; son tour en termes parfaitement clairs. Les partis de la II&#176; Internationale avaient bien promis d'agir d'une fa&#231;on r&#233;volutionnaire, mais nous ne remarquons pas que la II&#176; Internationale et, je suppose, la majorit&#233; des partis ayant quitt&#233; celle-ci dans l'intention d'adh&#233;rer &#224; la III&#176; Internationale, fassent un travail effectivement r&#233;volutionnaire et apportent une aide aux peuples exploit&#233;s et d&#233;pendants dans leurs soul&#232;vements contre les nations qui les oppriment. Nous devons le d&#233;clarer hautement, et c'est irr&#233;futable. Nous verrons si l'on tentera de le d&#233;mentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces consid&#233;rations qui ont &#233;t&#233; mises &#224; la base nos r&#233;solutions incontestablement beaucoup trop longues ; j'esp&#232;re cependant qu'elles seront utiles et contribueront au d&#233;veloppement et &#224; l'organisation d'un travail effectivement r&#233;volutionnaire dans les questions nationale et coloniale qui constitue pr&#233;cis&#233;ment notre t&#226;che essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La commission nationale et coloniale f&#251;t constitu&#233;e lors du congr&#232;s par les repr&#233;sentants de partis pour lesquels cette question &#233;tait cruciale (France, Grande-Bretagne, Chine, Inde, Perse&#8230;). Elle d&#233;battit de th&#232;ses soumises par L&#233;nine et adopt&#233;es par le congr&#232;s le 28 juillet. Cette commission avait &#233;t&#233; rendue n&#233;cessaire &#224; cause de la faiblesse des acquis th&#233;oriques dont disposaient les P.C. pour guider leur activit&#233; en la mati&#232;re &#8211; la II&#176; Internationale s'&#233;tant toujours largement d&#233;sint&#233;ress&#233; de la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discours sur les conditions d'admission &#224; l'Internationale Communiste&lt;br class='autobr' /&gt;
30 juillet 1920&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, Serrati a dit : nous n'avons pas encore invent&#233; le sinc&#233;rom&#232;tre, d&#233;signant par ce n&#233;ologisme fran&#231;ais un instrument destin&#233; &#224; mesurer la sinc&#233;rit&#233; ; un tel instrument n'a pas encore &#233;t&#233; invent&#233;. Nous n'en avons d'ailleurs nullement besoin ; par contre, nous poss&#233;dons d&#233;j&#224; un instrument permettant d'appr&#233;cier les tendances. Et le tort, dont, je parlerai plus loin, du camarade Serrati a bien &#233;t&#233; d'avoir fait fi de cet instrument connu depuis fort longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais dire quelques mots seulement &#224; propos du camarade Crispien. Je regrette beaucoup qu'il soit absent (Dittmann : &#171; Il est malade ! &#187;). Dommage. Son discours est un document des plus importants, car il exprime d'une mani&#232;re pr&#233;cise la ligne politique de l'aile droite du Parti social&#8209;d&#233;mocrate ind&#233;pendant. Je ne parlerai ni de personnalit&#233;, ni de cas particuliers, mais des id&#233;es clairement exprim&#233;es dans ce discours. Comme je l'esp&#232;re, je saurai prouver que tout ce discours a &#233;t&#233; un discours essentiellement kautskiste et que le camarade Crispien partage les conceptions kautskistes sur la dictature du prol&#233;tariat. A une remarque, Crispien a r&#233;pondu : &#171; La dictature, ce n'est pas une nouveaut&#233;, il en &#233;tait d&#233;j&#224; question dans le Programme d'Erfurt &#187;. Ce programme n'en dit rien ; et l'histoire a prouv&#233; que ce n'est pas un hasard. Quand, en 1902&#8209;1903, nous &#233;laborions le premier programme de notre parti, nous avions toujours sous nos yeux l'exemple du programme d'Erfurt, &#224; une &#233;poque o&#249; Plekhanov, le m&#234;me Pl&#233;khanov qui disait alors avec juste raison : &#171; Ou bien Bernstein enterrera la social&#8209;d&#233;mocratie ou bien c'est la social&#8209;d&#233;mocratie qui enterrera Bernstein. &#187; Pl&#233;khanov soulignait tout particuli&#232;rement ce que si le programme d'Erfurt ne disait rien de la dictature du prol&#233;tariat, c'&#233;tait une erreur sur le plan th&#233;orique sur le plan pratique, une concession pusillanime faite aux opportunistes. Aussi la dictature du prol&#233;tariat a&#8209;t&#8209;elle &#233;t&#233; incluse dans notre programme d&#232;s 1903.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le camarade Crispien dit maintenant que la dictature du prol&#233;tariat n'est pas une nouveaut&#233;, et qu'il ajoute &#171; Nous avons toujours &#233;t&#233; pour la conqu&#234;te du pouvoir politique &#187;, cela signifie &#233;luder le fond du probl&#232;me. On admet conqu&#234;te du pouvoir politique, mais pas la dictature. Toute la litt&#233;rature socialiste, non seulement allemande, mais fran&#231;aise et anglaise, prouve que les chefs des partis opportunistes, par exemple Mac Donald en Grande&#8209;Bretagne, sont partisans de la conqu&#234;te du pouvoir politique. Ils sont tous &#8209; ce n'est pas peu dire &#8209; des socialistes sinc&#232;res, mais ils sont contre la dictature du prol&#233;tariat ! D&#232;s l'ins&#173;tant que nous avons un bon parti r&#233;volutionnaire, digne de porter le titre de communiste, il faut faire de la propa&#173;gande pour la dictature du prol&#233;tariat, &#224; la diff&#233;rence des anciennes conceptions de la II&#176; Internationale. Le camarade Crispien a masqu&#233; et dissimul&#233; cette v&#233;rit&#233;, et c'est la faute fondamentale propre &#224; tous les partisans de Kautsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camarade Crispien continue : &#171; Nous sommes des chefs &#233;lus par les masses &#187;. C'est un point de vue formel et faux car, au dernier congr&#232;s du parti des Ind&#233;pendants allemands, la lutte des tendances nous est apparue claire&#173;ment. Point n'est besoin de rechercher un sinc&#233;rom&#232;tre et de plaisanter &#224; ce sujet, comme le fait le camarade Serrati, pour &#233;tablir ce simple fait que la lutte des tendances doit exister et existe ; l'une des tendances groupe les ouvriers r&#233;volutionnaires, r&#233;cemment venus &#224; nous et adversaires de l'aristocratie ouvri&#232;re ; l'autre tendance, c'est l'aristocratie ouvri&#232;re guid&#233;e dans tous les pays civilis&#233;s par les anciens chefs. Crispien fait&#8209;il partie de la tendance des anciens chefs et de l'aristocratie ouvri&#232;re ou de la tendance de la nouvelle masse ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire, qui est contre l'aristocratie ouvri&#232;re ? C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que Crispien a laiss&#233; dans l'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur quel ton le camarade Crispien parle&#8209;t&#8209;il de la scission ? Il dit que la scission constitue une navrante n&#233;cessit&#233; qu'il a longtemps d&#233;plor&#233;e. C'est tout &#224; fait dans l'esprit de Kautsky. Se s&#233;parer de qui ? De Scheidemann ? Mais, bien s&#251;r ! Crispien a dit : &#171; Nous avons fait la scission. &#187; Premi&#232;rement, vous l'avez faite trop tard ! Du moment qu'on en parle, il faut le dire. Deuxi&#232;mement, au lieu de pleurer &#224; ce sujet, les ind&#233;pendants devraient dire : La classe ouvri&#232;re internationale est encore sous le joug de l'aristocratie ouvri&#232;re et des opportunistes. C'est le cas en France et en Grande&#8209;Bretagne. Le camarade Crispien con&#231;oit la scission non pas en communiste, mais tout &#224; fait dans l'esprit de Kautsky qui, soi&#8209;disant, n'a pas d'influence. Ensuite, Crispien a parl&#233; des hauts salaires. En Allemagne, voyez&#8209;vous, les circonstances sont telles que, comparativement aux ouvriers russes et, en g&#233;n&#233;ral, aux ouvriers de l'Europe orientale, les ouvriers vivent assez bien. D'apr&#232;s lui, on ne pourrait faire la r&#233;volution que dans le cas o&#249; elle n'aggraverait &#171; pas trop &#187; la situation des ouvriers. Je pose la question : est&#8209;il admissible de tenir un tel langage dans un parti communiste ? C'est un langage contre&#8209;r&#233;volutionnaire. Le niveau de vie en Russie est incontestablement inf&#233;rieur &#224; celui de l'Allemagne, et quand nous e&#251;mes institu&#233; la dictature, les ouvriers souffrirent davantage de la faim et leur niveau de vie tomba encore plus bas. La victoire des ouvriers est impossible sans sacrifices, sans une aggravation momentan&#233;e de leur situation. Nous devons dire aux ouvriers le contraire de ce qu'a dit Crispien. Quand, pour pr&#233;parer les ouvriers &#224; la dictature, on leur parle d'une aggravation &#171; pas trop &#187; grande de leur situation, on oublie l'essentiel, &#224; savoir que l'aristocratie ouvri&#232;re s'est pr&#233;cis&#233;ment constitu&#233;e en aidant &#171; sa &#187; bourgeoisie &#224; conqu&#233;rir et &#224; opprimer le monde entier par des moyens imp&#233;rialistes, afin de s'assurer ainsi de meilleurs salaires. Si les ouvriers allemands veulent faire aujourd'hui &#339;uvre de r&#233;volutionnaires, ils doivent consentir des sacrifices et ne point s'en effrayer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue g&#233;n&#233;ral, du point de vue de l'histoire universelle, il est exact que, dans les pays arri&#233;r&#233;s, un simple coolie est incapable de faire la r&#233;volution prol&#233;tarienne, mais dans un petit nombre de pays plus riches o&#249;, gr&#226;ce au pillage imp&#233;rialiste, on vit plus &#224; l'aise, il serait contre-r&#233;volutionnaire de dire aux ouvriers qu'ils ont &#224; redouter un &#171; trop grand &#187; appauvrissement. C'est le contraire. Il faut dire. L'aristocratie ouvri&#232;re qui a peur des sacrifices, qui redoute un &#171; trop grand &#187; appauvrissement pendant la p&#233;riode de lutte r&#233;volutionnaire, ne peut appartenir au parti. Autrement, la dictature est impossible, surtout dans les pays d'Europe occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dit Crispien de la terreur et de la violence ? Il dit que ce sont deux choses diff&#233;rentes. Probablement, une telle distinction est&#8209;elle possible dans un manuel de sociologie, mais elle n'est pas possible dans la pratique politique, surtout en Allemagne. Contre les hommes qui agissent comme ont agi les officiers allemands lors de l'assassinat de Liebknecht et de Rosa Luxemburg, contre des hommes comme Stinnes et Krupp, qui soudoient la presse, contre ces gens&#8209;l&#224; nous sommes bien oblig&#233;s d'employer la violence et la terreur. Bien entendu, il n'est nul besoin de proclamer &#224; l'avance que nous aurons certainement recours &#224; la terreur ; mais si les officiers allemands et les partisans de Kapp restent qu'ils sont ; si Krupp et Stinnes restent ce qu'ils sont, le recours &#224; la terreur sera in&#233;vitable. Non seulement Kautsky, mais &#233;galement Ledebour et Crispien parlent de la terreur, de la violence dans un esprit tout &#224; fait contre&#8209;r&#233;volutionnaire. Un parti qui s'accommode de telles conceptions ne peut pas participer &#224; la dictature, c'est l'&#233;vidence m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la question agraire. L&#224; surtout Crispien s'&#233;chauffe et croit pouvoir nous confondre en d&#233;celant chez nous un esprit petit&#8209;bourgeois ; faire quelque chose pour la petite paysannerie aux d&#233;pens des gros propri&#233;taires d'apr&#232;s lui rel&#232;verait d'un esprit petit&#8209;bourgeois. Il faut exproprier et remettre la terre aux communes. C'est une conception de p&#233;dant. M&#234;me dans les pays hautement d&#233;velopp&#233;s, y compris l'Allemagne, il y a pas mal de latifundia, et il y a des domaines cultiv&#233;s non pas suivant les m&#233;thodes de la grande exploitation capitaliste, mais suivant des m&#233;thodes semi&#173;-f&#233;odales ; on peut en pr&#233;lever quelque chose au profit des petits paysans sans porter atteinte &#224; l'&#233;conomie. On peut maintenir la grosse production tout en donnant aux petits paysans quelque chose de fort substantiel. Malheureusement, on n'y pense pas, mais dans la pratique on est bien oblig&#233; de le faire, sinon on commettrait une erreur. Cela se trouve confirm&#233;, par exemple, par le livre de Varga (ancien commissaire du peuple &#224; l'Economie Nationale de la R&#233;publique des Soviets de Hongrie), qui &#233;crit que l'instauration de la dictature du prol&#233;tariat n'a presque rien chang&#233; &#224; la campagne hongroise, que les journaliers ne s'en aper&#231;urent pas et que la petite paysannerie ne re&#231;ut rien. En Hongrie, il y a de vastes latifundia, une &#233;conomie semi&#8209;f&#233;odale r&#232;gne sur de vastes domaines. On trouvera toujours et on devra toujours trouver des parties de vastes propri&#233;t&#233;s dont on pourrait donner quelque chose aux petits paysans, peut-&#234;tre pas en toute propri&#233;t&#233;, mais &#224; bail, de mani&#232;re que le petit paysan parcellaire gagne quelque chose &#224; la confiscation du domaine. Autrement, le petit paysan ne verra pas de diff&#233;rence entre ce qu'il y avait avant et la dictature des Soviets. Si le pouvoir d'Etat prol&#233;tarien n'applique pas cette politique, il ne pourra pas se maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que Crispien ait dit : &#171; Vous ne pouvez pas contester nos convictions r&#233;volutionnaires &#187;, je r&#233;pondrai : je les conteste cat&#233;goriquement. Je ne dis pas que vous ne voudriez pas agir d'une fa&#231;on r&#233;volutionnaire, mais je dis que vous ne savez pas raisonner en r&#233;volutionnaire. Je parie que l'on pourrait d&#233;signer n'importe quelle commission form&#233;e d'hommes cultiv&#233;s, lui donner dix ouvrages de Kautsky et le discours de Crispien, et que cette commission dirait : &#171; ce discours est du Kautsky tout pur, il est impr&#233;gn&#233; de bout en bout des conceptions de Kautsky &#187;. Toute l'argumentation de Crispien est fonci&#232;rement kautskiste. Apr&#232;s cela, Crispien vient nous dire : &#171; Kautsky n'a plus aucune influence dans notre parti. &#187; Aucune influence, peut&#8209;&#234;tre, sur les ouvriers r&#233;volutionnaires qui ont adh&#233;r&#233; r&#233;cemment. Mais il faut consid&#233;rer comme absolument prouv&#233; que Kautsky a exerc&#233; et exerce jusqu'&#224; pr&#233;sent une &#233;norme influence sur Crispien, sur toute la marche de sa pens&#233;e, sur toutes ses conceptions. Son discours le prouve. C'est pourquoi, sans inventer le sinc&#233;rom&#232;tre ou l'appareil de mesure de la sinc&#233;rit&#233;, on peut dire : l'orientation de Crispien n'est pas celle de l'Internationale Communiste. Et en disant cela, nous d&#233;finissons l'orientation de toute l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les camarades Wijnkoop et M&#252;nzenberg ont exprim&#233; leur m&#233;contentement du fait que nous avons invit&#233; le Parti Socialiste Ind&#233;pendant et que nous discutons avec ses repr&#233;sentants, je consid&#232;re qu'ils ont tort. Quand Kautsky nous attaque et publie des livres, nous lui r&#233;pliquons comme &#224; un ennemi de classe. Mais lorsque le Parti social&#8209;d&#233;mocrate ind&#233;pendant, grossi par l'afflux des ouvriers r&#233;volutionnaires vient ici pour des pourparlers, nous devons discuter avec ses repr&#233;sentants, car ils repr&#233;sentent une partie des ouvriers r&#233;volutionnaires. Il ne nous est pas possible de nous entendre imm&#233;diatement sur l'Internationale avec les Ind&#233;pendants allemands, les Fran&#231;ais et les Anglais. Le camarade Wijnkoop prouve dans chacun de ses discours qu'il partage presque toutes les erreurs du camarade Pannekoek. Il a d&#233;clar&#233; qu'il ne partageait pas les conceptions de Pannekoek, mais ses discours prouvent le contraire. C'est l&#224; l'erreur essentielle de ce groupe de &#171; gauche &#187;, mais c'est, une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, l'erreur d'un mouvement prol&#233;tarien en plein d&#233;veloppement. Les discours des camarades Crispien et Dittman sont de bout en bout p&#233;n&#233;tr&#233;s d'un esprit bourgeois qui ne saurait permettre de pr&#233;parer la dictature du prol&#233;tairait. Si les camarades Wijnkoop et M&#252;nzenberg vont encore plus loin en ce qui concerne le Parti social&#8209;d&#233;mocrate Ind&#233;pendant, nous ne nous solidarisons pas avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, nous n'avons pas de sinc&#233;rom&#232;tre, comme l'a dit Serrati, pour &#233;prouver la bonne foi des gens, et nous sommes enti&#232;rement d'accord pour dire qu'il ne s'agit pas de juger des hommes, mais bien d'appr&#233;cier la situation. Je regrette que Serrati ait parl&#233; pour ne rien dire de nouveau. Son discours &#233;tait de ceux que nous entendions dans la II&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a eu tort de dire : &#171; En France, situation non r&#233;volutionnaire, en Allemagne, situation r&#233;volutionnaire, en Italie, situation r&#233;volutionnaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand bien m&#234;me la situation serait contre&#8209;r&#233;volutionnaire, la II&#176; Internationale se trompe et porte une lourde responsabilit&#233; en ne voulant pas organiser la propagande et l'agitation r&#233;volutionnaires, &#233;tant donn&#233; que m&#234;me dans une situation non r&#233;volutionnaire, on peut et on doit faire de la propagande r&#233;volutionnaire : toute l'histoire du Parti bolch&#233;vik l'a prouv&#233;. La diff&#233;rence entre les socialistes et les communistes consiste pr&#233;cis&#233;ment dans le fait que les socialistes refusent d'agir de la mani&#232;re dont nous, agissons dans toute situation, quelle qu'elle soit, &#224; savoir : poursuivre le travail r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serrati ne fait que r&#233;p&#233;ter ce qui a &#233;t&#233; dit par Crispien. Nous ne voulons pas dire qu'il faille sans faute exclure, Turati &#224; telle ou telle date. Cette question a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; abord&#233;e par le Comit&#233; ex&#233;cutif et Serrati nous a dit : &#171; Pas d'exclusions, mais une &#233;puration du Parti. &#187; Nous devons dire simplement aux camarades italiens que c'est bien l'orientation des membres de &#171; l'Ordine Nuevo [1] &#187; qui correspond &#224; celle de l'Internationale Communiste, et non pas l'orientation de la majorit&#233; actuelle des dirigeants du Parti socialiste et de leur fraction parlementaire. On pr&#233;tend qu'ils veulent d&#233;fendre le prol&#233;tariat contre la r&#233;action. Tchernov, les mench&#233;viks et bien d'autres, en Russie, &#171; d&#233;fendent &#187; &#233;galement le prol&#233;tariat contre la r&#233;action, mais cela n'est certes pas une raison suffisante pour les admettre parmi nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous devons dire aux camarades italiens et &#224; tous les partis qui ont une aile droite : cette tendance r&#233;formiste n'a rien de commun avec le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous prions, camarades italiens, de convoquer un congr&#232;s et de lui soumettre nos th&#232;ses et r&#233;solutions. Je suis convaincu que les ouvriers italiens voudront rester dans l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &#171; Ordre Nouveau &#187;, courant du P.S.I. dirig&#233; par A. Gramsci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discours sur le parlementarisme&lt;br class='autobr' /&gt;
2 ao&#251;t 1920&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camarade Bordiga a visiblement voulu d&#233;fendre ici le point de vue des marxistes italiens, mais il n'a n&#233;an&#173;moins r&#233;pondu &#224; aucun des arguments avanc&#233;s par d'autres marxistes en faveur de l'action parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a reconnu que l'exp&#233;rience historique ne se, cr&#233;e pas artificiellement. Il vient de nous dire qu'il faut reporter lutte dans un autre domaine. Ignorerait&#8209;il que toute crise r&#233;volutionnaire s'accompagne d'une crise parlementaire ? Il a dit, c'est vrai, qu'il faut reporter la lutte dans un autre domaine, dans les Soviets. Mais il a reconnu lui-m&#234;me qu'il n'est pas possible de cr&#233;er artificiellement des Soviets. L'exemple de la Russie prouve qu'on ne peut les organiser que pendant la r&#233;volution ou bien juste &#224; la veille de la r&#233;volution. Du temps de K&#233;renski, les Soviets (les Soviets mench&#233;viks) &#233;taient organis&#233;s d'une telle mani&#232;re qu'ils ne pouvaient en aucune fa&#231;on constituer le pouvoir prol&#233;tarien. Le parlement est un produit du d&#233;veloppement historique, que nous ne pouvons &#233;liminer tant que nous ne sommes pas suffisamment forts pour dissoudre cette institution bourgeoise. Ce n'est qu'en en faisant partie que l'on peut, partant des conditions historiques donn&#233;es, lutter contre la soci&#233;t&#233; bourgeoise et le parlementarisme. Le moyen dont la bourgeoisie se sert dans la lutte doit &#234;tre aussi utilis&#233; par le prol&#233;tariat, dans des buts tout autres &#233;videm&#173;ment. Vous ne pouvez pas affirmer qu'il n'en est pas ainsi,et, si vous voulez le contester, vous devez effacer l'exp&#233;rience de tous les &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez dit que les syndicats aussi &#233;taient opportunistes et qu'ils constituaient un danger ; mais, d'un autre c&#244;t&#233;, vous avez dit qu'il fallait faire une exception en leur faveur, &#233;tant donn&#233; qu'ils sont des organisations ouvri&#232;res. Mais cela n'est juste que jusqu'&#224; un certain point. Il existe aussi dans les syndicats des &#233;l&#233;ments tr&#232;s arri&#233;r&#233;s. Une partie de la petite bourgeoisie prol&#233;taris&#233;e, les ouvriers arri&#233;r&#233;s et les petits paysans, tous ces &#233;l&#233;ments croient r&#233;ellement que leurs int&#233;r&#234;ts sont repr&#233;sent&#233;s au Parlement ; il faut lutter contre cela par l'action parlementaire et montrer aux masses la v&#233;rit&#233; dans les faits. Les th&#233;ories n'ont pas prise sur les masses arri&#233;r&#233;es ; elles ont besoin de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons bien vu en Russie. Nous avons &#233;t&#233; oblig&#233;s de convoquer l'Assembl&#233;e constituante, apr&#232;s la victoire du prol&#233;tariat, pour montrer &#224; l'ouvrier arri&#233;r&#233; qu'il ne pouvait rien obtenir d'elle. Afin qu'il puisse comparer les deux exp&#233;riences, nous avons d&#251; opposer concr&#232;tement les Soviets &#224; l'Assembl&#233;e constituante, et lui montrer ainsi que les Soviets &#233;taient la seule issue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camarade Souchy, syndicaliste r&#233;volutionnaire, a d&#233;fendu les m&#234;mes th&#233;ories, mais la logique n'est pas de son c&#244;t&#233;. Il a dit qu'il n'&#233;tait pas marxiste, alors cela va de soi. Mais lorsque vous, camarade Bordiga, affirmez que vous &#234;tes marxiste, il est permis d'exiger de vous plus de logique. Il faut savoir de quelle mani&#232;re on peut briser le Parlement. Si vous pouvez le faire par la voie de l'insurrection arm&#233;e dans tous les pays, c'est tr&#232;s bien. Vous savez qu ' en Russie nous avons montr&#233; notre volont&#233;, non seulement en th&#233;orie mais &#233;galement en pratique, d'abolir le Parlement bourgeois. Mais vous avez perdu de vue que cela est impossible sans une pr&#233;paration relativement longue et que, dans la plupart des pays, il est encore impossible d'abolir le Parlement d'un seul coup. Nous devons donc poursuivre la lutte au soin m&#234;me du Parlement pour d&#233;truire le Parlement. Aux conditions qui d&#233;terminent la ligne politique de toutes les classes de la soci&#233;t&#233; contemporaine vous substituez votre propre volont&#233; r&#233;volutionnaire, et c'est pourquoi vous oubliez que, pour d&#233;truire le Parlement bourgeois de Russie, nous avons d&#251; d'abord convoquer l'Assembl&#233;e constituante, m&#234;me apr&#232;s notre victoire. Vous avez dit : &#171; La v&#233;rit&#233; est que la r&#233;volution russe est un exemple qui ne correspond pas aux conditions de l'Europe occidentale. &#187; Mais vous n'avez produit aucun argument de poids pour nous le prouver. Nous sommes pass&#233;s par une p&#233;riode de d&#233;mocratie bourgeoise. Nous l'avons travers&#233;e rapidement, &#224; l'&#233;poque o&#249; nous &#233;tions oblig&#233;s de faire de l'agitation en faveur des &#233;lections &#224; l'Assembl&#233;e constituante. Et par la suite, lorsque la classe ouvri&#232;re a pu s'emparer du pouvoir, la paysannerie croyait encore &#224; la n&#233;cessit&#233; d'un Parlement bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tenant compte de ces &#233;l&#233;ments arri&#233;r&#233;s, nous d&#251;mes faire les &#233;lections et montrer aux masses, par l'exemple et dans les faits, que cette Assembl&#233;e constituante, &#233;lue au moment de la plus grande mis&#232;re g&#233;n&#233;rale, n'exprimait pas les aspirations et les revendications des classes exploit&#233;es. Par l&#224; m&#234;me, le conflit entre le pouvoir des Soviets et le pouvoir bourgeois apparut tr&#232;s clairement, pour nous, avant&#8209;garde de la classe ouvri&#232;re, mais aussi pour l'immense majorit&#233; de la paysannerie, pour les petits employ&#233;s, pour la petite bourgeoisie, etc. Dans tous les pays capitalistes, il y a des &#233;l&#233;ments arri&#233;r&#233;s de la classe ouvri&#232;re, qui sont convaincus que le Parlement est la v&#233;ritable repr&#233;sentation du peuple et qui ne voient pas les proc&#233;d&#233;s malpropres auxquels on y a recours. On dit que le Parlement est l'instrument &#224; l'aide duquel la bourgeoisie trompe les masses. Mais cet argument doit &#234;tre retourn&#233; contre vous et il se retourne contre vos th&#232;ses. Comment r&#233;v&#233;lerez&#8209;vous aux masses vraiment arri&#233;r&#233;es et tromp&#233;es par la bourgeoisie le v&#233;ritable caract&#232;re du Parlement ? Si vous n'en faites pas partie, comment d&#233;voilerez&#8209;vous telle ou telle man&#339;uvre parlementaire, la position de tel ou tel parti ? Si vous &#234;tes marxistes, vous devez reconna&#238;tre qu'au sein de la soci&#233;t&#233; capitaliste les rapports des classes et les rapports des partis sont &#233;troitement li&#233;s. Comment, je le r&#233;p&#232;te, montrerez&#8209;vous tout cela si vous n'&#234;tes pas membres du Parlement, si vous r&#233;pudiez l'action parlementaire ? L'histoire de la r&#233;volution russe a montr&#233; clairement qu'aucun argument n'aurait pu convaincre les larges masses de la classe ouvri&#232;re, la paysannerie, les petits employ&#233;s s'ils ne l' avaient pas appris par leur propre exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a dit ici que nous perdons beaucoup de temps en participant &#224; la lutte parlementaire. Peut&#8209;on concevoir une autre institution int&#233;ressant autant toutes les classes que le Parlement ? On ne peut pas cr&#233;er cela artificiellement. Si toutes les classes sont amen&#233;es &#224; participer &#224; la lutte parlementaire, c'est que les int&#233;r&#234;ts et les conflits de classe se refl&#232;tent au Parlement. S'il &#233;tait possible d'organiser d'embl&#233;e partout, mettons, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;cisive capable d'abattre d'un seul coup le capitalisme, la r&#233;volution se serait d&#233;j&#224; faite dans les diff&#233;rents pays. Mais il faut, compter avec les faits, et le Parlement est toujours l'ar&#232;ne de la lutte des classes. Le camarade Bordiga et ceux qui partagent son point de vue doivent dire la v&#233;rit&#233; aux masses. L'Allemagne est le meilleur exemple du fait qu'une fraction communiste au Parlement est possible, et c'est, pourquoi vous devriez dire ouvertement aux masses : nous sommes trop faibles pour cr&#233;er un parti solidement constitu&#233;. Telle serait la v&#233;rit&#233; qu'il faudrait dire. Mais si vous reconnaissiez votre faiblesse devant les masses, elles deviendraient non pas vos amies, mais bien vos adversaires, et elles se rallieraient au parlementarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous dites : &#171; Camarades ouvriers, nous sommes si faibles que nous ne pouvons pas cr&#233;er un parti suffisamment disciplin&#233; pour obliger ses d&#233;put&#233;s &#224; se soumettre &#224; sa volont&#233; &#187;, les ouvriers vous abandonneront, car ils se diront : &#171; Comment pourrions&#8209;nous instaurer la dictature prol&#233;tarienne avec des gens aussi faibles ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes bien na&#239;fs, si vous vous imaginez que le jour de la victoire du prol&#233;tariat, les intellectuels, la classe moyenne, la petite bourgeoisie deviendront communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si vous ne vous faites pas cette illusion, vous devez d&#232;s maintenant pr&#233;parer le prol&#233;tariat &#224; s'engager dans la voie qui est la n&#244;tre. Vous ne trouverez aucune exception &#224; cette r&#232;gle dans aucun domaine du travail d'Etat. Le lendemain de la r&#233;volution, vous verrez partout des avocats opportunistes, qui se diront communistes, des petits bourgeois qui n'admettront ni la discipline du parti communiste, ni celle de l'Etat prol&#233;tarien. Si vous ne pr&#233;parez pas less ouvriers &#224; fonder un parti vraiment disciplin&#233;, qui impose sa discipline &#224; tous ses membres, vous ne pr&#233;parerez jamais la dictature du prol&#233;tariat. Je pense que vous ne voulez pas admettre que pr&#233;cis&#233;ment la faiblesse d'un tr&#232;s grand nombre de nouveaux partis communistes les am&#232;ne &#224; contester la n&#233;cessit&#233; du travail parlementaire. Et je suis convaincu que l'immense majorit&#233; des ouvriers vraiment r&#233;volutionnaires nous suivra et se prononcera contre vos th&#232;ses antiparlementaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi la Quatri&#232;me internationale &#233;tait en &#233;chec en 1939</title>
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		<dc:date>2025-08-05T22:08:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Discussion avec Trotsky sur IVe Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
avril 1939 &lt;br class='autobr' /&gt; James. - 1. Je serais heureux d'entendre ce que pense le camarade Trotsky de la fantastique mont&#233;e de la combativit&#233; des ouvriers fran&#231;ais et, parall&#232;lement, de l'incontestable d&#233;clin de notre propre mouvement en France durant la m&#234;me p&#233;riode. A la conf&#233;rence de fondation, on a consacr&#233; six s&#233;ances &#224; la question fran&#231;aise [1] et, au dernier moment, il y a eu encore une discussion sur la r&#233;solution qu'on allait pr&#233;senter. Cela (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique195" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Discussion avec Trotsky sur IVe Internationale &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;avril 1939&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; James. - 1. Je serais heureux d'entendre ce que pense le camarade Trotsky de la fantastique mont&#233;e de la combativit&#233; des ouvriers fran&#231;ais et, parall&#232;lement, de l'incontestable d&#233;clin de notre propre mouvement en France durant la m&#234;me p&#233;riode. A la conf&#233;rence de fondation, on a consacr&#233; six s&#233;ances &#224; la question fran&#231;aise [1] et, au dernier moment, il y a eu encore une discussion sur la r&#233;solution qu'on allait pr&#233;senter. Cela donne une id&#233;e des difficult&#233;s. Cannon et Shachtman pensaient qu'il s'agissait exclusivement d'un probl&#232;me de direction et d'organisation. Blasco pensait que les camarades fran&#231;ais &#233;taient capables d'analyser la situation politique, mais incapables d'intervenir activement dans la lutte des masses. Mon opinion personnelle est qu'un tel &#233;tat de choses r&#233;sulte de la composition sociale du groupe, de sa concentration &#224; Paris et de l'int&#233;r&#234;t pr&#233;dominant qu'il porte aux questions purement politiques au d&#233;triment des probl&#232;mes des usines, encore que j'aie pu remarquer au milieu de 1937 un grand changement de ce point de vue. Je crois cependant qu'il s'agit d'une question qui demande une r&#233;flexion et une analyse s&#233;rieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2. La question de l'Espagne. Je crois qu'il n'est pas trop tard pour commencer, &#224; partir de toutes les sources disponibles, une enqu&#234;te sur l'activit&#233; organisationnelle de nos camarades en Espagne &#224; partir de 1936. D'apr&#232;s tout ce que j'ai entendu dire, 500 camarades bien organis&#233;s &#224; l'int&#233;rieur du P.O.U.M. auraient &#233;t&#233; capables d'essayer de prendre le pouvoir en mai 1937 [2] . Je crois que nous avons beaucoup &#224; apprendre des m&#233;thodes de travail appliqu&#233;es par nos camarades, &#224; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur du P.O.U.M [3] . Et comme, de m&#234;me qu'en France et peut&#8209;&#234;tre en Hollande, et en Grande&#8209;Bretagne o&#249; il y a entre nous et la social&#173;-d&#233;mocratie des partis centristes dans lesquels il est vraisemblable que nous ayons &#224; travailler comme nos camarades ont d&#251; le faire dans le P.O.U.M., pour toutes ces raisons, je crois qu'il est tr&#232;s important de travailler &#224; partir de l'exp&#233;rience r&#233;elle de nos camarades en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La section britannique. Vous &#234;tes tous au courant de l'histoire de cette section : la scission de 1936 [4] et la formation de deux groupes, l'un enracin&#233; dans le Labour Party [5] et l'autre &#224; l'ext&#233;rieur [6] . Quand le camarade Cannon est arriv&#233;, &#224; l'&#233;t&#233; 1938, la Revolutionary Socialist League a r&#233;sult&#233; d'une fusion entre l'ancienne Marxist League, qui avait fait scission avec Groves [7] et le Marxist Group [8] , et &#233;tait en contact avec une vingtaine de camarades admirables d'Edinburgh [9] . Le pacte d'unit&#233; et de paix stipulait que chaque groupe devait continuer son activit&#233; propre et qu'au bout de six mois, on tirerait un bilan. Aux derni&#232;res nouvelles, les frictions ont continu&#233; et c'est maintenant le groupe &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party qui domine [10] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi un autre groupe &#8209; celui de Lee [11] - &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party, qui a refus&#233; de rien avoir &#224; faire avec la fusion, disant qu'elle &#233;tait vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Le groupe Lee est tr&#232;s actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai dit au camarade Cannon qu'en fin de compte j'&#233;tais arriv&#233; &#224; la conclusion a) que je n'avais aucune objection &#224; ce que m&#234;me la majorit&#233; des camarades du groupe fusionn&#233; soient dans le Labour Party, b) mais que le groupe ind&#233;pendant, avec son journal, devait continuer. En derni&#232;re analyse, la fraction dans le Labour Party ne gagnerait pas beaucoup d'adh&#233;rents dans les circonstances actuelles et notre ind&#233;pendance de groupe, avec un journal &#233;tait absolument n&#233;cessaire. Wicks, Sara, Sumner [12] et autres, de l'ancienne Marxist League, qui ont travaill&#233; pendant quatre ans dans le Labour Party et s'y trouvaient encore, &#233;taient tout &#224; fait d'accord avec nous sur la n&#233;cessit&#233; d'une organisation ind&#233;pendante. Les camarades du Labour Party voulaient un organe comme New International. Nous avons dit non ; nous voulions un journal comme l'ancien Militant [13] mi&#8209;th&#233;orique et mi-d'organisation. Il n'y a pas eu lieu de discuter plus avant la question britannique dans la mesure o&#249; on a eu le temps de l'&#233;tudier de loin. Il est clair que ni des conseils ni une politique ne peuvent faire des miracles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de l'Independent Labour Party est pourtant importante pour nous [14]. Organisationnellement, il est faible, mais il a quatre d&#233;put&#233;s, un journal qui se vend entre 25000 et 30000 exemplaires par semaine, ses congr&#232;s et ses d&#233;clarations sont l'objet de publicit&#233; dans la presse bourgeoise ; il a suffisamment de soutien financier pour pr&#233;senter quinze candidats au &#233;lections dont la majorit&#233; ont perdu le d&#233;p&#244;t de 750 livres par candidat. En g&#233;n&#233;ral, il dit plut&#244;t le m&#234;me genre de choses que nous et recueille tout le soutien moral et financier qui nous revient, par exemple aux Etats&#8209;Unis o&#249; il n'y a rien, entre la social-d&#233;mocratie et nous, du type de ce parti. En outre, l'I.L.P. a pass&#233; son temps &#224; s'ouvrir puis se fermer, mais nous avons &#233;t&#233; incapables d'exploiter les scissions r&#233;p&#233;t&#233;es et le m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral de sa gauche. Si nous pouvions scissionner l'I.L.P. et, ainsi que Maxton a, de sa propre initiative, menac&#233; de le faire, entra&#238;ner les Ecossais et laisser le champ libre en Angleterre, nous ne pourrions certes pas cr&#233;er tout de suite un grand parti dirigeant, mais nous ferions un progr&#232;s extraordinaire [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que la r&#233;solution de 1936 sur les partis centristes, qui affirmait que l'l.L.P. allait bient&#244;t tomber dans le stalinisme, &#233;tait une erreur [16] qui a d&#233;sorient&#233; la section anglaise. Maintenant, il semblerait que nos progr&#232;s futurs en Grande&#8209;Bretagne dans la direction de l'l.L.P. vont d&#233;pendre largement des succ&#232;s de notre section fran&#231;aise (et de sa capacit&#233;) &#224; attirer &#224; elle les meilleurs &#233;l&#233;ments du P.S.O.P. [17]. Je propose cependant que notre section britannique ne n&#233;glige nullement l'I.L.P. et que, par des brochures, dans sa presse par des articles, elle concentre son offensive sur ses points faibles et ses divergences internes et s'emploie de son mieux &#224; aggraver les scissions qui se dessinent constamment en son sein afin de faciliter sa destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin la question des camarades qui vont dans les usines, comme on l'a d&#233;j&#224; fait dans une ou deux r&#233;gions d'Am&#233;rique du Nord, o&#249; les intellectuels, d&#233;termin&#233;s &#224; entrer en contact avec les masses, sont entr&#233;s dans l'industrie de l'alimentation et dans d'autres, partout o&#249; cela a &#233;t&#233; possible et, en certains endroits, avec un grand succ&#232;s. Il me semble qu'en France et, tr&#232;s certainement en Grande&#8209;Bretagne, cela constitue un moyen &#224; tenter pour renforcer ce contact avec les masses qui est l'un des plus gros points faibles de notre parti dans les grandes villes comme Londres, Paris, et dans une certaine mesure, New York, tandis que le parti belge, bas&#233; en province sur une r&#233;gion industrielle [18] est extr&#234;mement bien organis&#233; et, en d&#233;pit de certaines faiblesses politiques au cours de la derni&#232;re p&#233;riode [19], d&#233;montre que, dans toute mont&#233;e comme celle qui s'est produite en France [20], il jouerait vraisemblablement un r&#244;le plus important et r&#233;aliserait au moins des progr&#232;s infiniment plus substantiels que ne l'a fait notre section fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Trotsky &#8209; Oui, la question est de savoir pourquoi nous ne progressons pas en fonction de la valeur de nos id&#233;es, qui ne sont pas aussi d&#233;nu&#233;es de sens que le croient certains de nos amis. Nous ne progressons pas politiquement. Ce fait est l'expression du recul g&#233;n&#233;ral du mouvement ouvrier dans les quinze derni&#232;res ann&#233;es. Quand le mouvement r&#233;volutionnaire d&#233;cline de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, quand une d&#233;faite suit une autre d&#233;faite, quand le fascisme s'&#233;tend sur le monde entier, quand le marxisme officiel s'incarne dans la plus formidable machine &#224; duper les travailleurs, il va de soi que les r&#233;volutionnaires ne peuvent travailler que contre le courant historique g&#233;n&#233;ral. Et cela, quand bien m&#234;me leurs id&#233;es sont aussi intelligentes et exactes qu'on peut le souhaiter. C'est que les masses ne font pas leur &#233;ducation &#224; travers des pronostics ou des conceptions th&#233;oriques, mais &#224; travers l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale de leur vie. C'est l&#224; l'explication globale : l'ensemble de la situation est contre nous. Il faut que se produise un tournant dans la prise de conscience de classes, dans les r&#233;actions et les sentiments des masses, un tournant qui nous donnera la possibilit&#233; de remporter un grand succ&#232;s politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens des discussions en 1927 &#224; Moscou apr&#232;s l'&#233;crasement des ouvriers chinois par Tchiang Ka&#239;&#8209;chek [21]. Nous l'avions pr&#233;dit dix jours auparavant et Staline nous avait r&#233;pondu par des affirmations de ce genre : &#171; Borodine est vigilant &#187;, &#171; Tchiang Ka&#239;&#8209;chek ne peut mat&#233;riellement nous trahir &#187;, etc Huit ou dix jours plus tard, c'&#233;tait la trag&#233;die et nos camarades exprim&#232;rent leur confiance : notre analyse &#233;tait si manifestement correcte que tout le monde s'en apercevait et que nous &#233;tions s&#251;rs d'entra&#238;ner le parti. Je r&#233;pondis que l'&#233;tranglement de la r&#233;volution chinoise &#233;tait mille fois plus important pour les masses que toutes nos pr&#233;dictions. Nos pr&#233;dictions pouvaient convaincre une poign&#233;e d'intellectuels qui s'int&#233;ressaient &#224; ces probl&#232;mes, mais pas les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire militaire de Tchiang devait in&#233;vitablement provoquer un reflux, une d&#233;moralisation, et ne pouvait en rien favoriser la progression d'une fraction r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1917, nous avons connu une longue suite de d&#233;faites. Nous sommes comme des gens qui tenteraient d'escalader une montagne et qui recevraient toujours et toujours des avalanches de pierre et de neige. Il s'est cr&#233;&#233; dans les masses en Asie et en Europe un sentiment nouveau de d&#233;sespoir. Elles ont entendu quelque chose comme ce que nous disions il y a dix ou quinze ans du parti communiste, et elles sont pessimistes. C'est l&#224; l'&#233;tat d'esprit g&#233;n&#233;ral des masses. C'est la raison la plus g&#233;n&#233;rale. Il ne nous est pas possible de nous situer en dehors du courant historique g&#233;n&#233;ral, hors de la disposition g&#233;n&#233;rale des forces. Le courant est contre nous, c'est clair. Je me souviens de la p&#233;riode entre 1908 et 1913, en Russie. A cette &#233;poque aussi nous &#233;tions en pleine r&#233;action. En 1905 pourtant, nous avions les ouvriers avec nous, mais en 1908, et m&#234;me en 1907, d&#233;j&#224;, commen&#231;a la grande r&#233;action, le grand reflux. Tout le monde inventait des mots d'ordre et des m&#233;thodes nouvelles pour conqu&#233;rir les masses, mais personne n'y arrivait. Tout ce qu'on pouvait faire &#224; cette &#233;poque, c'&#233;tait de former des cadres, mais ils fondaient ensuite litt&#233;ralement. Il se produisit de nombreuses scissions, &#224; droite, &#224; gauche, vers le syndicalisme, ailleurs... L&#233;nine restait &#224; Paris avec un petit groupe, une secte. Il gardait pourtant confiance, car il savait qu'il y aurait bient&#244;t des possibilit&#233;s de redressement... C'est ce qui se produisit en 1913, o&#249; il y eut une vague dont la guerre brisa le d&#233;veloppement. Pendant la guerre, il r&#233;gna d'abord parmi les ouvriers un silence de mort. Les gens qui se r&#233;unirent &#224; Zimmerwald [22] &#233;taient en majorit&#233; des &#233;l&#233;ments tr&#232;s confus. Au plus profond des masses, dans les tranch&#233;es et ailleurs, il existait bien un &#233;tat d'esprit nouveau, mais tellement souterrain, tellement terroris&#233; encore, que nous nous ne pouvions ni l'atteindre ni lui donner une expression. C'est pour cela que le mouvement se sentait si mis&#233;rable, et m&#234;me la majorit&#233; des gens qui s'&#233;taient rencontr&#233;s &#224; Zimmerwald allaient virer &#224; droite pendant le mois suivant. Je ne cherche pas &#224; d&#233;gager leurs responsabilit&#233;s personnelles mais, l&#224; aussi, il faut une explication globale : c'est que le mouvement zimmerwaldien avait &#224; nager contre le courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre situation &#224; nous est incomparablement plus difficile que celle d'aucune autre organisation, &#224; aucune autre &#233;poque. Nous avons &#224; subir le poids terrible de la trahison de l'Internationale Communiste qui s'&#233;tait dress&#233;e justement contre la trahison de la II&#176; internationale. La d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la III&#176; Internationale s'est accomplie si rapidement et de fa&#231;on tellement inattendue que c'est la m&#234;me g&#233;n&#233;ration &#224; qui nous avons autrefois annonc&#233; sa formation qui est encore l&#224; pour nous entendre aujourd'hui d&#233;noncer sa trahison. Et ces hommes se souviennent qu'ils ont d&#233;j&#224; une fois entendu tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tenir compte aussi de l'importance de la d&#233;faite de l'Opposition de gauche en Russie. Car la IV&#176; Internationale, par sa naissance, est li&#233;e &#224; l'Opposition de gauche russe, et les masses, d'ailleurs, nous appellent les &#171; trotskvstes &#187;. On nous dit : &#171; Trotsky veut prendre le pouvoir. Mais pourquoi donc l'a-t-il perdu ? &#187; C'est &#233;videmment une question de fond. Nous devons commencer par y r&#233;pondre en expliquant la dialectique de l'histoire, de la lutte de classes : toute r&#233;volution engendre une r&#233;action. Max Eastman a &#233;crit que Trotsky accordait &#224; la doctrine trop d'importance et que, s'il avait eu plus de bon sens, il n'aurait pas perdu le pouvoir. Effectivement, il n'est rien au monde qui soit plus convaincant que le succ&#232;s et rien de plus repoussant, surtout pour les larges masses, qu'une d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faut donc ajouter la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'Internationale communiste, d'un c&#244;t&#233;, et, de l'autre, la terrible d&#233;faite de l'Opposition de gauche en Russie, suivie de son extermination. Ces faits&#8209;l&#224; sont mille fois plus convaincants pour la classe ouvri&#232;re que notre pauvre petit journal, m&#234;me quand il atteint le tirage fantastique des cinq mille exemplaires de notre Socialist Appeal [23] . Nous sommes sur un fr&#234;le esquif au milieu d'un courant terrible. Sur cinq ou six bateaux, l'un coule, et on dit tout de suite que c'est la faute du pilote. Mais la v&#233;ritable raison n'est pas l&#224;. La v&#233;rit&#233;, c'est que le courant &#233;tait trop fort. Voil&#224; l'explication la plus g&#233;n&#233;rale, celle que nous ne devons jamais oublier, si nous ne voulons pas sombrer dans le pessimisme ou le d&#233;couragement, nous qui sommes l'avant&#8209;garde de l'avant&#8209;garde. Car cette ambiance marque tous les groupes qui se rassemblent autour de notre drapeau. Il y a des &#233;l&#233;ments courageux qui n'aiment pas aller dans le sens du courant : c'est leur caract&#232;re. Il y a des gens intelligents qui ont mauvais caract&#232;re, n'ont jamais &#233;t&#233; disciplin&#233;s et ont toujours cherch&#233; une tendance plus radicale ou plus ind&#233;pendante : ils ont trouv&#233; la n&#244;tre. Mais les uns et les autres sont toujours plus ou moins des outsiders, &#224; l'&#233;cart du courant g&#233;n&#233;ral du mouvement ouvrier. Leur grande valeur a &#233;videmment son c&#244;t&#233; n&#233;gatif, car celui qui nage contre le courant ne peut pas &#234;tre li&#233; aux masses. Aussi la composition sociale d'un mouvement r&#233;volutionnaire qui commence &#224; se construire n'est&#173; elle pas &#224; pr&#233;dominance ouvri&#232;re. Ce sont les intellectuels qui sont les premiers m&#233;contents des organisations existantes. Par&#173; tout, il y a aussi beaucoup d'&#233;trangers qui, dans leur propre pays, ne se seraient sans doute pas m&#234;l&#233;s aussi facilement au mouve&#173;ment ouvrier. Un Tch&#232;que sera plus facilement membre de la IV&#176; Internationale au Mexique ou aux Etats&#8209;Unis qu'en Tch&#233;coslovaquie m&#234;me. Et de m&#234;me pour un Fran&#231;ais aux Etats&#8209;Unis. Car l'athmosph&#232;re nationale exerce une profonde influence sur les individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les juifs, par exemple, sont souvent &#224; moiti&#233; &#233;trangers, pas tout &#224; fait assimil&#233;s : ils adh&#232;rent volontiers &#224; toute tendance nouvelle, critique, r&#233;volutionnaire ou &#224; moiti&#233; r&#233;volutionnaire, que ce soit en politique, en art ou en litt&#233;rature. Une tendance r&#233;volutionnaire nouvelle, qui va contre le courant g&#233;n&#233;ral dominant de l'histoire &#224; un moment donn&#233;, se cristallise d'abord autour d'hommes qui sont plus ou moins coup&#233;s de la vie nationale, dans quelque pays que ce soit : et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour eux qu'il est le plus difficile de p&#233;n&#233;trer dans les masses. Bien entendu, nous devons critiquer la composition sociale de notre organisation et la modifier, mais nous devons aussi comprendre qu'elle n'est pas tomb&#233;e du ciel, qu'elle est d&#233;termin&#233;e, au contraire, aussi bien par la situation objective que par le caract&#232;re de notre mission historique en cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire que nous puissions nous satisfaire d'une telle situation. Pour la France, par exemple, il existe, en outre, une vieille tradition du mouvement ouvrier qui n'est pas sans rapport avec la composition sociale du pays, surtout dans le pass&#233; : d'un c&#244;t&#233; une mentalit&#233; petite&#8209;bourgeoise &#8209; l'individualisme - et de l'autre, un &#233;lan, une extraordinaire capacit&#233; d'improvisation. Si on les compare &#224; l'&#233;poque classique de la II&#176; Internationale, on s'aper&#231;oit que le parti socialiste fran&#231;ais et la social-d&#233;mocratie allemande, avaient au parlement le m&#234;me nombre d'&#233;lus. Mais il n'est m&#234;me pas possible de comparer les organisations. Les Fran&#231;ais &#233;taient tout juste capables de collecter 25 000 francs, et encore au prix des pires difficult&#233;s, tandis que pour les Allemands, trouver un demi&#8209;million ne posait pas de probl&#232;mes. Les Allemands avaient dans leurs syndicats plusieurs millions d'ouvriers, les Fran&#231;ais, eux, quelques millions qui ne payaient pas leurs cotisations. Engels terminait en ces termes une lettre dans laquelle il avait caract&#233;ris&#233; l'organisation fran&#231;aise : &#171; Et comme d'habitude, les cotisations ne rentrent pas ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre organisation fran&#231;aise souffre de la m&#234;me maladie, le mal fran&#231;ais traditionnel, cette incapacit&#233; d'organisation et, bien entendu, en m&#234;me temps, de l'absence des conditions qui permettraient l'improvisation. En outre, dans la mesure o&#249; la France a connu une mont&#233;e ouvri&#232;re, elle s'est produite en liaison avec le Front populaire. Dans ce contexte, la d&#233;faite du Front populaire a constitu&#233; la preuve que nous avions raison comme, auparavant, l'extermination des ouvriers chinois. Mais une d&#233;faite est une d&#233;faite, et elle se retourne directement contre les tendances r&#233;volutionnaires, au moins jusqu'&#224; ce que se produise une nouvelle mont&#233;e &#224; un niveau sup&#233;rieur. Il nous faut nous pr&#233;parer surtout et attendre un &#233;l&#233;ment nouveau, un facteur nouveau dans la configuration g&#233;n&#233;rale des forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en France des camarades comme Naville et d'autres qui sont venus &#224; nous, il y a quinze, seize ans, alors qu'ils &#233;taient encore de tout jeunes gens ; ce sont maintenant des hommes m&#251;rs, et, pendant toute leur vie consciente, ils n'ont re&#231;u que des coups, subi que des d&#233;faites, de terribles d&#233;faites, et ils en ont l'habitude. Ils appr&#233;cient hautement la justesse de leurs conceptions, ils sont capables de bonnes analyses, mais ils n'ont jamais &#233;t&#233; capables de p&#233;n&#233;trer dans les masses, d'y travailler, ils n'ont jamais pu apprendre &#224; le faire. Or il est terriblement n&#233;cessaire de regarder ce qui se passe dans les masses. Mais nous avons en France des camarades qui sont ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je connais beaucoup moins bien la situation britannique, mais je crois qu'il y a l&#224; aussi des gens comme &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avons&#8209;nous perdu des hommes ? Apr&#232;s ces terribles d&#233;faites mondiales, la mont&#233;e ouvri&#232;re en France s'est r&#233;alis&#233;e &#224; un niveau tr&#232;s bas, tr&#232;s primitif politiquement, sous la direction du Front populaire. Toute la p&#233;riode du Front populaire a &#233;t&#233; une sorte de caricature de notre r&#233;volution de f&#233;vrier. C'est une honte pour la France, qui traversait voici cent cinquante ans, la plus grande r&#233;volution bourgeoise du monde, que ce mouvement ouvrier ait eu &#224; passer par une caricature de la r&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Vous ne rejetterez donc pas toute la responsabilit&#233; sur le parti communiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky. &#8209; Il constitue un facteur important dans l'&#233;laboration de la mentalit&#233; des masses, et on peut dire, en effet, que la d&#233;g&#233;nerescence du parti communiste a &#233;t&#233; un facteur tr&#232;s actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1914, les bolcheviks dominaient compl&#232;tement le mouvement ouvrier. Les statistiques les plus s&#233;rieuses d&#233;montrent qu'&#224; la veille de la guerre les bolcheviks ne repr&#233;sentaient pas moins des trois quarts de l'avant&#8209;garde ouvri&#232;re. Pourtant, avec le d&#233;but de la r&#233;volution de f&#233;vrier, les &#233;l&#233;ments les plus arri&#233;r&#233;s, les paysans, les soldats, et m&#234;me d'anciens ouvriers bolcheviques ont &#233;t&#233; attir&#233;s dans ce courant Front populaire. Le parti bolch&#233;vique fut r&#233;duit &#224; l'isolement et tr&#232;s affaibli. Le courant g&#233;n&#233;ral &#233;tait &#224; un bas niveau politique, mais il &#233;tait puissant et il aboutit finalement &#224; la r&#233;volution d'Octobre. Il s'agit d'une question de rythme. En France, venant apr&#232;s toutes ces d&#233;faites, le front populaire a attir&#233; des &#233;l&#233;ments qui avaient des sympathies pour nous sur le plan des id&#233;es, mais qui &#233;taient engag&#233;s dans le mouvement des masses, et nous avons &#233;t&#233; encore plus isol&#233;s qu'auparavant, du moins pendant quelque temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tenir compte de tous ces &#233;l&#233;ments. Je peux m&#234;me affirmer que nombre de nos dirigeants &#8209; attention, pas tous !, surtout dans les sections les plus anciennes, se verront rejet&#233;s hors du mouvement de masse r&#233;volutionnaire lors du nouveau tournant et que de nouveaux dirigeants, une direction fra&#238;che, na&#238;tront dans le courant r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la r&#233;g&#233;n&#233;ration de notre groupe a commenc&#233; [24] avec l'entr&#233;e dans le parti socialiste. Cette politique ne fut pas clairement comprise par tous ; elle nous permit pourtant de gagner de nouveaux militants. Malheureusement, ces recrues &#233;taient habitu&#233;es &#224; un milieu large et, apr&#232;s la scission, elles se sont un peu d&#233;courag&#233;es. Au fond, elles n'&#233;taient pas suffisamment tremp&#233;es, elles n'ont pas su s'accrocher et elles ont &#233;t&#233; reprises par le courant du Front populaire. C'est regrettable, mais explicable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne, ces m&#234;mes raisons ont jou&#233; un r&#244;le identique, en plus ce d&#233;plorable facteur qu'a constitu&#233; le comportement du groupe de Nin. C'est lui qui repr&#233;sentait en Espagne l'Opposition de gauche russe, et, au cours de la premi&#232;re ann&#233;e nous n'avons pas tent&#233; de mobiliser et d'organiser nos forces de fa&#231;on ind&#233;pendante. Nous esp&#233;rions pouvoir gagner Nin a une conception correcte, etc. En public, l'Opposition de gauche le soutenait. Dans une correspondance priv&#233;e, nous avons essay&#233; de le convaincre, de le pousser, mais nous n'avons pas r&#233;ussi. Nous avons perdu du temps. Fallait&#8209;il le faire ? C'est difficile &#224; dire. Si nous avions eu en Espagne un camarade exp&#233;riment&#233;, nous aurions connu une situation bien plus favorable, mais nous n'en avions pas un seul. Nous avons plac&#233; nos espoirs en Nin, et sa politique a consist&#233; en une s&#233;rie de man&#339;uvres personnelles, destin&#233;es &#224; esquiver ses propres responsabilit&#233;s. Il jouait avec la r&#233;volution. Il &#233;tait sinc&#232;re, mais sa mentalit&#233; &#233;tait celle d'un menchevik. C'&#233;tait l&#224; un handicap effroyable, et qu'il &#233;tait difficile de ne surmonter qu'au moyen de formules correctes mais falsifi&#233;es d&#232;s le d&#233;part par ceux&#8209;l&#224; m&#234;me qui nous repr&#233;sentaient dans la premi&#232;re p&#233;riode, les Nin. N'oubliez pas que nous avons perdu la premi&#232;re r&#233;volution, celle de 1905... Avant 1905, nous avions une tradition de grand courage et d'esprit de sacrifice, des forces. Apr&#232;s, nous &#233;tions r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de mis&#233;rable minorit&#233;, de trente &#224; quarante hommes peut&#8209;&#234;tre. Puis il y eut la guerre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Combien le parti bolchevique comptait&#8209;il de militants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky. &#8209; En 1910, dans tout le pays, quelques dizaines. Il y en avait pas mal en Sib&#233;rie. Mais en fait ils n'&#233;taient pas organis&#233;s. Les gens que L&#233;nine pouvait atteindre par lettre ou par un agent n'&#233;taient pas plus de trente ou quarante. Notre tradition, les id&#233;es que nous avions r&#233;pandues parmi l'avant-garde ouvri&#232;re constituaient un extraordinaire capital qui devait &#234;tre utilis&#233;, plus tard, au cours de la r&#233;volution, mais pratiquement, &#224; cette date, nous &#233;tions compl&#232;tement isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire a ses lois propres, tr&#232;s puissantes, plus puissantes que notre propre conception th&#233;orique de l'histoire ! Aujourd'huit en Europe, c'est la catastrophe, le d&#233;clin, l'exter&#173;mination de tous les pays. Cela p&#232;se lourdement sur les ouvriers. Ils voient d'un c&#244;t&#233; toutes ces combinaisons diplomatiques, ces mouvements d'arm&#233;es, et de l'autre un groupe minuscule avec un petit journal qui donne les explications. Or le probl&#232;me, pour eux, c'est qu'ils vont &#234;tre mobilis&#233;s demain, que leurs enfants peuvent &#234;tre tu&#233;s. Il y a une terrible disproportion entre la t&#226;che et les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la guerre &#233;clate maintenant, et il semble qu'elle doive &#233;clater -, dans le premier mois, nous perdrons les deux tiers des militants que nous avons en France aujourd'hui. Ils seront dispers&#233;s d'abord : jeunes, ils seront mobilis&#233;s ; mais subjective&#173;ment, ils resteront fid&#232;les au mouvement. Quant &#224; ceux qui ne seront ni arr&#234;t&#233;s, ni mobilis&#233;s et qui resteront fid&#232;les , &#8209; peut&#173;-&#234;tre trois ou quatre, je ne peux dire combien au juste &#8209;, ils seront compl&#232;tement isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement apr&#232;s plusieurs mois que critique et d&#233;go&#251;t commenceront &#224; se manifester &#224; une grande &#233;chelle et un peu partout : nos camarades isol&#233;s, un bless&#233; dans un h&#244;pital, un soldat dans une tranch&#233;e, ou une femme dans un village, sentiront que l'atmosph&#232;re a chang&#233;, et prononceront une parole hardie. Et celui&#8209;l&#224; m&#234;me qui &#233;tait un camarade tout &#224; fait inconnu dans une section parisienne deviendra le leader d'un r&#233;giment, d'une division et se sentira un dirigeant r&#233;volution&#173;naire. C'est caract&#233;ristique de notre p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne veux pas dire par l&#224; qu'il faille nous r&#233;signer &#224; l'impuissance de notre organisation fran&#231;aise. Je crois sinc&#232;re&#173;ment que, si les camarades am&#233;ricains nous aident, nous pouvons gagner le P.S.O.P. et faire un grand bond en avant. La situation est en train de m&#251;rir et elle insiste pour que nous sachions exploiter cette occasion. Si nos camarades se laissent convaincre qu'il faut virer, la situation changera. Nos camarades am&#233;ricains doivent absolument retourner en Europe, et ne pas se contenter de donner des conseils. Avec le secr&#233;tariat international, il faut d&#233;cider que notre section doit entrer dans le P.S.O.P. Il compte plusieurs milliers de membres [25]. Pour une r&#233;volution, la diff&#233;&#173;rence n'est pas &#233;norme mais pour le travail de pr&#233;paration de l'avant&#8209;garde, elle est consid&#233;rable. Avec des &#233;l&#233;ments neufs, nous pouvons faire un &#233;norme pas en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, aux Etats&#8209;Unis, nous avons un autre type de travail, et je crois que nous pouvons &#234;tre tr&#232;s optimistes sans nous faire d'illusions, et sans exag&#233;rer. Aux Etats&#8209;Unis, nous avons un cr&#233;dit&#8209;temps sup&#233;rieur. La situation n'est pas imm&#233;diatement aussi pressante, aussi aigu&#235;. C'est important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, je suis d'accord avec le camarade Stanley [26] qui &#233;crit que nous pouvons maintenant remporter des succ&#232;s tr&#232;s importants dans les pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux. Nous avons un mouvement tr&#232;s important en Indochine [27]. Je suis absolument d'accord avec le camarade James qu'il nous est possible d'avoir un tr&#232;s important mouvement n&#232;gre, parce que ces gens n'ont pas travers&#233; de la m&#234;me mani&#232;re l'histoire des deux derni&#232;res d&#233;cennies. En tant que masse, ils n'ont rien su de la r&#233;volution russe, ni de la Ill&#176; Internationale. Ils peuvent commencer l'histoire comme si elle en &#233;tait &#224; ses d&#233;buts. Il nous faut absolument du sang frais. C'est pourquoi nous avons plus de succ&#232;s dans la jeunesse. Dans la mesure o&#249; nous avons pu l'aborder, nous avons eu de bons r&#233;sultats. Les jeunes sont tr&#232;s attentifs &#224; un programme r&#233;volutionnaire, clair et honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Grande&#8209;Bretagne et l'I.L.P. ? C'est aussi une t&#226;che particuli&#232;re. Je l'ai suivie d'un peu plus pr&#232;s quand j'&#233;tais en Norv&#232;ge. Il me semble que nos camarades qui sont entr&#233;s dans l'I.L.P. ont fait avec lui la m&#234;me exp&#233;rience que nos camarades am&#233;ricains avec le S.P. Mais tous nos camarades ne sont pas entr&#233;s dans l'I.L.P. et, autant que j'aie pu le voir, ils ont men&#233; une politique opportuniste et c'est pourquoi leur exp&#233;rience dans l'I.L.P. n'a pas &#233;t&#233; si bonne. L'I.L.P. est rest&#233; presque comme il &#233;tait avant, alors que le P.S. am&#233;ricain s'est vid&#233;. Je ne sais comment il faut l'aborder maintenant. C'est une organisation de Glasgow [28]. C'est un appareil local, avec de l'influence sur la machine municipale, dont j'ai dire qu'elle &#233;tait tr&#232;s corrompue. C'est un travail &#224; part de Maxton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes de la base sont un ph&#233;nom&#232;ne familier dans l'I.L.P. Au cours de la pr&#233;paration d'un congr&#232;s, Fenner Brockway [29] devient le patron de la partie qui se rebelle et obtient la majorit&#233;. Maxton annonce alors qu'il va d&#233;missionner. Fenner Brockway s'&#233;crie : &#171; Non, nous abandonnerons notre victoire ? Nous pouvons abandonner nos principes, pas notre Maxton ! &#187; [30]. Je crois que le plus important, c'est de les compromettre &#8209; de les rouler dans la boue &#8209;, les Maxton et les Brockway. Il faut les identifier avec des ennemis de classe. Il faut compromettre l'I.L.P. par des attaques f&#233;roces, impitoyables, contre Maxton. Il est le bouc &#233;missaire de tous les p&#234;ch&#233;s du mouvement britannique, en particulier de l'I.L.P. C'est par de telles attaques, concentr&#233;es contre Maxton, des attaques syst&#233;matiques dans notre presse, que nous pourrons h&#226;ter la scission dans l'I.L.P. En m&#234;me temps, il nous faut souligner que, si Maxton est le laquais de Chamberlain [31] , Fenner Brockway, lui, est le laquais de Maxton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Et que pensez&#8209;vous d'un journal ind&#233;pendant, pour fustiger Maxton, etc. ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky - C'est une question pratique. Si notre section en France entre dans le P.S.O.P., je crois que le S.I. devrait publier la Quatri&#232;me Internationale pour tous les pays de langue fran&#231;aise, deux fois par mois. C'est juste une question de possibilit&#233; juridique. Je crois que, m&#234;me si nous travaillons &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party, il nous faut avoir un journal ind&#233;pendant, non pas en opposition &#224; nos camarades qui sont dedans, mais plut&#244;t pour &#233;chapper au contr&#244;le de l'I.L.P.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La conf&#233;rence de septembre 1938 ne dura qu'une journ&#233;e, mais elle avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e de r&#233;unions de commissions. James avait assist&#233; &#224; la commission fran&#231;aise qui avait trait&#233; la question de l'attitude &#224; l'&#233;gard du P.S.O.P., du P.C.I. de Molinier. L'unanimit&#233; s'&#233;tait faite sur la triste situation pr&#233;sente de la section fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] En mai 1937, les ouvriers de Barcelone s'&#233;taient lanc&#233;s dans une insurrection qui avait spontan&#233;ment &#233;clat&#233; apr&#232;s une tentative manqu&#233;e des forces de police de reprendre le central t&#233;l&#233;phonique au contr&#244;le des miliciens de la C.N.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le gros des forces trotskystes se trouvait &#224; l'ext&#233;rieur du P.O.U. M. et ne d&#233;passait pas deux douzaines ; les trotskystes &#233;taient exclus du P.O.U.M. dont les fondateurs ex&#8209;trotskystes s'&#233;taient engag&#233;s &#224; ne pas construire de fraction. C'est au moins ce que les documents nous apprennent. Mais James laisse supposer qu'il y avait &#224; l'int&#233;rieur du P.O.U.M. un &#171; travail de fraction &#187; engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] La scission de la section britannique avait &#233;t&#233; consacr&#233;e par les deux conf&#233;rences des 10 et 11 octobre 1936 et le fait que tous les membres n'avaient pas &#233;t&#233; d'accord pour appliquer la r&#233;solution vot&#233;e sur la section britannique &#224; la conf&#233;rence internationale de &#171; Gen&#232;ve &#187; en juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Il s'agissait du Militant Group anim&#233; par D. D. Harber et Ken Alexander. Il &#233;tait form&#233; de militants entr&#233;s dans le Labour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Il s'agissait du groupe dit &#171; independent &#187;, puisqu'il avait &#233;t&#233; tr&#232;s vite exclu de l'I.L.P., regroup&#233; autour de James et du Journal Fight. Rappelons que l'Independent Labour Party (I.L.P.) &#233;tait une vieille formation centriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Reg Groves (n&#233; en 1908), membre du P.C., fondateur du &#171; Balham Group &#187;, exclu en ao&#251;t 1932, avait &#233;t&#233; le principal fondateur de la Communist League, puis s'&#233;tait oppos&#233; &#224; l'entrisme dans l'I.L. P. Apr&#232;s la scission de 1933, il &#233;tait entr&#233; dans le Labour Party et &#233;tait devenu l'un des dirigeants de la Socialist League &#224; Londres. Il s'&#233;tait s&#233;par&#233; de son ancien groupe, la Marxist League.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Il s'agit en r&#233;alit&#233; du Militant Group.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Il s'agissait du Revolutionary Socialist Party dirig&#233; par Frank Maitland et qui provenait d'une formation &#171; DeL&#233;oniste &#187; du Socialist Labor Party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la nouvelle organisation &#233;tait un ancien des jeunesses communistes qui avait rejoint les trotskystes dans le Labour en 1936, Eric Starkey Jackson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Ralph Lee, militant sud&#8209;africain d'origine, se plaignait de n'avoir pas &#233;t&#233; soutenu contre les calomnies staliniennes par la direction du Militant Group. Bien que le S.I. lui ait donn&#233; raison, il avait pris pr&#233;texte de cette affaire pour cr&#233;er sa propre organisation, la Workers International League, avec une poign&#233;e de militants, six ou sept au d&#233;part dont plusieurs devaient jouer ult&#233;rieurement un r&#244;le important dans le mouvement trotskvste britannique (Gerrv Healv. Jock Haston, Betty Hamilton).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Venu de l'anarchisme, Henry Sara (1888&#8209;1953) avait &#233;t&#233; du Balham Group, puis de la Marxist League. Harry Wicks (n&#233; en 1905) cheminot r&#233;voqu&#233; en 1926, responsable J.C., avait connu le m&#234;me itin&#233;raire et beaucoup milit&#233; dans le comit&#233; contre les proc&#232;s de Moscou dont le secr&#233;taire &#233;tait Hilary Sumner dit Charles Sumner (1911&#8209;1976), petit&#8209;fils d'un ami de Lincoln et fils du secr&#233;taire de John Reed, recrut&#233; dans le Labour Party en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Il s'agit ici non de The Militant, organe du groupe dans le Labour Party, mais de l'ancien organe de la C.L.A. jusqu'en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Les trotskystes avaient milit&#233; dans l'Independent Labour Party de 1933 a 1936 mais en avaient &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s. James avait souhait&#233; y rester et y continuer un travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] James reste apparemment fid&#232;le &#224; la strat&#233;gie qui avait &#233;t&#233; la sienne en 1936, o&#249; il avait esp&#233;r&#233; un instant faire passer la coupure entre le fief &#233;cossais de Maxton &#8209; irr&#233;cup&#233;rable &#8209; et Fenner Brockway qui incarnait &#224; ses yeux la confusion d'une majorit&#233; de militants anglais honn&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Cette r&#233;solution intitul&#233;e &#171; Le Bureau international pour l'unit&#233; socialiste r&#233;volutionnaire (bureau de Londres) et la IV' Internationale &#187; est reproduite dans &#338;uvres, 10, pp. 209&#8209;212. Elle affirmait la n&#233;cessit&#233; de &#171; d&#233;noncer syst&#233;matiquement et sans compromissions les h&#233;sitations, les &#233;quivoques et les actes hypocrites du bureau de Londres en tant qu'obstacle le plus proche et le plus imm&#233;diat sur la voie de la poursuite de la construction de la IV&#176; Internationale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Le P.O.I. &#233;tait toujours profond&#233;ment divis&#233; sur la fa&#231;on dont il devait se comporter &#224; l'&#233;gard du P.S.O.P. dont l'existence m&#234;me lui &#244;tait pratiquement toute perspective de d&#233;veloppement. Le P.S.O.P. &#233;tait dirig&#233; par Marceau Pivert et form&#233; essentiellement des anciens &#233;l&#233;ments de la gauche de la S.F.I.O. exclus en juin 38 &#224; son congr&#232;s de Royan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Le bastion de la section belge avait de tout temps &#233;t&#233; la F&#233;d&#233;ration de Charleroi et ses mineurs de charbon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Trotsky faisait &#224; la section belge deux reproches de taille : celui d'avoir soutenu la candidature du premier ministre bourgeois van Zeeland contre le &#171; rexiste &#187; Degrelle, s'alignant ainsi que la position &#171; antifasciste &#187; de capitulation du P.C. et du P.O.B., et celui d'avoir organis&#233; en pays wallon des syndicats scissionnistes apr&#232;s des exclusions de la centrale r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Allusion &#224; la mont&#233;e qui avait culmin&#233; avec les gr&#232;ves de juin 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Le mar&#233;chal Tchiang Ka&#239;&#8209;chek (1887&#8209;1975), ancien chef de l'&#233;cole militaire du gouvernement de Canton, puis chef militaire et principal dirigeant de ce gouvernement et du parti nationaliste chinois le Guomindang, avait consenti pendant plusieurs ann&#233;es &#224; utiliser les communistes. En avril 1927, s'alliant a la p&#232;gre et aux banques, il les avait massacr&#233;s &#224; Shanghai et mis hors&#8209;la&#8209;loi dans tout le pays. La politique de soumission du P.C.C. &#224; Tchiang, con&#231;ue et d&#233;fendue par Staline et Boukharine, avait &#233;t&#233; critiqu&#233;e par Trotsky et l'Opposition de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] La Conf&#233;rence de Zimmerwald, en septembre 1915, marque le premier regroupement internationaliste cons&#233;quent dans le cours de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Socialist Appeal &#233;tait l'organe du Socialist Workers Party, la section am&#233;ricaine de la IV&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] La fraction trotskyste &#233;tait entr&#233;e en 1934 dans la S.F.I.O., en ao&#251;t-septembre, constituant le &#171; G.B.L. &#187; (Groupe bolchevik&#8209;l&#233;niniste de la S.F.I.O.). Ses premi&#232;res recrues avaient &#233;t&#233; les dirigeants des Jeunesses de l'Entente de la Seine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] L'&#233;valuation de Trotsky est d'une grande prudence. Jean&#8209;Paul Joubert dans R&#233;volutionnaires de la S.F.I.O. estime &#224; 10 000 l'effectif initial du P.S.O.P., mais pense que ce chiffre baissa tr&#232;s vite en particulier au lendemain de la crise internationale de Munich qui le divisa profond&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Sherman Stanley &#233;tait le pseudonyme de Stanley Plastrik (1915&#8209;1981), un jeune militant du S.W.P. gagn&#233; dans les jeunesses socialistes, Y.P.S.L. Il se passionnait pour les Indes et avait pris des contacts notamment avec le parti socialiste du congr&#232;s et avait commenc&#233; &#224; &#233;changer une correspondance avec Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Trotsky disposait d'une information assez succincte sur l'activit&#233; du groupe trotskyste indochinois que dirigeait Ta Tu Thau et qui &#233;ditait La Lutte &#224; Sa&#239;gon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Le bastion de l'I.L.P. se trouvait &#224; Glasgow dont son principal dirigeant James Maxton (1885&#8209;1946) &#233;tait d&#233;put&#233; depuis 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] James avait pens&#233; pouvoir gagner Brockway en 1935, une date &#224; laquelle Trotsky avait perdu toute illusion, &#224; supposer qu'il en ait eu, &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Trotsky fait allusion ici au congr&#232;s de Keighton de l'l.L.P. les 11 et 12 avril 1936 ; le chantage de Maxton &#224; la d&#233;mission avait conduit Brockway et ses partisans &#224; remettre en cause un vote du congr&#232;s et faire se d&#233;juger ce dernier. Cf. &#338;uvres 9 pp. 203&#8209;210.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] James Maxton avait d&#233;clar&#233; &#224; la Chambre des Communes qu'il aprouvait enti&#232;rement ce que Chamberlain avait fait pour la paix pendant la p&#233;riode de crise internationale qui s'&#233;tait termin&#233;e par les accords de Munich (Cf. &#338;uvres 19, pp. 144&#8209;148.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L&#233;on Trotsky et le choix de fonder la quatri&#232;me internationale</title>
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		<dc:date>2025-07-20T22:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky et le choix de fonder la quatri&#232;me internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun f&#233;tichisme sur le nombre &#171; quatre &#187; de quatri&#232;me internationale. C'est seulement un choix politique qui indique que les internationales pr&#233;c&#233;dentes sont mortes et enterr&#233;es en temps qu'internationales communistes, comme centres vivants de la r&#233;volution mondiale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune surestimation des forces non plus : Trotsky n'ignorait rien des faiblesses du courant trotskyste. Il s'agissait de lever un drapeau, de proclamer une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique195" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot312" rel="tag"&gt;trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;on Trotsky et le choix de fonder la quatri&#232;me internationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aucun f&#233;tichisme sur le nombre &#171; quatre &#187; de quatri&#232;me internationale. C'est seulement un choix politique qui indique que les internationales pr&#233;c&#233;dentes sont mortes et enterr&#233;es en temps qu'internationales communistes, comme centres vivants de la r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune surestimation des forces non plus : Trotsky n'ignorait rien des faiblesses du courant trotskyste. Il s'agissait de lever un drapeau, de proclamer une perspective politique nouvelle et indispensable vue l'arriv&#233;e de la guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait le premier &#224; avoir souhait&#233; retarder cette proclamation tant que le stalinisme n'avait pas fait la preuve de son caract&#232;re r&#233;volutionnaire et tant que le mouvement ouvrier allemand n'&#233;tait pas &#233;cras&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la trahison stalinienne en Allemagne en 1933, trahison que Trotsky avait pr&#233;vue, il tourne et d&#233;cide de proclamer la quati&#232;me internationale, proclamation qui sera retard&#233;e par la faiblesse politique du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour construire des partis communistes et une nouvelle internationale &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le plus dangereux en politique, c'est de se laisser enfermer dans sa propre formule qui hier convenait, mais qui est aujourd'hui d&#233;nu&#233;e de tout contenu. [&#8230;] Une organisation qui n'a pas &#233;t&#233; r&#233;veill&#233;e par le tonnerre du fascisme et qui se soumet docilement &#224; des actes aussi scandaleux que de ceux de la bureaucratie d&#233;montre ainsi qu'elle est morte et que rien ne pourra jamais la ranimer. Le dire ouvertement et publiquement est notre devoir direct envers le prol&#233;tariat et son avenir. Dans tous nos travaux ult&#233;rieurs, il est n&#233;cessaire de prendre comme point de d&#233;part l'effondrement historique de l'Internationale communiste officielle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky en 1933, &#171; Pour construire des partis communistes et une nouvelle internationale &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la Quatri&#232;me Internationale ? Celle de L&#233;on Trotsky !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'&#233;tait l'Internationale communiste (ou IIIe Internationale) de L&#233;nine et Trotsky ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1928&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'internatinale communiste apr&#232;s L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1929&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aux Ouvriers R&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1929/08/verite.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1929/08/verite.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1933&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Quatri&#232;me Internationale et l'U.R.S.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;claration sur la n&#233;cessit&#233; et les principes d'une nouvelle internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/08/QI.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/08/QI.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la nouvelle Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/09/lt19330902.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/09/lt19330902.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La troisi&#232;me internationale est morte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/03/330314.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/03/330314.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour construire des partis communistes et une nouvelle internationale &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1934&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La guerre et la IVe Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1934/06/34061000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1934/06/34061000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1935&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour la IV&#176; Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/lt19350600a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/lt19350600a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg et la Quatri&#232;me internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/rosaquatre.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/rosaquatre.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ILP et la Quatri&#232;me Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/09/ilp-fi.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/09/ilp-fi.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sectarisme, centrisme et Quatri&#232;me Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/10/sect.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/10/sect.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1938&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur la fondation de la Quatri&#232;me internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1938/10/foundfi.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1938/10/foundfi.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Programme de transition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;solution sur les t&#226;ches de la section fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/1938/4int_19380900.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/1938/4int_19380900.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel pour la classe ouvri&#232;re espagnole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1938/4int_19380900.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1938/4int_19380900.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Discussion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400b.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400b.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Questions de la IV&#232;me Internationale, par Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/06/barta_vl3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/06/barta_vl3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1940&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Manifeste d'alarme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/05/lt19400523.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/05/lt19400523.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1943&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De la premi&#232;re &#224; la quatri&#232;me internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article876&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article876&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1951&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lettre de Natalia Sedova &#224; la Quatri&#232;me internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1467&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1467&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2009&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une continuit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2016&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la Quatri&#232;me Internationale fond&#233;e par L&#233;on Trotsky a &#233;chou&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Quatri&#232;me Internationale en danger !</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7709</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article7709</guid>
		<dc:date>2025-03-08T14:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Natalia Sedova, G. Munis &amp; Benjamin P&#233;ret &lt;br class='autobr' /&gt;
La Quatri&#232;me Internationale en danger ! &lt;br class='autobr' /&gt;
(27 juin 1947) &lt;br class='autobr' /&gt;
Au Pl&#233;num tenu fin mars 1947, la CEI adopta un r&#232;glement relatif &#224; la tenue du Congr&#232;s mondial de la Quatri&#232;me Internationale, dont le caract&#232;re bureaucratique, inspir&#233; des vieilles man&#339;uvres staliniennes, repr&#233;sente un sympt&#244;me des plus alarmants. La CEI a en effet divis&#233; le monde en trois cat&#233;gories : les pays de grande, moyenne et l&#233;g&#232;re importance. Quel est le crit&#232;re qui a inspir&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique195" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Natalia Sedova, G. Munis &amp; Benjamin P&#233;ret&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Quatri&#232;me Internationale en danger !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(27 juin 1947)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Pl&#233;num tenu fin mars 1947, la CEI adopta un r&#232;glement relatif &#224; la tenue du Congr&#232;s mondial de la Quatri&#232;me Internationale, dont le caract&#232;re bureaucratique, inspir&#233; des vieilles man&#339;uvres staliniennes, repr&#233;sente un sympt&#244;me des plus alarmants. La CEI a en effet divis&#233; le monde en trois cat&#233;gories : les pays de grande, moyenne et l&#233;g&#232;re importance. Quel est le crit&#232;re qui a inspir&#233; une division aussi outrageusement arbitraire ? Personne n'a daign&#233; le partager avec qui que ce soit dans l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On imagine que la CEI va nous dire qu'elle s'est inspir&#233;e de l'exemple du premier congr&#232;s de la d&#233;funte Internationale Communiste. Mais sommes-nous des participants &#224; la m&#234;me situation qu'en 1919, ou une v&#233;ritable imitation du premier congr&#232;s de l'IC ? Au moment du premier congr&#232;s, la r&#233;volution russe venait de triompher, le parti bolchevik comptait des centaines de milliers de membres, alors que dans le reste du monde les partis communistes n'&#233;taient encore que de petits groupes, pour la plupart comparables aux n&#244;tres aujourd'hui ; &#224; tel point que les bolcheviks ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; diminuer le poids de leur parti dans la jeune internationale afin d'&#233;viter, par le libre jeu d'une apparente d&#233;mocratie, que celle-ci ne devienne automatiquement majoritaire contre le reste du monde et lui impose sa volont&#233; incontest&#233;e. . Il s'agissait de permettre au monde entier de s'exprimer m&#234;me contre le parti russe, c'est-&#224;-dire d'assurer le fonctionnement d'une d&#233;mocratie la plus efficace possible dans l'Internationale. Est-ce le m&#234;me objectif que recherche aujourd'hui la CEI ? Nous affirmons cat&#233;goriquement que non, et nous allons d&#233;montrer que l'EI et la CEI, avec leur division du monde en trois cat&#233;gories, ont en t&#234;te des objectifs compl&#232;tement oppos&#233;s, alors que l'IC visait l'affaiblissement des partis forts et le renforcement des partis forts. des partis faibles afin d'assurer un maximum de d&#233;mocratie, notre CEI vise le renforcement des partis forts et l'affaiblissement des partis faibles afin de se maintenir au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crit&#232;re des trois grands&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Posons-nous encore une fois la question : quel crit&#232;re a &#233;t&#233; utilis&#233; pour r&#233;aliser cette division du monde ? L'importance num&#233;rique des sections ? Non &#233;videmment, puisque l'Allemagne, o&#249; la section vient d'&#234;tre reconstitu&#233;e, figure dans la premi&#232;re cat&#233;gorie, bien qu'elle soit n&#233;cessairement tr&#232;s faible en raison de sa formation r&#233;cente, tandis que l'Italie, dont la section compte presque autant d'adh&#233;rents que la France, est plac&#233;e dans la deuxi&#232;me. On peut en dire autant de la section russe &#8211; qui doit &#233;videmment &#234;tre insignifiante &#8211; lorsqu'on la compare &#224; n'importe quelle autre section dans des pays &#171; d'importance mod&#233;r&#233;e &#187;. Ce n'est donc pas un crit&#232;re num&#233;rique qui a pr&#233;sid&#233; aux d&#233;coupages d'ailleurs, nous verrons plus loin que la prise en compte du nombre a &#233;t&#233; prise en compte et non pour des raisons de d&#233;mocratie. D'ailleurs, m&#234;me s'il l'&#233;tait, ce crit&#232;re serait fallacieux. Supposons que la section bolivienne compte 200 membres et que le pays compte 3 000 000 d'habitants, admettons aussi que la section am&#233;ricaine en pr&#233;tendant 1 600 membres dans un pays de 150 000 000 d'habitants n'exag&#232;re pas et que ce chiffre est l'expression exacte de la v&#233;rit&#233;. . Il est clair que les 200 camarades boliviens ont beaucoup plus d'importance dans la vie politique de leur pays arri&#233;r&#233; que les 1 600 camarades am&#233;ricains dans la leur. Pour que le rapport de forces soit apparemment le m&#234;me, il faudrait que la section am&#233;ricaine compte 10 000 membres. De plus, ce rapport de forces ne serait qu'apparemment &#233;gal, puisque 200 camarades en Bolivie, pays arri&#233;r&#233; , jouent un r&#244;le infiniment plus grand &#8211; ils l'ont d&#233;montr&#233; &#8211; que ne pourraient jouer 10 000 membres de la section am&#233;ricaine aux &#201;tats-Unis, un pays avanc&#233; et principal pays imp&#233;rialiste du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas non plus l'importance r&#233;volutionnaire des pays consid&#233;r&#233;s sur l'ar&#232;ne de la lutte des classes mondiale qui a motiv&#233; cette division, puisqu'il semble que ni les &#201;tats-Unis ni l'Angleterre ne seront appel&#233;s &#224; jouer un r&#244;le d&#233;cisif dans la vague r&#233;volutionnaire qui s'annonce. manifeste, tandis que l'Espagne, l'Italie, l'Autriche, la Belgique, la Hollande, la Gr&#232;ce, l'Indochine, l'Afrique du Nord, l'Indon&#233;sie, la Pologne, la Hongrie, etc., toutes exclues de la premi&#232;re cat&#233;gorie, sont &#233;videmment destin&#233;es &#224; jouer un r&#244;le r&#233;volutionnaire important dans l'imm&#233;diat. avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces raisons mises &#224; part, ne reste que le crit&#232;re des Trois Grands, qui a sans doute inspir&#233; la division du monde. C'est en fait seule l'importance sur la sc&#232;ne capitaliste mondiale qui a guid&#233; la CEI dans son choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; comme mesure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais se contenter de cette d&#233;claration serait ne consid&#233;rer qu'un seul c&#244;t&#233; de la question, ses aspects ext&#233;rieurs ; en outre, l'adoption d'un tel crit&#232;re t&#233;moigne d'une soumission inconsciente &#224; l'influence imp&#233;rialiste et &#224; la contre-r&#233;volution russe, qu'il faut sans cesse combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que les questions qui seront discut&#233;es au Congr&#232;s mondial, que la CEI ou l'EI le veuillent ou non, concernent la politique de nos sections pendant la guerre imp&#233;rialiste et, par rapport aux mouvements de r&#233;sistance nationalistes, le probl&#232;me de la Russie. contre-r&#233;volution et stalinisme mondial, la tactique de la Quatri&#232;me Internationale &#224; l'&#233;gard du stalinisme et du r&#233;formisme (front unique, gouvernement SP-CP-CGT) et notre programme de transition d'avant-guerre, mais, comme par hasard , bon nombre de sections dans les &#171; pays de grande importance &#187;, les uns soumis &#224; une direction bureaucratique, les autres mal inform&#233;s, voire pas inform&#233;s du tout, des probl&#232;mes &#224; discuter, se sont jusqu'&#224; pr&#233;sent prononc&#233;s, &#224; travers leurs majorit&#233;s, en faveur de la position conservatrice du SI et de la CEI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution de la CEI d&#233;cide aux parties 5 et 6 du paragraphe 3 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donner trois d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; chaque organisation de un &#224; 150 membres s'ils appartiennent &#224; la cat&#233;gorie A, deux d&#233;l&#233;gu&#233;s s'ils appartiennent &#224; la cat&#233;gorie B, un d&#233;l&#233;gu&#233; s'ils appartiennent &#224; la cat&#233;gorie C, 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour 150 &#224; 500 membres, et avec un minimum approximatif de 300 membres &#8211; un d&#233;l&#233;gu&#233; suppl&#233;mentaire. Pour 500 &#224; 1 000 membres, et avec un minimum approximatif de 750 membres &#8211; un autre d&#233;l&#233;gu&#233; &#8211; et ainsi de suite successivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces tableaux, il ressort imm&#233;diatement que sept pays (de premi&#232;re cat&#233;gorie) recevront 28 d&#233;l&#233;gu&#233;s, tandis que 26 pays (de deuxi&#232;me et troisi&#232;me cat&#233;gorie) recevront 45 d&#233;l&#233;gu&#233;s. Autrement dit, sept pays de &#171; premi&#232;re importance &#187; obtiendront entre 35 et 38 % des voix au Congr&#232;s. Il ne leur manquera alors que neuf d&#233;l&#233;gu&#233;s pour assurer le contr&#244;le du Congr&#232;s. Bien entendu, notre tableau n&#176;1 indique six d&#233;l&#233;gu&#233;s minoritaires. M&#234;me en supposant que notre estimation de la repr&#233;sentation minoritaire des pays de &#171; premi&#232;re importance &#187; ne soit pas exag&#233;r&#233;e, les six d&#233;l&#233;gu&#233;s minoritaires que nous notons seront facilement compens&#233;s par le soutien des sections des pays de &#171; moyenne &#187; et de &#171; faible importance &#187;. &#187; D'ailleurs, les tableaux n&#176;2 et n&#176;3 le montrent clairement. On voit donc que la division adopt&#233;e par la CEI lui assure in&#233;vitablement et bureaucratiquement la majorit&#233; au Congr&#232;s mondial, majorit&#233; sur laquelle elle s'assi&#233;ra fermement tout en &#233;vitant de discuter des probl&#232;mes majeurs qui se posent &#224; notre Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut remarquer &#233;galement que dans le deuxi&#232;me tableau les 13 sections &#171; d'importance moyenne &#187; incluent l'Espagne, dont l'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire &#8211; m&#234;me si elle ne comptait pas plus de membres que la section russe &#8211; est particuli&#232;rement pr&#233;cieuse pour notre &#233;poque car elle marque un tournant d&#233;cisif. dans l'histoire de la contre-r&#233;volution russe et du stalinisme, tandis que l'exp&#233;rience russe, avec toute sa valeur &#233;norme, se r&#233;f&#232;re pr&#233;cis&#233;ment &#224; une p&#233;riode que la r&#233;volution espagnole a cl&#244;tur&#233;e. De m&#234;me, dans cette liste aussi outrageusement arbitraire que la premi&#232;re, on trouve l'Italie, qui offre d'immenses possibilit&#233;s r&#233;volutionnaires, si une politique claire est suivie &#224; l'&#233;gard des organisations r&#233;volutionnaires antistaliniennes (bordighistes, anarchistes, socialistes de gauche), la Gr&#232;ce, dont l'admirable combativit&#233; r&#233;volutionnaire devrait donner mati&#232;re &#224; r&#233;flexion &#224; la CEI, la Pologne et les autres pays occup&#233;s par la Russie, que la CEI oublie totalement et qui offrent d'immenses possibilit&#233;s d'action contre la r&#233;action stalinienne &#224; condition qu'on n'exige pas de d&#233;fendre les &#171; d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s &#187;. &#201;tat ouvrier &#187; qui les opprime. Vient enfin l'Indochine, o&#249; le soutien &#224; notre section a &#233;t&#233; oubli&#233; depuis si longtemps et o&#249; m&#234;me demander qui a assassin&#233; Thu-Thau a &#233;t&#233; oubli&#233; pour soutenir, sans critique s&#233;rieuse, le gouvernement stalinien de Ho-Chi-Minh, salutations. dont ont &#233;t&#233; si chaleureusement salu&#233;s par The Militant et La V&#233;rit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a vu que la r&#233;solution de la CEI cr&#233;e une majorit&#233; importante en faveur de la direction actuelle que le vote des pays de &#171; peu d'importance &#187; ne pourrait pas modifier m&#234;me s'ils pouvaient envoyer tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s que la CEI leur accorde. et s'ils votaient tous contre la direction actuelle , cela reste bas&#233; sur l'hypoth&#232;se la plus favorable, car il est impossible aux sections pauvres latino-am&#233;ricaines d'envoyer les 10 ou 12 d&#233;l&#233;gu&#233;s que leur donne la CEI. Par ailleurs, l'interdiction du vote par procuration prive en r&#233;alit&#233; un certain nombre de sections de pays d'importance &#171; moyenne &#187; ou &#171; faible &#187; de la possibilit&#233; de se faire entendre et de voter au Congr&#232;s, ce qui n'emp&#234;che pas la CEI d'exiger au pr&#233;alable l'acceptation des votes par procuration. des d&#233;cisions qui seront prises par le Congr&#232;s mondial et de d&#233;sirer interdire toute discussion apr&#232;s le Congr&#232;s. La majorit&#233; ainsi astucieusement &#233;labor&#233;e par l'EI et la CEI s'en trouve renforc&#233;e. Mieux encore, avec ce syst&#232;me, aucune opposition ne peut esp&#233;rer convaincre le Congr&#232;s. Que peut attendre l'Internationale, &#224; part une d&#233;faite id&#233;ologique et un &#233;tranglement organique, d'une direction qui a pris de telles d&#233;cisions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, selon le syst&#232;me que la CEI entend imposer, m&#234;me si la m&#233;thode &#233;tait rectifi&#233;e en donnant la m&#234;me base de repr&#233;sentation &#224; toutes les sections afin de s'accorder avec les comt&#233;s de &#171; premi&#232;re importance &#187;, on constate (Tableaux 2b et 3b) qu'une majorit&#233; est assur&#233;e pour la direction internationale actuelle par le fait que les sections d'Europe occidentale, d'Am&#233;rique du Nord et du Canada seront presque les seules &#224; pouvoir envoyer tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s qui leur seront accord&#233;s. Comment peut-on r&#233;ellement supposer que le Mexique, la Pologne, le P&#233;rou, l'Indochine et d'autres pays trouveront les moyens n&#233;cessaires pour envoyer deux ou trois d&#233;l&#233;gu&#233;s ? Nous avons du mal &#224; croire que cela repr&#233;sente une ignorance de la part des dirigeants internationaux ; au contraire, nous pensons qu'il s'agit d'une question de calcul d&#233;lib&#233;r&#233;, car elle n'aurait pas pu imaginer que l'Internationale accepterait une division aussi arbitraire sans protester. Mais les tendances qui se sont empar&#233;es de la direction gr&#226;ce aux conditions qui ont imm&#233;diatement suivi la guerre ont calcul&#233; que les sections des pays d'importance &#171; mod&#233;r&#233;e &#187; ou &#171; l&#233;g&#232;re &#187; exigeraient en principe d'&#234;tre mises sur un pied d'&#233;galit&#233; avec les pays class&#233;s comme ceux de &#171; premi&#232;re importance &#187;. Dans la plupart des cas, ils ne pourraient pas envoyer les d&#233;l&#233;gu&#233;s qui leur ont &#233;t&#233; accord&#233;s m&#234;me si la CEI avait tenu compte de leurs objections &#8211; et justice aurait probablement &#233;t&#233; rendue afin de pr&#233;server la fa&#231;ade d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tableaux pr&#233;c&#233;dents montrent que cinq sections seulement comptent un effectif &#233;gal ou sup&#233;rieur &#224; 500 personnes ; tandis que sept comptent entre 100 et 400 membres et 21 ne comptent que 50 membres ou moins. Si l'on veut r&#233;ellement suivre le premier congr&#232;s de l'IC, qui a diminu&#233; le poids des sections fortes et augment&#233; le poids des sections faibles, un seul mode de repr&#233;sentation serait : v&#233;ritablement d&#233;mocratique : un d&#233;l&#233;gu&#233; pour 1 &#224; 25 membres et un autre d&#233;l&#233;gu&#233; pour 25 membres suppl&#233;mentaires ou fraction de 25, jusqu'&#224; un maximum de quatre d&#233;l&#233;gu&#233;s. A ce mode de repr&#233;sentation, il faut ajouter encore une autre r&#233;gulation d&#233;mocratique majeure : le transfert des voix majoritaires et minoritaires d'une section ou d'une autre ou vers des individus ayant une position commune afin que les minorit&#233;s puissent participer au Congr&#232;s mondial. Pour &#233;viter la cr&#233;ation de minorit&#233;s artificielles qui pourraient menacer d'engorger le Congr&#232;s, il est donc important d'exiger que les minorit&#233;s repr&#233;sentent au moins 20 % des membres de leur section pour voter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit que notre proposition assure une repr&#233;sentation plus d&#233;mocratique au Congr&#232;s, les faiblesses &#233;conomiques des sections &#233;loign&#233;es et pauvres &#233;tant compens&#233;es par une repr&#233;sentation plus large des petites sections en g&#233;n&#233;ral et surtout des sections qui ne pourront pas envoyer leurs les d&#233;l&#233;gu&#233;s au Congr&#232;s votent beaucoup moins, tandis que la CEI agit &#224; l'inverse et les discrimine syst&#233;matiquement afin de favoriser ses regroupements. Cette r&#233;solution de la CEI constitue un danger imm&#233;diat et mortel pour l'ensemble de l'Internationale. Elle doit &#234;tre r&#233;voqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons, comme on l'a vu, &#224; une tentative de prise bureaucratique de la direction internationale par des &#233;l&#233;ments int&#233;ress&#233;s &#224; &#233;touffer un d&#233;bat loyal qui provoquerait leur renversement. Il ne peut s'agir d'autre chose. Rappelons dans quelles conditions la pr&#233;-conf&#233;rence d'avril 1946 fut convoqu&#233;e et les motifs de sa convocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'EI et la CEI, d&#233;sign&#233;s lors de la conf&#233;rence d'urgence de 1940, n'avaient qu'une existence politique v&#233;g&#233;tative et men&#232;rent une activit&#233; organique quasi inexistante pendant toute la guerre, le fonctionnement de ces instances ayant &#233;t&#233; paralys&#233; par les luttes personnelles et politiques en 1940. l'ambiance de la section am&#233;ricaine. D&#232;s 1944, le Groupe espagnol au Mexique exigeait la convocation d'un congr&#232;s mondial. Sa demande ne trouva pas un seul &#233;cho. L'ann&#233;e suivante, la CEI a &#233;t&#233; consult&#233;e sur la possibilit&#233; de convoquer une pr&#233;-conf&#233;rence aux objectifs limit&#233;s. Cette proposition de pr&#233;-conf&#233;rence a &#233;t&#233; accept&#233;e, car elle &#233;tait la seule mani&#232;re possible de r&#233;soudre la situation d'un SI incapable, en raison de ses divisions internes, d'organiser un v&#233;ritable d&#233;bat et de pr&#233;parer un v&#233;ritable Congr&#232;s mondial. Il fut alors explicitement entendu que cette rencontre aurait pour t&#226;che de s&#233;lectionner de nouvelles instances dirigeantes dont la mission principale serait d'animer et d'&#233;largir le d&#233;bat international en vue du Congr&#232;s mondial. Puis Silence total. Apr&#232;s cela, personne au sein de l'Internationale n'a &#233;t&#233; inform&#233; du lieu et de la date de la r&#233;union de la pr&#233;-conf&#233;rence projet&#233;e, aucune discussion ni m&#234;me &#233;change de vues ne l'a pr&#233;c&#233;d&#233;, l'ordre du jour &#233;tait inconnu de la quasi-totalit&#233; de l'Internationale. Les membres de la CEI &#233;taient mal inform&#233;s alors que la police fran&#231;aise &#233;tait parfaitement inform&#233;e. Tout a &#233;t&#233; organis&#233; dans l'obscurit&#233; par des dirigeants soucieux d'assurer l'h&#233;g&#233;monie dans ce rassemblement. La composition de la pr&#233;-conf&#233;rence &#233;tait en outre la moins d&#233;mocratique possible, ce qui &#233;tait excusable compte tenu des conditions dans lesquelles elle a &#233;t&#233; convoqu&#233;e. Mais son caract&#232;re non d&#233;mocratique, pour ne pas dire antid&#233;mocratique, aurait d&#251; inciter les organes dirigeants qu'il avait &#233;lus &#224; compenser leur origine par des mesures authentiquement d&#233;mocratiques. C'est pr&#233;cis&#233;ment le contraire auquel nous avons &#233;t&#233; t&#233;moins. A peine &#233;tait-elle r&#233;unie que cette pr&#233;-conf&#233;rence se proclamait conf&#233;rence sous pr&#233;texte de jeter de la poussi&#232;re aux yeux du monde ext&#233;rieur et publiait un manifeste pr&#233;tendant introduire le d&#233;bat international qu'elle &#233;tait charg&#233;e d'ouvrir. Alors l'EI et la CEI ont commenc&#233; &#224; menacer d'expulsion et &#224; l&#233;gif&#233;rer comme s'ils &#233;taient le produit d'une v&#233;ritable conf&#233;rence &#224; laquelle l'Internationale aurait d&#233;l&#233;gu&#233; les pleins pouvoirs ; en un mot, ils ont commenc&#233; &#224; pr&#233;parer la future majorit&#233; du Congr&#232;s mondial, oubliant totalement leur mission principale : l'organisation loyale d'une discussion approfondie de tous les probl&#232;mes pos&#233;s &#224; notre Internationale et au mouvement ouvrier. Ils ont m&#234;me tellement oubli&#233; leur t&#226;che que dans tous les bulletins de discussion publi&#233;s sous leur direction, plus d'un an apr&#232;s la pr&#233;-conf&#233;rence, de tous les principaux probl&#232;mes auxquels notre mouvement est confront&#233;, un seul, le probl&#232;me russe, a &#233;t&#233; largement trait&#233;. , et cela ne refl&#232;te toujours que l'opinion officielle. A notre connaissance,seuls des extraits d'une th&#232;se de la minorit&#233; antid&#233;fensiste ont &#233;t&#233; publi&#233;s. Peut-on parler d'un d&#233;bat approfondi et loyal en vue d'un congr&#232;s mondial apr&#232;s sept ann&#233;es de guerre qui a produit des changements d'une importance majeure ? Non, la discussion dans son ensemble reste &#224; organiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tranglement des minorit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous affirmons que l'EI et la CEI cherchent &#224; pr&#233;parer leur majorit&#233; au Congr&#232;s mondial. Outre les calculs que nous avons d&#233;j&#224; d&#233;masqu&#233;s, ce qui montre clairement c'est le soin minutieux qu'ils ont apport&#233; &#224; assurer une limitation maximale de la repr&#233;sentation des minorit&#233;s, tant en nombre qu'en puissance. L'avant-derni&#232;re partie du paragraphe trois de la r&#233;solution de la CEI dit : Les minorit&#233;s seront repr&#233;sent&#233;es proportionnellement &#171; dans les cas o&#249; le nombre de d&#233;l&#233;gu&#233;s le permet &#187;. Dans les autres cas, toutes les minorit&#233;s constituant au moins environ un quart de leurs sections seront repr&#233;sent&#233;es par un vote consultatif. Tout d'abord, la repr&#233;sentation proportionnelle des minorit&#233;s, si elle est plac&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de la repr&#233;sentation arbitraire des sections critiqu&#233;e plus haut, n'est qu'un pi&#232;ge. Quelles minorit&#233;s pourraient &#234;tre repr&#233;sent&#233;es proportionnellement ? Evidemment celles des &#171; pays de premi&#232;re importance &#187; et pourtant pas tous, puisque celle de la section am&#233;ricaine n'aurait que la satisfaction de d&#233;voiler ses th&#232;ses. La r&#233;solution sugg&#232;re clairement : &#171; Dans les cas o&#249; le nombre de d&#233;l&#233;gu&#233;s le permet &#187;. Car ce ne sont &#233;videmment pas les sections p&#233;ruvienne, polonaise ou autrichienne, par exemple, qui disposeront d'un nombre suffisant de d&#233;l&#233;gu&#233;s pour que l'un d'entre eux puisse repr&#233;senter la minorit&#233;. Ces sections des pays &#171; de premi&#232;re importance &#187;, outre le privil&#232;ge de l'importance, se voient accorder un privil&#232;ge suppl&#233;mentaire par la CEI, le luxe, pour ainsi dire, d'une ou de plusieurs minorit&#233;s. Parmi ces sections figure pr&#233;cis&#233;ment celle du pays le plus imp&#233;rialiste du monde et le PCI de France, o&#249; la majorit&#233; Craipeau et la minorit&#233; franche n'ont pas de divergences politiques s&#233;rieuses. De plus, pourquoi faut-il un quart et non un tiers ou un cinqui&#232;me des membres et pourquoi n'y a-t-il qu'un vote consultatif ? La r&#233;solution ne daigne pas nous en informer. Ce que cela signifie, nous le savons peut-&#234;tre d&#233;j&#224;. La raison en est sans doute qu'il n'existe pas &#224; l'heure actuelle, gr&#226;ce aux bons offices de l'EI, une seule section o&#249; la minorit&#233; repr&#233;sente un quart des adh&#233;rents, &#224; l'exception de la minorit&#233; fran&#231;aise dirig&#233;e par Frank, qui est sous la tutelle de le leadership mondial actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, la direction internationale actuelle va &#234;tre oblig&#233;e de permettre une petite discussion, afin de sauver les apparences. Les minorit&#233;s auront plus ou moins l'illusion d'une discussion, mais d'ici la fin de l'ann&#233;e elles n'auront pas le temps de se d&#233;velopper et de se regrouper, puisque l'EI et la CEI ont &#233;lud&#233; toute discussion sur les grandes questions ; ces minorit&#233;s n'auront donc pas le temps de conqu&#233;rir un quart des membres de leurs sections. D'ailleurs, m&#234;me si elles atteignaient cette proportion, la plupart des sections non europ&#233;ennes seraient incapables, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, d'envoyer tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s majoritaires auxquels elles ont droit, sans parler des d&#233;l&#233;gu&#233;s minoritaires. Ainsi, l'&#233;touffement du d&#233;bat organis&#233; depuis plus d'un an par la direction internationale, avait pour but d'emp&#234;cher la mont&#233;e d'une opposition dans notre mouvement. La revendication du quart donne d&#233;sormais le coup de gr&#226;ce aux minorit&#233;s en les emp&#234;chant d'&#234;tre repr&#233;sent&#233;es. au Congr&#232;s mondial. Et au cas o&#249; cela ne suffirait pas, vient maintenant l'interdiction des votes par procuration et, par cons&#233;quent, l'emp&#234;chement de la croissance de nouvelles oppositions form&#233;es, qui sont emp&#234;ch&#233;es de se faire entendre et de voter. L'EI d&#233;clare depuis longtemps que le prochain Congr&#232;s mondial doit &#234;tre avant tout un congr&#232;s de sections s&#233;rieuses de l'Internationale. Nous savons maintenant ce qu'il entend par l&#224; : les sections qui soutiennent ou acceptent son opportunisme, son conservatisme id&#233;ologique et son bureaucratisme organique. Enfin, pour couronner son travail, la CEI dans sa r&#233;solution refuse de convoquer l&#233;galement le Congr&#232;s sous pr&#233;texte que la convocation l&#233;gale est &#171; totalement irr&#233;alisable dans les conditions actuelles &#187; et &#171; emp&#234;cherait la pr&#233;sence au Congr&#232;s d'une s&#233;rie de sections et de camarades &#187;. &#187; Nous ne pouvons pas accepter cette affirmation ; en effet, qu'est-ce qui emp&#234;che la convocation d'un Congr&#232;s l&#233;gal qui tiendrait des s&#233;ances secr&#232;tes au cours desquelles les camarades ill&#233;gaux seraient entendus ? La peur de la r&#233;pression bourgeoise et stalinienne ? Mais &#224; combien de pays l'autorisation de tenir un Congr&#232;s l&#233;gal a-t-elle &#233;t&#233; demand&#233;e ? &#201;videmment, pas un seul. Il faut d'abord demander partout l'autorisation de tenir un congr&#232;s l&#233;gal avant de se r&#233;fugier dans des m&#233;thodes complotistes. Le secret, ajout&#233; aux m&#233;thodes restrictives d&#233;j&#224; critiqu&#233;es, permet aux dirigeants de se regrouper et de man&#339;uvrer et garantit qu'ils conserveront le leadership de l'Internationale. Nous vous affrontons &#8211; et, avec nous, l'Internationale tout enti&#232;re exigera le retrait de votre r&#233;solution, le d&#233;but d'une v&#233;ritable discussion sur les probl&#232;mes majeurs et la pr&#233;paration d'un congr&#232;s d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un v&#233;ritable congr&#232;s mondial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que le Congr&#232;s mondial repr&#233;sente un progr&#232;s r&#233;el pour la Quatri&#232;me Internationale, il faut avant tout qu'il soit convoqu&#233; dans des conditions telles qu'aucun camarade n'ait la moindre raison de penser &#224; des man&#339;uvres de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que le Congr&#232;s puisse adopter des r&#233;solutions n&#233;cessaires &#224; la r&#233;volution sociale, toutes les minorit&#233;s doivent &#234;tre repr&#233;sent&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons donc :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que les sections soient repr&#233;sent&#233;es &#224; raison d'un d&#233;l&#233;gu&#233; pour 25 membres et de fractions suppl&#233;mentaires de 25 jusqu'&#224; un maximum de quatre d&#233;l&#233;gu&#233;s pour chaque section, les minorit&#233;s &#233;tant repr&#233;sent&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re. Toutefois, seules les minorit&#233;s repr&#233;sentant au moins 20 % des membres de leur section auront le droit de vote. D'autres n'auront qu'un vote consultatif. C'est ainsi que sera suivi l'exemple d&#233;mocratique que nous a donn&#233; la Cl &#224; sa naissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les sections et minorit&#233;s auront le droit de transmettre leur vote &#224; des sections, minorit&#233;s ou camarades ext&#233;rieurs &#224; leur section.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les organisations proches de la Quatri&#232;me Internationale ayant des divergences sur tel ou tel point de programme seront invit&#233;es au Congr&#232;s avec les m&#234;mes droits que les sections officielles, &#224; condition de reconna&#238;tre les principes fondamentaux de l'Internationale, m&#234;me si la fusion avec les sections officielles a pas &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; avant l'ouverture du Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ordre du jour comprendra :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; examen de la politique des principaux partis pendant la guerre imp&#233;rialiste et de leur position par rapport aux mouvements de r&#233;sistance nationaux pendant l'occupation nazie ;&lt;br class='autobr' /&gt; Caract&#232;re de la guerre entre la Chine et le Japon ;&lt;br class='autobr' /&gt; Bilan de la guerre civile espagnole ;&lt;br class='autobr' /&gt; Soutien ou abandon de la d&#233;fense inconditionnelle de la Russie et de la question du stalinisme mondial (gouvernement SP-CP-CGT, front unique avec le stalinisme, etc.) ;&lt;br class='autobr' /&gt; L'obsolescence ou l'opportunit&#233; du programme transitoire et les modalit&#233;s d'application des parties du programme qui restent valables ;&lt;br class='autobr' /&gt; Probl&#232;me de la tactique de construction des partis r&#233;volutionnaires ;&lt;br class='autobr' /&gt; Questions coloniales ;&lt;br class='autobr' /&gt; Nature de la p&#233;riode historique actuelle et perspectives r&#233;volutionnaires imm&#233;diates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet agenda n'est pas du tout exclusif. Seront discut&#233;es toutes les questions d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral que telle ou telle section ou groupe de camarades voudrait pr&#233;senter &#224; l'examen du Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons l'ensemble de l'Internationale &#224; s'exprimer sur les propositions pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le Congr&#232;s mondial se r&#233;unit dans les conditions d&#233;cid&#233;es par la CEI, et m&#234;me dans de meilleures conditions, sans une discussion pr&#233;alable approfondie des probl&#232;mes auxquels notre mouvement est confront&#233; (voir notre lettre ouverte au PCI fran&#231;ais), le Congr&#232;s constituera un coup mortel pour le Quatri&#232;me Internationale. La situation exige l'intervention &#233;nergique des sections et des camarades au sein des sections. La CEI doit imm&#233;diatement retirer ses r&#233;solutions, sinon la Quatri&#232;me Internationale sera bureaucratiquement asphyxi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour la r&#233;vocation de la d&#233;cision de la CEI ou la d&#233;mission de la direction internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour une discussion gratuite &#224; l'International !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour un v&#233;ritable Congr&#232;s de l'Internationale organis&#233; sur des bases d&#233;mocratiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Vive la r&#233;volution socialiste mondiale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mexique, DF 27 juin 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sections, groupes de camarades ou individus qui partagent nos critiques et propositions sont pri&#233;s de communiquer imm&#233;diatement leur accord total ou partiel au SI et &#224; l'adresse suivante : G. Munis, Apartado Postal 8942, Mexico, DF.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale (communiste)</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7713</link>
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		<dc:date>2024-04-11T22:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale (communiste), fond&#233;e par L&#233;nine et Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON : LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE, LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique195" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale (communiste), fond&#233;e par L&#233;nine et Trotsky&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON :&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE,&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris les radios et la presse de l'URSS, remplit de stup&#233;faction et d'embarras les prol&#233;tariats de tous les pays : Staline dissout l'Internationale Communiste et recommande &#224; ses membres de subordonner leur action &#224; l'action des Gouvernements &#034;alli&#233;s&#034; dans la lutte contre Hitler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tandis que la propagande de l'Axe s'empresse de qualifier la nouvelle de &#034;bluff&#034; et de &#034;man&#339;uvre grotesque&#034;, la propagande &#034;alli&#233;e&#034; exalte &#034;l'importance historique&#034; de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE QUOI DONC S'AGIT-IL ? PRESSION ET VICTOIRE DE L'IMPERIALISME ANGLO-AMERICAIN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline dissout l'Internationale de L&#233;nine c&#233;dant ainsi &#224; la pression de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et anglais. La nouvelle de la dissolution du Komintern a &#233;t&#233; annonc&#233;e tout de suite apr&#232;s la visite du repr&#233;sentant de Roosevelt, Davies, &#224; Staline, et avant la fin des travaux de la conf&#233;rence politico-militaire des Anglo-Am&#233;ricains &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste &#233;tant arriv&#233;e &#224; sa phase d&#233;cisive, et le rapport de forces des bellig&#233;rants s'&#233;tant profond&#233;ment modifi&#233; au cours de la derni&#232;re ann&#233;e en faveur du camp anglo-am&#233;ricain &#224; la suite des d&#233;faites de l'Axe en Russie, en Afrique et dans les airs, l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain est aujourd'hui sur le point de fixer ses plans d&#233;finitifs pour la liquidation de la guerre. Mais avant d'agir sur le terrain militaire en Europe, ayant tir&#233; l'exp&#233;rience am&#232;re de la crise r&#233;volutionnaire qui a suivi la fin de la guerre de 14-18 et qui a menac&#233; jusqu'aux tr&#233;fonds l'&#233;difice capitaliste, il veut s'assurer d'avance la liquidation capitaliste et sans risques pour le r&#233;gime des classes poss&#233;dantes, de cette guerre. L'imp&#233;rialisme subordonne ainsi l'action militaire imm&#233;diate aux consid&#233;rations politiques qui visent &#224; cr&#233;er le climat n&#233;cessaire en Europe, dans lequel aucune crise r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse ne serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain neutralise d'abord la III&#232;me Internationale qui, malgr&#233; sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique croissante pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, repr&#233;sentait encore gr&#226;ce &#224; ses traditions et sa liaison avec l'URSS un cadre dans lequel se canalisait l'activit&#233; r&#233;volutionnaire spontan&#233;e des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE CEDE-T-IL ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline a c&#233;d&#233; &#224; la pression des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; parce que, malgr&#233; les derni&#232;res victoires de l'Arm&#233;e Rouge, malgr&#233; la d&#233;faite en perspective de l'Axe, l'URSS est sur le plan mondial plus faible que jamais. Faible d'abord parce que la guerre a consomm&#233; et d&#233;truit une masse &#233;norme de richesses naturelles du pays, de r&#233;alisations techniques, de mat&#233;riel et d'hommes. Faible ensuite parce que la force principale de l'URSS en tant que pays qui voulait &#233;riger une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur un syst&#232;me d'&#233;conomie planifi&#233;e et sans les entraves du r&#233;gime capitaliste de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, r&#233;side dans le soutien actif du prol&#233;tariat mondial, dans le progr&#232;s de son mouvement r&#233;volutionnaire et dans l'&#233;largissement de la r&#233;volution socialiste commenc&#233;e il y a 25 ans en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni mat&#233;riellement en fait, ni politiquement, l'URSS ne pouvait soutenir longtemps la lutte avec son entourage capitaliste. Mais le mouvement r&#233;volutionnaire sous la direction stalinienne n'a accumul&#233; jusqu'&#224; maintenant que des d&#233;faites, qui ont rendu la situation de l'URSS &#224; la longue, et surtout pendant la guerre actuelle, extr&#234;mement pr&#233;caire et &#224; la merci des pressions et des chantages de l'imp&#233;rialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAIS S'IL NE S'AGIT QUE D'UNE MAN&#338;UVRE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande de l'Axe qui par le succ&#232;s politique de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon a perdu un atout d'argumentation en faveur de la croisade &#034;anti-communiste&#034;, d&#233;nonce la liquidation du Komintern comme une &#034;man&#339;uvre&#034;, et les bureaucrates qui dirigent les partis communistes, embarrass&#233;s par l'ampleur et la vitesse de la d&#233;cision du Kremlin, ne tarderont pas de donner aux ouvriers la m&#234;me explication facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une s&#233;rie de telles man&#339;uvres qui pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es ont amen&#233; la liquidation pratique du mouvement communiste, et dont l'aboutissement n&#233;cessaire est la liquidation aussi du Komintern. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; du Front Populaire qui a &#233;limin&#233; de la sc&#232;ne politique la physionomie ind&#233;pendante des partis communistes et qui a favoris&#233; ainsi la pr&#233;paration id&#233;ologique de la guerre par la &#034;sainte alliance&#034; des partis bourgeois et &#034;ouvriers&#034;. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; de la subordination du mouvement ouvrier pendant la pr&#233;sente guerre aux mouvements bourgeois nationaux des diff&#233;rents De Gaulle et Giraud dans les camps des pays &#034;alli&#233;s&#034; qui fait &#233;voluer jusqu'&#224; maintenant la guerre selon les d&#233;sirs de l'imp&#233;rialisme mondial et qui pr&#233;pare sa victoire accompagn&#233;e de l'&#233;touffement de toute crise r&#233;volutionnaire et de l'&#233;crasement de ce qui reste encore vivant de la r&#233;volution d'Octobre en URSS. Ce n'est pas la bourgeoisie qui a &#233;t&#233; tromp&#233;e par ces &#034;man&#339;uvres&#034;, c'est le prol&#233;tariat au contraire qui a servi d'instrument docile aux buts r&#233;actionnaires. Il n'y a que des bureaucrates pourris, des coquins ou des imb&#233;ciles qui peuvent faire vanter au prol&#233;tariat les avantages d'une &#034;ing&#233;nieuse&#034; politique de man&#339;uvre et lui d&#233;former ainsi son crit&#232;re de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique prol&#233;tarienne, pour qu'elle soit vraiment r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire pour qu'elle fasse avancer la conscience, l'&#233;ducation politique et l'organisation des masses laborieuses, doit &#234;tre telle qu'elle a toujours &#233;t&#233; d&#233;finie par Marx, par L&#233;nine et par Trotsky : franche, audacieuse, avec son propre drapeau, expliquant toujours ce qui est et ce qu'elle veut, au lieu de s'adapter mis&#233;rablement aux dispositions de telle ou telle bourgeoisie &#034;amie&#034; ou &#034;alli&#233;e&#034; de l'URSS. Parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment la politique ext&#233;rieure de l'URSS qui conditionne et qui explique toute la politique opportuniste des partis communistes pendant les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me Internationale &#233;tait devenue aux mains de la bureaucratie stalinienne un simple accessoire de sa politique ext&#233;rieure, qui au lieu d'&#234;tre appuy&#233;e sur l'action r&#233;volutionnaire des masses, les seuls alli&#233;s naturels de l'URSS, a &#233;t&#233; orient&#233;e exclusivement dans la voie des &#034;combines&#034; et des &#034;man&#339;uvres&#034; avec les diff&#233;rents pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la bande de bureaucrates qui d'une main aussi l&#233;g&#232;re, sur un geste des ma&#238;tres du Kremlin, dissout maintenant en pleine guerre imp&#233;rialiste l'organisation supr&#234;me du prol&#233;tariat mondial, montre pour une derni&#232;re fois le mis&#233;rable sort que le stalinisme a r&#233;serv&#233; &#224; l'Internationale de L&#233;nine : devenir un simple moyen de marchandage avec les bandits imp&#233;rialistes internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CONCESSION DE STALINE NE SERA PAS LA DERNIERE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on prive le prol&#233;tariat de ses armes id&#233;ologiques et organisationnelles pour sa lutte de classe contre la bourgeoisie, plus la position internationale de cette derni&#232;re se renforce et plus elle devient insatiable et agressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidation du Komintern par Staline ne peut pas &#234;tre la derni&#232;re de ses concessions &#224; l'imp&#233;rialisme arm&#233; des &#034;alli&#233;s&#034;. Sur la voie d'une d&#233;sorganisation et d'une passivit&#233; progressive du prol&#233;tariat mondial, l'existence de l'URSS avec tout ce qui reste encore debout de la R&#233;volution d'octobre dans ce pays, nationalisation de la propri&#233;t&#233;, &#233;conomie planifi&#233;e, commerce ext&#233;rieur &#233;tatis&#233;, ne pourra pas subsister encore pour longtemps. Le rapport des forces changera chaque jour davantage en faveur du capitalisme, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur de l'URSS que sur l'&#233;chelle mondiale et provoquera l'effondrement brusque de toutes les conqu&#234;tes socialistes qui subsistent encore en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme international, d'accord avec les tendances r&#233;actionnaires renforc&#233;es dans certains milieux de la bureaucratie sovi&#233;tique, exercera pendant cette guerre tout son pouvoir pour arracher d'autres concessions substantielles dans le domaine de l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS pour la ramener finalement dans le cycle de l'&#233;conomie anarchique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SURPRISE ? NON, SUITE LOGIQUE DE TOUTE LA POLITIQUE STALINIENNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous marxistes, nourris de la pens&#233;e et de l'&#339;uvre pratique de Marx, de L&#233;nine, de Trotsky, un fait est l'aboutissement n&#233;cessaire de son &#233;volution ant&#233;rieure. Que Staline dissolve le Komintern, arme supr&#234;me du prol&#233;tariat combattant, &#224; la veille de la phase d&#233;cisive de la guerre imp&#233;rialiste mondiale, ne nous surprend pas. Il y a en fait 15 ans que nous avons commenc&#233; &#224; prouver aux militants de l'avant-garde r&#233;volutionnaire que la politique stalinienne conduisait pratiquement &#224; la liquidation du mouvement communiste. Et il y a plus de 9 ans qu'ayant tir&#233; de l'exp&#233;rience pratique la certitude qu'aucune r&#233;forme ne serait plus possible &#224; l'int&#233;rieur de la III&#232;me Internationale, nous avons proclam&#233; devant le prol&#233;tariat mondial, dans la mesure de nos forces, la n&#233;cessit&#233; historique de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne verserons pas de larmes inutiles devant la d&#233;pouille de celle qui fut jadis l'Internationale h&#233;ro&#239;que de L&#233;nine et de Trotsky. Nous ne perdrons pas non plus notre courage devant les difficult&#233;s immenses de notre &#339;uvre et notre foi in&#233;branlable dans la justice prol&#233;tarienne et le triomphe certain de notre cause. Nous savons avec Marx que les succ&#232;s faciles ne sont pas propres &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons au contraire que &#034;les r&#233;volutions prol&#233;tariennes se critiquent elles-m&#234;mes constamment, interrompent &#224; chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble d&#233;j&#224; &#234;tre accompli, pour le recommencer &#224; nouveau, raillent impitoyablement les h&#233;sitations, les faiblesses et les mis&#232;res de leurs premi&#232;res tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser &#224; nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment &#224; nouveau devant l'immensit&#233; infinie de leurs propres buts, jusqu'&#224; ce que soit enfin cr&#233;&#233;e la situation qui rende impossible tout retour en arri&#232;re, et que les circonstances elles-m&#234;mes crient : ...c'est ici qu'il faut sauter !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires ! Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons les morts enterrer leurs morts. Aussi p&#233;nible que cela puisse &#234;tre pour des milliers d'entre vous de constater que l'Internationale sous le drapeau de laquelle d'innombrables militants de notre cause ont trouv&#233; la mort et ont souffert dans les ge&#244;les de la bourgeoisie les pires martyrs moyen&#226;geux, vous abandonne au moment le plus critique de la lutte contre l'imp&#233;rialisme qui, une fois de plus, a plong&#233; l'humanit&#233; enti&#232;re dans une mer immense de sang, de d&#233;tresse et de souffrance, ne vous d&#233;couragez pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en sortira de cette guerre mortellement affaibli. Dans une s&#233;rie de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, la Roumanie, etc... l'effondrement risque d'&#234;tre total et le chaos &#233;conomique et politique indescriptible. Dans les autres pays la guerre n'a pas fait moins de ravages et le d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral qui accompagnera sa fin provoquera des explosions gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#232;re de guerres civiles et de r&#233;volutions commencera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;sorganisation et la confusion dans les rangs des r&#233;volutionnaires peuvent permettre de nouveau une stabilisation &#233;ph&#233;m&#232;re du capitalisme. Dans ce cas la mis&#232;re atroce et l'esclavage politique seraient pour une certaine p&#233;riode notre sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en ne peut en fait se survivre apr&#232;s cette guerre qu'en rabaissant le niveau de vie &#224; ses extr&#234;mes limites et en instaurant un ordre politique dictatorial. Crises &#233;conomiques plus longues et plus profondes que toutes celles que nous avons jusqu'&#224; maintenant connues, ch&#244;mage massif et permanent, salaires bas, vie ch&#232;re, esclavage politique, voil&#224; les perspectives d'apr&#232;s&#173;guerre si nous accordons au capitalisme encore un d&#233;lai d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forgeons d&#232;s maintenant dans la lutte nos armes nouvelles : les nouveaux partis r&#233;volutionnaires, la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la pens&#233;e de Marx, de L&#233;nine et de Trotsky soit notre guide et notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement r&#233;volutionnaire des Comit&#233;s ouvriers et paysans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;fense des conqu&#234;tes socialistes de l'URSS contre les nouveaux assauts de l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la paix, le pain et la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;APPEL AUX OUVRIERS COMMUNISTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine guerre imp&#233;rialiste et sous la pression des capitalistes de Londres et de Washington, Staline, qui depuis longtemps avait transform&#233; la III&#232;me Internationale d'instrument de la r&#233;volution mondiale socialiste en objet de marchandages diplomatiques, d&#233;savoue l'Internationale elle-m&#234;me en tant qu'instrument d'&#233;mancipation de l'humanit&#233; de la guerre et de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande est la joie dans le camp de l'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; qui proclame la faillite de l'internationalisme prol&#233;tarien et exalte la patrie &#034;&#233;ternelle&#034; (capitaliste). Et Staline s'empresse de d&#233;clarer au correspondant de l'agence Reuter &#224; Moscou que la &#034;dissolution de l'Internationale... pr&#233;pare les voies pour l'association des peuples bas&#233;e sur l'&#233;galit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonges impudents que les pr&#233;tention des imp&#233;rialistes &#034;d&#233;mocratiques&#034; et de leur valet Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier qui ne sache pas que l'Internationale a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pr&#233;cis&#233;ment non seulement pour l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat de la bourgeoisie, mais aussi, en vue de cette &#233;mancipation, pour r&#233;aliser l'&#233;galit&#233; entre toutes les nations ? Quel est le militant communiste qui ne sache pas que le fondement du l&#233;ninisme c'est pr&#233;cis&#233;ment l'incompatibilit&#233; du capitalisme actuel (le capitalisme imp&#233;rialiste des monopoles) avec une &#034;association des peuples bas&#233;s sur l'&#233;galit&#233;&#034; ? La guerre imp&#233;rialiste de 14-18 et la pr&#233;sente guerre imp&#233;rialiste n'ont-elles pas d&#233;montr&#233; pratiquement cette incompatibilit&#233; ? La victoire d'un camp imp&#233;rialiste sur l'autre (victoire alli&#233;e en 1918, victoire de Hitler en 1940) peut-elle &#234;tre autre chose qu'une exploitation renforc&#233;e du prol&#233;tariat et une oppression des nations les plus faibles par la bourgeoisie des pays imp&#233;rialistes les plus forts ? Toute notre lutte jusqu'&#224; maintenant n'a-t-elle pas &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment de d&#233;montrer que seul l'internationalisme prol&#233;tarien dont l'instrument est l'Internationale peut permettre &#224; chaque exploit&#233; d'avoir r&#233;ellement une patrie &#224; lui ? Que la patrie o&#249; l'ouvrier est exploit&#233; par le capital et o&#249; il peut crever de faim, c'est la patrie du capitaliste et non la sienne propre ? Que la seule base de l'union fraternelle des peuples ce sont les Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde et non pas des &#034;patries&#034; capitalistes isol&#233;es et ennemies ? En dissolvant la III&#232;me Internationale soi-disant pour d&#233;montrer que le &#034;bolch&#233;visme&#034; ne s'immisce pas dans les affaires des nations, Staline ne passe-t-il pas ainsi dans le camp des calomniateurs de l'internationalisme prol&#233;tarien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brigands imp&#233;rialistes chantent trop t&#244;t victoire. Comme aux si&#232;cles pass&#233;s la monarchie, de nos jours l'internationalisme ne meurt jamais, car la lutte de classes ne s'arr&#234;te jamais. A LA III&#232;me INTERNATIONALE MORTE SUCCEDE LA IV&#232;me INTERNATIONALE .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du sein m&#234;me de la III&#232;me Internationale, en s'opposant &#224; la direction officielle dans toutes les questions o&#249; celle-ci s'&#233;loignait des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, est n&#233;e depuis 1924 le courant internationaliste qui constitua en 1928 l'Opposition communiste de gauche (&#034;trotskyste&#034;). Quand en 1933 la faillite de la III&#232;me Internationale sous la direction de Staline devint &#233;vidente par la catastrophe allemande, l'opposition de gauche proclama la n&#233;cessit&#233; de la cr&#233;ation de la nouvelle Internationale, la Quatri&#232;me. Car la lutte de classe, base de la soci&#233;t&#233; capitaliste, rend n&#233;cessaire &#224; chaque instant au prol&#233;tariat l'existence d'un Parti prol&#233;tarien sans lequel ses luttes sont vou&#233;es &#224; l'&#233;chec. La IV&#232;me Internationale ne fait que continuer les v&#233;ritables traditions de la III&#232;me Internationale du vivant de L&#233;nine. Sa base politique est constitu&#233;e par les Th&#232;ses et les R&#233;solutions des quatre premiers Congr&#232;s de l'I.C.(1919-20-21-22). Que chaque communiste digne de ce nom &#233;tudie ces th&#232;ses et les compare avec les bases programmatiques de la IV&#232;me Internationale ; il deviendra alors &#233;vident que celle-ci continue celle-l&#224;, que depuis 1933 la IV&#232;me Internationale repr&#233;sente la continuit&#233; r&#233;volutionnaire de la lutte de classes et que le communisme &#224; jamais vivant aux c&#339;urs des exploit&#233;s poss&#232;de contre la bourgeoisie le drapeau sans t&#226;che aucune de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur concert de man&#339;uvres, de marchandages et de com&#233;dies diplomatiques sur le dos des peuples, les imp&#233;rialismes anglais, am&#233;ricain, allemand, italien et la bureaucratie conservatrice sovi&#233;tique, essaient d'emp&#234;cher que la voix de la IV&#232;me Internationale arrive aux ouvriers et aux opprim&#233;s de tous les pays. Car la IV&#232;me Internationale est la n&#233;gation m&#234;me de ces pratiques issues de la soci&#233;t&#233; de classe, elle lutte pour le renversement du vieux monde pourri et pour l'av&#232;nement de la nouvelle soci&#233;t&#233; socialiste, sans diplomatie, sans marchandages, et sans les &#034;com&#233;dies&#034; sanglantes de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si au cours m&#234;me de cette guerre le prol&#233;tariat n'intervient pas lui-m&#234;me dans la lutte avec ses buts et son v&#233;ritable drapeau, le drapeau du communisme, alors l'imp&#233;rialisme ira plus loin dans son &#339;uvre contre-r&#233;volutionnaire et contraindra la bureaucratie de mettre fin &#233;galement &#224; l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS, d&#233;truisant ainsi l'&#339;uvre fondamentale de la r&#233;volution d'Octobre 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devoir vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re est le devoir supr&#234;me de tout militant ouvrier. Quand il devient &#233;vident que la Parti auquel on &#233;tait attach&#233; par toutes ses fibres et auquel on &#233;tait pr&#234;t &#224; sacrifier &#224; chaque instant sa vie renonce aux buts permanents de la classe ouvri&#232;re (sous quelque pr&#233;texte que ce soit), alors on ne peut plus continuer &#224; fermer les yeux, &#224; s'endormir avec des &#034;raisonnements&#034;. Il faut imm&#233;diatement tirer la conclusion pratique fondamentale : la rupture avec l'opportunisme, pour l'orientation imm&#233;diate vers la recherche th&#233;orique et pratique d'un milieu r&#233;volutionnaire nouveau, sous peine de trahir le prol&#233;tariat, sous peine de trahir sa propre vie de communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disions en novembre 1940 : tout militant honn&#234;te qui ne veut pas rester impuissant devant la guerre et le fascisme (dont les m&#233;thodes se sont &#233;tendues &#224; tous les pays capitalistes), doit adopter les principes th&#233;oriques de la IV&#232;me Internationale, h&#233;riti&#232;re des meilleures traditions r&#233;volutionnaires des trois pr&#233;c&#233;dentes Internationales. Nous disions aussi qu'il y aurait en France un Parti r&#233;volutionnaire seulement quand des centaines et des milliers d'entre vous prendront conscience du r&#244;le politique du stalinisme et deviendront les champions de la nouvelle Internationale. La III&#232;me Internationale est morte depuis longtemps. Le d&#233;saveu formel de Staline sous la pression de l'imp&#233;rialisme est le dernier coup donn&#233; aux masses de tous les pays pour lesquelles la III&#232;me Internationale restait encore le symbole de la solidarit&#233; des ouvriers de tous les pays. Reconstruisons ensemble le v&#233;ritable Parti prol&#233;tarien, qui bannissant de son sein le r&#233;formisme et le stalinisme, sera le guide r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re. R&#233;veillons d'abord sur le terrain de l'usine l'activit&#233; des meilleurs &#233;l&#233;ments de la classe ouvri&#232;re en vue de l'organisation de celle-ci pour les luttes qui approchent, luttes qui secoueront de fond en comble le vieil &#233;difice capitaliste et qui, en r&#233;veillant la classe ouvri&#232;re &#224; une activit&#233; r&#233;volutionnaire nouvelle, balaieront de la sc&#232;ne politique les &#233;l&#233;ments pourris de ce qui reste de la II&#232;me et de la III&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant pour le nouveau parti r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivent les Etats-Unis socialistes d'Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er Juin 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Groupe Communiste (IV&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/05/22/75an-m22.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/05/22/75an-m22.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/hic/works/1943/06/Staline_dissout.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/hic/works/1943/06/Staline_dissout.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Staline s'attaquait &#224; la perspective internationale et prol&#233;tarienne de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Internationale Communiste apr&#232;s L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical1.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical1.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que repr&#233;sentait la 3&#232;me internationale pour le prol&#233;tariat mondial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article696&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article696&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3961&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3961&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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