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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Plus que jamais un monde domin&#233; par le grand capital et dont le seul adversaire s&#233;rieux est le prol&#233;tariat</title>
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		<dc:date>2017-06-29T23:18:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme - capitalism</dc:subject>

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&lt;p&gt;La domination du capital financier : qui dirige le monde ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Nick Beams &lt;br class='autobr' /&gt;
Un article publi&#233; par le site web australien de nouvelles, Conversation, au d&#233;but du mois d'avril, a permis de mettre en &#233;vidence quelques d&#233;couvertes importantes quant &#224; l'&#233;tendue de la domination du capital financier. &lt;br class='autobr' /&gt;
S'appuyant sur une recherche faite en 2009, l'article de David Peetz et Georgina Murray, des universitaires de l'Universit&#233; Griffith dans le Queensland, en Australie, r&#233;sume leur analyse sur le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Capitalisme - capitalism&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La domination du capital financier : qui dirige le monde ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par Nick Beams&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article publi&#233; par le site web australien de nouvelles, Conversation, au d&#233;but du mois d'avril, a permis de mettre en &#233;vidence quelques d&#233;couvertes importantes quant &#224; l'&#233;tendue de la domination du capital financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'appuyant sur une recherche faite en 2009, l'article de David Peetz et Georgina Murray, des universitaires de l'Universit&#233; Griffith dans le Queensland, en Australie, r&#233;sume leur analyse sur le contr&#244;le exerc&#233; par le capital financier sur les 299 tr&#232;s grandes compagnies (TGC) du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la recherche a &#233;t&#233; faite il y a plus de sept ans, les auteurs notent que &#171; nous avons, depuis ce temps, d&#233;couvert que la tendance est &#224; une augmentation de la concentration dans plusieurs pays depuis trois d&#233;cennies &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article commence en d&#233;truisant le mythe que les grandes entreprises cot&#233;es en bourse appartiennent &#224; beaucoup d'actionnaires &#8211; une illusion qui est constamment entretenue par les m&#233;dias de masse pour faire croire que les travailleurs ont un &#171; int&#233;r&#234;t &#187; dans le march&#233; boursier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsqu'une organisation [le fonds sp&#233;culatif Black Rock, bas&#233; aux &#201;tats-Unis] contr&#244;le &#224; elle seule plus de 6 pour cent des actions des tr&#232;s grandes compagnies et 30 organisations contr&#244;lent plus de la moiti&#233; des actions de ces compagnies, cela montre un niveau tr&#232;s &#233;lev&#233; de concentration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre &#233;tude de 2009 a montr&#233; que diff&#233;rentes formes de capital financier contr&#244;laient la grande majorit&#233; (68,4 pour cent) des actions des tr&#232;s grandes compagnies du monde. Les individus et les familles d&#233;tenaient seulement une proportion minime (3,3 pour cent) et les compagnies industrielles d&#233;tenaient relativement peu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche est fond&#233;e sur une base de donn&#233;es compil&#233;e par Bureau Van Dijk, qui contient des informations provenant de 100 sources couvrant 63.000 compagnies &#224; travers le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un document de recherche publi&#233; en 2009 et intitul&#233; Qui dirige le monde &#8211; La propri&#233;t&#233; et le capital financier, les deux auteurs rapportent qu'environ 30 organisations, banques et institutions financi&#232;res poss&#233;daient ou contr&#244;laient, entre elles, 51,4 pour cent des 299 TGC recens&#233;es dans leur base de donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, seulement 1,5 pour cent des actionnaires contr&#244;lait plus de la moiti&#233; des actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document mettait &#224; nu le m&#233;canisme principal du capital financier pour dominer les compagnies o&#249; il d&#233;tient des actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions financi&#232;res n'exercent pas leur pouvoir &#171; par la parole &#187;, c'est-&#224;-dire en occupant des postes de direction, mais &#171; par la sortie &#187; &#8211; la menace omnipr&#233;sente de retirer des fonds des actions des TGC &#171; si un profit suffisant n'est pas r&#233;alis&#233; &#187;. Par l'exercice de leur pouvoir sur les march&#233;s financiers, et par la pression exerc&#233;e sur les conseils d'administration pour qu'ils &#171; cr&#233;ent de la valeur pour l'actionnaire &#187;, le capital financier est en mesure de dicter ses conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, par ses op&#233;rations sur les march&#233;s financiers, il dit &#224; la direction de ces entreprises : &#171; Si vous ne faites pas tout pour maximiser les profits &#8211; que ce soit par une plus grande productivit&#233;, des mesures d'expansion ou une r&#233;duction des co&#251;ts &#8211; nous allons vendre notre mise ou changer la direction &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fa&#231;on de proc&#233;der m&#232;ne &#224; une conclusion importante que les auteurs tirent de cette analyse. Du point de vue de la logique essentielle du syst&#232;me, la distinction trac&#233;e entre le capital industriel et le capital financier m&#232;ne sur une fausse piste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est parce que, au bout du compte, le capital industriel est le capital financier. S'il y a d&#233;j&#224; eu une &#233;poque o&#249; le monde &#233;tait domin&#233; par de grandes entreprises d&#233;tenues par quelques familles et individus dont les fortunes personnelles, l'excentricit&#233; et les pr&#233;f&#233;rences modelaient la fa&#231;on que ces entreprises se comportaient, ce temps est r&#233;volu. Le monde est domin&#233; par des entreprises qui suivent la logique du capital financier &#8211; la logique de l'argent &#8211; parce que c'est ce qu'elles sont. Leur logique n'est pas une logique individuelle, mais de classe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es concernant les pays d'origine des TGC et les institutions financi&#232;res qui les contr&#244;lent sont particuli&#232;rement int&#233;ressantes d'un point de vue politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les 299 TGC, le plus grand nombre &#8211; 86 en tout, ou 29 pour cent &#8211; provient des &#201;tats-Unis. Viennent ensuite le Japon avec 48, la Grande-Bretagne avec 23, la France avec 23, l'Allemagne avec 20. Ensuite, il y a la Cor&#233;e, la Chine, l'Italie et l'Australie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concentration de la propri&#233;t&#233; dans les grandes puissances capitalistes est encore plus prononc&#233;e au niveau des compagnies financi&#232;res. Sur les 10 compagnies financi&#232;res qui dominent les TGC, 6 proviennent des &#201;tats-Unis, 3 de la France et 1 de la Grande-Bretagne. Les &#201;tats-Unis sont le pays d'origine pour 10 TGC dans le top 21. Dans ce groupe, 18 d&#233;tiennent des actions dans au moins 100 des 299 TGC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux institutions financi&#232;res am&#233;ricaines se d&#233;marquent &#8211; Black Rock et Capital Group. Les deux sont actionnaires majoritaires dans plusieurs compagnies. Dans le cas de Black Rock, il est dans cette situation pour 42 d'entre elles, ce qui repr&#233;sente 13 pour cent de ses actions. Pour 55 pour cent de ses actions, Black Rock est parmi le top 5 des actionnaires, tout comme Capital Group. qui l'est pour 45 pour cent de ses actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signification politique de ces r&#233;sultats est qu'ils d&#233;mentent l'affirmation de pratiquement tous les groupes de la pseudo-gauche que la Russie et la Chine sont des puissances imp&#233;rialistes. Cette affirmation n'est pas bas&#233;e sur une analyse &#233;conomique, parce que celle-ci r&#233;v&#232;le que ni les institutions bas&#233;es en Chine ni celles en Russie ne figurent parmi les firmes financi&#232;res qui contr&#244;lent les op&#233;rations des grandes entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a montr&#233; clairement L&#233;nine dans son livre L'imp&#233;rialisme, l'&#233;poque imp&#233;rialiste se caract&#233;rise par la domination du capital financier, dont la propri&#233;t&#233; est concentr&#233;e parmi quelques grandes puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce point a aussi &#233;t&#233; soulign&#233; par Trotsky lorsqu'il s'est oppos&#233; aux propos des diff&#233;rentes tendances de type &#171; capitalisme d'&#201;tat &#187;, dont plusieurs tendances de la pseudo-gauche proviennent, selon lesquelles l'expansion territoriale poursuivie par la bureaucratie stalinienne envers l'Europe de l'Est &#233;tait &#171; imp&#233;rialiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pourtant, dans la litt&#233;rature politique contemporaine, du moins dans la litt&#233;rature marxiste, par imp&#233;rialisme on entend la politique d'expansion du capital financier, qui a un contenu &#233;conomique bien d&#233;fini. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il poursuit en disant que de dire le contraire revient &#224; semer de la confusion. C'est exactement l'objectif des &#233;l&#233;ments de la pseudo-gauche. Balayant du revers de la main toute analyse &#233;conomique scientifique, ils utilisent le mot &#171; imp&#233;rialisme &#187; comme un juron. Cela provient de leurs motivations politiques, car ils s'alignent derri&#232;re &#171; leurs &#187; puissances imp&#233;rialistes, d'abord et avant tout les &#201;tats-Unis, dans la pouss&#233;e vers la guerre contre la Russie et la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la recherche par Peetz et Murray est une confirmation frappante de toute l'analyse faite par L&#233;nine dans L'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il insistait que l'imp&#233;rialisme n'&#233;tait pas un choix politique, qui pouvait en quelque sorte &#234;tre remplac&#233; par une autre orientation, mais le r&#233;sultat d'une &#233;tape d&#233;finie du d&#233;veloppement capitaliste, sa phase supr&#234;me et finale, qui rempla&#231;ait le capitalisme bas&#233; sur la libre comp&#233;tition du 19&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine insistait que le capital financier cherchait la domination &#233;conomique non seulement des pays coloniaux et de leurs ressources, mais de la plan&#232;te enti&#232;re, tant des pays avanc&#233;s qu'opprim&#233;s. Sa politique d&#233;coulait de son &#233;conomie &#8211; la fin de la d&#233;mocratie lib&#233;rale et l'imposition de la r&#233;action politique &#171; sur toute la ligne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;crivait ces lignes au commencement de l'&#233;poque imp&#233;rialiste, qui a annonc&#233; son arriv&#233;e avec l'&#233;clatement de la Premi&#232;re guerre mondiale, le 4 ao&#251;t 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de choses ont chang&#233; durant ce dernier si&#232;cle, mais ce qui est frappant est que les tendances essentielles de d&#233;veloppement &#233;conomique ont suivi ce que L&#233;nine avait anticip&#233;. Par exemple, il avait cit&#233; cinq pays majeurs &#8211; les &#201;tats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et le Japon &#8211; comme &#233;tant les centres du syst&#232;me imp&#233;rialiste. Comme l'analyse de Peetz-Murray le montre clairement, dans les donn&#233;es sur le TGC et les plus importantes institutions financi&#232;res, ces puissances demeurent au sommet de la liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine a identifi&#233; la force objective qui pousse vers la guerre comme &#233;tant le conflit entre ces grandes puissances qui cherchent toutes &#224; dominer et qui entrent violemment en conflit entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement des multinationales et des institutions financi&#232;res mondiales a pouss&#233; &#224; son paroxysme une contradiction fondamentale du mode de production capitaliste : celle entre le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie mondiale et le syst&#232;me d'&#201;tats-nations dans lequel est ancr&#233; le syst&#232;me de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a expliqu&#233; L&#233;on Trotsky, la guerre est, en derni&#232;re analyse, une &#171; r&#233;volte des forces productives contre la forme politique de la nation et de l'&#201;tat &#187;. L'imp&#233;rialisme tente de r&#233;soudre ce probl&#232;me militairement pour d&#233;cider &#171; quel pays doit &#234;tre transform&#233; de grande puissance en puissance mondiale &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En opposition &#224; l'imp&#233;rialisme, la classe ouvri&#232;re devait r&#233;soudre cette contradiction et emp&#234;cher la descente de la civilisation dans la barbarie par la r&#233;volution socialiste mondiale &#8211; le renversement du syst&#232;me de profit et d'&#201;tats-nations capitalistes &#8211; afin de jeter les bases d'une organisation socio-&#233;conomique mondiale plus avanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine a mis l'accent sur la m&#234;me question dans L'imp&#233;rialisme. La transformation du capitalisme concurrentiel du 19&#232;me si&#232;cle en imp&#233;rialisme, ou capitalisme monopoliste, n'a pas seulement cr&#233;&#233; les conditions pour la guerre. Elle a aussi jet&#233; les bases objectives d'une &#233;conomie socialiste mondiale planifi&#233;e. La domination du capital financier, la croissance des soci&#233;t&#233;s organisant la production &#224; une &#233;chelle mondiale et l'entrem&#234;lement de la participation des banques et des soci&#233;t&#233;s entra&#238;n&#232;rent une transformation des relations sociales de production : l'immense socialisation de la production et du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le boom d'apr&#232;s-guerre, de nombreux observateurs dont les id&#233;es &#233;taient &#224; bien courte vue &#8211; les &#233;conomistes bourgeois, ainsi que certains qui se disaient marxistes &#8211; soutenaient que l'analyse de L&#233;nine et Trotsky &#233;tait devenue d&#233;su&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle avait &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;e, disaient-ils, par les d&#233;veloppements politiques et &#233;conomiques. Les colonies des puissances imp&#233;rialistes avaient r&#233;alis&#233; leur ind&#233;pendance &#8211; non sans une lutte consid&#233;rable &#8211; et proc&#233;daient maintenant au d&#233;veloppement de leur &#233;conomie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front &#233;conomique, le capital financier, sur lequel le mouvement marxiste avait tant mis l'accent, &#233;tait pass&#233; au second plan en se pla&#231;ant au service des grandes soci&#233;t&#233;s industrielles qui occupaient la majeure partie de la sc&#232;ne &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le cadre du d&#233;veloppement &#233;conomique et historique plus large, cette p&#233;riode n'&#233;tait qu'un bref &#233;pisode. Le boom d'apr&#232;s-guerre n'a dur&#233; qu'un quart de si&#232;cle, se terminant au d&#233;but des ann&#233;es 1970. La crise de profitabilit&#233; qui mit fin &#224; ce boom &#233;tait la force motrice qui allait mener &#224; une vaste restructuration du capitalisme mondial, bas&#233;e sur la mondialisation de la production, pour tirer profit de sources de main-d'&#339;uvre &#224; bon march&#233; et atteindre un niveau d'exploitation bien au-del&#224; de ce qui avait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; &#224; l'&#233;poque du colonialisme direct et de l'expansion du capital financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait que la tendance de d&#233;veloppement est revenue, &#224; un niveau plus avanc&#233;, &#224; la trajectoire pr&#233;sent&#233;e par L&#233;nine. Et la mont&#233;e de la guerre est l'une de ses cons&#233;quences in&#233;vitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au m&#234;me moment, l'int&#233;gration de la production a jet&#233; les bases du d&#233;veloppement d'une &#233;conomie socialiste mondiale planifi&#233;e. C'est une conclusion qu'a tir&#233;e l'analyse de Peetz-Murray, mais aussi une recherche r&#233;alis&#233;e en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article publi&#233; dans la revue New Scientist de septembre de cette ann&#233;e-l&#224; et intitul&#233; &#171; Le r&#233;seau du pouvoir mondial des soci&#233;t&#233;s &#187; (The network of global corporate control) d&#233;crit &#224; la fois l'immense socialisation de la production et la domination du capital financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il montre qu'au c&#339;ur du r&#233;seau de 43.000 multinationales se trouve une &#171; super-entit&#233; &#187; de 147 soci&#233;t&#233;s encore plus int&#233;gr&#233;es qui poss&#232;de une large part de la richesse de tout le r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon James Glattfelder, l'un des trois coauteurs de l'article : &#171; En fait, moins d'un pour cent des soci&#233;t&#233;s poss&#233;dait 40% de la richesse totale du r&#233;seau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le top 20 de ce groupe &#233;tait domin&#233; par le capital financier, dont Barclays Bank, JPMorgan Chase et Goldman Sachs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la conclusion de leur article de 2009, &#233;crit dans la foul&#233;e imm&#233;diate de la crise financi&#232;re mondiale, Peetz et Murray affirment que les &#201;tats doivent exercer &#171; un certain contr&#244;le sur le capitalisme &#187;, ajoutant que de &#171; lui accorder une libert&#233; totale serait aller au-devant d'autres crises &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la possibilit&#233; d'une quelconque r&#233;forme du capitalisme et de ses milieux dirigeants dans le capital financier est une illusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'analyse m&#234;me des deux auteurs r&#233;fute leur perspective politique. Comme ils le r&#233;v&#232;lent, et cela est important, la logique du syst&#232;me est la logique m&#234;me de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique de l'argent, en tant qu'expression mat&#233;rielle du capital, soit une valeur qui s'accro&#238;t d'elle-m&#234;me, est d'abattre toutes les barri&#232;res &#224; sa croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capital financier ne fait pas que dominer les soci&#233;t&#233;s et leur dicter sa loi. Comme L&#233;nine l'a expliqu&#233;, il &#233;tablit aussi les politiques des &#201;tats officiellement ind&#233;pendants, m&#234;me les plus puissants. Aujourd'hui, il dicte toutes les politiques des gouvernements, s'attaquant aux services sociaux de base comme l'&#233;ducation et la sant&#233; et exigeant la restructuration du march&#233; du travail en concordance avec les besoins du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences des 30 derni&#232;res ann&#233;es d&#233;montrent ce fait &#233;conomique indiscutable. Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, lorsque le pr&#233;sident fran&#231;ais Fran&#231;ois Mitterrand a tent&#233; d'imposer un certain contr&#244;le aux banques, ses politiques ont &#233;t&#233; an&#233;anties par les op&#233;rations des march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre exp&#233;rience importante est celle de 1992 o&#249; le capital financier, sous la forme du fonds sp&#233;culatif de George Soros, a forc&#233; l'abandon de la parit&#233; de la livre sterling en vendant &#224; d&#233;couvert la monnaie britannique et en engrangeant environ 2 milliards de dollars dans cette op&#233;ration, aux d&#233;pens de la Bank of England.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque gouvernement craint maintenant les effets sp&#233;culatifs sur sa monnaie et les d&#233;cisions des agences de notation sur ses politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de 1993, lorsque les rendements obligataires ont augment&#233; en raison des inqui&#233;tudes sur l'ampleur du d&#233;ficit du gouvernement am&#233;ricain, l'administration Clinton a d&#233;ploy&#233; une s&#233;rie de mesures pour imposer des coupes consid&#233;rables dans l'aide sociale et r&#233;pondre aux demandes du capital financier. James Carville, conseiller politique de Clinton, avait comment&#233; &#224; l'&#233;poque : &#171; Je croyais avant que si la r&#233;incarnation existait, j'aurais aim&#233; revenir comme pr&#233;sident, comme le pape ou comme un frappeur avec une moyenne de .400. Mais maintenant, j'aimerais me r&#233;incarner en march&#233; obligataire. Il peut intimider n'importe qui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux questions fondamentales ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, le capital financier n'est pas une fonction externe de l'&#233;conomie capitaliste, une sorte de serpent diabolique qui aurait r&#233;ussi &#224; s'infiltrer dans le v&#233;ritable jardin d'&#201;den de la propri&#233;t&#233; et du profit priv&#233;s, mais quelque chose qui &#233;merge des bases m&#234;mes de ce syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de son travail pr&#233;paratoire pour Le Capital, Karl Marx s'attaqua aux conceptions avanc&#233;es par le socialiste petit-bourgeois Pierre-Joseph Proudhon, qui d&#233;fendait qu'il &#233;tait possible de contenir les ravages de la finance tout en conservant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et le march&#233; capitaliste qui en &#233;taient la source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Marx l'a &#233;tabli, cela &#233;quivalait &#224; vouloir se d&#233;barrasser du pape en conservant l'&#201;glise catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, ce qui est essentiel &#224; l'analyse de L&#233;nine, et qui est confirm&#233; par la recherche de Peetz-Murray et d'autres, est que l'expansion et la domination du capital financier, qui entra&#238;nent la d&#233;vastation sociale et le danger toujours plus grand de guerre mondiale, n'est pas un choix de politique ou une pr&#233;f&#233;rence, mais le r&#233;sultat d'une phase pr&#233;cise dans le d&#233;veloppement du syst&#232;me capitaliste lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela veut dire que la seule perspective durable et r&#233;aliste pour mettre fin &#224; la pouss&#233;e vers la guerre, assurer la paix et une v&#233;ritable &#233;galit&#233; &#8211; le th&#232;me de cette ann&#233;e pour la comm&#233;moration de la Journ&#233;e des travailleurs par le Comit&#233; international de la Quatri&#232;me Internationale &#8211; est de lutter pour le programme de la r&#233;volution socialiste mondiale parmi la classe ouvri&#232;re internationale qui se trouve, par sa situation sociale objective, en opposition compl&#232;te au capital.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les tensions de classes en Europe au point de rupture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par Peter Schwarz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tensions de classes en Europe s'intensifient rapidement. La classe dirigeante ne s'arr&#234;tera pas tant qu'elle n'aura pas impos&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re tout le poids de la crise financi&#232;re internationale. Son but est de d&#233;truire les acquis sociaux de la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre et de r&#233;duire les salaires dans toute l'Europe &#224; un niveau comparable &#224; ceux de la Chine et de l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce, o&#249; cinq plans d'aust&#233;rit&#233; successifs ont r&#233;duit de larges couches de la population au ch&#244;mage et &#224; la pauvret&#233;, n'est que le d&#233;but. Le Portugal, l'Irlande, la Slov&#233;nie, la Roumaine, l'Espagne et l'Italie sont d&#233;j&#224; soumis &#224; la m&#234;me politique d'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le S&#252;ddeutche Zeitung [le principal quotidien allemand, de centre-gauche, ndt] a remarqu&#233; sur un ton suffisant que depuis son &#233;lection au printemps dernier, le pr&#233;sident fran&#231;ais Fran&#231;ois Hollande avait &#171; radicalement chang&#233; de paradigme &#187;. Son pr&#233;d&#233;cesseur Nicolas Sarkozy, commente le journal, parlait beaucoup de &#171; r&#233;formes &#187; sociales, mais ne faisait pas grand-chose. Le nouveau pr&#233;sident issu du Parti socialiste, &#224; l'oppos&#233;, a lanc&#233; des &#171; r&#233;formes &#187; significatives, c'est-&#224;-dire des attaques contre la classe ouvri&#232;re, sans en faire toute une histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de Hollande a r&#233;duit les co&#251;ts du travail de 20 milliards d'euros, commenc&#233; &#224; rendre le march&#233; du travail plus &#171; flexible &#187;, et s'est d&#233;cid&#233; &#224; r&#233;duire les d&#233;penses publiques de 12 milliards d'euros chaque ann&#233;e. Cela, cependant, d'apr&#232;s le S&#252;ddeutche Zeitung, n'est que le d&#233;but. &#171; La t&#226;che est de mener &#224; bien toute une liste de r&#233;formes attendues depuis des dizaines d'ann&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, la chanceli&#232;re Angela Merkel de l'Union chr&#233;tienne-d&#233;mocrate (CDU) et Peer Steinbr&#252;ck du Parti social-d&#233;mocrate (SPD), les deux candidats les plus en vue pour les &#233;lections l&#233;gislatives de septembre prochain, sont tous deux des partisans inconditionnels des attaques contre la classe ouvri&#232;re europ&#233;enne et engag&#233;s pour en lancer de nouvelles apr&#232;s les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allant de pair avec cette contre-r&#233;volution sociale, on assiste &#224; un regain du militarisme. L&#224; o&#249; par le pass&#233; les puissances continentales europ&#233;ennes intervenaient dans le sillage des &#201;tats-Unis, ou restaient souvent neutres, comme pour les guerres d'Afghanistan et d'Irak, elles sont maintenant les principaux agresseurs dans la nouvelle &#171; ru&#233;es vers l'Afrique. &#187; La guerre contre la Libye a &#233;t&#233; largement une initiative fran&#231;aise, et au Mali, la France a agi unilat&#233;ralement. La Grande-Bretagne et l'Allemagne veulent urgemment faire partie de l'aventure quand il est question de recoloniser ce continent riche en ressources et ont promis leur soutien militaire &#224; la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En politique &#233;trang&#232;re, comme &#224; l'int&#233;rieur, Hollande a suivi un &#171; changement radical de paradigme. &#187; Durant sa campagne &#233;lectorale, il avait promis de rompre avec la politique de la &#171; Fran&#231;afrique &#187;, c'est-&#224;-dire la politique consistant &#224; soutenir des potentats corrompus dans les ex-colonies fran&#231;aises. Au Mali, il enfile maintenant les habits d'un conqu&#233;rant colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des consid&#233;rations d'ordre int&#233;rieur comme international jouent un r&#244;le consid&#233;rable dans cette volte-face. Le Nouvel Observateur &#233;crit, faisant part de son approbation, qu'avec son intervention au Mali, Hollande a montr&#233; ses vraies qualit&#233;s de pr&#233;sident et renforc&#233; son autorit&#233; &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs cherchant &#224; r&#233;sister &#224; la contre-r&#233;volution sociale et &#224; d&#233;fendre leur emploi et leurs acquis sociaux pass&#233;s, sont confront&#233;s au fait que cela n'est pas possible sur la base de m&#233;thodes de lutte utilis&#233;es au cours des d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement le Parti socialiste fran&#231;ais, mais tous les partis sociaux-d&#233;mocrates, un temps associ&#233;s aux r&#233;formes sociales, qui sont maintenant enti&#232;rement acquis &#224; l'aust&#233;rit&#233; et &#224; la destruction de ces r&#233;formes pass&#233;es. La piste inaugur&#233;e par le chef du Parti travailliste Tony Blair en Grande-Bretagne et le chef du SPD Gerhard Schr&#246;der en Allemagne a &#233;t&#233; emprunt&#233;e &#224; leur suite par Jos&#233; Zapatero en Espagne et George Papandreou en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les syndicats, qui ont &#233;t&#233; transform&#233;s en appendices des entreprises et de l'Etat, fonctionnent comme une branche de la direction des grands groupes dans l'imposition des licenciements et des r&#233;ductions de salaire. Dans le domaine politique, ils veillent &#224; ce que la r&#233;sistance sociale soit supprim&#233;e ou limit&#233;e &#224; des manifestations symboliques qui ne pr&#233;sentent aucune menace pour l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements europ&#233;ens r&#233;agissent &#224; toute expression d'opposition de la classe ouvri&#232;re, qui pourrait avoir des cons&#233;quences plus s&#233;rieuses sur les profits priv&#233;s et la politique du gouvernement, en imposant l'interdiction des gr&#232;ves et en employant des m&#233;thodes de violence d'Etat traditionnellement associ&#233;es aux dictatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux ans, le gouvernement social-d&#233;mocrate de Zapatero en Espagne a mobilis&#233; l'arm&#233;e pour briser une gr&#232;ve des contr&#244;leurs a&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le ministre de l'Int&#233;rieur Manuel Valls a donn&#233; la consigne &#224; la police et aux services de renseignement de suivre &#171; au plus pr&#232;s &#187; les &#233;volutions dans les entreprises en difficult&#233; o&#249; risquent d'&#233;clater des conflits sociaux et de faire attention aux &#171; menaces sur l'outil de production en cas de radicalisation d'un conflit &#187;. Des m&#233;tallurgistes qui manifestaient r&#233;cemment &#224; Strasbourg contre les licenciements massifs ont &#233;t&#233; retenus par la police, fouill&#233;s, et attaqu&#233;s aux lacrymog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Gr&#232;ce, le gouvernement a forc&#233; les employ&#233;s des ferries en gr&#232;ve &#224; reprendre le travail la semaine derni&#232;re en imposant la loi martiale pour la quatri&#232;me fois depuis le d&#233;but des mesures d'aust&#233;rit&#233;. Par la menace de longues peines d'emprisonnement, le gouvernement a bris&#233; la gr&#232;ve des travailleurs qui n'ont pas &#233;t&#233; pay&#233;s depuis plusieurs mois. Deux semaines avant cela, le gouvernement grec invoquait les m&#234;mes pouvoirs d'urgence pour briser une gr&#232;ve des travailleurs du m&#233;tro d'Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit d&#233;mocratique de faire gr&#232;ve a &#233;t&#233; aboli en pratique. Toute gr&#232;ve efficace est ill&#233;gale. Seules des manifestations et des gr&#232;ves purement symboliques sont permises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, la lutte pour d&#233;fendre les droits sociaux et politiques mettent la classe ouvri&#232;re en face de nouvelles t&#226;ches politiques. Lorsque tous les vieux m&#233;canismes de compromis et de concession ne parviennent pas &#224; r&#233;soudre les conflits sociaux, lorsque les gouvernements r&#233;pondent &#224; la pression sociale par la r&#233;pression d'Etat, et que les syndicats forment un front uni avec les employeurs contre les travailleurs, alors la lutte des classes doit in&#233;vitablement prendre un caract&#232;re insurrectionnel et r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est plus possible de d&#233;fendre les emplois, les salaires et les acquis sociaux en faisant pression sur les entreprises et le gouvernement. La classe ouvri&#232;re est appel&#233;e &#224; prendre dans ses propres mains le contr&#244;le de la soci&#233;t&#233; et de l'&#233;conomie. Cela requiert un mouvement de masse ind&#233;pendant, international, de la classe ouvri&#232;re luttant pour un programme socialiste et la mise en place de gouvernements ouvriers dans le cadre des &#201;tats socialistes unis d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un obstacle crucial sur le chemin d'une telle politique est la pl&#233;thore de partis de la pseudo-gauche &#8211; SYRIZA en Gr&#232;ce, Die Linke en Allemagne, le Parti communiste, le Parti de gauche et le Nouveau Parti anticapitaliste en France. Ces organisations s'opposent &#224; l'&#233;tablissement de l'ind&#233;pendance politique de la classe ouvri&#232;re par rapport &#224; toutes les sections de la classe capitaliste et cherchent &#224; bloquer une mobilisation ind&#233;pendante de la classe ouvri&#232;re. Ils d&#233;fendent les syndicats, encouragent les illusions dans la sociale-d&#233;mocratie, et soutiennent l'Union europ&#233;enne. Ils incarnent une section prosp&#232;re de la classe moyenne qui cherche &#224; dissimuler ses positions politiques droiti&#232;res derri&#232;re une rh&#233;torique de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;tablir l'ind&#233;pendance politique de la classe ouvri&#232;re et pr&#233;parer les grandes luttes sociales &#224; venir, il est n&#233;cessaire pour les travailleurs de s'opposer &#224; ces fausses organisations de gauche et de r&#233;v&#233;ler leur r&#244;le r&#233;actionnaire aux yeux de toute la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2016/dec2016/boeg-d15.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2014/mai2014/nbea-m14.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volution ouvri&#232;re de juin 1848 &#224; Paris, une premi&#232;re exp&#233;rience de lutte du prol&#233;tariat agissant comme force sociale et politique ind&#233;pendante</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article3781</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article3781</guid>
		<dc:date>2015-08-18T23:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>1848</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Eug&#232;ne Pottier : &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut mourir ! mourons ! c'est notre faute ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Courbons la t&#234;te et croisons-nous les bras ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre salaire est la vie, on nous l'&#244;te, &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'avons plus droit de vivre ici-bas ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Allons nous-en ! mourons de bonne gr&#226;ce, &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous g&#234;nons ceux qui peuvent se nourrir. &lt;br class='autobr' /&gt;
A ce banquet nous n'avons pas de place. &lt;br class='autobr' /&gt; Il faut mourir ! &lt;br class='autobr' /&gt; Fr&#232;res, il faut mourir ! &lt;br class='autobr' /&gt; Il faut mourir ! plus de travail au monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi ? l'atelier ? la machine &#224; vapeur, &lt;br class='autobr' /&gt;
Les champs, la ville et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;01- Le prol&#233;tariat classe r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot160" rel="tag"&gt;1848&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eug&#232;ne Pottier :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il faut mourir ! mourons ! c'est notre faute ! &lt;br&gt;
Courbons la t&#234;te et croisons-nous les bras ! &lt;br&gt;
Notre salaire est la vie, on nous l'&#244;te, &lt;br&gt;
Nous n'avons plus droit de vivre ici-bas ! &lt;br&gt;
Allons nous-en ! mourons de bonne gr&#226;ce, &lt;br&gt;
Nous g&#234;nons ceux qui peuvent se nourrir. &lt;br&gt;
A ce banquet nous n'avons pas de place. &lt;br&gt; Il faut mourir ! &lt;br&gt; Fr&#232;res, il faut mourir ! &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut mourir ! plus de travail au monde. &lt;br&gt;
Quoi ? l'atelier ? la machine &#224; vapeur, &lt;br&gt;
Les champs, la ville et le soleil et l'onde &lt;br&gt;
Sont arr&#234;t&#233;s ? l'argent vient d'avoir peur. &lt;br&gt;
L'entraille ch&#244;me et la baisse ou la hausse &lt;br&gt;
Glace la veine o&#249; le sang veut courir, &lt;br&gt;
Sans un outil pour creuser notre fosse. &lt;br&gt; Il faut mourir ! &lt;br&gt; Fr&#232;res ! il faut mourir !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut mourir ! mais les bl&#233;s sont superbes ! &lt;br&gt;
Il faut mourir ! mais le raison m&#251;rit. &lt;br&gt;
Il faut mourir ! mais l'insecte des herbes &lt;br&gt;
Trouble le g&#238;te et le grain qui nourrit. &lt;br&gt;
Le ciel s'&#233;tend sur toute cr&#233;ature, &lt;br&gt;
En est-il donc qui naissent pour souffrir ? &lt;br&gt;
Sous les scell&#233;s qui donc tient la nature ? &lt;br&gt; Il faut mourir ! &lt;br&gt; Fr&#232;res ! il faut mourir ! &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sespoir a vid&#233; la mamelle. &lt;br&gt;
Ne tette plus ! Meurs ! petit citoyen. &lt;br&gt;
Ton p&#232;re eut tort, ta m&#232;re est criminelle, &lt;br&gt;
On ne fait pas d'enfant quand on n'a rien. &lt;br&gt;
La fi&#232;vre gagne et le faubourg s'irrite ! &lt;br&gt;
Venez fusils, canons, venez gu&#233;rir, &lt;br&gt;
La mort de faim ne va pas assez vite ! &lt;br&gt; Il faut mourir ! &lt;br&gt; Fr&#232;res ! il faut mourir ! &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons, mis&#232;re, &#224; tes rangs, bas les armes ! &lt;br&gt;
Qu'&#224; pleine rue on nous ach&#232;ve enfin. &lt;br&gt;
Femmes, venez, pas de cris, pas de larmes ! &lt;br&gt;
Enfants, venez, puisque vous avez faim. &lt;br&gt;
Tueurs en chef, achevez la campagne, &lt;br&gt;
Puisse avec nous notre race p&#233;rir ! &lt;br&gt;
Au travailleurs ne l&#233;guons pas le bagne. &lt;br&gt; Il faut mourir ! &lt;br&gt; Fr&#232;res ! il faut mourir ! &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;30 juin 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;La fraternit&#233; des classes antagonistes dont l'une exploite l'autre, cette fraternit&#233; proclam&#233;e en F&#233;vrier, inscrite en grandes lettres au front de Paris, sur chaque prison, sur chaque caserne, - son expression v&#233;ritable, authentique, prosa&#239;que, c'est la guerre civile, la guerre civile sous sa forme ta plus effroyable, la guerre entre le travail et le Capital. Cette fraternit&#233; flamboyait &#224; toutes les fen&#234;tres de Paris, dans la soir&#233;e du 25 juin, quand le Paris de la bourgeoisie illuminait, alors que le Paris du prol&#233;tariat br&#251;lait, saignait, r&#226;lait. La fraternit&#233; dura juste le temps o&#249; l'int&#233;r&#234;t de la bourgeoisie &#233;tait fr&#232;re de l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat. P&#233;dants de la vieille tradition r&#233;volutionnaire de 1793, m&#233;thodiste socialistes, mendiant pour le peuple aupr&#232;s de la bourgeoisie, et auxquels on permit de faire de longues hom&#233;lies et de se compromettre aussi longtemps qu'il fut n&#233;cessaire d'endormir le lion prol&#233;tarien ; r&#233;publicains qui r&#233;clamaient tout l'ancien ordre bourgeois, moins la t&#234;te couronn&#233;e ; gens de l'opposition dynastique auxquels le hasard substituait le renversement d'une dynastie au changement d'un minist&#232;re ; l&#233;gitimistes qui voulaient non pas se d&#233;barrasser de leur livr&#233;e, mais en modifier la coupe, tels &#233;taient les alli&#233;s avec lesquels le peuple fit son F&#233;vrier. La r&#233;volution de F&#233;vrier fut la belle r&#233;volution, la r&#233;volution de la sympathie g&#233;n&#233;rale parce que les antagonismes qui y &#233;clat&#232;rent contre la royaut&#233; sommeillaient, embryonnaires, paisiblement, c&#244;te &#224; c&#244;te, parce que la lutte sociale qui formait son arri&#232;re-plan n'avait acquis qu'une existence vaporeuse, l'existence de la phrase, du verbe. La r&#233;volution de Juin est la r&#233;volution ha&#239;ssable, la r&#233;volution r&#233;pugnante, parce que la chose a pris la place de la phrase, parce que la R&#233;publique a mis &#224; nu la t&#234;te du monstre, en abattant la couronne qui le prot&#233;geait et le dissimulait. Ordre ! Tel &#233;tait le cri de guerre de Guizot. Ordre ! cria S&#233;bastiani, ce Guizot au petit pied, quand Varsovie devint russe, Ordre ! crie Cavaignac, &#233;cho brutal de l'Assembl&#233;e nationale fran&#231;aise et de la bourgeoisie r&#233;publicaine. Ordre ! tonnaient ses coups de mitraille en d&#233;chiquetant le corps du prol&#233;tariat. Aucune des nombreuses r&#233;volutions de la bourgeoisie fran&#231;aise depuis 1789 ne fut un attentat contre l'ordre, car chacune laissait subsister la domination de classe, laissait subsister l'esclavage des ouvriers, laissait subsister l'ordre bourgeois, aussi souvent que fut modifi&#233;e la forme politique de cette domination et de cet esclavage. Juin a port&#233; atteinte &#224; cet ordre. Malheur &#224; Juin.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (Karl Marx, Neue Rheinische Zeitung, 29 juin 1848.)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution ouvri&#232;re de juin 1848 &#224; Paris, une premi&#232;re exp&#233;rience de lutte du prol&#233;tariat agissant comme force sociale et politique ind&#233;pendante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Paris r&#233;volutionnaire de 1848 a offert en juin 48 au prol&#233;tariat mondial sa premi&#232;re exp&#233;rience de lutte ind&#233;pendante des autres forces sociales dans laquelle il s'est battu pour ses propres objectifs et sous son propre drapeau. Les exp&#233;riences suivantes d'organisation politique et de lutte ind&#233;pendantes du prol&#233;tariat allaient &#234;tre la Commune de Paris de 1871 et les r&#233;volutions russes de 1905 et 1917.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5794 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-958.jpg' width=&#034;170&#034; height=&#034;131&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5795 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-959.jpg' width=&#034;700&#034; height=&#034;514&#034; alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-960.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-960.jpg' width=&#034;1088&#034; height=&#034;816&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-961.jpg' width=&#034;299&#034; height=&#034;322&#034; alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-962.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;509&#034; alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-963.jpg' width=&#034;300&#034; height=&#034;404&#034; alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-957.jpg' width=&#034;569&#034; height=&#034;360&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_5792 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/-32.png' width=&#034;270&#034; height=&#034;143&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A chaque fois, c'est dans des r&#233;volutions que la capacit&#233; du prol&#233;tariat de s'organiser de mani&#232;re ind&#233;pendante s'est &#224; nouveau r&#233;v&#233;l&#233;e. Les suivantes allaient &#234;tre les r&#233;volutions europ&#233;ennes, la r&#233;volution chinoise ou la r&#233;volution espagnole notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance politique du prol&#233;tariat et son auto-organisation lors de ses luttes n'a jamais &#233;t&#233; un acquis d&#233;finitif, m&#234;me lorsqu'il a pris le pouvoir, mais toujours un combat &#224; mener pour la conscience ouvri&#232;re et socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un fait historique ancien mais une question qui conserve toute son actualit&#233; : &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3463&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si bien des courants politiques affirment renoncer &#224; la notion de prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire agissant en tant que classe et de mani&#232;re ind&#233;pendante en vue du pouvoir politique et en d&#233;truisant le pouvoir bourgeois ainsi qu'en visant la suppression de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, nous pensons le contraire : &lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=le+prol%C3%A9tariat+a+besoin+d%27une+politique+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl#hl=fr&amp;q=le+prol%C3%A9tariat++site:http:%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site:http:%2F%2Fwww.matierevolution.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Qui arr&#234;te la r&#233;volution &#224; mi-c&#244;te ? La bourgeoisie. Pourquoi ? Parce que la bourgeoisie est l'int&#233;r&#234;t arriv&#233; &#224; satisfaction. (...) Il y en a qui disent qu'il faut me tirer un coup de fusil comme un chien. Pauvre bourgeoisie. Uniquement parce qu'elle a peur pour sa pi&#232;ce de cent sous. (...) Ouvriers de Paris, vous faites votre devoir et c'est bien. Vous donnez l&#224; un bel exemple. La civilisation vous remercie.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;D&#233;sormais ce mot, R&#233;volution, sera le nom de la civilisation.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;La R&#233;volution, c'est la France sublim&#233;e. Il s'est trouv&#233;, un jour, que la France a &#233;t&#233; dans la fournaise ; les fournaises &#224; de certaines martyres guerri&#232;res font pousser des ailes, et de ces flammes cette g&#233;ante est sortie archange. Aujourd'hui pour toute la terre de France s'appelle R&#233;volution ; et d&#233;sormais ce mot, R&#233;volution, sera le nom de la civilisation jusqu'&#224; ce qu'il soit remplac&#233; par le mot Harmonie. Je le r&#233;p&#232;te, ne cherchez pas ailleurs le point d'origine et le lieu de naissance de la litt&#233;rature du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle. Oui, tous tant que nous sommes, grands et petits, puissants et m&#233;connus, illustres et obscurs, dans toutes nos oeuvres, bonnes ou mauvaises, quelles qu'elles soient, po&#232;mes, drames, romans, histoire, philosophie, &#224; la tribune des assembl&#233;es comme devant les foules du th&#233;&#226;tre, comme dans le recueillement des solitudes, oui, pour tout, oui, toujours, oui, pour combattre les violences et les impostures, oui, pour r&#233;habiliter les lapid&#233;s et les accabl&#233;s, oui, pour conclure logiquement et marcher droit, oui, pour consoler, oui, pour secourir, pour relever, pour encourager, pour enseigner, oui, pour panser en attendant qu'on gu&#233;risse, oui, pour transformer la charit&#233; en fraternit&#233;, l'aum&#244;ne en assistance, la fain&#233;antise en travail, l'oisivet&#233; en utilit&#233;, la centralisation en famille, l'iniquit&#233; en justice, le bourgeois en citoyen, la populace en peuple, la canaille en nation, les nations en humanit&#233;, la guerre en amour, le pr&#233;jug&#233; en examen, les fronti&#232;res en soudures, les limites en ouvertures, les orni&#232;res en rails, les sacristies en temples, l'instinct du mal en volont&#233; du bien, la vie en droit, les rois en hommes, oui, pour &#244;ter des religions l'enfer et des soci&#233;t&#233;s le bagne, oui, pour &#234;tre fr&#232;res du mis&#233;rable, du serf, du fellah, du prol&#233;taire, du d&#233;sh&#233;rit&#233;, de l'exploit&#233;, du trahi, du vaincu, du vendu, de l'encha&#238;n&#233;, du sacrifi&#233;, de la prostitu&#233;e, du for&#231;at, de l'ignorant, du sauvage, de l'esclave, du n&#232;gre, du condamn&#233; et du damn&#233;, oui, nous sommes tes fils, R&#233;volution !&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Hugo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Les ouvriers de Paris ont &#233;t&#233; &#233;cras&#233;s par des forces sup&#233;rieures ; ils n'ont pas succomb&#233;. Ils sont battus mais leurs adversaires sont vaincus. Le triomphe momentan&#233; de la force brutale est pay&#233; par l'an&#233;antissement de toutes les illusions et chim&#232;res de la r&#233;volution de f&#233;vrier, par la d&#233;sagr&#233;gation de tout le parti des vieux r&#233;publicains, par la scission de la nation fran&#231;aise en deux nations, la nation des poss&#233;dants et la nation des travailleurs. La r&#233;publique tricolore n'arbore plus qu'une seule couleur, la couleur des vaincus, la couleur du sang, elle est devenue la r&#233;publique rouge.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En 1848, les &#034;journ&#233;es de juillet&#034; tombaient en France au mois de juin et prirent un caract&#232;re incomparablement plus grandiose et plus tragique qu'&#224; Petrograd en 1917. Ce que l'on appela les &#034;journ&#233;es de juin&#034; du prol&#233;tariat parisien &#233;tait sorti avec une force irr&#233;sistible de la r&#233;volution de f&#233;vrier. Les ouvriers de Paris qui s'&#233;taient saisis du fusil en f&#233;vrier ne pouvaient s'emp&#234;cher de r&#233;agir devant le contraste existant entre un programme mirifique et la pitoyable r&#233;alit&#233;, contraste intol&#233;rable qui, tous les jours, les atteignait au c&#339;ur comme au ventre. Le prol&#233;tariat n'avait ni plan &#233;tabli, ni programme, ni direction : aussi les journ&#233;es de juin 1848 ressembl&#232;rent-elles &#224; un r&#233;flexe, puissant, in&#233;vitable. Les ouvriers insurg&#233;s furent impitoyablement &#233;cras&#233;s. Ainsi les d&#233;mocrates fray&#232;rent-ils la voie au bonapartisme.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, dans &#171; La r&#233;volution espagnole et les dangers qui la menacent &#187;, 28 mai 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 juin : d&#233;but de la r&#233;volte populaire de Juin par l'&#233;tablissement des premi&#232;res barricades, durement r&#233;prim&#233;e par l'arm&#233;e men&#233;e par le g&#233;n&#233;ral Cavaignac. Le g&#233;n&#233;ral Hippolyte-Marie-Guillaume de Rosnyvinen de Pir&#233; a fourni le t&#233;moignage suivant, inattendu, de l'attitude des insurg&#233;s de la barricade de la rue Nationale-Saint-Martin ce jour-l&#224; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Citoyens repr&#233;sentants, entr&#233; le premier &#224; la ba&#239;onnette, le 23 juin, dans la barricade de la rue Nationale-Saint-Martin, je me suis vu quelques instants seul au milieu des insurg&#233;s anim&#233;s d'une exasp&#233;ration indicible. Nous combattions &#224; outrance de part et d'autre ; ils pouvaient me tuer, ils ne l'ont pas fait ! J'&#233;tais dans les rangs de la Garde nationale, en grande tenue d'officier g&#233;n&#233;ral ; ils ont respect&#233; le v&#233;t&#233;ran d'Austerlitz et de Waterloo ! Le souvenir de leur g&#233;n&#233;rosit&#233; ne s'effacera jamais de ma m&#233;moire... Je les ai combattu &#224; mort, je les ai vus braves Fran&#231;ais qu'ils sont ; encore une fois, ils ont &#233;pargn&#233; ma vie ; ils sont vaincus, malheureux, je leur dois le partage de mon pain... Advienne que pourra ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre d'insurg&#233;s tu&#233;s pendant les combats fut estim&#233; entre 3 000 et 5 000 personnes auxquelles s'ajoutent environ 1 500 fusill&#233;s sans jugement. Il y a environ 25 000 arrestations et 11 000 condamnations &#224; la prison ou &#224; la d&#233;portation en Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx et Engels analysent cette r&#233;volution comme l'acte de naissance de l'ind&#233;pendance politique du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article302&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les journ&#233;es r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat parisien en juin 1848&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1848/06/fe18480600.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les journ&#233;es de Juin 1848 par Marx et Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1848/06/km18480629.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution de juin par Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1848/06/fe18480628a.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les journ&#233;es de juin (23 juin) par Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1848/06/fe18480628b.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les journ&#233;es de juin (24 juin) par Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1848/06/fe18480629.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les journ&#233;es de juin (25 juin) par Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1848/07/fe18480701.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution de juin 1848 par Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1856/04/km18560414.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les r&#233;volutions de 1848 et le prol&#233;tariat de Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/03/km18500301b.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les luttes de classes en France de f&#233;vrier &#224; juin 1848 de Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/03/km18500301c.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les luttes de classes en France de juin 1848 &#224; juin 1849 de Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1848/06/fe18480626a.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;tails sur le 23 juin de Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1848/06/fe18480628c.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le 23 juin de Marx et Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/marx/works/1850/class-struggles-france/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Class Struggles in France, 1848 to 1850&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Writings of Marx and Engels upon 1848&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/letters/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Letters of Marx and Engels : 1848&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/12/15.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Bourgeoisie and the Counter-Revolution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article201&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les r&#233;volutions de 1848 &#224; 1871&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques r&#233;cits et analyses d'amis, d'ennemis et d'observateurs de la r&#233;volution de juin :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;24 juin 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 h. &#224; l'assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un repr&#233;sentant qu'il ne conna&#238;t pas, un certain Belley, ing&#233;nieur et &#034;r&#233;publicain rouge &#034; vient de s'asseoir pr&#232;s de lui et lui dit : Monsieur Victor Hugo, la place Royale est br&#251;l&#233;e ; on a mis le feu &#224; votre maison ; les insurg&#233;s sont entr&#233;s par la petite porte sur le cul de sac Gu&#233;m&#233;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sursaut de Hugo, impression que tout son sang reflue vers son c&#339;ur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et ma famille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En s&#251;ret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le doute, tout &#224; coup :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comment le savez-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J'en arrive. J'ai pu, n'&#233;tant pas connu, franchir les barricades pour arriver jusqu'ici. Votre famille s'&#233;tait r&#233;fugi&#233;e d'abord &#224; la mairie. J'y &#233;tais aussi. Voyant le danger grossir, j'ai engag&#233; Mme Victor Hugo &#224; chercher quelque autre asile. Elle a trouv&#233; abri, avec ses enfants, chez un fumiste appel&#233; Martignoni qui demeure &#224; c&#244;t&#233; de votre maison, sous les arcades. Hugo conna&#238;t cette famille Martignoni. Un peu rassur&#233;, il interroge :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et o&#249; en est l'&#233;meute ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est une r&#233;volution. L'insurrection est ma&#238;tresse de Paris en ce moment. Nous sommes perdus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo se l&#232;ve en h&#226;te, s'&#233;lance vers le cabinet o&#249; si&#232;ge la Commission ex&#233;cutive. Il pousse la porte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je me trouvai brusquement face &#224; face avec tous ces hommes qui &#233;taient le pouvoir. Cela ressemblait plut&#244;t &#224; une cellule o&#249; des accus&#233;s entendaient leur condamnation qu'&#224; un conseil de gouvernement. M. Ledru-Rollin, tr&#232;s rouge, &#233;tait assis, une fesse sur la table. M. Garnier-Pag&#232;s, tr&#232;s p&#226;le, et &#224; demi couch&#233; sur un grand fauteuil, faisait une antith&#232;se avec lui. Le contraste &#233;tait complet, Garnier-Pag&#232;s et chevelu, Ledru-Rollin gras et tondu. Deux ou trois colonels dont &#233;tait le repr&#233;sentant Charras causaient dans un coin, Je ne me rappelle Arago que vaguement. Je ne me souviens plus M. Marie &#233;tait l&#224;. Il faisait le plus beau soleil du monde. M. de Lamartine, debout dans l'embrasure de la fen&#234;tre de gauche, causait avec un g&#233;n&#233;ral en grand uniforme, que je voyais pour la premi&#232;re et pour la derni&#232;re fois, et qui &#233;tait N&#233;grier. N&#233;grier fut tu&#233; le soir m&#234;me jour devant une barricade. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo va tout droit &#224; Lamartine qui, de son c&#244;t&#233;, fait quelques pas vers lui. Il est &#034;bl&#234;me, d&#233;fait, la barbe longue l'habit non bross&#233; et tout poudreux &#034;. Il lui tend la main :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah ! bonjour Hugo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo dira que, du dialogue qui s'est engag&#233;, les moindres mots sont rest&#233;s pr&#233;sents &#224; son souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; O&#249; en sommes-nous, Lamartine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous sommes foutus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce que cela veut dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cela veut dire que dans un quart d'heure l'Assembl&#233;e. sera envahie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comment ! Et les troupes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il n'y en a pas,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais vous m'avez dit mercredi et r&#233;p&#233;t&#233; hier, que vous aviez soixante mille hommes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je le croyais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Comment, vous le croyiez ! Vous, vous &#234;tes born&#233; &#224; le croire ! Vous ne vous en &#234;tes pas assur&#233;, vous, gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re de Hugo monte. Sa voix s'enfle pour reprocher a Lamartine son inaction. Pourquoi n'a-t-il pas fait venir les garnisons dans un rayon de quarante lieues ? On disposerait, tout de suite de trente mille hommes. Quand Lamartine lui r&#233;pond que des ordres ont &#233;t&#233; donn&#233;s et qu'ils n'ont pas &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s, Hugo - &#034;indign&#233;, hors de moi, injuste &#034; s'&#233;crie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ah &#231;a ! quelqu'un trahit ici !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vient annoncer que l'Assembl&#233;e a vot&#233; l'&#233;tat de si&#232;ge. Un peu plus tard, l'Assembl&#233;e nommera le g&#233;n&#233;ral Cavaignac chef du pouvoir ex&#233;cutif, le chargeant de ramener Paris &#224; la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral N&#233;grier para&#238;t, reconna&#238;t Hugo, vient &#224; lui :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Monsieur Victor Hugo, je viens vous rassurer, j'ai des nouvelles de la place Royale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien, g&#233;n&#233;ral ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Votre famille est sauv&#233;e, mais votre maison est br&#251;l&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo affirme qu'il a r&#233;pondu : &#034; Qu'est-ce que cela fait. Ce qui aurait provoqu&#233; cette noble r&#233;action de N&#233;grier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je vous comprends. Ne songeons plus qu'&#224; une chose. Sauvons le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; place Royale ? Le repr&#233;sentant Belley comme le g&#233;n&#233;ral N&#233;grier ont &#233;t&#233; &#224; la fois bien et mal inform&#233;s. La v&#233;rit&#233; est que par les issues de la mairie et par le cul-de-sac Gu&#233;m&#233;n&#233;, deux colonnes d'insurg&#233;s ont occup&#233; la place. Pour pouvoir mieux tirer sur la petite troupe qui y est, les r&#233;volt&#233;s ont envahi le premier &#233;tage de la mairie ainsi que, au num&#233;ro 6, l'appartement des Hugo, abandonn&#233; quelques instants plus t&#244;t par Ad&#232;le et ses enfants. Des cris se sont &#233;lev&#233;s contre Hugo, cet ennemi du peuple, ce r&#233;actionnaire qui a r&#233;clam&#233; la fermeture des Ateliers nationaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme a cri&#233; qu'il fallait br&#251;ler la maison. On est all&#233; couper des branches aux arbres de la place. Le 24 juin, c'est la Saint-Jean. Bonne occasion. avec la demeure de l'ancien pair de France, de faire un feu de joie ! On accumule le bois sous les fen&#234;tres, on l'enflamme. C'est l&#224; ce qu'a vu le repr&#233;sentant Belley. Mais le bois est vert. il br&#251;le mal. Malgr&#233; les efforts r&#233;it&#233;r&#233;s de plusieurs insurg&#233;s, le feu s'&#233;teint. On renonce. Belley est d&#233;j&#224; loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les troupes de la ligne ont &#233;vacu&#233; la place. La col&#232;re des insurg&#233;s est tomb&#233;e. Maintenant, chez Victor Hugo, ils visitent. ils sont arm&#233;s de piques. de haches, de vieux fusils, de sabres. Leur chef, un ancien ma&#238;tre d'&#233;cole du nom de Gobert, a donn&#233; des ordres rigoureux : on ne touche &#224; rien ! En deux mois, il a expliqu&#233; aux autres qui &#233;tait Victor Hugo. Silencieux, un peu g&#234;n&#233;s, vaguement admiratifs, les hommes vont de pi&#232;ce en pi&#232;ce. Pas un meuble n'est effleur&#233;, &#224; I'exception , dans la chambre d'Ad&#232;le, d'un berceau conserv&#233; comme une relique, celui o&#249; l'on a pos&#233; Ad&#232;le II le jour de sa naissance Un insurg&#233; le pousse doucement du bout des doigts et le berceau reprend vie. Les hommes p&#233;n&#232;trent dans le cabinet du po&#232;te. Tout y est &#233;pars, &#034;dans le tranquille d&#233;sordre du travail commenc&#233; &#034;. Sur la table, Hugo a laiss&#233; des bijoux, cachet en cristal de roche, deux autres en argent, un en or cisel&#233; par Froment-Meurice, et surtout cette boussole qui porte la date 1489 et l'inscription &#034;la Pinta&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gobert explique non sans solennit&#233; : &#034; Cette boussole a d&#233;couvert l'Am&#233;rique.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le bureau, des feuilles en tas couvertes de la grande &#233;criture de Hugo. Gobert le premier, les autres apr&#232;s lui se penchent. Sur l'un des feuillets, un titre : les Mis&#232;res. Un instant, dans le silence revenu, les hommes ont m&#233;dit&#233; sur ce titre : les Mis&#232;res. Puis ils s'en sont all&#233;s sans rien dire. Hugo &#224; Alphonse Karr : &#171; Vous avez su par les journaux, cher ami, l'invasion de ma maison par les insurg&#233;s. Je leur dois cette justice et je la leur rends volontiers, qu'ils ont tout respect&#233; chez moi ; ils en sont sortis comme ils y &#233;taient entr&#233;s. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, il a fallu plus de trois jours &#224; Hugo pour le savoir. Le 24, dans l'apr&#232;s-midi, il est dans la rue. Pour lui aucune h&#233;sitation possible. Son devoir est du c&#244;te du gouvernement l&#233;gal, c'est-&#224;-dire de l'ordre. L'insurrection jure qu'elle veut &#233;tablir une r&#233;publique v&#233;ritable ? Hugo r&#233;pond que le moyen choisi a pour r&#233;sultat le meurtre de cette r&#233;publique. L'insurrection tue ce qu'elle veut sauver : &#034; M&#233;prise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;fatale &#034;. Il ne reviendra pas sur ce jugement. Quatorze ans plus tard, publiant les Mis&#233;rables, il dira encore que &#034; cette &#233;meute extraordinaire o&#249; l'on sentit la sainte anxi&#233;t&#233; du travail r&#233;clamant ses droits &#034;, il fallait la combattre &#034; et c'&#233;tait le devoir, car elle attaquait la r&#233;publique &#034;. Il d&#233;finira l'insurrection de Juin : &#034; Une r&#233;volte du peuple contre lui-m&#234;me.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelle compr&#233;hension envers ceux qui se sont insurg&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accabl&#233; de tristesse, il m&#233;dite devant la barricade qui barre l'entr&#233;e du faubourg Saint-Antoine. Il la voit monstrueuse, &#034; ravin&#233;e, d&#233;chiquet&#233;e, dentel&#233;e, hach&#233;e, cr&#233;nel&#233;e d'une immense d&#233;chirure. contrebut&#233;e de monceaux qui &#233;taient eux-m&#234;mes des bastions, poussant des caps &#231;a et l&#224;, puissamment adoss&#233;e aux deux grands promontoires de maisons du faubourg &#034;. Il est saisi, meurtri :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Rien qu'&#224; la voir, on sentait dans le faubourg l'immense souffrance agonisante, arriv&#233;e &#224; cette minute extr&#234;me o&#249; une d&#233;tresse veut devenir une catastrophe... C'&#233;tait la collaboration du pav&#233;, du moellon, de la poudre, de la balle de fer, du chiffon, du carreau d&#233;fonc&#233;, de la chaise d&#233;paill&#233;e, du trognon de chou, de la loque, de la guenille et de la mal&#233;diction. C'&#233;tait grand et c'&#233;tait petit. C'&#233;tait l'ab&#238;me parodi&#233; sur place par le tohu-bohu. La masse pr&#232;s de l'atome ; le pan de mur arrach&#233; et l'&#233;cuelle cass&#233;e : une fraternisation mena&#231;ante de tous les d&#233;bris : Sisyphe avait jet&#233; l&#224; son rocher et Job son tesson. En somme, terrible, &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de matin&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article840&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Observations de Victor Hugo et de Alexis de Tocqueville sur la r&#233;volution de 1848&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k235594.r=Marie+d%E2%80%99Agoult.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution de 1848 par Marie d'Agoult alias Daniel Stern (tome 1)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k23560b.r=Marie+d%E2%80%99Agoult.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution de 1848 par Marie d'Agoult alias Daniel Stern (tome 2)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1974_num_29_5_293538&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le peuple de juin 1848&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56980272.r=Journ%C3%A9es+de+juin+1848%2C+%C3%A9crites.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Journ&#233;es de l'insurrection&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5606963x.r=guerre+civile.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;80 heures de guerre civile&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5697423g&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6471436d.r=Journ%C3%A9es+de+juin+1848%2C+%C3%A9crites.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;cits de t&#233;moins&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5697347j.r=Journ%C3%A9es+de+juin+1848%2C+%C3%A9crites.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pr&#233;cis historique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5607503k.r=Journ%C3%A9es+de+juin+1848%2C+%C3%A9crites.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Souvenirs personnels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5606573x.r=Journ%C3%A9es+de+juin+1848%2C+%C3%A9crites.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les &#233;v&#233;nements de Paris&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56980272.r=Journ%C3%A9es+de+juin+1848%2C+%C3%A9crites.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;cit d'un garde national&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5697423g.r=Journ%C3%A9es+de+juin+1848%2C+%C3%A9crites.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un r&#233;cit&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5606703z.r=Journ%C3%A9es+de+juin+1848%2C+%C3%A9crites.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Relation des principaux &#233;v&#233;nements&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5697325z.r=Journ%C3%A9es+de+juin+1848%2C+%C3%A9crites.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'insurrection&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6471872n.r=Journ%C3%A9es+de+juin+1848%2C+%C3%A9crites.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un r&#233;cit en faveur des massacreurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que le prol&#233;tariat au sens de Marx ?</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article3669</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article3669</guid>
		<dc:date>2015-04-26T00:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que le prol&#233;tariat au sens de Marx ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas une couche sociale au sens de la sociologie ! C'est une classe historique, jouant un r&#244;le r&#233;volutionnaire dans l'histoire ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Marx et la dictature du prol&#233;tariat &lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;volutions de 1848 et le prol&#233;tariat, Karl Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ind&#233;pendance politique du prol&#233;tariat &lt;br class='autobr' /&gt;
Marx et Engels, militant au sein du prol&#233;tariat &lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat industriel &lt;br class='autobr' /&gt;
L'attitude de la bourgeoisie &#224; l'&#233;gard du prol&#233;tariat &lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat anglais &lt;br class='autobr' /&gt;
Quel programme (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;01- Le prol&#233;tariat classe r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que le prol&#233;tariat au sens de Marx ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une couche sociale au sens de la sociologie ! C'est une classe historique, jouant un r&#244;le r&#233;volutionnaire dans l'histoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4605&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marx et la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article132&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les r&#233;volutions de 1848 et le prol&#233;tariat, Karl Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2302&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'ind&#233;pendance politique du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2837&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marx et Engels, militant au sein du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315_1.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat industriel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315_11.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'attitude de la bourgeoisie &#224; l'&#233;gard du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1848/08/fe18480801.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat anglais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1875/05/18750500.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quel programme pour le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3367&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat et les autres classes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article53&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat, classe r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://culture.revolution.free.fr/en_question/2002-03-28-Le_proletariat_mondial.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat mondial : classe protestataire ou classe r&#233;volutionnaire ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3568&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la r&#233;volution prol&#233;tarienne socialiste doit &#234;tre mondiale et non nationale ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3334&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi avons-nous confiance dans les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3580&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'auto-organisation des prol&#233;taires &#224; travers l'histoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article423&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bibliographie de la classe ouvri&#232;re, des prol&#233;taires, de la seule classe qui ouvre un avenir &#224; l'humanit&#233;...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3587&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un monde plus que jamais divis&#233; en classes sociales, en exploiteurs et exploit&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3163&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la classe ouvri&#232;re devient une force politique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article173&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Engels sur la naissance du prol&#233;tariat anglais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3060&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'apparition en Europe d'une classe nouvelle, le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3251&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Front populaire ou front prol&#233;tarien ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2883&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La force des prol&#233;taires, c'est d'abord leur nombre ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3560&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Extraits de romans sur le prol&#233;tariat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article539&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pens&#233;es sur le cours de la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article883&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1871 : pour la premi&#232;re fois les prol&#233;taires prennent le pouvoir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1185&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Commune de Paris de 1871&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3402&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat ne peut pas se contenter de prendre tel quel le pouvoir d'Etat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article372&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De la r&#233;volution bourgeoise &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article156&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne en Russie en 1905&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La premi&#232;re guerre mondiale a &#233;t&#233; organis&#233;e pour &#233;craser la mont&#233;e de la r&#233;ovlution prol&#233;tarienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2446&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment la r&#233;volution prol&#233;tarienne a commenc&#233; en Allemagne en 1918&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2075&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Europe a &#233;chou&#233; apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1529&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La bureaucratie russe, le pire ennemi du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire mondial&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article795&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1936 : La r&#233;volution prol&#233;tarienne a commenc&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article94&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deuxi&#232;me guerre mondiale : le stalinisme s'allie avec l'imp&#233;rialisme pour combattre la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article63&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne en Asie &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2700&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution prol&#233;tarienne en Hongrie en 1956&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article249&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Iran 1979 : quand la r&#233;volution prol&#233;tarienne ne va pas jusqu'&#224; son terme, c'est la contre-r&#233;volution qui y va&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1555&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1984 : la r&#233;volution prol&#233;tarienne commen&#231;ait en Ha&#239;ti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article95&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne en Afrique du sud, trahie par la petite bourgeoisie nationaliste et le parti stalinien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1912&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Maghreb et monde arabe : r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise ou r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1957&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vague de r&#233;volte des prol&#233;taires et vague de peur de la classe capitaliste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4668&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vive la lutte des enfants prol&#233;taires du monde&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2022&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand les prol&#233;taires cesseront de se laisser amuser par les bonimenteurs r&#233;formistes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3241&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat, la question nationale et le droit des peuples&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3257&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat international n'est ni pro europ&#233;en ni anti europ&#233;en !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique80&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'objectif de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique83&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'organisation du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique82&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La formation de la conscience de classe du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve376&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat, la force d'avenir de la soci&#233;t&#233; humaine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3495&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui d&#233;truit le syndicalisme de classe du prol&#233;tariat ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3068&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syndicalisme de classe, oui, mais de quelle classe ? La bourgeoisie ou le prol&#233;tariat ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2758&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conceptions syndicalistes et conscience prol&#233;tarienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique79&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution permanente, strat&#233;gie du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3270&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Th&#232;ses sur la politique du prol&#233;tariat mondial face &#224; la situation de l'Ukraine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1932&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quel programme pour le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire dans le soul&#232;vement d&#233;but&#233; en Tunisie, en Egypte et en Alg&#233;rie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1494&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le soviet, organisation autonome du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi la r&#233;volution prol&#233;tarienne socialiste doit &#234;tre mondiale et non nationale ?</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article3568</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article3568</guid>
		<dc:date>2015-02-20T01:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pourquoi la r&#233;volution prol&#233;tarienne socialiste doit &#234;tre mondiale et non nationale ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Manifeste du parti communiste de Karl Marx n'indiquait pas de nation ! Le Manifeste du prol&#233;tariat international &lt;br class='autobr' /&gt;
L'internationale communiste de L&#233;nine et Trotsky Principaux textes de l'Internationale communiste de L&#233;nine et de Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
Les fondements de l'internationalisme r&#233;volutionnaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat international est-il une force capable de donner un avenir &#224; l'humanit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les grandes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;01- Le prol&#233;tariat classe r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi la r&#233;volution prol&#233;tarienne socialiste doit &#234;tre mondiale et non nationale ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Manifeste du parti communiste de Karl Marx n'indiquait pas de nation !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5438 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/gif/-28.gif' width=&#034;161&#034; height=&#034;259&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/Engels_Marx/manifeste_communiste/manifeste_communiste.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Manifeste du prol&#233;tariat international&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'internationale communiste de L&#233;nine et Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5439 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/gif/-29.gif' width=&#034;490&#034; height=&#034;324&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Principaux textes de l'Internationale communiste de L&#233;nine et de Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article264&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les fondements de l'internationalisme r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3334&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat international est-il une force capable de donner un avenir &#224; l'humanit&#233; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1896&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les grandes vagues r&#233;volutionnaires internationales du pass&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2075&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution n'&#233;tait pas russe mais une vague r&#233;volutionnaire en Europe, au Moyen Orient et en Asie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1054&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce que repr&#233;sentait la r&#233;volution russe pour le prol&#233;tariat mondial&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1427&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Seule la r&#233;volution mondiale pouvait triompher&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3451&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution qui vient&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3401&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'alternative : guerre mondiale ou r&#233;volution mondiale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le programme international du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3399&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Et &#224; l'&#233;poque de Marx ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La premi&#232;re guerre mondiale, d&#233;j&#224; une r&#233;ponse &#224; la mont&#233;e de la r&#233;volution mondiale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3446&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine n'a jamais d&#233;fendu le &#171; socialisme dans un seul pays &#187; de Staline&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1418&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contre le socialisme dans un seul pays&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1384&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelques mensonges sur la &#034;construction stalinienne du socialisme&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1875&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De l'internationalisme de L&#233;nine au nationalisme de Staline&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve505&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le dernier combat de L&#233;nine contre le nationalisme russe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article53&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat, une classe mondiale qui a des perspectives internationales face au capitalisme mondial&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1962&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volution internationale : le prol&#233;tariat est la deuxi&#232;me puissance du monde&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article473&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quel programme pour le prol&#233;tariat international&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2989&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marxisme contre nationalisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2049&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le nationalisme, l'ennemi mortel de la classe ouvri&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3241&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat, la question nationale et le droit des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2971&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Karl Marx et la question nationale irlandaise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1525&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marxisme et question nationale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article313&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Question nationale et r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1570&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine et la question des nationalit&#233;s dans l'Etat ouvrier en voie de bureaucratisation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2061&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le patriotisme &#233;conomique, une solution ou un poison ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2846&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La &#171; faute de l'&#233;tranger &#187;&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA QUESTION NE PEUT &#202;TRE TRANCH&#201;E QUE SUR L'AR&#200;NE DE LA R&#201;VOLUTION MONDIALE
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle doctrine dit : le socialisme peut &#234;tre construit sur la base d'un &#201;tat national, s'il n'y a pas d'intervention. De l&#224; peut et doit d&#233;couler, en d&#233;pit de toutes les d&#233;clarations solennelles du projet de programme, une politique de collaboration avec la bourgeoisie de l'ext&#233;rieur. Le but est d'&#233;viter l'intervention : en effet, la construction du socialisme &#233;tant ainsi assur&#233;e, la question historique fondamentale sera r&#233;solue. La t&#226;che des partis de l'Internationale communiste prend alors un caract&#232;re secondaire : prot&#233;ger l'U.R.S.S, des interventions et non pas lutter pour la conqu&#234;te du pouvoir. Il ne s'agit pas, certes, d'intentions subjectives, mais d'une logique objective de la pens&#233;e politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; La divergence ici &#8211; dit Staline &#8211; consiste en ce que le parti consid&#232;re que ces contradictions (internes) et ces conflits &#233;ventuels sont parfaitement surmontables sur la base des propres forces de notre r&#233;volution, tandis que le camarade Trotsky et l'Opposition consid&#232;rent que ces contradictions et conflits ne peuvent se r&#233;gler qu'&#224; l'&#233;chelle internationale, sur l'ar&#232;ne de la r&#233;volution mondiale du prol&#233;tariat &#034; (Pravda, n&#176; 262, 12 novembre 1926).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la divergence s'exprime pr&#233;cis&#233;ment en ces termes. On ne saurait mieux formuler la contradiction qui existe entre le national-r&#233;formisme et l'internationalisme r&#233;volutionnaire. Si nos difficult&#233;s, nos obstacles, nos contradictions internes, qui refl&#232;tent les contradictions mondiales, peuvent &#234;tre surmont&#233;s uniquement par &#034; les forces propres de notre r&#233;volution &#034; hors de l'ar&#232;ne de la r&#233;volution mondiale, alors l'Internationale est une institution &#224; moiti&#233; auxiliaire, &#224; moiti&#233; d&#233;corative, dont on peut convoquer le Congr&#232;s tous les quatre ans, tous les dix ans ou m&#234;me jamais. Si l'on ajoute que le prol&#233;tariat des autres pays doit prot&#233;ger notre construction contre l'intervention militaire, alors d'apr&#232;s ce sch&#233;ma l'Internationale doit jouer le r&#244;le d'un instrument pacifiste. Son r&#244;le fondamental d'outil de la r&#233;volution mondiale passe in&#233;vitablement &#224; l'arri&#232;re-plan. Et, r&#233;p&#233;tons-le, cela se produit non pas d'apr&#232;s des intentions conscientes (au contraire, toute une s&#233;rie de passages du programme t&#233;moignent des excellentes intentions des auteurs), mais comme cons&#233;quence de la logique interne de la nouvelle th&#233;orie : ce qui est mille fois plus dangereux que les pires intentions subjectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, en effet, au VIIe pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'Internationale communiste, Staline avait os&#233; d&#233;velopper et d&#233;montrer l'id&#233;e suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Notre parti n'a pas le droit de tromper (!) la classe ouvri&#232;re ; il aurait d&#251; dire franchement que le manque de certitude (!) sur la possibilit&#233; de construire le socialisme dans notre pays m&#232;ne &#224; l'abandon du pouvoir et &#224; la transformation de notre parti, devenant, de parti dirigeant, parti d'opposition &#034; (Compte rendu st&#233;nographique, vol. Il, p. 10 -soulign&#233; par nous-).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie : &#034;Tu as seulement le droit d'esp&#233;rer dans les maigres ressources de l'&#233;conomie nationale ; tu ne peux pas esp&#233;rer quelque chose des ressources infinies du prol&#233;tariat international. Si tu ne peux te passer de la r&#233;volution internationale, laisse le pouvoir, ce pouvoir d'octobre conquis dans l'int&#233;r&#234;t de la r&#233;volution internationale&#034;. Voil&#224; &#224; quelle d&#233;ch&#233;ance on peut aboutir quand on part d'une position radicalement fausse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d&#233;veloppe une id&#233;e incontestable quand il dit que les succ&#232;s &#233;conomiques de l'U.R.S.S. ne peuvent &#234;tre dissoci&#233;s de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale. Mais le danger politique de la nouvelle th&#233;orie r&#233;side dans la comparaison erron&#233;e &#233;tablie entre les deux leviers du socialisme mondial : nos r&#233;alisations &#233;conomiques et la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale. Sans la victoire de cette derni&#232;re, nous ne construirons pas le socialisme. Les ouvriers d'Europe et du monde entier doivent comprendre clairement cela. La construction &#233;conomique a une importance &#233;norme. Si la direction se trompe, la dictature du prol&#233;tariat s'affaiblit ; sa chute porterait un tel coup &#224; la r&#233;volution internationale que celle-ci ne s'en remettrait pas avant toute une longue suite d'ann&#233;es. Mais la d&#233;cision du proc&#232;s historique entre le monde du socialisme et le monde du capitalisme d&#233;pend du second levier, c'est-&#224;-dire de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale. L'importance gigantesque de l'Union sovi&#233;tique vient de ce qu'elle est la base d'appui de la r&#233;volution mondiale et non pas de sa capacit&#233; &#224; construire le socialisme ind&#233;pendamment de la r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un ton de sup&#233;riorit&#233; que rien ne justifie, Boukharine, &#224; plusieurs reprises nous a demand&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; S'il existe d&#233;j&#224; des &#233;l&#233;ments de d&#233;part, si la base est suffisante et si m&#234;me l'&#339;uvre de construction du socialisme a connu un certain succ&#232;s, o&#249; est la limite &#224; partir de laquelle tout &#034; se fait &#034; en sens inverse &#034; ? Une telle limite n'existe pas &#034; (Compte rendu st&#233;nographique du VIIe Pl&#233;num du Comit&#233; ex&#233;cutif de l'Internationale communiste, p. 116).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de la mauvaise g&#233;om&#233;trie et non de la dialectique historique. Une telle &#034; limite &#034; peut exister. Il peut en exister plusieurs sur le plan int&#233;rieur et international, et aussi dans les domaines politique, &#233;conomique et militaire. La &#034; limite &#034; la plus importante et la plus mena&#231;ante serait une s&#233;rieuse et durable consolidation, une nouvelle mont&#233;e du capitalisme mondial. La question &#233;conomique et politique d&#233;bouche donc sur l'ar&#232;ne mondiale. La bourgeoisie peut-elle s'assurer une nouvelle &#233;poque de croissance capitaliste ? Nier une telle possibilit&#233;, compter sur &#034; la situation sans issue &#034; du capitalisme, serait simplement du verbalisme r&#233;volutionnaire. &#034; Il n'y a pas de situation absolument sans issue &#034; (L&#233;nine). L'&#233;tat actuel d'&#233;quilibre instable o&#249; se trouvent les classes dans les pays europ&#233;ens &#8211; pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de cette instabilit&#233; &#8211; ne peut durer ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Staline et Boukharine d&#233;montrent que l'U.R.S.S. peut, en tant qu'&#201;tat (c'est-&#224;-dire dans ses rapports avec la bourgeoisie mondiale), se passer de l'aide du prol&#233;tariat &#233;tranger, ils font preuve du m&#234;me aveuglement que dans les autres cons&#233;quences de leur erreur fondamentale ; car l'actuelle sympathie active des masses ouvri&#232;res nous prot&#232;ge de l'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est absolument indiscutable qu'apr&#232;s le sabotage par la social-d&#233;mocratie de l'insurrection du prol&#233;tariat europ&#233;en contre la bourgeoisie qui a suivi la guerre, l'active sympathie des masses ouvri&#232;res a sauv&#233; la R&#233;publique sovi&#233;tique. Durant ces derni&#232;res ann&#233;es, la bourgeoisie europ&#233;enne n'a pas trouv&#233; des forces suffisantes pour conduire une grande guerre contre l'&#201;tat ouvrier. Mais penser qu'un tel rapport de forces peut se maintenir pendant de longues ann&#233;es, par exemple jusqu'&#224; la construction du socialisme en U.R.S.S., serait faire preuve du plus grand aveuglement et juger de toute une courbe d'apr&#232;s un petit segment. Une situation aussi instable, o&#249; le prol&#233;tariat ne peut prendre le pouvoir et o&#249; la bourgeoisie ne se sent pas pleinement ma&#238;tresse chez elle, doit, t&#244;t ou tard, une ann&#233;e ou l'autre, tourner dans un sens ou dans l'autre, vers la dictature du prol&#233;tariat ou vers la consolidation s&#233;rieuse et durable de la bourgeoisie sur le dos des masses populaires, sur les ossements des peuples coloniaux et, qui sait, sur les n&#244;tres. &#034; Il n'y a pas de situation absolument sans issue. &#034; La bourgeoisie peut surmonter ses contradictions les plus p&#233;nibles uniquement en suivant la voie ouverte par les d&#233;faites du prol&#233;tariat et les fautes de la direction r&#233;volutionnaire. Mais la r&#233;ciproque est &#233;galement vraie. Il n'y aura plus de nouvelle mont&#233;e du capitalisme mondial (dans la perspective d'une nouvelle &#233;poque de grands bouleversements) si le prol&#233;tariat sait trouver le moyen de sortir de la pr&#233;sente situation instable par la voie r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Il faut d&#233;montrer maintenant par l'action pratique des partis r&#233;volutionnaires &#8211; disait L&#233;nine, le 19 juillet I920, au IIe Congr&#232;s &#8211; qu'ils poss&#232;dent suffisamment de conscience, de sens de l'organisation, de liens avec les masses exploit&#233;es, d'esprit de d&#233;cision et de savoir-faire pour exploiter cette crise au profit d'une victoire de la r&#233;volution &#034; (L&#201;NINE, &#338;uvres, vol. XXXI, p. 234 de l'&#233;dition fran&#231;aise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; nos contradictions internes, qui d&#233;pendent directement de la marche de la lutte en Europe et dans le monde, elles peuvent &#234;tre intelligemment r&#233;glement&#233;es et att&#233;nu&#233;es par une politique int&#233;rieure juste, fond&#233;e sur la pr&#233;vision marxiste ; mais on ne pourra en triompher totalement qu'en &#233;liminant les contradictions des classes, ce dont il ne peut &#234;tre question avant que ne se produise et triomphe la r&#233;volution europ&#233;enne. Staline a raison : la divergence se situe pr&#233;cis&#233;ment l&#224; ; c'est elle qui s&#233;pare fondamentalement le nationalisme r&#233;formiste de l'internationalisme r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA TH&#201;ORIE DU SOCIALISME DANS UN SEUL PAYS, SOURCE DES ERREMENTS SOCIAUX-PATRIOTIQUES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du socialisme dans un seul pays conduit in&#233;vitablement &#224; sous-estimer les difficult&#233;s dont il faut triompher et &#224; exag&#233;rer les r&#233;alisations acquises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne trouve pas d'affirmation plus anti-socialiste et anti-r&#233;volutionnaire que la d&#233;claration de Staline pr&#233;tendant que les 9/10 du socialisme sont r&#233;alis&#233;s chez nous. Elle semble sp&#233;cialement calcul&#233;e pour le bureaucrate suffisant. De cette fa&#231;on, on peut compromettre irr&#233;m&#233;diablement l'id&#233;e de la soci&#233;t&#233; socialiste aux yeux des masses travailleuses. Les succ&#232;s du prol&#233;tariat sovi&#233;tique sont &#233;normes si l'on consid&#232;re les conditions dans lesquelles ils ont &#233;t&#233; obtenus et le faible niveau de l'h&#233;ritage culturel. Mais ces r&#233;sultats p&#232;sent peu sur la balance de l'id&#233;al socialiste. Afin de ne pas couper les bras &#224; l'ouvrier, au journalier, au paysan pauvre &#8211; qui en l'an XI de la r&#233;volution, voient autour d'eux la mis&#232;re, la g&#234;ne, le ch&#244;mage, les queues devant les boulangeries, l'analphab&#233;tisme, les enfants vagabonds, l'ivrognerie, la prostitution &#8211; il faut dire la v&#233;rit&#233;, si cruelle qu'elle soit, et non pas un agr&#233;able mensonge. Au lieu de leur mentir en assurant que les 9/10 du socialisme seraient d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;s, il faut leur dire qu'actuellement, notre niveau &#233;conomique et nos conditions de vie et de culture nous situent bien plus pr&#233;s du capitalisme arri&#233;r&#233; et inculte que de la soci&#233;t&#233; socialiste. Il faut leur dire que nous ne marcherons sur la voie de la v&#233;ritable construction du socialisme qu'apr&#232;s la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat des pays les plus avanc&#233;s ; qu'il faut travailler &#224; cette construction sans rel&#226;che et en se servant de deux leviers : l'un court, qui est celui de nos efforts &#233;conomiques int&#233;rieurs et l'autre long, qui est celui de la lutte internationale du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un mot, au lieu des phrases de Staline sur les 9/10 de socialisme, il faut leur rappeler les paroles de L&#233;nine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; La Russie (indigente) ne deviendra telle (abondante) que si elle rejette tout d&#233;couragement et toute phras&#233;ologie, que si serrant les dents, elle rassemble toutes ses forces, tendant chaque nerf et chaque muscle, que si elle comprend que le salut est possible seulement dans la voie de la r&#233;volution socialiste internationale, dans laquelle nous sommes entr&#233;s. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu entendre des militants en vue de l'Internationale communiste avancer l'argument suivant : certes, la th&#233;orie du socialisme dans un seul pays n'a pas de consistance, mais dans des conditions difficiles elle offre une perspective aux ouvriers russes, et, de ce fait, leur donne du courage. Il est difficile de mesurer la profondeur de la chute, en mati&#232;re de th&#233;orie, pour ceux qui cherchent dans un programme non un moyen d'orientation, moyen de classe scientifiquement fond&#233;, mais une consolation morale. Les th&#233;ories consolatrices qui contredisent les faits rel&#232;vent de la religion et non de la science, cette religion qui est &#034; l'opium du peuple &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre parti a travers&#233; sa p&#233;riode h&#233;ro&#239;que avec un programme enti&#232;rement ax&#233; sur la r&#233;volution internationale et non pas sur le socialisme dans un seul pays. Sous un &#233;tendard qui disait que la Russie arri&#233;r&#233;e ne construirait pas le socialisme par ses seules forces, la jeunesse communiste a franchi les ann&#233;es les plus dures de la guerre civile, avec la famine, le froid, les p&#233;nibles samedis et dimanches communistes, les &#233;pid&#233;mies, les &#233;tudes men&#233;es le ventre creux, les nombreuses victimes qui tombaient &#224; chaque mouvement en avant. Les membres du parti et des Jeunesses communistes ont lutt&#233; sur tous les fronts, ont tra&#238;n&#233; des poutres dans les gares, non pas parce qu'ils esp&#233;raient construire avec elles l'&#233;difice du socialisme national, mais parce qu'ils servaient la r&#233;volution internationale, qui exige que la forteresse sovi&#233;tique tienne bon ; et pour la forteresse sovi&#233;tique chaque nouvelle poutre a de l'importance. Voil&#224; comment nous abordions la question. Les d&#233;lais ont chang&#233;, se sont d&#233;plac&#233;s (pas tellement d'ailleurs) ; mais la fa&#231;on d'envisager le probl&#232;me, quant aux principes, conserve encore &#224; pr&#233;sent toute sa force. Le prol&#233;taire, le paysan-partisan, le jeune communiste ont prouv&#233; &#224; l'avance, par toute leur conduite ant&#233;rieure &#224; 1925, &#233;poque &#224; laquelle le nouvel &#233;vangile fut pr&#234;ch&#233; pour la premi&#232;re fois, qu'ils n'en avaient pas besoin. Mais il &#233;tait n&#233;cessaire pour le fonctionnaire qui regarde la masse de toute sa hauteur, pour l'administrateur qui lutte pour des miettes et ne veut pas &#234;tre inqui&#233;t&#233;, pour l'homme de l'appareil qui cherche &#224; commander, cach&#233; derri&#232;re la formule salutaire et consolatrice. Ce sont ceux-l&#224; qui pensent que le peuple obscur a besoin d'une &#034; bonne nouvelle &#034; et qu'on ne peut le mener sans une doctrine de consolation. Ce sont ceux-l&#224; qui se saisissent des paroles mensong&#232;res sur les &#034; 9/10 du socialisme &#034;, car cette formule consacre leur position privil&#233;gi&#233;e, leur droit &#224; l'ordre et au commandement, leur d&#233;sir de se lib&#233;rer de la critique des &#034; hommes de peu de foi &#034; et des &#034; sceptiques &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plaintes et les accusations selon lesquelles mettre en doute la possibilit&#233; de la construction du socialisme dans un seul pays, c'est &#233;teindre l'esprit de lutte, tuer l'&#233;nergie, ressemblent, malgr&#233; des conditions diff&#233;rentes, aux reproches que les r&#233;formistes ont toujours lanc&#233;s contre les r&#233;volutionnaires. &#034; Vous dites aux ouvriers qu'ils ne peuvent obtenir d'am&#233;lioration sensible de leur situation dans le cadre de la soci&#233;t&#233; capitaliste &#8211; ainsi s'expriment les r&#233;formistes&#8211;, de ce fait vous tuez en eux l'&#233;nergie de la lutte. &#034; En r&#233;alit&#233;, c'est seulement sous la direction des r&#233;volutionnaires que les ouvriers ont effectivement lutt&#233; pour des conqu&#234;tes &#233;conomiques et des r&#233;formes parlementaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrier qui comprend qu'on ne peut construire le paradis socialiste comme une oasis dans l'enfer du capitalisme mondial et que le sort de la R&#233;publique sovi&#233;tique (et par cons&#233;quent le sien propre) d&#233;pend de la r&#233;volution internationale, accomplira son devoir envers l'U.R.S.S. avec beaucoup plus d'&#233;nergie que l'ouvrier &#224; qui l'on a dit que ce qui existe serait d&#233;j&#224; les &#034; 9/10 du socialisme &#034;. Ici, comme partout, la fa&#231;on r&#233;formiste d'aborder la question frappe non seulement la r&#233;volution mais aussi la r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'article de 1915, d&#233;j&#224; cit&#233;, sur le mot d'ordre des &#201;tats-Unis d'Europe, nous &#233;crivions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Examiner les perspectives de la r&#233;volution sociale dans le cadre national signifierait &#234;tre victime de l'esprit born&#233; qui constitue le fond du social-patriotisme. Jusqu'&#224; la fin de ses jours, Vaillant consid&#233;ra que la France &#233;tait la terre promise de la r&#233;volution sociale ; et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison qu'il voulait la d&#233;fendre jusqu'au bout. Lensch et compagnie (les uns hypocritement, les autres sinc&#232;rement) estimaient que la d&#233;faite de l'Allemagne signifierait, tout d'abord, la destruction du fondement de la r&#233;volution sociale... Dans l'ensemble, il ne faut pas oublier qu'&#224; c&#244;t&#233; du r&#233;formisme le plus vulgaire, il y a aussi dans le social-patriotisme un messianisme r&#233;volutionnaire qui chante les exploits de son Etat national, parce qu'il consid&#232;re que sa situation industrielle, sa forme &#034; d&#233;mocratique &#034; ou ses conqu&#234;tes r&#233;volutionnaires l'appellent pr&#233;cis&#233;ment &#224; conduire l'humanit&#233; au socialisme ou &#224; la &#034; d&#233;mocratie &#034;. Si la victoire de la r&#233;volution pouvait effectivement se concevoir dans le cadre d'une nation mieux pr&#233;par&#233;e, ce messianisme, li&#233; au programme de la d&#233;fense nationale, pourrait avoir une relative justification historique. Mais il n'en est rien. Lutter pour conserver la base nationale de la r&#233;volution par des m&#233;thodes qui minent les liaisons internationales du prol&#233;tariat, c'est en fait ruiner la r&#233;volution. La r&#233;volution ne peut commencer autrement que sur une base nationale, mais elle ne peut s'achever dans ce cadre, &#233;tant donn&#233; l'interd&#233;pendance &#233;conomique, politique et militaire des Etats europ&#233;ens (interd&#233;pendance dont la force n'a jamais &#233;t&#233; aussi manifeste que durant la guerre actuelle). Cette interd&#233;pendance qui conditionnera directement et imm&#233;diatement la coordination des actes du prol&#233;tariat europ&#233;en au cours de la r&#233;volution est pr&#233;cis&#233;ment exprim&#233;e par le mot d'ordre des Etats-Unis d'Europe &#034; (L. TROTSKY, vol. III, I&#176; partie, p. 90-91).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de la fausse interpr&#233;tation qu'il donnait &#224; la pol&#233;mique de 1915, Staline tenta, plus d'une fois, de pr&#233;senter les choses comme si la mention de &#034; l'esprit national &#034; born&#233; visait L&#233;nine. Il est difficile d'imaginer une plus grande absurdit&#233;. Quand il m'arriva de pol&#233;miquer avec L&#233;nine, je le fis toujours ouvertement, guid&#233; seulement par des consid&#233;rations d'id&#233;es. Dans ce cas-ci, il n'&#233;tait nullement question de L&#233;nine. Dans l'article, ceux contre qui porte l'accusation sont franchement nomm&#233;s : Vaillant, Lensch, etc. Il faut se souvenir que 1915 fut l'ann&#233;e de l'orgie social-patriotique et que notre lutte contre elle battait son plein. C'&#233;tait la pierre de touche dans toutes les questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question fondamentale est pos&#233;e correctement dans la citation pr&#233;c&#233;dente : se pr&#233;parer &#224; construire le socialisme dans un seul pays est un proc&#233;d&#233; social-patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patriotisme des sociaux-d&#233;mocrates allemands &#233;tait, au d&#233;but, le patriotisme tr&#232;s l&#233;gitime que leur inspirait leur parti, le plus puissant de la IIe Internationale. La social-d&#233;mocratie allemande voulait construire &#034; sa &#034; soci&#233;t&#233; socialiste sur la base de la haute technique allemande et sur les exceptionnelles qualit&#233;s d'organisation du peuple allemand. Si on laisse de c&#244;t&#233; les bureaucrates endurcis, les carri&#233;ristes, les mercantis parlementaires et les escrocs politiques en g&#233;n&#233;ral, le social-patriotisme du social-d&#233;mocrate du rang d&#233;coulait pr&#233;cis&#233;ment de l'espoir de construire le socialisme allemand. On ne peut tout de m&#234;me pas penser que des centaines de milliers de militants constituant les cadres sociaux-d&#233;mocrates (sans parler des millions d'ouvriers du rang) cherchaient &#224; d&#233;fendre les Hohenzollem ou la bourgeoisie. Non, ils voulaient d&#233;fendre l'industrie allemande, les routes et les chemins de fer allemands, la technique et la culture allemandes, et d'abord les organisations de la classe ouvri&#232;re allemande comme &#034; n&#233;cessaires et suffisants &#034; fondements nationaux du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un processus du m&#234;me ordre se d&#233;roulait en France. Guesde, Vaillant et avec eux des milliers de militants parmi les meilleurs cadres du parti, des centaines de milliers de simples ouvriers, voyaient pr&#233;cis&#233;ment dans la France &#8211; avec ses traditions de r&#233;volte, son h&#233;ro&#239;que prol&#233;tariat, sa population hautement cultiv&#233;e, dou&#233;e de souplesse et de talents &#8211; la terre promise du socialisme. Ce ne sont ni les banquiers ni les rentiers que d&#233;fendaient le vieux Guesde, le communard Vaillant et avec eux des milliers et des centaines de milliers d'honn&#234;tes ouvriers. Ils croyaient sinc&#232;rement d&#233;fendre la base et la force cr&#233;atrice de la soci&#233;t&#233; socialiste future. Au d&#233;part, ils adoptaient pleinement la th&#233;orie du socialisme dans un seul pays ; ils croyaient que c'&#233;tait &#034; provisoirement &#034; qu'ils sacrifiaient, au profit de cette id&#233;e, la solidarit&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison avec les sociaux-patriotes peut appeler l'objection suivante : par rapport &#224; l'&#201;tat sovi&#233;tique le patriotisme est un devoir r&#233;volutionnaire tandis qu'il est une trahison par rapport &#224; l'&#201;tat bourgeois. Cela est vrai. Des r&#233;volutionnaires adultes peuvent-ils m&#234;me discuter une pareille question ? Mais plus on avance et plus une th&#232;se indiscutable sert &#224; camoufler, par des proc&#233;d&#233;s scolastiques, un point de vue faux qui ne doit pas duper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patriotisme r&#233;volutionnaire ne peut avoir qu'un caract&#232;re de classe. Il commence par &#234;tre un patriotisme de parti, de syndicat et devient un patriotisme d'&#201;tat quand le prol&#233;tariat s'empare du pouvoir. L&#224; o&#249; le pouvoir est entre les mains des ouvriers, le patriotisme est un devoir r&#233;volutionnaire. Mais ce patriotisme doit &#234;tre une partie int&#233;grante de l'internationalisme r&#233;volutionnaire. Le marxisme a toujours enseign&#233; aux ouvriers que m&#234;me la lutte pour les salaires et la limitation de la journ&#233;e de travail ne peut &#234;tre victorieuse si elle n'est pas conduite comme une lutte internationale. Et maintenant, voici que l'on d&#233;couvre que l'id&#233;al de la soci&#233;t&#233; socialiste peut &#234;tre r&#233;alis&#233; par les seules forces d'une nation. C'est un coup mortel pour l'Internationale. La ferme conviction que le but fondamental de classe ne peut &#234;tre atteint, encore bien moins que les objectifs partiels, par des moyens nationaux ou dans le cadre national, est au c&#339;ur de l'internationalisme r&#233;volutionnaire. Si l'on peut arriver au but final &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res nationales par les efforts du prol&#233;tariat d'une nation, alors l'&#233;pine dorsale de l'internationalisme est bris&#233;e. La th&#233;orie de la possibilit&#233; du socialisme dans un seul pays rompt les liens qui rattachent le patriotisme du prol&#233;tariat vainqueur au d&#233;faitisme du prol&#233;tariat des pays bourgeois [1] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat des pays capitalistes avanc&#233;s ne fait encore jusqu'ici que progresser vers le pouvoir. Comment avancera-t-il ? Quelles voies empruntera-t-il ? Les solutions d&#233;pendront compl&#232;tement et enti&#232;rement de la r&#233;ponse qu'il donnera &#224; ce probl&#232;me : la construction de la soci&#233;t&#233; socialiste est-elle concevable au niveau national ou est-elle une t&#226;che internationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est possible, en g&#233;n&#233;ral, de r&#233;aliser le socialisme dans un seul pays, on doit admettre cette th&#232;se non seulement apr&#232;s la conqu&#234;te du pouvoir, mais aussi avant. Si le socialisme est r&#233;alisable dans le cadre national de l'U.R.S.S. arri&#233;r&#233;e, il l'est &#224; plus forte raison dans l'Allemagne avanc&#233;e. Demain, les responsables du Parti communiste allemand d&#233;velopperont cette th&#233;orie. Le projet de programme leur donne ce droit. Apr&#232;s-demain viendra le tour du Parti communiste fran&#231;ais. Ce sera le d&#233;but de la d&#233;sagr&#233;gation de l'Internationale communiste suivant la ligne du social-patriotisme. Le parti communiste de n'importe quel &#201;tat capitaliste, convaincu que son pays poss&#232;de tous les fondements &#034; n&#233;cessaires et suffisants &#034; pour construire seul &#034; la soci&#233;t&#233; socialiste int&#233;grale &#034;, ne se distinguera plus, au fond, de la social-d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire, qui, elle non plus, n'a pas commenc&#233; avec Noske, mais qui a d&#233;finitivement sombr&#233; sur cet &#233;cueil le 4 ao&#251;t 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on dit que le fait m&#234;me de l'existence de l'U.R.S.S. est une garantie contre le social-patriotisme &#8211; le patriotisme envers la r&#233;publique ouvri&#232;re &#233;tant un devoir r&#233;volutionnaire &#8211;, on fait preuve pr&#233;cis&#233;ment d'un esprit national born&#233; en appliquant de fa&#231;on unilat&#233;rale une id&#233;e juste : on ne voit que l'U.R.S.S, et on ferme les yeux sur tout le prol&#233;tariat mondial. On ne peut aiguiller celui-ci sur la voie du d&#233;faitisme envers l'&#201;tat bourgeois qu'en abordant le probl&#232;me essentiel dans le programme sous l'angle international, en refusant sans piti&#233; la contrebande social-patriotique, qui, pour le moment, cherche encore &#224; se camoufler en s'infiltrant dans le domaine th&#233;orique du programme de l'Internationale l&#233;niniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas encore trop tard pour revenir dans la voie de Marx et de L&#233;nine. Ce retour ouvrira l'unique chemin qui puisse permettre d'aller de l'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour faciliter ce changement salutaire que nous pr&#233;sentons au VIe Congr&#232;s de l'Internationale communiste notre critique du projet de programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] A sa fondation, l'Internationale communiste pr&#233;conisait pour le prol&#233;tariat des pays imp&#233;rialistes le &#034;d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire&#034; en cas de guerre, c'est-&#224;-dire la poursuite de la lutte des classes sans que soit prise en consid&#233;ration la situation sur le plan militaire, en vue du renversement du pouvoir bourgeois &#224; la faveur des difficult&#233;s que lui suscite la guerre. Trotsky pr&#233;voit ici que le &#034; socialisme dans un seul pays &#034; peut mener &#224; l'abandon de cette conception, qui fut pourtant r&#233;affirm&#233;e au VIe Congr&#232;s. Mais, en 1935, dans une d&#233;claration c&#233;l&#232;bre sign&#233;e par Staline et Laval, &#224; l'&#233;poque pr&#233;sident du Conseil fran&#231;ais, Staline renon&#231;ait &#224; cette conception pour le Parti communiste fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky, extraits de L'internationale communiste apr&#232;s L&#233;nine, 1928&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le prol&#233;tariat mondial : classe protestataire ou classe r&#233;volutionnaire ?</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat mondial : classe protestataire ou classe r&#233;volutionnaire ?&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://culture.revolution.free.fr/en_question/2002-03-28-Le_proletariat_mondial.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat mondial : classe protestataire ou classe r&#233;volutionnaire ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi avons-nous confiance dans les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat ?</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pourquoi avons-nous confiance dans les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Des lecteurs nous r&#233;p&#232;tent : &#171; Vous &#234;tes dans les nuages avec vos propos ultra-r&#233;volutionnaires, vos appels aux soviets, &#224; l'auto-organisation, au renversement du capitalisme alors que les salari&#233;s n'en sont m&#234;me pas &#224; riposter &#224; des attaques de grande ampleur, n'en sont m&#234;me pas &#224; se syndiquer, n'en sont m&#234;me pas &#224; d&#233;fendre activement leurs emplois, leurs salaires et leurs conditions de travail, n'en sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;01- Le prol&#233;tariat classe r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi avons-nous confiance dans les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des lecteurs nous r&#233;p&#232;tent : &#171; Vous &#234;tes dans les nuages avec vos propos ultra-r&#233;volutionnaires, vos appels aux soviets, &#224; l'auto-organisation, au renversement du capitalisme alors que les salari&#233;s n'en sont m&#234;me pas &#224; riposter &#224; des attaques de grande ampleur, n'en sont m&#234;me pas &#224; se syndiquer, n'en sont m&#234;me pas &#224; d&#233;fendre activement leurs emplois, leurs salaires et leurs conditions de travail, n'en sont m&#234;me pas &#224; une conscience &#233;l&#233;mentaire sur le terrain politique, n'en sont m&#234;me pas &#224; voir des fr&#232;res dans les autres prol&#233;taires d'autres origines ou d'autres pays. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien oui, nous ne raisonnons pas ainsi. Nous ne sommes pas affol&#233;s par les attaques anti-sociales, par les graves reculs qui frappent les travailleurs et les milieux populaires, pas d&#233;moralis&#233;s par le niveau actuel des luttes sociales ou par la faiblesse des organisations r&#233;volutionnaires ou encore par le niveau de conscience du prol&#233;tariat. Et d'abord parce que nous n'avons pas id&#233;alis&#233; ce niveau aux &#233;poques pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nostalgiques du pass&#233; sont surtout ceux qui id&#233;alisent l'&#233;poque o&#249; le prol&#233;tariat se revendiquait fi&#232;rement du communisme&#8230; stalinien, c'est-&#224;-dire celui qui &#233;rigeait en mod&#232;le un v&#233;ritable &#233;crasement fasciste de tous les droits prol&#233;tariens, en Russie, dans les pays de l'Est, en Asie ou &#224; Cuba, et une politique contre-r&#233;volutionnaire mondiale&#8230; Nous n'en faisons pas partie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nostalgiques du pass&#233; soi-disant tr&#232;s conscient du prol&#233;tariat sont ceux qui id&#233;alisent le front populaire et sa tromperie consciente des int&#233;r&#234;ts prol&#233;tariens qui a men&#233; au fascisme en France et &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; politique et syndicale, &#171; pratique &#187;, au sein du prol&#233;tariat, comme au sein d'organisations travaillant en son sein, ne suffit pas &#224; avoir une telle confiance et m&#234;me, au contraire, on pourrait dire qu'elle use cette confiance car cette activit&#233; se d&#233;roule dans le cadre d'une collaboration in&#233;vitable entre exploiteurs et exploit&#233;s dans la vie de tous les jours. C'est seulement dans des p&#233;riodes exceptionnelles que les travailleurs montrent de telles capacit&#233;s. Le reste du temps, leur vie est certes li&#233;e &#224; une lutte de classes mais cette derni&#232;re est faite des compromis de la vie quotidienne dans un monde o&#249; le fondement de l'exploitation capitaliste n'est nullement remis en question, de luttes sociales, parfois d'ampleur, mais pas de r&#233;volutions sociales, du moins pas la plupart du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas de suivre les luttes du prol&#233;tariat actuel pour d&#233;velopper une telle confiance. Les leaders de lutte sociale des p&#233;riodes calmes ne sont pas des r&#233;volutionnaires, m&#234;me si certains se revendiquent de ce terme. Ce n'est pas un reproche sur telle ou telle organisation politique ou syndicale mais un constat qui trouve son explication dans les conditions objectives de la lutte sociale des p&#233;riodes calmes, conditions qui supposent des compromis, des ententes m&#234;me avec la classe dirigeante. Ce n'est pas la trahison des directions syndicales qui explique cela mais au contraire ces conditions objectives qui expliquent cette trahison. Certes, ce n'est pas l'ensemble du prol&#233;tariat qui trahit, pas m&#234;me l'ensemble de sa couche un peu ais&#233;e, ayant des emplois fixes et correctement pay&#233;s. Mais l'existence de cette couche permet aux directions syndicales de camoufler leurs trahisons sous le pr&#233;texte du pragmatisme et de la d&#233;fense des &#171; acquis &#187; de cette couche-l&#224;. Elles fondent l&#224;-dessus leur soutien aux id&#233;aux bourgeois de n&#233;gociation, de d&#233;fense de l'entreprise et de soutien au nationalisme, pour citer seulement les principales trahisons de principe des int&#233;r&#234;ts politiques et sociaux du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'histoire qui permet de fonder cette confiance dans les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat et pas seulement l'histoire des r&#233;volutions mais aussi l'histoire des contre-r&#233;volutions. Les r&#233;actions bourgeoises violentes ne peuvent se comprendre que si on admet que les classes dirigeantes avaient conscience de cette capacit&#233; r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la guerre mondiale imp&#233;rialiste de 1914-1918, si le coup d'Etat de Kornilov en Russie en 1917 ou le coup d'Etat de Franco ont &#233;t&#233; des occasions de ripostes r&#233;volutionnaires prol&#233;tariennes d'ampleur, c'est d'abord parce que ces attaques contre les peuples et les travailleurs avaient elles-m&#234;mes &#233;t&#233; caus&#233;es par la mont&#233;e des menaces r&#233;volutionnaires prol&#233;tariennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a jamais exist&#233;, dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise, de grande guerre, de guerre mondiale, de grand massacre, de g&#233;nocide, de fascisme ou de dictature violente qui ne soit motiv&#233;e par la crainte des classes dirigeantes et cette crainte est bel et bien l'&#233;loge du vice &#224; la vertu, la reconnaissance par les bourgeois des risques que repr&#233;sentent les exploit&#233;s&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais ces bourgeoisies n'auraient lanc&#233; le g&#233;nocide des Juifs ou des Arm&#233;niens, la &#171; guerre civile &#187; alg&#233;rienne, le g&#233;nocide rwandais, ni les fascismes italien, allemand, fran&#231;ais, espagnol, portugais, grec ou chilien, ni les dictatures militaires latino-am&#233;ricaines sans les menaces r&#233;volutionnaires prol&#233;tariennes qui mena&#231;aient &#224; court terme ces bourgeoisies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais elles n'auraient lanc&#233; les guerres mondiales sans cette menace r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne li&#233;e aux crises &#233;conomiques mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des commentateurs ne relient la premi&#232;re guerre mondiale qu'&#224; la concurrence coloniale ou &#224; celle concernant les ressources mini&#232;res mais les grandes puissances pouvaient tout &#224; fait continuer &#224; se combattre et &#224; n&#233;gocier sur les diff&#233;rents territoriaux sans prendre le risque de mettre le monde &#224; feu et &#224; sang en risquant d'ailleurs exactement ce qui allait se passer : que la guerre mondiale provoque la r&#233;volution mondiale ! Ces classes dirigeantes ne pouvaient prendre ce risque que si la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale &#233;tait d&#233;j&#224; l&#224; si elles n'entraient pas en guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre, la guerre civile, la dictature, le fascisme, le g&#233;nocide ont &#233;t&#233; des moyens de faire face &#224; la menace de d&#233;stabilisation sociale en faisant basculer toute la soci&#233;t&#233; dans la barbarie massive pour &#233;viter que les prol&#233;taires ne menacent la classe poss&#233;dante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, dans leurs d&#233;clarations, ces m&#234;mes classes poss&#233;dantes affirment que le prol&#233;tariat communiste n'existe plus, que le capitalisme est un horizon ind&#233;passable et se d&#233;clarent confiantes dans l'avenir du monde bourgeois. Mais, bien plus convaincants que les d&#233;clarations des bourgeoisies, il y a leurs actes : ils se d&#233;sinvestissent massivement de la production, ils scient eux-m&#234;mes ainsi la branche capitaliste sur laquelle ils sont assis, obligeant Etats et banques centrales &#224; suppl&#233;er &#224; leur disparition des investissements priv&#233;s productifs, ils lancent de plus en plus de guerres et de guerres civiles aux quatre coins du monde, de plus en plus de pays &#233;tant ravag&#233;s ou menac&#233;s. Ils d&#233;montrent ainsi que les premiers &#224; croire aux risques r&#233;volutionnaires d'un renversement de la domination politique de la classe capitaliste sont bel et bien les membres de cette classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers ne semblent nullement rassur&#233;s par le fait que les travailleurs eux-m&#234;mes ne soient pas du tout confiants dans leur r&#244;le r&#233;volutionnaire historique, ne se voient pas comme une force politique et encore moins comme la classe charg&#233;e historiquement de sortir l'humanit&#233; de la (courte) p&#233;riode de l'exploitation de l'homme par l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui, courte ! Il y a eu bien plus d'ann&#233;es de &#171; communisme &#187; primitif sous la soci&#233;t&#233; des chasseurs-cueilleurs que depuis l'agriculture, les d&#233;buts de l'esclavage, du servage et du salariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;poques de soci&#233;t&#233;s de classe ne sont qu'un instant au regard des ann&#233;es sans exploitation de l'homme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t que, toutes additionn&#233;es, les ann&#233;es de soci&#233;t&#233;s de classe sont si courtes que les sp&#233;cialistes pr&#233;tendent qu'elles n'ont pas assez dur&#233; pour marquer &#233;volutivement le cerveau humain !!! Nous aurions donc un cerveau qui n'a &#233;t&#233; marqu&#233; physiquement que par l'activit&#233; des chasseurs-cueilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, culturellement, socialement, politiquement, nous sommes tr&#232;s marqu&#233;s par les soci&#233;t&#233;s de classe et m&#234;me tr&#232;s marqu&#233;s par la seule soci&#233;t&#233; capitaliste ! Nous raisonnons en son sein, selon ses crit&#232;res, que nous soyons prol&#233;taires, petits ou grands bourgeois&#8230; M&#234;me les mendiants raisonnent en son sein et selon ses crit&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne n'est &#224; l'abri des marques intellectuelles et sociales que produisent la soci&#233;t&#233; bourgeoise et ses institutions, son id&#233;ologie, son fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prol&#233;taires n'&#233;voluent pas dans un monde &#224; part ; ils sont comme les autres marqu&#233;s par le capitalisme et ses r&#232;gles. Chaque salari&#233; affirme que l'activit&#233; qu'il effectue est rentable, que la soci&#233;t&#233; a besoin de cette activit&#233;, que celle-ci consiste &#224; contr&#244;ler des tickets de transport ou &#224; fabriquer des avions de combat, &#224; faire des voitures ou des centrales nucl&#233;aires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me la grande campagne men&#233;e par la bourgeoisie mondiale lors de la &#171; chute du mur de Berlin &#187; montre &#224; quel point la bourgeoisie mondiale ressentait clairement la n&#233;cessit&#233; de d&#233;montrer au monde que le prol&#233;tariat n'avait plus d'espoir de diriger un jour la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il faut se rendre compte &#224; quel point le bloc de l'Est &#233;tait une id&#233;e politique des dirigeants am&#233;ricains, non pas pour combattre un danger mena&#231;ant qu'aurait &#233;t&#233; la bureaucratie stalinienne (celle-ci ne cherchait nullement &#224; changer l'ordre des choses mondiales mais seulement &#224; &#233;viter elle-m&#234;me d'&#234;tre renvers&#233;e par le prol&#233;tariat dont elle usurpait le pouvoir) mais pour contraindre le prol&#233;tariat &#224; un choix binaire : Est ou Ouest, monde &#171; libre &#187; ou monde &#171; stalinien &#187; qui &#233;tait exprim&#233; sous la forme mensong&#232;re : capitalisme ou communisme. Le stalinisme &#233;tait en fait le pire ennemi du communisme qui n'ait jamais exist&#233;. Pas un r&#233;gime n'avait autant d&#233;truit de communistes. Pas un r&#233;gime n'avait autant nui &#224; l'image de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Aucun r&#233;gime n'avait autant d&#233;truit le mouvement militant communiste mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants staliniens &#233;taient eux-m&#234;mes si li&#233;s au capitalisme que c'est eux-m&#234;mes, et non les peuples, les bourgeois, les prol&#233;taires ou les petites bourgeoisies, qui ont initi&#233; le changement que repr&#233;sentait la fameuse chute du mur. Ce sont les chefs de l'URSS qui ont eux-m&#234;mes lanc&#233; l'op&#233;ration avec le feu vert am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns et les autres ne visaient pas &#224; d&#233;truire un quelconque communisme, d&#233;j&#224; disparu de longue date, mais &#224; transformer radicalement des r&#233;gimes qui mena&#231;aient d'&#234;tre emport&#233;s par la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Les r&#233;volutions de 1956 en Pologne et en Hongrie avaient d&#233;j&#224; fait planer la menace. Les soul&#232;vements prol&#233;tariens des ann&#233;es 1970 en Pologne avaient pris le relai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie imp&#233;rialiste mondiale avait la preuve que le syst&#232;me des blocs qui lui avait tant servi &#224; casser les perspectives r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat, &#233;tait us&#233; jusqu'&#224; la corde. Les pays du &#171; monde libre &#187; n'&#233;taient plus stabilis&#233;s par cette fausse opposition, pas plus que les &#171; pays de l'Est &#187;. Il a suffi du feu vert am&#233;ricain et imp&#233;rialiste pour que les r&#233;gimes basculent quasiment sans un seul combat ni des forces de l'ordre, ni du r&#233;gime et ses dignitaires se sont surtout occup&#233;s &#224; profiter du changement et &#224; devenir les nouveaux bourgeois de cette toute nouvelle soci&#233;t&#233; bourgeoise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant de longues d&#233;cennies la politique des blocs lui avait servi &#224; tenir le monde sous la menace : si vous militez pour la r&#233;volution sociale, vous soutenez na bureaucratie du Kremlin et sinon, vous soutenez la bourgeoisie imp&#233;rialiste, voil&#224; la seule alternative disaient-ils. Et cela signifiait aussi tenir le monde sous la menace d'une guerre mondiale d&#233;clenchable &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; l'entente entre Staline et Hitler puis entre Staline et l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;rcain provenaient de la crainte de la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, en bombardant tous les pays vaincus, dont la France et la Belgique comme l'Italie, l'Allemagne et le Japon, en y &#233;crasant les populations civiles des quartiers pauvres sous les bombes juste avant la fin de la guerre, la bourgeoisie anglo-am&#233;ricaine r&#233;v&#233;lait d'abord sa criante d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale comme il y en avait eu une &#224; la fin de la premi&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que le Conseil des Quatre (&#233;quivalent du G8 ou G9) r&#233;unissant les chefs des puissances imp&#233;rialistes, apr&#232;s la r&#233;volution russe qui avait impos&#233; la fin de la premi&#232;re guerre mondiale, et dont les d&#233;lib&#233;rations sont reproduites et diffus&#233;es par le CNRS, affirmait en 1920 qu'il &#233;tait fort probable que le capitalisme soit renvers&#233; par la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Europe... A l'&#233;poque, le dirigeant anglais affirmait que, s'il envoyait un seul soldat suppl&#233;mentaire contre la Russie des soviets, il avait un soviet &#224; Londres ! Et les chefs imp&#233;rialistes comprenaient parfaitement qu'ils avaient affaire &#224; tout autre chose qu'un pouvoir nationaliste dirig&#233; par un chef militaire, tout autre chose qu'un &#034;socialisme d'Etat&#034; ou qu'un &#034;socialisme dans un seul pays&#034; mais &#224; une vague r&#233;volutionnaire pour d&#233;truire la domination capitaliste sur le monde ! C'est eux qui le disaient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, tout dans la politique des bourgeoisies locales comme dans celle de la bourgeoisie imp&#233;rialiste mondiale d&#233;montre qu'elle tient toujours aussi compte de risques r&#233;volutionnaires du c&#244;t&#233; du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute sa politique vis-&#224;-vis du monde arabe et du Moyen Orient par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain m&#232;ne une premi&#232;re guerre contre Saddam Hussein en Irak et, &#224; deux doigts de le faire tomber, elle le sauve et lui rend sa garde pour lui permettre d'&#233;craser une r&#233;volte populaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la r&#233;volution prol&#233;tarienne et populaire renverse le shah d'Iran, principal alli&#233; de l'imp&#233;rialisme dans la r&#233;gion, ce dernier se garde de lancer une action directe contre le nouveau r&#233;gime des mollahs, celui-ci venant de sauver la bourgeoisie d'un risque bien pire : la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Et, pendant des ann&#233;es, ce r&#244;le contre r&#233;volutionnaire de Khomeiny fera oublier le caract&#232;re anti-am&#233;ricain du r&#233;gime &#224; l'Etat am&#233;ricain lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souvient que les grandes puissances se sont gard&#233;es de s'attaquer &#224; Hitler quand il venait de prendre le pouvoir en janvier 1933, et pour cause ! Il venait de sauver la bourgeoisie mondiale des risques d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne en Allemagne, le pays o&#249; elle repr&#233;sentait le plus grand danger. M&#234;me Staline n'a pas oubli&#233; ce r&#244;le d'Hitler quand il a choisi de s'entendre avec Hitler ! Et pour cause : la bureaucratie du Kremlin ne craignait rien tant qu'une reprise de la r&#233;volution en Allemagne. L'isolement du prol&#233;tariat russe &#233;tait l'argument principal de la bureaucratie russe, le fondement de son &#171; socialisme dans un seul pays &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les alliances entre imp&#233;rialismes comme avec la bureaucratie russe ont &#233;t&#233; d'abord marqu&#233;es par la n&#233;cessit&#233; de lutter contre la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le partage du monde entre imp&#233;rialisme et bureaucratie russe n'a pas eu d'autre objectif que faire en sorte que les uns et les autres fassent la police contre le prol&#233;tariat dans leur zone respective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la pr&#233;tendue lutte contre le terrorisme pr&#233;tendument islamique, un mouvement mis en place par l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain lui-m&#234;me, a pour but de justifier de nouvelles barbaries guerri&#232;res servant &#224; &#233;craser &#224; nouveau les prol&#233;taires et les peuples du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a bien vu dans les pays atteints par la &#171; r&#233;volution arabe &#187; o&#249; c'est l'imp&#233;rialisme lui-m&#234;me qui a soutenu des forces terroristes islamiques comme en Libye, en Syrie, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces gestes politiques ne peuvent se comprendre sans analyser la n&#233;cessit&#233; pour la bourgeoisie mondiale de se d&#233;faire de son plus dangereux ennemi : le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, partout dans le monde, les r&#233;gimes en place annoncent que leur pire ennemi serait&#8230; le terrorisme ! Mais tous, de Chine comme des USA, d'Europe ou du Japon ou d'ailleurs, toutes les classes dirigeantes du monde ont toujours un seul ennemi vraiment dangereux et c'est le prol&#233;tariat international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la conscience internationale du prol&#233;tariat n'est nullement quelque chose qui tombe sous le sens. On l'a dit : les prol&#233;taires sont en g&#233;n&#233;ral soumis &#224; la m&#234;me opinion dominante capitaliste que les autres couches sociales des milieux populaires ou petits bourgeois. Et sur le terrain du nationalisme pas moins que sur les autres et m&#234;me plus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela am&#232;ne certains militants &#224; consid&#233;rer que l'internationalisme doit &#234;tre (momentan&#233;ment) mis dans sa poche ! Sous pr&#233;texte de r&#233;alisme bien entendu ! C'est le cas des militants de gauche et des militants syndicaux bien s&#251;r qui ont tout un pass&#233; de soutien au nationalisme mais aussi le cas de militants d'extr&#234;me gauche dont l'internationalisme ne d&#233;passe pas la formule abstraite. En effet, leur activit&#233; syndicale les am&#232;ne &#224; cautionner le nationalisme des syndicats. On a vu un second porte-parole de LO, responsable syndicale de PSA Aulnay, d&#233;clarer qu' &#171; investir &#224; l'&#233;tranger ne doit pas se faire au d&#233;triment de l'emploi en France &#187; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me, qui se pr&#233;tend un dirigeant communiste r&#233;volutionnaire, affirmait, soi-disant pour d&#233;fendre les emplois des ouvriers d'Aulnay : &#171; Nous sommes comp&#233;titifs en France &#187; comme si c'&#233;tait un argument renfor&#231;ant la conscience de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Garder les emplois en France &#187;, quel dr&#244;le d'objectif d'un pr&#233;tendu internationaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fait, pourquoi citer de telles d&#233;clarations contre-productives d'un leader syndical qui se dit d'extr&#234;me gauche dans un tel article sur notre confiance dans les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat ? Justement parce que ce que nous reprochons principalement &#224; de tels &#171; leaders ouvriers &#187;, c'est justement de sacrifier la conscience des travailleurs &#224; de petits avantages mineurs au sein des appareils et de le faire justement parce qu'on privil&#233;gie le d&#233;veloppement d'un groupe &#224; la conscience prol&#233;tarienne. C'est tr&#232;s grave parce que cela signifie que ces militants ne se forment pas &#224; l'id&#233;e que c'est le prol&#233;tariat qui va renverser le couvercle de la casserole mais que c'est le groupe qui le fera, que sans le groupe le prol&#233;tariat ne sera rien, que seule le groupe comprend et sait et que le prol&#233;tariat ne comprend rien et ne sait rien, etc, etc&#8230; Encore des victimes inconscientes du stalinisme en somme&#8230; Il n'y a jamais rien eu de tel que le stalinisme pour produire des &#171; chefs ouvriers &#187; ou pr&#233;tendus tels qui tra&#238;naient le prol&#233;tariat dans la boue de leurs mis&#233;rables calculs soi-disant communistes et soi-disant r&#233;volutionnaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au moment m&#234;me o&#249; le capitalisme indique qu'il a atteint ses propres limites, qu'il n'est plus capable de dynamiser son fonctionnement &#233;conomique par l'investissement productif priv&#233;, qu'il ne peut plus se maintenir que par des aides financi&#232;res artificielles des Etats et des banques centrales, qu'il a le plus besoin de faire croire aux prol&#233;taires que ceux-ci ne seraient pas une force et qu'ils n'auraient pas de perspective sociale d'avenir. Et voil&#224; tous les leaders syndicaux soi-disant radicaux se lamenter sur la pr&#233;tendue faiblesse du prol&#233;tariat devant les attaques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui, comme je le disais au d&#233;but de ce texte, il ne suffit pas militer au sein du prol&#233;tariat pour &#234;tre dirig&#233; par une seule perspective : la r&#233;volution prol&#233;tarienne et c'est m&#234;me le plus difficile d'&#234;tre engag&#233; dans la lutte politique et sociale actuelle tout en conservant une perspective r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la malhonn&#234;tet&#233; qui explique que nombre de militants ouvriers d&#233;veloppent des arguments nationalistes, des arguments d&#233;fendant l'entreprise, d&#233;fendant la comp&#233;titivit&#233; des travailleurs face aux travailleurs concurrents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une volont&#233; de trahir qui am&#232;ne les militants d'extr&#234;me gauche &#224; rompre avec leur id&#233;al et &#224; perdre de vue le but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le souci des r&#233;sultats imm&#233;diats qui m&#232;ne &#224; ce que l'on appelle l'opportunisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi le fait de c&#233;der devant une pression encore plus grande que celle de nos adversaires, les patrons, celle du prol&#233;tariat lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier, en dehors de situations exceptionnelles, n'est pas r&#233;volutionnaire, n'est pas internationaliste, n'est pas pr&#234;t &#224; rompre avec la soci&#233;t&#233; bourgeoise et ses crit&#232;res, n'est pas communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est, d&#232;s lors, tr&#232;s facile au militant de suivre sa classe ou de pr&#233;tendre le faire, en d&#233;fendant des points de vue nationalistes, corporatistes, patriotes de l'entreprise, collaborationnistes avec les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est beaucoup plus facile de s'en tenir au travail syndical que de r&#233;aliser, en m&#234;me temps, le travail d'organisation des prol&#233;taires en conseils, en comit&#233;s, en coordinations, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais toutes ces faiblesses du prol&#233;tariat, et elles sont loin de dater d'hier, n'am&#232;nent jamais les classes dirigeantes &#224; oublier le danger mortel pour elles et pour leur domination sur le monde que repr&#233;sente le prol&#233;tariat, la plus grande force sociale au monde si elle s'en donne les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais, dans toute l'histoire de l'humanit&#233;, les prol&#233;taires n'ont &#233;t&#233; pr&#233;sents dans toutes les r&#233;gions du monde comme aujourd'hui, n'ont jou&#233; un r&#244;le clef dans tous les secteurs d'activit&#233; &#233;conomique, des transports, des communications, des informations, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais, le nombre m&#234;me des prol&#233;taires n'a &#233;t&#233; aussi &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la mont&#233;e d'un ch&#244;mage massif donne le sentiment aux prol&#233;taires que les capitalistes peuvent se passer d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le d&#233;sinvestissement massif des capitaux priv&#233;s de la production, loin de leur appara&#238;tre comme la preuve de la fin du capitalisme, leur semble signifier la fin de leur emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, pour le moment, le prol&#233;tariat appara&#238;t sur la d&#233;fensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, dans les r&#233;centes r&#233;volutions du Maghreb et du monde arabe, les prol&#233;taires ont jou&#233; un r&#244;le qui n'a &#233;t&#233; valoris&#233; par personne et certainement pas un r&#244;le dirigeant, les syndicats &#233;tant rest&#233;s ce qu'ils sont : des appareils r&#233;formistes, m&#234;me et surtout dans les situations r&#233;volutionnaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il n'y a plus d'internationale qui rappelle aux prol&#233;taires leurs propres actes r&#233;volutionnaires dans le monde, comme le faisaient par exemple Marx et Engels pour la Commune de Paris (1871) et sans lesquels cet &#233;pisode mais aussi celui de la r&#233;volution de 1848 auraient &#233;t&#233; totalement oubli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les pr&#233;tendus groupes r&#233;volutionnaires d&#233;valorisent au lieu de valoriser l'action du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. Ils se grandissent en minimisant ce que font leur classe ou du moins celle dont ils se revendiquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils voient bien plus le prol&#233;tariat comme une classe qui est mineure politique, &#224; laquelle on ne peut pas dire la v&#233;rit&#233; parce qu' &#171; elle n'en est pas l&#224; &#187;, qui ne peut pas se diriger elle-m&#234;me, qui a besoin de ses tuteurs syndicaux, etc, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, tout cela p&#232;se sur le prol&#233;tariat. Mais, m&#234;me tout cela n'a rien de neuf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a toujours eu des groupes sectaires et opportunistes. Il y a toujours eu de pr&#233;tendus pragmatiques, r&#233;formiste en r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la bourgeoisie est toujours aussi menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me beaucoup plus depuis qu'en 2007 son syst&#232;me s'est effondr&#233; et ne tiens plus depuis que par des ficelles &#233;tatiques, par des subventions des banques centrales au lieu de suivre le dynamisme des investisseurs productifs priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le capitalisme ne peut toujours pas se passer du prol&#233;tariat pour tirer sa plus-value et accumuler son profit. Oui, les prol&#233;taires sont toujours la source unique de profit des capitalistes. Et, l&#224; o&#249; les capitalistes abandonnent ces investissements, cela ne signifie pas qu'ils parviennent &#224; se passer des prol&#233;taires mais cela signifie que les capitalistes ne font plus marcher le capitalisme et que l'humanit&#233; ne pourra bient&#244;t plus se passer de l'action consciente et r&#233;volutionnaire des prol&#233;taires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bourgeois la savent eux : les circonstances peuvent faire de travailleurs tout calmes, tout int&#233;gr&#233;s, tout sages, de v&#233;ritables d&#233;mons ; elles peuvent faire de travailleurs infect&#233;s par le nationalisme de v&#233;ritables internationalistes s'unissant m&#234;me avec les prol&#233;taires du pays voisin qu'ils massacraient quelques jours avant dans l'une des guerres de cette m&#234;me bourgeoisie. Ils peuvent passer de la pri&#232;re de ne pas &#234;tre licencier &#224; l'affirmation que l'on peut se passer des patrons. Ils peuvent passer de la passivit&#233; politique qui consiste &#224; voter pour des dirigeants bourgeois qui sont pr&#233;tendument moins mauvais et de dirigeants bureaucratiques syndicaux qui se prennent pour des bergers charg&#233;s de guider des moutons et, du jour au lendemain, devenir des lions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux r&#233;volutionnaires de ne pas l'oublier, quelles que soient les difficult&#233;s des circonstances, les reculs que les bourgeois nous imposent : le prol&#233;tariat est la classe d'avenir de l'humanit&#233;. Elle seule peut b&#226;tir un monde nouveau d&#233;barrass&#233; de l'exploitation. La marche qui nous reste &#224; franchir est tr&#232;s petite devant celles que celle-ci a d&#233;j&#224; franchies. Il nous reste &#224; mettre au service de l'homme les grands moyens techniques d&#233;velopp&#233;s par le capitalisme et, pour cela, &#224; enlever le pouvoir politique aux capitalistes. Dans cette t&#226;che qui va &#234;tre celle de la p&#233;riode historique qui vient, le r&#244;le de la conscience va &#234;tre consid&#233;rable. Il ne faut pas que les militants r&#233;volutionnaires vendent cette conscience pour un plat de lentilles, sous pr&#233;texte d'obtenir du poids dans les appareils syndicaux attach&#233;s par mille liens au monde capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, diront nos contradicteurs, comment voulez-vous que le prol&#233;tariat m&#232;ne une action r&#233;volutionnaire communiste au niveau international alors qu'il est &#224; peu pr&#232;s parfaitement d&#233;pourvu de conscience communiste, de conscience internationaliste et de ses t&#226;ches historiques r&#233;volutionnaires et qu'il ne dispose ni d'une internationale ni d'un parti r&#233;volutionnaire ? Parce que vous croyez que le prol&#233;tariat fran&#231;ais de Paris en 1871 ou de Russie en pleine guerre mondiale avait davantage de conscience et d'organisation ! C'est un mythe. Le prol&#233;tariat parisien s'est hiss&#233; difficilement au niveau de la situation objective et c'est celle-ci qui lui a donn&#233; des t&#226;ches qu'il a tent&#233; de r&#233;aliser. Ce sont les situations objectives qui font du prol&#233;tariat une classe communiste, une classe r&#233;volutionnaire et une classe internationaliste. Et la conscience ainsi que l'organisation ne font que suivre cette r&#233;alit&#233; objective avec une distance malheureusement tr&#232;s longue et sur un temps tr&#232;s long. Ceux qui raisonnent ainsi renversent le r&#244;le respectif de la conscience et de la r&#233;alit&#233; objective. Ce sont des id&#233;alistes sur le terrain philosophique, c'est-&#224;-dire qu'ils croient que le stade du communisme sera le produit des id&#233;es communistes, de l'organisation politique communiste et de la conscience communiste du prol&#233;tariat et pas d'abord de la n&#233;cessit&#233; objective de d&#233;passer le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse, les raisons de notre confiance sont d'abord des raisons objectives. Le capitalisme d&#233;montre plus que jamais qu'il va devoir &#234;tre d&#233;pass&#233;. Il d&#233;montre plus que jamais que l'initiative priv&#233;e des possesseurs de capitaux n'est plus capable sur le long terme de d&#233;velopper l'emploi, la s&#233;curit&#233;, le bien-&#234;tre mais m&#232;ne au contraire &#224; de nouvelles guerres mondiales et barbaries diverses de grande ampleur. Il d&#233;montre que l'organisation collective est indispensable pour permettre &#224; l'homme d'utiliser les capacit&#233;s techniques et scientifiques d&#233;velopp&#233;es sous le capitalisme. C'est le capitalisme lui-m&#234;me qui d&#233;montre chaque jour la n&#233;cessit&#233; du r&#244;le r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. Cela ne signifie pas que cette d&#233;monstration cr&#232;ve les yeux et acc&#232;de directement &#224; la conscience des prol&#233;taires, pas plus que la mati&#232;re de la table sous nos yeux ne d&#233;montre directement son agitation interne permanente ni que celle-ci apparaisse directement &#224; notre conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Objectivement, jamais la situation n'a &#233;t&#233; plus mure pour le communisme, jamais les prol&#233;taires n'ont eu une telle force potentielle, jamais le syst&#232;me n'a autant atteint ses limites, jamais les classes dirigeantes ne se sont trouv&#233;es devant autant de contradictions &#233;conomiques, sociales et politiques. Les pr&#233;tendus &#171; chefs &#187; prol&#233;tariens s'en lamentent comme si tout cela &#233;tait des preuves d'un &#233;chec des masses populaires, une perte d'acquis d'une lutte, alors que c'est l'&#233;chec d'un syst&#232;me fond&#233; sur l'exploitation et sur l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, nous dirons encore nos contradicteurs, vous ironisez sur les &#171; chefs prol&#233;tariens &#187; alors que vous vous r&#233;clamez du &#171; Manifeste du parti communiste &#187; et du constructeur de parti et d'Etat qu'&#233;tait L&#233;nine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien oui, il y a une grande diff&#233;rence entre la capacit&#233; de comprendre la mont&#233;e r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat comme un L&#233;nine ou un Trotsky et ceux qui croient que le prol&#233;tariat ne peut rien faire sans des &#171; chefs &#187;. La soci&#233;t&#233; bourgeoise est pleine de gens comme cela qui pensent que les travailleurs sont nuls et ne feraient rien s'ils n'&#233;taient pas bien command&#233;s. Les bourgeois et les bureaucrates staliniens se rejoignent dans cette croyance bien ancr&#233;e et qui a infect&#233; jusqu'&#224; la conscience des travailleurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de vouloir construire un parti r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat ne signifie en rien, du moins dans sa version non stalinienne et non social-d&#233;mocrate, pr&#233;tendre que sans chefs le prol&#233;tariat serait incapable de d&#233;cider lui-m&#234;me de ce qu'il veut, serait incapable de s'organiser, serait incapable de se donner des objectifs et de les mettre en &#339;uvre. Si des gens de bonne foi qui se croient r&#233;volutionnaires communistes confondent les deux, c'est bien le produit de quelques d&#233;cennies de domination social-d&#233;mocrate, syndicale et stalinienne sur la classe ouvri&#232;re qui ont profit&#233; de quelques ann&#233;es de stabilisation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, Engels, L&#233;nine, Trotsky et Rosa Luxemburg avaient, bien avant la r&#233;volution d'octobre 1917, reconnu la capacit&#233; r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, sa capacit&#233; autonome, sa capacit&#233; de se hisser &#224; la hauteur de ses t&#226;ches. Ils l'avaient reconnu dans les luttes du chartisme anglais, des tisserands de Sil&#233;sie, des canuts de Lyon, des ouvriers parisiens de juin 1848 et de la Commune de Paris de 1871, sans parler de la r&#233;volution russe de 1905. Et jamais ils n'affirmaient que, dans tous ces &#233;v&#233;nements, le manque d'un parti r&#233;volutionnaire avait emp&#234;ch&#233; le prol&#233;tariat d'&#234;tre r&#233;volutionnaire, d'&#234;tre communiste, d'&#234;tre internationalistes. Ils affirmaient au contraire que les militants communistes r&#233;volutionnaires et internationalistes ne pouvaient vraiment le devenir qu'en &#171; se mettant &#224; l'&#233;cole &#187; des avanc&#233;es historiques spontan&#233;es, autonomes, du prol&#233;tariat dans ces &#233;v&#233;nements !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me dans ces &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires pr&#233;c&#233;demment cit&#233;s, la conscience r&#233;volutionnaire de classe du prol&#233;tariat et son organisation ont eu un grand retard sur la r&#233;alit&#233; objective et sur la situation objective. Ce n'est nullement propre au prol&#233;tariat ni aux situations r&#233;volutionnaires. La conscience et l'organisation des hommes sont toujours loin derri&#232;re la r&#233;alit&#233; objective et cela n'a rien que de tr&#232;s normal. Ce n'est pas la pens&#233;e qui domine la r&#233;alit&#233; objective mais le contraire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe bourgeoise elle-m&#234;me, dans ses tentatives r&#233;volutionnaires, avait eu un niveau de conscience et d'organisation tr&#232;s en retard sur la r&#233;alit&#233; &#233;conomique, sociale et politique objective et sur les situations qui s'offraient &#224; elle. Nous avons eu l'occasion de d&#233;velopper ce point &#224; propos notamment de la &#171; r&#233;volution d'Etienne Marcel &#187;. Bien des fois les soul&#232;vements populaires qui devaient porter au sommet la classe r&#233;volutionnaire de l'&#233;poque, la bourgeoisie, se trouvaient devant une bourgeoisie timor&#233;e, peu consciente de ses capacit&#233;s et de ses int&#233;r&#234;ts de classe, et encore moins organis&#233;e pour les faire triompher. Le prol&#233;tariat n'est pas la premi&#232;re classe r&#233;volutionnaire &#224; avoir du mal &#224; se hisser au niveau de ses t&#226;ches historiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas en tirer argument pour pr&#233;tendre que ce n'est pas le moment de d&#233;velopper des arguments qui arment les travailleurs de cette conscience ou pour refuser d'agir dans le sens de l'auto-organisation des comit&#233;s de salari&#233;s, indispensable dans la p&#233;riode qui vient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal r&#244;le des militants r&#233;volutionnaires ne consiste pas &#224; augmenter le niveau de combativit&#233; des luttes. C'est l'attaque de la bourgeoisie et de ses Etats qui s'en charge. C'est la spontan&#233;it&#233; des masses qui fait le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal r&#244;le des militants communistes r&#233;volutionnaires consiste &#224; &#233;clairer le chemin en avant, de ne pas craindre d'anticiper pour pr&#233;parer les travailleurs &#224; une t&#226;che d'un futur proche. Un pas en avant des masses, disait L&#233;nine ! Et il recommandait d'observer les avanc&#233;es du prol&#233;tariat, &#171; comme on regarde l'herbe pousser &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme chacun sait, l'herbe pousse sans qu'un seul &#234;tre humain l'aie jamais &#171; vue &#187; pousser ! Ce n'est pas notre regard qui d&#233;cide de la capacit&#233; objective de l'herbe de pousser et elle pousse, m&#234;me si on ne la voit pas pousser ! Traduction : L&#233;nine insiste sur la n&#233;cessit&#233; de ne pas se rendre incapable de comprendre que des processus mol&#233;culaires ont brusquement une action &#224; grande &#233;chelle en pr&#233;tendant que ce sont les actions des militants syndicalistes ou d'extr&#234;me gauche qui vont pousser les travailleurs &#224; lutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, la t&#226;che des r&#233;volutionnaires consiste &#224; repr&#233;senter l'aile avanc&#233;e politiquement et socialement, celle qui projette dans l'avenir. Quitte &#224; ce que tous les r&#233;alistes et pragmatiques du monde syndical ou de la gauche, ou de l'extr&#234;me gauche les qualifie de r&#234;veurs et d'utopistes ou encore de blanquisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article53&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le prol&#233;tariat, classe r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2883&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Notre force, c'est le nombre ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article842&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce que nous voulons et ... ce dont nous ne voulons plus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2919&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui sont les militants r&#233;volutionnaires ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2265&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelles sont les t&#226;ches fondamentales des communistes r&#233;volutionnaires ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3487&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelle intervention des militants r&#233;volutionnaires dans la classe ouvri&#232;re au travers des luttes actuelles&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le prol&#233;tariat, classe r&#233;volutionnaire</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article53</link>
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		<dc:date>2009-08-29T11:40:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LA REVOLUTION RUSSE DE 1917 &lt;br class='autobr' /&gt; SITE : MATIERE ET REVOLUTION www.matierevolution.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
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THE MATTER AND THE REVOLUTION &lt;br class='autobr' /&gt;
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Pourquoi ce site m&#234;le r&#233;volution, sciences, philosophie et politique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous &#233;crire, cliquez sur R&#233;pondre &#224; cet article &lt;br class='autobr' /&gt; &#034;La Commune de Paris (1871) est la premi&#232;re tentative de la r&#233;volution prol&#233;tarienne pour briser la machine d'Etat bourgeoise. Elle est la forme politique enfin trouv&#233;e par quoi l'on peut et l'on doit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#034;La Commune de Paris (1871) est la premi&#232;re tentative de la r&#233;volution prol&#233;tarienne pour briser la machine d'Etat bourgeoise. Elle est la forme politique enfin trouv&#233;e par quoi l'on peut et l'on doit remplacer ce qui a &#233;t&#233; bris&#233;.&#034;&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;L&#233;nine&lt;/strong&gt; dans &#034;L'Etat et la r&#233;volution&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Seule l'explication marxiste de tout ce qui s'est pass&#233; peut rendre &#224; l'avant-garde prol&#233;tarienne sa confiance en elle-m&#234;me. Il ne suffit pas d'exprimer sa sympathie aux victimes, il faut devenir plus forts, pour renverser et &#233;touffer le bourreau. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La th&#233;orie et l'histoire enseignent que la substitution d'un r&#233;gime social &#224; un autre suppose la forme la plus &#233;lev&#233;e de la lutte de classe, c'est-&#224;-dire la r&#233;volution. M&#234;me l'esclavage n'a pu &#234;tre aboli aux Etats-Unis sans guerre civile. La force est l'accoucheuse de toute vieille soci&#233;t&#233; grosse d'une nouvelle. Personne n'a &#233;t&#233; capable de r&#233;futer ce principe fondamental &#233;nonc&#233; par Marx, de la sociologie des soci&#233;t&#233;s de classe. Seule la r&#233;volution socialiste peut ouvrir la voie au socialisme. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/strong&gt; dans &#171; Le marxisme et notre &#233;poque &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Si l'on n'entrait dans les combats qu'en &#233;tant s&#251;r de la victoire, aucune bataille n'aurait jamais eu lieu sur cette terre. Un calcul pr&#233;alable des forces disponibles ne peut d&#233;terminer d'avance l'issue des combats r&#233;volutionnaires. S'il en &#233;tait autrement, on aurait depuis longtemps remplac&#233; la lutte des classes par une statistique des classes. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/strong&gt; dans &#171; 1905 &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; Dialectique et m&#233;taphysique&lt;br /&gt;
&#171; La pens&#233;e marxiste est dialectique : elle consid&#232;re tous les ph&#233;nom&#232;nes dans leur d&#233;veloppement, dans leur passage d'un &#233;tat &#224; un autre. La pens&#233;e du petit-bourgeois conservateur est m&#233;taphysique : ses conceptions sont immobiles et immuables et il y a, pour elle, entre les ph&#233;nom&#232;nes, des cloisons infranchissables. L'opposition absolue entre une situation r&#233;volutionnaire et une situation non r&#233;volutionnaire repr&#233;sente un exemple classique de pens&#233;e m&#233;taphysique, selon la formule : &#171; Ce qui est, est ; ce qui n'est pas, n'est pas ; et tout le reste vient du Malin &#8230; &#187;&lt;br /&gt;
&#171; Dans le processus de l'histoire, on rencontre des situations stables tout &#224; fait non r&#233;volutionnaires. On rencontre aussi des situations notoirement r&#233;volutionnaires. Il existe aussi &#8211; il ne faut pas l'oublier &#8211; des situations contre-r&#233;volutionnaires. Mais ce que l'on trouve surtout, &#224; notre &#233;poque de capitalisme pourrissant, ce sont des situations interm&#233;diaires, transitoires, entre une situation non r&#233;volutionnaire et une situation pr&#233;r&#233;volutionnaire, entre une situation pr&#233;r&#233;volutionnaire et une situation r&#233;volutionnaire ou &#8230; contre-r&#233;volutionnaire. Ce sont pr&#233;cis&#233;ment ces &#233;tats transitoires qui sont d'une importance d&#233;cisive du point de vue de la strat&#233;gie politique. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;L&#233;on Trotsky &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;dans &#171; Encore une fois o&#249; va la France ? &#187;&lt;br /&gt;
(mars 1935)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il est possible que nous perdions notre prochaine bataille, au sens bourgeois du terme. (...) Pour un r&#233;volutionnaire, l'action permanente est le moteur social de l'histoire ; c'est pourquoi le simple fait d'entamer un combat est d&#233;j&#224; une victoire. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Le r&#233;volutionnaire anarchiste &lt;strong&gt;Buenaventura Durruti&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
dans un meeting de la r&#233;volution d'Espagne en janvier 1936&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le communisme est d&#233;pass&#233;, nous dit-on. La r&#233;volution prol&#233;tarienne est p&#233;rim&#233;e. La lutte de classe n'existe plus. Voil&#224; la th&#232;se dominante aujourd'hui et qui infecte bien des travailleurs. Non seulement ils ne croient pas que leur classe pourrait prendre la t&#234;te de la soci&#233;t&#233; mais beaucoup consid&#232;rent que les horreurs du stalinisme sont dues &#224; la tentative des travailleurs de diriger la soci&#233;t&#233;. Certains vont m&#234;me jusqu'&#224; remettre en cause la r&#233;alit&#233; des classes sociales dans le monde actuel. Pourquoi vouloir s'assimiler une science et une philosophie r&#233;volutionnaire puisque le monde ne conna&#238;tra plus de r&#233;volutions prol&#233;tariennes ? En r&#233;alit&#233;, la r&#233;volution prol&#233;tarienne reste la pr&#233;occupation centrale de la bourgeoisie et de l'imp&#233;rialisme. C'est cette obsession qui guide leurs choix fondamentaux Nous allons le montrer sur des exemples comme l'alliance URSS/USA de Yalta, la d&#233;colonisation, les guerres civiles (Iran, Yougoslavie), les terreurs blanches (Rwanda, Alg&#233;rie) et les dictatures militaires, la fin de l'apartheid et de la politique des blocs est/ouest. Mais, avant d'&#233;tudier les formes que prend la lutte des classes actuelle, il nous faut nous repr&#233;senter, autant que faire se peut, comment les luttes et les r&#233;volutions ont marqu&#233; l'histoire du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat est-il toujours une classe r&#233;volutionnaire ? La classe ouvri&#232;re joue-t-elle, 80 ans apr&#232;s la r&#233;volution d'octobre, le m&#234;me r&#244;le historique de transformation sociale, capable de menacer le syst&#232;me que celui des prol&#233;taires de Petrograd ? Est-elle encore le fossoyeur de l'ordre bourgeois que Marx avait entrevu ? Bien des commentateurs affirment que ce n'est plus l&#224; qu'un vieux mythe, inadapt&#233; &#224; un monde moderne dans lequel la classe ouvri&#232;re ne serait m&#234;me plus indispensable &#233;conomiquement, du fait du progr&#232;s technique et de la croissance des services. M&#234;me si les licenciements massifs ont effectivement r&#233;duit consid&#233;rablement le nombre de prol&#233;taires actifs, ils n'ont pas r&#233;duit leur importance pour l'&#233;conomie. Quant &#224; dire que l'on pourrait parler moins d'un prol&#233;tariat qu'&#224; l'&#233;poque de Marx o&#249; l'industrie n'existait qu'en Angleterre, o&#249; que dans la r&#233;volution russe o&#249; les ouvriers n'&#233;taient que 3% de la population, c'est carr&#233;ment une plaisanterie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la deuxi&#232;me guerre mondiale on n'aurait plus, selon eux, assist&#233; une r&#233;volution prol&#233;tarienne et la crainte de celle-ci ne servirait plus nulle part de base &#224; la politique mondiale. En somme, l'histoire ne serait plus celle de lutte des classes. La chute de l'URSS, celle du r&#233;gime des pays de l'est comme celle de la Chine et leur r&#233;int&#233;gration &#233;conomique dans le march&#233; capitaliste mondial comme leur alignement politique sur les pays occidentaux, toujours selon eux, sonnerait le glas d'un autre mythe : celui du socialisme devant succ&#233;der au capitalisme puisque les dirigeants de ces pays se font aujourd'hui eux-m&#234;mes les pourfendeurs de l'id&#233;e du socialisme et les meilleurs d&#233;fenseurs du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie pas, bien entendu, que ces commentateurs se seraient fait autrefois les d&#233;fenseurs du marxisme ni des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat ni de son r&#244;le r&#233;volutionnaire ! Mais, quand m&#234;me, ils trouvent qu'il y a eu une &#233;poque, disons les d&#233;buts de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, o&#249; cette perspective &#233;tait beaucoup plus cr&#233;dible et m&#234;me o&#249; le prol&#233;tariat a &#233;t&#233; une r&#233;elle menace r&#233;volutionnaire comme en 1848 et en 1871 &#224; Paris, en 1905, en f&#233;vrier et en octobre 1917 en Russie, en 1925-27 en Chine et en 1936 en Espagne. Selon eux, depuis il n'y a plus rien !&lt;br /&gt;
Ils admettent que la r&#233;volution russe a &#233;t&#233; le d&#233;but d'une vague r&#233;volutionnaire internationale qui a bien failli emporter l'Europe bourgeoise et m&#234;me le monde &#224; peine sortie de la premi&#232;re guerre mondiale. La r&#233;volution ouvri&#232;re partie de Russie o&#249; elle a donn&#233; le pouvoir aux organisations ouvri&#232;res de masse, les soviets, et le pouvoir politique central au parti ouvrier r&#233;volutionnaire, bolchevik, s'est &#233;tendue &#224; la Finlande, la Hongrie, l'Allemagne, l'Italie, ... et les bourgeoisies de France, d'Angleterre ont d&#251; retirer leurs troupes de Russie, sous la menace de les voir se mutiner et la r&#233;volution s'&#233;tendre &#224; leur propre m&#233;tropole. Le dirigeant anglais Lloyd George d&#233;clarait m&#234;me au conseil de quatre grandes puissances en janvier 1919 : &#171; si j'envoie un seul soldat de plus en Russie, j'ai un soviet au pouvoir &#224; Londres ! &#187; Dans le monde entier des insurrections &#233;taient marqu&#233;es par cette vague r&#233;volutionnaire m&#234;me quand ces luttes &#233;taient dirig&#233;es par des petites bourgeoisies nationales car ce qui mena&#231;ait les bases m&#234;mes de la domination imp&#233;rialiste c'&#233;tait la r&#233;volution contre le pouvoir capitaliste d&#233;but&#233;e en Russie. Aujourd'hui, on nous dit que tout cela est bel et bien fini et ne se reproduira plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseurs ouverts du capitalisme, comme les politiciens qui pr&#233;tendent le r&#233;former, qu'ils se rangent &#224; droite ou &#224; gauche (m&#234;me le dirigeant pr&#233;tendument encore &#171; communiste &#187; fran&#231;ais Robert Hue ne veut plus parler de prol&#233;tariat mais &#171; des gens &#187; !), pr&#233;tendent que l'on n'a plus vu intervenir depuis la deuxi&#232;me guerre mondiale et pr&#233;disent que nous ne risquons plus de revoir la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Il ne nous resterait plus en somme qu'&#224; admettre le capitalisme comme &#233;ternel et &#224; chercher &#224; l'am&#233;liorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que la bourgeoisie m&#233;prise tant ses thurif&#233;raires (qu'ils soient &#233;conomistes, journalistes, politiciens ou historiens) pour ne tenir aucun compte de leurs avis ou sait-elle parfaitement faire la part de la pure propagande, d'ailleurs pay&#233;e par ses soins ? En tout cas, elle ne tient aucun compte de telles sornettes et toute sa politique continue de tenir compte comme d'un facteur de premi&#232;re importance du risque de r&#233;volution prol&#233;tarienne. M&#234;me dans un pays riche comme la France, elle maintient des troupes charg&#233;es uniquement de s'entra&#238;ner &#224; la prise des villes, dans le massif central avec du mat&#233;riel anti-&#233;meute. Est-ce uniquement pour aider ses confr&#232;res des pays pauvres ? L'Etat am&#233;ricain, m&#234;me s'il est le plus riche du monde, craint lui aussi les &#233;meutes, en particulier du fait d'une fraction particuli&#232;re du prol&#233;tariat : celle des ghettos noirs ! Et elle aussi se pr&#233;pare en permanence &#224; les affronter. L'accroissement spectaculaire des in&#233;galit&#233;s entre riches et pauvres est seulement un peu plus spectaculaire aux USA. Malgr&#233; un discours anti-communiste relativement efficace selon lequel la menace est disparue, la bourgeoisie am&#233;ricaine n'est pas si rassur&#233;e qu'elle le pr&#233;tend. Et dans le reste du monde, la politique de l'imp&#233;rialisme ne peut s'expliquer que par la crainte du prol&#233;tariat. Elle seule permet de comprendre l'alliance USA/URSS, non seulement pour faire face &#224; l'Allemagne pendant la guerre, mais aussi, &#224; l'apr&#232;s-guerre. C'est elle qui a donn&#233; sa durabilit&#233; &#224; la bureaucratie russe, et &#224; la politique des blocs qui a suivi. C'est l'imp&#233;rialisme qui a pr&#233;f&#233;r&#233; que se maintienne l'URSS et cela pour la m&#234;me raison que depuis le d&#233;but de l'&#233;poque stalinienne et du &#171; socialisme dans un seul pays &#187; : du fait de la double faiblesse de l'imp&#233;rialisme et du prol&#233;tariat. Ni l'un ni l'autre n'ont &#233;t&#233; en &#233;tat de l'emporter finalement et la bourgeoisie a fonctionn&#233; sans cesse avec l'id&#233;e d' &#171; endiguer le communisme &#187;, sauf que le communisme, ce n'&#233;tait pas l'URSS mais une troisi&#232;me grande puissance mondiale : le prol&#233;tariat potentiellement mena&#231;ant. Au contraire, le stalinisme &#233;tait un des puissants moyens politiques et militaires pour faire face aux risques communistes dus au prol&#233;tariat. Et cette menace due au prol&#233;tariat n'a pu se r&#233;aliser qu'en l'absence d'une organisation r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, absence due en grande part &#224; l'action internationale et contre-r&#233;volutionnaire du stalinisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela qui a dict&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme sa nouvelle politique de la fin des ann&#233;es 80 qui a rendu possible la r&#233;int&#233;gration pacifique de la Russie dans le giron imp&#233;rialiste et, avec la chute de l'URSS, celle des pays de l'Est. C'est cela qui dicte la volont&#233; de l'imp&#233;rialisme de d&#233;samorcer les conflits. C'est cela aussi qui l'am&#232;ne dans les zones &#224; risques &#224; laisser et m&#234;me &#224; souhaiter que des forces ultra-r&#233;actionnaires se chargent de faire le sale boulot de massacrer les masses pauvres quand celles-ci deviennent mena&#231;antes. Les g&#233;nocides se multiplient ces derni&#232;res ann&#233;es (Lib&#233;ria, Somalie, Rwanda, Congo, Sierra Leone, Tch&#233;tch&#233;nie, Bosnie, Kosovo, Timor, ....). Alors que la chute de l'URSS aurait sembl&#233; &#187; stabiliser le monde, on n'a jamais eu autant de conflits avec autant de massacres aux quatre coins du monde. Les interventions imp&#233;rialistes arm&#233;es, elles aussi se sont multipli&#233;es force internationale puis am&#233;ricaine dans la guerre du Golfe au Kowe&#239;t puis contre l'Irak &#224; partir de 1991 et bombardements am&#233;ricains jusqu'en 1999, France au Tchad et au Rwanda, ONU en Bosnie en 1995, USA et ONU en Ha&#239;ti en 97, ONU en R&#233;publique centrafricaine en 1998, ECOMOG (force internationale africaine) au Sierra Leone en 1998, forces oppos&#233;es de cinq pays africains (manipul&#233;es par la France et les USA) au Congo, OTAN au Kosovo, Kfor ensuite, force internationale dirig&#233;e par l'Australie au Timor. Et cette liste ignore les interventions financi&#232;res ou militaires indirectes comme la France et les USA en Angola, en Ethiopie (en guerre contre l'Erythr&#233;e). La n&#233;cessit&#233; d'interventions violentes soutenues par l'imp&#233;rialisme, ne provient pas, contrairement &#224; ce que voudrait faire croire la propagande de l' &#171; intervention humanitaire &#187; de la n&#233;cessit&#233; de faire face &#224; des tyrans locaux assassins et dangereux pour l'ordre mondial. C'est toujours la m&#234;me chose qui est dangereux : le vide du pouvoir suscit&#233; par des crises politiques et sociales de la domination de la bourgeoisie, vide dans lequel le prol&#233;tariat pourrait s'engouffrer. Les guerres entre bourgeoisies ont maintes fois ouvert ce genre de risques (guerre franco-allemande donnant naissance &#224; la commune, guerre russo-japonaise donnant naissance &#224; la r&#233;volution russe de 1905, guerre mondiale entra&#238;nant la r&#233;volution mondiale). L'imp&#233;rialisme intervient, non du fait d'un danger inh&#233;rent &#224; des gens comme les Khadaffi, les Milosevic ou les Saddam Hussein (d'ailleurs des gens form&#233;s par lui), mais parce que les conflits engendrent des risques r&#233;volutionnaires. Et effectivement n'ont pas manqu&#233;, comme on va le voir, les occasions o&#249; le prol&#233;tariat a &#233;t&#233; mena&#231;ant m&#234;me si, faute de direction politique, on lui a vol&#233; sa victoire : Chili 73, Liban 75, Pologne 80, Afrique du sud 80, Alg&#233;rie 88, Mali 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au travers de ces exemples concrets, je voudrai souligner trois points sur l'actualit&#233; de la r&#233;volution prol&#233;tarienne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) La division en classe continue de marquer la politique de la direction de la soci&#233;t&#233; et celle-ci raisonne toujours en fonction des &#171; risques r&#233;volutionnaires &#187; m&#234;me si elle fait tout ce qu'elle peut pour &#233;viter que les classes populaires ne raisonnent ainsi. Et la lutte de classe quand elle prend un caract&#232;re exacerb&#233; entra&#238;ne des risques r&#233;volutionnaires que la classe dirigeante n'omet jamais de prendre en compte. M&#234;me si le prol&#233;tariat, faute d'une organisation de classe suffisamment cons&#233;quente, n'a pas conscience de sa force et de son r&#244;le, la classe dirigeante n'est jamais port&#233;e &#224; en minimiser le danger. Toute sa politique le montre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) La classe ouvri&#232;re est une force qui est toujours consid&#233;rable face &#224; la bourgeoisie. M&#234;me si id&#233;ologiquement elle se consid&#232;re comme affaiblie par la chute de l'URSS que l'on a pr&#233;sent&#233; comme la fin du mythe du pouvoir prol&#233;tarien, m&#234;me si les licenciements et le ch&#244;mage rognent sa force et son moral, le prol&#233;tariat reste la seule force capable de menacer la bourgeoisie dans ses bastions, les villes, les trusts et de s'attaquer &#224; son Etat pour le renverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Lorsque la soci&#233;t&#233; est en crise, toute autre politique que r&#233;volutionnaire est un pi&#232;ge sanglant. Et la bourgeoisie ne pardonne pas &#224; une classe r&#233;volutionnaire qui a repr&#233;sent&#233; une menace m&#234;me potentielle. Le bain de sang attend les peuples qui ont commenc&#233; &#224; d&#233;velopper des soul&#232;vements risquant de mener &#224; la r&#233;volution et qui ne vont pas au bout de leur lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi penser que la classe ouvri&#232;re est toujours une classe r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire capable d'entrer dans des luttes mettant en cause le syst&#232;me mondial lui-m&#234;me ? Beaucoup d'auteurs affirment que l'horizon capitaliste est d&#233;sormais ind&#233;passable et que le prol&#233;tariat n'intervient plus comme une classe ind&#233;pendante mais comme un des &#233;l&#233;ments du syst&#232;me, divis&#233; sociologiquement de plus entre jeunes et vieux, entre pr&#233;caires et salari&#233;s en fixe, entre salari&#233;s des pays riches et salari&#233;s des pays pauvres, etc&#8230; Cela repose sur de nombreux mensonges et le premier est une fausse image de l'&#233;poque o&#249; la classe ouvri&#232;re apparaissait pour ind&#233;pendante du syst&#232;me. Elle ne l'&#233;tait d&#233;j&#224; pas du fait que la social-d&#233;mocratie, les syndicats et le stalinisme ne l'&#233;taient pas. Quant &#224; son existence ind&#233;pendante, c'est exactement ce qui lui a fait d&#233;faut dans la plupart des grands &#233;v&#233;nements o&#249; elle a particip&#233;. La connaissance du pass&#233; nous montre qu'il n'y a pas eu moins d'&#233;pisodes de grandes luttes que dans les d&#233;buts de la classe ouvri&#232;re. En t&#233;moignent les &#233;v&#233;nements de 1945 en Asie, ceux de 1947 en d'Afrique, de 1948 en Gr&#232;ce, de 1952 en Bolivie, de 1953 en Allemagne de l'Est, de 1956 en Hongrie, de 1961 en Belgique, de 1964 aux USA, de 1968 en France, en Italie et en Tch&#233;coslovaquie, de 1970 en Pologne, de 1971 en Jordanie, de 1973 au Chili, de 1975 au Liban et au Portugal, de 1976 en Tha&#239;lande, de 1979 en Iran, de 1980 en Pologne, en Cor&#233;e du sud, en Afrique du sud, de 1986 en Ha&#239;ti, de 1988 en Alg&#233;rie, de 1989-91 en Afrique noire, de 1989 en Chine, de 2001 en Argentine, de 2005 en Equateur et Bolivie, de 2006-2007 en Guin&#233;e, &#8230; etc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des situations o&#249; le pouvoir est d&#233;stabilis&#233; et o&#249; la classe ouvri&#232;re est des &#233;l&#233;ments essentiels de la lutte n'ont pas manqu&#233;. Imaginons la r&#233;volution russe de 1917 sans l'intervention des militants bolcheviks. Les &#233;v&#233;nements auraient-ils pris le caract&#232;re de classe qu'ils ont clairement aujourd'hui &#224; nos yeux ? L'absence d'une direction r&#233;volutionnaire communiste dans les &#233;v&#233;nements de la fin des ann&#233;es 1900, absence qui n'a rien de spontan&#233; et est due en grande partie &#224; l'intervention contre-r&#233;volutionnaire consciente du stalinisme, a marqu&#233; la suite de l'Histoire. La menace prol&#233;tarienne, l'un des moyens de mesurer &#224; quel point elle reste d'actualit&#233; est de comprendre les choix de politique de l'imp&#233;rialisme et des bourgeoisies. Leurs choix politiques et sociaux restent marqu&#233;s principalement par cette crainte. Il n'est pas possible de comprendre ces choix politiques et sociaux sans int&#233;grer la menace qu'exerce le prol&#233;tariat. L'ann&#233;e 1936 avait rappel&#233; cette menace dans quasiment toutes les r&#233;gions du monde, de l'Espagne &#224; la France, de la Syrie aux gr&#232;ves ouvri&#232;res aux USA. La guerre n'a pas chang&#233; la donne. L'imp&#233;rialisme a laiss&#233; le fascisme prendre le pouvoir en Allemagne parce que celui-ci sauvait le monde de la principale menace r&#233;volutionnaire : celle du prol&#233;tariat allemand. Les historiens s'interrogent encore que l'aveuglement des bourgeoisies &#171; d&#233;mocratiques &#187; allant jusqu'&#224; laisser faire l'occupation de l'Autriche et &#224; signer l'occupation de la Tch&#233;coslovaquie (accords de Munich) par Hitler, l'aveuglement de Staline s'accordant avec Hitler pour d&#233;pecer la Pologne et se la partager. Ce n'est nullement de l'aveuglement mais des choix de classe. L'imp&#233;rialisme et le stalinisme ont en commun leur haine de la r&#233;volution prol&#233;tarienne et c'est ce qui va les unir, bien plus que le combat contre l'Allemagne. Et qui va les unir bien plus tard que la chute d'Hitler. &lt;br /&gt;
En 1943, alors que le fascisme allemand est encore bien solide, celui d'Italie s'effondre sous les coups d'une r&#233;volte dans laquelle le prol&#233;tariat italien joue le r&#244;le principal. Loin de s'appuyer sur cette r&#233;volte, l'imp&#233;rialisme aimerait sauver ce qui reste de l'Etat italien et de son chef fasciste Badoglio. La raison en est justement la menace prol&#233;tarienne que font peser ces villes ouvri&#232;res italiennes en r&#233;volte. La r&#233;ponse de l'imp&#233;rialisme va &#234;tre de bombarder ces villes et de laisser ensuite le fascisme y r&#233;tablir l'ordre. C'est un avant-go&#251;t de ce que sera la politique imp&#233;rialiste dans les pays vaincus &#224; la fin de la guerre, comme le devine d&#233;j&#224; le dirigeant trotskyste fran&#231;ais Barta. De nombreux pays comme l'Allemagne et le Japon, mais aussi la France, la Belgique, la Finlande, la Hongrie vont voir les quartiers ouvriers de leurs villes bombard&#233;es, ras&#233;es. La crainte d'une vague r&#233;volutionnaire &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale dans les pays vaincus, comme en avaient connu les pays vaincus de la premi&#232;re guerre mondiale, est commune &#224; l'imp&#233;rialisme et au stalinisme, et les unit. Et ce d'autant que la r&#233;volte des peuples colonis&#233;s ne peut plus &#234;tre contenue. Cette crainte va s'av&#233;rer fond&#233;e, puisque l'Asie explose &#224; peine la guerre termin&#233;e avec le Japon, en 1945. Ces r&#233;voltes et r&#233;volutions vont devoir &#234;tre d&#233;tourn&#233;es et &#233;cras&#233;es, avec l'appui des forces staliniennes au Vietnam, en Cor&#233;e, aux Philippines, et, en 1947, en Inde et au Pakistan. Avec l'aide des dirigeants nationalistes, le prol&#233;tariat est priv&#233; d'une perspective propre, et son combat est mis &#224; la remorque de perspectives bourgeoises. En Inde, la r&#233;volte est m&#234;me contr&#233;e par une vague de massacres inter-religieux. Les Gandhi et les Jinnah craignent le prol&#233;tariat autant que les craignent les imp&#233;rialismes. En Afrique noire, contrairement &#224; l'image qui en est souvent donn&#233;e, c'est le prol&#233;tariat, et non la petite bourgeoisie nationale, qui a donn&#233; le signal de la lutte contre l'imp&#233;rialisme. En 1947, ce sont les travailleurs de Madagascar qui se r&#233;voltent. Au Cameroun, en 1948, ce sont encore les travailleurs que l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais doit &#233;craser. Ce sont encore les ouvriers qui, en 1947-48, bloquent toute l'Afrique de l'ouest &#171; fran&#231;aise &#187;, du S&#233;n&#233;gal &#224; la Haute Volta, du mali &#224; la Guin&#233;e, en passant par la C&#244;te d'Ivoire, en se mobilisant autour de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des chemins de fer. Travailleurs des docks, petits boulots des villes, ch&#244;meurs, femmes sont mobilis&#233;s avec les cheminots et les travailleurs des ports. Dans cette m&#234;me p&#233;riode, toute l'Afrique noire conna&#238;t une vaste mobilisation qui entra&#238;ne des gr&#232;ves, remplit brutalement les syndicats, menace l'ordre colonial. La radicalit&#233; des travailleurs tranche avec la mod&#233;ration des dirigeants de la petite bourgeoisie noire. Les gr&#232;ves de cheminots se multiplient dans toute l'Afrique : en 1945, de Matadi &#224; L&#233;opoldville, en Afrique centrale, en 1945-46 &#224; Douala (Cameroun) et en 1947 au Za&#239;re. On atteint alors le sommet de la mobilisation, avec &#224; la fois la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 11 jours au Kenya, la mobilisation de 15.000 ouvriers &#224; Mombasa, celle de 10.000 cheminots soudanais, celle des cheminots et mineurs de Gold Coast, avec une &#233;meute populaire &#224; Abidjan, en C&#244;te d'Ivoire, luttes qui se d&#233;roulent en pleine gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des cheminots de la ligne du Dakar-Niger. Cette mobilisation ouvri&#232;re dure jusque dans les ann&#233;es 1950 dans toute l'Afrique, entra&#238;nant un d&#233;veloppement syndical jusque l&#224; inconnu. Des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales la marquent : 1950 &#224; Nairobi, 1955 au Nigeria et 1956 &#224; Abidjan. Souvent l'arm&#233;e r&#233;prime violemment faisant des dizaines de morts. Les organisations ouvri&#232;res sont d&#233;truites. &lt;br /&gt;
Dans les ann&#233;es 50, c'est le prol&#233;tariat des &#171; pays de l'Est &#187; qui prend la suite, en 1953 en Allemagne de l'Est et en Tch&#233;coslovaquie, en 1956 en Pologne, &#224; Poznan, et surtout en Hongrie, avec la r&#233;volution des conseils ouvriers. Le chef du pouvoir, Ger&#246;, avait r&#233;pondu : &lt;i&gt;&#171; Nous ne tol&#233;rerons pas les revendications de la classe ouvri&#232;re. &#187; &lt;/i&gt;En r&#233;ponse, les manifestants ouvriers de Hongrie assi&#232;gent la radio, les commissariats. Le pays se couvre de conseils ouvriers r&#233;volutionnaires. Les combats ont lieu &#224; Budapest, la capitale, les 23 et 24 octobre 1956 &#8211; l'Octobre hongrois. Parce que l'arm&#233;e hongroise et la police hongroise ont vol&#233; en &#233;clats, pour &#233;craser le prol&#233;tariat, il faut faire appel &#224; l'arm&#233;e russe et elle ne parvient pas &#224; ses fins que le 30 octobre&#8230; Et encore a-t-il fallu faire venir des milliers d'hommes, des troupes fra&#238;ches venues d'Asie qui ne parlent pas le Russe ainsi que 2000 chars, car les soldats russes sont sensibles &#224; la r&#233;volution et se mutinent ! L'insurrection n'est d&#233;finitivement vaincue que le 4 novembre. Et ce n'est pas d&#251; au rapport de forces militaire, mais &#224; l'absence d'organisation politique r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. &lt;br /&gt;
Dans les ann&#233;es 60, les pays imp&#233;rialistes eux-m&#234;mes sont touch&#233;s par des mouvements de contestation dans lesquels la classe ouvri&#232;re joue un r&#244;le. En 1961, c'est la classe ouvri&#232;re de Belgique qui m&#232;ne une importante gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale face &#224; une grave crise politique et sociale du pays. Cette lutte est d&#233;vi&#233;e, d&#233;tourn&#233;e, trahie par les directions syndicales. En 1964, c'est la principale m&#233;tropole imp&#233;rialiste, les USA, qui est menac&#233;e. La population noire des grandes villes, une population ouvri&#232;re et ch&#244;meuse, celle des ghettos et des usines, est mobilis&#233;e dans de grandes manifestations, dans une pouss&#233;e d'organisations politiques et syndicales. La col&#232;re explose ici et l&#224;. Des dizaines de milliers de militants noirs radicaux, hostiles au syst&#232;me, apparaissent, s'organisent, cherchent des perspectives, s'affirment hostiles au capitalisme et &#224; l'imp&#233;rialisme, pour le renversement de l'Etat bourgeois. Ils ne renouent pas cependant avec le programme communiste r&#233;volutionnaire de Karl Marx que les organisations ouvri&#232;res r&#233;formistes, staliniennes et syndicalistes ont abandonn&#233; elles-m&#234;mes depuis longtemps. En 1964, le pouvoir prend au s&#233;rieux la menace que cette direction r&#233;volutionnaire noire devienne un danger pour le pouvoir : elle paie des tueurs professionnels pour les &#233;liminer un par un. Le mouvement noir est li&#233; &#224; la lutte des peuples colonis&#233;s comme le peuple vietnamien. Cependant, la perspective communiste r&#233;volutionnaire n'a pas progress&#233; &#224; la suite de ces combats. &lt;br /&gt;
Dans les pays du monde dit &#171; communiste &#187;, la r&#233;volution hongroise a entra&#238;n&#233; des tentatives d'&#233;viter les risques prol&#233;tariens : les Cent Fleurs en Chine puis, en 1968, c'est le printemps de Prague en Tch&#233;coslovaquie : une tentative de la bureaucratie stalinienne de r&#233;former et de lib&#233;raliser le syst&#232;me pour &#233;viter l'explosion. Dans les deux cas, l'&#233;chec est flagrant. En Chine s'ouvre un nouveau cycle dans lequel le prol&#233;tariat chinois s'&#233;mancipe de sa tutelle &#171; socialiste &#187; et renoue avec les luttes. En Tch&#233;coslovaquie, les travailleurs se mobilisent et doivent faire face aux troupes russes, mais ne disposent d'aucune ind&#233;pendance politique car ils sont &#224; la merci des fausses perspectives des r&#233;formistes staliniens (celles du &#171; Printemps de Prague &#187;). &lt;br /&gt;
En 1973, c'est en Am&#233;rique latine, au Chili, que la population ouvri&#232;re est mobilis&#233;e derri&#232;re trois grandes organisations politiques ouvri&#232;res, le Parti communiste (stalinien), le Parti socialiste (r&#233;formiste) et le MIR (Mouvement de la gauche r&#233;volutionnaire &#8211; d'extr&#234;me-gauche). On conna&#238;t le bilan de ce mouvement : le coup d'Etat militaire d'extr&#234;me-droite du g&#233;n&#233;ral Pinochet, aid&#233; par l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Mais c'est la politique des organisations ouvri&#232;res qui a d&#233;tourn&#233; le d&#233;but de mont&#233;e r&#233;volutionnaire des travailleurs chiliens et l'a d&#233;sarm&#233;e, politiquement comme physiquement. Au d&#233;but des ann&#233;es 70, la bourgeoisie du Moyen Orient est menac&#233;e par la mont&#233;e d'un lien entre le mouvement palestinien &#8211; n&#233; de leur expulsion des terres d'Isra&#235;l &#8211; et le mouvement ouvrier de la r&#233;gion (Egypte en 1968, puis Jordanie en 1971, puis Liban en 1975). Jamais les dirigeants palestiniens et arabes se revendiquant de l'extr&#234;me gauche, et qui ne rompent pas avec les perspectives d&#233;mocratiques bourgeoises et nationalistes, n'ont permis &#224; ces mouvements de d&#233;velopper des perspectives prol&#233;tariennes qui existaient pourtant bel et bien. La classe ouvri&#232;re, m&#234;me quand elle a commenc&#233; par triompher comme au Liban en 1975, n'a pas pu mettre en avant ses propres objectifs et ses formes d'organisations de classe. Un leader dit &#171; progressiste &#187; comme Yasser Arafat ne voulait surtout pas d'une action prol&#233;tarienne contre les r&#233;gimes bourgeois de toute la r&#233;gion, y compris les plus pro-imp&#233;rialistes. En juin 1975, il d&#233;clarait &#224; propos de la mobilisation r&#233;volutionnaire au Liban autour de la r&#233;sistance palestinienne : &lt;i&gt;&#171; Tout ce qui se passe au Liban est injustifiable. La r&#233;volution palestinienne sait pour sa part que le v&#233;ritable champ de bataille se trouve en Palestine et qu'elle ne peut tirer aucun b&#233;n&#233;fice d'une bataille marginale qui la d&#233;tournerait de son v&#233;ritable chemin. &#187; &lt;/i&gt;La liaison avec la r&#233;volution des masses opprim&#233;es du monde arabe, Arafat n'en voulait surtout pas. &lt;br /&gt;
Des situations de crise, le monde capitaliste entr&#233; en crise apr&#232;s 1970 en a connu de nombreuses : localement comme la crise de domination d'une ancienne puissance coloniale comme le Portugal de 1975, internationalement comme la d&#233;faite imp&#233;rialiste en Indochine, ou mondialement comme la fin de la politique des blocs et le tournant politique international des ann&#233;es 80. &lt;br /&gt;
Ce tournant mondial a &#233;t&#233; caus&#233; par la crainte du prol&#233;tariat, exactement comme la politique des blocs avait trouv&#233; sa source dans la crainte de la r&#233;volution prol&#233;tarienne apr&#232;s la deuxi&#232;me guerre mondiale. A la fin des ann&#233;es 70 et au d&#233;but des ann&#233;es 80, c'est justement dans les pays piliers de la politique des blocs (1979 en Iran, 1980 en Pologne, en Cor&#233;e du sud, en Turquie et en Afrique du sud) que la classe ouvri&#232;re menait des luttes importantes contre des r&#233;gimes us&#233;s maintenus &#224; bout de bras par les deux blocs. Cette politique, qui avait permis de stabiliser le monde depuis la fin de la guerre mondiale, entra&#238;nait des cons&#233;quences qui devenaient plus dangereuses que ses avantages. C'est l'imp&#233;rialisme qui a fait les pas n&#233;cessaires pour en finir et qui a montr&#233; que les bureaucraties staliniennes des appareils d'Etat de l'Est et de Russie ne demandaient pas mieux que d'&#234;tre r&#233;int&#233;gr&#233;es dans le giron du march&#233; mondial. L'imp&#233;rialisme en a profit&#233; pour proposer &#171; une nouvelle donne &#187; aux &#171; bourgeoisies &#233;mergentes &#187; appel&#233;e la mondialisation. Au lieu de s'opposer &#224; l'organisation capitaliste de la soci&#233;t&#233;, la jeunesse qui s'est alors mobilis&#233;e l'a fait contre des cons&#233;quences du syst&#232;me : cons&#233;quences soci&#233;tales, environnementales ou distribution des richesses. La question de la division de la soci&#233;t&#233; en classes est syst&#233;matiquement &#233;vit&#233;e par ces courants, qu'ils soient humanitaires, anti-mondialisation ou &#233;cologistes. C'est dire que ce n'est certainement pas leur d&#233;veloppement qui peut offrir une perspective au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire. &lt;br /&gt;
Si les situations r&#233;volutionnaires ou pr&#233;-r&#233;volutionnaires, dans lesquelles le prol&#233;tariat pouvait jouer son r&#244;le et ne s'y refusait pas, n'ont pas manqu&#233; &#8211; comme les r&#233;volutions bolivienne de 1952, hongroise de 1956 ou iranienne de 1979 pour ne citer que celles-l&#224; -, le grand absent c'est une politique communiste r&#233;volutionnaire au sein du prol&#233;tariat. A la suite du &#171; Printemps de Prague et du &#171; Mai 68 &#187; fran&#231;ais, les ann&#233;es 60 ont redonn&#233; vie &#224; un courant r&#233;volutionnaire s&#233;par&#233; du stalinisme, mais les &#233;v&#233;nements eux-m&#234;mes ne pouvaient suffire &#224; redonner vie &#224; une analyse et une politique vraiment r&#233;volutionnaires. La mode &#233;tait plut&#244;t au gu&#233;varisme et au mao&#239;sme qu'&#224; un renouveau du marxisme r&#233;volutionnaire. C'est cette t&#226;che qui reste indispensable pour que les nouvelles luttes du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire disposent d'une politique et d'une organisation &#224; la hauteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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