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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La question n&#232;gre par CLR James</title>
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		<dc:date>2025-03-01T23:03:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis - USA</dc:subject>
		<dc:subject>C. L. R. James</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La question n&#232;gre &lt;br class='autobr' /&gt;
Par CLR James &lt;br class='autobr' /&gt;
1943 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;veloppement historique des N&#232;gres dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine &lt;br class='autobr' /&gt;
L'historique de la question n&#232;gre et du mouvement r&#233;volutionnaire am&#233;ricain, en g&#233;n&#233;ral, ainsi que celui du mouvement trotskyste, en particulier, rend actuellement n&#233;cessaire l'examen, m&#234;me bref, du r&#244;le des n&#232;gres dans le d&#233;veloppement politique de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1776, les masses n&#232;gres ne jouaient aucun r&#244;le primordial et la r&#233;volution aurait eu le d&#233;veloppement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot250" rel="tag"&gt;Etats-Unis - USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot314" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La question n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par CLR James&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement historique des N&#232;gres dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historique de la question n&#232;gre et du mouvement r&#233;volutionnaire am&#233;ricain, en g&#233;n&#233;ral, ainsi que celui du mouvement trotskyste, en particulier, rend actuellement n&#233;cessaire l'examen, m&#234;me bref, du r&#244;le des n&#232;gres dans le d&#233;veloppement politique de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1776, les masses n&#232;gres ne jouaient aucun r&#244;le primordial et la r&#233;volution aurait eu le d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral qu'elle a eu effectivement, m&#234;me si pas un n&#232;gre n'avait v&#233;cu aux Etats-Unis. Cependant, d&#232;s que commen&#231;a la lutte r&#233;volutionnaire, les n&#232;gres oblig&#232;rent la bourgeoisie r&#233;volutionnaires &#224; comprendre les droits des n&#232;gres dans les droits de l'homme. Les n&#232;gres eux-m&#234;mes jou&#232;rent un r&#244;le important dans la lutte militaire de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1800 et 1830, les n&#232;gres, d&#233;sappoint&#233;s par les r&#233;sultats de la r&#233;volution, firent l'exp&#233;rience d'une s&#233;rie de r&#233;voltes. Vers 1831, la d&#233;mocratie petite bourgeoise am&#233;ricaine entra dans une p&#233;riode d'agitation d&#233;bordante d'&#233;galitarisme humanitaire. D&#233;sappoint&#233;s par leurs d&#233;faites des ann&#233;es 1800 &#224; 1830, les esclaves n&#232;gres du Sud, aid&#233;s par les N&#232;gres libres du Nord, cherch&#232;rent &#224; acqu&#233;rir leur libert&#233; par une lutte de masses. Gr&#226;ce &#224; cette action spontan&#233;e, le mouvement petit bourgeois pour les droits de l'homme fut rapidement domin&#233; par la lutte pour l'abolition de l'esclavage ; le lien qui existait entre la bourgeoisie nordiste et les planteurs sudistes dut beaucoup plus fort en 1860 que celui qui reliait la bourgeoisie coloniale et la bourgeoisie anglaise en 1776. La bourgeoisie nordiste usa de tous les moyens en son pouvoir pour &#233;viter le choc r&#233;volutionnaire. L'agitation de la petite bourgeoisie, stimul&#233;e, maintenue et renforc&#233;e pendant des ann&#233;es par le refus des masses esclaves d'accepter leur situation, fut le facteur subjectif le plus important pour d&#233;ployer dans la conscience du peuple l'id&#233;e de l'irr&#233;pressibilit&#233; du conflit. Pendant la guerre civile, l'action r&#233;volutionnaire des masses n&#232;gres du Sud joua un r&#244;le d&#233;cisif dans la victoire nordiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le mouvement agraire du Sud des ann&#233;es 1890, les fermiers et les semi-prol&#233;taires n&#232;gres, organis&#233;s d'une mani&#232;re autonome &#224; concurrence d'un million deux cent cinquante mille dans l'Alliance nationale des fermiers de couleur, constitu&#232;rent une aile active et puissante du mouvement populiste. Ils furent des partisans actifs de la scission avec le Parti R&#233;publicain et de la constitution d'un troisi&#232;me parti ayant des buts sociaux aussi bien qu'&#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance des N&#232;gres, en tant que force r&#233;volutionnaire, s'est d&#233;velopp&#233;e en m&#234;me temps que l'&#233;conomie am&#233;ricaine. Parall&#232;lement s'est d&#233;velopp&#233; le pr&#233;jug&#233; racial contre les N&#232;gres. Entre 1830 et 1860 les planteurs sudistes ont cultiv&#233; la th&#233;orie de l'inf&#233;riorit&#233; noire &#224; un degr&#233; d&#233;passant de tr&#232;s loin celui des temps les plus recul&#233;s de l'esclavage ; ils &#233;taient pouss&#233;s &#224; agir ainsi par les divergences croissantes qui se d&#233;veloppaient entre la d&#233;mocratie bourgeoisie en pleine croissance et les besoins de l'&#233;conomie esclavagiste. Afin de vaincre la menace terrible que constitue l'unit&#233; des blancs et des noirs en particulier celle pr&#233;conis&#233;e par le Populisme, la &#171; plantocratie &#187; sudiste &#233;leva la conscience raciale &#224; la hauteur d'un principe. Tout le pays fut impr&#233;gn&#233; de cette id&#233;e. Ainsi, au fur et &#224; mesure qu'ils sont de plus en plus int&#233;gr&#233;s dans la production, int&#233;gration qui devient de jour en jour un processus sociale, les N&#232;gres deviennent plus conscients que jamais qu'ils sont exclus des privil&#232;ges d&#233;mocratiques en tant que groupe racial s&#233;par&#233; de la communaut&#233;. Ce double ph&#233;nom&#232;ne est la cl&#233; de l'analyse marxiste de la question n&#232;gre aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, dans l'ensemble du pays, comme dans le monde en g&#233;n&#233;ral, les droits d&#233;mocratiques deviennent de plus en plus un br&#251;lant probl&#232;me politique &#224; cause des attaques g&#233;n&#233;ralis&#233;es de la soci&#233;t&#233; bourgeoise en d&#233;clin contre les principes de la d&#233;mocratie en g&#233;n&#233;ral. Simultan&#233;ment, l'ascension du mouvement ouvrier accroit la conscience du fait que la classe des travailleurs est une force sociale dans la r&#233;organisation de la soci&#233;t&#233;. Ainsi, le N&#232;gre dans sa lutte plus que centenaire pour les droits d&#233;mocratiques se trouve plac&#233; en face de la conscience subjective de lui-m&#234;me en tant que minorit&#233; raciale opprim&#233;e et la conscience objective des travailleurs en tant que rempart de la lutte d&#233;mocratique en g&#233;n&#233;ral dans ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la lumi&#232;re de cette contradiction que nous devons &#233;tudier le d&#233;veloppement parmi les N&#232;gres de la compr&#233;hension de ce qu'est l'oppression nationale et de ce que doivent &#234;tre, &#224; l'&#233;poque actuelle, les efforts pour s'en lib&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme n&#232;gre : premi&#232;re phase&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re r&#233;action des masses noires &#224; la consolidation du bloc sudiste fut la politique de Booker T. Washington, qui conseilla la soumission, l'apprentissage dans l'industrie, et le d&#233;veloppement des entreprises n&#232;gres. Pendant un moment, les N&#232;gres du Sud sembl&#232;rent accepter de programme. Mais en r&#233;alit&#233; naquit alors une haine furieuse mais contenue envers les blancs du fait de l'oppression, et en particulier de l'humiliation raciale &#224; laquelle les N&#232;gres &#233;taient alors soumis. L'appr&#233;ciation de ce fait est fondamentale pour comprendre un tant soit peu le probl&#232;me n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la premi&#232;re guerre mondiale, les besoins de l'industrie nordiste amen&#232;rent vers le Nord des milliers de N&#232;gres. Le ressentiment tacite &#233;clata alors ouvertement, s'organisa et s'&#233;gara dans le Garveyisme. Ainsi, une explosion essentiellement nationaliste eut lieu au moment m&#234;me o&#249; les N&#232;gres s'int&#233;graient dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et o&#249; ils pouvaient par cela m&#234;me s'exprimer librement. Sa premi&#232;re signification fut d'endiguer la force puissante de protestation sociale qui couvait dans le c&#339;ur des N&#232;gres. La seconde r&#233;side dans le fait qu'elle se constitua pr&#233;cis&#233;ment parce que les n&#232;gres avaient fait un progr&#232;s &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les N&#232;gres et les organisations ouvri&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les N&#232;gres, gr&#226;ce &#224; la place qu'ils occupent en tant que section la plus opprim&#233;e du prol&#233;tariat et gr&#226;ce &#224; leur sens de l'oppression nationale, se sont toujours montr&#233;s pr&#234;ts, dans l'ensemble, &#224; se joindre aux organisations ouvri&#232;res. L'exclusion des N&#232;gres de l'A.F.L. Correspondait &#224; une p&#233;riode de collaboration de classe pratiqu&#233;e par la direction de l'A.F.L. Quand le I.W.W. Brandit le drapeau du syndicalisme militant parmi les sections les plus opprim&#233;es et les plus exploit&#233;es de la population laborieuse, les ouvriers n&#232;gres r&#233;pondirent aussi bien en tant que membres qu'en tant qu'organisateurs. De plus. l'I.W.W, donna aux N&#232;gres l'id&#233;e d'un programme social pour la r&#233;g&#233;n&#233;ration de la soci&#233;t&#233; avec laquelle les N&#232;gres ont toujours &#233;t&#233; d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1932, les N&#232;gres, de m&#234;me que le reste du mouvement ouvrier, suivirent le programme du New Deal avec ses grandes promesses d'un ordre nouveau am&#233;ricain. Mais le gouvernement de Roosevelt, bien qu'ayant n&#233;cessairement compris les N&#232;gres dans son programme social pour les ch&#244;meurs, ne fit rien pour r&#233;aliser ses vagues promesses pour l'am&#233;lioration du sort des N&#232;gres opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le C.I.O., &#233;tant surtout une organisation des industries lourdes, fut oblig&#233; d'organiser les N&#232;gres des grandes industries comme les aci&#233;ries et l'industrie automobile, ou bien de ne rien organiser du tout. Les masses n&#232;gres, en d&#233;pit de quelques h&#233;sitations, r&#233;pondirent magnifiquement, et aujourd'hui elles constituent des groupes puissants et progressistes dans plusieurs syndicats du C.I.O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette participation au mouvement syndical actif est indubitablement d'une grande signification, non seulement pour la classe ouvri&#232;re en g&#233;n&#233;ral, mais pour le peuple n&#232;gre. Cependant, la lutte principale des masses n&#232;gres des Etats-Unis a &#233;t&#233; et, jusqu'&#224; l'accomplissement du socialisme, continuera &#224; &#234;tre leur lutte pour les droits d&#233;mocratiques en tant que minorit&#233; nationale opprim&#233;e. Leur entr&#233;e dans les rangs des organisations ouvri&#232;res n'amoindrit pas leur sens de l'oppression nationale. Au contraire, elle l'accro&#238;t et, en plein accord avec le r&#244;le qu'elles Jou&#232;rent dans les crises r&#233;volutionnaires pass&#233;es et dans le d&#233;veloppement des antagonismes de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, cette action autonome des masses n&#232;gres joue d&#233;j&#224; un r&#244;le li&#233; &#224; celui du prol&#233;tariat am&#233;ricain qui constitue un des &#233;l&#233;ments les plus importants de la lutte cour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme n&#232;gre : seconde phase !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tumultueuse situation mondiale, l'&#233;touffement de la d&#233;mocratie par l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain et les revendications croissantes des travailleurs organis&#233;s des &#201;tats-Unis pour l'extension de plus en plus grande des droits d&#233;mocratiques, ces revendications stimul&#232;rent chez le peuple n&#232;gre, au commencement de la deuxi&#232;me guerre mondiale, un d&#233;sir plus intense que jamais de lutter pour l'&#233;galit&#233;. Pouss&#233; par les n&#233;cessit&#233;s de la guerre, le gouvernement de Roosevelt appela le peuple am&#233;ricain &#224; faire de grands sacrifices n&#233;cessaires &#224; la guerre, au nom de la d&#233;mocratie. En m&#234;me temps, cependant, les besoins sp&#233;ciaux et les pratiques de la soci&#233;t&#233; sudiste et de l'industrie en g&#233;n&#233;ral fortifi&#232;rent, gr&#226;ce au pr&#233;jug&#233; racial maintenant bien &#233;tabli dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, toute interdiction &#224; l'extension des droits d&#233;mocratiques au peuple n&#232;gre. Au contraire, les pers&#233;cutions et les discriminations de la premi&#232;re guerre mondiale ont &#233;t&#233; intensifi&#233;es. Les attaques violentes et les humiliations auxquelles les n&#232;gres on ! &#233;t&#233; soumis, dans l'arm&#233;e en particulier, ont soulev&#233; l'indignation des masses n&#232;gres &#224; un haut degr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#232;gres ont r&#233;pondu par une offensive g&#233;n&#233;ralis&#233;e dans tout le pays. Cette offensive, qui a pour but surtout l'obtention du droit d'entr&#233;e dans l'Industrie et aussi dans les syndicats de Jim Crow, s'est exprim&#233;e non seulement par des mouvements de masses mais par une d&#233;termination croissante de lutter d'une mani&#232;re individuelle et souvent terroriste contre toute manifestation de sup&#233;riorit&#233; de la part des blancs. Les jeunes n&#232;gres en particulier marchent maintenant dans les rues de beaucoup de villes avec la d&#233;termination de se d&#233;fendre. Et dans des &#201;tats comme la Virginie, les Carollnes et le Tennessee, leur attitude dans les tramways, leur soumission pleine de ressentiment aux vieilles lois de Jim Crow a cr&#233;&#233; un degr&#233; de tension sociale inconnue dans ces r&#233;glons depuis deux g&#233;n&#233;rations. Ceci a &#233;t&#233; une des causes essentielles qui a contribu&#233; &#224; cr&#233;er les &#233;ruptions racistes qui ont eut lieu dans diff&#233;rentes r&#233;gions du pays, L'Attorney general des Etats-Unis a fait la proposition fantastique et sans pr&#233;c&#233;dent d'interdire aux n&#232;gres de venir dans les cit&#233;s nordistes et a exprim&#233; publiquement ses craintes de rixes racistes imminentes. Il est caract&#233;ristique de la banqueroute de la bourgeoisie, face &#224; l'offensive massive des noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re et le haut degr&#233; de d&#233;veloppement de l'offensive g&#233;n&#233;ralis&#233;e des n&#232;gres a son expression caract&#233;ristique &#224; Harlem. Harlem est la concentration n&#232;gre urbaine la plus vaste de tout le pays. C'est l'endroit o&#249; les n&#232;gres se sentent le plus en s&#251;ret&#233;, les plus libres et partant le plus capables l'exprimer leur ressentiment. C'est donc pr&#233;cis&#233;ment &#224; Harlem qu'apparaissent le plus violemment les sentiments nationalistes n&#232;gres et les protestations sociales les plus profondes. En 1935 les n&#232;gres de Harlem firent une manifestation spontan&#233;e contre leurs conditions sociales en g&#233;n&#233;ral et en particulier contre le fait qu'ils n'&#233;taient pas employ&#233;s dans les magasins de Harlem. Les manifestations marqu&#232;rent le d&#233;but d'un mouvement qui amena des corrections substantielles &#224; cette injustice. En 1941 la communaut&#233; de Harlem organisa et mena &#224; la victoire une manifestation contre le refus d'employer des n&#232;gres comme conducteurs d'autobus. Des actions semblables ou des tentatives d'actions prirent place sur tout le territoire, sauf dans la partie la plus profonde du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#232;gres ne se satisfont pas de manifestations locales ou simplement r&#233;gionales. Hautement significative est l'expression organis&#233;e de leur l'es sentiment. En 1940, le conseiller Powell, r&#233;alisant la n&#233;cessit&#233; de donner une expression organis&#233;e a l'&#233;chelle nationale de ce ressentiment, essaya de convoquer une conf&#233;rence nationale des leaders n&#232;gres &#224; New York. Le mouvement ne se mat&#233;rialisa pas, mais vers 1941, la pression des masses n&#232;gres for&#231;a la formation d'une organisation ayant pour but de marcher sur Washington et de faire une protestation violente &#224; l'&#201;tat contre l'oppression nationale des N&#232;gres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants n&#232;gres petits bourgeois vivent leurs organisations du N.A.A.C.P. et de l'Urban League rejet&#233;es toutes deux par les masses n&#232;gres comme incapables de satisfaire leurs revendications. Ils trembl&#232;rent devant cette pouss&#233;e puissante des masses n&#232;gres pr&#234;tes &#224; affronter l'&#201;tat capitaliste avec un esprit conscient de l'injustice dont elles sont victimes. Dans les personnes de A. Philip Randolph et de Walter White, Ils se h&#226;t&#232;rent de se mettre &#224; la t&#234;te du mouvement et de le diriger imm&#233;diatement vers le gouvernement Roosevelt qui se transforma lui-m&#234;me en dirigeant du peuple n&#232;gre sous les dehors de la Commission pour des pratiques justes dans l'emploi (F.E.P.C.). Les masses n&#232;gres attendirent patiemment que la F.E.P.C. r&#233;solve leurs probl&#232;mes dans l'industrie et, dans l'&#201;tat capitaliste, am&#233;liore la situation des n&#232;gres dans l'arm&#233;e. Du fait de l'incapacit&#233; du gouvernement Roosevelt et de la F.E.P.C &#224; am&#233;liorer l'injustice dont elles souffraient, les masses n&#232;gres se d&#233;cid&#232;rent &#224; prendre leur propre sort entre leurs mains. L'expression la plus caract&#233;ristique de ce sentiment fut la manifestation de Harlem &#224; laquelle particip&#232;rent plusieurs milliers de personnes, regard&#233;e avec sympathie par la grande majorit&#233; des habitants de Harlem et des n&#232;gres de tout le territoire am&#233;ricain. Examin&#233;e dans son ensemble elle peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une des manifestations les plus caract&#233;ristiques depuis le mouvement de Garvey de l'ind&#233;pendance protestataire sur le plan social de la part des N&#232;gres. Elle ne concernait pas seulement l'habitat mis&#233;rable, l'insuffisance des terrains de jeux ou la pauvret&#233; croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manifestation de Harlem, de m&#234;me que la gr&#232;ve des mineurs, repr&#233;sente une &#233;tape significative dans le d&#233;veloppement de la lutte contre la soci&#233;t&#233; capitaliste. La gr&#232;ve des mineurs n'&#233;tait pas seulement caus&#233;e par l'Injustice imm&#233;diate dont souffraient les mineurs mais par le degr&#233; de d&#233;veloppement atteint par le prol&#233;tariat am&#233;ricain dans son ensemble. Les mineurs firent ce que des millions d'Am&#233;ricains voulaient faire. La manifestation de Harlem est &#233;galement une indication des sentiments de la grande majorit&#233; des n&#232;gres de ce pays. Ces deux manifestations sont, dans leur force et dans leur faiblesse, les deux plus importants indices du ressentiment croissant des masses contre la soci&#233;t&#233; existante : c'est-&#224;-dire la soci&#233;t&#233; capitaliste, ressentiment r&#233;sultant de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, les leaders n&#232;gres petit bourgeois ont produit un manifeste politique qui, en d&#233;pit de toutes ses faiblesses prouve que le peuple n&#232;gre, dans l'ensemble, a adopt&#233; une attitude critique, en tant que N&#232;gres, - vis-&#224;-vis &#224; la fols du Parti R&#233;publicain et du Parti D&#233;mocrate. Les N&#232;gres qui protestent dans la rue et les petits bourgeois timides et h&#233;sitants ont atteint aujourd'hui un niveau tel dans leur &#233;volution que comme toujours dans le pass&#233;, le prochain pas historique qui leur reste &#224; faire est l'unit&#233; avec la classe r&#233;volutionnaire : c'est-&#224;-dire aujourd'hui le prol&#233;tariat am&#233;ricain. Dans la mesure o&#249; les N&#232;gres sont plus int&#233;gr&#233;s dans l'industrie et les syndicats, leur conscience de race opprim&#233;e et leur ressentiment contre cette oppression deviennent de plus en plus grands, et non moindres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le double d&#233;veloppement du peuple n&#232;gre pendant ces derni&#232;res ann&#233;es pose des probl&#232;mes exceptionnels et offre des occasions exceptionnelles au prol&#233;tariat am&#233;ricain et partant au part ! r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat am&#233;ricain et la question n&#232;gre aujourd'hui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat am&#233;ricain est la classe dont le r&#244;le objectif &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente est de r&#233;soudre les probl&#232;mes fondamentaux de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. Toute analyse th&#233;orique du probl&#232;me n&#232;gre contemporain doit donc commencer par le lien croissant qui doit exister entre la lutte des n&#232;gres et les luttes g&#233;n&#233;rales du prol&#233;tariat, en tant que dirigeant des classes opprim&#233;es de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	A l'&#233;tape pr&#233;sente du capitalisme am&#233;ricain le grand danger pour les masses est le fascisme. Les &#233;v&#233;nements de Detroit et d'ailleurs ont d&#233;montr&#233; que les &#233;l&#233;ments fascistes exploitent jusqu'&#224; la derni&#232;re limite le probl&#232;me n&#232;gre aux &#201;tats-Unis afin de semer la confusion, de d&#233;sorganiser et de diviser les grandes masses populaires et de d&#233;router le leader naturel de la lutte contre le fascisme : la classe ouvri&#232;re organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La bourgeoisie am&#233;ricaine, qu'elle soit d&#233;mocrate ou r&#233;publicaine, est parfaitement au courant de la nature permanente de la crise agricole et a d&#233;j&#224; prouv&#233; sa d&#233;termination de corrompre les paysans en vue de la maintenir contre les organisations ouvri&#232;res. Cependant, les ouvriers agricoles et tout le prol&#233;tariat paysan sont ins&#233;parables dans le cadre de la soci&#233;t&#233; capitaliste. La solution du probl&#232;me agraire aux &#201;tats-Unis r&#233;side dans le prol&#233;tariat et toute solution est li&#233;e automatiquement &#224; la situation sociale g&#233;n&#233;rale de millions de n&#232;gres des &#201;tats sudistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le Sud pr&#233;sente le probl&#232;me le plus grave de la d&#233;mocratie aux &#201;tats-Unis. Les reliquats &#233;conomiques de l'esclavage, une paysannerie nombreuse et sans propri&#233;t&#233;, le d&#233;veloppement sur une grande &#233;chelle, surtout des industries extractives, le transfert de l'industrie textile du Nord, un mouvement ouvrier qui se d&#233;veloppe de plus en plus ; tout cela est p&#233;n&#233;tr&#233; d'un syst&#232;me de castes comparable &#224; rien d'autre dans le monde moderne. Pour faire tenir ensemble ces &#233;l&#233;ments divers et contradictoires, il existe une superstructure politique avec les formes ext&#233;rieures de la d&#233;mocratie bourgeoise. Ce conglom&#233;rat extraordinaire de forces explosives est situ&#233;, non pas comme aux Indes, &#224; des milliers de kilom&#232;tres de la m&#233;tropole, mais au c&#339;ur m&#234;me de la d&#233;mocratie bourgeoise la plus avanc&#233;e du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arm&#233;s de la th&#233;orie de Trotsky sur la r&#233;volution permanente que nous devons appliquer dans notre pays, aussi bien que dans les autres pays, le parti Bolchevik doit &#234;tre capable de pr&#233;voir le &#171; t&#233;lescopage &#187; de la r&#233;volution industrielle, agricole et sociale dans le Sud. Ces contradictions se d&#233;veloppent &#224; un moment o&#249; le fascisme, l'ennemi de la d&#233;mocratie et le d&#233;fenseur le plus &#233;loquent de la domination raciale, fait l'exp&#233;rience de d&#233;faites &#233;clatantes aux prix de grands sacrifices de la part du peuple am&#233;ricain. L'hypocrisie grossi&#232;re qu'il comporte a p&#233;n&#233;tr&#233; profond&#233;ment dans l'esprit des n&#232;gres du Sud. La familiarit&#233; avec cette situation et l'acceptation comparative par les masses, en particulier les masses n&#232;gres, dans le pass&#233;, ne doit pas affaiblir notre compr&#233;hension du potentiel dynamique que la situation repr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible qu'avant que les forces &#233;conomiques et politiques g&#233;n&#233;rales du Sud aient atteint leur point d'explosion, les masses n&#232;gres puissent par leurs actions ind&#233;pendantes de masses poser toutes les questions purement en termes d'&#233;galit&#233; des droits n&#232;gres. Quelle que soit l'allure du d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ra ! ou les formes qu'il peut prendre, nous devons nous attendre &#224; ce que dans le cours de la prochaine p&#233;riode, la p&#233;riode de la crise sociale en Am&#233;rique, le prol&#233;tariat am&#233;ricain, dans l'ensemble, se trouve plac&#233; en face de ce probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	M&#234;me aujourd'hui, dans les luttes quotidiennes pour les droits d&#233;mocratiques, les propri&#233;taires et les industriels sudistes se sont r&#233;v&#233;l&#233;s &#234;tre les ennemis irr&#233;ductibles, non seulement de la classe ouvri&#232;re, mais des droits d&#233;mocratiques du peuple am&#233;ricain dans son ensemble. De larges sections de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, en particulier les travailleurs organis&#233;s et la majorit&#233; des N&#232;gres du Nord sont maintenant pleinement conscients de cela et sont &#233;galement conscients que la base de la puissance politique sudiste est la d&#233;gradation &#233;conomique et raciale des N&#232;gres du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des quatre points ci-dessus, certaines conclusions d'une extr&#234;me importance pour le prol&#233;tariat am&#233;ricain peuvent &#234;tre tir&#233;es. En Am&#233;rique, comme dans tout autre pays, une lutte fondamentale existe entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie pour le contr&#244;le des sources &#233;conomiques de la puissance sociale et politique. Mais dans tous les pays cette lutte rev&#234;t des formes historiques sp&#233;ciales. C'est la t&#226;che du parti r&#233;volutionnaire, tout d'abord, de s'&#233;clairer lui-m&#234;me afin d'&#234;tre capable d'&#233;clairer le prol&#233;tariat sur le r&#244;le crucial du probl&#232;me n&#232;gre dans la d&#233;fense de ses propres positions et la reconstruction de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n&#232;gre en tant que question nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 14 millions de n&#232;gres des &#201;tats-Unis sont soumis &#224; toutes les vari&#233;t&#233;s concevables de l'oppression &#233;conomique et de la discrimination sociale et politique. Ces tortures sont, dans une large mesure, sanctifi&#233;es par la loi et pratiqu&#233;es sans aucune honte par tous les organes gouvernementaux. Les n&#232;gres, toutefois, sont et ont &#233;t&#233; pendant plusieurs si&#232;cles et dans tous les sens du mot Am&#233;ricains. Ils ne sont pas s&#233;par&#233;s de leurs oppresseurs par des diff&#233;rences de culture, des diff&#233;rences de religion, de langage, comme les habitants de l'Inde ou de l'Afrique. Ils ne sont pas m&#234;me r&#233;gionalement s&#233;par&#233;s du reste de la communaut&#233; comme les groupes nationaux de Russie, d'Espagne ou de Yougoslavie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#232;gres sont en majorit&#233; des prol&#233;taires ou des semi-prol&#233;taires et, partant, la lutte des n&#232;gres est fondamentalement une question de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#232;gres ne constituent pas une nation, mais &#224; cause de leur situation sp&#233;ciale, leur groupement isol&#233; du reste de la population, l'oppression &#233;conomique, sociale et politique dont ils sont victimes, la diff&#233;rence de couleur qui les singularise si facilement du reste de la communaut&#233;, leur probl&#232;me devient le probl&#232;me d'une minorit&#233; nationale. La question n&#232;gre fait partie de la question nationale mais non pas la question &#171; nationale &#187;. Cette minorit&#233; nationale est plus facilement distincte du reste de la communaut&#233; par ses caract&#233;ristiques raciales. Mais la question n&#232;gre est une question de race et non de &#171; race &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition qui existe entre leur situation et les privil&#232;ges dont jouissent ceux qui les entourent a toujours fait des n&#232;gres la section de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine la plus r&#233;ceptive aux id&#233;es r&#233;volutionnaires et aux solutions radicales des probl&#232;mes sociaux. Les luttes de la classe ouvri&#232;re blanche contre la loi objective du capitalisme et pour des buts subjectifs concrets, &#224; la veille m&#234;me de la r&#233;volution, ne peut se manifester enti&#232;rement en termes concrets et positifs. Les n&#232;gres, au contraire, luttent et continueront &#224; lutter objectivement contre le capital, mais &#224; rencontre des travailleurs blancs, ils luttent pour des droits d&#233;mocratiques tr&#232;s concrets et objectifs qu'ils voient autour d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais toute l'histoire des &#201;tats-Unis et celle du r&#244;le des n&#232;gres dans l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine sont une preuve constante du fait qu'il est impossible aux n&#232;gres de conqu&#233;rir l'&#233;galit&#233; sous le r&#233;gime capitaliste am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; capitaliste am&#233;ricaine et le r&#244;le que les n&#232;gres y jouent sont tels que la lutte des noirs pour ses droits d&#233;mocratiques met les n&#232;gres presque imm&#233;diatement face &#224; face avec le capitalisme et avec l'&#201;tat. Le soutien des marxistes de la lutte des n&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques ne constitue pas une concession de leur part. Aux &#201;tats-Unis aujourd'hui cette lutte constitue une part directe de la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte nationale et la lutte pour le socialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les probl&#232;mes s&#233;rieux issus de la question n&#232;gre tournent autour du lien qui existe entre les actions ind&#233;pendantes des masses n&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques et la lutte de la classe ouvri&#232;re pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au IIe Congr&#232;s de l'Internationale Communiste, les th&#232;ses de L&#233;nine distinguent comme exemples de la question nationale et coloniale la question irlandaise et la question des n&#232;gres d'Am&#233;rique. L&#233;nine basait ses appr&#233;ciations sur une &#233;tude serr&#233;e de la situation &#233;conomique des n&#232;gres aux &#201;tats-Unis et de la R&#233;volte Irlandaise en 1916.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le d&#233;veloppement historique de la lutte des n&#232;gres aux &#201;tats-Unis et ses rapports avec la lutte des classes r&#233;volutionnaires prouve que l'analyse l&#233;niniste de la question n&#232;gre comme partie de la question nationale constitue la m&#233;thode juste avec laquelle on doit aborder ce probl&#232;me. Il est donc n&#233;cessaire d'avoir une conception pr&#233;cise et claire de l'application de cette m&#233;thode. L'exemple le meilleur en est l'appr&#233;ciation de L&#233;nine de la R&#233;volte Irlandaise pendant la premi&#232;re guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine souhaite illustrer la lutte sp&#233;cifiquement nationaliste de la R&#233;volte Irlandaise dans ses relations avec la lutte socialiste du prol&#233;tariat britannique contre l'imp&#233;rialisme britannique. Il se sert de l'exp&#233;rience de la R&#233;volution Russe de 1905 qui prit place exclusivement dans le cadre des limites nationales de la Russie. Il utilise &#233;galement non pas les luttes des minorit&#233;s nationales opprim&#233;es, mais la lutte de la petite bourgeoisie des paysans et des autres groupes non prol&#233;tariens, interm&#233;diaires entre les classes, en rapport avec la lutte du prol&#233;tariat russe. Nous avons ainsi une illustration concr&#232;te de l'application de la m&#233;thode &#224; des groupes et des classes superficiellement divers mais fondamentalement semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La r&#233;volution russe de 1905 a &#233;t&#233; une r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise. Elle a consist&#233; en une s&#233;rie de batailles livr&#233;es par toutes les classes, groupes et &#233;l&#233;ments m&#233;contents de la population. Parmi eux, il y avait des masses aux pr&#233;jug&#233;s les plus barbares, luttant pour les objectifs les plus vagues et les plus fantastiques, il y avait des groupuscules qui recevaient de l'argent japonais, il y avait des sp&#233;culateurs et des aventuriers, etc. Objectivement, le mouvement des masses &#233;branlait le tsarisme et frayait la voie &#224; la d&#233;mocratie, et c'est pourquoi les ouvriers conscients &#233;taient &#224; sa t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, la r&#233;volution socialiste consistera en une s&#233;rie de batailles auxquelles les classes, groupes et &#233;l&#233;ments m&#233;contents de tous les types participeront selon leur propre voie et formeront une force qui contribuera aux grandes luttes ultimes qui seront guid&#233;s par le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La r&#233;volution socialiste en Europe ne peut pas &#234;tre autre chose que l'explosion de la lutte de masse des opprim&#233;s et m&#233;contents de toute esp&#232;ce. Des &#233;l&#233;ments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arri&#233;r&#233;s y participeront in&#233;vitablement - sans cette participation, la lutte de masse n'est pas possible, aucune r&#233;volution n'est possible - et, tout aussi in&#233;vitablement, ils apporteront au mouvement leurs pr&#233;jug&#233;s, leurs fantaisies r&#233;actionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais, objectivement, ils s'attaqueront au capital, et l'avant-garde consciente de la r&#233;volution, le prol&#233;tariat avanc&#233;, qui exprimera cette v&#233;rit&#233; objective d'une lutte de masse disparate, discordante, bigarr&#233;e, &#224; premi&#232;re vue sans unit&#233;, pourra l'unir et l'orienter, conqu&#233;rir le pouvoir, s'emparer des banques, exproprier les trusts ha&#239;s de tous (bien que pour des raisons diff&#233;rentes !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, la r&#233;volution sociale est impossible sans les luttes ind&#233;pendantes des masses n&#232;gres, quels que soient les pr&#233;jug&#233;s, les fantaisies r&#233;actionnaires, la faiblesse et les erreurs de ces luttes. La composition prol&#233;tarienne du peuple n&#232;gre et la croissance du mouvement ouvrier offrent des possibilit&#233;s au peuple n&#232;gre de perdre ces pr&#233;jug&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La lutte des nations opprim&#233;es en Europe, capable d'en arriver &#224; des insurrections et &#224; des combats de rues, &#224; la violation de la discipline de fer de l'arm&#233;e et &#224; l'&#233;tat de si&#232;ge, &#171; aggravera la crise r&#233;volutionnaire en Europe &#187; infiniment plus qu'un soul&#232;vement de bien plus grande envergure dans une colonie lointaine. A force &#233;gale, le coup port&#233; au pouvoir de la bourgeoisie imp&#233;rialiste anglaise par l'insurrection en Irlande a une importance politique cent fois plus grande que s'il avait &#233;t&#233; port&#233; en Asie ou en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coups port&#233;s par une minorit&#233; nationale opprim&#233;e aussi li&#233;e &#224; la structure sociale des &#201;tats-Unis que l'est la minorit&#233; n&#232;gre, renferment une signification politique d'une plus grande importance dans ce pays qu'un coup port&#233; par tout autre section de la population except&#233; le prol&#233;tariat organis&#233; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La dialectique de l'histoire fait que les petites nations, impuissantes en tant que facteur ind&#233;pendant dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme, jouent le r&#244;le d'un des ferments, d'un des bacilles, qui favorisent l'entr&#233;e en sc&#232;ne de la force v&#233;ritablement capable de lutter contre l'imp&#233;rialisme, &#224; savoir : le prol&#233;tariat socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, les n&#232;gres sont indubitablement d&#233;nu&#233;s du pouvoir de r&#233;aliser leur &#233;mancipation compl&#232;te ou m&#234;me substantielle en tant que facteur ind&#233;pendant dans la lutte contre le capitalisme am&#233;ricain. Mais le r&#244;le historique des n&#232;gres aux &#201;tats-Unis est tel, et leur relation avec le prol&#233;tariat am&#233;-ricain est telle que leurs luttes ind&#233;pendantes constituent le stimulant le plus fort dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine pour faire reconna&#238;tre au prol&#233;tariat am&#233;ricain quelles sont ses r&#233;elles responsabilit&#233;s vis-&#224;-vis du processus national, dans son ensemble et quelle force il repr&#233;sente contre l'Imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation id&#233;ale serait que la lutte du groupe minoritaire soit organis&#233;e et conduite par le prol&#233;tariat. Mais faire de cela la condition sine qua non du soutien de la lutte des groupes non-prol&#233;tariens, semi-prol&#233;tariens ou sans conscience de classe est une r&#233;pudiation de toute la th&#233;orie et de la pratique marxistes. Ainsi, il est absolument faux de conclure que la lutte ind&#233;pendante des masses n&#232;gres pour leurs droits d&#233;mocratiques doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e seulement comme une &#233;tape pr&#233;liminaire vers la reconnaissance par les n&#232;gres que la vraie lutte est la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement marxiste et la question n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement marxiste aux &#201;tats-Unis n'a pas r&#233;ussi, &#224; quelques exceptions pr&#232;s, &#224; comprendre le fait que la question n&#232;gre fait partie de la question nationale. Ceci n'est pas surprenant car il a t&#233;moign&#233; peu d'int&#233;r&#234;t aux n&#232;gres, sauf lorsqu'il &#233;tait stimul&#233; directement et avec insistance par le mouvement international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement socialiste de Debs consid&#233;rait tout appel au peuple n&#232;gre comme contraire &#224; l'esprit du socialisme. Randolph a fait appel aux n&#232;gres pour qu'ils deviennent socialistes, mais se montre lui-m&#234;me incapable d'appr&#233;hender le mouvement nationaliste du Garveyisme qui pr&#233;valait &#224; l'&#233;poque. Le parti communiste presque jusqu'en 1928 &#233;tait incapable de comprendre et la signification de la question n&#232;gre aux Etats-Unis et la m&#233;thode de travail n&#233;cessaire pour l'aborder. Ce ne fut que gr&#226;ce &#224; l'Intervention radicale de l'I.C., quel que f&#251;t le but qu'elle poursuivait, que le parti communiste en 1929 commen&#231;a &#224; aborder s&#233;rieusement la question n&#232;gre. En d&#233;pit de nombreuses exag&#233;rations, le tournant vers ce probl&#232;me fut sain et efficace, mais il fut s&#233;rieusement handicap&#233; par l'adoption d'une politique de soutien &#224; l'auto-d&#233;termination de la Ceinture Noire. En 1936 avec le nouveau tournant de l'I.C. vers le social patriotisme, le travail du parti communiste parmi les n&#232;gres commen&#231;a &#224; se d&#233;t&#233;riorer progressivement. Le mouvement trotskyste depuis ses origines, de 1928 &#224; 1938, t&#233;moigna encore moins d'int&#233;r&#234;t &#224; la question n&#232;gre que le parti communiste, et, cette fois encore, ce fut sous l'influence de l'organisation internationale que le mouvement marxiste am&#233;ricain s'int&#233;ressa activement &#224; la question n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky et la question n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky commen&#231;a &#224; prendre un int&#233;r&#234;t sp&#233;cial &#224; la question n&#232;gre d&#232;s qu'il s'attaqua lui-m&#234;me aux probl&#232;mes am&#233;ricains du point de vue de la constitution d'une organisation trotskyste r&#233;volutionnaire. Depuis ce temps-l&#224; il ne cessa de mettre l'accent sur l'importance de cette question. Bien que non ordon-n&#233;es et dans une certaine mesure accidentelles, ces discussions et ces conversations sont organis&#233;es gr&#226;ce &#224; la mani&#232;re tr&#232;s homog&#232;ne dont les questions y sont trait&#233;es et r&#233;unies toutes ensemble, elles constituent un exemple remarquable d'analyse marxiste pour tout travail n&#232;gre aux Etats-Unis. Dans toute r&#233;solution sur la question n&#232;gre &#224; l'&#233;poque actuelle, il est n&#233;cessaire de r&#233;sumer bri&#232;vement les id&#233;es de Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question de l'auto-d&#233;termination, Trotsky pensait que les diff&#233;rences qui existent entre les Indes, la Catalogne, la Pologne, etc. et la situation des n&#232;gres aux &#201;tats-Unis n'&#233;taient pas d&#233;cisives. En d'autres termes, la question n&#232;gre faisait partie pour lui de la question nationale. Il s'opposait fermement &#224; tous ceux qui dans la IVe Internationale rejetaient tout de go le principe de l'auto-d&#233;termination pour les n&#232;gres des &#201;tats-Unis. Dans une discussion datant de 1939, Trotsky d&#233;clarait qu'il ne proposait pas que le parti invoqu&#226;t le mot d'ordre de l'auto-d&#233;termination pour les n&#232;gres am&#233;ricains, mais il insista sur le fait que le parti devait se d&#233;clarer pr&#234;t &#224; lutter avec les n&#232;gres sur le mot d'ordre de l'auto-d&#233;termination, &#224; quelque moment que ceux-ci la revendiquent. Trotsky insistait sur le fait que si les n&#232;gres d&#233;cidaient, sous la pouss&#233;e d'&#233;v&#233;nements historiques impr&#233;vus (par exemple une p&#233;riode de fascisme aux &#201;tats-Unis) de lutter pour l'auto-d&#233;termination, la lutte serait de toute fa&#231;on progressive, pour la raison bien simple que cette auto-d&#233;termination ne pourrait &#234;tre obtenue qu'&#224; travers une guerre contre le capitalisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de Trotsky sur la question n&#232;gre sont contenues tr&#232;s clairement, quoique incompl&#232;tement, dans une discussion datant de 1939. En abordant le travail n&#232;gre, Trotsky se basait sur les sentiments des masses n&#232;gres r&#233;elles aux U.S.A. et le fait que leur oppression en tant que n&#232;gres est si forte qu'ils la ressentent &#224; chaque instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous ceux qui souffrent de l'oppression et de la discrimination, les n&#232;gres furent de tout temps les plus opprim&#233;s et les plus discrimin&#233;s au sein m&#234;me du milieu le plus dynamique de la classe ouvri&#232;re. Le parti devrait dire aux &#233;l&#233;ments conscients parmi les n&#232;gres qu'ils ont &#233;t&#233; convoqu&#233;s par le processus historique pour prendre leur place &#224; l'avant-garde de la lutte de la classe ouvri&#232;re pour le socialisme. Trotsky disait aussi que si le parti &#233;tait incapable de se tracer une voie pour atteindre cette couche de la soci&#233;t&#233;, dans laquelle il donnait aux n&#232;gres une place tr&#232;s importante, cela signifierait qu'il s'avoue lui-m&#234;me incapable d'aller vers la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que conscient du r&#244;le des n&#232;gres dans l'avant-garde, Trotsky, toutefois mettait toujours l'accent sur la conscience que devaient avoir les n&#232;gres d'&#234;tre une minorit&#233; opprim&#233;e &#224; l'&#233;chelle nationale. Chaque fois que cela &#233;tait possible, il insistait sur la conclusion politique qui devait &#234;tre tir&#233;e de la situation politique sp&#233;ciale des n&#232;gres sous le capitalisme am&#233;ricain pendant 300 ans. Il pr&#233;voyait sauvent des r&#233;voltes violentes parmi les n&#232;gres &#224; l'occasion desquelles ils se vengeraient de toute l'oppression et de toutes les humiliations dont ils ont souffert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky s'int&#233;ressa beaucoup au mouvement de Garvey en tant qu'expression des sentiments spontan&#233;s des masses n&#232;gres, sontan&#233;it&#233; qui le pr&#233;occupait essentiellement. Il recommandait sp&#233;cialement au parti d'&#233;tudier l'attitude des n&#232;gres pendant la guerre civile pour comprendre la question n&#232;gre aujourd'hui. Il recommandait l'&#233;tude du mouvement de Garvey en tant qu'indication indispensable pour le parti s'il voulait trouver la voie qui m&#232;ne vers les masses noires. Il approuvait l'id&#233;e d'une organisation ind&#233;pendante de masse du peuple n&#232;gre, form&#233;e gr&#226;ce &#224; l'instrument du parti. La mani&#232;re g&#233;n&#233;rale dont il abordait ie probl&#232;me n&#232;gre peut se caract&#233;riser par le fait suivant : il pensait que dans certaines occasions le parti r&#233;volutionnaire pouvait retirer son propre candidat aux &#233;lections pour le congr&#232;s et soutenir un d&#233;mocrate n&#232;gre pr&#233;sent&#233; par une communaut&#233; n&#232;gre soucieuse d'avoir son propre repr&#233;sentant. Dans toutes ces id&#233;es Trotsky ne fait qu'appliquer &#224; la lutte concr&#232;te le principe fondamental compris dans le droit de l'auto-d&#233;termination.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune t&#226;che n'est plus urgente que la collection et la publication des textes et des id&#233;es de Trotsky sur la question n&#232;gre aux &#201;tats-Unis, ainsi que leur &#233;tude s&#233;rieuse par tous les membres du parti et leur divulgation sous une forme organis&#233;e parmi le prol&#233;tariat et les masses n&#232;gres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me partie : Le Workers Party et le travail n&#232;gre dans le mouvement ouvrier organis&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me du parti se divise donc en deux parties : 1&#176;) les luttes du prol&#233;tariat am&#233;ricain pour le socialisme et sus relations avec la lutte des n&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques ; 2&#176;) les luttes ind&#233;pendantes des n&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques et leur rapport avec la lutte du prol&#233;tariat pour le socialisme. Sous aucun pr&#233;texte ces deux &#233;l&#233;ments s&#233;par&#233;s ne peuvent &#234;tre confondus et trait&#233;s ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Workers Party aborde le travail n&#232;gre dans les organisations ouvri&#232;res en basant son action sur la crise sociale et sur la pr&#233;paration du prol&#233;tariat &#224; la r&#233;volution socialiste. Aujourd'hui une des plus grandes faiblesses subjectives du prol&#233;tariat am&#233;ricain vient du fait qu'il n'est pas conscient de l'opposition qui existe entre le travail et le capital dans la direction du pays. Ceci &#233;tant, om s'ensuit que les autres classes, &#233;l&#233;ments et groupes opprim&#233;s et m&#233;contents n'ont pas encore appris &#224; consid&#233;rer la classe ouvri&#232;re comme poss&#233;dant la solution radicale ou m&#234;me &#171; r&#233;formiste &#187; &#224; leur probl&#232;me. Les classes n'apprennent de telles le&#231;ons que par des exp&#233;riences massives &#224; l'&#233;chelle nationale, ce n'est qu'aux derni&#232;res &#233;tapes de la r&#233;volution que la paysannerie russe apprit que le prol&#233;tariat &#233;tait son leader. D&#233;j&#224;, une action ind&#233;pendante des masses n&#232;gres du Nord &#233;veille enfin les organisations ouvri&#232;res et les am&#232;nent &#224; la conscience du fait qu'elles doivent aborder le probl&#232;me n&#232;gre non seulement comme syndical mais comme un probl&#232;me social et national, ce nouveau processus aide a clarifier et &#224; d&#233;finir les t&#226;ches du parti,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti continue, comme il l'a fait dans le pass&#233;, &#224; faire de l'agitation pour l'&#233;galit&#233; des droits et l'abolition des lois de Jim Crow dans tous les aspects de la vie industrielle et syndicale. Le parti enregistre avec une grande satisfaction les progr&#232;s remarquables faits par le C.I.O. dans son appr&#233;ciation du probl&#232;me n&#232;gre en tant que probl&#232;me syndical. Le parti lutte contre le Klan et les autres &#233;l&#233;ments anti-n&#232;gres dans les syndicats, mais ne laisse pas les &#233;meutes contre les n&#232;gres qui eurent lieu &#224; Detroit, Mobile et ailleurs masquer les progr&#232;s dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti, cependant, va au-del&#224; du simple syndicalisme progressiste. Il place devant le mouvement syndical le grave danger que l'existence m&#234;me d'une question n&#232;gre dans le pays pose pour le mouvement syndical et le pays dans son ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti pr&#233;vient le mouvement ouvrier que les &#233;l&#233;ments fascistes et profascistes, dans leurs efforts pour abattre les organisations ouvri&#232;res, ne manqueront pas d'utiliser la tension raciale croissante dans le pays, comme les Nazis ont utilis&#233; l'antis&#233;mitisme en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti pr&#233;vient le mouvement ouvrier que le ch&#244;mage qui vient cr&#233;era de graves dangers pour le mouvement ouvrier, en particulier en d&#233;veloppant les antagonismes qui existent entre les travailleurs blancs et noirs. Le Parti fait ressortir la situation dangereuse dans le Sud et l'activit&#233; r&#233;actionnaire et antiouvri&#232;re des d&#233;mocrates sudistes et la base qu'a cette activit&#233; dans la d&#233;gradation sociale des n&#232;gres. Le Parti propose donc au mouvement ouvrier l'adoption de son programme transitoire pour un Labor Party comme moyen principal &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente pour mettre en &#233;chec ce danger. Le parti demande hardiment au mouvement ouvrier qu'il sente la n&#233;cessit&#233; de d&#233;montrer aux n&#232;gres que les organisations ouvri&#232;res reconnaissent leur responsabilit&#233; de r&#233;soudre les probl&#232;mes n&#232;gres par des mesures radicales. Le monde du travail am&#232;nera ainsi &#224; lui la force militante de la vaste majorit&#233; des N&#232;gres opprim&#233;s et. accro&#238;tra ainsi sa force sociale et politique dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle prise en charge de la cause n&#232;gre attirera l'attention de tous les autres groupes opprim&#233;s dans la soci&#233;t&#233; vers le r&#244;le des organisations ouvri&#232;res. Elle donnera aux organisations ouvri&#232;res une grande confiance en elles-m&#234;mes. Elle cr&#233;era un sentiment puissant de bonne volont&#233; et de respect envers le prol&#233;tariat am&#233;ricain parmi les grandes masses d'Europe, d'Afrique et d'Asie. La propagande du Parti dans ce domaine doit &#234;tre audacieuse, compl&#232;te et puissante dans son insistance sur les dangers pour la soci&#233;t&#233; et la honte continuelle que constitue le probl&#232;me n&#232;gre, la n&#233;cessit&#233; d'une solution prol&#233;tarienne et les bienfaits directs et indirects qui suivront les premiers pas d&#233;cisifs qu'aura fait le monde du travail dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti, dans son agitation quotidienne attire l'attention du mouvement syndical sur le danger concret repr&#233;sent&#233; par les mouvements soudains qui &#233;clat&#232;rent il y a quelques mois et qui, t&#244;t ou tard, recommenceront avec une violence s&#251;rement redoubl&#233;e. Le parti demande instamment au mouvement syndical d'en placer la responsabilit&#233; sur les ennemis des N&#232;gres. Il demande instamment aux syndicats de reconna&#238;tre que l'esprit d'agressivit&#233; du peuple n&#232;gre est le r&#233;sultat de leur oppression interminable. Les organisations ouvri&#232;res ne doivent pas d&#233;courager mais doivent stimuler cette activit&#233; comme &#233;tant la plus s&#251;re d&#233;fense de la d&#233;mocratie non seulement pour les n&#232;gres mais pour les organisations ouvri&#232;res elles-m&#234;mes et les classes opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti demande au mouvement ouvrier de prendre la t&#234;te de cette activit&#233; et de la lier &#224; la lutte pour la reconstruction de la soci&#233;t&#233;, aux ouvriers blancs qui se plaignent des &#171; exc&#232;s &#187; des n&#232;gres, le parti d&#233;montrera la grande importance de la lutte des masses n&#232;gres et rel&#233;guera ces plaintes &#224; la sph&#232;re subordonn&#233;e qui doit &#234;tre la leur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant tout, il doit montrer que dans les conflits entre les n&#232;gres et les blancs dans la communaut&#233; n&#232;gre, le mouvement ouvrier doit &#233;viter d'appara&#238;tre d'une mani&#232;re ou d'une autre comme &#171; gardien de la paix &#187; soucieux uniquement de restaurer le statu quo. Ce n'est qu'en aidant le mouvement n&#232;gre &#224; agir dans des voies efficaces et en mettant en avant d'une mani&#232;re efficace un programme &#224; la fols imm&#233;diat et g&#233;n&#233;ral pour les n&#232;gres en g&#233;n&#233;ral que le mouvement ouvrier sera effectivement capable d'agir en cas de crise et d'&#233;viter les multiples dangers de la seule action pacifiste dans ce domaine. Dans toutes les manifestations n&#232;gres de r&#233;sistance les organisations ouvri&#232;res doivent jouer un r&#244;le dirigeant et actif. Le parti doit sans cesse enseigner au mouvement ouvrier que la meilleure fa&#231;on de s'assurer que la r&#233;sistance des n&#232;gres est dirig&#233;e contre le capital et ses alli&#233;s est de l'encourager, de l'organiser et de le soutenir jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti se souviendra que la propagande et l'agitation dans ce domaine est d'une importance sp&#233;ciale, car elle n'est men&#233;e par aucun autre groupe. Dans la pr&#233;sente p&#233;riode critique, alors que nombreux sont ceux qui sont pouss&#233;s &#224; penser au-del&#224; de leurs int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats, la question n&#232;gre forme un moyen particuli&#232;rement pr&#233;cieux d'&#233;ducation des ouvriers avanc&#233;s dans les principes g&#233;n&#233;raux du socialisme et de la lutte r&#233;volutionnaire des masses. Le parti montrera que parce que les n&#232;gres ont persist&#233; dans leur lutte, et gr&#226;ce &#224; l'attitude sympathique du mouvement ouvrier due au grand nombre de n&#232;gres qu'il renferme dans ses rangs, la lutte des n&#232;gres &#224; D&#233;troit s'est d&#233;velopp&#233;e selon sa propre logique. Ceci est le r&#233;sultat d'une alliance politique aux &#233;lections r&#233;centes entre les organisations ouvri&#232;res et la communaut&#233; n&#232;gre dans son ensemble. En d&#233;pit de l'&#233;chec des &#233;lections, cette combinaison est une des &#233;tapes les plus importantes jamais atteintes dans la lutte des masses ouvri&#232;res et des masses n&#232;gres pour s'&#233;manciper des maux et des injustices de la soci&#233;t&#233; capitaliste. C'est en suivant cette voie et en faisant des efforts actifs des deux c&#244;t&#233;s que le parti doit chercher, selon sa force, &#224; diriger les luttes qui se d&#233;veloppent. Les organisations ouvri&#232;res doivent chercher &#224; gagner, pour leur propre avantage, la conscience et l'organisation radicales croissantes qui accompagnent l'int&#233;gration des n&#232;gres dans les fonctions sociales de la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Workers Party et le travail n&#232;gre parmi les N&#232;gres - La lutte des N&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques et le socialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti fait une propagande puissante et pers&#233;v&#233;rante aupr&#232;s des N&#232;gres pour leur faire comprendre que la direction des organisations ouvri&#232;res est n&#233;cessaire et indispensable au succ&#232;s de leur lutte pour les droits d&#233;mocratiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
En particulier, dans cette p&#233;riode de crise, il leur indique le socialisme comme seule solution &#224; leurs probl&#232;mes. Il analyse les racines &#233;conomiques de l'oppression raciale. Il d&#233;nonce, avant tout, le r&#244;le de la concurrence entre les membres de la classe ouvri&#232;re, qui d&#233;truit la solidarit&#233; blanche et noire. Il pr&#233;conise une direction nationale ouvri&#232;re sans laquelle l'accomplissement des droits d&#233;mocratiques est impossible. Il souligne la nature de classe fondamentale de l'oppression raciale et l'unit&#233; objective des opprim&#233;s dans la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps le parti, avec une tr&#232;s grande conscience de la signification des luttes de masses ind&#233;pendantes des n&#232;gres, consid&#232;re que son principal travail d'agitation parmi les n&#232;gres est la stimulation et l'encouragement de ces luttes de masses. Se basant sur les principes les plus fondamentaux du marxisme, le parti reconna&#238;t que c'est seulement sur la base de l'approfondissement et de l'&#233;largissement continuel de sa lutte ind&#233;pendante de masses que le peuple n&#232;gre sera en d&#233;finitive amen&#233; &#224; reconna&#238;tre que la classe ouvri&#232;re organis&#233;e est la vraie alli&#233;e de ses luttes et que ses luttes font partie de la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti, en stimulant les luttes ind&#233;pendantes du peuple n&#232;gre, lui apprend le marxisme dans les seuls mots dans lesquels il l'apprendra : les mots de ses propres d&#233;sirs et exp&#233;riences. Ainsi, &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente du d&#233;veloppement capitaliste en Am&#233;rique, le parti cherche o&#249; il est possible et opportun de concentrer l'attention des masses n&#232;gres sur la responsabilit&#233; du gouvernement pour leur condition d'opprim&#233;s. Il apprend ainsi aux n&#232;gres d'une mani&#232;re permanente que l'Etat est le comit&#233; ex&#233;cutif de la classe dirigeante et sur cette base il cherche &#224; les mobiliser dans leurs propres voies et selon leurs propres d&#233;sirs instinctifs, contre l'&#201;tat capitaliste et son r&#244;le dominant dans la soci&#233;t&#233; contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti apporte le marxisme aux n&#232;gres en leur montrant que l'&#233;mancipation des travailleurs sera l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes. Il d&#233;montre aux n&#232;gres que l'&#233;mancipation des n&#232;gres ne peut avoir lieu sans la lutte vigoureuse et le sacrifice des n&#232;gres eux-m&#234;mes. Il condamne vigoureusement la distorsion de la v&#233;rit&#233; marxiste qui d&#233;clare ou sous-entend que les n&#232;gres par leur action ind&#233;pendante ne peuvent arriver &#224; une premi&#232;re &#233;tape sans la direction des organisations ouvri&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti veille &#224; stimuler et encourager toute tendance instinctive &#224; l'organisation ind&#233;pendante et &#224; la lutte militante des masses n&#232;gres objectivement dirig&#233;es contre le capitalisme am&#233;ricain. L'histoire du peuple n&#232;gre a d&#233;montr&#233; qu'il &#233;tait capable de cr&#233;er et d'organiser de telles luttes. Et c'est sur la base de l'analyse et de la critique de ces efforts cr&#233;ateurs que le parti cherche &#224; guider et &#224; corriger. Ce n'est que par ce moyen qu'il peut aider &#224; la direction des efforts des masse n&#232;gres dans les voies les plus puissantes et les plus profitables pour atteindre leur propre but et celles qui sont les plus capables de d&#233;velopper la lutte g&#233;n&#233;rale pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti encourage les masses du peuple n&#232;gre &#224; chercher l'aide des organisations ouvri&#232;res dans l'organisation de leur propre d&#233;fense et &#224; toutes les &#233;tapes de leur lutte pour les droits d&#233;mocratiques. Mais, dans son agitation, il les encourage &#224; agir ainsi dans le but sp&#233;cifique, le premier de tous, d'obtenir satisfaction &#224; leurs propres revendications d&#233;mocratiques. Sous aucun pr&#233;texte il, ne doit submerger le but sp&#233;cifique de cette alliance dans l'esprit du peuple n&#232;gre sous des termes g&#233;n&#233;raux de lutte pour le socialisme. La reconnaissance par les masses du peuple n&#232;gre que les organisations ouvri&#232;res sont leurs alli&#233;e dans leurs luttes pour les droits d&#233;mocratiques peut &#234;tre un plus grand pas en avant vers le socialisme que l'acceptation par quelques n&#232;gres des principes th&#233;oriques du marxisme. C'est par la reconnaissance g&#233;n&#233;rale par les masses de l'alliance entre la lutte des n&#232;gres pour leurs droits d&#233;mocratiques et les organisations ouvri&#232;res que nait la possibilit&#233; de gagner &#224; nous, non pas un ou deux, mais des douzaines de militants n&#232;gres au parti r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le du prol&#233;tariat n&#232;gre fait partie du d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral du mouvement syndical et ouvrier dans son ensemble. Le parti doit &#234;tre sur ses gardes pour analyser toutes les politiques qui peuvent emp&#234;cher le prol&#233;tariat n&#232;gre dans le mouvement ouvrier de se consid&#233;rer comme &#233;tant le premier et au premier rang dans la lutte de la classe ouvri&#232;re pour les droits ouvriers et pour le socialisme. L'oppression des n&#232;gres en tant que minorit&#233; nationale pr&#233;pare sp&#233;cialement le prol&#233;tariat n&#232;gre dans le mouvement ouvrier &#224; avoir une place au c&#339;ur de l'avant-garde pour le socialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat n&#232;gre, cependant, a un r&#244;le sp&#233;cial &#224; jouer dans la lutte de la communaut&#233; n&#232;gre pour ses droits d&#233;mocratiques. Le parti doit stimuler le prol&#233;tariat n&#232;gre &#224; l'int&#233;rieur de la communaut&#233; n&#232;gre afin qu'il prenne la t&#234;te de la lutte pour les droits d&#233;mocratiques, en accord avec le r&#244;le des travailleurs dans la soci&#233;t&#233; moderne. La communaut&#233; n&#232;gre et les organisations n&#232;gres doivent &#234;tre stimul&#233;es pour utiliser le prol&#233;tariat n&#232;gre comme repr&#233;sentants aupr&#232;s du mouvement ouvrier organis&#233; dans leurs revendications pour l'assistance et l'organisation de la lutte pour les droits d&#233;mocratiques n&#232;gres. Le lien dans la lutte pour les droits d&#233;mocratiques n&#232;gres r&#233;side entre la communaut&#233; n&#232;gre dans son ensemble et les organisations ouvri&#232;res et non entre le prol&#233;tariat n&#232;gre seulement et le prol&#233;tariat blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;tape pr&#233;sente le parti doit conduire jusqu'&#224; la limite de ses ressources une propagande et une agitation vigoureuse et constante selon les orientations expos&#233;es ci-dessus. La situation actuelle offre un champ fertile pour un tel travail parmi les masses n&#232;gres. L'exp&#233;rience du parti avec son agitation &#224; la manifestation de Harlem a d&#233;j&#224; montr&#233; la r&#233;ceptivit&#233; des masses n&#232;gres et des &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens n&#232;gres &#224; une agitation de ce genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti est certain de recueillir des r&#233;sultats concrets car &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente il n'y a pas une seule organisation ouvri&#232;re ou radicale qui consid&#232;re la manifestation militante des n&#232;gres comme autre chose que, au mieux, justifi&#233;e par des n&#233;cessit&#233;s malheureuses. Ceci signifie que le parti sera &#233;cout&#233; avec attention par les masses n&#232;gres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti a besoin d'analyser soigneusement et de tirer les le&#231;ons de tels mouvements comme celui de Harlem. Ce n'est qu'ainsi qu'il sera capable de guider les N&#232;gres et le prol&#233;tariat, de pr&#233;parer de futurs mouvements conjointement avec eux, et &#233;tudier conjointement avec eux le d&#233;veloppement r&#233;volutionnaire des masses am&#233;ricaines. Toute crise &#171; mineure &#187; dans un &#233;tat capitaliste, dit L&#233;nine, renferme pour nous en miniature les &#233;l&#233;ments et les germes de batailles qui doivent in&#233;vitablement avoir lieu sur une large &#233;chelle dans une &#233;poque de grande crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manifestation de Harlem ne fut pas une gr&#232;ve &#171; mineure &#187;. Ce fut, comme cela a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;, une manifestation organis&#233;e, une protestation nationaliste n&#232;gre, &#224; une &#233;tape beaucoup plus avanc&#233;e que le Garveyisme, englobant comme participants actifs ou comme sympathisants des dizaines de milliers de personnes. Le jour de la manifestation on pouvait voir d'un c&#244;t&#233; les masses populaires et de l'autre &#171; maintenant l'ordre &#187; la municipalit&#233; locale (La Guardia), la Social-D&#233;mocratie (Crosswaithe), le Stalinisme (Max Yergan et Hope Stevens), la petite bourgeoisie n&#232;gre (Walter White et Grangen). Dewey annon&#231;a qu'il tenait en r&#233;serve les forces arm&#233;es de l'&#201;tat. Ces derni&#232;res formaient un groupe unique tandis que les masses se ruaient sur eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti doit r&#233;solument prendre sa place parmi les masses protestataires et expliquer patiemment l'unit&#233; de ceux qui sont rang&#233;es en face d'elles. Le parti ne doit pas se borner &#224; expliquer pourquoi les masses font de telles actions. Il corrige les exag&#233;rations et les erreurs des masses, mais comme quel-qu'un qui en fait partie, en prenant part &#224; la lutte avec elles et en cherchant &#224; accro&#238;tre et &#224; diriger leur col&#232;re justifi&#233;e dans des voies plus constructives. Selon la tradition marxiste il subordonne tout au fait que les masses ont refus&#233; passivement d'endurer l'injustice et ont violemment exprim&#233; leur haine. Le parti propage ces id&#233;es et condamne l'attitude juridique, explicative ou celles des travailleurs sociaux. Ce n'est que sur cette base que le parti, qui est plus certain alors de gagner l'oreille des masses, peut les aider &#224; comprendre leurs erreurs et les aider &#224; organiser des manifestations plus grandes, plus puissantes et plus efficaces, susceptibles en &#233;voluant de devenir des mouvements actifs &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti et les mouvements nationalistes n&#232;gres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti engage une guerre sans merci contre les mouvements nationalistes n&#232;gres tels que les organisations garveyistes et pro-japonaises, etc. Il d&#233;nonce leurs propositions fantastiques et r&#233;actionnaires pour l'&#233;mancipation n&#232;gre. Il explique en d&#233;tail l'impossibilit&#233; de leur r&#233;alisation et, de plus, prend la peine d'expliquer que, m&#234;me si celles-ci &#233;taient r&#233;alis&#233;es, cela ne serait d'aucun b&#233;n&#233;fice pour les grandes masses du peuple n&#232;gre. Le parti saisit cette occasion d'analyser et de d&#233;noncer l'imp&#233;rialisme japonais et l'oppression des masses japonaises. Ainsi, avec les mots de la vie et des int&#233;r&#234;ts des n&#232;gres, il construit un sentiment de solidarit&#233; des opprim&#233;es &#224; l'&#233;chelle internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cependant, il doit soigneusement &#233;tudier ces mouvements pour diff&#233;rencier les dirigeants nationalistes n&#232;gres de leur base sinc&#232;re mais &#233;gar&#233;e. Il explique aux masses que le d&#233;sir de voir le Japon victorieux est en r&#233;alit&#233; un d&#233;sir de destruction de la force apparemment in&#233;branlable de leur propre oppresseur, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. La d&#233;faite imminente du Japon brisera bien des espoirs d'aide directe ou indirecte au &#171; peuple de couleur &#187;, qu'aurait apport&#233;e une victoire japonaise. Les mouvements nationaux, cependant, m&#234;me avant la d&#233;faite du Japon ont utilise le Garveyisme et le sentiment pro-japonais uniquement comme base id&#233;ologique pour une politique dirig&#233;e vers le renforcement du nationalisme n&#232;gre aux Etats-Unis. Les mouvements qui cherchent &#224; &#171; faire sortir les Juifs de Harlem ou du quartier sud &#187; ont une solide base de classe. Ils constituent les r&#233;actions du n&#232;gre revanchard qui cherche un secours &#233;conomique et quelques rem&#232;des &#224; son orgueil de race humili&#233;. Que ces sentiments puissent &#234;tre exploit&#233;s par des idiots fanatiques, des N&#232;gres antis&#233;mites ou N&#232;gres affairistes, cela ne saurait changer leur base fondamentalement progressive. Cet aspect progressif ne peut en aucune fa&#231;on &#234;tre confondu avec l'insatisfaction de la petite bourgeoisie blanche d&#233;moralis&#233;e qui cherche un refuge dans le fascisme. La r&#233;action am&#233;ricaine peut financer et financera probablement ou encouragera quelques-uns de ces mouvements (Bilbo et Back to Africa) afin d'alimenter la malveillance. Mais les N&#232;gres sont des prol&#233;taires, des semi-prol&#233;taires et des paysans dans leur composition sociale. Le cours g&#233;n&#233;ral de l'histoire am&#233;ricaine est tel que tout mouvement fasciste d'&#233;tendue nationale (aussi d&#233;guis&#233; soit-il) sera oblig&#233; d'attaquer la lutte des N&#232;gres pour l'&#233;galit&#233;. Mais la lutte pour l'&#233;galit&#233; est la force conductrice principale du mouvement de masse n&#232;gre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti, tout en attaquent &#233;nergiquement les mouvements nationalistes, ne le fait pas de la m&#234;me fa&#231;on que s'il s'agissait d'un mouvement fasciste. Il les attaque sur la base d'un programme pour une lutte n&#232;gre comme cela a &#233;t&#233; indiqu&#233; pr&#233;alablement. C'est l'absence d'un programme et d'une action compl&#232;te pour les droits n&#232;gres et la lutte n&#232;gre mise en avant par les organisations ouvri&#232;res, c'est la pr&#233;sentation sectaire de la doctrine de lutte n&#232;gre comme une lutte de classe qui donne de la force aux nationalistes. La faillite des programmes &#171; magiques &#187; des nationalistes pour le salut dans toutes les parties du monde est si &#233;vidente que leur force principale, &#224; Harlem par exemple, ne vient pas de leurs programmes, mais du r&#244;le actif qu'ils ont jou&#233; dans les protestations et les manifestations pour am&#233;liorer le sort des N&#232;gres ici en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti et la petite bourgeoisie n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un examen &#233;conomique de l'Am&#233;rique, d&#233;montrera combien fragiles sont les bases &#233;conomiques de la petite bourgeoisie n&#232;gre. La petite bourgeoisie n&#232;gre est, dans sa majorit&#233;, un groupe pitoyablement disproportionn&#233; d'intellectuels, de personnel domestique bien pay&#233;, d'artistes, etc. La soci&#233;t&#233; bourgeoise les a rigidement exclus, non seulement du contact social avec les blancs, mais &#233;galement des positions et des occasions de prendre une part de la plus-value, et d'obtenir un niveau de distinction, qui lient tant de fonctionnaires petits-bourgeois blancs &#224; la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Ils peuvent faire du mal comme dans le Comit&#233; pour une Marche sur Washington, mais leur incapacit&#233; &#224; retenir les masses n&#232;gres lorsque celles-ci veulent bouger, a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e durant la derni&#232;re p&#233;riode. Une influence comme celle que la bourgeoisie nationaliste indienne, par exemple, a exerc&#233; sur les masses indiennes ne pourra jamais &#234;tre exerc&#233;e par la petite bourgeoisie n&#232;gre sur les N&#232;gres. Le parti observe que l'instinct des masses n&#232;gres pour l'action directe n'a pas pr&#234;t&#233; attention &#224; la N.A.A.C.P. ou &#224; l'Urban League. Mais le parti garde l'&#339;il ouvert pour entrer dans les nouvelles organisations que les N&#232;gres forment aujourd'hui &#224; profusion, m&#234;me si parfois ils le font pour des buts limit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti attaque sans cesse les dirigeants petits bourgeois n&#232;gres, mais s'attache &#224; le faire, non pas sur des bases g&#233;n&#233;rales, mais parce qu'ils ne m&#232;nent pas une lutte militante pour les droits d&#233;mocratiques et trahissent la lutte &#224; chaque occasion. Sa mani&#232;re de les attaquer est voisine de celle qu'il emploie vis-&#224;-vis de la direction de la social d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les N&#232;gres et le Labor Party&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti doit mener une agitation parmi les n&#232;gres, en faveur d'un Labor Party ind&#233;pendant. Le fait que le peuple n&#232;gre a effectu&#233; cas derni&#232;res ann&#233;es un changement rapide dans son attitude vis-&#224;-vis des organisations ouvri&#232;res est un signe du r&#244;le sp&#233;cial qu'il joue dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et de sa conscience sociale m&#251;rissante. Si les organisations ouvri&#232;res mettent en avant un programme d'action en vue de la formation d'un Labor Party ind&#233;pendant, l'histoire pass&#233;e des N&#232;gres et les indications actuelles montrent que le mouvement n&#232;gre sera fort en sa faveur et aura peut-&#234;tre la force d'un ouragan. Selon toute probabilit&#233;, les N&#232;gres joueront un r&#244;le dans l'aile gauche de l'organisation. Mais ici aussi la situation des n&#232;gres en tant que minorit&#233; particuli&#232;rement opprim&#233;e doit &#234;tre prise en consid&#233;ration. Un Labor Party ind&#233;pendant aux &#201;tats-Unis, comme dans beaucoup de pays europ&#233;ens, consistera certainement en une f&#233;d&#233;ration de diff&#233;rents groupes, dont la base, la force conductrice et la direction seraient fournies par le mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Labor Party ind&#233;pendant ne tol&#233;rera aucune distinction de couleur dans ses rangs. Des organisations locales non syndicales de tous les types chercheront &#224; s'y affilier. Les N&#232;gres devraient &#234;tre encourag&#233;s &#224; se joindre &#224; de telles organisations affili&#233;es. Mais le parti doit faire une agitation vigoureuse parmi les organisations militantes n&#232;gres luttant pour les droits d&#233;mocratiques des N&#232;gres, non seulement pour qu'elles se joignent &#224; l'agitation pour le Labor Party ind&#233;pendant mais aussi pour qu'elles prennent une part active &#224; sa formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;tape pr&#233;sente de la crise capitaliste aux &#201;tats-Unis, ce travail particulier du parti offre-des moyens exceptionnels pour la formation d'un pont entre la lutte ind&#233;pendante des masses n&#232;gres et le probl&#232;me g&#233;n&#233;ral de la reconstruction de la soci&#233;t&#233;. Les organisations n&#232;gres devraient, elles-m&#234;mes, &#234;tre encou-rag&#233;es &#224; formuler des revendications pour leurs propres droits d&#233;mocratiques et le parti doit insister sur le fait que ni le parti d&#233;mocrate ni le parti r&#233;publicain ne sont le type d'organisation capable de donner aux organisations n&#232;gres l'occasion ds se battre pour ces droits dans un cadre plus large. En m&#234;me temps, m&#234;me &#224; la plus nationaliste des organisations n&#232;gres, le parti doit poser la question de la formation d'un programme, non seulement pour les droits d&#233;mocratiques n&#232;gres, mais pour le pays tout entier. Les organisations n&#232;gres ne doivent regarder ni vers l'imp&#233;rialisme europ&#233;en en Afrique, ni vers l'imp&#233;rialisme japonais, mais vers des alli&#233;s en puissance dans ce pays, et apporter leur contribution &#224; l'&#233;laboration de ce type d'ordre social dans lequel les n&#232;gres trouveraient enfin l'&#233;galit&#233;. Ceci doit &#234;tre pr&#233;sent&#233; de telle fa&#231;on que les organisations n&#232;gres doivent se faire un devoir d'y parvenir. C'est par ce moyen que les n&#232;gres, sur la base de leurs propres pr&#233;occupations nationalistes, sont amen&#233;s &#224; consid&#233;rer leurs propres probl&#232;mes, en relation avec le probl&#232;me fondamental de l'ordre social dans son ensemble. Le parti saisira cette occasion de pr&#233;senter son propre programme transitoire aux n&#232;gres et de le reconsid&#233;rer pour eux &#224; la lumi&#232;re de leur d&#233;sir intense de solution non seulement imm&#233;diate, mais g&#233;n&#233;rale &#224; la d&#233;gradation dont ils ont souffert depuis tant de si&#232;cles. La composition prol&#233;tarienne du peuple n&#232;gre est telle, ce peuple est si hostile a l'ordre social existant, &#224; cause de l'avilissement sp&#233;cial auquel cet ordre le soumet, que l'organisation politique qui sait comment utiliser ses pr&#233;occupations, peut trouver les voies et les moyens pour mener &#224; bien cette propagande pour le socialisme, qui doit toujours constituer l'apog&#233;e de l'effort r&#233;volutionnaire, particuli&#232;rement dans cette p&#233;riode. En partant de la base des luttes ind&#233;pendantes pour les droits d&#233;mocratiques et sans jamais cesser de leur pr&#234;ter attention, le parti trouvera dans les contradictions croissantes de l'ordre social la possibilit&#233; d'unir &#224; des niveaux toujours plus hauts de d&#233;veloppement le mouvement objectif du prol&#233;tariat am&#233;ricainvers la direction de la nation et le mouvement des masses n&#232;gres vers le prol&#233;tariat am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chauvinisme n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire des N&#232;gres aux &#201;tats-Unis est l'histoire de leur conscience de race croissante, de leur d&#233;sir croissant de d&#233;fendre leur pass&#233; de race n&#232;gre en tant que race. Ceci est l'in&#233;vitable r&#233;sultat de leur position dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, du d&#233;veloppement de cette soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, et ceci n'est pas seulement un processus puissant, mais encore habituel et familier &#224; toutes tes luttes de groupes nationalement opprim&#233;s. Ce ph&#233;nom&#232;ne n'est pas moindre en cas de d&#233;veloppement social des groupes opprim&#233;s et oppresseurs. Au contraire, il s'accro&#238;t en fonction directe du d&#233;veloppement du capitalisme et des possibilit&#233;s de lib&#233;ration. Ceci fut reconnu par le Socialist Workers Party &#224; son Congr&#232;s de 1939, lorsqu'il adopta une r&#233;solution commen&#231;ant ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience politique qui s'&#233;veille chez les n&#232;gres n'est pas sans prendre tout naturellement la forme du d&#233;sir d'une action incontr&#244;l&#233;e par les blancs. Les n&#232;gres ont longtemps senti et sentent m&#234;me encore aujourd'hui la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er leurs propres organisations avec leurs propres dirigeants et affirmer ainsi, non seulement en th&#233;orie, mais dans la. pratique, leur d&#233;sir d'avoir une &#233;galit&#233; compl&#232;te avec les autres citoyens am&#233;ricains. Un tel d&#233;sir est l&#233;gitime et m&#234;me lorsqu'il prend la forme d'un chauvinisme assez agressif, il doit &#234;tre bienvenu. Le chauvinisme noir en Am&#233;rique aujourd'hui est tout simplement l'exc&#232;s naturel du d&#233;sir d'&#233;galit&#233;, alors que le chauvinisme am&#233;ricain blanc, expression de la domination raciale est essentiellement r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;veloppement est si clair qu'aujourd'hui m&#234;me la bourgeoisie le reconna&#238;t. Dans un An American Dilemma de Gurman Myrdal, malgr&#233; son attitude humanitariste petite-bourgeoise, il appara&#238;t du moins que l'auteur a fait une &#233;tude s&#233;rieuse, compl&#232;te, et qui &#224; beaucoup d'&#233;gards fait autorit&#233; sur la question n&#232;gre. Une de ses conclusions est que &#171; les N&#232;gres commencent &#224; former une nation consciente d'elle-m&#234;me dans la nation &#187; d&#233;finissant chaque jour plus clairement ses griefs fondamentaux contre l'Am&#233;rique blanche &#187;. Un tel mouvement avec de telles racines historiques doit in&#233;vitablement amener des exag&#233;rations, des exc&#232;s, des courants id&#233;ologiques que l'on peut seulement qualifier de chauvinisme. Ce courant a indubitablement des dangers. Le marxisme a d&#233;montr&#233; th&#233;oriquement et pratiquement que le seul moyen de le surmonter est de reconna&#238;tre la tendance fondamentalement progressive de ce courant et de distinguer nettement entre le chauvinisme des opprim&#233;s et le chauvinisme des oppresseurs. Le devoir du parti est non seulement de diriger les aspirations l&#233;gitimes des masses n&#232;gres, mais &#233;galement d'&#233;duquer les organisations ouvri&#232;res dans leur ensemble vis-&#224;-vis de la l&#233;gitimit&#233; de leurs sentiments et de la contribution importante qu'ils peuvent apporter &#224; la lutte pour le socialisme. En d&#233;pit des difficult&#233;s apparentes, une politique audacieuse et confiante de la part de notre parti a toutes les chances de succ&#232;s. La raison en est simple. Tandis qu'en Europe, les mouvements nationalistes ont eu g&#233;n&#233;ralement pour but la s&#233;paration de leur oppresseur, aux &#201;tats-Unis, la conscience de race et le chauvinisme des N&#232;gres repr&#233;sentent fondamentalement une consolidation de leur force, dans le but de s'int&#233;grer &#224; la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n&#232;gre en tant que question internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n&#232;gre, c'est-&#224;-dire la question de l'esclavage aux &#201;tats-Unis pendant le 19e si&#232;cle a excit&#233; l'int&#233;r&#234;t et la sympathie agissante du prol&#233;tariat international. L'&#233;mancipation des esclaves n&#232;gres et la guerre civile sont indissolublement li&#233;es &#224; la formation de la l'Internationale, La IIIe Internationale reconnaissait cet aspect de la question n&#232;gre lorsque, dans sa R&#233;solution sur la question n&#232;gre au IVe Congr&#232;s, non seulement elle r&#233;it&#233;ra le soutien du Comintern aux luttes r&#233;volutionnaires noires, mais elle cr&#233;a une section sp&#233;ciale justifi&#233;e par l'importance du r&#244;le que les n&#232;gres des Etats-Unis pourraient jouer dans l'&#233;mancipation des n&#232;gres du monde entier et surtout en Afrique. Aujourd'hui le processus du d&#233;veloppement historique et de la d&#233;sint&#233;gration capitaliste a &#233;lev&#233; le probl&#232;me n&#232;gre aux &#201;tats-Unis &#224; un degr&#233; plus &#233;lev&#233; dans ses relations internationales. Ce n'est pas seulement chez les masses britanniques que la question n&#232;gre occupe une place de choix en tant que t&#233;moignage de la d&#233;mocratie am&#233;ricaine, mais dans le monde entier et particuli&#232;rement dans les pays orientaux, la situation et la lutte du peuple n&#232;gre des &#201;tats-Unis sont devenues un des crit&#232;res gr&#226;ce auxquels les nationalit&#233;s opprim&#233;es p&#232;sent les possibilit&#233;s de leurs propres &#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les N&#232;gres am&#233;ricains eux-m&#234;mes reconnaissent que le r&#244;le et le sort de l'Inde, de la Chine et de la Birmanie dans leurs luttes &#233;mancipatrices sont li&#233;s &#224; leurs propres luttes. La presse n&#232;gre a vou&#233; plusieurs pages aux luttes des peuples orientaux et le &#171; Courrier de Pittsburgh &#187; a deux rubriques hebdomadaires r&#233;guli&#232;res, l'une d'un Indien, l'autre d'un Chinois. Les organisations n&#232;gres, dans leur manifeste commun aux deux Congr&#232;s R&#233;publicain et D&#233;mocrate de 1944, ont fait de &#171; l'&#233;galit&#233; de la Chine avec toutes les nations alli&#233;es &#187; une de leurs revendications essentielles. C'est le r&#244;le de la IVe Internationale de d&#233;velopper et de clarifier ces efforts instinctifs des peuples vers l'internationalisme. Avec le plus grand s&#233;rieux, le parti doit reconna&#238;tre et exposer les racines historiques de ce d&#233;veloppement et le diriger vers l'&#233;ducation et l'organisation du prol&#233;tariat international et de ses alli&#233;s actuels dans les luttes pour le socialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Programme d'action&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le premier point est l'&#233;ducation syst&#233;matique du parti sur la question n&#232;gre. Dans la p&#233;riode dans laquelle nous entrons, la p&#233;riode des soul&#232;vements mondiaux et des crises raciales en Am&#233;rique, les membres du parti doivent d'abord sur cette question difficile et compliqu&#233;e avoir une claire orientation th&#233;orique. Dans la New International et dans les bulletins int&#233;rieurs, il doit y avoir une s&#233;rie d'&#233;tudes bien document&#233;es sur les N&#232;gres dans l'histoire des &#201;tats-Unis De telles &#233;tudes n'existent pas aux &#201;tats-Unis, sauf quelques d&#233;buts d'&#233;tudes par les staliniens. Il est impossible au parti de progresser un tant soit peu dans le travail n&#232;gre sans quelque pr&#233;paration. Pour l'instant signalons quelques points qui m&#233;riteraient d'&#234;tre imm&#233;diatement consid&#233;r&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les n&#232;gres dans la guerre civile. La guerre civile est l'axe th&#233;orique de l'analyse des &#201;tats-Unis au m&#234;me degr&#233; que la R&#233;volution Fran&#231;aise l'est pour l'Europe moderne. Et au centre de la guerre civile est la question de l'esclavage, c'est-&#224;-dire la question n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les n&#232;gres dans le mouvement ouvrier organis&#233;, leur d&#233;veloppement historique dans ce mouvement, et la relation de cette communaut&#233; n&#232;gre avec ces luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les organisations n&#232;gres dans le pass&#233; r&#233;cent et &#224; l'heure actuelle, en particulier le mouvement de Garvey en tant que mouvement des masses n&#232;gres, le plus important que l'histoire am&#233;ricaine connaisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les n&#232;gres dans l'agriculture sudiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le d&#233;veloppement social n&#232;gre et les luttes politiques en Afrique et en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	L'exp&#233;rience concr&#232;te du Workers Party dans le travail n&#232;gre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;tudes, pour la plupart, concernent tout d'abord des faits positifs, mais elles sont aussi sujettes &#224; interpr&#233;tation. Elles constituent pratiquement un terrain vierge, non seulement pour le parti, mais pour tous les marxistes des &#201;tats-Unis. Elles sont donc et seront pendant longtemps des sujets de discussion. C'est au travers de la discussion de ces probl&#232;mes que le parti &#233;duquera ses membres et leur donnera la possibilit&#233; de repr&#233;senter le marxisme parmi les N&#232;gres et dans les rangs des organisations ouvri&#232;res. C'est par ce moyen aussi que le parti sera capable d'influencer et de diriger l'int&#233;r&#234;t toujours en &#233;veil d'un peuple nationalement opprim&#233; pour tout ce qui touche &#224; l'oppression nationale, aussi impopulaires et &#233;loign&#233;es du sens commun ordinaire que soient par ailleurs les id&#233;es g&#233;n&#233;rales d'un groupe r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme pr&#233;mices, il est n&#233;cessaire de publier les paroles et les observations de Trotsky sur la question n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le Comit&#233; national doit, en accord avec la tradition au mouvement bolchevique, organiser un rayon sp&#233;cial n&#232;gre s'occupant du travail g&#233;n&#233;ral parmi les n&#232;gres. Ce travail ne doit en aucune fa&#231;on &#234;tre subordonn&#233; au travail parmi les N&#232;gres dans les organisations ouvri&#232;res, travail qui appartient plus sp&#233;cifiquement au rayon syndical. Le travail des deux rayons doit &#234;tre coordonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rayon n&#232;gre devra &#234;tre responsable d'une rubrique sp&#233;ciale dans le journal sur la question n&#232;gre, et devra inviter les sympathisants en dehors du parti, &#224; participer &#224; son travail th&#233;orique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le mouvement noir en 1963 par Raya Dunayevska&#239;a</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article6713</link>
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		<dc:date>2023-06-22T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA - Etats-Unis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Marche sur Washington &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;clenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939 et la pr&#233;paration des usines am&#233;ricaines pour la production de guerre ont presque an&#233;anti le ch&#244;mage &#8211; le ch&#244;mage des blancs. Mais pr&#232;s de 25 % de la main-d'&#339;uvre noire restait au ch&#244;mage en 1940. Le fait m&#234;me que, tant au Sud qu'au Nord, le Noir se soit urbanis&#233; et syndiqu&#233; n'a fait qu'aiguiser son sentiment d'oppression en tant que minorit&#233; nationale. La puissance m&#234;me au sein des syndicats a rendu cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA - Etats-Unis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Marche sur Washington&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;clenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939 et la pr&#233;paration des usines am&#233;ricaines pour la production de guerre ont presque an&#233;anti le ch&#244;mage &#8211; le ch&#244;mage des blancs. Mais pr&#232;s de 25 % de la main-d'&#339;uvre noire restait au ch&#244;mage en 1940. Le fait m&#234;me que, tant au Sud qu'au Nord, le Noir se soit urbanis&#233; et syndiqu&#233; n'a fait qu'aiguiser son sentiment d'oppression en tant que minorit&#233; nationale. La puissance m&#234;me au sein des syndicats a rendu cette ghetto&#239;sation et ce ch&#244;mage &#224; l'ext&#233;rieur plus frustrants. Cette fois, la grande agitation parmi les n&#232;gres n'est pas pass&#233;e inaper&#231;ue aupr&#232;s des dirigeants noirs am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Philip Randolph, pr&#233;sident de la Confr&#233;rie des porteurs de voitures-lits, a organis&#233; une marche sur le mouvement de Washington. Cette organisation de masse enti&#232;rement noire pr&#233;voyait de mobiliser 100 000 personnes pour sa marche sur la capitale nationale. Sous sa pression, le pr&#233;sident Roosevelt a publi&#233; le d&#233;cret ex&#233;cutif n &#176; 8802 qui interdisait la discrimination dans les industries de guerre. Si cette petite version du Fair Employment Practices Act s'est arr&#234;t&#233;e en mars sur la capitale, elle n'a pas arr&#234;t&#233; le mouvement en tant qu'organisation qui a ensuite proc&#233;d&#233; &#224; sa transformation en un comit&#233; pour mettre fin &#224; Jim Crow dans l'arm&#233;e [1] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, le gain de certaines de ses demandes n'a fait qu'aiguiser le sentiment du n&#232;gre de ne pas avoir tous ses droits. Dans le logement, en particulier, les conditions devinrent insupportables &#224; mesure que de plus en plus de milliers de travailleurs, blancs et noirs, s'installaient dans les centres industriels. Ni le CIO, qui comptait alors environ un million et demi de membres noirs, ni le mouvement March on Washington dans un domaine plus restreint, n'avaient obtenu ce pour quoi les noirs se battaient : les pleins droits d&#233;mocratiques. Ils semblaient impossibles &#224; atteindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette fois, loin de rejoindre un quelconque mouvement de &#171; Retour en Afrique &#187;, ou de prendre la d&#233;fensive face aux attaques du KKK et de tels &#233;l&#233;ments racistes, le n&#232;gre a pris l'offensive. En 1943, il y eut une explosion de manifestations massives de n&#232;gres &#224; New York, Chicago, Detroit. C'&#233;tait aussi l'ann&#233;e de la premi&#232;re grande gr&#232;ve de guerre parmi les mineurs, qui, in&#233;vitablement, comptait un grand nombre de membres noirs. Le Noir am&#233;ricain a pris l'offensive et a montr&#233; une grande discrimination dans ce qu'il a attaqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque chose de nouveau s'est produit aussi dans le sens o&#249; il y a eu des exemples de solidarit&#233; blanche, en particulier &#224; Detroit, o&#249; le CIO s'est engag&#233; &#224; ce que les Blancs et les Noirs travaillent c&#244;te &#224; c&#244;te &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur de l'usine . Surtout, personne n'a os&#233; l'attaquer comme antipatriotique. Aucun, sauf les communistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les communistes s'opposent au mouvement n&#232;gre ind&#233;pendant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de la Seconde Guerre mondiale, le slogan des communistes am&#233;ricains &#233;tait &#034;Les Yanks ne viennent pas&#034;. Ils ont essay&#233; de reproduire la trahison du pacte Staline-Hitler en se joignant aux fascistes &#171; America Firsters &#187; - pour les communistes, tout ce qui emp&#234;cherait l'Am&#233;rique d'entrer en guerre aux c&#244;t&#233;s des alli&#233;s &#233;tait justifiable. S'ils s'opposaient &#224; quoi que ce soit dans l'organisation originelle de la Marche sur Washington, c'est qu'elle n'&#233;tait pas assez militante parce qu'elle se laissait diriger par A. Philip Randolph. Tout cela a chang&#233; du jour au lendemain lorsque, en juin 1941, l'Allemagne a envahi la Russie. La guerre imp&#233;rialiste a maintenant &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e par ces artistes du changement rapide, qui suivent invariablement les lignes de la politique &#233;trang&#232;re russe, comme &#233;tant devenue &#171; une guerre de lib&#233;ration nationale &#187;. Ils ont commenc&#233; &#224; exiger la mise en place imm&#233;diate d'un &#034;deuxi&#232;me front&#034; - partout,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, ils ont commenc&#233; &#224; attaquer A. Philip Randolph comme un v&#233;ritable &#171; subversif &#187; et le mouvement March on Washington comme &#233;tant &#171; trop belliqueux &#187;. Par sa lutte pour des emplois pour les Noirs, a d&#233;clar&#233; James Ford, candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence du Parti communiste et leader noir, il &#171; cr&#233;ait des humeurs d&#233;routantes et dangereuses dans les rangs du peuple noir et utilisait ses griefs justifi&#233;s comme une arme d'opposition au Le programme de guerre de l'administration ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#171; griefs justifi&#233;s &#187; ne semblaient pas justifier, aux yeux des communistes, un programme m&#234;me aussi doux que celui du Pittsburgh Courier qui avait lanc&#233; le mot d'ordre du &#171; Double V &#187; : &#171; double victoire de la d&#233;mocratie chez nous et &#224; l'&#233;tranger &#187;. .&#8221; Ceci, disait le Daily Worker , dans son symposium sp&#233;cial sur la question n&#232;gre en mars 1942, d&#233;truit l'unit&#233; nationale ! &#034;Hitler est l'ennemi principal et les ennemis des droits des n&#232;gres dans ce pays doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme secondaires.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux sympathisants des communistes et ce qu'ils avaient fait sur des cas tels que les Scottsboro Boys dans les ann&#233;es 1930 ont &#233;t&#233; surpris. Comme l'a dit George Schuyler [2] : &#171; Alors qu'&#224; un moment ils &#233;taient tous pour l'arr&#234;t de la production &#224; cause des politiques d'emploi de Jim Crow, des bas salaires ou des mauvaises conditions de travail, ils sont maintenant tout &#224; fait favorables &#224; la politique du gouvernement de ne pas faire de gr&#232;ves en temps de guerre et ont effectivement approuv&#233; la conscription du travail, c'est-&#224;-dire l'esclavage humain. Tout doit &#234;tre fait pour sauver la Russie m&#234;me si les droits des n&#232;gres doivent passer &#224; la trappe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communistes proc&#233;d&#232;rent &#233;galement &#224; la r&#233;&#233;criture de l'histoire n&#232;gre. Robert Minor, dans &#171; L'h&#233;ritage de l'association politique communiste &#187;, a d&#233;couvert que &#171; l'abolition de l'oppression nationale est une r&#233;forme d&#233;mocratique bourgeoise &#187; et est donc r&#233;alisable dans le cadre du capitalisme am&#233;ricain tant que &#171; le peuple noir suit la bonne voie &#187;. &#8211; le cours Frederick Douglass de soutien total de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de la d&#233;claration calomnieuse sur ce grand abolitionniste noir, Frederick Douglass, comme s'il soutenait sans r&#233;serve la guerre civile,la guerre civile s'est finalement transform&#233;e en une guerre r&#233;volutionnaire qui a aboli l'esclavage. Il m&#233;ritait donc aussi le soutien de la classe ouvri&#232;re internationale qui lui &#233;tait donn&#233; par l'Association internationale des travailleurs dirig&#233;e par Karl Marx. La Seconde Guerre mondiale, en revanche, est rest&#233;e une guerre imp&#233;rialiste, comme en t&#233;moigne le type de soutien que lui ont apport&#233; les communistes am&#233;ricains. Ils se sont prononc&#233;s (1) en faveur de l'engagement de non-gr&#232;ve des syndicats, sans parler des plans d'int&#233;ressement de l'entreprise ; (2) contre toute activit&#233; ind&#233;pendante des n&#232;gres pour leurs droits soit au travail, soit dans l'arm&#233;e, ou n'importe o&#249; ; (3) aider &#224; envoyer les trotskystes en prison en vertu du Smith Act ; et (4) rivalisant avec le DAR dans son &#171; patriotisme &#187;, c'est-&#224;-dire qualifiant de &#171; subversifs &#187; tous ceux qui n'&#233;taient pas d'accord avec eux. M&#234;me la NAACP &#233;tait devenue trop militante pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, Frederick Douglas &#233;tait un chef de file du mouvement abolitionniste qui n'a pas cess&#233; son activit&#233; ind&#233;pendante pendant la guerre civile. Bien qu'il ait soutenu sans &#233;quivoque Lincoln lorsqu'il a publi&#233; la Proclamation d'&#233;mancipation, voici comment il a d&#233;crit Lincoln lors du d&#233;voilement du Freedman's Monument &#224; Lincoln : &#171; Il faut l'admettre, la v&#233;rit&#233; m'oblige &#224; l'admettre, m&#234;me ici en pr&#233;sence du monument que nous avons &#233;rig&#233; &#224; sa m&#233;moire, Abraham Lincoln n'&#233;tait, au sens plein du terme, ni notre homme ni notre mod&#232;le. Dans ses int&#233;r&#234;ts, dans ses associations, dans ses habitudes de pens&#233;e et dans ses pr&#233;jug&#233;s, c'&#233;tait un homme blanc. Il &#233;tait par excellence le pr&#233;sident de l'homme blanc, enti&#232;rement d&#233;vou&#233; au bien-&#234;tre des hommes blancs ? Vous &#234;tes les enfants d'Abraham Lincoln. Nous ne sommes au mieux que ses beaux-enfants ; enfants par adoption, enfants par la force des choses et la n&#233;cessit&#233;. Mais, nous vous supplions de ne pas m&#233;priser l'humble offrande que nous vous d&#233;voilons aujourd'hui ; car tandis qu'Abraham Lincoln vous a sauv&#233; un pays, il nous a d&#233;livr&#233;s d'un esclavage, selon Jefferson, dont une heure a &#233;t&#233; pire que des si&#232;cles d'oppression contre lesquels vos p&#232;res se sont r&#233;volt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la manifestation de masse de 1943, le conseiller communiste Benjamin A. Davis est apparu avec le maire La Guardia &#224; Harlem et sur la m&#234;me plate-forme s'est prononc&#233; contre l'explosion n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Earl Browder : &#034;La r&#233;alisation imm&#233;diate de cette p&#233;riode sous le syst&#232;me am&#233;ricain actuel d'une &#233;galit&#233; compl&#232;te pour les Noirs a &#233;t&#233; rendue possible par la crise et par le caract&#232;re de cette guerre en tant que guerre populaire de lib&#233;ration nationale.&#034; Et juste au cas o&#249; il y aurait une illusion sur &#171; l'&#233;galit&#233; compl&#232;te pour les n&#232;gres &#187; n&#233;cessitant toute activit&#233;, le communiste noir Doxey A. Wilkerson l'a &#233;nonc&#233;e pour tous comme ni plus ni moins que le &#171; soutien total de la victoire &#187;. - la politique de guerre de notre commandant en chef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communistes &#233;taient si enthousiastes dans leur soutien &#224; l'administration Roosevelt qu'ils parlaient non seulement &#171; d'unit&#233; en temps de guerre &#187;, mais aussi de plans d'apr&#232;s-guerre . Nous ne parlons pas de ceux de la guerre froide qu'ils n'avaient pas anticip&#233;s. Non, dans ce m&#234;me pamphlet de 1944, What The Negro Wants , Wilkerson &#233;crivait : &#171; R&#233;diger des plans de guerre id&#233;alistes pour les Noirs ? tend &#224; d&#233;tourner l'&#233;nergie n&#233;cessaire de la t&#226;che vraiment urgente d'aujourd'hui : gagner la guerre &#187;. Nuances du Bourbon Sud !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas &#233;tonnant que les n&#232;gres par milliers - car ils avaient rejoint le Parti communiste dans les ann&#233;es 1930 - aient d&#233;chir&#233; leurs cartes du Parti communiste et n'aient pas &#233;t&#233; &#224; nouveau dup&#233;s par le nouveau changement de ligne qui a accompagn&#233; la guerre froide de Moscou qui a rendu les communistes am&#233;ricains une fois de plus (pour combien de temps ?) sortir &#171; pour la lib&#233;ration n&#232;gre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le plus grand scandale de la guerre ! L'histoire de Jim Crow en uniforme, publi&#233; par le March on Washington Movement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. George Schuyler (1895-1977) &#233;tait un journaliste afro-am&#233;ricain pionnier, longtemps associ&#233; au Pittsburgh Courier. Il a publi&#233; une autobiographie, Black and Conservative, en 1966. [Transcriber]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Douze textes sur la relation entre question noire aux USA et lutte des classes r&#233;volutionnaire</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article6718</link>
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		<dc:date>2022-10-12T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA - Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Douze textes sur la relation entre question noire aux USA et lutte des classes r&#233;volutionnaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 3 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 5 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 6 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 7 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 8 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 9 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 11 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 12&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA - Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Douze textes sur la relation entre question noire aux USA et lutte des classes r&#233;volutionnaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/dunayevskaya/works/1945/negro-revolution.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=f&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6577&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5731&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1614&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article76&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1830&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5949&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/02/lt19330228.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve704&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390404a.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390405b.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/usa/parties/spusa/1903/1100-debs-negroclassstrug.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volte de la prison d'Attica</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article5803</link>
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		<dc:date>2020-08-08T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;volte de la prison d'Attica &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;crasement dans le sang de la r&#233;volte des prisonniers noirs de la prison d'Attica &lt;br class='autobr' /&gt;
1971 : La r&#233;volte de la prison d'Attica &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mouvements pour les droits civiques et le pouvoir noir des ann&#233;es 60 et 70 ont g&#233;n&#233;r&#233; un esprit r&#233;volutionnaire de r&#233;volte qui a touch&#233; tous les segments de la soci&#233;t&#233;, y compris la population carc&#233;rale. En septembre 1971, les d&#233;tenus du centre correctionnel d'Attica &#224; New York ont &#8203;&#8203;organis&#233; une r&#233;volte qui a dur&#233; cinq jours. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_14173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/s26-atti-yard-480.jpg' width=&#034;480&#034; height=&#034;263&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16113 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1200x680_manifestation_prisonniers_attica_bettmann_gettyimages.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1200x680_manifestation_prisonniers_attica_bettmann_gettyimages.jpg' width=&#034;1200&#034; height=&#034;680&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_313 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/18_attica_03.jpg' width=&#034;375&#034; height=&#034;310&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte de la prison d'Attica&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/attica_prison_ap_img.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/attica_prison_ap_img.jpg' width=&#034;1440&#034; height=&#034;907&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_312 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/prison-8.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;309&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crasement dans le sang de la r&#233;volte des prisonniers noirs de la prison d'Attica&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14172 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/091202attica4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/091202attica4.jpg' width=&#034;978&#034; height=&#034;652&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_16115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/24ATTICAJP1-SUB-superJumbo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/24ATTICAJP1-SUB-superJumbo.jpg' width=&#034;2048&#034; height=&#034;2048&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1971 : La r&#233;volte de la prison d'Attica&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements pour les droits civiques et le pouvoir noir des ann&#233;es 60 et 70 ont g&#233;n&#233;r&#233; un esprit r&#233;volutionnaire de r&#233;volte qui a touch&#233; tous les segments de la soci&#233;t&#233;, y compris la population carc&#233;rale. En septembre 1971, les d&#233;tenus du centre correctionnel d'Attica &#224; New York ont &#8203;&#8203;organis&#233; une r&#233;volte qui a dur&#233; cinq jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions d'existence &#224; Attica &#233;taient horribles. L'&#233;tablissement a &#233;t&#233; construit pour contenir 1 200 d&#233;tenus, mais il en regorgeait de 2 225. Les d&#233;tenus se sont vu refuser des installations sanitaires de base, n'avaient qu'une douche par semaine et un rouleau de papier toilette par mois. Environ 54% des d&#233;tenus &#233;taient noirs mais tous les gardiens de prison &#233;taient blancs, ce qui a favoris&#233; la violence et les tensions racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement &#224; Attica a &#233;t&#233; d&#233;clench&#233; par le meurtre de George Jackson par des gardiens de prison. Jackson &#233;tait un prisonnier r&#233;volutionnaire noir influent qui s'&#233;tait politis&#233; et avait rejoint les Black Panthers alors qu'il purgeait une peine de 23 ans &#224; perp&#233;tuit&#233; pour un crime qu'il avait commis &#224; 18 ans. Sa mort a provoqu&#233; des ondes de choc dans tout le pays, d&#233;clenchant des r&#233;voltes dans de nombreuses prisons, mais le plus puissant &#233;tait &#224; Attica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 septembre, des prisonniers ont lib&#233;r&#233; un d&#233;tenu qui devait &#234;tre d&#233;tenu dans sa cellule, puis ont cass&#233; les portes pour envahir la cour. Plus de 1 000 prisonniers ont pu prendre le contr&#244;le de la cour et de la prison, prenant 40 gardiens en otage. Ils exigeaient l'acc&#232;s &#224; la litt&#233;rature, une meilleure nourriture et de meilleures conditions, et d'&#234;tre trait&#233;s comme des &#234;tres humains. Comme les prisonniers l'ont dit dans leur d&#233;claration au monde ext&#233;rieur : &#171; Nous sommes fermes dans notre d&#233;termination et nous exigeons, en tant qu'&#234;tres humains, la dignit&#233; et la justice qui nous sont dues de plein droit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde avait un r&#244;le et quelque chose &#224; apporter pendant la gr&#232;ve. Les gr&#233;vistes se sont organis&#233;s en comit&#233;s tels que la s&#233;curit&#233;, la distribution de nourriture, l'&#233;limination des d&#233;chets et la protection des otages. Malgr&#233; toutes les tensions raciales pass&#233;es, il y avait un sentiment incroyable d'unit&#233; parmi les prisonniers comme jamais auparavant. Un attaquant noir a d&#233;crit : &#171; Je n'ai jamais pens&#233; que les Blancs pouvaient vraiment s'en sortir&#8230; J'ai en fait pleur&#233; que c'&#233;tait si proche, tout le monde si ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des n&#233;gociations se sont d&#233;roul&#233;es de mani&#232;re ouverte et d&#233;mocratique entre les d&#233;tenus, au cours desquelles les repr&#233;sentants ont relay&#233; des informations aux gr&#233;vistes de la cour. Malgr&#233; l'attention et le soutien de la communaut&#233; internationale, les responsables de la prison ont pu caler et ont refus&#233; de bouger sur la question de l'amnistie. Apr&#232;s quatre jours de n&#233;gociations entre les repr&#233;sentants des d&#233;tenus et les responsables de la prison, Nelson Rockefeller, alors gouverneur de New York, a appel&#233; &#224; reprendre la prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police a &#233;t&#233; mobilis&#233;e avec une brutalit&#233; incroyable. Munis de mitrailleuses et de gaz lacrymog&#232;nes, ils ont pris la prison, tuant sans discrimination, entra&#238;nant la mort de dix gardiens et employ&#233;s de la prison ainsi que de 33 prisonniers. Des prisonniers ont &#233;t&#233; abattus alors qu'ils se rendaient, certains d'entre eux gisant sur le sol. Les survivants ont &#233;t&#233; battus avec des b&#226;tons de nuit et contraints de ramper nus &#224; travers du verre bris&#233;. La presse a &#233;t&#233; interdite de la zone et n'a &#233;t&#233; inform&#233;e de la brutalit&#233; que par des informations divulgu&#233;es par la police et des survivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la classe dirigeante am&#233;ricaine, l'Attica a d&#251; &#234;tre &#233;cras&#233;e car elle repr&#233;sentait la r&#233;volte des prisonniers contre un syst&#232;me fondamentalement injuste. La capacit&#233; des d&#233;tenus &#224; s'organiser collectivement &#224; travers les lignes raciales a fourni un exemple qui pourrait &#234;tre li&#233; aux mouvements sociaux plus larges qui balayent le reste de la soci&#233;t&#233;. Pour cette raison, le gouverneur Rockefeller &#233;tait pr&#234;t &#224; utiliser une brutalit&#233; incroyable pour &#233;craser la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la r&#233;pression violente massive, le soul&#232;vement de la prison d'Attica nous montre le potentiel des personnes les plus marginalis&#233;es &#224; se rassembler et &#224; lutter pour la justice et la dignit&#233; humaine fondamentale, m&#234;me dans les pires conditions. Pour cette raison, l'Attica est devenue un symbole de la r&#233;sistance des prisonniers dont on se souvient encore aujourd'hui du nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois t&#233;l&#233;films am&#233;ricains retra&#231;ant l'&#233;meute ont &#233;t&#233; produits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; en 1980 : R&#233;volte dans la prison d'Attica, de Marvin J. Chomsky, avec George Grizzard ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; en 1994 : Les R&#233;volt&#233;s d'Attica (Against the Wall), de John Frankenheimer, avec Samuel L. Jackson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; en 2001 : Le Massacre d'Attica (The Killing Yard), de Euzhan Palcy, avec Alan Alda, Morris Chestnut et Rose McGowan (Showtime/Paramount) pour le 30e anniversaire des &#233;meutes et du massacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs un documentaire intitul&#233; Attica, &#233;galement am&#233;ricain, a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; en 1974 par Cinda Firestone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=_3dp3n8Mcy4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=kNzSV6AVpAQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=bXgP0lkqPNk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VD1-J2IFgZ8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=0CWcuDrgIo8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.fulltv.tv/movies/the-killing-yard.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Forty years since the Attica uprising&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nixon-Rockefeller tapes praise bloodbath&#8212;&#8220;A beautiful operation&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By Nancy Hanover - WSWS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This month marks the 40th anniversary of the 1971 uprising by prisoners at the Attica Correctional Facility in upstate New York and its bloody suppression by state police called in by New York Governor Nelson Rockefeller. The Attica rebellion was a major historical event, reflecting the acute social and political crisis of American imperialism at the height of the anti-Vietnam War movement, which coincided with a militant strike wave by industrial workers and the aftermath of the ghetto riots of the 1960s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The homicidal response of the American ruling class to the protest by prisoners against inhumane conditions crystallized the brutal and violent character of class relations just beneath the surface of American life. Today, forty years later, the intensification of social tensions is leading to an unprecedented period of social upheavals as the US ruling class, in response to the world economic crisis and the protracted decline of American capitalism, prosecutes a social counterrevolution aimed at destroying all of the past social gains of the working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This gives the tragic events at Attica immense contemporary relevance. The political lessons of the Attica uprising are of great import today for working people and youth in the US and around the world.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On September 9, 1971, a skirmish at the Attica Correctional Facility in upstate New York escalated into an organized rebellion and political protest by 1,280 prisoners. Inmates seized prison guards as hostages, issued demands, and began four days of negotiations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On September 13, Governor Nelson Rockefeller abruptly severed the talks and ordered a Vietnam-style assault by helicopters, state police sharpshooters and prison guards to retake the prison by force. Cell Block D, the scene of the uprising, was gassed and upwards of 3,000 rounds of ammunition were indiscriminately fired into the melee. Twenty nine inmates and 10 prison guards died in the carnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The New York State Special Commission on Attica, headed by Robert McKay of the New York University law school, held public hearings in April 1972. It said that the event, with the exception of massacres of Native Americans in the late 19th century, was &#8220;the bloodiest one-day encounter between Americans since the Civil War.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the time, the Bulletin, the weekly newspaper of the Workers League, forerunner of the Socialist Equality Party, stated that the bloodbath at Attica was premeditated and directed by the highest levels of the US government. The Bulletin warned that the military-style repression of the Attica inmates was a preparation for mass repression directed against the working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;University of New Hampshire at Manchester Professor Theresa C. Lynch recently released to the public recordings of conversations between President Richard Nixon and Rockefeller that occurred in the immediate aftermath of the killings. These tapes corroborate the analysis of the Workers League : the slaughter at Attica was not a mistake or overreaction. It was a calculated political response to what was considered an intolerable challenge to the authority of the capitalist state.&lt;br class='autobr' /&gt;
What drove the inmates to rebel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conditions at the prison, built in 1931, were notoriously brutal. Medical attention was often denied. The food was bad and sanitation non-existent. An all-white force of prison guards abused the inmates, predominately African-American and Puerto Rican, and deliberately provoked racial animosities.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prisoners were allocated one roll of toilet paper a month. Muslims were denied the right to hold religious services, newspapers were banned from the library, and all mail was censored. Many young people were in prison for minor infractions, but bail was routinely set at impossibly high levels. Hard-core lifers were housed with those incarcerated for petty infractions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These terrible conditions were at the root of the uprising, but it quickly assumed a political character. American society in 1971 was a tinderbox. Prison conditions were just one expression of a society riven by social contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Many of the young men incarcerated in New York prisons had been influenced by the rise of black and Puerto Rican nationalism and organizations such as the Black Panthers and Young Lords. These oppositional currents were fed by the failure of the civil rights movement to effect any real improvements for the majority of minority youth. This was the period of the Vietnam War and convulsive events such as the assassinations of Malcolm X (1965), Martin Luther King Jr. (1968) and, less than a month prior to the Attica rebellion, Black Panther member George Jackson (August 21, 1971).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The early 1970s was a period of intense struggle by the American labor movement against declining living standards, unemployment and attacks on the unions. In 1970, US postal workers walked out in their first national work stoppage and Nixon deployed the National Guard as strikebreakers to carry the mail. This was followed by a two-month strike of nearly 400,000 General Motors workers in the US and Canada. In July 1971, dock workers shut down all 56 ports on the West Coast.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On August 15, 1971 Nixon imposed a 90-day wage freeze and established a national pay board to control wage increases. This was part of a series of emergency measures taken to halt a run on the dollar. The most fateful of these was the removal of the gold backing of the dollar, which had been put in place as the centerpiece of the dollar-based world monetary system established at the Bretton Woods conference in 1944.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The wage freeze and pay board prompted wildcat strikes by workers in many unions throughout the country as well as calls for a general strike. The International Longshoremen's Association, which represented the East Coast dock workers, joined the West Coast dockers' strike in October. Nixon retaliated by invoking the anti-union Taft-Hartley law to force a return to work.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By 1971, over 50,000 Americans had died in the Vietnam War. The nation's campuses and many cities were periodically convulsed by anti-Vietnam War protests and, in some cases, National Guard occupations. In May 1970, students protesting the expansion of the war into Cambodia were shot dead by National Guard troops at Kent State University in Ohio and by state police at Jackson State in Mississippi, sparking a student strike that shut down colleges and universities across the country. In 1971, the US further expanded bombing into Laos. In April of that year, more than half a million people protested against the war in Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was under these conditions of unprecedented domestic unrest and rising class struggle that the events at Attica occurred. The bourgeoisie had a lot to fear.&lt;br class='autobr' /&gt;
The uprising&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In July, Attica prisoners petitioned the new corrections commissioner, Russell Oswald, regarding a series of grievances. Their demands included coverage by state minimum wage laws (many worked for 25 cents a day in temperatures above 100 degrees in the metal shop), political and religious freedoms, and betterment of living conditions. Attica was designed to hold 1,200 men, but was actually housing 2,225.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A meeting with Oswald, after numerous delays, was set take place in August. But on August 21, Black Panther Party member and &#8220;Soledad Brother&#8221; George Jackson was killed by prison guards in San Quentin, California.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jackson, originally jailed for a $70 theft, had developed into a political figure through his correspondence (most famously with Angela Davis), after taking up a study of Marxism in prison. The day after Jackson's killing, the prisoners at Attica held a silent fast in his memory and donned black armbands. In view of these events, Oswald decided the situation was too tense and he cancelled the meeting with the inmates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;We were convinced that he [George Jackson] was murdered,&#8221; John Andrini, a member of the Attica Prisoners Negotiating Committee, told the Bulletin following the events in 1971. &#8220;The day they buried him, the whole prison population fasted, and I mean all the prisoners&#8212;blacks, whites, Indians, Puerto Ricans. They were fasting and the administration was very worried about this. In fact, we were wearing black armbands that morning when we got up and they made us take the armbands off&#8230; they were frightened to see how well we could get together, unite together.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Workers League stated presciently in an article published in the Bulletin : &#8220;The killing of Jackson was a political act aimed against the working class&#8230; Jackson's murder came only days after Nixon's orders to drive back the living standards of the working class. It is clear that the government is now preparing to unleash a wave of political repression in order to carry out its plans.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On September 9, a fight broke out between inmates and guards. This was not an unusual occurrence. However, it was followed by a malfunction of the internal gate system. This enabled inmates to rush into the yards, take over the cellblocks and eventually seize 38 guards and civilian employees as hostages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;I would say that the politically active inmates had a little foresight, took this riot over [from the lifers who started it]&#8221; explained Andrini. &#8220;They took the hostages away from this 10 percent of the people and formed it into an organized rebellion. They decided since the damage was done, that we were going to suffer the consequences anyway, let's put it to some good use. Let's right some of the wrong things that are perpetrated here at Attica.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the first day of the standoff the prisoners released prison guard William Quinn, who was severely injured in the original fight, and 11 other injured hostages so that they could get medical help. The prisoners set up an elected representative council to be spokesmen in the negotiations. They also established a protective human chain around the hostages and called for a group of outside observers to assist in the bargaining over grievances. Thirty-three people participated in this group, including New York Congressman Herman Badillo, State Assemblyman Arthur Eve, civil rights attorney William Kunstler, and Tom Wicker of the New York Times.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A series of 31 demands were drawn up, 28 of which Oswald eventually agreed to. The observers' committee issued a public appeal to Governor Rockefeller to come to Attica to meet with them. Rockefeller refused.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On September 12, four of the observers telephoned Rockefeller and for 90 minutes pleaded with him to come to Attica to effect a peaceful solution, but the governor was unyielding. The decision had already been made to attack. The government would later claim that the inmates were slitting the throats of the hostages and even castrating them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On Sunday morning, September 13, four days after the prisoners had seized control, the assault began. Two helicopters swooped down, dropping CN and CS pepper gas over the prison courtyard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As prisoners and hostages fell to the ground, state troopers, correction officers, deputy sheriffs and park police opened fire with shotguns, pistols, Thompson submachine guns and .270 caliber rifles loaded with dum-dum bullets. They were firing blindly through thick clouds of gas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Firing continued for about an hour. By the time the facility was retaken, the government had killed 9 hostages and 25 inmates, seriously injuring 89 others. One prison officer had been killed in the initial fight with inmates and 4 inmates had been killed by other inmates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the aftermath, guards and troopers brutalized the prisoners. Inmates were made to strip and crawl through lines of enraged officers. Witnesses said several men bled to death after being denied medical treatment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Men were marked with &#8220;X&#8221;s on their backs and threatened with castration by vindictive prison guards. These attacks behind the prison walls went on for days.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;According to Time magazine : &#8220;A team of doctors who treated prisoners in their cells later said inmates in widely separated parts of the prison described in identical detail instances of &#8216;indiscriminate' firing by the officers and the calculated slaying of unresisting convicts. Reported Dr. Lionel Sifontes of Buffalo : &#8216;Many of the ringleaders were approached by guards and shot systematically. Some had their hands in the air surrendering. Some were lying on the ground.'&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autopsies the next day showed that none of the lurid claims of executions or castrations were true. All but one of the deceased hostages were killed by the state assault.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rockefeller calls Nixon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The transcripts of the discussion between Governor Rockefeller and President Nixon, now made available for the first time publicly, reveal the racism and contempt for human life of the two speakers&#8212;both leading representatives of the American ruling class. Exulting in the human carnage, they celebrate the success of the operation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : I know you've had a hard day, but I want you to know that I just back you to the hilt... the courage you showed and the judgment in not granting amnesty, it was right, and I don't care what the hell the papers or anybody else says. I don't care what they say. I think that you had to do it that way, because if you would have granted amnesty in this case, it would have meant that you would have had prisons in an uproar all over this country.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : That's right, absolutely.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : And you did the right thing. It's a tragedy that these poor fellows were shot, but I just want you to know that's my view, and I've told the troops around here they're to back that right to the hilt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : Well, aren't you great, Mr. President. I only called you because I wanted to alert you that we were going in.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : Right.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller then, in an extraordinary admission, replies &#8220;And when we went in, we couldn't tell whether all 39 hostages would be killed and maybe two or three hundred prisoners.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller continues : &#034;Well, you know this is one of those things. You can't have sharp shooters picking off the prisoners when the hostages are there with them at a distance with tear gas without maybe having a few accidents.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : &#034;Oh sure. Well, you saved a lot of the guards.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : &#034;Thirty-two of them got out.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : &#034;That's what I mean. It was worth it.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentators have pointed out that Rockefeller was preoccupied with dispelling his liberal reputation in view of the 1972 presidential primary season. No doubt this was a factor. But more fundamental issues were involved, and the decision to drown the uprising in blood was taken at the national level.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It reflected the fear within the ruling class of the growth of social opposition and political radicalism not simply among the inmates in one prison, but among broad sections of the working class and the youth in the US. The crushing of the Attica rebellion was intended to intimidate all those who were seeking to oppose the policies of the ruling class in Vietnam and elsewhere internationally as well as within the US.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Bulletin commented at the time : &#8220;The government never had any intention of meeting these demands, but all the while they were preparing for the massacre. There was no room for compromise.&#8221; The following week, the Bulletin stated : &#8220;The warning is clear. When Rockefeller and the capitalist class are faced with a threat to their system they will use all the brutal force at their disposal to crush it.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The tape documents the unvarnished racism which prevailed at the highest levels of the American political establishment. Throughout, Nixon refers to the rebellion&#8212;erroneously&#8212;as &#8220;basically a black thing&#8221; and is clearly concerned that Rockefeller's policy should set a national example for how to respond to potential unrest among blacks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : &#8220;You just stand firm there and don't give an inch. Because I think in the country, you see, the example you set may stiffen the backs of a few other governors that may have a problem. But also in the country, too, I think that it might discourage this kind of a riot occurring someplace else&#8230; Tell me, are these primarily blacks that you're dealing with ?&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : &#8220;Oh, yes, the whole thing was led by the blacks.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actually, the facts at Attica were different. Tom Wicker, the observer for the New York Times, reported how one prisoner shouted, &#8220;To oppressed people all over the world. We got the solution. The solution is unity.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wicker described the movement with &#8220;its strikingly effective organization, its fierce political radicalism, its submergence of racial animosity in class solidarity.&#8221; He explained : &#8220;That kind of organization, not to mention the unity displayed by the prisoners, would have been impossible if there had been racial discord in Block D&#8230; the human security chains were interracial ; the leadership committee features at least three white men, although the rebelling inmates must have been at least 84 percent black and Puerto Rican&#8230;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the September 27, 1971 Bulletin, the Workers League wrote : &#8220;All the outcries by liberals and clergy about Rockefeller's &#8216;mistake' at Attica will not change the fact that Rockefeller and Nixon consciously made a decision to murder the prisoners and will not hesitate to do so again. Even after Rockefeller knew that the hostages had been shot [by the state police] and that every statement about the prison officials was a lie, he stated : &#8216;There was no alternative but to go in.' And he made it very clear why when he said that the prison revolt &#8216;had political implications beyond the reform of the prison which was not possible for us to conform to and at the same time preserve a free society.'&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The tapes confirm this analysis, showing that the massacre was the result of a political decision to use overwhelming force to quash what was deemed a challenge to the capitalist state.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : &#8220;We did it, though, only when they were in the process of murdering the guards, or when they were attacking our people as they came in to get the guards.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : &#8220;You had to do it.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : &#8220;And otherwise we recaptured all the cell blocks and so forth without shooting a shot. And no troopers were wounded. One of them&#8212;well, one of them was, in the leg. But&#8212;&#8220;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : &#8220;Only one trooper was wounded ?&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : &#8220;That's right.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : &#8220;Good, good, good.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : &#8220;It really was a beautiful operation.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;A beautiful operation&#8221; indeed ! Thirty-nine dead, many more tortured in the aftermath. As for the pretext for the raid&#8212;the safety of the hostages&#8212;Dr. John Edland, the medical examiner, said some had been shot by the attacking troopers and police &#8220;as many as 5, 10, 12 times&#8221; with &#8220;two types of buckshot and large caliber missiles.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the aftermath, the State of New York stonewalled the legal suits of families of both inmates and prison guards. Only in 2000 did the courts finally declare that inmates were &#8220;treated like garbage&#8221; and award $8 million to families of surviving inmates and hostages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forty years later, we live in a far more unequal and divided society, with unending wars and escalating social brutality. Attica was not an exception to the rule, but an expression of the rule itself. Behind the ever-growing class divide stands the violence of the capitalist state. This fact makes all more necessary the building of a political movement of the working class based on the lessons of history, including the tragic events of September 13, 1971.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que disait Eldridge Cleaver ?</title>
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		<dc:date>2018-04-20T22:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Etats-Unis - USA</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'int&#233;gralit&#233; du dernier discours d'Eldridge Cleaver, un dirigeant des &#171; Musulmans noirs &#187; puis des &#171; Panth&#232;res noires &#187;, dirigeant aussi des &#233;meutes noires d'Oakland (f&#233;vrier 1968) : &lt;br class='autobr' /&gt;
San Franciso, le 22 novembre 1968 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Bonsoir tout le monde. &#199;a se bouscule pas, les mots, ce soir. Je ne sais pas si c'est un bonjour ou un au revoir. J'ai parl&#233; &#224; mon agent de mise en libert&#233; conditionnelle aujourd'hui et il m'a dit que le vendredi 27, il fallait que je lui t&#233;l&#233;phone vers huit heures et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot250" rel="tag"&gt;Etats-Unis - USA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'int&#233;gralit&#233; du dernier discours d'Eldridge Cleaver, un dirigeant des &#171; Musulmans noirs &#187; puis des &#171; Panth&#232;res noires &#187;, dirigeant aussi des &#233;meutes noires d'Oakland (f&#233;vrier 1968) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Franciso, le 22 novembre 1968&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bonsoir tout le monde. &#199;a se bouscule pas, les mots, ce soir. Je ne sais pas si c'est un bonjour ou un au revoir. J'ai parl&#233; &#224; mon agent de mise en libert&#233; conditionnelle aujourd'hui et il m'a dit que le vendredi 27, il fallait que je lui t&#233;l&#233;phone vers huit heures et demie afin qu'il me fixe un rendez-vous pour me conduire &#224; Saint Quentin. Ils veulent obtenir une audience pour que ma libert&#233; soit r&#233;voqu&#233;e et je suppose qu'ils croient avoir le droit de le faire. En tout cas, ils agissent comme s'ils l'avaient. Je les connais bien et je sais que lorsqu'ils vous tiennent dans leurs griffes, ils font ce qu'ils veulent, qu'ils en aient le droit ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des gens ne connaissent rien du tout au syst&#232;me des prisons. Je soup&#231;onne qu'ils commettent la m&#234;me erreur lorsqu'ils consid&#232;rent cette administration de la m&#234;me mani&#232;re que les flics : ils pensent qu'il s'agit en quelque sorte, dans les deux cas, des gardiens de la loi, qui sont l&#224; pour prot&#233;ger la soci&#233;t&#233;, que tout ce qu'ils disent est la v&#233;rit&#233;, que tout ce qu'ils entreprennent est bien ; Mais moi, je suis au courant. Pas tellement &#224; cause de ma propre exp&#233;rience, mais parce que j'ai pu observer d'autre cas dans les diverses prisons de Californie. Il y a tout un tas de gens derri&#232;re ces murs et qui ne devraient pas y &#234;tre. Et tous ceux qui sont derri&#232;re ces murs se trouvent soumis &#224; des r&#233;gimes non autoris&#233;s et sans rapport avec les raisons pour lesquelles on les a enferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Californie, la r&#233;habilitation est pire qu'une mauvaise plaisanterie. Je ne sais m&#234;me pas ce qu'il faut entendre par l&#224;, &#171; r&#233;habilitation &#187;. Cela suppose qu'un jour on a &#233;t&#233; &#171; habilit&#233; &#187; et que, d'une certaine fa&#231;on, on a quitt&#233; la bonne voie, on a &#233;t&#233; mis dans ce garage ou dans cet atelier de r&#233;parations afin que l'on s'occupe de vous et qu'ensuite on vous rel&#226;che. R&#233;habilit&#233; et mis sur la bonne voie. Bon, je suppose que la &#171; bonne voie &#187; doit &#234;tre cette sc&#232;ne-ci : le &#171; monde libre &#187;. Les condamn&#233;s nous appellent, nous autres du dehors, ceux du &#171; monde libre &#187;. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; derri&#232;re ces murs pour un moment, je suppose que celui-ci commence &#224; ressembler &#224; l'Eden. Les d&#233;tenus ne peuvent pas percevoir toutes les petites luttes qui se d&#233;roulent au-dehors. Alioto, maire de San Francisco, ne ressemble pas tellement &#224; Al Capone, vu de si loin. C'est vrai. Al Capone, Alioto &#8211; le grand Al. Allez hop, Oto. Vous connaissez. Les gens br&#251;lent, les gens br&#251;lent derri&#232;re ces murs, du d&#233;sir de regagner le monde libre. De retourner dans la soci&#233;t&#233;. D'&#234;tre libres et de ne pas &#234;tre renvoy&#233;s au p&#233;nitencier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, lorsque je suis rentr&#233; au p&#233;nitencier, j'ai pris une d&#233;cision. Je jetai un long et dur regard sur moi-m&#234;me et le dis, bon, tu as poursuivi ce chemin un peu trop longtemps, tu t'en es fatigu&#233;. Il est certain que ce que tu fabriquais avant d'arriver ici n'&#233;tait pas ce qu'il fallait. Tant que tu seras ici, il va falloir que tu t'occupes de toi, et &#224; fond, afin qu'une fois dehors, tu puisses y rester. En effet, une chose &#233;tait parfaitement claire pour moi : c'&#233;tait la derni&#232;re fois, je ne pourrai plus avoir affaire aux prisons. J'imagine que j'acquis alors comme une conscience sociale. Je d&#233;cidai de sortir de l&#224;, de m'atteler aux probl&#232;mes sociaux, de m'engager dans le Mouvement et d'y contribuer par tous les moyens &#224; ma port&#233;e. Quand je pris cette d&#233;cision, je crus que les autorit&#233;s de la mise en libert&#233; conditionnelle seraient au comble de la joie, car c'&#233;tait exactement &#224; quoi elles m'incitaient. Elles me traitaient sans cesse d'&#233;go&#239;ste : elles me demandaient pourquoi je ne me d&#233;cidais pas &#224; m'occuper des autres, pourquoi je me limitais &#224; mon propre horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, c'est ce que je fis, vous le savez. Et je veux dire ceci : j'ai eu plus d'ennuis avec les agents de la mise en libert&#233; conditionnelle et avec le &#171; Department of Corrections &#187;, parce que j'&#233;tais tout simplement engag&#233; dans le Mouvement, que je n'en ai eu lorsque je commettais des cambriolages, des vols et autres fautes pour lesquelles je n'ai pas &#233;t&#233; pris. Voil&#224; la v&#233;rit&#233;. Si j'&#233;tais sur la sellette pour vol, bon, il y aurait quelques personnes que cela &#233;nerverait. C'&#233;tait un probl&#232;me qui avait l'air d'&#234;tre localis&#233; et ne semblait pas affecter le syst&#232;me des prisons dans sa totalit&#233; ou tout le conseil de la mise en libert&#233; sur parole. Vous savez, ils ne semblaient pas avoir beaucoup de temps pour d&#233;battre de l'affaire. Dans leurs r&#233;unions, votre cas est tr&#232;s, tr&#232;s vite exp&#233;di&#233;. C'est comme s'il n'&#233;tait m&#234;me pas pris en consid&#233;ration. Mais je sais que maintenant mon dossier est en permanence sur leurs bureaux et que mon agent a peu de choses &#224; faire, sauf de ne pas me perdre de vue. Il veut savoir o&#249; je vais, combien je gagne par mois, o&#249; j'habite, &#224; quel moment je vais quitter la ville ; il veut que je lui t&#233;l&#233;phone &#224; mon retour et lui demande la permission de faire ceci ou cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attaquer verbalement les cochons du pouvoir pr&#233;sente davantage de danger que p&#233;n&#233;trer dans la Bank of America avec un fusil et l'attaquer carr&#233;ment. Les banquiers ont horreur du vol &#224; main arm&#233;e, mais ce qui les rend furieux, c'est celui qui se dresse pour mettre directement en question leur syst&#232;me raciste. Je ne sais pas s'il y a des banquiers dans la salle ce soir ; en tout cas, j'esp&#232;re qu'il y en a. J'aimerais qu'il y en ait au moins un, ou un ami, ou quelqu'un qui lui fera la commission. Et je souhaiterais tout sp&#233;cialement qu'il y en ait un de la Bank of America. Aujourd'hui, j'ai entendu aux informations que le fr&#232;re Cesar Chavez (leader syndicaliste des ouvriers agricoles de Californie) avait d&#233;clar&#233; la guerre &#224; la Bank of America. La Bank of America, c'est celle d'Alioto. Ma femme m'a appris ce soir que la Bank of America lui avait pass&#233; un coup de fil pour lui dire qu'elle allait nous reprendre notre voiture car nous &#233;tions en retard de trois mois dans les paiements. C'est faux, mais j'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; n'avoir pas d&#233;bours&#233; un seul sou pour la payer et aller voir cette clique pour leur dire : &#171; Haut les mains, nique-ta-m&#232;re ! Je prends &#231;a. &#187; Voil&#224; ce que j'en pense. Voil&#224; ce que j'en pense maintenant. Je ne veux plus de ce syst&#232;me de cr&#233;dit &#8211; regardez la marchandise maintenant, emportez-la chez vous, payez plus tard&#8230; mais assurez-vous que vous paierez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je n'ai pas fait sauter ses coffres-forts, si je ne suis pas entr&#233; dans la Bank of America ou dans tout autre &#233;tablissement pour reprendre le butin qu'ils renferment, ce fut seulement parce que je me figurais que j'aurais besoin d'un climat favorable pour toutes les autres choses que je d&#233;sirais faire. Je ne sais donc pas ce qu'ils attendent de moi, vous comprenez ? Je n'ai commis aucun crime. Je ne crois pas que la r&#233;habilitation soit n&#233;cessaire. Je n'&#233;prouve pas le besoin de retourner au p&#233;nitencier de &#171; Sale Rouge &#187; : avec Warden Nelson (celui de Saint Quentin). Les gardiens de prison l'appellent le &#171; Grand Rouge &#187;, mais les condamn&#233;s le nomment le &#171; Sale Rouge &#187;. Le voil&#224; assis de l'autre c&#244;t&#233; de la baie &#224; m'attendre, parce qu'il y a un petit malentendu entre nous. Il ne m'aime pas. Mon agent de mise en libert&#233; ne m'aime pas. Il dit aux journalistes : &#171; Ouais, je crois que c'est vraiment un chic type. Je crois qu'il s'est bien r&#233;habilit&#233;. Si ce n'&#233;tait cette inculpation bien particuli&#232;re prononc&#233;e contre lui, je serais tout pr&#234;t &#224; continuer de m'occuper de lui. &#187; Cependant, si vous allez au service de la mise en libert&#233; conditionnelle et leur demandez de consulter mon dossier, vous ne trouverez qu'une seule charge retenue contre moi, en dehors de celles dont j'ai &#233;t&#233; l'objet au comt&#233; d'Alameda et qui doivent encore &#234;tre prononc&#233;es. Je n'ai pas &#233;t&#233; traduit en justice pour ces charges-l&#224;. J'ai plaid&#233; &#171; non-coupable &#187;. La seule accusation l&#233;gitime &#224; leur disposition est : &#171; N'a pas collabor&#233; avec son agent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois, je ne compris pas ce que cela voulait dire et je fis le maximum afin de collaborer avec cette pourriture. Donc je lui demandai :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce que cela veut dire au juste ? Quel est le fond de tout cela ,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il dit, tenez-vous bien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous souvenez-vous lorsque vous &#234;tes all&#233; &#224; New York pour enregistrer le show de David Susskind ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;pondis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, je m'en souviens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous souvenez-vous que je vous avais demand&#233; de t&#233;l&#233;phoner pour me faire savoir que vous &#233;tiez de retour ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, oui, et c'est ce que je fis, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, vous ne l'avez pas fait. Cela enfreint le r&#232;glement. Et c'est la seule affaire litigieuse &#8211; et encore ! &#8211; qu'ils ont dans mon dossier. Toutes les autres choses qui me valent leur haine, ils ne peuvent pas les inscrire dans les dossiers car cela est contraire &#224; la loi. C'est contraire &#224; la Constitution ; le mettre par &#233;crit et l'ajouter &#224; mon dossier les condamneraient &#224; la honte. Ils ont sans doute un deuxi&#232;me dossier qu'ils se repassent &#224; la d&#233;rob&#233;e. Mais ils ne peuvent pas venir vous raconter un seul de mes actes pouvant &#224; la rigueur justifier mon renvoi au p&#233;nitencier ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me suffit de dire que je n'ai rien laiss&#233; dans ce p&#233;nitencier sinon mon esprit et mon &#226;me pour moiti&#233;, et que cela est mort l&#224;-bas. Je n'en ai que faire. Cela leur appartient. Ils peuvent le prendre. C'est ma dette envers eux. C'est ma dette envers la soci&#233;t&#233; et je ne leur dois plus une foutue chose ! Ils ne m&#233;ritent rien. Dor&#233;navant, tout ce qui leur tombera sous la main, ils devront le prendre ! Je crois que notre heure est arriv&#233;e. Au point o&#249; nous en sommes, il suffit de tirer un trait, car le pouvoir de ce pays a &#233;t&#233; enti&#232;rement d&#233;masqu&#233;. Le droit n'est pas de leur c&#244;t&#233;. Nous savons que c'est pour des raisons politiques qu'ils s'attaquent aux gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une expression que j'aime bien, celle qui nous dit qu'il existe un moment o&#249; finit la prudence et o&#249; commence la l&#226;chet&#233;. Tout le monde a peur des cochons, du pouvoir. Le peuple a raison de s'en inqui&#233;ter car ils poss&#232;dent ces forces nazies &#224; qui ils donnent des ordres. Elles arrivent avec leurs gourdins et leurs fusils et elles vous extermineront si c'est n&#233;cessaire pour satisfaire la volont&#233; de leurs patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me demande comment faire pour attendre jusqu'&#224; ce que les gens se d&#233;cident &#224; faire ce qu'ils disent. Vraiment, je ne sais pas comment faire. Car tout ce que je vois, c'est une situation fort critique, une situation chaotique marqu&#233;e par la douleur, la souffrance et la mort, et je ne vois pas comment justifier que l'on remette &#224; demain ce que l'on pourrait dire ce soir. Il n'y a aucune raison d'attendre que d'autres personnes soient pr&#234;tes, m&#234;me si je dois agir seul. Je pense &#224; mon attitude &#224; l'&#233;gard de ces criminels &#8211; y compris mon agent de mise en libert&#233; sur parole &#8211; qui contr&#244;lent le syst&#232;me des prisons et le conseil de la libert&#233; conditionnelle. Je ne peux pas me r&#233;concilier avec eux, car je les ai vus trop longtemps faire avaler de la merde aux gens. Je savais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas dans la mani&#232;re dont ils traitent les gens. Je savais que m&#234;me en faisant un effort d'imagination, cela ne pouvait pas &#234;tre bien. Il m'a fallu pas mal de temps pour mettre le doigt dessus, mais ma satisfaction n'en a pas &#233;t&#233; moindre. Et l'&#233;tant aper&#231;u qu'ils &#233;taient le contraire de ce qu'ils auraient d&#251; &#234;tre, cela me mit tr&#232;s en col&#232;re. Je ne veux pas qu'ils tirent leur &#233;pingle du jeu. Je veux qu'on les mette au p&#233;nitencier. C'est l&#224; qu'ils doivent &#234;tre parce qu'ils ont commis trop de crimes contre les droits de l'homme. C'est au p&#233;nitencier qu'ils doivent aller !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque vous consid&#233;rez les p&#233;nitenciers pour adultes, cherchant &#224; trouver le d&#233;but du processus, c'est la fin que vous apercevez. Mais si vous voulez vraiment comprendre ce que rec&#232;le el syst&#232;me des prisons, vous devez commencer par les maisons de redressement. C'est de l&#224; que vous devez partir. C'est l&#224; que &#8211; pour certaine inculpation &#8211; se situe le d&#233;part de ma carri&#232;re, vers l'&#226;ge de douze ans. Je ne me souviens plus laquelle &#8211; vandalisme ? Je crois que j'avais chapard&#233; une bicyclette, peut-&#234;tre deux ou trois. Il se peut que je faisais commerce de bicyclettes. Ils m'envoy&#232;rent &#224; la maison de redressement et il me fallut environ six mois pour en sortir. L&#224;-bas je fis la connaissance de beaucoup de gens. Je connus beaucoup de vrais, gentils, excellent types, qui &#233;taient tr&#232;s actifs, des gens tout &#224; fait sains et qui avaient vol&#233; des bicyclettes et autres choses semblables. Puis je gravis un &#233;chelon, en passant de la maison de redressement &#224; la maison de correction de Whittier pour jeunes gens. J'en sortis avec dipl&#244;mes et honneurs et allai dans un autre &#233;tablissement un peu sup&#233;rieur, l'&#233;cole industrielle de Preston. J'en fus dipl&#244;m&#233; et, d'un bond, ils me firent passer dans la grande conjuration, dans le syst&#232;me p&#233;nitencier des adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je remarquai qu'&#224; chacun de mes retours en prison je retrouvais les types qui &#233;taient avec moi ou un peu avant ma sortie. Ils semblaient &#234;tre l&#224; en permanence. En Californie, le syst&#232;me des prisons vous transporte de la maison de redressement &#224; la colonie p&#233;nitentiaire pour vieux de San Luis Obispo en attendant que vous mouriez l&#224;. Alors, on vous enterre si personne au-dehors ne r&#233;clame votre corps, ce qui est le cas de la plupart des for&#231;ats. J'&#233;tudiais ces arrivages, ces g&#233;n&#233;rations. J'avais l'occasion d'observer les g&#233;n&#233;rations qui suivaient la mienne et je parlai avec de plus jeunes que moi. Je leur demandais s'ils avaient d&#233;j&#224; fait de la prison. Vous trouviez des classes sortantes qui venaient de la maison de redressement et continuaient leur chemin. Il me vint &#224; l'id&#233;e que la soci&#233;t&#233; commettait une erreur et une erreur qu'aucun effort d'imagination ne peut justifier. M&#234;me en faisant cet effort d'imagination, on ne peut pas condamner les enfants de la maison de redressement car ils sont innocents et mis en accusation par un monde sur lequel ils n'ont aucune prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardez un peu les prisons pour adultes, vous ne leur trouverez ni queue ni t&#234;te. Au moment o&#249; ces hommes y arrivent, c'est pour meurtre, viol, cambriolage et autres crimes importants. Mais jetez un regard sur leur pass&#233; : vous y trouverez la maison de redressement. Vous devez vous poser la question, pourquoi n'existe-t-il pas dans ce pays un programme susceptible d'int&#233;resser les jeunes ? Cela les engagerait activement, en ferait des personnes saines menant une vie saine. Avant que quelqu'un ne r&#233;ponde &#224; cette question, la seule attitude que je puisse avoir &#224; l'&#233;gard du syst&#232;me des prisons, sans excepter la maison de redressement, c'est : abattez ces murs et lib&#233;rez tout le monde. Voil&#224; de quoi il s'agit. Comment faire pour abattre ces murs et lib&#233;rer ceux qui sont derri&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens interrogent le programme du parti des Panth&#232;res noires sur le point qui exige la libert&#233; de tous les Noirs maintenus dans les prisons f&#233;d&#233;rales, municipales, d'Etat et de comt&#233;. Et ils trouvent qu'il est difficile d'accepter ce point-l&#224;. Ils peuvent comprendre que l'on veuille expulser la police de la communaut&#233;, mais ils disent : &#171; Ceux qui sont en prison ont commis des crimes. Ils ont &#233;t&#233; condamn&#233;s pour crime. Comment osez-vous les faire sortir ? Si vous les lib&#233;rez, leur intenteriez-vous un proc&#232;s dans la communaut&#233; noire et les renverriez-vous en prison ? &#187; Je ne sais pas ce qu'il faut entendre par de tels propos. La r&#233;ponse est non. NON ! Faites-les sortir et laissez-les tranquilles. Lib&#233;rez-les car ils sont &#224; notre hauteur &#224; nous tous, ici, dans le &#171; monde libre &#187;. Dirigez-les vers le parti des Panth&#232;res noires. Donnez-les nous. Nous r&#233;parerons pour eux les promesses jamais tenues de la statue de la Libert&#233;. Nous tenons &#224; leur disposition un programme qui les occupera, et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et je ne pense pas &#224; ces huit costauds &#224; bord d'un camion bien visible d&#233;valisant un minable poste d'essence pour la somme de soixante-quinze dollars. (allusion &#224; l'arrestation de huit Panth&#232;res noires arr&#234;t&#233;es sous l'accusation de cambriolage d'un poste d'essence &#224; San Francisco) Lorsque je me mets &#224; machiner un vol, je choisis comme objectif la Bank of America ou la Chase Manhattan Bank ou Brinks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai travaill&#233; &#224; la biographie de Huey P. Newton avec Bobby Seale. Bob Scheer et moi-m&#234;me, nous emmen&#226;mes Bobby Seale &#224; Carmel-by-the-Sea. Mais nous nous sommes &#233;loign&#233;s de la mer. Nous nous sommes install&#233;s dans une petite cabane, nous nous sommes procur&#233; une bouteille de Scotch, quelques verres d'eau pour apr&#232;s, un magn&#233;toscope et une bonne provision de bandes vierges. Nous avons dit : &#171; Bobby, prends le Scotch et parle-nous du fr&#232;re Huey P. Newton. &#187; Et Bobby s'est mis &#224; parler de Huey. Je fus tout simplement sci&#233; quand il dit qu'avant d'organiser le parti des Panth&#232;res noires, tous deux avaient projet&#233; le gigantesque cambriolage d'une banque. Ils y avaient pens&#233; car ils se rendaient compte qu'ils avaient besoin d'argent pour le Mouvement. Ils tent&#232;rent donc de fabriquer une clef pour ouvrir le coffre-fort. Mais tout en y r&#233;fl&#233;chissant, ils en mesur&#232;rent aussi les implications, Bobby raconte qu'un jour, alors qu'ils d&#233;battaient l'affaire, huey se leva d'un bond et dit : &#171; Au diable la banque. C'est de politique que nous parlons. Au fond, c'est surtout de la lib&#233;ration de notre peuple que nous parlons. Au fond, c'est surtout de la lib&#233;ration de notre peuple que nous parlons. Bon, au diable cette mis&#233;rable banque. Organisons les fr&#232;res et mettons-nous au point. Armons-les pour la d&#233;fense de la communaut&#233; noire. Ce sera comme marcher sur la Maison Blanche et dire : &#171; Haut les mains, nique ta m&#232;re, Nous voulons ce qui nous appartient. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un rapport essentiel et fort int&#233;ressant entre l'insurrection et des actions men&#233;es seul, une guerre civile personnelle, individuelle. Nous disons qu'il y a guerre civile lorsqu'une soci&#233;t&#233; se scinde en deux partis oppos&#233;s. Faut-il que cela soit une d&#233;finition ? Cinq mille personnes peuvent-elles d&#233;clencher une guerre civile ? Ou quatre mille ou trois mille, deux mille, mille ? Ou la moiti&#233; d'un millier ? Ou la moiti&#233; de cette moiti&#233; ? Ou une seule personne ? Une seule personne peut-elle s'engager dans une guerre civile ? Je ne suis pas avocat. Et certainement pas un juge, mais je dirais qu'une personne, agissant seule, pourrait s'engager en fait dans une guerre civile contre le syst&#232;me oppresseur. Voil&#224; ce que je pense de ces types du p&#233;nitencier. Peu m'importe pourquoi ils y sont &#8211; vol, cambriolage, viol, meurtre, enl&#232;vement, que sais-je ? De toute fa&#231;on, ils ont r&#233;agi &#224; une certaine situation, &#224; un certain milieu. N'importe quel livre de sociologie vous apprendra que si on soumet des gens &#224; environnement hostile on peut pr&#233;dire qu'ils se r&#233;volteront. Ceci donne lieu &#224; une contradiction. Quand on a un groupe social organis&#233; de telle sorte que les gens sont pouss&#233;s &#224; se r&#233;volter contre lui en grand nombre, comment peut-on leur dire apr&#232;s coup qu'ils sont d&#233;biteurs de la soci&#233;t&#233; ? Je dis que la soci&#233;t&#233; a une dette envers eux. Et elle n'a pas l'air de vouloir payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment m&#234;me, un jeune fr&#232;re appel&#233; Gregory Harrison, se trouve &#224; la maison de redressement du comt&#233; d'Alameda. Il est &#226;g&#233; d'environ quatorze ou quinze ans et il est le leader de l'Union des &#233;tudiants noirs de l'Oakland Tech High School. Ils l'ont envoy&#233; l&#224;-bas, accus&#233; d'insurrection. Ils l'ont accus&#233; d'insurrection parce que l'Union des &#233;tudiants noirs de ce campus exige que l'histoire des Noirs soit ajout&#233;e au programme. Ils veulent que sur leur campus r&#232;gne une nouvelle atmosph&#232;re &#8211; pas dans le but d'apprendre aux Noirs comment &#234;tre noirs, mais dans celui de supprimer certaines contraintes, afin qu'ils puissent tout simplement &#234;tre eux-m&#234;mes et qu'ainsi, leur n&#233;gritude s'&#233;panouisse sans plus attendre. De m&#234;me, vous n'avez pas &#224; apprendre &#224; la rose &#224; &#234;tre rouge ni &#224; l'arbre &#224; faire pousser ses feuilles. Vous les laissez en paix sans verser des sels sur leurs racines, et cela donnera une rose ou un arbre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me de cochons et de criminels. Ce syst&#232;me qui est l'ennemi du peuple. Ce syst&#232;me au sein duquel nous vivons et agissons chaque jour. Ce syst&#232;me dans et sous lequel nous sommes en ce moment m&#234;me. Notre syst&#232;me ? Tous vos syst&#232;mes quels qu'ils soient. S'il se trouve que vous venez d'un autre pays, c'est toujours votre syst&#232;me, car le syst&#232;me qui r&#232;gne dans votre pays en fait partie. Ce syst&#232;me est mal. Il est criminel. Il est meurtrier. Et il domine. Il est au pouvoir. Il est arrogant. Il est fou. Et il consid&#232;re que le peuple lui appartient. A tel point que les flics, qui sont des serviteurs publics, croient avoir le droit de p&#233;n&#233;trer sur un campus universitaire ou de lyc&#233;e et de distribuer des coups de matraque sur la t&#234;te des gens. Ils frappent les gens avec des gourdins et leur tirent m&#234;me dessus s'il le faut pour faire respecter la volont&#233; des Ronald Reagan, des Jesse Unruh et des Mussolini Alioto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avez-vous jamais vu Alioto &#224; la t&#233;l&#233;vision ? A le voir, pouvez-vous jurer qu'il ne vous fait pas peur ou qu'il ne ressemble pas &#224; Al Capone ? Alioto me fait penser &#224; des condamn&#233;s que j'ai connus &#224; la prison de Folsom. Et cela n'est pas un paradoxe. Lorsque je d&#233;fends les condamn&#233;s, je ne veux pas dire que chacun d'eux sortira pour rejoindre le parti &#171; Paix et Libert&#233; &#187;. Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Pourtant je r&#233;clame m&#234;me la libert&#233; de ceux qui sont si peu adapt&#233;s &#224; la soci&#233;t&#233; qu'ils ha&#239;ssent tout le monde. Tels ces types qui ont fait tatouer sur leur poitrine : &#171; N&#233; pour ha&#239;r &#187;, &#171; N&#233; pour perdre &#187;. J'en connais un qui a fait tatouer sur son front : &#171; N&#233; pour tuer &#187;. Celui-l&#224; aussi a besoin qu'on le rel&#226;che. Car m&#234;me si Lyndon B. Johnson ne porte aucun tatouage sur le front, il a les mains ruisselantes de sang. L.B.J. a tu&#233; plus de gens que quiconque dans quelque prison que ce soit des Etats-Unis d'Am&#233;rique depuis leur origine et jusqu'&#224; leur fin. Il a assassin&#233;. Et des gens tels les administrateurs des prisons, les policiers, les maires, les pr&#233;fets de police y souscrivent. Ils appellent m&#234;me &#224; l'escalade, ce qui veut dire : tuez davantage de gens. Je n'en veux pas. Et vous qui &#234;tes ici ce soir, puisque je vois tant de visages connus, je pourrais dire que je sais que vous ne le voulez pas non plus. Il n'est qu'un seul moyen pour s'en d&#233;barrasser. C'est en nous dressant et en tra&#231;ant &#233;nergiquement une fronti&#232;re, une fronti&#232;re nette et ferme, en nous pla&#231;ant du c&#244;t&#233; qui est le n&#244;tre et en le d&#233;fendant par tous les moyens y compris en mettant nos vies en jeu. Non pas en sacrifice, mais en prenant des cochons avec nous. En prenant des cochons avec nous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne peux pas me faire &#224; l'id&#233;e de devoir passer les quatre ann&#233;es &#224; venir au p&#233;nitencier avec des fous d&#233;tenant un pouvoir supr&#234;me. Avec Ronald Reagan &#224; la t&#234;te du Department of Corrections comme de tout autre organisme d'Etat. Avec &#171; Sale Rouge &#187; comme gardien. S'ils nommaient le docteur Shapiro (un psychiatre de San Francisco, longtemps d&#233;fenseur des Panth&#232;res noires), s'ils le nommaient gardien de San Quentin, j'irais tout de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais tant que des monstres sadiques, des hommes m&#233;prisables et cruels contr&#244;leront cet appareil, je dis que mon int&#233;r&#234;t se porte ailleurs. Mon c&#339;ur est au-dehors avec les gens qui essaient d'am&#233;liorer le monde dans lequel nous vivons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes encore plus fous que vous ne croyez si vous approuvez toutes ces condamnations abstraites et ridicules, toutes ces man&#339;uvres manifestement politiques et si vous pensez que je vais y croire. Dites toutes les foutaises que vous voudrez, donnez tous les ordres que vous voudrez. Dans le comt&#233; d'Alameda, on m'a accus&#233; de crime et j'ai h&#226;te de comparaitre devant le tribunal, car nous pourrons nous en occuper. Nous dirons la v&#233;rit&#233; et les cochons devront mentir, et cela est dur pour eux, surtout lorsque nous avons pour nous des sp&#233;cialistes comme l'honorable Charles R. Garry (avocat de Huey Newton). Je ne crains pas de p&#233;n&#233;trer dans aucune salle d'audience de ce pays accompagn&#233; par des avocats comme Garry, parce qu'il peut tenir t&#234;te au juge et &#224; l'avocat de l'accusation. Mais ne venez pas me dire que vous allez r&#233;silier ma mise en libert&#233; sur parole sur une accusation pour laquelle j'ai purg&#233; une peine de neuf ans et &#233;tait cens&#233; &#234;tre acquitt&#233; le mois d'apr&#232;s. Et ne venez pas me d&#233;biter ces conneries parce que je ne veux pas les entendre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eldridge Cleaver&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 novembre 1968&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Eldridge_Cleaver&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui est Eldridge Cleaver&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=YhfVCQAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=eldridge+cleaver+Soul+on+Ice&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiM9_2v6ZHaAhXSJ1AKHXHDDL4Q6AEIPjAD#v=onepage&amp;q=eldridge%20cleaver%20Soul%20on%20Ice&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Target Zero de Eldridge Cleaver&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/writers/landy/1971/06/panthers.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Black Panther Party Splits (June 1971)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/erol/1960-1970/lrbw-class.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Black Panther Party and the League of Revolutionary Black Workers&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/document/icl-spartacists/black-question/Rise_and_Fall_of_Black_Panthers.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Rise and Fall of the Black Panther Party&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/usa/workers/black-panthers/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Black Panther Party&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=FigmDwAAQBAJ&amp;pg=PT355&amp;dq=eldridge+cleaver&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiOseaj7JHaAhURbFAKHYmaDQ44FBDoAQgtMAE#v=onepage&amp;q=eldridge%20cleaver&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Out of Oakland&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Eldridge_Cleaver&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Who Was Eldridge Cleaver&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?breve835&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pas de justice pour les Noirs am&#233;ricains !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2475&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les d&#233;buts du mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?breve860&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La longue histoire de meurtres des forces polici&#232;res am&#233;ricaines contre les Noirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=mouvement+noir+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui &#233;tait Marcus Garvey - Who was Marcus Garvey</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article3923</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article3923</guid>
		<dc:date>2016-05-20T23:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Etats-Unis - USA</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Les buts que vous servez, qui sont &#233;go&#239;stes, ne vous &#233;l&#232;veront pas, mais les perspectives que vous servez, qui nous concernent tous en commun, vous am&#232;neront dans la perspective future. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si vous ne l'avez pas confiance en vous, vous &#234;tes battu deux fois dans la course de la vie. Avec confiance, vous avez gagn&#233; avant m&#234;me d'avoir commenc&#233;. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un peuple sans la connaissance de son histoire, de son origine et de sa culture est comme un arbre sans racines. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La plume est plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot250" rel="tag"&gt;Etats-Unis - USA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_6329 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/-60.png' width=&#034;420&#034; height=&#034;236&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les buts que vous servez, qui sont &#233;go&#239;stes, ne vous &#233;l&#232;veront pas, mais les perspectives que vous servez, qui nous concernent tous en commun, vous am&#232;neront dans la perspective future. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si vous ne l'avez pas confiance en vous, vous &#234;tes battu deux fois dans la course de la vie. Avec confiance, vous avez gagn&#233; avant m&#234;me d'avoir commenc&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un peuple sans la connaissance de son histoire, de son origine et de sa culture est comme un arbre sans racines. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La plume est plus puissante que l'&#233;p&#233;e, mais la langue est plus puissante que les deux r&#233;unis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Intelligence gouverne le monde, l'Ignorance re&#231;oit la charge ... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dieu et la Nature ont &#233;t&#233; les premiers &#224; faire de nous ce que nous sommes, mais c'est de notre propre g&#233;nie que nous pourrons faire de nous ce que nous voulons &#234;tre. Suivez toujours cette grande loi. Laissez le ciel et Dieu &#234;tre notre limite mais la perspective future &#234;tre notre mesure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je consid&#232;re le Klan, les clubs anglo-saxons et les soci&#233;t&#233;s des blancs racistes am&#233;ricains, d&#232;s que le n&#232;gre est concern&#233; par eux, comme de meilleurs amis de notre race que tous les autres groupes de Blancs hypocrites mis ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lib&#233;rez l'esprit des hommes et finalement vous lib&#233;rez le corps des hommes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Grands principes et grands id&#233;aux n'ont pas de nationalit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avoir &#233;t&#233; vaincus une premi&#232;re fois est avoir trouv&#233; le motif d'une combat sans fin pour gagner le but final. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The ends you serve that are selfish will take you no further than yourself but the ends you serve that are for all, in common, will take you into eternity.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;If you haven't confidence in self, you are twice defeated in the race of life. With confidence, you have won even before you have started. &#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;A people without the knowledge of their past history, origin and culture is like a tree without roots.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The pen is mightier than the sword, but the tongue is mightier than them both put together.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Intelligence rules the world, ignorance carries the burden...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;God and Nature first made us what we are, and then out of our own created genius we make ourselves what we want to be. Follow always that great law. Let the sky and God be our limit and Eternity our measurement. &#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;I regard the Klan, the Anglo-Saxon clubs and White American societies, as far as the Negro is concerned, as better friends of the race than all other groups of hypocritical whites put together.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Liberate the minds of men and ultimately you will liberate the bodies of men.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;great principles, great ideals know no nationality.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;to be once defeated is to find cause for an everlasting struggle to reach the top.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;we were like crabs in a barrel, that none would allow the other to climb over, but on any such attempt all would continue to pull back into the barrel the one crab that would make the effort to climb out.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;We are going to emancipate ourselves from mental slavery, for though others may free the body, none but ourselves can free the mind. Mind is our only ruler ; sovereign.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;A people without the knowledge of their past history, origin, and culture is like a tree without roots.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Having had the wrong education as a start in his racial career, the Negro has become his own greatest enemy. Most of the trouble I have had in advancing the cause of the race has come from Negroes. Booker Washington aptly described the race in one of his lectures by stating that we were like crabs in a barrel, that none would allow the other to climb over, but on any such attempt all would continue to pull back into the barrel the one crab that would make the effort to climb out. Yet, those of us with vision cannot desert the race, leaving it to suffer and die.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;If I die in Atlanta my work shall then only begin, but I shall live, in the physical or spiritual to see the day of Africa's glory.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;To have built up a new organization, which was not purely political, among Negroes in America was a wonderful feat, for the Negro politician does not allow any other kind of organization within his race to thrive.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Some of us seem to accept the fatalist position, the fatalist attitude, that God accorded to us a certain position and condition, and therefore there is no need trying to be otherwise. The moment you accept such an attitude, the moment you accept such an opinion, the moment you harbor such an idea, you hurl an insult at the great God who created you, because you question Him for His love, you question Him for His mercy.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;You at this time can only be destroyed by yourselves, from within and not from without. You have reached the point where the victory is to be won from within and can only be lost from within.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Men, there is much to live for, and there is much to die for. The man, the race of nation that is not prepared to risk life itself for the possession of an ideal, shall lose that ideal. If you, I repeat, must be free, you yourselves must strike the blow.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;was the crying voice from the grave that said, &#8216;Garvey, we have suffered for 250 years for your day and for your time ; we expect something from you at this hour.'&#8221;16&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;whipped. It annoys me to be defeated ; hence to me, to be once defeated is to find cause for an everlasting struggle to reach the top.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;be defeated ; hence to me, to be once defeated is to find cause for an everlasting struggle to reach the top.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui &#233;tait Marcus Garvey - Who was Marcus Garvey&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcus_Garvey&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui &#233;tait Marcus Garvey&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://afrikhepri.org/discours-de-marcus-garvey/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Marcus Garvey&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4864&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Panafricanisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/james/1940/06/garvey.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C.L.R. James&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/james-clr/works/1973/panafricanism.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/padmore/1931/negro-toilers/ch06.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;George Padmore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/james-clr/works/1940/06/garvey.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J.R. Johnson&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/james-clr/works/1939/06/notes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Johnson&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/newspape/fi/vol16/no04/lavan.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;George Lavan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/rawick/1968/xx/before.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;George P. Rawick&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/rawick/1966/xx/watts.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rawick&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/usa/groups/abb/1921/1210-lorenzo-negrolib.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C. Lorenzo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/erol/ncm-8/davidson/d-5.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Carl Davidson&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390404a.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6328 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-1390.jpg' width=&#034;250&#034; height=&#034;230&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier message de Marcus Garvey depuis la prison d'Atlanta, 10 F&#233;vrier 1925&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'ai le plaisir de vous apprendre que votre humble serviteur est aussi heureux de souffrir pour vous et notre cause qu'il est possible dans ces circonstances o&#249; je suis vicieusement outrag&#233; par un groupe de comploteurs en connivence, ne reculant devant rien pour vous humilier &#224; travers moi dans le combat pour la vraie &#233;mancipation et la R&#233;demption Africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis convaincu que vous n'avez pas donn&#233; cr&#233;dit aux mensonges vicieux des journaux blancs et ennemis et de ceux qui ont parl&#233; en r&#233;f&#233;rence &#224; ma reddition. Les menteurs ont complot&#233; par tous les moyens pour faire croire que je n'&#233;tais pas pr&#234;t &#224; me rendre &#224; la cour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon avocat m'a appris qu'aucun mandat ne serait lanc&#233; pendant dix ou quatorze jours, comme il est d'usage dans les cours de justice ; et cela m'aurait donn&#233; le temps d'honorer les engagements oraux que j'avais &#224; D&#233;troit, Cincinnati et Cleveland. Je n'avais pas quitt&#233; la ville depuis dix heures que d&#233;j&#224; les menteurs r&#233;pandirent la nouvelle que j'&#233;tais fugitif. C'&#233;taient les nouvelles &#224; faire circuler partout dans le monde pour d&#233;moraliser les millions de N&#232;gres en Am&#233;rique, en Afrique, en Asie, dans les Antilles et en Am&#233;rique Centrale, mais les imb&#233;ciles doivent savoir d&#233;s maintenant qu'ils ne peuvent pas berner tous les N&#232;gres en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne veux pas &#233;crire &#224; ce moment quoi que ce soit qui vous mettrait en difficult&#233; pour vous confronter &#224; l'opposition de l'ennemi sans mon assistance. Contentons nous de dire que l'histoire de l'outrage formera un chapitre splendide dans l'histoire de l'Afrique r&#233;dim&#233;e, quand les hommes noirs ne souffriront plus jamais sous le talon des autres, mais auront une civilisation et un pays &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire enti&#232;re est une honte, et l'ensemble du monde noir le sait. Nous n'oublierons pas. Notre jour peut &#234;tre dans cinquante, cent ou deux cent ans, mais regardons, travaillons et prions, car la civilisation de l'injustice est condamn&#233;e &#224; s'effondrer et &#224; amener la destruction sur la t&#234;te du m&#233;chant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les imb&#233;ciles croyaient qu'ils pouvaient m'humilier personnellement, mais l&#224;-dessus ils se sont tromp&#233;s. Les minutes de souffrance sont compt&#233;es, et quand Dieu et l'Afrique reviendront et p&#232;seront la r&#233;tribution, ces minutes seront multipli&#233;es par milliers pour les p&#233;cheurs. Nos amis Arabes et du Rif seront toujours vigilants, comme le reste de l'Afrique et nous m&#234;me le seront. Soyez assur&#233;s que j'ai bien plant&#233; la graine du nationalisme N&#232;gre qui ne peut pas &#234;tre d&#233;truit, m&#234;me par l'infamie petit jeu dont je fus la victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuez &#224; prier pour moi et je serais toujours fid&#232;le &#224; mon devoir. Je veux que vous, peuples noirs du monde, sachiez que W.E.B. DuBois et cette organisation vicieuse qui ha&#239;t les N&#232;gres connue sous le nom d'Association pour l'Avanc&#233;e des gens &#171; de couleur &#187; sont les plus grands ennemis que le peuple noir ait dans le monde. J'ai tant &#224; faire des quelques minutes dont je dispose que je ne puis &#233;crire en longueur l&#224;-dessus ou sur toute autre chose, mais m&#233;fiez vous de ces deux ennemis. Ne leur permettez pas de vous avoir avec des communiqu&#233;s de presse, des discours et des livres salivants ; ils sont les vip&#232;res qui ont &#233;labor&#233; avec d'autres l'extinction de la race noire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon travail ne fait que commencer, et quand l'histoire de ma souffrance sera achev&#233;e, alors les g&#233;n&#233;rations N&#232;gres futures auront en mains le guide de la connaissance des &#171; p&#233;ch&#233;s &#187; du vingti&#232;me si&#232;cle. Je crois dans le temps, et je sais que vous aussi, et nous attendrons patiemment pendant deux cent ans s'il le faut, pour faire face &#224; nos ennemis &#224; travers notre post&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous me r&#233;jouirez si vous en faites encore plus pour l'organisation que quand j'&#233;tais parmi vous. &#201;paulez ceux qui la font fonctionner. Aidez-les &#224; bien faire, pour que le travail continue &#224; s'&#233;tendre d'un p&#244;le &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lance aussi un appel de derni&#232;re minute pour le soutien de la Compagnie de Navigation et de Commerce de l'&#201;toile Noire (BLACK STAR LINE). Vous &#234;tes pri&#233;s de faire et d'envoyer vos dons afin de permettre aux directeurs de mener le travail avec succ&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout ce que j'ai-je vous l'ai donn&#233;. J'ai sacrifi&#233; ma maison et ma femme bien-aim&#233;e pour vous. Je vous la confie, pour que vous la prot&#233;giez et la d&#233;fendiez pendant mon absence. C'est la petite femme la plus courageuse que je connaisse. Elle a souffert, s'est sacrifi&#233;e avec moi pour vous ; s'il vous pla&#238;t ne l'abandonnez pas en cette heure sinistre, quand elle se retrouve seule. Je l'ai laiss&#233;e sans le sou et sans aide pour se confronter au monde, parce que je vous ai tout donn&#233;, mais son courage est immense, et je sais qu'elle tiendra bon pour vous et moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand mes ennemis seront satisfaits, dans la vie ou dans la mort je reviendrai &#224; vous pour vous servir de la m&#234;me mani&#232;re que je vous ai servi avant. Vivant je serai le m&#234;me ; dans la mort je serai une terreur pour les ennemis de la libert&#233; N&#232;gre. Si la mort a du pouvoir, alors comptez sur moi dans la mort pour &#234;tre le vrai Marcus Garvey que j'aimerais &#234;tre. Si je dois venir en tremblement de terre, ou en cyclone, ou en plaie, ou en pestilence, ou comme Dieu le veut, alors soyez s&#251;rs que je ne vous abandonnerai jamais et ne laisserai jamais vos ennemis triompher sur vous. N'irai-je pas en enfer un million de fois pour vous ? N'hanterai-je pas la terre, comme le fant&#244;me de Macbeth, pour toujours pour vous ? Ne perdrai-je pas le monde entier et l'&#233;ternit&#233; pour vous ? Ne pleurerai-je pas continuellement au marchepied du Seigneur Omnipotent pour vous ? Ne mourrai-je pas un million de fois pour vous ? Alors, pourquoi &#234;tre tristes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;jouissez-vous, et soyez s&#251;rs que si cela prend un million d'ann&#233;es, les p&#233;ch&#233;s de nos ennemis visiterons la millioni&#232;me g&#233;n&#233;ration de ceux qui nous entravent et nous oppressent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvenez-vous que j'ai jur&#233; par vous et mon Dieu de servir jusqu'&#224; la fin de tous les temps, l'effondrement de la mati&#232;re et le fracas des mondes. Les ennemis pensent que j'ai &#233;t&#233; vaincu. Est-ce que les allemands ont vaincu la France en 1870 ? Est-ce que Napol&#233;on a vraiment conquis l'Europe ? Si oui, alors j'ai perdu, mais je vous dis que le monde entendra parler de mes principes m&#234;me deux mille ans apr&#232;s moi. Je suis d&#233;termin&#233; &#224; attendre ma satisfaction et la r&#233;tribution de mes ennemis. Observez mes ennemis et leurs enfants et post&#233;rit&#233;, et un jour vous verrez la r&#233;tribution s'installer chez eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si je meurs &#224; Atlanta mon travail ne fera que commencer, mais je vivrai, physiquement ou spirituellement pour voir le jour de la gloire de l'Afrique. Quand je suis mort enveloppez moi de la cape Rouge, Noir et Vert, car dans la nouvelle vie je me rel&#232;verai avec la gr&#226;ce de Dieu et Ses b&#233;n&#233;dictions pour mener les millions jusqu'aux sommets du triomphe avec les couleurs que vous connaissez bien. Cherchez moi dans l'ouragan ou dans la temp&#234;te, cherchez moi tout autour de vous, car, avec la gr&#226;ce de Dieu, je viendrai et am&#232;nerai avec moi les innombrables millions d'esclaves noirs qui sont morts en Am&#233;rique et dans les Antilles et les millions en Afrique pour vous aider dans le combat pour la Libert&#233;, la Justice et la Vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation d'aujourd'hui est devenue ivre et folle avec ses pouvoirs, et par cela elle cherche &#224; travers l'injustice, la fraude et le mensonge &#224; broyer l'infortun&#233;. Mais si je suis apparemment broy&#233; par le syst&#232;me d'influence et de pouvoir corrompu, ma cause s'&#233;l&#232;vera &#224; nouveau pour harceler la conscience du perverti. Cela me satisfait et pour vous, je le r&#233;p&#232;te, je suis content de souffrir et m&#234;me de mourir. A nouveau, je le dis, r&#233;jouissez-vous, car de meilleurs jours sont &#224; venir. J'&#233;crirai l'histoire qui inspirera les millions qui viennent et je laisserai la post&#233;rit&#233; de nos ennemis comptabiliser avec la multitude pour les actes de leurs p&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les plus ch&#232;res b&#233;n&#233;dictions de Dieu, Je vous quitte pour un moment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le bilan d'Obama pour les Noirs...</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article3925</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article3925</guid>
		<dc:date>2016-01-30T00:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Etats-Unis - USA</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le bilan d'Obama pour les Noirs... &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas justice pour les Noirs am&#233;ricains !!!! &lt;br class='autobr' /&gt;
Obama pr&#233;sident et les noirs d&#233;sirs ... de la classe dirigeante &lt;br class='autobr' /&gt;
Obama, du mythe &#224; la r&#233;alit&#233;... &lt;br class='autobr' /&gt;
Sous Obama, une police raciste et violente &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Ku Klux Klan d'Obama &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Parti d&#233;mocrate am&#233;ricain, de l'esclavage &#224; Obama : un d&#233;fenseur loyal du capitalisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Les discours et les actes de Barack Obama &lt;br class='autobr' /&gt;
Assassinat des Noirs am&#233;ricains par la police - Trop c'est trop ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Cinquante ans depuis la promulgation de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot250" rel="tag"&gt;Etats-Unis - USA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le bilan d'Obama pour les Noirs...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve681&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pas justice pour les Noirs am&#233;ricains !!!!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article729&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Obama pr&#233;sident et les noirs d&#233;sirs ... de la classe dirigeante&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1957&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Obama, du mythe &#224; la r&#233;alit&#233;...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve704&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sous Obama, une police raciste et violente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3517&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Ku Klux Klan d'Obama&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2979&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Parti d&#233;mocrate am&#233;ricain, de l'esclavage &#224; Obama : un d&#233;fenseur loyal du capitalisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve28&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les discours et les actes de Barack Obama&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve660&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Assassinat des Noirs am&#233;ricains par la police - Trop c'est trop !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.wsws.org/fr/articles/2014/aou2014/civi-a18.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cinquante ans depuis la promulgation de la loi sur les droits civiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.wsws.org/fr/articles/2014/dec2014/pers-d12.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Race, classe et violence polici&#232;re aux Etats-Unis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.wsws.org/fr/articles/2015/jui2015/pers-j24.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les racines sociales du racisme aux &#201;tats-Unis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les d&#233;buts du mouvement noir aux USA - The beginnings of the black movement in U.S.A.</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article2389</link>
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		<dc:date>2012-07-26T04:04:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Etats-Unis - USA</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire aussi sur le mouvement noir aux USA &lt;br class='autobr' /&gt;
The beginnings of the black movement in U.S.A. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le combat des Noirs am&#233;ricains &lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits de &#171; O&#249; va le peuple am&#233;ricain &#187; de Daniel Gu&#233;rin : &lt;br class='autobr' /&gt; L'id&#233;e du &#171; retour en Afrique &#187; a connu une grande popularit&#233; lorsqu'elle fut lanc&#233;e, au lendemain de la premi&#232;re guerre mondiale, par un agitateur mi-proph&#232;te mi-charlatan, Marcus Garvey. D'origine antillaise, pur noir non m&#226;tin&#233; de sang blanc, Garvey exalta la couleur noire, source de force et de beaut&#233;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot250" rel="tag"&gt;Etats-Unis - USA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article76&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi sur le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://translate.google.fr/translate?u=http://www.matierevolution.org%2Fspip.php?article2475&amp;sl=fr&amp;tl=en&amp;hl=fr&amp;ie=UTF-8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The beginnings of the black movement in U.S.A.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le combat des Noirs am&#233;ricains&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; O&#249; va le peuple am&#233;ricain &#187; de Daniel Gu&#233;rin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'id&#233;e du &#171; retour en Afrique &#187; a connu une grande popularit&#233; lorsqu'elle fut lanc&#233;e, au lendemain de la premi&#232;re guerre mondiale, par un agitateur mi-proph&#232;te mi-charlatan, Marcus Garvey. D'origine antillaise, pur noir non m&#226;tin&#233; de sang blanc, Garvey exalta la couleur noire, source de force et de beaut&#233;, et non d'inf&#233;riorit&#233;. Il pr&#234;cha la puret&#233; de la race et condamna l'amalgamation. Il alla jusqu'&#224; affirmer que Dieu et le Christ &#233;taient noirs, de mani&#232;re &#224; &#233;pargner aux Noirs l'humiliation d'avoir &#224; emprunter aux Blancs leurs images religieuses. (&#8230;) Garvey inspira aux Noirs am&#233;ricains la fiert&#233; de leur ascendance africaine. Evoquant les fastes de l'ancienne Egypte, de l'Ethiopie et de Tombouctou, il leur r&#233;v&#233;la que, tandis que l'Europe &#233;tait encore habit&#233;e par une race de sauvages et de pa&#239;ens, d'admirables civilisations noires fleurissaient en Afrique. Et il les invita &#224; fuir le continent o&#249; ils &#233;taient opprim&#233;s pour retourner dans leur pays d'origine et contribuer &#224; y fonder une nation africaine. Les Noirs n'avaient, selon lui, rien &#224; attendre des Blancs d'Am&#233;rique. Ceux-ci pr&#233;tendaient faire la guerre pour la cause de la d&#233;mocratie, mais ils continuaient, chez eux, &#224; la refuser aux Noirs. C'&#233;tait perdre son temps que de faire appel &#224; leur sens de la justice. Les hommes de couleur ne pouvaient prouver leur volont&#233; de survie qu'en fondant leur propre empire. Et Garvey, ayant cr&#233;&#233; une Universal Negro Improvement Association, se nomma, en 1921, pr&#233;sident provisoire de l'Empire d'Afrique, dota cet empire d'un drapeau noir-rouge-vert (&#171; noir pour la race, rouge pour son sang, vert pour ses esp&#233;rances &#187;), cr&#233;a une noblesse des chevaliers du Nil et de ducs du Niger, et leva une arm&#233;e (avec officiers et uniformes) pour la reconqu&#234;te de l'Afrique. Il tint d'&#233;normes meetings &#224; New-York, fit parader ses troupes et ses infirmi&#232;res de la &#171; Croix-Noire &#187; dans les rues de Harlem et, pour les transporter &#224; travers l'Atlantique, il acquit des navires, fonda une compagnie de navigation, baptis&#233;e Black Star Line. Et, pour pr&#233;parer les Noirs &#224; prendre en mains leurs destin&#233;es, il institua aux Etats-Unis m&#234;mes des coop&#233;ratives noires : &#233;piceries, blanchisseries, restaurants, h&#244;tels, imprimeries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son succ&#232;s fut &#233;norme. Le mouvement qu'il anima fut le seul mouvement noir de masses ayant jamais exist&#233; en Am&#233;rique. Tandis que l' &#171; intelligentsia &#187; noire combattait &#224; boulets rouges (et qu'il lui rendait la pareille, l'accusant de se vendre aux Blancs), le peuple accourait vers lui. A son apog&#233;e, en 1920-1921, son Association compta plusieurs millions d'adh&#233;rents et recueillit des capitaux tr&#232;s importants. Du Bois lui-m&#234;me, qui fut son plus implacable adversaire, reconna&#238;t sa sinc&#233;rit&#233;, sa popularit&#233;, ses dons de propagandiste et le retentissement de ce &#171; mouvement de masses &#187; : &#171; En quelques ann&#233;es, &#233;crit-il, les nouvelles de son mouvement, de ses promesses et de ses plans, atteignirent l'Europe et l'Asie, et p&#233;n&#233;tr&#232;rent jusque dans les coins les plus recul&#233;s d'Afrique . &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le triomphe de Garvey ne dura que l'espace d'un matin. Ses entreprises commerciales, qu'il administra d'une fa&#231;on frisant l'ill&#233;galit&#233;, ne tard&#232;rent pas &#224; p&#233;ricliter. Et ce fut la d&#233;b&#226;cle. Condamn&#233; &#224; cinq ans de prison par les tribunaux f&#233;d&#233;raux pour agissements &#171; d&#233;lictueux &#187;, il fut finalement d&#233;port&#233;, apr&#232;s avoir purg&#233; deux ann&#233;es de sa peine, et mourut &#224; Londres, en 1940, pauvre et oubli&#233;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite bourgeoisie noire s'est forg&#233; un instrument de lutte : la National Association for the Advancement of Colored People, NAACP. L'Association a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e au d&#233;but du si&#232;cle, en r&#233;action contre la papaut&#233; exerc&#233;e sur la communaut&#233; noire par un grand &#233;ducateur, Booker T. Washington. Ce dernier avait conseill&#233; aux Noirs de demeurer dans le sud, de se r&#233;signer &#224; la s&#233;gr&#233;gation, de se soumettre aux volont&#233;s de la majorit&#233; blanche et de s'attirer, peu &#224; peu, par cette attitude servile, sa sympathie. Travaillez dur, leur disait-il, apprenez un m&#233;tier qualifi&#233;, pr&#233;f&#233;rez l'enseignement technique &#224; l'enseignement sup&#233;rieur, gagnez de l'argent, devenez propri&#233;taires, abstenez-vous de faire de la politique, et vous vous ferez ainsi accepter par la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. (&#8230;) La faillite de la strat&#233;gie pr&#233;conis&#233;e par Booker T. Washington &#233;tait si patente que les jeunes intellectuels noirs de l'&#233;poque, Du Bois en t&#234;te, aspir&#232;rent &#224; secouer le joug &#233;touffant et malfaisant de leur Pape. Ils le conspu&#232;rent au cours d'une r&#233;union o&#249; il avait pris la parole et se r&#233;unirent, aux chutes du Niagara, le 9 juillet 1905, pour lancer un nouveau mouvement. Dans un remarquable manifeste, d&#251; &#224; la plume de Du Bois, ils d&#233;nonc&#232;rent l'aggravation incessante de la s&#233;gr&#233;gation. (&#8230;) En 1909, le Niagara Movement devint le NAACP. L'Association engagea une lutte ouverte contre les diverses manifestations du pr&#233;jug&#233; racial. Elle entreprit une croisade contre le lynchage. Elle d&#233;fendit les droits politiques des Noirs devant la Cour Supr&#234;me : de 1915 &#224; 1948, elle obtint gain de cause dans 24 des 27 cas pr&#233;sent&#233;s. (&#8230;) Ses effectifs pass&#232;rent de 85.000 en 1940 &#224; 530.000 en 1946. Mais la NAACP n'en reste pas moins afflig&#233;e des traits qui caract&#233;risent la petite bourgeoisie noire. Elle n'est pas une v&#233;ritable organisation de masses. Elle est domin&#233;e par une &#171; intelligentsia &#187; isol&#233;e des masses noires. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fondateur de la NAACP, W. E. Burghardt Du Bois, fut le premier &#224; s'apercevoir de son erreur et &#224; regarder avec inqui&#233;tude l'enfant qu'il avait nourri dans son sein. &#171; Je me rendis compte, &#233;crit-il, que l'Association avait attir&#233; par trop, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, le groupe des gens de couleur ayant les revenus les plus &#233;lev&#233;s, qui la consid&#233;raient comme une arme pour attaquer la sorte de discrimination sociale qui les l&#233;sait sp&#233;cialement, plut&#244;t que comme une organisation pour am&#233;liorer le statut et le pouvoir de la communaut&#233; noire dans son ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, Du Bois comprit que la perp&#233;tuation (et m&#234;me l'aggravation) de la s&#233;gr&#233;gation avait d'autres causes que les dispositions mentales des Blancs. &#171; Ma th&#233;orie de base avait &#233;t&#233; que le pr&#233;jug&#233; racial &#233;tait principalement d&#251; &#224; l'ignorance de la masse humaine&#8230;, que, lorsque la v&#233;rit&#233; &#233;tait pr&#233;sent&#233;e de fa&#231;on appropri&#233;e, le fl&#233;au monstrueux de la haine raciale devait fondre, et fondre rapidement, devant elle. &#187; (&#8230;.) Du Bois, ayant enfin d&#233;couvert &#8211; sans doute &#224; la faveur de la Grande D&#233;pression &#8211; le lien existant entre le pr&#233;jug&#233; racial et les puissances d'argent, pr&#233;conisa, &#224; partir de 1930, que l'attention se port&#226;t sur le syst&#232;me &#233;conomique. Mais ses coll&#232;gues de la NAACP eurent un haut-le-corps. Il leur suffisait &#171; de continuer &#224; attaquer le lynchage, &#224; porter davantage de cas devant les tribunaux et &#224; revendiquer nos droits de pleine citoyennet&#233; &#187;. Ces petits bourgeois &#171; &#233;taient profond&#233;ment Am&#233;ricains &#187;. (&#8230;) &#171; La plupart d'entre eux continuaient &#224; &#234;tre convaincus de la rectitude fondamentale du syst&#232;me &#233;conomique tel qu'il est organis&#233; pr&#233;sentement &#187; et &#171; ils r&#233;pugnaient &#224; tout changement dans l'organisation de l'industrie &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1934, Du Bois, tirant les cons&#233;quences de ce d&#233;saccord, rompit avec la NAACP. Mais, apr&#232;s avoir fait ce pas en avant, il s'arr&#234;ta &#224; mi-chemin. Il convient lui-m&#234;me qu'il se trouva seul au carrefour de deux routes dont l'une conduisait au communisme. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philip Randolph fut le porte-parole de la g&#233;n&#233;ration suivante. (&#8230;) En 1925, il fonda une organisation ouvri&#232;re, la Brotherhood of Sleeping-car Porters. Celle-ci, apr&#232;s une longue et dramatique lutte contre le magnat Pullman, obtint finalement droit de cit&#233; et devint un des plus beau fleurons du syndicalisme noir. (&#8230;) Il transposa les techniques du syndicalisme sur le plan de la lutte raciale. (&#8230;) Il cr&#233;a en 1936 le National Negro Congress. (&#8230;) En 1941, ayant abandonn&#233; celui-ci aux mains des staliniens, il lan&#231;a une initiative m&#233;morable. Le r&#233;armement des Etats-Unis battait alors son plein. Mais les Noirs, malgr&#233; les besoins aigus de main-d'&#339;uvre, continuaient de se voir refuser l'entr&#233;e des usines. (&#8230;) Randolph invita les Noirs &#224; organiser une marche sur Washington le 1er juillet. (&#8230;) &#171; Que dix mille Am&#233;ricains noirs marchent sur Washington ! Qu'ils accourent de chaque hameau, de chaque village et de chaque ville&#8230; Qu'ils viennent en automobile, en autobus, en train, en camion et &#224; pied. Qu'ils viennent si le vent souffle et si la pluie leur fouette la figure&#8230; Si les Noirs ne saisissent pas cette occasion d'obtenir du travail et de conqu&#233;rir la libert&#233;&#8230; elle peut ne jamais se reproduire. Les masses noires ont la parole ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des comit&#233;s furent fond&#233;s dans de nombreuses villes pour pr&#233;parer la Marche, des sommes importantes recueillies. Quand Randolph lan&#231;a son premier appel, en janvier 1941, il ne comptait que sur 10.000 manifestants. Mais, au bout de trois mois, il &#233;tait d&#233;j&#224; assur&#233; du concours de 50.000 marcheurs et, &#224; la fin de juin, il en avait derri&#232;re lui 100.000. Pour la premi&#232;re fois, depuis l'aventure de Marcus Garvey, un mouvement de masse &#233;tait lanc&#233; parmi les Noirs. (&#8230;) La petite bourgeoisie noire, se voyant d&#233;bord&#233;e, prit peur et, dans son organe, le Pittsburgh Courier, condamna le mouvement. Mais l'alarme fut bien plus vive encore au sein des classes dominantes blanches. (&#8230;) Finalement, le Pr&#233;sident Roosevelt signa, le 25 juin, l'ordre ex&#233;cutif 8802 qui (&#8230;) condamnait la discrimination dans les industries de d&#233;fense nationale. (&#8230;) Au grand soulagement et &#224; la reconnaissance de la bourgeoisie am&#233;ricaine, Randolph vint dire &#224; la Radio que l'ordre pr&#233;sidentiel &#233;tait une &#171; seconde proclamation d'Emancipation &#187; et qu'il d&#233;commandait la Marche sur Washington. En m&#234;me temps, il invita ses troupes &#224; demeurer dans leurs comit&#233;s locaux et &#224; consolider ceux-ci. Mais sa d&#233;cision h&#226;tive fut s&#233;v&#232;rement jug&#233;e par les Noirs, dont beaucoup d&#233;sert&#232;rent l'organisation. (&#8230;) En 1948, Randolph prit une nouvelle initiative. (&#8230;) S'attaquant cette fois &#224; la s&#233;gr&#233;gation dans les forces arm&#233;es il se rendit aupr&#232;s du Pr&#233;sident Truman, &#224; la t&#234;te d'une d&#233;l&#233;gation et lui d&#233;clara, tout de go, que &#171; les Noirs ne sont pas d'humeur &#224; mettre encore une fois un fusil sur l'&#233;paule pour la cause de la d&#233;mocratie &#224; l'ext&#233;rieur tant que la d&#233;mocratie leur est refus&#233;e &#224; eux. En particulier, ils sont hostiles &#224; l'id&#233;e de se battre ou d'&#234;tre enr&#244;l&#233;s dans une arm&#233;e o&#249; r&#232;gne la s&#233;gr&#233;gation. &#187; (&#8230;) Randolph d&#233;clara qu'il s'engageait &#224; conseiller ouvertement &#224; tous les jeunes, blancs et noirs, de boycotter tout service militaire comportant la s&#233;gr&#233;gation raciale. Il annon&#231;a son intention d'aider et d'assister les r&#233;fractaires, et d'organiser &#224; travers tout le pays un vaste mouvement de &#171; d&#233;sob&#233;issance civile &#187; sur le mod&#232;le de Gandhi. (&#8230;) Tout comme Roosevelt avait sign&#233; l'ordre ex&#233;cutif de juin 1941 pour pr&#233;venir la Marche sur Washington, Truman signa, le 26 juillet 1948, un ordre ex&#233;cutif par lequel il annon&#231;ait son intention de mettre fin &#171; aussit&#244;t que possible &#187; &#224; la s&#233;gr&#233;gation dans les forces arm&#233;es. Mais ce fut Randolph qui, apr&#232;s avoir marqu&#233; ce point, capitula sans conditions. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti Communiste a p&#233;n&#233;tr&#233; dans la communaut&#233; noire &#224; la faveur de la grande d&#233;pression. Une action d'&#233;clat lui conquit d'embl&#233;e la faveur des Noirs. En 1931, six jeunes noirs de Scottsboro (Alabama) furent condamn&#233;s &#224; mort pour un pr&#233;tendu &#171; viol &#187; de femmes blanches. Le PC prit en mains leur d&#233;fense, fit un effort consid&#233;rable pour alerter l'opinion publique, collecta des sommes &#233;normes, r&#233;ussit &#224; soulever l'indignation du monde entier. (&#8230;) Le Parti communiste a toujours lutt&#233; pour l'&#233;galit&#233; sociale compl&#232;te des Noirs, et, dan son sein, l'a mise en pratique. C'est ainsi qu'il a pr&#233;sent&#233; un Noir comme candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence des Etats-Unis. Ses hommes dans le syndicat CIO ont contribu&#233;, pour une large part, &#224; faire prendre &#224; l'organisation nouvelle une attitude de combat contre le pr&#233;jug&#233; racial. Il a constamment pr&#233;conis&#233; l'union des exploit&#233;s blancs et noirs contre leur ennemi commun. Il a enseign&#233; le premier aux Noirs, surtout dans le Nord, les techniques d'action directe et d'action de masses, qui rompaient avec les m&#233;thodes l&#233;galistes de la NAACP. A Chicago notamment, une de leurs bastions, les communistes noirs engag&#232;rent d'admirables luttes contre les expulsions de locataires et contre la discrimination dans l'emploi. Parfois m&#234;me, la base noire du Parti, emport&#233;e par son extraordinaire combativit&#233;, rua dans les brancards, voulu former des groupes de combat et mettre en &#339;uvre des tactiques militaires que la direction (au fond plus r&#233;formiste que r&#233;volutionnaire) d&#233;sapprouva. Si l'on veut mesurer les potentialit&#233;s r&#233;volutionnaires du Noir am&#233;ricain, il faut puiser dans l'histoire des communistes noirs du rang. (&#8230;) Le pr&#233;jug&#233; favorable dont b&#233;n&#233;fici&#232;rent les staliniens aupr&#232;s des masses noires et d'une fraction de l' &#171; intelligentsia &#187; explique la facilit&#233; avec laquelle ils ont r&#233;ussi &#224; s'assurer le contr&#244;le d'une organisation de masses comme le National Negro Congress. Ce r&#233;sultat ne fut pas seulement obtenu par une technique artificielle de &#171; noyautage &#187;. De m&#234;me, les jeunes intellectuels influenc&#233;s par les staliniens ont entretenu &#224; l'int&#233;rieur du NAACP, depuis les ann&#233;es 1930, une opposition qui, &#224; certains moments, causa de s&#233;rieux embarras &#224; la direction. (&#8230;) Malgr&#233; le succ&#232;s qu'ils ont remport&#233; aupr&#232;s des Noirs, les communistes am&#233;ricains ont &#233;t&#233; entrav&#233;s par un certain nombre de handicaps et ils ont commis un certain nombre d'erreurs. (&#8230;) Le fait que le Parti soit dirig&#233; par des Blancs a &#233;veill&#233; la m&#233;fiance raciste de beaucoup de Noirs. Certains ont soup&#231;onn&#233; le PC de vouloir se servir des Noirs. (&#8230;) Enfin, plus d'un Noir a h&#233;sit&#233; &#224; ajouter, selon l'expression de A. Randolph, au handicap d'&#234;tre noir celui d'&#234;tre rouge. (&#8230;) Une de leurs principales erreurs a &#233;t&#233; le mot d'ordre ultra-nationaliste de la &#171; R&#233;publique n&#232;gre ind&#233;pendante &#187; dans le Sud qui n'a jamais rev&#234;tu pour les Noirs de signification concr&#232;te. Pendant la &#171; Troisi&#232;me p&#233;riode &#187; ultra-gauchiste de l'Internationale communiste de 1929 &#224; 1934, les staliniens am&#233;ricains se firent en effet les champions du nationalisme noir le plus outrancier, lan&#231;ant le mot d'ordre du &#171; 49 &#232;me Etat &#187; dans la &#171; ceinture noire &#187;. (&#8230;) En r&#233;alit&#233;, l'exode incessant des Noirs vers les grandes villes du Sud et du Nord d&#233;peuple, de fa&#231;on continue, la &#171; Black Belt &#187; de sa population noire. (&#8230;) Les noirs ont devin&#233;, d'instinct, que ce mot d'ordre avait &#233;t&#233; fabriqu&#233; &#224; Moscou et la d&#233;pendance du Parti Communiste vis-&#224;-vis de l'Etat russe leur a inspir&#233; de l'antipathie. Celle-ci s'est accrue &#224; chaque fois que le Parti a pris des tournants qui suivaient m&#233;caniquement les fluctuations de la politique ext&#233;rieure sovi&#233;tique. (&#8230;) Apr&#232;s 1934, quand la &#171; troisi&#232;me p&#233;riode &#187;, celle o&#249; ils consid&#233;raient que la R&#233;volution &#233;tait imminente, fut abandonn&#233;e et remplac&#233;e par la tactique des &#171; fronts populaires &#187;, quand les staliniens am&#233;ricains se mirent &#224; soutenir Roosevelt, le mot d'ordre de la &#171; R&#233;publique ind&#233;pendante &#187; fut arrondi aux angles. (&#8230;) C'est &#224; la suite du plus m&#233;morable et du plus raide de ces virages &#8211; la conclusion du pacte germano-sovi&#233;tique de 1939, suivie d'une orientation &#171; d&#233;faitiste &#187; et anti-rooseveltienne du PC am&#233;ricain &#8211; qu'un homme comme A. Philip Randolph cessa de collaborer avec les staliniens dans la National Negro Congress et d&#233;non&#231;a v&#233;h&#233;mentement leur soumission &#224; Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Du fait, &#233;crivit-il, que le Parti communiste am&#233;ricain d&#233;rive de la Russie communiste, sa politique et son programme, ses tactiques et sa strat&#233;gie sont aussi capricieux, changeants et impr&#233;visibles que la politique ext&#233;rieure de Moscou&#8230; Les Noirs ne rejettent pas le Parti Communiste parce qu'il est r&#233;volutionnaire, ou radical, ou du fait de son pr&#233;tendu extr&#233;misme. Ils le rejettent parce qu'il est contr&#244;l&#233; et domin&#233; par un Etat &#233;tranger dont la politique peut &#234;tre ou ne pas &#234;tre dans l'int&#233;r&#234;t du peuple am&#233;ricain et du peuple noir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, une premi&#232;re fois, en 1933, les Noirs stup&#233;faits virent les staliniens faire, &#224; leurs d&#233;pens, une brusque volte-face. Les cin&#233;astes sovi&#233;tiques projetaient alors la production d'un grand film pro-Noirs, qui devait montrer la fa&#231;on dont l'Am&#233;rique traite sa population de couleur. Cette entreprise avait &#233;t&#233; annonc&#233;e au monde &#224; grand renfort de publicit&#233;. Mais soudain, Staline la d&#233;commanda sans c&#233;r&#233;monie. L'administration Roosevelt &#233;tait sur le point de reconna&#238;tre la Russie Sovi&#233;tique et celle-ci de s'engager &#224; &#171; s'abstenir de toute propagande contre la politique et l'ordre social des Etats-Unis. &#187; Il fallait m&#233;nager, notamment, les &#171; Bourbons &#187; du Sud dont l'appui &#233;tait indispensable &#224; la ratification du projet gouvernemental. Les Noirs furent sacrifi&#233;s &#224; cette man&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1941, le stalinisme alla beaucoup plus loin encore. Il n'h&#233;sita pas &#224; abandonner la cause des Noirs. Pendant la p&#233;riode qui suivit la conclusion du Pacte germano-sovi&#233;tique d'ao&#251;t 1939, les staliniens am&#233;ricains avaient d&#233;nonc&#233; la guerre comme &#171; imp&#233;rialiste &#187; et exig&#233; que l'agitation en faveur des Noirs fut li&#233;e &#224; la &#171; lutte contre la guerre imp&#233;rialiste &#187;. Jusqu'&#224; la fin de juin 1941, ils accabl&#232;rent de leurs critiques A. Philip Randolph et les dirigeants de la &#171; Marche sur Washington &#187;. Le programme de ce mouvement &#233;tait, selon eux, trop mod&#233;r&#233; et ne s'opposait pas assez nettement &#224; la guerre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais d&#232;s que les arm&#233;es hitl&#233;riennes furent entr&#233;es en URSS, tout changea. (&#8230;) Tout, selon les staliniens, devait &#234;tre subordonn&#233; &#224; la croisade contre l'hitl&#233;risme. Il fallait remettre la lutte pour l'affranchissement des Noirs &#224; des temps meilleurs. Un des leaders noirs du Parti communiste James W. Ford, &#233;crivit en f&#233;vrier 1942 : &lt;i&gt;&#171; Quatre cent ans d'esclavage n&#232;gre ne sont rien &#224; c&#244;t&#233; des pers&#233;cutions par les nazis des Juifs et des peuples des pays occup&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;(&#8230;) Dans le recueil collectif &#171; What the Negro wants &#187;, paru en 1944, un &#233;crivain stalinien noir, Doxey A. Wilkerson, se chargea de d&#233;finir la position stalinienne : &lt;i&gt;&#171; Les Noirs doivent accorder &#224; cette guerre un soutien inconditionnel&#8230; Ils doivent consacrer le maximum de leurs &#233;nergies &#224; gagner la guerre&#8230; Il y a des leaders noirs qui d&#233;noncent le gouvernement et les Blancs pour des injustices raciales toujours existantes, et qui organisent des luttes de masses de la population noire&#8230; Ils suivent une voie qui affaiblit le programme de victoire de la nation. &#187;&lt;/i&gt; (&#8230;) Au cours de l'&#233;meute raciale de Harlem, en 1943, les staliniens prirent fait et cause pour les autorit&#233;s de la ville et de l'Etat de New-York contre les masses populaires noires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude d&#233;&#231;ut profond&#233;ment les hommes de couleur et fit perdre aux staliniens, dans la communaut&#233; noire, des appuis qu'ils n'ont pas r&#233;ussi &#224; retrouver depuis. (&#8230;) Au cours des derni&#232;res ann&#233;es (ouvrage &#233;crit en 1951), les Noirs ont donn&#233; de multiples preuves de leur humeur belliqueuse. L'&#233;meute de 1943, &#224; Harlem, ne fut pas, comme les pr&#233;c&#233;dentes, une rixe inter-raciale, mais une r&#233;bellion de la communaut&#233; noire. Tout r&#233;cemment, &#224; Winston-Salem (Caroline du Nord), des Noirs attaqu&#232;rent et menac&#232;rent de lyncher un Blanc qui avait tir&#233; sur une jeune noire, la blessant gravement. De jeunes &#233;tudiants noirs du coll&#232;ge de Talladega (Alabama) m'ont racont&#233; que, depuis que le Ku-Klux-Klan planta, par surprise, une croix de feu au milieu de l'&#233;tablissement, ils dormaient avec des pistolets charg&#233;s sous leurs oreillers, pr&#234;ts &#224; s' &#171; en servir &#224; la premi&#232;re occasion. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Noirs et le mouvement ouvrier&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) L'AFL, F&#233;d&#233;ration am&#233;ricaine du travail refl&#232;te les pr&#233;jug&#233;s de ses syndicats de m&#233;tier, ferme les yeux sur leurs pratiques discriminatoires et accepte les syndicats dont les statuts excluent ouvertement les Noirs. Ce n'est qu'apr&#232;s 1900 que l'AFL se r&#233;signa &#224; organiser les Noirs. Mais, ce faisant, elle introduisit la s&#233;gr&#233;gation dans son sein. Les Noirs furent vers&#233;s dans des sections syndicales s&#233;par&#233;es, ou, si les syndicats de m&#233;tier s'opposaient m&#234;me &#224; cet exp&#233;dient, ils &#233;taient parqu&#233;s dans des syndicats f&#233;d&#233;raux, sections syndicales non rattach&#233;es &#224; un syndicat de m&#233;tier et plac&#233;s directement sous la tutelle de la centrale syndicale. Mais, dans ces organisations auxiliaires ou mineures, les Noirs ont tous les devoirs d'un syndiqu&#233; sans avoir aucun des droits. (&#8230;) A partir de 1934, la lutte contre la discrimination syndicale fut men&#233;e, &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la F&#233;d&#233;ration, par A. Philip Randolph, le fougueux pr&#233;sident de la Brotherhood of Sleeping Car Porters (fraternit&#233; des porteurs des wagons-lits), qui, comme on le sait, est une organisation enti&#232;rement compos&#233;e de Noirs. Randolph, passant outre aux critiques de l'intelligentsia noire, comprit que son syndicat se devait de rejoindre le mouvement ouvrier organis&#233;, malgr&#233; les pr&#233;jug&#233;s anti-Noirs de ce dernier. (&#8230;) Randolph continue, sans se d&#233;courager, &#224; exhorter les Noirs &#224; rejoindre le mouvement ouvrier, m&#234;me l&#224; o&#249; se perp&#233;tue le pr&#233;jug&#233; racial, et &#224; combattre celui-ci au sein de l'AFL. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des Mineurs UMW fut une des rares organisations de l'AFL qui adopta, d&#232;s l'origine, une attitude lib&#233;rale &#224; l'&#233;gard des travailleurs noirs. Les Knights of Labor, dont il sortit et qui le marqu&#232;rent de son empreinte, lui avaient enseign&#233; la fraternit&#233; de la famille humaine. En outre, il fut constitu&#233; sur la base de l'industrie et l'exclusivisme des syndicats de m&#233;tier ne l'entacha jamais. Ses statuts sp&#233;cifient qu'il se propose &#171; de r&#233;unir en une seule organisation, sans consid&#233;ration de croyance, de couleur ou de nationalit&#233;, tous les travailleurs employ&#233;s dans les mines de charbon et alentour. &#187; D'autres clauses assurent aux mineurs noirs et blancs une &#233;galit&#233; de traitement. (&#8230;) La communaut&#233; noire a appr&#233;ci&#233; cette attitude et s'est toujours montr&#233;e favorable au syndicat UMW. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
En Alabama, un des fiefs de la contre-r&#233;volution sudiste, le Syndicat eut quelque peine &#224; prendre pied. Au cours de la gr&#232;ve de 1908, un pr&#233;tendu &#171; comit&#233; de citoyens &#187; inspir&#233; par les employeurs informa le Syndicat que &#171; le peuple d'Alabama ne tol&#233;rerait jamais l'organisation des n&#232;gres et leur participation &#224; la gr&#232;ve aux c&#244;t&#233;s de blancs. &#187; 76% des gr&#233;vistes de 1920-1921 furent noirs, ce qui porta &#224; son paroxysme la col&#232;re des sous-ordres de l'US Steel. Mais le Syndicat, sous l'impulsion &#224; la fois &#233;nergique et g&#233;n&#233;reuse de William Mitch, finit tout de m&#234;me par s'implanter dans cette r&#233;gion maudite. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple du Syndicat des Mineurs inspira le CIO, dont la direction, &#224; l'origine, provenait en grande partie de cette organisation. D&#232;s sa cr&#233;ation, le CIO adopta une politique raciale &#224; l'oppos&#233; de celle des syndicats de m&#233;tier de la vieille F&#233;d&#233;ration. Il ouvrit ses portes aux Noirs. Il leur procura des salaires &#233;gaux &#224; ceux des Blancs. Il les associa &#224; la direction de ses organisations &#224; tous les &#233;chelons. (&#8230;) Il fit une incessante campagne en faveur du Programme de Droits Civils pour les Noirs. (&#8230;) Comme l'&#233;crivent Howe et Widick, &#171; la nature m&#234;me du syndicalisme industriel rendait impossible les divisions raciales qui avaient pr&#233;valu dans l'AFL&#8230; Les nouvelles unions industrielles n'auraient pas pu consolider leur pouvoir sans gagner le soutien des travailleurs noirs. &#187; Quand le Comit&#233; d'organisation de l'Acier entreprit, en 1936-1937, sa campagne de recrutement, il b&#233;n&#233;ficia du concours actif du National Negro Congress.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article699&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand le Parti Communiste Am&#233;ricain, optant sous l'&#233;gide de Staline pour l'alliance avec de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, l&#226;chait le combat des noirs comme il l&#226;chait le combat des travailleurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1614&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1966-1968 : le Pouvoir Noir ou quand l'insurrection des Noirs montait aux USA vers la r&#233;volution sociale....&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Obama, du mythe &#224; la r&#233;alit&#233;</title>
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		<dc:date>2011-09-24T18:45:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Obama, du mythe &#224; la r&#233;alit&#233;&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1957&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Obama, du mythe &#224; la r&#233;alit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le mouvement noir aux USA</title>
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		<dc:date>2010-10-01T07:39:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>USA - Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis - USA</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Malcolm X face au pouvoir US &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement noir &lt;br class='autobr' /&gt;
Assassinat des blacks panthers &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement noir aux USA, ce n'est pas seulement quelques leaders, c'est un mouvement de masse qui a submerg&#233; les USA, a menac&#233; le pouvoir capitaliste et a bien failli faire du principal pays capitaliste le plus instable socialement. Les leaders ont exprim&#233; ce mouvement ou l'ont cantonn&#233; ou encore l'ont trahi. mais ce mouvement a &#233;t&#233; porteur un moment d'une transformation r&#233;volutionnaire. ce n'est pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA - Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot250" rel="tag"&gt;Etats-Unis - USA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/relevance/search/black+movement+malcolm+X/video/xii4w_malcolm-x-cointelpro&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Malcolm X face au pouvoir US&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/related/xii4w/video/x2xpep_all-power-to-the-people-16_politics?hmz=74616272656c61746564&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le mouvement noir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/related/x2xpep/video/x2xoq5_all-power-to-the-people-46_politics?hmz=74616272656c61746564&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Assassinat des blacks panthers&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/U1422791.jpg' width=&#034;640&#034; height=&#034;423&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_310 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/U1602006.jpg' width=&#034;640&#034; height=&#034;429&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement noir aux USA, ce n'est pas seulement quelques leaders, c'est un mouvement de masse qui a submerg&#233; les USA, a menac&#233; le pouvoir capitaliste et a bien failli faire du principal pays capitaliste le plus instable socialement. Les leaders ont exprim&#233; ce mouvement ou l'ont cantonn&#233; ou encore l'ont trahi. mais ce mouvement a &#233;t&#233; porteur un moment d'une transformation r&#233;volutionnaire. ce n'est pas seulement Malcolm X ou Carmicael qui l'&#233;taient...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_313 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/18_attica_03.jpg' width=&#034;375&#034; height=&#034;310&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte de la prison d'Attica&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_312 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/prison-8.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;309&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crasement dans le sang de la r&#233;volte des prisonniers noirs de la prison d'Attica&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_314 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/large_318013.jpg' width=&#034;466&#034; height=&#034;308&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas que du pass&#233; : aujourd'hui un jeune noir sur neuf est en prison et Obama, pourtant peu avare en bonnes paroles, ne parle pas de les rel&#226;cher !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/reference/archive/malcolm-x/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Malcolm X parle&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_283 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/images-8.jpg' width=&#034;115&#034; height=&#034;150&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_96 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L119xH138/imagessd-e235d.jpg?1782687556' width='119' height='138' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE POING DE LA R&#201;VOLTE DES GHETTOS NOIRS DES USA &#201;TAIT LEV&#201; A LA FACE DU MONDE LORS DES JEUX OLYMPIQUES DE MEXICO EN 1968. IL NE SYMBOLISAIT PAS LA PROTESTATION PLAINTIVE MAIS LA R&#201;VOLUTION : POUVOIR NOIR CONTRE POUVOIR CAPITALISTE !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tommie Smith qui venait de remporter la course du 200 m&#232;tres et John Carlos, troisi&#232;me de l'&#233;preuve, levaient un poing gant&#233; de noir et baissaient la t&#234;te au moment o&#249; retentissait l'hymne am&#233;ricain. Avec ce geste symbolique, retransmis par la presse et la t&#233;l&#233;vision dans le monde entier, la lutte des Noirs des &#201;tats-Unis contre la discrimination raciale venait s'afficher jusque sur la tribune des Jeux Olympiques. Le 16 octobre 1968, devant des millions de t&#233;l&#233;spectateurs, les deux athl&#232;tes lev&#232;rent leur poing gant&#233; ; le troisi&#232;me finaliste, l'Australien Peter Norman, monta sur le podium avec le badge du comit&#233;, en solidarit&#233; avec les athl&#232;tes noirs. Un peu apr&#232;s, Tommie Smith expliqua que le poing lev&#233; et la paire de gants noirs partag&#233;e avec John Carlos signifiaient &#171; le pouvoir et l'unit&#233; des Noirs am&#233;ricains &#187;. Le comit&#233; noir avait envoy&#233; &#233;galement un message de solidarit&#233; aux &#233;tudiants r&#233;volt&#233;s mexicains massacr&#233;s par le pouvoir avant les jeux olympiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action du comit&#233; olympique am&#233;ricain fut imm&#233;diate : les deux athl&#232;tes furent suspendus de l'&#233;quipe et durent quitter le village dans les quarante-huit heures, tandis qu'on mena&#231;ait de sanctions les sportifs qui auraient le m&#234;me comportement, ce qui eut pour cons&#233;quence d'amplifier la col&#232;re des athl&#232;tes noirs et aussi d'athl&#232;tes blancs. Les jours suivants, plusieurs sportifs noirs manifest&#232;rent sur le podium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La carri&#232;re sportive internationale des deux coureurs &#233;tait d&#233;finitivement termin&#233;e. Le syst&#232;me ne pardonne pas &#224; ceux qui s'attaquent &#224; lui. L'olympisme se dit apolitique mais il a choisi son camp : celui des Etats bourgeois, pas celui de la r&#233;volte des opprim&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;SITE MATIERE ET REVOLUTION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.matierevolution.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article88&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sommaire du site&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi ce site ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous &#233;crire, cliquez sur &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?page=forum&amp;id_article=76&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;pondre &#224; cet article&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article729&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Obama : &#034;j'ai un r&#234;ve&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH478/CD170FCB4BDD4A2081D733A3591FA8092-9688e.jpg?1782687556' width='500' height='478' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Martin Luther King&lt;/strong&gt;, main dans la main avec le pouvoir capitaliste et ... blanc&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_311 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/blackpower1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH376/blackpower1-86d32.jpg?1782687556' width='500' height='376' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Stokely Carmichael dans un discours o&#249; il d&#233;nonce la politique de Martin Luther King de collaboration avec le pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas que &#034;j'ai un r&#234;ve&#034; signifiait le r&#234;ve que la r&#233;volte des opprim&#233;s noirs ne se transforme pas en r&#233;volution sociale et ne menace pas le pouvoir capitaliste. Cet &#034;humanisme pacifiste&#034; consistait &#224; proposer aux noirs de pardonner leurs exploiteurs en esp&#233;rant que ces derniers en tirent comme le&#231;on qu'il n'&#233;tait pas besoin de les frapper, de les tuer, de les m&#233;priser. Cet &#034;espoir&#034; n'a pas seulement &#233;t&#233; d&#233;&#231;u. Il &#233;tait une tromperie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons en effet son discours fameux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;En luttant pour prendre notre juste place, nous ne devrons pas nous rendre coupables d'actes injustes. Ne buvons pas de la coupe de l'amertume et de la haine pour assouvir notre soif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons toujours conduire notre lutte dans un haut souci de dignit&#233; et de la discipline. Nous ne pouvons pas laisser notre protestation cr&#233;ative d&#233;g&#233;n&#233;rer en violence physique. Encore et encore, nous devons atteindre ce niveau exalt&#233; o&#249; nous opposons &#224; la force physique, la force de l'&#226;me.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CONTEXTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1964 marque un tournant dans la lutte pour l'&#233;mancipation noire. La loi sur les droits civiques (Civil Rights Act) a banni, du moins en principe, la s&#233;gr&#233;gation. La r&#233;alit&#233; sociale est tout autre. Les Noirs sont en grande majorit&#233; prol&#233;taires et subissent la double oppression du syst&#232;me capitaliste et du racisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1963, il y a cinq fois plus de Noirs que de Blancs qui logent dans des habitats insalubres. Les in&#233;galit&#233;s se creusent : en 1962, les salari&#233;-e-s noir-e-s ont des revenus inf&#233;rieurs de 45 % en moyenne aux revenus des Blancs, contre 38 % en 1952. Quatre salari&#233;-e-s noir-e-s sur cinq sont des ouvriers non qualifi&#233;s. L'&#233;volution des techniques, notamment l'automation, a fait perdre des milliers d'emplois industriels, surtout les moins qualifi&#233;s. Dans les chemins de fer par exemple, en quelques ann&#233;es, le nombre de cheminots de couleur est pass&#233; de 350 000 &#224; moins de 50 000. Le ch&#244;mage touche donc 14 % des Noirs, contre 6 % des Blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte de crise sociale aigu&#235;, la jeunesse noire des ghettos se radicalise. L'impatience grandit, et les mouvements d'&#233;mancipation non-violents, comme celui du pasteur Martin Luther King, voient leur influence reculer. Les nouvelles formes de lutte plus virulentes qui ont &#233;merg&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es avec Malcom X ou le Black Panthers Party s&#233;duisent davantage une jeune g&#233;n&#233;ration qui ne se satisfait plus de la &#171; d&#233;sob&#233;issance civile &#187;. L'action directe gagne en cr&#233;dibilit&#233; sur l'action l&#233;gale. L'&#233;galit&#233; civique n'est toujours pas r&#233;ellement acquise, mais les questions sociales s'imposent de plus en plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Radicalisation de la lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une semaine d'insurrection (34 morts, 1 071 bless&#233;s et 400 arrestations) dans le quartier de Watts &#224; Los Angeles, &#224; partir du 11 ao&#251;t 1965, les ann&#233;es 1966 et 67 sont marqu&#233;es par des &#233;meutes dans toutes les agglom&#233;rations industrielles du nord et du centre comme Cleveland, Detroit, Omaha, Chicago (164 villes sont touch&#233;es en 1967).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1966, James Meredith, h&#233;ros du combat pour l'int&#233;gration &#224; l'universit&#233; du Mississipi en 1962, se fait tirer dessus au cours d'une marche de protestation. Stokely Carmicha&#235;l, pr&#233;sident d'une SNCC qui s'est radicalis&#233;e, propose alors de n'admettre d&#233;sormais que des Noirs dans les manifestations et lance le slogan &#171; Black power &#187; (&#171; pouvoir noir &#187;). Martin Luther King ne s'y oppose pas clairement mais conteste la violence des m&#233;thodes qui sont d&#233;sormais de plus en plus &#224; la mode dans le mouvement. La vague d'&#233;meutes l'a d&#233;stabilis&#233;, et sa strat&#233;gie para&#238;t d&#233;pass&#233;e. On lui reproche d'&#234;tre beaucoup trop mod&#233;r&#233;, &#171; embourgeois&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le parti de Martin Luther King, le SCLC, continue &#224; pr&#244;ner l'int&#233;gration des Noirs dans la soci&#233;t&#233; et un mode d'action non violent, il est critiqu&#233; par celles et ceux qui pr&#244;nent la s&#233;paration &#224; travers un nationalisme noir. En 1962, dans Black Nationalism, E.U. Essien-Udom th&#233;orise : &#171; Les organisations nationalistes noires [&#8230;] affirment que la seule solution satisfaisante et permanente du probl&#232;me des relations entre Noirs et Blancs est la s&#233;paration des Noirs d'avec la majorit&#233; blanche et l'&#233;tablissement d'un &#8220;foyer noir&#8221;, contr&#244;l&#233; politiquement par une majorit&#233; noire &#187; [1].&lt;br class='autobr' /&gt;
Un mouvement divis&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Black Muslims (&#171; Musulmans noirs &#187;) incarnent ce s&#233;paratisme. En 1965, leur leader charismatique, Malcom X, rompt avec eux et fonde l'Organisation pour l'unit&#233; afro-am&#233;ricaine sur des bases la&#239;ques. Il &#233;volue vers une ligne de classe, anticapitaliste et internationaliste et ne renie pas la violence, comme moyen de d&#233;fense face &#224; l'oppression des classes dirigeantes blanches. Alors que son &#233;toile monte dans le ciel de la cause noire, au d&#233;triment du pasteur pacifiste, il dispara&#238;t presque aussit&#244;t, abattu en plein meeting, le 21 f&#233;vrier 1965.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle organisation vient alors concurrencer le mouvement de Luther King. Il s'agit du Black Panther Party for Self-Defense (&#171; Parti de la panth&#232;re noire pour l'autod&#233;fense &#187;, BPP), fond&#233; en octobre 1966 par Huey Newton et Bobby Seale, regroupant tr&#232;s vite des milliers d'adh&#233;rentes et d'adh&#233;rents [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils mettent sur pied des patrouilles arm&#233;es dans les rues d'Oakland (Californie), afin de prot&#233;ger les Noirs victimes des policiers blancs. Narquois, ils emportent toujours avec eux un Code civil pour prouver &#224; la police la l&#233;galit&#233; de leur action. Petit &#224; petit, ils mettront en place des programmes sociaux (aide alimentaire, cliniques gratuites&#8230;), se d&#233;finiront comme &#171; marxistes-l&#233;ninistes &#187; et se rapprocheront des organisations en lutte contre l'imp&#233;rialisme (le FLN au pouvoir en Alg&#233;rie ou encore l'OLP, l'IRA, le Front de lib&#233;ration du Qu&#233;bec&#8230;). Malgr&#233; l'arrestation de dirigeants importants d&#232;s 1967, l'organisation, tr&#232;s m&#233;diatis&#233;e, a de plus en plus de sympathisantes et de sympathisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malcolm X&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Et d'abord, qu'est-ce qu'une r&#233;volution ? Parfois je suis enclin &#224; croire qu'un grand nombre des n&#244;tres utilisent le mot &#171; r&#233;volution &#187; sans se soucier de pr&#233;cision, sans prendre comme il convient en consid&#233;ration la signification r&#233;elle du mot et ses caract&#233;ristiques historiques. Lorsqu'on &#233;tudie la nature historique des r&#233;volutions, le motif d'une r&#233;volution, l'objectif d'une r&#233;volution, le r&#233;sultat d'une r&#233;volution, et les m&#233;thodes utilis&#233;es dans une r&#233;volution, il est possible de transformer les mots. (&#8230;) De toutes les &#233;tudes auxquelles nous nous consacrons, celle de l'histoire est la mieux &#224; m&#234;me de r&#233;compenser notre recherche. Et lorsque vous vous apercevez que vous avez des probl&#232;mes, vous n'avez tout simplement qu'&#224; &#233;tudier la m&#233;thode historique utilis&#233;e dans le monde entier par d'autres qui ont des probl&#232;mes identiques aux n&#244;tres. (...) je vous rappelle ces r&#233;volutions, mes fr&#232;res et mes s&#339;urs, pour vous montrer qu'il n'existe pas de r&#233;volution pacifique. Il n'existe pas de r&#233;volution o&#249; on tende l'autre joue. Une r&#233;volution non-violente, &#231;a n'existe pas.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A un meeting qu'il tint le 8 avril 1964 &#224; un rassemblement du Militant Labor Forum, d'ailleurs devant un public au &#190; blanc, Malcolm X d&#233;clara : &lt;i&gt;&#171; Les r&#233;volutions ne sont jamais des compromis, ne reposent jamais sur des n&#233;gociations. Les r&#233;volutions ne reposent jamais sur une sorte de cadeau ; les r&#233;volutions ne reposent pas non plus sur la demande mendiante d'&#234;tre accept&#233; dans une soci&#233;t&#233; corrompue ou un syst&#232;me corrompu. Les r&#233;volutions renversent les syst&#232;mes. Et sur cette terre il n'y a pas de syst&#232;me qui se soit r&#233;v&#233;l&#233; plus corrompu, plus criminel que ce syst&#232;me qui colonise en 1964 encore 22 millions d'Afro-am&#233;ricains, qui a toujours comme esclaves 22 millions d'afro-am&#233;ricains. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hoover&lt;/strong&gt;, responsable du FBI durant cette p&#233;riode et ayant men&#233; une v&#233;ritable guerre contre les leaders radicaux noirs, en particulier les Black Panthers, avait r&#233;dig&#233; une note qui annon&#231;ait clairement que : &lt;i&gt;&#171; Le Cointelpro doit emp&#234;cher la naissance d'un messie qui pourrait unifier et &#233;lectriser le mouvement nationaliste noir (...) Il faut faire comprendre aux jeunes Noirs mod&#233;r&#233;s que, s'ils succombent &#224; l'enseignement r&#233;volutionnaire, ils seront des r&#233;volutionnaires morts (...) ne vaut-il pas mieux &#234;tre une vedette sportive, un athl&#232;te bien pay&#233; ou un artiste, un employ&#233; ou un ouvrier plut&#244;t qu&#8216;un Noir qui ne pense qu'&#224; d&#233;truire l'establishment et qui, ce faisant, d&#233;truit sa propre maison, ne gagnant pour lui et son peuple que la haine et le soup&#231;on des Blancs ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DOCUMENTS :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Le pouvoir noir &#187;, textes de Malcolm X :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'aimerais faire quelques commentaires sur la diff&#233;rence entre la r&#233;volution noire et la r&#233;volution n&#232;gre. (&#8230;) Et d'abord, qu'est-ce qu'une r&#233;volution ? Parfois je suis enclin &#224; croire qu'un grand nombre des n&#244;tres utilisent le mot &#171; r&#233;volution &#187; sans se soucier de pr&#233;cision, sans prendre comme il convient en consid&#233;ration la signification r&#233;elle du mot et ses caract&#233;ristiques historiques. Lorsqu'on &#233;tudie la nature historique des r&#233;volutions, le motif d'une r&#233;volution, l'objectif d'une r&#233;volution, le r&#233;sultat d'une r&#233;volution, et les m&#233;thodes utilis&#233;es dans une r&#233;volution, il est possible de transformer les mots. (&#8230;) De toutes les &#233;tudes auxquelles nous nous consacrons, celle de l'histoire est la mieux &#224; m&#234;me de r&#233;compenser notre recherche. Et lorsque vous vous apercevez que vous avez des probl&#232;mes, vous n'avez tout simplement qu'&#224; &#233;tudier la m&#233;thode historique utilis&#233;e dans le monde entier par d'autres qui ont des probl&#232;mes identiques aux n&#244;tres. (.. ;)&lt;br /&gt;
je vous rappelle ces r&#233;volutions, mes fr&#232;res et mes s&#339;urs, pour vous montrer qu'il n'existe pas de r&#233;volution pacifique. Il n'existe pas de r&#233;volution o&#249; on tende l'autre joue. Une r&#233;volution non-violente, &#231;a n'existe pas. (&#8230;)&lt;br /&gt;
L'homme blanc sait ce qu'est une r&#233;volution. (&#8230;) La r&#233;volution est en Asie, la r&#233;volution est en Afrique, et le blanc crie de peur parce qu'il voit que la r&#233;volution est en Am&#233;rique latine. Comment pensez-vous qu'il va r&#233;agir &#224; votre &#233;gard lorsque vous aurez appris ce qu'est une vraie r&#233;volution ? Vous ne savez pas ce qu'est une r&#233;volution. Si vous le saviez, vous ne vous serviriez pas de ce mot. (&#8230;)&lt;br /&gt;
La r&#233;volution ne conna&#238;t pas le compromis, la r&#233;volution renverse et d&#233;truit tout ce qui lui fait obstacle. (&#8230;) Si vous avez peur du nationalisme noir, vous avez peur de la r&#233;volution. Et si vous aimez la r&#233;volution, vous aimez le nationalisme noir. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Je tiens &#224; vous rappeler bri&#232;vement un autre point encore : la m&#233;thode utilis&#233;e par le blanc, la fa&#231;on dont il se sert des &#171; gros bonnets &#187;, des dirigeants noirs, pour lutter contre la r&#233;volution noire. Apr&#232;s que Martin Luther King n'eut pas r&#233;ussi &#224; obtenir la d&#233;s&#233;gr&#233;gation &#224; Albany, en G&#233;orgie, la lutte pour les droits civiques tomba &#224; son niveau le plus bas. En tant que dirigeant, King &#233;tait pour ainsi dire discr&#233;dit&#233;. (&#8230;) Sit&#244;t que King eut &#233;chou&#233; &#224; Birmingham, les noirs descendirent dans la rue. (&#8230;) Les noirs &#233;taient dans la rue. Ils discutaient de la fa&#231;on dont ils allaient marcher sur Washington. C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette &#233;poque qu'avit eu lieu l'explosion de Birmingham, et les noirs de Birmingham, souvenez-vous, firent explosion eux-aussi. Ils commenc&#232;rent &#224; poignarder les racistes dans le dos et &#224; les mettre cul par-dessus t&#234;te &#8211; eh oui, c'est ce qu'ils firent. C'est alors que Kennedy envoya la troupe &#224; Birmingham. Apr&#232;s cela, Kennedy se produisit &#224; la t&#233;l&#233;vision et dit : &#171; C'est une question morale &#187;. C'est alors qu'il d&#233;clara qu'il allait faire une loi relative aux droits civiques. Et lorsqu'il fit allusion &#224; cette loi et que les racistes du Sud se mirent &#224; envisager la fa&#231;on dont ils pourraient la boycotter ou emp&#234;cher son adoption par des man&#339;uvre d'obstruction, les noirs prirent la parole &#8211; pour dire quoi ? Qu'ils allaient marcher sur Washington, marcher sur le S&#233;nat, marcher sur la Maison Blanche, marcher sur le Congr&#232;s, le mettre en cong&#233;s, mettre un terme &#224; ses travaux et emp&#234;cher le gouvernement de fonctionner. Ils dirent m&#234;me qu'ils se rendraient &#224; l'a&#233;roport, se coucheraient sur les pistes et ne laisseraient pas atterir un seul avion. Je vous r&#233;p&#232;te ce qu'ils disaient. C'&#233;tait la r&#233;volution. C'&#233;tait la r&#233;volution. C'&#233;tait la r&#233;volution noire. &lt;br /&gt;
C'&#233;taient les masses qui &#233;taient dans la rue. Elles faisaient mortellement peur &#224; l'homme blanc et aux organes du pouvoir blanc &#224; Washington, DC : j'y &#233;tais. Quand ils se rendirent compte que le rouleau compresseur noir allait descendre sur la capitale, ils convoqu&#232;rent Wilkins, ils convoqu&#232;rent Randolph. Ils convoqu&#232;rent ces dirigeants nationaux des noirs, que vous respectez, et leur dirent : &#171; D&#233;commandez la marche &#187;. Kennedy d&#233;clara : &#171; Voyons, vous tous, vous laissez cette affaire aller trop loin. &#187; Et le p&#232;re Tom dit : &#171; &#171; Patron, je ne peux pas l'arr&#234;ter, parce que je ne l'ai pas lanc&#233;e. &#187; Je vous r&#233;p&#232;te ce qu'ils dirent. Ils dirent : &#171; Je n'y participe m&#234;me pas, comment pourrais-je diriger ? &#187; Ils dirent : &#171; Ces noirs agissent de leur propre chef. Ils courent en avant de nous. &#187; Et ce vieux renard rus&#233; leur r&#233;pondit : &#171; Si vous n'y &#234;tes pas, je vous y mettrai. Je vous placerai &#224; la t&#234;te du mouvement. Je lui donnerai ma caution. Je lui ferai bon accueil. Je le soutiendrai. Je m'y rallierai. &#187;&lt;br /&gt;
Quelques heures s'&#233;coul&#232;rent. Ils assist&#232;rent &#224; une r&#233;union organis&#233;e &#224; l'Hotel Carlyle, &#224; New York. L'Hotel Carlyle est la propri&#233;t&#233; de la famille Kennedy (&#8230;) C'est l&#224; qu'une soci&#233;t&#233; philanthropique dirig&#233;e par un blanc nomm&#233; Stephen Currier convoqua les principaux dirigeants du mouvement des droits civiques. Currier leur dit : &#171; (&#8230;) Puisque vous vous disputez &#224; propos de l'argent donn&#233; par les lib&#233;raux blancs, fondons le Council for United Civil Rights Leadership. Constituons ce conseil : toutes les organisations des droits civiques en feront partie, et nous l'utiliserons pour lever des fonds. &#187; (&#8230;) Une fois form&#233; ce conseil domin&#233; par le blanc, Currier leur promit et leur donna 800.000 dollars, &#224; partager entre les &#171; Six Grands &#187; &lt;/i&gt;(dont King, Randolph, Wilkins,&#8230;)&lt;i&gt;, et leur dit qu'apr&#232;s la marche, ils en recevraient encore 700.000. Un million cinq cent mille dollars, r&#233;partis entre des dirigeants que vous avez suivis, pour lesquels vous &#234;tes all&#233;s en prison, pour lesquels vous avez vers&#233; des larmes de crocodiles. (&#8230;) Une fois le d&#233;cor mont&#233;, l'homme blanc mit &#224; leur disposition les plus &#233;minents experts en relations publiques et tous les moyens d'information du pays, qui commenc&#232;rent &#224; pr&#233;senter ces &#171; Six Grands &#187; comme les dirigeants de la marche. A l'origine, ils n'y participaient m&#234;me pas. (&#8230;) Ils devinrent la marche. Ils s'en empar&#232;rent. Et la premi&#232;re mesure qu'ils prirent apr&#232;s s'en &#234;tre empar&#233;s, ce fut d'inviter Walter Reuther, un blanc ; ils y invit&#232;rent un pr&#234;tre catholique, un rabbin et un vieux pasteur blanc. Les m&#234;mes &#233;l&#233;ments blancs qui avaient port&#233; Kennedy au pouvoir &#8211; les syndicats, les catholiques, les juifs et les protestants lib&#233;raux &#8211; la m&#234;me clique qui l'avait port&#233; au pouvoir se joignit &#224; la marche sur Washington. (&#8230;) La marche sur Washington, ils s'y sont ralli&#233;s. Ils ne s'y sont pas int&#233;gr&#233;s, ils l'ont infiltr&#233;e. Comme ils s'en emparaient, elle a perdu tout caract&#232;re militant. Elle a perdu sa col&#232;re, sa chaleur, son refus du compromis. Oui, elle a m&#234;me cess&#233; d'&#234;tre une marche pour devenir un pique-nique, un cirque. Rien qu'un cirque, avec les clowns et tout le reste. (&#8230;) Quand James Baldwin est arriv&#233; de Paris, ils n'ont pas voulu le laisser parler, parce qu'ils ne pouvaient pas l'obliger &#224; respecter le script. (&#8230;) Ils exer&#231;aient un contr&#244;le si serr&#233; qu'ils disaient &#224; ces noirs &#224; quelle heure il fallait arriver &#224; Washington, comment s'y rendre, o&#249; s'arr&#234;ter, quelles pancartes porter, quels chants chanter, quels discours faire et ne pas faire ; et puis ils leur disaient de quitter la ville au cr&#233;puscule. Et, au cr&#233;puscule, tous ces Tom sans exception avaient quitt&#233; la ville. Oui, je sais que vous n'aimez pas ce que je vous dit l&#224;. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Discours prononc&#233; &#224; Detroit peu apr&#232;s sa rupture avec les Blacks Muslims, en mars 1964. &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&#171; Il est impossible &#224; un blanc qui croit au capitalisme de ne pas croire au racisme. Le capitalisme ne saurait aller sans le racisme. Lorsque vous acqu&#233;rez la certitude, au cours d'une discussion avec un blanc, qu'il n'y a pas de place pour le racisme dans sa philosophie, c'est ordinairement qu'il s'agit d'un socialiste ou d'un homme dont la doctrine politique est le socialisme. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Nulle religion ne me fera jamais oublier la condition des n&#244;tres dans ce pays. Nulle religion ne me fera jamais oublier que, dans ce pays, on ne cesse de lancer des chiens sur les n&#244;tres. Nulle religion ne me fera oublier les matraques abattues sur nos t&#234;tes par les policiers. Nul dieu, nulle religion, rien ne me le fera oublier tant que ce ne sera pas fini, termin&#233;, &#233;limin&#233;. Je tiens &#224; ce que cela soit bien clair. &lt;br /&gt;
Nous travaillerons avec tous les hommes, avec tous les groupes, quelle que soit leur couleur, pourvu qu'ils soient vraiment d&#233;sireux de prendre les mesures qui s'imposent pour mettre fin aux injustices dont sont afflig&#233;s les noirs. Peu importe leur couleur, peu importe leur doctrine politique, &#233;conomique ou sociale ; nous n'y trouverons rien &#224; redire, pourvu qu'ils se donnent pour but la destruction du syst&#232;me de proie qui suce le sang des noirs de ce pays. Mais, s'ils appartiennent, si peu que ce soit, &#224; la dangereuse esp&#232;ce des amateurs du compromis, nous pensons qu'il faut les combattre. (&#8230;) Pour toute d&#233;fense, les ma&#238;tres du pouvoir et du syst&#232;me qui nous exploite se sont content&#233;s de qualifier de racistes et d'extr&#233;mistes ceux qui condamnent ce syst&#232;me sans accepter de compromis. S'il existe des blancs qui en aient vraiment et sinc&#232;rement assez de voir les noirs d'Am&#233;rique vivre dans ces conditions, qu'ils prennent position, mais que leur position soit sans compromis, sans demi-mesures, qu'elle ne soit pas non-violente&#8230; &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Discours prononc&#233; suite &#224; son voyage religieux &#224; La Mecque&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_97 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L250xH250/934815ad542a4a7c5e8a2dfa04fea9f5-2-333d8.jpg?1782687556' width='250' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tant que le blanc vous envoyait en Cor&#233;e, vous versiez votre sang. Il vous a envoy&#233; en Allemagne, vous avez vers&#233; votre sang. Il vous a envoy&#233; dans le sud du Pacifique faire la guerre aux Japonais et vous avez vers&#233; votre sang. Vous le versez pour les blancs, mais lorsque les choses en viennent au point o&#249; vous voyez d&#233;truire vos &#233;glises &#224; la bombe et assassiner des fillettes noires, voil&#224; que vous n'avez plus de sang&#8230; Comment allez-vous faire pour &#234;tre non-violents dans le Mississipi, vous qui &#233;tiez si violents en Cor&#233;e ? (&#8230;) La r&#233;volution est en Asie, la r&#233;volution est en Afrique, et le blanc crie de peur parce qu'il voir la r&#233;volution en Am&#233;rique latine. Comment pensez-vous qu'il va r&#233;agir &#224; votre &#233;gard lorsque vous aurez appris ce que c'est qu'une vraie r&#233;volution ? La R&#233;volution n'est pas l'abolition de la s&#233;gr&#233;gation dans les wc, ni l'abolition de la s&#233;gr&#233;gation dans les bars ou dans les salles de th&#233;&#226;tre. Il n'y a pas de R&#233;volution pacifique. Il n'y a pas de R&#233;volution sans verser de sang. Il n'y a pas de R&#233;volution sans violence. Alors si vous n'&#234;tes pas pr&#234;ts &#224; la violence, rayez le mot R&#233;volution de votre vocabulaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malcolm X&lt;/strong&gt;, sur la non-violence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Extraits de &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187; de Howard Zinn :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; La r&#233;volte noire qui frappa le Nord comme le Sud dans les ann&#233;es 1950 et 1960 prit tout le monde de court. Il ne s'agissait pourtant pas d'une r&#233;elle surprise. La m&#233;moire des opprim&#233;s ne s'efface jamais, et le souvenir des &#233;v&#233;nements qui la composent ne cesse de nourrir la r&#233;volte. La m&#233;moire des Noirs am&#233;ricains &#233;tait d'abord celle de l'esclavage, puis celle de la s&#233;gr&#233;gation, des lynchages et des humiliations subies. En fait, ce n'&#233;tait pas seulement une question de m&#233;moire, mais aussi du v&#233;cu pr&#233;sent bien r&#233;el (&#8230;) &lt;br /&gt;
Truman signa, quatre mois avant les &#233;lections de 1948, un d&#233;cret exigeant que l'arm&#233;e, au sein de laquelle la s&#233;gr&#233;gation raciale continuait d'&#234;tre pratiqu&#233;e, mette en &#339;uvre &#171; aussi vite que possible &#187; une politique d'&#233;galit&#233; raciale (&#8230;.) pour pr&#233;server le moral des soldats noirs en cette p&#233;riode de guerre probable. Cette d&#233;sagr&#233;gation des forces arm&#233;es mit plus de dix ans &#224; se r&#233;aliser. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Ce qui paraissait &#234;tre aux yeux des autres une fulgurante avanc&#233;e ne satisfaisait pourtant pas les Noirs. Au d&#233;but des ann&#233;es 60, ils se soulev&#232;rent dans tout le Sud. A la fin des ann&#233;es 60, ils &#233;taient engag&#233;s dans de violentes &#233;meutes qui secou&#232;rent une centaine de villes du Nord. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Fin 1955, &#224; Montgomery, capitale de l'Alabama, (&#8230;) Rosa Sparks, couturi&#232;re &#226;g&#233;e de 43 ans, refusa d'ob&#233;ir aux l&#233;gislations discriminantes sur la s&#233;gr&#233;gation dans les bus municipaux. Pourquoi, finalement, elle &#233;tait all&#233;e s'asseoir dans la section &#171; blanche &#187; d'un bus : &#171; D'abord, j'avais travaill&#233; dur toute la journ&#233;e. J'&#233;tais vraiment fatigu&#233;e apr&#232;s cette journ&#233;e de travail. Mon travail, c'est de fabriquer les v&#234;tements que portent les Blancs. (&#8230;) Je voulais savoir quand et comment pourrait-on affirmer nos droits en tant qu'&#234;tres humains. (&#8230;) J'ai &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e et emprisonn&#233;e. &#187; Les Noirs de Montgomery appel&#232;rent &#224; manifester. Ils d&#233;cid&#232;rent de boycotter les bus municipaux et la plupart d'entre eux, d&#233;laissant les cars de ramassage charg&#233;s de les conduire au travail, s'y rendirent &#224; pied. (&#8230;) Certains s&#233;gr&#233;gationnistes blancs se livr&#232;rent &#224; des violences. (&#8230;) Malgr&#233; toutes les violences, la communaut&#233; noire de Montgomery ne baissa pas les bras : en novembre 1956, la Cour supr&#234;me interdisait la s&#233;gr&#233;gation dans les transports municipaux. Montgomery allait servir de mod&#232;le au vaste mouvement de protestation qui secouerait le Sud pendant les dix ann&#233;es suivantes (&#8230;) Lors de cette r&#233;union (deux mille Noirs dans une &#233;glise de Montgomery), Martin Luther King (&#8230;) d&#233;clara : &#171; (&#8230;) Nous devons user de l'arme de l'amour. Nous devons faire preuve de compassion et de compr&#233;hension envers ceux qui nous d&#233;testent. Nous devons r&#233;aliser que tant de gens ont appris &#224; nous d&#233;tester et qu'ils ne sont finalement pas totalement responsables de la haine qu'ils nous portent. (&#8230;) &#187;&lt;br /&gt;
(&#8230;) Deux ans apr&#232;s le boycott de Montgomery, un ancien soldat du nom de Robert Williams, pr&#233;sident du NAACP de Monroe, se rendit c&#233;l&#232;bre en expliquant que les Noirs devaient se d&#233;fendre eux-m&#234;mes contre la violence, par les armes si n&#233;cessaire. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Le Core (Congress Racial Equality) organisa ce qu'on a appel&#233; les &#171; freedom riders &#187; au cours desquels Blancs et Noirs se rendaient ensemble en bus dans le Sud, mettant ainsi en cause les pratiques discriminatoires des transports entre Etats. (&#8230;) Les deux bus qui quitt&#232;rent Washington DC le 4 mai 1961 &#224; destination de la Nouvelle Orl&#233;ans n'y arriv&#232;rent jamais. (&#8230;)&lt;br /&gt;
A l'approche de l'&#233;t&#233; 1964, le SNCC et d'autres groupes qui travaillaient ensemble pour les droits civiques et se voyaient confront&#233;s &#224; une recrudescence de violence d&#233;cid&#232;rent de faire appel &#224; la jeunesse am&#233;ricaine pour attirer l'attention sur la situation au Mississipi. (&#8230;) Trois militants des droits civiques, un jeune noir et deux volontaire blancs &#233;taient arr&#234;t&#233;s &#224; Philadelphie (Mississipi). Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s en pleine nuit, puis enlev&#233;s et rou&#233;s de coups, ils furent assassin&#233;s. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Le gouvernement f&#233;d&#233;ral essayait, sans pour autant engager de v&#233;ritable changement, de ma&#238;triser une situation explosive. Il fallait canaliser cette col&#232;re par les m&#233;canismes classiques d'apaisement : vote, p&#233;titions et manifestations autoris&#233;es. Quand les responsables noirs du mouvement des droits civiques d&#233;cid&#232;rent d'organiser une gigantesque marche sur Washington, &#224; l'&#233;t&#233; 1963, (&#8230;) le pr&#233;sident Kennedy et les autres dirigeants nationaux s'empress&#232;rent de r&#233;cup&#233;rer le projet et le transform&#232;rent en rassemblement &#339;cum&#233;nique. C'est &#224; cette occasion que Martin Luther King fit, devant deux cent mille Am&#233;ricains blancs et noirs, son fameux discours &#171; I have a dream&#8230; &#187; Discours superbe, certes, mais totalement d&#233;nu&#233; de cette col&#232;re que ressentaient de nombreux Noirs. John Lewis, un jeune responsable du SNCC originaire d'Alabama qui avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et battu de nombreuses fois, tenta d'exprimer ce sentiment d'indignation. Il en fut emp&#234;ch&#233; par les organisateurs de la marche qui exig&#232;rent qu'il renonce &#224; certaines critiques tr&#232;s dures sur le gouvernement et &#224; ses appels &#224; l'action directe. Dix-huit jours apr&#232;s le rassemblement de Washington, comme une expression du m&#233;pris affich&#233; envers cette mod&#233;ration, une bombe explosait dans le sous-sol d'une &#233;glise noire &#224; Birmingham, tuant quatre fillettes qui assistaient au cat&#233;chisme. Si le pr&#233;sident Kennedy avait appr&#233;ci&#233; &#171; la profonde ferveur et la dignit&#233; calme &#187; de la marche, le militant noir Malcolm X &#233;tait probablement plus en accord avec les v&#233;ritables sentiments de la communaut&#233; noire. A Detroit, deux mois apr&#232;s la marche sur Washington et l'attentat de Birmingham, Malcolm X d&#233;clarait dans son style rythm&#233;, puissant et incisif : &#171; Les Noirs &#233;taient l&#224; dans les rues. Ils discutaient de leur projet de marche sur Washington. (&#8230;) Ils allaient marcher sur Washington, sur le S&#233;nat, sur la Maison Blanche, sur le Congr&#232;s, et leur lier les mains, les forcer &#224; s'arr&#234;ter et emp&#234;cher le gouvernement de fonctionner. Ils disaient m&#234;me qu'ils iraient &#224; l'a&#233;roport et s'allongeraient sur les pistes pour emp&#234;cher les avions d'atterrir. Je dis juste ce qu'ils disaient. C'&#233;tait la r&#233;volution. Oui, c'&#233;tait la r&#233;volution. La r&#233;volution noire. C'&#233;tait le peuple l&#224; dans la rue. Les Blancs avaient une peur bleue ; le pouvoir blanc &#224; Washington DC avait une peur bleue. J'&#233;tais l&#224;. Quand ils ont compris que ce bulldozer noir allait descendre vers la capitale, ils ont appel&#233; ces responsables noirs que vous respectez tant et leur ont dit &#171; arr&#234;tez tout ! &#187; Kennedy a dit : &#171; Ecoutez, vous laissez aller les choses un peu trop loin. &#187; Et le Vieux Tom a r&#233;pondu : &#171; Patron, je peux pas l'arr&#234;ter parce que c'est pas moi qui l'ai d&#233;marr&#233;. &#187; (&#8230;) Alors, le vieux renard a r&#233;pondu : &#171; Si vous &#234;tes pas dans le coup, moi je vais vous y mettre. Je vais vous mettre &#224; la t&#234;te de tout &#231;a. Je le prendrai &#224; mon compte, j'approuverai, j'aiderai et m&#234;me j'en serai. &#187; C'est ce qu'ils ont fait avec la marche sur Washington. (&#8230;) Puisqu'ils ont dirig&#233;, tout cela a perdu toute &#233;nergie militante. Plus de col&#232;re, plus de pression, plus de radicalit&#233;. D'ailleurs, c'&#233;tait m&#234;me plus une marche, c'&#233;tait un pique-nique, un v&#233;ritable cirque. &#187; (&#8230;)&lt;br /&gt;
Ce fut pr&#233;cis&#233;ment pendant ces ann&#233;es 1964-65, au cours desquelles le Congr&#232;s vot&#233; les lois sur les droits civiques, qu'eurent lieu de nombreuses &#233;meutes &#224; travers tout le pays : en Floride, apr&#232;s l'assassinat d'une femme noire et une menace d'attentat &#224; la bombe contre un lyc&#233;e noir ; &#224; Cleveland, lorsqu'un pr&#233;dicateur noir fut tu&#233; alors qu'il protestait pacifiquement contre la discrimination raciale dans la profession du b&#226;timent ; &#224; New York, quand un jeune noir de quinze ans fut abattu au cours d'une altercation avec un policier en dehors de son service. Rochester, Jersey City, Chicago et Philadelphie connurent &#233;galement des &#233;meutes. En ao&#251;t 1965, (&#8230;) le ghetto noir de Watts, &#224; Los Angeles, se souleva et fut le th&#233;&#226;tre des plus violentes &#233;meutes urbaines depuis la fin de la seconde guerre mondiale. (&#8230;) A l'&#233;t&#233; 1966, les &#233;meutes se multipli&#232;rent. (&#8230;) Ce fut en 1967 qu'&#233;clat&#232;rent dans les ghettos noirs du pays les plus importantes &#233;meutes urbaines de l'histoire des Etats-Unis. Selon le rapport du &#171; National Advisory Committee on Urban Disorders &#187;, (&#8230;) il y eut &#171; huit &#233;meutes majeures &#187;, trente trois &#171; soul&#232;vements s&#233;rieux mais de moindre envergure &#187; et cent vingt-trois &#171; d&#233;sordre mineurs &#187;. (&#8230;) Le mot d'ordre &#233;tait d&#233;sormais &#171; Black Power &#187; (&#8230;) Malcolm X fut sans conteste le porte-parole le plus convaincant de cette mouvance. (&#8230;) L'assassinat de Martin Luther King entra&#238;na de nouvelles &#233;meutes urbaines &#224; travers tout le pays. (&#8230;) Un v&#233;ritable plan contre les militants noirs fut &#233;labor&#233; par les forces de police et le FBI. Le 4 d&#233;cembre 1969, peu avant cinq heures du matin, une patrouille de la police de Chicago arm&#233;e de mitraillettes et de fusils envahissait un appartement o&#249; vivaient des Black Panthers. Ils tir&#232;rent entre 80 et 200 coups de feu dans l'appartement. (&#8230;) Des &#233;meutes de Detroit en 1967 &#233;tait n&#233;e une organisation destin&#233;e &#224; encadrer les travailleurs noirs en vue de bouleversements r&#233;volutionnaires. La Ligue des travailleurs noirs r&#233;volutionnaires resta en activit&#233; jusqu'en 1971 et mobilisa des milliers de personnes &#224; Detroit. (&#8230;) A la fin des ann&#233;es 60 et au d&#233;but des ann&#233;es 70, le syst&#232;me faisait tout ce qu'il pouvait pour contenir l'effrayante capacit&#233; explosive des &#233;meutes noires. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Au milieu de l'ann&#233;e 65, &#224; Mac Comb (Mississipi), des jeunes Noirs qui venaient d'apprendre qu'un de leurs camarades &#233;tait mort au Vietnam distribu&#232;rent un prospectus r&#233;dig&#233; en ces termes : &#171; Aucun Noir du Mississipi ne devrait se battre au Vietnam pour d&#233;fendre la libert&#233; du Blanc tant que le peuple noir ne sera pas libre au Mississipi. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Discours de Martin Luther King :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'Am&#233;rique ne conna&#238;tra ni repos ni tranquillit&#233; tant que les Noirs ne jouissent pas pleinement de leurs droits civiques. Les orages de la r&#233;volte continueront &#224; secouer les fondations de notre pays jusqu'au jour o&#249; la lumi&#232;re de la justice arrivera. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y a quelque chose que je dois dire &#224; mon peuple, qui est sur le point de franchir le seuil de la justice. En luttant pour prendre notre juste place, nous ne devrons pas nous rendre coupables d'actes injustes. Ne buvons pas de la coupe de l'amertume et de la haine pour assouvir notre soif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons toujours conduire notre lutte dans un haut souci de dignit&#233; et de la discipline. Nous ne pouvons pas laisser notre protestation cr&#233;ative d&#233;g&#233;n&#233;rer en violence physique. Encore et encore, nous devons atteindre ce niveau exalt&#233; o&#249; nous opposons &#224; la force physique, la force de l'&#226;me. Le militantisme merveilleux qui a pris la communaut&#233; noire ne doit pas nous amener &#224; nous m&#233;fier de tous les Blancs, puisque beaucoup de nos fr&#232;res Blancs, on le voit par leur pr&#233;sence i&#231;i aujourd'hui, se sont rendus compte que leur destin est li&#233; au n&#244;tre, et que leur libert&#233; d&#233;pend &#233;troitement de la n&#244;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Je vous dis aujourd'hui, mes amis, que malgr&#233; les difficult&#233;s et les frustrations du moment, j'ai quand m&#234;me un r&#234;ve. C'est un r&#234;ve profond&#233;ment enracin&#233; dans le r&#234;ve am&#233;ricain. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai un r&#234;ve qu'un jour, cette nation se l&#232;vera et vivra la vrai signification de son croyance&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Ceci est notre espoir. C'est avec cet espoir que je rentre au Sud. Avec cette foi, nous pourrons transformer les discordances de notre nation en une belle symphonie de fraternit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Quand ce jour arrivera, tous les enfants de Dieu pourront chanter avec un sens nouveau cette chanson patriotique, &#034;Mon pays, c'est de toi, douce patrie de la libert&#233;, c'est de toi que je chante. Terre o&#249; reposent mes a&#239;eux, fiert&#233; des p&#232;lerins, de chaque montagne, que la libert&#233; retentisse.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Et si l'Am&#233;rique veut &#234;tre une grande nation ceci doit se faire. &lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Quand nous laisserons retentir la libert&#233;, quand nous la laisserons retentir de chaque village et de chaque lieu-dit, de chaque &#233;tat et de chaque ville, nous ferons approcher ce jour quand tous les enfants de Dieu, Noirs et Blancs, Juifs et Gentils, Catholiques et Protestants, pourront se prendre par la main et chanter les paroles du vieux spiritual noir, &#034;Enfin libres ! Enfin libres ! Dieu Tout-Puissant, merci, nous sommes enfin libres ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel &#233;tait le discours de Martin Luther King, tr&#232;s loin des aspirations explosives des noirs opprim&#233;s mais tr&#232;s proche des pr&#233;occupations de Kennedy et du pouvoir capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'itin&#233;raire de Booker T. Washington, un autre partisan de la m&#233;thode dite pacifiste :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Up from slavery &#187; est d&#233;sormais un classique de la litt&#233;rature am&#233;ricaine. Cette autobiographie parut en 1901 retrace le parcours de ce jeune noir, n&#233; esclave en 1865 et qui fondera l'universit&#233; pour jeunes enseignants noirs de Tuskegee, Alabama. Booker T. f&#251;t enseignant, &#233;crivain, mais c'est surtout comme militant pour l'int&#233;gration des noirs am&#233;ricains qu'il devint un homme public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Booker.T Washington est n&#233; dans une famille pauvre du sud-ouest de l'Etat de Virginie d'un p&#232;re blanc et d'une m&#232;re noire. Il n'a pas connu son p&#232;re. C'est son beau-p&#232;re, un esclave affranchi, qui l'&#233;duquera. Tr&#232;s t&#244;t, il a le go&#251;t des &#233;tudes mais la pauvret&#233; oblige le jeune gar&#231;on &#224; travailler dans des mines de charbon et des fours &#224; sel pour aider sa famille. Frustration. Booker voulait &#233;tudier. A seize ans, ses parents l'autorisent finalement &#224; quitter son travail. Il rentre alors &#224; l'institut agricole de Hampton, devenu depuis une universit&#233;, o&#249; il paye ses &#233;tudes en y travaillant comme portier. El&#232;ve brillant, il devient rapidement professeur. Il exercera l&#224;-bas. Remarqu&#233; par le directeur de l'&#233;cole, Sam Armstrong, il devient alors le premier dirigeant de l'Universit&#233; de Tuskegee. Cette Universit&#233; qu'il fonde en 1881 forme de jeunes enseignants noirs. Il en sera le pr&#233;sident jusqu'&#224; sa mort en 1915.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honneur supr&#234;me pour un noir am&#233;ricain &#224; l'&#233;poque, B.T.Washington est invit&#233; &#224; parler lors de l'ouverture de la &#171; Cotton states exposition &#187; en 1895. L&#224;, il prononce le discours du &#171; compromis d'Atlanta &#187;. Pour lui, les noirs ne pourront obtenir des droits civiques qu'&#224; travers leur propre avancement &#233;conomique et moral. Il consid&#232;re que la bataille doit &#234;tre sur le terrain, avant d'&#234;tre devant les tribunaux. Plut&#244;t qu'une bataille juridique offensive, il pr&#233;f&#232;re d&#233;fendre une int&#233;gration par l'excellence : l'&#233;ducation et la probit&#233; morale de chacun pousseront la soci&#233;t&#233; blanche &#224; les reconna&#238;tre. Ce discours nuanc&#233; fait mouche aupr&#232;s de nombreux m&#233;c&#232;nes blancs. Il r&#233;colte des fonds de grands patrons de l'&#233;poque. Henri Rogers, alors grand magnat de la Standard Oil, le c&#233;l&#232;bre Rockefeller, Julius Rosenwald ou encore W.H Taft, lui donneront des aides colossales pour financer la mise en place de programmes &#233;ducatifs co&#251;teux et la cr&#233;ation de nouvelles &#233;coles dans le pays. Ils sont s&#233;duits par ce discours mod&#233;r&#233; qui reprend &#224; son compte, une id&#233;e tr&#232;s ancr&#233;e dans les mentalit&#233;s am&#233;ricaines : &#171; Aide-toi, et l'Am&#233;rique t'aidera &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette logique de compromis n'est pas sans froisser certains dirigeants noirs tels que l'un des futurs fondateurs de la N.A.A.C.P, W.E.B Dubois. Ils y voient opportunisme et frilosit&#233;. Frilosit&#233;. Car pour eux, la lutte pour l'int&#233;gration des noirs doit passer par des changements l&#233;gaux et par une ligne bien plus offensive en mati&#232;re de droits civiques. Opportunisme. Car cet ami des blancs accepte trop facilement d'&#234;tre leur caution noire progressiste pour faire subventionner ses programmes et &#234;tre invit&#233; &#224; la Maison Blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LEON TROTSKY&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les Noirs ne se sont pas encore &#233;veill&#233;s et pas encore unis avec les ouvriers blancs ; 99,9 % des ouvriers am&#233;ricains sont chauvins ; ce sont des bourreaux vis-&#224;-vis des Noirs et des Chinois. Il est n&#233;cessaire de leur faire comprendre que l'Etat am&#233;ricain n'est pas leur Etat et qu'ils n'ont pas &#224; &#234;tre les gardiens de cet Etat. Les travailleurs am&#233;ricains qui disent : &#171; Les Noirs se s&#233;pareront quand ils le voudront et nous les d&#233;fendrons contre notre police am&#233;ricaine &#187;, ceux-l&#224; sont les r&#233;volutionnaires, j'ai confiance en eux.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article699&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand le courant communiste &#233;tait en t&#234;te du combat contre l'oppression des noirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article609&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand le Parti Communiste Am&#233;ricain, optant sous l'&#233;gide de Staline pour l'alliance avec de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, l&#226;chait le combat des noirs comme il l&#226;chait le combat des travailleurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hoover, responsable du FBI durant cette p&#233;riode avait r&#233;dig&#233; une note qui annon&#231;ait clairement que : &#171; Le Cointelpro doit emp&#234;cher la naissance d'un messie qui pourrait unifier et &#233;lectriser le mouvement nationaliste noir (...) Il faut faire comprendre aux jeunes Noirs mod&#233;r&#233;s que, s'ils succombent &#224; l'enseignement r&#233;volutionnaire, ils seront des r&#233;volutionnaires morts (...) ne vaut-il pas mieux &#234;tre une vedette sportive, un athl&#232;te bien pay&#233; ou un artiste, un employ&#233; ou un ouvrier plut&#244;t qu&#8216;un Noir qui ne pense qu'&#224; d&#233;truire l'establishment et qui, ce faisant, d&#233;truit sa propre maison, ne gagnant pour lui et son peuple que la haine et le soup&#231;on des Blancs ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a 40 ans Malcom X &#233;tait assassin&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le 21 f&#233;vrier 1965 que Malcom X, un des leaders noirs radicaux les plus connus pendant les ann&#233;es de lutte des Noirs am&#233;ricains contre la s&#233;gr&#233;gation et le racisme, fut assassin&#233; lors d'une r&#233;union publique, dans le quartier noir de Harlem &#224; New York.&lt;br class='autobr' /&gt;
A-t-il &#233;t&#233; &#233;limin&#233; par des opposants politiques li&#233;s aux &#171; Black muslims &#187;, (&#171; Musulmans noirs &#187;) ? Cela semble acquis aujourd'hui ; mais sa mort serait le r&#233;sultat d'une action conjointe d'une fraction des Musulmans noirs et de la CIA (dirig&#233;e alors par Hoover, raciste acharn&#233; et anticommuniste visc&#233;ral). Il fut donc &#233;limin&#233; par le pouvoir nord-am&#233;ricain. Malcom X apparaissait &#224; l'&#233;poque comme le plus intransigeant repr&#233;sentant de la r&#233;volte noire contre la s&#233;gr&#233;gation aux Etats-Unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses critiques envers les leaders noirs mod&#233;r&#233;s, &#171; oncles Tom modernes, utilis&#233;s par les Blancs pour nous maintenir passifs, paisibles, non-violents &#187; et envers son propre mouvement : &#171; nous aurions int&#233;r&#234;t &#224; r&#233;viser notre politique de non-engagement et nous trouver&#8230; aux c&#244;t&#233;s des Noirs&#8230; qui s'engagent r&#233;solument dans la lutte &#187; lui valurent d'&#234;tre exclu de la &#171; Nation de l'Islam &#187; organisation des musulmans noirs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dirigeants des Musulmans noirs entendaient ainsi couper les ailes d'un dirigeant qui avait pris beaucoup d'ascendant et le marginaliser.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais malgr&#233; son exclusion, Malcom X prenait de plus en plus d'autorit&#233; aupr&#232;s de la jeunesse radicale. Il mena&#231;ait l'autorit&#233; des Musulmans noirs sur le peuple des ghettos et surtout il mettait en danger l'autorit&#233; du gouvernement am&#233;ricain. La r&#233;volte des Noirs am&#233;ricains, succ&#233;dant au mouvement pour les droits civiques dirig&#233; par Martin Luther King, &#233;branlait l'&#233;tat am&#233;ricain, et Malcom X m&#234;me seul, repr&#233;sentait un dangereux tison qu'il fallait &#233;liminer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son assassinat allait profiter aux Musulmans noirs, dont les tendances affairistes dans les ghettos noirs se d&#233;velopp&#232;rent largement par la suite. Ceux-ci voulaient &#234;tre les ma&#238;tres de toute activit&#233; &#233;conomique dans les quartiers noirs et y faire des affaires. C'est cette fa&#231;on d&#8216;exploiter la situation et les difficult&#233;s des quartiers noirs face au racisme et &#224; la pauvret&#233; qui permit par exemple, au chef actuel des Musulmans noirs, Farrakhan, de devenir multi millionnaire. Il est vrai, que s'ils pouvaient le faire, c'est parce que les &#171; Musulmans noirs &#187; avaient gagn&#233; un certain ascendant dans les ghettos sur de nombreux Noirs dont beaucoup de jeunes d&#233;linquants qui, comme Malcom X jeune, avaient &#233;t&#233; recrut&#233;s dans les prisons. Les Musulmans les avaient redress&#233;s et en avaient fait des nationalistes noirs, hostiles au pouvoir blanc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet assassinat de Malcom X faisait aussi l'affaire de l'Etat am&#233;ricain qui ne pouvait tol&#233;rer la mont&#233;e d'une violence r&#233;volutionnaire dans les mouvements noirs. Il fallait faire le m&#233;nage, surtout &#233;viter la contagion g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la r&#233;volte. A travers l'assassinat de Malcom X, il fallait d&#233;capiter le mouvement de masse qu'il repr&#233;sentait, faire un exemple aux yeux des 22 millions de noirs am&#233;ricains r&#233;volt&#233;s potentiels. Malcom X ne fut d'ailleurs pas le seul dirigeant populaire assassin&#233;. Apr&#232;s lui, ce fut le tour de Martin Luther King, pourtant plus mod&#233;r&#233; dans ses propos, puis de plusieurs dirigeants et militants des &#171; black Panthers &#187; qui pr&#244;naient l'auto d&#233;fense arm&#233;e et la mirent en pratique en patrouillant arm&#233;s dans les ghettos pour se faire respecter de la police blanche. Cette pratique avait du reste &#233;t&#233; inaugur&#233;e par Malcom X.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mobilisation massive des Noirs dont un grand nombre se reconnaissait peu ou prou en tous ces dirigeants faisait craindre le pire au gouvernement am&#233;ricain. Les &#233;meutes noires massives dans tous les grands ghettos noirs embrasaient les USA, &#224; Harlem, Newark, Watts, D&#233;troit et ailleurs. Pour mettre un terme &#224; la radicalisation du mouvement noir, l'Etat am&#233;ricain r&#233;prima durement. Sa police et ses militaires tiraient &#224; vue dans les ghettos, y compris avec des armes lourdes, rasant des quartiers, assassinant des centaines de manifestants. Le pouvoir emprisonna plusieurs milliers d'entre eux, puis liquida un grand nombre de dirigeants et militants les plus radicaux. Ensuite, le pouvoir fit des concessions. La p&#233;riode de lutte engag&#233;e pour la reconnaissance des droits civiques et pour mettre fin &#224; la s&#233;gr&#233;gation partout aux Etats-Unis, porta ces quelques fruits ; ce qui n'&#233;tait pas n&#233;gligeable, notamment pour ceux qui subissaient depuis toujours ce racisme officiel, mais aussi pour tous ceux qui en faisait un probl&#232;me de dignit&#233; humaine. La pression de cette lutte ouvrit certes un peu plus d'emplois &#224; des Noirs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les lendemains de ces luttes profit&#232;rent surtout &#224; la bourgeoisie et petite bourgeoisie noires. Mais ces luttes avaient soulev&#233; des espoirs qui allaient au-del&#224; du probl&#232;me racial ; c'est tout le probl&#232;me des in&#233;galit&#233;s, de l'exploitation, de la mis&#232;re qui soulevait l'enthousiasme et la combativit&#233; de beaucoup de ceux qui manifestaient, se battaient dans les rues.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour tous ceux l&#224;, pour leurs enfants d'aujourd'hui, ce combat reste &#224; poursuivre, certes dans d'autres conditions. La cause fondamentale du racisme, de l&#8216;oppression, de la mis&#232;re ne pouvait pas &#234;tre &#233;radiqu&#233;e uniquement par les quelques lois sur les droits civiques consentis par le pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il reste encore, aujourd'hui, aux Noirs am&#233;ricains, &#224; se battre, de nouveau, contre le syst&#232;me d'exploitation capitaliste qui est la cause de la mis&#232;re et de toutes formes d'oppression dans le pays le plus riche du monde, le mod&#232;le permanent du capitalisme ! Il est possible qu'au fil de sa vie militante, en particulier dans les derniers mois v&#233;cus, Malcom X se soit approch&#233; de cette v&#233;rit&#233;, sans en avoir tir&#233; toutes les cons&#233;quences. Le pouvoir ne lui pas donn&#233; le temps d'y parvenir, si toutefois c'&#233;tait dans ses intentions. Quoiqu'il en soit nous devons appr&#233;cier &#224; sa juste valeur le courage et l'engagement de cet homme qui refusait de se laisser berner par les contes mod&#233;r&#233;s et les faux-fuyant des leaders mod&#233;r&#233;s et proclamait cette v&#233;rit&#233; simple que &#171; le pouvoir est au bout du fusil &#187;, quand des masses nombreuses se mobilisent et tiennent en main de nombreux fusils face aux brutes arm&#233;es du pouvoir d'&#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;article de&#034;Combat Ouvrier&#034;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_98 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L400xH264/mexico-1968-8cfb2.jpg?1782687556' width='400' height='264' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On les a appel&#233;s Niggers puis Coloured people, Negroes puis Blacks et maintenant, les voici Afro-Americans. Cela ne change rien au r&#233;el : les Noirs constituent aujourd'hui comme hier la classe la plus d&#233;favoris&#233;e de la soci&#233;t&#233; nord-am&#233;ricaine. Ce n'est pourtant pas faute d'en avoir secou&#233; un &#224; un tous les jougs, dont ces appellations successives sont autant de symboles !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le si&#232;cle d&#233;marre sur un bilan tragique bien qu'alors coutumier : cent-six Noirs meurent lynch&#233;s dans l'ann&#233;e 1900. L'avenir ne semble pas prometteur pour les vivants, car en cette m&#234;me ann&#233;e, l'AFL (American Federation of Labor), jeune mais d&#233;j&#224; plus grand syndicat du pays, accepte malgr&#233; ses principes fondateurs int&#233;grationnistes des associations interdites aux Noirs. Le syndicalisme am&#233;ricain cautionne une s&#233;gr&#233;gation que la Cour Supr&#234;me a permis aux &#201;tats d'instaurer peu &#224; peu, par sa lecture de plus en plus restrictive du XIV&#232;me Amendement garantissant depuis 1865 la pleine citoyennet&#233; &#224; toute personne n&#233;e sur le territoire. Le mouvement ouvrier ne se prive pas ainsi seulement d'une force potentiellement r&#233;volutionnaire. En rejetant le probl&#232;me racial hors du champ social, il condamne les Noirs au seul combat juridique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce terrain conviendra &#224; l'infime bourgeoisie noire, pour la plupart d&#233;j&#224; install&#233;e dans le Nord. Mais la majorit&#233;, compos&#233;e de paysans vivant dans le Sud Profond, a d'autres priorit&#233;s plus concr&#232;tes, sur lesquelles s'appuie le leader de l'&#233;poque, Booker T. Washington (1856-1915), pour pr&#244;ner l'int&#233;gration par l'apprentissage de m&#233;tiers &#224; faible qualification et renvoyer l'&#233;galit&#233; raciale &#224; un avenir lointain. Le programme pla&#238;t aux Blancs, qui le noient sous les honneurs dont ils inondent son auteur. Maigre succ&#232;s, son Tuskegee Institute formera des g&#233;n&#233;rations d'ouvriers puis de cadres instruits, mais ne changera gu&#232;re la situation g&#233;n&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc du Nord un fois de plus que viendra la lumi&#232;re - faible lumi&#232;re tant le chemin est long qui m&#232;ne &#224; la libert&#233;. Le Nord vers lequel se dirige massivement la population noire, chass&#233;e de la campagne sudiste par la mis&#232;re, les vexations, la pression des petits agriculteurs blancs et les mutations de la soci&#233;t&#233;. Le Nord o&#249; est fond&#233;e en 1910 la NAACP (National Association for the Advancement of Coloured People), c&#233;l&#232;bre pourfendeuse des lois et actes racistes, qui obtiendra en justice des r&#233;sultats d&#233;cisifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Son unique responsable noir jusqu'&#224; ce jour, le brillant W.E.B. Dubois, appelle pour la premi&#232;re fois au vote d&#233;mocrate en 1912.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Pr&#233;sident Wilson ne s'en montre gu&#232;re reconnaissant, pas plus que du soutien &#224; l'oncle Sam apport&#233; par les Noirs lors de la Premi&#232;re Guerre Mondiale. Premier embrasement g&#233;n&#233;ralis&#233; des ghettos, &#034;l'&#233;t&#233; rouge&#034; de 1919 marque l'av&#232;nement de la troisi&#232;me tendance noire am&#233;ricaine, symbolis&#233;e par Marcus Garvey, ap&#244;tre du nationalisme et inspirateur du mouvement rasta jama&#239;cain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Collaboration, combat civique ou violence : les options sont en place. Les ann&#233;es vingt leur ajoutent un &#233;lan artistique, faisant d'Harlem un p&#244;le culturel, mais aussi politique, avec la formation de syndicats noirs par le Parti Communiste (1925). Les Noirs souffrent au premier chef de l'appauvrissement g&#233;n&#233;ral et des bouleversements que provoque la Crise, et ne profite gu&#232;re du r&#233;veil social qu'elle engendre. Certes, aux succ&#232;s de A. Philip Randolph et de son syndicat des porteurs de wagon-lits s'ajoutent les victoires des athl&#232;tes noirs &#224; Berlin en 1936, ou la gloire de l'acteur et chanteur communiste Paul Robeson (1898-1976), premi&#232;re star de couleur et bient&#244;t exil&#233;, pour attester de la pugnacit&#233; de la communaut&#233; et r&#233;veiller sa fiert&#233;. Mais la s&#233;gr&#233;gation et la mis&#232;re perdurent, malgr&#233; les louables efforts de l'administration Roosevelt, vite calm&#233;s par la guerre et l'anticommunisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les techniques du combat civique sont pourtant d&#233;j&#224; bien au point. D&#232;s qu'une victoire juridique est obtenue, on s'engouffre dans la br&#232;che, on exige son application, on tente de l'&#233;tendre &#224; des domaines annexes, quitte &#224; provoquer de nouveaux proc&#232;s. Ainsi en 1947, de nombreux militants sont arr&#234;t&#233;s lorsque le CORE (Congress of Racial Equality) organise un &#034;Voyage de la Libert&#233;&#034; pour que soient appliqu&#233;es les r&#233;centes directives interdisant la s&#233;gr&#233;gation dans les liaisons entre &#233;tats. Mais l'indiff&#233;rence reste totale. De pi&#233;tinements proc&#233;duriers en &#233;meutes suivies de phases d'abattement, la lutte semble sans espoir et sans fin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que manque-t-il ? Un chef, une organisation, une id&#233;e noble &#224; la hauteur du g&#233;nie de ce peuple martyr ? Depuis 1934 Elijah Mohammed pr&#233;side la Nation de l'Islam, forte de 100 000 membres en 1950, qui milite pour l'&#233;conomie s&#233;par&#233;e, la cr&#233;ation d'Etats Noirs et... le refus de voter. La rh&#233;torique radicale et l'ironie implacable de son encombrant porte-parole susciteront l'engouement des m&#233;dias, qui feront de l'&#233;l&#233;gant Malcom X, de son m&#233;pris des Blancs, de ses appels &#224; l'autod&#233;fense arm&#233;e, un &#233;pouvantail pour les uns et un aiguillon pour les autres. Mais c'est l'application des pratiques du Mahatma Gandhi par les pasteurs chr&#233;tiens noirs qui enclenche enfin l'alchimie des r&#233;voltes victorieuses. Rien n'oppose l'action non-violente &#224; l'&#201;vangile, au contraire, puisqu'elle donne chair au message r&#233;dempteur profess&#233; par le christianisme noir. On l'avait oubli&#233; tant elle se faisait discr&#232;te, mais l'&#201;glise constitue malgr&#233; ses multiples chapelles la seule structure &#224; laquelle adh&#232;re depuis longtemps l'immense majorit&#233; des Noirs, souvent avec une ferveur ardente. Ses pasteurs repr&#233;sentent l'&#233;lite dans laquelle beaucoup se reconnaissent, et d'o&#249; &#233;merge rapidement la figure charismatique de Martin Luther King. L'id&#233;e, l'organisation, le chef sont r&#233;unis ; la &#034;mayonnaise&#034; peut prendre, d'autant que King sait ajouter &#224; son vibrant discours chr&#233;tien un rappel des valeurs fondatrices am&#233;ricaines qui contribue, avec le pacifisme, &#224; donner au combat une dimension morale. Blancs et Noirs peuvent donc y prendre part, les timor&#233;s parce qu'il est pacifique, les extr&#233;mistes en le voyant comme un d&#233;but. &lt;br class='autobr' /&gt;
En &#233;voquant les grands moments de ces quinze ann&#233;es fulgurantes, on aurait tort d'oublier l'&#226;pret&#233; de la lutte. Pour chaque victoire, combien de militants assassin&#233;s, condamn&#233;s ou battus, combien de foules mises &#224; terre par les lances &#224; incendie ? Tout commence d'ailleurs comme une expiation, par l'ann&#233;e enti&#232;re de marche &#224; pied que s'infligent en 1956 les Noirs de Birmingham (Alabama) avant d'obtenir de la Cour Supr&#234;me l'interdiction de la s&#233;gr&#233;gation dans les bus. Et tout proc&#232;de comme d'un chemin de croix collectif, avec les foules haineuses accueillant par des menaces les enfants noirs dans les &#233;coles (Little Rock, Arkansas, 1957), ou par des coups les militants du Core qui reprennent leurs voyages de la libert&#233; en 1961, avec l'aide des &#233;tudiants du SNCC (Comit&#233; de coordination des &#201;tudiants Non-violents). Mais les forces noires se regroupent, sous l'impulsion de la SCLC (Southern Christian Leadership Conference) fond&#233;e par King en 1957, et les succ&#232;s arrivent, bient&#244;t soutenus par l'administration Kennedy. A force de proc&#232;s, de boycotts, de sit-in et de manifestations pacifiques, la d&#233;s&#233;gr&#233;gation est impos&#233;e dans les &#233;coles, les lieux publics, les commerces. En ao&#251;t 1963, un grand rassemblement &#224; Washington, au cours duquel King prononce son c&#233;l&#232;bre discours &#034;j'ai fait un r&#234;ve&#034;, consacre l'apog&#233;e de la lutte civique. En 1965 les marcheurs de Selma (Alabama), sauvagement arr&#234;t&#233;s pour avoir voulu s'inscrire sur les listes &#233;lectorales, poussent le Pr&#233;sident Johnson &#224; pr&#233;senter une loi supprimant toute restriction l&#233;gale au droit de vote. Empruntant aux militants le &#034;nous vaincrons&#034; de leur hymne, il d&#233;finit les principes de &#034;l'action affirmative&#034;, &#233;bauche de r&#233;paration sous forme de priorit&#233;s accord&#233;es aux Noirs dans l'acc&#232;s aux universit&#233;s et &#224; l'administration. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudrait donc chanter ces victoires, alors qu'elles portent sur des droits reconnus depuis un si&#232;cle par la Constitution, et arrach&#233;s par une guerre civile ? Se r&#233;jouir de promesses qui n'engagent gu&#232;re que l'argent public ? La plupart des Noirs ne s'en contente d&#233;j&#224; plus. A la fiert&#233; de se proclamer &#034;negroes&#034; des d&#233;buts de la lutte pour les droits civiques a succ&#233;d&#233; l'affirmation d'une culture que beaucoup consid&#232;rent comme autonome, sinon sup&#233;rieure. Black Power, &#034;Black is beautiful&#034; et coiffure afro symbolisent l'apparition d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration que la lenteur des progr&#232;s, la persistance de la mis&#232;re et l'assassinat de Malcom X en 65 rend plus vindicative. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'analyse en vigueur aujourd'hui veut que le mouvement ait alors &#233;t&#233; d&#233;bord&#233; par la mouvance gauchiste, s'ali&#233;nant la population, ou emport&#233; par une logique interne radicale qui pousse par exemple King &#224; soutenir la cause palestinienne, perdant ainsi l'appui du lobby juif. Ce point de vue tend &#224; n&#233;gliger que, peu avant sa mort, Malcom X amor&#231;a un rapprochement entre les deux tendances en soutenant King &#224; Selma. Que celui-ci, soumis aux critiques des jeunes du SNCC, se lan&#231;a dans le combat &#233;conomique avec en 66 le boycott pour l'am&#233;lioration des taudis de Chicago. Son &#233;chec cuisant semble avoir &#233;t&#233; savamment orchestr&#233;. Car sur ce terrain-l&#224; s'agitent d'autres int&#233;r&#234;ts, &#224; qui la lutte civique ne portait gu&#232;re tort ! Certes, les militants arm&#233;s du Black Panther Party, cr&#233;&#233; en 66 par Bobby Seale et Huey Newton, &#233;mules de Malcom X, pr&#233;figurent l'&#233;closion du gauchisme, et l'embrasement des ghettos &#224; l'&#233;t&#233; 67 annonce l'agitation mondiale de l'ann&#233;e suivante. Mais si le mouvement a profit&#233; de la dynamique lib&#233;ratrice d'une &#233;poque agit&#233;e, il la pr&#233;c&#232;de plus qu'il ne l'accompagne, y compris dans la chute. Les assassinats de Martin Luther King en avril 68, puis en juin de son ami Robert Kennedy, ancien ministre de la Justice et tr&#232;s lib&#233;ral candidat d&#233;mocrate, marquent le d&#233;but de la grande r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il soit impossible de prouver sa responsabilit&#233; directe dans ces meurtres, on conna&#238;t maintenant le r&#244;le r&#233;pressif jou&#233; pendant des ann&#233;es par l'obscur Edgar Hoover, directeur du FBI de 1924 &#224; 1972, raciste et anticommuniste obsessionnel aux accointances maffieuses. Manipulation, d&#233;sinformation, campagnes calomnieuses, exploitation des dissensions internes, harc&#232;lement policier ou m&#234;me assassinats, l'arsenal r&#233;pressif classique, forg&#233; au feu du Maccarthysme, ne fut pas &#233;tranger &#224; la radicalisation du mouvement. L'introduction massive de la drogue dans les ghettos, la gangst&#233;risation des syndicats, puis des groupes activistes bient&#244;t entra&#238;n&#233;s dans une spirale de violence dont ils sortiront vaincus, rel&#232;vent de strat&#233;gies nettement plus &#034;post modernes&#034;, formalis&#233;es sous le nom de Cointel-Pro et visant &#224; diviser, criminaliser et d&#233;consid&#233;rer la contestation d'o&#249; qu'elle vienne. Pour la communaut&#233; noire, la disparition des radicaux, la criminalisation massive, les lenteurs de l'action affirmative puis sa remise en question par les Pr&#233;sidents Reagan et Bush t&#233;moignent du succ&#232;s de cette politique. Les curieux se demanderont pourquoi elle n'a pas donn&#233; naissance au terrorisme, islamiste par exemple avec la Nation de l'Islam et son nouveau chef Louis Farrakhan, pourtant fort v&#233;h&#233;ment. Pendant ce temps la communaut&#233; noire contemple son bien maigre bilan, agit&#233;e d'explosions sporadiques. Apr&#232;s avoir d&#233;truit le mythe de la Terre de Libert&#233;, puis celui du melting-pot, la voici enferm&#233;e dans celui de l'Am&#233;rique pluriethnique, qui la rend responsable de sa persistante pauvret&#233; et criminalisation. Combien de temps cautionnera-t-elle ce nouveau mensonge ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; dans Le si&#232;cle rebelle, dictionnaire de la contestation au XX&#232; si&#232;cle, &#233;d. Larousse, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;article de wikipedia sur les&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Black Panther Party&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_73 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/297387-186c8.jpg?1782687557' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Black Panther Party (&#224; l'origine le Black Panther Party for Self-Defense) &#233;tait un mouvement r&#233;volutionnaire afro-am&#233;ricain form&#233; aux &#201;tats-Unis en 1966 par Bobby Seale et Huey P. Newton qui a atteint une &#233;chelle nationale avant de s'effondrer &#224; cause de tensions internes et des efforts de suppression par l'&#201;tat, en particulier le FBI (efforts qui comportaient des arrestations et l'agitation de factions rivales via des infiltrateurs). L'organisation est connue pour son programme &#171; Free Breakfast for Children &#187;, l'utilisation du terme &#171; pigs &#187; (cochons) pour d&#233;crire les agents de police ainsi que pour avoir apport&#233; des armes &#224; feu &#224; l'assembl&#233;e l&#233;gislative californienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les membres du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC), parmi lesquels Stokely Carmichael, travaillaient &#224; enregistrer les votants dans le comt&#233; de Lowndes, en Alabama. Suivant le succ&#232;s du Mississippi Freedom Party, les organisateurs travaillaient &#224; cr&#233;er la Lowndes Organization comme parti ind&#233;pendant.&lt;br class='autobr' /&gt;
La loi de l'Alabama obligeait tous les partis &#224; pr&#233;senter une identification visuelle pour les votants analphab&#232;tes. Courtland Cox a contact&#233; un concepteur d'Atlanta pour un logo. Celui-ci a d'abord pr&#233;sent&#233; un pigeon mais les acteurs du SNCC &#224; Lowndes ont pens&#233; que cela &#233;tait trop doux alors le concepteur est revenu avec une panth&#232;re noire, la mascotte du Clark College d'Atlanta. La Lowndes County Freedom Organization est devenue le parti Black Panther et rapidement d'autres partis sont apparus dans le pays. Plusieurs n'avaient pas de lien avec le SNCC et le Black Panther Party for Self-Defense n'&#233;tait pas li&#233; officiellement avec aucun de ces partis ni au SNCC.Le parti a lanc&#233; une vari&#233;t&#233; de programmes communautaires, initialement dans la r&#233;gion d'Oakland, incluant un programme de d&#233;pistage de la dr&#233;panocytose, des cliniques gratuites et des distributions de nourriture. Le programme qui a &#233;t&#233; de loin le plus populaire et qui a eu le plus de succ&#232;s est sans doute le &#171; Free Breakfast for Children Program &#187;, initialement d'une &#233;glise de San Francisco et qui a nourri des milliers d'enfants durant l'histoire du parti...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Black Panthers ont aussi offert de nombreux autres services gratuits tels que des v&#234;tements , des cours de politique et d'&#233;conomie, des cliniques m&#233;dicales, des le&#231;ons d'autod&#233;fense et de premiers soins, des transports vers les prisons pour les membres de la famille des d&#233;tenus, un programme d'ambulance de soins d'urgence, des mesures de r&#233;habilitation &#224; l'alcoolisme et &#224; la toxicomanie, et le d&#233;pistage de la dr&#233;panocytose. Les Panthers ont test&#233; plus de 500 000 Afro-Am&#233;ricains pour cette maladie avant que les &#233;tablissements m&#233;dicaux reconnaissent qu'elle affecte presque exclusivement les membres de la communaut&#233; noire. Le parti a aussi combattu l'usage de drogues dans la communaut&#233; Afro-Am&#233;ricaine en arr&#234;tant les op&#233;rations des trafiquants de drogue et en faisant de la propagande anti-drogue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Parti a bri&#232;vement fusionn&#233; avec le Student Nonviolent Coordinating Committee avec &#224; leur t&#234;te Stokely Carmichael (plus tard Kwame Toure).&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1967 le parti organisa une marche vers le si&#232;ge du pouvoir l&#233;gislatif de la Californie en vue de protester contre la volont&#233; de l'&#233;tat de d&#233;l&#233;galiser le port d'armes charg&#233;es en public. Les participants y portaient des fusils.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1968 le Ministre de l'information du BPP Eldridge Cleaver se portait candidat pour la pr&#233;sidence du Peace and Freedom Party.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Parti a &#233;t&#233; cibl&#233; par le programme COINTELPRO du FBI, qui tentait syst&#233;matiquement d'interrompre les activit&#233;s et de dissoudre le parti. COINTELPRO y arrivait par infiltration, propagande publique et la provocation de rivalit&#233;s entre factions et ce principalement par l'envoi de lettres anonymes ou falsifi&#233;es. La police retenait le groupe par des poursuites interminables, des fusillades, des assassinats, des enqu&#234;tes, de la surveillance et des dirty tricks.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors de l'une des plus notoires de ces actions, le FPB et la police de Chicago ont pris d'assaut la r&#233;sidence de l'organisateur talentueux et charismatique des Panthers Fred Hampton le 4 d&#233;cembre 1969. Les personnes dans la maison ont &#233;t&#233; drogu&#233;es par l'informateur du FBI William O'Neal et tous &#233;taient endormis lors de l'assaut. Hampton fut atteint par balles et tu&#233; ainsi que le garde Mark Clark. Les autres dans la maison ont &#233;t&#233; tir&#233;s dans la rue et battus puis accus&#233;s pour voies de fait. Ces accusations ont &#233;t&#233; par la suite retir&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les membres Bunchy Carter et John Huggins ont &#233;t&#233; tu&#233;s sur le campus de l'UCLA en 1969 lors d'un autre incident. Bien qu'ils aient &#233;t&#233; tu&#233;s par un group Black Power rival nomm&#233; US (United Slaves) cr&#233;&#233; par Maulana Karenga, le directeur local du COINTELPRO a revendiqu&#233; les meurtres dans des notes internes du FBI, y affirmant qu'une s&#233;rie de documents falsifi&#233;s provenant de son bureau avaient men&#233; directement &#224; la fusillade.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant qu'une partie de l'organisation participait ou &#233;tait proche des services sociaux des gouvernements locaux, un autre groupe avait constamment des d&#233;m&#234;l&#233;s avec la police. La s&#233;paration entre l'action politique, l'activit&#233; criminelle, les services sociaux, l'acc&#232;s au pouvoir et la recherche d'identit&#233; est devenue floue et bizarrement contradictoire. De ce fait, le momentum politique des Panther a &#233;t&#233; graduellement &#233;puis&#233; &#224; naviguer le syst&#232;me de justice criminelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un groupe s'appelant le New Black Panther Party a &#233;merg&#233; de la Nation of Islam plusieurs d&#233;cennies apr&#232;s la chute des Black Panthers originaux. Des membres du Black Panther Party original les ont publiquement et durement critiqu&#233;. Par exemple, la Dr. Huey P. Newton Foundation insiste qu'il &#171; n'y a pas de nouveau Black Panther Party. &#187; Une nouvelle National Alliance of Black Panthers a &#233;t&#233; form&#233;e le 31 juillet 2004, inspir&#233;e par l'activisme de l'organisation initiale, mais non autrement reli&#233;e. Leur pr&#233;sidente est Shazza Nzingha.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti a &#233;t&#233; fond&#233; sur un programme comportant dix points (Ten Point Plan) list&#233;s ci-dessous et disponibles en entier (en) avec les commentaires explicatifs du parti pour chacun des points. Le Ten Point Plan fut l'un des documents centraux du parti et sa distribution &#233;tait la m&#233;thode la plus importante de propagande, d'&#233;ducation et de recrutement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dix points :&lt;br class='autobr' /&gt;
1.	Nous voulons la libert&#233;. Nous voulons le pouvoir de d&#233;terminer le destin de notre Communaut&#233; Noire.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.	Nous voulons le plein emploi pour notre peuple.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.	Nous voulons la fin du vol de notre Communaut&#233; Noire par les capitalistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
4.	Nous voulons des habitations d&#233;centes, propres &#224; l'h&#233;bergement de personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
5.	Nous voulons une &#233;ducation pour notre peuple qui expose la v&#233;ritable nature de cette soci&#233;t&#233; Am&#233;ricaine d&#233;cadente. Nous voulons une &#233;ducation qui nous enseigne notre v&#233;ritable histoire et notre r&#244;le dans la soci&#233;t&#233; d'aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt;
6.	Nous voulons que tous les hommes noirs soient exempt&#233;s du service militaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
7.	Nous voulons la fin imm&#233;diate de la brutalit&#233; polici&#232;re et du meurtre des personnes noires.&lt;br class='autobr' /&gt;
8.	Nous voulons la libert&#233; pour tous les hommes noirs d&#233;tenus dans des prisons municipales, de comt&#233;s, d'&#233;tat et f&#233;d&#233;rales.&lt;br class='autobr' /&gt;
9.	Nous voulons que toutes les personnes noires amen&#233;es en cour soient jug&#233;es par leurs pairs ou par des personnes de leurs communaut&#233;s noires tel que d&#233;fini dans la Constitution des &#201;tats-Unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
10.	Nous voulons des terres, du pain, des logements, de l'&#233;ducation, des v&#234;tements, la justice et la paix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi nous ne sommes pas racistes &lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits de &#034;A l'aff&#251;t - Histoire du Parti des Panth&#232;res noires et de Huey Newton&#034; par Bobby Seale, Collection T&#233;moins Gallimard, 1972 (&#233;dition fran&#231;aise)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le parti des Panth&#232;res noires n'est pas une organisation raciste noire, et cela &#224; aucun point de vue. Nous connaissons bien les origines du racisme. Notre ministre de la D&#233;fense, Huey P. Newton, nous a appris &#224; comprendre qu'il nous fallait nous opposer au racisme sous toutes ses formes. Le parti a conscience du fait que le racisme est ancr&#233; dans une grande partie de l'Am&#233;rique blanche, mais il sait aussi que les sectes embryonnaires qui prolif&#232;rent &#224; l'heure actuelle dans la communaut&#233; noire ont &#224; leur base une philosophie raciste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti des Panth&#232;res noires ne se place pas au niveau vil et bas du Ku Klux Klan, des &#034;chauvins blancs&#034; ou des organisations de citoyens blancs, soi-disant patriotiques, qui ha&#239;ssent les Noirs pour la couleur de leur peau, m&#234;me si certaines de ces organisations proclament &#034;Oh, nous ne ha&#239;ssons pas les Noirs, la seule chose, c'est que nous ne les laisserons pas faire ceci, ni cela ! &#034; Ce n'est en fait que de la basse d&#233;magogie, masquant le vieux racisme qui fait un tabou de tout, et en particulier du corps. L'esprit des Noirs a &#233;t&#233; &#233;touff&#233; par leur environnement social, cet environnement d&#233;cadent qu'ils ont subi quand ils &#233;taient esclaves et qu'ils subissent encore depuis la soi-disant Proclamation d'&#233;mancipation. Les Noirs, les Bruns, les Chinois et les Vi&#234;t-namiens, font l'objet de surnoms p&#233;joratifs tels que crasseux, n&#232;gres, et bien d'autres encore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que le parti des Panth&#232;res noires a fait en substance, c'est appeler &#224; l'alliance et &#224; la coalition tous les gens et toutes les organisations qui veulent combattre le pouvoir. C'est le pouvoir qui, par ses porcs et ses pourceaux, vole le peuple ; l'&#233;lite avare et d&#233;magogue de la classe dirigeante qui agite les flics au-dessus de nos t&#234;tes, et qui les dirige de mani&#232;re a maintenir son exploitation.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'&#233;poque de l'imp&#233;rialisme capitaliste mondial, imp&#233;rialisme qui se manifeste aussi contre toute sorte de gens ici m&#234;me en Am&#233;rique, nous pensons qu'il est n&#233;cessaire en tant qu'&#234;tres humains, de lutter contre les id&#233;es fausses actuelles telles que l'int&#233;gration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les gens veulent s'int&#233;grer - et je pr&#233;sume qu'ils y arriveront d'ici cinquante ou cent ans - c'est leur affaire. Mais pour l'instant, notre probl&#232;me, c'est ce syst&#232;me de classe dirigeante qui perp&#233;tue le racisme et l'utilise comme moyen de maintenir son exploitation capitaliste. Elle utilise les Noirs, et en particulier ceux qui sortent de l'Universit&#233; et sont issus de ce syst&#232;me d'&#233;lite, parce que ceux-ci ont tendance &#224; tomber dans le racisme noir qui n'est pas diff&#233;rent de celui que le Ku Klux Klan o&#249; les groupes de citoyens blancs pratiquent, il est &#233;vident que combattre le feu par le feu a pour r&#233;sultat un grand incendie. Le meilleur moyen de combattre le feu, c'est l'eau parce qu'elle &#233;teint. L'eau, c'est ici la solidarit&#233; du peuple dans la d&#233;fense de droit &#224; s'opposer &#224; un monstre vicieux. Ce qui est bon pour l'homme est bon pour nous. Ce qui est bon pour le syst&#232;me de la classe diricapitaliste ne peut pas &#234;tre bon pour la masse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, le parti des Panth&#232;res noires, nous voyons les Noirs comme une nation &#224; l'int&#233;rieur d'une nation, mais pas pour des raisons racistes. Nous le voyons comme une n&#233;cessit&#233; qui s'impose, si nous voulons progresser en tant qu'&#234;tres humains et vivre sur cette terre en accord avec autres peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne combattons pas le racisme par le racisme. Nous combattons le racisme par la solidarit&#233;. Nous ne combattons pas le capitalisme exploiteur par le capitalisme noir. Nous combattons le capitalisme par le socialisme. Nous ne combattons pas l'imp&#233;rialisme par un imp&#233;rialisme plus grand. Nous combattons l'imp&#233;rialisme par l'internationalisme prol&#233;tarien. Ces principes sont essentiels dans le parti. Ils sont concrets, humains et n&#233;cessaires. Ils devraient &#234;tre adopt&#233;s par les masses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'utilisons et n'avons jamais utilis&#233; nos armes pour p&#233;n&#233;trer la communaut&#233; blanche et tirer sur des Blancs. Tout ce que nous faisons, c'est de nous d&#233;fendre contre quiconque nous attaque sans raison et essaie de nous tuer lorsqu'on met en pratique notre programme, qu'il soit noir, bleu, vert ou rouge. Tout bien consid&#233;r&#233;, je pense qu'en dant nos actions, tout le monde peut voir que notre organisation pas une organisation raciste, mais un parti progressiste r&#233;volutionnaire. Ceux qui veulent semer la confusion dans la lutte en parlant de diff&#233;rences ethniques sont ceux qui maintiennent et facilitent l'exploitation des masses des pauvres Blancs, des pauvres Noirs, des Bruns, des Indiens rouges, des pauvres Chinois et Japonais et des travailleurs en g&#233;n&#233;ral.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le racisme et les diff&#233;rences ethniques permettent au pouvoir d'exploiter la masse des travailleurs de ce pays parce que c'est par l&#224; qu'il maintient son contr&#244;le. Diviser le peuple pour r&#233;gner sur lui, c'est l'objectif du pouvoir ; c'est la classe dirigeante, une infime minorit&#233; constitu&#233;e de quelques pourceaux et de rats avares et d&#233;magogues, contr&#244;le et pourrit le gouvernement. La classe dirigeante avec ses chiens, ses laquais, ses l&#232;che-bottes, ses &#034;Toms&#034;, ses Noirs racistes et ses nationalistes culturels, - ils sont tous les chiens de garde de la classe dirigeante. Ce sont eux qui aident au maintien du pouvoir en perp&#233;tuant leurs attitudes racistes et en utilisant le racisme comme moyen de diviser le peuple. Mais c'est seulement la petite minorit&#233; qui constitue la classe dirigeante qui domine, exploite et opprime les travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous faisons tous partie de la classe ouvri&#232;re, que nous travaillions ou non et notre unit&#233; doit se constituer sur la base des n&#233;cessit&#233;s concr&#232;tes de la vie, la libert&#233; et la recherche du bonheur, si &#231;a signifie encore quelque chose pour quelqu'un. Pour que les probl&#232;mes qui existent puissent &#234;tre r&#233;solus, cette unit&#233; doit &#234;tre bas&#233;e sur des choses concr&#232;tes comme la survie des gens, et leur droit &#224; l'autod&#233;termination. En r&#233;sum&#233;, il ne s'agit donc pas d'une lutte raciale et nous en ferons rapidement prendre conscience aux gens. Pour nous, il s'agit d'une lutte de classe entre la classe ouvri&#232;re prol&#233;tarienne qui regroupe la masse, et la minuscule minorit&#233; qu'est la classe dirigeante. Les membres de la classe ouvri&#232;re, quelle que soit leur couleur, doivent s'unir contre la classe dirigeante qui les opprime et les exploite. Et laissez-moi encore insister : Nous croyons que notre combat est une lutte de classe et non pas une lutte raciale. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits de &#034;A l'aff&#251;t - Histoire du Parti des Panth&#232;res noires et de Huey Newton&#034; par Bobby Seale, Collection T&#233;moins Gallimard, 1972 (&#233;dition fran&#231;aise)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/history/usa/workers/black-panthers/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur les Black Panthers&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_94 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L365xH300/november-6-ea32b.jpg?1782687557' width='365' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les initiateurs des Black Panthers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA REVOLTE DES GHETTOS NOIRS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#201;t&#233; 1964. New York. Dans le quartier de Harlem l'agitation suit l'assassinat d'un jeune black de 15 ans par un policier blanc qui n'&#233;tait pas en service. Le jeune aurait menac&#233; le flic d'un couteau. Les manifestations se transforment en &#233;meutes : les voitures br&#251;lent, les magasins sont pill&#233;s, les pav&#233;s, les barres de fer et les coktails molotow sont les (faibles) moyens utilis&#233;s pour affronter les forces de l'ordre. Les affrontements dans la rue durent pendant quatre nuits et trois journ&#233;es, puis la vague d&#233;borde le quartier de Manhattan pour toucher le quartier de Brooklyn, dans le quartier black de Bedford-Stuyvesant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres villes sont &#233;galement touch&#233;es ; il y a ainsi des &#233;meutes dans le ghetto de Rochester dans le nord-ouest de la ville de l'&#201;tat de New York, apr&#232;s que deux policiers blancs aient arr&#234;t&#233; deux jeunes black alcoolis&#233;s. Le bilan de ces dix journ&#233;es &#8220;chaudes&#8221; de New York et Rochester : 7 morts, 800 bless&#233;s dont 48 policiers, plus de 1 000 arrestations, des millions de d&#233;g&#226;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mois &#8220;chauds&#8221; ont r&#233;sonn&#233; dans toutes les USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En &#233;t&#233; 1965, du 11 au 16 ao&#251;t, c'est le quartier black de Watts, &#224; Los Angeles, qui flambe. Avec comme pr&#233;texte l'arrestation d'un black pr&#233;tendument alcoolis&#233; par des policiers blancs . La presse WASP (white anglo-saxon protestant) se d&#233;cha&#238;ne contre la &#8220;pl&#232;be noire&#8221;. R&#233;sultat : 35 morts, 800 bless&#233;s, 700 maisons incendi&#233;es, d&#233;vastation sur un p&#233;rim&#232;tre de 77 km&#178;, 500 millions de francs de d&#233;g&#226;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;t&#233; 1966, ce sont plus d'une vingtaine de villes qui soul&#232;vent dans tous les USA. Entre autres : Jacksonville en Floride, Sacramento en Californie, Omaha au Nebraska, New York, Los Angeles, San Francisco, Chicago. Dans cette derni&#232;re ville, le pr&#233;texte fut que la police avait chass&#233; des enfants qui profitaient d'une bouche &#224; incendie pour se rafra&#238;chir. Le point culminant de cet &#233;t&#233;, ce fut &#224; Cleveland, dans l'Ohio, avec les affrontements avec la garde nationale. A la fin de cet &#233;t&#233; il y avait 12 morts et 400 bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1967, dans le quatri&#232;me &#8220;&#233;t&#233; br&#251;lant&#8221;, plus de 100 villes &#233;taient touch&#233;es par les soul&#232;vements, notamment Newark (dans le New Jersey, pas loin de New York) et Detroit. &#192; Newark, les heurts dur&#232;rent du 12 au 17 juillet apr&#232;s qu'un taxi black ait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;. &#192; peine arr&#234;t&#233;es des centaines de personnes se rassemblent et jettent des pierres et des bouteilles sur la police. Cette ville de 405 000 habitants se transforma en champ de bataille, il y eut 27 morts (dont 25 noirs), 2 000 bless&#233;s. En 60 endroits il y avait des incendies, des blocs de maisons &#233;taient cribl&#233;s de balles, les magasins du centre-ville avaient &#233;t&#233; pill&#233;s, des engins blind&#233;s patrouillaient dans toute la ville avec des soldats arm&#233;s de pistolets-mitrailleurs, 1 500 noirs furent envoy&#233;s en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui se passa du 24 au 28 juillet 1967 &#224; Detroit d&#233;passa tout cela. Robert Kennedy parla &#171; de la plus grande crise am&#233;ricaine depuis la guerre civile &#187;, le Washington Post de &#171; la plus grande trag&#233;die dans la longue histoire des explosions des ghettos de couleur &#187;. Apr&#232;s une razzia de la police contre un caf&#233; clandestin black, c'est l'&#233;meute et la r&#233;pression. Les tanks sont dans les rues avec des parachutistes en formation, on tire contre les gens dans les rues et sur les places. Des dizaines d'h&#233;licopt&#232;res mitraillent les fen&#234;tres. Des pans entiers de la ville furent en feu, les rues &#233;taient d&#233;vast&#233;es. Dans les quatre journ&#233;es et nuits d'affrontements, la police, la garde nationale et les parachutistes de la 82&#232;me et 101&#232;me division (qui s'&#233;taient illustr&#233;s au Vi&#234;t-nam) reprennent le terrain, rue par rue, dans ce qui est tout de m&#234;me la cinqui&#232;me plus grande ville US, la capitale mondiale de l'automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me judiciaire fut totalement d&#233;bord&#233;. La prison de Detroit, pr&#233;vu pour 1 200 prisonniers, en accueillit 1 700. Dans les prisons pour mineurs 600 jeunes occup&#232;rent une place pr&#233;vue pour 120 personnes. Un garage souterrain de la police fut transform&#233; en prison pour 1 000 personnes. D'autres gens furent bloqu&#233;s plus de 24 heures dans des bus. Donc pas de toilettes, pas de m&#233;decin, pas de droits, aucun contact avec des avocats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41 personnes moururent &#224; Detroit ces jours l&#224;, 2 000 furent bless&#233;es, 3 200 arr&#234;t&#233;es, des milliers sans endroit pour dormir. 1 500 magasins furent pill&#233;s, 1 200 incendies effectu&#233;s, la production automobile arr&#234;t&#233;e. Il y eut pour plus de 7 milliards de francs de d&#233;g&#226;ts. H. RAP Brown, ancien leader estudiantin black, dit : &#171; avant la ville s'appelait Detroit, maintenant elle s'appelle Destroyed [d&#233;truite] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces soul&#232;vements n'&#233;taient pas des soul&#232;vements organis&#233;s, mais ce qui les caract&#233;rise toutes c'est que leur pr&#233;texte fut une confrontation avec la police. &#192; chaque fois une intervention de police fait d&#233;border le vase. Les gens r&#233;sistent &#224; la police qui appelle des renforts, qui re&#231;oivent des pierres et des bouteilles ; suivent les pillages. Les symboles de la soci&#233;t&#233; blanche - magasins et flics- &#233;taient attaqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Porteurs de cette vague : les jeunes. Les jeunes &#233;taient plus conscients du racisme sp&#233;cifique &#224; l'encontre des noirs, ne croyaient pas en une action au sein des institutions, avaient d&#233;j&#224; souvent particip&#233; &#224; des actions politiques. BLACK PANTHERS PARTY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA REVOLTE DE LA PRISON D'ATTICA&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le13 septembre 1971, les troupes f&#233;d&#233;rales prirent d'assaut la prison d'Attica (Etat de New York) o&#249; les prisonniers essentiellement noirs s'&#233;taient r&#233;volt&#233;s. Ils les attaqu&#232;rent comme une arm&#233;e fasciste, massacrant, frappant, mettant &#224; nu sur le sol les prisonniers, les humiliant. Quand enfin la brume artificielle des gaz lacrymog&#232;nes se dissipa et que les premiers secours furent autoris&#233;s &#224; p&#233;n&#233;trer dans l'enceinte de la prison, on put d&#233;nombrer 43 morts et pr&#232;s de 200 bless&#233;s. Ainsi s'acheva la br&#232;ve exp&#233;rience politique des insurg&#233;s d'Attica. Ce fut l'assassinat de George Jackson, un des leaders des Black Panthers, qui joua le r&#244;le de d&#233;tonateur dans ce qui demeure la plus importante r&#233;volte carc&#233;rale du XX&#232;me si&#232;cle. La r&#233;volte d'Attica survint dans un contexte politique tr&#232;s agit&#233; : sur le plan int&#233;rieur, la contestation faisait rage (mouvements d'&#233;mancipation noir, gay, f&#233;ministe, contre-culture, pacifisme&#8230;) ; sur la plan ext&#233;rieur, les Etats-Unis &#233;tait embourb&#233;s dans la guerre du Vietnam et bombardaient &#171; secr&#232;tement &#187; le Cambodge&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tenus avaient demand&#233; de meilleures conditions de vie, des douches, des facilit&#233;s pour &#233;tudier et moins de censure sur les courriers et les visites. Ils avaient droit &#224; cette &#233;poque &#224; un seau d'eau en guise de douche et un rouleau de papier hygi&#233;nique par mois. Une de leurs plus simples revendications &#233;tait de pouvoir disposer de papier hygi&#233;nique &#224; volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re requ&#234;te avait &#233;t&#233; adress&#233;e par lettre avant toute action physique. Puis, en r&#233;ponse &#224; des rumeurs de torture de deux prisonniers, les d&#233;tenus se r&#233;volt&#232;rent prenant quarante-deux gardiens et civils en otage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prisonniers n&#233;goci&#232;rent avec une &#233;quipe de m&#233;diateurs qui avait &#233;t&#233; r&#233;quisitionn&#233;e et qui comprenait Tom Vicker un &#233;diteur du New York Times, James Ingram du &#034;Michigan Chronicle&#034;, le repr&#233;sentant de l'&#201;tat Arthur Eve et d'autres &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un garde bless&#233; lors de l'&#233;meute mourut le samedi 11 septembre &#224; l'h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 des demandes des prisonniers furent accept&#233;es mais la revendication d'amnistie pour les prisonniers impliqu&#233;s dans sa mort f&#251;t refus&#233;e et tout prisonnier impliqu&#233; serait passible de la chaise &#233;lectrique (aucune condamnation &#224; mort n'eut finalement lieue).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociateurs des deux parties r&#233;clam&#232;rent la pr&#233;sence du gouverneur Nelson Rockefeller qui refusa de venir, pensant que sa pr&#233;sence n'aiderait en rien &#224; sortir du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que le service n'ait repris, dix otages et d&#233;tenus de twenty-nine avaient &#233;t&#233; tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 4 jours de r&#233;volte, 211 officiers de la police d'&#233;tat de New York ont pris le Centre d'assaut. Le bilan final fut de 10 gardiens tu&#233;s (9 lors de l'assaut tu&#233;s par les armes de la police) et de 29 prisonniers (4 prisonniers ont &#233;t&#233; tu&#233;s par leurs co-d&#233;tenus, les 25 autres par la police).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias ont rapport&#233; que les prisonniers avaient &#233;gorg&#233; plusieurs des otages (Un journal avait par exemple titr&#233; &#171; J'ai vu des gorges ouvertes &#187;) mais cela fut contredit par les expertises m&#233;dicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes d'Attica ont attir&#233; l'attention des m&#233;dias sur l'&#233;tat des prisons aux &#201;tats-Unis pendant les ann&#233;es 1960 et 1970. Elles ont aussi mis en &#233;vidence le fonctionnement raciste du syst&#232;me p&#233;nitentiaire am&#233;ricain et le fanatisme des gardiens. 27 ans apr&#232;s l'&#233;meute, l'&#201;tat de New York a b&#233;n&#233;fici&#233; d'un non-lieu dans un proc&#232;s avec les familles des d&#233;tenus tu&#233;s et &#224; l'automne 2004, 12 millions de dollars d'indemnisation ont finalement &#233;t&#233; attribu&#233;s aux familles des gardiens de prison d&#233;c&#233;d&#233;s par ce m&#234;me &#201;tat de New-York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut comprendre la r&#233;volte d'Attica et sa port&#233;e politique sans se r&#233;f&#233;rer au contexte de quasi guerre civile dans lequel elle se produit. &#034;On peut d&#233;crire le fonctionnement du syst&#232;me judiciaire am&#233;ricain comme une &#034;mission de localisation et de destruction&#034; (&#034;search and destroy&#034;) de la jeunesse noire&#034; (Les prisons de la mis&#232;re, Wacquant). Le harc&#232;lement policier voire militaire de la jeunesse afro-am&#233;ricaine d&#233;bute vraiment dans les ann&#233;es 60, au moment de la mont&#233;e des mouvements d'&#233;mancipation noirs. Les assassinats politiques du pasteur Martin Luther King et de Malcolm X ne doivent pas faire oublier le fait que les membres du Black Panthers Party ont fait l'objet d'un programme de destruction syst&#233;matique. Le cas de Mumia Abu-Jamal, ancienne panth&#232;re noire toujours coinc&#233;e dans le couloir de la mort, t&#233;moigne de cet acharnement. Face &#224; la brutalit&#233; polici&#232;re et aux violences racistes, les Panth&#232;res Noires se consid&#232;rent comme des r&#233;sistants : leur veste en cuir noire et leur b&#233;ret font clairement r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;sistance fran&#231;aise. Sur le plan id&#233;ologique, ils puisent autant dans le livre rouge de Mao que dans l'existentialisme de Sartre ou Les damn&#233;s de la Terre de Frantz Fanon. Dans la pratique, ils mettent en place non seulement des groupes d'autod&#233;fense arm&#233;e (contre les violences polici&#232;res) mais aussi toute une politique sociale et culturelle : des &#034;programmes de survie communautaire&#034;, des services gratuits comme les dispensaires, les &#233;coles, les transports vers les prisons, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant le danger de l'&#233;mergence d'une vaste coalition de mouvements de gauche radicaux, en 1969, Edgar Hoover, le directeur du FBI, d&#233;cr&#232;te le Black Panthers Party ennemi public num&#233;ro un et met au point une op&#233;ration de contre-espionnage, baptis&#233;e COINTELPRO qui s'&#233;tend sur dix ans : des dizaines de Panth&#232;res sont tu&#233;es lors de fusillades provoqu&#233;es par la police, des centaines de membres et de sympathisants sont emprisonn&#233;s. Par la force des choses, les Black Panthers seront donc en premi&#232;re ligne dans les luttes carc&#233;rales. &#034;La lutte dans les prisons est devenue un front nouveau de la r&#233;volution&#034; affirme George Jackson. Le cas de ce leader des Panthers est embl&#233;matique : condamn&#233; &#224; vie en 1961 pour un vol de 70 dollars dans une station d'essence, George Jackson se forme en prison &#224; la lecture de Karl Marx, de Frantz Fanon et d'autres penseurs. Les jeunes qui comme lui n'ont pu acc&#233;der ni &#224; l'&#233;ducation ni &#224; l'emploi, ceux qui ont &#233;t&#233; forc&#233;s &#224; s'auto-&#233;duquer en prison, il les appelle les &#034;intellectuels du lumpenprol&#233;tariat&#034; (ch&#244;meurs, d&#233;linquants, marginaux&#8230;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les prisons deviennent en effet pour les jeunes noirs am&#233;ricains de v&#233;ritables centres de formation politique. Des livres comme le Manifeste communiste ou le Livre rouge de Mao sont r&#233;&#233;crits &#224; la main dans un langage simplifi&#233; et utilis&#233;s dans des groupes d'alphab&#233;tisation de base. Des journaux, toute une litt&#233;rature de prison sont produits par les d&#233;tenus ; on fait parvenir clandestinement les manuscrits &#224; des &#233;diteurs ext&#233;rieurs. Le livre de Jackson, Les Fr&#232;res de Soledad, circule de main en main dans les prisons am&#233;ricaines o&#249; on se l'arrache. La lib&#233;ration des esprits devient une arme contre l'oppresseur. Jackson met toute son &#233;nergie &#224; faire en sorte que la mentalit&#233; des jeunes blacks paum&#233;s se transforme en mentalit&#233; de r&#233;volutionnaires, en conscience politique. &#034;J'&#233;tais r&#233;volt&#233;. J'&#233;tais en prison et je regardais autour de moi pour d&#233;couvrir quelque chose qui pourrait vraiment faire enrager les matons. J'ai d&#233;couvert que rien ne les faisait autant enrager que la philosophie&#034;. Le 21 ao&#251;t 1971, pr&#233;textant une tentative d'&#233;vasion, les gardiens de la prison californienne de Saint Quentin abattent froidement Georges Jackson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibliographie &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Bobby Seale. (1968). Seize the time. Black Classic Press ; R&#233;impression (septembre 1997).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Panth&#232;re noire (Soul on Ice), Cleaver Eldridge, Paris, Editions du Seuil, 1970, coll. &#171; Combats &#187;,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Earl Anthony, Prenons les armes !, Pr&#233;sence africaine, 1971.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	George Jackson, Les Fr&#232;res de Soledad, Gallimard, 1971.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	A l'aff&#251;t. Histoire du parti des Panth&#232;res noires et de Huey Newton, Seale Bobby, Paris, Gallimard, 1972.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	John Lewis. (1998). Walking with the Wind. Simon and Schuster. Les Panth&#232;res Noires, Tom Van Eersel, L'Echap&#233;e, 2006&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Black Panthers, Stephen Shames et Charles E. Jones, La Martini&#232;re, 2006, 152 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	We want freedom, Mumia Abu-Jamal, Le temps des cerises, 2006, 260 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
Filmographie &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Black Panthers - Huey !, Varda Agnes, Etats-Unis, 1968, 46 mn.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Eldridge Cleaver, Black Panther, Klein William, Alger, ONCIC, 35 mm, couleur, 75 mn, 1970.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	All power to the People : The Black Panther Party and Beyond, Lew-Lee Lee, Etats-Unis, 1996, 1 h 56 mn.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Black Panthers, Case Georges, Etats-Unis, 1991, 80 mn.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Panther, Mario Van Peebles, Angleterre / &#201;tats-Unis 1995 124 min.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	What We Want, What We Believe : The Black Panther Party Library, Newsreel et Roz Payne, Etats-Unis, 12 heures, 4 DVD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir noir&lt;br class='autobr' /&gt;
Daniel Gu&#233;rin, dans &#171; D&#233;colonisation du Noir am&#233;ricain &#187;, Paris, &#233;d. de Minuit, 1963&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Pouvoir noir a marqu&#233; un nouveau bond en avant par rapport &#224; son pr&#233;d&#233;cesseur le mouvement Freedom now (Libert&#233; imm&#233;diate). Celui-ci luttait encore pour l'int&#233;gration raciale, mais &#224; la diff&#233;rence des mouvements ant&#233;rieurs, anim&#233;s par des &#233;lites, recourant &#224; l'action l&#233;gale et graduelle, il tentait, lui, de parvenir &#224; ses fins par l'action directe des masses. Ce mouvement &#233;tait n&#233; des d&#233;ceptions caus&#233;es par la faillite de l'int&#233;gration scolaire de 1954 et il avait &#233;t&#233; stimul&#233; par l'exemple mondial de la d&#233;colonisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
En juillet 1966, se produit un grand tournant : les directions de ces deux groupements sont renouvel&#233;es, la non-violence abandonn&#233;e, la n&#233;cessit&#233; de l'autod&#233;fense proclam&#233;e, la duperie de l'int&#233;gration raciale rejet&#233;e, et c'est alors que Stokely Carmichael, un tout jeune homme, prend la t&#234;te du SNCC. Mais le Pouvoir noir doit &#233;galement beaucoup &#224; l'id&#233;ologie nationaliste des Musulmans noirs et notamment de Malcolm X, leur chef le plus prestigieux, avant qu'il ne reprenne sa libert&#233;. Pendant trop longtemps l'int&#233;grationnisme militant et le s&#233;paratisme religieux avaient suivi deux voies divergentes. Il &#233;tait urgent d'op&#233;rer leur synth&#232;se. Malcolm &#233;tait &#224; la veille de la faire. Le Pouvoir noir est en train de l'op&#233;rer. Les mots Black power ont &#233;t&#233;, pour la premi&#232;re fois employ&#233;s par le grand &#233;crivain noir, trop t&#244;t disparu, Richard Wright, dans le titre d'un livre sur le Ghana paru en 1954 (titre qui, &#224; l'&#233;poque, a &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais par Puissance noire et non Pouvoir noir). L'id&#233;e du Pouvoir noir &#233;tait d&#233;j&#224; implicite dans la bouche de Malcolm X quand, dictant son autobiographie, il affirmait : &#171; Le Noir poss&#232;de, d&#232;s maintenant, un pouvoir politique tel qu'il pourrait, s'il le voulait, changer son destin en un jour. &#187; C'est le 24 juin 1966 que le Pouvoir noir est devenu un mot d'ordre de lutte, au cours d'une &#171; marche contre la peur &#187; &#224; travers le Mississipi ; de Memphis &#224; Jackson. Les manifestants, attaqu&#233;s par la police &#224; Canton, ont cri&#233; non plus &#171; libert&#233; imm&#233;diate &#187;, mais &#171; Pouvoir noir ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le slogan a &#233;t&#233; repris, en juillet, par Carmichael, adopt&#233; par les Congr&#232;s du CORE et du SNCC. Les 15 et 16 octobre a eu lieu Washington la conf&#233;rence constitutive du Pouvoir noir. Ce mot d'ordre &#224; la fois dynamique et vague encore, les dirigeants l'ont capt&#233; parce qu'il &#233;veillait un &#233;cho formidable dans les masses, qu'il avait une valeur de mythe. Mais ils ont eu tout d'abord quelque peine &#224; en fournir une d&#233;finition pr&#233;cise, sinon qu'il &#233;tait un moyen de mobiliser les forces de la communaut&#233; noire, d'opposer au pouvoir blanc l'&#233;nergique pression d'une force de couleur coh&#233;rente et organis&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Pouvoir noir repose sur la notion de s&#233;paration dans tous les domaines. A commencer par l'action politique. Dans un comt&#233; de l'Alabama compos&#233; de 80% de Noirs et dans quelques autres, Carmichael a contribu&#233; &#224; la cr&#233;ation d'un parti noir ind&#233;pendant, dit de la &#171; Panth&#232;re noire &#187;. Pour justifier cette rupture avec les d&#233;mocrates sudistes, il a observ&#233; que, pour un Noir du Sud, &#171; rejoindre le parti d&#233;mocrate, ce serait comme si l'on demandait &#224; un Juif de rejoindre le parti nazi &#187;. Mais les Blancs ont, tout &#224; la fois, truqu&#233; le scrutin et fait pression sur les &#233;lecteurs de couleur, si bien qu'aux &#233;lections g&#233;n&#233;rales de novembre 1966 la liste ind&#233;pendante n'a pas &#233;t&#233; &#233;lue. Intransigeant &#224; l'&#233;gard des d&#233;mocrates racistes du Sud, le Pouvoir noir ne l'a pas &#233;t&#233; au m&#234;me degr&#233; vis-&#224;-vis de l'aile gauche du parti d&#233;mocrate dans le Nord. Toutefois il s'oriente aujourd'hui vers la cr&#233;ation d'un parti noir ind&#233;pendant sur le plan national dont l'entr&#233;e en sc&#232;ne bouleverserait la structure traditionnelle de la vie politique am&#233;ricaine. Par ailleurs, le Pouvoir r&#233;clame le contr&#244;le des ghettos, contr&#244;le &#224; tous les niveaux, politique aussi bien qu'&#233;conomique, incluant l'administration, l'enseignement, l'autod&#233;fense assur&#233;e par sa propre police, la lutte contre l'incendie, etc. ; en un mot, le droit de compl&#232;te autod&#233;termination. Mais ce mot d'ordre doit-il &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une conqu&#234;te l&#233;gale, par la voie d'&#233;lections, des organes du pouvoir local ou comme une mise en place de sortes de soviets noirs de caract&#232;re r&#233;volutionnaire, n'h&#233;sitant pas &#224; d&#233;fier les agents du pouvoir central ? Il reste encore au Pouvoir noir &#224; se d&#233;finir sur ce point.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre mot d'ordre du Pouvoir noir est celui du s&#233;paratisme &#233;conomique : acheter noir, substituer, sur le plan commercial et financier, &#224; l'exploiteur blanc ou noir la coop&#233;ration et le cr&#233;dit mutuels noirs. Mais l'aile r&#233;volutionnaire du Pouvoir noir n'a pas manqu&#233; de faire observer qu'une &#233;conomie noire autonome est impraticable en r&#233;gime capitaliste. Seule une r&#233;volution pourra chasser des ghettos les exploiteurs blancs et noirs. Persistant, au sein du Pouvoir noir, est le slogan d'un partage des &#201;tats-Unis et de la cr&#233;ation d'une nation noire. Il para&#238;t pratiquement irr&#233;alisable sur le plan g&#233;ographique, mais il conserve une valeur de mythe et il restitue sa personnalit&#233; &#224; la communaut&#233; de couleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui le Pouvoir noir s'est d&#233;couvert une interpr&#233;tation plus radicale. Elle a jailli de la base, de la jeunesse noire des ghettos du Nord et o&#249; s&#233;vit toujours davantage le ch&#244;mage aggrav&#233; par la m&#233;canisation industrielle. Pour cette jeunesse exasp&#233;r&#233;e, qui n'accepte plus la vie de mis&#232;re et d'humiliation &#224; laquelle se soumettaient ses a&#238;n&#233;s, Pouvoir noir signifie r&#233;volution lib&#233;ratrice et se traduit en termes concrets par l'insurrection arm&#233;e. En 1964, ce sont les r&#233;volt&#233;s de Harlem, de Rochester et Philadelphie ; en 1965, de Watts, Cleveland, Chicago ; en 1967, Newark et Detroit. Au total, depuis trois ans, plus de cent r&#233;voltes &#233;clatent dans les ghettos noirs des &#201;tats-Unis, au cours de &#171; longs &#233;t&#233;s br&#251;lants &#187;. Et ce n'est, nous assure-t-on, qu'un commencement. Comme l'a dit Rap Brown, ces soul&#232;vements &#171; ne sont encore que des r&#233;p&#233;titions de la vraie r&#233;volution &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bornons-nous &#224; parler de Detroit. Dans cette immense cit&#233; industrielle, les travailleurs de l'industrie la plus avanc&#233;e, celle de l'automobile, Blancs et Noirs se c&#244;toient ou s'entrem&#234;lent. Les relations interraciales y sont moins tendues, le niveau de vie du ghetto relativement plus &#233;lev&#233; qu'ailleurs. Certains Noirs, en vertu de leur anciennet&#233; &#224; l'usine, ne gagnent pas moins de trois dollars de l'heure, poss&#232;dent maison, voiture, r&#233;frig&#233;rateur et t&#233;l&#233;vision. Et pourtant Detroit a &#233;t&#233; transform&#233; en un champ de bataille. Toute l'activit&#233; du centre de la ville a &#233;t&#233; paralys&#233;e, vingt mille policiers et soldats ont particip&#233; &#224; la r&#233;pression, il y a eu quarante morts, mille bless&#233;s, plus de quatre mille arrestations, suivies d'odieuses brutalit&#233;s polici&#232;res, de gigantesques d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels, tout un quartier aux murs calcin&#233;s &#224; reconstruire. La &#171; reprise &#187; des marchandises y a rev&#234;tu une forme primitive de redistribution communautaire, effectu&#233;e dans la bonne humeur, la joie d'&#234;tre lib&#233;r&#233; des frustrations accumul&#233;es. La col&#232;re de la foule ne s'est d&#233;cha&#238;n&#233;e que contre l'autorit&#233; repr&#233;sent&#233;e par les forces dites de l'ordre. Il y a eu peu d'incidents entre civils blancs et noirs. Au contraire, des centaines de Blancs ont particip&#233;, au coude &#224; coude avec les Noirs, &#224; la &#171; reprise &#187; des marchandises et &#224; la lutte contre les flics. Dix pour cent des personnes arr&#234;t&#233;es ont &#233;t&#233; des Blancs. Parmi eux, il y avait des originaires du Sud. Ils n'ont pas pris position contre les Noirs. Ils n'ont pas fait mine de d&#233;fendre le pouvoir blanc.&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis Newark et Detroit, le Pouvoir noir emploie couramment les termes de r&#233;volution noire et de gu&#233;rilla. Carmichael a esquiss&#233;, &#224; la r&#233;cente conf&#233;rence de l'OLAS une strat&#233;gie de sabotage et de harc&#232;lement destin&#233;e &#224; cr&#233;er cinquante Vietnam sur le sol am&#233;ricain et &#224; frapper au c&#339;ur un pays aussi fortement industrialis&#233; que les &#201;tats-Unis. Les Noirs sont pr&#233;sents dans toutes les villes. Ils savent maintenant qu'ils sont en mesure de plonger dans un &#171; chaos massif &#187; les centres vitaux du capitalisme le plus concentr&#233; du monde entier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur quoi peut d&#233;boucher la r&#233;volution noire ? Maurice Duverger la croit sans issue. Dans un article du Monde, il a exprim&#233; la crainte que &#171; les Noirs ne s'enferment longtemps encore dans une violence impuissante &#187;. Impuissante, parce qu'il y aurait contradiction entre l'&#233;galit&#233; &#233;conomique qu'ils r&#233;clament et l'id&#233;al sacro-saint qu'ils partageraient avec les Blancs, celui de la libre entreprise. Mais dans cette pr&#233;tendue contradiction le Pouvoir noir ne se laisse pas enfermer. Port&#233; en avant par l'&#233;lan de la r&#233;volution noire, il n'h&#233;site plus &#224; mettre en cause le r&#233;gime capitaliste. Au soir de sa courte vie, la pens&#233;e de Malcolm X, en d&#233;pit de quelques incertitudes qu'il aurait vite dissip&#233;es s'il avait v&#233;cu, d&#233;bouchait sur un socialisme internationaliste. Carmichael, Rap Brown, avec encore plus de nettet&#233;, lui font &#233;cho. Pour eux les fondements &#233;conomiques des &#201;tats-Unis doivent &#234;tre boulevers&#233;s pour que la lib&#233;ration des Noirs soit effective. Pas de v&#233;ritable solution dans le cadre du syst&#232;me capitaliste, qui va toujours de pair avec le racisme, l'exploitation et la guerre. Il faut le d&#233;truire, il faut abolir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e aux USA. Une Am&#233;rique totalement diff&#233;rente doit na&#238;tre. Toutefois le Pouvoir noir admet lui-m&#234;me qu'il lui manque encore une doctrine, un programme clairs et cons&#233;quents. Les choses ont march&#233; si vite que l'action a pr&#233;c&#233;d&#233; l'id&#233;e. Le Pouvoir noir est en pleine r&#233;organisation. Rap Brown observe que les r&#233;centes &#233;meutes &#171; sont en avance sur une id&#233;ologie politique qui doit &#234;tre d&#233;velopp&#233;e &#187;. La conscience r&#233;volutionnaire est en train de grandir dans les masses des ghettos, mais la r&#233;volution noire est encore relativement inorganis&#233;e et sporadique. Reste &#224; former, non pas seulement sur le plan militaire, mais aussi sur le plan politique, une direction r&#233;volutionnaire et une v&#233;ritable organisation, sinon centralis&#233;e, car le centralisme pourrait affaiblir l'initiative de la base, mais du moins f&#233;d&#233;rative dans sa structure, homog&#232;ne dans ses objectifs. Aux &#201;tats-Unis o&#249; les Noirs ne forment que 11% de la population, la r&#233;volution noire n'aurait de chances de triompher que si elle r&#233;ussissait &#224; d&#233;clencher une r&#233;volution sociale de caract&#232;re interracial, que si elle entra&#238;nait dans son sillage les plus avanc&#233;s des travailleurs blancs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malheureusement les Blancs ne sont pas encore pr&#233;sents au rendez-vous r&#233;volutionnaire. Parler aujourd'hui d'une alliance entre les pauvres Blancs et les pauvres Noirs, soutient le Pouvoir noir, est une question, pour l'instant, purement acad&#233;mique. Malgr&#233; les sympt&#244;mes encourageants observ&#233;s &#224; Detroit, le pr&#233;jug&#233; racial reste fortement enracin&#233; et la r&#233;volution noire exacerbe l'hostilit&#233; raciste de ces aveugles plut&#244;t qu'elle ne la r&#233;duit. Le prol&#233;taire blanc, avant d'&#234;tre un prol&#233;taire, demeure un Blanc. Il d&#233;fend d&#233;sesp&#233;r&#233;ment ce qu'il croit &#234;tre ses privil&#232;ges de Blanc. Bien qu'exploit&#233;, il s'imagine que son int&#233;r&#234;t le lie au pouvoir blanc. Dans l'imm&#233;diat, les hommes de couleur ne peuvent se permettre d'attendre une hypoth&#233;tique alliance, ni de d&#233;sesp&#233;rer, si elle tardait &#224; se produire. Cependant le Pouvoir noir conna&#238;t bien l'histoire am&#233;ricaine, o&#249; le pauvre Blanc a toujours fait figure de girouette impulsive, aux retournements impr&#233;vus. Dans sa mentalit&#233; voisinent la conscience de classe et le racisme. Au moins trois fois en un si&#232;cle, il a fait alliance avec le Noir contre leurs exploiteurs communs : apr&#232;s la guerre de S&#233;cession, pendant la vague de fond populiste des ann&#233;es 1890, enfin au cours des occupations d'usines des ann&#233;es 1930.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malcolm X, avant de dispara&#238;tre, avait cess&#233; de rejeter en bloc les non-Noirs. Il avait fraternis&#233; avec des &#233;tudiants blancs. Aujourd'hui, le Pouvoir noir admet qu'une coalition des exploit&#233;s des deux couleurs est le principal moyen de r&#233;volutionner la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. Au Tennessee, par exemple, des efforts concrets sont tent&#233;s par le SNCC au moyen d'&#233;quipes d'&#233;tudiants noirs et blancs. A la conf&#233;rence de l'OLAS &#224; La Havane, Carmichael a d&#233;clar&#233; : &#171; Pour la transformation totale r&#233;volutionnaire qui doit avoir lieu, les Blancs doivent comprendre que la bataille dans laquelle nous sommes engag&#233;s est leur propre bataille. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux &#201;tats-Unis, de par la condition m&#234;me &#224; laquelle le racisme l'a r&#233;duit, le Noir est l'&#233;ducateur politique du Blanc. L'activisme dont il a fait preuve aujourd'hui pourrait bien amener le travailleur blanc &#224; se radicaliser. Notamment dans l'industrie automobile que contr&#244;le un puissant syndicat ouvrier d'un million et demi de membres. Sans vouloir id&#233;aliser sa direction ni en taire les d&#233;ficiences, c'est un fait qu'elle a toujours &#233;t&#233; &#224; l'avant-garde &#224; la fois de l'action revendicative et de l'action contre la discrimination raciale.&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant Carmichael reproche, &#224; juste titre, au mouvement ouvrier am&#233;ricain de se contenter de ramasser les miettes du festin capitaliste au lieu de soulever la question de la redistribution de la richesse am&#233;ricaine. Mais l'en bl&#226;mer, n'est-ce pas aussi l'inciter &#224; sortir de son r&#233;formisme ? Un militant noir de Watts, un certain Tommy Jacquett, affirmait derni&#232;rement : &#171; Nous sommes le salut de l'Am&#233;rique blanche parce que nous sommes une force r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les leaders du jeune mouvement sont oblig&#233;s de formuler le Pouvoir noir en termes de race en attendant de pouvoir le formuler en termes de classe. Pour organiser la communaut&#233; de couleur en un bloc homog&#232;ne et agressif, il leur faut bien se d&#233;finir d'abord en termes de race, mais ils ne pourront obtenir l'audience des travailleurs blancs avanc&#233;s que s'ils se d&#233;finissent en termes de classe ; et ils le font d&#233;j&#224;, ouvertement, lorsqu'ils condamnent tout racisme et, implicitement, lorsqu'ils se proposent de d&#233;truire le capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est d'autant plus urgent que le Pouvoir noir trouve acc&#232;s aupr&#232;s de l'avant-garde blanche qu'un danger le menace : celui de ce qu'on appelle aux &#201;tats-Unis le blacklash, le retour de flamme, la r&#233;action raciste blanche. Plus le Pouvoir noir se d&#233;finira en terme de r&#233;volution, de gu&#233;rilla et de lutte arm&#233;e, plus il s'exposera au risque de d&#233;clencher une riposte des fanatiques du racisme, soutenus par le grand capital am&#233;ricain qui se sent menac&#233;. D&#233;j&#224; des camps d'entra&#238;nement fonctionnent, et le pouvoir blanc vient de d&#233;cider une coordination &#224; l'&#233;chelle nationale de la lutte anti-r&#233;bellion. L'&#233;ventualit&#233; d'un n&#233;o-fascisme ne peut &#234;tre exclue. Toutefois il faut reconna&#238;tre qu'aux &#233;lections g&#233;n&#233;rales de novembre 1966 le blacklash avait &#233;t&#233; moins virulent qu'on pouvait le craindre. Et les formidables r&#233;voltes de l'&#233;t&#233; 1966 n'ont pas, au moins dans l'imm&#233;diat, provoqu&#233; de ripostes blanches substantielles ou visibles, &#224; part celles des forces de l'ordre.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'ores et d&#233;j&#224;, le Pouvoir noir a r&#233;ussi &#224; s'imposer, &#224; se faire craindre, et aussi &#224; provoquer dans l'opinion publique am&#233;ricaine un choc psychologique tr&#232;s profond, un renouvellement radical des consciences, &#224; poser le probl&#232;me racial en termes br&#251;lants et retentissants, &#224; acculer les Blancs &#224; un choix : &#234;tre criminels ou r&#233;volutionnaires. Ne serait-ce qu'&#224; ce titre le soul&#232;vement de Detroit et autres lieux aura port&#233; ses fruits.&lt;br class='autobr' /&gt;
En conclusion, on peut dire, je crois, qu'une course de vitesse est aujourd'hui engag&#233;e, aux &#201;tats-Unis, entre le Pouvoir noir et la contre-r&#233;volution. Dans cette course, la r&#233;volution noire a au moins une t&#234;te d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Daniel Gu&#233;rin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUAND LES NOIRS FONDAIENT UNE ORGANISATION OUVRI&#200;RE R&#201;VOLUTIONNAIRE :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/League_of_Revolutionary_Black_Workers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un texte en anglais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;gration ou la r&#233;ussite de quelques noirs n'a jamais signifi&#233; la fin du racisme, de l'exploitation de l'oppression ni m&#234;me du m&#233;pris du pouvoir et de la classe capitaliste am&#233;ricaine contre les noirs ou contre tous les opprim&#233;s des USA et d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CES NOIRS-LA REPR&#201;SENTENT LE POUVOIR CAPITALISTE ET IMP&#201;RIALISTE BLANC&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_107 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L418xH280/barackpowell-7c4f3.jpg?1782687557' width='418' height='280' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lib&#233;ration des Noirs passe par la r&#233;volution socialiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme am&#233;ricain a toujours &#233;t&#233; raciste jusqu'&#224; la moelle. Son imp&#233;rialisme h&#233;g&#233;monique hors des fronti&#232;res comme sa stabilit&#233; &#224; l'int&#233;rieur reposent sur l'oppression continue des noirs, ainsi que sur celle des hispaniques et des immigr&#233;s. Et les capitalistes ont toujours utilis&#233; le racisme pour diviser et dominer les masses. Si la classe dominante am&#233;ricaine n'avait pas pu utiliser les Blancs, y compris parmi la classe ouvri&#232;re blanche, comme ses pions contre les Noirs, le syst&#232;me qui s'empare de toute la richesse produite par notre propre travail aurait &#233;t&#233; renvers&#233; depuis des ann&#233;es. La lib&#233;ration des Noirs ne peut &#234;tre conquise que comme le r&#233;sultat d'une r&#233;volution socialiste d&#233;truisant la domination imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des rafles en Afrique, en passant par l'holocauste g&#233;nocidaire de la travers&#233;e, jusqu'aux si&#232;cles d'asservissement sur ces rivages, l'esclavage a &#233;t&#233; la base sur laquelle le capitalisme am&#233;ricain s'est construit. Apr&#232;s la fin de l'esclavage, l'esclavage salari&#233; et le m&#233;tayage ont fait peser un fardeau injuste et inhumain sur les travailleurs noirs. M&#234;me aujourd'hui, alors que les dirigeants ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de faire des concessions substantielles envers les gens de couleur, les travailleurs et les pauvres noirs &#8212; particuli&#232;rement la jeunesse noire &#8212; souffrent de mani&#232;re disproportionn&#233;e des bas salaires, du ch&#244;mage, du temps partiel, des brutalit&#233;s polici&#232;res, des mauvaises &#233;coles, des soins m&#233;dicaux pourris, des logements mis&#233;rables et de la s&#233;gr&#233;gation de fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la perte progressive de tous les acquis pass&#233;s n'est pas termin&#233;e. Quelques Noirs au gouvernement et dans les affaires ne peuvent pas cacher une r&#233;alit&#233; qui ne cesse d'empirer et que la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re et des pauvres noirs doit affronter aujourd'hui. Bien s&#251;r, les r&#233;formes et les gains imm&#233;diats sont importants et doivent &#234;tre d&#233;fendus, mais ils ne pourront &#234;tre assur&#233;s que par une lib&#233;ration r&#233;volutionnaire. Le racisme peut &#234;tre combattu maintenant, la question est de savoir comment et dans quel but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune lutte ne peut &#234;tre plus juste que le combat contre le racisme dans ce pays. Le jour o&#249; la justice sera faite pour les victimes de tous les actes de racisme, dont l'esclavage, sera un jour glorieux. Mais pour cette raison pr&#233;cise, l'effort actuel pour obtenir des r&#233;parations pour les ann&#233;es d'esclavage est erron&#233;. Ce n'est pas par hasard si la majorit&#233; des travailleurs noirs, et particuli&#232;rement la jeunesse r&#233;volt&#233;e, ne s'est pas saisie de cette campagne. Cela semble irr&#233;el. C'est irr&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes massives dans les ghettos, que les pouvoirs en place n'ont pas pu contr&#244;ler, ont remport&#233; les victoires majeures de la fin des ann&#233;es 60 et du d&#233;but des ann&#233;es 70. Le syst&#232;me capitaliste avait alors encore de la marge, de telle mani&#232;re qu'il pouvait &#234;tre forc&#233; &#224; faire des concessions. Aujourd'hui, Enron et tant d'autres scandales montrent &#224; quel point ses &#233;normes profits sont imaginaires. Ce n'est pas une surprise si, depuis des ann&#233;es, il a implacablement cherch&#233; &#224; reprendre les gains remport&#233;s par les r&#233;voltes noires. Et quand l'&#233;conomie d&#233;cline, la situation critique de tous les travailleurs et de tous les pauvres &#8212; surtout chez les gens de couleur &#8212; s'empire in&#233;vitablement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui pr&#233;tendent mener campagne pour les &#171; r&#233;parations &#187; d&#233;tournent le combat contre le racisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demande de r&#233;parations sous le capitalisme est utopique car le capitalisme am&#233;ricain est par d&#233;finition raciste et injuste. L'esclavage a &#233;t&#233; une cause du racisme d'aujourd'hui ; toutefois, la discrimination anti-Noirs est encore partie int&#233;grante du syst&#232;me. Les dirigeants de la campagne pour des r&#233;parations font des demandes qui concernent le pass&#233; raciste car ils n'ont aucun programme contre le racisme actuel qui ne fait qu'empirer. En fait, les politiciens du Parti D&#233;mocrate qui constituent une force majeure de la campagne pour les r&#233;parations ont accept&#233; et couvert les attaques contre les travailleurs noirs. L'administration Clinton a ouvert la voie &#224; Bush et compagnie. Ce sont Clinton et les d&#233;mocrates qui ont mis fin &#224; &#171; l'aide sociale telle que nous la connaissions &#187;, financ&#233; l'expansion des forces de police, pr&#233;sid&#233; &#224; la vaste augmentation de la population noire dans les prisons et supervis&#233; l'&#233;rosion des gains d&#233;j&#224; pitoyables de la discrimination positive (affirmative action).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne en faveur des r&#233;parations de l'esclavage demande que l'&#201;tat capitaliste rende justice pour les horreurs pass&#233;es. Si quatre flics peuvent s'en sortir en ayant tir&#233; 41 balles sur un Amadou Diallo d&#233;sarm&#233;, quelles sont les chances que le m&#234;me syst&#232;me rende la justice qui lui est demand&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, avec l'expansion des classes sup&#233;rieures noires qui pensent avoir des int&#233;r&#234;ts dans le syst&#232;me capitaliste, les Noirs sont divis&#233;s en classes comme jamais auparavant. Les diff&#233;rentes propositions des dirigeants favorables aux r&#233;parations refl&#232;tent leurs int&#233;r&#234;ts dans le capitalisme : un somme touch&#233;e une fois pour toute par chaque Noir, ou des programmes financ&#233;s par le gouvernement et dirig&#233;s par des administrateurs de la classe moyenne noire. Dans la tentative de pr&#233;senter les r&#233;parations comme raisonnables, afin que les capitalistes puissent y souscrire (une id&#233;e tr&#232;s d&#233;raisonnable !), la somme concr&#232;te demand&#233;e pour la communaut&#233; noire serait infiniment d&#233;risoire, compar&#233;e aux super-profits g&#233;n&#233;r&#233;s par l'esclavage. Et c'est une somme beaucoup plus d&#233;risoire encore qui parviendrait r&#233;ellement jusqu'aux masses noires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si par quelque miracle fantastique ce niveau de r&#233;parations m&#234;me pouvait &#234;tre gagn&#233;, qui paierait pour cela ? La classe ouvri&#232;re. Et &#233;tant donn&#233; les discriminations raciales existantes, le fardeau p&#232;serait de mani&#232;re disproportionn&#233;e sur les travailleurs de couleur. Les capitalistes qui dirigent ce pays r&#233;percuteraient les co&#251;ts, comme ils le font toujours. Les travailleurs noirs et les hispaniques paieraient une part majeure de la facture, au moyen d'un fardeau plus lourd de taxes, de hausses des prix et d'une exploitation plus intensive au travail. Le syst&#232;me capitaliste n'est pas seulement raciste, depuis la fin de l'esclavagisme il a trouv&#233; un nombre infini de moyens toujours plus subtils de super-exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Directement et indirectement, le syst&#232;me capitaliste vit du racisme. Les leaders de la campagne pour les r&#233;parations feignent d'ignorer combien ce ph&#233;nom&#232;ne est profond et end&#233;mique, afin d'&#233;viter la confrontation avec le syst&#232;me dont ils b&#233;n&#233;ficient partiellement mais qui brutalise la masse des gens de couleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Luttes de masse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de la campagne en faveur des r&#233;parations proposent des poursuites judiciaires, des n&#233;gociations, des votes, des d&#233;cisions de cour, des lois du Congr&#232;s, du lobbying et des amendements constitutionnels comme moyens pour atteindre leurs buts. Mais l'esclavagisme n'a pas pris fin par des poursuites judiciaires et du lobbying &#8212; il a &#233;t&#233; d&#233;fait par la guerre civile, dans laquelle les anciens esclaves ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif. Ce sont les soul&#232;vements dans les ghettos &#8212; de Watts &#224; D&#233;troit, de Newark &#224; Harlem &#8212; et non une tactique de pression pacifique qui ont impos&#233; les concessions des ann&#233;es 60 et 70. Le syst&#232;me peut &#234;tre forc&#233; &#224; faire de s&#233;rieuses concessions par des luttes de masse. Pour un moment, elles peuvent m&#234;me obliger les capitalistes &#224; ne pas r&#233;percuter le fardeau de ces gains. Mais la derni&#232;re chose que veulent les politiciens pro-r&#233;parations est bien le renouveau des luttes de masses des travailleurs noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie est une lutte constante et quotidienne. Puisque la plupart des Noirs doit faire face continuellement &#224; l'oppression raciale et &#224; l'espoir bris&#233; d'une vie meilleure, l'&#233;tincelle de la r&#233;sistance s'allume in&#233;vitablement quand ces probl&#232;mes imm&#233;diats deviennent insupportables. Les horreurs comme les brutalit&#233;s polici&#232;res provoquent des explosions. Dans les ann&#233;es 60, les r&#233;voltes massives des ghettos boulevers&#232;rent tout sur leur passage, terrifi&#232;rent le syst&#232;me et remport&#232;rent de v&#233;ritables victoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des gains cruciaux fut que les industries cl&#233;s ont &#233;t&#233; oblig&#233;es d'embaucher un grand nombre de travailleurs noirs. Ces travailleurs ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans la vague militante de gr&#232;ves du d&#233;but des ann&#233;es 70. Quelles que soient les attitudes qu'ils aient pu avoir, beaucoup de travailleurs blancs en sont venus &#224; respecter la capacit&#233; des Noirs &#224; combattre et &#224; gagner. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire des &#201;tats-Unis, des travailleurs blancs ont suivi la direction des travailleurs noirs dans la lutte. D'importants avantages ont &#233;t&#233; conquis, bien que les luttes aient &#233;t&#233; finalement contenues avec l'aide des bureaucrates souvent racistes qui dirigent les syndicats. Et malgr&#233; tous les revers, toutes les pertes, tous les renversements qui ont surgi depuis, les travailleurs noirs continuent &#224; occuper des positions essentielles dans des secteurs cl&#233;s de l'industrie, du transport et de l'administration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Travailleurs noirs, luttes de classe et r&#233;volution socialiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les travailleurs noirs ont encore le pouvoir de mettre fin au syst&#232;me des profits. Ils pourraient mener &#224; l'immobilisation les villes les plus importantes et m&#234;me tout le pays avec une action de masse de la classe ouvri&#232;re comme une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Une &#233;tincelle possible serait un autre acte outrageant venu de l'omnipr&#233;sente brutalit&#233; polici&#232;re. Et, comme cela s'est pass&#233; &#224; Los Angeles en 1992, la r&#233;ponse ne se limiterait pas aux Noirs. Les attaques capitalistes frappent tous les travailleurs. La force de travail la plus mal pay&#233;e d'aujourd'hui se compose d'un grand nombre d'hispaniques et d'immigr&#233;s qui, alors qu'ils n'ont pas subi l'esclavagisme aux &#201;tats-Unis, sont confront&#233;s aujourd'hui aux discriminations raciales et nationales. Beaucoup de travailleurs blancs font aussi face aux difficult&#233;s &#233;conomiques. Sous la surface du battage patriotique, il y a une peur croissante parmi la classe ouvri&#232;re &#224; propos de l'&#233;conomie, et une hostilit&#233; profond&#233;ment ancr&#233;e envers les politiciens et les patrons. L'&#233;ruption se produira, ce n'est qu'une question de temps. Les travailleurs noirs se trouvent &#224; une place strat&#233;gique ; ils ont le pouvoir de mener une r&#233;elle contre-attaque de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste d&#233;pend fortement des travailleurs noirs. Il se prot&#232;ge lui-m&#234;me par son arme ancestrale de &#171; diviser pour r&#233;gner &#187;, encourageant le racisme des Blancs et l'utilisant &#224; son tour contre les Noirs. Dans cet esprit, les bureaucrates ouvriers blancs et les menteurs d&#233;mocrates radicaux ont trahi toutes les alliances qu'ils ont conclues avec les travailleurs noirs. Les Noirs ont de bonnes raisons d'avoir peu confiance en la solidarit&#233; des Blancs, qui se sont si souvent laiss&#233;s utiliser comme des pions raciaux. Mais aujourd'hui, &#233;tant donn&#233; la position &#233;conomique strat&#233;gique des travailleurs noirs, quand ceux-ci lanceront une gr&#232;ve, les travailleurs blancs suivront de plus en plus la direction des travailleurs noirs en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique qui s'approfondit et la r&#233;pression d'&#201;tat croissante (pour laquelle le 11 septembre n'a &#233;t&#233; qu'un pr&#233;texte opportuniste) garantit qu'il y aura, t&#244;t ou tard, des actions de r&#233;sistance de masse de la part des travailleurs et des pauvres. Dans ces actions de la classe ouvri&#232;re, les travailleurs r&#233;volutionnaires comme nous dans la LRP combattront pour un programme d'&#233;galit&#233; des salaires, de plein emploi, de travaux publics massifs, pour la lutte en faveur du logement, de la couverture sant&#233; et des &#233;coles, pour l'arr&#234;t des brutalit&#233;s polici&#232;res. Les travailleurs formeront leurs brigades d'auto-d&#233;fense pour prot&#233;ger leurs communaut&#233;s et leurs gr&#232;ves contre les capitalistes et leurs policiers voyous. Nous croyons qu'il faudra une r&#233;volution ouvri&#232;re, cr&#233;ant un &#201;tat ouvrier sur la route du socialisme, pour satisfaire ces revendications &#233;l&#233;mentaires et n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue d'Alternative libertaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1968 : Le tournant ouvrier du mouvement noir aux Etats-Unis&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 18 mars 1968, des centaines d'&#233;boueurs de Memphis (Tennessee), en gr&#232;ve depuis six semaines, re&#231;oivent la visite de Martin Luther King. Ce dernier d&#233;fend toujours les droits des Noirs, mais combat d&#233;sormais pour les pauvres, les sans-logis, les travailleuses et les travailleurs&#8230; Cette &#233;volution inqui&#232;te les dirigeants blancs. Deux semaines apr&#232;s, Martin Luther King est assassin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les circonstances de sa mort sont encore contest&#233;es mais une chose est s&#251;re : cet assassinat intervient au moment o&#249; il g&#234;ne le plus. Tant que ce Noir s'occupait des affaires des Noirs cela pouvait encore passer. Mais qu'il inscrive la lutte antiraciste dans une lutte plus g&#233;n&#233;rale contre l'oppression, et l'on risquait de s'acheminer vers une critique globale du syst&#232;me capitaliste. C'est &#224; cette &#233;poque que Luther King se voit accus&#233; d'&#234;tre communiste, r&#233;volutionnaire &#8211; m&#234;me si, de fait, il en est bien loin. Son soutien aux &#233;boueurs de Memphis est donc symbolique d'un tournant amorc&#233; trois mois avant, lors du lancement de la &#171; campagne des pauvres gens &#187; (poor people's campaign).&lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#233;gr&#233;gation est toujours l&#224;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1964 marque un tournant dans la lutte pour l'&#233;mancipation noire. La loi sur les droits civiques (Civil Rights Act) a banni, du moins en principe, la s&#233;gr&#233;gation. La r&#233;alit&#233; sociale est tout autre. Les Noirs sont en grande majorit&#233; prol&#233;taires et subissent la double oppression du syst&#232;me capitaliste et du racisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1963, il y a cinq fois plus de Noirs que de Blancs qui logent dans des habitats insalubres. Les in&#233;galit&#233;s se creusent : en 1962, les salari&#233;-e-s noir-e-s ont des revenus inf&#233;rieurs de 45 % en moyenne aux revenus des Blancs, contre 38 % en 1952. Quatre salari&#233;-e-s noir-e-s sur cinq sont des ouvriers non qualifi&#233;s. L'&#233;volution des techniques, notamment l'automation, a fait perdre des milliers d'emplois industriels, surtout les moins qualifi&#233;s. Dans les chemins de fer par exemple, en quelques ann&#233;es, le nombre de cheminots de couleur est pass&#233; de 350 000 &#224; moins de 50 000. Le ch&#244;mage touche donc 14 % des Noirs, contre 6 % des Blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte de crise sociale aigu&#235;, la jeunesse noire des ghettos se radicalise. L'impatience grandit, et les mouvements d'&#233;mancipation non-violents, comme celui du pasteur Martin Luther King, voient leur influence reculer. Les nouvelles formes de lutte plus virulentes qui ont &#233;merg&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es avec Malcom X ou le Black Panthers Party s&#233;duisent davantage une jeune g&#233;n&#233;ration qui ne se satisfait plus de la &#171; d&#233;sob&#233;issance civile &#187;. L'action directe gagne en cr&#233;dibilit&#233; sur l'action l&#233;gale. L'&#233;galit&#233; civique n'est toujours pas r&#233;ellement acquise, mais les questions sociales s'imposent de plus en plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Radicalisation de la lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une semaine d'insurrection (34 morts, 1 071 bless&#233;s et 400 arrestations) dans le quartier de Watts &#224; Los Angeles, &#224; partir du 11 ao&#251;t 1965, les ann&#233;es 1966 et 67 sont marqu&#233;es par des &#233;meutes dans toutes les agglom&#233;rations industrielles du nord et du centre comme Cleveland, Detroit, Omaha, Chicago (164 villes sont touch&#233;es en 1967).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1966, James Meredith, h&#233;ros du combat pour l'int&#233;gration &#224; l'universit&#233; du Mississipi en 1962, se fait tirer dessus au cours d'une marche de protestation. Stokely Carmicha&#235;l, pr&#233;sident d'une SNCC qui s'est radicalis&#233;e, propose alors de n'admettre d&#233;sormais que des Noirs dans les manifestations et lance le slogan &#171; Black power &#187; (&#171; pouvoir noir &#187;). Martin Luther King ne s'y oppose pas clairement mais conteste la violence des m&#233;thodes qui sont d&#233;sormais de plus en plus &#224; la mode dans le mouvement. La vague d'&#233;meutes l'a d&#233;stabilis&#233;, et sa strat&#233;gie para&#238;t d&#233;pass&#233;e. On lui reproche d'&#234;tre beaucoup trop mod&#233;r&#233;, &#171; embourgeois&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le parti de Martin Luther King, le SCLC, continue &#224; pr&#244;ner l'int&#233;gration des Noirs dans la soci&#233;t&#233; et un mode d'action non violent, il est critiqu&#233; par celles et ceux qui pr&#244;nent la s&#233;paration &#224; travers un nationalisme noir. En 1962, dans Black Nationalism, E.U. Essien-Udom th&#233;orise : &#171; Les organisations nationalistes noires [&#8230;] affirment que la seule solution satisfaisante et permanente du probl&#232;me des relations entre Noirs et Blancs est la s&#233;paration des Noirs d'avec la majorit&#233; blanche et l'&#233;tablissement d'un &#8220;foyer noir&#8221;, contr&#244;l&#233; politiquement par une majorit&#233; noire &#187; [1].&lt;br class='autobr' /&gt;
Un mouvement divis&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Black Muslims (&#171; Musulmans noirs &#187;) incarnent ce s&#233;paratisme. En 1965, leur leader charismatique, Malcom X, rompt avec eux et fonde l'Organisation pour l'unit&#233; afro-am&#233;ricaine sur des bases la&#239;ques. Il &#233;volue vers une ligne de classe, anticapitaliste et internationaliste et ne renie pas la violence, comme moyen de d&#233;fense face &#224; l'oppression des classes dirigeantes blanches. Alors que son &#233;toile monte dans le ciel de la cause noire, au d&#233;triment du pasteur pacifiste, il dispara&#238;t presque aussit&#244;t, abattu en plein meeting, le 21 f&#233;vrier 1965.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle organisation vient alors concurrencer le mouvement de Luther King. Il s'agit du Black Panther Party for Self-Defense (&#171; Parti de la panth&#232;re noire pour l'autod&#233;fense &#187;, BPP), fond&#233; en octobre 1966 par Huey Newton et Bobby Seale, regroupant tr&#232;s vite des milliers d'adh&#233;rentes et d'adh&#233;rents [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils mettent sur pied des patrouilles arm&#233;es dans les rues d'Oakland (Californie), afin de prot&#233;ger les Noirs victimes des policiers blancs. Narquois, ils emportent toujours avec eux un Code civil pour prouver &#224; la police la l&#233;galit&#233; de leur action. Petit &#224; petit, ils mettront en place des programmes sociaux (aide alimentaire, cliniques gratuites&#8230;), se d&#233;finiront comme &#171; marxistes-l&#233;ninistes &#187; et se rapprocheront des organisations en lutte contre l'imp&#233;rialisme (le FLN au pouvoir en Alg&#233;rie ou encore l'OLP, l'IRA, le Front de lib&#233;ration du Qu&#233;bec&#8230;). Malgr&#233; l'arrestation de dirigeants importants d&#232;s 1967, l'organisation, tr&#232;s m&#233;diatis&#233;e, a de plus en plus de sympathisantes et de sympathisants.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;volution de Martin Luther King&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1966, Martin Luther King choisit Chicago (Illinois) pour mener campagne en direction du ghetto, o&#249; lui-m&#234;me va habiter avec sa famille. Il organise une marche pacifique en juillet, mais les choses d&#233;g&#233;n&#232;rent en &#233;meutes accompagn&#233;es de pillages. Il s'ensuit une op&#233;ration breadbasket (&#171; corbeille &#224; pain &#187;) pour que le patronat embauche un nombre de Noirs proportionnel &#224; sa client&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1967, &#224; Los Angeles, Martin Luther King d&#233;clare : &#171; Les promesses de la grande soci&#233;t&#233; ont trouv&#233; la mort sur les champs de bataille du Vietnam [3]. La poursuite de cette guerre, qui va s'&#233;largissant, a r&#233;tr&#233;ci le programme social int&#233;rieur, faisant porter le plus lourd de la charge aux pauvres, noirs et blancs [&#8230;]. On estime que nous d&#233;pensons 322 000 dollars par ennemi tu&#233;, alors que dans la soi-disant guerre contre la pauvret&#233; en Am&#233;rique, nous n'en d&#233;pensons que 53 par personne reconnue comme pauvre. &#187; [4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il lance alors, en d&#233;cembre 1967, une campagne bien plus subversive, qui s'en prend aux in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques dans leur ensemble : &#171; La Campagne des pauvres gens &#187;, dans laquelle il affirme qu'au-del&#224; du cas sp&#233;cifique des Noirs se pose la question de la pauvret&#233; aux &#201;tats-Unis, d'o&#249; une campagne associant Blancs, Noirs, M&#233;tis, qui ont des int&#233;r&#234;ts communs : &#171; La politique du gouvernement f&#233;d&#233;ral consiste &#224; jouer &#224; la roulette russe avec l'&#233;meute [&#8230;]. Malgr&#233; le ch&#244;mage, les conditions intol&#233;rables des logements, la discrimination dans l'enseignement &#8211; fl&#233;au des ghettos noirs &#8211;, le Congr&#232;s et le gouvernement bricolent encore des mesures superficielles et consenties de mauvais gr&#233;. &#187; [5]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;le rend trop dangereux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'&#233;poque &#224; laquelle le SNCC se d&#233;gage de ses positions strictement non violentes. En f&#233;vrier 1968, le BPP et le SNCC entament une collaboration sous le sceau du &#171; black power &#187;. Les deux organisations d&#233;noncent le capitalisme, le racisme et pr&#244;nent l'action directe qui doit les lib&#233;rer du &#171; carcan impos&#233; par la soci&#233;t&#233; blanche &#187;. Les &#233;meutes de Watts ont &#233;galement oblig&#233; l'aile mod&#233;r&#233;e du mouvement noir &#224; une &#233;volution vers les questions sociales. Luther King doit bien se rendre compte que le racisme n'est pas seul en cause : &#171; il y a quelque chose qui ne va pas dans le capitalisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 f&#233;vrier 1968, le Syndicat des &#233;goutiers et &#233;boueurs de Memphis (Tennessee) se met en gr&#232;ve pour protester contre les traitements inflig&#233;s par le maire Henry Loeb. Cette gr&#232;ve a &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;e par un incident raciste : 22 &#233;boueurs noirs ont &#233;t&#233; licenci&#233;s sans indemnit&#233;s &#224; cause du mauvais temps, alors que tous les travailleurs blancs ont pu conserver leur emploi. Le maire refuse de n&#233;gocier et envoie la police. Cette r&#233;pression polici&#232;re va entra&#238;ner un mouvement de protestation dirig&#233; par le SCLC et par l'AFL-CIO [6]qui organise une marche de protestation &#224; Memphis le 28 mars 1968, &#224; laquelle participe Luther King.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De violents incidents font un mort. Luther King, afin d'effacer cette image de violence et assurer la bonne pr&#233;paration de la marche sur Washington qu'il a pr&#233;vue dans le cadre de sa &#171; Campagne pour les pauvres gens &#187;, revient &#224; Memphis pour y diriger la manifestation fix&#233;e au lundi 8 avril 1968. C'est l&#224; qu'il est assassin&#233; d'une balle en pleine t&#234;te, dans son motel, le 4 avril 1968. Sa mort sera suivie d'&#233;meutes dans 125 villes, faisant 46 morts !&lt;br class='autobr' /&gt;
Un bilan mitig&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 1968, la collaboration entre le BPP et le SNCC s'est faite au d&#233;triment de celui-ci, en perte de vitesse. Le BPP, avec ses 3 000 membres, affirme son leadership sur le mouvement noir. Paradoxalement, vers la fin des ann&#233;es 1960, les ghettos ont retrouv&#233; un certain calme, mais cela n'emp&#234;che pas le d&#233;veloppement de th&#232;ses r&#233;volutionnaires au sein de la communaut&#233; noire. D'autant que, depuis l'assassinat de Martin Luther King, le SCLC, qui reste ferme sur ses positions non violentes, a perdu beaucoup de son influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activisme noir a &#233;t&#233; le catalyseur des id&#233;es r&#233;volutionnaires port&#233;es par la cat&#233;gorie sociale la plus exploit&#233;e de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine (Noirs et prol&#233;taires). Mais il n'est pas parvenu &#224; franchir la derni&#232;re &#233;tape qui aurait pu aboutir &#224; une prise de position anticapitaliste globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de consistance id&#233;ologique du BPP n'a pas donn&#233; une image politique structur&#233;e &#224; l'organisation, qui oscillera toujours entre le nationalisme des origines et le socialisme proclam&#233; par ses dirigeants : &#171; Nous ne combattons pas le racisme par le racisme. Nous combattons le racisme par la solidarit&#233;. Nous ne combattons pas le capitalisme exploiteur par le capitalisme noir. Nous combattons le capitalisme par le socialisme. Nous ne combattons pas l'imp&#233;rialisme par un imp&#233;rialisme plus grand. Nous combattons l'imp&#233;rialisme par l'internationalisme prol&#233;tarien. Ces principes sont essentiels dans le parti. &#187; [7] Le mouvement s'&#233;puise dans les ann&#233;es 1970 et subit une r&#233;pression extr&#234;mement violente. Pour le pouvoir, l'int&#233;gration des Noirs au capitalisme peut se concevoir, pas l'anticapitalisme noir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;lanie (AL Paris)&lt;br class='autobr' /&gt;
Panorama des organisations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Black Power : &#171; Pouvoir noir &#187;, expression emprunt&#233;e &#224; l'ouvrage de Richard Wright, Black Power &#233;crit en 1945. Mouvement lanc&#233; par Stokely Carmicha&#235;l (&#224; la t&#234;te du SNCC en 1967). Le Black Power est un mouvement radical, qui vise &#224; abattre le pouvoir des Blancs pour affirmer le pouvoir des Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Black Panther Party : Fond&#233; en octobre 1966 &#224; Oakland (Californie) par Huey Newton et Bobby Seale, sous le nom de Black Panther Party for Self-Defense. Il adopte une orientation r&#233;volutionnaire et se r&#233;clame du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nation of islam : Organisation politique fond&#233;e par Wallace Fard en 1931. Elle pr&#244;ne le s&#233;paratisme, met l'accent sur l'&#171; africanisme &#187; des Noirs am&#233;ricains et l'islam comme unificateur des Noirs. Sous l'influence de Malcom X, le parti rassemble pr&#232;s de 40 000 &#171; Black Muslims &#187; (musulmans noirs) en 1964.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Southern Christian Leadership Conference (SCLC) : &#171; Conf&#233;rence des dirigeants des chr&#233;tiens du Sud &#187;. Organisation politique dont Luther King est le pr&#233;sident, cr&#233;e par les &#233;lites noires du Sud, en 1957, suite au succ&#232;s de la campagne de boycott des bus &#224; Montgomery (Alabama). Ce parti se bat pour les droits civiques par la non-violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Student Nonviolent Coordinating Comittee (SNCC) : &#171; Comit&#233; de coordination des &#233;tudiants non-violents &#187;. Cr&#233;&#233; en avril 1960 &#224; Atlanta (Georgie) par des &#233;tudiantes et &#233;tudiants favorables &#224; la politique des sit-in. Ce parti appara&#238;t comme le principal d&#233;fenseur des droits civiques. Fin 1968, il abandonne ses principes non-violents et change la signification de son &#171; N &#187; pour d&#233;fendre le nationalisme noir : &#171; Student National Coordinating Committee &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rep&#232;res chronologiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1946 D&#233;cision de la Cour supr&#234;me interdisant la s&#233;gr&#233;gation dans les transports en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1947 Premi&#232;res Freedom rides, manifestations dont le but est d'obtenir l'application de la d&#233;cision de la Cour supr&#234;me de 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er d&#233;cembre 1955 Rosa Parks, &#224; Montgomery (Alabama) refuse de c&#233;der sa place &#224; un Blanc, conform&#233;ment &#224; la loi. D&#233;but d'un scandale et d'une lutte fondatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 1960 Sit-in de Greensboro (Caroline du Nord), contre la s&#233;gr&#233;gation dans une caf&#233;t&#233;ria, point de d&#233;part du mouvement pour les droits civiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 ao&#251;t 1963 Marche sur Washington de plus de 200 000 personnes. Discours de Martin Luther King &#171; I have a dream &#187; dans lequel il aspire &#224; une Am&#233;rique unie, sans s&#233;gr&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 juillet 1964 Adoption par l'administration Johnson du Civil Rights Act : d&#233;sormais, la justice peut intervenir pour mettre un terme &#224; la s&#233;gr&#233;gation raciale dans les lieux publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 f&#233;vrier 1965 Assassinat de Malcom X, en plein meeting.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 ao&#251;t 1965 Emeutes de Watts, Los Angeles, qui durent une semaine (34 morts, 1071 bless&#233;s, 400 arrestations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 1966 Lancement du Black Power par Stokely Carmicha&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1966 Fondation du Black Panther Party for Self-Defense (BPP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 d&#233;cembre 1967 Luther King lance la Poor People's Campaign.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 f&#233;vrier 1968 D&#233;but de la gr&#232;ve des &#233;boueurs de Memphis (Tennessee).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 mars 1968 Luther King prend la parole devant les &#233;boueurs en gr&#232;ve &#224; Memphis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 mars 1968 Luther King conduit &#224; Memphis une manifestation dispers&#233;e avec violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 avril 1968 Assassinat de Martin Luther King au Lorraine motel, &#224; Memphis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] 1. Essien Udosen Essien-Udom, Black Nationalism, A Search for Identity in America, 1962, p. 62.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] 2. Mumia Abu Jamal, We want freedom : Une vie dans le parti des Black Panthers, Le Temps des cerises, 2004, pp. 11-42.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] 3. Martin Luther King s'&#233;tait prononc&#233; contre la guerre du Vietnam d&#232;s 1965.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] 4. G&#233;rard Plon, Anticolonialistes et anti-esclavagistes : les d&#233;fenseurs des droits de l'homme, Martinsart, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] 5. Martin Luther, Autobiographie, Bayard, 2000, p. 417&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] 6. L'American Federation of Labor &#8211; Congress of Industrial Organisations, la plus puissante centrale syndicale des &#201;tats-Unis, n&#233;e &#224; New York en 1955.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] 7. Bobby Seale, &#192; l'aff&#251;t. Histoire du Parti des Panth&#232;res noires et de Huey Newton, Gallimard, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://web.mac.com/rolandgarret/iWeb/site/The%2520Rise%2520and%2520Fall%2520of%2520the%2520Civil%2520Rights%2520Movement%2520_files/droppedImage.jpg&amp;imgrefurl=http://web.mac.com/rolandgarret/iWeb/site/The%2520Rise%2520and%2520Fall%2520of%2520the%2520Civil%2520Rights%2520Movement%2520.html&amp;usg=__X4wpx_wbTnvcZ997Y0Ur46II4mU=&amp;h=427&amp;w=388&amp;sz=87&amp;hl=fr&amp;start=38&amp;tbnid=OFkvdX7mlRH92M:&amp;tbnh=126&amp;tbnw=114&amp;prev=/images%3Fq%3Dnegro%2Bmovement%26gbv%3D2%26ndsp%3D20%26hl%3Dfr%26client%3Dfirefox-a%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26sa%3DN%26start%3D20&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;What upon Obama ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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