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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Chronologie de l'Apartheid en Afrique du Sud et du combat pour le renverser</title>
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		<dc:date>2014-02-03T02:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du sud South Africa</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique - Africa</dc:subject>

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&lt;p&gt;Chronologie de l'Apartheid en Afrique du Sud et du combat pour le renverser &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Apartheid, ce r&#233;gime fasciste de s&#233;paration selon la couleur de la peau qui fait des Noirs des &#233;trangers sur le sol de l'Afrique du sud blanche, n'est nullement n&#233; en m&#234;me temps que la domination blanche en Afrique du sud et ne date que de 1948. Il n'est donc pas venu simplement du racisme des Blancs (jusqu'en 1950, il y avait m&#234;me un grand nombre de mariages entre Noirs et Blancs) et il n'est pas tomb&#233; du fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique73" rel="directory"&gt;16- Nelson Mandela et le Parti communiste sud-africain ou comment le prol&#233;tariat s'est fait voler sa r&#233;volution contre l'apartheid&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;Afrique du sud South Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;Afrique - Africa&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronologie de l'Apartheid en Afrique du Sud et du combat pour le renverser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Apartheid, ce r&#233;gime fasciste de s&#233;paration selon la couleur de la peau qui fait des Noirs des &#233;trangers sur le sol de l'Afrique du sud blanche, n'est nullement n&#233; en m&#234;me temps que la domination blanche en Afrique du sud et ne date que de 1948. Il n'est donc pas venu simplement du racisme des Blancs (jusqu'en 1950, il y avait m&#234;me un grand nombre de mariages entre Noirs et Blancs) et il n'est pas tomb&#233; du fait d'une prise de conscience, ni celle des Noirs ni celle des Blancs, ni d'une conscience de la possibilit&#233; d'un &#171; vivre ensemble &#187;, con&#231;u par Mandela et l'ANC. Cette chronologie vise &#224; montrer que tout cela est un mythe mensonger. On ne peut pas comprendre l'histoire du racisme d'Etat en Afrique du sud sans comprendre aussi les probl&#232;mes pos&#233;s aux classes dirigeantes par le d&#233;veloppement du mouvement ouvrier. C'est la lutte des classes qui explique aussi bien la mise en place de l'Apartheid que sa fin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation des Blancs n&#233;erlandophones date de 1652 (premier &#233;tablissement blanc au Cap) et celle des Anglais de 1797 (avec en 1820 la premi&#232;re migration importante de Britanniques en Afrique du sud). La guerre entre les deux ou &#171; guerre des Boers &#187; a lieu de 1877 &#224; 1902. C'est officiellement dans le but de supprimer l'esclavage des Noirs que les Anglais &#233;crasent militairement les Boers dans une v&#233;ritable guerre volontairement g&#233;nocidaire utilisant des m&#233;thodes d'une violence encore jamais connue avec des camps d'extermination&#8230; des blancs n&#233;erlandophones, les Afrikaners ou Boers (33.000 morts sur 250.000 boers !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, que les &#034;Blancs&#034; se fassent la guerre entre eux n'efface nullement les multiples combats des Anglais et des Boers contre les Noirs mais cela rappelle que les &#034;Blancs&#034; ne sont pas que des races, qu'ils d&#233;fendent des int&#233;r&#234;ts de bourgeoisies concurrentes et que le racisme lui-m&#234;me ne le leur fait pas oublier. Le racisme n'est nullement plus fort que les int&#233;r&#234;ts de classe et c'est toute l'histoire de l'Afrique du sud qui le rappelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1912 que na&#238;t le Congr&#232;s National des Natifs Sud-Africains (SANNC), anc&#234;tre de l'ANC (que certains croient cr&#233;&#233; par Mandela qui, lui, est n&#233; en 1918 !) Le SANNC, qui prendra en 1923 le nom de congr&#232;s national africain (ANC), est alors la premi&#232;re organisation &#224; repr&#233;senter au niveau national les Noirs en prenant le relais des divers groupes et mouvements ethniques ou r&#233;gionaux qui s'&#233;taient multipli&#233;s durant le quart de si&#232;cle &#233;coul&#233;. Organis&#233; sous la forme d'un parti politique britannique bourgeois avec son cabinet fant&#244;me, on y trouve surtout des intellectuels, des &#233;ducateurs, des juristes et des journalistes tels Sol Plaatje, le premier secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, Pixley Ka Isaka Seme, le premier tr&#233;sorier g&#233;n&#233;ral, John Dube, son premier pr&#233;sident ou encore Alfred Mangena, le premier procureur noir du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'unit&#233; des travailleurs noirs et boer est la principale crainte du pouvoir blanc, celle-ci ne sera jamais mise en avant par l'ANC, laissant place &#224; l'influence des nationalistes racistes sur les ouvriers boers. En 1918, l'Afrikaner Broederbond (Ligue des fr&#232;res afrikaners) est fond&#233;e &#224; Johannesburg avec pour objectif de d&#233;fendre et promouvoir les Afrikaners, ce qui suppose de s'opposer &#224; toute promotion des Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L' IWA de Johannesbourg lance en 1919 parmi les dockers une gr&#232;ve commune avec deux syndicats locaux, l'Industrial and Commercial Union et un syndicat d'ouvriers des chemins de fer et de dockers blancs. La gr&#232;ve est suivie par plus de 2 000 ouvriers qui exigent de meilleurs salaires et s'opposent aux exportations de nourriture, suspect&#233;es de faire cro&#238;tre le taux d'inflation d&#233;j&#224; &#233;lev&#233; du pays. Bien que la gr&#232;ve ne soit pas une victoire, elle jette les bases d'une nouvelle solidarit&#233; parmi les travailleurs des docks : quelques ann&#233;es plus tard, les IWA, l'Industrial and Commercial Union et plusieurs autres syndicats de travailleurs de couleur fusionnent pour former l'Industrial and Commercial Workers Union (ICU). Ce syndicat grossit &#233;norm&#233;ment &#224; partir de 1924 et conna&#238;t un pic de 100 000 membres en 1927, ce qui en fait la plus grosse organisation d'Africains jusqu'&#224; l'ANC des ann&#233;es 1950. Dans les ann&#233;es 1930, l'ICU &#233;tablit m&#234;me des sections en Namibie, en Zambie et au Zimbabwe avant de d&#233;cliner progressivement. En 1920, un mouvement de la classe ouvri&#232;re, unie par de l&#224; les races, les couleurs et les ethnies, avait d&#233;montr&#233; que le danger de l'unit&#233; de classe malgr&#233; les divisions raciales existait bel et bien pour les classes dirigeantes. &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1066&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mouvement des mineurs noirs devait aussi d&#233;montrer que la division avec les mineurs blancs &#233;tait un facteur certain d'&#233;chec. En effet, le 17 f&#233;vrier 1920, plus de 71.000 mineurs noirs des mines du Rand se mirent en gr&#232;ve. 22 mines &#233;taient touch&#233;es. Les mineurs noirs en gr&#232;ve spontan&#233;e ne re&#231;urent absolument aucun soutien des syndicats blancs. La gr&#232;ve fut &#233;cras&#233;e et plusieurs ouvriers furent fusill&#233;s. Les travailleurs blancs avaient &#233;t&#233; employ&#233;s comme briseurs de gr&#232;ve. Deux ans plus tard, les m&#234;mes mineurs blancs, eux aussi en gr&#232;ve, n'obtinrent aucun soutien des mineurs noirs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mineurs blancs en lutte sans et m&#234;me contre les mineurs noirs allait faire aussi la d&#233;monstration que cela menait &#224; l'&#233;chec&#8230; En mars 1922, l'arm&#233;e &#233;tait envoy&#233;e pour faire cesser la gr&#232;ve insurrectionnelle des ouvriers afrikaners des mines d'or du Witwatersrand. Les mineurs afrikaners s'&#233;taient mis en gr&#232;ve pour protester contre le recours accru aux travailleurs noirs, main-d'&#339;uvre abondante et moins bien pay&#233;e, par le patronat du secteur minier. Pour les mineurs afrikaners, le patronat remettait en cause le Colour Bar et les emplois r&#233;serv&#233;s des mines. Le conflit avait commenc&#233; dans les mines de charbon, soutenu par les nationalistes de Tielman Roos et les communistes de Bill Andrews, puis s'&#233;tait r&#233;pandu &#224; travers tout le bassin minier du Rand, regroupant 20 000 travailleurs blancs. La gr&#232;ve s'&#233;tait ensuite transform&#233;e en insurrection, avec la proclamation de soviets alors que des affrontements violents ensanglantaient la r&#233;gion. Quelques jours apr&#232;s le d&#233;clenchement de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, le premier ministre Jan Smuts mena une sanglante r&#233;pression (214 tu&#233;s dont 76 gr&#233;vistes, 78 soldats, 30 africains tu&#233;s par les gr&#233;vistes) tandis que 5 000 mineurs &#233;taient emprisonn&#233;s. 30 000 mineurs blancs lutt&#232;rent contre la diminution de leur salaire au prix de 200 morts et de milliers d'arrestations. Mais ils furent d&#233;faits car un nombre important de mineurs noirs travaill&#232;rent pendant la dur&#233;e de la gr&#232;ve, sans que les syndicats blancs ne cherchent &#224; les y entra&#238;ner. L'&#233;chec du mouvement ouvrier conduisit &#224; une mobilisation rassemblant travaillistes, socialistes, communistes, des mouvements politiques de couleurs derri&#232;re les nationalistes du parti national qui remport&#232;rent en 1924 les &#233;lections l&#233;gislatives. On voit l&#224; &#224; quel point le succ&#232;s du pouvoir raciste est li&#233; &#224; l'&#233;chec du mouvement ouvrier, lui-m&#234;me li&#233; &#224; sa division, chaque fraction de la classe ouvri&#232;re &#233;tant sous l'influence des dirigeants ethniques bourgeois et petits bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Naissance de l'Apartheid&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la grande gr&#232;ve des mineurs africains de 1946 qui a convaincu la grande bourgeoisie de mettre en place le r&#233;gime de l'Apartheid comme le rappelle Claude Jacquin dans &#171; Une gauche syndicale en Afrique du sud (1978-1993) &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le danger d'une nouvelle r&#233;sistance des ouvriers noirs avait &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; par la gr&#232;ve des mineurs africains de 1946. Bien que cette gr&#232;ve ait &#233;t&#233; d&#233;faite et que les tentatives de solidarit&#233; parmi les travailleurs urbains aient &#233;chou&#233;, l'Etat avait besoin de trouver une solution &#224; long terme au probl&#232;me du contr&#244;le social&#8230;. La victoire &#233;lectorale du Parti national en 1948 sanctionna la victoire de la seconde option, ouvrant une nouvelle p&#233;riode de l'histoire sud-africaine, jusqu'&#224; ce que ce choix s'&#233;puise progressivement au cours des ann&#233;es soixante-dix. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas que la m&#234;me p&#233;riode (1947-1950) o&#249; la bourgeoisie sud-africaine d&#233;cide la mise en place de l'Apartheid par crainte du prol&#233;tariat, les bourgeoisies coloniales craignent la r&#233;volte ouvri&#232;re dans toute l'Afrique. En 1947, ce sont les travailleurs de Madagascar qui se r&#233;voltent. Au Cameroun, en 1948, ce sont encore les travailleurs que l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais doit &#233;craser. Ce sont encore les ouvriers qui, en 1947-48, bloquent toute l'Afrique de l'ouest &#171; fran&#231;aise &#187;, du S&#233;n&#233;gal &#224; la Haute Volta, du mali &#224; la Guin&#233;e, en passant par la C&#244;te d'Ivoire, en se mobilisant autour de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des chemins de fer. Travailleurs des docks, petits boulots des villes, ch&#244;meurs, femmes sont mobilis&#233;s avec les cheminots et les travailleurs des ports. Dans cette m&#234;me p&#233;riode, toute l'Afrique noire conna&#238;t une vaste mobilisation qui entra&#238;ne des gr&#232;ves, remplit brutalement les syndicats, menace l'ordre colonial. La radicalit&#233; des travailleurs tranche avec la mod&#233;ration des dirigeants de la petite bourgeoisie noire. Les gr&#232;ves de cheminots se multiplient dans toute l'Afrique : en 1945, de Matadi &#224; L&#233;opoldville, en Afrique centrale, en 1945-46 &#224; Douala (Cameroun) et en 1947 au Za&#239;re. On atteint alors le sommet de la mobilisation, avec &#224; la fois la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 11 jours au Kenya, la mobilisation de 15.000 ouvriers &#224; Mombasa, celle de 10.000 cheminots soudanais, celle des cheminots et mineurs de Gold Coast, avec une &#233;meute populaire &#224; Abidjan, en C&#244;te d'Ivoire, luttes qui se d&#233;roulent en pleine gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des cheminots de la ligne du Dakar-Niger. Cette mobilisation ouvri&#232;re dure jusque dans les ann&#233;es 1950 dans toute l'Afrique, entra&#238;nant un d&#233;veloppement syndical jusque l&#224; inconnu. Des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales la marquent : 1950 &#224; Nairobi, 1955 au Nigeria et 1956 &#224; Abidjan. Souvent l'arm&#233;e r&#233;prime violemment faisant des dizaines de morts. Les organisations ouvri&#232;res sont d&#233;truites.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volte des pauvres noirs du Kenya date &#233;galement de 1948-1950 et elle fut &#233;cras&#233;e dans le sang par le pouvoir colonial anglais. La classe ouvri&#232;re y avait tenu un r&#244;le &#224; ses d&#233;buts. Apr&#232;s une nouvelle gr&#232;ve &#224; Mombasa en 1947, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale cette fois &#224; laquelle participaient 15 000 Africains et qui a eu un succ&#232;s retentissant. Son organisateur, Chege Kibachia, a en effet fond&#233; le premier syndicat africain, la &#171; Africain Workers Federation &#187;. Consid&#233;r&#233;e avec m&#233;fiance par le gouvernement, cette organisation a &#233;t&#233; de courte dur&#233;e ; elle s'est progressivement dissoute apr&#232;s l'arrestation de son pr&#233;sident en ao&#251;t 1947. L'action de Chege Kibachia a cependant &#233;t&#233; &#224; l'origine d'un mouvement syndical qui comptait en 1952, 27.588 membres en 13 syndicats ; &#224; la m&#234;me &#233;poque, il y aurait eu au Tanganika un seul syndicat avec 381 membres et en Ouganda trois organisations ouvri&#232;res avec 259 membres. Cette activit&#233; syndicale fait partie int&#233;grante du cadre dans lequel il convient de situer la r&#233;volte mau-mau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette mont&#233;e des revendications d'ind&#233;pendance en Afrique li&#233;es &#224; la mont&#233;e du mouvement ouvrier, l'Afrique du sud apparaissait aux classes dirigeantes comme un vrai baril de poudre, du fait d'importance du prol&#233;tariat noir, bien plus grande qu'ailleurs. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'opposer prol&#233;tariat noir et prol&#233;tariat blanc de mani&#232;re fasciste en faisant de la population blanche la gardienne de camp de concentration de la population noire. D'o&#249; la politique de l'Apartheid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Apartheid d'Afrique du sud a &#233;t&#233; une politique de la bourgeoisie, sud-africaine et imp&#233;rialiste, face &#224; la lutte de classe exacerb&#233;e par la guerre. En Afrique du sud, la lutte de la classe ouvri&#232;re s'est d&#233;velopp&#233;e en pleine deuxi&#232;me guerre mondiale. En 1940 et 1941, les travailleurs ont men&#233; des gr&#232;ves dures malgr&#233; les mesures gouvernementales d&#233;clarant ill&#233;gale toute gr&#232;ve d'Africains &#171; en toute circonstance &#187;. En ao&#251;t 1943, &#224; Alexandra pr&#232;s de Johannesburg, un vaste mouvement de boycott eut lieu contre la hausse des tarifs des transports. En m&#234;me temps, la classe ouvri&#232;re prenait conscience de sa force. Le syndicat des mineurs se reconstituait. En 1946, &#233;clatait une grande gr&#232;ve spontan&#233;e des mineurs et la r&#233;pression eut un mal consid&#233;rable &#224; faire reprendre le travail. La bourgeoisie sud-africaine, consciente du danger que repr&#233;sentaient d&#233;sormais les gr&#232;ves des Africains, mit en place l'Apartheid en 1948.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; Charte de la Libert&#233; &#187;, en fait le programme politique de l'ANC, adopt&#233; en 1955 au cours d'un congr&#232;s d'organisations noires, indiennes, m&#233;tisses et blanches, et affirme un certain nombre d'objectifs d&#233;mocratiques tr&#232;s mod&#233;r&#233;s et tr&#232;s bourgeois. Cela ne correspond nullement &#224; la situation mais seulement aux limites sociales et politiques des dirigeants bourgeois noirs. L'ANC est loin d'&#234;tre le seul mouvement de lutte des Noirs et surtout d'&#234;tre le seul mouvement nationaliste. Il est contest&#233; sur sa gauche et m&#234;me sur son radicalisme noir &#224; la fois par le mouvement de la conscience noire, par le PAC et par bien des organisations de lutte locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;La r&#233;volte contre l'Apartheid prend un caract&#232;re explosif dans les milieux populaires, dans la jeunesse&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1960, c'est le massacre de Sharpeville qui met le feu aux poudres. Le mouvement des Noirs de Sharpeville n'&#233;tait pas organis&#233; par l'ANC mais par le PAC (mouvement cr&#233;&#233; en avril 1959 par la fraction du mouvement noir qui ne croyait pas &#224; un accord avec les Blancs). Le 18 mars 1960, Robert Sobukwe, pr&#233;sident du Congr&#232;s panafricain (PAC), appelle pour le 21 mars &#224; des manifestations non-violentes dans tout le pays afin de protester contre les &#171; pass &#187; (passeport int&#233;rieur), demander leur abrogation ainsi que l'augmentation de la r&#233;mun&#233;ration de base de la journ&#233;e de travail. Les manifestants sont appel&#233;s &#224; se r&#233;unir devant les postes de police et se porter volontaires &#224; l'arrestation pour &#171; non port du pass &#187;. Le but est que tous les postes de police soient rapidement d&#233;bord&#233;s et incapables de proc&#233;der aux arrestations et aux emprisonnements. Le 21 mars, les militants du PAC s'activ&#232;rent dans tout le pays (Soweto o&#249; Sobukwe est arr&#234;t&#233; et emprisonn&#233;, Langa et Marcha au Cap, la r&#233;gion du Vaal notamment Boipatong et Bophelong). Pr&#232;s de Vereeniging, dans le township de Sharpeville, les militants du PAC immobilis&#232;rent les transports en commun bloquant les banlieusards dans leur township. Ces derniers furent alors nombreux &#224; venir manifester pacifiquement leur col&#232;re devant le commissariat pour y br&#251;ler leurs documents d'identit&#233;s controvers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression violente &#224; Sharpeville, avec 69 protestataires pacifiques tu&#233;s par la police et 178 bless&#233;s, entra&#238;na une explosion de col&#232;re de la population noire d'Afrique du sud et des blancs lib&#233;raux. Pour riposter, le gouvernement fait interdire la plupart des mouvements de lib&#233;ration comme l'ANC ou le Congr&#232;s panafricain PAC. Pour le PAC, ils sont &#171; l'expression des pr&#233;mices de la r&#233;volution populaire en lutte contre la barbarie du r&#233;gime &#187;. Pour l'ANC, ils montrent que le mouvement populaire pose effectivement des probl&#232;mes r&#233;volutionnaires et qu'il vaut mieux s&#233;parer les militants de l'ANC de se mouvement en les faisant passer dans la clandestinit&#233; dans les pays limitrophes et en les limitant &#224; l'action militaire plut&#244;t que l'action populaire de masse&#8230; Leurs dirigeants entrent alors dans la clandestinit&#233;. Nelson Mandela fonde alors une aile militaire de l'ANC, appel&#233; Umkhonto we Sizwe, ce qui signifie la Lance de la Nation et qui se lance dans des actions terroristes de sabotage des infrastructures industrielles, civiles ou militaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1976, l'explosion de la jeunesse de Soweto ouvre une des p&#233;riodes les plus explosives sur le terrain social et politique qu'ait connu l'Afrique du sud. Dix mille &#233;coliers noirs d&#233;filent dans Soweto pour protester contre l'enseignement obligatoire en afrikaans, la langue du colonisateur hollandais. La police tire sur les manifestants et tue un adolescent de treize ans. Ce meurtre d&#233;clenche la col&#232;re des jeunes &#233;coliers auxquels se sont joints des ch&#244;meurs de ce ghetto le plus peupl&#233; d'Afrique du sud (un million cinq cent mille habitants). Contre des hommes casqu&#233;s qui tirent dans le cas, les &#233;meutiers dressent des barricades, mettent le feu aux b&#226;timents administratifs, &#224; tout ce qui symbolise le pouvoir blanc. A l'exemple de Soweto, dans presque toutes les villes noires, autour de Johannesburg, puis de Pretoria, la jeunesse descend dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 ao&#251;t 1976, une grande gr&#232;ve des travailleurs noirs paralyse la moiti&#233; des activit&#233;s de Johannesburg et, deux jours plus tard, une &#233;meute se d&#233;clenche au Cap. Malgr&#233; les morts et les emprisonn&#233;s, le mouvement gagne l'ensemble du pays, ce qui ne s'&#233;tait jamais encore produit. On &#233;tait loin du pont de d&#233;part : une contestation de l'enseignement en afrikaans par les seuls &#233;tudiants. Ce sont les coll&#233;giens, encore adolescents, qui ont anim&#233; et dirig&#233; le mouvement, appelant &#224; plusieurs reprises et avec succ&#232;s les travailleurs &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes gagnent les zones industrielles et la r&#233;pression aussi : au 25 septembre, on compte plus de 1100 morts&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Steve Biko, fondateur en 1968 du Mouvement de Conscience noire et de la Saso (syndicat d'&#233;tudiants noirs), tr&#232;s critique contre les Noirs qui collaborent et contre la politique de l'ANC, est arr&#234;t&#233; par la police le 18 ao&#251;t 1977, est assassin&#233; le 11 septembre 1977 apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tortur&#233;. L'ann&#233;e d'apr&#232;s, la SASO et la BPC fusionn&#232;rent pour former l'AZAPO, parti politique noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeunesse n'a pas cess&#233; de d&#233;velopper sa lutte. Le nombre d'enfants d&#233;tenus en t&#233;moigne : 9 en 1982 et 1984 et 2000 en 1985 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De septembre 1984 &#224; d&#233;cembre 1986, la r&#233;pression a fait 2600 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;pression a d&#233;capit&#233; pour quelques ann&#233;es le mouvement, les militants &#233;tant morts, emprisonn&#233;s ou exil&#233;s, la classe ouvri&#232;re avait commenc&#233; &#224; reprendre confiance dans ses propres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; et dans la classe ouvri&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1973 avait vu une premi&#232;re grande vague de gr&#232;ves d&#233;fier le r&#233;gime de l'apartheid. Si ces gr&#232;ves portaient sur les salaires (ceux des mineurs quadrupl&#232;rent entre 1972 et 1975) elles prenaient aussit&#244;t un caract&#232;re politique, les syndicats noirs ind&#233;pendants &#233;tant ill&#233;gaux et tout mouvement &#233;tant du coup dirig&#233; contre la dictature. Les luttes se multipli&#232;rent pour imposer la reconnaissance des syndicats noirs ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Jacquin dans &#171; Une gauche syndicale en Afrique du sud (1978-1993) &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Durant les ann&#233;es soixante-dix, plusieurs courants syndicaux se sont d&#233;velopp&#233;s et se sont progressivement diff&#233;renci&#233;s sur fond de reprise des conflits sociaux. (&#8230;) Le premier s'est constitu&#233; autour de la tradition syndicale du South African Congress Trade Union (SACTU) et de son lien &#224; l'African National Congress (ANC). Le second s'est form&#233; &#224; partir de la mouvance Black Consciousness (Mouvement de la Conscience noire). Il formera notamment le Council of Unions of South Africa (CUSA), un certain nombre de dirigeants du CUSA &#233;tant li&#233;s &#224; l'organisation politique Azanian People's Organization (AZAPO). Le dernier, enfin, est apparu de mani&#232;re originale, sans lien apparent avec un courant politique connu. Il a donn&#233; naissance, en 1979, &#224; la Federation of South African Trade Unions (FOSATU), la nouvelle f&#233;d&#233;ration unitaire. (&#8230;) Ce courant a donn&#233; naissance aux principaux syndicats de l'industrie (hormis celui des mines) c'est-&#224;-dire, entre autres, de l'automobile, de la m&#233;tallurgie, de la chimie, du textile. Il a d&#233;velopp&#233; au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt un projet syndical original et ce, &#224; partir d'une conception explicitement ind&#233;pendante des principales forces politiques. Des soixante syndicats non enregistr&#233;s qui existaient en 1961, trente-six avaient &#233;t&#233; affili&#233;s au South African Congress of Trade Unions (le SACTU li&#233; &#224; l'ANC) et seize &#224; la Federation of Free African Trade Union of South Africa (la FOFATUSA li&#233;e au PAC qui s'&#233;teint en 1966). (&#8230;) L'essentiel des cadres du SACTU quitt&#232;rent le pays pour l'exil malgr&#233; le fait que le SACTU ne fut jamais interdit. (&#8230;) Ce fut le tournant de l'ANC vers une &#171; strat&#233;gie de lutte arm&#233;e &#187; &#224; partir d'un &#233;tat-major en exil. En tout cas, au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix, l'influence de l'ANC dans le mouvement syndical est fortement affaiblie et ne passe plus par une structure sp&#233;cifique comme cela avait pu l'&#234;tre avec le SACTU. (&#8230;) Avec les gr&#232;ves du Natal en 1973. (&#8230;) D. du Toit &#233;crit (&#8230;) Les travailleurs africains qui avaient peur de rejoindre des syndicats jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es soixante ne craignaient plus quelques ann&#233;es plus tard de participer ) des gr&#232;ves ill&#233;gales. &#187; (&#8230;) 69 gr&#232;ves en 1971 pour 4.196 gr&#233;vistes, 71 gr&#232;ves en 1972 avec 8.814 participants, 370 conflits du travail en 1973 avec 98.029 gr&#233;vistes et, en 1974, 384 gr&#232;ves engageant 58.975 travailleurs. (d'apr&#232;s Darcy du Toit) (&#8230;) Darcy du Toit &#233;crit : &#171; Les militants radicaux sur le terrain syndical n'avaient pas grand-chose &#224; faire avec leurs homologues du mouvement de la Conscience noire. Alors m&#234;me qu'en un sens les activit&#233;s des intellectuels noirs et blancs &#233;taient parall&#232;les, elles demeuraient s&#233;par&#233;es du fait m&#234;me de l'id&#233;ologie de la Conscience noire. Ironiquement ce furent les intellectuels blancs qui furent les plus capables d'approcher les ouvriers africains sur la base des int&#233;r&#234;ts de classe. Le Mouvement de la Conscience noire, en g&#233;n&#233;ral, a minimis&#233; ces int&#233;r&#234;ts et a approch&#233; des travailleurs noirs non pas comme des ouvriers mais comme des Noirs. &#187; (dans &#171; Capital et Travail en Afrique du sud, luttes de classe des ann&#233;es 70 &#187;). (&#8230;) Les &#233;v&#233;nements de Soweto, de juin 1976, allaient confirmer le changement politique en cours dans le pays. La r&#233;volte des jeunes du Transvaal s'ajouta &#224; la renaissance du mouvement ouvrier noir pour d&#233;boucher sur les grands mouvements sociaux et politiques des ann&#233;es quatre-vingt. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Statistiques des gr&#232;ves :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1978 : 106 gr&#232;ves 14160 gr&#233;vistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1979 : 101 gr&#232;ves 22803 gr&#233;vistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1980 : 207 gr&#232;ves 61785 gr&#233;vistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1981 : 342 gr&#232;ves 92842 gr&#233;vistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1982 : 281 gr&#232;ves 189022 gr&#233;vistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tant le nombre de gr&#232;ves mais le nombre de gr&#233;vistes qui augmente consid&#233;rablement ce qui signifie plus de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales de masse et non des gr&#232;ves corporatistes locales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1981-82, il y a une recrudescence des affrontements en Afrique du sud. La crise &#233;conomique entra&#238;ne gr&#232;ves, manifestations, luttes dans les entreprises et dans les townships. La police et l'arm&#233;e interviennent violemment mais, cette fois, ils s'av&#232;rent incapables de venir &#224; bout de la r&#233;volte. Des milliers de jeunes, des &#233;coliers aux jeunes ch&#244;meurs, ne craignent plus de s'affronter aux forces de l'ordre et ces combats sont quotidiens. Malgr&#233; l'intervention des cars blind&#233;s de l'arm&#233;e qui enl&#232;vent les manifestants, la r&#233;volte s'installe en permanence dans les townships et cr&#233;e un climat insurrectionnel qui va bient&#244;t &#234;tre compl&#233;t&#233; par la mont&#233;e du militantisme et de la mobilisation dans la classe ouvri&#232;re, puis par le d&#233;veloppement de luttes ouvri&#232;res d'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1983, le patronat des mines lui-m&#234;me, en toute ill&#233;galit&#233;, se r&#233;solut &#224; organiser une rencontre avec les dirigeants du NUM, le syndicat noir des mines. 740000 travailleurs noirs &#233;taient alors syndiqu&#233;s. Il y a eu par la suite plusieurs vagues de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, de 1984 &#224; 1986.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les gr&#232;ves continuent de se multiplier. L'une des plus grandes est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la r&#233;gion du Triangle de Vaal, en novembre 1984, dans laquelle 150.000 travailleurs sont soutenus par 250.000 &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants. Les mots d'ordre sont : d&#233;part des forces de r&#233;pression des cit&#233;s noires, suppression des augmentations de loyers, des tarifs de l'eau et de l'&#233;lectricit&#233;, abolition de taxes pour les habitants, am&#233;lioration du syst&#232;me &#233;ducatif pour les noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984, 45 000 mineurs commenc&#232;rent une gr&#232;ve qui se prolongea en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de deux jours dans toute la r&#233;gion du Transvaal. Et une semaine plus tard eu lieu une autre gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de deux jours &#224; Port-Elizabeth. La contestation avait de multiples revendications : le droit de vote, l'abolition du pass, un r&#233;el acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation, le gel ou la baisse des loyers, l'augmentation des salaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de 1986, plus de 54 townships du pays sont ainsi en guerre ouverte contre le gouvernement et sa politique d'apartheid, deux millions d'&#233;tudiant sont en gr&#232;ve et plus de 2 millions de salari&#233;s font gr&#232;ve au d&#233;but du mois de mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un commentateur (&lt;a href=&#034;http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/025067.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir ici&lt;/a&gt;) &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ainsi, l'ann&#233;e 1986 semble &#234;tre celle d'un syndicalisme noir renaissant, puissant et organis&#233;, au meilleur de sa forme depuis l'explosion de m&#233;contentement de 1973, &#224; Durban, le grand port de l'oc&#233;an Indien, qui s'&#233;tait sold&#233;e par une vague de gr&#232;ves sans pr&#233;c&#233;dent. Pour s'en convaincre, quelques chiffres suffisent : 1,5 million de travailleurs en gr&#232;ve dans tous les secteurs de l'&#233;conomie le 1&#8220;&#8216; mai dernier, &#224; l'appel des syndicats et des mouvements anti-apartheid&#8230; La trag&#233;die de la mine d&#8216;or de Kinross, dans l'est du Transvaal, en septembre 1986, o&#249; 177 mineurs ont perdu la vie, asphyxi&#233;s, a donn&#233; lieu &#224; la gr&#232;ve la plus significative des cent ans d'existence de l'industrie des mines d'or sud-africaines : une journ&#233;e de deuil) &#224; l'appel du NUM auquel ont r&#233;pondu 300.000 travailleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et effectivement, en 1986 d&#233;bute la plus grande gr&#232;ve des mineurs que le pays ait connu qui est dirig&#233; par le syndicat NUM&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le militantisme ouvrier monte en fl&#232;che et se radicalise. Les syndicats d'ouvriers noirs, qui ne comptaient que 16.000 adh&#233;rents en 1969, passent de 223.000 en 1980 &#224; 741.000 en 1983. Les nouveaux syndicats de travailleurs noirs se s&#233;parent de la f&#233;d&#233;ration TUSCA contr&#244;l&#233;e par les syndicats blancs. En 1979, est apparu notamment le FOSATU, importante f&#233;d&#233;ration de syndicats noirs organis&#233;s par branche industrielle et qui va rapidement se radicaliser et se politiser. Le syndicalisme ouvrier passe tr&#232;s rapidement du corporatisme &#224; la contestation politique et sociale du r&#233;gime. Il est remarquable que, vers le milieu des ann&#233;es 80, la plupart des directions des plus grands syndicats ouvriers noirs soit form&#233;e de militants trotskystes. Cela souligne la mont&#233;e du radicalisme ouvrier en m&#234;me temps que l'absence de l'ANC dans la classe ouvri&#232;re des entreprises, m&#234;me si l'ANC a commenc&#233; &#224; appara&#238;tre dans la jeunesse mobilis&#233;e des townships et dans les organisations de la petite bourgeoisie noire. La fraction militante de la classe ouvri&#232;re se distingue des jeunes radicaux dans le sens d'une conscience de classe affirm&#233;e. Par exemple, l'immense majorit&#233; des syndicats refuse d'adh&#233;rer &#224; l'UDF, front ouvertement bourgeois. Seul le SACTU, dirig&#233; par l'ANC, y participe. Le FOSATU vote coup sur coup des r&#233;solutions contre la collaboration de classe pr&#244;n&#233;e par l'ANC et l'UDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier semble donc se radicaliser vers des positions r&#233;volutionnaires prol&#233;tariennes et non vers un soutien &#224; des partis noirs bourgeois comme ANC ou vers l'alliance d&#233;mocratique type UDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1986, la situation a tellement empir&#233; que le gouvernement Botha est contraint de d&#233;cr&#233;ter l'Etat d'urgence. La r&#233;pression qui s'abat alors est massive et f&#233;roce. Des organisations d'opposition jusque l&#224; tol&#233;r&#233;es sont interdites, leurs membres arr&#234;t&#233;s, tortur&#233;s, tu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1986 on compte 40 000 personnes qui ont &#233;t&#233; intern&#233;s sans jugement. La profondeur de la contestation &#224; tous les niveaux de la soci&#233;t&#233; se constate par le fait qu'un tr&#232;s grand nombre de jeunes furent enferm&#233;s, le plus jeune d'entre eux a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; &#224; l'age de 11 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;pression ne fait que cacher les n&#233;gociations. Le 21 f&#233;vrier 1986, un groupe de sept membres &#233;minents form&#233; par le Commonwealth rencontre des ministres sud-africains et Nelson Mandela, pour &#233;laborer une solution n&#233;goci&#233;e. Leur proposition : Nelson Mandela serait lib&#233;r&#233; et l'ANC autoris&#233;, en &#233;change de la &#171; suspension &#187; des violences pendant les n&#233;gociations. Espoirs aussit&#244;t douch&#233;s : des raids a&#233;riens de l'Afrique du Sud sont lanc&#233;s le m&#234;me jour sur des sites de l'ANC &#224; l'&#233;tranger. &lt;br class='autobr' /&gt;
Paradoxalement, le tournant de l'ANC en 1986 est celui de la n&#233;gociation avec le pouvoir raciste sud-africain et la grande bourgeoisie blanche&#8230; En 1986, l'ANC renonce &#224; la lutte arm&#233;e et accepte de n&#233;gocier une nouvelle constitution sur le mod&#232;le des accords de Lancaster House pour la Rhod&#233;sie du Sud. Parall&#232;lement, des repr&#233;sentants des plus grandes entreprises sud-africaines rencontrent des membres de l'ANC &#224; Lusaka en Zambie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La petite et la moyenne bourgeoisie noire tentent aussi d'influencer la mont&#233;e militante et de lui donner un cadre. En ao&#251;t 1983, 700 associations, li&#233;es aux partis nationalistes et r&#233;formistes et aux &#233;glises et appuy&#233;s par la &#171; lib&#233;raux &#187; blancs, se sont f&#233;d&#233;r&#233;es au sein de l'UDF, au nom de la lutte contre la r&#233;forme constitutionnelle de Botha. C'est une tentative pour l'ANC pour que le mouvement social qui se d&#233;veloppe se fasse en liaison avec la bourgeoisie et pas contre elle. En effet, l'ANC a fait le choix de la &#171; lutte arm&#233;e &#187;, ce qui signifie que la majorit&#233; de ses militants sont dans des maquis &#224; l'ext&#233;rieur du pays et sont coup&#233;s des milieux populaires en lutte. La mont&#233;e sociale a lieu sans que les militants de l'ANC eux-m&#234;mes puissent y jouer v&#233;ritablement un r&#244;le au d&#233;but. En particulier, la mont&#233;e militante dans la classe ouvri&#232;re n'est pas dirig&#233;e par le courant de l'ANC, ni par celui de la &#171; conscience noire &#187;, les courants du nationalisme noir s'&#233;tant d&#233;tourn&#233;s de la classe ouvri&#232;re consid&#233;r&#233;e comme seulement capable de luttes &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en 1985, la situation a bien chang&#233; pour l'ANC : gr&#226;ce &#224; l'appui du parti communiste sud-africain, il parvient avec la COSATU (et l'&#233;clatement du syndicalisme ouvrier ind&#233;pendant de la FOSATU) &#224; mettre la main sur le mouvement ouvrier. L'ANC peut alors se dire le chef du mouvement ouvrier, puisque la NUM, syndicat des mineurs (qui ne lui &#233;tait pas li&#233;e) adh&#232;re &#224; l'alliance sous la pression des patrons et du r&#233;gime d'Apartheid. L'ANC peut alors n&#233;gocier la sortie de crise avec la bourgeoisie et l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La grande bourgeoisie bascule en faveur de la suppression n&#233;goci&#233;e, c'est-&#224;-dire du changement de forme du r&#233;gime, &#224; condition de ne pas toucher au fond, &#224; la dictature des possesseurs blancs des moyens de production de l'Afrique du sud&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations de la grande bourgeoisie blanche sud africaine avec l'ANC d&#233;butent en 1985. Le 18 septembre 1985, une d&#233;l&#233;gation d'hommes d'affaire blancs sud africains se rend en Zambie pour rencontrer la direction de l'ANC. L'un d'entre eux est Oppenheimer, principal actionnaire de la De Beer, premier producteur de diamant qui contr&#244;le les deux tiers de la production mondiale de diamant. Il affirme qu'il va falloir rapidement supprimer l'apartheid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1985 &#224; 1990, les &#171; civics &#187;, groupes issus des associations de jeunesse et de la population d&#233;class&#233;e, cr&#233;&#233;es au d&#233;part contre les hausses de loyers, sont devenues un instrument pour que les nationalistes de l'ANC et la bourgeoisie de l'UDF reprennent le dessus sur les milieux populaires afin d'imposer un accord avec la grande bourgeoisie blanche et l'imp&#233;rialisme en &#233;crasant le mouvement ouvrier ind&#233;pendant. Ils s'appuient sur la population des townships, des zones d'habitation informelles, des camps de squatters et des hostels pour constituer des milices qui vont intervenir violemment contre les ouvriers organis&#233;s syndicalement. Ils deviennent une force paramilitaire noire reconnue par le pouvoir de De Klerk alors que les syndicats ouvriers sont encore violemment combattus. Leur but est la mise en place d'autorit&#233;s locales noires reconnues de toute la communaut&#233; noire quitte &#224; les imposer au mouvement ouvrier organis&#233;. La partie de ce mouvement qui s'y refusera sera violemment d&#233;nonc&#233;e et &#233;limin&#233;e&#8230; Un analyste disait &#171; ces communaut&#233;s de base ont pressenti les dangers d'une situation explosive &#187;. (&lt;a href=&#034;http://www.dhdi.free.fr/recherches/etudesdiverses/memoires/pascalmemoir.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir ici&lt;/a&gt;) La &#171; situation explosive &#187; dangereuse, pour eux, ce n'&#233;tait pas les exploiteurs, les racistes, mais la classe ouvri&#232;re ! Et les associations &#171; civiques &#187; se sont imm&#233;diatement group&#233;es derri&#232;re la bourgeoisie de l'UDF qui organise parmi les principales the Port Elisabeth Black Civic Organisation (PEBCO-Eastern Cape), the Cape Areas Housing Action Committee (CAHAC - Western Cape), the Soweto Civic Association et the Vaal Civic Association (PWV), the Border Civic Association, the Durban Housing Action Committee et the Joint Resident's Action Committee (Natal).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me analyste relevait que &#171; certaines structures &#233;tatiques et le milieu des affaires ont commenc&#233; &#224; entrer en n&#233;gociation avec eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi plusieurs municipalit&#233;s blanches dont Port Alfred et East London ont propos&#233; aux associations civiques locales de cog&#233;rer administrativement les townships. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 27 septembre 1985, 90 des plus grands noms du monde des affaires et de la haute finance, appartenant essentiellement &#224; la communaut&#233; anglophone, signaient un document r&#233;clamant la fin de l'apartheid. (&#8230;) L'&#233;v&#234;que Desmond Tutu et le leader de l'Inkhata Buthelezi soutinrent ce document. Parmi les signataires se trouvaient les patrons de la Nedbank, de Toyota, de la banque Barclays, de l'Anglo American (dont H.F.Oppenheimer), d'IBM, de Data, de Coca-Cola, du groupe de presse Argus, de Colgate, de Volkswagen, de General Motors&#8230; (&#8230;) Le congr&#232;s du COSATU, le South African Trade Union Congress, eut lieu du 29 novembre au 1er d&#233;cembre 1985, &#224; Durban. (&#8230;) Le rapport de forces interne r&#233;el va &#234;tre d&#233;termin&#233; par le syndicat des mines, la NUM. Celui-ci avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1982 et avait adh&#233;r&#233; au CUSA. Mais il avait rompu avec ce dernier et bascul&#233; dans le camp de ceux qui formeront le COSATU. Sa direction vient donc majoritairement de la Conscience noire mais, tr&#232;s vite, son principal dirigeant, Cyril Ramaphosa, s'affiche comme le plus chaud partisan du courant chartiste &#224; la t&#234;te du plus gros syndicat de la nouvelle f&#233;d&#233;ration. (&#8230;) Les relations internes allaient demeurer tr&#232;s tendues jusqu'en 1987. De forts doutes na&#238;tront chez les anciens de la FOSATU sur la viabilit&#233; de l'unit&#233;. Les attaques des partisans de l'ANC seront incessantes. (&#8230;) Des personnalit&#233;s lib&#233;rales (&#8230;) vont rencontrer les dirigeants de la COSATU. Un premier contact se fait &#224; Harare avec Jay Naidoo, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, fin 1985, puis les 5 et 6 mars 1986, une r&#233;union se tient &#224; Lusaka avec des d&#233;l&#233;gations du COSATU, de l'ANC et de la SACTU. (&#8230;) La mise en forme concr&#232;te de cette &#171; alliance &#187; se fit, de mani&#232;re privil&#233;gi&#233;e, entre le COSATU et le South African Youth Congress (SAYCO). (&#8230;) L'axe COSATU-SAYCO est pr&#233;sent&#233; comme un axe usines-townships et comme un moyen de r&#233;gler pacifiquement le passif entre syndicalistes et jeunes activistes des civics. (&#8230;) Le courant chartiste avait progressivement pr&#233;sent&#233; l'alliance COSATU-UDF et COSATU-SAYCO comme &#233;tant fond&#233;e sur la Charte de la Libert&#233;. La pr&#233;paration du congr&#232;s de 1987 sera l'occasion de pousser l'avantage et de r&#233;clamer que chaque syndicat fasse du programme de l'ANC sa propre r&#233;f&#233;rence. (&#8230;) Pour la NUM, la Charte &#233;tait alors &#171; un guide pour la lutte contre l'oppression nationale &#187;. (&#8230;) Le Parti communiste, pour sa part et sans surprise, donne son aval aux positions de la NUM : &#171; L'adoption de la Charte de la Libert&#233; par le r&#233;cent congr&#232;s de la NUM refl&#232;te correctement le sentiment et la compr&#233;hension des masses populaires. C'est un signe donn&#233; au mouvement syndical pour un lien plus r&#233;aliste, dans la p&#233;riode actuelle, entre lutte &#233;conomique et lutte politique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 mai 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent leur premi&#232;re s&#233;rie de discussions directes au Cap : ils s'engagent &#224; &#034; lutter contre la violence et l'intimidation, d'o&#249; qu'elles viennent &#034;. Le 15 octobre 1989, huit dirigeants nationalistes, dont Walter Sisulu, compagnon de Nelson Mandela, sont lib&#233;r&#233;s apr&#232;s vingt cinq ans pass&#233;s en prison. Les sept membres de l'ANC lib&#233;r&#233;s participent, le 29, au premier rassemblement autoris&#233; par le r&#233;gime depuis 1960, qui r&#233;unit soixante mille personnes dans le stade de Soweto. Le 2 f&#233;vrier 1990, le pr&#233;sident sud africain Frederik De Klerk annonce devant le Parlement la l&#233;galisation des mouvements nationalistes noirs, dont le Congr&#232;s national africain (ANC), interdit depuis 1960, la lib&#233;ration des prisonniers politiques qui n'ont pas commis de violences, la fin de la censure et la suspension des ex&#233;cutions capitales. Le 11 f&#233;vrier 1990, Nelson Mandela est lib&#233;r&#233; apr&#232;s vingt sept ans de captivit&#233;. Le 13 f&#233;vrier 1990, parlant devant plus de cent mille personnes au stade de Soweto, &#224; Johannesburg, Nelson Mandela multiplie les appels &#034; au calme et &#224; la discipline &#034;. Le16 f&#233;vrier 1990, le comit&#233; ex&#233;cutif de l'ANC, r&#233;uni depuis le 14 &#224; Lusaka (Zambie) en l'absence de Nelson Mandela, accepte de rencontrer Frederik De Klerk. Le 4 mars 1990, Lennox Sebe, &#034; pr&#233;sident &#224; vie &#034; du bantoustan du Ciskei, est renvers&#233; par un coup d'Etat militaire dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Josh Gqozo. Le nouveau pouvoir r&#233;clame la r&#233;int&#233;gration du Ciskei au sein de l'Afrique du Sud. Le 2 mai 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent leur premi&#232;re s&#233;rie de discussions directes au Cap : ils s'engagent &#224; &#034; lutter contre la violence et l'intimidation, d'o&#249; qu'elles viennent &#034;. Le 7 juin 1990, l'&#233;tat d'urgence, instaur&#233; le 12 juin 1986, est lev&#233;, sauf dans la province du Natal, o&#249; se poursuivent des affrontements entre factions rivales dans les cit&#233;s noires. Le 19, la loi abolissant, &#224; partir du 15 octobre, la s&#233;gr&#233;gation raciale dans les lieux publics est vot&#233;e par les d&#233;put&#233;s. Le 6 ao&#251;t 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent, &#224; Pretoria, leur deuxi&#232;me s&#233;rie de pourparlers pr&#233;alables &#224; des n&#233;gociations sur une nouvelle Constitution. Dans l'accord sign&#233; apr&#232;s quinze heures de discussions, l'ANC annonce qu'elle suspend la lutte arm&#233;e, tandis que le gouvernement s'engage &#224; lib&#233;rer tous les prisonniers politiques et &#224; autoriser le retour des exil&#233;s avant la fin de l'ann&#233;e. Le 13, &#233;clatent de tr&#232;s violents affrontements entre partisans de l'ANC et partisans du mouvement zoulou Inkatha dans les cit&#233;s noires autour de Johannesburg. Le 18 octobre 1990, l'&#233;tat d'urgence est lev&#233; au Natal, seule r&#233;gion o&#249; il &#233;tait encore en vigueur en raison des affrontements entre membres de l'Inkatha et militants de l'ANC, qui ont fait plus de quatre mille morts en quatre ans. Le 27 juin 1991, apr&#232;s le vote du Parlement, le pr&#233;sident Frederik De Klerk signe l'abrogation des trois derni&#232;res lois qui r&#233;gissaient l'apartheid. Le 14 septembre 1991, le pr&#233;sident De Klerk et une vingtaine d'organisations politiques, syndicales et religieuses, dont l'ANC et le Parti Inkatha &#224; dominante zouloue, signent un accord de paix destin&#233; &#224; mettre fin aux violences entre factions noires rivales, qui ont fait pr&#232;s de dix mille morts depuis 1984. Le 20 d&#233;cembre 1991, dix neuf partis et organisations participent, pr&#232;s de Johannesburg, &#224; la premi&#232;re r&#233;union de la Convention pour une Afrique du Sud d&#233;mocratique, charg&#233;e d'&#233;laborer une nouvelle Constitution, qui consacrera la fin de l'apartheid. Le 17 mars 1992, le succ&#232;s massif du &#034; oui &#034; (68,7 % des 3,29 millions d'&#233;lecteurs blancs) au r&#233;f&#233;rendum sur la politique de r&#233;formes, demand&#233; par le pr&#233;sident Frederik De Klerk, ouvre la voie &#224; l'acc&#233;l&#233;ration de la politique de partage du pouvoir entre les Blancs et les Noirs. Les 26-29 avril 1994, les premi&#232;res &#233;lections multiraciales mettent fin au r&#233;gime de l'apartheid. Le Congr&#232;s national africain (ANC) de Nelson Mandela recueille 62,65 % des voix, soit 252 si&#232;ges sur 400, contre 20,39 % (82 si&#232;ges) au Parti national (PN) du pr&#233;sident sortant, Frederik De Klerk, et 10,54 % (43 si&#232;ges) &#224; l'Inkatha de Mangosuthu Buthelezi. Le 10 mai 1994, &#233;lu le 9 &#224; la pr&#233;sidence de l'Etat par le Parlement, Nelson Mandela, est investi en pr&#233;sence de quarante-deux chefs d'Etat ou de gouvernement. Le 25, le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU vote la lev&#233;e de l'embargo impos&#233; &#224; l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://books.google.fr/books?id=1H_ZX16Vu-gC&amp;pg=PA73&amp;lpg=PA73&amp;dq=civics+contre+syndicats++afrique+du+sud&amp;source=bl&amp;ots=Jz1PeSRivX&amp;sig=d6f17QFN-mQhu_VcjW-kc__KgUQ&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ei=dT_uUoOEA8-c0wWLwYCQCw&amp;ved=0CEcQ6AEwBA#v=onepage&amp;q=civics%20contre%20syndicats%20%20afrique%20du%20sud&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A lire absolument : une gauche syndicale en Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D'autres lectures sur Nelson Mandela</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du sud South Africa</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique - Africa</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire ici&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique73" rel="directory"&gt;16- Nelson Mandela et le Parti communiste sud-africain ou comment le prol&#233;tariat s'est fait voler sa r&#233;volution contre l'apartheid&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;Afrique du sud South Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;Afrique - Africa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=mandela+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Une histoire de syndicalisme r&#233;volutionnaire en Afrique du Sud</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du sud South Africa</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique - Africa</dc:subject>

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&lt;p&gt;A lire absolument : une gauche syndicale en Afrique du sud &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres lectures sur les syndicats sud-africains &lt;br class='autobr' /&gt; Sifuna Zonke ! &lt;br class='autobr' /&gt;
(&#171; Nous voulons tout ! &#187;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Une histoire de syndicalisme r&#233;volutionnaire en Afrique du Sud &lt;br class='autobr' /&gt;
Le syndicalisme r&#233;volutionnaire a jou&#233; un r&#244;le central, aujourd'hui en grande partie oubli&#233;, dans le mouvement ouvrier sud-africain des d&#233;buts du vingti&#232;me-si&#232;cle. Dans les ann&#233;es 1920 notamment, les Industrial Workers of Africa s'illustr&#232;rent dans la lutte contre le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique73" rel="directory"&gt;16- Nelson Mandela et le Parti communiste sud-africain ou comment le prol&#233;tariat s'est fait voler sa r&#233;volution contre l'apartheid&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;Afrique du sud South Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;Afrique - Africa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://books.google.fr/books?id=1H_ZX16Vu-gC&amp;pg=PA73&amp;lpg=PA73&amp;dq=civics+contre+syndicats++afrique+du+sud&amp;source=bl&amp;ots=Jz1PeSRivX&amp;sig=d6f17QFN-mQhu_VcjW-kc__KgUQ&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ei=dT_uUoOEA8-c0wWLwYCQCw&amp;ved=0CEcQ6AEwBA#v=onepage&amp;q=civics%20contre%20syndicats%20%20afrique%20du%20sud&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A lire absolument : une gauche syndicale en Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=syndicats+afrique+du+sud+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D'autres lectures sur les syndicats sud-africains&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sifuna Zonke !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#171; Nous voulons tout ! &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une histoire de syndicalisme r&#233;volutionnaire en Afrique du Sud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme r&#233;volutionnaire a jou&#233; un r&#244;le central, aujourd'hui en grande partie oubli&#233;, dans le mouvement ouvrier sud-africain des d&#233;buts du vingti&#232;me-si&#232;cle. Dans les ann&#233;es 1920 notamment, les Industrial Workers of Africa s'illustr&#232;rent dans la lutte contre le capitalisme racial, pour l'organisation et la d&#233;fense des droits des travailleurs de couleur, Africains, Indiens ou m&#233;tis. Coup de projecteur. Johannesburg, Afrique du Sud, mai 1918. Un groupe d'ouvriers africains et une poign&#233;e de radicaux blancs se rassemblent dans une petite salle derri&#232;re une &#233;picerie g&#233;n&#233;rale sur le coin des rues Fox et McLaren, comme ils le font chaque semaine depuis plus d'une ann&#233;e. Plusieurs nouveaux visages sont pr&#233;sents, dont Rueben Cetiwe qui exprime le but de la r&#233;union : &#171; Nous sommes ici pour l'Organisation, d&#232;s que tous nos camarades ouvriers seront organis&#233;s, nous pourrons voir ce qu'il est possible de faire pour abolir le syst&#232;me capitaliste. Nous sommes ici pour le salut des travailleurs. Nous sommes ici pour nous organiser et combattre pour nos droits &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une r&#233;union des Industrial Workers of Africa (IWA). Un syndicat qui a pour objectif d'organiser les travailleurs quelle que soient leurs origines et leur couleur de peau, notamment les ouvriers noirs, premi&#232;res victimes de l'exploitation dans ces ann&#233;es de fort d&#233;veloppement &#233;conomique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution industrielle sud-africaine&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant les ann&#233;es 1860-1880, l'espace sud-africain est une zone relativement peu d&#233;velopp&#233;e. Elle est divis&#233;e entre les r&#233;publiques afrikaners, les royaumes africains et les deux colonies britanniques c&#244;ti&#232;res du Cap et du Natal, et est &#224; peine int&#233;gr&#233; dans le syst&#232;me capitaliste mondial si ce n' est un petit commerce d'ivoire. Tout ceci change dans les ann&#233;es 1880 suite &#224; la d&#233;couverte de gisements de diamant en 1867 et d'or en 1886. Le pays est d&#232;s lors inond&#233; de capitaux. La r&#233;gion aurif&#232;re de Witwatersrand devient l' emplacement d'un vaste nouveau complexe urbain autour de Johannesburg, qui s '&#233;tire de Randfontein dans l'ouest &#224; Benoni dans l'est. De 3 000 prospecteurs en 1886, Johannesburg devient une ville de 100 000 habitants dix ans apr&#232;s, puis de 250 000 en 1913. L'empire britannique pr&#234;te alors une attention particuli&#232;re &#224; la r&#233;gion. Par une s&#233;rie de conflits, notamment la guerre des Boers (1899-1902) contre les deux r&#233;publiques afrikaners, il prend le pouvoir et fonde l'&#233;tat sud-africain moderne sous la forme d'un dominion blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les nouvelles villes, cach&#233; par des tonnes de roche, repose le plus grand filon d'or du monde. Ce n'est pas un endroit pour les petits prospecteurs ind&#233;pendants. Peu &#224; peu, les activit&#233;s mini&#232;res se concentrent dans les mains de quelques grandes compagnies, toutes li&#233;es entre elles par la Chambre des mines, cr&#233;&#233;e en 1887. La plus grande de ces compagnies, la Wernher-Beit &amp; Eckstein, emploie alors plus de personnes que les chemins de fer et les ports r&#233;unis des deux colonies britanniques et des deux r&#233;publiques afrikaners. Le prix international de l'or &#233;tant fixe, les compagnies d&#233;cident d' &#233;conomiser sur les co&#251;ts de la main-d'ouvre, rognant sur les salaires et les conditions de travail, au d&#233;triment surtout de la salubrit&#233; et de la s&#233;curit&#233; : dans les ann&#233;es 1910, les mineurs vivent en moyenne dix ans de moins que les autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Conditions de travail et couleur de peau&lt;br class='autobr' /&gt;
Un grand nombre d'ouvriers blancs viennent d'Australie, d'Am&#233;rique, d'Europe et des campagnes de la r&#233;gion. En 1913, il sont 40 000 dans le Witwatersrand et 22 000 travaillent dans les mines. Ce travail offre &#224; ces Afrikaners pauvres de bons salaires et surtout un emploi alors que le syst&#232;me de m&#233;tayage et de petites exploitations familiales se d&#233;sagr&#232;gent suite &#224; la guerre des Boers et &#224; la commercialisation rapide de l'agriculture, en r&#233;ponse aux demandes massives du Witwatersrand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la majeure partie de la maind'ouvre est issue de la population africaine des r&#233;publiques afrikaners et des colonies environnantes britanniques et portugaises. Ces ouvriers travaillent dans les mines afin de gagner l'argent pour payer les taxes et soutenir leurs petites exploitations, situ&#233;es sur les parcelles de terrain les plus pauvres, pendant que les propri&#233;taires blancs exproprient les meilleures terres pour leurs grandes fermes commerciales. Ils entrent donc dans les villes comme un peuple conquis, leurs terres confisqu&#233;es, leurs chefs profitant de ce nouveau syst&#232;me de recrutement. Pour r&#233;sumer, la classe ouvri&#232;re africaine est pr&#234;te pour l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers africains entrent dans les mines comme des apprentis, priv&#233;s du droit de gr&#232;ve et des droits politiques et syndicaux minimaux. Leurs mouvements sont contr&#244;l&#233;s par un syst&#232;me &#171; de droit de passage &#187;. Ils sont log&#233;s pr&#232;s des mines dans de grandes pensions non-mixtes aux r&#232;glements tr&#232;s s&#233;v&#232;res, les premiers ghettos. En 1913, il sont 195 000 mineurs africains dans le Witwatersrand et plus 40 000 dans d'autres secteurs. &#224; ceux-ci s' ajoutent de plus petites communaut&#233;s d'ouvriers indiens descendant des ouvriers des plantations de la colonie du Natal. Enfin, il existe un groupe m&#233;tiss&#233;, issu pour la plupart des esclaves de la vieille colonie du Cap.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but des mouvements de r&#233;volte&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;sistance existe cependant. En 1907, les mineurs blancs font gr&#232;ve, mais sont forc&#233;s de retourner au travail suite &#224; l'embauche de travailleurs non-gr&#233;vistes. En 1913, une nouvelle gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des mineurs blancs (rejoints par des travailleurs africains) conna&#238;t le succ&#232;s, for&#231;ant les Randlords1 &#224; s'asseoir &#224; la table de n&#233;gociations, apr&#232;s que des manifestations de rue &#224; Johannesburg ont conduit &#224; de violents affrontements et &#224; la mort de 30 ouvriers. Une deuxi&#232;me gr&#232;ve en 1914 est interdite par la loi martiale. Les ouvriers africains luttent &#233;galement. En 1902, comme la guerre des Boers prend fin, il y a une p&#233;nurie de main-d'ouvre car les Africains refusent de venir travailler aux mines. Il y a &#233;galement des s&#233;ries de gr&#232;ves, mais celles-ci sont prohib&#233;es. En 1913, les mineurs africains suivent la gr&#232;ve des mineurs blancs, mais la leur est r&#233;prim&#233;e par l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, en 1917, une affiche fleurit sur les murs de Johannesburg, convoquant une r&#233;union pour le 19 juillet : &#171; Venez discuter des points d'int&#233;r&#234;t commun entre les ouvriers blancs et indig&#232;nes. &#187; Ce texte est publi&#233; par l' International Socialist League (ISL), une organisation syndicaliste r&#233;volutionnaire influenc&#233;e par les IWW am&#233;ricains2 et form&#233;e en 1915 en opposition &#224; la Premi&#232;re Guerre mondiale et aux politiques racistes et conservatrices du parti travailliste sud-africain et des syndicats de m&#233;tier. Comptant au d&#233;but surtout des militants blancs, l'ISL s'oriente tr&#232;s vite vers les ouvriers noirs, appelant dans son journal hebdomadaire, l' International, &#224; construire un &#171; nouveau syndicat qui surmonte les limites des m&#233;tier, des couleurs de peau, des races et du sexe pour d&#233;truire le capitalisme par un blocage de la classe capitaliste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1917, l'ISL organise des ouvriers de couleur. En mars 1917, elle fonde un syndicat d'ouvriers indiens (Indian Workers Industrial Union) &#224; Durban. En 1918, elle fonde un syndicat des travailleurs du textile (se d&#233;clarant aussi plus tard &#224; Johannesburg) et un syndicat des conducteurs de cheval &#224; Kimberley, ville d'extraction de diamant. Au Cap, une organisation sour, l' Industrial Socialist League, fonde la m&#234;me ann&#233;e un syndicat des travailleurs des sucreries et confiseries.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier syndicat des ouvriers africains&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;union du 19 juillet 1917 est un succ&#232;s et constitue la base de r&#233;unions hebdomadaires de groupes d'&#233;tudes men&#233;s par des membres de l'ISL (notamment Andrew Dunbar, fondateur de l'IWW en Afrique du Sud en 1910). Dans ces r&#233;unions, on discute du capitalisme, de la lutte des classes et de la n&#233;cessit&#233; pour les ouvriers africains de se syndiquer afin d'obtenir des augmentations de salaires et de supprimer le syst&#232;me du droit de passage. Le 27 septembre suivant, les groupes d'&#233;tude se transforment en un syndicat, l' Industrial Workers of Africa (IWA), sur le mod&#232;le des IWW. Son comit&#233; d' organisation est enti&#232;rement compos&#233; d'Africains. Les demandes du nouveau syndicat sont simples et intransigeantes : elles se r&#233;sument dans son slogan : Sifuna Zonke ! (&#171; Nous voulons tout ! &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le premier syndicat pour les ouvriers africains jamais form&#233; en Afrique du Sud. Son influence est importante, m&#234;me si il ne rassemble alors que quelque 200 adh&#233;rents. Apr&#232;s avoir rencontr&#233; les IWA, Talbot Williams, de l'African Peoples Organisation, prononce un discours r&#233;clamant &#171; l' organisation des travailleurs noirs, sur lesquels reposent aujourd'hui toutes les industries commerciales et mini&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; l'int&#233;rieur de la principale organisation du Witwatersrand, le Transvaal Native Congress3 (TNC), des militants de l'IWA, tels que Cetiwe et Hamilto Kraai, tentent de pousser vers la gauche ses membres tr&#232;s mod&#233;r&#233;s (politique de p&#233;titions aupr&#232;s de la couronne anglaise). En 1918, une vague sans pr&#233;c&#233;dent de gr&#232;ves contre le co&#251;t de la vie et pour des augmentations de salaire, rassemblant ouvriers blancs et de couleur, submerge le pays. Lorsque le juge McFie fait jeter en prison 152 ouvriers municipaux africains en juin 1918, les enjoignant &#224; continuer &#171; d'effectuer le m&#234;me travail auparavant &#187; mais maintenant &#171; depuis la prison sous surveillance d'une escorte arm&#233;e &#187;, les progressistes blanc et africains sont outrag&#233;s. Le TNC appelle &#224; un rassemblement de masse des ouvriers africains &#224; Johannesburg le 10 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand la vieille garde du TNC sugg&#232;re une lettre de protestation au gouvernement, l'assistance pr&#233;f&#232;re suivre un membre de l'IWA, Mtota, qui propose une gr&#232;ve pour exiger la lib&#233;ration des ouvriers condamn&#233;s. Un comit&#233; d'organisation compos&#233; de membres de l'ISL, de l'IWA et du TNC est cr&#233;&#233; pour la mettre en place. Mais le manque d'organisation et surtout l'inexp&#233;rience et la nervosit&#233; conduisent le comit&#233; &#224; retirer l'appel &#224; la gr&#232;ve (m&#234;me si plusieurs milliers de mineurs ne sont pas pr&#233;venus &#224; temps et font gr&#232;ve). Le gouvernement n'oublie cependant pas l'affront : il fait arr&#234;ter et condamner sept activistes - trois ISL, trois IWA et deux TNC - pour &#171; incitation &#224; la violence publique &#187;. Un proc&#232;s qui pr&#233;figure celui de Treason dans les ann&#233;es 1950 : c'est la premi&#232;re fois que des militants blancs et noirs sont condamn&#233;s ensemble pour des activit&#233;s politiques communes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La naissance de l'ICU&lt;br class='autobr' /&gt;
Kraai et Cetiwe sont parmi ceux qui perdent leurs travail suite au proc&#232;s. Tous les deux ont un r&#244;le central dans la campagne du TNC lanc&#233;e en mars 1919 contre les lois du droit de passage. Quand les conservateurs du TNC font cesser cette lutte en juillet pour revenir &#224; une strat&#233;gie plus mod&#233;r&#233;e, les deux camarades partent au Cap pour y &#233;tablir une section des IWA, laissant &#224; l'un des leurs la responsabilit&#233; des IWA de Johannesburg. L' IWA lance alors parmi les dockers une gr&#232;ve commune avec deux syndicats locaux, l'Industrial and Commercial Union et un syndicat d'ouvriers des chemins de fer et de dockers blancs. La gr&#232;ve est suivie par plus de 2 000 ouvriers qui exigent de meilleurs salaires et s'opposent aux exportations de nourriture, suspect&#233;es de faire cro&#238;tre le taux d'inflation d&#233;j&#224; &#233;lev&#233; du pays. Bien que la gr&#232;ve ne soit pas une victoire, elle jette les bases d'une nouvelle solidarit&#233; parmi les travailleurs des docks : quelques ann&#233;es plus tard, les IWA, l'Industrial and Commercial Union et plusieurs autres syndicats de travailleurs de couleur fusionnent pour former l'Industrial and Commercial Workers Union (ICU). Ce syndicat grossit &#233;norm&#233;ment &#224; partir de 1924 et conna&#238;t un pic de 100 000 membres en 1927, ce qui en fait la plus grosse organisation d'Africains jusqu'&#224; l'ANC des ann&#233;es 1950. Dans les ann&#233;es 1930, l'ICU &#233;tablit m&#234;me des sections en Namibie, en Zambie et au Zimbabwe avant de d&#233;cliner progressivement. L'ICU n'est pas officiellement une organisation syndicaliste r&#233;volutionnaire. Elle est plus influenc&#233;e par des id&#233;ologies nationalistes et traditionalistes que par l'anticapitalisme, et elle d&#233;veloppe une certaine forme de bureaucratie. Cependant, elle garde une certaine id&#233;e du syndicalisme r&#233;volutionnaire, notamment dans sa volont&#233; de construire un seul grand syndicat (le One Big Union des IWW), et dans sa constitution qui appelle &#171; les travailleurs, &#224; travers leurs organisations industrielles, &#224; prendre &#224; la classe capitaliste les moyens de production, qui doivent &#234;tre poss&#233;d&#233;s et contr&#244;l&#233;s par les ouvriers au profit de tous, plut&#244;t que pour le b&#233;n&#233;fice de quelques uns &#187;. Un h&#233;ritage de l'IWA et de son combat contre le capitalisme et le racisme, contre l'un des r&#233;gimes les plus colonialistes d'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lucien van der Walt (Bikisha media collective)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte traduit de l'anglais depuis le site Internet &lt;a href=&#034;http://www.zabalaza.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.zabalaza.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Grands propri&#233;taires fonciers et industriels qui tirent leur nom de la monnaie, le rand, et de lord, &#171; seigneur &#187; en anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Industrial Workers of the World, syndicat r&#233;volutionnaire am&#233;ricain existant encore aujourd'hui, m&#234;me s'il est bien moins important qu'au d&#233;but du si&#232;cle du fait des multiples r&#233;pressions. Internet : iww.org.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Anc&#234;tre de l'African national congress (ANC) fond&#233; en 1912. Voir le site de l'ANC : anc.org.za Pour une chronologie pr&#233;cise, voir : &lt;a href=&#034;http://www.sahistory.org.za&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.sahistory.org.za&lt;/a&gt; Voir aussi : Class and colour in South Africa, 1850-1950 de Jack&amp; Ray Simons consultable sur Internet (en anglais) : &lt;a href=&#034;http://www.anc.org.za/books/ccsa.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.anc.org.za/books/ccsa.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ZACF : For an Internationalist Social Revolution by a Front of Oppressed Classes !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui &#233;tait Nelson Mandela ? </title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article1598</link>
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		<dc:date>2010-03-12T09:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud South Africa</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique - Africa</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nelson Mandela est certainement l'un des personnages qui a l'une des plus grandes popularit&#233; en Afrique et dans le reste du monde. Curieusement, il est &#233;galement ador&#233; des classes dirigeantes mondiales et des chefs d'Etat des grandes puissances, pourtant peu soucieuses du sort des peuples, en particulier des peuples d'Afrique. Alors , n'y aurait-il pas tromperie des uns ou des autres ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Autre curiosit&#233;, c'est dans une entente parfaite avec le parti de l'Apartheid que ce dernier a &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique73" rel="directory"&gt;16- Nelson Mandela et le Parti communiste sud-africain ou comment le prol&#233;tariat s'est fait voler sa r&#233;volution contre l'apartheid&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;Afrique du sud South Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;Afrique - Africa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nelson Mandela est certainement l'un des personnages qui a l'une des plus grandes popularit&#233; en Afrique et dans le reste du monde. Curieusement, il est &#233;galement ador&#233; des classes dirigeantes mondiales et des chefs d'Etat des grandes puissances, pourtant peu soucieuses du sort des peuples, en particulier des peuples d'Afrique. Alors , n'y aurait-il pas tromperie des uns ou des autres ?
&lt;p&gt;Autre curiosit&#233;, c'est dans une entente parfaite avec le parti de l'Apartheid que ce dernier a &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233;. C'est son chef qui a organis&#233; avec Mandela, sous l'&#233;gide des USA et de l'URSS, la fin de ce r&#233;gime ignoble d'oppression. Mais ils l'ont fait pour sauvegarder durablement les int&#233;r&#234;ts des capitalistes en Afrique du sud.. ; contre les travailleurs et c'est cela qui fait que la r&#233;alit&#233; du sort du peuple sud-africain n'a pas grandement chang&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quelle trahison de ces luttes ouvri&#232;res, l'un des principaux dirigeants, celui du syndicat des mineurs qui avait men&#233; la grande gr&#232;ve de 1986, la NUM, Ramaphosa a &#233;t&#233; r&#233;compens&#233; par les capitalistes en devenant milliardaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, quel a &#233;t&#233; le r&#244;le de Nelson Mandela, qualifi&#233; de dirigeant naturel de la lutte des Noirs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, jamais ni Mandela ni l'ANC n'ont &#233;t&#233; des &#034;dirigeants naturels&#034;, non seulement parce que cela n'existe pas mais parce qu'ils &#233;taient loin d'&#234;tre les plus populaires ou les plus militants dans les milieux populaires et plus encore dans le milieu ouvrier. Il y avait le courant de la &#034;conscience noire&#034; et, surtout, il y avait un courant d'extr&#234;me gauche dans les syndicats ouvriers. A l'&#233;poque, l'ANC n'avait pas d'implantation dans la classe ouvri&#232;re. Il est donc n&#233;cessaire de comprendre qu'&#224; la faveur de la r&#233;volution montante des masses prol&#233;tariennes en Afrique du sud, avec le danger que cela repr&#233;sentait pour la bourgeoisie sud-africaine mais aussi mondiale, Mandela a &#233;t&#233; le sauveur ... des classes dirigeantes !!!&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_62 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/deklerk_mandela.jpg' width=&#034;323&#034; height=&#034;400&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comment la victoire de Mandela, soi-disant leader des travailleurs noirs, est aussi la victoire de De Klerk, leader du parti de l'apartheid ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/pm_mandela.png' width=&#034;666&#034; height=&#034;467&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi est-il tellement remerci&#233; par tous les chefs d'Etats des grandes puissances ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1375 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Nelson-Mandela-Waves-with-President-Bush-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Nelson-Mandela-Waves-with-President-Bush-2.jpg' width=&#034;580&#034; height=&#034;820&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De quoi les a-t-il sauv&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/sarkozy_mandela_432.jpg' width=&#034;432&#034; height=&#034;355&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De la r&#233;volution !!!&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1378 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/0135147050085-2.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;341&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'a pas chang&#233; : c'est contre des habitants noirs des bidonvilles et des squats, toujours aussi pauvres et aussi exploit&#233;s, que les forces de l'ordre interviennent violemment. Mais les policiers sont noirs...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1377 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/0135067350085.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;333&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bidonville en feu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve69&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quoi de neuf dans les townships ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot109&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;O&#249; en est l'Afrique du sud post-apartheid ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Mandela a &#233;t&#233; souvent consid&#233;r&#233; par les militants communistes dans le monde comme l'un des leurs, il a eu le soutien sans faille du parti communiste sud-africain et voici pourtant ce que Mandela expliquait longtemps avant sur ses relations avec le communisme ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de la d&#233;claration de Nelson Mandela &#224; son Proc&#232;s de Rovonia d'octobre 1963-mai 1964 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; (&#8230;) Je nierai pas le fait que j'ai &#233;t&#233; un des fondateurs de l'Umkonto we Sizwe, (organisation militaire clandestine de la lutte arm&#233;e contre l'Apartheid), et que j'y ai jou&#233; un r&#244;le important jusqu'&#224; mon arrestation en ao&#251;t 1962. mais je veux dire d'embl&#233;e que l'id&#233;e &#233;mise par l'accusation dans son r&#233;quisitoire selon laquelle la lutte en Afrique du sud serait dirig&#233;e par des &#233;trangers ou des communistes est d&#233;nu&#233;e de fondement. (...) Les fondateurs de l'Umkonto &#233;taient tous membres du Congr&#232;s National Africain et nous avions derri&#232;re nous une longue tradition de non-violence et de recours &#224; la n&#233;gociation pour r&#233;soudre les conflits politiques. (&#8230;) En 1956, cent cinquante-six membres dirigeants de l'Alliance du Congr&#232;s (r&#233;unissant l'ANC, le Congr&#232;s indien, l'union nationale des gens de couleur, le Congr&#232;s d&#233;mocrate, enfin le syndicat SACTU), dont j'&#233;tais furent arr&#234;t&#233;s sous l'inculpation de haute trahison, et inculp&#233;s en vertu de la Loi sur la suppression du communisme. L'accusation mit en doute la politique non violente de l'ANC, mais la Cour en vint &#224; la conclusion qu'il ne pratiquait pas une politique de violence, lorsque cinq ans plus tard nous f&#251;mes acquitt&#233;s de tous les chefs d'accusation, parmi lesquels la pr&#233;tendue intention d'&#233;tablir un Etat communiste &#224; la place du r&#233;gime existant. Le gouvernement a toujours cherch&#233; &#224; qualifier ses adversaires de communistes. Aujourd'hui il a de nouveau repris ce grief, mais ainsi que je le montrerai, l'ANC n'est pas et n'a jamais &#233;t&#233; une organisation communiste. (&#8230;) Depuis longtemps le peuple souhaitait la violence en parlant du jour o&#249; il combattrait l'homme blanc et reconqu&#233;rrait son pays, tandis que nous, dirigeants de l'ANC, nous efforcions de faire pr&#233;valoir notre point de vue : le recours aux voies pacifiques. (&#8230;) Chaque d&#233;sordre exprimait clairement la conviction qui se r&#233;pandait parmi les Africains que la violence devenait la seule solution ; il montrait aussi qu'un gouvernement qui utilise la force pour maintenir son pouvoir apprend aux opprim&#233;s &#224; se servir de la force pour lutter contre lui. D&#233;j&#224;, de petits groupes s'&#233;taient form&#233;s dans les r&#233;gions urbaines et pr&#233;paraient spontan&#233;ment les bases d'une action violente. (&#8230;) D&#233;but juin 1961, apr&#232;s avoir m&#251;rement &#233;tudi&#233; la situation, nous arriv&#226;mes &#224; cette conclusion que les dirigeants africains feraient preuve de peu de r&#233;alisme et de clairvoyance s'ils continuaient &#224; pr&#234;cher la paix et la non-violence, au moment o&#249; le gouvernement r&#233;pondait &#224; nos requ&#234;tes pacifiques par la force. Nous n'about&#238;mes pas de gaiet&#233; de c&#339;ur &#224; une telle conclusion. Ce fut seulement quand tout le reste eut &#233;chou&#233;, quand toutes les voies de protestation pacifique nous eurent &#233;t&#233; barr&#233;es, que la d&#233;cision fut prise de s'engager dans les formes violentes d'action et de constituer l'Umkonto we Sizwe. (&#8230;) Il y a quatre formes d'action violente possible : le sabotage, la gu&#233;rilla, le terrorisme et la r&#233;volution ouverte. Nous avons choisi d'adopter la premi&#232;re m&#233;thode (&#8230;) Notre Manifeste proclamait : &#171; (&#8230;) Nous esp&#233;rons ramener le pouvoir et ses partisans au bon sens avant qu'il ne soit trop tard. Nous esp&#233;rons qu'une transformation du gouvernement et de sa politique interviendront avant qu'on ait atteint le seuil irr&#233;vocable de la guerre civile. &#187; (&#8230;) Les attaques contre les points vitaux de l'&#233;conomie du pays devaient s'accompagner de sabotage des b&#226;timents gouvernementaux et d'autres symboles de l'apartheid. Ces attaques devaient constituer un signal de ralliement pour notre peuple, et l'encourager &#224; participer &#224; des actions de masse non-violentes, comme des gr&#232;ves et des manifestations. Constituant par ailleurs un exutoire pour les partisans des m&#233;thodes violentes, elles nous permettraient de prouver concr&#232;tement &#224; nos militants que nous avions adopt&#233; une ligne plus dure et que nous riposterions d&#233;sormais aux diverses positions de force du gouvernement. (&#8230;) Les activit&#233;s de l'Umkonto &#233;taient contr&#244;l&#233;es et dirig&#233;es par le haut commandement national qui avait pouvoir de cooptation et de nommer des commandements r&#233;gionaux. (&#8230;) Je signale au passage que les termes &#171; haut commandement &#187; et &#171; commandement r&#233;gional &#187; avaient &#233;t&#233; emprunt&#233;s &#224; l'organisation nationale juive clandestine Irgoun Zvai Leumi, qui op&#233;ra en Isra&#235;l entre 1944 et 1948. (Mandela fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'organisation d'extr&#234;me droite juive). (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
L'accusation assure encore que les faits et les objectifs de l'ANC et du Parti communiste sont identiques. Je voudrai en parler, ainsi que de ma propre position politique. Je cite ces all&#233;gations car il est &#224; craindre que l'accusation ne se fonde sur certaines pi&#232;ces pour affirmer que j'ai tent&#233; d'introduire le marxisme dans l'ANC. L'all&#233;gation, en ce qui concerne l'ANC, est totalement fausse. Ce n'est pas un argument neuf : il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;fut&#233; au proc&#232;s de trahison. Mais, puisqu'on le ressort, j'en parlerai ici, de m&#234;me que des relations entre l'ANC et le Parti communiste d'une part et avec le parti Umkonto d'autre part.&lt;br class='autobr' /&gt;
La doctrine de l'ANC consiste et a toujours consist&#233; dans un nationalisme africain. (&#8230;.) Le document politique le plus important qu'ait adopt&#233; l'ANC est la Charte de la libert&#233;, qui n'est en aucune fa&#231;on un manifeste pour un Etat socialiste. Elle appelle &#224; une redistribution, mais non &#224; une nationalisation de la terre. (&#8230;) Selon la Charte de la libert&#233;, les nationalisations s'inscriraient dans une &#233;conomie fond&#233;e sur l'entreprise priv&#233;e. La r&#233;alisation de la Charte de la libert&#233; offrirait de nouvelles perspectives &#224; toutes les classes &#8211; bourgeoisie comprise &#8211; d'une population africaine d&#232;s lors prosp&#232;re. L'ANC n'a jamais, &#224; aucune p&#233;riode de son histoire, pr&#233;conis&#233; un changement r&#233;volutionnaire de la structure &#233;conomique du pays. Il n'a jamais non plus, autant que je m'en souvienne, condamn&#233; la soci&#233;t&#233; capitaliste. (&#8230;) Je suis entr&#233; &#224; l'ANC en 1944. Quand j'&#233;tais jeune, je pensais que l'admission des communistes au sein de l'ANC et la coop&#233;ration &#233;troite qui existait parfois sur des probl&#232;mes particuliers entre cette organisation et le parti communiste finiraient par alt&#233;rer le concept de nationalisme africain. J'&#233;tais alors membre de la Ligue de la jeunesse de l'ANC, et j'appartins &#224; un groupe qui demanda l'expulsion des communistes de l'ANC. Cette motion fut repouss&#233;e &#224; une grosse majorit&#233;. On trouvait parmi ceux qui votaient contre quelques uns des &#233;l&#233;ments les plus conservateurs de l'opinion africaine. Ils disaient que, depuis sa cr&#233;ation, l'ANC s'&#233;tait form&#233; et d&#233;velopp&#233; non comme un parti exprimant une politique rigoureuse, mais comme un Parlement du peuple africain accueillant des gens d'opinions politiques diff&#233;rentes unis par un but commun : la lib&#233;ration nationale. Je fus finalement converti &#224; cette fa&#231;on de voir. Je l'ai soutenue depuis lors. (&#8230;) La t&#226;che fondamentale, en ce moment, doit &#234;tre l'&#233;limination de toute discrimination raciale et l'&#233;tablissement de droits d&#233;mocratiques sur la base de la Charte de la libert&#233;. La lutte pour ces droits devrait &#234;tre men&#233;e par un ANC fort. Dans la mesure o&#249; le parti communiste fait sien cet objectif qu'il soit le bienvenu. De mes lectures d'ouvrages marxistes et de mes conversations avec des communistes, j'ai tir&#233; l'impression que les communistes consid&#232;rent le syst&#232;me parlementaire occidental comme non d&#233;mocratique et r&#233;actionnaire. Moi, au contraire, je l'admire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En Afrique du Sud, l'ann&#233;e 1973 avait vu une premi&#232;re grande vague de gr&#232;ves d&#233;fier le r&#233;gime de l'apartheid. Si ces gr&#232;ves portaient sur les salaires (ceux des mineurs quadrupl&#232;rent entre 1972 et 1975) elles prenaient aussit&#244;t un caract&#232;re politique, les syndicats noirs ind&#233;pendants &#233;tant ill&#233;gaux et tout mouvement &#233;tant du coup dirig&#233; contre la dictature. Les luttes se multipli&#232;rent pour imposer la reconnaissance des syndicats noirs ind&#233;pendants, et d&#232;s 1983, le patronat des mines lui-m&#234;me, en toute ill&#233;galit&#233;, se r&#233;solut &#224; organiser une rencontre avec les dirigeants du NUM, le syndicat noir des mines. 740000 travailleurs noirs &#233;taient alors syndiqu&#233;s. Le pays connut par la suite plusieurs vagues de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, notamment de 1984 &#224; 1986. Le gouvernement de l'apartheid fut contraint de recourir &#224; l'&#233;tat d'urgence, mais la bourgeoisie n'en avait pas moins saisi qu'elle devrait faire des concessions. Le r&#233;gime de l'apartheid &#233;tait condamn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique du sud a &#233;t&#233; l'objet d'un changement politique et social parmi les plus &#233;tonnants et rapides de l'Histoire. En un petit nombre d'ann&#233;es, on a vu le Parti national au pouvoir, celui qui avait organis&#233; un r&#233;gime semi-fasciste pour imposer la supr&#233;matie blanche, le r&#233;gime dit d'apartheid, d&#233;cider de prendre contact avec le principal parti nationaliste noir, l'ANC, n&#233;gocier puis sortir le leader de l'ANC de prison pour le porter &#224; la pr&#233;sidence de l'Etat sud-africain. Que ce parti des tortionnaires racistes se retourne ainsi, il y a de quoi &#233;tonner. De Klerk, le dirigeant du Parti national, le parti de l'apartheid, a en Afrique du sud, l'une des dictatures les plus f&#233;roces du monde, a pris la t&#234;te d'un des changements politique et sociaux le plus impressionnants. De tels retournements m&#233;ritent plus d'explications que n'en donnent les commentateurs, les politiques comme les historiens ou les journalistes. L'imp&#233;rialisme, en particulier les Etats am&#233;ricain et anglais, qui avait assist&#233; jusque l&#224; sans r&#233;gir &#224; toutes les exactions et atrocit&#233;s du r&#233;gime sud-africain a apport&#233; un soutien total et m&#234;me a pris la t&#234;te des n&#233;gociations de changement de r&#233;gime. Le Parti communiste sud-africain a &#233;t&#233; en t&#234;te des n&#233;gociations, en liaison avec la direction du r&#233;gime russe. En fait, le tournant en Afrique du sud a fait partie d'un tournant mondial, la fin de la politique des blocs. D'autres participants de ce changement sont tout aussi mobilis&#233;s en sa faveur : la grande bourgeoisie blanche d'Afrique du sud. Les plus grands patrons sud-africains, ceux des mines, sont m&#234;me &#224; l'origine des premi&#232;res rencontres en Suisse. C'est &#224; cette bourgeoisie que la direction de l'ANC, de l'UDF (alliance de toute la bourgeoisie noire avec les leaders populaires noirs et quelques militants d&#233;mocrates blancs), du Parti communiste, des dirigeants des syndicats qui leur sont li&#233;s ont donn&#233; des garanties sur le type de soci&#233;t&#233; qui d&#233;coulerait d'une venue au pouvoir de l'ANC. Il faut dire que jusque l&#224; ANC et Parti communiste &#233;taient rest&#233;s sur la lanc&#233;e d'un discours sur la mise en place d'une &#171; soci&#233;t&#233; socialiste &#187;. Le tournant en mati&#232;re de discours a &#233;t&#233; pris sans difficult&#233; et &#224; grande vitesse : aucune remise en cause du capitalisme ni de la propri&#233;t&#233; du grand capital en &#233;change de la venue au pouvoir d'une partie de la direction nationaliste noire. La place des dirigeants syndicaux a &#233;t&#233; particuli&#232;rement n&#233;goci&#233;e. Certains d'entre eux ont re&#231;u un v&#233;ritable pont d'or, &#224; la mesure de la peur que la classe ouvri&#232;re suscitait dans la grande bourgeoisie. A la mesure aussi de la trahison de cette lutte que repr&#233;sentait la mani&#232;re dont la fin de l'apartheid a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte de la classe ouvri&#232;re, et la menace que celle-ci constituait non seulement pour le r&#233;gime, mais pour l'oppression capitaliste en Afrique du sud et m&#234;me au-del&#224;, &#233;tait le principal probl&#232;me qui explique un tournant aussi radical. En cas d'explosion r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat sud-africain, tout le continent africain pouvait &#234;tre une immense caisse de r&#233;sonance de l'insurrection, offrant d'&#233;normes perspectives au d&#233;veloppement de la lutte. Les r&#233;gimes de parti unique &#233;taient us&#233;s dans tout le continent noir. Les espoirs d&#233;&#231;us des ind&#233;pendances, une population jeune sans aucune sympathie pour les classes dirigeantes corrompues et d&#233;go&#251;tantes et une population pauvre ayant une grande sympathie pour le combat des opprim&#233;s d'Afrique du sud offraient un grand nombre de possibilit&#233;s d'extension d'une lutte explosive en Afrique du sud.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la peur de la r&#233;volution, il faut le souligner clairement, qui a amen&#233; la grande bourgeoisie, tant imp&#233;rialiste que sud-africaine et aussi que la bureaucratie russe, de se r&#233;soudre &#224; prendre le tournant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons voir que ce changement radical de la politique mondial s'appuie sur l'usure constat&#233;e dans tous les pays piliers de la politique des blocs, &#224; l'est comme &#224; l'ouest. C'est tr&#232;s exactement dans tous ces pays (Iran, Irak, Turquie, Cor&#233;e du sud, Afrique du sud, Pologne, &#8230;) que la classe ouvri&#232;re commence &#224; devenir une force mena&#231;ante et qui intervient non seulement par des gr&#232;ves mais aussi par une action politique du plus en plus dangereuse pour les poss&#233;dants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique du sud &#233;galement, c'est la classe ouvri&#232;re qui repr&#233;sentait l'&#233;l&#233;ment le plus mena&#231;ant de la situation pour les classes poss&#233;dantes. Contrairement &#224; l'image donn&#233;e par bien des auteurs, l'ANC n'&#233;tait pas le repr&#233;sentant naturel des travailleurs noirs d'Afrique du sud. Ayant fait le choix d'envoyer ses militants organiser des gu&#233;rillas &#224; partir des pays voisins, l'organisation nationaliste &#233;tait peu implant&#233;e dans la classe ouvri&#232;re au milieu des ann&#233;es 80 et son discours d'alliance de classe ne lui permettait pas d'y recruter ais&#233;ment parmi les leaders syndicalistes. Lorsque la bourgeoisie blanche d'Afrique du sud a choisi de d&#233;tourner le danger prol&#233;tarien en pactisant avec l'ANC, personne ne pouvait dire si cela suffirait &#224; calmer la situation. Et le pouvoir blanc acceptait d'int&#233;grer les dirigeants noirs si ceux-ci s'en av&#233;raient capables. Le 29 octobre 1989 a eu lieu le premier meeting autoris&#233; de l'ANC. Les leaders nationalistes noirs y ont d&#233;clar&#233; que l'ANC venait d'avoir un premier succ&#232;s : d&#233;montrer qu'ils &#233;taient capables de contr&#244;ler leurs troupes ! Walter Sisulu y d&#233;clarait : &#171; Nous n&#233;gocierons avec le r&#233;gime blanc s'il fait preuve de sinc&#233;rit&#233; et cr&#233;e le climat n&#233;cessaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis juin 1976, les travailleurs et les opprim&#233;s d'Afrique du sud ont commenc&#233; &#224; se faire craindre. En juin 1976, l'explosion de la jeunesse de Soweto ouvre une des p&#233;riodes les plus explosives sur le terrain social et politique qu'ait connu l'Afrique du sud. Dix mille &#233;coliers noirs d&#233;filent dans Soweto pour protester contre l'enseignement obligatoire en afrikaans, la langue du colonisateur hollandais. La police tire sur les manifestants et tue un adolescent de treize ans. Ce meurtre d&#233;clenche la col&#232;re des jeunes &#233;coliers auxquels se sont joints des ch&#244;meurs de ce ghetto le plus peupl&#233; d'Afrique du sud (un million cinq cent mille habitants). Contre des hommes casqu&#233;s qui tirent dans le cas, les &#233;meutiers dressent des barricades, mettent le feu aux b&#226;timents administratifs, &#224; tout ce qui symbolise le pouvoir blanc. A l'exemple de Soweto, dans presque toutes les villes noires, autour de Johannesburg, puis de Pretoria, la jeunesse descend dans la rue. Le 11 ao&#251;t 1976, une grande gr&#232;ve des travailleurs noirs paralyse la moiti&#233; des activit&#233;s de Johannesburg et, deux jours plus tard, une &#233;meute se d&#233;clenche au Cap. Malgr&#233; les morts et les emprisonn&#233;s, le mouvement gagne l'ensemble du pays, ce qui ne s'&#233;tait jamais encore produit. On &#233;tait loin du pont de d&#233;part : une contestation de l'enseignement en afrikaans par les seuls &#233;tudiants. Ce sont les coll&#233;giens, encore adolescents, qui ont anim&#233; et dirig&#233; le mouvement, appelant &#224; plusieurs reprises et avec succ&#232;s les travailleurs &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Si la r&#233;pression a d&#233;capit&#233; pour quelques ann&#233;es le mouvement, les militants &#233;tant morts, emprisonn&#233;s ou exil&#233;s, la classe ouvri&#232;re avait commenc&#233; &#224; reprendre confiance dans ses propres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#233;but des ann&#233;es 80, la contestation repart de plus belle. Et, sur ce point, l'Afrique du sud fait partie d'un mouvement qui concerne l'ensemble de l'Afrique noire, et m&#234;me qui concerne le monde &#224; la m&#234;me p&#233;riode. Il y a un r&#233;veil g&#233;n&#233;ral qui concerne particuli&#232;rement les pays de la politique des blocs. Au nom de la n&#233;cessit&#233; des blocs, l'imp&#233;rialisme a soutenu des r&#233;gimes cens&#233;s s'opposer au bloc adversaire, r&#233;gimes qui se maintenaient malgr&#233; leur impuissance, leur corruption et la haine des populations, uniquement parce que les imp&#233;rialisme s'interdisaient, pour l'essentiel, toute concurrence entre eux au nom des blocs. C'est ainsi que les partis uniques avaient pu se maintenir, des deux c&#244;t&#233;s, dans les deux blocs. Ces partis uniques, par exemple au Gabon ou en C&#244;te d'ivoire, n'&#233;taient m&#234;me pas synonymes d'une pr&#233;tention au socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1981-82, il y a une recrudescence des affrontements en Afrique du sud. La crise &#233;conomique entra&#238;ne gr&#232;ves, manifestations, luttes dans les entreprises et dans les townships. La police et l'arm&#233;e interviennent violemment mais, cette fois, ils s'av&#232;rent incapables de venir &#224; bout de la r&#233;volte. Des milliers de jeunes, des &#233;coliers aux jeunes ch&#244;meurs, ne craignent plus de s'affronter aux forces de l'ordre et ces combats sont quotidiens. Malgr&#233; l'intervention des cars blind&#233;s de l'arm&#233;e qui enl&#232;vent les manifestants, la r&#233;volte s'installe en permanence dans les townships et cr&#233;e un climat insurrectionnel qui va bient&#244;t &#234;tre compl&#233;t&#233; par la mont&#233;e du militantisme et de la mobilisation dans la classe ouvri&#232;re, puis par le d&#233;veloppement de luttes ouvri&#232;res d'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite et la moyenne bourgeoisie noire tente aussi d'influencer la mont&#233;e militante et de lui donner un cadre. En ao&#251;t 1983, 700 associations, li&#233;es aux partis nationalistes et r&#233;formistes et aux &#233;glises et appuy&#233;s par la &#171; lib&#233;raux &#187; blancs, se sont f&#233;d&#233;r&#233;es au sein de l'UDF, au nom de la lutte contre la r&#233;forme constitutionnelle de Botha. C'est une tentative pour l'ANC de p&#233;n&#233;trer le mouvement social qui se d&#233;veloppe. En effet, cette organisation qui a un important cr&#233;dit dans la population noire, en particulier dans la jeunesse, a fait le choix de la &#171; lutte arm&#233;e &#187;, ce qui signifie que la majorit&#233; de ses militants sont dans des maquis et sont coup&#233;s de leur milieu. La mont&#233;e sociale a lieu sans que les militants de l'ANC eux-m&#234;mes puissent y jouer v&#233;ritablement un r&#244;le au d&#233;but. En particulier, la mont&#233;e militante dans la classe ouvri&#232;re n'est pas dirig&#233;e par le courant de l'ANC, ni par celui de la &#171; conscience noire &#187;, les courants du nationalisme noir s'&#233;tant d&#233;tourn&#233;s de la classe ouvri&#232;re consid&#233;r&#233;e comme seulement capable de luttes &#233;conomiques. Le militantisme ouvrier monte en fl&#232;che et se radicalise. Les syndicats d'ouvriers noirs, qui ne comptaient que 16.000 adh&#233;rents en 1969, passent de 223.000 en 1980 &#224; 741.000 en 1983. Les nouveaux syndicats de travailleurs noirs se s&#233;parent de la f&#233;d&#233;ration TUSCA contr&#244;l&#233;e par les syndicats blancs. En 1979, est apparu notamment le FOSATU, importante f&#233;d&#233;ration de syndicats noirs organis&#233;s par branche industrielle et qui va rapidement se radicaliser et se politiser. Le syndicalisme ouvrier passe tr&#232;s rapidement du corporatisme &#224; la contestation politique et sociale du r&#233;gime. Il est remarquable que, vers le milieu des ann&#233;es 80, la plupart des directions des plus grands syndicats ouvriers noirs soit form&#233;e de militants trotskystes. Cela souligne la mont&#233;e du radicalisme ouvrier en m&#234;me temps que l'absence de l'ANC dans la classe ouvri&#232;re des entreprises, m&#234;me si l'ANC a commenc&#233; &#224; appara&#238;tre dans la jeunesse mobilis&#233;e des townships et dans les organisations de la petite bourgeoisie noire. La fraction militante de la classe ouvri&#232;re se distingue des jeunes radicaux dans le sens d'une conscience de classe affirm&#233;e. Par exemple, l'immense majorit&#233; des syndicats refuse d'adh&#233;rer &#224; l'UDF, front ouvertement bourgeois. Seul le SACTU, dirig&#233; par l'ANC, y participe. Le FOSATU vote coup sur coup des r&#233;solutions contre la collaboration de classe pr&#244;n&#233;e par l'ANC et l'UDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative du r&#233;gime d'assouplir un peu les r&#232;gles de l'apartheid (notamment la suppression de l'interdiction des mariages mixtes, de la s&#233;gr&#233;gation dans les salles de th&#233;&#226;tre, les plages et les h&#244;tels de luxe, la cr&#233;ation d'un parlement consultatif pour les M&#233;tis, d'un autre pour les Indiens, la nomination d'un ministre indien et d'un ministre m&#233;tis &#8211; sans portefeuille), depuis 1984, n'a nullement permis de d&#233;mobiliser la jeunesse, ni n'a diminu&#233; le soutien de l'ensemble de la population &#224; son combat contre l'apartheid. En t&#233;moignent les chiffres impressionnants de la r&#233;pression, et l'augmentation consid&#233;rable du nombre de jeunes arr&#234;t&#233;s. Selon les chiffres officiels, truqu&#233;s bien entendu, parmi le nombre de personnes d&#233;tenues entre le 2 juillet 1985 et le 7 mars 1986, il y avait 21.000 jeunes de moins de 16 ans. Des centaines, des milliers d'associations communautaires naissent dans les townships qui t&#233;moignent d'une mont&#233;e du militantisme dans les milieux populaires. Certaines associations organisent le boycott des transports dont le prix augmente, d'autres organisent la gr&#232;ve des loyers des logements g&#233;r&#233;s par les municipalit&#233;s. Des comit&#233;s de quartier sont charg&#233;s d'emp&#234;cher l'entr&#233;e des forces de l'ordre. Des enfants de parents d&#233;tenus ou &#171; disparus &#187; se regroupent. Les gens s'organisent pour abattre les mouchards ou les conseillers municipaux vendus au syst&#232;me. L'&#233;norme majorit&#233; des organisations noires appellent au boycott des &#233;lections en Afrique du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le gouvernement de Botha pr&#233;tend qu'il va r&#233;former l'apartheid, si depuis 1986 il affirme vouloir aller doucement vers la suppression du &#171; pass &#187; (le fameux passeport int&#233;rieur cause de nombreuses &#233;meutes) et d&#233;clare : &#171; Je suis engag&#233; dans un processus de r&#233;formes destin&#233;es &#224; &#233;largir la d&#233;mocratie &#187;, ce n'est pas seulement pour am&#233;liorer son image &#224; l'ext&#233;rieur mais parce que, depuis l'&#233;t&#233; 1984, l'insurrection populaire et ouvri&#232;re gagne chaque ann&#233;e en ampleur dans tout le pays. En ao&#251;t 1984, quelques jours apr&#232;s les &#233;lections, des &#233;meutes &#233;clatent dans la r&#233;gion de Johannesburg, violemment r&#233;prim&#233;es et faisant 29 mort officiellement. A Sabokeng, une grande cit&#233; noire, les forces de l'ordre tentent de d&#233;truire les groupes noirs arm&#233;s. 7000 policiers occupent la ville, fouillent les maisons, et se heurtent &#224; la population noire, faisant officiellement 95 morts. Le maire de Tembissa, une autre grande cit&#233; noire, a d&#251; fuir devant la haine de la population qui manifestait et mena&#231;ait de s'occuper de lui. En avril 1985, dix conseillers municipaux noirs, accus&#233;s de collaboration avec le pouvoir blanc, ont &#233;t&#233; tu&#233;s et 174 d'entre eux ont d&#251; d&#233;missionner. En juillet 1985, 410 policiers ont &#233;t&#233; soit tu&#233;s soit ont vu leur maison br&#251;l&#233;e par les jeunes manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie (imp&#233;rialiste et sud africaine), inqui&#232;te de la mont&#233;e ouvri&#232;re et populaire, cherche &#224; trouver une issue politique qui int&#232;grerait les nationalistes et les r&#233;formistes, en d&#233;tournant le risque social. Les n&#233;gociations de la grande bourgeoisie blanche sud africaine avec l'ANC d&#233;butent en 1985. Le 18 septembre 1985, une d&#233;l&#233;gation d'hommes d'affaire blancs sud africains se rend en Zambie pour rencontrer la direction de l'ANC. L'un d'entre eux est Oppenheimer, principal actionnaire de la De Beer, premier producteur de diamant qui contr&#244;le les deux tiers de la production mondiale de diamant. Il affirme qu'il va falloir rapidement supprimer l'apartheid. Ces patrons blancs n'ont cure des souffrances de la majorit&#233; de la population pauvre d'Afrique du sud, ni des exactions particuli&#232;res subies par les Noirs mais le danger d'explosion ouvri&#232;re incontr&#244;lable, de plus en plus &#233;vident pour tous, les pousse &#224; vouloir changer de r&#233;gime au plus vite. Ils trouvent dans l'ANC (et ses alli&#233;s de l'UDF) un partenaire pr&#234;t &#224; sacrifier la r&#233;volution pour obtenir une part du pouvoir en sauvant la grande bourgeoisie. L'ANC qui affirmait vouloir le socialisme et diriger &#171; une r&#233;volution d&#233;mocratique assurant la lib&#233;ration des opprim&#233;s &#187; rassure les poss&#233;dants d'Afrique du sud. En fait, l'ANC n'avait jamais d&#233;fendu une perspective de renversement de la bourgeoisie, mais seulement de mise place d'une bourgeoisie noire, comme le dit clairement son programme : &#171; la charte de la libert&#233; &#187;. En 1956, Nelson Mandela la commentait ainsi : &#171; Si la Charte proclame la n&#233;cessit&#233; de changement d&#233;mocratique, il ne s'agit en aucune mani&#232;re d'une prise de position pour un Etat socialiste, mais d'un programme pour l'unification des diff&#233;rentes classes et groupements populaires sur une base d&#233;mocratique. &#187; Il concluait : &#171; Le d&#233;mant&#232;lement de ces monopoles (banques et mines d'or) ouvrira un horizon au d&#233;veloppement d'une classe bourgeoise prosp&#232;re non-europ&#233;enne. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de ce pays, une bourgeoisie non-europ&#233;enne aura l'opportunit&#233; de poss&#233;der en son propre nom et en toute l&#233;gitimit&#233; les mines et les usines. Le commerce et l'entreprise priv&#233;e conna&#238;tront un boom et fleuriront comme jamais auparavant. &#187; Rien &#224; voir avec l'image socialiste, et m&#234;me communiste, que les partis communistes ont donn&#233; de Nelson Mandela. Lui, n'a jamais cautionn&#233; cette image. M&#234;me si la mobilisation ouvri&#232;re a contraint, par la suite, l'ANC &#224; parler des travailleurs, le docteur Montlana, num&#233;ro deux de l'ANC, d&#233;clarait : &#171; La solution, c'est que les Noirs travaillent plus dur au sein du syst&#232;me capitaliste. (&#8230;) Laissez ceux qui ont l'ambition, l'ambition capitaliste, individuelle et priv&#233;e, de travailler &#224; la satisfaire et ne leur tournez pas le dos parce qu'ils ne veulent pas devenir des vagabonds avec leur sac sur le dos. (&#8230;) Il y a des gens qui attendent d'un r&#233;gime socialiste qu'il les conduise au pays du lait et du miel. A ces gens-l&#224;, je dis : vous &#234;tes des idiots. Trop de nos gens sont simplement fain&#233;ants. Trop souvent nous reprochons au syst&#232;me nos propres limites. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1986, la situation a tellement empir&#233; que le gouvernement Botha est contraint de d&#233;cr&#233;ter l'Etat d'urgence. La r&#233;pression qui s'abat alors est massive et f&#233;roce. Des organisations d'opposition jusque l&#224; tol&#233;r&#233;es sont interdites, leurs membres arr&#234;t&#233;s, tortur&#233;s, tu&#233;s. Cependant, les gr&#232;ves continuent de se multiplier. L'une des plus grandes est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la r&#233;gion du Triangle de Vaal, en novembre 1984, dans laquelle 150.000 travailleurs sont soutenus par 250.000 &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants. Les mots d'ordre sont : d&#233;part des forces de r&#233;pression des cit&#233;s noires, suppression des augmentations de loyers, des tarifs de l'eau et de l'&#233;lectricit&#233;, abolition de taxes pour les habitants, am&#233;lioration du syst&#232;me &#233;ducatif pour les noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nationalistes, qu'il s'agisse de l'ANC, des autres r&#233;formistes, bourgeois, religieux noirs ou du mouvement de la conscience noire, s'implantent massivement dans les comit&#233;s de la jeunesse des townships et les autres associations qui y fleurissent, les civics. Ils y organisent des actions de harc&#232;lement mais utilisent aussi ces structures pour encadrer le mouvement et se pr&#233;parer au pouvoir. Les comit&#233;s font la loi contre les Noirs eux-m&#234;mes. C'est l'objet des &#171; tribunaux populaires &#187;. Le dirigeant du comit&#233; de Mamelody explique que les comit&#233;s doivent faire la loi, imposer une politique et punir ceux qui pr&#233;tendent s'en affranchir. C'est le but des &#171; campagnes de nettoyage &#187; qui punissent les &#171; d&#233;linquants &#187;. Un embryon d'appareil d'Etat-ANC et des forces de r&#233;pression nouvelles sont ainsi mises en place, d&#233;tournant le d&#233;sir des jeunes de se donner les moyens de lutter contre le r&#233;gime. L'un des objectifs de l'ANC et du PC sud-africain dans les civics est de s'en servir pour intimider les organisations syndicales qui refusent la tutelle de l'ANC et de son alliance avec la bourgeoisie noire et blanche, l'UDF. Des syndcalistes sont violemment attaqu&#233;s. Des gr&#232;ves sont impos&#233;es par les civics aux salari&#233;s de certaines entreprises et tous les syndicats qui ne se conforment pas &#224; la gr&#232;ve impos&#233;e sont frapp&#233;s. La non-participation &#224; l'UDF est stigmatis&#233;e comme une complicit&#233; au pouvoir. La principale centrale ouvri&#232;re, la FOSATU, qui refuse la tutelle de l'ANC et l'appartenance &#224; l'UDF, voit sa direction violemment attaqu&#233;e, politiquement et parfois physiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce aux pressions conjugu&#233;es de l'ANC, du PC, de la bourgeoisie et de l'Etat, les principaux dirigeants syndicaux firent finalement le choix de renoncer &#224; la perspective qu'ils d&#233;fendaient jusque l&#224; : une Afrique du Sud post-apartheid o&#249; les travailleurs auraient le contr&#244;le du pouvoir et des richesses de la soci&#233;t&#233;, ont accept&#233; progressivement de devenir le prolongement politique de l'ANC dans la classe ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire d'&#234;tre la monnaie d'&#233;change contre laquelle l'ANC est arriv&#233;e au pouvoir. C'est sur cette base que se constitua le COSATU, la grande centrale syndicale unifi&#233;e. L'unification des forces de la classe ouvri&#232;re a servi &#224; cacher un changement complet d'orientation. Pour l'ANC, le PC sud-africain et pour la bourgeoisie comme pour l'imp&#233;rialisme, les dirigeants nationalistes noirs n'&#233;taient une bou&#233;e de sauvetage face &#224; la menace r&#233;volutionnaire que s'ils s'av&#233;raient capables de canaliser et de freiner le mouvement r&#233;volutionnaire des masses ouvri&#232;res d'Afrique du sud. Ils ont d&#251; en faire progressivement la d&#233;monstration pendant que l'Afrique du sud faisait &#224; pas compt&#233;s quelques gestes de d&#233;sengagement dans le syst&#232;me de l'apartheid et dans ses interventions militaires contre les pays voisins. Le 22 d&#233;cembre 1988, l'Afrique du Sud, l'Angola et Cuba signent &#224; New York deux trait&#233;s qui pr&#233;voient, l'un le retrait des soldats cubains d'Angola et l'autre, l'accession de la Namibie &#224; l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 ao&#251;t 1988, Nelson Mandela, chef historique du Congr&#232;s national africain (ANC), emprisonn&#233; depuis 1963, est hospitalis&#233; au Cap apr&#232;s avoir contract&#233; la tuberculose. En fait, il s'agit du r&#233;sultat d'une n&#233;gociation au sommet entre les dirigeants de la grande bourgeoisie sud-africaine et les dirigeants de l'ANC qui suit une autre n&#233;gociation au sommet entre la haute bureaucratie russe et l'imp&#233;rialisme US. La fin de l'apartheid accompagne la fin de la politique des blocs et la r&#233;int&#233;gration de la haute bureaucratie russe au sein de la bourgeoisie mondiale. Les gestes se multiplient et les pas de chaque partie se succ&#232;dent. Le 23 novembre 1988, le pr&#233;sident Botha d&#233;cide de gracier les &#034; six de Sharpeville &#034;, tous les recours judiciaires ayant &#233;t&#233; &#233;puis&#233;s apr&#232;s le sursis &#224; ex&#233;cution obtenu le 17 mars. Le 15 mars 1989, Pieter Botha reprend ses fonctions &#224; la t&#234;te de l'Etat apr&#232;s la congestion c&#233;r&#233;brale dont il a &#233;t&#233; victime le 18 janvier. Le Parti national, au pouvoir depuis 1948, a souhait&#233;, le 13, que Frederik De Kerk, qui dirige le parti depuis la d&#233;mission, le 2 f&#233;vrier, de Pieter Botha, devienne pr&#233;sident de la R&#233;publique &#034; dans l'int&#233;r&#234;t du pays &#034;. Le 5 juillet 1989, le pr&#233;sident Pieter Botha re&#231;oit, dans sa r&#233;sidence du Cap, Nelson Mandela, chef historique de l'ANC emprisonn&#233; depuis 1963, qui se prononce pour &#034; une &#233;volution pacifique de la situation &#034;. Le 25 ao&#251;t 1989, Frederik De Klerk, nouveau pr&#233;sident sud africain, confirme ses intentions r&#233;formistes : supprimer l'apartheid de fa&#231;on n&#233;goci&#233;e. Le 2 mai 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent leur premi&#232;re s&#233;rie de discussions directes au Cap : ils s'engagent &#224; &#034; lutter contre la violence et l'intimidation, d'o&#249; qu'elles viennent &#034;. Le 15 octobre 1989, huit dirigeants nationalistes, dont Walter Sisulu, compagnon de Nelson Mandela, sont lib&#233;r&#233;s apr&#232;s vingt cinq ans pass&#233;s en prison. Les sept membres de l'ANC lib&#233;r&#233;s participent, le 29, au premier rassemblement autoris&#233; par le r&#233;gime depuis 1960, qui r&#233;unit soixante mille personnes dans le stade de Soweto. Le 2 f&#233;vrier 1990, le pr&#233;sident sud africain Frederik De Klerk annonce devant le Parlement la l&#233;galisation des mouvements nationalistes noirs, dont le Congr&#232;s national africain (ANC), interdit depuis 1960, la lib&#233;ration des prisonniers politiques qui n'ont pas commis de violences, la fin de la censure et la suspension des ex&#233;cutions capitales. Le 11 f&#233;vrier 1990, Nelson Mandela est lib&#233;r&#233; apr&#232;s vingt sept ans de captivit&#233;. Le 13 f&#233;vrier 1990, parlant devant plus de cent mille personnes au stade de Soweto, &#224; Johannesburg, Nelson Mandela multiplie les appels &#034; au calme et &#224; la discipline &#034;. Le16 f&#233;vrier 1990, le comit&#233; ex&#233;cutif de l'ANC, r&#233;uni depuis le 14 &#224; Lusaka (Zambie) en l'absence de Nelson Mandela, accepte de rencontrer Frederik De Klerk. Le 4 mars 1990, Lennox Sebe, &#034; pr&#233;sident &#224; vie &#034; du bantoustan du Ciskei, est renvers&#233; par un coup d'Etat militaire dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Josh Gqozo. Le nouveau pouvoir r&#233;clame la r&#233;int&#233;gration du Ciskei au sein de l'Afrique du Sud. Le 2 mai 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent leur premi&#232;re s&#233;rie de discussions directes au Cap : ils s'engagent &#224; &#034; lutter contre la violence et l'intimidation, d'o&#249; qu'elles viennent &#034;. Le 7 juin 1990, l'&#233;tat d'urgence, instaur&#233; le 12 juin 1986, est lev&#233;, sauf dans la province du Natal, o&#249; se poursuivent des affrontements entre factions rivales dans les cit&#233;s noires. Le 19, la loi abolissant, &#224; partir du 15 octobre, la s&#233;gr&#233;gation raciale dans les lieux publics est vot&#233;e par les d&#233;put&#233;s. Le 6 ao&#251;t 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent, &#224; Pretoria, leur deuxi&#232;me s&#233;rie de pourparlers pr&#233;alables &#224; des n&#233;gociations sur une nouvelle Constitution. Dans l'accord sign&#233; apr&#232;s quinze heures de discussions, l'ANC annonce qu'elle suspend la lutte arm&#233;e, tandis que le gouvernement s'engage &#224; lib&#233;rer tous les prisonniers politiques et &#224; autoriser le retour des exil&#233;s avant la fin de l'ann&#233;e. Le 13, &#233;clatent de tr&#232;s violents affrontements entre partisans de l'ANC et partisans du mouvement zoulou Inkatha dans les cit&#233;s noires autour de Johannesburg. Le 18 octobre 1990, l'&#233;tat d'urgence est lev&#233; au Natal, seule r&#233;gion o&#249; il &#233;tait encore en vigueur en raison des affrontements entre membres de l'Inkatha et militants de l'ANC, qui ont fait plus de quatre mille morts en quatre ans. Le 27 juin 1991, apr&#232;s le vote du Parlement, le pr&#233;sident Frederik De Klerk signe l'abrogation des trois derni&#232;res lois qui r&#233;gissaient l'apartheid. Le 14 septembre 1991, le pr&#233;sident De Klerk et une vingtaine d'organisations politiques, syndicales et religieuses, dont l'ANC et le Parti Inkatha &#224; dominante zouloue, signent un accord de paix destin&#233; &#224; mettre fin aux violences entre factions noires rivales, qui ont fait pr&#232;s de dix mille morts depuis 1984. Le 20 d&#233;cembre 1991, dix neuf partis et organisations participent, pr&#232;s de Johannesburg, &#224; la premi&#232;re r&#233;union de la Convention pour une Afrique du Sud d&#233;mocratique, charg&#233;e d'&#233;laborer une nouvelle Constitution, qui consacrera la fin de l'apartheid. Le 17 mars 1992, le succ&#232;s massif du &#034; oui &#034; (68,7 % des 3,29 millions d'&#233;lecteurs blancs) au r&#233;f&#233;rendum sur la politique de r&#233;formes, demand&#233; par le pr&#233;sident Frederik De Klerk, ouvre la voie &#224; l'acc&#233;l&#233;ration de la politique de partage du pouvoir entre les Blancs et les Noirs. Les 26-29 avril 1994, les premi&#232;res &#233;lections multiraciales mettent fin au r&#233;gime de l'apartheid. Le Congr&#232;s national africain (ANC) de Nelson Mandela recueille 62,65 % des voix, soit 252 si&#232;ges sur 400, contre 20,39 % (82 si&#232;ges) au Parti national (PN) du pr&#233;sident sortant, Frederik De Klerk, et 10,54 % (43 si&#232;ges) &#224; l'Inkatha de Mangosuthu Buthelezi. Le 10 mai 1994, &#233;lu le 9 &#224; la pr&#233;sidence de l'Etat par le Parlement, Nelson Mandela, est investi en pr&#233;sence de quarante-deux chefs d'Etat ou de gouvernement. Le 25, le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU vote la lev&#233;e de l'embargo impos&#233; &#224; l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux, qui avaient jou&#233; le r&#244;le de pompiers du soul&#232;vement ouvrier, re&#231;urent leur r&#233;compense. Sur les 400 si&#232;ges du parlement national issu des premi&#232;res &#233;lections multiraciales de l'histoire du pays, en 1994, 76 &#233;taient occup&#233;s par des syndicalistes du COSATU, 80 par des membres du Parti communiste (SACP), tous &#233;lus sous une &#233;tiquette ANC. Mais le &#171; Programme de Reconstruction et de D&#233;veloppement &#187; du nouveau gouvernement Mandela, qui devait apporter aux pauvres des emplois, des maisons, l'&#233;lectricit&#233; et l'eau potable, confi&#233; &#224; la tutelle de l'ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du COSATU, resta sur le papier. Et une loi interdisait d&#232;s 1995 les gr&#232;ves dans les services dits &#171; essentiels &#187; et rendait ill&#233;gale toute gr&#232;ve organis&#233;e contre des licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; sud-africaine a fait dispara&#238;tre l'apartheid formel mais elle reste plus que jamais l'une des plus in&#233;galitaires au monde. Les Noirs sont toujours exclus et exploit&#233;s au profit des m&#234;mes soci&#233;t&#233;s capitalistes mais ils le sont en tant que prol&#233;taires, plus en tant que noirs ! Mais la bureaucratie du COSATU a pu se lancer dans les affaires. Les milliards de dollars vers&#233;s dans des caisses de retraite et de pr&#233;voyance par les 3,2 millions de syndiqu&#233;s ont &#233;t&#233; utilis&#233;s par les organisations syndicales pour monter des fonds d'investissement. Le NUM, le syndicat des mineurs, a investi 1,5 milliard de francs&#8230; dans une holding du trust minier Anglo American. Son ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, Cyril Ramaphosa, devenu millionnaire, r&#233;suma bien le singulier destin de ces chefs syndicalistes : &#171; Voil&#224; les syndicats qui se mettent aux affaires pour leur propre compte. (&#8230;) Je n'ai aucun scrupule moral &#224; m'engager dans cette voie nouvelle, parce que j'y travaillerai avec des camarades et que nous nous conformerons &#224; certains principes. Inutile de nous voiler la face : ce faisant, nous allons bien s&#251;r nous enrichir. Mais en m&#234;me temps, nous dirons que nos syndicats aussi doivent pouvoir s'enrichir. Bient&#244;t le NUM nagera dans les millions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 2000, il est devenu clair que le cr&#233;dit de l'ANC ne suffisait plus &#224; calmer le m&#233;contentement social. La police sud-africaine est intervenue violemment durant tout la fin du mois de mai 2005 pour disperser des manifestations massives d'habitants des townships, les anciens ghettos noirs devenus des ceintures de la mis&#232;re. Cela fait plus de deux mois que des troubles ont lieu non seulement dans un grand nombre de townships de la ville du Cap (avec de v&#233;ritables soul&#232;vements &#224; Blackheath, Khayelitsha et Gugulethu) et de l'Etat de Western Cape (Sud-Ouest du pays) dont la ville du Cap fait partie mais touchent &#233;galement d'autres Etats comme l'Eastern Cape (r&#233;gion sud-est) ou de Free State (une r&#233;gion du centre). A Harrismith (Free State) et &#224; Port Elisabeth (Eastern Cape) o&#249; les affrontements ont dur&#233; quatre jours, les forces de l'ordre ne peuvent plus circuler sans &#234;tre prises &#224; partie. Des responsables locaux ont &#233;t&#233; escort&#233;s vers la sortie par la population r&#233;volt&#233;e. La population pauvre, lasse d'attendre des logements d&#233;cents et des services sociaux de base, s'est r&#233;volt&#233;e. A Kommitjie (un bidonville &#224; 45 km au sud du Cap), les &#233;meutes ont explos&#233; le lundi 30 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement a d&#233;but&#233; en f&#233;vrier 2005 dans deux townships de la r&#233;gion de Free State, pr&#232;s de Ventersburg (r&#233;gion de Free State), avant de s'&#233;tendre &#224; Harrismith, Warden et Vrede (townships &#233;galement de Free State). Il n'a cess&#233; de se d&#233;velopper, atteignant en avril les bidonvilles de la ville du Cap. Le 27 avril, des centaines d'habitants de plusieurs townships proches du Cap, dont Langa, Gugulethu et Nyanga, ont march&#233; sur la ville. Un leader du bidonville de Gugulethu d&#233;clarait : &#171; Des maisons maintenant ou des terres. Sinon, nous sommes pr&#234;ts &#224; mourir pour cette cause. &#187; Les manifestants ont r&#233;ussi &#224; faire reculer le gouvernement local qui a propos&#233; quelques logements et ont &#233;t&#233; suivis par de nombreux autres township qui ont affront&#233; les forces de l'ordre dans de v&#233;ritables batailles rang&#233;es impliquant parfois un grand nombre de gens. Pneus br&#251;l&#233;s, jets de pierre contre les v&#233;hicules de police, barricades, tirs contre les &#233;meutiers et arrestations massives, on se croirait revenu &#224; l'&#233;poque o&#249; le parti raciste blanc imposait la dictature des blancs sur les noirs. Devant le Parlement du Cap, le pr&#233;sident Thabo Mbeki d&#233;clarait que &#171; ce n'est pas encore un danger imm&#233;diat pour notre d&#233;mocratie. Mais ils (les mouvements) refl&#232;tent les failles dont nous avons h&#233;rit&#233; du pass&#233; et qui, s'ils s'enracinaient et gagnaient un v&#233;ritable soutien populaire, ils repr&#233;senteraient une menace pour la stabilit&#233; de l'Afrique du sud d&#233;mocratique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques squats et bidonvilles pourraient d&#233;stabiliser un pays ? En fait, la r&#233;volte des townships avait contribu&#233; &#224; d&#233;stabiliser le r&#233;gime de l'apartheid en 1976-77 et en 1985-88. Elle peut encore menacer le r&#233;gime post-apartheid parce que la population qui ne dispose que d'un logement pr&#233;caire repr&#233;sente toujours l'essentiel et 5 millions d'habitants sont dans des bidonvilles. Selon Jeune Afrique du 4 mai 2004, &#171; 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvret&#233;. Les noirs ont un taux de ch&#244;mage de 50% contre 10% pour les blancs et de 75% pour les 16-24 ans. Les townships o&#249; vivent plusieurs millions de personnes offrent un environnement insalubre et dangereux. Contrairement &#224; la parano&#239;a d&#233;velopp&#233;e par les riches et les blancs, les principales victimes de violence sont bien les noirs. &#187; La mis&#232;re, le ch&#244;mage, la violence sont toujours le pain quotidien de la grande majorit&#233; de la population noire m&#234;me si une grande bourgeoisie et une petite bourgeoisie noires ont fait leur apparition. Les in&#233;galit&#233;s se sont accrues et, face &#224; un enrichissement d'une minorit&#233; de noirs, 22 millions de sud-africains vivent avec moins de un dollar par jour alors que la croissance du PIB &#233;tait de 3,7% en 2004. La hausse massive du ch&#244;mage est ni&#233;e par le gouvernement qui publie des statistiques en contradiction flagrante avec la r&#233;alit&#233; v&#233;cue par la population. Dans sa lettre hebdomadaire aux membres de l'ANC de fin mai 2005, le pr&#233;sident Thabo Mbeki d&#233;clarait qu'il &#233;tait impossible que 26,9% (contre 23% en 2003) soit douze millions sur 44 millions soient sans emploi. &#171; C'est un nombre trop grand pour qu'on ne les ait pas remarqu&#233; &#187;. Il affirmait que &#171; La question est plus un manque de qualification qu'un manque de travail. (..) Le ch&#244;mage n'a augment&#233; que dans la mesure de la hausse des aides aux plus pauvres. &#187;, une mani&#232;re de dire que c'est la faute des travailleurs s'ils ne sont pas assez qualifi&#233;s et que les pauvres ne devraient plus &#234;tre aid&#233;s pour &#234;tre oblig&#233;s &#224; travailler. Les syndicats r&#233;pondaient que Thabo Mbeki avait mis des ann&#233;es &#224; admettre que le virus HIV causait le sida et qu'il n'&#233;tait pas &#233;tonnant qu'il nie l'existence d'un ch&#244;mage massif. Le sida est d'ailleurs la principale catastrophe de l'Afrique su sud avec la mis&#232;re car elle condamne une grande partie des enfants &#224; devenir des orphelins et les malades n'ont pas les moyens de se soigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est telle que la centrale syndicale COSATU, qui fait pourtant partie int&#233;grante de la coalition au pouvoir, s'est crue oblig&#233;e de faire mine de s'opposer publiquement au projet de r&#233;forme du droit du travail propos&#233; par le gouvernement ANC, un v&#233;ritable plan de d&#233;r&#233;glementation sociale pour favoriser le bourgeoisie. Sous pr&#233;texte de favoriser l'embauche des jeunes, il s'agit s'imposer la flexibilit&#233; des salaires, des horaires et des conditions de travail. L'Afrique du sud est le th&#233;&#226;tre d'une offensive anti-sociale tous azimuts. L'Etat intervient violemment contre les gr&#233;vistes, r&#233;prime les townships, r&#233;duit les aides aux ch&#244;meurs et aux sans logis. Les municipalit&#233;s font de m&#234;me et r&#233;duisent &#233;galement les aides aux pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, avec la fin de l'Apartheid, la bourgeoisie sud-africaine a eu gain de cause : la r&#233;volte a &#233;t&#233; pacifi&#233;e et le pays dirig&#233; par des noirs a pu se tourner vers un r&#244;le de leader &#233;conomique (vendeur d'armes notamment) et politique du continent africain. Le pays p&#232;se un quart du PIB de toute l'Afrique soit l'&#233;quivalent de la Gr&#232;ce. &#171; L'Afrique du sud n'existera que si elle a sa place dans le monde &#187; d&#233;clare un ministre. Et le pays intervient dans un nombre de plus en plus grand de conflits africains, prenant la place de la France notamment aupr&#232;s des dictateurs africains. Pour les travailleurs noirs, la fin de l'Apartheid en 1994 signifiait l'espoir d'une vie meilleure, et ils ont fait, &#224; tort, cr&#233;dit aux dirigeants de l'ANC. Dor&#233;navant, ils savent qu'ils ne peuvent compter que sur leurs propres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la force des travailleurs reste la principale du pays comme le retour des grandes gr&#232;ves le d&#233;montre. Le 10 ao&#251;t 2005, pr&#232;s de 100000 mineurs sud-africains en gr&#232;ve illimit&#233;e. Premier arr&#234;t national depuis 18 ans. Les gr&#233;vistes, membres du syndicat national des mineurs (NUM) protestent &#224; la fois contre les conditions de salaire et de travail dans l'industrie. La direction propose d'augmenter les salaires de 5-6% mais le syndicat dit que cela ne prend pas en compte la hausse du prix de l'or. En m&#234;me temps, 800 000 travailleurs municipaux sont aussi en gr&#232;ve pour les salaires et s'affrontent &#224; la police. Le syndicat appelle &#224; la gr&#232;ve illimit&#233;e apr&#232;s que trois journ&#233;es d'action en ao&#251;t et une autre en juillet. L'arr&#234;t des mines co&#251;te environ une perte de $12m par jour, selon un analyste. C'est une des plus grandes luttes de travailleurs depuis la fin de l'apartheid. &#171; Je ne pense pas que l'industrie peut se permettre une gr&#232;ve, mais je suis absolument convaincu qu'elle ne peut pas se permettre une augmentation des salaires &#187; a dit Bernard Swanepoel, PDG de Harmony Gold. Mais selon le NUM, puisque les cours de l'or et du rand montent en fl&#232;che depuis deux ans, les mineurs &#8211; qui travaillent souvent &#224; 40&#176;C &#224; 3 km sous terre &#8211; r&#233;clament une meilleure r&#233;partition des b&#233;n&#233;fices. Et un autre syndicat, Solidarity, semble se joindre &#224; la lutte. La plupart des membres de ce syndicat Solidarit&#233; sont blancs et c'est rare de sa part de prendre part &#224; une action aux c&#244;t&#233;s du syndicat NUM, principalement noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2006, les mineurs sont &#224; nouveau en gr&#232;ve, rappelant que d&#233;sormais la fin de l'apartheid n'est plus un argument anti-gr&#232;ve. Des Noirs gouvernent et d'autres travaillent. Entre eux, il n'y a aucune solidarit&#233; mais une opposition claire et franche : une opposition de classe, comme partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Une gauche syndicale en Afrique du sud (1978-1993) &#187; de Claude Jacquin :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les ann&#233;es quatre-vingt ont &#233;t&#233;, dans l'histoire sud-africaine, celles des plus grandes mobilisations politiques et sociales. Le mouvement syndical fut l'un des principaux protagonistes. (&#8230;) La gauche syndicale forma notamment la F&#233;d&#233;ration syndicale FOSATU en 1979 (Federation of South African Trade Unions). (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant les ann&#233;es soixante-dix, plusieurs courants syndicaux se sont d&#233;velopp&#233;s et se sont progressivement diff&#233;renci&#233;s sur fond de reprise des conflits sociaux. (&#8230;) Le premier s'est constitu&#233; autour de la tradition syndicale du South African Congress Trade Union (SACTU) et de son lien &#224; l'African National Congress (ANC). Le second s'est form&#233; &#224; partir de la mouvance Black Consciousness (Mouvement de la Conscience noire). Il formera notamment le Council of Unions of South Africa (CUSA), un certain nombre de dirigeants du CUSA &#233;tant li&#233;s &#224; l'organisation politique Azanian People's Organization (AZAPO). Le dernier, enfin, est apparu de mani&#232;re originale, sans lien apparent avec un courant politique connu. Il a donn&#233; naissance, en 1979, &#224; la Federation of South African Trade Unions (FOSATU), la nouvelle f&#233;d&#233;ration unitaire. (&#8230;) Ce courant a donn&#233; naissance aux principaux syndicats de l'industrie (hormis celui des mines) c'est-&#224;-dire, entre autres, de l'automobile, de la m&#233;tallurgie, de la chimie, du textile. Il a d&#233;velopp&#233; au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt un projet syndical original et ce, &#224; partir d'une conception explicitement ind&#233;pendante des principales forces politiques. (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut comprendre pourquoi un pays semi-industrialis&#233; et disposant d&#233;j&#224; d'un appareil d'Etat solide &#171; s'aventure &#187;, apr&#232;s 1947, dans l'aggravation d'un syst&#232;me de s&#233;gr&#233;gation raciale produit du colonialisme, &#224; une &#233;poque o&#249; commence &#224; se poser le probl&#232;me des formes nouvelles de contr&#244;les politique et &#233;conomique des empires. (&#8230;) Le danger d'une nouvelle r&#233;sistance des ouvriers noirs avait &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; par la gr&#232;ve des mineurs africains de 1946. Bien que cette gr&#232;ve ait &#233;t&#233; d&#233;faite et que les tentatives de solidarit&#233; parmi les travailleurs urbains aient &#233;chou&#233;, l'Etat avait besoin de trouver une solution &#224; long terme au probl&#232;me du contr&#244;le social. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, au-del&#224; des professions de foi politiques ou id&#233;ologiques des uns et des autres sur la sup&#233;riorit&#233; de la race blanche ou sur une meilleure int&#233;gration des Noirs, divers secteurs discutaient depuis plusieurs ann&#233;es de la meilleure mani&#232;re de maintenir une main d'&#339;uvre au moindre co&#251;t tout en &#233;vitant la dislocation du syst&#232;me politique. La victoire &#233;lectorale du Parti national en 1948 sanctionna la victoire de la seconde option, ouvrant une nouvelle p&#233;riode de l'histoire sud-africaine, jusqu'&#224; ce que ce choix s'&#233;puise progressivement au cours des ann&#233;es soixante-dix. (&#8230;) L'observation des taux de production des mines d'or montre que la production augmente substantiellement et r&#233;guli&#232;rement de 1952 jusqu'&#224; 1970 avec un seul petit recul en 1967. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix, les deux principales f&#233;d&#233;rations de syndicats enregistr&#233;s &#233;taient le Trade Union Council of South Africa (TUCSA) avec environ 234.000 membres (60% &#233;tant m&#233;tis) et la South African Confederation of Labour (SACOL) avec 180.000 adh&#233;rents (en fait uniquement des syndicats de travailleurs blancs). (&#8230;) Des soixante syndicats non enregistr&#233;s qui existaient en 1961, trente-six avaient &#233;t&#233; affili&#233;s au South African Congress of Trade Unions (le SACTU li&#233; &#224; l'ANC) et seize &#224; la Federation of Free African Trade Union of South Africa (la FOFATUSA li&#233;e au PAC qui s'&#233;teint en 1966). (&#8230;) L'essentiel des cadres du SACTU quitt&#232;rent le pays pour l'exil malgr&#233; le fait que le SACTU ne fut jamais interdit. (&#8230;) Ce fut le tournant de l'ANC vers une &#171; strat&#233;gie de lutte arm&#233;e &#187; &#224; partir d'un &#233;tat-major en exil. En tout cas, au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix, l'influence de l'ANC dans le mouvement syndical est fortement affaiblie et ne passe plus par une structure sp&#233;cifique comme cela avait pu l'&#234;tre avec le SACTU. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec les gr&#232;ves du Natal en 1973 (&#8230;) D. du Toit &#233;crit (&#8230;) Les travailleurs africains qui avaient peur de rejoindre des syndicats jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es soixante ne craignaient plus quelques ann&#233;es plus tard de participer ) des gr&#232;ves ill&#233;gales. &#187; (&#8230;) 69 gr&#232;ves en 1971 pour 4.196 gr&#233;vistes, 71 gr&#232;ves en 1972 avec 8.814 participants, 370 conflits du travail en 1973 avec 98.029 gr&#233;vistes et, en 1974, 384 gr&#232;ves engageant 58.975 travailleurs. (d'apr&#232;s Darcy du Toit)&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Darcy du Toit &#233;crit : &#171; Les militants radicaux sur le terrain syndical n'avaient pas grand-chose &#224; faire avec leurs homologues du mouvement de la Conscience noire. Alors m&#234;me qu'en un sens les activit&#233;s des intellectuels noirs et blancs &#233;taient parall&#232;les, elles demeuraient s&#233;par&#233;es du fait m&#234;me de l'id&#233;ologie de la Conscience noire. Ironiquement ce furent les intellectuels blancs qui furent les plus capables d'approcher les ouvriers africains sur la base des int&#233;r&#234;ts de classe. Le Mouvement de la Conscience noire, en g&#233;n&#233;ral, a minimis&#233; ces int&#233;r&#234;ts et a approch&#233; des travailleurs noirs non pas comme des ouvriers mais comme des Noirs. &#187; (dans &#171; Capital et Travail en Afrique du sud, luttes de classe des ann&#233;es 70 &#187;) (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;v&#233;nements de Soweto, de juin 1976, allaient confirmer le changement politique en cours dans le pays. La r&#233;volte des jeunes du Transvaal s'ajouta &#224; la renaissance du mouvement ouvrier noir pour d&#233;boucher sur les grands mouvements sociaux et politiques des ann&#233;es quatre-vingt. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La fondation de la FOSATU en avril 1979 repr&#233;sentait, depuis la disparition de la SACTU et l'autodissolution de la FOSATUSA, la r&#233;apparition d'une f&#233;d&#233;ration majoritairement compos&#233;e de syndicats non-enregistr&#233;s. (&#8230;) A son lancement cette derni&#232;re annon&#231;ait 45.000 membres au sein de douze syndicats. Parmi ceux-ci, seuls deux &#233;taient n&#233;s avant la p&#233;riode 1973-74 : le National Automobile and Allied Workers Union (1967) et le Jewellers and Goldsmiths Union (1939). La philosophie g&#233;n&#233;rale &#233;tait : &#171; refus de la division raciale, contr&#244;le ouvrier, syndicats de branche, organisation &#224; la base, ind&#233;pendance ouvri&#232;re, solidarit&#233; ouvri&#232;re internationale, unit&#233; syndicale. &#187; (&#8230;) Cette position exprima tout &#224; la fois la pr&#233;occupation d'une ind&#233;pendance organique par rapport &#224; tout mouvement politique, dont l'ANC, et celle d'un projet strat&#233;gique ind&#233;pendant identifiant classe ouvri&#232;re, mouvement ouvrier et mouvement syndical. (&#8230;) La FOSATU est implant&#233;e dans les secteurs industriels repr&#233;sentatifs de l'&#233;volution r&#233;cente de l'&#233;conomie du pays : la m&#233;tallurgie (Metal and Allied Workers Union) et surtout l'Automobile (National Automobile and Allied Workers Union) avec une nette croissance au niveau de concentration de la main d'&#339;uvre : le textile (NUTW), l'alimentation (SFAWU), et la chimie (CWIU) qui ont connu eux aussi une forte croissance des effectifs (&#8230;).&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut tout d'abord noter l'importance des dirigeants blancs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Alec Erwin, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du TUACC puis de la FOSATU (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; John Copelyn, dirigeant du syndicat du textile, bas&#233; &#224; Durban&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rob Crompton, dirigeant de la chimie, bas&#233; &#224; Durban&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Berny Fanaroff, astrophysicien de formation, dirigeant de la m&#233;tallurgie, bas&#233; &#224; Johanesburg.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Leur motivation comportant un fort volet politique consistant, en g&#233;n&#233;ral, &#224; faire le choix de la construction syndicale pour &#233;tablir un instrument plus sp&#233;cifiquement &#171; ouvrier &#187; dans la lutte anti-apartheid. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait aussi souligner la tr&#232;s grande collaboration entre Alec Erwin et Enver Motala, intellectuel de Durban. Ce dernier dirigeait le bureau local du SACHED-Lacon, un organisme ind&#233;pendant et f&#233;d&#233;ratif de publication et de formation au profit des mouvements sociaux. Enver Motala travailla avec Alec Erwin &#224; l'&#233;laboration du programme de formation des cadres de la FOSATU (&#8230;) qui comportait un volet sur la crise bureaucratique de l'Union sovi&#233;tique. C'est l'organisme de Durban du Lacon qui publia en 1987 un livre de formation sur l'histoire du mouvement syndical tout &#224; fait proche des analyses de l'ancienne FOSATU. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers la fin des ann&#233;es vingt, des militants adh&#233;rant aux critiques trotskystes se d&#233;tachaient du Parti communiste. Certains d'entre eux furent les dirigeants d'un mouvement assez large dans les ann&#233;es quarante, portant le nom de Unity Movement. Par ailleurs, un syndicaliste de renom dans les ann&#233;es trente et quarante, Max Gordon, &#233;tait trotskyste. Ce courant s'est fragment&#233; et fortement affaibli dans les ann&#233;es cinquante. Mais il existait toujours au Cap, dans les ann&#233;es soixante-dix, une forte implantation de ces groupes, principalement parmi les enseignants et la jeunesse militante noire. (&#8230;) Le dirigeant du syndicat des travailleurs municipaux du Cap avait &#233;t&#233; membre du Unity Movement. Marcel Golding, avant de devenir un dirigeant du syndicat des mineurs, a fait partie d'un petit groupe d'&#233;tude d'orientation trotskyste. Il faut souligner que d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, ces cadres syndicaux consid&#232;rent tous ces groupes comme sectaires et obsol&#232;tes. (&#8230;) Alec Erwin souligne par ailleurs qu'ils pensaient d&#232;s cette &#233;poque que la perspective de fondation d'un parti &#233;tait pr&#233;matur&#233;e et qu'ils &#233;taient effray&#233;s par les d&#233;g&#226;ts de la division et du sectarisme dans l'extr&#234;me gauche britannique. (&#8230;) Les orientations suivantes leur sont communes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une opposition &#224; l'ANC &#224; partir d'une lecture critique de la &#171; Charte de la Libert&#233; &#187; consid&#233;r&#233;e comme un document &#171; nationaliste &#187;, ne distinguant pas les int&#233;r&#234;ts divergents entre classes sociales au cours de la lutte de lib&#233;ration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une opposition aux relations avec les lib&#233;raux blancs, avec le Parti f&#233;d&#233;ral progressiste (PFP) voire avec l'association des &#233;tudiants blancs, NUSAS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une affirmation du r&#244;le central, si ce n'est exclusif, de la classe ouvri&#232;re dans les luttes d'&#233;mancipation et de transformation de la soci&#233;t&#233;, et ce, en opposition avec la strat&#233;gie de l'ANC et du Parti communiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une critique du Parti communiste comme courant prosovi&#233;tique, sectaire et &#171; stalinien &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce cadre, c'est la FOSATU qui apparaissait, en ce d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, comme la seule vraie tentative, large et repr&#233;sentative, de mettre en pratique une telle identit&#233; politique. (&#8230;) Le d&#233;bat va s'acc&#233;l&#233;rer &#224; partir du d&#233;but de l'ann&#233;e 1982. En avril de cette ann&#233;e-l&#224;, la FOSATU tient son second congr&#232;s. Un rapport politique g&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; par le noyau de direction et est pr&#233;sent&#233; par Joe Foster. (&#8230;) Le rapport Foster semble correspondre &#224; une p&#233;riode d'euphorie au sein de la FOSATU. Il faut en effet souligner qu'en 1982 l'ANC reste une force relativement faible. Il n'a pas reconstruit son h&#233;g&#233;monie politique sur toute l'opposition &#224; l'apartheid comme il sera capable de la faire &#224; partir de 1984. Il peut m&#234;me appara&#238;tre comme un mouvement handicap&#233; par l'exil de sa direction et incapable de saisir les changements profonds survenus dans le pays. Le noyau dirigeant de la FOSATU se sent, &#224; l'inverse, en phase avec les &#233;volutions socio-&#233;conomiques : importance grandissante des conflits du travail, &#233;mergence d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration ouvri&#232;re, formation de nouvelles exp&#233;riences de confrontation avec l'Etat et le patronat. Le rapport de Joe Foster souligne la possibilit&#233; nouvelle de placer la lutte contre l'apartheid sous le drapeau des &#171; luttes anti-capitalistes &#187;. C'est une orientation qui s'&#233;carte ouvertement des postulats politiques de l'ANC et du Parti communiste. (&#8230;) Foster parle &#224; ce propos de &#171; construire le mouvement ouvrier &#187; apr&#232;s avoir parl&#233; de &#171; parti des travailleurs &#187;, en opposition &#224; la notion de mouvement de lib&#233;ration incarn&#233; par l'ANC. Le contexte international de 1982, marqu&#233; entre autres par l'essor de Solidarnosc en Pologne, permet alors &#224; la direction de la FOSATU de pr&#233;senter ses vues sur le &#171; socialisme r&#233;ellement existant. &#187; (&#8230;) En octobre 1983, le journal &#171; Fosatu &#8211; workers news &#187; publia un article en double page centrale sur Solidarnosc et la Pologne. (&#8230;) Au Br&#233;sil, c'est une &#233;quipe de syndicalistes de la m&#233;tallurgie qui, en 1979, avait lanc&#233; l'id&#233;e d'un &#171; parti des travailleurs &#187;. C'est finalement ce qu'ils r&#233;alis&#232;rent en fondant ce parti autour d'Ignacio Lula da Silva, dirigeant syndical de la banlieue de Sao Paulo. En 1985, les num&#233;ros 39 et 40 de &#171; Fosatu &#8211; workers news &#187; publiaient un long article de reportage sur le Parti des Travailleurs du Br&#233;sil. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut garder en m&#233;moire que les ann&#233;es 1980-1982 voient une nouvelle acc&#233;l&#233;ration des conflits du travail et un renforcement des organisations syndicales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ann&#233;es 1978 1979 1980 1981 1982&lt;br class='autobr' /&gt;
Nb de gr&#232;ves 106 101 207 342 281&lt;br class='autobr' /&gt;
Nb de gr&#233;vistes 14160 22803 61785 92842 189022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Ce sont les syndicats de la FOSATU qui totalisent le plus de gr&#232;ves &#224; leur actif, et notamment ceux de la m&#233;tallurgie et de l'automobile. (&#8230;) Seul le secteur des mines totalise, en 1982, un nombre sup&#233;rieur de gr&#233;vistes, malgr&#233; un nombre total de d&#233;brayages plus modeste. Mais il s'agit pour l'essentiel d'un seul conflit en juillet, sur des questions de salaires, impliquant neuf mines du Transvaal et trois autres au Natal. La r&#233;pression fut tr&#232;s dure et de nombreux gr&#233;vistes furent renvoy&#233;s dans leurs bantoustans. Il s'agissait du plus grand conflit dans les mines depuis la gr&#232;ve de 1946, annonciateur de la place qu'allait bient&#244;t prendre ce secteur dans le mouvement syndical.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) L'un des grands probl&#232;mes auquel d&#251; faire face le mouvement syndical fut singuli&#232;rement celui du d&#233;veloppement d'une autre forme d'organisation de la population noire : les civics ou community associations. Sous ce vocable ont &#233;t&#233; souvent regroup&#233;es toutes les formes associatives se d&#233;veloppant au niveau des townships. (&#8230;) Les civics se sont rapidement d&#233;velopp&#233;es au Cap &#224; la fin des ann&#233;es soixante-dix. Elles prolongeaient d'une certaine mani&#232;re les formes d'organisation au sein des townships qui &#233;taient apparues au cours des mouvements de juin 1976 au Transvaal. (&#8230;) Beaucoup ont pu appara&#238;tre sous la forme de comit&#233; de lutte, soit pour le boycott des transports en commun contre une augmentation des tarifs, soit pour un boycott des loyers contre l'augmentation de ceux-ci. Certains ont pris la forme de comit&#233; politique traitant de tous les probl&#232;mes de la communaut&#233;. (&#8230;) Il semble que le d&#233;veloppement des civics se soit surtout fait au d&#233;part au Cap sous l'impact de deux courants politiques concurrents &#224; l'&#233;poque dans cette r&#233;gion : celui de la gauche politique ind&#233;pendante (la n&#233;buleuse politique h&#233;riti&#232;re du Unity Movement) et celui li&#233; ou influenc&#233; par l'ANC. C'est ainsi qu'au Cap les militants du Unity Movement form&#232;rent avec les associations qu'ils contr&#244;laient Federation of Cape Civic Associations et que les militants de l'ANC et du Parti communiste form&#232;rent de leur c&#244;t&#233; le Cape Area Housing Action Committee (CAHAC). S'y est rajout&#233;e l'activit&#233; propre du parti Azapo et celle des militants du PAC. (&#8230;) Pour la gauche syndicale le probl&#232;me &#233;tait donc assez complexe. Elle voyait se d&#233;velopper une forme compl&#233;mentaire d'organisation sociale susceptible de toucher la grande masse de ceux et celles qui ne travaillent pas ou &#233;teint employ&#233;s dans des entreprises inaccessibles au mouvement syndical. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Nombre de ces associations avaient comme principaux activistes des gens socialement stables ayant une certaine habilet&#233; politique. Beaucoup de ceux-l&#224; &#233;taient des enseignants, des hommes d'&#233;glises, des m&#233;decins et plus g&#233;n&#233;ralement des membres de familles &#224; revenus moyens au sein des quartiers. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus l'ANC &#233;tendait son influence sur les civics plus cela devenait un face-&#224;-face entre ce parti (avec ses militants apparaissant sous le drapeau de leur association et d&#233;fendant la &#171; Charte de la Libert&#233; &#187; et les principaux syndicats de la FOSATU. (&#8230;) Les exemples abondent avec parfois des cas de violence physique. Les dirigeants de la FOSATU se plaignent que (&#8230;) des groupes de jeunes li&#233;s aux civics s'en prennent parfois &#224; des travailleurs effectuant normalement leur travail. (&#8230;) &#171; Au d&#233;but du mois de mai, il y eut les fun&#233;railles d'un membre du FOSATU qui avait &#233;t&#233; tu&#233; durant les heurts. Au cours de la procession des groupes de jeunes ont lanc&#233; des pierres contre celle-ci. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Les 5 et 6 novembre 1984 se d&#233;roula une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans la r&#233;gion du Transvaal. Cette gr&#232;ve fut conjointement appel&#233;e par le mouvement syndical, dont la FOSATU, et des organisations affili&#233;es &#224; l'UDF (dont l'organisation &#233;tudiante COSAS). (&#8230;) Cette gr&#232;ve du Transvaal de novembre 1984 fut un &#233;norme succ&#232;s et le gouvernement ne s'y trompant pas r&#233;prima essentiellement des syndicalistes. Plusieurs dirigeants dont Chris Dlamini (FOSATU), Moses Mayekiso (FOSATU), P Camay (CUSA) furent arr&#234;t&#233;s. L'entreprise d'Etat Sasol (P&#233;trole), par exemple, licencia 90% des 6.500 travailleurs. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'ANC ne r&#233;ussit jamais, jusqu'an 1985, &#224; s'affirmer de mani&#232;re h&#233;g&#233;monique dans le mouvement syndical, il n'en fut pas de m&#234;me au niveau des civics et du mouvement de la jeunesse scolaris&#233;e. Le projet originel de Joe Foster et de la FOSATU impliquait une intervention syndicale hors des entreprises, dans les townships. Le projet existait, il &#233;tait discut&#233; mais ne fut jamais vraiment tent&#233;. L'ANC disposa ainsi d'un espace suppl&#233;mentaire pour se reconstruire &#224; l'int&#233;rieur du pays. Il le fit en utilisant sa modeste pr&#233;sence syndicale (SAAWU, MACWUSA,&#8230;), ses rapports avec les &#233;glises (Desmond Tutu et Alan Boestak) ainsi que ses relations avec des milieux lib&#233;raux d&#233;mocrates blancs (par exemple le syndicat &#233;tudiant NUSAS ou des &#233;l&#233;ments du Parti F&#233;d&#233;ral Progressiste). L'occasion fut l'annonce par le gouvernement d'une modification constitutionnelle en vue d'un syst&#232;me &#224; trois chambres (blanche, m&#233;tis et indienne) et d'un conseil pr&#233;sidentiel consultatif. L'ensemble des forces d'opposition d&#233;nonc&#232;rent ce projet. Et appel&#232;rent au boycott (&#8230;) mais s'oppos&#232;rent le courant ANC et celui des divers groupes de la gauche &#171; trotskyste &#187;. Alors qu'une partie de ces derniers fondaient le National Forum Committee avec l'Azapo, l'ANC de son c&#244;t&#233; mit en place l'UDF, en prenant bien soin de donner, dans un premier temps, une place substantielle aux repr&#233;sentants des &#233;glises. (&#8230;) La mise en place de l'UDF produisit une aggravation de la tension entre le courant ANC et la gauche syndicale. (&#8230;) Il est facile de voir la contradiction qu'il y a entre la fondation de l'UDF et le projet du rapport Foster. (&#8230;) Le comit&#233; central du FOSATU prit position le 15 et 16 octobre 1983 : &#171; La FOSATU a d&#233;cid&#233; de ne pas s'affilier &#224; l'UDF. (&#8230;) L'UDF repr&#233;sente une vari&#233;t&#233; d'int&#233;r&#234;ts de classe (&#8230;) &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;plique de l'ANC fut d'une extr&#234;me v&#233;h&#233;mence. (&#8230;) En substance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les syndicats qui ne sont pas dans l'UDF m&#232;nent une politique &#171; &#233;coomiciste &#187; et se refusent &#224; participer au combat politique pour la fin de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ces syndicats sont dirig&#233;s par des gens qui ont eux-m&#234;mes un projet politique, et celui-ci est enti&#232;rement tourn&#233; contre la direction historique et l&#233;gitime que sont l'ANC et la SACTU (voire le Parti communiste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ces directions sont incapables de comprendre l'importance des alliances sociales dans un pays comme l'Afrique du sud et dans la lutte contre l'apartheid. (&#8230;) Le Parti communiste (SACP) joua &#233;galement un r&#244;le de tout premier plan dans ces pol&#233;miques. (&#8230;) Dans le couple ANC-SACP, le premier est en effet consid&#233;r&#233; comme le cadre large, mais cependant dirigeant, de la lutte de lib&#233;ration nationale et de &#171; la r&#233;volution d&#233;mocratique nationale &#187;. (&#8230;) Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, une partie de la direction de l'ANC est form&#233;e de membres du PC et l'appareil de la SACTU est essentiellement compos&#233; de membres du parti. Il faut aussi rappeler que l'aile arm&#233;e, Umkhonto we Sizwe, n'a pas &#233;t&#233; con&#231;ue au d&#233;part comme un simple pseudopode de l'ANC, mais comme un organe conjoint de l'ANC et du PC. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La gauche syndicale sous-estime le poids de l'ANC et du Parti communiste. C'est avec retard qu'elle d&#233;couvre le prestige de l'ANC et de Nelson Mandela, l'impact sur la jeunesse des actions de propagande arm&#233;e et surtout la capacit&#233; des cadres du SACP &#224; reconstituer dans les civics puis dans les syndicats la base large qu'ils n'avaient pas encore au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt. De ce point de vue la cr&#233;ation de l'UDF marque un tournant dans la course de vitesse que se livrent ces deux forces. (&#8230;.) Si l'on compare les textes de l'ANC et ceux de la FOSATU ayant valeur de propagande g&#233;n&#233;rale, on constate que le premier a plut&#244;t tendance &#224; annoncer un d&#233;bouch&#233; victorieux sur court ou moyen terme (&#8230;) La direction de l'ANC opta pour une propagande ultra-radicale, d&#233;crivant une situation insurrectionnelle et un mouvement de masse aux portes du pouvoir. (&#8230;.) Durant toute cette p&#233;riode le sectarisme des activistes de l'UDF sera &#224; son comble &#224; l'encontre de tous ceux qui ne dressent pas banni&#232;re de la Charte de la Libert&#233;, que certaines directions syndicales vont vivre comme une menace pour le mouvement ouvrier. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en septembre 1985 que se d&#233;roula la premi&#232;re grande initiative publique de contact entre les lib&#233;raux blancs et la direction de l'ANC. Une d&#233;l&#233;gation importante se rendit &#224; Lusaka dont Garvin Relly, dirigeant de l'Anglo American. Il dira &#224; ce propos : &#171; ce fut une des journ&#233;es les plus agr&#233;ables que j'ai jamais pass&#233;e. &#187; (&#8230;) Le 27 septembre 1985, 90 des plus grands noms du monde des affaires et de la haute finance, appartenant essentiellement &#224; la communaut&#233; anglophone, signaient un document r&#233;clamant la fin de l'apartheid. (&#8230;) L'&#233;v&#234;que Desmond Tutu et le leader de l'Inkhata Buthelezi soutinrent ce document. Parmi les signataires se trouvaient les patrons de la Nedbank, de Toyota, de la banque Barclays, de l'Anglo American (dont H.F.Oppenheimer), d'IBM, de Data, de Coca-Cola, du groupe de presse Argus, de Colgate, de Volkswagen, de General Motors&#8230; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le congr&#232;s du COSATU, le South African Trade Union Congress, eut lieu du 29 novembre au 1er d&#233;cembre 1985, &#224; Durban. (&#8230;) Le rapport de forces interne r&#233;el va &#234;tre d&#233;termin&#233; par le syndicat des mines, la NUM. Celui-ci avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1982 et avait adh&#233;r&#233; au CUSA. Mais il avait rompu avec ce dernier et bascul&#233; dans le camp de ceux qui formeront le COSATU. Sa direction vient donc majoritairement de la Conscience noire mais, tr&#232;s vite, son principal dirigeant, Cyril Ramaphosa, s'affiche comme le plus chaud partisan du courant chartiste &#224; la t&#234;te du plus gros syndicat de la nouvelle f&#233;d&#233;ration. (&#8230;) Les relations internes allaient demeurer tr&#232;s tendues jusqu'en 1987. De forts doutes na&#238;tront chez les anciens de la FOSATU sur la viabilit&#233; de l'unit&#233;. Les attaques des partisans de l'ANC seront incessantes. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Des personnalit&#233;s lib&#233;rales (&#8230;) vont rencontrer les dirigeants de la COSATU. Un premier contact se fait &#224; Harare avec Jay Naidoo, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, fin 1985, puis les 5 et 6 mars 1986, une r&#233;union se tient &#224; Lusaka avec des d&#233;l&#233;gations du COSATU, de l'ANC et de la SACTU. (&#8230;) La mise en forme concr&#232;te de cette &#171; alliance &#187; se fit, de mani&#232;re privil&#233;gi&#233;e, entre le COSATU et le South African Youth Congress (SAYCO). (&#8230;) L'axe COSATU-SAYCO est pr&#233;sent&#233; comme un axe usines-townships et comme un moyen de r&#233;gler pacifiquement le passif entre syndicalistes et jeunes activistes des civics. (&#8230;) Le courant chartiste avait progressivement pr&#233;sent&#233; l'alliance COSATU-UDF et COSATU-SAYCO comme &#233;tant fond&#233;e sur la Charte de la Libert&#233;. La pr&#233;paration du congr&#232;s de 1987 sera l'occasion de pousser l'avantage et de r&#233;clamer que chaque syndicat fasse du programme de l'ANC sa propre r&#233;f&#233;rence. (&#8230;) Pour la NUM, la Charte &#233;tait alors &#171; un guide pour la lutte contre l'oppression nationale &#187;. (&#8230;) Le Parti communiste, pour sa part et sans surprise, donne son aval aux positions de la NUM : &#171; L'adoption de la Charte de la Libert&#233; par le r&#233;cent congr&#232;s de la NUM refl&#232;te correctement le sentiment et la compr&#233;hension des masses populaires. C'est un signe donn&#233; au mouvement syndical pour un lien plus r&#233;aliste, dans la p&#233;riode actuelle, entre lutte &#233;conomique et lutte politique. &#187; (&#8230;) Finalement Jay Naidoo, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la COSATU, cherchera &#224; concilier les diff&#233;rentes positions (&#8230;) : &#171; En adoptant la Charte, nous voyons cela comme un cadre de r&#233;f&#233;rence et non comme un sch&#233;ma. (&#8230;) Il n'y aura pas de suspension de la lutte pour une soci&#233;t&#233; sans exploitation. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les d&#233;bats de cette p&#233;riode doivent se comprendre dans le cadre d'une tr&#232;s forte activit&#233; syndicale et gr&#233;viste. (&#8230;) Le d&#233;but de l'ann&#233;e 1987 voit des mouvements gr&#233;vistes d'une tr&#232;s grande intensit&#233; : la gr&#232;ve des cheminots et des postiers, la gr&#232;ve des employ&#233;s de commerce (&#8230;) Pour une partie des syndicats (essentiellement l'aile chartiste) la question du pouvoir est bien entrain de se poser. La question du programme politique est ainsi per&#231;ue comme une question de court ou moyen terme : quelle sera la nature d'un &#171; gouvernement ANC &#187; ? (&#8230;) La question de la Charte de Libert&#233; (adopt&#233;e par la majorit&#233; des syndicats de la COSATU) est celle de l'acceptation d'un monopole accord&#233; au seul ANC (&#8230;) En 1987 et 1988, la gauche syndicale n'a plus le monopole des r&#233;f&#233;rences au &#171; socialisme &#187;. Dans le mouvement syndical, l'aile li&#233;e au SACP en a &#233;galement fait sa banni&#232;re. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant le Parlement, le 2 f&#233;vrier 1990, Frederick De Klerck annon&#231;ait qu'il avait d&#233;cid&#233;, dans la perspective d'une n&#233;gociation globale, la l&#233;galisation de l'ANC, du Parti communiste et de toutes les organisations interdites : &#171; La dynamique en cours dans la politique internationale a &#233;galement cr&#233;&#233; de nouvelles opportunit&#233;s pour l'Afrique du sud. (&#8230;) L'&#233;croulement du syst&#232;me &#233;conomique en Europe de l'Est constitue aussi un signal. &#187; (&#8230;) Le Parti communiste sud-africain &#233;tait d&#233;sormais sous la pression sovi&#233;tique (&#8230;) La direction du SACP avait toujours montr&#233; un suivisme sans faille envers les positions du Parti communiste d'Union sovi&#233;tique. (&#8230;) L'ANC et le Parti communiste d&#233;cid&#232;rent &#224; la suite de leur l&#233;galisation en 1990 la &#171; suspension de l lutte arm&#233;e &#187;. La Charte de la Libert&#233; fut progressivement oubli&#233;e au profit d'une s&#233;rie de propositions constitutionnelles ou &#233;conomiques de l'ANC qui s'&#233;loignaient de plus en plus des professions de foi ant&#233;rieures. La perspective de la nationalisation des plus grandes entreprises fut &#233;cart&#233;e (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1989-1990, le cadre de r&#233;flexion est donn&#233; par Alec Erwin : &#171; Nous devons nous pr&#233;parer &#224; gouverner et &#224; reconstruire le pays. (&#8230;) Notre priorit&#233; est de renforcer nos organisations politiques &#8211; l'ANC et le Parti communiste &#8211; et les syndicats, les civics. &#187; (&#8230;) Au d&#233;but d'ann&#233;e 1994, alors qu'en apparence le gouvernement et la direction de l'ANC se dirigent avec qui&#233;tude et &#224; l'amiable vers les &#233;lections du 27 avril, la soci&#233;t&#233;, elle, reste une norme marmite bouillonnante. (&#8230;) L'ANC et le parti national de F.W. De Klerk s'appr&#234;tent d&#233;sormais &#224; cog&#233;rer l'Etat sud-africain (&#8230;) ce choix politique ne lib&#232;re pas pour autant la soci&#233;t&#233; sud-africaine de son h&#233;ritage raciste. La pauvret&#233; des plus pauvres s'est m&#234;me aggrav&#233;e au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Vers le pouvoir populaire, un pari &#224; gagner &#187;, d&#233;claration du Comit&#233; central du Parti communiste sud-africain de novembre 1979 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Dans notre situation, la lutte pour mettre fin &#224; l'exploitation capitaliste ne peut &#234;tre s&#233;par&#233;e de la lutte contre la tyrannie nationale. Une &#171; lutte de classe &#187; qui ignorerait cette v&#233;rit&#233; ne pourrait combattre s'en amphith&#233;&#226;tre et non dans la v&#233;ritable ar&#232;ne de combat. C'est cette r&#233;alit&#233; qui permet d'expliquer pourquoi nous estimons qu'&#224; l'&#233;tape actuelle de notre lutte la principale strat&#233;gie est de lutter pour remporter notre r&#233;volution d&#233;mocratique nationale, premi&#232;re &#233;tape vers une transformation socialiste. (&#8230;) Notre histoire nous apprend qu'une large alliance des forces sociales renforce plut&#244;t qu'elle n'affaiblit la volont&#233; de lib&#233;ration. (&#8230;) Nier toute possibilit&#233; pour les couches moyennes noires de jouer un r&#244;le aux c&#244;t&#233;s de la r&#233;volution serait une simplification grossi&#232;re et dangereuse. (&#8230;) Il faut prendre toutes les mesures possibles pour consolider et &#233;largir le v&#233;ritable mouvement syndical qui refuse tous les efforts d&#233;ploy&#233;s pour &#233;loigner les ouvriers de la lutte de lib&#233;ration nationale. (&#8230;) Les ouvriers doivent refuser de s'inscrire aux syndicats &#171; multiraciaux &#187; qui en feraient des pions dans le jeu des ouvriers blancs. (&#8230;) La politique de la lutte arm&#233;e, les attentats contre l'ennemi et les mesures prises pour que l'arm&#233;e de lib&#233;ration nationale puisse se retrancher dans les villes comme dans les campagnes sont un &#233;l&#233;ment vital de la strat&#233;gie de lib&#233;ration. (&#8230;) Notre parti est une composante essentielle de l'alliance r&#233;volutionnaire en vue de la lib&#233;ration nationale que dirige l'ANC. En tant que tel, il n'a aucun int&#233;r&#234;t qui le s&#233;pare de l'un quelconque des &#233;l&#233;ments de cette alliance que nous avons toujours cherch&#233; &#224; renforcer. (&#8230;) Construisons en 1980, 25e anniversaire de la Charte de la Libert&#233;, un large front de toutes les forces patriotiques et anti-racistes sous la banni&#232;re de l'ANC. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le combat du Parti communiste sud-africain contre le courant &#171; lutte de classe &#187; au sein du FOSATU :&lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits d'un article de Ruth Nhere de la revue &#171; The African Communist &#187; du Parti communiste sud-africain n&#176;99 de septembre 1984 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un ouvri&#233;risme &#233;conomiste&lt;br class='autobr' /&gt;
Les grandes avanc&#233;es du mouvement syndical ind&#233;pendant en Afrique du sud depuis 1973 ont &#233;t&#233; bien appr&#233;ci&#233;es comme fondamentales dans notre lutte r&#233;volutionnaire. Il y a cependant d'importantes divergences de vue concernant le r&#244;le et les possibilit&#233;s de ces luttes syndicales. Un des courants de pens&#233;e les concernant peut &#234;tre appel&#233; &#171; ouvri&#233;risme &#187; ou &#171; classisme &#187; est en fait une variante de ce que L&#233;nine avait appel&#233; &#171; l'&#233;conomisme &#187; en Russie et qu'il avait combattu en ces termes : &#171; La pr&#233;tention que la politique doit suivre avec ob&#233;issance l'&#233;conomie est une pens&#233;e &#224; la mode, qui exerce une influence irr&#233;sistible sur la masse de la jeunesse attir&#233;e par le mouvement, mais qui, dans la majorit&#233; des cas, ne conna&#238;t du marxisme que ce qu'en ont dit les publications l&#233;gales. &#187; C'est un &#233;conomisme de ce type qui forme la base d'adresse de Joe Foster &#224; la conf&#233;rence de 1982 du FOSATU, conf&#233;rence si bien critiqu&#233;e par Toussaint dans son article pour la revue &#171; The African Communist &#187;, article intitul&#233; &#171; Un syndicat n'est PAS un parti politique &#187;. La question du r&#244;le du mouvement syndical et son alliance avec le mouvement d&#233;mocratique dans son ensemble sont toujours chaudement d&#233;battues comme le montrent les d&#233;bats sur la question de l'adh&#233;sion des syndicats &#224; l'United Democratic Front. Dans une r&#233;cente publication du Cap, &#171; Social Review &#187;, un auteur anonyme r&#233;pondait &#224; un article d'un num&#233;ro pr&#233;c&#233;dent qui d&#233;fendait la ligne ouvri&#233;riste contre les alliances entre classes sociales : &#171; Je voudrait r&#233;pondre que, si ce sont les travailleurs qui dirigent la lutte, une plus grande conscience socialiste sera d&#233;velopp&#233;e au sein de la classe ouvri&#232;re si celle-ci m&#232;ne des alliances entre classes et les dirige elle-m&#234;me. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) L'id&#233;e d'une spontan&#233;it&#233; du mouvement de la classe ouvri&#232;re et sa &#171; puret&#233; &#187; semblent caract&#233;ristiques des conceptions d'une partie des intellectuels travaillant dans le mouvement syndical ind&#233;pendant. Argumentant contre les alliances avec d'autres classes et groupes sociaux dans la lutte politique, ils proclament que &#171; les travailleurs eux-m&#234;mes doivent d&#233;cider &#224; quel moment et &#224; quelles conditions une telle alliance serait souhaitable. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Les avocats de l'ouvri&#233;risme nient farouchement que leurs arguments servent &#224; combattre le r&#244;le du parti politique de classe. Ils affirment qu' &#171; il n'y a pas, pour le moment, une telle organisation sp&#233;cifique de la classe ouvri&#232;re en Afrique du sud. &#187; Ces sentiments sont ceux qui sont repris dans la direction du FOSATU. On pourrait penser qu'il s'agit de gens qui esp&#232;rent, et attendent, qu'une telle organisation politique de la classe ouvri&#232;re, sur la base d'une conscience socialiste, apparaisse dans le cours des &#233;v&#233;nements mais il semble au contraire que cela ne soit pas leur but. En lisant leurs publications, on discerne une autre strat&#233;gie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains d'entre eux ont &#233;t&#233; fascin&#233;s par l'exemple du Br&#233;sil. Un article r&#233;cent sur ce pays dans le &#171; South African Labour Bulletin &#187; tente de dresser un parall&#232;le avec les d&#233;veloppements r&#233;cents en Afrique du sud. Au br&#233;sil, ils rappellent que le militantisme syndical de masse a donn&#233; naissance &#224; un parti politique qui &#171; s'est rapidement d&#233;velopp&#233; chez les travailleurs, les ch&#244;meurs, la base de l'Eglise, la jeunesse progressiste et les intellectuels de gauche&#8230; &#187; L'auteur mentionne en passant que ce parti &#171; a attir&#233; beaucoup d'hostilit&#233; de la part du Parti communiste br&#233;silien ill&#233;gal qui pr&#233;tend (nous soulignons) qu'ils d&#233;tiennent historiquement le titre de parti des travailleurs. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Br&#233;sil sert aussi de base d'&#233;tude au programme de formations militantes du FOSATU et &#224; son journal. Dans ce cas, le raisonnement et les critiques contre le Parti communiste sont d'avantage sous-entendues qu'explicites : &#171; Ce sont les travailleurs de la M&#233;tallurgie et du Textile qui ont lanc&#233; la r&#233;organisation des syndicats ill&#233;gaux. Chaque ann&#233;e depuis 1977, les travailleurs avaient men&#233; des gr&#232;ves pour leurs droits et pour de meilleurs salaires&#8230; Il en est sorti un Parti des Travailleurs afin de repr&#233;senter les ouvriers dans les futures &#233;lections. Cela rencontra l'opposition de l'Etat, des autres partis et des dirigeants des syndicats officiels. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Probablement que les auteurs de ce type de document ont conscience qu'un anticommunisme trop ouvert ne leur permettrait pas d'obtenir le soutien qu'ils recherchent au sein de la classe ouvri&#232;re. Cependant, ils font semblant d'ignorer le programme et m&#234;me l'existence de l'ANC et du Parti communiste sud-africain. (&#8230;) Les tentatives de cacher l'histoire, la strat&#233;gie et les tactiques des organes existants du mouvement de lib&#233;ration, l'ANC et le Parti communiste sud-africain, doivent &#234;tre combattues dans les syndicats et au niveau du d&#233;bat th&#233;orique, dans la propagande l&#233;gale et ill&#233;gale. Certains de ces &#233;crits li&#233;s &#224; ce groupe jouent un r&#244;le important de division contre le mouvement de masse. Un article dans la presse estudiantine &#171; Work in progress &#187; caract&#233;rise par exemple le United Democratic Front comme mouvement &#171; lib&#233;ral radical &#187; ayant sa base de classe &#171; au sein de la petite-bourgeoisie noire et surtout indienne. &#187; (&#8230;) Ils n'ont pas du tout per&#231;u les interactions entre oppression nationale et oppression de classe qui donnent aux r&#233;volutionnaires d'Afrique du sud des t&#226;ches strat&#233;giques sp&#233;cifiques fondant les programmes de l'ANC et du Parti communiste sud-africain. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte id&#233;ologique sur le front syndical&lt;br class='autobr' /&gt;
L'article de Toussaint intitul&#233; &#171; Un syndicat n'est PAS un parti politique &#187; dans le num&#233;ro 93 de 1983 de la revue &#171; The African Communist &#187; est une des plus importantes contributions de cette revue depuis longtemps. (&#8230;) Nous avions remarqu&#233; que notre parti avait tard&#233; &#224; r&#233;pondre &#224; la d&#233;claration de Joe Foster qui constituait une attaque id&#233;ologique contre nous et contre tout le mouvement de lib&#233;ration nationale. Nous devons nous reprocher de ne pas avoir donn&#233; une r&#233;ponse imm&#233;diate et scientifiquement fond&#233;e &#224; Foster. Pour faire des progr&#232;s et gagner notre lutte id&#233;ologique, pour rester proches des masses, nous devons leur expliquer la nature des bases id&#233;ologique de Joe Foster, leurs racines sociales et le danger qu'elles repr&#233;sentent pour la classe ouvri&#232;re et les masses opprim&#233;es d'Afrique du sud. (&#8230;) Depuis les ann&#233;es 70, un nombre croissant de personnalit&#233;s de l'intelligentsia blanche ont pris une part active dans le travail des syndicats. Une partie d'entre eux sont sur nos bases. Mais on voit tr&#232;s clairement qu'un certain nombre d'entre eux adoptent des positions ultra-gauches. (&#8230;) Il est int&#233;ressant de remarquer que le FOSATU a le m&#234;me type de soutiens qu'avaient autrefois le Gang des Quatre et ils ont &#233;galement en commun leur rejet du parti communiste et du syndicat SACTU. Le Gang des Quatre voulait, comme Foster, cr&#233;er une alternative &#224; notre Parti. Dans la r&#233;alit&#233; de la situation de l'Afrique du sud, rejeter le r&#244;le du parti communiste et du SACTU, sous-estimer la contribution de l'ANC dans notre r&#233;volution, est le moyen de faire d&#233;vier la lutte de son vrai chemin en l'amenant vers une impasse tout en se cachant derri&#232;re des slogans sonnant comme tr&#232;s r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le langage de Foster a une tonalit&#233; tr&#232;s r&#233;volutionnaire mais son essence est de d&#233;sarmer la classe ouvri&#232;re et, en cons&#233;quence, de servir les int&#233;r&#234;ts des r&#233;formistes que les ultra-gauches favorisent finalement. Ultragauches et r&#233;formistes ont le m&#234;me but : rejeter les principes du marxisme-l&#233;ninisme dans le processus r&#233;volutionnaire et rejeter les formes correctes de lutte. Comme Toussaint l'a justement remarqu&#233;, Foster d&#233;veloppe l'illusion que la lutte &#233;conomique des travailleurs peut d&#233;velopper leur conscience politique. Foster consid&#232;re que ce qui est n&#233;cessaire n'est pas un Parti, auquel il ne fait m&#234;me pas r&#233;f&#233;rence, ni un syndicat comme le SACTU, auquel il reproche de s'occuper de politique, et pas non plus une ANC qui tendrait &#224; devenir une organisation populiste, mais un mouvement ouvrier du type de Solidarnosc (en Pologne). Cette id&#233;ologie repr&#233;sente un danger pour le mouvement ouvrier et pour toute la lutte des masses en Afrique du sud. (&#8230;) Dans &#171; Que faire ? &#187;, L&#233;nine &#233;tablit une distinction claire entre politique syndicaliste et politique communiste dans la lutte pour l'&#233;mancipation compl&#232;te des millions d'opprim&#233;s, et souligne le r&#244;le dirigeant du parti dans la lutte contre tous les opportunismes visant &#224; limiter la lutte &#224; quelques am&#233;liorations de salaires, du niveau de vie et &#224; de petites r&#233;formes l&#233;gales. L'Afrique du sud n'est pas une exception &#224; cette r&#232;gle. La politique syndicale doit &#234;tre subordonn&#233;e &#224; la politique communiste. Toussaint d&#233;finit clairement la n&#233;cessit&#233; et le r&#244;le du d&#233;tachement avanc&#233; de la classe ouvri&#232;re, le Parti communiste sud-africain.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il y a une seule critique &#224; faire &#224; l'article de Toussaint, c'est qu'il est trop gentil avec Foster. Bien que Foster &#233;vite soigneusement d'attaquer directement le Parti communiste, son point de vue est une attaque directe contre tout le mouvement de lib&#233;ration nationale et toutes les forces qui constituent cette alliance. Les prises de position de Foster et tous ceux qui suivent des positions du m&#234;me type sont un poison pour la classe ouvri&#232;re et peuvent amener, comme le remarquait L&#233;nine, &#224; une subordination des int&#233;r&#234;ts des travailleurs derri&#232;re ceux de la bourgeoisie. De tels courants vont se poursuivre au cours de l'intensification de la lutte. C'est pour cette raison que nous ne devons pas &#234;tre gentils avec Foster et que nous devons le consid&#233;rer comme un ennemi id&#233;ologique et adopter une attitude plus offensive. Cette attaque de Foster doit &#234;tre comprise non seulement comme un combat contre l'opportunisme mais comme un moyen d'&#233;duquer les masses. Il ne faut pas le comprendre comme une attaque contre le FOSATU, ou toute autre organisation de masse, mais comme des &#233;l&#233;ments s'adressant &#224; ces organisations pour leur &#233;viter de se tromper de direction dans la r&#233;volution.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'article de Toussaint appelle l'attention sur les t&#226;ches du Parti communiste en relation avec la dynamique croissante du mouvement syndical et, en g&#233;n&#233;ral, avec les luttes politiques en Afrique du sud. Selon nous, le Parti a devant lui les t&#226;ches suivantes :&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est urgent d'augmenter notre travail dans les syndicats, un domaine vital pour notre Parti et o&#249; il doit absolument consolider sa position. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) En m&#234;me temps, nous devons combattre la prolif&#233;ration des id&#233;es ultra-gauches et de droite.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Dans notre programme en direction des masses, nous devons d&#233;velopper de diverses mani&#232;res des concepts comme &#171; le colonialisme d'un type sp&#233;cial &#187; pour en d&#233;duire notre place vis-&#224;-vis des autres organisations et leurs relations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les relations de Mandela et de l'ANC avec le Parti communiste sud-africain et avec les communisme :&lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits de la d&#233;claration de Nelson Mandela &#224; son Proc&#232;s de Rovonia d'octobre 1963-mai 1964 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; (&#8230;) Je nierai pas le fait que j'ai &#233;t&#233; un des fondateurs de l'Umkonto we Sizwe, (organisation militaire clandestine de la lutte arm&#233;e contre l'Apartheid), et que j'y ai jou&#233; un r&#244;le important jusqu'&#224; mon arrestation en ao&#251;t 1962. mais je veux dire d'embl&#233;e que l'id&#233;e &#233;mise par l'accusation dans son r&#233;quisitoire selon laquelle la lutte en Afrique du sud serait dirig&#233;e par des &#233;trangers ou des communistes est d&#233;nu&#233;e de fondement. (...) Les fondateurs de l'Umkonto &#233;taient tous membres du Congr&#232;s National Africain et nous avions derri&#232;re nous une longue tradition de non-violence et de recours &#224; la n&#233;gociation pour r&#233;soudre les conflits politiques. (&#8230;) En 1956, cent cinquante-six membres dirigeants de l'Alliance du Congr&#232;s (r&#233;unissant l'ANC, le Congr&#232;s indien, l'union nationale des gens de couleur, le Congr&#232;s d&#233;mocrate, enfin le syndicat SACTU), dont j'&#233;tais furent arr&#234;t&#233;s sous l'inculpation de haute trahison, et inculp&#233;s en vertu de la Loi sur la suppression du communisme. L'accusation mit en doute la politique non violente de l'ANC, mais la Cour en vint &#224; la conclusion qu'il ne pratiquait pas une politique de violence, lorsque cinq ans plus tard nous f&#251;mes acquitt&#233;s de tous les chefs d'accusation, parmi lesquels la pr&#233;tendue intention d'&#233;tablir un Etat communiste &#224; la place du r&#233;gime existant. Le gouvernement a toujours cherch&#233; &#224; qualifier ses adversaires de communistes. Aujourd'hui il a de nouveau repris ce grief, mais ainsi que je le montrerai, l'ANC n'est pas et n'a jamais &#233;t&#233; une organisation communiste. (&#8230;) Depuis longtemps le peuple souhaitait la violence en parlant du jour o&#249; il combattrait l'homme blanc et reconqu&#233;rrait son pays, tandis que nous, dirigeants de l'ANC, nous efforcions de faire pr&#233;valoir notre point de vue : le recours aux voies pacifiques. (&#8230;) Chaque d&#233;sordre exprimait clairement la conviction qui se r&#233;pandait parmi les Africains que la violence devenait la seule solution ; il montrait aussi qu'un gouvernement qui utilise la force pour maintenir son pouvoir apprend aux opprim&#233;s &#224; se servir de la force pour lutter contre lui. D&#233;j&#224;, de petits groupes s'&#233;taient form&#233;s dans les r&#233;gions urbaines et pr&#233;paraient spontan&#233;ment les bases d'une action violente. (&#8230;) D&#233;but juin 1961, apr&#232;s avoir m&#251;rement &#233;tudi&#233; la situation, nous arriv&#226;mes &#224; cette conclusion que les dirigeants africains feraient preuve de peu de r&#233;alisme et de clairvoyance s'ils continuaient &#224; pr&#234;cher la paix et la non-violence, au moment o&#249; le gouvernement r&#233;pondait &#224; nos requ&#234;tes pacifiques par la force. Nous n'about&#238;mes pas de gaiet&#233; de c&#339;ur &#224; une telle conclusion. Ce fut seulement quand tout le reste eut &#233;chou&#233;, quand toutes les voies de protestation pacifique nous eurent &#233;t&#233; barr&#233;es, que la d&#233;cision fut prise de s'engager dans les formes violentes d'action et de constituer l'Umkonto we Sizwe. (&#8230;) Il y a quatre formes d'action violente possible : le sabotage, la gu&#233;rilla, le terrorisme et la r&#233;volution ouverte. Nous avons choisi d'adopter la premi&#232;re m&#233;thode (&#8230;) Notre Manifeste proclamait : &#171; (&#8230;) Nous esp&#233;rons ramener le pouvoir et ses partisans au bon sens avant qu'il ne soit trop tard. Nous esp&#233;rons qu'une transformation du gouvernement et de sa politique interviendront avant qu'on ait atteint le seuil irr&#233;vocable de la guerre civile. &#187; (&#8230;) Les attaques contre les points vitaux de l'&#233;conomie du pays devaient s'accompagner de sabotage des b&#226;timents gouvernementaux et d'autres symboles de l'apartheid. Ces attaques devaient constituer un signal de ralliement pour notre peuple, et l'encourager &#224; participer &#224; des actions de masse non-violentes, comme des gr&#232;ves et des manifestations. Constituant par ailleurs un exutoire pour les partisans des m&#233;thodes violentes, elles nous permettraient de prouver concr&#232;tement &#224; nos militants que nous avions adopt&#233; une ligne plus dure et que nous riposterions d&#233;sormais aux diverses positions de force du gouvernement. (&#8230;) Les activit&#233;s de l'Umkonto &#233;taient contr&#244;l&#233;es et dirig&#233;es par le haut commandement national qui avait pouvoir de cooptation et de nommer des commandements r&#233;gionaux. (&#8230;) Je signale au passage que les termes &#171; haut commandement &#187; et &#171; commandement r&#233;gional &#187; avaient &#233;t&#233; emprunt&#233;s &#224; l'organisation nationale juive clandestine Irgoun Zvai Leumi, qui op&#233;ra en Isra&#235;l entre 1944 et 1948. (Mandela fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'organisation d'extr&#234;me droite juive). (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
L'accusation assure encore que les faits et les objectifs de l'ANC et du Parti communiste sont identiques. Je voudrai en parler, ainsi que de ma propre position politique. Je cite ces all&#233;gations car il est &#224; craindre que l'accusation ne se fonde sur certaines pi&#232;ces pour affirmer que j'ai tent&#233; d'introduire le marxisme dans l'ANC. L'all&#233;gation, en ce qui concerne l'ANC, est totalement fausse. Ce n'est pas un argument neuf : il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;fut&#233; au proc&#232;s de trahison. Mais, puisqu'on le ressort, j'en parlerai ici, de m&#234;me que des relations entre l'ANC et le Parti communiste d'une part et avec le parti Umkonto d'autre part.&lt;br class='autobr' /&gt;
La doctrine de l'ANC consiste et a toujours consist&#233; dans un nationalisme africain. (&#8230;.) Le document politique le plus important qu'ait adopt&#233; l'ANC est la Charte de la libert&#233;, qui n'est en aucune fa&#231;on un manifeste pour un Etat socialiste. Elle appelle &#224; une redistribution, mais non &#224; une nationalisation de la terre. (&#8230;) Selon la Charte de la libert&#233;, les nationalisations s'inscriraient dans une &#233;conomie fond&#233;e sur l'entreprise priv&#233;e. La r&#233;alisation de la Charte de la libert&#233; offrirait de nouvelles perspectives &#224; toutes les classes &#8211; bourgeoisie comprise &#8211; d'une population africaine d&#232;s lors prosp&#232;re. L'ANC n'a jamais, &#224; aucune p&#233;riode de son histoire, pr&#233;conis&#233; un changement r&#233;volutionnaire de la structure &#233;conomique du pays. Il n'a jamais non plus, autant que je m'en souvienne, condamn&#233; la soci&#233;t&#233; capitaliste. (&#8230;) Je suis entr&#233; &#224; l'ANC en 1944. Quand j'&#233;tais jeune, je pensais que l'admission des communistes au sein de l'ANC et la coop&#233;ration &#233;troite qui existait parfois sur des probl&#232;mes particuliers entre cette organisation et le parti communiste finiraient par alt&#233;rer le concept de nationalisme africain. J'&#233;tais alors membre de la Ligue de la jeunesse de l'ANC, et j'appartins &#224; un groupe qui demanda l'expulsion des communistes de l'ANC. Cette motion fut repouss&#233;e &#224; une grosse majorit&#233;. On trouvait parmi ceux qui votaient contre quelques uns des &#233;l&#233;ments les plus conservateurs de l'opinion africaine. Ils disaient que, depuis sa cr&#233;ation, l'ANC s'&#233;tait form&#233; et d&#233;velopp&#233; non comme un parti exprimant une politique rigoureuse, mais comme un Parlement du peuple africain accueillant des gens d'opinions politiques diff&#233;rentes unis par un but commun : la lib&#233;ration nationale. Je fus finalement converti &#224; cette fa&#231;on de voir. Je l'ai soutenue depuis lors. (&#8230;) La t&#226;che fondamentale, en ce moment, doit &#234;tre l'&#233;limination de toute discrimination raciale et l'&#233;tablissement de droits d&#233;mocratiques sur la base de la Charte de la libert&#233;. La lutte pour ces droits devrait &#234;tre men&#233;e par un ANC fort. Dans la mesure o&#249; le parti communiste fait sien cet objectif qu'il soit le bienvenu. De mes lectures d'ouvrages marxistes et de mes conversations avec des communistes, j'ai tir&#233; l'impression que les communistes consid&#232;rent le syst&#232;me parlementaire occidental comme non d&#233;mocratique et r&#233;actionnaire. Moi, au contraire, je l'admire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La situation dans l'Afrique du sud post-apartheid&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Si une bourgeoisie noire a r&#233;ussi &#224; tirer son &#233;pingle du jeu, l'apartheid social est plus grave que jamais. Les illusions de l'apr&#232;s-apartheid sont retomb&#233;es. Les travailleurs sud-africains et la population des townships ont repris le chemin de la lutte.ont repris &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police sud-africaine est intervenue violemment durant toute la fin du mois de mai 2005 pour disperser des manifestations massives d'habitants des townships, les anciens ghettos noirs devenus des ceintures de la mis&#232;re. Cela fait plus de deux mois que des troubles ont lieu non seulement dans un grand nombre de townships de la ville du Cap (avec de v&#233;ritables soul&#232;vements &#224; Blackheath, Khayelitsha et Gugulethu) et de l'Etat de Western Cape (Sud-Ouest du pays) dont la ville du Cap fait partie mais touchent &#233;galement d'autres Etats comme l'Eastern Cape (r&#233;gion sud-est) ou de Free State (une r&#233;gion du centre). A Harrismith (Free State) et &#224; Port Elisabeth (Eastern Cape) o&#249; les affrontements ont dur&#233; quatre jours, les forces de l'ordre ne peuvent plus circuler sans &#234;tre prises &#224; partie. Des responsables locaux ont &#233;t&#233; escort&#233;s vers la sortie par la population r&#233;volt&#233;e. La population pauvre, lasse d'attendre des logements d&#233;cents et des services sociaux de base, s'est r&#233;volt&#233;e. A Kommitjie (un bidonville &#224; 45 km au sud du Cap), les &#233;meutes ont explos&#233; le lundi 30 mai.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement a d&#233;but&#233; en f&#233;vrier 2005 dans deux townships de la r&#233;gion de Free State, pr&#232;s de Ventersburg (r&#233;gion de Free State), avant de s'&#233;tendre &#224; Harrismith, Warden et Vrede (townships &#233;galement de Free State). Il n'a cess&#233; de se d&#233;velopper, atteignant en avril les bidonvilles de la ville du Cap. Le 27 avril, des centaines d'habitants de plusieurs townships proches du Cap, dont Langa, Gugulethu et Nyanga, ont march&#233; sur la ville. Un leader du bidonville de Gugulethu d&#233;clarait : &#171; Des maisons maintenant ou des terres. Sinon, nous sommes pr&#234;ts &#224; mourir pour cette cause. &#187; Les manifestants ont r&#233;ussi &#224; faire reculer le gouvernement local qui a propos&#233; quelques logements et ont &#233;t&#233; suivis par de nombreux autres township qui ont affront&#233; les forces de l'ordre dans de v&#233;ritables batailles rang&#233;es impliquant parfois un grand nombre de gens. Pneus br&#251;l&#233;s, jets de pierre contre les v&#233;hicules de police, barricades, tirs contre les &#233;meutiers et arrestations massives, on se croirait revenu &#224; l'&#233;poque o&#249; le parti raciste blanc imposait la dictature des blancs sur les noirs. Devant le Parlement du Cap, le pr&#233;sident Thabo Mbeki d&#233;clarait que &#171; ce n'est pas encore un danger imm&#233;diat pour notre d&#233;mocratie. Mais ils (les mouvements) refl&#232;tent les failles dont nous avons h&#233;rit&#233; du pass&#233; et qui, s'ils s'enracinaient et gagnaient un v&#233;ritable soutien populaire, ils repr&#233;senteraient une menace pour la stabilit&#233; de l'Afrique du sud d&#233;mocratique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 juin manif nationale Cosatu contre le ch&#244;mage et la pauvret&#233; et mouvement sur plusieurs mois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COSATU condamne encore les actes de la police contre les manifestants&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.liberationafrique.org/auteur.php3&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberationafrique.org/auteur.php3&lt;/a&gt; ?id_auteur=COSATU - 14 July 2006&lt;br class='autobr' /&gt;
La COSATU est choqu&#233;e par la r&#233;action de la police de Cape Town, qui a ouvert le feu sur des gr&#233;vistes de Lithotech Africa Mail le 12 juillet et en a arr&#234;t&#233; plus de 200.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous adressons nos meilleurs v&#339;ux de r&#233;tablissement aux quatre travailleurs qui sont encore &#224; l'h&#244;pital. Nous exprimons aussi notre solidarit&#233; et notre soutien &#224; la CEPPWAWU avec le communiqu&#233; de pression ci-dessous.&lt;br class='autobr' /&gt;
La COSATU demande la lib&#233;ration imm&#233;diate de tous les travailleurs arr&#234;t&#233;s et le retrait des accusations contre eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas la premi&#232;re fois que les SAPS ont r&#233;pondu avec une violence excessive contre les manifestations syndicales. D&#233;j&#224; &#224; Cape Town, pendant la marche des agents de s&#233;curit&#233; le 16 mai 2006, la police avait aussi ouvert le feu et arr&#234;t&#233; les secr&#233;taires provinciaux de la COSATU et de la SATAWU. A la fronti&#232;re du Swaziland le 12 avril 2006, la police avait tir&#233; sur des membres du COSATU et arr&#234;t&#233; des dirigeants qui tentaient de n&#233;gocier avec la poli e.&lt;br class='autobr' /&gt;
LA COSATU appuie l'appel de la CEPPWAWU &#224; la Western Cape MEC for Safety &amp; Security &#224; prendre des mesures pour assurer la &#171; s&#233;curit&#233; des gr&#233;vistes contre la brutalit&#233; de la police qui abuse de son pouvoir &#187;. Le droit de faire gr&#232;ve et de manifester inscrit dans notre constitution d&#233;mocratique est ainsi r&#233;duit, et nous n'accepterons pas que ces droits gagn&#233;s de haute lutte soient attaqu&#233;s et ni&#233;s par une police &#224; la g&#226;chette facile, pas plus que les arrestations massives de gr&#233;vistes et manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve persiste en Afrique du Sud&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dig&#233; le 25-11-06 &#224; 19:03&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; les n&#233;gociations entre les dirigeants de Mines d'Or et le gouvernement d'Afrique du Sud, la gr&#232;ve persiste et s'&#233;tend dans tout le pays. La gr&#232;ve s'&#233;tend d&#233;sormais &#224; tous les secteurs d'activit&#233; du pays et plus seulement au secteur minier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Detroit a d&#233;cid&#233; de fermer l'acc&#232;s &#224; la mine d'or de Gold Corporation, pour &#233;viter tout d&#233;rapage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Source : World Agency of Press&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique du Sud conna&#238;t la plus grande gr&#232;ve dans les mines d'or depuis 18 ans. 10 000 mineurs blancs affili&#233;s au syndicat Solidarity se sont joints aux 100 0000 mineurs noirs du NUM qui ont commenc&#233; la gr&#232;ve, il y a trois jours. Les mineurs demandent une augmentation de salaires de 7 &#224; 8%. La gr&#232;ve paralyse les mines des compagnies AngloGoldAshanti, GoldFields, Harmony et South Deep, soit pr&#232;s de 90% de la production d'or du pays. Source Cosatu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de la mine Centurion Gold protestent par la gr&#232;ve&lt;br class='autobr' /&gt;
Johannesburg, South Africa&lt;br class='autobr' /&gt;
07 December 2006 04:15&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de mineurs de la mine Centurion Gold &#224; Primrose, Germiston, ont pos&#233; les outils pour protester contre leurs conditions de travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le syndicat national des mineurs (NUM) a dit jeudi dernier qu'environ 600 travailleurs s'&#233;taient mis en gr&#232;ve &#224; partir de mercredi. Cela parce que la nouvelle direction de la mine Centurion Gold est revenue sur des conditions de travail accord&#233;es par les pr&#233;c&#233;dents patrons quand la mine &#233;tait encore aux mains de JC Mining. Le porte-parole du NUM, Mike Fafuli, a dit les plaintes de mines concernent notamment l'annulation des allocations en cas de d&#233;c&#232;s, de la diminution des jours de repos annuels et des indemnit&#233;s amput&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fafuli dit que les travailleurs veulent une augmentation de salaire alors qu'actuellement ils sont pay&#233;s avec un maigre salaire de 1000 R par mois. &#171; Quand la nouvelle direction est arriv&#233;e il y a trois ans, ils avaient promis de respecter tous les accords mis en place avec les anciens patrons, mais ils sont revenus sur leurs promesses&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quand un travailleur mourait au travail, l'entreprise donnait 7400 R pour les fun&#233;railles. La nouvelle direction a supprim&#233; cette pratique. Ils ont m&#234;me r&#233;duit les jours de repos annuels de 24 &#224; 18 jours. Les travailleurs demandent le r&#233;tablissement de ces accords &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fafuli ajoute qu'au lieu d'&#234;tre ouverte &#224; des n&#233;gociations, la direction chasse les travailleurs de leur logement et leur coupe l'eau et l'&#233;lectricit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La nouvelle direction ne reconna&#238;t pas le syndicat et donc n'est pas pr&#234;te &#224; n&#233;gocier avec lui. Demain vendredi nous allons prendre un avis juridique et d&#233;poser une plainte pour obtenir un arr&#234;t interdisant l'expulsion des mineurs de leur logement&#8221; dit Fafuli.&lt;br class='autobr' /&gt;
La direction de la mince Centurion Gold Mine et CEO Keith Hart ont refus&#233; tout commentaire au sujet de cette gr&#232;ve &#8212; Sapa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 ao&#251;t 2005 ICEM InBrief Afrique du Sud&lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#232;ve sud-africaine d'extraction de l'or&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re gr&#232;ve industrielle dans le secteur sud-africain d'or en 18 ans a fini le 10 ao&#251;t quand une offre am&#233;lior&#233;e de salaire a &#233;t&#233; accept&#233;e par les membres de l'union nationale de filiale d'ICEM des mineurs (NUM&#201;RIQUES) et de deux autres plus petits syndicats. Participant &#224; une gr&#232;ve pour laquelle l'appui accablait ainsi qu'il n'y avait aucun besoin de piquet de gr&#232;ve, autour 110.000 ouvriers &#233;taient rest&#233;s du travail, affectant toutes les grandes entreprises dans le secteur, tel que Goldfields, harmonie et AngloGold Ashanti. Le compromis a &#233;t&#233; atteint entre la chambre sud-africaine des mines, n&#233;gociant au nom des compagnies d'or, et les syndicats, convenant sur une &#233;l&#233;vation de salaire entre 6 et 7%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 aout 2005&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#232;s de 100000 mineurs sud-africains en gr&#232;ve illimit&#233;e : premier arr&#234;t national depuis 18 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gr&#233;vistes, membres du syndicat national des mineurs (NUM) protestent &#224; la fois contre les conditions de salaire et de travail dans l'industrie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La direction propose d'augmenter les salaires de 5-6% mais le syndicat dit que cela ne prend pas en compte la hausse du prix de l'or.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une entrevue mardi n'a pas combl&#233; le foss&#233; entre les deux parties m&#234;me si on a rapport&#233; une &#233;volution.&lt;br class='autobr' /&gt;
800 000 travailleurs municipaux sont aussi en gr&#232;ve pour les salaires et s'affrontent &#224; la police.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des n&#233;gociations entre le syndicat des travailleurs municipaux, Samwu et South African Local Government Association continuent malgr&#233; tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le syndicat appelle &#224; la gr&#232;ve illimit&#233;e apr&#232;s que trois journ&#233;es d'action en ao&#251;t et une autre en juillet n'aient pas r&#233;ussi &#224; obtenir de meilleurs propositions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Co&#251;ts&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arr&#234;t des mines co&#251;te environ une perte de $12m par jour, selon un analyste.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une des plus grandes luttes de travailleurs depuis la fin de l'apartheid.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je ne pense pas que l'industrie peut se permettre une gr&#232;ve, mais je suis absolument convaincu qu'elle ne peut pas se permettre une augmentation des salaires &#187; a dit Bernard Swanepoel, PDG de Harmony Gold.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais selon le NUM, puisque les cours de l'or et du rand montent en fl&#232;che depuis deux ans, les mineurs &#8211; qui travaillent souvent &#224; 40&#176;C &#224; 3 km sous terre &#8211; r&#233;clament une meilleure r&#233;partition des b&#233;n&#233;fices.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et un autre syndicat, Solidarity, semble se joindre &#224; la lutte.&lt;br class='autobr' /&gt;
La plupart des membres de ce syndicat Solidarit&#233; sont blancs et c'est rare de sa part de prendre part &#224; une action aux c&#244;t&#233;s du syndicat NUM, principalement noir.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;gociations&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Afrique du Sud est encore le premier producteur d'or mondial, avec 15% de la production mondiale, et le secteur repr&#233;sente &#224; peu pr&#232;s 8% du produit national brut.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais sa part dans le march&#233; mondial a recul&#233; fortement au cours des derni&#232;res d&#233;cennies &#224; cause de l'apparition d'autres producteurs dans les pays en voie de d&#233;veloppement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gr&#232;ve a commenc&#233; dimanche apr&#232;s des n&#233;gociations entre le NUM et la Chambre des Mines, repr&#233;sentant les employeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce jour-l&#224;, la rencontre avait conduit &#224; une meilleure proposition de salaire, plus que les pr&#233;c&#233;dents 4,5 &#8211; 5% ainsi que la promesses de primes au syndicat, pour prix de la hausse du cours de l'or. Mais les n&#233;gociateurs du NUM ont dit que ce n'&#233;tait pas assez. Le syndicat revendique une augmentation de salaire de 12%.&lt;br class='autobr' /&gt;
Hostels&lt;br class='autobr' /&gt;
Un &#233;l&#233;ment majeur du m&#233;contentement du syndicat, c'est que c'est aux grosses compagnies mini&#232;res - AngloGold Ashanti, Gold Fields and South Deep &#8211; de prendre en charge le probl&#232;me des conditions de vie des mineurs, qui se pose depuis longtemps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous l'apartheid les mineurs &#233;taient oblig&#233;s de vivres dans des casernes et de laisser leurs famille loin d'eux dans les townships.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si les lois racistes ont &#233;t&#233; abolies en 1991, bien avant les fameuses &#233;lections multiraciales de 1994, les trois quarts des 200000 mineurs sud africains vivent encore dans des h&#244;tels.&lt;br class='autobr' /&gt;
AngloGold Ashanti dit qu'il y a en moyenne 6 hommes par chambre dans ces h&#244;tels, et que c'est bien moins que 12 il y a une d&#233;cennie. Harmony dit qu'il y a une moyenne de 4,2 hommes par chambre dans ses h&#244;tels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le syndicat demande maintenant un doublement de l'allocation de logement pour trouver un moyen de loger la famille, tandis que les compagnies ne proposent de l'augmenter que de 10%.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les employeurs disent qu'ils am&#233;liorent les h&#244;tels, mais qu'ils ne peuvent pas aller plus vite sans menacer des emplois.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est une t&#226;che terriblement co&#251;teuse &#187; a dit Mr Barkers &#224; l'agence Reuters.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le NUM dit que les h&#244;tels surpeupl&#233;s sont un foyer pour la tuberculose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il attire aussi l'attention sur le fait que la pand&#233;mie de sida en Afrique du Sud est aggrav&#233; par le syst&#232;me, puisque les mineurs &#233;loign&#233;s de chez eux sont plus enclins &#224; aller voir des prostitu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vendetta des &#171; priv&#233;s &#187; en Afrique du Sud&lt;br class='autobr' /&gt;
Article publi&#233; le 06 Juin 2006 Le Monde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait : Une atmosph&#232;re de vendetta plane sur l'industrie de la s&#233;curit&#233;, l'un des secteurs les plus prosp&#232;res de l'&#233;conomie sud-africaine. La gr&#232;ve des agents de s&#233;curit&#233;, qui dure depuis deux mois, a d&#233;j&#224; fait 21 morts parmi les non-gr&#233;vistes et des centaines de milliers de rands de d&#233;g&#226;ts lors de manifestations qui ont d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;. Mardi 30 mai, un garde qui n'avait pas suivi le mouvement a &#233;t&#233; pendu, plusieurs agents charg&#233;s de la s&#233;curit&#233; dans les trains ont &#233;t&#233; jet&#233;s sur les voies, d'autres ont &#233;t&#233; froidement abattus. Les non-gr&#233;vistes ne portent plus leur uniforme de travail et &#233;vitent de se d&#233;placer en train.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chausse-trapes de l'apr&#232;s-apartheid en Afrique du Sud&lt;br class='autobr' /&gt;
Pretoria aux prises avec la crise sociale&lt;br class='autobr' /&gt;
Au pouvoir depuis douze ans, le Congr&#232;s national africain (ANC) est de plus en plus critiqu&#233; par ses alli&#233;s communistes et syndicaux. En effet, si le taux de croissance s'&#233;l&#232;ve &#224; 4 %, la soci&#233;t&#233; sud-africaine demeure l'une des plus in&#233;galitaires du monde. A la question sociale s'ajoute celle des s&#233;quelles de l'apartheid, que l'ANC a d&#233;cid&#233; de combattre par des mesures contest&#233;es de &#171; discrimination positive &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Johann Rossouw&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2005, pour la premi&#232;re fois depuis 1960, le taux de croissance de l'Afrique du Sud approche 4 %. Le gouvernement du pr&#233;sident Thabo Mbeki, successeur de M. Nelson Mandela en 1999, met tout en &#339;uvre pour obtenir une croissance de 6 %, chiffre magique martel&#233; depuis 1994, ann&#233;e des premiers scrutins populaires. L'objectif affich&#233; est d'&#233;radiquer la pauvret&#233;, dont le taux s'&#233;l&#232;ve &#224; 30,9 % (1), et le ch&#244;mage (officiel), qui atteint 30 %. Cependant, ce &#171; succ&#232;s &#187; cache plusieurs d&#233;fis que le gouvernement de M. Mbeki n'a pas su affronter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous la direction du Congr&#232;s national africain (African National Congress, ANC), la &#171; nouvelle &#187; Afrique du Sud est loin d'avoir tenu ses promesses sociales (2). D'apr&#232;s le social-d&#233;mocrate Sampie Terreblanche, doyen des historiens sud-africains sp&#233;cialistes de l'&#233;conomie, la strat&#233;gie &#233;conomique de l'ANC a conduit &#224; un creusement des in&#233;galit&#233;s. Selon lui, &#171; la soci&#233;t&#233; sud-africaine s'est restructur&#233;e : jadis rigidement divis&#233;e sur une base raciale, elle s'est tr&#232;s nettement stratifi&#233;e en classes sociales (3) &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, en 1996, l'ANC a op&#233;r&#233; un virage historique en optant pour une politique n&#233;olib&#233;rale classique, notamment sous la pression de grandes entreprises, comme Anglo American, le plus puissant conglom&#233;rat du pays. Le symbole de cette nouvelle orientation est l'adoption du programme GEAR (Growth, Employment and Redistribution ; &#171; croissance, emploi et redistribution &#187;). Il pr&#233;voit notamment la privatisation des entreprises d'Etat et fonde sa strat&#233;gie &#233;conomique sur la recherche de la croissance (politique de l'offre). L'Afrique du Sud est ainsi le seul pays du continent &#224; se soumettre volontairement aux traitements g&#233;n&#233;ralement impos&#233;s par le Fonds mon&#233;taire international (FMI) et la Banque mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit d'une v&#233;ritable volte-face de l'ANC, dont le programme &#233;conomique avait traditionnellement pour priorit&#233; la lutte contre les in&#233;galit&#233;s sociales (politique de la demande). Ce choix initial refl&#233;tait la base sociologique du mouvement ainsi que l'influence id&#233;ologique du Parti communiste sud-africain (South African Communist Party, SACP). La nationalisation des banques et des mines &#233;tait m&#234;me un des projets-phares de l'ANC, et M. Mandela l'&#233;voqua dans un des premiers discours qu'il pronon&#231;a apr&#232;s sa lib&#233;ration en 1990.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, l'influence du SACP sur l'ANC d&#233;clina au moment o&#249;, au milieu des ann&#233;es 1980, ce dernier fut secr&#232;tement approch&#233; par les milieux d'affaires sud-africains. A l'&#233;poque, le Parti national au pouvoir, confront&#233; &#224; la pression internationale, semblait ne plus pouvoir garantir la stabilit&#233; politique et &#233;conomique du pays, si ce n'est au prix d'une r&#233;pression accrue. Selon M. Moeletsi Mbeki, fr&#232;re du pr&#233;sident et intellectuel respect&#233;, &#171; progressivement, des pans entiers du capital national commenc&#232;rent &#224; retirer leur soutien au nationalisme afrikaner et &#224; r&#233;clamer la modification de la r&#233;glementation &#233;conomique. Au milieu des ann&#233;es 1980, des discussions clandestines d&#233;but&#232;rent avec les partis politiques en exil dans le but de pr&#233;parer l'apr&#232;s-apartheid (4) &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'&#233;conomiste Sampie Terreblanche, l'ANC, malgr&#233; sa brillante victoire politique sur le Parti national, s'est laiss&#233; dominer par les milieux d'affaires et &#233;conomiques. Les discussions discr&#232;tes qui eurent lieu &#224; la fin de la p&#233;riode clandestine ont durablement influenc&#233; ses choix. Le pr&#233;sident Mbeki a jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans le succ&#232;s des options lib&#233;rales. En effet, le GEAR a &#233;t&#233; adopt&#233; sous son impulsion, alors qu'il &#233;tait vice-pr&#233;sident de M. Mandela (5).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dipl&#244;m&#233; en &#233;conomie, M. Mbeki jouait de facto le r&#244;le de premier ministre tandis que la figure historique de l'ANC se concentrait sur la r&#233;conciliation raciale. Le vice-pr&#233;sident &#233;tait fascin&#233; par l'&#233;volution des sociaux-d&#233;mocrates europ&#233;ens dans les ann&#233;es 1990. La &#171; troisi&#232;me voie &#187; du premier ministre britannique Anthony Blair repr&#233;sentera pour lui un mod&#232;le (6). En outre, M. Mbeki ne voulait pas voir se r&#233;p&#233;ter, dans son pays, l'&#233;chec &#233;conomique des pays africains &#171; socialistes &#187; dans la p&#233;riode qui suivit les ind&#233;pendances. Le pr&#233;sident s'est d'ailleurs constitu&#233; un groupe de conseillers, pour la plupart des dirigeants de grandes soci&#233;t&#233;s multinationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le revirement lib&#233;ral de l'ANC provoqua d'autant plus la col&#232;re de ses alli&#233;s, le SACP et la puissante centrale syndicale Cosatu, qu'il fut effectu&#233; sans les consulter. Cette gestion autoritaire, centralis&#233;e et technocratique de l'Etat et de l'ANC est la caract&#233;ristique de la pr&#233;sidence de M. Mbeki depuis son &#233;lection en 1999. Pendant ses trente ann&#233;es d'exil, il a en effet pris l'habitude de compter sur un cercle tr&#232;s restreint de confidents, dont les fr&#232;res Aziz et Essop Pahad ; le premier occupe le poste de vice-ministre des affaires &#233;trang&#232;res, et le second celui de ministre attach&#233; &#224; la pr&#233;sidence. En outre, le pr&#233;sident Mbeki accepte mal les critiques. M&#234;me le tr&#232;s respect&#233; eccl&#233;siastique et chef de file de la lutte contre l'apartheid, M. Desmond Tutu, a essuy&#233; une violente col&#232;re du chef de l'Etat, en novembre 2004, pour avoir formul&#233; quelques critiques pourtant feutr&#233;es (7).&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux mauvais r&#233;sultats sociaux du GEAR s'ajoutent les tensions politiques dues &#224; la politique dite de &#171; transformation &#187;, cl&#233; de vo&#251;te du nationalisme africain de M. Mbeki. C'est fin 1997, lors de la cinquanti&#232;me conf&#233;rence nationale de l'ANC, que M. Mandela fixa un nouvel objectif &#224; l'Afrique du Sud : une &#171; transformation sociale fondamentale (8) &#187;, dont l'objectif principal est la repr&#233;sentation des diff&#233;rentes composantes de la population &#224; tous les niveaux de la soci&#233;t&#233;. Apr&#232;s une si longue histoire d'exploitation et de discrimination, cette priorit&#233; s'imposait naturellement. Par exemple, aujourd'hui encore, seuls 2 % des d&#233;tenteurs des actifs cot&#233;s en Afrique du Sud sont des Noirs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, progressivement, la &#171; transformation &#187; s'est mu&#233;e en un programme totalement bas&#233; sur la &#171; race &#187;, faisant de l'ANC le parti de la classe moyenne noire et non plus le parti des pauvres et des travailleurs. Celui-ci se justifie en soulignant la n&#233;cessit&#233; d'emp&#234;cher le d&#233;veloppement de la contestation sociale chez les Noirs alors qu'une grande partie d'entre eux ne voient toujours pas leurs conditions de vie s'am&#233;liorer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pi&#232;ces centrales de cette politique, la loi sur l'embauche &#233;quitable (Employment Equity Act) d'avril 1999 et celle sur la promotion des Noirs dans le secteur &#233;conomique (Broad-based Black Economic Empowerment Act) de 2003, connue sous le nom de BEE. La premi&#232;re concerne toutes les cat&#233;gories victimes de discrimination, y compris les femmes et les personnes handicap&#233;es. Si les femmes en ont tir&#233; profit, la loi est &#224; pr&#233;sent orient&#233;e explicitement vers les Noirs, provoquant chez certains l'accusation d'&#171; apartheid &#224; l'envers &#187;. Ainsi, en cherchant &#224; corriger les injustices du pass&#233;, l'Afrique du Sud s'&#233;carte de plus en plus du non-racialisme pourtant prescrit par la Constitution. Le choix de la &#171; race &#187; comme crit&#232;re, plut&#244;t que la classe sociale ou la langue &#8211; le pays en compte onze, qui se trouvent dispers&#233;es dans chacune des neuf r&#233;gions administratives &#8211;, contribue &#224; ce qu'elle demeure la r&#233;f&#233;rence sociopolitique en Afrique du Sud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les tensions politiques et sociales viennent surtout du fait que le BEE est devenu le paravent d'un nouvel &#233;litisme clanique. Ancien responsable de l'ANC sous l'apartheid et plus tard cofondateur de l'Institut Gor&#233;e, M. Frederik Van Zyl Slabbert &#233;voque une &#171; cooptation constitutionnelle &#187; de l'ANC, qui installe partout ses cadres loyaux. D&#232;s 1998, M. Joel Netzhitenzhe, bras droit du pr&#233;sident Mbeki devenu porte-parole du gouvernement, laissait pr&#233;voir cette politique : &#171; La transformation de l'Etat consiste d'abord et surtout &#224; &#233;tendre le contr&#244;le de notre mouvement &#224; tous les leviers du pouvoir : l'arm&#233;e, la police, la bureaucratie, les organes de renseignement, le syst&#232;me judiciaire, les structures para-&#233;tatiques, et diff&#233;rents organismes tels que la radio et t&#233;l&#233;vision nationale et la banque centrale (9)... &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
De fait, les accusations de favoritisme et de pr&#233;varication se multiplient. Une poign&#233;e d'oligarques noirs proches du pouvoir (10) sont presque chaque fois impliqu&#233;s dans les transactions effectu&#233;es en vertu du BEE, qui veut que les actions des grandes entreprises soient transf&#233;r&#233;es vers des soci&#233;t&#233;s sous contr&#244;le noir (11). Pour M. Moeletsi Mbeki, ce type de comportement, qu'on retrouve dans beaucoup de pays du continent, contribue &#224; freiner le d&#233;veloppement d'un secteur priv&#233; dynamique au sud du Sahara (12).&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; du secteur &#233;conomique, le pr&#233;sident sud-africain a b&#226;ti progressivement un discours afro-nationaliste par lequel il justifie l'ensemble de ses choix politiques. Cette attitude peut d'ailleurs expliquer en partie ses positions controvers&#233;es sur le sida (13). Il a souvent mis en doute le lien entre le VIH et le sida et pr&#233;sent&#233; les causes de la pand&#233;mie comme avant tout sociales et &#233;conomiques. Il a ainsi emp&#234;ch&#233;, jusqu'en 2001, la mise en place d'une politique sanitaire dans ce domaine. S'il est revenu sur cette position, sa ministre de la sant&#233;, Mme Manto Tshabalala-Msimang, vante les m&#233;rites d'une saine nourriture, y compris la pomme de terre africaine, plut&#244;t que ceux des m&#233;dicaments antir&#233;troviraux, dont ne b&#233;n&#233;ficiaient, fin 2004, qu'entre 47 000 et 62 000 sud-africains infect&#233;s. La catastrophe sanitaire est patente : selon les Nations unies, plus de 5,3 millions de Sud-africains, dont 230 000 enfants de moins de 15 ans, seraient aujourd'hui frapp&#233;s par le VIH.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les choix &#233;conomiques et politiques de l'ANC de M. Mbeki isolent de plus en plus le pouvoir de ses alli&#233;s et de sa base sociale. Depuis 2000, la contestation prend des formes multiples : sociales, comme la cr&#233;ation du Forum antiprivatisation ou du Comit&#233; de crise de Soweto, ou bien identitaires, comme l'action de la F&#233;d&#233;ration des associations afrikaners pour la culture et celle du syndicat Solidarit&#233;. Durant toute l'ann&#233;e 2005, des manifestations ont eu lieu contre la corruption et l'insuffisance des services sociaux. Quant &#224; l'Afrique du Sud rurale, une r&#233;volte a commenc&#233; au milieu de 2004, quand des milliers des gens ont protest&#233; dans les petits villages tels que Harrismith contre l'absence des services essentiels. Au mois de mars 2006, le ghetto noir de Khutsong, pr&#232;s de Carletonville, dans la province du Nord-Ouest (30 000 habitants), a refus&#233; en masse de voter aux &#233;lections locales parce que l'ANC lui a impos&#233; ses candidats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le limogeage du vice-pr&#233;sident Jacob Zuma, le 13 juin 2005, pour son implication suppos&#233;e dans une affaire de corruption, a cristallis&#233; la crise politique, certains voyant dans cette &#233;viction une manifestation d'autoritarisme de trop et la volont&#233; d'&#233;vincer un &#233;ventuel concurrent. L'ancien vice-pr&#233;sident a organis&#233; de grands rassemblements partout dans le pays et n'a pas manqu&#233; d'exploiter le ressentiment de la Cosatu et du SACP contre M. Mbeki, mais aussi celui des pauvres. Jouant de son style affable, M. Zuma adopte des accents gauchistes... sans que ses positions connues manifestent de grandes convictions de gauche. Briguant la pr&#233;sidence de l'ANC et celle du pays, il devra, d&#233;but septembre, r&#233;pondre aux accusations de corruption devant la Cour supr&#234;me, o&#249; il menace de faire citer M. Mbeki comme t&#233;moin...&lt;br class='autobr' /&gt;
La contestation se propage au sein m&#234;me de l'ANC. L'autorit&#233; du pr&#233;sident est ouvertement chahut&#233;e par la Ligue de jeunesse de l'ANC (cofond&#233;e par M.Mandela en 1943) et par la Ligue des femmes de l'ANC. Aux &#233;lections locales de mars 2006, des centaines de dissidents se sont pr&#233;sent&#233;s pour la premi&#232;re fois contre le parti. La menace d'un divorce avec le SACP et la Cosatu plane sans cesse. M. Mbeki tente de la conjurer en &#233;voquant un mod&#232;le &#233;conomique inspir&#233; de Singapour et de la Cor&#233;e du Sud o&#249; l'Etat jouerait un r&#244;le significatif dans l'&#233;conomie. Il a donn&#233; des gages &#224; ses alli&#233;s en repoussant la privatisation de certaines entreprises publiques, sans aucun effet sur la vigueur des d&#233;bats &#224; l'int&#233;rieur de l'ANC, de la Cosatu et du SACP. Dans un discours, prononc&#233; en hommage &#224; M. Mandela, il a plaid&#233; pour une soci&#233;t&#233; plus &#171; compatissante &#187; sans convaincre les critiques. Ceux-ci font valoir qu'un tel objectif est an&#233;anti par la politique n&#233;olib&#233;rale que m&#232;ne le gouvernement depuis des ann&#233;es...&lt;br class='autobr' /&gt;
Johann Rossouw.&lt;br class='autobr' /&gt; (1) Selon le &#171; rapport sur le d&#233;veloppement humain &#187; du Programme des Nations unies pour le d&#233;veloppement (PNUD), 2005, &lt;a href=&#034;http://www.undp.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.undp.org&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Lire Charlene Smith, &#171; La jeunesse sud-africaine face aux violences sexuelles &#187;, Le Monde diplomatique, octobre 2005.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Sampie Terreblanche, A History of Inequality in South Africa (1652-2002), University of Natal Press, Pietermaritzburg, 2002, p. 33.&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Moeletsi Mbeki, &#171; A growing gap between the black elite and the black masses ? Elites and political and economic change in South Africa since the Anglo Boer War &#187;, 1er juillet 2005.&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Lire Claude Wauthier, &#171; L'Afrique du Sud se pr&#233;pare &#224; l'apr&#232;s-Mandela &#187;, Le Monde diplomatique, mars 1999.&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) William Mervin Gumede, &#171; ANC-woelinge oor meer as Mbeki, Zuma &#187;, Die Vrye Afrikaan, Durbanville, 21 octobre 2005.&lt;br class='autobr' /&gt;
(7) Thabo Mbeki, &#171; Letter from the president &#187;, ANC Today, 26 novembre 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
(8) &lt;a href=&#034;http://www.anc.org.za/ancdo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.anc.org.za/ancdo&lt;/a&gt; cs/history/conf...&lt;br class='autobr' /&gt;
(9) &lt;a href=&#034;http://www.anc.org.za/ancdo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.anc.org.za/ancdo&lt;/a&gt; cs/pubs/umrabul...&lt;br class='autobr' /&gt;
(10) Il s'agit surtout de MM. Cyril Ramaphosa, Tokyo Sexwale et Saki Macozoma, tous les trois aussi membres du Comit&#233; ex&#233;cutif national de l'ANC.&lt;br class='autobr' /&gt;
(11) Lire St&#233;phane Roman, &#171; Afrique du Sud : l'introuvable &#8220;capitalisme noir&#8221; &#187;, Mani&#232;re de voir, no 51, &#171; Afriques en renaissance &#187;, mai-juin 2000.&lt;br class='autobr' /&gt;
(12) Moeletsi Mbeki, &#171; Hoe om Afrika suid van die Sahara ekonomies op te hef &#187;, Die Vrye Afrikaan, Durbanville, 3 septembre 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
(13) Lire Philippe Rivi&#232;re, &#171; Vivre &#224; Soweto avec le sida &#187;, Le Monde diplomatique, ao&#251;t 2002.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volution prol&#233;tarienne en Afrique du sud, trahie par la petite bourgeoisie nationaliste et le parti stalinien, pr&#233;tendument &#034;communiste&#034;</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article95</link>
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		<dc:date>2010-01-23T08:49:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud South Africa</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique - Africa</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment la victoire de Mandela, soi-disant leader des travailleurs noirs, est aussi la victoire de De Klerk, leader du parti de l'apartheid ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi est-il tellement remerci&#233; par tous les chefs d'Etats des grandes puissances ? &lt;br class='autobr' /&gt;
De quoi les a-t-il sauv&#233;s ? &lt;br class='autobr' /&gt;
De la r&#233;volution !!! &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui n'a pas chang&#233; : c'est contre des habitants noirs des bidonvilles et des squats, toujours aussi pauvres et aussi exploit&#233;s, que les forces de l'ordre interviennent violemment. Mais les policiers sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique73" rel="directory"&gt;16- Nelson Mandela et le Parti communiste sud-africain ou comment le prol&#233;tariat s'est fait voler sa r&#233;volution contre l'apartheid&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;Afrique du sud South Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot123" rel="tag"&gt;Afrique - Africa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_62 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/deklerk_mandela.jpg' width=&#034;323&#034; height=&#034;400&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comment la victoire de Mandela, soi-disant leader des travailleurs noirs, est aussi la victoire de De Klerk, leader du parti de l'apartheid ?&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/pm_mandela.png' width=&#034;666&#034; height=&#034;467&#034; alt='' /&gt;
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&lt;p&gt;Pourquoi est-il tellement remerci&#233; par tous les chefs d'Etats des grandes puissances ?&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Nelson-Mandela-Waves-with-President-Bush-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/Nelson-Mandela-Waves-with-President-Bush-2.jpg' width=&#034;580&#034; height=&#034;820&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;De quoi les a-t-il sauv&#233;s ?&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/sarkozy_mandela_432.jpg' width=&#034;432&#034; height=&#034;355&#034; alt='' /&gt;
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&lt;p&gt;De la r&#233;volution !!!&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1378 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/0135147050085-2.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;341&#034; alt='' /&gt;
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&lt;p&gt;Ce qui n'a pas chang&#233; : c'est contre des habitants noirs des bidonvilles et des squats, toujours aussi pauvres et aussi exploit&#233;s, que les forces de l'ordre interviennent violemment. Mais les policiers sont noirs...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1377 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/0135067350085.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;333&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bidonville en feu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?mot109&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;O&#249; en est l'Afrique du sud post-apartheid ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article88&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sommaire du site&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi ce site ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous &#233;crire, cliquez sur &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?page=forum&amp;id_article=95&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;pondre &#224; cet article&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lire &#233;galement sur le site :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article230&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volutions de l'Afrique antique&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article95&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique du sud : de l'explosion ouvri&#232;re &#224; la fin de l'apartheid&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article101&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alg&#233;rie 1988 : de l'explosion sociale au terrorisme se revendiquant de l'islamisme&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article72&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;voltes en Afrique : 1988-1991&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article134&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les responsables du g&#233;nocide rwandais&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article207&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1999-2000 : R&#233;volte en C&#244;te d'Ivoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article161&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mali&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article247&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Emeutes au Burkina Faso&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article251&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cameroun&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article209&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Actualit&#233;s sociales en Alg&#233;rie&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article306&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Alg&#233;rie en mouvements&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article315&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Avril 2008 : les ouvriers &#233;gyptiens et la population d&#233;fient Moubarak&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article314&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Avril 2008 : &#233;meutes en Afrique contre la vie ch&#232;re&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article352&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Avril 2008 : Des &#233;meutes de la faim &#224; la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article210&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Avril 2008 : Nouvelles du Kenya&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique du Sud, l'ann&#233;e 1973 avait vu une premi&#232;re grande vague de gr&#232;ves d&#233;fier le r&#233;gime de l'apartheid. Si ces gr&#232;ves portaient sur les salaires (ceux des mineurs quadrupl&#232;rent entre 1972 et 1975) elles prenaient aussit&#244;t un caract&#232;re politique, les syndicats noirs ind&#233;pendants &#233;tant ill&#233;gaux et tout mouvement &#233;tant du coup dirig&#233; contre la dictature. Les luttes se multipli&#232;rent pour imposer la reconnaissance des syndicats noirs ind&#233;pendants, et d&#232;s 1983, le patronat des mines lui-m&#234;me, en toute ill&#233;galit&#233;, se r&#233;solut &#224; organiser une rencontre avec les dirigeants du NUM, le syndicat noir des mines. 740000 travailleurs noirs &#233;taient alors syndiqu&#233;s. Le pays connut par la suite plusieurs vagues de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, notamment de 1984 &#224; 1986. Le gouvernement de l'apartheid fut contraint de recourir &#224; l'&#233;tat d'urgence, mais la bourgeoisie n'en avait pas moins saisi qu'elle devrait faire des concessions. Le r&#233;gime de l'apartheid &#233;tait condamn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique du sud a &#233;t&#233; l'objet d'un changement politique et social parmi les plus &#233;tonnants et rapides de l'Histoire. En un petit nombre d'ann&#233;es, on a vu le Parti national au pouvoir, celui qui avait organis&#233; un r&#233;gime semi-fasciste pour imposer la supr&#233;matie blanche, le r&#233;gime dit d'apartheid, d&#233;cider de prendre contact avec le principal parti nationaliste noir, l'ANC, n&#233;gocier puis sortir le leader de l'ANC de prison pour le porter &#224; la pr&#233;sidence de l'Etat sud-africain. Que ce parti des tortionnaires racistes se retourne ainsi, il y a de quoi &#233;tonner. De Klerk, le dirigeant du Parti national, le parti de l'apartheid, a en Afrique du sud, l'une des dictatures les plus f&#233;roces du monde, a pris la t&#234;te d'un des changements politique et sociaux le plus impressionnants. De tels retournements m&#233;ritent plus d'explications que n'en donnent les commentateurs, les politiques comme les historiens ou les journalistes. L'imp&#233;rialisme, en particulier les Etats am&#233;ricain et anglais, qui avait assist&#233; jusque l&#224; sans r&#233;gir &#224; toutes les exactions et atrocit&#233;s du r&#233;gime sud-africain a apport&#233; un soutien total et m&#234;me a pris la t&#234;te des n&#233;gociations de changement de r&#233;gime. Le Parti communiste sud-africain a &#233;t&#233; en t&#234;te des n&#233;gociations, en liaison avec la direction du r&#233;gime russe. En fait, le tournant en Afrique du sud a fait partie d'un tournant mondial, la fin de la politique des blocs. D'autres participants de ce changement sont tout aussi mobilis&#233;s en sa faveur : la grande bourgeoisie blanche d'Afrique du sud. Les plus grands patrons sud-africains, ceux des mines, sont m&#234;me &#224; l'origine des premi&#232;res rencontres en Suisse. C'est &#224; cette bourgeoisie que la direction de l'ANC, de l'UDF (alliance de toute la bourgeoisie noire avec les leaders populaires noirs et quelques militants d&#233;mocrates blancs), du Parti communiste, des dirigeants des syndicats qui leur sont li&#233;s ont donn&#233; des garanties sur le type de soci&#233;t&#233; qui d&#233;coulerait d'une venue au pouvoir de l'ANC. Il faut dire que jusque l&#224; ANC et Parti communiste &#233;taient rest&#233;s sur la lanc&#233;e d'un discours sur la mise en place d'une &#171; soci&#233;t&#233; socialiste &#187;. Le tournant en mati&#232;re de discours a &#233;t&#233; pris sans difficult&#233; et &#224; grande vitesse : aucune remise en cause du capitalisme ni de la propri&#233;t&#233; du grand capital en &#233;change de la venue au pouvoir d'une partie de la direction nationaliste noire. La place des dirigeants syndicaux a &#233;t&#233; particuli&#232;rement n&#233;goci&#233;e. Certains d'entre eux ont re&#231;u un v&#233;ritable pont d'or, &#224; la mesure de la peur que la classe ouvri&#232;re suscitait dans la grande bourgeoisie. A la mesure aussi de la trahison de cette lutte que repr&#233;sentait la mani&#232;re dont la fin de l'apartheid a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte de la classe ouvri&#232;re, et la menace que celle-ci constituait non seulement pour le r&#233;gime, mais pour l'oppression capitaliste en Afrique du sud et m&#234;me au-del&#224;, &#233;tait le principal probl&#232;me qui explique un tournant aussi radical. En cas d'explosion r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat sud-africain, tout le continent africain pouvait &#234;tre une immense caisse de r&#233;sonance de l'insurrection, offrant d'&#233;normes perspectives au d&#233;veloppement de la lutte. Les r&#233;gimes de parti unique &#233;taient us&#233;s dans tout le continent noir. Les espoirs d&#233;&#231;us des ind&#233;pendances, une population jeune sans aucune sympathie pour les classes dirigeantes corrompues et d&#233;go&#251;tantes et une population pauvre ayant une grande sympathie pour le combat des opprim&#233;s d'Afrique du sud offraient un grand nombre de possibilit&#233;s d'extension d'une lutte explosive en Afrique du sud.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la peur de la r&#233;volution, il faut le souligner clairement, qui a amen&#233; la grande bourgeoisie, tant imp&#233;rialiste que sud-africaine et aussi que la bureaucratie russe, de se r&#233;soudre &#224; prendre le tournant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons voir que ce changement radical de la politique mondial s'appuie sur l'usure constat&#233;e dans tous les pays piliers de la politique des blocs, &#224; l'est comme &#224; l'ouest. C'est tr&#232;s exactement dans tous ces pays (Iran, Irak, Turquie, Cor&#233;e du sud, Afrique du sud, Pologne, &#8230;) que la classe ouvri&#232;re commence &#224; devenir une force mena&#231;ante et qui intervient non seulement par des gr&#232;ves mais aussi par une action politique du plus en plus dangereuse pour les poss&#233;dants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique du sud &#233;galement, c'est la classe ouvri&#232;re qui repr&#233;sentait l'&#233;l&#233;ment le plus mena&#231;ant de la situation pour les classes poss&#233;dantes. Contrairement &#224; l'image donn&#233;e par bien des auteurs, l'ANC n'&#233;tait pas le repr&#233;sentant naturel des travailleurs noirs d'Afrique du sud. Ayant fait le choix d'envoyer ses militants organiser des gu&#233;rillas &#224; partir des pays voisins, l'organisation nationaliste &#233;tait peu implant&#233;e dans la classe ouvri&#232;re au milieu des ann&#233;es 80 et son discours d'alliance de classe ne lui permettait pas d'y recruter ais&#233;ment parmi les leaders syndicalistes. Lorsque la bourgeoisie blanche d'Afrique du sud a choisi de d&#233;tourner le danger prol&#233;tarien en pactisant avec l'ANC, personne ne pouvait dire si cela suffirait &#224; calmer la situation. Et le pouvoir blanc acceptait d'int&#233;grer les dirigeants noirs si ceux-ci s'en av&#233;raient capables. Le 29 octobre 1989 a eu lieu le premier meeting autoris&#233; de l'ANC. Les leaders nationalistes noirs y ont d&#233;clar&#233; que l'ANC venait d'avoir un premier succ&#232;s : d&#233;montrer qu'ils &#233;taient capables de contr&#244;ler leurs troupes ! Walter Sisulu y d&#233;clarait : &#171; Nous n&#233;gocierons avec le r&#233;gime blanc s'il fait preuve de sinc&#233;rit&#233; et cr&#233;e le climat n&#233;cessaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis juin 1976, les travailleurs et les opprim&#233;s d'Afrique du sud ont commenc&#233; &#224; se faire craindre. En juin 1976, l'explosion de la jeunesse de Soweto ouvre une des p&#233;riodes les plus explosives sur le terrain social et politique qu'ait connu l'Afrique du sud. Dix mille &#233;coliers noirs d&#233;filent dans Soweto pour protester contre l'enseignement obligatoire en afrikaans, la langue du colonisateur hollandais. La police tire sur les manifestants et tue un adolescent de treize ans. Ce meurtre d&#233;clenche la col&#232;re des jeunes &#233;coliers auxquels se sont joints des ch&#244;meurs de ce ghetto le plus peupl&#233; d'Afrique du sud (un million cinq cent mille habitants). Contre des hommes casqu&#233;s qui tirent dans le cas, les &#233;meutiers dressent des barricades, mettent le feu aux b&#226;timents administratifs, &#224; tout ce qui symbolise le pouvoir blanc. A l'exemple de Soweto, dans presque toutes les villes noires, autour de Johannesburg, puis de Pretoria, la jeunesse descend dans la rue. Le 11 ao&#251;t 1976, une grande gr&#232;ve des travailleurs noirs paralyse la moiti&#233; des activit&#233;s de Johannesburg et, deux jours plus tard, une &#233;meute se d&#233;clenche au Cap. Malgr&#233; les morts et les emprisonn&#233;s, le mouvement gagne l'ensemble du pays, ce qui ne s'&#233;tait jamais encore produit. On &#233;tait loin du pont de d&#233;part : une contestation de l'enseignement en afrikaans par les seuls &#233;tudiants. Ce sont les coll&#233;giens, encore adolescents, qui ont anim&#233; et dirig&#233; le mouvement, appelant &#224; plusieurs reprises et avec succ&#232;s les travailleurs &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Si la r&#233;pression a d&#233;capit&#233; pour quelques ann&#233;es le mouvement, les militants &#233;tant morts, emprisonn&#233;s ou exil&#233;s, la classe ouvri&#232;re avait commenc&#233; &#224; reprendre confiance dans ses propres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#233;but des ann&#233;es 80, la contestation repart de plus belle. Et, sur ce point, l'Afrique du sud fait partie d'un mouvement qui concerne l'ensemble de l'Afrique noire, et m&#234;me qui concerne le monde &#224; la m&#234;me p&#233;riode. Il y a un r&#233;veil g&#233;n&#233;ral qui concerne particuli&#232;rement les pays de la politique des blocs. Au nom de la n&#233;cessit&#233; des blocs, l'imp&#233;rialisme a soutenu des r&#233;gimes cens&#233;s s'opposer au bloc adversaire, r&#233;gimes qui se maintenaient malgr&#233; leur impuissance, leur corruption et la haine des populations, uniquement parce que les imp&#233;rialisme s'interdisaient, pour l'essentiel, toute concurrence entre eux au nom des blocs. C'est ainsi que les partis uniques avaient pu se maintenir, des deux c&#244;t&#233;s, dans les deux blocs. Ces partis uniques, par exemple au Gabon ou en C&#244;te d'ivoire, n'&#233;taient m&#234;me pas synonymes d'une pr&#233;tention au socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1981-82, il y a une recrudescence des affrontements en Afrique du sud. La crise &#233;conomique entra&#238;ne gr&#232;ves, manifestations, luttes dans les entreprises et dans les townships. La police et l'arm&#233;e interviennent violemment mais, cette fois, ils s'av&#232;rent incapables de venir &#224; bout de la r&#233;volte. Des milliers de jeunes, des &#233;coliers aux jeunes ch&#244;meurs, ne craignent plus de s'affronter aux forces de l'ordre et ces combats sont quotidiens. Malgr&#233; l'intervention des cars blind&#233;s de l'arm&#233;e qui enl&#232;vent les manifestants, la r&#233;volte s'installe en permanence dans les townships et cr&#233;e un climat insurrectionnel qui va bient&#244;t &#234;tre compl&#233;t&#233; par la mont&#233;e du militantisme et de la mobilisation dans la classe ouvri&#232;re, puis par le d&#233;veloppement de luttes ouvri&#232;res d'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite et la moyenne bourgeoisie noire tente aussi d'influencer la mont&#233;e militante et de lui donner un cadre. En ao&#251;t 1983, 700 associations, li&#233;es aux partis nationalistes et r&#233;formistes et aux &#233;glises et appuy&#233;s par la &#171; lib&#233;raux &#187; blancs, se sont f&#233;d&#233;r&#233;es au sein de l'UDF, au nom de la lutte contre la r&#233;forme constitutionnelle de Botha. C'est une tentative pour l'ANC de p&#233;n&#233;trer le mouvement social qui se d&#233;veloppe. En effet, cette organisation qui a un important cr&#233;dit dans la population noire, en particulier dans la jeunesse, a fait le choix de la &#171; lutte arm&#233;e &#187;, ce qui signifie que la majorit&#233; de ses militants sont dans des maquis et sont coup&#233;s de leur milieu. La mont&#233;e sociale a lieu sans que les militants de l'ANC eux-m&#234;mes puissent y jouer v&#233;ritablement un r&#244;le au d&#233;but. En particulier, la mont&#233;e militante dans la classe ouvri&#232;re n'est pas dirig&#233;e par le courant de l'ANC, ni par celui de la &#171; conscience noire &#187;, les courants du nationalisme noir s'&#233;tant d&#233;tourn&#233;s de la classe ouvri&#232;re consid&#233;r&#233;e comme seulement capable de luttes &#233;conomiques. Le militantisme ouvrier monte en fl&#232;che et se radicalise. Les syndicats d'ouvriers noirs, qui ne comptaient que 16.000 adh&#233;rents en 1969, passent de 223.000 en 1980 &#224; 741.000 en 1983. Les nouveaux syndicats de travailleurs noirs se s&#233;parent de la f&#233;d&#233;ration TUSCA contr&#244;l&#233;e par les syndicats blancs. En 1979, est apparu notamment le FOSATU, importante f&#233;d&#233;ration de syndicats noirs organis&#233;s par branche industrielle et qui va rapidement se radicaliser et se politiser. Le syndicalisme ouvrier passe tr&#232;s rapidement du corporatisme &#224; la contestation politique et sociale du r&#233;gime. Il est remarquable que, vers le milieu des ann&#233;es 80, la plupart des directions des plus grands syndicats ouvriers noirs soit form&#233;e de militants trotskystes. Cela souligne la mont&#233;e du radicalisme ouvrier en m&#234;me temps que l'absence de l'ANC dans la classe ouvri&#232;re des entreprises, m&#234;me si l'ANC a commenc&#233; &#224; appara&#238;tre dans la jeunesse mobilis&#233;e des townships et dans les organisations de la petite bourgeoisie noire. La fraction militante de la classe ouvri&#232;re se distingue des jeunes radicaux dans le sens d'une conscience de classe affirm&#233;e. Par exemple, l'immense majorit&#233; des syndicats refuse d'adh&#233;rer &#224; l'UDF, front ouvertement bourgeois. Seul le SACTU, dirig&#233; par l'ANC, y participe. Le FOSATU vote coup sur coup des r&#233;solutions contre la collaboration de classe pr&#244;n&#233;e par l'ANC et l'UDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative du r&#233;gime d'assouplir un peu les r&#232;gles de l'apartheid (notamment la suppression de l'interdiction des mariages mixtes, de la s&#233;gr&#233;gation dans les salles de th&#233;&#226;tre, les plages et les h&#244;tels de luxe, la cr&#233;ation d'un parlement consultatif pour les M&#233;tis, d'un autre pour les Indiens, la nomination d'un ministre indien et d'un ministre m&#233;tis &#8211; sans portefeuille), depuis 1984, n'a nullement permis de d&#233;mobiliser la jeunesse, ni n'a diminu&#233; le soutien de l'ensemble de la population &#224; son combat contre l'apartheid. En t&#233;moignent les chiffres impressionnants de la r&#233;pression, et l'augmentation consid&#233;rable du nombre de jeunes arr&#234;t&#233;s. Selon les chiffres officiels, truqu&#233;s bien entendu, parmi le nombre de personnes d&#233;tenues entre le 2 juillet 1985 et le 7 mars 1986, il y avait 21.000 jeunes de moins de 16 ans. Des centaines, des milliers d'associations communautaires naissent dans les townships qui t&#233;moignent d'une mont&#233;e du militantisme dans les milieux populaires. Certaines associations organisent le boycott des transports dont le prix augmente, d'autres organisent la gr&#232;ve des loyers des logements g&#233;r&#233;s par les municipalit&#233;s. Des comit&#233;s de quartier sont charg&#233;s d'emp&#234;cher l'entr&#233;e des forces de l'ordre. Des enfants de parents d&#233;tenus ou &#171; disparus &#187; se regroupent. Les gens s'organisent pour abattre les mouchards ou les conseillers municipaux vendus au syst&#232;me. L'&#233;norme majorit&#233; des organisations noires appellent au boycott des &#233;lections en Afrique du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le gouvernement de Botha pr&#233;tend qu'il va r&#233;former l'apartheid, si depuis 1986 il affirme vouloir aller doucement vers la suppression du &#171; pass &#187; (le fameux passeport int&#233;rieur cause de nombreuses &#233;meutes) et d&#233;clare : &#171; Je suis engag&#233; dans un processus de r&#233;formes destin&#233;es &#224; &#233;largir la d&#233;mocratie &#187;, ce n'est pas seulement pour am&#233;liorer son image &#224; l'ext&#233;rieur mais parce que, depuis l'&#233;t&#233; 1984, l'insurrection populaire et ouvri&#232;re gagne chaque ann&#233;e en ampleur dans tout le pays. En ao&#251;t 1984, quelques jours apr&#232;s les &#233;lections, des &#233;meutes &#233;clatent dans la r&#233;gion de Johannesburg, violemment r&#233;prim&#233;es et faisant 29 mort officiellement. A Sabokeng, une grande cit&#233; noire, les forces de l'ordre tentent de d&#233;truire les groupes noirs arm&#233;s. 7000 policiers occupent la ville, fouillent les maisons, et se heurtent &#224; la population noire, faisant officiellement 95 morts. Le maire de Tembissa, une autre grande cit&#233; noire, a d&#251; fuir devant la haine de la population qui manifestait et mena&#231;ait de s'occuper de lui. En avril 1985, dix conseillers municipaux noirs, accus&#233;s de collaboration avec le pouvoir blanc, ont &#233;t&#233; tu&#233;s et 174 d'entre eux ont d&#251; d&#233;missionner. En juillet 1985, 410 policiers ont &#233;t&#233; soit tu&#233;s soit ont vu leur maison br&#251;l&#233;e par les jeunes manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie (imp&#233;rialiste et sud africaine), inqui&#232;te de la mont&#233;e ouvri&#232;re et populaire, cherche &#224; trouver une issue politique qui int&#232;grerait les nationalistes et les r&#233;formistes, en d&#233;tournant le risque social. Les n&#233;gociations de la grande bourgeoisie blanche sud africaine avec l'ANC d&#233;butent en 1985. Le 18 septembre 1985, une d&#233;l&#233;gation d'hommes d'affaire blancs sud africains se rend en Zambie pour rencontrer la direction de l'ANC. L'un d'entre eux est Oppenheimer, principal actionnaire de la De Beer, premier producteur de diamant qui contr&#244;le les deux tiers de la production mondiale de diamant. Il affirme qu'il va falloir rapidement supprimer l'apartheid. Ces patrons blancs n'ont cure des souffrances de la majorit&#233; de la population pauvre d'Afrique du sud, ni des exactions particuli&#232;res subies par les Noirs mais le danger d'explosion ouvri&#232;re incontr&#244;lable, de plus en plus &#233;vident pour tous, les pousse &#224; vouloir changer de r&#233;gime au plus vite. Ils trouvent dans l'ANC (et ses alli&#233;s de l'UDF) un partenaire pr&#234;t &#224; sacrifier la r&#233;volution pour obtenir une part du pouvoir en sauvant la grande bourgeoisie. L'ANC qui affirmait vouloir le socialisme et diriger &#171; une r&#233;volution d&#233;mocratique assurant la lib&#233;ration des opprim&#233;s &#187; rassure les poss&#233;dants d'Afrique du sud. En fait, l'ANC n'avait jamais d&#233;fendu une perspective de renversement de la bourgeoisie, mais seulement de mise place d'une bourgeoisie noire, comme le dit clairement son programme : &#171; la charte de la libert&#233; &#187;. En 1956, Nelson Mandela la commentait ainsi : &#171; Si la Charte proclame la n&#233;cessit&#233; de changement d&#233;mocratique, il ne s'agit en aucune mani&#232;re d'une prise de position pour un Etat socialiste, mais d'un programme pour l'unification des diff&#233;rentes classes et groupements populaires sur une base d&#233;mocratique. &#187; Il concluait : &#171; Le d&#233;mant&#232;lement de ces monopoles (banques et mines d'or) ouvrira un horizon au d&#233;veloppement d'une classe bourgeoise prosp&#232;re non-europ&#233;enne. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de ce pays, une bourgeoisie non-europ&#233;enne aura l'opportunit&#233; de poss&#233;der en son propre nom et en toute l&#233;gitimit&#233; les mines et les usines. Le commerce et l'entreprise priv&#233;e conna&#238;tront un boom et fleuriront comme jamais auparavant. &#187; Rien &#224; voir avec l'image socialiste, et m&#234;me communiste, que les partis communistes ont donn&#233; de Nelson Mandela. Lui, n'a jamais cautionn&#233; cette image. M&#234;me si la mobilisation ouvri&#232;re a contraint, par la suite, l'ANC &#224; parler des travailleurs, le docteur Montlana, num&#233;ro deux de l'ANC, d&#233;clarait : &#171; La solution, c'est que les Noirs travaillent plus dur au sein du syst&#232;me capitaliste. (&#8230;) Laissez ceux qui ont l'ambition, l'ambition capitaliste, individuelle et priv&#233;e, de travailler &#224; la satisfaire et ne leur tournez pas le dos parce qu'ils ne veulent pas devenir des vagabonds avec leur sac sur le dos. (&#8230;) Il y a des gens qui attendent d'un r&#233;gime socialiste qu'il les conduise au pays du lait et du miel. A ces gens-l&#224;, je dis : vous &#234;tes des idiots. Trop de nos gens sont simplement fain&#233;ants. Trop souvent nous reprochons au syst&#232;me nos propres limites. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1986, la situation a tellement empir&#233; que le gouvernement Botha est contraint de d&#233;cr&#233;ter l'Etat d'urgence. La r&#233;pression qui s'abat alors est massive et f&#233;roce. Des organisations d'opposition jusque l&#224; tol&#233;r&#233;es sont interdites, leurs membres arr&#234;t&#233;s, tortur&#233;s, tu&#233;s. Cependant, les gr&#232;ves continuent de se multiplier. L'une des plus grandes est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la r&#233;gion du Triangle de Vaal, en novembre 1984, dans laquelle 150.000 travailleurs sont soutenus par 250.000 &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants. Les mots d'ordre sont : d&#233;part des forces de r&#233;pression des cit&#233;s noires, suppression des augmentations de loyers, des tarifs de l'eau et de l'&#233;lectricit&#233;, abolition de taxes pour les habitants, am&#233;lioration du syst&#232;me &#233;ducatif pour les noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nationalistes, qu'il s'agisse de l'ANC, des autres r&#233;formistes, bourgeois, religieux noirs ou du mouvement de la conscience noire, s'implantent massivement dans les comit&#233;s de la jeunesse des townships et les autres associations qui y fleurissent, les civics. Ils y organisent des actions de harc&#232;lement mais utilisent aussi ces structures pour encadrer le mouvement et se pr&#233;parer au pouvoir. Les comit&#233;s font la loi contre les Noirs eux-m&#234;mes. C'est l'objet des &#171; tribunaux populaires &#187;. Le dirigeant du comit&#233; de Mamelody explique que les comit&#233;s doivent faire la loi, imposer une politique et punir ceux qui pr&#233;tendent s'en affranchir. C'est le but des &#171; campagnes de nettoyage &#187; qui punissent les &#171; d&#233;linquants &#187;. Un embryon d'appareil d'Etat-ANC et des forces de r&#233;pression nouvelles sont ainsi mises en place, d&#233;tournant le d&#233;sir des jeunes de se donner les moyens de lutter contre le r&#233;gime. L'un des objectifs de l'ANC et du PC sud-africain dans les civics est de s'en servir pour intimider les organisations syndicales qui refusent la tutelle de l'ANC et de son alliance avec la bourgeoisie noire et blanche, l'UDF. Des syndcalistes sont violemment attaqu&#233;s. Des gr&#232;ves sont impos&#233;es par les civics aux salari&#233;s de certaines entreprises et tous les syndicats qui ne se conforment pas &#224; la gr&#232;ve impos&#233;e sont frapp&#233;s. La non-participation &#224; l'UDF est stigmatis&#233;e comme une complicit&#233; au pouvoir. La principale centrale ouvri&#232;re, la FOSATU, qui refuse la tutelle de l'ANC et l'appartenance &#224; l'UDF, voit sa direction violemment attaqu&#233;e, politiquement et parfois physiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce aux pressions conjugu&#233;es de l'ANC, du PC, de la bourgeoisie et de l'Etat, les principaux dirigeants syndicaux firent finalement le choix de renoncer &#224; la perspective qu'ils d&#233;fendaient jusque l&#224; : une Afrique du Sud post-apartheid o&#249; les travailleurs auraient le contr&#244;le du pouvoir et des richesses de la soci&#233;t&#233;, ont accept&#233; progressivement de devenir le prolongement politique de l'ANC dans la classe ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire d'&#234;tre la monnaie d'&#233;change contre laquelle l'ANC est arriv&#233;e au pouvoir. C'est sur cette base que se constitua le COSATU, la grande centrale syndicale unifi&#233;e. L'unification des forces de la classe ouvri&#232;re a servi &#224; cacher un changement complet d'orientation. Pour l'ANC, le PC sud-africain et pour la bourgeoisie comme pour l'imp&#233;rialisme, les dirigeants nationalistes noirs n'&#233;taient une bou&#233;e de sauvetage face &#224; la menace r&#233;volutionnaire que s'ils s'av&#233;raient capables de canaliser et de freiner le mouvement r&#233;volutionnaire des masses ouvri&#232;res d'Afrique du sud. Ils ont d&#251; en faire progressivement la d&#233;monstration pendant que l'Afrique du sud faisait &#224; pas compt&#233;s quelques gestes de d&#233;sengagement dans le syst&#232;me de l'apartheid et dans ses interventions militaires contre les pays voisins. Le 22 d&#233;cembre 1988, l'Afrique du Sud, l'Angola et Cuba signent &#224; New York deux trait&#233;s qui pr&#233;voient, l'un le retrait des soldats cubains d'Angola et l'autre, l'accession de la Namibie &#224; l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 ao&#251;t 1988, Nelson Mandela, chef historique du Congr&#232;s national africain (ANC), emprisonn&#233; depuis 1963, est hospitalis&#233; au Cap apr&#232;s avoir contract&#233; la tuberculose. En fait, il s'agit du r&#233;sultat d'une n&#233;gociation au sommet entre les dirigeants de la grande bourgeoisie sud-africaine et les dirigeants de l'ANC qui suit une autre n&#233;gociation au sommet entre la haute bureaucratie russe et l'imp&#233;rialisme US. La fin de l'apartheid accompagne la fin de la politique des blocs et la r&#233;int&#233;gration de la haute bureaucratie russe au sein de la bourgeoisie mondiale. Les gestes se multiplient et les pas de chaque partie se succ&#232;dent. Le 23 novembre 1988, le pr&#233;sident Botha d&#233;cide de gracier les &#034; six de Sharpeville &#034;, tous les recours judiciaires ayant &#233;t&#233; &#233;puis&#233;s apr&#232;s le sursis &#224; ex&#233;cution obtenu le 17 mars. Le 15 mars 1989, Pieter Botha reprend ses fonctions &#224; la t&#234;te de l'Etat apr&#232;s la congestion c&#233;r&#233;brale dont il a &#233;t&#233; victime le 18 janvier. Le Parti national, au pouvoir depuis 1948, a souhait&#233;, le 13, que Frederik De Kerk, qui dirige le parti depuis la d&#233;mission, le 2 f&#233;vrier, de Pieter Botha, devienne pr&#233;sident de la R&#233;publique &#034; dans l'int&#233;r&#234;t du pays &#034;. Le 5 juillet 1989, le pr&#233;sident Pieter Botha re&#231;oit, dans sa r&#233;sidence du Cap, Nelson Mandela, chef historique de l'ANC emprisonn&#233; depuis 1963, qui se prononce pour &#034; une &#233;volution pacifique de la situation &#034;. Le 25 ao&#251;t 1989, Frederik De Klerk, nouveau pr&#233;sident sud africain, confirme ses intentions r&#233;formistes : supprimer l'apartheid de fa&#231;on n&#233;goci&#233;e. Le 2 mai 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent leur premi&#232;re s&#233;rie de discussions directes au Cap : ils s'engagent &#224; &#034; lutter contre la violence et l'intimidation, d'o&#249; qu'elles viennent &#034;. Le 15 octobre 1989, huit dirigeants nationalistes, dont Walter Sisulu, compagnon de Nelson Mandela, sont lib&#233;r&#233;s apr&#232;s vingt cinq ans pass&#233;s en prison. Les sept membres de l'ANC lib&#233;r&#233;s participent, le 29, au premier rassemblement autoris&#233; par le r&#233;gime depuis 1960, qui r&#233;unit soixante mille personnes dans le stade de Soweto. Le 2 f&#233;vrier 1990, le pr&#233;sident sud africain Frederik De Klerk annonce devant le Parlement la l&#233;galisation des mouvements nationalistes noirs, dont le Congr&#232;s national africain (ANC), interdit depuis 1960, la lib&#233;ration des prisonniers politiques qui n'ont pas commis de violences, la fin de la censure et la suspension des ex&#233;cutions capitales. Le 11 f&#233;vrier 1990, Nelson Mandela est lib&#233;r&#233; apr&#232;s vingt sept ans de captivit&#233;. Le 13 f&#233;vrier 1990, parlant devant plus de cent mille personnes au stade de Soweto, &#224; Johannesburg, Nelson Mandela multiplie les appels &#034; au calme et &#224; la discipline &#034;. Le16 f&#233;vrier 1990, le comit&#233; ex&#233;cutif de l'ANC, r&#233;uni depuis le 14 &#224; Lusaka (Zambie) en l'absence de Nelson Mandela, accepte de rencontrer Frederik De Klerk. Le 4 mars 1990, Lennox Sebe, &#034; pr&#233;sident &#224; vie &#034; du bantoustan du Ciskei, est renvers&#233; par un coup d'Etat militaire dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Josh Gqozo. Le nouveau pouvoir r&#233;clame la r&#233;int&#233;gration du Ciskei au sein de l'Afrique du Sud. Le 2 mai 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent leur premi&#232;re s&#233;rie de discussions directes au Cap : ils s'engagent &#224; &#034; lutter contre la violence et l'intimidation, d'o&#249; qu'elles viennent &#034;. Le 7 juin 1990, l'&#233;tat d'urgence, instaur&#233; le 12 juin 1986, est lev&#233;, sauf dans la province du Natal, o&#249; se poursuivent des affrontements entre factions rivales dans les cit&#233;s noires. Le 19, la loi abolissant, &#224; partir du 15 octobre, la s&#233;gr&#233;gation raciale dans les lieux publics est vot&#233;e par les d&#233;put&#233;s. Le 6 ao&#251;t 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent, &#224; Pretoria, leur deuxi&#232;me s&#233;rie de pourparlers pr&#233;alables &#224; des n&#233;gociations sur une nouvelle Constitution. Dans l'accord sign&#233; apr&#232;s quinze heures de discussions, l'ANC annonce qu'elle suspend la lutte arm&#233;e, tandis que le gouvernement s'engage &#224; lib&#233;rer tous les prisonniers politiques et &#224; autoriser le retour des exil&#233;s avant la fin de l'ann&#233;e. Le 13, &#233;clatent de tr&#232;s violents affrontements entre partisans de l'ANC et partisans du mouvement zoulou Inkatha dans les cit&#233;s noires autour de Johannesburg. Le 18 octobre 1990, l'&#233;tat d'urgence est lev&#233; au Natal, seule r&#233;gion o&#249; il &#233;tait encore en vigueur en raison des affrontements entre membres de l'Inkatha et militants de l'ANC, qui ont fait plus de quatre mille morts en quatre ans. Le 27 juin 1991, apr&#232;s le vote du Parlement, le pr&#233;sident Frederik De Klerk signe l'abrogation des trois derni&#232;res lois qui r&#233;gissaient l'apartheid. Le 14 septembre 1991, le pr&#233;sident De Klerk et une vingtaine d'organisations politiques, syndicales et religieuses, dont l'ANC et le Parti Inkatha &#224; dominante zouloue, signent un accord de paix destin&#233; &#224; mettre fin aux violences entre factions noires rivales, qui ont fait pr&#232;s de dix mille morts depuis 1984. Le 20 d&#233;cembre 1991, dix neuf partis et organisations participent, pr&#232;s de Johannesburg, &#224; la premi&#232;re r&#233;union de la Convention pour une Afrique du Sud d&#233;mocratique, charg&#233;e d'&#233;laborer une nouvelle Constitution, qui consacrera la fin de l'apartheid. Le 17 mars 1992, le succ&#232;s massif du &#034; oui &#034; (68,7 % des 3,29 millions d'&#233;lecteurs blancs) au r&#233;f&#233;rendum sur la politique de r&#233;formes, demand&#233; par le pr&#233;sident Frederik De Klerk, ouvre la voie &#224; l'acc&#233;l&#233;ration de la politique de partage du pouvoir entre les Blancs et les Noirs. Les 26-29 avril 1994, les premi&#232;res &#233;lections multiraciales mettent fin au r&#233;gime de l'apartheid. Le Congr&#232;s national africain (ANC) de Nelson Mandela recueille 62,65 % des voix, soit 252 si&#232;ges sur 400, contre 20,39 % (82 si&#232;ges) au Parti national (PN) du pr&#233;sident sortant, Frederik De Klerk, et 10,54 % (43 si&#232;ges) &#224; l'Inkatha de Mangosuthu Buthelezi. Le 10 mai 1994, &#233;lu le 9 &#224; la pr&#233;sidence de l'Etat par le Parlement, Nelson Mandela, est investi en pr&#233;sence de quarante-deux chefs d'Etat ou de gouvernement. Le 25, le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU vote la lev&#233;e de l'embargo impos&#233; &#224; l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux, qui avaient jou&#233; le r&#244;le de pompiers du soul&#232;vement ouvrier, re&#231;urent leur r&#233;compense. Sur les 400 si&#232;ges du parlement national issu des premi&#232;res &#233;lections multiraciales de l'histoire du pays, en 1994, 76 &#233;taient occup&#233;s par des syndicalistes du COSATU, 80 par des membres du Parti communiste (SACP), tous &#233;lus sous une &#233;tiquette ANC. Mais le &#171; Programme de Reconstruction et de D&#233;veloppement &#187; du nouveau gouvernement Mandela, qui devait apporter aux pauvres des emplois, des maisons, l'&#233;lectricit&#233; et l'eau potable, confi&#233; &#224; la tutelle de l'ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du COSATU, resta sur le papier. Et une loi interdisait d&#232;s 1995 les gr&#232;ves dans les services dits &#171; essentiels &#187; et rendait ill&#233;gale toute gr&#232;ve organis&#233;e contre des licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; sud-africaine a fait dispara&#238;tre l'apartheid formel mais elle reste plus que jamais l'une des plus in&#233;galitaires au monde. Les Noirs sont toujours exclus et exploit&#233;s au profit des m&#234;mes soci&#233;t&#233;s capitalistes mais ils le sont en tant que prol&#233;taires, plus en tant que noirs ! Mais la bureaucratie du COSATU a pu se lancer dans les affaires. Les milliards de dollars vers&#233;s dans des caisses de retraite et de pr&#233;voyance par les 3,2 millions de syndiqu&#233;s ont &#233;t&#233; utilis&#233;s par les organisations syndicales pour monter des fonds d'investissement. Le NUM, le syndicat des mineurs, a investi 1,5 milliard de francs&#8230; dans une holding du trust minier Anglo American. Son ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, Cyril Ramaphosa, devenu millionnaire, r&#233;suma bien le singulier destin de ces chefs syndicalistes : &#171; Voil&#224; les syndicats qui se mettent aux affaires pour leur propre compte. (&#8230;) Je n'ai aucun scrupule moral &#224; m'engager dans cette voie nouvelle, parce que j'y travaillerai avec des camarades et que nous nous conformerons &#224; certains principes. Inutile de nous voiler la face : ce faisant, nous allons bien s&#251;r nous enrichir. Mais en m&#234;me temps, nous dirons que nos syndicats aussi doivent pouvoir s'enrichir. Bient&#244;t le NUM nagera dans les millions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 2000, il est devenu clair que le cr&#233;dit de l'ANC ne suffisait plus &#224; calmer le m&#233;contentement social. La police sud-africaine est intervenue violemment durant tout la fin du mois de mai 2005 pour disperser des manifestations massives d'habitants des townships, les anciens ghettos noirs devenus des ceintures de la mis&#232;re. Cela fait plus de deux mois que des troubles ont lieu non seulement dans un grand nombre de townships de la ville du Cap (avec de v&#233;ritables soul&#232;vements &#224; Blackheath, Khayelitsha et Gugulethu) et de l'Etat de Western Cape (Sud-Ouest du pays) dont la ville du Cap fait partie mais touchent &#233;galement d'autres Etats comme l'Eastern Cape (r&#233;gion sud-est) ou de Free State (une r&#233;gion du centre). A Harrismith (Free State) et &#224; Port Elisabeth (Eastern Cape) o&#249; les affrontements ont dur&#233; quatre jours, les forces de l'ordre ne peuvent plus circuler sans &#234;tre prises &#224; partie. Des responsables locaux ont &#233;t&#233; escort&#233;s vers la sortie par la population r&#233;volt&#233;e. La population pauvre, lasse d'attendre des logements d&#233;cents et des services sociaux de base, s'est r&#233;volt&#233;e. A Kommitjie (un bidonville &#224; 45 km au sud du Cap), les &#233;meutes ont explos&#233; le lundi 30 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement a d&#233;but&#233; en f&#233;vrier 2005 dans deux townships de la r&#233;gion de Free State, pr&#232;s de Ventersburg (r&#233;gion de Free State), avant de s'&#233;tendre &#224; Harrismith, Warden et Vrede (townships &#233;galement de Free State). Il n'a cess&#233; de se d&#233;velopper, atteignant en avril les bidonvilles de la ville du Cap. Le 27 avril, des centaines d'habitants de plusieurs townships proches du Cap, dont Langa, Gugulethu et Nyanga, ont march&#233; sur la ville. Un leader du bidonville de Gugulethu d&#233;clarait : &#171; Des maisons maintenant ou des terres. Sinon, nous sommes pr&#234;ts &#224; mourir pour cette cause. &#187; Les manifestants ont r&#233;ussi &#224; faire reculer le gouvernement local qui a propos&#233; quelques logements et ont &#233;t&#233; suivis par de nombreux autres township qui ont affront&#233; les forces de l'ordre dans de v&#233;ritables batailles rang&#233;es impliquant parfois un grand nombre de gens. Pneus br&#251;l&#233;s, jets de pierre contre les v&#233;hicules de police, barricades, tirs contre les &#233;meutiers et arrestations massives, on se croirait revenu &#224; l'&#233;poque o&#249; le parti raciste blanc imposait la dictature des blancs sur les noirs. Devant le Parlement du Cap, le pr&#233;sident Thabo Mbeki d&#233;clarait que &#171; ce n'est pas encore un danger imm&#233;diat pour notre d&#233;mocratie. Mais ils (les mouvements) refl&#232;tent les failles dont nous avons h&#233;rit&#233; du pass&#233; et qui, s'ils s'enracinaient et gagnaient un v&#233;ritable soutien populaire, ils repr&#233;senteraient une menace pour la stabilit&#233; de l'Afrique du sud d&#233;mocratique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques squats et bidonvilles pourraient d&#233;stabiliser un pays ? En fait, la r&#233;volte des townships avait contribu&#233; &#224; d&#233;stabiliser le r&#233;gime de l'apartheid en 1976-77 et en 1985-88. Elle peut encore menacer le r&#233;gime post-apartheid parce que la population qui ne dispose que d'un logement pr&#233;caire repr&#233;sente toujours l'essentiel et 5 millions d'habitants sont dans des bidonvilles. Selon Jeune Afrique du 4 mai 2004, &#171; 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvret&#233;. Les noirs ont un taux de ch&#244;mage de 50% contre 10% pour les blancs et de 75% pour les 16-24 ans. Les townships o&#249; vivent plusieurs millions de personnes offrent un environnement insalubre et dangereux. Contrairement &#224; la parano&#239;a d&#233;velopp&#233;e par les riches et les blancs, les principales victimes de violence sont bien les noirs. &#187; La mis&#232;re, le ch&#244;mage, la violence sont toujours le pain quotidien de la grande majorit&#233; de la population noire m&#234;me si une grande bourgeoisie et une petite bourgeoisie noires ont fait leur apparition. Les in&#233;galit&#233;s se sont accrues et, face &#224; un enrichissement d'une minorit&#233; de noirs, 22 millions de sud-africains vivent avec moins de un dollar par jour alors que la croissance du PIB &#233;tait de 3,7% en 2004. La hausse massive du ch&#244;mage est ni&#233;e par le gouvernement qui publie des statistiques en contradiction flagrante avec la r&#233;alit&#233; v&#233;cue par la population. Dans sa lettre hebdomadaire aux membres de l'ANC de fin mai 2005, le pr&#233;sident Thabo Mbeki d&#233;clarait qu'il &#233;tait impossible que 26,9% (contre 23% en 2003) soit douze millions sur 44 millions soient sans emploi. &#171; C'est un nombre trop grand pour qu'on ne les ait pas remarqu&#233; &#187;. Il affirmait que &#171; La question est plus un manque de qualification qu'un manque de travail. (..) Le ch&#244;mage n'a augment&#233; que dans la mesure de la hausse des aides aux plus pauvres. &#187;, une mani&#232;re de dire que c'est la faute des travailleurs s'ils ne sont pas assez qualifi&#233;s et que les pauvres ne devraient plus &#234;tre aid&#233;s pour &#234;tre oblig&#233;s &#224; travailler. Les syndicats r&#233;pondaient que Thabo Mbeki avait mis des ann&#233;es &#224; admettre que le virus HIV causait le sida et qu'il n'&#233;tait pas &#233;tonnant qu'il nie l'existence d'un ch&#244;mage massif. Le sida est d'ailleurs la principale catastrophe de l'Afrique su sud avec la mis&#232;re car elle condamne une grande partie des enfants &#224; devenir des orphelins et les malades n'ont pas les moyens de se soigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est telle que la centrale syndicale COSATU, qui fait pourtant partie int&#233;grante de la coalition au pouvoir, s'est crue oblig&#233;e de faire mine de s'opposer publiquement au projet de r&#233;forme du droit du travail propos&#233; par le gouvernement ANC, un v&#233;ritable plan de d&#233;r&#233;glementation sociale pour favoriser le bourgeoisie. Sous pr&#233;texte de favoriser l'embauche des jeunes, il s'agit s'imposer la flexibilit&#233; des salaires, des horaires et des conditions de travail. L'Afrique du sud est le th&#233;&#226;tre d'une offensive anti-sociale tous azimuts. L'Etat intervient violemment contre les gr&#233;vistes, r&#233;prime les townships, r&#233;duit les aides aux ch&#244;meurs et aux sans logis. Les municipalit&#233;s font de m&#234;me et r&#233;duisent &#233;galement les aides aux pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, avec la fin de l'Apartheid, la bourgeoisie sud-africaine a eu gain de cause : la r&#233;volte a &#233;t&#233; pacifi&#233;e et le pays dirig&#233; par des noirs a pu se tourner vers un r&#244;le de leader &#233;conomique (vendeur d'armes notamment) et politique du continent africain. Le pays p&#232;se un quart du PIB de toute l'Afrique soit l'&#233;quivalent de la Gr&#232;ce. &#171; L'Afrique du sud n'existera que si elle a sa place dans le monde &#187; d&#233;clare un ministre. Et le pays intervient dans un nombre de plus en plus grand de conflits africains, prenant la place de la France notamment aupr&#232;s des dictateurs africains. Pour les travailleurs noirs, la fin de l'Apartheid en 1994 signifiait l'espoir d'une vie meilleure, et ils ont fait, &#224; tort, cr&#233;dit aux dirigeants de l'ANC. Dor&#233;navant, ils savent qu'ils ne peuvent compter que sur leurs propres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la force des travailleurs reste la principale du pays comme le retour des grandes gr&#232;ves le d&#233;montre. Le 10 ao&#251;t 2005, pr&#232;s de 100000 mineurs sud-africains en gr&#232;ve illimit&#233;e. Premier arr&#234;t national depuis 18 ans. Les gr&#233;vistes, membres du syndicat national des mineurs (NUM) protestent &#224; la fois contre les conditions de salaire et de travail dans l'industrie. La direction propose d'augmenter les salaires de 5-6% mais le syndicat dit que cela ne prend pas en compte la hausse du prix de l'or. En m&#234;me temps, 800 000 travailleurs municipaux sont aussi en gr&#232;ve pour les salaires et s'affrontent &#224; la police. Le syndicat appelle &#224; la gr&#232;ve illimit&#233;e apr&#232;s que trois journ&#233;es d'action en ao&#251;t et une autre en juillet. L'arr&#234;t des mines co&#251;te environ une perte de $12m par jour, selon un analyste. C'est une des plus grandes luttes de travailleurs depuis la fin de l'apartheid. &#171; Je ne pense pas que l'industrie peut se permettre une gr&#232;ve, mais je suis absolument convaincu qu'elle ne peut pas se permettre une augmentation des salaires &#187; a dit Bernard Swanepoel, PDG de Harmony Gold. Mais selon le NUM, puisque les cours de l'or et du rand montent en fl&#232;che depuis deux ans, les mineurs &#8211; qui travaillent souvent &#224; 40&#176;C &#224; 3 km sous terre &#8211; r&#233;clament une meilleure r&#233;partition des b&#233;n&#233;fices. Et un autre syndicat, Solidarity, semble se joindre &#224; la lutte. La plupart des membres de ce syndicat Solidarit&#233; sont blancs et c'est rare de sa part de prendre part &#224; une action aux c&#244;t&#233;s du syndicat NUM, principalement noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2006, les mineurs sont &#224; nouveau en gr&#232;ve, rappelant que d&#233;sormais la fin de l'apartheid n'est plus un argument anti-gr&#232;ve. Des Noirs gouvernent et d'autres travaillent. Entre eux, il n'y a aucune solidarit&#233; mais une opposition claire et franche : une opposition de classe, comme partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Extraits de &#171; Une gauche syndicale en Afrique du sud (1978-1993) &#187; de Claude Jacquin :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les ann&#233;es quatre-vingt ont &#233;t&#233;, dans l'histoire sud-africaine, celles des plus grandes mobilisations politiques et sociales. Le mouvement syndical fut l'un des principaux protagonistes. (&#8230;) La gauche syndicale forma notamment la F&#233;d&#233;ration syndicale FOSATU en 1979 (Federation of South African Trade Unions). (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant les ann&#233;es soixante-dix, plusieurs courants syndicaux se sont d&#233;velopp&#233;s et se sont progressivement diff&#233;renci&#233;s sur fond de reprise des conflits sociaux. (&#8230;) Le premier s'est constitu&#233; autour de la tradition syndicale du South African Congress Trade Union (SACTU) et de son lien &#224; l'African National Congress (ANC). Le second s'est form&#233; &#224; partir de la mouvance Black Consciousness (Mouvement de la Conscience noire). Il formera notamment le Council of Unions of South Africa (CUSA), un certain nombre de dirigeants du CUSA &#233;tant li&#233;s &#224; l'organisation politique Azanian People's Organization (AZAPO). Le dernier, enfin, est apparu de mani&#232;re originale, sans lien apparent avec un courant politique connu. Il a donn&#233; naissance, en 1979, &#224; la Federation of South African Trade Unions (FOSATU), la nouvelle f&#233;d&#233;ration unitaire. (&#8230;) Ce courant a donn&#233; naissance aux principaux syndicats de l'industrie (hormis celui des mines) c'est-&#224;-dire, entre autres, de l'automobile, de la m&#233;tallurgie, de la chimie, du textile. Il a d&#233;velopp&#233; au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt un projet syndical original et ce, &#224; partir d'une conception explicitement ind&#233;pendante des principales forces politiques. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut comprendre pourquoi un pays semi-industrialis&#233; et disposant d&#233;j&#224; d'un appareil d'Etat solide &#171; s'aventure &#187;, apr&#232;s 1947, dans l'aggravation d'un syst&#232;me de s&#233;gr&#233;gation raciale produit du colonialisme, &#224; une &#233;poque o&#249; commence &#224; se poser le probl&#232;me des formes nouvelles de contr&#244;les politique et &#233;conomique des empires. (&#8230;) Le danger d'une nouvelle r&#233;sistance des ouvriers noirs avait &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; par la gr&#232;ve des mineurs africains de 1946. Bien que cette gr&#232;ve ait &#233;t&#233; d&#233;faite et que les tentatives de solidarit&#233; parmi les travailleurs urbains aient &#233;chou&#233;, l'Etat avait besoin de trouver une solution &#224; long terme au probl&#232;me du contr&#244;le social. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, au-del&#224; des professions de foi politiques ou id&#233;ologiques des uns et des autres sur la sup&#233;riorit&#233; de la race blanche ou sur une meilleure int&#233;gration des Noirs, divers secteurs discutaient depuis plusieurs ann&#233;es de la meilleure mani&#232;re de maintenir une main d'&#339;uvre au moindre co&#251;t tout en &#233;vitant la dislocation du syst&#232;me politique. La victoire &#233;lectorale du Parti national en 1948 sanctionna la victoire de la seconde option, ouvrant une nouvelle p&#233;riode de l'histoire sud-africaine, jusqu'&#224; ce que ce choix s'&#233;puise progressivement au cours des ann&#233;es soixante-dix. (&#8230;) L'observation des taux de production des mines d'or montre que la production augmente substantiellement et r&#233;guli&#232;rement de 1952 jusqu'&#224; 1970 avec un seul petit recul en 1967. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix, les deux principales f&#233;d&#233;rations de syndicats enregistr&#233;s &#233;taient le Trade Union Council of South Africa (TUCSA) avec environ 234.000 membres (60% &#233;tant m&#233;tis) et la South African Confederation of Labour (SACOL) avec 180.000 adh&#233;rents (en fait uniquement des syndicats de travailleurs blancs). (&#8230;) Des soixante syndicats non enregistr&#233;s qui existaient en 1961, trente-six avaient &#233;t&#233; affili&#233;s au South African Congress of Trade Unions (le SACTU li&#233; &#224; l'ANC) et seize &#224; la Federation of Free African Trade Union of South Africa (la FOFATUSA li&#233;e au PAC qui s'&#233;teint en 1966). (&#8230;) L'essentiel des cadres du SACTU quitt&#232;rent le pays pour l'exil malgr&#233; le fait que le SACTU ne fut jamais interdit. (&#8230;) Ce fut le tournant de l'ANC vers une &#171; strat&#233;gie de lutte arm&#233;e &#187; &#224; partir d'un &#233;tat-major en exil. En tout cas, au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix, l'influence de l'ANC dans le mouvement syndical est fortement affaiblie et ne passe plus par une structure sp&#233;cifique comme cela avait pu l'&#234;tre avec le SACTU. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec les gr&#232;ves du Natal en 1973 (&#8230;) D. du Toit &#233;crit (&#8230;) Les travailleurs africains qui avaient peur de rejoindre des syndicats jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es soixante ne craignaient plus quelques ann&#233;es plus tard de participer ) des gr&#232;ves ill&#233;gales. &#187; (&#8230;) 69 gr&#232;ves en 1971 pour 4.196 gr&#233;vistes, 71 gr&#232;ves en 1972 avec 8.814 participants, 370 conflits du travail en 1973 avec 98.029 gr&#233;vistes et, en 1974, 384 gr&#232;ves engageant 58.975 travailleurs. (d'apr&#232;s Darcy du Toit)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Darcy du Toit &#233;crit : &#171; Les militants radicaux sur le terrain syndical n'avaient pas grand-chose &#224; faire avec leurs homologues du mouvement de la Conscience noire. Alors m&#234;me qu'en un sens les activit&#233;s des intellectuels noirs et blancs &#233;taient parall&#232;les, elles demeuraient s&#233;par&#233;es du fait m&#234;me de l'id&#233;ologie de la Conscience noire. Ironiquement ce furent les intellectuels blancs qui furent les plus capables d'approcher les ouvriers africains sur la base des int&#233;r&#234;ts de classe. Le Mouvement de la Conscience noire, en g&#233;n&#233;ral, a minimis&#233; ces int&#233;r&#234;ts et a approch&#233; des travailleurs noirs non pas comme des ouvriers mais comme des Noirs. &#187; (dans &#171; Capital et Travail en Afrique du sud, luttes de classe des ann&#233;es 70 &#187;) (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;v&#233;nements de Soweto, de juin 1976, allaient confirmer le changement politique en cours dans le pays. La r&#233;volte des jeunes du Transvaal s'ajouta &#224; la renaissance du mouvement ouvrier noir pour d&#233;boucher sur les grands mouvements sociaux et politiques des ann&#233;es quatre-vingt. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fondation de la FOSATU en avril 1979 repr&#233;sentait, depuis la disparition de la SACTU et l'autodissolution de la FOSATUSA, la r&#233;apparition d'une f&#233;d&#233;ration majoritairement compos&#233;e de syndicats non-enregistr&#233;s. (&#8230;) A son lancement cette derni&#232;re annon&#231;ait 45.000 membres au sein de douze syndicats. Parmi ceux-ci, seuls deux &#233;taient n&#233;s avant la p&#233;riode 1973-74 : le National Automobile and Allied Workers Union (1967) et le Jewellers and Goldsmiths Union (1939). La philosophie g&#233;n&#233;rale &#233;tait : &#171; refus de la division raciale, contr&#244;le ouvrier, syndicats de branche, organisation &#224; la base, ind&#233;pendance ouvri&#232;re, solidarit&#233; ouvri&#232;re internationale, unit&#233; syndicale. &#187; (&#8230;) Cette position exprima tout &#224; la fois la pr&#233;occupation d'une ind&#233;pendance organique par rapport &#224; tout mouvement politique, dont l'ANC, et celle d'un projet strat&#233;gique ind&#233;pendant identifiant classe ouvri&#232;re, mouvement ouvrier et mouvement syndical. (&#8230;) La FOSATU est implant&#233;e dans les secteurs industriels repr&#233;sentatifs de l'&#233;volution r&#233;cente de l'&#233;conomie du pays : la m&#233;tallurgie (Metal and Allied Workers Union) et surtout l'Automobile (National Automobile and Allied Workers Union) avec une nette croissance au niveau de concentration de la main d'&#339;uvre : le textile (NUTW), l'alimentation (SFAWU), et la chimie (CWIU) qui ont connu eux aussi une forte croissance des effectifs (&#8230;).&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut tout d'abord noter l'importance des dirigeants blancs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Alec Erwin, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du TUACC puis de la FOSATU (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; John Copelyn, dirigeant du syndicat du textile, bas&#233; &#224; Durban&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rob Crompton, dirigeant de la chimie, bas&#233; &#224; Durban&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Berny Fanaroff, astrophysicien de formation, dirigeant de la m&#233;tallurgie, bas&#233; &#224; Johanesburg.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Leur motivation comportant un fort volet politique consistant, en g&#233;n&#233;ral, &#224; faire le choix de la construction syndicale pour &#233;tablir un instrument plus sp&#233;cifiquement &#171; ouvrier &#187; dans la lutte anti-apartheid. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait aussi souligner la tr&#232;s grande collaboration entre Alec Erwin et Enver Motala, intellectuel de Durban. Ce dernier dirigeait le bureau local du SACHED-Lacon, un organisme ind&#233;pendant et f&#233;d&#233;ratif de publication et de formation au profit des mouvements sociaux. Enver Motala travailla avec Alec Erwin &#224; l'&#233;laboration du programme de formation des cadres de la FOSATU (&#8230;) qui comportait un volet sur la crise bureaucratique de l'Union sovi&#233;tique. C'est l'organisme de Durban du Lacon qui publia en 1987 un livre de formation sur l'histoire du mouvement syndical tout &#224; fait proche des analyses de l'ancienne FOSATU. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin des ann&#233;es vingt, des militants adh&#233;rant aux critiques trotskystes se d&#233;tachaient du Parti communiste. Certains d'entre eux furent les dirigeants d'un mouvement assez large dans les ann&#233;es quarante, portant le nom de Unity Movement. Par ailleurs, un syndicaliste de renom dans les ann&#233;es trente et quarante, Max Gordon, &#233;tait trotskyste. Ce courant s'est fragment&#233; et fortement affaibli dans les ann&#233;es cinquante. Mais il existait toujours au Cap, dans les ann&#233;es soixante-dix, une forte implantation de ces groupes, principalement parmi les enseignants et la jeunesse militante noire. (&#8230;) Le dirigeant du syndicat des travailleurs municipaux du Cap avait &#233;t&#233; membre du Unity Movement. Marcel Golding, avant de devenir un dirigeant du syndicat des mineurs, a fait partie d'un petit groupe d'&#233;tude d'orientation trotskyste. Il faut souligner que d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, ces cadres syndicaux consid&#232;rent tous ces groupes comme sectaires et obsol&#232;tes. (&#8230;) Alec Erwin souligne par ailleurs qu'ils pensaient d&#232;s cette &#233;poque que la perspective de fondation d'un parti &#233;tait pr&#233;matur&#233;e et qu'ils &#233;taient effray&#233;s par les d&#233;g&#226;ts de la division et du sectarisme dans l'extr&#234;me gauche britannique. (&#8230;) Les orientations suivantes leur sont communes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une opposition &#224; l'ANC &#224; partir d'une lecture critique de la &#171; Charte de la Libert&#233; &#187; consid&#233;r&#233;e comme un document &#171; nationaliste &#187;, ne distinguant pas les int&#233;r&#234;ts divergents entre classes sociales au cours de la lutte de lib&#233;ration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une opposition aux relations avec les lib&#233;raux blancs, avec le Parti f&#233;d&#233;ral progressiste (PFP) voire avec l'association des &#233;tudiants blancs, NUSAS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une affirmation du r&#244;le central, si ce n'est exclusif, de la classe ouvri&#232;re dans les luttes d'&#233;mancipation et de transformation de la soci&#233;t&#233;, et ce, en opposition avec la strat&#233;gie de l'ANC et du Parti communiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une critique du Parti communiste comme courant prosovi&#233;tique, sectaire et &#171; stalinien &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce cadre, c'est la FOSATU qui apparaissait, en ce d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, comme la seule vraie tentative, large et repr&#233;sentative, de mettre en pratique une telle identit&#233; politique. (&#8230;) Le d&#233;bat va s'acc&#233;l&#233;rer &#224; partir du d&#233;but de l'ann&#233;e 1982. En avril de cette ann&#233;e-l&#224;, la FOSATU tient son second congr&#232;s. Un rapport politique g&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; par le noyau de direction et est pr&#233;sent&#233; par Joe Foster. (&#8230;) Le rapport Foster semble correspondre &#224; une p&#233;riode d'euphorie au sein de la FOSATU. Il faut en effet souligner qu'en 1982 l'ANC reste une force relativement faible. Il n'a pas reconstruit son h&#233;g&#233;monie politique sur toute l'opposition &#224; l'apartheid comme il sera capable de la faire &#224; partir de 1984. Il peut m&#234;me appara&#238;tre comme un mouvement handicap&#233; par l'exil de sa direction et incapable de saisir les changements profonds survenus dans le pays. Le noyau dirigeant de la FOSATU se sent, &#224; l'inverse, en phase avec les &#233;volutions socio-&#233;conomiques : importance grandissante des conflits du travail, &#233;mergence d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration ouvri&#232;re, formation de nouvelles exp&#233;riences de confrontation avec l'Etat et le patronat. Le rapport de Joe Foster souligne la possibilit&#233; nouvelle de placer la lutte contre l'apartheid sous le drapeau des &#171; luttes anti-capitalistes &#187;. C'est une orientation qui s'&#233;carte ouvertement des postulats politiques de l'ANC et du Parti communiste. (&#8230;) Foster parle &#224; ce propos de &#171; construire le mouvement ouvrier &#187; apr&#232;s avoir parl&#233; de &#171; parti des travailleurs &#187;, en opposition &#224; la notion de mouvement de lib&#233;ration incarn&#233; par l'ANC. Le contexte international de 1982, marqu&#233; entre autres par l'essor de Solidarnosc en Pologne, permet alors &#224; la direction de la FOSATU de pr&#233;senter ses vues sur le &#171; socialisme r&#233;ellement existant. &#187; (&#8230;) En octobre 1983, le journal &#171; Fosatu &#8211; workers news &#187; publia un article en double page centrale sur Solidarnosc et la Pologne. (&#8230;) Au Br&#233;sil, c'est une &#233;quipe de syndicalistes de la m&#233;tallurgie qui, en 1979, avait lanc&#233; l'id&#233;e d'un &#171; parti des travailleurs &#187;. C'est finalement ce qu'ils r&#233;alis&#232;rent en fondant ce parti autour d'Ignacio Lula da Silva, dirigeant syndical de la banlieue de Sao Paulo. En 1985, les num&#233;ros 39 et 40 de &#171; Fosatu &#8211; workers news &#187; publiaient un long article de reportage sur le Parti des Travailleurs du Br&#233;sil. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut garder en m&#233;moire que les ann&#233;es 1980-1982 voient une nouvelle acc&#233;l&#233;ration des conflits du travail et un renforcement des organisations syndicales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ann&#233;es 1978 1979 1980 1981 1982&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nb de gr&#232;ves 106 101 207 342 281&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nb de gr&#233;vistes 14160 22803 61785 92842 189022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Ce sont les syndicats de la FOSATU qui totalisent le plus de gr&#232;ves &#224; leur actif, et notamment ceux de la m&#233;tallurgie et de l'automobile. (&#8230;) Seul le secteur des mines totalise, en 1982, un nombre sup&#233;rieur de gr&#233;vistes, malgr&#233; un nombre total de d&#233;brayages plus modeste. Mais il s'agit pour l'essentiel d'un seul conflit en juillet, sur des questions de salaires, impliquant neuf mines du Transvaal et trois autres au Natal. La r&#233;pression fut tr&#232;s dure et de nombreux gr&#233;vistes furent renvoy&#233;s dans leurs bantoustans. Il s'agissait du plus grand conflit dans les mines depuis la gr&#232;ve de 1946, annonciateur de la place qu'allait bient&#244;t prendre ce secteur dans le mouvement syndical.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) L'un des grands probl&#232;mes auquel d&#251; faire face le mouvement syndical fut singuli&#232;rement celui du d&#233;veloppement d'une autre forme d'organisation de la population noire : les civics ou community associations. Sous ce vocable ont &#233;t&#233; souvent regroup&#233;es toutes les formes associatives se d&#233;veloppant au niveau des townships. (&#8230;) Les civics se sont rapidement d&#233;velopp&#233;es au Cap &#224; la fin des ann&#233;es soixante-dix. Elles prolongeaient d'une certaine mani&#232;re les formes d'organisation au sein des townships qui &#233;taient apparues au cours des mouvements de juin 1976 au Transvaal. (&#8230;) Beaucoup ont pu appara&#238;tre sous la forme de comit&#233; de lutte, soit pour le boycott des transports en commun contre une augmentation des tarifs, soit pour un boycott des loyers contre l'augmentation de ceux-ci. Certains ont pris la forme de comit&#233; politique traitant de tous les probl&#232;mes de la communaut&#233;. (&#8230;) Il semble que le d&#233;veloppement des civics se soit surtout fait au d&#233;part au Cap sous l'impact de deux courants politiques concurrents &#224; l'&#233;poque dans cette r&#233;gion : celui de la gauche politique ind&#233;pendante (la n&#233;buleuse politique h&#233;riti&#232;re du Unity Movement) et celui li&#233; ou influenc&#233; par l'ANC. C'est ainsi qu'au Cap les militants du Unity Movement form&#232;rent avec les associations qu'ils contr&#244;laient Federation of Cape Civic Associations et que les militants de l'ANC et du Parti communiste form&#232;rent de leur c&#244;t&#233; le Cape Area Housing Action Committee (CAHAC). S'y est rajout&#233;e l'activit&#233; propre du parti Azapo et celle des militants du PAC. (&#8230;) Pour la gauche syndicale le probl&#232;me &#233;tait donc assez complexe. Elle voyait se d&#233;velopper une forme compl&#233;mentaire d'organisation sociale susceptible de toucher la grande masse de ceux et celles qui ne travaillent pas ou &#233;teint employ&#233;s dans des entreprises inaccessibles au mouvement syndical. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Nombre de ces associations avaient comme principaux activistes des gens socialement stables ayant une certaine habilet&#233; politique. Beaucoup de ceux-l&#224; &#233;taient des enseignants, des hommes d'&#233;glises, des m&#233;decins et plus g&#233;n&#233;ralement des membres de familles &#224; revenus moyens au sein des quartiers. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus l'ANC &#233;tendait son influence sur les civics plus cela devenait un face-&#224;-face entre ce parti (avec ses militants apparaissant sous le drapeau de leur association et d&#233;fendant la &#171; Charte de la Libert&#233; &#187; et les principaux syndicats de la FOSATU. (&#8230;) Les exemples abondent avec parfois des cas de violence physique. Les dirigeants de la FOSATU se plaignent que (&#8230;) des groupes de jeunes li&#233;s aux civics s'en prennent parfois &#224; des travailleurs effectuant normalement leur travail. (&#8230;) &#171; Au d&#233;but du mois de mai, il y eut les fun&#233;railles d'un membre du FOSATU qui avait &#233;t&#233; tu&#233; durant les heurts. Au cours de la procession des groupes de jeunes ont lanc&#233; des pierres contre celle-ci. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Les 5 et 6 novembre 1984 se d&#233;roula une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans la r&#233;gion du Transvaal. Cette gr&#232;ve fut conjointement appel&#233;e par le mouvement syndical, dont la FOSATU, et des organisations affili&#233;es &#224; l'UDF (dont l'organisation &#233;tudiante COSAS). (&#8230;) Cette gr&#232;ve du Transvaal de novembre 1984 fut un &#233;norme succ&#232;s et le gouvernement ne s'y trompant pas r&#233;prima essentiellement des syndicalistes. Plusieurs dirigeants dont Chris Dlamini (FOSATU), Moses Mayekiso (FOSATU), P Camay (CUSA) furent arr&#234;t&#233;s. L'entreprise d'Etat Sasol (P&#233;trole), par exemple, licencia 90% des 6.500 travailleurs. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'ANC ne r&#233;ussit jamais, jusqu'an 1985, &#224; s'affirmer de mani&#232;re h&#233;g&#233;monique dans le mouvement syndical, il n'en fut pas de m&#234;me au niveau des civics et du mouvement de la jeunesse scolaris&#233;e. Le projet originel de Joe Foster et de la FOSATU impliquait une intervention syndicale hors des entreprises, dans les townships. Le projet existait, il &#233;tait discut&#233; mais ne fut jamais vraiment tent&#233;. L'ANC disposa ainsi d'un espace suppl&#233;mentaire pour se reconstruire &#224; l'int&#233;rieur du pays. Il le fit en utilisant sa modeste pr&#233;sence syndicale (SAAWU, MACWUSA,&#8230;), ses rapports avec les &#233;glises (Desmond Tutu et Alan Boestak) ainsi que ses relations avec des milieux lib&#233;raux d&#233;mocrates blancs (par exemple le syndicat &#233;tudiant NUSAS ou des &#233;l&#233;ments du Parti F&#233;d&#233;ral Progressiste). L'occasion fut l'annonce par le gouvernement d'une modification constitutionnelle en vue d'un syst&#232;me &#224; trois chambres (blanche, m&#233;tis et indienne) et d'un conseil pr&#233;sidentiel consultatif. L'ensemble des forces d'opposition d&#233;nonc&#232;rent ce projet. Et appel&#232;rent au boycott (&#8230;) mais s'oppos&#232;rent le courant ANC et celui des divers groupes de la gauche &#171; trotskyste &#187;. Alors qu'une partie de ces derniers fondaient le National Forum Committee avec l'Azapo, l'ANC de son c&#244;t&#233; mit en place l'UDF, en prenant bien soin de donner, dans un premier temps, une place substantielle aux repr&#233;sentants des &#233;glises. (&#8230;) La mise en place de l'UDF produisit une aggravation de la tension entre le courant ANC et la gauche syndicale. (&#8230;) Il est facile de voir la contradiction qu'il y a entre la fondation de l'UDF et le projet du rapport Foster. (&#8230;) Le comit&#233; central du FOSATU prit position le 15 et 16 octobre 1983 : &#171; La FOSATU a d&#233;cid&#233; de ne pas s'affilier &#224; l'UDF. (&#8230;) L'UDF repr&#233;sente une vari&#233;t&#233; d'int&#233;r&#234;ts de classe (&#8230;) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;plique de l'ANC fut d'une extr&#234;me v&#233;h&#233;mence. (&#8230;) En substance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les syndicats qui ne sont pas dans l'UDF m&#232;nent une politique &#171; &#233;coomiciste &#187; et se refusent &#224; participer au combat politique pour la fin de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ces syndicats sont dirig&#233;s par des gens qui ont eux-m&#234;mes un projet politique, et celui-ci est enti&#232;rement tourn&#233; contre la direction historique et l&#233;gitime que sont l'ANC et la SACTU (voire le Parti communiste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ces directions sont incapables de comprendre l'importance des alliances sociales dans un pays comme l'Afrique du sud et dans la lutte contre l'apartheid. (&#8230;) Le Parti communiste (SACP) joua &#233;galement un r&#244;le de tout premier plan dans ces pol&#233;miques. (&#8230;) Dans le couple ANC-SACP, le premier est en effet consid&#233;r&#233; comme le cadre large, mais cependant dirigeant, de la lutte de lib&#233;ration nationale et de &#171; la r&#233;volution d&#233;mocratique nationale &#187;. (&#8230;) Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, une partie de la direction de l'ANC est form&#233;e de membres du PC et l'appareil de la SACTU est essentiellement compos&#233; de membres du parti. Il faut aussi rappeler que l'aile arm&#233;e, Umkhonto we Sizwe, n'a pas &#233;t&#233; con&#231;ue au d&#233;part comme un simple pseudopode de l'ANC, mais comme un organe conjoint de l'ANC et du PC. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche syndicale sous-estime le poids de l'ANC et du Parti communiste. C'est avec retard qu'elle d&#233;couvre le prestige de l'ANC et de Nelson Mandela, l'impact sur la jeunesse des actions de propagande arm&#233;e et surtout la capacit&#233; des cadres du SACP &#224; reconstituer dans les civics puis dans les syndicats la base large qu'ils n'avaient pas encore au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt. De ce point de vue la cr&#233;ation de l'UDF marque un tournant dans la course de vitesse que se livrent ces deux forces. (&#8230;.) Si l'on compare les textes de l'ANC et ceux de la FOSATU ayant valeur de propagande g&#233;n&#233;rale, on constate que le premier a plut&#244;t tendance &#224; annoncer un d&#233;bouch&#233; victorieux sur court ou moyen terme (&#8230;) La direction de l'ANC opta pour une propagande ultra-radicale, d&#233;crivant une situation insurrectionnelle et un mouvement de masse aux portes du pouvoir. (&#8230;.) Durant toute cette p&#233;riode le sectarisme des activistes de l'UDF sera &#224; son comble &#224; l'encontre de tous ceux qui ne dressent pas banni&#232;re de la Charte de la Libert&#233;, que certaines directions syndicales vont vivre comme une menace pour le mouvement ouvrier. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en septembre 1985 que se d&#233;roula la premi&#232;re grande initiative publique de contact entre les lib&#233;raux blancs et la direction de l'ANC. Une d&#233;l&#233;gation importante se rendit &#224; Lusaka dont Garvin Relly, dirigeant de l'Anglo American. Il dira &#224; ce propos : &#171; ce fut une des journ&#233;es les plus agr&#233;ables que j'ai jamais pass&#233;e. &#187; (&#8230;) Le 27 septembre 1985, 90 des plus grands noms du monde des affaires et de la haute finance, appartenant essentiellement &#224; la communaut&#233; anglophone, signaient un document r&#233;clamant la fin de l'apartheid. (&#8230;) L'&#233;v&#234;que Desmond Tutu et le leader de l'Inkhata Buthelezi soutinrent ce document. Parmi les signataires se trouvaient les patrons de la Nedbank, de Toyota, de la banque Barclays, de l'Anglo American (dont H.F.Oppenheimer), d'IBM, de Data, de Coca-Cola, du groupe de presse Argus, de Colgate, de Volkswagen, de General Motors&#8230; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le congr&#232;s du COSATU, le South African Trade Union Congress, eut lieu du 29 novembre au 1er d&#233;cembre 1985, &#224; Durban. (&#8230;) Le rapport de forces interne r&#233;el va &#234;tre d&#233;termin&#233; par le syndicat des mines, la NUM. Celui-ci avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1982 et avait adh&#233;r&#233; au CUSA. Mais il avait rompu avec ce dernier et bascul&#233; dans le camp de ceux qui formeront le COSATU. Sa direction vient donc majoritairement de la Conscience noire mais, tr&#232;s vite, son principal dirigeant, Cyril Ramaphosa, s'affiche comme le plus chaud partisan du courant chartiste &#224; la t&#234;te du plus gros syndicat de la nouvelle f&#233;d&#233;ration. (&#8230;) Les relations internes allaient demeurer tr&#232;s tendues jusqu'en 1987. De forts doutes na&#238;tront chez les anciens de la FOSATU sur la viabilit&#233; de l'unit&#233;. Les attaques des partisans de l'ANC seront incessantes. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des personnalit&#233;s lib&#233;rales (&#8230;) vont rencontrer les dirigeants de la COSATU. Un premier contact se fait &#224; Harare avec Jay Naidoo, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, fin 1985, puis les 5 et 6 mars 1986, une r&#233;union se tient &#224; Lusaka avec des d&#233;l&#233;gations du COSATU, de l'ANC et de la SACTU. (&#8230;) La mise en forme concr&#232;te de cette &#171; alliance &#187; se fit, de mani&#232;re privil&#233;gi&#233;e, entre le COSATU et le South African Youth Congress (SAYCO). (&#8230;) L'axe COSATU-SAYCO est pr&#233;sent&#233; comme un axe usines-townships et comme un moyen de r&#233;gler pacifiquement le passif entre syndicalistes et jeunes activistes des civics. (&#8230;) Le courant chartiste avait progressivement pr&#233;sent&#233; l'alliance COSATU-UDF et COSATU-SAYCO comme &#233;tant fond&#233;e sur la Charte de la Libert&#233;. La pr&#233;paration du congr&#232;s de 1987 sera l'occasion de pousser l'avantage et de r&#233;clamer que chaque syndicat fasse du programme de l'ANC sa propre r&#233;f&#233;rence. (&#8230;) Pour la NUM, la Charte &#233;tait alors &#171; un guide pour la lutte contre l'oppression nationale &#187;. (&#8230;) Le Parti communiste, pour sa part et sans surprise, donne son aval aux positions de la NUM : &#171; L'adoption de la Charte de la Libert&#233; par le r&#233;cent congr&#232;s de la NUM refl&#232;te correctement le sentiment et la compr&#233;hension des masses populaires. C'est un signe donn&#233; au mouvement syndical pour un lien plus r&#233;aliste, dans la p&#233;riode actuelle, entre lutte &#233;conomique et lutte politique. &#187; (&#8230;) Finalement Jay Naidoo, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la COSATU, cherchera &#224; concilier les diff&#233;rentes positions (&#8230;) : &#171; En adoptant la Charte, nous voyons cela comme un cadre de r&#233;f&#233;rence et non comme un sch&#233;ma. (&#8230;) Il n'y aura pas de suspension de la lutte pour une soci&#233;t&#233; sans exploitation. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les d&#233;bats de cette p&#233;riode doivent se comprendre dans le cadre d'une tr&#232;s forte activit&#233; syndicale et gr&#233;viste. (&#8230;) Le d&#233;but de l'ann&#233;e 1987 voit des mouvements gr&#233;vistes d'une tr&#232;s grande intensit&#233; : la gr&#232;ve des cheminots et des postiers, la gr&#232;ve des employ&#233;s de commerce (&#8230;) Pour une partie des syndicats (essentiellement l'aile chartiste) la question du pouvoir est bien entrain de se poser. La question du programme politique est ainsi per&#231;ue comme une question de court ou moyen terme : quelle sera la nature d'un &#171; gouvernement ANC &#187; ? (&#8230;) La question de la Charte de Libert&#233; (adopt&#233;e par la majorit&#233; des syndicats de la COSATU) est celle de l'acceptation d'un monopole accord&#233; au seul ANC (&#8230;) En 1987 et 1988, la gauche syndicale n'a plus le monopole des r&#233;f&#233;rences au &#171; socialisme &#187;. Dans le mouvement syndical, l'aile li&#233;e au SACP en a &#233;galement fait sa banni&#232;re. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le Parlement, le 2 f&#233;vrier 1990, Frederick De Klerck annon&#231;ait qu'il avait d&#233;cid&#233;, dans la perspective d'une n&#233;gociation globale, la l&#233;galisation de l'ANC, du Parti communiste et de toutes les organisations interdites : &#171; La dynamique en cours dans la politique internationale a &#233;galement cr&#233;&#233; de nouvelles opportunit&#233;s pour l'Afrique du sud. (&#8230;) L'&#233;croulement du syst&#232;me &#233;conomique en Europe de l'Est constitue aussi un signal. &#187; (&#8230;) Le Parti communiste sud-africain &#233;tait d&#233;sormais sous la pression sovi&#233;tique (&#8230;) La direction du SACP avait toujours montr&#233; un suivisme sans faille envers les positions du Parti communiste d'Union sovi&#233;tique. (&#8230;) L'ANC et le Parti communiste d&#233;cid&#232;rent &#224; la suite de leur l&#233;galisation en 1990 la &#171; suspension de l lutte arm&#233;e &#187;. La Charte de la Libert&#233; fut progressivement oubli&#233;e au profit d'une s&#233;rie de propositions constitutionnelles ou &#233;conomiques de l'ANC qui s'&#233;loignaient de plus en plus des professions de foi ant&#233;rieures. La perspective de la nationalisation des plus grandes entreprises fut &#233;cart&#233;e (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1989-1990, le cadre de r&#233;flexion est donn&#233; par Alec Erwin : &#171; Nous devons nous pr&#233;parer &#224; gouverner et &#224; reconstruire le pays. (&#8230;) Notre priorit&#233; est de renforcer nos organisations politiques &#8211; l'ANC et le Parti communiste &#8211; et les syndicats, les civics. &#187; (&#8230;) Au d&#233;but d'ann&#233;e 1994, alors qu'en apparence le gouvernement et la direction de l'ANC se dirigent avec qui&#233;tude et &#224; l'amiable vers les &#233;lections du 27 avril, la soci&#233;t&#233;, elle, reste une norme marmite bouillonnante. (&#8230;) L'ANC et le parti national de F.W. De Klerk s'appr&#234;tent d&#233;sormais &#224; cog&#233;rer l'Etat sud-africain (&#8230;) ce choix politique ne lib&#232;re pas pour autant la soci&#233;t&#233; sud-africaine de son h&#233;ritage raciste. La pauvret&#233; des plus pauvres s'est m&#234;me aggrav&#233;e au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Vers le pouvoir populaire, un pari &#224; gagner &#187;, d&#233;claration du Comit&#233; central du Parti communiste sud-africain de novembre 1979 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Dans notre situation, la lutte pour mettre fin &#224; l'exploitation capitaliste ne peut &#234;tre s&#233;par&#233;e de la lutte contre la tyrannie nationale. Une &#171; lutte de classe &#187; qui ignorerait cette v&#233;rit&#233; ne pourrait combattre s'en amphith&#233;&#226;tre et non dans la v&#233;ritable ar&#232;ne de combat. C'est cette r&#233;alit&#233; qui permet d'expliquer pourquoi nous estimons qu'&#224; l'&#233;tape actuelle de notre lutte la principale strat&#233;gie est de lutter pour remporter notre r&#233;volution d&#233;mocratique nationale, premi&#232;re &#233;tape vers une transformation socialiste. (&#8230;) Notre histoire nous apprend qu'une large alliance des forces sociales renforce plut&#244;t qu'elle n'affaiblit la volont&#233; de lib&#233;ration. (&#8230;) Nier toute possibilit&#233; pour les couches moyennes noires de jouer un r&#244;le aux c&#244;t&#233;s de la r&#233;volution serait une simplification grossi&#232;re et dangereuse. (&#8230;) Il faut prendre toutes les mesures possibles pour consolider et &#233;largir le v&#233;ritable mouvement syndical qui refuse tous les efforts d&#233;ploy&#233;s pour &#233;loigner les ouvriers de la lutte de lib&#233;ration nationale. (&#8230;) Les ouvriers doivent refuser de s'inscrire aux syndicats &#171; multiraciaux &#187; qui en feraient des pions dans le jeu des ouvriers blancs. (&#8230;) La politique de la lutte arm&#233;e, les attentats contre l'ennemi et les mesures prises pour que l'arm&#233;e de lib&#233;ration nationale puisse se retrancher dans les villes comme dans les campagnes sont un &#233;l&#233;ment vital de la strat&#233;gie de lib&#233;ration. (&#8230;) Notre parti est une composante essentielle de l'alliance r&#233;volutionnaire en vue de la lib&#233;ration nationale que dirige l'ANC. En tant que tel, il n'a aucun int&#233;r&#234;t qui le s&#233;pare de l'un quelconque des &#233;l&#233;ments de cette alliance que nous avons toujours cherch&#233; &#224; renforcer. (&#8230;) Construisons en 1980, 25e anniversaire de la Charte de la Libert&#233;, un large front de toutes les forces patriotiques et anti-racistes sous la banni&#232;re de l'ANC. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le combat du Parti communiste sud-africain contre le courant &#171; lutte de classe &#187; au sein du FOSATU :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits d'un article de Ruth Nhere de la revue &#171; The African Communist &#187; du Parti communiste sud-africain n&#176;99 de septembre 1984 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un ouvri&#233;risme &#233;conomiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes avanc&#233;es du mouvement syndical ind&#233;pendant en Afrique du sud depuis 1973 ont &#233;t&#233; bien appr&#233;ci&#233;es comme fondamentales dans notre lutte r&#233;volutionnaire. Il y a cependant d'importantes divergences de vue concernant le r&#244;le et les possibilit&#233;s de ces luttes syndicales. Un des courants de pens&#233;e les concernant peut &#234;tre appel&#233; &#171; ouvri&#233;risme &#187; ou &#171; classisme &#187; est en fait une variante de ce que L&#233;nine avait appel&#233; &#171; l'&#233;conomisme &#187; en Russie et qu'il avait combattu en ces termes : &#171; La pr&#233;tention que la politique doit suivre avec ob&#233;issance l'&#233;conomie est une pens&#233;e &#224; la mode, qui exerce une influence irr&#233;sistible sur la masse de la jeunesse attir&#233;e par le mouvement, mais qui, dans la majorit&#233; des cas, ne conna&#238;t du marxisme que ce qu'en ont dit les publications l&#233;gales. &#187; C'est un &#233;conomisme de ce type qui forme la base d'adresse de Joe Foster &#224; la conf&#233;rence de 1982 du FOSATU, conf&#233;rence si bien critiqu&#233;e par Toussaint dans son article pour la revue &#171; The African Communist &#187;, article intitul&#233; &#171; Un syndicat n'est PAS un parti politique &#187;. La question du r&#244;le du mouvement syndical et son alliance avec le mouvement d&#233;mocratique dans son ensemble sont toujours chaudement d&#233;battues comme le montrent les d&#233;bats sur la question de l'adh&#233;sion des syndicats &#224; l'United Democratic Front. Dans une r&#233;cente publication du Cap, &#171; Social Review &#187;, un auteur anonyme r&#233;pondait &#224; un article d'un num&#233;ro pr&#233;c&#233;dent qui d&#233;fendait la ligne ouvri&#233;riste contre les alliances entre classes sociales : &#171; Je voudrait r&#233;pondre que, si ce sont les travailleurs qui dirigent la lutte, une plus grande conscience socialiste sera d&#233;velopp&#233;e au sein de la classe ouvri&#232;re si celle-ci m&#232;ne des alliances entre classes et les dirige elle-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) L'id&#233;e d'une spontan&#233;it&#233; du mouvement de la classe ouvri&#232;re et sa &#171; puret&#233; &#187; semblent caract&#233;ristiques des conceptions d'une partie des intellectuels travaillant dans le mouvement syndical ind&#233;pendant. Argumentant contre les alliances avec d'autres classes et groupes sociaux dans la lutte politique, ils proclament que &#171; les travailleurs eux-m&#234;mes doivent d&#233;cider &#224; quel moment et &#224; quelles conditions une telle alliance serait souhaitable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Les avocats de l'ouvri&#233;risme nient farouchement que leurs arguments servent &#224; combattre le r&#244;le du parti politique de classe. Ils affirment qu' &#171; il n'y a pas, pour le moment, une telle organisation sp&#233;cifique de la classe ouvri&#232;re en Afrique du sud. &#187; Ces sentiments sont ceux qui sont repris dans la direction du FOSATU. On pourrait penser qu'il s'agit de gens qui esp&#232;rent, et attendent, qu'une telle organisation politique de la classe ouvri&#232;re, sur la base d'une conscience socialiste, apparaisse dans le cours des &#233;v&#233;nements mais il semble au contraire que cela ne soit pas leur but. En lisant leurs publications, on discerne une autre strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains d'entre eux ont &#233;t&#233; fascin&#233;s par l'exemple du Br&#233;sil. Un article r&#233;cent sur ce pays dans le &#171; South African Labour Bulletin &#187; tente de dresser un parall&#232;le avec les d&#233;veloppements r&#233;cents en Afrique du sud. Au br&#233;sil, ils rappellent que le militantisme syndical de masse a donn&#233; naissance &#224; un parti politique qui &#171; s'est rapidement d&#233;velopp&#233; chez les travailleurs, les ch&#244;meurs, la base de l'Eglise, la jeunesse progressiste et les intellectuels de gauche&#8230; &#187; L'auteur mentionne en passant que ce parti &#171; a attir&#233; beaucoup d'hostilit&#233; de la part du Parti communiste br&#233;silien ill&#233;gal qui pr&#233;tend (nous soulignons) qu'ils d&#233;tiennent historiquement le titre de parti des travailleurs. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Br&#233;sil sert aussi de base d'&#233;tude au programme de formations militantes du FOSATU et &#224; son journal. Dans ce cas, le raisonnement et les critiques contre le Parti communiste sont d'avantage sous-entendues qu'explicites : &#171; Ce sont les travailleurs de la M&#233;tallurgie et du Textile qui ont lanc&#233; la r&#233;organisation des syndicats ill&#233;gaux. Chaque ann&#233;e depuis 1977, les travailleurs avaient men&#233; des gr&#232;ves pour leurs droits et pour de meilleurs salaires&#8230; Il en est sorti un Parti des Travailleurs afin de repr&#233;senter les ouvriers dans les futures &#233;lections. Cela rencontra l'opposition de l'Etat, des autres partis et des dirigeants des syndicats officiels. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Probablement que les auteurs de ce type de document ont conscience qu'un anticommunisme trop ouvert ne leur permettrait pas d'obtenir le soutien qu'ils recherchent au sein de la classe ouvri&#232;re. Cependant, ils font semblant d'ignorer le programme et m&#234;me l'existence de l'ANC et du Parti communiste sud-africain. (&#8230;) Les tentatives de cacher l'histoire, la strat&#233;gie et les tactiques des organes existants du mouvement de lib&#233;ration, l'ANC et le Parti communiste sud-africain, doivent &#234;tre combattues dans les syndicats et au niveau du d&#233;bat th&#233;orique, dans la propagande l&#233;gale et ill&#233;gale. Certains de ces &#233;crits li&#233;s &#224; ce groupe jouent un r&#244;le important de division contre le mouvement de masse. Un article dans la presse estudiantine &#171; Work in progress &#187; caract&#233;rise par exemple le United Democratic Front comme mouvement &#171; lib&#233;ral radical &#187; ayant sa base de classe &#171; au sein de la petite-bourgeoisie noire et surtout indienne. &#187; (&#8230;) Ils n'ont pas du tout per&#231;u les interactions entre oppression nationale et oppression de classe qui donnent aux r&#233;volutionnaires d'Afrique du sud des t&#226;ches strat&#233;giques sp&#233;cifiques fondant les programmes de l'ANC et du Parti communiste sud-africain. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte id&#233;ologique sur le front syndical&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article de Toussaint intitul&#233; &#171; Un syndicat n'est PAS un parti politique &#187; dans le num&#233;ro 93 de 1983 de la revue &#171; The African Communist &#187; est une des plus importantes contributions de cette revue depuis longtemps. (&#8230;) Nous avions remarqu&#233; que notre parti avait tard&#233; &#224; r&#233;pondre &#224; la d&#233;claration de Joe Foster qui constituait une attaque id&#233;ologique contre nous et contre tout le mouvement de lib&#233;ration nationale. Nous devons nous reprocher de ne pas avoir donn&#233; une r&#233;ponse imm&#233;diate et scientifiquement fond&#233;e &#224; Foster. Pour faire des progr&#232;s et gagner notre lutte id&#233;ologique, pour rester proches des masses, nous devons leur expliquer la nature des bases id&#233;ologique de Joe Foster, leurs racines sociales et le danger qu'elles repr&#233;sentent pour la classe ouvri&#232;re et les masses opprim&#233;es d'Afrique du sud. (&#8230;) Depuis les ann&#233;es 70, un nombre croissant de personnalit&#233;s de l'intelligentsia blanche ont pris une part active dans le travail des syndicats. Une partie d'entre eux sont sur nos bases. Mais on voit tr&#232;s clairement qu'un certain nombre d'entre eux adoptent des positions ultra-gauches. (&#8230;) Il est int&#233;ressant de remarquer que le FOSATU a le m&#234;me type de soutiens qu'avaient autrefois le Gang des Quatre et ils ont &#233;galement en commun leur rejet du parti communiste et du syndicat SACTU. Le Gang des Quatre voulait, comme Foster, cr&#233;er une alternative &#224; notre Parti. Dans la r&#233;alit&#233; de la situation de l'Afrique du sud, rejeter le r&#244;le du parti communiste et du SACTU, sous-estimer la contribution de l'ANC dans notre r&#233;volution, est le moyen de faire d&#233;vier la lutte de son vrai chemin en l'amenant vers une impasse tout en se cachant derri&#232;re des slogans sonnant comme tr&#232;s r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage de Foster a une tonalit&#233; tr&#232;s r&#233;volutionnaire mais son essence est de d&#233;sarmer la classe ouvri&#232;re et, en cons&#233;quence, de servir les int&#233;r&#234;ts des r&#233;formistes que les ultra-gauches favorisent finalement. Ultragauches et r&#233;formistes ont le m&#234;me but : rejeter les principes du marxisme-l&#233;ninisme dans le processus r&#233;volutionnaire et rejeter les formes correctes de lutte. Comme Toussaint l'a justement remarqu&#233;, Foster d&#233;veloppe l'illusion que la lutte &#233;conomique des travailleurs peut d&#233;velopper leur conscience politique. Foster consid&#232;re que ce qui est n&#233;cessaire n'est pas un Parti, auquel il ne fait m&#234;me pas r&#233;f&#233;rence, ni un syndicat comme le SACTU, auquel il reproche de s'occuper de politique, et pas non plus une ANC qui tendrait &#224; devenir une organisation populiste, mais un mouvement ouvrier du type de Solidarnosc (en Pologne). Cette id&#233;ologie repr&#233;sente un danger pour le mouvement ouvrier et pour toute la lutte des masses en Afrique du sud. (&#8230;) Dans &#171; Que faire ? &#187;, L&#233;nine &#233;tablit une distinction claire entre politique syndicaliste et politique communiste dans la lutte pour l'&#233;mancipation compl&#232;te des millions d'opprim&#233;s, et souligne le r&#244;le dirigeant du parti dans la lutte contre tous les opportunismes visant &#224; limiter la lutte &#224; quelques am&#233;liorations de salaires, du niveau de vie et &#224; de petites r&#233;formes l&#233;gales. L'Afrique du sud n'est pas une exception &#224; cette r&#232;gle. La politique syndicale doit &#234;tre subordonn&#233;e &#224; la politique communiste. Toussaint d&#233;finit clairement la n&#233;cessit&#233; et le r&#244;le du d&#233;tachement avanc&#233; de la classe ouvri&#232;re, le Parti communiste sud-africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a une seule critique &#224; faire &#224; l'article de Toussaint, c'est qu'il est trop gentil avec Foster. Bien que Foster &#233;vite soigneusement d'attaquer directement le Parti communiste, son point de vue est une attaque directe contre tout le mouvement de lib&#233;ration nationale et toutes les forces qui constituent cette alliance. Les prises de position de Foster et tous ceux qui suivent des positions du m&#234;me type sont un poison pour la classe ouvri&#232;re et peuvent amener, comme le remarquait L&#233;nine, &#224; une subordination des int&#233;r&#234;ts des travailleurs derri&#232;re ceux de la bourgeoisie. De tels courants vont se poursuivre au cours de l'intensification de la lutte. C'est pour cette raison que nous ne devons pas &#234;tre gentils avec Foster et que nous devons le consid&#233;rer comme un ennemi id&#233;ologique et adopter une attitude plus offensive. Cette attaque de Foster doit &#234;tre comprise non seulement comme un combat contre l'opportunisme mais comme un moyen d'&#233;duquer les masses. Il ne faut pas le comprendre comme une attaque contre le FOSATU, ou toute autre organisation de masse, mais comme des &#233;l&#233;ments s'adressant &#224; ces organisations pour leur &#233;viter de se tromper de direction dans la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article de Toussaint appelle l'attention sur les t&#226;ches du Parti communiste en relation avec la dynamique croissante du mouvement syndical et, en g&#233;n&#233;ral, avec les luttes politiques en Afrique du sud. Selon nous, le Parti a devant lui les t&#226;ches suivantes :&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est urgent d'augmenter notre travail dans les syndicats, un domaine vital pour notre Parti et o&#249; il doit absolument consolider sa position. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) En m&#234;me temps, nous devons combattre la prolif&#233;ration des id&#233;es ultra-gauches et de droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Dans notre programme en direction des masses, nous devons d&#233;velopper de diverses mani&#232;res des concepts comme &#171; le colonialisme d'un type sp&#233;cial &#187; pour en d&#233;duire notre place vis-&#224;-vis des autres organisations et leurs relations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les relations de Mandela et de l'ANC avec le Parti communiste sud-africain et avec les communisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de la d&#233;claration de Nelson Mandela &#224; son Proc&#232;s de Rovonia d'octobre 1963-mai 1964 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; (&#8230;) Je nierai pas le fait que j'ai &#233;t&#233; un des fondateurs de l'Umkonto we Sizwe, (organisation militaire clandestine de la lutte arm&#233;e contre l'Apartheid), et que j'y ai jou&#233; un r&#244;le important jusqu'&#224; mon arrestation en ao&#251;t 1962. mais je veux dire d'embl&#233;e que l'id&#233;e &#233;mise par l'accusation dans son r&#233;quisitoire selon laquelle la lutte en Afrique du sud serait dirig&#233;e par des &#233;trangers ou des communistes est d&#233;nu&#233;e de fondement. (...) Les fondateurs de l'Umkonto &#233;taient tous membres du Congr&#232;s National Africain et nous avions derri&#232;re nous une longue tradition de non-violence et de recours &#224; la n&#233;gociation pour r&#233;soudre les conflits politiques. (&#8230;) En 1956, cent cinquante-six membres dirigeants de l'Alliance du Congr&#232;s (r&#233;unissant l'ANC, le Congr&#232;s indien, l'union nationale des gens de couleur, le Congr&#232;s d&#233;mocrate, enfin le syndicat SACTU), dont j'&#233;tais furent arr&#234;t&#233;s sous l'inculpation de haute trahison, et inculp&#233;s en vertu de la Loi sur la suppression du communisme. L'accusation mit en doute la politique non violente de l'ANC, mais la Cour en vint &#224; la conclusion qu'il ne pratiquait pas une politique de violence, lorsque cinq ans plus tard nous f&#251;mes acquitt&#233;s de tous les chefs d'accusation, parmi lesquels la pr&#233;tendue intention d'&#233;tablir un Etat communiste &#224; la place du r&#233;gime existant. Le gouvernement a toujours cherch&#233; &#224; qualifier ses adversaires de communistes. Aujourd'hui il a de nouveau repris ce grief, mais ainsi que je le montrerai, l'ANC n'est pas et n'a jamais &#233;t&#233; une organisation communiste. (&#8230;) Depuis longtemps le peuple souhaitait la violence en parlant du jour o&#249; il combattrait l'homme blanc et reconqu&#233;rrait son pays, tandis que nous, dirigeants de l'ANC, nous efforcions de faire pr&#233;valoir notre point de vue : le recours aux voies pacifiques. (&#8230;) Chaque d&#233;sordre exprimait clairement la conviction qui se r&#233;pandait parmi les Africains que la violence devenait la seule solution ; il montrait aussi qu'un gouvernement qui utilise la force pour maintenir son pouvoir apprend aux opprim&#233;s &#224; se servir de la force pour lutter contre lui. D&#233;j&#224;, de petits groupes s'&#233;taient form&#233;s dans les r&#233;gions urbaines et pr&#233;paraient spontan&#233;ment les bases d'une action violente. (&#8230;) D&#233;but juin 1961, apr&#232;s avoir m&#251;rement &#233;tudi&#233; la situation, nous arriv&#226;mes &#224; cette conclusion que les dirigeants africains feraient preuve de peu de r&#233;alisme et de clairvoyance s'ils continuaient &#224; pr&#234;cher la paix et la non-violence, au moment o&#249; le gouvernement r&#233;pondait &#224; nos requ&#234;tes pacifiques par la force. Nous n'about&#238;mes pas de gaiet&#233; de c&#339;ur &#224; une telle conclusion. Ce fut seulement quand tout le reste eut &#233;chou&#233;, quand toutes les voies de protestation pacifique nous eurent &#233;t&#233; barr&#233;es, que la d&#233;cision fut prise de s'engager dans les formes violentes d'action et de constituer l'Umkonto we Sizwe. (&#8230;) Il y a quatre formes d'action violente possible : le sabotage, la gu&#233;rilla, le terrorisme et la r&#233;volution ouverte. Nous avons choisi d'adopter la premi&#232;re m&#233;thode (&#8230;) Notre Manifeste proclamait : &#171; (&#8230;) Nous esp&#233;rons ramener le pouvoir et ses partisans au bon sens avant qu'il ne soit trop tard. Nous esp&#233;rons qu'une transformation du gouvernement et de sa politique interviendront avant qu'on ait atteint le seuil irr&#233;vocable de la guerre civile. &#187; (&#8230;) Les attaques contre les points vitaux de l'&#233;conomie du pays devaient s'accompagner de sabotage des b&#226;timents gouvernementaux et d'autres symboles de l'apartheid. Ces attaques devaient constituer un signal de ralliement pour notre peuple, et l'encourager &#224; participer &#224; des actions de masse non-violentes, comme des gr&#232;ves et des manifestations. Constituant par ailleurs un exutoire pour les partisans des m&#233;thodes violentes, elles nous permettraient de prouver concr&#232;tement &#224; nos militants que nous avions adopt&#233; une ligne plus dure et que nous riposterions d&#233;sormais aux diverses positions de force du gouvernement. (&#8230;) Les activit&#233;s de l'Umkonto &#233;taient contr&#244;l&#233;es et dirig&#233;es par le haut commandement national qui avait pouvoir de cooptation et de nommer des commandements r&#233;gionaux. (&#8230;) Je signale au passage que les termes &#171; haut commandement &#187; et &#171; commandement r&#233;gional &#187; avaient &#233;t&#233; emprunt&#233;s &#224; l'organisation nationale juive clandestine Irgoun Zvai Leumi, qui op&#233;ra en Isra&#235;l entre 1944 et 1948. (Mandela fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'organisation d'extr&#234;me droite juive). (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
L'accusation assure encore que les faits et les objectifs de l'ANC et du Parti communiste sont identiques. Je voudrai en parler, ainsi que de ma propre position politique. Je cite ces all&#233;gations car il est &#224; craindre que l'accusation ne se fonde sur certaines pi&#232;ces pour affirmer que j'ai tent&#233; d'introduire le marxisme dans l'ANC. L'all&#233;gation, en ce qui concerne l'ANC, est totalement fausse. Ce n'est pas un argument neuf : il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;fut&#233; au proc&#232;s de trahison. Mais, puisqu'on le ressort, j'en parlerai ici, de m&#234;me que des relations entre l'ANC et le Parti communiste d'une part et avec le parti Umkonto d'autre part.&lt;br class='autobr' /&gt;
La doctrine de l'ANC consiste et a toujours consist&#233; dans un nationalisme africain. (&#8230;.) Le document politique le plus important qu'ait adopt&#233; l'ANC est la Charte de la libert&#233;, qui n'est en aucune fa&#231;on un manifeste pour un Etat socialiste. Elle appelle &#224; une redistribution, mais non &#224; une nationalisation de la terre. (&#8230;) Selon la Charte de la libert&#233;, les nationalisations s'inscriraient dans une &#233;conomie fond&#233;e sur l'entreprise priv&#233;e. La r&#233;alisation de la Charte de la libert&#233; offrirait de nouvelles perspectives &#224; toutes les classes &#8211; bourgeoisie comprise &#8211; d'une population africaine d&#232;s lors prosp&#232;re. L'ANC n'a jamais, &#224; aucune p&#233;riode de son histoire, pr&#233;conis&#233; un changement r&#233;volutionnaire de la structure &#233;conomique du pays. Il n'a jamais non plus, autant que je m'en souvienne, condamn&#233; la soci&#233;t&#233; capitaliste. (&#8230;) Je suis entr&#233; &#224; l'ANC en 1944. Quand j'&#233;tais jeune, je pensais que l'admission des communistes au sein de l'ANC et la coop&#233;ration &#233;troite qui existait parfois sur des probl&#232;mes particuliers entre cette organisation et le parti communiste finiraient par alt&#233;rer le concept de nationalisme africain. J'&#233;tais alors membre de la Ligue de la jeunesse de l'ANC, et j'appartins &#224; un groupe qui demanda l'expulsion des communistes de l'ANC. Cette motion fut repouss&#233;e &#224; une grosse majorit&#233;. On trouvait parmi ceux qui votaient contre quelques uns des &#233;l&#233;ments les plus conservateurs de l'opinion africaine. Ils disaient que, depuis sa cr&#233;ation, l'ANC s'&#233;tait form&#233; et d&#233;velopp&#233; non comme un parti exprimant une politique rigoureuse, mais comme un Parlement du peuple africain accueillant des gens d'opinions politiques diff&#233;rentes unis par un but commun : la lib&#233;ration nationale. Je fus finalement converti &#224; cette fa&#231;on de voir. Je l'ai soutenue depuis lors. (&#8230;) La t&#226;che fondamentale, en ce moment, doit &#234;tre l'&#233;limination de toute discrimination raciale et l'&#233;tablissement de droits d&#233;mocratiques sur la base de la Charte de la libert&#233;. La lutte pour ces droits devrait &#234;tre men&#233;e par un ANC fort. Dans la mesure o&#249; le parti communiste fait sien cet objectif qu'il soit le bienvenu. De mes lectures d'ouvrages marxistes et de mes conversations avec des communistes, j'ai tir&#233; l'impression que les communistes consid&#232;rent le syst&#232;me parlementaire occidental comme non d&#233;mocratique et r&#233;actionnaire. Moi, au contraire, je l'admire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La situation dans l'Afrique du sud post-apartheid&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Si une bourgeoisie noire a r&#233;ussi &#224; tirer son &#233;pingle du jeu, l'apartheid social est plus grave que jamais. Les illusions de l'apr&#232;s-apartheid sont retomb&#233;es. Les travailleurs sud-africains et la population des townships ont repris le chemin de la lutte.ont repris &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police sud-africaine est intervenue violemment durant toute la fin du mois de mai 2005 pour disperser des manifestations massives d'habitants des townships, les anciens ghettos noirs devenus des ceintures de la mis&#232;re. Cela fait plus de deux mois que des troubles ont lieu non seulement dans un grand nombre de townships de la ville du Cap (avec de v&#233;ritables soul&#232;vements &#224; Blackheath, Khayelitsha et Gugulethu) et de l'Etat de Western Cape (Sud-Ouest du pays) dont la ville du Cap fait partie mais touchent &#233;galement d'autres Etats comme l'Eastern Cape (r&#233;gion sud-est) ou de Free State (une r&#233;gion du centre). A Harrismith (Free State) et &#224; Port Elisabeth (Eastern Cape) o&#249; les affrontements ont dur&#233; quatre jours, les forces de l'ordre ne peuvent plus circuler sans &#234;tre prises &#224; partie. Des responsables locaux ont &#233;t&#233; escort&#233;s vers la sortie par la population r&#233;volt&#233;e. La population pauvre, lasse d'attendre des logements d&#233;cents et des services sociaux de base, s'est r&#233;volt&#233;e. A Kommitjie (un bidonville &#224; 45 km au sud du Cap), les &#233;meutes ont explos&#233; le lundi 30 mai.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement a d&#233;but&#233; en f&#233;vrier 2005 dans deux townships de la r&#233;gion de Free State, pr&#232;s de Ventersburg (r&#233;gion de Free State), avant de s'&#233;tendre &#224; Harrismith, Warden et Vrede (townships &#233;galement de Free State). Il n'a cess&#233; de se d&#233;velopper, atteignant en avril les bidonvilles de la ville du Cap. Le 27 avril, des centaines d'habitants de plusieurs townships proches du Cap, dont Langa, Gugulethu et Nyanga, ont march&#233; sur la ville. Un leader du bidonville de Gugulethu d&#233;clarait : &#171; Des maisons maintenant ou des terres. Sinon, nous sommes pr&#234;ts &#224; mourir pour cette cause. &#187; Les manifestants ont r&#233;ussi &#224; faire reculer le gouvernement local qui a propos&#233; quelques logements et ont &#233;t&#233; suivis par de nombreux autres township qui ont affront&#233; les forces de l'ordre dans de v&#233;ritables batailles rang&#233;es impliquant parfois un grand nombre de gens. Pneus br&#251;l&#233;s, jets de pierre contre les v&#233;hicules de police, barricades, tirs contre les &#233;meutiers et arrestations massives, on se croirait revenu &#224; l'&#233;poque o&#249; le parti raciste blanc imposait la dictature des blancs sur les noirs. Devant le Parlement du Cap, le pr&#233;sident Thabo Mbeki d&#233;clarait que &#171; ce n'est pas encore un danger imm&#233;diat pour notre d&#233;mocratie. Mais ils (les mouvements) refl&#232;tent les failles dont nous avons h&#233;rit&#233; du pass&#233; et qui, s'ils s'enracinaient et gagnaient un v&#233;ritable soutien populaire, ils repr&#233;senteraient une menace pour la stabilit&#233; de l'Afrique du sud d&#233;mocratique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 juin manif nationale Cosatu contre le ch&#244;mage et la pauvret&#233; et mouvement sur plusieurs mois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COSATU condamne encore les actes de la police contre les manifestants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liberationafrique.org/auteur.php3&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberationafrique.org/auteur.php3&lt;/a&gt; ?id_auteur=COSATU - 14 July 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La COSATU est choqu&#233;e par la r&#233;action de la police de Cape Town, qui a ouvert le feu sur des gr&#233;vistes de Lithotech Africa Mail le 12 juillet et en a arr&#234;t&#233; plus de 200.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous adressons nos meilleurs v&#339;ux de r&#233;tablissement aux quatre travailleurs qui sont encore &#224; l'h&#244;pital. Nous exprimons aussi notre solidarit&#233; et notre soutien &#224; la CEPPWAWU avec le communiqu&#233; de pression ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La COSATU demande la lib&#233;ration imm&#233;diate de tous les travailleurs arr&#234;t&#233;s et le retrait des accusations contre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que les SAPS ont r&#233;pondu avec une violence excessive contre les manifestations syndicales. D&#233;j&#224; &#224; Cape Town, pendant la marche des agents de s&#233;curit&#233; le 16 mai 2006, la police avait aussi ouvert le feu et arr&#234;t&#233; les secr&#233;taires provinciaux de la COSATU et de la SATAWU. A la fronti&#232;re du Swaziland le 12 avril 2006, la police avait tir&#233; sur des membres du COSATU et arr&#234;t&#233; des dirigeants qui tentaient de n&#233;gocier avec la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA COSATU appuie l'appel de la CEPPWAWU &#224; la Western Cape MEC for Safety &amp; Security &#224; prendre des mesures pour assurer la &#171; s&#233;curit&#233; des gr&#233;vistes contre la brutalit&#233; de la police qui abuse de son pouvoir &#187;. Le droit de faire gr&#232;ve et de manifester inscrit dans notre constitution d&#233;mocratique est ainsi r&#233;duit, et nous n'accepterons pas que ces droits gagn&#233;s de haute lutte soient attaqu&#233;s et ni&#233;s par une police &#224; la g&#226;chette facile, pas plus que les arrestations massives de gr&#233;vistes et manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve persiste en Afrique du Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;dig&#233; le 25-11-06 &#224; 19:03&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les n&#233;gociations entre les dirigeants de Mines d'Or et le gouvernement d'Afrique du Sud, la gr&#232;ve persiste et s'&#233;tend dans tout le pays. La gr&#232;ve s'&#233;tend d&#233;sormais &#224; tous les secteurs d'activit&#233; du pays et plus seulement au secteur minier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Detroit a d&#233;cid&#233; de fermer l'acc&#232;s &#224; la mine d'or de Gold Corporation, pour &#233;viter tout d&#233;rapage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : World Agency of Press&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique du Sud conna&#238;t la plus grande gr&#232;ve dans les mines d'or depuis 18 ans. 10 000 mineurs blancs affili&#233;s au syndicat Solidarity se sont joints aux 100 0000 mineurs noirs du NUM qui ont commenc&#233; la gr&#232;ve, il y a trois jours. Les mineurs demandent une augmentation de salaires de 7 &#224; 8%. La gr&#232;ve paralyse les mines des compagnies AngloGoldAshanti, GoldFields, Harmony et South Deep, soit pr&#232;s de 90% de la production d'or du pays. Source Cosatu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de la mine Centurion Gold protestent par la gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johannesburg, South Africa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;07 December 2006 04:15&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de mineurs de la mine Centurion Gold &#224; Primrose, Germiston, ont pos&#233; les outils pour protester contre leurs conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat national des mineurs (NUM) a dit jeudi dernier qu'environ 600 travailleurs s'&#233;taient mis en gr&#232;ve &#224; partir de mercredi. Cela parce que la nouvelle direction de la mine Centurion Gold est revenue sur des conditions de travail accord&#233;es par les pr&#233;c&#233;dents patrons quand la mine &#233;tait encore aux mains de JC Mining. Le porte-parole du NUM, Mike Fafuli, a dit les plaintes de mines concernent notamment l'annulation des allocations en cas de d&#233;c&#232;s, de la diminution des jours de repos annuels et des indemnit&#233;s amput&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fafuli dit que les travailleurs veulent une augmentation de salaire alors qu'actuellement ils sont pay&#233;s avec un maigre salaire de 1000 R par mois. &#171; Quand la nouvelle direction est arriv&#233;e il y a trois ans, ils avaient promis de respecter tous les accords mis en place avec les anciens patrons, mais ils sont revenus sur leurs promesses&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quand un travailleur mourait au travail, l'entreprise donnait 7400 R pour les fun&#233;railles. La nouvelle direction a supprim&#233; cette pratique. Ils ont m&#234;me r&#233;duit les jours de repos annuels de 24 &#224; 18 jours. Les travailleurs demandent le r&#233;tablissement de ces accords &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fafuli ajoute qu'au lieu d'&#234;tre ouverte &#224; des n&#233;gociations, la direction chasse les travailleurs de leur logement et leur coupe l'eau et l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La nouvelle direction ne reconna&#238;t pas le syndicat et donc n'est pas pr&#234;te &#224; n&#233;gocier avec lui. Demain vendredi nous allons prendre un avis juridique et d&#233;poser une plainte pour obtenir un arr&#234;t interdisant l'expulsion des mineurs de leur logement&#8221; dit Fafuli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de la mince Centurion Gold Mine et CEO Keith Hart ont refus&#233; tout commentaire au sujet de cette gr&#232;ve &#8212; Sapa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 ao&#251;t 2005 ICEM InBrief Afrique du Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve sud-africaine d'extraction de l'or&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re gr&#232;ve industrielle dans le secteur sud-africain d'or en 18 ans a fini le 10 ao&#251;t quand une offre am&#233;lior&#233;e de salaire a &#233;t&#233; accept&#233;e par les membres de l'union nationale de filiale d'ICEM des mineurs (NUM&#201;RIQUES) et de deux autres plus petits syndicats. Participant &#224; une gr&#232;ve pour laquelle l'appui accablait ainsi qu'il n'y avait aucun besoin de piquet de gr&#232;ve, autour 110.000 ouvriers &#233;taient rest&#233;s du travail, affectant toutes les grandes entreprises dans le secteur, tel que Goldfields, harmonie et AngloGold Ashanti. Le compromis a &#233;t&#233; atteint entre la chambre sud-africaine des mines, n&#233;gociant au nom des compagnies d'or, et les syndicats, convenant sur une &#233;l&#233;vation de salaire entre 6 et 7%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 aout 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 100000 mineurs sud-africains en gr&#232;ve illimit&#233;e : premier arr&#234;t national depuis 18 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes, membres du syndicat national des mineurs (NUM) protestent &#224; la fois contre les conditions de salaire et de travail dans l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction propose d'augmenter les salaires de 5-6% mais le syndicat dit que cela ne prend pas en compte la hausse du prix de l'or.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une entrevue mardi n'a pas combl&#233; le foss&#233; entre les deux parties m&#234;me si on a rapport&#233; une &#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;800 000 travailleurs municipaux sont aussi en gr&#232;ve pour les salaires et s'affrontent &#224; la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des n&#233;gociations entre le syndicat des travailleurs municipaux, Samwu et South African Local Government Association continuent malgr&#233; tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le syndicat appelle &#224; la gr&#232;ve illimit&#233;e apr&#232;s que trois journ&#233;es d'action en ao&#251;t et une autre en juillet n'aient pas r&#233;ussi &#224; obtenir de meilleurs propositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Co&#251;ts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arr&#234;t des mines co&#251;te environ une perte de $12m par jour, selon un analyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une des plus grandes luttes de travailleurs depuis la fin de l'apartheid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne pense pas que l'industrie peut se permettre une gr&#232;ve, mais je suis absolument convaincu qu'elle ne peut pas se permettre une augmentation des salaires &#187; a dit Bernard Swanepoel, PDG de Harmony Gold.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais selon le NUM, puisque les cours de l'or et du rand montent en fl&#232;che depuis deux ans, les mineurs &#8211; qui travaillent souvent &#224; 40&#176;C &#224; 3 km sous terre &#8211; r&#233;clament une meilleure r&#233;partition des b&#233;n&#233;fices.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et un autre syndicat, Solidarity, semble se joindre &#224; la lutte.&lt;br class='autobr' /&gt;
La plupart des membres de ce syndicat Solidarit&#233; sont blancs et c'est rare de sa part de prendre part &#224; une action aux c&#244;t&#233;s du syndicat NUM, principalement noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;gociations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique du Sud est encore le premier producteur d'or mondial, avec 15% de la production mondiale, et le secteur repr&#233;sente &#224; peu pr&#232;s 8% du produit national brut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sa part dans le march&#233; mondial a recul&#233; fortement au cours des derni&#232;res d&#233;cennies &#224; cause de l'apparition d'autres producteurs dans les pays en voie de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a commenc&#233; dimanche apr&#232;s des n&#233;gociations entre le NUM et la Chambre des Mines, repr&#233;sentant les employeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce jour-l&#224;, la rencontre avait conduit &#224; une meilleure proposition de salaire, plus que les pr&#233;c&#233;dents 4,5 &#8211; 5% ainsi que la promesses de primes au syndicat, pour prix de la hausse du cours de l'or. Mais les n&#233;gociateurs du NUM ont dit que ce n'&#233;tait pas assez. Le syndicat revendique une augmentation de salaire de 12%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hostels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;l&#233;ment majeur du m&#233;contentement du syndicat, c'est que c'est aux grosses compagnies mini&#232;res - AngloGold Ashanti, Gold Fields and South Deep &#8211; de prendre en charge le probl&#232;me des conditions de vie des mineurs, qui se pose depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'apartheid les mineurs &#233;taient oblig&#233;s de vivres dans des casernes et de laisser leurs famille loin d'eux dans les townships.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si les lois racistes ont &#233;t&#233; abolies en 1991, bien avant les fameuses &#233;lections multiraciales de 1994, les trois quarts des 200000 mineurs sud africains vivent encore dans des h&#244;tels.&lt;br class='autobr' /&gt;
AngloGold Ashanti dit qu'il y a en moyenne 6 hommes par chambre dans ces h&#244;tels, et que c'est bien moins que 12 il y a une d&#233;cennie. Harmony dit qu'il y a une moyenne de 4,2 hommes par chambre dans ses h&#244;tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat demande maintenant un doublement de l'allocation de logement pour trouver un moyen de loger la famille, tandis que les compagnies ne proposent de l'augmenter que de 10%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les employeurs disent qu'ils am&#233;liorent les h&#244;tels, mais qu'ils ne peuvent pas aller plus vite sans menacer des emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une t&#226;che terriblement co&#251;teuse &#187; a dit Mr Barkers &#224; l'agence Reuters.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NUM dit que les h&#244;tels surpeupl&#233;s sont un foyer pour la tuberculose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il attire aussi l'attention sur le fait que la pand&#233;mie de sida en Afrique du Sud est aggrav&#233; par le syst&#232;me, puisque les mineurs &#233;loign&#233;s de chez eux sont plus enclins &#224; aller voir des prostitu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vendetta des &#171; priv&#233;s &#187; en Afrique du Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; le 06 Juin 2006 Le Monde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait : Une atmosph&#232;re de vendetta plane sur l'industrie de la s&#233;curit&#233;, l'un des secteurs les plus prosp&#232;res de l'&#233;conomie sud-africaine. La gr&#232;ve des agents de s&#233;curit&#233;, qui dure depuis deux mois, a d&#233;j&#224; fait 21 morts parmi les non-gr&#233;vistes et des centaines de milliers de rands de d&#233;g&#226;ts lors de manifestations qui ont d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;. Mardi 30 mai, un garde qui n'avait pas suivi le mouvement a &#233;t&#233; pendu, plusieurs agents charg&#233;s de la s&#233;curit&#233; dans les trains ont &#233;t&#233; jet&#233;s sur les voies, d'autres ont &#233;t&#233; froidement abattus. Les non-gr&#233;vistes ne portent plus leur uniforme de travail et &#233;vitent de se d&#233;placer en train.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chausse-trapes de l'apr&#232;s-apartheid en Afrique du Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pretoria aux prises avec la crise sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pouvoir depuis douze ans, le Congr&#232;s national africain (ANC) est de plus en plus critiqu&#233; par ses alli&#233;s communistes et syndicaux. En effet, si le taux de croissance s'&#233;l&#232;ve &#224; 4 %, la soci&#233;t&#233; sud-africaine demeure l'une des plus in&#233;galitaires du monde. A la question sociale s'ajoute celle des s&#233;quelles de l'apartheid, que l'ANC a d&#233;cid&#233; de combattre par des mesures contest&#233;es de &#171; discrimination positive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Johann Rossouw&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, pour la premi&#232;re fois depuis 1960, le taux de croissance de l'Afrique du Sud approche 4 %. Le gouvernement du pr&#233;sident Thabo Mbeki, successeur de M. Nelson Mandela en 1999, met tout en &#339;uvre pour obtenir une croissance de 6 %, chiffre magique martel&#233; depuis 1994, ann&#233;e des premiers scrutins populaires. L'objectif affich&#233; est d'&#233;radiquer la pauvret&#233;, dont le taux s'&#233;l&#232;ve &#224; 30,9 % (1), et le ch&#244;mage (officiel), qui atteint 30 %. Cependant, ce &#171; succ&#232;s &#187; cache plusieurs d&#233;fis que le gouvernement de M. Mbeki n'a pas su affronter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous la direction du Congr&#232;s national africain (African National Congress, ANC), la &#171; nouvelle &#187; Afrique du Sud est loin d'avoir tenu ses promesses sociales (2). D'apr&#232;s le social-d&#233;mocrate Sampie Terreblanche, doyen des historiens sud-africains sp&#233;cialistes de l'&#233;conomie, la strat&#233;gie &#233;conomique de l'ANC a conduit &#224; un creusement des in&#233;galit&#233;s. Selon lui, &#171; la soci&#233;t&#233; sud-africaine s'est restructur&#233;e : jadis rigidement divis&#233;e sur une base raciale, elle s'est tr&#232;s nettement stratifi&#233;e en classes sociales (3) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en 1996, l'ANC a op&#233;r&#233; un virage historique en optant pour une politique n&#233;olib&#233;rale classique, notamment sous la pression de grandes entreprises, comme Anglo American, le plus puissant conglom&#233;rat du pays. Le symbole de cette nouvelle orientation est l'adoption du programme GEAR (Growth, Employment and Redistribution ; &#171; croissance, emploi et redistribution &#187;). Il pr&#233;voit notamment la privatisation des entreprises d'Etat et fonde sa strat&#233;gie &#233;conomique sur la recherche de la croissance (politique de l'offre). L'Afrique du Sud est ainsi le seul pays du continent &#224; se soumettre volontairement aux traitements g&#233;n&#233;ralement impos&#233;s par le Fonds mon&#233;taire international (FMI) et la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une v&#233;ritable volte-face de l'ANC, dont le programme &#233;conomique avait traditionnellement pour priorit&#233; la lutte contre les in&#233;galit&#233;s sociales (politique de la demande). Ce choix initial refl&#233;tait la base sociologique du mouvement ainsi que l'influence id&#233;ologique du Parti communiste sud-africain (South African Communist Party, SACP). La nationalisation des banques et des mines &#233;tait m&#234;me un des projets-phares de l'ANC, et M. Mandela l'&#233;voqua dans un des premiers discours qu'il pronon&#231;a apr&#232;s sa lib&#233;ration en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'influence du SACP sur l'ANC d&#233;clina au moment o&#249;, au milieu des ann&#233;es 1980, ce dernier fut secr&#232;tement approch&#233; par les milieux d'affaires sud-africains. A l'&#233;poque, le Parti national au pouvoir, confront&#233; &#224; la pression internationale, semblait ne plus pouvoir garantir la stabilit&#233; politique et &#233;conomique du pays, si ce n'est au prix d'une r&#233;pression accrue. Selon M. Moeletsi Mbeki, fr&#232;re du pr&#233;sident et intellectuel respect&#233;, &#171; progressivement, des pans entiers du capital national commenc&#232;rent &#224; retirer leur soutien au nationalisme afrikaner et &#224; r&#233;clamer la modification de la r&#233;glementation &#233;conomique. Au milieu des ann&#233;es 1980, des discussions clandestines d&#233;but&#232;rent avec les partis politiques en exil dans le but de pr&#233;parer l'apr&#232;s-apartheid (4) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;conomiste Sampie Terreblanche, l'ANC, malgr&#233; sa brillante victoire politique sur le Parti national, s'est laiss&#233; dominer par les milieux d'affaires et &#233;conomiques. Les discussions discr&#232;tes qui eurent lieu &#224; la fin de la p&#233;riode clandestine ont durablement influenc&#233; ses choix. Le pr&#233;sident Mbeki a jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans le succ&#232;s des options lib&#233;rales. En effet, le GEAR a &#233;t&#233; adopt&#233; sous son impulsion, alors qu'il &#233;tait vice-pr&#233;sident de M. Mandela (5).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dipl&#244;m&#233; en &#233;conomie, M. Mbeki jouait de facto le r&#244;le de premier ministre tandis que la figure historique de l'ANC se concentrait sur la r&#233;conciliation raciale. Le vice-pr&#233;sident &#233;tait fascin&#233; par l'&#233;volution des sociaux-d&#233;mocrates europ&#233;ens dans les ann&#233;es 1990. La &#171; troisi&#232;me voie &#187; du premier ministre britannique Anthony Blair repr&#233;sentera pour lui un mod&#232;le (6). En outre, M. Mbeki ne voulait pas voir se r&#233;p&#233;ter, dans son pays, l'&#233;chec &#233;conomique des pays africains &#171; socialistes &#187; dans la p&#233;riode qui suivit les ind&#233;pendances. Le pr&#233;sident s'est d'ailleurs constitu&#233; un groupe de conseillers, pour la plupart des dirigeants de grandes soci&#233;t&#233;s multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le revirement lib&#233;ral de l'ANC provoqua d'autant plus la col&#232;re de ses alli&#233;s, le SACP et la puissante centrale syndicale Cosatu, qu'il fut effectu&#233; sans les consulter. Cette gestion autoritaire, centralis&#233;e et technocratique de l'Etat et de l'ANC est la caract&#233;ristique de la pr&#233;sidence de M. Mbeki depuis son &#233;lection en 1999. Pendant ses trente ann&#233;es d'exil, il a en effet pris l'habitude de compter sur un cercle tr&#232;s restreint de confidents, dont les fr&#232;res Aziz et Essop Pahad ; le premier occupe le poste de vice-ministre des affaires &#233;trang&#232;res, et le second celui de ministre attach&#233; &#224; la pr&#233;sidence. En outre, le pr&#233;sident Mbeki accepte mal les critiques. M&#234;me le tr&#232;s respect&#233; eccl&#233;siastique et chef de file de la lutte contre l'apartheid, M. Desmond Tutu, a essuy&#233; une violente col&#232;re du chef de l'Etat, en novembre 2004, pour avoir formul&#233; quelques critiques pourtant feutr&#233;es (7).&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux mauvais r&#233;sultats sociaux du GEAR s'ajoutent les tensions politiques dues &#224; la politique dite de &#171; transformation &#187;, cl&#233; de vo&#251;te du nationalisme africain de M. Mbeki. C'est fin 1997, lors de la cinquanti&#232;me conf&#233;rence nationale de l'ANC, que M. Mandela fixa un nouvel objectif &#224; l'Afrique du Sud : une &#171; transformation sociale fondamentale (8) &#187;, dont l'objectif principal est la repr&#233;sentation des diff&#233;rentes composantes de la population &#224; tous les niveaux de la soci&#233;t&#233;. Apr&#232;s une si longue histoire d'exploitation et de discrimination, cette priorit&#233; s'imposait naturellement. Par exemple, aujourd'hui encore, seuls 2 % des d&#233;tenteurs des actifs cot&#233;s en Afrique du Sud sont des Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, progressivement, la &#171; transformation &#187; s'est mu&#233;e en un programme totalement bas&#233; sur la &#171; race &#187;, faisant de l'ANC le parti de la classe moyenne noire et non plus le parti des pauvres et des travailleurs. Celui-ci se justifie en soulignant la n&#233;cessit&#233; d'emp&#234;cher le d&#233;veloppement de la contestation sociale chez les Noirs alors qu'une grande partie d'entre eux ne voient toujours pas leurs conditions de vie s'am&#233;liorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pi&#232;ces centrales de cette politique, la loi sur l'embauche &#233;quitable (Employment Equity Act) d'avril 1999 et celle sur la promotion des Noirs dans le secteur &#233;conomique (Broad-based Black Economic Empowerment Act) de 2003, connue sous le nom de BEE. La premi&#232;re concerne toutes les cat&#233;gories victimes de discrimination, y compris les femmes et les personnes handicap&#233;es. Si les femmes en ont tir&#233; profit, la loi est &#224; pr&#233;sent orient&#233;e explicitement vers les Noirs, provoquant chez certains l'accusation d'&#171; apartheid &#224; l'envers &#187;. Ainsi, en cherchant &#224; corriger les injustices du pass&#233;, l'Afrique du Sud s'&#233;carte de plus en plus du non-racialisme pourtant prescrit par la Constitution. Le choix de la &#171; race &#187; comme crit&#232;re, plut&#244;t que la classe sociale ou la langue &#8211; le pays en compte onze, qui se trouvent dispers&#233;es dans chacune des neuf r&#233;gions administratives &#8211;, contribue &#224; ce qu'elle demeure la r&#233;f&#233;rence sociopolitique en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les tensions politiques et sociales viennent surtout du fait que le BEE est devenu le paravent d'un nouvel &#233;litisme clanique. Ancien responsable de l'ANC sous l'apartheid et plus tard cofondateur de l'Institut Gor&#233;e, M. Frederik Van Zyl Slabbert &#233;voque une &#171; cooptation constitutionnelle &#187; de l'ANC, qui installe partout ses cadres loyaux. D&#232;s 1998, M. Joel Netzhitenzhe, bras droit du pr&#233;sident Mbeki devenu porte-parole du gouvernement, laissait pr&#233;voir cette politique : &#171; La transformation de l'Etat consiste d'abord et surtout &#224; &#233;tendre le contr&#244;le de notre mouvement &#224; tous les leviers du pouvoir : l'arm&#233;e, la police, la bureaucratie, les organes de renseignement, le syst&#232;me judiciaire, les structures para-&#233;tatiques, et diff&#233;rents organismes tels que la radio et t&#233;l&#233;vision nationale et la banque centrale (9)... &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
De fait, les accusations de favoritisme et de pr&#233;varication se multiplient. Une poign&#233;e d'oligarques noirs proches du pouvoir (10) sont presque chaque fois impliqu&#233;s dans les transactions effectu&#233;es en vertu du BEE, qui veut que les actions des grandes entreprises soient transf&#233;r&#233;es vers des soci&#233;t&#233;s sous contr&#244;le noir (11). Pour M. Moeletsi Mbeki, ce type de comportement, qu'on retrouve dans beaucoup de pays du continent, contribue &#224; freiner le d&#233;veloppement d'un secteur priv&#233; dynamique au sud du Sahara (12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du secteur &#233;conomique, le pr&#233;sident sud-africain a b&#226;ti progressivement un discours afro-nationaliste par lequel il justifie l'ensemble de ses choix politiques. Cette attitude peut d'ailleurs expliquer en partie ses positions controvers&#233;es sur le sida (13). Il a souvent mis en doute le lien entre le VIH et le sida et pr&#233;sent&#233; les causes de la pand&#233;mie comme avant tout sociales et &#233;conomiques. Il a ainsi emp&#234;ch&#233;, jusqu'en 2001, la mise en place d'une politique sanitaire dans ce domaine. S'il est revenu sur cette position, sa ministre de la sant&#233;, Mme Manto Tshabalala-Msimang, vante les m&#233;rites d'une saine nourriture, y compris la pomme de terre africaine, plut&#244;t que ceux des m&#233;dicaments antir&#233;troviraux, dont ne b&#233;n&#233;ficiaient, fin 2004, qu'entre 47 000 et 62 000 sud-africains infect&#233;s. La catastrophe sanitaire est patente : selon les Nations unies, plus de 5,3 millions de Sud-africains, dont 230 000 enfants de moins de 15 ans, seraient aujourd'hui frapp&#233;s par le VIH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix &#233;conomiques et politiques de l'ANC de M. Mbeki isolent de plus en plus le pouvoir de ses alli&#233;s et de sa base sociale. Depuis 2000, la contestation prend des formes multiples : sociales, comme la cr&#233;ation du Forum antiprivatisation ou du Comit&#233; de crise de Soweto, ou bien identitaires, comme l'action de la F&#233;d&#233;ration des associations afrikaners pour la culture et celle du syndicat Solidarit&#233;. Durant toute l'ann&#233;e 2005, des manifestations ont eu lieu contre la corruption et l'insuffisance des services sociaux. Quant &#224; l'Afrique du Sud rurale, une r&#233;volte a commenc&#233; au milieu de 2004, quand des milliers des gens ont protest&#233; dans les petits villages tels que Harrismith contre l'absence des services essentiels. Au mois de mars 2006, le ghetto noir de Khutsong, pr&#232;s de Carletonville, dans la province du Nord-Ouest (30 000 habitants), a refus&#233; en masse de voter aux &#233;lections locales parce que l'ANC lui a impos&#233; ses candidats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le limogeage du vice-pr&#233;sident Jacob Zuma, le 13 juin 2005, pour son implication suppos&#233;e dans une affaire de corruption, a cristallis&#233; la crise politique, certains voyant dans cette &#233;viction une manifestation d'autoritarisme de trop et la volont&#233; d'&#233;vincer un &#233;ventuel concurrent. L'ancien vice-pr&#233;sident a organis&#233; de grands rassemblements partout dans le pays et n'a pas manqu&#233; d'exploiter le ressentiment de la Cosatu et du SACP contre M. Mbeki, mais aussi celui des pauvres. Jouant de son style affable, M. Zuma adopte des accents gauchistes... sans que ses positions connues manifestent de grandes convictions de gauche. Briguant la pr&#233;sidence de l'ANC et celle du pays, il devra, d&#233;but septembre, r&#233;pondre aux accusations de corruption devant la Cour supr&#234;me, o&#249; il menace de faire citer M. Mbeki comme t&#233;moin...&lt;br class='autobr' /&gt;
La contestation se propage au sein m&#234;me de l'ANC. L'autorit&#233; du pr&#233;sident est ouvertement chahut&#233;e par la Ligue de jeunesse de l'ANC (cofond&#233;e par M.Mandela en 1943) et par la Ligue des femmes de l'ANC. Aux &#233;lections locales de mars 2006, des centaines de dissidents se sont pr&#233;sent&#233;s pour la premi&#232;re fois contre le parti. La menace d'un divorce avec le SACP et la Cosatu plane sans cesse. M. Mbeki tente de la conjurer en &#233;voquant un mod&#232;le &#233;conomique inspir&#233; de Singapour et de la Cor&#233;e du Sud o&#249; l'Etat jouerait un r&#244;le significatif dans l'&#233;conomie. Il a donn&#233; des gages &#224; ses alli&#233;s en repoussant la privatisation de certaines entreprises publiques, sans aucun effet sur la vigueur des d&#233;bats &#224; l'int&#233;rieur de l'ANC, de la Cosatu et du SACP. Dans un discours, prononc&#233; en hommage &#224; M. Mandela, il a plaid&#233; pour une soci&#233;t&#233; plus &#171; compatissante &#187; sans convaincre les critiques. Ceux-ci font valoir qu'un tel objectif est an&#233;anti par la politique n&#233;olib&#233;rale que m&#232;ne le gouvernement depuis des ann&#233;es...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johann Rossouw.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (1) Selon le &#171; rapport sur le d&#233;veloppement humain &#187; du Programme des Nations unies pour le d&#233;veloppement (PNUD), 2005, &lt;a href=&#034;http://www.undp.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.undp.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Lire Charlene Smith, &#171; La jeunesse sud-africaine face aux violences sexuelles &#187;, Le Monde diplomatique, octobre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Sampie Terreblanche, A History of Inequality in South Africa (1652-2002), University of Natal Press, Pietermaritzburg, 2002, p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Moeletsi Mbeki, &#171; A growing gap between the black elite and the black masses ? Elites and political and economic change in South Africa since the Anglo Boer War &#187;, 1er juillet 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) Lire Claude Wauthier, &#171; L'Afrique du Sud se pr&#233;pare &#224; l'apr&#232;s-Mandela &#187;, Le Monde diplomatique, mars 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(6) William Mervin Gumede, &#171; ANC-woelinge oor meer as Mbeki, Zuma &#187;, Die Vrye Afrikaan, Durbanville, 21 octobre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(7) Thabo Mbeki, &#171; Letter from the president &#187;, ANC Today, 26 novembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(8) &lt;a href=&#034;http://www.anc.org.za/ancdo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.anc.org.za/ancdo&lt;/a&gt; cs/history/conf...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(9) &lt;a href=&#034;http://www.anc.org.za/ancdo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.anc.org.za/ancdo&lt;/a&gt; cs/pubs/umrabul...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(10) Il s'agit surtout de MM. Cyril Ramaphosa, Tokyo Sexwale et Saki Macozoma, tous les trois aussi membres du Comit&#233; ex&#233;cutif national de l'ANC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(11) Lire St&#233;phane Roman, &#171; Afrique du Sud : l'introuvable &#8220;capitalisme noir&#8221; &#187;, Mani&#232;re de voir, no 51, &#171; Afriques en renaissance &#187;, mai-juin 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(12) Moeletsi Mbeki, &#171; Hoe om Afrika suid van die Sahara ekonomies op te hef &#187;, Die Vrye Afrikaan, Durbanville, 3 septembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(13) Lire Philippe Rivi&#232;re, &#171; Vivre &#224; Soweto avec le sida &#187;, Le Monde diplomatique, ao&#251;t 2002.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un Sud-africain noir &#8211; Lettre ouverte &#224; Mandela : Vous avez trahi et vendu le peuple noir &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cher ancien pr&#233;sident Nelson Mandela,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais seulement 5 ans quand vous avez &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; de prison. Je viens d'un milieu pauvre, comme tous les enfants noirs d'Afrique du Sud du temps de l'Apartheid et j'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233; par ma grand-m&#232;re. En 1994, l'Afrique du Sud a eu ses premi&#232;res &#233;lections d&#233;mocratiques, je me souviens que tout le monde, y compris ma grand-m&#232;re, &#233;tait ravi &#224; l'id&#233;e de pouvoir voter pour vous et pour le gouvernement de l'ANC. Malheureusement, ma grand-m&#232;re est d&#233;c&#233;d&#233;e avant d'avoir pu voter en d&#233;but d'Avril en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai cru comprendre que vous aviez des rencontres secr&#232;tes entre 1985-1990 avec P. W. Botha (ancien pr&#233;sident de 84-89) pour avoir un r&#232;glement n&#233;goci&#233;. Ceci nous a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; plus tard par le pr&#233;sident de l'ANC, Oliver Reginald Tambo, se r&#233;f&#233;rant &#224; vos r&#233;unions avec le r&#233;gime colonial-apartheid dans les ann&#233;es 1980, ann&#233;es cruciales. Il avait d&#233;clar&#233; : &#171; Les prisonniers ne peuvent pas n&#233;gocier leur libert&#233; &#187;. Tambo semblait perturb&#233; sur le fait que des hautS cadres du parti, y compris vous, auraient pu avoir compromis l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1990, avant que vous ne sortiez de prison vous aviez assur&#233; vos partisans que la nationalisation des mines, des banques et des min&#233;raux &#233;taient vos objectifs premiers. Cette croyance avait form&#233; la doctrine de base de l'ANC et avait m&#234;me &#233;t&#233; inscrite dans un document connu sous le nom &#171; Freedom Charter &#187; (La Charte de la Libert&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La richesse nationale de notre pays, le patrimoine et l'h&#233;ritage des Sud-Africains, seront rendus au peuple : Les richesses min&#233;rales du sous-sol, les banques et les industries qui ont un monopole doivent &#234;tre transf&#233;r&#233;es &#224; la propri&#233;t&#233; du peuple dans son ensemble et en entier. Toutes les autres industries et commerces doivent &#234;tre contr&#244;l&#233;s par le gouvernement afin d'aider au bien-&#234;tre du peuple &#187;. Disait &#171; La Charte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il est apparu plus tard que vous et d'autres dirigeants de l'ANC vous &#233;tiez affair&#233;s &#224; r&#233;interpr&#233;ter avec cr&#233;ativit&#233; l'un des engagements les plus forts contenus dans cette Charte, &#224; savoir &#171; une nationalisation des industries qui conforterait le monopole des capitaines d'industries blancs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA NATURE DE LA TRAHISON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque vous n&#233;gociez avec le Nationaliste De Klerk (ancien pr&#233;sident 1984-89) avec l'intention d'obtenir un compromis qui garantit le maintien du pouvoir Blanc en Afrique du Sud et surtout le maintien des profits tir&#233;s des masses noires exploit&#233;es, et qui laisse le pouvoir entre les mains des capitalistes blancs dans un avenir pr&#233;visible. Comme il le disait fermement : &#171; Je n'ai pas l'intention de n&#233;gocier quoi que soit qui me fera quitter le pouvoir &#187;. Bien au contraire, les n&#233;gociations ont eu pour but d'emp&#234;cher la victoire des masses noires. De Klerk avait tendu un pi&#232;ge pour les noirs et nous avons &#233;t&#233; pris dans ce pi&#232;ge gr&#226;ce &#224; vous, M. Nelson Mandela. Vous le saviez bien que toute &#171; n&#233;gociation &#187; faite avec le Diable DOIT, par d&#233;faut, nous conduire en Enfer ! A vrai dire, vous vous &#234;tes fait rouler dans la farine par les nationalistes et nous avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Echec du transfert du pouvoir lors des n&#233;gociations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations ont port&#233; sur deux aspects : l'un politique, l'autre &#233;conomique. Quand vous n&#233;gociez avec les Nationalistes, et &#224; partir du moment o&#249; vous avez choisi de s&#233;parer le pouvoir politique et &#233;conomique, l&#224; &#233;tait votre plus grande erreur et c'est de l&#224; que la trahison du peuple Noir est partie. Le transfert de propri&#233;t&#233; des richesses et des terres est au c&#339;ur d'un transfert de pouvoir. Raison pour laquelle il a &#233;t&#233; CLAIREMENT stipul&#233; dans la Charte de la Libert&#233;. Mais vous, M. Nelson Mandela, avez choisi de l'ignorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de vos n&#233;gociations toute intelligentsia sud-africaine avait l'oeil riv&#233; sur les tractations d'ordre politiques et n&#233;gligeait l'aspect &#233;conomique. Vous craigniez le fait que si les n&#233;gociations politiques &#233;chouaient, il y aurait des manifestations de masse. Les gens n'&#233;taient pas int&#233;ress&#233;s par les n&#233;gociations &#233;conomiques et lorsque les n&#233;gociateurs &#233;conomiques rendaient des comptes au peuple, les gens pensaient que c'&#233;tait trop technique, du coup personne ne s'y int&#233;ressait par manque d'&#233;ducation. Mais vous, M. l'ancien pr&#233;sident, vous &#233;tiez plus instruit que le peuple. Vous auriez d&#251; le savoir que ces deux aspects du pouvoir &#233;taient intimement li&#233;s. C'est l&#224; que nous avons rat&#233; &#224; jamais l'occasion d'obtenir notre libert&#233; totale et vous l'avez vendue aux Nationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;=&gt; Ici, Nationalistes, r&#233;f&#232;re au fait que le parti Blanc au pouvoir (Afrikaner National Party) ne voulait pas un &#233;clatement de l'Afrique du Sud, m&#234;me bien qu'ils pratiquaient ouvertement une s&#233;gr&#233;gation raciale. Comme quoi, on voit qu'un parti politique peut s'appeler &#171; Nationaliste &#187;, mais en fait il ne vise qu'a la destruction de la Nation qu'il pr&#233;tend pourtant d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivons la lecture de la lettre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Echec des n&#233;gociations &#233;conomique et nationalisation de la Banque Centrale Nationale de l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. l'Ancien Pr&#233;sident, votre mandat obtenu par le peuple &#233;tait de vous assurer que les valeurs de la Charte soient mises en &#339;uvre, y compris la nationalisation des actifs du pays. Mais au lieu de nationaliser les mines vous vous r&#233;unissiez r&#233;guli&#232;rement avec Harry Oppenheimer, ancien pr&#233;sident de la g&#233;ante compagnie mini&#232;re anglo-am&#233;ricaine et De Beers, la 1&#232;re compagnie Sud-africaine productrice de Diamant au monde, or ces deux compagnies &#233;taient les symboles &#233;conomiques m&#234;me du r&#233;gime de l'Apartheid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps apr&#232;s l'&#233;lection de 1994, vous avez m&#234;me pr&#233;sent&#233; le programme &#233;conomique de l'ANC &#224; Oppenheimer pour approbation et fait plusieurs r&#233;visions cl&#233;s pour r&#233;pondre &#224; ses pr&#233;occupations, ainsi qu'&#224; celles des autres grands industriels du pays. Honte &#224; vous pour la vente de min&#233;raux et des terres aux Imp&#233;rialistes. Les r&#233;sultats de ces r&#233;unions &#233;taient que vous pourriez garder le pouvoir politique, mais l'or et les diamants de l'Afrique du Sud resteraient dans les mains des personnes qui la contr&#244;laient auparavant. Avez-vous oubli&#233; ce que la Charte de la Libert&#233; disait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous le rappelle : &#171; La richesse nationale de notre pays, le patrimoine et l'h&#233;ritage des Sud-Africains, sera rendu au peuple : Les richesses min&#233;rales du sous-sol, les banques et les industries qui ont un monopole doivent &#234;tre transf&#233;r&#233;es &#224; la propri&#233;t&#233; du peuple dans son ensemble et en entier. Toutes les autres industries et commerces doivent &#234;tre contr&#244;l&#233;s par le gouvernement afin d'aider au bien-&#234;tre du peuple. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des aspects les plus r&#233;v&#233;lateurs de la transition &#233;conomique a &#233;t&#233; la propri&#233;t&#233; de la Banque Centrale d'Afrique du Sud. Sans aucun doute l'institution la plus puissante du pays. Son sort nous a &#233;t&#233; expliqu&#233; par un homme d'affaire de Durban, Vishnu Padayachee, a qui vous aviez demand&#233; de r&#233;diger un document pour votre &#233;quipe de n&#233;gociation sur les avantages et les inconv&#233;nients d'avoir une Banque Centrale autonome, g&#233;r&#233;e en totale autonomie par votre gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Padayachee ne pouvait pas croire ce qu'il entendait : &#171; Quelle question ?!!! Mais bien s&#251;r que nous devons prendre contr&#244;le de cette Banque &#187;. Lui et son &#233;quipe ont r&#233;dig&#233; et pr&#233;sent&#233; le document avec des recommandations claires de ne pas autoriser la Banque Centrale &#224; rester une institution autonome (!). Mais plus tard, il a r&#233;v&#233;l&#233;, que votre &#233;quipe de n&#233;gociation : &#171; N'avait pas le choix de faire une concession sur cette revendication pourtant centrale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Nelson Mandela, &#224; l'&#233;poque, la Banque Centrale &#233;tait une propri&#233;t&#233; priv&#233;e appartenant aux Blancs et aujourd'hui elle compte quelque 650 actionnaires qui sont &#224; 99% Blancs. Pourquoi avez-vous laiss&#233; cette Banque Centrale aux mains des m&#234;mes Blancs imp&#233;rialistes qui profitaient de l'Apartheid dans notre pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des n&#233;gociations que vous avez accept&#233; et qui non seulement stipulait que la Banque Centrale devait &#234;tre g&#233;r&#233;e comme une entit&#233; autonome au sein de l'Etat sud-africain, avec son ind&#233;pendance inscrite dans la constitution Sud Africaine, mais en plus, elle serait dirig&#233;e par le m&#234;me homme qui la dirigeait sous l'Apartheid : Chris Stals. Une autre figure de proue de l'Apartheid, le Ministre des Finances Derek Keyes, a &#233;galement conserv&#233; son poste dans la nouvelle administration. M. Nelson Mandela comment avez-vous permis aux m&#234;mes personnes qui nous ont opprim&#233;s d'&#234;tre en charge de la Banque Centrale du pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Padayachee a d&#233;plor&#233; qu'avec la perte de la Banque Centrale, &#171; tout serait perdu en termes de transformations &#233;conomiques &#187;. C'est bien vrai : Tout a &#233;t&#233; perdu lorsque vous avez vendu la Banque Centrale, r&#233;serve de notre pays !!! L'un des engagements de la Charte &#233;tait aussi la redistribution des terres, ce qui est devenu impossible &#224; r&#233;aliser &#224; cause d'une autre clause que vous avez inscrite dans la Constitution et qui prot&#232;ge la propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Echec du mythe de la Nation arc-en-ciel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez pr&#234;ch&#233; ce mythe de la Nation arc-en-ciel au monde entier, or il n'existe pas ; seulement dans votre t&#234;te. R&#233;conciliation n'a signifi&#233; rien d'autre que &#171; les Noirs doivent pardonner aux Blancs ce qu'ils leur ont fait pendant plus de 300 ans de d&#233;possession, d'humiliation et de souffrance &#187;. Je ressens une douleur indescriptible &#224; chaque fois qu'un Sud-africain Blanc &#8211; &#224; la boutique, dans un bar, &#224; la Radio ou sur des forums en ligne &#8211; dit que : &#171; Nous devons oublier le pass&#233; et nous tourner vers l'avenir. &#187; C'est comme nous dire &#224; nous, Noirs, que nous devons &#171; oublier notre douleur et nos souffrances &#187;. Et surtout venant de gens qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; de ce syst&#232;me raciste et s&#233;gr&#233;gationniste ! Nous avons subi des injures et des abus racistes et nos agresseurs sont aujourd'hui parmi nous. Et vous voulez que tout aille bien ?!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous et Desmond Tutu, un autre chantre de ce foutu mythe de la nation arc-en-ciel, avez pass&#233; sous silence notre douleur et notre peine &#8211; au grand soulagement des Blancs. Ces m&#234;mes Blancs qui ne parviennent pas &#224; reconna&#238;tre leur tort : notre douleur et notre souffrance &#8211; et surtout leur r&#244;le en tant que principaux b&#233;n&#233;ficiaires de ce syst&#232;me. Vous &#233;tiez trop pr&#233;occup&#233; &#224; ne ne pas semer le trouble dans la mesure o&#249; les Blancs auraient &#233;t&#233; les principales victimes de repr&#233;sailles. C'est l'unique raison pour laquelle vous faites l'objet d'un v&#233;ritable culte de la personnalit&#233; dans la communaut&#233; blanche, plut&#244;t que dans la communaut&#233; noire, votre propre communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat des courses, les Blancs de ce pays croient que vous &#234;tes la seule personne noire honorable tandis que le reste des Noirs, nous autres, sommes des corrompus, des criminels, des violeurs, des ivrognes et des bouffons incultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;=&gt;Eh oui !!! Voil&#224; comment les Sud-africains ont &#233;t&#233;&#8230;, sans pr&#233;servatifs et sans vaseline, par ces gens et surtout, par la faute de quelqu'un qu'on prenait comme l'un des n&#244;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 94 de la Constitution Sud-Africaine qui garantit un &#171; environnement LIBRE et JUSTE &#187; pour tous les sud-Africains est encore un de vos mythes de la Nation arc-en-ciel : Les Noirs ne sont pas libres (sauf si vous d&#233;crivez la libert&#233; comme &#233;tant la capacit&#233; d'&#234;tre en mesure de voter et le fait de ne pas avoir &#224; transporter un carte d'identit&#233; 24h/24 comme au temps de l'Apartheid). Nous ne sommes pas libres et il existe tr&#232;s peu de justice en Afrique du Sud ! Tout cela, gr&#226;ce &#224; vous. Monsieur Nelson Mandela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ETAT ACTUEL DE L'AFRIQUE DU SUD&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etes-vous conscient que les Noirs restent sans terres, sous-aliment&#233;s, sans abris, sous-employ&#233;s et mal repr&#233;sent&#233;s dans les postes de cadres sup&#233;rieurs ? L'&#233;tat de sant&#233; et d'&#233;ducation pour les noirs reste tel qu'il &#233;tait, si ce n'est pire que durant l'Apartheid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vestiges de l'Apartheid et des structures &#233;conomiques coloniales, la propri&#233;t&#233; et le contr&#244;le restent intactes malgr&#233; l'acquisition du pouvoir politique dont vous r&#234;viez tant. Etes-vous conscient que la libert&#233; politique sans &#233;mancipation &#233;conomique est vide de sens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de l'emploi est &#233;galement d&#233;finie selon des crit&#232;res raciaux en raison du fait que, dans le troisi&#232;me trimestre de 2010, 29,80% des Noirs &#233;taient officiellement au ch&#244;mage, contre 22,30% de m&#233;tis, 8,60% d'Asiatiques et seulement 5,10% de blancs. Environ 12 millions de personnes vivent avec moins de 0,25$ par jour (!!!) , tandis que 16 millions de Sud-africains re&#231;oivent des allocations sociales sur une population totale du pays de 50.59 millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de r&#233;partition raciale du revenu par habitant, le niveau de revenu des Noirs et des personnes de couleurs (m&#233;tis, indiens, chinois) en 2008 n'&#233;tait que de 13% et 22% du revenu par habitant des Blancs, comparativement &#224; 10,9% et 19,3% en 1993. L'&#233;cart de revenu pour les Indiens a diminu&#233;, le revenu par habitant indien en 2008 &#233;tant &#224; 60% de celui des Blancs contre 42% en 1993.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;=&gt; Il faut savoir que sous l'Apartheid, les Blancs avaient &#233;tabli une soci&#233;t&#233; de caste en Afrique du Sud, comme en Inde o&#249; il &#233;taient aussi aux affaires. Elle se composait comme suit : les Blancs &#233;taient au sommet de la pyramide des &#234;tres humains, suivi des chinois qui &#233;taient les plus blancs apr&#232;s eux, venaient ensuite des Indiens qui &#233;taient moins noirs que les noirs, et enfin venait les Noirs &#224; la fin de la pyramide. Mais comble des combles, il y avait des individus en dessous de ces noirs : Les Noirs non Sud-africains, les noirs des autres colonies Britanniques &#8211; Zimbabwe, Namibie, Nigeria, Ghana, etc &#8211; qui avaient &#233;t&#233; emmen&#233;s de force en Afrique du Sud pour construire le chemin de fer et toutes les infrastructures du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et avec &#231;a, il y a certaines personnes qui vous diront que la colonisation et autres s&#233;gr&#233;gations raciales qui ont eu lieu dans l'Histoire &#233;taient des accidents de parcours ??? Ce n'&#233;tait pas des accidents, c'&#233;tait des syst&#232;mes de pens&#233;e bien planifi&#233;s et bien &#233;tudi&#233;s. Ils avaient des gens qui travaillaient afin de perfectionner le syst&#232;me et le rendre optimal. Les Blancs ne nous ont pas fait du mal par accident, c'&#233;tait un acte conscient et bien pens&#233; (&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, terminons la lecture de cette lettre, d&#233;sol&#233; je sais que c'est tr&#232;s long, mais je suis s&#251;r que vous sortirez d'ici plus instruits que la grande majorit&#233; de nos fr&#232;res. Il faut souffrir pour s'instruire n'est-ce pas ? &#199;a fait pr&#232;s de 6h de temps que je suis en train de traduire et d'&#233;crire ce texte en m&#234;me temps, alors imaginez &#224; quel point j'ai souffert ; je souffre en ce moment pour sortir ce texte central pour notre culture Kamite].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, la m&#233;diane des d&#233;penses par habitant parmi les Noirs &#233;tait de R333 par mois par rapport &#224; celui des Blancs qui &#233;tait &#224; R3443 par mois (1000 fois plus !!!). En 2008, les d&#233;penses m&#233;dianes par habitant pour les Africains &#233;taient de R454 par mois par rapport R5668 par mois pour les Blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : [Leibbrandt, M. et al. (2010), &#171; Tendances de la Distribution des revenus et pauvret&#233; en Afrique du Sud depuis la chute de l'Apartheid &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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