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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La dictature du prol&#233;tariat en Russie</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cllara Zetkin &lt;br class='autobr' /&gt;
De la dictature &#224; la d&#233;mocratie &lt;br class='autobr' /&gt;
(1919) &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un article r&#233;cent intitul&#233; &#034;D&#233;mocratie contre Dictature&#034;, le camarade Kautsky s'est oppos&#233; &#224; la dictature du prol&#233;tariat et de la paysannerie telle qu'elle a &#233;t&#233; instaur&#233;e en Russie par le renversement bolchevique de l'autorit&#233; de l'&#201;tat. Il a exprim&#233; son d&#233;saccord avec les opinions des socialistes qui soutiennent que, dans les circonstances actuelles, cette dictature est historiquement justifi&#233;e. Pour l'essentiel, les opinions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique80" rel="directory"&gt;3- L'objectif de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cllara Zetkin
&lt;p&gt;De la dictature &#224; la d&#233;mocratie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1919)&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans un article r&#233;cent intitul&#233; &#034;D&#233;mocratie contre Dictature&#034;, le camarade Kautsky s'est oppos&#233; &#224; la dictature du prol&#233;tariat et de la paysannerie telle qu'elle a &#233;t&#233; instaur&#233;e en Russie par le renversement bolchevique de l'autorit&#233; de l'&#201;tat. Il a exprim&#233; son d&#233;saccord avec les opinions des socialistes qui soutiennent que, dans les circonstances actuelles, cette dictature est historiquement justifi&#233;e. Pour l'essentiel, les opinions de Kautsky sont identiques &#224; celles r&#233;cemment publi&#233;es par Martoff, un camarade menchevik, dans son ouvrage Marx et le probl&#232;me de la dictature du prol&#233;tariat . Ma r&#233;ponse aux critiques de Kautsky &#224; l'&#233;gard des bolcheviks est la suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bolchevisme et la main de fer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usage de la main de fer est la caract&#233;ristique essentielle de l'activit&#233; bolchevique. Ce n'est pas id&#233;al, mais in&#233;vitable. Cela peut &#234;tre contraire aux prescriptions de la d&#233;mocratie, mais cela sert pourtant les int&#233;r&#234;ts de la d&#233;mocratie. Si, pour tous ceux qui vivent en Russie, la d&#233;mocratie doit devenir une r&#233;alit&#233; socialiste diffusant de l'&#233;nergie, les bolcheviks ne pourront &#233;chapper &#224; la n&#233;cessit&#233; de sacrifier, &#224; titre de mesure transitoire, les droits de certains individus et de certains groupes sociaux. Que cela se produise est une caract&#233;ristique in&#233;vitable de l'&#233;volution historique. La d&#233;mocratie est de double nature, &#233;tant &#224; la fois le moyen et la fin de l'&#233;volution historique. En tant que fin ou but de l'&#233;volution historique, elle peut entrer en conflit avec elle-m&#234;me en tant que moyen d'&#233;volution historique. La dictature du prol&#233;tariat et de la paysannerie en Russie porte les marques de cette contradiction. Les voix plaintives de Russie, les critiques &#233;mises par les adversaires du &#171; bolchevisme &#187; dans d'autres pays, nous assurent que depuis que les bolcheviks sont arriv&#233;s au pouvoir, ils ont partout viol&#233; et sacrifi&#233; les principes d&#233;mocratiques. La d&#233;mocratie, nous dit-on, a &#233;t&#233; mise &#224; l'&#233;preuve &#224; plusieurs reprises : avec la dissolution de l'Assembl&#233;e constituante ; dans les privations des droits civils annonc&#233;es dans la constitution sovi&#233;tique ; et dans la d&#233;claration de la terreur de masse. Sans aucun doute ! Mais sans de telles violations, la r&#233;volution aurait-elle pu &#234;tre sauv&#233;e, aurait-elle pu aller plus loin, les r&#233;volutionnaires auraient-ils pu continuer &#224; &#339;uvrer pour le socialisme, qui seul garantit la d&#233;mocratie pour tous ? C'est la question cruciale, et pour moi la r&#233;ponse va de soi, compte tenu des circonstances entourant la r&#233;volution russe. les critiques &#233;mises par les adversaires du &#171; bolchevisme &#187; dans d'autres pays nous assurent que, depuis que les bolcheviks sont arriv&#233;s au pouvoir, ils ont partout viol&#233; et sacrifi&#233; les principes d&#233;mocratiques. La d&#233;mocratie, nous dit-on, a &#233;t&#233; mise &#224; l'&#233;preuve &#224; plusieurs reprises : avec la dissolution de l'Assembl&#233;e constituante ; dans les privations des droits civils annonc&#233;es dans la constitution sovi&#233;tique ; et dans la d&#233;claration de la terreur de masse. Sans aucun doute ! Mais sans de telles violations, la r&#233;volution aurait-elle pu &#234;tre sauv&#233;e, aurait-elle pu aller plus loin, les r&#233;volutionnaires auraient-ils pu continuer &#224; &#339;uvrer pour le socialisme, qui seul garantit la d&#233;mocratie pour tous ? C'est la question cruciale, et pour moi la r&#233;ponse va de soi, compte tenu des circonstances entourant la r&#233;volution russe. les critiques &#233;mises par les adversaires du &#171; bolchevisme &#187; dans d'autres pays nous assurent que, depuis que les bolcheviks sont arriv&#233;s au pouvoir, ils ont partout viol&#233; et sacrifi&#233; les principes d&#233;mocratiques. La d&#233;mocratie, nous dit-on, a &#233;t&#233; mise &#224; l'&#233;preuve &#224; plusieurs reprises : avec la dissolution de l'Assembl&#233;e constituante ; dans les privations des droits civils annonc&#233;es dans la constitution sovi&#233;tique ; et dans la d&#233;claration de la terreur de masse. Sans aucun doute ! Mais sans de telles violations, la r&#233;volution aurait-elle pu &#234;tre sauv&#233;e, aurait-elle pu aller plus loin, les r&#233;volutionnaires auraient-ils pu continuer &#224; &#339;uvrer pour le socialisme, qui seul garantit la d&#233;mocratie pour tous ? C'est la question cruciale, et pour moi la r&#233;ponse va de soi, compte tenu des circonstances entourant la r&#233;volution russe. assure-nous que depuis que les bolcheviks sont arriv&#233;s au pouvoir, ils ont partout viol&#233; et sacrifi&#233; les principes d&#233;mocratiques. La d&#233;mocratie, nous dit-on, a &#233;t&#233; mise &#224; l'&#233;preuve &#224; plusieurs reprises : avec la dissolution de l'Assembl&#233;e constituante ; dans les privations des droits civils annonc&#233;es dans la constitution sovi&#233;tique ; et dans la d&#233;claration de la terreur de masse. Sans aucun doute ! Mais sans de telles violations, la r&#233;volution aurait-elle pu &#234;tre sauv&#233;e, aurait-elle pu aller plus loin, les r&#233;volutionnaires auraient-ils pu continuer &#224; &#339;uvrer pour le socialisme, qui seul garantit la d&#233;mocratie pour tous ? C'est la question cruciale, et pour moi la r&#233;ponse va de soi, compte tenu des circonstances entourant la r&#233;volution russe. assure-nous que depuis que les bolcheviks sont arriv&#233;s au pouvoir, ils ont partout viol&#233; et sacrifi&#233; les principes d&#233;mocratiques. La d&#233;mocratie, nous dit-on, a &#233;t&#233; mise &#224; l'&#233;preuve &#224; plusieurs reprises : avec la dissolution de l'Assembl&#233;e constituante ; dans les privations des droits civils annonc&#233;es dans la constitution sovi&#233;tique ; et dans la d&#233;claration de la terreur de masse. Sans aucun doute ! Mais sans de telles violations, la r&#233;volution aurait-elle pu &#234;tre sauv&#233;e, aurait-elle pu aller plus loin, les r&#233;volutionnaires auraient-ils pu continuer &#224; &#339;uvrer pour le socialisme, qui seul garantit la d&#233;mocratie pour tous ? C'est la question cruciale, et pour moi la r&#233;ponse va de soi, compte tenu des circonstances entourant la r&#233;volution russe. a &#233;t&#233; critiqu&#233; &#224; plusieurs reprises : lors de la dissolution de l'Assembl&#233;e constituante ; dans les privations des droits civils annonc&#233;es dans la constitution sovi&#233;tique ; et dans la d&#233;claration de la terreur de masse. Sans aucun doute ! Mais sans de telles violations, la r&#233;volution aurait-elle pu &#234;tre sauv&#233;e, aurait-elle pu aller plus loin, les r&#233;volutionnaires auraient-ils pu continuer &#224; &#339;uvrer pour le socialisme, qui seul garantit la d&#233;mocratie pour tous ? C'est la question cruciale, et pour moi la r&#233;ponse va de soi, compte tenu des circonstances entourant la r&#233;volution russe. a &#233;t&#233; critiqu&#233; &#224; plusieurs reprises : lors de la dissolution de l'Assembl&#233;e constituante ; dans les privations des droits civils annonc&#233;es dans la constitution sovi&#233;tique ; et dans la d&#233;claration de la terreur de masse. Sans aucun doute ! Mais sans de telles violations, la r&#233;volution aurait-elle pu &#234;tre sauv&#233;e, aurait-elle pu aller plus loin, les r&#233;volutionnaires auraient-ils pu continuer &#224; &#339;uvrer pour le socialisme, qui seul garantit la d&#233;mocratie pour tous ? C'est la question cruciale, et pour moi la r&#233;ponse va de soi, compte tenu des circonstances entourant la r&#233;volution russe. aurait-il pu aller plus loin, les r&#233;volutionnaires auraient-ils pu continuer &#224; &#339;uvrer pour le socialisme, seul garant de la d&#233;mocratie pour tous ? C'est la question cruciale, et pour moi la r&#233;ponse va de soi, compte tenu des circonstances entourant la r&#233;volution russe. aurait-il pu aller plus loin, les r&#233;volutionnaires auraient-ils pu continuer &#224; &#339;uvrer pour le socialisme, seul garant de la d&#233;mocratie pour tous ? C'est la question cruciale, et pour moi la r&#233;ponse va de soi, compte tenu des circonstances entourant la r&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dissolution de l'Assembl&#233;e constituante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je consid&#232;re que la dissolution de l'Assembl&#233;e constituante, loin d'impliquer un sacrifice de la d&#233;mocratie, a rendu la d&#233;mocratie plus efficace. Il ne fait aucun doute que cette assembl&#233;e avait &#233;t&#233; &#233;lue sur la base du suffrage d&#233;mocratique, mais les &#233;lections avaient eu lieu avant que les mots d'ordre bourgeois et le programme de compromis bourgeois-socialiste n'aient perdu leur attrait pour les larges masses ouvri&#232;res. Ils avaient eu lieu avant le moment historique d&#233;cisif o&#249; la r&#233;volution de novembre et l'acceptation du gouvernement sovi&#233;tique par les ouvriers, les paysans et les soldats organis&#233;s avaient effectivement &#171; condamn&#233; comme partiaux et inad&#233;quats &#187; les programmes des deux phases d'ouverture de la r&#233;volution. et des partis qui avaient propos&#233; ces programmes. Il convient d'ajouter que, pendant les p&#233;riodes d'ouverture, la puissance &#233;conomique et sociale des classes poss&#233;dantes &#233;tait encore suffisante pour exercer une influence consid&#233;rable sur les r&#233;sultats &#233;lectoraux. L'Assembl&#233;e constituante ne saurait &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une expression non falsifi&#233;e des opinions et de la volont&#233; des travailleurs. Dans la mesure o&#249; l'on peut parler en Russie d'une volont&#233; populaire, cette volont&#233; &#233;tait indubitablement incorpor&#233;e dans les d&#233;cisions des soviets. Le gouvernement sovi&#233;tique provisoire allait-il abdiquer son pouvoir r&#233;el en faveur de la d&#233;mocratie du feu follet de l'Assembl&#233;e constituante ? Le gouvernement sovi&#233;tique devait-il confier le travail de la r&#233;volution aux mains de la bourgeoisie, &#224; des mains d&#233;sireuses d'entraver, voire d'&#233;trangler, cet intrus indisciplin&#233; ? Ou bien le pouvoir devait-il &#234;tre remis aux socialistes-r&#233;volutionnaires, qui s'&#233;tait r&#233;v&#233;l&#233; trop faible pour prot&#233;ger la r&#233;volution ? Prendre une telle mesure aurait &#233;t&#233; aussi insens&#233; que criminel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vin r&#233;volutionnaire et bouteilles parlementaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un autre point &#224; consid&#233;rer. La r&#233;volution n'avait pas arr&#234;t&#233; sa progression dans le but d'une r&#233;volution bourgeoise. Au-del&#224; de tout tel objectif, elle avait r&#233;v&#233;l&#233; la figure titanesque d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne, visant une r&#233;organisation socialiste. S'ils avaient accept&#233; le parlementarisme, les bolcheviks auraient accept&#233; une institution qui, si importante soit-elle, n'a qu'une valeur tr&#232;s limit&#233;e ; une institution qui, m&#234;me en p&#233;riode d'&#233;volution pacifique, s'est r&#233;v&#233;l&#233;e manifestement inadapt&#233;e aux besoins de la lutte prol&#233;tarienne pour l'&#233;mancipation ; une institution qui, adapt&#233;e aux exigences de l'ordre capitaliste, doit n&#233;cessairement &#233;chouer &#224; r&#233;pondre aux n&#233;cessit&#233;s de ceux dont le but est de renverser cet ordre. Il est ind&#233;niable que le prol&#233;tariat doit tirer tous les avantages que l'on peut tirer des institutions parlementaires. Mais le Parlement est une de ces institutions d'&#201;tat qu'un prol&#233;tariat victorieux ne peut pas simplement s'emparer et utiliser &#224; ses propres fins. Le nouveau vin r&#233;volutionnaire ne doit pas &#234;tre vers&#233; dans de vieilles bouteilles. Dans cette perspective, le &#171; bolchevisme &#187; &#233;tait assur&#233;ment justifi&#233; en rempla&#231;ant l'Assembl&#233;e constituante par les soviets, en rempla&#231;ant l'activit&#233; d'une assembl&#233;e d&#233;terminante et l&#233;gislative par l'activit&#233; d'organisations sur la base d&#233;mocratique la plus large possible et simultan&#233;ment l&#233;gislative, administrative et ex&#233;cutive. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dictature du Prol&#233;tariat Provisoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ind&#233;niable que la d&#233;mocratie cr&#233;&#233;e par la constitution sovi&#233;tique est incompl&#232;te ; il est incontestable que de grands groupes de personnes sont ainsi exclus du suffrage. Mais les critiques semblent oublier que ces exclusions ne sont que provisoires, qu'elles ne seront appliqu&#233;es que pour la p&#233;riode pendant laquelle la dictature du prol&#233;tariat et de la paysannerie persiste et doit persister. La Constitution ne laisse aucun doute &#224; ce sujet. La dissolution de l'ancienne Russie et l'av&#232;nement de la Nouvelle Russie ne sont pas encore assez avanc&#233;s pour permettre au gouvernement sovi&#233;tique, d'un seul trait de plume ou d'un seul coup puissant, d'abolir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. En Russie, le glas de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e n'a pas encore sonn&#233;, l'heure de l'expropriation de tous les expropriateurs n'a pas encore sonn&#233;. Les minorit&#233;s poss&#232;dent toujours le pouvoir &#233;conomique et le pouvoir social et peuvent toujours utiliser et abuser de ces pouvoirs contre l'&#233;crasante majorit&#233; des travailleurs. Le pouvoir politique doit-il &#234;tre ajout&#233; pour leur permettre de poursuivre leurs objectifs &#233;go&#239;stes au m&#233;pris des int&#233;r&#234;ts de la communaut&#233; dans son ensemble ? Vidons notre esprit des phrases ; lib&#233;rons-nous des formalit&#233;s ; cessons de r&#233;it&#233;rer le slogan selon lequel &#171; les masses ont le droit et le pouvoir &#187; de contrecarrer les machinations antisociales des minorit&#233;s poss&#233;dantes. N'est-il pas &#233;vident qu'en r&#233;alit&#233;, les choses seront tr&#232;s diff&#233;rentes jusqu'&#224; ce que la libert&#233; &#233;conomique et l'&#233;galit&#233; &#233;conomique aient dot&#233; la nation enti&#232;re de libert&#233; et de maturit&#233; spirituelles ? Qui ne se moquerait pas d'un commandant militaire assez imprudent pour envoyer de l'artillerie et des obus en cadeau &#224; l'arm&#233;e ennemie ? Pourtant, les bolchevistes sont cens&#233;s avoir commis un p&#233;ch&#233; mortel en refusant d'armer et d'&#233;quiper les minorit&#233;s r&#233;actionnaires pour la lutte contre la r&#233;volution. Cela aussi au moment m&#234;me o&#249; la r&#233;volution et la contre-r&#233;volution &#233;taient aux prises avec une question de vie ou de mort ; &#224; une &#233;poque o&#249; la contre-r&#233;volution n'&#233;tait pas seulement soutenue par toutes les &#233;nergies r&#233;actionnaires de la Russie, mais &#233;tait &#233;galement fournie par les gouvernements alli&#233;s en troupes, en argent et en soutien moral. Cela aussi au moment m&#234;me o&#249; la r&#233;volution et la contre-r&#233;volution &#233;taient aux prises avec une question de vie ou de mort ; &#224; une &#233;poque o&#249; la contre-r&#233;volution n'&#233;tait pas seulement soutenue par toutes les &#233;nergies r&#233;actionnaires de la Russie, mais &#233;tait &#233;galement fournie par les gouvernements alli&#233;s en troupes, en argent et en soutien moral. Cela aussi au moment m&#234;me o&#249; la r&#233;volution et la contre-r&#233;volution &#233;taient aux prises avec une question de vie ou de mort ; &#224; une &#233;poque o&#249; la contre-r&#233;volution n'&#233;tait pas seulement soutenue par toutes les &#233;nergies r&#233;actionnaires de la Russie, mais &#233;tait &#233;galement fournie par les gouvernements alli&#233;s en troupes, en argent et en soutien moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesures de n&#233;cessit&#233; militaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dissolution de l'Assembl&#233;e constituante, le recours &#224; la force contre les opposants, la d&#233;claration de la terreur de masse sont les fruits amers de la dictature du prol&#233;tariat et de la paysannerie. Elles doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des mesures de n&#233;cessit&#233; militaire. &#034;A la guerre comme la guerre.&#034; (Quand vous faites la guerre, faites la guerre.) Les dirigeants bolcheviques de la Russie r&#233;volutionnaire sont engag&#233;s dans une guerre d'une importance sans pr&#233;c&#233;dent. Ici, les normes morales et politiques de la vie quotidienne ne nous parviennent pas. Sur cette sc&#232;ne colossale, les mesures individuelles et les ph&#233;nom&#232;nes individuels sont r&#233;duits &#224; l'insignifiance. Il s'agit d'un drame d'une port&#233;e historique &#233;crasante et il doit &#234;tre accept&#233; ou rejet&#233; dans son ensemble. Celui qui veut la fin ne doit pas reculer devant les moyens. Une r&#233;volution prol&#233;tarienne visant le socialisme ne peut se r&#233;aliser sans dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel &#224; Marx&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques d&#233;sobligeantes de nos amis russes ne rejettent en effet pas absolument la dictature par principe. Ce qu'ils per&#231;oivent mal, c'est le caract&#232;re de la dictature en Russie. Karl Kautsky s'efforce de prouver que dictature et d&#233;mocratie doivent aller de pair. La dictature ne doit pas sacrifier les principes d&#233;mocratiques mais doit les mettre en &#339;uvre. La dictature doit &#234;tre une &#233;manation de la d&#233;mocratie. Il sert au mieux la volont&#233; et les int&#233;r&#234;ts de la majorit&#233;. Selon les critiques, aucune de ces conditions n'est remplie en Russie. La petite minorit&#233; bolchevique, nous dit-on, emploie des mesures brutales et &#233;nergiques. contraint l'&#233;crasante majorit&#233; des Russes &#224; accepter la politique bolchevique. Cette politique, loin de sauvegarder la r&#233;volution, la met en danger ; loin de faire progresser le socialisme, il compromet le socialisme. C'est l&#224; le noyau des assauts critiques dirig&#233;s contre un domaine au-del&#224; du &#171; bolchevisme &#187; et visant &#224; clarifier, &#224; r&#233;viser la th&#233;orie de la dictature du prol&#233;tariat. On nous pr&#233;sente des cha&#238;nes d'inf&#233;rences logiques, des tentatives pour une nouvelle conception du concept de dictature, par opposition &#224; l'ancienne th&#233;orie, qui est rejet&#233;e comme &#171; blanquiste &#187; ou &#171; jacobine &#187;. Les arguments sont, bien s&#251;r, parsem&#233;s d'appels &#224; Marx et Engels, et avec des citations de ces auteurs. J'ai lu attentivement les expos&#233;s, mais ma vision g&#233;n&#233;rale de la question, de l'application de la doctrine au cas particulier de la r&#233;volution russe et du r&#244;le jou&#233; par les bolcheviks dans cette r&#233;volution, reste inchang&#233;e. En ce qui concerne les questions controvers&#233;es de notre &#233;poque, qu'importe que les ph&#233;nom&#232;nes historiques dont Marx a &#233;t&#233; t&#233;moin de son vivant l'aient amen&#233; &#224; codifier sa conception de la dictature du prol&#233;tariat ; qu'importe si, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d'abord enclin &#224; une vision &#171; jacobine &#187;, il en soit venu ensuite &#224; adopter plut&#244;t une vision &#171; &#233;volutionniste et parlementaire &#187;. Malgr&#233; tout le respect que je dois &#224; la vaste connaissance qu'a le camarade Martoff de la th&#233;orie marxiste et &#224; la perspicacit&#233; incontestable avec laquelle il applique cette th&#233;orie, nous pouvons n&#233;anmoins nous sentir enclins &#224; remettre en question ses d&#233;ductions et la mani&#232;re dont il oppose son interpr&#233;tation de Marx &#224; la th&#233;orie marxiste. dictature exerc&#233;e par les bolcheviks. Mais m&#234;me si nous pensons que Martoff a raison concernant les opinions de Marx et quant &#224; l'applicabilit&#233; de ces opinions &#224; la situation russe, il reste un fait simple &#224; retenir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau capitalisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ce jour, l'&#233;conomie capitaliste n'a pas seulement connu une croissance, elle a &#233;galement manifest&#233; des ph&#233;nom&#232;nes enti&#232;rement nouveaux, d'une importance notable. Pour en &#233;num&#233;rer quelques-unes, nous avons : la formation de r&#233;seaux, de fiducies et de syndicats ; la prise de la premi&#232;re place dans l'industrie par les produits sid&#233;rurgiques &#224; la place des textiles ; la transformation r&#233;volutionnaire op&#233;r&#233;e par les am&#233;liorations de la technologie &#233;lectrique ; les entrelacs du capital industriel, du capital commercial et du capital bancaire pour constituer le capital financier, et la domination mondiale de ce dernier, etc. Dans la politique int&#233;rieure et la politique &#233;trang&#232;re de tous les &#201;tats les plus &#233;volu&#233;s, on peut retracer l'influence de un capitalisme plus d&#233;velopp&#233; et plus mature. M&#234;me si, en apparence, les commodit&#233;s de la vie semblent d&#233;sormais s'&#234;tre am&#233;lior&#233;es, la lutte des classes entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie s'est en r&#233;alit&#233; intensifi&#233;e. Parmi les classes en lutte, nous voyons un m&#233;lange et une confusion d'impulsions vers des colonies de grande envergure et de peur de telles colonies, de grands projets et de petites actions. Les classes dominantes sont de plus en plus enclines &#224; s'accrocher &#224; un pass&#233; politique fugitif. Nous constatons le d&#233;clin du parlementarisme bourgeois et son incapacit&#233; de plus en plus &#233;vidente &#224; aider la lutte prol&#233;tarienne pour la libert&#233; vers des questions d&#233;cisives. Nous sommes surtout impressionn&#233;s par la puissante expansion de l'imp&#233;rialisme, avec sa soif insatiable de domination mondiale, avec ses armements excessifs, ses entreprises coloniales et ses guerres, sa politique extr&#233;miste d'exploitation et d'oppression tant &#224; l'int&#233;rieur qu'&#224; l'ext&#233;rieur. Parmi les classes en lutte, nous voyons un m&#233;lange et une confusion d'impulsions vers des colonies de grande envergure et de peur de telles colonies, de grands projets et de petites actions. Les classes dominantes sont de plus en plus enclines &#224; s'accrocher &#224; un pass&#233; politique fugitif. Nous constatons le d&#233;clin du parlementarisme bourgeois et son incapacit&#233; de plus en plus &#233;vidente &#224; aider la lutte prol&#233;tarienne pour la libert&#233; vers des questions d&#233;cisives. Nous sommes surtout impressionn&#233;s par la puissante expansion de l'imp&#233;rialisme, avec sa soif insatiable de domination mondiale, avec ses armements excessifs, ses entreprises coloniales et ses guerres, sa politique extr&#233;miste d'exploitation et d'oppression tant &#224; l'int&#233;rieur qu'&#224; l'ext&#233;rieur. Parmi les classes en lutte, nous voyons un m&#233;lange et une confusion d'impulsions vers des colonies de grande envergure et de peur de telles colonies, de grands projets et de petites actions. Les classes dominantes sont de plus en plus enclines &#224; s'accrocher &#224; un pass&#233; politique fugitif. Nous constatons le d&#233;clin du parlementarisme bourgeois et son incapacit&#233; de plus en plus &#233;vidente &#224; aider la lutte prol&#233;tarienne pour la libert&#233; vers des questions d&#233;cisives. Nous sommes surtout impressionn&#233;s par la puissante expansion de l'imp&#233;rialisme, avec sa soif insatiable de domination mondiale, avec ses armements excessifs, ses entreprises coloniales et ses guerres, sa politique extr&#233;miste d'exploitation et d'oppression tant &#224; l'int&#233;rieur qu'&#224; l'ext&#233;rieur. Les classes dominantes sont de plus en plus enclines &#224; s'accrocher &#224; un pass&#233; politique fugitif. Nous constatons le d&#233;clin du parlementarisme bourgeois et son incapacit&#233; de plus en plus &#233;vidente &#224; aider la lutte prol&#233;tarienne pour la libert&#233; vers des questions d&#233;cisives. Nous sommes surtout impressionn&#233;s par la puissante expansion de l'imp&#233;rialisme, avec sa soif insatiable de domination mondiale, avec ses armements excessifs, ses entreprises coloniales et ses guerres, sa politique extr&#233;miste d'exploitation et d'oppression tant &#224; l'int&#233;rieur qu'&#224; l'ext&#233;rieur. Les classes dominantes sont de plus en plus enclines &#224; s'accrocher &#224; un pass&#233; politique fugitif. Nous constatons le d&#233;clin du parlementarisme bourgeois et son incapacit&#233; de plus en plus &#233;vidente &#224; aider la lutte prol&#233;tarienne pour la libert&#233; vers des questions d&#233;cisives. Nous sommes surtout impressionn&#233;s par la puissante expansion de l'imp&#233;rialisme, avec sa soif insatiable de domination mondiale, avec ses armements excessifs, ses entreprises coloniales et ses guerres, sa politique extr&#233;miste d'exploitation et d'oppression tant &#224; l'int&#233;rieur qu'&#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme, une doctrine progressiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui oserait soutenir que face aux d&#233;veloppements des derni&#232;res d&#233;cennies, Marx, penseur r&#233;solument r&#233;volutionnaire, n'aurait pas modifi&#233; sa conception de la dictature du prol&#233;tariat conform&#233;ment &#224; l'enseignement de faits imposants ? Si nous supposons que le camarade Martoff a raison quant &#224; la th&#233;orie d&#233;fendue par Marx il y a plus de quarante ans, ne pouvons-nous pas &#234;tre assur&#233;s que Marx aurait r&#233;vis&#233; cette th&#233;orie s'il avait &#233;t&#233; en vie aujourd'hui. Pour Marx, la th&#233;orie &#233;tait quelque chose de plus grand qu'un moyen d'&#233;lucider le monde ; c'&#233;tait un moyen de transformer le monde. Mais, pour cette raison m&#234;me, il n'a jamais consid&#233;r&#233; ses th&#233;ories comme des v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles et immuables auxquelles la r&#233;alit&#233; devait se conformer ; pour lui, la r&#233;alit&#233; restait toujours l'objet de recherche, la chose &#224; &#233;tudier consciencieusement, la chose &#224; partir de laquelle ses th&#233;ories &#233;taient acquises, et selon lequel ses th&#233;ories doivent, en cas de besoin, &#234;tre modifi&#233;es. Je suis convaincu qu'&#224; ce stade, la conception de Marx de la dictature du prol&#233;tariat pr&#233;senterait remarquablement peu de similitudes avec l'id&#233;al doux et humble, l'id&#233;al de ceux qui ne visent que l'harmonie et la coop&#233;ration de toutes les personnes de &#171; bonne volont&#233;, &#187; l'id&#233;al qui nous moque timidement des expos&#233;s des adversaires du bolchevisme. L'intelligence r&#233;volutionnaire de Marx &#233;tait aussi tranchante qu'une &#233;p&#233;e ; son c&#339;ur brillait d'un feu r&#233;volutionnaire ; sa volont&#233; r&#233;volutionnaire &#233;tait dure comme l'acier. Marx a toujours &#233;t&#233; un combattant r&#233;volutionnaire, un homme d'action, et je ne peux pas croire qu'on le retrouve aujourd'hui parmi les critiques du bolchevisme. Je suis convaincu qu'&#224; ce stade, la conception de Marx de la dictature du prol&#233;tariat pr&#233;senterait remarquablement peu de similitudes avec l'id&#233;al doux et humble, l'id&#233;al de ceux qui ne visent que l'harmonie et la coop&#233;ration de toutes les personnes de &#171; bonne volont&#233;, &#187; l'id&#233;al qui nous moque timidement des expos&#233;s des adversaires du bolchevisme. L'intelligence r&#233;volutionnaire de Marx &#233;tait aussi tranchante qu'une &#233;p&#233;e ; son c&#339;ur brillait d'un feu r&#233;volutionnaire ; sa volont&#233; r&#233;volutionnaire &#233;tait dure comme l'acier. Marx a toujours &#233;t&#233; un combattant r&#233;volutionnaire, un homme d'action, et je ne peux pas croire qu'on le retrouve aujourd'hui parmi les critiques du bolchevisme. Je suis convaincu qu'&#224; ce stade, la conception de Marx de la dictature du prol&#233;tariat pr&#233;senterait remarquablement peu de similitudes avec l'id&#233;al doux et humble, l'id&#233;al de ceux qui ne visent que l'harmonie et la coop&#233;ration de toutes les personnes de &#171; bonne volont&#233;, &#187; l'id&#233;al qui nous moque timidement des expos&#233;s des adversaires du bolchevisme. L'intelligence r&#233;volutionnaire de Marx &#233;tait aussi tranchante qu'une &#233;p&#233;e ; son c&#339;ur brillait d'un feu r&#233;volutionnaire ; sa volont&#233; r&#233;volutionnaire &#233;tait dure comme l'acier. Marx a toujours &#233;t&#233; un combattant r&#233;volutionnaire, un homme d'action, et je ne peux pas croire qu'on le retrouve aujourd'hui parmi les critiques du bolchevisme. &#187; l'id&#233;al qui nous moque timidement des expos&#233;s des adversaires du bolchevisme. L'intelligence r&#233;volutionnaire de Marx &#233;tait aussi tranchante qu'une &#233;p&#233;e ; son c&#339;ur brillait d'un feu r&#233;volutionnaire ; sa volont&#233; r&#233;volutionnaire &#233;tait dure comme l'acier. Marx a toujours &#233;t&#233; un combattant r&#233;volutionnaire, un homme d'action, et je ne peux pas croire qu'on le retrouve aujourd'hui parmi les critiques du bolchevisme. &#187; l'id&#233;al qui nous moque timidement des expos&#233;s des adversaires du bolchevisme. L'intelligence r&#233;volutionnaire de Marx &#233;tait aussi tranchante qu'une &#233;p&#233;e ; son c&#339;ur brillait d'un feu r&#233;volutionnaire ; sa volont&#233; r&#233;volutionnaire &#233;tait dure comme l'acier. Marx a toujours &#233;t&#233; un combattant r&#233;volutionnaire, un homme d'action, et je ne peux pas croire qu'on le retrouve aujourd'hui parmi les critiques du bolchevisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le papier, &#171; la dictature du prol&#233;tariat &#187; et &#171; l'id&#233;al d'une d&#233;mocratie compl&#232;te &#187; peuvent &#234;tre li&#233;s &#224; la simple copule. Dans le monde de la r&#233;alit&#233;, il en va autrement. L'essence historique de la dictature est la domination &#8211; une domination dure et coercitive. Sans porter atteinte aux droits et int&#233;r&#234;ts des minorit&#233;s, cela est aussi impossible que la quadrature du cercle. La justification historique de la dictature du prol&#233;tariat r&#233;side dans le fait que la dictature s'exerce dans l'int&#233;r&#234;t de l'immense majorit&#233; de la population, et qu'elle n'est qu'un moyen de transition, car elle vise &#224; se suspendre, &#224; rendre impossible, en soi, de r&#233;aliser l'id&#233;al de la d&#233;mocratie : un peuple libre, dans un pays libre, vivant de travail libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;rennit&#233; du bolchevisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos anti-bolcheviks nient que la dictature actuelle en Russie poss&#232;de ces justifications. Ils d&#233;clarent que la dictature bolchevique est l'&#339;uvre d'une minorit&#233; inconsid&#233;rable de dogmatiques et de fanatiques qui, dans l'int&#233;r&#234;t de conceptions partisanes &#233;troites et d'une politique partisane &#233;troite, souhaitent contraindre, par l'exercice brutal de la force, l'immense majorit&#233; du peuple russe. avaler les prescriptions bolcheviques, maintenant et pour l'avenir. D'o&#249; viennent ceux qui d&#233;fendent de telles vues avec la certitude que la politique bolchevique est celle d'une infime minorit&#233; d'ouvriers et de paysans russes ? A mon avis, le nombre, l'ampleur et la passion des attaques contre le r&#233;gime coercitif des bolcheviks ne devraient pas nous faire surestimer l'&#233;tendue ou l'importance d'une hostilit&#233; s&#233;rieuse &#224; l'&#233;gard de la politique du gouvernement sovi&#233;tique. C'est une exp&#233;rience ancienne et facilement explicable que, dans les luttes de factions, les minorit&#233;s qui sont largement inf&#233;rieures en nombre sont susceptibles de faire preuve d'une violence particuli&#232;re. C'est pour eux un besoin naturel de convaincre le monde qu'en d&#233;pit de la d&#233;faite, ils ont le pouvoir et ont raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui nierait qu'une grande partie des ouvriers, de nombreux paysans et surtout la majeure partie de l'intelligentsia ne partagent pas les vues ni ne soutiennent la politique des bolcheviks ? N&#233;anmoins, une tr&#232;s grande proportion, sinon la majorit&#233;, des prol&#233;taires et des paysans qui s'int&#233;ressent activement aux questions politiques soutiennent les bolcheviks, et il en va de m&#234;me pour les socialistes-r&#233;volutionnaires de gauche. Cette opinion est confirm&#233;e par le fait que ceux qui constituent, pr&#233;tend-on, une infime minorit&#233;, bien qu'on leur reproche des erreurs, des actes de violence, des manquements aux principes, etc., auraient conserv&#233; le pouvoir pendant une p&#233;riode bien plus longue que celle pendant laquelle ils les gouvernements provisoires des deux premi&#232;res phases de la r&#233;volution dominent. De plus, cela s'est produit dans des conditions de difficult&#233; presque sans pr&#233;c&#233;dent, tout au long de la terrible &#233;preuve de la paix de Brest-Litovsk et face &#224; la menace toujours pr&#233;sente de famine. Les anti-bolcheviks peuvent dire ce qu'ils veulent, mais le simple recours &#224; la force ne peut expliquer la p&#233;rennit&#233; du gouvernement sovi&#233;tique &#8211; qui a dur&#233; bien plus longtemps que d'habitude en p&#233;riode de r&#233;volution. Aucune minorit&#233; dont le pouvoir ne reposait que sur la force ne pouvait continuer, dans de telles circonstances et pendant si longtemps, &#224; s'asseoir sur les ba&#239;onnettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la dictature &#224; la d&#233;mocratie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La persistance du r&#233;gime sovi&#233;tique, qui, comme nous l'ont assur&#233; les proph&#232;tes confiants, ne pourrait pas durer plus de quelques semaines, nous permet de d&#233;duire avec certitude que ce gouvernement est soutenu par les larges masses du peuple russe. Les bolcheviks et les socialistes-r&#233;volutionnaires de gauche qui coop&#232;rent avec eux constituent la structure solide de l'arm&#233;e r&#233;volutionnaire russe. Par leur disponibilit&#233; &#224; l'action et par leur capacit&#233;, ils inspirent confiance aux masses et les rallier &#224; leur soutien. La n&#233;cessit&#233; d'une dictature nous montre en effet qu'il ne faut en aucun cas sous-estimer le nombre et l'importance des opposants au gouvernement sovi&#233;tique. Il faut utiliser le pouvoir pour r&#233;primer le pouvoir. Notre espoir est que la dictature du prol&#233;tariat et de la paysannerie se maintiendra assez longtemps pour s'abolir lorsqu'elle aura rempli sa fonction et atteint son objectif. Car tandis que pendant les deux premi&#232;res p&#233;riodes de la r&#233;volution, le chemin des gouvernements menait du bel id&#233;al de la d&#233;mocratie &#224; la dure et cruelle r&#233;alit&#233; de la dictature, le chemin de la domination sovi&#233;tique m&#232;nera de la dure et cruelle r&#233;alit&#233; de la dictature &#224; la belle r&#233;alit&#233;. et r&#233;alis&#233; un r&#234;ve de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note du transcripteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Ce court pamphlet a &#233;t&#233; traduit par Eden et Cedar Paul et publi&#233; par la Socialist Labour Press, &#224; Glasgow vers 1926, mais le pamphlet n'est pas dat&#233; et cela semble &#234;tre le cas d'apr&#232;s des preuves internes puisqu'il contient une photo de Zetkin prise lorsque elle avait 69 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte allemand semble beaucoup plus ancien - 1919 a &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233; par Einde O'Callaghan&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Karl Marx et Friedrich Engels, sur la dictature du prol&#233;tariat</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article6870</link>
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		<dc:date>2023-03-06T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Engels</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Karl Marx et Friedrich Engels, sur la dictature du prol&#233;tariat &lt;br class='autobr' /&gt;
La division du travail implique du m&#234;me coup la contradiction entre l'int&#233;r&#234;t de l'individu priv&#233; ou de la famille singuli&#232;re et l'int&#233;r&#234;t commun de tous les individus li&#233;s par des relations mutuelles. Or, cet int&#233;r&#234;t collectif ne peut exister seulement dans la repr&#233;sentation comme &#171; int&#233;r&#234;t universel &#187;, mais il existe d'abord dans la r&#233;alit&#233; sous forme de d&#233;pendance r&#233;ciproque des individus qui se partagent le travail... (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique80" rel="directory"&gt;3- L'objectif de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Karl Marx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Karl Marx et Friedrich Engels, sur la dictature du prol&#233;tariat &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La division du travail implique du m&#234;me coup la contradiction entre l'int&#233;r&#234;t de l'individu priv&#233; ou de la famille singuli&#232;re et l'int&#233;r&#234;t commun de tous les individus li&#233;s par des relations mutuelles. Or, cet int&#233;r&#234;t collectif ne peut exister seulement dans la repr&#233;sentation comme &#171; int&#233;r&#234;t universel &#187;, mais il existe d'abord dans la r&#233;alit&#233; sous forme de d&#233;pendance r&#233;ciproque des individus qui se partagent le travail...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement cette contradiction entre l'int&#233;r&#234;t particulier et l'int&#233;r&#234;t collectif qui am&#232;ne l'int&#233;r&#234;t collectif &#224; prendre, en tant qu'&#201;tat, une forme ind&#233;pendante, s&#233;par&#233;e des int&#233;r&#234;ts r&#233;els de l'individu et de l'ensemble et &#224; faire en m&#234;me temps figure de communaut&#233; illusoire, mais toujours sur la base concr&#232;te des liens existants dans chaque conglom&#233;rat de familles et de tribus, tels que liens de la chair et du sang, langage, division du travail &#224; une plus grande &#233;chelle et autres int&#233;r&#234;ts - et parmi ces int&#233;r&#234;ts nous trouvons en particulier les int&#233;r&#234;ts des classes d&#233;j&#224; conditionn&#233;es par la division du travail, qui se d&#233;gagent dans tout groupement de ce genre et dont l'une domine toutes les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit que toutes les luttes &#224; l'INT&#201;RIEUR de l'&#201;tat &#8211; la lutte entre la d&#233;mocratie, l'aristocratie et la monarchie, la lutte pour le droit de vote, etc., etc. &#8211; ne sont que des formes illusoires sous lesquelles sont men&#233;es les luttes r&#233;elles des diff&#233;rentes classes entre elles ; et il s'ensuit &#233;galement que toute classe qui se bat pour la domination &#8211; comme c'est le cas du prol&#233;tariat, m&#234;me si sa domination a en vue d'abolir toute la forme sociale surann&#233;e et le pouvoir en g&#233;n&#233;ral &#8211; doit commencer par conqu&#233;rir d'abord le pouvoir politique pour faire valoir ses int&#233;r&#234;ts comme &#233;tant l'int&#233;r&#234;t universel &#8211; ce &#224; quoi il est contraint dans une premi&#232;re phase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme utopique n'est l'expression th&#233;orique du prol&#233;tariat qu'aussi longtemps que celui-ci n'est pas encore assez m&#251;r pour d&#233;velopper son propre mouvement historique par lui-m&#234;me 45. L'utopisme, le socialisme des doctrinaires, subordonnait l'ensemble du mouvement &#224; l'un de ses moments particuliers et posait &#224; la place de la production sociale communautaire l'activit&#233; c&#233;r&#233;brale du penseur individuel, dont l'imagination &#233;liminait la lutte r&#233;volutionnaire des classes avec ses exigences au moyen de petits artifices ou de grosses sentimentalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, le socialisme doctrinaire id&#233;alise les conditions de la soci&#233;t&#233;, dont il reproduit une image sans ombre, en cherchant &#224; faire triompher son id&#233;al contre la r&#233;alit&#233; de cette soci&#233;t&#233;. Aujourd'hui le prol&#233;tariat abandonne ce socialisme &#224; la petite bourgeoisie, tandis que la lutte des diff&#233;rents chefs socialistes entre eux fait ressortir clairement que la revendication obstin&#233;e de telle ou telle mesure particuli&#232;re qu'ils pr&#244;nent avec obstination n'est qu'un point de transition entre autres du&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volutionnement de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'intervalle, le prol&#233;tariat se regroupe de plus en plus autour du socialisme r&#233;volutionnaire, autour du communisme pour lequel la bourgeoisie elle-m&#234;me a invent&#233; le nom de Blanqui. Ce socialisme est la d&#233;claration de la r&#233;volution permanente avec la dictature r&#233;volutionnaire de classe du prol&#233;tariat en tant que point n&#233;cessaire de transition pour parvenir &#224; l'abolition de toutes les diff&#233;rences de classe en g&#233;n&#233;ral, &#224; l'abolition de tous les rapports de production sur lesquels se fondent les classes, &#224; l'abolition de tous les rapports sociaux qui correspondent &#224; ce mode de production, au r&#233;volutionnement de toutes les id&#233;es qui &#233;manent de ces rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1845, Marx et moi, nous avons pens&#233; que l'une des cons&#233;quences finales de la future r&#233;volution prol&#233;tarienne sera l'extinction progressive des organisations politiques appel&#233;es du nom d'&#201;tat. De tout temps, le but essentiel de cet organisme a &#233;t&#233; de maintenir et de garantir par la violence arm&#233;e l'assujettissement &#233;conomique de la majorit&#233; ouvri&#232;re par la minorit&#233; fortun&#233;e. Avec la disparition de cette minorit&#233; fortun&#233;e dispara&#238;t aussi la n&#233;cessit&#233; d'un pouvoir arm&#233; d'oppression ou &#201;tat. Mais en m&#234;me temps, nous avons toujours pens&#233; que, pour parvenir &#224; ce r&#233;sultat et &#224; d'autres, bien plus importants encore pour la future r&#233;volution sociale, la classe ouvri&#232;re devait d'abord s'emparer du pouvoir politique de l'&#201;tat, afin d'&#233;craser gr&#226;ce &#224; lui la r&#233;sistance de la classe capitaliste et de r&#233;organiser les structures sociales. C'est ce que l'on peut lire d&#233;j&#224; dans le Manifeste communiste de 1847.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes mettent les choses sens dessus dessous. Ils d&#233;clarent que la r&#233;volution prol&#233;tarienne doit commencer en abolissant l'organisation politique de l'&#201;tat. Or, la seule organisation dont le prol&#233;tariat dispose apr&#232;s sa victoire, c'est pr&#233;cis&#233;ment l'&#201;tat. Certes, cet &#201;tat doit subir des changements tr&#232;s consid&#233;rables avant de pouvoir remplir ses nouvelles fonctions, mais le d&#233;truire &#224; ce moment-l&#224;, ce serait d&#233;truire le seul organe gr&#226;ce auquel le prol&#233;tariat victorieux puisse pr&#233;cis&#233;ment faire valoir la domination qu'il vient de conqu&#233;rir pour &#233;craser ses adversaires capitalistes et entreprendre le r&#233;volutionnement &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;, faute de quoi toute victoire devra s'achever par une nouvelle d&#233;faite et par un massacre g&#233;n&#233;ral des ouvriers, comme ce fut le cas de la Commune de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les antiautoritaires ne se bornent-ils pas &#224; crier contre l'autorit&#233; politique, l'&#201;tat ? Tous les socialistes sont d'accord sur le fait que l'&#201;tat politique et, avec lui, l'autorit&#233; politique dispara&#238;tront &#224; la suite de la r&#233;volution sociale future, autrement dit que les fonctions publiques perdront leur caract&#232;re politique et se transformeront en simples administrations veillant aux v&#233;ritables int&#233;r&#234;ts sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les antiautoritaires demandent que l'&#201;tat politique autoritaire soit aboli d'un&lt;br class='autobr' /&gt;
seul coup, avant m&#234;me que ne soient supprim&#233;es les conditions sociales qui l'ont&lt;br class='autobr' /&gt;
fait na&#238;tre. Ils r&#233;clament que le premier acte de la r&#233;volution sociale soit l'abolition&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ont-ils jamais vu une r&#233;volution, ces messieurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;volution est certainement la chose la plus autoritaire qui soit, c'est l'acte&lt;br class='autobr' /&gt;
par lequel une fraction de la population impose sa volont&#233; &#224; l'autre au moyen de&lt;br class='autobr' /&gt;
fusils, de ba&#239;onnettes et de canons, moyens autoritaires s'il en est ; et le parti victorieux, s'il ne veut pas avoir combattu en vain, doit continuer &#224; dominer avec la&lt;br class='autobr' /&gt;
terreur que ses armes inspirent aux r&#233;actionnaires. La Commune de Paris e&#251;t-elle&lt;br class='autobr' /&gt;
pu se maintenir un seul jour si elle n'avait pas us&#233; de l'autorit&#233; d'un peuple en ar-&lt;br class='autobr' /&gt;
mes contre la bourgeoisie ? Ne faut-il pas, au contraire, la critiquer de ce qu'elle&lt;br class='autobr' /&gt;
ait fait trop peu usage de son autorit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, de deux choses l'une : ou bien les antiautoritaires ne savent pas ce qu'ils&lt;br class='autobr' /&gt;
disent et, dans ce cas, ils ne font que semer la confusion, ou bien ils le savent et,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans ce cas, ils trahissent la cause du prol&#233;tariat. De toute fa&#231;on, ils servent la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute cette affaire n'&#233;tait ni pr&#233;par&#233;e, ni organis&#233;e, ni dirig&#233;e. On n'avait pas fix&#233; de but aux gr&#232;ves, et on ne s'&#233;tait pas concert&#233; sur l'action &#224; mener. C'est ce qui explique que les gr&#233;vistes h&#233;sit&#232;rent d&#232;s que les autorit&#233;s firent preuve de la moindre r&#233;sistance, et que les ouvriers furent incapables de surmonter leur respect de la loi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi une force militaire et polici&#232;re minime suffit &#224; tenir les masses&lt;br class='autobr' /&gt;
en &#233;chec. On a vu &#224; Manchester comment des milliers d'ouvriers furent encadr&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
et cern&#233;s sur une place par quatre ou cinq dragons qui tenaient les issues !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe de la &#171; r&#233;volution l&#233;gale &#187; avait tout paralys&#233;. C'est ainsi que l'entreprise &#233;choua. Tous les ouvriers reprirent le travail lorsque leurs maigres &#233;conomies furent d&#233;pens&#233;es et qu'il ne leur resta plus rien &#224; manger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule chose qui fut et reste utile dans tout cela pour les sans-r&#233;serves, c'est&lt;br class='autobr' /&gt;
la conscience qu'une r&#233;volution par des voies l&#233;gales est impossible, et que seule&lt;br class='autobr' /&gt;
une r&#233;volution violente des rapports aberrants de la pr&#233;sente soci&#233;t&#233; &#8211; c'est-&#224;-dire un renversement radical de l'aristocratie fonci&#232;re et industrielle &#8211; peuvent am&#233;liorer la situation mat&#233;rielle des prol&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; la bourgeoisie centralise consid&#233;rablement. Loin d'en &#234;tre d&#233;savantag&#233;, le prol&#233;tariat se trouve mis en &#233;tat par cette centralisation de s'unifier, de se&lt;br class='autobr' /&gt;
sentir comme classe, de s'approprier dans la d&#233;mocratie une conception politique&lt;br class='autobr' /&gt;
ad&#233;quate et, pour finir, de vaincre la bourgeoisie. Le prol&#233;tariat d&#233;mocrate n'a pas&lt;br class='autobr' /&gt;
seulement besoin de la centralisation amorc&#233;e par la bourgeoisie, il devra la pousser bien plus avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le court moment o&#249; le prol&#233;tariat a &#233;t&#233; &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat durant la R&#233;volution fran&#231;aise &#8211; lors du r&#232;gne de la Montagne &#8211; il a r&#233;alis&#233; la centralisation par tous les moyens, avec la grenaille et la guillotine. S'il revient maintenant au&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoir, le prol&#233;tariat d&#233;mocratique devra centraliser non seulement chaque pays&lt;br class='autobr' /&gt;
pour lui-m&#234;me, mais encore tous les pays civilis&#233;s dans leur ensemble, et ce, aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
rapidement que possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'&#201;tat, toute la situation fluctuante apr&#232;s une r&#233;volution exige une dictature, et m&#234;me une dictature &#233;nergique 53. Depuis le d&#233;but, nous avons&lt;br class='autobr' /&gt;
reproch&#233; &#224; Camphausen de ne pas agir de fa&#231;on dictatoriale, de ne pas briser et&lt;br class='autobr' /&gt;
extirper imm&#233;diatement les vestiges des institutions surann&#233;es. Et tandis qu'il se&lt;br class='autobr' /&gt;
ber&#231;ait d'illusions constitutionnelles, le parti vaincu de la r&#233;action renfor&#231;ait ses&lt;br class='autobr' /&gt;
positions au sein de la bureaucratie et de l'arm&#233;e et se risquait m&#234;me, &#231;&#224; et l&#224;, &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
reprendre la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; supposer que la contre-r&#233;volution tiendrait dans toute l'Europe par les armes, elle mourrait dans toute l'Europe par l'argent 54. La fatalit&#233; qui annulerait la&lt;br class='autobr' /&gt;
victoire serait la faillite europ&#233;enne &#8211; la faillite de l'&#201;tat. Les pointes des ba&#239;onnettes se brisent aux piques de l'&#171; &#233;conomie &#187; comme de l'amadou qui s'effrite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;volution n'attend pas l'&#233;ch&#233;ance de ces traites que les &#201;tats europ&#233;ens&lt;br class='autobr' /&gt;
ont tir&#233;es sur la nouvelle soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris sera donn&#233;e la r&#233;plique d&#233;cisive aux journ&#233;es de juin. Lorsque la R&#233;publique rouge vaincra &#224; Paris, les arm&#233;es des diff&#233;rents pays seront projet&#233;es de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'int&#233;rieur vers les fronti&#232;res et se d&#233;verseront &#224; l'ext&#233;rieur : la puissance r&#233;elle des&lt;br class='autobr' /&gt;
partis en lutte se r&#233;v&#233;lera, d&#232;s lors, dans toute sa puret&#233;. Nous nous souviendrons&lt;br class='autobr' /&gt;
alors de Juin et d'Octobre 1848 &#8211; et nous crierons &#224; notre tour : Malheur aux vaincus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vains massacres depuis les journ&#233;es de Juin et d'Octobre, les longs sacrifices depuis F&#233;vrier et Mars, le cannibalisme m&#234;me de la contre-r&#233;volution forgeront chez les peuples la conviction qu'il n'existe qu'un seul moyen de concentrer,&lt;br class='autobr' /&gt;
d'abr&#233;ger et de simplifier les souffrances d'une vieille soci&#233;t&#233; agonisante et les&lt;br class='autobr' /&gt;
douleurs sanglantes de l'accouchement d'une soci&#233;t&#233; nouvelle : le terrorisme r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, &#224; quoi bon vos phrases hypocrites en vue de trouver&lt;br class='autobr' /&gt;
l'impossible pr&#233;texte pour nous condamner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes sans piti&#233;, et nous ne vous demandons pas de nous m&#233;nager.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque ce sera notre tour, nous ne chercherons pas d'excuses &#224; notre terrorisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, les terroristes royalistes, les terroristes par la gr&#226;ce de Dieu et du Droit, s'ils&lt;br class='autobr' /&gt;
sont brutaux, m&#233;prisables et vulgaires dans la pratique, sont l&#226;ches, sournois et&lt;br class='autobr' /&gt;
hypocrites en th&#233;orie ; bref, dans les deux cas, ils n'ont pas d'honneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Statuts de la Ligue des communistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 1. - Le but de la Ligue est le renversement de la bourgeoisie, la domination du prol&#233;tariat, l'abolition de la vieille soci&#233;t&#233; bourgeoise, fond&#233;e sur les&lt;br class='autobr' /&gt;
antagonismes de classe, et l'instauration d'une soci&#233;t&#233; nouvelle, sans classes et&lt;br class='autobr' /&gt;
sans propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 2. - Les conditions d'adh&#233;sion sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) un mode de vie et une activit&#233; conformes &#224; ce but ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) une &#233;nergie r&#233;volutionnaire et un z&#232;le propagandiste ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) faire profession de communisme ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d) s'abstenir de participer &#224; toute soci&#233;t&#233; politique ou nationale anti-communiste, et informer le Comit&#233; sup&#233;rieur de l'inscription &#224; une soci&#233;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
quelconque..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;claration de principe de la Soci&#233;t&#233; universelle&lt;br class='autobr' /&gt;
des communistes r&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 1. - Le but de l'association est la d&#233;ch&#233;ance de toutes les classes privil&#233;gi&#233;es, de soumettre ces classes &#224; la dictature des prol&#233;taires, en maintenant la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volution en permanence jusqu'&#224; la r&#233;alisation du communisme, qui doit &#234;tre la&lt;br class='autobr' /&gt;
derni&#232;re forme de constitution de la famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 2. - Pour contribuer &#224; la r&#233;alisation de ce but, l'association formera des&lt;br class='autobr' /&gt;
liens de solidarit&#233; entre toutes les fractions du parti communiste r&#233;volutionnaire&lt;br class='autobr' /&gt;
en faisant dispara&#238;tre, conform&#233;ment au principe de la fraternit&#233; r&#233;publicaine, les&lt;br class='autobr' /&gt;
divisions en nationalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article 3. - Le comit&#233; fondateur de l'association est constitu&#233; en Comit&#233; central, et &#233;tablira, partout o&#249; ce sera n&#233;cessaire &#224; la r&#233;alisation de l'&#339;uvre, des comit&#233;s qui correspondront avec le Comit&#233; central...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa lutte contre le pouvoir collectif des classes poss&#233;dantes, le prol&#233;tariat&lt;br class='autobr' /&gt;
ne peut agir comme classe qu'en se constituant lui-m&#234;me en parti politique distinct, oppos&#233; &#224; tous les anciens partis form&#233;s par les classes poss&#233;dantes. Cette&lt;br class='autobr' /&gt;
constitution du prol&#233;tariat en parti politique est indispensable pour assurer le&lt;br class='autobr' /&gt;
triomphe de la r&#233;volution sociale et de son but supr&#234;me, l'abolition des classes. La&lt;br class='autobr' /&gt;
coalition des forces ouvri&#232;res d&#233;j&#224; obtenue par les luttes &#233;conomiques doit aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
servir de levier aux mains de cette classe, dans sa lutte contre le pouvoir politique&lt;br class='autobr' /&gt;
de ses exploiteurs. Les seigneurs de la terre et les seigneurs du capital se serviront toujours de leurs privil&#232;ges politiques pour d&#233;fendre et perp&#233;tuer leurs monopoles &#233;conomiques, et asservir le travail. La conqu&#234;te du pouvoir politique devient donc le premier devoir du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tout parti politique tend &#224; s'assurer la domination de l'&#201;tat, le Parti&lt;br class='autobr' /&gt;
ouvrier social-d&#233;mocrate allemand s'efforce n&#233;cessairement d'instaurer sa domination qui est celle de la classe ouvri&#232;re, soit une &#171; domination de classe &#187;. Qui&lt;br class='autobr' /&gt;
plus est, depuis les chartistes anglais, tout v&#233;ritable parti prol&#233;tarien pr&#244;ne une&lt;br class='autobr' /&gt;
politique de classe, l'organisation du prol&#233;tariat comme parti politique ind&#233;pendant en tant que condition premi&#232;re de sa lutte, et la dictature du prol&#233;tariat en tant&lt;br class='autobr' /&gt;
que but imm&#233;diat de sa lutte. En d&#233;clarant cela &#171; absurde &#187;, M&#252;lberger s'est plac&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
lui-m&#234;me hors du mouvement prol&#233;tarien et a pris rang dans la sph&#232;re du socialisme petit-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant donn&#233; les conditions actuelles, le grand devoir de la classe ouvri&#232;re est&lt;br class='autobr' /&gt;
de conqu&#233;rir le pouvoir politique . Il semble que les ouvriers en prennent conscience. On assiste, en effet, &#224; une reprise du mouvement aussi bien ici en Allemagne, qu'en France et en Italie, o&#249; l'on tente pareillement de restaurer le parti ouvrier. Un &#233;l&#233;ment de son succ&#232;s, c'est le nombre. Toutefois, le nombre ne p&#232;se&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la balance que s'il est uni par l'association et guid&#233; par une claire conscience&lt;br class='autobr' /&gt;
commune. L'exp&#233;rience du pass&#233; a amplement d&#233;montr&#233; que si l'on d&#233;daigne de&lt;br class='autobr' /&gt;
nouer ce lien fraternel entre les travailleurs des diff&#233;rents pays pour les entra&#238;ner &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
faire front ensemble dans leurs luttes pour l'&#233;mancipation, la sanction en sera&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;chec commun de ces assauts d&#233;sordonn&#233;s. C'est cette conviction qui A POUSS&#201;&lt;br class='autobr' /&gt;
LES TRAVAILLEURS DES DIFFERENTS PAYS &#192; FONDER l'Association internationale&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'occasion de l'assembl&#233;e publique tenue le 28 septembre 1864 &#224; St. Martin's&lt;br class='autobr' /&gt;
Hall.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de l'Internationale, Marx dit que le grand succ&#232;s qui a couronn&#233; jusqu'alors ses efforts, est d&#251; &#224; des circonstances qui d&#233;passent le pouvoir de ses&lt;br class='autobr' /&gt;
membres eux-m&#234;mes. La fondation de l'Internationale elle-m&#234;me a &#233;t&#233; le r&#233;sultat de telles circonstances et n'est pas due aux efforts des hommes qui se sont attach&#233;s &#224; cette &#339;uvre. Ce n'est donc pas le fruit d'une poign&#233;e de politiciens habiles :&lt;br class='autobr' /&gt;
tous les politiciens du monde r&#233;unis n'auraient pu cr&#233;er les conditions et les circonstances qui furent n&#233;cessaires pour assurer le succ&#232;s de l'Internationale...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dernier mouvement a &#233;t&#233; le plus grand de tous ceux qui se sont produits&lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'ici, et il ne peut y avoir deux opinions &#224; son &#233;gard : la Commune a &#233;t&#233; la&lt;br class='autobr' /&gt;
conqu&#234;te du pouvoir politique par la classe ouvri&#232;re. Il y a eu de nombreux malentendus sur la Commune. Celle-ci ne devait pas asseoir une nouvelle forme de&lt;br class='autobr' /&gt;
domination de classe. Lorsque les pr&#233;sentes conditions d'oppression seront &#233;limin&#233;es gr&#226;ce au transfert des moyens de production aux travailleurs productifs et &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'obligation faite &#224; tous les individus physiquement aptes de travailler pour vivre,&lt;br class='autobr' /&gt;
on aura d&#233;truit l'unique raison d'&#234;tre d'une quelconque domination de classe et&lt;br class='autobr' /&gt;
d'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant de r&#233;aliser un changement socialiste, il faut une dictature du prol&#233;tariat, dont une condition premi&#232;re est l'arm&#233;e prol&#233;tarienne. Les classes ouvri&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
devront conqu&#233;rir sur le champ de bataille le droit &#224; leur propre &#233;mancipation. La&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#226;che de l'Internationale est d'organiser et de concerter les forces ouvri&#232;res dans&lt;br class='autobr' /&gt;
le combat qui les attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#232;s sa naissance, la bourgeoisie est b&#226;t&#233;e de son antagoniste : les capitalistes&lt;br class='autobr' /&gt;
ne peuvent exister sans travailleurs salari&#233;s, et &#224; mesure que le bourgeois des cor-&lt;br class='autobr' /&gt;
porations m&#233;di&#233;vales devenait le bourgeois moderne, le compagnon des corporations et le journalier d&#233;li&#233; des liens f&#233;odaux devenaient le prol&#233;taire, m&#234;me si,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans l'ensemble, la bourgeoisie pouvait pr&#233;tendre repr&#233;senter &#233;galement, dans la&lt;br class='autobr' /&gt;
lutte contre la noblesse, les int&#233;r&#234;ts des diverses classes laborieuses de ce temps-l&#224;, on vit cependant, &#224; chaque grande r&#233;volution bourgeoise, &#233;clater des soul&#232;vements autonomes de la classe qui &#233;tait la devanci&#232;re plus ou moins d&#233;velopp&#233;e du&lt;br class='autobr' /&gt;
prol&#233;tariat moderne. Ainsi vit-on se dresser, durant la R&#233;forme allemande et la Guerre des paysans, Thomas M&#252;nzer ; durant la grande r&#233;volution anglaise, les&lt;br class='autobr' /&gt;
niveleurs ; durant la grande r&#233;volution fran&#231;aise, Babeuf. A ces lev&#233;es de boucliers&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volutionnaires d'une classe encore embryonnaire, correspondaient des formulations th&#233;oriques : aux XVI&#232;me et XVII&#232;me si&#232;cles, des peintures utopiques d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
soci&#233;t&#233; id&#233;ale ; au XVIII&#232;me si&#232;cle, des th&#233;ories d&#233;j&#224; franchement communistes&lt;br class='autobr' /&gt;
(Morelly et Mably). La revendication de l'&#233;galit&#233; ne se limitait pas seulement aux&lt;br class='autobr' /&gt;
droits politiques, elle devait s'&#233;tendre encore &#224; la condition sociale de chacun. Ce&lt;br class='autobr' /&gt;
n'&#233;tait plus seulement les privil&#232;ges de classe qui devaient &#234;tre abolis, mais les&lt;br class='autobr' /&gt;
diff&#233;rences de classe elles-m&#234;mes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors d&#233;j&#224;, il &#233;tait impossible &#224; la fraction pl&#233;b&#233;ienne de s'en tenir &#224; une simple lutte contre le f&#233;odalisme et la bourgeoisie privil&#233;gi&#233;e. Car elle &#8211; la fraction&lt;br class='autobr' /&gt;
absolument sans propri&#233;t&#233; &#8211; devait d&#233;j&#224; mettre en question des institutions, des&lt;br class='autobr' /&gt;
id&#233;es et des conceptions communes &#224; toutes les formes de soci&#233;t&#233; qui reposaient&lt;br class='autobr' /&gt;
sur des antagonismes de classe... Dans ces conditions, tout parti bourgeois plac&#233; &#224; la t&#234;te de la r&#233;volution se voit d&#233;bord&#233; dans ce mouvement m&#234;me par le parti pl&#233;b&#233;ien ou prol&#233;tariat qu'il a derri&#232;re lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me que la philosophie religieuse de M&#252;nzer frisait l'ath&#233;isme, son programme politique frisait le communisme, et plus d'une secte communiste moderne, encore &#224; la veille de la r&#233;volution de mars (1848), ne disposait pas d'un arsenal th&#233;orique plus riche que celui des &#171; M&#252;nz&#233;riens &#187; du XVIe si&#232;cle. Ce pro-&lt;br class='autobr' /&gt;
gramme, qui &#233;tait moins la synth&#232;se des revendications des pl&#233;b&#233;iens de l'&#233;poque&lt;br class='autobr' /&gt;
que l'anticipation g&#233;niale des conditions d'&#233;mancipation des &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens en germe parmi ces pl&#233;b&#233;iens, exigeait l'instauration imm&#233;diate du royaume&lt;br class='autobr' /&gt;
de Dieu, du royaume mill&#233;naire sur terre proph&#233;tis&#233;, par le retour de l'Eglise &#224; son&lt;br class='autobr' /&gt;
origine et par la suppression de toutes les institutions en contradiction avec cette&lt;br class='autobr' /&gt;
Eglise soi-disant primitive, mais en r&#233;alit&#233; toute nouvelle. Pour M&#252;nzer, le&lt;br class='autobr' /&gt;
royaume de Dieu n'&#233;tait pas autre chose qu'un &#233;tat de soci&#233;t&#233; o&#249; il n'y aurait plus&lt;br class='autobr' /&gt;
aucune diff&#233;rence de classe, aucune propri&#233;t&#233; priv&#233;e, aucun pouvoir d'&#201;tat autonome et &#233;tranger faisant face aux membres de la soci&#233;t&#233;. Toutes les autorit&#233;s existantes, si elles refusaient de se soumettre et d'adh&#233;rer &#224; la r&#233;volution, devaient &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
renvers&#233;es ; tous les travaux et les biens devaient &#234;tre mis en commun et l'&#233;galit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
la plus compl&#232;te r&#233;gner. Une Ligue devait &#234;tre fond&#233;e pour r&#233;aliser ce programme&lt;br class='autobr' /&gt;
non seulement dans toute l'Allemagne, mais dans l'ensemble de la chr&#233;tient&#233;. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
princes et les nobles seraient convi&#233;s &#224; se joindre &#224; elle ; s'ils s'y refusaient, la&lt;br class='autobr' /&gt;
Ligue, &#224; la premi&#232;re occasion, les renverserait les armes &#224; la main ou les tuerait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au soir de la victoire contre les puissances f&#233;odales, il est de r&#232;gle que la minorit&#233; victorieuse se scinde en deux : une des deux moiti&#233;s est contente du r&#233;sultat&lt;br class='autobr' /&gt;
obtenu, l'autre veut encore aller plus loin et pose de nouvelles revendications qui&lt;br class='autobr' /&gt;
correspondent aux int&#233;r&#234;ts v&#233;ritables, ou apparents des grandes masses populaires. Ces revendications plus radicales furent aussi r&#233;alis&#233;es dans certains cas, mais souvent elles ne le furent qu'un instant car le parti le plus mod&#233;r&#233; reprenait le&lt;br class='autobr' /&gt;
dessus, ce qui venait d'&#234;tre acquis &#233;tait alors perdu &#224; nouveau en totalit&#233; ou en&lt;br class='autobr' /&gt;
partie ; les vaincus criaient &#224; la trahison ou rejetaient la d&#233;faite sur le hasard. Mais,&lt;br class='autobr' /&gt;
en r&#233;alit&#233;, les choses &#233;taient le plus souvent ainsi : les conqu&#234;tes de la premi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
victoire n'&#233;taient assur&#233;es que par la deuxi&#232;me victoire du parti le plus radical ;&lt;br class='autobr' /&gt;
une fois ceci acquis, c'est-&#224;-dire ce qui &#233;tait MOMENTANEMENT n&#233;cessaire, les&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;l&#233;ments radicaux disparaissaient &#224; nouveau du th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations et leur succ&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
aussi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mancipation politique constitue, assur&#233;ment, un grand progr&#232;s. Elle&lt;br class='autobr' /&gt;
n'est pas, il est vrai, la derni&#232;re forme de l'&#233;mancipation humaine, mais elle est la&lt;br class='autobr' /&gt;
derni&#232;re forme de l'&#233;mancipation humaine dans l'ordre du monde actuel...&lt;br class='autobr' /&gt;
Evidemment, au temps o&#249; l'&#201;tat politique, en tant que tel, na&#238;t violemment de&lt;br class='autobr' /&gt;
la soci&#233;t&#233; bourgeoise, o&#249; l'&#233;mancipation humaine tend &#224; s'accomplir sous une&lt;br class='autobr' /&gt;
forme politique individuelle, l'&#201;tat peut et doit aller jusqu'&#224; l'abolition et la suppression de la religion, au Maximum, &#224; la confiscation, &#224; l'imp&#244;t progressif,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme il va jusqu'&#224; supprimer des vies et ne recule pas devant la guillotine. Au&lt;br class='autobr' /&gt;
temps o&#249; l'&#201;tat prend conscience de son existence propre, la vie politique cherche&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; &#233;touffer ses pr&#233;misses &#8211; la soci&#233;t&#233; bourgeoise et ses &#233;l&#233;ments constitutifs &#8211; pour&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;riger en communaut&#233; r&#233;elle et harmonieuse de l'homme. Cependant, elle ne&lt;br class='autobr' /&gt;
peut atteindre ce but qu'en se mettant en contradiction violente avec ses propres&lt;br class='autobr' /&gt;
conditions d'existence, en d&#233;clarant la r&#233;volution &#224; l'&#233;tat permanent. Aussi le drame politique s'ach&#232;ve-t-il tout aussi n&#233;cessairement par la restauration de la religion, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de tous les &#233;l&#233;ments de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, que la&lt;br class='autobr' /&gt;
guerre se termine par la paix...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, en cons&#233;quence, le prol&#233;tariat renverse la domination politique de la bourgeoisie, sa victoire ne sera que passag&#232;re : elle sera un simple &#233;l&#233;ment au service&lt;br class='autobr' /&gt;
de la r&#233;volution bourgeoise elle-m&#234;me, comme ce fut le cas en 1794. Il en sera&lt;br class='autobr' /&gt;
ainsi tant que les conditions mat&#233;rielles ne sont pas cr&#233;&#233;es au cours de l'histoire,&lt;br class='autobr' /&gt;
du &#171; mouvement &#187;, qui rendent n&#233;cessaire l'abolition du mode de production&lt;br class='autobr' /&gt;
bourgeois, c'est-&#224;-dire rendent n&#233;cessaire le renversement d&#233;finitif de la domination politique de la bourgeoisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question difficile &#224; r&#233;soudre pour nous est la suivante : sur le continent, la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;volution est imminente et prendra un caract&#232;re socialiste, mais ne sera-t-elle pas&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;touff&#233;e dans ce petit coin du monde ? En effet, sur un terrain beaucoup plus vaste,&lt;br class='autobr' /&gt;
le mouvement de la soci&#233;t&#233; bourgeoise est encore ascendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu que bourgeoisie et prol&#233;tariat sont enfants d'une &#233;poque nouvelle, que tous deux tendent dans leur action sociale &#224; &#233;liminer le fatras h&#233;rit&#233; de l'ancien r&#233;gime. Ils ont, il est vrai, &#224; mener entre eux une lutte tr&#232;s s&#233;rieuse,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais cette lutte ne peut &#234;tre livr&#233;e &#224; fond qu'&#224; partir du moment o&#249; ils se trouvent&lt;br class='autobr' /&gt;
seuls en face l'un de l'autre. Le vieux bataclan doit &#234;tre jet&#233; par dessus bord pour&lt;br class='autobr' /&gt;
que le navire soit &#171; par&#233; pour le combat &#187;, &#224; cela pr&#232;s que le combat ne se livre&lt;br class='autobr' /&gt;
pas cette fois entre deux navires, mais &#224; bord du m&#234;me b&#226;timent, entre officiers et&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;quipage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie ne peut conqu&#233;rir le pouvoir politique, le traduire en Constitution et lois, sans mettre en m&#234;me temps des armes entre les mains du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles sont les r&#233;formes &#224; introduire ? Ce sont celles que les communistes&lt;br class='autobr' /&gt;
proposent en vue de pr&#233;parer l'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Les mesures&lt;br class='autobr' /&gt;
pour limiter la concurrence, l'accumulation de vastes capitaux entre les mains&lt;br class='autobr' /&gt;
d'individus priv&#233;s, toute limitation ou abolition du droit d'h&#233;ritage, toute organisation du travail par l'&#201;tat, etc. - toutes ces mesures ne sont pas seulement possibles&lt;br class='autobr' /&gt;
en tant que mesures r&#233;volutionnaires, mais encore n&#233;cessaires. Elles seront possibles parce que tout le prol&#233;tariat insurg&#233; se tiendra derri&#232;re elles et les soutiendra&lt;br class='autobr' /&gt;
par la force des armes. Elles sont r&#233;alisables, en d&#233;pit de toutes les objections et inconv&#233;nients que leur adressent les &#233;conomistes et pr&#233;cis&#233;ment en raison des&lt;br class='autobr' /&gt;
maux et inconv&#233;nients qui forceront le prol&#233;tariat &#224; proc&#233;der toujours plus &#224; fond,&lt;br class='autobr' /&gt;
jusqu'&#224; ce que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e soit totalement abolie, s'il ne veut pas perdre de&lt;br class='autobr' /&gt;
nouveau ce qu'il a d&#233;j&#224; conquis. Elles sont possibles en tant que pas pr&#233;paratoires, &#233;tapes interm&#233;diaires de transition vers l'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, mais&lt;br class='autobr' /&gt;
en aucun cas autre chose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Monsieur Heinzen voudrait que ces mesures soient des mesures fixes, ultimes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles ne doivent rien pr&#233;parer, mais &#234;tre d&#233;finitives. Pour lui, ce ne sont pas des&lt;br class='autobr' /&gt;
moyens, mais un but. Elles ne sont pas ajust&#233;es &#224; une situation r&#233;volutionnaire,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais &#224; de paisibles conditions bourgeoises. Or, de cette fa&#231;on, il les rend inefficaces et en m&#234;me temps r&#233;actionnaires. Les &#233;conomistes bourgeois ont m&#234;me parfaitement raison quand ils opposent &#224; M. Heinzen que ses mesures retardent sur la&lt;br class='autobr' /&gt;
libre concurrence, car celle-ci est la forme d'existence ultime, la plus haute et la&lt;br class='autobr' /&gt;
plus &#233;lev&#233;e de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e. Toutes les mesures qui partent de la base de la&lt;br class='autobr' /&gt;
propri&#233;t&#233; priv&#233;e tout en &#233;tant dirig&#233;es contre la libre concurrence sont r&#233;actionnaires, s'efforcent de restaurer des degr&#233;s de d&#233;veloppement inf&#233;rieurs de la propri&#233;t&#233;, et doivent donc finalement aussi succomber de nouveau devant la libre concurrence &#8211; ce qui r&#233;tablit la situation pr&#233;sente. Or, ces objections des bourgeois perdent leur force d&#232;s que l'on traite les r&#233;formes sociales mentionn&#233;es ci-dessus&lt;br class='autobr' /&gt;
comme des interventions r&#233;volutionnaires de transition, alors qu'elles balaient de&lt;br class='autobr' /&gt;
fond en comble la vision de M. Heinzen d'une r&#233;publique agraro-socialiste tricolore...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, chez les communistes, ces mesures ont un sens et une raison parce&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elles ne sont pas con&#231;ues comme des mesures arbitraires, mais d&#233;rivent n&#233;cessairement comme objectifs du d&#233;veloppement de l'industrie, de l'agriculture, des&lt;br class='autobr' /&gt;
rapports de distribution et de communication, ainsi que de la lutte de classe entre&lt;br class='autobr' /&gt;
bourgeoisie et prol&#233;tariat qui y est li&#233;e. Ce ne sont jamais des mesures stables&lt;br class='autobr' /&gt;
mais des mesures de salut public surgissant des hauts et des bas de la lutte des&lt;br class='autobr' /&gt;
classes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les discours de Trotsky pendant la r&#233;volution et aux congr&#232;s communistes internationaux</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article6269</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article6269</guid>
		<dc:date>2022-08-06T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les discours de Trotsky pendant la r&#233;volution et aux congr&#232;s communistes internationaux &lt;br class='autobr' /&gt;
Isaac Deutscher dans &#171; Trotsky, Le proph&#232;te arm&#233; &#187; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est davantage par ses discours que par ses articles que Trotsky exer&#231;a son influence sur la vie politique de la capitale. Il prit la parole dans d'innombrables meetings, g&#233;n&#233;ralement en compagnie de Lounatcharsky. En deux ou trois semaines, apr&#232;s son arriv&#233;e, il avait gagn&#233;, avec Lounatcharsky, une immense popularit&#233; : on les consid&#233;rait comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique80" rel="directory"&gt;3- L'objectif de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_15937 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/indexaza.jpg' width=&#034;268&#034; height=&#034;188&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15936 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/indexazb.jpg' width=&#034;276&#034; height=&#034;183&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15935 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-2703-21db6.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;375&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15934 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/indexazc.jpg' width=&#034;264&#034; height=&#034;191&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15933 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/trotski-crim-e.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/trotski-crim-e.jpg' width=&#034;1800&#034; height=&#034;1200&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les discours de Trotsky pendant la r&#233;volution et aux congr&#232;s communistes internationaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Isaac Deutscher dans &#171; Trotsky, Le proph&#232;te arm&#233; &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est davantage par ses discours que par ses articles que Trotsky exer&#231;a son influence sur la vie politique de la capitale. Il prit la parole dans d'innombrables meetings, g&#233;n&#233;ralement en compagnie de Lounatcharsky. En deux ou trois semaines, apr&#232;s son arriv&#233;e, il avait gagn&#233;, avec Lounatcharsky, une immense popularit&#233; : on les consid&#233;rait comme les agitateurs les plus &#233;loquents de l'aile gauche du Soviet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base navale de Kronstadt, voisine de la capitale, &#233;tait son endroit pr&#233;f&#233;r&#233; pour prendre la parole ; et Kronstadt se r&#233;v&#233;la de premi&#232;re importance dans sa forme politique ult&#233;rieure. La marine &#233;tait en r&#233;bellion ouverte. La base formait une sorte de r&#233;publique rouge qui ne reconnaissait aucune autorit&#233;. Les marins opposaient une violente r&#233;sistance &#224; toutes les tentatives faites pour leur r&#233;imposer une discipline. (&#8230;) Le minist&#232;re d&#233;signa des commissaires, dont certains s'&#233;taient discr&#233;dit&#233;s par leur collusion avec l'ancien r&#233;gime et m&#234;me avec les Cent Noirs. Les marins refus&#232;rent de les laisser monter &#224; bord et en malmen&#232;rent m&#234;me quelques-uns. (&#8230;) Vers la fin du mois de mai, les ministres socialistes firent traduire les marins devant le Soviet et Trotsky se proposa pour assurer leur d&#233;fense. Il n'excusa pas leurs exc&#232;s, mais il soutint que de tels exc&#232;s eussent pu &#234;tre &#233;vit&#233;s si le gouvernement n'avait pas d&#233;sign&#233; comme commissaires des hommes discr&#233;dit&#233;s et d&#233;test&#233;s. (&#8230;) Trotsky &#233;crivit &#233;galement pour les marins le violent manifeste dans lequel ils faisaient appel au pays contre le Minist&#232;re de la Guerre &#8211; ce fut le premier &#233;chec de K&#233;rensky depuis qu'il &#233;tait ministre de la guerre. De ce moment, les marins suivirent fid&#232;lement Trotsky, le d&#233;fendirent et en firent presque une idole. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; cette &#233;poque, &#233;galement, qu'il fit du Cirque Moderne sa tribune habituelle, o&#249; il prenait, presque chaque soir, la parole devant des foules immenses. L'amphith&#233;&#226;tre &#233;tait si bond&#233; qu'il fallait g&#233;n&#233;ralement porter Trotsky jusqu'&#224; la tribune par-dessus les t&#234;tes du public, sous les regards passionn&#233;s des filles de son premier mariage qui assistaient aux r&#233;unions. Il parlait des questions du jour et des buts de la r&#233;volution avec son habituelle logique si convaincante ; mais il savait &#233;galement saisir l'&#233;tat d'esprit de la foule, son sens aigu de la justice, son d&#233;sir de comprendre clairement les &#233;v&#233;nements dans leurs grandes lignes, son attente et ses grandes esp&#233;rances. Il raconta, plus tard, comment les mots et les raisonnements qu'il avait pr&#233;par&#233;s s'envolaient &#224; la simple vue de la foule ; d'autres mots et d'autres arguments surgissaient comme de son subconscient, inattendus pour lui, mais r&#233;pondant aux besoins de ses auditeurs. Il &#233;coutait alors le son de sa propre voix comme celle d'un &#233;tranger, essayant de suivre le mouvement tumultueux de ses id&#233;es et de ses phrases, parce qu'il craignait de se r&#233;veiller brusquement comme un somnambule, et de ne plus pouvoir continuer. Sa politique n'&#233;tait plus l'expression d'une r&#233;flexion individuelle ou des d&#233;bats d'un petit cercle de politiciens professionnels. Il ne faisait plus qu'un avec les sentiments de la foule anonyme et passionn&#233;e qui se trouvait en face de lui. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de l'arm&#233;e fut la principale question d&#233;battue par le Congr&#232;s. Depuis la chute du tsarisme, les fronts russes &#233;taient rest&#233;s inactifs. Press&#233;s par les alli&#233;s occidentaux, le gouvernement et l'Etat-Major g&#233;n&#233;ral pr&#233;paraient une nouvelle offensive pour laquelle ils tenaient &#224; obtenir l'accord du Soviet. L'Etat-Major r&#233;clamait &#233;galement avec insistance la r&#233;vision du fameux &#171; Ordre n&#176;1 &#187;, la Grande Charte de la libert&#233; des soldats. C'est au cours de ce d&#233;bat que Trotsky pronon&#231;a son discours le plus important ; il avertit le gouvernement qu'apr&#232;s les pertes &#233;normes subies par l'arm&#233;e et l'interruption de ses services de ravitaillement, provoqu&#233;es par l'incapacit&#233;, les abus et la corruption, elle n'&#233;tait plus en &#233;tat de poursuivre le combat. L'offensive se terminerait forc&#233;ment par un d&#233;sastre. Tenter de restaurer l'ancienne discipline ne conduirait &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Heureusement pour l'histoire de la Russie, notre arm&#233;e r&#233;volutionnaire a rejet&#233; la vieille attitude de l'arm&#233;e russe, l'attitude de la sauterelle&#8230; quand des milliers d'hommes acceptaient passivement de mourir&#8230; sans m&#234;me conna&#238;tre le sens de leur sacrifice&#8230; Maudite soit cette p&#233;riode de l'histoire que nous avons laiss&#233;e derri&#232;re nous ! D&#233;sormais nous n'accordons plus de valeur &#224; l'h&#233;ro&#239;sme &#233;l&#233;mentaire, inconscient de la masse, mais &#224; l'h&#233;ro&#239;sme qui se r&#233;fracte &#224; travers chaque conscience individuelle. Si, actuellement, l'arm&#233;e n'a aucune grande id&#233;e pour laquelle elle veuille se battre, dans cette arm&#233;e issue de la R&#233;volution&#8230; il existe et il existera des id&#233;es, des mots d'ordre, des buts capables de rassembler et de lui donner ainsi unit&#233; et enthousiasme&#8230; L'arm&#233;e de la grande R&#233;volution fran&#231;aise a r&#233;pondu volontairement aux appels &#224; l'offensive. Le n&#339;ud de l'affaire ? Le voici : il n'existe pas pour le moment de but capable de rassembler l'arm&#233;e&#8230; Chaque soldat qui r&#233;fl&#233;chit se pose la question : des cinq gouttes de sang que je vais verser aujourd'hui, n'y en aura-t-il pas une seule pour la R&#233;volution russe et quatre pour la d&#233;fense de la Bourse fran&#231;aise et de l'imp&#233;rialisme anglais ?... Si la Russie r&#233;volutionnaire se d&#233;solidarisait des politiques imp&#233;rialistes, si un nouveau gouvernement &#233;tait mis en place par les Soviets, alors nous pourrions faire appel &#224; tous les peuples europ&#233;ens et leur dire qu'une citadelle de la R&#233;volution s'est dress&#233;e sur la carte de l'Europe&#8230; La R&#233;volution russe repr&#233;sente un tel danger pour les classes poss&#233;dantes de tous les pays qu'elles essaieront de la d&#233;truire, et de transformer la Russie en colonie du capital europ&#233;en ou, ce qui est plus probable encore, du capital am&#233;ricain. Mais cette &#233;preuve de force est encore &#224; venir et les Soviets ont le devoir de s'y pr&#233;parer&#8230; Si l'Allemagne r&#233;volutionnaire ne se soul&#232;ve pas, ou si elle ne se soul&#232;ve pas avec assez de force, alors nous mettrons en marche nos r&#233;giments&#8230; non pour nous d&#233;fendre, mais pour lancer une offensive r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soukhanov dans &#171; Notes sur la r&#233;volution &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout comme la r&#233;volution avort&#233;e des 3 et 4 juillet avait fait pencher la balance en faveur de la contre-r&#233;volution, l'&#233;chec de la contre-r&#233;volution la fit pencher plus fortement encore du c&#244;t&#233; oppos&#233;. (&#8230;) Trotsky apparut, pour la premi&#232;re fois, comme le plus brillant porte-parole des Bolcheviks. Voici comment un chroniqueur menchevik de la R&#233;volution, Soukhanov, d&#233;crivit l'impression produite par son discours :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce fut sans aucun doute l'un des plus brillants discours de ce surprenant orateur, et je ne peux r&#233;sister au d&#233;sir de citer int&#233;gralement dans mon livre ce magnifique morceau. Si, plus tard, mon livre trouve encore un lecteur, comme l'ouvrage sans fantaisie de Lamartine en trouve encore, que ce lecteur juge sur cet exemple l'art oratoire et la pens&#233;e politique de notre &#233;poque. Il en tirera la conclusion que l'humanit&#233; n'a pas v&#233;cu en vain ces derniers cent cinquante ans et que les h&#233;ros de notre R&#233;volution laissent loin derri&#232;re eux les chefs illustres de 1789 &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au seul nom de Trotsky, tout l'auditoire du Th&#233;&#226;tre Alexandrinsky fut saisi d'enthousiasme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Camarades et Citoyens &#187;, commen&#231;a-t-il tr&#232;s calmement, &#171; les ministres socialistes viennent de vous parler. Les ministres sont cens&#233;s para&#238;tre devant des corps repr&#233;sentatifs pour rendre compte de leur travail. Nos ministres ont pr&#233;f&#233;r&#233; nous donner des conseils plut&#244;t que rendre leurs comptes. &#187; (&#8230;) Il fit remarquer qu'il n'y avait pas eu un seul orateur pour d&#233;fendre K&#233;rensky et que le premier ministre se trouvait ainsi condamn&#233; par se propres amis et partisans. Cette remarque frappa ses adversaires au point le plus vuln&#233;rable et un mouvement de col&#232;re &#233;branla la salle. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky r&#233;clama que les Gardes Rouges fussent arm&#233;s. &#171; Pour quoi faire ? Pour quoi faire ? &#187; cria-t-on sur les bancs mencheviks. &#171; D'abord pour que nous puissions constituer un vrai rempart en face de la contre-r&#233;volution &#187;, r&#233;pondit Trotsky, &#171; contre un nouveau et plus puissant mouvement Kornilov. Ensuite, si la d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire instaure une v&#233;ritable dictature du prol&#233;tariat, si ce nouveau gouvernement propose une paix honorable et que cette offre soit repouss&#233;e, alors, et je vous dit cela au nom de notre parti&#8230; les ouvriers arm&#233;s de Petrograd et de toute la Russie d&#233;fendront le pays de la r&#233;volution contre les troupes de l'imp&#233;rialisme avec un h&#233;ro&#239;sme comme l'Histoire de la Russie n'en a encore jamais connu. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Bolcheviks renfor&#231;aient progressivement leurs positions &#224; l'int&#233;rieur des Soviets. Au d&#233;but de septembre, ils d&#233;tenaient la majorit&#233; &#224; Petrograd, &#224; Moscou et dans d'autres villes industrielles. Ils attendaient avec confiance d'appara&#238;tre comme le parti majoritaire au prochain Congr&#232;s National des Soviets. C'est &#224; l'Ex&#233;cutif Central des Soviets, &#233;lu en juin et encore contr&#244;l&#233; par les Socialistes mod&#233;r&#233;s, qu'il appartenait de convoquer ce congr&#232;s. Ceux-ci faisaient leur possible pour ajourner ce qui, pour eux, repr&#233;sentait un saut dans l'inconnu, tandis que les Bolcheviks insistaient naturellement pour une convocation rapide du congr&#232;s. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 septembre, le Soviet de Petrograd &#233;lut Trotsky comme pr&#233;sident. Lorsqu'il monta sur l'estrade, un tonnerre d'applaudissements l'accueillit&#8230; Au nom du nouveau Soviet, il lan&#231;a les premiers appels pour la seconde r&#233;volution, r&#233;clamant la d&#233;mission de Kerensky et le transfert du pouvoir gouvernemental au Congr&#232;s des Soviets&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours des semaines qui s'&#233;taient &#233;coul&#233;es entre sa lib&#233;ration et l'insurrection d'Octobre, le nom de Trotsky ne devint pas seulement synonyme de bolchevisme mais aussi le symbole, &#224; l'&#233;tranger, de toutes les aspirations du bolchevisme, bien plus que ne l'avait jamais &#233;t&#233; le nom de L&#233;nine, qui s'&#233;tait retir&#233; de la sc&#232;ne publique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.-V. Lounatcharsky dans &#171; Silhouettes r&#233;volutionnaires &#187; (1923) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky est, &#224; mon sens, le plus grand orateur de ce temps&#8230; Une prestance magn&#233;tique, le geste large et beau, un rythme puissant, une voix infatigable, une merveilleuse solidit&#233; de la phrase, une fabuleuse richesse d'images, une ironie br&#251;lante, un path&#233;tique d&#233;bordant, une logique extraordinaire et projetant dans sa lumi&#232;re les &#233;clairs de l'acier, telles sont les vertus dont ruissellent les discours de Trotsky&#8230; J'ai vu Trotsky parler trois heures durant dans le plus absolu silence, devant un auditoire debout et m&#233;dus&#233; et buvant ses paroles. En tant que chef, Trotsky, je le r&#233;p&#232;te, ne brille pas dans le domaine de l'organisation du Parti. Il y est comme inapte. Il est maladroit. Sa personnalit&#233; est trop tranch&#233;e, c'est cela m&#234;me qui le g&#234;ne. Trotsky est &#233;pineux. Il est autoritaire. Il n'y a que dans ses rapports avec L&#233;nine qu'il n'a cess&#233; de se d&#233;partir d'un abandon touchant et rendre : avec la modestie qui caract&#233;rise les hommes vraiment grands. Il savait reconna&#238;tre la pr&#233;&#233;minence de L&#233;nine. Trotsky, homme politique, &#233;gale Trotsky orateur. Pourrait-il en &#234;tre autrement ? Le plus merveilleux orateur, dont les discours ne seraient pas illumin&#233;s par la pens&#233;e, ne serait qu'un vain virtuose, ses discours ne seraient qu'une musique de cymbales&#8230; A mon avis, bien que cela puisse para&#238;tre &#233;trange &#224; beaucoup, Trotsky est incomparablement plus orthodoxe que L&#233;nine. La ligne politique de Trotsky est quelque peu sinueuse : ni bolchevik, ni menchevik, il se tenait dans une position m&#233;diocre, cherchant sa voie jusqu'&#224; ce que, d&#233;lib&#233;r&#233;ment, il se jet&#226;t dans le flot bolchevik. Et n&#233;anmoins, il a toujours suivi les r&#232;gles les plus justes du marxisme r&#233;volutionnaire&#8230; On a souvent dit de Trotsky qu'il est personnellement ambitieux. C'est une pure absurdit&#233;. Je me souviens d'une phrase tr&#232;s significative, prononc&#233;e par Trotsky quand Tchernov accepta une place au Gouvernement : &#171; Quelle ambition stupide et mis&#233;rable !... Abandonner pour un portefeuille sa place dans l'Histoire !... &#187; Tout Trotsky est l&#224;. On ne saurait trouver en lui un grain de vanit&#233;. L&#233;nine aussi est d&#233;pourvu de toute ambition. Je pense que L&#233;nine ne s'est jamais demand&#233; ce qu'il &#233;tait lui-m&#234;me, qu'il ne s'est jamais regard&#233; dans le grand miroir de l'Histoire, qu'il n'a jamais pens&#233; a jugement de la post&#233;rit&#233;. Il se contente tout simplement de faire son &#339;uvre&#8230; N'allez pas penser, cependant, que le second leader de la R&#233;volution russe c&#232;de le pas en tout &#224; son coll&#232;gue. Il est indubitablement des points sur lesquels Trotsky le surpasse : il est plus clair, il est plus &#233;clatant et plus mobile. L&#233;nine est l'homme n&#233; pour pr&#233;sider le Conseil des Commissaires du Peuple et pour guider, avec g&#233;nie, la R&#233;volution mondiale, mais la t&#226;che de Titan qu'a assum&#233;e Trotsky, ces lumineuses apparitions qu'il fait de place en place, ces discours magnifiques &#8211; v&#233;ritables fanfares sonnant &#224; l'improviste &#8211; ce r&#244;le de perp&#233;tuel &#233;lectriseur d'une arm&#233;e faiblissant ici pour se ranimer l&#224;, n'iraient pas &#224; L&#233;nine. A cet &#233;gard, il n'est pas sur la terre un homme pour remplacer Trotsky. Quand se d&#233;cha&#238;ne une grande R&#233;volution, un grand peuple trouve toujours l'homme qu'il faut pour chaque chose. Et c'est un des signes de grandeur de notre R&#233;volution, que le Parti communiste ait pu faire surgir, soit de son propre sein, soit des autres partis pour se les annexer alors compl&#232;tement, un si grand nombre d'hommes de valeur susceptibles de gouverner. Et parmi ceux-l&#224;, les deux plus forts entre les forts : L&#233;nine et Trotsky. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/1905/1905_2_3.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Trotsky au proc&#232;s du soviet de Petrograd &#8211; octobre 1906&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/09/conference.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours &#224; la conf&#233;rence d&#233;mocratique - 27 septembre 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/avbol/avbol31.htm#discours&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours du Commissaire du Peuple aux Affaires Etrang&#232;res Trotsky au CC ex&#233;cutif des Soviets - 14 f&#233;vrier1918&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1918/04/ldt19180414.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Trotsky prononc&#233; devant un public d'ouvriers &#8211; avril 1918&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1918/06/lt19180604.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours prononc&#233; par le Camarade Trotsky lors de la 17e session pl&#233;ni&#232;re de la Commission Ex&#233;cutive Centrale pan-russe, de la 4e convocation du Soviet des ouvriers et des soldats de Moscou, des repr&#233;sentants des syndicats de Moscou, des Comit&#233;s d'usines et de fabriques et d'autres organisations ouvri&#232;res &#8211; Juin 1918&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/inter_com/1919/ic1_19190300g.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours prononc&#233; par L&#233;on Trotsky au premier Congr&#232;s de l'Internationale Communiste &#8211; Mars 1919&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/inter_com/1919/ic1_19190300h.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Manifeste du premier congr&#232;s r&#233;dig&#233; par L&#233;on Trotsky &#8211; Mars 1919&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/12/lt19201215.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours prononc&#233; par L&#233;on Trotsky au deuxi&#232;me Congr&#232;s de l'Internationale Communiste - 7 ao&#251;t 1920&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1921/06/lt19210613.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de L&#233;on Trotsky au 3e Congr&#232;s de l'Internationale Communiste - 23 juin 1921&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1921/08/lt19210819a.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rapport sur la crise &#233;conomique mondiale et les nouvelles t&#226;ches de l'I.C. &#8211; Juin 1921&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1921/10/lt19211024.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours prononc&#233; par Trotsky le 24 octobre 1921 au Congr&#232;s Pan-Russe des Sections d'Education Politique de l'Arm&#233;e Rouge&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1921/08/lt19210819.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rapport sur la crise &#233;conomique mondiale et les nouvelles t&#226;ches de l'I.C. - 19 ao&#251;t 1921&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1921/09/lt19210921.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Trotsky &#224; la s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re du Soviet de Moscou, le 20 septembre 1921&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/02/lt19220224.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Trotsky lors du d&#233;fil&#233; sur la Place Rouge le 23 f&#233;vrier 1922&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/02/lt19220226.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Trotsky sur le Front Unique &#224; l'&#201;x&#233;cutif de l'Internationale Communiste - 26 F&#233;vrier 1922&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/03/lt19220302.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Trotsky &#224; l'&#201;x&#233;cutif de l'Internationale Communiste - 2 Mars 1922&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/05/lt19220508.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Trotsky &#224; l'&#201;x&#233;cutif de l'I.C. - 8 mai 1922&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/05/lt19220509.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;claration de Trotsky &#224; propos de la conf&#233;rence de G&#234;nes - 9 mai 1922&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/06/lt19220600.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Trotsky &#224; l'&#201;x&#233;cutif de l'Internationale Communiste - Juin 1922&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/06/lt19220608.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Trotsky &#224; l'&#201;x&#233;cutif de l'Internationale Communiste - 8 juin 1922&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1923/04/lt19230420.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours prononc&#233; devant la Conf&#233;rence du PC ukrainien - 5 avril 1923&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1923/04/trotsky_rapport_19230420.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rapport au 12e Congr&#232;s du parti bolchevik - 20 avril 1923&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/04/lt1924042101.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours pour le 3&#176; anniversaire de l'Universit&#233; Communiste des peuples d'Orient - 21 avril 1924&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/10/lt19241025.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours prononc&#233; par Trotsky le 25 octobre 1924 &#224; Moscou&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1925/09/lt19250917.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Trotsky sur Mendele&#239;ev et le marxisme - 17 septembre 1925&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/litterature/culture.htm&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Discours de L&#233;on Trotsky au 1er Congr&#232;s des Amis de la Radio - 1er mars 1926 -&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/litterature/radio.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Trotsky au club &#171; Place Rouge &#187; le 3 f&#233;vrier 1926&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5427&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Derni&#232;re intervention de L&#233;on Trotsky &#224; la tribune de la direction du Parti communiste de Russie &#8211; octobre 1927&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/11/321125.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Trotsky &#224; Copenhague &#8211;automne 1932&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Contributions &#224; l'histoire de la dictature de classe</title>
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		<dc:date>2021-06-08T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ramata, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Contribution &#224; l'histoire de la dictature &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine &lt;br class='autobr' /&gt;
20 octobre 1920 &lt;br class='autobr' /&gt;
La question de la dictature du prol&#233;tariat est la question essentielle du mouvement ouvrier moderne dans tous les pays capitalistes. Pour &#233;lucider &#224; fond cette question, il est indispensable d'en conna&#238;tre l'histoire. A l'&#233;chelle internationale, l'histoire de la doctrine de la dictature r&#233;volutionnaire en g&#233;n&#233;ral et de la dictature du prol&#233;tariat en particulier co&#239;ncide avec celle du socialisme r&#233;volutionnaire et, plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique80" rel="directory"&gt;3- L'objectif de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contribution &#224; l'histoire de la dictature
&lt;p&gt;L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;20 octobre 1920&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la dictature du prol&#233;tariat est la question essentielle du mouvement ouvrier moderne dans tous les pays capitalistes. Pour &#233;lucider &#224; fond cette question, il est indispensable d'en conna&#238;tre l'histoire. A l'&#233;chelle internationale, l'histoire de la doctrine de la dictature r&#233;volutionnaire en g&#233;n&#233;ral et de la dictature du prol&#233;tariat en particulier co&#239;ncide avec celle du socialisme r&#233;volutionnaire et, plus sp&#233;cialement, avec celle du marxisme. Ensuite &#8209; et c'est l&#224; &#233;videmment le plus important &#8209; l'histoire de toutes les r&#233;volutions de la classe opprim&#233;e et exploit&#233;e contre les exploiteurs est notre source principale de renseignements et de connaissances sur la question de la dictature. Quiconque n'a pas compris la n&#233;cessit&#233; de la dictature de toute classe r&#233;volutionnaire pour remporter la victoire n'a rien compris &#224; l'histoire des r&#233;volutions ou ne veut rien savoir dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan de la Russie, th&#233;oriquement parlant, le programme du Parti ouvrier social&#8209;d&#233;mocrate de Russie, &#233;labor&#233; en 1902&#8209;1903 par la r&#233;daction de Zaria et d' Iskra ou, plus exactement, par G. Pl&#233;khanov , puis modifi&#233;, mis au point et approuv&#233; par cette r&#233;daction, a une importance toute particuli&#232;re. La question de la dictature du prol&#233;tariat y est pos&#233;e avec nettet&#233; et clart&#233;, et cela pr&#233;cis&#233;ment en liaison avec la lutte contre Bernstein , contre l'opportunisme. Mais la plus grande importance s'attache &#233;videmment &#224; l'exp&#233;rience de la r&#233;volution, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire, en Russie, &#224; l'exp&#233;rience de 1905.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois derniers mois de l'ann&#233;e 1905 &#8209; octobre, novembre et d&#233;cembre &#8209; furent une p&#233;riode de lutte r&#233;volutionnaire de masse singuli&#232;rement vigoureuse et large, p&#233;riode marqu&#233;e par l'emploi simultan&#233; des deux moyens de lutte les plus puissants : gr&#232;ve politique de masse et insurrection arm&#233;e. (Notons entre parenth&#232;ses que d&#233;j&#224; en mai 1905, le Congr&#232;s bolch&#233;vik, le &#171; Troisi&#232;me congr&#232;s du Parti ouvrier social&#8209;d&#233;mocrate de Russie &#187; consid&#233;rait &#171; l'organisation du prol&#233;tariat pour la lutte directe contre l'autocratie par l'insurrection arm&#233;e &#187; comme &#171; l'une des t&#226;ches les plus importantes et les plus urgentes et chargeait toutes les organisations du Parti &#171; d'&#233;tudier le r&#244;le des gr&#232;ves politiques de masse, qui peuvent avoir une grande importance au d&#233;but et dans le cours de l'insurrection &#187;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire du monde, la lutte r&#233;volutionnaire atteignit un tel degr&#233; de d&#233;veloppement et une telle puissance que l'insurrection arm&#233;e co&#239;ncida avec la gr&#232;ve de masse, cette arme sp&#233;cifiquement prol&#233;tarienne. Il est clair que cette exp&#233;rience a une signification internationale pour toutes les r&#233;volutions prol&#233;tariennes. Et les bolch&#233;viks l'ont &#233;tudi&#233;e avec la plus grande attention et la plus grande application, tant dans ses aspects politiques que dans ses aspects &#233;conomiques. Je signalerai l'analyse des donn&#233;es mensuelles concernant les gr&#232;ves &#233;conomiques et politiques de 1905, les rapports existant entre elles, le degr&#233; de d&#233;veloppement de la lutte gr&#233;viste atteint alors pour la premi&#232;re fois dans le monde ; cette analyse a &#233;t&#233; publi&#233;e par moi dans la revue Prosvechtch&#233;ni&#233; en 1910 ou 1911 et reproduite, sous une forme r&#233;sum&#233;e dans la presse bolch&#233;vique &#224; l'&#233;tranger de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de masse et les insurrections arm&#233;es posaient d'elles&#8209;m&#234;mes &#224; l'ordre du jour la question du pouvoir r&#233;volutionnaire et de la dictature, car ces formes de lutte aboutissaient in&#233;vitablement, d'abord &#224; l'&#233;chelle locale, &#224; l'expulsion des anciennes autorit&#233;s, &#224; la prise du pouvoir par le prol&#233;tariat et les classes r&#233;volutionnaires, &#224; l'expul&#173;sion des propri&#233;taires fonciers, parfois &#224; l'occupation des usines, etc., etc. La lutte r&#233;volutionnaire de masse de cette p&#233;riode fit surgir des organisations jusqu'alors inconnues dans l'histoire mondiale, telles que les Soviets de d&#233;put&#233;s ouvriers, puis des Soviets de d&#233;put&#233;s soldats, des Comit&#233;s paysans, etc. Il apparut que les questions fondamentales (pouvoir des Soviets et dictature du prol&#233;tariat) qui pr&#233;occupent aujourd'hui les ouvriers conscients de tous les pays, se trouv&#232;rent pos&#233;es dans la pratique &#224; la fin de 1905. Si des repr&#233;sentants du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et du marxisme non falsifi&#233;, aussi remarquables que Rosa Luxembourg, saisirent imm&#233;diatement l'importance de cette exp&#233;rience v&#233;cue et en firent, dans les r&#233;unions et dans la presse, l'analyse critique, l'immense majorit&#233; des repr&#233;sentants officiels des partis social&#8209;d&#233;mocrates et socialistes officiels, dont les r&#233;formistes et les gens de l'esp&#232;ce des futurs &#171; kautskistes &#187;, &#171; Ionguettistes &#187;, partisans de Hillquit en Am&#233;rique, etc., se montr&#232;rent absolument incapables de comprendre la signification de cette exp&#233;rience et de faire leur devoir de r&#233;volutionnaires, c'est&#8209;&#224;-&#173;dire d'entreprendre l'&#233;tude et la propagande des enseignements de cette exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Russie, aussit&#244;t apr&#232;s la d&#233;faite de l'insurrection de d&#233;cembre 1905, les bolch&#233;viks et les mench&#233;viks dress&#232;rent le bilan de cette exp&#233;rience. Ce travail fut surtout acc&#233;l&#233;r&#233; par le fait qu'en avril 1906 eut lieu, &#224; Stockholm, le congr&#232;s dit &#171; Congr&#232;s d'unification du parti ouvrier social&#8209;d&#233;mocrate de Russie &#187;, auquel furent repr&#233;sent&#233;s les bolch&#233;viks et les mench&#233;viks qui fusionn&#232;rent formellement. La pr&#233;paration de ce congr&#232;s avait &#233;t&#233; poursuivie par les deux fractions avec la plus grande &#233;nergie. Avant le congr&#232;s, au d&#233;but de 1906, elles avaient publi&#233; leurs projets de r&#233;solutions sur toutes les questions importantes. Ces projets, reproduits dans ma brochure Rapport sur le Congr&#232;s d'unification du Parti ouvrier social&#8209;d&#233;mocrate de Russie (lettre aux ouvriers de P&#233;tersbourg), Moscou, 1906 (110 pages, dont presque la moiti&#233; est prise par les textes des projets de r&#233;solutions des deux fractions et des r&#233;solutions adopt&#233;es d&#233;finitivement par le congr&#232;s), constituent les documents les plus importants pour conna&#238;tre la fa&#231;on dont la question se posait &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; &#224; ce moment&#8209;l&#224; les d&#233;bats sur la signification des Soviets se rattachaient &#224; la question de la dictature. D&#232;s avant la r&#233;volution d'octobre 1905, les bolch&#233;viks avaient pos&#233; la question de la dictature (voir ma brochure : Deux tactiques de la social&#8209;d&#233;mocratie dans la r&#233;volution d&#233;mo&#173;cratique , Gen&#232;ve, juillet 1905, reproduite dans le recueil En 12 ans). Les mench&#233;viks adoptaient &#224; l'&#233;gard du mot d'ordre de &#171; dictature &#187; une attitude n&#233;gative. Les bolch&#233;viks soulignaient que les Soviets de d&#233;put&#233;s ouvriers &#171; cons&#173;tituaient en fait l'embryon du nouveau pouvoir r&#233;volution&#173;naire &#187;, comme l'indiquait textuellement le projet de r&#233;&#173;solution des bolch&#233;viks (voir page 92 du &#171; Rapport &#187;). Les mench&#233;viks reconnaissaient l'importance des Soviets, &#233;taient d'accord pour &#171; contribuer &#224; leur formation &#187;, etc., mais ne les consid&#233;raient pas comme l'embryon du pouvoir r&#233;volutionnaire, ne parlaient pas en g&#233;n&#233;ral d'un &#171; nouveau pouvoir r&#233;volutionnaire &#187; de ce type ou de type similaire, rejetaient d&#233;lib&#233;r&#233;ment le mot d'ordre de dicta&#173;ture. Il n'est pas difficile de voir que toutes nos divergences actuelles avec les mench&#233;viks existaient d&#233;j&#224; en germe dans cette fa&#231;on de poser la question. Il n'est pas difficile non plus de voir que les mench&#233;viks (russes ou autres, tels que les kautskistes, longuettistes, etc.), se r&#233;v&#233;laient et se r&#233;v&#232;lent, par leur fa&#231;on de poser la question, des r&#233;for&#173;mistes ou des opportunistes, qui reconnaissent la dictature du prol&#233;tariat en paroles, mais qui en fait r&#233;pudient ce qu'il y a d'essentiel et de fondamental dans la notion m&#234;me de r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; avant la r&#233;volution de 1905, dans la brochure pr&#233;&#173;cit&#233;e, Deux tactiques, j'analysais l'argument des mench&#233;&#173;viks qui m'accusaient &#171; d'avoir insensiblement substi&#173;tu&#233; &#224; la notion de r&#233;volution celle de dictature &#187; ( En 12 ans , page 459). Je prouvais en d&#233;tail que pr&#233;cis&#233;ment par cette accusation les mench&#233;viks affirmaient leur op&#173;portunisme, leur v&#233;ritable nature politique de sous&#8209;fifres de la bourgeoisie lib&#233;rale, de propagateurs de son influence au sein du prol&#233;tariat. Quand la r&#233;volution devient une force indiscutable, ses adversaires commencent &#224; la &#171; re&#173;conna&#238;tre &#187;, disais&#8209;je en signalant (en &#233;t&#233; 1905) l'exemple des lib&#233;raux russes demeur&#233;s monarchistes&#8209;constitution&#173;nalistes. Aujourd'hui, en 1920, on pourrait ajouter qu'en Allemagne et en Italie, les bourgeois lib&#233;raux, ou tout au moins les plus cultiv&#233;s et les plus habiles d'entre eux, sont tout dispos&#233;s &#224; &#171; reconna&#238;tre la r&#233;volution &#187;. Mais en &#171; reconnaissant &#187; la r&#233;volution et en refusant en m&#234;me temps d'admettre la dictature d'une classe d&#233;termin&#233;e (ou de classes d&#233;termin&#233;es), les lib&#233;raux et les mench&#233;viks russes d'antan, et les lib&#233;raux allemands et italiens d'aujourd'hui, les partisans de Turati et de Kautsky , r&#233;v&#232;lent pr&#233;cis&#233;ment leur r&#233;formisme et leur totale inaptitude &#224; &#234;tre des r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, quand la r&#233;volution est d&#233;j&#224; devenue une force certaine, indiscutable, quand les lib&#233;raux eux&#8209;m&#234;mes la &#171; reconnaissent &#187;, quand les classes dirigeantes non seulement constatent, mais sentent la puissance invincible des masses opprim&#233;es, toute la question &#8209; aussi bien pour les th&#233;oriciens que pour ceux qui dirigent pratiquement la politique &#8209; consiste &#224; d&#233;finir exactement la r&#233;volution d'un point de vue de classe. Or, sans la notion de &#171; dictature &#187;, il est impossible de donner cette d&#233;finition pr&#233;cise d'un point de vue de classe. Sans la pr&#233;paration de la dictature, il est impossible d'&#234;tre r&#233;volutionnaire en fait. Les mench&#233;viks ne comprenaient pas cette v&#233;rit&#233; en 1905, les socialistes italiens, allemands, fran&#231;ais et autres ne la comprennent pas en 1920, eux qui redoutent les &#171; conditions &#187; s&#233;v&#232;res de l'Internationale Communiste ; la redoutent les gens capables d'admettre la dictature en paroles, mais incapables de la pr&#233;parer en fait. C'est pourquoi il ne sera pas inopportun de reproduire ici avec force d&#233;tails l'analyse des conceptions de Marx, publi&#233;e par moi en juillet 1905 pour r&#233;pondre aux mench&#233;viks russes, mais qui s'applique &#233;galement aux mench&#233;viks d'Europe occidentale de 1920 (je remplace les titres de journaux, etc., par la simple indication qu'il s'agit des mench&#233;viks ou des bolch&#233;viks) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mehring raconte dans ses notes relatives aux articles de Marx qu'il fit para&#238;tre dans la Nouvelle Gazette rh&#233;nane en 1848 que la litt&#233;rature bourgeoise adressait, entre autres, le reproche suivant &#224; ce journal &#8209; la Nouvelle Gazette rh&#233;nane aurait exig&#233; &#171; l'instauration imm&#233;diate de la dictature, consid&#233;r&#233;e comme le seul moyen de r&#233;aliser la d&#233;mocratie &#187;. (Marx, Nachlass [1] , tome III, page 53). Du point de vue bourgeois vulgaire, les notions de dictature et de d&#233;mocratie s'excluent l'une l'autre. Ne comprenant pas la th&#233;orie de la lutte de classe, habitu&#233; &#224; ne voir dans l'ar&#232;ne politique qu'une petite querelle des diff&#233;rents cercles et coteries de la bourgeoisie, le bourgeois entend par dictature la suppression de toutes les libert&#233;s et garanties d&#233;mocratiques, l'arbitraire, tous les abus de pouvoir dans l'int&#233;r&#234;t personnel du dictateur. En r&#233;alit&#233;, cette concep&#173;tion bourgeoise vulgaire transpire chez nos mench&#233;viks qui expliquent la pr&#233;dilection des bolch&#233;viks pour le mot d'ordre de &#171; dictature &#187; par le fait que L&#233;nine &#171; d&#233;sire passionn&#233;ment tenter sa chance &#187; (Iskra n&#176; 103, page 3, colonne 2). Pour expliquer aux mench&#233;viks la notion de dictature de classe, par opposition &#224; la notion de dictature personnelle, et les t&#226;ches de la dictature d&#233;mocratique, par opposition &#224; la dictature socialiste, il ne sera pas inutile de nous arr&#234;ter sur les conceptions de &#171; La Nouvelle Gazette rh&#233;nane &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle&#8209;ci &#233;crivait le 14 septembre 1848 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Toute organisation temporaire de l'&#201;tat, apr&#232;s une r&#233;volution, exige dictature et une dictature &#233;nergique. D&#232;s le d&#233;but, nous avons reproch&#233; &#224; Kamphausen (pr&#233;sident du conseil, apr&#232;s le 18 mars 1848) de n'avoir pas agi de fa&#231;on dictatoriale de n'avoir pas bris&#233; imm&#233;diatement les anciennes institutions et balay&#233; leurs d&#233;bris. Et voici que pendant que Monsieur Kamphausen se ber&#231;ait d'illusions constitutionnelles, le parti battu (c'est&#8209;&#224;&#8209;dire le parti de la r&#233;action) renfor&#231;ait ses positions dans la bureaucratie et l'arm&#233;e, s'enhardissait m&#234;me par&#8209;ci par&#8209;l&#224; &#224; reprendre la lutte ouverte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces paroles, dit Mehring avec juste raison, r&#233;sument en quelques formules ce que la Nouvelle Gazette rh&#233;nane d&#233;veloppait en d&#233;tail dans ses longs articles sur le minist&#232;re Kamphausen. Que nous apprennent ces paroles de Marx ? Que le gouvernement r&#233;volutionnaire provisoire doit agir de fa&#231;on dictatoriale (formule que les mench&#233;viks ne pouvaient absolument pas comprendre, dans leur sainte horreur du mot d'ordre de dictature) ; que la t&#226;che de cette dictature est de d&#233;truire les vestiges des anciennes institutions (pr&#233;cis&#233;ment ce qui est indiqu&#233; clairement dans la r&#233;solution du Ill&#176; Congr&#232;s du Parti ouvrier social&#8209;d&#233;mocrate (bolch&#233;vik) de Russie sur la lutte avec la contre&#8209;r&#233;volution, et ce qui est omis dans la r&#233;solution des mench&#233;viks, comme nous l'avons montr&#233; plus haut). Enfin, troisi&#232;mement, il r&#233;sulte de ces paroles que Marx fustigeait les d&#233;mocrates bourgeois pour leurs &#171; illusions constitutionnelles &#187; &#224; l'&#233;poque de la r&#233;volution et de la guerre civile ouverte. Le sens de ces paroles appara&#238;t d'une mani&#232;re particuli&#232;rement &#233;vidente dans l'article de la Nouvelle Gazette rh&#233;nane du 6 juin 1848 . Marx &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Assembl&#233;e populaire constituante doit &#234;tre avant tout une assembl&#233;e active, active sur le plan r&#233;volutionnaire. Or l'assembl&#233;e de Francfort se livre &#224; des exercices de scolastique sur le parlementarisme et laisse agir le gouvernement. Admettons que ce docte concile r&#233;ussisse, apr&#232;s m&#251;re r&#233;flexion, &#224; &#233;laborer le meilleur des ordres du jour et la meilleure des constitutions. A quoi nous serviront le meilleur des ordres du jour et la meilleure des constitutions si les gouvernements allemands ont d&#233;j&#224; mis &#224; ce moment la ba&#239;onnette &#224; l'ordre du jour ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le sens du mot d'ordre : dictature...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes questions de la vie des peuples se r&#233;solvent uniquement par la force. Les classes r&#233;actionnaires elles-m&#234;mes recourent g&#233;n&#233;ralement les premi&#232;res &#224; la violence, &#224; la guerre civile, &#171; mettent la ba&#239;onnette &#224; l'ordre du jour &#187;, comme le fit l'autocratie russe et comme elle continue &#224; le faire syst&#233;matiquement et inflexiblement, partout et toujours, depuis le 9 janvier. Du moment qu'il s'est cr&#233;&#233; une telle situation, que la ba&#239;onnette se trouve effectivement en t&#234;te de l'ordre du jour politique, du moment que l'insurrection devient indispensable et urgente, alors les illusions constitutionnelles et les exercices de scolastiques sur le parlementarisme ne servent plus qu'&#224; masquer la trahison bourgeoise de la r&#233;volution, qu'&#224; cacher que la bourgeoisie &#171; laisse tomber &#187; la r&#233;volution. Le seul mot d'ordre que doit alors lancer la classe r&#233;ellement r&#233;volutionnaire est le mot d'ordre de dictature .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi raisonnaient les bolch&#233;viks sur la dictature avant, la r&#233;volution d'octobre 1905.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'exp&#233;rience de cette r&#233;volution, j'ai d&#251; analyser en d&#233;tail la question de la dictature dans la brochure la Victoire des cadets et les t&#226;ches du parti ouvrier, P&#233;tersbourg, 1906 (la brochure est dat&#233;e du 28 mars 1906). J'en citerai les arguments les plus importants, en pr&#233;cisant que je supprime une s&#233;rie de noms propres pour indiquer simplement s'il s'agit de cadets ou de mench&#233;viks. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la brochure vise les cadets et, en partie, les lib&#233;raux sans&#8209;parti, semi&#8209;cadets, semi&#8209;mench&#233;viks. Mais en fait, tout ce qui y est dit de la dictature se rapporte justement aux mench&#233;viks qui, &#224; chaque pas, glissaient ces questions sur les positions des cadets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au moment o&#249; mourait &#224; Moscou le bruit de la fusillade, o&#249; la dictature militaire et polici&#232;re se livrait &#224; ses orgies furieuses, o&#249; les ex&#233;cutions et les f&#233;rocit&#233;s exerc&#233;es contre les masses se multipliaient dans toute la Russie, la presse des cadets s'&#233;levait contre la violence de gauche, contre les comit&#233;s de gr&#232;ve des partis r&#233;volutionnaires. Les professeurs cadets, qui trafiquent de leur science pour le compte des Doubassov, en arrivaient &#224; traduire le mot &#171; dictature &#187; par celui de &#171; s&#251;ret&#233; renforc&#233;e &#187;. Les &#171; hom&#173;mes de science &#187; d&#233;naturaient m&#234;me leur latin de coll&#232;ge pour ravaler la lutte r&#233;volutionnaire. Notez&#8209;le bien une fois pour toutes, Messieurs les cadets &#8209; la dictature signi&#173;fie le pouvoir illimit&#233;, qui s'appuie sur la force et non sur la loi. Pendant la guerre civile, tout pouvoir victorieux ne peut &#234;tre que dictatorial. Mais le fait est qu'il peut y avoir dictature de la minorit&#233; sur la majorit&#233;, dictature d'une clique polici&#232;re sur le peuple, mais qu'il peut y avoir aussi dictature de l'immense majorit&#233; du peuple sur une poign&#233;e d'oppresseurs, de spoliateurs et d'usurpateurs du pouvoir populaire. Par leur d&#233;formation vulgaire de la notion scientifique de &#171; dictature &#187;, par leurs clameurs contre la violence de gauche &#224; l'&#233;poque du d&#233;cha&#238;nement de la violence de droite la plus ill&#233;gale et la plus inf&#226;me, Messieurs les cadets ont montr&#233; clairement quelle est la position des &#171; conciliateurs &#187; dans une lutte r&#233;volutionnaire serr&#233;e. Le &#171; conciliateur &#187; se cache l&#226;chement quand la lutte s'avive. Quand le peuple r&#233;volutionnaire a vaincu (le 17 octobre), le &#171; conciliateur &#187; sort de son antre, &#233;tale vaniteusement ses avantages, s'emporte &#224; fond dans une d&#233;bauche verbale et hurle fr&#233;n&#233;tiquement : quelle &#171; glorieuse &#187; gr&#232;ve politique ! Quand la contre&#8209;r&#233;volution a le dessus, le &#171; conciliateur &#187; commence par accabler les vaincus de ses hypo&#173;crites exhortations et remontrances. La gr&#232;ve couronn&#233;e de succ&#232;s &#233;tait &#171; glorieuse &#187;. Les gr&#232;ves vaincues &#233;taient criminelles, sauvages, insens&#233;es, anarchistes. L'insurrection vaincue &#233;tait une folie, un d&#233;cha&#238;nement des forces aveugles, de la barbarie, de l'absurdit&#233;. En un mot, la conscience politique et l'intelligence politique du &#171; conciliateur &#187; consistent &#224; ramper devant celui qui est le plus fort aujourd'hui, &#224; se jeter dans les jambes de ceux qui luttent, &#224; g&#234;ner tant&#244;t l'un tant&#244;t l'autre des camps, &#224; affaiblir la lutte, &#224; &#233;mousser la conscience r&#233;volutionnaire du peuple, qui lutte d&#233;sesp&#233;r&#233;ment pour sa libert&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuons. Il sera tout &#224; fait opportun de rappeler les explications relatives &#224; la dictature que j'adressais &#224; Monsieur R. Blank. Celui&#8209;ci exposait, en 1906, dans un journal officiellement sans parti mais mench&#233;vik en r&#233;alit&#233;, les conceptions des mench&#233;viks qu'il louait de &#171; s'attacher &#224; orienter le mouvement social&#8209;d&#233;mocrate russe dans la voie de la social&#8209;d&#233;mocratie internationale, &#224; la t&#234;te de laquelle se trouve le grand parti social&#8209;d&#233;mocrate d'Allemagne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, tout comme les cadets, R. Blank opposait aux bolch&#233;viks, r&#233;volutionnaires d&#233;raisonnables, non marxistes, s&#233;ditieux, etc., les mench&#233;viks &#171; raisonnables &#187;, auxquels il assimilait la social&#8209;d&#233;mocratie allemande. C'est l&#224; un proc&#233;d&#233; courant de la tendance internationale des sociaux&#8209;lib&#233;raux, pacifistes, etc., qui, dans tous les pays, chantent les louanges des r&#233;formistes, des opportunistes, des kautskistes, des longuettistes, socialistes &#171; raisonnables &#187; par opposition &#224; la &#171; folie &#187; des bolch&#233;viks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici de quelle fa&#231;on je r&#233;pondais &#224; Monsieur R. Blank dans ma brochure de 1906 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Monsieur Blank oppose deux p&#233;riodes de la r&#233;volution russe : la premi&#232;re embrasse approximativement les mois d'octobre &#224; d&#233;cembre 1905. C'est celle de la tourmente r&#233;volutionnaire. La deuxi&#232;me, c'est la p&#233;riode actuelle, que nous sommes naturellement en droit de qualifier de p&#233;riode des victoires des cadets aux &#233;lections &#224; la Douma ou m&#234;me, s'il nous est permis d'anticiper, de p&#233;riode de la Douma des cadets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Blank dit de cette p&#233;riode qu'elle marque le retour &#224; la pens&#233;e et &#224; la sagesse, et qu'il est possible d'en revenir &#224; une activit&#233; consciente, concert&#233;e, syst&#233;matique. ,Monsieur Blank caract&#233;rise, au contraire, la premi&#232;re p&#233;riode par le divorce entre la th&#233;orie et la pratique. Tous les principes et toutes les conceptions social&#8209;d&#233;mocrates avaient disparu, la tactique pr&#233;conis&#233;e de tout temps par les fondateurs de la social&#8209;d&#233;mocratie russe &#233;tait oubli&#233;e et les assises m&#234;mes de la conception social&#8209;d&#233;mocrate du monde totalement &#233;branl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation fondamentale de Monsieur Blank a un caract&#232;re purement formel. Toute la th&#233;orie marxiste s'est trouv&#233;e en d&#233;saccord avec la &#171; pratique &#187; de la p&#233;riode de tourmente r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En est&#8209;il bien ainsi ? Quelle est l'&#171; assise &#187; premi&#232;re et essentielle de la th&#233;orie marxiste ? Celle&#8209;ci : dans la soci&#233;t&#233; contemporaine, la seule classe r&#233;volutionnaire jusqu'au bout et, partant, celle qui est l'avant&#8209;garde de toute r&#233;volution, c'est le prol&#233;tariat. On peut poser la question suivante : la tourmente r&#233;volutionnaire a&#8209;t&#8209;elle &#233;branl&#233; totalement cette &#171; assise &#187; de la conception social-&#173;d&#233;mocrate du monde ? Bien au contraire, elle n'a fait que la confirmer de la fa&#231;on la plus &#233;clatante. C'est pr&#233;cis&#233;ment le prol&#233;tariat qui a &#233;t&#233; le principal et, au d&#233;but, presque l'unique combattant de cette p&#233;riode. C'est pour ainsi dire la premi&#232;re fois dans l'histoire mondiale que la r&#233;volution bourgeoise a &#233;t&#233; marqu&#233;e par le recours sur une vaste &#233;chelle, inconnue m&#234;me des pays capitalistes plus avanc&#233;s, &#224; une arme purement prol&#233;tarienne de lutte : la gr&#232;ve politique de masse. Le prol&#233;tariat a engag&#233; la lutte, une lutte imm&#233;diatement r&#233;volutionnaire &#224; l'heure o&#249; les Strouv&#233; et les Blank appelaient &#224; participer &#224; la Douma de Boulyguine, o&#249; les professeurs cadets appelaient les &#233;tudiants &#224; se borner aux seules &#233;tudes. Avec son arme prol&#233;tarienne de lutte, le prol&#233;tariat a conquis &#224; la Russie toute cette &#171; constitution &#187; &#8209; si l'on peut dire &#8209; que l'on n'a fait qu'ab&#238;mer, rogner et tronquer depuis. En octobre 1905, le prol&#233;tariat a appliqu&#233; le moyen tactique de lutte dont, six mois auparavant, avait parl&#233; la r&#233;solution du III&#176; Congr&#232;s bolch&#233;vik du Parti ouvrier social&#8209;d&#233;mocrate de Russie, r&#233;solution qui attirait particuli&#232;rement l'attention sur l'importance qu'il y avait &#224; combiner la gr&#232;ve politique de masse et l'insurrection ; et c'est pr&#233;cis&#233;ment cette combinaison qui caract&#233;rise toute la p&#233; riode de la &#171; tourmente r&#233;volutionnaire &#187;, tout le dernier trimestre de 1905. Ainsi, notre id&#233;ologue de la petite bourgeoisie a d&#233;natur&#233; la r&#233;alit&#233; de la mani&#232;re la plus impudent la plus flagrante. Il n'a pas cit&#233; un seul fait t&#233;moignant du divorce entre la th&#233;orie marxiste et l'exp&#233;rience pratique de la &#171; tourmente r&#233;volutionnaire &#187; ; il a tent&#233; de dissimuler le trait essentiel de cette tourmente qui a fourni une confirmation &#233;clatante de &#171; tous les principes et les id&#233;es social&#8209;d&#233;mocrates &#187;, de &#171; toutes les assises de la conception social&#8209;d&#233;mocrate du monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est cependant le mobile v&#233;ritable qui a induit Monsieur Blank &#224; adopter l'opinion monstrueusement erron&#233;e, suivant laquelle les principes et les id&#233;es marxistes avaient disparu durant cette p&#233;riode de &#171; tourmente &#187;. L'examen de ce fait pr&#233;sente un grand int&#233;r&#234;t : il nous r&#233;v&#232;le une fois de plus la v&#233;ritable nature de l'esprit petit-bourgeois en mati&#232;re politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quoi a consist&#233; la diff&#233;rence entre la p&#233;riode de la &#171; tourmente r&#233;volutionnaire &#187; et la p&#233;riode actuelle, celle des &#171; cadets &#187;, du point de vue des diff&#233;rents moyens d'action politique, du point de vue des diff&#233;rentes m&#233;thodes de cr&#233;ation historique du peuple ? Tout d'abord et surtout dans le fait que, pendant la p&#233;riode de &#171; tourmente &#187;, furent appliqu&#233;es des m&#233;thodes particuli&#232;res inconnues dans les autres p&#233;riodes de la vie politique. Voici les plus essentielles de ces m&#233;thodes : 1&#176; &#171; conqu&#234;te &#187; par le peuple de la libert&#233; politique, acquise sans droit, ni loi, ni restrictions (libert&#233; de r&#233;union, ne f&#251;t&#8209;ce que dans les universit&#233;s, libert&#233; de presse, d'association, de congr&#232;s, etc.) ; 2&#176; cr&#233;ation de nouveaux organismes du pouvoir r&#233;volutionnaire : Soviets de d&#233;put&#233;s ouvriers, soldats, cheminot, paysans, nouvelles autorit&#233;s dans les villes et les campagnes, etc., etc. Organismes exclusivement cr&#233;&#233;s par les couches r&#233;volutionnaires de la population, en dehors de toute l&#233;galit&#233; et de toutes normes, uniquement par la voie r&#233;volutionnaire comme le produit de la cr&#233;ation populaire spontan&#233;e, comme expression des activit&#233;s du peuple lib&#233;r&#233; ou en train de se lib&#233;rer des anciennes entraves polici&#232;res. C'&#233;taient, enfin, des organismes du pouvoir, en d&#233;pit de leur forme embryonnaire et leur caract&#232;re spontan&#233;, amorphe, la d&#233;liquescence de leur composition et de leur fonctionnement. Ils agissaient en tant que pouvoir, s'emparant, par exemple, des imprimeries (&#224; P&#233;tersbourg), arr&#234;tant les fonctionnaires de la police qui voulaient emp&#234;cher le peuple r&#233;volutionnaire d'exercer ses droits (il y a eu &#233;galement des exemples &#224; P&#233;tersbourg, o&#249; tel organisme du nouveau pouvoir &#233;tait le plus faible, et l'ancien pouvoir le plus fort). Ils agissaient en tant que pouvoir, invitant tout le peuple &#224; ne plus donner d'argent &#224; l'ancien gouvernement. Ils confisquaient les fonds de ce dernier (comit&#233; de gr&#232;ve des cheminots du Sud) et s'en servaient pour les besoins du nouveau gouvernement populaire ; c'&#233;taient incontestablement les embryons d'un nouveau gouvernement populaire ou, si vous le voulez, r&#233;volutionnaire. De par leur caract&#232;re politique et social c'&#233;tait, en germe, la dictature des &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires du peuple ; cela vous &#233;tonne, Monsieur Blank et Monsieur Kisewetter ? Vous n'y voyez pas la &#171; s&#251;ret&#233; renforc&#233;e &#187;, qui est pour les bourgeois l'&#233;quivalent de la dictature ? Nous vous l'avons d&#233;j&#224; dit, que vous n'avez aucune id&#233;e de la notion scientifique de dictature. Nous allons tout de suite vous la donner, mais nous indiquerons d'abord la troisi&#232;me &#171; m&#233;thode &#187; d'action de l'&#233;poque de &#171; tourmente r&#233;volutionnaire &#187; : l'emploi de la violence par le peuple contre ceux qui opprimaient le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organismes du pouvoir d&#233;crits ci&#8209;dessus &#233;taient, en germe, dictatoriaux, car ce pouvoir ne reconnaissait aucun autre pouvoir, aucune loi, aucune norme, d'o&#249; qu'ils viennent. Le pouvoir illimit&#233;, extra&#8209;l&#233;gal, s'appuyant sur la force, au sens le plus strict du mot, c'est cela la dictature. Mais la force sur laquelle s'appuyait et cherchait &#224; s'appuyer le nouveau pouvoir n'&#233;tait pas celle de la ba&#239;onnette aux mains d'une poign&#233;e de militaires, ni celle du &#171; commissariat de police &#187;, ni celle de l'argent, ni celle d'aucune des anciennes institutions. Pas du tout. Les nouveaux organismes du pouvoir ne disposaient ni d'armes, ni d'argent, ni d'anciennes institutions. Pouvez&#8209;vous vous imaginer, Monsieur Blank et Monsieur Kisewetter, que leur puissance n'avait rien de commun avec les anciens moyens de violence, rien de commun avec la &#171; s&#251;ret&#233; renforc&#233;e &#187;, si ce n'est la s&#251;ret&#233; renforc&#233;e du peuple contre l'oppression des organismes policiers et autres de l'ancien pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur quoi s'appuyait donc cette force ? Elle s'appuyait sur la masse populaire. Voil&#224; ce qui distingue fonci&#232;rement ce nouveau pouvoir de tous les organismes ant&#233;rieurs de l'ancien pouvoir. Ceux&#8209;ci &#233;taient les organismes du pouvoir d'une minorit&#233; sur le peuple, sur la masse des ouvriers et des paysans. Ceux&#8209;l&#224; &#233;taient les organismes du pouvoir du peuple, des ouvriers et des paysans sur une minorit&#233;, sur une poign&#233;e d'oppresseurs policiers, sur une poign&#233;e de nobles et de fonctionnaires privil&#233;gi&#233;s. Telle est la diff&#233;rence entre la dictature sur le peuple et la dictature du peuple r&#233;volutionnaire, retenez&#8209;le bien, Monsieur Blank et Monsieur Kisewetter ! Dictature d'une minorit&#233;, l'ancien pouvoir ne pouvait se maintenir que par des exp&#233;dients de police, que par l'&#233;loignement, que par la mise, &#224; l'&#233;cart des masses populaires de la participation au pouvoir, du contr&#244;le du pouvoir, L'ancien pouvoir se d&#233;fiait syst&#233;matiquement des masses, redoutait la lumi&#232;re, se maintenait par le mensonge. Dictature de l'immense majorit&#233;, le nouveau pouvoir ne pouvait se maintenir et ne se maintenait que gr&#226;ce &#224; la confiance de l'immense masse, que parce qu'il appelait toute la masse &#224; participer au pouvoir de la mani&#232;re la plus libre, la plus large et la plus puissante. Rien de cach&#233;, rien d'occulte, rien de r&#233;glement&#233;, rien de formel. Tu es un ouvrier ? Tu veux lutter pour lib&#233;rer la Russie du joug d'une poign&#233;e d'oppresseurs policiers ? Tu es notre camarade. Choisis ton d&#233;put&#233;, sur&#8209;le&#8209;champ, sans d&#233;lai ; choisis&#8209;le comme tu l'entends, nous l'accueillerons volontiers et avec joie comme membre &#233;gal en droits, de notre Soviet des d&#233;put&#233;s ouvriers, du Comit&#233; paysan, du Soviet des d&#233;put&#233;s soldats, etc., etc. C'est un pouvoir agissant au grand jour, sous les yeux des masses, accessible aux masses, &#233;manant directement des masses, c'est l'organisme direct et sans interm&#233;diaire des masses populaires, c'est l'expression de leur volont&#233;. Tel &#233;tait le nouveau pouvoir, ou, plus exactement, son embryon, car la victoire de l'ancien pouvoir a pi&#233;tin&#233; tr&#232;s vite les jeunes pousses de la nouvelle plante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous demanderez peut&#8209;&#234;tre, Monsieur Blank ou Monsieur Kisewetter, ce que venaient faire ici la &#171; dictature &#187; et la &#171; violence &#187; ? Est&#8209;ce que l'immense masse a besoin d'user de violence contre une poign&#233;e ? Est&#8209;ce que des dizaines et des centaines de millions d'hommes peuvent exercer la dictature sur des milliers, sur des dizaines de milliers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la question que posent g&#233;n&#233;ralement les gens qui voient employer pour la premi&#232;re fois le terme de dictature dans une acception nouvelle pour eux. On est habitu&#233; &#224; ne voir que le pouvoir policier et que la dictature polici&#232;re. Il leur para&#238;t &#233;trange qu'il puisse y avoir un pouvoir sans police, qu'il puisse y avoir une dictature non polici&#232;re. Vous dites que des millions d'hommes n'ont pas besoin de violence contre des milliers ? Vous vous trompez, et vous vous trompez parce que vous ne consid&#233;rez pas le ph&#233;nom&#232;ne dans son d&#233;veloppement. Vous oubliez que le pouvoir nouveau ne tombe pas des nues, mais qu'il surgit, qu'il se d&#233;veloppe parall&#232;lement &#224; l'ancien, contre lui, dans sa lutte contre lui. Sans violence &#224; l'&#233;gard des oppresseurs qui d&#233;tiennent entre leurs mains les moyens et les organismes du pouvoir, il n'est pas possible d'en d&#233;barrasser le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici, M. Blank et M. Kisewetter, un petit exemple tout simple qui vous permettra d'assimiler cette haute sagesse inaccessible &#224; l'intellect d'un cadet, sagesse &#171; qui lui donne le vertige &#187;. Imaginez Avramov torturant et martyrisant Spiridonova. Spiridonova a pour elle, mettons, des dizaines et des centaines d'hommes non arm&#233;s. Avramov a pour lui une poign&#233;e de cosaques. Qu'aurait fait le peuple, si Spiridonova avait &#233;t&#233; martyris&#233;e ailleurs que dans un cachot ? Il aurait eu recours &#224; la violence contre Avramov et sa suite. Il aurait sacrifi&#233; peut&#8209;&#234;tre quelques combattants, abattus par Avramov, mais il aurait par la force d&#233;sarm&#233; Avramov et les cosaques, non sans tuer sur place, tr&#232;s probablement, quelques&#8209;uns de ces hommes, s'il est permis de les appeler ainsi. Quant aux autres, il les aurait jet&#233;s en quelque prison pour mettre un terme &#224; leurs d&#233;bordements et pour les traduire devant la justice du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voyez, M. Blank et M. Kisewetter, quand Avramov et ses cosaques martyrisent Spiridonova, c'est la dictature militaire et polici&#232;re qui s'exerce sur le peuple. Quand le peuple r&#233;volutionnaire (capable de lutter contre les oppresseurs, et pas seulement d'exhorter et de pr&#244;ner, d'exprimer des regrets, de r&#233;prouver, de pleurnicher et de se lamenter, non pas petit&#8209;bourgeois born&#233;, mais r&#233;volutionnaire) use de violence contre Avramov et ses pairs, il y a dictature du peuple r&#233;volutionnaire. C'est bien la dictature, car c'est le pouvoir du peuple sur Avramov, pouvoir que ne limite aucune loi (un petit bourgeois serait peut&#8209;&#234;tre contre le fait d'arracher par la force Spiridonova &#224; Avramov car, enfin, c'est &#171; ill&#233;gal &#187;, cela ! Et y a&#8209;t&#8209;il une &#171; loi &#187; qui autorise &#224; tuer Avramov ? Certains id&#233;ologues petits&#8209;bourgeois n'ont&#8209;ils pas invent&#233; une th&#233;orie de non&#8209;r&#233;sistance au mal par la violence ?). La notion scientifique de dictature s'applique &#224; un pouvoir que rien ne limite, qu'aucune loi, qu'aucune r&#232;gle absolument ne bride et qui se fonde directement sur la violence. La notion de dictature n'est rien d'autre que cela ; retenez&#8209;le bien, Messieurs les cadets. Ensuite, nous voyons, par l'exemple que nous avons pris, qu'il s'agit bien de la dictature du peuple, car le peuple, masse de la population, qui n'a pas encore pris corps et, qui est rassembl&#233;e &#171; par hasard &#187; en un endroit d&#233;termin&#233; entre en lice d'elle&#8209;m&#234;me et de plain&#8209;pied, rend justice, ch&#226;tie, exerce le pouvoir, fonde un nouveau droit r&#233;volutionnaire. Enfin, il s'agit bien de la dictature du peuple, r&#233;volutionnaire. Pourquoi du peuple r&#233;volutionnaire, et non pas de tout le peuple ? Parce que dans la masse du peuple, qui souffre constamment et de la fa&#231;on la plus cruelle des exploits des Avramov, il en est qui sont bris&#233;s physiquement, terroris&#233;s, d&#233;prim&#233;s moralement, par exemple par la th&#233;orie de la non&#8209;r&#233;sistance au mal par la violence, ou tout simplement d&#233;prim&#233;s, non par une th&#233;orie, mais par les pr&#233;jug&#233;s, les coutumes, la routine : des gens indiff&#233;rents, ceux qu'on appelle les esprits vulgaires, les petits-bourgeois, qui pr&#233;f&#232;rent s'&#233;carter de la lutte aigu&#235;, passer outre ou m&#234;me se cacher (un mauvais coup est vite arriv&#233; !). Voil&#224; pourquoi ce n'est pas tout le peuple qui exerce la dictature, mais seulement le peuple r&#233;volutionnaire, qui n'a pourtant nullement peur de l'ensemble du peuple, qui lui fait conna&#238;tre les mobiles et les d&#233;tails de ses actes, qui invite volontiers tout le peuple &#224; participer non seulement &#224; la gestion de l'&#201;tat, mais au pouvoir lui-m&#234;me et &#224; l'organisation m&#234;me de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ce simple exemple renferme tous les &#233;l&#233;ments de la notion scientifique de &#171; dictature du peuple r&#233;volutionnaire &#187;, et de celle de &#171; dictature militaire et polici&#232;re &#187;. Et ce simple exemple, accessible m&#234;me &#224; un savant professeur cadet, nous permet de passer &#224; des ph&#233;nom&#232;nes plus complexes de la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;volution, au sens &#233;troit et premier du mot, est pr&#233;cis&#233;ment une p&#233;riode de la vie du peuple pendant laquelle la haine accumul&#233;e depuis des si&#232;cles contre les exploits des Avramov &#233;clate non en paroles, mais en actes, en actes non de personnes isol&#233;es, mais de masses populaires fortes de millions d'hommes. Le peuple se r&#233;veille et se l&#232;ve pour se d&#233;livrer des Avramov. Le peuple d&#233;livre des Avramov les innombrables Spiridonova de la vie russe, il emploie la violence contre les Avramov, il prend le pouvoir sur les Avramov. Bien entendu, cela ne se fait pas d'une mani&#232;re aussi simple et &#171; d'un seul coup &#187;, comme dans l'exemple cit&#233; et simplifi&#233; par nous &#224; l'usage de Monsieur le professeur Kisewetter ; cette lutte du peuple contre les Avramov, cette lutte au sens &#233;troit et premier du mot, cette &#233;viction des Avramov par le peuple exige des mois et des ann&#233;es de &#171; tourmente r&#233;volutionnaire &#187;. Cette &#233;viction des Avramov par le peuple constitue justement le contenu r&#233;el de ce que l'on appelle la grande r&#233;volution russe. Du point de vue des m&#233;thodes de la cr&#233;ation historique, cette &#233;viction s'accomplit dans les formes que nous venons de d&#233;crire en parlant de la tourmente r&#233;volutionnaire, &#224; savoir : conqu&#234;te par le peuple de la libert&#233; politique, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire de la libert&#233; &#224; laquelle s'opposaient les Avramov ; cr&#233;ation par le peuple d'un nouveau pouvoir r&#233;volutionnaire, d'un pouvoir dirig&#233; contre les Avramov, contre les oppresseurs de l'ancien r&#233;gime policier ; recours &#224; la violence contre les Avramov, pour &#233;liminer, d&#233;sarmer, mettre hors d'&#233;tat de nuire ces chiens enrag&#233;s, tous ces Avramov, ces Dournovo, ces Doubassov, ces Min, etc., etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est&#8209;ce bien que le peuple emploie des moyens de lutte aussi ill&#233;gaux, irr&#233;guliers, irrationnels, non syst&#233;matiques, que la conqu&#234;te de la libert&#233;, l'instauration d'un nouveau pouvoir r&#233;volutionnaire qui n'est formellement reconnu par personne, exerce la violence contre les oppresseurs du peuple ? Oui, c'est tr&#232;s bien. C'est l&#224; l'expression supr&#234;me de la lutte populaire pour la libert&#233;. C'est l'av&#232;nement d'une grande &#233;poque o&#249; les r&#234;ves de libert&#233; des meilleurs hommes de Russie deviennent r&#233;alit&#233;, l'&#339;uvre des masses populaires et non pas de h&#233;ros isol&#233;s. C'est aussi bien que la lib&#233;ration par la foule (dans notre exemple) de Spiridonova des griffes d'Avramov, son d&#233;sarmement par la force et sa mise hors d'&#233;tat de nuire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est ici que nous abordons le point central des arri&#232;re&#8209;pens&#233;es et des craintes des cadets. Un cadet est pr&#233;cis&#233;ment l'id&#233;ologue de la petite bourgeoisie parce qu'il reporte sur la politique, sur la lib&#233;ration du peuple, sur la r&#233;volution, le point de vue de l'homme de la rue qui, dans notre exemple des tortures inflig&#233;es par Avramov &#224; Spiridonova, e&#251;t tent&#233; de retenir la foule, lui e&#251;t conseill&#233; de ne pas violer la loi, de ne pas se h&#226;ter de lib&#233;rer la victime des mains d'un tortionnaire qui, lui, agit au nom du pouvoir l&#233;gal. Certes, dans notre exemple, cet esprit vulgaire e&#251;t &#233;t&#233; simplement un monstre moral, mais, appliqu&#233;e &#224; l'ensemble de la vie sociale, la monstruosit&#233; morale du petit bourgeois est, r&#233;p&#233;tons&#8209;le, une qualit&#233; nullement individuelle mais sociale, conditionn&#233;e peut&#8209;&#234;tre par les pr&#233;jug&#233;s &#8209; solidement ancr&#233;s dans les esprits &#8209; de la science du droit bourgeois et philistin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi Monsieur Blank consid&#232;re&#8209;t&#8209;il comme n'ayant pas besoin d'&#234;tre prouv&#233; le fait que, durant la p&#233;riode de la &#171; tourmente &#187;, tous les principes marxistes furent oubli&#233;s ? Parce qu'il d&#233;forme le marxisme et en fait du brentanisme, consid&#233;rant comme non marxistes des &#171; principes &#187; comme ceux de la conqu&#234;te de la libert&#233;, de la cr&#233;ation du pouvoir r&#233;volutionnaire, du recours &#224; la violence par le peuple. Ce point de vue transpire dans tout l'article de Monsieur Blank, et non seulement dans le sien, mais aussi dans ceux de tous les cadets, de tous les auteurs du camp lib&#233;ral et radical qui chantent aujourd'hui les louanges de Pl&#233;khanov pour son amour des cadets, jusques et y compris les bernsteiniens de Biez Zaglavia, M. Prokopovitch, Mme Kouskova et tutti quanti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons comment est n&#233; ce point de vue et pourquoi il devait na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233; directement de la conception bernsteinienne ou, pour parler d'une mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, opportuniste de la social&#8209;d&#233;mocratie d'Europe occidentale. Les erreurs de cette conception, que les &#171; orthodoxes &#187;ont d&#233;masqu&#233;es syst&#233;matiquement et sur toute la ligne en Occident, sont actuellement import&#233;es en Russie &#171; sous main &#187; avec une autre sauce et sous un autre pr&#233;texte. Les partisans de Bernstein admettaient et admettent le marxisme, &#224; l'exclusion de son aspect directement r&#233;volutionnaire. Ils consid&#232;rent la lutte parlementaire non pas comme un des moyens de lutte, particuli&#232;rement valable dans certaines p&#233;riodes d&#233;termin&#233;es de l'histoire, mais comme la forme principale et presque unique de la lutte, rendant inutiles la &#171; violen&#173;ce &#187;, la &#171; conqu&#234;te &#187;, la &#171; dictature &#187;. C'est cette d&#233;forma&#173;tion vulgaire, petite&#8209;bourgeoise du marxisme qu'implan&#173;tent aujourd'hui en Russie Messieurs Blank et autres lib&#233;raux qui chantent les louanges de Pl&#233;khanov. Ils ont tellement fait leur cette d&#233;formation, qu'ils ne jugent m&#234;me pas n&#233;cessaire de prouver que les id&#233;es et les principes marxistes furent oubli&#233;s pendant la p&#233;riode de la tourmente r&#233;volutionnaire. &#8209;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ce point de vue devait&#8209;il faire son apparition ? Parce qu'il correspond pertinemment &#224; la situation de classe et aux int&#233;r&#234;ts de la petite bourgeoisie. L'id&#233;ologie, de la soci&#233;t&#233; bourgeoise &#171; &#233;pur&#233;e &#187; admet toutes les m&#233;thodes de lutte de la social&#8209;d&#233;mocratie, sauf pr&#233;cis&#233;ment celles que le peuple r&#233;volutionnaire emploie en p&#233;riode de &#171; tourmente &#187; et que la social&#8209;d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire approuve et aide &#224; appliquer. Les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie exigent la participation du prol&#233;tariat &#224; la lutte contre l'autocratie, mais seulement une participation qui ne tourne pas &#224; la domination du prol&#233;tariat et de la paysannerie, une participation qui n'&#233;limine pas enti&#232;rement les anciens organismes du pouvoir policier, de l'autocratie et du servage. La bourgeoisie entend conserver ces organismes en les soumettant seulement &#224; son contr&#244;le direct ; ils lui sont n&#233;cessaires contre le prol&#233;tariat, car leur destruction totale faciliterait trop la lutte prol&#233;tarienne. Voil&#224; pourquoi les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie, en tant que classe, exigent la monarchie et la Chambre haute, exigent que la dictature du peuple r&#233;volutionnaire soit rendue impossible. La bourgeoisie dit au prol&#233;tariat : lutte contre l'autocratie, mais ne touche pas aux anciens organismes du pouvoir, dont j'ai besoin. Lutte &#171; sur le plan parlementaire &#187;, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire dans les limites que je te fixerai, en accord avec la monarchie ; lutte par l'interm&#233;diaire d'organisations, pas d'organisations comme les comit&#233;s centraux de gr&#232;ve, les Soviets de d&#233;put&#233;s ouvriers, soldats, etc., mais d'organisations que la loi, &#233;dict&#233;e par moi en accord avec la monarchie, reconna&#238;t, d&#233;limite et rend inoffensives &#224; l'&#233;gard du Capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend d&#232;s lors pourquoi la bourgeoisie parle avec m&#233;pris, avec d&#233;dain, avec col&#232;re, avec haine, de la p&#233;riode de &#171; tourmente &#187;, mais avec extase, avec ravissement, avec, l'amour infini de la petite bourgeoisie... pour la r&#233;action, de la p&#233;riode constitutionnelle d&#233;fendue par Doubassov. C'est toujours la m&#234;me marque distinctive, constante et invariable, des cadets : le d&#233;sir de s'appuyer sur le peuple et la crainte de son initiative r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend aussi pourquoi la bourgeoisie craint plus que le feu la reprise de la &#171; tourmente &#187;, pourquoi elle m&#233;conna&#238;t et escamote les &#233;l&#233;ments d'une nouvelle crise r&#233;volutionnaire, pourquoi elle entretient et r&#233;pand dans le peuple les illusions constitutionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant nous avons largement expliqu&#233; pourquoi Monsieur Blank et ses semblables proclament que pendant la p&#233;riode de la &#171; tourmente &#187; furent oubli&#233;s les principe et les id&#233;es marxistes. Monsieur Blank, comme tous les petits&#8209;bourgeois, admet le marxisme &#224; l'exclusion de son contenu r&#233;volutionnaire, il admet les m&#233;thodes social&#8209;d&#233;mocrates de lutte &#224; l'exclusion de celles qui sont les plus r&#233;volutionnaires et les plus directement r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude de Monsieur Blank &#224; l'&#233;gard de la p&#233;riode de &#171; tourmente &#187; est au plus haut point caract&#233;ristique en tant qu'exemple de l'incompr&#233;hension des mouvements prol&#233;tariens par la bourgeoisie, de la crainte bourgeoise de la lutte &#226;pre et d&#233;cisive, de la haine bourgeoise pour toutes les manifestations de la m&#233;thode rigide de r&#232;glement des probl&#232;mes sociaux et historiques, qui brise les ancien&#173;nes institutions et qui est r&#233;volutionnaire au sens propre du mot. Monsieur Blank s'est trahi, il a d&#233;voil&#233; du coup son esprit born&#233; de bourgeois. Il a entendu dire et lu que, pendant la p&#233;riode de tourmente, les social&#8209;d&#233;mocrates avaient commis des &#171; erreurs &#187;, il s'est empress&#233; de conclure et de d&#233;clarer avec aplomb, sans appel, gratuitement, que tous les &#171; principes &#187; du marxisme (dont il n'a pas la moin&#173;dre id&#233;e !) furent oubli&#233;s. Nous ferons remarquer au sujet de ces &#171; erreurs &#187; : a&#8209;t&#8209;il jamais exist&#233; une p&#233;riode, dans le d&#233;veloppement du mouvement ouvrier, dans le d&#233;veloppement de la social&#8209;d&#233;mocratie, au cours de laquelle telles ou telles erreurs n'aient pas &#233;t&#233; commises ? au cours de laquelle on n'ait pas observ&#233; des oscillations vers la droite ou vers la gauche ? l'histoire de la p&#233;riode parlementaire de la lutte de la social&#8209;d&#233;mocratie d'Allemagne, p&#233;riode qui, pour les bourgeois born&#233;s du monde entier, semble marquer l'extr&#234;me, l'insurpassable limite, n'est&#8209;elle pas remplie de telles erreurs ? Si Monsieur Blank n'&#233;tait pas totalement ignorant des questions du socialisme, il se souviendrait ais&#233;ment de M&#252;lberger et de D&#252;hring, de la question de Dampfersubvention [2] , des &#171; jeunes [3] &#187;, de la bernsteiniade, et bien d'autres choses encore. Mais l'important pour lui, ce n'est pas l'&#233;tude du d&#233;veloppement r&#233;el de la social&#8209;d&#233;mocratie, il lui suffit d'amoindrir l'ampleur de la lutte prol&#233;tarienne pour glorifier l'indigence bourgeoise de son parti cadet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, si nous examinons les choses du point de vue de la d&#233;viation de la social&#8209;d&#233;mocratie de sa voie habituelle, &#171; normale &#187;, nous verrons que, sous ce rapport &#233;galement, la p&#233;riode de &#171; tourmente r&#233;volutionnaire &#187; atteste une coh&#233;sion et une int&#233;grit&#233; id&#233;ologique de la social&#8209;d&#233;mocratie plus grandes, et non pas moindres, par rapport &#224; la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente. La tactique de la p&#233;riode de &#171; tourmente &#187; n'a pas &#233;cart&#233;, mais bien rapproch&#233; les deux ailes de la social&#8209;d&#233;mocratie. A la place des divergences ant&#233;rieures, s'est cr&#233;&#233;e une unit&#233; de vue sur la question de l'insurrection arm&#233;e. Les social&#8209;d&#233;mocrates des deux fractions ont travaill&#233; au sein des Soviets des d&#233;put&#233;s ouvriers, ces organismes de caract&#232;re original du pouvoir r&#233;volutionnaire embryonnaire, y ont fait entrer les soldats et les paysans, ont publi&#233; des manifestes r&#233;volutionnaires conjointement avec les partis r&#233;volutionnaires petits&#8209;bourgeois. Les anciennes discussions de la p&#233;riode d'avant la r&#233;volution ont fait place &#224; la solidarit&#233; dans les questions pratiques. La mont&#233;e de la vague r&#233;volutionnaire refoulait les dissentiments, obligeant d'accepter une tactique de combat, &#233;cartant la question de la Douma, mettant &#224; l'ordre du jour celle de l'insurrection, rapprochant pour une action imm&#233;diate la social&#8209;d&#233;mocratie et la d&#233;mocratie bourgeoise r&#233;volutionnaire. Dans le S&#233;verny Golos [4] , mench&#233;viks et bolch&#233;viks appelaient ensemble &#224; la gr&#232;ve et &#224; l'insurrection, invitaient les ouvriers &#224; ne pas cesser la lutte tant que le pouvoir ne serait pas entre leurs mains. L'ambiance r&#233;volutionnaire dictait elle&#8209;m&#234;me les mots d'ordre pratiques Les discussions ne portaient que sur des d&#233;tails de l'appr&#233;ciation des &#233;v&#233;nements. Le Natchalo [5] , par exemple consid&#233;rait les Soviets des d&#233;put&#233;s ouvriers comme de organismes d'auto&#8209;administration r&#233;volutionnaire ; la Nova&#239;a Jizn [6] y voyait les organismes embryonnaires du pouvoir r&#233;volutionnaire unissant le prol&#233;tariat et la d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire. Le Natchalo penchait vers la dictature du prol&#233;tariat. La Nova&#239;a Jizn s'en tenait au point de vue de la dictature d&#233;mocratique du prol&#233;tariat et de la paysannerie. Mais ne constatons&#8209;nous pas de semblables divergences de vues au sein de la social&#8209;d&#233;mocratie &#224; tous les moments du d&#233;veloppement de tous les parti socialistes d'Europe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, la d&#233;formation des choses par Monsieur Blank, sa falsification flagrante de l'histoire d'hier s'expliquent uniquement par le fait que nous sommes en pr&#233;sence d'un sp&#233;cimen de la banalit&#233; bourgeoise, individu infatu&#233; de lui&#8209;m&#234;me, pour qui les p&#233;riodes de tourmente r&#233;volution&#173;naire sont de la folie (&#171; tous les principes sont oubli&#233;s &#187;, &#171; la pens&#233;e elle&#8209;m&#234;me et le bon sens disparaissent presqu'enti&#232;rement &#187;), alors que les p&#233;riodes d'&#233;crasement de la r&#233;volution et de &#171; progr&#232;s &#187; petit&#8209;bourgeois (prot&#233;g&#233; par les Doubassov) sont des &#233;poques d'activit&#233; raisonnable, consciente et syst&#233;matique. Cette appr&#233;ciation comparative des deux p&#233;riodes (celle de la &#171; tourmente &#187; et celle des cadets) forme la trame de tout l'article de Monsieur Blank. Quand l'histoire de l'humanit&#233; avance &#224; la vitesse d'une locomotive, c'est la &#171; tourmente &#187;, le &#171; torrent &#187;, la &#171; disparition &#187; de tous les &#171; principes et id&#233;es &#187;. Quand l'histoire se meut &#224; la vitesse d'un char &#224; boeufs, alors, c'est la raison et les plans longuement m&#251;ris. Quand les masses populaires elles&#8209;m&#234;mes, avec leur mentalit&#233; &#233;l&#233;mentaire toute neuve, leur esprit de d&#233;cision simple et rude, commencent &#224; faire l'histoire, &#224; traduire directement et imm&#233;diatement dans les faits les &#171; principes et les th&#233;ories &#187;, alors, le bourgeois prend peur et hurle que &#171; la raison recule &#224; l'arri&#232;re&#8209;plan &#187; (n'est&#8209;ce pas le contraire, &#244; h&#233;ros de la petite&#8209;bourgeoisie ? n'est&#8209;ce pas pr&#233;cis&#233;ment &#224; ces moments qu'appara&#206;t dans l'histoire la sagesse des masses au lieu de celle de personnalit&#233;s isol&#233;es ? n'est&#8209;ce pas alors que la sagesse des masses devient une force vivante et valable au lieu d'une force abstraite ?) Quand le mouvement spontan&#233; des masses est &#233;cras&#233; par des fusillades, des ex&#233;cutions, des bastonnades, le ch&#244;mage et la faim, quand de toutes les l&#233;zardes sortent les punaises de la science professorale entretenue par Doubassov, et qu'elles se mettent &#224; r&#233;gler les affaires pour le peuple et au nom des masses, vendant et trahissant les int&#233;r&#234;ts de celles&#8209;ci en faveur d'une poign&#233;e de privil&#233;gi&#233;s, alors il semble aux chevaliers de la petite bourgeoisie que commence l'&#232;re du progr&#232;s caIme et paisible, que &#171; vient le tour de la pens&#233;e et de la raison &#187;. Le bourgeois reste toujours et partout fid&#232;le &#224; lui&#8209;m&#234;me ; que vous preniez la Poliarna&#239;a Zvezda [7] ou Nacha Jizn [8] , que vous lisiez Strouv&#233; ou Blank, c'est partout la m&#234;me chose, c'est partout cette appr&#233;ciation born&#233;e, professorale et p&#233;dante, fig&#233;e et bureaucratique, des p&#233;riodes r&#233;volutionnaires et r&#233;formistes. Les premi&#232;res sont des p&#233;riodes de folie, &#171; tolle Jahre &#187;, de disparition de la pens&#233;e et de la raison. Les secondes sont, celles d'une activit&#233; &#171; consciente et syst&#233;matique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'interpr&#233;tez pas mes paroles de travers, ne dites pas que je parle ici de la pr&#233;f&#233;rence de MM. Blank et Cie pour telle ou telle p&#233;riode. Il ne s'agit pas du tout de pr&#233;f&#233;rence : la succession des p&#233;riodes de l'histoire ne d&#233;pend pas de nos pr&#233;f&#233;rences subjectives. Le fait est que, dans l'analyse des particularit&#233;s de telle ou telle p&#233;riode (tout &#224; fait ind&#233;pendamment de nos pr&#233;f&#233;rences ou de nos sympathies), Messieurs Blank et Cie d&#233;forment la v&#233;rit&#233; avec impudence. Le fait est que pr&#233;cis&#233;ment les p&#233;riodes r&#233;volutionnaires se caract&#233;risent par une plus vaste envergure, par une plus grande richesse, une plus haute conscience, un plus grand esprit de m&#233;thode et de syst&#233;matisation, une plus grande hardiesse et un plus grand &#233;clat de la cr&#233;ation historique, comparativement aux p&#233;riodes de progr&#232;s petit-bourgeois, cadet et r&#233;formiste. Or, MM. Blank et Cie pr&#233;sentent les choses &#224; l'envers ! Ils voudraient faire passer l'indigence pour la richesse de la cr&#233;ation historique. Ils consid&#232;rent l'absence d'activit&#233; des masses &#233;cras&#233;es ou opprim&#233;es, comme le triomphe de &#171; l'esprit de syst&#232;me &#187; dans I'activit&#233; des fonctionnaires, des bourgeois Ils crient &#224; la disparition de la pens&#233;e et de la raison quand le d&#233;coupage bureaucratique des projets de lois par des rond-de&#8209;cuir de tout acabit par des &#171; penny&#8209;a&#8209;liners &#187; lib&#233;raux, est remplac&#233; par une p&#233;riode d'action politique directe du &#171; bas peuple &#187; qui brise bel et bien, carr&#233;ment, imm&#233;diatement, les organismes d'oppression du peuple, s'empare du pouvoir, prend ce qui &#233;tait consid&#233;r&#233; comme la propri&#233;t&#233; de toutes sortes d'exploiteurs du peuple, en un mot, quand s'&#233;veillent pr&#233;cis&#233;ment la pens&#233;e et la raison de millions d'opprim&#233;s, non pas seulement pour la lecture de brochures, mais pour l'action, pour l'action vivante, humaine, pour la cr&#233;ation historique &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles &#233;taient en Russie, en 1905&#8209;1906, les discussions sur la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Dittmann , les Kautsky , les Crispien , les Hilferding en en Allemagne , les Longuet et Cie, en France, les Turati et ses amis en Italie, les MacDonald et les Snowden en Grande-Bretagne, etc., jugent en fait de la dictature exactement comme en jugeaient Monsieur R. Blank et les cadets en 1905 en Russie. Ils ne comprennent pas ce qu'est la dictature, ils ne savent pas la pr&#233;parer, ils sont incapables de la comprendre et de la r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Marx, l'H&#233;ritage litt&#233;raire . [N. R.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Dampfersubvention , subvention &#224; la navigation. Il s'agit, des divergences existant dans la fraction social-d&#233;mocrate au Reichstag allemand au sujet des subventions &#224; accorder &#224; des Soci&#233;t&#233; priv&#233;es pour l'&#233;tablissement de lignes maritimes avec l'Asie orientale, l'Australie et l'Afrique. L'aile droite de la fraction d&#233;fendait la politique des subventions pratiqu&#233;e par le gouvernement de Bismarck. Dans sa lettre &#224; Sorge du 31 d&#233;cembre 1884, Engels condamnait cette position opportuniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Les Jeunes de la social-d&#233;mocratie allemande, groupe petit-bourgeois et semi-anarchiste, form&#233; en 1890. De jeunes &#233;crivains (d'o&#249; le nom du groupe) en constituaient le noyau. Il pr&#233;sentait une plate-forme qui refusait toute participation des social-d&#233;mocrates au parlement. En octobre 1891, au Congr&#232;s de la social-d&#233;mocratie allemande, les &#171; jeunes &#187; furent exclus du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &#171; S&#233;verny Golos &#187; [la Voix du Nord ], quotidien l&#233;gal, organe du Parti ouvrier social-d&#233;mocrate de Russie, parut &#224; P&#233;tersbourg depuis le 6 (19) d&#233;cembre 1905, sous la direction unifi&#233;e des bolch&#233;viks et des mench&#233;viks. Le journal fut interdit d&#232;s son 3&#176; num&#233;ro, le 8 (21) d&#233;cembre 1905.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &#171; Natchalo &#187; [le Commencement ], quotidien mench&#233;vik l&#233;gal ; parut &#224; P&#233;tersbourg en novembre-d&#233;cembre 1905.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] &#171; Nova&#239;a Jizn &#187; [la Vie Nouvelle ], premier journal bolch&#233;vik l&#233;gal ; parut quotidiennement du 27 octobre (9 novembre) au 3 (16) d&#233;cembre 1905 &#224; P&#233;tersbourg. Au retour d'&#233;migration de L&#233;nine &#224; P&#233;tersbourg, d&#233;but novembre, le journal parut sous sa direction effective. Il &#233;tait en fait l'organe central du Part ouvrier social-d&#233;mocrate de Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &#171; Poliarna&#239;a Zvezda &#187; [L'Etoile Polaire ], hebdomadaire, organe de l'aile droite du parti cadet ; parut &#224; P&#233;tersbourg en 1905-1906, sous la direction de Strouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &#171; Nacha Jizn &#187; [Notre Vie ], quotidien tr&#232;s proche de l'aile gauche du parti cadet ; parut avec des interruptions de 1904 &#224; 1906, &#224; P&#233;tersbourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/03/19190304.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1919/07/dictature.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Boukharine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/martov/works/1918/00/martov_19180000.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Martov&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/t_c/t_c_4.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/Engels_Marx/dictature_du_proletariat/dictature_du_proletariat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marx/Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=dictature+de+classe+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=d%C3%A9mocratie+capitaliste+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire toujours&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les bolcheviks et le parti unique au pouvoir</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article5277</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article5277</guid>
		<dc:date>2019-04-20T22:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;nine</dc:subject>
		<dc:subject>1917-1919</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky dans L'Humanit&#233; : &lt;br class='autobr' /&gt;
Boukharine en 1927 (Trud, 13 nov. 1927) : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Sous la dictature du prol&#233;tariat, deux, trois ou quatre partis peuvent exister mais &#224; une seule condition : l'un au pouvoir, les autres en prison &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Certains s'appuient sur cette politique, men&#233;e par Boukharine et Staline en 1927, puis maintenue tout au long de la domination stalinienne de l'URSS, pour pr&#233;tendre que ce n'&#233;tait rien d'autre que suite de la politique de L&#233;nine et Trotsky ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Les bolcheviks et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique80" rel="directory"&gt;3- L'objectif de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot31" rel="tag"&gt;L&#233;nine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;1917-1919&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky dans L'Humanit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12509 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3022-fafe8.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;375&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Boukharine en 1927 (Trud, 13 nov. 1927) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sous la dictature du prol&#233;tariat, deux, trois ou quatre partis peuvent exister mais &#224; une seule condition : l'un au pouvoir, les autres en prison &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains s'appuient sur cette politique, men&#233;e par Boukharine et Staline en 1927, puis maintenue tout au long de la domination stalinienne de l'URSS, pour pr&#233;tendre que ce n'&#233;tait rien d'autre que suite de la politique de L&#233;nine et Trotsky !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les bolcheviks et le parti unique au pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir exerc&#233; par un unique parti, le parti communiste, a-t-il &#233;t&#233; un objectif recherch&#233; par les bolcheviks, par L&#233;nine et Trotsky, ou a-t-il &#233;t&#233; impos&#233; par la violence de la guerre civile, attis&#233;e par les classes poss&#233;dantes, les arm&#233;es tsaristes, les arm&#233;es &#171; de la Constituante &#187; soutenues par les partis bourgeois et petits-bourgeois, les arm&#233;es bourgeoises des nationalit&#233;s et les arm&#233;es de tous les imp&#233;rialismes ? Telle est la question dont nous voudrions d&#233;battre. C'est l'un des th&#232;mes au travers desquels certains auteurs pr&#233;tendent d&#233;montrer la continuit&#233; entre bolchevisme (ou communisme suivant les auteurs) et stalinisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'exemple du parti socialiste-r&#233;volutionnaire de gauche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine et Trotsky ont-ils toujours voulu le pouvoir exclusif d'un seul parti ? Voulaient-ils gouverner seuls au pouvoir ! Mais leurs actes disent exactement le contraire. Ils ont par exemple gouvern&#233; avec le parti socialiste-r&#233;volutionnaire et c'est ce dernier qui est parti, enclenchant une guerre civile terroriste violente par laquelle il tentait d'assassiner tous les dirigeants bolcheviques et en a assassin&#233; quelques uns. Ils les ont tous vis&#233; et en ont tu&#233; plusieurs. Juste avant, ils &#233;taient ministres du m&#234;me gouvernement ! Ils ne sont pas sortis parce qu'ils d&#233;non&#231;aient le manque de d&#233;mocratie. Ils ne sont pas sortis parce qu'ils d&#233;non&#231;aient la mis&#232;re ouvri&#232;re. Ils ne sont pas sortis parce qu'ils affirmaient qu'on vidait les soviets de leur contenu. Ils ne sont pas sortis parce qu'on favorisait les syndicats (question sur laquelle nous reviendrons). Non, ils sont sortis parce qu'ils pr&#244;naient la guerre r&#233;volutionnaire contre l'Allemagne, &#224; un moment o&#249; la Russie r&#233;volutionnaire n'avait plus aucun moyen mat&#233;riel de mener une guerre ! Ils sont sortis parce qu'ils refusaient la capitulation russe de Brest-Litovsk et ne voulaient pas accepter que l'Ukraine soit sous domination allemande ! Ils sont &#233;galement sortis parce que les bolcheviks entendaient radicaliser la lutte des classes dans les campagnes en favorisant les comit&#233;s de paysans pauvres contre les paysans riches ! Quand ils ont quitt&#233; le gouvernement, la direction des Soviets, la direction de l'Etat, toutes leurs responsabilit&#233;s nationales, r&#233;gionales et locales, ils n'ont pas pr&#233;tendu avoir &#233;t&#233; pouss&#233;s dehors, avoir &#233;t&#233; oblig&#233;s &#224; partir par des man&#339;uvres des bolcheviks recherchant le pouvoir pour eux seuls !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans la question de la signature de la paix impos&#233;e par l'imp&#233;rialisme allemand &#224; Brest-Litovsk, le point de vue gauche communiste a rejoint celui des socialistes-r&#233;volutionnaires avec Boukharine : la guerre r&#233;volutionnaire. Mais seuls les SR de gauche se sont lanc&#233;s dans le terrorisme contre-r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine et Trotsky ne refusaient pas la guerre r&#233;volutionnaire et n'entendaient se mettre d'accord durablement avec aucun imp&#233;rialisme, ils l'ont bien montr&#233; d&#232;s qu'ils ont dispos&#233; d'une arm&#233;e rouge, mais ils refusaient la r&#233;volution de la phrase, le romantisme moraliste du genre &#171; nous mourront pour nos id&#233;es plut&#244;t que reculer &#187;. C'est beau mais peu efficace. L'arm&#233;e rouge a d&#233;montr&#233; que les bolcheviks &#233;taient capables de mener la guerre r&#233;volutionnaire et de gagner. Mais, bien s&#251;r, gagner ne peut vouloir dire r&#233;ussir &#224; la place du prol&#233;tariat europ&#233;en, mais seulement r&#233;ussir &#224; tenir plus longtemps, en attendant le retour de la r&#233;volution europ&#233;enne, en attendant par exemple 1923 en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les partis bourgeois et petits-bourgeois&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A part le cas des socialistes-r&#233;volutionnaires, quelle &#233;tait le point de vue bolchevik sur le parti unique ? Il y a eu bien d'autres forces politiques qui ont collabor&#233; avec les bolcheviks plus ou moins durablement : plusieurs groupes ou personnalit&#233;s anarchistes ou anarchistes-communistes, des groupes mencheviks, des groupes nationalistes r&#233;volutionnaires des nationalit&#233;s opprim&#233;es, etc. Loin de chercher &#224; gouverner seuls, les bolcheviks voulaient int&#233;grer des partis divers du prol&#233;tariat et des partis divers de la petite bourgeoisie, refl&#233;tant ainsi la r&#233;alit&#233; de la r&#233;volution russe qui avait triomph&#233;. C'est le stalinisme qui agira en sens compl&#232;tement inverse et il ne s'appuiera pour cela ni sur L&#233;nine, ni sur Trotsky, ni sur leur id&#233;ologie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est &#224; remarquer que le nouvel Etat r&#233;volutionnaire russe a trait&#233; tous les partis de la m&#234;me mani&#232;re : on ne vous interdit pas si vous ne nous faites pas la guerre les armes &#224; la main, si vous ne vous attaquez pas physiquement et mortellement aux partis des soviets. Ils ont pu pr&#233;senter des candidats aux &#233;lections sovi&#233;tiques, y envoyer des repr&#233;sentants, &#233;diter des journaux librement jusqu'au jour o&#249; ils sont entr&#233;s en guerre contre les soviets et les partis sovi&#233;tiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement au courant gauche communiste, le courant l&#233;niniste-trotskiste est favorable &#224; des alliances de combat avec des courants adverses. Il n'est pas pour la s&#233;paration entre deux camps au sein des forces combattantes. Ce n'est pas de l'opportunisme mais une politique qui suit la dynamique r&#233;elle du combat. Dans cette dynamique, le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire peut s'allier &#224; des fractions prol&#233;tariennes moins conscientes, &#224; des fractions petites-bourgeoises, et m&#234;me &#224; des fractions bourgeoises de nationalit&#233;s opprim&#233;es &#224; condition qu'elles participent au combat contre la bourgeoisie internationale. Ce n'est nullement le point de vue des gauches communistes qui d&#233;fendent le plus souvent l'inverse. Pour les gauches communistes, pas question de s'allier avec des forces politiques et sociales bourgeoises dans le combat. C'est cela que j'appelle le point de vue dichotomique des gauches communistes. C'est l&#224; o&#249; on ne se comprend pas par exemple quand on parle de front unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bolcheviks montrent-ils un parti qui a sans cesse &#339;uvr&#233; en direction du parti unique au pouvoir ? Ont-ils agi contre la d&#233;mocratie politique et la libert&#233; politique des partis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain d'Octobre, le parti Cadet n'est pas imm&#233;diatement interdit. Ce n'est que fin novembre 1917, au moment o&#249; ce parti pr&#233;pare ouvertement son passage &#224; l'insurrection contre-r&#233;volutionnaire arm&#233;e avec Kal&#233;dine, qu'il est interdit par un d&#233;cret du Sovnarkom. Les bolcheviks n'ont cependant pas emp&#234;ch&#233; les &#233;lus des Cadets de participer ensuite aux &#233;lections &#224; l'Assembl&#233;e constituante et de si&#233;ger momentan&#233;ment &#224; celle-ci. Le journal du parti Cadet Svoboda Rossi continue &#224; para&#238;tre sans &#234;tre clandestin jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; 1918, en pleine guerre civile. Les Cadets continuent d'exister l&#233;galement au travers du &#171; comit&#233; panrusse d'aide aux affam&#233;s &#187; en juillet 1921. Dans la r&#233;alit&#233;, que ce soit avec ce parti comme avec les SR de gauche, les bolcheviks vont aussi loin que possible dans le refus de la r&#233;pression aveugle, dans les tentatives de ne pas tout ensanglanter. C'est la grande bourgeoisie qui choisir le bain de sang, pas les r&#233;volutionnaires !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce choix du bain de sang contre la r&#233;volution prol&#233;tarienne, on le retrouve dans le texte dont je vous parlais : dans les r&#233;unions des quatre grandes puissances en 1919-1920 et dans son compte-rendu &#233;dit&#233; par le CNRS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les bolcheviks ne refusent pas toutes sortes d'alliances face &#224; l'offensive tsariste et imp&#233;rialiste, ils ne veulent pas accepter de faiblesse face &#224; l'ennemi. Si la guerre est d&#233;clar&#233;e, il faut la mener avec toutes les forces dont le prol&#233;tariat dispose, avec toute l'&#233;nergie que l'on peut mettre en &#339;uvre, sans fausse retenue moraliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, les faits, c'est un gouvernement de 1917 avec onze ministres bolcheviks et sept ministres SR de gauche. Les faits, ce sont des r&#233;gions enti&#232;res o&#249; les dirigeants r&#233;volutionnaires aux c&#244;t&#233;s des bolcheviks sont des anarchistes. Les faits, ce sont L&#233;nine et Trotsky pr&#234;ts &#224; se plier &#224; la d&#233;mocratie des d&#233;bats internes aux soviets, au parti, &#224; l'Internationale. La v&#233;rit&#233; des faits, c'est que tout ce qui s'est pass&#233; avant l'affaiblissement et la mort de L&#233;nine (1922) est tout &#224; fait oppos&#233; &#224; ce qui s'est pass&#233; apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mencheviks, les SR (droite et gauche), certains anarchistes n'ont pas attendu que les soviets se vident de leur contenu pour les quitter, pour les combattre les armes &#224; la main, pour les assassiner. D&#232;s l'insurrection d'octobre, SR de droite et Mencheviks pactisent avec les arm&#233;es tsaristes, m&#232;nent avec eux la guerre contre les soviets, participent &#224; des gouvernements aux c&#244;t&#233;s des g&#233;n&#233;raux cosaques et des gardes blancs tsaristes. Malgr&#233; cela, le parti SR n'est pas dissous par les bolcheviks, m&#234;me pendant la guerre civile !!! Ses journaux continuent &#224; para&#238;tre. La censure de la presse ne d&#233;bute qu'en mars 1918 quand la lutte &#224; mort est si intense qu'elle menace de mort le pouvoir des soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas juste une man&#339;uvre des bolcheviks : c'est un combat politique qui porte ses fruits. Mencheviks et SR honn&#234;tes sont gagn&#233;s aux bolcheviks. Le parti SR recule parfois politiquement comme en f&#233;vrier 1919 o&#249; ce parti est contraint de d&#233;noncer l'intervention contre-r&#233;volutionnaire &#233;trang&#232;re sur le sol de Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ruptures avec les autres partis n'ont eu lieu que lorsque ceux-ci ont proclam&#233; se battre contre le pouvoir des soviets les armes &#224; la main comme l'a fait Maria Spiridovna au Ve Congr&#232;s des Soviets en juillet 1918, annon&#231;ant qu'elle &#233;tait d&#233;sormais face &#224; face avec les bolcheviks &#171; le pistolet et la bombe &#224; la main &#187;. Et ce n'&#233;tait pas une simple menace. Cela devait commencer presque le lendemain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A part Brest-Litovsk, ce qui opposait bolcheviks et SR de gauche, c'est la d&#233;cision des bolcheviks d'appuyer la lutte des classes dans les campagnes en favorisant les comit&#233;s de paysans pauvres contre les paysans riches !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les anarchistes, il y a eu toutes sortes de relations suivant le type de groupes. Jusqu'en avril 1918, tous les groupes anarchistes sont autoris&#233;s, jouent un r&#244;le dans les soviets, dans la r&#233;volution, participent au combat, souvent aux c&#244;t&#233;s des bolcheviks. Ce n'est pas ces derniers qui rompent l'unit&#233;, c'est la violence de la guerre civile emp&#234;chant tout accord entre le prol&#233;tariat et les forces petites bourgeoises des villes. La rupture compl&#232;te a lieu avec les anarchistes qui participent en juillet 1918 &#224; l'insurrection SR, un groupe anarchiste attaquant notamment le si&#232;ge bolchevik de Moscou, faisant douze morts et quantit&#233; de bless&#233;s dans la direction bolchevik.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela n'emp&#234;chera pas en Juillet 1920, dans les th&#232;ses sur les t&#226;ches du IIe Congr&#232;s de l'Internationale communiste, L&#233;nine de pr&#244;ner tous les accords possibles, tous les fronts communs possibles, avec les forces militantes anarchistes, et aussi toutes les tentatives de gagner au communisme les meilleurs militants anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le parti menchevik, les bolcheviks, loin d'&#339;uvrer pour le parti unique, tentent sans cesse de les ramener &#224; une alliance. Ainsi, lorsqu'&#224; la fin octobre 1918 le comit&#233; central menchevik, qui s'est r&#233;uni librement pendant cinq jours &#224; Moscou, fait un geste en faveur du pouvoir des soviets, et bien que la r&#233;solution adopt&#233;e soit confuse et contradictoire, un d&#233;cret annule imm&#233;diatement la d&#233;cision ant&#233;rieure excluant les mencheviks des organes sovi&#233;tiques et sa mise en &#339;uvre n'est pas conditionnelle et est imm&#233;diate. Les dirigeants mencheviks sont ainsi invit&#233;s officiellement &#224; participer en d&#233;cembre 1919 au VIIe Congr&#232;s des Soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant l'ann&#233;e 1920, l'activit&#233; du parti menchevik se d&#233;veloppe &#224; nouveau &#224; Moscou. Il y dispose officiellement de bureaux, imprime une presse, participe aux &#233;lections des soviets locaux, r&#233;unissent &#224; Moscou leur comit&#233; central, organisent des conf&#233;rences publiques. Les dirigeants mencheviks acceptent l'invitation au VIIIe Congr&#232;s des Soviets et y d&#233;veloppent librement des points de vue pol&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en 1920, les mencheviks utilisent &#224; fond leur activit&#233; l&#233;gale pour dresser des fractions de la classe ouvri&#232;re contre le pouvoir des soviets, accusant ce pouvoir d'&#234;tre responsable de la mis&#232;re affreuse, des destructions &#233;conomiques, de la famine, ce qui est un mensonge contre-r&#233;volutionnaire qu'un r&#233;volutionnaire comme toi ne devrait jamais soutenir ! Et c'est alors qu'ont lieu des grandes gr&#232;ves antibolcheviques avec le slogan &#171; les soviets sans L&#233;nine et Trotsky &#187; dont le caract&#232;re politique et social ne devrait tromper aucun r&#233;volutionnaire communiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, ce n'est qu'une calomnie contre-r&#233;volutionnaire de dire que toute la politique bolchevique visait d'avance, par objectif politique ou par une conception pr&#233;&#233;tablie de L&#233;nine, au parti unique au pouvoir des soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bolcheviks ont-ils mis en place une dictature d&#232;s le d&#233;but et pris le pouvoir en ne repr&#233;sentant pas vraiment la majorit&#233; dans les soviets ? Oskar Anweiler, auteur tr&#232;s hostile aux bolcheviks et qui diffuse justement la th&#232;se d'une volont&#233; dictatoriale des bolcheviks dans les soviets et dans le pouvoir d'Etat, nous donne la statistique suivant, d'apr&#232;s les d&#233;l&#233;gu&#233;s au congr&#232;s panrusse Soviets le 25 et 26 octobre 1917 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bolcheviks 338&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socialistes-r&#233;volutionnaires : 32&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SR de gauche : 98&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SR du centre : 40&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SR de droite : 16&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SR d'Ukraine : 4&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mencheviks : 14&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mencheviks-internationalistes : 35&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mencheviks-oborency : 22&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internationalistes unifi&#233;s : 16&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bund : 11&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trudovik : 1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans parti : 23&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc le gouvernement d'alliance des bolcheviks et des sr de gauche repr&#233;sentait tout &#224; fait la r&#233;volution des soviets et non un coup d'&#233;tat contre-r&#233;volutionnaire et dictatorial contre les soviets !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le m&#234;me Anweiler cite de multiples exemples d&#233;montrant que les bolcheviks redonnaient tous leurs droits d&#233;mocratiques aux partis qui renon&#231;aient publiquement &#224; participer &#224; la guerre civile contre l'Etat ouvrier aux c&#244;t&#233;s des arm&#233;es tsaristes, imp&#233;rialistes, nationalistes et de l'arm&#233;e &#034;de la Constituante&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lire ainsi dans l'ouvrage d'Anweiler, &#171; Les soviets en Russie &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ainsi, Dan et Martov (dirigeants mencheviks) assist&#232;rent, avec voix d&#233;lib&#233;rative, au VIIe Congr&#232;s panrusse des soviets (d&#233;cembre 1919) et au VIIIe (un an apr&#232;s) aux c&#244;t&#233;s d'une poign&#233;e de d&#233;put&#233;s socialistes-r&#233;volutionnaires (dont Steinberg), anarchistes et maximalistes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anweiler cite ainsi le compte-rendu qu'en donne le dirigeant menchevik Dan lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la plume d'Anweiler, on lit encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A certains moments, les mencheviks compt&#232;rent m&#234;me un nombre relativement &#233;lev&#233; de d&#233;put&#233;s dans beaucoup de conseils ouvriers de villes ; aux &#233;lections sovi&#233;tiques de 1929, ils obtinrent 45 si&#232;ges &#224; Moscou, 205 &#224; Karkhov, 120 &#224; I&#233;kateniroslav, 78 &#224; Krementchoug, 50 &#224; Toula et plus de trente dans une foule d'autres agglom&#233;rations. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits n'ont pas besoin de preuves puisque l'auteur veut d&#233;montrer exactement l'inverse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anweiler rappelle &#233;galement que, apr&#232;s leur prise de position contre le pouvoir des soviets &#171; ni les mencheviks, ni les SR de droite ne furent exclus des conseils et une poign&#233;e de d&#233;put&#233;s les y repr&#233;sentaient encore au Ive Congr&#232;s panrusse des soviets (mars 1918)&#8230; Dans quelques villes, par exemple &#224; Tambov et dans le grand centre industriel d'Iejevsk, les deux partis conserv&#232;rent m&#234;me la majorit&#233; des voix lors des r&#233;&#233;lections des soviets, en avril et mai 1918 respectivement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons, ce que dit d'ailleurs Anweiler, &#171; En guise de protestation contre la signature du Trait&#233; de Brest-Litovsk, les dirigeants SR de gauche avaient en effet d&#233;missionn&#233; du Conseil des commissaires du peuple, tout en continuant &#224; si&#233;ger au CEC. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les bolcheviks ne les avaient pas fait parti de cette instance dirigeante des soviets, m&#234;me s'ils menaient d&#233;j&#224; une propagande intense pour saboter les d&#233;cisions du pouvoir ouvrier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anweiler poursuit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce fut le 4 juillet 1918, dans un climat de tension extr&#234;me, que s'ouvrit le Ve Congr&#232;s panrusse des soviets ; 470 d&#233;put&#233;s SR de gauche, sur un total de 1425 (dont 868 bolcheviks) y prirent part. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce m&#234;me auteur reconnait que c'est seulement apr&#232;s les premiers attentats SR de gauche et la tentative de putsch SR de gauche que les d&#233;put&#233;s SR de gauche sont arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la mise sous tutelle des organisations syndicales par le parti communiste, Anweiler ne dit pas que L&#233;nine &#233;labora l'id&#233;e de faire des syndicats la courroie de transmission du parti, de la bureaucratie et du pouvoir dictatorial. Il dit le contraire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Staline &#233;labora dans les ann&#233;es 1920 la th&#233;orie des &#171; courroies de transmission &#187;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il faut pr&#233;ciser qu'il &#233;crit : &#171; Ce fut dans le prolongement des id&#233;es de L&#233;nine que Staline&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interpr&#233;tation est que c'est la suite de L&#233;nine et les faits sont&#8230; que &#171; Staline &#233;labora&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il cite &#224; de multiples reprises les affirmations de L&#233;nine sur le pouvoir des soviets comme page 303 (&#233;dition NFR) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le pouvoir des soviets n'est pas autre chose que la forme d'organisation de la dictature du prol&#233;tariat, de la dictature de la classe la plus avanc&#233;e qui &#233;l&#232;ve &#224; une d&#233;mocratie nouvelle, &#224; la participation autonome &#224; la gestion de l'Etat des dizaines et des dizaines de millions de travailleurs et d'exploit&#233;s qui apprennent par leur propre exp&#233;rience &#224; consid&#233;rer l'avant-garde disciplin&#233;e et consciente du prol&#233;tariat comme leur guide le plus s&#251;r. &#187; (printemps 1918)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, plus tard, dans sa pol&#233;mique contre Kautsky :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les soviets sont l'organisation directe des masses travailleuses et exploit&#233;es, &#224; qui elle facilite la possibilit&#233; d'organiser elles-m&#234;mes l'Etat et de le gouverner par tous les moyens &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition &#224; la bureaucratisation et &#224; la dictature stalinienne relevait le &#171; parti unique &#187; comme une position politique qui avait &#233;t&#233; impos&#233;e par la situation de guerre civile et qui avait des cons&#233;quences d&#233;sastreuses, en particulier que les couches sociales hostiles tentent d'influencer le parti bolchevik :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La situation de parti unique qu'occupe le PC de l'URSS, situation absolument indispensable &#224; la R&#233;volution, cr&#233;e aussi une s&#233;rie de dangers particuliers. Le XI&#176; Congr&#232;s, du vivant de L&#233;nine, indiquait ouvertement qu'il existait &#224; cette &#233;poque d&#233;j&#224; des groupes importants de gens (parmi les paysans riches, les couches sup&#233;rieures de fonctionnaires, les intellectuels) qui appartiendraient aux partis socialistes-r&#233;volutionnaires, mench&#233;viks, si ces partis &#233;taient l&#233;gaux. L'appareil d'&#201;tat, que dirige notre Parti, y introduit &#224; son tour beaucoup d'esprit bourgeois et petit-bourgeois, l'infectant d'opportunisme. &#187; (D&#233;claration des 83 - Opposition bolch&#233;vique unifi&#233;e)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Indispensable &#224; la r&#233;volution &#187;, dans les conditions de la guerre civile ne veut pas dire n&#233;cessaire d'un point de vue th&#233;orique &#224; la construction du socialisme mais impos&#233;e par la situation r&#233;elle de la r&#233;volution, les autres partis passant dans le camp de la contre-r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les accusateurs ont l'explication facile : le stalinisme d&#233;coule du l&#233;ninisme&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4422&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Non ! Le bolchevisme n'est pas responsable du stalinisme !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky r&#233;pond &#224; ces accusations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Est-il vrai pourtant que le stalinisme repr&#233;sente le produit l&#233;gitime du bolchevisme, comme le croit toute la r&#233;action, comme l'affirme Staline lui-m&#234;me, comme le pensent les mencheviks, les anarchistes et quelques doctrinaires de gauche qui se jugent marxiste ? &#034;Nous l'avions toujours pr&#233;dit, disent-ils, ayant commenc&#233; avec l'interdiction des autres partis socialistes, avec l'&#233;crasement des anarchistes, avec l'&#233;tablissement de la dictature des bolcheviks dans les soviets, la R&#233;volution d'Octobre ne pouvait manquer de conduire &#224; la dictature de la bureaucratie. Le stalinisme est, &#224; la fois, la continuation et la faillite du l&#233;ninisme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur de ce raisonnement commence avec l'identification tacite du bolchevisme, de la R&#233;volution d'Octobre et de l'Union Sovi&#233;tique. Le processus historique, qui consiste dans la lutte des forces hostiles, est remplac&#233; par l'&#233;volution du bolchevisme dans le vide. Cependant le bolchevisme est seulement un courant politique, certes &#233;troitement li&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re, mais non identique &#224; elle. Et, outre la classe ouvri&#232;re, il existe en U.R.S.S. plus de cent millions de paysans, de nationalit&#233;s diverses, un h&#233;ritage d'oppression, de mis&#232;re et d'ignorance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat cr&#233;&#233; par les bolcheviks refl&#232;te, non seulement la pens&#233;e et la volont&#233; des bolcheviks, mais aussi le niveau culturel du pays, la composition sociale de la population, la pression du pass&#233; barbare et de l'imp&#233;rialisme mondial, non moins barbare. Repr&#233;senter le processus de d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'Etat Sovi&#233;tique comme l'&#233;volution du bolchevisme pur, c'est ignorer la r&#233;alit&#233; sociale au nom d'un seul de ses &#233;l&#233;ments isol&#233; d'une mani&#232;re purement logique. Il suffit au fond de nommer cette erreur &#233;l&#233;mentaire par son nom pour qu'il n'en reste pas trace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bolchevisme lui-m&#234;me, en tout cas, ne s'est jamais identifi&#233; ni &#224; la R&#233;volution d'Octobre, ni &#224; l'Etat Sovi&#233;tique qui en est sorti. Le bolchevisme se consid&#233;rait comme un des facteurs de l'histoire, son facteur &#034;conscient&#034;, facteur tr&#232;s important mais nullement d&#233;cisif. Nous voyons le facteur d&#233;cisif &#8212;sur la base donn&#233;e des forces productives - dans la lutte des classes, et non seulement &#224; l'&#233;chelle nationale, mais aussi internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les bolcheviks faisaient des concessions aux tendances petites-bourgeoises des paysans, qu'ils &#233;tablissaient des r&#232;gles strictes pour l'entr&#233;e dans le parti, qu'ils &#233;puraient le parti des &#233;l&#233;ments qui lui &#233;taient &#233;trangers, qu'ils interdisaient les autres partis, qu'ils introduisaient la N.E.P., qu'ils en venaient &#224; c&#233;der des entreprises sous forme de concessions ou qu'ils concluaient des accords diplomatiques avec des gouvernements imp&#233;rialistes, eux, bolcheviks, tiraient des conclusions particuli&#232;res de ce fait fondamental qui leur &#233;tait clair th&#233;oriquement depuis le d&#233;but m&#234;me ; &#224; savoir que la conqu&#234;te du pouvoir, quelque importante qu'elle soit en elle-m&#234;me, ne fait nullement du parti le ma&#238;tre tout-puissant du processus historique. Certes, apr&#232;s s'&#234;tre empar&#233; de l'Etat, le parti re&#231;oit la possibilit&#233; d'agir avec une force sans pr&#233;c&#233;dent sur le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; ; mais en revanche lui-m&#234;me est soumis &#224; une action d&#233;cupl&#233;e de la part de tous les autres membres de cette soci&#233;t&#233;. Il peut &#234;tre rejet&#233; du pouvoir par les coups directs des forces hostiles. Avec des rythmes plus lents de l'&#233;volution, il peut, tout en se maintenant au pouvoir, d&#233;g&#233;n&#233;rer int&#233;rieurement. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette dialectique du processus historique que ne comprennent pas les raisonneurs sectaires qui tentent de trouver dans la putr&#233;faction de la bureaucratie staliniste un argument d&#233;finitif contre le bolchevisme. Au fond, ces Messieurs disent ceci : mauvais est le parti r&#233;volutionnaire qui ne renferme pas en lui-m&#234;me de garanties contre sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de la claire compr&#233;hension de ce danger (de bureaucratisation) qu'est n&#233;e l'Opposition de gauche, d&#233;finitivement form&#233;e en 1923. Enregistrant de jour en jour des sympt&#244;mes de d&#233;g&#233;n&#233;rescence, elle s'effor&#231;a d'opposer au Thermidor mena&#231;ant la volont&#233; consciente de l'avant-garde prol&#233;tarienne. Cependant ce facteur subjectif s'est trouv&#233; insuffisant. Les &#034;masses gigantesques&#034; qui, selon L&#233;nine, d&#233;cident de l'issue de la lutte, &#233;taient harass&#233;es par les privations dans leur pays et par une trop longue attente de la R&#233;volution Mondiale. Les masses ont perdu courage. La bureaucratie a pris le dessus. Elle ma&#238;trisa l'avant-garde prol&#233;tarienne, foula aux pieds le marxisme, prostitua le parti bolcheviste. Le stalinisme fut victorieux. Sous la forme de l'Opposition de gauche, le bolchevisme rompit avec la bureaucratie sovi&#233;tique et son Komintern. Telle fut la v&#233;ritable marche de l'&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, dans le sens formel, le stalinisme est sorti du bolchevisme. Aujourd'hui encore, la bureaucratie de Moscou continue &#224; se nommer parti bolchevik. Elle utilise simplement la vieille &#233;tiquette du bolchevisme pour mieux tromper les masses. D'autant plus pitoyables sont les th&#233;oriciens qui prennent l'&#233;corce pour le noyau, l'apparence pour la r&#233;alit&#233;. En identifiant stalinisme et bolchevisme, ils rendent le meilleur service aux thermidoriens et, par l&#224;, jouent un r&#244;le manifestement r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#233;limination de tous les autres partis de l'ar&#232;ne politique, les int&#233;r&#234;ts et les tendances contradictoires des diverses couches de la population devaient, &#224; tel ou tel degr&#233;, trouver leur expression dans le parti dirigeant. Au fur et &#224; mesure que le centre de gravit&#233; politique se d&#233;pla&#231;ait de l'avant-garde prol&#233;tarienne vers la bureaucratie, le parti se modifiait aussi bien par sa composition sociale que par son id&#233;ologie. Gr&#226;ce &#224; la marche imp&#233;tueuse de l'&#233;volution, il a subi, au cours des quinze derni&#232;res ann&#233;es, une d&#233;g&#233;n&#233;rescence beaucoup plus radicale que la social-d&#233;mocratie pendant un demi-si&#232;cle. L'&#233;puration actuelle trace entre le bolchevisme et le stalinisme, non pas un simple trait de sang, mais tout un fleuve de sang. L'extermination de toute la vieille g&#233;n&#233;ration des bolcheviks, d'une partie importante de la g&#233;n&#233;ration interm&#233;diaire qui avait particip&#233; &#224; la guerre civile et aussi de la partie de la jeunesse qui avait repris le plus au s&#233;rieux les traditions bolchevistes, d&#233;montre l'incompatibilit&#233;, non seulement politique, mais aussi directement physique du stalinisme et du bolchevisme. Comment donc peut-on ne pas voir cela ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine n'aurait-il pas d&#251; combattre de son vivant ce que d&#233;nonce Trotasky ? Mais il l'a fait !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine exprimait son sentiment sur la fatigue du prol&#233;tariat russe au Congr&#232;s des ouvriers des Transports, le 27 mars 1921 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelle est aujourd'hui la situation du prol&#233;tariat russe ? Dans la R&#233;publique sovi&#233;tique c'est la classe qui, il y a trois ans et demi, a pris le pouvoir et exerc&#233; depuis sa domination, sa dictature, c'est elle qui, au cours de trois ans et demi, a souffert mille morts, support&#233; des privations et des calamit&#233;s, plus que toutes les autres classes. Ces trois ans et demi dont la majorit&#233; s'est &#233;coul&#233;e dans une guerre civile &#224; outrance soutenue par le pouvoir sovi&#233;tique contre tout le monde capitaliste, ont apport&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re, au prol&#233;tariat, des maux, des privations, des sacrifices, une aggravation de toutes les mis&#232;res sans pr&#233;c&#233;dent&#8230; Cette classe se rendait compte qu'elle prenait seule le pouvoir, dans des conditions exceptionnellement difficiles&#8230; En m&#234;me temps elle a subi en ces trois ans et demi de sa domination politique, des maux, des privations, une famine, une aggravation de sa situation &#233;conomique que jamais nulle classe au monde n'a connue. On con&#231;oit donc qu'apr&#232;s une tension aussi surhumaine, cette classe soit aujourd'hui fatigu&#233;e, &#233;puis&#233;e exc&#233;d&#233;e&#8230; En ce moment pr&#233;cis, pour la p&#233;riode de temps actuelle, l'ennemi n'est pas le m&#234;me qu'hier. L'ennemi, ce ne sont plus les hordes de gardes blancs sous le commandement des hobereaux que soutiennent tous les mencheviks et les socialistes-r&#233;volutionnaires. L'ennemi, c'est la grisaille quotidienne de l'&#233;conomie dans un pays de petite agriculture o&#249; la grosse industrie est ruin&#233;e. L'ennemi, c'est l'&#233;l&#233;ment petit-bourgeois qui nous entoure comme l'air et p&#233;n&#232;tre fortement dans les rangs du prol&#233;tariat. Or, celui-ci est d&#233;class&#233;, c'est-&#224;-dire qu'il a &#233;t&#233; mis hors de son milieu social. Fabriques et usines ch&#244;ment &#8211; le prol&#233;tariat est affaibli, dispers&#233;, sans forces&#8230; Si des d&#233;formations bureaucratiques se manifestent dans l'administration, loin de dissimuler ce mal nous le d&#233;non&#231;ons, nous le combattons&#8230; La cr&#233;ation d'un appareil militaire et d'un Etat qui a su r&#233;sister victorieusement aux &#233;preuves des ann&#233;es 1917-1921 a &#233;t&#233; une grande chose qui a occup&#233;, absorb&#233;, &#233;puis&#233; les &#171; forces &#187; r&#233;elles de la classe ouvri&#232;re&#8230; C'est dans ces conditions d'un pays ruin&#233; &#224; fond et o&#249; les forces du prol&#233;tariat ont &#233;t&#233; &#233;puis&#233;es en des efforts presque surhumains que nous entreprenons l'&#339;uvre la plus difficile : jeter les fondements d'une &#233;conomie vraiment socialiste, organiser des &#233;changes rationnels de marchandises entre l'industrie et l'agriculture&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIe Congr&#232;s du parti bolchevik, le 27 mars 1922, L&#233;nine d&#233;clarait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Malgr&#233; tout, nous n'avons pas encore cess&#233; d'&#234;tre des r&#233;volutionnaires (bien que beaucoup disent, et m&#234;me pas tout &#224; fait sans raison que nous sommes bureaucratis&#233;s) et nous ne pouvons comprendre cette simple v&#233;rit&#233; qu'en entreprenant une t&#226;che extr&#234;mement difficile, et nouvelle pour nous, il faut savoir recommencer d&#232;s le d&#233;but &#224; plusieurs reprises&#8230; L'Etat est entre nos mains&#8230; mais l'Etat n'a pas fonctionn&#233; comme nous l'entendions. Et comment a-t-il fonctionn&#233; ? La voiture n'ob&#233;it pas : un homme est bien assis au volant qui semble la diriger, mais la voiture ne roule pas dans la direction voulue ; elle va o&#249; la pousse une autre force ill&#233;gale, force illicite, force venant d'on ne sait o&#249; &#8211; o&#249; poussent les sp&#233;culateurs, ou peut-&#234;tre les capitalistes priv&#233;s, ou peut-&#234;tre les uns et les autres &#8211; mais la voiture ne roule pas tout &#224; fait et, bien souvent, pas du tout, comme se l'imagine celui qui est au volant&#8230; Le pouvoir politique, nous en avons autant qu'il faut&#8230; La force &#233;conomique est entre nos mains&#8230; Qu'est-ce donc qui manque ? C'est clair, ce qui manque, c'est la culture chez les communistes dirigeants. De fait, si nous consid&#233;rons Moscou &#8211; 4700 communistes responsables &#8211; et si nous consid&#233;rons la machine bureaucratique, cette masse &#233;norme, qui donc m&#232;ne et qui est men&#233; ? Je doute fort qu'on puisse dire que les communistes m&#232;nent. C'est eux qui sont men&#233;s&#8230; Les communistes qui se mettent &#224; la t&#234;te des institutions &#8211; parfois des saboteurs les y poussent habilement, &#224; dessein, pour se faire une enseigne &#8211; se trouvent tr&#232;s souvent dup&#233;s. Aveu tr&#232;s d&#233;sagr&#233;able. Ou, du moins, pas tr&#232;s agr&#233;able. Mais il faut le faire, me semble-t-il, car c'est, &#224; pr&#233;sent, le n&#339;ud de la question. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours au XIe Congr&#232;s du parti bolchevik, L&#233;nine insistait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je dois toucher le c&#244;t&#233; pratique de la question concernant les organismes sovi&#233;tiques, les grandes administrations et l'attitude du parti &#224; leur &#233;gard. Il s'est &#233;tabli des rapports d&#233;fectueux entre le parti et les institutions sovi&#233;tiques ; nous sommes tous absolument d'accord l&#224;-dessus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons des bureaucrates non seulement dans nos administrations sovi&#233;tiques, mais aussi dans les organisations du parti. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine avait parfaitement conscience des difficult&#233;s de la situation et de ses dangers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'est pas douteux qu'&#224; l'heure actuelle notre parti est insuffisamment prol&#233;tarien dans sa composition. Je pense que personne ne peut le nier, et un simple regard sur la statistique confirmera cette th&#232;se. Depuis la guerre, les effectifs des ouvriers de fabrique et d'usine en Russie sont devenus moins prol&#233;tariens qu'auparavant, car durant la guerre ceux qui voulaient &#233;chapper au service militaire sont entr&#233;s en usine. C'est un fait connu de tous. D'autre part, il est &#233;galement certain que notre parti est aujourd'hui moins &#233;duqu&#233; politiquement, en g&#233;n&#233;ral et en moyenne qu'il ne le faudrait pour une direction effectivement prol&#233;tarienne &#224; un moment aussi difficile, surtout &#233;tant donn&#233; l'&#233;norme pr&#233;dominance de la paysannerie qui s'&#233;veille rapidement &#224; une politique de classe ind&#233;pendante. Ensuite il faut prendre en consid&#233;ration le fait que la tentation d'entrer dans un parti gouvernemental est &#224; pr&#233;sent extr&#234;mement grande&#8230; Si l'on ne ferme pas les yeux devant la r&#233;alit&#233;, il faut reconna&#238;tre qu'actuellement la politique prol&#233;tarienne du parti est d&#233;termin&#233;e non par ses effectifs, mais par l'autorit&#233; immense et sans partage de cette couche tr&#232;s mince que l'on peut appeler la vieille garde du parti. Il suffit d'une faible lutte intestine au sein de cette couche pour que son autorit&#233; soit, sinon ruin&#233;e, du moins affaiblie au point que la d&#233;cision ne d&#233;pendra plus d'elle&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce qu'&#233;crivait L&#233;nine le 26 mars 1922&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de 1922, son diagnostic &#233;tait encore plus n&#233;gatif sur la relation entre l'Etat et la bureaucratie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous appelons n&#244;tre un appareil qui, de fait, nous est encore fonci&#232;rement &#233;tranger et repr&#233;sente un salmigondis de survivances bourgeoises et tsaristes, qu'il nous &#233;tait absolument impossible de transformer en cinq ans faute d'avoir l'aide d'autres pays et alors que pr&#233;dominaient les &#171; pr&#233;occupations &#187; militaires et la lutte contre la famine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses deux derniers articles, il attaque directement et nomm&#233;ment la bureaucratie et ses chefs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'estime que le moment est justement venu o&#249; nous devons nous occuper comme il convient, avec tout le s&#233;rieux voulu, de notre appareil d'Etat&#8230; Parlons net. Le Commissariat du peuple de l'Inspection ouvri&#232;re et paysanne (celui que dirige directement Staline &#8211; notre M et R) ne jouit pas &#224; l'heure actuelle d'une ombre de prestige. Tout le monde sait qu'il n'est point d'institution plus mal organis&#233;es que celles relevant de notre Inspection ouvri&#232;re et paysanne, et que dans les conditions actuelles on ne peut rien exiger de ce Commissariat&#8230; Mais je demande &#224; n'importe lequel des dirigeants actuels de l'Inspection ouvri&#232;re et paysanne ou des personnes rattach&#233;es &#224; ce commissariat : peut-il me dire franchement quelle est l'utilit&#233; pratique de ce commissariat du peuple qu'est l'Inspection ouvri&#232;re et paysanne ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nahuel Moreno &#233;crivait dans &#171; La dictature r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La majorit&#233; du SU (une direction se r&#233;clamant injustement du trotskysme) d&#233;fend avant tout le &#034;pluripartisme sovi&#233;tique&#034;. Mais ce &#034;pluripartisme sovi&#233;tique&#034; ne signifie pas dans sa bouche la l&#233;galit&#233; pour les partis autoris&#233;s par le soviet r&#233;volutionnaire, mais la l&#233;galit&#233; pour tous les partis politiques existant dans le pays, y compris les partis contre-r&#233;volutionnaires. Dans ce sens la majorit&#233; est explicite : &#034;... des conseils de travailleurs r&#233;ellement repr&#233;sentatifs et d&#233;mocratiquement &#233;lus ne peuvent exister que si les masses ont le droit d'y &#233;lire tous ceux qu'elles choisissent, sans distinctions et sans pr&#233;condition restrictive quant aux convictions id&#233;ologiques et politiques des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus&#034;. Et elle continue : &#034;De m&#234;me, les conseils de travailleurs ne peuvent fonctionner d&#233;mocratiquement que si tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus&#034; ind&#233;pendamment de leurs &#034;convictions id&#233;ologiques et politiques&#034;, &#034;jouissent du droit de pouvoir constituer des groupes, des tendances ou des partis, s'ils ont acc&#232;s aux moyens de diffusion massive...&#034; Et s'il nous reste quelque doute, ils nous disent un peu plus loin que la &#034;d&#233;mocratie ouvri&#232;re&#034; n'est possible que dans la mesure o&#249; existe&#034;... le droit des masses d'&#233;lire tous ceux qu'elles choisissent et la libert&#233; d'organisation politique pour ceux qui ont &#233;t&#233; &#233;lus (y compris des gens avec des id&#233;ologies ou un programme bourgeois ou petit-bourgeois).&#034; (SU, 1977).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous trouvons ici, une fois de plus, confront&#233;s au pi&#232;ge d'une analyse et d'un programme individualistes, d&#233;mocratiques-bourgeois, sous un d&#233;guisement marxiste. Le SU est pour la &#034;libert&#233; politique illimit&#233;e&#034; de tous les partis. Au lieu de le dire clairement, et ainsi son argumentation serait-elle digne de Lincoln ou Bernstein, il se cache derri&#232;re des &#034;d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus&#034;. Ce ne sont pas les soviets, la classe ouvri&#232;re en tant que classe qui d&#233;cident, mais des individus, les d&#233;l&#233;gu&#233;s, tout &#224; fait ind&#233;pendamment de ce que la classe et le soviet d&#233;cident d&#233;mocratiquement, &#224; leur majorit&#233;. Cela signifie, si nous l'appliquons actuellement &#224; l'Iran, que dans les soviets, le parti du Shah serait enti&#232;rement l&#233;gal, puisqu'il existe pas de pays o&#249; il n'y ait pas au minimum un d&#233;l&#233;gu&#233; &#233;lu, partisan de la contre-r&#233;volution. Il y eut en Russie des organisations syndicales de masse qui d&#233;cid&#232;rent d&#233;mocratiquement de lutter aux c&#244;t&#233;s des arm&#233;es blanches, contre l'Arm&#233;e Rouge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soviet est un front unique de masse pour l'action r&#233;volutionnaire, et seuls les partis politiques en accord avec ce front unique peuvent en faire partie. Il peut y avoir des ouvriers et des d&#233;l&#233;gu&#233;s avec des positions confuses, qui continuent &#224; soutenir des partis contre-r&#233;volutionnaires. Mais en tant que partis, seuls ceux qui sont en accord avec le front unique r&#233;volutionnaire qu'est le soviet peuvent y &#234;tre pr&#233;sents. Il se passe exactement la m&#234;me chose dans les syndicats : il ne peut y &#234;tre pr&#233;sent que les partis et adh&#233;rents qui reconnaissent la n&#233;cessit&#233; de se d&#233;fendre de l'exploitation capitaliste sur le terrain &#233;conomique. En g&#233;n&#233;ral et historiquement, le trotskysme se prononce pour le pluripartisme sovi&#233;tique, mais seulement s'il est compris comme le droit, de la part du soviet, de d&#233;cider quels partis il lui faut reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le contraire de ce qu'affirme la r&#233;solution du SU. Le pluripartisme sovi&#233;tique n'est pas une norme absolue, mais relative. C'est pourquoi, dialectiquement, le pluripartisme sovi&#233;tique peut se transformer, dans certaines circonstances, en son contraire, le parti unique sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme ce sont les soviets r&#233;volutionnaires qui d&#233;cident &#224; chaque instant quels sont les partis l&#233;gaux, cela peut mener dans certaines circonstances au fait qu'un seul parti ou seulement deux ou trois, le soient. Et pour en d&#233;cider, il faut prendre en compte l'appr&#233;ciation concr&#232;te permettant de savoir quels partis sont r&#233;volutionnaires et lesquels sont contre-r&#233;volutionnaires. Par principe, nous ne sommes pas oblig&#233;s de l&#233;galiser les partis contre-r&#233;volutionnaires mais bien les partis r&#233;volutionnaires. C'est l&#224; le v&#233;ritable concept trotskyste. L&#233;nine signalait clairement, &#224; un moment de la R&#233;volution Russe, que &#034;lorsqu'on nous reproche la dictature d'un seul parti et qu'on propose, comme vous l'avez entendu, un front unique socialiste, nous disons : Dictature d'un seul parti, oui ! Telle est notre position et nous ne pouvons quitter ce terrain...&#034; (L&#233;nine, 1919 ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; un exemple de plus du fait qu'il n'y a pas, pour les trotskystes, de normes fig&#233;es. Nous sommes tout &#224; fait oppos&#233;s &#224; la norme stalinienne qui soutient que toujours, sous la dictature du prol&#233;tariat, c'est seulement le parti qui exerce la dictature qui est l&#233;gal ; mais nous sommes aussi oppos&#233;s au principe eurotrotskyste selon lequel toujours, sans exception, il doit y avoir pluripartisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disons que tout d&#233;pend du processus de la lutte de classes et des besoins de la dictature r&#233;volutionnaire, du type de rapports qui s'&#233;tablissent entre les partis dans les premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution. Nous ne pouvons pas dire quelles seront les normes qui, dans cette premi&#232;re &#233;tape, r&#233;glementeront les rapports entre les partis opportunistes bureaucratiques et les partis r&#233;volutionnaires du mouvement ouvrier, parce que cela d&#233;pendra de rapports qui s'imposeront par la force, et non pas par des m&#233;canismes constitutionnels, entre les deux principaux secteurs du mouvement ouvrier et leurs superstructures politiques. S'il y a mobilisation permanente des travailleurs, les partis r&#233;volutionnaires seront pr&#233;dominants, et il y aura m&#234;me de nouveaux partis r&#233;volutionnaires qui appara&#238;tront. S'il y a passivit&#233; et calme, ce seront les secteurs bureaucratiques, l'aristocratie ouvri&#232;re. Et de cette loi g&#233;n&#233;rale d&#233;couleront les diff&#233;rents types de rapports possibles entre la dictature du prol&#233;tariat et les partis ouvriers. C'est pourquoi nous insistons sur le fait que ce qui est fondamental n'est pas parti unique ou pluripartisme. Aucune norme ne peut se substituer au processus vivant de la mobilisation permanente et au r&#244;le que joue dans son cadre le parti r&#233;volutionnaire, les deux facteurs absents en permanence des th&#232;ses du SU. Dire les choses dans les termes o&#249; le fait la r&#233;solution est mettre la charrue avant les boeufs. Que le soviet soit ou non pluripartiste d&#233;pendra en derni&#232;re instance du degr&#233; de mobilisation des travailleurs et de l'existence ou non d'un parti r&#233;volutionnaire &#224; m&#234;me de donner un caract&#232;re permanent &#224; cette mobilisation ; mais ce ne peut jamais &#234;tre l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la situation n'est pas critique, et la force de la contre-r&#233;volution peu importante, si les partis aristocratiques et bureaucratiques acceptent &#224; contre-coeur le cours r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat, il est possible qu'ils soient tout &#224; fait l&#233;gaux ou jouissent d'une certaine marge de l&#233;galit&#233;. Mais, si ce n'est pas le cas, si la contre-r&#233;volution est encore tr&#232;s puissante, il est possible qu'il soit n&#233;cessaire de les ill&#233;galiser, d'une mani&#232;re relative ou totale. La m&#234;me chose peut survenir pour des partis opportunistes qui parviendraient &#224; dominer le pouvoir ouvrier et, se sentant s&#251;rs d'eux, dans une situation de stabilit&#233; relative, accorderaient une certaine l&#233;galit&#233; au parti r&#233;volutionnaire. Nous ne perdons pas de vue cette possibilit&#233;, dans une &#233;tape d&#233;termin&#233;e du processus r&#233;volutionnaire, bien que nous pensions que la tendance certaine de la bureaucratie - que ce soit dans un syndicat, dans un parti ou dans un &#233;tat ouvrier - soit la domination bureaucratique totale, et par cons&#233;quent le parti unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout changera au fur et &#224; mesure du d&#233;veloppement de la r&#233;volution socialiste mondiale. Il est possible que l'affaiblissement des partis opportunistes provoque l'apparition de grandes fractions ou partis r&#233;volutionnaires qui seront inconditionnellement en faveur de la r&#233;volution mais refl&#233;teront diff&#233;rents secteurs politiques du mouvement ouvrier. Evidemment, ces partis devraient &#234;tre compl&#232;tement l&#233;gaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;on Trotsky, &#171; La Commune de Paris et la Russie des soviets &#187; :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le court &#233;pisode de la premi&#232;re r&#233;volution faite par le prol&#233;tariat pour le prol&#233;tariat s'est termin&#233; par le triomphe de ses ennemis. Cet &#233;pisode (du 18 mars au 28 mai) a dur&#233; 72 jours&#034;. (P.L. Lavrov, La Commune de Paris. du 18 mars 1871. Petrograd, 1919, p. 160).&lt;br class='autobr' /&gt;
L'impr&#233;paration des partis socialistes de la Commune&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commune de Paris de 1871 a &#233;t&#233; la premi&#232;re tentative historique - faible encore - de domination de la classe ouvri&#232;re. Nous ch&#233;rissons le souvenir de la Commune en d&#233;pit de son exp&#233;rience par trop restreinte, du manque de pr&#233;paration de ses membres, du caract&#232;re confus de son programme, de l'absence d'unit&#233; parmi ses dirigeants, de l'ind&#233;cision de ses projets, de l'irr&#233;m&#233;diable confusion dans l'ex&#233;cution, et de l'effroyable d&#233;sastre qui en r&#233;sulta fatalement. Nous saluons dans la Commune, selon une expression de Lavrov, &#034;la premi&#232;re aurore, encore bien p&#226;le, de la premi&#232;re R&#233;publique du prol&#233;tariat&#034;. Kautsky ne l'entend pas du tout ainsi. Consacrant la plus grande partie de son livre &#224; &#233;tablir une opposition grossi&#232;rement tendancieuse entre la Commune et le pouvoir sovi&#233;tique, il voit les qualit&#233;s pr&#233;dominantes de la Commune l&#224; o&#249; nous voyons son malheur et ses torts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kautsky d&#233;montre avec application que la Commune de Paris ne fut pas pr&#233;par&#233;e &#034;artificiellement&#034; mais qu'elle surgit &#224; l'improviste, en prenant les r&#233;volutionnaires par surprise, contrairement &#224; la r&#233;volution d'Octobre, qui fut minutieusement pr&#233;par&#233;e par notre parti. C'est indiscutable. N'ayant pas le courage de formuler clairement ses id&#233;es profond&#233;ment r&#233;actionnaires, Kautsky ne nous dit pas franchement si les r&#233;volutionnaires parisiens de 1871 m&#233;ritent d'&#234;tre approuv&#233;s pour n'avoir pas pr&#233;vu l'insurrection prol&#233;tarienne et, partant, pour ne pas s'y &#234;tre pr&#233;par&#233;s, et si nous devons &#234;tre bl&#226;m&#233;s pour avoir pr&#233;vu l'in&#233;vitable et pour &#234;tre all&#233;s consciemment &#224; la rencontre des &#233;v&#233;nements. Mais tout l'expos&#233; de Kautsky est con&#231;u de mani&#232;re &#224; provoquer dans l'esprit du lecteur pr&#233;cis&#233;ment cette impression : un malheur s'est tout bonnement abattu sur les communards (le philistin bavarois Vollmar n'a-t-il pas, un jour, regrett&#233; que les communards ne soient pas all&#233;s se coucher plut&#244;t que de prendre le pouvoir ?) et c'est pourquoi ils m&#233;ritent toute notre indulgence ; les bolcheviks, eux, sont all&#233;s consciemment au devant du malheur (la conqu&#234;te du pouvoir) et c'est pourquoi il ne leur sera pardonn&#233; ni dans ce monde, ni dans l'autre. Poser la question de la sorte peut para&#238;tre d'une incroyable absurdit&#233;. Il n'en est pas moins vrai que cela d&#233;coule in&#233;vitablement de la position des &#034;ind&#233;pendants kautskystes&#034; qui rentrent l&#224; t&#234;te dans leurs &#233;paules pour ne rien voir, pour ne rien pr&#233;voir, et qui ne peuvent faire un pas en avant s'ils n'ont re&#231;u au pr&#233;alable une bonne bourrade dans le dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Humilier Paris, &#233;crit Kautsky, lui refuser l'autonomie, le destituer de son titre de capitale, le d&#233;sarmer pour s'aventurer ensuite, en toute s&#233;curit&#233;, dans un coup d'Etat monarchiste, telle &#233;tait la t&#226;che capitale de l'Assembl&#233;e Nationale et de Thiers qu'elle venait d'&#233;lire chef du pouvoir ex&#233;cutif. De cette situation naquit le conflit qui devait mener &#224; l'insurrection parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;On voit &#224; quel point est diff&#233;rent le coup d'Etat accompli par le bolchevisme, qui puisa sa force dans les aspirations &#224; la paix, qui avait derri&#232;re lui la masse paysanne ; qui, &#224; l'Assembl&#233;e Nationale, n'avait pas de monarchistes contre lui, mais des socialistes-r&#233;volutionnaires et des mencheviks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les bolcheviks sont parvenus au pouvoir par une r&#233;volution bien pr&#233;par&#233;e, qui leur mit d'un coup entre les mains toute la machine gouvernementale, dont ils tirent &#224; l'heure actuelle le parti le plus &#233;nergique et le plus impitoyable pour soumettre leurs adversaires, y compris ceux qui appartiennent au prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;En revanche, personne ne fut plus &#233;tonn&#233; de l'insurrection de la Commune que les r&#233;volutionnaires eux-m&#234;mes, et pour beaucoup de ceux-ci ce conflit &#233;tait au plus haut point ind&#233;sirable&#034; (p. 44).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de se faire une id&#233;e bien nette du sens r&#233;el de ce qui est dit ici par Kautsky &#224; propos des communards, nous apporterons l'int&#233;ressant t&#233;moignage suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le 1er mars 1871, &#233;crit Lavrov dans son livre instructif sur la Commune, c'est-&#224;-dire six mois apr&#232;s la chute de l'Empire et quelques avant l'explosion de la Commune, les personnalit&#233;s dirigeantes de l'Internationale &#224; Paris n'avaient toujours pas de programme politique d&#233;fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Apr&#232;s le 18 mars, Paris &#233;tait aux mains du prol&#233;tariat, mais ses leaders, d&#233;concert&#233;s par leur puissance inattendue, ne prirent pas les mesures les plus &#233;l&#233;mentaires [1]&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Vous n'&#234;tes pas taill&#233;s pour votre r&#244;le, votre seul souci est de vous d&#233;gager&#034;, d&#233;clara un membre du Comit&#233; central de la Garde Nationale. &#034;Il y avait l&#224; beaucoup de v&#233;rit&#233; - &#233;crit Lissagaray , participant et historien de la Commune - mais, au moment m&#234;me de l'action, le manque d'organisation pr&#233;alable et de pr&#233;paration provient trop souvent du fait que les r&#244;les incombent &#224; des hommes qui ne sont pas de taille &#224; les remplir [2]&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ressort d&#233;j&#224; de ce qui pr&#233;c&#232;de (plus loin, ce sera plus &#233;vident encore) que si les socialistes parisiens n'ont pas entrepris de lutte directe pour le pouvoir, cela s'explique par leur inconsistance th&#233;orique et leur d&#233;sarroi politique, et nullement par des consid&#233;rations de tactique plus &#233;lev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est hors de doute que la fid&#233;lit&#233; du m&#234;me Kautsky aux traditions de la Commune se traduira surtout par le profond &#233;tonnement avec lequel il accueillera la R&#233;volution prol&#233;tarienne en Allemagne, o&#249; il ne voit qu'&#034;un conflit au plus haut degr&#233; ind&#233;sirable&#034;. Nous doutons cependant que les g&#233;n&#233;rations futures lui en fassent un m&#233;rite. L'essence m&#234;me de son analogie historique n'est, devons-nous dire, qu'un m&#233;lange de confusion, de r&#233;ticences et de truquages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les intentions que Thiers nourrissait &#224; l'&#233;gard de Paris, Milioukov, soutenu ouvertement par Tchernov et Tseretelli, les nourrissait &#224; l'&#233;gard de Petersbourg. De Kornilov &#224; Potressov, tous r&#233;p&#233;taient jour apr&#232;s jour que Petersbourg s'&#233;tait isol&#233; du pays, qu'il n'avait plus rien de commun avec celui-ci, et que, d&#233;prav&#233; jusqu'&#224; la moelle, il voulait lui imposer sa volont&#233;. Abattre et humilier Petersbourg, telle &#233;tait la t&#226;che premi&#232;re de Milioukov et de ses acolytes. Et cela se passait &#224; l'&#233;poque o&#249; Petersbourg &#233;tait le v&#233;ritable foyer de la r&#233;volution qui n'avait pas encore r&#233;ussi &#224; s'affermir dans les autres parties du pays. Afin de lui faire donner une bonne le&#231;on, Rodzianko, ex-pr&#233;sident de la Douma, parlait ouvertement de livrer Petersbourg aux Allemands comme on avait d&#233;j&#224; livr&#233; Riga. Rodzianko ne faisait qu'&#233;noncer ce qui constituait la t&#226;che de Milioukov, et que Kerensky appuyait de toute sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Milioukov voulait, &#224; l'exemple de Thiers, d&#233;sarmer le prol&#233;tariat. Mais ce qui &#233;tait pire encore, c'est que par l'entremise de Kerensky, Tchernov et Tseretelli, le prol&#233;tariat de Petersbourg avait &#233;t&#233; d&#233;sarm&#233; en juillet 1917. Il s'&#233;tait de nouveau partiellement r&#233;arm&#233; lors de l'offensive de Kornilov sur Petersbourg en ao&#251;t, Et ce r&#233;armement fut un &#233;l&#233;ment s&#233;rieux pour la pr&#233;paration de l'insurrection d'octobre-novembre. De sorte que ce sont pr&#233;cis&#233;ment les points sur lesquels Kautsky oppose l'insurrection de mars des ouvriers parisiens &#224; notre r&#233;volution d'octobre qui co&#239;ncident dans une tr&#232;s large mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en quoi diff&#232;rent-elles ? Avant tout, en ce que Thiers a r&#233;alis&#233; ses sinistres projets : Paris fut &#233;trangl&#233; et des dizaines de milliers d'ouvriers massacr&#233;s. Milioukov, lui, s'est piteusement effondr&#233; : Petersbourg est rest&#233; la citadelle inexpugnable du prol&#233;tariat, et les leaders de la bourgeoisie russe sont all&#233;s en Ukraine solliciter l'occupation de la Russie par les arm&#233;es du Kaiser. Cette diff&#233;rence est due en grande partie &#224; notre faute, et nous sommes pr&#234;ts &#224; en porter la responsabilit&#233;. Il y a aussi une diff&#233;rence capitale, qui s'est faite plus d'une fois sentir dans le d&#233;veloppement ult&#233;rieur des &#233;v&#233;nements, dans le fait suivant : tandis que les communards partaient de pr&#233;f&#233;rence de consid&#233;rations patriotiques, nous nous placions invariablement du point de vue de la r&#233;volution internationale. La d&#233;faite de la Commune a men&#233; &#224; l'effondrement de fait de la Premi&#232;re Internationale. La victoire du pouvoir sovi&#233;tique a conduit &#224; la fondation de la Troisi&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Marx, &#224; la veille m&#234;me de l'insurrection, conseillait aux communards, non de se soulever, mais de cr&#233;er une organisation ! On pourrait &#224; la rigueur comprendre que Kautsky cite ce t&#233;moignage pour montrer que Marx avait sous-estim&#233; l'acuit&#233; de la situation &#224; Paris. Mais Kautsky s'efforce d'exploiter le conseil de Marx comme preuve du caract&#232;re bl&#226;mable de l'insurrection en g&#233;n&#233;ral. Pareil &#224; tous les mandarins de la social-d&#233;mocratie allemande, Kautsky voit avant tout dans l'organisation une entrave &#224; l'action r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si on se limite &#224; la question de l'organisation en tant que telle, il ne faut pas oublier que la r&#233;volution d'Octobre a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e par les neuf mois d'existence du gouvernement de K&#233;rensky, pendant lesquels notre parti s'est occup&#233;, non sans succ&#232;s, non seulement d'agitation, mais aussi d'organisation. La r&#233;volution d'Octobre a eu lieu apr&#232;s que nous ayons conquis l'&#233;crasante majorit&#233; dans les Soviets d'ouvriers et de soldats de Petersbourg, de Moscou et en g&#233;n&#233;ral dans tous les centres industriels du pays, et transform&#233; les Soviets en organisation dirig&#233;es par notre parti. Chez les communards il n'y eut rien de semblable. Enfin, nous avions derri&#232;re nous l'h&#233;ro&#239;que Commune de Paris, de l'effondrement de laquelle nous avions tir&#233; cette d&#233;duction que les r&#233;volutionnaires doivent pr&#233;voir les &#233;v&#233;nements et s'y pr&#233;parer. Voil&#224; encore un de nos torts&lt;br class='autobr' /&gt;
La Commune de Paris et le terrorisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kautsky ne fait sa vaste comparaison entre la Commune et la Russie sovi&#233;tique que pour calomnier et humilier la dictature du prol&#233;tariat vivante et victorieuse au profit d'une tentative de dictature qui remonte &#224; un pass&#233; d&#233;j&#224; assez lointain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kautsky cite avec une extraordinaire satisfaction une d&#233;claration du Comit&#233; Central de la garde nationale en date du 19 mars, au sujet de l'assassinat par les soldats de deux g&#233;n&#233;raux : &#034;Nous le disons avec indignation : la boue sanglante dont on essaie de fl&#233;trir notre honneur est une ignoble infamie. Jamais un arr&#234;t d'ex&#233;cution n'a &#233;t&#233; sign&#233; par nous ; jamais la garde nationale n'a pris part &#224; l'ex&#233;cution d'un crime [3] &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que le Comit&#233; Central n'avait aucune raison de prendre sur lui la responsabilit&#233; d'un meurtre dans lequel il n'&#233;tait pour rien. Mais le ton path&#233;tique et sentimental de la d&#233;claration caract&#233;rise tr&#232;s clairement la timidit&#233; politique de ces hommes devant l'opinion publique bourgeoise. Ce n'est pas &#233;tonnant. Les repr&#233;sentants de la garde nationale &#233;taient pour la plupart des hommes au pass&#233; r&#233;volutionnaire fort modeste. &#034;Il n'y a, &#233;crit Lissagaray, pas un nom connu. Tous les &#233;lus sont des petits-bourgeois, boutiquiers, employ&#233;s, &#233;trangers aux coteries, jusque-l&#224; m&#234;me &#224; la politique pour la plupart&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le sentiment discret, quelque peu craintif, de sa terrible responsabilit&#233; historique, et le d&#233;sir d'y &#233;chapper au plus t&#244;t - &#233;crit Lavrov &#224; ce sujet - perce dans toutes les proclamations de ce Comit&#233; Central entre les mains duquel &#233;tait tomb&#233; le destin de Paris&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant cit&#233;, pour nous faire honte, cette d&#233;claration sur l'effusion de sang, Kautsky critique ensuite, suivant en cela Marx et Engels, l'ind&#233;cision de la Commune : &#034;Si les Parisiens [c'est-&#224;-dire les communards] s'&#233;taient lanc&#233;s pour de bon &#224; la poursuite de Thiers, peut-&#234;tre auraient-ils r&#233;ussi &#224; s'emparer du gouvernement. Les troupes qui se retiraient de Paris n'auraient pu leur opposer la moindre r&#233;sistance [...]. Mais Thiers put battre en retraite sans encombre. On lui permit de se retirer avec son arm&#233;e, de la r&#233;organiser &#224; Versailles, de lui insuffler un nouveau moral et de la renforcer&#034; (p. 49).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kautsky ne peut pas comprendre que ce sont les m&#234;mes hommes, et pour les m&#234;mes raisons, qui ont publi&#233; la d&#233;claration cit&#233;e du 19 mars et qui ont permis &#224; Thiers de se retirer sans coup f&#233;rir et de regrouper son arm&#233;e. Si les communards avaient vaincu en exer&#231;ant une influence purement morale, leur d&#233;claration aurait &#233;t&#233; d'un grand poids. Mais cela n'a pas &#233;t&#233; le cas. En fait, leur humanitarisme sentimental n'&#233;tait que l'envers de leur passivit&#233; r&#233;volutionnaire. Des hommes &#224; qui par la volont&#233; du sort est &#233;chu le gouvernement de Paris, et qui ne comprennent pas la n&#233;cessit&#233; de s'en servir imm&#233;diatement et jusqu'au bout pour se lancer &#224; la poursuite de Thiers, pour l'&#233;craser compl&#232;tement avant qu'il ait eu le temps de se reprendre, pour concentrer les troupes dans leurs mains, pour proc&#233;der &#224; l'&#233;puration indispensable du corps de commandement, pour s'emparer de la province - de tels hommes ne pouvaient &#233;videmment pas &#234;tre dispos&#233;s &#224; s&#233;vir rigoureusement contre les &#233;l&#233;ments contre-r&#233;volutionnaires. Les deux choses sont &#233;troitement li&#233;es. On ne peut se lancer &#224; la poursuite de Thiers sans arr&#234;ter ses agents &#224; Paris et sans fusiller les conspirateurs et les espions. Si l'on consid&#232;re l'assassinat des g&#233;n&#233;raux contre-r&#233;volutionnaires comme un crime abominable, il est impossible de galvaniser les &#233;nergies pour poursuivre les troupes qui sont command&#233;es par des g&#233;n&#233;raux contre-r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;volution, la plus grande humanit&#233; n'est autre que la plus grande &#233;nergie. &#034;Ce sont pr&#233;cis&#233;ment, &#233;crit fort justement Lavrov, ceux qui attachent tant de prix &#224; la vie humaine, au sang humain, qui doivent mettre tout en &#339;uvre pour obtenir une victoire rapide et d&#233;cisive et qui, ensuite, doivent agir au plus vite et &#233;nergiquement pour soumettre l'ennemi ; car ce n'est que par cette mani&#232;re de proc&#233;der que l'on peut obtenir le minimum de pertes in&#233;vitables et le minimum de sang vers&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration du 19 mars peut cependant &#234;tre appr&#233;ci&#233;e plus correctement si on l'envisage non comme une profession de foi absolue, mais comme l'expression d'un &#233;tat d'esprit passager au lendemain d'une victoire inattendue obtenue sans la moindre effusion de sang. Totalement &#233;tranger &#224; la compr&#233;hension de la dynamique de la r&#233;volution et de la d&#233;termination interne de son &#233;tat d'esprit qui &#233;volue rapidement, Kautsky pense au moyen de formules mortes et d&#233;forme la perspective des &#233;v&#233;nements par des analogies arbitraires. Il ne comprend pas que cette ind&#233;cision g&#233;n&#233;reuse en g&#233;n&#233;ral naturelle aux masses dans la premi&#232;re &#233;poque de la r&#233;volution. Les ouvriers ne passent &#224; l'offensive que sous l'empire d'une n&#233;cessit&#233; de fer, comme ils ne passent &#224; la terreur rouge que sous la menace des massacres contre-r&#233;volutionnaires. Ce que Kautsky d&#233;peint comme le r&#233;sultat d'une morale particuli&#232;rement &#233;lev&#233;e du prol&#233;tariat parisien de 1871, ne fait en r&#233;alit&#233; que caract&#233;riser la premi&#232;re &#233;tape de la guerre civile. Des faits semblables ont &#233;t&#233; &#233;galement observ&#233;s chez nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Petersbourg, nous avons conquis le pouvoir en octobre-novembre 1917 presque sans effusion de sang, et m&#234;me sans arrestations. Les ministres du gouvernement de K&#233;rensky ont &#233;t&#233; remis en libert&#233; aussit&#244;t apr&#232;s la r&#233;volution. Bien plus, le g&#233;n&#233;ral cosaque Krasnov, qui avait attaqu&#233; Petersbourg de concert avec K&#233;rensky apr&#232;s que le pouvoir f&#251;t pass&#233; au soviet, et qui avait &#233;t&#233; fait prisonnier &#224; Gatchina, fut remis en libert&#233; contre sa parole d'honneur d&#232;s le lendemain. Cette &#034;magnanimit&#233;&#034; &#233;tait bien dans l'esprit des premiers jours de la Commune, mais elle n'en fut pas moins une erreur. Le g&#233;n&#233;ral Krasnov, apr&#232;s avoir guerroy&#233; contre nous pendant pr&#232;s d'un an dans le Sud, apr&#232;s avoir massacr&#233; plusieurs milliers de communistes, a r&#233;cemment attaqu&#233; une nouvelle fois Petersbourg, cette fois dans les rangs de l'arm&#233;e de Youd&#233;nitch. La r&#233;volution prol&#233;tarienne ne se fit plus dure qu'apr&#232;s le soul&#232;vement des junkers &#224; Petersbourg et surtout apr&#232;s la r&#233;volte (tram&#233;e par les cadets, les socialistes-r&#233;volutionnaires, les mencheviks) des tch&#233;coslovaques dans la r&#233;gion de la Volga - o&#249; les communistes furent extermin&#233;s en masse - apr&#232;s l'attentat contre L&#233;nine, l'assassinat d'Ouritsky, etc, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#234;mes tendances, mais seulement dans leurs premi&#232;res phases, nous les observons aussi dans l'histoire de la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouss&#233;e par la logique de la lutte, celle-ci entra en mati&#232;re de principe dans la voie de l'intimidation. La cr&#233;ation du Comit&#233; de Salut public &#233;tait dict&#233;e pour beaucoup de ses partisans par l'id&#233;e de la terreur rouge. Ce comit&#233; avait pour objet de &#034;faire tomber les t&#234;tes des tra&#238;tres&#034; et de &#034;r&#233;primer les trahisons&#034; (s&#233;ances du 30 avril et du 1er mai). Parmi les d&#233;crets d'&#034;intimidation&#034;, il convient de signaler l'ordonnance (du 3 avril) sur la s&#233;questration des biens de Thiers et de ses ministres, la d&#233;molition de sa maison, le renversement de la colonne Vend&#244;me, et en particulier le d&#233;cret sur les otages. Pour chaque prisonnier ou partisan de la Commune fusill&#233; par les Versaillais, on devait fusiller trois otages. Les mesures prises par la Pr&#233;fecture de police, dirig&#233;e par Raoul Rigault, &#233;taient d'un caract&#232;re purement terroriste, quoiqu'elles ne fussent pas toujours adapt&#233;es au but poursuivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'efficacit&#233; de toutes ces mesures d'intimidation fut paralys&#233;e par l'inconsistance et l'&#233;tat d'esprit conciliateur des &#233;l&#233;ments dirigeants de la Commune, par leurs efforts pour faire accepter le fait accompli &#224; la bourgeoisie au moyen de phrases pitoyables, par leurs oscillations entre la fiction de la d&#233;mocratie et la r&#233;alit&#233; de la dictature. Cette derni&#232;re id&#233;e est admirablement formul&#233;e par Lavrov dans son livre sur la Commune :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Le Paris des riches bourgeois et des prol&#233;taires mis&#233;reux, en tant que communaut&#233; politique des diff&#233;rentes classes, exigeait au nom des principes lib&#233;raux une compl&#232;te libert&#233; de parole, de r&#233;union, de critique du gouvernement, etc. Le Paris qui venait d'accomplir la r&#233;volution dans l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat, et qui s'&#233;tait donn&#233; pour but de la r&#233;aliser dans les institutions, r&#233;clamait, en tant que communaut&#233; du prol&#233;tariat ouvrier &#233;mancip&#233;, des mesures r&#233;volutionnaires, c'est-&#224;-dire dictatoriales, vis-&#224;-vis des ennemis du nouveau r&#233;gime&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Commune de Paris n'&#233;tait pas tomb&#233;e, si elle avait pu se maintenir dans une lutte ininterrompue, il ne peut y avoir de doute qu'elle aurait &#233;t&#233; oblig&#233;e de recourir &#224; des mesures de plus en plus rigoureuses pour &#233;craser la contre-r&#233;volution. Il est vrai que Kautsky n'aurait pas eu alors la possibilit&#233; d'opposer les communards humanitaires aux bolcheviks inhumains. En revanche, Thiers n'aurait pu commettre sa monstrueuse saign&#233;e du prol&#233;tariat de Paris. L'histoire y aurait peut-&#234;tre trouv&#233; son compte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Comit&#233; Central arbitraire et la Commune &#034;d&#233;mocratique&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le 19 mars, rapporte Kautsky, au Comit&#233; Central de la garde nationale, les uns exig&#232;rent qu'on marche sur Versailles, les autres qu'on en appelle aux &#233;lecteurs, les troisi&#232;mes qu'on recoure avant tout aux mesures r&#233;volutionnaires, comme si chacun de ces pas - nous apprend notre auteur avec une grande profondeur d'esprit - n'&#233;tait pas &#233;galement n&#233;cessaire et comme si l'un e&#251;t exclu l'autre&#034; (p. 54).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les lignes qui suivent, Kautsky, au sujet de ces d&#233;saccords au sein de la Commune, nous offrira des banalit&#233;s r&#233;chauff&#233;es sur les rapports r&#233;ciproques entre les r&#233;formes et la r&#233;volution. En r&#233;alit&#233;, la question se posait ainsi : si l'on voulait prendre l'offensive et marcher sur Versailles sans perdre un instant, il &#233;tait n&#233;cessaire de r&#233;organiser sur le champ la Garde Nationale, de mettre &#224; sa t&#234;te les &#233;l&#233;ments les plus combatifs du prol&#233;tariat parisien, ce qui e&#251;t entra&#238;n&#233; un affaiblissement temporaire de Paris du point de vue r&#233;volutionnaire. Mais organiser les &#233;lections &#224; Paris tout en faisant sortir de ses murs l'&#233;lite de la classe ouvri&#232;re aurait &#233;t&#233; une absurdit&#233; du point de vue du parti r&#233;volutionnaire. En th&#233;orie, la marche sur Versailles et les &#233;lections &#224; la Commune ne se contredisaient nullement ; mais dans la pratique, elles s'excluaient : pour le succ&#232;s des &#233;lections, il fallait remettre la marche sur Versailles ; pour le succ&#232;s de la marche, il fallait remettre les &#233;lections. Enfin, si l'on mettait le prol&#233;tariat en campagne en affaiblissant temporairement Paris, il devenait indispensable de s'assurer contre toute possibilit&#233; de tentatives contre-r&#233;volutionnaires dans la capitale, car Thiers ne se f&#251;t arr&#234;t&#233; devant rien pour allumer derri&#232;re les communards l'incendie de la r&#233;action. Il fallait &#233;tablir dans la capitale un r&#233;gime plus militaire, c'est-&#224;-dire plus rigoureux. &#034;Il fallait lutter, &#233;crit Lavrov, contre une multitude d'ennemis int&#233;rieurs qui foisonnaient dans Paris et qui, hier encore, se r&#233;voltaient aux abords de la Bourse et de la Place Vend&#244;me, qui avaient leurs repr&#233;sentants dans l'administration et dans la Garde Nationale, qui avaient leur presse, leurs r&#233;unions, qui entretenaient des rapports presque au grand jour avec les Versaillais, et qui se faisaient toujours plus r&#233;solus et audacieux, &#224; chaque imprudence, &#224; chaque insucc&#232;s de la Commune&#034;. Il fallait en m&#234;me temps prendre des mesures r&#233;volutionnaires d'ordre financier et &#233;conomique en g&#233;n&#233;ral, avant tout pour satisfaire aux besoins de l'arm&#233;e r&#233;volutionnaire. Toutes ces mesures les plus indispensables de la dictature r&#233;volutionnaire auraient difficilement &#233;t&#233; conciliables avec une large campagne &#233;lectorale. Mais Kautsky n'a pas la moindre compr&#233;hension de ce qu'est une r&#233;volution en fait. Il pense que concilier th&#233;oriquement signifie r&#233;aliser pratiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; Central avait fix&#233; les &#233;lections &#224; la Commune au 22 mars ; mais manquant de confiance en soi, effray&#233; de sa propre ill&#233;galit&#233;, s'effor&#231;ant d'agir en accord avec une institution plus &#034;l&#233;gale&#034;, il ouvrit des pourparlers ridicules et interminables avec l'assembl&#233;e, tout &#224; fait impuissante, des maires et des d&#233;put&#233;s de Paris, pr&#234;t &#224; partager le pouvoir avec elle ne f&#251;t-ce que pour arriver &#224; un accord. On perdit ainsi un temps pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, sur lequel Kautsky, selon une vieille habitude, tente de s'appuyer, n'a nullement propos&#233; d'&#233;lire la Commune et de lancer simultan&#233;ment les ouvriers dans une campagne militaire. Dans sa lettre &#224; Kugelmann du 12 avril 1871, Marx &#233;crivait que le Comit&#233; Central de la Garde Nationale avait bien trop t&#244;t fait abandon de ses pouvoirs pour laisser le champ libre &#224; la Commune. Kautsky, selon ses propres paroles, &#034;ne comprend pas&#034; cette opinion de Marx. La chose est bien simple. Marx comprenait en tout cas que la t&#226;che ne consistait pas &#224; courir apr&#232;s la l&#233;galit&#233;, mais &#224; porter un coup mortel &#224; l'ennemi. &#034;Si le Comit&#233; Central avait &#233;t&#233; compos&#233; de vrais r&#233;volutionnaires, &#233;crit fort justement Lavrov, il aurait d&#251; agir bien diff&#233;remment. Il aurait &#233;t&#233; impardonnable de sa part d'accorder dix jours &#224; ses ennemis avant l'&#233;lection et la convocation de la Commune, pour qu'ils puissent se r&#233;tablir au moment o&#249; les dirigeants du prol&#233;tariat abandonnaient leur devoir et ne se reconnaissaient pas le droit de diriger imm&#233;diatement le prol&#233;tariat. L'impr&#233;paration totale des partis populaires produisait maintenant un Comit&#233; qui consid&#233;rait ces dix jours d'inaction comme obligatoires&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aspirations du Comit&#233; Central cherchant comment remettre au plus vite le pouvoir &#224; un gouvernement &#034;l&#233;gal&#034; &#233;taient moins dict&#233;es par les superstitions d'une d&#233;mocratie formelle qui, du reste, ne faisaient pas d&#233;faut, que par la peur des responsabilit&#233;s. Sous pr&#233;texte qu'il n'&#233;tait qu'une institution provisoire, le Comit&#233; Central, bien que tout l'appareil mat&#233;riel du pouvoir f&#251;t concentr&#233; entre ses mains, refusa de prendre les mesures les plus n&#233;cessaires et les plus urgentes. Or, la Commune ne reprit pas la totalit&#233; du pouvoir politique Central, qui continua, sans beaucoup se g&#234;ner, &#224; s'immiscer dans toutes les affaires. Il en r&#233;sulta une dualit&#233; de pouvoir extr&#234;mement dangereuse, notamment dans le domaine militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 mai, le Comit&#233; Central envoya &#224; la Commune une d&#233;l&#233;gation qui exigea qu'on lui remette la conduite de l'administration de la guerre. De nouveau, rapporte Lissagaray, on discuta pour savoir s'il fallait faire arr&#234;ter le Comit&#233; Central ou bien lui donner la direction des op&#233;rations de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, il s'agissait ici, non des principes de la d&#233;mocratie, mais de l'absence chez les deux parties d'un clair programme d'action ainsi que de la tendance, tant de la part de l'organisation r&#233;volutionnaire &#034;arbitraire&#034; personnifi&#233;e par le Comit&#233; Central, que de l'organisation &#034;d&#233;mocratique&#034; de la Commune, &#224; se d&#233;charger l'une sur l'autre des responsabilit&#233;s sans pour autant renoncer enti&#232;rement au pouvoir. On ne peut pas dire que de tels rapports politiques soient dignes d'&#234;tre imit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Mais le Comit&#233; Central - ainsi se console Kautsky - n'a jamais tent&#233; de porter atteinte au principe en vertu duquel le pouvoir sup&#233;rieur doit appartenir aux &#233;lus du suffrage universel. Sur ce point, la Commune de Paris &#233;tait l'oppos&#233; direct de la R&#233;publique sovi&#233;tique&#034; (p. 55). Il n'y avait pas d'unit&#233; de volont&#233; gouvernementale, il n'y avait pas de fermet&#233; r&#233;volutionnaire, il y avait dualit&#233; de pouvoir, et le r&#233;sultat en f&#251;t un &#233;croulement rapide et &#233;pouvantable. En revanche - n'est-ce pas r&#233;confortant ? - aucune atteinte ne fut port&#233;e au &#034;principe&#034; de la d&#233;mocratie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Commune d&#233;mocratique et la dictature r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camarade L&#233;nine a d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233; &#224; Kautsky que tenter de d&#233;peindre la Commune comme une d&#233;mocratie formelle n'est que charlatanisme th&#233;orique. La Commune, tant par les traditions que par les intentions de son parti dirigeant - les blanquistes - &#233;tait l'expression de la dictature de la ville r&#233;volutionnaire sur le pays. Il en fut ainsi dans la Grande R&#233;volution fran&#231;aise ; il en e&#251;t &#233;t&#233; de m&#234;me dans la R&#233;volution de 1871 si la Commune n'&#233;tait pas tomb&#233;e d&#232;s le d&#233;but. Le fait que dans Paris m&#234;me le pouvoir ait &#233;t&#233; &#233;lu sur la base du suffrage universel, n'exclut pas l'autre fait, bien plus important : l'action militaire de la Commune, d'une ville, contre la France paysanne, c'est-&#224;-dire contre toute la nation. Pour donner satisfaction au grand d&#233;mocrate Kautsky, les r&#233;volutionnaires de la Commune auraient d&#251; pr&#233;alablement consulter, par la voie du suffrage universel, toute la population de la France, pour savoir si elle les autorisait &#224; faire la guerre aux bandes de Thiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans Paris m&#234;me, les &#233;lections s'effectu&#232;rent apr&#232;s la fuite de la bourgeoisie soutenant Thiers, ou du moins de ses &#233;l&#233;ments les plus actifs, et apr&#232;s l'&#233;vacuation des troupes de Thiers. La bourgeoisie qui restait &#224; Paris, malgr&#233; toute son impudence, n'en redoutait pas moins les bataillons r&#233;volutionnaires, et c'est sous le signe de cette crainte, qui faisait pressentir l'in&#233;vitable terreur rouge de l'avenir, que se d&#233;roul&#232;rent les &#233;lections. Se consoler en pensant que le Comit&#233; Central de la Garde Nationale, sous la dictature - molle et inconsistante, h&#233;las - duquel s'effectuaient les &#233;lections &#224; la Commune n'a pas attent&#233; au principe du suffrage universel, c'est, en r&#233;alit&#233;, donner des coups d'&#233;p&#233;e dans l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Multipliant les comparaisons st&#233;riles, Kautsky profite de ce que ses lecteurs ignorent les faits. A Petersbourg, en novembre 1917, nous avons aussi &#233;lu une Commune (la Douma municipale) sur la base du suffrage le plus &#034;d&#233;mocratique&#034;, sans restrictions pour la bourgeoisie. Ces &#233;lections, par suite du boycottage des partis bourgeois, nous donn&#232;rent une &#233;crasante majorit&#233; [4]. La Douma &#034;d&#233;mocratiquement&#034; &#233;lue se soumit volontairement au Soviet de Petersbourg, c'est-&#224;-dire qu'elle mit le fait de la dictature du prol&#233;tariat au-dessus du &#034;principe&#034; du suffrage universel ; et quelque temps apr&#232;s, elle se dissolvait de sa propre initiative en faveur d'une des sections du Soviet p&#233;tersbourgeois. De la sorte, le Soviet de Petersbourg, - ce vrai p&#232;re du pouvoir sovi&#233;tique - a sur lui la gr&#226;ce divine d'une cons&#233;cration d&#233;mocratique formelle qui ne le c&#232;de en rien &#224; celle de la Commune de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Lors des &#233;lections du 26 mars, &#233;crit Kautsky, 90 membres avaient &#233;t&#233; &#233;lus &#224; la Commune. Parmi eux se trouvaient 15 membres du parti gouvernemental (Thiers) et 6 radicaux bourgeois qui, tout en &#233;tant les adversaires du gouvernement, n'en condamnaient pas moins l'insurrection (des ouvriers parisiens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La R&#233;publique sovi&#233;tique, nous enseigne notre auteur, n'aurait jamais tol&#233;r&#233; que de pareils &#233;l&#233;ments contre-r&#233;volutionnaires puissent se pr&#233;senter ne serait-ce que comme candidats, et encore moins se faire &#233;lire. La Commune, par respect de la d&#233;mocratie, ne mit pas le moindre obstacle &#224; l'&#233;lection de ses adversaires bourgeois&#034; (p. 55-56).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; vu plus haut qu'ici Kautsky passe compl&#232;tement &#224; c&#244;t&#233; de la question. En premier lieu, dans la phase analogue du d&#233;veloppement de la R&#233;volution russe, on a proc&#233;d&#233; &#224; des &#233;lections pendant lesquelles le pouvoir sovi&#233;tique laissa toute latitude aux partis bourgeois. Si les cadets, les socialistes-r&#233;volutionnaires et les mencheviks, qui avaient leur presse qui appelait ouvertement au renversement du pouvoir sovi&#233;tique, ont boycott&#233; les &#233;lections, c'est uniquement parce qu'ils esp&#233;raient &#224; cette &#233;poque en finir rapidement avec nous par la force des armes. En second lieu, il n'y eut pas dans la Commune de Paris de d&#233;mocratie exprimant toutes les classes. Pour les d&#233;put&#233;s bourgeois - conservateurs, lib&#233;raux, gambettistes - il ne s'y trouva pas de place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Presque tous ces personnages, &#233;crit Lavrov, sortirent soit sur le champ, soit tr&#232;s vite, du conseil de la Commune. Ils auraient pu &#234;tre les repr&#233;sentants de Paris en tant que ville libre sous l'administration de la bourgeoisie, mais ils &#233;taient compl&#232;tement d&#233;plac&#233;s dans le conseil de la Commune qui, bon gr&#233;, mal gr&#233;, consciemment ou inconsciemment, compl&#232;tement ou incompl&#232;tement, repr&#233;sentait tout de m&#234;me la r&#233;volution du prol&#233;tariat et la tentative, aussi faible qu'elle f&#251;t, de cr&#233;er les formes de soci&#233;t&#233; correspondant &#224; cette r&#233;volution&#034;. Si la bourgeoisie p&#233;tersbourgeoise n'avait pas boycott&#233; les &#233;lections communales, ses repr&#233;sentants seraient entr&#233;s &#224; la Douma de Petersbourg. Ils y seraient rest&#233;s jusqu'au premier soul&#232;vement des socialistes-r&#233;volutionnaires et des cadets, apr&#232;s quoi - avec ou sans la permission de Kautsky - ils auraient probablement &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s s'ils n'avaient pas quitt&#233; la Douma &#224; temps, comme l'avaient fait &#224; un certain moment les membres bourgeois de la Commune de Paris. Le cours des &#233;v&#233;nements serait rest&#233; le m&#234;me, &#224; ceci pr&#232;s qu'&#224; la surface quelques &#233;pisodes se seraient d&#233;roul&#233;s diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Glorifiant la d&#233;mocratie de la Commune et l'accusant en m&#234;me temps d'avoir manqu&#233; de hardiesse &#224; l'&#233;gard de Versailles, Kautsky ne comprend pas que les &#233;lections communales, qui se firent avec la participation &#224; double sens des maires et des d&#233;put&#233;s &#034;l&#233;gaux&#034;, refl&#233;taient l'espoir d'un accord pacifique avec Versailles. C'est tout le fond de la question. Les dirigeants voulaient l'entente et non la lutte. Les masses n'avaient pas encore &#233;puis&#233; leurs illusions. Les autorit&#233;s r&#233;volutionnaires factices n'avaient pas encore eu le temps de r&#233;v&#233;ler leur v&#233;ritable nature. Et le tout s'appelait &#034;d&#233;mocratie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous devons dominer nos ennemis par la force morale...&#034;, pr&#234;chait Vermorel. &#034;Il ne faut pas toucher &#224; la libert&#233; et &#224; la vie de l'individu...&#034;. S'effor&#231;ant de conjurer la &#034;guerre intestine&#034;, Vermorel conviait la bourgeoisie lib&#233;rale, qu'il stigmatisait jadis si impitoyablement, &#224; former un &#034;pouvoir r&#233;gulier, reconnu et respect&#233; par toute la population parisienne&#034;. Le Journal officiel, publi&#233; sous la direction de l'internationaliste Longuet, &#233;crivait : &#034;Le d&#233;plorable malentendu qui, aux journ&#233;es de juin [1848], arma l'une contre l'autre deux classes [...] ne pouvait se renouveler. Cette fois l'antagonisme n'existait pas de classe &#224; classe&#034; (30 mars). Et plus loin : &#034;Toute dissidence aujourd'hui, s'effacera, parce que tous se sentent solidaires, parce que jamais il n'y a eu moins de haine, moins d'antagonisme social&#034; (3 avril). A la s&#233;ance de la Commune du 25 avril, ce ne fut pas sans raison que Jourde se vanta que la Commune n'ait &#034;jamais port&#233; atteinte &#224; la propri&#233;t&#233;&#034;. C'est ainsi qu'il s'imaginaient conqu&#233;rir l'opinion des milieux bourgeois et trouver la voie d'un accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ce genre de sermon, &#233;crit fort justement Lavrov, ne d&#233;sarma nullement les ennemis du prol&#233;tariat, qui comprenaient parfaitement ce dont le triomphe de celui-ci les mena&#231;ait : par contre, il enleva au prol&#233;tariat toute &#233;nergie combative et l'aveugla comme &#224; dessein en pr&#233;sence d'ennemis irr&#233;ductibles&#034;. Mais ces pr&#234;ches &#233;mollients &#233;taient indissolublement li&#233;s &#224; la fiction de la d&#233;mocratie. Cette fiction de l&#233;galit&#233; faisait croire que la question pouvait se r&#233;soudre sans lutte : &#034;En ce qui concerne les masses de la population - &#233;crit un membre de la Commune, Arthur Arnould - elles croyaient, non sans quelque raison, &#224; l'existence au moins d'une entente tacite avec le gouvernement&#034;. Impuissants &#224; attirer la bourgeoisie, les conciliateurs, comme toujours, induisaient le prol&#233;tariat en erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dans les conditions de l'in&#233;vitable guerre civile qui commen&#231;ait d&#233;j&#224;, le parlementarisme n'exprim&#226;t plus que l'impuissance conciliatrice des groupes dirigeants, c'est ce dont t&#233;moigne de la fa&#231;on la plus &#233;vidente la proc&#233;dure insens&#233;e des &#233;lections compl&#233;mentaires &#224; la Commune (16 avril). A ce moment, &#233;crit Arthur Arnould, &#034;on n'avait plus que faire du vote. La situation &#233;tait devenue tragique au point qu'on n'avait plus ni le loisir, ni le sang-froid n&#233;cessaires pour que les &#233;lections g&#233;n&#233;rales puissent faire leur &#339;uvre. Tous les hommes fid&#232;les &#224; la Commune &#233;taient sur les fortifications, dans les forts, dans les postes avanc&#233;s. Le peuple n'attachait aucune importance &#224; ces &#233;lections compl&#233;mentaires. Ce n'&#233;tait au fond que du parlementarisme. L'heure n'&#233;tait plus &#224; compter les &#233;lecteurs mais &#224; avoir des soldats ; non &#224; rechercher si nous avions grandi ou baiss&#233; dans l'opinion de Paris, mais &#224; d&#233;fendre Paris contre les Versaillais&#034;. Ces paroles auraient pu faire comprendre &#224; Kautsky pourquoi il n'est pas si facile de combiner dans la r&#233;alit&#233; la guerre de classe avec une d&#233;mocratie groupant toutes les classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La Commune n'est pas une Assembl&#233;e Constituante&#034;, &#233;crivait dans sa publication Milli&#232;re, une des meilleures t&#234;tes de la Commune, &#034;elle est un conseil de guerre. Elle ne doit avoir qu'un but : la victoire ; qu'une arme : la force ; qu'une loi : celle du salut public&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ils n'ont jamais pu comprendre&#034;, s'&#233;crie Lissagaray en accusant les dirigeants, &#034;que la Commune &#233;tait une barricade&#034;, et non une administration. Ils ne commenc&#232;rent &#224; le comprendre qu'&#224; la fin, lorsqu'il &#233;tait d&#233;j&#224; trop tard. Kautsky ne l'a pas encore compris. Et rien ne laisse pr&#233;voir qu'il le comprenne un jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commune a &#233;t&#233; la n&#233;gation vivante de la d&#233;mocratie formelle, car, dans son d&#233;veloppement, elle a signifi&#233; la dictature du Paris ouvrier sur la nation paysanne. Ce fait domine tous tes autres. Quels que fussent les efforts des routiniers politiques au sein de la Commune m&#234;me pour se cramponner &#224; l'apparence de la l&#233;galit&#233; d&#233;mocratique, chaque action de la Commune, insuffisante pour la victoire, &#233;tait suffisante pour convaincre de sa nature ill&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commune, c'est-&#224;-dire la municipalit&#233; parisienne, abrogea la conscription nationale. Elle intitula son organe officiel : Journal officiel de la R&#233;publique fran&#231;aise. Bien que timidement, elle toucha &#224; la Banque de France. Elle proclama la s&#233;paration de l'Eglise et de l'Etat et supprima le budget des cultes. Elle entra en relations avec les ambassades &#233;trang&#232;res, etc, etc... Tout cela, elle le fit au nom de la dictature r&#233;volutionnaire. Mais le d&#233;mocrate Cl&#233;menceau, encore vert &#224; l'&#233;poque, ne voulait pas reconna&#238;tre ce droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la r&#233;union avec le Comit&#233; Central, Cl&#233;menceau d&#233;clara : &#034;L'insurrection s'est op&#233;r&#233;e sur un motif ill&#233;gitime [...]. Bient&#244;t le Comit&#233; deviendra ridicule et ses d&#233;crets seront m&#233;pris&#233;s... D'ailleurs, Paris n'a aucun droit de s'insurger contre la France il doit reconna&#238;tre absolument l'autorit&#233; de l'Assembl&#233;e&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che de la Commune &#233;tait de dissoudre l'Assembl&#233;e Nationale. Elle n'y a malheureusement pas r&#233;ussi. Et maintenant, Kautsky recherche des circonstances att&#233;nuantes &#224; ses criminels desseins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait remarquer que les communards avaient pour adversaires &#224; l'Assembl&#233;e Nationale des monarchistes, tandis qu'&#224; l'Assembl&#233;e Constituante nous avions contre nous... des socialistes en la personne des socialistes-r&#233;volutionnaires et des mencheviks. Voil&#224; bien une totale &#233;clipse d'esprit ! Kautsky parle des mencheviks et des socialistes-r&#233;volutionnaires, mais il oublie l'unique ennemi s&#233;rieux : les cadets. Ils constituaient pr&#233;cis&#233;ment notre parti &#034;versaillais&#034; russe, c'est-&#224;-dire le bloc des propri&#233;taires au nom de la propri&#233;t&#233;, et le professeur Milioukov essayait de toutes ses forces d'imiter le &#034;petit grand homme&#034; Thiers. De tr&#232;s bonne heure - bien avant la r&#233;volution d'Octobre - Milioukov - s'&#233;tait mis &#224; la recherche d'un Galliffet, qu'il avait tour &#224; tour cru trouver en la personne des g&#233;n&#233;raux Kornilov, Alex&#233;iev, Kal&#233;dine, Krasnov ; et apr&#232;s que Koltchak eut rel&#233;gu&#233; &#224; l'arri&#232;re-plan les partis politiques et dissous l'Assembl&#233;e Constituante, le parti cadet, l'unique parti bourgeois s&#233;rieux, de nature essentiellement monarchiste, non seulement ne lui refusa pas son appui, mais l'entoura d'une sympathie encore plus grande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mencheviks et les socialistes-r&#233;volutionnaires ne jou&#232;rent chez nous aucun r&#244;le ind&#233;pendant, comme il en est d'ailleurs du parti de Kautsky pendant les &#233;v&#233;nements r&#233;volutionnaires d'Allemagne. Ils avaient &#233;difi&#233; toute leur politique sur la coalition avec les cadets, leur assurant ainsi une situation pr&#233;pond&#233;rante qui ne correspondait gu&#232;re au rapport des forces politiques. Les partis socialiste-r&#233;volutionnaire et menchevik n'&#233;taient qu'un appareil de transmission destin&#233; &#224; gagner dans les meetings et aux &#233;lections la confiance politiques des masses r&#233;veill&#233;es par la r&#233;volution pour en faire b&#233;n&#233;ficier le parti imp&#233;rialiste contre-r&#233;volutionnaire cadet - cela ind&#233;pendamment de l'issue des &#233;lections. La d&#233;pendance de la majorit&#233; menchevik et socialiste-r&#233;volutionnaire &#224; l'&#233;gard de la minorit&#233; cadette n'&#233;tait en elle-m&#234;me qu'une raillerie &#224; peine voil&#233;e de l'id&#233;e de &#034;d&#233;mocratie&#034;. Mais ce n'est pas tout. Dans les parties du pays o&#249; le r&#233;gime de &#034;d&#233;mocratie&#034; subsistait assez longtemps, il se terminait in&#233;vitablement par un coup d'Etat contre-r&#233;volutionnaire ouvert. Il en fut ainsi en Ukraine o&#249; la Rada d&#233;mocratique, qui avait vendu le pouvoir sovi&#233;tique &#224; l'imp&#233;rialisme allemand, se vit elle-m&#234;me rejet&#233;e par le monarchiste Skoropadsky. Il en fut ainsi au Kouban, o&#249; la Rada d&#233;mocratique se retrouva sous la botte de Denikine. Il en fut ainsi - et c'est l'exp&#233;rience la plus importante de notre &#034;d&#233;mocratie&#034; - en Sib&#233;rie, o&#249; l'Assembl&#233;e Constituante, formellement domin&#233;e, en l'absence des bolcheviks, par les socialistes-r&#233;volutionnaires et les mencheviks, et dirig&#233;e en fait par les cadets, conduisit &#224; la dictature de l'amiral tsariste Koltchak. Il en fut ainsi, enfin, dans le Nord, o&#249; les membres de la Constituante, personnifi&#233;s par le gouvernement du socialiste-r&#233;volutionnaire Tchaikovsky, se transform&#232;rent en d&#233;coration de pacotille au profit des g&#233;n&#233;raux contre-r&#233;volutionnaires russes et anglais. Dans tous les petits gouvernements limitrophes, les choses se sont pass&#233;es ou se passent ainsi : en Finlande, en Estonie, en Lettonie, en Lituanie, en Pologne, en G&#233;orgie, en Arm&#233;nie, o&#249;, sous le pavillon formel de la d&#233;mocratie, se renforce la domination des propri&#233;taires fonciers, des capitalistes et du militarisme &#233;tranger.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouvrier parisien de 1871 - Le prol&#233;taire p&#233;tersbourgeois de 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des comparaisons les plus grossi&#232;res, les plus injustifi&#233;es et les plus honteuses politiquement que fait Kautsky entre la Commune et la Russie sovi&#233;tique, concerne le caract&#232;re de l'ouvrier parisien de 1871 et du prol&#233;taire russe de 1917-1919. Kautsky nous d&#233;peint le premier comme un r&#233;volutionnaire enthousiaste capable de la plus haute abn&#233;gation, le second comme un &#233;go&#239;ste, un profiteur, un anarchiste spontan&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrier parisien a derri&#232;re lui un pass&#233; trop bien d&#233;fini pour avoir besoin de recommandations r&#233;volutionnaires ou pour devoir se d&#233;fendre des louanges du Kautsky actuel. N&#233;anmoins, le prol&#233;tariat de Petersbourg n'a pas et ne peut avoir de motifs de renoncer &#224; se comparer &#224; son h&#233;ro&#239;que fr&#232;re a&#238;n&#233;. Les trois ann&#233;es de lutte ininterrompue des ouvriers p&#233;tersbourgeois, d'abord pour la conqu&#234;te du pouvoir, ensuite pour son maintien et son affermissement au milieu des souffrances sans pr&#233;c&#232;dent de la faim, du froid, des dangers continuels, constituent une chronique exceptionnelle de l'h&#233;ro&#239;sme et de l'abn&#233;gation collectifs. Kautsky, comme nous le montrons par ailleurs, prend, pour les comparer &#224; lu fine fleur des communards, les &#233;l&#233;ments les plus obscurs du prol&#233;tariat russe. Il ne se distingue en rien sur ce point des sycophantes bourgeois, pour lesquels les communards morts sont toujours infiniment plus attrayants que les vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat p&#233;tersbourgeois a pris le pouvoir quarante-cinq ans apr&#232;s le prol&#233;tariat parisien. Cet intervalle nous a dot&#233;s d'une immense sup&#233;riorit&#233;. Le caract&#232;re petit-bourgeois et artisan du vieux et en partie du nouveau Paris est totalement &#233;tranger &#224; Petersbourg, centre de l'industrie la plus concentr&#233;e du monde. Cette derni&#232;re circonstance nous a consid&#233;rablement facilit&#233; nos t&#226;ches d'agitation et d'organisation, ainsi que l'instauration du syst&#232;me sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre prol&#233;tariat est loin de poss&#233;der les riches traditions du prol&#233;tariat fran&#231;ais. Mais en revanche, au d&#233;but de la r&#233;volution pr&#233;sente, la grande exp&#233;rience des insucc&#232;s de 1905 &#233;tait encore vivante dans la m&#233;moire de la g&#233;n&#233;ration a&#238;n&#233;e de nos ouvriers, qui n'oubliait pas le devoir de vengeance qui lui avait &#233;t&#233; l&#233;gu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers russes ne sont pas pass&#233;s, comme les ouvriers fran&#231;ais, par la longue &#233;cole de la d&#233;mocratie et du parlementarisme, &#233;cole qui, &#224; certaines &#233;poques, fut un facteur important de culture politique du prol&#233;tariat. Mais d'autre part, l'amertume des d&#233;ceptions et le poison du scepticisme qui lient - jusqu'&#224; une heure que nous esp&#233;rons proche - la volont&#233; r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat fran&#231;ais, n'avaient pas eu le temps de se d&#233;poser dans l'&#226;me de la classe ouvri&#232;re russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commune de Paris a subi un d&#233;sastre militaire avant d'avoir vu se dresser devant elle, de toute leur hauteur, les questions &#233;conomiques. En d&#233;pit des magnifiques qualit&#233;s guerri&#232;res des ouvriers parisiens, le destin militaire de la Commune fut de bonne heure d&#233;sesp&#233;r&#233; : l'ind&#233;cision et l'esprit de conciliation au sommet avaient engendr&#233; la d&#233;sagr&#233;gation &#224; la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solde de garde national &#233;tait pay&#233;e &#224; 162.000 simples soldats et &#224; 6.500 officiers, mais le nombre de ceux qui allaient r&#233;ellement au combat, surtout apr&#232;s la sortie infructueuse du 3 avril, variait entre vingt et trente mille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits ne compromettent nullement les ouvriers parisiens et ne donnent &#224; personne le droit de les traiter de l&#226;ches ou de d&#233;serteurs - bien que les cas de d&#233;sertion n'aient certainement pas &#233;t&#233; rares. La combativit&#233; d'une arm&#233;e requiert avant tout l'existence d'un appareil de direction pr&#233;cis et centralis&#233;. Les communards n'en avaient pas m&#234;me id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;partement de la guerre de la Commune &#233;tait, selon l'expression d'un auteur, comme dans une chambre sombre o&#249; tout le monde se bousculait. Le bureau du minist&#232;re &#233;tait rempli d'officiers, de gardes qui exigeaient des fournitures militaires, des approvisionnements, ou qui se plaignaient qu'on ne les relev&#226;t pas. On les renvoyait au commandement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Tels bataillons, &#233;crit Lissagaray, restaient vingt, trente jours aux tranch&#233;es, d&#233;nu&#233;s du n&#233;cessaire, tels demeuraient continuellement en r&#233;serve [...]. Cette incurie tua vite la discipline. Les hommes braves ne voulurent relever que d'eux seuls, les autres esquiv&#232;rent le service. Les officiers firent de m&#234;me, ceux-ci quittant leur poste pour aller au feu du voisin, ceux-l&#224; abandonnant&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pareil r&#233;gime ne pouvait rester impuni : la Commune fut noy&#233;e dans le sang. Mais &#224; ce sujet, on trouve chez Kautsky une consolation inimitable : &#034;La conduite de la guerre, dit-il en hochant la t&#234;te, n'est pas en g&#233;n&#233;ral le c&#244;t&#233; fort du prol&#233;tariat&#034; (p. 76).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet aphorisme digne de Pangloss est &#224; la hauteur d'une autre sentence de Kautsky, &#224; savoir que l'Internationale n'est pas une arme utile en temps de guerre, &#233;tant par nature &#034;un instrument de paix&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Kautsky actuel se r&#233;sume, au fond, tout entier dans ces deux aphorismes ; et sa valeur est &#224; peine sup&#233;rieure au z&#233;ro absolu. La conduite de la guerre, voyez-vous, n'est pas en g&#233;n&#233;ral le c&#244;t&#233; fort du prol&#233;tariat, d'autant que l'Internationale n'a pas &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour une p&#233;riode de guerre. Le navire de Kautsky a &#233;t&#233; construit pour naviguer sur les &#233;tangs et les baies calmes, pas du tout pour la pleine mer et une &#233;poque agit&#233;e. S'il commence &#224; faire eau et coule maintenant &#224; fond, la faute en revient &#224; la temp&#234;te, &#224; la masse d'eau exc&#233;dentaire, &#224; l'immensit&#233; des vagues et &#224; toute une s&#233;rie d'autres circonstances impr&#233;vues auxquelles Kautsky ne destinait pas son magnifique instrument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat international s'est donn&#233; pour t&#226;che de conqu&#233;rir le pouvoir. Que la guerre civile &#034;en g&#233;n&#233;ral&#034; soit ou non un des attributs indispensables de la r&#233;volution &#034;en g&#233;n&#233;ral&#034;, il n'en reste pas moins incontestable que le mouvement en avant du prol&#233;tariat en Russie, en Allemagne et dans certaines parties de l'ancienne Autriche-Hongrie, a rev&#234;tu la forme d'une guerre civile intense, et ce non seulement sur les fronts int&#233;rieurs, mais sur les fronts ext&#233;rieurs. Si la conduite de la guerre n'est pas le c&#244;t&#233; fort du prol&#233;tariat, et si l'Internationale ouvri&#232;re n'est bonne que pour les &#233;poques pacifiques, il faut faire une croix sur la r&#233;volution et sur le socialisme, car la conduite de la guerre est un c&#244;t&#233; suffisamment fort du gouvernement capitaliste, qui ne permettra pas aux ouvriers d'arriver au pouvoir sans guerre. Il ne reste plus qu'&#224; consid&#233;rer ce qu'on appelle d&#233;mocratie &#034;socialiste&#034; comme un parasite de la soci&#233;t&#233; capitaliste et du parlementarisme bourgeois, c'est-&#224;-dire &#224; sanctionner ouvertement ce que font en politique les Ebert, les Scheidemann, les Renaudel, et ce contre quoi Kautsky, semble-t-il, s'&#233;l&#232;ve encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conduite de la guerre n'&#233;tait pas le c&#244;t&#233; fort de la Commune. C'est la raison pour laquelle elle a &#233;t&#233; &#233;cras&#233;e - et avec quelle sauvagerie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il faut remonter, &#233;crivait en son temps le lib&#233;ral assez mod&#233;r&#233; Fiaux, aux proscriptions de Sylla, d'Antoine et d'Octave pour trouver pareils assassinats dans l'histoire des nation civilis&#233;es ; les guerres religieuses sous les derniers Valois, la nuit de la Saint-Barth&#233;l&#233;my, l'&#233;poque de la Terreur ne sont en comparaison que des jeux d'enfants. Dans la seule derni&#232;re semaine de mai, on a relev&#233; &#224; Paris 17.000 cadavres de f&#233;d&#233;r&#233;s insurg&#233;s... On tuait encore vers le 15 juin&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La conduite de la guerre n'est pas en g&#233;n&#233;ral le c&#244;t&#233; fort du prol&#233;tariat&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est faux ! Les ouvriers russes ont montr&#233; qu'ils sont capables de se rendre ma&#238;tres aussi de la &#034;machine de guerre&#034;. Nous voyons ici un gigantesque pas en avant par rapport &#224; la Commune. Nous portons coup sur coup &#224; ses bourreaux. La Commune, nous la vengeons, et nous prenons sa revanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des 168.500 gardes nationaux qui recevaient leur solde, 20 ou 30.000 allaient au combat. Ces chiffres sont une mati&#232;re int&#233;ressante pour les d&#233;ductions qu'on peut en tirer sur le r&#244;le de la d&#233;mocratie formelle en p&#233;riode r&#233;volutionnaire. Le sort de la Commune de Paris ne s'est pas d&#233;cid&#233; dans les &#233;lections, mais dans les combats contre l'arm&#233;e de Thiers. Les 168.500 gardes nationaux repr&#233;sentaient la masse principale des &#233;lecteurs. Mais en fait 20 ou 30.000 hommes, minorit&#233; la plus d&#233;vou&#233;e et la plus combative, ont d&#233;termin&#233; dans les combats les destin&#233;es de la Commune. Cette minorit&#233; n'&#233;tait pas isol&#233;e, elle ne faisait qu'exprimer avec plus de courage et d'abn&#233;gation la volont&#233; de la majorit&#233;. Mais ce n'&#233;tait tout de m&#234;me que la minorit&#233;. Les autres, qui se cach&#232;rent au moment critique, n'&#233;taient pas hostiles &#224; la Commune ; au contraire, ils la soutenaient activement ou passivement, mais ils &#233;taient moins conscients, moins r&#233;solus. Sur l'ar&#232;ne de la d&#233;mocratie politique, leur niveau de conscience plus faible rendit possible la supercherie des aventuriers, des escrocs, des charlatans petits-bourgeois et des honn&#234;tes lourdauds qui se leurraient eux-m&#234;mes. Mais lorsqu'il s'agit d'une guerre de classes d&#233;clar&#233;e, ils suivirent plus ou moins la minorit&#233; d&#233;vou&#233;e. Cette situation trouva encore son expression dans l'organisation de la Garde Nationale. Si l'existence de la Commune s'&#233;tait prolong&#233;e, ces rapports r&#233;ciproques entre l'avant-garde et la masse du prol&#233;tariat se seraient renforc&#233;s de plus en plus. L'organisation qui se serait constitu&#233;e et consolid&#233;e en tant qu'organisation des masses travailleuses dans le processus de la lutte ouverte serait devenue l'organisation de leur dictature, le Soviet des d&#233;put&#233;s du prol&#233;tariat en armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] P.L. Lavrov, La Commune de Paris du 18 mars 1871, Editions de la librairie Goloss, P&#233;trograd, 1919. Les passages cit&#233;s par Trotsky dans ce chapitre se trouvent pp. 64-65, 71, 77, 225, 143-144, 87, 112, 371, 100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Nous n'avons pas retrouv&#233; la seconde partie de cette citation que Trotsky attribue &#224; Lissagaray, Histoire de la Commune de 1871, Bruxelles, 1876, p. 106. Les autres passages de cet ouvrage cit&#233;s dans le chapitre ont &#233;t&#233; collationn&#233;s sur l'&#233;dition originale, respectivement pp. 70-71, 107 (citation de Cl&#233;menceau) et 238 (que Trotsky attribue sans doute par erreur &#224; Lavrov).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] D&#233;claration du Comit&#233; Central de la Garde Nationale du 19 mars 1871, publi&#233;e dans le Journal Officiel de la Commune, 20 mars 1871. Nous avons &#233;galement collationn&#233; sur la source originale les citations faites plus loin : s&#233;ances de la Commune du 30 avril et du 1er mai (JO des 3 et 4 mai), JO des 30 mars et 3 avril, JO du 25 avril (d&#233;claration de Jourde).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Il n'est pas sans int&#233;r&#234;t de noter qu'aux &#233;lections communales de 1871 &#224; Paris, 230 000 &#233;lecteurs particip&#232;rent au vote. Aux &#233;lections municipales de novembre 1917 &#224; Petersbourg, en d&#233;pit du boycottage des &#233;lections par tous les partis sauf le n&#244;tre et celui des socialistes-r&#233;volutionnaires de gauche, qui n'avait presque aucune influence dans la capitale, 390.000 &#233;lecteurs particip&#232;rent au vote. Paris comptait en 1871 2.000.000 d'habitants. Il faut noter que notre syst&#232;me &#233;lectoral &#233;tait incomparablement plus d&#233;mocratique, le Comit&#233; Central de la Garde Nationale ayant fait les &#233;lections sur la base de la loi &#233;lectorale de l'Empire. (Note de l'auteur)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Trotsky en 1917</title>
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		<dc:date>2017-02-15T00:46:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
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&lt;p&gt;Trotsky en 1917 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le jugement de L&#233;nine fut en cette p&#233;riode &#8212;jusqu'au 4 avril 1917, c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; son apparition sur l'ar&#232;ne de P&#233;trograd,&#8212; un jugement personnel, individuel. Pas un des dirigeants du parti se trouvant alors en Russie, &#8212;pas un !&#8212; n'avait m&#234;me l'id&#233;e de gouverner vers la dictature du prol&#233;tariat, vers la r&#233;volution socialiste. La conf&#233;rence du parti qui avait r&#233;uni, &#224; la veille de l'arriv&#233;e de L&#233;nine, quelques dizaines de bolcheviks, avait montr&#233; qu'aucun d'eux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique80" rel="directory"&gt;3- L'objectif de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trotsky en 1917&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le jugement de L&#233;nine fut en cette p&#233;riode &#8212;jusqu'au 4 avril 1917, c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; son apparition sur l'ar&#232;ne de P&#233;trograd,&#8212; un jugement personnel, individuel. Pas un des dirigeants du parti se trouvant alors en Russie, &#8212;pas un !&#8212; n'avait m&#234;me l'id&#233;e de gouverner vers la dictature du prol&#233;tariat, vers la r&#233;volution socialiste. La conf&#233;rence du parti qui avait r&#233;uni, &#224; la veille de l'arriv&#233;e de L&#233;nine, quelques dizaines de bolcheviks, avait montr&#233; qu'aucun d'eux n'allait en pens&#233;e au-del&#224; de la d&#233;mocratie. Ce n'est pas sans intention que les proc&#232;s-verbaux de cette conf&#233;rence restent cach&#233;s jusqu'&#224; ce jour. Staline &#233;tait d'avis de soutenir le gouvernement provisoire de Goutchkov-Milioukov et d'arriver &#224; une fusion des bolcheviks avec les mench&#233;viks. La m&#234;me attitude fut prise (ou bien une attitude encore plus opportuniste) par Rykov, Kam&#233;nev, Molotov, Tomsky, Kalinine et tous autres dirigeants ou &#224; demi dirigeants actuels. Iaroslavsky, Ordjonikidz&#233;, le pr&#233;sident du comit&#233; ex&#233;cutif central de l'Ukraine, P&#233;trovsky, et d'autres, publiaient, pendant la r&#233;volution de f&#233;vrier, &#224; Iakoutsk, en commun avec les mench&#233;viks, un journal appel&#233; le Social-D&#233;mocrate, dans lequel ils d&#233;veloppaient les id&#233;es les plus vulgaires de l'opportunisme provincial. Si l'on reproduisait actuellement certains articles du Social-D&#233;mocrate d'Iakoutsk dont Iaroslavsky &#233;tait le r&#233;dacteur en chef, on tuerait id&#233;ologiquement cet homme, en admettant toutefois qu'il soit possible de l'ex&#233;cuter id&#233;ologiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la garde actuelle du &#171; l&#233;ninisme &#187;. Qu'en diverses occasions, ces hommes aient r&#233;p&#233;t&#233; les paroles et imit&#233; les gestes de L&#233;nine, cela, je le sais. Mais, au d&#233;but de 1917, ils &#233;taient livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes. La situation &#233;tait difficile. C'est alors qu'ils auraient d&#251; montrer ce qu'ils avaient appris &#224; l'&#233;cole de L&#233;nine et ce dont ils &#233;taient capables sans L&#233;nine. Qu'ils d&#233;signent seulement, parmi eux, un seul qui de lui-m&#234;me ait su aborder la position qui fut identiquement formul&#233;e par L&#233;nine &#224; Gen&#232;ve et par moi &#224; New-York. Ils ne trouveront pas un nom. La Pravda de P&#233;trograd, dont les r&#233;dacteurs en chef, avant l'arriv&#233;e de L&#233;nine, &#233;taient Staline et Kam&#233;nev, est rest&#233;e &#224; tout jamais un monument d'esprit born&#233;, d'aveuglement et d'opportunisme. Cependant la masse du parti, comme la classe ouvri&#232;re dans son ensemble, se dirigeait spontan&#233;ment vers la lutte pour le pouvoir. Il n'y avait pas en somme d'autre voie, ni pour le parti ni pour le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;fendre, pendant les ann&#233;es de la r&#233;action, la perspective de la r&#233;volution permanente, il fallait des pr&#233;visions th&#233;oriques. Pour lancer, en mars 1917, le mot d'ordre de la lutte pour le pouvoir, il suffisait, ce me semble, du flair politique. Les facult&#233;s de pr&#233;vision et m&#234;me de flair ne se sont r&#233;v&#233;l&#233;es chez aucun &#8212;pas un !&#8212; des dirigeants actuels. Pas un d'entre eux, en mars 1917, n'avait d&#233;pass&#233; la position du petit bourgeois d&#233;mocrate de gauche. Aucun d'entre eux n'a pass&#233; convenablement l'examen de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrivai &#224; P&#233;trograd un mois apr&#232;s L&#233;nine. Exactement le temps pendant lequel j'avais &#233;t&#233; retenu au Canada par Lloyd George. Je trouvai la situation dans le parti essentiellement modifi&#233;e. L&#233;nine avait fait appel &#224; la masse des partisans contre leurs tristes leaders. Il mena une lutte syst&#233;matique contre ces &#171; vieux bolcheviks &#8212;&#233;crivait-il&#8212; qui ont d&#233;j&#224; jou&#233; plus d'une fois un triste r&#244;le dans l'histoire de notre parti, r&#233;p&#233;tant sans y rien comprendre une formule apprise par coeur, au lieu d'&#233;tudier les particularit&#233;s de la nouvelle et vivante situation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kam&#233;nev et Rykov tent&#232;rent de r&#233;sister. Staline, en silence, se mit &#224; l'&#233;cart. Il n'existe pas, pour l'&#233;poque, un seul article o&#249; celui-ci ait fait effort pour juger sa politique de la veille et s'ouvrir un chemin dans le sens de la position l&#233;niniste. Il se tut tout simplement. Il s'&#233;tait trop compromis par la d&#233;sastreuse direction qu'il avait donn&#233;e pendant le premier mois de la r&#233;volution. Il pr&#233;f&#233;ra se retirer dans l'ombre. Il ne prit publiquement nulle part la d&#233;fense des id&#233;es de L&#233;nine. Il &#233;ludait et attendait. Durant les mois o&#249; se fit la pr&#233;paration th&#233;orique et politique d'Octobre, o&#249; s'engag&#232;rent le plus s&#233;rieusement les responsabilit&#233;s, Staline n'eut tout simplement pas d'existence politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'arrivai dans le pays, un bon nombre d'organisations social-d&#233;mocrates groupaient encore des mench&#233;viks et des bolcheviks. C'&#233;tait la cons&#233;quence naturelle de la position que Staline, Kam&#233;nev et d'autres avaient prise non seulement au d&#233;but de la r&#233;volution, mais aussi pendant la guerre, bien que, il faut en convenir, l'attitude de Staline en temps de guerre soit rest&#233;e inconnue de tous : il n'a pas &#233;crit une seule ligne sur cette question qui n'est pas d'une mince importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, les manuels de l'Internationale communiste, dans le monde entier &#8212;pour les Jeunesses communistes en Scandinavie et les pionniers en Australie&#8212; r&#233;p&#232;tent &#224; sati&#233;t&#233; que Trotsky, en ao&#251;t 1912, fit une tentative pour unifier les bolcheviks avec les mench&#233;viks. En revanche, il n'est dit nulle part que Staline, en mars 1917, pr&#234;chait une alliance avec le parti de Ts&#233;r&#233;telli et qu'en fait, jusqu'au milieu de 1917, L&#233;nine ne parvint pas &#224; d&#233;gager le parti du marais o&#249; l'avaient entra&#238;n&#233; les dirigeants temporaires d'alors, actuellement devenus les &#233;pigones. Le fait que pas un d'entre eux ne comprit, au d&#233;but de la r&#233;volution, le sens et la direction de celle-ci est maintenant interpr&#233;t&#233; comme proc&#233;dant de vues dialectiques particuli&#232;rement profondes, s'opposant &#224; l'h&#233;r&#233;sie du trotskysme qui osa non seulement comprendre les faits de la veille, mais aussi pr&#233;voir ceux du lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, arriv&#233; &#224; P&#233;tersbourg, je d&#233;clarai &#224; Kam&#233;nev que je n'objectais rien aux fameuses &#171; th&#232;ses d'avril &#187; de L&#233;nine, qui d&#233;terminaient le cours nouveau du parti, Kam&#233;nev me r&#233;pondit seulement :
&lt;br /&gt;&#8212; Je crois bien !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me d'avoir adh&#233;r&#233; en bonne et due forme au parti, je contribuai &#224; l'&#233;laboration des plus importants documents du bolchevisme. Il ne vint &#224; l'esprit de personne de demander si j'avais renonc&#233; au &#171; trotskysme &#187; comme l'ont voulu savoir, &#224; mille reprises, depuis, dans la p&#233;riode de d&#233;cadence des &#233;pigones, les Cachin, les Thaelmann et autres parasites de la r&#233;volution d'Octobre. Si, &#224; cette &#233;poque, on a pu voir le trotskysme oppos&#233; au l&#233;ninisme, ce fut seulement en ce sens que, dans les sph&#232;res sup&#233;rieures du parti, pendant avril, L&#233;nine fut accus&#233; de trotskysme. Kam&#233;nev en parlait ainsi, ouvertement et avec persistance. D'autres disaient de m&#234;me, mais d'une fa&#231;on plus circonspecte, dans les coulisses. Des dizaines de &#171; vieux bolcheviks &#187; me d&#233;clar&#232;rent, apr&#232;s mon arriv&#233;e en Russie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Maintenant, c'est f&#234;te dans votre rue !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fus forc&#233; de d&#233;montrer que L&#233;nine n'avait pas adopt&#233; ma position, qu'il avait simplement &#233;tendu la sienne et que, par la suite de cette &#233;volution, o&#249; l'alg&#232;bre se simplifiait en arithm&#233;tique, l'identit&#233; de nos id&#233;es s'&#233;tait manifest&#233;e. Il en fut bien ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s nos premi&#232;res rencontres, et plus encore apr&#232;s les Journ&#233;es de juillet, L&#233;nine donnait l'impression d'une extr&#234;me concentration int&#233;rieure, d'un ramassement sur lui-m&#234;me pouss&#233; au dernier degr&#233; &#8212;sous des apparences de calme et de simplicit&#233; prosa&#239;que. Le r&#233;gime k&#233;renskyste semblait, en ces jours-l&#224;, tout-puissant. Le bolchevisme n'&#233;tait repr&#233;sent&#233; que par une &#171; petite bande insignifiante &#187;. C'est ainsi qu'il &#233;tait trait&#233; officiellement. Le parti lui-m&#234;me ne se rendait pas encore compte de la force qu'il allait avoir le lendemain. Et, cependant, L&#233;nine le conduisait, en toute assurance, vers les plus hautes t&#226;ches. Je m'attelai au travail et aidai L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mois avant Octobre, j'&#233;crivais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour nous, l'internationalisme n'est pas une id&#233;e abstraite, n'existant seulement que pour &#234;tre trahie &#224; la premi&#232;re occasion (ce qu'elle est pour un Ts&#233;r&#233;telli ou un Tchernov) ; c'est un principe qui nous dirige imm&#233;diatement et est profond&#233;ment pratique. Un succ&#232;s durable, d&#233;cisif, n'est pas concevable pour nous en dehors d'une r&#233;volution europ&#233;enne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; des noms de Ts&#233;r&#233;telli et de Tchernov, je ne pouvais pas alors encore ranger celui de Staline, philosophe du socialisme dans un seul pays. Je terminais mon article par ces mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La r&#233;volution permanente contre le carnage permanent ! Telle est la lutte dont l'enjeu est le sort de l'humanit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut imprim&#233; dans l'organe central de notre parti, le 7 septembre et reproduit en brochure. Pourquoi mes critiques actuels gard&#232;rent-ils alors le silence sur le mot d'ordre h&#233;r&#233;tique d'une r&#233;volution permanente ? O&#249; &#233;taient-ils ? Les uns, comme Staline, attendaient les &#233;v&#233;nements en regardant de c&#244;t&#233; et d'autre ; les autres, comme Zinoviev, se cachaient sous la table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la plus grosse question est celle-ci : comment L&#233;nine a-t-il pu tol&#233;rer ma propagande h&#233;r&#233;tique ? Quand il &#233;tait question de th&#233;orie, il ne connaissait ni condescendance ni indulgence. Comment a-t-il pu supporter que le &#171; trotskysme &#187; f&#251;t pr&#234;ch&#233; dans l'organe central du parti ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er novembre 1917, &#224; une s&#233;ance du comit&#233; de P&#233;trograd (le proc&#232;s-verbal de cette s&#233;ance, historique sous tous rapports, est tenu secret jusqu'&#224; pr&#233;sent), L&#233;nine d&#233;clara que depuis que Trotsky s'&#233;tait convaincu de l'impossibilit&#233; d'une alliance avec les mench&#233;viks, &#171; il n'y avait pas de meilleur bolchevik que lui &#187;. Il montra par l&#224; clairement, et non pour la premi&#232;re fois, que si quelque chose nous s&#233;parait, ce n'&#233;tait pas la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente, c'&#233;tait une question plus restreinte, quoique tr&#232;s importante, sur les rapports &#224; garder envers le mench&#233;visme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jetant un coup d'oeil r&#233;trospectif, deux ans apr&#232;s la r&#233;volution d'Octobre, L&#233;nine &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au moment de la conqu&#234;te du pouvoir, lorsque fut cr&#233;&#233;e la r&#233;publique des soviets, le bolchevisme avait attir&#233; &#224; lui tout ce qu'il y avait de meilleur dans les tendances de la pens&#233;e socialiste proches de lui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-il y avoir l'ombre d'un doute qu'en parlant d'une fa&#231;on aussi marqu&#233;e des tendances de la pens&#233;e socialiste les plus proches du bolchevisme, L&#233;nine avait en vue tout d'abord ce que l'on appelle maintenant le &#171; trotskysme historique &#187; ? En effet, quelle autre tendance pouvait &#234;tre plus proche du bolchevisme que celle que je repr&#233;sentais ? Qui donc L&#233;nine pouvait-il avoir en Vue ? Marcel Cachin ? Thaelmann ? Pour L&#233;nine, lorsqu'il passait en revue l'&#233;volution du parti dans son ensemble, le trotskysme n'&#233;tait pas quelque chose d'&#233;tranger ou d'hostile ; c'&#233;tait, au contraire, le courant de la pens&#233;e socialiste le plus proche du bolchevisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable marche des id&#233;es n'eut, on le voit, rien de commun avec la caricature mensong&#232;re qu'en ont faite, profitant de la mort de L&#233;nine et de la vague de r&#233;action, les &#233;pigones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/05/lt19170500.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le programme de la Paix&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/05/lt19170501.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le droit des nations &#224; l'autod&#233;termination&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/00/lt19170000.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le pacifisme, suppl&#233;tif de l'imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/06/paixreaction.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La paix et la r&#233;action&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/06/farce.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La farce du double pouvoir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/07/journees.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les journ&#233;es de juillet&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/08/que.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Que s'est-il pass&#233; ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/08/elements.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;l&#233;ments de bonapartisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/08/maintenant.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Et maintenant ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/08/caractere.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le caract&#232;re de la r&#233;volution russe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/08/questions.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Questions de tactique internationale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/09/armee.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'arm&#233;e et la r&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/09/conference.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours &#224; la conf&#233;rence d&#233;mocratique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/10/lt19171004.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le r&#244;le des mencheviks et des S.R. dans la conf&#233;rence d&#233;mocratique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr07.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cinq journ&#233;es : du 23 au 27 f&#233;vrier 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr08.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui dirigea l'insurrection de F&#233;vrier ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr09.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le paradoxe de la R&#233;volution de F&#233;vrier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr10.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le nouveau pouvoir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr11.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dualit&#233; de pouvoirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr12.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Comit&#233; ex&#233;cutif&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr13.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'arm&#233;e et la guerre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr14.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les dirigeants et la guerre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr15.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les bolcheviks et L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr16.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le r&#233;armement du parti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr17.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les &#034;Journ&#233;es d'Avril&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr18.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La premi&#232;re coalition&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr19.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'offensive&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr20.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La paysannerie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr21.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Regroupements dans les masses&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr22.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Congr&#232;s des soviets et la manifestation de Juin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr23.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La R&#233;volution de F&#233;vrier : conclusion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr24.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pr&#233;face &#224; Octobre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr25.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les &#034; Journ&#233;es de Juillet &#034; : la pr&#233;paration et le d&#233;but&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr26.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les &#034; Journ&#233;es de Juillet &#034; : le point culminant et l'&#233;crasement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr27.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les bolcheviks pouvaient-ils prendre le pouvoir en Juillet ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr28.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le mois de la grande calomnie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr29.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La contre-r&#233;volution rel&#232;ve la t&#234;te&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr30.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kerensky et Kornilov&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr31.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La conf&#233;rence d'Etat &#224; Moscou&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr32.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le complot de K&#233;rensky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr33.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le soul&#232;vement de Kornilov&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr34.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La bourgeoisie se mesure avec la d&#233;mocratie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr35.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les masses expos&#233;es aux coups&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr36.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mar&#233;e montante&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr37.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les bolcheviks et les soviets&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr38.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La derni&#232;re coalition&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr39.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La paysannerie devant Octobre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr40.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La question nationale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr41.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sortie du pr&#233;parlement et lutte pour le congr&#232;s des soviets&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr42.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le comit&#233; militaire r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lenine appelle &#224; l'insurrection&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr44.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'art de l'insurrection&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr45.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La prise de la capitale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr46.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La prise du palais d'Hiver&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr47.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'insurrection d'octobre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr48.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le congr&#232;s de la dictature sovi&#233;tique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr49.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conclusion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv26.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A Petrograd&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv27.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur des calomniateurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv28.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De juillet &#224; Octobre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv29.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La nuit d&#233;cisive&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv30.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le &#034;trotskysme&#034; en 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv31.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Au pouvoir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/mavie/mv32.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A Moscou&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/bilanp/bilan_persp_0.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pr&#233;face &#224; Bilan et Perspectives&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/01/lt_grande_annee.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La grande ann&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/03/lt_seuil_revolution.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur le seuil de la r&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/03/lt_troubles_europe.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Troubles en Europe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/03/lt_deux_visages.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deux visages (forces internes de la r&#233;volution russe)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/03/lt_guerre_paix.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre ou la paix ? (Les forces int&#233;rieures de la R&#233;volution)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/03/lt_defendre_revolution.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contre qui et comment d&#233;fendre la r&#233;volution ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/03/lt_traitres.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui sont les tra&#238;tres ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/03/guerre_revolution.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre et la r&#233;volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/03/conflit.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le conflit qui se d&#233;veloppe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/03/commune.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sous la banni&#232;re de la Commune&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1917/03/revolution_russie.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution en Russie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lire sur la dictature du prol&#233;tariat</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article4234</link>
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		<dc:date>2016-12-03T00:29:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Engels</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; La dictature du prol&#233;tariat, au sens technique du mot, n'est un fait que lorsque le prol&#233;tariat, conscient de ses int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques et de classe, porteur de la r&#233;volution sociale, prend le pouvoir dictatorial et l'exerce au nom de cette derni&#232;re. Mais il s'agit de tout autre chose, quand il prend le pouvoir politique pour d'autres raisons (par exemple, pour conclure une paix) et exerce la dictature afin d'accomplir d'autres t&#226;ches. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Liebknecht (Premiers jours d'avril ou mi-avril (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique80" rel="directory"&gt;3- L'objectif de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La dictature du prol&#233;tariat, au sens technique du mot, n'est un fait que lorsque le prol&#233;tariat, conscient de ses int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques et de classe, porteur de la r&#233;volution sociale, prend le pouvoir dictatorial et l'exerce au nom de cette derni&#232;re. Mais il s'agit de tout autre chose, quand il prend le pouvoir politique pour d'autres raisons (par exemple, pour conclure une paix) et exerce la dictature afin d'accomplir d'autres t&#226;ches. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Liebknecht&lt;br class='autobr' /&gt;
(Premiers jours d'avril ou mi-avril 1918)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire sur la dictature du prol&#233;tariat &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/10/vil19201020.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/t_c/t_c_4.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article817&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/varga/works/1922/03/dictature.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Varga&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1923/abc_23.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Boukharine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/martov/works/1918/00/martov_19180000.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Martov&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1465&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/moreno/drdp/drdp_8_1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Moreno&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article155&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3598&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1919/00/theorie.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Boukharine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/zinoviev/works/1919/10/international.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zinoviev&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc005.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dangeville&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L&#233;nine 1917</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article4206</link>
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		<dc:date>2016-09-28T23:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>L&#233;nine</dc:subject>
		<dc:subject>1917-1919</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Petits bourgeois</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le L&#233;nine de 1917, qui se tient aux c&#244;t&#233;s de Trotsky, a &#233;t&#233; effac&#233; par StalineL&#233;nine, 1917 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ann&#233;e 1917 &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui &#233;tait L&#233;nine ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine en 1917, racont&#233; par Victor Serge &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution russe : l'ann&#233;e 1917 en r&#233;cits et en images &lt;br class='autobr' /&gt;
Les lettres de loin de mars 1917 &lt;br class='autobr' /&gt; Les th&#232;ses d'avril 1917 de L&#233;nine &lt;br class='autobr' /&gt;
Les bolcheviks et L&#233;nine en avril 1917 &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine avant Octobre &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine appelle &#224; l'insurrection &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine en Octobre &lt;br class='autobr' /&gt;
Les le&#231;ons d'octobre 1917 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les dix jours qui &#233;branl&#232;rent le monde &lt;br class='autobr' /&gt;
Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique80" rel="directory"&gt;3- L'objectif de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot31" rel="tag"&gt;L&#233;nine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;1917-1919&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;Petits bourgeois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_7000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-1905.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;331&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le L&#233;nine de 1917, qui se tient aux c&#244;t&#233;s de Trotsky, a &#233;t&#233; effac&#233; par Staline&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6996 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-1902.jpg' width=&#034;590&#034; height=&#034;430&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-1903.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;366&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6999 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-1904.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;375&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;nine, 1917&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/trotsky_leon/annee_1917/annee_1917.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'ann&#233;e 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article590&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui &#233;tait L&#233;nine ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/serge/works/1924/06/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine en 1917, racont&#233; par Victor Serge&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4940&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution russe : l'ann&#233;e 1917 en r&#233;cits et en images&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article652&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les lettres de loin de mars 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article143&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les th&#232;ses d'avril 1917 de L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr15.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les bolcheviks et L&#233;nine en avril 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/04/lt1924042100c.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine avant Octobre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr43.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine appelle &#224; l'insurrection&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/04/lt1924042100d.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine en Octobre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article705&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les le&#231;ons d'octobre 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/reed/works/1919/00/01.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les dix jours qui &#233;branl&#232;rent le monde&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.gauchemip.org/spip.php?article89&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les journ&#233;es d'Octobre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/04/lt1924042100f.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine et la dissolution de l'assembl&#233;e constituante&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/04/lt1924042100g.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le &#171; gouvernement &#187; de L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/04/lt1924042100i.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine &#224; la tribune&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/04/lt1924042100j.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Philistin et le R&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/04/lt1924042100k.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Du vrai et du faux sur L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/oeuvres/vol_23.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Textes de L&#233;nine jusqu'en mars 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/oeuvres/vol_24.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Textes de L&#233;nine d'avril-juin 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/oeuvres/vol_25.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Textes de L&#233;nine de juin &#224; septembre 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/oeuvres/vol_26.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Textes de L&#233;nine apr&#232;s septembre 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article376&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Textes d'Octobre 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/11/vl19181110.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne, vue par L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#233;nine 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky 1917&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut parler de L&#233;nine en 1917, dans leur intervention au cours de la r&#233;volution russe, sans parler de Trotsky dans la m&#234;me p&#233;riode et inversement bien entendu, tellement on a assist&#233; &#224; une r&#233;volution qui a eu deux t&#234;tes, l'une &#233;tant ins&#233;parable de l'autre, deux penseurs, deux organisateurs, des militants inlassables des m&#234;mes id&#233;es et des m&#234;mes perspectives. Ils ont r&#233;ellement &#233;crit, parl&#233;, agi, milit&#233;, dirig&#233; comme un seul homme et c'est seulement ensuite que ces actes ont sembl&#233; &#234;tre ceux d'un parti, le parti bolchevique dans lequel ils militaient. Mais s'il y a une erreur &#224; ne pas commettre, c'est de penser que cette politique, ces id&#233;es, ces conceptions, cette action, cette strat&#233;gie &#233;tait purement et simplement l'&#233;manation directe de ce parti. C'est un contre-sens pur et simple ou, plus eaxctement, c'est le point de vue qui sera diffus&#233; plus tard par la r&#233;action contre-r&#233;volutionnaire stalinienne afin de d&#233;truire ce parti et en faire une simple partie d'un appareil bureaucratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de nous l'id&#233;e que les militants r&#233;volutionnaires et que les masses r&#233;volutionnaires ne seraient rien et que les leaders politiques seraient tout mais affirmer l'inverse serait tout aussi faux et ridicule. Aucun automatisme n'a produit les conceptions de L&#233;nine et Trotsky en 1917. Il n'a nullement suffi qu'existe le parti bolchevik pour qu'il joue le r&#244;le qui a &#233;t&#233; le sien et qu'il d&#233;fende la politique qui a &#233;t&#233; la sienne. Ce n'&#233;tait nullement inscrit dans une ligne droite issue du pass&#233; de ce parti et cela n'est pas venu ais&#233;ment et &#171; naturellement &#187; pour ce parti, ni pour ses dirigeants, ni pour ses militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;gal de L&#233;nine, on peut dire que Trotsky a &#233;t&#233; un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant de la r&#233;volution russe de 1917 et pourtant ni l'un ni l'autre n'&#233;taient pr&#233;sents en Russie &#224; son d&#233;marrage, ni ne disposaient de groupes politiques ayant pris la direction de la lutte &#224; son d&#233;marrage et m&#234;me pas la direction des masses ouvri&#232;res qui participaient &#224; cette lutte. Par la suite, ces deux militants r&#233;volutionnaires que bien des prises de position s&#233;paraient ou m&#234;me opposaient, ont converg&#233; de mani&#232;re &#233;tonnante vers une m&#234;me politique, qu'ils &#233;taient parmi les rares militants r&#233;volutionnaires &#224; partager et dont il a fallu qu'ils convainquent d'autres militants, avant de devenir capables de se porter &#224; la t&#234;te des masses. Il a suffi de quelques mois pour une telle &#339;uvre titanesque qui continue d'appara&#238;tre comme surhumaine des d&#233;cennies apr&#232;s. Cependant, ce n'est ni les capacit&#233;s oratoires (L&#233;nine n'en avait d'ailleurs pas particuli&#232;rement), ni le nombre des militants (Trotsky n'en avait que peu) qui ont &#233;t&#233; d&#233;terminantes mais l'orientation politique de ces deux dirigeants. Et si, apr&#232;s coup, bien des gens ont cru que cette orientation allait de soi, &#233;tait inscrite dans toute leur activit&#233; pass&#233;e, c'&#233;tait en r&#233;alit&#233; loin d'&#234;tre &#233;vident si on examine le pass&#233; des autres dirigeants politiques d'origine r&#233;volutionnaire et le chemin qu'ils ont suivi ensuite face &#224; la r&#233;volution sociale. On peut quasiment dire que, pour la plupart, les dirigeants politiques d'origine r&#233;volutionnaire ont &#233;t&#233; d'autant plus &#224; droite que les masses allaient plus &#224; gauche, c'est dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier point sur lequel L&#233;nine et Trotsky ont converg&#233; consistait &#224; affirmer que l'on n'assistait qu'&#224; la premi&#232;re &#233;tape de la r&#233;volution, que la chute du tsarisme ne serait pas la fin de la r&#233;volution, que la d&#233;mocratie bourgeoise ne serait nullement l'aboutissement de la trajectoire r&#233;volutionnaire. Certes, cela semblait assez logique comme point de vue de la part d'un Trotsky, dont la conception de la r&#233;volution permanente supposait une telle logique mais cela ne l'&#233;tait nullement de la part de L&#233;nine qui envisageait plut&#244;t un r&#244;le r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat dans le cadre d'une r&#233;volution gardant un caract&#232;re d&#233;mocratique, c'est-&#224;-dire &#224; perspective bourgeoise. La perspective socialiste supposait, &#224; l'inverse, que la r&#233;volution n'&#233;tait russe qu'en apparence, europ&#233;enne et m&#234;me internationale en r&#233;alit&#233;. L&#224; aussi, apr&#232;s coup, les &#233;v&#233;nements leur ont donn&#233; raison mais rares ont &#233;t&#233; ceux qui le pensaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que le tsarisme ne chutait en premier que comme cha&#238;non le plus faible de la grande cha&#238;ne imp&#233;rialiste secou&#233;e par la crise et la guerre mondiale puis la vague r&#233;volutionnaire, &#233;tait loin de tomber sous le sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les plus r&#233;volutionnaires des militants et dirigeants russes semblaient pr&#234;ts &#224; se contenter d'&#234;tre une force d'appui &#224; un gouvernement bourgeois &#224; vis&#233;es d&#233;mocratiques et nombre d'entre eux semblaient pr&#234;ts &#224; l'id&#233;e de la participation gouvernementale lorsque L&#233;nine est rentr&#233;e de l'&#233;migration et a commenc&#233; &#224; d&#233;fendre le point de vue qui allait rester dans l'Histoire sous le nom de &#171; Th&#232;ses d'avril &#187; et qui &#233;tait tr&#232;s exactement le point de vue qu'il avait longtemps combattu sous le nom de &#171; trotskysme &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Trotsky allait faire un mouvement tout aussi consid&#233;rable en rejoingnant alors le parti bolchevique dont il avait combattu longtemps les m&#233;thodes et les conceptions organisationnelles autant que les orientations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces deux dirigeants allaient converger tout aussi &#233;tonnamment durant ces quelques mois sur un point tout aussi essentiel : le programme et les points d'appui de la construction de la deuxi&#232;me vague r&#233;volutionnaire, son caract&#232;re et son rythme, &#224; savoir la conqu&#234;te patiente et m&#233;thodique de la majorit&#233; dans les soviets puis la prise de pouvoir de ces derniers par la mise en place d'une dictature du prol&#233;tariat dont les soviets seraient les briques &#233;l&#233;mentaires. Cette conqu&#234;te devait se fonder sur la destruction m&#233;thodique des positions bourgeoises, quels que soient les partis qui les portaient, en se fondant sur les aspirations des masses elles-m&#234;mes : aspirations &#224; la terre, aspiration &#224; la paix, aspiration aux libert&#233; des nationalit&#233;s et religions opprim&#233;es, aspiration de bien-&#234;tre des masses ouvri&#232;res et paysannes. Les classes dirigeantes bourgeoises avaient certes profit&#233; de la r&#233;volution de f&#233;vrier pour acc&#233;der au pouvoir mais &#233;taient incapables de satisfaire ces aspirations et incapables aussi d'en finir avec les soviets, ces libres cr&#233;ations organisationnelles des masses ouvri&#232;res, soldates, paysannes et des nationalit&#233;s opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pouvait sembler des objectifs compl&#232;tement irr&#233;alistes de deux dirigeants utopiques que la plupart des dirigeants et militants politiques &#171; de gauche &#187; ou d' &#171; extr&#234;me gauche &#187; combattait comme une lubie, devenait, du coup, l'expression exacte des buts des masses, et une n&#233;cessit&#233; absolue devant la n&#233;cessit&#233; absolue pour les classes dirigeantes de continuer la guerre, de ne pas partager les terres, de frapper durement les masses travailleuses et m&#234;me la n&#233;cessit&#233; de d&#233;truire dans le sang les soviets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que ces deux petits hommes, presque seuls &#224; d&#233;fendre ce qu'ils d&#233;fendaient, &#224; concevoir ce qu'ils concevaient, &#224; r&#234;ver ce qu'ils r&#234;vaient, devenaient les leaders &#171; naturels &#187; des masses, dont les militants y devenaient majoritaires et m&#234;me avaient des partisans l&#224; o&#249; ils n'avaient m&#234;me pas des militants ou des propagandistes de leurs id&#233;es, tant ces id&#233;es avan&#231;aient d'elles-m&#234;mes, du moment qu'elles avaient &#233;t&#233; propag&#233;es en un point&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la force des id&#233;es qui s'emparent des masses sur laquelle comptaient les L&#233;nine et les Trotsky, et non pas la force du nombre de dirigeants, du nombre de militants, du nombre de sympathisants, point sur lequel le groupe de L&#233;nine, sans m&#234;me parler du petit groupe de Trotsky avant leur fusion, n'&#233;tait, en f&#233;vrier 1917, que le plus petit parti de Russie, ne disposant quasiment d'aucun appui d'intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains ont voulu voir dans la victoire des id&#233;es de L&#233;nine et de Trotsky la r&#233;ussite de la &#171; construction du parti r&#233;volutionnaire &#187;, mais ils isolent ainsi, comme un facteur &#224; part, la construction organisationnelle, t&#226;che &#224; laquelle ils sont d&#233;di&#233;s, la s&#233;parant de la construction intellectuelle de l'analyse et de la perspective politique, et s&#233;parant l'arbre de son tronc, de ses racines et emp&#234;chant ainsi la mont&#233;e de la s&#232;ve tout en affirmant vouloir multiplier branches et feuilles !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont voulu voir aussi dans la victoire des id&#233;es des L&#233;nine et Trotsky parmi les masses, un succ&#232;s du travail des militants bolcheviks, de leut tenacit&#233;, de leur courage, de leur confiance, de leur discipline et j'en passe, omettant la n&#233;cessit&#233; de concevoir d'abord le r&#244;le respectif du parti et des soviet, le r&#244;le repsectif de la r&#233;volution et des soviets, r&#244;les qui n'allaient nullement de soi, vu d&#233;j&#224; qu'au d&#233;part les bolcheviks &#233;taient les plus minoritaires dans les soviets, que ceux-ci &#233;taient du coup aux mains des r&#233;formistes, devenaient m&#234;me des armes de ces r&#233;formistes bourgeois et petit-bourgeois et donc une arme contre l'avanc&#233;e de la r&#233;volution sociale, contre la transformation de r&#233;volution bourgeoise en r&#233;volution socialiste, contre tout ce que d&#233;fendaient justement L&#233;nine et Trotsky. Conqu&#233;rir la majorit&#233; dans les soviets devenait, du coup, non un objectif &#233;vident mais, apparemment, un but inatteignable. Le r&#244;le que L&#233;nine et Trotsky attribuait aux soviets pouvait sembler parfaitement irr&#233;aliste tant que ceux-ci &#233;taient man&#339;uvr&#233;s par les r&#233;formistes qui d&#233;fendaient dur comme fer le caract&#232;re bourgeois d&#233;mocratique de la r&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela supposait de se battre non seulement contre l'Etat, contre les classes dirigeantes, contre l'arm&#233;e, contre l'imp&#233;rialisme mais m&#234;me contre les pr&#233;jug&#233;s des masses elles-m&#234;mes, contre leur id&#233;e, en particulier, selon laquelle la r&#233;volution &#233;tait victorieuse et le pouvoir ne pouvait pas leur venir dans les mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire confiance en de telles perspectives, de la part de L&#233;nine et de Trotsky, ce n'&#233;tait pas avoir confiance dans les talents oratoires ou propagandistes des militants d'un parti mais dans les capacit&#233;s des masses ouvri&#232;res de s'&#233;duquer politiquement et socialement &#224; la faveur de la situation elle-m&#234;me et de ses contradictions explosives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les bureaucrates du monde savent avoir confiance dans leur appareil bureaucratique ou plut&#244;t dans leur propre capacit&#233; &#224; le manipuler, par contre avoir confiance dans des masses opprim&#233;es qui viennent de vivre la boucherie entre les peuples, qui ont subi la dictature politique et sociale et sont accoutum&#233;es &#224; ob&#233;ir et &#224; subir, croire malgr&#233; tout cela qu'elles vont se r&#233;v&#233;ler aptes &#224; prendre la direction de toute la soci&#233;t&#233;, alors qu'elles-m&#234;mes sont encore persuad&#233;es que les seules classes dirigeantes sont aptes &#224; commander, voil&#224; effectivement qui est le propre des t&#234;tes politiques du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire et d'elles seules.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le premier gouvernement prol&#233;tarien</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article3924</link>
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		<dc:date>2016-04-10T23:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le premier gouvernement prol&#233;tarien &lt;br class='autobr' /&gt;
Abraham Joff&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine &lt;br class='autobr' /&gt;
Encore L&#233;nine &lt;br class='autobr' /&gt;
Khristian Rakovsky &lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky en 1905 &lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky en 1917 &lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;moignages sur la r&#233;volution russe &lt;br class='autobr' /&gt;
La dictature du prol&#233;tariat, L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine d&#233;fend la dictature du prol&#233;tariat &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine et l'auto-organisation des travailleurs &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi Octobre 1917 appartient aux travailleurs d'aujourd'hui comme &#224; ceux d'hier &lt;br class='autobr' /&gt;
Moscou sous L&#233;nine &lt;br class='autobr' /&gt;
Les soviets au pouvoir &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;nine contre la bureaucratie &lt;br class='autobr' /&gt;
Le combat contre la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique80" rel="directory"&gt;3- L'objectif de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le premier gouvernement prol&#233;tarien}&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/joffe/works/1919/10/premier.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Abraham Joff&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/10/vil19171026.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/10/2-co-so/vil19171025-00.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/rakovsky/works/kr28dang.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Khristian Rakovsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/bilanp/bilan_persp_6.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trotsky en 1905&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article539&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trotsky en 1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3151&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;T&#233;moignages sur la r&#233;volution russe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1465&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dictature du prol&#233;tariat, L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article155&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine d&#233;fend la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article950&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine et l'auto-organisation des travailleurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2333&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi Octobre 1917 appartient aux travailleurs d'aujourd'hui comme &#224; ceux d'hier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/msl/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Moscou sous L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2378&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les soviets au pouvoir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2934&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;nine contre la bureaucratie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2018&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le combat contre la bureaucratie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3709&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La deuxi&#232;me grande exp&#233;rience de soviets g&#233;rant l'&#233;conomie : l'Espagne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4940&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution russe : l'ann&#233;e 1917 en r&#233;cits et en images&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que la guerre civile r&#233;volutionnaire ?</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article3498</link>
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		<dc:date>2015-01-01T02:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la guerre civile r&#233;volutionnaire ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Trois classes ou la guerre civile &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre de classe plut&#244;t que le pacifisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a guerre &#224; mort entre les classes qui composent la nation, d'apr&#232;s Auguste Blanqui &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre civile en France par Karl Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre civile aux Etats-Unis par Marx et Engels &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre des paysans en Allemagne &lt;br class='autobr' /&gt;
Guerre civile et r&#233;volution par L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre civile signifie que l'ennemi principal est dans notre pays ! par Liebknecht (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique80" rel="directory"&gt;3- L'objectif de la dictature du prol&#233;tariat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que la guerre civile r&#233;volutionnaire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3051&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trois classes ou la guerre civile&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3400&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre de classe plut&#244;t que le pacifisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/blanqui/1832/rapport.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Il y a guerre &#224; mort entre les classes qui composent la nation, d'apr&#232;s Auguste Blanqui&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/ait/1871/05/km18710530.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre civile en France par Karl Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/gcus/gcus.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre civile aux Etats-Unis par Marx et Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre des paysans en Allemagne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/07/lt19240729.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerre civile et r&#233;volution par L&#233;on Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/liebknec/1915/liebknecht_19150500.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre civile signifie que l'ennemi principal est dans notre pays ! par Liebknecht&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1917/08/alternative.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'alternative : guerre ou guerre civile par Rosa Luxemburg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/connolly/works/1914/08/connolly_15081914.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Si ces hommes doivent mourir, ne vaudrait-il pas mieux qu'ils meurent dans leur pays en combattant pour la libert&#233; de leur classe, et pour l'abolition de la guerre, que d'aller dans des pays &#233;trangers mourir en massacrant et massacr&#233; par ses fr&#232;res pour que puissent vivre des tyrans et des profiteurs ? par James Connolly&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1852/00/17.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'insurrection par Engels&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1940/11/barta_lutte2g.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerre de classe contre guerre imp&#233;rialiste par Barta&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/08/vil19150800b.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerre de classe contre guerre imp&#233;rialiste par L&#233;nine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1882/01/flandre.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre civile en Flandre de 1336-1348 et de 1379-1385&lt;br class='autobr' /&gt; par Lafargue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/martov/works/1918/00/martov_19180000.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre civile r&#233;volutionnaire doit mener &#224; la dictature du prol&#233;tariat par Martov&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.marxists.org/francais/morrow/espagne/morrow_table.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerre civile en Espagne par Felix Morrow&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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