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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Nos buts et tactiques dans le travail syndical...</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis - USA</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nos buts et tactiques dans le travail syndical &lt;br class='autobr' /&gt;
James Patrick Cannon &lt;br class='autobr' /&gt;
27 juillet 1924 &lt;br class='autobr' /&gt;
Camarades, &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces conf&#233;rences des membres du parti dans les plus importants syndicats, auxquelles les repr&#233;sentants du Comit&#233; Central Ex&#233;cutif prennent part deviennent de plus en plus fr&#233;quentes. Nous devons comprendre cela comme un signe de vigueur, de sant&#233;. Cela indique que nous progressons en tant que parti de r&#233;volutionnaires, th&#233;oriquement et pratiquement, et que nous nous accrochons fermement &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot250" rel="tag"&gt;Etats-Unis - USA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nos buts et tactiques dans le travail syndical&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James Patrick Cannon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 juillet 1924&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conf&#233;rences des membres du parti dans les plus importants syndicats, auxquelles les repr&#233;sentants du Comit&#233; Central Ex&#233;cutif prennent part deviennent de plus en plus fr&#233;quentes. Nous devons comprendre cela comme un signe de vigueur, de sant&#233;. Cela indique que nous progressons en tant que parti de r&#233;volutionnaires, th&#233;oriquement et pratiquement, et que nous nous accrochons fermement &#224; nos t&#226;ches les plus simple. La collaboration &#233;troite entre les camarades actifs sur le terrain et les organes dirigeants du parti a un r&#233;sultat b&#233;n&#233;fique pour tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contacts proches et les plus intimes avec les probl&#232;mes pratiques de la lutte quotidienne, et avec les camarades qui y font face directement, servent d'infaillible correctif &#224; toutes tendance que pourrait avoir le parti &#224; tenter de r&#233;gler ces probl&#232;mes d'une fa&#231;on abstraite ou purement doctrinaire. D'un autre c&#244;t&#233;, la participation de repr&#233;sentants du parti assure que les aspects politiques fondamentaux de la lutte syndicale seront mis sur le devant de la sc&#232;ne de ces conf&#233;rences syndicales. Cela &#224; une importance qui ne doit pas &#234;tre surestim&#233;e. Sinon, un danger constant existe dans le travail de nos camarades syndicalistes, celui d'&#234;tre trop influenc&#233;s par l'opportunisme et le soi-disant pragmatisme. Une conception ne prenant en compte que les syndicats pourraient s'imposer, et repousser les probl&#232;mes g&#233;n&#233;raux de la classe au sein des luttes &#224; l'arri&#232;re-plan. Nous devons nous garder d'un tel &#233;tat de chose. Nous savons trop bien que cela ne m&#232;ne qu'au r&#233;formisme et &#224; la futilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous r&#233;unissions ici aujourd'hui afin d'examiner les probl&#232;mes des syndicats auxquels vous appartenez, du point de vue du parti, qui est le point de vue de tout les communistes. Et je pense que je prends le probl&#232;me dans le bon sens si je prends comme pr&#233;misse le but r&#233;volutionnaire de notre parti et propose de peser et juger chaque question syndicale qui viendra devant nous, m&#234;me celles qui apparaissent comme les plus insignifiantes et les plus pratiques, &#224; la lumi&#232;re de notre but final.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parti r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre parti est un parti de la r&#233;volution prol&#233;tarienne et de la dictature du prol&#233;tariat. La r&#233;volution prol&#233;tarienne est la seule solution aux probl&#232;mes du mouvement ouvrier, et toute notre &#339;uvre doit &#234;tre dirig&#233;e vers ce but. C'est notre point de d&#233;part dans les syndicats, comme dans tout les champs d'activit&#233;s de la lutte des classes. C'est la conception fondamentale qui nous distingue des autres partis et groupes dans le mouvement ouvrier. C'est le cercle d'acier qui nous rassemble dans un parti unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre but, r&#233;volutionnaire, imprime sa forme &#224; notre politique dans la lutte quotidienne. Les aspirations r&#233;volutionnaires de nos camarades du parti g&#233;n&#232;rent un enthousiasme et un sacrifice de soi qui donne au parti son &#233;nergie vitale. Malheur &#224; nous si nous devenions &#171; pragmatiques &#187; au point d'oublier cela m&#234;me un seul instant. Tout notre travail doit mener &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Si nous gardons cela &#224; l'esprit et que nous soupesons tout notre travail quotidien selon cet &#233;talon, nous resterons sur la bonne voie. Le principe r&#233;volutionnaire auxquels nous sommes d&#233;vou&#233;s nous met devant des responsabilit&#233;s et des devoirs qui ne peuvent &#234;tre d&#233;plac&#233;s ou &#233;cart&#233;s si nous voulons maintenir notre conception du parti comme avant-garde ouvri&#232;re. Nous devons nous organiser et combattre pour les vraies int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re en tant que classe, &#224; chaque tournant du chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les masses, mais en les guidant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons &#234;tre avec les masses, mais nous devons &#233;galement les devancer, et ne pas avoir peur de prendre des positions impopulaires, quand c'est n&#233;cessaire, pour combattre leurs pr&#233;jug&#233;s. Prenons comme exemple le Ku Klux Klan. Voil&#224; une organisation anti-ouvri&#232;re par sa nature m&#234;me &#8211; mais pourtant un certain nombre de travailleurs du charbon se sont &#233;gar&#233;s en la supportant. Combattre le Ku Klux Klan, exposer sa nature r&#233;actionnaire et gagner les ouvriers en son sein pour les en &#233;loigner, est une t&#226;che, dans certains parties du pays, hasardeuse et difficile, mais c'est notre devoir devant la classe ouvri&#232;re que d'engager un tel combat. Nous ne serions pas dignes du nom de notre parti si nous &#233;vitions ce combat sous n'importe quel pr&#233;texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre travail dans les syndicats se d&#233;veloppe. Nous voyons des signes de cela un peu partout. Un conf&#233;rence telle que celle-ci est une preuve des gains rapides effectu&#233;s. Nous avons d&#233;j&#224; accumul&#233; une exp&#233;rience riche, et cette exp&#233;rience am&#232;ne &#224; la lumi&#232;re &#224; la fois des aspects positifs et n&#233;gatifs. Un de nos devoirs principaux est d'examiner l'activit&#233; tout enti&#232;re r&#233;guli&#232;rement, de la renforcer et d'am&#233;liorer ce qui est bon, et de d&#233;couvrir ce qui est mauvais pour le rejeter&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire que nous, communiste, nous nous estimons beaucoup les uns les autres, mais que quand nous nous rencontrons dans des conf&#233;rences comme ici, ce n'est pas dans le but de s'envoyer des fleurs et des compliments vides, mais pour parler franchement et ouvertement ; pour subordonner tout notre travail &#224; la plus compl&#232;te des examinations et des critiques, pour d&#233;couvrir et surmonter les erreurs. Vous &#234;tes en droit d'attendre du comit&#233; central ex&#233;cutif le plus grand franc parler. Je suis assez confiant que si certaines erreurs dans notre travail sont mentionn&#233;es pendant la discussion, si certaines des b&#233;vues d'un camarade individuel sont mises en avant, amicalement et fraternellement, mais d'une mani&#232;re tout de m&#234;me franche, comme c'est la coutume parmi les communistes, personne ne sera offens&#233;. La discussion se d&#233;roule seulement dans le but d'am&#233;liorer notre efficacit&#233; et de renforcer le parti pour la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos riches exp&#233;riences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance d'un parti disciplin&#233;, fond&#233; sur des principes r&#233;volutionnaires, et s'impliquant dans tout les aspects de la lutte syndicale, a d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; se manifester. A la derni&#232;re convention de mineurs de l'Illinois, par exemple, tous pouvaient voir que le parti avait commenc&#233; &#224; se d&#233;velopper, &#224; sortir ses muscles, et &#224; prendre place sur la sc&#232;ne des &#233;v&#233;nements. Notre parti est apparu comme dirigeant la lutte pour les int&#233;r&#234;ts des mineurs. Il &#233;tait en premi&#232;re ligne, portant les plus durs coups aux agents de la bourgeoisie, qui avaient usurp&#233; les positions officielles des syndicats des mines. Le travail de nos camarades dans cette convention a jou&#233; pour faire des syndicats de mineurs des meilleurs outils pour la lutte de classe, tout en augmentant le prestige de notre parti. Cela doit &#234;tre compris comme point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute une s&#233;rie de congr&#232;s syndicaux tenu ces derniers mois, le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne a pu &#234;tre observ&#233;. Notre petit parti, &#233;mergeant de la terre m&#234;me et commen&#231;ant &#224; rassembler les forces dispers&#233;es des travailleurs r&#233;volutionnaires, a pu &#234;tre le centre de la temp&#234;te du combat contre la r&#233;action dans le mouvement ouvrier. Nous ne sommes pas encore devenus des dirigeants des masses dans les syndicats, mais nous avons r&#233;ussi &#224; conqu&#233;rir des positions avanc&#233;es dans le combat pour leurs int&#233;r&#234;ts. Le reste suivra en son temps. De cela, nous pouvons &#234;tre confiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que notre parti fasse un bond en avant un peu partout, qu'il se mette de lui-m&#234;me &#224; la t&#234;te de la lutte, n'est pas un incident. La raison profonde est que nous somme le seul parti dispos&#233; &#224; combattre pour les int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats des travailleurs, et le seul parti mettant comme point d'orgue la r&#233;solution des probl&#232;me de la classe par le moyen de l'action r&#233;volutionnaire pour renverser le capitalisme. Tous les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, imm&#233;diatement et &#224; long terme, sont indissolublement li&#233; &#224; la r&#233;volution. Et si nous faisons des erreurs ici ou l&#224;, si nous &#233;chouons &#224; tirer le plus d'avantages des opportunit&#233;s qui s'&#233;l&#232;veront dans le cours de la lutte, c'est parce que nos camarades syndicalistes, &#224; cause de leur inexp&#233;rience, n'auront pas suffisamment ma&#238;tris&#233; l'art de prendre une position pratique sur chaque question qui appara&#238;t, et de la relier au but final de notre mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corriger nos fautes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mener le travail pratique, dans le m&#234;me temps approfondir et &#233;tendre la conscience de classe des travailleurs, et les mener vers la lutte pour le pouvoir &#8211; c'est le c&#339;ur de nos t&#226;ches dans les syndicats. De ce point de vue, nous pouvons tirer des enseignements f&#233;conds de l'examen des &#233;v&#233;nements qui ont transpir&#233; de la derni&#232;re convention des mineurs de l'Illinois. Notre puissance sera multipli&#233;e &#224; la prochaine convention, si nous reconnaissons franchement le n&#233;gatif du positif dans notre action &#224; la derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des principales erreurs faites par nos camarades a &#233;t&#233; l'&#233;chec &#224; r&#233;aliser pleinement que le sch&#233;ma &#233;hont&#233; de collaboration de classe pr&#233;sent&#233; &#224; la convention dans le rapport de Frank Farrington, r&#233;v&#233;lait la base politique et id&#233;ologique de toute la corruption et la tra&#238;trise de la totalit&#233; de la bureaucratie des United Mine Workers of America, de Lewis &#224; Farrington. Nos camarades auraient d&#251; attaquer ce rapport de la fa&#231;on la plus militante. Ils auraient d&#251; exposer le plus profond&#233;ment possible qu'il repr&#233;sentait la th&#233;orie des int&#233;r&#234;ts mutuels des mineurs de charbon et des parasites qui les exploitent et s'engraissent avec leur mis&#232;re et leur fardeau. Contre cela, nous aurions d&#251; &#233;tablir fermement les principes de la lutte des classes, la th&#233;orie du salut des ouvriers seulement par une lutte sans compromission contre leurs exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel combat aurait &#233;t&#233; un poignard dirig&#233; directement contre le c&#339;ur m&#234;me de la bureaucratie corrompue et tra&#238;tresse, car il aurait vis&#233; tout le faux syst&#232;me d'id&#233;es avec lequel elle empoisonne le mouvement ouvrier. Un tel combat aurait d&#251; &#234;tre entrepris comme le meilleur moyen d'ouvrir les yeux des mineurs, et de leur faire voir quel &#233;tait leur v&#233;ritable probl&#232;me. Tout les autres combats de la convention, le combat sur le pouvoir de nomination, le combat pour une meilleur l&#233;gislation dans les affaires syndicales, pour la r&#233;int&#233;gration d'Howat, etc., auraient d&#251; &#234;tre analys&#233;s par nos camarades, et expliqu&#233;s aux d&#233;l&#233;gu&#233;s, comme reli&#233;s au combat le plus simple, pour les principes de la lutte des classes, et comme lui &#233;tant subordonn&#233;s. Cela aurait &#233;t&#233; le meilleur moyen d'&#233;veiller les d&#233;l&#233;gu&#233;s honn&#234;tes de la base, et de les lier plus profond&#233;ment &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre erreur &#224; la convention a &#233;t&#233; commise dans l'appr&#233;ciation de la reconnaissance de la Russie Sovi&#233;tique. Ici aussi les principes de la lutte des classes ont &#233;t&#233; impliqu&#233;s. La machine de Farrington a jou&#233; un jeu intelligent avec les d&#233;l&#233;gu&#233;s sur cette r&#233;solution, appelant &#224; la reconnaissance de la Russie Sovi&#233;tique dans un paragraphe, puis annulant tout effet &#224; ce paragraphe en ajoutant que la Russie Sovi&#233;tique devait reconna&#238;tre certaines obligations &#8211; les obligations m&#234;mes que les pays capitalistes du monde entier tentent en vain de lui imposer depuis six ans. Nos camarades ont fait l'erreur de penser que la question de la reconnaissance formelle &#233;tait le probl&#232;me r&#233;el, et ont donc consid&#233;r&#233; une telle r&#233;solution comme une victoire pour notre cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est trop &#171; diplomatique &#187;. Nous sommes pour la reconnaissance de la Russie Sovi&#233;tique, car c'est un &#233;tat ouvrier, et parce que nous constatons que les int&#233;r&#234;ts de tous les travailleurs du monde lui sont li&#233;s. La reconnaissance est pour nous un enjeu de la lutte des classes, et nous devons engager ce combat purement sur cette base, et marteler aux d&#233;l&#233;gu&#233;s que les id&#233;es de solidarit&#233; internationale du travail, de l'union mondiale des classes travailleuses dans la lutte pour renverser le capitalisme, doivent &#234;tre accept&#233;es comme les principes directeurs du mouvement ouvrier. Nous aurions peut-&#234;tre &#233;chou&#233; &#224; obtenir une majorit&#233; &#224; la convention si nous avions engag&#233; le combat sur cette base, tout comme nous aurions pu &#233;chouer &#224; gagner une majorit&#233; dans un combat ouvert contre le sch&#233;ma de collaboration de classe sur la base de la lutte des classes contre la machine bien huil&#233;e de Farrington, mais cela est d&#8216;une importance secondaire. Nous aurions mis sur la table les principes. Nous aurions &#233;clairci l'esprit de beaucoup des d&#233;l&#233;gu&#233;s, tout en les rapprochant de nous. Ce n'est pas la victoire formelle mais le combat en lui-m&#234;me qui est important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisation inad&#233;quate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du m&#234;me point de vue, le d&#233;veloppement inappropri&#233; du caucus de l'aile gauche dans la convention doit &#234;tre soulign&#233;. Des camarades ont fait des objections &#224; l'organisation de ces caucus, des espions de Farrington auraient pu &#234;tre pr&#233;sents selon eux et apprendre &#224; l'avance des choses sur les combats que nous voulions mener dans la convention. Cette attitude est erron&#233;e. C'est le r&#233;sultat d'une prudence trop grande, et d'une attention trop marqu&#233;e pour les victoires imm&#233;diates sur le plan l&#233;gislatif et technique. De plus, cela repr&#233;sente, jusqu'&#224; un certain points, un accord inconscient avec la position des fonctionnaires r&#233;actionnaires, qui naturellement combattent toutes tentative d'organiser les syndicalistes du rang contre eux. Ce probl&#232;me va plus loin qu'il n'y parait. L'&#233;chec &#224; organiser les d&#233;l&#233;gu&#233;s de gauche &#224; la convention en un organisme de combat, si nous allons jusqu'&#224; sa conclusion logique, va mener &#224; l'&#233;chec &#224; organiser les forces de gauche dans l'ensemble du syndicat. Cela signifie abandonner, sous la pression de la bureaucratie, le droit d'organiser la Trade Union Educational League. &#171; Ne faites pas une montagne d'une taupini&#232;re &#187;, est un bon proverbe ; mais il est tout aussi bon si nous le retournons et disons aux camarades qui sont pr&#234;ts &#224; conc&#233;der ce petit point : &#171; Ne faites pas d'une montagne une taupini&#232;re. &#187; Si nous menons un combat s&#233;rieux pour briser le contr&#244;le de la bureaucratie syndicale, nous ne devons pas n&#233;gliger l'organisation de nos possibles troupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre combat pour conqu&#233;rir les syndicats est un combat de fond pour organiser les ouvriers de la base avec nous sur les fondations de la lutte des classes. De plus, nous devons les informer de nos buts et plans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les congr&#232;s doivent &#234;tre compris comme une des meilleures occasion d'avancer dans ce processus. Ils nous offrent l'opportunit&#233; d'arriver en contact avec les d&#233;l&#233;gu&#233;s de la base, de combattre par la discussion et des arguments leurs pr&#233;jug&#233;s et leurs incompr&#233;hension, et de les unir avec nous dans un seul corps organis&#233; pour gagner la r&#233;g&#233;n&#233;ration du mouvement ouvrier. Le caucus de gauche est n&#233;cessaire &#224; ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien plus important pour nous de faire connaissance avec 10 nouveaux ouvriers et de les int&#233;grer dans un combat organis&#233;, que de passer une douzaine de r&#233;solutions dans un congr&#232;s gr&#226;ce &#224; une majorit&#233; accidentelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le support conscient des ouvriers est ce que nous voulons. Nous combattons pour leurs esprits et leurs c&#339;urs. N'oubliez pas cela, camarades. La bureaucratie peut transformer nos plus belles r&#233;solutions en un tas de papiers sans signification. Elle peut conserver ses positions en truquant les &#233;lections, mais elle ne peut &#233;loigner de nous les travailleurs que nous gagnerons &#224; nos fa&#231;ons de penser et de combattre. Les bureaucrates se maintiennent au pouvoir par des milliers de pi&#232;ges et de pratiques frauduleuses. Mais une fois que nous aurons les masses de notre c&#244;t&#233;, nous n'aurons qu'&#224; claquer des doigts en leur direction pour les balayer. Le contr&#244;le des syndicats veut dire pour nous le contr&#244;le des masses. Cela, et cela seul, assurera notre victoire finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communistes et les postes syndicaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux maintenant passer &#224; une autre question qui va devenir de plus en plus importante au fur et &#224; mesure de notre d&#233;veloppement dans les syndicats. Elle s'est d&#233;j&#224; pos&#233;e &#224; nous un certain nombre de fois. C'est la question des candidatures et de l'obtention de postes par des camarades dans les syndicats. Cela peut devenir un des plus terribles danger, et une des plus grandes sources de corruption des membres du parti, si nous ne prenons pas suffisamment pas garde &#224; ce probl&#232;me, et ne clarifions pas notre position d&#232;s le d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les discussions qui ont eu lieu aujourd'hui, nous avons entendu la remarque d'un de nos camarades que la bataille syndicale &#233;tait la bataille pour des positions strat&#233;giques. C'est une vue subjective, et si nous la conservons, nous allons tomber dans une erreur s&#233;rieuse. Nous devons comprendre que notre lutte est avant tout celle pour d&#233;velopper la conscience de classe des syndiqu&#233;s de base, et de les gagner aux principes de la lutte r&#233;volutionnaire contre le capitalisme sous la direction de notre parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous connectons le combat pour des positions strat&#233;giques avec la totalit&#233; des buts politiques, et que nous leur subordonnons ce but, nous serons en terrain s&#251;r. Sinon, nous serons confront&#233;s au spectacle de membres du parti pensant les postes comme des fins en soi ; ou &#233;vacuant, ou bien mettant de c&#244;t&#233; les questions de principes avec lesquelles les masses ne sont pas famili&#232;res ; de plans et de calculs tortueux dans le but d'obtenir un poste. &#201;videmment, les camarades justifieront tout &#231;a par &#171; si nous obtenons ce poste, nous pourrons r&#233;aliser de grandes choses pour le parti &#187;. Mais, bien trop souvent, nous d&#233;couvrirons que ces camarades continueront &#224; appliquer ces m&#233;thodes, afin de se maintenir &#224; leur poste. Ils d&#233;g&#233;n&#233;reront en simples gardiens et chercheurs de positions. Ils perdront la confiance et le respect des militants ouvriers de base du parti, et notre parti, tenu responsable pour eux, verra son prestige baisser consid&#233;rablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les positions strat&#233;giques sont cependant d'une importance extr&#234;me, et les concernant nous devons &#233;liminer toute vue doctrinaire. L'opinion exprim&#233;es par un camarade que tout d&#233;tenteur de poste devient petit-bourgeois, et que, du m&#234;me coup, nous devrions nous tenir &#233;loign&#233;s des positions, est incorrecte. Il est vrai qu'une position officielle, particuli&#232;rement dans le mouvement syndical am&#233;ricain, a men&#233; de nombreuses personnes dans le pass&#233; &#224; la corruption et &#224; la trahison contre les int&#233;r&#234;ts ouvriers, mais cela ne veut pas dire que les communistes seront obligatoirement corrompus. Nous devons maintenir la position qu'un communiste doit aller n'importe o&#249; et faire ce que le parti juge bon, et rester un communiste &#8211; rester un honn&#234;te combattant de la classe ouvri&#232;re. Le camarade L&#233;nine &#233;tait un officiel. Il d&#233;tenait plus de pouvoir que Frank Farrington, mais n'est pas devenu comme lui. La garantie contre la corruption des camarades qui obtiennent des postes est leur maintien proche du parti, et qu'ils basent leur combat sur le support des militants de base, sur une politique de lutte des classes, et ne deviennent pas opportunistes ou trop &#171; rus&#233; &#187; - n'essayez pas de vous &#171; infiltrer &#187; dans des positions en adoucissant vos positions de principes, qui peuvent &#234;tre impopulaires, certes, mais que les communistes, malgr&#233; tout, sont tenus par devoir de d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un parti de lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre parti est un parti de travailleurs r&#233;volutionnaires du rang, un parti de lutte r&#233;volutionnaire contre le capitalisme et toute son &#339;uvre, et nous esp&#233;rons des camarades qui obtiennent des postes qu'ils conservent cette conception fondamentale et m&#232;nent &#224; bien tout leur travail officiel. Ils ne doivent pas se laisser aller &#224; &#234;tre influenc&#233;s, par leur position, &#224; une prudence excessive. Par-dessus tout, ils ne doivent pas acqu&#233;rir une psychologie de carri&#233;riste et saboter leurs devoirs envers le parti par peur de condamner leurs postes. Nous ne poussons pas des communistes dans des postes pour qu'il fasse moins pour le parti, au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atmosph&#232;re des syndicats am&#233;ricains est f&#233;tide. Elle suinte de coutumes et de traditions d'un caract&#232;re non-prol&#233;tarien. Prenez garde, vous communiste qui obtenez des postes, &#224; ne pas vous enfoncer dans ce marais. Rappelez vous toujours que vous &#234;tes communistes, et que vous devez maintenir votre esprit de rebelle communiste. Ne succombez pas aux coutumes et traditions des bureaux construits par les agents de la bourgeoisie, qui se sont servis eux-m&#234;mes &#224; manger sur le dos du mouvement ouvrier via leurs positions, mais apportez avec vous vos propres coutumes, votre propre &#233;thique r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discipline du parti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la discipline du parti devient tr&#232;s importante quand on s'int&#233;resse aux camarades dans des positions officielles. Des camarades ainsi cas&#233;s doivent se lier d'autant plus avec le parti, ne faire qu'un avec lui, et consid&#233;rer le parti comme leur meilleur ami. La proximit&#233; d'un &#233;lu communiste avec son parti sera la meilleure garantie qu'il sera capable de conserver son point de vue r&#233;volutionnaire et de faire son devoir pour la classe ouvri&#232;re. Le parti demande m&#234;me plus de discipline de la part des camarades devenus des dirigeants que des autres membres du parti. Il n'a pas peur, m&#234;me des plus gros dirigeants qui vont contre le parti et suivent une politique qui lui est hostile. Des camarades qui tiennent des postes, peu importe leur position, ne peuvent agir comme des individus ind&#233;pendants sans &#234;tre rappel&#233;s &#224; l'ordre par leur parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tester notre travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons r&#233;sumer en quelque mots la question. Nous ne sommes pas de simple progressistes, mais des r&#233;volutionnaires. Notre r&#244;le dans le mouvement syndical est d'organiser les masses pour la r&#233;volution prol&#233;tarienne et de les diriger dans la lutte pour y parvenir. Tout notre travail quotidien doit s'y rattacher et s'y subordonner. Le test pour notre travail ne peut se faire par des victoires formelles sur le papier, mais par le d&#233;veloppement de la conscience de classe dans les rangs des ouvriers, le degr&#233; de leur organisation sur cette base, et l'accroissement de l'influence et de la direction de notre parti. Des positions strat&#233;giques dans le mouvement ouvrier sont d'une importance premi&#232;re du point de vue de la possibilit&#233; pour le parti d'avancer et de d&#233;velopper son travail de r&#233;volutionnarisation des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons astucieux et pratiques par tous les moyens. Apprenons &#224; r&#233;pondre &#224; toutes les questions qui se posent au sein du syndicat, de mani&#232;re r&#233;aliste et professionnelle. Devenons des experts du travail quotidien des syndicats et des man&#339;uvres pour les postes strat&#233;giques, mais souvenons-nous toujours du danger de d&#233;g&#233;n&#233;rer en de simples qu&#233;mandeurs de postes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des syndicalistes actifs, sp&#233;cialement ceux qui d&#233;tiennent une position, sont tent&#233;s par mille choses pouvant les d&#233;tourner de la voie de la lutte des classes. Seul le maintien de leur lien le plus profond avec le parti peut leur permettre de balayer ces tentations. Avec l'assistance du parti, ils apprendront comment servir de leur mieux la lutte quotidienne de la classe ouvri&#232;re et de connecter toutes leurs activit&#233;s avec la t&#226;che de mener les masses &#224; la r&#233;volution. Ils apprendront comment mesurer leurs progr&#232;s &#224; chaque &#233;tape, pas par des victoire formelles sur le papier, mais par le d&#233;veloppement de la conscience de classe des travailleurs et de l'influence du parti, qui sont les moyens par lesquelles leur activit&#233; inspire aux travailleurs cet esprit de lutte d&#233;termin&#233;e, qui est l'esprit du communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che que nous avons entreprise nous posera de nombreuses difficult&#233;s, mais, avec l'aide du Parti et de l'Internationale, nous allons toutes les r&#233;soudre. Nous gagnerons les masses au communisme ; nous allons arracher les syndicats des mains des agents de la bourgeoisie et les transformer en de puissants instruments pour la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cannon/works/1924/07/syndical.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cannon/works/1924/07/syndical.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu'est-ce qu'une gr&#232;ve ?</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article7653</link>
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		<dc:date>2026-08-07T22:09:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>

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&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une gr&#232;ve ? &lt;br class='autobr' /&gt;
par De L&#233;on &lt;br class='autobr' /&gt;
Travailleurs et travailleuses de New Bedford ; vous qui &#234;tes en gr&#232;ve dans l'industrie textile ; et vous tous les autres qui n'&#234;tes pas en gr&#232;ve mais qui l'ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; et qui le serez un jour : &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous savez sans doute qu'en ce pays, de m&#234;me qu'en Angleterre, les &#233;poques de gr&#232;ve ont l'habitude de voir appara&#238;tre des &#171; vedettes &#187; du Mouvement Ouvrier et de voir ces soi-disant &#171; vedettes &#187; s'&#233;vertuer au divertissement des gr&#233;vistes ; il est beau de les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce qu'une gr&#232;ve ?
&lt;p&gt;par De L&#233;on&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Travailleurs et travailleuses de New Bedford ; vous qui &#234;tes en gr&#232;ve dans l'industrie textile ; et vous tous les autres qui n'&#234;tes pas en gr&#232;ve mais qui l'ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; et qui le serez un jour :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez sans doute qu'en ce pays, de m&#234;me qu'en Angleterre, les &#233;poques de gr&#232;ve ont l'habitude de voir appara&#238;tre des &#171; vedettes &#187; du Mouvement Ouvrier et de voir ces soi-disant &#171; vedettes &#187; s'&#233;vertuer au divertissement des gr&#233;vistes ; il est beau de les contempler, ces &#171; vedettes, &#187; alors qu'elles divertissent les ouvriers au moyen de proph&#233;ties, de promesses teint&#233;es de rose, au moyen d'anecdotes comiques, au moyen de r&#233;citations pompeuses, en prose et m&#234;me en vers ; oui, regardez-les, quand ils emplissent de bourre les ouvriers &#224; force de rh&#233;toriques pesantes &#8212; dans le style caract&#233;ristique de ces G&#233;n&#233;raux qui pr&#233;tendent stimuler le courage de leurs soldats en les gavant de mauvais whisky parce qu'ils savent parfaitement bien qu'aucune autre m&#233;thode ne serait efficace ! On agissait constamment ainsi dans le pass&#233; ; et, &#224; l'heure actuelle, il semblerait que des pratiques de cet ordre se perp&#233;tuent &#8212; et m&#234;me dans une large mesure ; &#224; la r&#233;cente gr&#232;ve des mineurs, on ne se conduisait pas autrement ; &#224; New Bedford, en partie, les choses se passent de la sorte ; et, il en est ainsi partout o&#249; l'ignorance de la question sociale pr&#233;domine. Toutefois, il est consolant de remarquer que le Socialisme &#8212; dans la mesure o&#249; il p&#233;n&#232;tre la classe laborieuse &#8212; rejette ces tactiques aussi fausses que pu&#233;riles. Quant &#224; moi, je suis ici pour r&#233;pondre &#224; l'invitation des ouvriers socialistes de New Bedford. Et &#224; l'instar de toutes les organisations r&#233;volutionnaires internationales, &#224; l'exemple de tous les cerveaux qui ont pris conscience de la lutte des classes, &#224; la suite de tous les &#234;tres &#233;clair&#233;s qui s'affirment &#224; travers le monde comme les seuls espoirs d'un futur viable et glorieux, j'estime naturellement que ce serait un crime, pour les hommes auxquels notre organisation permet de propager l'Evangile du Travail, que de gaspiller leur temps et de polluer le dynamisme de notre programme par la perp&#233;tration de &#171; chatouilles &#187; &#233;tourdies envers les ouvriers. Notre organisation nous donne pour t&#226;che de faire l'&#233;ducation des ouvriers, d'illuminer le v&#233;ritable aspect du probl&#232;me qui les confronte, de favoriser leur prise de conscience du grand drame historique dans lequel la plupart jouent un r&#244;le dont ils ne se rendent pas encore compte. Quelques-uns d'entre vous, sans doute, par l'habitude contract&#233;e d'un traitement quelque peu diff&#233;rent, trouveront de la s&#233;cheresse &#224; mon discours ; je ne retiens pas ceux qui pourraient &#234;tre d&#233;sappoint&#233;s de ma fa&#231;on d'agir, ils peuvent partir, ils sont libres ; mais je crois que ceux qui partiraient ainsi, n'auraient pas vraiment connu l'apprentissage des salaires, qu'ils n'auraient pas vraiment constat&#233; par l'exp&#233;rience que de semblables questions demandent r&#233;flexion et ne peuvent se r&#233;soudre par un contact superficiel. Cependant, puisque vous n'en &#234;tes plus au stage primaire, et puisque votre pr&#233;sence ici d&#233;montre que vous poss&#233;dez l'empressement requis, je suis s&#251;r que vous ne quitterez pas cette salle avant d'avoir assimil&#233; tout ce qui a trait &#224; la ligne de force du mouvement ouvrier ; alors nous pourrons dire que la derni&#232;re gr&#232;ve du genre aura eu lieu &#224; New Bedford ; et les gr&#232;ves, qui pourraient succ&#233;der &#224; celle-ci, manifesteraient la m&#234;me dissemblance qu'il y a entre la maturit&#233;, vigoureuse et l'enfance d&#233;bile. Si pareille transformation se produit, vous serez engag&#233;s sur une voie rigoureuse, et, contrairement au situations pass&#233;es, vous ne vous dirigerez plus vers un d&#233;sastre in&#233;vitable : vous serez devenus les ma&#238;tres de New Bedford, vous prendrez ensuite la destin&#233;e de la nation entre vos mains, et la libert&#233; pour tous couronnera ces efforts pers&#233;v&#233;rants. (Applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois ans, j'&#233;tais parmi vous durant une autre gr&#232;ve. Et, &#224; vrai dire, quelque observateur h&#226;tif, qui se souviendrait de votre attitude d'alors, et qui constaterait aujourd'hui qu'aucun changement ne marque vos actes, cet observateur pourrait s'&#233;crier : &#171; Fichtre ! c'est une perte de temps que de parler &#224; des types de cet acabit ! l'exp&#233;rience personnelle ne leur apprend rien ! ils s'useront &#233;ternellement &#224; la m&#234;me t&#226;che sans espoir ! ils poursuivront le m&#234;me combat insens&#233; visant &#224; l'&#233;tablissement de &#171; relations prudentes &#187; avec la classe capitaliste, et en se servant toujours des m&#234;mes armes inefficaces (le syndicalisme &#171; pur et simple &#187;) &#187; ! Mais un socialiste v&#233;ritable ne s'arr&#234;te pas &#224; pareil point de vue. Car une chose milite en votre faveur, une chose qui vous donne droit &#224; la sympathie du socialiste ; c'est que malgr&#233; vos erreurs r&#233;p&#233;t&#233;es envers les principes de base, les buts et les m&#233;thodes, malgr&#233; votre poursuite actuelle de pures illusions, malgr&#233; la pauvret&#233; que vous attirez sur vous-m&#234;mes et malgr&#233; la r&#233;p&#233;tition cumulative de vos faillites, vous conservez encore assez de virilit&#233; pour r&#233;sister &#224; l'oppression et vous faites preuve de toute la r&#233;bellion n&#233;cessaire &#224; la r&#233;alisation d'une gr&#232;ve. L'attitude des travailleurs engag&#233;s dans une gr&#232;ve de bonne foi, en est une qui commande l'admiration. Cette attitude est un gage de la d&#233;faite pr&#233;visible de l'esclavage. Oui, seul l'esclave qui ne se r&#233;voltera pas contre ses tyrans, seul l'esclave qui courbera l'&#233;chine sous le fouet et qui pr&#233;sentera volontiers la joue &#224; qui veut lui tirer la barbe &#8212; seul cet esclave-l&#224; est sans espoir. Mais pour vous de New Bedford qui &#234;tes des esclaves sans r&#233;signation, vous qui persistez dans la lutte malgr&#233; vos revers et votre pauvret&#233;, vous qui vous rebellez quand m&#234;me et malgr&#233; tout, pour vous il y aura toujours de l'espoir ? C'est parce que vous m'inspirez d'affection que j'ai quitt&#233; ma demeure de New York, c'est parce que je consid&#232;re hautement votre t&#233;nacit&#233; que j'ai interrompu mon travail personnel et que je suis parmi vous pour quelques jours : votre esprit de r&#233;bellion autorise et justifie, &#224; lui seul, toutes mes esp&#233;rances en vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'OU VIENNENT LES SALAIRES ET D'OU VIENNENT LES PROFITS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentement, vous avez besoin, plus encore que le pain, d'assimiler quelques principes &#233;l&#233;mentaires d'&#233;conomie politique et de sociologie. Il ne faut pas avoir peur de ces mots : les propagandistes du capitalisme ; eux seuls, s'&#233;vertuent &#224; rendre les mots tellement incompr&#233;hensibles que leur &#233;nonciation suffit parfois &#224; plonger le travailleur dans l'effroi. Les vrais questions en jeu sont faciles &#224; comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier point, sur lequel un travailleur devrait faire la lumi&#232;re en lui, est le suivant : Quelle est la provenance des salaires qu'il re&#231;oit lui m&#234;me ; d'o&#249; sortent les profits que son employeur touche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas que le suivant dialogue n'est pas tellement inhabituel&#8230; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Ouvrier : Est-ce que je me trompe, quand je crois que les Socialistes veulent abolir la classe capitaliste ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Socialiste : C'est ce que nous cherchons, en effet. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Ouvrier : Ouais ? ? Eh bien, je ne veux rien avoir &#224; faire avec vous ; d&#233;j&#224; mon salaire est bien maigre ; et m&#234;me en ce moment je peux &#224; peine joindre les deux bouts. Si vous abolissez le capitaliste, je n'aurai plus rien ; il ne restera plus personne pour me faire vivre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui sait combien de travailleurs dans cette salle se trouvent parfaitement symbolis&#233;s par l'Ouvrier du dialogue cit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de la paye, quand vous tendez votre main pleine d'ampoules, votre main noircie par la besogne, elle est vide : quand vous la retirez, elle enserre vos gages ; et c'est de l&#224;, sans doute, qu'est n&#233; le mythe de l'indispensabilit&#233; du paternalisme capitaliste. Tromperie que ce mythe, grossi&#232;re erreur, illusion d'optique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous vous rendez t&#244;t le matin sur le toit de quelque maison et si vous regardez vers l'est, il vous semblera que le soleil bouge et que vous demeurez immobile ; on crut longtemps que cette perception &#233;tait valable ; mais on commettait une erreur, ce n'&#233;tait qu'une illusion d'optique. Tant que cette erreur maintint sa tyrannie, les sciences ne purent pas accomplir beaucoup de progr&#232;s, l'humanit&#233; &#224; peu pr&#232;s stagnante ne franchit pas l'&#233;tape de la virtualit&#233;. En v&#233;rit&#233;, un avancement ne fut possible qu'apr&#232;s la d&#233;couverte de l'illusion et apr&#232;s la destruction de l'erreur, qu'apr&#232;s l'&#233;tablissement de la preuve d'une v&#233;rit&#233; r&#233;volutionnaire, qu'apr&#232;s la v&#233;rification probante de l'immobilit&#233; du soleil et de la mobilit&#233; de notre plan&#232;te (la terre, comme l'on sait, se meut &#224; une vitesse folle). Pour la question des salaires, il n'en va pas autrement : il sera impossible de bouger, de faire un pas vers l'avant, tant que l'on n'aura pas constat&#233; que, dans ce domaine comme dans l'autre, la r&#233;alit&#233; est exactement le contraire de l'illusion. En v&#233;rit&#233;, croyez-moi, ce n'est pas le capitaliste, c'est le travailleur lui-m&#234;me qui est le producteur de ses propres gains ; ce n'est pas le capitaliste qui fait vivre le travailleur, c'est le travailleur qui fait : vivre le capitaliste ! (Longs applaudissements)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas le capitaliste qui donne du pain &#224; l'ouvrier, mais c'est l'ouvrier qui se contente d'une croute s&#232;che tout en approvisionnant somptueusement la table du capitaliste ! (Applaudissement bruyants et prolong&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je viens de vous soumettre un point essentiel de l'&#233;conomie politique ; et, ce point, je d&#233;sire tout particuli&#232;rement l'incruster dans votre esprit. Passons donc &#224; la preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons supposer que j'ai en mains 100.000 $. Ne me demandez pas o&#249; j'ai pris cet argent ; si vous me le demandez, je vais &#234;tre oblig&#233; de vous r&#233;pondre que &#171; pareille question est anti-am&#233;ricaine. &#187; Vous ne devez pas mettre le nez dans les origines de mes revenus : c'est anti-am&#233;ricain de chercher &#224; deviner de pareils secrets. (Rires.) Donc, vous allez me faire confiance. Je vous accorderais la mienne tant&#244;t. Je vais pour l'instant baisser le rideau sur votre curiosit&#233; anti-am&#233;ricaine. Mettons donc que j'ai 100.000 $ et que je suis un capitaliste. Il est possible que je ne connaisse pas beaucoup de choses &#8212; peu de capitalistes en savent long &#8212; mais je sais du moins un peu d'arithm&#233;tique &#233;l&#233;mentaire. Alors, je prends un crayon et j'inscris &#171; 100.000 $ &#187; ; puis, apr&#232;s avoir calcul&#233; qu'il me faudrait 5.000 $ par ann&#233;e pour vivre confortablement, je divise par 5.000 $ ma somme de 100.000 $ et j'obtiens le quotient &#171; 20 &#187;. Inutile de vous dire que les cheveux me dressent sur la t&#234;te ! En effet : si je retire de la dite somme 5.000 $ par ann&#233;e, le quotient &#171; 20 &#187; me r&#233;v&#232;le qu'au bout de vingt ans mes r&#233;serves seront &#233;puis&#233;es ! Au commencement de la 21e ann&#233;e, il ne me restera plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Horreur et mal&#233;diction ! je serais oblig&#233; d'aller travailler pour vivre ! &#187; Il n'y a pas de capitaliste qui se puisse r&#233;signer &#224; l'id&#233;e du travail. Cons&#233;quemment, tout capitaliste vous dira &#8212; et il paiera des politiciens, des soi-disant &#171; &#233;ducateurs, &#187; des cur&#233;s pour qu'ils vous r&#233;p&#232;tent &#8212; que le travail manuel est &#171; honorable. &#187; Bien s&#251;r, le capitaliste est tout dispos&#233; &#224; vous c&#233;der le privil&#232;ge exclusif de cet honneur et il fera tout pour qu'on ne vous en conteste pas la moindre partie &#8212; mais, quant &#224; lui, il a pour le travail une aversion cong&#233;nitale&#8230; le capitaliste s'&#233;loigne du travail, au galop, comme un homme fuit l'eau apr&#232;s avoir &#233;t&#233; mordu par un chien enrag&#233;. Bref, le capitaliste que je suis, d&#233;sire vivre sans travailler et sans entamer le capital de 100.000 $. Que faire ? Prenons l'exemple d'un fermier qui aurait en sa possession une vache Durham : ce fermier sait bien que la vache en question peut lui rapporter seize pintes de lait par jour, mais, qu'au bout de quelques ann&#233;es, quand le rendement de l'animal aura diminu&#233;, il faudra remplacer la vache &#233;puis&#233;e par une autre. Mais le capitaliste que je suis est plus exigeant que le fermier : comme tout capitaliste, je veux que ma vache de 100.000 $ me rapporte annuellement 5.000 $ sans jamais s'&#233;puiser ; en r&#233;sum&#233;, je veux accomplir l'exploit l&#233;gendairement &#171; impossible &#187; de tuer la poule aux &#339;ufs d'or tout en continuant &#224; b&#233;n&#233;ficier de sa ponte. Et pourtant, l'exploit pr&#233;tendu &#171; impossible &#187;, le syst&#232;me capitaliste l'accomplit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons supposer que le capitaliste que je suis se rend chez un courtier. &#171; Dites, monsieur le Courtier, j'ai ici la somme de 100.000 $ ; pourriez vous l'investir en mon nom ? &#187; Je ne dis pas au courtier que je pr&#233;f&#233;rerais l'achat de parts dans les fabriques de New Bedford, je ne dis pas non plus au courtier que les chemins de fer me sembleraient un placement souhaitable : je laisse &#224; cet homme l'enti&#232;re libert&#233; de ses actes. Comme seul directive, je lui sugg&#232;re de placer mes fonds dans la corporation susceptible de rapporter les plus hauts dividendes. Dans la mesure o&#249; les chiffres ont pu &#234;tre compil&#233;s, naturellement, monsieur le Courtier dispose d'une liste de toutes les corporations les plus avantageuses (les corporations de New Bedford y comprises) : il fait son choix, et ce choix tombe (plus ou moins fortuitement) sur l'une des fabriques de votre ville. A ce moment-l&#224;, je loue un casier dans quelque voute blind&#233;e dont les propri&#233;taires nous garantissent l'invuln&#233;rabilit&#233; ; et puis, j'enfouis au fond de mon casier les parts acquises, je le verrouille et je mets la cl&#233; dans ma poche. Il ne me reste plus qu'&#224; m'en aller et &#224; jouir de la vie&#8230; S'il fait trop froid dans le nord, je me rends en Floride ; si je trouve qu'il y fait trop chaud, je vais faire un s&#233;jour dans les Adirondacks. A l'occasion, je me permets une croisi&#232;re sur l'Atlantique et je fr&#233;quente tous les tripots d'Europe et j'y rel&#232;ve tous les d&#233;fis qui se pr&#233;sentent &#224; moi. Chevaux fringants, femmes plus fringantes encore : voil&#224; ce qui occupe mes heures ! Je fais tout, sauf de mettre le pied dans la fabrique dont je suis actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'approche m&#234;me pas de la ville o&#249; elle est situ&#233;e &#8212; et pourtant, voici qu'un miracle se produit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y en a parmi vous qui soit vers&#233;s en mati&#232;re biblique, ils auront probablement entendu parler du miracle autoris&#233; par Dieu alors que les Juifs &#233;taient dans le d&#233;sert et crevaient de faim. Le bon Seigneur entrouvrit les cieux et laissa tomber la manne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la g&#233;n&#233;rosit&#233; du Seigneur tout-puissant &#233;tait une g&#233;n&#233;rosit&#233; &#224; crochets : en effet, si les Juifs ne se levaient pas de bonne heure le matin pour ramasser la manne, celle-ci fondait au soleil et ils n'avaient rien &#224; manger ; ainsi, les Juifs &#233;taient forc&#233;s de se lever tr&#232;s t&#244;t, d'aller &#224; l'ext&#233;rieur, de se courber vers le sol, de ramasser la manne, de la mettre dans des paniers, de la transporter jusqu'&#224; l'int&#233;rieur de leurs tentes, et l&#224;, ils pouvaient enfin manger. Fait &#224; noter : la manne n'apparut qu'une fois sur la terre, et le miracle prit fin !&#8230; Ce miracle n'est pas le seul que l'humanit&#233; ait connu : et les exploits du syst&#232;me de production capitaliste, sur toute la ligne, outrepassent les hauts faits du P&#232;re Eternel ! . Les juifs, eux, &#233;taient forc&#233;s de s'esquinter ; mais moi, capitaliste parasitaire, je n'ai m&#234;me pas besoin de travailler. Je peux transformer la nuit en jour ; le jour, en nuit&#8230; je peux m'&#233;tendre sur le dos toute la journ&#233;e et toute la nuit ; et, tous les trois mois, la manne descend vers moi sous la forme de dividendes !&#8230; D'o&#249; viennent ces dividendes ? Quelle est la signification du terme &#171; dividende &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la fabrique dont mon courtier a pay&#233; les parts, il y a des travailleurs, des milliers de travailleurs au travail&#8230; Ces travailleurs ont tiss&#233;s des &#233;toffes et ces &#233;toffes ont &#233;t&#233; vendues sur le march&#233; : elles ont &#233;t&#233; vendues pour 7.000 $, et, de ces 7.000 $, mes ouvriers salari&#233;s n'ont touch&#233; que 2.000 $ en salaires ; moi, l'actionnaire, j'ai re&#231;u 5.000 $ de b&#233;n&#233;fices !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi qui n'ai jamais mis le pied &#224; l'int&#233;rieur de la fabrique, qui n'ai jamais vu la ville de New Bedford ; moi, qui ne sais m&#234;me pas &#224; quoi ressemble un m&#233;tier de tisserand, moi qui n'ai rien contribu&#233; du tout au tissage des &#233;toffes : est-ce que vous croyez vraiment que j'ai fourni assez de travail pour gagner les 5.000 $ qui me sont revenus ? S'il se trouve un seul homme ; avec de la cervelle dans la t&#234;te plut&#244;t que de la sciure de bois ; s'il se trouve un seul homme assez courageux pour nier que les 7.000 $ au complet soient la propri&#233;t&#233; exclusive des producteurs salari&#233;s de la fabrique, que cet homme se l&#232;ve et qu'il se dise ! Qu'il ose pr&#233;tendre, cet homme, que, de toute la richesse produite par le travail, seulement 2.000 $ ont &#233;t&#233; m&#233;rit&#233;s par les travailleurs, et 5.000 $, par celui qui n'a pas lev&#233; un petit doigt. Les salaires, que ces ouvriers re&#231;oivent, repr&#233;sentent une richesse qu'ils ont produite par eux-m&#234;mes ; les b&#233;n&#233;fices que le capitaliste empoche, repr&#233;sentent une richesse que les ouvriers salari&#233;s ont produite, et que lui, le capitaliste &#8212; n'ayons pas peur des mots &#8212; vole aux ouvriers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CORPORATION AVEC PARTS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant &#8212; est-ce l&#224; une loi constante ? me demanderez-vous peut-&#234;tre&#8230; n'est-ce pas l&#224; une simple exception ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, cela est une loi ! le contraire serait une exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales industries des Etats-Unis sont aujourd'hui des corporations avec parts, et c'est vers une structure analogue que toutes les autres industries suffisamment importantes &#233;volueront d'une fa&#231;on ou d'une autre. De plus en plus, le capital en argent est remplac&#233; par le capital en obligations. Un seul capitaliste d&#233;tient des parts dans des quantit&#233;s d'entreprises touchant plusieurs sortes de m&#233;tiers : il est clair que ce capitaliste n'est mat&#233;riellement pas capable d'administrer personnellement des entreprises aussi vari&#233;es et nombreuses et, d'ailleurs, situ&#233;es dans des villes forts diff&#233;rentes les unes des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au pouvoir de ses obligations de papier, il touche des revenus &#8212; c'est &#224; dire, puisqu'on ne se r&#233;p&#232;te jamais trop souvent, que le capitaliste en question vit aux d&#233;pens des travailleurs qu'il filoute litt&#233;ralement. Dans les cas des entreprises qui ne se sont pas encore organis&#233;es sous forme de corporations avec parts, il n'y a pas de diff&#233;rence essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES SOI-DISANT &#171; CHEFS D'INDUSTRIE &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non satisfaits de toutes ces explications, quelques-uns pourront formuler la m&#234;me objection sous un aspect nouveau : &#171; Nous admettons, pourront-ils dire, que la richesse par laquelle subsistent des actionnaires est une richesse vol&#233;e puisque ces actionnaires n'accomplissent aucun travail visible, mais tous les actionnaires sont-ils &#224; ce point oisifs et encombrants ? N'en existe-t-il pas qui se chargent de quelque travail r&#233;el ? Ne seraient-ils qu'une fable, ces &#171; chefs d'industrie &#187; dont on parle tant ? &#187; &#8212; Il existe des &#8216;chefs d'industrie', certes, mais ces &#8216;hommes-comme-il-faut' portent leur &#233;tiquette &#224; la mani&#232;re des militaires : ils sont comme les &#171; G&#233;n&#233;raux &#187; les &#171; Majors &#187; les &#171; Colonels &#187; dont les plus fiers titres de gloire sont attribuables &#224; une certaine habilet&#233; &#224; se trouver des rempla&#231;ants durant la guerre ! (Applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#171; Chefs d'industrie &#187; sont tout simplement les actionnaires les plus pesants, ce qui revient &#224; dire qu'ils sont les &#233;ponges les plus corpulentes ; leur fonction de chef consiste surtout &#224; tramer des complots contre les &#171; Chefs d'entreprises &#187; rivaux, &#224; corrompre les l&#233;gislateurs et les magistrats et les dignitaires de toutes sortes, &#224; choisir minutieusement et &#224; embaucher les fiers-&#224;-bras capables de leur ob&#233;ir servilement, &#224; lancer dans vos rangs les agents provocateurs qui vous m&#232;neront &#224; la boucherie comme du v&#233;ritable b&#233;tail ; ils s'attribuent aussi la fonction de vous flatter mielleusement et de vous procurer des illusions de bien-&#234;tre alors qu'en v&#233;rit&#233; ils vous tondent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;cisions des tribunaux, ayant pour but d'absoudre la responsabilit&#233; des &#171; Chefs d'entreprise, &#187; sont nombreuses et elles vont augmentant ; chacune de ces d&#233;cisions, prononc&#233;e par la bouche m&#234;me du gouvernement capitaliste, consolide la paresse et la superfluit&#233; de la classe capitaliste. Les &#171; Chef d'entreprise &#187; c'est-&#224;-dire la classe capitaliste en g&#233;n&#233;ral est capable de se charger de &#171; travaux &#187; elle accomplit effectivement des &#171; travaux &#187; mais ces &#171; travaux &#187; ne participent pas directement ou indirectement de la production ; non vraiment, pas plus que l'intense travail mental fourni par le &#171; pickpocket &#187; est directement ou indirectement li&#233; &#224; la production.(Applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; LES MISES DE FONDS INITIALES &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous me demanderez peut-&#234;tre encore, en dernier lieu :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'actionnaire ne travaille pas, &#231;a ne fait aucun doute, et vit donc aux d&#233;pens de la richesse que nous produisons ; les Chefs d'industrie se pr&#233;valent d'un titre qui ne sert qu'&#224; orner leur paresse d'une aur&#233;ole d'escroquerie ! ils ne sont tous en cons&#233;quence que des &#233;ponges qui s'abreuvent des sueurs de la classe ouvri&#232;re &#8230; mais l'exemple apport&#233; ne prenait-il pas pour acquis d&#232;s le d&#233;but que le capitaliste consentait &#224; investir la somme de 100.000 $, et les risques d'investir pareil capital ne m&#233;ritaient-ils pas une compensation ? &#187; &#8212; Cette question ouvre la porte &#224; des conjectures. Il est donc temps, ainsi que je vous l'ai promis, de vous accorder mon enti&#232;re confiance. Levons le rideau, p&#233;n&#233;trons tous les secrets ! O&#249; ai-je pris mon magot &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; provient ce premier capital, d'o&#249; provient cette mise de fonds initiale ? Est-ce que cette argent pousse au capitaliste comme les poils de sa barbe ou comme les ongles des orteils ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'il le s&#233;cr&#232;te, cette argent, comme le corps s&#233;cr&#232;te la sueur ? permettez-moi donc une petite anecdote, entre bien d'autre, qui servira d'illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez tous probablement que l'actuel Gouverneur de l'Etat de New York a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; &#224; son poste par Levi Parsons Morton, personnage dont la r&#233;putation n'est plus &#224; faire. M. Morton a certes administr&#233; &#187; l'Empire State, &#187; mais il n'a pas fait que cela ; nous l'avons vu &#224; l'&#339;uvre comme Vice-Pr&#233;sident de la Nation et il fut aussi l'ambassadeur des Etats-Unis en France. M. Morton est un &#171; gentleman &#187; &#233;minent : il porte avec &#233;l&#233;gance les &#233;toffes les plus pr&#233;cieuses ; ses devants de chemises sont toujours d'une blancheur immacul&#233;e ; ses ongles impeccables ont &#233;t&#233; soign&#233;es par de petites manucures ; il n'utilise que le langage le plus ch&#226;ti&#233; ; il prend soin de louer dans une &#233;glise et dans quelques autres les bancs les plus en vue ; il se montre en tout un mod&#232;le d'ob&#233;issance &#224; la morale, &#224; &#171; l'ordre et &#224; la loi, &#187; et il EST ce qui ne g&#226;te rien un capitaliste multimillionnaire. Mais voyons quel bon vent a pouss&#233; ce personnage sur la voie des millions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Morton est un R&#233;publicain : pour obtenir des &#233;claircissements, il ne serait peut-&#234;tre pas tout &#224; fait in&#233;quitable de mettre &#224; contribution le journal le New York Tribune qui est &#233;dit&#233; par des R&#233;publicains&#8230; Le lendemain du jour o&#249; M. Morton a &#233;t&#233; nomm&#233; Gouverneur, en 1894, le New York Tribune nous a fait conna&#238;tre la biographie du digne homme. On nous apprend, dans cette biographie, que M. Morton est n&#233; dans le New Hampshire et que ses parents &#233;taient pauvres ; qu'il &#233;tait laborieux, d&#233;brouillard et ambitieux, et que &#8211; &#233;mule du &#171; jeune homme pauvre &#187; &#8211; il s'&#233;tablit &#224; New York en 1860 (souvenez-vous de cette date !) ; et qu'en 1860, &#224; New York, il fonda un &#233;tablissement de v&#234;tements ; et alors, on nous apprend que, du jour au lendemain il fit faillite, puis, FONDA UNE BANQUE ! (Rires et applaudissements bruyants.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme sans le sou peut &#233;tablir &#224; peu pr&#232;s n'importe quelle sorte de boutique &#224; quelques conditions pr&#232;s. Il peut devenir tavernier, il peut devenir cordonnier, il peut devenir manufacturier de cigares, si le propri&#233;taire de l'emplacement lui accorde le cr&#233;dit du loyer, et si quelque m&#233;c&#232;ne lui pr&#234;te les camions dont il pourrait avoir besoin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme sans le sou pourrait, dans ces conditions-l&#224;, se lancer dans les affaires et r&#233;ussir &#224; payer ses dettes par les profits de ses ventes. Mais UNE boutique existe, qu'on ne peut pas faire fonctionner de cette mani&#232;re-l&#224; ! Et cette boutique, c'est la Banque ! Pour se lancer l&#224;-dedans, il faut avoir en main de l'argent sonnant, en esp&#232;ces. On n'&#233;crit pas des billets doux sans amour : on n'imprime pas des billets de banque sans argent ? Et nous tous sommes en droit d'&#234;tre perplexes, quand nous rencontrons un homme, qui vient &#224; peine de jurer solennellement (sur l'Evangile) n'avoir pas un sou pour payer ses cr&#233;anciers, qui n'a pas toutefois &#233;pous&#233; une h&#233;riti&#232;re, et qui pourtant est en mesure (sur-le-champ !) de financer une banque ! O&#249; cet homme a-t-il pris son argent ? (Applaudissements.) Souvenez-vous de la biographie de Levi Parsons Morton, elle peut vous servir de torche pour &#233;clairer la biographie de tous les pionniers des grosses entreprises capitalistes : en &#233;tudiant leur vie, vous constaterez que tous les capitalistes sont &#224; peu pr&#232;s dans le m&#234;me cas et que tous leurs biographies (ou presque) ont observ&#233; un remarquable et prudent silence &#224; propos de l'origine du &#171; premier magot. &#187; Vous constaterez que les fameux &#171; capitaux engag&#233;s (plus souvent qu'autrement) sont le r&#233;sultat d'incendies truqu&#233;s, de faillites frauduleuses, de crimes brutaux ou doucereux, de d&#233;tournements de fonds etc&#8230; &#201;videmment, de tels &#171; capitaux &#187; &#8211; obtenus &#224; force d' &#171; adresse, &#187; d' &#171; initiative, &#187; d' &#171; ing&#233;niosit&#233; &#187; &#8211; constituent un arme id&#233;ale pour d&#233;pouiller le travailleur qui a fait montre de moins d' &#171; adresse &#187; de moins d' &#171; initiative, &#187; de moins d' &#171; ing&#233;niosit&#233; &#187;&#8230; Et advienne que le capitaliste dilapide la totalit&#233; de ses escroqueries, sa mise de fonds lui demeurera intacte : oui, dans la mesure, du moins, o&#249; quelque autre d&#233;trousseur en smoking ne viendra pas faire preuve d'une &#171; astuce &#187; encore sup&#233;rieure et ne viendra pas lui d&#233;rober une partie de son capital ; car, si les escroqueries d'un capitaliste s'accumulent sans &#234;tre trop entam&#233;es, il n'est pas douteux que cet homme atteindra bient&#244;t le ou les millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vidence est l&#224;, incontestable : ce sont les travailleurs seuls qui produisent toute la richesse. Quand les ouvriers touchent leurs salaires, ils ne touchent qu'une partie de ce qu'ils produisent ; tous les profits, pass&#233;s et futurs, de tous les industriels, pass&#233;s et futurs, sont des vols ! &#8212; ce sont des vols perp&#233;tr&#233;s contre les ouvriers, jour apr&#232;s jour, semaine apr&#232;s semaine, mois apr&#232;s mois, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e ! Le capital est l'accumulation des vols du capitaliste, bien appuy&#233;s sur la pierre angulaire du &#171; premier magot. &#187; (Longs Applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A pr&#233;sent, s'il existe un seul auditeur parmi vous qui n'a pas encore compris ou qui nie que c'est l'ouvrier qui fait vivre le capitaliste et non pas le capitaliste qui fait vivre l'ouvrier, ou qui croie encore que l'ouvrier ne peut survivre sans le capitaliste, que cet auditeur veuille donc, en toute simplicit&#233;, lever la main et exposer ses vues &#8212; Personne&#8230; ? Soit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me permets donc de consid&#233;rer ce point comme r&#233;gl&#233; ! &#8230; Et nous allons proc&#233;der plus avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE DES CLASSES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me point essentiel va suivre imm&#233;diatement. Il faut que tout soit clair : principalement la question de vos rapports, en tant qu'ouvriers salari&#233;s, avec le patron capitaliste &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me de production capitaliste. Le deuxi&#232;me point essentiel d&#233;coule in&#233;vitablement du premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons de voir que les salaires dont vous vivez et les profits dont lesquels le capitaliste se vautre sont, en fait, les deux portions d'une richesse que vous produisez int&#233;gralement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrier, naturellement, d&#233;sire que sa portion soit de plus en plus large ; et le capitaliste, de son c&#244;t&#233;, d&#233;sire que ses profits soient augment&#233;s. Les deux seules portions d'un m&#234;me objet ne peuvent pas s'accro&#238;tre en m&#234;me temps ! Si l'ouvrier produit la valeur de 4,00 $ par jour et si le capitaliste s'approprie 2,00 $ l&#224;-dessus, l'ouvrier ne pourra retirer que 2,00 $ ; si le capitaliste garde 3,00 $, il ne restera plus que 1,00 $ &#224; l'ouvrier ; si le capitaliste garde 3,50 $, il ne restera plus que 0,50 $ &#224; l'ouvrier. Au contraire : si l'ouvrier augmente son salaire de 0,50 $ &#224; 1,00 $, il ne restera plus que 3,00 $ au capitaliste ; si l'ouvrier parvient &#224; lui arracher 2,00 $, le capitaliste devra se contenter de 2,00 $ lui aussi ; et si l'ouvrier s'enhardit et r&#233;clame efficacement 3,00 $, le capitaliste gardera quand m&#234;me le dollar qui reste. &#8212; Et pourtant ! si l'ouvrier prenait la d&#233;cision &#233;nergique de b&#233;n&#233;ficier de la pleine valeur sociale de son travail et s'il gardait les 4,00 $ qui lui appartiennent, LE CAPITALISTE SERAIT OBLIGE DE SE TROUVER DE L'OUVRAGE. (Longs applaudissements.) Ces chiffres, dans toute leur simplicit&#233;, renversent la sotte th&#233;orie qui voudrait que les travailleurs et les capitalistes soient des fr&#232;res ! Le capital &#8212; la classe capitaliste &#8212; et le travail me font penser aux fr&#232;res siamois que d'illustres publications capitalistes ont fait conna&#238;tre &#8212; notamment Harper's Weekly qui est la propri&#233;t&#233; d'un des pr&#233;cieux &#171; Seeley Diners, &#187; (vous vous souvenez de ce &#171; d&#238;ner &#187;). (Rires) [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fr&#232;res siamois en question &#233;taient reli&#233;s par un morceau de chair. O&#249; Chang allait, Eng &#233;tait forc&#233; d'aller ; quand Eng attrapait le rhume, Chang ne pouvait faire autrement que de tousser ; quand Chang &#233;tait heureux, Eng partageait son bonheur ; et le jour o&#249; Chang, mourut, Eng ne put lui survivre plus de cinq minutes. Trouvez-vous que pareille relation existe entre l'ouvrier et le capitaliste ? Est-ce que l'ouvrier s'engraisse quotidiennement dans la m&#234;me proportion que le capitaliste ? Votre exp&#233;rience ne vous apprend-elle pas plut&#244;t que le capitaliste s'enrichit dans la mesure o&#249; l'ouvrier s'appauvrit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne croyez-vous pas que les r&#233;sidences des capitalistes sont riches et somptueuses dans la mesure o&#249; les habitations des ouvriers sont ternes et modestes ? Le capitaliste m&#232;ne un bon train de vie, sa femme nous laisse voir qu'elle est heureuse, ses enfants s'amusent, et ils out toutes les opportunit&#233;s de s'&#233;duquer &#8212; mais ne pensez-vous pas que tout cela est possible simplement parce que vos femmes &#224; vous portent une croix pesante ? parce que vos enfants &#224; vous sont priv&#233;s des joies naturelles de l'enfance et qu'on leur conteste de plus en plus leur place dans les &#233;coles ! Est-ce que votre exp&#233;rience vous apprend ce que je viens de dire, oui ou non ? (On applaudit dans la salle et de nombreuses voix crient &#171; c'est bien vrai &#187; ! )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explication primordiale qui jette de la lumi&#232;re sur tous ces points importants, c'est que la Classe Ouvri&#232;re et la Classe Capitaliste sont engag&#233;s dans un combat irr&#233;pressible : une lutte de classes pour la survie ! Aucun politicien bavard ne peut esquiver cette r&#233;alit&#233; ; aucun &#171; &#233;ducateur &#187; capitaliste, aucun statisticien officiel ne peut inventer des arguments pour la contourner ; aucun ap&#244;tre du capitalisme ne peut obscurcir les faits en cause ; aucun charlatan de la classe ouvri&#232;re ne peut tronquer selon ses caprices personnels les choses contr&#244;lables ; aucun virtuose du r&#233;formisme ne peut la franchir d'un saut en se fermant les yeux ! Cette r&#233;alit&#233; primordiale a de l'endurance, elle surgit encore et encore de toutes les mani&#232;res imaginables ; au cours de la pr&#233;sente gr&#232;ve, par exemple, elle s'impose &#224; nous selon des voies d&#233;concertantes : elle renverse tous les projets, tous les calculs de ceux qui voudraient en faire abstraction ou l'ignorer. La lutte entre le capitalisme et le travail en est une qui n'est pas pr&#232;s de sa fin ; elle se terminera, ou par l'&#233;crasement d&#233;finitif de la Classe Ouvri&#232;re, ou par l'abolition de la Classe Capitaliste ! (Applaudissements nourris.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous devez comprendre ainsi que les bases th&#233;oriques du syndicalisme &#171; pur et simple &#187; sont erron&#233;es et que votre gr&#232;ve, d'ailleurs justifi&#233;e, a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e au nom de principes qui ne sont pas les meilleurs possibles. Puisqu'il ne peut exister d' &#171; int&#233;r&#234;ts en commun &#187; entre la Classe Capitaliste et la Classe Ouvri&#232;re, mais seulement des INTERETS HOSTILES, la bataille engag&#233;e afin d'&#233;tablir des &#171; relations raisonnables &#187; avec le capitalisme vise un but sans espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous admettrez volontiers que l'organisation du syndicalisme &#171; pur et simple &#187; p&#234;che &#224; la base, apr&#232;s avoir confront&#233; les th&#233;ories courantes avec des th&#233;ories plus lucides. A la lumi&#232;re du syndicalisme progressif, il vous appara&#238;tra bient&#244;t que vous ne vous engagez pas sur la route la plus s&#251;re en ce moment et que beaucoup d'erreurs commises auraient pu &#234;tre &#233;vit&#233;es. Bien s&#251;r, il est l&#233;gitime que vous me demandiez : &#171; Comment devrions-nous nous organiser ? Comment devrions-nous proc&#233;der ? &#187;&#8230; Avant de r&#233;pondre &#224; cette l&#233;gitime question, permettez-moi, une fois de plus, d'aborder un autre angle du sujet. L'&#233;tude de cet aspect nouveau permettra d'&#233;carter une s&#233;rie d'illusions qui obstruent l'esprit ; et, alors, en tenant compte de ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, le panorama g&#233;n&#233;ral sera suffisamment vaste pour qu'une r&#233;ponse ad&#233;quate soit apport&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE DEVELOPPEMENT DE LA SOCIETE CAPITALISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons donc une page abr&#233;g&#233;e de l'histoire du pays. Afin que tout soit bien clair, et pour ne pas trop m'&#233;tendre inutilement, je vais me servir de petits chiffres. Reculons dans le temps et retournons &#224; cette &#233;poque o&#249; seulement une dizaine de tisseranderies se faisaient comp&#233;tition dans le pays. Comment la dizaine de propri&#233;taires de tisseranderies en sont venus &#224; entasser les fonds qui leur ont permis de s'&#233;riger en capitalistes prosp&#232;res &#8212; vous devez le savoir maintenant&#8230; (Rires.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons donc que chacun des dix capitalistes emploie dix hommes ; supposons que chaque ouvrier re&#231;oit 2,00 $ par jour alors que la r&#233;elle valeur de son travail est de 4,00 $ : chaque capitaliste parvient donc &#224; extorquer la valeur de 120,00 $ par semaine &#224; ses employ&#233;s. Et n'oublions pas qu'il y a dix capitalistes comme cela &#8212; donc cent ouvriers frustr&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pareil profit devrait satisfaire n'importe quel capitaliste, penserait-on. Surtout qu'aucun d'entre eux ne travaille ! Et, en effet, la plupart admettent qu'un tel profit devrait &#234;tre satisfaisant pour d'aucuns. En pratique, cependant, s'il advient que n'importe lequel d'entre eux d&#233;niche quelque pr&#233;texte pour se d&#233;clarer insatisfait d'un profit de ce calibre, tous les autres capitalistes s'emparent du pr&#233;texte et ils s'agitent tous et ils r&#233;clament ! &#171; L'individualisme &#187; : telle est la d&#233;it&#233; pour laquelle des temples sont &#233;lev&#233;s par les capitalistes adorateurs ; et, c'est devant ces ch&#226;sses d' &#171; individualisme &#187; que les capitaliste font adoration, ou pr&#233;tendent adorer. En toute franchise, pourtant, le capitalisme d&#233;nie l'individualit&#233;,, non seulement &#224; la classe ouvri&#232;re, mais aux capitalistes eux-m&#234;mes. Qu'ils le veuillent ou non &#8212; quand ils en profitent et quand ils n'en profitent pas &#8212; chacun d'eux est solidaire des actes de tous : ils sont comme une rang&#233;e de briques ; quand l'une d'elles bouge, toutes les autres suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; l'un de nos capitalistes de tout &#224; l'heure. Supposons qu'il n'est plus content de 120,00 $ par semaine. Il peut faire valoir plusieurs motifs pour cela&#8230; Mettons qu'il a une petite fille et qu'il pense la marier un jour. Mais avec qui veut-il la marier ? Oh certes, devant le public, devant les travailleurs surtout, notre capitaliste fera des d&#233;clarations tonitruantes au sujet de la &#171; souverainet&#233; &#187; du peuple et il d&#233;clamera que la contr&#233;e ne renferme que des &#171; &#233;gaux &#187; ; dans son c&#339;ur cependant, il pense autrement ; et, pour lui, m&#234;me des capitalistes de son &#171; rang &#187; apparaissent comme de vulgaires &#171; pl&#233;b&#233;iens &#187;. Pour gendre, il lui faudra un Prince, un Duc, &#224; tout le moins un Comte ; et, dans des r&#234;ves de grandeur, qui refl&#232;tent la vulgarit&#233; de sa pens&#233;e, il se voit comme grand-p&#232;re de marmots qui seraient des Princes ou des Ducs ou des Comtes. Mais ce r&#234;ve co&#251;te cher ; les Princes, de nos jours s'av&#232;rent dispendieux ; un tel luxe n'est pas, h&#233;las, &#224; la port&#233;e d'un revenu de 120,00 $ par semaine. Il faut plus d'argent &#224; notre capitaliste ! Oh, sans doute, il recommandera volontiers &#224; ses employ&#233;s le recours aux bont&#233;s c&#233;lestes ; mais il sait parfaitement d&#232;s qu'il s'agit de lui-m&#234;me, que le ciel ne lui fournira jamais l'argent dont il a besoin &#8212; cet argent, cependant, il pourra l'obtenir &#224; la sueur du front de ses employ&#233;s. Toute la valeur marchande produite dans son usine ne peut pas s'estimer &#224; plus de 40,00 $ par jour ; et s'il veut pour lui-m&#234;me 30,00 $ au lieu de 20,00 $, cela ne laissera que 10,00 $ pour les salaires. Dans un pareil dilemme, que fait le capitaliste ? Il tente d'imposer la baisse projet&#233;e ; il annonce que tous les salaires seront r&#233;duits de 50%. Spontan&#233;ment, ses ouvriers s'unissent et refusent de travailler ; ils se mettent en gr&#232;ve. Quelle est la situation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque dont je parle, pour travailler dans une tisseranderie, il fallait de la dext&#233;rit&#233; qui ne s'obtenait que par un long apprentissage. Quelques &#171; flancs mous &#187;, sans doute, &#233;taient incapables de s'embaucher ; mais il n'y avait pas de ch&#244;mage chez les tisserands de la r&#233;gion : sans t&#233;l&#233;graphie, sans chemins de fer, il n'aurait pas d'ailleurs &#233;t&#233; facile pour le patron de faire venir d'autres tisserands, peut-&#234;tre disponibles loin de l&#224;. Mais notre capitaliste avait quand m&#234;me neuf comp&#233;titeurs : et ces neuf capitalistes, puisqu'ils n'avaient &#224; faire face &#224; aucune gr&#232;ve, continuaient &#224; b&#233;n&#233;ficier d'une production r&#233;guli&#232;re et leur solide comp&#233;tition mena&#231;ait d'entra&#238;ner la faillite du capitaliste g&#234;n&#233; par la gr&#232;ve. Ce dernier, prenant conscience de la posture o&#249; il se trouve, modifie sa tactique ; il n'ordonne plus dictatorialement la r&#233;duction des salaires. Au contraire ; il dit &#224; ses ouvriers : &#171; Allons, les amis, soyons tous conciliants ; le Travail et le Capital sont fr&#232;res ; et l'on sait parfois m&#234;me les fr&#232;res les plus aimants se chicanent ; nous nous sommes chican&#233;s et se fut une erreur ; redevenons copains ; votre syndicat r&#233;clame l'assurance que vos salaires ne seront pas diminu&#233;s ; je ne combattrai jamais le syndicat ; j'approuve, au contraire, le principe du syndicalisme ; allons les amis, retournons tous &#224; la besogne ! &#187; Et les hommes retournent au travail. Telle fut la conclusion de la premi&#232;re gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers eurent le sentiment d'une victoire, et ce sentiment accrut la hardiesse de plus d'un. A la r&#233;union suivante, les plus hardis firent entendre un argument qui n'&#233;tait pas sans m&#233;rite : &#171; Notre employeur a voulu r&#233;duire nos salaires et il n'a pas pu. Pourquoi ne pas tirer avantage de notre force et ne pas exiger des salaires plus &#233;lev&#233;s ? Si nous sommes assez puissants pour emp&#234;cher notre employeur de diminuer nos salaires, pourquoi ne serions-nous pas assez puissants pour faire pr&#233;valoir des r&#233;clamations d'un salaire plus &#233;lev&#233; ? &#187; Le mouvement ouvrier est cependant d&#233;mocratique et un seul homme n'y a pas le droit de tout diriger. Si l'on veut faire adopter une motion demandant des salaires plus &#233;lev&#233;s, il faut qu'un membre la propose, qu'un deuxi&#232;me membre la seconde ; et puis, des amendements succ&#232;dent aux amendements il faut discuter ; on soul&#232;ve des points techniques, et il faut r&#233;gler ces points soulev&#233;s ; et les heures passent, les ouvriers ne peuvent oublier qu'ils doivent &#234;tre au travail de bonne heure le matin, il faut ajourner la s&#233;ance, et le tout est laiss&#233; en suspens&#8230; C'est ainsi que les choses se passent du c&#244;t&#233; de ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'employeur, lui o&#249; en est-il ? Il s'enferme dans son bureau ; l&#224;, les poings serr&#233;s, les sourcils fronc&#233;s, il grince des dents, et il peste int&#233;rieurement contre la victoire de &#171; son fr&#232;re, &#187; &#171; le travail, &#187; contre les syndicats et l'organisation syndicale. Et il m&#233;dite&#8230; Il va lui falloir de l'argent, absolument ; et il est d&#233;cid&#233; &#224; l'obtenir. Rapidement, sa r&#233;solution est prise : avec l'esprit de d&#233;cision dont font preuve les capitalistes. Il n'a personne &#224; consulter, lui ; il est son seul ma&#238;tre. A l'unanimit&#233;, il d&#233;cide, tout seul, qu'il obtiendra, co&#251;te que co&#251;te, de plus gros PROFITS ! Mais comment ? Une circulaire, re&#231;ue par hasard, lui donne une id&#233;e : cette circulaire provient d'une usine de machinerie. Et elle contient quelque chose semblable au suivant. &#171; M. le Capitaliste, vous avez dix hommes &#224; votre emploi ; et moi, j'ai dans mon usine une magnifique m&#233;canique qui permet de produire, avec seulement cinq hommes, le double de ce que dix hommes produisent habituellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;canique en question ne chique pas, elle ne fume pas, et, voyez combien des circulaires de cet acabit peuvent devenir cruelles, la m&#233;canique n'a pas de femme qui puisse tomber malade et exiger des soins &#224; domicile ; la m&#233;canique n'a pas d'enfants &#224; enterrer s'ils viennent &#224; mourir, la m&#233;canique ne s'absente pas de son ouvrage ; la m&#233;canique n'est jamais en gr&#232;ve ; la m&#233;canique travaille et vous ne t'entendrez pas grogner ; venez voir cet objet merveilleux et vous m'en direz des nouvelles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES INVENTIONS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, permettez-moi de bloquer une voie d'&#233;vitement trop propice au d&#233;raillement. D'aucuns pourraient m'avancer l'argument suivant : &#171; Ce capitaliste qui fabrique des m&#233;caniques, n'est-il pas un inventeur, n'a-t-il pas droit &#224; ses profits &#187; ? Ce serait une grave erreur de pers&#233;v&#233;rer dans cette opinion. Il n'y a qu'&#224; examiner la biographie des inventeurs, pour constater que bien peu ont profit&#233; eux-m&#234;mes de leurs inventions &#8211; les dix doigts de la main suffiraient amplement &#224; les d&#233;nombrer -. Les efforts des inventeurs sont constamment exploit&#233;s par les capitalistes qui deviennent acqu&#233;reurs des inventions pour une bouch&#233;e de pain. Un inventeur consent aux march&#233;s d&#233;savantageux dans l'espoir que la prochaine invention lui rapportera le magot ; mais l'inventeur est toujours d&#233;&#231;u : car, avant d'avoir eu le temps de terminer sa prochaine invention, il est encore pauvre comme Job et il est forc&#233; de se laisser exploiter de la m&#234;me fa&#231;on. Ceci dure jusqu'&#224; l'&#233;puisement de son esprit et de ses forces et, quand le pauvre inventeur est rendu dans la fosse des indigents, ce sont les capitalistes qui continuent &#224; b&#233;n&#233;ficier grassement des fruits de son g&#233;nie. Les choses se passent ainsi g&#233;n&#233;ralement, mais, si l'inventeur est plus r&#233;calcitrant que cela, le capitaliste n'a qu'&#224; voler l'invention et &#224; laisser ses tribunaux bourgeois d&#233;cr&#233;ter en sa faveur. Depuis Eli Whitney jusqu'&#224; nos jours, tel est le sort que la classe capitaliste r&#233;serve globalement aux inventeurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout r&#233;cemment encore, un &#233;v&#233;nement s'est produit qui souligne bien la situation v&#233;ritable. Dans une usine nomm&#233;e &#171; The Bonsack Machine Co &#187; les propri&#233;taires d&#233;couvrirent que beaucoup de leurs employ&#233;s avaient mis au point des inventions, d'ailleurs assez nombreuses, et ces propri&#233;taires prirent le parti d'accaparer &#224; l'avenir toutes semblables inventions. A cette fin, ils expuls&#232;rent tous leurs employ&#233;s, et ils exig&#232;rent de tous ceux qui voulaient obtenir du travail d'apposer la signature au bas d'un contrat sp&#233;cifiant que la compagnie serait d&#233;sormais propri&#233;taire de toutes les inventions de ses employ&#233;s. Or, l'un des employ&#233;s de la compagnie, lequel avait n&#233;cessairement sign&#233; un tel contrat, vint &#224; faire une d&#233;couverte dont il parla aux propri&#233;taires de l'usine : l'employ&#233; croyait pouvoir fabriquer des cigarettes sans les coller mais en les gaufrant. C'&#233;tait une bonne id&#233;e, et on lui dit de pers&#233;v&#233;rer dans ses recherches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant six mois, il travailla &#224; son invention et il la rendit parfaite ; et puisque, durant tout ce temps, il n'arrivait de la compagnie ni un sou ni aucune sorte de compensation, il d&#233;cida de breveter &#224; son compte son invention. Voyant cela, les propri&#233;taires de la compagnie poursuivirent sans d&#233;lai notre homme en cour &#8211; &#233;videmment, les propri&#233;&#173;taires soutenaient que l'invention &#233;tait &#224; eux &#8211; ET LA COUR FEDERALE JUGEA QUE LA COMPAGNIE AVAIT RAISON, ET L'INVENTEUR SE TROUVA FRUSTRE DE SON TEMPS, DE SON ARGENT, DES FRUITS DE SON GENIE, ET. DE SES DROITS INDENIABLES ! ! (Dans la salle, on crie : &#171; Honte &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Honte ? &#187; ne dites pas &#171; Honte ! &#187; Celui qui met le feu &#224; sa propre maison de doit pas crier &#171; Honte &#187; quand sa maison br&#251;le ! Avouons plut&#244;t que c'est &#171; naturel &#187; et frappons-nous plut&#244;t la poitrine en faisant notre &#171; mea culpa &#187; ! C'est nous qui avons port&#233; au pouvoir le Parti D&#233;mocrate, le Parti R&#233;publicain ; c'est nous qui avons plac&#233; l&#224; les programmes capitalistes de &#171; commerce libre &#187; de &#171; protectionnisme &#187; ; c'est nous qui avons appuy&#233; les formules mon&#233;taires capitalistes, qu'elles soient &#224; base d'or ou qu'elles soient &#224; base d'argent ! Si les laquais de la classe bourgeoise, une fois port&#233;s au pouvoir par la classe ouvri&#232;re, trahissent leurs &#233;lecteurs et utilisent contre les travailleurs les pouvoirs conf&#233;r&#233;s, nous n'avons qu'&#224; nous en prendre &#224; nous-m&#234;mes ! (Longs applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, il est clair que le propri&#233;taire de l'usine, qui a lanc&#233; la circulaire dont nous avons parl&#233;, n'est pas l'inventeur de la m&#233;canique propos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES ROUAGES SE METTENT A TOURNER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais retournons &#224; notre premier capitaliste, celui qui veut marier sa fille. La m&#233;canique int&#233;resse notre industriel, il va la voir, il constate qu'elle est bien telle que d&#233;crite, il l'ach&#232;te, il l'installe dans son usine ; alors, il choisit les cinq hommes les moins actifs dans la derni&#232;re gr&#232;ve qu'il a eue &#224; subir, il les embauche &#224; 2,00 $ par jour comme pr&#233;c&#233;demment ; et, plein de courbettes et de minauderies, il s'adresse aux cinq autres employ&#233;s et leur dit : &#171; Je suis d&#233;sol&#233; qu'il n'y ait plus de place pour vous ; mais j'ai beaucoup de sympathie pour les principes du syndicalisme et je paie avec plaisir, aux cinq hommes qu'il me faut, les 2,00 $ par jour exig&#233;s par le syndicat. Je n'ai pas besoin de vous en ce moment, mais j'esp&#232;re vous revoir avant peu. &#187; Et ce dernier souhait n'est pas vain, comme vous le constaterez par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que va-t-il se passer maintenant ? Notre capitaliste paie des salaires de 2,00 $ par jour, comme d'habitude, mais &#224; seulement cinq hommes d&#233;sormais et ces cinq hommes, avec l'assistance de la machinerie, produisent maintenant deux fois plus que les dix hommes auparavant. La production a maintenant une valeur de 80 $ par jour ; et, comme il n'y a que 10 $ de salaires &#224; payer, le capitaliste se fait un profit de 70 $ par jour, c'est-&#224;-dire : 250% de plus que pr&#233;c&#233;demment. C'est avec une vitesse inesp&#233;r&#233;e qu'il vogue &#224; la conqu&#234;te d'un gendre qui soit Prince ou Duc ou Comte. (Rires et applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons cependant o&#249; en sont rendus les hommes que la m&#233;canique a chass&#233;s : leurs p&#233;r&#233;grinations jetteront de la lumi&#232;re sur le vrai caract&#232;re de la situation. Bien s&#251;r, ces hommes-l&#224; se consid&#232;rent comme des &#171; Citoyens Am&#233;ricains &#187; ; et ne vivent-ils pas dans une &#171; R&#233;publique Constitutionnelle &#187; ? Que faut-il de plus pour avoir le droit de &#171; gagner son pain &#187; ? Mais voyez-les ! il se rendent chez un deuxi&#232;me capitaliste afin de lui demander du travail ; mais, avant m&#234;me d'avoir p&#233;n&#233;tr&#233; dans l'usine, ils voient s'ouvrir les portes et cinq employ&#233;s de cette usine sont jet&#233;s sur le pav&#233; &#224; leurs yeux. Que s'est-il produit dans cette deuxi&#232;me usine ? Le soi-disant &#171; individualisme &#187; du deuxi&#232;me capitaliste a c&#233;d&#233; aux exigences de l'&#233;volution capitaliste : l'industriel en question, pour ne pas &#234;tre distanc&#233; et terrass&#233; par celui qui se sert de la machinerie, a d&#251; en faire autant ; le deuxi&#232;me industriel a donc achet&#233;, lui aussi, une m&#233;canique et, comme r&#233;sultat de cet achat, cinq de ses employ&#233;s ont &#233;t&#233; mis &#224; la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait dix ch&#244;meurs, &#224; date. Les dix, esp&#233;rant malgr&#233; tout en un sort meilleur, se rendent chez un 3e capitaliste. Mais l&#224;, un spectacle affligeant se pr&#233;sente &#224; leurs yeux stup&#233;faits ! Dans cette 3e usine, l'&#233;tat de chose est bien pire que dans les 2 premi&#232;res : ce ne sont pas cinq hommes qui y ont &#233;t&#233; mis &#224; la porte, mais tous les dix ! et, plus encore, la patron lui-m&#234;me est sur le trottoir ! et il n'est plus qu'un simple prol&#233;taire comme ses anciens employ&#233;s ! &#8212; Pourquoi les choses en sont-elles ainsi ? Eh bien, en l'occurrence, le soi-disant &#171; individualisme &#187; du 3e capitaliste a conduit cet homme &#224; son propre an&#233;antissement ; car, bien entendu, les n&#233;cessit&#233;s de l'&#233;volution capitaliste, qui avaient pouss&#233; le 2e industriel &#224; se procurer de la machinerie, op&#233;raient &#233;galement dans le cas du 3e. Ce capitaliste avait, lui aussi, besoin de la m&#233;canique ; mais il avait &#233;t&#233; moins pr&#233;voyant ou moins astucieux que ses comp&#233;titeurs : au lieu de mettre de c&#244;t&#233; une partie des b&#233;n&#233;fices vol&#233;s aux ouvriers, il avait tout d&#233;pens&#233; et il se trouvait dans l'incapacit&#233; d'acqu&#233;rir la machinerie indispensable. Cons&#233;quemment, cet homme &#233;tait dans l'impossibilit&#233; d'&#233;tablir une production aussi forte et aussi peu dispendieuse que celle &#233;tablie par ses comp&#233;titeurs ; et, cons&#233;quemment encore, l'in&#233;vitable banqueroute l'a rendu lui-m&#234;me prol&#233;taire tandis que les rangs du prol&#233;tariat s'accroissaient davantage par sa faute !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait donc 21 ch&#244;meurs &#224; se chercher du travail et tout ce monde-l&#224; frappe inutilement &#224; la porte des autres fabriques. Partout, les exp&#233;riences pr&#233;c&#233;dentes se r&#233;p&#232;tent. Il n'y a d'ouvertures nulle part, le ch&#244;mage augmente en tous les endroits : l&#224; o&#249; le patron s'est procur&#233; de la machinerie, plusieurs de ses employ&#233;s ont &#233;t&#233; mis &#224; la porte ; et, l&#224; o&#249; le patron n'a pas pu se procurer de machinerie, il est lui-m&#234;me ruin&#233; et, en plus de ses propres ouvriers, il contribue personnellement &#224; &#233;largir le nombre des sans-travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a vu ces choses dans les tisseranderies ; mais on les a vues aussi dans toutes les autres industries. Et nous aboutissons &#224; un paradoxe remarquable : les capitalistes deviennent moins nombreux et plus forts tandis que les ouvriers deviennent plus nombreux et plus faibles. A New Bedford, les choses se sont pass&#233;es de la m&#234;me fa&#231;on ; et voil&#224; pourquoi, d'une part toutes les fabriques sont devenues la propri&#233;t&#233; de tr&#232;s peu d'hommes ; voil&#224; pourquoi, s'il faut s'en fier aux inventaires, les capitaux r&#233;unis s'&#233;l&#232;vent &#224; plus de 14.000.000 $ ; voil&#224; pourquoi, en d&#233;pit de pr&#233;tendus &#171; temps difficiles, &#187; les b&#233;n&#233;fices exc&#232;dent 1.300.000 $ ; &#8212; et voil&#224; pourquoi, d'autre part, vos conditions d'existence deviennent de plus en plus pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant &#8212; tel que pr&#233;vu par lui &#8212; les hommes que le premier capitaliste a renvoy&#233;s, sont forc&#233; de retourner &#224; leur point de d&#233;part. Bien s&#251;r, ils n'ont pas l'intention de servir de &#171; jaunes &#187; (&#171; scabs &#187;)&#8230; Mais ils manquent d'information, ces ch&#244;meurs ; ils ne comprennent pas les rouages du capitalisme, ils ne savent pas exactement ce qui les frappe ; et ils esp&#232;rent, candidement, que des &#171; temps meilleurs &#187; surviendront &#8212; et beaucoup de travailleurs mal inform&#233;s, de nos jours, entretiennent les m&#234;mes illusions. Ainsi donc, pensant h&#226;ter le retour des &#171; beaux jours, &#187; les ch&#244;meurs en question remplacent le Parti R&#233;publicain par le Parti D&#233;mocrate, puis le Parti D&#233;mocrate par le Parti R&#233;publicain &#8212; exactement &#224; la mani&#232;re de nos ouvriers mal inform&#233;s d'aujourd'hui (Applaudissements.) &#8212; car ils ne comprennent pas qu'un D&#233;mocrate ne vaut pas plus qu'un R&#233;publicain ; ils ne comprennent pas que, Le Commerce Libre et le Protectionnisme, c'est la m&#234;me chose ; ils ne comprennent pas, qu'en votant pour un partisan de l'&#233;talon-or ou en votant pour un partisan de l'&#233;talon-argent, ils posent un geste identique ; ils ne comprennent pas que toutes ces th&#233;ories et tous ces partis et toutes ces &#233;tiquettes sont &#233;galement capitalistes et, qu'en votant pour un programme capitaliste, ils contribuent &#224; maintenir les principes sociaux qui les gardent ch&#244;meurs ou qui r&#233;duisent leurs salaires ! (Longs applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais toute patience a des limites ! &#8230; N'a-t-on pas entendu r&#233;cemment un porte-parole du capitalisme, le Surintendant des Chemins de fer de la Pennsylvanie pour le district de l'Indiana, d&#233;clarer ce qui suit : &#171; On propose plusieurs solutions pour r&#233;gler le probl&#232;me du travail ; mais il n'en existe qu'une seule et aucune autre : mettre &#224; profit la diff&#233;rence qui existe entre le r&#232;gne min&#233;ral et le r&#232;gne animal. Si vous ne vous occupez pas d'une pi&#232;ce d'argent, au bout d'un an cette pi&#232;ce-l&#224; sera toujours une pi&#232;ce d'argent ; par contre, si vous ne vous occupez pas d'un travailleur, au bout d'un an ce travailleur sera un squelette. (Longs applaudissements.) Telle est,selon notre homme, l'unique solution au probl&#232;me ouvrier. &#187; En bref : il suffit d'affamer les travailleurs et ils seront dociles ! Et naturellement &#8212; pour ne pas perdre de vue notre exemple &#8212; les anciens employ&#233;s du premier capitaliste en arrivent &#224; ce stade o&#249; ils cr&#232;vent de faim&#8230; Il est possible &#224; un homme de survivre &#224; un certain degr&#233; d'inanition ; et m&#234;me, cet homme pourra tol&#233;rer p&#233;niblement de voir sa femme et ses enfants partager ses maux. Mais, s'il arrive que sa femme ou quelqu'un de ses enfants tombent malades, et qu'il ne soit pas possible d'acheter des rem&#232;des pour sauver les vies menac&#233;es, alors cet homme perdra compl&#232;tement la t&#234;te ! Normalement, bien s&#251;r, la maladie suit l'inanition : et alors, les ch&#244;meurs de notre premier capitaliste repousseront les principes du syndicalisme &#8212; pour sauver les ch&#232;res vies en p&#233;ril, ils sont pr&#234;ts &#224; faire n'importe quoi !&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La casquette &#224; la main, donc, ils se rendent chez le capitaliste qui les avait mis &#224; la porte ; ils n'ont plus de fiert&#233;, rompus par les &#233;preuves r&#233;p&#233;t&#233;es tandis que, selon l'expression de tout &#224; l'heure, &#171; on ne s'occupait plus d'eux. &#187; Ils demandent du travail ; eux-m&#234;mes offrent leurs services &#224; 1,00 $ par jour. Et comment r&#233;agit notre capitaliste, lui qui, tout r&#233;cemment, pr&#233;tendait admirer tellement le syndicat ? Les yeux de l'industriel brillent, d&#232;s qu'il &#171; revoit &#187; les hommes cong&#233;di&#233;s ; et rien ne pourrait davantage lui plaire que leur offre de travailler &#224; meilleur march&#233; que les ouvriers encore &#224; l'usine ; oui, il exulte, sa poitrine se gonfle de plaisir ; et, prenant par la main ses visiteurs soumis, il s'&#233;crie dans un acc&#232;s de d&#233;lire patriotique : &#171; Soyez les bienvenus, nobles Citoyens Am&#233;ricains ? (Applaudissement) Je suis tout fier de remarquer avec quel empressement vous d&#233;sirez gagner la subsistance de vos femmes bien-aim&#233;es et de vos enfants ch&#233;ris ! (Applaudissement)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je constate que vous n'&#234;tes pas des paresseux, contrairement &#224; tant d'autres, et votre d&#233;termination de travailler me comble d'aise ! (Applaudissement) Portez l'oreille au cri de l'Aigle Am&#233;ricain qui se fait entendre pour c&#233;l&#233;brer votre &#233;mancipation, car vous venez d'&#233;chapper aux griffes d'un fourbe syndicat ! (Longs applaudissements.) Portez attention &#224; la queue de l'Aigle Am&#233;ricain qui se branle d'un branlement suppl&#233;mentaire en l'honneur de votre libert&#233;, car vous venez d'&#233;chapper &#224; la dictature d'un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical ! (Longs applaudissements.) Vous &#234;tes mes fr&#232;res longtemps &#233;gar&#233;s ! (Rires et longs applaudissements.) Entrez, entrez, mes fr&#232;res-&#224;-un-dollar-par-jour ! &#187; &#8212; puis il jette sur le trottoir, cul par-dessus t&#234;te, ses anciens fr&#232;res-&#224;-deux-dollars-par-jour ! (Applaudissements nourris et prolong&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, ces ouvriers qui recevaient 2,00 $ par jour, et qui viennent d'&#234;tre mis dehors, que feront-ils au sortir de leur surprise ? Ils d&#233;cideront qu'il faut combattre ; oui, mais comment ? Observez-les &#224; l'action ; et, peut-&#234;tre, h&#233;las, reconna&#238;trez-vous dans ce miroir quelques-uns de vos traits&#8230; Ces pauvres ouvriers en arrivent, un peu tardivement, &#224; la prise de conscience suivante : &#171; Nous avons fait la gr&#232;ve auparavant, et nous avons gagn&#233; ; ne pouvons-nous tenter maintenant quelque chose du genre ? &#187; Malheureusement pour eux, les &#233;v&#233;nements ne sont plus du tout au, m&#234;me stade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement : lors de cette premi&#232;re gr&#232;ve, il n'y avait pas d'ouvriers comp&#233;tents en ch&#244;mage ; il y en a maintenant, en grande quantit&#233; &#8212; et ce ne sont pas les vaisseaux de l'Europe qui nous les ont apport&#233;s, oh non, c'est la machinerie am&#233;ricaine qui les a produits ici m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement : l'existence m&#234;me de cette machinerie a fortement abaiss&#233; le niveau requis de comp&#233;tence ; ce ne sont plus seulement les ouvriers sp&#233;cialis&#233;s qui peuvent esp&#233;rer d&#233;loger d'autres ouvriers dans un m&#233;tier donn&#233; &#8212; non, d&#233;sormais, un ch&#244;meur de n'importe quel m&#233;tier peut aspirer &#224; n'importe quel emploi ou presque : un cordonnier de profession peut chiper la place d'un chapelier, un chapelier de profession peut chiper la place d'un tisserand, un tisserand peut chiper la place d'un fabricant de cigares, un fabricant de cigares peut chiper la place d'un m&#233;canicien, un gar&#231;on de ferme peut chiper la place d'un employ&#233; d'usine, etc. Il est devenu tellement facile d'apprendre un m&#233;tier, que n'importe qui peut apprendre n'importe quel m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement : L'expansion des chemins de fer et de la t&#233;l&#233;graphie a rendu plus facile aux employeurs d'aller chercher au loin la main-d'&#339;uvre d&#233;sir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin : Les comp&#233;titeurs de jadis sont devenus, en maints cas, des alli&#233;s. A New Bedford, par exemple, on pourrait croire qu'il existe un semblant de comp&#233;tition entre les propri&#233;taires de diverses fabriques ; mais ce n'est qu'une fausse apparence, et cette fausse apparence ne tient plus si l'on sait que beaucoup des fabriques soi-disant &#171; ind&#233;pendantes &#187; appartiennent &#224; une seule famille, la famille Pierce. Ah non, elle n'est plus la m&#234;me, plus du tout, la situation de ces ouvriers expuls&#233;s qui veulent faire la gr&#232;ve ! Autrefois, leurs emplois ne pouvaient pas &#234;tre pris par une vaste arm&#233;e de ch&#244;meurs affam&#233;s. Maintenant, ils ne font plus face &#224; un ennemi divis&#233; contre lui-m&#234;me ; maintenant, la masse pesante des entreprises capitalistes est une masse unie. In&#233;vitablement, les conditions nouvelles ont pu n'apporter que des r&#233;sultats nouveaux ; au lieu d'une VICTOIRE, ce fut une DEFAITE ! (Applaudissement.) A partir de cette &#233;poque, la classe ouvri&#232;re a connu une longue s&#233;rie de d&#233;faites ! Comment ne pas &#234;tre vaincus par le Capitalisme ? La faim obligeait les travailleurs en gr&#232;ve &#224; retourner &#224; l'ouvrage ; ou bien, les ch&#244;meurs &#233;galement affam&#233;s leur chipaient leur place ; ou bien, en cas d'urgence, le capitaliste pouvait recourir au bras de fer du Gouvernement, car le Gouvernement &#233;tait dor&#233;navant SON GOUVERNEMENT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES PRINCIPES D'UNE ORGANISATION SAINE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre champ de vision est suffisamment &#233;tendu, &#224; pr&#233;sent, pour nous permettre de r&#233;pondre &#224; la fameuse question : &#171; Comment faudra-t-il s'organiser pour ne pas avoir &#224; livrer sans cesse les m&#234;mes combats sans espoir ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons d&#233;finitivement que ce sont les travailleurs seuls qui produisent toute la richesse ; nous savons que cette richesse retourne de moins en moins &#224; la classe laborieuse et qu'elle est accapar&#233;e de plus en plus par la classe oisive ou capitaliste ; nous savons que cette situation r&#233;sulte du fait que la classe ouvri&#232;re n'a pas la propri&#233;t&#233; des instruments de travail (la machinerie), et que tous les ouvriers sont tributaires des instruments de production pour &#171; gagner leur vie &#187; ; et, en fin de compte, nous savons que la machinerie en est rendue &#224; un point tel d'&#233;volution, qu'un seul individu ne peut venir &#224; bout des m&#233;caniques et que chaque instrument exige l'effort collectif de plusieurs ; &#8212; en tenant compte de toutes ces connaissances, il doit &#234;tre clair, pour tous les ouvriers intelligents et conscients des int&#233;r&#234;ts de leur classe, qu'est n&#233;cessaire l'abolition du syst&#232;me par lequel les instruments de production appartiennent &#224; l'entreprise priv&#233;e, car c'est ce syst&#232;me qui perp&#233;tue l'esclavage du salariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons en outre que la classe capitaliste se sert du Gouvernement, qu'elle est en voie de poss&#233;der compl&#232;tement le Gouvernement et qu'elle pourra ainsi maintenir et consolider le r&#233;gime capitaliste ; &#8212; sachant cela, il doit &#234;tre clair que les ouvriers intelligents et conscients ont pour t&#226;che essentielle d'&#233;tablir un Gouvernement qui soit sous le contr&#244;le direct de la classe ouvri&#232;re ; et que, pour y parvenir, ils doivent adh&#233;rer &#224; la branche am&#233;ricaine du Parti Socialiste International (le Parti Ouvrier Socialiste d'Am&#233;rique) , qu'ils doivent voter pour ce parti, et mettre sur pieds, de la sorte, une R&#233;publique Co-op&#233;ratiste Socialiste. (Applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d'ici l&#224;, d'ici &#224; ce que ce but id&#233;al mais indispensable soit atteint, que faire ? Bien s&#251;r, ces choses ne peuvent s'accomplir en une journ&#233;e, et les &#233;lections, d'ailleurs, ne se pr&#233;sentent pas toutes les vingt-quatre heures. N'y a-t-il pas moyen de faire quelque chose, pour am&#233;liorer notre sort, entre les &#233;lections ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis oui ; il y a beaucoup &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ils se hasardent &#224; discuter avec [2] les &#171; Nouveaux Syndicalistes Industriels &#187; (&#171; New Trade Unionists &#187;) ou bien avec les membres de l' &#171; Alliance Socialiste des M&#233;tiers et du Travail &#187; (&#171; Socialist Trade and Labor Alliance &#187;), et quand la discussion les a &#233;branl&#233;s quelque peu, les tenants actuels des organisations traditionnelles, dites &#171; pures et simples &#187;, c&#232;dent sur la question des buts Ultimes ; ils admettent que l'av&#232;nement du Socialisme deviendra une n&#233;cessit&#233; ; mais ils soutiennent que &#171; les temps ne sont pas encore m&#251;rs &#187; pour cela ; et, puisque &#171; les temps ne sont pas encore m&#251;rs, &#187; ils mettent l'accent sur l'opinion que le syndicalisme &#171; pur et simple &#187; est un bienfait pour les travailleurs ACTUELLEMENT puis que ACTUELLEMENT ce genre de syndicalisme arrache des concessions aux employeurs et aux partis capitalistes. Ils nous disent que nous ne sommes pas &#171; pratiques &#187; ; et eux pr&#233;tendent l'&#234;tre. Mettons donc cette th&#233;orie &#224; l'&#233;preuve, sur place ! Ici m&#234;me &#224; New Bedford, il n'existe pas une seule organisation du &#171; Nouveau Syndicalisme Industriel. &#187; Le syndicalisme ordinaire et traditionnel a donc eu, &#224; lui seul, tout le champ d'op&#233;ration. Que tous ceux ici pr&#233;sents, dont les salaires ont &#233;t&#233; augment&#233;s depuis cinq ans, aient la bont&#233; de lever la main. (Aucune main ne se l&#232;ve.) Que tous ceux ici pr&#233;sents, dont les salaires sont actuellement inf&#233;rieurs &#224; ce qu'ils &#233;taient il y a cinq ans, aient la bont&#233; de lever la main. (Les mains du vaste auditoire se l&#232;vent.) C'est en go&#251;tant les plats que la cuisine se juge ! Eh bien, le syndicalisme vulgaire a non seulement &#233;touff&#233; vos espoirs d'&#233;mancipation en affectant de croire que le socialisme &#233;tait inaccessible, mais, par-dessus le march&#233;, et DES A PRESENT, le &#171; quelque chose &#187; qu'il a r&#233;ussi &#224; extirper pour vous des employeurs et des politiciens, le seul &#171; bien &#187; qu'il vous ait obtenu, ce sont des salaires plus bas ! (Applaudissements prolong&#233;s.) Dans le concret, voil&#224; &#224; quoi se r&#233;sume leur fameux &#171; sens pratique &#187; ! Tout &#224; l'heure, je vais vous montrer comment un tel &#171; sens pratique &#187; n'est profitable qu'aux charlatans ouvri&#233;ristes qui dirigent les syndicats impliqu&#233;s, et je vais vous faire voir &#224; quels exp&#233;dients un tel &#233;tat d'esprit conduit ! Non, non, assez de balivernes ! il y a des ann&#233;es, alors que le capitalisme n'avait pas atteint son stade actuel de d&#233;veloppement, les syndicats professionnels pouvaient prot&#233;ger les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et ils y parvenaient, m&#234;me si, tout comme les syndicats traditionnels de nos jours, ils ne voyaient pas nettement les probl&#232;mes en cause. Mais CES TEMPS SONT REVOLUS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nouveau Syndicalisme Industriel sait bien, certes, que la classe ouvri&#232;re ne contr&#244;lera pas encore le Gouvernement du pays &#224; la suite d'une ou deux &#233;lections, ni m&#234;me &#224; la suite de douze &#233;lections ; n&#233;anmoins, le Nouveau Syndicalisme Industriel veut participer &#224; l'am&#233;lioration imm&#233;diate du sort prol&#233;tarien, et il sait pertinemment que cette am&#233;lioration imm&#233;diate est possible et il sait comment elle est possible !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme &#171; pur et simple &#187;, c'est-&#224;-dire le syndicalisme professionnel qui a &#233;t&#233; surnomm&#233; &#171; syndicalisme anglais &#187;, a jou&#233; deux mauvais tours aux ouvriers. Car il fait plus que de les maintenir dans le pr&#233;sent &#233;tat pitoyable : il a pouss&#233; quelques-uns au d&#233;sespoir et ceux-l&#224; ont perdu toute foi en l'efficacit&#233; de tous les genres de syndicalisme. Les plus vaillants de ces d&#233;sesp&#233;r&#233;s, ceux qui ne sont pas devenus totalement pessimistes, ceux que la d&#233;moralisation n'a pas compl&#232;tement abattus, ceux-l&#224; ne voient quand m&#234;me que la possibilit&#233; de voter correctement le jour des &#233;lections &#8212; de marquer leur croix validement pour le Parti Ouvrier Socialiste. Or, c'est une erreur, de ne voir que cette possibilit&#233;. En abdiquant toute participation aux activit&#233;s industrielles, ils &#233;tablissent la rupture d&#233;finitive avec la lutte des classes qui se poursuit chaque jour ; et, en limitant leur action &#224; un seul jour de l'ann&#233;e, le jour des &#233;lections, ils deviennent comme des esquifs &#224; la d&#233;rive. J'en connais plusieurs qui sont dans ce cas-l&#224; ; sans exception, ce sont des r&#234;veurs, ou des &#233;tourdis, et ils se montrent g&#233;n&#233;ralement inconsistants dans leurs m&#233;thodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impotence compl&#232;te du syndicalisme &#171; pur et simple &#187; d'aujourd'hui provient de causes qui peuvent se diviser en deux esp&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces esp&#232;ces, l'une tr&#232;s importante r&#233;side dans le m&#233;pris que la classe poss&#233;dante entretient &#224; l'&#233;gard de ceux qui travaillent. Je peux en parler par exp&#233;rience : en 1886, quand, tout &#224; fait inconsciemment, quelque obscur instinct me poussait &#224; m'occuper du probl&#232;me social, &#8212; et alors que toutes ces choses ne venaient &#224; moi que sous forme de points d'interrogation troubl&#233;s et embrouill&#233;s &#8212; je ne pouvais entrer en contact qu'avec des capitalistes. Partout, autour de moi, je n'entendais que des expressions de m&#233;pris au sujet des ouvriers. Un jour je demandai &#224; quelques patrons pourquoi ils &#233;taient si durs envers leurs employ&#233;s et pourquoi ces employ&#233;s leur inspiraient une opinion si basse. Les patrons me r&#233;pondirent, presque en ch&#339;ur : &#171; Ils sont ignorants, ils sont stupides, ils sont corrompus. &#187; Je demandai alors aux patrons : &#171; Qu'est-ce qui vous fait penser cela ? Les avez-vous rencontr&#233;s ? &#187; La r&#233;ponse fut unanime : &#171; Non, dirent-ils, nous n'avons pas rencontr&#233; tous nos employ&#233;s individuellement ; mais nous avons eu des contacts avec leurs chefs et ces chefs sont ignorants, stupides et corrompus. Assur&#233;ment, les chefs sont les meilleurs des ouvriers ; sans quoi, les ouvriers ne les auraient pas choisis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour souligner l'ineptie des chefs ouvriers, permettez-moi cependant de me servir d'un exemple. On m'a racont&#233; qu'il y a deux jours, en cette ville, l'un des partisans du syndicalisme &#171; pur et simple, &#187; M. Samuel Gompers, a daign&#233; durant son discours, faire quelques commentaires &#224; mon &#233;gard. Ce qu'il a dit est trop ridicule pour que je songe &#224; y r&#233;pondre. Votre intelligence aura tout de suite constat&#233; qu'il n'aspirait qu'&#224; vous fournir une opinion personnelle sans aucun d&#233;tail ; qu'il ne vous apportait pas les faits sur lesquels cette opinion aurait pu se baser, et qu'il ne vous indiquait aucune source pour v&#233;rifier ses dires par vous-m&#234;mes. Apparemment, il &#233;tait d'avis que sa seule parole devait vous suffire. Quant &#224; moi, je n'aurai pas l'audace de vous insulter en vous traitant de la sorte. Voici donc les faits sur lesquels mon opinion &#224; moi se base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Etat de New York, nous avons une loi qui interdit de faire travailler les cheminots plus de dix heures. Or, les compagnies de chemin de fer avaient d&#233;daign&#233; cette loi, et, pour forcer l'application de la loi, les hommes du rail s'&#233;taient mis en gr&#232;ve &#224; Buffalo en 1892 ; sur les entrefaites, le Gouverneur D&#233;mocrate, M. Flower, qui avait lui-m&#234;me sign&#233; la loi, eut l'outrecuidance de d&#233;p&#234;cher &#224; Buffalo la milice de l'Etat au grand complet afin d'aider les capitalistes &#224; tuer la gr&#232;ve &#8212; et, pour ce faire, les miliciens avaient la permission l'assaillir les travailleurs, et m&#234;me d'attenter &#224; leur vie, ce que, d'ailleurs, ils ont fait. Vous savez peut-&#234;tre aussi que, parmi nos S&#233;nateurs, se trouve un nomm&#233; Jacob Cantor ; et que ce gentleman s'empressa d'applaudir au parjure de M. Flower qui trahissait son mandat de Gouverneur ; en effet, Cantor loua les actes du Gouverneur en les qualifiant de &#171; patriotiques &#187; et en congratulant un tel &#171; maintien de l'ordre &#187;. Par la suite, le m&#234;me Cantor voulant se faire &#233;lire de nouveau, le Daily News de New York, un journal capitaliste de la m&#234;me teinte &#233;lectorale que Cantor, publia une lettre autographe, adress&#233;e &#224; Cantor, et qui se voulait une approbation du candidat par la Classe Laborieuse. Entre autre on pouvait lire dans la dite lettre ce qui suit : &#171; Quiconque pr&#233;tendrait que vous n'&#234;tes pas un ami des Travailleurs, dirait une chose fausse. &#187; Par qui croyez-vous que cette lettre avait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e et sign&#233;e &#8212; par M. Samuel Gompers, le &#171; Pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration Am&#233;ricaine du Travail. &#187; (Hu&#233;es.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui donc huez-vous ? Gompers, ou bien moi ? (Plusieurs voix : &#171; Gompers ! &#187; ; puis, applaudissements prolong&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, pouvez-vous sinc&#232;rement vous convaincre qu'une telle lettre avait &#233;t&#233; envoy&#233;e au S&#233;nateur Cantor simplement par &#171; amour et affection &#187; personnels ? (Rires.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tout. Le Parti R&#233;publicain, comme le Parti D&#233;mocrate, est un parti de la classe capitaliste, tous ceux qui sont le moindrement au courant de la politique le savent ; la nature et le comportement de tout ce qui est R&#233;publicain (hommes et choses : Pr&#233;sidents, Gouverneurs, Juges, Assembl&#233;es, L&#233;gislatures) ne laissent aucun doute &#224; ce sujet. Le Parti Populiste, qui pr&#244;ne le monnayage libre de l'argent, est lui aussi, et il l'a &#233;t&#233; durant toute son existence, un parti du Capital : le comportement de ses promoteurs (les tzars des mines d'argent, qui faisaient et font encore crever &#224; la t&#226;che les mineurs &#224; leur emploi) ne permettent pas de mettre en doute ce fait. Cependant, ces deux partis capitalistes se livrent une opposition &#224; mort : l'un veut l'&#233;talon-or, l'autre veut l'&#233;talon-argent. Malgr&#233; tout cela : il n'y a pas longtemps, un soi-disant &#171; chef ouvrier, &#187; dans la ville de New York, a particip&#233; &#224; une r&#233;union publique ; et ce soi-disant &#171; chef ouvrier &#187; a trouv&#233; le moyen, non seulement de soutenir le programme capitaliste du Parti R&#233;publicain, non seulement de soutenir le programme capitaliste du Parti Populiste &#8212; mais de soutenir LES DEUX EN MEME TEMPS ! Cet homme a r&#233;ussi l'exploit acrobatique d'&#234;tre pour l'&#233;talon-or et contre l'&#233;talon-argent, tout en &#233;tant pour l'&#233;talon-argent et contre l'&#233;talon-or ! Qui &#233;tait ce remarquable &#171; chef ouvrier &#187; ? M. Samuel Gompers, le &#171; Pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration Am&#233;ricaine du Travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tout. A Washington, nous pouvons d&#233;nicher un fils de &#171; chef ouvrier &#187; et ce fils honorable d&#233;tient une position du Gouvernement. A vrai dire, ce fils est v&#233;ritablement et int&#233;gralement &#171; non-partisan. &#187; Les D&#233;mocrates peuvent sortir et les R&#233;publicains peuvent entrer, les R&#233;publicains peuvent sortir et les D&#233;mocrates peuvent entrer, une seule chose ne bouge pas : lui. Les capitalistes d&#233;mocrates et r&#233;publicains peuvent se battre ensemble comme chiens et chats ; mais, sur un point, ils sont autant d'accord que des pigeons amoureux : s'ils rivalisent, c'est de z&#232;le, pour que ce fils de &#171; chef ouvrier &#187; garde sa position. Et qui est le p&#232;re de ce fils ? M. Samuel Gompers, le &#171; Pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration Am&#233;ricaine du Travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout. J'ai encore un autre exemple &#224; vous proposer. Vous avez ici un &#171; champion de la classe ouvri&#232;re, &#187; nomm&#233; Ross. (Applaudissements dans plusieurs endroits de la salle.) Malheureux ! Malheureux hommes ! Autant vaudrait pour vous applaudir le nom de votre bourreau ! Je connais M. Ross : quand je suis venu ici il y a trois ans, je l'ai rencontr&#233;. A l'&#233;poque, il &#233;tait tout-feu-tout-flamme au sujet d'une loi qu'il se proposait de faire adopter par votre L&#233;gislature, dont il &#233;tait membre, alors comme aujourd'hui. Il s'agit de la loi &#171; contre les amendes &#187; ; cette loi, pensait M. Ross, devait mettre fin &#224; certains proc&#233;d&#233;s inf&#226;mes des propri&#233;taires de fabriques. J'essayai, bien entendu, de discuter avec M. Ross ; je lui repr&#233;sentai que la loi elle-m&#234;me n'&#233;tait pas le plus important ; mais qu'&#224; mon avis, le plus important &#233;tait la classe sociale qui devait mettre en vigueur cette loi. Tant que la classe capitaliste serait au pouvoir, toutes les lois pro-ouvri&#232;res, et celle qu'il luttait pour imposer en &#233;tait une, ne se r&#233;soudraient qu'en traquenards et en d&#233;ceptions : apparemment, mes paroles lui faisaient l'effet du grec. M. Ross a pers&#233;v&#233;r&#233; dans son projet et sa loi a &#233;t&#233; adopt&#233;e. Or, qu'advint-il ? Apr&#232;s, tout comme auparavant, on vous a impos&#233; des amendes ; et l'un d'entre vous, qui a tent&#233; de faire appliquer la loi, n'a-t-il pas &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; ? (Des voix : &#171; C'est vrai. &#187;) Et quand cet autre a tra&#238;n&#233; devant les tribunaux un propri&#233;taire d'usine coupable d'avoir viol&#233; la loi, car le dit propri&#233;taire continuait &#224; imposer des amendes &#224; ses employ&#233;s, les tribunaux bourgeois ne se sont-ils pas prononc&#233;s en faveur du capitaliste ? (Des voix : &#171; C'est vrai. &#187;) Et ces tribunaux, en agissant ainsi, n'ont-ils pas virtuellement annul&#233; la loi ? Et, pendant que tout cela se produisait, o&#249; &#233;tait M. Ross ? Naturellement, il &#233;tait membre de votre L&#233;gislature du Massachusetts. Pensez-vous donc, mes amis, que l'ignorance de M. Ross &#224; l'&#233;gard de la vraie signification d'un Gouvernement capitaliste, que son ignorance de la r&#233;elle nature des pr&#233;tendues &#171; lois ouvri&#232;res, &#187; pensez-vous donc que toute cette ignorance &#233;tal&#233;e ne vous a pas fait une belle r&#233;putation aux yeux des capitalistes ? Et figurez-vous tout le tableau : M. Ross si&#233;geait &#224; la L&#233;gislature, et comme membre du parti majoritaire &#224; part &#231;a ; et pas une fois il n'a demand&#233; la mise en accusation imm&#233;diate du Tribunal coupable d'avoir annul&#233; la loi que M. Ross lui-m&#234;me avait bataill&#233; pour faire adopter ? &#8212; est-ce que vous vous imaginez que tant de complaisance et tant de veulerie rel&#232;vent le prestige de la classe ouvri&#232;re&#8230; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, assez d'exemples. L'ignorance, la stupidit&#233;, la v&#233;nalit&#233; des chefs du syndicalisme traditionnel sont tels que la classe poss&#233;dante vous abhorre. Et, la condition pr&#233;alable la plus n&#233;cessaire au succ&#232;s d'une lutte, n'est-elle pas que l'ennemi nous respecte ? (Applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai dit qu'il y avait deux esp&#232;ces, de causes &#224; l'impotence compl&#232;te du syndicalisme &#171; pur et, simple. &#187; En voici une seconde. Parce qu'ils ignorent quelles sont les distinctions &#233;conomiques qui pr&#233;valent r&#233;ellement entre les classes sociales actuelles, parce qu'ils ignorent quel rapport &#233;troit s'&#233;tablit au juste entre les salaires et la politique, les ouvriers se divisent aux urnes et ils votent en g&#233;n&#233;ral pour des partis concurrents mais tous capitalistes, et la seule constance prol&#233;tarienne se d&#233;c&#232;le dans l'acharnement &#224; favoriser le maintien de l'exploitation capitaliste. Rappelez-vous la gr&#232;ve r&#233;cente des mineurs. N'y a-t-on pas fait feu sur les gr&#233;vistes, et la gr&#232;ve n'a-t-elle pas &#233;t&#233; perdue ainsi ? Et tous ces crimes ne se produisaient-ils pas au beau milieu d'une campagne &#233;lectorale ? Les travailleurs sont nombreux : n'avaient-ils pas la puissance requise, comme &#224; n'importe quelle &#233;lection, pour s'emparer du Gouvernement, ou, du moins, pour affirmer leur volont&#233; d'&#233;mancipation par un gros vote contre le capitalisme ? Et pourtant, les mineurs eux-m&#234;mes, les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes, ont report&#233; au pouvoir la classe sociale qui venait pr&#233;cis&#233;ment de les fouler aux pieds. En face d'un tel comportement de la part des travailleurs, par quel miracle les capitalistes deviendraient-ils plus &#171; accommodants &#187; ? et par quel ph&#233;nom&#232;ne mirobolant les revendications &#171; syndicales &#187; aboutiraient-elles &#224; autre chose, DANS LE PRESENT, qu'&#224; de nouvelles r&#233;ductions de salaires impos&#233;es &#224; coups de fusils ! Il n'y a rien &#224; esp&#233;rer de telles m&#233;thodes ? On ne peut pr&#233;voir, d'elles, qu'une r&#233;p&#233;tition des m&#234;me actes par les mineurs et par les autres ouvriers ; et, &#224; fortiori, dans la mesure o&#249; les m&#234;mes charlatans ouvri&#233;ristes continueront &#224; &#171; guider &#187; les destin&#233;es prol&#233;tariennes, cette pr&#233;vision laisse entendre, avec certitude, que les outrages des capitalistes redoubleront et que des empi&#232;tements capitalistes plus pouss&#233;s s'ensuivront. Ah, il en irait tout autrement, si le syndicalisme r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;, apr&#232;s avoir pris conscience des liens qui unissent la politique et les salaires, se mettait &#224; voter contre le capitalisme ! si la classe ouvri&#232;re donnait preuve, aux urnes &#233;lectorales, de la solidarit&#233; qu'elle manifeste lorsqu'il s'agit de r&#233;clamer la gr&#232;ve dans les usines ? Prot&#233;g&#233; par la puissance offensive d'un parti ouvrier de plus en plus nombreux et de plus en plus conscient, puissance prouvable au besoin annuellement, le syndicalisme serait capable de se transformer en une pr&#233;cieuse fortification, qui faciliterait la conduite quotidienne de la lutte des classes dans les usines. Le vote croissant en faveur du Parti Ouvrier Socialiste pourrait, &#224; lui seul, garantir aux ouvriers des usines une protection appr&#233;ciable ; cependant, cette protection temporaire serait d'autant plus solide que, dans les ateliers eux-m&#234;mes, les travailleurs tireraient profit d'une organisation honn&#234;te et intelligente &#8211; ce qui, en fin de compte, favoriserait l'augmentation du vote socialiste -. Et, d'ailleurs, si quelque organisation n'&#233;tait mise sur pieds au sein des boutiques, les capitalistes auraient encore la possibilit&#233; d'outrager des individus. L'une ne va pas sans l'autre : l'organisation industrielle ne va pas sans l'organisation politique, et vice versa. L'organisation dans les ateliers, sans l'organisation politique serait tout &#224; fait insuffisante : car c'est la conscience politique qui permet &#224; la classe ouvri&#232;re de faire valoir sa majorit&#233; &#233;crasante et de menacer d'extinction la classe capitaliste ; mais, si elle pouvait s'appuyer sur la force que constituerait le vote annuel de toute une classe majoritaire et consciente, une organisation dans les ateliers pourrait combattre efficacement et quotidiennement les abus du capitalisme. L'organisation professionnelle EST impotente si elle est institu&#233;e dans l'ignorance et la v&#233;nalit&#233; et si elle est g&#233;r&#233;e dans l'ignorance et la v&#233;nalit&#233;. L'organisation professionnelle N'EST PAS impotente si elle est institu&#233;e dans la connaissance et la probit&#233; ; si elle est pleinement consciente des probl&#232;mes en cause, et si elle entre dans l'ar&#232;ne munie de ses armes l&#233;gitimes, arm&#233;e non pas seulement du bouclier du syndicalisme, mais aussi de l'&#233;p&#233;e du vote socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, les principes essentiels d'une organisation balanc&#233;e sont les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1).Un Syndicalisme professionnel s&#233;rieux doit comprendre nettement que les travailleurs ne seront pas en s&#251;ret&#233;, tant que n'aura pas &#233;t&#233; r&#233;ussi l'abolition du syst&#232;me capitaliste par lequel les instruments de production sont propri&#233;t&#233; priv&#233;e ; tant que les instruments de production ne seront pas devenus la propri&#233;t&#233; collective de tout le peuple, de telle sorte que personne ne pourra plus vivre sans travailler. (Applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2).Une organisation prol&#233;tarienne doit comprendre nettement qu'il n'y aura pas de s&#233;curit&#233; pour les travailleurs, tant que le pouvoir politique n'aura pas &#233;t&#233; arrach&#233; d'entre les griffes de la classe capitaliste ; et le prol&#233;tariat n'aura le pouvoir que s'il vote, non plus pour des HOMMES mais pour des PRINCIPES, que s'il fait &#233;lire un programme &#233;lectoral qui soit sien : L'ABOLITION DU SYSTEME ESCLAVAGISTE DES SALAIRES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3).Une organisation prol&#233;tarienne doit comprendre nettement que la politique, contrairement &#224; la religion, n'est pas une affaire individuelle ; que la politique n'est pas plus une affaire individuelle que les salaires et les heures de travail. (Applaudissements.) Les questions de politique sont ins&#233;parables des questions de salaire. Et, une organisation prol&#233;tarienne a autant de raisons imp&#233;rieuses d'imposer ses propres solutions politiques, qu'elle en a d'imposer des salaires et des heures de travail qui favorisent les ouvriers. Et, bien s&#251;r, une telle organisation a autant de raisons d'ex&#233;crer les agents provocateurs de l'atelier, qu'elle en a d'ex&#233;crer les agents provocateurs des estrades. (Applaudissements.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES REALISATIONS DE L'ALLIANCE SOCIALISTE DES METIERS ET DU TRAVAIL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis longtemps, le Parti Ouvrier Socialiste et les Nouveaux Syndicalistes Industriels avaient l'espoir d'adresser le pr&#233;sent message aux masses laborieuses am&#233;ricaines, &#224; l'ouvrier moyen. Mais il nous &#233;tait impossible d'atteindre les travailleurs, de les &#233;mouvoir ; entre eux et nous s'&#233;levait une solide muraille d'ignorance, de stupidit&#233; et de corruption : une muraille dress&#233;e par les charlatans ouvri&#233;ristes. Nous avons d&#251; agir comme des hommes dans la noirceur, des hommes qui se cherchaient une entr&#233;e ; nous nous sommes cogn&#233;s a t&#234;te un peu partout dans l'espoir de trouver une porte, mais, apr&#232;s avoir fait le tour, de la muraille, nous n'avions pas trouv&#233; de passage. Oui, la muraille &#233;tait r&#233;sistante. Mais, une fois cette d&#233;couverte confirm&#233;e, nous n'avions pas d'autre alternative que de creuser un trou dans la muraille. Avec l'aide du solide b&#233;lier de l'Alliance Socialiste des M&#233;tiers et du travail, nous nous en sommes creus&#233;, un passage ! Et maintenant, la muraille s'&#233;croule ! Enfin, nous pouvons regarder &#8212; les yeux dans les yeux &#8212; les prol&#233;taires am&#233;ricains ! (Applaudissements nourris et prolong&#233;s.) Et, NOTRE MESSAGE, NOUS L'ARTICULONS ! (Applaudissements r&#233;p&#233;t&#233;s.) &#8212; et, on s'en aper&#231;oit, en &#233;coutant les hurlements de joie, qui s'&#233;l&#232;vent de l'int&#233;rieur de cette muraille d&#233;fonc&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! certes, j'aurai mal employ&#233; mon temps, si mes efforts n'auront pas engendr&#233; quelque fruit ! si, par exemple, en partant de New Bedford, je ne laisse pas derri&#232;re moi les fondements de syndicats locaux qui pourraient s'affilier &#224; l'Alliance Socialiste des M&#233;tiers et du Travail. En v&#233;rit&#233;, la r&#233;alisation de tels espoirs totaliserait la contribution la plus valable de ma part &#224; votre gr&#232;ve ; car, de tels syndicats constitueraient des centres de rayonnement qui vous rallieraient d&#233;j&#224; des appuis pr&#233;cieux durant votre conflit actuel &#8212; dans la mesure du possible, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure : Si j'osais hasarder quelque conseil, en vue d'une action imm&#233;diate, ce serait de vous rendre hardiment dans les rues de la ville, aussit&#244;t que possible ; d'y faire d&#233;filer une procession monstre de tous les gr&#233;vistes et de tous les autres ouvriers disponibles ; et de faire pr&#233;c&#233;der la procession d'une large pancarte qui porterait l'avis suivant adress&#233; &#224; vos employeurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous allons vous combattre dans cette gr&#232;ve jusqu'&#224; la limite de nos forces. Il est possible que votre poche d'argent parvienne &#224; nous terrasser pour le moment ; mais, quoi qu'il se produise, nous n'en aurons pas fini avec vous, ce ne sera que le commencement de la bagarre. En novembre, nous nous ferons face de nouveau &#224; Philippi ; et la gr&#232;ve alors ne prendra fin qu'au moment o&#249; le sabre du Parti Ouvrier Socialiste vous aura fauch&#233;s pour de bon ! &#187; (Applaudissements bruyants.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le message que j'avais &#224; vous transmettre, au nom du Parti Ouvrier Socialiste, au nom des Nouveaux Socialistes Industriels. Ce fut pour moi un privil&#232;ge de m'acquitter de cette t&#226;che. (Applaudissements prolong&#233;s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Les &#171; Seeley Diners &#187; &#233;taient de gros propri&#233;taires capitalistes de l'&#233;poque. Daniel De L&#233;on, selon les apparences, a voulu faire un calembour : car, apr&#232;s avoir parl&#233; des &#171; Seeley Diners &#187;, il ajoute : you remember that &#8216;dinner' &#187; (vous vous souvenez de ce &#8216;d&#238;ner.')&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Cette situation existait en 1898. Mais, depuis 1905, les &#171; New Trade Unionists &#187; et la &#171; Socialist Trade and Labor Alliance &#187; se sont fusionn&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Barta et les syndicats</title>
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		<dc:date>2026-07-21T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Barta et les syndicats &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment du cinquantenaire de la C.G.T., quelle est la situation de la classe ouvri&#232;re ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat subit dans les usines, les mines, les fabriques et les chantiers une exploitation forcen&#233;e, sa condition est ramen&#233;e &#224; des dizaines d'ann&#233;es en arri&#232;re. L'arbitraire du patronat est aussi complet qu'au temps o&#249; des organisations syndicales n'existaient pas. La semaine de travail est allong&#233;e sans compensation de salaire. Les pires formes d'exploitation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta et les syndicats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au moment du cinquantenaire de la C.G.T., quelle est la situation de la classe ouvri&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat subit dans les usines, les mines, les fabriques et les chantiers une exploitation forcen&#233;e, sa condition est ramen&#233;e &#224; des dizaines d'ann&#233;es en arri&#232;re. L'arbitraire du patronat est aussi complet qu'au temps o&#249; des organisations syndicales n'existaient pas. La semaine de travail est allong&#233;e sans compensation de salaire. Les pires formes d'exploitation capitalistes sont renforc&#233;es : le travail de nuit, le travail &#224; la cha&#238;ne et au boni . Les conditions minimum d'hygi&#232;ne et de s&#233;curit&#233; sont ignor&#233;es, la garde-chiourme se trouve en permanence sur le dos des ouvriers. On nous signale des ouvriers surmen&#233;s s'effondrant sur leur machine et un accroissement excessif des accidents du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pareille situation n'est possible que parce que la r&#233;sistance ouvri&#232;re contre l'exploitation patronale est sabot&#233;e par les dirigeants actuels des Syndicats ouvriers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous le couvert de la formule &#034;produire&#034;, ils ont repris leur politique d'union sacr&#233;e de 1939-40, quand ils se faisaient les auxiliaires de la r&#233;pression anti-ouvri&#232;re. Les staliniens se sont joints &#224; cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait qu'aujourd'hui, ils agissent comme une garde-chiourme auxiliaire et encore pire que la garde-chiourme patronale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux d&#233;shonorent le Syndicat et le d&#233;tournent de son but qui est avant tout de d&#233;fendre les conditions de travail et de salaire de la classe ouvri&#232;re face au patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant notre d&#233;fense contre le patronat exige l'existence d'un Syndicat ouvrier. Le probl&#232;me c'est donc de remplacer les dirigeants syndicaux qui trahissent notre cause, d'&#233;duquer de nouveaux cadres conscients des t&#226;ches prol&#233;tariennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition syndicale Lutte de Classes se donne pour but d'&#233;duquer de nouveaux cadres et de permettre la coordination de leur travail. &#034;L'avantage des dirigeants actuels de la C.G.T.&#034;, nous disait un travailleur, &#034;c'est de pouvoir combattre des &#233;l&#233;ments isol&#233;s&#034;. Nous devons leur enlever cet avantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de militants et de responsables syndicaux de base n'ob&#233;issent aux consignes de leurs chefs que parce qu'il leur manque la conscience de classe et qu'ils sont dup&#233;s par la politique de ces chefs. L'opposition Lutte de Classes se donne pour but de rendre conscients de leurs t&#226;ches les cadres fid&#232;les de la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son journal, La Voix des Travailleurs se propose d'&#234;tre le porte-parole des ouvriers. Il le sera dans la mesure o&#249; ceux-ci seront d&#233;cid&#233;s &#224; l'utiliser comme une tribune pour leurs revendications et pour leurs luttes.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;COMMENT LA C.G.T. DOIT-ELLE AGIR ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus de De Gaulle de recevoir Jouhaux au sujet de la loi &#233;lectorale et la prise de position de l'actuelle direction de la C.G.T. en faveur du &#034;Oui-Non&#034; ont remis sur le tapis une vieille question : la C.G.T. peut-elle se m&#234;ler de questions politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de &#034;l'autonomie&#034; syndicale trouvent enfin l'occasion de d&#233;montrer combien la politique est nuisible &#224; la C.G.T. &#034;Car&#034;, pr&#233;tendent-ils, &#034;il y a d&#233;sormais conflit entre les syndiqu&#233;s appartenant &#224; diff&#233;rents partis si leur position n'est pas celle de la direction stalinienne de la C.G.T.. Donc, pas de politique, que De Gaulle se &#034;d&#233;brouille&#034; avec les partis, la C.G.T. doit rester neutre, sans quoi au lieu de l'unit&#233; de tous pour la d&#233;fense des salaires et des droits &#233;l&#233;mentaires, elle se divisera en autant de fractions qu'il y a de partis. Ceci, la direction de la C.G.T. l'admet par ailleurs elle-m&#234;me, puisqu'elle n'ose pas donner l'ordre aux syndiqu&#233;s de voter &#034;Oui-Non&#034;, mais se contente de le recommander en g&#233;n&#233;ral au public&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos &#034;autonomistes&#034; triomphent &#224; tort ! Ils trompent eux-m&#234;mes sciemment les ouvriers. Si la d&#233;cision de la direction stalinienne de la C.G.T. donne prise aux manoeuvres de la bourgeoisie, ce n'est pas parce qu'elle fait de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 f&#233;vrier 1934 , devant l'attaque politique des bandes fascistes, la C.G.T. avait d&#233;cid&#233; de riposter ensemble avec le P.C. et le P.S. par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et par une manifestation de masse. Cette politique juste renfor&#231;a la classe ouvri&#232;re et mena tout droit aux conqu&#234;tes de juin 36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie voudrait bien que la C.G.T., sous pr&#233;texte d'int&#233;r&#234;ts corporatifs, d&#233;serte la lutte contre ses entreprises d'an&#233;antissement des libert&#233;s et du niveau de vie des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement parce que la politique des dirigeants de la C.G.T. est mauvaise et bureaucratique qu'elle nuit &#224; la d&#233;fense des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi &#233;lectorale de De Gaulle l&#233;sait-elle directement, mat&#233;riellement, chaque travailleur ? Oui ! Parce que dans son syst&#232;me &#233;lectoral, 2 voix ne valent qu'une voix non-ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle devait donc &#234;tre l'attitude de la C.G.T. ? Exiger qu'une voix ouvri&#232;re vaille au moins une voix non-ou-vri&#232;re, c'est-&#224;-dire la re-pr&#233;sentation proportionnelle int&#233;grale, puisqu'il est clair que les questions de salaire d&#233;pendent aussi des droits politiques &#233;l&#233;mentaires des ouvriers. Au besoin, il fallait appuyer cette exigence par la gr&#232;ve, seule arme de la C.G.T., par exemple par une journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;-rale comme le 12 f&#233;vrier 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude, loin de dresser les syndiqu&#233;s les uns contre les autres, aurait soud&#233; leurs rangs en une seule volont&#233; de combat, puisque sur cette question tous les ouvriers et tous les partis se r&#233;clamant du prol&#233;tariat sont d'accord. D'autre part, l'opinion publique honn&#234;te aurait soutenu un tel combat, car comment admettre cette hypocrisie de De Gaulle d'une &#034;d&#233;mocratie&#034; dans *LIGNE MANQUANTE*.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ressort donc clairement que l'attitude de la direction actuelle de la C.G.T. n'est pas une riposte &#224; De Gaulle, mais plut&#244;t une manoeuvre pour d&#233;tourner l'attention du fait qu'elle est incapable de combattre (de m&#234;me qu'elle a abandonn&#233; la lutte &#233;conomique des ouvriers) pour les libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires et d&#233;mocratiques des travailleurs. C'est pour esquiver la lutte qu'elle a pris une attitude politicienne, car il est bien plus facile de lancer des appels en l'air et controverser dessus entre bureaucrates que de d&#233;-fendre r&#233;ellement les travailleurs dans la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#224; la t&#234;te de la C.G.T. il y avait eu une tendance qui d&#233;fende r&#233;ellement chaque par-celle des droits &#233;conomiques et des libert&#233;s des travailleurs, personne n'aurait pu se plaindre de l'immixtion de la politique dans les Syndicats. Tout au contraire, c'est par une politique r&#233;volutionnaire que les droits ouvriers les plus &#233;l&#233;mentaires seraient efficacement d&#233;fendus.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;DEFENSE DE LA MAIN D'OEUVRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Produire, Produire, Produire. Tel est le ton sur lequel d&#233;clame toute la presse &#034;syndicale&#034;. On explique aux ouvriers qu'il faut intensifier la production par l'utilisation d'une technique plus approfondie mais dans la pratique on les invite &#224; travailler dans un minimum de temps (&#034;crever le plafond&#034;), &#224; faire des heures suppl&#233;mentaires, &#224; travailler le samedi et m&#234;me le dimanche, &#224; abandonner leurs vacances et surtout &#224; ne pas perdre de temps &#224; faire des gr&#232;ves. Pensez-donc, les bonzes syndicaux sont l&#224; pour discuter avec le patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmenter la production par l'emploi d'un mat&#233;riel nouveau et perfectionn&#233;, c'est une solution tr&#232;s all&#233;chante pour le patronat mais le mat&#233;riel co&#251;te cher et la bourgeoisie ne peut tout de m&#234;me pas abandonner ses b&#233;n&#233;fices pour relever l'&#233;conomie du pays que sa rapacit&#233; a contribu&#233; &#224; an&#233;antir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la main d'oeuvre dont on peut exiger un accroissement du rendement sans autre d&#233;pense que des promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais o&#249; en est la main d'oeuvre ? D&#233;j&#224; avant la guerre, elle &#233;tait en d&#233;croissance. La population active qui &#233;tait de 21.720.000 personnes en 1921 n'&#233;tait plus que de 20.261.000 en 1936. Parmi cette population active, la main d'oeuvre productive baissait, tandis que la main d'oeuvre improductive augmentait. En 1921, il y avait 19.970.000 productifs pour 1.750.000 improductifs. En 1936, il avait 18.212.000 productifs pour 2.049.000 improductifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a encore diminu&#233; le nombre de la main d'oeuvre productive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au moins 200.000 militaires ont &#233;t&#233; tu&#233; au cours des op&#233;rations. Le nombre des civils tu&#233;s au cours des bombardements est &#233;valu&#233; &#224; 90.000, &#224; cela il faut ajouter les hommes et les femmes fusill&#233;s ou morts dans les camps et les prisons de France et d'Alle-magne (75.000 fusill&#233;s rien que pour Paris). Les privations et les maladies, cons&#233;quences de la guerre ont augment&#233; la mortalit&#233; ! C'est certainement de plus d'un million de travailleurs que la guerre a r&#233;duit la population active. D'autre part, le nombre des ouvriers &#233;trangers qui &#233;tait de 1.599.000 en 1931 et tomb&#233; &#224; 1.245.000 en 1936, s'est vu r&#233;duire de plusieurs centaines de mille, beaucoup ayant quitt&#233; la France, rappel&#233;s notamment par la mobilisation. La population productive est r&#233;duite &#224; peine &#224; 19.000.000, soit 2.000.000 de moins qu'avant la guerre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais si la population active a consid&#233;rablement diminu&#233;, le nombre des improductifs a continu&#233; &#224; s'accro&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e, les services administratifs (police, ravitaillement, prisonniers et rapatri&#233;s, etc.) emploient un nombre consid&#233;rable de fonctionnaires. En 1936, il y avait 810.000 fonctionnaires ; aujourd'hui, le nombre des fonctionnaires est de 2 millions. Il reste &#224; peine 16.000.000 de travailleurs pour la production, le commerce et les transports contre 18.262.000 en 1936, alors que toute l'&#233;conomie est &#224; reconstruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est sur la main d'oeuvre, &#233;l&#233;ment essentiel de la production, et d&#233;j&#224; si terriblement &#233;prouv&#233;e, que la bourgeoisie, avec l'appui des organisations dites ouvri&#232;res, veut faire retomber tout le poids de la reconstruction. Le patronat, qui a profit&#233; de l'absence de mouvement ouvrier pendant la guerre pour diminuer les &#034;temps&#034; et ainsi acc&#233;l&#233;rer la cadence, veut conserver celle-ci. On veut exiger du prol&#233;tariat une cadence plus vive, un nombre d'heures de travail plus consid&#233;rable, alors que la nourriture est nettement insuffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que les ouvriers exigent de leurs dirigeants syndicaux qu'ils prennent leurs responsabilit&#233;s pour l'&#233;laboration d'un plan de production et de ravitaillement qui puisse permettre &#224; la classe ouvri&#232;re de recouvrer ses forces. Il leur faut exiger que ceux-ci les soutiennent effectivement lorsqu'ils entrent en lutte pour la d&#233;fense de leurs revendications.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;LE PREMIER CONGRES DE LA FEDERATION SYNDICALE MONDIALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration Syndicale &#034;Mondiale&#034; est n&#233;e. Le Peuple nous apprend que l'organisation de la Conf&#233;rence a &#233;t&#233; &#034;parfaite&#034;, que le Palais de Chaillot avait &#233;t&#233; am&#233;nag&#233; d'une fa&#231;on &#034;tr&#232;s heureuse&#034;, etc... Bref, on nous en parle comme s'il s'agissait de la Foire de Paris ou d'une com&#233;die &#224; grand spectacle.&lt;br class='autobr' /&gt;
A qui ces figurants jouent-ils la com&#233;die ? A l'ensemble des syndiqu&#233;s qu'on amuse pour canaliser leur m&#233;contentement. Tout change, soi-disant. Mais pour que tout reste pareil. La F.S.I. de Jouhaux, Schevenels , Citrine , etc... fait place &#224; la F.S.M. de Citrine, Schevenels, Jouhaux, etc... Mais Schevenels justement rappelle que &#034;la faillite des organisations internationales n'est apr&#232;s tout que la somme des faillites nationales&#034;. Ce n'est pas en passant l'&#233;ponge et en recommen&#231;ant la m&#234;me politique avec les m&#234;mes hommes qu'on arrivera &#224; des r&#233;sultats diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous pr&#233;sente les politesses des autorit&#233;s comme un fait nouveau, la reconnaissance officielle de l'importance et du r&#244;le du syndicalisme. Mais Belin et Cie jouissaient aussi de toutes les faveurs des autorit&#233;s. Si la bourgeoisie se montre si &#034;aimable&#034;, c'est qu'elle y trouve son compte. Elle s'essaye ainsi &#224; domestiquer le mouvement ouvrier, &#224; le lier &#224; sa politique parce que l'action ouvri&#232;re consciente et organis&#233;e, donc ind&#233;pendante de toute influence bourgeoise, est la plus dangereuse pour les classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les Syndicats remplissent leur r&#244;le d'organisateurs de la lutte ouvri&#232;re et de d&#233;fenseurs de nos conditions de vie, ils doivent &#234;tre ouverts &#224; tous les travailleurs, quel que soit leur pays. Qu'est-ce que c'est que cette F&#233;d&#233;ration &#034;Mondiale&#034; qui n'accepte que les ouvriers des pays vainqueurs, comme si toutes les classes ouvri&#232;res n'&#233;taient pas d'abord, et au m&#234;me titre les vaincues de la guerre ? La F.S.M. prouve ainsi qu'elle n'est destin&#233;e qu'&#224; mener la politique bourgeoise &#224; la mani&#232;re ouvri&#232;re, et c'est pour cela qu'il n'y a en elle aucune unit&#233; de vue, d&#232;s qu'on quitte les lieux communs. C'est pour cela que, comme la presse bourgeoise elle-m&#234;me Combat le signale, les oppositions s'y retrouvent entre grandes et petites puissances, et entre grandes puissances. Bien s&#251;r : du moment qu'on se place au point de vue de nos exploiteurs nationaux, pas moyen de s'entendre avec l'exploit&#233; d'en face. Et c'est comme &#231;a que le &#034;camarade&#034; Sir Citrine ferme la bouche au d&#233;l&#233;gu&#233; des Syndicats de l'Inde r&#233;clamant l'appui de la F.S.M. pour l'affranchissement de son pays !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;occup&#233;s de prouver leur &#034;bonne foi&#034; aux gouvernements, les repr&#233;sentants de la F.S.M. reprennent &#224; leur compte toute la politique dont nous &#233;prouvons chaque jour, dans notre chair, les cons&#233;quences. Ils se r&#233;clament de la Charte des Nations Unies (sic), de la Conf&#233;rence de Potsdam, etc..., mais reconnaissent que jusqu'ici &#034;seul l'appel au travail a retenti partout&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, qu'attend-on pour organiser une action ouvri&#232;re g&#233;n&#233;rale ? En tant que classe opprim&#233;e, les travailleurs ne peuvent prendre la responsabilit&#233; d'aucune action diplomatique bourgeoise, d'aucune &#034;conf&#233;rence de Potsdam&#034; ou d'ailleurs, accomplie en dehors de leur contr&#244;le pr&#233;cis&#233;ment par les fond&#233;s de pouvoir (g&#233;n&#233;raux et politiciens) du grand capital. Les d&#233;cisions des Jouhaux-Frachon etc... ne nous engagent pas plus, car nous n'y avons pas pris part, et elles ne sont que le reflet, dans une mince couche de bureaucrates ouvriers, des d&#233;cisions prises par les diff&#233;rents gouvernements capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les faits sont t&#234;tus&#034;, dit le proverbe. La lutte de classes, reni&#233;e officiellement dans les pays imp&#233;rialistes, revient au premier plan &#224; l'occasion de la lutte pour l'ind&#233;pendance des peuples coloniaux, malgr&#233; le triage sur le volet des d&#233;l&#233;gu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;alisation d'une v&#233;ritable centrale syndicale mondiale sera une victoire consid&#233;rable pour les ouvriers. Mais on ne la construira pas dans les discussions diplomatiques o&#249; les m&#233;fiances et les rivalit&#233;s se cachent sous les embrassades. Elle sera le fruit de la lutte g&#233;n&#233;ralis&#233;e que, dans chaque pays, les travailleurs m&#232;neront contre leurs ma&#238;tres. Un peu partout, les ouvriers entrent en lutte et la bureaucratie syndicale ne les y aide gu&#232;re. Ces premiers combats, et la lutte des exploit&#233;s coloniaux, voil&#224; les pr&#233;mices de l'unit&#233; syndicale mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/10/vdt01_100045.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/10/vdt01_100045.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En poursuivant NOTRE BUT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Voix des Travailleurs s'est donn&#233; pour but de remettre au premier plan la d&#233;fense des conditions de vie des travailleurs et de rappeler &#224; ce r&#244;le les Syndicats ouvriers ; car malgr&#233; une technique de plus en plus puissante qui rend l'homme ma&#238;tre de la nature, les conditions d'existence des travailleurs au lieu de progresser, se trouvent ramen&#233;es &#224; des dizaines d'ann&#233;es en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux passent enti&#232;rement sous silence tout ce qui concerne les conditions de travail qui sont actuellement celles des plus sombres jours de l'exploitation capitaliste : un des aspects en est le manque total d'hygi&#232;ne et de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions d'hygi&#232;ne et de s&#233;curit&#233; ont pourtant une grande importance, car d'elles d&#233;pendent la vie et la sant&#233; des ouvriers. Elles ont du reste toujours occup&#233; une grande place dans la lutte syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quoique en r&#233;gime capitaliste il ne sera jamais mis &#224; la disposition des ouvriers des conditions de travail telles que leur fournirait un r&#233;gime o&#249; l'exploitation de l'homme par l'homme serait abolie, les ouvriers &#233;taient n&#233;anmoins arriv&#233;s &#224; imposer au patronat certaines mesures de protection. A la faveur des ann&#233;es de guerre et actuellement du mot d'ordre produire, la condition prol&#233;tarienne s'est consid&#233;rablement aggrav&#233;e. Le patron s'estime en droit d'exploiter les ouvriers comme s'il s'agissait de b&#234;tes de somme. Sa tendance est toujours &#034;d'&#233;conomiser&#034; aux d&#233;pens de la main d'oeuvre. Ne pas acheter des dispositifs de s&#233;curit&#233; ou ne pas les faire fonctionner, ne pas entretenir ou refaire les b&#226;timents v&#233;tustes, ne pas donner un &#233;clairage suffisant, ne pas fournir des masques ou des v&#234;tements de travail protecteurs, autant d'&#233;conomies r&#233;alis&#233;es aux d&#233;pens de la sant&#233; et de la vie des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre des accidents de travail s'accro&#238;t. M&#234;me l&#224; o&#249; des dispositifs de s&#233;curit&#233; existent, les ouvriers sont emp&#234;ch&#233;s de s'en servir en raison de la cadence du travail qui leur est impos&#233;e. Les ouvri&#232;res travaillent dans les m&#234;mes conditions et leur situation est d'autant plus p&#233;nible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des dizaines de milliers d'ouvriers pour lesquels ne pas avoir de lait, c'est la maladie &#224; plus ou moins br&#232;ve &#233;ch&#233;ance : c'est le cas des ouvriers des fonderies, des sableries, des produits chimiques, des imprimeries, etc. Personne ne songe pourtant &#224; imposer la fourniture de lait &#224; ces cat&#233;gories d'ouvriers. Des journaux ont bien souvent d&#233;crit les scandales du lait qui va au march&#233; noir, des bo&#238;tes de lait condens&#233; qui ont le m&#234;me sort. Mais aucun moyen n'est envisag&#233; pour mettre &#224; la disposition des ouvriers qui font des travaux malsains le lait qui leur est indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lutter contre ces abus, il faut commencer par les r&#233;v&#233;ler et les d&#233;noncer. Il faut briser la barri&#232;re de silence qui entoure actuellement les abominables conditions de travail de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons aux ouvriers de nous signaler de partout ces conditions. La Voix des Travailleurs les exposera et m&#232;nera campagne contre les abus capitalistes qui compromettent la sant&#233; des ouvriers et abr&#232;gent leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/vdt02_110645.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/vdt02_110645.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CRISE DU SYNDICALISME ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s du S.N. des Instituteurs a pris position contre la politique suivie par la C.G.T. Ainsi se sont manifest&#233;s publiquement le manque d'unit&#233; et la crise profonde que traverse le syndicalisme en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s du S.N. &#034;revendique hautement pour le mouvement syndical le droit de d&#233;terminer d&#233;mocratiquement sa position&#034;. Mais il se garde par ailleurs de pr&#233;ciser concr&#232;tement quelle est sa position. La C.G.T. n'a pas fait ce qu'elle aurait d&#251; faire. Mais qu'aurait-elle d&#251; faire ? Le S.N. s'est content&#233; de reproches formels &#224; l'&#233;gard de la C.G.T. qui &#224; son tour critique formellement les partis politiques. (Editorial du Peuple, 22-12-45).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fond de l'affaire est soigneusement &#233;vit&#233;. Toute cette discussion de principe ne vise, en d&#233;finitive, dans la t&#234;te des dirigeants qu'&#224; masquer les responsabilit&#233;s, et la peur de la lutte qu'ils ont manifest&#233;e dans les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom du S.N., Bonissel qualifie de &#034;malheureuses&#034; (!) les paroles prononc&#233;es par H. Raynaud au Vel' d'Hiv' le 12-12, se d&#233;clarant oppos&#233; au principe d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui d&#233;sorganiserait le pays (pourtant, pour ce qui est du d&#233;sordre, le gouvernement des capitalistes ne craint pas de concurrence...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que dit Neumeyer, secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration des Fonctionnaires et syndicaliste &#034;pur&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;... Nous aurions d&#251; avoir recours &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale... D&#232;s &#224; pr&#233;sent, nous pouvons dire qu'une seule consid&#233;ration a arr&#234;t&#233; les responsables de l'ordre &#224; donner : la crainte d'engager le pays dans un chaos &#233;conomique sans pr&#233;c&#233;dent qui aurait pu conduire &#224; une v&#233;ritable r&#233;volution, dont l'issue pouvait &#234;tre tr&#232;s dangereuse &#224; bien des points de vue, surtout apr&#232;s les manifestations de dictature gouvernementales dont nous avions &#233;t&#233; t&#233;moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayant pas &#233;t&#233; jusqu'&#224; ce stade, nous &#233;tions forc&#233;ment amen&#233;s &#224; subir la position du gouvernement, comme nous avions subi jusqu'&#224; pr&#233;sent l'augmentation du co&#251;t de la vie qu'il avait &#233;t&#233; incapable d'arr&#234;ter. Nous en sommes &#224; peu pr&#232;s l&#224; aujourd'hui.&#034; (Tribune des Fonctionnaires, 25-12-45).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, nous &#233;tions bien loin de la r&#233;volution. Mais les travailleurs r&#233;volutionnaires doivent se rappeler qu'un de leurs propres &#034;chefs&#034; a d&#233;clar&#233; de lui-m&#234;me que c'est la crainte de la r&#233;volution qui a seule emp&#234;ch&#233; de pousser la lutte jusqu'au bout, et que, &#224; d&#233;faut de la pousser jusqu'au bout, il ne reste qu'&#224; subir la volont&#233; du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, toutes les rodomontades de Neumeyer, etc..., sur la reprise de la lutte revendicative ne sont que de la poudre aux yeux des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du stalinien Raynaud au &#034;syndicaliste&#034; Neumeyer, les pr&#233;occupations sont les m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'ils font montre d'une pareille incapacit&#233; et d'une pareille peur de la lutte, c'est qu'ils agissent en d&#233;fenseurs et provocateurs de la politique bourgeoise au sein du mouvement ouvrier. Voil&#224; pourquoi ils sont oblig&#233;s de mentir, et pourquoi il y a un tel &#233;cart entre leurs paroles et leurs actes. Car si cette politique bourgeoise se montrait sous son vrai visage, pas un ouvrier, pas un travailleur ne la supporterait. Cependant, la lutte de classes fait sauter le masque, et sous la pression des circonstances, il arrive m&#234;me qu'un Neumeyer dise la v&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que producteur, le travailleur est &#034;citoyen&#034;. Aussi la lutte anti-capitaliste se m&#232;ne-t-elle sur tout les fronts &#224; la fois, sur le plan politique et sur le plan &#233;conomique. La lutte syndicale &#8211; la r&#233;sistance des masses &#224; l'exploitation &#233;conomique &#8211; n'est qu'un des aspects de la lutte immense qui oppose les exploit&#233;s et les exploiteurs, et elle reste soumise &#224; sa strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale : la lutte de classe. Il n'existe pas de politique de syndicalisme. L'impuissance et la servilit&#233; de la C.G.T. ne viennent pas de la p&#233;n&#233;tration politique dans ses rangs mais de la p&#233;n&#233;tration de la politique bourgeoise par l'interm&#233;diaire des partis ouvriers d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s. Merrheim &#233;crivait d&#233;j&#224; en 1909 que &#034;si les Briand et les Viviani (les Thorez et Tillon de l'&#233;poque) n'avaient pas trouv&#233; de domestiques au sein de la C.G.T. pour y faire leur besogne, tout comme ceux de Millerand en 1900, leurs efforts n'eussent pas abouti &#224; cette d&#233;fiance naturelle qui r&#232;gne dans les milieux syndicaux... Celle-ci (la crise) n'est pas une crise domestique, mais une crise de domestication&#034;. L'&#034;ind&#233;pendance syndicale&#034; n'est qu'un mot d'ordre r&#233;actionnaire si on ne lui donne pas un contenu de classe &#8211; et si on lui donne un contenu de classe, comment les travailleurs pourraient-ils mener leur action syndicale &#034;ind&#233;pendamment&#034; de leur action politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourraient-ils dire noir et blanc du m&#234;me coup, d&#233;fendre leurs conditions de vie et &#034;gagner la bataille de la production&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom de l'&#034;ind&#233;pendance&#034; du mouvement syndical, les &#034;syndicalistes purs&#034; brisent l'unit&#233; du mouvement ouvrier, et par l&#224; font la besogne des capitalistes. C'est pourquoi, devant la crise du syndicalisme, nous voyons des bonzes inv&#233;t&#233;r&#233;s, qui craignent l'&#233;veil de conscience des masses, se raccrocher si vite &#224; la branche pourrie du &#034;syndicalisme pur&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question en fait est la suivante : qui impulse les syndicats, qui exerce son h&#233;g&#233;monie sur eux ? Si c'est la bourgeoisie, nous aurons toute la gamme des syndicats larbins actuels jusqu'aux &#034;syndicats&#034; fascistes. Si c'est le prol&#233;tariat, nous aurons des syndicats de combat, non pas &#034;ind&#233;pendants&#034;, mais intimement li&#233;s &#224; l'ensemble de la lutte ouvri&#232;re. De quoi celle-ci a-t-elle besoin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement communiste est la forme la plus &#233;volu&#233;e, la plus consciente de la lutte de classe. Il est la th&#233;orie pratique du mouvement ouvrier qu'il repr&#233;sente, dit Marx, en totalit&#233;. Comment alors pourrait-il entrer en contradiction avec un des aspects principaux (le syndicalisme) du mouvement ouvrier ? En fait, au nom de l'ind&#233;pendance syndicale, nous assistons &#224; un r&#232;glement de comptes entre ex-unitaires et ex-conf&#233;d&#233;r&#233;s. Les cliques embourgeois&#233;es et leurs id&#233;ologies divisent et empoisonnent les syndicats. Le r&#244;le des ouvriers r&#233;volutionnaires, communistes, c'est d'unifier les syndicats sur la base de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compl&#232;te ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de la bourgeoisie, l'h&#233;g&#233;monie prol&#233;tarienne r&#233;alis&#233;e gr&#226;ce au parti r&#233;volutionnaire : voil&#224; comment r&#233;soudre la crise syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/ldc57_011446.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/ldc57_011446.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Barta contribuait &#224; fonder un syndicat tout en &#233;tant tr&#232;s r&#233;ticent &#224; le faire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta et l'auto-organisation des travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des militants d'extr&#234;me gauche au service des appareils bureaucratiques syndicaux</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8795</link>
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		<dc:date>2026-06-07T22:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob</dc:creator>


		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quirante et Le Merrer (NPA-R), permanents f&#233;d&#233;raux de SUD-PTT : l'union sacr&#233;e et le social-patriotisme ont leurs &#171; r&#233;volutionnaires &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 12 juin 2025, cinq postiers des Hauts-de-Seine passaient en proc&#232;s pour des faits de gr&#232;ve remontant &#224; 2014. Parmi eux deux figures publiques : Ga&#235;l Quirante, secr&#233;taire de SUD Poste 92, et Yann Le Merrer, membre du Bureau f&#233;d&#233;ral de SUD-PTT. Tous deux militants du NPA-R&#233;volutionnaires (NPA-R), tous deux candidats sur la liste de cette organisation aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_19388 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/1000066535_1_.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/1000066535_1_.png' width=&#034;1055&#034; height=&#034;1491&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quirante et Le Merrer (NPA-R), permanents f&#233;d&#233;raux de SUD-PTT : l'union sacr&#233;e et le social-patriotisme ont leurs &#171; r&#233;volutionnaires &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 juin 2025, cinq postiers des Hauts-de-Seine passaient en proc&#232;s pour des faits de gr&#232;ve remontant &#224; 2014. Parmi eux deux figures publiques : Ga&#235;l Quirante, secr&#233;taire de SUD Poste 92, et Yann Le Merrer, membre du Bureau f&#233;d&#233;ral de SUD-PTT. Tous deux militants du NPA-R&#233;volutionnaires (NPA-R), tous deux candidats sur la liste de cette organisation aux europ&#233;ennes 2024. La presse militante les pr&#233;sente comme l'incarnation du &#171; syndicalisme de lutte de classe &#187; et de la continuit&#233; r&#233;volutionnaire dans le mouvement ouvrier fran&#231;ais. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette pr&#233;sentation qu'il faut d&#233;monter, parce qu'elle est mensong&#232;re, et que ce mensonge sert objectivement la bourgeoisie fran&#231;aise en guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;## Note de m&#233;thode : d&#233;fendre contre la r&#233;pression, combattre la ligne politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant toute analyse, une distinction marxiste qu'il faut poser clairement. La r&#233;pression patronale contre Quirante et Le Merrer doit &#234;tre combattue sans r&#233;serve. Leur r&#233;vocation administrative par La Poste, les sanctions disciplinaires, les proc&#232;s, les tentatives d'intimidation polici&#232;re et patronale &#8212; tout cela appelle la solidarit&#233; ouvri&#232;re la plus compl&#232;te, ind&#233;pendamment de toute appr&#233;ciation politique sur leur ligne. C'est la r&#232;gle bolchevique &#233;l&#233;mentaire : on d&#233;fend mat&#233;riellement tout militant ouvrier r&#233;prim&#233; par l'&#201;tat ou le patronat, comme Trotsky d&#233;fendait Boukharine et Zinoviev contre les proc&#232;s de Moscou tout en combattant leur ligne politique. Mais la r&#233;pression subie par un militant ne transforme pas automatiquement sa ligne politique en ligne r&#233;volutionnaire. Le courage individuel face au patronat ne dispense pas de la critique politique. On peut, on doit d&#233;fendre un militant contre l'&#201;tat bourgeois tout en combattant sa fonction politique dans l'appareil syndical. C'est exactement ce que nous faisons ici. Ce qui suit n'est pas une attaque contre des militants r&#233;prim&#233;s ; c'est une critique politique sans concession d'une ligne &#8212; celle du NPA-R &#8212; qui camoufle sous la radicalit&#233; verbale un alignement objectif sur le social-patriotisme du mouvement syndical fran&#231;ais en guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;## Salari&#233;s par l'appareil m&#234;me qu'ils pr&#233;tendent combattre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yann Le Merrer a &#233;t&#233; r&#233;voqu&#233; de La Poste en 2015 &#8212; premier fonctionnaire r&#233;voqu&#233; pour faits syndicaux depuis 1951. Ga&#235;l Quirante a &#233;t&#233; licenci&#233; en 2018 apr&#232;s huit ans de bataille juridique. Depuis leurs r&#233;vocations respectives, leur reproduction mat&#233;rielle d&#233;pend de l'appareil Solidaires/SUD-PTT, sous deux modalit&#233;s pr&#233;cises qu'il faut distinguer. Le Merrer a &#233;t&#233; directement **embauch&#233; par sa f&#233;d&#233;ration SUD-PTT** apr&#232;s sa r&#233;vocation &#8212; fait confirm&#233; publiquement par les militants NPA-R France eux-m&#234;mes dans l'article *&#171; A Thorn in La Poste's Side &#187;* publi&#233; sur Speak Out Now en mai 2025. Quirante, quant &#224; lui, est salari&#233; de fait via la **cagnotte des Amis de Sud Poste 92**, structure satellite du syndicat 92, qui assure le maintien de son salaire au niveau de son grade et de son anciennet&#233; de postier &#8212; fait document&#233; sur le site m&#234;me du NPA-R dans l'appel &#224; dons pr&#233;paratoire au proc&#232;s du 12 juin 2025. Les deux configurations sont mat&#233;riellement diff&#233;rentes &#8212; salariat f&#233;d&#233;ral direct pour l'un, salariat indirect par cagnotte syndicale pour l'autre &#8212; mais elles produisent le m&#234;me effet politique : la reproduction mat&#233;rielle des deux militants d&#233;pend int&#233;gralement des structures de l'appareil Solidaires/SUD-PTT, f&#233;d&#233;ral pour Le Merrer, d&#233;partemental pour Quirante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette donn&#233;e commande tout le reste. Marx l'a &#233;tabli une fois pour toutes : ce n'est pas la conscience qui d&#233;termine l'&#234;tre social, c'est l'&#234;tre social qui d&#233;termine la conscience. Mais &#8212; et c'est d&#233;cisif pour la suite de l'analyse &#8212; le rapport entre cette position mat&#233;rielle et le contenu politique des bulletins n'est pas un d&#233;terminisme m&#233;canique. Ce qui d&#233;finit politiquement Quirante et Le Merrer, ce n'est pas qu'ils soient des cadres syndicaux r&#233;mun&#233;r&#233;s. C'est le **choix politique** qu'ils font de l'&#234;tre comme membres consensuels de la direction majoritaire, plut&#244;t que comme repr&#233;sentants d&#233;clar&#233;s d'une fraction r&#233;volutionnaire minoritaire combattant cette direction. On y revient plus bas, et on le d&#233;montrera par le pr&#233;c&#233;dent historique fran&#231;ais du SDR de Pierre Bois &#224; Renault &#8212; qui &#233;claire pr&#233;cis&#233;ment le rapport entre ind&#233;pendance mat&#233;rielle relative et libert&#233; politique de fraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;## Solidaires, appareil ralli&#233; &#224; l'union sacr&#233;e 2024-2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appareil dans lequel Quirante et Le Merrer ont leur salaire est partie int&#233;grante du dispositif belliciste fran&#231;ais &#8212; non pas par d&#233;claration conf&#233;d&#233;rale explicite mais par non-rupture, ce qui &#233;quivaut, au sens l&#233;niniste classique, &#224; la m&#234;me responsabilit&#233; politique objective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain &#233;lectoral d'abord. Solidaires, &#224; l'&#233;chelle conf&#233;d&#233;rale, a particip&#233; en juin-juillet 2024 &#224; l'appel intersyndical unitaire pour &#171; battre l'extr&#234;me droite &#187; dans les l&#233;gislatives &#8212; appel qui, dans sa formulation enrob&#233;e de &#171; solidarit&#233;, &#233;galit&#233;, justice &#187;, ne dit pas litt&#233;ralement &#171; votez NFP &#187; mais op&#232;re la m&#233;diation politique du barrage r&#233;publicain. Et simultan&#233;ment, plusieurs structures locales et sectorielles de Solidaires &#8212; Solidaires 25, ASSO-Solidaires, et d'autres &#8212; ont, elles, appel&#233; explicitement &#224; voter pour le Nouveau Front populaire, c'est-&#224;-dire &#224; voter pour des candidats bourgeois (PS, Place Publique, EELV, fraction LFI &#233;lectoraliste). Cette articulation entre formulation conf&#233;d&#233;rale ambigu&#235; et appel local explicite n'est pas une contradiction : c'est pr&#233;cis&#233;ment le dispositif classique du centrisme syndical, tel que L&#233;nine le d&#233;crivait. La direction conf&#233;d&#233;rale op&#232;re le ralliement &#224; la m&#233;diation &#233;lectorale bourgeoise par formules enrob&#233;es qui lui permettent de pr&#233;tendre n'avoir pas appel&#233; au vote pour des partis bourgeois, tout en organisant mat&#233;riellement ce vote par sa base locale qu'elle ne d&#233;savoue pas. C'est exactement comme Jouhaux signait en ao&#251;t 1914 le ralliement de la CGT &#224; la d&#233;fense nationale &#8212; sauf qu'aujourd'hui la conf&#233;d&#233;ration pr&#233;f&#232;re le faire par voie d'appel intersyndical &#171; unitaire &#187; plut&#244;t que par signature explicite. Le r&#233;sultat politique objectif est identique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de la guerre ensuite. Solidaires co-signe syst&#233;matiquement les communiqu&#233;s d'intersyndicale aux c&#244;t&#233;s de la CGT de Binet, de la CFDT, de la FSU et de l'UNSA. Solidaires laisse prosp&#233;rer en son sein et autour de lui une ligne pro-livraisons d'armes &#224; l'Ukraine et de soutien au R&#233;armement europ&#233;en &#8212; le RESU, dispositif de mobilisation de l'industrie de guerre fran&#231;aise et allemande au service de la strat&#233;gie OTAN contre la Russie d'abord, contre l'Iran ensuite, demain contre la Chine. Cette ligne est port&#233;e par des cadres et des bulletins ENSU-RESU &#233;manant de structures Solidaires sans que la conf&#233;d&#233;ration ne d&#233;savoue, ne rompe, ne m&#232;ne de bataille fractionnelle interne, ni n'exclue. Solidaires relaie sur son site la lettre d'information ENSU/RESU, le comit&#233; fran&#231;ais du RESU appelle explicitement &#224; fournir &#224; l'Ukraine &#171; avions, canons, chars &#187; autant que n&#233;cessaire &#8212; sans rupture publique de la conf&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; pr&#233;cis&#233;ment le point politique central. L&#233;nine l'a &#233;tabli dans son combat contre Kautsky et le SPD en 1914-1915 : ne pas rompre avec une ligne social-patriote pr&#233;sente dans sa propre organisation, c'est en partager la responsabilit&#233; politique objective. La direction conf&#233;d&#233;rale Solidaires n'a men&#233; **aucune campagne fractionnelle interne** contre le RESU. Solidaires n'a pas d&#233;nonc&#233; la France comme &#201;tat mat&#233;riellement engag&#233; dans la guerre r&#233;gionale ouverte par l'op&#233;ration Epic Fury contre l'Iran du 28 f&#233;vrier au 5 mai 2026 &#8212; op&#233;ration dans laquelle la France a &#233;t&#233; mat&#233;riellement engag&#233;e par d&#233;ploiements navals, d&#233;fense anti-a&#233;rienne d'Isra&#235;l, ravitaillement, couverture renseignement, engagement que l'&#201;tat fran&#231;ais pr&#233;sente comme &#171; strictement d&#233;fensif &#187;, qualification que le marxisme mat&#233;rialiste refuse de reprendre &#224; son compte puisque la d&#233;fense d'Isra&#235;l en guerre est elle-m&#234;me un acte de guerre du point de vue iranien et du droit international r&#233;el. La d&#233;claration franco-germano-britannique du 1er mars 2026 annon&#231;ait des mesures pour d&#233;fendre &#171; leurs int&#233;r&#234;ts et ceux de leurs alli&#233;s dans la r&#233;gion &#187; &#8212; c'est-&#224;-dire un engagement mat&#233;riel r&#233;gional, et non une posture passive. Solidaires n'a appel&#233; &#224; aucune expropriation de Thales, Dassault, Safran, MBDA, KNDS. Solidaires n'a appel&#233; &#224; aucune fraternisation entre soldats fran&#231;ais et soldats d&#233;sign&#233;s comme ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des invariants du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire l&#233;niniste de 1915 (notamment dans *Le Socialisme et la Guerre* et *La Faillite de la IIe Internationale*), d&#233;velopp&#233;s par le programme militaire du prol&#233;tariat de L&#233;nine en 1917, puis int&#233;gr&#233;s dans le programme transitoire trotskyste de 1938, on peut d&#233;gager cinq crit&#232;res op&#233;ratoires d'une position internationaliste r&#233;volutionnaire en temps de guerre imp&#233;rialiste : nommer sa propre bourgeoisie comme adversaire principal ; appeler &#224; la d&#233;faite militaire de son propre gouvernement (porazhenchestvo l&#233;niniste) ; exiger l'expropriation de l'industrie d'armement nationale ; soutenir l'organisation des soldats avec droit de refus d'ordre et fraternisation ; lier le d&#233;faitisme &#224; la dictature du prol&#233;tariat et &#224; l'Internationale &#224; reconstruire. Sur ces cinq crit&#232;res op&#233;ratoires, Solidaires obtient z&#233;ro sur cinq. C'est la d&#233;finition op&#233;ratoire du social-chauvinisme contemporain par non-rupture. Et c'est l'appareil dont Quirante et Le Merrer sont salari&#233;s permanents, dont ils diffusent le mat&#233;riel, dont ils respectent la discipline conf&#233;d&#233;rale, dont ils participent aux instances de d&#233;cision sans jamais en exiger publiquement la rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;## Le silence du NPA-R : la trahison qui ne dit pas son nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quirante et Le Merrer ne signent pas en leur nom personnel les appels au vote NFP. Ils n'&#233;crivent pas les communiqu&#233;s intersyndicaux pro-Ukraine. Ils maintiennent dans leurs interventions une phras&#233;ologie radicale, anticapitaliste, lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui compte n'est pas ce qu'ils disent. Ce qui compte est ce qu'ils refusent de faire. Aucune tendance fractionnelle d&#233;clar&#233;e &#224; l'int&#233;rieur de SUD-PTT pour combattre la ligne pro-RESU. Aucune minorit&#233; organis&#233;e appelant publiquement &#224; la rupture avec l'intersyndicale ralli&#233;e &#224; la m&#233;diation barrage r&#233;publicain. Aucune p&#233;tition interne contre les livraisons d'armes &#224; l'Ukraine. Aucun appel public au d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire face &#224; Epic Fury. Aucune campagne pour l'expropriation de l'industrie d'armement fran&#231;aise. Aucun appel aux postiers &#224; former des comit&#233;s d'usine autonomes des appareils. Aucun travail public, sign&#233;, dat&#233;, pour faire reculer la direction f&#233;d&#233;rale de SUD-PTT comme l'opposition internationaliste de *La Vie ouvri&#232;re* travaillait &#224; faire reculer Jouhaux entre 1914 et 1918. Rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils occupent l'espace verbal de la &#171; gauche du syndicat &#187; sans exercer aucune fonction de rupture. C'est exactement le r&#244;le que L&#233;nine analyse dans *La Faillite de la IIe Internationale* (1915) : ce ne sont pas seulement Plekhanov, Guesde et Sembat qui composent l'union sacr&#233;e, ce sont aussi et surtout les centristes qui restent dans la m&#234;me organisation qu'eux sans rompre. Kautsky, Martov, Longuet. Ces centristes ne sont pas l'opposition au social-chauvinisme, ils en sont la condition de stabilit&#233;. Ils saturent l'espace de la critique en la rendant verbale, donc inoffensive, donc compatible avec le maintien int&#233;gral de la ligne combattue en paroles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine d&#233;signait d&#232;s 1894 ce m&#233;canisme par un terme qui reste valable trait pour trait aujourd'hui : ce sont des **faux amis du peuple travailleur**. Ceux qui parlent au nom du peuple travailleur, dans son vocabulaire, depuis ses tribunes, en occupant ses postes, pour emp&#234;cher qu'il construise les outils de son &#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;## Le bulletin d'usine, instrument de fraction r&#233;volutionnaire &#8212; pas une feuille combative parmi d'autres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre la nature exacte de ce qui manque, il faut revenir &#224; ce que d&#233;fendait un militant ouvrier fran&#231;ais comme Barta. Barta, de son vrai nom David Korner, animait dans les ann&#233;es 1940 l'Union Communiste, petite fraction trotskyste fran&#231;aise qui a notamment dirig&#233; la gr&#232;ve Renault de 1947 contre la CGT et le PCF alors au gouvernement. Sa contribution centrale, c'est d'avoir pos&#233; pratiquement la question suivante : comment construire un parti r&#233;volutionnaire &#224; partir de l'entreprise, &#224; partir des ouvriers, et non pas par cooptation dans les appareils existants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa r&#233;ponse &#233;tait l'usage politique du bulletin d'usine. Pas le tract d'agitation, pas la feuille de revendication salariale, pas le bulletin syndical conf&#233;d&#233;ral &#8212; autre chose. Un bulletin d'usine au sens politique remplit quatre fonctions ins&#233;parables. Premi&#232;rement, le bulletin fonctionne comme organe de fraction r&#233;volutionnaire &#8212; soit sign&#233; d'une fraction publiquement d&#233;clar&#233;e &#224; l'int&#233;rieur du syndicat quand la force le permet, soit, quand la base reste encore &#224; conqu&#233;rir, fonctionnant comme l'organe ext&#233;rieur de fraction qui dit la v&#233;rit&#233; politique enti&#232;re que les militants ne peuvent pas encore tenir publiquement &#224; l'int&#233;rieur du syndicat &#8212; dans tous les cas, nommant les directions syndicales adversaires comme telles. Deuxi&#232;mement, il articule chaque conflit local au programme transitoire du prol&#233;tariat international, c'est-&#224;-dire qu'il fait passer la lutte sur les conditions de travail &#224; la lutte sur le pouvoir dans l'entreprise et dans la soci&#233;t&#233;. Troisi&#232;mement, il pose dans l'entreprise des revendications de double pouvoir &#8212; contr&#244;le ouvrier, ouverture des livres de comptes, expropriation sans indemnit&#233;, comit&#233;s d'ouvriers ind&#233;pendants. Quatri&#232;mement, il prend position publiquement sur la guerre imp&#233;rialiste en cours, en appelant les ouvriers &#224; l'internationalisme contre leur propre bourgeoisie et contre l'&#201;tat qui les emploie. Le bulletin de Barta &#224; Renault en 1947 faisait tout cela : il combattait publiquement la direction CGT-PCF dans l'entreprise, il liait la gr&#232;ve &#224; la critique de la guerre coloniale fran&#231;aise en Indochine, il appelait au gouvernement ouvrier et paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;## Ce que produit r&#233;ellement le NPA-R &#224; La Poste : une cartographie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA-R produit des bulletins d'entreprise sur quatre implantations La Poste : Centre financier et distribution Paris 15, Paris 11-20, Lyon, et PIC de Lille (Plateforme Industrielle Courrier de Lesquin). Il &#233;dite &#233;galement un Bulletin du NPA Poste national. &#192; noter d'embl&#233;e un fait politiquement &#233;loquent : il n'existe **aucun bulletin d'entreprise d&#233;di&#233; La Poste 92** dans la rubrique &#171; Bulletins La Poste &#187; du NPA-R, comparable aux bulletins Paris 15, Paris 11-20, Lyon ou PIC Lille &#8212; et surtout **aucun organe de fraction publique sign&#233; &#171; fraction r&#233;volutionnaire de SUD-PTT 92 &#187;**, pr&#233;cis&#233;ment dans le d&#233;partement o&#249; Quirante et Le Merrer sont permanents. Il existe des articles NPA-R sur La Poste 92 et un bulletin g&#233;n&#233;raliste NPA Hauts-de-Seine, mais aucun bulletin d'entreprise d&#233;di&#233; &#224; La Poste 92 ni aucun bulletin de fraction syndicale sign&#233;. L'intervention dans le 92 passe par les mandats SUD Poste 92, jamais par un bulletin politique distinct des tracts intersyndicaux qui permettrait de poser publiquement la critique de la direction f&#233;d&#233;rale et de la conf&#233;d&#233;ration Solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les bulletins consult&#233;s suivent la m&#234;me architecture en cinq blocs. Un &#233;dito politique national produit &#224; la r&#233;daction centrale du NPA-R, int&#233;gr&#233; identiquement dans plusieurs bulletins d'entreprise &#8212; par exemple &#171; Isra&#235;l, &#201;tat oppresseur et colonial &#187; en octobre 2023, ou &#171; Quand le gouvernement crie haro sur les ch&#244;meurs &#187; en avril 2024. Des br&#232;ves d'entreprise sur les r&#233;organisations, les fermetures, les RAP, les anecdotes ironiques sur la direction. Le relais des appels intersyndicaux et gr&#232;ves en cours. Un encart soci&#233;t&#233; ou culture. Une adresse mail locale de contact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesur&#233;s aux quatre fonctions politiques ins&#233;parables d'un bulletin de fraction r&#233;volutionnaire, ces bulletins obtiennent **z&#233;ro sur quatre**.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Sur la fonction d'organe de fraction nommant les directions syndicales adversaires** : absente. Les bulletins se signent &#171; Bulletin du NPA Poste &#187; ou &#171; PIC de Lille &#187; &#8212; pr&#233;sence syndicale d'un parti politique ext&#233;rieur, sans articulation &#224; une politique de fraction interne aux syndicats. Aucun bulletin consult&#233; ne nomme la direction f&#233;d&#233;rale SUD-PTT comme adversaire politique. Aucun bulletin n'appelle &#224; la rupture avec la ligne f&#233;d&#233;rale ralli&#233;e &#224; la m&#233;diation barrage r&#233;publicain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Sur l'articulation du conflit local au programme transitoire international** : absente. Sur Gaza octobre 2023, le bulletin PIC Lille demande &#171; solidarit&#233; avec le peuple palestinien &#187; et &#171; la d&#233;mission de Netanyahou &#187; &#8212; pas l'expropriation de l'industrie d'armement fran&#231;aise, pas le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire envers la France livrant mat&#233;riel et formant l'arm&#233;e isra&#233;lienne, aucune articulation &#224; la n&#233;cessit&#233; du Front Unique du Peuple Travailleur. Sur la r&#233;forme ch&#244;mage avril 2024, le bulletin appelle &#224; &#171; une mobilisation d'ensemble du monde du travail &#187; sans aucune mention de programme transitoire ni de dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Sur les revendications de double pouvoir embryonnaire dans l'entreprise** : absentes. Aucun appel &#224; constituer des comit&#233;s de postiers autonomes des sections syndicales. Aucune exigence de contr&#244;le ouvrier sur la production postale. Aucune exigence d'ouverture des livres de comptes du groupe La Poste, alors m&#234;me que ce groupe est d&#233;tenu &#224; 34 % par l'&#201;tat et 66 % par la Caisse des d&#233;p&#244;ts. Aucune exigence d'expropriation sans indemnit&#233;, ni de La Poste, ni de La Banque Postale, ni de CNP Assurance qui rach&#232;te 65 % de la Mutuelle G&#233;n&#233;rale. Le bulletin avril 2024 mentionne pr&#233;cis&#233;ment ce rachat &#8212; son analyse s'arr&#234;te &#224; &#171; le seul but est de faire du fric sur notre sant&#233; &#187;. Aucun d&#233;bouch&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Sur la position publique sur la guerre imp&#233;rialiste appelant les ouvriers &#224; l'internationalisme contre leur propre bourgeoisie** : et c'est l'effondrement politique majeur. Le bulletin PIC Lille d'octobre 2023, dont l'&#233;dito entier porte sur Gaza, ne contient **pas une seule ligne** d&#233;non&#231;ant la France comme &#201;tat mat&#233;riellement engag&#233; dans la guerre &#8212; par les livraisons d'armes via MBDA et Eurosam &#224; Isra&#235;l, par la formation d'officiers, par les accords renseignement. Catherine Colonna est cit&#233;e comme ministre fran&#231;aise qui se rend &#224; Tel Aviv &#8212; mais aucune d&#233;nonciation programmatique de l'engagement mat&#233;riel fran&#231;ais. Aucun appel au d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire envers la France. Aucune exigence d'expropriation de Thales, Dassault, Safran, MBDA, KNDS, Naval Group. Aucun appel &#224; la fraternisation. La position l&#233;niniste fondamentale de 1915 &#8212; chaque prol&#233;tariat combat **sa propre** bourgeoisie comme adversaire principal &#8212; est totalement absente du bulletin alors m&#234;me que l'&#233;dito porte exclusivement sur la guerre. Sur l'Ukraine, sur le RESU, sur Epic Fury 2026 contre l'Iran : silence int&#233;gral dans tous les bulletins consult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;## Le verrou politique : refus de la politique de fraction, int&#233;gration &#224; la direction majoritaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut s'attarder sur un point pr&#233;cis qui d&#233;masque toute la m&#233;canique : **ce que les bulletins disent (et ne disent pas) des directions syndicales**.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bulletin PIC Lille d'octobre 2023, les mots CGT, SUD-PTT, FO, Solidaires, direction syndicale, f&#233;d&#233;ration **n'apparaissent pas une seule fois**. Pas une. La PIC de Roye va fermer en 2025 &#8212; sans un mot sur ce qu'en font les directions f&#233;d&#233;rales. Le combat contre le sexisme &#224; La Poste est &#233;voqu&#233; &#8212; sans un mot sur les commissions femmes des f&#233;d&#233;rations. Gaza est &#233;voqu&#233; &#8212; sans un mot sur le silence de Solidaires, de la CGT et de la FSU concernant les livraisons d'armes fran&#231;aises. Silence int&#233;gral sur l'appareil syndical, alors m&#234;me que c'est le secteur d'intervention central et que les r&#233;dacteurs sont eux-m&#234;mes syndicalistes permanents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le bulletin du NPA Poste national du 2 avril 2024, il existe une critique &#8212; et sa forme est encore plus &#233;clairante. Le bulletin reproche &#224; &#171; les syndicats &#224; La Poste qui signent un accord salarial &#224; +2,5 % pour 2024 &#187; d'avoir ent&#233;rin&#233; une baisse des salaires r&#233;els. La formulation est volontairement floue : &#171; les syndicats &#187;, sans nommer **lesquels**. CGT FAPT a sign&#233;. SUD-PTT n'a pas sign&#233;. Cette distinction est centrale pour un postier qui lit le bulletin &#8212; elle lui dit quelle direction syndicale combattre concr&#232;tement. Le bulletin l'efface. Il met tous les syndicats dans le m&#234;me sac d'une critique molle, l&#224; o&#249; il faudrait nommer **la** signature et **la** direction qui l'a appos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me bulletin contient une autre r&#233;f&#233;rence aux syndicats &#8212; la condamnation d'un militant FO COM 92 qui aurait physiquement agress&#233; Quirante en marge d'une manifestation. La formule employ&#233;e : &#171; De telles pratiques violentes sont &#224; bannir du mouvement ouvrier. Le NPA demande que le service d'ordre intersyndical condamne ces pratiques. &#187; C'est une condamnation **morale d'un individu**, pas une critique politique de FO comme appareil. Et surtout, la demande adress&#233;e &#8212; &#171; que le service d'ordre intersyndical condamne &#187; &#8212; **maintient int&#233;gralement la l&#233;gitimit&#233; de l'intersyndicale** dont rel&#232;vent Solidaires, donc SUD-PTT, donc Quirante et Le Merrer eux-m&#234;mes. Le NPA-R demande &#224; la structure dont son propre appareil syndical est partie prenante de se policer elle-m&#234;me. C'est la d&#233;finition m&#234;me du centrisme : on ne rompt pas avec l'intersyndicale ralli&#233;e &#224; la m&#233;diation barrage r&#233;publicain et align&#233;e RESU, on lui demande poliment de bien vouloir se r&#233;former en interne. C'est tout l'inverse d'une critique programmatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;## Ce qu'ils refusent : la politique de fraction et le bulletin comme organe fractionnel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#234;tre pr&#233;cis sur la nature du verrou &#8212; parce que la formulation paresseuse consisterait &#224; dire &#171; ils sont dans l'appareil donc ils ne peuvent pas le critiquer &#187;. C'est faux. Ce n'est pas le fait d'&#234;tre &#224; des postes syndicaux qui interdirait politiquement la critique des directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de fraction r&#233;volutionnaire &#224; l'int&#233;rieur d'un syndicat domin&#233; par une majorit&#233; opportuniste ne prend pas une forme unique. Elle se d&#233;ploie en plusieurs configurations selon le rapport de forces mat&#233;riel et la situation concr&#232;te. **Premier cas** : quand on est isol&#233;, un ou deux militants dans une bo&#238;te sans base de masse encore constitu&#233;e, on ne peut pas imm&#233;diatement se d&#233;clarer publiquement comme tendance dans le syndicat &#8212; la majorit&#233; opportuniste vous broierait par exclusion ou mise &#224; l'&#233;cart imm&#233;diate. Dans ce cas, c'est **le bulletin lui-m&#234;me qui est la fraction**. Le bulletin dit, depuis l'ext&#233;rieur imm&#233;diat de la structure syndicale, ce que les militants ne peuvent pas encore dire publiquement &#224; l'int&#233;rieur. Il dit la v&#233;rit&#233; politique enti&#232;re &#8212; nommant les directions syndicales adversaires, articulant la lutte locale au programme transitoire, prenant position sur la guerre, exigeant la dictature du prol&#233;tariat. Simultan&#233;ment, &#224; l'int&#233;rieur du syndicat, les m&#234;mes militants interviennent par motions, par propositions, par amendements concrets qui obligent la direction &#224; se prononcer publiquement et qui mettent mat&#233;riellement la majorit&#233; en difficult&#233; devant la base. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que faisait le groupe Barta avant le SDR &#224; Renault : six militants &#224; l'int&#233;rieur de l'usine, *La Lutte de classes* puis *La Voix des Travailleurs-Renault* comme bulletin de fraction, et interventions concr&#232;tes dans la CGT et les autres syndicats pour faire bouger la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Deuxi&#232;me cas** : quand la force le permet &#8212; quand on a gagn&#233; une base significative dans le syndicat, quand on peut emporter 10, 20, 30 % d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale ou d'un congr&#232;s &#8212; alors la fraction se d&#233;clare publiquement comme tendance, pr&#233;sente ses motions sign&#233;es, occupe des postes de repr&#233;sentation **au nom de cette tendance**, et combat la majorit&#233; conf&#233;d&#233;rale en interne dans des conditions ouvertes. C'est ce que faisaient Monatte, Rosmer, Loriot et P&#233;ricat dans la CGT entre 1914 et 1918 : Monatte d&#233;missionne d&#232;s d&#233;cembre 1914 du bureau conf&#233;d&#233;ral en signe de rupture publique avec la ligne majoritaire de Jouhaux et de l'Union sacr&#233;e. Avec Rosmer, Loriot, P&#233;ricat et quelques autres, ils constituent autour de *La Vie ouvri&#232;re* le noyau de l'opposition internationaliste **comme fraction d&#233;clar&#233;e**. Ils signent des textes publics combattant Jouhaux. Ils participent aux conf&#233;rences internationalistes de Zimmerwald (1915) et de Kienthal (1916). Ils pr&#233;parent ainsi le terrain mat&#233;riel pour ce qui deviendra le courant bolchevik-l&#233;niniste en France apr&#232;s la r&#233;volution d'Octobre 1917 &#8212; fraction qui fonde en 1920 la SFIC, futur PCF, sur la base des 21 conditions de l'Internationale Communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est exactement ce que th&#233;orisait L&#233;nine en 1920 dans *La maladie infantile du communisme (le &#171; gauchisme &#187;)*, chapitre VI &#171; Les r&#233;volutionnaires doivent-ils militer dans les syndicats r&#233;actionnaires ? &#187;. R&#233;ponse de L&#233;nine, sans aucune ambigu&#239;t&#233; : &#171; Ne pas travailler dans les syndicats r&#233;actionnaires, c'est abandonner les masses ouvri&#232;res insuffisamment d&#233;velopp&#233;es ou arri&#233;r&#233;es &#224; l'influence des leaders r&#233;actionnaires, des agents de la bourgeoisie, des aristocrates ouvriers ou des &#034;ouvriers embourgeois&#233;s&#034; &#187; (&#338;uvres, tome 31, p. 48). Et un peu plus loin : &#171; Il faut savoir consentir tous les sacrifices, surmonter les plus grands obstacles, afin de faire un travail de propagande et d'agitation m&#233;thodique, pers&#233;v&#233;rant, opini&#226;tre et patient justement dans les institutions, soci&#233;t&#233;s, organisations &#8212; m&#234;me tout ce qu'il y a de plus r&#233;actionnaires &#8212; partout o&#249; il y a des masses prol&#233;tariennes ou semi-prol&#233;tariennes &#187;. La r&#232;gle l&#233;niniste est donc claire : militer &#224; l'int&#233;rieur des syndicats domin&#233;s par des directions opportunistes ou social-chauvines, y construire patiemment l'influence r&#233;volutionnaire, et y faire pression &#8212; par motions, par propositions, par bulletins de fraction, par tendances d&#233;clar&#233;es quand la force le permet &#8212; pour d&#233;masquer les directions opportunistes aux yeux de la base. L&#233;nine pr&#233;cise dans le m&#234;me chapitre que la t&#226;che est de &#171; savoir convaincre les retardataires, de savoir travailler parmi eux et non de se s&#233;parer d'eux par des mots d'ordre &#034;de gauche&#034; d'une pu&#233;rile invention &#187; (p. 49).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi la position que d&#233;fendait Trotsky en 1938 dans le *Programme de transition*, partie sur le travail dans les syndicats, et dans toute sa pol&#233;mique contre les ren&#233;gats trotskystes qui voulaient soit fonder des &#171; syndicats rouges &#187; coup&#233;s des masses, soit s'int&#233;grer sans combat dans les appareils existants. La r&#232;gle bolchevique est pr&#233;cise : **mener la bataille politique publiquement, sous une forme adapt&#233;e au rapport de forces &#8212; bulletin de fraction quand on est isol&#233;, tendance publique d&#233;clar&#233;e quand on a la base &#8212; contre la majorit&#233; opportuniste, depuis l'int&#233;rieur du syndicat tant que c'est possible, depuis l'ext&#233;rieur imm&#233;diat quand on est isol&#233;, depuis l'ext&#233;rieur complet quand on en est exclu**.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quirante et Le Merrer ne sont dans aucune de ces configurations. Leur bulletin n'est pas un bulletin de fraction qui dit la v&#233;rit&#233; politique enti&#232;re &#8212; il ne nomme pas Solidaires comme appareil ralli&#233;, ne nomme pas la direction f&#233;d&#233;rale SUD-PTT comme adversaire, ne nomme pas le RESU, ne prend pas position sur le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire, n'appelle pas &#224; l'expropriation de l'industrie d'armement. Et leurs interventions &#224; l'int&#233;rieur de SUD-PTT ne prennent pas la forme de motions fractionnelles publiques posant ces questions &#224; la base. Ils n'ont jamais d&#233;pos&#233; une motion &#224; un congr&#232;s de SUD-PTT exigeant ces ruptures. Ils n'ont jamais publi&#233; un texte sign&#233; &#171; fraction r&#233;volutionnaire de SUD-PTT &#187; dans la presse militante. Ils n'ont jamais appel&#233; publiquement les militants combatifs de la f&#233;d&#233;ration &#224; se regrouper en tendance organis&#233;e contre la direction. Ils ne sont ni dans la configuration du bulletin-fraction-isol&#233;e, ni dans la configuration de la tendance-publique-d&#233;clar&#233;e. Ils ne sont dans aucune des deux. Ils ne sont dans aucune des traditions &#8212; ni celle du courant bolchevik-l&#233;niniste fran&#231;ais de Monatte-Rosmer-Loriot-P&#233;ricat, ni celle de Barta et de Pierre Bois au SDR, ni celle th&#233;oris&#233;e par L&#233;nine dans *La maladie infantile* (1920), ni celle du syndicalisme r&#233;volutionnaire d'avant 1914 &#8212; Pelloutier, Pouget, Griffuelhes, la Charte d'Amiens de 1906.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'ils ont fait, c'est l'exact contraire : ils sont rest&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de la direction majoritaire de SUD-PTT comme membres consensuels, partageant ses ambigu&#239;t&#233;s, participant &#224; ses instances de cogestion, &#224; sa discipline conf&#233;d&#233;rale, &#224; ses signatures intersyndicales. Et ils ont report&#233; leur phras&#233;ologie radicale **&#224; l'ext&#233;rieur** du syndicat &#8212; dans le parti NPA-R, dans les meetings, dans les listes &#233;lectorales europ&#233;ennes ou pr&#233;sidentielles, dans les bulletins d'entreprise r&#233;dig&#233;s comme tracts d'agitation politique sans aucun d&#233;bouch&#233; fractionnel &#224; l'int&#233;rieur de SUD-PTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la diff&#233;rence politique entre un centriste et un bolchevik tient l&#224;. Le bolchevik m&#232;ne publiquement la bataille politique &#8212; par bulletin de fraction quand il est isol&#233;, par tendance d&#233;clar&#233;e quand il a la base &#8212; et accepte d'&#234;tre minoritaire, voire d'en &#234;tre exclu, tant qu'il n'a pas convaincu la base. Le centriste reste &#224; l'int&#233;rieur de la majorit&#233;, partage ses ambigu&#239;t&#233;s, et utilise sa phras&#233;ologie radicale dans l'espace politique ext&#233;rieur sans jamais la traduire en bataille fractionnelle interne au syndicat &#8212; ni par bulletin posant la v&#233;rit&#233; politique enti&#232;re, ni par motion publique au congr&#232;s. C'est tr&#232;s exactement la position de Quirante et Le Merrer. C'est la position de Martov face &#224; L&#233;nine en 1903, de Kautsky face &#224; Liebknecht et Luxemburg en 1914-1915, de Longuet face &#224; Monatte-Rosmer en 1916-1918. C'est la position que L&#233;nine combattait sans rel&#226;che en 1915 &#8212; la position centriste &#8212; en notant que **le centrisme est plus dangereux que le social-chauvinisme ouvert**, parce qu'il maintient l'unit&#233; avec lui en d&#233;samor&#231;ant les ruptures programmatiques qui pourraient le faire tomber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;## La preuve historique par a + b : le SDR &#224; Renault 1947, ce que faisait Pierre Bois &#224; la t&#234;te d'un syndicat &#8212; et la question de l'ind&#233;pendance mat&#233;rielle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objection pr&#233;visible que pourraient nous opposer les d&#233;fenseurs du NPA-R est la suivante : &#171; Quirante dirige le syndicat SUD Poste 92, c'est pr&#233;cis&#233;ment cela qui rend impossible la critique publique de la direction syndicale et la production d'un bulletin politique distinct &#8212; quand on est secr&#233;taire d&#233;partemental, on n'a pas le luxe de signer en plus comme fraction. &#187; Cette objection s'effondre d&#232;s qu'on la confronte &#224; un pr&#233;c&#233;dent historique fran&#231;ais parfaitement document&#233; : le **Syndicat D&#233;mocratique Renault** (SDR) anim&#233; par Pierre Bois et le groupe de Barta entre 1947 et 1949.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SDR a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; apr&#232;s la gr&#232;ve Renault d'avril-mai 1947 par le groupe de Barta &#8212; l'Union Communiste &#8212; qui ne comptait alors que **six militants &#224; l'int&#233;rieur de l'usine et six &#224; l'ext&#233;rieur**. Douze militants au total, sans aucun moyen, sans aucune base de masse &#233;tablie, mais avec une politique claire. La gr&#232;ve victorieuse de Renault contre la CGT et le PCF au gouvernement Ramadier avait pos&#233; un probl&#232;me politique concret : que faire des ouvriers qui avaient suivi le groupe Barta contre la direction CGT ? Barta a tranch&#233; en ces termes, repris dans la biographie de Pierre Bois : &#171; abandonner les ouvriers qui nous avaient suivi aux appareils syndicaux, ou cr&#233;er le syndicat pour les aider &#224; poursuivre la lutte &#187;. Ils ont cr&#233;&#233; le SDR. Pierre Bois en est devenu le militant central &#224; l'usine, ouvrier reconnu comme dirigeant ouvrier r&#233;volutionnaire de l'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce SDR n'&#233;tait pas une fiction de t&#233;moignage. Aux &#233;lections au Comit&#233; d'entreprise de la R&#233;gie Renault, le SDR a obtenu **35 % des votants** &#8212; &#224; parit&#233; exacte avec la CGT &#8212; la CGT ne conservant son si&#232;ge que par d&#233;coupage &#233;lectoral antid&#233;mocratique, comme la *Voix des Travailleurs* le d&#233;montrait chiffres &#224; l'appui dans son num&#233;ro 40 de mars 1948. Le SDR &#233;tait une force politique r&#233;elle qui pesait &#224; parit&#233; avec l'appareil dominant &#224; Renault Billancourt, l'usine la plus importante de France &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voici ce qui rend la comparaison &#233;crasante. Pierre Bois **dirigeait le SDR** tout en &#233;tant ouvrier en activit&#233; &#224; la R&#233;gie Renault. Il occupait la position formelle que Quirante occupe aujourd'hui &#224; SUD Poste 92, mais avec une diff&#233;rence mat&#233;rielle d&#233;cisive : **son salaire ne d&#233;pendait pas du syndicat qu'il dirigeait**. Il vivait de son travail d'ouvrier sp&#233;cialis&#233; chez Renault, jusqu'&#224; ce que la R&#233;gie ne lui propose en mars 1951 un poste aux services techniques. Cette ind&#233;pendance mat&#233;rielle relative &#8212; vivre du travail productif et non de l'appareil syndical &#8212; n'est pas un d&#233;tail biographique. C'est la condition mat&#233;rielle qui rendait possible la libert&#233; politique de la bataille fractionnelle. Quand Pierre Bois attaquait nomm&#233;ment Thorez ou la direction CGT dans *La Voix des Travailleurs*, il ne risquait pas son salaire &#8212; il risquait sa peau face &#224; la r&#233;pression c&#233;g&#233;tiste et patronale, ce qui est autrement plus grave, mais il ne risquait pas l'asphyxie mat&#233;rielle qui d&#233;pend d'un appareil. Quirante et Le Merrer ne sont pas dans la m&#234;me configuration : leur reproduction mat&#233;rielle enti&#232;re d&#233;pend de l'appareil Solidaires/SUD-PTT &#8212; directement pour Le Merrer (salari&#233; f&#233;d&#233;ral), indirectement pour Quirante (cagnotte des Amis de Sud Poste 92). Cette asym&#233;trie mat&#233;rielle est centrale pour comprendre pourquoi Pierre Bois pouvait politiquement ce que Quirante et Le Merrer ne peuvent pas &#8212; ou plut&#244;t, refusent de pouvoir, puisqu'il s'agit d'un choix politique d&#233;lib&#233;r&#233; accept&#233; &#224; l'origine, pas d'une fatalit&#233; subie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, **simultan&#233;ment** &#224; sa fonction de dirigeant syndical, le groupe Barta-SDR publiait un **bulletin d'entreprise s&#233;par&#233;**, *La Voix des Travailleurs-Renault*, devenu en 1947 *La Voix des Travailleurs* sous-titr&#233;e &#171; organe de lutte de classes &#187;. Au moins quarante num&#233;ros document&#233;s sur marxists.org pour les seules ann&#233;es 1947-1948. Ce bulletin n'&#233;tait ni le tract syndical du SDR, ni un journal politique ext&#233;rieur &#224; l'usine &#8212; c'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment la **fraction r&#233;volutionnaire publiquement d&#233;clar&#233;e** s'adressant aux ouvriers de Renault depuis l'usine, dont Pierre Bois et les autres militants du SDR &#233;taient les r&#233;dacteurs identifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que faisait ce bulletin ? Il **nommait publiquement** la CGT comme appareil opportuniste, attaquait Maurice Thorez et le mot d'ordre stalinien &#171; produire d'abord revendiquer ensuite &#187; dans des num&#233;ros dat&#233;s, d&#233;non&#231;ait la complicit&#233; du PCF avec le gouvernement Ramadier dans la r&#233;pression de la gr&#232;ve, articulait chaque revendication locale &#224; la perspective du **gouvernement ouvrier et paysan** appuy&#233; sur les masses organis&#233;es contre l'&#201;tat bourgeois &#8212; c'est le num&#233;ro 19 du 17 septembre 1947, lisible sur marxists.org. Le bulletin n'avait pas peur de d&#233;signer ses adversaires politiques nomm&#233;ment. Le SDR comme syndicat menait la bataille interne de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re &#8212; assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales d&#233;cisionnelles, mandatement r&#233;vocable. Le bulletin *Voix des Travailleurs*, lui, menait la bataille politique ext&#233;rieure de classe contre l'appareil CGT et contre l'&#201;tat bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confrontons maintenant. &#192; Renault 1947-1949, douze militants Barta dont les r&#233;dacteurs principaux vivent de leur travail productif, dirigeant un syndicat de 35 % des votants au CE, publient un bulletin politique sign&#233; qui nomme la CGT comme adversaire, attaque Thorez et Ramadier, et lie la lutte d'usine au gouvernement ouvrier et paysan. &#192; La Poste 92 en 2024-2026, le NPA-R revendique au moins une vingtaine de cadres dans l'organisation Solidaires, dirige avec Quirante le syndicat SUD Poste 92, dispose d'un membre au Bureau f&#233;d&#233;ral SUD-PTT avec Le Merrer dont la reproduction mat&#233;rielle d&#233;pend int&#233;gralement de cet appareil, dispose des moyens techniques et politiques d'un parti national avec liste europ&#233;enne, journal hebdomadaire *R&#233;volutionnaires*, congr&#232;s p&#233;riodiques &#8212; et **ne publie aucun bulletin politique d&#233;di&#233; &#224; La Poste 92**, et dans ses bulletins ailleurs ne nomme pas une seule fois Solidaires, SUD-PTT, la CGT FAPT ou la FSU comme directions syndicales adversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence ne tient ni aux moyens techniques, ni &#224; la position formelle dans l'appareil. Elle tient &#224; deux choses indissociables : la politique et le rapport mat&#233;riel &#224; l'appareil. Pierre Bois et le SDR dirigeaient un syndicat et publiaient simultan&#233;ment un bulletin de fraction r&#233;volutionnaire sign&#233; qui combattait publiquement les directions syndicales rivales &#8212; parce qu'ils en avaient l'ind&#233;pendance mat&#233;rielle relative et le projet politique conscient. Quirante et Le Merrer dirigent un syndicat et un secteur f&#233;d&#233;ral, et ne publient aucun bulletin de fraction qui combattrait publiquement les directions syndicales &#8212; ni leur propre direction Solidaires, ni la direction CGT FAPT, ni les autres &#8212; parce qu'ils ont accept&#233; de vivre de l'appareil qu'ils auraient &#224; combattre, et parce qu'ils n'ont pas le projet politique d'une fraction publique d&#233;clar&#233;e. Le refus du NPA-R de mener cette bataille &#224; La Poste en 2024-2026, avec infiniment plus de moyens que Barta en 1947, est un **choix politique** soutenu par une **configuration mat&#233;rielle d'int&#233;gration**. Les deux se renforcent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui explique trait pour trait ce qu'on lit (et surtout ce qu'on ne lit pas) dans les bulletins NPA-R &#224; La Poste : la formule floue &#171; les syndicats &#187; au lieu de nommer la direction f&#233;d&#233;rale CGT FAPT signataire ; l'absence totale de critique politique de l'appareil Solidaires alors que c'est l'appareil dont les cadres dirigeants du NPA-R sont salari&#233;s ; la condamnation morale d'un militant FO individuel plut&#244;t qu'une critique politique de FO COM ou de l'intersyndicale comme structure ralli&#233;e ; l'absence de revendication de fraction r&#233;volutionnaire publique &#224; l'int&#233;rieur de SUD-PTT. Le bulletin NPA-R &#224; La Poste ne **m&#232;ne pas** la critique des directions syndicales &#8212; non pas parce que cela leur serait mat&#233;riellement impossible depuis leur position, mais parce qu'ils ont fait le **choix politique** de ne pas se constituer en fraction publique, choix politique adoss&#233; &#224; la d&#233;pendance mat&#233;rielle accumul&#233;e &#224; l'appareil. Choix politique qui les exclut de la tradition bolchevique-l&#233;niniste fran&#231;aise et qui les inscrit dans la lign&#233;e centriste que L&#233;nine combattait sans rel&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des feuilles intersyndicales radicalis&#233;es avec un &#233;dito politique national rajout&#233; en t&#234;te comme bandeau ext&#233;rieur. L'&#233;dito politique et le contenu d'entreprise restent **structurellement s&#233;par&#233;s** : le premier flotte au-dessus des conditions mat&#233;rielles locales sans s'y articuler programmatiquement, le second reste dans le p&#233;rim&#232;tre des revendications &#233;conomiques classiques que la direction syndicale majoritaire est elle-m&#234;me pr&#234;te &#224; porter. Le postier qui lit ce bulletin apprend que Gaza est massacr&#233;, que les ch&#244;meurs sont attaqu&#233;s, que la PIC de Roye va fermer &#8212; il n'apprend nulle part que la France est mat&#233;riellement engag&#233;e dans la guerre, que la direction f&#233;d&#233;rale SUD-PTT est align&#233;e par non-rupture sur le RESU, qu'il existe une fraction r&#233;volutionnaire &#224; l'int&#233;rieur de son syndicat qui combat cette direction, ni que la lutte dans son centre de tri pr&#233;pare la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;## Ce qu'il faudrait faire &#224; La Poste, &#224; SUD-PTT, et partout ailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on appliquait les principes politiques que d&#233;fendaient Monatte, Rosmer, Loriot et P&#233;ricat dans la CGT de 1914-1918, que d&#233;fendait Barta et qu'appliquait mat&#233;riellement Pierre Bois &#224; la t&#234;te du SDR &#224; Renault en 1947-1949, et que L&#233;nine th&#233;orisait dans *La maladie infantile* en 1920, il faudrait faire dans les entreprises tout autre chose que ce que fait le NPA-R aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait que les militants combatifs de SUD-PTT, de la CGT, de FO, de la FSU, dans La Poste comme partout, construisent &#224; la base des bulletins d'usine fonctionnant comme organes de fraction r&#233;volutionnaire, nommant leur organisation politique, articulant chaque lutte locale &#224; la perspective du Front Unique du Peuple Travailleur et de la dictature du prol&#233;tariat, et nommant les directions syndicales f&#233;d&#233;rales comme adversaires politiques &#224; combattre depuis l'int&#233;rieur par motions, propositions et amendements aux congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait constituer publiquement, &#224; un congr&#232;s de SUD-PTT ou par d&#233;claration publique sign&#233;e, une **fraction r&#233;volutionnaire minoritaire** pr&#233;sentant ses textes au vote des militants, exigeant la rupture avec l'intersyndicale ralli&#233;e &#224; la m&#233;diation barrage r&#233;publicain, la d&#233;nonciation du RESU, l'expropriation de l'industrie d'armement, le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire face aux guerres fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait organiser des comit&#233;s de lutte dirig&#233;s par les travailleurs eux-m&#234;mes, autonomes des directions f&#233;d&#233;rales, capables de prendre des d&#233;cisions de gr&#232;ve contre l'avis des appareils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait publier des appels sign&#233;s &#224; la rupture de l'intersyndicale, et d&#233;noncer publiquement l'alignement de Solidaires, de la CGT et de la FSU sur le R&#233;armement europ&#233;en et la guerre fran&#231;aise contre la Russie, contre l'Iran, au Sahel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait prendre publiquement position pour le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire face &#224; la guerre imp&#233;rialiste men&#233;e par la France, c'est-&#224;-dire appeler &#224; la d&#233;faite militaire de sa propre bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait exiger l'expropriation sans indemnit&#233; de l'industrie d'armement &#8212; Thales, Dassault, Safran, MBDA, KNDS &#8212; et l'ouverture des livres de comptes de La Poste, des grands groupes industriels, des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait organiser la fraternisation entre soldats fran&#231;ais et soldats d&#233;sign&#233;s comme ennemis, exiger des comit&#233;s de soldats avec droit de refus d'ordre, le d&#233;mant&#232;lement de l'arsenal nucl&#233;aire fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de tout cela n'existe du c&#244;t&#233; du NPA-R, ni dans ses interventions &#224; La Poste, ni dans ses bulletins, ni dans ses listes &#233;lectorales. Et rien de tout cela ne peut exister tant que ses cadres dirigeants refusent la politique de fraction publiquement d&#233;clar&#233;e &#224; l'int&#233;rieur de SUD-PTT et pr&#233;f&#232;rent l'int&#233;gration consensuelle &#224; la direction majoritaire d'un appareil align&#233; par non-rupture sur le camp imp&#233;rialiste fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;## Nommer la fonction sociale : les faux amis du peuple travailleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quirante et Le Merrer ne sont pas des social-chauvins d&#233;clar&#233;s &#224; la mani&#232;re de Plekhanov ou de Guesde en ao&#251;t 1914. Ils sont autre chose, qu'il faut nommer pr&#233;cis&#233;ment : des centristes int&#233;gr&#233;s mat&#233;riellement &#224; la direction majoritaire d'un appareil ralli&#233; au RESU et &#224; l'OTAN par non-rupture, refusant la politique de fraction publique d&#233;clar&#233;e que la tradition bolchevique-l&#233;niniste fran&#231;aise a fond&#233;e avec Monatte-Rosmer-Loriot-P&#233;ricat entre 1914 et 1918, et que Barta et Pierre Bois ont mat&#233;riellement appliqu&#233;e &#224; Renault avec le SDR et *La Voix des Travailleurs* en 1947-1949 &#8212; en s'assurant pr&#233;cis&#233;ment l'ind&#233;pendance mat&#233;rielle relative qui rendait cette politique possible. Quirante et Le Merrer jouent la fonction d'aile gauche d&#233;corative qui emp&#234;che la rupture en la rendant verbalement superflue. C'est la position la plus utile &#224; la bourgeoisie fran&#231;aise dans la phase actuelle. Un radicalisme de tribune qui sature la critique sans jamais la traduire en actes organisationnels. Une vitrine r&#233;volutionnaire qui camoufle un appareil de cogestion align&#233; sur l'union sacr&#233;e. Des mots de L&#233;nine, Trotsky et Marx au service objectif du maintien des postiers, des t&#233;l&#233;coms, des travailleurs de SUD-PTT dans la discipline de Solidaires, et donc dans la discipline de l'intersyndicale, et donc dans la discipline de l'union sacr&#233;e 2024-2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPA-R produit dans ses meetings, sur son site, dans ses listes &#233;lectorales, et jusque dans ses bulletins d'entreprise, une mise en sc&#232;ne de la continuit&#233; r&#233;volutionnaire. Cette mise en sc&#232;ne a un co&#251;t direct pour la classe ouvri&#232;re. Elle dissimule la nature objectivement ralli&#233;e de l'appareil dans lequel ses cadres dirigeants ont leur salaire. Elle d&#233;courage toute construction effective d'une fraction r&#233;volutionnaire dans le mouvement syndical r&#233;el. Elle vend aux postiers, aux t&#233;l&#233;coms, aux travailleurs de SUD-PTT l'illusion qu'il existe d&#233;j&#224;, dans leur f&#233;d&#233;ration, une &#171; gauche r&#233;volutionnaire &#187; qui ferait le travail &#224; leur place. Ce travail n'est pas fait. Il ne sera pas fait depuis ces positions, parce que ces positions reposent sur le refus d&#233;lib&#233;r&#233; de la politique de fraction publique et sur la d&#233;pendance mat&#233;rielle accumul&#233;e &#224; l'appareil. Et tant que les militants combatifs de SUD-PTT croiront le contraire, ils ne construiront pas eux-m&#234;mes ce dont la classe a besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en cela que Quirante et Le Merrer, ind&#233;pendamment de toute appr&#233;ciation personnelle sur leur courage individuel face &#224; la r&#233;pression patronale &#8212; qui appelle notre solidarit&#233; sans r&#233;serve &#8212; occupent objectivement la place de faux amis du peuple travailleur. Ils ne sont pas la gauche du mouvement ouvrier fran&#231;ais. Ils ne sont dans la tradition ni de Monatte, ni de Rosmer, ni de Loriot, ni de P&#233;ricat, ni de Barta, ni de Pierre Bois et du SDR. Ils sont, &#224; La Poste comme dans Solidaires, l'un des verrous qui maintiennent le mouvement ouvrier dans l'union sacr&#233;e 2024-2026, dans l'alignement par non-rupture sur le RESU, dans le silence sur la France comme &#201;tat mat&#233;riellement engag&#233; dans la guerre imp&#233;rialiste. Le travail r&#233;volutionnaire commence par le refus de cette confusion. Il continue par la construction patiente, &#224; la base, d'organes autonomes des appareils, par la diffusion de bulletins ouvriers ind&#233;pendants nommant publiquement les directions syndicales comme adversaires politiques, par la formation de fractions r&#233;volutionnaires d&#233;clar&#233;es publiquement &#224; l'int&#233;rieur des syndicats existants, par l'articulation programmatique de toutes les luttes au sein du Front Unique du Peuple Travailleur. L'inverse exact, c'est-&#224;-dire le contraire trait pour trait, de la trajectoire qui m&#232;ne de la r&#233;vocation &#224; l'entreprise jusqu'au poste de permanent f&#233;d&#233;ral consensuel et &#224; la candidature aux europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;## Sources et liens vers les bulletins consult&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Bulletins NPA-R La Poste analys&#233;s :**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bulletin du NPA Poste, 2 avril 2024 &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/bulletin-du-npa-poste-2/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://npa-revolutionnaires.org/bu...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt; &#8212; PDF : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/wp-content/uploads/2024/04/24-04-02-Bull-Poste-1.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://npa-revolutionnaires.org/wp...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bulletin La Poste PIC de Lille, 16 octobre 2023 &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/bulletin-la-poste-pic-de-lille/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://npa-revolutionnaires.org/bu...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt; &#8212; PDF : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/wp-content/uploads/2023/10/bull_16octobre2023.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://npa-revolutionnaires.org/wp...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bulletin La Poste Paris 15, 29 avril 2024 &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/bulletin-la-poste-paris-15-13/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://npa-revolutionnaires.org/bu...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Rubriques :**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rubrique &#171; Bulletins La Poste &#187; du NPA-R &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/mots-cles/bulletins-poste/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://npa-revolutionnaires.org/mo...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Index des bulletins d'entreprise sur Convergences R&#233;volutionnaires &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Bulletins-&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionn...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Sources sur la position de Quirante et Le Merrer :**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Page candidat Yann Le Merrer, europ&#233;ennes 2024 &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/europeennes2024/nos-candidats/30-yann-le-merrer/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://npa-revolutionnaires.org/eu...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Page candidat Ga&#235;l Quirante, europ&#233;ennes 2024 &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/europeennes2024/nos-candidats/2-gael-quirante/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://npa-revolutionnaires.org/eu...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Article NPA-R / Speak Out Now, mai 2025 &#8212; confirmation de l'embauche de Yann Le Merrer par la f&#233;d&#233;ration SUD-PTT apr&#232;s sa r&#233;vocation &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://speakoutsocialists.org/a-thorn-in-the-french-postal-service-la-postes-side-momentum-builds-in-support-of-revolutionary-postal-workers-in-frances-hauts-de-seine-department-region/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://speakoutsocialists.org/a-th...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cagnotte &#171; pour soutenir les postiers du 92 &#187; &#8212; confirmation du maintien du salaire de Ga&#235;l Quirante par la cagnotte des Amis de Sud Poste 92 &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://npa-revolutionnaires.org/une-cagnotte-pour-soutenir-les-postiers-du-92-touches-par-la-repression-et-pour-preparer-le-proces-du-12-juin/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://npa-revolutionnaires.org/un...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; SUD-PTT, &#171; Non &#224; la r&#233;vocation de Yann Le Merrer &#187; &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;http://www.sudptt.org/Non-a-la-revocation-de-Yann-Le-Merrer&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.sudptt.org/Non-a-la-revo...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Sources sur le SDR et le groupe Barta &#224; Renault :**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Bois, notice biographique du Maitron &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article17060&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article17060&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; *La Voix des Travailleurs* num&#233;ro 19, 17 septembre 1947 &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/09/vdt19_091747.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/b...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; *La Voix des Travailleurs* num&#233;ro 21, 1er octobre 1947 &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/10/vdt21_100147.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/b...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; *La Voix des Travailleurs* num&#233;ro 40, 31 mars 1948 &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/03/vdt40_033148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/b...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mati&#232;re et R&#233;volution, &#171; En savoir plus sur le r&#233;volutionnaire Barta &#187; &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7541&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mati&#232;re et R&#233;volution, &#171; L'histoire du Syndicat D&#233;mocratique de Renault &#187; &#8212; &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Sources th&#233;oriques et historiques :**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L&#233;nine, *Que sont les &#171; amis du peuple &#187; et comment luttent-ils contre les social-d&#233;mocrates ?* (1894), *La Faillite de la IIe Internationale* (1915), *Le Socialisme et la Guerre* (1915), *Programme militaire de la r&#233;volution prol&#233;tarienne* (1917), ***La maladie infantile du communisme (le &#171; gauchisme &#187;)*** (1920), &#338;uvres tome 31, en particulier chapitre VI &#171; Les r&#233;volutionnaires doivent-ils militer dans les syndicats r&#233;actionnaires ? &#187;, p. 41-50 &#8212; notes de lecture int&#233;grales : &lt;span class='ressource spip_out'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://d-meeus.be/marxisme/classiques/Len31Gauchisme.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://d-meeus.be/marxisme/classiq...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Trotsky, *Programme de transition* (1938), partie sur le travail dans les syndicats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marx, *Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte* (1852), *Lettre &#224; Meyer et Vogt* du 9 avril 1870&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Monatte, *Trois scissions syndicales* &#8212; articles dans *La Vie ouvri&#232;re* 1914-1918&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Alfred Rosmer, *Le mouvement ouvrier pendant la premi&#232;re guerre mondiale* (1936 et 1959)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Conf&#233;rences de Zimmerwald (septembre 1915) et de Kienthal (avril 1916)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; face &#224; la r&#233;pression&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2046#forum26539&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2046#forum26539&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1878#forum18591&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1878#forum18591&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*Mati&#232;re et R&#233;volution &#9733; Voix des Travailleurs &#9733; Gilets Jaunes Poitiers*&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Contre les directions social-patriotes et faussement anti-imp&#233;rialistes : organisons nos fractions r&#233;volutionnaires dans les syndicats</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8775</link>
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		<dc:date>2026-05-28T22:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Depuis 2022, les huit conf&#233;d&#233;rations syndicales fran&#231;aises (CGT, FSU, Solidaires, FO, CFDT, UNSA, CFE-CGC, CFTC) signent ensemble, mois apr&#232;s mois, le m&#234;me programme. Ce programme a un nom qu'aucune d'entre elles n'ose prononcer : la souverainet&#233; de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Quatre d'entre elles &#8212; CGT, FSU, Solidaires, FO &#8212; pr&#233;tendent pourtant repr&#233;senter la classe ouvri&#232;re contre la bourgeoisie. Elles se pr&#233;sentent comme anti-imp&#233;rialistes. Elles ne le sont pas. Leur pratique des quatre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2022, les huit conf&#233;d&#233;rations syndicales fran&#231;aises (CGT, FSU, Solidaires, FO, CFDT, UNSA, CFE-CGC, CFTC) signent ensemble, mois apr&#232;s mois, le m&#234;me programme. Ce programme a un nom qu'aucune d'entre elles n'ose prononcer : la souverainet&#233; de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Quatre d'entre elles &#8212; CGT, FSU, Solidaires, FO &#8212; pr&#233;tendent pourtant repr&#233;senter la classe ouvri&#232;re contre la bourgeoisie. Elles se pr&#233;sentent comme anti-imp&#233;rialistes. Elles ne le sont pas. Leur pratique des quatre derni&#232;res ann&#233;es en fait la d&#233;monstration document&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatre portes d'entr&#233;e, un seul &#233;difice&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chacune apporte sa pierre &#224; l'&#233;difice social-patriote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La CGT conf&#233;d&#233;rale&lt;/strong&gt; a publi&#233; le 22 septembre 2025 un tract intitul&#233; &lt;i&gt;&#192; qui profite la guerre ?&lt;/i&gt; dans lequel elle r&#233;clame la sortie de l'OTAN &#171; afin d'assurer les conditions de notre ind&#233;pendance et de notre capacit&#233; d'initiative internationale &#187; et propose la cr&#233;ation d'un &#171; p&#244;le public national de la d&#233;fense &#187; garantissant &#171; la souverainet&#233; de la France &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CGT conf&#233;d&#233;rale, &#192; qui profite la guerre ?, 22 septembre 2025. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sortie gaulliste-souverainiste de l'OTAN pour mieux affirmer l'autonomie de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Maintien de la d&#233;fense nationale rebaptis&#233;e p&#244;le public. &#201;tatisation de Dassault, Thales, Naval Group, MBDA non pour les d&#233;manteler, mais pour mieux servir l'&#201;tat fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La FSU&lt;/strong&gt; signe toutes les d&#233;clarations intersyndicales sur l'Ukraine, l'Iran, Gaza, en se cantonnant au cadre du &#171; droit international &#187; et de la Charte des Nations Unies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FSU et d&#233;clarations intersyndicales CGT-FSU-Solidaires sur l'Ukraine, l'Iran (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; c'est-&#224;-dire au droit de la Sainte-Alliance des vainqueurs de 1945. Pas une ligne sur le caract&#232;re interimp&#233;rialiste des guerres, pas un mot sur le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire, pas un appel &#224; la classe ouvri&#232;re des autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solidaires&lt;/strong&gt; est partie prenante du R&#233;seau europ&#233;en de solidarit&#233; avec l'Ukraine (RESU), dont le comit&#233; fran&#231;ais r&#233;clame ouvertement la fourniture &#224; Kiev d'&#171; avions, des canons, des chars, autant que n&#233;cessaire et sans d&#233;lais &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comit&#233; fran&#231;ais du R&#233;seau europ&#233;en de solidarit&#233; avec l'Ukraine (RESU), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La conf&#233;d&#233;ration qui se pr&#233;sente comme la plus &#224; gauche soutient ainsi de facto la production d'obus 155 mm &#224; Eurenco-Tarbes, les Caesar de KNDS, les SCALP de MBDA, les Rafale de Dassault. Solidarit&#233; par en bas, programme d'armement par en haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Force ouvri&#232;re&lt;/strong&gt; dispose d'une f&#233;d&#233;ration enti&#232;re, FO-FEDIASA, d&#233;di&#233;e &#224; l'industrie de d&#233;fense et de l'armement &#8212; par construction d&#233;fensiste-nationale. Et signe avec les autres la lettre du 29 avril 2025 demandant &lt;i&gt;l'intervention de la France pour garantir le plein respect des droits syndicaux en Ukraine&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre intersyndicale CFDT-CGT-FO-CFE-CGC-CFTC-UNSA-Solidaires-FSU au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : huit conf&#233;d&#233;rations sollicitent leur propre bourgeoisie imp&#233;rialiste comme arbitre des conflits sociaux &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune sa porte d'entr&#233;e. Un seul &#233;difice.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La convergence mat&#233;rielle avec le Rassemblement national&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pisode sid&#233;rurgique a fait tomber le masque. Examinons les deux textes pi&#232;ce sur pi&#232;ce &#8212; non pour insinuer une identit&#233;, mais pour &#233;tablir le programme mat&#233;riel commun qu'ils recouvrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 novembre 2025, l'Assembl&#233;e adopte en premi&#232;re lecture la proposition de loi de nationalisation d'ArcelorMittal France d&#233;pos&#233;e par le groupe LFI-NFP. La &lt;strong&gt;FTM-CGT&lt;/strong&gt; soutient cette nationalisation au nom de la &#171; souverainet&#233; industrielle &#187; et de la &#171; capacit&#233; &#224; produire de l'acier &#187; du pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Proposition de loi visant &#224; la nationalisation d'ArcelorMittal France afin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Registre apparent : industrie, emploi, outil productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, le &lt;strong&gt;Rassemblement national&lt;/strong&gt; travaille le texte par amendements. L'amendement Jacobelli n&#176;133 &#8212; un amendement &lt;i&gt;de titre&lt;/i&gt;, qui propose de remplacer le mot &#171; pr&#233;server &#187; par le mot &#171; d&#233;velopper &#187; &#8212; justifie cette r&#233;orientation dans son expos&#233; sommaire en ces termes : &lt;i&gt;&#171; L'acier demeure un mat&#233;riau strat&#233;gique pour l'ensemble de notre base industrielle et technologique de d&#233;fense : production d'armements, infrastructures, navires, blind&#233;s ou encore &#233;quipements lourds. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Assembl&#233;e nationale, amendement n&#176;133 (amendement de titre, rejet&#233;) d&#233;pos&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Registre assum&#233; : la d&#233;fense nationale, la BITD, l'armement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettons les deux &#233;nonc&#233;s en regard. La CGT dit &lt;i&gt;acier pour l'emploi et la souverainet&#233; industrielle&lt;/i&gt;. Le RN dit &lt;i&gt;acier pour les blind&#233;s et les navires de guerre&lt;/i&gt;. Ce ne sont pas deux programmes oppos&#233;s : ce sont deux justifications du &lt;strong&gt;m&#234;me substrat mat&#233;riel&lt;/strong&gt;. Le m&#234;me appareil productif &#8212; l'acier des hauts-fourneaux de Fos et de Dunkerque &#8212; alimente les coques de Naval Group, les blind&#233;s de KNDS, les structures des sites d'armement. Le m&#234;me op&#233;rateur &#8212; l'&#201;tat fran&#231;ais &#8212; est appel&#233; &#224; le garantir par la nationalisation. La m&#234;me finalit&#233; objective &#8212; la consolidation de la base industrielle de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#8212; est servie, que l'on parle &#171; emploi &#187; ou que l'on parle &#171; d&#233;fense &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le RN se soit &lt;i&gt;abstenu&lt;/i&gt; sur le vote final de la proposition de loi ne r&#233;fute pas cette convergence : elle la pr&#233;cise. Le RN ne vote pas le texte LFI parce qu'il refuse d'en endosser l'habillage de gauche ; mais par ses amendements il en r&#233;v&#232;le la fonction strat&#233;gique r&#233;elle, que la CGT, elle, dissimule. L'extr&#234;me droite nomme &#171; d&#233;fense nationale &#187; ce que le syndicalisme de gauche enrobe en &#171; emploi industriel &#187;. Le militant CGT qui justifie sa direction par le &#171; combat contre l'extr&#234;me droite &#187; devrait lire l'expos&#233; sommaire de l'amendement 133 : il y trouvera, formul&#233;e sans fard, la finalit&#233; mat&#233;rielle de la souverainet&#233; industrielle que sa propre conf&#233;d&#233;ration d&#233;fend sous un autre vocabulaire. La fronti&#232;re entre les deux n'est pas dans le programme mat&#233;riel de l'acier souverain. Elle est seulement dans le discours qui l'enveloppe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le silence sur le Sahel : la preuve cardinale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce que ces directions ne disent pas les d&#233;masque autant que ce qu'elles disent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le retrait fran&#231;ais du Sahel (Mali 2022, Burkina Faso 2023, Niger 2023), depuis la sortie de la CEDEAO par les trois pays de l'Alliance des &#201;tats du Sahel, depuis l'ouverture du chantier de sortie du franc CFA, depuis l'embuscade de Tinzaouaten en juillet 2024 o&#249; le renseignement militaire ukrainien (GUR) a revendiqu&#233; publiquement sa coordination avec le FLA touareg contre les forces russo-maliennes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;clarations publiques du porte-parole du GUR (renseignement militaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, depuis le pivot strat&#233;gique fran&#231;ais vers Nairobi et l'Afrique anglophone &#8212; pas une d&#233;claration conf&#233;d&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les armes vers&#233;es &#224; Kiev ne restent pas sur le front ukrainien. Le GUR op&#232;re comme bras arm&#233; d&#233;port&#233; de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais exactement l&#224; o&#249; Barkhane a &#233;t&#233; expuls&#233;e. Les quatre conf&#233;d&#233;rales se taisent sur cette cha&#238;ne France-OTAN-Ukraine-GUR-Sahel. On leur parle de Marioupol, jamais de Tinzaouaten. De solidarit&#233; avec les syndicats ukrainiens, jamais des proxys ukrainiens en Afrique. De souverainet&#233; ukrainienne, jamais des peuples sah&#233;liens qui chassent Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant qu'elles &#233;crivent au &#171; minist&#232;re des Outre-mers &#187;, elles oublient que Mayotte a &#233;t&#233; maintenue sous administration fran&#231;aise en 1975 contre le vote d'ensemble de l'archipel des Comores et la position constante de l'ONU sur l'int&#233;grit&#233; territoriale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;solutions de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies sur la question de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Que la Kanaky, la Polyn&#233;sie, la Guyane, les Antilles, la R&#233;union sont les restes vivants de l'empire colonial fran&#231;ais. Sous leur &#171; d&#233;colonialisme &#187; officiel : la d&#233;fense silencieuse du dernier carr&#233; de l'empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine l'&#233;crivait en 1915 : les social-chauvins &#233;ludent d&#233;sormais le manifeste de B&#226;le &#171; comme le voleur fuit le lieu o&#249; il a vol&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. I. L&#233;nine, La faillite de la IIe Internationale, mai-juin 1915 : les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cent-dix ans plus tard, les conf&#233;d&#233;rales &#233;vitent le Sahel exactement de la m&#234;me mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le programme ouvrier de Monatte, Rosmer, L&#233;nine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce programme social-patriote, nous opposons le programme ouvrier qui a d&#233;j&#224; rompu une fois, en 1914-1925, avec exactement le m&#234;me type de trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Monatte&lt;/strong&gt; a d&#233;missionn&#233; du Comit&#233; conf&#233;d&#233;ral de la CGT en d&#233;cembre 1914 en &#233;crivant : &lt;i&gt;&#171; Les travailleurs conscients des nations bellig&#233;rantes ne peuvent accepter dans cette guerre la moindre responsabilit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Monatte, lettre de d&#233;mission du Comit&#233; conf&#233;d&#233;ral de la CGT, d&#233;cembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Refus cat&#233;gorique de la &#171; d&#233;fense nationale &#187;, rupture publique avec Jouhaux, fondation de &lt;i&gt;La Vie Ouvri&#232;re&lt;/i&gt; puis de &lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt; &#8212; la filiation du syndicalisme r&#233;volutionnaire fran&#231;ais anti-Union sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alfred Rosmer&lt;/strong&gt;, &#224; Zimmerwald et Kienthal aux c&#244;t&#233;s de L&#233;nine, Trotsky, Martov, a pos&#233; l'invariant programmatique de l'internationalisme : non un sentiment, non une d&#233;claration, mais une discipline mat&#233;rielle d'organisation par chaque prol&#233;tariat contre sa propre classe dominante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alfred Rosmer, Le Mouvement ouvrier pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;nine&lt;/strong&gt; a donn&#233; en 1915 le crit&#232;re d&#233;finitif du social-chauvinisme : la reconnaissance de l'id&#233;e de d&#233;fense de la patrie dans la guerre imp&#233;rialiste, et en 1917 le verdict : &lt;i&gt;&#171; Les social-chauvins [&#8230;] socialistes en paroles, chauvins en fait, qui admettent la d&#233;fense de la patrie dans une guerre imp&#233;rialiste [&#8230;] sont pass&#233;s du c&#244;t&#233; de la bourgeoisie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. I. L&#233;nine, Les t&#226;ches du prol&#233;tariat dans notre r&#233;volution, mai 1917. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; C'est exactement la d&#233;finition de ce que sont les huit conf&#233;d&#233;rales en 2025-2026.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Construire les fractions r&#233;volutionnaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre programme tient en quatre axes indissociables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;faitisme r&#233;volutionnaire.&lt;/strong&gt; L'ennemi principal est la bourgeoisie fran&#231;aise. Pas la Russie, pas la Chine, pas l'Iran, pas le Mali. La bourgeoisie fran&#231;aise. La d&#233;faite militaire du gouvernement fran&#231;ais dans toutes ses op&#233;rations imp&#233;rialistes &#8212; au Sahel, au Levant, en Ukraine, en Indo-Pacifique &#8212; est la condition de la r&#233;volution prol&#233;tarienne en France. Aucune &#233;quivalence formelle entre bellig&#233;rants : l'OTAN n'est pas l'&#171; autre camp &#187; de la Russie, c'est l'instrument de notre propre imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contr&#244;le ouvrier.&lt;/strong&gt; Ouverture des livres de comptes de Dassault, Thales, Naval Group, MBDA, Eurenco, Nexter. Abolition du secret-d&#233;fense. Expropriation sans indemnit&#233; de l'industrie d'armement. Reconversion civile sous contr&#244;le des comit&#233;s de travailleurs eux-m&#234;mes &#8212; pas par un &#171; p&#244;le public national de la d&#233;fense &#187; qui maintient la production de Rafale, de Caesar, d'obus 155 mm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comit&#233;s de soldats.&lt;/strong&gt; Droit de refus des ordres contraires aux int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat. Droit de se syndiquer dans l'arm&#233;e. Droit de gr&#232;ve. &#201;lection et r&#233;vocabilit&#233; des grad&#233;s par les soldats du rang. Fraternisation classe contre classe avec les soldats des arm&#233;es d'en face. Pas un antimilitarisme abstrait de slogan : un travail r&#233;volutionnaire dans les casernes, comme Liebknecht et les Spartakistes l'ont fait en 1917-1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Internationale.&lt;/strong&gt; Chaque prol&#233;tariat combat sa propre bourgeoisie &#8212; pas la bourgeoisie d'en face. L'ennemi est d'abord dans notre propre pays. Reconstruction d'une Internationale ouvri&#232;re sur cette base et sur cette base seulement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#224; o&#249; la guerre se fabrique, la lutte de classe doit &#234;tre men&#233;e &#233;galement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'antimilitarisme r&#233;volutionnaire sans implantation mat&#233;rielle. Et il n'y a pas d'implantation mat&#233;rielle sans pr&#233;sence dans les sites de production de l'armement fran&#231;ais : Tarbes pour les poudres Eurenco, Bourges pour les obus KNDS, Roanne pour Nexter, Lorient et Cherbourg pour Naval Group, Saint-Nazaire et Indret. Sans fractions r&#233;volutionnaires chez les cheminots qui transportent les munitions vers la Roumanie et la Pologne. Sans travail dans les ports de Fos, Marseille, Le Havre, o&#249; les armes embarquent. Sans pr&#233;sence dans les casernes : Djibouti, Kourou, R&#233;union, Kanaky, Liban, C&#244;te d'Ivoire, S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d'antimilitarisme sans implantation dans les arsenaux et dans l'arm&#233;e &#8212; et sans une politique organisant la d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette t&#226;che que nous appelons les militants ouvriers, syndicalistes, soldats du contingent, jeunes en formation, retrait&#233;s combatifs. Pas un syndicat nouveau cr&#233;&#233; par en haut, pas une scission bureaucratique, pas un appel &#224; voter diff&#233;remment. &lt;strong&gt;Des fractions r&#233;volutionnaires organis&#233;es dans les syndicats existants&lt;/strong&gt; &#8212; CGT, SUD-Solidaires, FSU, FO &#8212; sur la base d'un programme de classe document&#233;, d'un bulletin d'entreprise, d'une motion, d'une intervention en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, d'une pr&#233;sence &#224; la porte des usines, des arsenaux, des ports, des casernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plantons le drapeau de la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Constituons nos fractions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;parons notre classe.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mati&#232;re et R&#233;volution &#8212; Voix des Travailleurs &#8212; Gilets Jaunes Poitiers&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;matierevolution.fr &#8212; matierevolution.org&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;CGT conf&#233;d&#233;rale, &lt;i&gt;&#192; qui profite la guerre ?&lt;/i&gt;, 22 septembre 2025. &lt;a href=&#034;https://www.cgt.fr/actualites/france/budget/qui-profite-la-guerre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.cgt.fr/actualites/france/budget/qui-profite-la-guerre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;FSU et d&#233;clarations intersyndicales CGT-FSU-Solidaires sur l'Ukraine, l'Iran et Gaza, cadr&#233;es sur le &#171; droit international &#187; et la Charte des Nations Unies. Sources : fsu.fr et cgt.fr.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comit&#233; fran&#231;ais du R&#233;seau europ&#233;en de solidarit&#233; avec l'Ukraine (RESU), d&#233;claration de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du 30 septembre 2023. L'Union syndicale Solidaires est membre du RESU. Voir solidaires.org, rubrique internationale : &lt;a href=&#034;https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/internationales/le-reseau-europeeninternational-de-solidarite-avec-lukraine-et-son-ouverture-vers-lamerique-latine/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/internationales/le-reseau-europeeninternational-de-solidarite-avec-lukraine-et-son-ouverture-vers-lamerique-latine/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre intersyndicale CFDT-CGT-FO-CFE-CGC-CFTC-UNSA-Solidaires-FSU au ministre fran&#231;ais de l'Europe et des Affaires &#233;trang&#232;res, 29 avril 2025. &lt;a href=&#034;https://fsu.fr/lettre-intersyndicale-concernant-les-attaques-contre-les-syndicats-en-ukraine/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://fsu.fr/lettre-intersyndicale-concernant-les-attaques-contre-les-syndicats-en-ukraine/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Proposition de loi visant &#224; la nationalisation d'ArcelorMittal France afin de pr&#233;server la souverainet&#233; industrielle de la France (n&#176; 1950, 2123), d&#233;pos&#233;e par le groupe LFI-NFP (rapporteure Aur&#233;lie Trouv&#233;), adopt&#233;e en premi&#232;re lecture par l'Assembl&#233;e nationale les 27-28 novembre 2025, soutenue par la FTM-CGT. Dossier l&#233;gislatif : &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/nationalisation_arcelormittal_2025&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/nationalisation_arcelormittal_2025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Assembl&#233;e nationale, amendement n&#176;133 (amendement de titre, rejet&#233;) d&#233;pos&#233; par MM. Jacobelli, Weber, Lottiaux et Renault (RN), 24 novembre 2025. PDF int&#233;gral : &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements/2123/AN/133.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements/2123/AN/133.pdf&lt;/a&gt;]. Sur le vote final, le RN s'est abstenu (comptes rendus de s&#233;ance des 27-28 novembre 2025).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;clarations publiques du porte-parole du GUR (renseignement militaire ukrainien) de juillet 2024 sur l'embuscade de Tinzaouaten et la coordination avec le FLA touareg. Pour une synth&#232;se des sources, voir l'article &lt;i&gt;Ukraine-Sahel : la cha&#238;ne que les conf&#233;d&#233;rales refusent de voir&lt;/i&gt;, Voix des Travailleurs, mai 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;solutions de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations Unies sur la question de Mayotte, contestant la consultation &#238;le-par-&#238;le de 1975 au regard du principe d'int&#233;grit&#233; territoriale des d&#233;colonisations. Position constante de l'Union africaine et de l'Union des Comores.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. I. L&#233;nine, &lt;i&gt;La faillite de la IIe Internationale&lt;/i&gt;, mai-juin 1915 : les social-chauvins &#171; &#233;ludent le manifeste de B&#226;le comme le voleur fuit le lieu o&#249; il a vol&#233; &#187;, &#171; socialistes en paroles, chauvins en fait, qui aident &#034;leur&#034; bourgeoisie &#224; spolier les pays &#233;trangers &#187;. &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/05/19150500b.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/05/19150500b.htm&lt;/a&gt; &#8212; Voir aussi &lt;i&gt;Le socialisme et la guerre&lt;/i&gt;, &#233;t&#233; 1915 : &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/08/vil19150800.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/08/vil19150800.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Monatte, lettre de d&#233;mission du Comit&#233; conf&#233;d&#233;ral de la CGT, d&#233;cembre 1914. Texte int&#233;gral : &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alfred Rosmer, &lt;i&gt;Le Mouvement ouvrier pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale&lt;/i&gt;, Librairie du Travail, 1936 (r&#233;&#233;ditions Maspero, 1959 ; La D&#233;couverte, 1993). Notice : &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/bios/rosmer.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/bios/rosmer.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V. I. L&#233;nine, &lt;i&gt;Les t&#226;ches du prol&#233;tariat dans notre r&#233;volution&lt;/i&gt;, mai 1917. Voir aussi &lt;i&gt;La faillite de la IIe Internationale&lt;/i&gt;, 1915, et &lt;i&gt;Le socialisme et la guerre&lt;/i&gt;, 1915. &#201;ditions fran&#231;aises : marxists.org/francais/lenin/.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Il &#233;tait une fois... la CGT r&#233;volutionnaire...</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8590</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article8590</guid>
		<dc:date>2026-02-08T23:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois... la CGT r&#233;volutionnaire... &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous le retra&#231;ons au travers des critiques bourgeoises de la &#034;Chronique de la quinzaine&#034; : on pourra voir qu'une CGT r&#233;volutionnaire est capable de s&#233;rieusement d&#233;ranger toutes les politiques du capitalisme et du pouvoir politique, ce que nous ne voyons plus du tout de nos jours de compromission totale des appareils syndicaux... &lt;br class='autobr' /&gt;
1884 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_f%C3%A9vrier_1884 &lt;br class='autobr' /&gt;
1908 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18711 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/griffuelhes-le-syndicalisme-revolutionnaire-1909-82789.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/griffuelhes-le-syndicalisme-revolutionnaire-1909-82789.jpg' width=&#034;1200&#034; height=&#034;630&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18710 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/32022179893_3.jpg' width=&#034;453&#034; height=&#034;790&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18708 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/dvepxqqglvlmnnjqbmzzy3ywba.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/dvepxqqglvlmnnjqbmzzy3ywba.jpg' width=&#034;1530&#034; height=&#034;1150&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18709 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/minoritaires_cgt_lyon_1919.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/minoritaires_cgt_lyon_1919.png' width=&#034;1200&#034; height=&#034;814&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Il &#233;tait une fois... la CGT r&#233;volutionnaire...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous le retra&#231;ons au travers des critiques bourgeoises de la &#034;Chronique de la quinzaine&#034; : on pourra voir qu'une CGT r&#233;volutionnaire est capable de s&#233;rieusement d&#233;ranger toutes les politiques du capitalisme et du pouvoir politique, ce que nous ne voyons plus du tout de nos jours de compromission totale des appareils syndicaux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1884&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_f%C3%A9vrier_1884&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_f%C3%A9vrier_1884&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1908&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_30_avril_1908&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_30_avril_1908&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_ao%C3%BBt_1908&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_ao%C3%BBt_1908&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1909&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_mai_1909&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_mai_1909&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1911&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_31_juillet_1911&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_31_juillet_1911&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_septembre_1911&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_septembre_1911&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_31_janvier_1911&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_31_janvier_1911&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1912&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_septembre_1912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_septembre_1912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_30_septembre_1912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_30_septembre_1912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_d%C3%A9cembre_1912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Chronique_de_la_quinzaine_-_14_d%C3%A9cembre_1912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici d'autres r&#233;actions hostiles &#224; la CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Psychologie_politique_et_d%C3%A9fense_sociale/Livre_III/Chapitre_III&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Psychologie_politique_et_d%C3%A9fense_sociale/Livre_III/Chapitre_III&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Psychologie_politique_et_d%C3%A9fense_sociale/Livre_III/Chapitre_VI&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Psychologie_politique_et_d%C3%A9fense_sociale/Livre_III/Chapitre_VI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Psychologie_politique_et_d%C3%A9fense_sociale/Livre_IV/Chapitre_II&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Psychologie_politique_et_d%C3%A9fense_sociale/Livre_IV/Chapitre_II&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Psychologie_politique_et_d%C3%A9fense_sociale/Livre_IV/Chapitre_III&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Psychologie_politique_et_d%C3%A9fense_sociale/Livre_IV/Chapitre_III&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Cahiers_du_Cercle_Proudhon/5-6/Satellites_de_la_Ploutocratie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Cahiers_du_Cercle_Proudhon/5-6/Satellites_de_la_Ploutocratie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en disaient Pataud et Pouget&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Comment_nous_ferons_la_R%C3%A9volution/7&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Comment_nous_ferons_la_R%C3%A9volution/7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Comment_nous_ferons_la_R%C3%A9volution/8&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Comment_nous_ferons_la_R%C3%A9volution/8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Comment_nous_ferons_la_R%C3%A9volution/9&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Comment_nous_ferons_la_R%C3%A9volution/9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Comment_nous_ferons_la_R%C3%A9volution/10&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Comment_nous_ferons_la_R%C3%A9volution/10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Comment_nous_ferons_la_R%C3%A9volution/11&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Comment_nous_ferons_la_R%C3%A9volution/11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Comment_nous_ferons_la_R%C3%A9volution/20&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Comment_nous_ferons_la_R%C3%A9volution/20&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse syndicaliste r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9403094&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9403094&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k940308r&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k940308r&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k940303v.item&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k940303v.item&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5561963q&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5561963q&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t55619643&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t55619643&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5561965g&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5561965g&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5561966v&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5561966v&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t55619677&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t55619677&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5561968m&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5561968m&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5561970x&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5561970x&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5327600h&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5327600h&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Griffuelhes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k80091r.texteImage&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k80091r.texteImage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8721&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8721&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges Sorel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33394840.texteImage&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33394840.texteImage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3583&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3583&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bataillesocialiste.wordpress.com/le-syndicalisme-revolutionnaire/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://bataillesocialiste.wordpress.com/le-syndicalisme-revolutionnaire/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8026&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8026&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette CGT qui a trahi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7393&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7393&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plus de deux cent ans de trahisons syndicales</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8602</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article8602</guid>
		<dc:date>2026-01-24T23:29:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les directions syndicales : conciliation, n&#233;gociation, compromission, manipulation, trahison, complicit&#233; avec l'ennemi, fausses d&#233;clarations de victoire, accord avec patrons et gouvernements capitalistes dans le dos des gr&#233;vistes et des salari&#233;s, refus de toute d&#233;cision d&#233;mocratique dans les luttes, rejet de toute auto-organisation des travailleurs, d&#233;tournement de r&#233;volutions, mille et une formes de la collaboration entre classes sociales aux int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s... &lt;br class='autobr' /&gt;
1914 &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle victoire de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot261" rel="tag"&gt;SNCF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les directions syndicales : conciliation, n&#233;gociation, compromission, manipulation, trahison, complicit&#233; avec l'ennemi, fausses d&#233;clarations de victoire, accord avec patrons et gouvernements capitalistes dans le dos des gr&#233;vistes et des salari&#233;s, refus de toute d&#233;cision d&#233;mocratique dans les luttes, rejet de toute auto-organisation des travailleurs, d&#233;tournement de r&#233;volutions, mille et une formes de la collaboration entre classes sociales aux int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! En 1914, d&#232;s la d&#233;claration de guerre, la CGT (avec le parti socialiste) a int&#233;gr&#233; l'union sacr&#233;e au nom du patriotisme et de la d&#233;fense du territoire contre l'agression militaire allemande. Et c'est sur ce mensonge de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, que l'ancien syndicat r&#233;volutionnaire d'action directe et antimilitariste est pass&#233; dans le camp de la bourgeoisie, contribuant &#224; envoyer sans difficult&#233; le peuple travailleur aller mourir en masse dans la pire boucherie de la premi&#232;re guerre inter-imp&#233;rialiste, tuant d'embl&#233;e le caract&#232;re de classe, prol&#233;tarien et anti-collaboration du syndicalisme en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'union sacr&#233;e en 1914&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18771 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/union-sacree-carte-postale-image.png' width=&#034;750&#034; height=&#034;423&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_18770 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/4-novembre-1915-1500x965.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/4-novembre-1915-1500x965.jpg' width=&#034;1500&#034; height=&#034;965&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_18775 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/unionsacree-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/unionsacree-2.jpg' width=&#034;1462&#034; height=&#034;2084&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18782 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/668px-union-sacree-carte-postale.jpg' width=&#034;668&#034; height=&#034;434&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Jouhaux, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, signe l'union sacr&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/71x3lob6dql__ac_uf894_1000_ql80_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/71x3lob6dql__ac_uf894_1000_ql80_.jpg' width=&#034;663&#034; height=&#034;1000&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18769 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/274492_0.jpg' width=&#034;768&#034; height=&#034;581&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18772 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/sans_titre-20.jpg' width=&#034;268&#034; height=&#034;188&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La CGT fait siens les buts de guerre de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18773 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646122-8571a-34708.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;661&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18774 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646263-4b2ca.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646263-4b2ca.jpg' width=&#034;672&#034; height=&#034;916&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1936&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale parvenue au gouvernement en pleine mont&#233;e des luttes sociales et antifascistes ! Ils ont r&#233;ussi &#224; bloquer une gr&#232;ve ouvri&#232;re spontan&#233;e massive qui s'&#233;tait d&#233;clench&#233;e sans eux, qu'ils &#233;taient parvenus &#224; bloquer dans le secteur public o&#249; ils &#233;taient le plus forts. Ils ont fait reprendre le travail apr&#232;s des accords &#224; Matignon avec patrons et gouvernement. Les occupations d'usine sont termin&#233;es. Le grand capital est sauv&#233; ! L'Etat capitaliste aussi et il va pouvoir reprendre sa marche vers le fascisme et la guerre, momentan&#233;ment interrompue par l'offensive ouvri&#232;re. Il y a vraiment de quoi f&#233;liciter le front populaire des partis de gauche et des syndicats&#8230; du moins pour la grande bourgeoisie !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/cb1f0aa7a90865eca2611f6dab3eca.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/cb1f0aa7a90865eca2611f6dab3eca.jpg' width=&#034;960&#034; height=&#034;540&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_18753 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/le_populaire_journal-revue_hebdomadaire__parti_socialiste_bpt6k8223221_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/le_populaire_journal-revue_hebdomadaire__parti_socialiste_bpt6k8223221_1.jpg' width=&#034;4833&#034; height=&#034;3303&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18756 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/page_18_journal.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/page_18_journal.jpg' width=&#034;1181&#034; height=&#034;786&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18759 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/victoiresurlamisere.jpg' width=&#034;625&#034; height=&#034;444&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Apr&#232;s avoir cautionn&#233; les massacres imp&#233;rialistes de la deuxi&#232;me guerre mondiale, du c&#244;t&#233; des imp&#233;rialismes &#171; alli&#233;s &#187;, ils ont pu participer au gouvernement pour y imposer la paix imp&#233;rialiste contre tout risque r&#233;volutionnaire, imposer aussi tous les sacrifices pour le peuple travailleur trimant pour gagner une mis&#232;re, en reconstruisant le grand capital au nom de la reconstruction de la France ! Le syndicalisme ainsi transform&#233; devient le principal ennemi des gr&#232;ves et la chiourme des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18765 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/frachon_krasu.jpg' width=&#034;302&#034; height=&#034;163&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18766 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/benoit_frachon__la_bataille_de_la_production__1946.jpg' width=&#034;250&#034; height=&#034;197&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18767 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/particommuniste1945.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/particommuniste1945.jpg' width=&#034;1000&#034; height=&#034;661&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18780 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/webp/p27-croizat_ven.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/webp/p27-croizat_ven.webp' width=&#034;1200&#034; height=&#034;763&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1968&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! La CGT, qui a tout fait pour freiner la mont&#233;e des luttes, est contrainte de prendre le train en marche et d'organiser sans la vouloir, sans y appeler m&#234;me, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. C'est pour mieux la trahir en signant les accords de Grenelle avec patronat et gouvernement et en imposant la reprise du travail. La gauche politique et syndicale a pr&#233;tendu ainsi arriver &#224; la victoire par les urnes mais c'est le contraire qui s'est produit&#8230; Les syndicats, par la suite, vont continuer &#224; faire croire que c'est par les &#233;lections bourgeoises que l'on peut changer la politique gouvernementale, pas par la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/06_questions_sociales_image-06d08-7be90-8e4e0.jpg' width=&#034;350&#034; height=&#034;246&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/rv-133967-9jpg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/rv-133967-9jpg.jpg' width=&#034;1440&#034; height=&#034;1401&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18749 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/image-25.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/image-25.jpg' width=&#034;885&#034; height=&#034;500&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18781 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/50628_-_georges-seguy-re_sultats-ne_gociations-grenelle-travailleurs-renault-boulogne-billancourt-27-mai-1968.jpg' width=&#034;512&#034; height=&#034;339&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Georges S&#233;guy, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT siffl&#233; par les ouvriers de Renault &#224; Billancourt parce qu'il appelle &#224; la reprise du travail...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1981&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! C'est r&#233;ussi. Elle arrive au gouvernement par les &#233;lections, pas par la lutte sociale. Et elle y g&#232;re les affaires de la bourgeoisie, en d&#233;truisant les luttes ouvri&#232;res avec une efficacit&#233; accrue par le soutien (au pouvoir) des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18776 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/sans_titres-5.jpg' width=&#034;277&#034; height=&#034;182&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18778 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/sans_titredj.jpg' width=&#034;275&#034; height=&#034;183&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18779 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/9-illust6-gourguechon-1981-la-gauche-au-pouvoir-et-le-syndicalisme-qui-assiste-ou-regarde-1024x759.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/9-illust6-gourguechon-1981-la-gauche-au-pouvoir-et-le-syndicalisme-qui-assiste-ou-regarde-1024x759.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;759&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et ensuite... collaboration, n&#233;gociation, trahison, syndicalisme de participation...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Depuis, les syndicats ont men&#233; de nombreuses luttes, notamment des grandes gr&#232;ves, qu'elles soient nationales comme les retraites ou concernent seulement les cheminots ou d'autres cat&#233;gories professionnelles. Toutes ont &#233;t&#233; tromp&#233;es, d&#233;tourn&#233;es, us&#233;es et finalement&#8230; perdues. Pendant ce temps, les syndicats ont men&#233; une lutte permanente et acharn&#233;e pour&#8230; combattre l'auto-organisation des travailleurs, combattant tout particuli&#232;rement la tentative des Gilets jaunes et aussi celle du 10 septembre 2025&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/cul_et_chemise_004-0ffa6-2-1b6d1.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;375&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18724 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/sarkozy_thibault-1-52adf-3-321b6.jpg' width=&#034;298&#034; height=&#034;191&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/images-149.jpg' width=&#034;265&#034; height=&#034;190&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/090875142764-web-tete.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/090875142764-web-tete.jpg' width=&#034;1280&#034; height=&#034;720&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18763 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/1507623696-screenshot-2017-10-10-10-18-18-1-4.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/1507623696-screenshot-2017-10-10-10-18-18-1-4.png' width=&#034;720&#034; height=&#034;954&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18764 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/1507623703-screenshot-2017-10-10-10-18-21-1-5.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/1507623703-screenshot-2017-10-10-10-18-21-1-5.png' width=&#034;720&#034; height=&#034;1121&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Autrefois... avant 1914... il existait des syndicats r&#233;volutionnaires de la CGT qui pratiquaient l'action directe et se proposaient de renverser le capitalisme...&lt;div class='spip_document_18730 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/ew3g9qdxkaktaqu-1.jpg' width=&#034;336&#034; height=&#034;500&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18733 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/web_syndicat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/web_syndicat.jpg' width=&#034;947&#034; height=&#034;596&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18731 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/r320102103.jpg' width=&#034;400&#034; height=&#034;594&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Plus de deux cent ans de trahisons syndicales&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_18722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH705/upload_2016-5-14_2-14-8-eb8ef-8b4cc-4f42d.jpg?1790140126' width='500' height='705' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : il n'y a plus de vrais syndicats mais des bureaucraties d'Etat qui d&#233;tournent de la lutte de classes une partie des forces militantes du prol&#233;tariat...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18736 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH568/de2169_c6ee9e805a064e16b31897b2b260c755_mv2-f16f5.jpg?1790140126' width='500' height='568' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/webp/6481d6a6-les-syndicats-depeuplent-s-enrichissent.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/webp/6481d6a6-les-syndicats-depeuplent-s-enrichissent.webp?1768713430' width='500' height='341' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats n'ont plus vraiment besoin des cotisations des salari&#233;s pour fonctionner : l'argent de l'Etat et des grandes entreprises leur suffit largement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18750 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L300xH303/26c420e2-1cea-11e1-a535-80face76c131-d1dc4-e3e2f.jpg?1790139123' width='300' height='303' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18751 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH404/6472584_1-af31f-a07e1.jpg?1790140126' width='500' height='404' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L350xH283/4ea7588e-1cec-11e1-a535-80face76c131-2c5f3-5d500.jpg?1790139123' width='350' height='283' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914-2025 : 210 ans de trahison des directions syndicales en France et notamment de la CGT&#8230; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article ne contient que des critiques des directions syndicales, ce qui ne signifie pas un m&#233;pris du syndicalisme ni des syndicalistes. A Voix des Travailleurs, nous sommes pour le syndicalisme mais pas n'importe lequel : le syndicalisme r&#233;volutionnaire d'action directe et qui s'impose de ne diriger des actions des salari&#233;s que si elles sont d&#233;cid&#233;es par les travailleurs eux-m&#234;mes, si ce sont eux qui en ont d&#233;cid&#233; les buts, les m&#233;thodes, les moyens et les perspectives, qui ont tent&#233; de se doter non seulement d'assembl&#233;es d&#233;cisionnelles mais aussi ont &#233;lu des comit&#233;s ou des conseils pour diriger leurs luttes. Nous sommes pour un syndicalisme de lutte de classes, ce qui signifie non seulement le refus du syndicalisme de concertation, de compromissions, de n&#233;gociations, de participations aux organismes d'Etat, de complicit&#233; avec les grands patrons et les gouvernants, mais aussi le refus du nationalisme pro-imp&#233;rialiste, pro-colonial et le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire face &#224; la mont&#233;e guerri&#232;re. Les militants syndicalistes qui respectent cela sont nos camarades et nous esp&#233;rons construire l'avenir prol&#233;tarien avec eux. Les dirigeants syndicaux, qui prennent leurs d&#233;cisions en dehors des travailleurs et s'en servent pour pactiser avec nos ennemis, font partie de nos adversaires. Tout le r&#233;cit qui suit rapporte comment ils ont maintes fois menti, propos&#233; de fausses perspectives, tromp&#233; les travailleurs et sauv&#233; les patrons et leurs gouvernements. Militants syndicalistes honn&#234;tes, tirez des le&#231;ons du pass&#233; et cessez de confier l'avenir des luttes &#224; ceux qui les ont fait &#233;chouer, rompez avec les bureaucrates syndicaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il ne suffit pas de dire que les directions syndicales trahissent pour comprendre comment les travailleurs ont pu &#234;tre tromp&#233;s et les luttes battues. Il faut dire aussi que les organisations politiques de la gauche, de la gauche de la gauche, social-d&#233;mocrates ou staliniennes et m&#234;me la fausse extr&#234;me gauche opportuniste ont contribu&#233; &#224; les tromper. Il faut dire aussi que la classe ouvri&#232;re a ses propres faiblesses, ses d&#233;fauts, ses divisions. Et aussi qu'une fraction de celle-ci, dite aristocratie ouvri&#232;re, est la base des appareils syndicaux et cautionne leurs tromperies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914 : la m&#232;re de toutes les guerres et de toutes les&#8230; trahisons &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re guerre mondiale, c'est la pire trahison de toute l'histoire du mouvement ouvrier&#8230; C'est la base de toutes les autres. La CGT antimilitariste et r&#233;volutionnaire est pass&#233;e de l'autre c&#244;t&#233; de la barricade et de la tranch&#233;e sociale, du c&#244;t&#233; des exploiteurs et des massacreurs, comme le parti socialiste. Il faut cependant pr&#233;ciser que ni l'un ni l'autre, ni le syndicat, ni le parti, n'avaient jamais d&#233;fendu la v&#233;ritable position r&#233;volutionnaire prol&#233;tarienne face &#224; la guerre : la strat&#233;gie du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire selon laquelle le prol&#233;tariat des pays imp&#233;rialiste doit lutter pour&#8230; la d&#233;faite de &#171; son &#187; propre pays, de &#171; sa &#187; classe dirigeante, de &#171; son &#187; Etat, de &#171; son &#187; arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats participent &#224; l'union sacr&#233;e des classes poss&#233;dantes pour imposer la boucherie de la premi&#232;re guerre mondiale&#8230; Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT L&#233;on Jouhaux, affirme qu'il hait la guerre, qu'elle est meurtri&#232;re et imp&#233;rialiste, mais&#8230; qu'il participera &#224; l'union sacr&#233;e et qu'il soutiendra &#224; fond la mobilisation et l'arm&#233;e fran&#231;aise du moment que la guerre est d&#233;clar&#233;e. Il affirme qu'il fera tout pour convaincre le peuple travailleur de la faire ! Il fait voter la direction de la CGT dans le m&#234;me sens. En &#233;change de quoi, le gouvernement suspend la menace d'arrestation contre les militants syndicalistes de la CGT (carnet B) et n'envoie pas les dirigeants mod&#233;r&#233;s au front. Les plus antimilitaristes seront imm&#233;diatement envoy&#233;s au front pour y mourir de mort &#171; naturelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'envoi par le ministre de l'Int&#233;rieur d'un t&#233;l&#233;gramme aux pr&#233;fets les engageant &#224; se pr&#233;parer &#224; l'arrestation des militants d&#233;sign&#233;s dans le &#171; carnet B &#187;, le comit&#233; conf&#233;d&#233;ral national de la CGT renia ses engagements. Le lendemain 1er ao&#251;t, il affirma que la conf&#233;d&#233;ration devait &#171; n&#233;gliger toutes ses d&#233;cisions contre la guerre &#187;. Ce n'est pas le moment, expliquaient ses dirigeants, &#171; d'effrayer par des d&#233;clarations incendiaires tous ceux qui sont partisans de la paix (...) Il faut remiser les d&#233;cisions antimilitaristes des congr&#232;s conf&#233;d&#233;raux et signer toutes les d&#233;clarations du Parti socialiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;change de cet immense service rendu, les socialistes Marcel Sembat et Jules Guesde entr&#232;rent dans le gouvernement d'&#171; Union sacr&#233;e &#187;. Un troisi&#232;me, Albert Thomas, fut peu apr&#232;s ministre de l'Armement. L&#233;on Blum devint chef de cabinet dans un minist&#232;re. D'autres re&#231;urent des responsabilit&#233;s dans l'appareil d'&#201;tat, loin de l'enfer des tranch&#233;es de Verdun et des obus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie avait besoin de ces dirigeants et de leurs appareils pour encha&#238;ner les masses ouvri&#232;res &#224; sa guerre, car elle savait ce que celle-ci signifierait en termes d'aggravation des conditions de travail et de vie pour ceux qui resteraient &#224; l'arri&#232;re, et de morts pour ceux qui iraient au front. Il fallait &#244;ter au prol&#233;tariat tous les moyens de relever la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petit historique de cette capitulation syndicale devant la guerre imp&#233;rialiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1909&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Griffuehles, secr&#233;taire de&lt;br class='autobr' /&gt;
la CGT syndicaliste r&#233;volutionnaire depuis 1901, est victime d'une machination. Accus&#233; de mauvaise gestion, il d&#233;missionne en juillet 1909. Le passage au r&#233;formisme se pr&#233;pare&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1912&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve &#171; contre la guerre &#187; men&#233;e par la CGT en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1913&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Episode aujourd'hui oubli&#233;, les casernes fran&#231;aises ont &#233;t&#233; touch&#233;es, en mai 1913, par une forte agitation. En cause : le refus de la loi de trois ans de service militaire, pi&#232;ce ma&#238;tresse de la militarisation du pays &#224; la veille de la Grande Guerre. L'&#233;v&#233;nement va provoquer une r&#233;pression furieuse contre les mutins, mais aussi contre les syndicalistes r&#233;volutionnaires et les anarchistes, accus&#233;s d'avoir foment&#233; les troubles. C'est &#233;galement le point de d&#233;part d'une crise ouverte &#224; la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1914&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 janvier. Cr&#233;ation de la f&#233;d&#233;ration des gauches &#224; l'initiative de Briand, Barthou, Jean Dupuy, Klotz, Millerand pour rassembler la gauche mod&#233;r&#233; en vue des prochaines &#233;lections. Briand en est &#233;lu pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25-28 janvier. XIe congr&#232;s national du PS-SFIO tenu &#224; Amiens (tactique &#233;lectorale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 f&#233;vrier. Manifestation contre la guerre &#224; Paris, &#224; l'appel de l'UD de la Seine de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 juin. Ren&#233; Viviani, socialiste ind&#233;pendant, devient pr&#233;sident du Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14-16 juillet. Congr&#232;s extraordinaire du PS-SFIO (ch&#244;mage, vie ch&#232;re, gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la guerre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au congr&#232;s de Paris (juillet 1914), contre Jean Jaur&#232;s et Vaillant, Gustave Herv&#233; repoussa avec Jules Guesde l'id&#233;e de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la guerre. &#171; Lorsque j'ai d&#233;fendu l'insurrection, d&#233;clara-t-il, je pensais pouvoir compter sur des insurrectionnels, et je me suis aper&#231;u qu'il n'y en aurait point le jour d'une d&#233;claration de guerre. &#187; (Les F&#233;d&#233;rations socialistes III, p. 301).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 juillet. A l'appel de l'Union des syndicats de la Seine, les ouvriers manifestent contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 juillet. Manifestations ouvri&#232;res dans de nombreuses villes fran&#231;aises. Heurts avec la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 juillet. Assassinat de Jean Jaur&#232;s par Raoul Villain. Le lendemain, l'ordre de mobilisation g&#233;n&#233;rale est proclam&#233; : la Premi&#232;re Guerre mondiale commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 ao&#251;t. Obs&#232;ques de Jean Jaur&#232;s. Dans son discours, L&#233;on Jouhaux annonce le ralliement de la CGT &#224; l'Union sacr&#233;e. Le groupe parlementaire socialiste vote &#224; l'unanimit&#233; les cr&#233;dits de guerre et l'&#233;tat de si&#232;ge restreignant les libert&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alfred Rosmer rapporte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 4 ao&#251;t 1914, on pouvait lire sur les murs de Paris une belle affiche blanche annon&#231;ant l'initiative du gouvernement du &#171; secours national &#187;. Jusque l&#224; rien d'extraordinaire. Mais ce qui l'&#233;tait, c'&#233;tait la collection de noms composant le Comit&#233; charg&#233; d'administrer ce Secours National : tous les hauts dignitaires de la bourgeoisie, archev&#234;que, grand-rabbin, acad&#233;miciens, industriels, banquiers&#8230; puis L&#233;on Jouhaux, secr&#233;taire de la CGT et Bled, secr&#233;taire de l'Union des Syndicats de la Seine. Il y avait encore L&#233;pine, l'ancien pr&#233;fet de police, matraqueur d'ouvriers et Charles Maurras, un des vrais responsables de l'assassinat de Jaur&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 ao&#251;t 1914, L&#233;on Jouhaux, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT ex-anarchosyndicaliste, sur la tombe de Jean Jaur&#232;s, pr&#233;tend exprimer le sentiment de &#171; la classe ouvri&#232;re au c&#339;ur meurtri &#187; en rejetant la responsabilit&#233; de la guerre sur les empereurs et les aristocraties d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie. Les ouvriers deviennent des &#171; soldats de la libert&#233; &#187; appel&#233;s &#224; d&#233;fendre la patrie o&#249; naquit l'id&#233;al r&#233;volutionnaire. Jouhaux, secr&#233;taire autrefois &#171; r&#233;volutionnaire &#187; de la CGT d&#233;clare &#224; l'enterrement de Jaur&#232;s que &#171; ce n'est pas la haine du peuple allemand qui nous poussera sur les champs de bataille, c'est la haine de l'imp&#233;rialisme allemand ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Bataille syndicaliste &#187;, organe de la CGT, &#233;crit en ao&#251;t 1914 : &#171; contre le droit du poing, contre le militarisme germanique, il faut sauver la tradition d&#233;mocratique et r&#233;volutionnaire de la France.&#8221; &#8220;Partez sans regret, camarades ouvriers qu'on appelle aux fronti&#232;res pour d&#233;fendre la terre fran&#231;aise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 ao&#251;t, l'article de Jouhaux affirme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Profitons-en&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#8230;L'Allemagne est pr&#233;sentement bloqu&#233;e, son commerce maritime s'est en partie arr&#234;t&#233; ! Pourquoi notre marine marchande, coop&#233;rant avec celle de l'Angleterre, ne reprendraient-elles pas &#224; leur profit une partie du travail allemand qui ne se fait plus ? Ce serait une premi&#232;re victoire, et d'une importance qui ne peut &#233;chapper &#224; personne&#8230; Il faut profiter de toutes les situations&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 ao&#251;t, dans Bataille Syndicaliste, Jouhaux &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il convient de louer sans r&#233;serves la classe ouvri&#232;re de notre pays pour l'admirable force de volont&#233; dont elle fait preuve pr&#233;sentement. Avec une ma&#238;trise incomparable d'elle-m&#234;me, elle refoule int&#233;rieurement les douleurs et les angoisses qui &#233;treignent sa chair meurtrie pour ne laisser apercevoir au monde &#233;tonn&#233; qu'un inalt&#233;rable sang-froid&#8230; Assur&#233; du lendemain, ne souffrant pas dans sa dignit&#233; d'hommes, le travailleur est capable de supporter sto&#239;quement les plus grands chocs moraux. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dimanche 23 ao&#251;t, Jouhaux crie victoire : il est rejoint dans son patriotisme guerrier par le syndicaliste r&#233;volutionnaire italien Alceste de Ambris alors que le peuple italien refuse massivement l'entr&#233;e en guerre :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un r&#233;confort nous vient &#224; l'heure m&#234;me o&#249; commence &#224; se jouer le plus formidable drame guerrier que l'esprit humain ait jamais pu concevoir. D'apr&#232;s un communiqu&#233; qu'on lira plus bas, notre ami De Ambris s'est courageusement affirm&#233; en notre faveur&#8230; Notre geste a &#233;t&#233; compris par nos amis r&#233;volutionnaires de tous les pays&#8230; Nous avons le droit de souhaiter ardemment la victoire&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 ao&#251;t, l'&#233;ditorial de Jouhaux de Bataille Syndicaliste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les trois int&#233;r&#234;ts principaux du moment : national, patronal et ouvrier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, le m&#234;me journal &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Matin insinue que le recul de nos troupes en Lorraine serait le fait d'excitations antimilitaristes. Sur quoi s'appuie Le Matin pour faire semblable insinuation ? Aucun fait, aucun document officiel ne vient appuyer son affirmation mensong&#232;re&#8230; Les organis&#233;s n'ont jamais fait preuve de l&#226;chet&#233;. En toutes occasions, ils ont su montrer un courage qui &#233;merveillait leurs adversaires&#8230; Courageux hier, les r&#233;volutionnaires le restent aujourd'hui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 ao&#251;t. Les socialistes Jules Guesde et Marcel Sembat entrent dans le gouvernement Viviani d'Union sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9 septembre. Cr&#233;ation d'un Comit&#233; d'action entre le PS-SFIO et la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cembre. Pierre Monatte d&#233;missionne du CCN de la CGT pour protester contre l'orientation de la direction conf&#233;d&#233;rale. Il imprime et diffuse sa lettre de d&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7354&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7354&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8176&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8176&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1914-1915&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La minorit&#233; r&#233;volutionnaire de la CGT ne se rallie pas &#224; la guerre imp&#233;rialiste d&#233;nonce l'union sacr&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cgt/works/1915/08/cgt_19150815c.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cgt/works/1915/08/cgt_19150815c.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1917-1919 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ne d&#233;noncent pas les offensives meurtri&#232;res et les fusill&#233;s pour l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne se rallient pas &#224; la r&#233;volution russe d'Octobre et &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Europe, laissant les travailleurs russes isol&#233;s face aux imp&#233;rialismes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, ils trahissent la mont&#233;e r&#233;volutionnaire en France &#224; l'apr&#232;s-guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8387&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8387&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1919/09/monatte_19190917.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1919/09/monatte_19190917.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1920&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats trahissent la gr&#232;ve des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.unioncommunistelibertaire.org/Fevrier-1920-La-grande-greve-du-rail-ebranle-la-CGT&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.unioncommunistelibertaire.org/Fevrier-1920-La-grande-greve-du-rail-ebranle-la-CGT&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La minorit&#233; r&#233;volutionnaire des syndicats est un peu h&#233;sitante &#224; faire de la politique r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/07/lt19200731.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/07/lt19200731.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1921 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicalistes r&#233;volutionnaires sont encore minoritaires &#224; la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6049&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6049&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1921/10/lille.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1921/10/lille.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1922&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve du Havre est trahie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve341&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve341&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PC (pas encore PCF mais section fran&#231;aise de l'Internationale Communiste SFIC) n'est pas pour autant un parti r&#233;volutionnaire de combat de classe et sa politique syndicale n'est pas non plus r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221202.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221202.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1923&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;CGT et CGTU scissionnent en se disant pour ou contre la Russie des soviets&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/lozovsky/1923/04/cgt-cgtu.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/lozovsky/1923/04/cgt-cgtu.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1923/00/monatte_19230000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1923/00/monatte_19230000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1925&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Direction du PCF et de la CGTU s'affichent seulement r&#233;volutionnaires en fa&#231;ade&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1925/10/ogi_19251025.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1925/10/ogi_19251025.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1927-1930&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La stalinisation du PCF et de la CGTU et la chasse aux oppositionnels, trotskistes ou autres, commence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1934 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re se mobilise pour donner un coup d'arr&#234;t &#224; la mont&#233;e fasciste en France mais les syndicats la freinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7538&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7538&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve190&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve190&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1935&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT propose son plan &#224;&#8230; la bourgeoisie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350405.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350405.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mensonges du plan de la CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article152&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1936 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le front populaire, dont les syndicats font partie, cassent la mont&#233;e vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui a &#233;clat&#233; spontan&#233;ment, emp&#234;chent les fonctionnaires de s'y joindre, font reprendre le travail, arr&#234;ter les occupations d'usines et brisent la perspective r&#233;volutionnaire, ouvrant la porte &#224; la marche &#224; la guerre et au fascisme. Il faut savoir terminer une gr&#232;ve clament PCF et CGT qui appuient le gouvernement de front populaire contre la menace de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article622&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article622&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article795&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article795&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1349&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1349&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7670&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7670&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT signe les accords Matignon avec le patronat et le gouvernement pour arr&#234;ter la gr&#232;ve ouvri&#232;re avec occupation des usines qui menace de se transformer en r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04281854/benoit-frachon-et-lambert-ribot-sur-les-accords-de-matignon-de-1936&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04281854/benoit-frachon-et-lambert-ribot-sur-les-accords-de-matignon-de-1936&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mai, les ouvriers m&#233;tallurgistes de l'usine Bloch se mettent en gr&#232;ve. Ils occupent l'usine nuit et jour. Les gens du voisinage leur apportent vivres et encouragements. La direction de l'usine c&#232;de d&#232;s le lendemain, accordant aux gr&#233;vistes une augmentation de salaire et des cong&#233;s pay&#233;s. Dans les jours qui suivent, d'autres mouvements de gr&#232;ve se produisent dans le pays, et obtiennent, eux aussi, gain de cause. Ces premi&#232;res victoires captent l'attention de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re. Blum, qui s'efforce de rassurer les milieux capitalistes quant &#224; la &#171; mod&#233;ration &#187; de ses intentions, est effray&#233; par l'ampleur que prend le mouvement. Il appelle les travailleurs &#224; la patience, c'est-&#224;-dire &#224; l'inaction. En vain. Le 26 mai, toutes les usines du secteur automobile &#8211; dont les 35 000 ouvriers de l'usine Renault &#8211; et de l'aviation du d&#233;partement de la Seine se mettent en gr&#232;ve. La direction de la CGT, r&#233;unifi&#233;e depuis le mois de mars, sous la direction de L&#233;on Jouhaux, n'est pour rien dans le d&#233;clenchement du mouvement, qui s'&#233;tend rapidement aux autres industries, y compris aux ouvriers du b&#226;timent qui travaillent sur les chantiers de l'Exposition Internationale. Jouhaux incite les travailleurs &#224; reprendre le travail, mais ne parvient pas &#224; emp&#234;cher l'extension du mouvement. Au-del&#224; des travailleurs industriels, le mouvement de gr&#232;ve gagne des couches de la classe ouvri&#232;re jusqu'alors inorganis&#233;es et inertes, mais souvent tr&#232;s durement exploit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les signes du r&#233;veil r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re se multiplient. Le 24 mai, lors de la manifestation traditionnelle de comm&#233;moration de la Commune de Paris, au P&#232;re Lachaise, le nombre de manifestants &#8211; qui ne d&#233;passait pas, ordinairement, quelques centaines &#8211; avoisine les 600 000 ! Des militaires venus d'une caserne de Versailles portaient une banderole o&#249; &#233;tait &#233;crit : &#171; La soldatesque versaillaise de 1871 assassina la Commune. Les soldats de Versailles de 1936 la vengeront ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs r&#233;clament des garanties de salaire minimum, la semaine de 40 heures (au lieu de 48), la majoration des heures suppl&#233;mentaires et des cong&#233;s pay&#233;s. Nuit et jour, ils occupent les lieux du travail, tiennent des piquets de gr&#232;ve, cr&#233;ent des comit&#233;s veillant &#224; l'application des d&#233;cisions collectives et &#224; la protection de l'outil de travail contre des actes de sabotage ou de malveillance. Le 31 mai, Le Temps, porte-parole de la classe capitaliste, constate avec horreur &#171; l'ordre qui r&#232;gne dans les usines &#187;. Les travailleurs se comportent, dit le journal, &#171; comme si les usines leur appartenaient d&#233;j&#224; &#187;. Le 4 juin, &#224; la veille de l'entr&#233;e en fonction du nouveau gouvernement, les gr&#232;ves s'&#233;tendent &#224; pratiquement toutes les industries, et commencent &#224; paralyser l'&#233;conomie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e comme celle de 1936 porte la lutte des classes &#224; un niveau qui pose directement la question du pouvoir. Comme le disait Trotsky : &#171; C'est clairement l'union des opprim&#233;s contre leurs oppresseurs &#187;. Par sa nature m&#234;me, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale oblige la classe ouvri&#232;re &#224; instaurer son contr&#244;le direct des moyens de production et &#224; assumer progressivement les fonctions de l'Etat. Par l'action vigoureuse des travailleurs, une situation r&#233;volutionnaire se cr&#233;e dans laquelle prend corps &#8211; sous une forme embryonnaire &#8211; le futur Etat socialiste. Cette menace contre l'existence m&#234;me du capitalisme &#233;tait en contradiction compl&#232;te avec la collaboration de classe incarn&#233;e par le Front Populaire. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale effrayait non seulement la classe capitaliste et ses repr&#233;sentants &#224; la t&#234;te du Parti Radical, mais aussi les architectes &#171; socialistes &#187; et &#171; communistes &#187; du Front Populaire. Thorez avait insist&#233; pour qu'aucune atteinte ne soit pas port&#233;e &#224; la propri&#233;t&#233; capitaliste &#8211; et voil&#224; que les ouvriers s'emparaient directement de cette propri&#233;t&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appels au calme, &#224; la mod&#233;ration et &#224; la reprise du travail, de la part des dirigeants de la CGT, de Blum et de Thorez, restent d'abord sans effet. Thorez insiste sur le fait que la situation &#171; n'est pas r&#233;volutionnaire &#187;, et met les travailleurs en garde contre le danger de &#171; jouer le jeu du fascisme &#187;. Mais les travailleurs ne tiennent pas compte des consignes de leurs &#171; dirigeants &#187;. Lorsque Blum envoie le dirigeant syndical communiste Henri Reynaud, accompagn&#233; de Jules Moch (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du gouvernement), pour obtenir des gr&#233;vistes une livraison de mazout n&#233;cessaire aux boulangers de la capitale, ils reviennent les mains vides, les ouvriers n'ayant m&#234;me pas voulu leur ouvrir la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 juin, le nombre de gr&#233;vistes s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 500 000. Le 7 juin, il s'approche du million. Le patronat craint que la poursuite du mouvement de gr&#232;ve n'aboutisse &#224; une r&#233;volution et &#224; la fin de la propri&#233;t&#233; capitaliste. Pris de panique, et pour aider les dirigeants de la CGT &#224; mettre un terme au mouvement, le gouvernement Blum organise des n&#233;gociations &#224; l'H&#244;tel Matignon, le 7 juin. Quand ils sont sous la menace de tout perdre, les capitalistes font toujours de concessions, quitte &#224; les reprendre plus tard, lorsque la menace est &#233;cart&#233;e. C'est dans cet &#233;tat d'esprit que le patronat, repr&#233;sent&#233; par la CGPF, aborde les n&#233;gociations de Matignon. Blum tente de limiter les concessions faites en mati&#232;re salariale, qui sont finalement de l'ordre de 7 &#224; 12% dans le secteur priv&#233;. Le patronat conc&#232;de &#233;galement la semaine de 40 heures et 2 semaines de cong&#233;s pay&#233;s, ainsi que le principe des accords collectifs et de nouveaux droits syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son discours &#224; la Chambre des D&#233;put&#233;s, Blum se dit &#171; fier &#187; des accords de Matignon, mais souligne ce que tout le monde sait d&#233;j&#224; : &#171; La crise n'est pas termin&#233;e &#187;. Il faut rapidement promulguer les lois concernant les r&#233;formes promises. &#171; Nous sommes, vous le savez, Messieurs, dans des circonstances o&#249; chaque heure compte. &#187; En effet, les accords de Matignon ne mettent pas fin au mouvement de gr&#232;ve, et ne permettent pas de r&#233;tablir l'autorit&#233; des dirigeants socialistes, communistes et syndicaux. Bien au contraire, les gr&#232;ves redoublent d'intensit&#233;. La CGT a vu le nombre de ses adh&#233;rents s'accro&#238;tre dans des proportions in&#233;dites : elle passe d'un million &#224; 5 300 000. Les m&#233;tallurgistes de la r&#233;gion parisienne refusent les accords et votent la poursuite de la gr&#232;ve. Le nombre de gr&#233;vistes augmente non seulement dans l'industrie et le commerce, mais aussi en milieu rural, o&#249; des milliers d'ouvriers agricoles occupent les grandes fermes. A Paris et dans de nombreuses villes de province, des caf&#233;s, des h&#244;tels et des restaurants sont occup&#233;s par les salari&#233;s. Ici et l&#224; commencent &#224; &#233;merger des organisations comparables aux soviets de la r&#233;volution russe. Par exemple, le 8 juin, dans l'usine Hotchkiss, &#224; Levallois, dans la banlieue nord-ouest de Paris, une assembl&#233;e regroupant les d&#233;l&#233;gu&#233;s de 33 usines des environs vote une r&#233;solution demandant l'&#233;lection d'un &#171; comit&#233; central de gr&#232;ve &#187; Le 11 juin, toutes les principales industries de Paris et du d&#233;partement de la Seine sont en gr&#232;ve, et une nouvelle assembl&#233;e de 587 d&#233;l&#233;gu&#233;s repr&#233;sentant 243 usines de la r&#233;gion parisienne se tient dans la capitale. Le nombre total de gr&#233;vistes, m&#234;me selon les chiffres du gouvernement, s'approche de 1 200 000. Blum met des troupes et des gardes mobiles en alerte, pr&#234;ts &#224; marcher sur Paris pour r&#233;primer la gr&#232;ve, et ne cesse de r&#233;p&#233;ter que son gouvernement fera respecter &#171; l'ordre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs se heurtent sans cesse aux directions de leurs propres organisations, qui veulent toutes d&#233;fendre la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et faire en sorte que cesse le mouvement de gr&#232;ve. Le 11 juin, Thorez s'adresse aux m&#233;tallurgistes. Il les met en garde contre le risque, selon lui, d'effrayer la petite bourgeoisie et de briser le Front Populaire, en &#171; aggravant le d&#233;sordre &#187;. &#171; Il faut savoir consentir aux transactions, il faut savoir terminer une gr&#232;ve &#187;, dit-il, car &#171; l'heure de la r&#233;volution n'est pas venue. &#187; De nouveaux secteurs de la classe ouvri&#232;re, comme par exemple les employ&#233;es des grands magasins de Paris, se lancent dans la lutte au lendemain de l'intervention de Thorez qui, pourtant, cherchait &#224; y mettre un terme. Cependant, au cours des deux semaines suivantes, du fait du comportement tra&#238;tre des dirigeants des organisations syndicales et politiques des travailleurs, le mouvement de gr&#232;ve finit par s'&#233;puiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la gr&#232;ve, c'est le rassemblement au grand jour des opprim&#233;s contre les oppresseurs, c'est le d&#233;but classique de la r&#233;volution &#187; a &#233;crit Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers d'ouvriers &#171; anonymes &#187; sortent du rang, &#233;lus par leurs camarades, ils se font organisateurs, orateurs, parlent haut et fort au patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques jours, tout a chang&#233; : les opprim&#233;s prennent conscience de leur force, de la puissance de l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la gr&#232;ve est aussi pleine d'illusions : illusions dans les dirigeants ouvriers, illusions dans le fait que la puissance du mouvement, l'occupation des usines, suffisent... La victoire est au bout, contre les patrons et leur gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.G.T. s'efforce de reprendre le contr&#244;le du mouvement. Elle appelle &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale l&#224; o&#249; elle est d&#233;j&#224; d&#233;clench&#233;e : dans les mines du Nord et du Pas-de-Calais ; dans le b&#226;timent. Les dirigeants de la C.G.T. courent apr&#232;s le mouvement pour tenter de le &#171; coiffer &#187;, de le canaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en ces termes que le comit&#233; r&#233;gional du Nord et du Pas-de-Calais des mineurs appelle &#224; la gr&#232;ve : &#171; Pour maintenir l'ordre et le calme, et faciliter la t&#226;che du gouvernement... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement ? Quel gouvernement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;galement, le gouvernement Sarraut doit continuer son &#171; action &#187; jusqu'&#224; ce que la Chambre ait accord&#233; l'investiture au gouvernement que doit former L&#233;on Blum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 juin, Sarraut remet sa d&#233;mission au pr&#233;sident de la R&#233;publique, Lebrun, qui imm&#233;diatement supplie L&#233;on Blum de constituer son gouvernement pour se mettre au travail. Blum proteste : il faut respecter les usages et la Constitution, et convoquer la Chambre pour obtenir l'investiture...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Lebrun insiste : l'heure n'est pas &#224; ce l&#233;galisme. Le 4 juin &#224; 18 h 15, le minist&#232;re Blum est constitu&#233;. Salengro, ministre de l'Int&#233;rieur, et Lebas, ministre du Travail, entrent imm&#233;diatement en fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A ce moment, dans la bourgeoisie et en particulier dans le monde patronal, on me consid&#233;rait, on m'attendait comme un sauveur. Les circonstances &#233;taient si angoissantes, on &#233;tait si pr&#232;s de quelque chose qui ressemblait &#224; la guerre civile, qu'on n'esp&#233;rait plus que dans une sorte d'intervention providentielle, je veux dire l'arriv&#233;e au pouvoir de l'homme auquel on attribuait sur la classe ouvri&#232;re un pouvoir suffisant de persuasion pour qu'il lui f&#238;t entendre raison et qu'il la d&#233;cid&#226;t &#224; ne pas user, &#224; ne pas abuser de sa force. &#187; (L&#233;on Blum au proc&#232;s de Riom.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la pr&#233;sentation du gouvernement, Lebrun entra&#238;ne L&#233;on Blum &#224; l'&#233;cart et lui demande d'intervenir imm&#233;diatement &#224; la radio : &#171; Dites-leur que le Parlement va se r&#233;unir, que d&#232;s qu'il sera r&#233;uni vous allez lui demander le vote rapide et sans d&#233;lai de lois sociales... Ils vous croiront et alors peut-&#234;tre le mouvement s'arr&#234;tera-t-il ? &#187; (L&#233;on Blum au proc&#232;s de Riom.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 juin, Blum s'adresse par trois fois aux gr&#233;vistes : le gouvernement n'a toujours pas &#171; eu le temps &#187; d'obtenir l'investiture de la Chambre. C'est l'ill&#233;galit&#233; au service des int&#233;r&#234;ts de... la l&#233;galit&#233; du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 6 et 7 juin, la gr&#232;ve gagne la plupart des villes de province, les &#171; cols blancs &#187; se joignent aux travailleurs manuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La panique du grand patronat est directement proportionnelle avec l'ampleur du mouvement ; oui, Trotsky a raison : la r&#233;volution fran&#231;aise a commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point, Lebrun, Blum, Thorez, Daladier, Jouhaux, sont d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc enrayer le processus, faire rentrer la gr&#232;ve, faire accepter &#224; la classe ouvri&#232;re qu'elle reprenne la vie quotidienne, respecte la propri&#233;t&#233;, la l&#233;galit&#233;, l'ordre bourgeois. En un mot, c&#233;der quelque chose pour &#233;viter le pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords Matignon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale de la production fran&#231;aise (anc&#234;tre du C.N.P.F.) n'y va pas par quatre chemins. Vendredi 5 au matin, Alexandre Lambert-Ribot, d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral du Comit&#233; des Forges, coll&#232;gue de Blum au Conseil d'Etat, le fait pr&#233;venir qu'il souhaite lui parler. Lambert-Ribot d&#233;clare au chef du gouvernement que la C.G.P.F. d&#233;sire que &#171; sans perdre une minute &#187; soit organis&#233;e une rencontre entre repr&#233;sentants des syndicats et ceux du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout va aller tr&#232;s vite. Le 7 juin, &#224; 15 heures, L&#233;on Blum, Jouhaux, Frachon, Belin, Serrat, Cordier, Milain pour la C.G.T. Duchemin, Richemond, Dalbonge, Lambert-Ribot pour la C.G.P.F. s'assoient &#224; la table des n&#233;gociations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re discussion dure jusqu'&#224; 20 heures. Puis reprend &#224; 23 heures. A 0h40, l' &#171; accord Matignon &#187; est sign&#233; et communiqu&#233; &#224; la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ont c&#233;d&#233; sur tous les points &#187;, dira Frachon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Mais pour maintenir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, pour maintenir l'ETAT, pour &#233;viter l'explosion, l'affrontement direct &#224; un niveau sup&#233;rieur entre les masses ouvri&#232;res et le grand capital, le patronat &#171; l&#226;che &#187; en cette journ&#233;e plus qu'en trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats sont loin d'&#234;tre n&#233;gligeables :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;tablissement imm&#233;diat de contrats collectifs de travail ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;reconnaissance du droit de se syndiquer - majoration des salaires de 7 &#224; 15 %&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications arrach&#233;es n'ont rien de commun avec les formules creuses du programme de Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat conc&#232;de des revendications consid&#233;rables pour conserver l'essentiel : la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Les tendances fondamentales du mouvement des masses vont vers l'appropriation des moyens de production. Spontan&#233;es mais confuses, elles trouvent &#231;&#224; et l&#224; une expression plus claire. Les m&#233;tallos sont &#224; l'avant-garde du mouvement. C'est eux qui d&#233;gagent le plus clairement la tendance du mouvement. Un d&#233;l&#233;gu&#233; de Rateau d&#233;clare : &#171; Les camarades sauront bien organiser le travail sans les patrons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers de l'a&#233;ronautique proposent &#224; Cot, ministre de l'Air, de nationaliser les usines d'armement et d'en prendre le contr&#244;le direct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes se tournent vers &#171; leurs &#187; ministres du Front populaire en disant : &#171; Nous sommes pr&#234;ts ! Donnez les consignes, les directives, nous agirons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Usines occup&#233;es, grands magasins, banques, compagnies d'assurances, le temple du profit, la Bourse elle-m&#234;me, est menac&#233;e par la gr&#232;ve...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe de la profondeur de la crise : la police est atteinte dans son &#171; moral &#187;. L'Etat bourgeois dont elle est une composante va-t-il tenir ? Comme toujours en ces cas-l&#224;, elle perd sa superbe, son assurance, sa certitude d'&#234;tre la force, donc le droit. Elle se sent &#171; plus pr&#232;s du peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords Matignon sont salu&#233;s par la presse des organisations et partis ouvriers comme une formidable victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Humanit&#233; titre : &#171; La victoire est acquise. &#187; Le Populaire &#233;crit : &#171; Victoire ! Victoire ! Les patrons ont capitul&#233; !... Les patrons ? Quels patrons ? Tous ! [...] Victorieux, les ouvriers peuvent reprendre le travail... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8, Jouhaux d&#233;clare &#224; la radio, apr&#232;s avoir analys&#233; la port&#233;e des &#171; accords &#187; : &#171; Dans chaque entreprise la gr&#232;ve doit cesser si le patron d&#233;clare adh&#233;rer &#224; l'accord du 7 juin [...]. La C.G.T. s'est formellement engag&#233;e &#224; favoriser ce processus d'apaisement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs en gr&#232;ve comprennent que ce que le patronat l&#226;che t&#233;moigne de sa peur de perdre beaucoup plus, sinon tout. Mais les accords Matignon sont l'accord de la trahison, le n&#339;ud coulant que l'on veut passer autour de la gorge de la classe ouvri&#232;re pour faire cesser la gr&#232;ve. Les travailleurs en ont l'intuition : ils refusent de cesser la gr&#232;ve, de reprendre le travail, la vie quotidienne de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la gr&#232;ve ne cesse pas, mais de nouvelles corporations vont entre le 7 et le 12 juin entrer dans l'action, encourag&#233;es par les accords sign&#233;s &#224; Matignon. Dans le Nord, le Midi, en Afrique du Nord, des centaines de milliers de prol&#233;taires faites passent &#224; l'action, &#171; relevant &#187; ceux qui rentrent dans la r&#233;gion parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la banlieue, les m&#233;tallos ren&#226;clent. Confus&#233;ment, la classe ouvri&#232;re sent qu'elle peut aller plus loin. Le mardi 9 juin, 700 d&#233;l&#233;gu&#233;s des usines en gr&#232;ve se r&#233;unissent salle Mathurin-Moreau. Les dirigeants de la C.G.T. demandent aux travailleurs de se prononcer sur la fin de la gr&#232;ve : les d&#233;l&#233;gu&#233;s interviennent et exigent que toutes leurs revendications - d&#233;passant l'accord de Matignon - soient honor&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;tallos ne reprendront pas le travail : la C.G.T. s'incline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 juin, apr&#232;s avoir enregistr&#233; le refus de, patrons, la C.G.T. fait son compte rendu devant une nouvelle assembl&#233;e de d&#233;l&#233;gu&#233;s : la col&#232;re gronde et les travailleurs commencent &#224; envisager une manifestation de rue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils d&#233;cident de continuer la gr&#232;ve : la CGT s'incline &#224; nouveau...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11, apr&#232;s de nouvelles n&#233;gociations, o&#249; le patronat recule, nouvelle assembl&#233;e pr&#233;sid&#233;e par Frachon. Malgr&#233; les concessions enregistr&#233;es, les d&#233;l&#233;gu&#233;s exigent au nom de leurs camarades que toutes les traites soient pay&#233;es. Les m&#233;tallos ne c&#232;dent pas, malgr&#233; les appels de Frachon et d'Henaff. Certains d&#233;l&#233;gu&#233;s reprennent les propositions d'organiser une manifestation pour &#171; descendre sur Paris &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12, le patronat c&#232;de sur tous les points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, malgr&#233; les illusions, les incertitudes de la classe ouvri&#232;re, Trotsky a-t-il raison d'&#233;crire : &#171; La r&#233;volution fran&#231;aise a commenc&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez : &#171; Il faut savoir terminer une gr&#232;ve &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa fondation en 1921, le parti communiste fran&#231;ais a connu jusqu'en 1934 bien des vicissitudes, Au moment de la scission, il &#233;tait largement majoritaire et comptait plus de 100 000 membres. En revanche, la C.G.T.U., n&#233;e de la scission que l'appareil r&#233;formiste avait impos&#233;e afin le courant r&#233;volutionnaire ne devienne majoritaire, &#233;tait rest&#233;e minoritaire. La politique tour &#224; tour opportuniste, puis sectaire et aventuriste, que l'I.C. stalinis&#233;e devait imposer jusqu'en 1934 au P.C.F. l'avait r&#233;duit &#224; quelque dix &#224; vingt mille adh&#233;rents en 1933, la C.G.T.U. n'&#233;tant plus qu'un squelette. 1934 va voir se modifier cette tendance. Si la grande masse des travailleurs regarde du c&#244;t&#233; de la S.F.I.O., si celle-ci voit cro&#238;tre ses effectifs, si par milliers les ouvriers d'avant-garde y entrent et cherchent &#224; se constituer en courant r&#233;volutionnaire, aux yeux des masses l'U.R.S.S. reste le pays de la r&#233;volution d'Octobre, l'I.C. et le P.C.F. ses repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure o&#249; de 1934 &#224; 1936 s'affirme la marche &#224; la crise r&#233;volutionnaire, les masses et les militants se tournent de plus en plus nombreux vers le parti qui leur semble &#234;tre celui de la r&#233;volution. De 1934 &#224; 1936, le P.C.F. reconstitue son cadre militant. Il reste minoritaire par rapport au P.S., mais ce sont d&#233;j&#224; plusieurs dizaines de milliers de militants qui le rejoignent. Ils vont &#234;tre les cadres organisateurs des couches profondes et d&#233;cisives du prol&#233;tariat en mouvement en juin 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Lefranc, les effectifs du P.S. et du P.C.F. &#233;voluent de la fa&#231;on suivante : &#171; En avril 1936, les effectifs de la S.F.I.O. d&#233;passent ceux de la S.F.I.C. (114 000 contre 106 000). En mai 1936, la S.F.I.O. est distanc&#233; : elle compte 127 000 adh&#233;rents contre 131 000 au parti communiste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les mois suivants, la S.F.I.O. atteindra 200 000 adh&#233;rents environ. Au comit&#233; central du 22 f&#233;vrier 1937, la direction du P.C.F. affirme son parti est pass&#233; de 80 000 adh&#233;rents au congr&#232;s de Villeurbanne en janvier 1936 &#224; 220 000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande masse de travailleurs adh&#232;rent &#224; la section fran&#231;aise de la III&#176; Internationale, voyant dans le P.C.F. le parti h&#233;ritier de la r&#233;volution d'Octobre, de L&#233;nine, du combat pour le socialisme. Les masses le chargent de leurs espoirs, de leurs esp&#233;rances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature du P.C.F. n'est pas identique &#224; celle de la S.F.I.O. L'un et l'autre sont des partis ouvriers. bourgeois contre-r&#233;volutionnaires. Mais la S.F.I.O. est directement li&#233;e &#224; sa bourgeoisie, au syst&#232;me imp&#233;rialiste. Le P.C.F. d&#233;pend enti&#232;rement de la bureaucratie du Kremlin : il est un rouage de son appareil international, et c'est par sa m&#233;diation qu'il est li&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme au maintien du capitalisme, de l'ordre bourgeois international. Les masses, malgr&#233; sa politique, sentent que ce parti n'est pas identique &#224; la vieille S.F.I.O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le P.C.F. ne participe pas au gouvernement de L&#233;on Blum, il se borne a le soutenir. Ce qui contribue &#224; le faire appara&#238;tre comme un parti &#171; diff&#233;rent &#187; de la S.F.I.O. pass&#233;e depuis 1914 du c&#244;t&#233; de l'ordre bourgeois avec toute la social-d&#233;mocractie internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en r&#233;alit&#233;, c'est le P.C.F. qui va en 1936 s'opposer le plus f&#233;rocement, le plus directement, et d&#233;j&#224; le plus efficacement, au mouvement des masses, &#224; leurs aspirations r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez prononce en 1936 toute une s&#233;rie de discours au cours desquels il &#171; tend la main aux catholiques et aux Croix-de-Feu &#187;. Le 6 ao&#251;t, il concr&#233;tise au cours d'un discours au gymnase Huyghens ce que cela signifie, il appelle &#224; la &#171; consti&#172;tution du Front des Fran&#231;ais &#187; de Thorez &#224; Paul Reynaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Malheureusement, nos partenaires du Front populaire n'accept&#232;rent pas nos propositions du Front des Fran&#231;ais, et il fallut les retirer &#187;, &#233;crit Jacques Duclos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore Thorez qui m&#232;ne l'offensive, au premier rang, contre le processus r&#233;volutionnaire en cours ; c'est que la pouss&#233;e des masses place les militants du P.C.F. dans les entreprises dans une situation contradictoire : suivre le bureau politique qui freine les gr&#232;ves et les occupations, ou les masses qui combattent et cherchent une direction, et se tournent naturellement vers les militants du P.C.F., consid&#233;r&#233;s comme des militants d'un parti r&#233;volutionnaire. A. Ferrat, ancien dirigeant des J.C., membre du C.C., proteste contre la politique suivie depuis le pacte d'unit&#233; d'action de 1934 et propose au C.C. que le P.C.F. prenne la t&#234;te des mouvements pour d&#233;passer le Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ferrat ne fait qu'exprimer de mani&#232;re assez confuse la position de nombreux militants du rang qui esp&#232;rent que le processus r&#233;volutionnaire engag&#233; par des millions d'ouvriers ira jusqu'&#224; son terme : la prise du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Ferrat est imm&#233;diatement exclu du P.C.F. Thorez, Duclos, Frachon, Gitton, ne badinent pas avec la d&#233;fense de l' &#171; ordre social &#187;, c'est-&#224;-dire l'ordre du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse au c&#233;l&#232;bre article de Marceau Pivert &#171; Tout est possible &#187;, Marcel Gitton &#233;crit dans L'Humanit&#233; du 26 mai : &#171; Tout n'est pas possible [...]. Il n'est nullement question de chambardement ni d'anarchie [...]. Non ! Non ! Marceau Pivert, il n'est pas question pour le gouvernement de demain d' &#034;op&#233;rations chirurgicales&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les positions sont claires, la puissance du mouvement, le d&#233;bordement de la C.G.T. conduisent Maurice Thorez, lors du rassemblement des militants du P.C.F. au gymnase Jean-Jaur&#232;s &#224; Paris, &#224; pr&#233;ciser la politique contre-r&#233;volutionnaire dict&#233;e par Moscou : &#171; Notre but reste le pouvoir des soviets, mais ce n'est pas pour ce soir, ni pour demain matin [...]. Alors, il faut savoir terminer une gr&#232;ve d&#232;s que satisfaction a &#233;t&#233; obtenue. Il faut m&#234;me savoir consentir un compromis si toutes les revendications n'ont pas encore &#233;t&#233; accept&#233;es, mais que l'on a obtenu la victoire sur les plus essentielles des revendications. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenant &#171; en main &#187; les militants qui se laissent aller aux &#171; tendances gauchistes &#187;, Thorez prend l'exemple des m&#233;tallos parisiens. Il jette toute la force du P.C.F., aur&#233;ol&#233; de la gloire du parti de la r&#233;volution victorieuse en U.R.S.S. dans la lutte contre la r&#233;volution montante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain de ce c&#233;l&#232;bre discours, un mot d'ordre, revient dans tous les discours, toutes les interventions des dirigeants du P.C.F. : &#171; Il faut savoir terminer une gr&#232;ve... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive contre les masses est men&#233;e par les dirigeants du P.C.F., en liaison avec le gouverne. ment de Front populaire, qui le 12 juin au soir fait saisir &#224; l'imprimerie le journal des trotskystes Lutte ouvri&#232;re qui titre : &#171; Dans les usines et dans les rues, le pouvoir aux ouvriers. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 juin, le groupe parlementaire radical fait savoir par Daladier qu'il est &#171; tr&#232;s inquiet &#187; devant les &#233;v&#233;nements. Le gouvernement enregistre, et engage des poursuites contre les dirigeants trotskystes. Salengro affirme que le cas &#233;ch&#233;ant, l'ordre sera maintenu par la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;En pr&#244;nant la &#034;paix sociale&#034;, l'unit&#233; fran&#231;aise&#034;, les Blum, les Thorez, les Jouhaux, chacun &#224; sa fa&#231;on et tous ensemble, ont d&#233;sarm&#233; la classe ouvri&#232;re. Ils l'ont livr&#233;e, pieds et poings li&#233;s, &#224; un adversaire impatient de prendre sa revanche. (...) le plus n&#233;faste a &#233;t&#233; de faire accroitre aux travailleurs que le gouvernement de Front Populaire &#224; direction socialiste et active participation radicale &#233;tait, en quelque sorte, leur gouvernement. Comme l'a soulign&#233; Trotsky, les ouvriers furent incapables de reconna&#238;tre l'ennemi, car on l'avait d&#233;guis&#233; en ami. leurs chefs entour&#232;rent le pouvoir bourgeois d'un &#233;cran qui dissimula sa v&#233;ritable nature, le rendit m&#233;connaissable, donc invuln&#233;rable. (...) Ce gouvernement providentiel sera, en r&#233;alit&#233;, un gouvernement d&#233;bile. &#201;cartel&#233; entre des masses encore relativement turbulentes (malgr&#233; tous les appels &#224; la &#034;concorde&#034; lanc&#233;s &#224; leur seule adresse) et un patronat d&#233;cid&#233; &#224; sabrer les conqu&#234;tes sociales, il ne disposera d'aucun appui vraiment stable, et il en sera r&#233;duit &#224; pratiquer un perp&#233;tuel jeu de bascule : maintenir le contact avec les masses, tout en freinant leur &#233;lan ; rechercher le soutien des groupes capitalistes les moins r&#233;actionnaires, mais en subissant leurs conditions (...) La retraite op&#233;r&#233;e sous le drapeau du front Populaire s'ach&#232;vera en une &#233;crasante d&#233;faite. Mais, la dialectique des luttes sociales &#233;tant complexe, cette &#233;volution ne sera ni rectiligne ni unilat&#233;rale. Pendant toute une p&#233;riode, la classe ouvri&#232;re continuera, dans une certaine mesure, &#224; aller de l'avant. Elle se d&#233;mystifiera. Elle consolidera son organisation, ses points d'appui, ses syst&#232;mes de solidarit&#233;. elle poursuivra son recrutement, atteignant le chiffre record de cinq millions de syndiqu&#233;s. Elle r&#233;agira avec vigueur contre les coups que lui porteront, tant&#244;t la r&#233;action, tant&#244;t les fascistes. Elle n'h&#233;sitera pas &#224; recourir, en maintes occasions, le plus souvent malgr&#233; ses mauvais bergers, &#224; l'arme de la &#034;gr&#232;ve sur le tas&#034;. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre lanc&#233; par Maurice Thorez, le 11 juin, d'en terminer avec les gr&#232;ves n'avait &#233;t&#233; que tr&#232;s incompl&#232;tement suivi. Pendant la seconde quinzaine de juin et tout le mois de juillet, les &#034;gr&#232;ves sur le tas&#034; continu&#232;rent &#224; faire boule de neige. Apr&#232;s l'accalmie du mois d'ao&#251;t, pendant lequel l'application des cong&#233;s pay&#233;s provoqua, pour la premi&#232;re fois, la fermeture de nombreuses entreprises, les &#034;occupations&#034; reprirent de plus belle. (...) le ministre de l'Int&#233;rieur, le socialiste Salengro, avait jur&#233; d'y mettre un terme &#034;par tous les moyens appropri&#233;s&#034;. (...) Le 7 octobre, Blum passa des g&#233;missements aux actes : deux cent cinquante gardiens de la paix forc&#232;rent la porte de la Chocolaterie des Gourmets, rue Violet, &#224; paris, et, apr&#232;s une dure bagarre, en expuls&#232;rent les &#034;occupants&#034;. (...) Au d&#233;but de juin 1937, la crise financi&#232;re s'est aggrav&#233;e (...) ,Blum annonce soudain qu'il d&#233;missionne et passe la main au radical Camille Chautemps. (...) Le 2&#034; d&#233;cembre 1937, &#224; Colombes, la gigantesque usine Goodrich fut occup&#233;e par son tr&#232;s nombreux personnel. (...) Le 30, &#224; l'aube, le camarade Max Dormoy, toujours ministre de l'Int&#233;rieur, fit encercler l'entreprise par six cents gardes mobiles, avec mission de d&#233;loger les gr&#233;vistes. (...) En fin de journ&#233;e, quelque trente mille ouvriers, accourus, entouraient le &#034;fort&#034; Goodrich. (...) les sbires de Dormoy durent battre en retraite. Mais les staliniens de l'Union des Syndicats de la r&#233;gion parisienne, Eug&#232;ne H&#233;naff en t&#234;te, exig&#232;rent, le 9 janvier, le respect d'une sentence arbitrale de compromis, qui &#233;quivalait &#224; une capitulation.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Gu&#233;rin dans &#034;Le Front Populaire, r&#233;volution manqu&#233;e&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1530&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1530&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1940, la politique capitularde des syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1360&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1360&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1938&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trahison syndicale de la gr&#232;ve Goodrich&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est pr&#233;r&#233;volutionnaire ou pr&#233;contre-r&#233;volutionnaire en France, mais les syndicats n'essaient nullement &#224; la faire basculer vers la lutte prol&#233;tarienne. Les dirigeants syndicaux ont aussi peur d'une nouvelle mont&#233;e vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale que les bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGTU stalinienne, aux c&#244;t&#233;s du PCF, soutient le pacte germano-sovi&#233;tique. Les militants qui sortaient de la politique d'alliance avec la bourgeoisie nationale au nom de l'anti-fascisme, sont d&#233;moralis&#233;s et d&#233;boussol&#233;s. La bourgeoisie en profite pour r&#233;primer les militants ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT reconnaissent les int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes de la France aux colonies&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1940&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La marche &#224; la guerre et au fascisme ne radicalise pas la CGT vers la gauche. En France, il n'y avait pas de place pour une existence ind&#233;pendante des syndicats staliniens. Ils s'unirent aux soi-disant anarcho-syndicalistes sous la direction de Jouhaux et, comme r&#233;sultat de cette unification, il y eut un d&#233;placement g&#233;n&#233;ral du mouvement syndical, non vers la gauche, mais vers la droite. La direction de la CGT est l'agence la plus directe et la plus ouverte du capitalisme imp&#233;rialiste fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6775&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6775&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie du mouvement syndical passe directement au p&#233;tainisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-reunification-de-la-cgt-dans-la-resis-115390183.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-reunification-de-la-cgt-dans-la-resis-115390183.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1941&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la guerre et le p&#233;tainisme, la CGT, r&#233;prim&#233;e, passe dans la clandestinit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la rupture du pacte garmano-sovi&#233;tique et la guerre d'Hitler contre l'URSS, les pactes se font entre stalinisme et imp&#233;rialisme occidental et les staliniens peuvent &#224; nouveau marier nationalisme fran&#231;ais et soutien de la bureaucratie du Kremlin (mensong&#232;rement appel&#233; &#171; communisme &#187; ou &#171; soviets &#187;). Les militants ouvriers staliniens, momentan&#233;ment alli&#233;s des nazis, deviennent &#224; nouveau les plus fervents d&#233;fenseurs de la d&#233;mocratie occidentale et de la nation fran&#231;aise, des combattants contre le fascisme, et blabla et blabla&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1943&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une partie du mouvement syndical passe &#224; la &#171; r&#233;sistance &#187;, mouvement sous l'&#233;gide du g&#233;n&#233;ral De Gaulle et des imp&#233;rialismes anglo-am&#233;ricain mais aussi du PCF stalinien. La r&#233;sistance n'est absolument pas un mouvement &#224; caract&#232;re de classe prol&#233;tarien mais une alliance de classe affich&#233;e et assum&#233;e au nom du nationalisme et de la lutte anti-fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1944&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re, elle, fait confiance au PC, au PS et &#224; la CGT et compte sur eux pour arracher &#224; De Gaulle des r&#233;formes substantielles en faveur de la d&#233;mocratie et des travailleurs !&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#034;confiance&#034; g&#233;n&#233;rale cache en r&#233;alit&#233; un conflit in&#233;vitable. En l'absence d'une am&#233;lioration &#233;conomique et diplomatique consid&#233;rable et imm&#233;diate &#8211; ce qui est chose exclue &#8211; que se passera-t-il ? Les travailleurs patienteront sous la pression des organisations social-patriotes, mais ne pourront pas cesser d'exiger des am&#233;liorations constantes, ce qui les poussera de plus en plus loin dans la voie de la lutte anti-capitaliste et pour leur propre pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
En France depuis le pacte Staline-Laval (1935) les chefs staliniens ont gliss&#233; progressivement vers la d&#233;magogie nationaliste. Ayant repris le mot-d'ordre de &#034;la France aux Fran&#231;ais&#034; &#224; l'Action Fran&#231;aise, ils en sont arriv&#233;s &#224; reprendre &#034;la Marseillaise&#034; aux trusts (Duclos) !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les chefs staliniens expliquent aux militants de la base que tout cela n'est que de la &#034;tactique&#034;, que l'internationalisme doctrinal est difficile &#224; faire rentrer dans la t&#234;te des masses et qu'en gagnant les masses &#224; eux avec des mots-d'ordre qui &#034;prennent&#034;, ils nous conduiront eux, les chefs, vers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6937&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6937&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;barquement alli&#233; (c'est-&#224;-dire la victoire des imp&#233;rialismes anglais et am&#233;ricain sur l'imp&#233;rialisme allemand), le gaullisme alli&#233; &#224; la r&#233;sistance int&#233;rieure c'est-&#224;-dire surtout au stalinisme (politique et syndical), arrive au pouvoir. Les alli&#233;s renoncent &#224; gouverner directement la France comme un pays vaincu (comme Italie et Allemagne) et la consid&#232;rent comme un alli&#233;&#8230; Il s'agit d'&#233;viter tous risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens en France. Les staliniens (politiques et syndicaux) sont particuli&#232;rement en charge de ce volet contre-r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; lib&#233;ration &#187; n'est pas celle des prol&#233;taires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, les gr&#232;ves ouvri&#232;res, c'est seulement contre l'occupant allemand !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme est en vainqueur en France et il impose, par l'action du PCF et de la CGT r&#233;unifi&#233;e, aux ouvriers de &#171; retrousser les manches pour reconstruire la France &#187; (c'est la France des capitalistes !). Produire devient un devoir de classe, d&#233;clare la CGT comme le PCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT entre au gouvernement capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, police politique anti-ouvri&#232;re dans l'entreprise en 1944-1946&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benoit Frachon, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, est partout sur le front des gr&#232;ves pour lutter CONTRE la lutte de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7800&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7800&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frachon n'est que la copie syndicale de Maurice Thorez qui d&#233;clare &#224; Waziers, aux mineurs de charbon, le 21 juillet 1945 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'est en 1934, que nous avons propos&#233;, lanc&#233; et fait triompher l'id&#233;e du Front populaire pour la libert&#233;. (&#8230;) Nous avons propos&#233; le Front fran&#231;ais, l'union de tous les Fran&#231;ais. (&#8230;) Les deux cent familles, les trusts (&#8230;) se mirent &#224; saboter l'&#233;conomie nationale, &#224; provoquer les gr&#232;ves comme le rappelait tout &#224; l'heure Martel. C'est vrai que nous seuls, les communistes, avons eu assez d'autorit&#233; pour pouvoir, en juin 1936, mettre en terme aux gr&#232;ves, que nous seuls pouvions avoir assez d'autorit&#233; pour dire, il y a cinq mois : il faut en finir avec jeux de guerre civile (&#8230;) La v&#233;rit&#233; sur 1939 : vous vous souvenez encore de ces journaux, chers camarades : la trahison de Staline, la trahison russe, la trahison des communistes ? (&#8230;) En v&#233;rit&#233;, c'est un traquenard que l'on tendait &#224; l'Union sovi&#233;tique. On pr&#233;tendait engager la guerre, une guerre o&#249; la Pologne devait s'effondrer rapidement, comme ce fut le cas, et ainsi les arm&#233;es hitl&#233;riennes pourraient d&#233;ferler rapidement &#224; travers toute l'Union sovi&#233;tique. L'Arm&#233;e rouge avait &#233;t&#233; mise dans l'impossibilit&#233; de pr&#233;parer sa mobilisation, l'Arm&#233;e rouge &#233;tait dans l'impossibilit&#233; de faire face &#224; l'agression. (&#8230;) De Londres, le g&#233;n&#233;ral De Gaulle lan&#231;ait son appel, organisait les &#171; Forces fran&#231;aises libres &#187;. Nous menions la bataille de la R&#233;sistance &#224; l'int&#233;rieur de notre pays (&#8230;) Aujourd'hui, chers camarades, de graves p&#233;rils nous menacent dans le domaine de la production. On ne le sait pas assez. (&#8230;) Le probl&#232;me d&#233;cisif de l'heure, c'est le probl&#232;me de la production. Vous le savez d&#233;j&#224;, chers camarades, c'est ce qui m'a amen&#233; &#224; Waziers, c'est pourquoi le Bureau politique m'a envoy&#233; vous parler, &#224; vous, les mineurs. J'aborde ici une partie importante de mon rapport, la question du charbon. (&#8230;) Je voudrais &#233;tablir un fait pour montrer l'effort des mineurs. En janvier, la production brute s'&#233;tait &#233;lev&#233;e &#224; 2.700.000 tonnes contre, en 1936, une production mensuelle de 3.400.000 tonnes, c'est-&#224;-dire 80% de la production. (&#8230;) Il est vrai qu'il s'est produit un fl&#233;chissement &#224; partir d'avril, fl&#233;chissement dans la production et fl&#233;chissement dans le rendement. Il y a diverses causes &#224; cela : ravitaillement d&#233;fectueux, manque de v&#234;tements, et en raison d'un m&#233;contentement plus ou moins justifi&#233; contre l'insuffisance de l'&#233;puration. Il y a aussi des gr&#232;ves, tr&#232;s peu justifi&#233;es. (&#8230;) Tout cela entra&#238;ne, dans un m&#233;tier comme le m&#233;tier de mineur, une certaine d&#233;sorganisation. (&#8230;) Il faut donner aux ouvriers mineurs de fond un certain salaire (&#8230;) Le prix &#224; la t&#226;che. On a accord&#233; la possibilit&#233; d'une majoration qui peut aller jusqu'&#224; 60% (&#8230;) L'essentiel est d'obtenir du charbon et, pour obtenir du charbon, il faut payer les sommes fix&#233;es. (&#8230;) Il faut ici, chers camarades, saluer le sacrifice de vos camarades de la m&#233;tallurgie qui viennent de renoncer &#224; leurs vacances pay&#233;es pour vous fabriquer des marteaux-piqueurs. Ce sont les m&#234;mes camarades qui, l'hiver dernier, aux Forges et Ateliers de Meudon, manquant de courant &#233;lectrique dans le jour, avaient demand&#233; et obtenu de leur direction, de travailler la nuit par un froid rigoureux sans suppl&#233;ment de salaire pour pouvoir produire pour vous. (&#8230;) A propos de la coupe &#224; terre, pourquoi ne pas g&#233;n&#233;raliser les 3X8 : deux postes au charbon, le troisi&#232;me au remblai ? (&#8230;) Nous savons que les avis des ouvriers peuvent bien souvent influencer d'une fa&#231;on tr&#232;s favorable les d&#233;cisions des ing&#233;nieurs. Je pense qu'en d&#233;finitive la d&#233;cision reste &#224; l'ing&#233;nieur et qu'une d&#233;cision doit &#234;tre appliqu&#233;e sur l'ordre de l'ing&#233;nieur et qu'une d&#233;cision doit &#234;tre appliqu&#233;e sur l'ordre de l'ing&#233;nieur, autrement il n'y a pas d'autorit&#233; possible, d'exploitation possible. (&#8230;) Il y a d'autres raisons de la crise du charbon sur lesquelles je voudrais m'expliquer aussi ouvertement et aussi franchement. Ce sont celles qui tiennent &#224; l'effort insuffisant des mineurs eux-m&#234;mes, &#224; votre effort &#224; vous. (&#8230;) Il y a des causes de m&#233;contentement, mais ce n'est pas une raison pour ralentir l'effort. Il faut au contraire le d&#233;velopper et briser tous les obstacles. Vous croyez que les camarades de la Loire sont contents quand on leur envoie comme directeur l'ancien directeur &#233;pur&#233; des Mines de Dourges ? Ils ne sont pas contents non plus et vous croyez qu'ils ont dit pour cela : nous faisons la gr&#232;ve ? Non. Martel a eu raison tout &#224; l'heure de stigmatiser de telles attitudes. Ils n'ont pas c&#233;d&#233; au courant public de d&#233;magogie et de vaine popularit&#233;. Comme disait le camarade Staline, nous ne craignons pas les difficult&#233;s, nous sommes faits pour surmonter les difficult&#233;s et nous les surmonterons. (&#8230;) Il y a pas mal d'exemples de mineurs qui pr&#233;tendent ne pas forcer &#224; la production, ne pas pousser &#224; la production et pas seulement parce qu'ils ont crainte de voir baisser les prix &#224; la t&#226;che. (&#8230;) Ils ne veulent pas para&#238;tre pour des macas. (&#8230;) Les macas, chers camarades, c'&#233;taient ceux qui for&#231;aient &#224; la production pour le profit du patron au d&#233;triment de leurs fr&#232;res, les ouvriers mineurs. (&#8230;) Il y a des camarades qui disent : &#171; Mais si je travaille davantage, je donne davantage aux actionnaires puisqu'il reste des actionnaires. &#187; C'est une erreur, chers camarades. (&#8230;) Si vous produisez beaucoup, c'est seulement dans l'int&#233;r&#234;t du pays, et c'est dans votre propre int&#233;r&#234;t. Et puis, je veux revenir sur la question des absences. On parle, on donne beaucoup de raisons, de pr&#233;textes, &#224; ce propos. Je dois vous dire, chers camarades, que je ne suis pas tout &#224; fait convaincu des raisons qu'on donne pour justifier les absences. (&#8230;) On s'absente trop facilement, pour un oui, pour un non et un mineur qui a le go&#251;t de son m&#233;tier sait tr&#232;s bien que tant d'absences entra&#238;nent une d&#233;sorganisation compl&#232;te du travail. Les camarades pr&#233;sents sont les premiers &#224; en souffrir. L'absence est justifi&#233;e ou n'est pas justifi&#233;e. Au lieu de produire, on d&#233;sorganise la production, on fait tort &#224; ses camarades et pour quelle raison ? Parfois pour un oui, pour un non, pour une &#233;gratignure. Je dis que c'est un scandale. Je ne peux pas comprendre, par exemple, que des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la Caisse de secours puissent donner des billets de malade sans journ&#233;e de malade. (&#8230;) Chers camarades, celui qui a le billet de malade sans journ&#233;e de malade, il a aussi son ravitaillement ; il a aussi les litres de vin, il a aussi la viande ; il mange la part de ses camarades. Ce n'est pas possible, on ne peut pas continuer comme cela. Il faut avoir plus de conscience. Je vais vous dire, mes chers camarades, que, dans le bassin de la Loire, la m&#234;me question s'est pos&#233;e pendant l'hiver, quand il y a eu tant de grippes, quand il y a eu tant de difficult&#233;s alimentaires. Le syndicat a r&#233;uni les d&#233;l&#233;gu&#233;s des Caisses de secours et leur a dit : &#171; Epluchez les billets de malade et discutez avec les m&#233;decins &#187; et on leur a dit : &#171; Ces m&#233;decins, pour la plupart, ne sont pas vos amis. Ces m&#233;decins, ils donnent facilement les billets. (&#8230;) Ils poussent &#224; la d&#233;sorganisation. &#187; Il va y avoir des &#233;lections &#224; la Caisse de secours. Le syndicat doit demander que ces questions soient pos&#233;es largement, et dire aux d&#233;l&#233;gu&#233;s des Caisses de secours que vous allez &#233;lire : &#171; Il faut &#234;tre intransigeant ; c'en est fini avec de telles m&#233;thodes, parce que c'est de l'anarchie, un encouragement &#224; la paresse. &#187; Voici un autre cas. On m'a signal&#233; l'autre jour que dans un puits, le puits de l'Escarpelle, une quinzaine de jeunes gens, des galibots, ont demand&#233; de partir &#224; six heures pour aller au bal. Je dis que c'est inadmissible. (&#8230;) Ici, chers camarades, je le dis en toute responsabilit&#233;, au nom du Comit&#233; central, au nom des d&#233;cisions du Congr&#232;s du Parti, je le dis franchement : il est impossible d'approuver la moindre gr&#232;ve, surtout lorsqu'elle &#233;clate comme la semaine derni&#232;re, aux mines de B&#233;thune, en dehors du syndicat et contre le syndicat. On a pris des sanctions. Sur quatre porions, on en a r&#233;int&#233;gr&#233; deux, en les r&#233;trogradant d'ailleurs. (&#8230;) Je le dis tout net : si nous n'appliquons pas les d&#233;cisions de notre propre syndicat (&#8230;) nous allons &#224; l'anarchie, nous faciliterons les provocations contre les mineurs, contre la classe ouvri&#232;re et contre la R&#233;publique. Eh bien ! quelques camarades s'insurgent, ils d&#233;clenchent la gr&#232;ve au n&#176;2 et dans toute la concession, si bien que nous avons perdu 30.000 tonnes de charbon au moins en une p&#233;riode o&#249; le pays a besoin de la moindre gaillette, &#224; l'heure o&#249; nous fermons des usines, &#224; l'heure o&#249;, dans la r&#233;gion parisienne, on arr&#234;te des entreprises faute de charbon et ces ouvriers dont on arr&#234;te les usines apprennent que dans un des trous essentiels du bassin minier du Pas-de-Calais, on fait gr&#232;ve parce que le nez du porion ne revient pas au d&#233;l&#233;gu&#233;. C'est un scandale, c'est une honte, c'est une faute tr&#232;s grave contre le syndicat et l'int&#233;r&#234;t des mineurs. Des sanctions ont &#233;t&#233; prises, peut-&#234;tre pas dans les formes o&#249; elles devaient l'&#234;tre contre le d&#233;l&#233;gu&#233; mineur et son suppl&#233;ant qui avaient couru les autres puits pour d&#233;clencher la gr&#232;ve. Je dis que le mal, ce n'est pas la sanction, le mal c'est que des communistes et des militants du syndicat des mineurs se soient expos&#233;s &#224; de telles sanctions. Et, sous pr&#233;texte que l'on a sanctionn&#233; les d&#233;l&#233;gu&#233; mineur, on recommence la gr&#232;ve jusqu'&#224; jeudi soir et on a eu de la peine hier &#224; faire reprendre le travail, bien que le ministre de la Production ait rapport&#233; la sanction prise par le commissaire r&#233;gional. Ce n'est pas ainsi qu'on travaille pour le pays. (&#8230;) Chers camarades, alors on veut &#224; chaque fois faire la gr&#232;ve pour &#233;purer ou pour soutenir. On pourrait au fond en d&#233;finir le seul but : faire gr&#232;ve, pourvu qu'on ait un pr&#233;texte. (&#8230;) L'autre jour, on m'a parl&#233; d'une gr&#232;ve possible des m&#233;caniciens d'extraction. J'ai beaucoup de sympathie pour la m&#233;canique d'extraction. C'est vraiment un travail qui comporte une lourde responsabilit&#233; et on trouve chez les m&#233;caniciens d'extraction une grande conscience professionnelle. Je pense qu'il faut leur assurer les meilleures conditions de salaire et de travail. Mais, l&#224; encore, pas par la gr&#232;ve. (&#8230;) Je voudrais que ce que nous pensons au Comit&#233; central puisse passer dans la t&#234;te,dans le c&#339;ur de chacun de vous d'abord puis chez tous les mineurs, que produire, produire et encore produire, faire du charbon, c'est aujourd'hui la forme la plus &#233;lev&#233;e de votre devoir de classe, de votre devoir de Fran&#231;ais. (&#8230;) La grande t&#226;che des organisations communistes du Pas-de-Calais, c'est d'aller dans toutes les concessions de B&#233;thune, il faut aller &#224; B&#233;thune, il faut r&#233;unir toutes les sections communistes, discuter avec chaque camarade et amener les d&#233;l&#233;gu&#233;s mineurs &#224; reconna&#238;tre qu'ils ont commis une grande erreur, qu'ils doivent comprendre cette erreur et qu'ils ne doivent plus recommencer cette erreur. (&#8230;) Nous exigerons de chaque camarade le respect des d&#233;cisions du 10e Congr&#232;s du Parti et le 10e Congr&#232;s du Parti a dit : &#171; Il faut produire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1946&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le stalinisme (PCF et CGT), qui participe au pouvoir, m&#232;ne la lutte contre les gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la gr&#232;ve des postiers, les manifestations de Cherbourg, Nantes, Dijon, etc., les travailleurs entrent en r&#233;bellion ouverte contre l'ancienne direction du mouvement ouvrier, alli&#233;e au gouvernement et au patronat, et essaient de se donner dans l'&#233;preuve de l'action une direction nouvelle. La CGT, li&#233;e au PCF qui participe au gouvernement, est hostile &#224; la gr&#232;ve des postiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1947&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats cassent la remont&#233;e des gr&#232;ves. La CGT est le principal syndicat jaune de la p&#233;riode. Elle casse en particulier la grande gr&#232;ve de Renault qui a &#233;clat&#233; en se battant contre le patron et contre la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;contentement ouvrier est tel que l'appareil syndical peut &#234;tre contest&#233; l&#224; m&#234;me o&#249; il &#233;tait h&#233;g&#233;monique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche et les syndicats nous ont servi pendant de longues ann&#233;es le mythe de l'apr&#232;s-deuxi&#232;me guerre mondiale, entour&#233; des noms faussement prestigieux de &#171; Lib&#233;ration &#187;, &#171; R&#233;sistance &#187;, &#171; CNR &#187; notamment, et selon lequel le grand m&#233;rite de ceux-ci serait d'avoir fond&#233; le secteur d'&#233;conomie publique d'Etat sous la houlette des staliniens Maurice Thorez et Marcel Paul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8245&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8245&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1948 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un syndicalisme toujours enlis&#233; entre r&#233;formisme et stalinisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1948/01/monatte_19480100.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1948/01/monatte_19480100.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des mineurs est trahie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres luttes ouvri&#232;res aussi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8701&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8701&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1949 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au nom de la recherche de l'unit&#233; syndicale, la CGT fait poireauter les luttes ouvri&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/09/sdr41_091549.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/09/sdr41_091549.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT ne propose que des gr&#232;ves de 24 heures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/11/sdr45_112249.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/11/sdr45_112249.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul objectif de la CGT est de soutenir la bureaucratie russe&#8230; Depuis la fin de 1947 jusqu'au 4 juin 1952, l'appareil stalinien a utilis&#233; l'&#233;norme potentiel r&#233;volutionnaire accumul&#233; dans les profondeurs du mouvement ouvrier fran&#231;ais pour faire pression sur la bourgeoisie fran&#231;aise qu'il s'effor&#231;ait de d&#233;tacher de l'alliance atlantique. Les mouvements qu'il d&#233;clenchait devaient r&#233;pondre &#224; deux conditions : avoir une puissance suffisante pour &#233;branler la bourgeoisie, &#234;tre limit&#233;s et soigneusement contr&#244;l&#233;s pour ne pas mettre en cause le r&#233;gime capitaliste lui-m&#234;me, pour ne pas risquer que la classe ouvri&#232;re prenne conscience de sa force et d&#233;borde l'appareil. Les gr&#232;ves de novembre-d&#233;cembre 1947 mettront en action, mais par vagues successives &#224; objectifs limit&#233;s et souvent particularis&#233;s, les forces les plus importantes du prol&#233;tariat. La gr&#232;ve des mineurs d'octobre-novembre 1948 sera strictement limit&#233;e &#224; cette corporation ; mais de v&#233;ritables batailles rang&#233;es mettront aux prises, dans les r&#233;gions mini&#232;res, les forces de r&#233;pression, se comptant par dizaines de milliers, et les mineurs. D'autres gr&#232;ves de moindre envergure eurent lieu, en 1950 et 1951. Enfin, le 28 mai 1952, &#224; l'occasion de la prise de commandement du S.H.A.P.E. par le g&#233;n&#233;ral Ridgway, ancien commandant des troupes am&#233;ricaines en Cor&#233;e, le P.C.F., sous l'&#233;gide du &#171; Mouvement de la paix &#187; , mobilisa 50000 militants ouvriers pour une manifestation &#171; dure &#187; . La manifestation pr&#233;sentait un caract&#232;re aventuriste certain. Elle &#233;tait pr&#233;par&#233;e sur la ligne de la guerre froide, qui fait passer &#224; l'int&#233;rieur de la classe ouvri&#232;re une d&#233;limitation selon la division du monde en &#171; blocs &#187; . Elle s'inscrivait dans une politique qui n'ouvrait aucune autre perspective &#224; la classe ouvri&#232;re que de contraindre la bourgeoisie fran&#231;aise &#224; collaborer avec le Kremlin, plut&#244;t qu'avec Washington. Malgr&#233; tout, contre des dizaines de milliers de policiers et de C.R.S., pendant des heures, les manifestants tiendront la rue, au prix de sanglants affrontements. Et le gouvernement ayant arr&#234;t&#233; pour quelques jours Jacques Duclos (sous le pr&#233;texte d'un complot, le &#171; complot du pigeon voyageur &#187; ), la C.G.T. d&#233;clencha le 4 juin une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de protestation &#224; laquelle particip&#232;rent presque exclusivement les militants du P.C.F., et qui souligna l'isolement o&#249; la politique de l'appareil les avait conduits.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;nergie r&#233;volutionnaire dilapid&#233;e au cours de ces quelques ann&#233;es est incalculable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derniers mois de 1952 et des premiers mois de 1953, la bourgeoisie fran&#231;aise se crut assez forte pour esquisser une offensive contre la classe ouvri&#232;re. Elle proc&#233;da &#224; l'arrestation de militants de la C.G.T. et du P.C.F. : Le L&#233;ap fut incarc&#233;r&#233;, Frachon poursuivi, d'autres encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1952 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT fran&#231;aise ne fait pas campagne pour soutenir les travailleurs violemment r&#233;prim&#233;s de la colonie de Guadeloupe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1137&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1137&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1209&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1209&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1953 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Staline meurt mais pas&#8230; le stalinisme toujours h&#233;g&#233;monique dans la CGT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1953, c'est la tentative du gouvernement de remettre en question les retraites, tentative d&#233;jou&#233;e et cass&#233;e par une gr&#232;ve des fonctionnaires et aussi d'une partie du secteur priv&#233;. Mais la CGT n'est nullement en t&#234;te du radicalisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7649&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7649&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin juillet 1953, ce furent les d&#233;crets Laniel qui portaient atteinte aux r&#233;gimes de maladie et de retraite des fonctionnaires et des travailleurs des services publics. Pr&#232;s de cinq millions de travailleurs r&#233;pliqu&#232;rent par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale spontan&#233;e, en passant par-dessus les appareils syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative partit de postiers F.O. de Bordeaux. Ils transform&#232;rent un &#171; mouvement de protestation &#187; d&#233;cid&#233; par les syndicats en une gr&#232;ve totale. Ils utilis&#232;rent le central t&#233;l&#233;phonique pour appeler les postiers de la France enti&#232;re &#224; la gr&#232;ve. Ce fut une tra&#238;n&#233;e de poudre. Non seulement les postiers d&#233;bray&#232;rent, mais le gaz, l'&#233;lectricit&#233;, la S.N.C.F., la R.A.T.P., les mineurs, etc... En huit jours, c'&#233;tait la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de tous les services publics et de la fonction publique. A une assembl&#233;e de d&#233;l&#233;gu&#233;s F.O. de la R.A.T.P. un d&#233;l&#233;gu&#233; du d&#233;p&#244;t de Montrouge disait : &#171; Les bus rentraient, impossible de s'y opposer, les gars nous auraient roul&#233; dessus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6540&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6540&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'initia&#172;tive des postiers de Bordeaux qu'a d&#233;marr&#233; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Le 5 ao&#251;t, la F&#233;d&#233;ration postale F.O. lan&#231;ait le mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;&#172;rale illimit&#233;e de la corporation. La f&#233;d&#233;ration C.G.T., elle, appuyait le mouvement, mais sans lancer le mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, bien que ses militants le lui aient demand&#233;. A la R.A.T.P., un premier d&#233;brayage &#233;tait impos&#233; par les travailleurs le vendredi 7 ao&#251;t. Alors que de TOUS les d&#233;p&#244;ts, terminus, ateliers, etc.... depuis le matin 8 heures, l'ordre de gr&#232;ve &#233;tait r&#233;clam&#233; &#224; TOUS les syndicats - le premier qui donnera l'ordre de gr&#232;ve sera suivi par TOUT le personnel - il faudra attendre 11 h 20 pour que, ensemble, ils donnent l'ordre de gr&#232;ve. L'enthousiasme &#233;tait incroyable, bient&#244;t suivi d'amertume et de col&#232;re : l'ordre de gr&#232;ve &#233;tait limit&#233; jusqu'au soir minuit. La gr&#232;ve s'&#233;tendait comme une tra&#238;n&#233;e de poudre : &#233;lectriciens, gaziers, cheminots, travailleurs de la R.A.T.P., etc..., d&#233;brayaient spontan&#233;ment au cours de la journ&#233;e du mardi 11 ao&#251;t ; alors les organisations syndicales, sur proposition de la C.G.T., donn&#232;rent un ordre de gr&#232;ve de 24 heures pour le lendemain mercredi, qu'ils renouvelleront le jeudi, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la phase ascendante du mouvement, l'appareil de la C.G.T. fut, &#224; tous les niveaux, le poids lourd de la gr&#232;ve. Il lui aurait suffi de prendre la t&#234;te, de proposer un programme g&#233;n&#233;ral de la gr&#232;ve, d'appeler partout &#224; la formation de Comit&#233;s de gr&#232;ve, jusqu'au comit&#233; central de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, de donner l'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, d'appeler la gr&#232;ve &#224; prendre possession de la rue, de l'unifier en coulant dans une puissante manifestation de masse toutes les corporations en lutte pour en faire la classe en marche. &#171; Gauchisme ? &#187; Qui ne se rend pas compte de ce que signifient cinq millions de travailleurs se mettant en gr&#232;ve spontan&#233;ment, par leurs propres moyens, n'a jamais particip&#233; &#224; une gr&#232;ve ou est imperm&#233;able &#224; la compr&#233;hension de la lutte des classes. Les revendications mises en avant par les travailleurs eux-m&#234;mes ? Il suffisait, dans la p&#233;riode ascendante du mouvement, de prononcer &#224; une tribune : &#171; A bas Laniel ! &#187;, pour &#234;tre applaudi fr&#233;n&#233;tiquement. En portant atteinte aux r&#233;gimes de maladie et de retraite, le gouvernement fournissait - par une faute de calcul tactique - le mot d'ordre unificateur, commun, qui permettait, apr&#232;s des ann&#233;es de mouvements partiellis&#233;s, le combat &#171; tous ensemble &#187; . Les travailleurs l'utilisaient - &#224; d&#233;faut d'autres, que se refusaient &#224; lancer les directions ouvri&#232;res. Voil&#224; ce que prouvaient la gr&#232;ve et la fa&#231;on dont elle s'&#233;tait r&#233;alis&#233;e. Non seulement la classe ouvri&#232;re &#233;tait pr&#234;te &#224; reprendre toute revendication au niveau le plus &#233;lev&#233;, mais le mouvement en avait besoin pour garder son unit&#233; et cro&#238;tre en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_4.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_4.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1956&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT cautionnent la gauche au pouvoir et celle-ci lance la guerre d'Alg&#233;rie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1957&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT refusent de faire le lien entre lutte ouvri&#232;res en France et lutte anticoloniale du peuple alg&#233;rien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1957/01/ldc5_010857.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1957/01/ldc5_010857.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des banques de 1957 : la CGT qui ne veut pas de l'extension des gr&#232;ves est d&#233;bord&#233;e par les employ&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1958 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT ne prennent pas clairement parti pour le peuple alg&#233;rien et se laissent faire lors du coup d'&#233;tat des g&#233;n&#233;raux d'Alg&#233;rie puis de celui de De Gaulle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/fln/works/1958/04/pcf.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/fln/works/1958/04/pcf.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De 1958 &#224; 1963&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;, aucune lutte syndicale s&#233;rieuse contre le gaullisme, le stalinisme le pr&#233;sentant comme un &#171; pouvoir fort &#187; que les travailleurs qui s'engageraient contre lui paieraient dans le sang&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/just/synd_1985/sj_syndicat%201985.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/just/synd_1985/sj_syndicat%201985.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1963 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trahison de la gr&#232;ve des mineurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6541&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6541&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1966 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Naissance de l'unit&#233; d'inaction CGT-CFDT&#8230; qui n'a rien &#224; voir avec l'unit&#233; de classe des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1968 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1967, s'affirme une reprise massive de la combativit&#233; ouvri&#232;re en France. D'embl&#233;e, le parti stalinien et son appendice syndical la CGT sont en premi&#232;re ligne pour s'opposer r&#233;solu&#172;ment, contrecarrer et saboter ce d&#233;veloppement spontan&#233; des luttes ouvri&#232;res. Ils font tout pour canaliser les d&#233;brayages et les gr&#232;ves &#034;sauvages&#034; dans le cadre des occupations d'usine pour les isoler et emp&#234;cher leur extension, provoquant &#233;galement des affrontements st&#233;riles avec les forces de police venues les d&#233;loger. Conjointe&#172;ment, PCF et CGT organisent des journ&#233;es ville-morte, multiplient des occupations de b&#226;timents publics pour d&#233;fouler la combativit&#233; ouvri&#232;re accumul&#233;e depuis des ann&#233;es. Cepen&#172;dant, d'embl&#233;e ces gr&#232;ves rencontrent une soli&#172;darit&#233; active de la population et tendent &#224; s'&#233;tendre &#224; plusieurs usines d'une m&#234;me ville. Quant &#224; la r&#233;pression polici&#232;re &#224; laquelle elles se heurtent, elle contribue &#224; exacerber la col&#232;re des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1968, le PCF, fer-de-lance de la contre-r&#233;volution depuis des d&#233;cennies, allait se retrou&#172;ver rapidement face &#224; pr&#232;s de dix millions de gr&#233;vistes (2). Avec son auxiliaire c&#233;g&#233;tiste, c'est lui qui r&#233;agit le plus rapidement, pass&#233;s la surprise et l'affolement g&#233;n&#233;ral de toute la bour&#172;geoisie. Nous ne reviendrons pas sur le d&#233;rou&#172;lement des faits largement repris dans notre presse . Le parti stalinien intervient sans cesse contre la plus grande gr&#232;ve de l'histoire de la classe ouvri&#232;re mondiale pour tenter de l'en&#172;rayer &#224; plusieurs niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le reste de la bourgeoisie, le PCF et la CGT sont d'abord pris de court par la gr&#232;ve sauvage de l'usine Sud-Aviation pr&#232;s de Nantes le matin du 14 mai, suivie le 15 par les chantiers navals de Bordeaux et par le d&#233;brayage spontan&#233; de l'usine Renault-Cl&#233;on pr&#232;s de Rouen qui envoie une d&#233;l&#233;gation pour &#233;tendre la gr&#232;ve dans les autres usines de la R&#233;gie. Le 16, c'est l'usine de Renault-Flins pr&#232;s du Mans qui se met &#224; son tour en gr&#232;ve et une d&#233;l&#233;gation ouvri&#232;re de Cl&#233;on et de Flins pousse &#224; son tour ceux de Billancourt &#224; propager la lutte, atelier par atelier. Cette gr&#232;ve au c&#339;ur de la plus importante concentration ouvri&#232;re du pays et phare pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re, encourage des millions d'ouvriers &#224; se lancer &#224; leur tour dans la lutte. Deux heures plus tard, en accord avec le PCF, pour reprendre le contr&#244;le d'un mouvement ouvrier qui lui &#233;chappe totalement, qui s'est d&#233;clench&#233; contre sa volont&#233; et qu'elle est incapable d'endiguer, la CGT, prenant le train en marche, lance elle-m&#234;me un &#034;appel &#224; la lutte&#034;, bient&#244;t imit&#233;e par les autres syndicats et d&#233;cide de participer &#224; l'occu&#172;pation de Billancourt. Pour les syndicats et le PCF, il s'agit, au nom &#034;de la protection de l'outil de travail&#034; d'instaurer dans les gr&#232;ves ouvri&#232;res un esprit-forteresse. Ce &#034;cordon sanitaire&#034; cor&#172;poratiste, en apparence contre les &#034;provoca&#172;teurs gauchistes&#034; qui auraient &#034;infiltr&#233;&#034; les &#233;tu&#172;diants, visait en r&#233;alit&#233; &#224; permettre aux syndi&#172;cats de reprendre le contr&#244;le de la situation. Ceux-ci mirent en &#339;uvre tout un travail de division, isolant entre eux les diff&#233;rents secteurs de la classe ouvri&#232;re, chacun dans son coin, pour emp&#234;cher celle-ci de se constituer en une force unie qui repr&#233;senterait un danger bien plus important pour la bourgeoisie et serait bien plus difficile &#224; vaincre par cette derni&#232;re. Les ouvriers qui tentaient de briser l'isolement syndical se voyaient d&#233;nonc&#233;s comme &#233;tant des provoca&#172;teurs ext&#233;rieurs &#224; l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans L'Humanit&#233; du 3 mai 68 l'&#233;ditorial de Georges Marchais intitul&#233; &#034;De faux r&#233;volution&#172;naires &#224; d&#233;masquer&#034;, accuse le Mouvement du 22 Mars &#034;dirig&#233; par l'anarchiste allemand Cohn-Bendit&#034; d'aller &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts de la masse des &#233;tudiants et de favoriser les provoca&#172;tions fascistes. Il d&#233;nonce &#034;leur malfaisante besogne (des &#034;gauchistes&#034;) qui tente de semer le trouble, le doute, le scepticisme parmi les tra&#172;vailleurs et, notamment les jeunes&#034;. Le 23 mai, la CGT approuve la d&#233;cision d'interdiction de s&#233;jour du pouvoir gaulliste prise &#224; l'encontre de Cohn-Bendit. Suite au c&#233;l&#232;bre &#034;non &#224; la chien&#172;lit !&#034;, prononc&#233; par De Gaulle, et apr&#232;s les violences des 24 et 25 mai au Quartier latin, alors que le ministre de l'Int&#233;rieur incrimine &#034;la p&#232;gre qui sort des bas-fonds de Paris dans la rue&#034;, L'Humanit&#233; renvoie le m&#234;me &#233;cho en d&#233;non&#231;ant les agissements de &#034;la lie de la soci&#233;t&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Waldeck Rochet retrouve les accents chau&#172;vins de Thorez lors d'un meeting parisien le 1er juin : &#034;Nous avons dit et nous disons : (...) le drapeau des luttes de la classe ouvri&#232;re, dans le monde moderne, (...) c'est tout &#224; la fois le drapeau rouge du socialisme et le drapeau tricolore de la grande R&#233;volution fran&#231;aise, le drapeau de la nation. (...) Le seul parti r&#233;volu&#172;tionnaire (...), c'est le parti communiste fran&#231;ais servant efficacement les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, du peuple et du pays. A l'inverse, les pseudo&#172; r&#233;volutionnaires (...) visent &#224; diviser la classe ouvri&#232;re, &#224; d&#233;figurer le mouvement r&#233;volution&#172;naire et la d&#233;mocratie. Ils font le jeu du pouvoir gaulliste. Nous ne permettrons pas que la gesticulation et l'aventurisme compromettent le succ&#232;s de la lutte pour la d&#233;mocratie et pour le socialisme.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une entrevue secr&#232;te entre Krasucki, alors num&#233;ro 2 de la CGT et membre du comit&#233; central du PCF, et Chirac, secr&#233;taire d'Etat &#224; l'emploi, les syndicats appellent &#224; l'ouverture de n&#233;gociations avec le patronat que le gouver&#172;nement Pompidou s'empresse d'accepter. Les n&#233;gociations commencent le 25 mai. D&#232;s le premier jour, le leader de la CGT, S&#233;guy et le gouvernement s'entendent en coulisses sur le montant de l'augmentation du salaire minimum garanti qu'ils vont faire semblant de n&#233;gocier. Mais d'entr&#233;e, le patronat, qui ignore cet accord secret, accepte sans tergiverser le montant maximum lanc&#233; par les syndicats. Le 27 au matin, apr&#232;s la signature des accords de Gre&#172;nelle, S&#233;guy confie &#224; un journaliste son soulage&#172;ment : &#034;La reprise ne saurait tarder&#034;. Dans la foul&#233;e, il se rend &#224; l'usine de Billancourt pour pr&#233;senter les accords et appeler &#224; la reprise du travail. Il est copieusement siffl&#233; par les ouvriers pour qui les 10% d'augmentation de salaires promis apparaissent comme une vaste masca-rade. S&#233;guy est contraint de d&#233;savouer les ac&#172;cords qu'il venait de parapher. Partout, les ouvriers refusent la reprise dans ces conditions et le mouvement de gr&#232;ves s'&#233;largit encore. La bourgeoisie devra l&#226;cher d'autres concessions pour pouvoir amorcer une reprise du travail, alors que la CGT pousse aux c&#244;t&#233;s du gouverne&#172;ment &#224; n&#233;gocier les accords secteur par secteur, branche par branche. Apr&#232;s l'annonce de la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale le 30 mai, le PCF et la CGT multiplient leurs appels &#224; la reprise pour que les &#233;lections, pr&#233;sent&#233;es comme &#034;un pas de plus vers la victoire des ouvriers&#034;, puissent se tenir. Le PCF et la CGT ont syst&#233;&#172;matiquement recours au mensonge et &#224; l'intimi&#172;dation pour casser la dynamique de la lutte ouvri&#232;re. Ainsi, &#224; la RATP, ils font courir la fausse information d'une reprise dans certains d&#233;p&#244;ts. Et L'Humanit&#233; titre &#224; l'avance dans sa &#034;une&#034; d&#233;but juin : &#034;Forts de leur victoire, des millions de travailleurs reprennent le travail&#034;. Malgr&#233; tous les efforts des staliniens pour faire reprendre le travail rapidement, conjointement avec les violentes &#233;vacuations polici&#232;res des usines, ils ne parviendront &#224; leurs fins qu'apr&#232;s la mi-juin dans la plupart des cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8322&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8322&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bord&#233;s chez les &#233;tudiants, face &#224; la mont&#233;e spontan&#233;e des gr&#232;ves qu'ils n'ont pas initi&#233;es ni control&#233;es, PCF et CGT choisissent d'en prendre la t&#234;te, quitte &#224; emp&#234;cher les travailleurs d'occuper l'usine en&#8230; fermant les portes pour mieux maitriser la situation et pouvoir faire reprendre le travail quand ils auront fait semblant d'avoir gagn&#233;. La gr&#232;ve est g&#233;n&#233;rale mais jamais la CGT n'appellera formellement &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7053&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7053&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2641&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2641&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3162&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3162&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7975&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7975&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1972 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT approuve la signature du Programme commun de gouvernement par les partis de gauche (communiste, socialiste et mouvement des radicaux de gauche). Depuis plusieurs ann&#233;es, la CGT d&#233;fendait l'id&#233;e de ce programme &#224; l'&#233;laboration duquel elle &#233;tait pr&#234;te &#224; participer, ce que le refus des autres organisations syndicales ne permit pas. Elle devait soutenir ensuite ce programme politique, ali&#233;nant ainsi une part de son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le cuisant recul de la gauche aux &#233;lec&#172;tions du 30 juin 1968 et le refus oppos&#233; par la FGDS &#224; l'appel du PCF pour une candidature commune de la gauche aux pr&#233;sidentielles de juin 69, le parti stalinien va enfourcher de plus belle son nouveau cheval de bataille : la conqu&#234;te du pouvoir par l'union de la gauche &#224; travers un programme &#034;de d&#233;mocratie avanc&#233;e&#034; qui &#034;ouvre la voie au socialisme &#224; la fran&#231;aise&#034;. Ce cheval de bataille est exclusivement dirig&#233; contre la reprise des combats de la classe ouvri&#232;re &#224; l'&#233;chelle mondiale, dont mai 68 a &#233;t&#233; la premi&#232;re et la plus &#233;clatante manifestation. Il est encou&#172;rag&#233; par les plus de 20% recueillis par Duclos aux pr&#233;sidentielles de 69, alors que l'&#233;chec de la candidature Defferre, qui se traduit par le pire score &#233;lectoral jamais enregistr&#233; par la social-d&#233;mocratie en France, pousse aussi le parti de Mitterrand &#224; adopter une &#034;nouvelle strat&#233;gie&#034; pour ravaler sa fa&#231;ade.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;cembre 1969, c'est la reprise des discus&#172;sions entre le PCF et la FGDS. Au 19e congr&#232;s du PCF en f&#233;vrier 70, est officialis&#233; &#034;l'engage&#172;ment du parti dans la voie du programme commun&#034;. Dans lem&#234;me temps, Georges Mar&#172;chais est promu &#034;secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint&#034; et prend les r&#234;nes du parti &#224; la faveur de la maladie de Waldeck Rochet. Il sera officiellement intro&#172;nis&#233; au congr&#232;s suivant, en 1972. L'accord de d&#233;sistements r&#233;ciproques aux municipales de juin 1971 entre sociaux-d&#233;mocrates et staliniens permet au PCF de gagner plusieurs municipali&#172;t&#233;s importantes. Le 9 octobre de la m&#234;me ann&#233;e, le &#034;programme&#034; du PCF est publi&#233; sous le titre &#034;Changer de cap, programme pour un gouver&#172;nement d&#233;mocratique d'union populaire&#034; avec en vedette une liste de nationalisations, d&#233;finies comme &#034;l'instrument d&#233;terminant du pro&#172;gramme de changement d&#233;mocratique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti stalinien va d&#233;sormais, &#224; partir de 1970, et pendant toute une d&#233;cennie, avec l'aide de son appendice syndical c&#233;g&#233;tiste, mobiliser massivement les prol&#233;taires avec la mystifica&#172;tion de l'application du &#034;programme commun&#034; et syst&#233;matiquement pi&#233;ger, d&#233;voyer toutes les luttes ouvri&#232;res derri&#232;re la perspective d'un gouvernement de gauche, sur le terrain &#233;lectoral. Ce programme commun de gouvernement est sign&#233; le 27 juin 1972 par les deux grands partis bourgeois de gauche auquel le Mouvement des radicaux de gauche ne tarde pas &#224; se rallier. Lors du comit&#233; central du 29, Marchais s'en f&#233;licite et souligne dans son rapport : &#034;L'essentiel, c'est que le programme commun (...) fournit un point d'appui tr&#232;s positif &#224; un d&#233;veloppement consi&#172;d&#233;rable de l'action unie des travailleurs, (...) permettant de cr&#233;er les conditions les plus favorables pour mettre les masses en mouve&#172;ment sur nos id&#233;es, nos solutions, nos objectifs&#034;. Ainsi, gr&#226;ce au projet en grande partie d&#251; &#224; son initiative, et &#224; sa capacit&#233; &#224; mystifier de cette mani&#232;re la classe ouvri&#232;re, le parti stalinien aura puissamment contribu&#233; &#224; rassurer la classe dominante et &#224; &#233;loigner &#224; nouveau le spectre de la r&#233;volution prol&#233;tarienne qui, en ressurgissant brusquement en mai 1968, venait de tant ef&#172;frayer l'ensemble de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2020&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1973 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des LIP est une gr&#232;ve contre des licenciements et une fermeture d'usine programm&#233;e. Mais, contrairement &#224; de nombreuses gr&#232;ves de ce type, c'est une action auto-organis&#233;e par les salari&#233;s, refusant les limites habituellement impos&#233;es par les centrales syndicales : localisme, l&#233;galisme, d&#233;fensive, divisions, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but&#233;e au d&#233;but des ann&#233;es 1970, la lutte a dur&#233; jusqu'au milieu de l'ann&#233;e 1976 et mobilis&#233; des dizaines de milliers de personnes &#224; travers la France et l'Europe enti&#232;re, notamment lors de la grande marche Lip du 29 septembre 1973 qui r&#233;unit dans une ville morte plus de 100 000 manifestants. D'autres &#233;l&#233;ments ont &#233;galement particip&#233; &#224; l'ampleur de ce combat ouvrier, comme le mode de gr&#232;ve qui comprend pour la premi&#232;re fois de l'histoire, dans une entreprise, une &#171; auto-organisation &#187; et un d&#233;passement de la loi bourgeoise, les salari&#233;s prenant possession du capital, des machines et des produits fabriqu&#233;s et les ouvriers gr&#233;vistes travaillant &#224; leur propre compte et produisant des montres dans leurs usine, avant de les &#233;couler lors de &#171; ventes sauvages &#187; ; mais aussi &#224; cause de l'aspect politique de l'affaire qui prend un tournant national quand le gouvernement de l'&#233;poque n'a d'autre choix que la mise &#224; mort de l'entreprise afin d'&#233;viter une &#171; flamb&#233;e ouvri&#232;re et syndicale &#187; au niveau national. Il s'agissait d'&#233;viter que se tire une le&#231;on d&#233;terminante : comment lutter contre des licenciements sans s'isoler dans une usine ou sur un site, en mettant toute la classe ouvri&#232;re dans le coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4702&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4702&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1974 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT est d&#233;bord&#233;e par la gr&#232;ve des banques et celle des PTT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve des PTT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des PTT de l'automne 1974 est sans doute l'une des plus importantes dans l'histoire sociale de ce secteur professionnel. D&#233;marr&#233;e dans les centres de tri, elle s'&#233;tend &#224; l'ensemble des services postaux mais aussi des t&#233;l&#233;coms (alors rassembl&#233;s dans un m&#234;me service public, les PTT). Parti le 17&#8200;octobre du centre de tri de gare de Lyon, c'est dans ce type d'&#233;tablissement que la gr&#232;ve, qui va s'&#233;tendre jusqu'au 2 d&#233;cembre, sera suivie avec le plus d'intensit&#233;. Le 23&#8200;octobre, la premi&#232;re manifestation organis&#233;e dans les rues de Paris rassemble pr&#232;s de 10&#8200;000 gr&#233;vistes. Le 15&#8200;novembre, un mois apr&#232;s le lancement des hostilit&#233;s, 91% des personnels des centres de tri sont encore en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du m&#233;contentement, que traduisent les chiffres des journ&#233;es de gr&#232;ve, se conjugue &#224; l'automne 1974 avec une situation politique particuli&#232;re. Val&#233;ry Giscard d'Estaing est &#233;lu au mois de mai 1974 Pr&#233;sident de la R&#233;publique avec un faible diff&#233;rentiel de voix sur Fran&#231;ois Mitterrand, le candidat de l'union de la gauche. Le programme commun de la gauche a l'appui des syndicats CGT et CFDT. Or les premi&#232;res rumeurs concernant les projets &#034;giscardiens&#034; sur les PTT renvoient des bruits de cr&#233;ation d'un office des postes et t&#233;l&#233;communications. C'est interpr&#233;t&#233; par les agents des PTT comme une privatisation et un d&#233;mant&#232;lement du service public. Depuis plusieurs ann&#233;es ces th&#232;mes agitent la profession, qui craint de perdre un statut, protecteur du ch&#244;mage et garantissant une certaine carri&#232;re. Ces inqui&#233;tudes, se lient aux traditionnelles revendications salariales, que le gouvernement r&#233;sout, &#224; minima, en concluant au niveau de la fonction publique des accords minoritaires avec FO, la FEN et la CFTC, en laissant de c&#244;t&#233; CGT et CFDT. Elles se m&#233;langent aussi avec des conditions de travail et des processus de management archa&#239;ques, face &#224; une population jeune et qui aspire &#224; la reconnaissance professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 octobre 1974, lors d'une semaine d'action syndicale CGT-CFDT, un incident mineur &#224; la suite d'une Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du personnel employ&#233; au tri postal du PLM (Gare de Lyon) provoque la cessation du travail &#034;pour une dur&#233;e illimit&#233;e&#034;, au bureau du PLM, puis en cascade dans tous les Bureaux-gares parisiens, qui sont centres de tri et centres de transit pour l'essentiel des &#233;changes postaux entre Paris et le reste de la France&#8230; Chaque bureau-gare parisien (PLM, gare d'Austerlitz, gare de Paris-Montparnasse, gare Saint-Lazare, gare du Nord, gare de Paris-Est) est en effet &#034;t&#234;te de ligne&#034; des divers services ambulants ferroviaires, qui drainent et trient le courrier de leur zone de &#034;route&#034;. &#192; ces bureaux-gares se rattache Paris-Brune, un centre plus r&#233;cent, traitant essentiellement du courrier d'entreprise et celui de banlieue parisienne D&#232;s le 22 octobre, la gr&#232;ve y est g&#233;n&#233;rale. Elle paralyse le pays progressivement, tant l'&#233;conomie moderne est tributaire des &#233;changes. Tous les secteurs de la Poste, guichets, distribution, Ch&#232;ques postaux suivent le mouvement. Il emporte les services des t&#233;l&#233;communications, les premiers menac&#233;s par une privatisation &#233;ventuelle et le d&#233;mant&#232;lement des PTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve des banques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1977-1979 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 1977, il ne s'oppose plus &#224; l'&#233;lection au suffrage universel du Parlement europ&#233;en qu'il avait vivement combattue au nom de la d&#233;fense de la &#034;souverainet&#233; nationale&#034;. Et sur&#172;tout, en mai de la m&#234;me ann&#233;e, il renonce &#224; sa traditionnelle opposition &#034;pacifiste&#034; (en fait au b&#233;n&#233;fice de l'URSS) &#224; l'armement nucl&#233;aire. Mais au fur et &#224; mesure qu'il transige avec le PS et qu'il s'&#233;loigne de la tutelle du bloc russe, il manifeste de plus en plus clairement ses craintes de se faire phagocyter par le PS. Il redoute de subir une usure rapide de cr&#233;dit en cas de participation au gouvernement, alors qu'il ne dispose plus d'une marge de man&#339;uvre et de moyens suffisants pour mener sa propre poli&#172;tique capitaliste d'Etat. Bref, il craint de devenir le dindon de la farce et, une fois au pouvoir, de perdre son emprise sur la classe ouvri&#232;re. C'est pourquoi en prenant l'initiative de la rupture du programme commun en septembre 1977, le PCF r&#233;affirme la sp&#233;cificit&#233; de son programme stalinien et, sous pr&#233;texte de ses d&#233;saccords avec le PS, il se pr&#233;pare &#224; mieux disposer de ses forces dans l'opposition, contre le d&#233;veloppe&#172;ment de la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir entra&#238;n&#233; les ouvriers pendant des ann&#233;es et d&#233;voy&#233; leurs luttes derri&#232;re la pers&#172;pective mystificatrice de la gauche au gouverne&#172;ment, le PCF prend l'initiative de la rupture du Programme commun en septembre 1977. A court terme, l'objectif fondamental de cette rupture est pour lui ne pas se faire avaler par le PS et de pr&#233;server la sp&#233;cificit&#233; de son pro&#172;gramme stalinien. Mais cette mise dans l'oppo&#172;sition d&#233;lib&#233;r&#233;e lui permetet aussi de disposer de l'int&#233;gralit&#233; de sa force d'encadrement id&#233;olo&#172;gique contre le d&#233;veloppement de la lutte de classe et de satisfaire ainsi aux int&#233;r&#234;ts g&#233;n&#233;raux de la bourgeoisie. C'est donc, en derni&#232;re instance, la raison essentielle de ce changement de strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, face au nouveau d&#233;veloppement de la lutte de classe qui s'amorce &#224; partir de 1978, se traduisant notamment en France par la lutte des sid&#233;rurgistes en 1979, et surtout face au discr&#233;dit croissant et aux tentatives de d&#233;borde&#172;ments de l'appareil d'encadrement syndical dans ces luttes, la bourgeoisie se dispose &#224; mettre en place une nouvelle orientation dans les princi&#172;paux Etats capitalistes occidentaux : le retour de fractions significatives de gauche dans l'oppo&#172;sition pour mieux contrer et contr&#244;ler le d&#233;ve&#172;loppement de cette vague internationale de luttes ouvri&#232;res. Le retour des travaillistes dans l'opposition en Grande-Bretagne en 1979, pre&#172;mi&#232;re manifestation de cette r&#233;orientation, est suivi par le retour dans l'opposition du parti d&#233;mocrate aux Etats-Unis en 1980 et par celui de la social-d&#233;mocratie allemande en 1982. Dans ce cadre, l'arriv&#233;e de la gauche au pouvoir en France en 1981 (entra&#238;nant dans son sillage la participation du PCF au gouvernement) a bien un caract&#232;re &#034;accidentel&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de la p&#233;riode qui suit la rupture du Programme Commun, le PC se raidit et redouble ses attaques contre le gouvernement et le &#034;plan Barre&#034; accus&#233; de &#034;brader et de casser l'&#233;conomie nationale&#034; tout en d&#233;cha&#238;nant tout autant ses harangues contre le PS, d&#233;sormais qualifi&#233; de &#034;fid&#232;le alli&#233; du capitalisme et de l'imp&#233;rialisme&#034;. Le parti stalinien pr&#233;conise d&#233;sormais &#034;l'union &#224; la base&#034; et radicalise son discours. La d&#233;fense inconditionnelle des natio&#172;nalisations rejoint chez lui le nationalisme le plus exacerb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1978, il lance une grande campagne contre l'&#233;largissement du march&#233; commun et, sous pr&#233;texte de d&#233;fendre une politique d'ind&#233;&#172;pendance nationale, contre une Europe &#224; la fois &#034;pro-atlantiste&#034; et &#034;pan-germanique&#034;, il ne tarde gu&#232;re, face &#224; l'accentuation des plans de licencie&#172;ments, &#224; mettre le paquet pour tenter d'entra&#238;ner les ouvriers sur le terrain hyper-nationaliste. Au nom du &#034;travailler fran&#231;ais&#034;, il organise des actions-commandos contre le minerai &#034;allemand&#034; et exige le refus d'embauche de main-d'oeuvre &#034;&#233;trang&#232;re&#034; (notamment lors de la gr&#232;ve des marins, en novembre 78). Faisant de la suren&#172;ch&#232;re sur les mesures anti-immigr&#233;s adopt&#233;es par le ministre Stoleru, il r&#233;clame carr&#233;ment au gouvernement Giscard &#034;l'arr&#234;t de la politique d'immigration&#034; et pousse aux expulsions d'im&#172;migr&#233;s dans les communes qu'il dirige en r&#233;cla&#172;mant la fixation d'un &#034;quota d'immigr&#233;s&#034;. Le chauvinisme du parti stalinien passe par des campagnes racistes et x&#233;nophobes qui n'ont rien &#224; envier &#224; ce que mettra bient&#244;t en avant &#224; son tour le Front National. Ainsi, plusieurs maires staliniens de la r&#233;gion parisienne prennent des initiatives contre l'augmentation du nombre d'immigr&#233;s dans leur commune.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 24 d&#233;cembre 1980, les &#233;lus PC de Vitry saccagent &#224; coups de bulldozer un foyer de travailleurs immigr&#233;s maliens et, en f&#233;vrier 1981, le si &#034;d&#233;mocrate&#034; et &#034;d&#233;bonnaire&#034; secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral actuel, Robert Hue organise une mani&#172;festation dans sa commune de Montigny-l&#232;s-Cormeilles pour faire expulser une famille ma&#172;rocaine sur laquelle il a fait courir la fausse rumeur qu'elle se livrait &#224; du trafic de drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette virulente propagande x&#233;nophobe allait dans les ann&#233;es suivantes, pousser nombre de ses militants et de ses &#233;lecteurs, &#034;d&#233;&#231;us par la gauche&#034;, dans les bras du Front National.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la mont&#233;e des luttes, le PC radicalise son discours id&#233;ologique. Pour tenter de mieux du&#172;per la classe ouvri&#232;re, le parti stalinien parle m&#234;me de &#034;R&#233;volution&#034;. C'est d'ailleurs le nom qu'il donne &#224; son nouvel hebdomadaire, produit de la fusion entre La Nouvelle Critique et France Nouvelle, tandis que les Jeunesses Communis&#172;tes publient un manifeste lui aussi intitul&#233; &#034;Vive la R&#233;volution !&#034;. Ne cherchant plus &#224; paralyser les luttes en rabattant les ouvriers uniquement sur le terrain &#233;lectoral, il les encourage en s'ap&#172;pliquant &#224; les saboter pour les faire d&#233;railler. Devant un public d'intellectuels d&#233;but 1980 Marchais explique que &#034;le parti n'a pas chang&#233; mais qu'il a d&#251; s'adapter au d&#233;veloppement des luttes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pousse les ouvriers dans des gr&#232;ves dures, longues, et surtout bien isol&#233;es, ax&#233;es sur la d&#233;fense corporatiste de l'entreprise, comme l'entreprise d'industrie navale Terrin dans la r&#233;gion marseillaise ou la manufacture d'armes Manufrance &#224; Saint-Etienne, dont le maire PC avait pouss&#233; les ouvriers &#224; accepter certains licenciements pour &#034;sauver l'entreprise&#034; (avant d'avaliser sa fermeture d&#233;finitive). Tout cela au nom du &#034;fabriquons fran&#231;ais&#034;, entra&#238;nant les ouvriers &#224; s'identifier avec leur entreprise (le PC et la CGT ne parlent alors que de la lutte &#034;des Terrin&#034;, &#034;des Renault&#034; ou &#034;des Manu&#034;) et &#224; se mobiliser en permanence &#034;contre la casse de l'&#233;conomie nationale&#034; derri&#232;re le mot d'ordre &#034;vivre et travailler au pays&#034;. C'est l'&#233;poque du d&#233;but des vastes plans de restructuration dans les secteurs majeurs de l'&#233;conomie fran&#231;aise regroupant les plus importantes concentra&#172;tions ouvri&#232;res : la sid&#233;rurgie, la construction navale, les mines, le textile. Les annonces de licenciements pleuvent, la combativit&#233; ouvri&#232;re se r&#233;veille et, avec elle, la m&#233;fiance envers les syndicats qui sabotent les tentatives d'exten&#172;sion des luttes. Le PCF pare au plus press&#233; et vole en priorit&#233; au secours du syndicalisme en g&#233;n&#233;ral et de la CGT en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conjointement avec son auxiliaire syndical, le parti stalinien lance tous azimuts sa propa&#172;gande &#034;vivre et travailler au pays&#034;. Contre la tendance grandissante vers l'extension des lut&#172;tes, il multiplie les op&#233;rations &#034;villes mortes&#034; pour enfermer les ouvriers derri&#232;re la d&#233;fense de l'usine, de l'entreprise, de la corporation, de la r&#233;gion, de la nation. A Longwy, &#224; Denain, &#224; Dunkerque, le PC est en premi&#232;re ligne, avec la CGT, au printemps 1979 pour saboter l'exten&#172;sion de la lutte et les tentatives de prise en charge des ouvriers eux-m&#234;mes dans les AG. Il s'af&#172;fronte alors directement aux ouvriers qui tentent de d&#233;border l'appareil d'encadrement syndical. Le 23 mars 1979, lors de la manifestation organis&#233;e &#224; Paris sous la pression des ouvriers, le service d'ordre de la CGT et tous les gros bras staliniens pr&#234;tent main-forte aux forces de po&#172;lice officielles de l'Etat qui chargent violemment et pourchassent jusque dans les trains les sid&#233;&#172;rurgistes, d&#233;non&#231;ant et faisant arr&#234;ter les ouvriers les plus combatifs en les faisant passer pour des &#034;casseurs&#034; et des &#034;autonomes irresponsables&#034;. Le PCF aura rendu un fier service &#224; l'Etat bourgeois en lui permettant ainsi de pratiquer les coupes claires les plus importantes dans les secteurs les plus concentr&#233;s du prol&#233;tariat en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7226&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7226&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1981 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT militent &#224; fond pour&#8230; Mitterrand !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7150&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7150&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; un soutien confirm&#233; du PCF et de la CGT qui participent au pouvoir, Mitterrand m&#232;ne une politique anti-ouvri&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les deux pr&#233;sidences de Mitterrand, de 1981 &#224; 1995, les attaques n'ont pas manqu&#233; contre la classe ouvri&#232;re. D&#232;s 1982, le gouvernement Mauroy a organis&#233; le blocage des salaires et interdit d'indexer ceux-ci sur le co&#251;t de la vie. Pendant ce temps-l&#224;, l'imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s, qui &#233;tait de 50% sous Giscard, passait &#224; 45% en 1986, avant que le gouvernement Jospin-Fabius ne d&#233;cide de le ramener &#224; 33% en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique men&#233;e par les socialistes sous Mitterrand d&#233;&#231;ut &#224; tel point l'&#233;lectorat populaire que la majorit&#233; &#233;lue en 1981 fut battue aux &#233;lections l&#233;gislatives de 1986, comme celle issue des urnes apr&#232;s la r&#233;&#233;lection de Mitterrand en 1988 fut lamin&#233;e aux &#233;lections l&#233;gislatives de 1993. &#192; chaque fois la gauche pr&#233;para le terrain pour un retour de la droite, qui elle-m&#234;me, par son cynisme et sa morgue envers le monde du travail, permit au PS de se refaire une virginit&#233;. C'est ce que les commentateurs appellent &#171; l'alternance &#187;, mais une alternance dans laquelle ce sont toujours les poss&#233;dants qui sont les gagnants, et les classes populaires les perdantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gauche a fait ce que la droite n'avait pas os&#233; : lever le tabou de la privatisation des services publics, en vendant de larges parts de France Telecom et d'Air France, cette derni&#232;re sous l'&#233;gide du ministre communiste Gayssot. Le gouvernement a d'ailleurs franchi une premi&#232;re &#233;tape, en faisant voter par l'assembl&#233;e, en f&#233;vrier 1999, l'ouverture du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233;. Le gouvernement Jospin a mis La Poste et la SNCF sur la m&#234;me voie de &#171; l'ouverture du march&#233; &#187; et de la rentabilisation par secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bradage pass&#233; de France Telecom et &#224; venir d'EDF n'&#233;tait pas simplement destin&#233; &#224; donner &#224; des bourgeois fran&#231;ais de nouvelles opportunit&#233;s de profits, il doit aider &#224; faire de ces groupes des g&#233;ants capitalistes mondiaux. EDF, qui r&#233;alise d&#233;j&#224; presque le quart de son chiffre d'affaires &#224; l'&#233;tranger veut faire passer cette part &#224; 50 % d'ici 2004/2005. Pour cela l'entreprise souhaite justement l'ouverture du march&#233; europ&#233;en pour conqu&#233;rir de nouvelles positions &#224; l'ext&#233;rieur et l'ouverture de son capital pour mobiliser des fonds sur les march&#233;s financiers et n&#233;gocier des fusions-acquisitions. Sous la tutelle de la gauche, EDF et GDF n'ont pas attendu leur privatisation pour se lancer dans la sp&#233;culation sur le march&#233; international de l'&#233;nergie. Elles ont mont&#233; leur propre filiale de trading (le m&#233;tier d'Enron, la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine dont la faillite fait actuellement scandale), EDF-trading (en collaboration avec Vivendi) et Gaselys (avec la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale). Mais pour grossir &#224; l'&#233;tranger et devenir des num&#233;ros un mondiaux, ces entreprises doivent bien pr&#233;senter la facture &#224; quelqu'un. Ce sera leurs salari&#233;s, dont les conditions de travail se d&#233;gradent, et les usagers, qui ont vu le gouvernement augmenter plusieurs fois les tarifs du gaz et de l'&#233;lectricit&#233;. L'avenir est programm&#233; : comme France Telecom, EDF et GDF tenteront de plus en plus de se lib&#233;rer des contraintes du service public, au profit de la rentabilit&#233; imm&#233;diate ...aux d&#233;pens des salari&#233;s comme des usagers. Tout en faisant passer au priv&#233; les secteurs les plus rentables du secteur public, il a soumis le reste &#224; une di&#232;te de 5 ans. D&#232;s 1997, il a proclam&#233; le &#171; gel de l'emploi public &#187;. Le plan Jupp&#233; de 1995 a &#233;t&#233; prolong&#233;. Les h&#244;pitaux ont continu&#233; d'&#234;tre rationn&#233;s en effectifs et en moyens. Dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 1990, les d&#233;penses du secteur hospitalier avaient augment&#233; de 7 % par an, ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; insuffisant pour suivre le d&#233;veloppement de l'activit&#233;. Mais entre 1995 et 2000, cette augmentation a &#233;t&#233; de 7 % au total ! Un lit sur 15 a &#233;t&#233; supprim&#233; de 1994 &#224; 1999. En 2002, alors que le passage aux 35 heures aurait n&#233;cessit&#233; la cr&#233;ation d'au moins 80 000 postes, le gouvernement n'en promet que 40 000, et les hospitaliers exasp&#233;r&#233;s multiplient les gr&#232;ves. Gel de l'embauche, surcharge de travail, p&#233;nurie de moyens : le m&#234;me traitement a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; aux transports, &#224; la poste ou encore &#224; l'&#233;ducation nationale. Le gouvernement &#034;de gauche&#034; a continu&#233; d'&#233;tendre la pr&#233;carit&#233; : sur 3,4 millions de salari&#233;s des trois fonctions publiques, il y a aujourd'hui 960 000 non titulaires et plus de 300 000 &#171; contrats aid&#233;s &#187; (CES, emplois-jeunes, contrats de ville&#8230;). De quoi donner envie de voir Jospin go&#251;ter &#224; son tour &#224; la pr&#233;carit&#233; de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche au gouvernement a bien s&#251;r mis en place de nouvelles lois, comme les 35 heures, pris des mesures budg&#233;taires, comme les emplois-jeunes, et avalis&#233; des r&#232;gles nouvelles, comme le PARE imposant aux ch&#244;meurs de nouvelles contraintes pour leur faire accepter n'importe quel travail &#224; n'importe quel prix. Mais si ces mesures ont eu des cons&#233;quences certaines sur les conditions de vie de bon nombre de salari&#233;s, leurs effets r&#233;els sur l'emploi sont, eux, tout &#224; fait incertains. Pour les 35 heures il n'a ainsi jamais &#233;t&#233; vraiment possible d'en &#233;valuer les effets sur l'emploi. Le gouvernement a pr&#233;tendu que l'application de la loi avait permis la cr&#233;ation de plusieurs centaines de milliers de postes. Mais personne n'a jamais pu savoir quelle &#233;tait dans ces chiffres la part des embauches en compensation de la r&#233;duction du temps de travail, et celle de &#171; l'effet d'aubaine &#187;, permettant aux patrons de rafler les cadeaux en mati&#232;re de charges sociales, pour des embauches qu'ils auraient de toutes fa&#231;ons &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; r&#233;aliser. Ce qui est par contre parfaitement palpable (surtout pour ceux qui les touchent), ce sont les milliards sous forme de baisses de charges sociales r&#233;cup&#233;r&#233;es par le patronat au titre de la pr&#233;tendue r&#233;duction du temps de travail. Et c'est aussi que cette loi concoct&#233;e et vot&#233;e par la gauche, a ouvert la porte &#224; une g&#233;n&#233;ralisation de la flexibilit&#233; et dans bien des cas d&#233;t&#233;rior&#233; les conditions de travail des salari&#233;s, en m&#234;me temps que donn&#233; lieu &#224; des r&#233;ductions de salaires ou de primes. Autre certitude, l'application des 35 heures a provoqu&#233; de tr&#232;s nombreux mouvements de gr&#232;ve et protestations &#8211; jusqu'&#224; aujourd'hui &#8211; r&#233;v&#233;lateurs de l'appr&#233;ciation des salari&#233;s concern&#233;s sur les pr&#233;tendus bienfaits de la loi. Quant aux emplois-jeunes, la gauche qui en avait promis 700 000 n'en a r&#233;alis&#233;s sur la l&#233;gislature qu'un peu moins de la moiti&#233;, cr&#233;&#233;s par les seuls secteurs public et associatif. Ces emplois ont certes &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s comme un d&#233;pannage bienvenu par une partie des jeunes concern&#233;s, en fin de scolarit&#233; ou d&#233;j&#224; au ch&#244;mage, ou encore salari&#233;s depuis peu et saisissant l'occasion de changer de patron. Mais ces emplois, sous forme de contrats de cinq ans, financ&#233;s &#224; 80 % par l'Etat, ont inaugur&#233; une nouvelle forme de pr&#233;carit&#233; et de salaire au rabais. Embauch&#233;s dans l'enseignement, dans la police, dans les transports en commun, dans les municipalit&#233;s, etc., les jeunes en question se sont souvent retrouv&#233;s &#224; boucher des trous dans des administrations qui ont ainsi pourvu les postes manquants en les payant en dessous du tarif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmentation de la pr&#233;carit&#233; et de l'ins&#233;curit&#233; au travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'a &#233;t&#233; fait par ailleurs par le gouvernement de gauche contre la pr&#233;carit&#233; en g&#233;n&#233;ral. Sauf &#224; consid&#233;rer que la disposition de la derni&#232;re loi dite &#171; de modernisation sociale &#187;, passant de 6 % &#224; 10 % la prime de pr&#233;carit&#233; des CDD pour l'aligner sur celle des int&#233;rimaires, puisse constituer une r&#233;elle pression sur les patrons. La progression de la pr&#233;carit&#233; a au contraire accompagn&#233; la cr&#233;ation des nouveaux emplois, avec pour corollaire l'ins&#233;curit&#233; au travail. Entre 1999 et 2000 le nombre d'accidents du travail a ainsi progress&#233; de 4,6 % selon les chiffres du minist&#232;re de l'emploi qui pr&#233;cise que le secteur de l'int&#233;rim est particuli&#232;rement touch&#233; et que la pr&#233;carit&#233; et la flexibilit&#233; des horaires en sont les principales causes. Quant aux licenciements collectifs pour motif dit &#233;conomique, ils se sont mis &#224; grimper &#224; nouveau brutalement avec la rafale des plans sociaux au printemps dernier. En un an, de novembre 2000 &#224; novembre 2001, leur nombre a progress&#233; de 39,8 % pendant que le ch&#244;mage lui progressait de 12,7 %. Pour faire croire qu'il se pr&#233;occupait des licenciements &#233;conomiques, le gouvernement a propos&#233; un dispositif, toujours dans le cadre de cette loi de &#171; modernisation sociale &#187;, suscitant une longue discussion parlementaire. Le texte n'est finalement qu'une collection de dispositions l&#233;gales d&#233;j&#224; existantes et de vagues recommandations. Et de plus la d&#233;finition du licenciement &#233;conomique &#8211; fruit de concessions de Jospin au PCF mais qui ne pouvait tout au plus que permettre de retarder de quelques jours la mise en application des licenciements &#8211; a &#233;t&#233; retoqu&#233;e par le Conseil Constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : le point essentiel est que la gauche a fait passer dans le mouvement ouvrier (traduisez avec l'appui de toutes les bureaucraties syndicales) l'id&#233;e de la r&#233;forme... id&#233;e reprise ensuite par Sarkozy et ses successeurs de gauche, de droite et du centre pour casser tous les droits sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve383&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve383&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1984 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de gauche de Mitterrand soutenu par le PCF et la CGT trahit les ouvriers de la sid&#233;rurgie lorraine&#8230; La CGT fait mine de mener des actions spectaculaires pour occuper les gr&#233;vistes de la sid&#233;rurgie mais ne fait aucun pas pour que l'ensemble des travailleurs du pays se sentent concern&#233;s et agissent avec les sid&#233;rurgistes. Le faux radicalisme des syndicats avait pour but de continuer &#224; garder le contr&#244;le de la lutte pour faire en sorte qu'elle ne leur &#233;chappe pas. Les syndicats se sont dit que la classe ouvri&#232;re voulait en jouer et qu'il fallait faire semblant sous peine d'&#234;tre d&#233;barqu&#233;s et que les travailleurs se passent de leurs chefs syndicaux. Mais ce n'&#233;tait qu'une tactique conjoncturelle. On a bien vu ensuite que ces centrales ne s'&#233;taient pas r&#233;ellement radicalis&#233;es et elles ont repris leur train-train de mouvements tournants, de luttes locales, de luttes partielles, de luttes &#233;miett&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1543&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1543&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trahison par PCF et CGT de la gr&#232;ve Talbot, les staliniens soutenant le gouvernement de gauche, entrainera la division durable entre travailleurs fran&#231;ais et immigr&#233;s, ces derniers s'estimant l&#226;ch&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6442&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6442&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984, dans l'entreprise Talbot, un atelier de 3000 salari&#233;s (sur les 14 000 que comptent l'usine) se met en gr&#232;ve contre des licenciements, c'est la CFDT qui m&#232;ne la lutte. Ce conflit intervient apr&#232;s une s&#233;rie de revers partiels dans ce secteur automobile. Sur le plan local et national, la CGT va se conduire &#224; nouveau en briseur de gr&#232;ve, quant &#224; la direction de la CFDT elle ne fera rien pour briser l'isolement de cette gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une d&#233;faite locale, dans l'isolement, mais qui marque la fin de la combativit&#233; dans ce secteur, le seul o&#249; elle s'&#233;tait maintenue. La d&#233;faite dans l'automobile est aussi importante que celle de la sid&#233;rurgie en 1979.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement annonce d'ailleurs des dizaines de milliers de licenciements dans la sid&#233;rurgie, la direction de Renault programme 20 000 licenciements avant la fin de 86. Il y a peu de r&#233;actions. En 1983, le nombre de ch&#244;meurs atteint les deux millions. Si dans la fonction publique les gr&#232;ves se multiplient entre 1983-84, contre l'aust&#233;rit&#233;, elles ne peuvent inverser la tendance. Le rapport de force est en faveur du gouvernement et du patronat qui ont les mains libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984, il y a encore des &#233;lections, cette fois pour les Europ&#233;ennes, sur fond de forte abstention. Le Front National fait presque jeu &#233;gal avec le PCF qui recueille 11 % des votes, il a obtenu deux millions de voix. Cette perc&#233;e des fascistes va se confirmer dans les ann&#233;es suivantes. Par son audience et son id&#233;ologie, le FN va tirer tout l'&#233;chiquier &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PS va se lancer dans la surench&#232;re, ainsi lors d'un d&#233;bat &#224; l'assembl&#233;e, G. Dufois se targue d'avoir organis&#233; 12 000 expulsions d'immigr&#233;s clandestins. En mati&#232;re de s&#233;curit&#233; comme de politique de l'immigration, la gauche veut prouver qu'elle peut faire aussi bien que la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabius, pour d&#233;signer la politique qu'il m&#232;ne, parle de &#034;sale boulot&#034;. Mais cette politique, orthodoxie budg&#233;taire et gestionnaire, n'est pas neutre au niveau social. Les milieux gouvernementaux en viennent &#224; pourchasser l'esprit de protestation et de lutte avec lequel la gauche s'identifiait plus ou moins avant 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans le programme de 1981 les socialistes promettent d'accorder le droit de vote aux immigr&#233;s. Une fois au pouvoir, ils r&#233;gularisent 300 000 sans-papiers, mais le ministre de l'Int&#233;rieur, G. Deferre, maintient les contr&#244;les d'identit&#233; (au faci&#232;s) et les expulsions. En 1983, Maire de Marseille, il m&#232;ne campagne et sur ses affiches on peut lire : &#034;La droite, 20 ans d'immigration sauvage. Avec la gauche, enfin un contr&#244;le vigilant dont on mesure les effets.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du FN est spectaculaire, il passe de 0,1 % aux l&#233;gislatives &#224; 10 % en 1984. En 1986, aux &#233;lections l&#233;gislatives du scrutin proportionnel, le Front confirme son score et entre &#224; l'assembl&#233;e avec une trentaine de d&#233;put&#233;s. Mais cette moyenne cache des r&#233;sultats qui localement sont inqui&#233;tants. Ainsi &#224; Marseille, le FN obtient 24 %, et 22 % dans le d&#233;partement des Bouches-du-Rh&#244;ne. Quelle est la part de d&#233;magogie de la politique Deferre dans cette ascension ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche porte une lourde responsabilit&#233; dans ce retour du fascisme. Sa politique a d&#233;moralis&#233; les salari&#233;s, des r&#233;gions enti&#232;res ont &#233;t&#233; d&#233;sindustrialis&#233;es. Elle a non seulement g&#233;r&#233; le syst&#232;me dans le sens des int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie, mais a aussi jou&#233; la carte raciste, &#034;diviser pour mieux r&#233;gner&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre PC des Transports Fiterman l&#226;che les flics de l'Etat contre les gr&#233;vistes de la gare St. Lazare en juin 1984, en les traitant de &#034;provocateurs manipul&#233;s par l'extr&#234;me-droite&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le PC vote sans h&#233;siter l'augmenta&#172;tion des cr&#233;dits militaires et approuve l'inter&#172;vention fran&#231;aise au Liban et au Tchad. Ce qui n'emp&#234;che nullement que, depuis sa rupture du Programme Commun, on assiste au r&#233;alignement complet du PCF sur la politique imp&#233;rialiste de l'URSS. Ainsi, le PCF avait apport&#233; d&#232;s le d&#233;but son soutien &#224; l'intervention russe en Afghanistan, d'abord avec prudence fin d&#233;cembre 1979, puis tout &#224; fait r&#233;solument &#224; partir de la rencontre entre Marchais et Brejnev &#224; Moscou le 11 janvier 1980. Comme au d&#233;but de la &#034;guerre froide&#034; dans les ann&#233;es cinquante, il se lance dans une vaste campagne &#034;pacifiste&#034; contre le projet d'installation des fus&#233;es Pershing par l'OTAN en Europe occidentale, d'abord en r&#233;activant le vieux &#034;Mouvement pour la Paix&#034;, puis une fois au gouvernement, il est &#224; l'initiative de &#034;l'Appel des Cent&#034; qui lui permet de s'abriter derri&#232;re des &#034;personnalit&#233;s&#034; sans remettre en cause pour autant sa participation active et directe au budget de la &#034;d&#233;fense nationale&#034; (en hausse de 17,6% en 1982) et de voter en 1983 la loi de programmation militaire pour les cinq ans &#224; venir. Cependant, toutes les manifesta&#172;tions anim&#233;es ou soutenues par le PCF d&#233;si-gnent et condamnent unilat&#233;ralement le seul &#034;imp&#233;rialisme am&#233;ricain&#034; comme &#034;fauteur de guerre&#034; et toutes apportent leur soutien &#224; la pseudo-&#034;politique de paix&#034; de l'URSS, y com&#172;pris le d&#233;ploiement des SS-20, &#034;facteur d'&#233;qui&#172;libre dans la coexistence pacifique.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCF d&#233;cide pourtant de quitter le gouver&#172;nement en juillet 1984. La cause fondamentale de ce d&#233;part est que la bourgeoisie a besoin d'une fraction de gauche dans l'opposition pour enca&#172;drer les r&#233;actions de la classe ouvri&#232;re, en par&#172;ticulier &#224; la veille de proc&#233;der &#224; des licenciements massifs au c&#339;ur m&#234;me du bastion majeur et le plus sensible de la classe ouvri&#232;re, les usines Renault et de passer &#224; des &#034;r&#233;formes&#034; d'enver&#172;gure passant par une &#233;norme suppression d'ef&#172;fectifs dans le secteur public (postes, t&#233;l&#233;com&#172;munications, SNCF,...). Cette d&#233;cision m&#251;re&#172;ment r&#233;fl&#233;chie va &#234;tre suivie par des actions &#034;dures&#034; et spectaculaires de la CGT : occupa&#172;tion de l'usine d&#233;saffect&#233;e SKF &#224; Vitry en 1985, entra&#238;nement d'une minorit&#233; d'ouvriers dans des actions-commandos &#224; r&#233;p&#233;tition chez Renault pendant tout l'&#233;t&#233;, notamment en baladant les ouvriers dans les &#034;beaux quartiers&#034; (blocage des Champs-Elys&#233;es lors de l'&#233;t&#233; 1987).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1986-1987 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des cheminots de l'hiver est lanc&#233;e malgr&#233; l'opposition de la CGT et dirig&#233;e par des assembl&#233;es souveraines, des comit&#233;s de gr&#232;ve et des coordinations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise en cause des syndicats par la base va culminer avec les gr&#232;ves &#224; la SNCF de l'hiver 86, obligeant la bourgeoisie &#224; recourir &#224; des coordi&#172;nations anim&#233;es par des syndicalistes de base et des gauchistes pour r&#233;cup&#233;rer le contr&#244;le de la lutte. Le PC, rel&#233;gu&#233; au second plan, est con&#172;traint de rester prudemment dans l'ombre de la CGT. Celle-ci, pendant les trois premiers jours d'une gr&#232;ve qui, avec une rapidit&#233; foudroyante, avait entra&#238;n&#233; derri&#232;re elle 98% des agents de conduite et en plusieurs endroits d'autres cat&#233;&#172;gories et autres secteurs de la SNCF, s'oppose ouvertement au mouvement. Dans certains d&#233;&#172;p&#244;ts de la r&#233;gion parisienne, elle appelle &#224; la reprise du travail, dans d'autres (Paris-Austerlirz ou Miramas sur le r&#233;seau Sud-Est), elle va jusqu'&#224; organiser des &#034;piquets de travail&#034;. Une fois la lutte enferm&#233;e sur un terrain corporatiste, elle va faire un retour en force en assurant une fausse extension pour &#233;largir la d&#233;faite au sein de la classe ouvri&#232;re. Cependant, au cours de toute cette p&#233;riode, le PCF fait l'exp&#233;rience de l'am&#172;pleur de son discr&#233;dit. Il paie au prix fort ses trois ans de politique antiouvri&#232;re au gouvernement. Cette d&#233;saffection se traduit imm&#233;diatement sur le plan &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les l&#233;gislatives de mars 1986 sont catastro&#172;phiques pour le PC qui passe sous la barre des 10%. On commence &#224; assister au transfert de ses voix vers le FN, notamment dans ses fiefs traditionnels de la &#034;ceinture rouge&#034;. Mais la d&#233;gringolade n'est pas termin&#233;e. Voulant &#233;viter une humiliation personnelle, Marchais fait d&#233;&#172;signer un candidat minable, sans personnalit&#233;, Lajoinie comme candidat aux pr&#233;sidentielles de 1988. La d&#233;faite est cuisante, avec 6,7% des votants, c'est le pire r&#233;sultat jamais enregistr&#233; par le PC, qui aura perdu en 20 ans les 3/4 de son &#233;lectorat. Aux l&#233;gislatives suivantes, il remonte &#224; 11,1%, mais &#233;tant donn&#233; le fort taux d'abstention dans l'&#233;lectorat de gauche, cela ne repr&#233;sente plus que 7,2% des inscrits. M&#234;me s'il se maintient mieux aux &#233;lections municipa&#172;les de 1989, il n'en perd pas moins pr&#232;s de 300 communes (ne g&#233;rant plus que 2,6% des com&#172;munes en m&#233;tropole) et ne conserve notam&#172;ment plus qu'une commune de plus de 100 000 habitants (Le Havre). Ayant du mal &#224; appara&#238;&#172;tre comme force d'opposition cr&#233;dible, le parti de Marchais est pour la premi&#232;re fois de son histoire de parti bourgeois confront&#233; &#224; une crise ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont r&#233;ussi &#224; arr&#234;ter la gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de trois semaines, la gr&#232;ve n'avait pas encore faibli. Le lundi 5 janvier, apr&#232;s le pont du Premier de l'An, de nombreux cheminots qui avaient &#233;t&#233; en cong&#233; pour quelques jours, rejoignaient de nouveau les gr&#233;vistes, et partout les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#233;taient plus nombreuses. Malgr&#233; l'attitude de la FGAAC, poussant ostensiblement &#224; la reprise apr&#232;s les f&#234;tes bien qu'elle n'os&#226;t pas prononcer le mot, le nombre des agents de conduite qui avaient abandonn&#233; &#233;tait infime. De nouvelles n&#233;gociations jeudi 8 janvier n'amen&#232;rent que des miettes qui furent jug&#233;es telles par les gr&#233;vistes, et le soir la gr&#232;ve tenait toujours aussi bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intox &#224; la reprise battait son plein. Celle-ci &#233;tait annonc&#233;e chaque jour. Pourtant chaque jour, c'&#233;tait le m&#234;me pourcentage de trains qui roulaient, pas plus. A partir du vendredi 9, il y eut la pr&#233;tendue mobilisation des usagers, c'est-&#224;-dire des patrons et des partis de droite. Mais tout cela n'impressionna gu&#232;re les gr&#233;vistes, au plus, cela accrut la col&#232;re de quelques-uns.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui ont arr&#234;t&#233; la gr&#232;ve, ce sont les syndicats : la CFDT et la CGT, puisque les autres soit n'avaient jamais &#233;t&#233; dans la gr&#232;ve, soit comme la FGAAC l'avait d&#233;j&#224; abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manoeuvre pour arr&#234;ter une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; la SNCF alors que les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes ne sont nullement pr&#234;ts &#224; abandonner, n'est pas une nouveaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a d&#233;j&#224; vue se r&#233;p&#233;ter en 1968, en 1971, en 1976, bref &#224; chaque fois qu'une gr&#232;ve impliquant des dizaines de milliers de cheminots aux quatre coins du territoire est devenue pesante ou g&#234;nante pour les organisations syndicales. Cette manoeuvre consiste &#224; pousser &#224; la reprise les secteurs les plus faibles au lieu de les conforter en montrant que la grosse majorit&#233; tient ferme. Puis, en se servant de leur exemple, &#224; souffler aux autres que le vent est &#224; la reprise, et ainsi les d&#233;courager et les d&#233;moraliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois-ci, l&#224; encore, c'est la CFDT qui s'est avanc&#233;e la premi&#232;re. D&#232;s la fin des n&#233;gociations jeudi 8 au soir, la F&#233;d&#233;ration faisait savoir que, bien s&#251;r sans se prononcer pour la reprise, elle estimait que les gr&#233;vistes ne pourraient de toute fa&#231;on rien obtenir de plus. A part cela, elle les laissait libres de se prononcer pour ou contre la continuation de la gr&#232;ve. Un peu plus tard, c'est Edmond Maire lui-m&#234;me qui en rajoutait en conseillant ouvertement &#171; l'apaisement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur le terrain, les responsables, d&#232;s vendredi, encourageaient plus ou moins discr&#232;tement les premiers secteurs o&#249; la gr&#232;ve &#233;tait minoritaire &#224; reprendre le travail imm&#233;diatement, sans attendre de conna&#238;tre l'opinion de la majorit&#233; des autres secteurs. En fait, dans certains endroits ils encourageaient la minorit&#233; qui votait pour la reprise &#224; reprendre le travail. C'est ainsi qu'une gr&#232;ve est &#233;miett&#233;e, bris&#233;e, et qu'est cr&#233;&#233; le courant pour la reprise. Il est significatif d'ailleurs que les communiqu&#233;s de la F&#233;d&#233;ration ne disaient pas que, le vendredi 9 au soir il y avait toujours 79 d&#233;p&#244;ts sur 94 qui avaient d&#233;cid&#233; de poursuivre le mouvement. Ils disaient que quinze d&#233;p&#244;ts avaient d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter la gr&#232;ve. C'est ainsi qu'on cr&#233;e un climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, elle, a tenu plus longtemps. D'abord elle avait plus que la CFDT &#224; se faire pardonner son opposition du d&#233;but de la gr&#232;ve. Et puis, puisque la CFDT lui donnait l'occasion d'appara&#238;tre plus ferme, elle ne devait pas la rater. Elle a donc tenu deux jours de plus en se pronon&#231;ant officiellement pour la continuation. Et puis Edmond Maire ayant abattu ouvertement son jeu, la CGT se d&#233;clara tout &#224; la fois &#171; aux c&#244;t&#233;s de ceux qui ont d&#233;cid&#233; de continuer la lutte et aux c&#244;t&#233;s de ceux qui ont d&#233;cid&#233; de reprendre &#187;. Et voil&#224;. Ce n'est pas encore aujourd'hui que les j&#233;suites de la CFDT pourront donner des le&#231;ons &#224; ceux de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6743&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6743&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1988 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#224; la SNECMA d&#233;montre que, sans la mainmise sur les luttes de la CGT et autres appareils syndicaux, les travailleurs sont capables d'organiser la lutte et de l'&#233;tendre d'eux-m&#234;mes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5624&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5624&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1994 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1994 : le g&#233;nocide rwandais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport avec le syndicalisme en France me direz-vous ? Justement, aucun !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France capitaliste organise un g&#233;nocide au Rwanda et le mouvement syndical reste sourd et muet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales n'ont jamais estim&#233; de leur r&#244;le de d&#233;noncer les crimes de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, faisant de leur silence une v&#233;ritable complicit&#233;. L'exemple particuli&#232;rement criminel et sanglant d'un pr&#233;sident de gauche avec un gouvernement de droite, armant et organisant une contre-r&#233;volution fasciste en est une illustration particuli&#232;rement scandaleuse. Cela continue bien s&#251;r aujourd'hui avec l'absence de toute d&#233;nonciation de l'intervention militaire des grandes puissances en Ha&#239;ti. Les centrales syndicales dans un pays riche comme la France sont partie int&#233;grante de l'ordre imp&#233;rialiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#234;me ann&#233;e, le CIP, ou &#034;SMIC jeune&#034; de Balladur, est renvoy&#233; &#224; la poubelle par la mobilisation de la jeunesse : un mois de manifestations massives dans tout le pays. Les syndicats n'interviennent qu'en ponctuant la mobilisation par des &#034;journ&#233;es&#034; de manifestations massivement suivies. Elles n'ont nullement voulu ce mouvement et n'ont fait que le suivre de loin.... Elles chercheront encore moins &#224; en faire un point d'appui des luttes ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1995 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement social de l'automne 1995, que certains ont souvent cru r&#233;duit &#224; la seule gr&#232;ve des transports publics, SNCF et RATP notamment, tr&#232;s visible et fortement m&#233;diatis&#233;, a &#233;galement entrain&#233;, dans le refus du plan Jupp&#233;, le gros secteur de la fonction publique qu'est La Poste. La gr&#232;ve des postiers n'a pas beaucoup &#233;t&#233; remarqu&#233;e ni m&#233;diatis&#233;e. Cependant, avec un taux moyen sup&#233;rieur &#224; 3,5 jours par an et par agent, les chiffres de l'ann&#233;e 1995 se r&#233;v&#232;lent &#234;tre les plus hauts depuis 1974. Ils t&#233;moignent de la forte r&#233;sonance qu'ont, au sein de la profession posti&#232;re, la th&#233;matique des retraites et celle de la S&#233;curit&#233; sociale. Et combien le &#171; tous ensemble &#187; a emport&#233; l'adh&#233;sion, m&#234;me si la reprise impos&#233;e par Bernard Thibaut aux cheminots a &#233;galement entra&#238;n&#233; la reprise des autres secteurs, de la RATP &#224; la Poste. Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales interprofessionnelles de la gr&#232;ve 1995, m&#234;me si elles n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233;es ensuite, pas plus que la gr&#232;ve interprofessionnelle, ont marqu&#233; le mouvement ouvrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1995 : les cheminots entra&#238;nent le secteur public et sont arr&#234;t&#233;s par la CGT d&#232;s que le secteur priv&#233; menace d'entrer en lutte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, on oublie souvent qu'il y a eu s&#233;par&#233;ment une gr&#232;ve se g&#233;n&#233;ralisant dans le priv&#233; (par exemple Renault, Thomson, SNECMA, Danone, etc..., au printemps 1995) et une gr&#232;ve se g&#233;n&#233;ralisant aussi dans le public en octobre. Les syndicats, apr&#232;s avoir approuv&#233; les mesures pr&#233;vues par Jupp&#233;, ont &#339;uvr&#233; consciemment et efficacement &#224; diviser et affaiblir. Au d&#233;but, elles ne pr&#233;voyaient m&#234;me pas une v&#233;ritable r&#233;action. Par exemple, Jean-Paul Roux, le dirigeant du syndicat ind&#233;pendant l'UNSA, d&#233;clarait : &#034;On ne peut pas faire la gr&#232;ve du si&#232;cle tous les mois, beaucoup de fonctionnaires ne peuvent se permettre de perdre 2 jours de salaire &#224; 6 semaines d'intervalle &#224; l'approche de No&#235;l&#034;. Gr&#226;ce aux syndicats, le gouvernement a pu se contenter d'un petit recul alors qu'il faisait face &#224; une remont&#233;e des luttes sociales. Certains syndicats comme la CGT et FO se sont port&#233;s &#224; la t&#234;te de la lutte des salari&#233;s du public alors qu'ils avaient sign&#233; les projets de r&#233;forme de Jupp&#233; qui s'est suffisamment plaint de leur retournement. Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux c&#244;t&#233;s du gouvernement Jupp&#233; contre les cheminots et les postiers), en d&#233;cembre 1995, Bernard Thibault avait lui-m&#234;me brad&#233; la gr&#232;ve dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant &#224; la reprise, sans consulter aucun gr&#233;viste, d&#232;s la signature d'un accord avec le ministre des transports de l'&#233;poque. Cette gr&#232;ve, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, &#233;tait surtout une fa&#231;on de s'imposer comme interlocuteurs au gouvernement Jupp&#233;-Chirac, &#224; qui ils d&#233;montraient, en s'appuyant sur la col&#232;re des cheminots, que ce n'&#233;tait pas en collaborant avec la seule CFDT que l'on pouvait marchander le calme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots, dont le syst&#232;me de retraite et le statut de l'entreprise, via le projet de contrat de plan, sont remis en cause, occupent une grande place dans le mouvement. La gr&#232;ve de novembre-d&#233;cembre 1995 montre que la gr&#232;ve des cheminots peut gagner, faire reculer un projet antisocial, faire chuter un ministre, en entra&#238;nant les autres secteurs, en organisant des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales interprofessionnelles et en passant dans les autres secteurs les entra&#238;ner &#224; la gr&#232;ve. En sortant du minist&#232;re, Bernard Thibaut secr&#233;taire de la CGT des cheminots annonce, sans consultation des cheminots en gr&#232;ve et sans concertation avec les travailleurs de la RATP qui ont suivi la gr&#232;ve SNCF, que la gr&#232;ve est finie. C'est le d&#233;but d'une politique de trahison ouverte men&#233;e par celui qui va vite devenir le dirigeant de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si 1995 a marqu&#233; une remont&#233;e de la lutte, un recul du gouvernement et une accentuation de la confiance des travailleurs, les travailleurs y sont apparus comme suivants les syndicats nationaux contrairement aux ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes et elle a &#233;t&#233; aussi un tournant vers une plus grande collaboration entre syndicats et gouvernement et avec le patronat qui sera soulign&#233; par le choix que fera la CGT de venir un syndicat qui n&#233;gocie, qui propose, qui est &#034;positif&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux c&#244;t&#233;s du gouvernement Jupp&#233; contre les cheminots et les postiers), en d&#233;cembre 1995, Bernard Thibault avait lui-m&#234;me brad&#233; la gr&#232;ve dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant &#224; la reprise, sans consulter aucun gr&#233;viste, d&#232;s la signature d'un accord avec le ministre des transports de l'&#233;poque. Cette gr&#232;ve, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, &#233;tait surtout une fa&#231;on de s'imposer comme interlocuteurs au gouvernement Jupp&#233;-Chirac, &#224; qui ils d&#233;montraient, en s'appuyant sur la col&#232;re des cheminots, que ce n'&#233;tait pas en collaborant avec la seule CFDT que l'on pouvait marchander le calme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7491&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7491&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/2580_1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/2580_1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Nouvel Observateur &#187; de d&#233;but d&#233;cembre 2009 &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sarkozy, au moins, il a des c&#8230; Il d&#233;fend l'industrie fran&#231;aise ! (&#8230;) Cet &#233;loge &#233;mane d'un tr&#232;s proche de &#8230; Bernard Thibaut qui, lui-m&#234;me d&#233;clare &#171; Pour Sarko, tous les sujets passent par des relations personnelles. (&#8230;) Souvenez-vous de la gr&#232;ve des cheminots, &#224; l'automne 2007. Le pr&#233;sident Sarkozy d&#233;cide de r&#233;former les r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite de la SNCF, de la RATP et des &#233;lectriciens-gaziers. Il veut, en 2002, faire passer de 40 &#224; 41 le nombre d'ann&#233;es de cotisations. La gr&#232;ve &#233;clate &#224; la mi-octobre. Pr&#233;vue pour 24 heures, elle dure. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT ne sait pas comment arr&#234;ter ses troupes. (&#8230;) Thibaut dit &#224; Sarkozy : &#171; Donnez moi quatre jours, je vous promets la reprise du travail. &#187; (&#8230;) Le num&#233;ro un de la CGT vient d'entrer d&#233;finitivement dans le clan des r&#233;formistes ! (&#8230;) Plus r&#233;cemment, le choix d'Henri Proglio, le pr&#233;sident de Veolia, pour remplacer Pierre Gadonneix &#224; la t&#234;te d'EDF s'est fait avec l'appui de Bernard Thibaut. (&#8230;) Ce pragmatisme est davantage dans les g&#232;nes de l'autre centrale, la CFDT. (&#8230;) &#171; Le syndicalisme &#224; la &#171; Conti &#187; n'est pas le n&#244;tre &#187;, explique le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. (&#8230;) Depuis quelques temps, on voit souvent Thibaut et Ch&#233;r&#232;que bras dessus, bras dessous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1996 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 23 ao&#251;t 1996, la police &#233;vacuait l'&#201;glise Saint Bernard, d&#233;fon&#231;ant &#224; coups de hache la porte d'entr&#233;e sous'&#339;il des cam&#233;ras pour d&#233;loger des familles qui y campaient depuis plus de 50 jours. Cette journ&#233;e marquera le d&#233;but d'une lutte acharn&#233;e pour obtenir la r&#233;gularisation de tous les sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre &#224; l'initiative ou m&#234;me en soutien, les centrales syndicales ont laiss&#233; les sans-papiers &#171; de Saint-Bernard &#187; mener seuls leur lutte jusqu'&#224; l'occupation du gymnase Japy puis de l'&#233;glise Saint-Bernard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996-1997, les syndicats mettent la p&#233;dale douce sur les gr&#232;ves&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/1999/01/en-1997-les-greves-sont-restees-peu-nombreuses-dans-le-prive-et-ont-diminue-dans-la-fonction-publique-761607&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesechos.fr/1999/01/en-1997-les-greves-sont-restees-peu-nombreuses-dans-le-prive-et-ont-diminue-dans-la-fonction-publique-761607&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1999&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves remontent en 1999. Depuis novembre 1999, se sont trouv&#233;s en gr&#232;ve, entre autres, le personnel hospitalier, celui des grands magasins parisiens, les employ&#233;s des banques, ceux de la Poste, du transport public, du service de nettoyage du m&#233;tro, les journalistes, les pompiers, les agents des imp&#244;ts, les employ&#233;s des caisses d'assurance tout comme les salari&#233;s de Disneyland Paris. M&#234;me les chercheurs, les enseignants et les cadres ont d&#233;bray&#233;. Les gr&#232;ves se dirigent &#224; la fois contre la mani&#232;re dont l'introduction des 35 heures a lieu mais aussi pour appuyer une r&#233;elle r&#233;duction du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les routiers eux ont d'autant plus de raisons de protester vu que le gouvernement a c&#233;d&#233; aux pressions de leurs patrons. Le 10 janvier, les patrons-routiers avaient organis&#233; un barrage routier et avaient ainsi r&#233;ussi &#224; faire passer un d&#233;cret unilat&#233;ral par le ministre des transports Gayssot (PCF) leur garantissant une application taill&#233;e sur mesure de la loi des 35 heures. Les patrons ont, de ce fait, la possibilit&#233; de faire travailler leur personnel pendant 208 heures par mois, ce qui &#233;quivaut &#224; plus de 50 heures par semaine. Ce projet de d&#233;cret renferme &#233;galement une r&#233;glementation tout &#224; fait ridicule en cas de &#171; double &#233;quipage &#187; des conducteurs longue distance et qui fait que le temps du chauffeur qui ne conduit pas n'est pas reconnu comme &#171; temps effectif de travail &#187; car &#233;tant cens&#233; pouvoir &#171; vaquer librement &#224; ses occupations &#187;. Les chauffeurs d&#233;plorent aussi que les acquis de la gr&#232;ve de 1995 en ce qui concerne le salaire et le temps de travail soient r&#233;duits &#224; n&#233;ant cinq ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal L'Express &#233;crivait le 3 f&#233;vrier : &#171; Dans les services publics - transports, poste, etc. - 'l'ambiance 35 heures' est synonyme de tensions nouvelles. L'affaire des routiers en est un symbole. En trois semaines, les m&#234;mes camions ont bloqu&#233; les m&#234;mes routes pour la m&#234;me raison : les 35 heures. Seuls ceux qui tenaient le volant ont chang&#233;. Les 35 heures sont une r&#233;forme populaire qui produit du conflit social. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La complexit&#233; du probl&#232;me ressort tout particuli&#232;rement dans la gr&#232;ve du personnel hospitalier qui cumule toutes les difficult&#233;s : il s'agit l&#224; aussi bien du secteur public que priv&#233;, et l'Etat, en tant d'employeur, a affaire aux secteurs d'activit&#233;s les plus divers. Le 28 janvier avait lieu &#224; Paris la plus importante manifestation que les personnels hospitaliers aient connu ces dix derni&#232;res ann&#233;es et &#224; laquelle ne participaient pas seulement les personnels soignants, mais aussi les m&#233;decins, les urgentistes, les psychiatres, les pharmaciens d'h&#244;pitaux, les agents techniques et d'entretien, tous rassembl&#233;s sous le slogan &#171; Assez de la rigueur - on veut de la sant&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter par ailleurs que certains syndicats s'efforcent f&#233;brilement de jouer au mieux, lors de la signature des accords sur le temps de travail, leur r&#244;le de partenaire des entreprises et du gouvernement. La CFDT par exemple est pr&#234;te &#224; d&#233;bourser pr&#232;s de 5 millions de francs dans le lancement d'une campagne d'information sur les 35 heures, en d&#233;pit de l'avis de la secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale, Nicole Notat, que seule une minorit&#233; d&#233;croissante &#233;met encore des r&#233;serves. La moiti&#233; des accords conclus ayant eu lieu dans des entreprises d&#233;pourvues de syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/News/2000/fevrier00/15fev00_35hrsfr.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/News/2000/fevrier00/15fev00_35hrsfr.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la gr&#232;ve des cheminots de ce d&#233;but du mois de mai, la politique de collaboration des directions syndicales et du gouvernement pour imposer aux travailleurs, sous couvert de la loi d'am&#233;nagement du temps de travail, cette plus grande flexibilit&#233; que souhaite le patronat, a rencontr&#233; sa plus s&#233;rieuse difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;marr&#233;e le 27 avril &#224; l'appel d'un seul syndicat, corporatiste, la f&#233;d&#233;ration autonome des agents de conduite, la FGAAC, appel rapidement relay&#233; par des militants de tous bords, la gr&#232;ve a dur&#233; plus de dix jours. Elle est certes rest&#233;e minoritaire et cat&#233;gorielle, limit&#233;e essentiellement aux agents de conduite, peu &#233;tendue aux s&#233;dentaires. Mais elle a paralys&#233; une partie du trafic et finalement contraint la direction de la SNCF &#224; prendre la mesure du peu de popularit&#233; de son projet et du peu d'efficacit&#233; des grands appareils syndicaux &#224; le faire passer pour &#034;constructif&#034;. Cette gr&#232;ve aura probablement d'abord surpris les grandes f&#233;d&#233;rations qui s'appr&#234;taient &#224; signer tranquillement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la caract&#233;ristique de cette gr&#232;ve des cheminots, c'est qu'elle n'est pas rest&#233;e la gr&#232;ve cat&#233;gorielle des agents de conduite telle que la FGAAC l'aurait s&#251;rement voulu. Elle n'a certes pas &#233;t&#233; la lame de fond, l'explosion qui bouscule sans peine tous les barrages syndicaux. Loin s'en faut. Elle est rest&#233;e dans la plupart des endroits limit&#233;e aux seuls agents de conduite, et m&#234;me parmi eux, elle est rest&#233;e tout au long du conflit minoritaire. Mais elle a tenu et s'est en partie &#233;tendue alors qu'elle &#233;tait combattue par les plus influentes des f&#233;d&#233;rations syndicales de cheminots, la f&#233;d&#233;ration CGT et la f&#233;d&#233;ration CFDT (dont le responsable s'est illustr&#233; par des propos &#224; la grande presse contre ces &#034;2,5 % de gr&#233;vistes&#034; qui auraient bloqu&#233; l'application d'un bon accord !). Quant au syndicat SUD-Rail qui a fini, avec un temps de retard, par d&#233;poser un pr&#233;avis de gr&#232;ve, par crainte lui aussi de voir sa base partir et lui &#233;chapper, il a tout fait pour que son pr&#233;avis ne soit pas vraiment suivi. Et ce qui a donn&#233;, malgr&#233; toutes ces oppositions, &#224; la gr&#232;ve un dynamisme et une port&#233;e qui d&#233;passaient les intentions et les possibilit&#233;s de la f&#233;d&#233;ration autonome qui l'avait d&#233;clench&#233;e, c'est qu'un peu partout des travailleurs du rang mais surtout des militants et adh&#233;rents de tous les syndicats &#224; commencer par des militants et des sections syndicales enti&#232;res, de la CGT ont saisi l'occasion de l'appel de la FGAAC pour agir et appeler &#224; la gr&#232;ve, contre l'avis de leurs propres f&#233;d&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve, contre les appareils, dont celui de la CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a donc d&#233;marr&#233; et vite pris de l'ampleur. Surtout l&#224; o&#249; des militants se sont mis en avant pour l'organiser. Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans des d&#233;p&#244;ts d'agents de conduite de la banlieue parisienne, mais aussi des r&#233;gions Nord, Picardie, Champagne-Ardenne, Alsace, Lorraine, Normandie, Provence-C&#244;te d'Azur, etc. 19 %, puis 30 %, puis 40 % de gr&#233;vistes, selon la direction, en r&#233;alit&#233; plus de 50 % dans quelques d&#233;p&#244;ts, surtout l&#224; o&#249; localement, la CGT avait appel&#233; &#224; cesser le travail. Quelques secteurs de s&#233;dentaires ont rejoint la lutte comme &#224; Rouen (Mat&#233;riel, Transport et Commercial), &#224; St-Lazare (Transport et Commercial), &#224; Marseille (tous services), etc. Souvent &#224; l'appel des conducteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais partout, se sont vite produites les m&#234;mes sc&#232;nes et les m&#234;mes discussions entre partisans de la gr&#232;ve et certains responsables c&#233;g&#233;tistes oppos&#233;s &#224; celle-ci, servant partout les m&#234;mes phrases et les m&#234;mes arguties, selon lesquelles le d&#233;clenchement du mouvement aurait &#233;t&#233; pr&#233;cipit&#233;, &#224; l'appel d'une FGAAC pr&#233;occup&#233;e surtout de ses int&#233;r&#234;ts corporatistes, qu'il faudrait aux cheminots le temps de comprendre, de d&#233;battre, de se forger leur propre opinion, qu'il faudrait les consulter par un grand r&#233;f&#233;rendum pour lequel la direction avait offert son soutien logistique. En attendant, la gr&#232;ve &#233;tait pr&#233;matur&#233;e, expliquait l'appareil CGT, qui a mis tout son poids, contre une partie de ses propres militants, pour batailler contre elle, faire voter et revoter contre la gr&#232;ve. D'o&#249; la col&#232;re, des discussions vives, des engueulades... qui n'ont pas entam&#233; la d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ultime manoeuvre, tandis qu'entrait en vigueur, mardi 4 mai, le pr&#233;avis d&#233;pos&#233; par SUD-Rail, pour lequel les dirigeants de ce syndicat se gardaient bien de militer dans les chantiers, la f&#233;d&#233;ration CGT d&#233;posait elle aussi un pr&#233;avis de gr&#232;ve, mais &#224; partir du dimanche 9 mai au soir, soit pr&#232;s d'une semaine plus tard, et seulement pour 36 heures, faisant all&#232;grement fi de la gr&#232;ve en cours ! Une partie des responsables CGT qui jusque-l&#224; n'avaient pas os&#233; s'opposer ouvertement &#224; la gr&#232;ve, avaient enfin, vis-&#224;-vis de leurs propres militants, l'argument de poids : forts du pr&#233;avis d&#233;pos&#233; par leur f&#233;d&#233;ration, ils appel&#232;rent &#224; partir du mardi 4 mai &#224; suspendre la gr&#232;ve sous pr&#233;texte qu'elle aurait &#233;t&#233; presque exclusivement celle des agents de conduite et donc corporatiste et qu'il fallait en d&#233;marrer s&#233;rieusement une autre, intercat&#233;gorielle... la semaine suivante, une fois que tout serait fini !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait &#233;tudi&#233; pour permettre &#224; la direction d'organiser &#224; nouveau des rencontres et palabres avec les appareils syndicaux et leur donner quelques broutilles &#224; se mettre sous la dent pour justifier les appels &#224; la reprise. C'&#233;tait destin&#233; &#224; d&#233;courager les gr&#233;vistes, tuer le mouvement et se pr&#233;parer &#224; aller tranquillement vers cette grande consultation pr&#233;tendument d&#233;mocratique qui pourrait avoir lieu &#224; la fin mai. On ne sait pas si, au bout du compte, la CGT signera ou pas, mais il reste surtout qu'elle a mis tout son poids pour faire passer pour globalement positif un catalogue de mesures contre les cheminots, et tout son poids pour emp&#234;cher la gr&#232;ve contre ces mesures, gr&#232;ve o&#249; pourtant ses propres militants s'&#233;taient engag&#233;s. Le r&#233;f&#233;rendum, pourtant, a eu lieu : c'est cette gr&#232;ve de dix jours qui a tenu malgr&#233; l'opposition au mouvement des plus influentes des directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 5 mai, le mouvement commen&#231;ait &#224; faiblir. Ou plus exactement il &#233;tait de bon ton de le dire dans les milieux syndicaux qui lui &#233;taient hostiles. Voire d'en rajouter. Car &#224; Marseille, par exemple, s'il est vrai que des cheminots gr&#233;vistes avaient &#034;suspendu&#034; leur gr&#232;ve &#224; l'appel de la CGT, il restait malgr&#233; tout 60 % des roulants en lutte, et 80 % &#224; Miramas. Dans la soir&#233;e, les directions syndicales qui avaient cru jusque-l&#224; l'affaire ficel&#233;e, grima&#231;aient devant les petites concessions que Gallois venait de faire aux gr&#233;vistes. Et le jeudi 6 mai s'amor&#231;ait la reprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belles manoeuvres des f&#233;d&#233;rations CGT et CFDT, la main dans la main comme Thibault et Notat &#224; leurs congr&#232;s respectifs, pour tenter de sauver la mise du gouvernement de la gauche plurielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la direction de la SNCF, avec &#224; la rescousse celles des centrales syndicales, n'est pas au bout de ses peines pour faire avaler aux cheminots la r&#233;organisation du temps de travail, sans compter la r&#233;forme du syst&#232;me des retraites, qu'elle leur concocte. Une &#233;ventuelle signature du projet d'accord, que les concessions de derni&#232;re minute faites pour enrayer la gr&#232;ve n'ont pas chang&#233; sur le fond, pourrait co&#251;ter cher &#224; la direction de la CGT cheminote. Et le conflit pourrait bien rebondir, pas seulement chez les conducteurs, mais aussi chez les autres roulants ou chez les s&#233;dentaires lorsque tomberont les mesures concr&#232;tes pr&#233;vues dans le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Si j'&#233;tais cheminot, je ne me mettrais pas gr&#232;ve...&#034; c'est le dirigeant du PC qui vous le dit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2092&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2092&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 46e congr&#232;s de la CGT a &#233;t&#233; l'occasion de faire des gestes en direction du patronat. Ce n'&#233;taient pas les premiers. Le congr&#232;s pr&#233;c&#233;dent avait ent&#233;rin&#233; la suppression des statuts de la CGT de toute r&#233;f&#233;rence &#224; la lutte de classe. Il ne s'agissait plus, il est vrai, que d'une r&#233;f&#233;rence toute formelle, mais les symboles servent &#224; annoncer la couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e, inesp&#233;r&#233;e, au gouvernement de la &#171; gauche plurielle &#187; en 1997 s'est r&#233;v&#233;l&#233;e une occasion pour la CGT de tenter de rattraper le temps perdu. Qu'attendent le patronat et le gouvernement de la CGT dans la p&#233;riode qui vient ? Des engagements dans des directions toutes balis&#233;es : l'annualisation et la flexibilit&#233;, la mise au rancart des conventions collectives, l'extension du travail pr&#233;caire dans la fonction publique apr&#232;s sa g&#233;n&#233;ralisation dans le secteur priv&#233;, les privatisations &#224; tout va, la diminution des retraites et l'institutionnalisation des fonds de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'annualisation et la flexibilit&#233;, la CGT a d&#233;j&#224; multipli&#233; les gages, en ayant sign&#233; &#224; ce jour plus de 20 % des accords. Au congr&#232;s, Maryse Dumas comme Bernard Thibault ont &#233;voqu&#233; les &#171; propositions &#187; de la CGT concernant la r&#233;daction de la future loi sur les 35 heures, en se gardant de s'opposer &#224; l'annualisation &#8211; Maryse Dumas tenant m&#234;me &#224; s'incliner devant le fait accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de la Fonction publique, Christian Laroze, secr&#233;taire de la f&#233;d&#233;ration CGT du Textile, a annonc&#233; de la tribune du congr&#232;s (cit&#233; par Le Monde du 6 f&#233;vrier) les intentions de la CGT : &#171; les salari&#233;s du public vont bient&#244;t d&#233;couvrir, avec les 35 heures, la flexibilit&#233; intense telle qu'on la subit, dans l'industrie, depuis dix ans. (...) Pendant qu'ils g&#233;raient les &#233;volutions de carri&#232;re et les augmentations salariales, nous subissions, nous, les licenciements massifs et les d&#233;localisations. Aujourd'hui, ils esp&#232;rent avoir les 35 heures sans perte de salaire et sans flexibilit&#233;. Faut pas r&#234;ver ! &#187; Voil&#224; le gouvernement pr&#233;venu lorsqu'il d&#233;cidera d'engager les batailles d&#233;j&#224; annonc&#233;es par la publication du rapport sur le temps de travail dans la Fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ligne de mire, la question du mode de calcul de la retraite des fonctionnaires et le d&#233;gagement des capitaux consid&#233;rables repr&#233;sent&#233;s par ces retraites actuellement g&#233;r&#233;es par la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations. Mais, l&#224;-dessus, les d&#233;clarations de Viannet sur les fonds de pension valent pratiquement engagement de la part de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services?archive=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services?archive=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2000}}
&lt;p&gt;Gr&#232;ves &#224; la poste, aux imp&#244;ts, dans les h&#244;pitaux (manifestations r&#233;ussies dans tout le pays le 28 janvier), mobilisation impressionnante des instituteurs, professeurs et parents d'&#233;l&#232;ves dans le midi (12 000 manifestants &#224; Montpellier, 15 000 &#224; N&#238;mes), mais aussi en Bretagne, en Auvergne, en Normandie... Gr&#232;ves &#224; la S&#233;curit&#233; sociale et aux caisses d'allocations familiales. Tout cela pour ne parler que des mouvements dans la fonction publique de ces derni&#232;res semaines. Partout, les m&#234;mes probl&#232;mes d'effectifs, les m&#234;mes revendications : cr&#233;ations de postes d'enseignants, d'hospitaliers, de postiers, refus du gel des effectifs, embauche des pr&#233;caires. En r&#233;alit&#233;, cela fait des mois que les gr&#232;ves et manifestations se succ&#232;dent en ordre dispers&#233; dans le secteur public comme priv&#233; sur la question des 35 heures, des licenciements ou du manque d'effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents mouvements, m&#234;me isol&#233;s, sectoriels, sont populaires. La jonction des parents d'&#233;l&#232;ves aux enseignants (qui avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; notable lors des mouvements de l'an dernier), simple exemple, t&#233;moigne du caract&#232;re g&#233;n&#233;ral du m&#233;contentement, du sentiment de solidarit&#233; au sein du monde du travail. En d&#233;pit de l'&#233;miettement des mouvements, il est remarquable que les diff&#233;rentes luttes qui se relaient n'aient aucun caract&#232;re corporatiste. Chacun se reconna&#238;t dans le chauffeur routier tenant un barrage, dans l'instit qui conteste la carte scolaire, l'infirmi&#232;re, l'aide-soignante ou le brancardier qui manifestent, l'employ&#233;e de la S&#233;cu d&#233;bord&#233;e, le pompier en col&#232;re, et m&#234;me l'employ&#233; des imp&#244;ts qui proteste contre la fermeture des petites perceptions ! Rarement les salari&#233;s de ce pays ont eu &#224; ce point le sentiment d'&#234;tre confront&#233;s aux m&#234;mes probl&#232;mes, au m&#234;me scandale social qui veut que les entreprises qui font des b&#233;n&#233;fices licencient et que le gouvernement &#171; g&#232;le &#187; les effectifs des services publics tout en parlant de croissance et de retour &#224; la prosp&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la conscience sociale, ni m&#234;me politique qui manque aujourd'hui aux salari&#233;s. La combativit&#233; ? Les travailleurs n'h&#233;sitent pas &#224; r&#233;pondre pr&#233;sents aux appels syndicaux, quand appels il y a, parfois au-del&#224; des esp&#233;rances des appareils nationaux (comme chez les instits, profs des coll&#232;ges, de l'enseignement professionnel et les parents d'&#233;l&#232;ves du Gard et de l'H&#233;rault ces derniers jours).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas non plus l'unit&#233; syndicale qui fait d&#233;faut. Oh non ! Les directions des conf&#233;d&#233;rations entretiennent aujourd'hui des rapports parfaitement cordiaux. Elles se concertent, elles s'accordent. La question est de savoir sur quoi. Elles ne s'accordent pas sur une strat&#233;gie syndicale visant &#224; coordonner les diff&#233;rentes luttes en vue d'un mouvement d'ensemble. Surtout pas. Les mouvements existants, elles les accompagnent, les chevauchent, mais s'accordent tacitement pour ne surtout pas les coordonner. En revanche, elles s'entendent parfaitement sur un programme et un calendrier de n&#233;gociations avec le Medef sur &#171; l'approfondissement de la n&#233;gociation collective &#187; et l'avenir de la protection sociale, et avec le gouvernement sur l'application des 35 heures dans la fonction publique, en attendant les n&#233;gociations sur les retraites. Le plan, la strat&#233;gie des conf&#233;d&#233;rations syndicales, ce sont le Medef et Martine Aubry qui pour l'heure les leur dictent. Le Medef par son coup d'&#233;clat en mena&#231;ant de quitter les organismes g&#233;r&#233;s paritairement (S&#233;cu, Unedic...) d'ici la fin de l'ann&#233;e ; Martine Aubry en d&#233;cidant du calendrier de n&#233;gociation d'une &#171; loi cadre &#187; sur la r&#233;duction du temps de temps travail dans la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : apr&#232;s le succ&#232;s de la manifestation du personnel des h&#244;pitaux du 28 janvier (10 000 &#224; Paris, 7000 &#224; Toulouse, 6000 &#224; Marseille, 3000 &#224; Lyon, 7000 &#224; Rennes, etc.), toutes les conditions &#233;taient r&#233;unies pour que les f&#233;d&#233;rations appellent &#224; la poursuite de la mobilisation, &#224; la coordination des gr&#232;ves touchant bon nombre de grands h&#244;pitaux un peu partout dans le pays, en chiffrant &#224; l'&#233;chelle nationale le nombre de cr&#233;ations de postes indispensables pour permettre non seulement un passage r&#233;el aux 35 heures mais combler le manque actuel d'effectifs (combien d'embauches d'infirmi&#232;res, d'aide-soignantes, de brancardiers, de personnels d'entretien... 50 000, 60 000, 100 000 ?). Tout le monde conna&#238;t l'&#233;tat des services d'urgences, de g&#233;riatrie, la surcharge de travail dans la plupart des services d'un c&#244;t&#233; et les plans de restructuration hospitali&#232;re de l'autre. Il &#233;tait simple, trop simple sans doute, de s'appuyer sur les quelque 100 000 manifestants du 28 janvier pour formuler des exigences unitaires et claires face &#224; Aubry, pour que le personnel hospitalier se sente fort, s&#251;r de lui, et d'appeler les semaines suivantes &#224; l'amplification de la mobilisation du personnel hospitalier sur des revendications claires pour tout le monde. Mais non. Martine Aubry annonce l'ouverture des n&#233;gociations avec toutes les organisations syndicales du secteur hospitalier pour trois semaines, et les principales f&#233;d&#233;rations du secteur se contentent de repousser au 14 mars, un mois et demi plus tard, une &#171; &#233;ventuelle &#187; journ&#233;e nationale de gr&#232;ve. Que les h&#244;pitaux d&#233;j&#224; en gr&#232;ve prennent patience. C'est qu'elles &#171; n&#233;gocient &#187; &#224; partir des &#171; donn&#233;es &#187; de Martine Aubry, qui n'envisage aucunement de revenir sur l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire. La mobilisation devra s'adapter au calendrier de n&#233;gociation de la ministre. Cela fait des semaines que toute une s&#233;rie de grands h&#244;pitaux votent la gr&#232;ve reconductible, mais c'est le gouvernement qui impose son rythme et sa cadence aux syndicats et les met en situation de &#171; d&#233;battre &#187; sur les miettes qu'il leur conc&#233;dera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-confederations-syndicales-tres-respectueuses&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-confederations-syndicales-tres-respectueuses&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2001&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2001, une tentative de g&#233;n&#233;ralisation de la lutte contre les licenciements qui n'est pas soutenue par les centrales syndicales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de Lu-Danone et de Marks &amp; Spencer notamment tentent de trouver un prolongement dans d'autres entreprises comme AOM-Air Libert&#233;-Air Littoral, et au travers de manifestations communes mais les centrales syndicales font la sourde oreille... Leur appel aboutit pourtant le 9 juin 2001 &#224; une manifestation de plus de 20 000 personnes &#224; Paris d&#233;montrant la volont&#233; et la n&#233;cessit&#233; de construire des courants unitaires et combatifs &#224; la base.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2002 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la menace antisociale du gouvernement, la CGT reste l'arme au pied&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fillon annonce son projet d&#233;finitif vendredi prochain. Entre temps, il a pris soin de &#8220; consulter &#8221; les repr&#233;sentants des diff&#233;rentes organisations syndicales. Ils ont d&#233;fil&#233; dans son bureau les uns apr&#232;s les autres. Qu'y ont-ils d&#233;fendu ? Blondel, de FO, a &#233;t&#233; content de la r&#233;ception, puisqu'il s'est f&#233;licit&#233; de la reprise d'un &#8220;dialogue correct, direct et constructif &#8221;. Ch&#233;r&#232;que, de la CFDT, est d'accord pour une r&#233;forme de la loi sur les 35 heures&#8230; Et Thibault de la CGT, s'est content&#233; d'affirmer que &#8220; la CGT se mobilisera si le projet reste en l'&#233;tat &#8221;. Ils ne sont pas press&#233;s de pr&#233;parer les travailleurs &#224; utiliser leur force pour faire ravaler ces projets &#224; leurs auteurs. Ils se pr&#233;parent plus s&#251;rement &#224; n&#233;gocier les conditions de d&#233;passement des 35 heures branche par branche. Autant dire &#224; n&#233;gocier les reculs, et non pas &#224; s'y opposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FO appelle seule &#224; la gr&#232;ve &#224; la SNCF&#8230; et signe un accord bidon avec les patrons du transport routier, sabotant ainsi d'avance le mouvement des chauffeurs. Avec la CGT ou la CFDT qui lancent le mouvement chez les routiers&#8230; mais font pression sur les syndicats cheminots pour qu'il n'y ait surtout pas de gr&#232;ve le 26 novembre, avec les transports a&#233;riens ou urbains, de La Poste, de la Sant&#233; ou de l'Education nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2003 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;2003 : les syndicats emp&#234;chent une mobilisation sur les retraites, sujet pourtant explosif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2003 est un pic des gr&#232;ves en France contre le projet Fillon de retarder les d&#233;parts en retraite de tous les salari&#233;s (vers les 42 ans et plus d'ann&#233;es de cotisation). mais cela ne m&#232;ne &#224; rien !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le succ&#232;s de la journ&#233;e d'action du 13 mai (deux millions de manifestants) a, comme on dit poliment, &#171; d&#233;pass&#233; les espoirs &#187; des directions syndicales, en particulier du fait de la bonne participation des travailleurs du secteur priv&#233;. L'empressement de Ch&#233;r&#232;que &#224; signer une version &#224; peine am&#233;lior&#233;e du projet de Fillon semble dict&#233; par la volont&#233; de briser au plus vite l'&#233;lan d'un mouvement dont l'&#233;norme potentiel s'est clairement manifest&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux secteurs ont reconduit la gr&#232;ve du 13 mai sans r&#233;el soutien des dirigeants syndicaux, comme par exemple &#224; la RATP. Le soir du 13 mai, Bernard Thibault a d&#233;clar&#233; &#171; comprendre l'&#233;motion &#187; des cheminots qui venaient de d&#233;cider de reconduire la gr&#232;ve pour le 14 mai. Apr&#232;s quoi ceux-ci ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s &#224; leur propre sort, c'est-&#224;-dire sans que leur soient donn&#233;es de perspectives sur une g&#233;n&#233;ralisation du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 mai, la CGT cl&#244;turait le ban par une manifestation imposante mais con&#231;ue comme une fin... Plus exactement, elle avait d&#233;cid&#233; que c'&#233;tait fini. Ce qui ne l'emp&#234;chait pas de faire crier aux manifestants : &#034;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&#034; !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 mai, dans de nombreux centres SNCF les cheminots indiquaient leur intention de s'engager dans la gr&#232;ve en votant la reconduction. Il en &#233;tait de m&#234;me dans les bus et m&#233;tros parisiens, dans les transports en commun de plusieurs villes de province. Certes, les gr&#233;vistes restaient minoritaires. Bien moins cependant que ne l'&#233;taient au d&#233;but les enseignants, et surtout ils n'&#233;taient pas seuls. A La Poste, dans plusieurs h&#244;pitaux, &#224; la DDE, chez les &#233;boueurs, les &#171; territoriaux &#187;, des gr&#232;ves commen&#231;aient aussi. Mais les directions syndicales ne voulaient pas d'une g&#233;n&#233;ralisation. En deux jours, dans les transports, pour tout le monde le secteur cl&#233; pour l'extension du mouvement, elles cassaient la gr&#232;ve au pr&#233;texte de mieux la pr&#233;parer. Et de reprendre la routine : nouvelle journ&#233;e d'action le 19 mai, manifestation nationale &#224; Paris le dimanche 25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT pesait de tout son poids pour faire reprendre le travail &#224; ceux des cheminots qui avaient continu&#233; la gr&#232;ve apr&#232;s la journ&#233;e d'action du 3 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournant de la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 47e congr&#232;s de la CGT, qui s'est tenu &#224; Montpellier du 24 au 28 mars, avait &#224; se prononcer sur quatre textes propos&#233;s par la direction sortante. Finalement, trois seulement furent soumis au vote des congressistes. Le quatri&#232;me, concernant la centralisation de la perception et la gestion des cotisations des syndiqu&#233;s, a &#233;t&#233; &#233;cart&#233; de la consultation au dernier moment, les responsables constatant l'opposition de nombre de d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; cette proposition lesquels estimaient, &#224; juste titre, que cette proc&#233;dure comportait le risque pour les organisations de base d'&#234;tre dessaisies du contr&#244;le de leurs activit&#233;s, et que cela accroisse du m&#234;me coup l'emprise des instances dirigeantes. Un signe de m&#233;fiance que la direction conf&#233;d&#233;rale a d&#251; prendre en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le report du vote sur cette question n'a rien chang&#233; au reste, c'est-&#224;-dire &#224; l'essentiel. Certes, on a pu noter que le nombre des votes contre les textes propos&#233;s par la direction &#233;tait sensiblement plus important que lors des congr&#232;s pr&#233;c&#233;dents : 74,65 % approuvant les rapports de la direction sortante, 12,36 % votant contre et 12,99 % s'abstenant. Ces chiffres traduisent l&#224; encore les r&#233;ticences de syndiqu&#233;s qui acceptent mal l'&#233;volution toujours plus marqu&#233;e de leur conf&#233;d&#233;ration vers ce syndicalisme que l'on pr&#233;tend &#171; de concertation et de proposition &#187; dont leurs dirigeants se font les ardents champions. Il est toutefois bien difficile de mesurer, &#224; travers ces chiffres, l'ampleur et surtout la profondeur de ces r&#233;ticences. Mais on a pu constater qu'elles existent. Et pas seulement au niveau du congr&#232;s. Ces pourcentages, tout comme les comptes-rendus des d&#233;bats, tout comme le congr&#232;s, donnent forc&#233;ment un reflet d&#233;form&#233; de ce qui se passe au sein de la CGT, par le fait m&#234;me que la repr&#233;sentation par d&#233;l&#233;gations a contribu&#233; &#224; gommer les oppositions. A cela s'ajoute le fait que, cette fois encore, la s&#233;lection des d&#233;l&#233;gu&#233;s par les diff&#233;rentes instances a abouti &#224; la mise &#224; l'&#233;cart de d&#233;l&#233;gu&#233;s qui n'&#233;taient pas, ou qu'on soup&#231;onnait ne pas &#234;tre, dans la ligne de la direction en place. On en a eu plusieurs exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1995 &#224; 2003, la CGT construit son image de syndicat responsable, &#171; de proposition et de concertation &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve184&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve184&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2004 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT signe un accord de pr&#233;vention des gr&#232;ves, une premi&#232;re historique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un accord historique et prometteur &#187;, a d&#233;clar&#233; le ministre des transports De Robien, se r&#233;jouissant de la signature, le 28 octobre, par six syndicats, et surtout par la CGT, de l'accord imposant de nouvelles restrictions au droit de gr&#232;ve &#224; la SNCF, accord dit d' &#171; am&#233;lioration du dialogue social et pr&#233;vention des conflits &#187;. Historique ? Le terme est exag&#233;r&#233; : l'histoire syndicale (celle de la CGT comme des autres) est truff&#233;e d'autres accords, sign&#233;s par des syndicats en &#233;change de la reconnaissance de leur r&#244;le d'interlocuteurs privil&#233;gi&#233;s, du renforcement de leur monopole de repr&#233;sentation des travailleurs ou de quelques si&#232;ges dans des commissions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la signature d'un tel accord anti-gr&#232;ve de la part de la CGT est, tout de m&#234;me, une premi&#232;re. C'est de la part de Bernard Thibault un geste politique vis-&#224;-vis du gouvernement et du Medef, dont le ministre a toutes les raisons de se f&#233;liciter. Car il s'accompagne de l'affirmation que le &#171; dialogue social &#187; serait pr&#233;f&#233;rable au conflit, au moment m&#234;me o&#249; &#224; la SNCF comme &#224; la Poste, sur fond de ce pr&#233;tendu &#171; dialogue &#187; avec les bonzes syndicaux, les suppressions de postes tombent &#224; tour de bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-syndicalisme-de-prevention-des-conflits&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-syndicalisme-de-prevention-des-conflits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perrier 2004 : un autre exemple des politiques syndicales...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve162&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve162&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2005&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2005, un nouveau pic de gr&#232;ves est atteint notamment par les appels intersyndicaux &#224; des journ&#233;es de mobilisation sur les questions g&#233;n&#233;rales du pouvoir d'achat, du service public et des conditions de travail. Ces journ&#233;es sont l'occasion de fortes manifes&#172;tations (1 million le 10 mars et le 10 octobre). Mais la strat&#233;gie de la multiplication des journ&#233;es d'action par les directions syndicales s'essouffle &#224; chaque fois. Plus exactement, la strat&#233;gie syndicale r&#233;ussit parfaitement &#224; permettre des l&#226;chers de vapeur et n&#233;gocier ainsi leur r&#244;le de tampon social avec l'Etat et les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats qui n'ont rien fait pour qu'une liaison entre le mouvement ouvrier et les jeunes de banlieue se r&#233;alis&#233; d&#233;couvrent la &#034;violence des banlieues&#034; et Bernard Thibaut affirme que &#034;rien ne se r&#233;soudra dans la violence&#034;. A chacun d'interpr&#233;ter s'il s'agit de la violence de la mis&#232;re et de l'absence d'avenir ou celle des voitures br&#251;l&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault affirme sans rire qu'on ne voit pas la r&#233;volte des jeunes de banlieues arborer de banderoles syndicales. Mais quel effort les syndicats ont-ils fait pour d&#233;noncer la situation des jeunes de banlieues sans emploi et sans avenir ? Aucun ! Mais quel mod&#232;le de combativit&#233; donne le syndicalisme &#224; ces jeunes qui ont le sentiment de n'avoir rien &#224; perdre ? Ne parlons m&#234;me pas du mod&#232;le de syndicalisme &#224; la Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que (alors que se pr&#233;pare une gr&#232;ve reconductible &#224; la SNCF, &#224; l'appel de la CGT, FO, SUD-rail et FGAAC, la CFDT-cheminots vient de publier un brillant communiqu&#233; intitul&#233; Gr&#232;ve &#224; la SNCF : la CFDT se prononce contre). Mais Bernard Thibault lui-m&#234;me ? Qui marchande en direct avec Sarkozy (du temps o&#249; il &#233;tait au minist&#232;re des finances), par-dessus la t&#234;te des ouvriers de Perrier en lutte, la reddition de la CGT et son renoncement &#224; s'opposer au plan de restructuration de l'entreprise et &#224; des centaines de licenciements ? Quel mod&#232;le de d&#233;termination donne-t-il quand il tente de n&#233;gocier avec Villepin un adoucissement du plan de privatisation de la SNCM, et que la CGT appelle les marins &#224; la reprise, apr&#232;s 23 jours de gr&#232;ve, d&#232;s que le Premier ministre tape du poing sur la table en brandissant la menace de liquidation ? Et quelle preuve d'efficacit&#233; quand, en permettant au gouvernement de boucler sans dommage la gr&#232;ve de la SNCM, il lui permet de passer tranquillement &#224; l'op&#233;ration suivante, la privatisation d'EDF ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les conf&#233;d&#233;rations syndicales, y compris celle qui appara&#238;t la plus combattive, la CGT, laissent isol&#233;e chacune des luttes qui &#233;clatent. Elles meublent le calendrier syndical d'actions par cat&#233;gories ou secteurs savamment &#233;chelonn&#233;es dans le temps. Et elles se gardent bien de donner une suite quand une journ&#233;e d'action nationale, comme celle du 4 octobre, peut appara&#238;tre comme un succ&#232;s qui pourrait donner confiance aux travailleurs en leur force et ouvrir la perspective d'une mobilisation d'ensemble du monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'objectif des conf&#233;d&#233;rations n'est que de montrer, au travers de telles journ&#233;es, leurs &#171; repr&#233;sentativit&#233;s &#187; respectives pour s'asseoir aux tables des n&#233;gociations... auxquelles le gouvernement de Villepin, comme son pr&#233;d&#233;cesseur Raffarin, les invite sans trop de r&#233;ticence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trahison de la gr&#232;ve SNCM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de la CGT de la SNCM, la direction nationale ayant pes&#233; de tout son poids, de cesser la gr&#232;ve a &#233;t&#233; assez soudain pour surprendre de nombreux gr&#233;vistes, qui &#233;taient d&#233;cid&#233;s &#224; tenir malgr&#233; le chantage au d&#233;p&#244;t de bilan et aux licenciements, fait par le gouvernement sous le couvert de lois pr&#233;sent&#233;es comme inexorables. C'est la CGT qui a organis&#233; le vote de reprise du travail. Deux piles de bulletins furent pos&#233;s sur l'estrade o&#249; se tenaient les dirigeants syndicaux. Ils avaient &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s de fa&#231;on tr&#232;s particuli&#232;re puisque l'un des bulletins portait &#171; Oui &#224; la reprise de l'activit&#233;. Pour &#233;viter le d&#233;p&#244;t de bilan &#187; et l'autre &#171; Non &#224; la reprise de l'activit&#233; = d&#233;p&#244;t de bilan &#187; !. Ainsi celui qui votait &#171; non &#187; &#224; la reprise du travail avait le sentiment qu'il votait pour le d&#233;p&#244;t de bilan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Paul Isra&#235;l, dirigeant CGT de la SNCM : &#034;Face aux ministres, on pouvait se battre mais face &#224; la justice, nous aurions pris des risques. Pour continuer &#224; exister, il fallait lever le pied mais cela ne veut pas dire que le combat en restera l&#224;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve163&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve163&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2006 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nouveau tournant &#224;&#8230; droite de la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/News/2006/avril06/290406_FrCgt.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/News/2006/avril06/290406_FrCgt.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2007 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cheminots : trahison syndicale de la lutte des cheminots sur les &#171; r&#233;gimes sp&#233;ciaux &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont r&#233;ussi &#224; isoler et trahir la gr&#232;ve des cheminots pour la d&#233;fense des r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite. Apr&#232;s dix jours, sans aucune perspective sur laquelle se baser pour battre le gouvernement du pr&#233;sident Nicolas Sarkozy, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales qui se sont tenues dans toute la France ont vot&#233; pour la reprise du travail. De larges poches de r&#233;sistance, quelque 10 pour cent, soit pr&#232;s de 14 000 cheminots, &#233;taient encore en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 18 et 19 octobre d&#233;marre une gr&#232;ve pour d&#233;fendre la retraite des cheminots. Loin de chercher &#224; l'appuyer, moins encore &#224; l'&#233;tendre, elle est bris&#233;e par les syndicats dont la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Gare de Lyon, bastion de la CGT, deux des trois assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ont vot&#233; pour la poursuite de la gr&#232;ve, &#171; au grand dam des d&#233;l&#233;gu&#233;s CGT &#187;, rapporte Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs venus faire pression sur la r&#233;union entre les syndicats de la RATP, la direction et le gouvernement, mercredi dernier, &#233;taient furieux. Lib&#233;ration rapporte, &#171; Des sifflets. Puis des hu&#233;es. Dans le hall du si&#232;ge de la RATP, hier en fin de matin&#233;e, le responsable de la CGT redescendu de la n&#233;gociation tripartite, a du mal &#224; terminer son compte-rendu. &#034;Trahison !&#034;, &#034;Vendu !&#034;, lance une grande partie de l'assembl&#233;e, pourtant compos&#233;e en majorit&#233; de c&#233;g&#233;tistes. L'ambiance est &#233;lectrique. De petits groupes se forment, s'engueulent. Assis &#224; l'&#233;cart, Jean-Pierre a &#034;envie de vomir&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lire dans la presse : &#034;Bernard Thibault, Didier Le Reste (cheminots), Fr&#233;d&#233;ric Imbrecht (&#233;nergie) et G&#233;rard Leboeuf (RATP) s'expliquent ouvertement. Il faut entendre Didier Le Reste expliquer qu'il n'avait jamais &#233;t&#233; question de contester le passage aux 40 ans ! Il faut entendre Fr&#233;d&#233;ric Imbrecht expliquer qu'en tant qu'organisation majoritaire (et responsable) il fallait engranger des r&#233;sultats pour &#234;tre cr&#233;dible&#8230; Il a l'air malin, &#224; l'heure o&#249; les n&#233;gociations sont suspendues faute de r&#233;sultat dans le domaine de l'&#233;nergie ! Il faut entendre Bernard Thibault assurer que le mouvement a d&#233;stabilis&#233; les projets gouvernementaux !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007-2008, le capitalisme s'effondre et est incapable de se redresser autrement que de mani&#232;re compl&#232;tement artificielle, en se faisant enti&#232;rement financer sur fonds des Etats et des banques centrales. Mais les syndicats ne veulent pas savoir que le capitalisme est mort&#8230; Pas &#233;tonnant : ce serait reconnaitre que le r&#233;formisme syndical est mort lui aussi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bien des travailleurs, bien des gens de milieu populaire aussi, se demandent pourquoi toutes les luttes sociales conduites par les syndicats sont vaincues depuis la crise de 2007-2008 et r&#233;pondent que c'est parce que les gouvernants sont les mauvais, que les r&#233;formes ne sont pas les bonnes, ou que les riches sont trop gourmands. Ils se demandent aussi pourquoi le pouvoir n'a pas recul&#233; toutes ces ann&#233;es devant des luttes syndicales et s'est senti contraint de reculer devant les gilets jaunes ! Et ils ignorent que la r&#233;ponse aux deux questions est exactement la m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est pourtant simple : la crise actuelle du capitalisme de 2007-2008 n'est pas conjoncturelle mais r&#233;volutionnaire, ce qui signifie qu'elle ne peut se r&#233;soudre que par la mort, soit celle du grand capital, soit celle de la d&#233;mocratie capitaliste, la fin de l'&#233;poque du r&#233;formisme. Si le r&#233;formisme n'a pas plus cours dans cette situation, ce n'est pas du fait de particularit&#233;s n&#233;gatives des gouvernants, que ce soit Macron, Hollande ou Sarkozy. Ce n'est m&#234;me pas du fait de particularit&#233;s des organisations r&#233;formistes elles-m&#234;mes, qu'elles soient syndicales, politiques ou associatives. C'est bel et bien le r&#233;formisme en g&#233;n&#233;ral qui est devenu incapable d'agir de mani&#232;re positive sur la soci&#233;t&#233; capitaliste, sur ses classes dirigeantes et poss&#233;dantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous disons &#171; le r&#233;formisme &#187;, nous ne voulons pas parler seulement des appareils r&#233;formistes, des partis, des associations et des syndicats r&#233;formistes et du r&#244;le compl&#232;tement n&#233;gatif que jouent ces organisations par rapport aux capacit&#233;s de s'organiser, de se mobiliser et de se battre des exploit&#233;s. Il ne sert &#224; rien de se plaindre de leur r&#233;formisme : ils ne peuvent pas changer, quelle que soit la pression, la r&#233;volte et m&#234;me la r&#233;volution des exploit&#233;s et des opprim&#233;s, rien ne leur permettra de changer de nature. M&#234;me s'ils &#233;taient persuad&#233;s eux aussi qu'on ne peut rien r&#233;former, ils resteraient r&#233;formistes. Si notre avenir d&#233;pendait du fait que les appareils en question soient r&#233;formistes ou pas, nous n'aurions aucun avenir, nous serions d'avance foutus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations qui pr&#233;tendent r&#233;former&#8230; les r&#233;formistes sont des menteurs, y compris et surtout celles qui se disent r&#233;volutionnaires ! Elles affirment que des r&#233;formistes combatifs seraient meilleurs, qu'ils pourraient &#234;tre plus d&#233;mocratiques ou plus offensifs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'effondrement de 2007-2008 signifie fondamentalement : les forces productives humaines ont d&#233;pass&#233; le cadre &#233;troit des rapports de production fond&#233;s sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, les d&#233;fenseurs du syst&#232;me d'exploitation capitaliste ne cessent de vouloir faire croire que 2007 n'a &#233;t&#233; qu'un accident, qu'une maladie provisoire, soignable, qu'un cycle de recul qui sera suivi d'un cycle de remont&#233;e, qu'un ph&#233;nom&#232;ne conjoncturel, que le produit d'un petit dysfonctionnement qui sera rapidement r&#233;gl&#233; si les d&#233;cideurs se&#8230; d&#233;cident &#224; r&#233;guler tout &#231;a !&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout est fait pour nous amener &#224; minimiser ce qui s'est produit en 2007 et aussi pour nous faire croire que maintenant nous sommes dans d'autres types de probl&#232;mes. Mais cela est faux : le monde capitaliste a bloqu&#233; son horloge sur la date de 2007 et ne peut plus avancer. Et encore, s'il ne s'est pas compl&#232;tement effondr&#233; en 2008 et depuis, c'est uniquement du fait de l'intervention financi&#232;re massive des Etats et des banques centrales et pas d'une quelconque reprise &#233;conomique des investissements priv&#233;s capitalistes qui aurait relanc&#233; la machine. Et tous les investissements priv&#233;s qui continuent de fonctionner ne le font qu'&#224; condition que l'Etat s'engage et &#224; leur fournir des profits sur la base de fonds publics et pas sur la base de la confiance retrouv&#233;e dans les march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme meurt d'avoir... trop bien r&#233;ussi &#224; accumuler du capital&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle du capitalisme, celle des ann&#233;es 2000, est caract&#233;ris&#233;e par une suraccumulation du capital. Suraccumulation signifie qu'il y a eu relativement trop d'accumulation. L'accumulation signifie que le capital s'investit et produit plus de capital. Le capitalisme peut distribue plus de capital &#224; des pr&#234;teurs mais ce n'est pas dans cette sph&#232;re que le capital s'accroit r&#233;ellement. C'est seulement dans la sph&#232;re de transformation des marchandises que l'on peut int&#233;grer la plus-value extraite du travail humain dans la valeur et produire du profit qui sera ensuite distribu&#233; dans toutes les sph&#232;res de l'&#233;conomie. En somme, si le capital se retire de la production de mani&#232;re massive, il se retire aussi de la sph&#232;re qui produit un accroissement de capital, de la sph&#232;re o&#249; est produite l'accumulation. C'est donc bel et bien d'un trop plein de capital qu'il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est au plus haut niveau de la productivit&#233; du travail que le grand capital bloque. C'est aussi au plus haut niveau des &#233;changes mondiaux. C'est encore au plus haut niveau des capacit&#233;s technologiques nouvelles. C'est enfin au plus haut niveau de la croissance : la croissance du PIB qui a mis 140 ans met actuellement six ans&#8230; Non, c'est ce succ&#232;s que le capitalisme est incapable d'assumer, c'est-&#224;-dire de consid&#233;rer comme suffisamment rentable &#224; court terme pour lui car il est beaucoup plus rentable &#224; court terme de sp&#233;culer que d'investir. Il y a beaucoup trop de capital, il a beaucoup trop accumul&#233;, pour qu'il y ait assez d'accroissement des investissements productifs rentables pour l'absorber. Du coup, ce capital en trop devient du capital nocif qui cr&#233;e un p&#244;le attracteur massif pour tous les capitaux en dehors de la sph&#232;re productive. Le capitalisme a atteint ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sert &#224; rien de nous dire que le capital financier ait toujours exist&#233;, qu'il n'est m&#234;me pas diff&#233;rent en terme de propri&#233;taire du capital productif, tout cela est certes exact mais cela ne change rien &#224; un fait tr&#232;s important : le capital financier a pris dans les ann&#233;es 1990 une importance qu'il n'avait jamais connu au cours de toute l'histoire du capitalisme, devenant bien plus attractif que l'investissement productif&#8230; Cette tendance, loin d'&#234;tre combattue, a &#233;t&#233; favoris&#233;e par les gouvernants mondiaux car cela permettait momentan&#233;ment de d&#233;passer les limites des capacit&#233;s d'investissements en cr&#233;ant des nouveaux investissements improductifs. Les dividendes s'en sont encore accrus, le capital aussi et au d&#233;but des ann&#233;es 2000 on avait d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233; le niveau de suraccumulation que l'on a ensuite tent&#233; de forcer par des moyens d'accumulation financi&#232;re exag&#233;r&#233;e (comme la titrisation des dettes) comme les subprimes ou les LBO&#8230; La &#171; crise &#187; de 2007 n'est est pas une car elle n'est pas le d&#233;but des difficult&#233;s mais la fin des possibilit&#233;s du syst&#232;me. Depuis, on vit uniquement de subterfuges. Sans les masses de milliards de capitaux fournis par les Etats et banques centrales, on ne parlerait d&#233;j&#224; plus du capitalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela montre aussi que la m&#233;thode actuellement choisie par les Etats, introduire dans les march&#233;s financiers des masses de capitaux publics, ne peut pas du tout r&#233;soudre la crise, m&#234;me si elle permet de pallier le retrait des capitaux priv&#233;s dans les investissements. Cela ne peut ni &#234;tre une solution ni &#234;tre durable. Cela signifie que les capitalistes n'utilisent actuellement que des moyens palliatifs et non des soins de la crise, qu'ils n'esp&#232;rent donc nullement juguler. Cela signifie qu'ils comptent seulement faire un peu durer la situation, au bord du gouffre, pour faire en sorte que la catastrophe ne se transforme pas en offensive g&#233;n&#233;rale des exploit&#233;s contre les exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gagnant du temps, les capitalistes et leurs Etats, pr&#233;parent les r&#233;ponses politiques possibles pour sauver les classes dirigeantes : d&#233;veloppement des fascismes, des dictatures et des guerres allant vers la guerre mondiale. La situation n'est pas celle de sacrifices limit&#233;s pour les classes populaires en attendant une reprise, mais celle de socialisme ou barbarie. Ce qui se pose aux travailleurs, c'est la question de la r&#233;volution sociale et pas seulement de luttes d&#233;fensives sur le seul terrain &#233;conomique. Ce qui est n&#233;cessaire, c'est l'organisation des masses sur le terrain politique. Ce n'est pas seulement la lutte syndicale. Ce sont les comit&#233;s de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2008 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT combat&#8230; contre les sans-papiers de Viry-Chatillon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1148&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1148&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT ne se bat pas contre la fin des 35 heures d&#233;cr&#233;t&#233;e par Sarkozy&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/35hr-j29.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/35hr-j29.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une tromperie syndicale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le 7 mai, le ministre du Travail Xavier Bertrand a confirm&#233; son projet de faire passer de 40 &#224; 41 ann&#233;es la dur&#233;e de cotisation ouvrant droit &#224; une retraite compl&#232;te, les syndicats n'ont pas appel&#233; les autres travailleurs touch&#233;s par cette mesure, dont les cheminots, les travailleurs du transport a&#233;rien, de l'&#233;nergie, de Telecom et de la poste, &#224; rejoindre l'action du 15 mai, mais ont plut&#244;t appel&#233; &#224; une journ&#233;e d'action s&#233;par&#233;e le 22 mai. Durant la manifestation du 15 mai, plus de 300 000 personnes ont d&#233;fil&#233; et un million de travailleurs ont fait gr&#232;ve ; cela a &#233;t&#233; suivi par la manifestation pour les droits &#224; la retraite le 22 mai o&#249; 700 000 personnes ont d&#233;fil&#233; dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour suivant, les syndicats signaient un accord sur le &#171; dialogue social &#187; et les conditions d'emploi dans le service public. En signant un accord que les gr&#232;ves des travailleurs du secteur public avaient pour but d'emp&#234;cher, les syndicats ont, dans les faits, torpill&#233; la mobilisation des travailleurs du secteur public. Le 24 mai, une manifestation contre les suppressions d'emplois dans l'&#233;ducation n'a r&#233;uni que 7000 personnes &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment des gr&#232;ves croissantes des marins-p&#234;cheurs les 26 et 27 mai sur la question du prix des carburants, les syndicats ont d&#233;cid&#233; de ne pas appeler &#224; d'autres gr&#232;ves contre les suppressions de postes dans l'&#233;ducation, au motif qu'il &#233;tait n&#233;cessaire de laisser lyc&#233;ens et enseignants travailler pour les examens de fin d'ann&#233;e. Une d&#233;claration commune des syndicats de l'&#233;ducation des diff&#233;rentes conf&#233;d&#233;rations syndicales d&#233;clarait qu'elles &#171; renvoyaient la question d'une suite &#224; leur mouvement apr&#232;s les vacances d'&#233;t&#233; &#187;. Le 10 juin, la mobilisation des fonctionnaires et des cheminots contre les suppressions de postes, la r&#233;forme des retraites et la r&#233;forme du fret &#224; la SNCF a eu lieu alors que se d&#233;roulaient des gr&#232;ves de travailleurs dans les ports commerciaux strat&#233;giques contre la privatisation, ainsi que des gr&#232;ves de p&#234;cheurs, de transporteurs routiers et d'ambulanciers et fermiers contre la hausse des prix du gazole. Mais les syndicats n'ont aucunement cherch&#233; &#224; organiser une gr&#232;ve plus large du secteur des transports contre la privatisation et la hausse du prix des carburants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 juin, les syndicats ont sign&#233; un accord sur &#171; seize points de convergence &#187; avec le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, torpillant la relance du mouvement des lyc&#233;ens apr&#232;s les grandes vacances ce qu'ils avaient faussement sugg&#233;r&#233; &#234;tre en train d'envisager le 27 mai. Les 12 et 13 juin, le parlement votait des lois de r&#233;forme et de d&#233;r&#233;glementation du march&#233; du travail, la pr&#233;c&#233;dente ayant &#233;t&#233; sign&#233;e par les syndicats en janvier. Ces actes montrent de plus en plus clairement aux travailleurs que les syndicats ne s'opposent pas s&#233;rieusement au gouvernement, lequel n'a aucune intention de c&#233;der devant des gr&#232;ves isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2009 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 2009 a &#233;t&#233; marqu&#233;e par le caract&#232;re particulier des luttes. On a constat&#233; que certaines luttes locales ont &#233;t&#233; massives et radicales, qu'il s'agisse de combats contre des licenciements ou des fermetures, comme dans le cas des sous-traitants de l'Automobile (Molex, Caterpillar ou Continental notamment), contre la d&#233;gradation des services publics (SNCF, La Poste, P&#244;le emploi ou les h&#244;pitaux) ou encore pour les salaires (EDF, RER, secteur priv&#233;, ...). Enfin, il y a eu les journ&#233;es d'action syndicales. C'est donc une ann&#233;e o&#249; les travailleurs ont particip&#233; &#224; un nombre important de luttes et pourtant le suss&#232;ce n'est pas au rendez-vous. une fois de plus les salaires, les emplois et les conditions de travail ont gravement recul&#233; en 2009. Certes, la crise y est pour quelque chose, mais elle n'a pas emp&#234;ch&#233; les profits des boursicoteurs du CAC40 et les revenus des grands patrons des trusts et des banques de grimper en fl&#232;che ! C'est donc les travailleurs qui sont les seuls &#224; payer et on n'a pas eu en 2009 le rapport de forces permettant de faire reculer nos adversaires du patronat et du gouvernement. Pourquoi des luttes radicales et massives n'ont pas permis de gagner sinon parce qu'actuellement nous avons &#224; faire &#224; une attaque g&#233;n&#233;rale qui ne peut se combattre que tous ensemble et non secteur par secteur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales d&#233;tournent les travailleurs de s'organiser eux-m&#234;mes en comit&#233;s en vue de faire le bilan et de mettre au point la riposte n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce devrait &#234;tre aux travailleurs de d&#233;cider des suites &#224; donner &#224; la lutte. Au lieu de cela, les conf&#233;d&#233;rations syndicales occupent le terrain avec des propositions qui divisent, qui affaiblissent et qui emp&#234;chent les travailleurs de se faire eux-m&#234;mes d'autres propositions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, il y a du m&#233;contentement en cette rentr&#233;e. Les conf&#233;d&#233;rations d&#233;cident alors de le d&#233;tourner par des luttes divis&#233;es. En 2010, les journ&#233;es d'action de 2009 continuent mais, quel progr&#232;s !, elles sont sectoris&#233;es&#8230; La fonction publique est appel&#233;e &#224; la gr&#232;ve le 21 janvier, les infirmi&#232;res et personnels de sant&#233; le 26 janvier, France T&#233;l&#233;vision le 28 janvier, l'Education le 30 janvier. Les ports et docks avaient &#233;t&#233; appel&#233;s le 4 janvier. La Guadeloupe le 9 janvier. L'aviation civile les 13 et 14 janvier. M&#233;t&#233;o France le 12 janvier. Et, dans le priv&#233;, c'est plut&#244;t entreprise par entreprise, etc, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1547&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1547&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la Guadeloupe est d&#233;j&#224; en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale depuis 9 jours, les syndicats organisent une journ&#233;e d'action le 29 janvier mais ne font aucun lien avec la situation qui monte Outremer. Plus tard, Bernard Thibaut expliquera que cela n'a rien &#224; voir et qu'il n'est pas question d'appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en France ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvel Observateur de mars 2009 : Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibault ne croit pas &#224; une contagion de la situation antillaise en m&#233;tropole car elle &#034;n'est pas comparable&#034;, selon lui. Les conflits sociaux qui touchent l'outremer ne sont pas transposables en m&#233;tropole, car la situation n'est pas comparable, estime le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibault dans un entretien au Parisien publi&#233; mardi 10 mars. &#034;Le conflit n'est pas transposable&#034;, affirme Bernard Thibault. &#034;La situation n'est pas comparable. Les Antilles sont gangren&#233;es par un taux de ch&#244;mage de 20%, les prix y sont deux ou trois fois plus &#233;lev&#233;s et les salaires de 15% inf&#233;rieurs &#224; ceux de la m&#233;tropole&#034;, explique-t-il. Concernant la journ&#233;e d'action du 19 mars, Bernard Thibault, faisant r&#233;f&#233;rence au succ&#232;s du 29 janvier, &#034;attend au moins autant de personnes que la derni&#232;re fois&#034; dans la rue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Monde &#187; &#233;crivait en janvier 2009 : &#171; A l'Elys&#233;e comme au Parti socialiste, dans les syndicats comme dans les milieux patronaux, tout le monde redoute une explosion du chaudron social. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en mars 2009 ? Qui a refus&#233; de donner une suite &#224; la journ&#233;e nationale d'action du 19 mars 2009 ? Tous les appareils syndicaux unis en l'occurrence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De janvier &#224; juin 2009, se d&#233;roule le mouvement des enseignants-chercheurs dans lequel les syndicats sont rest&#233;s en marge sans &#234;tre capables ni de le diriger, ni de l'arr&#234;ter, ni de s'en d&#233;solidariser ouvertement....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal &#233;conomique les Echos du 10 avril 2009 titre : &#034;L'ex&#233;cutif cherche &#224; associer les syndicats &#224; la gestion de la crise&#034;. &#034;Fran&#231;ois Fillon revient sur le paritarisme mais aussi &#171; la consolidation de la place de la repr&#233;sentation du personnel dans l'entreprise &#187;. Il reprend &#233;galement le sujet de la &#171; gouvernance des entreprises &#187;, avec une &#171; meilleure association des repr&#233;sentants des salari&#233;s en amont des op&#233;rations de restructuration et &#224; la strat&#233;gie &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier mai 2009, de nombreux travailleurs &#233;taient dans la rue mais on ne pouvait remarquer que la suite des journ&#233;es de gr&#232;ve &#233;tait une journ&#233;e f&#233;ri&#233;e ! Pour faire reculer l'Etat et les patrons, ce n'&#233;tait pas exactement &#224; la mesure ... Thibaut affirmait qu'il n'est pas possible de demander aux travailleurs de faire gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale vu qu'ils ont de grosses difficult&#233;s financi&#232;res&#8230; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite n'allait pas &#234;tre plus brillante ! Le 13 juin 2009, l'&#233;teignoir syndical des promenades &#233;tal&#233;es dans le temps avait fini de produire ses effets. Alain Minc, proche conseiller de Nicolas Sarkozy d&#233;clare dans &#034;Le Parisien Dimanche&#034; : &#034;Je constate que ce printemps 2009, leur (des syndicats) sens de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; impressionnant pour canaliser le m&#233;contentement. L'automne a &#233;t&#233; d'un calme absolu. Je dis : chapeau bas, les syndicats !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#233;t&#233; 2009, se multiplient les mouvements localis&#233;s comme Continental et New Fabris o&#249; les salari&#233;s d'une entreprise luttent seuls face &#224; un patron qui licencie. Le cas est fr&#233;quent chez les sous-traitants de l'Automobile. Les salari&#233;s en col&#232;re bloquent leur patron ou leurs cadres dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont refus&#233; de tenter de centraliser les luttes contre les licenciements du priv&#233; sans parler de les lier &#224; celles contre les suppressions d'emplois du public. Du coup, les entreprises du type Continental, Caterpillar et autres se retrouvent dos au mur, les salari&#233;s &#233;tant contraints d'accepter d'&#234;tre jet&#233;s &#224; la rue contre une petite somme (toute petite) et les syndicats locaux criant victoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter, les bureaucraties syndicales, depuis la rentr&#233;e, ont multipli&#233; des initiatives dispers&#233;es pour &#171; &#233;viter que les expressions de radicalit&#233; fassent t&#226;che d'huile &#187; : &#224; partir du 1er octobre, un mouvement limit&#233; aux travailleurs immigr&#233;s sans papiers (les syndicats ne s'adressent pas &#224; leurs coll&#232;gues de travail qui ont la nationalit&#233; fran&#231;aise ou des titres de s&#233;jour) ; une journ&#233;e d'action limit&#233;e aux &#171; entreprises qui licencient &#187;, le 17 septembre, au Palais Brongniart (qui n'h&#233;berge plus la Bourse de Paris depuis&#8230; 1980) ; &#224; la Poste, le 22 septembre et le 24 novembre ; aux h&#244;pitaux le 30 septembre, le 20 octobre et le 15 d&#233;cembre ; &#224; la SNCF, le 20 octobre ; &#224; l'&#201;ducation nationale, le 24 novembre ; &#224; la fonction publique territoriale, le 18 novembre ; au P&#244;le Emploi, le 20 octobre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de d&#233;fendre le service public de La Poste par une lutte ou une gr&#232;ve, il a &#233;t&#233; mis en place une com&#233;die en octobre 2009, c'est la &#034;votation citoyenne&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 novembre 2009, la collaboration de classe battait son plein et l'entente entre les dirigeants syndicaux et Sarkozy. Ce dernier installait un &#171; comit&#233; organisateur des &#233;tats g&#233;n&#233;raux pour une politique industrielle &#187; pr&#233;sid&#233; par un patron de Sanofi-Aventis, comprenant Bernard Thibault, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CFDT, Jean-Claude Mailly, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de FO, des repr&#233;sentants du patronat fran&#231;ais, des parlementaires UMP, PS&#8230; La d&#233;fense de &#171; l'industrie fran&#231;aise &#187; d&#233;signe comme ennemi commun l'&#233;tranger (inclus les travailleurs des autres pays), elle d&#233;bouche fatalement sur des concessions des producteurs aux exploiteurs (pour assurer l'avenir des entreprises nationales).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des sans-papiers, on assiste de la part de la CGT &#224; la r&#233;cup&#233;ration de la lutte des sans-papiers, au travers de gr&#232;ves des sans-papiers et de constitution de dossiers, pour obtenir en accord avec Sarkozy &#224; une reconnaissance de la CGT comme seul interlocuteur charg&#233; par les pr&#233;fectures de filtrer les dossiers suivant des crit&#232;res inf&#233;rieurs &#224; ceux en vigueur dans les pr&#233;fectures jusque l&#224;. Il en d&#233;coule une occupation de la Bourse du Travail de Paris par des sans-papiers rejet&#233;s par la CGT, elle-m&#234;me achev&#233;e par une intervention muscl&#233;e du service d'ordre le CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT a en effet men&#233; une politique dans cette gr&#232;ve qui d&#233;molit le rapport de force qui avait &#233;t&#233; construit &#224; partir de la lutte des Saint-Bernard. Il collabore avec le pouvoir et nous ram&#232;ne au &#034;cas par cas&#034; rejet&#233; d&#233;finitivement par le mouvement des sans-papiers !&lt;br class='autobr' /&gt;
2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT de Renault qui ne signait traditionnellement que rarement les accords avec le patron, qui avait refus&#233; de signer le Contrat Social de Crise, plan d'aust&#233;rit&#233; pr&#233;voyant notamment du ch&#244;mage partiel et couvrant d'autres licenciements chez les sous-traitants et pr&#233;caires, n'avait pas &#233;t&#233; sign&#233; par la CGT en 2009. Ce syndicat le signe en 2010 ! Et, pour faire bonne mesure, il ne vote pas contre les fermetures de sites de Renault : CTR (Rueil), Robinson, Boulogne. La plupart des autres syndicats ont vot&#233; contre : un comble !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2010 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Attaque sur les retraites, sur les services publics, col&#232;re des salari&#233;s, des retrait&#233;s, des ch&#244;meurs, des jeunes, des femmes, des cheminots : tout semble concourir &#224; faire de 2010 un mouvement massif de lutte de classes allant vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Tout sauf les dirigeants syndicaux&#8230; Ils m&#232;nent toutes les gr&#232;ves de mani&#232;re &#224; ce qu'elles soient dispers&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve342&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve342&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les Echos&#034;, un journal patronal &#233;crit : les syndicats ont peur de la gr&#232;ve reconductible&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve331&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve331&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il suffise de rappeler les d&#233;clarations de 2010, lors du mouvement des retraites, qui a men&#233; dans le mur, celles du dirigeant CGT Bernard Thibaut qui affirmait qu'un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'&#233;tait pas possible, n'&#233;tait pas souhaitable ou encore qu'il serait absurde et que les autres dirigeants syndicaux disaient des choses pires encore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 octobre 2010, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibaut d&#233;clare &#224; l'AFP : &#171; Personne ne peut pr&#233;tendre faire participer sous la m&#234;me forme plusieurs dizaines de millions de personnes, de la signature d'une p&#233;tition &#224; la participation &#224; une multitude d'initiatives locales, voire aux manifestations lors des journ&#233;es interprofessionnelles. Qui dit mouvement social dit de multiples formes pour y participer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibaut le 7 octobre 2010 sur RTL : '&#171; Cela ( la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale) n'a jamais &#233;t&#233; pratiqu&#233; dans l'histoire sociale de notre pays (...) C'est un slogan pour moi tout &#224; fait abstrait, abscons. Cela ne correspond pas aux pratiques par lesquelles on parvient &#224; &#233;lever le niveau du rapport de forces. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CFDT : &#171; La CFDT et l'intersyndicale n'ont jamais pr&#244;n&#233; de gr&#232;ve reconductible. (&#8230;) Le risque d'embrasement est r&#233;el sans que les organisations syndicales ne ma&#238;trisent le syst&#232;me. (&#8230;) L'absence de dialogue risque de former un jour des positions jusqu'auboutistes. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas &#233;tonnant, la CFDT, qui s'&#233;tait distingu&#233;e bien des fois par son amiti&#233; pour le MEDEF et le gouvernement y compris sur les retraites, est une jusqu'auboutiste du soutien du capitalisme. Elle s'est d'ailleurs empress&#233;e d'aller se jeter dans de nouvelles n&#233;gociations avec ses petits copains du MEDEF. Mais elle a dit une v&#233;rit&#233; : l'unit&#233; syndicale n'a fait qu'emp&#234;cher les travailleurs de mener eux-m&#234;mes la lutte de mani&#232;re plus radicale... Tout cela avec une grande aide : celle de la CGT !&lt;br class='autobr' /&gt;
CGT :&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Thibault l'a dit : &#034;la CGT va continuer &#224; conjuguer mobilisation, proposition, contestation lorsqu'il le faut, et n&#233;gociation.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais n&#233;gocier quoi ? Avec qui ? Dans quel but ? Il ne le dit pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault (CGT) estime qu'&#034;il n'est pas surprenant que le d&#233;bat s'amplifie dans les entreprises en raison de la surdit&#233; du gouvernement, et appelle &#224; des assembl&#233;es des personnels sur les formes d'action. Pour l'heure toutefois, il serait &#034;irresponsable&#034; de lancer un mot d'ordre de gr&#232;ve reconductible, les entreprises o&#249; les salari&#233;s y sont pr&#234;ts restant tr&#232;s, tr&#232;s minoritaires&#034;, juge-t-il.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Thibaut lui-m&#234;me participait &#224; un club de la bourgeoisie, secret aussi et du m&#234;me type intitul&#233; &#171; Le Si&#232;cle &#187;&#8230; Bien entendu, m&#234;me en pleine lutte des retraites, Thibaut s'est bien gard&#233; de rompre la solidarit&#233; et le secret de cet organisme patronal !&lt;br class='autobr' /&gt;
La derni&#232;re intervention forte de Bernard Thibaut, alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, n'&#233;tait-t-elle pas celle du mouvement des retraites quand il affirmait que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ne devait surtout pas &#234;tre la perspective de cette lutte car la tradition du mouvement ouvrier fran&#231;ais excluait, selon lui, ce type d'action !!! Pendant ce temps, sous pr&#233;texte de maintenir &#224; tout prix &#171; l'unit&#233; intersyndicale &#187;, il fallait laisser seuls les gr&#233;vistes des raffineries p&#233;troli&#232;res, en allant jusqu'&#224; pr&#233;tendre qu'&#224; elles seules elles allaient gagner la bataille des retraites&#8230; Au m&#234;me moment, alors que les travailleurs &#233;taient pr&#233;tendument mobilis&#233;s, les syndicats laissaient se battre seuls les ouvriers des sous-traitants de l'Automobile licenci&#233;s et des hospitaliers en gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Thibaut ne rompait ainsi en rien avec ses propres prises de position qui, contrairement &#224; ce que croient bien des militants, n'ont jamais rien eu de radical, en tout cas pas aux c&#244;t&#233;s de travailleurs. On rappellera son intervention pour faire c&#233;der les syndicalistes locaux face au patronat de choc de P&#233;rier&#8230; Il avait ainsi cass&#233; la gr&#232;ve des fonctionnaires de 1995, ayant r&#233;alis&#233; des n&#233;gociations s&#233;par&#233;es pour les cheminots avec le minist&#232;re du travail et &#233;tait sorti de ces n&#233;gociations en rendant publique un appel de fin de gr&#232;ve, sans consulter les assembl&#233;es interprofessionnelles, en l&#226;chant les autres cat&#233;gories de fonctionnaires qui avaient rejoint les cheminots, en particulier les travailleurs de la RATP, lesquels n'ont plus jamais fait gr&#232;ve avec les cheminots ! La division des travailleurs, la CGT en avait d'ailleurs donn&#233; la d&#233;monstration cette ann&#233;e-l&#224;, celle du fameux &#171; tous ensemble &#187; des syndicats en laissant isol&#233;s les mouvements des travailleurs du priv&#233;, de Renault &#224; Thomson ou &#224; l'A&#233;rospatiale, quelques mois auparavant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; des mobilisations parfois r&#233;ussies, les attaques patronales et gouvernementales de ces derni&#232;res ann&#233;es ont toutes &#233;t&#233; des succ&#232;s. Les entreprises qui licencient, comme New Fabris ou Continental, ont connu des gr&#232;ves (gr&#232;ves massives avec occupation et parfois des cadres et dirigeants s&#233;questr&#233;s et menaces de faire exploser l'entreprise &#233;ventuellement), mais, au final, les salari&#233;s sont licenci&#233;s, et les sous qu'ils ont gagn&#233; durement ne sont rien face au co&#251;t de la vie et rien face aux profits des capitalistes. Certains syndicats parlent de victoire et certains des salari&#233;s qui ont men&#233; ces luttes ressentent honn&#234;tement une victoire mais elle est bien am&#232;re... Pour le reste, le r&#233;sultat de la strat&#233;gie de journ&#233;es d'action suivies de n&#233;gociations avec l'Etat et les patrons est un recul sur toute la ligne. Les services publics sont progressivement attaqu&#233;s et privatis&#233;s. Le ch&#244;mage et la mis&#232;re augmentent. Les retraites, la sant&#233;, la s&#233;cu sont mis en cause. Et la crise est loin d'&#234;tre finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : la lutte des salari&#233;s de Continental contre les licenciements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dirigeants syndicaux les appellent &#224; reprendre le travail :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il faut que la reprise se fasse, mais pas dans n'importe quelles conditions&#034;, avait d&#233;clar&#233; devant les salari&#233;s Xavier Mathieu, d&#233;l&#233;gu&#233; CGT, en pointe dans le mouvement depuis l'annonce de la fermeture d'ici 2010 du site qui emploie 1.120 personnes, la plus importante en France depuis le d&#233;but de la crise.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;On va reprendre le travail, mais la lutte continue, elle sera m&#234;me plus facile, parce qu'on n'aura plus le souci de ne pas &#234;tre pay&#233;&#034;, avait-il ajout&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;C'est clair qu'il faut reprendre, vos familles ont besoin de cet argent&#034;, avait d&#233;clar&#233; aux salari&#233;s pr&#233;sents Antonio Da Costa, secr&#233;taire CFTC du CE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des retraites de 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, les journ&#233;es d'action de 2009 &#233;tal&#233;es continuent mais, quel progr&#232;s !, elles sont sectoris&#233;es&#8230; Les ports et docks sont appel&#233;s &#224; la gr&#232;ve le 4 janvier, la Guadeloupe le 9 janvier, l'aviation civile les 13 et 14 janvier, la fonction publique le 21 janvier, les infirmi&#232;res et personnels de sant&#233; le 26 janvier, France T&#233;l&#233;vision le 28 janvier, l'Education le 30 janvier. Lorsque, par hasard, les hospitaliers &#233;taient appel&#233;s en m&#234;me temps que les enseignants, les conf&#233;d&#233;rations leur ont donn&#233; des rendez-vous diff&#233;rents pour manifester !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats nous appellent &#224; une journ&#233;e nationale et de manifestations le 23 mars 2010. Cela serait bien entendu indispensable et important vu l'ampleur des attaques qui menacent nos retraites. Le gouvernement vide les caisses, amplifie les suppressions d'emplois en supprimant des emplois dans le public et en organisant les suppressions d'emplois des prestataires de l'Automobile par exemple. Il pr&#233;voit, soi-disant pour renflouer les caisses, d'imposer des retraites sous-pay&#233;es, des cotisations salariales en hausse et une retraite &#224; 60, 61 ans ou plus&#8230; Mais, le texte m&#234;me des appels syndicaux en dit long sur leur absence de combativit&#233; sur le fond. Au lieu d'&#233;crire tout simplement : pas touche aux r&#233;gimes de retraites, ils &#233;crivent : &#171; pas de r&#233;forme sans un d&#233;bat national &#187;. Mais on sait que ces fameuses &#171; r&#233;formes &#187; sont des destructions ! Pas besoin d'en d&#233;battre ! Ou encore, ils &#233;crivent &#171; Reconnaissance de la p&#233;nibilit&#233; d'abord &#187;. Pas d'accord ! Ne commen&#231;ons pas par &#233;dicter des exceptions mais la r&#232;gle : 60 ans pour tous sans aucune r&#233;duction de pension ! Et qu'on ne nous refasse pas le coup des retraites de 2003&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la soi-disant gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des raffineries de fin f&#233;vrier 2010, on assiste &#224; une de raffinerie...dans la tactique pour renouveler le jeu patron/Etat/syndicat qui commen&#231;ait &#224; s'user.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en dire plus, il faut rentrer dans bien des d&#233;tails scabreux...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs de cette raffinerie sont v&#233;ritablement pris en otage, leur site menac&#233; leur dit-on de fermeture puis on leur dit non puis oui, puis pas tout de suite puis pas avant cinq ans, puis toutes les raffineries sont menac&#233;es, puis le gouvernement affirme qu'aucune ne l'est, puis le dirigeant de Total, nullement ind&#233;pendant du pouvoir, d&#233;clare qu'il verra, qu'il tentera de sauver des emplois, de proposer des alternatives, puis, puis, ...&lt;br class='autobr' /&gt;
Visiblement d&#233;j&#224; tout ce petit monde joue un jeu. Lequel ? Ils veulent provoquer une lutte ou quoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis la lutte d&#233;marre. Ou du moins ce qui est pr&#233;sent&#233; comme tel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contre qui lutte-on devrait-on demander dans chaque lutte. Et ici plus que jamais !&lt;br class='autobr' /&gt;
Total, c'est la m&#234;me chose que le gouvernement et ils ne disent jamais la m&#234;me chose tout en faisant semblant de se concerter. Vous avez dit bizarre...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats jouent un autre jeu, tout aussi compliqu&#233;. ils appellent une raffinerie, tout Total, toutes les raffineries, plus aucune, de nouveau Total, de nouveau plus aucune, finalement la seule para&#238;t-il menac&#233;e. Oulala ! &#231;a donne mal &#224; la t&#234;te aux concern&#233;s, aux gr&#233;vistes, aux non-gr&#233;vistes qui ne savent pas si on les appelle encore ou non...&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle impression cherche-t-on &#224; donner ? Que les syndicats ont men&#233; une lutte alors qu'il y avait arrangement d&#232;s le d&#233;part, cela y ressemble bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
G&#233;n&#233;raliser les luttes n'entre pas dans la strat&#233;gie de ces centrales. Quand elles font semblant, c'est assez d&#233;sordonn&#233; et peu convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, la CGT annonce que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des raffineries est finie avant d'avoir commenc&#233;, sans consulter ni les sections syndicales, ni les travailleurs, sans que les travailleurs de la raffinerie en question n'aient obtenu de r&#233;elles garanties, sans rien... Chapeau bas, la CGT : pour les raffineries dans les manipulations, c'est fort...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT a estim&#233;, mardi 23 f&#233;vrier, que les conditions d'une suspension de la gr&#232;ve dans le groupe Total, qui dure depuis mercredi dernier, &#233;taient r&#233;unies. &#034;La CGT consid&#232;re que des avanc&#233;es significatives obtenues par la mobilisation des salari&#233;s cr&#233;e les conditions d'une suspension&#034;, a d&#233;clar&#233; &#224; la presse Charles Foulard, coordinateur de la CGT pour le groupe Total. De m&#234;me, FO appelle &#224; la suspension du mouvement, a indiqu&#233; son n&#233;gociateur, Claude Maghue. La direction et les syndicats, apr&#232;s neuf heures de n&#233;gociations, sont arriv&#233;s &#224; un &#034;relev&#233; de conclusions&#034; qui &#034;sera soumis &#224; la signature des organisations syndicales&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le 11 mars, on peut lire dans Le Figaro :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La CGT du groupe Total a indiqu&#233; jeudi qu'elle ne reprendrait pas d'&#233;ventuelle gr&#232;ve en soutien aux salari&#233;s de la raffinerie de Dunkerque (Nord) avant le jugement d'un recours du comit&#233; central d'entreprise (CCE) contre sa fermeture. Le d&#233;p&#244;t de ce recours est &#034;en cours&#034; et la CGT esp&#232;re une d&#233;cision de justice &#034;dans une quinzaine de jours&#034;, a d&#233;clar&#233; &#224; l'AFP Charles Foulard, coordinateur CGT pour le groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous poursuivons la suspension du mouvement de gr&#232;ve nationale jusqu'au jugement en r&#233;f&#233;r&#233;, qui sera un point d'appui&#034;, a-t-il indiqu&#233;, apr&#232;s une gr&#232;ve tr&#232;s suivie d'une semaine fin f&#233;vrier qui avait menac&#233; les approvisionnements des stations-services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT de la branche p&#233;trole a d&#233;j&#224; appel&#233; &#224; la gr&#232;ve les salari&#233;s des 13 raffineries fran&#231;aises (dont 6 poss&#233;d&#233;es par Total) le 15 avril, date d'une table ronde nationale sur l'avenir du raffinage en France. Selon Sud, majoritaire &#224; la raffinerie de Dunkerque, cet appel n'&#233;tait &#034;pas l'urgence&#034; alors que les salari&#233;s de l'&#233;tablissement sont en gr&#232;ve depuis deux mois, mais le syndicat a dit vouloir &#234;tre &#034;constructif&#034; avec la CGT, majoritaire dans le groupe p&#233;trolier. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, trahison des salari&#233;s sur toute la ligne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1605&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1605&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les formes d'organisation, il est clair que les centrales - toutes de mani&#232;re unanime - sont contre des formes d'organisation et de d&#233;cision &#224; la base, des comit&#233;s, des conseils, des collectifs, des coordinations, quelle que soit la mani&#232;re dont on les appelle : comit&#233;s de gr&#232;ve, comit&#233;s de lutte, comit&#233;s d'action, comit&#233;s de quartier, comit&#233;s inter-entreprises, comit&#233;s interprofessionnels...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de classe, en comit&#233;s qui interf&#232;rent de plus en plus dans la soci&#233;t&#233; jusqu'&#224; la prise du pouvoir, menace l'ordre existant et r&#233;v&#232;le aux travailleurs eux-m&#234;mes leur capacit&#233; &#224; diriger la soci&#233;t&#233; et le sens dans lequel ils souhaitent la diriger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute forme d'organisation de classe, m&#234;me embryonnaire, remet en question l'ordre social dont les appareils syndicaux sont un des piliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales visent &#224; convaincre les travailleurs qu'elles feront tout tr&#232;s bien &#224; leur place, comme avocats, comme assurance, comme s&#233;curit&#233;, comme n&#233;gociateurs, comme d&#233;cideurs des des rythmes et moyens de lutte... Elles trouvent les revendications, les d&#233;cident et les discutent avec patronat et Etat, tout cela sans consulter les travailleurs et m&#234;me pas leurs militants ! Par exemple, la CGT a sign&#233; le &#034;Contrat social de crise&#034; qui pr&#233;voit comment Renault sacrifie les salari&#233;s sans que leurs militants en aient &#233;t&#233; inform&#233;s ! Ils avaient bien fait des consultations mais toutes disaient que la signature &#233;tait minoritaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233;, le but num&#233;ro un des comit&#233;s, c'est que les travailleurs d&#233;cident, discutent de tout devant tout le monde, en se soumettant au maximum au choix des travailleurs. Pas par go&#251;t des r&#233;unions sans fin mais parce que c'est ainsi que les travailleurs renforcent leur capacit&#233; de lute et de changement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ils combattent f&#233;rocement toute tentative de les mettre en place, pr&#233;tendant qu'il suffit d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans lesquelles les propositions viennent seulement des syndicats, c'est-&#224;-dire de leur direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Centrales syndicales et classe ouvri&#232;re ne d&#233;fendent m&#234;me pas les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts. Il suffit pour le montrer de voir que les centrales s'estiment victorieuses du dernier conflit et que les travailleurs ont &#233;t&#233; battus. L'int&#233;r&#234;t des centrales est d'obtenir la reconnaissance des patrons et de l'Etat ce qui les oblige r&#233;guli&#232;rement &#224; s'appuyer sur la force de la classe ouvri&#232;re afin de contraindre leurs interlocuteurs &#224; ne pas trop baisser les prix pay&#233;s aux syndicats pour leurs services. Une petite d&#233;monstrations ans danger de temps en temps suffit....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1764&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1764&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article391&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article391&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2011-2013&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La CGT et la gr&#232;ve de PSA Aulnay&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de PSA (Aulnay) est menac&#233; de fermeture. Les traavailleurs vont &#234;tre licenci&#233;s massivement. Ils seraient une force potentielle &#233;norme pour soulever tout le secteur automobile lui aussi menac&#233; et toute la classe ouvri&#232;re qui l'est &#233;galement, si la lutte d'Aulnay allait dans ce sens&#8230; Ce ne sera pas la politique des syndicats &#224; Aulnay ni ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dirigeant de la CGT Aulnay : &#171; nous allons &#234;tre le cauchemar du patron &#187;, &#171; nous allons transformer Aulnay en forteresse ouvri&#232;re &#187;. Aulnay en forteresse, voil&#224; qui signifiait que les travailleurs d'Aulnay d&#233;fendaient seulement leur site alors qu'il y avait encore plus de licenciements dans l'ensemble des autres sites qu'&#224; Aulnay seule et qu'ils se gardaient d'appeler &#224; la lutte de l'ensemble du trust, unit&#233; absolument indispensable dans une attaque d'ensemble, unit&#233; que la conf&#233;d&#233;ration syndicale ne voulait surtout pas organiser. Le discours du chef syndical CGT d'Aulnay ne risquait pas pr&#233;parer une lutte d'ensemble puisqu'il ne mobilisait que derri&#232;re une banderole &#171; non &#224; la fermeture d'Aulnay &#187; et jamais derri&#232;re un &#171; non aux licenciements &#224; Peugeot &#187; ! Et, d'autre part, l'objectif donn&#233; aux salari&#233;s &#233;tait de r&#233;partir les productions entre les sites, ce qui sous-entendait qu'il fallait lutter pour produire &#224; Aulnay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux ont fait attendre des mois apr&#232;s l'annonce de la fermeture par le patron ensuite pour que les travailleurs d'Aulnay qui avaient d&#233;j&#224; vu leur moral cass&#233; par des mois et des ann&#233;es pendant lesquelles la CGT s'&#233;tait charg&#233;e par avance d'annoncer le projet de fermeture du patron. Quand on vous serine pendant des mois &#224; longueur de d&#233;claration du chef CGT que &#171; le site d'Aulnay va fermer &#187;, sans autre d&#233;veloppement de perspective de lutte, sans montrer en quoi cela concernait le reste de la classe ouvri&#232;re ou le reste des ouvriers de PSA, on ne peut pas dire que vous ayez le moral en entendant les chefs syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicalistes r&#233;formistes veulent absolument faire croire que la crise est factice et n'est qu'un pr&#233;texte &#224; des sacrifices pour les travailleurs. Ils veulent affirmer que la crise ne pourrait provenir que d'une baisse des ventes. Ils ne veulent pas admettre que le capitalisme ait pu atteindre ses limites, car alors leur r&#244;le aurait aussi atteint le sien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela signifie que leurs seuls crit&#232;res sont les ventes et les profits. Mais le crit&#232;re de la crise actuelle est la fin de l'accumulation priv&#233;e du capital. Les riches ont beaucoup d'argent, mais ne veulent plus l'investir dans la production et le commerce. Ils sp&#233;culent. Et plus ils sp&#233;culent, plus la sp&#233;culation devient plus int&#233;ressante &#224; court terme que l'investissement. C'est donc devant une spirale destructrice que se retrouve le syst&#232;me. Son seul moyen de tenir momentan&#233;ment a &#233;t&#233; l'investissement massif des Etats qui a men&#233; &#224; leur faillite actuelle... A PSA et Renault, l'Etat a donn&#233; et n'arr&#234;te pas de donner des milliards et cela ne peut suffire &#224; pallier les investissements des trusts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela signifie que tous les capitalistes, que PSA, que Renault, que le B&#226;timent sp&#233;culent. Cela signifie aussi qu'ils estiment la sp&#233;culation sur les fonds souverains par exemple bien plus profitable que de produire des voitures&#8230; Avec des risques : ils viennent de perdre beaucoup d'argent en jouant sur les dettes souveraines de la Gr&#232;ce, de l'Espagne, de l'Italie. Et ils vont en avoir perdu encore bien plus sur les dettes souveraines&#8230; de la France ! D'o&#249; les suppressions d'emplois et les licenciements en pr&#233;vision&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les suppressions d'emploi &#224; PSA ne sont pas plus caus&#233;es par le manque des v&#233;hicules vendus que les licenciements &#224; la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale ou &#224; la BNP le seraient par le manque de comptes de particuliers ouverts, ni les licenciements du B&#226;timent par le manque d'acheteurs d'appartements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces licenciements ont exactement la m&#234;me cause : les capitalistes se retirent massivement de leurs investissements, ils misent plut&#244;t sur des sp&#233;culations financi&#232;res, les capitalistes n'investissent plus, les banques ne pr&#234;tent plus, les capitalistes misent sur la chute des monnaies, des Etats, des bourses, des &#233;conomies car cela rapporte plus. Et les entreprises automobile font de m&#234;me...&lt;br class='autobr' /&gt;
Soulignons le mode de raisonnement d&#233;velopp&#233; dans les m&#233;dia par les dirigeants syndicalistes dont nombre de militants r&#233;volutionnaires : le patron gagne de l'argent donc il ne devrait pas supprimer des emplois ; les profits sont l&#224; et les travailleurs n'en b&#233;n&#233;ficient pas ; Le groupe choisit de faire travailler en Chine ou au Br&#233;sil alors que c'est un trust fran&#231;ais aid&#233; par l'Etat fran&#231;ais ; PSA a annonc&#233; s'&#234;tre tir&#233; de la crise avec des profits records et le trust ne devrait pas faire payer les travailleurs, etc, etc... Ce n'est pas juste. Ce n'est pas moral. Ce n'est pas l'int&#233;r&#234;t de l'entreprise. Ce n'est pas social. ce ne devrait pas &#234;tre accept&#233; par l'Etat fran&#231;ais qui a pay&#233; pour emp&#234;cher les suppressions d'emplois. etc, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, nous comprenons tr&#232;s bien ce que veut dire ce discours : la crise est un pr&#233;texte, une entreprise qui profite ne devrait pas licencier, ni m&#234;me supprimer des emplois, on se mobilise avec le droit moral pour nous...&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela semble l&#233;gitime, non, tout cela ? Et pourtant, ce n'est qu'un moyen d'aller direct dans le mur, m&#234;me si les salari&#233;s de PSA se mobilisent...&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d'abord parce que cela repose sur une analyse fausse de la situation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu, nous ne pr&#233;tendons en rien l&#233;gitimer la politique de suppressions d'emplois de PSA, mais seulement comprendre la logique patronale pour mieux la combattre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le raisonnement pr&#233;c&#233;dent sous-entend qu'il s'agit simplement de d&#233;localisations en vue d'augmenter les profits et que la racine de cette politique n'a rien &#224; voir avec la crise que connait le syst&#232;me mondial. C'est faux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette mani&#232;re de raisonner laisse entendre que les suppressions d'emplois ne sont pas li&#233;es aux d&#233;sordres financiers, boursiers, mon&#233;taires et &#233;conomiques du syst&#232;me mondial. Et c'est faux.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une mani&#232;re de dire que le patron de PSA m&#232;ne une politique particuli&#232;re qui est particuli&#232;rement hostile aux travailleurs et qu'il suffirait que les travailleurs de PSA se mobilisent contre ce plan pour le faire reculer. Et c'est faux.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est faux parce que l'offensive contre les travailleurs n'est nullement cantonn&#233;e &#224; PSA. La premi&#232;re des choses &#224; faire pour &#233;lever le niveau de conscience et le rapport des forces serait de montrer aux travailleurs de PSA qui veulent se mobiliser que la lutte doit &#234;tre g&#233;n&#233;rale et qu'il est vital de se mobiliser &#224; des niveaux plus important qu'un site comme Citro&#235;n Aulnay et m&#234;me qu'un groupe comme PSA. Il va falloir entra&#238;ner toute l'Automobile et m&#234;me toute la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2225&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2225&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2144&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2144&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve402&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve402&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2468&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2468&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2629&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2629&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3364&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3364&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2012&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de l'h&#244;pital Saint Antoine est battue par... les syndicats...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2199&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2199&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve PSA Aulnay, men&#233;e de mani&#232;re r&#233;formiste par la CGT, a accouch&#233; d'une souris&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;change des dix milliards que le gouvernement donne en cadeau et sans condition &#224; la banque financi&#232;re PSA en faillite, il a obtenu du patron de PSA d'organiser un simulacre de n&#233;gociations o&#249; ne seraient pas remis en cause le plan de licenciements massif mais seulement ren&#233;goci&#233; leur accompagnement. Les syndicats d'Aulnay crient victoire et d&#233;clarent que c'est leur lutte qui a obtenu la victoire et quelle est cette victoire ? Mercier, dirigeant CGT l'exprime ainsi : un calendrier de n&#233;gociations !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers de salari&#233;s vont perdre leur emploi et ce n'est nullement remis en question m&#234;me quand l'Etat d&#233;bourse dix milliards d'euros et la victoire c'est qu'il n'y ait ni gr&#232;ve ni occupation des sites vis&#233;s et qu'on obtienne un calendrier de blabla mensongers autour du tapis vert et celui qui dit cela se pr&#233;tend communiste r&#233;volutionnaire de Lutte Ouvri&#232;re. Il faut se pincer pour y croire !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;On a bloqu&#233; la direction qui voulait nous imposer ses conditions sans n&#233;gocier sur les mobilit&#233;s&#034;, s'est f&#233;licit&#233; Jean-Pierre Mercier (CGT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un succ&#232;s de l'unit&#233; des salari&#233;s d'Aulnay &#187; dit Marcier &#224; la t&#233;l&#233;vision. Ce qu'il appelle unit&#233; des salari&#233;s, c'est l'unit&#233; des syndicats avec le syndicat patronal et jaune le SIA et l'unit&#233; pour ne pas entrer en gr&#232;ve, pour ne pas occuper, pour ne pas d&#233;ranger les pr&#233;tendues n&#233;gociations, pour ne pas mener la lutte des classes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal L'Humanit&#233; du 25 octobre &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un premier succ&#232;s pour les syndicats de PSA Peugeot-Citro&#235;n. Ceux-ci sont parvenus &#224; imposer ce jeudi que la direction du groupe automobile ouvre des n&#233;gociations sur les conditions de l'ensemble du plan social annonc&#233; &#224; Aulnay et Rennes,, dans le cadre de son plan de restructuration qui pr&#233;voit plus de 8.000 suppressions d'emploi et la fermeture du site de Seine-Saint-Denis. Ces n&#233;gociations d&#233;buteront le 7 novembre. Jean-Pierre Mercier, repr&#233;sentant CGT de PSA Aulnay, raconte &#224; la sortie du comit&#233; central d'entreprise qui se tenait ce matin : &#034;La direction de Peugeot voulait ce matin faire passer en force une partie de son plan en imposant les mutations internes. Elle cherchait ainsi &#224; vider l'usine (d'Aulnay) le plus vite possible. C'est un premier succ&#232;s.&#034; Selon les syndicats, les conditions de d&#233;part des salari&#233;s sur Poissy ou d'autres sites du groupe devront d&#233;sormais faire l'objet de n&#233;gociations pr&#233;alables. Un calendrier de discussions sera mis en place sur l'ensemble des mesures d'accompagnement - formations, indemnisations - destin&#233;es &#224; ceux qui refusent d'&#234;tre transf&#233;r&#233;s et &#224; tous les autres salari&#233;s concern&#233;s par la r&#233;duction de la capacit&#233; de Rennes ou par la fermeture du site d'Aulnay. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cela fait 17 mois que l'on demande l'ouverture de ces n&#233;gociations. La direction voulait nous diviser elle n'a pas r&#233;ussi&#034;, explique Jean-Pierre Mercier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis de nuancer : &#034;On a obtenu un calendrier de n&#233;gociations pour nos revendications. Mais on ne peut pas faire confiance &#224; la direction de PSA. Nous attendons qu'Arnaud Montebourg appose signature en bas du document&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'on peut faire confiance &#224; Montebourg et &#224; l'Etat bourgeois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la sortie de l'entrevue entre Montebourg et les syndicats, le ministre a assur&#233; que le &#171; gouvernement et le pr&#233;sident de la R&#233;publique partageaient l'inqui&#233;tude des salari&#233;s &#187; de PSA et promis que la r&#233;union &#224; venir serait l'occasion de &#171; r&#233;duire reformater, rediscuter le plan social &#187;. S'il a reconnu implicitement que les suppressions de postes &#233;taient un mal n&#233;cessaire pour permettre &#224; Peugeot, en difficult&#233;, de se remettre sur de bons rails, il a n&#233;anmoins assur&#233; que le plan social devait &#234;tre &#171; strictement proportionn&#233; aux n&#233;cessit&#233;s de la relance de Peugeot. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat a demand&#233; &#171; le reformatage du plan &#187; qui pr&#233;voit 8.000 suppressions de postes, a r&#233;p&#233;t&#233; le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg &#224; l'issue d'une r&#233;union tripartite &#224; Bercy. Mais il n'a obtenu aucun engagement du groupe automobile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la n&#233;gociation avec les partenaires sociaux qui va nous permettre de voir l'effectivit&#233; de ces efforts &#187;, a dit le ministre. Et c'est tout ! Alors que l'Etat a quand m&#234;me d&#233;bours&#233; sans discuter dix milliards d'euros !!!! C'est cher pay&#233; de n&#233;gocier autour du tapis vert ! Voil&#224; tout ce qu'obtient un gouvernement de gauche pour dix milliards&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2484&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2484&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bureaucrate collaboration de classe succ&#232;de &#224; un autre &#224; la t&#234;te de la CGT et de mani&#232;re tout &#224; fait bureaucratique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault a annonc&#233; ce mardi &#224; l'AFP que la commission ex&#233;cutive de la CGT a choisi, sur sa proposition, Thierry Lepaon, pour lui succ&#233;der comme secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut voir qui est Lepaon pour comprendre tout le sel de cette succession sans heurt apparent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2479&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2479&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lepaon, futur secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, a pr&#233;par&#233; la privatisation de la SNCF !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 juin 2012 : Le futur secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT fait un rapport d'Etat au CESE en faveur de la privatisation des TER&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; Rapport Lepaon &#187; au CESE du 27/06/2012 en faveur de l'ouverture &#224; la concurrence du secteur ferroviaire sera sign&#233; des organisations patronales et &#233;tatiques (sous gouvernement de droite de Sarkozy) comme des pires organisations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voici des extraits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce texte pr&#233;sente une grande unit&#233; de ton r&#233;v&#233;latrice d'un consensus assez fort sur le sens que devrait avoir une exp&#233;rimentation (de privatisation de la SNCF), si l'Etat le d&#233;cide, et sur les principes que doivent inspirer sa conduite pour concourir &#224; son succ&#232;s. J'ai employ&#233; &#224; dessein le mot consensus et je souhaite maintenant dissiper toute erreur d'appr&#233;ciation sur ce terme. Il n'aura &#233;chapp&#233; &#224; personne dans cette assembl&#233;e que la locution &#171; ouverture &#224; la concurrence &#187; appliqu&#233;e &#224; un noyau dur du service public peut agir imm&#233;diatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l'arr&#234;t d'urgence notamment lorsqu'il s'agit d'une man&#339;uvre. &#171; Je dois dire que j'ai personnellement consid&#233;r&#233; comme un challenge de faire la preuve qu'il &#233;tait possible, et m&#234;me utile, de d&#233;passer le stade de la r&#233;action allergique afin de clarifier les id&#233;es en affrontant la r&#233;alit&#233;. Affronter la r&#233;alit&#233;, c'est toujours confronter les points de vue, polir ses arguments en les frottant, souvent vigoureusement, &#224; ceux des autres. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#232;me de l'ouverture &#224; la concurrence du transport ferroviaire r&#233;gional de voyageurs s'inscrit dans le cadre d'une orientation prise au niveau europ&#233;en. D&#232;s lors, la responsabilit&#233; d'une telle initiative appartient &#224; l'Etat et &#224; lui seul. Il doit &#234;tre clair que la question de l'ouverture &#224; la concurrence ne peut pas se r&#233;soudre par la voie d'une discussion, d'une n&#233;gociation, d'une concertation entre la direction et les syndicats de l'entreprise publique auquel ce service est d&#233;di&#233; par la loi. &lt;br class='autobr' /&gt;
La SNCF appartient &#224; la nation et ce sera donc aux &#233;lus de la nation, &#224; l'issue d'un d&#233;bat public associant les citoyens et les usagers, de prendre leurs responsabilit&#233;s et de l'assumer, le cas &#233;ch&#233;ant, devant leurs &#233;lecteurs. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour aller &#224; l'essentiel, je voudrais maintenant pr&#233;senter la m&#233;thode et le calendrier l&#233;gislatif et social que nous pr&#233;conisons. J'insiste bien sur le fait que nous proposons d'abord une m&#233;thode car nous avons voulu mettre l'accent sur le &#171; comment faire &#187; et pas seulement sur le &#171; quoi faire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette m&#233;thode se d&#233;cline en six recommandations qui tracent un chemin, c'est-&#224;-dire un cap, une succession d'&#233;tapes et une m&#233;thode permettant de conduire &#224; terme une telle exp&#233;rimentation (en vue de la privatisation de la SNCF), si elle &#233;tait d&#233;cid&#233;e, et d'en tirer les enseignements. C'est ensuite &#224; son heure que viendra le moment de la d&#233;cision. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'ai dit, le th&#232;me de l'ouverture &#224; la concurrence du transport ferroviaire r&#233;gional de voyageurs a donn&#233; lieu &#224; de nombreuses initiales ayant produit des &#233;tudes et des rapports. Pour autant, notre contribution ne constitue pas une synth&#232;se au sens de la compilation condens&#233;e et plus ou moins hi&#233;rarchis&#233;e des pr&#233;conisations des rapports pr&#233;cit&#233;s, et ce, malgr&#233; leur qualit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons extrait de ce corpus ce qui nous a sembl&#233; le plus &#233;labor&#233; et le plus coh&#233;rent pour inventer l'avenir. Pour cela, il nous faut d'abord bien comprendre les sp&#233;cificit&#233;s du cadre social des cheminots, sp&#233;cificit&#233;s du cadre social des cheminots, sp&#233;cificit&#233;s qui d&#233;coulent du statut m&#234;me de l'entreprise SNCF, qui s'est vue confier des missions de service public. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, nous avons imagin&#233; des &#233;volutions possibles au plan social dans la perspective d'une ouverture &#224; concurrence qui semble se dessiner. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette id&#233;e prenant progressivement corps, elle s'est traduite en quelques sc&#233;narios descriptifs assez pr&#233;cis pour que l'on comprenne le sens de l'histoire qui pourrait s'&#233;crire et suffisamment ouvert pour laisser toute sa place et sa cr&#233;ativit&#233; au dialogue social. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'en suis, mes Chers Coll&#232;gues, pleinement convaincu : rien ne pourra aboutir sans le dialogue social et il s'agit l&#224; d'une premi&#232;re recommandation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le monde conna&#238;t la combativit&#233; des cheminots, mais peu de gens ont une id&#233;e du r&#244;le des relations collectives au sein de l'entreprise pour que ce grand syst&#232;me industriel de service puisse fonctionner. Lorsqu'on a compris que c'est le statut de l'entreprise qui a d&#233;fini le statut des cheminots et non l'inverse, on comprend alors beaucoup d'autres choses. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en fonction de certaines obligations de r&#233;sultat, notamment en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;, qu'ont &#233;t&#233; d&#233;finies l'organisation du travail, le r&#233;gime du travail, y compris le r&#233;gime de retraite. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le dit le projet d'avis, si l'on veut que l'exp&#233;rimentation d'une ouverture &#224; la concurrence soit r&#233;ussie, il convient de faire en sorte que l'op&#233;rateur historique et ses salari&#233;s s'y reconnaissent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre recommandation &#8211; la deuxi&#232;me &#8211; qui s'est impos&#233;e porte sur la n&#233;cessit&#233; d'une &#233;valuation pr&#233;alable des r&#233;sultats des exp&#233;rimentations r&#233;gionales avant de mettre en place un cadre social harmonis&#233;, c'est-&#224;-dire un socle commun en mati&#232;re de dur&#233;e et d'organisation du travail. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Je voudrais aussi &#233;voquer une autre question essentielle, celle du devenir des personnels en cas de changement d'op&#233;rateur. Ce projet d'avis se distingue des rapports d'experts, puisqu'il pr&#233;conise le reclassement interne &#224; la SNCF avant d'envisager un &#233;ventuel transfert de personnels. (&#8230;) &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
On aura compris que tout l'effort de Lepaon consiste &#224; faire passer sans lev&#233;e de drapeau rouge de la part des cheminots&#8230; la privatisation de la SNCF !!!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Il rajoute :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Transport Express R&#233;gional de voyageurs (TER) a connu gr&#226;ce &#224; la r&#233;gionalisation un essor remarquable. Mais son co&#251;t tend &#224; s'accro&#238;tre et son d&#233;veloppement para&#238;t sous contrainte, alors que l'Union europ&#233;enne a engag&#233; une lib&#233;ralisation progressive des transports ferroviaires. Dans ce contexte, le Premier ministre a demand&#233; l'avis du CESE sur l'ouverture &#224; la concurrence des transports r&#233;gionaux de voyageurs, en particulier quant au p&#233;rim&#232;tre g&#233;ographique, &#224; la propri&#233;t&#233; du mat&#233;riel roulant, aux relations contractuelles entre r&#233;gion et exploitant, ainsi qu'&#224; sa dimension sociale. Pour le CESE, la d&#233;cision d'ouvrir, m&#234;me &#224; titre exp&#233;rimental, les TER &#224; la concurrence est politique et rel&#232;ve du gouvernement. Dans cet esprit, l'avis esquisse un chemin de r&#233;forme qui permette, via une exp&#233;rimentation ma&#238;tris&#233;e, d'avancer prudemment sur ce dossier sensible, en associant l'ensemble des parties prenantes. L'enjeu est en effet de maintenir, voire d'amplifier le succ&#232;s de la r&#233;gionalisation des TER, afin de favoriser la comp&#233;titivit&#233; et l'accessibilit&#233; des territoires, la mobilit&#233; des personnes, la pr&#233;servation de l'environnement et le d&#233;veloppement de la fili&#232;re ferroviaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tromperie syndicale Arcelor-Mittal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats d'ArcelorMittal crient &#224; la trahison du gouvernement apr&#232;s le retrait de la proposition de nationalisation alors qu'ils &#233;taient fiers, la veille, d'avoir bu le caf&#233; avec le ministre qui avait &#233;t&#233; gentil avec eux !!! Quelques mois ou ann&#233;es avant, ils avaient &#233;t&#233; fiers de leurs n&#233;gociations avec Mittal et des promesses de ce dernier ! C'est un manque complet de conscience de qui sont les amis et les ennemis...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats se disent trahis par les patrons et les gouvernements. C'est normal : ils ont consid&#233;r&#233; qu'ils &#233;taient du m&#234;me bord, &#224; d&#233;fendre l'entreprise, &#224; d&#233;fendre la r&#233;gion, &#224; d&#233;fendre le pays, etc. Mais ils ne sont pas de notre bord : &#224; d&#233;fendre les prol&#233;taires f&#251;t-ce aux d&#233;pens des patrons. Les patrons, eux, ne craignent pas de d&#233;fendre leurs profits, f&#251;t-ce en nous assassinant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie syndicale reste : les cheminots luttent seuls, les salari&#233;s de Petroplus luttent seuls, les PSA Aulnay ne sont m&#234;me pas en lutte avec ceux de Rennes sans parler des autres sites, les salari&#233;s d'Arcelor luttent seuls, les salari&#233;s de chaque banque comme la banque de France r&#233;cemment luttent seuls, etc&#8230; Tout au plus une petite journ&#233;e syndicale d'inaction par ci par l&#224;. Cette strat&#233;gie n'est pas contest&#233;e par les dirigeants syndicaux locaux des entreprises qui licencient qui pr&#233;tendent que leur lutte locale est cens&#233;e suffire pour faire reculer le patron au moment o&#249; l'offensive patronale de licenciements est g&#233;n&#233;rale et non locale, globale et non conjoncturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car leur discours consiste surtout &#224; n&#233;gocier et pas &#224; lutter. La lutte n'est rien d'autre pour elles que la derni&#232;re roue du carrosse des n&#233;gociations ! Et, de n&#233;gociation en n&#233;gociation, elles n'ont fait que reculer, reculer, reculer, abandonner les emplois, abandonner les conditions de travail et les salaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2558&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2558&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mr Thierry Lepaon,membre du Conseil Economique, Social et Environnemental, le CESE, a &#233;mis un rapport sur la mani&#232;re de privatiser la SNCF sans faire de vagues intitul&#233; rapport sur &#171; l'ouverture &#224; la concurrence des services ferroviaires r&#233;gionaux de voyageurs &#187;, s&#233;ance du 27 juin 2012 o&#249; il d&#233;clare notamment : &#171; Il n'aura &#233;chapp&#233; &#224; personne dans cette assembl&#233;e que la locution &#171; ouverture &#224; la concurrence &#187; appliqu&#233;e &#224; un noyau dur du service public peut agir imm&#233;diatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l'arr&#234;t d'urgence notamment lorsqu'il s'agit d'une man&#339;uvre. (&#8230;) Nous avons imagin&#233; des &#233;volutions possibles au plan social dans la perspective d'une ouverture &#224; concurrence qui semble se dessiner. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc Lepaon veut &#233;viter qu'on agite le chiffon rouge contre la privatisation de la SNCF et inscrit dans celle-ci et souhaite la dessiner&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2013&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'attaque des retraites par le gouvernement Hollande se profile, la CGT propose de pi&#233;ger &#224; nouveau la riposte ouvri&#232;re qui vient dans la fausse unit&#233; intersyndicale avec les syndicats qui viennent de signer, au nom de la comp&#233;titivit&#233; des capitalistes fran&#231;ais, l'accord de destruction du contrat de travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'entrer en guerre contre les classes dirigeantes, &#224; mesure que celles-ci d&#233;montrent leur volont&#233; de d&#233;truire les classes travailleuses, les dirigeants syndicaux manifestent&#8230; leur d&#233;sir de s'en tenir &#224; des protestations platoniques qui ne frappent pas la bourgeoisie au c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde entier, le Capital est en train de d&#233;truire le Travail et ces adeptes hypocrites du capitalisme que sont la gauche et les syndicats pr&#233;tendent qu'il faut nous d&#233;fendre pays par pays, quand ce n'est pas entreprise par entreprise, corporation par corporation et m&#234;me site par site. Ils s'&#233;tonnent que les PSA Aulnay aient beau faire gr&#232;ve dans une seule entreprise et ne parviennent pas plus &#224; faire reculer leur patron que n'y sont parvenus ceux de General Motors, de Goodyear, de Petroplus ou d'ArcelorMitall Florange, eux aussi condamn&#233;s &#224; lutter dans une seule entreprise alors que tous les trusts licencient massivement. Parce que, malgr&#233; des gr&#232;ves et des manifestations, les centrales syndicales se contentent d'accompagner les attaques en maugr&#233;ant mais en participant aux fausses n&#233;gociations qui couvrent les attaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, les centrales se gardent bien de relier entre eux toutes les attaques subies par les salari&#233;s et tous les combats men&#233;s. Pourtant, on assiste bel et bien &#224; une offensive d'ensemble contre le monde du travail. On ne peut pas s&#233;parer l'ensemble des &#171; r&#233;formes &#187; antisociales des gouvernements, sur les retraites sur le code du travail, sur l'emploi, sur les retraites, sur les allocations familiales, sur la privatisation de la SNCF, sur la fin de la recherche publique, de la sant&#233; publique, sur l'allocation ch&#244;mage et on en passe. Les licenciements des trusts priv&#233;s ont &#233;t&#233; une attaque concert&#233;e dont PSA n'a &#233;t&#233; que le signe avant-coureur. Les centrales syndicales refusent cat&#233;goriquement de pr&#233;parer une riposte coordonn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un geste significatif de cette volont&#233; de s'allonger devant les attaques sur les retraites a &#233;t&#233; le discours du dirigeant de la CGT Lepaon qui, au lendemain des manifestations s&#233;par&#233;es et clairsem&#233;es du premier mai, a d&#233;clar&#233; que, malgr&#233; sa signature de l'accord ANI de &#171; flexi-s&#233;curit&#233; de l'emploi &#187;, il voulait l'unit&#233; avec la CFDT et estimait les d&#233;saccords limit&#233;s et sans gravit&#233; ! Bien la peine d'avoir manifest&#233; contre l'accord ANI et d&#233;clar&#233; que c'&#233;tait l'un des pires reculs depuis des d&#233;cennies sur le contrat de travail pour ensuite minimiser la participation de syndicats &#224; cette pantalonnade syndicale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela en dit long en tout cas sur la mani&#232;re dont la CGT compte promener les salari&#233;s pour soi-disant d&#233;fendre les retraites, dans la m&#234;me lanc&#233;e de pr&#233;tendue &#171; unit&#233; &#187; qui a d&#233;j&#224; men&#233; &#224; l'&#233;chec face &#224; Sarkozy-Fillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que ces centrales syndicales qui se disaient &#171; unies pour d&#233;fendre les retraites &#187; &#233;taient surtout unies contre l'id&#233;e d'appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, Bernard Thibaut, dirigeant de l'&#233;poque de la CGT, affirmant que ce n'&#233;tait nullement une m&#233;thode dans la tradition du mouvement ouvrier en France !!! Elles &#233;taient unies pour que le jour d'action ne soit pas un jour de gr&#232;ve comme le premier mai ou comme un week-end ! Elles &#233;taient unies pour laisser seuls en gr&#232;ve les travailleurs du secteur des raffineries p&#233;troli&#232;res, allant jusqu'&#224; faire croire qu'on allait &#171; faire reculer Sarkozy &#187; par ce seul blocage p&#233;trolier. Ensuite, elles ont-elles-m&#234;mes d&#233;mobilis&#233; les manifestants en affirmant qu'on ne gagnerait pas tant que Sarkozy gouvernerait et qu'il n'y avait qu'&#224; voter &#224; gauche. On voit &#224; quel point elles ont menti puisque la gauche reprend exactement de la m&#234;me mani&#232;re le travail de destruction de Sarkozy. La gauche de la gauche qui s'en indigne a cautionn&#233; l'op&#233;ration et se revendique encore d'avoir aid&#233; Hollande- ce Sarkozy-bis &#224; venir au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3419&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3419&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retraites : &#224; nouveau une intersyndicale qui va diriger le mouvement&#8230; vers le mur ?!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3477&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3477&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat pourri des n&#233;gociations entre la gauche gouvernementale et les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2604&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2604&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndicalisme de classe, oui, mais de quelle classe ? La bourgeoisie ou le prol&#233;tariat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions des dirigeants syndicalistes qui ont cru au discours du patron et s'estiment tromp&#233;s alors qu'ils ont &#233;t&#233; les relais de la tromperie aupr&#232;s des travailleurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2742&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2742&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats &#224; PSA : des m&#233;thodes qui n'ont rien &#224; voir avec des m&#233;thodes de classe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques syndicales en 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3361&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3361&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2014&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la nouvelle gr&#232;ve des cheminots, la CGT a dit soutenir la gr&#232;ve jusqu'au bout. Mais il y a beaucoup &#224; redire sur ce point. Premi&#232;rement, c'est la direction de la CGT qui a initi&#233; la r&#233;forme qui m&#232;ne &#224; la privatisation puisque le rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) sur la privatisation vot&#233; &#224; l'unanimit&#233; des repr&#233;sentants de l'Etat, des patrons et des salari&#233;s, a &#233;t&#233; &#233;crit par Lepaon, repr&#233;sentant CGT, qui allait devenir plus tard secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT. Ensuite, la loi contre laquelle les cheminots ont eu &#224; se battre a &#233;t&#233; sign&#233;e par les repr&#233;sentants CGT, Lepaon pour la centrale et Garel pour la CGT cheminots, avant que la gr&#232;ve ne commence. Ensuite, il a &#233;t&#233; convenu entre le gouvernement et la CGT que l'int&#233;r&#234;t commun &#233;tait de mettre en place un dispositif par lequel la CGT prendrait l'initiative d'une protestation des cheminots, suite &#224; laquelle le Front de Gauche repr&#233;sent&#233; par Chassaigne, proposerait des amendements que Hollande-Valls allaient accepter. Les cheminots ont &#233;t&#233; tellement en col&#232;re contre le projet de loi que le mouvement qui avait &#233;t&#233; envisag&#233; a d&#251; &#234;tre transform&#233; d'action limit&#233;e en gr&#232;ve durable. Garel et Lepaon se sont alors partag&#233;s les r&#244;les, le premier faisant mine de soutenir la gr&#232;ve et le second d'appeler par les m&#233;dias &#224; la reprise du travail, mais ils sont rest&#233;s de bout en bout la main dans la main et Garel y a perdu son cr&#233;dit dans la CGT Cheminots, ce qui s'est vu par la suite&#8230; De tout cela, le syndicat SUD a fait mine de ne rien voir, tout attach&#233; &#224; sa pr&#233;tendue unit&#233; de lutte, &#224; laquelle il continue aujourd'hui &#224; s'accrocher. A aucun moment, le syndicat SUD n'avait voulu s'apercevoir de l'existence du rapport Lepaon, de la signature de la loi Hollande-Valls avant la gr&#232;ve, ni du caract&#232;re double des d&#233;clarations de la CGT au cours de la gr&#232;ve. Les groupes d'extr&#234;me gauche qui ont un r&#244;le important au sein de SUD, &#224; savoir NPA et Alternative Libertaire, ont camoufl&#233; tout cela tant qu'ils ont pu. Mais surtout, ils se sont gard&#233;s, de m&#234;me que Lutte ouvri&#232;re au sein de la CGT, de d&#233;fendre une autre perspective au sein de la gr&#232;ve, combattant m&#234;me l'id&#233;e des comit&#233;s de gr&#232;ve, l'extension de la lutte par exemple &#224; la RATP. Ils se sont gard&#233;s de critiquer la participation aux n&#233;gociations bidon. Ils se sont gard&#233;s de d&#233;masquer le double jeu des centrales syndicales. Ils se sont gard&#233;s de proposer la perspective d'une lutte d'ensemble des services publics qui subissent une attaque conjointe, par exemple une liaison avec la sant&#233; qui conna&#238;t plusieurs gr&#232;ves au m&#234;me moment et tente de les faire converger contre les appareils syndicaux. Le bilan du groupe Alternative Libertaire est particuli&#232;rement instructif, sachant le r&#244;le que joue ce groupe au sein de Sud Cheminots. On peut y lire qu'il faut combattre les militants d'extr&#234;me gauche qui militent pour des comit&#233;s de gr&#232;ve. Oui, l'extr&#234;me gauche cautionne &#224; fond les politiques de trahison des appareils syndicaux, permettant &#224; ces politiques de passer discr&#232;tement sans que la majorit&#233; des travailleurs ne voient la tromperie. Inutile de dire que ces groupes d'extr&#234;me gauche, tout comme la gauche et les syndicats, se sont gard&#233;s de souligner la trahison du rapport Lepaon au CESE et de la signature du projet de loi SNCF d'Hollande-Valls avant la gr&#232;ve, se refusant &#224; pr&#233;venir les cheminots que ceux qui allaient diriger leur gr&#232;ve en &#233;taient les ennemis cach&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re gr&#232;ve n'est pas un succ&#232;s m&#234;me si certains se satisfont de minimes amendement &#224; la loi. Celle-ci reste une loi en vue de la privatisation du transport ferroviaire et elle n'a en rien fondamentalement chang&#233;e. D'autres affirment que, nous cheminots, aurions fait gr&#232;ve pour l'honneur, pour faire une d&#233;monstration. Mis &#224; part le fait que de telles d&#233;monstrations co&#251;tent cher et ne rapportent pas grand-chose &#224; part la satisfaction de quelques dirigeants syndicaux, il convient de se demander ce que ces derniers cherchaient exactement au travers de la gr&#232;ve. En effet, Lepaon comme Garrel avaient sign&#233; le projet de loi (non amend&#233;) avant de se mettre &#224; la t&#234;te de la gr&#232;ve. Cela pose question : la direction CGT ne voulait-elle pas simplement se blanchir d'avoir ent&#233;rin&#233; un grave recul social. En faisant gr&#232;ve, en prenant parti pour et contre les cheminots, ces dirigeants ne nous ont-ils pas tromp&#233;. Si les dirigeants syndicaux qui ont condamn&#233; la gr&#232;ve sont bel et bien dans le camp de la privatisation, ceux qui ont pris la t&#234;te de la gr&#232;ve ne valent pas beaucoup plus cher. On se souvient que le principal organisme d'Etat en la mati&#232;re, le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) avait adopt&#233; un rapport en vue de la privatisation. Ce rapport, adopt&#233; par les patrons, l'Etat et presque tous (solidaires n'avait pas sign&#233;) les syndicats dans le cadre du CESE, &#233;tait sign&#233; Lepaon, actuel secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan, ce n'est pas l'inutilit&#233; de faire gr&#232;ve mais l'inutilit&#233; de choisir comme direction des gr&#232;ves des dirigeants qui en fait sont contre et se d&#233;brouillent pour nous faire reprendre le travail sans avoir rien obtenu et sans s'&#234;tre donn&#233; les moyens d'obtenir quelque chose. On aura par exemple remarqu&#233; que, durant la gr&#232;ve, la CGT &#233;tait contre de bloquer les RER de Paris-centre. Ce qui aurait donn&#233; davantage de force &#224; la gr&#232;ve. Contre aussi l'extension de la gr&#232;ve &#224; la RATP. Contre encore son extension &#224; l'EDF pourtant elle-m&#234;me menac&#233;e selon les propos de Lepaon lui-m&#234;me. Contre toute liaison avec les h&#244;pitaux en gr&#232;ve ou tout autre domaine du secteur public. Quand on fait gr&#232;ve, on le paie nous-m&#234;mes de notre poche. Quand on &#233;choue, on le paie nous-m&#234;mes de reculs sociaux importants, et ce n'est pas les bureaucrates des appareils syndicaux qui en font les frais. Eh bien, il faut aussi qu'on d&#233;cide des orientations de la gr&#232;ve par nous-m&#234;mes !!! On n'a pas besoin de dirigeants qui nous disent, maintenant, que ce n'est pas grave si on a perdu puisque c'&#233;tait pour l'honneur, pour la beaut&#233; du geste ou pour le principe&#8230; Si on veut gagner dans nos luttes, dirigeons-les par nous-m&#234;mes. C'est de comit&#233;s de gr&#232;ve qu'on manque dans les mouvements &#224; la SNCF comme, plus largement, dans toute la classe ouvri&#232;re en ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3430&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3430&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;clarations de Lepaon, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la radio France Inter ce matin : &#171; Le fait que la gr&#232;ve se prolonge n'est pas bon ni pour les usagers ni pour les agents de la SNCF &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour, il a &#233;galement d&#233;clar&#233; : &#171; Le gouvernement semble tenir compte du rapport de forces qui s'est instaur&#233; avec les cheminots. &#187; Mais il s'est bien gard&#233; de montrer en quoi Valls-Hollande reculaient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a par contre reconnu, face aux journalistes de France Inter, qu'avant la gr&#232;ve, la CGT faisait partie des syndicats qui avaient sign&#233; leur accord avec le projet gouvernemental&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela vient se rajouter &#224; ses d&#233;clarations pr&#233;c&#233;dentes comme &#171; d'accord avec la loi mais pas avec son contenu &#187; ou encore souhaitant que le travail reprenne&#8230; dimanche dernier et parlant de &#171; sortie de crise ce week-end &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lepaon a expos&#233; clairement comment il s'appr&#234;te &#224; l&#226;cher le mouvement si des petits mots sont chang&#233;s dans le texte de loi&#8230; sans rien changer du fond :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Gr&#226;ce &#224; notre action, des amendements ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s et il semblerait &#224; l'heure qu'il est que le gouvernement tienne compte de ce rapport de forces qui s'est instaur&#233;&#034;, a d&#233;clar&#233; M. Lepaon sur France Inter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Maintenant, il faut que les amendements soient &#233;crits de mani&#232;re pr&#233;cise, qu'ils soient d&#233;battus &#224; l'Assembl&#233;e nationale et qu'ils soient vot&#233;s&#034;, a-t-il poursuivi.&lt;br class='autobr' /&gt;
La CGT veut notamment que le &#034;besoin d'un service public ferroviaire&#034; soit inscrit dans la loi. Sur ce point, M. Lepaon observe des avanc&#233;es entre &#034;le premier projet de loi et celui qui est d&#233;battu&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question du &#034;statut des personnels&#034;, &#034;c'est une d&#233;cision qui est inscrite aujourd'hui dans le projet de loi&#034; mais &#034;il faut que la loi soit extr&#234;mement pr&#233;cise&#034; pour &#233;viter des interpr&#233;tations lors de la &#034;mise en oeuvre&#034;, a-t-il estim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thierry Lepaon souhaite aussi que des amendements &#034;d'harmonisation sociale&#034; et sur &#034;la question de la dette&#034; soient int&#233;gr&#233;s au projet de loi qui, selon lui, pr&#233;pare &#034;la privatisation du transport ferroviaire&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lepaon est un secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral tr&#232;s collaboration de classes !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2015&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La trahison syndicale de la lutte des personnels des h&#244;pitaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le dernier mouvement des personnels de l'h&#244;pital public de mai-juin dernier, la principale revendication des personnels en gr&#232;ve et en manifestation a &#233;t&#233; : pas touche aux RTT, retrait du projet Hirsch en totalit&#233;, sans amendement ni discussion, pas de n&#233;gociation. &#171; Ni amendable, ni n&#233;gociable &#187; a &#233;t&#233; un slogan de tous les h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas question de suppression de nos RTT ! Pas question d'imposer la fin des 35 heures &#224; l'h&#244;pital ! Pas question de modifier les horaires ! Pas question d'une baisse de la masse salariale pour combler les trous financiers dont nous ne sommes nullement les responsables ! Pas question d'accepter de faire des efforts suppl&#233;mentaires ni en temps de travail, ni en personnels en moins ni d'aucune mani&#232;re ! Pas question de sauver aucun point de la pr&#233;tendue &#171; r&#233;forme &#187; de Hirsch ! Aucun plan d'&#233;conomie pour l'h&#244;pital public aux d&#233;pens des malades et des personnels !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats qui disent nous repr&#233;senter ont tous r&#233;p&#233;t&#233; avec nous : pas amendable et pas n&#233;gociable tout en passant leur temps &#224;&#8230; essayer d'amender et de n&#233;gocier !!! S'ils ont fini, en juillet, admettre tous avoir &#233;chou&#233; et s'&#234;tre retir&#233;s de la table des n&#233;gociations, SUD et CFDT &#233;tant les derniers &#224; le faire, ils n'ont rien admis sur le fond et sont pr&#234;ts &#224; recommencer &#224; n&#233;gocier sur une pr&#233;tendue &#171; bonne r&#233;forme &#187; ! Ils refusent d'admettre que, l'Etat fran&#231;ais &#233;tant en faillite, toute r&#233;forme voudra dire des attaques sur les salaires, sur les emplois, sur les conditions de travail, sur les horaires, sur les repos, sur les primes, sur l'organisation du travail, sur tout ! Et pourtant, les dirigeants r&#233;formistes des syndicats sont toujours partisans de n&#233;gocier des r&#233;formes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, on avait compris qu'Hirsch voulait nous attaquer sur toute la ligne : horaires, RTT, primes, &#233;quipe, organisation du travail 35 heures et on en passe&#8230; Mais l'intersyndicale n'a jamais voulu le comprendre. Elle ne peut qu'esp&#233;rer &#224; nouveau&#8230;n&#233;gocier apr&#232;s la journ&#233;e d'action&#8230; Ils font la m&#234;me chose partout : &#224; Radio France, &#224; France T&#233;l&#233;visions, &#224; l'AFP, &#224; la SNCF : des journ&#233;es d'action suivies de n&#233;gociations bidon ! C'est comme cela que l'intersyndicale avait lantern&#233; le mouvement des retraites de 2010, jusqu'&#224; le faire &#233;chouer ! Et ils font partout comme si chaque entreprise publique &#233;tait un cas &#224; part alors que, dans chacune, les PDG pr&#233;tendent que les comptes sont dans le rouge pour faire passer des attaques en r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de la lutte des personnels de l'h&#244;pital public comme de Radio France ou de la SNCF, l'intersyndicale a pris toutes les d&#233;cisions en ne tenant nullement compte des avis des personnels mobilis&#233;s et c'est toujours &#224; reculons qu'elle a &#233;t&#233; contrainte de se retirer des n&#233;gociations alors que les personnels exigeaient sans cesse qu'on n'y participe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains syndicats ont m&#234;me men&#233; des n&#233;gociations secr&#232;tes avec Hirsch en cachant leurs lieux de r&#233;unions pour ne pas &#234;tre d&#233;rang&#233;s, en refusant de transmettre des comptes-rendus de celles-ci et les autres syndicats ont toujours refus&#233; de d&#233;noncer ces discussions en catimini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 17 juin, on nous annon&#231;ait encore qu' &#171; un dialogue approfondi entre la direction et les syndicats avait repris pendant sept heures (jusqu'&#224; une heure du matin). Un nouveau calendrier a &#233;t&#233; propos&#233;, sur un ton plus apais&#233; et constructif et sur de nouvelles bases. &#187; &#171; C'est une avanc&#233;e &#187;, d&#233;clarait Rose May Rousseau, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la CGT. &#171; Nous avons progress&#233; sur la feuille de route qu'on pourra modifier, les revendications du personnel ont &#233;t&#233; prises en compte. On esp&#232;re trouver une issue &#224; ce conflit &#187;, pr&#233;cisait-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 juin, la CFDT, apr&#232;s avoir adopt&#233; un texte de Hirsch intitul&#233; &#171; Relev&#233; de conclusions &#187;, texte &#233;galement soutenu &#233;galement par SUD Sant&#233;, d&#233;clarait : &#171; Cette r&#233;union du 17 juin a r&#233;uni, l'intersyndicale (CGT/ SUD-Sant&#233; / CFDT / FO et UNSA) et Martin Hirsh et a dur&#233; 7 heures. Elle a donn&#233; lieu &#224; la r&#233;daction d'un document de sortie de crise intitul&#233; &#171; relev&#233; de conclusions &#187;, qui devrait servir de m&#233;thode aux &#233;changes de terrains, entre les &#233;quipes soignantes et leurs responsables (cadres et m&#233;decins)... Le conseil du syndicat CFDT AP-HP a valid&#233; ce &#171; Relev&#233; de conclusions &#187; qui marque sa volont&#233; d'entrer dans une phase de dialogue social authentique &#224; l'AP-HP. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat SUD &#233;crit dans un tract, intitul&#233; &#034;Pour en finir avec le fantasme de la trahison&#034;, qu'il serait inadmissible de parler de &#171; trahison &#187; de l'intersyndicale ou des syndicats mais toute son attitude d&#233;montre le contraire. Le 24 juin, dans son communiqu&#233;, Sud Sant&#233; affirmait que, dans le &#171; relev&#233; de conclusions &#187; de Hirsch soutenu par CFDT et SUD, Hirsch aurait &#171; reconnu l'ampleur du mouvement social dans l'institution, et l'intersyndicale comme interlocuteur &#187;. SUD consid&#233;rait seulement qu'elle doit &#171; ouvrir encore plus le texte &#187; qu'elle a convenu avec Hirsch, le fameux &#171; relev&#233; de conclusions &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; SUD Sant&#233; souhaite ouvrir plus encore le texte, d&#233;finir le calendrier de la premi&#232;re phase, coucher sur papier les crit&#232;res de choix des services en difficult&#233;, d&#233;finir plus pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;tude d'impact... Si les avanc&#233;es sont r&#233;elles, beaucoup reste &#224; pr&#233;ciser... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Contraint de revoir sa copie sous la pression de la rue, Hirsch propose un relev&#233; de conclusions o&#249; il reconna&#238;t l'ampleur du mouvement social dans l'institution, et l'intersyndicale comme interlocuteur. Il est surtout pouss&#233; &#224; reconsid&#233;rer son calendrier et dans le meilleur des cas ouvrir des n&#233;gociations au plus t&#244;t en octobre prochain. &#187; &#233;crivait SUD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous sommes pr&#234;ts &#224; discuter d'une v&#233;ritable r&#233;duction du temps de travail avec des embauches &#187; et &#171; n&#233;gocier sur la base de nos revendications, pas sur celles de M. Hirsch &#187;, a d&#233;clar&#233; la dirigeante CGT Sant&#233; Rose May Rousseau. Le 18 juin, Sud Sant&#233; &#233;crivait : &#171; Nous SUD Sant&#233; sommes pr&#234;ts &#224; discuter avec lui (Hirsch). &#187; En tout cas, les manifestants refusaient de n&#233;gocier et tous les syndicats ainsi que l'intersyndicale n'avaient &#224; la bouche que le mot de n&#233;gocier !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le jeudi 18 juin, les syndicats rejoignaient encore Hirsch pour&#8230; reprendre les n&#233;gociations !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats et l'intersyndicale n&#233;gociaient et n'arr&#234;taient pas de n&#233;gocier comme le constataient les manifestants rassembl&#233;s &#224; la place Victoria qui se sont retrouv&#233;s en train d'attendre&#8230; tr&#232;s longtemps, trop longtemps, les responsables syndicaux en train de n&#233;gocier pendant des heures avec Hirsch alors que les manifestants leur criaient leur r&#233;volte : &#171; Pas la peine d'y rester des heures pour dire &#224; Hirsch qu'on ne veut pas de sa r&#233;forme ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attente continuant malgr&#233; les hu&#233;es et les responsables syndicaux poursuivant leurs blabla avec Hirsch, le slogan de &#171; Intersyndicale trahison ! &#187; ou &#171; n&#233;gociations, trahison ! &#187; a &#233;t&#233; lanc&#233; par les manifestants ! Ils n'en sont pas moins rest&#233;s &#224; bavarder avec Hirsch !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que l'intersyndicale regroupe les syndicats CGT, CFDT, FO, Sud, Unsa, CFE-CGC, qu'elle a le droit de d&#233;cider &#224; notre place, de n&#233;gocier &#224; notre place, de c&#233;der sur ce qu'on ne veut pas c&#233;der, de parler en notre nom sans nous consulter !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ann&#233;e 2015 est marqu&#233;e aussi par la destitution de Lepaon comme secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT et la nomination de Martinez &#224; sa place. Sur Lepaon, nous avons eu l'occasion de commenter. Voici pour Martinez&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Martinez, secr&#233;taire de la CGT, le mythe de l'homme de la lutte des classes et la r&#233;alit&#233; de l'ascension d'un bureaucrate&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6131&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6131&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2016&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une ann&#233;e d'attaques antisociales avec notamment la loi El Khomri que les syndicats vont faire semblant de contester dans la rue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hollande et Valls fustigent Martinez, qui r&#233;plique, et on nous pr&#233;sente de tous c&#244;t&#233;s (m&#233;dia, hommes politiques, syndicats) la situation sociale en France comme celle d'un bras de fer entre la direction des syndicats, et en particulier de la CGT, d'un c&#244;t&#233; et le gouvernement de l'autre. Au point d'oublier presque qu'en r&#233;alit&#233; il y a les travailleurs et les jeunes, ainsi que les milieux populaires et de l'autre la classe capitaliste et son gouvernement &#171; de gauche &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains parlent m&#234;me d'affrontement entre deux personnes : Martinez et Valls, comme si on devait seulement choisir entre eux. La r&#233;alit&#233; est tout autre : c'est un combat de classe qui se d&#233;roule et dans celui-ci l'opposition frontale entre les gouvernants et les directions syndicales est loin d'&#234;tre &#233;vident. Les syndicats les moins &#171; radicaux &#187; comme la CFDT font carr&#233;ment partie du gouvernement et ceux qui passent pour plut&#244;t d'opposition &#224; la politique sociale du gouvernement, comme la CGT et FO, viennent de voir deux de leurs anciens dirigeants nomm&#233;s par Hollande &#224; des postes de hauts fonctionnaires, respectivement un poste de dirigeant de l'Agence contre illettrisme et d'Inspection des Affaires sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieuses ces hautes nominations pour des dirigeants syndicaux qui ne joueraient qu'un r&#244;le d'adversaires du gouvernement de gauche, d'autant que les syndicats ont tous contribu&#233; ouvertement et publiquement &#224; faire &#233;lire Hollande, m&#234;me s'ils disent ne pas aimer la politique de Valls. D'autant plus curieux que Martinez est le successeur de Lepaon, nomm&#233; par celui-ci et connu comme son second et en accord avec son orientation r&#233;formiste et collaborationniste. D'autant plus curieux que cette orientation de Lepaon l'avait amen&#233; &#224; signer le rapport d'Etat pour les Conseil Economique Social et Environnementale charg&#233; d'organiser la privatisation de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martinez, comme l'intersyndicale qui appelle aux journ&#233;es d'action a suivi les jeunes et les travailleurs en passant d'une demande de modification du texte d&#233;but mars &#224; un retrait complet du texte. Cela ne l'emp&#234;che pas aujourd'hui de d&#233;clarer, dans un coup de fil avec Valls, qu'il lui suffirait d'une suspension de d&#233;cision de la part du gouvernement pour appeler &#224; suspendre le mouvement social ! Et ce &#171; leader syndical &#187; &#233;tudie avec Valls &#171; les solutions pour arr&#234;ter les blocages et les manifestations &#187; !!! Le voil&#224; celui qui est pr&#233;sent&#233; le leader qui radicalise la lutte sociale en France !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc une contradiction entre ces faits et l'apparence que l'on voudrait nous donner des &#233;v&#233;nements et des luttes actuelles en France, apparence selon laquelle la direction de la CGT pousserait &#224; radicaliser la lutte, m&#232;nerait un combat jusqu'auboutiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est toute autre qu'un affrontement entre deux dirigeants, Valls et Martinez, ou entre deux organisations, CGT et PS par exemple, et la population en prend conscience puisqu'un sondage affirme qu'une majorit&#233; admet qu'il y a en r&#233;alit&#233; une lutte de classe dans lequel le gouvernement est du c&#244;t&#233; de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir de quel c&#244;t&#233;, dans quelle classe sociale, sont vraiment les directions syndicales, elles qui se pr&#233;sentent comme mobilis&#233;es pour faire reculer le gouvernement et pr&#234;tes &#224; &#171; aller jusqu'au bout &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est le bout que les dirigeants syndicaux ne comptent pas d&#233;passer, telle est effectivement la question. Est-ce que le bout n'est pas justement la limite o&#249; ils se d&#233;voilent comme de faux dirigeants de la classe ouvri&#232;re et l'autre limite o&#249; ils risquent de nuire aux int&#233;r&#234;ts fondamentaux de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, si on prend les discours de Martinez au mot, on peut croire qu'il appelle l'ensemble de la classe ouvri&#232;re &#224; la lutte, qu'il lance successivement les salari&#233;s du transport, de l'&#233;nergie, des routiers, des p&#233;troliers, de la chimie, du nucl&#233;aire, puis lancera d'autres secteurs, qu'il ne reculera pas, qu'il se donnera, et donnera ainsi &#224; la classe ouvri&#232;re, les moyens de g&#233;n&#233;raliser progressivement la lutte et de faire ainsi reculer le gouvernement et le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il en va autrement quand on y regarde de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appeler toute la classe ouvri&#232;re &#224; lutter ensemble, o&#249; et quand la CGT l'aurait-elle r&#233;ellement fait ? Pas une fois au cours de ces neuf journ&#233;es d'action d&#233;j&#224; programm&#233;es ! Il n'y a jamais &#233;t&#233; question de mettre en liaison les diff&#233;rents secteurs en lutte. Il n'y a jamais &#233;t&#233; question d'assembl&#233;es interprofessionnelles contrairement &#224; la gr&#232;ve de 1995 ou aux luttes des cheminots ou des infirmi&#232;res avec les coordinations. L'appel &#224; la gr&#232;ve pour l'ensemble de la classe ouvri&#232;re de Martinez est une posture m&#233;diatique qui ne se retrouve pas du tout dans les appels syndicaux dans les entreprises, dans le secteur priv&#233; ou public. Pas d'appel &#224; rejoindre le mouvement de gr&#232;ve reconductible de l'Automobile &#224; La Poste ou &#224; l'h&#244;pital public ! Pas d'appel &#224; voter la gr&#232;ve dans les services publics ni dans le secteur priv&#233;. Le pr&#233;tendu bras de fer n'est l&#224; que pour donner une image combative &#224; Martinez ou &#224; l'intersyndicale mais pas &#224; construire r&#233;ellement un rapport de forces capable de faire reculer nos adversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 9 mars quand les jeunes appelaient &#224; la gr&#232;ve, que 71% de l'opinion disait soutenir les syndicats et que SNCF et RATP &#233;taient par hasard appel&#233;s &#224; faire gr&#232;ve le m&#234;me jour pour des raisons apparemment diff&#233;rentes. Mais la loi El Khomri qui attaque le code du travail n'est en rien s&#233;par&#233;e des attaques contre les services publics de transport ou le service public hospitalier ou La Poste ou d'autres attaques contre les retraites, la s&#233;cu, les aides sociales et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 9 mars, quand la SNCF &#233;tait appel&#233;e &#224; la gr&#232;ve par la CGT, ce n'&#233;tait pas contre la loi El Khomri, ce n'&#233;tait m&#234;me pas pour s'opposer &#224; la privatisation du rail, consid&#233;r&#233;e comme acquise par ce syndicat puisqu'elle participe &#224; des n&#233;gociations sur les horaires des travailleurs du rail, priv&#233; et public, dont elle conteste le contenu mais pas le principe. Et depuis, les syndicats qui ont appel&#233; les cheminots &#224; faire gr&#232;ve, y compris &#224; la fois contre El Khomri et la r&#233;forme du rail ne contestent pas du tout la partie privatisation de cette r&#233;forme. Ils n'en parlent m&#234;me plus. Le voil&#224; le radicalisme pr&#233;tendu des dirigeants syndicaux !!! Il fut un temps o&#249; on aurait cru impensable que les centrales syndicales s'inclinent devant la privatisation des chemins de fer !!! Elles affirment qu'on n'y peut plus rien puisqu'il a &#233;t&#233; adopt&#233; par l'Etat mais disent exactement le contraire pour la loi El Khomri, affirmant qu'on peut faire annuler une loi mal vot&#233;e ! Une fois de plus un double discours qui cache tr&#232;s mal que ces directions syndicales trahissent la lutte qu'elles pr&#233;tendent mener de mani&#232;re radicale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Martinez peut bien se montrer aux m&#233;dia en train de jeter un pneu &#224; br&#251;ler aux c&#244;t&#233;s des p&#233;troliers gr&#233;vistes, cela ne signifie pas qu'il propose autre chose que le faux radicalisme des blocages de l'essence. La force des travailleurs n'est pas le mythe de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et des bras crois&#233;s qui bloquent l'&#233;conomie. La vraie force des travailleurs, c'est d'&#234;tre capables de s'unir et de s'organiser collectivement, en comit&#233; de travailleurs, f&#233;d&#233;r&#233;s en coordination, discutant ensemble dans des assembl&#233;es interprofessionnelles. C'est cette force-l&#224; que refusait Bernard Thibaut lors du mouvement des retraites de 2010 et c'est cette force-l&#224; dont Martinez n'est nullement le leader dans le mouvement actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il affirme en m&#234;me temps : &#034;Quand on se bat, on peut gagner, et on ira jusqu'au retrait de la loi Travail !&#034; ou encore &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les cheminots remettent &#231;a la semaine prochaine. Mais il faut g&#233;n&#233;raliser &#224; la m&#233;tallurgie, au commerce. Il faut que le gouvernement sache qu'on ne l&#226;chera rien.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martinez romperait-il avec le syndicalisme de collaboration ? Pas du tout ! &#171; On veut commencer &#224; discuter &#187;, r&#233;affirme Philippe Martinez, patron de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bout que ne d&#233;passe pas Martinez, ce sont les journ&#233;es d'action successives : &#171; Pour la premi&#232;re fois, nous appelons &#224; trois dates de gr&#232;ve, dans une &#233;ch&#233;ance tr&#232;s resserr&#233;e. Ce qui off re la possibilit&#233; aux salari&#233;s en gr&#232;ve mardi de continuer leur action jusqu'au jeudi. &#187; a dit Martinez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans ces journ&#233;es successives qui ont &#233;t&#233; la clef de la d&#233;faite du mouvement des retraites de 2010, d&#233;j&#224; agr&#233;ment&#233;es &#224; l'&#233;poque par des blocages p&#233;troliers, le fait d'arr&#234;ter puis de repartir caract&#233;rise les l&#226;chers de vapeur des directions syndicales qui ne m&#232;nent qu'&#224; &#233;puiser le mouvement et non &#224; le lancer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de son dernier congr&#232;s, la direction de la CGT a refus&#233; de valider un appel &#224; la &#034;gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible&#034; que r&#233;clamaient certains de ses adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Cela ne peut pas &#234;tre une conf&#233;d&#233;ration nationale qui appuie sur un bouton pour mettre en gr&#232;ve des salari&#233;s&#034;, pr&#233;vient Jean-Claude Mailly, le patron de Force Ouvri&#232;re, dans un entretien publi&#233; sur le site de Paris-Match.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui, des directions syndicales dignes de ce nom auraient commenc&#233; par proposer &#224; la classe ouvri&#232;re de se r&#233;unir dans toutes les entreprises d&#232;s le 9 mars pour d&#233;cider elles-m&#234;mes de leurs modes d'action et d'organisation. Mais les centrales syndicales ne sont nullement de telles directions de la classe ouvri&#232;re. Elles participent en fait au fonctionnement de l'Etat bourgeois et en recueillent les fonds publics de r&#233;mun&#233;ration de leur r&#244;le de conservation sociale. Il n'y a donc aucun regret &#224; avoir de constater que les directions syndicales jouent un r&#244;le bourgeois. Elles ne peuvent pas trahir leur classe, qui est la classe capitaliste. C'est aux travailleurs de tirer la le&#231;on et d'entra&#238;ner les militants syndicalistes de base dans des organisations ind&#233;pendantes de nos adversaires, des comit&#233;s de gr&#232;ve et des coordinations &#233;lu&#233;es et r&#233;vocables qui assument la totalit&#233; des d&#233;cisions de nos luttes. C'est seulement ainsi que nous, travailleurs, pouvons agir dans le sens de nos int&#233;r&#234;ts de classe, int&#233;r&#234;ts qui sont diam&#233;tralement oppos&#233;s &#224; ceux de la classe capitaliste, opposition radicale qui n'est nullement n&#233;gociable et moins que jamais depuis l'effondrement historique du capitalisme mondial de 2007-2008 !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle trahison des luttes des cheminots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve organis&#233;e par les syndicats a lieu en ordre dispers&#233;. Reconductible pour SUD quand la CGT n'appelle qu'&#224; des journ&#233;es d'action. Quand les gr&#233;vistes SUD sont &#233;puis&#233;s, la CGT annonce qu'elle d&#233;marrera dans des semaines&#8230; une gr&#232;ve reconductible !!! D'autre part, les deux syndicats ont exclus de leurs revendications la lutte contre la privatisation de la SNCF, revendiquant m&#234;me explicitement &#171; le m&#234;me RH pour tous &#187;, ce qui veut dire pour le secteur privatis&#233; et le secteur public, ce qui signifie clairement accepter la privatisation. Ces trahisons ne permettent pas au mouvement de faire reculer la direction et le gouvernement sur aucun point !!! On peut voir, deux ans &#224; l'avance, que les syndicats consid&#233;r&#233;s comme les plus radicaux ne comptent pas lutter contre la privatisation mais feront seulement semblant pour &#233;viter que les cheminots n'agissent de mani&#232;re autonome&#8230; On remarquera que, tout du long, ces syndicats, comme les autres, non gr&#233;vistes, ont accept&#233; de participer &#224; des n&#233;gociations dont l'objectif &#233;taient clairement un recul social intitul&#233; &#171; augmenter la productivit&#233; du travail des cheminots &#187; !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;gocier le d&#233;cret socle m&#234;me si la revendication est &#034; d&#233;cret socle = RH0077 &#034;, ce n'est pas le retrait c'est &#224; dire le retrait de la r&#233;forme de juin 2014 qui ent&#233;rine la s&#233;paration en trois EPIC de la SNCF. Bref, aller n&#233;gocier le d&#233;cret socle, c'est accepter la privatisation, et c'est accepter de n&#233;gocier l'augmentation de l'exploitation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4195&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4195&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que les personnels de l'h&#244;pital public ont &#233;t&#233; battus et que le plan Hirsch est pass&#233;, maintenant que le gouvernement a fait passer la loi El Khomri, fait passer aussi la loi Macron ou la loi Sapin, la loi sur l'Etat d'urgence aussi, eh bien c'est le bon moment pour mener une lutte s&#233;par&#233;e, isol&#233;e de tout cela, pour les cheminots et, d'un seul coup, le syndicat CGT se retrouve un radicalisme oubli&#233; pour appeler &#224; un grand mouvement de gr&#232;ve &#224; la SNCF, avec des journ&#233;es d'action programm&#233;es tous les mercredi et tous les jeudis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gr&#232;ve reconductible, il y a un moment que la CGT s'y refusait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les cheminots auraient pu rejoindre les enseignants en lutte, les Radio France en lutte, les hospitaliers en lutte, les France Television, les postiers, les Areva et les EDF et on en passe, eh bien l&#224; justement il n'&#233;tait pas question de gr&#232;ve reconductible ni d'une action commune avec d'autres cat&#233;gories de salari&#233;s&#8230; Quand la loi El Khomri r&#233;voltait toute l'opinion populaire, l&#224; non plus pas question !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand P&#233;py annon&#231;ait la privatisation du Rail, pas question de relier cette question avec la privatisation qui se d&#233;veloppe partout dans les services publics en m&#234;me temps que l'aust&#233;rit&#233; les frappe tous, de l'enseignement &#224; la recherche, de la sant&#233; aux transports en passant par la poste&#8230; Aucune strat&#233;gie syndicale de convergence des luttes : au contraire, une strat&#233;gie de dispersion dont le prochain mouvement SNCF est encore l'illustration !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, toute la le&#231;on des luttes s&#233;par&#233;es, divis&#233;es, saucissonn&#233;es, est qu'elles &#233;chouent mais cela n'arr&#234;te pas &#171; nos &#187; dirigeants syndicaux. Sont-ils vraiment les n&#244;tres ou ceux du patronat et du gouvernement ?!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment l'ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, Lepaon, aurait-il re&#231;u r&#233;cemment un poste de haut fonctionnaire de la part du gouvernement si ce dernier ne tenait pas &#224; le remercier d'avoir &#233;t&#233; le rapporteur au Conseil Economique, Social et Environnemental pour la CGT, rapport qui pr&#233;conisait et pr&#233;parait la privatisation de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et justement, qu'est-ce qui frappe dans la prochaine gr&#232;ve soi-disant tr&#232;s radicale de la CGT : c'est qu'elle ne d&#233;nonce pas cette privatisation et attaque tout autre chose !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me chose, c'est la m&#233;thode : deux jours de gr&#232;ve en milieu de semaine puis deux jours la semaine suivante. Pas la gr&#232;ve reconductible jour par jour. Pas une m&#233;thode de lutte qui peut faire craindre &#224; la bourgeoisie qu'elle s'&#233;tende &#224; d'autres secteurs. D'ailleurs, la revendication n'a rien qui permette cette extension&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce qui frappe, c'est qu'il ne s'agit pas d'annuler un plan gouvernemental mais de le n&#233;gocier. Le recul syndical est d&#233;j&#224; inscrit dans la d&#233;marche. On n'y dit pas qu'on refuse de n&#233;gocier un recul du service public, encore un ! Non, on annonce &#224; l'avance qu'on va le n&#233;gocier !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, comme les autres syndicats, acceptent d'entrer dans une n&#233;gociation sur les r&#232;gles qui devraient concerner, en commun, un secteur public du rail et un secteur priv&#233; du rail. Quelle meilleure mani&#232;re de reconna&#238;tre qu'ils admettent que le rail soit privatis&#233; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs la lutte contre la privatisation ne figure plus du tout dans les tracts syndicaux alors qu'auparavant, c'&#233;tait consid&#233;r&#233; comme une base indiscutable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve791&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve791&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2017&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tous les syndicats fran&#231;ais ont d&#233;clar&#233; vouloir d'un &#171; v&#233;ritable dialogue social &#187; avec le nouveau pr&#233;sident Macron, alors que celui-ci n'a pas cach&#233; l'&#233;norme recul social qu'il pr&#233;tend n&#233;gocier. Ils continuent tous, y compris la CGT et SUD, &#224; avoir une posture de syndicat r&#233;formiste, qui propose, qui discute, qui signe des accords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, le pass&#233; a prouv&#233; qu'aucune n&#233;gociation n'a apport&#233; une avanc&#233;e quelconque et au contraire de multiples reculs, qu'il s'agisse des retraites, du code du travail, des agents de l'h&#244;pital public, des cheminots, toutes les pr&#233;tendues r&#233;formes ont &#233;t&#233; des reculs d'ampleur et la m&#233;thode des n&#233;gociations-journ&#233;es d'action a &#233;t&#233; un &#233;chec complet et cuisant, le dernier en date &#233;tant celui de la loi El Khomri, en r&#233;alit&#233; une loi Macron2 que Macron estimait n'&#234;tre pas suffisamment d&#233;velopp&#233;e. Il est donc en train de concocter Macron3 et la posture de n&#233;gociation est &#224; l'&#233;vidence purement formelle, la m&#233;thode consistant &#224; l&#233;gif&#233;rer par ordonnances le d&#233;montrant pleinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi tous les syndicats tiennent-ils &#224; ces n&#233;gociations, au fait que les pouvoirs publics les consultent, et pourquoi viennent-ils le doigt sur la couture du pantalon d&#232;s qu'on les sonne, alors qu'ils savent pertinemment qu'ils n'y gagneront rien, et qu'ils sont m&#234;me capables parfois de le d&#233;clarer eux-m&#234;mes d'avance comme l'a fait Martinez avant d'&#234;tre re&#231;u par Macron ? Parce que le r&#233;formisme est, pour eux, bien plus fondamental que le r&#233;sultat de la lutte. C'est un a priori qui n'est pas discutable et qui tient &#224; leur nature d'interm&#233;diaire entre les travailleurs et les patrons, ainsi que l'Etat des patrons. Et avec Macron, le gouvernement des patrons est plus clair que jamais : le pr&#233;sident des banques, le premier ministre du nucl&#233;aire, la ministre des trusts pharmaceutiques, la ministre de l'industrie du livre, le ministre des g&#233;n&#233;raux, et on en passe&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix de Macron sont des choix de classe assum&#233;s, le choix de d&#233;fendre ouvertement la classe capitaliste. Le choix des syndicats est bien plus contradictoire : s'ils pr&#233;tendent d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, ils affirment aussi d&#233;fendre &#171; l'int&#233;r&#234;t des entreprises &#187; et aussi &#171; l'int&#233;r&#234;t de l'&#233;conomie nationale &#187; et m&#234;me tous les &#171; int&#233;r&#234;ts nationaux &#187;, qui sont pourtant exclusivement des int&#233;r&#234;ts du grand capital en r&#233;alit&#233;. Et surtout, ils d&#233;fendent un fonctionnement de la soci&#233;t&#233; bourgeoise dans lequel les syndicats sont des interm&#233;diaires reconnus, respect&#233;s, consult&#233;s, soutenus, financ&#233;s par l'Etat, par les trusts, par les banques, par toute la soci&#233;t&#233; bourgeoise et par toutes ses institutions, dont les grands syndicats sont d'ailleurs un des &#233;l&#233;ments. C'est la d&#233;mocratie bourgeoise qui fonctionne ainsi et pr&#233;tend tenir compte des demandes des appareils syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que, depuis la crise historique du capitalisme de 2007-2008, il n'y a plus de place pour le r&#233;formisme et tr&#232;s peu de place encore pour la d&#233;mocratie bourgeoise, grignot&#233;e tous les jours par la chute des investissements productifs, par la hausse du ch&#244;mage, par la mont&#233;e de la mis&#232;re et des r&#233;voltes sociales, par la d&#233;rive dictatoriale des d&#233;mocraties, sous pr&#233;texte d'antiterrorisme ou de crise migratoire ou encore de crise des banlieues ou de la jeunesse pauvre&#8230; Du coup, les gouvernants font sans cesse planer la menace de supprimer cet attribut de la d&#233;mocratie, la consultation des syndicats, et ces derniers y sont d'autant plus attach&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le rapport de forces se d&#233;grade de plus en plus, au fur et &#224; mesure des n&#233;gociations-affrontements ? Pourquoi le mouvement des retraites de 2010, tr&#232;s massif, a &#233;t&#233; suivi d'attaques accentu&#233;es ? Pourquoi les syndicats ont-ils tir&#233; comme bilan de leur impuissance &#224; faire reculer le gouvernement Sarkozy que la seule solution consistait &#224; appeler &#224; voter Hollande ? Pourquoi sont-ils rest&#233;s muets quand Hollande a davantage attaqu&#233; les retraites au lieu d'annuler les attaques de Sarkozy ? Pourquoi les cheminots ressortent affaiblis de leurs luttes, pourtant bien suivies, et toujours men&#233;es par les appareils syndicaux ? Pourquoi, les syndicats ont d'abord combattu contre la privatisation du rail et ont finalement men&#233; des luttes qui reconnaissaient celle-ci ? Pourquoi les syndicats ont-ils tromp&#233; les agents de l'h&#244;pital public, pr&#233;tendant admettre l'exigence des personnels : on ne n&#233;gocie pas les plans de Hirsch et ont finalement particip&#233; quand m&#234;me aux n&#233;gociations, et cautionn&#233; ainsi sa pr&#233;tendue r&#233;forme qui casse l'h&#244;pital public et ses personnels, leurs temps de repos, leurs emplois, leurs horaires, leurs charges de travail, leurs salaires et leurs conditions de travail ! Et une mobilisation tr&#232;s importante n'a pas permis de faire reculer Hirsch et le gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les salari&#233;s ne sont pas sentis renforc&#233;s lors des mobilisations pour les retraites, contre la privatisation du rail, contre la loi El Khomri et bien d'autres, mais ils ont &#233;t&#233; affaiblis au point que les directions des entreprises priv&#233;es comme des services publics ont eu les moyens, &#224; la fin de ces &#171; mobilisations syndicales &#187;, de s'attaquer aux salari&#233;s combatifs, de licencier ou de sanctionner les plus combatifs, de les isoler ou de les attaquer. On l'a bien vu lors des luttes &#224; Air France, dans les raffineries, dans les h&#244;pitaux, etc&#8230; Cela montre que les m&#233;thodes des centrales syndicales, loin de renforcer les travailleurs, avaient renforc&#233; leurs adversaires patronaux comme gouvernementaux. Plus remarquable encore le fait que les centrales syndicales aient elles-m&#234;mes fait la chasse aux militants ouvriers les plus radicaux, montrant que leur convergence avec les classes poss&#233;dantes et les gouvernants qui provient de leur r&#233;formisme fait des r&#233;volutionnaires et des travailleurs combatifs des ennemis bien plus craints que les patrons et leurs soutiens gouvernementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, les dirigeants syndicaux craignent des d&#233;bordements de col&#232;re des travailleurs. Cela ne veut pas dire qu'ils craignent en soi la violence ou qu'ils craignent que des travailleurs se radicalisent, comme cela a &#233;t&#233; le cas &#224; Air France ou dans les entreprises qui licencient ou ferment. Non, ils sont m&#234;me capables de prendre l'initiative de tels d&#233;bordements pour conserver la direction de la lutte mais ce qu'ils craignent c'est que la col&#232;re ouvri&#232;re am&#232;ne les travailleurs &#224; s'auto-organiser, &#224; ne plus se contenter de suivre les appareils r&#233;formistes, qu'ils prennent eux-m&#234;mes les d&#233;cisions concernant leurs luttes, leurs revendications, leurs moyens d'action, leurs liaisons interentreprises, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appareils syndicaux ont tout aussi peur des coups de col&#232;re brutaux et violents des prol&#233;taires qu'en ont peur les capitalistes et les gouvernants, et ce n'est pas sans cons&#233;quence sur les choix que font parfois ces appareils syndicaux, &#233;pousant parfois des luttes qu'ils n'auraient pas souhait&#233;, qu'ils ne voulaient pas du tout initier, qu'ils auraient voulu m&#234;me emp&#234;cher, mais dans lesquelles ils craignent surtout que les travailleurs se donnent eux-m&#234;mes une direction autonome et des perspectives propres et de classe, ce qui est exactement le contraire de la mani&#232;re dont ces directions syndicales m&#232;nent les luttes : sans auto-organisation, sans liaison inter-entreprise, sans perspective commune des travailleurs d&#233;cid&#233;e en commun, sans renforcement politique au social de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4472&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4472&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2018&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de barrer la route &#224; l'extr&#234;me droite, la CGT soutient ouvertement Macron&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve969&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve969&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trahison syndicale de la gr&#232;ve des cheminots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mort la SNCF !!! d&#233;clare en substance Spinetta, dans son rapport command&#233; par Macron-Philippe !!! Fini le service public : vers une soci&#233;t&#233; anonyme ! Et pas une seule soci&#233;t&#233; anonyme mais plusieurs diff&#233;rentes !!! Fini le statut de cheminot (qui n'est pas &#224; proprement parler un statut de fonctionnaire) et les nouveaux seront des contractuels ! Finies les petites lignes de province ! Vente &#224; des op&#233;rateurs priv&#233;s des lignes TER !!! Transfert des personnels SNCF vers les op&#233;rateurs priv&#233;s !!! Fini le statut de cheminot !!! Finies les toutes petites lignes qui n'ont pas assez de passagers ! Il se donne vingt ans pour moderniser le r&#233;seau (vingt ans avec des blocages type Montparnasse et aussi vingt ans avec des Br&#233;tigny...) !!! Il voudrait aussi supprimer la retraite des cheminots ainsi que le type de contrats et on en passe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attaque anti-sociale de grande ampleur, une lutte de classe clairement et nettement men&#233;e par la classe poss&#233;dante et son Etat signifie que les exploiteurs ne craignent pas les fausses r&#233;actions syndicales. Il suffit de voir que ceux-ci proposent aux cheminots de lutter s&#233;par&#233;ment (le m&#234;me jour mais &#224; part des autres fonctionnaires !) pour voir &#224; quel point une attaque d'ensemble n'a en face d'elle que des ripostes partielles, localis&#233;es ou corporalis&#233;es, par journ&#233;es ou par secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule r&#233;ponse qui ferait reculer les capitalistes et le gouvernement serait de couvrir le Rail (tout : les gares, les technicentres, les conducteurs, l'entretien, le nettoyage, les guichets, toutes les EPIC !) de comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus et r&#233;vocables, au sein d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, coordonn&#233;s nationalement et proposant &#224; toute la classe ouvri&#232;re du pays, public et priv&#233;, y compris les ch&#244;meurs d'en faire autant. Rien que &#231;a !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les centrales syndicales ont aussi peur de cette perspective que le gouvernement et le patronat. c'est cette peur qui va dicter leur tactique &#171; de lutte &#187; consistant &#224; &#233;viter une vraie lutte !&lt;br class='autobr' /&gt;
On aurait pu s'attendre qu'au lendemain du rapport Spinetta, les cheminots soient r&#233;unis partout en assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Eh bien, non ! Les syndicats ne l'ont pas voulu, la gauche de la gauche ou l'extr&#234;me gauche officielle non plus !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;unis &#171; &#224; chaud &#187;, au moment o&#249; ils &#233;taient massivement indign&#233;s par l'annonce d'attaques d'ampleur contenue dans le rapport Spinetta commandit&#233; par le gouvernement. A ce moment-l&#224;, les syndicats ne demandaient pas aux cheminots de se rassembler, de discuter, mais d'attendre la r&#233;union au sommet de l'intersyndicale, annon&#231;ant que l'unit&#233; serait le produit d'une telle entente entre dirigeants des appareils bureaucratiques, y compris ceux qui s'&#233;taient d&#233;clar&#233;s favorables &#224; la nouvelle politique incarn&#233;e par Macron !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 mars 2018 : R&#233;union de l'intersyndicale qui, &#224; la surprise g&#233;n&#233;rale des cheminots, y compris les militants syndicalistes eux-m&#234;mes, annonce que la gr&#232;ve des cheminots se fera&#8230; sans gr&#232;ve reconductible !!! Une gr&#232;ve est pourtant obligatoirement reconductible, sinon cela s'appelle seulement des journ&#233;es d'action !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intersyndicale CGT-Unsa-Sud-CFDT de la SNCF a annonc&#233; ce jeudi 15 mars une gr&#232;ve sur le rythme de &#034;deux jours sur cinq&#034;, &#224; partir du mardi 3 avril et jusqu'au jeudi 28 juin, pour protester contre la r&#233;forme du rail en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intersyndicale pr&#233;tend que sa strat&#233;gie permettra de g&#234;ner plus longtemps la circulation des trains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si g&#234;ner la circulation des trains, c'&#233;tait cela que craignaient gouvernants et capitalistes !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des Gilets jaunes va d&#233;masquer le refus des appareils syndicaux de toute lutte de classes offensive et auto-organis&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les luttes syndicales n'avaient pas apport&#233;, ce que les organisations politiques fussent-elles d'extr&#234;me gauche n'avaient pas apport&#233;, le mouvement actuel l'am&#232;ne : les travailleurs discutent comme jamais dans toutes les entreprises, ils discutent en m&#234;me temps et non profession par profession, corporation par corporation, ils discutent parce que l'&#233;l&#233;ment politique principal est devenu leur propre action et leur propre organisation : quand ils discutent ils d&#233;cident !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contradiction, c'est que les organisations qui se r&#233;clament de la classe ouvri&#232;re ne se reconnaissent nullement dans ce mouvement, sous le pr&#233;texte que l'explosion secoue tout, fait tout remonter et pas seulement des bonnes id&#233;es, des bons courants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gens-l&#224;, soi disant tr&#232;s organis&#233;s, n'aiment pas l'explosion, n'aiment pas l'insurrection, n'aiment pas la r&#233;volution, y compris quand ils ne cessent d'en parler !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des classes, ces encadreurs des travailleurs, ne sont pas pour quand les opprim&#233;s la m&#232;nent vraiment !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal slogan des gilets jaunes &#171; Y'en a marre de la mis&#232;re ! &#187; nous le dit : ce sont ceux qui commencent &#224; ne plus supporter de devoir vivre dans le d&#233;nuement&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'ores et d&#233;j&#224; une insurrection des mis&#233;rables, des opprim&#233;s, des exploit&#233;s !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la r&#233;volution sociale qui est &#171; en marche &#187; !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d'accord sur un point : il faut &#233;radiquer d&#233;finitivement la mis&#232;re, l'interdire, la supprimer, et &#233;radiquer aussi toutes ses causes, tous ses b&#233;n&#233;ficiaires, et imposer le droit de tous &#224; disposer des moyens mat&#233;riels de vivre correctement. Mais ils r&#233;clament cela justement au moment o&#249; la soci&#233;t&#233; capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d'accro&#238;tre massivement la mis&#232;re du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n'est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c'est toute la classe poss&#233;dante ! D&#232;s lors, les r&#233;volt&#233;s ne s'attaquent pas seulement &#224; un chef d'Etat, &#224; son gouvernement, &#224; sa politique mais &#224; toute la classe poss&#233;dante, &#224; tout le syst&#232;me et en prennent conscience au cours des &#233;v&#233;nements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n'a pas les moyens d'en arr&#234;ter le cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, en refusant de n&#233;gocier avec un pouvoir, en le mena&#231;ant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir &#224; payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirig&#233; le mouvement des retraites (inutilement comme bien d'autres gr&#232;ves) ont tir&#233; de cette lutte&#8230; z&#233;ro euro et z&#233;ro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche r&#233;formiste n'a jamais port&#233; le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas &#234;tre des ennemis du mouvment, cela a &#233;t&#233; pire encore. Il n'y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et &#224; mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont pr&#233;tendu y participer, on a trouv&#233; du rouge de l'orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirm&#233; qu'ils n'&#233;taient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant &#224; un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire p&#226;lir le drapeau des gilets jaunes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal slogan des gilets jaunes &#171; Y'en a marre de la mis&#232;re ! &#187; nous le dit : ce sont ceux qui commencent &#224; ne plus supporter de devoir vivre dans le d&#233;nuement&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'ores et d&#233;j&#224; une insurrection des mis&#233;rables, des opprim&#233;s, des exploit&#233;s !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la r&#233;volution sociale qui est &#171; en marche &#187; !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d'accord sur un point : il faut &#233;radiquer d&#233;finitivement la mis&#232;re, l'interdire, la supprimer, et &#233;radiquer aussi toutes ses causes, tous ses b&#233;n&#233;ficiaires, et imposer le droit de tous &#224; disposer des moyens mat&#233;riels de vivre correctement. Mais ils r&#233;clament cela justement au moment o&#249; la soci&#233;t&#233; capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d'accro&#238;tre massivement la mis&#232;re du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n'est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c'est toute la classe poss&#233;dante ! D&#232;s lors, les r&#233;volt&#233;s ne s'attaquent pas seulement &#224; un chef d'Etat, &#224; son gouvernement, &#224; sa politique mais &#224; toute la classe poss&#233;dante, &#224; tout le syst&#232;me et en prennent conscience au cours des &#233;v&#233;nements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n'a pas les moyens d'en arr&#234;ter le cours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, en refusant de n&#233;gocier avec un pouvoir, en le mena&#231;ant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir &#224; payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirig&#233; le mouvement des retraites (inutilement comme bien d'autres gr&#232;ves) ont tir&#233; de cette lutte&#8230; z&#233;ro euro et z&#233;ro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche r&#233;formiste n'a jamais port&#233; le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas &#234;tre des ennemis du mouvment, cela a &#233;t&#233; pire encore. Il n'y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et &#224; mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont pr&#233;tendu y participer, on a trouv&#233; du rouge de l'orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirm&#233; qu'ils n'&#233;taient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant &#224; un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire p&#226;lir le drapeau des gilets jaunes !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait le plus remarquable est l'influence que le mouvement Gilets jaunes exerce encore dans les esprits malgr&#233; de tr&#232;s grands efforts des gouvernants, des m&#233;dia, des partis et des syndicaux pour en effacer l'influence. Plus de quatre ans apr&#232;s, il marque toujours la situation sociale en France et sert de r&#233;f&#233;rence pour ses amis comme pour ses ennemis. Il continue m&#234;me un peu partout &#224; exister et &#224; se manifester, m&#234;me si c'est avec beaucoup moins de force qu'&#224; ses d&#233;buts. Il reste une menace permanente pour les classes dirigeantes qui doivent calculer avec lui et notamment qui doivent cr&#233;diter davantage les syndicats pour le contrer. Il a en effet d&#233;montr&#233; une efficacit&#233; consid&#233;rablement plus grande que tous les mouvements syndicaux, m&#234;me quand ces derniers &#233;taient plus suivis. En effet, les classes poss&#233;dantes ont plus peur des mouvements auto-organis&#233;s qui ne sont pas controlables ni ais&#233;ment trompables et ils craignent de n'avoir personne avec qui n&#233;gocier comme cela a &#233;t&#233; le cas avec les Gilets jaunes. Le dernier &#233;chec total du mouvement syndical et politique des retraites soutenu par tous les syndicats et partis de gauche souligne encore le relatif succ&#232;s des Gilets jaunes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les nombreuses tentatives pour l'&#233;craser par la r&#233;pression sanglante (la pire violence d'Etata contre des manifestants d&#233;sarm&#233;s depuis des d&#233;cennies) et par la calomnie massive. L'&#233;chec des tentatives de r&#233;cup&#233;ration et des tentatives de le discr&#233;diter, notamment avec les accusations de fascisme, de complotisme et d'antis&#233;mitisme a &#233;t&#233; d'autant plus remarquable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ses d&#233;buts, quand il &#233;tait le plus massif, il a touch&#233; toutes les r&#233;gions de France, jusqu'aux coins les plus recul&#233;s et s'est implant&#233; partout &#224; la base, parmi les plus d&#233;munis, dans le prol&#233;tariat et dans les couches mis&#233;rables de la population, unissant le peuple travailleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il aurait certainement essaim&#233; dans les entreprises sans le tir de barrage des syndicats qui, pour se prot&#233;ger, ont men&#233; campagne en le traitant d'alliance avec la petite bourgeoisie, avec les d&#233;&#231;us du macronisme, d'alliance avec le fascisme et l'antis&#233;mitisme, de compltisme et autres balivernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT va militer d'embl&#233;e contre le mouvement des Gilets jaunes qu'il pr&#233;tendra inf&#233;od&#233;s &#224; l'extr&#234;me droite, antis&#233;mites, de petits patrons, antisyndical et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gilets-jaunes-Pour-Martinez-il-est-impossible-d-imaginer-la-CGT-defiler-a-cote-du-Front-national-1588335&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gilets-jaunes-Pour-Martinez-il-est-impossible-d-imaginer-la-CGT-defiler-a-cote-du-Front-national-1588335&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres syndicats ne feront pas mieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-le-nouveau-patron-de-fo-n-appelle-pas-a-manifester-samedi-a-paris-mais-demande-des-augmentations-des-salaires_3048145.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.franceinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-le-nouveau-patron-de-fo-n-appelle-pas-a-manifester-samedi-a-paris-mais-demande-des-augmentations-des-salaires_3048145.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/26/97002-20181126FILWWW00042-gilets-jaunes-la-cfdt-on-va-faire-des-propositions-concretes.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/26/97002-20181126FILWWW00042-gilets-jaunes-la-cfdt-on-va-faire-des-propositions-concretes.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui distingue la lutte des gilets jaunes de tous les mouvements r&#233;formistes, par exemple le dernier mouvement syndical contre la r&#233;forme des retraites, c'est que c'&#233;tait un mouvement r&#233;volutionnaire et pas un mouvement r&#233;formiste. C'est ce qui a pouss&#233; le gouvernement de Macron pourtant le plus offensif contre les exploit&#233;s de ces derni&#232;res ann&#233;es, &#224; reculer sur bien des points, craignant que l'ensemble de la classe ouvri&#232;re soit entra&#238;n&#233;e par lui vers la r&#233;volution sociale&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gilets jaunes sont le premier mouvement depuis de longues ann&#233;es qui ait affirm&#233; en France la n&#233;cessit&#233; d'en finir non seulement avec telle ou telle politique du capital et de son gouvernement mais avec le pouvoir capitaliste lui-m&#234;me, avec la mainmise capitaliste sur toutes les richesses, avec la mainmise &#233;galement du capital sur le pouvoir d'Etat, un mouvement qui ait refus&#233; r&#233;ellement tout dialogue avec le pouvoir capitaliste, toute n&#233;gociation avec lui, toute tentative d'arrangement, de compromis, d'entente, exactement &#224; l'inverse des r&#233;formistes qui ne r&#233;clament que cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, redisons-le une fois encore, ce qui permet aux appareils r&#233;formistes de mener leurs man&#339;uvres grandes et petites, c'est qu'elles peuvent s'adresser &#224; la population travailleuse ou au moins &#224; une majorit&#233; de celle-ci et lui dire : &#171; Vous aussi, vous ne voulez pas autre chose qu'une bonne r&#233;forme et vous ne souhaitez pas tout r&#233;volutionner &#187;. Et pour le moment cela reste vrai. C'est seulement dans le mouvement des gilets jaunes que l'on n'avait pas trouv&#233; une majorit&#233; pour c&#233;der &#224; ce type de discours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte a &#233;t&#233; si profonde et radicale, le foss&#233; si large entre riches et pauvres, entre les capitalistes et les plus d&#233;munis, les provocations du pouvoir si insupportables que les gilets jaunes se sont le plus souvent proclam&#233;s ouvertement r&#233;volutionnaires, r&#233;solus &#224; refuser les compromis et les fausses n&#233;gociations, et &#224; d&#233;clarer qu'ils ne voulaient rien r&#233;former mais tout changer radicalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ils sont nombreux ceux qui n'ont pas confiance dans les appareils r&#233;formistes, nombreux y compris au sein de ces organisations, m&#234;me parmi les militants de celles-ci, &#224; dire qu'elles ne sont pas assez radicales, qu'elles font trop de cadeaux &#224; nos ennemis, qu'elles ne proposent pas des strat&#233;gies de lutte suffisantes pour am&#233;liorer le rapport de forces. Mais ces critiques, y compris celles de la gauche de la gauche ou de l'extr&#234;me gauche opportuniste, ne touchent nullement au fond de la question, celle du r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela n'a rien &#224; voir avec une particularit&#233; fran&#231;aise. Partout dans le monde, le r&#233;formisme n'est plus capable que de soutenir ou d'aider des contre-r&#233;formes qui d&#233;truisent les services publiques, les aides sociales, la sant&#233;, l'&#233;ducation, le niveau de vie des travailleurs, des ch&#244;meurs, des mis&#233;rables. Au plan social et politique, ces r&#233;formistes ne font que sauver les gouvernants, les capitalistes et de d&#233;fendre le syst&#232;me capitaliste lui-m&#234;me. Ainsi, ils ne font que donner cr&#233;dit aux d&#233;magogies des extr&#234;mes droites fascistes qui peuvent se cr&#233;diter de d&#233;noncer plus radicalement le syst&#232;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes essaient de se recr&#233;diter &#224; partir des attaques antisociales et ils font de m&#234;me avec la menace que repr&#233;sentent les fascistes, mais, en fait, ils ne servent &#224; rien pour combattre ces deux menaces. Au contraire, ils emp&#234;chent toute riposte, emp&#234;chent les travailleurs et les d&#233;munis de s'organiser pour riposter, et ils permettent &#224; nos ennemis de faire croire &#224; leur force et de faire croire que les exploit&#233;s, eux, ne disposent ni de forces ni de perspectives&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base m&#234;me des th&#232;ses r&#233;formistes, c'est justement que l'&#171; on ne peut pas changer le syst&#232;me, il faut seulement l'adapter &#187;. Les m&#234;mes affirment ne pas vouloir s'en prendre aux capitalistes mais seulement amoindrir le foss&#233; social. Ils affirment ne pas combattre pour supprimer la possession priv&#233;e du grand capital mais permettre au plus grand nombre d'acc&#233;der au droit de r&#233;ussir, au droit d'entreprendre, au droit de s'enrichir. La r&#233;alit&#233; montre qu'ils mentent : partout dans le monde, on ne permet au plus grand nombre que de devenir plus pauvres, plus pr&#233;caires, plus d&#233;munis, plus menac&#233;s, plus attaqu&#233;s, plus &#233;touff&#233;s. Y compris quand ces pr&#233;tendus r&#233;formistes gouvernent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme m&#234;me de r&#233;formistes est mensonger car ces pr&#233;tendues &#171; gauches &#187; ou &#171; centres gauches &#187; ou &#171; gauches de la gauche &#187;, une fois au gouvernement, s'attaquent autant aux exploit&#233;s que les pr&#233;tendues droites et m&#234;me s'unissent parfois &#224; elles ou aux extr&#234;mes droites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;riode de crise r&#233;volutionnaire du monde capitaliste, toutes les colorations politiques de la grande bourgeoisie convergent vers l'attaque violente contre les exploit&#233;s, vers la r&#233;pression violente des actions de ces derniers, vers l'&#233;crasement violent des opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les r&#233;formistes, ou pr&#233;tendus tels, ne r&#233;forment rien du tout. Parce que le pouvoir capitaliste, depuis sa crise r&#233;volutionnaire, n'est plus, depuis 2007-2008, capable d'autre chose que de casser les droits, les revenus, la vie de tous les exploit&#233;s. Malgr&#233; la profondeur ce cette crise &#233;conomique, le capitalisme n'a rien pu r&#233;former du tout et il en est incapable parce que ce qui est cause de son effondrement c'est justement le droit des propri&#233;taires priv&#233;s &#224; miser sur ce qui est le plus profitable, y compris quand c'est de miser sur l'effondrement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2019 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des Urgences des h&#244;pitaux a d&#233;marr&#233; sans les syndicats par une organisation des personnels par eux-m&#234;mes &#224; l'h&#244;pital Saint-Antoine, l'Inter-Urgences, qui a r&#233;ussi &#224; g&#233;n&#233;raliser la gr&#232;ve &#224; tous le pays !!! Syndicalistes et gauches jusqu'&#224; l'extr&#234;me gauche essaient d'effacer cette ind&#233;pendance par rapport aux appareils syndicaux en faisant comme si ces gr&#232;ves auto-organis&#233;es sont l&#224; pour pr&#233;parer la &#034;journ&#233;e&#034; de gr&#232;ve syndicale du 5 d&#233;cembre, pas du tout auto-organis&#233;e, ce qui n'est absolument pas le cas...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement national des urgences en lutte et de nombreux h&#244;pitaux est promen&#233; par les syndicats et affaibli par eux puis arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5524&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5524&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5360&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5360&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5479&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5479&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 d&#233;cembre 2019, les directions syndicales font seulement semblant de prendre la t&#234;te d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible et interprofessionnelle&#8230; Mais c'est faux, bien entendu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains croient que la CGT appelle toutes les cat&#233;gories &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;alit&#233; est tout autre. Voici ce qu'elle &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 14 novembre pour la d&#233;fense de l'H&#244;pital public et des Finances Publiques&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 17 novembre contre l'ouverture des magasins le dimanche sans caissi&#232;re et en soir&#233;e jusqu'&#224; minuit (non r&#233;mun&#233;r&#233; comme des heures de nuit de 21h &#224; 24h)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 20 Novembre Mobilisation des Accompagnants d'El&#232;ves en Situation d'Handicap (AESH, AVS)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 23 novembre contre les violences faites aux femmes&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 5 d&#233;cembre pour nos salaires et nos emplois, contre le projet de r&#233;forme des retraites Delevoye/Macron&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 7 d&#233;cembre contre la r&#233;forme de l'assurance ch&#244;mage&lt;br class='autobr' /&gt;
Et apr&#232;s nous d&#233;ciderons ensemble des suites &#224; donner &#224; nos luttes : gr&#232;ves, manifestations, rassemblements&#8230;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les appareils syndicaux veulent seulement diriger le mouvement pour le limiter, pour le contr&#244;ler, pour &#233;viter que la classe ouvri&#232;re ne s'auto-organise et pour ensuite la trahir en la vendant au pouvoir et au grand capital&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut m&#234;me dire que, d&#232;s maintenant, en n&#233;gociant par petits bouts, par secteur, avec Macron, ils vendent et trahissent d&#233;j&#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 5 d&#233;cembre qui, d'ailleurs, si elle se g&#233;n&#233;ralise petit &#224; petit, secteur par secteur, n'est nullement appel&#233;e comme une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale interprofessionnelle reconductible de tous les travailleurs et ch&#244;meurs, du moins par les appareils syndicaux de toutes sortes. En effet, secteur par secteur, ce n'est que les travailleurs que les syndicats organisent pour pr&#233;parer la journ&#233;e du 5 d&#233;cembre et les suivantes, non, c'est les n&#233;gociations avec le pouvoir qu'elles mettent en place ! Et on le voit dans tous les secteurs, dans toutes les cat&#233;gories, pour tous les syndicats. Tous sont re&#231;us. Tous n&#233;gocient dans le dos des travailleurs. Tous trahissent d&#232;s maintenant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre autrement que ces appareils bureaucratiques, qui se sont toujours dits hostiles &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e de tous les travailleurs, se pr&#233;tendent aujourd'hui &#224; son initiative ? En fait, tous les signaux sociaux en France se mettent de plus en plus au rouge et les appareils syndicaux ne veulent pas que chez les cheminots, chez les hospitaliers, chez les pompiers, chez les enseignants, chez les ouvriers de l'Automobile, dans l'Energie, &#224; la RATP, chez les employ&#233;s de banque, les travailleurs se lancent dans une &#171; gr&#232;ve sauvage &#187; comme viennent de la faire les urgentistes, et deux fois de suite les cheminots ! Rien n'inqui&#232;te autant, &#224; la fois les dirigeants syndicaux et les dirigeants gouvernementaux, que le fait que les travailleurs s'auto-organisent, d&#233;cident eux-m&#234;mes du moment de leur action, de ses buts, des moyens engag&#233;s, de leur mode d'action et d'organisation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 d&#233;cembre, le mot d'ordre qui est souvent rappel&#233; est celui de la &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e &#187; mais ce qu'en disent les appareils bureaucratiques des syndicats n'a rien de rassurant sur sa signification pour eux &#233;tant donn&#233; que le caract&#232;re &#171; illimit&#233; &#187; ne signifient pas qu'ils appellent &#224; faire gr&#232;ve apr&#232;s le 5 et m&#234;me pas le 6 d&#233;cembre et que le caract&#232;re &#171; g&#233;n&#233;ral &#187; de l'appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ne signifie pas non plus qu'ils appellent vraiment tous les secteurs de la classe ouvri&#232;re &#224; agir ensemble !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, une v&#233;ritable action de masse des travailleurs ne peut avoir lieu que si, &#224; la base, les travailleurs s'organisent par eux-m&#234;mes en comit&#233;s, en collectifs, en conseils, en assembl&#233;es, et se coordonnent localement, r&#233;gionalement et nationalement comme sont en train de le faire les gilets jaunes, comme l'ont fait aussi les urgences des h&#244;pitaux publics dans les collectifs de l'InterUrgences et m&#234;me dans tout l'h&#244;pital public dans les collectifs de l'InterH&#244;pitaux et comme l'ont fait les cheminots du technicentre de Ch&#226;tillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les m&#233;dias ont parl&#233; de &#171; convergence &#187; entre syndicats et gilets jaunes auto-organis&#233;s, mais ce n'est pas au point que les syndicats reconnaissent le droit aux salari&#233;s de d&#233;cider eux-m&#234;mes, pas plus le 5 d&#233;cembre que pour d'autres actions, des revendications, des modes d'action, des n&#233;gociations, des objectifs, de la strat&#233;gie. Ce que les gilets jaunes, les urgences ou les cheminots du technicentre de Ch&#226;tillon, c'est-&#224;-dire l'auto-organisation de la lutte, ont impos&#233; n'est toujours pas admis dans les entreprises. Et c'est pourtant ce qui permettrait non seulement d'assurer le contr&#244;le par les travailleurs de leur propre lutte, d'&#234;tre s&#251;r de ne reprendre le travail notamment que quand on l'a d&#233;cid&#233; et aux conditions que l'on a voulues, mais aussi de pouvoir se faire craindre des classes poss&#233;dantes et des gouvernants. Il est &#233;vident aujourd'hui que ceux-ci ne craignent nullement les appareils syndicaux car ils les tiennent aux bourses !!! C'est en effet l'Etat et les grands trusts qui financent les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gilets jaunes veulent converger avec les salari&#233;s, pas &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;s par les syndicats !!!! Des participants syndicalistes mais pas de banderoles ni d'encadrement syndical...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1031&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1031&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'intersyndicale m&#232;ne dans le mur le mouvement de d&#233;fense des retraites et toute la lutte des classes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5614&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5614&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands strat&#232;ges syndicaux de la gr&#232;ve perl&#233;e reviennent dessus... et plantent la gr&#232;ve des cheminots...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5395&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5395&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouvement des retraites&#8230; Les syndicats sont unis pour battre en retraite ensemble apr&#232;s avoir lantern&#233; ensemble&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse syndicale &#224; de nouvelles attaques d'ampleur sur les retraites aurait d&#251; &#234;tre un mouvement g&#233;n&#233;ral des salari&#233;s, une v&#233;ritable explosion de r&#233;volte, relan&#231;ant le mouvement des gilets jaunes. Ne comptez pas sur les appareils r&#233;formistes pour cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi de la semaine derni&#232;re, les syndicats appelaient &#224; une journ&#233;e de gr&#232;ve de la RATP. Elle &#233;tait tr&#232;s suivie, mais &#224; quoi sert une seule journ&#233;e de gr&#232;ve d'une seule corporation m&#234;me si elle est tr&#232;s suivie ? Sinon &#224; faire en sorte que la col&#232;re ouvri&#232;re ne m&#232;ne &#224; rien !!! Les agents du m&#233;tro &#233;taient suivis par bien d'autres professions du public et du priv&#233;. Comment ne pas unir tous les salari&#233;s contre la r&#233;forme des retraites ? Les syndicats ont la r&#233;ponse : la RATP c'est juste un jour le 13 septembre. Puis c'est EDF le 19 septembre. Seulement un jour. Puis c'est FO tout seule le 21 septembre. Puis c'est la SNCF le 24 septembre. Une seule journ&#233;e d'inaction et d &#171; inefficacit&#233;,. etc. etc... Devant une telle strat&#233;gie de la division, le patronat et le gouvernement ne tremblent pas !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que les Urgences se battent, seules, que l'h&#244;pital public se d&#233;fend seul, la psychiatrie seule, les EPHAD seules, les salari&#233;s d'EDF contre le d&#233;mant&#232;lement seuls, les a&#233;roports seuls contre la privatisation, les attaquent, elles, sont g&#233;n&#233;rales, mettent en cause les retraites de tous, les emplois de tous, les services publics de tous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ce n'est pas demain que les appareils syndicaux lanceront la lutte des classes !!! Il faudra le faire nous-m&#234;mes comme les Gilets jaunes !!! Les appareils syndicaux ne se contentent pas d'appeler &#224; des journ&#233;es d'inaction alors que celles-ci ont d&#233;montr&#233; que les classes dirigeantes ne les craignent pas. Ils ne se contentent pas de diviser les luttes et m&#234;me de les saucissonner. Ils font plus : ils combattent de mani&#232;re active et militante contre&#8230; l'auto-organisation des travailleurs ! Les assembl&#233;es interprofessionnelles (qu'ils avaient accept&#233;es contraints et forc&#233;s en 1995) ou toute autre forme de coordination inter-entreprises et inter-secteurs (comme celle des Urgences), ils sont virulemment contre. Les comit&#233;s de gr&#232;ve, les conseils de travailleurs ou toute forme de d&#233;cision ne passant pas par les syndicats, ils affirment qu'elles seront manipul&#233;es par les patrons et le gouvernement, ou par l'extr&#234;me droite ou par l'extr&#234;me gauche. En tout cas, ils restent persuad&#233;s, ces appareils bureaucratiques, d'&#234;tre la seule existence possible d'une organisation des travailleurs. Mais il y a belle lurette qu'ils ne le sont plus. Leurs dirigeants passent leur vie dans des r&#233;unions d'organismes d'Etat, avec les patrons et les gouvernants et ne parlent jamais aux travailleurs du rang. Cela ne les emp&#234;che pas de d&#233;cider, &#224; la place des travailleurs, ce qui est n&#233;gociable et ce qui ne l'est pas. C'est cela, entre autres, que le mouvement des gilets jaunes a contest&#233; en s'organisant par lui-m&#234;me en comit&#233;s de ronds-points, en assembl&#233;e de discussions et de d&#233;cisions. Que les travailleurs en lutte ou en r&#233;volte d&#233;cident d'&#233;lire eux-m&#234;mes des d&#233;l&#233;gu&#233;s ou des repr&#233;sentants dans le feu de l'action, contr&#244;lables et r&#233;vocables, ils sont ouvertement contre. Que les travailleurs eux-m&#234;mes puissent d&#233;cider ce qui est n&#233;gociable et ce qui ne l'est pas, comme avaient tent&#233; de l'imposer les personnels de l'h&#244;pital public en lutte, ils se dressent contre et on les a vus n&#233;gocier avec Hirsch alors que les personnels manifestaient que &#171; ce n'est pas n&#233;gociable &#187; !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les attaques contre les salari&#233;s d&#233;passent largement le secteur public, l'unit&#233; public/priv&#233; n'est pas r&#233;alis&#233;e par les appareils syndicaux. Les travailleurs de toute l'Automobile se menac&#233;s en cette rentr&#233;e : Renault, Nissan, PSA ou Ford et bien d'autres s'appr&#234;tent &#224; attaquer mais aucun plan d'ensemble n'est propos&#233; pour lutter alors que des travailleurs am&#233;ricains de l'Automobile ont commenc&#233; la lutte, y compris en s'organisant de mani&#232;re ind&#233;pendante des appareils syndicaux bureaucratiques et corrompus des USA. Les enseignants am&#233;ricains en font de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle attaque contre les retraites n'a pas amen&#233; ces appareils r&#233;formistes &#224; proposer une lutte g&#233;n&#233;rale ni une forme nouvelle d'organisation des travailleurs par eux-m&#234;mes. Si le gouvernement y va prudemment sur la question des retraites, c'est parce qu'il craint non pas les r&#233;actions des directions syndicales mais celles des travailleurs eux-m&#234;mes : les gilets jaunes n'ont pas d&#233;sarm&#233; et il suffit de peu de chose pour que toutes les col&#232;res fusionnent en une large r&#233;volte, avec aussi la perspective de hausse des carburants, avec la crise financi&#232;re et bancaire &#233;galement mena&#231;ante pour tous les travailleurs et les milieux populaires. C'est bel et bien une r&#233;volte du type des gilets jaunes que les gouvernants craignent sur la question des retraites, de l'h&#244;pital public, de l'Automobile, d'EDF, des A&#233;roports et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article5522&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article5522&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en est &#224; la cinqui&#232;me journ&#233;e d'action de l'intersyndicale des retraites mais on ne les compte plus tant le gouvernement s'en moque ! On ne compte plus les promenades dans les rues non plus tant les classes poss&#233;dantes s'en moquent. Et &#231;a se voit !! Et &#224; chaque fois que le gouvernement sonne ses &#171; partenaires sociaux &#187;, ils r&#233;pondent pr&#233;sent, ils accourent comme des toutous !!! Une fois de plus, les strat&#232;ges syndicaux ont endormi la lutte des classes qui mena&#231;ait de donner une suite massive &#224; l'explosion sociale des gilets jaunes. Des promenades avec musique et merguez ! Pas de prises de parole de r&#233;volte, pas d'organisation de la lutte par les participants, pas de relations dynamiques avec les entreprises, pas d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales interprofessionnelles, aucun d&#233;bordement mettant en cause l'organisation de la soci&#233;t&#233; civile bourgeoise ! En somme, quelques journ&#233;es syndicales ont pr&#233;tendu effacer des mois et des mois de soul&#232;vement des gilets jaunes en France !&lt;br class='autobr' /&gt;
La CGT fait une fois de plus semblant que la lutte des raffineries peut suffire &#224; faire reculer le gouvernement et c'est TOTALEMENT faux !&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la lutte des retraites, les raffineries ne peuvent remplacer le secteur priv&#233; dont l'industrie !&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me les ports n'ont pas suivi parce que la strat&#233;gie des syndicats les maintenait &#224; l'&#233;cart !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats n'ont rien fait pour entra&#238;ner dans le mouvement les ch&#244;meurs, les femmes, les jeunes, les paysans, etc, etc&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils ont tout fait pour &#233;viter de menacer le pouvoir d'un soul&#232;vement social !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc un mouvement exactement inverse de celui des gilets jaunes&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement, conduit par ces appareils syndicaux &#224; penser que les travailleurs ne vont pas d&#233;border, se cramponne sur ses positions et se contente d'annoncer que la SNCF et la RATP roulent de mieux en mieux ! Alors que les syndicats nous annon&#231;aient avoir adopt&#233; non une gr&#232;ve des transports mais une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale interprofessionnelle illimit&#233;e et reconductible par les AG, ils n'ont jamais m&#234;me fait r&#233;ellement semblant de la lancer !!! Seuls ceux qui voulaient croire aux syndicats pouvaient se l'imaginer : on savait bien avant que &#231;a commence qu'il n'en serait rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, la lutte des retraites pouvait donner un nouveau souffle au mouvement des gilets jaunes. Non, les appareils syndicaux, eux, ne pouvaient au contraire que l'&#233;touffer et c'est ce qu'ils font.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5678&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5678&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Covid-19 et les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patrons veulent co&#251;te que co&#251;te maintenir leur production et les syndicats ne veulent pas les en emp&#234;cher !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1061&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1061&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne mettront pas en avant pas plus que les autres institutions de la bourgeoisie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8455&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8455&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne diront jamais sur covid, pas plus que les partis politiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6896&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6896&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, les syndicats orchestrent une fausse convergence avec les Gilets jaunes apr&#232;s en avoir dit pis que pendre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du mouvement, les gilets jaunes n'ont jamais &#233;t&#233; hostiles aux syndicalistes qui, en tant qu'individus, participent sans probl&#232;me &#224; la lutte des gilets jaunes. Ce dont ils ne veulent pas ce sont les m&#233;thodes des directions syndicales et leur fausse d&#233;mocratie. Ce qui caract&#233;rise les gilets jaunes, ils n'ont cess&#233; de l'affirmer : &#171; On ne veut pas imiter le mode d'organisation de la soci&#233;t&#233;, de l'Etat, des partis et des syndicats &#187;. On veut mettre en place une d&#233;mocratie d'un genre nouveau, le pouvoir r&#233;el des participants sur leur propre lutte, la recherche collective de perspectives sans &#234;tre enferm&#233;s par des logiques d'organisation et surtout pas par la logique des classes dominantes ! C'est la fameuse d&#233;mocratie des ronds-points et des assembl&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la liaison avec les entreprises est une n&#233;cessit&#233; et un &#233;l&#233;ment important dans les perspectives du mouvement mais ce n'est pas des syndicats qu'il d&#233;pend. Mais il y a aussi la n&#233;cessit&#233; de la liaison avec les banlieues, de la liaison avec les ch&#244;meurs, avec les pr&#233;caires, avec tous ceux qui sont opprim&#233;s et exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains parlent de &#171; la convergence des gilets jaunes avec la CGT &#187;, qu'il s'agisse de M&#233;lenchon, des Insoumis, d'une certaine extr&#234;me gauche type NPA ou LO, ou de certains dirigeants de la CGT. En fait, la CGT, dans sa direction nationale, ne converge qu'avec ses propres m&#233;thodes et appelle &#224; nouveau &#224; d'inutiles journ&#233;es d'action, cette fois le 5 f&#233;vrier, la derni&#232;re fois le 14 d&#233;cembre. M&#233;thode &#233;cul&#233;e, les journ&#233;es d'inaction ont men&#233; dans le mur tous les mouvements depuis des ann&#233;es, de la lutte pour les retraites &#224; celle des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'il y ait une vraie convergence, il faudrait que les le&#231;ons de ces &#233;checs cuisants, malgr&#233; des participations massives des travailleurs, soient tir&#233;es. Le succ&#232;s des gilets jaunes n'a pas davantage servi de le&#231;on aux directions syndicales. Ce n'est pas une question d'id&#233;e mais de type d'organisation. Les syndicats sont int&#233;gr&#233;s en fait &#224; l'appareil d'Etat et leur fonctionnement est largement d&#233;termin&#233; par celui-ci, &#224; commencer par le financement. Une lutte s'en prenant directement au pouvoir d'Etat n'est pas dans leurs capacit&#233;s. L'action directe n'est plus leur conception. La lutte intercat&#233;gorielle a depuis longtemps &#233;t&#233; abandonn&#233;e par ces appareils. L'auto-organisation leur apparait sans cesse comme une remise en cause de leur r&#244;le. Ils ne s'estiment pas comme une force de proposition aux luttes des salari&#233;s mais comme une direction de la lutte, incontestable, non &#233;lue, non r&#233;vocable. Il n'y a aucune convergence possible sur de telles bases !!! Sinon, ce serait un reniement des bases m&#234;mes du mouvement des gilets jaunes, celles qui ont fait trembler les classes poss&#233;dantes depuis plus de deux mois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5246&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5246&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gauches politiques et syndicales pr&#233;tendent renforcer le mouvement des Gilets jaunes mais ne font que l'affaiblir, lui enlever sa signification profonde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mouvement a pris, &#224; ses d&#233;buts, un cours inattendu, massif et explosif, de type r&#233;volutionnaire, qui a fait peur aux classes poss&#233;dantes et oblig&#233; le gouvernement &#224; de premiers reculs, ce n'est nullement gr&#226;ce &#224; de quelconques strat&#233;gies de leaders autoproclam&#233;s mais parce que la r&#233;volte prenait largement dans la population la plus d&#233;munie de ce pays et que ces derniers n'avaient pas du tout pu, ces derni&#232;res ann&#233;es, exprimer cette r&#233;volte qui d&#233;bordait ainsi. Le caract&#232;re r&#233;volutionnaire de cette lutte tient &#233;galement au fait que les Gilets Jaunes ont refus&#233; le cadre faussement d&#233;mocratique de la r&#233;publique des milliardaires en ne d&#233;clarant pas leurs manifestations, actions et en n'ayant pas peur de la police des grandes fortunes, un des derniers remparts aujourd'hui de la dictature ouverte des capitalistes et des trusts et multinationales. Cette lutte a mis en avant &#224; la fois des revendications &#233;conomiques devant mettre fin aux in&#233;galit&#233;s sociales, &#224; la mis&#232;re et des revendications politiques sur la d&#233;mocratie et le pouvoir du peuple qui pourraient &#234;tre r&#233;sum&#233;es &#224; ces deux mots d'ordre : &#171; Nous, n'avons rien, Nous voulons tout ! &#187;, &#171; Nous ne d&#233;cidons de rien, nous voulons d&#233;cider de tout ! Tout le pouvoir au peuple travailleur ! &#187;. Dans ces fondements, on le voit, ce mouvement d'une des parties les plus pr&#233;caires du peuple travailleur ne cherchait nullement &#224; d&#233;battre avec l'&#201;tat des grandes fortunes, ou &#224; attendre quelque chose de lui, contrairement aux organisations syndicales qui pratiquent la collaboration avec l'ennemi, et il repr&#233;sentait, d&#232;s lors, un r&#233;el danger pour les grandes fortunes s'il avait entrain&#233; les salari&#233;s des grandes entreprises et le reste des milieux populaires dans son sillage. Mais tel n'a pas &#233;t&#233; le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est justement lorsqu'ils ont laiss&#233; croire &#224; la &#171; convergence syndicats-gilets jaunes &#187; que le cr&#233;dit des Gilets jaunes est tomb&#233; et les craintes des classes poss&#233;dantes aussi ! En effet, personne ne craint les syndicats. Du moment qu'ils peuvent encadrer les luttes sociales, celles-ci en restent &#224; une fausse contestation sans risque, &#224; des journ&#233;es d'action, &#224; des fausses propositions, &#224; une caution des gouvernants. Et nous le constatons aujourd'hui. Alors que le gouvernement se met en ordre de marche pour imposer une s&#233;rie d'attaque sans pr&#233;c&#233;dent, les directions syndicales continuent de se r&#233;unir, de se concerter avec les fossoyeurs de nos droits et &#233;parpillent les luttes, les gr&#232;ves, les journ&#233;es d'action &#233;vitant tout lien r&#233;el entre les salari&#233;s et le reste de la population dans des assembl&#233;es de lutte dans les entreprises, dans les quartiers, les villes, les villages au travers desquelles le peuple pourrait contr&#244;ler et diriger lui-m&#234;me ses luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; du peuple travailleur n'est pas l'unit&#233; des organisations de la gauche politique ou syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fameuse convergence des appareils syndicaux avec les Gilets Jaunes n'est une convergence de convenance. Ils ne reconnaissent toujours pas ce qui a fait la force du mouvement de lutte &#224; savoir son auto-organisation, son refus des autorit&#233;s, son refus de demander des autorisations de manifester ou de s'assembler. Jamais ils n'ont &#233;t&#233; influenc&#233;s par ses aspirations politiques et sociales m&#234;l&#233;es, par le fait de lier revendications sociales, d&#233;mocratiques et politiques. De la convergence, il n'est donc rest&#233; que le fait que les syndicats pr&#233;tendaient d'un c&#244;t&#233; continuer &#224; calomnier la lutte et de l'autre faire semblant qu'ils y &#233;taient associ&#233;s, du moins lors de leurs sempiternelles &#171; journ&#233;es d'action syndicales &#187; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5508&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5508&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous, agents gr&#233;vistes du mat&#233;riel au Technicentre de Ch&#226;tillon, sur le r&#233;seau TGV Atlantique, avons cess&#233; le travail massivement depuis lundi 21 octobre au soir, sans se concerter ou &#234;tre encadr&#233;s par les syndicats. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cho &#233;norme d'une gr&#232;ve locale &#224; dur&#233;e illimit&#233;e, d&#233;cid&#233;e par les travailleurs eux-m&#234;mes sans les syndicats, vient de montrer que l'action directe a un tout autre poids que les journ&#233;es syndicales mobilisant un nombre &#233;norme de travailleurs sans faire aucun effet ou les gr&#232;ves programm&#233;es par les centrales &#224; dates pr&#233;par&#233;es &#224; l'avance, comme celle contre la privatisation du rail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fois de suite, les cheminots SNCF viennent de nous montrer l'exemple de la &#171; gr&#232;ve sauvage &#187;. La premi&#232;re fois, conducteurs et contr&#244;leurs SNCF exer&#231;ant leur &#171; droit de retrait &#187; par une &#171; gr&#232;ve surprise &#187;, ill&#233;gale dit la direction, car sans d&#233;poser l&#233;galement de demande de gr&#232;ve avec pr&#233;avis par les syndicats apr&#232;s n&#233;gociation, &#224; la suite d'un accident apr&#232;s la collision mercredi soir entre un TER reliant Charleville-M&#233;zi&#232;res &#224; Reims et un convoi routier exceptionnel coinc&#233; sur un passage &#224; niveau (accident qui a fait 11 bless&#233;s, dont le conducteur - seul agent SNCF &#224; bord du train) et o&#249; les cheminots estiment que la pr&#233;sence d'un seul cheminot par train a &#233;t&#233; une cause de risque et donc que le risque est maintenu du fait des conditions de fonctionnement qui restent impos&#233;es par la direction. La deuxi&#232;me fois, ce sont les agents du Technicentre SNCF de Ch&#226;tillon qui viennent de faire une gr&#232;ve reconductible sans direction syndicale, sans pr&#233;avis, sans n&#233;gociation, en prenant les d&#233;cisions seuls. La direction a voulu passer en force dans ce technicentre en imposant une modification des conditions de travail avec notamment des suppressions de cong&#233;s alors que les conditions de travail sont tr&#232;s dures (cadences soutenues, pression des d&#233;lais, les TGV contr&#244;l&#233;s devant repartir tr&#232;s vite et le temps de contr&#244;ler est plus que court) et les salaires tr&#232;s bas. A l'origine de ce mouvement spontan&#233;, la volont&#233; de la direction de Ch&#226;tillon de mettre fin &#224; un accord local, vieux de plusieurs ann&#233;es, qui offrait aux cheminots douze jours de repos suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'une vague mondiale de r&#233;volte et r&#233;volutions parcourt le monde, la France incluse, les syndicats de France ne se sentent nullement concern&#233;s. Ils ne font de projets sur rien de tout cela. Ce n'est pas leurs oignons. Ils ne sont solidaires de rien. Ils ne se voient de responsabilit&#233; dans rien, ils n'ont en rien &#224; leur donner des perspectives, alors que &#171; leur &#187; imp&#233;rialisme fran&#231;ais, lui, se consid&#232;re comme responsable de la r&#233;pression de ces luttes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8381&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8381&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2020 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La politique des syndicats face &#224; covid&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Somm&#233; sur France Inter de dire si la CGT lan&#231;ait un appel national aux travailleurs non-essentiels pour exercer leur droit de retrait afin de rester chez eux et &#233;chapper &#224; une seconde vague du COVID-19, Martinez a r&#233;pondu : &#171; Si la sant&#233; des enseignants et du personnel, de l'ensemble du personnel de l'&#233;ducation nationale n'est pas assur&#233;, celle des enfants, et bien, il ne faut pas, on ne peut pas, aller travailler. Vous et d'ailleurs, l&#224; aussi, les maires refusent de rouvrir les &#233;coles, c'est bien qu'il y a quelque chose qui n'est pas tout &#224; fait pour la reprise des cours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En clair, la CGT accorde avec magnanimit&#233; aux travailleurs individuels isol&#233;s le droite de prendre une d&#233;cision, sachant que la bourgeoisie ne paie peu ou rien aux travailleurs, aux ind&#233;pendants et aux petites entreprises, comptant sur la faim ou l'endettement pour les forcer &#224; reprendre le travail. Et tout en croisant les bras face aux travailleurs, les appareils syndicaux n&#233;gocient et coordonnent &#233;troitement avec le gouvernement Macron et le patronat la reprise du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour le souligner, les reporters de France Inter lui ont demand&#233; si &#171; le syndicalisme du monde d'apr&#232;s sera dans le dialogue, la cogestion plut&#244;t que dans l'opposition &#187; au gouvernement. Martinez a d'abord esquiv&#233; en disant que &#171; je pense qu'il faut poser le probl&#232;me autrement &#187;, car en effet la CGT participe d&#233;j&#224; &#224; toutes les r&#233;unions de cogestion avec les autres appareils syndicaux, le patronat et le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis Martinez a confirm&#233; qu'il aspire &#224; organiser la cogestion, esp&#233;rant que &#171; le Pr&#233;sident de la R&#233;publique se rende compte du r&#244;le essentiel des syndicats, et je pense &#224; tous les militants et toutes les militantes &#187;. Il a &#233;voqu&#233; ensuite les manifestations qui se d&#233;roulent depuis des ann&#233;es dans les h&#244;pitaux. De mani&#232;re totalement irr&#233;aliste, il a demand&#233; un engagement de Macron &#171; contre les fermetures de lits, contre les fermetures d'h&#244;pitaux, pour plus d'emploi dans les h&#244;pitaux, une meilleure reconnaissance des qualifications. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie d&#233;montre la faillite de tous les organisations qui s'en remettent aux syndicats pour organiser les luttes ouvri&#232;res. Financ&#233;s en France par l'&#201;tat et le patronat, que ce soit &#171; l&#233;galement &#187; dans le cadre de la cogestion ou ill&#233;galement par le versement de pots-de-vin, ils ont n&#233;goci&#233; la casse du Code du Travail avec Hollande, la privatisation de la SNCF et la casse par Macron du syst&#232;me de retraites par r&#233;partition. A pr&#233;sent, &#224; travers l'Europe et l'Am&#233;rique, les syndicats planifient une reprise du travail qui pourrait faire des centaines de milliers ou des millions de morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5899&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5899&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2021 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'y voir une atteinte inacceptable &#224; la libert&#233; et &#224; la sant&#233;, les syndicats n'ont pas boug&#233; le petit doigt lorsque ces attaques ont commenc&#233; &#224; se profiler et ont attendu qu'elles soient pleinement d&#233;velopp&#233;es et que des r&#233;actions spontan&#233;es et auto-organis&#233;es menacent pour avoir une petit d&#233;but de r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#234;mes syndicats ont refus&#233; de participer aux manifestations contre la politique sanitaire, affirmant, comme Macron, que les manifestants &#233;taient manipul&#233;s par l'extr&#234;me droite !! Comme pour d&#233;nigrer les manifestations des gilets jaunes, il leur suffisait de trouver un militant d'extr&#234;me droite qui se joignait &#224; une manifestation nullement organis&#233;e par des fascistes pour l'affirmer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, des syndicats (pas les conf&#233;d&#233;rations qui elles, de fait, soutiennent Macron) appellent &#224; la gr&#232;ve mais ils se gardent d'appeler d'abord &#224; des assembl&#233;es du personnel qui d&#233;ciderait ainsi lui-m&#234;me des modes d'action, des buts, des revendications, des modes d'organisation et de la liaison avec d'autres secteurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le pouvoir de Macron serait aujourd'hui extr&#234;mement faible si les appareils bureaucratiques des syndicats ne le soutenaient pas de toutes leurs forces. Cette situation emp&#234;che le d&#233;veloppement des gr&#232;ves ou le limite. Car bien des gr&#232;ves ont lieu contre l'obligation vaccinale, actuellement dans les h&#244;pitaux. Et, si la vaccination obligatoire se g&#233;n&#233;ralisait, cette attitude des syndicats emp&#234;cherait aussi que les gr&#232;ves se d&#233;veloppent dans les EPHAD, les biblioth&#232;ques, les transports, les &#233;coles, l'universit&#233;, les postes, ou tout autre secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Macron est oblig&#233; de s'engager &#224; ne pas imposer le pass sanitaire dans les maternelles, &#233;coles, coll&#232;ges, lyc&#233;es et jusqu'&#224; l'universit&#233;, c'est pour &#233;viter la jonction des gr&#232;ves de tous les secteurs vers une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la dictature du pouvoir ! Mais les syndicats se gardent de dire aux personnels non soignants que, si on laisse les soignants se battre seuls, le pass s'&#233;largira et la dictature avec, m&#234;me s'il est scientifiquement prouv&#233; que cela ne bloque nullement la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6345&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6345&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT pendant la pand&#233;mie covid&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la pand&#233;mie et aux politiques gouvernementales soi-disant sanitaires, on ne peut pas du tout compter sur les syndicats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6341&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6341&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, patronat et syndicats, CGT en t&#234;te, font, conjointement ou s&#233;par&#233;ment, la police dans la classe ouvri&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6305&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6305&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des Antilles n'est pas soutenue par les syndicats de la m&#233;tropole coloniale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6581&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6581&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6582&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6582&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2022 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats refusent d'exprimer leur solidarit&#233; active avec le peuple iranien soulev&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les appareils bureaucratiques appellent &#224; la &#171; gr&#232;ve &#187; le 29, il n'est nullement question pour eux d'exprimer notre solidarit&#233; avec l'insurrection en Iran men&#233;e par les femmes en appelant &#224; leur emboiter le pas, ici, en France contre la R&#233;publique des milliardaires et l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ! Gr&#232;ve ouvri&#232;re g&#233;n&#233;rale de solidarit&#233; avec Mahsa ! &#171; Bas les voiles &#187;, en Iran comme en France, pour reprendre le slogan de la militante f&#233;ministe iranienne Chahdortt Djavann. A bas les violences polici&#232;res contres toutes les femmes qui prennent la t&#234;te des r&#233;voltes, de l'Iran, au Soudan, &#224; l'Inde comme aux USA (contre les noirs) ou en France (mutilation cibl&#233;e de Gilets Jaunes). Le &#171; refus d'obtemp&#233;rer &#187; est pour toutes les polices du monde la justification de leurs crimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique, Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale expropriatrice du grand capital, qui, seule, peut nous assurer de quoi vivre, d'avoir une retraite, de sauver les services publics et de combattre la mont&#233;e vers guerre. Aucun de ces objectifs &#233;l&#233;mentaires n'est propos&#233; par la gauche ou l'extr&#234;me gauche. Aucune manifestation contre les guerres de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui pourraient &#234;tre coordonn&#233;es avec celles men&#233;e en Russie contre l'imp&#233;rialisme russe.Ce sont ces perspectives qui uniraient les luttes partielles engag&#233;es dans en France comme dans le monde entier. Et jamais une telle perspective ne sera d&#233;fendue par les r&#233;formistes (de gauche ou faussement d'extr&#234;me gauche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve qui dure dans les raffineries et d&#233;p&#244;ts de p&#233;trole, son efficacit&#233; &#224; bloquer les stations d'essence, et les h&#233;sitations du pouvoir et des patrons de TotalEnergies et de Esso-ExxonMobil &#224; son &#233;gard, laissent croire que les syndicats sont en train de bouger, de se faire craindre, de se mobiliser, de se lancer contre nos ennemis. Pourtant, rien de plus faux. Les syndicats des raffineries de p&#233;trole, qui ne visent pas du tout &#224; changer le rapport de forces au sein de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re, ont commenc&#233; &#224; reculer sur leurs propres revendications en admettant que les patrons refusent de n&#233;gocier sur les embauches et les investissements. Ils n'ont pas g&#233;n&#233;ralis&#233; la gr&#232;ve &#224; toutes les raffineries et tous les d&#233;p&#244;ts de p&#233;trole. Ils se sont bien gard&#233;s de la g&#233;n&#233;raliser &#224; l'ensemble du secteur de l'Energie, &#224; commencer par les centrales nucl&#233;aires. Ils ont refus&#233; d'organiser dans toutes les entreprises des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales d&#233;cisionnelles pour que les travailleurs d&#233;cident si l'affrontement sur le pouvoir d'achat de la classe ouvri&#232;re doit se g&#233;n&#233;raliser. Dans les raffineries et les d&#233;p&#244;ts en gr&#232;ve, les appareils syndicaux se sont juste un peu laiss&#233; pousser par la base, les syndicats au d&#233;part ne voulant que trois jours d'action et les salari&#233;s souhaitant la gr&#232;ve reconductible. Il &#233;tait difficile pour les syndicats de refuser car il est &#233;vident que les entreprises du secteur font des b&#233;n&#233;fices fabuleux alors que les salaires s'effritent face &#224; l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement trois des six raffineries fran&#231;aises sont bloqu&#233;es sans que les syndicats expliquent pourquoi&#8230; Par exemple, aucun mouvement de gr&#232;ve n'a &#233;t&#233; relay&#233; &#224; la raffinerie de Lav&#233;ra de P&#233;troineos, situ&#233;e &#224; Martigues dans les Bouches-du-Rh&#244;ne. &#192; la raffinerie Petroineos de Lavera (13), pour la CGT, le temps n'est pas non plus &#224; la gr&#232;ve, la centrale syndicale expliquant que les salari&#233;s ont d&#233;j&#224; obtenu des augmentations salariales jug&#233;es satisfaisantes. &#171; Les r&#233;sultats sont tellement bons en ce moment que c'&#233;tait bien normal &#187;, assure S&#233;bastien Varagnol de la CGT du site. Les raffineurs ont ainsi rafl&#233; une augmentation de salaire plancher de 200&#8364; ainsi qu'une hausse de 20% de la prime de d&#233;placement. &#171; Partir en gr&#232;ve (&#224; Lavera) pour les salaires des camarades de Total ne para&#238;t pas envisageable aujourd'hui malheureusement &#187;, affirme le dirigeant c&#233;g&#233;tiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la coordination CGT Total, qui regroupe des syndicats CGT parmi les 200 filiales de Total en France (comme la SAFT, sp&#233;cialis&#233;e dans la conception de batteries &#224; usage industriel, Hutchinson connue pour ses pneus ou encore Argedis, qui g&#232;re les stations-services) et qui s'&#233;tait mise en lutte de mani&#232;re in&#233;dite en juin dernier, ne semble pas repartie pour un tour. &#171; Les salari&#233;s ne sont pas au rendez-vous &#187;, regrette &#201;ric Sellini. &#171; Il faut faire un travail de fourmi dans les syndicats, dans les f&#233;d&#233;rations et &#224; la conf&#233;d&#233;ration pour faire en sorte que &#231;a prenne. &#187; Une date de gr&#232;ve dans les entreprises du caoutchouc (Hutchinson, Michelin&#8230;) &#233;tait d'ailleurs envisag&#233;e pour le 18 octobre. Elle a finalement &#233;t&#233; remplac&#233;e par un appel de la FNIC &#224; la mobilisation aux c&#244;t&#233;s des raffineurs, sur les piquets de gr&#232;ves, le 11 octobre. &#192; la conf&#233;d&#233;ration, on r&#233;fl&#233;chirait &#224; une nouvelle date de gr&#232;ve interprofessionnelle dans la semaine du 18 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications salariales des syndicats du p&#233;trole sont modestes comme ils le soulignent eux-m&#234;mes. &#171; Le p&#233;rim&#232;tre p&#233;trole a une masse salariale de 1,5 milliard d'euros, affirme Eric Sellini, coordinateur CGT chez TotalEnergies, cit&#233; par le journal patronal Les Echos. A 10 %, ce serait un effort d'&#224; peine 150 millions d'euros pour la direction, &#224; comparer aux plus de 18 milliards de profits au premier semestre. La direction a &#233;t&#233; beaucoup plus r&#233;active pour r&#233;compenser les actionnaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plan national, les centrales syndicales (celles qui appellent &#224; des journ&#233;es de gr&#232;ves, car les autres ne le font m&#234;me pas) poursuivent leur strat&#233;gie catastrophique de type n&#233;gociation/journ&#233;e d'action. La journ&#233;e d'action du 22 septembre n'a servi &#224; rien et la journ&#233;e d'action du 29 septembre non plus. Cette derni&#232;re a &#233;t&#233; sans lendemain&#8230; La premi&#232;re ne posait que le probl&#232;me de la sant&#233; et la deuxi&#232;me que celui des salaires. Aucune ne globalisait sur l'attaque antisociale d'ensemble que subit le monde du travail&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6980&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6980&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martinez, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT est pour la &#034;vaccination&#034; de masse capitaliste des labos ! Ce qui fait que, m&#234;me s'il se pr&#233;tend contre le pass, il refuse de participer aux manifestations contre le pass et cautionne ainsi le r&#233;gime policier d'apartheid sanitaire et social du pass-vaccinal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'Espagne classe COVID-19 grippe saisonni&#232;re, Martinez appuie la vaccination de masse et l'obligation vaccinale pour les travailleurs ! On rappellera &#224; Martinez que les &#034;Vaccins&#034; contre Covid ne fonctionnent pas comme des vaccins traditionnels malgr&#233; l'appellation plus que trompeuse ! Les vaccins doivent prot&#233;ger de la propagation et de la maladie et, pour le deux, ce n'est pas le cas ! Le virus continue de circuler malgr&#233; tout ! En soutenant l'obligation vaccinale et la vaccination de masse, Martinez soutient, de fait le pass vaccinale comme il soutenait, en r&#233;alit&#233; le pass sanitaire ! Voil&#224; pourquoi il soutient la suspension ou le licenciement de dizaines de milliers de travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rien d'&#233;tonnant &#224; ce que Martinez qui a fait &#233;lire Macron pour faire soi-disant barrage &#224; Le Pen, soutienne la mise en place d'un r&#233;gime policier sur le peuple et les travailleurs sous pr&#233;texte de lutte sanitaire ! Le syndicalisme bureaucratique de collaboration de classe est d&#233;j&#224; un r&#233;gime policier, au sein du monde du travail, issus du stalinisme, qui faut-il le rappeler a d&#233;cim&#233; les r&#233;volutionnaires et sabot&#233; les r&#233;volutions sociales dans le monde entier ! La direction CGT a gard&#233; de son pass&#233; contre-r&#233;volutionnaire une politique de garde chiourme pour que le prol&#233;tariat n'emprunte surtout pas le chemin de la lutte de classe, aille sur un terrain politique et renverse le capitalisme pour asseoir la souverainet&#233; du peuple travailleur en abolissant le r&#233;gime de la propri&#233;t&#233; priv&#233; des moyens de productions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend mieux pourquoi la CGT ne d&#233;fend pas les personnels suspendus pour avoir refus&#233; l'injonction &#224; l'injection d'un produit exp&#233;rimental qui n'est en rien un vaccin ! Les collabos du capital se cachent derri&#232;re le scientisme pour soutenir le capitalisme et les labos ! On comprend encore mieux aussi pourquoi Martinez et la CGT laisse faire la r&#233;pression aux Antilles et ne veulent surtout pas emboiter le pas &#224; l'insurrection populaire qui, pour l'instant, a &#233;t&#233; la seule &#224; faire reculer le gouvernement des classes dirigeantes ! Martinez comme le reste des directions syndicales deviennent de plus en plus ouvertement contre insurrectionnel contre l'auto-organisation du peuple et des travailleurs, oppos&#233;e &#224; toutes luttes sur un terrain politique.... Les directions syndicales, habitu&#233;es &#224; la collaboration de classe et une pseudo opposition anticapitaliste, roulent pour la contre-r&#233;volution ! Toute leur politique est de lutter contre la r&#233;volution ! Et lutter contre la r&#233;volution qui monte c'est d&#233;fendre le capitalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1177&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1177&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2023 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats sont absolument incapables de mener une lutte victorieuse sur les retraites ou sur n'importe quoi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est le mouvement des gilets jaunes qu'il faut relancer dans les entreprises, en unissant secteur public et priv&#233;, face &#224; la pr&#233;tendue r&#233;forme des retraites et pas des d&#233;fil&#233;s inoffensifs des syndicats !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces syndicats ont n&#233;goci&#233; avec le pouvoir qui nous vole et nous tue comme si c'&#233;tait pour nous rendre service. Mais ces bureaucraties syndicales sont pay&#233;es par ce m&#234;me Etat au service des milliardaires !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats se pr&#233;tendent pour le maintien des r&#233;gimes de retraites par r&#233;partition ? Mais alors que font alors les directions syndicales au conseil d'administration de deux fonds de pensions publics ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que font les syndicats dans le Conseil d'Orientation des Retraites, le COR &#224; l'origine de bien des attaques contre le r&#233;gime de retraites ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces syndicats se sont faits les soutiens du pouvoir actuel et ce n'est certainement pas sur eux qu'il faut compter pour gagner une lutte pour la d&#233;fense des retraites !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1208&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1208&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2024 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La France de Macron se d&#233;clare en pr&#233;paration de guerre. Les syndicats s'en plaignent. Ils peuvent m&#234;me faire une promenade dans les rues en faveur de la paix, contre l'exc&#232;s de d&#233;penses d'armement, la &#171; budget de guerre &#187;. Mais jamais, au grand jamais, ils ne sont contre l'arm&#233;e fran&#231;aise, ses guerres imp&#233;rialistes, ses guerres coloniales m&#234;me. Jamais ils ne sont compl&#232;tement contre l'industrie de guerre, le budget de guerre dans son principe m&#234;me, le nationalisme, la pr&#233;tention de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; &#234;tre la patrie des travailleurs. Au contraire, comme en 1914, ils sont &#224; fond pour !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2025 &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les appels pour le 10 septembre incitaient au combat contre la soci&#233;t&#233; capitaliste, ceux du 18 &#233;taient l'oeuvre de ses d&#233;fenseurs, les r&#233;formistes qui veulent aider &#224; son fonctionnement. La convergence entre ces courants est impossible, elle est &#224; combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des Gilets jaunes partisans du 10 septembre ont voulu croire que se voir rejoindre par les syndicats le 18 ne pouvait qu'amplifier le mouvement, au pire n'avoir aucun effet, la d&#233;monstration est faite que les appels des directions syndicales ont &#233;t&#233; nocifs. Les particpants du mouvement du 10, qu'ils soient ou pas anciens Gilets jaunes, n'ont pu que constater que les cort&#232;ges syndicaux &#233;taient tout sauf faits pour inciter &#224; la lutte, pour donner de l'&#233;lan, pour faire avancer la motivation et la conscience des enjeux, des moyens et des buts. Rien de plus plat que des cort&#232;ges organis&#233;s par l'intersyndicale. Il y a de quoi s'endormir sur place !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndicats et partis de gauche, quand ils ont fait mine de participer au mouvement du 10 septembre, c'est seulement pour le d&#233;mobiliser, le diviser, le d&#233;sar&#231;onner, le tromper, le freiner, changer ses buts et ses perspectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles &#233;taient les perspectives du mouvement du 10 septembre des Gilets Jaunes, contre le pouvoir des milliardaires, ses dettes, ses sacrifices antisociaux, sa dictature, son organisation sociale et politique, ses forces de r&#233;pression, ses guerres, sa fausse d&#233;mocratie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 septembre ! Quel objectif num&#233;ro un pour le mouvement des Gilets jaunes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 septembre 2025 se pr&#233;pare&#8230; et terrorise d&#233;j&#224; les gouvernants, les poss&#233;dants, les m&#233;dias et&#8230; les syndicats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8367&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8367&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trahison syndicale du mouvement du 10 septembre s'annonce avant le mouvement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8366&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8366&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faux &#171; militants de la base &#187; qui noyautent le mouvement d&#233;but&#233; le 10 septembre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8427&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8427&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le 10 septembre et le contre-feu du 18, quelle perspective pour le mouvement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles le&#231;ons tirer du 10 septembre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8390&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8390&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de la base est &#171; suspendu &#187; mais il continue de planer au-dessus des classes poss&#233;dantes dont le pouvoir est d&#233;sormais suspendu lui aussi devant une situation pr&#233;r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8449&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8449&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_18725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/321698475_865467117878631_7546873617227031164_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH500/321698475_865467117878631_7546873617227031164_n-0d3e8.jpg?1790140126' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n-2-d46d8.jpg?1790140126' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/547217144_1103976761920830_8138205808295781835_n-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/547217144_1103976761920830_8138205808295781835_n-2-7d5ad.jpg?1790140126' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18728 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/549248454_1107245154927324_3720546162781874810_n-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/549248454_1107245154927324_3720546162781874810_n-2-c8cc1.jpg?1790140126' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18729 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/1000017165-2-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017165-2-2-9c58e.jpg?1790140126' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18732 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/img_histoire_cfdt2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH277/img_histoire_cfdt2-d1419.jpg?1790140126' width='500' height='277' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18738 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/maxresdefault-35.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefault-35-37fa3.jpg?1790140126' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/maxresdefaults-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefaults-3-809a3.jpg?1790140127' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18740 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/544635924_1100115078973665_4310104698810230531_n-59ca4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/544635924_1100115078973665_4310104698810230531_n-59ca4-2dec3.jpg?1790140127' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18741 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/544761756_1100071218978051_8605648764075740576_n-ca1c0.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/544761756_1100071218978051_8605648764075740576_n-ca1c0-52357.jpg?1790140127' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18742 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000017085-326b3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017085-326b3-5b842.jpg?1790140127' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18743 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000017165-f27a3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017165-f27a3-82313.jpg?1790140127' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000017166-fbd2a.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017166-fbd2a-44384.jpg?1790140127' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18745 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000017176-d56b4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017176-d56b4-85aca.jpg?1790140127' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18746 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000017473-c07e4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017473-c07e4-a3e90.jpg?1790140127' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18747 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/1000017500-7779c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017500-7779c-56771.jpg?1790140127' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_18748 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/affiche_politique_de_mobilisation_enthousiaste-2-fd26d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/affiche_politique_de_mobilisation_enthousiaste-2-fd26d-6226a.jpg?1790140127' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'Etat fran&#231;ais annonce son entr&#233;e en guerre et le sacrifice des enfants&#8230; Les syndicats osent &#224; peine murmurer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8542&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8542&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8529&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8529&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8473&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8473&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que ne diront jamais les appareils syndicaux contre la guerre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux jeunes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8195&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8195&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux femmes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les petits paysans sont &#233;trangl&#233;s et se battent&#8230; Mais sans le moindre geste de la classe ouvri&#232;re, musel&#233;e par les syndicats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux paysans :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8535&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8535&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux Gilets jaunes ni faire avec eux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats pr&#233;tendent lutter contre le fascisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4443&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la gauche politique et syndicale n'est pas un rempart ni une alternative face &#224; la mont&#233;e mondiale de l'extr&#234;me droite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4263&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4263&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la gauche politique et syndicale &#224;&#8230; l'extr&#234;me droite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6254&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6254&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire aussi :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2570&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2570&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve110&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve110&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7440&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele?archive=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele?archive=1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La gr&#232;ve des cheminots de 1986-1987 en France, &#224; l'initiative de la base et contre les bureaucraties syndicales</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8593</link>
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		<dc:date>2026-01-19T23:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des cheminots de 1986-1987 en France, &#224; l'initiative de la base et contre les bureaucraties syndicales &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, en 1986-1987, quand la gr&#232;ve des cheminots &#233;tait organis&#233;e non par les directions syndicales mais par les cheminots eux-m&#234;mes, non seulement par la coordination (corporatiste) des conducteurs mais, en comit&#233;s de gr&#232;ve et coordination inter-cat&#233;gories, anim&#233;e par Daniel Vitry Voir ici la fin des actualit&#233;s t&#233;l&#233;vis&#233;esUn &#233;pisode marquant des luttes cheminotes : la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot261" rel="tag"&gt;SNCF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gr&#232;ve des cheminots de 1986-1987 en France, &#224; l'initiative de la base et contre les bureaucraties syndicales&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_9870 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/comite_de_greve_ws29360014.jpg' width=&#034;618&#034; height=&#034;518&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9871 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/577.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/577.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9872 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3844.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3844.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9873 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3850.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3850.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En France, en 1986-1987, quand la gr&#232;ve des cheminots &#233;tait organis&#233;e non par les directions syndicales mais par les cheminots eux-m&#234;mes, non seulement par la coordination (corporatiste) des conducteurs mais, en comit&#233;s de gr&#232;ve et coordination inter-cat&#233;gories, anim&#233;e par Daniel Vitry &lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAC87005671&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir ici la fin des actualit&#233;s t&#233;l&#233;vis&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9874 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3851.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3851.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8701 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3118.jpg' width=&#034;508&#034; height=&#034;247&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8702 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3119.jpg' width=&#034;508&#034; height=&#034;326&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;pisode marquant des luttes cheminotes : la coordination des cheminots de 1986-1987&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8689 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3108.jpg' width=&#034;508&#034; height=&#034;344&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB86036348&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La t&#233;l&#233;vision sur la coordination des cheminots la parole &#224; Daniel Vitry&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8687 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3106.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;529&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Daniel Vitry et Serge Torrano, un trotskiste et un anarchiste, les leaders de la coordination des cheminots&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3121.jpg' width=&#034;360&#034; height=&#034;492&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB86036348&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les bureaucraties syndicales se d&#233;fendent contre les coordinations&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB86036409&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La gr&#232;ve de 1986 &#224; la t&#233;l&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB87000170/sncf-evolution-conflit-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les actualit&#233;s t&#233;l&#233;vis&#233;es sur la gr&#232;ve&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9875 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/cheminot.jpg' width=&#034;265&#034; height=&#034;190&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;veillon en gr&#232;ve !!!&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9876 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/greve11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/greve11.jpg' width=&#034;1200&#034; height=&#034;628&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_9878 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/greve13.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/greve13.jpg' width=&#034;1200&#034; height=&#034;628&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La police intervient contre les cheminots gr&#233;vistes&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9879 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3859.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3859.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un compte-rendu de la gr&#232;ve des cheminots en janvier 1987 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques agents de conduite du d&#233;p&#244;t de Paris-Nord - le secteur o&#249; la gr&#232;ve a commenc&#233; - avaient lanc&#233; une consultation aupr&#232;s de leurs camarades, et apr&#232;s discussion avec eux, d&#233;cid&#233; de partir en gr&#232;ve le 18 d&#233;cembre. Ce n'est qu'une fois cette d&#233;cision prise qu'ils sont all&#233;s trouver les syndicats pour leur demander de les couvrir en lan&#231;ant un pr&#233;avis de gr&#232;ve. Et ceux de ces syndicats, la CFDT et la F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale Autonome des Agents de Conduite (FGAAC syndicat corporatiste des conducteurs de train), qui ont accept&#233;, ne l'ont fait que du bout des l&#232;vres : le pr&#233;avis ne concernait que les agents de conduite du secteur. Or, une fois d&#233;cid&#233;s &#224; se mettre en gr&#232;ve et la date fix&#233;e, les conducteurs de Paris-Nord s'&#233;taient mis en relation avec d'autres d&#233;p&#244;ts, les informant de leurs intentions et les invitant &#224; se joindre &#224; leur mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant la m&#234;me p&#233;riode, une agitation un peu semblable se faisait jour dans un autre secteur, la banlieue Paris-Sud-Ouest. L&#224; aussi, des conducteurs commen&#231;aient &#224; se r&#233;unir, parlaient de la n&#233;cessit&#233; de la gr&#232;ve, s'adressaient &#224; leurs camarades pour les inviter &#224; se prononcer en faveur de cette gr&#232;ve et s'organiser en cons&#233;quence. Eux, contrairement &#224; ceux de Paris-Nord, ne se limitaient pas aux seuls conducteurs, mais voulaient s'adresser &#224; tous les cheminots. Ils tentaient m&#234;me de lancer la gr&#232;ve alors que le mouvement &#233;tudiant battait son plein. Cette action resta tr&#232;s minoritaire, limit&#233;e &#224; un d&#233;p&#244;t, et s'arr&#234;ta au bout d'un jour et demi. Mais les gr&#233;vistes avaient eu le temps de faire le tour de quelques secteurs aux alentours, de les appeler &#224; les joindre et &#224; s'organiser. Et cela n'a pas manqu&#233; d'avoir des cons&#233;quences quelques jours plus tard quand la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale a r&#233;ellement commenc&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, au d&#233;but du mois de d&#233;cembre, un autre mouvement avait commenc&#233; parmi une autre cat&#233;gorie de cheminots, les agents des recettes, ceux qui sont charg&#233;s de la vente des billets et des r&#233;servations. La SNCF mena&#231;ant de leur supprimer une prime, ceux-ci, sans se mettre formellement en gr&#232;ve, ne faisaient plus les r&#233;servations qui sont une partie de leur travail. Le mouvement, en quelques jours, s'&#233;tendit dans tout le pays quasi-spontan&#233;ment, comme il avait d&#233;marr&#233;. Les syndicats CGT et CFDT, qui se contentaient de suivre, se voyaient imposer, dans certaines grandes gares parisiennes d'o&#249; le mouvement &#233;tait parti des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales quotidiennes des travailleurs syndiqu&#233;s et non syndiqu&#233;s impliqu&#233;s dans cette action, assembl&#233;es dont ces syndicats se seraient tr&#232;s bien pass&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir du jeudi 18 d&#233;cembre au matin, quand les conducteurs de Paris-Nord ont arr&#234;t&#233; le travail, la gr&#232;ve s'est r&#233;pandue comme une tra&#238;n&#233;e de poudre de d&#233;p&#244;t en d&#233;p&#244;t, le long du r&#233;seau ferr&#233;, d'abord le r&#233;seau Nord puis ensuite tous les autres. Quatre jours plus tard, dimanche 21 au soir, pratiquement tous les d&#233;p&#244;ts &#233;taient en gr&#232;ve sans qu'aucun mot d'ordre ait &#233;t&#233; lanc&#233; par les syndicats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si dans bien des d&#233;p&#244;ts les militants syndicalistes &#233;taient les organisateurs de la gr&#232;ve, les f&#233;d&#233;rations syndicales, elles, &#233;taient &#224; la tra&#238;ne et se contentaient au mieux d'enregistrer que la gr&#232;ve &#233;tait l&#224;. Et c'&#233;tait vrai aussi bien de la CFDT que de la FGAAC (syndicat corporatiste des seuls conducteurs). La CGT, elle, tra&#238;nait encore plus les pieds et gardait une attitude encore plus ambigu&#235;. Son premier r&#233;flexe fut la plus grande m&#233;fiance devant un mouvement qui se d&#233;clenchait et s'&#233;tendait sans son contr&#244;le. Du coup, ses militants dans les d&#233;p&#244;ts prirent les attitudes les plus contradictoires, interpr&#233;tant l'attitude de leur direction en fonction de leurs propres sentiments, ou encore en fonction des situations locales. Dans certains d&#233;p&#244;ts, ils furent les initiateurs et les organisateurs de la gr&#232;ve, dans ; d'autres, ils suivirent en rechignant, dans d'autres enfin, ils s'oppos&#232;rent pendant plusieurs jours &#224; cette gr&#232;ve. Ainsi, &#224; Paris-Sud-Ouest, les responsables CGT firent de v&#233;ritables &#171; piquets de travail &#187;, incitant les conducteurs &#224; surtout ne pas suivre la gr&#232;ve. Jusqu'au moment o&#249;, d&#233;bord&#233;s par les travailleurs qui se mettaient en gr&#232;ve malgr&#233; eux, ils chang&#232;rent d'attitude... et appel&#232;rent &#224; la gr&#232;ve &#224; leur tour. Mais l&#224;, il &#233;tait trop tard pour que leur attitude n'ait pas &#233;t&#233; per&#231;ue par la majorit&#233; des cheminots du secteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'au lundi 22 d&#233;cembre la gr&#232;ve ne fut gu&#232;re r&#233;elle que parmi les seuls conducteurs (18 000 sur 230 000 cheminots). D'abord, elle &#233;tait partie de conducteurs qui ne s'adressaient qu'aux conducteurs sans se pr&#233;occuper des autres cat&#233;gories. D'autre part, les syndicats, comme on l'a vu, r&#233;ticents ou hostiles &#224; cette extension m&#234;me parmi les seuls conducteurs, n'avaient certainement aucune envie de l'&#233;tendre aux autres cheminots. Pendant les quatre premiers jours, la gr&#232;ve ne toucha donc qu'une tr&#232;s petite minorit&#233; des autres cat&#233;gories, parmi ceux, contr&#244;leurs ou encore ouvriers des d&#233;p&#244;ts, qui sont le plus en contact avec les agents de conduite.&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir du lundi 22, par contre, elle s'&#233;tendait aux autres cheminots : ceux des gares, des triages, des ateliers. Mais l&#224; aussi, c'est la base qui l'imposa. Les syndicats conserv&#232;rent une attitude ambigu&#235;, n'appelant pas franchement. Aucun ne prononcera le mot de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans les chemins de fer : certains parce qu'ils jouaient sur le corporatisme des agents de conduite dont beaucoup ne tenaient pas &#224; ce que leur mouvement s'&#233;tende &#224; d'autres cat&#233;gories ; tous, sans aucun doute, parce qu'ils ne d&#233;siraient pas cette gr&#232;ve. Les militants de la CGT continu&#232;rent donc &#224; prendre les attitudes les plus diverses comme ils l'avaient fait parmi les roulants : ici, militants enthousiastes de la gr&#232;ve et de son extension, l&#224;, s'opposant &#224; elle, y compris physiquement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est cela qui explique que la m&#233;fiance vis-&#224;-vis des directions syndicales d&#233;j&#224; pr&#233;existante &#224; la gr&#232;ve, soit devenue un sentiment extr&#234;mement r&#233;pandu et grandissant parmi les cheminots.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette m&#233;fiance vis-&#224;-vis des organisations syndicales et le fait que ce sait la base qui ait d&#233;cid&#233; la gr&#232;ve et l'ait &#233;tendue, se sont traduits dans l'organisation du mouvement. D'abord par le fait que beaucoup de gr&#233;vistes, dans beaucoup de secteurs, sont pr&#233;sents chaque jour sur leur lieu de travail, et ceci en pleine p&#233;riode des f&#234;tes de fin d'ann&#233;e, p&#233;riode traditionnelle de cong&#233;s et d'absent&#233;isme. Mais ensuite et surtout par le fait que les gr&#233;vistes ont commenc&#233; &#224; se donner une organisation propre, ind&#233;pendante des organisations syndicales.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, un peu partout, ont lieu des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes qui discutent, contestent, entendent prendre des d&#233;cisions, m&#234;me l&#224; o&#249; les syndicats contr&#244;lent la gr&#232;ve et restent sa direction reconnue et accept&#233;e par les gr&#233;vistes. Au point que toutes les f&#233;d&#233;rations syndicales, la CGT en t&#234;te, affirment maintenant que ce sont &#224; ces assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de trancher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis dans certains secteurs, l&#224; o&#249; certaines directions syndicales locales ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;es parce qu'elles s'opposaient &#224; la gr&#232;ve, des comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus par les gr&#233;vistes ont &#233;t&#233; mis en place pour diriger le mouvement sous le contr&#244;le des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, l'id&#233;e de la coordination de ces comit&#233;s, c'est-&#224;-dire d'une organisation centrale du mouvement, a fait son chemin et s'est m&#234;me concr&#233;tis&#233;e. Cette id&#233;e de coordination - le mot m&#234;me - est certainement venue de l'exemple des &#233;tudiants qui se sont donn&#233; des coordinations semblables. L'exemple &#233;tudiant a frapp&#233; d'autant mieux qu'une gr&#232;ve des chemins de fer par sa nature m&#234;me est un mouvement qui touche des dizaines de milliers de gens dispers&#233;s sur toute l'&#233;tendue du territoire national, comme le mouvement &#233;tudiant, et qui a donc besoin, comme le mouvement &#233;tudiant, d'une organisation centrale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est ainsi que sont n&#233;es des coordinations nationales. D'une part, une Coordination Nationale des Agents de Conduite ; d'autre part une Coordination Nationale inter-cat&#233;gories de tous les cheminots. La premi&#232;re s'appuie sur le sentiment corporatiste qui existe tr&#232;s fort chez les conducteurs. La seconde au contraire essaie de donner corps &#224; l'id&#233;e que la force du mouvement r&#233;side dans le fait qu'il ne doit pas se laisser diviser par cat&#233;gories mal au contraire faire des 230 000 cheminots une force unique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces coordinations ne repr&#233;sentent pour l'instant qu'une minorit&#233; des cheminots. M&#234;me &#224; celle des seuls agents de conduite d&#233;j&#224; une minorit&#233; parmi l'ensemble des travailleurs de la SNCF, m&#234;me s'ils ont &#233;t&#233; le fer de lance de cette gr&#232;ve, seul le tiers des d&#233;p&#244;ts est repr&#233;sent&#233;. Mais des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et des comit&#233;s de gr&#232;ve, c'est-&#224;-dire la majorit&#233; des travailleurs de certains secteurs, ont d&#233;l&#233;gu&#233; des repr&#233;sentants aussi bien &#224; la Coordination Inter-cat&#233;gories o&#249; &#224; celle des agents de conduite ou aux deux pour certains d&#233;p&#244;ts. Des minorit&#233;s de nombreux autres secteurs ont envoy&#233; des observateurs &#224; la Coordination Inter-cat&#233;gories, vers laquelle des cheminots d'un peu partout regardent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Telles qu'elles sont, ces coordinations ont donc cr&#233;&#233; le fait nouveau de ce mouvement de gr&#232;ve en France, o&#249; il n'existe aucune tradition d'une organisation d&#233;mocratique des gr&#233;vistes ind&#233;pendante des appareils syndicaux, la direction de la gr&#232;ve &#233;tant consid&#233;r&#233;e, parmi les travailleurs eux-m&#234;mes, comme revenant de droit aux directions syndicales. Le combat pour l'organisation d&#233;mocratique de la gr&#232;ve, pour des comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus et contr&#244;l&#233;s par les gr&#233;vistes est depuis des dizaines d'ann&#233;es celui des seuls r&#233;volutionnaires. On pourrait m&#234;me dire quasiment celui des seuls militants de Lutte Ouvri&#232;re, la plupart des autres organisations d'extr&#234;me-gauche, m&#234;me trotskystes, comme on le voit encore maintenant dans ce mouvement des cheminots, avec l'attitude de la Ligue Communiste R&#233;volutionnaire et du Parti Communiste Internationaliste, acceptant ou m&#234;me demandant que la direction de la gr&#232;ve revienne de droit aux directions syndicales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette gr&#232;ve des cheminots, quelle que soit sa suite, va donc probablement laisser un exemple d'organisation de la gr&#232;ve inhabituel et qui peut faire date.&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus, depuis huit jours, ces coordinations, qui s'ajoutent aux assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales r&#233;guli&#232;res, aux comit&#233;s de gr&#232;ve et aux coordinations r&#233;gionales, et qui expriment &#224; la fois la d&#233;termination de la base et sa m&#233;fiance envers les organisations syndicales traditionnelles, poussent ces derni&#232;res en avant, m&#234;me si c'est l'&#233;p&#233;e dans les reins. Le fat que les f&#233;d&#233;rations syndicales n'aient rien sign&#233; avec la SNCF &#224; l'issue des n&#233;gociations, qu'elles aient &#233;t&#233; extr&#234;mement prudentes dans la pr&#233;sentation des r&#233;sultats de ces n&#233;gociations, qu'elles aient dit et redit que c'&#233;tait &#224; la base, aux gr&#233;vistes de d&#233;cider, est le r&#233;sultat de cette pression exerc&#233;e par les coordinations, c'est-&#224;-dire l'organisation ind&#233;pendante du mouvement gr&#233;viste, aussi embryonnaire soit-elle encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore sur cette gr&#232;ve dans l'historique qui suit...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8689 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3108.jpg' width=&#034;508&#034; height=&#034;344&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_9877 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3855.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3855.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de cheminots gr&#233;vistes :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9880 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3862.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/IMG_3862.jpg' width=&#034;3648&#034; height=&#034;2736&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1986-1987 : Les coordinations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Novembre 1986 marque une rupture pour le mouvement ouvrier, apr&#232;s l'anesth&#233;sie g&#233;n&#233;rale de 1981 avec la gauche gouvernementale. La droite, revenue aux affaires en mars 1986, a lanc&#233; des attaques tous azimuts. Quatre puissants mouvements vont la faire reculer : les &#233;tudiants &#224; l'automne 1986, les cheminots en d&#233;cembre 1986, les instituteurs au printemps 1987, les infirmi&#232;res &#224; l'automne 1988. Un nouveau cycle de luttes s'annonce alors, marqu&#233; par l'av&#232;nement de pratiques de d&#233;mocratie directe et d'auto-organisation. C'est le temps des &#171; coordinations &#187;. Il y aura des suites : &#224; la SNECMA et Air France...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8686 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3105.jpg' width=&#034;508&#034; height=&#034;285&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8687 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3106.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;529&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3121.jpg' width=&#034;360&#034; height=&#034;492&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8688 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3107.jpg' width=&#034;508&#034; height=&#034;326&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1986 janvier 1987, les cheminots vont faire une gr&#232;ve qui va durer 27 jours. Partie du r&#233;seau Nord chez les conducteurs, celle ci va s'&#233;tendre &#224; tout le pays malgr&#233; les r&#233;ticences, voir l'hostilit&#233; des &#233;tats-majors syndicaux. Et elle touchera plus ou moins toutes les cat&#233;gories de cheminots. La gr&#232;ve, qui porte essentiellement sur les salaires et l'arr&#234;t des baisses d'effectifs, sera marqu&#233;e par la d&#233;termination des gr&#233;vistes &#224; la base, avec des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales massives un peu partout. Sur le r&#233;seau de Paris Sud Ouest, dans bien des secteurs, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes &#233;lisent des comit&#233;s de gr&#232;ve. C'est &#224; dire une direction d&#233;mocratique de la gr&#232;ve, ouverte aux gr&#233;vistes syndiqu&#233;s (toutes tendances confondues) et aux gr&#233;vistes non syndiqu&#233;s. Ceux ci vont m&#234;me se coordonner r&#233;gionalement, puis nationalement en cr&#233;ant une coordination nationale intercat&#233;gorie des cheminots en gr&#232;ve. Bien que faible celle ci va repr&#233;senter pr&#233;s de 10 000 gr&#233;vistes. Daniel Vitry en sera un des animateurs et le porte parole.(ci contre debout au milieu du comit&#233; de gr&#232;ve d'Ivry). Cette gr&#232;ve malgr&#233; la d&#233;termination des gr&#233;vistes n'a pas gagn&#233;. Dans bien des secteurs les gr&#233;vistes n'ont pas su sortir du cat&#233;goriel, restant d&#233;termin&#233;s dans le milieu roulant, mais ne cherchant pas &#224; gagner d'autres cheminots dans la gr&#232;ve. L&#224; ou cette barri&#232;re a &#233;t&#233; franchie, comme &#224; Paris Sud Ouest, nous n'avons pas pu vaincre le corporatisme tr&#232;s pr&#233;sent chez les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 1986 marque une rupture pour le mouvement ouvrier, apr&#232;s l'anesth&#233;sie g&#233;n&#233;rale de 1981 avec la gauche gouvernementale. La droite, revenue aux affaires en mars 1986, a lanc&#233; des attaques tous azimuts. Quatre puissants mouvements vont la faire reculer : les &#233;tudiants &#224; l'automne 1986, les cheminots en d&#233;cembre 1986, les instituteurs au printemps 1987, les infirmi&#232;res &#224; l'automne 1988. Un nouveau cycle de luttes s'annonce alors, marqu&#233; par l'av&#232;nement de pratiques de d&#233;mocratie directe et d'auto-organisation. C'est le temps des &#171; coordinations &#187;. Il y aura des suites : &#224; la SNECMA et Air France...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des cheminots a dur&#233; exactement quatre semaines puisque les premiers gr&#233;vistes &#224; Paris Nord &#171; posaient le sac &#187; comme on dit, le jeudi 18 d&#233;cembre &#224; 0 heure et que les derniers, ceux de Paris Sud-Ouest par exemple, ne reprenaient le travail que jeudi 15 janvier au matin. Sa caract&#233;ristique premi&#232;re, c'est qu'elle a &#233;t&#233; voulue, pr&#233;par&#233;e, d&#233;cid&#233;e, d&#233;marr&#233;e et &#233;tendue par la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en convaincre, il n'est d'ailleurs que de voir comment la gr&#232;ve a d&#233;marr&#233; &#224; Paris Nord. Au d&#233;but novembre, une p&#233;tition circula parmi les conducteurs, proposant de &#171; poser le sac une fois pour toutes &#187;, c'est-&#224;-dire en clair proposant la gr&#232;ve illimit&#233;e jusqu'&#224; satisfaction des revendications. Cette p&#233;tition n'&#233;tait pas d'origine syndicale. Au contraire, elle &#233;tait due &#224; des cheminots exc&#233;d&#233;s par les actions ou, plut&#244;t, par les inactions syndicales. Depuis la rentr&#233;e de septembre, en deux mois, les f&#233;d&#233;rations syndicales avaient organis&#233;, ensemble ou s&#233;par&#233;ment, quatre journ&#233;es, une tous les quinze jours, aussi soigneusement programm&#233;es que limit&#233;es. La CGT, se pr&#233;tendant maintenant &#224; l'origine de la gr&#232;ve, se vante d'avoir, au cours de l'ann&#233;e 1986, organis&#233; pas moins de quatorze journ&#233;es d'action &#224; la SNCF. Mais c'est justement parce que les cheminots en avaient ras-le-bol non seulement de voir leur salaire r&#233;el se r&#233;duire, leurs conditions de travail empirer, les effectifs diminuer et la s&#233;curit&#233; mise de plus en plus en cause par la SNCF, mais aussi ras-le-bol des simagr&#233;es de leurs organisations syndicales, qu'ils ont organis&#233; et lanc&#233; un mouvement hors des cadres syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;tition ayant recueilli l'approbation d'une large majorit&#233;, un tract fut alors r&#233;dig&#233; au d&#233;but d&#233;cembre par quelques-uns des agents de conduite. Parmi ceux-ci il y avait des militants syndicalistes, mais c'est toujours hors des cadres syndicaux qu'il se fit. Il ne portait d'ailleurs - et c'&#233;tait &#233;videmment voulu - aucun sigle syndical. Bien plus il contenait m&#234;me une menace &#224; peine voil&#233;e contre les syndicats, les agents de conduite y &#233;crivant en effet qu'ils &#171; demandent aux diff&#233;rentes organisations syndicales, CFDT-CFTC-CGT-FGAAC-FO, de soutenir leur mouvement &#187;. Mais ils ajoutaient &#171; les agents de conduite sauront prendre leurs responsabilit&#233;s vis-&#224;-vis des organisations syndicales qui ne leur apporteraient pas leur soutien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tract, qui pr&#233;sentait les revendications des agents de conduite - dont le refus du nouveau projet de grille de salaire avanc&#233; par la direction, mais aussi l'augmentation des salaires et les conditions de travail - affirmait aussi que &#171; les agents de conduite ont pris la d&#233;cision de se mettre en gr&#232;ve &#224; partir du 18 d&#233;cembre 1986 &#224; 0 heure et jusqu'&#224; compl&#232;te satisfaction de leurs revendications &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait clairet net. C'est bien la base qui avait d&#233;cid&#233;, la base, c'est-&#224;-dire les travailleurs du rang y compris bien entendu des syndiqu&#233;s, y compris aussi des militants syndicaux, mais en dehors du cadre syndical, et des directions et des appareils des f&#233;d&#233;rations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la base aussi qui se chargea de propager et d'&#233;tendre son mouvement. Les agents de conduite laiss&#232;rent ce tract de d&#233;p&#244;t en d&#233;p&#244;t, l&#224; o&#249; ils vont au cours de leurs d&#233;placements puisque leur travail consiste justement &#224; conduire les trains le long du r&#233;seau. Ce tract circula largement et l'ensemble des agents de conduite fut inform&#233; de la volont&#233; et des d&#233;cisions de ceux de Paris Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les conducteurs de Paris Nord arr&#234;t&#232;rent le travail jeudi &#224; 0 heure comme ils l'avaient d&#233;cid&#233;, la gr&#232;ve ne mit pas longtemps &#224; s'&#233;tendre. Le soir elle &#233;tait d&#233;j&#224; g&#233;n&#233;rale sur tout le r&#233;seau Nord du pays, de Paris jusqu'&#224; Lille. Et des d&#233;p&#244;ts d'autres r&#233;seaux tinrent d&#233;j&#224; des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans lesquelles la gr&#232;ve fut d&#233;cid&#233;e pour les heures qui venaient. L'exemple du Nord &#233;tait contagieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se fit sans, ou m&#234;me contre, les f&#233;d&#233;rations syndicales, m&#234;me si parmi ceux qui ont fait le tract d'appel, qui l'ont port&#233; ici ou l&#224;, qui se sont d&#233;plac&#233;s dans les autres d&#233;p&#244;ts lors de ces premi&#232;res heures de la gr&#232;ve, il y avait des militants syndicaux, en particulier CFDT et FGAAC (la f&#233;d&#233;ration autonome des agents de conduite, le syndicat corporatiste des conducteurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les f&#233;d&#233;rations syndicales, elles, n'&#233;taient ni &#224; l'origine ni vraiment &#224; l'oeuvre. Au mieux elles se sont content&#233;es de suivre, et dans ce cas, avec m&#233;fiance. Et si la caract&#233;ristique du d&#233;marrage de ce mouvement allait &#234;tre la grande m&#233;fiance de la base vis-&#224;-vis des organisations syndicales, ce ne fut que le simple retour des choses, la contrepartie de la m&#233;fiance bien plus grande encore des directions syndicales vis-&#224;-vis de la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune f&#233;d&#233;ration syndicale, et pas plus la CFDT ou la FGAAC que les autres, ne lan&#231;a un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, m&#234;me lorsque celle-ci fut de toute mani&#232;re en route, m&#234;me pour les seuls agents de conduite. Et &#224; plus forte raison pas pour l'ensemble des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, elle, fut encore plus oppos&#233;e &#224; cette gr&#232;ve qui &#233;chappait &#224; son contr&#244;le, d'autant plus oppos&#233;e qu'elle a eu l'impression que ses concurrents, la CFDT et la FGAAC, avaient mieux manoeuvr&#233; dans les premi&#232;res heures pour appara&#238;tre tout de m&#234;me comme accompagnant le mouvement. Durant la premi&#232;re journ&#233;e, la CGT garda tout simplement le silence. Alors que tout le r&#233;seau Nord &#233;tait d&#233;j&#224; en gr&#232;ve, les communiqu&#233;s de la CGT, le jeudi 18 d&#233;cembre, n'en disaient pas un mot et ne parlaient que de la gr&#232;ve de la r&#233;servation qui se terminait &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude de la CGT, en fait tr&#232;s claire dans son opposition &#224; la gr&#232;ve, mais ext&#233;rieurement ambigu&#235;, eut pour cons&#233;quence, comme d'habitude en pareil cas, que les militants c&#233;g&#233;tistes prirent des attitudes contradictoires. Un certain nombre d'entre eux, suivant sans aucun doute leur propre sentiment, le m&#234;me que celui des autres cheminots, pouss&#232;rent tout de suite &#224; la gr&#232;ve, et furent dans leur d&#233;p&#244;t parmi ses initiateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ailleurs les responsables CGT ne se m&#233;prenant pas, eux, sur la v&#233;ritable volont&#233; de la f&#233;d&#233;ration, s'oppos&#232;rent ouvertement, carr&#233;ment &#224; la gr&#232;ve. Ainsi par exemple sur le secteur Paris Sud-Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le vendredi 19 d&#233;cembre, quand la question se posa pour les roulants de Paris Sud-Ouest de se joindre &#224; la gr&#232;ve de Paris Nord, on vit resurgir les &#171; piquets de travail &#187; de la CGT c'est-&#224;-dire comme quinze jours auparavant dans un secteur particulier (la ligne C sur RER), des responsables CGT venus sur place tout sp&#233;cialement pour inciter &#224; ne pas faire gr&#232;ve. Vendredi matin, au d&#233;p&#244;t d'Ivry, &#224; la gare des Invalides, &#224; Br&#233;tigny, dans tous les points n&#233;vralgiques du secteur, les responsables CGT &#233;taient l&#224;, accompagn&#233;s de quelques militants ou adh&#233;rents. Pas tous, tr&#232;s loin de l&#224;, il faut le souligner. Beaucoup de travailleurs CGT furent du c&#244;t&#233; de la gr&#232;ve d&#232;s le d&#233;but. Mais les responsables CGT militaient activement pour le travail, s'opposant aux cheminots qui voulaient faire gr&#232;ve, et aux militants, dont ceux de Lutte Ouvri&#232;re, qui appelaient &#224; faire gr&#232;ve. Dans cette affaire les responsables CGT et la direction march&#232;rent m&#234;me la main dans la main. C'est ainsi que la direction SNCF mit &#171; en r&#233;serve &#187; un responsable de la CGT, le dispensant de conduire les trains, afin qu'il puisse demeurer en permanence au d&#233;p&#244;t pour inciter les cheminots &#224; bien prendre leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; Paris Sud-Ouest, cela dura deux jours, jusqu'au samedi soir, jusqu'&#224; ce que la majorit&#233; des cheminots ait rejoint la gr&#232;ve et que la f&#233;d&#233;ration CGT, se rendant compte qu'elle ne pouvait pas de toute mani&#232;re s'opposer &#224; une gr&#232;ve qui &#233;tait d&#233;j&#224; devenue nationale, change alors son fusil d'&#233;paule et se d&#233;clare ouvertement en faveur de cette gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pendant ces deux jours, les gr&#233;vistes furent gagn&#233;s un &#224; un, les agents de conduite balan&#231;ant, d'un c&#244;t&#233; pouss&#233;s par leur envie de se battre et de se joindre &#224; une gr&#232;ve qui s'&#233;tendait nationalement, de l'autre c&#244;t&#233; repouss&#233;s par l'attitude des responsables syndicaux ouvertement hostiles &#224; la gr&#232;ve. C'est ainsi que le d&#233;p&#244;t d'Ivry ne fut majoritairement en gr&#232;ve que le samedi soir et qu'il fallut deux jours pour gagner cette majorit&#233; &#224; partir du premier gr&#233;viste, un militant de Lutte Ouvri&#232;re, le vendredi &#224; 6 heures du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois cette attitude des militants CGT ne fut pas la m&#234;me partout. Dans maints endroits, ils se sont joints &#224; la gr&#232;ve avec moins de r&#233;ticences, ou m&#234;me sans aucune r&#233;ticence. Mais ce n'est certainement pas qu'&#224; Paris Sud-Ouest que les responsables ont manifest&#233; leur opposition, m&#234;me si &#224; Paris Sud-Ouest ils l'ont manifest&#233;e aussi violemment - &#224; cause de la pr&#233;sence de militants r&#233;volutionnaires. La preuve, c'est que les derniers d&#233;p&#244;ts &#224; se mettre en gr&#232;ve, le dimanche 21 d&#233;cembre, furent g&#233;n&#233;ralement les d&#233;p&#244;ts o&#249; la CGT a la plus grande influence. L'organisation ind&#233;pendante des gr&#233;vistes inqui&#232;te bourgeoisie... et syndicats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette gr&#232;ve la base n'a pas seulement voulu, d&#233;cid&#233;, &#233;tendu la gr&#232;ve sans un ordre des appareils syndicaux. Elle a aussi commenc&#233; &#224; s'organiser hors des cadres syndicaux. C'est cela d'ailleurs qui a inqui&#233;t&#233; un moment la bourgeoisie et le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en effet au milieu de la deuxi&#232;me semaine, au bout de six ou sept jours de gr&#232;ve que les journalistes et commentateurs de tout poil, ont commenc&#233; &#224; s'interroger ouvertement sur la faiblesse des syndicats, exactement au moment o&#249; ils ont d&#233;couvert que s'&#233;taient mis en place, ici et l&#224;, des comit&#233;s de gr&#232;ve, &#233;lus par les gr&#233;vistes, contr&#244;l&#233;s par eux et qui avaient pris la direction de la gr&#232;ve dans leur secteur, et m&#234;me qu'existaient des coordinations de ces comit&#233;s de gr&#232;ve. Alors on a vu, non seulement Le Monde, ce porte-parole des bourgeois pr&#233;tendument de gauche, mais Le Figaro lui-m&#234;me qui n'est pourtant gu&#232;re coupable, habituellement, de tendresse &#224; l'&#233;gard des syndicats, d&#233;plorer cette faiblesse. &#171; Quelque soit le d&#233;sarroi des syndicats qui n'ont &#224; aucun moment ma&#238;tris&#233; le mouvement et qui se sont lass&#233;s d&#233;border par des &#171; coordinations &#187; cr&#233;&#233;es de toute pi&#232;ce &#187; &#233;crivait son &#233;ditorialiste du lundi 29 d&#233;cembre, &#171; ils restent les seuls interlocuteurs de la direction SNCF &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est vrai que ce qui a &#233;t&#233; diff&#233;rent dans cette gr&#232;ve, par rapport &#224; d'autres gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales de la SNCF, celle de 1971 par exemple, qui avait dur&#233; onze jours, ou celle de 1976, c'est l'organisation des gr&#233;vistes. Elle a &#233;t&#233; encore embryonnaire, parcellaire, limit&#233;e. Mais telle quelle, elle a impliqu&#233; tout de m&#234;me, &#224; un degr&#233; ou &#224; un autre, des dizaines de milliers de travailleurs. Et les cheminots ont certainement au moins &#233;t&#233; conscients de son existence et de ce qu'elle changeait dans l'ordre habituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, cette gr&#232;ve, qui touchait une entreprise de 230 000 travailleurs r&#233;partis sur la totalit&#233; du territoire, a eu des caract&#232;res diff&#233;rents, vari&#233;s, selon les villes, les situations locales, l'implantation plus ou moins grande des divers appareils syndicaux concurrents et aussi des militants d'extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, presque partout, des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes se sont tenues r&#233;guli&#232;rement. Dans quelques secteurs, et en particulier ceux o&#249; &#233;taient influents les militants de notre tendance, ces assembl&#233;es ont eu lieu au moins une fois par jour y compris les jours de No&#235;l et du 1er de l'An. Cela devrait para&#238;tre banal. On sait pourtant que cela ne l'est pas forc&#233;ment et que les gr&#232;ves o&#249; les directions syndicales renvoient les gr&#233;vistes chez eux, attendre patiemment ou non que ces directions syndicales aient n&#233;goci&#233; la fin du mouvement avec les patrons, ont ces derni&#232;res d&#233;cennies &#233;t&#233; la r&#232;gle &#224; la SNCF et dans bien d'autres entreprises en France. Cette fois, cela n'a pas &#233;t&#233; le cas. Les gr&#233;vistes &#233;taient l&#224; et entendaient y rester. C'est, bien s&#251;r, la maque de la m&#233;fiance que beaucoup &#233;prouvaient envers les directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, dans lesquelles &#233;taient prises nombre de d&#233;cisions concernant la poursuite de la gr&#232;ve, se sont impos&#233;es non seulement l&#224; o&#249; existaient des comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus par elles et responsables devant elles, mais dans bien des secteurs o&#249; la direction de la gr&#232;ve est rest&#233;e enti&#232;rement dans les mains des syndicats. L&#224;, les gr&#233;vistes n'ont peut-&#234;tre pas trouv&#233; la force d'imposer l'&#233;lection de la direction de la gr&#232;ve ; ils ont puis&#233; cependant dans leur m&#233;fiance vis-&#224;-vis de leurs directions traditionnelles la force d'&#234;tre l&#224; et de demander des explications, sinon des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT elle-m&#234;me l'a reconnu. Prenant son parti de l'&#233;tat de fait, apr&#232;s une semaine de gr&#232;ve environ, elle se disait brusquement en faveur de &#171; la d&#233;mocratie, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale souveraine et la r&#233;union des syndiqu&#233;s &#187;. Bien s&#251;r ce slogan &#233;tait mis en avant pour faire pi&#232;ce &#224; celui de la v&#233;ritable d&#233;mocratie : &#171; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale souveraine et le comit&#233; &#187;. C'&#233;tait tout de m&#234;me, quoique avec retard et avec r&#233;ticence, reconna&#238;tre qu'une gr&#232;ve devait &#234;tre contr&#244;l&#233;e par les gr&#233;vistes... et qu'elle l'&#233;tait au moins en partie cette fois-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a eu les coordinations. Des coordinations r&#233;gionales, pas seulement &#224; Paris Sud-Ouest, mais aussi dans le secteur de Paris Saint-Lazare, &#224; Tours, &#224; Lyon, &#224; Rouen, et puis des coordinations nationales, la Coordination des agents de conduite d'une part, la Coordination inter-cat&#233;gories d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que les comit&#233;s de gr&#232;ve ne se sont mis en place que par endroits, et pas dans la majorit&#233; des endroits loin de l&#224;, de m&#234;me les coordinations n'ont repr&#233;sent&#233; qu'une minorit&#233; de secteurs. La Coordination des agents de conduite elle-m&#234;me n'a repr&#233;sent&#233; qu'un peu plus du quart des d&#233;p&#244;ts, peut-&#234;tre 5 000 conducteurs sur un total de 18 000. La Coordination inter-cat&#233;gories, lors de sa troisi&#232;me r&#233;union pl&#233;ni&#232;re, au cours de la troisi&#232;me semaine de gr&#232;ve, repr&#233;sentait 12 000 gr&#233;vistes qui avaient d&#251;ment mandat&#233; leurs repr&#233;sentants dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Mais &#224; ce moment-l&#224;, il y avait plus ou moins 100 000 gr&#233;vistes &#224; la SNCF, ce qui signifie que la Coordination ne repr&#233;sentait qu'une petite partie des cheminots en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation d&#233;mocratique et ind&#233;pendante de la gr&#232;ve &#224; l'&#233;chelle nationale, n'a donc &#233;t&#233; qu'embryonnaire. Et pourtant, telle quelle, c'&#233;tait tout de m&#234;me le d&#233;but de quelque chose de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 23 d&#233;cembre encore, apr&#232;s un semblant de n&#233;gociations avec les syndicats, la direction se f&#233;licitait qu'un accord salarial ait &#233;t&#233; conclu avec la CFTC, la F&#233;d&#233;ration des Ma&#238;trises et Cadres et la CGC, FO retirant sa signature &#224; la derni&#232;re minute. Elle semblait croire que le fait que ces syndicats, ultra-minoritaires &#224; la SNCF, appellent &#224; la reprise, allait calmer les choses, sans voir le ridicule des appels &#224; la reprise de la part de syndicats... qui n'avaient jamais appel&#233; &#224; la gr&#232;ve, jamais m&#234;me approuv&#233; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vendredi 26 d&#233;cembre, Dupuy, le directeur-g&#233;n&#233;ral de la SNCF, lan&#231;ait un ultimatum : il fallait, parait-il, que les cheminots reprennent le travail pour que les discussions red&#233;marrent, et de toute mani&#232;re la promotion au m&#233;rite, l'essentiel du nouveau projet de grille des salaires dont les cheminots demandaient le retrait, serait maintenu. Dupuy, il faut le dire, avait sans doute &#233;t&#233; encourag&#233; par l'attitude des directions syndicales qui s'&#233;taient toutes pr&#233;cipit&#233;es chez lui la veille de No&#235;l, en ordre dispers&#233;, parce que Essig, le pr&#233;sident socialiste de la SNCF, et Seguin, le ministre des Affaires Sociales, avaient laiss&#233; entendre qu'on pouvait n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les gr&#233;vistes n'ont &#233;t&#233; ni impressionn&#233;s ni tromp&#233;s. Il n'y a pas eu de reprise, mais la mise en place des coordinations nationales, celle des agents de conduite, r&#233;unie le vendredi 26 et le dimanche 28 d&#233;cembre, et la Coordination inter-cat&#233;gories, r&#233;unie elle-m&#234;me le vendredi 26 et le lundi 29. La CGT &#233;tait oblig&#233;e de durcir le ton. Elle organisait une manifestation des cheminots le mardi 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, le mercredi 31, &#224; minuit, en guise de cadeau de nouvelle ann&#233;e, le projet de grille de salaire qui pr&#233;tendait instituer la seule promotion au m&#233;rite &#233;tait pratiquement retir&#233; par la direction de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'irruption de la base, sa d&#233;termination et son d&#233;but d'organisation n'inqui&#233;taient pas que le gouvernement. Cela inqui&#233;tait aussi les f&#233;d&#233;rations syndicales. La CGT adoptait, on l'a vu, un ton plus radical, parlait d'extension, tout en attaquant violemment les coordinations, en bloc. La CFDT, qui avait commenc&#233; son OPA sur la Coordination des agents de conduite, ne pardonnait pas par contre &#224; la Coordination inter-cat&#233;gories. Le lendemain m&#234;me de la constitution provisoire de celle-ci, une r&#233;union extraordinaire de son bureau f&#233;d&#233;ral d&#233;cidait de retirer son poste de permanent &#224; Daniel Vitry, un des principaux dirigeants de cette Coordination. Les dirigeants de la CFDT dirent que &#171; puisque Daniel Vitry se voulait le repr&#233;sentant de la base, ils le remettaient &#224; la base &#187;. Ce semblant d'humour et cette r&#233;elle hypocrisie, bien j&#233;suite, ont eu au moins un m&#233;rite involontaire : celui de reconna&#238;tre qu'&#224; la CFDT le fait d'occuper un poste de responsabilit&#233; et celui d'&#234;tre repr&#233;sentant de la base sont incompatibles. Donnons-en acte aux dirigeants de la f&#233;d&#233;ration CFDT. Quant &#224; savoir ce qu'en pensent r&#233;ellement les adh&#233;rents et les militants, c'est sans doute une autre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://mensuel.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1986-1993-trilingue/article/france-la-greve-des-cheminots-18&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici sur la gr&#232;ve de 1986-1987&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/social/20100421.OBS2784/les-principales-greves-a-la-sncf-depuis-1986.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire le t&#233;moignage de Serge Torrano&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://syndicollectif.files.wordpress.com/2015/03/collectif-n1-p32-56_dossier-greves-1987.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB86036348&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La t&#233;l&#233;vision sur la coordination des cheminots la parole &#224; Daniel Vitry&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB86036348&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les bureaucraties syndicales se d&#233;fendent contre les coordinations&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAB86036348&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La t&#233;l&#233;vision sur la coordination&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_1987_num_16_1_1919?q=gr%C3%A8ves%20cheminots&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'hiver de la gr&#232;ve des cheminots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.revolutionpermanente.fr/Interview-Greve-des-cheminots-de-1986-A-chaque-greve-j-ai-ce-sentiment-d-etre-enfin-libre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Coordination des Cheminots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://mensuel.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-1986-1993-trilingue/article/france-la-greve-des-cheminots-18&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand Lutte Ouvri&#232;re organisait des coordinations pour donner une direction ouvri&#232;re &#224; la lutte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/CAF95032986/la-greve-des-transports-a-paris-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La t&#233;l&#233; sur la gr&#232;ve&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8695 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/-3113.jpg' width=&#034;630&#034; height=&#034;350&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un t&#233;moignage :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la SNCF, ce n'est pas 1995 qui a mar&#172;qu&#233; l'apparition (ou le retour) &#224; des pratiques d'auto-organisation de la lutte. Neuf ans plus t&#244;t, les trois semaines de gr&#232;ve de d&#233;cembre 1986-janvier 1987 avaient permis d'imposer une rupture nette avec un syst&#232;me o&#249; la gr&#232;ve &#233;tait devenue depuis longtemps l'affaire des syndicats, voire m&#234;me des seules f&#233;d&#233;rations syndicales d&#232;s lors qu'on parlait de mouvement national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de 1986/1987 se situe dans une p&#233;riode de forte tension sociale : mouvement lyc&#233;en et &#233;tudiant contre la loi Devaquet, assassinat de Malik Oussekine par la police, gr&#232;ve des agents commerciaux de la SNCF puis gr&#232;ve des agents de conduite, qui se transforment rapidement en gr&#232;ve inter-cat&#233;gorielle sur l'ensemble de l'entreprise. De sa pr&#233;paration &#224; sa conclusion, ce mouvement est plac&#233; sous la responsabilit&#233; des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes ; c'est un acquis important qui se retrouvera &#171; naturellement &#187; lors du d&#233;marrage de la gr&#232;ve 1995, avec une diff&#233;rence de taille : en 1986, si les collectifs CFDT-cheminots sont souvent &#224; l'initiative du mouvement, les militants et militantes CGT combattent la gr&#232;ve dans ses premiers jours puis s'y ins&#232;rent de mani&#232;re fort maladroite vis-&#224;-vis des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ; en 1995, du c&#244;t&#233; de la CGT la le&#231;on a &#233;t&#233; retenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pratique des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales est bien s&#251;r essentielle. Encore faut-il s'entendre sur ce qu'est une A.G. de gr&#233;vistes. Ce n'est pas une r&#233;union d'information organis&#233;e par les syndicats, c'est bien un moment o&#249; chacun et chacune doit pouvoir se sentir suffisamment &#224; l'aise pour parler, pour proposer, pour critiquer, pour d&#233;cider. En 86/87 comme en 95, la quasi-totalit&#233; des A.G. au sein de la SNCF se font sur la base du collectif de travail : le d&#233;p&#244;t, l'atelier, la gare, le chantier de ventes ou de man&#339;uvre lorsqu'il s'agit de gros &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette &#233;chelle qu'on a r&#233;ellement des A.G. Il ne s'agit pas de &#171; meetings &#187; o&#249; les porte-paroles des syndicats, fussent-ils des repr&#233;sentants ou repr&#233;sentantes locaux, donnent les nouvelles, appellent &#224; reconduire le mouvement ou &#224; l'arr&#234;ter, avant que la d&#233;mocratie se limite &#224; lever la main pour approuver ce qui vient d'&#234;tre dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette pratique de v&#233;ritables assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales o&#249; chaque gr&#233;viste peut ais&#233;ment trouver sa place qui permet une appropriation de la gr&#232;ve par les gr&#233;vistes ; d'o&#249; les multiples initiatives autog&#233;r&#233;es, parfois formalis&#233;es sous forme de &#171; commissions &#187; : pour la revue de presse quotidienne, pour les repas, pour les propositions d'actions, pour les liens avec les autres A.G., etc. C'est de l&#224; que se feront &#171; naturellement &#187; les occupations de locaux durant le temps de la gr&#232;ve : il s'agit alors de se r&#233;approprier collectivement les lieux de la gr&#232;ve, qui sont aussi ceux qui correspondent au champ de l'A.G., au cadre connu car fr&#233;quent&#233; quotidiennement depuis des ann&#233;es. C'est ainsi qu'en novembre-d&#233;cembre 1995, &#224; la SNCF, beaucoup de directions locales ont &#233;t&#233;, soit expuls&#233;es, soit mises de c&#244;t&#233;, durant tout le mouvement ; des endroits strat&#233;giques (commande du personnel roulant, postes d'aiguillage, guichets, etc.) ont &#233;t&#233; occup&#233;s d&#232;s les premiers jours de la gr&#232;ve. Tout &#231;a s'organise &#224; partir du collectif de travail, devenu collectif de gr&#232;ve ! Ca me parait important d'insister sur ce point : depuis 1986 et 1995, il n'est plus question pour les organisations syndicales appelant &#224; la gr&#232;ve de combattre, du moins ouvertement, l'existence des Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales ; mais trop souvent elles se transforment en caricature d'A.G. de gr&#233;vistes, d'A.G. de travailleurs et de travailleuses d&#233;cidant et coordonnant leur lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit l'organisation politique &#224; laquelle ils et elles se r&#233;f&#232;rent, celles et ceux qui consid&#232;rent que la classe ouvri&#232;re n'est pas en capacit&#233; de d&#233;finir et mener politique et luttes autonomes, ne supportent pas les vraies A.G., repr&#233;sentatives, d&#233;mocratiques, d&#233;cisionnelles. A contrario, l'animation autogestionnaire des luttes consiste &#224; organiser cette d&#233;mocratie ouvri&#232;re, &#224; la d&#233;fendre : la pratique de l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale quotidienne en est une des bases. Elle ne r&#233;sout pas tout, d'autres points m&#233;ritent une attention particuli&#232;re, notamment la coordination du mouvement &#224; l'&#233;chelle nationale, les liens interprofessionnels localement, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des nouveaut&#233;s de 95 est la g&#233;n&#233;ralisation des liens directs entre salari&#233;-es de secteurs diff&#233;rents : piquets de gr&#232;ve communs, d&#233;l&#233;gations r&#233;ciproques dans les A.G., d&#233;parts communs pour les manifestations, &#233;taient devenus pratiques courantes entre cheminot-es, postier-es, enseignant-es, &#233;tudiant-es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative de la base&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des cheminots a dur&#233; exactement quatre semaines puisque les premiers gr&#233;vistes &#224; Paris Nord &#171; posaient le sac &#187; comme on dit, le jeudi 18 d&#233;cembre &#224; 0 heure et que les derniers, ceux de Paris Sud-Ouest par exemple, ne reprenaient le travail que jeudi 15 janvier au matin. Sa caract&#233;ristique premi&#232;re, c'est qu'elle a &#233;t&#233; voulue, pr&#233;par&#233;e, d&#233;cid&#233;e, d&#233;marr&#233;e et &#233;tendue par la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en convaincre, il n'est d'ailleurs que de voir comment la gr&#232;ve a d&#233;marr&#233; &#224; Paris Nord. Au d&#233;but novembre, une p&#233;tition circula parmi les conducteurs, proposant de &#171; poser le sac une fois pour toutes &#187;, c'est-&#224;-dire en clair proposant la gr&#232;ve illimit&#233;e jusqu'&#224; satisfaction des revendications. Cette p&#233;tition n'&#233;tait pas d'origine syndicale. Au contraire, elle &#233;tait due &#224; des cheminots exc&#233;d&#233;s par les actions ou, plut&#244;t, par les inactions syndicales. Depuis la rentr&#233;e de septembre, en deux mois, les f&#233;d&#233;rations syndicales avaient organis&#233;, ensemble ou s&#233;par&#233;ment, quatre journ&#233;es, une tous les quinze jours, aussi soigneusement programm&#233;es que limit&#233;es. La CGT, se pr&#233;tendant maintenant &#224; l'origine de la gr&#232;ve, se vante d'avoir, au cours de l'ann&#233;e 1986, organis&#233; pas moins de quatorze journ&#233;es d'action &#224; la SNCF. Mais c'est justement parce que les cheminots en avaient ras-le-bol non seulement de voir leur salaire r&#233;el se r&#233;duire, leurs conditions de travail empirer, les effectifs diminuer et la s&#233;curit&#233; mise de plus en plus en cause par la SNCF, mais aussi ras-le-bol des simagr&#233;es de leurs organisations syndicales, qu'ils ont organis&#233; et lanc&#233; un mouvement hors des cadres syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;tition ayant recueilli l'approbation d'une large majorit&#233;, un tract fut alors r&#233;dig&#233; au d&#233;but d&#233;cembre par quelques-uns des agents de conduite. Parmi ceux-ci il y avait des militants syndicalistes, mais c'est toujours hors des cadres syndicaux qu'il se fit. Il ne portait d'ailleurs - et c'&#233;tait &#233;videmment voulu - aucun sigle syndical. Bien plus il contenait m&#234;me une menace &#224; peine voil&#233;e contre les syndicats, les agents de conduite y &#233;crivant en effet qu'ils &#171; demandent aux diff&#233;rentes organisations syndicales, CFDT-CFTC-CGT-FGAAC-FO, de soutenir leur mouvement &#187;. Mais ils ajoutaient &#171; les agents de conduite sauront prendre leurs responsabilit&#233;s vis-&#224;-vis des organisations syndicales qui ne leur apporteraient pas leur soutien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tract, qui pr&#233;sentait les revendications des agents de conduite - dont le refus du nouveau projet de grille de salaire avanc&#233; par la direction, mais aussi l'augmentation des salaires et les conditions de travail - affirmait aussi que &#171; les agents de conduite ont pris la d&#233;cision de se mettre en gr&#232;ve &#224; partir du 18 d&#233;cembre 1986 &#224; 0 heure et jusqu'&#224; compl&#232;te satisfaction de leurs revendications &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait clairet net. C'est bien la base qui avait d&#233;cid&#233;, la base, c'est-&#224;-dire les travailleurs du rang y compris bien entendu des syndiqu&#233;s, y compris aussi des militants syndicaux, mais en dehors du cadre syndical, et des directions et des appareils des f&#233;d&#233;rations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la base aussi qui se chargea de propager et d'&#233;tendre son mouvement. Les agents de conduite laiss&#232;rent ce tract de d&#233;p&#244;t en d&#233;p&#244;t, l&#224; o&#249; ils vont au cours de leurs d&#233;placements puisque leur travail consiste justement &#224; conduire les trains le long du r&#233;seau. Ce tract circula largement et l'ensemble des agents de conduite fut inform&#233; de la volont&#233; et des d&#233;cisions de ceux de Paris Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les conducteurs de Paris Nord arr&#234;t&#232;rent le travail jeudi &#224; 0 heure comme ils l'avaient d&#233;cid&#233;, la gr&#232;ve ne mit pas longtemps &#224; s'&#233;tendre. Le soir elle &#233;tait d&#233;j&#224; g&#233;n&#233;rale sur tout le r&#233;seau Nord du pays, de Paris jusqu'&#224; Lille. Et des d&#233;p&#244;ts d'autres r&#233;seaux tinrent d&#233;j&#224; des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans lesquelles la gr&#232;ve fut d&#233;cid&#233;e pour les heures qui venaient. L'exemple du Nord &#233;tait contagieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se fit sans, ou m&#234;me contre, les f&#233;d&#233;rations syndicales, m&#234;me si parmi ceux qui ont fait le tract d'appel, qui l'ont port&#233; ici ou l&#224;, qui se sont d&#233;plac&#233;s dans les autres d&#233;p&#244;ts lors de ces premi&#232;res heures de la gr&#232;ve, il y avait des militants syndicaux, en particulier CFDT et FGAAC (la f&#233;d&#233;ration autonome des agents de conduite, le syndicat corporatiste des conducteurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les f&#233;d&#233;rations syndicales, elles, n'&#233;taient ni &#224; l'origine ni vraiment &#224; l'oeuvre. Au mieux elles se sont content&#233;es de suivre, et dans ce cas, avec m&#233;fiance. Et si la caract&#233;ristique du d&#233;marrage de ce mouvement allait &#234;tre la grande m&#233;fiance de la base vis-&#224;-vis des organisations syndicales, ce ne fut que le simple retour des choses, la contrepartie de la m&#233;fiance bien plus grande encore des directions syndicales vis-&#224;-vis de la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition initiale de la CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune f&#233;d&#233;ration syndicale, et pas plus la CFDT ou la FGAAC que les autres, ne lan&#231;a un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, m&#234;me lorsque celle-ci fut de toute mani&#232;re en route, m&#234;me pour les seuls agents de conduite. Et &#224; plus forte raison pas pour l'ensemble des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, elle, fut encore plus oppos&#233;e &#224; cette gr&#232;ve qui &#233;chappait &#224; son contr&#244;le, d'autant plus oppos&#233;e qu'elle a eu l'impression que ses concurrents, la CFDT et la FGAAC, avaient mieux manoevr&#233; dans les premi&#232;res heures pour appara&#238;tre tout de m&#234;me comme accompagnant le mouvement. Durant la premi&#232;re journ&#233;e, la CGT garda tout simplement le silence. Alors que tout le r&#233;seau Nord &#233;tait d&#233;j&#224; en gr&#232;ve, les communiqu&#233;s de la CGT, le jeudi 18 d&#233;cembre, n'en disaient pas un mot et ne parlaient que de la gr&#232;ve de la r&#233;servation qui se terminait &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude de la CGT, en fait tr&#232;s claire dans son opposition &#224; la gr&#232;ve, mais ext&#233;rieurement ambigu&#235;, eut pour cons&#233;quence, comme d'habitude en pareil cas, que les militants c&#233;g&#233;tistes prirent des attitudes contradictoires. Un certain nombre d'entre eux, suivant sans aucun doute leur propre sentiment, le m&#234;me que celui des autres cheminots, pouss&#232;rent tout de suite &#224; la gr&#232;ve, et furent dans leur d&#233;p&#244;t parmi ses initiateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ailleurs les responsables CGT ne se m&#233;prenant pas, eux, sur la v&#233;ritable volont&#233; de la f&#233;d&#233;ration, s'oppos&#232;rent ouvertement, carr&#233;ment &#224; la gr&#232;ve. Ainsi par exemple sur le secteur Paris Sud-Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le vendredi 19 d&#233;cembre, quand la question se posa pour les roulants de Paris Sud-Ouest de se joindre &#224; la gr&#232;ve de Paris Nord, on vit resurgir les &#171; piquets de travail &#187; de la CGT c'est-&#224;-dire comme quinze jours auparavant dans un secteur particulier (la ligne C sur RER), des responsables CGT venus sur place tout sp&#233;cialement pour inciter &#224; ne pas faire gr&#232;ve. Vendredi matin, au d&#233;p&#244;t d'Ivry, &#224; la gare des Invalides, &#224; Br&#233;tigny, dans tous les points n&#233;vralgiques du secteur, les responsables CGT &#233;taient l&#224;, accompagn&#233;s de quelques militants ou adh&#233;rents. Pas tous, tr&#232;s loin de l&#224;, il faut le souligner. Beaucoup de travailleurs CGT furent du c&#244;t&#233; de la gr&#232;ve d&#232;s le d&#233;but. Mais les responsables CGT militaient activement pour le travail, s'opposant aux cheminots qui voulaient faire gr&#232;ve, et aux militants, dont ceux de Lutte Ouvri&#232;re, qui appelaient &#224; faire gr&#232;ve. Dans cette affaire les responsables CGT et la direction march&#232;rent m&#234;me la main dans la main. C'est ainsi que la direction SNCF mit &#171; en r&#233;serve &#187; un responsable de la CGT, le dispensant de conduire les trains, afin qu'il puisse demeurer en permanence au d&#233;p&#244;t pour inciter les cheminots &#224; bien prendre leur travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; Paris Sud-Ouest, cela dura deux jours, jusqu'au samedi soir, jusqu'&#224; ce que la majorit&#233; des cheminots ait rejoint la gr&#232;ve et que la f&#233;d&#233;ration CGT, se rendant compte qu'elle ne pouvait pas de toute mani&#232;re s'opposer &#224; une gr&#232;ve qui &#233;tait d&#233;j&#224; devenue nationale, change alors son fusil d'&#233;paule et se d&#233;clare ouvertement en faveur de cette gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pendant ces deux jours, les gr&#233;vistes furent gagn&#233;s un &#224; un, les agents de conduite balan&#231;ant, d'un c&#244;t&#233; pouss&#233;s par leur envie de se battre et de se joindre &#224; une gr&#232;ve qui s'&#233;tendait nationalement, de l'autre c&#244;t&#233; repouss&#233;s par l'attitude des responsables syndicaux ouvertement hostiles &#224; la gr&#232;ve. C'est ainsi que le d&#233;p&#244;t d'Ivry ne fut majoritairement en gr&#232;ve que le samedi soir et qu'il fallut deux jours pour gagner cette majorit&#233; &#224; partir du premier gr&#233;viste, un militant de Lutte Ouvri&#232;re, le vendredi &#224; 6 heures du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois cette attitude des militants CGT ne fut pas la m&#234;me partout. Dans maints endroits, ils se sont joints &#224; la gr&#232;ve avec moins de r&#233;ticences, ou m&#234;me sans aucune r&#233;ticence. Mais ce n'est certainement pas qu'&#224; Paris Sud-Ouest que les responsables ont manifest&#233; leur opposition, m&#234;me si &#224; Paris Sud-Ouest ils l'ont manifest&#233;e aussi violemment - &#224; cause de la pr&#233;sence de militants r&#233;volutionnaires. La preuve, c'est que les derniers d&#233;p&#244;ts &#224; se mettre en gr&#232;ve, le dimanche 21 d&#233;cembre, furent g&#233;n&#233;ralement les d&#233;p&#244;ts o&#249; la CGT a la plus grande influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation ind&#233;pendante des gr&#233;vistes inqui&#232;te bourgeoisie... et syndicats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette gr&#232;ve la base n'a pas seulement voulu, d&#233;cid&#233;, &#233;tendu la gr&#232;ve sans un ordre des appareils syndicaux. Elle a aussi commenc&#233; &#224; s'organiser hors des cadres syndicaux. C'est cela d'ailleurs qui a inqui&#233;t&#233; un moment la bourgeoisie et le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en effet au milieu de la deuxi&#232;me semaine, au bout de six ou sept jours de gr&#232;ve que les journalistes et commentateurs de tout poil, ont commenc&#233; &#224; s'interroger ouvertement sur la faiblesse des syndicats, exactement au moment o&#249; ils ont d&#233;couvert que s'&#233;taient mis en place, ici et l&#224;, des comit&#233;s de gr&#232;ve, &#233;lus par les gr&#233;vistes, contr&#244;l&#233;s par eux et qui avaient pris la direction de la gr&#232;ve dans leur secteur, et m&#234;me qu'existaient des coordinations de ces comit&#233;s de gr&#232;ve. Alors on a vu, non seulement Le Monde, ce porte-parole des bourgeois pr&#233;tendument de gauche, mais Le Figaro lui-m&#234;me qui n'est pourtant gu&#232;re coupable, habituellement, de tendresse &#224; l'&#233;gard des syndicats, d&#233;plorer cette faiblesse. &#171; Quelque soit le d&#233;sarroi des syndicats qui n'ont &#224; aucun moment ma&#238;tris&#233; le mouvement et qui se sont lass&#233;s d&#233;border par des &#171; coordinations &#187; cr&#233;&#233;es de toute pi&#232;ce &#187; &#233;crivait son &#233;ditorialiste du lundi 29 d&#233;cembre, &#171; ils restent les seuls interlocuteurs de la direction SNCF &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est vrai que ce qui a &#233;t&#233; diff&#233;rent dans cette gr&#232;ve, par rapport &#224; d'autres gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales de la SNCF, celle de 1971 par exemple, qui avait dur&#233; onze jours, ou celle de 1976, c'est l'organisation des gr&#233;vistes. Elle a &#233;t&#233; encore embryonnaire, parcellaire, limit&#233;e. Mais telle quelle, elle a impliqu&#233; tout de m&#234;me, &#224; un degr&#233; ou &#224; un autre, des dizaines de milliers de travailleurs. Et les cheminots ont certainement au moins &#233;t&#233; conscients de son existence et de ce qu'elle changeait dans l'ordre habituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, cette gr&#232;ve, qui touchait une entreprise de 230 000 travailleurs r&#233;partis sur la totalit&#233; du territoire, a eu des caract&#232;res diff&#233;rents, vari&#233;s, selon les villes, les situations locales, l'implantation plus ou moins grande des divers appareils syndicaux concurrents et aussi des militants d'extr&#234;me-gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, presque partout, des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de gr&#233;vistes se sont tenues r&#233;guli&#232;rement. Dans quelques secteurs, et en particulier ceux o&#249; &#233;taient influents les militants de notre tendance, ces assembl&#233;es ont eu lieu au moins une fois par jour y compris les jours de No&#235;l et du 1er de l'An. Cela devrait para&#238;tre banal. On sait pourtant que cela ne l'est pas forc&#233;ment et que les gr&#232;ves o&#249; les directions syndicales renvoient les gr&#233;vistes chez eux, attendre patiemment ou non que ces directions syndicales aient n&#233;goci&#233; la fin du mouvement avec les patrons, ont ces derni&#232;res d&#233;cennies &#233;t&#233; la r&#232;gle &#224; la SNCF et dans bien d'autres entreprises en France. Cette fois, cela n'a pas &#233;t&#233; le cas. Les gr&#233;vistes &#233;taient l&#224; et entendaient y rester. C'est, bien s&#251;r, la maque de la m&#233;fiance que beaucoup &#233;prouvaient envers les directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, dans lesquelles &#233;taient prises nombre de d&#233;cisions concernant la poursuite de la gr&#232;ve, se sont impos&#233;es non seulement l&#224; o&#249; existaient des comit&#233;s de gr&#232;ve &#233;lus par elles et responsables devant elles, mais dans bien des secteurs o&#249; la direction de la gr&#232;ve est rest&#233;e enti&#232;rement dans les mains des syndicats. L&#224;, les gr&#233;vistes n'ont peut-&#234;tre pas trouv&#233; la force d'imposer l'&#233;lection de la direction de la gr&#232;ve ; ils ont puis&#233; cependant dans leur m&#233;fiance vis-&#224;-vis de leurs directions traditionnelles la force d'&#234;tre l&#224; et de demander des explications, sinon des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT elle-m&#234;me l'a reconnu. Prenant son parti de l'&#233;tat de fait, apr&#232;s une semaine de gr&#232;ve environ, elle se disait brusquement en faveur de &#171; la d&#233;mocratie, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale souveraine et la r&#233;union des syndiqu&#233;s &#187;. Bien s&#251;r ce slogan &#233;tait mis en avant pour faire pi&#232;ce &#224; celui de la v&#233;ritable d&#233;mocratie : &#171; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale souveraine et le comit&#233; &#187;. C'&#233;tait tout de m&#234;me, quoique avec retard et avec r&#233;ticence, reconna&#238;tre qu'une gr&#232;ve devait &#234;tre contr&#244;l&#233;e par les gr&#233;vistes... et qu'elle l'&#233;tait au moins en partie cette fois-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a eu les coordinations. Des coordinations r&#233;gionales, pas seulement &#224; Paris Sud-Ouest, mais aussi dans le secteur de Paris Saint-Lazare, &#224; Tours, &#224; Lyon, &#224; Rouen, et puis des coordinations nationales, la Coordination des agents de conduite d'une part, la Coordination inter-cat&#233;gories d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que les comit&#233;s de gr&#232;ve ne se sont mis en place que par endroits, et pas dans la majorit&#233; des endroits loin de l&#224;, de m&#234;me les coordinations n'ont repr&#233;sent&#233; qu'une minorit&#233; de secteurs. La Coordination des agents de conduite elle-m&#234;me n'a repr&#233;sent&#233; qu'un peu plus du quart des d&#233;p&#244;ts, peut-&#234;tre 5 000 conducteurs sur un total de 18 000. La Coordination inter-cat&#233;gories, lors de sa troisi&#232;me r&#233;union pl&#233;ni&#232;re, au cours de la troisi&#232;me semaine de gr&#232;ve, repr&#233;sentait 12 000 gr&#233;vistes qui avaient d&#251;ment mandat&#233; leurs repr&#233;sentants dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Mais &#224; ce moment-l&#224;, il y avait plus ou moins 100 000 gr&#233;vistes &#224; la SNCF, ce qui signifie que la Coordination ne repr&#233;sentait qu'une petite partie des cheminots en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation d&#233;mocratique et ind&#233;pendante de la gr&#232;ve &#224; l'&#233;chelle nationale, n'a donc &#233;t&#233; qu'embryonnaire. Et pourtant, telle quelle, c'&#233;tait tout de m&#234;me le d&#233;but de quelque chose de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 23 d&#233;cembre encore, apr&#232;s un semblant de n&#233;gociations avec les syndicats, la direction se f&#233;licitait qu'un accord salarial ait &#233;t&#233; conclu avec la CFTC, la F&#233;d&#233;ration des Ma&#238;trises et Cadres et la CGC, FO retirant sa signature &#224; la derni&#232;re minute. Elle semblait croire que le fait que ces syndicats, ultra-minoritaires &#224; la SNCF, appellent &#224; la reprise, allait calmer les choses, sans voir le ridicule des appels &#224; la reprise de la part de syndicats... qui n'avaient jamais appel&#233; &#224; la gr&#232;ve, jamais m&#234;me approuv&#233; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vendredi 26 d&#233;cembre, Dupuy, le directeur-g&#233;n&#233;ral de la SNCF, lan&#231;ait un ultimatum : il fallait, parait-il, que les cheminots reprennent le travail pour que les discussions red&#233;marrent, et de toute mani&#232;re la promotion au m&#233;rite, l'essentiel du nouveau projet de grille des salaires dont les cheminots demandaient le retrait, serait maintenu. Dupuy, il faut le dire, avait sans doute &#233;t&#233; encourag&#233; par l'attitude des directions syndicales qui s'&#233;taient toutes pr&#233;cipit&#233;es chez lui la veille de No&#235;l, en ordre dispers&#233;, parce que Essig, le pr&#233;sident socialiste de la SNCF, et Seguin, le ministre des Affaires Sociales, avaient laiss&#233; entendre qu'on pouvait n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les gr&#233;vistes n'ont &#233;t&#233; ni impressionn&#233;s ni tromp&#233;s. Il n'y a pas eu de reprise, mais la mise en place des coordinations nationales, celle des agents de conduite, r&#233;unie le vendredi 26 et le dimanche 28 d&#233;cembre, et la Coordination inter-cat&#233;gories, r&#233;unie elle-m&#234;me le vendredi 26 et le lundi 29. La CGT &#233;tait oblig&#233;e de durcir le ton. Elle organisait une manifestation des cheminots le mardi 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, le mercredi 31, &#224; minuit, en guise de cadeau de nouvelle ann&#233;e, le projet de grille de salaire qui pr&#233;tendait instituer la seule promotion au m&#233;rite &#233;tait pratiquement retir&#233; par la direction de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'irruption de la base, sa d&#233;termination et son d&#233;but d'organisation n'inqui&#233;taient pas que le gouvernement. Cela inqui&#233;tait aussi les f&#233;d&#233;rations syndicales. La CGT adoptait, on l'a vu, un ton plus radical, parlait d'extension, tout en attaquant violemment les coordinations, en bloc. La CFDT, qui avait commenc&#233; son OPA sur la Coordination des agents de conduite, ne pardonnait pas par contre &#224; la Coordination inter-cat&#233;gories. Le lendemain m&#234;me de la constitution provisoire de celle-ci, une r&#233;union extraordinaire de son bureau f&#233;d&#233;ral d&#233;cidait de retirer son poste de permanent &#224; Daniel Vitry, un des principaux dirigeants de cette Coordination (par ailleurs, militant de Lutte Ouvri&#232;re). Les dirigeants de la CFDT dirent que &#171; puisque Daniel Vitry se voulait le repr&#233;sentant de la base, ils le remettaient &#224; la base &#187;. Ce semblant d'humour et cette r&#233;elle hypocrisie, bien j&#233;suite, ont eu au moins un m&#233;rite involontaire : celui de reconna&#238;tre qu'&#224; la CFDT le fait d'occuper un poste de responsabilit&#233; et celui d'&#234;tre repr&#233;sentant de la base sont incompatibles. Donnons-en acte aux dirigeants de la f&#233;d&#233;ration CFDT. Quant &#224; savoir ce qu'en pensent r&#233;ellement les adh&#233;rents et les militants, c'est sans doute une autre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obstacle du corporatisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, il est vrai que le mouvement des cheminots a eu certaines limites, ind&#233;pendamment de la politique des organisations syndicales, bien que cette politique ait certainement contribu&#233; &#224; rendre ces limites plus &#233;troites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, la d&#233;termination des cheminots n'a pas &#233;t&#233; homog&#232;ne. Si les agents de conduite ont &#233;t&#233; massivement dans la gr&#232;ve, en constituant &#224; tous points de vue le fer de lance du mouvement, pour les autres cat&#233;gories de cheminots, la participation et la d&#233;termination ont &#233;t&#233; plus variables, c'est-&#224;-dire proportionnellement et globalement plus faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette participation et cette d&#233;termination ont &#233;t&#233; influenc&#233;es dans un sens n&#233;gatif par l'attitude de certains agents de conduite et de tous les dirigeants et de nombre de militants de toutes les organisations syndicales. Nous y reviendrons. Au total, si 90 % &#224; 95 % des 18 000 agents de conduite ont &#233;t&#233; en gr&#232;ve, pendant presque toute la gr&#232;ve, ce pourcentage peut &#234;tre &#233;valu&#233; &#224; environ 50 % pour l'ensemble des autres cat&#233;gories, et seulement pendant une partie du mouvement, &#224; son apog&#233;e. Cela fait autour de 100 000 cheminots en gr&#232;ve, et ces cheminots en gr&#232;ve auraient pu largement suffire &#224; paralyser la SNCF, avec ou sans les agents de conduite, mais l'un des probl&#232;mes est cependant que beaucoup de ces cheminots ne voyaient pas leur gr&#232;ve comme quelque chose d'&#233;ventuellement ind&#233;pendant de celle des agents de conduite. Ils ne se voyaient pas continuer &#233;ventuellement la gr&#232;ve sans eux. La majorit&#233; d'entre eux, &#224; l'&#233;chelle nationale, voyaient leur propre gr&#232;ve comme seulement compl&#233;mentaire de celle des agents de conduite, voire simplement permise par celle des conducteurs. Contrairement, de ce point de vue, aux agents de conduite qui se voyaient bien pour la plupart faire la gr&#232;ve tout seuls. Ce qui ne leur aurait pas permis de vaincre de toute fa&#231;on, mais de cela ils n'avaient pas tous conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont r&#233;ussi &#224; arr&#234;ter la gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de trois semaines, la gr&#232;ve n'avait pas encore faibli. Le lundi 5 janvier, apr&#232;s le pont du Premier de l'An, de nombreux cheminots qui avaient &#233;t&#233; en cong&#233; pour quelques jours, rejoignaient de nouveau les gr&#233;vistes, et partout les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#233;taient plus nombreuses. Malgr&#233; l'attitude de la FGAAC, poussant ostensiblement &#224; la reprise apr&#232;s les f&#234;tes bien qu'elle n'os&#226;t pas prononcer le mot, le nombre des agents de conduite qui avaient abandonn&#233; &#233;tait infime. De nouvelles n&#233;gociations jeudi 8 janvier n'amen&#232;rent que des miettes qui furent jug&#233;es telles par les gr&#233;vistes, et le soir la gr&#232;ve tenait toujours aussi bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intox &#224; la reprise battait son plein. Celle-ci &#233;tait annonc&#233;e chaque jour. Pourtant chaque jour, c'&#233;tait le m&#234;me pourcentage de trains qui roulaient, pas plus. A partir du vendredi 9, il y eut la pr&#233;tendue mobilisation des usagers, c'est-&#224;-dire des patrons et des partis de droite. Mais tout cela n'impressionna gu&#232;re les gr&#233;vistes, au plus, cela accrut la col&#232;re de quelques-uns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ont arr&#234;t&#233; la gr&#232;ve, ce sont les syndicats : la CFDT et la CGT, puisque les autres soit n'avaient jamais &#233;t&#233; dans la gr&#232;ve, soit comme la FGAAC l'avait d&#233;j&#224; abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manoeuvre pour arr&#234;ter une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; la SNCF alors que les gr&#233;vistes eux-m&#234;mes ne sont nullement pr&#234;ts &#224; abandonner, n'est pas une nouveaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a d&#233;j&#224; vue se r&#233;p&#233;ter en 1968, en 1971, en 1976, bref &#224; chaque fois qu'une gr&#232;ve impliquant des dizaines de milliers de cheminots aux quatre coins du territoire est devenue pesante ou g&#234;nante pour les organisations syndicales. Cette manoeuvre consiste &#224; pousser &#224; la reprise les secteurs les plus faibles au lieu de les conforter en montrant que la grosse majorit&#233; tient ferme. Puis, en se servant de leur exemple, &#224; souffler aux autres que le vent est &#224; la reprise, et ainsi les d&#233;courager et les d&#233;moraliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois-ci, l&#224; encore, c'est la CFDT qui s'est avanc&#233;e la premi&#232;re. D&#232;s la fin des n&#233;gociations jeudi 8 au soir, la F&#233;d&#233;ration faisait savoir que, bien s&#251;r sans se prononcer pour la reprise, elle estimait que les gr&#233;vistes ne pourraient de toute fa&#231;on rien obtenir de plus. A part cela, elle les laissait libres de se prononcer pour ou contre la continuation de la gr&#232;ve. Un peu plus tard, c'est Edmond Maire lui-m&#234;me qui en rajoutait en conseillant ouvertement &#171; l'apaisement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur le terrain, les responsables, d&#232;s vendredi, encourageaient plus ou moins discr&#232;tement les premiers secteurs o&#249; la gr&#232;ve &#233;tait minoritaire &#224; reprendre le travail imm&#233;diatement, sans attendre de conna&#238;tre l'opinion de la majorit&#233; des autres secteurs. En fait, dans certains endroits ils encourageaient la minorit&#233; qui votait pour la reprise &#224; reprendre le travail. C'est ainsi qu'une gr&#232;ve est &#233;miett&#233;e, bris&#233;e, et qu'est cr&#233;&#233; le courant pour la reprise. Il est significatif d'ailleurs que les communiqu&#233;s de la F&#233;d&#233;ration ne disaient pas que, le vendredi 9 au soir il y avait toujours 79 d&#233;p&#244;ts sur 94 qui avaient d&#233;cid&#233; de poursuivre le mouvement. Ils disaient que quinze d&#233;p&#244;ts avaient d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter la gr&#232;ve. C'est ainsi qu'on cr&#233;e un climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, elle, a tenu plus longtemps. D'abord elle avait plus que la CFDT &#224; se faire pardonner son opposition du d&#233;but de la gr&#232;ve. Et puis, puisque la CFDT lui donnait l'occasion d'appara&#238;tre plus ferme, elle ne devait pas la rater. Elle a donc tenu deux jours de plus en se pronon&#231;ant officiellement pour la continuation. Et puis Edmond Maire ayant abattu ouvertement son jeu, la CGT se d&#233;clara tout &#224; la fois &#171; aux c&#244;t&#233;s de ceux qui ont d&#233;cid&#233; de continuer la lutte et aux c&#244;t&#233;s de ceux qui ont d&#233;cid&#233; de reprendre &#187;. Et voil&#224;. Ce n'est pas encore aujourd'hui que les j&#233;suites de la CFDT pourront donner des le&#231;ons &#224; ceux de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, comme toujours, l'attitude ambigu&#235; de la CGT s'est traduite de deux mani&#232;res sur le terrain. Certains militants y ont vu quand m&#234;me un encouragement &#224; continuer la gr&#232;ve, et ont pouss&#233; certains d&#233;p&#244;ts &#224; tenir un jour ou deux encore dans certaines r&#233;gions du Midi ou m&#234;me &#224; Paris Sud-Ouest, o&#249;. ils avaient, il est vrai beaucoup &#224; faire pour se racheter. D'autres responsables y ont vu le feu vert pour pousser &#224; la reprise aux c&#244;t&#233;s de la CFDT. Ainsi au d&#233;p&#244;t du Charolais, gare de Lyon &#224; Paris, apr&#232;s que l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale eut vot&#233; la continuation de la gr&#232;ve, un d&#233;l&#233;gu&#233; demandait, comme par hasard, aux minoritaires s'ils comptaient reprendre le travail tout de suite. Certains ayant finalement saisi la perche tendue, on organisait une nouvelle assembl&#233;e o&#249; les responsables syndicaux soulignaient la n&#233;cessit&#233; de reprendre tous ensemble. C'est avec ce petit jeu que CGT et CFDT ensemble sont parvenues &#224; faire voter la reprise, malgr&#233; l'opposition d'un militant CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait dans la n&#233;cessit&#233; de parer &#224; toutes ces manoeuvres que les coordinations avaient trouv&#233; leur premi&#232;re raison d'&#234;tre. L'appel du d&#233;p&#244;t de Sotteville &#224; cr&#233;er une coordination nationale des agents de conduite disait explicitement et justement que c'&#233;tait &#171; afin d'&#233;viter la reprise d&#233;p&#244;t par d&#233;p&#244;t &#187;. Malheureusement le repr&#233;sentant de Sotteville au bureau de la Coordination des agents de conduite lui-m&#234;me (par ailleurs membre de la LCR) avait oubli&#233; au d&#233;but janvier ce qu'il &#233;crivait fin d&#233;cembre. C'est lui-m&#234;me qui a expliqu&#233; dans une interview au journal Le Matin comment il a appel&#233; son d&#233;p&#244;t, dont l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale venait de voter la poursuite de la gr&#232;ve, &#224; d&#233;cider de reprendre le travail &#171; pour ne pas briser l'unit&#235; &#187;, restant ainsi jusqu'au bout fid&#232;le &#224; la politique de la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Coordination inter-cat&#233;gories a &#233;t&#233;, elle, encore trop faible pour s'opposer &#224; ces grandes manoeuvres. Elle a appel&#233; &#224; continuer la gr&#232;ve. Elle a publi&#233; par tracts les informations sur la liste des secteurs qui avaient d&#233;cid&#233; de continuer la gr&#232;ve. Mais elle ne repr&#233;sentait qu'une petite minorit&#233;, m&#234;me si dans ces derniers jours, des cheminots de plusieurs r&#233;gions qui n'avaient pas &#233;t&#233; en contact jusqu'ici, ont alors pris ce contact, &#224; la recherche d'informations exactes que tous leur refusaient. La Coordination inter-cat&#233;gories n'a pas pu s'opposer &#224; ces manoeuvres, elle n'en a pas eu la force. C'est certes regrettable. Mais elle a eu le m&#233;rite d'&#234;tre la seule organisation nationale a tenter de le faire, et elle a surtout eu le m&#233;rite d'exister et de montrer l'exemple de ce qu'il faut faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes n'ont pas gagn&#233; mais ils ne sont pas d&#233;faits&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots n'ont pas gagn&#233;. Bien s&#251;r, le projet de grille des salaires est remis&#233;, du moins momentan&#233;ment. Mais ils n'ont eu satisfaction ni sur les salaires, ni sur les conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les gr&#233;vistes ne sont nullement d&#233;moralis&#233;s. Tout le montre : les r&#233;actions aux menaces de sanctions pour fait de gr&#232;ve comme l'attitude vis-&#224;-vis des chefs qui ont fait les jaunes pendant la gr&#232;ve. A Nevers, &#224; Narbonne, &#224; Lyon, &#224; Nanterre et dans bien d'autres endroits il y eut de nouveau d&#233;brayages dans les heures ou les jours qui ont suivi la fin de la gr&#232;ve pour bien indiquer &#224; la SNCF que les gr&#233;vistes n'accepteraient pas la moindre sanction. Et un peu partout ce sont les chefs jaunes qui doivent rabattre de leur arrogance ant&#233;rieure et les gr&#233;vistes qui leur montrent qu'ils savent se souvenir de leur attitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, la SNCF le sait bien. Elle est extr&#234;mement prudente. Elle vient d'annoncr au Comit&#233; d'Entreprise de Paris Sud-Ouest qu'il n'y aurait aucune sanction sur la r&#233;gion, que seule une enqu&#234;te pour un pr&#233;tendu sabotage se poursuit. Il est vrai qu'&#224; Amiens, elle aurait d&#233;pos&#233; plus d'une centaine de plaintes contre les gr&#233;vistes qui, ont occup&#233; les voies, comme dans d'autres villes d'ailleurs, mais elle a tenu &#224; affirmer qu'au point de vue administratif, elle agirait &#171; avec mansu&#233;tude &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes n'ont pas gagn&#233;. Mais ils ne sont pas abattus, ni d&#233;faits. Ils ne le sont pas, parce qu'ils ont bien conscience que leur mouvement avec toutes ses limites, apr&#232;s une longue p&#233;riode de calme social dans laquelle la classe ouvri&#232;re prenait des coups sans les rendre, vient de prouver que les travailleurs demeuraient tout &#224; fait capables de se battre, de riposter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis ils ont pris conscience aussi d'avoir fait une gr&#232;ve pas tout &#224; fait ordinaire. Ils ont vu que cette gr&#232;ve, c'est la base, eux, les travailleurs du rang, qui l'ont voulue, d&#233;cid&#233;e, impos&#233;e et &#233;tendue, sans les appareils des f&#233;d&#233;rations syndicales, et m&#234;me contre eux. Et des milliers d'entre eux ont m&#234;me vu davantage : que les gr&#233;vistes peuvent s'organiser ind&#233;pendamment de ces appareils, se donner une direction qu'ils contr&#244;lent enti&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement au jour le jour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;18 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Arr&#234;t de travail effectif des agents de conduite de Paris Nord, qui paralyse tout le trafic banlieue. La CFDT appelle &#224; &#171; un &#233;largissement du mouvement au plan national &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales aux d&#233;p&#244;ts de Paris et Villeneuve, convoqu&#233;es par les sections CFDT et FGAAC. La section CFDT des agents de trains appelle &#224; la gr&#232;ve pour le lendemain. CGT et CFTC se joindront &#224; cet appel.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Commission Mixte du Statut : la CFDT demande la satisfaction imm&#233;diaste des revendications des agents de la saisie et des agents de conduite. La direction refuse de discuter. La CFDT appelle &#224; l'extension du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	D&#233;brayages &#224; Paris Lyon et Paris Est ; mouvement qui, dans la soir&#233;e s'&#233;tend aux r&#233;gions de Bordeaux, Lyon, Toulouse, Marseille, etc. Ces actions sont d&#233;clench&#233;es &#224; l'issue d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, sans pr&#233;avis.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	A 3 heures, la gr&#232;ve commence &#224; l'appel de la CFDT et de la FGAAC aux d&#233;p&#244;ts de Paris et Villeneuve. A 16 heures, la CGT des agents de conduite des d&#233;p&#244;ts de Paris et Villeneuve se joint au mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	La direction r&#233;pond &#224; la CFDT qu'elle refuse d'aller plus loin en ce qui concerne la saisie. Elle ne consid&#232;re pas l'action commenc&#233; sur le Nord comme une nationale et refuse de n&#233;gocier puisqu'une seule organisation syndicale soutint le mouvement. A 18h, elle convoque toutes les organisations pour annoncer &#8230; des n&#233;gociations en janvier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	70 des 94 d&#233;p&#244;ts sont en gr&#232;ve. M&#234;me si des adh&#233;rents suivent, la CGT sur la base de l'adage &#171; on ne fait pas gr&#232;ve pendant les f&#234;tes &#187; se d&#233;fend d'&#234;tre &#224; l'origine du mouvement et appelle m&#234;me, par endroits, &#224; la reprise du travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	A 16 heures, la section CGT des agents de conduite du d&#233;p&#244;t de Villeneuve cesse la gr&#232;ve et va faire les trains ; &#224; 20 heures, elle se remet en gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Interpell&#233;e sur son attitude de blocage alors que les f&#234;tes approchent, la direction s'en tient &#224; ses n&#233;gociations en janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	93 d&#233;p&#244;ts sur 94 sont touch&#233;s. La SNCF estime le nombre d'agents de conduite en gr&#232;ve &#224; 80%. Dans l'apr&#232;s midi, le d&#233;p&#244;t de Chamb&#233;ry &#8211; d&#233;j&#224; &#224; l'origine de a gr&#232;ve qui, en septembre 1985, avait paralys&#233; tout le r&#233;seau &#8211; cesse le premier d'assurer le service minimum en bloquant les voies. Abandonnant sa r&#233;serve, la CGT demande &#171; &#224; tous ses militants, dans chaque chantier, de faire se prononcer d&#233;mocratiquement les cheminots de tous les services sur les revendications &#224; satisfaire &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Durant tout le week-end et 24 heures sur 24, les &#233;quipes CFDT mettent en place une permanence pour assurer l'extension et la coordination du mouvement. Nous fournirons ainsi les informations quotidiennes sur l'&#233;tat de la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le mouvement fait t&#226;che d'huile et s'&#233;tend &#224; de nombreux secteurs s&#233;dentaires ; essentiellement Mat&#233;rie, Exploitation, parfois Equipement. Mais la gr&#232;ve, qui est d&#233;j&#224; suivie &#224; plus de 90% chez les roulants (agents de conduite, contr&#244;leurs) n'atteindra en moyenne nationale que 30% chez les s&#233;dentaires, ce qui recouvre de grosses diff&#233;rences selon les localit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	A 8 heures, la section CFDT des s&#233;dentaires du d&#233;p&#244;t de Villeneuve appelle &#224; la gr&#232;ve et convoque une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. A 12 heures, les sections CFDT et CGT des AMPSE organisent un vote qui d&#233;cide la gr&#232;ve. A la m&#234;me heure, les sections CFDT et FO de la C.Ex. Villeneuve appellent &#224; la gr&#232;ve et aux assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales quotidiennes. A 13 heures, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du chantier Voyageurs de Paris Gare de Lyon d&#233;cide de poursuivre l'action &#171; indemnit&#233; de saisie &#187; (CFDT, CGT, CFTC) en se mettant en gr&#232;ve sur les m&#234;mes axes revendicatifs que l'action engag&#233;e dans les d&#233;p&#244;ts. A 14 heures, la section CGT des s&#233;dentaires du d&#233;p&#244;t de Villeneuve se joint &#224; la gr&#232;ve. Dans l'apr&#232;s midi, la CFDT appelle l'ensemble des agents de la C.Ex. Paris &#224; partir en gr&#232;ve (Gare, Bercy et Villeneuv&#233;Prairie).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	A 18 heures, la direction convoque les syndicats, non pas pour n&#233;gocier sur le cahier revendicatif d&#233;pos&#233;, mais pour avancer la date des n&#233;gociations salariales 1987 pr&#233;vues normalement le 6 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Gr&#232;ve de plusieurs centres PTT, soutenue par les sections CFDT. Gr&#232;ve des marins, &#224; l'appel de la CGT.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Les sections CFDT et CGT de Laroche et la Ligne &#224; Grande Vitesse appellent &#224; la gr&#232;ve. Dans la journ&#233;e, la CFDT appelle l'ensemble de la r&#233;gion Equipement &#224; la gr&#232;ve et organise des assembl&#233;es sur Paris et Villeneuve. L'assembl&#233;e de la gare de Corbeil d&#233;cide la gr&#232;ve &#224; l'appel de la CGT. La section CGT de Valenton se joint au mouvement. L'Union Professionnelle R&#233;gionale CFDT lance un appel pour une gr&#232;ve totale. Les chantiers de Montargis sont en gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	A 2 heures, rupture des n&#233;gociations ; CFDT, CGT FGAAC estiment insuffisantes es propositions de la direction en mati&#232;re de politique salariale et refusent de reporter aux 8 janvier et 9 mars les questions relatives aux conditions de travail et &#224; la grille des r&#233;mun&#233;rations. Nouvel appel de Jean Dupuy : &#171; je pense que tous les cheminots, dans cette affaire, ont bien conscience que c'est la vie m&#234;me de l'entreprise qui est en jeu &#187;. 7 heures : CGC, FMC et CFTC signent l'accord salarial et &#171; invitent tous les cheminots soucieux de leur avenir et de la p&#233;rennit&#233; de l'entreprise &#187; &#224; reprendre le travail. CFDT, FGAAC, CGT et FO appellent &#224; la reconduction du mouvement. Intervention d'Herv&#233; De Charrette, ministre d&#233;l&#233;gu&#233; la Fonction publique : &#171; il ne faut pas compter sur le gouvernement pour qu'il c&#232;de &#224; des demandes qui ne sont pas justifi&#233;es &#187;. Cr&#233;ation parmi les cheminots syndiqu&#233;s et non syndiqu&#233;s de comit&#233;s de gr&#232;ve, fermement d&#233;cid&#233;s &#224; g&#233;rer eux-m&#234;mes le conflit. Nouvelles interventions des forces de l'ordre, &#224; Chamb&#233;ry notamment o&#249; neuf rames TGV &#233;taient bloqu&#233;es depuis 24 heures. Consignes aux pr&#233;fets de favoriser la mise en place de transports routiers de remplacement. A 20 heures, Philippe Essig, pr&#233;sident de la SNCF, pr&#234;che la reprise du dialogue : &#171; On peut n&#233;gocier d&#232;s maintenant si tous les syndicats le souhaitent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Dupuy d&#233;clare qu'il d&#233;missionne si sa grille n'est pas maintenue.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Les sections Exploitation et Equipement de Corbeil et Melun rejoignent la gr&#232;ve, &#224; l'appel de la CFDT et la CGT et tiennent des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales communes &#224; Corbeil, seul endroit de ces &#233;tablissements o&#249; la gr&#232;ve est bien suivie. L'Entretien de Villeneuve Prairie est en gr&#232;ve. La section CGT de la C.Ex. Villeneuve se joint &#224; la gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Les comit&#233;s de gr&#232;ve des agents de conduite de Pars Nord et Sottevill&#233;l&#232;s-Rouen appellent &#224; la r&#233;union d'une coordination nationale afin &#171; d'&#233;viter une reprise du travail, d&#233;p&#244;t par d&#233;p&#244;t, isol&#233;s les uns des autres &#187;. La direction SNCF consulte s&#233;par&#233;ment les syndicats : simples &#233;changes de point de vue sur la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	12 heures : &#171; cette situation a assez dur&#233; ; elle doit prendre fin &#187;, d&#233;clare Jean Dupuy qui assure &#234;tre pr&#234;t &#224; &#233;voquer les conditions de travail dans le cadre de la Commission Mixte du Statut et &#224; faire appel, pour r&#233;gler la question de la grille des r&#233;mun&#233;rations, &#224; &#171; une personnalit&#233; ext&#233;rieure &#224; la SNCF dont la comp&#233;tence et l'impartialit&#233; soient incontestables &#187;. Il conclut : &#171; d&#232;s que le travail aura repris, d&#232;s que les trains rouleront, toutes les propositions, toutes les ouvertures, que je viens de faire et qui sont tr&#232;s larges pourront se concr&#233;tiser &#187;. Toll&#233; des syndicats qui crient &#224; la provocation. Cr&#233;ation en Gare du Nord, d'une &#171; coordination nationale provisoire des d&#233;p&#244;ts &#187;, qui ne se veut, ni l'&#233;manation d'un parti politique, ni un substitut des syndicats. Cr&#233;ation &#224; la Bourse du travail de Paris, d'une &#171; coordination nationale provisoire de tous les cheminots en gr&#232;ve &#187; qui revendique ouvertement le droit de participer aux n&#233;gociations avec la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Premiers blocages de trains sur notre r&#233;gion. Les TGV sont retard&#233;s, les autorisations de conduite contr&#244;l&#233;es, quelques &#171; feuilles &#187; et postes occup&#233;s. Les cheminots ripostent ainsi &#224; l'attitude de la direction nationale, &#224; laquelle certains cadres de notre r&#233;gion ajoutent des provocations r&#233;p&#233;t&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Pierre M&#233;haignerie, ministre de l'Equipement, du Logement, de l'Am&#233;nagement du territoire et des Transports, d&#233;clare &#171; pour le moment, c'est &#224; la direction SNCF de trouver des solutions &#8230; Le gouvernement n'a pas, pour l'instant, vocation &#224; &#234;tre en premi&#232;re ligne &#187;. Mise au point de Jean Dupuy : &#171; beaucoup ont interpr&#233;t&#233; mes d&#233;clarations comme formulant un pr&#233;alable. En fait, je n'ai pas &#233;tabli de pr&#233;alable&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La direction se lance dans l'intox en grand : elle annonce des trains qu'elle n'assure pas, elle donne des pourcentages de circulation sur la base du service minimum et non de la r&#233;alit&#233;. Mise en place d&#233;finitive de la &#171; coordination nationale des agents de conduite &#187; qui r&#233;affirme sa volont&#233; de garder sa sp&#233;cificit&#233; tout en se f&#233;licitant qu'il y ait d'autres mouvements de revendications. Mise en place de coordinations r&#233;gionales entre comit&#233;s de gr&#232;ve, toutes cat&#233;gories confondues &#224; Sotteville, Clermont-Ferrand, Toulouse, Lyon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 d&#233;cembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le mouvement atteint son rapport de force le plus &#233;lev&#233;. Des cadres non gr&#233;vistes informent les journaux de leur &#233;c&#339;urement face &#224; l'attitude de la direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	La section CFDT des services administratifs de la r&#233;gion et du r&#233;seau tente de lancer la gr&#232;ve. La gr&#232;ve d&#233;bute &#224; Sens. A partir de cette date, le mouvement se renforcera dans les &#233;tablissements o&#249; il n'&#233;tait pas majoritaire mais ne touchera pas les services qui n'ont pas commenc&#233; l'action.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Paris Nord est &#171; d&#233;bloqu&#233; &#187; par les forces de l'ordre. Constatant en fin de matin&#233;e &#171; une tr&#232;s nette am&#233;lioration du trafic &#187;, Jean Dupuy demande au gouvernement la convocation pour le lendemain de la Commission Mixte du Statut et la d&#233;signation tr&#232;s rapide d'une personnalit&#233; qui arbitrerait la question de la grille des r&#233;mun&#233;rations. De tr&#232;s nombreuses interventions de CRS ont lieu, destin&#233;es &#224; appuyer le mythe de la reprise. Le gouvernement d&#233;signe un charg&#233; de mission, qu'il pr&#233;sente comme un m&#233;diasteur [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes indiqu&#233;s n'expriment pas tous notre point de vue mais on l'y trouve aussi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_cheminots_de_1986_et_1987&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_cheminots_de_1986_et_1987&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article51564&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article51564&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.unioncommunistelibertaire.org/1986-La-plus-longue-greve-du-rail&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.unioncommunistelibertaire.org/1986-La-plus-longue-greve-du-rail&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-1986-1993-trilingue-article-france-la-greve-des-cheminots-18.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-1986-1993-trilingue-article-france-la-greve-des-cheminots-18.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesutopiques.org/greve-cheminots-198687-vue-de-lagglomeration-rouennaise-experience-dauto-organisation/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesutopiques.org/greve-cheminots-198687-vue-de-lagglomeration-rouennaise-experience-dauto-organisation/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.unioncommunistelibertaire.org/Decembre-1986-Les-coordinations-de-grevistes-ouvrent-une-ere-nouvelle&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.unioncommunistelibertaire.org/Decembre-1986-Les-coordinations-de-grevistes-ouvrent-une-ere-nouvelle&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.hal.science/halshs-03448517/document&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.hal.science/halshs-03448517/document&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1986/861227-L0-Numero-0969.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1986/861227-L0-Numero-0969.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1987/870103-L0-Numero-0970.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1987/870103-L0-Numero-0970.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1987/870110-L0-Numero-0971.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1987/870110-L0-Numero-0971.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1987/870117-L0-Numero-0972.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://presse.lutte-ouvriere.org/media/journal/1987/870117-L0-Numero-0972.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cac87002578/polemique-sur-la-greve-coordination-syndicats&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cac87002578/polemique-sur-la-greve-coordination-syndicats&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ainfos.ca/fr/ainfos14683.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ainfos.ca/fr/ainfos14683.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.revolutionpermanente.fr/Interview-Greve-des-cheminots-de-1986-Les-syndicats-ont-mal-vecu-la-greve-mais-on-etait-tellement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.revolutionpermanente.fr/Interview-Greve-des-cheminots-de-1986-Les-syndicats-ont-mal-vecu-la-greve-mais-on-etait-tellement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cac87005671/le-point-sur-la-greve-sncf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cac87005671/le-point-sur-la-greve-sncf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trahison syndicale du mouvement du 10 septembre</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8366</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article8366</guid>
		<dc:date>2025-09-01T07:41:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob</dc:creator>


		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LES DIRECTIONS SYNDICALES NOUS SOUTIENNENT COMME LA CORDE SOUTIENT LE PENDU ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir fait quelques apparitions tardives dans les m&#233;dias &#224; propos du 10 septembre, des discours plut&#244;t agac&#233;s, critiques, prenant leurs distances m&#234;me les rares fois o&#249; ils pr&#233;tendaient comprendre le mouvement du 10, ils se r&#233;unissent en intersyndicale et d&#233;cident de faire un pare-feu pour &#233;viter que leurs troupes syndicales s'engouffrent dans le mouvement du 10 : appeler &#224; une pr&#233;tendue &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n.jpg' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES DIRECTIONS SYNDICALES NOUS SOUTIENNENT COMME LA CORDE SOUTIENT LE PENDU !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir fait quelques apparitions tardives dans les m&#233;dias &#224; propos du 10 septembre, des discours plut&#244;t agac&#233;s, critiques, prenant leurs distances m&#234;me les rares fois o&#249; ils pr&#233;tendaient comprendre le mouvement du 10, ils se r&#233;unissent en intersyndicale et d&#233;cident de faire un pare-feu pour &#233;viter que leurs troupes syndicales s'engouffrent dans le mouvement du 10 : appeler &#224; une pr&#233;tendue &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; le&#8230; 18 septembre, qui ne sera qu'une simple journ&#233;e classique d'inaction bureaucratique ! En somme, ils participent de l'ensemble de l'op&#233;ration de la bourgeoisie capitaliste, gouvernement et partis, pour &#233;teindre par avance l'incendie, en pr&#233;tendant reculer sur des petits points comme les jours ch&#244;m&#233;s, en retirant le pion Bayrou, en faisant sauter le gouvernement et surtout en affirmant que tout cela ne serait pas un produit du mouvement du 10 septembre et de la menace d'un nouveau mouvement des Gilets jaunes mais des actions efficaces des partis et des syndicats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journ&#233;es inactives des bureaucraties syndicales ont men&#233; le peuple travailleur dans les impasses et les orni&#232;res o&#249; il est aujourd'hui, il faut surtout en sortir en cessant de suivre les politiciens de tous bords et les bureaucraties syndicales !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a maintenant en concurrence la gr&#232;ve du 10 avec occupation et blocage par une base organis&#233;e et la gr&#232;ve syndicale du 18 septembre qui est annonc&#233;e par l'intersyndicale uniquement pour dissuader d'aller en gr&#232;ve le 10 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a les gr&#232;ves (fond&#233;es sur action directe et auto-organisation) qui se font craindre du patronat et du gouvernement et celles dont elles ne craignent rien (les journ&#233;es d'action des bureaucraties syndicales).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a belle lurette qu'aucune journ&#233;e d'action syndicale n'a rien apport&#233; aux travailleurs et cela n'emp&#234;che pas les bureaucraties syndicales de s'y accrocher fermement, nous resservant de plat &#224; tous les repas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a belle lurette aussi que le d&#233;fenseur de l'ordre social au sein des entreprises est d'abord et avant tout cet appareil syndical financ&#233; par l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; CGT ET SOLIDAIRES : DEUX VARIANTES D'UNE M&#202;ME TRAHISON ORGANIS&#201;E&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LEURS GR&#200;VES SONT UN PI&#200;GE &#8212; D&#201;SOB&#201;ISSEZ AUX LIEUTENANTS OUVRIERS DU CAPITALISME !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse des communiqu&#233;s de la CGT (27 ao&#251;t) et de Solidaires r&#233;v&#232;le un fait politique majeur : malgr&#233; leurs nuances, ces deux appareils appliquent la m&#234;me strat&#233;gie de sabotage de l'auto-organisation n&#233;e de l'appel &#224; tout bloquer le 10 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus grave encore : leurs &#171; gr&#232;ves &#187; ne nous aident pas mais constituent un pi&#232;ge mortel contre notre mouvement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES M&#201;CANISMES COMMUNS DE SABOTAGE : UNE COORDINATION PARFAITE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La temporisation calcul&#233;e identique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CGT : &#171; Lors de l'intersyndicale nationale interprofessionnelle du 29 ao&#251;t, la CGT proposera d'appeler en septembre &#224; une journ&#233;e interprofessionnelle unitaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solidaires : &#171; L'Union syndicale Solidaires s'inscrira de mani&#232;re pleine et enti&#232;re dans la construction d'un rapport de force par la gr&#232;ve dans l'intersyndicale du 29 ao&#251;t 2025 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Identique ! Les deux directions reportent tout &#224; la m&#234;me date : l'intersyndicale du 29 ao&#251;t. Comme si elles attendaient l'aval du pr&#233;fet avant d'agir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette soumission r&#233;v&#232;le leur vraie nature : agents de l'ordre capitaliste charg&#233;s de vous contr&#244;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'effacement syst&#233;matique de l'auto-organisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CGT : parle d'&#171; initiative citoyenne &#187; au lieu de l'appel &#224; tout bloquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solidaires : parle de &#171; mouvement social &#187; ou de &#171; col&#232;re multiforme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; M&#234;me technique : &#233;viter de nommer l'auto-organisation populaire qui &#233;chappe &#224; leur contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3. La r&#233;cup&#233;ration conditionnelle coordonn&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; CGT : &#171; souhaite &#187; que la journ&#233;e soit r&#233;ussie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Solidaires : &#171; soutient &#187; le mouvement (avec des guillemets distanci&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; M&#234;me logique : donner l'impression de soutenir, sans s'engager franchement. Leur condition implicite : que l'auto-organisation passe par leurs structures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI LEURS &#171; GR&#200;VES &#187; SONT UN PI&#200;GE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fragmentation organis&#233;e contre l'unit&#233; r&#233;volutionnaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que l'appel du 10 septembre vise &#224; bloquer tout le pays, les directions organisent des gr&#232;ves isol&#233;es, secteur par secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;sultat : des micro-conflits locaux, g&#233;rables par les pr&#233;fets, au lieu d'une paralysie g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La temporisation pour &#233;puiser l'&#233;lan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Elles programment leurs journ&#233;es &#171; unitaires &#187; le 18 septembre, puis peut-&#234;tre en octobre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Objectif : &#233;taler les mobilisations pour &#233;puiser la dynamique r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tournement revendicatif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CGT : &#171; justice fiscale &#187;, &#171; justice sociale &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solidaires : &#171; budget de justice fiscale et environnementale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; M&#234;me r&#233;formisme : transformer la rage anticapitaliste en simples n&#233;gociations salariales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soumission &#224; la l&#233;galit&#233; bourgeoise&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;avis, partenaires sociaux, droit de gr&#232;ve encadr&#233;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;sultat : la r&#233;volte devient une proc&#233;dure administrative, sans danger pour le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VARIATIONS SUR LE M&#202;ME TH&#200;ME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CGT : le sabotage par la diversion&lt;br class='autobr' /&gt;
Long d&#233;veloppement sur la Palestine ou l'Ukraine, avant d'&#233;voquer mollement le 10 septembre. Plus facile de d&#233;noncer Netanyahou qui est loin, que d'affronter l'Etat bourgeois en France. D&#233;noncer Netanyahou sans d&#233;noncer l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et le dirigeant CGT, L&#233;on Jouhaux, commissaire &#224; la nation en 1916, quand les accords de sykes picot ont cr&#233;e le futur israel, place la direction actuelle de la cgt et des autres directions syndicales dans le camps de l'union sacr&#233;e qu'avait refus&#233; &#224; l'&#233;poque Monatte et Rosmer, syndicalistes r&#233;volutionnaires fran&#231;ais et bolchevik.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Solidaires : le sabotage par la pose radicale&lt;br class='autobr' /&gt;
Se dit &#171; radical &#187; mais applique la m&#234;me strat&#233;gie. &#171; Prendre la responsabilit&#233; &#187; = nier que le peuple puisse s'auto-organiser sans dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES DIRECTIONS SYNDICALES = LIEUTENANTS OUVRIERS DU CAPITALISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Leur fonction : canaliser votre combativit&#233; vers les impasses l&#233;gales et les n&#233;gociations pourries.&lt;br class='autobr' /&gt; La CGT r&#233;cup&#232;re les mod&#233;r&#233;s. Solidaires r&#233;cup&#232;re les radicaux d&#233;&#231;us.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les deux servent le m&#234;me ma&#238;tre : l'ordre capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ALTERNATIVE R&#201;VOLUTIONNAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#233;sob&#233;issez aux directions syndicales et renouez avec le syndicalisme r&#233;volutionnaire d'avant l'Union Sacr&#233;e en 1914 des directions syndicales social-patriotes avec l'Etat bourgeois pour envoyer ouvriers et paysans mourrir pour les banquiers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos armes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boycott des produits et services des exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sabotage de leur production et de leurs profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Action directe sans interm&#233;diaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ves sauvages d&#233;cid&#233;es par la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce que pr&#244;naient &#201;mile Pouget et les syndicalistes r&#233;volutionnaires avant l'Union sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE REFUS DE LA N&#201;GOCIATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos revendications ne sont pas n&#233;gociables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne voulons pas am&#233;nager le capitalisme : nous voulons l'abattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toute gr&#232;ve des directions vise &#224; n&#233;gocier avec nos exploiteurs. Mais comment n&#233;gocier avec un syst&#232;me qui nous saigne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LE 10 SEPTEMBRE : D&#201;SOB&#201;ISSANCE R&#201;VOLUTIONNAIRE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux choix :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soumission aux directions syndicales tra&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;OU l'action directe et l'auto-organisation populaire pour tout bloquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#233;sob&#233;issez aux lieutenants ouvriers du capitalisme !&lt;br class='autobr' /&gt; Construisez vos assembl&#233;es souveraines et f&#233;d&#233;r&#233;es !&lt;br class='autobr' /&gt; Action directe auto-organis&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Vive la d&#233;sob&#233;issance ouvri&#232;re !&lt;br class='autobr' /&gt; Vive le sabotage &#233;conomique !&lt;br class='autobr' /&gt; Vive la r&#233;volution sociale !&lt;br class='autobr' /&gt; Vive l'auto-organisation ind&#233;pendante !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=intersyndicale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Retrouvons les trahisons de l'intersyndicale et notamment celles des mouvements des retraites&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LFI vole au secours du 10 septembre des Gilets jaunes...</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article8356</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article8356</guid>
		<dc:date>2025-08-25T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LFI vole au secours du 10 septembre des Gilets jaunes&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;lenchon et les insoumis annoncent &#224; grands sons de trompette, longtemps apr&#232;s que les appels des Gilets jaunes aient &#233;t&#233; lanc&#233;s, qu'ils soutiennent l'initiative du 10 septembre, avec un ton qui sous-entend qu'ils sauvent le mouvement &#224; venir de l'accusation d'&#234;tre manipul&#233;s par l'extr&#234;me droite. Mais, l&#224; non plus, la nouvelle n'est pas un scoop, attendu que le principal mouvement d'extr&#234;me droite, le RN de Le Pen, d&#233;clare qu'il n'y (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot300" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, auto-organisation, comit&#233;s de gr&#232;ve, conseils ouvriers, assembl&#233;e interprofessionnelle, soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;div class='spip_document_18099 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.fr/IMG/png/1000017507.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/png/1000017507.png' width=&#034;1024&#034; height=&#034;1536&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LFI vole au secours du 10 septembre des Gilets jaunes&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;M&#233;lenchon et les insoumis annoncent &#224; grands sons de trompette, longtemps apr&#232;s que les appels des Gilets jaunes aient &#233;t&#233; lanc&#233;s, qu'ils soutiennent l'initiative du 10 septembre, avec un ton qui sous-entend qu'ils sauvent le mouvement &#224; venir de l'accusation d'&#234;tre manipul&#233;s par l'extr&#234;me droite. Mais, l&#224; non plus, la nouvelle n'est pas un scoop, attendu que le principal mouvement d'extr&#234;me droite, le RN de Le Pen, d&#233;clare qu'il n'y participe m&#234;me pas (attendu que son mouvement d'organise pas des manifestations, dit sa responsable !). Ce type d'accusation, lanc&#233;es dans le dernier mouvement, avait d&#233;j&#224; fait long feu et n'a pas besoin d'une grande d&#233;claration publique de M&#233;lenchon pour &#234;tre r&#233;cus&#233;e. A part pour faire la publicit&#233; politicienne de M&#233;lenchon et des Insoumis, pr&#233;sent&#233;s comme des dirigeants du mouvement du 10 septembre qu'ils ne sont nullement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il a attendu pour se d&#233;clarer que les sondages indiquent que l'&#233;norme majorit&#233; de la population soutient , comme tout le monde, ces derniers ont parfaitement le droit de rejoindre le mouvement du 10 septembre et sont tous appel&#233;s &#224; y participer. Encore faut-il qu'ils en respectent l'ind&#233;pendance et l'autonomie &#224; l'&#233;gard des partis et syndicats. Encore faut-ils qu'ils n'aient pas comme seul objectif de participer au pouvoir, car, m&#234;me avec leur participation y compris au sommet, celui-ci ne serait encore que la dictature des milliardaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d&#233;sol&#233;, on peut se tromper. Peut-&#234;tre que M&#233;lenchon n'a plus comme objectif num&#233;ro un de devenir le pr&#233;sident de la r&#233;publique des profiteurs, des exploiteurs et des brigands ? Il ne l'a pas dit en tout cas et on peut en douter ! Peut-&#234;tre qu'il se rallie au pouvoir du peuple, exerc&#233; de mani&#232;re directe par ses comit&#233;s, peut-&#234;tre qu'il renonce &#224; pr&#233;tendre que l'&#233;lection du pr&#233;sident et des parlements, c'est la d&#233;mocratie ? L&#224; non plus, il ne l'a pas encore admis ou d&#233;clar&#233;. Peut-&#234;tre que ses militants insoumis appellent les syndiqu&#233;s de base &#224; d&#233;fendre que les directions syndicales ne doivent pas viser &#224; diriger les luttes comme elles l'ont fait bureaucratiquement encore r&#233;cemment pour le conflit des retraites. On n'a rien entendu en ce sens malheureusement mais cela viendra peut-&#234;tre un jour&#8230; Il faudrait aussi que LFI appelle ses militants syndicalistes &#224; arr&#234;ter de n&#233;gocier avec le pouvoir des milliardaires, ce que ces bureaucraties ont encore fait sans l'ombre d'un r&#233;sultat sur la question des retraites. Comme si on pouvait discuter avec ce pouvoir, comme si on pouvait r&#233;gler &#224; part la question des retraites, ind&#233;pendamment de celle des ch&#244;meurs, de celle des journ&#233;es ch&#244;m&#233;es, de celle des milliards vol&#233;s par les capitalistes dans les caisses de l'Etat, de celle des services publics, de celle du budget de l'Etat et des dettes et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, LFI se dit &#171; d'accord pour tout bloquer &#187; avec le mouvement du 10 septembre et c'est tant mieux si les buts qui seront d&#233;cid&#233;s dans les assembl&#233;es de Gilets jaunes sont respect&#233;s par M&#233;lenchon. Pour le moment, ce dernier affirme que le mouvement se rallie &#224; ses buts &#224; lui. Pourtant, le nouveau mouvement des Gilets jaunes ne s'est pas encore r&#233;uni en assembl&#233;es souveraines et ne peut donc pas s'exprimer dans ce sens. Ce serait tr&#232;s &#233;tonnant qu'il choisisse de se rallier &#224; un parti politicien qui pactise avec les bureaucraties syndicales, f&#251;t-il de tonalit&#233; radicale. Et surtout avec un parti qui se pose d'embl&#233;e en dirigeant, sans m&#234;me avoir avanc&#233; des propositions et des propos&#233; des perspectives et les avoir fait adopter par les assembl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LFI, un parti politicien ? Ce parti n'a-t-il pas tout r&#233;cemment rejou&#233; la com&#233;die de l'alliance de la gauche, nomm&#233; &#171; front populaire &#187;, avec les politiciens du parti socialiste et des politiciens &#233;cologistes de gauche ? Cette gauche l&#224; n'&#233;tait-elle pas &#224; l'origine des attaques antisociales actuelles ? LFI n'a-t-il pas contribu&#233; &#224; soutenir la direction des luttes sociales par les bureaucraties syndicales, dont r&#233;cemment celle des retraites, direction traitresse qui n&#233;gocie avec nos ennemis et d&#233;mobilise les travailleurs. Il s'agit des fameuses intersyndicales o&#249; est pr&#244;n&#233;e la m&#233;thode des journ&#233;es d'inaction suivies de n&#233;gociations et l'alliance avec le syndicat CFDT ouvertement auxiliaire du pouvoir des milliardaires. C'est au point o&#249; m&#234;me actuellement, quand le gouvernement Bayrou m&#232;ne une attaque antisociale tous azimuts, le syndicat CFDT ne se propose rien de moins que d'inviter Bayrou &#224; la tribune de son congr&#232;s ! Les autres syndicats, avant de se d&#233;cider &#224; propos de l'initative du 10 septembre mais aussi des conclaves et n&#233;gociations de Bayrou, vont se consulter en intersyndicale d&#233;but septembre ! Bayrou leur propose de n&#233;gocier &#224; quelle sauce on va nous couper la gorge et ces gens-l&#224; n'ont pas encore choisi entre Gilets jaunes et&#8230; Bayrou ! Dans le pass&#233;, LFI a cautionn&#233; les politiques de collaboration des intersyndicales, notamment celle des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LFI serait le dirigeant naturel du mouvement du 10 septembre ? Mais l'une des caract&#233;ristiques des Gilets jaunes dont il est issu est justement de r&#233;cuser &#224; la fois les man&#339;uvres politiciennes et les bureaucraties syndicales, de refuser de n&#233;gocier avec le pouvoir des milliardaires, de ne pas faire croire aux &#233;lections bourgeoises, et encore moins en la r&#233;forme du pouvoir des milliardaires qu'il s'agit seulement de renverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, M&#233;lenchon est capable de clamer &#171; pouvoir du peuple &#187;, tout en affirmant que celui-ci se r&#233;alise en votant aux &#233;lections bourgeoises pour un bon pr&#233;sident de la R&#233;publique, en l'occurrence lui. Il avait m&#234;me s&#233;rieusement propos&#233; de devenir le premier ministre de Macron. Quel beau dirigeant pour un mouvement qui s'affirme hostile &#224; tout compromis avec le pouvoir ! Loin d'en finir avec la fausse d&#233;mocratie des assembl&#233;es parlementaires et des &#233;lections pr&#233;sidentielles comme le r&#233;clament les Gilets jaunes, M&#233;lenchon nage en plein dedans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Gilets jaunes affirment b&#226;tir eux-m&#234;mes une v&#233;ritable d&#233;mocratie des exploit&#233;s, des pauvres, qui n'aura plus rien &#224; voir avec la &#171; d&#233;mocratie &#187; des milliardaires alors que M&#233;lenchon ne pr&#244;ne qu'une r&#233;forme constitutionnelle au sein du syst&#232;me. M&#233;lenchon n'a cess&#233; de d&#233;fendre les appareils syndicaux au sein du mouvement des Gilets jaunes, alors que les m&#233;thodes antid&#233;mocratiques de ces bureaucraties sont en compl&#232;te contradiction avec les m&#233;thodes d&#233;fendues constamment par les Gilets jaunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'OPA pr&#233;tendue de LFI sur le mouvement du 10 septembre n'est ni le premier ni le dernier des retournements politiciens de M&#233;lenchon, qui est riche en renversements d'alliances et en ruptures avec ceux qu'il a publiquement encens&#233; ou cultiv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations pass&#233;es de M&#233;lenchon avec les Gilets jaunes sont d'ailleurs suffisamment instructives. Au d&#233;but du mouvement, M&#233;lenchon se gardait bien de se compromettre avec les Gilets jaunes. En d&#233;cembre 2018, il r&#233;pondait &#224; des interviews des m&#233;dias : &#171; Je ne porterais pas le gilet jaune parce que je n'en ai pas et je n'en ai pas parce que je ne conduis pas &#187; ! Belle d&#233;robade ! En mars 2019, M&#233;lenchon expliquait qu'il avait sciemment choisi de ne pas participer personnellement aux manifestations de Gilets jaunes &#171; pour ne pas alimenter de pol&#233;miques &#187; ! Entre temps, M&#233;lenchon avait accept&#233; de discuter &#224; l'Elys&#233;e avec un Macron qui venait de r&#233;primer extr&#234;mement violemment les manifestations de rue, alors que le mouvement lui-m&#234;me refusait toute n&#233;gociation directe avec Macron !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, M&#233;lenchon n'avait pas d&#233;clar&#233; qu'il soutenait le mouvement des Gilets jaunes mais que celui-ci &#171; lui donne enti&#232;rement raison &#187;, ce qui est tr&#232;s diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais au cours du mouvement, M&#233;lenchon n'avait appel&#233; la base des syndicats &#224; se d&#233;solidariser de leurs directions qui, elles, soutenaient les mensonges de Macron, affirmant que les Gilets jaunes &#233;taient une annexe de l'extr&#234;me droite antis&#233;mite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, durant les grandes vacances, il a fallu plusieurs semaines &#224; M&#233;lenchon pour s'aviser que le mouvement du 10 septembre &#233;tait porteur d'avenir. Il lui a fallu d'abord s'assurer que l'opinion publique &#233;tait favorable majoritairement &#224; cette lutte, suivant en cela les bureaucraties syndicales qui s'en avisent aussi progressivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il n'est pas mauvais pour le mouvement que tout le monde ait envie de le rejoindre mais il faut distinguer la base des syndicats ou des partis et leurs directions. Les premiers se tournent honn&#234;tement vers une perspective de lutte contre le pouvoir des milliardaires et les autres font des choix tactiques pour coiffer la lutte et l'envoyer dans une impasse, comme ils l'ont toujours fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;clarant dans les m&#233;dias que LFI &#171; est la force principale du mouvement &#187;, ce parti joue &#224; nouveau son jeu politicien classique, tentant de r&#233;cup&#233;rer les mouvements sans leur offrir la moindre perspective ni proposer ses id&#233;es et moyens d'action. Il ne fait que se rallier &#224; celle du blocage sans appeler les travailleurs des entreprises o&#249; militent ses membres syndicalistes &#224; fonder partout des assembl&#233;es de Gilets jaunes. LFI ne se mouille donc pas en d&#233;clarant participer au mouvement puisque ce parti ne renonce ni &#224; ses buts politiciens ni &#224; son r&#244;le au sein des bureaucraties syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs de M&#233;lenchon restent la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, les &#233;lections parlementaires, la fondation d'une sixi&#232;me r&#233;publique bourgeoise, et pas de la deuxi&#232;me r&#233;publique des travailleurs apr&#232;s la Commune de Paris de 1871 ! Celui qui continue d'affirmer que Fran&#231;ois Mitterrand est son id&#233;al de pr&#233;sident et d'homme politique n'est rien d'autre qu'un camal&#233;on de la politique politicienne comme le populisme en a produit de nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cela plaise ou non &#224; M&#233;lenchon, faisons rentrer le Gilet jaune non pas chez les parlementaires et bureaucrates syndicaux sp&#233;cialistes des retournements de veste, mais au sein des entreprises, dans les quartiers populaires, dans la base des syndicats, parmi les travailleurs, les ch&#244;meurs, les retrait&#233;s, les jeunes, les femmes, tous ceux qui se fatiguent de plus en plus sans gagner d'argent, y compris les petits paysans, les petits commer&#231;ants, les travailleurs &#171; lib&#233;raux &#187;. Qu'ils s'assemblent tous en r&#233;unions souveraines, y prennent des d&#233;cisions, les fassent appliquer, les imposent et remettent en cause ainsi le pouvoir des milliardaires en y opposant leur propre pouvoir ! La voil&#224; la perspective v&#233;ritable et il est &#224; craindre que M&#233;lenchon ne s'y rallie pas honn&#234;tement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun a remarqu&#233; que la gauche et les syndicats avaient &#233;t&#233; discr&#233;dit&#233;s par leur absence lors du mouvement des Gilets jaunes, premi&#232;re version, et les dirigeants de la gauche et des syndicats se tortillent dans tous les sens pour ne pas &#234;tre totalement &#224; l'&#233;cart cette fois, mais sans s'engager franchement, sans tirer une seule le&#231;on, sans changer de conception. Ils font semblant de se rapprocher, pour mieux le ramener &#224; leurs propres limites, &#224; leurs propres attaches avec la soci&#233;t&#233; bourgeoise, pour l'entrainer dans leurs propres impasses, celles d'une soci&#233;t&#233; capitaliste compl&#232;tement pourrie et d&#233;cr&#233;pite. Les Gilets jaunes sauront s'en m&#233;fier et s'en d&#233;marquer !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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